LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 10 AOÛT 2012

Message à M. Ayrault, premier ministre français, sur la « Règle d’Or ».

Ma chronique du Monde-Économie : « La Règle d’Or, cette blague de potache »

Sous la direction de Christian Walter, Nouvelles normes financières, Springer 2010

Sur l’histoire de la modélisation, mon Comment la vérité et la réalité furent inventées, Gallimard 2009

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191 réflexions sur « LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 10 AOÛT 2012 »

  1. Comparer les dépenses au pib permet de donner une image plus fluette aux dépenses .DONNER UNE IMAGE plus fluette aux dépenses permet au politique de donner l’illusion de sa compétence .

    Ceci dit, pour la plupart , le pib représente au mieux la création de richesse , voir le dynamisme économique d’une société , ce qui explique que les politiques court aussi après la croissance (que tous croient lié à l’emploi ) .
    La réalité du terrain fait que la non-comparaison recette / dépense , bien que très terre à terre , pousse l’état à s’endetter toujours et encore , mais c’est soit disant « normal » , vu qu’ on s’endette pour de la croissance ( du moins en théorie) .

    Ne s’agirait il pas d’un banal piège à cons , c’est à dire d’une logique qui voudrait que l’emploi ne serait possible qu’à travers la croissance , elle même générée par la dette ?

    1. Ne s’agirait il pas d’un banal piège à cons , c’est à dire d’une logique qui voudrait que l’emploi ne serait possible qu’à travers la croissance , elle même générée par la dette ?

      Banal je ne sais pas , je dirais plutôt « sacré » ou « foutu » ou « énorme ». En une phrase , vous avez ciblé 3 dogmes à repenser de A à Z; Emploi, Croissance et Dette, alors dire que c’est banal….

    2. Cher Point, ben non, le PIB ne représente pas au mieux la création de richesse, justement.
      Au mieux, il est une mesure.
      Et plutôt mauvaise.
      Quant à dire ce qu’il mesure …. la croissance ? la création de richesse ?
      Même pas.
      Mais des observateurs ont remarqué que son augmentation était corrélée le plus souvent avec les phases d’expansion économiques.
      Alors parce que la pensée magique aime les thermomètres, on arrête pas de remuer celui là pour faire se redresser bien verticale notre croissance molle ( honni soit qui mal y pense).

      Mais on pourrait effectivement indexer tout aussi bien la règle d’or sur le réchauffement climatique ; en plus ça serait moderne et écolo. Et puis ça ou la repeindre en vert, hein …
      Moi quand je veux placer un peu de mes sous sur un livret d’épargne, je ne me précipite pas sur un suppositoire ou sur mon peigne pour en compter les dents.
      Ils sont curieux ces technocrates, non ?

      Bien le bonjour.

      1. Appiciliera, on peut ergotiller ad nauseam sur le Pib et/ou sa croissance mais toujours est-il qu’on est impatient de vous lire démontrant l’absence de lien de causalité entre la chute du taux de croissance et la grimpette du taux d’endettement public depuis les seventies, ici comme ailleurs…
        Ps : je rappelle incidemment que la règle d’or nouvelle formule, au-delà du durcissement des critères relatifs au Pib aux seuils très relativement modulés de 0,5 à 1% ainsi que du caractère ex-ante du contrôle au lieu d’ex-ante, est plutôt plus axée que les pactes maastrichtiens antérieurs sur le rapport direct et tellement plus prosaïque dépenses/recettes qui semble vous tenir à coeur ainsi qu’au daron…

    3. @ héma
      Calcul de l’inflation , calcul de la dette , calcul du PIB, calcul du nombre de chômeur , calcul de la pauvreté, calcul du pouvoir d’achat ..etc.. En économie , le nombre fort important de pièges à cons me fait dire quils sont banals , dans le sens « commun », « habituel ».
      @ Apicelleria
      Il serait passionnant de faire une enquête auprès des politiques pour savoir ce que , pour eux, représente le PIB .
      Dans mon propos , vous faire remarquer que je précisait « pour la plupart « .

      Quand on compare deux choses entre elle et que l’on en tire un pourcentage , c’est que l’on pense qu’elles ont quelque chose à voir entre elles .Les mathématiques sont utilisés dans ce cas dans un espoir d’analyse de tendance , une façon de chercher à prédire l’avenir .
      Alors , si vous arriver à lire dans les entrailles d’un suppositoire , ou à interpréter le son des dents d’un peigne , en tirer des déductions pour placer votre argent sera aussi fiable qu’utiliser des thermomètres ou « voyants économiques tronqués « .
      🙂

      1. Cher Géneur,
         » Quand on compare deux choses entre elle et que l’on en tire un pourcentage , c’est que l’on pense qu’elles ont quelque chose à voir entre elles « , dites-vous ? Or quand on calcule des indices de corrélation c’est souvent pour démontrer qu’il n’y a aucun rapport entre elles.

        Quant au fantasme d’experts qui  » cherchent à prédire l’avenir en analysant les tendances « , je leur conseille de se fournir en suppositoires ce qui leur évitera d’éventrer des bestioles sur les autels pour lire dans leurs entrailles ; enfin pour les chauves car les autres peuvent toujours jouer des symphonies en sourdine sur les dents de leur peigne.

        Bien à vous

  2. Bonjour Monsieur JORION,
    Je vous lis régulièrement depuis quatre ans car vos analyses sont justes, et les faits d’actualités vous donnent raison plusieurs mois après. Mais je crois qu’hélas, en politique, les nominations aux postes stratégiques se font plutôt par copinage que par réel soucis de compétence. Ajoutez une bonne dose de corruption, de manque de déontologie, d’honnêteté à l’égard du peuple et vous avez les ingrédients qui expliquent la paupérisation de la France depuis plusieurs décennies, points communs de tous les pays les plus pauvres de la planète. Néanmoins, vos travaux et efforts pour apporter des explications sur les mécanismes de l’économie ne sont pas vains car de plus en plus de citoyens cherchent les réelles explications à la situation d’aujourd’hui (catastrophique) et sont de plus en plus nombreux à fréquenter votre site. La plus grande de toutes les armes, c’est la connaissance. Vous y contribuez énormément. Merci.

    1. @YOU

      Les analyses de P. Jorion sont justes à 99,97%….

      Mais lorsqu’il exprima jadis des craintes au sujet de l’inflation, on n’en trouve aucune trace dans la réalité, et l’économie n’en prend pas le chemin, mais il n’est pas le seul a avoir reconduit des analyses, somme toute classiques, basées sur le rapport entre valeur et rareté. Et ces analyses sont d’orientation monétariste, – c’est dire à quel point Friedman imprègne les représentations sociales en matière d’économie.

      Le simple fait de créer de la monnaie n’accélère pas directement l’inflation…. L’argent, de part sa vitesse de circulation dans l’économie produit tels les électrons dans un conducteur selon la loi de Joule (en fonction de I²), un « travail », par friction, un échauffement qui n’est autre que l’inflation. Et si les banques ne prêtent pas, l’argent ne circule pas, quelle que soit la taille de la pile.

      Mon canard préféré, « La Tribune » écrit benoîtement l’air de rien, que le capital-investissement (sic) quitte la France. Le capital-investissement, c’est le bonheur. Il s’investit dans l’économie réelle, il veut créer, fébrilement, il trépigne d’impatience, il rue, se cabre tel un beau mustang fougueux, il rugit tel le lion, il vrombit, il miaule…. ! On a dû enfermer certains capitaines d’industrie car l’argent leur brûlait les doigts, ils voulaient trop investir. Le capital-investissement est la quintessence de la volonté entrepreneuriale, voire de la volonté tout court. Ces gens-là « veulent » , comme Schopenhauer, (Die Welt als Wille und Vorstellung), la volonté de puissance, le capital-investissement est la volonté de puissance.

      Le capital-philanthropie aussi quitte la France, c’est malheureux. Pourtant il ne voulait que le bien d’autrui. Le capital-santé, aussi s’en va, le capital amour n’oeuvrait que pour les amoureux, obligé de quitté la France encore, pays trop ingrat. Tout ça à cause de Fr. Hollande.

      Bref, dans un contexte de récession, les banques ne prennent pas le risque de prêter aux investisseurs, et l’argent n’arrive plus à irriguer l’économie, donc l’inflation au sens traditionnel n’aura pas lieu. Maintenant il y a un risque de dévaluation certain, par rapport aux autres monnaies, et je crois que c’est ce que les allemands veulent éviter… Cette dévaluation aurait pour conséquence une possible inflation, par augmentation du prix des marchandises importées, induisant une prise en tenaille des grossistes entre le consommateur qui ne peut payer davantage et leur source d’approvisionnement, exigeant une hausse.

      1. Maintenant il y a un risque de dévaluation certain, par rapport aux autres monnaies, et je crois que c’est ce que les allemands veulent éviter… Cette dévaluation aurait pour conséquence une possible inflation, par augmentation du prix des marchandises importées…

        Juillet 2008 : € = 1,60 $
        Juillet 2012 : € = 1,22 $
        Pas loin de 25 % de chute.
        Pour le « rond » japonais (yen) c’est juste 40 % de baisse de l’€, plus de 30 % vis à vis du rond chinois (yuan)…
        A mi-Aout 2012, sur 12 mois, le Brent a pris +7.5% en Dollar et +23% en Euro. Sur le WTI c’est +17.5% en Dollar et +35% en Euro.

        Conclusion : Monsieur Lisztfr est un « péripathétikcien » de trottoirs parisiens qui se chauffe chez EDF. Ou alors…

  3. De la servitude volontaire…

    Il est presqu’impossible d’imaginer que toutes ces souffrances en Grèce, au Portugal, en Espagne, en attendant notre tour… nos biens nationaux livrés au pillage (cf. http://www.sylvaindurain.fr/grece ), la baisse de l’espérance de vie dans les pays d’Europe du sud… tous ces malheurs ne sont dus qu’à l’ignorance et la superstition, soigneusement entretenus par les « 1% » !
    Ceux qui se sont gavés après la chute du mur de Berlin, revivent avec délices un scénario analogue de grande braderie !

    Tout ce cinéma sur le triple A… la « Règle d’or » & le Pacte Budgétaire… notre résignation et notre docilité devant les forfaitures et les abandons successifs, (T. de Lisbonne… MES… et à présent le TSCG), ne résultent que de tabous et d’interdits collectifs imposés par la pensée dominante !

    Les règles de l’UE de Lisbonne, ce tombeau de la démocratie, conduisent à subordonner les besoins vitaux de la population aux « intérêts », (à plus d’un sens du terme), des marchés financiers !

    Pour ceux qui auraient la volonté de s’émanciper de ce cauchemar, d’aider à briser la malédiction franco-allemande qui frappe « les 99% » sur tout un continent, voir:
    http://www.france-alter.info & http://tinyurl.com/Regledor-Bidon Pour refermer ce piège, il y a aussi l’incapacité pour des responsables politiques, de reconnaître qu’ils ont fait fausse route !

    1. Dit ainsi : « servitude volontaire », c’est un joli jouet d’inanité sonore, mais comment donc opérationnaliseriez-vous ça, ça marche comment ?

    2. Cher Raymond, souffler n’est pas jouer et s’indigner n’est pas penser (Oh, pôvre Stéphane !)
      N’y voyez aucune provocation de ma part, mais non, définitivement, je ne souscris pas à un tel catalogue millénariste … certes ça défoule mais à la fin il faut toujours brûler une sorcière ou bannir un mouton noir et c’est lassant.
      L’indignation est la deuxième étape après l’inquiétude et ça c’est très sain.
      Mais pour la suite, il faut se poser tranquillement et y réfléchir à deux fois.
      Dans les westerns et les films de cape et d’épée, les méchants perdent toujours à la fin.
      On dirait que je suis l’indien, hein ?
      Un petit conseil un peu cuistre de ma part : lisez John Galbraith … vous verrez, ça fait du bien, enfin un peu.
      Bien à vous.

    3. La servitude, volontaire et involontaire, me fait penser à cette femme dont rêve le poëte et qui n’est jamais ni tout à fait la même ni tout à fait une autre.
      La servitude est acceptée, recherchée parfois. La servitude, dans cet achèvement des temps modernes qu’est notre époque, n’est rien d’autre que l’absence de révolte contre le travail obligatoire à double face : production et consommation.

    4. Pour refermer ce piège, il y a aussi l’incapacité pour des responsables politiques, de reconnaître qu’ils ont fait fausse route !

      Incapacité ou/et incompétence de nos chers élus ?
      Parfois je peux comprendre que certains soient adeptes de la « théorie du complot »…..car devant autant d’insuffisance dans leurs analyses malgré les experts auto-proclamés de l’économie libérale.
      Il faut se rendre à l’évidence, il n’y a aucune volonté politique actuelle pour le changement de paradigme.
      La méthode islandaise n’est pas près de s’appliquer ici !

      1. « Il est intéressant de se rappeler que la sortie de crise de l’Islande a été surtout et avant tout due à une action politique populaire qui a pris le pas sur les prises de décisions économiques et financières:

        pétition nationale pour refuser le remboursement des dettes britannique et hollandaise;
        référendum populaire rejetant à plus de 93 % les accords relatifs au règlement de ces dettes;
        nouveau référendum rejetant à 60% un nouvel accord avec les créanciers de l’Islande.

        le peuple de ce pays a décidé par référendum de récrire la constitution pour permettre à l’état de fonctionner sur de nouvelles bases, qui peuvent paraitre assez surprenantes :

        la séparation de l’Église et de l’État
        la nationalisation de l’ensemble des ressources naturelles
        la séparation claire des pouvoirs exécutif et législatif.

        Actuellement, l’Islande est le seul pays d’Europe à enregistrer une croissance positive de plus de + 2% »

        http://www.citoyenhmida.org/l%E2%80%99islande-ce-pays-qui-face-a-la-crise-na-rien-fait-comme-les-autres/

      2. Erde, c’est pire que ce que je pensais. Rien. Tu n’en connais rien.
        Renseigne toi un peu…
        J’te donne juste ma conclusion et te laisse faire le chemin qui y mène : l’Islande est juste l’anti-modèle absolu, d’où que l’on se place.

  4. Curieux que personne n’évoque la raison de la règle d’or. Pourtant Paul avait mis le doigt dessus: il s’agit uniquement de crédibilité face au marché afin de pouvoir encore se faire prêter toujours plus d’argent pour compenser nos économies vacillantes.

    Nos hommes politiques sont suffisamment malins pour savoir qu’on ne la respectera pas. Ils font le pari qu’aucun pays ne la respectera. C’est juste une manière de berner les marchés pendant quelque temps. On trouvera bien autre chose d’ici là.

    1. « 

      C’est juste une manière de berner les marchés pendant quelque temps.

      Cette phrase ! C’est leur faire trop d’honneur à ces politiques.
      Ils n’ont l’intention de berner personne, surtout ceux d’en haut de la pyramide.
      Par contre enfumer leurs électeurs, le quidam décervelé, pour cela ils sont très forts.

      se faire prêter toujours plus d’argent pour compenser nos économies vacillantes.

      Nos économies ne sont pas « vascillantes » pour les financiers spéculateurs et multinationales avides du pouvoir absolu.

      L’argent n’est simplement pas où il doit être, mais dans les poches d’une minorité.

      Cette règle d’or s’appliquera pour les peuples selon le bon-vouloir des financiers et des marchés qui eux refusent toute forme de régulation de leur racket !

    2. Cher Fab,
      Meuh non … le marché est un poulet … il n’a pas de tête, voyons …
      Nos politiques devraient l’avoir froide, eux.
      On ne traite pas le mal par le mal sauf quand on vaccine … et le marché n’est pas un virus, allons !

      La raison de la règle d’Or c’est qu’il est absurde de dépenser plus qu’on ne le peut.
      Ou alors faut se préparer à manger des nouilles ou sucer sa cuiller vide un jour.
      Pas de quoi en faire une émeute.

      Bien belle journée à vous.

      1. La raison de la règle d’Or c’est qu’il est absurde de dépenser plus qu’on ne le peut.

        Sauf si c’est en dépensant le pognon de ceux qui le peuvent, i.e çui des créanciers. Et là je crois qu’il serait bien au contraire absurdissime de ne pas leur prendre tout ce qu’ils sont disposés à dépenser pour nous en attendant d’les faire passer chez le coiffeur puisque c’est de toutes façons ce qui arrivera. Si en plus ils se bousculent au portillon comme en ce moment au point de s’en écraser consciencieusement et mutuellement les arpions à coup de taux réels ou nominaux négatifs, ta règle d’or majuscule tu sais c’que j’en ferais ? Comme Hollande, du p’tit bois.

      2. @ Apicelleria 11 août 2012 à 13:10

        La raison de la règle d’Or c’est qu’il est absurde de dépenser plus qu’on ne le peut.
        Ou alors il faut se préparer à manger des nouilles ou sucer sa cuiller vide un jour.

        Je partage tout à fait votre avis. La sagesse et la raison enseignent qu’il faut voir loin pour décider de ce qui engage l’avenir. Une bonne façon d’y parvenir est de prendre du recul, de la hauteur, afin d’intégrer dans son analyse de décision, le plus grand nombre de cas expérimentaux en mesure de valider ou d’invalider la décision que l’on s’apprête à prendre. Intégrer la prise en compte des évènements du passé est une bonne manière d’identifier les risques, ce qui permet devant chacun d’eux, de mettre en place des dispositions préventives.

        Il faut aussi, face au dérèglement du fonctionnement d’un mécanisme, bien identifier la cause première de l’anomalie rencontrée. Ainsi, si l’on s’est laissé convaincre que c’est l’argent qui commande l’économie, sans voir qu’il n’est qu’un intermédiaire et non l’élément réel qui anime physiquement l’économie, on peut facilement se tromper de diagnostic et agir sur du vent, brasser de l’air et des idées fausses, surtout quand on n’a pas lu les livres de Paul Jorion et pris conscience de sa remarque fondamentale :

        L’argent ne vaut que par l’idée qu’on s’en fait

        Si l’on se fait une idée fausse de ce qu’est l’argent ou la gestion d’un pays, c’est-à-dire la gestion d’un patrimoine qui comprend un capital matériel associé à un capital humain pour le mettre en valeur et l’exploiter, comment peut-on bien gérer ?

        Or, rapporter un déficit budgétaire d’un Etat à son PIB, n’est pas comme le dit Paul Jorion, ce qu’il y a de plus pertinent.

        Il vaudrait mieux, à mon avis comparer la valeur du déficit à la valeur du patrimoine du pays qui contitue le véritable « répondant » sur lequelle la dette est adossée. C’est sur la valeur du capital(capital matériel, immatériel et humain) qu’il faut s’interroger en passant en revue chacun des principaux postes, comme le font probablement les agences de notation ou les gestionnaires d’organismes prêteurs. C’est le crédit (la confiance) que l’on peut accorder à l’emprunteur qui détermine le risque encouru, bien plus qu’un modèle mathématique, surtout quand il a été établi par de purs mathématiciens pas toujours au fait des mécanismes de base de l’économie.

      3. Cher Jducac, je suis ravi de voir que nous partageons l’idée de la nécessité d’une règle qui interdise à l’Etat de dépenser plus qu’il ne le peut.
        Idem sur la petite incise lapidaire sur l’argent même si elle me semble un peu trop elliptique : mais là encore nous sommes en terrain de commune analyse.

        En revanche rapprocher le déficit d’un pays de la valeur patrimoniale, c’est adopter une vision macroéconomique proche de la définition micro-économique du Fonds de Roulement Financier à savoir la valeur à la casse que calcule un prêteur cynique pour mesurer la SOLVABILITE de l’emprunteur qu’on sera toujours à temps de plumer pour se rembourser.
        Eh bien, je ne partage pas cette approche et je lui préfère une autre approche : celle de la CAPACITE DE REMBOURSEMENT.
        Une entreprise privée la calule par la CAF ( ou la MBA).
        Un Etat doit le calculer tout aussi simplement par le MONTANT DES IMPOTS COLLECTES (et non pas A COLLECTER).
        D’où la nécessité de travailler sur N-1 sur les RESSOURCES CERTAINES.
        Et plus de lois rectificatives !

        Enfin, je ne me hasarderais pas de parler du capital « humain » d’un Etat : je ne me sens une âme ni de tabouret ni de fonds de commerce … quant à évaluer le capital matériel et le capital immatériel … houlala … calculs à ressorts à l’horizon, capitaine !

        Capacité de remboursement, Cher Jducac, capacité de remboursement.
        Et du sûr, du concret … pas de modèles ni autres niaiseries extrapolées ou prédites !
        Bien à vous.

        apicelleria.overblog.com

      4. Le plus rigolo de toute l’histoire, c’est que l’auteur de cette invention « absurde » conclut son histoire en confirmant que le déficit doit être limité, et qu’il ne devrait être qu’un accident à « corriger sans délai« . Il reconnaît que ce 3% servait à masquer l’endettement chronique et à faire croire que le gouvernement maîtrisait ses dépenses, ce qui revient à lui donner tout son sens.

        « Le processus d’acculturation est maintenant achevé; on a réussi à déporter le curseur: ce qui est raisonnable, ce n’est pas de voir dans le déficit un accident, peut-être nécessaire, mais qu’il faut corriger sans délai comme on soigne une blessure; non, ce qui est décrété raisonnable c’est d’ajouter chaque année à la dette seulement une centaine de milliards (en francs 1982). C’est cela, désormais, qu’on appelle « maîtrise »: en dessous de 3% du PIB, dors tranquille citoyen, la dette se dilate, mais il ne se passe rien – (…) »

        Il dit clairement que la dette ne devrait pas grossir, et laisse entendre qu’à la limite elle ne devrait même pas exister. Il ne dit pas qu’elle ne peut pas exister sans raisons, et qu’il faudrait les connaître avant de se prononcer sur ce que devrait être le déficit. Il ne faut donc pas s’étonner si ce qui a servi à justifier l’accroissement du déficit, sert aujourd’hui à justifier sa diminution !

      5. @Judac

        C’est sur la valeur du capital(capital matériel, immatériel et humain) qu’il faut s’interroger en passant en revue chacun des principaux postes, comme le font probablement les agences de notation ou les gestionnaires d’organismes prêteurs. C’est le crédit (la confiance) que l’on peut accorder à l’emprunteur qui détermine le risque encouru, bien plus qu’un modèle mathématique, surtout quand il a été établi par de purs mathématiciens pas toujours au fait des mécanismes de base de l’économie.

        N’importe quoi.

        Il faut donc s’interroger sur la valeur (en la calculant j’imagine ?), mais c’est seulement à la confiance que le prêteur détermine le risque bien plus que par des calculs ? Ou comment dire tout et son contraire.

        Les taux négatifs du moment de la dette court terme française sont la meilleur illustration de l’aberration de ce que vous racontez : ils ne résultent ni des mathématiques (cela ferait longtemps qu’il n’y aurait plus de prêteurs…qui n’existent que lorsqu’ils peuvent prêter, cqfd), ni franchement de la confiance accordé à l’emprunteur. Cela révèle essentiellement l’état de détresse des prêteurs.
        Il en est (en partie) de même pour l’appréciation du risque d’un prêt à un particulier ou une entreprise : il s’agit surtout de l’état du prêteur.

        On surf sur le cadavre d’un système financier qui pompe la valeur ajoutée de l’économie réelle en alimentant une croissance à crédit. La croissance tire la langue puisque le prêteur titube.

      6. @ Apicelleria 11 août 2012 à 15:19
        Cher Apicellian, c’est effectivement un motif de satisfaction de constater des points d’accord sur des sujets d’importance. C’est encore plus réjouissant d’enregistrer une volonté d’approfondissement et de recherche de réduction voire de résorption totale des points de divergence lorsqu’il en apparait.

        En revanche rapprocher le déficit d’un pays de la valeur patrimoniale, c’est adopter une vision macroéconomique proche de la définition micro-économique du Fonds de Roulement Financier à savoir la valeur à la casse que calcule un prêteur cynique pour mesurer la SOLVABILITE de l’emprunteur qu’on sera toujours à temps de plumer pour se rembourser.

        Voila un point sur lequel apparait une différence d’appréciation.

        N’est-ce pas bien plus prudent, du point de vue du prêteur, de se référer à la valeur du patrimoine existant chez l’emprunteur, plutôt que de s’appuyer sur sa « capacité de remboursement » laquelle dépend du futur, et des éléments prévisibles ou imprévisibles qui peuvent l’impacter ?

        Il semble bon, que l’on soit emprunteur particulier ou Etat emprunteur, de bien identifier celui qui, entre l’emprunteur et le prêteur, a le plus besoin de l’autre. Dans la situation actuelle, il semble que ce sont les Etats européens qui soient les plus assoiffés, donc les plus vulnérables. Ils ont besoin d’emprunter, non pas pour investir afin de se préparer à affronter l’avenir à moyen ou long terme, mais tout simplement pour boucler leurs fins de mois. Cela fait longtemps qu’ils sont dans cette situation. Ça n’en est que moins rassurant pour les prêteurs.

        http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A8gle_d'or_budg%C3%A9taire#La_France

        Bien sûr, il existe des fonds de tiroirs, des réserves de change, des réserves d’or (si elles ne sont pas comprises dans les réserves de change). Mais les meilleures réserves, sont celles qui sont réalisées sous forme de stocks d’énergie vraie, la matière première indispensable à la vie économique et à la vie tout court. L’argent, les monnaies ne sont que des pseudos- énergies, des moyens d’accès à l’énergie vraie, par l’intermédiaire d’échanges de produits ou services, pour les Etats et les particuliers qui ne disposent pas des moyens directs d’en capter (par l’agriculture, la captation sur les flux renouvelables, ou par extraction sur les gisements d’énergies non renouvelables)

        Que serait l’économie de l’Europe du Sud et de la France, si demain elles n’avaient plus accès à l’énergie issue des énergies fossiles, et des mines d’uranium au Mali ? Comment pourrait-elles rembourser leurs emprunts ?

        De ce point de vue, il semble que l’économie de l’Europe du Nord est moins vulnérable.Elle dispose sur son territoire de réserves d’énergies en pétrole, gaz et charbon, c’est-à-dire d’une capacité à vivre et à survivre meilleure qu’en Europe du Sud. On peut penser que le marché (les prêteurs, qui n’ont pas besoin de prêter pour survivre, eux) en période de tension internationale, tiennent compte de ces éléments.

        Et dire que l’on envisage en France de taxer les stocks de produits pétroliers. Voudrait-on nous rendre encore plus vulnérables après avoir mis à terre notre industrie, en ayant taxé le travail plus qu’ailleurs ?

        Ces questions d’énergie préoccupent à juste titre et hypothèquent grandement les futures capacités de remboursement des emprunteurs. En cas de difficultés, leurs créanciers, loueurs d’argent, n’auraient que le patrimoine du locataire pour se dédommager.

        http://storage.canalblog.com/52/19/338284/34742826.pdf

        De toute façon, ça n’est pas en augmentant les impôts que l’on peut enrichir un pays et le rendre prospère. C’est en investissant, tant en capital matériel, qu’humain et immatériel. Je vous laisse, si vous le souhaitez, relancer le débat sur ces sujets de première importance.

        Bon dimanche !

      7. @Jducac

        De toute façon, ça n’est pas en augmentant les impôts que l’on peut enrichir un pays et le rendre prospère.

        Ah bon? Et vous comptez sur qui pour construire des routes, des écoles, des tribunaux, des hôpitaux, tout ce qui rend justement une économie prospère. Sur le capital privé certainement ? Pour qu’il réinstaure des routes à péages, une éducation hors de prix, des soins à des prix inaccessibles, des frais de justice hors de portée de toutes les bourses, au nom du profit et de la rentabilité. Sans l’impôt servant à l’intérêt collectif et général, où en serions nous?

        Pauvre jducac, vous sentez la régression à plein nez.

      8. Mon chère Jacques
        Vous dites:

        Que serait l’économie de l’Europe du Sud et de la France, si demain elles n’avaient plus accès à l’énergie issue des énergies fossiles, et des mines d’uranium au Mali ? Comment pourrait-elles rembourser leurs emprunts ?

        Là, je vous tiens par la barbichette!
        Donc rembourser des emprunts consomme de l’énergie ainsi que des matières premières, pourtant vous dites le contraire ici concernant « ma rente énergétique »
        Je suppose que vous admetterz que consommer de l’énergie fossile ou de l’uranium détruit la planète ou participe à l’entropie.
        Vous dites ici:
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=40307#comment-350284

        Mais, contrairement à ce que beaucoup croient, ou voudraient faire croire, ça n’est pas le prêt à intérêt qui détruit la planète.

        Question contradiction, je pense que nous avons atteint le sommet.
        Julien Alexandre en prendra act.
        Je suis technicien, dans un dépannage il n’y a aucune contradiction, sinon allez revoir votre diagnostic.

      9. @ Fod 12 août 2012 à 12:31

        De toute façon, ça n’est pas en augmentant les impôts que l’on peut enrichir un pays et le rendre prospère. C’est en investissant, tant en capital matériel, qu’humain et immatériel.

        Avez-vous réellement bonne conscience d’avoir isolé une phrase en omettant soigneusement d’ignorer la suivante dont pourtant, vous ne manquez pas d’exploiter la substance.

        Pensez-vous que cela vous honore ? Quelle était votre motivation première ? Etiez-vous bien intentionné à mon égard ?

        On peut en douter à la lecture de la phrase de conclusion que vous m’adressez. Elle pourrait sans conteste vous être retournée, si l’on pense en termes d’honnêteté intellectuelle. Elle deviendrait alors :

        Mais outre sa marque discourtoise, elle serait probablement injuste et ingrate de ma part. En effet, tout le monde sait bien, sur le blog, qu’en bonne personne que vous êtes, vous ne me voulez que du bien.

      10. @ michel lambotte 12 août 2012 à 16:26
        Bravo Michel ! Non seulement vous venez de marquer un point, mais de plus, vous montrez que vous êtes très attentif, et êtes bien entré au fond du sujet.
        Il faut que je reprenne le fil de mon raisonnement pour mettre le doigt sur ce qui peut résulter d’une faille dans ma démarche de pensée.Je vous ferai part des résultats.
        A ce stade de notre échange je reconnais qu’il apparait une contradiction que je regrette.

        Je suis technicien, dans un dépannage il n’y a aucune contradiction, sinon allez revoir votre diagnostic.

        Moi aussi, j’ai exercé mon métier dans le domaine technique et je sais ce que c’est. C’est d’ailleurs pour cela qu’avant de prendre des décisions importantes, susceptibles d’avoir de très lourdes conséquences, on crée des équipes diversifiées, pluridisciplinaires et contradictoires chargées d’ analyser les causes d’anomalies et de décider des actions correctives à entreprendre. Ce mode d’action est utilisé notamment dans les grands programmes aéronautiques et spatiaux. La règle du jeu est, dans ce type de commission, de ne pas tenir rigueur à celui qui, dans le feu du débat, sort une bourde par suite de l’omission d’une donnée.

        A bientôt pour la suite de nos travaux collectifs et contradictoires sur les questions d’énergie lesquelles sont imbriquées avec des pseudos énergies positives ou négatives telles que les avances d’argent, les dettes et les l’énergies bien réelles qu’il faut dépenser pour les rembourser.

      11. @ Jducac

        Laissez donc ma conscience en paix et examinons la vôtre qui ne semble souffrir d’aucune impudeur et continue, contre vents et marées, à nous tenir un discours inepte. Facile de crier à la victime quand depuis des années, les lecteurs de ce blog doivent subir votre prose rétrograde et vous le font savoir. Si vous ne voulez pas être critiqué, même vertement, allez donc écrire ailleurs au lieu de jouer à la vierge effarouchée, stupéfaite par la violence des propos qu’elle suscite.
        Derrière vos airs gentillets, emprunts de morale à deux sous, votre discours régressif, en permanence critique à l’égard de l’Etat Providence, toujours parsemé d’allusions au darwinisme social, fidèle jusqu’à la nausée au tryptique « Famille-Travail-Patrie », qui voit partout du capitalisme jusque dans nos spermatozoïdes, est d’une violence insupportable pour ceux qui placent le social avant l’économique.

        Vous êtes définitivement irrécupérable et incapable de la moindre proposition un tant soit peu sociale ou progressiste. Votre retraite vous a tellement coupé des réalités que vous vous inventez un monde phantasmé, fantasmagorique, simpliste, incapable de contextualiser la moindre complexité. Si attaché à son passé qu’il juge tout par le prisme étriqué de sa petite expérience, sans chercher par des lectures, autres que celles du Figaro, à évoluer. Vous êtes et vous resterez un indécrottable conservateur attaché comme la teigne sur la misère à ses conceptions dépassées et archaïques. Basta!!

    3. Pourtant Paul avait mis le doigt dessus: il s’agit uniquement de crédibilité face au marché

      : où avez-vous lu ou entendu que Paul aurait mis le doigt sur cette question de crédibilité ? J’ai relu son article du Monde, il n’en parle pas : il en fait une « blague de potache« , et dès le titre. Depuis quand faut-il blaguer avec les marchés pour être crédible ?

      Note : pour connaître toute l’histoire, rendez-vous à ce post d’Albin.

  5. Oui…
    Il n’y a guère qu’ici qu’on semble suivre ce qui se trame à ce sujet, au point d’y consacrer une vidéo « just in time », après d’autres billets et commentaires…
    Le Blog, c’est un peu le Petit Village d’Astérix, celui qui résiste encore et toujours à l’Enfarineur…

  6. Je suis un peu étonnée de lire des commentaires, bien sûr bienveillants pour Paul Jorion, mais qui affirment que « cela ne marchera pas », que « cela ne sert à rien ».
    Peut-être, c’est possible, mais…est-ce la responsabilité de Paul Jorion? Non. Sa responsabilité est de dire, de dénoncer, d’appeller à faire autre chose, BREF de jouer son rôle capital : celui d’un penseur, d’un intellectuel, qui met au service du pouvoir le résultat de ses pensées, pour le plus grand bien de tous. Si, ensuite, malheureusement, cela ne marche pas, eh bien, OK, cela ne marche pas, mais au moins on ne pourra pas faire comme si rien n’avait été dit, et ça c’est essentiel. Cela me rappelle l’excellent site québecois « poètes contre la guerre », créé en 2001-2002 où il était dit qu’au moins la guerre ne pourrait se prévaloir d’une justification. Elle pouvait massacrer injustement, s’appuyant sur le 11 septembre, mais au moins elle ne pourrait pas se parer des plumes de l’innocence.
    Merci Paul Jorion de rappeller qu’à tous les niveaux (famille, étudiants, nation, lecteurs etc. etc.) nous avons, si nous pensons et sommes relativement indépendants, un rôle à jouer, et devons avoir le courage de le jouer.

    1. Chère Suzanne, je suis désolé de ne pas avoir entendu P. Jorion nous  » rappeller qu’à tous les niveaux (famille, étudiants, nation, lecteurs etc. etc.) nous avons, si nous pensons et sommes relativement indépendants, un rôle à jouer, et devons avoir le courage de le jouer « .

      Notez que je m’encourage ( et nous tous par la même occasion, même un peu cavalière) à penser librement. Quant au rôle individuel de chacun … hum … disons que je trouve cela aussi mignon que le tri sélectif … mais on peut toujours s’imaginer que les utopies sont des projets et que l’une vaut l’autre.

      Avec toute la cordialité dont je suis capable ( et sans aucune ironie, c’est pas le genre de la maison …)

      1. Bonjour Apicelleria, pourquoi dire ‘sans aucune ironie’ puisque vous êtes ironique? (en faisant une comparaison entre l’engagement individuel envers un public, et le tri sélectif, visiblement considérant les deux comme utopiques et probablement inutiles). En cela vous démontrez parfaitement ce que je veux dire.
        Qui est que j’apprécie avec intensité une écriture qui s’apparente à une action.

      2. « …Le faire prolongeant le dire… » je n’arrive pas à retrouver l’auteur de cette performative citation…(je pense que c’est du côté latin de l’Europe néanmoins)

      3. Chère Suzanne, l’ironie à laquelle je faisais référence ne visait pas le rôle individuel de chacun (je suis plutôt un tenant du rôle collectif de tous) mais la cordialité automatique en fin de post après la petite pique gentillette à laquelle je viens de faire allusion. Je crains de ne m’être pas bien fait comprendre, mais bon vous avez compris notre désaccord fondamental.

        Pour tout dire, je crois que le système est structurant et qu’il s’impose dans les actes et décisions individuels et pas l’inverse qui relève à mon avis du boy-scoutisme et de la méthode Couet. Les initiatives individuelles ou groupusculaires sont forcément inscrites à la marge. Elles ont leur beauté,leur génie, leur fraîcheur mais très faible efficacité et une efficience nulle. On peut le regretter certes mais à quoi bon s’épuiser en pure perte ?

        Bien cordialement et vraiment sans aucune ironie.

  7. La règle [du veau] d’or contiendrait « une erreur logique » ?
    Je ne crois pas.

    Pourquoi?
    Le but de cette règle n’est pas de respecter la logique formelle méta-sociale ou méta-historique!

    Le but de cette règle est de contribuer à reproduire l’organisation sociale dont elle est l’expression.
    En ce sens elle est parfaite. Inscrite dans la constitution allemande, elle est parfaitement à sa place de consolidation d’une prédation sociale dans la tourmente. Etc. Les commentaires peuvent être innombrables et je ne m’en prive pas.
    La règle [du veau] d’or est inique, mais parfaite.

    Paul, vous paraissez régulièrement dans cette confusion. Serait-ce pour des raisons pédagogiques?

      1. J’ai ajouté ma question finale sur le fil, qui pourrait répondre à votre réaction…

        Il y a une erreur logique interne à la règle dont nous parlons, mais cette règle doit-elle être prise à la lettre? Doit-on considérer que nous vivons dans un régime rationnel ?

        La doxa économique regorge de contre-vérités, dont la preuve a parfois été donnée depuis des décennies. Quelqu’un d’aussi consensuel, dirais-je, que Fitoussi, par exemple, démontre l’erreur logique du dogme de la libre concurrence – et on voit bien que cette démonstration, administrée pour la énième fois, reste sans effet sur les cours d’initiation à la science économique donnés dans toutes les facultés, en particulier autres que d’économie. C’est tout le corps social qui est pénétré par cette idéologie qui se présente comme rationnelle.

        Ces discours doivent-ils être pris à la lettre ou analysés plus largement ?

    1. Allons, cher Guy, ce que vous dites est contradictoire.
      Les règles étatiques ne peuvent être des supports de consolidation de la prédation sociale. Elles sont toutes à l’opposé et dans le cas présent, elles protègent les plus faibles économiquement.
      La prédation sociale existe pourtant bel et bien mais elle se nourrit de la faiblesse ou de l’absence de règles de l’Etat.
      Je crains que la confusion ne soit pas là où vous le pensez.
      Bien à vous.

      apicelleria.overblog.com

      1. Ben voyons, Apicelleria… L’Etat résulte de la fixation des rapports de force qui le soutiennent et qu’il doit reconduire ou reproduire.
        Que dans l’état actuel des choses, il y ait quelques acquis de haute lutte, c’est certain, mais si l’État avec pour fonction prioritaire, ou simplement réellement assumée, de protéger les plus faibles, le protectionnisme dont bénéficie la finance serait impossible, et le traitement de la crise n’aurait pas consisté à sauver sans conditions ce secteur prédateur de l’économie productive et de la société !

      2. Cher Guy, je persiste et confirme que la main mise de prédateurs sur un appareil d’Etat qui s’est maintenu malgré le recul volontaire de ses interventions ces dernières années, n’emporte en rien une modification de son rôle dans nos sociétés.

        La restauration des règles ou la mise en place de régles nouvelles adaptées à la situation actuelle devrait déloger ces prédateurs et les assigner à des rôles qu’ils n’auraient jamais du quitter comme le financement de l’économie par exemple.

        Il n’y a pas eu dérive mais reflux de l’Etat.
        Il n’y a pas eu un reniement mais une multitude de coups d’Etat.

        L’Etat doit réinvestir son rôle de protecteur des plus faibles, de gardien de la consommation et de stratège industriel. Le reste doit revenir aux entreprises et aux partenaires sociaux.

  8. Où je vois une faille dans les postulats dorés, y compris dans le cadre de pensée néoclassique qui est sensé les délimiter, c’est dans la définition des investissements et ce relativement bien sûr à l’endettement nouveau qui doit exclusivement lui être affecté. Il me semble que dans la théorie de la croissance endogène défendue par de purs nobélisables ultra-orthodoxes comme les Lucas, Romer ou Barro les investissements publics ne peuvent se limiter à la simple FBCF (Formation Brute de Capital Fixe), soit grosso merdo aux infrastructures, au « hard » quoi. L’investissement sur le K humain, instruction et santé en priorité, est aussi une règle d’airain incontournable selon ces théories tout sauf suspectes de subversion hétérodoxe.
    Donc on met en sous-jacent de la règle d’or une règle d’airain excluant – pour commencer – les dépenses de santé, d’éducation et de recherche du domaine des dépenses de fonctionnement avec un cliquet interdisant toute baisse de la dépense publique sur ces postes dorénavant comptabilisés comme postes d’investissements, aussi bien en nominal qu’en pourcentage de Pib.
    Je rappelle incidemment et pour la forme que la France, selon l’OCDE, est le seul pays de son panel à avoir baissé deux fois successivement sa dépense pour l’éducation entre 89 et 2009 (dépense d’éducation exprimée en part du Pib dans trois études OCDE 89, 99, 2009). Avec pourtant une des plus florissantes démographies des pays développés…
    Qu’as-tu fait de ton pognon et de tes talents, France, depuis 20 ans ?

    1. Vigneron,
      Tu veux dire que les autres pays ne l’auraient pas fait deux fois successivement?
      Ils l’ont fait continûment ou quoi ?
      Il est faux que le Royaume-Uni ou la Belgique ne l’aient fait qu’une fois, pour me limiter à deux cas dont je suis informé. Et ça m’étonnerait pour les autres…

      Il faut se souvenir que l’Ocde, qui est l’équivalent idéologique de l’Otan, est un des principaux acteurs qui travaillent à introduire les normes, les règles et les impératifs de l’entreprise dans l’enseignement, et ce depuis plus de quarante ans, en harmonie avec l’European Round Table of Industrialists. S’appuyer sur l’Ocde pour traiter de l’éducation, c’est comme demander à l’économiste d’une banque ou d’un fonds de pension d’expliquer le chômage!

      Sources multiples dans Le Monde Diplomatique et dans les livres de Nico Hirtt par exemple.

      1. Je me contrefous de l’idéologie supposée de l’OCDE Leboutte et désolé mais par exemple – et y compris pour l’Insee – la France est le seul pays développé – avec Israël à moindre niveau – qui ait à ce point diminué ses dépenses d’éducation (publiques et privées cumulées) sur la période 2000/2008 (de 7,3 à 6,7% du Pib, juste 12 milliards perdus annuellement).
        Quel est l’intérêt que tu trouves à le nier.

  9. Pétition pour un référendum sur le nouveau traité européen

    A ce jour 6627 personnes ont signé la pétition en ligne pour un référendum sur le nouveau traité européen. François Hollande s’était engagé à renégocier le traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), appelé aussi pacte budgétaire, signé par N. Sarkozy et A. Merkel. il n’en est rien. Or ce texte durcit encore les traités de Maastricht et de Lisbonne et prône à la fois l’austérité à perpétuité, et le contrôle des budgets par la Commission de Bruxelles. Pourtant l’expérience montre que cette orientation n’a fait qu’enfoncer les pays européens dans la crise et les peuples dans la souffrance. N. Sarkozy battu, son traité ne doit pas être appliqué. il faut aujourd’hui un débat public sur les orientations européennes et un référendum sur le nouveau traité. Seul le peuple souverain peut décider de son avenir. C’est une question de démocratie.

    http://www.humanite.fr/politique/liste-des-signataires-de-la-petition-pour-un-referendum-sur-le-nouveau-traite-europeen-501

    1. Ouais, tant qu’on y est, faites aussi une pétition contre la faim dans le monde, la guerre et les verrues.

      1. Ouais, tant qu’on y est, faites aussi une pétition contre la faim dans le monde, la guerre et les verrues.

        Nous fais pas ton Tony Blair Moi (quand Jospin voulait ajouter son « et de l’emploi » au pacte de stabilité – allemande – et de croissance – juppéenne)…

  10. Paul, est ce que ça ne vous ai pas venu à l’idée que l’empire veuille ligoter la France, et les nations européennes? Et que ce que l’on prendrai pour de l’incompétence serait en fait une stratégie de domination?

      1. Pardon, Mr Jorion, mais si la toute puissance des USA en matière économique , et leur arrogance en matière militaire ne les apparente pas à un empire, on se demande ce qui pourrait être qualifié d’empire, en ce bas monde…

        (Disons que par le terme « l’Empire », beaucoup désignent à la fois les USA et l’ensemble des pays qui approuvent (et appuient) leur politique internationale).

      2. la toute puissance des USA en matière économique et leur arrogance en matière militaire

        Euh… le contraire non ? Menfin… I suppose you mean…

      3. Incompétence ou domination, cela ne change rien à votre position n’est ce pas ?
        Il en faudra bien un jour un ou une pour assumer de nouveau l’idée de contrat social.

  11. En attendant, quant à l’intervention de Paul Jorion à l’émission Focus de France 24, et bien on cherche les traces de Paul Jorion mais pchittt! Rien!
    Rien, nada, nib, que dalle, zob, peau de balle!

    Ce doit être le vent du désert aoûtien de l’information qui a effacé les pas de Paul Jorion, pélerin de l’économie, perdu dans ce désert peuplé de scorpions, euh… d’experts.

    Quand on va sur le site internet de l’émission censée parler des subprimes 5 ans après, on ne trouve pas Paul Jorion mais un expert, Evariste Lefeuvre (je vous jure que c’est son prénom), un énième expert chef-économiste chez Natixis north-america!

    La vidéo ne fait que 12min47s. Est-elle tronquée? Est-elle coupée volontairement? Ont-ils oublié de mettre la suite?

    Je n’en sais rien pour l’instant. Mais CA M’ENEEEEEEERVE!!!

    http://www.france24.com/fr/20120809-2012-5-ans-crise-subprimes-anniversaire-mondiale-recession

  12. La règle d’or, une blague de potache ….d’Alsace peut être, rigolons un peu, mais tout de même.
    Quand on connaît les dégâts, les spoliations que subit le peuple grec on ne peut que compatir.
    En résumé j’ai la curieuse impression que nos peuples sont traités comme des oies, pendant 30 ans on les a gavé et maintenant on va les plumer, les tondre et les dévorer par les mesures d’austérité absolument destructives.

    1. TED – Une salle de classe planétaire
    Il faudra monter un cours en e-learning de mise à niveau pour politiciens, économistes et tous ceux qui sont persuadés de savoir sans savoir.
    Vous avez du pain sur la planche Mr le professeur Paul Jorion.

    Un article que vous apprécierez pleinement j’en suis persuadé, la formation en e-learning est accessible à tous les auto-didactes qui souhaitent se former à leur rythme tout en confrontant la théorie et la pratique.
    « La salle de classe planétaire », premier volet des 6 de « Ils changent le monde » consacrés à quelques innovations de la conférence TED.
    « Professeur brillante déçue par l’enseignement classique, Daphne Koller a inventé la « flip éducation » qui s’appuie sur les vidéos des cours. Un succès ».

    http://www.lemonde.fr/education/article/2012/08/09/la-salle-de-classe-planetaire_1742909_1473685.html?xtmc=salle_de_classe&xtcr=2

    Quelques extraits percutants :
    « Daphne commence par devenir professeur. Avec son allure à la Joan Baez période 1968, elle enseigne à Stanford, anime un laboratoire de recherche sur le cancer, nourrit ses deux passions, le « machine learning » (l' »apprentissage autonome des machines ») et la biologie. Elle veut résoudre les problèmes complexes à l’aide d’ordinateurs et de statistiques, et écrit plus de 180 articles scientifiques. »…..
    « Au même moment, à l’automne 2011, son collègue Andrew Ng met en ligne de façon gratuite un cursus entier (10 semaines) de Stanford sur l’intelligence artificielle. Un tour de force : 400 élèves dans l’amphithéâtre, 100 000 personnes en ligne. 14 000 élèves obtiennent le certificat officiel diplômant »
     » …..dernier. Aujourd’hui, on a 787 000 étudiants dans 190 pays, 2 millions d’engagements, pour 111 cursus allant de la robotique à la poésie. » Soit 14 millions de vidéos visionnées en… trois mois ».
    « ….Et le MOOC (Massive online open classroom) permet tout cela. Il force à repenser les cours, le temps en classe, la valeur. Pour les universités, c’est un signal fort qu’elles ont autre chose à proposer que du contenu. »

    Les autres volets :
    http://tedglobal.blog.lemonde.fr/

    2. Règle d’or or not ?, that is the question.
    Signalé par la 12:15 du Monde du 13 août, un billet du blog d’éconoclaste.
    La règle d’or oui mais à condition de garder un couteau suisse à portée de main pour demain.
    Canif, ficelle et une corde à son arc : l’imagination fiscale.

    « Il faut espérer que la démocratie sera maligne »

    « Cela fait un bon moment que la question de la règle d’or se pose. Il y a ceux qui sont pour et ceux qui sont contre. Ceux qui sont pour sont divers. Il y a ceux qui considèrent que l’Etat est le cancer de la société. Il y a ceux qui considèrent que la dette est un fardeau pour les générations futures qu’il faut soigneusement limiter (et que l’Etat n’est pas doué pour ça). Et il y a ceux qui pensent que la dette, au fond, on s’en fout, mais que comme des tas de gens ne s’en foutent pas, il faut se résigner à encadrer les déficits et la dette par une règle.

    De l’autre côté, on a aussi deux tribus. Il y a les benêts qui pensent que relancer en permanence est toujours bon (et donc que plus de dette est toujours bon). Et il y a ceux qui pensent que compte tenu de la logique de la stabilisation conjoncturelle et de l’imperfection des règles budgétaires (Henri Sterdyniak a pondu quelques articles de synthèse de très bonne qualité sur le sujet), une règle, constitutionnelle qui plus est, est une très mauvaise idée. Comme vous l’avez remarqué, les deux camps et leurs tribus respectives s’écharpent depuis deux ou trois ans.

    Eh bien, la tendance étant au hollandisme, je fais la synthèse. On a deux problèmes actuellement. Nous (les pays développés, zone euro ou non) sommes structurellement en récession, parce qu’une crise bancaire, c’est grave. Donc, les mesures d’austérité simples mènent au désastre à 99 chances sur 100. En même temps, les taux d’endettement atteints, ce n’est pas une grande nouvelle, rendent les marchés nerveux. Donc, la règle, à un moment ou un autre, on ne peut pas y échapper. Le truc qui vous lie les mains aux yeux des agents économiques me semble indispensable. Mais si la démocratie n’a pas un canif planqué pour couper la corde, on est mal (non, mais… genre en 2025 ou même 2018, on sera encore sous un régime imparfait et désormais inadapté ?). Vous allez me dire que les marchés sont malins et verront le canif. Peut-être. Si la ficelle n’est – paradoxalement – pas assez grosse… Sinon, ils feront semblant de ne pas le voir, se disant que certains points sont assurés à moyen terme. Car, fondamentalement, compte tenu de leur schizophrénie entre court terme et long terme, les marchés ne moufteraient probablement pas. Au contraire ! La perspective, si le balancier penchait trop vers la récession, de défaire les liens pourraient les rassurer. Ce qu’il manque, notamment à l’Europe, c’est ce que Dani Rodrik a joliment appelé « imagination fiscale ».

    PS : Et ce qui me fait rire, c’est que je vais me faire engueuler par tout le monde, du coup… »

    http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2012/08/10/2009-il-faut-esperer-que-la-democratie-sera-maligne

    Commentaires :
    Il n’y a pas une règle mais des règles, la dette permet l’asservissement des emprunteurs, les marchés veulent toujours moins d’Etat, ……

    3. Grèce
    Ce matin France Culture donnait la parole à Stathis Kouvelakis.
    « La Grèce, première ruine de l’Europe politique ?  »
    « Grand entretien de 7h35 à 8h30 avec Stathis Kouvelakis, professeur de philosophie politique au King’s College de Londres, spécialiste de la Grèce.
    Des propos totalement à rebrousse poils de ce que l’on prèche trop dans les milieux autorisés comme :
    . Il y a plutôt moins de fonctionnaires en Grèce que dans les autres pays d’Europe même si le clientélisme est courant;
    . La dette publique grecque est > à celle de l’Espagne mais la dette privée <, au total la dette grecque est <
    . La stratégie du choc est en cours, Naomi a raison, une thérapie du choc est mise en oeuvre : vente à l'encan, mise sous tutelle, la grande braderie des biens publics bat son plein (celle des biens privés aussi comme on atteste le reportage du dernier envoyé spécial, même les français moyens y participent)
    . Les décideurs européens sont plus agressifs que le FMI
    . Copains/coquins
    . Le pire : s'en prendre lâchement aux plus défavorisés, les immigrés, des pauvres prennent des très pauvres comme boucs émissaires.

    Que faire :
    Restructurer rapidos la dette qui ne peut être payée, …….

    http://www.franceculture.fr/emission-les-matins-d-ete-la-grece-premiere-ruine-de-l-europe-politique-2012-08-14

  13. Salut les modérateurs qui bossez pour Paul ! Salut Paul !

    Avant hier dimanche, j’ai posté une réponse à JL Morlie et Apicelleria… Pour la situer, elle comportait au début une allusion à Stéphane Mallarmé (En écho de son fameux vers « Abolis bibelots d’inanité sonore »…)

    Elle n’apparaît point sur cette page… En admettant que vous ne souhaitiez pas la mettre en ligne, (pour une raison que j’ai un peu de mal à imaginer), auriez vous la gentillesse de la renvoyer sur arzi77@gmail.com , car je n’en ai pas gardé trace ?

    Bien à vous
    R Z

    1. Mon cher Raymond,

      le seul problème, c’est que vous êtes le champion toutes catégories du rouge-brun (et vous allez très très loin, et à gauche et à droite) qui n’est pas vraiment en odeur de sainteté ici : camps de la mort + goulag, c’est vraiment un peu lourd sur l’estomac.

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