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110 réflexions sur « En attendant l’immortalité, nous préférons tuer le temps »

  1. Une vie, un intervalle entre deux néants. Le néant antérieur ne nous angoisse pas. L’intervalle habité de conscience change donc la donne.

    1. Nous,  » distorsions du néant « , avons hérité d’un fardeau et/ou d’un outil: la conscience…
      Quel impact cela peut-il avoir lorsque nous retournerons au néant ?
      mais sera-ce le cas ?
      En attendant d’avoir le fin mot de l’histoire, nous vivons…
      tant bien que mal,
      avec un droit ou un devoir d’usage de cet attribut qu’est la conscience.

      Au fait,  » immortalité « … qu’est-ce donc qui meurt ?
      https://www.youtube.com/watch?v=Zs1gyPk6V0c
      Demain c’est sa fête…

    2. « Il n’y a pas un autre monde. Il n’y a même pas ce monde-ci. Qu’y a-t-il alors? Le sourire intérieur que suscite en nous l’inexistence patente de l’un et de l’autre ». Cioran

    3. Permettez-moi un autre point de vue à partir du vôtre.

      Une vie, un intervalle entre deux champs de possibles. L’intervalle éclairé le plus possible de conscience est comme un escalier entre les deux, qui peut être descendu ou monté.

  2. Et la jouissance immédiate de la contemplation, alors…
    Et l’amour paisible, alors…
    Et l’émerveillement d’être vivant, alors…
    Et le parfum du chèvrefeuille, alors…
    Et le premier baiser, alors…
    Et dans ses bras, l’enfant qui vient de naître et que l’on nomme pour la première fois…
    S’activent fébrilement à tuer le temps, ceux qui ne savent en conscience jouir de l’instant présent.

    1. « S’activent fébrilement à tuer le temps, ceux qui ne savent en conscience jouir de l’instant présent. »

      + 1 merci .idem

    2. « la jouissance immédiate de la contemplation »
      Comment faites-vous pour « contempler » et « jouir » en même temps ?
      L’une n’exclut-t-elle pas l’autre ?
      L’oxymore nous guette !

      1. Les « jouisseurs contemplatifs » sont comme les contorsionnistes: il leur faut beaucoup s’entraîner 😉
        http://www.pauljorion.com/blog/2015/11/01/en-attendant-limmortalite-nous-preferons-tuer-le-temps/#comment-584034
        Tordus, vrillés comme nos ADN (un internaute nous voit comme des transmetteurs de code par nos gènes…) il nous resterait à nous demander, combien de temps, après nous, durera cette aventure et/ou si le néant distordu retournera au néant…

        En attendant, mes doigts envoient des caractères alpha-bêtas dans la « nature » alors même que les chaînes ainsi constituées, déjà entièrement présentes dans, par exemple, la suite des décimales du nombre Pi, seront interprétées par on ne sait qui ?

        Paul Jorion, merci de nous offrir un peu de récré 🙂

      2.  » Les « jouisseurs contemplatifs » … » suite…

        à la relecture, je dois corriger :
        « … nous demander combien de temps, après nous, durera cette aventure… »
        Justement, voilà une raison suffisante pour « tuer le temps » !
        Évacuant une question paralysante…

    3. Je suis pleinement d’accord avec le commentaire de Pascal.
      Je ne sais plus qui, d’Augustin ou de Thérèse d’Avila se posait la question  » Est-ce une vie mortelle ou une mort vivante? »
      La réponse tient à notre conception de la conscience: conscience de soi en tant que personne individuelle, ou conscience de participer au vaste mouvement de la vie? lequel mouvement n’est qualitativement pérenne que grâce à la mort de chacune des composante quantitatives.

  3. Troisième voie: la religion.

    N’oubliez pas (diplologie) Pascal… Blaise, qui plus est mathématicien dans l’âme.

    Sinon, pour gagner du temps, il faudrait voir ce qu’en disent Héraclite et Démocrite… Tout y est, depuis le début…!

    1. La religion…Faire la distinction entre le rêve et la réalité. Mais nous ne faisons même plus la différence entre une vie folle et une vie raisonnable, « nous considérons que notre vie folle est raisonnable » disait Tolstoï.

  4. Plus ou moins 80 années pour imprimer son existence dans l’histoire de l’univers.

    Un fait certain : Pierre, Paul, Jacques, Sophie, Marie, Murielle , …. vivant aujourd’hui à l’un ou l’autre endroit du monde sont des êtres uniques, singuliers, dont la vie influence la vie de tous, d’une manière ou d’une autre et continuera à influencer même après la mort.

    Cette singularité donne à chaque être humain une importance qui devrait pouvoir l’amener à ‘com-prendre’, à intégrer dans son corps et dans son esprit, toute la responsabilité qui est la sienne dans la marche du monde, dans la continuité de la vie. Vivre en se sentant responsable de tout ce qui est vécu en soi et autour de soi, cela pourrait bien donner un sens, une justification à notre temps de vie sur terre. Etre responsable, sacrée tâche.

    Se sentir irremplaçable dans le sens d’important pour soi et pour les autres pourrait bien être source de bonne vie et donner de la force pour se lever heureux chaque matin, à tout âge.

  5. Pour ne pas sombrer dans la dépression, il y aurait donc selon Freud le choix entre d’une part l’anesthésie par la drogue ou le refuge dans l’illusion, et de l’autre l’agitation, chic ou pas. Intéressant, de nos jours la cocaïne se propage dans toute la société, elle anesthésie et elle excite, c’est donc un business prometteur. Immortalité et mal de vivre ce n’est pas contradictoire à notre époque c’est même la caractéristique d’une espèce qui se suicide à petit feu pour ne pas souffrir, qui veut tout pour ses enfants mais qui ne leur laisse aucune chance d’avoir un avenir. En fait cette dépression vient de l’égoïsme, comme Paul Jorion le rappelait notre espèce ne semble pas posséder une conscience (une âme) collective, et faire des enfants peut même être perçu comme un acte égoïste, avec le nombre de jeunes humains qui auraient besoin de soins et d’attention partout dans le monde, mais chacun veut son enfant, cela aussi est un moyen (efficace?) de ne pas faire une dépression, et les parents gâtent leurs enfants pour avoir droit à un sourire (avec des jouets en plastique, c’est beau c’est coloré!) mais plutôt que de se suicider directement elle ne se laisse aucune chance de se perpétuer. Schopenhauer avait aussi l’admiration de Tolstoï, ce dernier écrivait ceci « A une époque, mon point de vue sur la folie de notre vie me paraissait si à part que j’estimais étrange et effrayant de le faire connaitre, tant il n’était pas conforme à l’outrecuidance inébranlable de l’immense majorité des hommes qui mènent cette vie folle, mais je me suis mis récemment à éprouver tout le contraire: il me semble désormais étrange et effrayant de ne pas exposer mon point de vue. Il est ainsi évident pour moi que la majeure partie de l’humanité mène à notre époque une existence absolument contraire aussi bien à la raison, au sens moral, à ses intérêts les plus évidents et aux modes de vie les plus profitables à tous les hommes, et elle se trouve dans un état de folie, de démence sans doute provisoire, mais radicale ». « Qui est fou », c’est l’angoisse tolstoïenne. N’est-ce pas demain, jour des morts, que Paul Jorion rend son manuscrit « Le dernier qui s’en va éteint la lumière », espérons qu’il ne soit pas effrayé non plus de nous faire connaitre sont point de vue sur la question de survie de l’espèce. Optimisme et pessimisme, que pense t-il vraiment et qu’est-ce-qui serait le plus enclin à nous faire évoluer positivement?

  6. la physique est partout la même dans l’univers :
    pas de magie .
    tout se transforme mais tout est égal , rien avant rien après , la conscience n’est qu’une parenthèse .
    est ce celui qui chemine qui est le plus important ou le chemin ,
    la Voie ?
    juste la propriété autoémergente de la matière à s’organiser , peu importe que la nomme Vie , Orgone ou Libido , Ki ou Souffle , c’est un mouvement sans fin .
    souvent en plaisantant on dit nul n’est irremplaçable , on a qu’une place au cimetière !
    aucune espèce n’est irremplaçable et une vie complexe peut fort bien se passer de conscience .

  7. « tuer le temps », c’est de la légitime défense : le temps nous tue.
    « Transit vita sicut fumus », la vie passe comme la fumée, citation latine d’Antoine d’Abbadie qui aima aussi cette devise éthiopienne : « je me donne sans m’amoindrir ».

    1. Bien d’accord…
      Le temps passe peut-être moins vite ailleurs, dans une autre dimension…Vite un trou de ver ! Un aller simple, pour ailleurs…

  8. France-Inter ou Culture, cet après-midi, entendu au vol une chinoise dire comment elle a empoisonné son bébé fille au jus de tabac… contre son gré.
    Et une journaliste, dans une ville pakistanaise, accompagner des hommes pieux ramasser les corps de petites filles mortes abandonnées par les parents.
    Mes oreilles se sont fermées puis j’ai arraché la prise de la radio pour être sûr de ne plus rien entendre. Ne veux pas savoir rien de plus précis.

    Nous avons une formidable chance de pouvoir philosopher sur la beauté et la mort, l’âme pas plus troublée que si la discussion portait sur le prix du boudin.
    Sans oublier de faire assaut de culture: une fois Nietzsche, une fois Hegel et toujours Freud. Petit cap terminal de l’Asie, grenouille plus grosse qu’un bœuf, un jour ça va dégonfler…

    Nous sommes des super-privilégiés, nous vivons sur l’ héritage de nos ancêtres, – – héritage culturel et moral-, le lamarkisme à plein rendement.
    La beauté et la mort, dépouillées de leur réalité, mais pas une seule fois, la souffrance du monde n’est évoquée.
    Ce qui me tourmente souvent, très souvent: ces victimes, mortes et vivantes, sauront-elles capables de nous pardonner ? Le méritons-nous ? Sommes-nous vraiment responsables? Comme homme ( petit ‘h’ ) je suis étonné de ne pas avoir sur les bras une révolte mondiale des Femmes, une révolution sérieuse à la hauteur des souffrances endurées.

    1. D’un privilégié à un autre privilégié,

      J’aime beaucoup le livre tibétain de la vie et de la mort – mais ce n’est pas un cadeau que l’on peut facilement offrir à ceux qui pourraient en avoir besoin ! (http://www.rigpa.org/lang-fr/sogyal-rinpoche/le-livre-tibetain-de-la-vie-et-de-la-mort.html)
      J’aime votre questionnement: avons nous le « Droit » d’abuser de la Nature comme nous l’avons toujours fait ? D’abord en toute ignorance de cause, mais aujourd’hui en toute connaissance de cause, en toute conscience ? That is the true question !

    2. Comme vous Daniel, jamais il ne me vient à l’esprit de philosopher, tant il y a à cogiter, douter de ce qu’on nous raconte, chercher les mensonges, démonter le Système, pour comprendre les causes des désastres bien réels du monde actuel. Tant que l’on est pas directement touché, il semble qu’au fond, ben on s’en fout.

      1. D’ailleurs je me demande si philosopher n’est pas l’art de regarder ailleurs, pour ne pas avoir à voir l’Horreur économique de ce monde, tout en se la pétant, façon BHL ou Luc Ferry. Toujours gai, celui là d’ailleurs. En plus ça le rend heu-reux.
        (je m’excuse auprès de ceux que j’ai pu oublier, mais qui se reconnaitront)

  9. Est ce si difficile que cela d’accepter sa mortalité? Je dirai presque que c’est une étape essentielle pour commencer à vivre. Ensuite, “Vivre n’importe comment, mais vivre !”, et “Si Dieu n’existe pas, tout est permis.”

    1. Dieu n’est pas une hypothèse nécessaire à une conduite morale.

      Qu’il soit agnostique croyant ou athé, tout n’est pas permis à l’humaniste. Nous avons tous des droits mais ces droits créent aussi à chacun des devoirs envers les autres.

      Ne pas comprendre une telle évidence est, à mon sens, un symptôme de psychopathie.

  10. Impossible de taire l’ouvrage d’Irvin D. Yalom : « Apprendre à mourir : la méthode Schopenhauer. » Pour tous les mourants et les futurs morts.
    Tuer le temps cela voudrait dire qu’on en a. C’est un problème de riches. Quand on n’a pas assez de temps, pour vivre ou survivre, pour réaliser ce qu’on doit, ce qu’on veut, alors la question ne se pose pas. Je ne suis pas de ceux-là, pourtant ;
    Pour moi la question ne se pose pas. Je n’ai pas de temps à tuer. Le temps n’existe pas. Il n’y a qu’ici et maintenant. Je vais mourir, c’est certain. Je vais faire mon travail qui m’occupe toute la journée jusqu’au coucher des enfants (travail hors sol) ; Je vais chercher la réponse à mes questions tard le soir, puis dormir suffisamment pour recommencer.
    Je ne comprends pas ceux qui vont au match, (sauf quand il s’agit des loges et de tous ceux qui font semblant), je ne comprend pas ceux qui vont au Musée (sauf quand il s’agit du vernissage et de tous ceux qui font semblant), pourtant parfois j’aime les Musées, par hasard ou par erreur et j’apprends tant sur le monde en un tableau ou une sculpture ou une symphonie que je serais bête de passer à côté de ce que l’homme sait et répète depuis toujours : je vais mourir, que ma vie soit la plus douce possible, que ma mort en soit de même. Avec un peu de drogue, à la fin, si c’est nécessaire.

  11. « Tuer le temps » – drôle d’expression.

    Elle n’a de sens que là où le temps a été doté d’un sens. Cela pointe l’hérésie de tous ceux qui ne se résolvent pas à faire « ce qui doit être fait ». Peu importe l’enjeu : irrationnel, religieux, humaniste, écologique, scientifique, rationnel – dans tous les cas le temps se dote d’une direction que ratent forcément les « déprimés » de tout bords, établis comme tels par les sensés, ceux qui justement n’ont aucun mal à faire porter d’un sens ce cours que l’on suppose au temps.

    Tout cela est drôle – et vain.

    Athéisme ? Ne faites pas rire : tant que la grammaire ne soit pas remise en question… que disait Nietzsche. Immortalité en caricature, c’est toujours facile d’en faire usage. Ne rien comprendre à l’essence spirituelle, pour mieux la moquer. Sauf que c’est risible. Les exemples aberrants ne manquent point du côté des « forces de l’esprit » : cela fait la joie de l’athée, on a tant déraillé au nom de Dieu, de l’immortalité, du paradis. Regardez, regardez – encore aujourd’hui !

    Autant que l’on a déraillé au nom de l’ici-bas.

    Les tueries de ce bas-monde n’ont pour but d’ailleurs que de rester par ici : dans l’ici-bas qu’est le monde. Donner sens au temps pour y demeurer, cela est trop souvent tuer les autres pour ne pas tuer le temps, pour ne pas tuer ce sens donné – d’être ici. Aujourd’hui que tout n’est plus qu’un ici absolu, tissé de savoirs et de mécaniques, à en devenir robot, comment échapper à cette fatalité du corps malade qui agonise ? – se demande le corps agonisant.

    Cela confirme les mots d’Aldous Huxley : « En matière spirituelle, la connaissance réside sur l’être ; tels nous sommes, ainsi nous connaissons. Il en résulte que les mots ont des sens différents pour des gens situés à des niveaux d’être différents. Les dires des illuminés sont interprétés par les non-illuminés en des termes conformes à leur propre caractère, et sont utilisés par eux pour rationaliser et justifier les désirs et les actes du Viel Adam. »

    Ah les mots, les mots, les mots – leur sens.

    Un mot n’est point du temps. Toute parole insensée devenue vaine parce que le monde courant à sa perte – voilà ce que nous taraudent sans cesse les croyants de l’immédiat agonisant. A sa perte ? Et alors ? Entre l’immortalité et l’anéantissement il y a toujours eu un heureux entre-deux. Marc-Aurèle le savait déjà : « Aimer seulement ce qui t’arrive et ce qui est dans ta destinée ». Cela inclut vraisemblablement aussi la mort – faudra s’y faire un jour. En tant qu’espèce – aussi. Dommage ?

    Que le spectacle des mots continue – ça finira par donner un jour quelque chose… mais point de sens mortel, ni de sens mortifié. On ne tue pas le temps, c’est impossible. On ne tue qu’un sens – donné. C’est le lieu commun de tous les croyants, ce qu’il font porter à leur hérétiques – déprimés, déprimants. Projection oblige.

    Heureusement qu’il y a la musique – du silence.

    1. +1
      LE temps est cyclique, nous disent/montrent les animaux. Cela, qu’ils travaillent frénétiquement ou dorment/ruminent avec langueur.
      Notre conscience nous fait d’abord créer la flèche du temps, avec son passé et son futur, notre passé et donc notre mort. Et le sens de notre temps, ses enjeux surajoutés. Et l’espérance et la déprime. Cela, que nous ayons un travail frénétique ou du loisir.
      (Espérer que nos machines futures soient gentilles est un enjeu dérisoire et très peu probable).
      Les activités rituelles (religion, sport) sont une structuration sociale autant qu’un délire. Il ne faut pas en avoir une lecture individuelle. Le sport constitue une masculinité spectaculaire, qui nourrit notre compétition et notre domination. Mais nos sociétés ne peuvent pas revenir à l’innocence inconsciente ou mieux consciente.
      Et les rites nationalistes (tout aussi délirants) nous mettrons à coup sûr en guerre, avec nos meilleurs robots. Ce sera nos derniers enjeux.
      Les animaux nous regarderont faire, qu’ils broutent ou hibernent…

  12. La conscience de soi et des autres, cadeau empoisonné ?
    Le soi qui se voudrait immortel et la créature biologique qui n’est qu’un véhicule de ses gênes, donc temporaire pour permettre le brassage nécessaire à la vie.
    La potion est amère, mais la refuser la rend plus amère encore.
    Notre civilisation qui cultive individualisme complique les choses.
    Les sociétés communautaires ou l’individu s’efface devant les besoins du groupe rendent la fin plus acceptable? Si chaque sujet admet qu’il est l’atome d’un grand Tout ?
    Question d’équilibre entre moi et l’espèce? Cette souffrance doit sans doute se gérer par la culture, et toutes les cultures n’y parviennent pas avec la même réussite.

  13. Je bois systématiquement
    Pour oublier les amis de ma femme
    Je bois systématiquement
    Pour oublier tous mes emmerdements

    Je bois n’importe quel jaja
    Pourvu qu’il fasse ses douze degrés cinq
    Je bois la pire des vinasses
    C’est dégueulasse mais ça fait passer l’temps

    La vie est-elle tellement marrante
    La vie est-elle tellement vivante
    Je pose ces deux questions
    La vie vaut-elle d’être vécue
    L’amour vaut-il qu’on soit cocu
    Je pose ces deux questions
    Auxquelles personne ne répond

    Et je bois systématiquement
    Pour oublier le prochain jour du terme
    Je bois systématiquement
    Pour oublier que je n’ai plus vingt ans

    Je bois sans y prendre plaisir
    Pour être saoul
    Pour ne plus voir ma gueule
    Je bois dès que j’ai des loisirs
    Pour pas me dire qu’il faudrait en finir

    Boris Vian

  14.  » Recommencer, peut-être, par l’humilité de qui, par faux sentiment de survie facile, peut se poser et se reposer ad infinitum…. la question. »

    Si, par exemple, une pierre est tombée d’un toit sur la tête de quelqu’un et l’a tué, ils démontreront que la pierre est tombée pour tuer l’homme, de la façon suivante : Si, en effet, elle n’est pas tombée à cette fin par la volonté de Dieu, comment tant de circonstances (souvent, en effet, il faut un grand concours de circonstances simultanées) ont-elles pu concourir par hasard ? Vous répondrez peut-être que c’est arrivé parce que le vent soufflait et que l’homme passait par là. Mais ils insisteront : Pourquoi le vent soufflait-il à ce moment-là ? Pourquoi l’homme passait-il par-là à ce même moment ? Si vous répondez de nouveau que le vent s’est levé parce que la veille, par un temps encore calme, la mer avait commencé à s’agiter, et que l’homme avait été invité par un ami, ils insisteront de nouveau, car ils ne sont jamais à cours de questions : Pourquoi donc la mer était-elle agitée ? Pourquoi l’homme a-t-il été invité à ce moment-là ? Et ils ne cesseront ainsi de vous interroger sans sur les causes des causes, jusqu’à ce que vous vous soyez réfugié dans la volonté de Dieu, cet asile d’ignorance. Spinoza, oeuvres complètes

  15. Il viendra un jour où les hommes découvriront tout d’un coup qu’il leur manque quelque chose et que cela se trouve derrière eux et non point en avant. Wiechert Ernst, Missa sine nomine

    A partir de l’âge de seize ans, je n’ai apparemment plus eu la moindre défense contre le monde et mon absurde balourdise en dehors du langage, de mes propres mots écrits et de mes lectures, qui me servaient d’armure. A dix-huit ans, mes héros s’appelaient Dostoïevski, Dylan Thomas, Henry Miller et James Joyce. J’ai lu plusieurs fois Finnegans Wake en première année de fac, convaincu que la musique de cette oeuvre constituait un excellent palliatif à la sagesse. J’étais un paon, un esthète, un connard pour être franc, et avec mes quelques amis j’ai découvert que les discussions et la boisson pouvaient à elles seules construire une réalité acceptable, même si cette réalité avait disparu le lendemain matin et qu’il me fallait alors impérativement répéter tout ce processus. Harrison Jim, En marge : Mémoires

    Les livres sont du gaspillage de papier à moins que nous dépensions dans l’action la sagesse que nous obtenons de leur pensée – endormie. Quand nous sommes fatigué du vivant, nous pouvons nous réparer avec les morts, qui n’ont rien d’irritable, pas de fierté, ou autre projet dans leur conversation. Collier Jeremy

    1. je pense aussi que les solutions se trouvent dans le passé, pas comme passé évènementiel, révolu, mais comme le passé dont est faite notre mémoire. Les fameuses bifurcations dont Paul nous parle de temps à autre. Comme celle de la substitution d’une pseudo science économique au service de la finance à l’embryon de science économique qui s’était constituée au 18 ème siècle. Rien de neuf qui ne soit du passé recomposé au sein de nos réseaux mnésiques. Le fait est que la mémoire de la méga machine sociale peine à enregistrer les nouvelles connexions profitables à tous.

  16. On nait puis on n’est plus.
    Entre temps on sautille comme une minuscule tête noire pleine de vie ou l’on fait consciencieusement des bouquets d’immortelles.

  17. « Tuer le temps »? Je pense ,bien au contraire ,que la « vie
    bonne » consiste en permanence à faire  » vivre le temps ».Or le temps réel,c’est l’instant présent.Et,durant
    toute vie,cet instant présent est le seul présent,le seul qui
    « existe »,même si peut vivre dans l’instant d’une part un
    souvenir,d’autre part un projet pour l’avenir.(propre ou
    collectif).Sans même croire en un « créateur » ou une
    « transcendance »rien n’empêche d’AIMER les êtres qui
    nous entourent ou dont nous avons connaissance.C’est
    une manière de « faire vivre le temps » avec une intensité
    qui peut s’entretenir voire s’enrichir sans cesse.Et
    jusqu’au bout de la vie.Dès lors la vie qui reste à vivre
    se raccourcissant en permanence,elle se présente comme un cadeau qui s’ajoute chaque jour:le temps
    d’aimer encore en dépit de toute les souffrances des uns
    et des autres. »Tuer le temps »? Non ! Car nous n’avons pas le temps d’aimer suffisamment.Bien au contraire
    LE TEMPS NOUS MANQUE ,et c’est vraiment dramatique
    de LE TUER ! Cordialement à toutes et à tous.

  18. Moi, je vois ma vie comme un tourbillon à l’intérieur d’un grand (très grand fleuve). C’est temporaire, issu d’autres tourbillons, et, par les caractéristiques chaotiques de la société humaine, aura une influence sur les tourbillons en aval, même s’il ne sait pas quel influence et s’il ne sait pas à quel horizon temporel.
    Un souvenir, une façon de penser, une trace génétique…

      1. M Jorion , si vous êtes dans les parages, n’était il pas préférable de nous éviter le cliché des pépères libidineux, sculpteurs ou peintres ? Pour avoir fait des nus (hommes et femmes) aussi bien en croquis ou en peinture ou ‘en terre cuite (pas encore en scuplture sur pierre ça viendra p têtre puisque je taille) dans différents ateliers je peux vous dire que c’est quand m^me un vieux fantasme qui a la peau dure. Fondé certes, mais trés « cliché ».

        Dans la réalité aucune catégorie socioprofessionnelle n’échappe aux libidineux ….pour la cocaïne, c’est plus cher donc cf le loup de Wall street de Scorsese, par exemple.

      2. Et l’atelier était plein de collègues travailleurs ! La sculpture est oeuvre collective à plusieurs compétences (moulage, fonderie). Rubens avait trouvé pour son atelier la niche commerciale (et fiévreuse) de reconstitution des images de décorum pieux que les iconoclastes huguenots avaient détruites…

      3. Gudule
        Mais le pire ne serait-pas encore de rester de marbre devant un corps nu ? Les dessinateurs inspirés des autres il me semble se départagent entre ceux qui sont émus par ce qu’ils voient (un corps nu sexué et une personne tout un), ceux qui pensent que dessiner c’est seulement restituer en deux dimensions sur une page blanche un corps en trois dimensions et enfin ceux qui ne dessinent pas venant simplement se « rincer l’oeil ». Les seconds font, croient-ils, « un bon dessin ». Mais c’est quoi un bon dessin si cela consiste simplement à restituer un modèle académique, qui sera sans doute très exact, voir mesuré à la règle, mais restituera un corps sans vie !
        Entre un dessin de Rodin, de Klimt, ou Schiele et le tout venant académique, n’y-a-t-il pas un monde. Et quand je dis académique, je ne fais pas référence par exemple à Léonard, lequel avait une approche scientifique des corps, mais toujours sublimée. Sans sublimation libidinale il n’y a plus d’art, tout simplement. C’est ce que dit Paul.
        Ceci dit votre remarque est intéressante, car je trouve qu’il y tout de même dans ce que vous dites une part de vérité dans le sens où ceux qui viennent dessiner ne viennent pas « se rincer l’oeil » comme on disait autrefois, auquel cas ils font de très mauvais dessins, c’est à dire dénués de sensibilité. Les dessinateurs « novices » au début peuvent être troublés, mais très vite ils passent à autre chose, au mieux au dessin plus ou moins « inspiré », au pire au dessin académique.
        De fait, on ne peut en même temps avoir une émotion que traduit notre trait et jouir du sentiment d’avoir devant soi un corps sexuellement attirant. C’est tout le paradoxe, celui qui se « rince l’oeil », autrement dit celui qui dessine en voyeur, n’est pas capable du lâcher prise qui permet d’investir sa libido dans l’activité dessinante.
        Il est vrai que Rodin, dit-on, copulait avec certains de ses modèles après les séances de dessin, mais précisément il ne faisait pas les deux choses en même temps. A propos de Rodin, celui-ci donne comme conseil aux dessinateurs de ne pas regarder la feuille lorsqu’ils dessinent, pour d’une certaine façon oublier qu’ils sont en train de dessiner, qu’ils font une expérience, une rencontre avec un corps singulier, là devant-eux, qui va se traduire par un enchevêtrement de lignes plus ou moins tendues, dynamiques, légères appuyées, bref le trait qui se fait sismographe du sentiment éprouvé en dessinant. Rodin dessinant il me semble ne peut pas être un Rodin libidineux, c’est un juste Rodin amoureux de ses modèles, ce qui n’exclue pas une forte charge érotique, indispensable même, mais totalement investie dans le dessin. J’avoue avoir été secrètement amoureux de certains modèles, et il faut bien le dire, c’était mes meilleurs dessins 😉

      4. PS. A la longue, j’ai fini par préférer les moments, trop rares, où nous nous dessinions à tour de rôle dans l’atelier, tout habillés assis sur une chaise, sur l’estrade. Parce que les « modèles » improvisés ne prennent pas la pose, et de ce fait sont finalement plus touchants, sauf exceptions bien sûr. Tant et si bien que je préférais aussi dessiner le modèle (professionnel) lors de sa pose, entre les poses. Il y a donc bien quelque chose de fantasmatique dans la séance de modèle classique, comme dispositif actefactuel, je le concède. Le danger c’est de s’y complaire. Ce qui ne fut pas le cas d’un Schiele par exemple, mort bien trop jeune pour s’être installé dans une routine. Ses dessins nous touchent — en tous cas moi — car leur érotisme est inséparable du vécu d’un homme singulier : Egon Schiele. Cela n’a absolument rien à voir avec une plage de Playboy. Egon Schiele, c’est une expression liée à une existence avec toutes ses tensions, ses moments de grâce, la page de magazine de cul c’est un produit sexuel interchangeable.

      5. Ben moi j’avais pas besoin de m’encombrer d’ustensiles à dessins…

        Matin, Midi, Soir,
        puis
        Mardi, Mercredi, Samedi
        puis
        Mars, Mai, Septembre,
        aujourd’hui:
        Mes Meilleurs Souvenirs. :/

    1. « c’est un juste Rodin amoureux de ses modèles, ce qui n’exclue pas une forte charge érotique, indispensable même, mais totalement investie dans le dessin »

      et investie dans l’émotion….pour la faire rayonner.
      voilà, évidemment qu’ il faut être amoureux, en passion, de ce que l’on voit et de ce que l’on fait sinon sans émotion, ça peut être bien construit techniquement certes, mais assez « désincarné », moi ça me fait fuir et ça m’ennuie en fait (restons poli…), le manque d’âme , c’est d un ennui mortel.
      ça se sent quand il n y a pas d’émotion qui transparait, ça ne vibre pas c’est sans énergie ce n’est pas « vivant »
      C’est valable pour beaucoup de choses et différents moyens d’expression, le chant par exemple c’est aussi trés perceptible , les cordes vocales sont des « éponges émotionnelles, extraordinaires et d’une sensibilité extrêmement fine. Mais l instrument c’est le corps .
      Faire de notre corps notre meilleur ami, l’harmoniser avec notre esprit car il devient ainsi l’allié parfait et le meilleur des compagnons pour transmettre les émotions les plus belles et les plus élaborées et vraiment vivantes. Une vie y suffit
      t elle….. ?
      Et bien je suis contente de voir qu’il y a plein d’artistes sur le blog PJ 😉 chouette bel échange ! Au plaisir .

  19. La vie est absurde ? Bon , d’accord c’est une opinion.
    Pourtant, malgré tout ce qui peut être dit sur la conscience (que ce soit « moi », ou la seule chimie de mon cerveau et de mon corps qui agisse), nous avons quand même une sorte de choix sur la manière dont nous vivons.
    Je peux sourire… ou bien faire la gueule. Moi, j’ai décidé de sourire parce que ça me fait plaisir, que ça fait plaisir aux gens qui m’entourent, et que les couleurs du monde autour de moi en sont plus brillantes.
    Je ne pense pas qu’aborder le sens de la vie à travers Sade ou le nihilisme de Nietzsche soit une bonne idée. Peut-être amusant d’un point de vue intellectuel (très bref), mais vraiment pas inspirant, et même complètement déprimant.
    Le passé est mort, le futur n’existe pas, même le présent est vide. Le seul endroit/moment qui ait un peu de sens, c’est la fraction de seconde qui suit le présent, là où toute l’attention peut porter, là où s’exerce le pouvoir (limité mais le seul existant) que nous ayons sur nos vies et sur la matière autour de nous.
    On peut en faire un champs de ruines désespérant, ou bien un monde dans lequel l’intention la plus élevée possible transforme la matière pour un mieux, un plus beau, plus harmonieux.

    D’ailleurs, et ceci ne change rien à ce que je dis ci-dessus, j’apprécie beaucoup cette théorie de « tous les mondes possibles » version quantique dont Paul a déjà parlé.
    https://podcasts.ox.ac.uk/series/emergent-multiverse

    C’est toujours absurde ? D’accord, je vous laisse à votre dépression. Mais n’oubliez pas : vous avez eu le choix.
    Et si ça ne suffit pas à vous remonter le moral, n’oubliez pas non plus que le pari pascalien est valable ici aussi : vous n’avez rien à perdre à penser et agir de la sorte, tout à y gagner, et en premier lieu à être heureux.

  20. Foucault évoquait la mort de l’homme, mais « l’homme » vit toujours à l’état de zombie. L’homme zombie c’est l’homme qui croit encore au libre arbitre, l’homme qui pense qu’il se possède entièrement comme individu, c’est le business man qui pense qu’il s’est fait tout seul. Autant dire que la révolution freudienne est loin d’être achevée. La cure psychanalytique est toujours de fait réservée à une minorité, un sabir freudien a envahi notre langage, mais nos institutions n’ont pas pris en compte pour elles-mêmes la découverte de l’inconscient. Il est vrai que la religion chrétienne en particulier a beaucoup contribué à créer cet « homme » mais peut-on réduire le phénomène religieux à cela ? Ce qui pose problème il me semble c’est moins la religion, qui en vers et contre tout maintient mordicus qu’il existe des valeurs transcendantes (Nietzsche a beau être radicalement athée, lui aussi cherche sa valeur transcendante dans la transvaluation de toutes les valeurs), qu’une certaine approche de l’humain, qui n’existe pas encore, nulle part dans les institutions humaines.

    Paul Jorion en a fait l’expérience à la catho de Lille, c’est un lieu académique où lui fit réservé le meilleur accueil, le religieux en tant qu’il véhicule des sentiments éthiques forts, tout illusoire que soit le dogme, est un levier sur lequel on peut encore s’appuyer pour accompagner une transformation de la société plus globale. Par contre dans le monde de l’économie politique actuelle où n’existe plus aucune transcendance, comme celui que nous connaissons aujourd’hui, régi qu’il est par les nombres, c’est la loi du même qui opprime des humains auxquels on nie toute qualité intrinsèque, leurs qualités devant être jaugées à l’aune de la pseudo-transcendance des nombres, à défaut de valeurs produites par le langage humain. De ce monde là il n’y a rien à attendre. Nommer une transcendance n’est-ce pas simplement nommer une référence hors du cadre habituel ? Bref, pourquoi faudrait-il réserver cette notion au seul cadre de la religion. ?

  21. S’occuper de son propre naufrage est un boulot à plein temps.
    Je vois même pas ça comme une chose pathétique, et puis le chant n’est jamais très loin ; mode expressif qui idéalement serait détachée de la tristesse, là-dedans, rien n’interdit l’amour ou la boxe ou je ne sais quoi encore.

  22. Je n’avais pas été jeté par la VUB , et j’étais encore en dessous de la cinquantaine , mais j’étais père de famille , quand j’ai écrit ça en un « temps » où j’ai craint de « perdre » ma fille :

     » Le courage me manque
    Et je dois t’en donner
    A toi qui n’en demandes même pas
    …ou ne le montres pas .
    Je dois …mais ce devoir
    De quelle essence est il ?
    Est ce vraiment l’espoir ou bien le dernier fil
    Dont j’ignore la matière
    Et quels en sont les bouts ?
    Tes larmes balaient tout
    Dans mon cœur de pierre .
    Je n’ai que ma douleur
    pour conjurer tes peurs . »

    Quarante ans plus tard , elle est là avec trois petites et moyennes têtes qui interrogeront bientôt ,qui interrogent déjà, provoquant la même terreur .
    Avec la même réponse pour ce qui me concerne ( et je crois que ça sera aussi la sienne) :
    Nous sommes nos larmes et nos rires , qui sont nos « espaces hors temps » .
    C’est ma version des esclaves martyrisés du temps de Baudelaire.

    J’aime bien aussi quand ma vieille carcasse peut dormir et se réveiller .

    1. Par contre , là tout de suite la tête déconne :
      C’est vingt huit ans plus tard .

      Comme quoi , le temps …..

  23. Buvons une bière en regardant l’océan, ou la montagne, ou la ligne épurée des collines…
    PS : ne pas oublier de jeter les contenants dans la benne appropriée

  24. “L’homme est adossé à sa mort comme le causeur à la cheminée.”
    Paul Valéry
    transmettre la vie c’est donner la mort
    nous sommes tous des mourants qui s’accompagnont mutuellement , quelle force à part l’amour peut nous faire tenir ?

    1. Sur le thème Paul Valéry a fait beaucoup mieux .

      Le vent se lève !… il faut tenter de vivre !

      http://feelingsurfer.net/garp/poesie/Valery.CimetiereMarin.html

      Sans oublier Lamartine qui m’a offert , au « Toi » près, la force de résister quand tout semble vain :

       » Toi qui fis la mémoire , est ce pour qu’on oublie?…
      Non c’est pour rendre au temps à la fin tous ses jours,
      Pour faire confluer, là bas, en un seul cours ,
      Le passé , l’avenir , ces deux moitiés de vie
      Dont l’une dit jamais et l’autre dit toujours . »

      1. Traduction: la mémoire sert à se rappeler le passé.
        Mais y savaient pas être concis, ou quoi ?
        Surtout pour dire des banalités pareilles…

    2. « quelle force à part l’amour peut nous faire tenir ? »

      ————————
      Fastoche: La connerie. C’est la force la plus répandue, et d’une puissance infinie. (Kennedy a dit un truc du genre avant moi)

  25. « En attendant l’immortalité, nous préférons tuer le temps  » : j’ai parcouru les annales du bac de philo depuis 1803, je n’ai pas trouvé ce sujet. Je l’envoie à Najat illico presto.

    Il me parait difficile de faire un commentaire pertinent en complément de Freud & co. Tout a été dit, redit. Chaque génération s’initie au sujet, tente d’y répondre et retourne à nos chers ancêtres, Freud & Co.

    Je ne vois pas quelle innovation nous pourrions proposer sur le sujet, à moins que ? De toute façon, le marché n’est pas solvable. Plus de clients ?

    En attendant Godot, parlons d’autre chose.
    Bonne nuit

  26. Faut-il attendre l’immortalité ? De même faut-il attendre Godot dans la pièce de Becket ?
    La vie, elle nous tombe dessus. La mort aussi. Entre les deux, il faut vivre et chacun le fait comme il le peut, en gérant au mieux les contingences.
    Il est généralement possible pour un acteur de quitter volontairement la scène mais très peu le font.
    En fait, la vraie question est : « dans quel sens faut-il que j’aille, pour trouver moi-même un sens à ma vie ». Il n’y a pas de sens unique à respecter. Certains tournent en rond et se retrouvent toujours mentalement au point de départ. D’autres font n’importe quoi selon l’interprétation qu’ils donnent aux courants d’air. D’autres encore se sont trouvés un sens et s’y attachent, malgré parfois de grosses difficultés.
    Ce sont ces derniers qui ont raison : ils peuvent alors inscrire un sens dans le temps qui coule, avec leurs pas, se retourner pour voir d’où ils viennent et se poser la question de savoir s’il faut ou non infléchir leur route. Ce qui compte pour eux, ce n’est pas d’atteindre un objectif, c’est d’avoir le sentiment d’avancer, et de savoir pourquoi ils avancent. Ont-ils une agitation fébrile ?
    Au bout de la route, que trouverons-nous, le Néant, l’Enfer ou le Paradis? Nous verrons bien. La foi en l’immortalité n’a pas de réponse logique, c’est un « acte de foi ».

    La réponse à la question posée n’existe pas, ou tout au moins ne peut pas être établie par une logique humaine.

    1. Il est généralement possible pour un acteur de quitter volontairement la scène mais très peu le font.

      Un personne sur cinquante qui meurt en France tous les ans que le bon dieu fait est une personne suicidée, sans compter les suicides masqués, sans parler des manqués.
      Très peu, pour sûr.

      1. Ayant traversé une période de crise éprouvante, durant laquelle j’avais des idées suicidaires, je me souviens bien de la perte des repères que j’ai vécu à ce moment là. En cas de détresse, rester dans la souffrance et l’isolement est particulièrement préjudiciable. C’est trés important de comprendre qu’une vie a beaucoup d’importance et qu’un individu en détresse a besoin d’un soutien , de savoir qu’une personne qui l’aime et qui l’apprécie est là pour elle , présente et attentive . Non pas pour la bousculer, mais simplement pour entendre sa souffrance, l’aider à regarder en face cette souffrance, son désespoir et lui dire ne t’en vas pas, j’ai besoin de toi, tu es aimé car à mes yeux et à mon coeur : tu es un être formidable.

        «  »Life is not about waiting for the storm to pass…. It’s about learning how to dance in the rain. »

      2. Dans les pays sous développés, on laisse crever.
        Dans les pays développés, on pousse au suicide. Qui deviendra la première cause de mortalité.
        Finit les guerres, car trop coûteuses.

        C’est le moyen de réguler les populations, propre au Système (capitaliste des rentiers).

      3. Ne vous attendez pas à ce qu’on explique ça à l’école, même à l’ENA, sciences po, polytechnique, les Mines…

        (Je dis ça pour ceux qui se préparent à faire partie de « l’élite ». Ce que l’on attend de vous est que vous soyez les parfaits larbins du Système, qui saura vous choyer…)

    2. Attendez, Beckett n’a pas fait qu’écrire En attendant Godot, il a aussi écrit Cap au pire. Beckett a beaucoup lu Schopenhauer et Shakespeare, mais avant, ou plutôt un jour, il a eu une vision très nette : ce que lui-même nomma comme une indécence ontologique et qui allait devenir le sublime vertige de l’écriture d’un homme.

  27. Ça manque de tripes ces certitudes qu’on proclame tant que l’échéance reste lointaine (et théorique parce que La Belette est éternelle !!! … enfin, j’espère), n’empêche qu’à l’ultime seconde (la seule qu’il faudrait tuer) où l’on réalise que son coeur s’arrête et que « Meeeeerde, je … ». Assez logiquement, on arrête aussi de philosopher.

    et puis ça aussi du même :

    Le Temps Qui Reste

    Combien de temps…
    Combien de temps encore
    Des années, des jours, des heures, combien ?
    Quand j’y pense, mon coeur bat si fort…
    Mon pays c’est la vie.
    Combien de temps…
    Combien ?

    Je l’aime tant, le temps qui reste…
    Je veux rire, courir, pleurer, parler,
    Et voir, et croire
    Et boire, danser,
    Crier, manger, nager, bondir, désobéir
    J’ai pas fini, j’ai pas fini
    Voler, chanter, parti, repartir
    Souffrir, aimer
    Je l’aime tant le temps qui reste

    (La suite est là : http://musique.ados.fr/Serge-Reggiani/Le-Temps-Qui-Reste-t3054.html)

    1. Ouais, bon. Il en faisait un peu beaucoup…
      Moi je mange, je bois, j’ai beaucoup désobéi, je ris quand je vois Sarkozy, Hollande ou Vals, mais à part ça, je me fait quand même chier grave dans ce monde de merde.

  28. Je me souviens d’une chronique d’Albert Jacquart où il expliquait que la sensation du temps qui passe est logarithmique :
    « la densité du temps  » -souvenirs , experiences apprentissages entre 0 et 10 ans est aussi importante que de 10 à 90 ans . Et que malgrè cela à chaque moment on peut agir et expérimenter chacun à son niveau et à son physique .
    l’accéleration du temps qui passe est ce une protection psychique, un effet physiologique ?
    -la journée parait avoir toujours la même durée que l’on ait 10 ou 90 ans mais les saisons passent plus vite –
    par la pensée , on peut faire des experiences physiques reversibles : le temps est il vraiment reversible ou orienté (flèche du temps ) , objectivement physique si c’est une dimension quantifiable projetable -independante d’un referentiel- avec d’autres dimensions homogènes de l’univers ou bien un simple effet variable de l’existence de la matiere une sorte de fluage ?

    1. @Juannessy
       » Moi par contre , ça ne s’est pas arrangé . « 

      Quand-même 😉
      … par contre votre commentaire listant les lois, reste un excellent canevas, durable !
      Ajoutez-y la loi du paradoxe universel pour mettre toutes ces lois en cohérence et on pourra mieux assimiler le paradoxe Attali:
      autant ses descriptions et analyses sont pertinentes, autant ses objectifs ne me paraissent pas aller dans le sens de l’émancipation de chacun…
      Enfin… c’est « vu de ma porte » 😉

      1. PS : si c’est la loi de Murphy que vous appelez loi du paradoxe universel, pas besoin de l’ajouter , elle y était déjà dans une version plus soft .

        …Quand même !

      2. Attali! Il a fait je ne sais combien de « grandes » écoles, et était même le premier de la classe! C’est tout dire…
        Ce fut donc le premier larbin des « grands » de ce monde.

      3. Demander à Jean-Pierre Dupuy ce qu’il pense du sieur Attali, comment il en rigole encore, rire jaune gris évidemment.
        Depuis 2007 ? vous me décevez.

      4. @Octobre :
        Si nous parlons bien du même Jean Pierre Dupuy ( X philosophe ;guère plus vieux qu’Attali ) , c’est effectivement une bonne lecture aussi , même si j’ai un peu de mal avec le « sacré » quand il est révélé par autre chose qu’un sourire ou une peine :
        https://questionsdecommunication.revues.org/314

        Pour le reste : si vous voulez démolir un architecte , faîtes appel à un architecte . Si vous voulez démolir un X , faîtes appel à un X .Si vous voulez démolir un philosophe , prenez un philosophe . Si vous voulez ridiculiser un artiste , faites appel à un artiste .Si vous voulez finir d’humilier un pauvre , pas de meilleur bourreau qu’un autre pauvre .
        Pour les Sciences Po , je ne sais pas , mais Vigneron doit savoir .

         » Et si tu es déçu , n’en veux pas à ton père ,
        Qui en fut un longtemps , modeste mais sincère,
        Pour que tu sois un homme ,
        Mon fils ( puis ma fille)
        Simplement .
        Infiniment . »

  29. Créature en prière
    en rage contre la brume
    écrit
    au crépuscule
    contre l’opacité
    je ne veux plus aller
    nulle part
    qu’au tréfonds
    oh vie
    oh langage
    oh Isidore

    Alejandra Pizarnik, septembre 1972

  30. Ouais, cela pourrait faire un peu, le jeune bourgeois qui s’apprête à faire un braquage pour avoir des sensations, ou Montag qui au lendemain de la tentative de sa femme s’aperçoit que c’est un non-sujet.
    Mais, c’est tout simplement l’incapacité à modifier le réel.
    Pour la matière le temps est quelque-chose entre le zéro absolu et la vitesse de la lumière, l’information du temps importe peu.
    Mais pour les humains ayant des informations humaines passés (par l’histoire, les religions, la philosophie et les cultures), des outils et des principes scientifiques permettant de capter des informations biologiques présentes et passés (au niveau des gènes, des ossements, des modifications des gaz dans des calottes, ou dans des fonds sous marins) et bien sur des maths et des observations physiques pour capter les informations présente et imaginer l’origine, le temps est tout autre chose, il nécessite une certaine croyance au lendemain.
    La matière ce contenterai bien d’un temps discontinu ou le néant borderai ce présent.
    Demain pour ses deux pieds.

    1. NB: demain pour ses 2 pieds, ça doit être en partie dérivée d’une chanson de Boby lapointe, histoire de changer de ton.

      1. J’ai retrouvé (merci Google, même si t’es evil et si il y a d’autres moteurs de recherches et que tu pourrais prendre au sérieux la « catégorisation » de Stiegler, plutôt que tes Glass dont tout le monde se fout) Aragon et Castille: « en parlant de pied chantons jusqu’à demain »

    2. « Demain pour ses deux pieds. »

      ——————————————

      Si ce que je dis vous est aussi incompréhensible que , pour moi, cette phrase, il faudrait faire appel à un traducteur.

      Blague à part, j’ai du mal à comprendre ces effets de style.
      Cela vous dérangerait il de parler comme tout le monde, ou faut il absolument que votre prose ne soit comprise que par des initiés ? pfffttt….

      1. Sinon je traduis ce que j’ai cru comprendre:
        La matière est insensible au temps, ce qui n’est pas le cas pour nous. (le passé, les religions et le reste, le présent, l’avenir, tout ça…)

        (le jeune bourgeois et Montag, j’ai rien compris, c’est grave?)

      2. 🙂 et y à pas de mal, y à pleins de choses que je ne comprend pas. Sinon cela donne:
        Distinguer la mélancolie d’un sentiment Bourgeois.
        Lire Farenheit 451.
        Sortir d’une conception humaine du temps en ce basant sur des principes physiques.
        Amener la conclusion ennui/capabilité.
        Inclure la spécificité humaine par la culture (cf enfant sauvage).
        Distinguer la modernité captation.
        Comparaison homme/matière sur le besoin de continuité du temps.
        Nécessiter de la projection, les pieds symbolisant mieux le de-venir que le simple a-venir.
        Pour la suite conclusion ouverte avec un autre ton, sortir du schéma technologique pauvre de à-venir pour devenir.
        Et mon propre émerveillement à découvrir que le lien fait par mon cerveau à Boby Lapointe soit une chance qui distingue l’utopie de la capabilité spatial (même si on pourrait ajouter temporel, si la Aragon était la ville de Castille 1000 ans plus tard).
        Voilà, je sais pas si vous auriez osé poser une question à cette suite de sentence, au moins cela rend sensible (moins catégorique) le sujet.

  31. @Juannesy
     » Si votre porte était celle du temps , ça aurait pu nous aider . « 

    J’ai bien une photo de ma porte, à la fois ouverte et fermée, mais la publier risque de créer quelques désordres 😉

    Ce qui me fait penser à Salvador Dali: j’essaie de l’imaginer poster sur ce billet 🙂

    1. Les interprétations critiques de ses  » montres molles » ne manquent pas !

      Pour moi , tous les artistes , et spécialement les surréalistes , ont cette faculté , qui est à la fois leur faiblesse et leur force , de pouvoir être  » hors temps  » , au moins suffisamment pour capter avec plus ou moins de bonheur, ce qui « ne va pas de soi » .

      Ce qui les rend bien utiles et nécessaires à la vie de l’humanité , tant qu’ils ne tombent pas dans l’exclusivité exhibitionniste et boudeuse .

      1. Bonjour Juannessy
         » Ce qui les rend [les artistes] bien utiles et nécessaires à la vie de l’humanité « 

        Effectivement, les artistes nous offrent cette invitation à « sortir du cadre » et ce d’autant plus que leurs œuvres sont souvent « encadrées »… par des tiers, sans doute pour nous éviter de les suivre de trop près au risque de perturber le « bon fonctionnement » de la société !

        Soyons « tordus » 😉 plutôt que mous…

  32. Tuer le chien, pour se reconnaître le maître. Tuer le temps pour ne pas connaître la mort, sa mort.
    Communautariser les moribonds pour externaliser les vivants, communautariser les vivants en isolant les morts tout en pleurant nos origines et filiations perdues. Massification de la vie, massification de la mort, dilution. Sept jours pour atteindre l’incinération, rite funéraire productiviste d’un proche maintenu dans un tiroir en état de congélation pour retarder la putréfaction d’un corps laissé à l’abandon du confort matériel.

    Apprendre à connaître la mort serait la fréquenter pour connaître le temps, discerner sa propre voix pendant la durée de sa vie, entendre la petite musique intérieure de son entre-aille, s’entendre, re-sentir la mort et re-connaître la vie en ce qu’elle est, devrait être pour chaque un, une, une chance inouïe.

    Éloigner la mort, tuer le temps, tuer la mort en l’état revient à tuer la chance, la vie, animée, telle que nous l’avions sublimée.

    1. l’actualité cinématographique ( le fils de Saul) semble montrer que vos pensées sont dans l’air du temps .

  33. ou intemporel comme ….

    Alice au pays de l’inconscient – Laissez-vous glisser dans le terrier ! Isabelle Rialet-Meneux

    « Le succès des Alice « tient plutôt à la conjonction de l’esprit scientifique et du merveilleux qui nous met sur la voie des limites de la science et du langage ainsi que de la division du sujet de l’inconscient qui fait notre humanité ».

    « Tout comme la psychanalyse vit le jour en une période marquée par le triomphe de la science, l’œuvre carrollienne interroge le discours même dont elle émerge. Elle fut produite par un mathématicien qui « rédigea une vingtaine de traités d’arithmétique et de logique, participants du mouvement qui conduisit à ce que les mathématiques s’appuient sur une langue logique entièrement formalisée. Le souci du logicien marque l’écriture même de l’œuvre littéraire. Elle véhicule des intuitions anticipant sur les indications des logiciens ultérieurs » .

    « Les dialogues truculents entre Alice et ses partenaires dont le chat, ou le ver à soie, mettent en évidence comment Lewis Carroll, bien malgré lui, introduit le sujet de l’inconscient que la logique classique ou formelle ignore. La prétention à rationaliser la langue s’en trouve ainsi démentie. Lewis Carroll anticipe l’enseignement de Saussure sur l’arbitraire du signe marquant la rupture entre le mot et la chose et de ce fait il anticipe également sur le signifiant tel que Lacan l’a formalisé. »
    « Alice pose la question de son être d’où le malentendu n’est pas exclu. Son expérience rappelle celle qui a présidé pour Lewis Carroll, à l’écriture des contes. Le nonsense ouvre à l’intuition du sujet de l’inconscient.
    Alice est donc une œuvre de son temps qui n’a pas perdu de sa modernité. »

    http://www.lacanquotidien.fr/blog/2012/02/alice-au-pays-de-linconscient-laissez-vous-glisser-dans-le-terrier-isabelle-

  34. Tuer le temps, tuer le temps de peur qu’il ne nous tue…, voilà que Paul Jorion nous invite au crime ?

    # Espace

    Pourtant, le choix (certainement mûrement réfléchi) de cette expression, ne devrait pas réellement nous surprendre, quand on sait la relation qui lie le temps au blog de Paul Jorion. Pensons seulement à ses vidéos du vendredi, “Le temps qu’il fait”…

    # Espace

    Cette métaphore, semble indiquer par analogie, que nous invoquons le temps comme s’il s’agissait d’un être vivant. Car, si l’un dit tuer le temps pour tromper son ennui, l’autre dit tuer pour ôter la vie, effacer, détruire l’empreinte laissée par le temps… ou une personne. Personnification, entre réel et imaginaire, car en existe-t-il une et une seule qui pourrait rassembler en elle les trois principaux traits caractéristiques du temps… passé, présent, futur ?

    # Espace

    Voudrions-nous prendre une revanche contre le temps, ou, contre quelqu’un ? Serions-nous jaloux du temps présent ? On dit que l’amour tue le temps, aussi bien que le temps peut tuer l’amour.

    # Espace

    Aussi, on pouvait penser autrefois que le principal but de l’humanité était d’asservir la nature. Voilà qu’aujourd’hui, notre nouvelle ambition serait celle d’asservir durablement le temps à nos fins ? Entre heure d’été et heure d’automne, tout imprévu doit être aussitôt mesuré, compté en nanoseconde, car le temps, c’est de l’argent. Maîtres de la nature, nous voilà désireux de devenir aussi les Maîtres du temps… C’est que l’éternité ne peut plus attendre : devenir immortels, il nous faut d’urgence, si nous voulons survivre face aux machines intelligentes, comme y réfléchissent les biologistes, mathématiciens et informaticiens du Singularity Institute.

    # Espace

    Or, la cause majeure de notre ennui, justement, c’est que nous ne savons tout simplement plus où nous en sommes… dans le temps… dans l’espace… dans l’espace-temps, ou dans quelque illusion à jamais insondable ? Force est de constater que nous ne pouvons pas sortir des dédales modernes du temps. C’est la donc LA CRISE, jusqu’à ce que nous trouvions LA SOLUTION… Le temps : quel labyrinthe !

    # Espace

    Alors, à défaut de ne pouvoir se priver d’espace, comme de mère, reste donc à tuer le père : le temps. Le problème, c’est qu’il se cache, tel le minotaure, dans les couloirs obscurs du labyrinthe. Comment après s’en réchapper ? Déambuler dans les innombrables chemins de notre mémoire à la recherche d’une sortie. Revenir en arrière, repasser plusieurs fois aux mêmes endroits, explorer de nouvelles directions, puis retomber sur de nouvelles impossibilités à la recherche, à la recherche toujours de la moindre *“espace fine”*…

    (Espace fine : dans le vocabulaire spécialisé de la typographie, le nom espace est traditionnellement de ‘genre féminin’. Blanc servant à séparer les mots)

  35. « Agora des savoirs – François Jullien : De près, de loin » à voir sur la plateforme vidéo de votre choix (y en a au moins 2).

  36. J’aimerais réagir en retranscrivant la fin d’un « Le temps qu’il fait » :

    « Euh alors voilà on est là-dedans… on est dans une belle … on est dans une belle merde, je vais le dire alors ce que fais toujours je m’arrête au bord d’un mot qu’il ne faut pas dire, on est dans une belle merde mais il faut qu’on en sorte, il faut qu’on en sorte, pour nous même, pour le temps qu’il nous reste à vivre, pour nos enfants et parce qu’il faut, il faut reconstruire… on ne sortira pas de cette planète comme ça, hein ça va pas s’arranger tout de suite, on ira peut être dans d’autres étoiles mais là non, même si on va sur d’autres étoiles, même si on est sur Uranus ou sur Titan et ainsi de suite, il faudra encore qu’on donne un sens à notre vie, et ce sens ce sera pas de dire qu’on vivra éternellement, ni de dire que dans l’autre monde c’est beaucoup mieux que maintenant, qu’ici, et ça s’arrange de toute manière non, il faudra qu’on invente une manière de comprendre, d’apprécier cette terre sur laquelle on est, d’apprécier ces 100 années au maximum qui nous sont données, et de vivre ça d’une telle manière que quand on ferme les yeux on se dise… c’était splendide… et je n’ai rien raté … et j’ai eu bien de la chance … bonsoir, aller, à la semaine prochaine. »

    1. 1000 ans , ça fait combien de semaines ?!
      Sur la même période le montant cumulé des dotations mensuelles ça fait pas loin de 18 M€ si je compte bien .
      Et les 111 M€ de l’euro-millions , pas loin de 60 000 ans de blog !
      Si on se retourne un peu , je crois que 60 000 ans , c’est le moment où homo sapiens quitte l’Afrique via l’Arabie .
      Pourquoi est ce que je sens plus proche de ce mal foutu que du transhumaniste dont certains rêvent ?

    2. @LePierrot
      « il faudra encore qu’on donne un sens à notre vie, et ce sens ce sera pas de dire qu’on vivra éternellement, ni de dire que dans l’autre monde c’est beaucoup mieux que maintenant, qu’ici, et ça s’arrange de toute manière non, il faudra qu’on invente une manière de comprendre, d’apprécier cette terre sur laquelle on est, d’apprécier ces 100 années au maximum qui nous sont données, et de vivre ça d’une telle manière que quand on ferme les yeux on se dise… c’était splendide… et je n’ai rien raté … et j’ai eu bien de la chance … bonsoir, aller, à la semaine prochaine. »

      Bravo, je plussoie le Pierrot et c’est là aussi où je précise à juan que pour moi commele dit Octobre ce n’est pas le mot , même si je le perçois clairement, qui m’impacte le plus mais l’intention, l’émotion, le message et l’intensité du propos de l’auteur du commentaire qui font le plus sens.

      Et là je trouve que Le Pierrot exprime simplement et avec un belle émotion toute la beauté et la complexité de nos questionnements , du sens ?, apprendre, s’ouvrir pour dé-couvrir et MALGRE TOUT « quand on ferme les yeux on se dise… c’était splendide… et je n’ai rien raté … et j’ai eu bien de la chance »
      Merci le Pierrot vous êtes BEAU !

      1. Merci mais si vous avez lu ma première phrase c’est un texte de Paul Jorion issu de la fin d’une vidéo « le temps qu’il fait ». J’avais retenu ce passage et réécouté plusieurs fois et là il me semblait devoir remettre cette réflexion retranscrite à la disposition de tous. C’est Paul Jorion qui a dit cela.

        Merci Paul Jorion, votre réflexion est magnifique.

      2. Allons bon , un de plus ! Quelle dragueuse .

        Pour les yeux qui se ferment façon Hollywood , avec musique planante et soupir de bonheur , je n’ai pas l’expérience d’un tel aller retour sur ce trajet , mais de ce que j’ai compris de celles et ceux que j’ai accompagnés dans la phase aller, avant de les quitter sur le quai , j’ai plutôt le souvenir d’une pensée qui s’évanouit avant que les paupières ne se ferment ( quand elles se ferment ) définitivement .En somme la nature fait les choses dans « son » ordre .

        Ce qui est bien reposant .

         » Et que les yeux se ferment ,
        comme pleurent les femmes ,
        de souffrances données ,
        d’énergie en offrandes …
        Happy end ? « 

      3. @LePierrot:

        Gudule n’a pas besoin du climat pour « s’emballer » , mais c’est pas grave , elle trouve Paul Jorion beau aussi .

  37. @le pierrot et juan

    Merci Lepierrot, autant pour moi….
    Oups, voili voilou….et bien il y a eu une résonance forte parmi nous sur cette belle réflexion, et, portée par mon enthousiasme, j’ai zappé l’info, et bien M Jorion a une belle âme, mais mon coeur est déjà occupé et suffisement azimuté….comme ça , d’ailleurs tout ça c’est la faute à juan….et julien….. 🙂

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