La désintoxication indispensable de nos nations avides de pétrole

Le principe de séparation de l’État et de l’Église dans nos nations occidentales modernes nous fait renvoyer dos à dos Catholiques et Protestants dans les querelles qui déchirèrent autrefois nos populations, qui les martyrisèrent même.

Une même neutralité, constituant un incitatif à la pacification, devrait prévaloir chez nous quand il s’agit du schisme qui scinde depuis près de quatorze siècles le monde musulman en deux factions fratricides.

Il n’en est cependant rien : nos nations n’ont cessé historiquement de prendre parti – jetant ainsi de l’huile sur le feu – tantôt pour les Sunnites, tantôt pour les Chiites, selon les époques. La raison en est notre addiction pour le pétrole dont certains pays où ces deux variantes de l’Islam prévalent sont grands producteurs.

Notre avidité pour l’énergie en quantités folles détermine la Realpolitik de nos pays, le terme que nous appliquons, comme une excuse faiblarde, aux choix sans scrupules que nous faisons, en termes d’intérêt seulement, à des années-lumière de toute justification éthique.

L’exécution hier du cheik chiite Al-Nimr par l’Arabie saoudite sunnite a immédiatement débouché sur la mise à sac de l’ambassade saoudienne à Téhéran, capitale de l’Iran chiite, prémices d’une nouvelle escalade dans une interminable vendetta qui, comme toute vendetta, a perdu le souvenir même de la queue de cerise qui en fut le prétexte initial.

La querelle entre sunnisme et chiisme relève du même dévoiement dans la réflexion humaine que celle entre catholicisme et protestantisme. Encourageons nos nations à s’en tenir à l’écart à tout prix. Et comme nos dirigeants nous rétorqueront à juste titre que ce sont nos propres mauvaises habitudes, à nous, citoyens, en termes de bagnoles et d’autocars nouveaux ersatz minables d’un transport ferroviaire géré de manière calamiteuse, qui nous forcent à cela, accélérons notre transition vers les énergies renouvelables.

Nos propres querelles difficilement évitables nous causent déjà suffisamment de souci, n’allons pas en plus envenimer celles d’autres nations parce que nous sommes accros des ressources captives dans les profondeurs de leur sol.

Partager :

Contact

Contactez Paul Jorion

Commentaires récents

  1. @Pascal (GPT) analyse qui semble très pertinente qui explique les causes de TRUMP et du Brexit. « une propagande conversationnelle individualisée. »…

  2. l’article correspondant en espagnol https://www.lavanguardia.com/neo/sociedad-neo/20260519/11541213/robots-humanoides-chinos-clase-asi-entrenan-movimientos-aprenden-trabajar-fuera-laboratorio.html Robots humanoïdes chinois qui vont en classe : c’est ainsi qu’ils entraînent leurs mouvements et…

  3. @Br… Les robots à l’école https://local.cctv.com/2026/04/03/ARTIT1B4FzYiyOVXU4QwljpP260403.shtml La première grande usine de collecte de données de la province commence ses essais…

  4. https://descartes-blog.fr/2026/05/21/la-credibilite-talon-dachille-de-la-gauche/ Le blog de Descartes : « La crédibilité, talon d’Achille de la gauche »

Articles récents

Catégories

Archives

Tags

Allemagne Aristote BCE Bourse Brexit capitalisme ChatGPT Chine Coronavirus Covid-19 dette dette publique Donald Trump Emmanuel Macron Espagne Etats-Unis Europe extinction du genre humain FMI France Grands Modèles de Langage Grèce intelligence artificielle interdiction des paris sur les fluctuations de prix Italie Japon Joe Biden John Maynard Keynes Karl Marx LLM pandémie Portugal psychanalyse robotisation Royaume-Uni Russie réchauffement climatique Réfugiés Singularité spéculation Thomas Piketty Ukraine Vladimir Poutine zone euro « Le dernier qui s'en va éteint la lumière »

Meta