Néolibéralisme et djihadisme, la nouvelle Sainte-Alliance ?, par Roberto Boulant

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

À soixante-trois ans d’intervalle, deux fêtes de la Toussaint auront marqué au fer rouge l’histoire de France : celle en 1954 de la « Toussaint sanglante » marquant le début de ce qui allait devenir la guerre d’Algérie, et aujourd’hui 1er novembre 2017, celle qui voit la banalisation de l’état d’urgence par son entrée dans la loi ordinaire.

Car aussi incroyable que cela aurait pu paraître aux yeux d’un Malraux et de tous ceux ayant vécu l’occupation nazie et la suppression des libertés, le Journal officiel du jour grave dans le marbre de la loi le régime d’exception et le recul de l’état de droit.

Bien entendu, cela se fait en respectant les règles de la novlangue. Non seulement nos libertés sont rabotées au nom de leur sauvegarde, mais qui plus est le législateur s’autorise-t-il un magnifique et cynique doigt d’honneur, en remplaçant la trop brutale « perquisition administrative » par la très civile et inoffensive « visite domiciliaire », ou bien encore en renommant le contrôle au faciès sous le rassurant terme de « zone de sécurité » au prétexte de lutte contre le terrorisme.

Prétexte, il s’agit bien de cela. Car si ces lois liberticides n’ont qu’une efficacité marginale dans la lutte contre le terrorisme, elles offrent deux avantages à un état gangréné par l’idéologie néolibérale :

– voter ces lois coûte infiniment moins cher que d’investir dans des moyens humains et matériels pour la justice et les services en charge de la lutte antiterroriste,

– ces lois permettent insidieusement, peu à peu, d’imposer la peur à tous. De faire accepter sous couvert de protection la surveillance et le fichage généralisés, seuls moyens de contrôler in fine la multiplication des nouvelles classes dangereuses : celles des sans-dents et autres fainéants réduits à l’état de survie quotidienne par la libre compétition et la libre concurrence du tous-contre-tous.

Les djihadistes proclament « nous aimons la mort, plus que vous n’aimez la vie » ? Il n’est pas évident qu’ils aient raison. Bien au contraire ! Même si par simple compassion le citoyen atterré est enclin à voir plus de courtermisme, de suivisme, et pour tout dire d’idiotie, dans le travail de nos gouvernants, il n’en reste pas moins évident que la trajectoire suivie est proprement suicidaire. Et pas que pour la démocratie ! Le dernier rapport de l’ONU pointe l’écart entre les effets d’annonce des différentes COP et la réalité, qui mène la planète sur une trajectoire de plus de 3° en 2100. Et qui au vu de l’histoire des hommes, pour penser que ce basculement climatique ne se traduira pas par un égoïsme décuplé, un sauve-qui-peut généralisé, et par la seule chose que nous soyons capables de faire quand nous ne savons plus quoi faire, la guerre ?

Djihadisme et néolibéralisme, deux frères-ennemis, deux croyances dévoyées qui s’alimentent et se renforcent l’une, l’autre en s’affrontant. Au détriment de nos vies – quelles que soient nos nationalités -, et au détriment de la vie tout court.

Ce n’est pas à un choc des civilisations auquel nous assistons, mais à celui de deux nihilismes.

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38 réflexions sur « Néolibéralisme et djihadisme, la nouvelle Sainte-Alliance ?, par Roberto Boulant »

  1. « …un état gangréné par l’idéologie néolibérale :
    – voter ces lois coûte infiniment moins cher que d’investir dans des moyens humains et matériels pour la justice et les services en charge de la lutte antiterroriste
    – ces lois permettent insidieusement, peu à peu, d’imposer la peur à tous. De faire accepter sous couvert de protection la surveillance et le fichage généralisés, seuls moyens de contrôler in fine la multiplication des nouvelles classes dangereuses : celles des sans-dents et autres fainéants réduits à l’état de survie quotidienne par la libre compétition et la libre concurrence du tous-contre-tous. »Tip-top ce que veut nous faire manger le gouvernement belge…Quelle extrême lucidité Roberto !…Pas un mot a ajouter ni un a retirer ! Chapeau !

  2. Vous passez à côté de l’essentiel, comme jadis les marxistes dans leur critique du capitalisme.

    Nihilisme : dans sa version complète « nihil est absoluto » : qui pour ne pas y souscrire? Quid sinon le fondement même de la modernité dans tous ses aspects, donc de la conception moderne de la démocratie.

    Nabila est-elle préférable à Daesh? Si vous êtes démocrate, vous devez répondre oui. D’autres n’y parviennent pas.

    Nb. Je pense que le récent ouvrage de Tobie Nathan vaut d’être lu.

    1. Non, la modernité n’est pas nihiliste. Le fondement de la modernité c’est la mise en retrait de Dieu (voire sa mort pour certains) dans la mesure où Dieu est tenu à distance des sociétés humaines, qui n’ont alors plus recours à lui pour régler la vie collective, si bien que la continuité des États devient le substitut de l’éternité jusque à attribut de Dieu. La modernité, qui commence notamment avec Machiavel inscrit les hommes dans une histoire humaine de part en part qui ne doit plus rien à l’intervention divine. Voilà pour la modernité philosophique et politique que l’on identifie rétrospectivement aux Temps modernes. Il y aura ensuite une seconde acception, la modernité revendiquée comme telle, plus littéraire, esthétique, même si cette esthétique elle même peut avoir des implications politiques. C’est le mot de Baudelaire : il faut être moderne, absolument moderne. Cette modernité d’ailleurs n’est pas sans lien avec la première, car il s’agit encore d’histoire, de l’inscription maximale d’un sujet dans l’histoire comme l’a écrit le critique et linguiste Henri Meschonnic.

      1. Moderne, modernité, modernisation….de la vie publique. De Baudelaire à aujourd’hui, il s’agit désormais de la mise en oeuvre des « réformes structurelles », c.à.d. bien sûr et d’abord, la réduction des dépenses publiques par tous les moyens. Par exemple, il y a le fameux « faire mieux et moins cher », et rechercher l' »efficience » et la performance à tout prix. Dans ce cadre, l’automatisation et la numérisation offrent désormais une voie royale….

      2. Oui Emmanuel, il y a encore cette troisième acception du terme, qui est suivre l’air du temps, s’adapter à tout prix, suivre sans broncher l’évolution technique, mais Baudelaire disait tout autre chose, être absolument moderne pour lui c’était exprimer une singularité, à l’écart des modes et des impératifs catégoriques de la rationalité industrielle et économique. C’est pourquoi le « il faut être absolument moderne » de Baudelaire ne doit pas être compris à contresens. Il s’agit non pas d’être dans une histoire qui s’écrit ailleurs, mais d’être de son temps en refusant tout ce que ce temps a de convenu. D’une certaine façon Victor Hugo sera lui aussi absolument moderne.

      3. Voui PY, Compagnon dit ça en plus bref.
        « Les antimodernes, ce sont des modernes en liberté. »
        Barthes, modestement, « se situer à l’arrière-garde de l’avant-garde »

  3. Pierre-Yves : « Non, la modernité n’est pas nihiliste. Le fondement de la modernité c’est la mise en retrait de Dieu… » Et c’est quoi Dieu dans son concept?

    Nb : Lorsque je dis que la démocratie est nihiliste au sens exact et littéral, c’est pas nécessairement pour la critiquer. C’est pour en souligner la difficulté, au fond la rudesse, que tous ne peuvent pas supporter (et qui sait si à l’heure du trépas nous n’aurons pas nous aussi la tentation de baiser le crucifix…?). Mais aussi comme interrogation… L’autofondation, l’autonomie du sujet, on sait que tout cela ne sont de vastes conneries : le sujet conscient est d’abord un vivant etc etc; bref nous sommes précédés (et pas du tout transcendés). Donc : quelles relations, quelles inscriptions qui ne soitent ni des mythes ni des assignations? Et s’il en faut bien une ou plusieurs, laquelle ou lesquelles préférer ? Comme par exemple : se demander si les insuffisances de la société socialiste sont finalement préférables à celles de la sociétés capitaliste etc. Une chose me paraît solide à ce jour : que l’alliance du capitalisme et de la techno-science est vraiment mortifère (et nihiliste : elle n’engendre que de faibles mythes, aucune raison de vivre assez puissante = elle nous exténue en nous expropriant de tout site).

    1. Jicé, je suis d’accord avec vous au sujet de l’alliance du capitalisme et de la techno-science.
      EN passant, je n’évoquais pas l’autonomie du sujet kantien en citant Baudelaire (on peut ajouter Rimbaud c’est vrai !), qui était loin de tout cela. C’est l’action poétique d’un sujet, même inconsciente à la limite. Baudelaire de fait récuse et le sociologisme et l’individualisme méthodologique. Il s’inscrit dans son époque précisément comme être vivant. Je vous invite à lire les écrits de Meschonnic, il explique très bien tout ça. Il a même écrit un livre sur les différentes acceptions de la modernité. Celle qui prévaut aujourd’hui c’est celle que vous disiez, la modernisation de l’économie dont nous rabâchent les politiques, mais il y a une autre modernité, esthétique, poétique, politique, à des années lumières de la modernité frelatée d’aujourd’hui. Je n’oppose pas la société et l’individu. Je voudrais des humains vivants dans une société humaine. L’inscription maximale d’un sujet dans son temps passe dans le cas de Baudelaire et de tous ceux qui sont de la même veine, par l’inscription maximale du sujet dans l’écriture. Il ne s’agit pas dans une intention de se projeter dans une forme, qui serait la forme littéraire, mais de produire une forme de vie, qui n’appartient qu’à l’œuvre. Autrement dit le poète, l’écrivain, est travaillé autant par les formes de son œuvre que lui-même ne travaille ces formes. En cela le travail d’écriture est une forme de vie, et a une action esthétique, éthique et politique. J’évoquais Baudelaire, mais quiconque s’adonne à l’écriture peut en faire l’expérience. Comme disait aussi Paul on ne comprend vraiment ce qu’on a voulu dire qu’en se relisant…

      1. Compagnon ou le coté un peu réac du moderne avec son moderne anti-moderne, ce qui n’est pas tout à fait faux, mais d’un point de vue qui n’est pas vraiment littéraire, un comble pour un prof de littérature. Meschonnic quand il était encore de ce monde lui avait réservé quelques piques bien méritées.

        Compagnon en reste à l’analyse des courants littéraires, c’est de la critique littéraire du point de vue des courants d’idées, il s’intéresse pas à l’action d’une oeuvre littéraire comme telle, comme forme singulière, comme rythme, comme poème, selon les propres termes de Meschonnic. Il est vrai que Baudelaire pouvait avoir des cotés conservateurs, mais quelle importance si ce que fait son oeuvre, la forme singulière et puissante de son oeuvre bouscule les canons esthétique établis et ouvre ainsi un espace pour respirer un peu mieux.

      2. Bourdieu a de belles pages aussi dans « Les règles de l’art »sur l’introduction de la modernité dans le roman du XIXème siècle lorsqu’il analyse ce qu’est une forme littéraire en étudiant la révolution esthétique introduite par Flaubert. Loin d’appliquer un schéma marxiste, infrastructure-superstructure, il fait un sociologie où les formes artistiques assument une fonction irréductible aux seules positions sociales, le champ artistique acquérant à cet instant de l’histoire européenne une autonomie qui n’avait jamais eue auparavant.

  4. « On signalait une dépression au-dessus de l’Atlantique ; elle se déplaçait d’ouest en est en direction d’un anticyclone situé au-dessus de la Russie, et ne manifestait encore aucune tendance à l’éviter par le nord. Les isothermes et les isothères remplissaient leurs obligations. Le rapport de la température de l’air et de la température annuelle moyenne, celle du mois le plus froid et du mois le plus chaud, et ses variations mensuelles apériodiques, était normal. Le lever, le coucher du soleil et de la lune, les phases de la lune, de Vénus et de l’anneau de Saturne, ainsi que nombre d’autres phénomènes importants, étaient conformes aux prédictions qu’en avaient faites les annuaires astronomiques. La tension de vapeur dans l’air avait atteint son maximum, et l’humidité relative était faible. Autrement dit, si l’on ne craint pas de recourir à une formule démodée, mais parfaitement judicieuse : c’était une belle journée d’août 1913.

    Robert Musil – L’homme sans qualité

    1. « mais quelle importance si ce que fait son oeuvre, la forme singulière et puissante de son oeuvre bouscule les canons esthétique établis et ouvre ainsi un espace pour respirer un peu mieux. »

      merci PY pour cette respiration inspirée et inspirante. 😉
      « les portes sont parfois faites pour être forcées afin que l’air pur circule entre les colonnes du temple ».
      Salomon.

  5. Ce sont tous des excités, des extrémistes, des malades du bulbe. Tous sans distinction, qu’ils placent leurs objectifs dans leur ‘foi’ ou dans leur cassette.

    Ce n’est pas une question intellectuelle ou morale, ou quoi que ce soit d’autre qui nécessiterait de longues réflexions.

    Entendus, pesés et jugés: coupables de crimes contre l’humanité.

    Il va de soi que le libéralisme est une perversion beaucoup plus répandue et donc plus nocive que l’autre.

    Mon bon Roberto, vous prenez des risques. Je salue votre courage.

  6. Après « l’écroulement » du mur de Berlin 1989, on a dit que c’était la fin de l’Histoire, la fin des conflits avec la disparition d’un des deux blocs qui divisait le monde, qu’une ère nouvelle commençait : la mondialisation était « en marche ».
    Le 11 septembre 2001 « l’écroulement » du World Trade Center à Manhattan fige le monde par sa sidération, oblige à rebattre les cartes du jeu prospectif et à revoir le film au montage.
    Que ce serait-il passé ?

  7. Je suis tout à fait d’accord avec l’analyse de Roberto Boulant.
    La crise qui a pris une tournure aigüe à partir de 2008 qui par la désespérance sociale qu’elle a suscité en Europe notamment s’est traduite par la montée de l’extrême-droite fascisante dans quasiment tous les pays d’Europe. C’est ce contexte qui s’appuyant sur méconnaissance de l’Histoire a suscité un regain d’idéologies que l’on aurait pu croire vaincues en 1945. Un regain qui s’accompagne dans les pays d’Europe centrale et orientale d’une démarche négationniste de réhabilitation des régimes qui s’en inspirèrent.
    De plus s’appuyant sur la réalité du terrorisme barbare, il est vrai que s’effectue sous nos yeux la remise en cause des libertés démocratiques à l’instar de ce qui se fit à la veille de la Seconde guerre mondiale et dont les conséquences se firent dramatiques quelques mois ou quelques années plus tard.

  8. Boulant ?
    Ou Remizov ?
    Hhhhhh

    “The global imperium of liberal capitalism has crashed into another imperium alike: the Islamic State. I do not place them exactly on the same shelf, but essentially they are close to each other, as both are based on ideology.”
    President of the Institute of National Strategy Mikhail Remizov, 22.10.2017, Source: Grani.ru

    https://euvsdisinfo.eu/russias-tv-russia-praised-as-a-global-power-and-warnings-about-the-revolution/

  9. On n’a pas dit grand chose quand on note que néolibéralisme et djihadisme avaient des traits nihilistes en commun . On a pu en dire autant de l’anarchisme voire des …spartiates , ou de …Flaubert .

    Ce qui pourrait être utile , c’est de repérer les conditions matérielles ou psychiques « du moment » qui renforcent les désenchantements et les impasses absolues .Pour les faire passer du « moins » au « plus » .

    PS : quand , dans « le prix » , Paul Jorion dégommait la notion de « valeur » , il m’a fallu un temps pour être sur que ça n’était pas un pas vers le nihilisme .

    1. « .Pour les faire passer du « moins » au « plus » . »

      Toujours aussi œcuménique, Juan…

      Or, ici, dans notre beau pays, nous en avons une expérience récente. Brutalement dit: ça marche pas. Les sectateurs extrémistes ne sont pas guérissables, selon notre glorieuse science psychologique française. Et j’aurais tendance à le croire, non en eux, mais en leurs résultats négatifs. Ce qui est une claque attristante pour ma conviction en la toute puissance de l’éducation, croyez-moi.
      Parfois, et même souvent, on se goure, le doigt et le bras dans l’œil, modestie oblige à le reconnaître.

      Mais il faut élargir la question : les extrémistes sectateurs du libéralisme ordinaire sont-ils réformables ? La réponse est n’est peut-être pas négative. On n’a pas essayé, à ma connaissance…

      Je crois savoir que 3 ministres en charge des questions de sécurité ( France, GB et je crois Allemagne ) ont plus ou moins fermement affirmé qu’il serait souhaitable que les Daéchiques européens soient tués avant qu’ils ne regagnent leurs pénates respectives. Ils seraient 1500 à avoir des litres de sang sur les mains.

      Je n’ose poser la question selon Roberto… Ou bien, la « question de survie » selon Paul n’est-elle qu’académique ?

      Je suis certain que l’AFPA que je tiens en grande estime est probablement capable de transformer un col blanc malfaisant en maçon utile à la Société, ou tourneur-fraiseur CNC, le métal étant mieux coté.

      Malheureusement, y’a pas de conclusion.

  10. @Roberto Boulant
    Est-ce que vous reprendriez votre titre avec les termes « sainte Alliance » pour illustrer les images du 11 septembre 2001 ? Quand l’avion s’écrase contre la tour symbole du néolibéralisme triomphant ?

    1. Il est de fait que MM Bush Jr, Cheyney, Rumsfeld et leur entourage ont immédiatement sauté sur l’occasion pour envahir l’Irak au prétexte d’ADM imaginaires.

      Comme le fit remarquer plus un tard un diplomate US : « c’est comme si en réponse à l’attaque japonaise sur Pearl Harbor, Roosevelt avait décidé d’envahir le Mexique ».

      1. « …ont immédiatement sauté sur l’occasion… »

        Malheureux ! faites quand même attention, on pourrait supposer que vous insinuez que ces braves gens étaient (*) préparés à ces événements tragiques. !

        (*) ou pire « avaient… »

      2. Annotation manuscrite de Donald Rumsfeld le 11/09 sur un mémo du Département de la défense :  » essayons d’atteindre en même temps SH (Saddam Hussein), pas seulement OBL (Osama bin Laden) ».

      3. Ou la France le Costa-Rica ou l’Islande ? Hein Boulant ?

        Le Grand Satan après les attentats wahhabites du 11/09, a envahi… l’Irak ! Sachons tenir notre rang de Petit Satan et envahissons le Costa Rica pour venger Charlie Hebdo !
        Et pourquoi le Costa Rica demanderont les esprits chagrin ? Bin, c’est un des rares pays avec l’Islande à n’avoir pas d’armée. Et pis la langue, et pis le climat, et pis les volcans aux noms imprononçables qui vous asphyxient. Et pis surtout, on ne peut décemment pas envahir l’Islande dont les citoyens ont jugé et condamné leurs banquiers… alors que nous, nous les décorions.

        http://lucien-pons.over-blog.com/2015/01/messieurs-les-terroristes-nous-ne-vous-laisserons-pas-helas-le-monopole-de-la-stupidite-par-roberto-boulant.html

      4. Quel débat Boulant ? Sorti du pamphlet poussif et convenu comme ici ou, mieux, du plagiat involontaire, à quel débat nous invite donc ta prose Boulant ?

  11. A mon avis, c’est un contresens d’assimiler le djihadisme à une forme de nihilisme – mais plutôt à du fanatisme. Il semble que les personnes entraînées dans cette dérive l’aient été à la base par une perte de repère, de sens et d’estime de soi. Et le djihadisme religieux a donc comblé ce vide. Il offert un corpus idéologique avec un sentiment d’appartenance culturel et religieux très fort. Et pour reprendre le thème de ce billet, on pourrait dire que le néolibéralisme offre un terreaux favorable à une forme de nihilisme où ce corpus idéologique a pu facilement prendre place (soutenu par une propagande efficace), « la nature ayant horreur du vide ».

  12. @Roberto Boulant,
    Donc vous illustreriez une photo du 11 septembre avec le même titre (« sainte alliance »), drôle de choix éditorial. J’ai noté :
    – La destruction de l’environnement n’est pas le propre du néolibéralisme, l’appareil de production soviétique l’a très bien fait aussi.
    – Vous renvoyez dos à dos deux « nihilismes « (djihadisme et néolibéralisme selon vous), feriez-vous de même avec le libéralisme d’avant-guerre et le nazisme des années 30 ?
    – C’est une analyse erronée de vouloir trouver une relation / causalité historique typiquement occidentale (« le néolibéralisme » pris comme concept de philosophie politique puis assimilé à la terreur « nihiliste ») à une autre horreur historique dont la logique théologique doit peu à l’occident : Une boite de pandore de plus de 200 émirs, têtes pensantes d’autant de mouvement terroristes, qui depuis plus de 70 ans sème la terreur partout dans le monde. Groupes terroristes religieux dont les têtes pensantes sont toutes formées à l’Al-Azhar et pas à Oxford ou Cambridge.

    1. Comme vous l’aurez noté, le titre du papier porte un point d’interrogation. Mais la réponse de l’administration Bush Jr prouve bien que les attaques du 11/09 ont été cyniquement instrumentalisées pour envahir l’Irak sous de faux prétextes.

      – tout à fait d’accord avec vous pour dire que l’appareil de production soviétique a été également d’une nocivité extrême pour l’environnement. Évidence qu’il convient de compléter en précisant qu’il en va de même pour celui de la Russie contemporaine.
      « vous renvoyez dos à dos deux « nihilismes « (djihadisme et néolibéralisme selon vous) ». Non. Plus précisément j’écris « Djihadisme et néolibéralisme, deux frères-ennemis, deux croyances dévoyées qui s’alimentent et se renforcent l’une-l’autre en s’affrontant ». Il s’agit pour moi de décrire avant tout, une alliance objective.

      Mais une alliance fortement dissymétrique. Car sans vouloir relativiser les torrents de sang et de larmes provoqués par le djihadisme, il est de fait que seul le néolibéralisme par les changements climatiques catastrophiques qu’il induit et la disparition des espèces animales et végétales, est en mesure de faire basculer l’ensemble de nos sociétés dans le chaos.

      En mettant en question la survie de notre espèce à la surface de cette planète…

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