Les temps qui sont les nôtres : Le déclin de l’Occident, le 20 avril 2018 – Retranscription

Retranscription de Les temps qui sont les nôtres : Le déclin de l’Occident. Merci à Cyril Touboulic. Ouvert aux commentaires.

Bonjour, nous sommes le vendredi 20 avril 2018. Et je voudrais vous parler, aujourd’hui, du grand désarroi dans lequel nous nous trouvons.

Alors, parler de désarroi sans avoir de solutions, c’est un peu du catastrophisme : c’est comme parler de l’effondrement de manière générale, et sans venir avec des solutions.

Je feuilletais, hier, un livre – je ne sais pas si je vous en avais parlé à l’époque où je le lisais, parce que je l’ai lu –, voilà, ça s’appelle Le capitalisme a-t-il un avenir ?, c’est avec des auteurs dont le plus connu sûrement est Immanuel Wallerstein. Ça a été publié en 2014 à La Découverte, et l’ouvrage lui-même a été publié au départ en 2013, chez Oxford University Press. Et – je ne sais pas si je vous en avais parlé (à l’époque où on ne faisait pas de retranscription de la vidéo, donc c’est plus difficile à retrouver), si je ne vous en ai pas parlé, c’est sans doute parce que les idées qui sont défendues dans ce livre sont souvent extrêmement proches de celles que j’avais avant de commencer à le lire (rires) et, du coup, ça manquait peut-être un peu de nouveauté pour moi d’en parler.

Vous avez dû remarquer peut-être, si vous avez vu cet article fait par une jeune professeur, dans une université de Pékin, cet article qui a paru dans Le Quotidien de Pékin (Beijing Ribao), qui est un organe du Parti communiste, en Chine, vous avez vu que Wallerstein et moi, en particulier, faisons partie des auteurs qui sont cités dans cet article. Donc, oui, et c’est une chose que les gens ont souvent remarqué, c’est qu’assez indépendamment, je crois, l’un de l’autre, nous disons des choses que les gens peuvent rapprocher. Ceci dit, il y a des différences : il est clair que Wallerstein est un déçu du communisme de type soviétique – il ne serait peut-être pas tout à fait d’accord avec ma formulation de ce que je viens de dire là. Et d’ailleurs, c’est un point commun entre les auteurs de ce livre, je dirais, c’est que – et ça, c’est une critique de ma part –, ils voient l’avenir du monde essentiellement comme une alternance possible de systèmes, comme celui dans lequel nous sommes maintenant et de systèmes de type marxiste, de type communiste soviétique. Je ne crois pas que ce soit là notre avenir. Je ne crois pas que des pays se remettront à refaire du communisme de type soviétique. La preuve : la Chine remet la barre à gauche, je dirais, en ce moment, avec à sa tête un parti communiste. On pourrait imaginer qu’on reviendra à des systèmes de type soviétique puisqu’il y a eu des ressemblances entre le communisme chinois et le communisme soviétique, mais ce vers quoi on s’achemine, plutôt que du capitalisme, parce que c’est pas vraiment ça qu’on a en Chine en ce moment, c’est plutôt de la… la Chine, curieusement, est en train de passer à une espèce de social-démocratie organisée autour de l’idée d’un État-providence, des choses de cet ordre-là. Il y a beaucoup de keynésianisme dans ce que fait la Chine et ce vers quoi elle va, à mon sens.

Alors, pas de désarroi en Chine. Pas de désarroi dans quelques pays comme les nôtres, en particulier comme en Hongrie. En Hongrie, il n’y a pas de désarroi puisque les gens votent, et ils votent pour les gens qui sont au pouvoir, c’est quand même assez extraordinaire ! Ce qu’il y a, ce n’est peut-être pas la direction dans laquelle on devrait aller : un nationalisme antisémite, primaire, je dirais. Si c’est ça, là, l’une des solutions, ce n’est certainement pas parmi les meilleures. Mais pour le reste, qu’est-ce qu’on voit ? Eh bien, on voit une Allemagne qui est entrée dans une espèce, je dirais, de stupeur catatonique, parce qu’on a repris une ancienne formule de gouvernement mais avec des partis affaiblis, et, du coup, ils ont surtout l’impression que c’est en ne bougeant pas qu’on risque de faire le moins de dégâts. Et donc, dans le dialogue que M. Macron avait voulu engager avec le gouvernement allemand, on ne voit pas grand chose de neuf, si ce n’est justement les Allemands qui freinent des quatre fers et ce n’est pas de ce côté-là qu’on va avancer.

Alors, c’est pire ailleurs. Oui, c’est pire ailleurs… c’est bien pire en Angleterre, parce que si vous regardez les débats, et j’y fais souvent allusion, je dirais, d’un air un peu rigolard parce que j’avais considéré que cette organisation d’un référendum du Brexit, de sortie de la Grande-Bretagne, du Royaume-Uni, de l’Union européenne était une très, très mauvaise idée, et qui a tourné en catastrophe absolue. Et il y avait hier, dans le Financial Times, un éditorial de M. Martin Wolf, qui est une des personnes les plus raisonnables de ce qu’on peut lire dans le Financial Times, qui pose la question : « Est-ce qu’il ne faut pas refaire un référendum ? » en priant Dieu que les gens voteront dans le sens opposé. Alors, il tourne ça un peu dans toutes les directions, mais il attire l’attention sur le fait que, voilà, la catastrophe que cela représente cette décision des Britanniques de sortir de l’Union européenne. Moi, j’ai dit au départ que ça ne se ferait jamais parce que c’est infaisable, c’est un casse-tête, il n’y a pas moyen de le faire. Et il y a des articles : il y avait un article cette semaine sur la paralysie dans tous les ministères britanniques : les fonds qui étaient prévus pour de la modernisation, pour aller de l’avant, pour reconstituer des infrastructures… ces fonds, maintenant, sont mobilisés pour essayer de reconstituer le système d’avant l’Union européenne. S’ils le font, ça leur coûtera une telle fortune, sans parler de l’exode de la City – dont ils étaient quand même très fiers ! Même si, il n’y a pas de quoi être très, très fier, à mon sens – l’exode vers d’autres pays, de ce système financier assez pirate qu’ils avaient. Ce n’est peut-être pas une mauvaise chose que ce soit atteint cela aussi mais si c’est pour le reconstituer ailleurs, ça ne sera pas un avantage. Ça sera simplement au détriment du produit intérieur brut britannique. Alors, catastrophe de ce côté-là.

En Occident, si on étend un petit peu la perspective, je vous parle assez souvent de M. Donald Trump, qui est la catastrophe absolue. Dans ce bouquin (Le capitalisme a-t-il un avenir ?), il y a une remarque, c’est : « La question, ce n’est pas de savoir, dit l’un des auteurs, s’il y a un déclin de l’Occident, la question sur laquelle on peut débattre, c’est de savoir à quelle vitesse c’est en train de se faire. » Et là, les États-Unis nous offrent un exemple, qu’on peut tomber en vrille : on peut carrément tomber en vrille.

Il y avait ce matin, je regardais un article, qui a dû tomber dans la nuit aux États-Unis, sur le fait que M. Trump commence la plupart de ses phrases, quand il s’adresse à un public : « Peu de gens savent que… » ou « Il y a peu de gens qui savent que… », à la suite de quoi, dit l’auteur de l’article, il sort une banalité dont quiconque est allé à l’école connaît la réponse.  Et alors là, il y a une naïveté justement de la part de l’auteur puisque cette personne, qui a l’air de savoir beaucoup de choses, en fait, elle ne sait pas une chose que tout le monde sait – que vous savez certainement aussi –, que ce ne sont précisément pas, bien entendu, les gens qui sont allés à l’école qui votent pour M. Trump… ce sont ceux qui ne sont pas allés à l’école ! Donc, il n’est pas étonnant qu’ils ne sachent pas beaucoup de choses, comme leur patron, comme leur chef de file.

Une chose que peu de gens savent, c’est que, dans la Maison-Blanche (rires), à l’endroit où il y a une espèce de petite alcôve avec une petite bibliothèque, et où les présidents précédents avaient l’habitude de disposer à la vue du public, qui visiterait cet endroit, les livres qu’ils sont en train de lire, voilà, eh bien, M. Trump a mis une étagère, un présentoir avec les livres qui ont été écrits à son sujet. Voilà, ça, c’est le type de président qu’on a là !

Le désarroi, il est dans le fait qu’on pourrait se dire : « Ça ne va pas durer », « Un truc comme ça, ça peut pas durer. Ça va s’effondrer tout de suite » et, effectivement, il y a des commissions aux États-Unis qui essayent de – comment dire ? – de redresser la barre. Il n’est pas impossible que M. Trump, à l’intérieur du système tel qu’il est, soit inculpé de choses qu’il n’a pas le droit de faire, et qu’aucun citoyen  en général n’a le droit de faire. La saisie des papiers de son avocat, évidemment, a créé la panique chez lui, mais il n’apparaît pas encore comme certain, il a encore la possibilité, comme président, de torpiller le processus de destitution, sous une forme ou sous une autre, qui est en train de se mettre en place.

Alors, voilà : l’Occident dans un processus qui n’est pas encore exactement de l’effondrement, mais où le désarroi parmi les dirigeants est total, avec des phénomènes de type autocratie, avec des phénomènes de type corruption, comme cette nomination éclaire que M. Juncker est arrivé à faire dans les instances européennes. Le pauvre Parlement européen a fait semblant de protester un petit peu, et puis, finalement, on entérine quand même la nomination de son lieutenant par une procédure éclair.

Tous les faits d’interférence de Trump pour essayer d’empêcher qu’il ne soit inculpé avec des tentatives de destruction totale, par lui, du système judiciaire et du système de police à l’intérieur de son pays… on est mal barrés et on le sait. Sa croisade contre les journalistes n’est pas rassurante non plus.

Alors, comment en est-on arrivés là ? Eh bien, j’en ai déjà parlé : on a des gouvernements qui créent des problèmes (des problèmes de concentration de la richesse, de disparition du travail) sans prendre le taureau par les cornes. Alors, quand des élections ont lieu, eh bien, il y a un match entre les populistes qui disent : « On va se débarrasser de cette racaille et on va mettre autre chose à la place ! » Alors, eux, ils viennent avec des éléments insuffisants d’explication, de solution – Timiota en parlait dans un papier que j’ai reproduit sur le blog, hier, de manière très intéressante. Les populistes sont des gens qui n’ont pas accès aux explications, essentiellement parce qu’on leur barre l’accès aux explications vraies, parce que ça fait partie des politiques des élites, des politiques de rétention de l’information. Alors les populistes viennent avec des explications farfelues, incomplètes, ce que l’on appelle du « complotisme » ou du « conspirationnisme ». Généralement, ça tombe dans la xénophobie parce que quand on ne sait pas exactement comment ça marche, eh bien, il est plus simple de repérer un groupe ethnique qui ne nous paraît pas sympathique et de dire : « C’est sûrement la faute  à eux » ethnique ou religieux.

Donc, les systèmes populistes ne tiennent pas longtemps. Ils sont remplacés, par un effet de balancier, par les gens qu’on avait dégommés, les représentants des élites, et ceux-là n’ont qu’une chose de plus pressé (voir ce qui s’est passé après l’effondrement de 2008), c’est de remettre en place exactement le même système, de ne faire aucune tentative de l’améliorer, de résoudre les problèmes qui se posent. On repart, on essaye de reconstituer ce qu’il y avait avant : voyez ce qui s’est passé dans les dix ans, entre 2008 et maintenant. J’ai fait partie des gens qui ont proposé des solutions, et des solutions auxquelles on faisait attention parce que comme je faisais partie des gens qui avaient expliqué exactement ce qui allait se passer, on regardait un petit peu ce que je disais, mais tout ça a été entièrement mis entre parenthèses, ça n’a pas été pris au sérieux. Le rapport de force n’a pas changé. Et donc, on a fait ce que personne n’imaginait possible : reconstituer le système à l’identique. C’est ce que font les élites quand les populistes sont balayés pour quelque temps. Au lieu d’essayer de résoudre les problèmes, on reconstitue l’ancienne machine, en disant : « Finalement, il n’y avait pas grand chose à lui reprocher. Si, peut-être, des petits points de détail qu’on va essayer de corriger… » et là évidemment, tout ça, c’est cosmétique. Tout ça, c’est du vernis en surface. Tout ça, ce ne sont pas des solutions.

Alors, qu’est-ce qu’on peut faire devant le déclin de l’Occident ? Je crois qu’il n’y a qu’une seule chose à faire, c’est sortir de cette idée qu’il n’y a que des balancements possibles entre ultralibéralisme et populisme, en ce moment. Il ne faut pas penser non plus comme les auteurs de l’ouvrage que je vous ai présentés tout à l’heure, que LA seule solution de rechange possible, ça serait un retour à l’Union soviétique. Comme certains le font remarquer aussi, c’est du capitalisme d’État. Et ce capitalisme d’État, il n’est pas plus enclin à prendre au sérieux les problèmes d’environnement il y a peut-être un petit bémol à mettre en ce qui concerne la Chine, en ce moment, où on a l’air de prendre ces problèmes d’environnement au sérieux.

Ce n’est pas populisme, ultralibéralisme ou communisme soviétique, ça ne me paraît pas la voie qui nous permettrait de sortir de l’impasse. Il y a des choses à reprendre dans les idées de social-démocratie, dans les idées des socialistes utopiques, dans certains penseurs anarchistes, comme Proudhon. Tout ça n’a pas encore été véritablement été essayé et rien ne nous empêche, chers amis, quand même de venir avec des idées nouvelles, comme un monde sans argent. Ce n’est pas l’Union soviétique, ça. Ce n’est pas non plus l’ultralibéralisme qu’on a ici. Ce sont des choses qu’on peut essayer. Ça a été essayé à petite échelle autrefois, dans certains cadres. Pourquoi ne pas recommencer à reprendre au sérieux des idées comme l’extension de la gratuité au-delà de ce qui a été fait jusqu’ici, c’est-à-dire à la meilleure époque pour la santé et l’éducation, d’étendre ça et d’aller vers un monde sans argent ? Et surtout un monde où l’on tiendrait compte du fait que le salariat n’est plus l’approche possible pour faire gagner de l’argent aux gens, parce que les emplois salariés sont en train de disparaître.

Il y a un des auteurs, dans cet ouvrage (et je vais regarder son nom… c’est le second), c’est Randall Collins, qui est professeur de sociologie à l’université de Pennsylvanie, lui, il met à l’avant le problème de la disparition de l’emploi. Chez les autres, ça passe assez inaperçu, ce qui est relativement normal s’ils pensent essentiellement à un balancement entre régime de type capitaliste privé et type de régime capitaliste d’État. Si c’est ça le seul choix dans lequel on se trouve, je ne crois pas qu’on arrivera à résoudre la question de l’extinction possible du genre humain. Il faut s’attaquer à des choses comme la présence d’argent à l’intérieur de nos systèmes, il faut s’attaquer à la disparition de l’emploi, il faut s’attaquer aux problèmes absolument de fond. Il faut maintenant prendre le taureau par les cornes et penser à un monde tout à fait différent.

Et si on veut ajouter un autre élément : les solutions locales. Oui, c’est bien. Oui, c’est bien de s’organiser sur d’autres modes de vie. Mais il ne faut pas oublier, et ça c’est la chose que je dis toujours, je dirais, en conclusion, quand on me parle de choses comme le film Demain (2015) ou de vidéos de ce type-là : la chronologie. Il ne faut pas qu’on ait affaire à des processus qui devraient couvrir des milliers d’années pour arriver à une solution. Non, le temps presse ! Et la question de la masse critique : combien de gens faudrait-il qui s’adonnent à ces nouvelles pratiques pour changer les choses ? Et la possibilité existe-t-elle (par exemple : des jardins potagers à l’intérieur des villes) ? Les techniques existent-elles ? Les moyens sont-ils disponibles pour le faire ? Éventuellement si on avait envie de le faire. Parce que – c’est une autre chose – si on compte uniquement sur des systèmes qui marcheraient, si on retombait à un seul milliard d’habitants sur la Terre et des choses comme ça, il faut quand même penser aux milliards de gens qui disparaîtraient dans le processus. Mais le temps presse, il faut que nous avancions. Il ne faut pas que nous retombions dans les anciennes ornières. Mais il faut aussi que nous ayons quand même un certain optimisme, un certain enthousiasme à l’idée qu’il y aurait moyen de résoudre les problèmes qui se posent et qu’on pourrait trouver de nouvelles approches, mais qu’il faudrait surtout mettre en place les structures qui permettent d’aller vite. Quand je dis « structures », je pense aussitôt que, non, il y beaucoup de choses qui peuvent émerger de la base, mais il faut quand même, à ce moment-là, des questions de coordination, de circulation de l’information.

Nous sommes des génies technologiques. Je ne crois pas qu’il sera encore possible de résoudre tous les problèmes qui se posent à nous sans la technologie. Donc, il faudra utiliser ça pour arriver aux solutions. Mais le désespoir, ou de dire : « Bon, il y a bien, quelque part, quelques personnes qui résoudront le problème, mais pour nous, c’est réglé », je ne crois pas non plus que ce soit la bonne approche. C’est Rousseau qui a utilisé l’expression de « penser furieusement ». Je crois que le moment est venu, chers amis, de penser furieusement parce que si nous ne le faisons pas, eh bien, c’est râpé, en tout cas pour nous, parce que ce déclin de l’Occident, oui, on peut déjà l’observer. Et ne nous contentons pas de décider, de déterminer si cet effondrement va vite ou lentement, il faut […] renverser la vapeur et redresser la barre !

Voilà, eh bien, à bientôt. Réfléchissons-y. Un des moyens d’y réfléchir, c’est bien sûr que j’ouvre la vidéo à la discussion. Voilà, allez, à bientôt !

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34 réflexions sur « Les temps qui sont les nôtres : Le déclin de l’Occident, le 20 avril 2018 – Retranscription »

      1. Il faut s’appuyer tout ça en plus des cours à Sciences éco ?

        Votre art du résumé de synthèse devrait nous épargner de mourir avant d’avoir tout vu , lu et encore mieux , compris .

  1. Pour ce qu’il est de l’avenir, ce n’est pas un individu qui peut décider ou désirer tout seul de l’avenir du Monde, ni la masse en tant que telle, mais les forces agissantes sur la société. Que sont-elles dans le monde d’aujourd’hui? Comment se manifestent-elles?
    Leur manifestation, c’est l’ensemble des contradictions et des confrontations que nous pouvons observer. Dans ce monde mondialisé, il faut partir du sommet, là où ces forces sont concentrées, où elles ont concentré le maximum de puissance.
    Que représente donc l’affrontement actuel entre la Russie, la Chine, à un bout de la chaîne, et l’empire yankee avec son chapelet de vassaux et de bourgeoisies compradores de cette chaîne impérialiste, dont un certain nombre de mailles commencent à s’affranchir ou se préparent à le faire ou simplement l’envisager.
    Que représentent ces forces qui s’affrontent? Quels sont leurs projets, leurs buts principaux? Quel est la différence entre les projets annoncés et les projets vrais et inavoués? C’est en essayant de répondre à ses questions que l’on y verra plus clair. Et les réponses doivent faire appel à l’économie, à la politique, aux rapports de force réels qui indiquent les voies possibles, les impulsions réalisables ainsi qu’à l’histoire qui explique l’étape d’aujourd’hui, la transition actuelle qui n’est que le fruit des contradictions achevées ou inachevées de l’étape précédente, des étapes précédentes. Beaucoup ne croient pas à une phase révolutionnaire agitée sous forme de mouvement populaires radicaux car c’est pour eux la seule façon de se représenter des révolutionnaires ou des révolutions. Ils oublient que pendant la transition du féodalisme au capitalisme, de telles phases ont existé mais que vers la fin la transition s’est faite par absorption de la noblesse ou son remplacement pacifique en tant que tel (noblesse paupérisée ou intégrant la classe bourgeoise). C’est aussi la raison pour laquelle la bourgeoisie a pris les manières et le mode de vie en partie de la noblesse (mamie zinzin, familles royales, barons de l’industrie ou du commerce, etc.). Pour comprendre comment le monde évolue il faut évidemment se tourner vers la situation chinoise et voir comment la classe dirigeante gouverne. Avec quels concepts, et aussi que fait-elle des concepts occidentaux? En les transformant de quelle manière? Je ne m’avancerai pas beaucoup en disant que pour les dirigeants chinois et toute la superstructure idéologique qui dirige le pays et qui s’appelle le parti communiste chinois, tout est épée, tout est outil. Le concept « un état, deux systèmes » qui nous paraissait saugrenu ou inévitable selon ses propres conceptions idéologiques masquait en fait la volonté de s’emparer de l’épée du capitalisme ou du moins d’utiliser un clone qui a au moins deux fonctions : lutter d’égal à égal contre le capitalisme, le dominer ensuite puis le soumettre en lui imposant des limites (le marché mondial a été une formidable aubaine dans un premier temps pour le capitalisme mais le capitalisme c’est aussi des monopoles capitalistes et à un moment critique de la mondialisation le marché de certains monopoles s’est en fait retréci). L’impérialisme yankee pensait pouvoir intimider et soumettre la Chine mais la fin de l’Union Soviétique a permis, par son expérimentation rapide et malheureuse du capitalisme dans ce pays, la fin des illusions capitalistes, y compris parmi une partie des forces dirigeantes survivantes de cette époque. C’est la raison pour laquelle cette élite est insensible aux sanctions de toutes sortes et s’est proposer comme bouclier de la Chine qui elle possède la force, l’épée économique. Contrairement aux capitalistes, elle ne sera pas fétichiste, elle ne s’imposera pas de limites pour nuire économiquement à ses adversaires. C’est aussi ce qui explique le blocage actuel du capitalisme yankee qui ne peut bouger ni militairement, se contentant d’affronter des pays de petite envergure pour montrer sa « force », ni économiquement se contentant en fait de punir des oligarques inutiles, castrés de facto, depuis l’arrivée du président Poutine au pouvoir.

  2. On peut détricoter le capitalisme mais on ne peut pas aller au delà du détricotage de la monnaie comme vecteur des échanges. Il faut donc repartir de là :
    .1 Quel système monétaire est nécessaire (caractéristique de la banque centrale, convertibilité, valeur de référence, etc.).
    .2 Quelles formes juridiques pour les personnes morales (avec/sans but lucratif) en gardant en tête que si on dit à un actionnaire : « au mieux tu ne gagneras rien, au pire tu peux tout perdre », il n’y aura pas d’investissement significatif. Donc les fonds propres doivent aussi être rémunérés, reste à savoir sur quelle base.
    .3 Quel système fiscale (quels impôts mettre en place, quels taux appliquer, etc.) en sachant que trop d’impôt tue l’impôt. Il s’agit donc de déterminer où se situe le sommet de la courbe de Gauss (horizontal = taux d’imposition, vertical = volume de revenus fiscaux).
    .4 Quel système de dépense public (mode de décision, priorités, définition de ce qui relève du public, de ce qui relève du privé, etc.). Et aussi inclure la nécessité de se sentir en sécurité économique = revenu de base.
    .5 Quel système d’endettement de l’Etat en gardant en mémoire que (1) la dette c’est l’épargne du public (donc un hair cut finit par affecter l’épargne du public) et (2) faire fonctionner la planche à billet finit par dévaluer la valeur de la monnaie vis-à-vis des autres devises.
    .6 Au niveau international, mettre en place un système style bancor afin de contribuer au ré-équilibrage des déficits/surplus commerciaux entre pays utilisant une devise différente.
    .7 Définir un système d’indicateur intelligent qui permettront au public de comprendre l’évolution de la situation économique.
    .8 Permettre au public de comprendre à minima les comptes publics, les états financiers d’une entreprise (compte de résultats, cash-flow, bilan).

    On peut bien sûr discuter le contenu et la formulation de cette liste mais elle peut servir de base pour des têtes de chapitres. Reste plus qu’à construire le contenu !

    1. Hé bé , on avait déjà les débats télévisés à suivre à la télé lors des élections , s’il faut en plus faire Sciences éco …

      Sur le 1 relire PSDJ .

      Pour le reste , on ne part pas de rien , et avoir une traduction pas trop compliquée de ce qui existe , pour en vulgariser les attendus , les tares et les forces , comme s’y emploie le blog de Paul Jorion depuis quelques années , allant même jusqu’à indiquer les principales pistes de progrès pour changer ce que l’on peut du cadre , serait déjà une réussite hélas pas encore atteinte .

      Un vague espoir qu’une traduction chinoise soit mieux prise en considération s’exprime parfois .

      Le soleil se lève à l’Est ?

      Bon , on sait que la terre est ronde , mais ça reste un pari gratuit en l’état .

      1. bonsoir,
        cela fait un moment que la question me taraude dans le sens que nous sommes , au vu de nos connaissances actuelles, la seule planète habitable pour nous, humains.
        ceci étant posé, nous nous trouvons en face du résultat de nos comportements : réchauffement climatique, extinction en masse, guerres, chomage, et j’en passe.
        tout cela ne découle que d’une chose : un papier imprimé : l’argent.
        combien de films apocalyptiques ont montré que la vraie valeur de la vie en survie n’était pas ce papier imprimé, mais l’eau, des plants, etc !
        alors, quand nous en sommes à nous poser la question de notre survie sur la seule planète possible, comment ce vulgaire papier imprimé reste-t-il encore la norme ?
        qu’on en inonde donc le marché, en faisant tourner les machines à imprimer pour inventer de nouveaux modes de chauffage, de voitures, je ne sais..
        mais qu’on arrête de dire que tout coûte de l’argent pour mieux faire !
        l’argent, ce n’est rien.
        mais accepter cette idée, c’est remettre en question un principe de fonctionnement qui régit le monde, et les plus hauts placés, et friqués, ne veulent pas en entendre parler.

  3. C’est une bonne chose ,j’ai hate de voir les USA ( et les Anglais ) , civilisation la plus cruelle de tous les temps ,devenir une puissance moyenne !
    Je m’en réjouit déjà !

    1. Avec un prénom pareil , vous tendez les verges pour vous faire battre! Poutine avec vous, ou en vous.
      Excusez-moi, je n’ai pas su résister! Mais aussi, Poutine laisse des traces partout…

      Sérieusement, vous êtes conscient de la proximité de votre pensée et de son projet? Troublant, non?

    2. Non je ne crois pas. Les travailleurs aux USA et en Grande Bretagne ne sont pas des cons. Et les artistes chez les uns comme chez les autres nous prouvent le contraire, c’est à dire qu’on mise toujours sur la sensibilité, l’intelligence et l’imagination. Et finalement nous ne sommes pas bloqués avec le bifteck or not bifteck.

  4. « … il faut s’attaquer aux problèmes absolument de fond… »
    Tout à fait d’accord. Le problème, est que ce n’est pas ce que vous faites.
    En effet:
    Vous accusez le « capitalisme » de tous nos maux. Il y participe effectivement de 2 façons:
    – Une quasi-religion (féroce 😉 qui prône la croissance infinie dans un monde fini et interdit toute rationalité écologique (avec l’accord de la « gauche ») ;
    – Une efficacité économique basée sur la cupidité humaine (pas seulement des « riches ») cad sur une rationalité psychologique (contre la « gauche »).
    Or :
    L’effondrement de nos confortables et gaspilleuses démocraties vient de notre consommation exagérée des ressources physiques de la planète qui pourrait être notre paradis si nous décidions d’y proliférer et détruire moins.
    Notre problème est fondamentalement simple mais psychologiquement extrêmement difficile car il implique un abandon des tout-puissants tabous populationnistes et consumériste dont votre « gauche » reste esclave et qui imprègne, outre votre blog, la quasi-totalité de l’oligarchie.
    Bien à vous.

  5. je Propose (à notre réflexion) la création d’un revenu maximum universel. Au delà d’un certain revenu, tout l’excédent est mis dans un pot commun qui servira à financer les besoins de la communauté . Le capitalisme, qui détruit notre planète repose sur une passion très répandue qui s’appelle l’appat du gain. Il faut éradiquer ce mal. Progressivement les revenus, au sein de la communauté vont s’établir autour de ce RMU. A quoi bon gagner davantage? Les besoins non satisfaits devront alors être comblés par une contribution en travail. Le RMU devra être assez bas pour qu’il ne déclenche pas l’impot Sur le revenu.

    1. Original .

      Mais existant sous des formes variées depuis longtemps : ça s’appelle l’impôt , parfois une taxe ( qui pourrait être Sismondi ) .

      Le jeu du capitalisme libéral consiste à y échapper explicitement ou implicitement . Il gagne la partie .

    2. Pas bon.
      On en a déjà causé jusqu’à plus soif. Et à vrai dire par cet après midi torride, j’ai pas envie de me recoller une pépie. Pouvez-vous reprendre le tout par une journée pluvieuse?

      Comme c’est un peu sec, je me sens l’obligation de la faire courte. Les pauvres font des achats impulsionnels -tout ça pour dire qu’étant sensibles au clinquant de la pub, ils vont dépenser votre ( je dis ‘votre’) argent à n’importe quoi, aggravant en plus le déficit du pays qui ne fabrique plus rien pour eux. – Cerise écrasée sur le gâteau, vous comprenez?

      Le mieux pour contrôler ( je dis ‘contrôler’, au sens britt: tenir d’une main ferme) tout ça, aux conséquences si négatives, le mieux est la gratuité des services de base.

      Si des esprits plus alertes que le mien contestent, qu’ils ne se gênent pas.

      1. « Le RMU devra être assez bas pour qu’il ne déclenche pas l’impot Sur le revenu. »
        La détermination de ce seuil est très difficile car variable et soumis aux décisions du code des Impôts qui ne permettent pas de vrais prévisions à terme. Normal, toutes les règles sont variables. En plus le code est très difficile à comprendre. Une vie n’y suffirait pas.
        Je propose 10 Euros mais 0 semble plus sûr. A débattre.

      2. C’est amusant de voir que les propositions apparemment originales convergent souvent vers les mesures programmatiques développées depuis une décennie par les objecteurs de croissance : RMA (revenu maximal admissible), gratuité de l’indispensable (DIA: dotation inconditionnelle d’autonomie)…
        Peut-être les francophones devraient-ils sortir de la lecture des auteurs de leur langue et, par exemple, oser connaître ce que propose Murray Bookchin (parallèle, Outre-Atlantique à André Gorz). Faut dire que c’est sans doute dangereux puisque écologie sociale et municipalisme libertaire qu’il prônait fut appliqué au Rojava syrien et est actuellement éradiqué par Herrdogan avec l’approbation silencieuse de l’Occident.

      3. Murray Bookchin? comme un vague souvenir.

        C’est pas très smart de se recopier. Voici ma bafouille du 12 mars , avant l’écrasement.

        Le contexte social et politique :
        https://www.opendemocracy.net/5050/rahila-gupta/revolution-for-our-times-rojava-northern-syria
        https://www.opendemocracy.net/5050/rahila-gupta/rojava-revolution-how-deep-is-change
        https://www.opendemocracy.net/5050/rahila-gupta/rojava-revolution-on-hoof
        https://www.opendemocracy.net/5050/rahila-gupta/rojava-revolution-reshaping-masculinity
        https://www.opendemocracy.net/5050/rahila-gupta/rojava-revolution-it-s-raining-women
        Côté opérations à Raqqa:
        https://www.opendemocracy.net/5050/rahila-gupta/women-on-front-at-raqqa
        Une conséquence ?:
        https://www.opendemocracy.net/rahila-gupta/rojava-inspired-womens-councils-europe

        L’éditeur pourrait sentir le soufre, je n’en suis pas sûr. Rahila Gupta est une journaliste courageuse et féministe affirmée, donc intègre. Il me semble improbable que l’éditeur puisse jamais l’influencer, le cas échéant.
        Cette suite d’articles au ras du quotidien est une bonne introduction à cette double révolution, meilleure que l’intégrale des œuvres de Murray Bookchin!

        Les textes sont datés. Une partie des personnes citées a changé à cause d’élections mais les innombrables organisations de base demeurent. Il vaut la peine de noter que Cheik Hamidi, chef de la tribu des Shammar, est toujours co-président du canton à l’extrême nord-est de la Syrie. La co-présidente est kurde mais j’ignore son nom. Cheik Hamidi est une sommité de sagesse et de réalisme. Il cite aussi bien le Coran que Gandhi ou Ocalan.

        Le site Kédistan offre d’appréciables d’articles de fond et d’actualité.
        Wladimir van Wilgenburg est un journaliste US, sympathisant et informé. Son truc tweeter est une source précieuse d’informations.

        L’annonce, le 7 mars 2018, de la mort au combat de Viyan Tolhildan :
        https://anfenglish.com/rojava/three-sdf-fighters-from-the-same-family-fall-on-the-same-front-25334
        ou en kurde:
        https://www.ypjrojava.org/%C5%9Eeh%C3%AEd%C3%AAnBerxwedana-Serdem%C3%AA
        Le délai inhabituel entre sa mort, 12 février 2018, et la date de l’information est contraire aux pratiques courantes des agences de presse kurdes. Cela laisse penser que son corps n’a pas été recouvré par ses camarades et ne serait donc pas rendu à sa famille. Il est probablement aux mains des adversaires. On sait que des cadavres de combattantes ont subi des mutilations barbares avec 2 cas documentés. D’un autre côté, existe le témoignage de 2 défenseurs blessés, abandonnés dans un village évacué par les 2 adversaires, avant d’être secourus au bout de 26 jours. La partie adverse a annoncé sa mort, en notant sommairement « une terroriste en moins », mais ce pourrait être la simple reprise des infos kurdes.
        Sa dernière vidéo, en kurde, quelque jours au plus avant sa mort:
        https://www.youtube.com/watch?v=0y73bELRc8U ( 07/04/2018: 48747 vues)
        L’article correspondant, en anglais:
        https://anfenglish.com/rojava/ypj-fighter-we-will-achieve-victory-over-invaders-in-afrin-24875

        Enfin et surtout, Viyan a participé à un documentaire de Pascale Bourgaux en 2015:
        https://www.youtube.com/watch?v=OsZEfOjPmuM
        Le livre associé a paru en 2016 chez Fayard, déjà cité ( Correction: Daech et non Daesh).

        On notera, à 1mn11s, son injonction « Tue le, même s’il est blessé ». C’est une guerre atroce, Daech étant une lie inhumaine, mais cet ordre constitue néanmoins un crime. Les YPG/YPJ affirment respecter les lois codifiées de la guerre, en particulier la conduite à tenir vis à vis des blessés. On voit qu’il y a au moins une exception. C’est d’autant plus surprenant qu’elle affirme dans son livre prendre soin des blessés ennemis, les cas documentés par ailleurs étant très nombreux, conformément au serment prêté par les YPG/YPJ.

        Je me sens en deuil et très triste.
        Une expérience pacifique de démocratie directe portant de grands espoirs est en train de mourir, écrasée par la haine et la stupidité des « grandes » puissances. Ayant en tête notre abandon des Républicains espagnols, j’espère que nous n’aurons pas à regretter notre lâcheté.

        Au plan tactique, l’aviation adverse représente une arme mortelle contre laquelle les Kurdes n’ont rien à opposer et semblent ne pas pouvoir s’en protéger. Or, la quincaillerie volante est très fragile; il en faut très peu pour la paralyser. Ce matériel efficace, nous l’avons. Fin 1936, Léon Blum désignait un fonctionnaire des Douanes (!) , Gaston Cusin, à effet de faire passer en contrebande aux Républicains des armes puisées dans nos arsenaux. Il sera dit que nous n’aurons pas de Blum contemporain, alors que les quantités sont infiniment plus faibles.

        Au plan de la lutte contre le terrorisme, les auteurs des tueries de Bruxelles et Paris venaient des zones de Raqqa et Manbij, libérées plus tard de Daech par les Kurdes, le pays limitrophe au nord offrant complaisamment le port d’entrée-sortie. Inutile de s’étendre… Les Kurdes détiennent environ 1500 Daech ayant du sang sur les mains et disent ne pas savoir qu’en faire, la peine de mort n’existant pas dans les cantons kurdes. Parmi eux, une centaine de français dont la France ne veut pas. Que vont-ils devenir ?
        J’espère que les Services, à commencer par la Police, pourront faire face à toutes résurgences des menaces. Nous connaissons la solution, toujours la même: lois d’exception et crédits. C’est bon pour les affaires et l’unanimité recherchée des votants.
        Je suis triste, en deuil. Et inquiet.

        A toutes les victimes de violence. Aux 350 morts et 500 blessés des attentats.
        A Bernard Maris,
        à Viyan Tolhildan , 2 étoiles aux destins mêlés :
        Jin, Jiyan, Azadiyê!

      4. C’est d’actualité, dans certaines villes les transports en commun sont déjà gratuits de fait. D’autres municipalités françaises voire allemandes, etc.. voudraient tenter l’expérience, mais, quid du financement ? Donc, voilà où la taxe Sismondi pourrait être utile, entre autres.

        Clermont-Ferrand : les transports en commun bientôt gratuits dans la métropole ?
        https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/puy-de-dome/clermont-ferrand/clermont-ferrand-transports-commun-bientot-gratuits-metropole-1464033.html

        « L’Allemagne envisage de rendre gratuits les transports publics dans plusieurs villes. Une idée qu’Anne Hidalgo estime «très inspirante».
        http://www.leparisien.fr/info-paris-ile-de-france-oise/transports/et-si-les-transports-en-commun-etaient-gratuits-a-paris-15-02-2018-7561629.php

  6. Puissent les résultats obtenus par la commission européenne vis à vis des gafa continuer de les inspirer pour d’autres évolutions envisageables telles que la taxe Sismondi et la gratuité
    des nécessités de base, yep why not ?

    « Bruxelles met ainsi la dernière main à un nouveau projet de régulation des plates-formes en ligne. Il s’agit par exemple d’obliger Facebook ou l’App Store d’Apple à garantir des protections juridiques aux PME utilisatrices de leurs services. En outre, Google devra se justifier sur la façon dont le moteur de recherche hiérarchise les sites Web, une exigence de transparence censée rétablir l’équité dans la visibilité et donc l’accessibilité de ces derniers. Enfin, les GAFA devront mettre en place des instances de règlement des litiges, tandis que les ONG et les administrations publiques pourront saisir la justice au nom des utilisateurs. »

    « Fin 2017, la Cour de justice de l’Union européenne décidait qu’Uber n’était pas une simple plate-forme numérique, mais un opérateur de transport à part entière, devant, de ce fait, se plier aux mêmes règles que les taxis. L’idée d’une taxe numérique sur le chiffre d’affaires des géants du Web fait son chemin. »

    « Enfin, le 25 mai, entrera en vigueur le Règlement général pour la protection des données (RGPD), constituant la première réponse juridique au scandale Cambridge Analytica, qui a déstabilisé Facebook ces dernières semaines. »

    « Lorsqu’elle a été lancée, cette offensive a fait sourire, tant il était peu probable que la bureaucratie européenne soit capable de faire plier ces nouveaux maîtres de l’innovation. Puis, voyant que Bruxelles était résolue à poursuivre sa croisade, on a reproché à l’Europe de se recroqueviller sur une position défensive, faut de pouvoir développer ses propres champions dans ce domaine. Mais entre-temps, chacun a pris conscience, y compris aux Etats-Unis, du fait que les géants du Net ont joué aux apprentis sorciers en mettant au point des innovations certes fort utiles, mais sans aucune prise en compte de leurs conséquences sociétales. »
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2018/04/24/l-europe-contre-les-goliath-numeriques_5289795_3232.html

  7. «  »Et la possibilité existe-t-elle (par exemple : des jardins potagers à l’intérieur des villes) ? Les techniques existent-elles ? Les moyens sont-ils disponibles pour le faire ? «  »

    Les jardins urbains, aujourd’hui partout dans le monde marquent le changement d’éthos qui est en cours. Mais bien entendu, comme pour les AMAP, il s’agit encore d’un mouvement « bobo » et très peu émancipateurs pour les groupes sociaux marginalisés, par exemple, comme déjà signalé, la charte des AMAP n’attribue pas le statut de coopérateur aux travailleurs AMAP payés au « SMIG agricole ».

    L’agro-industrie est en perdition, pas seulement pour les très grandes exploitations, mais également pour les modestes surfaces de « l’agriculture paysanne » laquelle de fait et pour l’essentiel dépend tout aussi bien des intrants énergétiques, chimiques, grainetier, machinique.

    Les solutions existent, elles demandent d’établir des complémentarités entre un réseau de micro-fermes (entre 1 et 2 ha) néo rurales et les exploitations traditionnelles je ne développe pas voyez les études de la ceinture alimentaire de la ville de Liège (Belgique) .

    Le blocage est d’ordre politique et social, car les agriculteurs de tout type devraient céder progressivement et gratuitement des terres agricoles de qualité et à proximité des villes pour favoriser les circuits courts. ces terres retournée au commun, serait données gratuitement a des néo ruraux organisés en coopératives autogérées. Il ne faut pas que les chômeurs deviennent ainsi des serfs des propriétaires terriens, car « les désemployés par la robotisation », doivent eux-aussi pouvoir s’émanciper du contrat de subordination.

    La progressivité du rythme du retour de terre au commun sans dédommagement, (quelques pourcentages) , serait progressivement ajustée à l’efficacité sociale du système. Le dédommagement proprement vient de la réciprocité, c’est à dire ici de la synergie avec les micro-fermes qui permet de sortir l’agro-industrie de sa dépendance aux intrants.

    N’oublions pas que l’augmentation de la superficie moyenne des exploitations de (11 à 50 ha en un siècle) a été payée par la participation de tous à la PAC.

    Ces idées forces sont nécessaires, tant au renouvellement des pratiques agricoles, qu’à la reformulation du pacte social vis-à-vis des exclus ; elles demandent un vaste mouvement d’éducation populaire destiné à convaincre de la nécessité de ce changement de cadre.

    Plaider au Parlement Européen pour un tsunami d’éducation populaire, sensibilisant chacun à la nécessité d’un changement de cadre, semble maintenant prioritaire.

  8. Paris, il y a 60 ans, pouvait subsister avec sa ceinture maraîchère, ce n’est plus le cas, les uns après les autres les maraîchers sont partis et le béton a remplacé la terre.
    Le denier maraîcher de St Denis l’apprête passer la main.
    La Marie de St Denis, qui était propriétaire de ses terres depuis 1980, lance un appel à candidatures, il court jusqu’en juin. Deux projets sont déjà sur les rangs.

    http://www.leparisien.fr/saint-denis-93200/saint-denis-le-dernier-maraicher-du-93-passe-la-main-24-05-2016-5825343.php

    http://ville-saint-denis.fr/actualite/appel-%C3%A0-candidature-pour-la-reprise-des-terrains-municipaux-de-l%E2%80%99actuelle-exploitation

    https://www.20minutes.fr/paris/2043211-20170404-seine-saint-denis-ferme-urbaine-projet-terres-dernier-maraicher

  9. Quel est le sens de ton intervention ? Bien entendu les postulants du terrain de St. Denis étaients des « bobos » (où ça en est?).

    Ne pouvons-nous déplacer plus loin et recréer une nouvelle « ceinture », le temps des maraîcher avec charrette à bras est révolu, Déjà à Loano, depuis toujours, les maraîchers descendent des pentes du Monte Carmo, avec leur triporteurs Piaggio, installer leur produit sous les halles communales (gratuites).

    Au delà d’instrument d’analyse chirurgicaux , nous avons besoin – d’imagination sociologique – au sens de Wright Millls (appel à bibliophile, je cherche un exemplaire de « les causes de la quatrième guerre mondiale ».

    Nous avons les connaissance et les moyens de reconstruire des espaces alimentaires conviviaux, et même avec des robots, n’est-ce pas formidable! Mais bien sur l’hypocrisie guette … comment renoncer à avoir des subordonnés ?

    1. Jean-Luce, c’était juste une info, pas de jugement de valeur de ma part. L’un des projets devrait associer des réfugiés. Un collectif d’artistes aussi est entré dans la danse. Pas vraiment des bobos. Comme on peut le voir sur les photos, cela se passe en ville au milieu des barres et c’est en superficie très modeste. Mais c’est important pour les gens qui vivent à St Denis, et au delà, parce que cette initiative rend visible une nécessité : l’osmose entre villes et campagnes. Il n’y aura pas trop d’espaces verts et cultivables à réinvestir quand le circuit court redeviendra la norme.

      1. « Il n’y aura pas trop d’espaces verts et cultivables à réinvestir quand le circuit court redeviendra la norme »

        C’est bien pour cela qu’il sera nécessaire de légiférer pour que les agriculteurs installés remettent (gratuitement) au commun quelque % de leur surface agricole pour que s’y installe des microfermes et qu’ainsi, s’établissent des synergies de réciprocité qui sauveront la « pétro agriculture » du naufrage.

  10. Il y a aussi l’association et le réseau Fermes de l’ Avenir (Xavier Matias et Maxime de Rostolan ) qui ,avec l’agroécologie, « tente de sauver en 20 ans ce qui a été saccagé en un siècle et demi »…..

    1. https://fermesdavenir.org/social-fermes-davenir/emploi

      … rien ne change, ou sont les « néo coopératives agricoles » un homme une voix. Je suis bien triste d’avoir lu Murray Bookchin et Cornélius Castoriadis, il y a quarante ans … tout est parfaitement prêt pour renouveler le schéma dominés /dominants. En ville les surface de toiture, c’est à dire l’exposition au soleil, devrait revenir au commun, Quelle misère, quelle misère mon Bon Monsieur: The poor stay poor, the rich get rich … nevermind, nevermind …

      1. On voit bien que vous n’habitez pas en montagne.
        Par chez nous 2 phénomènes se liguent pour qu’une toiture ne reçoive qu’un minimum de soleil:

        1-La raideur des pentes de toiture. C’est mieux pour l’auto-évacuation de la neige. On pourrait songer à la garder, pour créer une isolation supplémentaire, mais la neige c’est lourd. Une telle toiture calculée pour tenir le bilan de masse coûte les yeux de la tête.

        2- Les architectes, ou bureaux d’étude, fous. Ils négligent sévèrement les orientations soleil/maison. Ils méprisent encore plus les pratiques des anciens qui savaient y faire. Faut dire que leur problème est de caser le max de béton-goudron-gazon dans les mouchoirs de poche, objets de leurs contrats. D’un autre côté, ils n’y habitent pas. J’aurai beaucoup à dire, par exemple un nouveau village, destiné à devenir grand, implanté au pied d’une falaise de 300m de haut, orienté est-ouest. Les pauvres, ils n’ont le soleil qu’ entre 10h et 16h, un peu plus en été, beaucoup moins en hiver. Pour certains, un côté de la maison est constamment à l’ombre. La bise, normalement du nord, canalisée par cette falaise, est terrible.

         » nevermind, nevermind … », Peut-être, mais pas pour tout le monde. Je vais traduire par « y’a des gagnants, et un peu plus de perdants. » En quelque sorte, une hiérarchie naturelle puisqu’elle est assujettie à la nature.

  11. « Nous sommes des génies technologiques. Je ne crois pas qu’il sera encore possible de résoudre tous les problèmes qui se posent à nous sans la technologie. Donc, il faudra utiliser ça pour arriver aux solutions. « 

    Je crains qu’un partage brutal de « l’opinion publique » ne se produise entre ceux qui sont contre (en bloc, contre la technique et contre la science) et ceux qui sont pour (innover à tout prix, pas d’alternative possible au progrès technologique)

    Un exemple: il y a toujours eu des gens hostiles aux vaccinations mais il semble y en avoir de plus en plus.

    Autre exemple, peut-être plus intéressant: sans entrer dans les détails de l’enquête (plusieurs années de suite, pour le compte d’EDF) il apparaît que plus de la moitié des français pensent que les centrales nucléaires contribuent à l’effet de serre et qu’ils sont de plus nombreux à le penser au fil des années. 75% des sondés se déclarant « tout à fait contre » l’utilisation du nucléaire croient que les centrales nucléaires contribuent « beaucoup » à l’effet de serre.

    L’explication qui me semble évidente est que ces français ne s’intéressent pas à l’aspect technique et ne jugent de la chose qu’à travers la position des écolos (lesquels sont contre l’effet de serre et contre le nucléaire.)
    http://huet.blog.lemonde.fr/2018/04/11/nucleaire-et-climat-la-grande-tromperie/

  12. Qu’ils soient contre le nucléaire pour des raisons fausses n’a que peu d’importance. Les vraies raisons existent.

    2 remarques:
    1- On ne peut pas exclure la malice et même la finesse des répondeurs aux sondages. Beaucoup de sondages présentent des questions orientées qui vaccinent contre tous, y compris ceux sérieux donc ennuyeux. A quoi sert d’être sincère s’il n’est pas possible d’expliquer pourquoi la question est trop sommaire. Perso, j’applique le truc de Coluche: je réponds n’importe quoi, une fois ‘contre’ les jours pairs et une fois ‘pour’ les jours impairs.

    2-Les techniques et la technologie ont mauvaises presses et mauvaise réputation dans notre culture. Un indice: notre inaptitude à inventer de nouveaux mots ou détourner le sens habituel de mots classiques. Exemple: ‘Arbre’ de arbre à came, ou ‘bras’ de bras hydraulique. Le ‘grille-pain’ de Chirac face à Bill Gates (pour lecteur de disquette) n’est pas resté, le ‘mulot’ non plus, dommage. Même les marins abandonnent leur lexique spécialisé pour l’anglais. Cette surabondance d’emprunts serviles marquent notre désaffection, notre absence de consensus et plus encore notre stérilité. Un détail amusant: un poête avait fait rimer ‘sarbacane’ avec ‘propane’… déclaration d’une prof de Français: « ça se fait pas ».
    Pour l’Education nationale, la science est pure, les techniques sales, plus que sales, imprévisibles et impropres à des solutions exactes aux problèmes que les prof de physique et même de technologie aiment bien comme sujet d’examen ou autre. A mon avis, les probabilités sont mal enseignées ( mais je retarde sans doute) ; Quant à l’avancée majeure qu’est la logique floue, il a fallut attendre longtemps pour qu’elle soit prise au sérieux.

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