Les temps qui sont les nôtres : Le déclin de l’Occident

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Le déclin de l’Occident est-il lent ou rapide ?

Blog de Paul Jorion : Le capitalisme a toujours été un système instable, par Tong Jin, Beijing Ribao, le 12 février 2018

Immanuel Wallerstein et al., Le capitalisme a-t-il un avenir ? La Découverte 2014

Blog de Paul Jorion : Une OPA du FN sur La France insoumise ? par Timiota, le 19 avril 2018

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28 réflexions sur « Les temps qui sont les nôtres : Le déclin de l’Occident »

  1. Le taureau dont vous parler c’est le ( veau d’or ) et il appartient au deep state.Les états ont hériter des dettes qui ont servis à engraisser le veau d’or. Prendre le taureau par les cornes pour tenter de redresser la barre…

  2. Un pur europeiste ce jorion!
    la grande bretagne s en sortira bien mieux sans l europe qu avec!
    l’europe c est une dictature douce qui finira trés mal car l europe n est pas un peuple comme l’urss ne l’était pas!

  3. Bonjour,

    En relation à l’article de Timiota (Une OPA du FN sur La France insoumise ?)

    S’il s’agit d’étudier sur un cas concret les rapports de forces dans les stratégies d’information, l’un d’entre – nous pourrait-il traduire intégralement (en précisant les sous-entendus ) et rendre publique sa traduction de l’échange ayant eu lieu sur la BBC entre Lord West, c’est-à-dire un ancien l’Amiral en chef de la marine britannique (ce qui n’est pas rien) et une petite journaliste

    Voici le lien
    https://youtu.be/foj29LIXpy4

    En gros, Lord West, avec tout le sérieux d’un homme de cette éducation, met en doute notre certitude sur l’attaque chimique sur la Goutha, et se fait dire par une petite journaliste:

    « Nous sommes dans une guerre de l’information avec la Russie sur tant de fronts, ne croyez-vous pas pensez-vous qu’il serait déconseillé d’exprimer publiquement vos doutes sur cette affaire et de remuer la boue ».

    Est-il possible de faire une méta analyse?

    La guerre froide était la mise en scène partagée d’un double jeu, chacun sachant les jeu de l’autre, mais respectait les mensonges de l’autre afin de préserver l’efficacité des siens pour sa gestion de sa position de domination interne.

    Dans ce sens, la guerre froide était déjà un simulacre ( dangereux).

    Aujourd’hui nous sommes entrés dans un simulacre de guerre froide (un simulacre de simulacre), mais bien entendu toujours aussi réellement dangereux. Le faire semblant est permanent : les état majors russe et américain décident d’un commun accord de frappes indolores, et Poutine laisse faire croire à un succès militaire total (83/27 pour la DCA de Bachard ). Macron déclare avoir convaincu Trump de rester en Syrie suivi du démenti immédiat par Trump ), etc., etc.

    Question.

    Assistons-nous à une rupture de symétrie par la partie russe ? Ceux-ci avec les chinois retour « au réel », et ayant pour stratégie de laisser l’occident s’auto-intoxiquer par sa propre propagande « USA Angleterre France (OTAN, réserves de l’Italie, et de l’Allemagne)

    Questions.

    Dit autrement, coment prendre pour réel les dirigeants occidentaux spectaculaires, et marionnettes, Trump Macron May) … le spectacle serait alors entré dans une phase de simulacre de la raison, du fait que les dirigeants occidentaux n’ont plus le niveau nécessaire à la conduite du spectacle à l’ancienne.

    « Marxistement », la propriété des medias par le 1%, fait que les dirigeants incultes et soumis au 1% ne peuvent que croient à la réalité réelle de la représentation du monde mainstream.

    Question annexe

    Comment analyser la position de Madame McVeigh :

    « puisque nous sommes dans une guerre de l’information, ne vaudrait-il pas que vous jouiez le jeu Monsieur Lord West ».

    Est-ce à dire que le 1% met en avant la nécessité de rendre le spectacle vrai (au sens où la vérité résulte de l’application d’un certain nombre de règles dont le respect emporte le partage de la conviction par le très grand nombre de la vérité (ainsi établie).

    Partant, le 1% sait qu’il organise la croyance à la vérité de ses mensonges; les journalistes précarisés, se rêvent encore comme (h)UBER (nous avons bien que ce n’est pas vrai, mais quand même, ne sentez-vous pas le moteur du sous-marin faire encore trembler son bureau du 6 de la rue des Italiens ?

    Question annexe 2.

    Ne sommes-nous pas entrés dans une phase de transition médiatique, partant de la position suivante : (nous savons que nous mentons, mentez avec nous, puisque c’est note camp),

    À ma position:

    « oui nous avons menti, mais c’était pour tenter de vous protéger du réel ; aujourd’hui faisons face avec vous : vous êtes ruinés ! »

    Accessoirement, après les phases de simulacre, le retour au réel ne suffit pas à établir la vérité, « il faut encore comprendre la raison de notre croyance à ces erreurs (witz egen stein) ». Remplacer le monde écroulé par du neuf, ne suffira-t-il à nous débarrasser de nos habitudes d’hypocrise qui nous fait supporter celle du 1% ?

    1. Au moins sommes nous encore dans un système où l’on peut voir ça à la télé, et juger des propos tenus .

      Les syriens n’ont pas l’occasion de voir un général syrien regretter d’avoir intoxiqué sa population et s’entendre reprocher par un journaliste de ne pas participer à la guerre de l’information .

    2. Quelques pointeurs :

      – Alan West a été First Sea Lord jusqu’en 2006, suite à quoi il s’est mis en retraite de la Royal Navy. Il n’a pas d’accès aux informations sur l’attaque chimique de Douma, pas davantage que n’importe lequel d’entre nous. Cela ne remet pas en cause l’intérêt de son avis en tant que personne d’expérience – mais il n’est pas une personne qui « a à en connaître »

      – Alan West affirme son opinion comme quoi s’il y a eu effectivement attaque chimique, la frappe punitive du 14 avril est justifiée

      – La journaliste lui demande s’il ne devrait pas taire ses interrogations « étant donné que nous sommes dans une guerre de l’information avec la Russie ». La question est stupide à au moins deux niveaux, sur le fond bien sûr, et encore du fait qu’elle est posée… à la télévision, devant des millions de téléspectateurs 😀 ! La stupidité de la question est du fait de la journaliste, non de la chaîne qui l’emploie encore moins de l’ensemble des médias occidentaux

      – A la décharge (partielle) de la journaliste, elle commence tout de même par rappeler dans sa question que la Russie a accusé « un pays occidental » d’avoir monté l’attaque sur Douma de toutes pièces. L’allusion n’est pas complète, car le MID ministère des affaires étrangères russe a bien accusé… la Grande-Bretagne d’avoir organisé et l’attentat de Salisbury et un faux attentat à Douma 😀 ! La question posée par la journaliste a beau être stupide… il faut se rappeler qu’en face c’est plutôt pire

      Sur le fond maintenant :

      1. Il ne semble pas y avoir de doute sérieux quant à la réalité d’une attaque chimique sur Douma, ceci sur la base de multiples témoignages issus de sources différentes, non des seuls Casques blancs il est vrai pas impartiaux du tout. Remarquons que des services de renseignement certifient une information en la recoupant, et n’accepteront pas un fait sur la base d’une seule source. La réalité de l’attaque chimique est soi dit en passant niée par le MID russe

      2. L’utilisation de chlore est prouvée (avis médicaux divers, échantillons), celle de sarin est suspectée. Là se trouve une zone d’ombre potentielle, car le chlore pourrait être disponible pour les djihadistes qui défendaient la Ghouta orientale – il y a déjà eu des cas d’utilisation de chlore par des rebelles. Les services concernés, c’est-à-dire américains et français, ont-ils certifié la présence d’un neurotoxique comme le sarin, qui serait une « signature » beaucoup plus sûre d’une action gouvernementale ?

      3. Deux services de renseignement ont certifié respectivement à Trump et à Macron que l’attaque sur Douma était à la fois chimique et ordonnée par le gouvernement. Nous parlons de deux sources indépendantes, les Français étant rappelons-le encore échaudés des manipulations américaines en 1991 et 2003, raison pour laquelle Macron avait bien précisé en posant sa « ligne rouge » qu’il se baserait sur les résultats des évaluations françaises, pas sur la seule bonne foi des Américains. Cela fait donc deux sources, chacune avec ses propres analystes… ce qui crédibilise le message

      4. Ce qui m’a personnellement ôté tout doute – il était tout à fait raisonnable d’en avoir vu le passé « chargé » des Américains sur le sujet – c’est la propagande russe, qui est tout simplement du n’importe quoi total : d’une part il n’y aurait pas eu d’attaque chimique du tout, d’autre part la manipulation sur place pour y faire croire aurait été menée par… les Britanniques. Si Moscou avait un doute, ils communiqueraient beaucoup mieux que ça ! Ils donnent en réalité l’impression de savoir fort bien que c’est à nouveau El Assad qui n’en fait qu’à sa tête et les ridiculise – car la Russie a garanti son désarmement chimique – et d’être un peu désarçonné, oui il faut nier, mais bolzhe moy comment ?

  4. Je retrouve un peu mes trois interrogations restrictives en commentaire du « débat » Macron -Plenel-Bourdin , ou du moins mes appréciations des trois fragilités du « mécano » de Macron .

    Pour le taureau , j’ai plus l’âge et la force , mais ça devrait se passer mieux , si ça se passe , comme ça :

    https://www.safesearch.ask.com/web?q=taureau%20cr%C3%A9tois&showuninstallsurvey=1&version=22.12.1.15&templatecat=sbu_w_1000_5039_n360_esd_1&year=2015&schemaver=1.0.0.0&os=windows&osvers=10.0&schemacat=sbu_w&ssdcat=314&olpchannel=sesd&installsource=nag&source=nag&o=APN12179&prt=ngc&ver=22.12.1.15&tpr=111&chn=1000&guid=3fab52f1-3834-4bcd-a493-07152fa9ca73&doi=2018-3-14&geo=fr&ctype=

  5. Après un monde sans dieu, un monde sans argent ?
    Vous faites fausse route, M. Jorion.
    Tout attendre de l’argent ou mettre toute la faute sur l’argent sont les deux faces de la même vénération. Il n’y a pas d’issue dans cette direction.
    L’Occident est en déclin, certes, ça ne date d’ailleurs pas d’hier.
    Pourquoi ce déclin alors que, plus savant que jamais, il devrait aussi être plus lucide que jamais ?
    Parce qu’il a jeté le bébé avec l’eau du bain, jeté la foi avec les façons de l’église. Parce qu’il ne croit plus en rien sinon en sa propre incroyance, s’abandonnant en toute inconscience à toutes sortes de fausses croyances, à commencer par l’argent bien sûr, éternel veau d’or, et à tant d’autres…
    Nous ne croyons plus en la vérité, nous ne croyons plus en la parole dont les Puissants ont fait une arme à leur service, nous ne croyons plus non plus en la raison.
    Reste la force.
    Dont nous savons – tout de même – qu’elle n’est pas une solution.
    Contre la force, il y a la loi, mais quand on ne croit plus en la parole, la loi n’est plus que chiffon de papier.
    « Au commencement était le Verbe… »
    Sans l’acceptation du mystère il n’y a plus de pensée véritable possible. Nous en sommes à ce point.
    Donc argent ou pas argent, la question n’est pas là (et l’argent, c’est bien commode…)

    1. L’idée que l’occident serait en déclin est bien commode, alors qu’il prépare soigneusement sa renaissance mondialisée.

      L’argent est certes un mode de domination, et dans cette dernière phase, transitoire à la domination par la gratuité, laquelle compense, par l’abdication de l’autonomie des humains, celle des propriétaires de robots.

      Puis-je être plus clair? Finalement je rejoindrai bien le confucianisme : « Si la Voie régnait dans le monde, je n’aurais pas lieu de travailler à le réformer .

    2. Arnaud Beltrame croyait en quelque chose. Il a fait don de sa vie dans les circonstances que l’on sait.

      Un célèbre avocat de New-York s’est suicidé tout récemment pour alerter l’opinon publique sur les ravages de la pollution, la destruction de nos milieux naturels.

      Dans les deux cas, don total de soi, des cas exemplaires qui interpellent.

      Le fondement ultime de la réciprocité positive et de la gratuité se trouvent là. Une société où des hommes et des femmes sont prêts à donner leur vie pour une cause qui les dépasse, altruiste, a encore un avenir, ou tout au moins résiste.

      1. Le salut par le sacrifice ? Non, mille fois non ! Laissons cela aux nihilistes, kamikazes et terroristes de tous ordres…

        « N’ayez pas peur ! » : le courage, oui ! mais pas le sacrifice…

      2. Échanger sa vie contre celle d’un autre, oui c’est un exemple remarquable, et une société qui produit de telles personnes n’a pas dit son dernier mot.

        Le suicide démonstratif, là désolé j’ai du mal…

      3. Libre à vous d’interpréter de la sorte le geste de cet avocat, j’y vois pour ma part un cri à l’adresse du monde. Ce geste est exemplaire non pas parce que le suicide serait la voie à suivre et que le sacrifice nous sauverait, mais au contraire parce qu’il est unique, et donne à penser. Il n’invite pas à l’imitation, mais à l’éveil.

      4. Au risque de déplaire.

        Une image: Tokyo, 1945. Pluie de bombes incendiaires, mer de feu. Les pompiers, sous-équipés (!) , débordés et épuisés, se jettent dans le brasier, chefs en tête. Pour expier leur «insuffisance»? Plutôt un abandon de poste.

        Le Lieutenant-Colonel en question n’était pas libre, tout comme les pompiers jap. Il et eux appartenaient à des organisations dont la finalité dépasse leurs personnes.

        Dit sèchement: vivre est une obligation. Y mettre fin nécessite une froide réflexion prenant en compte l’ennemi et la collectivité dont vous êtes redevable. Car vos expériences et savoirs, si coûteux à vous faire acquérir, ne vous appartiennent pas. Vous n’en disposez que pour le seul bien du service.

        Une collectivité qui reconnaîtrait, en particulier à ses chefs, le droit personnel au sacrifice ultime, sans gains évidents, sans ordre ou sans raison de service, n’est pas viable.

      5. Entièrement d’accord avec Pierre-Yves sur cet événement tragique à la mesure du destin de l’humanité.
        Dans le geste fou de cet homme, j’ai perçu, même maladroitement, une respiration profonde avec le vivant. Quelque chose qui me dépasse et j’ose dire de lumineux.

      6. « des hommes et des femmes sont prêts à donner leur vie pour une cause qui les dépasse »
        Non Pierre-Yves, la dessus je ne vous suis pas. Vous reversez dans la naïveté communiste de l’URSS des premiers âges. L’enthousiasme s’est modéré, puis il a totalement disparu…ce qui a mené au collapse. Il y a bien eu un Stakanov, mais ensuite, combien de gens ont lâché l’intérêt supérieur de l’URSS , en ont fait le minimum, en attendant que ça se passe ?
        amitiés.

      7. Vincent
        Ce n’est pas une question d’enthousiasme, c’est la question vitale de la survie de nos sociétés et des valeurs qui les sous-tendent. Ce sont des gestes, des cris, pour nous alerter, qui n’attendent rien en retour. Elles nous rappellent que la vie humaine n’a pas de prix (sauf dans une société de la lutte de tous contre tous) et que c’est sur cette base que s’édifie toute société humaine digne de ce nom, juste, viable et désirable. Donner sa vie, c’est le don ultime, c’est philosophiquement le fondement de la réciprocité positive.

        PS. Stakanov, son exemplarité n’a rien de philosophique, il demeure dans le cadre d’un monde où les choses ont un prix. Il fait du chiffre : sa productivité. L’individu n’a pas de valeur intrinsèque dans le cadre du capitalisme d’Etat, tout comme dans le capitalisme tout court.

      8. Le geste d’Arnaud Beltrame , ou le destin d’ une journaliste maltaise , ou … sont à mon avis d’un autre ordre que le geste de l’avocat que vous rappelez .

        Dans les premiers cas , il s’agit d’aller au bout de son engagement , comme le demandait la devise de mon sapeur pompier de père ( et qui n’était pas usurpée quand il courait avec ses collègues sous les bombes américaines lors du bombardement de Saint Etienne le 26 mai 1944 ) :
         » sauver ou périr » .

        Dans le second , qui vise à l’exemplarité ou l’alerte , je me sens , depuis Jésus Christ , un peu moins concerné .

      9. « Le fondement ultime de la réciprocité positive et de la gratuité se trouvent là. Une société où des hommes et des femmes sont prêts à donner leur vie pour une cause qui les dépasse, altruiste, a encore un avenir, ou tout au moins résiste. »
        Ceux que tu cites, ce sont des actes individuels, Beltrame, cet avocat new-yorkais… J’admire aussi beaucoup les premiers « liquidateurs » de Tchernobyl qui n’avaient rien à gagner pour aller chercher sur le toit du réacteur ces morceaux de graphite…
        C’est le mot « société » qui me gène. Vouloir fonder une société, sur le principe de la capacité de chacun à donner sa vie au nom d’un intérêt supérieur, cela ne me parait pas viable, et même dangereux.
        Mais peut-être que j’extrapole, et qu’en parlant de « société », tes mots sont allés au delà de ta pensée…

    3. Je dois dire que je ne comprends pas bien ce que vous dites, sinon peut-être votre premier argument : « Tout attendre de l’argent ou mettre toute la faute sur l’argent sont les deux faces de la même vénération ». La suite est un peu ésotérique, ou un peu « tout fout le camp mon pauvre monsieur », alors j’ai lâché prise.
      Mais concernant ce premier argument, j’ai moi aussi du mal à imaginer un monde sans argent. Je crois que Paul Jorion a pris un peu d’avance, un monde sans argent, c’est lorsque le travail aura complètement disparu…Nous en étions déjà à 25% d’inactifs* en europe en 1995, ça ne devrait pas prendre trop longtemps d’arriver à 50%, puis 75% . Sans travail, l’argent perd sa raison d’être, cela je le comprends parfaitement.
      * 25% d’inactifs dans l’UE : http://de869.ispfr.net/findutravail/2018/02/23/25-dinactifs-dans-les-pays-de-lunion-europeenne-ou-nous-emmene-la-concurrence/

  6. Penser furieusement à l’effondrement de l’occident …. Si l’on veut s’y opposer, peut-on commencer par l’identifier, qu’est ce qui le caractérise ?

    – L’accroissement des inégalités, facteur de délinquance, de terrorisme, d’isolement. Les classes populaires et moyennes n’ont plus d’«existence » sociale, au fur et à mesure que progressent les activités à tendance monopolistique

    – La rétention d’activité. Rechercher un travail salarié, rare et précaire, ou rechercher une part de marché également rare et précaire, c’est de toutes façons improductif, une perte de temps, alors qu’il y aurait tant à faire.

    L’aliénation, la production d’ignorance et la frustration : ça c’est l’œuvre directe ou indirecte de la publicité, de la propagande de masse.

    Le sentiment d’impuissance citoyenne, qui favorise la recherche de boucs émissaires* ce qui radicalise le discours politique et religieux.

    L’impossibilité ou l’interdiction de s’organiser pour résoudre les problèmes, en sortant des cadres comptables de plus en plus stériles de l’entreprise ou du salariat.

    La production d’influence par les firmes, que seuls quelques lanceurs d’alerte, parviennent à enrayer (Frachon, Snoden, Wylie, et surtout vous M Jorion..), en étant prêt à tout sacrifier. A défaut de lanceurs d’alertes : distorsion quotidienne de l’information (ou mensonge du genre « la croissance crée l’emploi » : http://de869.ispfr.net/findutravail/les-nouveaux-marches-prometteurs-demplois/)

    L’accroissement de la tension au travail, consécutive à l’accentuation de la concurrence (automobile par exemple), ou à la surproduction (lait par exemple)

    Le développement d’activités inutiles, au seul titre qu’elles créent de la valeur ajoutée, au dépens des hommes (travaux dégradants, comme par exemple les centres d’appel) et de l’environnement. Un autre exemple : le big-data à destination commerciale, qui consomme inutilement des ressources humaines et de l’électricité.

    Agissons,

    findutravail.net

    * Les boucs émissaires à la mode : fonctionnaires de la SNCF, arabes, jeunes, mécréants, mexicains, polonais, députés corrompus, pollueurs, écologistes, mangeurs de viande, banquiers, illuminatis, déclin de la langue ou de la culture française….

  7. Le courage, avec le paquet de vertus nécessaires pour s’inventer un avenir, tendent vers 0 pour l’occident vieillissant voir mourant. Toute la classe moyenne sait que le filet social va péter. Parler vrai pour un communicant n’a aucun sens. Faire de la croissance démographique dans un occident tétanisé par la disparition de son confort industriel me paraît impossible. Je pense que l’avenir se construira localement à petite échelle uniquement.

  8. Je ne me lasse pas d’écouter un groupe de musique dont l’avant-gardisme passé peu sous silence aura eu le défaut d’intervenir trop tôt pour nombre de nos contemporains afférés à l’ordinaire et honorable routine de leur tranquillité. Mais faut-il rappeler au combien l’orée des années 80 encore peu nourrie de boucle technologique murmurait déjà les évolutions prévisibles de leur temps :

    Talking heads – Life during wartime
    extrait posté par le site officiel du groupe durant l’audition de Mark Zuckerberg à propos de l’affaire Cambridge Analytica :
    « Trouble in transit, got through the roadblock,
    we blended with the crowd
    We got computer, we’re tapping phone lines,
    I know that ain’t allowed
    We dress like students, we dress like housewives,
    or in a suit and a tie
    I changed my hairstyle, so many times now,
    I don’t know what I look like!  »
    https://www.youtube.com/watch?v=jShMQw2H2cM
    talking heads life during wartime

    Bonus
    Talking heads – Burning down the house – 1983
    https://www.youtube.com/watch?v=FBUe_v6Mi70

  9. Et si le fond du problème ce n’était pas l’argent, mais l’énergie ?

    Que va-t-on faire dans un monde où l’énergie devient de plus en plus rare et chère, et ceci de manière inexorable ?

    https://www.youtube.com/watch?v=8mfh2kSGI9U

    L’on revient à une civilisation agraire, avec une espérance de vie moyenne de 30 ans ?

    Est-ce que le bug originel de notre civilisation dominée par les économistes n’est pas tout entier contenu dans cette phrase de Jean-Baptiste Say ?

    « Les richesses naturelles sont inépuisables, car, sans cela, nous ne les obtiendrions pas gratuitement. Ne pouvant être ni multipliées ni épuisées, elles ne sont pas l’objet des sciences économiques ».

  10. Bonjour,
    Oui, l’Occident est en déclin mais il reste malgré tout la première puissance culturelle à dimension mondiale. Même si la Chine revient dans le jeu, son « soft power » aura du mal à égaler 2 siècles de domination occidentale qui auront façonné le monde comme nul autre empire. L’Afrique, les Amériques, l’Océanie et une partie de l’Asie portent encore les marques de cet ordre mondial. Suivant les sources, on considéré que plus de 6 milliards d’humain utilise l’alphabet latin (https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_writing_systems#List_of_writing_scripts_by_adoption). Cela donne un avantage décisif pour l’Occident face à la Chine et ses complexes logogrammes, dans la propagation des idées. C’est pourquoi, je pense que c’est encore dans les vieux pays occidentaux qu’on a une chance de trouver des solutions durables pour le futur et l’Europe représente peut être l’espoir le plus abouti. Elle n’a plus vraiment d’armé militaire pour imposer sa puissance et nourrir son orgueil. Il ne lui reste plus que sa force économique et sa force culturelle. Elle n’est pas comme les États Unis, pris en otage par un complexe militaro-industriel, affamé de conflits et d’appels d’offres publiques truqués par une administration de connivence.
    Donc, c’est un Europe que le capitalisme a commencé et c’est là aussi qu’un antidote lui sera trouvé. Partout des idées nouvelles émergent, bien souvent sur fond d’écologie, car on voit bien que le consumérisme nous mène à notre perte. Mais , je reste lucide, le vieux monde capitaliste ne se laissera pas faire. Il a fallu connaître l’époque de la « Terreur » après 1789, avant qu’on trouve des solutions durables. Il faut toujours traverser des endroits obscurs quand on bascule vers une autre monde. C’est là où j’ai un profond désaccord avec les optimistes béas comme ceux du film « Demain »…..
    Devant nous, un immense trou noir,oui mais…. voyez vous cette lueur au loin qui ne cesse de grandir?

    1. « Oui, l’Occident est en déclin mais il reste malgré tout la première puissance culturelle à dimension mondiale. « 

      Se vouloir le premier, en être fier, dans le domaine culturel qui plus est, n’est-ce pas là un signe indiscutable de déclin (intellectuel et culturel) ?

      1. Ça n’est pas faux , sauf que les « solutions de remplacement » mettent aussi en avant cette dimension , et que ça devient compliqué si on en conclut qu’elles sont en déclin avant même que de prendre la place .

        Pour rester cohérent , il faudrait avancer que la solution de remplacement idéale n’a pas de  » hiérarchie « . C’est le sujet sur lequel l’Anarchie , s’est cassé , se casse et se cassera les dents .

        Si elle n’épouse pas la philosophie .

  11. Que pensez-vous des positions d’Emmanuel TODD sur l’UE, l’euro, le monde anglo-saxon, TRUMP en particulier?
    Merci pour votre éclairage.

    1. J’hésite : gros malin ou provoc’ ?

      A mon avis vous vous tapez environ 2500 pages de ses livres (ouvrages) et vous avez vos réponses. Avec en plus la satisfaction d’avoir fait le travail (pensum?) vous-même. Vous fouillez sur internet et vous trouverez environ 10h de vidéo, sinon plus, où il cause dans le poste rien que pour vous.
      Prévoyez du temps, 3 ans environ. Sélection du Reader’s Digest n’est pas encore parvenu jusqu’à lui, à ma connaissance. Et alternez avec d’autres lectures, les ouvrages de Paul, par exemple. Je vous recommande pour commencer « Principes des systèmes intelligents ». On en manque plus qu’on ne le croit.
      On l’oublie trop souvent, mais Giono est reposant. «Le hussard sur le toit» est une bonne distraction, avant de revenir à plus sérieux .

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