Collapsologie appliquée : les journalistes en tant que contrepouvoir

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Si un authentique processus d’effondrement devait être en cours, et si l’on voulait se donner les outils pour le contrôler (à la fois le « monitorer » et le maîtriser), il serait essentiel de distinguer les événements qui participent à proprement parler de cet effondrement (« pathologiques »), de ceux qui se situent toujours à l’intérieur de la perpétuation de nos formes d’organisation (« normaux »), même lorsque celles-ci sont en crise profonde (périodes pré-révolutionnaires ou révolutionnaires).

Le bon fonctionnement de nos systèmes politiques nécessite que les contrepouvoirs interviennent à point nommé dans les fonctions qui leur ont été prévues (explicitement ou implicitement), en tant qu’organes de contestation canalisée et comme remparts précisément contre des contestations qui déboucheraient sur un effondrement.

En conséquence, dans un climat de cyber-guerre généralisée, afin de provoquer le plus de dégât, l’ennemi a intérêt à concentrer ses coups non pas sur les pouvoirs, mais sur les contre-pouvoirs, dont la presse constitue un exemple crucial.

De nombreux articles s’intéressent ces jours-ci aux attaques contre les journalistes et à la genèse de la notion de « post-vérité » dont l’implication est qu’il n’existe pas de « fait » en tant que tel. La légitimation de la notion de « post-vérité » constitue sans aucun doute le moyen le plus efficace de neutraliser entièrement la presse en suggérant que rien ne permet de distinguer le travail des journalistes de toute (autre) entreprise de propagande.

Un article du Washington Post en date du 10 décembre : Agents of doubt. How a powerful Russian propaganda machine
chips away at Western notions of truth, par Joby Warrick et Anton Troianovski, rapporte ainsi que lorsque tourna mal la tentative de meurtre du transfuge Sergei Skripal, la machine de propagande russe ne se contenta pas – comme il aurait été d’usage autrefois – de contrer la version officielle britannique (un assassinat perpétré par des agents appartenant aux services secrets) en propageant un récit alternatif unique, proche de la version gouvernementale officielle, mais répandit par une multitude de canaux (traditionnels et réseaux sociaux), en ensemble d’explications concurrentes, sans souci de cohérence entre elles, mais plutôt pour suggérer, dans une image d’ensemble, l’impossibilité de savoir ce qu’il en était vraiment. Les journalistes du Washington Post affirment avoir découvert à propos de l’affaire Skrypal, 46 « histoires » (storylines) distinctes diffusées par la machine de propagande russe. En matière de désinformation, la bombe à fragmentation aurait ainsi remplacé la bombe de type classique.

En conclusion, le collapsologue appliqué concentrera son regard sur les contrepouvoirs et leur capacité à continuer de remplir leur rôle. Le capacité de la presse à justifier son rôle de contrepouvoir dépendra de sa capacité à relégitimer dans les mois qui viennent la notion de « fait ».

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58 réflexions sur « Collapsologie appliquée : les journalistes en tant que contrepouvoir »

  1. La situation peut s’analyser sans faire appel a contexte collapsologique (j’ai rien contre, m’enfin…), mais seulement par les effets de « prolétarisation/désaffection/adaptation « malheureuse »  » aux changements techniques, dans la vision de Stiegler, Simondon etc.

    La situation n’est pas très différente, dans cette optique, de celle de la presse des années 16xx sous Louix XIV en France et ailleurs en Europe, cela donc 100 ans et quelques après que la Bible imprimée ait eu l’effet d’émancipation qu’on sait : à l’époque de ces années 16xx, un éditeur survit surtout en éditant libelles diffamants et pamphlets, les anglais s’en servent pour manipuler les français, etc. Il faut en effet un effort de rétablissement, mais suivant Stiegler, il est rendu difficile par l’extrême accélération, la disruption, ce qui fait qu’il est exigé de nous, suivant lui, un effort « surhumain », nécessitant d’utiliser des ressources autres que celles de la presse telle qu’elle est dans le cas d’espèce, pour être un peu plus pragmatique…

    1. Réflexions et analogies originales.
      Cependant, je ne vois pas comment la crise de 16XX s’est terminée/estompée ou a été oubliée. Quelle analogie pouvons-nous en tirer pour la notre ?
      Pouvez-vous expliciter et poursuivre vos vues? Tout en sachant que rien ne se reproduit à l’identique et que l’avenir est souvent sinon toujours surprenant, bien entendu.

      En tout cas, on peut éliminer une clause valable en 16xx : les Britt (et les protestants de Hollande) ne cherchent plus à nous influencer. Infâmes libelles. La presse a été remplacé par Internet et celui-ci est libre. C’est ce qu’on dit…

      1. 150 ans après commençait les Lumières (1730-1750 en gros).
        Pour cela, il aura fallu que les journaux imprimés commencent à avoir une vie sur d’autres plans
        ceux des académies pour la science, qui perce à l’époque
        ceux des industriels (on commence à breveter).
        L’écrit commence aussi à servir dans les ateliers (première vague d’alphabétisation, assez précoce en France, la deuxième étant celle de Jules Ferry, bonne pour la France qui s’industrialise alors bien plus complètement)
        Bref, qu’on surmonte tous les « mauvais côtés » et que des collectifs s’établissent autour des bons côtés (les sociétés savantes, les corporations qui finiront par s’émanciper des jougs de l’Ancien Régime, …)

    2. @ timiota

      150 ans donc, à supposer que l’accélération de l’histoire nous soit favorable.
      C’est trop, beaucoup trop, les échéances sont certainement plus proches.
      Peu d’entre nous verront la lumière…
      Pour en venir à l’objet de cette communication, la profession de collapsologue semble à durée très limitée ( par rapport à d’autres, par exemple agent d’influence ou journaliste-espion, comme on peut le lire dans l’Ancien Testament).

  2. Construire un media dont la ligne éditoriale est gérée par une IA, froide et atrocement objective, se nourrissant de big data et n’ayant que faire ni de l’audience suscitée, ni des répercussion des informations qu’elle délivre?

    1. Plutôt le contraire, une dynamique d’affect gérée par le fait que les contributeurs ont été des acteurs, et qu’ils rapportent en fonction de ce qu’a donné leur action.
      Les députés ne se rendent pas compte que leur relatif silence de godillot fait qu’il n’y a ni bonne « presse de la décision », ni assez de pratique rapportée à ces gens là, malgré leur commissions (où viennent surtout des lobbyistes dès qu’il est question de $$$ ou d’€€€)

  3. « Les journalistes…. »
    A mon avis les journalistes représentent une confrérie aussi variée que les maladies qui nous frappent.

    Y’en des bons : ceux de Alternatives économiques, Le monde diplomatique, Fakir etc.
    Pis y’en a des mauvais parce que démiurges, manipulateurs, prescripteurs, aux objectifs qui ont peut à voir avec cette redoutable profession, etc. enfin menteurs et affabulateurs.
    Pour les organes français, la première question a se poser est : Sont-ils subventionnés par l’argent publique ?

    Il me semble que George Monbiot est à annexer ainsi que Matt Taibbi. Simon_Ostrovsky est un enquêteur prodigieux :
    https://en.wikipedia.org/wiki/Simon_Ostrovsky

    1. https://www.youtube.com/watch?v=Jequ_BnXrxw -_-
      Ici , La transition entre l’attentat et les G-j est effectué en 10 seconde et sous le coup de l’émotion, parait logique. Et laisse comme un arrière goût amère…
      Une parfaite défense d’une pseudo-sûreté de l’oligarchie effectué par les trois personnages, les médias jouent en effet un rôle important, dans les questions choisit comme de leurs infos.

      1. Facebook bloque des intervenants gilets jaunes, qui ne veulent (au cas où) que le bien de leur communauté, rien de plus.
        En france, je ne vous l’apprend pas, mais nous sommes à un tournant.

  4. Il me semble qu’il y a trois idées dans cette réflexion, et leur rapprochement n’est pas totalement fructueux.
    Un : un Etat (et d’autres opérateurs, par exemple un mouvement désorganisé mais horizontal, type Gilets jaunes, par exemple aussi une nébuleuse organisée, type officines d’extrême droite) peut répandre un brouillard qui noie les faits dans la confusion. Jusqu’à quel point l’opinion est-elle un ramassis d’imbéciles ? Nous sommes tous prompts à le penser… en pensant aux autres (de même qu’une majorité d’automobilistes est convaincue qu’elle conduit mieux que la majorité…) mais la réussite de la désinformation est-elle vraiment démontrée par des études ? Beaucoup de ceux qui hurlent aux fake news… prêchent pour leur petit commerce. Mais le mot de Paul d’il y a une ou deux semaines sur la post-vérité et l’émanation de deux vérités pouvant cliver l’opinion plutôt que faire consensus sur une seule, était instructif.
    Deux : les médias comme un contre-pouvoir. Le problème est que les médias ont produit un groupe d’intérêt qu’on appelera « les éditocrates » qui est quasiment en collusion avec le pouvoir. En symbiose avec les propriétaires des journeaux, ce groupe assène une ligne conservatrice et stabilisatrice. On peut lire une stratégie Macron dans laquelle les médias sont un rouage : d’abord faire peur en annonçant toute une semaine un samedi noir d’un mouvement fait de casseurs et d’irresponsables (ce que le samedi a démenti) et une communication essentielle du président dont la parole sera cruciale, attendue, etc. On peut dire que le coup est réussi : la moitié de l’opinion trouvait le mouvement sympa mais avec un peu trop de casse, et ne veut plus suivre aujourd’hui une poursuite du mouvement, qui est affaibli ainsi. Bref, les médias sont très démonétisés comme source de vérité, en plus d’avoir du retard sur le tournant numérique. Et ils sont plus à la remorque des contre-pouvoirs dont ils attendent de l’info et même du buzz (ils parlent des femmes et du climat après les manifs, pas avant).
    Trois : les contre-pouvoirs dans un contexte d’effondrement. Comme Timitoa, j’ai pas bien vu le lien. La phrase de l’article : « Le bon fonctionnement de nos systèmes politiques nécessite que les contrepouvoirs interviennent à point nommé dans les fonctions qui leur ont été prévues (explicitement ou implicitement), en tant qu’organes de contestation canalisée et comme remparts précisément contre des contestations qui déboucheraient sur un effondrement » me pose de multiples questions ! La « révolution » de 1905 contre le Tsar devait elle être vue comme un effondrement ? Etait-elle une atteinte au « bon fonctionnement » du système et de ses nécessités ?

    1. Tout savoir vite fait sur les Révolutions :
      «  Comment naissent les révolutions » Tempus n° 211. Perrin 2008. Auteurs multiples
      ( exemplaire gratuit…)
      La russe 1905 est traitée en 2 pages. Un peu court.
      Une guerre en passe d’être perdue, comme d’hab. Le mandat du ciel se perd très vite. Un effondrement? Probablement pas, mais un germe lancé dans la société, en attente d’une autre faiblesse.

  5. En matière du « contre-pouvoir » que constituerait la presse en France, je vous renvoie à l’excellent travail réalisé par le non moins excellent Acrimed (réactualisé chaque année): « Médias français: Qui possède quoi? »

    Où l’on voit que « l’ennemi » n’a pas tant besoin de produire de la propagande en dehors de la presse, celle-ci étant déjà toute entière entre ses mains. 37 « entités » (personnes physiques, familles, entreprises, mais aussi les Etats Français et Allemand), très majoritairement capitalistes (exclusivement?) pour détenir la quasi-totalité de la presse française (je n’ai toutefois pas repéré l’Humanité dans ce diagramme, mais ma vue baisse peut-être). Les opinions qui s’y expriment ne variant plus alors qu’entre celles favorables à un capitalisme libéral et un autre plus dirigiste.

    J’en profite également pour vous renvoyer au dernier billet de Frédéric Lordon à qui ce fait n’aura pas échappé et qui ne manque pas, une fois encore, d’épingler ce « contre-pouvoir » qui n’en est plus un depuis belle lurette.

    1. Même les médias qui n’apparaissent pas dans le diagramme sont concerné, je ne pense pas trop m’avancer en disant qu’aucun d’entre eux, même le plus indépendant et auto-financé, n’est en mesure de se passer du recours au crédit bancaire pour exister…

      1. Parce que ce serait une première dans l’histoire qu’il existe des employés de presse qui se conforment aux choix de ligne éditoriale faits par leur hiérarchie? Comme prétexte futile pour refuser de constater le désolant consensus idéologique dans la presse française, on a sûrement pas fait pire.

      2. Des capitalistes patrons de presse qui acceptent de perdre de l’argent sans contreparties?
        Concurrence déloyale envers le Père Noël…

        L’UIMM a baissée ( y’a plus d’aciéries) . Entre les 2 guerres, elle a beaucoup raqué pour maintenir à flots ses ‘danseuses’, afin de maintenir ‘les voies et moyens de faire entendre son point de vue dans le débat public’.
        Elle n’était pas la seule.

  6. Voilà un sujet qui peut alimenter longtemps et depuis longtemps , aussi bien les rédactions que le café ou giratoire du commerce .

    Il y a eu depuis quelques mois plusieurs prises de têtes ( mais forcément vite taxées de juge et partie , on peut voir de la manipulation même dans l’exercice sincère d’un regard sur soi même ) sur ce thème de l’information , sa pertinence et sa mesure sur France Inter. Le sujet est grave , mais à mon sens , sans réponse totalement « pure » , car nous ne sommes que des hommes qui confondent encore réalité et vérité .

    Je vois dans ce billet , outre une certaine continuité dans vos interrogations et travaux du moment , un écho à la question où je demandais : peut on être en même temps ennemi de la gouvernance par les nombres et fanatique de la gouvernance par les sondages ou « l’air du temps  » .

    Je n’ai pas de solution clé en main ; Juste quelques repères appris à l’usage :

    – vérifier soi même tout ce qui peut l’être directement ( encore que je m’étonne que des événements physiques patents mesurables par tous en sortant de son écran , soit niés par des trop confortables )

    – multiplier les sources si possible contradictoires ou complémentaires ,

    – faire appel à ses propres connaissances et expériences du problème ou d’événements de même nature . Exercer son sens critique si on en a un .

    – résister , au moins 24 heures à sa première réponse du corps , qui n’a pas plus d’évidence d’être la bonne que la fausse réponse adaptée .Résister aux premiers « mouvements de foule » et instincts grégaires .

    – autres ….

    – et in fine apporter un début de réponse qui soit « la sienne » , fragile et intime , sans media, et qui engage sans insulter l’avenir . Aussi Responsable et incertaine qu’on peut . Un réponse d’homme ou de femme « seuls » . Comme dans l’isoloir .

    J’ai aussi , petit à petit , acquis le sentiment que lorsque la situation est vraiment  » d’effondrement » , elle n’a pas , ou plus, vraiment besoin de media pour être reçue comme telle .

    Ceux de ma génération qui retournent sur les lieux campagnards de leur enfance , n’ont besoin de personne pour mesurer l’effondrement écologique en moins de cinquante ans .

    Un homme qui perd sa femme ou son bébé n’a besoin de personne , pour mesurer ce qu’est un effondrement psychique .

    Un homme qui ne peut plus manger ni faire manger sa famille ( pas dans un mois , tout à l’heure ) , et sait parce qu’il est paysan qu’il ne le pourra pas , sait , lui , ce qu’est une Jacquerie et une Révolution .Ou l’exode migratoire .

    Touche pas à mon droit de vote .

    1. Le manque d’expérience n’est-il pas le point essentiel ? Et n’est-il pas rendu « intrinsèque » (sauf pour des Juannessy curieux) par la division du travail qui est propagée dans la sphère de l’esprit maintenant (la noosphère) :
      un tel a un point de vue juridique, un autre écologique, un troisième économique, un quatrième politique, et de quoi s’agissait-il, eh bien de savoir qui doit vider la poubelle, pour l’essentiel.
      Notre construction d’œillères n’est-elle pas enchâssée dans notre foisonnement d’objets et dans le fait qu’on m’a fait utilement remarqué qu’une tour en verre ne donne aucune transparence sur ce qu’y trament les employés qu’on y entrevoit du dehors (et, bon, pas vraiment plus vu du dedans).

      Une sorte de concrétion de notre propre société nous empêche d’en voir les ressorts. Qui a du dissolvant à écailles sur nos yeux ?

      1. Les écailles , c’est la vague  » complexité » .

        Le dissolvant c’est la vague scélérate  » écologique » .

        Les yeux , on les cherche .

      2. En un clin d’œil, cher monsieur, l’énormité suivante : « Ce qui menace les sociétés, ce sont les hommes et femmes bénéficiaires de l’exploitation des autres ».

  7. « Je suis prêt à vivre dans une oasis de fraternité et de résistance en attendant des temps meilleurs.  » A récemment dit Edgar Morin. Et ce nom seul suffit à évoquer la complexité dont on peut constater quotidiennement le développement exponentiel des résultats et des conséquences.
    Notre monde matériel est rendu infiniment complexe en raison de la multiplicité des liens entre humain et des flux qu’ils exigent. Chaque jour les enchevêtrements se révèlent plus nombreux et plus difficile à envisager dans leur globalité.
    Je fais le pari que les humains gagneraient, plutôt que de se borner à les constater, à rompre la plupart des liens sociaux qui les entravent et à interrompre les flux qui lacèrent leur environnement avec l’objectif de constituer pour une période d’une durée variable des communautés humaines fraternelles et autonomes de 150 à 200 personnes. Puis lorsqu’elles auraient reconquis leur liberté, celles-ci retrouveraient leur marche en avant vers les autres de par le monde suivant quelques principes inaliénables comme la remise à sa place de l’économie au bénéfice des humains et du vivant dans le respect absolu de la planète, de ses ressources et de ses capacités à se régénérer.
    Ne me dites pas que je rêve…
    Mais le nouveau décor est bien celui de l’effondrement et nous parlons bien de la défense du genre humain, n’est-ce pas ?

  8. Merci Timiota pour tes pertinentes analyses qui nous aident à prendre du recul.
    Après les débuts de la presse au XVIIe siècle, on arrive aux Lumières… puis à 1789, à un événement qui n’est pas seulement fondateur pour la France mais dans l’Histoire humaine. Il est émouvant de vérifier que malgré plus de 229 ans d’écrits de penseurs réactionnaires pour dire tout le mal que l’on doit penser de la Révolution française, on voit réapparaître l’expression de « cahier de doléances », comme un surgissement qui va de soi. Que se passa-t-il alors ? Une rencontre d’une « populace » en colère qui trouva ses porte-paroles dans des bourgeois éduqués et imprégnés de l’esprit des Lumières. Bien sûr simplifier ainsi est faux et réducteur, c’est une écriture à posteriori, je sais. Mais elle permet d’éviter des interprétations complotistes qui firent rapidement florès : complot maçonnique, du duc d’Orléans, des agents anglais… Non qu’ils n’aient pas joué leurs rôles, mais à leur échelle, ni plus ni moins, faible par rapport à l’ampleur prise par cette crise fondatrice.
    Aujourd’hui est né une « dynamique d’affect » et il faut que les intellectuels aillent au plus vite à la rencontre des Gilets jaunes si l’on veut vraiment progresser dans le bon sens, en tous sens du terme. On voit ainsi combien les théories complotistes qui naissent avec certains meneurs auto-proclamés sont innommables, même pour parler d’un attentat dramatique. Mais pour être optimiste, on décèle déjà que bien des yeux se sont ouverts sur les réalités économiques, pour voir l’inanité des dogmes de la Religion féroce (tel le ruissellement et l’ISF).
    Nous vivons comme le rappelle Paul Jorion un effondrement, un collapse. Ce phénomène qui parfois ralentit et souvent accélère, s’amplifie de jours en jours et il implique des chaînes multi-causales et des boucles de rétroactions complexes. La pensée occidentale par opposition à la pensée chinoise serait-elle suffisamment armée pour éviter des chaînes causales linéaires, peu heuristiques pour cela ? Un exemple sur l’ingérence russe. L’élection très minoritaire de Trump s’est jouée à quelques % et on ne peut donc nier que la bascule provoquée par une manipulation ait eu un rôle énorme. On peut avancer la même chose pour le Brexit : juste une faible majorité de l’électorat anglais (et pas britannique) qui pousse vers cette décision catastrophique. Pour autant on ne peut réduire ce genre de bifurcation dans des systèmes instables, une boule qui dévale la pente d’un côté ou d’un autre, à la simple pichenette qui va l’orienter dans le sens voulu. Dans ces deux exemples, c’est donner un rôle bien grandiose à Poutine et s’y cantonner revient paradoxalement à produire une sorte de théorie complotiste.
    Non, si ces événements ont eu lieu, c’est bien parce que des masses critiques de gens dégoûtées étaient là, déjà malheureusement disponibles car désespérées ; c’est oublier qu’au lieu d’un puits de stabilité d’un consensus démocratique fondé sur une justice sociale, la pompe à richesse a produit ce genre de montagnes, desquelles on dévale vers une autre situation de stabilité, pire ou meilleure, jamais identique. Alors que faire ? Attendre que la populace (selon la vision implicite de certains) soit assez éduquée pour être ne pas subir des manipulations massives, être digne enfin de recevoir la bonne parole de guides éclairés. Que les salons de thé apprennent aux cafés du commerce comment se tenir, les bonnes manières.
    L’horrible attentat de Strasbourg vient nous rappeler qu’en cette période de grand collapse tout va probablement trop vite pour tout analyser avec recul. Car tout s’entrechoque (qui parle de l’extinction de 70 % des oiseaux de mers en 60 ans à cause de la surpêche ?). Parfois la réflexion à chaud est impossible sans reproduire des schémas inadéquats devant l’inattendu et agir spontanément en empathie (que l’on peut avoir pour diverses raisons, personnelles parfois) avec des gens qui n’en peuvent plus d’un système à l’agonie (le capitalisme selon P. Jorion) est pour moi légitime.

    1. « Que se passa-t-il alors ? Une rencontre d’une « populace » en colère qui trouva ses porte-paroles dans des bourgeois éduqués et imprégnés de l’esprit des Lumières. » Le Tiers-Etat représentait les 90 % de la population. Et c’est l’élite bourgoise qui profite de la Révolution et de l’effondrement (?) des privilèges des privilégiés qui cèdent devant la colère populaire sensible partout. Ainsi en Dauphiné, la journée des Tuiles (jetées des toitures) fait fuir les nobles du Parlement à Grenoble, les grands bourgeois se réunissent à Vizille puis à Romans. L’élite n’est pas le porte-parole de la populace, et elle seule sort gagnante.
      Donc la proposition « il faut que les intellectuels aillent à la rencontre des Gilets Jaunes » est un peu courte. (PJ était à Nuit Debout, écouté mais sans grand résultat…). La question est plutôt : les gilets jaunes veulent que cela cesse, ils ne veulent pas le pouvoir — et quel groupe pourrait vouloir le pouvoir ? La classe des privilégiés n’a pas peur et pourrait s’accommoder d’un pouvoir plus autoritaire : ainsi Hitler vint… Mais l’urgence climatique pourrait battre les cartes autrement.

      1. Chabian, vous avez raison et mes simplifications ne prétendent en rien approfondir de tels événements. Les 90 % du Tiers-État sont très divisés et certes les bourgeois raflèrent la mise. Les ouvriers en perdant le paternalisme des corporations deviennent des individus isolés devant leurs exploiteurs etc. Mais des paysans modestes acquièrent des terres ; le poids oppresant de l’Église est définitivement ébranlé etc. Un mouvement s’est mis en marche 😉 et s’il échoua à la Commune, en 1945 il fut malgré tout complété par de grandes avancées. Rien n’a jamais été concédé.
        Je rejoins l’édito très bien d’Erik Empaz dans le Canard Enchaîné du jour : «en moins d’un mois ils [les GJ] , sans tête pensante et à seulement 136 000 personnes dont 10 000 à Paris samedi dernier, soit un score des plus moyens s’il s’était agi de manifs sociales ordinaires, ils ont réussi à obtenir plus que les syndicats en trente ans » Tout l’édito serait à citer dans son équilibre, à mes yeux parfait. La question que je pose et que les gens qui ont le temps pour penser (les intellectuels) est exactement celle-ci : comment cela a-t-il été possible ? Que s’est-il joué qui a permis ça ? Comment empêcher que ce mouvement soit détourné vers les forces obscures que vous évoquez à juste titre ?
        Autre accord : les élites qui deviennent porte-parole, on a déjà donné. Pour le moment ce qui me semble fort est que justement il n’y a ni structure ni vrais leaders à part des gens parfois dangereux et auto-proclamés tels mais pas suivis.

      2. @Jacques Seignan

        « «en moins d’un mois ils [les GJ] , sans tête pensante et à seulement 136 000 personnes dont 10 000 à Paris samedi dernier, soit un score des plus moyens s’il s’était agi de manifs sociales ordinaires, ils ont réussi à obtenir plus que les syndicats en trente ans » Tout l’édito serait à citer dans son équilibre, à mes yeux parfait. La question que je pose et que les gens qui ont le temps pour penser (les intellectuels) est exactement celle-ci : comment cela a-t-il été possible ? Que s’est-il joué qui a permis ça ?  »

        Outre qu’on puisse douter du fait que les gilets jaunes aient tant obtenu que ça (cf. le précédent billet ici même), il n’est pas très compliqué de se faire une idée sur les causes de ce début de résultat (qu’il faudrait désormais confirmer et même augmenter encore, ce que je crains que les GJs ne fassent pas, déjà usés par ce mois éprouvant): Un mouvement dur et installé sur la durée ayant, contrairement aux manifs « fête de la merguez » organisées par les syndicats depuis des lustres, ré-instauré un véritable rapport de forces, mais pas au sens éthéré où l’on en parle trop souvent sur ce blog, mais dans une acception purement physique du terme.

        La casse prolongée, frappant le pays à sa tête (étymologie de [Cap]itale), le soutien massif d’une population qui loin de s’effaroucher de quelques vitrines brisées d’agences bancaires ou de commerces de luxe et autres chaines de fastfood, y voient la légitime réponse à des violences sociales commises par le pouvoir depuis trop longtemps (sans parler des violences policières qu’il semble de plus en plus difficile d’étouffer à l’heure des smartphones et autres « gopro », qui filment tout), l’impact économique suffisamment important pour que le ministre de l’Economie s’en émeuve. Voilà ce qui produit des résultats, n’en déplaise aux éditorialistes enfarinés de la télé ou de la presse (pas toute la presse d’ailleurs, j’ai entendu au moins un journaliste du figaro vox admettre sans détour ce qui semble par ailleurs absolument évident), aux pacifistes forcenés qui n’ont toujours pas compris (peut-être parce qu’ils n’en sont pas encore les victimes directes) que le pouvoir a, au moins depuis l’élection de Macron (mais sans doute déjà depuis bien plus longtemps), déclaré la guerre au peuple, ou du moins à ses couches les plus modestes, et qu’il n’est donc plus temps pour le dialogue, sauf à vouloir finir à poil en tonneau à bretelles, ou pire encore.

      3. @ Dissonance, c’est bien le cœur de la question… On a parfaitement le droit de déplorer ce fait, le triomphe de la violence, sur la discussion quand on a en face des gens qui ne veulent jamais rien lâcher, pas le moindre kopeck et que tout ça pour ça : 10 milliards on ne sait encore trop comment « redonnés » alors le CICE = 21 milliards (2018) et ne sert pratiquement à rien sauf à garnir des comptes offshores (pour simplifier, j’admets).
        Idem pour le consternant crédit impôt recherche alors que la recherche française est en train de crever.
        Le point essentiel pour moi est que l’on a commencé à se poser massivement la question du pourquoi et du comment de tous ces cadeaux anti-redistributifs commencés par Sarkozy, amplifiés par Hollande et continués par Macron. Un vol légal et gagnant à grande échelle qui nous vient du néolithique. La pompe à fric.
        Qui a réussi cette pédagogie ? Un échange de citoyens remobilisés dans des lieux physiques (les fameux ronds-points), retrouvant du lien social…

  9. Merci pour vos commentaires mais à la fin ne pourrait-on pas proposer notre aide aux GJ , en association avec le blog de François Leclerc , en établissant notre Cahier de Doléances qui ne serait peut-être pas très éloigné du leur dans une Common Decencie économique , sociale et écologique ?
    Pour PJ , je lis que l’économiste fondateur de Place Publique n’est pas si éloigné que ça de la tête de liste aux européennes de LFI . Il pourrait peut-être se constituer une convergence des propositions pour se sortir de cet effondrement par le haut et le plus rapidement possible ?

    1. Dardot et Laval disent la même chose : M. les intellos allez y voir, histoire d’aider à ce que ça ne tombe pas dans la sphère chouardisante que j’aperçois sur ma dextre.
      C’est un peu long à lire (qqs portes ouvertes dans les 3/4 du début), mais c’est mieux sur la fin.

      Son argument (du à Cicéron) sur le quiétisme est très bon, et rappelle les postulats de la mécanique quantique : l’observatoire perturbe (et doit perturber !) la mesure.
      ((((
      Cicéron l’expose dans son Traité du destin en indiquant que si nous l’admettions, nous resterions toute notre vie dans une complète inaction. Il dit en substance à peu près ceci : si tu es malade et que ton destin est de guérir, tu guériras, que tu appelles le médecin ou que tu ne l’appelles pas ; mais si ton destin est de ne pas guérir, que tu appelles ou non le médecin, tu ne guériras pas. Or ton destin est de guérir ou de ne pas guérir. Il est donc vain que tu appelles le médecin. [[[ !!! ]]]
      On voit en quoi cet argument mérite bien son nom d’argument paresseux : il justifie l’abstention de toute action et incline au quiétisme (de quies qui signifie repos en latin). On se récriera contre un tel rapprochement en arguant que ceux qui mettent en garde contre un danger de dérive droitière du mouvement refusent d’invoquer le destin ou la fatalité et se bornent à supputer des risques, c’est-à-dire de simples possibilités. Mais toute la question est justement de savoir quelle attitude adopter à l’égard de ce qui n’est pour l’heure que des « possibilités ».
      ))))
      Conclusion : faut aller voir, même par avis de grand frais.

    2. Ah bah non vous savez ! Parce que brun parce que rouge, parce que un tel a dit ça, parce que le sondage machin parce que patata , parce que patati, parce que je sais tout (parce que en fait, ça nous arrange bien le statu quo juste avant la fin du mooooonde monsieur). Et je grossis si peu.

  10. @ Dissonance
    Vous le dîtes vous-même : guerre au peuple . Plus de lutte des classes mais une guerre des espèces , celle des 1% , celle de ses saprophytes ( politiques libéraux suppôts du TINA , éditorialistes de la presse des milliardaires) . Dites-moi que j’exagère !

  11. Un cahier de doléances n’est pas un pensum de remèdes (Eric Toussaint vient d’en pondre un, très programmatique à l’ancienne) ou de conseils ou de leçons. On commence seulement à entendre des bribes de connaissance sur le mouvement « GJ » et surtout beaucoup d’extrapolations peu fondées qui parlent de leur auteur surtout. Au fond, la presse fait un étalage de son incompréhension en sollicitant tant d’experts. J’en viens à penser que le mouvement va se refroidir avec la « verroterie » de Macron et la trêve hivernale. Mais que la frustration et les problèmes (la machine à accroître les inégalités) vont rester. Vont-elle&ils trouver une traduction politique ? (on a souligné qu’il y avait trois ans sans élection en france, sauf les européennes). En attendant, la classe des possédants continue à gagner sa guerre…
    Peut-être un cahier de doléances face à l’urgence climatique aurait du sens. Quels emplois ou occupations utiles, quels revenus, quelle mobilité, quel service public, quel service sanitaire, quelle assistance sociale, quelle pacification (contre les radicalisations diverses) dans le monde qui vient ?

      1. Alors quoi ? Admettre qu’une partie des possédants ( les 1% ? Plus ? ) et les saprophytes ( politiques , éditocrates , quelques autres ) n’appartiennent plus à l’espèce humaine commune et qu’ils sont en guerre contre elle ? Qu’il faut réhabiliter une certaine Terreur ? Pour ça il faut que le peuple l’accepte et l’applaudisse . Tout est dans les têtes , à travailler .

    1. La presse fait son boulot si l’on considère l’ensemble de ce qui est produit relativement au mouvement, il y a beaucoup d’articles concernant ce qui se passe sur les ronds points, autant que ceux qui causent du versant réseaux sociaux du mouvement. IL y a aussi les papiers, nombreux, d’intellectuels qui réfléchissent à la question, des enquêtes de terrain aussi. A vrai dire il y profusion d’informations et d’analyses.
      De quoi se faire réellement une idée sur ce qui se passe effectivement. Et bien entendu et là je vous rejoins, il y a une guerre des interprétations par ce qu’il y a des enjeux ; des faits qui ne font aucun sens, ou sont négligeables pour les uns sont au contraire essentiels pour les autres.
      Et tant qu’à faire je vous donne mon point de vue : ceux qui réduisent le mouvement aux aspects récupération par l’extrême-droite font fausse route à mon sens, cela existe bien entendu, mais ce n’est pas cela la spécificité du mouvement Ce n’est pas ce qui l’a déclenché. La rigueur intellectuelle voudrait aussi que l’on cherche à distinguer dans un mouvement ce qui en fait quelque chose de commun à d’autres phénomènes historiques, et ce qui en fait la spécificité. Or ceux qui mettent le projecteur sur les aspects négatifs se gardent bien d’en souligner la spécificité, politique, sociologique, ce qu’elle implique dans une situation politique totalement bloquée, où un pouvoir complètement aveugle (voir billet de François Leclerc https://xn--dcodages-b1a.com/2018/12/12/laveuglement-neoliberal/ ) est mis en difficulté par quelques milliers d’hommes et de femmes déterminés et soutenus par une large partie de la population.
      Sur les ronds points les gilets jaunes font de la politique, et tout y passe, tous les sujets, y compris l’immigration et d’ailleurs ce dernier sujet semble-t-il ne s’est introduit que dans la phase la plus récente du développement du mouvement. Réfléchir ensemble est-ce s’auto censurer ? Les gens doivent rester chez eux et surtout ne pas sortir pour aller faire cause commune avec leurs concitoyens ? Rester bien sagement devant sa télé et son ordinateur en attendant qu’on nous dise ce qu’il faut penser d’une situation que l’on connaît la mieux, puisque c’est celle que l’on vit au quotidien ?

      1. Sur les ronds points : https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/12/13/gilets-jaunes-les-ronds-points-nouvelle-agora_5396890_823448.html

        Avec les gilets jaunes les classes sociales redeviennent visibles : https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/12/13/les-classes-sociales-n-ont-jamais-disparu_5396874_823448.html
        Commentaire : est-il raisonnable d’ajouter du mépris au mépris lorsque ceux qu’on entendait pas se font entendre ?

      2. Pour ce qui est du mépris des jounaloéditorialistes , il est bien moqué dans la chronique En léger différé de Samuel Gonthier «  Un peu étroits , ces gilets » sur le dernier Télérama . Je ne sais pas si je suis bien compris quand je parle de guerre des espèces et pas de lutte des classes . Je pense que dans l’urgence , on ne fera pas l’économie d’une certaine violence politique , le tout est de la faire admettre , d’autant qu’il semble que certains de l’espèce des prédateurs commencent à avoir peur et c’est probablement pour ça que les jounaloéditorialistes , leurs saprophytes , nous en rebattent les oreilles . Je précise qu’en tant que médecin généraliste , la violence ruisselant de l’espèce des prédateurs par tous les échelons qui souvent n’en peuvent mais , je la vois tous les jours .

      3. La couleur politique des GiletsJaunes: 33% se disent « ni de droite ni de gauche », 15 % d’extrême-gauche, 5,4 % d’extrême-droite, 42,6 % se situent à gauche, 12,7 % à droite.
        https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/11/gilets-jaunes-une-enquete-pionniere-sur-la-revolte-des-revenus-modestes_5395562_3232.html

        https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/gilets-jaunes-uberisation-de-la-contestation (Fabrice Epelboin ) :
        « L’espace médiatique aujourd’hui représente l’opinion d’à peine un quart des Français. On a assisté à un phénomène de repli sur soi dans les médias, qui a exclu un certain nombre d’opinions. Ces gens se sont réfugiés sur Internet depuis une décennie. »
        « On est face à des mouvements sociaux ou des institutions comme les syndicats qui sont un peu les Taxis G7 et qui voient arriver le Uber du mouvement social. Il est très particulier parce qu’il n’a pas de plateforme de négociation, il n’a pas d’interface de négociation, et il n’y a pas de compromis possible à faire avec un tel mouvement, ce qui est en tous points comparable avec Anonymous ou d’autres mouvements de ce type »,

      4. 80% d’articles orientés contre les gilets jaunes. Oui la presse mainstream fait effectivement son (sale) boulot. Comme d’hab. Il faudrait que les gilets jaunes exigent la fin des subventions à la presse et des avantages fiscaux dont bénéficie cette profession pour que toute cette haine et tout ce mépris de classe soient finalement justifiés.

  12. Oh la la ….
    1 – ecriture ampoulée, sous influence du Washington Post
    2 – cette affaire Skripal a fait beaucoup causé en effet … pour ma part, je n’accorde aucun credit à la thèse de l’assassinat commandité par la Russie. Franchement … dans quel intérêt dezinguer un ancien agent double neutralisé?
    Par contre, j’y vous bien la logique otanesque pour nous amener à un conflit ouvert avec la Russie dans quelques dizaines d’années.
    Paul, au nom de l’estime que certaines de vos positions ont fait naître en moi, cessez donc de colporter les ragots déjantés des va-t-en guerre
    Tristement votre

      1. Certes mais force est de constater une certaine « baisse de regime » des services secrets russes. En d autres temps ça n aurait pas fait la moi dire vague…

  13. Quelque chose d’important est en train de se passer coté syndical, notamment à la CGT, où la base et ceux qui s’en font les relais, voient la grande opportunité que constitue l’existence du mouvement des Gilets jaunes pour revendiquer plus et plus fort, un appel en ce sens vient d’être diffusé :
    https://www.liberation.fr/france/2018/12/13/gilets-jaunes-la-cgt-ne-peut-pas-detourner-le-regard-de-cette-colere-sociale_1697647

    1. Plusieurs union locales/départementales de la CGT ont publié des communiqués désavouant avec plus ou moins de virulence le communiqué signé par l’intersyndicale (à l’exception de Solidaires) le 6 décembre. Ce qui se passe en réalité, c’est au moins dans ce syndicat là comme dans la classe politique, une rupture majeure entre la direction et la base. Quelques exemples ici.

      Une analyse du phénomène ici.

    1. En effet cher ami : on ne trouve pas ça dans la presse française ! Dieu merci !

      P.S. Alex Jones et son site Infowars, comme… contrepouvoir ! Je n’aurais jamais cru pouvoir assister à ça sur mon propre blog 😀

      Wikipédia :

      En juin 2017 la NASA se voit contrainte de démentir l’affirmation faite par Robert David Steele (en) lors d’une interview durant l’émission The Alex Jones Show selon laquelle « il y a sur la planète Mars une colonie habitée par des enfants esclaves. Ils y arrivent après un voyage de 20 ans dans l’espace. Et une fois sur place ils n’ont plus d’autre choix que de devenir esclaves »

  14. Je pourrais être une gilet jaune si j’étais plus jeune pour revendiquer auprès des décideurs nationaux des bus et des trains régionaux.
    Bonne soirée

  15. Si j’étais Gilet jaune, je ferai un petit courrier sympa en demandant un rendez vous collectif aux maires pour leur parler de l’absence de transport collectif dans leur commune. Il devient urgent de faire le point sur les besoins de transport avec les maires.

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