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75 réflexions sur « « Espèce de collapsologue(s) ! », par Cédric Chevalier »

  1. « Féconder une doctrine et un imaginaire politique amenant dans le débat public les objets d’effondrement «

    Cette formule ramasse l’essentiel du débat, puisque comme toute science, la collapsologie doit construire ses objets d’effondrement. Je présume que nous pouvons entendre comme objet, d’une part les dispositifs sociomatériels dont la rupture engendre de graves rétractions systémiques vers l’effondrement global, et d’autre part, les structures psychosociales avec lesquelles nous assurons la continuité. Par exemple en, temps de guerre, le tabou sur le cannibalisme n’a plus d’effet.

    Il me semble, à mon âge, percevoir l’effondrement de la mégamachine, au sens de Lewis Mumford. Pour le dire d’une autre façon, le – technologisme- à atteint ses limites, nous en avons divers exemples sous les yeux, le Boeing max , avion mal conçu, et dont l’environnement financier ne permettait plus que de le bricoler, les parcs nucléaires français, belge, russe etc.

    Un objet tout à fait intéressant, et je dirais essentiel au débat est l’effondrement de la capacité militaires US, l’armada de porte-avion ,n’est plus qu’une cible, ceux (à venir )de la classe Gérald Ford ne fonctionnent pas , et bien entendu l’incroyable fiasco du F35 lighting qui ne sera jamais qu’un extraordinaire simulacre permettant l’alimentation économique du système militaro mediatico industrirel e et de la bureaucratie militaire US dont l’OTAN.

    D’autre objet sont parfaitement intéressants, par exemple l’effondrement du système hospitalier français, l’état de délabrement des réseaux électriques aux É.-U.. Le système agro industriel français, importateur net ion pour la première fois depuis la guerre en 2008.

    C’est, je crois, sur de tels objets concrets qu’il sera possible de construire une collapsologie préventive (« ma théorie permet d’écarter le futur qu’elle dénonce (Attali)».

    Cette collaspologie ée objet sera olitiquement utile parce que les propriétaires de ces objets ont des noms déterminés justiciablescomme Lauvergeon (en contraste avec relativement au CO2 lequel qui permet « l’anonymisation »).

    De plus et puisque ces objets font partie d’un environnement financier globalisé, il est possible d’étudier et de proposer les mesures chirurgicales susceptibles d’enrayer les runaway thanatocratiques.

    L’étude des mécanismes de survie des technologismes en fin de course est tout à fait passionnante, il me semble en effet que la mise en avant de l’utilisation des armes nucléaires tactiques dans la doctrine Militaire US (et accessoirement le fait de les déposer en Europe) en est le symptôme, à la fois d’une illusion de puissance, avec en arrière fond « plus rien à perdre ». C’est pour cette raison que je suis très énervé contre des atlantistes comme Glucksman , ou des anguilles politiques comme Magnette, pas capables de soutenir le PS flamand lorsque ce dernier demande que les bombes atomiques soient retirées de Kleine-Brogel.

    Faut dire qu’avec la Belgique au centre de l’Europe états-unienne, de l’OTAN et du SHAPE, de Swift, etc. plus son copain Glucksman, c’est difficile de prendre ses résolutions, moi à mon âge je n’ai rien à perdre, je peux collapser tout en finesse, comme les planeurs.

    1. « …collapser en toute finesse » 🙂
      De toute facon le citoyen seul ne peut rien faire, il subit, il ne peut que se préparer au pire en prenant des mesures individuelles pour s’en tirer au mieux. Il peut aller aux urnes pour voter, mais cela n’apportera pas grand’chose, car il votera mécaniquement toujours pour la même typologie. Notre époque évoque des sombres séquences, celles de 1933 à 45. Certes, il n’a plus de croix gammée ni les symboles de la dictature communiste, mais il y a l’omnipuissance du dollar US, de l’euro aussi dans une moindre mesure….la dictature et de l’argent roi et de la consommation – mais les gens suivent, défendent même le système.
      Je ne vois que de très faibles traces d’un éveil de la conscience, de la raison. « les idées gouvernent le monde »? J’en doute. Le monde se fait manipuler par les images, les émotions. C’est l’une des raisons pour lesquelles il y a tant de conflits et de désordre.

      1. @ germanicus
        Si nous nous y mettons, nous comrendrons les mécanismes du collapse du parc nucélaire francais, et connaissant les mécanismee agir, en finesse, avant le krak

    2. Parler d’anguilles politiques et d’Attali dans le même texte sans associer les deux, c’est quand même une performance…

  2. La question essentielle il me semble, quand on dit « On est tous fou.us ! »… c’est ce qu’on veut dire au juste.

    « On est tous fou.us ! »…
    1. Donc mangeons et buvons, car demain nous mourrons ?
    2. Donc préparons ensemble la survie de notre famille dans l’enfer que risque de devenir toute société ?
    3. Donc préparons ensemble la survie de notre pays dans l’enfer que risque de devenir la société des nations ?
    4. Donc préparons ensemble la survie de notre humanité, afin que partout sur Terre on échappe du moins au pire ?

    On ne peut choisir la réponse sans tenir compte de la question morale, bien entendu. Si mon pays parvenait à surnager, pendant que les trois quarts de la planète crevaient la gueule ouverte, il est permis de penser que ce résultat serait insuffisant d’un point de vue moral.

    Mais on ne peut non plus oublier la question pratique, qui inclut la question de l’outil politique disponible pour définir puis mener une politique d’ensemble visant la survie. Or, si les options 1 et 2 sont assez évidemment condamnées d’avance (*), l’option 4 semble aussi l’être… à première vue.

    En effet, convaincre les gens du Tiers-Monde de ne pas se développer – ce qu’ils se sauraient faire qu’à base de fossiles, et du charbon bien souvent ! – ou convaincre la Chine de ne pas leur vendre les centrales nécessaires… serait une véritable gageure !

    Je ne vois de meilleure option que de poursuivre A LA FOIS les stratégies 3 et 4 :
    – Préparer la survie de l’unité politique la plus solide et la plus puissante à laquelle on appartienne (c’est-à-dire le pays) dans les conditions prévisibles d’ici quelques décennies. Rappel : « Survie » signifie exactement cela. Et surtout pas « confort » !
    – Tenter la voie de la coopération pour définir à l’échelle internationale (au minimum le trio Europe / Amérique du Nord / Extrême-Orient) des solutions permettant d’éviter le plus clair de la catastrophe plutôt que de simplement tenter d’y survivre

    A qui demandera quelles chances au juste on a de prêcher coopération et sacrifices communs à l’échelle mondiale, on répondra c’est pourquoi on prépare une survie nationale, et on tente en même temps la solution la meilleure.

    A qui demandera quelle moralité il y aurait au juste à ne se préoccuper que de sa petite communauté nationale, quand c’est toute l’humanité qui risque de tant souffrir, on répondra c’est pourquoi on propose inlassablement une telle coopération, et on ne prépare que par sécurité une option survie dans le pire.

    Mais bien sûr, pour une telle « stratégie des deux fers au feu »… il faudrait encore se rendre compte qu’il y a un feu, en l’occurrence un risque réel d’effondrement à vue humaine ! Je veux dire que ce savoir devienne connaissance publique et partagée.

    Il faudrait ensuite que la préparation des deux options devienne l’OBSESSION de la diplomatie :
    – Quand on lui parlerait de l’enrichissement nucléaire iranien, de la mer de Chine du sud, de la gestion de l’euro, des relations avec la Russie et de l’application du droit européen en Pologne, la diplomatie française répondrait « Voici comment nous préparons notre survie nationale… et vous ? On échange des idées là-dessus ? Voire, on travaille ensemble pour obtenir un consensus mondial ? »
    – Quand on lui parlerait de la participation de la Turquie à l’OTAN, des armes nucléaires nord-coréennes, du programme chinois de Nouvelle route de la Soie et du djihadisme au Sahel, la diplomatie française répondrait « Expliquez nous vos idées pour la survie nationale ? On vous refilera des tuyaux. D’ailleurs, si on essayait d’y travailler à l’échelle internationale ? »

    Et bien sûr, au journal de 20 heures, il y aurait 20 minutes sur les préparatifs nationaux, les discussions diplomatiques et les nouveaux résultats scientifiques… et 10 minutes sur les guerres, accidents, scandales et autres chiens écrasés sans importance.

    (*) Survivre sur son petit lopin de terre pendant que tout l’empire romain s’effondrait, y en a qui ont essayé. Mais quand les barbares sont arrivés… On a trouvé un certain nombre de cassettes de pierres et d’objets précieux datant de cette époque, qui avaient été cachés « en attendant que ça se calme et qu’on puisse retourner les chercher ». Pour une raison pas nécessairement difficile à deviner, personne n’est jamais revenu les chercher… La survie d’une famille ou même d’une petite communauté n’est guère pensable à elle seule, la violence collective rattrapera tôt ou tard cette famille ou cette petite communauté

    1. J’ai oublié de préciser – pour qui aurait un doute – pourquoi « l’unité politique la plus solide et la plus puissante » à laquelle on appartient est forcément son pays, pas une organisation internationale même dotées d’institutions comme l’UE – quoi qu’on pense par ailleurs de l’UE.

      Il y a à cela deux raisons :
      – Plus grand qu’une nation, ce n’est pas suffisamment solide, par quoi j’entends que la solidarité interne des membres du groupe est insuffisante, surtout si « ça secoue fort » et même dans le meilleur des cas ça va secouer très très fort en effet. On n’est pas arrivés à convaincre les citoyens de l’UE de payer les uns pour les autres dans le cadre de la crise de l’euro, comme en revanche les gens de Lyon, Perpignan, Rennes et Pointe-à-Pitre par exemple le font volontiers… et on parviendrait à les convaincre de rester solidaires quand les coûts seront bien supérieurs et certains d’ailleurs ne s’exprimeront pas en argent ? C’est extrêmement irréaliste
      – Plus grand qu’une nation, cela n’est pas démocratique. « Pas encore » corrigeront peut-être les optimistes pensant qu’une démocratie à l’échelle de l’UE serait pensable… mais même s’ils ont raison, le fait est que ça fait bien longtemps qu’on en parle, et que ça ne marche pas. Attendre une démocratie européenne avant d’agir… serait se condamner à l’inaction. Mais est-ce qu’une structure non démocratique comme l’UE ne pourrait pas être efficace justement dans la mesure où elle n’est pas démocratique ? Non : les autocraties et systèmes dictatoriaux ne travaillent pas pour le bien de tous – même s’ils le prétendent toujours.

      L’UE peut être un espace de coopération, un parmi d’autres, pour poursuivre l’objectif d’amener l’ensemble des puissances à mettre en place des solutions communes pour éviter le pire. Peut-être sera-t-elle utile dans ce rôle ? Mais elle ne peut être la communauté solide c’est-à-dire suffisamment solidaire, démocratique c’est-à-dire suffisamment maniable, qui tenterait dans le cadre de la stratégie 3. de définir une survie autonome.

      1. « – Préparer la survie de l’unité politique la plus solide et la plus puissante à laquelle on appartienne (c’est-à-dire le pays) dans les conditions prévisibles d’ici quelques décennies. Rappel : « Survie » signifie exactement cela. Et surtout pas « confort » ! »

        Bravo Jacquot, beau coming-out ! Vous êtes un nationaliste qui s’affiche clairement !

        Préparez vous surtout avec votre NATION ainsi posée, à pulvériser de la chair humaine, celle de vos enfants et de celle de ceux des autres … nations !

        Un beau concours de celui qui a la plus grosse en perspective…

      2. Félicitations à vous aussi Cloclo.

        Il est possible de se tromper sur le sens d’un texte, il est possible même de le comprendre tout à fait de travers… mais vous avez visé un record d’incompréhension, et vous avez réussi 🙂 !

      3. Mais oui mais oui, un total contresens de ma part bien entendu. Parce que tu as écrit, « A LA FOIS » ?

        Tu ne te moquerais pas un peu du Monde ?

        Il pue là mort e nationalisme en vérité ton texte, c’est pas tes maigres velléités diplomatiques de coopération, qui ne font illusions que pour toi même mon Jacquot, qui change le fond de ce tu proposes.

        Je maintiens donc tu es un NATIONALISTE, et moi j’affirme que le prix de ta veulerie intellectuelle sera le carnage des chairs.

        Et Jacquot, si tu ne t’aperçois pas de cette réalité qui transpire dans ton commentaire, c’est que je ne peux rien pour toi. Je lis très bien encore et ma conscience me permet encore de savoir ce que je suis entrain lire.

    2. @ Jacquot.

      Les objets que vous mettez en évidence sont trop abstraits que pour les manipuler, les objets d’une science sont par nécessité, construit pour que l’on puisse agir dessus.

      Pour le dire autrement, le parc nucléaire français s’effondre; cette histoire de tritium reste encore anecdotique, sur le plan strictement sanitaire (J’ai regardé un document de l’OMS) le danger est à 10.000 Bql/ et nous sommes dans le pire des cas à 36 Bq/l de moyenne à Chatellerau.

      Par contre les centrales qui posent problème (sur cet indicateur) sont parfaitement identifiables
      Les centrales qui posent problème sont clairement identifiables

      Saint-Laurent les eaux

      Nogent-sur-Seine

      chinon

      civaux

      valduc

      Rappelons-nous ici l’état d’inondation des sous-sols de Tricastin, et de bien d’autres incidents sérieux. Une question pour la collapsologie scientifique est comment passe-t-on du secret nucléaire, garanti par des ingénieurs à l’ancienne, , à un secret nucléaire qui ne garantit plus que l’obscurité financière de la maintenance bâclée.

      Un autre objet intéressant pour l’étude de la collapsologie est la mégamachine qui ne marchera pas : ITER
      De même le fiasco total l’EPR de Flamand Ville.

      Cette persévérance dans l’erreur est un symptôme, tragique pour les Français, lorsqu’il devront admettre qu’ils se sont fait avoir. La question posée à la collapsologie est donc de comprendre par quel mécanismes s’est effectué le maquillage de l’irrésistible effondrement du nucléaire.

      1. @Arkao
        La question, me semble-t-il est de comprendre les interactions par lesquelles nous nous sommes habitués au laisser-aller dans la culture sécurité nucléaire, le danger n’est pas dans une canicule, on coupe les réacteurs, mais dans le dérapage dans une chaine d’accidents dû au mauvais entretien.

        Finalement le nucléaire c’est sur puisqu’il aide à lutter contre le CO2. La banque centrale et la FED vont sans doute lancer plein de pognon des grands travaux, car la préservation du climat est une bonne raison de s’endetter comme l’explique Paul, il doit y avoir des tas d’équipe qui imagines comment récupérer un max au passage.

      2. Très franchement, si le risque d’accident dans une centrale nucléaire était le pire problème dont nous avons à nous préoccuper pour éviter des effondrements sociaux, civilisationnels et écologiques… nous serions bien tranquilles.

        Il existe, malheureusement, des risques incomparablement pires.

      3. Alerte rouge canicule.
        Je viens de passer 1h30 au téléphone (heures supplémentaire non-rémunérées – mais ne soyons pas mesquin c’est pour la survie de l’espèce) à régler les conséquences pour mon chantier. Chronique les prochains jours de ces événements inédits dans nos régions septentrionales , à moins que l’Apocalypse n’abrège mon passage sur la planète. L’ambiance générale ce soir, c’est comme si on était des dinosaures sachant que la météorite c’est pour demain 🙂
        http://s1.e-monsite.com/2009/04/05/11/6388043calys-jpg.jpg

  3. Chères toutes, cher tous,

    Collapsologies ou pas comment je fais société avec cette grenouille et ses copines et copains qui trouve que 37 degré aujourd’hui c’est pas si grave, d’ailleurs il a toujours fait chaud en été.
    Qui veut toujours rouler en SUV et avec la clim parce ce que le confort je le vaux bien.
    Comment je traduis en ce texte qui m’a pris 15 minutes de lecture et un back ground que je ne saurais évaluer pour dire à ces grenouilles que l’eau chaude c’est po bien.
    Alors plus rien à foutre du discours et de la réflexion qui n’apporte rien de prosaïque dans la vie et la prise de décision des « vrai gens » soit nous tous………..
    Après le discours : le déluge ……………….

    Exemple dans ma famille des gens éduquées bac + 7 et plus qui dans leurs milieu ne veulent pas quitter leur mode de vie shooté au pétrole et autre avantages.
    Combien d’entre vous qui avez un jardin êtes prêts à fonctionner avec de WC dit sec ?
    Dans mon entourages aucun, les réponses : on est trop vieux, et puis le problème est mondial, c’est pas l’histoire du colibri qui fera changer le monde …
    La corruption n’est pas que du ressort de Monsieur De Ruggy elle nous touche tous dans ce que le pétrole nous a donné comme confort.
    A bas le confort, avec toute ma tendresse, Pierre de la tribu des Queralt’s.

    1. Personnellement, j’ai 49 ans, j’évolue dans un milieu de cadres supérieurs, et j’ai appliqué plusieurs fois la stratégie suivante, profitant d’occasions où le sujet des retraites était évoqué, par exemple l’âge de départ.

      J’ai expliqué en souriant et comme une chose évidente (je crois qu’elle l’est en effet) :
      – Mais moi je ne prendrai jamais ma retraite bien sûr !
      – Comment ça… enfin tu es pour la retraite à quel âge ? 65 ans ? 67 comme en Allemagne ? Plus ? Attends tu es vraiment TRÈS libéral toi
      – C’est pas ça. Simplement, quand j’aurai cet âge, si je l’atteins, il n’y aura plus de système de retraite
      – Mais… pourquoi ?
      – Energie, écologie, fragilité des systèmes…

      Ça fait son petit effet 🙂

      La meilleure approche à mon sens, c’est de trouver un exemple de conséquence concrète pour l’interlocuteur. Pour lui personnellement, ou s’il est âgé pour ses enfants ou petits-enfants.

      1. Et ça semble ébranler quelque peu les grenouilles qui pensent que cette eau n’est pas si chaude, que tout ça n’est pas grand chose au final, et allez on s’en sortira bien, pas la peine de bondir hors de cette casserole.

  4. J’étais instituteur, autrefois, et je m’appuyais sur des méthodes pédagogiques coopératives. Je pensais comme une poignée de mes collègues que l’on ne réussit dans une classe que si tous réussissent.
    J’ai milité aussi, ici et là, toujours persuadé que l’objectif à atteindre était le bonheur de tous.
    Je pensais qu’il était nécessaire de vouloir celui de mes voisins et en même temps celui des personnes les plus éloignées, géographiquement, de moi. J’étais incapable d’imaginer que je pouvais être heureux seul, dans mon coin.
    Aujourd’hui, nous sommes presque 8 milliards d’être humains ; bientôt nous serons 10 milliards. Alors je me pose la question suivante : les gens qui réfléchissent et qui débattent, qui agencent des idées pour constituer des dogmes et aussi des programmes, veulent-ils le bonheur de TOUS les hommes ou bien sont-ils résignés à en laisser mourir un très grand nombre sur le bord du chemin ?
    Bientôt nous devrons nourrir 10 milliards d’humains dans une situation largement dégradée. Tellement dégradée qu’il est juste de se demander si ce ne seront pas les questions d’alimentation sur tous les continents qui constitueront les premières manifestations planétaires visibles de la débâcle ? Je n’argumente plus ce serait faire offense aux lecteurs.
    Je me souviens de ce jeu de construction en bois fait de planchettes toutes identiques qu’il fallait disposer les unes sur les autres jusqu’à l’effondrement de la tour. Le jeu cessait lorsque l’un des joueurs, malgré un pronostic funeste, prenait le risque que tout s’écroule. Personne n’entrevoyait de limites ; personne ne renonçait ; tous n’envisageaient que l’échec des autres.

    1. « Nous allons nourrir 10 milliards d’humains » Vous avez des réserves ? Avec une super cuiller en bois ? Sachez quand même chers citadins que notre situation d’abondance est on ne peut plus fragile , les rayons de tel hypermarché ou de tel supermarché se vident en une semaine

      1. Quatre jours. Pas une semaine.
        Et quelques heures si la radio et la télé, ou une quelconque rumeur internet-portée, annonce la fin du monde ou un petit risque.

    2. L’alimentation de tous n’est pas tant un problème de production qu’un problème de distribution. On sert aux agriculteurs le discours de « votre mission est de nourrir la planète entière » depuis des décennies, alors que depuis des décennies on produit beaucoup trop dans certaines régions et beaucoup trop peu dans certaines autres, non pas parce qu’on n’est pas capable de réguler l’ensemble mais parce qu’une régulation globale irait foncièrement contre la logique capitaliste de marché. Les gens qui meurent de famine le font par des choix politiques qui leurs sont imposés, et pour aucune autre raison.

      1. Dissonance écrit que :

        « L’alimentation de tous n’est pas tant un problème de production qu’un problème de distribution. » (et j’approuve tellement totalement tout le reste de son commentaire !)

        C’est tellement vrai que tout ceux qui n’arrêtent pas de geindre qu’on est trop nombreux patata patati, me gonflent sérieusement !

      2. C’est parce que vous n’êtes pas sur le terrain cloclo , distribuer de la nourriture , la conserver , c’est tout une logistique aussi compliquée que de la produire , mais vous verrez bien après l’effondrement si les rayons des magasins seront encore pleins , il faut produire et consommer LOCAL sinon la planète va bruler

  5. Cedric Chevallier, si vous persuadez un maçon qu’il va mourir, s’il ne construit pas une maison tout seul en 4 jours, que pensez-vous qu’il va faire ? tenter de construire la maison, ou profiter au maximum de la vie qui lui reste ? Et sur 100 maçons, soumis à ce même défi, combien essaieraient tout de même de le relever ? 1 ? 25 ? 50 ? Mais s’il faut que tous les 100 s’y mettent ?

    Vous croyez vraiment que ce serait une bonne idée alors, de leur dire que les murs devront faire 10m de haut au lieu de 3 ?

    1. Et si jamais au bout de 2 jours, il s’avère que la construction de cette maison est finalement inutile, est ce que vous pensez que vous réussirez à le persuader une seconde fois ?

      Ce sera fini, il n’aura plus confiance en vous, cette fois il sera vraiment décidé à profiter de la vie

  6. Bonjour,
    Je ne comprends pas votre texte même si je suis d’accord avec beaucoup d’idées.
    Vous sous-entendez que les collapsologues seraient des gens déconnectés de la politique et que finalement ils se retrancheraient vers le survivalisme.
    Prenons le cas de Pablo Servigne. Quand, il se déplace pour faire la promotion d’un de ces ouvrages qu’il se farcit des centaines de radios, médias, articles de journaux, etc…Qu’il répète en boucle que notre modèle économique n’est pas tenable, sous entendu notre société capitaliste. Mais ce genre de discours c’est de la politique!
    Que faudrait il qu’il fasse? Créer un parti, se lancer au présidentielle, faire des manifs,etc….Ce n’est pas son rôle. En tout cas, il n’a peut être pas envie de le faire. Vous ne pouvez pas lui reprocher de vouloir rester à sa place. Ce n’est pas aux collapsologues d’élaborer de nouvelles règles économiques ou sociétales. C’est aux politiques de le faire avec l’appui de la population. En réalité, c’est là que vous devriez axer votre discours: sur le renoncement (ou le déni) de la population. Une population qui ne veut pas écouter le discours sous-jacent des collapsologues.
    Dans son discours, Pablo Servigne ou les autres collapsologues, nous orientent vers le type de politique qu’ ils voudraient voir se mettre en place. Quand Aurélien Barreau, dans une émission TV de grande écoute, dénonce le fait que 10 personnes disposeraient autant en richesse que la moitié la plus pauvre de l’humanité, c’est un discours politique.
    Je m’arrête là mais je pense que le probléme est ailleurs. Il est plutôt à chercher dans cet imaginaire que nos sociétés occidentales ont vendu à la terre entière. Un imaginaire remplit de consommation, d’affirmation de la réussite par le « travail » (vous noterez les guillemets que je mets au mot travail). Je suis d’accord avec vous quand vous dites qu’il faut « contrer le régime culturel hégémonique ». Il est là le cœur du probléme. Le capitalisme a su imposer ses valeurs idéologiques. De nouvelles valeurs doivent les remplacer. Ce n’est pas aux collapsologues de dire par quoi.

    1. Ce matin Greta Thunberg était invitée (pas pour manger du homard) à l’AN. Certains politiques avaient même boycotté sa venue.
      Vous comptez sur les politiques ?

      Cette après-midi, on votait à l’AN pour ou contre le CETA.
      553 votants.
      Exprimés 479.
      Vous comptez sur les politiques ?

      1. Greta Thunberg est-elle autre chose qu’un Spectacle? Où qu’un Spectacle du Spectacle? Au point où nous en sommes, un Debord au carré ne semble même plus suffisant pour décrire le réel.

      2. « Vous comptez sur les politiques ? »

        Je compte sur les citoyens. Qui sont bien ceux qui choisissent les politiques.

        Pas que j’ai une trop grande estime d’eux, hein. J’en suis un de citoyen, alors je sais bien que ce n’est pas grand chose.

        Seulement voilà. Il n’y a qu’eux.

      3. « Greta Thunberg est-elle autre chose qu’un Spectacle? »

        Greta Thunberg est à l’évidence une jeune fille sincère et décidée. Mes doutes portent plutôt sur le mouvement qui la suit. Bien intentionné, à n’en pas douter… mais savent-ils seulement ce qu’ils font ?

        Pour prendre une comparaison, quand un certain pape il y a neuf siècles a expliqué qu’il fallait aller casser de l’infidèle et libérer le tombeau de Jésus, il a généré deux mouvements :
        – D’une part des groupes de spécialistes aguerris qui ont appliqué leurs connaissances techniques, en l’occurrence faire la guerre. Et sont arrivés à l’objectif visé
        – D’autre part des mouvements d’enthousiasme populaire, y compris des gens particulièrement jeunes, qui ont essayé de suppléer le manque de compétence par l’enthousiasme. Le seul résultat auquel ils soient arrivés, c’est à réduire les prix des chrétiens sur les marchés aux esclaves d’Orient… rapport à l’offre et la demande, tout ça

        L’enthousiasme, c’est bien. Mais ça ne suffit pas. Comprendre les problèmes, évaluer les solutions, les choisir, trouver les moyens de les appliquer… est impossible par le seul enthousiasme. Ce n’est pas non plus en séchant l’école qu’on parera aux risques d’effondrement écologique.

        Et je trouve un peu ridicule qu’une assemblée de gens en charge de définir les lois d’un pays auditionne une jeune fille qui n’a pas grand chose de concret à leur dire sur le COMMENT parer à l’effondrement, qui s’est simplement retrouvée à la tête d’un mouvement d’enthousiasme.

      4. @Jacquot
        L’évocation de la croisade « des enfants » et de celle « des pastoureaux », j’ai failli la faire mais je me suis abstenu, sentant venir l’accusation de comparer choux et bananes 😉

    2. Exactement.

      Il n’y a rien d’utile à faire en matière d’écologie, que d’abattre l’idéologie de l’ultra-libéralisme. Ce n’est pas ce que propose Greta Thunberg, mais elle est jeune, elle peut évoluer.

      1. « Non, les calculs n’ont pas encore prouvé que le navire allait couler avec certitude, il y a encore du travail à faire dans la cabine. »

        Exactement . Il y a toujours à faire à tout endroit sur un navire, y compris et surtout face aux éléments ET avec les éléments, les défis ne manquent pas. Non mais.

        « 1. Des travaux engagés dans le cadre de la continuité écologique des cours d’eau
        La notion de continuité écologique des cours d’eau et des milieux aquatiques a été introduite par la Directive cadre sur l’eau (DCE) en 2000 avant d’être reprise par la Loi sur l’eau et les milieux aquatiques (LEMA) en 2006. »

        « Elle se définit par la libre circulation des organismes vivants et leur accès aux zones indispensables à leur reproduction, leur alimentation, leur croissance et le bon déroulement du transport naturel des sédiments.  »
        « 2. La fragmentation des cours d’eau par des barrages ou des seuils est un problème
        En France, plus de 60.000 obstacles, barrages ou seuils, sont recensés à ce jour. Selon France Nature Environnement, 90 % d’entre eux sont sans usage économique avéré et moins de 4 % sont équipés d’un franchissement piscicole. »

        « Le problème, c’est que la fragmentation des cours d’eau a des conséquences lourdes sur la morphologie des rivières, leur hydrologie, leur qualité chimique et la survie des espèces. »
        https://www.lamontagne.fr/montlucon-03100/actualites/comment-la-ville-de-montlucon-s-est-elle-engagee-dans-la-continuite-ecologique-des-cours-d-eau-voulue-par-l-etat_13611585/

    3. Ce que je reproche à « certains collapsologues », c’est de prétendre que « tout est irréversiblement foutur », que « l’effondrement est certain », d’une part, ce qui est non scientifique, et qu’on doit « seulement se préparer au pire, plus ou moins individuellement et en petites communautés » d’autre part, ce qui est irresponsable. Le message sous-jacent est que les humains ne disposent plus d’aucune marge de manoeuvre collective, qu’il ne sert plus à rien d’aller sur le champ de bataille politique institutionnel (de voter, de militer dans un parti, d’en créer un nouveau, de s’emparer du pouvoir démocratiquement). Cela rend « l’effondrement » une fatalité sur laquelle nous n’aurions aucune prise, ce qui est faux scientifiquement à ce stade, puisque le système humanité-Terre est relié et que nous pouvons agir sur des boucles de rétroaction dans notre intérêt. Et cela « dépolitise » la question de l’effondrement, car ça invite les citoyens à ne plus en être, et donc à ne plus exercer leurs droits civiques.
      Beaucoup de gens convaincus par ces « collapsologues » (pas tous, pas tout le temps, je nuance), s’abstiennent aux élections, abandonnent le politique et se replient sur leur survie seul en en petits groupes.
      C’est déforcer la lutte politique collective qui a bien besoin de ces collapsologues, qui ont une force intellectuelle et militante puissante : ils doivent revenir dans la rue avec nous et ne pas décourager ceux qui sont en rue : les jeunes !

      Plus clair ?

      1. Oui, c’est très clair.

        Je suis tombé sur le riche blog de Loïc Steffan, qui a entre autres traduit en français l’article scientifique de 2014 sur le modèle Handy de l’effondrement, que la NASA avait publié.

        Voici ses réflexions sur le même sujet « Climat et effondrement : peur ou optimisme ? Comment communiquer » : http://loic-steffan.fr/WordPress3/climat-et-effondrement-peur-ou-optimisme-comment-communiquer/ que je trouve intéressantes.

        Je note en particulier :
        – Ce proverbe chinois « Faites attention à ce que vous demandez à la vie, elle pourrait vous le donner »
        – « Les gens sont déjà au courant. Et ils arrivent avec beaucoup de peurs. Pourquoi cultiver la noirceur ? Elle tend à inhiber et à bloquer l’action quand on a accepté l’information et qu’on est au courant »
        – « Le grand risque du discours collapsologue est de produire un discours darwinien de désespérance qui est la porte ouverte aux gourous et aux régimes autoritaires si on le croit imminent et inéluctable »

        Plus généralement, il me semble qu’il relativise avec raison pas mal de choses.

      2. Cher toutes, ,cher tous,
        Je fais partis de ceux qui s’abstienne aux élections.

        J’ai une action politique fort fort fort importante.

        Dans des associations et autres sphères.

        Être engagé dans des assos de lutte contre les OGM, anti-nucléaire, de transition sur un territoire local etc… est il de la politique ?

        L’action de Sea-watch, L124, Sea-shepherd est elle de la politique.

        Alors j’assumme ne plus voté et ne plus subir l’injonction de choisir entre Marine et Emanuel.

        Je me suis fais avoir en 2002, plus jamais ça.

        Je confirme que mon action se situe pour faire bouger les « simples » gens de la classe moyenne qui veulent que le monde de leur 20 ans existe toujours pour leurs enfants.

        Que le déclassement n’existe pas !!!

        Que si la paix existe s’est pas parce qu’elle est externalisé, non de non quelle idée au temps des concept de proxy !!!

        Que mon summun c’est de toujours le valoir bien et être récompensé par mes vacances au ski, et de prendre l’avion pour toutes les capitales européennes comme le propose les pubs de Télérama ou des lieux à découvrir pour faire du tourisme intelligent pas du tourisme avec un robert sur le dos!!!

        La vrai politique se trouve parmis tous les Camilles des ZAD qui par leurs expériences et leurs modes d’action conserve notre esprit de révolte.

        Car il y en a qui croit encore que la chose se règlera par la politique institutionnelle actuelle.
        Demandez aux Grecs, certains ont voté pour une soit disant alternance et le premier acte de cette nouvelle majorité à été de supprimer les quelques fonctionnaires qui s’occupaient d’évasion fiscale.

        Alors je trouve tous ceci très bisounours et l’anathème jeté sur les colapso très fastoch.
        A quand je vous retrouve fasse au robocop et près à y laisser quelque chose de votre peau?

        Allez je vais méditer un bon coup pour la survie de l’espèce, avec toute ma tendresse Pierre de la tribu des Queralt’s.

      3. Oui, je comprends la démarche qui répond à un article du Monde, qui n’est pas accessible. (Paul Jorion avait cité Momentum mais pas les acteurs). J’en profite pour dire que votre article très riche a une densité digne d’un livre, avec beaucoup de raccourcis. La longue introduction historique sur une bataille des idées (sinon toute idéologie !) est elle indispensable, à cet endroit ? Le paragraphe : « Parfois néanmoins, l’idée minoritaire finit par supplanter le régime culturel dominant. La secte devient religion d’empire. L’idée est inscrite au fronton des institutions : Liberté, Egalité, Fraternité. Etc » comporte trois idées, une nuance (parfois), et un lien entre elles. Or tout cela mériterait longue discussion sur Constantin (Nicée) et d’autres leaders qui me paraissent essentiels dans le renversement d’idées.
        Quelques autres réactions de lecture :
        Je comprends votre discussion de l’idée de l’effondrement « monobloc ». Il serait utile de voir développer l’idée d’effondrements partiels et se renforçant les uns les autres (déjà dans le schéma de Meadows). Et je trouve qu’il y a beaucoup d’angélisme sur le comportement humain face à la catastrophe (même partielle). Notamment avec le colibri et le coquelicot (Pascal Delvigne est aussi dans cette veine). Nous serons probablement d’abord en foule idiote (« comme en 14 », mais aussi en 38-42, avant l’introduction du STO) avant de comprendre que la résistance et la solidarité sont « naturelles » (sic). Bien sur, une minorité, de jeunes surtout, aura pris les devants.
        Vous abordez un peu la notion de « risque ». Il faudrait examiner comment le « principe de précaution », mis en avant dans l’UE, est détricoté par les lobbys et par la pratique des industriels, des agriculteurs, etc. C’est effectivement l’inconscience de la grenouille qui se vérifie.
        A côté de l’idée d’éviter l’effondrement, il y a les idées de l’anticiper et de s’y adapter. D’autant plus face à des effondrements partiels. Quel habitat et quelle mobilité et quelle agriculture face à l’effondrement de l’énergie ? Il y a davantage d’idées concrètes et pratiques, « réformistes », donc politiques, à construire par une telle démarche. Plus loin d’une démarche de « pari », tout ou rien, sur l’effondrement global.

      4. Peut-on s’accorder sur certains préalables ?

        Réfléchir et agir dans un cadre non-capitaliste ; ne pas consommer plus de ressources que la planète en reconstitue ; réparer la planète ( ses sols, son eau et son air ) ; ralentir et ne plus courir derrière un ‘’progrès’’ technologique sans limites ; ne pas se laisser gagner par la complexité ; décider que les ‘’améliorations ‘’ profiteront à tous sans exception ; s’en prendre à la consommation effrénée en supprimant la publicité et certains comportements commerciaux ; interdire les profits générés par une finance mortifère ; ne plus construire de bâtiments neufs mais restaurer l’ancien ; s’imposer un cadre démocratique et réglementaire strict ; maîtriser les monnaies ; regarder de près ce qui relève du bon usage et du mésusage ; abandonner une conquête spatiale illusoire…
        J’en oublie, mais je veux essayer de dire que commencer par se demander s’il vaut mieux s’appuyer sur l’ensemble du corpus philosophique et scientifique constitués au fil des siècles ou bien sur une organisation nouvelle de proximité revient à mettre la charrue avant les bœufs. Les compteurs devraient être remis à zéro et nulle aristocratie ne pourrait se prévaloir du droit de décider. Chacun aura son mot à dire dans un cadre parfaitement nouveau. Il me semble que nous sommes majoritairement incapables de penser notre avenir. C’est en marchant que nous l’inventerons, ceal n’a jamais été aussi vrai.
        Et puis, avoir toujours présent à l’esprit que différentes formes de totalitarisme nous menaceront sans cesse.

      5. @Cédric Chevalier
        Les sociétés anciennes qui ont connu des effondrements n’avaient sans doute pas conscience de ce qui leur arrivait (si ce n’est de penser que c’était mieux « avant » et le avant se résume à une ou deux générations ce qui est peu au regard des processus historiques, à l’exception de quelques cataclysmes).
        Notre société est sans doute la première à avoir atteint un tel degrés de connaissance des systèmes, du passé et du présent.
        Aussi, une fois n’est pas coutume, je suis d’accord avec vous, nous aurions les outils nécessaires pour sortir du cercle des fatalités inauguré au Néolithique (croissance – effet de seuil – effondrement).
        Après, il y a des outils cachés au fond de la boite, on les a oublié et on ne sait plus où ils sont. Et dans ces cas-là, hélas, notre cerveau nous joue des tours, plus on s’acharne à les retrouver plus ça ne vient pas.
        Métaphore fumeuse consécutive à une journée sous le soleil par 40 °.

      6. Et ce proverbe Belge ?  » c’est pas quand on a fait dans le falzar qu’il faut s’apercevoir qu’on doit aller à la toilette « 

  7. Quelques remarques lapidaires et dans le désordre, pardon pour la forme:

    « Lorsqu’on dit ou laisse entendre que « l’effondrement est certain », sans disposer d’une théorie validée (ou plutôt non-invalidée, non réfutée) selon les standards scientifiques communément admis (publications dans des revues à comité de lecture), pour le démontrer, ne risque-t-on pas de sortir de la méthode scientifique, pour entrer dans le dogme, la pétition de principe ? « 

    Malheureusement il me semble bien que les standards scientifiques ne soient pas exempts de dogmatisme et que le système de publications puisse être régit autant par des mécanismes de réseautage, de connivences et autres copinages que par une saine et rigoureuse méthodologie purement objective. Citons par exemple ici l’économiste Jean Tirole, peu goutté sur ce blog à ma connaissance pour ses écrits très orthodoxes, et néanmoins auteur de nombreuses publications dans des revues à comité de lecture (200 nous dit wikipédia) et même « nobélisé ». Pour paraphraser un certain dirigeant britannique, le mode de fonctionnement scientifique actuel est peut-être « le pire à l’exception de tous les autres », et rien de plus.

    « on a essayé de propager bien des contre-idées pour essayer d’inverser la trajectoire délétère : stoïcisme, bouddhisme, socialisme, communisme, social-démocratie, droits de l’homme, écologie, décroissance, et… collapsologie. »

    Tout cela m’apparait comme un inventaire à la Prévert. Notamment, je ne suis pas convaincu le moins du monde que la social-démocratie ait jamais tenté de propager la moindre contre-idée que ce soit, la moindre subversion. Son entreprise a au contraire été depuis le début de produire le plus de consensus possible, au prix de toutes les compromissions imaginables: C’est la raison fondamentale de son échec, dont l’une des conséquences majeure est la résurgence de nouvelles formes fascistes ou assimilées, à laquelle elle a d’ailleurs activement participé (cf. l’analyse de l’État policier sous Hollande par F. Lordon, entre autres choses).

    « […] mais pas assez juste sur la réfutation du principe d’existence de l’effondrement monobloc (ce n’est pas en niant des conséquences indues sur la mobilisation politique qu’on arrive à réfuter l’existence possible de la cause matérielle). »

    Il s’agit d’un problème philosophique strictement insoluble que de démontrer l’inexistence d’une chose. Comme vous le dites, il suffit pour démontrer l’existence d’une chose d’en démontrer une seule occurrence. En revanche lorsqu’on n’est pas en mesure de réaliser cela, il ne s’agit en aucun cas de la preuve de l’inexistence de cette chose. Seul le doute subsiste en pareil cas. Les sciences probabilistes ont esquivé ce problème à coup de pourcentages, ce qui relève à mon sens d’un modèle de type ptolémaïque: Elles produisent des résultats tangibles et corrects, mais sur la base d’un postulat erroné (notamment, elles ne sont pas réfutables puisque si l’évènement prévu ne se produit pas, on peut toujours arguer du fait que la probabilité n’était pas de 100%).

    « On comprend que ça menace des financements ailleurs, et que ça crée de la concurrence dans la panier des crabes des « opposants au régime dominant », ceux qui disent « non, c’est le capital » ou « non, c’est le patriarcat » ou encore « non, c’est les syndicats ». »

    Certains groupes ont résolu cette concurrence en identifiant une origine commune à l’ensemble de ces manifestations et en la nommant « oppression systémique », ou encore « système de domination ». Cela apparait notamment dans des collectifs qui travaillent essentiellement sur la notion d’égalité (féministes, collectifs contre les xénophobies, etc.)

    « Pourquoi ? Parce que l’atmosphère est un macrosystème qui obéit aux lois de la physique, même avec sa composante chaotique-incertaine »

    Attention à ne pas faire de contresens ici: la théorie du chaos est la théorie absolue des conséquences. L’incertitude n’existe que par l’incapacité humaine à prendre en compte la totalité des facteurs impliqués dans un phénomène, et non pas parce que le chaos serait « aléatoire » où « hasardeux ». C’est en fait exactement l’inverse.

    « Je partage comme Paul Jorion, la critique du caractère futile et vain de leurs tentatives de retraite de survie autonome, car j’estime que le champ de bataille « sérieux » se situe dans la Cité, dans ses murs, pas en dehors donc, dans la cabine du navire et pas dans un canot de sauvetage en regardant le navire sombrer avec ses passagers et en criant « je l’avais bien dit, allez sautez tous ». »

    J’ai un usage très différent de cette métaphore à vous soumettre: Il ne s’agit pas tant de dire « le navire coule, sauve qui peut » que de dire « si nous voulons nous sauver, il faut que le bateau coule. » Ce qui est précisément le discours qu’à peu près personne ne veut/peut assumer sans risquer d’être immédiatement « excommunié » de la manière que vous avez dite dans les premiers paragraphes.

    1. @Dissonance
      « … que de dire « si nous voulons nous sauver, il faut que le bateau coule. »  »

      Voilà donc de la collapsologie optimiste ! celle qui a toute sa place dans « le seul Blog optimiste du monde occidental ».
      De là à conclure que lorsque nous tenons ce genre de discours (ou que nous citons des tiers qui en tiennent), nous ne risquons pas l’excommunication…

      1. @dissonnance. Je tatône comme vous, par approximation convergente, donc rien d’écrit n’est achevé définitivement.

        Il est essentiel de distinguer l’océan (la planète Terre et ses écosystèmes), le navire et sa motorisation (le système socio-économico-technique dominant = grosso modo la civilisation dominante au niveau mondial), les passagers (= l’espèce humaine) et les marins (= les décideurs).

        Si le navire coule, et surtout s’il coule vite, beaucoup de gens vont mourrir. Appeler à abandonner le navire, en ayant sauté dans des petits canots de sauvetage aux capacité de haut mer discutables et en appelant à faire de même, alors que le grand navire flotte encore et que son naufrage total n’est pas certain, c’est irresponsable. Il n’y a pas et n’y aura pas de canots pour tout le monde, et beaucoup de ces canots couleront avec le navire, tôt ou tard (ma conviction sur la réelle résilience des bases de survie autonomes).

        Donc il faut d’abord voir si on ne peut pas encore changer la trajectoire et la motorisation du navire, avec tout le monde à son bord (le capitaine ne doit pas abandonner le navire, les intellectuels compris). Certains peuvent évidemment lancer des canots de survie, voire même des navires de taille moyenne (biorégions résilientes) et diversifier les risques mais pas au prix d’un abandon dans la panique du navire principal : ils doivent reconnaître qu’il est responsable et pertinent d’encore essayer de « sauver le navire principal », car sans ça, le nombre de mort n’est pas acceptable.

        Donc dire : il est certain que la navire va couler n’est pas (encore) exact d’un point de vue scientifique.

        Qu’on ne puisse pas prouver à l’avance un phénomène qui n’a pas encore eu lieu est toujours vrai, même pour les phénomènes qui ont déjà eu lieu, en toute logique (je ne peux pas prouver que le soleil va se lever demain, il pourrait ne pas se lever demain et nous aurions alors à revoir toutes nos connaissances face à ce nouveau phénomène).
        Mais là on ergote un peu : on doit être humble et utiliser « la meilleure connaissance disponible », et il y a des principes épistémologiques comme le rasoir d’Occam, etc.

        Donc on pourrait avoir un modèle qui prédise avec 99,999% de certitude l’extinction humaine (un gros corps céleste qui percute la Terre sans possibilité physique de le dévier), ce serait suffisant pour en être certain d’un point de vue humain. Un tel type de modèle existe déjà (astronomie pour cette classe de risques existentiels).
        Mais en l’occurence, on n’a pas cette conclusion probabiliste quasi-certaine pour l’effondrement dont parlent les collapsos. Assimiler l’incertitude radicale, énorme, quant à ce phénomène, à une certitude, c’est réduire à néant l’espace des possibles politiques. C’est irresponsable car nous avons le devoir éthique d’explorer tous les interstices quand il s’agit de l’existence d’autant de vies humaines, voire de l’espèce entière.

        Les collapsos doivent ouvrir des portes, et pas toutes les fermer autrement dit.

    2. @ Dissonance

      Vos remarques éclairent le débat, mais sont trop nombreuses que pour traiter l’ensemble.

      Le premier point sur l’effondrement. Oui il est certain, et nous n’avons pas besoin de think tank, et ce n’est pas sortir de la méthode scientifique que pour affirmer que le néolibéralisme est responsable de l effondrement de la biodiversité, et de la fragilisation des systèmes sociaux.

      Les revues à comité de lecture vérifient qu’une hypothèse peut être acceptée parce que son hypothèse alternative a une trop faible probabilité de se réaliser. Dans cette stratégie la construction d’un savoir accumule des hypothèses partielles, choisit les facteurs qu’il étudie, en fonction des intérêts de la discipline (raisons idéologiques du financement de la reherche), en laissant des tas d’autres de côté (il suffit de laisser de côté la question de la part de l’influence du CO2 anthropique, dans le fait géologiquement, le niveau CO2 a toujours suivi la courbe de la température terrestre, avec effet de rétroaction bien entendu).

      Dans le cas de la collapsologie nous sommes dans un cadre d’un raisonnement bayésien qualitatif (lequel est tout aussi légitime que le calcul classique des probabilités ) relativement )à l’effondrement, chaque nouvelle information que nous recevons modifie l’information à priori du moment vers une probabilité a postérior plus élevée.

      Je dirai que j’ai formé mon à priori initial avec la lecture de Toynbee Mankind and Mother Earth, et Bateson, à la fin des années 70, et que depuis, toutes les informations ont renforcé la probabilité d’effondrement.

      La seule attitude réaliste, et chacun le comprendra : le bateau coule, réparons d’urgence tant que nous sommes encore à bord.

      Deux exemple d’objet collapsologique , dont il est urgent d’approfondir les mécanismes

      réponse à Arkao
      https://www.pauljorion.com/blog/2019/07/23/espece-de-collapsologues-par-cedric-chevalier/#comment-712126

      Réponse à Timiota
      https://www.pauljorion.com/blog/2019/07/23/espece-de-collapsologues-par-cedric-chevalier/#comment-712045

    3. @Cedric Chevalier

      Si on s’en réfère à la classification proposée par J.M. Granier qui a jadis été longuement débattue sur ce blog, votre propos semble appartenir à la catégorie B, tandis que le mien oscille quelque part entre la C et le D.

      Je reste profondément en désaccord quant à la métaphore du bateau. Un changement si radical du modèle socio-économique qu’il permette d’enrayer la course vers le précipice engagée ici reviendrait ni plus ni moins qu’à reconstruire un autre bateau, à mon sens, ce qui serait pour le moins acrobatique et hasardeux. Il n’existe en fait pas de capitalisme raisonnable ou durable ou soutenable, d’aucune manière. Mais sa forme actuelle est une sorte de comble puisqu’il se comporte comme un virus si virulent qu’il tue son hôte avant même d’avoir pu se propager (et ce n’est à vrai dire plus son problème puisqu’il est déjà hégémonique, ce qui explique entre autres choses sa virulence), ce qui lui coûte in fine sa propre survie.

      La question n’est plus alors de savoir si oui où non ce modèle socio-économique va s’effondrer, mais le sachant avec une certitude quasi arithmétique, quelles sont alors les mesures nécessaires pour mettre un maximum de victimes à l’abri avant que tout s’écroule. Ce sont les tergiversations en cette matière qui sont irresponsables, de mon point de vue.

      La tâche est considérable et suppose de remettre à plat quantité de pratiques, tant dans nos modes de production que de consommation (et je ne parle pas de ces farces grotesques que sont les labels bio ou de commerce équitable), mais également en termes d’aménagement du territoire ou encore de notre relation (éthique/morale) au travail. Il ne s’agit pas de mettre une taxe ici ou un portique là, mais bien d’interdire certaines pratiques, de démanteler certaines industries, le tout en garantissant à chacun « de moyens convenables d’existence » (pour paraphraser l’article 11 du préambule de 1946). Pour éviter le pire, il faut accepter d’anticiper le pire, c’est aussi bête que ça.

      1. …selon Granier:
        « et C où le système survit mais uniquement parce qu’il subit une authentique métamorphose et se retrouve à l’arrivée très différent de son point de départ.  »

        C’est cela: il faut construire un système radicalement différent, e passant par la case « effondrement positif »; nous aurons, avons, en phase intermédiaire, à construire un radeau…
        soit nous commençons à démonter le bateau pour construire un radeau d’importance,
        soit nous attendons que le bateau soit pulvérisé pour ne pouvoir se raccrocher, fort peu nombreux, à quelque corps flottant.
        Avant tout cela ou en même temps, nous, galériens, devons nous débarrasser des chaînes qui nous entravent.

      2. @dissonnance, j’oscille moi aussi en C et D : le système actuel, jamais ne pourra revenir !

        Mais on n’abandonne pas les voyageurs à bord du navire à une mort certaine à bord ou dans l’eau, si on n’a pas un autre moyen de locomotion à leur proposer, avec une phase de transition.

        Je persiste : il reste encore des choses utiles à faire à bord du navire.

        Désolé si vous n’aimez pas cette métaphore, je suis preneur d’une meilleure !

  8. Le fondateur d’un labo que je fréquente, le LIED, refondateur de la physique à Paris Denis-Diderot (« Tolbiac ») avait eu cette idée simple pour l’organisation :
    Par trois à tous les étages (équipes, groupes, labos, départements, UFR). Parce que comme ça il y en a toujours deux qui comprennent qu’ils doivent s’entendre, et le troisième peut se faire expliquer et doit bien arrêter de bouder assez vite pour continuer sa vie.
    Un « survivalisme collapsologique éclairé » peut-il ainsi définir la « bonne échelle », celle du pays nous dit-on plus haut.
    Par exemple, vous supposez que vous aurez encore une adduction d’eau, fut-ce basé sur un puits dans votre rue transformée en truc un peu tiers-monde sur les bords. Alors il vous faut connaitre non pas un plombier, dans votre « sphère de survie », mais au moins trois, car au moins vous saurez à quoi vous en tenir sur leur politique (il suffit d’en sonder deux). Chaque plombier a besoin de trois sources d’appro, pour les mêmes raisons (frugal, mais quand même du tuyau de base, des joints et raccords , des vannes et des robinets, de la brasure, des outils). Et ainsi de suite de l’industrie vers le haut, jusqu’au moment où le graphe est « bouclé », les interdépendances repartent vers le bas (le producteur de tuyau a besoin de votre savoir en programmation pour que ses panneaux solaires (de récup’) lui permettent de continuer le moins mal possible le travail incompressible au jour le jour (livraisons, coupe, …). Ce n’est pas très loin d’une économie de guerre, mais dans ce cas, tout le monde a une idée du but (sauf lors des mutineries, certes). Dans le cas d’un « machin chose collapsologique éclairé », il faut une conscience de ce type de bouclage, donc du type de réseau désirable et de son « foisonnement » minimal.
    Si ce type d’idée est assez répandu, l’échelle monte naturellement « vers la haut » comme la bouée.
    Mais c’est bistable, si on n’atteint pas ce seuil, c’est le repli « vache ».

    1. Timiota,

      ton exemple de l’adduction d’eau est maintenant un objet collapsologique parfaitement indentifié.
      C’est un objet stratégique, puisqu’il s’agit de veiller à la résilience des systèmes ubains. Réunissons-nous, créons un site think tank

      « repli vache », c’est laquelle des catastrophes?

    2. Le but des survivalistes est justement d’être hors réseau , en fait en adoptant ne serait ce que le mode de vie de vos grands parents vous pouvez déja vous épargner bien des soucis

    1. Oui, deux autres pays ont du réduire leurs investissements militaires, non par choix mais par obligation, les deux grands perdants l’Allemagne et le Japon ont du capituler. Trente ans plus tard, ils démontrent les bienfaits de cette punition infligée par les vainqueurs.
      La Leçon n’a pas été retenue. Des sommes gigantesques ont été brulées de part et d’autre pour faire advenir et déclencher l’apocalypse. Allez comprendre cette logique.
      Les grecs, eux, avaient compris qu’il y avait deux grandes familles : les dieux d’un côté et les hommes de l’autre.
      Mais pourquoi sommes-nous toujours aussi con ?
      Ce doit être ça « congénital ».

      1. @Hervey
        « Les grecs, eux, avaient compris qu’il y avait deux grandes familles : les dieux d’un côté et les hommes de l’autre. »
        Les Grecs modernes, eux, n’ont pas bien compris qui sont les dieux du moment, n’ont pas tiré d’enseignement du passé… la maladie congénitale s’est aggravée !

      2. @Hervey
        Certes, certes, mais un Emmanuel Todd vous dirait que Japon et Allemagne ont des structures familiales identiques expliquant leur mode d’organisation sociale et économique.

  9. Car à nouveau, en l’état de la science, nul ne peut prouver que ce scénario est désormais inévitable

    Il me semble qu’il y a une erreur ici. En science, on ne peut jamais prouver l’inexistence de quelque chose. Çà vaut pour un évitement. Je peux prouver « qu’il y a un habitant sur la Lune », si j’en trouve un. Je ne prouve pas « qu’il n’y a aucun habitant sur la lune », si je n’en trouve pas.

    1. @Vincent Rey.

      Je parle de prouver l’existence de l’effondrement à terme.

      Je maintiens, en science, on peut apporter une démonstration convaincante que le soleil va se lever demain matin. Cette affirmation est réfutable, comme toute affirmation scientifique. Donc je ne vois pas ce qui empêche, en pratique, de comprendre les lois de trajectoire du climat terrestre de façon telle, qu’on puisse prédire son comportement à moyen et long terme, sauf fait contraire qui remettrait en question le modèle scientifique (on observerait que le soleil ne se lève pas).

  10. Bonjour,
    Il y a un phénomène qui n’est pas, peu ou rarement verbalisé par les collapsologues : la mort en masse de gens. Entre la société industrielle dans laquelle nous vivons et la nouvelle société imaginée par leurs soins, il est à craindre un écrémage démographique. Combien de gens dont les besoins vitaux de base (alimentation, santé, sécurité) sont assurés par la société industrielle vont pouvoir survivre durant et après la transition entre les deux sociétés ? La courbe démographique du scénario BAU du rapport Meadows me semble bien représenter cet écrémage démographique.

    1. C’est bien là tout le problème , même pendant les guerres les morts ne se comptaient pas par milliards , là on parle de pays entiers se transformant en immenses tombeaux :-{

      1. S’il n’y avait que les guerres. Lors d’une conférence Jancovicienne, ce brave jean-Marc a parlé de trois éléments qui viennent réguler manière contrainte la démographie : la Guerre, la Famine, la Maladie (épidémie). Dans l’histoire de l’humanité il y a eu des épisodes dans ce genre qui ont bien régulé la démographie. Un petit exemple : à la grande boucherie de 14/18 (18.6 millions de morts) a succédé le massacre de la grippe espagnole (30 millions de morts). Joli score, isn’t it ?
        Il manque cependant, un quatrième élément aux trois cités par Jancovici : la Conquête. Vous avez alors les 4 Cavaliers de l’Apocalypse… Euh ! Naportenaouaque ! Me répondrez-vous ? Allez en toucher deux mots aux Irakiens et aux Syriens. Il serait intéressant d’avoir l’avis à ce sujet de Gaël Giraud chef économiste de l’AFD et jésuite de son état.

  11. La collapsologie, comme l’économie, n’est pas une science. Tout juste un concept. La déclinaison « logos » ça fait plus chic. Comme si on disait « intuitologie »
    Ne lui demandons pas de nous éclairer sur le chemin à prendre.
    D’ailleurs il se trouve des « collapsologues » optimistes (on peut encore agir, on doit agir…) et des « collapsologues » pessimistes (de toutes façons, c’est foutu) et même des « collapsologues » cyniques (foutu pour foutu autant manger du homard).
    Çà me fait penser aux romans de Stephen King (Le dôme, Brume, le Fléau..) On a une situation de très grand stress et on observe le comportement de chacun, et comme pendant la guerre de 39-45, on a toute la palette.

  12. Cher toutes, ,cher tous,
    Je fais partis de ceux qui s’abstienne aux élections.

    J’ai une action politique fort fort fort importante.

    Dans des associations et autres sphères.

    Être engagé dans des assos de lutte contre les OGM, anti-nucléaire, de transition sur un territoire local etc… est il de la politique ?

    L’action de Sea-watch, L124, Sea-shepherd est elle de la politique.

    Alors j’assumme ne plus voté et ne plus subir l’injonction de choisir entre Marine et Emanuel.

    Je me suis fais avoir en 2002, plus jamais ça.

    Je confirme que mon action se situe pour faire bouger les « simples » gens de la classe moyenne qui veulent que le monde de leur 20 ans existe toujours pour leurs enfants.

    Que le déclassement n’existe pas !!!

    Que si la paix existe s’est pas parce qu’elle est externalisé, non de non quelle idée au temps des concept de proxy !!!

    Que mon summun c’est de toujours le valoir bien et être récompensé par mes vacances au ski, et de prendre l’avion pour toutes les capitales européennes comme le propose les pubs de Télérama ou des lieux à découvrir pour faire du tourisme intelligent pas du tourisme avec un robert sur le dos!!!

    La vrai politique se trouve parmis tous les Camilles des ZAD qui par leurs expériences et leurs modes d’action conserve notre esprit de révolte.

    Car il y en a qui croit encore que la chose se règlera par la politique institutionnelle actuelle.
    Demandez aux Grecs, certains ont voté pour une soit disant alternance et le premier acte de cette nouvelle majorité à été de supprimer les quelques fonctionnaires qui s’occupaient d’évasion fiscale.

    Alors je trouve tous ceci très bisounours et l’anathème jeté sur les colapso très fastoch.
    A quand je vous retrouve fasse au robocop et près à y laisser quelque chose de votre peau?

    Allez je vais méditer un bon coup pour la survie de l’espèce, avec toute ma tendresse Pierre de la tribu des Queralt’s.

    1. Bonjour Pierre,

      Moi aussi je me suis « fait avoir » en 2002. Mais je verrai plutôt cela comme un moment d’apprentissage. On apprend aussi en se faisant berner. Cela ne fait pas plaisir mais c’est parfois nécessaire.
      Quant au monde de nos enfants quand ils auront 20 ans (de mes deux enfants en particulier, un garçon de 11 ans et une fille de 8 ans) ? Il sera différent du monde de mes 20 ans comme le monde de mes 20 ans a été différent de celui de mes parents (j’ai 50 ans balais, ma mère 77) . Je crains hélas qu’il a plus de chance d’être « merdique » que « féérique ». Comment s’y préparer ? Comment les y préparer ? Comment leur en parler ? Peut-on encore l’éviter ?
      Il y a peu, j’écoutais Laurent Alexandre sur Thinkerview (j’ai eu vraiment du mal à tenir). A la fin de la vidéo, ses conseils pour la jeune génération étaient : « Jouissez… Profitez… Et n’écoutez pas les prophètes de Malheur apocalyptiques qui vous démoralise ». Personnellement, j’ai du mal avec les prophètes de Bonheur cornucopiste.

  13. @ Cédric Chevalier

    Qui sont les marins, où sont-ils et que font-ils en ce moment ?
    En qui auriez-vous assez confiance pour remettre en ses – ou en leurs – mains la survie de l’espèce ?
    Nous parlons bien d’un effondrement et d’une urgence comme jamais les humains n’en ont connue n’est-ce pas ?

  14. Avec 34° ce soir sous mon toit, je ne suis pas certaine d’avoir l’esprit très clair…
    Voilà ce qui me passe par ma tête échauffée : à peine publié, déjà oublié le livre de Fred Vargas. Je me disais en l’écoutant lors de son passage à la Grande Librairie : « Enfin quelqu’un qui met des mots justes sur un symptôme majeur des dirigeants de ce monde : des névrosés obsessionnels ». Eh oui, le fantasme de toute-puissance issu d’une période très archaïque de l’enfance, est appelé « normalement » à se dissoudre face au roc du réel.
    Mais lasse… les pathologies galopantes de toutes sortes et de toutes formes constituent la partie immergé de l’iceberg, dont on parle jamais ou si peu…

    Quant à mon fantasme de toute puissance à moi, ce serait : « Allez hop, thérapie de masse généralisée ».
    Mais non, je retombe sur terre. Voilà bien longtemps que les psychanalystes bien au chaud dans leur cabinet ne s’occupent guère plus que de disserter sur la PMA ou sur l’incidence des divorces sur le développement de l’enfant. Et entre parenthèses et entre nous soit dit… on pourrait aussi s’interroger sur cet acharnement à vouloir à tout crin « produite de l’enfant » (en tant que bien de consommation, bien entendu) à l’heure où dans les crèches les-dits ne seront même plus autorisés à sortir à l’extérieur, mais à jouer bien confinés, bien au frais grâce aux climatiseurs.
    Tout au plus un auteur se réclamant de la psychanalyse a sorti récemment quelques pages pour nous avertir, tel Nostradamus que nous allons vers le chaos. Merci, on était sans doute au courant. En attendant, je peux présupposer aisément, que comme les collègues, à l’heure qu’il est, il doit avoir fuit la capitale pour aller patauger dans un p’tit coin tranquille, quelque part dans îles (eh oui, je connais très bien les mœurs de psys parisiens).
    Quant à moi, ce soir, ce sera éventail et eau fraîche…

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