Vive Greta ! par Jacques Seignan

Ouvert aux commentaires.

Greta Thunberg est une immense personne. Il arrive ainsi que dans l’Histoire de telles personnalités exceptionnelles surgissent, avec un charisme fédérateur, un courage indomptable.

Paul Jorion l’a déjà dit dans un billet

« Il y a deux camps qui sont en train de se créer et ces deux camps, c’est clair : il y a ceux qui sont pour Greta Thunberg et il y a ceux qui sont contre, et ce sont des camps qui sont véritablement dressés l’un contre l’autre. Il y a d’un côté ceux qui disent du bien de Greta Thunberg, c’est-à-dire de la survie de l’espèce – appelons ça par son nom – et ceux qui en disent du mal et ceux-là, ce sont des ennemis de l’humanité, ce sont des gens qui ont toujours été pour l’obscurantisme, contre la pensée, contre l’humain ».

Greta est donc un marqueur qui au-delà des postures de tel ou tel montre à quel camp on appartient.

Dans une  remarquable chronique Stéphane Foucart [Climat : les habits neufs du scepticisme, Le Monde du 31 août 2019] démontre comment les climatosceptiques ont dû battre en retraite. On a pu malheureusement le constater sur ce blog même, un dernier avatar de cette infamie s’opère par la négation de la cause anthropique du réchauffement. Souvent gens bien vertueux, bien-pensants « de gauche », diplômés ou non, se rendent involontairement complices de ces basses œuvres : en effet dire que l’humanité n’y est pour rien (et ce malgré toutes les preuves scientifiques) revient à dire qu’il suffit d’attendre le refroidissement inéluctable. C’est bien un défaitisme irresponsable relevant de la non-assistance à espèce en danger. Comme l’écrit S. Foucart dans son dernier livre sur la destruction des insectes : « Et le monde devint silencieux », cette démarche s’applique à la 6ème extinction car viennent d’apparaître des sceptiques sur sa cause anthropique, encore une fois stipendiés par l’agrochimie, pour empêcher toute action immédiate.

Mais pour en revenir à notre jeune héroïne, comme S. Foucart l’écrit : elle subit une « une campagne de dénigrement d’une violence inouïe ». Il cite des noms de gens qui rivalisent dans l’abjection de type raciste, contre une autiste :

« A peu près rien ne fut épargné à la jeune fille. « Quelle âme habite ce corps sans chair ? », s’interroge Michel Onfray. Elle « affiche son syndrome d’Asperger comme un titre de noblesse », persifle Pascal Bruckner. C’est pire encore pour Raphaël Enthoven, pour qui elle n’est « qu’une arnaque, qu’une image, qu’une enveloppe vide mandatée pour dire le Bien ». »

Mais on pourrait en ajouter d’autres tels MM. Laurent Alexandre ou Nicolas Sarkozy, ce dernier, politicien failli, inculte, poursuivi dans de multiples affaires (pour lesquelles il est supposé innocent, bien sûr), a fait rire une assemblée du Medef en ironisant sur la jeune Suédoise. Quel plus bel hommage que celui-là !

On a également eu droit à des commentaires minables, y compris ici sur ce blog éclairé, sur sa traversée de l’Atlantique. Mais est-il besoin d’y revenir ?

J’ai un profond respect pour tous les « handicapés psychiques », les autistes, Asperger ou pas, ou autres. Pouvoir s’enrichir à leur contact, partager des idées, des affects, des moments solidaires avec eux, est un grand privilège que ces mauvaises gens citées plus haut, unies dans leur détestation, leur mépris et leur bêtise arrogante, n’ont visiblement jamais eu. Dommage pour eux, ils y gagneraient en humanité, qui sait ?

Pour conclure, à voir la liste des ennemis de Greta ─ nos ennemis ! ─ on comprend désormais la force incroyable de son action, qui s’opère à un niveau mondial avec en premier, les jeunes générations. Deux aspects essentiels et porteurs d’espoir.

Merci Greta !

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113 réflexions sur « Vive Greta ! par Jacques Seignan »

  1. Un grand merci pour le partage de cet article…
    qui dit aussi l’essentiel de ce que je pense sur ce(s) débat(s) et qui m’a agité (entre autres questionnements et/ou inquiétudes) une grande partie de l’été…
    Il résume en tout cas très bien la situation aberrante des actuels remous sur le prétendu « diktat » écologique, stigmatisé en particulier autour de la figure de cette jeune suédoise Greta Thunberg.

    Sans parler de ces grands malades qui gouvernent la planète, certains des plus médiatiques et paradants intellectuels français à la mode (Michel Onfray, Pascal Bruckner ou Raphaël Enthoven, pour ne citer que ces grosses vessies, mentionnées dans l’article), n’ont rien trouvé de « plus intelligent » que de déverser sur elle un fiel obscène aussi bas qu’émétique, des persiflages dignes des pamphlets les plus nauséabonds « d’une autre époque » – quoique désormais le tribunal de la vindicte médiatique, le dénigrement des personnes, la violence et la bassesse de ce genre de Jugements publics (exacerbés et banalisés par le net) soient vraiment très dans l’air du temps…
    un air désormais partagé avec une indignité « décomplexée » par certains intellectuels médiatiques.
    Défendre la vie serait dictatorial ?! vouloir limiter les émissions de CO2 serait restreindre les libertés démocratiques ?!

    En revêtant « les habits neufs du scepticisme » (clin d’œil au regretté Simon Leys, authentique franc-tireur, lui), ce sont bien eux, ces hérauts de la conscience morale (ou plutôt moraline) et prétendus défenseurs de la liberté, qui endossent aussi les habits neufs de la terreur idéologique…

    Vraiment de pauvres types (je ne trouve pas de mots plus justes) – et ce sont eux qui se pavanant sous les feux de la rampe des médias sont considérés « massivement » comme parmi les grands intellectuels de notre époque en France ?! Où sont les V. Hugo de notre époque ?! les francs-tireurs et indomptables qui montent au front ?! certes, on en connaît… mais ils ne font généralement pas les unes des médias… Jacques Rigaut disait que « la pensée est une besogne de pauvre »… tandis que les susnommés en ont fait un business, comme un autre… (« Basse époque », comme dirait Deleuze).

  2. Pendant qu’on se pâme à propos de Greta Thunberg, on ne fait concrètement rien pour la sauvegarde des écosystèmes. Continuez donc de vous pâmer…

    1. En quoi le fait d’encourager Greta Thunberg empêche de « sauvegarder les éco-systèmes » ? Tu crois vraiment qu’encourager Greta Thunberg c’est une activité plein-temps ?

      [Ce Dissonance, parfois, vraiment, il me pompe ! ]

      1. C’est intéressant, cette « dissonance ».
        Manifestement, pour « elle », on ne peut pour chaque sujet n’avoir qu’une seule idée, qui ne peut induire qu’un seul comportement, et évidemment inadéquat.
        Sommes-nous donc tou(te)s tellement nuls.
        J’imagine que la dissonance a surtout lieu dans sa propre compréhension.
        Dès qu’il y a complexité, « elle » ne pige plus rien… et refile le « problème » aux autres…

      2. @Paul Jorion

        Encourager Greta Thunberg n’empêche absolument pas de sauvegarder les écosystèmes, sauf quand ses déplacements médiatiques génèrent un surcroit non négligeable de dépenses énergétiques, auquel nous surajoutons tous allègrement en y allant de nos petits commentaires (les serveurs, ça consomme, de même que les avions).

        Et effectivement, pendant que nous palabrons et que nous lisons et faisons des recherches pour produire les discours les plus érudits possibles, notre principale action est d’occasionner des dépenses énergétiques dispensables, et le temps pour faire cela, s’il n’est pas plein, n’est certainement pas négligeable non plus.

        Vous et moi ne sommes résolument pas d’accord sur la question de la décroissance, ce n’est pas une nouveauté, mais votre manière de systématiquement présenter cette approche comme simplement absurde finit par être tout à fait pénible et de mon point de vue, infondée.

        Je l’ai déjà dit précédemment, je le répète, je ne me résous pas à accepter toutes les aberrations du « progrès » de manière contrite. Je n’accepte pas, et je n’accepterai jamais, la thèse de la roue à cliquets. Pourquoi faudrait-il embrasser tout de go l’agriculture industrielle qui ne nourrit pas plusieurs millions de personnes à travers le monde alors qu’elle gaspille 30% de sa production (chiffres du dernier rapport du GIEC)? N’y a-t-il pas une gigantesque réflexion à avoir sur ce sujet, ainsi que sur de nombreux autres?

        Réflexions qui ne nous feraient pas forcément « décroitre » dans tous les domaines mais nous engageraient à tout le moins à moduler drastiquement nos comportements individuels et collectifs (refonte totale des politiques publiques d’aménagement du territoire ou de l’emploi, par exemple).

        Et en plus de la réflexion, agissons, plantons des arbres (n’en déplaise à arkao qui semble faché avec les forêts).

      3. « quand ses déplacements médiatiques génèrent un surcroit non négligeable de dépenses énergétiques »

        Vous n’avez pas remarqué que parmi les critiques de son action, c’est la plus conne de toutes ? Et pourtant on se bouscule au portillon de ce côté-là en matière de connerie !

      4. @ Dissonance,

        Pour moi, si on n’est pas résolument pour le principe de la décroissance matérielle, on est un écotartuffe doublé d’un imbécile.

        Greta, dans tous ces discours, remet totalement en cause le développement économique actuelle et le système en place, et à raison elle dit que les riches (nous quoi !) doivent diminuer leurs empreintes écologiques massivement (c’est à dire leurs consommations d’énergies et de biens) pour permettre aux plus démunis sur la planète d’accéder à une qualité de vie honorable et digne (infrastructure et biens). Si on ne soutien pas cette position, on passe totalement à côté de son (notre) combat. Elle le sait bien Greta, que l’idéal eut été d’y aller à la voile et de revenir ainsi avec le même équipage, l’idéal eut été de ne pas avoir à y aller d’ailleurs, mais le monde est le monde…

      5. @Dissonance
        Je ne suis pas fâché avec la forêt, mais que des arbres, ça ne nourrit pas son homme (surtout à 7 milliards sur la planète). Il y a un équilibre à trouver entre les différents écosystèmes anthropisés.

      6. @Cloclo

        « Pour moi, si on n’est pas résolument pour le principe de la décroissance matérielle, on est un écotartuffe doublé d’un imbécile. « 

        Je suis totalement d’accord avec cela. Mais c’est justement l’un des drames qui anime ce blog dans bien des domaines: D’accord pour tenir des discours emphatiques sur la remise en cause de grands principes (le capitalisme, le développement non-durable, etc.), mais absolument plus d’accord quand il s’agit de mettre en œuvre les idées qu’on porte, donc surtout pas de décroissance: « Voyons, mais vous n’y pensez pas, on ne va pas revenir à la bougie ou devenir des amishs« .

        C’est cette contradiction récurrente qu’il me parait important de relever quand je la constate. Je m’intéresse par ailleurs de plus en plus à des idées telles que le refus de parvenir ou encore la théorie du Bloom, qui toutes deux prônent une forme de désertion, ce qui dans le contexte d’une civilisation en plein déliquescence n’est plus un acte crapuleux mais une saine réaction de survie.

        Or, aussi formidables semblent les discours que Greta porte, ses actes ne sont pas à proprement parlé des désertions, mais plutôt une continuation du Spectacle dans une posture d’opposante (je ne cherche pas ici à remettre en cause sa sincérité, juste sa consistance). Jouer le Jeu bien ou le jouer mal, mais jouer toujours, en quelque sorte. Personnellement, je n’ai plus très envie de jouer.

      7. @Cloclo

        « Pour moi, si on n’est pas résolument pour le principe de la décroissance matérielle, on est un écotartuffe doublé d’un imbécile. »

        Je suis absolument d’accord avec cela.

      8. Il faut être pour la décroissance, mais si on est suffisamment naïf pour croire que le capitalisme ne fait pas obstacle à la décroissance, on est un décroissant inoffensif et insignifiant.

      9. @Paul Jorion

        « Il faut être pour la décroissance, mais si on est suffisamment naïf pour croire que le capitalisme ne fait pas obstacle à la décroissance, on est un décroissant inoffensif et insignifiant. »

        Raison de plus pour ne pas alimenter son Spectacle en faisant de la préoccupation environnementale une entreprise de marketing.

      10. @ Paul Jorion,

        « croire que le capitalisme ne fait pas obstacle à la décroissance, on est un décroissant inoffensif et insignifiant. »

        Je pense qu’ici aucun intervenant en accord avec les idées de décroissance n’est un suppôt du capitalisme. Un décroissant/capitaliste serait un oxymore et un crétin assurément. M’enfin, c’est quoi ce faux procès d’intention ? Un coup de fatigue ?

      11. Je précise au cas où, que je ne classe pas du tout Greta dans les éco tartuffes ! C’est une jeune fille pleine d’énergie et de convictions, et aussi comme nous tous elle fait avec les moyens du bord. Mais il serait dangereux dans faire une sainte ou une sorcière, on sait tous comment elles finissent et c’est pas bon pour le réchauffement en général…

      12. Et je complète pour Dissonance, que je suis un décroissant convaincu, mais qu’il nous faut juste avant totalement et entièrement, rationnellement autant que faire se peut, développer une organisation matérielle à l’échelle planétaire et donc encore puiser dans les ressources pour construire ce que j’appellerai notre « arche de Noé ».

        Au lieu d’aller sur Mars pour vivre dans une bulle sans espoir, je pense à des ensembles densifiés très structurés, prenant en compte une maximisation surface/confort, pour chaque être humain, des ensembles très économes et conçu pour plusieurs siècles, afin de rendre les terres à la cultures en adéquation avec des besoins raisonnés de qualité, et surtout de rendre tout le reste de l’écosystème à la biodiversité naturelle sans plus aucune intervention autre que scientifique. Je suis certain que cela est réalisable et à notre portée techniquement pour 7 ou 10 milliards d’individus qui naturellement ensuite vont se réguler tranquillement dans la poésie, le savoir, l’amour et le jeu. Un dernier emprunt pour solder les comptes en quelques sortes…

    2. @ Dissonance, une question naïve, au 1er degré : vous faites quoi, vous, de concret pour sauvegarder les écosystèmes ? N’hésitez pas à nous faire partager votre expérience concrète.

      1. @dissonance Il ne vous est pas interdit de vous mettre au diapason ou de régler votre harmonie sur les belles et enthousiasmantes initiatives comme celle de cette jeune fille ! Point n’est besoin pour vous de chercher à tout prix à exister par posture de dissonance, au prix de vous singulariser dans l’absurde.
        Si vous pensez que fédérer des millions d’énergiques jeunesses pour une noble cause n’est pas concret, j’aimerais bien vous rencontrer par curiosité. Tels les shadocks nous pourrions voir qui pomperait le plus fort ! A moins qu’il ne s’agisse d’une pompe à vide

      2. @Jacques Seignan

        J’attendais avec gourmandise cette question, à laquelle je réponds ainsi: Je plante des arbres.

    3. « Pendant qu’on se pâme à propos de Greta Thunberg, on ne fait concrètement rien pour la sauvegarde des écosystèmes. Continuez donc de vous pâmer… » C’est un sophisme. Le message de Greta G. est simple : « on ne fait rien, écoutez les scientifiques et agissez. En attendant je fais grève devant le parlement ». Vous dites la même chose en critiquant la « polémique spectacle ». Ce qui est l’alimenter.

      1. @chabian

        Ah non, je ne fais pas la même chose, d’aucune manière. Ma portée médiatique est nulle, je ne planifie aucune intervention devant quelque élu que ce soit, et n’ai aucune équipe autour de moi pour le faire, et tout cela est très bien ainsi. Et pour ce qui est d’alimenter la polémique, ce n’est pas moi qui ai initié ce billet idolâtre, jusqu’à preuve du contraire.

        Pardon d’avoir la mémoire un peu moins courte que d’autres, mais il fut un temps où il était dit ici qu’il ne fallait pas attendre de solution de « personnes providentielles ». Je constate avec dépit que sur ce sujet comme sur d’autres, la ligne éditoriale a bien changée ces dernières années.

  3. Chères toutes cher tous,
    Je sais plus ou j’ai fait un long comment terre sur Greta est de l’ordre de la révélation.
    Et Greta notre Bernatette (De Soubirou) à nous.

    Toutes ces attaques ignobles sont la preuve qu’elle emporte la mise et qu’il faut taper sous la culotte.

    Ils tapent sur la personne à défaut de pouvoir taper sur la messagère.

    Encore la preuve qu’on est en train de gagner.

    Allez je vous aime tous même dissonance avec toute ma tendresse pleine de philia, bon vent ( pas drôle en période d’ouragan Dorian) mais bon juste un zeste de mauvais goût, Pierre de la tribu des Queralt’s.

  4. Pour les « mauvais », il y a le déni de se dire qu’eux aussi ressentirent des convictions « pleines » à ce genre d’âge, mais qu’au lieu d’en faire fructifier l’entièreté, ils ont travaillé dur pour avoir voix au chapitre (éditorial), en apprenant la science des courbettes (courbette aux desiderata des médias et de St G des Prés), c’est leur « marque de succès », leur « diplôme intrinsèque », y renoncer est trop dur pour eux.

    Ils n’ont sans doute pas expérimenté par eux-même un « cercle vertueux » (en savoir ou en réalisation, Aristote traduira en puissance ou en actes), malgré les apparences (les universités ouvertes d’Onfray à Argentan par exemple) .

    1. à toutvabien, eh oui, c’est vieux comme le monde tout ça. Casser par tous les moyens. Élaguer tout ce qui perturbe et qui dépasse. . Quelle condescendance.
      Avez-vous compris ce qui s’est passé concrètement un jour sur un trottoir avec un pancarte ? N’avez-vous pas une once d’estime pour elle ? Que des hordes s’approchent, cherchent à détourner, récupérer … Calomnier et aucune justification de sa part ne suffira jamais ; c’est habituel… faudrait-il remonter à Jeanne d’Arc ?

      1. On ne s’est pas compris. Les petits malins derrière n’enlève rien à mon estime pour cette jeune femme. La naïveté est un poison pour la candeur. Greta à l’égal de Branco me vont droit au coeur.

  5. Ainsi donc, nous serions comme en guerre, avec un camp du bien et un camp du mal. Des alliés, des ennemis. Soit.
    Les discours guerriers ne m’ont jamais enivré, pas plus que la polarisation des positions. Je n’ignore pas bien-sûr ce que « l’esprit munichois » doit historiquement au Pacifisme. Aussi accordez-moi le temps de la réflexion à moins que l’injonction à « être Greta » revête une urgence absolue, sous peine de peloton d’exécution.
    Je réitère néanmoins ma réflexion parue dans un précédent billet au sujet de la dite demoiselle. Quand les enfants entrent ainsi dans le champ du politique, ce n’est généralement pas bon signe sur l’état des sociétés. Qu’on veuille bien me pardonner de prendre un peu de recul historique en ces temps d’urgence apocalyptique. Je ne cache pas qu’au premier abord cet événement suscite en moi un sentiment de malaise plus que d’enthousiasme débridé. Comment cette position peut-elle entrer dans le cadre de la polarisation ? Être mal à l’aise et se poser des questions vous fait sombrer dans quel camp, celui du bien ou du mal ?
    Encore des sophismes me direz-vous, mais si tous les commentateurs du blog de PJ ne faisaient qu’applaudir à chaque billet, on s’y ennuierait ferme 😉
    Il faut bien de temps en temps que quelqu’un joue le rôle de l’idiot utile. Je courbe l’échine, j’attends les coups et je ne doute pas qu’avec Jacques la schlague va être sévère.

    1. @ arkao, ah ah ! « la schlague va être sévère » ! Quelle image : mais vous ne connaissez rien de moi pas plus que je connais rien de vous.
      Une de mes idoles, l’immortel et génial Francis Blanche, avait interprété Papa Schulz et des copains avaient décelé une certaine ressemblance avec moi (à la corpulence près…) :- D
      Bon, je confesse : la diplomatie et moi ça fait deux et surtout quand il y a (à mes yeux) des enjeux fondamentaux, en un mot de survie.
      En repensant au livre cité de Foucart et à toutes les autres études sur l’éradication de insectes pour de purs intérêts commerciaux sans que nous ne puissions rien faire, en repensant aux déforestations par brulis des grands producteurs brésiliens en Amazonie pour nous vendre du soja et ailleurs pour l’huile de palme, en repensant à toutes les saloperies qui détruisent nos jeunes générations uniquement pour faire toujours plus de fric, eh bien oui ! j’assume de dire que ce sont nos ennemis, ces gens qui nous tuent à petit feu mais aussi parfois à plus grande échelle dans certains pays. Des gens qui n’ont aucune éthique, pour qui seul l’accroissement pathologique de leur richesse compte. Des gens qu’il faut donc combattre avec la force qu’ils emploient systématiquement contre nous ─ y compris en achetant politiciens et experts.
      Les temps plus optimistes de Francis Blanche et Jean-Pierre Mocky appartiennent au passé : désormais nous sommes en guerre, que vous le vouliez ou non.

      1. @Jacques Seignan
        «  j’assume de dire que ce sont nos ennemis,… »
        Sans doute aucun, il y a des ennemis!
        Mais se servir de Greta pour séparer le bon grain de l’ivraie, y compris ici, parmi les contributeurs/commentateurs du « seul blog optimiste du monde occidental »… me laisse, comme arkao, un tantinet pensif.
        J’ai aussi le travers consistant à vouloir catégoriser voire juger… ça se tasse un peu avec l’âge, mais ça se détasse aussi en lisant ce genre de billet.

      2. @Jacques Seignan
        On se connait un peu quand même par le biais de nos échanges respectifs (et dernièrement explosifs) sur ce blog 😉
        Je vais pinailler un peu sur le « nous sommes en guerre » puisque l’esprit de Munich plane de nouveau dans l’actualité médiatico-littéraire.
        Une guerre a été déclenchée contre le vivant par une « religion féroce » un « fascisme en col blanc » pour reprendre les justes expressions de Paul Jorion. Ok, je suis d’accord. Si je suis la logique du raisonnement, nous devrions entrer en résistance, comme l’ont fait nos glorieux pères ou grand-pères (enfin, pour ceux qui ont choisi le bon camp et j’ai eu cette chance quoi qu’on ne choisisse pas ses parents). Ne pas faire ce choix nous vaudrait l’accusation de munichisme ou de lâche attentisme (comme 80 % des français entre 1940 et 1944). Je veux bien vous l’accorder. Reste la question des « armes ».
        https://www.youtube.com/watch?v=-iZ0pVzYtfk
        Et sur ce point, Greta Thunberg pourrait en être une (parmi tant d’autres), mais personnellement je goûte peu les emballements flirtant avec l’idolâtrie.
        Enfin, Paul Jorion nous a maintes fois présenté la guerre comme étant la plus mauvaise des solutions en situation de crise et fait l’éloge de la diplomatie pour résoudre les conflits. Il faudrait bien un jour que l’on discute de ce paradoxe (la nécessaire diplomatie versus Munich) au regard de la guerre contre le vivant qui est en cours.

    2. « Greta » c’est surtout du spéctacle autour d’une personne auquelle certains prêtent une qualité « messianique ». Personnellement ca ne m’impressionne pas. Et quand je regarde les sondages et les opinions exprimées aux USA, en Allemagne………, j’apprends que je ne suis vraiment pas le seul. Le public, contrairement à ce que la presse suggère, n’est pas tellement ému par la petite Suédoise et ses actions.
      Nous savons qu’il faut agir. Hier j’ai discuté avec un chercheur qui me disait que les glaces à Groenland fondent depuis l’année 2000, ce que les scientifiques ont constaté. Le paysage dans cette régions se modifié de manière significante. C’est la science qui doit reveiller encore davantage l’opinion publique. La politique n’agit que sous une forte pression. Mais ce n’est pas la petite Suédoise qui le fera. D’ailleurs je me demande qui tire les ficelles dans arrière-fond du Greta-show.

      1. « Qui tire les ficelles ?… »

        Vous savez quoi ? La disparition de la biodiversité est une mise en scène. Si, si, je vous assure !

        [Vous êtes abject. En êtes-vous seulement conscient ?]

      2. Monsieur Jorion, J’adore être abject, surtout quand je lis un article comme celui-ci. Et nota bene; ce n’est pas ma faute si vous êtes un soixantehuitard fossilié.

      3. Merci Germanicus, le monde compte sur vous. Et merci d’être aussi aimable : ce sont en effet les Marcuse, les Emmett Grogan, les Roel van Duyn, les Gorz, les Castoriadis, les Taubes, et l’école de Francfort en général, qui nous ont donné les outils nous offrant une chance de sauver notre peau. Pas les Onfray, les Enthoven, et Cie.

    3. Je rejoins tout de go la position d’arkao sur la gène que me provoque l’exposition d’une ado, âge combien propice par ailleurs aux positions tranchées & passionnelles, comme porte voix d’une cause qui convoque le sort de l’humanité – que les personnes de sa génération, ou plus jeunes ou guère plus vielles s’en emparent comme d’une icône- cela ne décevra pas le besoin d’héroisation souvent convoqué lorsque le monde des adultes est encore un rivage obscure – m’enfin entre personnes éclairées et portant crédit a la praxis scientifique, on ne peut quand même pas alléger notre inquiétude ou soulager notre fardeau par l’entremise d’une volonté qui n’a de puissance que la « candeur » qui l’incarne.

      1. Pour ma part j’en tire surtout la conclusion qu’il est inutile de s’adresser aux politiciens professionnels qui obéissent aux lobbys.

        Il est tout de même passablement absurde de quémander une solution à ceux qui sont à l’origine du problème.

      2. Dans l’histoire, il s’est trouvé quelquefois l’intervention d’anges, consécutive à celle de démons.

        Pour se faire une idée ou une image, dans l’esprit de la collapsologie actuelle, on peut (re) lire la Révélation ou Apocalypse :-))

        L’image peut intéresser aussi bien les croyants divers que les non-croyants, selon ceci:
        « – Serais-tu superstitieux que tu ais mis un fer à cheval au dessus de ta porte?
        – Bien sûr que non, mais il paraît que cela porte bonheur même à ceux qui n’y croient pas!
        « 

      3. « A ce jour, moins efficace que Jeanne d’Arc qui a réussi à bouter l’Anglois hors du royaume »

        Nous on a réussi à bouter le François mais pas en Hollande.
        Dommage… 🙂

    1. Merci, car je n’avais pas encore vu un discours de Greta Thunberg (j’ai pas la télé, et je ne suis pas forcément arquebouté sur l’actualité immédiate. Vraiment chapeau, avec une argumentation acerbe. Les politiques vont encore gagner en ringardise, sauf à surfer comme tout bon politicien professionnel. Je parie sur l’impact que cela va encore avoir sur la jeunesse. Question de flair. Affaire à suivre. Bien sûr, il y a un énorme effet de com’ (mécaniquement), et des tentatives de récupération ; rien de nouveau sous le soleil. Bien sûr, il y a des contradictions, sur le fait de se faire prêter un bateau par riches monégasques ou que sais-je. Mais j’ai ma petite théorie : si déjà on parvient à être de plus en plus nombreux à être d’accord sur le diagnostic, il y a plus de chance que l’on trouve des solutions. Car une question bien posé est déjà une partie de la solution (le contraire n’offre pas plus de 0% de chance d’apporter une bonne réponse)….Alors, oui, moi je vote résolument pour !

  6. Mais qui donc connaît Greta Thunberg ? Qui l’a déjà rencontrée et côtoyée? Il me semble difficile de se faire une idée correcte de quelqu’un que nous n’appréhendons que par télévision, presse, réseaux et blogs interposés. On sait que la vérité n’est pas nécessairement inscrite dans ces media.
    Une personne semble un peu plus informée et objective que d’autres. Il s’agit d’Isabelle Attard qu’on ne peut pas qualifier d’ennemie de l’humanité ni d’obscurantiste. Voici ce qu’elle écrivait au terme d’un article intéressant dans Reporterre, intitulé “Le capitalisme vert utilise Greta Thunberg”:

    “Que les choses soient claires: le combat de cette adolescente et de tous les jeunes qui lui emboitent le pas, partout dans le monde, est sain et une formidable source d’espoir pour la prise de conscience écologiste.
    Par contre, je pense qu’il ne faut pas être dupe du rôle de certains adultes autour d’elle, spindoctor, mentor, spécialistes du greenwashing, de la croissance verte et du capitalisme. Pour lutter efficacement, ne pas être dupe est une nécessité.

    Source: Reporterre
    https://reporterre.net/Le-capitalisme-vert-utilise-Greta-Thunberg

    1. Je suppose que la motivation pour tenir de tels propos, c’est la jalousie. Du genre « Quand moi je lançais l’alerte, personne ne faisait attention. Alors si une autre réussit là où j’ai échoué, je vais un peu cracher dans la soupe ! »

      Quelle médiocrité !

      1. J’ignore si la motivation de madame Attard est celle dont vous parlez. Rien ne permet de poser ce jugement. Comme Greta Thunberg, je ne la connais pas personnellement et donc je me garderai bien de supposer quoi ce soit à son encontre. Mais l’objectivité demande parfois à ce qu’on confronte des points de vues différents surtout s’ils s’appuient sur des faits réels, qu’ils nous conviennent ou non.

        Par ailleurs, je pense qu’on ne se grandit pas dans la médisance où la moquerie comme le montre encore les récentes allégations de monsieur Bolsonaro envers madame Macron.

      2. Bonjours a tous

        « Pour lutter efficacement, ne pas être dupe est une nécessité. »
        j’ai du mal à trouver, ou vous voyez de la médiocrité dans ce propos.

        j’ai pu constater comme vous tous, que ça présence a l’assemblé, le matin, a complétement perturber les débats sur le CETA de l’après-midi.
        Peut on dire, sans être insulté, que des « mouvements » récupèrent et utilisent son aura ?

        Au final, le CETA a été voté par une majorité de députés, qui l’avait applaudi quelques heure avant.
        Doit on en conclure qu’une majorité qui applaudisse Greta sont pour le CETA ?

        Cela me semble impossible, j’y voie de la schizophrénie, ou de la double pensé à la Orwell.
        Mais dites le moi, vous, du camps du bien, coté Greta, vous en êtes ou.
        Fallait t’il le signer ce CETA ? Oui ou Non

        — Pour ma part,
        Je constate qu’ici on a eu aucun article sur cette fumisterie de CETA et aucun appel a le rejeter.
        Le temps presse effectivement, et ne devrait on pas, commencer par là.

        Peut on se mettre d’accord sur le fait que devant cette crise, notamment de la complexité :
        —1— Qu’il faut inciter et aider les territoires à être autosuffisant en alimentation pour la populations qu’elle héberge. Ce n’est plus la cas de la France depuis 2018, elle l’était depuis 1945.
        —2— Qu’il faut que chaque territoire gère sa pollution et ses excréments localement. en leur interdisant de les envoyer chez le voisin même a prix d’OR.
        —3— Que ces accords de libre échanges de 4eme génération, sont en contradiction avec la survie de l’espèce.

        Merci
        Vincent

    2. @ LW, eh bien si, il y a des gens qui ont rencontré et côtoyé Greta Thurnberg : en particulier une autre jeune femme exceptionnelle, Alexandra Ocasio-Cortez.

      https://www.theguardian.com/environment/2019/jun/29/alexandria-ocasio-cortez-met-greta-thunberg-hope-contagious-climate

      Sur les photos on voit que Greta a un doux sourire ─ et ça remet en question une vison figée et dogmatique des « autistes »: sans doute incapables de sourire à des imbéciles ou des nuisibles.
      Quand Paul Jorion avait posté cette photo, je me souviens de mon émotion mais est-elle accessible à tous ?
      PS – ce calamiteux article de Reporterre qui a, malgré tout mis à la suite les réponses, prouvent bien l’intensification de la lutte autour de Greta ; elle est vraiment devenu un danger pour les pouvoirs létaux.

      1. @Jacques Seignan

        Reformulez, SVP, votre PS !
         » PS – ce calamiteux article de Reporterre qui a, , prouvent bien l’intensification de la lutte autour de Greta ; elle est vraiment devenu un danger pour les pouvoirs létaux. »

        C’est à n’y rien comprendre ! Ou, plutôt, si : pour vous (tout comme pour @Paul Jorion, j’en suis persuadé), Reporterre est à ranger parmi les ennemis de Greta ?!

      2. @ André, merci de me permettre de clarifier ce PS qui n’est sans doute pas assez clair. Je parle en mon nom.
        Je suis un fidèle lecteur de Reporterre et je trouve que ce site fait un travail formidable et indispensable.
        Je critiquais l’article en question que Reporterre a dû compléter par des liens, comme pour s’en excuser …
        Selon moi l’article de cette dame est totalement inutile (et mesquin) mais je crois avoir déjà expliqué en long et en large ma position.

    3. J’ai un peu côtoyé Greta dans une des manifs des jeunes pour le climat de Bruxelles. C’est juste une jeune fille timide qui a compris ce que bien d’autres refusent d’accepter par déni de réalité dérangeante.
      Mais là n’est pas la question. Si tant de haine se lève, c’est que, comme d’habitude, lorsque le message est trop dur à entendre, on s’attaque au messager. Que ce soit une enfant qui dit que « mais… le roi est nu » ne dessille pas ceux qui ne veulent pas croire ce que, pourtant, ils savent…
      Par ailleurs, Greta n’est pas seule (fort heureusement) et les communicants qui la soutiennent sont, ma foi, fort habiles et certainement pas désintéressés (mais qui l’est?). Je ne suis en général pas conséquentialiste mais, dans ce cas-ci, je lève mon chapeau: non seulement Greta est super efficace pour élargir la prise de conscience climatique mais elle parvient à débusquer les méchants lièvres et à les faire sortir de leur terrier.

  7. Ainsi donc, le problème numéro 1 pour notre ancien président serait la SURPOPULATION africaine (ç’est si je ne me trompe pas, Claude Allègre qui a du lui souffler ça un jour à l’oreille). Parce que l’environnement, le climat, et maintenant cette gamine qui sèche l’école … hein, « ça commence à bien faire ! »

  8. Greta n’est plus elle-même, elle est sacrifiée à la Cause, et, aussi bonne que soit la Cause, nul ne mérite d’être sacrifié pour elle.

    Ce que dit Greta est connu : si nous ne réagissons pas, l’abîme nous guette. Alors réagissons ! Mais nous ne réagissons pas, ou si peu… Porter Greta aux nues est une bonne façon de se donner bonne conscience sans rien changer à rien.

    Macron aussi le dit (discours aux ambassadeurs Il y a qq jours) : « Enfin, nous avons le grand bouleversement écologique. Celui-ci, je crois très profondément, est en accélération profonde. Nous l’avons saisi depuis plusieurs années et la France a porté une diplomatie environnementale […]. Et on voit que cette question aujourd’hui s’accélère, qu’il s’agisse du réchauffement climatique ou de la lutte pour la biodiversité. Elle s’accélère parce que les effets de notre inaction collective passée se font aujourd’hui ressentir dans nos sociétés, nos économies et partout dans le monde. Et elle s’accélère parce que nos concitoyens en ont conscience, beaucoup plus et nous pressent d’agir. Et elle s’accélère aussi parce que les conséquences de ce grand bouleversement sont là chaque jour […] » Donc même le président de la république française le dit mais il ne fait rien, ou si peu.

    Qu’est-ce que le discours de Greta apporte ?

    Nous savons et nous n’agissons pas en conséquence. Grâce à elle ce qui est déjà su est à nouveau dit, encore et encore répété. Bravo ! Mais à quoi bon ?!…

    Et puis quel chemin prendre ? Tout attendre de la technique ou au contraire, sinon faire taire la technique, au moins la ramener à une juste place ? Il y a en effet là de quoi former deux camps ennemis, irréductiblement ennemis. Faudra-t-il qu’ils se fassent la guerre ?

    D’ailleurs dans quel camp est-elle, Greta ? Pas dans celui du salut par la technique, si ?

    1. Mais qu’est-ce que c’est toujours cette auto-flagellation à la Heidegger : « Le jour où nous avons inventé le marteau, nous nous sommes perdus ! »

      C’est la vieille interdiction biblique obscurantiste : « Pas toucher à l’arbre de la connaissance ! », propriété privée de M. Dieu-le-Père !

      Qu’on nous lâche un peu les baskets avec cette ânerie millénaire !

      1. Mais ce n’est pas une « ânerie millénaire » !

        Le fait est là, l’humanité est passée de l’ignorance et de l’inconscience à la connaissance et à la conscience. Au cours de l’évolution, cela est arrivé, comment le nier ? Aussi incomplètes que soient notre connaissance et notre conscience, cela est bel et bien arrivé ; nous avons bel et bien atteint un certain niveau de connaissance et de conscience.

        La conséquence n’en est pas du tout : « Le jour où nous avons inventé le marteau, nous nous sommes perdus ! »
        Elle est : le jour où nous avons commencé à faire la différence entre le bien le mal nous sommes devenus responsables (et libres).

        « Qu’on nous lâche un peu les baskets » : c’est malheureusement impossible… À nous, à nous seuls, de nous tirer du mauvais pas ou nous nous sommes mis par appât du gain, appétit de jouissance, goût du pouvoir, envie, orgueil, aveuglement et j’en passe…

        Et nous le savons et nous n’avons plus d’excuse. « Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » est périmé…

        Alors… le salut par la technique, par toujours plus de technique… j’en doute !

        Par la lucidité, la frugalité, la modestie, l’altruisme, l’entraide, le bon sens… nous avons une chance.

      2. Y’a juste des effets « structuralistes » : la reproduction se fait à deux + la sédentarisation (couplée à la technique, surtout là où elle doit être agricole) crée la propriété privée (je fais vite, lire Darmangeat pour ne pas prendre ce virage n°2 trop vite, p ex si il y a abondance de saumons etc.) = structures d’héritage + patriarcat (le signe « = » étant probabiliste : « tendra avec probabilité élevée… » que les matheux Lebesgue et Borel me pardonnent).

        Stiegler et Simondon ont assez bien (modulo leur jargon) expliqué le « dépassement de la technique », chose que fait « régulièrement » homo sapiens: s’adapter (crise coûteuse pour abandonner les version précédentes, comme quand vous avez quitté windows XP), puis adopter, au point d’en faire quelque chose qui va de soi et peut rentrer dans la case « utile à l’humanité », comme les livres par exemple (bien que l’avis d’un chamane Yanomani voire de Socrate différerait sur ce point).

      3. Le marteau est un outil au service de l’homme, un outil convivial au sens d’Illich, c’est à dire maîtrisable. Acceptez, cher Paul, que beaucoup d’entre nos contemporains considèrent qu’aujourd’hui le technologisme (idéologie de la technique déifiée) fait d’eux des outils au service de la machine (méga- comme dit Mumford), elle même au service du productivisme (qu’il soit capitaliste ou communiste) dont nous savons qu’il est la cause des excès dont Greta dénonce les conséquences. (phrase un peu trop longue mais qui montre qu’il faut parfois oser boucler la boucle…)

      4. @Paul Jorion

        Je vous mets au défi que citer une seule phrase de Heidegger à l’appui de votre commentaire !

        Philippe Bihouix , qui plaide avec conviction pour l’usage des « Low-tech «  (et bien d’autres à sa suite), serait-il, pour vous un crypto-heideggerien ?

        Cf. ces deux livres passionnants :

        https://www.amazon.fr/LÂge-tech-civilisation-techniquement-soutenable/dp/2021160726/ref=sr_1_2?__mk_fr_FR=ÅMÅŽÕÑ&crid=1ZT6RPUS357JE&keywords=bihouix+philippe&qid=1567485066&s=books&sprefix=bijoux,stripbooks,148&sr=1-2

        et

        https://www.amazon.fr/bonheur-était-pour-demain/dp/2021388611/ref=sr_1_1?__mk_fr_FR=ÅMÅŽÕÑ&crid=1ZT6RPUS357JE&keywords=bihouix+philippe&qid=1567485154&s=books&sprefix=bijoux,stripbooks,148&sr=1-

      5. Ne devrait-on pas simplement considérer le dévelopement certains outils avec prudence et ne pas prendre tout pour argent comptant. Un peu de scepticisme et de sobriété feraient le plus grand bien à notre société et notre environnement. Il suffit de feuilleter un magazine ou naviguer sur Instagram, Facebook ou, pire, sur LinkedIn pour voir que des vues critiques et dissonantes sont cruellement manquantes pour nos jeunes. Le message transmis par Greta est donc un point de départ intéressant qu’il faut laisser se répandre, quitte à ce que son message soit relayé partiellement (ou partiallement): Les jeunes n’écoutent pas ces vieux cons, ils sont trop compliqués à comprendre. D’ailleurs ils n’ont plus envie de les écouter, ils ont trop déçu par leur attitude.

        Les outils restent pour eux bienvenus tant qu’ils maintiennent la convivialité (pour reprendre les termes de Illich). Mais je crois que cette convivialité est disparue dans nos sociétés occidentales depuis quelques décénnies. Ce sera donc un concept difficile à leur faire transmettre. Donc tout effort compte. Mais l’urgence nous laisse peu de temps.

      6. En évoquant l’arbre de la connaissance, vois connaissezPhilippe Guillemant qui interviendra en fin de semaine au colloque « Art – Homme numérique – Cerveau » avec un anthropologue André Marro sur le thème : « L’homme numérique mythe ou réalité ».
        Dans un article il donne une possible solution : « Vous savez que si la science pouvait largement reconnaître que notre futur se construit par la conscience et non pas mécaniquement, alors l’espèce humaine pourrait incroyablement mieux négocier les effondrements qui l’attendent, en colonisant dès à présent par la pensée son avenir avec des futurs souhaitables. »
        Tire de : https://www.doublecause.net/index.php?page=falsification.htm.
        Bonne lecture

      7. La « citation » de Popper qui ouvre le site au bout du lien n’a ni queue ni tête. Je n’aime pas Popper, un des penseurs fondateurs de l’ultralibéralisme, mais ce n’est pas une raison pour lui faire dire n’importe quoi.

    2. Denis, vous écrivez

      « Greta n’est plus elle-même, elle est sacrifiée à la Cause, et, aussi bonne que soit la Cause, nul ne mérite d’être sacrifié pour elle. »

      Nul ne mérite d’être sacrifié certes, mais en quoi Greta Thunberg serait-elle une victime sacrificielle ? C’est une jeune fille convaincue, et par une cause qui de fait est très valable pour ne pas dire essentielle. En quoi le fait d’être convaincue et de paraître sur le devant de la scène serait-il équivalent à un sacrifice ?

      « Ce que dit Greta est connu : si nous ne réagissons pas, l’abîme nous guette. »

      Connu ? Par vous, par moi, par beaucoup de ceux qui fréquentent ce blog, oui. Mais pas par une majorité des habitants des pays développés, pour ne rien dire d’une majorité des êtres humains. Si le symbole qu’est devenu Greta Thunberg aide, ne serait-ce qu’un peu – et ce pourrait être davantage – à cristalliser la cause du respect de la pérennité de la nature, qui est aussi respect de notre propre pérennité, et à diffuser l’adhésion à cette cause… cela ne justifie-t-il pas entièrement son action ?

      « Alors réagissons ! Mais nous ne réagissons pas, ou si peu… Porter Greta aux nues est une bonne façon de se donner bonne conscience sans rien changer à rien. »

      Il faut se garder bien évidemment de transformer Greta Thunberg en Messie, qu’elle n’est pas et il me semble ne cherche pas à devenir. Ce n’est pas elle qui apportera des solutions.

      Ce qu’elle fait, c’est représenter l’urgence, forcer tout le monde sur la place publique à se déclarer en fonction de cette urgence. C’est déjà beaucoup, voire énorme.

      « Et puis quel chemin prendre ? Tout attendre de la technique ou au contraire, sinon faire taire la technique, au moins la ramener à une juste place ? Il y a en effet là de quoi former deux camps ennemis, irréductiblement ennemis. Faudra-t-il qu’ils se fassent la guerre ? »

      Voilà LA question importante !

      La question est bien : et maintenant, que fait-on ? C’est bien au final ce que rappelle Greta Thunberg : il faut faire QUELQUE CHOSE. Reste à définir et décider QUOI. Pas à se faire la guerre, certes.

      J’ai déjà exprimé ma position, qui est que la technologie ne peut certes nous sauver à elle seule, mais qu’elle est pourtant indispensable. Et cette position est basée sur cette réalité qu’aujourd’hui NOUS N’AVONS PAS de solution technique au problème « préserver l’existence à long terme de l’humanité sur cette planète sans la transformer en phalanstère peuplé de moines prélevant très peu sur la biosphère, à la mesure de leur pauvreté (à supposer que nous sachions transformer la planète de cette manière, et rien n’est moins sûr) »

      D’aucuns proposent de répondre à cette réalité en tentant la transformation en phalanstère. On les appelle les décroissants. Je n’accepte pas leur solution, avant tout parce qu’elle me paraît politiquement totalement irréaliste. Mais ils ont au moins le mérite de ne pas se voiler la face devant la réalité.

      D’autres, plus nombreux, se voilent la face, ou bien ils ne sont tout simplement pas au courant de la situation parce qu’ils ont cru ceux qui prétendent que nous avons déjà les solutions techniques pour une « transition énergétique », à condition seulement de l’accompagner d’une transition sociale, avant tout davantage de partage et moins d’accaparement. Or, ce n’est pas vrai. Nous avons d’une part ABSOLUMENT besoin d’une transition énergétique… et nous ne savons PAS comment faire, techniquement parlant. La transition sociale est indispensable elle aussi bien sûr. Mais à elle seule, elle ne suffit pas.

      D’autres encore, peut-être les plus nombreux, en tout cas les plus bruyants puisque le président des Etats-Unis est l’un d’entre eux, sont conscients que rien de ce que nous connaissons ne saurait remplacer les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) pour faire marcher une économie quel que soit son système (différents types de capitalisme, communisme ou autre). Doutant que l’humanité puisse se détacher des énergies fossiles à moins qu’on lui donne un remplaçant au moins aussi bon qui n’existe pas, ils préfèrent, par expédient, paresse intellectuelle, peur de la réalité ou esprit jouisseur après-moi-le-déluge, croire que toutes les inquiétudes sur réchauffement et biosphère sont exagérées, d’ailleurs pas sûres hein il reste des doutes si si un type avec un entonnoir sur la tête me l’a dit, et puis de toutes façons on se débrouillera bien allez, ou alors nos enfants et petits-enfants ils verront bien quoi.

      Je crois absolument essentiel de ne perdre de vue aucune de ces réalités :
      1. Il est absolument indispensable de réduire très rapidement notre consommation d’énergies fossiles, afin de garantir notre pérennité
      2. Il est extrêmement irréaliste politiquement de convaincre la grande majorité des êtres humains sur cette planète de transformer leur existence en celle de moines pauvres dans un phalanstère à technologie primitive
      3. La seule solution aujourd’hui techniquement connue pour réduire très rapidement notre consommation d’énergies fossiles est de transformer tous les pays du monde en cette sorte de phalanstère pauvre

      La seule conclusion que peut en tirer quelqu’un qui se rappelle que quand Einstein écrivit au président Roosevelt en 1939 pour lui recommander de chercher à produire une bombe atomique avant que Hitler n’y parvienne, ce projet était technologiquement d’une ambition démesurée presque aberrante même si sa possibilité théorique était établie, et pourtant il suffit de six ans – et de sommes folles – pour le réaliser… c’est que nous avons grand besoin que un ou plusieurs des principaux pays ou groupes de pays lancent plusieurs initiatives technologiques « à budget ouvert » sur toutes les idées « folles, mais ça a l’air physiquement possible » pour produire des sources d’énergie aussi puissantes que les fossiles… mais qui ne détruisent pas le climat donc la biosphère. Et il y en a.

      1. Merci de ce long commentaire sur mon commentaire.

        « Il faut se garder bien évidemment de transformer Greta Thunberg en Messie, qu’elle n’est pas et il me semble ne cherche pas à devenir. » La question n’est pas tant ce qu’elle cherche à devenir mais bien ce que la foule fait d’elle…

        Sur le fond et sur l’objectif que vous défendez, « C’est que nous avons grand besoin que un ou plusieurs des principaux pays ou groupes de pays lancent plusieurs initiatives technologiques « à budget ouvert » sur toutes les idées « folles, mais ça a l’air physiquement possible » pour produire des sources d’énergie aussi puissantes que les fossiles… mais qui ne détruisent pas le climat donc la biosphère. Et il y en a. », en lisant ça, je vous l’avoue, je frémis… Cette fuite en avant dans la technique me semble insensée. Certes certaines folies ont du bon, mais pas toutes.

      2. @Jacquot. « …phalanstère peuplé de moines prélevant très peu sur la biosphère, à la mesure de leur pauvreté… » Dites, vous savez que Fourrier imaginait dans son mythe de phalanstère des pratiques érotiques à faire rougir des hippies partisans de la liberté sexuelle la plus débridée… Alors, y faire entrer des moines, vous n’y pensez pas.. A moins que vous ne réalisiez inconsciemment que les communautés décroissantes entendent remplacer les tristes satisfactions de l’hyper-consommation par des plaisirs où le corps et ses passions joyeuses a enfin sa place. Les moines de Saint-Bernardin, en somme… https://www.youtube.com/watch?v=CSrQLHZ6M_c

      3. @ Denis

        Je ne pense pas que le développement de sources d’énergie nouvelles qui puissent faire fonctionner l’économie mondiale sans troubler et finalement détruire le climat ressorte de la « fuite en avant ».

        Je pense aussi que notre situation est assez comparable à un homme qui a longtemps, contre toute prudence, accéléré en direction d’une barrière de flammes, et qui a dépassé le point où le freinage serait possible : s’il tente de freiner, il s’y retrouvera quand même, même si ce sera un peu plus tard. A mon sens, la seule solution qui lui reste est de tenter de passer par-dessus.

        Et oui, c’est plutôt imprudent. Ce n’est pas si facile de sauter par-dessus. Il aurait bien mieux valu ne pas accélérer de la sorte dans cette direction. La « fuite en avant » dont vous parlez a bien eu lieu… mais dans le passé. Et on n’y peut plus rien faire.

        Je précise que dans cette image, l’inertie liée à la vitesse acquise est en bonne partie sociale. S’il est possible en quelques années de convaincre la moitié de l’humanité la plus prospère de vivre tous comme la moitié la plus pauvre, tout en convaincant la moitié la plus pauvre de cesser de tenter de s’enrichir, alors il doit être possible de s’arrêter avant la barrière. Simplement, mon estimation personnelle est que cette inertie sociale est trop forte, ça n’est pas jouable.

        @ Alain
        « Dites, vous savez que Fourrier imaginait dans son mythe de phalanstère des pratiques érotiques à faire rougir des hippies partisans de la liberté sexuelle la plus débridée »

        L’image des moines que j’ai choisie n’était pas parfaite, parce qu’elle suggère l’abstinence alors que ce n’est pas la question des mœurs qui se pose, mais celle de la prospérité. En gros, les « phalanstères » que j’imaginais seraient surtout des endroits où on serait pauvre. Très. Et où l’on travaillerait dur. Très dur.

        S’il est possible de convaincre l’humanité de vivre à peu près comme les paysans français vivaient au 18ème siècle et comme les paysans africains vivent maintenant, alors la solution de la « décroissance » est viable.

        Personnellement, je n’y crois pas.

      4. @ Cloclo

        Je peux citer quatre pistes. Ce qui ne signifie pas que toutes pourraient techniquement aboutir, mais chacune aurait une chance. Cela ne signifie pas non plus qu’il n’y en ait que quatre bien sûr, la recherche pourrait peut-être en dégager d’autres.

        Deux sont basées sur l’énergie nucléaire, deux sur l’énergie solaire.

        D’abord, un petit calcul « coin de table » pour avoir un ordre de grandeur de l’énergie à produire pour un monde « stabilisé et prospère » :
        – Population mondiale environ 9 milliards
        – Niveau de vie moyen équivalent à celui dans l’UE aujourd’hui
        – Efficacité énergétique (richesse divisée par énergie consommée) proche de celle des meilleurs pays aujourd’hui
        – L’essentiel de l’énergie est fournie par des sources non carbonées, donc nouvelles
        ===> On arrive à environ 1,2.10^21 joules par an à produire par les nouvelles sources d’énergie

        Pour fixer les idées, cela représente environ trois fois la consommation énergétique humaine actuelle. Donc une quantité véritablement énorme, l’équivalent de 30 à 40 000 réacteurs thermiques. Mais si l’on vise beaucoup moins, il faut soit baisser fortement le niveau de vie (comment convaincre ?) soit augmenter drastiquement l’efficacité énergétique (comment faire ?)

        Les quatre pistes :

        N1) La première piste nucléaire, ce sont des réacteurs nucléaires « de quatrième génération », c’est-à-dire utilisant du carburant nucléaire « fertile » (uranium 238 ou thorium 232) au lieu de carburant « fissile » comme les modèles actuels (uranium 235, plutonium 239).

        Pouvoir utiliser le carburant fertile, cela signifie accéder à des réserves plusieurs centaines de fois supérieures à celles de carburant fissile. Donc suffisantes pour plusieurs siècles à ce rythme de production, ce qui n’est pas exactement du « développement durable », mais laisserait suffisamment de temps pour développer d’autres sources d’énergie ensuite.

        Il existe six pistes techniques différentes pour parvenir à ce type de réacteur, identifiées par le forum international « Generation IV ». Aucune ne bénéficie de crédits ni d’efforts moindrement à la mesure de l’enjeu, dans aucun pays. Le minime effort français, affublé de délais très lointains et de crédits très faibles, qui plus est pas sur la meilleure des six pistes, vient d’ailleurs d’être arrêté (« Astrid »)

        N2) Des réacteurs nucléaires à fusion, tandis que les réacteurs actuels fonctionnent à la fission.

        Le carburant nécessaire est composé de deutérium et de tritium, le premier se trouvant facilement dans l’eau de mer, le second pouvant être produit dans un réacteur à fusion à partir de lithium. Les réserves sont si abondantes que la durée de vie de cette énergie serait en pratique illimitée.

        La piste principale pour parvenir à la fusion est le tokamak, c’est celle qui est explorée dans le projet ITER. Le calendrier de ce programme prévoit de ne pas aboutir à un premier prototype de réacteur avant la seconde moitié du XXIème siècle, c’est-à-dire presque certainement bien après l’effondrement / la vague scélérate / la dévastation du soliton. Donc beaucoup trop tard pour servir de solution.

        D’autres pistes plus « exotiques » ont été repérées, telle la Z-Machine. Elles ne bénéficient que de petits crédits.

        S1) Le solaire « en l’état » ne peut pas être une solution à cause de l’intermittence – les panneaux ne sont éclairés correctement qu’une partie du temps – et l’impossibilité d’y parer avec les batteries et stations de stockage énergétique existantes, dont la capacité est bien trop faible. Le solaire présente quand même un potentiel car contrairement à l’éolien, les panneaux solaires sont continuellement améliorés et leur coût a énormément baissé. Il « suffirait » donc de résoudre le problème de l’intermittence.

        La première piste pour le solaire consiste donc à trouver une solution pour le stockage. Une solution entièrement nouvelle.

        Fabriquer du carburant liquide à partir d’eau de mer chargée en carbone et d’énergie solaire ? Il y a des expérimentations. Stocker l’énergie avec des volants en rotation rapide ? De l’hydrogène, à condition de réussir à rendre plus efficaces les piles à combustible ? Trouver de nouveaux principes « exotiques » de batteries ?

        Les recherches existent, mais elles se concentrent sur les innovations incrémentales car c’est l’industrie privée qui en finance l’essentiel. Pour des innovations de rupture, des choses qui pourraient changer la donne, il faudrait que l’Etat intervienne. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas.

        S2) La deuxième piste pour l’énergie solaire consiste à aller la chercher là où le Soleil brille sans discontinuer, 24 heures sur 24, sans ombre, sans nuages, sans rien pour gêner. Dans l’espace.

        Les concepts de centrale solaire spatiale sont discutés depuis les années 1970. La faisabilité technique ne semble pas être un problème : on sait déployer des structures de taille moyenne dans l’espace, on devrait arriver à en déployer de très grandes. Quant au transport de l’énergie recueillie sur Terre par faisceau de micro-ondes, il a aussi l’air tout à fait faisable.

        Non, le problème, c’est la taille. Il faudrait une capacité de transport vers l’orbite au moins mille fois supérieure à celle d’aujourd’hui. Donc de nouveaux lanceurs, de technologies nouvelles.

        Des navettes spatiales aérobies – utilisant des statoréacteurs hypersoniques pour autre chose que pour la guerre ? Des lanceurs géants dans la lignée du « projet fou » Sea Dragon des années 1960 ? Autre chose encore ?

        Aujourd’hui, la question est théorique. Personne ne cherche activement à réaliser ce genre de lanceurs.

  9. Greta Thunberg responds to Asperger’s critics: ‘It’s a superpower’
    Teenage climate activist responds to criticism, saying ‘when haters go after your looks and differences … you know you’re winning’

    Là, je dis chapeau bas Greta !
    « It’s a superpower' » oui et à condition surtout d’être très bien entourée !,Et du peu que j’en ai vu, apparemment, son père et sa maman font le job. Je lui souhaite que sa sincérité ne soit pas dévoyée ni instrumentalisée, elle « mérite » mieux que cela.

  10. « Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt » Lao -Tseu

    Traduction :
    Quand Greta dénonce l’inaction humaine face à la crise écologique, ses opposants attaquent son apparence physique.

      1. C’est le genre de contradiction qu’apportent les Asperger et qui vous ouvrent des perspectives.
        Rien n’empêche d’apprendre à un Asperger de sourire, ça va lui coûter de le « conscientiser », d’en faire un acte volontaire plutôt qu’empathique, avec travail pour que ça n’ait pas l’air trop forcé.
        Leur aptitude à voir qu’est-ce que nous avons appelé un chat et à nous rappeler sans tolérance quand nous tergiversons pour l’appeler un chien (parce que ça arrange mémé ou pépé ou , dans le cas présent, le capitaliste du crû), c’est ça qui déplace un peu les perspectives.
        Pour ne pas non plus se voiler la face (il faudra utiliser et la technique et la force de convictions d’agents improbables comme Greta Thunberg), on peut aussi voir le portrait assez étayé et assez largement tourné vers le doute qu’a tenté d’en faire la youtubeuse Tatiana Ventôse. Et profiter de la tension que cela génère non pas pour refuser la critique de Greta Thunberg mais pour déplacer son regard à soi. Un petit bout du « superpouvoir » dont on peut essayer d’expérimenter l’effet chacun de son côté…

      2. @ Timiota, « déplacer son regard à soi ». Exact !
        Je partage ton idée et c’est ça que j’ai aussi voulu dire… Je connais le cas d’un gamin qui a commencé à parler à 5 ans et qui aujourd’hui est devenu un adulte s’exprimant parfaitement, souvent avec finesse et très loquace. On peut imaginer un câblage différent et différé…
        Après tout savoir sourire et avec qui et pourquoi (comme savoir parler) est aussi un apprentissage … Est-ce le cas pour Greta ? au fond peu importe. Ce qui me semble important est justement qu’elle ne distribue pas un sourire permanent comme le font les politiciens ─ et d’ailleurs comment avoir un visage joyeux en faisant une telle alerte sur notre survie ?
        Elle sourit donc à AOC et je maintiens que j’en suis ému, n’en déplaise aux grincheux qui sont bien au-dessus de tout ça. Et j’aimerais qu’un jour elle puisse sourire à Edward Snowden, un autre jeune héros que je n’oublie pas.

  11. Alors Jacques ça va mieux ?

    Dit quand tu nous écris cela,

    « Mais est-il besoin d’y revenir ? »

    Tu t’interroges ainsi à la suite d’une phrase paraphrasant et reprenant une remarque que tu m’as personnellement adressée suite à une critique que j’avais émise spécialement et uniquement sur un choix de communication qui pouvait et s’est avéré contre productif (le voyage en bateau en terme de bilan carbone réel) dans un précédent article du Blog.

    Je pense que tu y reviens, et en plus pas avec le dos de la cuillère. Cette manière de balancer des anathèmes d’exclusion et de trier entre les gens sur un mode binaire , like/dislike n’est pas et ne sera jamais mon mode de pensée. Je laisse cela à ceux qui aiment ça et ils sont légions. Et si cela vous convient à vous aussi de jouer pouce levé et pouce baissé, grand bien vous fasse.

    @ Arkao,

    Non, il n’y a pas « d’esprit de Munich » à ne pas choisir l’affrontement. Et les pacifistes n’étaient pas responsables de la guerre, quelle drôle de retournement du réel de penser une chose pareille ! Ce sont les belliqueux et les arrogants, les surs d’eux-même qui en portent l’entière responsabilité. Et non ce n’est pas une sinécure d’être pacifiste/pacifique en public, surtout quand naturellement et par constitution psychologique tu as envie de régler les problèmes à la sulfateuse et au lance flamme tellement le crétinisme dont nous sommes tous richement doté s’accumule partout…

    Modifier véritablement notre rapport au monde naturel, individuellement et collectivement, ce qui implique de changer totalement de système de pensée (sociale, économique, politique, morale, éthique…) partout sur terre et de revisiter l’échelle de nos valeurs et besoins, c’est l’ampleur de la tâche dont je n’arrive pas à évaluer la faisabilité réelle et le temps nécessaire, mais dont je me dis que le Net + mass média est un élément clé, pour peu de trouver le comment. Greta peut-elle incarner cette cristallisation ? Possible, quoiqu’objectivement son impact semble majoritairement concerner surtout les jeunes occidentaux actuellement. Mais il y a plein de « Greta » partout certainement, faudrait que ça cristallise en plein d’endroits en fait, que cela s’amplifie et se répète jusqu’à saturer les ondes tout le temps. regardez , https://www.youtube.com/watch?v=3KAb8GwA0cI

    Bref.

    1. @Cloclo
      Bien sûr que non les pacifistes des années 30 n’ont pas été responsables de la guerre. Ce n’est pas ce que j’ai dit.
      Mais ils ont dans l’ensemble soutenus les accords de Munich de 1938 et une partie d’entre eux se sont engagés dans la collaboration après 1940, illusionnés sans doute par une propagande efficace promettant une pax germanica millénaire. « Plutôt Allemand que mort » aurait dit l’écrivain Jean Giono, soutenu par un autre pacifiste historique, le philosophe Alain. Les traumatismes de la Grande Guerre ont laissé des cicatrices persistantes et douloureuses. On peut comprendre à défaut d’excuser.
      Pour autant n’allez pas croire que je dénigre l’idéal pacifiste et antimilitariste, bien au contraire (c’est un ancien objecteur de conscience qui vous parle). Il faut simplement être lucide et constater que les dogmatismes peuvent pousser certains à faire les mauvais choix aux mauvais moments, faire mal en croyant faire bien. Bien entendu, il faut replacer tout ça dans une temporalité, d’autant plus quand l’Histoire s’accélère. Pétainistes en 1940, gaullistes en 1944.

  12. Pourquoi Greta ?
    Parce qu’elle est jeune, en tous cas bien plus jeune sans doute que ceux qui s’expriment sur ce blog.
    Parce qu’elle est une femme et j’ai l’intuition qu’elles sont peu nombreuses à nourrir ici la réflexion de leurs commentaires.
    Parce que sa démarche est estimable même si parfois la soupçon nous saisit d’ une possible manipulation.

    Lorsque nous tentons de penser l’impensable et l’inconnaissable, c’est à dire l’effondrement, le chaos, le collapse, je pense que des concepts nous manquent encore. Des concepts et des mots. Même si depuis une dizaine d’années nous nous sommes approchés de l’objet. Sans doute Greta contribue-t-elle à sa manière, en la provoquant, au développement de l’expertise. Sa jeunesse est pour elle l’assurance d’avancer encore.
    Mais ce qui lui manque, à ma connaissance, ce qui manque à la plupart des personnes des générations qui ont précédé celle de Greta, c’est une vision globale, positive et réaliste de l’avenir. Une imagination créatrice qui aide à penser le cadre dans lequel nous aurons – les jeunes auront – à évoluer. A vivre. Et qui n’a rien à voir avec celui qui nous sert à raisonner.
    Décrire l’effondrement et l’expliquer d’une part, proposer un autre cadre et une vision de l’avenir d’autre part sont les deux côtés de la même pièce.
    Qui en est capable ? Greta ? Nous l’ignorons.

    1. @pensa
      « Parce que sa démarche est estimable même si parfois le soupçon nous saisit d’ une possible manipulation ».

      Proverbe arabe :
      Suit le conseil de celui qui te fait pleurer et non de celui qui te fait rire.

      De ce que fait et dit cette jeune fille, je ne retiens qu’une seule chose : suivez les conseils des scientifiques a t’elle dit récemment.
      Je ne vois aucune tentative de manipulation dans ce type de propos.
      Quant à notre capacité d’écoute, elle me fait penser à celle des médecins fumeurs à 30% qui sont parfaitement informés des dangers à moyen terme du tabac sur LEUR espérance de vie et qui continuent à fumer tant ils sont intoxiqués, tout comme nous le sommes nous mêmes par cette société de consommation tous azimut.
      L’avenir appartient à la jeunesse, à cette jeunesse là qu’il nous faut soutenir me semble t’il et pas ces projets absurdes de tourisme dans l’espace par exemple, énergivores et polluants comme jamais.

  13. Moi je la trouve extrêmement courageuse cette petite. Peu ont l’air de se rendre compte que traverser l’Atlantique en voilier est un sacrée épreuve.
    Ce qui m’importe c’est que sa médiatisation permet à son message, le message des scientifiques de sortir de la confidentialité.

    Fredeick

    1. De quelle confidentialité parlez-vous? Les rapports du GIEC sont rendus publics et abondamment commentés (pas forcément bien, mais abondamment) dans la presse depuis des années.

  14. Greta a lancé son mouvement par une grève scolaire pour le climat devant le parlement suédois. Cet act de la part d’une fille de son âge, implique une stratégie de communication mûrement réfléchie. Elle met son avenir (son éducation) en jeu devant l’instance la plus emblématique de la démocratie représentative.
    Elle interroge la démocratie, son avenir (celui de l’humanité) avec celui de tous les jeunes pas encore habilité à voter.
    Nous qui cherchons sur ce blog à mobiliser le plus grand nombre pour reprendre en main notre destin, c’est sûr qu’elle nous à tous donnés une leçon d’efficacité avec ses 100 Watt* de puissance et sa pancarte.
    *Puissance moyenne consommée par un humain.

  15. « Il est des livres qu’on préférerait ne pas écrire. Mais la misère de ce temps est telle que je me sens obligée de ne pas continuer à me taire, surtout quand on cherche trop à nous convaincre de l’absence de toute révolte. Avec le naturel des saisons qui reviennent, chaque matin des enfants se glissent entre leurs rêves. La réalité qui les attend, ils savent encore la replier comme un mouchoir. Rien ne leur est moins lointain que le ciel dans les flaques d’eau. Alors, pourquoi n’y aurait-il plus d’adolescents assez sauvages pour refuser d’instinct le sinistre avenir qu’on leur prépare ? Pourquoi n’y aurait-il plus de jeunes gens assez passionnés pour déserter les perspectives balisées qu’on veut leur faire prendre pour la vie ? Pourquoi n’y aurait-il plus d’êtres assez déterminés pour s’opposer par tous les moyens au système de crétinisation dans lequel l’époque puise sa force consensuelle ? Autant de questions qui me sont une raison de ne pas garder le silence. »
    [ Annie Le Brun, Du trop de réalité, 2004 ]
    ———————————————————-
    Ce texte, visionnaire, pourrait très bien donner à Greta Tunberg le désir d’apprendre la langue française. Il faudrait lui faire parvenir. Il est clair qu’elle se trouve dans ces mots, elle, et tous les autres jeunes de sa trempe. Il y aura des émules, de plus en plus. Laissons les Onfray se complaire dans l’élitisme nietzschéen ou heideggérien et qu’ils en crèvent.

    1. Un grand merci Octobre !
      Dans un flot de commentaires qui rivalisent en insignifiance ou mesquinerie, je veux rappeler en effet le vôtre. Annie Le Brun fait partie des très rares personnes dont la finesse et la profondeur d’analyse permettent de dévoiler des ressorts de notre pauvre civilisation. Il n’est pas étonnant qu’elle soit ainsi capable de ce genre de texte visionnaire. Et pas étonnant non plus qu’elle soit une amie de Paul Jorion (voir ci-contre ses billets sur le blog), un autre visionnaire si on peut encore utiliser ce mot devenu ambigu.
      Je pourrais aussi ajouter son dernier livre, magnifique et indispensable à lire : « Ce qui n’a pas de prix » (Stock).
      Oui, on est bien loin et au-dessus des « penseurs » d’opérette… et aussi des pitoyables trucs que l’on peut lire, ici ou là. (NB : je ne plus dis « minables » car je veux plus attiser le feu… 🙂 )

      1. @Jacques Seignan
        « je ne plus dis « minables » car je veux plus attiser le feu… »

        mais plus ou moins (ex)/(im)plicitement, par vos déclarations, c’est de « minables » que vous qualifiez la très grande majorité des intervenants sur ce blog.
        Personnellement, je me sens « carburant » pour ce feu, genre « d’idiot utile » à PJ, sans doute même mauvais carburant compensé par le « flot de… ».
        Ce qui n’a pas de prix pour un penseur de mon espèce, ce sont les discussions de café du commerce: vous n’imaginez pas à quel point on peut rire des « finesses et profondeurs d’analyse » alors même que l’on ne peut en apprécier qu’une insignifiante partie !… enfin, c’est l’illusion que l’on s’en donne.

      2. @Jacques Seignan
        Remplacer « minables » par « pitoyables, penseurs d’opérette, insignifiance et mesquineries » montre l’intensité de vos efforts pour rester courtois avec vos contradicteurs -:)
        Merci.

  16. « Nous ne pardonnons qu’aux enfants et aux fous d’être francs avec nous: les autres, s’ils ont l’audace de les imiter, s’en repentiront tôt ou tard. »
    E. M. CIORAN 

    Bon apparemment, on ne permet plus cela à cette enfant de dire la vérité? Ou plutôt on s’attaque à sa personne. C’est soit parce qu’elle dérange dans notre égo (Onfray, Attard), notre besoin de puissance (Trump, Bolsonaro et toute l’industrie capitaliste) ou notre conformisme (nous?). Le résultat est que nous hypothéquons aveuglément l’avenir de cette enfant et de notre propre descendance. Seriez-vous prêt à leur rendre des comptes pour ce que nous n’avons pas fait? Ou vous préférer plutôt investir votre temps à palabrer inutilement sur l’effet Greta entre autres? Ce sont ces questions ultimes qu’il faut vous poser. Que ce soit individuellement (vivre plus sobrement, ne pas partir en vacances) ou collectivement (manifester, signer des pétitions, soutenir des initiatives locales ou internationales ). Allez au boulot!

  17. C’est quoi cette injonction à penser comme vous l’exigez.
    Si cette jeune fille est bien sympathique et que son propos est plus qu’interpellant, si on se pose la question pourquoi soudain tout le monde l’écoute, la reçoit, la porterait aux nues alors que bon nombre de scientifiques nous alertent depuis plusieurs années?
    S’interroger fait de nous un salaud et un être abject.
    Bravo pour extraordinaire ouverture d’esprit sur ce sujet

    1. Personne ne sait d’où elle sort la poupée magique , par contre il y avait beaucoup de people et de jet setter aux mainifestations contre / pour ? le climat …

      1. Merci Elmer, vous nous montrez combien il est plus important d’avoir des adversaires qu’on n’aime pas plutôt que de réussir dans les tâches qu’on s’assigne. Le taureau est comme vous : il croit que son ennemi est la muleta et c’est pour ça que le toréador aura sa peau.

        Bonne chance quand même, mais je ne parierai pas sur vos chances de survie.

    2. Vous savez un vase peut se remplir pendant des semaines jusqu’à d’un coup comme par magie être rempli !!! Et les petits microbes présents à l’intérieur ne se sont pas aperçus qu’il s’est rempli. Alors ils vont sur le blog du microbe supérieur pour se plaindre du fait que le vase est désormais rempli comme par magie ! vous savez

      Il me semble que ce qui est abject c’est de la définir en tant que « petite Suédoise » (et cela à deux ou trois reprises) définir c’est limité Et en plus c’est méprisant elle a un nom.
      aussi en général les mots utilisés ici sont plutôt mesurés.

      1. Tchoo en d’autres termes, c’est grâce a de Vaillants et combatifs scientifiques et experts que des petites étoiles filantes comme cette jeune femme peuvent apparaître .

        Vous commencez à le voir notre vase ?

    3. C’est votre manière de réagir à notre support de cette jeune femme exemplaire,
      c’est comme si on vous proposait un bon verre de jus d’orange, à côté d’une tranche de Brownie , Mais vous restez sous la table parce que franchement c’est louche ce petit déjeuner.

      De temps en temps il faut choisir d’accorder sa confiance même si dans ce monde la défiance est de mise.

      1. Il est vrai qu’un animal blessé par les humains ne revient jamais ou très rarement près des hommes, je le sais, il aura raison, mais nous avons évolué. À force d’être déçu le générateur de confiance peut s’user mais regardez le soleil les pieds dans l’eau fraîche et ça ira mieux .
        D’ailleurs votre santé physique à soutenir cette jeune femme n’est pas engagé alors je vous en conjure fait tomber les défenses et soutenez-là…
        Sinon c’est des bâtons dans les roues que vous nous mettez. Pas besoin de ça.

  18. Greta Thunberg est une grande et belle personne.

    On attendait un de Gaulle ou un Churchill pour être à la hauteur, et c’est une adolescente qui relève le défi.
    C’est ça aussi l’histoire de l’humanité, c’est l’improbable qui nous sauve.

    Si l’humanité devait s’en sortir, elle aura fait sa part, et bien au delà. Ses médiocres contempteurs l’Histoire les vomira.

  19. Bonsoir,
    Je n’ai pas d’idées préconçues sur Greta, mais comme tout le monde je me suis posée des questions. La 1ère question a été « comment des parents peuvent laisser leur fille faire une grève de la faim, alors que tant de filles basculent dans l’anorexie, doivent être hospitalisées et parfois en meurent ? » Ce n’est pas arrivée à Greta, tant mieux.
    Je ne pense pas qu’Isabelle Attard soit jalouse, menteuse ou autre, bien au contraire. Elle a travaillé et vécu en Suède. Depuis son message sur Twitter, on ne peut plus lire ses messages. Je suppose qu’elle a dû recevoir pas mal d’insultes, mais je peux me tromper.

    Mais, pendant que vous vous crêpez le chignon, le monde continue de tourner et notre cher président de faire déboiser ! Il fait bon donner la leçon aux autres, sans jamais balayer à sa propre porte…….
    https://www.novastan.org/fr/kazakhstan/bruno-le-maire-en-visite-diplomatique-au-kazakhstan/
    https://www.novastan.org/fr/kazakhstan/le-kazakhstan-attend-une-visite-demmanuel-macron/
    https://www.novastan.org/fr/kazakhstan/orano-va-raser-une-foret-protegee-pour-exploiter-une-mine-duranium-au-kazakhstan/
    http://www.lefigaro.fr/societes/orano-conforte-ses-positions-dans-l-uranium-du-kazakhstan-20190818
    https://reporterre.net/Pour-exploiter-l-uranium-kazakh-Orano-va-raser-une-foret-protegee

    Il est facile de faire raser des forêts dans les autres pays et de dire au micro « la France est un grand pays, la France conserve ses forêts (alors que les arbres sont en train de mourir sur pieds), la France ceci, la France cela ! »
    Curieux qu’il n’est pas encore dit « la France serait mieux sans les français qui sont illettrés, fainéants, et j’en passe…… »

    En fait, et j’y pense maintenant, Greta me fait penser à L214, et je me dis « pourquoi la France ? » Pourquoi pas l’Allemagne, le Canada, les USA, la Suisse (où les animaux de ferme sont maltraités) ? Pourquoi ne cibler que la viande française et pas la corrida, les chasseurs, ceux à la glu en particulier, les éleveurs pour la fourrure, pourquoi une telle différence entre les animaux de la part d’une association pro animale ?
    C’est la petite paysannerie que l’on cherche à abattre, je ne vois rien d’autre.
    http://www.lejpa.com/structure-41
    http://www.lejpa.com/page_reha
    http://www.lejpa.com/page_Arret30millions
    http://www.lejpa.com/page_fondationAlessandri
    http://www.sciencesetavenir.fr/animaux/chiens/20160722.OBS5102/la-cour-des-comptes-denonce-la-fondation-assistance-aux-animaux.html
    https://julienmichelle.wordpress.com/2015/02/13/la-fondation-assistance-aux-animaux-enfin-epinglee/
    Sachez que les SPA ne reçoivent pas absolument rien de la Fondation 30 millions d’amis.
    Avant de quitter cette association, je leur ai envoyé un mail en leur demandant pourquoi personne ne modérait les commentaires odieux. Je n’ai jamais eu de réponse !
    Dans les commentaires, on trouvait des phrases de ce type « cet agriculteur est un nazi (sic), il faut attacher sur les rails les gens qui abandonnent leurs chiens. »
    Ces commentaires sont mis par des jeunes gens, jeunes gens à qui vous voulez confier l’avenir !

    La seule association pro animale que j’admire est en Suisse.
    http://www.lematin.ch/suisse/Je-devais-voler-pour-nourrir-mes-chats/story/13640753
    https://www.youtube.com/watch?v=7ROlkLuPh2M
    Je pense qu’il s’agit de cette association, mais comme je ne suis pas sur Facebook je ne peux rien assurer :
    https://www.facebook.com/pages/Coup-dmain-pour-4-pattes/893684520660011

    Alors Greta, je surveille. Je ne la mets pas sur un piédestal, je ne la critique pas, j’observe.

      1. « grève scolaire », soit grève de la faim du savoir ?
        @Chantal pourra préciser si c’était son idée, impliquant un risque d’une autre forme d’anorexie…

      2. Vous faites bien de me poser la question Monsieur Jorion. En fait, je n’en sais rien, j’ai associé le mot « grève » avec « faim » depuis le début. J’ai même dit la même chose ici qu’à mon mari « comment une mère peut laisser sa fille faire une grève de la faim, alors que tant de jeunes-filles basculent dans l’anorexie. »
        Peut-être parce que l’on entend plus parler de grève de la faim,
        Peut-être parce qu’une de mes nièces a dû être hospitalisée pour anorexie (ce n’est pas récent, et elle se porte bien).
        Une erreur de ma part en tout cas.

    1. @ Chantal,
      Je voulais répondre à Adoque que je comprenais sa critique sur mon ton méprisant, sur les « minables ». J’ai tort de ne pouvoir garder mon calme, Cloclo a certainement raison.
      Il vaut mieux expliquer. Votre commentaire en est une bonne occasion. Vous dénoncez L214, une association que je soutiens, en disant qu’elle ne s’occupe que de la France et qu’elle serait contre les petits paysans.
      L214 agit en France en utilisant notamment des caméras cachées ce qui a permis de mettre sous les yeux des consommateurs (hypocrites ?) les horreurs de l’élevage industriel qui transforme les animaux en purs objets. Elle a permis d’obliger à la fermeture d’abattoirs ou d’usines absolument indignes, pour les animaux et les employés. S’attaquer à l’agriculture industrielle est la meilleure défense des paysans, petits ou non. Si l’on avait un point de vue cynique on pourrait ajouter que les conditions industrielles d’élevage et de l’agriculture représentent un immense danger sanitaire pour tous : antibiotiques, glyphosate, néocotinoïdes etc. et que les combats tels que ceux menés par L214 sont de première importance pour tous, y compris les « élites ».
      Je ne vois pas en quoi dénoncer les fermes-usines avec des milliers de poulets, de lapins, de veaux de cochons entassés dans des cages seraient une attaque contre la petite paysannerie : il est difficile de faire un plus grand contre-sens.
      Parler de viande « française » suppose qu’elle n’est pas fabriquée à partir de soja importé !
      (Il m’est toujours impossible de comprendre l’opposition à la corrida quand on ne voit pas les traitements de souffrance infligés aux vaches ─ pour moi c’est comme ces intégristes chrétiens opposés à l’avortement et non à la peine de mort.)
      Je suis d’accord avec vous sur le cynisme du président par rapport à la déforestation ou la stratégie d’industrialisation de nos forêts (lire les déclarations de gardes forestiers, virés en grand nombre) ─ mais lui et son gouvernement sont cohérents dans leur politique ultralibérale (cf. le triomphe des zones commerciales (Europacity ou future Gare du Nord) ─, et aussi sur les commentaires odieux dans les fils de discussion.
      Alors qu’ajouter comme qualificatif à votre commentaire : plutôt mal informé ou trop focalisé sur des points secondaires ?

      1. J’ai longtemps soutenu L214 et un jour j’ai eu l’occasion d’en rencontrer plusieurs membres. Nous avons parlé « foie gras » puisque l’association en vendait et que nous en achetions. Je me suis entendue dire « nous on consomme le vrai, il est bien meilleur ! »

        Les vaches, j’ai passé une partie de mon enfance avec elles. Mon oncle, dans les Vosges, avaient des vaches et, tous les jours, j’allais avec lui chercher les vaches au champ. Toutes portaient un prénom, et mon oncle s’en occupait parfaitement. Il aimait ses bêtes.
        J’ai de la chance d’habiter une région où il y a encore des vaches dans les prés.

        Avez-vous vu L214 s’en prendre à une ferme-usine ? La ferme des milles vaches par exemple. Pas moi, et pourtant ces animaux là ne voient même pas le soleil.

        Il y a aussi des élevages d’animaux à fourrure en France, et aucune manifestation, aucune caméra, aucune vidéo, pas un papier dans les médias
        https://www.sciencesetavenir.fr/animaux/animaux-d-elevage/ou-en-est-l-elevage-d-animaux-a-fourrure-en-france_121379
        L214 en a épinglé un, puis plus rien. Les petites animaux à fourrure ne compteraient donc plus alors qu’ils passent leur vie enfermés dans une cage avant d’être tués pour leur fourrure.

        Mon mari et moi avons aussi été bénévoles à la SPA, alors voyez-vous les animaux nous ne les négligeons pas. Nous donnons aux refuges de la SPA, mais pas aux associations.

      2. @ Jacques Seignan

        Bonsoir,

        « Cause animale, cause du capital » c’est le titre d’un petit livre qui est sorti récemment. 12 €, ce n’est pas énorme, j’espère que vous pourrez vous l’offrir.
        https://alimentation-generale.fr/chronique/cerise-sur-le-gateau-36-cause-animale-cause-du-capital/
        https://www.gibert.com/cause-animale-cause-du-capital-11288779.html

        Je ne l’ai pas encore lu, il est en commande dans ma petite librairie. Je ne connais pas Jocelyne Porcher en dehors de quelques écrits dans les médias. Je sais qu’elle était éleveuse avant de travailler à l’Inra.

  20. Il y a 27 ans déjà : https://youtu.be/5JvVf1piHXg
    Emilie Hache : « au sommet de Rio, en 1992, une jeune femme avait produit le même effet que Greta Thunberg. Cette Canadienne de 14 ans, qui appartenait à une organisation d’enfants se battant contre le dérèglement climatique, était venue faire un discours interpellant les responsables politiques de l’époque. C’était la première incarnation des générations futures, il y a vingt ans. La grande différence, c’est que la mobilisation de Greta Thunberg est en train d’entraîner un mouvement de la jeunesse pour le climat.
    Concernant le fait qu’il s’agisse d’une jeune femme, et plus généralement qu’émergent des figures féminines dans les grèves de la jeunesse, ce n’est pas très étonnant. Sociologiquement, les femmes ont toujours été plus nombreuses que les hommes à se battre pour les questions environnementales, au Nord comme au Sud. Et ce parce que les femmes sont les premières touchées : elles font partie des personnes les plus pauvres, ce sont elles qui s’occupent des personnes les plus vulnérables, comme les enfants et les personnes âgées, elles forment le gros des agriculteurs dans le monde… Outre ces raisons matérielles, il y a une dimension culturelle à cela : les femmes sont socialisées différemment des hommes. L’envers positif de notre identification avec la nature est peut-être que nous sommes moins coupées du monde naturel, ou du moins que nous n’avons pas honte de le reconnaître. Pour Greta Thunberg c’est de ce côté-là qu’il faut aller chercher. Elle vient aussi d’un pays où le féminisme n’est pas un gros mot, ça peut aider… »

  21. Que feraient les Français s’ils pouvaient revoter aux référendums européens de 1992 et 2005 ?
    https://www.ifop.com/publication/que-feraient-les-francais-sils-pouvaient-revoter-aux-referendums-europeens-de-1992-et-2005/?fbclid=IwAR2fwGJWdh1KwlcRy0J-J_98QDjurLfVnO955FYn7wmC5DFhtddpmFRpWo8
    https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2019/05/116084-Rapport-JDD.pdf
    Le « non » l’emporterait !

    Il existe une « France périphérique » qui se sent d’autant plus oubliée que les services publics disparaissent, avec des déserts médicaux.
    France 2022 ?
    https://www.francetvinfo.fr/economie/crise/crise-europeenne/allemagne-les-deserts-medicaux-se-multiplient-dans-les-territoires-de-l-ex-rda_3600327.html
    J’ai toujours dit que notre « cher » président ferait monter l’extrême-droite (pour d’autres, c’était Mélenchon…)
    – 70 millions pour la crise des urgences
    http://www.lefigaro.fr/social/buzyn-rencontre-les-urgentistes-pour-tenter-de-mettre-fin-a-la-greve-20190614
    – 350 millions d’euros pour les commerçants de Biarritz
    http://www.lefigaro.fr/conso/g7-le-gouvernement-debloque-350-000-euros-pour-les-commercants-de-biarritz-20190829
    C’est curieux comment les millions sortent des caisses vides de l’état. Il faut dire que Biarritz est une très belle ville de riches et que les urgences sont surtout réservés aux pauvres gens, qui ne savent où s’adresser.

    Peut-être pouvez-vous encore vous inscrire à Sciences Po qui ouvre un nouveau cours à la rentrée. Ce cours sera baptisé « Macron. » Vous y apprendrez toute sa vie, même sa petite enfance, son « oeuvre », etc…..
    https://www.lepoint.fr/education/quand-sciences-po-paris-ouvre-un-cours-baptise-macron-29-08-2019-2332487_3584.php?fbclid=IwAR0zEWAWFYiaAVFFYgyoejqpxHZ-bqV_18Y5hzEJlf1d3w7rL2ZPVGlV130#xtor=CS2-238
    De la même façon que crayons et feuilles de papier disparaissent au profit du stylo et de la tablette, Victor Hugo va bientôt se retrouver aux oubliettes pour laisser la place aux livres « Macron ma vie, » « Macron, mes ambitions, » « Macron au ski et Macron à la plage, » « Macron et ses amours….. »
    Supprimons vite ces choses inutiles aux enfants, afin qu’ils ne nous dessinent plus arbres, oiseaux, petites maisons, ciel bleu, au profit d’un enseignement qui formate très tôt les petites têtes blondes et brunes. C’est fini de rêver les enfants, les parents ne garderont plus quelques vieux cahiers de leurs bambins, et pour les fêtes un dessin vite effacé sur la tablette fera l’affaire……

  22. https://www.pauljorion.com/blog/2019/09/03/il-ny-a-pas-de-genocides-accidentels/#more-113026

    « Assimiler en bloc le « crime passionnel » au « féminicide », c’est nier etc… »

    Il se trouve qu’à de rares exceptions près -M.e Caillaux, par exemple-, un « crime passionnel » coïncide toujours avec un féminicide.
    Comme c’est étrange…

    L’inverse n’est pas vrai: un féminicide pourrait être froidement calculé.

    Encore sommes-nous exemptés des mises à mort de femme pour des raisons tribales, religieuses, d’honneur ou toutes ces horreurs inventées pour justifier le crime.

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