L’inaction climatique est causée par l’absence d’intérêt citoyen, par Vincent Burnand-Galpin

Ouvert aux commentaires. Voilà trente ans que les politiques climatiques sont un échec. Dès son second rapport datant de 1995,…

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21 réflexions sur « L’inaction climatique est causée par l’absence d’intérêt citoyen, par Vincent Burnand-Galpin »

    1. Oh j’avais pas encore vu, Étienne Klein à l’attaque. Quand les scientifiques s’y mettent vraiment ça rigole plus ça fait du bien.

  1. Il faudra bien qu’un jour, nous cessions d’écouter et de lire celles et ceux qui ont conduit les peuples à la catastrophe. Et qui toute honte bue continuent vaille que vaille de prendre de mortelles décisions. Il faudra bien qu’un jour nous refusions de leur accorder notre confiance et d’obéir à leurs ordres dont les conséquences sont la mort de nos enfants et la nôtre.
    Il faudra bien qu’un jour nous envisagions de désintoxiquer les dirigeants et les gouvernants dépendants du capitalisme, que nous déradicalisions cette petite frange de nos sociétés qui s’est laissé gagner par la corruption et convaincre par les lobbyistes. Privons tout ce petit monde de leur pouvoir qu’ils ne détiennent qu’avec notre consentement ( voir la servitude volontaire de La Boétie ).
    Il faudra bien…

  2. Les capitalistes vivant au paradis des aubaines (minérales, végétales, animales et humaine (population croissante)), planquées derrière du marketing tout azimute permettant la manipulation des masses, un message incompréhensible pour ces derniers puisque réduit à quelques chiffres et une substance qui fait pétiller l’eau, et pour couronner le tout, des scientifiques reclus dans leur tour d’ivoire qui confient la patate chaude aux politiciens.
    Le message du réchauffement et celui d’une humanité qui court à la catastrophe et maintenant avec toujours plus de visibilité, à sa perte.
    30 ans d’un message « de m… » pour un résultat de « m… ».
    Dans mon métier on le résume ainsi : « garbage in, garbage out »

  3. C’est plutôt un manque d’intérêt qu’une absence… Mais au final si rien ne se change profondément ça reviendra au même.
    Quelles en sont les causes selon vous, et quelles solutions proposez vous ?

  4. Et l’absence de solution technique « valable » ?
    « valable » signifiant ici : « sans baisse du niveau de vie » !!!

    Exemple de la voiture électrique :
    – Bien trop polluante à produire et à recycler.
    – Trop peu d’autonomie.
    – Recharge lente et avec quelle ressource ?

    Les solutions sont toutes sur le modèle de la décroissance.
    (exemple : voiture plus petite et légère, moins rapide, qui consomme 2L/100km)
    C’est pas très sexy du point de vue de nos sociétés basée sur la force, la puissance, la suprématie (de son voisin).

  5. Pour susciter une mobilisation générale il faut un déclencheur local, un motif local, or le climat est d’ordre de la globalité, puisqu’il touche plus ou moins tous les habitants de cette planète, il est trop diffus pour enflammer les foules et menacer l’ordre établi. (je ne dis pas que pour autant c’est inutile, mais je serais fort surpris qu’ER produise les effets escomptés, on est plutôt dans une logique ‘Greenpeace’ )

    IL me semble donc qu’il faut plutôt chercher du coté des mobilisations sociales, plutôt que raisonner en termes d’intérêt ou d’absence d’intérêt pour la cause climatique, car, comme l’a montré le mouvement des Gilets jaunes, certes de manière incomplète, les fins de mois difficiles n’ont pas empêché que l’on cause aussi de la fin du monde.
    C’est face à un rouage particulier du système qui fait mal là tout de suite maintenant qu’on se révolte plus ou moins massivement, pas contre une menace diffuse comme le climat qui concerne tout le monde mais qui n’est pas identifiable à une loi votée par un gouvernement national que l’on peut encore renverser. On ne renverse pas le climat en descendant dans la rue. On sensibilise, on donne une visibilité à la cause mais guère beaucoup plus.

    La convergence Place de la Républiques des Gilets jaunes et des écolos est un évènement qui n’a pas assez retenu l’attention, or s’il n’était que symbolique, il augurait que c’est un même système capitaliste mortifère qui cause et amplifie les souffrances sociales et les destruction des éco-systèmes. En s’attaquant à un rouage — et le rouage en l’occurrence c’était l’Etat incapable d’apporter le bien être, qui produit des inégalités, on vise l’ensemble des rouages qui font parties d’un même et seul système à l’origine du dérèglement climatique. Faire disparaître sensiblement les inégalités remet en cause la légitimité et le fonctionnement général du système. Il remet en cause l’équilibre des rapports de forces sur lequel s’appuie le système pour se perpétuer.

    Il n’est pas interdit de penser que des couches de la population peu sensibilisées aux causes sociales, y viennent par l’autre bout, le bout climatique, le chemin de la sensibilisation est alors inverse, mais il s’agit alors plutôt des classes privilégiées, par définition minoritaires. C’est toujours bon à prendre, mais pas suffisant pour déclencher une mobilisation générale, car il existe toujours assez de privilégiés minoritaires aux postes de commande pour donner le là dans les médias mainstream. La cause climatique sera donc d’autant mieux affrontée que l’on se mobilisera pour des motifs sociaux.

      1. moi aussi… (même si j’hésite à le dire car ça peut sembler de la complicité entre amis).
        Tant pis ! Le commentaire de Pierre-Yves est particulièrement bien venu. En effet on peut espérer que les approches pour éveiller les gens viennent des dits deux bouts. Mais quand peut-on espérer que le propriétaire béat d’un gros SUV soit enfin « éveillé » : le jour où il ne pourra plus boire que de l’eau en bouteille ? C’est une course de vitesse.

    1. Pour susciter une mobilisation générale il faut un déclencheur local.
      Dans leurs chants les oiseaux nous avertissent ne vous inquiétez pas
      🙂

  6. A noter que les experts du climat réagissent à la stratégie qu’on employée les climato-sceptques ces derniers temps pour préserver l’industrie de l’énergie fossile:
    Mettre l’accent sur les gestes individuels plutôt que collectifs (aller à vélo etc.) ou encore dire que comme c’est foutu de toute façon la seule chose à faire c’est de s’adapter .
    ici:

    https://www.theguardian.com/science/2019/nov/09/doomism-new-tactic-fossil-fuel-lobby

    d’où à l’inverse le nécessaire tissage des fins du monde et du mois.

  7. Je me demande comment on pourrait se mettre autour d’une table entre citoyens et discuter et se mettre d’accord sur un certain nombre de choses, des comportements vertueux, …. la société est elle trop éclatée actuellement (par la consommation à
    outrance ?) ou c’est cet éclatement qui pourra faire que nous nous retrouvions à un moment ?

  8. Je doute que nos dirigeants, qui sont pour la plupart des salauds mais pas des cons, n’aient pas compris à quoi mène le bouleversement climatique.

    Ils ne savent juste pas quoi faire pour l’enrayer sans mettre l’économie par terre, avec toutes les conséquences qu’on imagine.

    Touchez à quelque chose, et les dominos tombent l’un après l’autre : p.ex., supposez qu’on divise par 2 les voyages touristiques en avion, faites la liste des activités économiques impactées, regardez les conséquences de proche en proche… Les réactions des bonnets rouges puis des gilets jaunes à de timides tentatives de renchérissement de consommations néfastes les ont vaccinés contre des décisions touchant au porte-monnaie ou à l’emploi.

    C’est toute cette civilisation qui est dans un état métastable. Un grain de poussière, et tout peut basculer.

    Même les actions individuelles vertueuses, si elles parviennent p.ex. à toucher sensiblement les filières d’élevage par la baisse de la consommation de viande, peuvent déclencher l’effondrement : des phénomènes de prophétie autoréalisatrice sont tapies dans l’ombre des bonnes actions !

    Préparons-nous donc à l’inéluctable. A lire : L’Entraide, l’autre loi de la jungle, de Servigne et Chapelle.

    1. Je l’ai lu aussi avec plaisir, « L’entraide l’autre loi de la jungle », même s’il est un peu « pro domo » (« Kropotkine, vous dis-je »).

      La dynamique des sociétés laisse beaucoup de degrés de liberté. Même oeuvrer pour que le « collapse » n’ait « que » comme effet de nous ramener à un état « bien moindre », les N versions de cet état valent le coup d’y bosser (en attendant que « la malle trouve le port après la tempête » inspiration PJ). Entre des « gated communities » de 2 millions de privilégiés qui en esclavagisent 20 millions (le ratio de domesticité au sens très général de la belle époque) en se réservant leurs yachts quand même et une métamorphose qui pourrait se faire de proche en proche pour au moins une moitié des aires urbaines (les moins c…), les autres sombrant dans leur complexité insurmontable, le tout nous laissant une population frugale (suivant combien qu’on est), je préfère quand même la seconde « solution ».
      Le pari « pascalien » est qu’on bosse quand même pour des facteurs 100 ou 1000 en échelle log, même si tous les points finaux sont plus bas que ce qu’on peut rêver quand on est né dans les 30 glorieuses (mon cas), où la pollution, l’alimentation, la démocratie ont semblé, à tour de rôle, pouvoir « tenir la route » mondialement, disons qu’il y a eu 1 ou 2 décennies d’espoir, un peu décalées, pour ces 3 thèmes structurants. Sans vouloir faire de la prédiction, un monde plus conscient pourra plus aisément ne se casser la figure « que » d’un facteur 2 à 10, tandis qu’un resté bas du front fossile pourra tomber très très bas et très très insupportable comparé à ce qu’on peut appeler sinon un idéal d’émancipation, du moins un idéal de non-asservissement (prolétarisation, aux sens de Marx ou de Stiegler au choix) minimal.

    1. Extrait de l’article :

      Pendant que vie disparaît de nos paysages, les semi-vérités et les éléments de langage distillés par les communicants de l’agro-industrie font diversion, ils sculptent et orientent la conversation publique avec une efficacité qui force l’admiration. Agriculture intensive ? Il faut plutôt parler d’« agriculture de précision », expression inlassablement ressassée, destinée à bâtir de la confusion en abolissant le sens des mots — la « précision » invoquée ici étant plutôt celle du tapis de bombe.

    2. @ Pierre Hauptmann,
      Merci pour signaler ce lien ; il est dommage qu’il soit inaccessible aux non-abonnés.
      Une fois de plus Stéphane Foucart a écrit un billet remarquable.
      Paul Jorion en cite un extrait et tout serait à lire. J’y ajoute la conclusion :
      «La raréfaction des grands mammifères emblématiques d’Afrique ou d’Asie nous passionne, mais l’effondrement, sous nos latitudes, des formes de vie les plus communes reste, ainsi, largement sous le radar médiatique et politique. Comme pour le climat, il faudra sans doute attendre que la situation soit devenue critique pour que disparaissent le déni et l’indifférence. Et, de la même façon que la lutte contre le réchauffement est aujourd’hui partiellement perdue, il sera alors trop tard. »

  9. Ce n’est pas exact de dire que les gouvernements ne savent plus quoi faire. Ils savent très bien, en France par exemple, réformer l’indemnisation du chômage ou le système de retraite ; privatiser ADP ou la FDJ, bref continuer, avec une cohérence enviable, de parachever ce qui est entrepris de longue date.

    Il y a donc, pour tenter de simplifier, d’un côté la continuité et de l’autre, l’espoir d’un sursaut, d’une rupture suivie d’un changement de cap. Nous sommes ainsi réduits à compter sur une hypothétique généralisation des mouvements sociaux, sur une incertaine goutte d’eau faisant déborder le vase. C’est dire la fragilité de nos espérances, l’inaccessibilité quasi certaine de leur concrétisation.

    Faut-il désespérer ? Dans une certaine mesure oui, mais à la condition de désespérer utilement c’est-à-dire de tirer de cette désespérance, la force de « refuser de contribuer au mal que nous condamnons », comme le suggère H.D. Thoreau. Ce désespoir désobéissant, facilement quotidien et à portée de tous, me semble plus contagieux, plus progressif, plus impliquant, plus prometteur que ce que l’on pourrait appeler une veillée-vigilante en attendant le grand soir.

    Ce qu’il est opportun d’attendre de chacun de nous n’est pas tant le geste qui peut sauver la planète (dans une certaine continuité finalement) mais plutôt la résistance qui mène à la rupture. Notre inertie est bien la cause de ce que nous échouons dans nos tentatives pour changer de direction. Elle devient une force dès lors nous choisissons d’abord de résister, de ne plus avancer dans la direction qui nous est intimée.

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