Ce que je pense de Comment sauver le genre humain, par Cédric Chevalier

Paul, Vincent, je suis invité par Pablo Servigne à rédiger une recension de votre essai « Comment sauver le genre humain » dans le magazine Yggdrasil (« Yggdrasil, effondrement & renouveau« ).

Servigne n’a jamais caché ses sources d’inspiration anarchistes, même s’il a toujours l’intelligence d’être assez indirect dans ses interventions et de se distancier face à des théories extrêmes : Ici il fait parler Kropotkine… L’Etat, ça a tout détruit dans la violence, les gildes, etc. Kropotkine : si on détruit l’Etat, l’entraide va revenir spontanément. (ça ce sont les courants anarchistes)

Mais dans Comment tout peut s’effondrer, Servigne & Stevens évoquent déjà le rôle que pourrait jouer l’Etat, à partir des expériences des économies de guerre UK et US (p. 235 et suivantes) : « lorsqu’on s’organise dans un but commun, il est possible de faire vite et de voir grand ».

Au passage ça me donne l’occasion de relire votre excellent essai, qui referme méthodiquement un nombre important de portes considérées comme des impasses, et réouvre des portes oubliées pour défendre l’idée d’un Etat planificateur réactualisé, à partir de qui, quand et où nous sommes, nous les humains, tels que nous sommes. J’ai déjà le texte en tête mais intuitivement, je vois là une célébration du pragmatisme et de l’empirisme anglo-saxon, le célèbre esprit d’optimisme et de débrouillardise américain : « Bon nous sommes en panne, on a : une boîte à outils, un démonte-pneu, des chewing-gums, une vieille clef à molette… comment est-ce qu’on repart dans la bonne direction ? »

Cet esprit qui a sauvé 3 astronautes de retour de la Lune, dont le système de conditionnement d’air était en panne.

Pas d’Homme Nouveau, pas de révolution, pas de fermeture des marchés, pas de mise à bas de l’Etat, pas d’abandon de la technologie, pas de grande Utopie… on fait avec les moyens du bord.

Un esprit anglo-saxon qui se lie avec la tradition de la planification et de la prospective française, le Commissariat au Plan (l’esprit de classification et d’idéalisation français, le jacobinisme ?).

Un esprit qui tient compte de ce qu’est la pensée occidentale.

Une proposition enracinée dans le terreau tel qu’il est donc, et pas hors sol.

Il y là quelque chose qui pointe dans une direction intéressante que je rejoins totalement personnellement.

Je pense que la modération raisonnable de votre essai fait sa force radicale (je m’intéresse à Erasme en ce moment).

Ça déplaira donc sans doute à tous les camps qui se complaisent dans le fanatisme d’un bord ou l’autre (les cornucopiens comme les survivalistes, comme les anarchistes durs, comme les transhumanistes à la Jeff Bezos qui veulent quitter la planète).

Mais je pense que c’est dans cette voie du milieu, cette tempérance aristotélicienne, que se trouve la seule politique capable de nous faire traverser cette bifurcation en minimisant le mal.

Vous critiquez lourdement les connexions Nietzsche – Exterminisme (via élitisme), Nietzsche que le coauteur de notre essai (Déclarons l’état d’urgence écologiste Éditions Luc Pire 2020), Thibault de La Motte, vénère comme son maître à penser… mais moi je suis plutôt un humaniste chrétien qui cherche à remettre l’humanisme au milieu du jeu, comme Edgar Morin. Je place la compassion et la vulnérabilité au centre, mon coauteur place l’autodépassement et le devenir minoritaire au centre. Nous différons mais l’idée d’autodépassement reste quand même centrale dans notre essai, au moins du point de vue collectif. Un autodépassement solidaire, ça passe par l’Etat non ?

Vous évoquez l’impératif catégorique de Kant mais passez peut-être à côté de celui de Hans Jonas, qui met à jour Kant en ajoutant le temps long et l’impact des technologies ultimes. Un impératif qui n’est ni vraiment déontologique ni vraiment conséquentialiste, et qui reste très mal compris.

Votre critique des survivalistes et de la sobriété malthusienne me semble un peu courte (en général je trouve Paul trop dur avec la décroissance) car je pense qu’en fait l’Etat de guerre écologique sera aussi survivaliste et malthusien (sinon comment réduire l’empreinte et augmenter la résilience ?). La différence évidemment, c’est le mot « collectif » Vs Yves Cochet…

Je ne partage pas totalement l’inclination transhumaniste de Paul, en cela je suis plutôt néohumaniste 🙂 Je viens d’une famille scientifique et industrielle (ingénieurs et profs de science) donc je suis heureux que vous replaciez la technologie au centre. Mais j’ai quelques doutes que des machines puissent battre 4 milliards d’expérience de la Vie d’ici 1 siècle. Je visualise plutôt des machines rouillées envahies par le lierre qu’une civilisation de robots qui conquièrent l’espace. Paul m’a dit en gros qu’un ordinateur pourrait simuler 4 milliards d’années d’expérience et dépasser la Vie, ça ne m’a pas convaincu. Une machine capable de modéliser les propriétés (émergentes et radicalement incertaines) du système complexe total pour s’autoconcevoir reviendrait à une machine de la taille de l’Univers. Le Dieu de Spinoza ?

Et je sais que Paul déteste Heidegger (pour des questions légitimes) mais je sais qu’il y a une connexion de formation avec Hanna Arendt, Gunther Anders et Hans Jonas, 3 précurseurs de la pensée écologiste. Doit-on déduire un élan « nazi » dans une partie de la pensée écologiste ? (celle qui voudrait retrouver l’essence et la pureté peut-être oui…).

Je pense qu’il existe quelque chose comme une nature humaine mais je suis contre les conservateurs qui ignorent sa perfectibilité ou qui préfèrent une femme violée et morte à un avortement libre (pour Montaigne, contre le pape Joseph Ratzinger et cette écologie intégrale-là, je préfère celle du pape François).

Bref, outre Yggdrasil je vous proposerai une version longue de ma critique de votre ouvrage qui mérite une large diffusion. Surtout depuis que la pandémie fait chuter les PIB de plus de 10%…

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32 réflexions sur « Ce que je pense de Comment sauver le genre humain, par Cédric Chevalier »

  1. Et que enserriez-vous de ceci ?

    Le sentiment de dualité provoqué par l’identification au corps et à la personne n’a-t-il pas précipité l’humain dans un monde d’oppositions, de brutalités, d’injustices, de corruptions et de cupidités ? Même si au milieu de ces ruines poussent quelques fleurs des champs… En prendre conscience résoudrait d’une certaine façon les problèmes d’un ‘’monde d’après’’, qui de toute manière n’est que notre propre projection.

    L’HOMME EMPOISONNE
    ‘’A la redécouverte d’un antidote connu depuis des millénaires’’.
    Pourquoi l’homme n’examine-t-il jamais avec sérieux les raisons qui font que ses actions détruisent tant autour de lui, au point de l’empoisonner lui-même ? La Nature, elle, n’a qu’un seul ‘’objectif’’, la reproduction, et il n’est qu’à court et moyen termes. Court, de la fertilisation à la parturition. Moyen, de quoi amener, dans une sécurité et une condition physique suffisantes, à la période de reproduction. Pour ce faire elle multiplie frénétiquement les mutations et les espèces.
    L’Évolution étant une construction aléatoire mais accumulative, la Sélection Naturelle nous a dotés de la conscience-réflexe destinée à nous assurer les meilleures chances de remplir cet objectif, prolongeant et amplifiant une évolution déjà amorcée chez certains primates supérieurs. En ouvrant la voie au développement hasardeux d’une personnalisation du corps elle aura accru le sentiment de dualité. Ce dispositif est différent du simple instinct, qu’elle complète, ou perturbe à l’occasion. Combiné aux côtés joueur, curieux, créatif et habile dont est doté l’homme ces différents caractères auront enclenché un phénomène cataclysmique dont l’humanité risque de faire les frais, entraînant avec elle une bonne partie de la biosphère. Qu’elle en ait longtemps bénéficié est un sujet de débat, et qui dépend du point-de-vue…
    Car les caractéristiques dont nous sommes dotés nous amènent à peser également sur le très long terme, et souvent de la pire des manières. Notre capacité à développer, notamment, des matières de synthèse et notre incapacité à en planifier une utilisation avisée, accumule les causes de destruction. Car nous sommes par contre oublieux des leçons du passé et dépourvus de toute capacité de prévision fiable. L’IA, ce concept qui n’est qu’un extenseur, multiplicateur et accélérateur d’une pensée humaine mono-séquentielle lente, pourrait peut-être aider à compenser nos faiblesses en la matière. Las, utilisant les résultats d’un ‘’big-data’’ escroqué, cette technique algorithmiquement multi-prévisionnelle a peu de chances de nous aider. Pour des raisons évidentes dont la moindre n’est pas qu’elle ne sera pas orientée dans ce but par les détenteurs des données lui permettant de fonctionner, et que de toute manière on ne trouverait pas de consensus dans le choix des actions à mener.
    En réalité le problème est dans le comportement même de l’homme, et dans cette conviction égocentrée qu’il a d’avoir le droit par nature de piller la biosphère. Et cela sans le moindre devoir de compensation, la Nature étant supposée s’auto-régénérer. Très gros consommateur d’énergie sous toutes ses formes dont largement fossiles, il est logique qu’il restitue les déchets toxiques de cette boulimie à une allure colossale. Grâce à une amélioration de l’hygiène et des traitements médicaux, ainsi que par une alimentation plus abondante, même si de moindre qualité, la population humaine mondiale est devenue, en quelques décennies, pléthorique. La propension à consommer tout ce qui se présente comme attrayant implique le concept de croissance. D’abord centrée en Occident, celle-ci est devenue une nécessité mondiale et exponentielle. Par contre la Société, tout en favorisant la diminution d’une fertilité déjà naturellement en baisse, reste braquée sur le concept de protection de la vie des individus. Il ne s’agit pourtant que d’existences. Elle inverse ainsi dramatiquement la pyramide des âges, au lieu de favoriser l’iVV, l’interruption volontaire de vieillesse. La Vie, qui anime toute la biosphère, homme compris, est apparue il y a bien longtemps et se prolongera probablement pour de longues années encore, évoluant peut-être vers des formes moins énergivores.
    Nombreux sont ceux qui ont pris conscience de ces aberrations. Certains changent le cours de leur vécu avec conviction, mais avec peu d’impact planétaire. Les Etats, qui devraient prendre les mesures les plus significatives, sont eux embourbés dans les conflits d’opinions partisanes ou sont dirigés par des sceptiques soumis aux lobbies et/ou à des ego surdimensionnés. Fréquemment financièrement exsangues, ces entités sont peu efficaces et désespérément lentes dans leur action.
    Les perspectives qui sont réservées à l’humain sont difficiles à évaluer, mais les jeunes sont de plus-en-plus anxieux de leur avenir d’hommes et femmes et de celui de leurs enfants. Suivant le point-de-vue leur angoisse est justifiée. Ou au contraire un nouveau destin, un Transhumanisme glorieux, est promis à l’Humanité. Ou à tout le moins aux plus nantis… A chacun de se faire sa conviction. Mais si on se réfère aux avertissements ‘’…peu seront élus’’ (Mt 22,14). Et une version, apocryphe, ajoute : ‘’…et debout ils seront Un’’ (évangile selon Thomas 23). En attendant un choix cornélien semble s’imposer : ‘’la fin du mois ou celle du monde’’.
    Beaucoup voudraient enfin en avoir le cœur net et comprendre pourquoi une humanité pleine de promesses en est arrivée là. Que ceux-là se posent la question séculaire : ‘’Connais-toi toi-même’’. Se reconnaître en tant qu’issu d’une unité primordiale et non au travers d’apparences physiques et dans les multiples méandres psycho-cryptés de personnalités socioculturelles. Tenter ainsi de briser les chaînes de la conviction duale qui nous précipite dans un monde d’oppositions, de brutalités, d’injustices, de corruptions et de cupidités, même si au milieu des ruines poussent quelques fleurs des champs et la promesse de rares fruits.
    Bien sûr notre marquage génétique ne changera pas. Il n’est pas question de forcer une mutation, qui a d’ailleurs peu de chances d’apporter la correction souhaitée. Mais il est temps que nous apprenions qui nous sommes, ou plus exactement qui nous ne sommes pas. Ce n’est pas parce que la réponse est complexe et difficile à concevoir et surtout à assimiler qu’elle n’est pas simple. Au point de passer sous les radars de notre attention, éblouie par la pyrotechnie d’un monde aux mille facettes, dans lequel nous nous tenons en héritiers réservataires uniques.
    La recherche d’un équilibre personnel et donc de notre confort psychique est compréhensible. Le succès des techniques de pleine conscience et de méditation indique un besoin éloquent de notre époque. Mais elles constituent, sauf exceptions des édulcorations par rapport au sens réel de la méditation telle qu’elle était, et est encore, pratiquée dans les ‘’lieux de Sagesse’’. Là, la recherche du contact avec les profondeurs insondables de l’être priment. Elle commence et abouti immanquablement sur l’observation de son surgissement dans l’existence humaine. L’enchantement libératoire que constitue la découverte de notre véritable nature constitue la source d’où jaillit tous les autres bienfaits.
    La manière la plus évidente pour détecter cette réalité est d’observer le parcours existentiel usuel. Trois étapes d’identifications s’additionnent et nous convainquent de dualité. En ça elles nous abusent, nous détournant chaque fois un peu plus de notre source.
    0. L’embryon, doté d’une combinaison ADN aléatoire, naît muni d’un statut d’êtreté non définie qu’on pourrait appeler une conscience-base. Elle relève plutôt de la cognition corticale primaire et permet notamment la localisation dans l’espace dont bénéficient la plupart des animaux. Comme eux, l’homme vient à l’existence en totale dépendance de l’environnement. La mère (stricto sensu, puis en mode étendu) lui fournit ce dont il a besoin pour se développer. Mais très tôt des hiatus vont survenir, dus aux besoins essentiels non immédiatement satisfaits. Or tout notre fonctionnement cérébral est guidé par l’alternance des perceptions de désagrément et de celles de satisfaction.
    1. A l’issue de cette première étape s’installe une impression de séparation. C’est ici que le génome humain se différencie de nombre des précédents. La dualité entre ce qui fournit les satisfactions primaires et le sentiment de leur manque fonde la Conscience-réflexe, le ‘’Je’’, premier degré de l’identification.
    2. Ce ‘’moi-je’’ va se chercher un enracinement. Ce seront les sens, transmetteurs vers le système nerveux central des messages perçus tant en interne que dans l’environnement qui vont imposer, par défaut, cet ancrage. Ainsi s’affirme la somatisation, l’identification au corps.
    3. Vient ensuite le stade de la particularisation spécifique. Par une succession de définitions allant des identifications administratives à la lecture interprétative du regard des autres en passant par les fêtes anniversaires de naissance, les rappels d’appartenances sociales et généalogiques, l’affirmation de jugements péremptoires de la part des tiers et, pire, de celle des proches, des rêves adolescents… Le tout brassé par un mental qui agite et pérennise des impressions et des mémoires dont on sait les défaillances, s’appropriant sous la dénomination de volonté le hasard qui lui convient. La personnalisation, troisième étape de l’identification est atteinte.
    C’est sur ces fondations friables et somme toute fictionnelles, que se construit le Soi. Cette conviction que vous avez d’être immuablement ‘’Vous’’, tout au long de l’existence et cela malgré les changements incessants.
    La parole du Sage Sri Nisargadatta Marhaj (BSI), représentative de celle de tous les ‘’Éveillés Vivants’’ au travers des siècles aura des chances de devenir réalité pour ceux qui en prendront conscience.
    Marhaj : ‘’En tant que personne […] vous êtes une calamité et une gêne dont il faut se débarrasser. En fait le but est de vous éliminer dans la conscience’’.
    Visiteur : Si je suis éliminé que restera-t-il !?
    Marhaj : ‘’Rien ne restera, tout restera. La sensation d’identité demeurera, mais il n’y aura plus d’identification à un corps en particulier. L’Être, l’éveil, l’amour brilleront de toute leur splendeur’’.
    …Une promesse d’apaisement sinon de sauvegarde pour une Humanité prise dans une tornade dévastatrice. Pour peu que ceux qui aspirent à en bénéficier gardent le plus souvent le regard intérieur fixé sur le calme des profondeurs originelles, en même temps que de contempler et s’extasier sur le bouillonnement du torrent de l’existence. Pour s’apercevoir finalement que le Monde n’est que notre projection duale alors que nous sommes issus d’un Infini insondable. Car nous sommes les créateurs de cet univers pour lequel d’aucuns cherchent un dieu.
    ***
    G.J.C., Mai 2019.

      1.  » La personnalisation, troisième étape de l’identification est atteinte. »
        Il y a une version différente de cette affaire là, celle de Bernard Stiegler dans les traces de Hegel.
        Il parle pour cela de rétentions (ce qui fait que notre histoire est irréversible).
        Et du fait qu’elles sont sources des « protentions », les projets, la suite de notre histoire.
        Il distingue les rétentions primaires (souvenirs immédiats), secondaire (souvenirs « conscients », j’ai bien appris mon code de CB), et tertiaire. C’est ce troisième volet qui contient notre « formatage » social.
        Et c’est sur lui qu’il échafaude comment ne pas être « prolétarisé », comme dépasser les « désaffections » pour aller vers des formes de dépassement appelés plutôt sublimation. C’est assez articulé, un brin jargonnesque (pas qu’un brin à vrai dire) et ça me convainc plus que le sage BSI…

        C’est peut-être isomorphe, mais alors par un drôle d’isomorphisme.

      2. Sacré Bernard ! C’est quand la dernière fois que j’ai eu envie d’inventer un nouveau concept ? Il faut dire que j’ai été élevé bilingue et que j’avais un choix double dans les mots déjà existants (enfin quasiment double : pas mal de mots français en hollandais, et en sens inverse : yacht, bastringue, cabillaud) 😉 .

    1. @Corbusier.

      Ce que je pense : que les intuitions fondamentales du Bouddha, de Jésus, des Grecs, et puis de nombreux philosophes sur le « connais-toi toi-même » plus intellectuel, et la méditation, plus corporelle, sont et resteront vraies comme voies de sagesse et de bonheur, de libération, par rapport au poids de l’ego, qui explique en partie la catastrophe écologique en cours.
      Néanmoins, comme Paul, je dois prendre acte que « mille ans ne suffisent pas à changer la pensée collective ». Et que donc nous ne pouvons attendre l’émergence d’un « Homme Nouveau » qui méditerait une heure tous les matins, pour enclencher l’effort de guerre nécessaire pour atteindre la soutenabilité et éviter les effondrements.
      La minorité active explore et pratique déjà abondamment ces sagesses antiques. Avec des effets bénéfiques pour leur engagement politique/citoyen.
      Cette minorité active doit prendre le pouvoir démocratiquement en quelque sorte (contre les ploutocrates, les démagogues), pour ensuite installer les institutions qui permettront de réorienter les énergies sociétales dans le sens d’une transition d’urgence, dont une forme d’Etat d’urgence écologique, une sorte d’économie de guerre pour la transition.
      En parallèle, enseigner systématiquement la méditation et l’introspection dès la maternelle dans l’enseignement obligatoire.
      On doit fabriquer les citoyens sages dont vous parlez. Ils ne vont pas émerger tout seuls, ou alors à un taux spontané qui les conservera ultra minoritaires.

      1. Mr Chevalier,
        Si ‘’ La minorité active explore et pratique déjà abondamment ces sagesses antiques’’ comment se peut-il qu’elle soit amenée à ‘’prendre le pouvoir’’, alors que celui-ci est séculier et suppose différends et luttes, traquenards typiques du dualisme dans lequel nous fait tomber notre nature ? Et le vocabulaire ‘’effort de guerre, économie de guerre’’, même s’il n’indiquent pas la violence utilise des vocables qui suggère les oppositions.
        En prônant ‘’la méditation et l’introspection dès la maternelle’’ je suppose que vous parlez des expériences qui se font d’exercices de pleine conscience qui se pratique ici et là dans les écoles. En effet. C’est d’ailleurs ce qui m’a amené à sortir d’un silence de plus de 35 ans, l’espoir que cette pratique, débarrassée de tout objectif, permette de faire prendre conscience de l’aberration des identifications successives que je décris. Et avec la conviction que j’ai qu’il n’est pas indispensable d’atteindre le nirvana pour nous débarrasser du mirage de cette  »personne » qui nous précipite dans la cupidité, la violence, le besoin d’accumulation et autres tendances catastrophiques pour notre apaisement.
        Nous ne pouvons attendre dites-vous. Mais la voie que vous prônez permettrait-elle de mieux régler le problème ? Et le fera-t-elle plus vite ?
        Ceci dit, une fois de plus, il est vain de viser un objectif quantitatif. Ce qui sera, sera, et comme dit le poète :
        ‘’Le Temps est la distance imprécise qui arpente l’Espace dans l’Ether et son déroulement n’est qu’approximation,
        Cette progression que vous ressentez inexorable n’est pas autre qu’un Présent ressuscitant de triviales annales.
        N’évaluez ne jugez pas, constatez événements et émotions, le monde résiste mais vous, laissez aller vos haines,
        Remarquez-le les circonstances adviennent et vous n’avez pas à vous en préoccuper, elles sont donc acquittées
        Exactement comme il est nécessaire et si vous les changiez elles deviendraient à nouveau ce qui devait arriver.
        Revenant sans répit au centre de vous-même, à l’endroit précis où jaillit cette joie laissez-la éclater
        Et chantons ensemble alléluia.

  2. Sur le nazisme et l’écologie, une mise au point salutaire de l’historien J. Chapoutot:
    https://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2012-1-page-29.htm
    Les rapports particuliers à la Nature qu’entretiennent les cultures « germaniques » sont évidemment antérieurs à 1933. Une illustration concrète nous a été offerte par les cimetières militaires allemands de la Grande Guerre qui diffèrent grandement, par leur topographie et leur végétalisation, de ceux des autres belligérants.

    1. C’est un peu la même que Bezos, nature mode parc naturel ou  » pur de l’homme »,
      Aïe aïe aïe tant de bilvesés j’en ai le cœur tout engourdi.

  3. Mon intention était de répondre à Mr Chevalier. J’avais déjà pris connaissance des commentaires on ne peut plus constructifs sur le thème, émis par les habitués du café du Commerce. Merci. Ayant été aspiré par le soupirail, mon intention n’étais pas de rentrer par la porte. Mes excuses.

  4. @ Cédric Chevalier
    Ce n’est qu’un brouillon?

    D’un autre côté, votre texte est essentiellement un festival de définitions avortées, vous concernant et concernant Paul bien entendu. Sans rapport évident avec le sujet.

    Vous êtes très important, sûrement. En quoi savoir ce dont vous vous réclamez et comment vous vous définissez sont-ils une avancée dans la compréhension des pensées et solutions de Paul et VBG.
    Un exemple:
    Vous êtes chrétien ou pro-Nietzsche, ou bien n’importe quoi d’autre qui vous plaira. Très bien. Mais encore, concernant le sujet?
    Un autre:
    Que Paul ait passé à côté de Hans Jonas, je dois dire franchement que je m’en tamponne le coquillard, dans ce contexte ( j’insiste: dans ce contexte).

    Plus précisément, si le livre de nos deux auteurs devait être critiqué, c’est en fonction de ses qualités intrinsèques, et non pas à partir de barbus vénérables, sans rapport direct avec l’objet de l’ouvrage.

    Bref un pseudo compte-rendu (« ce que je pense ») plein de complaisances et de connivences abstruses.

    1. Pour éviter tout malentendu : il s’agissait d’un courrier adressé par Cédric à Vincent et à moi. J’ai pris l’initiative de lui demander si l’on pouvait ouvrir la discussion à l’ensemble des lecteurs du blog parce que les questions qu’il soulève sont en effet celles qui sont soulevées par les personnes qu’il mentionne, ce qu’il a accepté. Un compte-rendu sera fait par lui dans les règles pour la revue qu’il mentionne.

    2. @Daniel

      Merci pour votre commentaire. Je comprends votre agacement mais Paul a expliqué d’où venait le texte, d’un échange informel par mail. Des brouillons peuvent suffire à déclencher des débats passionnants. Je compte bien rédiger un compte-rendu en bonne et due forme.

      Ce dont je me réclame et comment je me définis, ce dont vous vous réclamez et comment vous vous définissez sont des éléments essentiels dans un dialogue entre nous (vous, Paul, Vincent, moi, les autres). Comme Edgar Morin, je pense que nous devons remettre le sujet au centre, le lieu d’où on parle, l’humain qui parle. C’est une démarche non seulement humaniste mais aussi fondée d’un point de vue logique. Edgar Morin s’étale en anecdotes autobiographiques. On pourrait penser qu’il s’agit de narcissisme, il n’en est rien. La pensée complexe ne crée aucun schisme entre le sujet observant et le sujet observé. Elle les relie dans une conception complexe et systémique, le sujet et l’objet rétroagissant l’un sur l’autre. c’est idée n’est pas neuve et est très forte en sociologie, anthropologie, psychanalyse et psychologie : on exige de celui qui prend la parole de se regarder lui-même dans le miroir, d’avoir une démarche réflexive, de ne pas être dupe de qui il est, d’où il vient, d’où et comment il parle, et de quoi il parle. Sans cela, on retombe dans une conception positiviste, objectiviste et pour tout dire, complètement dépassée de la science et du débat d’idées, comme si on pouvait émettre un propos indépendant du sujet qui l’exprime, et du contexte qui lui a donné naissance.
      C’est pour cela également que les lectures (barbes blanches) de celui qui s’exprime sont essentielles à connaître et à reconnaitre. Savoir quels livres il y avait dans la bibliothèque de Montaigne ou de Rousseau, connaître leur journal intime (quand les philosophes en ont un) est de la plus haute importance pour comprendre leurs idées.

      Il ne s’agit pas d’entre-soi, d’onanisme intellectuel, mais bien de vérité et de transparence, la vérité étant la vertu cardinale de la philo et de la science : on se doit de se montrer un minimum transparent face à son lecteur.

      Les questions que je soulève ne sont pas accessoires. Le problème simple, c’est celui de comment amener notre empreinte écologique au seuil de soutenabilité. Le problème complexe, c’est de savoir quelle réforme de la pensée est nécessaire pour que nous sortions du déni et fassions ce qui est nécessaire. Une démarche psychanalytique et réflexive donc, pour notre civilisation. Dès lors, on se doit de remonter aux racines de la pensée, donc aux barbes blanches de Nietzsche (plutôt moustachu) et d’Aristote.

      Enfin, si vous pensez que Hans Jonas est secondaire, et que vous ne comprenez pas pourquoi je reproche son omission à Paul, je vous invite à lire son Principe Responsabilité. Une lecture ardue mais édifiante, car cela porte exactement sur le problème qui nous occupe : le risque d’extinction de l’espèce humaine, et la responsabilité individuelle et sociétale, étatique face à cette menace (la responsabilité de l’homme d’Etat ce me semble être le sujet du livre de Paul et Vincent).

      Vos questions critiques me permettent d’éclairer ma/notre démarche.

  5. Cédric,

    1. « une célébration du pragmatisme et de l’empirisme anglo-saxon, le célèbre esprit d’optimisme et de débrouillardise américain »

    Je crois qu’il s’agit plutôt du protestantisme que m’a instillé ma Môman ! Qui m’a fait connecter automatiquement aux groupes Quaker quand je me suis retrouvé aux États-Unis : je m’y sentais « en famille ».

    2. « je trouve Paul trop dur avec la décroissance »

    Toujours le même malentendu. Je suis pour la décroissance mais je réponds systématiquement aux « Décroissants » : « La croissance sert depuis toujours à la rémunération du capitaliste. Qu’allez-vous dire au capitaliste (qui n’hésitera pas à se défendre quand vous tenterez de lui ôter son gagne-pain) ? » Et là, la réponse des Décroissants, c’est toujours la même : des yeux ronds. Ils ne voient pas ce que le capitalisme vient faire dans cette histoire : « Si on veut décroître, on décroît, non ? » C’est la même histoire que quand on me dit : « On interdit à Total de distribuer des dividendes ! » et que je pose la question « Très bien, et ils mettent où l’argent des dividendes ? ». On leur interdit, c’est tout ! Qu’il y ait des mécanismes économiques, financiers, comptables, ça dépasse l’entendement. Dernier exemple : les monnaies locales. « Monsieur Jorion, on va lancer une monnaie locale ! – Ah ! très bien les amis, et elle va fonctionner comment votre monnaie locale ? – Euh… Fonctionner ? » Résultat, la semaine suivante : « Ah ben dis donc, Jorion, il est contre les monnaies locales ! » Et il est CONTRE la décroissance, et POUR les dividendes et POUR Total… Parce que j’ai demandé comment ils allaient faire…

    3. « Une machine capable de modéliser les propriétés (émergentes et radicalement incertaines) du système complexe total pour s’autoconcevoir reviendrait à une machine de la taille de l’Univers »

    Cédric, tu as trop vu de films de science-fiction des années 50, quand une mémoire de 16ko faisait un mètre cube.

    1. Hmmmm, le paragraphe sur les objections aux Décroissants, on peut faire exactement les mêmes aux partisans de la Gratuité ! Non ?

      Pourquoi partir du principe qu’un décroissant, veut juste décroître SANS changer le système ? Pourquoi faire cette objection déjà orienté ?

      1. Pourquoi partir du principe qu’un décroissant, veut juste décroître SANS changer le système ?

        Du « principe » ? On voit bien que vous n’avez jamais fait de conférence devant des Décroissants !

        On s’est retrouvé une fois, Dominique Méda et moi, à être hués par une salle hostile : « Cessez de parler du capitalisme ! Parlez des solutions (= courgettes sur le balcon, etc.) ! »

        Qu’un décroissant veut juste décroître SANS changer le système, ce n’est pas une légende, c’est vrai. Ou s’ils imaginent qu’il y a bien un problème (« Les lobbys nous veulent du mal »), ils pensent qu’il disparaîtra un jour de lui-même (comme le coronavirus pour Trump) : « Pouf ! », un jour on se réveillera et le capitalisme aura disparu.

        Comme je le disais : aucune notion qu’il y ait des mécanismes économiques, financiers, comptables. Ramenez-nous les Sismondi, Fourier, Saint-Simon, Proudhon, Marx, Engels !

    2. @Paul.

      Merci pour ton commentaire.

      Sur le 2., je vois parfaitement ce que tu veux dire quant aux « Décroissants » qui mettent de côté la question du « fonctionnement des choses », du capitalisme, de la monnaie, de la finance, des processus économiques. Ce problème n’est pas propre aux « Décroissants » mais à de nombreuses personnes qui se revendiquent d’une pensée, d’une théorie, d’une idéologie. Ainsi, de nombreux « Collapsos » ont des propos réducteurs et simplistes par rapport aux thèses et à la pensée de Pablo Servigne et Raphaël Stevens. De même pour le libéralisme, l’écologisme, le socialisme, le communisme. En sociologie, on parle je crois de « vulgate », d’une manière un peu méprisante peut-être, pour désigner la déformation des pensées entre le théoricien le plus rigoureux qui a posé les concepts, et puis ses lecteurs secondaires et tertiaires, ses vulgarisateurs, et puis enfin ce que monsieur-madame tout le monde en retient (comme quand on interroge un russe de 80 ans sur le communisme soviétique…).
      Mais il y a alors une distinction à faire dans le débat intellectuel : il faut expliquer si on critique le courant de pensée ou ses adeptes pratiques, car ce n’est pas du tout la même chose. Je ne pense pas que Pablo Servigne soit replié sur lui-même dans l’attente de l’effondrement, il a une activité rigoureusement politique. Mais sans doute certains de ses adeptes se sont résignés à ne plus rien espérer ni faire, à ne plus du tout s’impliquer en politique, à ne plus voter.

      Voilà, la vulgate décroissante est sans doute très décevante par rapport aux grands penseurs de la décroissance, qui, justement, on mis le paquet analytique sur le capitalisme, la croissance, l’emploi et la finance (de nombreux lecteurs de Marx parmi eux) : Gorz, Illich, Castoriadis, etc.

      Sur le 3., j’ai des lectures contraires moins caricaturales :-), au hasard sur google, je ne sais pas ce que ça vaut mais ça liste plusieurs arguments du « pourquoi on ne peut pas simuler l’univers », ce qui me semblerait utile pour dépasser l’expérience pratique du vivant (ce serait un sous-modèle « la vie sur Terre depuis 4,5 milliards d’années », mais est-ce vraiment indépendant de l’univers ? https://wtamu.edu/~cbaird/sq/2014/09/15/could-scientists-perfectly-simulate-the-entire-universe-in-a-computer-down-to-the-last-atom/

      1. Il n’est pas question de simuler l’univers, il est question d’Intelligence Artificielle, où toute décision implique au contraire une compression / filtrage des données.

      2. Suivre l’évolution de la pensée de celles et ceux qui débroussaillent les idées anciennes pour faire place aux nouvelles réflexions est plein d’enseignements. Ainsi la pensée de PJ (que je suis de près depuis 12 ans) vis à vis de la décroissance a fameusement évolué et dans le bon sens. Qu’il appelle « décroissants » les « colibris à la Rabhi » est un peu désolant, mais on ne peut être partout à la fois et notamment lire attentivement ce que les décroissants belges ont produit comme fondement de leur projet politique et seul document débattu des années et voté en assemblée générale: un projet économie-finance (https://objecteursdecroissance.be ) qui ferait pâlir de jalousie les anticapitalistes les plus militants.
        Certes, les médias déforment à plaisir la pensée des décroissants mais ce qui s’élabore notamment à l’université autonome de Barcelone (https://www.uab.cat/web/study/summer-uab-courses/uab-barcelona-summer-school-1345740945150.html ) devrait prouver que l’économie est au centre de la réflexion des décroissants).
        Une question entrouverte par Cédric et qui mériterait d’être creusée est le rôle de l’État: protecteurs de faibles ou (de plus en plus) relais des puissants. Encore et toujours trouver le juste milieu… Pour ce qui est de l’étude de l’évolution de la pensée des impulseurs de changement, puisque tu vas écrire chez Yggdrail, Cédric, relire les analyses/articles écrites par Pablo lorsqu’il était actif à Barricade (Liège) est très instructif.
        Dans ces périodes de changements très (trop?) rapides, nous sommes tous partagés entre fidélité à notre passé intellectuel (et militant) et nécessaire adaptation à un réel qui bouscule…

      3. Cédric,
        Merci pour les liens sur le découplage, l’autre jour.
        Oui, ce n’est pas que « décroissance », c’est faire basculer toutes les pensées et savoirs des gens qui « croient que ça va marcher avec des choses à la marge » vers autre chose.
        Mais en plus, on n’a pas le droit de le leur proposer tout cuit (le cerveau humain procède par essais et erreur, il faut qu’il y ait un semblant d’essai, la covid-19 n’étant qu’un semblant de semblant).

        Je militerais donc pour des « silos transverses » à reconstituer, en admettant que ça tient presque de l’injonction paradoxale :
        des systèmes/cercles de savoir ayant à la foi l’asymétrie dont nous avons hérité (l’asymétrie qui nous rend « silotiques ») et l’association simple (nécessaire pour « lier » deux silos actuels). Etant entendu qu’une communauté qui s’occupe d’un potager à fond est un de ces cercles, mais qu’elle doit communiquer avec une communauté plus large, du monde agricole ou sociale (les épiceries solidaires par exemple) pour échafauder les outils dont nous souhaitons l’émergence.

        Tiens, petit coup du sort, les IA ont des organisations en couches de réseau qui, pour être efficace, doivent aussi passer ce type de barrière asymétrique/associatif. Enfin, peut-être n’est-ce pas fait à un niveau assez profond malgré les Neftali Tishby et autres cerveaux qui commencent à formaliser tout ça, mais ça prend un chemin qui a un air intéressant.

        (Voire si des intervenants n’ont pas déjà dit ça, tel que ou autrement ici sur le blog de PJ)

  6. Nous voyons désormais au loin le tsunami dont la crête s’élève à chaque instant davantage, approcher et grandement menacer nos vies.
    Combien de temps nous reste-t-il après avoir formulé le problème, pour réfléchir, comprendre, convaincre et nous mettre d’accord sur le chemin qui permettra à la plupart d’entre nous d’échapper à la mort ?
    Qu’est-ce qu’il sera encore possible de mettre en œuvre alors que la vague aura tout détruit?
    Quelle heure est-il ?

  7. @ P Jorion.
    « …Toujours le même malentendu. Je suis pour la décroissance mais je réponds systématiquement aux « Décroissants » : « La croissance sert depuis toujours à la rémunération du capitaliste. Qu’allez-vous dire au capitaliste (qui n’hésitera pas à se défendre quand vous tenterez de lui ôter son gagne-pain) … »
    Ce que vous dites du capitaliste , est tout aussi (et même plus) valable pour les 8 milliards d’humains.
    Si le capitalisme détruit la planète c’est parce qu’il satisfait (toujours trop peu – voir les gilets jaunes) à nos appétits infinis qu’il stimule. Ce système produit plus d’obèses que d’affamés. L’URSS s’est effondrée parce que sa population voulait consommer. La pub est bien plus puissante que la propagande et les politiques (gauchisants en premier) en sont réduits à rivaliser de promesses de pouvoir d’achat.
    Si vous voulez détruire le capitalisme, ayez l’honnêteté de reconnaître que cela se fera au détriment du pouvoir d’ achat (= décroissance).

  8. Bon les gens !!

    Je vous lis très attentivement sous ce billet dédié à ce livre que je ne souhaite absolument pas commenter pour le moment, et sans jamais réagir jusqu’ici… Mais là, ça me saoule ! Prenez garde à vous !

    Vraiment !

    Car moi, je suis bel et bien « décroissant », et à la différence de certains ici, je la pratique réellement cette « difficile » décroissance, chiffres familiaux à l’appui /2, et depuis le 4 avril 2016 (voir ma discussion d’hier avec CloClo), systémique aidant, je prône un changement radical, de fond en comble, de tout le système, en commençant par une mise à l’arrêt du sytème actuel ; ce qui devrait naturellement se produire du fait de nos erreurs accumulées d’une part, et de notre attentisme d’autre part !

    Alors dites les gens, notamment Paul, vous allez nier tout cela pendant encore combien de temps ?

    Hein ?! Répondez moi franchement s’il vous plaît, vous tous ici, là bien-pensance ainsi réunie, car je veux bien rester sagement dans le placard où l’on m’a collé de force il y a des années de cela, mais arrive un moment, où sans que je ne puisse spontanément expliquer pour quelle raison, vous lire ainsi me met littéralement hors de moi !

    Piqûre de rappel :

    https://www.pauljorion.com/blog/2016/09/16/le-canari-arctique-ne-chante-plus-lettre-ouverte-a-lattention-de-tous-les-elus-de-france-sans-exception-par-philippe-soubeyrand/

    Dans l’attente de vous lire !!

    ps : Tu vois… Pas de Toc cette fois-ci CloClo…

    1. En effet, c’est bien sur ce blog que nous avons (j’ai) appris à structurer notre (ma) « critique du capitalisme » ; c’est bien PJ et les contributeurs, parfois même les commentateurs, qui nous ont (m’ont) convaincu(s) de la nécessité de « changer de cadre »; c’est bien un « chemin décroissant « qui alors s’est ouvert devant nous (moi) lorsque nous avons (j’ai) forcé la (ma) réflexion.
      Paul Jorion, vos lecteurs auraient-ils parfois poussé un peu plus loin le bouchon que vous avez lancé ?

      1. Paul Jorion, vos lecteurs auraient-ils parfois poussé un peu plus loin le bouchon que vous avez lancé ?

        Vous plaisantez ? Je suis bien plus radical que les commentateurs du Blog ! Je cache bien mon jeu, c’est tout 😀

    2. @Philippe Soubeyrand
      Le rappel à presque chaque message de votre parcours de chercheur incompris, ostracisé et placardisé dessert votre propos.
      On a compris, là, c’est bon 😉
      Quant au ton exalté que vous employez généralement, ça ne donne pas envie de vous prendre au sérieux.

      1. Eh ! bien un grand merci à vous deux arkao et timiota pour ce commentaire plein de fraîcheur à l’heure de l’extinction de l’espèce…

        On se reverra probablement de l’autre côté le moment venu, afin de tirer tous ensemble le sinistre bilan en découlant…

        Bonne nuit à vous.

  9. @Alain. Toujours heureux de te lire Alain ! J’ai dit récemment à quelqu’un que si je pense la même chose à 65 ans qu’à mon âge et bien je n’aurai pas appris grand chose pendant trente ans !
    Tous nous évoluons. Et les « penseurs » en particulier voient leur pensée évoluer constamment. Les meilleurs penseurs souvent retournent comme une crèpe leurs pensées précédentes. Je pense à Wittgenstein qui passe d’une conception très abstraite du langage à une conception beaucoup plus humaine et pragmatique à la fin de sa vie, peut-être au contact des enfants dans sa famille. Le réel nous force à évoluer.
    Mais du coup, il y a quand même un léger problème pour les humains : à chaque génération, c’est comme si chaque « jeune penseur » devait refaire le parcours des générations précédentes, ou simplement le parcours des penseurs plus vieux que lui. Alors à partir de quel âge est-il légitime de commencer à s’exprimer ?
    Et comment faire pour éviter aux jeunes de commettre des erreurs de pensée liées au fait qu’ils n’ont pas pu incorporer l’expérience de leurs aînés ?
    Tu me parles de Pablo et de l’évolution de ses idées.
    On dit souvent que les jeunes sont souvent plus à gauche et se déplacent plus à droite en vieillissant…

  10. Calmement , s’avance le réel : (MDP- Martine Orange , extraits)

    …  » Dans tous les communiqués, dans tous les comptes, transpire une volonté de noircir un tableau déjà tellement noir, une stratégie de l’effroi, afin d’abattre toutes les résistances, de faire accepter tous les renoncements.

    D’une certaine façon, Philippe Peticolin a vendu la mèche. …
    Lors de la présentation de ses résultats, le président de Safran, n’a pas caché que la crise du Covid-19 était une sorte d’occasion à ne pas manquer. Elle allait permettre de conduire au pas de charge tous les changements, toutes les restructurations qu’il pensait devoir mener, mais qui, dans d’autres circonstances, auraient dû être négociées, amendées, voire annulées.

    Sans le dire aussi ouvertement, tous les responsables de ces grands groupes partagent l’analyse. Ces temps de crise doivent leur permettre de mettre en œuvre les fameuses réformes structurelles qu’ils appellent de leurs vœux. Les accords de performance collective, adoptés dans le cadre des ordonnances sur la réforme du code du travail de septembre 2017, ou comme le disent certains, « les plans d’excellence managériale » dominent tous les projets.

    Derrière la novlangue se cache une réalité bien connue de déflation salariale. Il s’agit d’abaisser le coût du travail par tous les moyens, en recourant au chômage partiel, en renonçant à certains avantages, au statut, à tout. Il s’agit rien de moins de renforcer « cette politique de l’offre » chère à Bruno Le Maire.

    Tous insistent sur les centaines de millions d’économies qu’ils doivent faire.
    Absolument… Même les plus profitables! Ainsi Sanofi, qui a quand même vu son résultat net augmenter de 8,7 % au premier semestre pour atteindre 3,2 milliards et qui se fait subventionner ses recherches pour un vaccin sur le Covid-19, a décidé de tailler dans ses dépenses de recherche et développement, d’engager un nouveau plan d’économies de 2 milliards d’euros et de supprimer 1 700 emplois en Europe dont mille en France.

    Alors que la crise du Covid, loin d’être une parenthèse, est peut-être en train de créer un choc économique comparable à celui des chocs pétroliers de 1973 et 1979, ces responsables ne voient d’autre réponse aux interrogations économiques lourdes de la chute inquiétante et qui va se renforçant de la productivité, de la baisse constante des profits de l’économie productive, de la chute des investissements, à la désindustrialisation du pays liée à une surévaluation monétaire, que l’institution d’un capitalisme de la précarité, de salariés sans statut, sans salaire fixe/b> .
    Au risque de provoquer un effondrement complet de la demande, d’engager l’économie dans une spirale récessive sans fin, de créer un malaise social insurmontable…

    Mais l’important n’est pas là pour eux : il s’agit d’honorer les rendements attendus du capital. Beaucoup, à l’instar d’Engie, avaient renoncé à verser des dividendes au début de l’année. Ils ont annoncé leur ferme intention de les reprendre aussi vite que possible. Schneider qui avait suspendu son plan de 1,5 à 2 milliards d’euros de rachats d’actions au printemps, a déjà indiqué son intention de le reprendre dès que possible, tout en indiquant vouloir mener des plans d’économies de plusieurs centaines de millions par ailleurs. Décidément, leur monde d’après ressemble furieusement à celui d’avant. « 

    1. En propre réplique , je me demande si je n’ai pas ici la réponse à ma question du 4/8 à 13h45 … reproduction :

      …  »  »  » Aujourd’hui et maintenant que la première « surprise » (février-mars-avril) est passée… maintenant que les « pénuries techniques liées-C19 » ont disparu… j’aimerais découvrir QUI a décidé à ma place/ »pour mon bien » que je pouvais mourir de TOUT , sauf de la C19 … et dans quel but??..  »  » « 

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