Comment éviter une « guerre civile » entre les jeunes et les vieux durant le XXIe siècle ?, par Cédric Chevalier

La trajectoire de l’économie mondialisée détruit les conditions de vie sur Terre pour les jeunes vivants aujourd’hui, et ceux qui naîtront durant ce siècle. Le confinement pandémique a imposé aux jeunes, aux enfants (qui sont légalement soumis à l’autorité de leurs parents et n’ont aucun droit de vote) des sacrifices pour sauver la vie des vieux. On a impacté la santé mentale et physique des jeunes sans suffisamment de soucis pour eux.

Dans un récent rapport de l’Organisation Internationale du Travail, on découvre maintenant que la crise socio-économique en gestation risque d’hypothéquer structurellement leur travail, leur carrière, et leur qualité de vie. Le tragique de la dynamique se reflète dans le fait que ce sont les vieux (des pays riches) qui, en poursuivant collectivement la croissance économique malgré les alertes, ont détruit les écosystèmes et favorisé les pandémies partout dans le monde.

On peut évidemment se demander « à quelle génération faire remonter la culpabilité ? » et si « les jeunes (des pays riches et émergents) ne reproduisent pas aujourd’hui sans critique le mode de vie insoutenable de leurs aînés ». On ne peut pas se cliver totalement car tout jeune sera un jour un vieux. Mais on trouve maintenant de facto le germe d’une ligne de partage politique qui va séparer de plus en plus les vieux riches socio-écologiquement inertes qui votent à droite ou à l’extrême-droite (qui vivent dans des banlieues 4-façades bien isolées, avec un travail ou une pension, et qui ont accès à la nature) et les jeunes pauvres qui exigent le changement et votent à gauche, extrême gauche ou extrême droite (et qui vivent dans des petits appartements en pleine ville, mal isolés, sans travail et sans nature).

Autrement dit : la question va se poser aux jeunes de savoir s’ils ne doivent pas prendre le pouvoir aux vieux s’ils veulent vivre une vie digne… Vont-ils encore avoir longtemps le choix ? Des associations comme Extinction Rebellion et les marches des jeunes pour le climat sont-elles un exemple de cet élan ? De jeunes leaders éco-socialement éclairées et démocrates comme Alexandria Ocasio-Cortez, Adélaïde Charlier, Anuna De Wever, Kyra Gantois ou Gretha Thunberg pourraient-elles formuler une proposition politique qui évite à tous cette « guerre civile entre les générations » durant le XXIe siècle ? Les vieux pourraient-ils laissent les jeunes créer le nouveau monde auquel ils aspirent, pour une fois dans l’histoire ?

La Libre : L’Organisation internationale du travail s’alarme de l’impact de la crise du Covid-19 sur les jeunes, le 11 août 2020

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24 réflexions sur « Comment éviter une « guerre civile » entre les jeunes et les vieux durant le XXIe siècle ?, par Cédric Chevalier »

  1. « Les vieux pourraient-ils laissent les jeunes créer le nouveau monde auquel ils aspirent, pour une fois dans l’histoire ? »

    Mon bon Cédric, dire « les jeunes » ça ne porte pas bien loin. Et vois-tu je ne suis pas aussi certain que toi, que le monde créé par « les jeunes » comme tu dis, de ce que je peux voir autour de moi, soit franchement différent de celui créé par … « les vieux ».

    On va dire que des jeunes ont envies de changer comme des vieux aussi, mais les jeunes et les vieux c’est une idée que tu te fais, et les lignes de partage ne sont pas aussi claires que tu sembles le croire. Des jeunes qui veulent de bonnes grosses bagnoles et une belle maison avec piscine, des vacances à l’autre bout de la terre, et la clim et le chauffage y en a autant que des vieux avec le même tripe.

    Non la guerre civile si elle a lieu sera idéologique pas générationnelle je pense.

    1. 100% d’accord !
      C’est une position journalistique qui ne tient pas. Je pense que « les jeunes » sont les premières cibles et victimes de la pub qui paralyse le cerveau.
      La première des choses c’est de l’empêcher de nuire…

  2. Elle sera générationnelle.
    JUSTEMENT parce qu’ils veulent la même chose que les anciens.
    Et comme il n’y en aura pas assez pour les deux, dans le système actuel qui ne changera pas avant qu’eux mêmes soient devenus « anciens », ils y seront poussés par l’instinct de « survie ».
    La déliquescence de la famille et de la solidarité transgénérationnelle fera le reste.
    Les épisodes de tentative de contamination volontaire du coronavirus ne sont qu’un début.
    En France ce sera pire qu’ailleurs car ils sont bizutés socialement dès qu’ils entrent dans le monde du travail. On a délibérément choisi de les sacrifier.
    Mais comme ils ne représentent qu’une petite partie du corps électoral, ils n’obtiendront jamais rien par les urnes, sinon toujours plus de protections pour les retraités… (qui votent)… jusqu’à ce que les pensions ne puissent plus être payées (ça arrivera bien assez tôt).
    Car bien sûr, ils n’auront pas de retraite, et auront payé pour les autres sans rien pouvoir recevoir à leur tour.
    Ajoutons le différentiel de culture (élevé avec/sans l’internet), qui en fait quasi 2 peuples différents (ça n’a été le cas pour aucune autre génération dans l’histoire… même dans les période de découverte majeure : imprimerie…).
    Le fond anthropologique et chrétien fait que cette guerre restera « larvée » (on ne frappe pas un « ancien »), mais elle sera pourtant bien là, et ne s’éteindra sans doute pas avant qu’il n’y ait plus autant d’écart de « bien être économique » perçu entre les 3 générations successives.

    1. Les jeunes votent peu et n’ont pas toujours l’envie ou le courage de mener une révolution. Le jour où il auront le frigidaire vide, cela risque d’être explosif….

  3. de « bien être économique perçu » ET de sacrifice réalisé bien sûr (car personne n’a jamais rien reproché aux générations de poilus et de combattant de la deuxième guerre mondiale…)

  4. Pour éviter qu’une « guerre civile » entre jeunes et vieux, illustre les temps disruptifs, inquiétants, instables, douteux, incertains… du XXI siècle, du « siècle occidentaliste » aux facteurs à risques, de comorbidités, d’insécurités, d’inégalités, d’injustices… pour soit et le reste de l’espèce… « l’autre » quoi… si multiples… que ne pouvant dessiner que le déclin de l’espérance d’un « monde à voir » (suivant qu’à la retraite, « on » soit suffisamment en « bonne santé » pour ne pas périr d’une infection à un quelconque nouveau coronavirus… « se tuer à la tâche »… ou que jeune… atteint de la covid-19 « on » ne soit pas trop atteint de séquelles, traumatismes, incapacitant, invalidant, y compris la fertilité…) ne pouvant exacerber que l’anxiété d’un « monde d’après » l’avant… de plus en plus dystopique quoi… instable, déséquilibré, pour les futures générations, les ressources se raréfiant… pour l’envie de perpétuer l’espèce humaine quoi… dans un dérèglement climatique, une perte de biodiversité généralisée… encore ne faut-il pas réussir à distinguer les difficultés, pour ne pas dire impossibilités qui scindent, séparent, font faire « sécession » (fiscales, morales, sociales…) : et les modes d’être des « bandes de jeunesses »… « branchés »… et les façon de vieillir, de « finir sa vie », d’avoir « vécu au dessus de ses moyens »… puis desquelles seraient les plus impactées dans l’espace et la temporalité indéfinie… de cette « guerre » (encore aussi faut-il s’entendre sur quelle « nature » de guerre on parle, quand la macronie, et son jeu mortifère avec l’extrême droite, n’a pas trouver d’adhésion suffisante, convaincante avec celle censée être menée contre « l’ennemi viral » – abstention en croissance plus forte que la « relance du pib »)… ?

  5. @ Cédric Chevalier
    Il y a un bug au départ de votre raisonnement.
    Opinion très réductrice que de penser que des sacrifices ont été imposés aux jeunes pour sauver des vieux.
    Cette rumeur issue du pire de la philosophie libérale doit être combattue.
    Ce genre de propos pousse justement à la « guerre civile «  en donnant, non point des explications , mais des boucs émissaires.

    Le confinement , les gestes barrières, restent un passage obligé quand l’épidémie n’est plus maîtrisée a minima . La saturation des hôpitaux est la chose essentielle à éviter , car qui dit destruction de notre système de santé dit impossibilité de soigner TOUTE la population. De notre côté de la planète , on oublie facilement que sans soins, on peut mourrir d’UN rien , quelque soit son âge.

    Après , que la peur du virus pousse à des excès entraînant des dommages psychologiques , c’est certain.
    Les contacts physiques sont une nécessité qu’il est quasi impossible de se passer sur la durée .
    Notamment pour les enfants en très bas âge.
    Que le futur nous conduise vers une société plus( voir trop) pudique où les individus s’enfermeront encore plus dans leur bulle , avec toutes les conséquences psychologiques dû à l’isolement , c’est possible.
    Le problème , c’est que la solution à bien des problèmes humains ne passe pas par le clivage et la stigmatisation , mais par toutes sortes de solidarités. Solidarité entre générations, entre continents , entre pays, entre sexes etc…

    Pour preuve du pire de la connerie actuelle , la course financière aux vaccins donnant l’avantage à tel ou tel pays , alors que face à une épidémie telle que le covid 19, un seul foyer encore en activité suffit à relancer la machine infernale .Celle des victimes et du délabrement économique de chaque nation , car tout est désormais manifestement INTERDÉPENDANT.
    Le remède contre le covid 19 devrait relevé non point de la sphère économique mais de ….
    Je vous laisse trouver , n’est vraiment jeune que celui qui est encore capable de créer .

    ,

  6. Suite et fin du commentaire (Juillot Pierre 13 août 2020 à 19 h 51 min).

    La guerre entre jeunes et vieux, risque d’opposer qui des uns toujours plus destinés à être précarisé, paupérisé, ostracisé, discriminé dans l’accès au logement, dans les 80% d’embauches faites qu’en CDD très courtes durées, temps partiel aussi que le « bénévolat contraint gratuit » contre le droit à la solidarité, au RSA (cas des NON RECOURS en opposition à « l’ubérisation et ordinisation » défiscalisée et désocialisée du travail segmenté à la tâche, des savoirs et services publics privatisés, digitalisés technocratisés – comme pour les hôpitaux, etc – et de l’emploi se précarisant quand il ne disparait pas…), allant voir leur salaire baisser de 20%, les sacrifices de leur RTT, congés payés, etc… ne pas suffire au chantage à l’emploi des propriétaires privés d’entreprises, d’actions assistées sans contrepartie, et leurs baisses incessantes de « charges », d’impôts sur société et de production… à la casse des protections sociales et services publics du modèle social de « l’Etat providence », qui pour les autres pré-retraité.e.s au chômage (licencié.e.s à 55 voir 50 ans) en rien bénéficiaires des privilèges de la reproduction de classe, des avantages de l’endogamie dans les « hautes écoles », hautes administrations de pantoufleurs (adeptes de conflits secrets d’affaires, clientélisme carriérisme, favoritisme, corruption)… comme pour les uns… resteront toujours autant les uns que les autres les plus exposés aux facteurs multiples à risque, en cas d’infection à la covid619 et autres coronavirus…?

  7. Mais non Cédric, il n’y a pas de guerre entre les jeunes et les vieux.
    Il y a ce que l’on appelle la lutte des classes et de nos jours elle est féroce avec une caste prédatrice. Dire ça n’apporte rien et au contraire permet de mettre un rideau de fumée qui leur rend bien service.

  8. La guerre ?

    A relire Karl von Klausewitz , ou Raymond Aron , ou Mao Zedong , on se montrerait plus prudent que vous pour agiter ce mot qui décidément semble plaire et pas qu’à Macron , d’autant que ceux qui se font les Héraults d’un « règlement de comptes  » entre jeunes et vieux ne vous ont pas attendu depuis quelques millénaires pour prêcher la croisade intergénérationnelle .

    S’il semble acquis que l’inégalité de patrimoine et de revenus existe entre générations ( pas partout dans le monde et pas dans tous les systèmes économiques pour autant qu’il y en a de différents du capitalisme seul sur la place principale ) , la « guerre  » potentielle , je ne la vois pas encore naitre du coronavirus , mais plutôt des effets du réchauffement climatique et de l’écroulement de la capacité de charge de notre terre . Car alors l, les contraintes étant sans solutions politiques , la guerre sera totale et ce sera la guerre du tous contre tous , quelque soit les âges qui pourront cependant être un prétexte , parmi une foule d’autres , pour en découdre .

    Tout ça pour dire que pour éviter la guerre généralisée et mondiale et les guérillas ( dont guérilla intergénérationnelle ) , la clé est dans le traitement des sujets qui animent le blog depuis 10 ans ( et plus ) .

    PS : on attend l’avis de Théodore .

  9. Cela faisait longtemps que je n’étais plus venu sur ce blog , d’où ma stupéfaction de lire ce genre d’âneries ( je suis désolé , fallait que je le dise ) au prétexte de se soucier des jeunes , enfin jeunes tels que Cedric Chevalier les conçoit …

    1. Sans doute l’opposition binaire jeune-vieux est-elle inappropriée. Et la transmission du patrimoine se porte on ne peut mieux (vu qu’il y en a plein du patrimoine, au prix actuel de l’immobilier).
      La question qui se pose serait plutôt « si les déterminants qui tiennent les jeunes à leur place d’héritiers basculent (–notamment en terme de classe, comme le suggère Jacques Seignan–), alors quelle nouvelle dynamique s’enclenchera ?  »
      Peut-on imaginer qu’une puissance égale à celle des GAFAM aujourd’hui soit de fait capable de faire un « deal jeune/vieux » couplé à une dynamique de classe ? Un facebook 3.0 qui se proposent d’enrôler les jeunes dans des « bandes » (ce ne sera pas le mot utilisé, ou plutôt si ce le sera puisque le mot simple « ami » a été déplace, « bande » le serait sans plus de souci).
      Et ces bandes seraient amené à canaliser les ressources, pour généraliser quelque chose qui ressemble à un EHPAD pour les 90% sans patrimoine à la hauteur.
      Bref, il y a plein d’entrée à la dystopie jeune/vieux, feu Stiegler y avait contribué (« des générations ») et se posait la question de la transmission dans le monde à venir, en ayant plus que digéré le message de Leroi-Gourhan « le geste et la parole », sur la transmission « exosomatique », certes, donc pourquoi pas numérique, mais où l’outil est « sublimé » par ses usagers. Un monde de jeunes désublimés (comprendre « au surmoi assez malléable pour qu’une GAFAM 3.0 en prenne peu ou prou possession ») est un des horizons des évolutions en cours, même si les vitesses d’évolution sont devenues extrêmes.

  10. « Il faut se rendre compte du gâchis qu’on a accumulé vis à vis de notre jeunesse pendant cette crise, les lycées et les universités sont restés complétement fermés, de début mars à septembre il n’y a rien » Thomas Piketty (https://youtu.be/e96xjlOnQjA?t=78)

  11. Très bon article à réfléchir;
    En effet des études très poussées sur le marché de l’emploi ont montré que le chômage des jeunes est une création purement française induite par des politiques publiques centralisatrices à la remorque des événements et par des inductions d’acteurs au sein de ces politiques dont l’effet a déstabilisé le système. S’il y a du chômage dans les autres pays UE, il est toutefois généraliste et beaucoup moins catégoriel.
    Aujourd’hui en France si vous êtes jeune, vous êtes supposé incompétent, car inexpérimenté….Et sitôt approché la cinquantaine, on commence à trouver que vous sentez le fossile…Et cela quel que soit l’irréalité de ce dont on vous suspecte et quel que soient vos efforts pour vous en préserver ou vous en défendre. Pourquoi cette subjugation de l’âge qui fait qu’on ne voit plus rien d’autre ? Pourquoi cette stratification de l’emploi, pourquoi « l’adulte » en tant que tel n’a plus droit de cité, et ce faisant pourquoi la qualité qui lui est rattachée, soit la citoyenneté, en est ainsi amoindrie, contestée selon l’âge?
    La faute en est au mik Mac de la négociation des corps intermédiaires où l’état ne s’est plus posé en arbitre libéral pour le coup (de l’égalité des droits) et en garant de la citoyenneté, mais au contraire est allé faire du catch dans un combat de boue , s’est fait crabe dans le panier de crabes pour aller négocier à son tour le bout de gras dans une lutte des mauvaises fois où seule la somme de toutes les pingreries s’accorde.
    L’état a oublié la notion « d’état impartial ». Devant l’accélération des mutations, des disruptions, l’état qui était seulement préparé à réparer les accrocs du tissu social et avait abandonné l’idée d’être visionnaire pour devenir gestionnaire, s’est trouvé fort démuni devant l’arrivée de la vague du chômage de masse qu’il n’avait pas prévu.
    Dans ces cas-là, on bricole et on dénigre pour renvoyer la faute aux autres, on cède à son instinct de classe par l’intermédiaire de l’imaginaire collectif d’une haute administration devenue endogame. Dans ces cas là, les clichés refont surface comme toute humanité impréparée le fait face à une difficulté qui lui tombe dessus sans crier gare. Victime toute désignée par le panier de crabes, les supposés improductifs, comprenez ceux qui se retrouve aux deux bouts du jeu de chaises musicales de l’emploi.
    « Les jeunes vous comprenez, ils ne savent plus monter à vélo, il faut tout leur apprendre…Les vieux? Mais comment donc, vous comprenez ça fait trop longtemps qu’ils sont là, il ne savent même plus faire de vélo, il faut tout leur réapprendre… »
    Il n’y a plus de citoyens, il n’y a plus d’adultes, il y a des autoproclamés, « productifs » , face à des apprentis productivistes et des « has been » productivistes, priés de se disputer une chaise pour deux, avec en arrière-plan un acteur qui se fait payer par l’état pour retirer la chaise à celui qui s’y installerait trop longtemps. Ce manège et ce bricolage dure depuis trop longtemps et sape les fondements de la citoyenneté d’une catégorie de français qui a droit à une vie et donc à une chaise à la table, pas à un siège éjectable.
    Sortir de l’état partisan pour retrouver l’état impartial serait souhaitable; sortir l’état du panier de crabes des corps intermédiaires et son capitalisme de connivence, pour retrouver une capacité à la vision donc à l’anticipation, donc à la planification ; En faisant l’Europe, les leaders portés chacun par leurs visions spécifiques ont bloqués le processus; la technocratie a pris le relais et les politiques se sont faits gestionnaires, mais la méthode ne se suffit jamais à elle-même, et l’Europe de la comptabilité cela ne marche pas. Il faudra toujours de l’humain pour avancer , des inventeurs pour les inventions, des découvreurs pour les trésors, des précurseurs et des trublions pour sortir du cadre, des « alter ego » pour faire et accompagner le héros, de la confiance dans l’humain, dans l’adulte qui doit être respecté en tant que tel pour qu’un état puisse porter l’espoir d’une intelligence collective basée sur la citoyenneté. On a remplacé la « middle class » par le « middle age » pour s’appuyer dessus électoralement, c’est une vision d’économisme négrier et stakhanoviste qui va à l’encontre de la démocratie, mais on comprend alors pourquoi l’attraction pour la chine.

  12. Le problème c est que les jeunes veulent la meme chose que les anciens sans les inconvénients qui vont avec !
    Demandez leur de renoncer a leur smartphone , qui bientot consommera 40 pourcent d électricité en plus avec la disparition des chargeurs !
    Demandez leur de renoncer a leurs vacances en avion , a un animal de compagnie , a leur voiture , la guerre des génération n existe pas , Greta n est soutenue que par des bobos dont l empreinte écologique est mille fois la mienne !

  13. @Jacques Seignan >> Tout à fait OK avec votre remarque.

    Si le blog le publie, c’est que le sujet existe et mérite discussion selon PJ, notre Rédac Chef en chef.
    La position de CÉDRIC CHEVALIER peut être au choix 1) suivie, 2)contrée, 3) nuancée, c’est à ça que sert le blog.

    Mon humble avis :
    Nous avons confiné pour protéger TOUT LE MONDE car les particularités de ce virus étaient inconnues au départ. Le risque de décès massifs par saturation des hôpitaux était réel, perçu, nous sommes d’ailleurs passés pas loin d’une catastrophe de très grande ampleur. Laisser porter le poids d’un « quasi génocide du 3ème âge » aux jeunes contaminés mais peu atteints de maladie hormis qq symptômes bénins, eut été un cadeau très très empoisonné pour la jeune génération. Du genre : « en vivant, vous avez tué, et on pouvait l’éviter. Mais nous avons choisi de vous privilégier « . A mettre en regard des dégâts psychologiques ou autres dus au confinement… Certes, nous avons protégé les aînés de la maladie. Nous aurions pu tout aussi bien protéger les nourrissons… Ça aurait été mal ? Le débat semble donc stérile a posteriori sous l’angle de l’âge à un instant T. Dans la durée et du point de vue économique, et c’est l’objet du post, il est légitime de se demander de quoi sera fait demain pour ce que l’on appelle les actifs qui n’en sont pas encore aujourd’hui. Cela interroge les notions mêmes de population active et d’humanité si nous devons reproduire le monde d’avant qui laissait déjà de côté pas mal de nos semblables, TOUS AGES CONFONDUS. Et pas seulement sur le plan économique. Ce que le confinement a bloqué brutalement, ce sont les rêves et la possibilité de se projeter dans un avenir commun pour TOUS, exacerbant le problème pour ceux qui ont le plus « d’avenir à consommer », à savoir les jeunes.

    Jacques Seignan a raison : la répartition des richesses actuelles et les possibilités de richesses futures a été interrogée. Les fragilités béantes ont été soulignées, renforcées, toutes générations confondues. Il oublie juste de rajouter que ces richesses ne sont pas que financières ou économiques.

    1. Le terme que vous utilisez à propos du temps de vivre des jeunes et nouvelles générations: « avenir à consommer », ouvre comme un abime dans votre cheminement.
      L’héritage est un sujet qui a toujours préoccupé les sociétés, anciennes ou modernes, mais il apparait aujourd’hui que ce pécule échappe aux descendants pour différentes raisons, un fait qui vient peser sur le mécontentement des spoliés déjà passablement touchés par les nouvelles donnes qui viennent sabrer dans perspectives d’avenir comme dans les protections sociales.
      Je crois comprendre que votre propos n’est pas de jeter du l’huile sur le feu mais le terme utilisé : « avenir à consommer » est imbibé de pétrole.
      ):-))

      1. Parce que vous faites quoi de l’avenir quand vous êtes jeune, disons moins de 25 ans ? Vous contemplez ? J’ai joyeusement provoqué (merci à vous) pour souligner l’incongruité du terme « consommer ». Oui, je cherche à pacifier.

  14. Continuer à penser sous les bombes !

    Imaginons-nous quatre vingts ans en arrière.
    Qu’importe le pays, nous vivons dans une ville quotidiennement bombardée.
    Alors avec quels outils réfléchissons nous ? Quels savoirs nous sont utiles ? Comment nos intelligences individuelles et notre intelligence collective se construisent-elles désormais ? Comment nos sociétés humaines s’organisent-elles ? Démocratie ? Lois ?

    Il me semble que nous réfléchissons à un  » après  » comme si la canonnade allait cesser un jour or elle ne cessera pas. Pas au cours du prochain siècle en tous cas.
    Essentiellement,
    parce que nous sommes assez obtus pour vouloir reprendre le cours d’un progrès imbécile… parce que nous ne comprenons pas qu’il faudrait commencer par réparer nos lieux de vie…
    parce que nous savons pas renoncer aux systèmes dont nous sommes si fiers et aux connaissances dont nous avons fait une foi…
    ( Les exemples en ce moment ne manquent pas. )

  15. Par la force des choses, le capitalisme a pris une certaine teinte gérontocratique. L’un des secteurs perçus comme porteur aujourd’hui est celui dit de la « silver-economy ». Celle-ci représente, dans un pays « vieilli » comme l’Allemagne, la mise en place des aménagements résidentiels et urbains permettant de sauvegarder l’autonomie des personnes âgées. Une autonomie conçue comme un acte individuel s’écartant le plus souvent de toute possibilité de traitement intergénérationnel du vieillissement, traitement qui impliquerait d’une certaine manière que les plus anciens acceptent de s’écarter de l’épicentre des décisions les concernant (les tensions parents-descendants à l’échelle sociale en quelque sorte).

    En France, ou la génération des papy boomers constitue la plus forte cohorte aux portes de la silver-economy, c’est à peu près le même scénario avec cette différence notable que les retraités français tirent encore (mais pour combien de temps) une part significative de leur revenus de notre système de retraite par répartition, ce qui donne l’illusion d’une certaine solidarité intergénérationnelle. Mais pour l’essentiel, ce sont encore les séniors, plus ‘nantis’ en capital qui tiennent les clés de l’économie ainsi que celles des élections présidentielles et législatives notamment, du fait de leur nombre !

    Voilà donc une population pour laquelle ‘faire du revenu à partir de son capital’ a plus de sens que ‘vivre convenablement du fruit de son labeur’. Une population qui vote pour le candidat qui lui permettra de conserver son pouvoir d’achat. Je ne parle pas des cas particuliers que chacun trouvera dans son entourage, de personnes âgées qui se soucient du devenir de leurs enfants et petit enfants. D’ailleurs, pour qui votent-ils au bout du compte ? Il apparait globalement que cette génération de papy boomers, par la force des choses, contribue au verrou qui empêche la sortie du capitalisme. La conversion de la France (de l’Europe) à la retraite par capitalisation est un coup stratégique que le capital est en train de gagner. Les promesses d’Emmanuel Macron au sujet de la suspension de la réforme décevront ceux qui prennent le risque d’y croire!

    Le retraité des pays riches de l’Europe et des États-Unis, parce qu’il lui reste relativement peu de temps à vivre, parce qu’il est persuadé comme nous tous de pouvoir s’en sortir avec sa barque personnelle déjà bien avancée, parce que son intérêt personnel est de pouvoir finir sa vie avec le produit de ce qu’il possède déjà, parce que la pensée dominante de son époque a été celle du capitalisme, parce qu’il maitrise encore le pouvoir, y compris au sommet des institutions économiques ; ce retraité a exigé que la Grèce paye sa dette jusqu’au dernier centime, que les pays émergents à forte proportion de population jeune adoptent le capitalise sans réserve avant qu’il leur soit possible d’accéder au concours de la banque mondiale ou du FMI. C’est encore lui, qui représente « ce marché » qui n’est pas encore prêt à adopter les mesures qui permettraient de tenter d’éloigner le risque d’extinction de notre espèce.

    Mais dans cette société « humaine » devenue cloacale avec ses dérèglements comportementaux, une issue possible serait que les jeunes poussés par une force irrésistible pour « vivre leur vie » multiplient comme ils le font actuellement les gestes à risque qui exposent les plus âgés aux pandémies et autres microbes dévastateurs. Le recentrage de la pyramide des âges qui en découlerait aboutirait au rétablissement d’une situation politique dans laquelle le plus grand nombre vote pour décider de mesures qui impacteront sa vie pour les 15, 20 ou 30 années à venir, soit l’inverse de l’électorat actuel numériquement dominé par les plus âgés.

    Une autre possibilité consisterait à proposer aux ainés un pacte leur garantissant une fin de vie à l’abri du besoin en échange de leur « effacement » lors des élections. Soit une façon de juguler paisiblement le risque de confrontation entre les générations dans les pays vieillissants ou entre les pays capitalistes à population vieillissante (d’investisseurs) et les pays émergents à forte population jeune.

    En définitive, la question reste pendante de savoir si nos institutions foncièrement gérontocratiques de conquête et de conservation du pouvoir sont compatibles avec une sortie du capitalisme via les urnes.

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