ATTENTION : ÉCOLE EN DANGER = RÉPUBLIQUE EN DANGER !, par Danièle Hainaut

Le terrible drame de Conflans-Ste-Honorine doit sonner l’alarme chez tous les républicains ! Un professeur qui ne faisait que son métier et « tout » son métier d’éveilleur de l’intelligence et de formateur de la conscience civique de ses élèves a été mis au pilori sur les réseaux sociaux par des parents voulant purement et simplement son « élimination ». Peut-être n’exigeaient-ils qu’une sanction administrative (ce qu’ils plaideront sans doute), mais un coutelas dans les mains d’un exalté fanatisé a commis l’acte définitif d’effroyable barbarie dont ils rêvaient et dont ils sont les vrais instigateurs.

Le danger qui plane sur l’Ecole est énorme et multiforme. Il n’est pas né de la dernière pluie comme un champignon : il y a belle lurette que j’ai quitté les salles de lycée pour faire valoir mes droits à la retraite et son ombre planait déjà sur les pupitres ! Notre société cumule plusieurs maux, tous très préjudiciables à un enseignement serein dans la mesure où l’Ecole, dont une lubie de pédagogistes fous a voulu qu’elle « s’ouvre largement sur la vie« , est en bonne logique contaminée par ce que « la vie » a de plus immédiat, non réflexif, irrationnel et partisan. Toutes les querelles de chapelles, sectes et autres formes de dissensus s’invitent donc à l’Ecole sans s’essuyer les pieds ! Notre société ne sait plus trop « où elle habite » ! Elle « divague » au sens propre du terme. Or l’Ecole ne peut pas se permettre de « divaguer », ce qu’elle fait, hélas, en acquiesçant activement à l’intranquillité de notre époque. L’Ecole actuelle est, pour son malheur, un miroir : viennent s’y refléter, amplifiés et gauchis par des esprits encore en cours de formation et d’apprentissage, tous les clivages d’une société en voie de morcellement mortifère. Minée en ses tréfonds, par des formes « dures » de séparatisme religieux et culturel (dont on voit où elles mènent et qu’il va falloir prendre à bras le corps), notre société en rajoute comme à plaisir quelques louches en multipliant les antagonismes sociétaux, pour la plupart importés en contrebande, qui agitent l’opinion jusqu’à troubler les formations politiques. Les tenants de ces nouvelles forteresses sociétales se caractérisent, eux aussi, par un cléricalisme toujours prêt à excommunier et jeter l’anathème sur quiconque semble contester la validité de leur position.

Cela fait au bout du compte beaucoup de chausse-trappes et de pièges où la parole du professeur est amenée à « déraper » à tout bout de champ ! La politique du « ménager la chèvre et le chou » est la négation même d’un enseignement de qualité visant à instituer des adultes instruits et responsables. L’enseignement de l’Histoire ne peut et ne doit pas composer avec tout le spectre des « sensibilités » quand il parle des croisades, de l’esclavage ou de la Shoah ; celui de la Géographie ne peut pas, par souci d’égalité, concéder une voix aux « platistes » ; l’enseignement de la Littérature ne peut pas s’autocensurer en éliminant de son programme Voltaire, Diderot et autres tenants des Lumières (pour n’aller pas [encore ?] jusqu’à  certains diktats  visant à éliminer les auteurs masculins accusés de patriarcat !).

Mettre entre des mains encore enfantines dépourvues de tout recul des thèmes alimentant une multitude de chasses aux sorcières tous azimuts (parfois avec les meilleures intentions, mais l’Enfer en est pavé !) est une entreprise d’une grande perversité qui se paie au prix fort. Comment fait-on  aujourd’hui, la plupart du temps, dans les classes ? On achète tant bien que mal une forme bâtarde de paix sociale scolaire au prix de petits arrangements et d’une capitulation tout à fait regrettable et honteuse : on évitera aux élèves que le cours du jour « gêne », « choque » ou « blesse » un irrémédiable trauma en les autorisant à quitter momentanément la salle de classe.  On en est là ? Eh oui, Il semble bien que cette démission soit monnaie courante. et qu’une foule de mini ou maxi reculs tapisse le quotidien d’un prof lambda.  Et si la République à la française insupporte, il va être possible de demander un congé, une exemption ?

                    TOUS CONCERNÉS dans la plus large UNITÉ possible !

                                                                                                  

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65 réflexions sur « ATTENTION : ÉCOLE EN DANGER = RÉPUBLIQUE EN DANGER !, par Danièle Hainaut »

  1. Oui bien sûr, ce n’est pas l’école de la république. L’enseignant n’est pas au service de la république mais au service de l’instruction publique. Il faut que l’enseignant sorte de la servitude.
    Condoléances à la famille de Samuel.

      1. @Lucas,
        Pourquoi Samuel a t’il été exterminé ?
        Pourquoi le métier d’enseignant est-il au service de la République avec des objectifs à atteindre ?
        Pourquoi les juifs ont-ils été exterminés et
        Quel était le nombre de juifs à exterminer par jour ?
        @+

  2. Avec tout le respect que je dois et apporte avec souci de faire unité, sans m’exempter donc – en priorité à la famille et aux proches, élèves du défunt – aux droits et devoirs de l’enseignement et à son personnel dévoué (des membres de ma famille en faisant partie… j’en mesure à sa juste valeur toute sa dimension) de quoi est-il question dans la notion de « République » a laquelle ce texte et son auteur à qui j’adresse mes remerciements pour ouvrir à la discussion son contenu… entre « l’AUTORITÉ » de « l’enseignant.e »… et jusqu’où celui ci enseignement ( » …. Mettre entre des mains encore enfantines dépourvues de tout recul des thèmes alimentant une multitude de chasses aux sorcières tous azimuts (parfois avec les meilleures intentions, mais l’Enfer en est pavé !…… ») peut mettre les limites de son devoir d’instruire un savoir dans le respect de la « NEUTRALITÉ et la LAÏCITÉ »…?

    1. @Juillot Pierre Avec un « commentaire « très » court », ou ici peut-être plutpôt une « question », vous risquez moins d’être compris à l’envers de ce que vous pensez !

  3. « L’enseignement de l’Histoire ne peut et ne doit pas composer avec tout le spectre des « sensibilités » quand il parle des croisades, de l’esclavage ou de la Shoah ». Oui bien sûr, mais je pense qu’il y a un âge pour cela et que les élèves au niveau collège n’ont pas la maturité nécessaire pour que ces thèmes soient abordés sereinement.
    Annette Wieviorka a écrit un essai très intéressant sur la visite d’Auschwitz par des scolaires.
    Je garde moi-même un mauvais souvenir de ma visite du camp de Struthof en Alsace au milieu de hordes de collégiens français et allemands braillards.
    A vouloir trop bien faire, l’école de la République me semble parfois se tromper de méthode.
    J’ai aussi organisé des visites de cimetières militaires de la Première Guerre mondiale de ma région pour des collégiens. Résultats peu concluants.
    Non vraiment, pour des sujets aussi graves et complexes, il vaudrait mieux attendre le lycée. Mais il n’y a plus le temps. Faut foncer, bachoter, recracher, pour décrocher le précieux sésame .

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    1. Je partage votre avis Arkao quant à la capacité de compréhension d’un si jeune public. De plus, quel est l’intérêt de moquer une religion alors que l’on sait que c’est un sujet sensible pour certains et que s’il y a un frappadingue dans le quartier, cela risque de mal se terminer ?
      Je fus peiné , il y a de cela quelques années, de voir la caricature ci-dessous de Sœur Emmanuelle.
      https://images.app.goo.gl/jMNHBvFBmphd9vtD8
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Sœur_Emmanuelle#/media/Fichier:Sœur_Emmanuelle.jpg
      Quel intérêt de s’attaquer ainsi à cette personne ? Ne blesse-t-on pas sa famille, sa communauté en agissant ainsi ? Pourquoi ?
      Quant au dessin ci-après publié le lendemain ou le jour des attentats de Janvier 2015 ou devant l’être – je ne me souviens plus exactement – n’est-il pas d’une irresponsable stupidité déconcertante ?
      https://images.app.goo.gl/c38z3JzLMdopNSrF9
      J’avoue me sentir dépassé par la connerie des uns et la sauvagerie des autres.

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      1. « Et puis, il y a l’autre des carottes dans les cheveux
        Qu’a jamais vu un peigne, qu’est méchant comme une teigne
        Même qu’il donnerait sa chemise à des pauvres gens heureux »

        J.Brel Ces Gens Là

    2. « je pense qu’il y a un âge pour cela et que les élèves au niveau collège n’ont pas la maturité nécessaire pour que ces thèmes soient abordés sereinement. »

      Vous faites erreur : la conscience de la mort, de l’injustice, du racisme sont présents dès l’école primaire. Les enfants sont beaucoup plus matures que ce que vous pensez. Les croisades, la Shoah, les guerres (de religions, mondiales, autres) peuvent et doivent être abordés. Bien évidement pas de la même manière que ce que vous pouvez voir ou lire dans des documentaires « adultes ». Pour la Shoah par exemple, on utilisera en primaire le Journal d’Anne Franck ou les pancartes « interdit aux juifs » et pas forcément les images des déportés décharnés des camps de concentration. Sans pour autant cacher l’existence de ces camps de concentration, ni de la volonté d’extermination qui leur est associée.

      Tous les événements importants de l’Histoire doivent être enseignés, et pas uniquement au lycée. Doit-on retirer toutes les guerres, toutes les invasions, tous les massacres ? Et puis les épidémies aussi, c’est mortel ! Faut supprimer aussi le servage du Moyen-âge et la hiérarchie de la société de cette époque (1% qui domine le reste, ça n’existe plus, hein ? Rassurez-moi !). Et puis aussi la monarchie absolue, la Révolution française et sa Terreur accomplie grâce à l’invention de Mr Guillotin, l’Empire Napoléonien (il y en a eu des morts), la colonisation (pas très beau non plus tout ça), les guerres mondiales, …

      Le programme d’histoire s’arrête à Lascaux alors ?

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    3. Il faudrait quand même qu’au collège se dessine une sorte d’envie de connaitre sur ce sujet, peut-être une façon de former l’attente d’un voyage en seconde aux camps d’extermination (Auschwitz, joignable en charters ad hoc depuis la région parisienne du temps que l’on volait).
      J’ai un peu suivi ce que faisait Mme Claire Podetti (qu’on a pu entendre à France Inter ou FQ et qui a contribué aux « Territoires vivants de la République ») , il y a malgré le petit aspect « ils sont un peu trop jeunes » un certain retour sur investissement, si j’ose dire.
      Délicat car un jeune de 12 ans un peu déluré maitrise bien la violence d’un jeu vidéo type GTA (Grand Theft Auto), au point de se faire valoir avec cela ; et en effet il n’y a pas beaucoup de facilité pour les autres jeunes à faire la part des choses entre l’aura de ce genre de « violence » et la signification de la Shoah…

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      1. Apprentissage du cadre chronologique et factuel au collège, puis approfondissement et débat au lycée. Mais ce n’est pas compatible avec l’état actuel de la préparation au baccalauréat.

      2. « Délicat car un jeune de 12 ans un peu déluré maitrise bien la violence d’un jeu vidéo type GTA (Grand Theft Auto) »
        Ça dépend où, chez moi c’est plutôt 8ans…

      3. Jouer à GTA + se faire valoir avec (important pour le sujet dont nous parlons, la capacité de maitriser la violence ou de l’exploiter)… MMmmm, ça me semble le stade 2 du puéril, mais je veux bien baisser la jauge qui peut être faussée par divers souvenirs, OK.

    4. Bonjour Arkao

      Je pense que vous vous trompez et qu’il ne faut pas prendre vos expériences pour des généralités.

      J’ai visité, en 1968, en tant que collégien (3ième), et originaire de cette région, le cimetière de Vimy.

      C’est un souvenir qui m’est resté gravé à tout jamais avec ces dizaines de milliers de croix blanches et toutes ces photos qui montraient l’atrocité de la guerre.

      Par contre il y avait eu un très bon travail préparatoire des enseignants qui avaient expliqué ce qu’avait été la guerre 14-18.

      L’ensemble des élèves avait été très réceptif et respectueux.

      Peut-être, l’histoire de mon père, ancien KG, Krieggefangener, prisonnier de guerre dans de nombreux stalags m’a sans doute permis d’appréhender pleinement cette visite.

      Je pense qu’à partir de 13-14-15 ans, un adolescent est capable d’intégrer ces évènements avec un bon travail préparatoire fait par les enseignants.

      De plus toutes ces informations se trouvent sur internet .

      Régulièrement quand je retourne voir des amis dans la région de Bapaume je ne manque jamais de passer devant ces cimetières qui sont notre mémoire et font partie de notre histoire.

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      1. Les temps changent et surtout les moyens. Si vous avez un accompagnant pour deux ou 3 élèves même en 5 ème vous pouvez les canaliser et leur faire tirer quelque chose d’une visite, si un pauvre prof traine un troupeau de 30 gamins vous pissez dans un violon. La capacité de concentration ayant une durée qui s’étiole comme une peau de chagrin il faut d’autant plus de moyens humains pour l’éducation et on fait tout le contraire.

      2. @Dup
        L’usage en France, c’est un accompagnateur pour 12 élèves de 12 ans, un pour 16 élèves de 16 ans…
        Je ne pense pas qu’un responsable d’établissement scolaire laisse partir un enseignant seul avec trente élèves.

    5. Bonjour,

      Oui, c’est bien possible qu’il vous paraissent mieux d’attendre, Mais partant du principe que l’école est un éliminatoire pour les populations concernées, n’est-il pas probable qu’ils n’entendent jamais ces points de vues ?

      Dans les années où les jeunes gens sont alors sensés aborder ces sujets, ils ne sont statistiquement plus à l’école ou dans des filières sans histoire, géo, etc.

      Et dans ce cas malheureusement, n’est pas pire encore que de risquer le sujet « trop tôt » ?

      Bav
      Alain

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  4. Dans les arts, à la télé, à la radio, dans les journaux, dans les programmes politiques, dans les affaires, dans les mœurs… partout la transgression, la révolte, la rébellion sont exaltées.
    Loi, ordre, morale sont devenus des gros mots.
    Pauvres professeurs !
    Pauvre école !
    Pauvres élèves !

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    1. Et pauvres parents !
      D’ailleurs, ça ne leur ferait pas de mal de retourner sur les bancs de l’école, de temps en temps, pour apprendre… Sinon, à quoi s’attendre ?
      Ah ben ça tombe bien, y’a un cycle GRATUIT de visioconférences, en ce moment, sur le Blog de Paul Jorion !

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  5. Madame, permettez-moi d’avoir difficile à vous suivre.
    D’abord, vous faites appel « à tous les républicains ». Suis-je républicain ? En tant que belge, je suis citoyen, mais je ne suis ni royaliste, ni républicain. Je suis plutôt pour la république, en tant que démocrate, mais j’ai appris qu’un « roi constitutionnel » (dont les pouvoirs sont réduits — plus ou moins — par une constitution, et de tous nos rois et reines européennes, le belge a sans doute plus de pouvoir, c’est-a-dire presque rien) permet de maintenir une certaine cohésion de la « nation ». Malgré les divergences de partis, de régions, de langues, et même de « territoires d’outre-mer » (l’expression me paraît peu républicaine).
    Par opposition, votre « président de la république » a un pouvoir plus fort que la démocratie, il suscite d’habitude une forte opposition (avec les non-inscrits aux listes et les abstentions, votre président avait-il même 10 % au premier tour ? Bref, il y a république et république. Donc le citoyen républicain est victime d’un leurre, et il ne faut pas tomber dedans. En fait, les citoyens de la république française me paraissent saisis vis-à-vis de leur chef d’un amour-haine sans fin, comme si cela leur venait de leurs empereurs, qui n’est que lointainement démocratique. Certains ont tiré profit du rôle (De Gaulle qui se fit sa 5e république), d’autres le remplissent en le manipulant par des mots, et c’est pitoyable (je ne citerai pas de noms).
    Ensuite vous parlez de l’Ecole. Et c’est peut-être lui donner trop d’honneur, ce que font les républicains. Personnellement, je vois l’école comme une énorme chance de socialisation, d’ouverture au monde, bien plus que d’apprentissage. J’ai fréquenté surtout des professeurs catholiques, et j’ai donc dû m’en déprendre, avoir un regard critique, autant que vis-à-vis de l’idéologie chrétienne enseignée. J’ai moins de fétichisme de l’enseignant, du « hussard noir de la république », appelé à ouvrir l’esprit de nombreux petits paysans (d’ailleurs, 100 ans plus tard, le progrès est mince, et doit beaucoup aux médias…).
    Un enseignant est mort et honteusement, c’est odieux. Un féminicide, c’est aussi odieux. La victime n’a rien qu’on puisse lui reprocher, dans ces deux contextes. Il y a une problématique sociale, qui est à résoudre d’urgence, à un niveau collectif. Il faut sans doute atteindre le groupe social dont émanent soudain ces personne violentes, et sures de leur bon droit, un droit au-dessus des lois légitimes de la république. Notamment le groupe de « tous les hommes » dont beaucoup ne se sentiront pas concernés par la violence masculine. Il en va de même des groupes se fondant sur une religion , notamment la religion chrétienne, bien oublieuse aujourd’hui de son potentiel de violence.
    Il y a une problématique sociale à résoudre, des divisions mortifères sociales et dites communautaires à réparer. En appeler à la République, c’est parfois une négation de ce que vivent les citoyens. Cherchons à éviter ce type de clivage entre nous.

  6. …  » Mettre entre des mains encore enfantines dépourvues de tout recul des thèmes alimentant une multitude de chasses aux sorcières tous azimuts (parfois avec les meilleures intentions, mais l’Enfer en est pavé !) est une entreprise d’une grande perversité qui se paie au prix fort « …

    Il me semble y avoir un impérieux besoin de « décodage » de la pensée du rédacteur.
    Dans l’attente….

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  7. Le plus grave problème de l’Éducation Nationale c’est le « pas de vague » blanquerien, qui consiste à mettre sous le tapis les choses qui pourraient faire « tâches ». Les parents l’ont bien compris : un coup de fil à l’Inspection Académique, pour que le prof se fasse taper sur les doigts. Ça marche bien trop souvent.

    Les vidéos postées par CloClo sur un autre fil sont explicites à ce sujet : l’Inspection Académique aurait même promis une sanction vis à vis du prof assassiné. Je ne sais pas si c’est vrai, mais il y a des rumeurs sur les réseaux sociaux à ce sujet (un inspecteur devait rendre visite à Samuel Paty pour lui « expliquer » la laïcité !) Je ne serai pas surpris que ce soit vrai, c’est typique de l’Éducation Nationale sous Blanquer. Alors quand on le voit maintenant faire l’éloge du martyr…

    Samuel Paty est un double martyr pour moi : martyr de l’obscurantisme religieux d’un côté, martyr du « pas de vague » de l’autre.

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      1. « La venue d’un inspecteur est même programmée le 9 octobre à 13h45, afin «d’accompagner la principale lors d’un entretien avec le professeur pour notamment lui rappeler les règles de laïcité et de neutralité» »
        Lorsqu’un responsable hiérarchique se déplace, en général ce n’est pas pour un soutien. Dans ces cas là, un mail ou un coup de fil suffit.
        Lorsqu’il vient pour « accompagner la principale lors d’un entretien avec le professeur » c’est qu’il y a divergence, et qu’il faut une pression supplémentaire. Dans n’importe quelle boite, lorsque le n+2 se déplace pour accompagner le n+1 dans une discution avec n, c’est pas très bon pour ledit n.
        Et si en plus c’est pour lui « rappeler les règles de laïcité et de neutralité », c’est que la hiérarchie considère qu’il ne les connait pas bien.

        Bref, ce n’est pas une sanction, c’est juste « les parents nous font chier avec cette histoire de caricatures, tu t’excuses auprès d’eux et tu arrêtes tes cours sur ce sujet ».

        C’est ce que le ministère appelle « la liberté pédagogique », corollaire de la liberté d’expression.

        Les mêmes que l’on retrouve Place de la République à crier à l’attentat contre la liberté d’expression.

        Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au delà. Je vous laisse trouver où sont les Pyrénées.

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  8. « Les agents de la fonction publique sont soumis au devoir de réserve dans l’expression écrite et orale de leurs opinions personnelles. A ce titre, les personnels de l’éducation sont tenus de respecter cette obligation et doivent être vigilants lorsqu’ils s’expriment dans la sphère publique. »
    Donc les retraités doivent être libres de dire pour produire un tel texte de combat. Ça fait du bien, merci.

    Pas de raison à ce que l’Éducation Nationale dans sa mission d’instruction publique soit épargnée du tumulte que les réseaux d’informations déversent sur tout possesseur connecté d’un téléphone « intelligent », déjà appeler ça « smartphone »!…
    L’ennui est que l’instruction publique doit transmettre son « programme » nécessairement parasité par les programmes des rézos sociaux anagramme de zéros sociaux. Le plus gros mégaphone quotidien n’est plus celui du menu de l’Université mais du flux viral à la carte. Et il faut déjà être vacciné pour résister à la contagion du flux viral. La jeunesse en formation ne l’est pas toute, et des fragilités chopent ce que les vents des médersas ou autre ciné QAanon diffusent, car belle lurette que petit et grand séminaire ont pris au sérieux les savoirs.
    Pas besoin d’être grand clerc pour remarquer que les programmes sont la vulgarisation des savoirs en cours, et que ceux là courent vite de nos jours. Aucune discipline ne saurait sérieusement enseigner actuellement de la communale au lycée ce qui se diffusait sur les bancs en bois comme ortho-doxa un demi siècle en arrière. Du neuf a partiellement effacé l’ancien mais les vieilles questions perdurent : qu’elles soient traitées par la philosophie ou la religion n’a pas les mêmes conséquences. « les mains enfantines dépourvues de tout recul » ça reste une version rousseauistes de l’innocence qui fait retour en bande organisée avec la prévention, la protection, la victime et son traumatisme. Est-ce bien sûr ? Ce sont les profs qui craquent ? Victimes ? Traumatisés ? Plaignants ? Vite un avocat qu’on les indemnise. Les modes de publication universitaires sont très policés et pourtant justement critiqués sur des effets boules de neige ; les modes de diffusion publique des rézos ont le champ de la liberté d’un délirant convainquant, équipé d’un mégaphone, ressemblant au père Noël et offrant de belles images animées, bref une figure de Diable comme on disait dans le temps.

  9. Je trouve TRÈS inquiétant que 2/3 choses ne soient pas plus clairement dites ou écrites :

    – Samuel PATY semble avoir été un enseignant comme on les aime et dont on se souvient. Il a commis une erreur pédagogique : diviser la classe entre ceux qui regardent et ceux qui « voilent » leur regard, solliciter les émotions fortes comme outil de transmission. La hiérarchie a fait un travail correct en le sollicitant sur ses erreurs. Il semble s’être excusé de sa maladresse pédagogique. Il avait LE DROIT À L’ERREUR comme tout enseignant, comme nous tous. Surtout que l’école est un chaudron bouillant et que nous sommes tous, professeurs, enfants et parents pris dans toute cette ambiance malsaine entre le fascisme politico-religieux, les micros offerts à Zemmour et toute l’instrumentalisation politique pré-2022 qui va avec. Des fanatiques dangereux lui ont enlevé ce DROIT À L’ERREUR. C’est ça L’HORREUR.

    – pourquoi amalgamer la maladresse pédagogique de PATY avec la liberté d’expression ? Qu’est ce que la liberté d’expression dans une salle de classe ? Bien sûr que la liberté d’expression de l’enseignant est limitée par l’exigence pédagogique. Est ce que la liberté d’expression et la laïcité, ce serait qu’un professeur, allez , d’origine maghrébine, dans un établissement breton catholique sous contrat puisse demander à ses élèves catho que cela pourrait choquer de ne pas regarder des caricatures de la Vierge nue dont on moquerait l’Immaculée Conception ? C’est ça nos idéaux de laïcité et de transmission à l’école ? Nos meilleurs outils pédagogiques ? Nous mélangeons tout !

    – quel dommage que PATY n’ait pas été prévenu des risques qui montaient et protégé par le rectorat et par la police alors que les Renseignements étaient suffisamment alertés pour noter toute la chronologie des événements ? Mais c’est toujours APRÈS qu’on peut le penser et le dire. Soyons modestes.

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    1. Il n’a pas fait d’erreur. De ce que j’ai compris, il a proposé – et non imposé – aux élèves qui pouvaient considérer de voir les images caricaturant le prophète de ne pas les regarder s’ils considéraient cela comme un blasphème. C’est bien, et c’est dans l’application de la laïcité qui est de respecter les opinions religieuses de chacun. L’objet de son cours n’est pas DE VOIR ces caricatures, mais d’indiquer que l’on a LE DROIT de les faire. Sans pour autant avoir OBLIGATION de les regarder.
      Sa hiérarchie a donc mal réagit. Elle l’a fait sous la pression des parents d’élèves dans l’objectif du « pas de vagues » de l’administration.

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      1. Je crois qu’il faut que l’on soit extrêmement rigoureux si nous ne voulons pas rajouter du combustible.
        Pourquoi parler des caricatures, de l’histoire de ce mode de critique, du fait que les caricatures religieuses sont autorisées dans certains pays et interdites dans d’autres, que dans un même pays les choses changent avec le temps, etc. Pourquoi tout cela conduirait à réaliser, actualiser dans la classe même ce qui se passe au-dehors, obligerait le professeur et les élèves à jouer une sorte de psychodrame en live qui échappe à tous ! Pourquoi « parler de » obligerait à « faire » en même temps ce dont on parle ? Les élèves se retrouvent en même temps élèves dans un processus de transmission et acteurs DANS la classe sur une scène, religieuse, qui dépasse tout le monde, eux en premier bien sûr à leur âge.
        Je suis convaincue que PATY était un type très correct. Et n’importe qui dans le contexte actuel peut dans l’action faire un truc pas juste. Mais depuis, hors de l’action, certaines argumentations après cette tragédie expliquent ce que je continue à appeler une maladresse pédagogique, et ça ressemble à quand le RN ou les Identitaires offrent la soupe au cochon dans les soupes populaires : on est généreux mais s’il y en a qui ne mangent pas de porc, dommage… Allons, réagissons, pensons et soyons très RIGOUREUX.

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      2. Justement le problème est exactement là: si on s’auto censure sur ce sujet, on s’auto limite sur la liberté d’expression. Et vous allez toujours trouver quelqu’un qui trouvera que vous allez trop loin à son goût. Elle est où la limite ? Faut-il faire le tour des lois à travers le monde comme vous semblez le demander ?

        Les caricatures de Mahomet sont justement celles qui sont emblématiques du problème. Donc prendre ces caricatures me semblent justement logique. Et comme on est en France, Samuel Paty, fonctionnaire français, a respecté les lois françaises. Rigoureusement. Aurait il été rigoureux s’il avait obéi à la loi coranique de je ne sais quel pays dictatorial ? Bien sûr que non !

        Ses élèves n’étaient pas acteurs d’un conflit religieux, car il n’était pas ici question de religion. Ni de conflit. Uniquement de la liberté de caricaturer, qui est au sommet de la liberté d’expression. C’est vous qui mettez du religieux dans une affaire où la laïcité a justement été rigoureusement respectée.

        Vous êtes une adepte du « pas de vagues » visiblement. On ne parle pas de l’extermination du peuple arménien parce que ça dérange les turcs ? Ni de la guerre d’Algérie, parce que ça nous dérange nous ? Ni de la Palestine, parce que ça dérange des israëliens ? On peut quand même parler de la Shoah, ou ça dérange des nazillons prêts à nous percer l’abdomen à coup d’armes automatiques ?

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    2. Ananas : « Il a commis une erreur pédagogique » Ah Bon ? Laquelle ?

      A charger la victime d’une culpabilité contestable, vous déchargez d’autant la responsabilité extrêmement large de toutes les responsabilités ayant trempé dans l’affaire, en nombre colossal, et dont le théâtre des tribunaux ne saurait témoigner.

      J’ai entendu parler de l’angoisse de l’enseignement face à l’inspection : Il faut tout le corset de la servitude (La Boetie) pour en arriver là !

      Freud en 1937 écrivait : Es hat doch beinahe den Anschein, als wäre das Analysieren der dritte jener »unmöglichen«Berufe, in denen man des ungenügenden Erfolgs von vornherein sicher sein kann. Die beiden anderen, weit länger bekannten, sind das Erziehen und das Regieren.
      C’est connu en français comme « gouverner, psychanalyser, éduquer sont des tâches impossibles ou aux effets insuffisants ». Restreignons à l’éducation : pourquoi « insuffisants » ?

      Les mômes bien avant le CP sont envahis d’images où toutes les horreurs que les bandes dessinées de l’enfer du Jugement Dernier montrent répertoriables. Ça semble une philosophie spontanée dont l’éducation comme l’instruction va ensuite au mieux contrôler, maîtriser, le registre pulsionnel. Ça ne disparaîtra pas, ça sera juste recouvert par une couche de civilisation, de civilité. Hors de portée d’éradiquer la violence chez l’humain, juste de la policer, pour la vie en Polis comme disaient les grecs dont nous héritons via le politia latin.

      L’élève est un sujet fictif, statistique, moyenné, auquel le maître à la charge d’enseigner un savoir standardisé dans le but d’en fabriquer un sujet du droit adapté aux exigences sociales politico-économiques du moment.
      D’évidence le panel de singularités dans leurs diversités ne saurait sans déchets produire l’objet fini espéré. Entre l’interdit et le désir de savoir, les deux localisés ou généralisés, la tâche de transfert s’avère périlleuse. Bien avant l’alphabétisation, l’environnement familial et des expériences diverses auront inhibé la curiosité pour l’enchantement du monde. L’avidité pulsionnelle ne se métamorphose pas toujours en appétit de savoir loin de là.
      L’art de transmettre n’a aucune chance d’être efficient pour tous. Rien d’impossible à l’homme disait l’autre, puisque l’impossible il le laisse tomber. Difficile à démontrer mais pratiquement ça se constate, même après « vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage ». Bon courage aux enseignants.
      Faut-il aussi rappeler que la loi de 1905 est un moment de compromis entre le pouvoir de l’église et le pouvoir politique, vieille affaire entre les royautés et Rome, « e pur se mueve » etc. La commune de Paris après la révolution française avait établit un nouveau rapport de force, le Sacré-Cœur en est une trace après-coup. La manif du 24 juin 1984 était aussi un rapport de force. Imans ou curés, même combat !
      Quant à votre « pourquoi parler des caricatures ? » parce que :
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2011/11/21/a-la-fin-du-xixe-siecle-paris-etait-la-capitale-mondiale-de-la-caricature-religieuse_1606247_3224.html

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      1. Précision : Plus insiDieux que les religions comme telles et leurs marges enragées, celle que Jorion nomme La Féroce, qui a l’aide de technologie, de vide juridique, de propriété inviolable et sacré, s’immisce dans le quotidien des vérités et des usages locaux, tout en diffusant des croyances : cet ensemble d’éléments vaut pour le terme de colonisateurs.

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  10. L’école publique, depuis quarante ans est en échec dans sa mission principale d’enrichir et de former les esprits au gout de la connaissance.
    Pour quelle raison, cela m’échappe , simplement le constat en tant qu’ancien pratiquant et témoin de la scolarité des mes enfants.
    La faute probablement à l’incurie que la société à pour l’avenir, au diktat de l’immédiateté, à un j’m’en foutisme généralisé.
    Les gosses s’emmerdent à l’école ( quand ils sont pas emmerdés) , depuis trop longtemps, et de ce constat on n’en fait rien, la fautes aux nouvelles technos, aux parents, à l’air du temps – bref aucune remise en cause .
    J’enrage, de ces âges où l’esprit est vif, on les encage dans des cours assomoirs, gavés, comme des oies, de connaissances balancées en vrac, en silo,.
    Non je n’appelle pas cela de l’instruction mais de l’adduction et c’est finalement le milieu familial le véritable ancrage.

    1. Le fait d’avoir la production des biens et des services éloignées dans les ailleurs de la mondialisation a coupé la possibilité d’incarner dans des activités mixtes (sur les deux volets : émotionnel ~ local // intellectuel ~savoirs, « biens intangibles ») l’apprentissage, poussé sur son flan « adduction en silo » comme vous le dites assez bien.
      Oeuvrer à la reconstitution de « cercles » où les deux cohabitent et où le savoir (le « capital intellectuel ») est intégré dans un cycle, avec retour d’expérience et forcément une composante émotionnelle, c’est là le pont étroit qu’il nous reste.
      En espérant ne pas être juste avant la crue sur un des ponts emportés dans la vallée de la Roya toutefois.

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      1. Voeux pieux,
        D’abord l’industrie, c’est mal, c’est sale, c’est primitif. C’est bon pour ces sous-développés d’asiatiques qui y croient encore, à la rigueur ces dégénérés d’allemands.

        D’ailleurs, ici, par chez nous nous n’en avons pas besoin. La preuve en est donnée par le fait que toutes les usines (unité de fabrication ou de production) ferment. Ce me semble imparable.

        L’ apprentissage manuel est un dépotoir, un déclassement pour la vie.

        Il n’y a de développement et d’avenir que dans l’abstraction portée à son plus haut point. Et surtout, sans applications pratiques.

    2. C’est clair que l’école est écartelée aujourd’hui entre deux objectifs incompatibles : produire de futurs salariés de la société capitaliste, et enseigner des savoirs, éduquer. Elle doit aussi se coltiner un monde extérieur où l’info en continu et circulant à une vitesse inouïe parasite les processus autrefois plus lents de la socialisation. (cf Stiegler qui a beaucoup écrit sur le sujet.)
      Le volet économie politique a d’ores et déjà disparu des programmes au profit d’une approche axée sur les exigences du monde de l’entreprise. Ne reste plus alors que la religion, et un programme de philosophie relégué en classe terminale, pour aborder la vie sous un angle global. Macron et la droite n’ont pas de mots assez forts aujourd’hui pour dénoncer les atteintes à la laïcité, mais ils ont eux-même participé à son affaiblissement en privant les profs et les élèves des outils rationnels qui permettent d’aborder les problèmes sociaux autrement qu’en termes de profane et de sacré, ce qui permet d’occulter tous les enjeux de pouvoir, y compris au sein des religions.
      Les profs se retrouvent alors à devoir gérer le sacré sans toute la boite à outils qui serait nécessaire, forcément au détriment de l’approche laïque du monde.

      Concernant l’ancrage familial, lire cet article d’une professeure d’origine maghrébine. Elle montre la difficulté d’inculquer des valeurs de laïcité dans un contexte culturel où les enfants n’ont souvent d’autre choix que de trahir pour surmonter leurs conflits intérieurs. La solution du RN et de la droite dure, c’est d’assimiler (plutôt que les intégrer) les populations, ce qui revient à leur enlever la part de sacré à laquelle elles se rattachent et qui forme qu’on le veuille ou non une partie de leur identité. C’est en quelque sorte assumer une guerre des religions ou une guerre de l’athée contre la religion. Evidement, en pareil cas, nous quittons les rives de la laïcité et de la démocratie.
      Malheureusement, il n’y a pas de solution idéale, car ce sont nos sociétés qui sont en proie à de multiples crises. L’école ne peut pas tout.

      https://blogs.mediapart.fr/monia-ben-romdan/blog/191020/les-vicomtes-pourfendus?userid=e0d3b8cf-2ccc-427d-9081-a8916c30f8eb

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      1. Oui le sujet est divisé, plus ou moins. Le prolo d’origine, socialement et culturellement elevé aussi, mais ça reste raisonnable. La foi et l’amour ne semblent pas raisonnable.

  11. Pour aller plus loin dans ce débat, il me semble qu’il faut s’aventurer sur le terrain délicat de la foi pour tenter de la définir et d’en dessiner les contours. Où s’arrête la foi, où commence le fanatisme? La frontière est floue, une zone grise. Il appartient à chacun d’examiner sa conscience : foi dans les valeurs de l’Islam, foi dans les valeurs de la laïcité, etc… quelle est la place de l’éthique, quelle est la place de la raison face à cela? Comment distingue-t-on une attitude motivée par une aspiration sincère, d’une autre animée par un désir souvent inconscient de possessivité ?

  12. J’avais 15 ans et quelques mois quand ça, c’est sorti en kiosque en 1978 :

    https://www.maremagnum.com/libri-antichi/charlie-hebdo-n-416-enfin-on-peut-le-dire-hitler-super-sympa/156007042

    Je me souviens avoir été choqué, c’était l’époque où Holocaust, la série, passait à la télé. Alors certes, on en entendait peut-être un peu trop parler, mais aujourd’hui encore je me demande quelle mouche avait piqué Charlie. Il faudrait que j’aille voir à la BNF pour lire l’article correspondant.

    Bien entendu il a fallu que certains aillent plus loin dans la liberté d’expression : en parlant de mouche, je me souviens très bien d’une mouche qui faisait une indigestion dans un camp de la mort.

    Je me demande si Paul va laisser ce commentaire sur son site. Pourtant c’est ma liberté d’expression d’exprimer que ces dessins m’avaient choqué, vers 1978/1980… .

    1. Le dessin de presse, comme toute forme d’expression artistique, s’inscrit dans une histoire.
      Avec le recul, on comprend ceux de Hara-Kiri, de Charlie et de l’Écho des savanes des années 70 : un élan débridé, sans limites, sans tabous, en réaction aux années de plomb gaulliennes et aux derniers feux de l’emprise de l’église catholique sur la société.
      Le Charlie-Hebdo deuxième époque, ce n’est plus la même chose.

      1. J’ai pas l’impression qu’on soit dans des années de plumes… je dois avouer qu’elle m’a fait rire cette une, je ne la connaissais pas. Et vous savez quoi? j’avais pas encore ri aujourd’hui…

    2. Simplement parce qu’il y a des lois qui n’existaient pas en 1978 qui limitent notre fameuse liberté d’expression républicaine concernant Shoah et autres massacres/génocides après jugement rendu par un tribunal. Et que je suppose que cette une de Charlie en 1978 ainsi que la bande dessinée de la mouche auraient pu être attaquées pour apologie de crime contre l’humanité si elles avaient paru de nos jours.

      1. ça devait être la belle vie , la bonne époque , peut être même l’age d’or de l’humanité , pas de psychose des virus , pas de radars à chaque coin de rue , on pouvait même fumer assis au bar dans les bistrots

      2. @Arnould Ce qui démontre bien que notre société comme d’autres (toutes ?) condamne le blasphéme, celà définit justement ce qui est l’objet de blasphème dans notre société, ce qui est demandé au croyant de croire sous peine d’être exclu (excommunié?/banni)) de la société française actuelle depuis le succès du film de Lanzman, son influence sur la psyché collective et la modificatiion législative qui en a résulté.
        Il est parfaitement faux de clamer qu’en France on a droit au blasphème, d’autant plus que ceux qui le font sont souvent comme les Zélateurs de Charlie Hebdo sauce Val, les plus farouches partisan d’une liberté d’expression qui s’arrète aux limites de ce nouveau blasphème Légal Républicain.

    3. Ach ! c’était le bon temps : Wolinsky, Cavanna, Cabu (pauvre duduche !) Choron, REISER ! Quelles poilades ! Il n’y avait pas besoin de moment cigarette : il suffisait de déplier Charlie derrière les chiottes du lycée. C’était outrancier et sublime (« Bal tragique à Colombey : 1 mort »). Mais on pouvait continuer à fumer du belge à côté : Tintin, Lagaffe, etc. Et puis, un débat qui porte sur des dessins, maintenant accédant au statut d’art, ça avait davantage de gueule qu’un débat devant décider qui tuer, de l’incroyant ou du fanatique. La guerre civile de 1992 en Algérie a littéralement fracassé mon tiers-mondisme. A quoi bon cette indépendance acquise avec brio ? Et tous ces auteurs admirables, Feraoun, Mammeri, Yacine, Boudjedra, Dib : Je n’arrive même pas à formuler mon sentiment. Déception ; amertume ; gâchis ; incompréhension.

    4. « Je me souviens avoir été choqué, c’était l’époque où Holocaust, la série, passait à la télé. Alors certes, on en entendait peut-être un peu trop parler, mais aujourd’hui encore je me demande quelle mouche avait piqué Charlie. Il faudrait que j’aille voir à la BNF pour lire l’article correspondant. »

      Vous avez été choqué, et je l’aurais été aussi même si je n’ai pas vu cette couverture à l’époque – j’avais huit ans.

      Mais il y a bien une explication, et il ne s’agissait pas pour les auteurs de Charlie de choquer pour choquer – Wolinski, l’auteur du dessin, était d’ailleurs issu d’une famille juive. Ce dessin, aussi surprenant que cela puisse paraître, est en réalité tout à fait juste et décent.

      L’explication ? Voir cet article (1) dont voici un extrait :

      « La semaine précédente, le 28 octobre 1978, L’Express avait publié un entretien avec Louis Darquier de Pellepoix, commissaire général aux questions juives de 1942 à 1944, intitulé “A Auschwitz, on n’a gazé que les poux”. C’est cela qui donnait au dessin son humour grinçant. »

      Eh oui, la caricature était moquerie et expression d’inquiétude qu’un journal français puisse donner la parole à l’ancien directeur du « Commissariat général aux questions juives », c’est-à-dire collaborateur-en-chef pour ce qui est de faire subir la Shoah aux juifs de France, alors condamné à mort en France mais résidant en Espagne qui le protégeait, qui plus est pour une déclaration qui superficiellement peut paraître négationniste, mais qui en fait est encore pire : son véritable sens est « ceux que nous avons exterminé n’étaient que des poux » !

      Le dessin est tout à fait juste en réalité. Dit en d’autres mots : « Si on en est là, alors pendant qu’on y est pourquoi ne pas dire qu’Hitler était sympa ? »

      (1) https://www.lemonde.fr/enquetes/article/2015/02/23/censures-interdits-et-pressions_4581547_1653553.html

  13. Je ne crois pas une seconde qu’on puisse obtenir des résultats fantastiques en passant son temps à énumérer les horreurs du monde à un public quelconque, et surtout très jeune. Il vaut mieux élever en présentant les merveilles du monde, l’art, la musique, la nature , le sport, la pensée élevée et belle des grands être spirituels entre autres. Les belles graines si elles sont entretenues donneront des fleurs, mais la semence de mauvaise qualité ne donnera que des mauvaises herbes malgré le meilleur entretien.

    Il me semble que tous les êtres humains ont besoin de spiritualité. Pour ce faire il faut souvent des moyens d’inspirer ce qu’il y a de meilleur chez chacun. Les religions peuvent être vues comme des échelles spirituelles dont certains ont besoin. Il y a les différents Yoga aussi du Hatha Yoga , le plus simple au Raja Yoga ( décrit par Patanjali) en passant par le Bakthi Yoga et le Laya Yoga entres autres, ou bien pour d’autre la voie chamanique,ou encore la voie de l’amour décrite par Bahai ou les Soufis (Rûmi : Hier, j’étais intelligent et je voulais changer le monde. Aujourd’hui, je suis sage et je me change moi-même.)
    Ceux qui n’ont pas besoin d’échelle peuvent s’en passer mais au vu de ce que notre société montre tout le monde ferait bien de s’inspirer d’une voie quelconque pour s’élever.
    Un des plus beaux exemples de travail spirituel avec des enfants est celui de Frédéric Lenoir présenté dans le cercle des petits philosophes :

    Il y aborde les thèmes de la vie et de la mort et bien d’autres, certains enfants ont des répliques extraordinaire comme ce jeune qui dit vouloir écrire le chant du monde un jour… Et, certainement, beaucoup d’entre eux montre une forme de sagesse souvent absente chez leurs aînés.

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      1. Monsieur Jorion, rien avoir avec votre commentaire, mais je travaille comme balayeur dans un collège et en ce moment nous faisons les « permanences » 3 jours pour faire briller le collège pour la rentrée. J’ai passé la journée à côtoyer Madame la Principale et Madame la Gestionnaire. Je m’étais dit dans ma petite tête de débile que peut-être, vu l’horreur de l’événement, nous allions prendre 5 minutes pour en parler. Bin non , silence sur le sujet par contre faut qu’ça brille. C’est ça aussi un collège. Cordialement. birnum

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      2. Je me permets de relayer ici des témoignages sur toutes ces personnes du ‘nettoyage/propreté/hygiène’ etc, elles font un travail important, sont et étaient en première ligne au début de la pandémie, et beaucoup se sont aperçus (enfin) de leurs qualités organisationnelles et humaines…

  14. « Il n’y a pas des droits sans des devoirs qui l’accompagnent. J’ai entendu cette phrase des milliers de fois pendant les crises, avec le sempiternel : tour le monde réclame des droits et ne parle pas de ses devoirs, et bla bla et blabla… Mais dites-moi, puisqu’il existe le droit de blasphémer, quel est le devoir qui l’accompagne ? Je n’en vois qu’un seul : le respect et l’humanité dus aux autres.

    1. Vous sousentendez qu’il n’y a pas eu de respect et d’humanité par Samuel Paty ? Si oui, je ne suis pas d’accord, je vous remercie de bien vouloir expliciter plus. Mon argumentation, vous pouvez la connaître dans mes interventions plus haut.

  15. Je ne sous-entend rien du tout à propos de M. Samuel Paty qui est victime de son devoir d’enseignant et mérite l’hommage qu’on lui rend.

    Mon propos est ailleurs.

    Quand le président parle au Liban du « droit de blasphémer », je pense qu’il met en danger des gens alors que lui est ultra protégé. Les déclarations grandiloquentes de certains dans la classe politique ne valent guère mieux.

    IL y a peu de droits absolus, peut-être le droit à la vie. Même le droit à la parole est limité dans l’espace public. Le racisme, le négationnisme, etc… ne sont pas tolérés et avec raison et pour des motifs d’ordre public précisément.

    Donc pas de droits sans devoirs et vice versa.

    Je répète ma question : Quel devoir accompagne le droit de blasphémer ?

    Mais je vous accorde qu’il est difficile de parler calmement de tout ça avec l’émotion du moment.

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    1. @Carlos 20/10 à 18h44 écrit :
      …  » Quand le président parle au Liban du « droit de blasphémer », je pense qu’il met en danger des gens…  »

      Sans doute est-ce involontaire de votre part..?.. vu votre souci de précision , de détail … sauf que :
      Macron est au Liban et il parle .. non d’un droit.. mais d’une liberté ( de blasphémer) en FRANCE ..!!
      https://www.europe1.fr/politique/charlie-hebdo-macron-defend-la-liberte-de-blasphemer-en-france-3989088

      Rappel :
      Qu’est-ce que ça veut dire blasphème ?
      Parole ou discours qui outrage la divinité, la religion ou ce qui est considéré comme respectable ou sacré.

      Et donc…

    2. Hello Carlos !

      « Quel devoir accompagne le droit de blasphémer ? »

      Fastoche ! Le devoir de l’utiliser en présence de croyants et de bigots, même équipés de sabres.

      Ne me remercie, ce fût un plaisir. N’hésite pas si tu as d’autres question aussi fondamentales, je suis là pour ça carlito. Et t’as vu, super poli hein, j’ai décidé d’être très courtois et poli et d’aider mon prochain. Fini le méchant CloClo.

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