Autres temps, autres mœurs…

J’ai acheté un coffret de films de Gabin. J’ai fait allusion l’autre jour au fait que j’avais revu le French Cancan (1955) de Jean Renoir. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est l’histoire d’un patron de revues (Jean Gabin) qui couche avec toutes les jeunes filles qu’il recrute et quand il y en a une qui se plaint d’être remplacée (François Arnoul), il lui dit : “Mais qu’est-ce que tu crois, poulette ? etc.”, et tout le monde autour de lui de s’esclaffer. Je suppose que tout le monde dans la salle s’esclaffait aussi.

Dans le bonus making of de French Cancan, quelqu’un vous explique que Jean Renoir trouvait lui-même la formule très drôle, et il ajoute que le père de Jean Renoir, Auguste, y recourait abondamment lui-même. Comme il n’était pas patron de revues mais peintre, je suppose qu’il est question de la relation de “l’artiste” avec ses modèles…

Mais il y a pire encore !

Hier j’ai regardé, avec le même Gabin, complété de Jean-Paul Belmondo, Un singe en hiver (1962) d’Henri Verneuil, d’après le roman éponyme (1959) d’Antoine Blondin.

Dans ce film, très proche dit-on du roman autobiographique de Blondin, nous assistons à l’amitié naissante entre deux poivrots. L’un des deux avait abandonné la boisson à la suite d’un vœu dans une cave lors d’un bombardement, ce qui avait fait de lui un misanthrope acariâtre, mais il retrouve heureusement (sic) la jovialité en se bourrant à nouveau aux côtés de l’autre, qui laisse lui sa petite fille à son malheur.

J’attendais naïvement qu’à un moment ou à un autre on nous laisse entendre qu’il ne s’agit pas là d’une bonne chose, ou que le Bon Dieu intervienne pour punir au moins l’un des deux, mais rien : il s’agit d’une ode à la biture, et d’un pied-de-nez à ceux qui n’aiment pas ça.

J’ai le souvenir, étant gosse, des affiches dans les rues “Les parents boivent,  Les enfants trinquent”. Il devait donc y avoir quelque part une ligue de tempérance, mais je suppose qu’on devait la faire taire, comme on le fait toujours aujourd’hui, par un quelconque chantage à l’emploi : “Vous voulez ôter le pain de la bouche des vignerons ?”, “Le film fera plein d’entrées à l’étranger !”, etc. Quant au roman de Blondin qui raconte la même horreur, il avait bénéficié lui du … Prix Interallié ! (senza vergogna !)

Je suis content de vivre encore à une époque où l’intolérable n’est plus toléré d’une aussi grande gaieté de cœur. Même si je m’inquiète du retour de pendule excessif dans l’autre sens. Comme disait M. Aristote : “la bonne approche, c’est celle du juste milieu”. Quand une personne commentait l’autre jour sa satisfaction que sa plainte ait été enregistrée “même s’il m’a fallu dix ans pour que je me rende compte que la relation n’était pas consentie” (authentique), je me suis rendu compte qu’il devrait y avoir dans les bureaux de police un avis du genre “Sur les simples changements d’avis, la prescription débute dès le lendemain matin à 10 heures”.

P. S. Si vous n’avez pas vu la vidéo ci-dessous (et que vous entravez l’angliche), je vous la recommande chaleureusement, l’hôte vous y démontre pas à pas mais de manière extrêmement convaincante que le film Mulholland Drive (2001) de David Lynch est une dénonciation cryptée de la “formule Weinstein”.

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208 réflexions sur « Autres temps, autres mœurs… »

  1. S’agissant d’un singe en ihiver, même à l’époque, il semble que ce ne soit pas vraiment passé comme une lettre à la Poste :

    http://2013.festival-lumiere.org/manifestations/un-singe-en-hiver.html


    La sortie du film fut mouvementée. Le ministère de la santé tenta d’interdire le film, y voyant une apologie de l’alcool et une publicité trop visible de certaines marques sur les cendriers du bar. Tout cela reste ô combien vrai en 2013 !

  2. Je dirai plutôt une ‘ode à la nostalgie’ plus ou moins noyée par une ‘biture’ sur deux jours, après c’est terminé, le personnage de Belmondo retrouve sa fille, celui de Gabin suce à nouveau des bonbons…
    Anecdote sur Antoine Blondin, j’ignore si elle est vraie, il inscrivait sur ses notes de frais “verres de contact”… 🙂

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  3. Hé oui voir des violeurs et des viols partout c’est peut-être comme voir des fascistes partout, à force ça n’a plus vraiment de sens.

    Ah la bonne biture à plusieurs, jusqu’au trou noir, toujours d’actualité remarque me concernant, gros groupe d’alcoolisés autour. Mais avec l’âge venant c’est dur le lendemain, impression d’être à deux à l’heure dans un coltard poisseux. Mais j’aime bien, comme un bon pétard d’herbe aussi quoique délire différent, plus calme, plus musique.

    https://www.jasonchicandier.fr/blogs/news/le-vendredi-on-est-bleu-on-est-metal

    Un vraie cadence d’alcoolique !

    https://www.youtube.com/watch?v=WjTlF1Mw_YE

    Sinon pour ces histoires de viols ça devient énorme cette déferlante. Faut dire que j’ai jamais, enfin j’en ai aucun souvenir, violer personne, sauf ma dignité et ça à plusieurs reprises. Même notre PPDA national se retrouve dans la tourmente :

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/02/18/le-journaliste-patrick-poivre-d-arvor-vise-par-une-enquete-pour-viols_6070450_3224.html

    Par précaution, je privilégie la masturbation avant de sortir en ce moment, et une fois bien beurré bander est alors strictement impossible, mais bon, même là paraît que c’est catastrophique si tu utilises un site porno pour se faire, en plus de l’addiction possible c’est de l’exploitation de la misère humaine.

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  4. C’est pas encore cette année que je vais pouvoir m’enfiler de la mauvaise bière au litre au Hellfest.
    A 5000 personnes assises, je ne vois pas comment ça pourrait être possible.
    Quoi que. On me chuchote que de toute façon dans ce festival il y a surtout des vieux croulants (dans le public et sur scène).
    Dropkick Murphys-Rose Tatto:

  5. Perso , comme ma femme , je n’ai jamais apprécié les personnages incarnés par Gabin , sans trop me poser la question de savoir s’ils étaient l’expression de sa propre personnalité , ou une traduction ,sans doute en partie , de l’air du temps et des mœurs courantes d’époque . Machisme , certitude de vrai et du bon , morale patriarcale assénée, poncifs moraux…

    Côté machisme , si on veut bien s’y arrêter , la plupart des “vedettes” représentatives mâles du spectacle d’alors ne valait guère mieux , et pourvu qu’on s’attarde sur le détail de ses textes , Brassens par exemple , n’échappe pas à la critique.

    Comme on peut s’étonner que des vedettes féminines entonnaient sans état d’âme des chansons qui aujourd’hui les feraient traîtres à leur sexe .

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    1. Des exemples pour Georges, Juan ?

      J’imagine que tu en trouveras, mais il se trouvera alors une autre chanson du même, pour retablir l’équilibre…

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      1. “Mais pour l’amour , on ne demande pas ,
        aux filles d’avoir inventé la poudre…”

        Plus misogyne ( et Brassens l’était ) , y a t-il ?

        @Arkao :

        Là encore , hormis la crudité des mots , c’est la femme qui est aux commandes , mais qui chanterait sérieusement ça aujourd’hui sans s’attirer une polémique ? :

        https://www.youtube.com/watch?v=BFvYjlgqh4Q

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        1. Venant de quelqu’un qui disait à l’occasion, la même chose des hommes, pas de problème !

          “Si j’ai trahi les gros, les joufflus, les obèses
          C’est que je baise, que je baise, que je baise
          Comme un bouc, un bélier, une bête, une brute
          Je suis hanté, le rut, le rut, le rut, le rut
          Qu’on me comprenne bien, j’ai l’âme du satyre
          Et son comportement, mais ça ne veut point dire
          Que j’en ai le talent, le génie, loin s’en faut
          Pas une seule encore ne m’a crié “Bravo” ”

              1. Si c’est une référence aux 9 types de personnalité de l’ennéagramme , pour ce qui me concerne , je suis plutôt catalogué par les experts comme le triangle Ying Yan , mais je vais assez facilement sur 5 autres types . Les deux où je n’ai que des aptitudes faibles (mais pas nulles ) , c’est “le romantique” et ” l’épicurien ” ( c’est pour ça que j’embête Clo Clo !);

                Sur mes appréciations sur Brassens , elles ne me sont pas propres et lui avaient été opposées de son vivant . Et ça ne m’empêche pas d’avoir tout le répertoire de Georges en un coffret CD comme on n’ose plus en vendre .

                1. Pas propres ?

                  Mais il sait, qu’il passera pour un je ne sais quoi, de mauvaise herbe, qu’on voudra voir pendu etc

                  C’est bizarre si on le connait un peu de rejoindre la foule du branle bas dans Landerneau…

                  Enfin bref…

              1. Les “encore”, les “c’est bon”, les “continue”
                Qu’ell’ cri’ pour simuler qu’ell’ monte aux nues,
                C’est pure charité, les soupirs des anges ne sont
                En général que de pieux menson(ges).
                C’est à seule fin que son partenaire
                Se croie un amant extraordinaire,
                Que le coq imbécile et prétentieux perché dessus
                Ne soit pas déçu.

                https://www.youtube.com/watch?v=61klageOn-4

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                1. Celle ci , les dames l’approuvent , sans doute parce qu’elles sont d’accord avec les 95 % ,par expérience personnelle !

                  Je l’ai entendu chantée par Victoria Abril à Annecy il y a quatre à cinq ans .

                  PS : 5% c’est mieux que rien du tout .

        2. La femme aux commandes ? Une chanson écrite par trois hommes, sans doute en 1920. Selon Gallica.bnf.fr :
          Mon homme / Yvain (Maurice), Willemetz (Albert), Charles (Jacques).

          1. Faut suivre . C’est justement le lien que je donnais pour illustrer une chanson dont les paroles ne passeraient plus aujourd’hui . Celles , assez crues , citées par Arkao laissaient la femme à égalité , voire en position dominante .

            S’il fallait un chant qui pour moi ne trahit ni l’un , ni l’autre , dans la sensualité et la réalité d’un amour “franc” , ce serait plutôt celui ci :

            https://www.youtube.com/watch?v=B2cj1rviS4g

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    2. Ouais bon, Quatre ou cinq de Brassens peut-être sur le total, c’est quand même pas une marque de fabrique. 🙂
      Et puis “Je me suis fait tout petit” ou “La non demande en mariage” c’est plutôt ‘anti-machiste’…

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    3. sauf que la filmo de Gabin ne s’arrête pas à “Un singe en hiver”. Il a incarné des prolos, des victimes, des cocus. Un peu plus de nuances, svp.

  6. J’ai glissé un lien sous l’évocation de “Prométhée” par Paul Jorion à propos de “Foyer privé d’électricité à Garland Texas” mais ici encore, au chapitre “Autres temps, autres moeurs…”, c’est le récit de Pandora du même J-P Vernant vient se cogner sur les récifs de notre temps venant percuter le fondement de nos valeurs et mettant à mal l’antique création de ce récit des dieux.

    https://www.dailymotion.com/video/x7ktfq

    Si l’on s’est habitué à ne plus devoir subir les clopes-manies ou le tintement des glaçons dans les verres à whisky au ciné, on acceptait bon an mal an, jusqu’à peu, l’habillage des antiques spécificités de Pandora.
    Mais mais mais mais, nous vivons actuellement un sacré chambardement à propos de ce vieux récit sur ce mystère féminin.
    Un joli parfum, je trouve, qui nous rapprocherait des dieux ?

  7. … ” Les faits remontent à 2004, lorsque Florence Porcel, alors âgée de 21 ans et étudiante en lettres, se serait vue imposer un rapport sexuel avec pénétration non consentie dans le bureau du journaliste à Boulogne-Billancourt.
    La jeune femme, qui était à l’époque admirative de “PPDA”, n’aurait alors pas pris conscience qu’elle venait de subir un viol, d’après Le Parisien. Entraînée dans un “mécanisme d’emprise psychologique” et un “système de déni né de l’admiration qu’elle avait pour cet homme”, elle aurait accepté d’avoir des échanges érotiques avec lui, avant une nouvelle relation sexuelle, consentie cette fois-ci.

    Leurs liens se sont ensuite distendus, jusqu’à 2009 où la jeune femme aurait subi une agression encore plus violente, rapporte le quotidien. Alors que Florence Porcel avait de nouveau sollicité Patrick Poivre d’Arvor pour une interview dans le cadre de ses études, il lui aurait imposé une fellation au siège de la société de production A Prime Group, selon Le Parisien. La jeune femme aurait alors envisagé de déposer plainte pour viol mais y aurait renoncé, par peur de ne pas être crue.

    Après une thérapie, c’est seize années plus tard que l’autrice et animatrice de la chaîne Youtube “La folle histoire de l’Univers” a décidé de porter plainte, dans un contexte de libération de la parole. ” …

    (“HuffingtonPost” du jour . Mot à mot.. et sans commentaire.)

    1. ” n’aurait alors pas pris conscience qu’elle venait de subir un viol…”

      Hmm… cela tombe me semble-t-il sous ma rubrique “Sur les simples changements d’avis, la prescription débute dès le lendemain matin à 10 heures”.

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      1. Je ne sais pas si l’article dit vrai .. mais c’est tellement hallucinant que j’ai aussi failli utiliser des “grasses”.. pour ce passage.
        Pour le dernier paragraphe aussi..
        Il faut craindre devoir s’attendre à une série de “vagues”. L’air du temps?

        1. Mais tout le monde savait …

          Faut aller plus loin Otromeros :

          https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/tv/affaire-ppda-je-lui-ai-dit-arretez-patrick-ca-ne-va-pas-19-02-2021-8425488.php

          Le gars était une machine à baiser, une bite sur pattes, un quetard acharné, un dévoreur de chattes. Et attention en mode mâle Alpha tango charlie, directe dans le slip.

          Enfin, c’est ça qu’on peut lire dans l’article il semble.

          Attention dans pas longtemps on va redécouvrir aussi l’eau qui mouille, le feu qui brûle et que le cul et l’argent mènent le Monde avec le plus souvent des rapports de dominations et de violences. Le réveil est dur pour tous ces français moyens, à moitié tarés, élevés dans le monde enchanté de Casimir, de Candy et de Goldorak.

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      2. Je fais une analogie avec l’entrée dans une secte. La plupart qui y rentrent le font volontairement. Ont-ils conscience qu’ils s’emprisonnent ? Dans ce cas, faut-il condamner le gourou puisqu’ils étaient “volontaires” ?

  8. « Thérapie » Arte, montre bien les limites de la notion juridique de consentement, comme celle plus opaque d’emprise, et la notion d’ascendance est bordé par l’ascendant cosanguin mais déborde l’ascendant symbolique et l’ascendant imaginaire est en expansion indéfinie…à qui fait-on crédit d’une ascendance sur ce blog ? quelles conséquences ?
    Pas demain la veille qu’on viendra à bout du transfert… à responsabilité limitée ? sous contrainte morale ? Finira t-on par contractualiser les impasses amoureuses par prévention de protection d’une future victime ? Plus de public pour la blague du bourgeois à l’embauche d’une baby sitter : « aimez vous les enfants » ? « Oui, mais je préférerais que Monsieur fasse attention ! ».
    Si la séduction est un pouvoir et un rapport de force, difficile de passer sous silence que le pouvoir d’achat très inégalitaire riches-pauvres / hommes-femmes joue son rôle dans l’énamoration sociale, mais chut !
    Le pendule suit sa pente, au bout peut-être quelque chose comme ça ?
    https://www.courrierinternational.com/article/2006/09/07/un-nouveau-ministere-du-vice-et-de-la-vertu

  9. Tout va tellement vite, mon bon monsieur, y a intérêt à suivre de près pour ne pas devenir, dans un domaine ou un autre, un diplodocus !

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  10. M. Jorion, je vous trouve bien lapidaire !

    J’aime beaucoup ce film. Je n’y vois pas une ode à la biture mais une ode à l’ivresse, à la vie :
    Cette scène ou le personnage joué par Gabin engueule les alcoolos tristes à leurs tables.
    Cette phrase belle et juste : “Yvonne, ce n’est pas l’alcool qui me manque, c’est l’ivresse.”

    Les deux compères, aussi bourrés soient-ils, ne nuisent à personne (bien que ça aurait pu : Cette scène du début où le personnage joué par Belmondo risque de provoquer un accident de voiture).

    Comme l’évoque François Corre (13h33), tout rentre dans l’ordre. L’ordre semble-t-il si triste de cette époque, de ce lieu.
    La biture aura été une soupape, une étape peut-être nécessaire au moins pour le personnage joué par Belmondo.

    Je pense à l’ivresse de qui danse vraiment, à l’ivresse que l’on peut ressentir en jouant au théâtre, à l’ivresse de l’émeute qui permet de défier les pouvoirs abjects.
    Quand ces ivresses sont inaccessibles, les drogues peuvent aider à s’en approcher.

    Je pense aussi à Nietzsche :

    L’enfant insouciant puis l’ado révolté puis l’adulte raisonnable, bien sage ?
    Non, pour Nietzsche, le plus souvent c’est d’abord le chameau (l’enfant portant le poids des adultes), puis le lion, puis l’adulte résigné, diminué, là où devrait advenir l’enfant.

    Nietzsche encore : “Maturité de l’homme : Retrouver le sérieux que l’on mettait dans ses jeux, enfant”.
    Tendre vers l’ivresse bien structurée, je trouve que c’est un bel idéal.
    A défaut de l’atteindre au quotidien, ce n’est pas idiot de se ressourcer de temps en temps.

    Je pense aussi au film de Marco Ferreri : “Contes de la Folie ordinaire”.

    Vive la biture (sous conditions) !
    Amicalement

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    1. sous condition ! C’est précisément tout le contraire d’un singe en hiver… Vous le savez très bien mais vous vous sentez obligé d’écrire “sous condition”, peur de vous faire traiter de sauvage ? 🙂

      L’homo sapiens s’auto-domestique et ce faisant son volume cérébral diminue… c’est pas moi qui le dit :

      https://youtu.be/0qI_Ll8CzlU?list=WL&t=4209

      On est en train de devenir d’insipides gentils toutous ni plus ni moins.

      1. Dub,
        1) Vous avez raison : J’aurais pu omettre “sous conditions”, je l’ai sans doute ajouté de crainte de passer pour un guignol (plutôt que de crainte de me faire traiter de sauvage, ce que ne je n’aurais pas pris pour une insulte).
        Quant à “gentils toutous”, je ne le prends pas particulièrement pour moi, je le prends pour moi comme pour “nous presque toustes” : Je suis souvent très provocateur, pas toujours à bon escient, alors, pour mon 1er commentaire sur ce blog, j’ai fait un peu gaffe.
        2) Est-ce “tout le contraire d’un singe en hiver” ? Je dirais plutôt non : Pour toutes les raisons déjà évoquées (l’alcool pas triste, pas nuisible, ponctuel …), ce film est plutôt modéré. A comparer par exemple aux “Valseuses” de Bertrand Blier, film que j’aime aussi , bien que plus discutable, notamment pour l’épisode de la rencontre avec le personnage joué par Jeanne Moreau.

  11. Pour Gabin – Né vers 1960, j’ai vu Gabin jouer, dans les innombrables films de gangster français des années 60-70, l’insupportable même rôle du patriarche sentencieux, une fois flic, l’autre fois voyou, mais toujours anar de droite, surtout quand les dialogues étaient du non moins insupportable Audiard.
    Or, merveille du XXIème siècle et des DVDs à 10 euros, sur le tard je me gave du grand cinéma français (entre autres) des années 30, 40 et 50: Grémillon, Renoir, Carné, Becker… et je découvre que Gabin a été un grand acteur (et progressiste). “Le jour se lève” et “Quai des brumes” bien sûr, mais “Remorques”, “La Marie du Port”, “Gueule d’Amour”, “Des gens sans importance”, “Touche pas au Grisbi”, “French Cancan” (oui), “L’air de Paris”, “Pépé le Moko”, tout ça est excellent, et Gabin aussi.
    Et, si dans beaucoup de ces films, le caractère qu’incarne Gabin est plutôt machiste, souvent il s’en prend plein la gueule comme conséquence de sa brutalité, si bien que la morale implicite est plutôt féministe: “Des gens sans importance”, “La Marie du Port”, “Gueule d’Amour”, “Pépé le Moko”,.. . Mais le public d’aujourd’hui a besoin qu’on lui mette les points sur les “i”. Est-il encore capable de comprendre? Et une certaine façon d’être viril est-elle pas devenue totalement taboue ??

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      1. Oui et surtout vous passez à côté de ce film très particulier adapté du romans d’Emile Zola par Jean Renoir dans lequel Jean Gabin joue un rôle magnifiquement noir :

        La bête humaine (1938)

        https://www.dailymotion.com/video/x9mu33

        Quand j’ai vu ce film, j’ai été mal à l’aise, et c’est toujours intéressant de ressentir cela en visionnant ou en lisant une oeuvre. Car j’ai senti que Lantier était aussi en moi quelque part d’une certaine manière.

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      2. Et comme ce serait bien qu’une femme, pleine et entière, ait la gouaille de ce président, en présidente, sans qu’il ne lui soit fai reproche de quoi que ce soit.

  12. Cher Paul
    Il a fallu 10 ans et une thérapie à quelqu’un de ma famille pour qu’elle decouvre ce qu’elle avait vécu à l’âge de 6 ans. Et il lui a fallu encore 10 ans pour nous parler de ce qu’elle a vécu.
    Il est possible qu’il y ai des abus mais un simple critère de temps ne me semble pas pertinent. Vous savez bien comment l’inconscient peut déformer les souvenirs d’autant plus lorsqu’ilsi sont traumatisant.

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    1. Vous savez bien comment l’inconscient peut déformer les souvenirs d’autant plus lorsqu’ils sont traumatisants.

      Non, je ne sais pas ça du tout : l’inconscient que je connais est entièrement fiable. Par contre, les psys manipulateurs, oui ça, ça existe. Mais faut pas confondre.

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      1. Merci Paul de corriger mon propos. Vous avez raison Paul. La personne en question a pris conscience de ce qui lui était arrivé en travaillant sur ce qu’elle avait refoulé. C’est là qu’est la déformation du souvenir. Et qui plus tard sera malheureusement confirmé par des personnes de son entourage.

    2. Pascal 19 février 2021 à 21 h 12 min

      Ce qui est douteux, ce ne sont pas les manifestations de l’inconscient appelées formations de l’inconscient freudien, la liste est close, mais la façon de les interpréter. La théorie de la séduction, reprend du poil de la bête, si j’ose dire, et l’ambiance est telle que c’est dans l’espace privé qu’on peut encore dire tout haut ce qu’on pense tout bas ailleurs.

      1. Un peu de gel, des sun glasses et voilà deux Jorion Lynch.

        Allez prochaine petite vidéo sur l’effondrement en mode Lynch ! On peut aussi s’effondrer en rigolant.

  13. Trouvé par hasard, “Le drapeau noir flotte sur la marmite” (Michel Audiard Jean Gabin, André Pousse, Ginette Leclerc et bien d’autres). Je le recommande tout particulièrement à Paul Jorion. On y traite des relations hommes femmes dans des textes de Michel Audiard et aussi du mensonge personnage central de l’histoire au milieu des rêves des hommes et des femmes à la recherche d’un bonheur toujours à l’horizon, ce point imaginaire qui s’éloigne sans cesse au fur et à mesure qu’on s’en approche.
    S’il est d’autres temps, d’autres moeurs, il semble que les rêves des hommes soient toujours les mêmes.
    (lien : https://www.youtube.com/watch?v=xU7fpX284Dw)

  14. Medellín, le 19 février 2021

    @Paul Jorion (@ ¨un singe en hiver¨):

    Quelle méthode supérieure pour ¨marteler¨ (¨erin te stampen¨) cette marque…. dernier fragment du clip..

    Quelle lecon, je n’avais aucune idée. Probablement on pourrait appliquer cette méthode a d’autres terrains d’enseignement aussi.

    Avec un sens de l’humour si subtil. Et si je le percois bien, Picon Picona?

    😉

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Picon

    https://en.wikipedia.org/wiki/Picon_(ap%C3%A9ritif)

  15. bizarre que personne n’ai fait le rapprochement avec le film “Drunk” de Thomas Vinterberg qui évoque aussi le double aspect de l’alcool, l’aspect destructeur mais aussi l’aspect convivialité, sociabilité. Un peu de complexité ne nuit pas. Si le film de Verneuil est pour moi un mauvais film ce n’est pas parce qu’il fait l’éloge de l’alcoolisme mais parce qu’il est réalisé par un mauvais réalisateur, Verneuil. Si on commence à chasser les “messages” explicites ou implicites dans le cinéma classique, on peut jeter à la poubelle de l’histoire 90% de ces films. “French cancan” de Renoir ne se limite pas à la mysoginie du personnage ou de Renoir. Cette part là témoigne d’une époque.

  16. Autre temps- autres mœurs- autres destins et 3 mois d’écart à la naissance

    Jean Gabin : né le 17 mai 1904 à Paris

    Lucie Randon :né le 11 février 1904 à Alès (Gard) devenue sœur Andrée:

    – vice doyenne de l’humanité
    – vient de fêter ses 117 ans juste après avoir été guérie du Covid 19
    – en 1916, à 12 ans ,elle devient gouvernante de trois enfants à Marseille chez un médecin.
    – en 1920, à 16 ans ,elle est engagée à Versailles comme institutrice chez la famille Peugeot.
    – en 1922, elle rejoint une autre famille comme gouvernante et institutrice pendant 14 ans.
    – devient sœur Andrée en 1944

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      1. Salut Johan !

        Petit soucis avec ton lien vu d’Europe :

        “Our European visitors are important to us.
        This site is currently unavailable to visitors from the European Economic Area while we work to ensure your data is protected in accordance with applicable EU laws.”

        C’est beau la protection.

        1. Medellín, le 20 février 2021

          😉 Salut Cloclo! Attend un momentito, je vais copier et traduire le texte pour vous et nos ami.e.s du blog PJ!

        2. Une variation sur le theme de Paul Jorion: autres temps, memes moeurs… 😉

          (et je prie au Grand Esprit des Indien.ne.s que la copie de l’image arrivera bien chez vous de l’autre coté de l’étang aux harengs…)

          https://www.abc4.com/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/fdc886639b354b67abc92e5df8cdcd17.jpg?w=876&h=493&crop=1

          et si non: https://www.youtube.com/watch?v=ScvcUxd-t_o

          quote (et traduit grace a deepl.com):
          Une religieuse défiant le COVID porte un toast au 117e anniversaire avec du vin et une prière

          par : JOHN LEICESTER et JEFFREY SCHAEFFER, Associated Press

          Posté : 11 févr. 2021 / 04:28 AM MST / Mis à jour : 11 févr. 2021 / 10h56 HNR

          PARIS (AP) – Question : Comment peut-on entasser suffisamment de bougies sur un gâteau d’anniversaire pour l’un des plus anciens survivants de COVID-19 au monde ? Réponse : Avec 117 bougies, on ne peut pas.

          Une religieuse française, qui serait la deuxième personne la plus âgée du monde, a fêté son 117e anniversaire avec style jeudi, en offrant de multiples friandises et des vœux, des cartes et des fleurs pour célébrer sa longévité exceptionnelle, qui lui a permis de traverser deux guerres mondiales et une récente infection par un coronavirus.

          Sœur André a également reçu une messe en son honneur et un festin avec du champagne, du vin rouge et du porto. Puis, une sieste a été suivie d’autres festivités, dont un goûter de l’Alaska, son dessert préféré.

          “Cela m’a rendu très, très, très, très heureux”, a déclaré la fêtée. “Parce que j’ai rencontré tous ceux que j’aime et je remercie le ciel de me les avoir donnés. Je remercie Dieu pour le mal qu’ils se sont donné.”

          Le grand jour de Sœur André a commencé par un appel vidéo matinal avec ses arrière-petits-enfants et arrière-arrière-petits-enfants, suivi d’une messe en son honneur présidée par l’évêque catholique local, a déclaré David Tavella, le responsable de la communication de la maison de soins de la ville de Toulon, dans le sud de la France, où vit la religieuse.

          Son anniversaire a été marqué par une entrée de foie gras, suivie d’un chapon aux champignons parfumés. “Le tout arrosé de vin rouge, car elle en boit. C’est l’un de ses secrets de longévité”, a déclaré Tavella à The Associated Press. Il y avait aussi du porto et du champagne “parce que 117 ans doivent être grillés”, a-t-il dit.

          Elle a sauté le dessert parce qu’elle était fatiguée, mais il lui a été servi plus tard, après une sieste – avec trois bougies et les chiffres 117 sur le dessus.

          Il aurait été impossible d’emballer 117 bougies.

          “Nous avons cessé d’essayer il y a longtemps”, a déclaré Tavella. “Même si nous faisions de gros gâteaux, je ne suis pas sûr qu’elle aurait assez de souffle pour les souffler tous. Vous auriez besoin d’un extincteur.”

          Le nom de naissance de Soeur André est Lucile Randon. Le groupe de recherche en gérontologie, qui valide les détails des personnes que l’on croit âgées de 110 ans ou plus, la classe au deuxième rang des personnes vivantes les plus âgées au monde, derrière une femme de 118 ans seulement au Japon, Kane Tanaka.

          En début de semaine, Tavella a déclaré aux médias français que Sœur André avait été testée positive au coronavirus à la mi-janvier, mais qu’elle avait si peu de symptômes qu’elle ne s’était même pas rendue compte qu’elle était infectée. Sa survie a fait la une des journaux en France et au-delà.

          “Lorsque le monde entier s’est soudainement mis à parler de cette histoire, j’ai compris que sœur André était un peu comme une flamme olympique dans un tour du monde que les gens veulent s’approprier, parce que nous avons tous besoin d’un peu d’espoir en ce moment”, a déclaré Tavella.

          Lorsque Tavella lui a parlé jeudi de la célébration de son prochain anniversaire en 2022, elle lui a répondu : “Je ne serai pas là l’année prochaine”, a-t-il cité en ajoutant : “Mais elle dit cela depuis dix ans.”

          Par une étrange coïncidence, Tavella a fêté son 43e anniversaire jeudi.

          “Nous plaisantons souvent sur le fait qu’elle et moi sommes nés le même jour”, a-t-il déclaré. “Je ne me dis jamais qu’elle a 117 ans car il est si facile de lui parler, quel que soit son âge. Ce n’est que lorsqu’elle parle de la Première Guerre mondiale comme si elle l’avait vécue que je me dis : “Oui, elle l’a vécue !

          ___

          Leicester rapporte depuis Le Pecq, France
          unquote

          source: https://www.abc4.com/news/champagne-red-wine-and-mass-on-tap-for-nuns-117th-birthday/

          1
  17. bonne lecture :

    Une manie de vieux garçon
    Moi j’ai pris l’habitude
    D’agrémenter ma solitude
    Aux accents de cette chanson
    Quand je pense à Fernande
    Je bande, je bande
    Quand j’pense à Félicie
    Je bande aussi
    Quand j’pense à Léonore
    Mon Dieu je bande encore
    Mais quand j’pense à Lulu
    Là je ne bande plus
    La bandaison papa
    Ça n’se commande pas
    C’est cette mâle ritournelle
    Cette antienne virile
    Qui retentit dans la guérite
    De la vaillante sentinelle
    Quand je pense à Fernande
    Je bande, je bande
    Quand j’pense à Félicie
    Je bande aussi
    Quand j’pense à Léonore
    Mon Dieu je bande encore
    Mais quand j’pense à Lulu
    Là je ne bande plus
    La bandaison papa
    Ça n’se commande pas
    Afin de tromper son cafard
    De voir la vie moins terne
    Tout en veillant sur sa lanterne
    Chante ainsi le gardien de phare
    Quand je pense à Fernande
    Je bande, je bande
    Quand j’pense à Félicie
    Je bande aussi
    Quand j’pense à Léonore
    Mon Dieu je bande encore
    Mais quand j’pense à Lulu
    Là je ne bande plus
    La bandaison papa
    Ça n’se commande pas
    Après la prière du soir
    Comme il est un peu triste
    Chante ainsi le séminariste
    À genoux sur son reposoir
    Quand je pense à Fernande
    Je bande, je bande
    Quand j’pense à Félicie
    Je bande aussi
    Quand j’pense à Léonore
    Mon Dieu je bande encore
    Mais quand j’pense à Lulu
    Là je ne bande plus
    La bandaison papa
    Ça n’se commande pas
    À l’Étoile où j’étais venu
    Pour ranimer la flamme
    J’entendis ému jusqu’aux larmes
    La voix du soldat inconnu
    Quand je pense à Fernande
    Je bande, je bande
    Quand j’pense à Félicie
    Je bande aussi
    Quand j’pense à Léonore
    Mon Dieu je bande encore
    Mais quand j’pense à Lulu
    Là je ne bande plus
    La bandaison papa
    Ça n’se commande pas
    Et je vais mettre un point final
    À ce chant salutaire
    En suggérant au solitaire
    D’en faire un hymme national
    Quand je pense à Fernande
    Je bande, je bande
    Quand j’pense à Félicie
    Je bande aussi
    Quand j’pense à Léonore
    Mon Dieu je bande encore
    Mais quand j’pense à Lulu
    Là je ne bande plus
    La bandaison papa
    Ça n’se commande pas

    Georges Brassens (1957)

    1. Personnellement je trouve qu’il est normal d’avoir du désir, pour les personnes qui nous plaisent, dans la rue, au hasard d’une rencontre, dans le train, dans le bus, dans une salle, j’ai éprouvé très régulièrement du désir corporelle, voir sexuel pour des centaines de femme (je suis semble-t-il hétéro). Qu’est ce que j’ai pu me rincer l’oeil sur de jolis genoux, une chute de rein, une paire de sein, des yeux, un nez, des cheveux, tout le temps, j’ai du désir pour plein de femmes. Bon je ne bande plus comme dans la chanson de Georges pour toutes ces femmes/filles, d’ailleurs à part vers l’adolescence, bander ainsi c’est compliqué avec l’âge …

      Là le printemps arrive, les jambes vont se dénuder, les bras aussi, les cheveux se relâcher, et l’air va se remplir d’une senteur de fleurs, de végétaux, de parfum, ainsi que de cyprine et de foutre, d’hormones sexuelles à ravir les sens et à rendre le sourire et l’amour dans le genre humain. Oui, je crois que je vois la vie plutôt ainsi, arrosé d’un bon verre !

      Ensuite, bien entendu, on n’est pas obligé de sauter sur les gens avec ses grosses pattes pleine de doigts et sa bave au coin de la bouche, mais oui, avec les yeux et la cervelle mon dieu qu’est ce peut baiser sans se retenir, et remercier d’un sourire celle, celui, qui vient de vous procurer cette sensation.

      1. CloClo
        Souvent, j’ai pensé, en vous lisant, que vous étiez un femme. Malgré ce que je viens de lire, je ne suis toujours pas certain que vous soyez un homme : CloClo, ce peut être Claude ou Claude. Tout comme Alix peut aussi être Alix, Domi Domi, Alex Alex…

        1. En fait, je ne me suis jamais vu ou considéré comme un homme ou une femme, mais toujours seulement comme un être humain, et j’ai autant de gènes de ma mère que de mon père comme tout le monde paraît-il. Petit je me sentais garçon certes, et je voyais bien les filles en tant que filles, mais je ne sentais pas tant de différences entre nous, en tout cas bien moins que dans cet univers d’adultes où tout le monde rentre plus ou moins selon ces rôles attribués et incroyablement acceptés.

          Sinon, je te confirme, j’ai bien un truc entre les jambes qui monte et qui descend selon l’humeur, comme Amanda Lear.

  18. plus sérieusement , depuis quatre millénaires (code d’Hammourabi…..) , les hommes ont réussi (relativement) à gérer les tensions sociales par une succession de règles (juridiques , coutumières , religieuses…)
    mais , cela reposait sur un idéal de légitimité , incarné par l’Autre (toute les versions divines y font référence) qui s’est brutalement dilué quand une critique de ce concept est apparu au XVI->XVIII eme (illustré par l'”agnosticisme” (je caricature volontairement) Voltairien ou le “désenchantement du monde” )
    depuis , cet absolu part en vrille avec des mouvements d’oscillations (alternance de périodes puritanico-libérales) de plus en plus violents (avec les extrêmes de la guerre de 14-18 , la shoah, l’utilisation du nucléaire militaire en Aout 45 , jusqu’aux radicalismes “terroristes ” contemporains )
    Graduellement l’aspect politique (rapport de force , force=vis en latin (par extension sexe masculin)-> violence , viol ….) est submergé par l’aspect “juridique” , évident depuis quelques dizaines d’années , par l’emprise du juridique sur le politique et les actions judiciaires à l’encontre des tenants d’un capacité de pouvoir, dépassant logiquement l’objectif des sanctionner un interdit , pour en détruire sa légitimité .
    l’emprise , un concept à la définition éminemment “récursive” , utilisée par le champ du droit s’empare du champ anomique crée par la disparition de ce grand Autre ( cf ;Emile Durkheim) en dissimulant la charge de pouvoir dont il est investi au dépends du champ politique , la troisième composante (le pouvoir législatif) s’effaçant petit à petit (voir l’évolution de notre Veme république , par exemple ) …
    Avoir un “jugement” devient radicalement impossible car en souhaitant devenir “objectif” , il en perd son essence.
    D’où cette quette , sans fin , du vrai , du juste …. et l’impossible d’arbitrer , car sans “s’autoriser” de l’arbitraire , rien ne peut se construire.
    c’est la dure loi de notre condition d’humain.
    plus que les crises écologiques , sanitaires , politiques qui nous attendent , homo sapiens va devoir se donner les moyens d’un nouveau type de “code de common decency” incorporant ce paradoxe de s’observer sujet conscient des limites de sa subjectivité….
    les expériences de Libet en sont une intéressante illustration….

    autre temps , Autre meurt.

    1. Ah, pour le frenchy universel, gross problem c’est très Voltaire à Terre, toussa.

      (notule pour rebondir à l’occasion : communauté, sens et praxis, ce que ma boule de cristal me dit être le futur livre de Lorjorwell, Darval et Lordot)

    2. désolé Timiota , j’avoue ne pas savoir comment dire plus clairement mon ressenti à ce propos.
      c’est totalement étrange , j’en conviens.
      au Lycée , on m’appelait le pré-mutant , pour vous dire …..
      difficile de tordre les mots pour exprimer un indicible ( pour le moment , en attendant un homo sapiens plus génial qui pourra le faire )
      il n’en est pas moins que “j’intuitionne” quelque-chose de radicalement autre à inventer pour échapper à l’aporie dans laquelle nous sommes.
      les solutions ne sont pas derrière nous ( le passé ) , mais au delà du présent , mais nous manquons de potentiel imaginatif….

      bon , je me contenterais que l’on puisse dire que les psychiatres sont plus fous que leurs patients.

      1. @Ruiz
        je parlais de “dire”
        dans les faits , c’est bien le défi à relever : que chacun veuille bien prendre en compte sa propre folie et rendre le “psy” puis le politique inutile.
        c’est là que je considère que l’emprise est récursive ( dans la mesure où elle participe de l’emprise de l’autre , lui-même sous emprise et dans la perlaboration de se déprendre ….. etc ….. )

        bon , je sort (de ma récursive)

        1. @a113
          Comme beaucoup, j’ai découvert la psychanalyse au lycée quand j’ai du présenter un livre de Freud pour le Bac. Adolescent, c’était pour moi difficile de comprendre la réalité de la chose psychanalitique mais notre prof nous fit regarder le film tiré du livre de Marie Cardinal “Les mots pour le dire”. J’ai pu comprendre à partir de là, le pouvoir libératoire de la parole et plus tard encore mieux par mon expérience personnelle.
          Si la parole peut avoir un rôle libérateur et révélateur d’une certaine réalité, les mots peuvent aussi devenir un piège lorsqu’on essaie de les utilisés pour cerner, pour définir la réalité.
          Quand plus tart je me suis intéressé aux écrits d’Edgar Morin, en arrivant à l’un de ces livres sur la complexité, je me suis rendu compte que pour exprimer son propos l’auteur éprouvait le besoin d’inventer des mots. Je me fis cette réflexion, si la complexité nécessite de nouveaux mots que nous avons la possibilité d’inventer à l’infini, alors nous entrons dans un processus sans fin. N’y aurait il pas dans le désir humain d’emprisonner le réel avec des mots une source de folie ?
          Dans le domaine de la recherche, nous connaissons tous ces dérives poussées jusqu’au ridicule, dans le domaine de la pédagogie par exemple, pour faire d’un enfant, un “apprenant”, d’un stylo, un “outil scripteur” et d’un ballon, un “référenciel bondissant”, j’en passe et des meilleurs.
          Je me suis toujours demandé comment une réalité qui somme toute n’a pas beaucoup changé dans ses grandes lignes depuis des millénaires nécessitait ce flot de mots sans cesse en expansion ? L’ivresse des mots ne nous éloigne-t-elle pas d’une perception silencieuse de la réalité ?

          1
          1. 1 Au commencement était le Verbe et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu. 2 Il était au commencement avec Dieu. 3 Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut. 4 Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes. 5 et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie. 6 Il y eut un homme envoyé de Dieu; son nom était Jean. 7 Il vint pour témoigner, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. 8 Celui-là n’était pas la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière. 9 Le Verbe était la lumière véritable, qui éclaire tout homme; il venait dans le monde. 10 Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. 11 Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli. 12 Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, 13 lui qui ne fut engendré ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu. 14 Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. 15 Jean lui rend témoignage et il clame: «C’est de lui que j’ai dit: Celui qui vient derrière moi, le voilà passé devant moi, parce qu’avant moi il était.» 16 Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce pour grâce. 17 Car la Loi fut donnée par Moïse; la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. 18 Nul n’a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est tourné vers le sein du Père, lui, l’a fait connaître.

              1. Dans la traduction version Chouraki il garde le mot grec Logos. Je pense que le traduire par symbole serait plus adéquat que par verbe mais c’est peut être parce que ça colle mieux avec ma métaphysique personnelle (autant dire quelque chose de fort peu aboutit et à peu près aussi versatile que la météo 😉 ).

              2. Si on ne parle que du verbe , ça n’est que l’expression “traduite” d’une parole ( Dieu , Passé , donc préétablie , renvoi au déterminisme ou en tous cas à des lois éternelles universelles ) . Comme ça ne suffit pas , le service après vente est assuré par le saint esprit qui organise un peu tout ça et donne des clés dans le réel Présent , pourvu qu’on l’appelle . Pour assurer le Futur , il faut un paradis .

                La linguistique , c’est la maitrise des temps .

                Pour le Hors temps et la “Création” , il reste la poésie , Planck , Einstein , Bohr …

                1. Pour les hors temps vous oubliez le temps du rêve des aborigène dont certains parlent comme certain amérindiens des langues qui ne comportent ni nombres ni passé

                  https://fr.wikipedia.org/wiki/Temps_du_r%C3%AAve

                  https://fr.wikipedia.org/wiki/Pirah%C3%A3_(langue)

                  “Étant donnée leur crainte (fondée) d’être trompés dans les échanges commerciaux qu’ils faisaient, à cause de ces lacunes, les Pirahãs ont demandé à Daniel Everett, un linguiste qui les étudiait, de leur enseigner des notions de base d’arithmétique. Après huit mois d’étude quotidienne, enthousiaste mais infructueuse, les Pirahãs conclurent qu’ils étaient incapables d’apprendre ces bases et arrêtèrent les leçons. Durant tout ce temps, aucun Pirahã ne fut capable d’apprendre à compter jusqu’à dix ni même de calculer 1+1.

                  Everett considère que les sujets des tests étaient incapables de compter pour deux raisons culturelles et une raison linguistique formelle. Premièrement, ce sont des chasseurs-cueilleurs nomades n’ayant rien à compter, et par conséquent aucun besoin de le faire. Deuxièmement, ils ont une contrainte culturelle s’opposant à la généralisation au-delà du présent, ce qui élimine les mots désignant les nombres. Troisièmement, puisque, selon certains chercheurs, les numéraux et le dénombrement sont basés sur la récursivité, l’absence de la récursivité dans leur langue entraîne une absence de notion de dénombrement. Ce serait donc l’absence de nécessité qui expliquerait à la fois l’absence de la capacité de compter et celle du vocabulaire correspondant. Toutefois, Everett ne considère pas que les Pirahãs soient cognitivement incapables de compter. ”
                  Etonnant non ? 🙂

                  1. Je n’ai pas compris pourquoi et comment s’attarder sur la parole et le verbe , pouvait vous amener au nombre , et je n’ai donc guère retenu que l’attribution au “rêve” de vertu pour impliquer le hors temps .

                    Je laisserai Paul Jorion valider ou pas , s’il le souhaite , en tant que formé à l’analyse .

                    Pour ” l’idée” ( assez floue) que je me fais du hors temps et de la création , ça n’est pas forcément là que je mettrais la cage à capture .

                    1. Ce que je me demande surtout c’est comment ont ils pris la décision de cesser les cours au bout de huit mois ne pouvant pas formaliser l’idée de cette durée (impossible de compter les lunes et de savoir combien ont passé)? Peut être à cause du changement de saison? Je présume qu’un beau matin ils ont simplement cessé de montrer de l’enthousiasme et que c’est le linguiste qui conclu pour eux… Il n’en reste pas moins que c’est fascinant de constater comment des êtres qui nous sont physiologiquement semblables peuvent avoir une représentation du monde aussi différente!
                      A noter que le linguiste n’est en mesure de mettre le doigt que sur les concepts qui leur manque, mais s’il se trouve que eux ont aussi de leur côté des concepts qui nous manquent, nous sommes tout aussi incapables de les assimiler qu’eux le sont avec les nombres.

                    2. Je ne sais pas dire comment et pourquoi les hommes ont eu envie , puis les besoins de compter , même si les tentatives d’explication ne manquent pas , exemple :

                      https://lechiffre.info/chapter1/A-Histoire/titre1.html

                      mais j’imagine que cette création va de paire avec le dessin , l’écriture et l’artisanat ,… et que c’est une trace de plus de ce petit miracle qui fait que notre cerveau est devenu capable de créer des concepts à partir des perceptions sensorielles dont la nature l’a doté , puis des concepts construits avec ces concepts initiaux … jusqu’à être capable d’envoyer un bidule sur Mars . Tout ça permis par ce qu’on peut regrouper sous le ….concept de langage .

                  2. @Dup
                    Autrement dit les nombres seraient un privilège des éleveurs (éventuellement nomades) alors que le temps (avec la géométrie) serait un privilège des agriculteurs (sédentaires).
                    Les évolutions actuelles ostracisant les animaux (vison, ménagerie, viande ..), les premiers sont appelés à disparaître, les seconds ne constituant plus qu’une portion congrue résiduelle de la société.
                    Au bout de combien de temps notre langue et notre éducation va-t-elle pouvoir s’affranchir des nombres et de l’espace temps (agenda) toutes ces notions étant gérées avec satisfaction dans une prothèse externe (smartphone).
                    La banalisation (?) sexuelle ou plutôt le renversement progressif de dominance est le fait marquant de notre langue à travers la diffusion subversive de l’écriture inclusive.

            1. Sans faire “l’article” , et en ” complément” , j’espère que ça encouragera le retour de Bernard , concerné par le “sujet” .

              1
            2. Erreur de traduction Dup, au commencement était “la verge”, et tout s’éclaire dans ce texte. Surtout ce verset :

              “«C’est de lui que j’ai dit: Celui qui vient derrière moi, le voilà passé devant moi, parce qu’avant moi il était.»”

              Soyez gais les mecs, et dansez à la queuleuleu !

                1. @écodouble
                  En effet chatter au début c’est divin, le bricolage intellectuel commence souvent pour chacun avec ce qu’on a sous la main.
                  Parcours académiques de découverte : https://archipel.uqam.ca/13699/

                  Néanmoins les symboles phalliques (réels ou supposés) ont leur partisans, comme pour les menhirs ou les Cultes phalliques du Japon Kanamara matsuri かなまら祭り

            3. @Dup CloClo, d’autres traductions et relectures sont possibles de ce texte, programmation évangélique (avec des variantes schismatiques):

              Verbe : smartphone (ou 5G, Internet)
              Jean : SteveJobs
              Moïse : Microsoft
              Dieu : Google (Internet)
              Fils : Androïd (FaceBook)
              Gloire : véhicule autonome

              1. Je verrai plutôt un truc du genre:
                Le tout : Dieu le Père total et indivisible
                Le tout inclus par définition la pensée : Le Saint esprit
                Donc Dieu se pense : le Fils
                Pour cela il lui faut un signifiant, un symbole : l’univers est créé.
                A noter que cet univers n’est du coup qu’un simple signifiant, un simple symbole (une illusion selon les hindouistes), un “mot” dont le signifié est Dieu lui même, mais les ténèbres n’ont pas plus accès à la lumière que le mot oiseau n’a de plumes. Du coup il faut dans cet univers un être à son image (qui se pense) pour recevoir soit une partie de l’idée de Dieu (auquel cas il faut de nombreux êtres), soit sa totalité autrement dit le Fils: le signifié de la pensée d’un Dieu qui se pense, le Christ.

                Autre option âprement défendue par le cardinal CloClo : selon Saint HF Thièfaine : “Si le père et le fils sont une seule et même personne comment veut tu que la mère et le fils soient pas incestueux” 🙂 🙂

                https://www.youtube.com/watch?v=SH3wSqQA80E

                😉

            4. @Dup
              Le Logos c’est le message, c-à-d ce sont les “éléments de langage”

              Verbe : Eléments de langage
              Dieu : Europe libérale social-démocrate
              Jean : François Hollande
              J-C : Emmanuel (sic) Macron
              Moïse : Mitterrand

              Reste à savoir si cette traduction apocryphe est révérée par une secte en croissance.

      2. @Timiota
        pour me déprendre (ou du moins essayer) de cette histoire d’emprise , je dirais qu’avoir de l’emprise sur quelqu’un sous entend être soi-même pris dans (en-pris) quelque chose (mal-donne concernant la séparation , par exemple ), d’où cette succession de nœuds reliés par nos racines (d’où la métaphore du rhizome )

      1. Je vais plutôt attendre qu’elles s’expriment elles mêmes .

        Un dessin de Chantal peut être , inspiré du sujet et des commentaires qui l’ont suivi .

        Mais j’aime bien Blanche Gardin et sa sensibilité fardée de mots crus .Question de lecture et de réception .

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      1. je ne lis aucun sexe dans le marc de café!

        Mais l’absence du commentaire habituel du taulier , me laisse penser que j’ai raison de ne pas pressentir une signature féminine dans les commentaires ( hormis Dominique-e bien sur ) .

          1. Le commentaire habituel est : ” ne croyez pas que les femmes sont absentes des commentaires , car moi qui connais qui est derrière les pseudos , je peux vous dire que beaucoup sont en fait des dames “.

            Sur ce billet là , j’avais des doutes .

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        1. Il y a bien sûr la déclaration d’assignation de sexe à la naissance (avec quelques anomalies anatomiques qui font jaser) et l’autre déclaration de sexe quotidienne, en allant pisser avec choix dans des lieux publics (la discrimination urinaire quoi) ou en usant de l’appareil vestimentaire codifié, ou ses flous (l’unisex !) ou sa subversion (le travestisme) etc. Les gender studies récusent la biologie comme destin, mais ce qui est certain c’est que bien avant qu’il prenne la parole pour endosser ou pas son genre déclaré, tout gamin s’est fait traité à son insu de façon énigmatique pour lui d’un genre ou d’un autre (pas forcément le déclaré) et que les traces de ça, il a la charge de s’en débrouiller à vie, ce qui n’a rien d’aussi évident que l’incontournable référentiel binaire.

          1. L’intolérable , c’est effectivement la domination et le mépris de l’autre différent , sous toutes ses formes et tous ses sexes ou genres .C’est , d’une certaine façon , le même sujet que celui que je relevais dans le billet “Lewis Henry Morgan” (…confrontation avec les “minorités” par le nombre ou par la force ), celui de la tragédie grecque et de la démocratie .

            La psychiatrie , la connaissance , les règles communes …ne sont pas de trop pour permettre et authentifier la philia et sa mise en œuvre .

          2. @Rosebud1871
            et de nos jours pour les pissotières ou urinoirs publi.c.ques vous avez aussi le choix “personne en situation de handicap”, avec des normes d’installation particulièrement précises, notamment quand aux discriminations essentielles qui pourraient être ressenties, si l’accès en était moins aisé, sauf dans les édicules Decaux à accès unique unisexe récemment agrandis, devenus gratuits et ayant éliminé les éléments de mobilier urbain en l’honneur d’un empereur éponyme, à l’imagination financière proverbiale.

            1. M. Morris n’a pas performé comme M. Poubelle ou le Dr Guillotin, une pissotière c’est moins glamour qu’une Morrissette. M. Déco semble bien prix dans le signifiant de son patron-yme.

              1. @Rosebud1871
                Les colonnes Tragiques en Toc au goût du jour, auxquelles Lucky Luke ne doit rien, affichent toujours un vide théatral, lorsque l’on vrombit à travers la ville sur sa Vespa.

  19. “Je suis content de vivre encore à une époque où l’intolérable n’est plus toléré d’une aussi grande gaieté de cœur. Même si je m’inquiète du retour de pendule excessif dans l’autre sens. ”

    Oui jusqu’à présent on ne voyait que le sommet immergé de l’iceberg. Pour parler d’autre chose que l’alcool, et sans même parler des violences faites entre adultes (il me semble avoir entendu qu’au moins une personne sur dix, principalement les femmes, auraient subi un viol dans sa vie), les violences envers les enfants sont encore bien trop nombreuses.
    https://onpe.gouv.fr/chiffres-cles-en-protection-lenfance
    “Le nombre de mineurs pris en charge en protection de l’enfance est estimé à 295 357 sur la France entière, soit un taux de 20,1 ‰ des moins de 18 ans.”
    Et pour être pris en charge en protection de l’enfance, faut en avoir subi de la violence.

    Il n’y a pas une classe d’école, en France, où un ou plusieurs enfants ne soient en thérapie pédopsy. Un enfant aimé, protégé, soigné, respecté (ce qui ne signifie pas, bien au contraire, un enfant laissé à ses seuls désirs, un enfant roi comme on dit) n’a jamais besoin de cela.

    Oui, il y aura et je le souhaite, n’en déplaise à certain, une “épidémie” de dénonciation, mais simplement parce qu’il y a une plus grande encore “épidémie” de violence. Car, lorsqu’à tord ou à raison on pense qu’on ne sera pas cru, ou qu’on ne sera pas assez fort face à la parole de l’autre, la seule solution pour “s’en sortir” (et les guillemets veulent bien dire le doute que j’ai à ce sujet) c’est l’oubli. C’est d’ailleurs une thérapie lorsqu’on est victime d’un événement violent (attentat, …), où on vous drogue avec un médicament qui limite le syndrome post-traumatique.

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    1. S’agissant des enfants suivis en pédopsychiatrie , j’ai le sentiment que la croissance continue et forte de la courbe tient pour beaucoup à un événement qui , pour ne pas être un attentat ou une agression physique , est un événement violent : le divorce ou la séparation des parents , même si le traumatisme n’est pas toujours insurmonté , voire devient parfois un moindre mal .

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      1. Il est certain que les petites têtes blondes ont horreur de l’anarchie familiale, que la « libération » sexuelle pousse les parents à la consommation, et que la consommation de molécules et de paroles « soignantes » performe la courbe du PNB. Des gosses se sentent coupables de soutenir par leur existence le maintien des liens du couple parental défaillant, et d’évidence les gosses en général ne sont pas exempts de désirs de casser les liens de leurs parents pour tenter d’occuper la place du partant. Il existe un permis de construire, un permis de conduire, pas encore de permis de procréer ni de permis d’élever une progéniture.

        1. Ce n’est pas forcément ce que disent ou laissent entendre les petites têtes de toutes les couleurs , pourvu qu’on prenne le temps de les écouter vraiment , en recevant leur souffrance .

          Le permis de procréer ( cf la politique pas si vieille , chinoise , de l’enfant unique..) , ça viendra peut être , pas forcément pour des raisons prenant en compte l’intérêt de l’enfant .

          1. l’intérêt de l’enfant ???

            Il suffit de constater comment au mieux il se rebelle au pire il se soumet aux desiderata de ceux qui pensent son intérêt pour s’apercevoir que ceux qui décident à sa place au mieux après l’avoir entendu, au pire qui le laisse décider (à moduler selon l’âge), ne seront pas ceux au pire qui en supporteront les conséquences, au mieux qui s’en trouveront coupables. En gros la grande personne soucieuse de l’intérêt de l’enfant à l’aune de son regard sur sa propre vie, décidera s’il en est satisfait, de la répétition du même, à l’inverse, de pousser à son contraire ou au différent. Ça ne dit rien des corrections que l’enfant grandissant apportera ou pas aux projets instruits sur son « intérêt ».

            1. Ben , avoir un enfant , c’est ça justement : donner ce qu’on a et laisser le champ ouvert . C’est toujours ce moment à la fois douloureux et merveilleux , pour l’ascendant et le descendant , où de l’apprentissage , on passe à la liberté pour ” voler de ses propres ailes ” .

              Ce qui veut dire ne pas commencer par ” l’enfermer” en le poussant dans des impasses ou détours qui lui font perdre ses possibles , ou en tous cas les retardent . Ça n’est jamais simple et “inné” , et il faut nourrir beaucoup de confiance mutuelle pour ne pas trop faillir .

              C’est toujours cette confiance qui est en jeu entre parents et enfants .

              1. Vous auriez fait un excellent “Directeur de conscience”, pratique disparue après WW1 à ce que j’ai entendu dire, enfin officiellement.

                    1. C’est comme on veut .

                      Marche aussi : Père emptoire ( quelques remarques ) , Père spicace ( rarement ) , Père dant , Père formant ( de plus en plus difficile ) , Père fection ( en rêve) , Père fide ( mais c’est pas vrai ) , Père illeux ( quelquefois) , Père missif ( sous condition ) , Père plexe ( régulièrement) , Père sifleur ( 2 fois par an ) , Père suasif ( presque jamais ) .

                      Plus quelques autres que j’ai omis volontairement , mais il ne faut pas le dire à l’autre .

                1. Je ne connaissais pas , mais la confiance et l’enfance , j’ai appris sur le tas .

                  Le bouquin a l’air sympa , même si je suis un peu réticent à associer l’enfant à des débats d’actualité pour “vendre” une idée .

        1. Après la gouvernance par le nombre , la psychologie et la sociologie par le nombre ?

          Ce type d’association rapide relève plus de l’a priori idéologique que du souci de comprendre vraiment et guérir ( ou en tous cas , soulager ) .

          1. Donc vous répondez non à ma question sans aucun apriori idéologique je présume… Ainsi l’argent ne fait pas le bonheur et les fleurs s’épanouissent sans problème sur le fumier… On veut bien comprendre et guérir mais quand il s’agit de mettre la main à la poche…

            Et bien moi je vous dit que la misère engendre bcp de souffrance chez les enfants (divorce ou pas) et qu’il s’agit pas d’un a priori idéologique… Quand on vit à 4 ou 5 dans 30m² qu’il y fait froid (ou chaud) et qu’y a rien à bouffer l’heure n’est pas à la thérapie familiale, vous avez 30 ans de retard sur la réalité sociale dans votre pays.

            1. Les sources de souffrances pour les enfants sont bien évidemment multiples , et celle que vous mettez en exergue est bien évidemment présente dans les racines potentielles de la maltraitance , mais la mettre en avant par des corrélations numériques hasardeuses n’avance pas d’un pouce .

              Si vous voulez faire des virements pour alimenter l’aide sociale à l’enfance ( publique ou privée ) , ça doit être possible , même venant d’Espagne :

              https://www.mes-allocs.fr/guides/aides-sociales/aides-sociales-enfance/

              1. Je serais le premier content si mes corrélations numériques se révélaient hasardeuses mais pour l’affirmer encore vous faudra t il le démontrer…
                Je coche soigneusement tous les ans la case aide sociale sur ma déclaration d’impôts espagnole, (surtout pour m’assurer que pas un radis ne va au clergé, on a pas tous la chance de vivre dans un pays laïque… ceci dit au moins on nous laisse le choix c’est déjà ça 🙂 ). D’ailleurs je trouve pas mal ce système d’avoir une partie des impôts ou on peut choisir le secteur ou la somme est affectée ce serait pas mal d’avoir ce genre d’impôts et ça donnerait une idée aux gouvernant des véritables priorités des gens. Même en simple consultatif associer à la déclaration d’impôts les grandes lignes d’un budget, même très simplifié, serait une façon de consulter la population, et à l’heure de l’informatique le traitement ne supposerait pas forcément un cout faramineux. On aurait ainsi une base pour élaborer des politiques qui minimisent le ressentiment…

                1. @Dup
                  C’est un peu comme celà que fonctionnent les réductions d’impôt dont l’amendement Coluche où l’Etat rembourse 75% des dons vers des associations.
                  Le contribuable choisit le bénéficiaire.

                    1. @Dup
                      Pas du tout, le bénéficiaire ne paye pas moins, au contraire il paye 33 % de plus (les 25% non remboursés) mais pour avoir le plaisir d’affecter une partie de son impôt à une utilisation décidée par lui !
                      Et qui aurait du être prise en charge par l’Etat.

                    2. @Ruiz :

                      “L’effort” fait par le contributeur volontaire ( le taux n’est pas toujours celui que vous rappelez ) , c’est en fait un cadeau fait , non pas à l’Etat ( si on admet que la prise en charge complète de la dépense nécessaire aurait du être son fait ) , c’est un moindre effort demandé par le contributeur aux autres contribuables .

                      Remarque faite que l’ASE publique est dores et déjà bel et bien assurée par nos impôts et taxes .

                      Sur les dons aux associations ( le blog n’est pas encore reconnu d’utilité publique ):

                      https://www.economie.gouv.fr/particuliers/prelevement-a-la-source-reductions-fiscales-dons-associations

    2. François M 20 février 2021 à 12 h 38 min

      C’est bien sûr un peu plus compliqué que cela. Rien de neuf, les critères moraux des gens qui alertent et dénoncent des comportements inadéquats sont ceux des classes moyennes ou supérieures constatant avec effarement les mœurs inqualifiables chez certains prolétaires et sous-prolétaires. Certaines misères sont un fin dosage instable entre misère psychopathologique et misère sociale, et souvent à répétition transgénérationnelle. Dans un pays riche, il peut arriver que le coût des différentes prises en charge entre minima sociaux dérisoires, APL, coût des assistants sociaux, de l’aide éducative, des soutiens psychothérapiques, orthophoniques, psychomoteurs, de soutiens scolaires, de placements alternatifs pour une fratrie d’enfants représentent plusieurs dizaines de milliers d’euros mensuels. Les bénéficiaires peuvent être les enfants eux-mêmes, mais toujours les professionnels dont c’est le gagne pain. Il arrive qu’après un premier enfant placé et suivi par l’Aide Sociale à l’Enfance, les suivants soit fabriqués en remplacement du premier et suivent le même sort. L’adresse finale de l’appel à l’aide au-delà de tous les intervenants concrets s’avère la figure de la mère patrie, quoiqu’il lui en coûte.

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    1. Dans le même état d’esprit, si un jour tu passes par la Drôme, passe à Crépol au bar/resto/tabac, manger un ragout de cabri en mai chez la Nanou, avec ses 88 ans bien sonnés, toujours l’oeil et le pied alerte, une institution dans son jus depuis les années 50/60, siroter un bon Ricard, un bon blanc limé, au comptoir, ou en terrasse directe sur la RD, puis s’attabler sans chichi pour déguster des plats délicieux préparé dans sa cuisine accompagné d’une bonne flûte coupée en tranches dans une panière. Pour aller pisser, t’y passe aussi, au fond à gauche dans le garage après la 4L. Puis retour au comptoir ou terrasse pour un petit puce digeo avec le café, et plus si affinité !

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      1. Merci CloClo, c’est comme en octobre 1973, aidant aux vendanges a Bué (chez Paul Balland.. q.e.p.d.) , et la tante Berthe, toujours vetue en noire, toute en noire, mais gaie, qui s’était déplacée comme toujours pendant les vendanges, des Paris vers Bué pour y préparer des surprises jamais vues ni jamais dégoutées avant… et ensuite, et alors toi ollandais, allez chercher les prunes ici en face de la maison au bord de la route pourque je te prépare la tarte aux prunes… oua… et chaque soir apres 20 heures… ou lalala.. la descente dans la cave… 😉 toujours avec Paul (non pas notre Paul ici mais mon Paul de 1973 et apres)… le blanc, bien sur, mais ne méprisez mesdameszessieurs le rosé, ou, le rouge, avec un petit crottin de Chavignol, ou, comment l’oublier… les noyers du jardin de la maison de Paul et madame B meme…

        Hier encore.

        Merci CloClo. J’adore, oui je l’avoue, j’adore la FR, les FR’aises et le FR’ais meme si vous me dites, presque, toujours: ah, mais c’est que vous est Wallon!

        La Drôme, Crépol je ne l’oublierai pas la Nanou, ni le ragout de mai, ni son vin blanc, ni son 4L ni le pissoir.

        Je me sens comme chez nous https://www.youtube.com/watch?v=XYCC2X2UBDA 😉

        El amigo fiel.

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      2. Je suis allé voir sur Google earth et je n’ai trouvé qu’un hôtel restaurant à l’enseigne rouillée et délavée , faisant vis à vis à un concurrent ( Morret) bar restaurant tabac , qui semble à peine mieux résister à une mort programmée . Apparemment on en appelle au RN dans le village , qui affiche abondamment ses convictions juste à côté de l’église .

  20. Il y a ici tellement d’intellectuels, de personnes cultivées à qui je n’oserais sans rougir avouer le nombre de bouquins que j’ai lu. Mais quand on vous lit, au fond on se rend compte que vous vous posez les mêmes questions existentielles que le français moyen. Je vous aime !

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    1. @Yann
      Les grandes questions humaines sont les mêmes depuis les cavernes, seules les formulations ont changé. En Inde, en Chine, en Europe, en Afrique… ce qui rassemble les hommes et les femmes, ce sont ces questions. Mais pour cela faut-il encore avoir le temps de se poser les questions. Quand la survie est aux commandes, trouver sa nourriture du jour, un endroit pour dormir la nuit, reste-il encore le temps des questions ? Et puis aussi, quand on est pris dans le rythme “métro, boulot, téloche, dodo”, ou bien encore le nez rivé aux écrans chiffrés de WallStreet, ou bien dans la course aux injonctions à être le plus ceci, le plus cela, ou bien encore quand le silence nous fait peur, quelle place laissons nous à ces questions ?
      Il importe aux dominants de ne pas laisser le temps à ces questions car se demander qui l’on est vraiment, c’est le chemin pour s’affranchir de toute soumission.
      Il n’y a pas plus de réponses à ces questions sur les bancs d’Harvard, du MIT, de l’ENA, d’HEC… que derrière une charrue dans une rizière, que sur le dos d’un dromadaire dans l’immensité des sables, que sur l’écran d’un smartphone ouvert sur l’univers virtuel, que sur le Blog de Paul Jorion. Il y a seulement, un peu partout dans le monde des hommes, des femmes en quête d’une vérité, d’une transcendance sur le chemin de leur vie, avant l’heure du dernier soleil.
      C’est une grande chance que de se donner le temps et le silence nécessaire pour vivre l’expérience de ces grandes questions.
      Bon chemin à vous.

      1. @pascal, merci pour votre réponse.
        “Il n’y a pas plus de réponses à ces questions sur les bancs d’Harvard, du MIT, de l’ENA, d’HEC… que derrière une charrue dans une rizière, que sur le dos d’un dromadaire dans l’immensité des sables, que sur l’écran d’un smartphone ouvert sur l’univers virtuel, que sur le Blog de Paul Jorion.”
        J’ai beaucoup voyagé, bien connu des érudits, des sages, des paysans, des ouvriers de différents pays et continents. J’ai traversés et ai vécu en campagne, dans de grandes mégalopoles en Europe et en Asie, dans des déserts, des montagnes reculées. De toutes ces expériences je retiens une chose essentielle : il y a plus de réponses à ces questions dans le silence des déserts ou derrière la monotonie du sillage des charrues, dans les épreuves et la souffrance d’une vie dure que dans le confort d’un canapé devant un écran. Cela n’enlève rien à l’intérêt de ce blog, peut être en relativise-t-il la portée. Mon petit message était un brin provocateur, mais sinon je suis d’accord avec vous sur les grandes lignes…

    1. Ça n’est pas une exception, car de par chez nous plusieurs stations ont été contrôlées avec le même système ….par bus de 45 personnes qui se bousculent dans la file d’attente et cohabitent avec ou sans masques pendant 10 à 15minutes à chaque rotation . Il ya eu quelques pv mais la gendarmerie a fini par renoncer.

      Confinement ? Le confinement comme solution ? C’est mal mesuré l’appel du grand large , l’envie de plaisir et l’inventivité cynique du fric et des actionnaires à rémunérer .

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