COMMENT LES CDS AURONT TUÉ L’EURO

The English version of this post can be found here.

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Et les spéculateurs de CDS (Credit-default Swaps) qui ne paient pas d’impôts ? Pourquoi on en parle jamais ? On parle beaucoup des Grecs qui ne paient pas d’impôts et, en ce moment, en raison de la maladresse de certains, on parle aussi des fonctionnaires internationaux, en particulier ceux du Fonds Monétaire International, qui ne paient pas d’impôts, mais sur les spéculateurs de CDS qui ne paient pas d’impôts, allez savoir pourquoi ? Motus !

Il faut dire que ce n’est pas si simple de savoir qui ils sont exactement puisqu’ils font partie du shadow banking, le secteur financier de l’ombre. C’est quoi ça ? C’est la finance non-régulée. Pourquoi n’est-elle pas régulée ? Parce que c’est elle qui paie les salaires des lobbyistes qui rédigent les textes de lois réglementant la finance (et parfois les autres) que les députés reçoivent clé en main et n’ont plus qu’à signer.

Étant dans l’ombre, on ne sait donc pas vraiment qui c’est. N’expliquent-ils jamais qui ils sont vraiment ? Si, d’une certaine manière : quand un spéculateur parle en son nom, il emploie toujours la même expression : « un bon père de famille ». Quand un spéculateur explique ce qu’il fait, il commence sa phrase par « Un bon père de famille fait ceci ou ça… ». Dans la suite de mon billet, j’appellerai donc les spéculateurs, « bons pères de famille », et on saura de qui je parle.

Au moment où se préparait la chute de la Grèce, on parlait beaucoup de la responsabilité des CDS dans ce qui se passait. Maintenant, à propos de l’Espagne, motus là aussi ! On ne parle plus des CDS, pourquoi ? Je ne sais pas, ou alors si, comme dit la chanson : « On n’oublie rien de rien, on s’habitue, c’est tout ».

Comment les CDS auront tué l’Euro ? J’explique. Je rappelle d’abord qu’un CDS peut jouer le rôle d’une assurance sur une dette. Vous avez prêté 100 € à Oscar. Comme vous n’êtes pas sûr qu’il vous les rendra, vous vous adressez à Eusèbe, qui vous assurera. Vous allez payer 5 € tous les mois à Eusèbe, et en échange de cette prime, Eusèbe vous paiera l’argent qui manque à l’arrivée. Oscar ne vous rembourse que 75 € ? Eusèbe vous donnera les 25 € qui manquent. Oscar a pris la poudre d’escampette ? Eusèbe vous versera, rubis sur l’ongle, les 100 € manquants.

Ça, c’est pour ce qu’on appelle une position « de couverture » sur CDS. Maintenant, les positions « nues ». Attention, c’est plus compliqué, parce qu’il y a maintenant cinq personnes : il y a Jules et Gontran en plus. Jules a prêté 100 € à Gontran. Je me rends chez Eusèbe et je lui demande de m’assurer contre le fait que Gontran ne remboursera peut-être pas Jules. Pourquoi est-ce que je ferais ça ? Parce que je suis un bon père de famille, pardi ! (Il y a des gens, je vous jure, qui posent de drôles de questions !).

Je ne vous expliquerai pas pourquoi on a pris l’habitude d’appeler une position « nue » sur CDS : « s’assurer sur la bagnole du voisin », je crois que vous avez compris.

Les positions « nues » sur CDS seront interdites en Europe à partir du mois du novembre. Pourquoi a-t-on attendu si longtemps alors que les positions « nues » sur CDS faisaient déjà chuter la Grèce en janvier 2010 ? Là aussi, je vous jure, il y en a qui posent de drôles de questions ! parce qu’il restait l’Espagne, l’Italie, la France…, à envoyer à la casse, et qu’on pourra revendre par morceaux à un prix intéressant aux pères de famille (prévoyants) qui auront fait des économies.

Comment font les bons pères de famille pour faire tomber des pays ? Là aussi, je vais vite : ils s’assurent sur le pays du voisin. Comme ils sont (au moins) quatre fois plus nombreux que ceux qui s’assurent sur leur vrai pays (et qui ont vraiment quelque chose à perdre), ils gonflent la demande et font monter le prix.

Pendant ce temps-là les économistes qui regardent ça se disent : « Mince alors, regardez comme le risque augmente que Gontran ne rembourse pas Jules ! Ça donne les jetons ! »

Les économistes ne comprennent donc pas que ce sont les bons pères de famille qui font monter les prix ? Non, dans leurs livres d’économistes, la spéculation n’existe pas : ça n’est pas expliqué. Si, il y a une note en bas de page qui dit : « Les bons pères de famille apportent de la liquidité sur les marchés ». Point à la ligne.

Le prix de la prime de CDS augmente, parce que la demande augmente. Les économistes calculent le risque que les pays ne remboursent pas leur dette en faisant le calcul dans l’autre direction : à partir du montant de la prime du CDS.

Résultat, le jour où Gontran se représente, le marché des capitaux lui demande pour lui prêter, un taux d’intérêt dans lequel on a glissé (on appelle ça le spread dans les journaux) la prime de risque du marché des CDS (véritables assurés ET bons pères de famille), et hop, on demande à Gontran pour emprunter pendant 10 ans, un taux d’intérêt de 28,9 % (comme la Grèce en ce moment sur Bloomberg), et c’est fini pour Gontran : la Troïka frappe déjà à sa porte pour lui expliquer comment on devient serf, et qu’après tout, ce n’est pas si grave.

Attendez, attendez, ce n’est pas fini : le plus drôle vient encore ! Un assureur, on lui demande de faire des réserves, non ? Comme ça, si quelque chose se passe d’imprévu, il pourra puiser dans ses réserves. Dans la plupart des cas, ça suffira, et si ça ne suffit pas, ben, le problème ne se posera que pour la différence entre la somme à payer et les réserves, qui auront au moins joué le rôle d’amortisseur. Mais dans le cas des CDS (et là, j’en vois qui se fendent la pipe parce qu’ils savent déjà ce que je vais dire), les CDS, c’est le shadow banking, le secteur de l’ombre, non ? Et à quoi ça servirait d’être le secteur de l’ombre, si dans le secteur de l’ombre on était obligé de faire des réserves comme dans le (crétin de) secteur de la lumière ?

Donc, pas de réserves pour amortir le choc en cas de pépin, et comme il y a, je l’ai dit (au moins) quatre fois plus de pères de famille qui se sont assurés sur le pays du voisin que ceux qui couraient vraiment un risque…

Et voilà pourquoi votre fille est muette, et les CDS auront tué l’euro (enfin, au moins lui, vu que, de la manière dont c’est parti…).

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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196 réflexions au sujet de « COMMENT LES CDS AURONT TUÉ L’EURO »

    1. Tout à fait d’accord. J’avoue que j’en suis baba. Comme je plains Angela Merkel et Christine Lagarde. Et nous aussi. Comment la finance aura tué l’Europe. A pleurer.

      1. plaindre Lagarde ? Mais pourquoi ? A la limite on peut penser que Merkel est victime. Mais Lagarde, l’ex-administratrice d’ING, celle qui nous a affirmé maintes fois que la crise était derrière nous et que les banques françaises étaient très bine capitalisées (dont une dernière fois 15 jours avant de partir au FMI et de dire exactement le contraire). Non, vraiment, Christine Lagarde, qui s’en sortira de toutes façons largement mieux que nous, non seulement je ne la plains pas, mais je dirais même que j’ai plutôt envie de l’insulter.

  1. Jules, Eusèbe, Gontran, Oscar… Pagnolesque.

    La finance mondiale : Manon des sources. (les dés sont pipés).

    Delphin

  2. Alors là, monsieur Paul, voilà un billet que je m’empresse de diffuser, car il est tellement pédagogique dans sa simplicité et sa précision, que Brice Couturier en bégayerait !

  3. Pour appuyer la démonstration (brillante et efficace) il eut été intéressant de mentionner les chiffres correspondants (en volume ?).
    Mais peut être que si Vigneron arrête de faire la gueule il nous les dira….

      1. Il suffira de lui répondre avec Khalil Gibran :  » L’achat et la vente  »

         » Et un marchand dit, Parle-nous d’Acheter et de Vendre.

        Et il répondit et dit :

        Pour vous la terre produit ses fruits, et vous ne serez jamais dans le besoin si vous savez comment emplir vos mains.

        C’est dans l’échange des dons de la terre que vous trouverez l’abondance et serez satisfaits.

        Pourtant, s’il n’est fait avec amour et aimable justice, l’échange peut conduire les uns à l’avidité et les autres à la famine.

        Quand, sur la place du marché, vous travailleurs de la mer, des champs et des vignes, rencontrez les tisserands, les potiers et les cueilleurs d’épices –

        Invoquez alors le maître esprit de la terre, qu’il vienne au milieu de vous et sanctifie les poids et les mesures qui comparent valeur contre valeur.

        Et ne tolérez pas que ceux dont les mains sont stériles prennent part à vos transactions, eux qui vendent leurs mots contre votre travail.

        A ceux-là vous pourriez dire :

        « Viens avec nous dans le champ, ou va avec nos frères à la mer et jette ton filet ;

        Car la terre et la mer seront généreux avec toi comme avec nous. »

        Et s’il vient des chanteurs, des chanteuses et des joueurs de flûte – achetez de leurs offres aussi.

        Car eux aussi recueillent les fruits et l’encens et ce qu’ils vous apportent, bien que façonné de rêves, sont des vêtements et de la nourriture pour votre âme.

        Et avant de quitter la place du marché, veillez à ce que personne ne parte les mains vides.

        Car le maître esprit de la terre ne dormira pas en paix au gré du vent, jusqu’à ce que les besoins du moindre d’entre vous ne soient satisfaits. »

        «  » » »Et avant de quitter la place du marché, veillez à ce que personne ne parte les mains vides. «  » » » »

        Tout est dit !

      2. la pauvre, si ça se trouve elle sort de huit ans d’étude pour s’entendre dire que tout ce qu’elle sait du système repose sur des artefacts caduc destinés à voler les gens.

      1. Effectivement, il s’y connaît même étrangement , probablement plus d’ailleurs que dans le subtil dosage du cabernet et du merlot…

  4. La tactique de diffusion? Vous copiez/collez l’article, puis imprimé sur une feuille que vous « oubliez » sur la table d’une salle d’attente……..Bon, les droits d’auteur ne sont pas des CDS, ^pardon mr Paul, mais de la pub pour votre blog, ça ne se refuse pas !

    1. Les articles du blog sont libres de droits, donc pas de problème pour les diffuser dans leur intégralité sans modification et en mentionnant le nom de l’auteur.

      1. « libres de droits » ce n’est pas possible ! Le droit moral de l’auteur est inaliénable, incessible. On ne peut même pas renier ce qu’on crée. L’auteur nous donner le droit de copier son œuvre sans la modifier mais ce n’est pas libre de droits. L’œuvre tombera dans le domaine public 70 ans après sa mort (je souhaite donc que ce soit dans très longtemps 😉 ).

  5. Il n’y a pas que les cds qui auront tué l’euro, il y a l’incompétence et la dévotion aux usa, il y a la croissance à crédit les bulles que la BCE n’a pas arrêté alors que l’information elle l’avait en tant que banque centrale ….

  6. Exemple magistral de ce qu’on appelle la dérégulation financière à l’origine de la crise financière actuelle, si j’ai bien compris.
    Tout est possible à partir du moment que cela accroît les flux financiers, donc la croissance du PIB, donc la dune de sable…jusqu’à son écroulement.

  7. quelques question naïves :

    Si au lieu d’emprunter indéfiniment, les pays comme la Grèce vivaient avec ce qu’ils peuvent prélever comme impôts, le problème serait-il résolu ? Dit autrement, si la Grèce a fait faillite une douzaine de fois depuis son indépendance au XIXe siècle, est-ce la faute au shadow-banking qui sévissait déjà à cette époque ?

    Si, comme on le devine dans cet article, les sommes acquises déloyalement sont gigantesques, on peut imaginer que les bénéficiaires ont les moyens d’acheter quelques dizaines de Monaco chaque année. Or Monaco et autres, on n’en voit pas fleurir à tous les coins de rue. Quelle est donc l’ultime étape du circuit, et quelles sont les preuves manifestes de ce cumul d’argent qui dépasse le pouvoir politique ?

    1. Je pense que la question est valide lorsque l’on part de comptes à l’équilibre : pourquoi commencer à s’endetter ?
      Hélas, pour la France, la question se posait il y a 40 ans, et la réponse était « pas grave, tant qu’il y a de la croissance » (ha ha ha).
      Aujourd’hui, il faut emprunter pour payer les intérêts, à moins d’être capable d’augmenter suffisamment les impôts tout en réduisant suffisamment les dépenses (bon, c’est la théorie, parce qu’en pratique, j’ai l’impression que ceux qui font ça ne s’en sortent toujours pas et continuent d’emprunter pour payer les intérêts). Bref, le système s’auto-entretient.
      A moins que l’on opte pour un joli défaut généralisé. 🙂

  8. (Pour une fois) J’ai tout compris! Merci Mr J. ! Je diffuse sur Facebook avant que ce dernier ne fasse faillite!

    1. Parcequ’il est évident qu’il y a un paquet de cloportes qui n’ont aucun intérêt à ce que se soit diffusé au 20h…
      Les mêmes qui rêvent de baillonner internet.

  9. Vous êtes en forme aujourd’hui Mr Jorion. Super billet que les « mal comprenant » comme moi pigent à peu près.
    Gracias

  10. si je comprends biens, acheter ces CDS qui se déclencheront en cas de défaut de l’emprunteur « protège » ? Sauf que, comme dans le cas d’AIG, le vendeur des CDS ne pourra pas rembourser …
    Comprenne qui pourra.

  11. A qui profite le crime des CDS ?

    Quelle puissance financière dominante en retire des bénéfices et quelle jeune union monétaire concurrente en souffre ?

    Qui n’a pas d’autre solution que de s’endetter encore plus pour sauver ses banques, et qui l’a déjà fait ?

    Qui était une puissance financière dominante et va le rester encore quelque temps et qui n’était qu’une puissance financière secondaire et va brider toujours plus son système financier ?

    Qui évite de taxer ce qui déménage si on le taxe, tout en ayant le pouvoir de taxer ses expatriés à l’étranger ?

  12. « il y a maintenant quatre personnes : il y a Jules et Gontran en plus »

    En souvenir de Malebranche « puisqu’il n’est vrai que 2 fois 2 font 4, ou que 2 fois 2 ne font pas 5, que parce qu’il y a un rapport d’égalité entre 2 fois 2 et 4, et un d’inégalité entre 2 fois 2 et 5. »

    « en plus » suppose qu’on ait conservé Oscar, même si on ne le voit plus dans la position « nue ». Je récapitule : Oscar, Eusèbe, Jules, Gontran et « le bon père de famille » que vous appelez « vous » dans l’analogie « couverture » et « je » dans l’analogie « nues ».

    Bravo, très pédago !

  13. Merci Monsieur pour cette clarté matinale ! Limpide ! Je ne me dirais jamais plus « bon père de famille » !

  14. Bonjour et merci pour ce billet limpide ! Mais je n’ai pas compris la reference a la Madame et a la fifille.

    Ce serait super d’avoir une collection avec plusieurs articles de ce type sur les differents mecanismes incroyables de la finance actuelle:
    Le High Frequency Trading
    La BCE qui prete 1000 milliards aux banques a 1%
    Les credits subprime
    Les mecanismes europeens, qui empruntent aux banques pour preter aux banques

    De la meme maniere que ce billet, la beaute de la chose residerai dans le fait d’expliquer dans une premiere partie les choses reelement et dans une autre partie de les expliquer de la maniere dont les financiers les expliquent.

    1. Oui, moi j’en ferais un petit recueil à destination des enfants… Et que j’adresserais aux politiques, à la presse mainstream et chien de garde etc… pour bien leur montrer à quel point ils sont aveuglés et la manière dont ils se moquent de nous. Je rajouterais les montants quand même pour bien se rendre compte de quoi on parle…

  15. Le calcul du taux du prêt à partir du prix du CDS c’est digne de l’histoire du bûcheron et de l’indien « quand homme blanc coupe du bois, hiver sera rude ». Sauf que le bûcheron et l’indien c’est juste une blague.

    1. « Au Canada, dans le Grand Nord, un bûcheron fraîchement arrivé coupe son bois pour l’hiver. Après deux journées de coupe, et plusieurs stères transportées, il en vient à se demander si sa provision de bûches sera suffisante. Les hivers sont très froids, dans la région. Il va donc voir un vieux chef indien pour savoir si l’hiver sera rigoureux. Il pose sa question, et le chef lui dit: – Ugh ! Hiver sera rude. Alors le bûcheron retourne couper du bois, encore et encore. Au bout de quelques jours de durs labeurs, il retourne voir le vieux chef et lui repose sa question. Et le chef répond: – Ugh ! Hiver sera rude, très rude ! Alors le bûcheron retourne bûcheronner. Pendant quinze jours. Puis il retourne voir l’indien. Qui lui dit: -Ugh ! Hiver sera rude, très très très rude ! Alors le bûcheron demande au chef: – Mais, Grand Chef, comment peux-tu savoir cela ? Et l’indien répond: – Hiver sera rude parce que homme blanc couper beaucoup de bois! »

  16. Ca je l’avais bien compris. Ce que je n’ai toujours pas compris, c’est comment on en est arrivé à un système aussi absurde. A quand remonte l’invention de ces CDS « à nu » ?

    Lors de votre débat sur LCP avec Mathieu Laine, sorte de représentant français des TeaParty pour qui l’état n’est pas la solution mais le problème, et pour qui la gravité de la crise avait comme origine le sauvetage des banques (fallait oser), un intervenant lui a dit grosso-modo « en 29, les états n’ont pas sauvé les banques et on sait ce que ça a donné.. »

    En 2008, on a sauvé les banques. Et là, on continue de les sauver. Franchement, est-ce que ça donne de meilleurs résultats ? Pas sûr que M. Laine soit confondu sur ce coup là. On verra avec le recul de l’histoire…

    1. « Ce que je n’ai toujours pas compris, c’est comment on en est arrivé à un système aussi absurde. »
      Le libéralisme permet de faire n’importe quoi. Le postulat de base c’est que ce système finit toujours par s’auto-réguler. Soyons patients. 🙂

      PS: Pour une version intello cf. « Vers des lumières hayekiennes » de Jean Petitot, dispo en pdf sur le net.

    2. « en 29, les états n’ont pas sauvé les banques et on sait ce que ça a donné »

      Raisonnement qui relève plus de l’arnaque qu’autre chose :
      -les imbrications économiques d’aujourd’hui ne sont en rien comparables avec les années 20
      -il y a autant de faillites bancaires aujourd’hui si ce n’est plus (http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_banks_acquired_or_bankrupted_in_the_United_States_during_the_2007%E2%80%932012_global_financial_crisis)
      -et surtout, le postulat « on sait ce que ça a donné » alors que la démonstration n’en a pas été faite (la conclusion sert elle-même de seule et unique preuve)

    3. Alors pour l’invention des CDS nus, il se pourrait que je sache. Ca remonterait à la faillte de Delphi, équipementier auto et ex-filiale de GM. Lors de la faillite, les marchés, les régulateurs etc.. auraient eu la surprise de voir apparaître environ 10x plus de demandes de remboursement sur obligations émises par Delphi que de sommes effectivement émises par Delphi avant la faillite. Mis devant le fait accompli de l’existence de ces contrats, le régulateur aurait officialisé le marché des CDS nus.

      J’ai de vagues souvenirs d’avoir lu cette histoire sur un site US il y a déjà plusieurs années, et je pourrais me tromper. Mais si c’est vrai, j’aime bien l’attitude du « régulateur » dans cette affaire… C’est qu’il faut se rappeler ici du caractère quasi sacré du respect des contrats entre deux agents privés dans le capitalisme, même pour les plus durs des tenants de trop d’états bla bla.

  17. « La régulation de l’activité économique est sans aucun doute la plus inélégante et la plus ingrate des entreprises d’intérêt public. Presque tout le monde est opposé à son principe ; sa justification dépend toujours de la défense peu agréable du moindre mal. La réglementation naît d’un débat houleux au Parlement où les intérêts non déguisés des groupes de pression peuvent parfois entrainer des révélations qui avoisinent l’obscène. La promulgation et l’application de règles et de mesures régulatrices se font par une bureaucratie écrasante qui est sans cesse attaquée par la critique. Récemment il est devenu obligatoire pour les responsables de la régulation d’avouer en toute occasion leur incompétence – qui dans tous les cas, n’est que trop visible. »

    J.K Galbraith, p 88 « La crise économique de 1929 », anatomie d’une catastrophe financière.

    La crise de 1929 parait bien simple comparée à la nôtre, qui va être un 1929 EXP 25, et impossible à résoudre, même si la spéculation a une part importante dans les deux cas.

    Il est agréable de se réfugier dans les discours anciens..

    En 1929 la spéculation était tellement visible que cela ne pouvait que susciter l’inquiétude, aujourd’hui les gens ne se rendent pas compte qu’il y a d’autres problèmes qui viennent s’ajouter aux désordres qu’entraine la spéculation, et déjà en 29 on n’a pas réussi à l’éviter la catastrophe classique de l’éclatement d’une bulle. Aujourd’hui c’est beaucoup plus grave qu’en 1929 même s’il existe des amortisseurs qui ralentissent la chute.

    Je me demande si l’avenir c’est un monde à la Orwell, avec une petite élite qui survit dans des îlots de calme et de prospérité, et le reste de l’humanité détruite, et/ou réduite en esclavage, où si cela est impossible car l’élite ne pourra pas disposer de la force armée et des matières premières nécessaires, et qu’un capitalisme de cette sorte ne sera pas viable … ou si l’avenir c’est un communisme à visage humain… Un communisme signifie une conservation aussi, je suis conservateur comme dirait Galbraith, il s’agit de conserve une société fondé sur l’idéal démocratique, en sacrifiant l’économie de marché.

    1. @ Lisztfr

      « Je me demande si l’avenir c’est un monde à la Orwell […] ou si l’avenir c’est un communisme à visage humain… »

      Il y a heureusement d’autres alternatives dont certaines sont d’ailleurs explorées sur ce blog en particulier dans la file « Utopie réaliste » qui figure en tête de gondole. On y trouve plein d’idées.

      Perso je suis pour la liberté d’association car pour moi, outre bien sûr la finance casino dénoncée (entre autres) dans ce billet, l’un des défauts majeurs du système actuel est la loi, rappelée quasiment dans chaque paragraphe des traités européens, de la concurrence libre et non faussée, cette loi étant, ama, l’un des principaux facteurs de la concentration des richesses. Elle doit donc être contrebalancée par une loi autorisant l’association. Cela me semble le minimum dans le cadre darwinien sur lequel repose le libéralisme.
      Bien entendu le cadre dans lequel cette liberté d’association (des « petits », il ne s’agit pas dans mon esprit de permettre l’association de Bernard Arnaud et de Liliane Bettencourt) doit recevoir l’aval de la société. Ma position lamarckienne me conduit à souhaiter que ce point (et les autres) soit débattu dans le cadre d’une démocratie directe.

      PS: trouvez-vous ce post intelligible? 🙂

      1. @BasicRabbit

        Vous avez la liberté d’association….la loi 1901. Et sinon, s’il s’agit de recréer des mini-sociétés entre amis, c’est l’anarchie, qui elle, pose le problème de sa protection contre les Attila de toutes sortes.

        Il n’y a pas de théorie du pouvoir dans votre réflexion matheuse, j’en profite pour le dire. Le pouvoir est un principe sociologique.

      2. Loi 1901.
        Il ne s’agit pas de ça mais du droit de se constituer en société à visée sociale comme c’est le cas actuellement pour les sociétés commerciales. Une sorte de super pacs.
        L’idée de base c’est qu’avec un RMI on ne survit pas mais en mettant dix RMI en commun on y arrive.
        Chaque communauté ainsi constituée s’organise comme elle l’entend (mise en commun partielle ou totale des « biens » et des revenus) et est considérée comme UNE vis à vis de l’extérieur (EDF, assurances, impôts, vote (pondéré par le nombre d’électeurs du groupe)).
        Cela permettrait de ravauder un tissu social lacéré par l’ultra-libéralisme et de limiter le gaspillage (par ex trois familles voisines pacsées n’ont besoin que de 4 véhicules « après » alors qu’il en fallait 6 « avant »), ce qui est bon pour la planète.
        Bien entendu les lobbys seront vent debout contre un tel projet qui s’oppose frontalement à la sacro-sainte croissance et au « diviser pour régner ». Et les classes dirigeantes traditionnelles y verront une perte insupportable de souveraineté.

      3. @ lisztfr

        « Il n’y a pas de théorie du pouvoir dans votre réflexion matheuse »

        Je ne vois pas où se trouve la « réflexion matheuse » dans mon post.
        A votre décharge je vous concède que c’est de ma part une rare exception. 🙂

      1. « L’idée de base c’est qu’avec un RMI on ne survit pas mais en mettant dix RMI en commun on y arrive. »

        Là, Basic, vous entrez dans une grande complexité qui est celle de la promiscuité.
        Kerkoz, lui, a stabilisé: chacun son jardin, chacun son poulailler!
        M’étonne pas que vous ayez parfois du mal à vous comprendre. (sourire)
        P.S: Depuis 2009, c’est plus le RMI, c’est le RSA.

      2. @ Garorock
        Va pour RSA, ça change si vite de nom.

        (sourire): c’est deux points : suivi de parenthèse fermante ). Comme ça 🙂

        Avec 10×474,93€ on peut commencer,dans certaines régions, à envisager mieux que la promiscuité.

      3. Personnellement, je ne retrouve pas vraiment la magie visionnaire, diabolique et obsédante du film de Fritz Lang dans la BD de Christophe Girard qui conserve la critique sociale mais propose un dessin trop « gentillet » par rapport à l’ampleur du sujet. Enki Bilal parvient davantage à en restituer certains aspects dans ses bandes dessinées où il s’inspire de ce film qui l’obsédait. Au dessin de Girard, dans un genre voisin mais dominé, je préfère très nettement celui de Tardi dont les quatre tomes du « Le Cri du peuple » (le scénario a été écrit par Jean Vautrin) sont un chef-d’œuvre. De toute manière, seul le film, dans ce cas précis, est prémonitoire des événements terribles qui se sont déroulés par la suite ; on sait que Goebbels aurait dit à Lang « le führer a vu Metropolis et a décidé : voilà l’homme qui nous donnera le cinéma nazi ». Si le cinéaste qui était Juif préféra quitter l’Allemagne nazie, il avait, déjà à l’époque de Weimar, su saisir sur le vif la forme des démons qui allaient prendre vie (et qui n’ont pas quitté ce monde). Enfin, le film, c’est surtout Brigitte Helm qui incarne à la fois la pure héroïne, et l’androïde féminin dont la puissance érotique, la fascination qu’elle exerce et la perversité rejoignent un personnage mythique tel que le Méphistophélès de Goethe.

  18. Que voilà un beau billet de vulgarisation de la finance mortifère…
    Oscar, Jules, Gontran, Eusèbe et le bon père de famille…..sans oublié le majordome, la gouvernante, la cuisinière, et le jardinier et le curé pour leur donner bonne conscience….

    1. le curé pour leur donner bonne conscience….

      eh eh, sans doute , parce que ce qui se tient à l’ombre a besoin de petite lampe à l’intérieur.
      comme il n’y a derrière tout système que des gens qui servent une cause , même s’ils savent qu’elle est assassine, il faut qu’elle soit juste à leurs yeux .
      Mais en ce sens , ils ne savent pas ce qu’ils font parce qu’ils ne savent qui leur fait faire ce qu’ils font . ils sont marionnettes d’un mensonge , ou d’une hypocrisie qui fait illusion . le problème , c’est que l’illusion s’est propagée , qu’elle a pollinisé le milieu , l’a nourri , puis s’en est nourri comme d’un élevage industriel .
      les courants contraires ont donc de quoi ramer ….

      1. la question de l’ombre est assez importante , par conséquent ; parce qu’on porte cette ombre , à notre insu , jusqu’à ce qu’elle soit mise en lumière . là, celui qui arrive à cela, devient lumière pour le monde . chacun dans son champ respectif qu’il cultive et qui se recoupe avec d’autres.
        ( c’est peut-être binaire, comme réflexion, ne disant pas le troisième terme , agent qui fait passer ou passe de l’ombre à la lumière ou vice versa)

      2. « jusqu’à ce qu’elle soit mise en lumière . là, celui qui arrive à cela, devient lumière pour le monde »

        Et la lumière de ce monde est celle des plateaux de télévision…….
        Lumière artificielle s’il en est, avec ses effets spéciaux, ses filtres, ses jeux de lumières..
        Bref le monde jn’est pas près de changer.

  19. ce sont les méchants qui gagnent, comme toujours !
    lobbyistes, shadow banking, ils œuvrent dans l’ombre, c’est clair, et ce n’est pas moi qui le dit, c’est Paul Jorion.

  20. Est-ce que ces « bons pères de famille  » ne seraient pas plutôt des « parrains » ?

    Bravo pour ce billet plein d’humour (la politesse du désespoir ?) !

    Les prévisions d’effondrement du système commencent à surgir de partout; vous êtes loin d’être seul sur ce créneau à présent; les riches vont se mettre à fuir l’euro, ce qui ne peut que contribuer à cet effondrement.

    1. « les riches vont se mettre à fuir l’euro, ce qui ne peut que contribuer à cet effondrement. »

      .. ou le contraire. L’euro a longtemps été surévalué du fait des manipulations des devises étrangères (yen, dollar,..), avec un euro plus faible les pays pourront mieux exporter (Espagne, Italie,..)

      1. Encore faudrait-il avoir quelque chose à exporter…

        Quand, par exemple, pour la France, l’industrie représente 11% du PIB (contre 30% en Allemagne, 21% en Grande-Bretagne et 8% en Grèce), on peut se poser la question!

      2. @ Bruno…
        D’où les leurres pour ne pas dire les méfaits de l’économie du secteur tertiaire…
        Mais quand comprendront-ils ?

      3. @Merou

        De mémoire. Entendu à la radio, dans plusieurs émissions sur le sujet (=compilation), depuis quelques semaines.

  21. Joli billet mais totalement à coté du sujet.
    L’Euro était une belle idée mal exécutée. CDS ou pas l’Euro ne pouvait pas et ne peut pas fonctionner sans union fiscale et politique. On peut faire de l’autisme face à cette évidence mais ça n’empêchera pas l’échec.
    Pour en revenir aux CDS les volumes traités sur la dette Européenne restent modestes – j’accepte volontiers que le concept soit malsain (surtout la détention d’une position « nue » sans le sous-jacent) mais de faire porter le chapeau de la faillite que nous vivons aux CDS est tout simplement aberrant. c’est tout au plus le dernier clou venant fermer le cerceuil !

    1. « L’Euro était une belle idée mal exécutée. CDS ou pas l’Euro ne pouvait pas et ne peut pas fonctionner sans union fiscale et politique. »

      Merci de reprendre mes billets précédents.

      « Pour en revenir aux CDS les volumes traités sur la dette Européenne restent modestes »

      À partir d’un niveau minimum, le volume global est indifférent puisque le risque implicite est calculé par « reverse engineering » à partir du montant de la prime.

      1. > Merci de reprendre mes billets précédents.

        Certes – mais celui-ci est assez peu équivoque !

        >> « Pour en revenir aux CDS les volumes traités sur la dette Européenne restent modestes »

        > À partir d’un niveau minimum, le volume global est indifférent puisque le risque implicite
        > est calculé par « reverse engineering » à partir du montant de la prime.

        J’avoue ne pas très bien comprendre en quoi cela est pertinent de la faillite du concept de monnaie unique tel que mené actuellement ? Je concède volontiers que les CDS ne sont pas sains et peuvent être destructifs dans la situation actuelle mais ça reste un épiphénomène.

      2. 1 prime, 1 risque, c’est du « mutualisme » !
        la solution : désamorcer les CDS, au moins les positions dîtes « nues » (on devrait dire « vides ») en les radiant de la cote ; la prime aurait vite fait de baisser.

      3. c’est la recherche et le choix de la règle avec la constante (avidité)²
        « Black & Scholes », « reverse engineering »… merci à Paul de démonter ces « petits » arrangements avec l’honnêteté 😮

      4. @AlexT

        Ajouter un poids supplémentaire d’un côté d’une balance instable, croyez-vous que ce poids ne sera pas ce qui entraine irrémédiablement d’un côté ? C’est donc bien que « l’épiphénomène » peut être tout à fait crucial.

        (je sais, je fais dans la métaphore ces temps-ci…)

    2. (le Cds) est tout au plus le dernier clou venant fermer le cerceuil

      Disons alors que le fabricant de clous est aussi le vendeur de cercueil. Son remplisseur aussi. Peut-être même que Ponce Pilate fabriquait des clous ? Et du savon ? Allez savoir… Heureusement qu’il construisait pas des portes blindées pour les caveaux…

      1. Parce que la France, jacobine en diable, nucléarisable, future ultra-nucléarisée et anti-allemande, n’en voulait pas, that’s all.

    3. Le concept est malsain pour ceux qui en souffrent, et bénéfique pour les spéculateurs et les émetteurs avisés. Supprimez les CDS d’un côté, ils renaitront de l’autre. Le risque implicite existera encore longtemps. Mieux vaut s’en prémunir par des finances robustes.

      Plus grand chose ne justifie que le pouvoir d’achat moyen d’un Européen soit plus du triple du pouvoir d’achat moyen mondial. Si l’Européen moyen veut que sa situation privilégiée perdure, il va devoir sérieusement toiletter ses finances, ses institution et ses entreprises.

      1. Et pas question pour l’Europe de laisser tomber ses banques ou ses membres affaiblis par une trop longue pagaille, sinon, c’est le pouvoir d’achat moyen mondial tout de suite !

      2. Mieux vaut s’en prémunir par des finances robustes

        Qu’es aquo « des finances robustes » ? Ah oui ! de bonpèredfamille ! Suis-je sot…

    4. L’euro, monnaie sans état ni peuple, n’était de toute façon pas viable.
      Le CDS pourrait être l’instrument qui le tuera.

      1. Parce que la drachme, la peseta, la lire, l’escudo ou le franc français, sans parler du belge, elles ou ils étaient viables ?

      2. @D.L 50

        Pas moins que la couronne suédoise ou la livre. Cela dit, je persiste à dire que l’euro peut survivre à condition de changer de politique monétaire et de s’affranchir enfin de nos chers amis américains. Vous ne me contredirez pas je suppose ?

      3. @ D.L.50

        Oui, la drachme, la peseta, la lire, l’escudo ou le franc français, sans parler du belge, étaient viables. Ces monnaies, avec leurs forces et leurs faiblesses, étaient de vraies monnaies, mortelles sans doute, mais viables, oui assurément. A la différence de l’euro, création purement idéologique, non viable, cela désormais crève les yeux. A une réserve près : si on écarte « l’euro monnaie européenne », il reste « l’euro deutschemark déguisé » et celui-là, c’est vrai, débarrassé de ses oripeaux européens, est parfaitement viable…

      4. l’euro peut survivre à condition de changer de politique monétaire et de s’affranchir enfin de nos chers amis américains.

        Les affranchis… Euh, c’est combien le budget de la défense des franchisés €péens à affranchir ? Va falloir faire appel aux marchés je crois…

      5. @D.Lgneron

        Vous savez très bien pourquoi pourquoi il n’y a pas de défense européenne indépendante et qu’il n’a jamais été question qu’il y en ait une, surtout pas la CED en tout cas. Le jour où vous aurez accepté ça, vous pourrez être crédible en défenseur de l’Union.

    5. L’Euro était une belle idée mal exécutée. CDS ou pas l’Euro ne pouvait pas et ne peut pas fonctionner sans union fiscale et politique

      L’union fiscale et politique ?

      Comment des petites entités comme Monaco etc …peuvent elles , autour d’un noble local, se déclarer état souverain fiscalement indépendant de la France, et pas les autres ?

      Toutes les villes et villages de France ont, comme Monaco, un nobliau local qui possède un grand nombre d’hectares sur lequel se trouve parfois un casino . Pourquoi ce privilège insensé accordé à Monaco et refusé aux autres ?

      L’annexion de Monaco à la France, d’Andorre à la France ou à l’Espagne, du Vatican à l’Italie etc …, c’est bien la première décision que devrait prendre l’Europe pour faire cesser cette évasion fiscale et de capitaux qui empêche toute résolution des crises et pour stopper le blanchiment de l’argent de la pègre .

      La Suisse, enclavée dans l’Europe et par conséquent vulnérable aux pressions européennes comme par exemple des menaces de blocus économique , pourrait facilement être harmonisée fiscalement, le secret bancaire levé, SI LES MEMBRES DES GOUVERNEMENTS EUROPEENS EN AVAIENT LA VOLONTE et n’utilisaient pas ses banques pour échapper eux-mêmes à l’impôt . Il en va de même pour le Luxembourg, le Lichtenstein etc…

      Les autres paradis fiscaux ( Jersey, Barbades, CaÏmans etc ..) pourraient également être harmonisés fiscalement par les états dont ils dépendent par une menace de blocus .

      La méthode peut sembler radicale mais le blocus d’un état est souvent décidé pour des motifs moins louables et c ‘est le seul moyen de rendre transparente la finance en crise et de sauver les peuples d’Europe de la misère .

      Il faudrait qu’avec l’harmonisation fiscale, la lutte contre le blanchiment d’argent et l’évasion fiscale par la suppression des paradis fiscaux par tous les moyens de coercition possibles soit le premier objectif du Parlement Européen, du G8, du G20 avant de parler d’essayer de résoudre la crise financière dont ils sont la principale cause, abritant le butin des prédateurs financiers .

      1. L’annexion du Vatican – je suis pour! Et chasser le pape de Rome pour lui donner l’occasion de montrer l’exemple, de vivre parmi les humbles en Afrique, dans une cabane au Congo par exemple.

      2. Mais les états sont complices de « leurs » paradis fiscaux : vous croyez que l’Angleterre va organiser un blocus de Jersey? Ce serait la mort de la city. Et le Delaware aussi est un paradis fiscal… alors un blocus des USA?

      3. Ce qui montre bien que les gouvernements européens, occidentaux, …et les autres, se plaignent de la crise, mais qu’ils n »ont pas la volonté de supprimer ces paradis fiscaux qui en sont la cause essentielle, , alors que ce serait si facile, ( c’est valable aussi pour le Delaware) et que leurs membres sont complices du maintien de ces parasites .

      4. @ Rutily

        alors un blocus des USA?

        Non, mais un blocus du Delaware par les états qui l’entourent, par l’ensemble des USA, sur une décision fédérale prise par un gouvernement fédéral HONNÊTE !!

      5.  » s’affranchir enfin de nos chers amis américains. Vous ne me contredirez pas je suppose ? »
        Un peu gros le piège, Nicks…

      6. Mérou:
        On n’en parlera pas.
        La contribution essentielle de Denis Robert
        c’est d’avoir montré que tous les mouvements de capitaux
        peuvent être retracés.

  22. Bravo pour le style dépouillé et efficace ! Mais… quelque chose me chiffonne. Vous présentez, il me semble, les banques comme des machiavels prêts à mettre à genoux des états grâce à leur armée de mathématiciens … des lois de la finance faites sur mesure pour elles… puis résultat : la Grèce efface 107 mds de dette, le reste risque fort de ne pas être payé, les banques espagnoles devraient diviser la valeur de leur actif par 2 etc etc sans parler du reste de l’Europe… D’un côté il y a l’image des grands marionnettistes et de l’autre l’effondrement du système financier ! Bref je ne sais pas bien ce qu’il faut en penser. Certes ils se gavent depuis longtemps avec le marché des dettes souveraines, mais j’ai pourtant l’impression que l’endettement des états va couler nos banquiers privés…

    1. Une question me vient à l’esprit. Est ce que certaines banques tout en gardant leurs obligations d’état auraient revendues leurs CDS pour empocher la plus-value ?

      1. Une plus-value sur « revente » d’un contrat de Cds ? Qu’est-ce que vous entendez par là ? En vendre un nouveau plus cher que celui qu’il a acheté, ok, sinon je vois pas.

    2. L’avidité est leur unique motivation, la concurrence leur seule logique, l’immédiateté leur seule perspective.
      Ils ont même cessé de se préoccuper de chose aussi triviale que la réalité, depuis que nos courageux dirigeants ont décrété que les gains étaient pour eux et les pertes pour nous.

    3. IL y a sans doute un point de bifurcation où le parasite tue son hôte.
      Dans le cas de la Grèce, pourquoi au fond, quand cette « restructuration » de 107 milliards a eu lieu, n’y a-t-il eu qu’assez peu de CdS en jeu (quelque milliards, je crois) . Quand la bifurcation passe, les détenteurs de CdS peuvent se retirer te chercher d’autres flux/d’autres cibles.

      Il y a une loi de l’offre et de la demande des CdS, plus une certaine question de « statut » , question aristotélicienno-jorionienne, dit-on.

  23. Avril 2011…
    http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/20110429trib000618698/entente-entre-banques-sur-le-marche-des-cds-bruxelles-va-mener-l-enquete.html
    Des nouvelles Monsieur Almunia ?
    A part ça notez qu’il n’y a pas que les états qui passent au broyeur des Cds. Les banques aussi. Tiens celui sur Santander est à 393 aujourd’hui (393 000 € de prime annuelle à payer pour 10 millions assurés), en baisse bien sûr, de 23 points, mais celui sur Crédit Agricole est à 345, en baisse de seulement 2,5 points…
    http://mobile.bloomberg.com/quote/CBSH1E5:IND
    http://mobile.bloomberg.com/quote/CCAI1E5:IND

  24. Merci Paul Jorion pour la pédagogie et la clarté de votre billet.
    Raconter les choses telles qu’elles se passent est encore ce qui est le plus subversif. Mais ça vous le savez depuis longtemps.
    N’étant pas anglophone, votre dernier commentaire par contre m’est déjà moins évident.

  25. Excellent une fois de plus!
    Rendre concrètes les choses qui nous échappent, c’est nous donner des armes non-létales pour combattre ceux qui d’un clic de souris, en toute légalité, effacent des vies entières.
    Lorsque tout le monde sera armé, les tours d’ivoire s’écrouleront d’elles-même.

  26. Cet article très clair explique une nouvelle fois le fonctionnement et les impacts des positions nues sur CDS.

    La question que je me pose est la suivante : des gens comme Attali devraient être en mesure de comprendre des choses aussi simples, alors puisque ces derniers ont l’oreille des dirigeants, pourquoi le message ne semble t’il pas passer ?

    Avec l’ancien occupant de l’Élisée, la question ne se pose même pas par rapport à l’individu, mais avec F Hollande qui semble plus rouler pour la France que pour lui (*) on pourrait avoir un mince espoir non ?

    (*) Inutile de répondre « tous pourris », etc…on connait la musique !

    1. Il y a des situations qu’il est difficile de quitter. Par exemple si on se penche sur le problème des armes nucléaires : en soi c’est une horreur, il vaudrait mieux qu’elles n’existent pas. Supposons maintenant qu’un seul pays ait des armes nucléaires, il pourrait faire du chantage à tous, ce serait la pire des situations car il pourrait même mettre ses menaces à execution sans grand risques pour lui. C’est le début de la prolifération et c’est maintenant difficile de convaincre ceux qui ont déjà cette arme de l’abandonner.

      On est dans une situation analogue : si tout le monde est vertueux et qu’un seul ne l’est pas, c’est lui qui en retirera tous les bénéfices et cela va susciter des vocations, c’est le début de la prolifération…..

      1. Certes mais il semble y avoir un semblant de démocratie en Allemagne, donc pourquoi Hollande ne pourrait il pas convaincre Merkel d’interdire immédiatement les positions nues sur les CDS, vu que c’est l’un des facteurs qui font plonger le système ?

        Si les 2 pays piliers de l’UE sont d’accord là dessus, quels autres pays ne les suivraient pas ?
        En premier lieu, ceux qui sont les plus proches du fond ne devraient plus donner prises aux lobbies : Grèce, Portugal, Espagne, Italie….

      2. @Zevengeur
        On croit qu’on est en démocratie mais on est dans une approximation de démocratie. Je m’explique : dans une démocratie il y a séparation des pouvoirs et c’est essentiel. Du temps de Montesquieu il y avait trois pouvoirs législatif, executif et judiciaire. Depuis que le monde évolue il faut bien admettre que l’on doit tenir compte aussi du pouvoir financier et du pouvoir médiatique. Là la séparation est un peu déficiente.

        Par exemple avec de l’argent vous pouvez prendre la direction de médias : des journeaux, des chaînes de télévision… ce qui permet de faire de la propagande (de préférence subtile) et d’orienter les votes. L’expérience a montré qu’il suffit de déplacer 1 à 2 % des votes pour changer le résultat d’une élection. Le politique qui a été élu grace aux média de son ami ne peut pas être ingrat n’est ce pas. On a donc une boucle entre l’argent les médias et le politique.

        D’un point de vue plus classique je serais aussi partisant d’une obligation de nommer le chef de l’opposition comme garde des sceaux. On aurait alors une vraie indépendance du pouvoir judiciaire et un peu moins d’affaires. Et on peut continuer à examiner tous les pouvoirs.

      3. Certes, je suis bien conscient de ce que vous expliquez, cependant ma question concerne Attali qui est en relation avec Paul Jorion, il est (serait ?) en mesure de faire le prosélytisme des idées défendues ici vers le gouvernement.
        Que fait il ?
        Il suffirait peut être que Paul lui pose la question !

        => L’idée étant que l’urgence est telle que si (dit sans naïveté) Hollande est un minimum intègre (ce qui peut prêter à discussion par doute systématique vs les hommes politiques), alors il doit proposer des mesures telles que l’interdiction immédiate des CDS sur nues positions

  27. Excellent, billet à diffuser sans compter…
    Merci Monsieur JORION pour cet exemple de pédagogie…

  28. « Les positions « nues » sur CDS seront interdites en Europe à partir du mois du novembre. »

    Qui est « derrière » cette directive? Quelles sont les forces qui s’y sont opposé? A qui profitera cette interdiction? Qui en pâtira?
    J’ai lu que les 4 majors US étaient bourrées de CDS…

  29. Mais dans le cas où on prend un CDS pour se couvrir, qui semble trouver grace à vos yeux, Eusèbe prend bien une position à nue? si on l’interdit plus personne ne pourra se couvrir. J’ai faux?

  30. Superbe papier à diffuser dans tous les collèges et lycées!!
    Boileau et Einstein avaient raison, « ce que l’on conçoit bien……. »
    Merci M. Jorion

  31. Vous êtes le premier à employer le mot spéculateur depuis longtemps. Même vous, vous remplacez ce mot par « bon père de famille ».
    Je suppose que ce mot a disparu au moment où les spéculateurs sont devenus des « créateurs de richesse ». Poliment, c’est une aimable foutaise.

    1. Rigolez pas ! Ils en sont bien capables, car ceux qui souffrent de cette pathologie qu’est la cupidité ne reculeront devant rien, même pas face au chaos qu’ils ont généré.
      A croire que ceux qui commandent, conçoivent, et servent les algorithmes doivent tous être incarcérés en HP.

  32. Vous faites implicitement référence à la dernière enquête d’Antoine Peillon. Ces « 600 milliards qui manquent à la France ». Il y décrit tout un mécanisme d’évasion fiscale mis en place par UBS pour capter le richesse des personnes les plus fortunnées dans le monde. Limpide et efficace. D’ailleurs aucun media n’y a fait référence, signe de qualité en ce moment…
    Je ne serai qu’à peine surpris si tout cet argent alimantant les comptes d’UBS aurait servi à investir dans des CDS ou analogues. Quelque part, ces investisseurs, ces « bons père de famille » sont certainement en grande partie nos riches contribuables qui ne veulent pas payer d’impôt.
    Je serai bien amusé de voir leur tête le jour où UBS fera faillite…

  33. Pour que s’assurer sur la bagnole du voisin ne soit pas possible il est nécessaire que l’État en prenne en charge l’immatriculation, qu’il soit informé si elle est mise à la casse, exportée, etc (il existe même des accords européens pour les contraventions visant les conducteurs venant d’un autre pays.)

    Par contre personne ne peut m’empêcher de m’entendre avec Eusèbe et de parier sur ce qui pourrait arriver à la voiture de Gontran.

    Problème: si Gontran refusait de me payer (ou se disait dans l’impossibilité de le faire) j’aurais besoin de faire appel à la loi, la justice, la police…

    Que se passe-t’il en cas de conflit entre utilisateurs du shadow banking? Ça se règle à coups de flingue?

    L’incertitude semble particulièrement lourde dans le cas ou ces institutions de l’ombre n’auraient plus le souci de préserver leur réputation à la suite d’un gros crash.

  34. Capitalisme à l’agonie, Meutre de l’Euro, …

    Quest-ce qu’on fait ? On s’tape une petite belotte au milieu des cadavres ?
    C’est quoi la finalité de ce blog ?

    Est-ce la chronique d’une mort annoncée ou la démonstration flagrante de notre impuissance face à la dynamique du monde ?

      1. afin de mieux (re)construire.

        Certes, mais quel niveau de destruction allons nous devoir subir, avant d’envisager de reconstruire ???

      2. Entièrement d’accord, en ajoutant que pour construire cela ne peut se faire que sur de bonnes fondations.
        Pour reconstruire il est nécessaire de démolir l’existant pour retrouver des bases saines à l’émergence d’un nouveau bâtiment.
        Et ce blog, me fait penser à un petit maçon immigré..( hum )bien seul devant la tour d’ivoire, un peu dépassé par l’ampleur de la tâche, mais ne manquant pas de courage pour l’avenir.

      3. @ erde

        Et ce blog, me fait penser à un petit maçon immigré..( hum )bien seul devant la tour d’ivoire, un peu dépassé par l’ampleur de la tâche, mais ne manquant pas de courage pour l’avenir.

        Alors nous sommes quelques centaines de milliers de « petits maçons immigrés » sur ce blog, ce qui permet de sentir bien moins seul, d’être bien plus courageux et surtout de ne pas être dépassé un instant par l’ampleur de la tâche !

      4. Reconstruire quoi ? Par qui ? Pourquoi les sourds d’aujourd’hui seraient-ils plus à l’écoute demain ?
        Et comprendre quoi ? Quid des commentaire comme celui-ci qui se trouve quelques lignes plus bas: « Ce qui fait mal, c’est que cette impuissance a été voulue et organisée par la classe politique, de droite et de gauche confondue, qui a été aux affaires ces trente dernières années. ».

        C’est ça qu’on a compris ?
        C’est pas ma faute, c’est celle des pourris qu’on a mandatés pour gèrer le système.
        C’est pas ma faute, c’est celle du capitalisme et de l’ultra-libéralisme.
        C’est pas ma faute, c’est celle de la finance.

        Même si je suis d’accord avec les propos de Paul Jorion, est-ce qu’on ne devrait pas aussi essayer d’assumer notre rôle dans cette histoire et de définir clairement nos responsabilités ?
        Si on veut reconstruire quelque chose, ce n’est pas par là qu’il faudrait commencer ?

      5. @ Stouf

        Personne n’omet la responsabilité de qui que ce soit. On ne fait que répéter que la responsabilité est évidemment collective, à des degrés divers, mais collective. Trouver le bouc-émissaire est une stratégie de fuite en avant.

      6. Julien,

        La responsabilité collective n’est-elle pas un moyen de déresponsabiliser l’individu ? Dans ce cas, le bouc émissaire, c’est le groupe…

        Quel pouvoir d’action avons nous en tant que consommateurs dans le contexte d’une société de libre marché ? Seraient-ils suffisants pour redonner un second souffle à notre économie à condition qu’ils soient utilisés de façon plus rationnelle et responsable ?

        Ce sont les questions qui me taraudent avant de penser à une quelconque révolution, guerre ou effondrement. J’aimerais leur trouver une réponse sur ce site. Mais où chercher ?

      7. La responsabilité collective n’est-elle pas un moyen de déresponsabiliser l’individu ? Dans ce cas, le bouc émissaire, c’est le groupe…

        Ok, alors la « responsabilité de chacun », c’est mieux que la « responsabilité collective » ? Ca va, ça dédouane personne ?

        Le pouvoir en tant que « consommateur », c’est précisément de ne plus se comporter selon les codes de l’homo economicus et de la rationnalité quantifiée et quantifiable de la société de libre marché tel que le modèle s’est imposé en un siècle et demi. Encastrer de nouveau (« embedding » cf. Polanyi) l’économie au politique.

      8. Julien, juste une dernière remarque et je m’éclipse jusqu’à l’année prochaine…

        En tant que consommateurs, nous avons un pouvoir certain. Si ce dernier est coordonné, il devient une arme de destruction massive. Retirer en masse son argent d’une banque, ou boycoter une société pour l’amener à la faillite. Donc l’action concertée peut mener à des dérives. Par contre, individuellement, nous pouvons chnager notre façon de consommer en la rendant plus éthique. Le concept de compliance a innondé le monde de l’entreprise comme quoi la libre concurrence peut aussi engendrerquelques mesures vertueuses même si en arrière plan, seul le profit compte.
        Donc, il arrivera peut-être un jour où nous trouverons qu’il est dans notre intérêt de consommer différemment avec d’autres critères que celui du prix de vente sans pour autant balancer le capitalisme libérale aux oubliettes..
        Pas besoin des politiques pour ça, ou seulement pour nous imposer notre conduite…

      9. @ Stouff: Goffman prend 2 ff (lire les rites interactifs)

        Une piste pour vos questionnements :
        ///// La responsabilité collective n’est-elle pas un moyen de déresponsabiliser l’individu ? Dans ce cas, le bouc émissaire, c’est le groupe… //////
        a mon avis c’est effectivement le groupe .
        Il y a groupe et groupe ……Le groupe actuel ne correspond plus au groupe d’origine qui s’est formaté en interaction avec l’ individu …..Le groupe de base DOIT etre restreint en population , de façon a se que les individus puissent se connaitre , donc se reconnaitre et avoir des interactions basés sur l’ affect (Hierarchisation , soumission , domlinations , dons contre dons etc …)

        Notre problème est STRUCTUREL , non idéologique …….Il faut revenir a des structures morcelées , parcellisées, ……jamais hypertrophiées .
        L’ individu est aussi pourri ds un groupe restreint que ds un méga groupe …..mais la proximité des affects freine et contraint ces effets pervers …….On peut meme soutenir la Thèse que ces caractères « négatifs » ( avidité , Ubris , egoisme …) soient positifs et structurant ( hierarchisation) ds un groupe limité qd ils sont contraints par la proximité ( ne pas perdre la Face) .

    1. To live is to play. Pas à la belote. Allez donc miser chez les books anglais sur la chute de l’euro, de Santander, Deutschebank ou BNP. Restez pas inactif, si vous pariez pas votre banquier ou votre assureur jouera à votre place. Déjà que vous votez à sa place…

    2. la démonstration flagrante de notre impuissance face à la dynamique du monde ?

      Je reformulerais:

      La démonstration flagrante de notre impuissance face au dynamitage des état-nations par le monde de la finance

      Ce qui fait mal, c’est que cette impuissance a été voulue et organisée par la classe politique, de droite et de gauche confondue, qui a été aux affaires ces trente dernières années.

      Ce qui fait mal c’est le sentiment d’avoir été roulé dans la farine par les gens que l’on avait élu pour nous représenter et donc pour défendre nos intérêts de citoyens.

      Ces élites ont trahi, trahi la confiance du peuple. Et parti, comme c’est elles ne vont pas s’arrêter en si bon chemin.

      Prenant ainsi le risque de continuer à faire le lit de l’extrémisme.

      1. « La démonstration flagrante de notre impuissance face au dynamitage des état-nations par le monde de la finance… »

        Ouh là , attention !
        Vous n’êtes pas loin de la théorie innommable du complot….
        Mais voilà ce qui arrive lorsque l’on nomme un chat : un chat !

      2. @Erde, « complot, c’est toi qui l’est » disent les gosses, pas seulement le chat. Pour dire autrement que cette notion appelle l’attrape-tout du discours quelconque qui s’en pare, juste par recherche de contact, de masse, n’importe quelle camelote fait l’affaire, la bêtise crasse l’emporte. tout à l’heure en survolant le plus vite possible les infos je me souviens que l’UMP fait la paix avec le FN: ça va en être un thème à décliner, des 2 cotés, le « complot », les retrouvailles etc… patientez vous y trouverez justification… et n’importe quel cheval du manége fera l’affaire…. pfff…

  35. Bernankee promulguait le dogme de l’infaillibilité des marchés, à savoir qu’ils représentent la meilleurs allocations des ressources de liquidité, et qu’ils ont l’instinct de conservation qui les empêcheraient de s’autodétruire.

    Galbraith p 47 (Op cité) : « Je suis un conservateur et, comme tel, disposé à trouver des antidotes aux tendances suicidaires du système économique – disposition qui, par une inversion de langage souvent constatée, vous vaut la réputation d’être de gauche. Une des tendances nocives est l’orgie spéculative : elle ne sert aucun but utile et détourne les motivations financières de fins habituellement utiles vers celles qui sont profondément préjudiciables. »

    1. 1/15/05 –  Nomination speech of Ben S. Bernanke, of new jersey, to be a member and chairman of the board of governors of the federal reserve system :
      “With respect to their safety, derivatives, for the most part are traded among very sophisticated financial institutions and individuals who have considerable incentive to understand them and to use them properly. The Federal Reserve’s responsibility is to make sure that the institutions it regulates have good systems and good procedures for ensuring that their derivatives portfolios are well-managed and do not create excessive risk in their institutions.” are well-managed and do not create excessive risk in their nstitutions.”

    2. « Je suis un conservateur et, comme tel, disposé à trouver des antidotes aux tendances suicidaires du système économique – disposition qui, par une inversion de langage souvent constatée, vous vaut la réputation d’être de gauche. »

      Galbraith a toujours été admirable de franchise, de lucidité et d’humour.

  36. « Les économistes ne comprennent donc pas que ce sont les bons pères de famille qui font monter les prix ? Non, dans leurs livres d’économistes, la spéculation n’existe pas : ça n’est pas expliqué. Si, il y a une note en bas de page qui dit : « Les bons pères de famille apportent de la liquidité sur les marchés ». Point à la ligne. »

    La spéculation existe bel et bien dans les livres d’économie, notamment dans les très nombreux chapitres traitant de la formation des bulles (tulipes, Nasdaq…), le développement des marchés financiers dans les années ’80 etc. Les économistes traitent également du sujet dans les nombreuses publications académiques (NBER,FED et autres), e.a. sur le rôle (ou non rôle) de la liquidité dans la formation des prix Je ne me prononce pas sur les conclusions de leurs études.

    1. Je ne me prononce pas sur les conclusions de leurs études.

      C’est dommage, car mon petit doigt (et quelques années de pratique) me disent qu’elles sont en tous points similaires à celle que dénonce Paul Jorion, à savoir que soi-disant la spéculation est utile voire indispensable en ce qu’elle apporte de la liquidité sur les marchés.

      1. Evidemment la cupidité est assez mal vue, alors pour la faire passer on se réclame du comportement des bons pères de famille. Cela sous entend que ce n’est pas pour soi que l’on a un tel comportement mais pour ses enfants.

        Mais est-ce bien normal qu’un bon père de famille se sente l’obligation d’apporter de la liquidité au marché? C’est un peu risqué non? On pourrait, par une loi, délivrer les bons pères de famille de cette mission afin d’augmenter la sécurité de leurs enfants.

  37. Les CDS, c’est s’assurer sur le bien du voisin sans son consentement, sans qu’il le sache . L’INTENTION NE PEUT ETRE QUE MAUVAISE car celui qui prend ce type d’assurance a intérêt à ce que le bien du voisin soit détruit, quitte à le démolir en douce.
    Seul le titulaire du bien devrait avoir le droit d’assurer son bien ou de s’assurer lui-même sur la vie .

    C’est un peu comme le fait-divers de l’aimable Française qui prenait chaque fois une assurance-vie sur la tête d’une voisine sans qu’elle le sache, l’aidait à mourir peu après, touchait le pactole et recommençait dans une autre ville . La loi sur l’assurance-vie  » à position nue » lui a permis de recommencer quatre fois jusqu’à ce qu’un enquêteur trouve un décès suspect et fasse le rapprochement.

    Première question: comment se fait-il que la loi permette à quiconque de prendre une assurance sur la tête ou sur le bien ( CDS) d’une autre personne, parent, voisin, sans son consentement, sans même qu’elle le sache ? C’est une incitation au meurtre ou au délit .Chacun de nous a des raisons de trembler pour sa vie .

    Que les positions nues sur les CDS soient encore possibles jusqu’en novembre et qu’elles aient jamais existé est inadmissible .
    Et l’assurance-vie prise sur la tête d’une personne sans son consentement, sans même qu’elle le sache ? J’espère que cela sera interdit au plus tôt .

    1. Bon alors j’emprunte, je prend un CDS pour m’assurer contre mon propre défault, je fais défault et j’empoche deux fois la mise. Elle est pas belle la vie!

  38. La fille muette c’est l’âme, le tissus vivant du monde, la sensibilité, l’imaginaire et la création mais aussi une douce chaleur enveloppante.
    Désormais elle est seule et doit faire face au grand Tyrannosaurus rex de retour sur terre, lui, c’est le cerveau reptilien, il réduit la terre en lambeaux, en boue, en merde, étant son discours totalitaire au quatre coins, exerce sa mégalomanie, sa folie, grand prédateur bien sûr.

    Elle est muette mais elle pense, elle essaye de comprendre et au final juge froidement les faits et gestes du bon père de famille qui vont bien au-delà de la simple irresponsabilité, car déjà elle sait qu’elle devra en subir les graves conséquences profondément dans sa chair. Même sort pour ses frères.
    Elle est là, présente, mais ce n’est pas elle qui a peur.

    De ses noirs méfaits, le roi nu comme un vermisseau aura à répondre un jour et à une heure non fixée au calendrier. Quand bien même celui-ci pourrait être son propre père, disons plutôt qu’il portera ce masque.
    Voilà, l’histoire continue, et elle est tragique.

  39. nombre de vous se posent la question des montants du shadow banking:

    récemment lu dans « Handelsblatt » :46 Billionen Euro, rund das 90-fache der bundesdeutschen Steuereinnahmen des Jahres 2010,

    en fr. 46 billions €, soit 90 fois les rentrées fiscales de l’Allemagne en 2010.

    Faudra bien se chauffer l’hiver prochain

  40. Pourquoi on (nous, avec nos petits bras) ne crée pas une banque coopérative ?
    Une banque éthique européenne de dépôt pour les particuliers, comme il en existe une au niveau italien par exemple, je veux parler de la Banca popolare Etica Scpa (http://www.bancaetica.com).
    D’ailleurs, cette dernière avait en projet de créer une structure en droit européen la réunissant avec FIARE (Espagne) et La Nef (France), mais j’ai l’impression que c’est en « stand-by »…
    Alors pour quelles raisons ? D’où vient le blocage ? de la Banque de France ? des institutions européennes ? des lobbies bancaires si actifs à Bruxelles… un mystère que, pour ma part, je voudrais bien voir éclairci !
    Bref, je suis comme M. Cantona, je voudrais retirer mon argent de la banque actuelle où il est ! Je voudrais faire avancer le schmilblick !

  41. Un grand merci M. Jorion d’avoir « tué » enfin ce mythe « du bon père de famille » qui m’insupportai au plus haut point.

  42. Merci Mr Jorion, ce n’ est pas toujours évident de faire de la vulgarisation, mais quel régal pour vos lecteurs!

  43. Un article très clair , merci beaucoup ! J’ai eu quand même besoin de lire l’article jusqu’au bout pour comprendre « une position nue » .

  44. @ Paul Jorion

    J’ai une question.

    Si les « bons pères de famille » peuvent le faire sur des pays avec les CDS, ils doivent bien faire de même avec les obligations d’entreprises, non?
    Après les Etats, les bons pères de famille s’attaqueront aux entreprises, enfin ce qu’il en restera?

  45. monsieur Jorion c’est ma premier participation poussé par se super sujet des cds ,cette explication des cds est schématiquement claire mais es possible plus de détailles car les autres explications sur le net ne sont pas très clair voir évasif ,je voudrais si possible éclairer ma lanterne sur le terme d’argent crédit créer par les bank a partir du crédit lui même .
    merci beaucoup et bonne continuation

  46. Mais n’est-ce pas là précisément comportement de « bon père de famille « avisé que d’assassiner l’Euro , congénitalement monstrueux et engendré pour asservir les Peuples auxquels l’a imposé la kleptocratie élitiste parée de MBA et de diplôme de l’ENA ?

    Evidemment une amputation est douloureuse mais empêche la propagation de la grangrène brune à tout l’organisme .

    N.B.: les nombreux contributeurs philosophes trouveront là matière à disserter : une orthodoxie ( l’ ultralibéralisme ) porte toujours en elle le germe ( les CDS ) qui putréfiera son talon d’Achille aprés avoir bourgeonné et proliféré de son excès puisque vanité et cupidité humaine sont sans borne .

  47. Bonjour.

    Je pense qu’il y a une incompréhension sur les CDS à nus.

    CDS à nus ne veut pas dire « acheter une garantie sur un risque que je ne possède pas ».

    Un investisseur achète une oblig et va se couvrir chez B en achetant un CDS. B porte désormais le risque sans avoir les obligs. Donc B va acheter une couverture (un CDS) chez C. B a donc acheté une couverture sur un risque qu’il porte; bien qu’il ne soit pas titulaire de l’obligation. Idem pour C, maintenant que C porte le risque il va se couvrir chez D en achetant encore un CDS.

    Etc…

    D’où la différence couverture brute vs nette.

    On a vu d’ailleurs avec le cas grec qu’il a fallu une bonne année pour que tout le monde aille se couvrir dans tous les sens du défaut. Et la couverture nette était faible (un peu plus de 3 milliards).

    Les CDS nus sans que l’acheteur porte le risque sont finalement assez marginaux.

    1. Donc, c’est une sorte de cavalerie où celui qui est le dernier de la chaine paie lors du défaut ?
      Les autres intervenants n’étant que des intermédiaires ?

      1. c’est comme la tva qui se propage jusqu’au dernier acteur , le consommateur . celui ci paie les tva cumulées des précédents

      2. En gros; sauf qu’ensuite on prend en compte la double défaillance :

        si l’emetteur de l’oblig fait défaut et si le vendeur du CDS fait lui aussi défaut, et bien l’acheteur initial a payé pour une couverture inefficace.

        on joue aux dominos.

        Encore une fois on voit avec le montant de la couverture nette que les CDS à nus purement spéculatif (acheter le CDS sans porter le risque) représentent des montants ridiculement faibles; au moins sur le cas grec.

      3. Ce qui compte – vous serez d’accord – ce ne sont pas les volumes absolus des CDS, c’est le rapport relatif positions nues / positions de couverture. C’est pour cela que j’insiste toujours sur le fait que la seule chose qui compte pour les volumes, c’est simplement qu’il existe un volume minimum. Mais vous verrez des commentateurs qui vous calculent la proportion des montants notionnels des CDS par rapport à la dette du pays, ou que sais-je encore, comme si cela pouvait jouer un rôle dans la détermination du montant de la prime.

        Si vous avez les chiffres, pour la Grèce et pour l’Espagne, soyez gentil de les communiquer, ça nous permettra de déterminer quel est le poids de la composante spéculative dans la détermination du montant de la prime du CDS.

      4. Bonjour.

        la seule info disponible facilement est ici, ils donnent la position nette; donc non couverte :

        http://ftalphaville.ft.com/blog/2012/03/09/916791/isda-greece-credit-event-there-is/

        « According to the Depository Trust & Clearing Corporation’s CDS data warehouse, the total net exposure of market participants who have sold CDS credit protection on Greek sovereign debt is approximately $3.2bn as of March 2, 2012.

        The net cash payout on CDS when a credit event occurs is the face amount of the CDS contract less the recovery value of the underlying obligations as determined at a CDS auction. For example, if the CDS auction showed the recovery value of debt to be (hypothetically) 25%, the aggregate amount payable would, in Greece’s case, be 75% of $3.2bn: $2.4bn. »

      5. Par contre nous n’aurons jamais le rapport nombre de positions spéculatives / nombre de positions vendues;

        Outre le fait que les CDS soient OTC; une banque d’investissement ne dévoilera jamais publiquement sa stratégie de couverture (rapport entre quantité d’obligs couvertes sur quantité d’obligs achetées); idem pour le nombre de CDS vendus / achetés.

      6. Surya, le raisonnement est juste mais seulement en partie. Vous oubliez que les acteurs en présence sur ce marché sont très peu nombreux, les grandes banques en fait, et s’entendent parfaitement pour se couvrir mutuellement et manipuler à leur guise la prime de Cds et donc la prime de risque du sous-jacent.
        En fait, pour reprendre votre exemple, on peut dire que votre acteur D (voire aussi le C) est virtuellement inutile. C compense son exposition en achetant, à nu évidemment et à prime supérieure, un nouveau Cds à B, qui lui même se réassure auprès de C, etc. Le tout fait grimper la prime de risque sur le sous-jacent, à nu et avec des montants notionnels et des expositions (sans parler des liquidités sollicitées.. ) ridicules au regard de l’encours des obligations assurèes.
        Ex sur la dette grecque pour laquelle le notionnel brut des Cds ne représentait pas 10% de la dette de marché et le net à peine 1%…

      7. Bonjour.

        Je ne pense pas que ce soit aussi simple : tout le monde achète des CDS; outre les banques d’investissements (qui les vendent et donc en achètent) vous avez aussi chez les acheteurs des hedge funds et la plupart des compagnies d’assurance (AIG – CDS Lehman tout ça…); une bonne partie des dettes publiques étant couvertes par les assureurs dans les supports épargne (assurances vies / fonds €); les compagnies d’assurances font aussi partie du jeu (et il y en a beaucoup)

        D’ailleurs Groupama aurait du se couvrir un peu plus…

        In fine, tous les acheteurs potentiels de CDS sont ceux qui vont aussi acheter de la dette sur le marché secondaire; et vus les volumes sur les marchés des taux; à côté la bourse ou le forex sont bien plus petits…

      8. Surya, d’abord, même OTC, on considère que le dtcc traite 75% du volume des Cds (source Fmi), pas tout à fait peanuts et l’épilogue grec a eu valeur de confirmation.
        Ensuite si l’on admet que l’exposition nette représente la proportion du notionnel brut constituée par des couvertures réelles (plus fatalement quelques acheteurs à nu « purs ») et que cette exposition nette sur Cds souverains ne dépasse pas les 10 à 20%, alors on peut considérer qu’au moins 80 à 90% du marché des Cds souverains sont constitués d’acheteurs à nu « de fait » ou « impurs » – puisque sans position gagnante en cas de défaut, même si cette exposition brute ne représente elle-même qu’une faible part de l’exposition du marché au risque obligataire concerné.

      9. tout le monde achète des CDS

        Ah bon ? Vous croyez ça ? Vous avez vu la composition de l’ISDA ? Expliquez nous comment les grandes banques internationales sont-elles ultra-dominantes sur ce marché ? Pourquoi les notionnels bruts sur Cds sont-ils si faibles par rapport aux dettes sous-jacentes si tout le monde s’assure ? Pourquoi Groupama comme vous dites ne s’est pas couvert ? Pourquoi les notionnels brut comme net des Cds sur une dette diminuent lorsque les premiums comme la prime du risque sur le titre sous-jacent explosent, i.e lorsque l’on s’approche du défaut (cf le cas grec en 2011) ? Etc.
        Quant au marché des dérivés de taux, c’est encore autre chose, bien plus considérable que les dérivés type Cds, et là oui les assureurs sont en première ligne avec les banques.

      10. Bonjour.

        « Vous avez vu la composition de l’ISDA ? »

        L’ISDA est composé des acteurs majeurs vendeurs de CDS. N’importe qui capable de contractualiser avec un vendeur peut acheter un CDS (hedge funds; assureurs…)

        « Expliquez nous comment les grandes banques internationales sont-elles ultra-dominantes sur ce marché ? »

        Parce que ce sont sans doute les seules à avoir la taille critique pour vendre le risque (vous iriez assurer des milliards d’obligs auprès du crédit mutuel ?)

        « Pourquoi les notionnels bruts sur Cds sont-ils si faibles par rapport aux dettes sous-jacentes si tout le monde s’assure ? »

        Tout le monde PEUT s’assurer. La stratégie de couverture est la responsabilité exclusive de l’investisseur (se couvrir à un coût). De plus quand un investisseur a peur; il a le choix entre acheter une couverture et vendre ses obligs sur le marché secondaire.

        Pour moi les CDS sont un faux problème.

        Y a-t-il eu des abus ? Oui.
        Est-ce un instrument de couverture légitime ? de mon point de vue oui; au même titre qu’un contrat à terme ou une option.

        Pourquoi interdire les CDS sur les dettes publiques ? on devrait interdire aussi tous les dérivés sur les dettes publiques. Et pourquoi se limiter aux dettes publiques ? Pourquoi ne pas interdire les swaps sur les matières premières tant qu’on y est 😉

        Un CDS est un dérivé comme un autre (je ne crois pas que l’invention des swaps soient récentes, c’est vieux de quelques siècles…).

        Tuez les dérivés et vous tuez le marché secondaire. Et par ricochet le marché primaire.

      11. Pourquoi interdire les CDS sur les dettes publiques ? on devrait interdire aussi tous les dérivés sur les dettes publiques. Et pourquoi se limiter aux dettes publiques ? Pourquoi ne pas interdire les swaps sur les matières premières tant qu’on y est

        Par souci de simplicité, nous prônons ici l’interdiction de la spéculation.

      12. « je ne crois pas que l’invention des swaps soient récentes, c’est vieux de quelques siècles… »

        Les archéologues de Chicago ont aussi découvert des swaps fossiles, à côté des traders préhistoriques sur le marché primaire des silex déjà mentionnés. Cela tend à démontrer que s’il y a homme, il y a marché et puis que s’il y a un marché primaire, il y a un marché secondaire, et inversement. Et aussi que le Nutella est délicieux, et inversement.

      13. Comment faites-vous la différence entre spéculation et couverture ?

        Croyez-vous qu’il y aura un seul acheteur de dette publique s’il n’y a plus de couverture disponible ?

        C’est dingue, vous prétendez sur un autre sujet que j’enfile des perles alors que l’existence des marchés secondaires et dérivés s’enseigne en première année de finance d’entreprise. je pense qu’il vous manque cette notion :

        http://en.wikipedia.org/wiki/Hedge_%28finance%29

        Reprenons donc les bases :

        « A hedge is an investment position intended to offset potential losses that may be incurred by a companion investment. In simple language, Hedge (Hedging Technique) is used to reduce any substantial losses suffered by an individual or an organization.

        A hedge can be constructed from many types of financial instruments, including stocks, exchange-traded funds, insurance, forward contracts, swaps, options, many types of over-the-counter and derivative products, and futures contracts. »

        Rappelons aussi que Black-Merton-Scholes ont eu leur prix nobel d’économie pour leur formule qui permet sous certaines conditions strictes de donner le prix d’une option, ce vil instrument spéculatif qu’il faut interdire d’urgence.

      14. Surya, vous appelez ça des réponses ? Il semblerait que vous n’êtes pas très informée mais très péremptoire en la matière spéculative. Je vois sur un autre fil que, pour le moins, vous ne feriez pas preuve d’un extrême empressement pour promouvoir l’interdiction d’accès au terrain de jeu des produits dérivés et autres couvertures aux purs spéculateurs, faux fournisseurs de liquidité/vrais liquidateurs. On comprend dès lors bien mieux votre angle d’attaque.
        PS : les quinze membres de l’ISDA sont censés représenter évidemment tous les acteurs du marché des dérivés, acheteurs comme vendeurs. Je me permets de vous rappeler la liste des votants du comité qui statua sur les Cds grecs : Bank of America-Merrill Lynch, Barclays, Credit Suisse, Deutsche Bank, Goldman Sachs, JPMorgan Chase Bank, Morgan Stanley, UBS, BNP Paribas Société Générale, Cital Investment Group, D.E.Shaw Group, BlueMontain Capital, Elliott Management Corporation, PIMCO.

  48. Je me joins à mes camarades pour saluer cet article qui pour être lumineux, n’en est pas moins teinté d’humour. Merci et chapeau!
    Je ne vois rien à ajouter…

  49. Bon, finalement c’est de nouveau Sédan… (on disait Sédan au 19ème siècle)

    Il nous faut tout de suite :
    – déjà chasser Cousin-Montauban, comte de Palikao, cet imprudent recrute et arme le peuple et la basse extraction dans la garde-nationale pour défendre Paris…
    – installer le gouvernement des Jules avec Jules Trochu à sa tête (participe passé de trop choir…) qui se méfie du peuple plus que des prussiens, saboter l’action de Gambetta et attendre…

    Le problème : est-ce qu’on est prêt pour la Commune (cette bonne chose mal faite comme disait Hugo…) ?

  50. « Nightcall »

    Plus qu’un « jeté » de texte
    dans cette « strange nave »,
    c’est une précieuse égide.
    Celle que j’attendais…
    La cuirasse du « Real Hero ».
    Sur l’épaule, il nous faut la porter
    C’est l’égide à la main, qu’Athéna
    donna courage à Héraclès pour
    aller combattre « Cycnos »…

    CYCNOS, Guerrier qui dépouilla les pèlerins.
    ATHENA, Déesse de la sagesse et des armes, sortit
    toute armée et « casquée » de la tête de Zeus, en poussant
    un immense cri de guerre… … Aller … à chacun le sien !

  51. Si j’ai bien compris, je vais continuer à jouer au LOTO, car je sais que c’est un jeux et ne m’attend pas à gagner…

    ….alors que votre « TRUC », ça a l’apparence d’une assurance mais ce n’est qu’une probabilité de paiement dont on ne maitrise rien !

  52. Excellent ! Ce travail pédagogique des techniques de la finance est bien plus efficace que les anathèmes mal ciblés.

  53. « bonus » pater familias est un latinisme d’usage courant dans les milieux juridiques (civil: famille patriarcale) . Je pense qu’il pensent plutôt au latin et aux « bonus ».
    Pour le droit romain, le père avait le droit sur la vie des enfants.

  54. Gagnant-gagnant sur le dos d’un tiers exclu : le perdant !
    Dois être plus « bas de plafond » que la plupart d’entre vous, parce que je m’arrache encore les cheveux à essayer de comprendre ce que PJ nous explique. Ne serait-il pas plus simple de considérer (et d’admettre) que les règles et les lois demandent de respecter les conduites et les intérêts… criminels de la planète ? Que nous sommes intentionnellement collectivement piégés par les institutions internationales (abandon forcé des souverainetés nationales, entre autres).
    La mafia et le grand banditisme m’ont toujours semblé (dans une certaine mesure) moins dangereux que ce que Paul Jorion décrit : une criminalité ordinaire, quotidiennement et minutieusement organisée, bien à l’abri de recours judiciaires puisque la justice même, autorise (accompagne donc cette criminalité) voire protège de tels montages… criminels.
    « Le bon père de famille » serait le socle fondateur, l’image archétypale à l’abri de laquelle tout un tas de sévices (mais si, mais si) nous sont imposés. Au nom précisément de la morale… du « bon père de famille » ?!
    Mais comment se fait-il que l’argent soit devenu une arme de… destruction massive ? Une façon d’organiser les affaires du monde sur le même modèle que celui des camps de concentration. Sans barbelés ni miradors, les populations sont amenées de la simple pauvreté à la… misère la plus extrême. Mais qui a vu ou entendu le vol de roquettes au-dessus de nos têtes ? Personne ! Toutes ces manœuvres et autres complexités de montages et de règlementations ultra-sophistiqués ne sont que l’ingénierie d’une exploitation qui s’intensifie et se radicalise : la preuve par la Grèce, puis par l’Espagne… après-demain la France !!?
    Ce que je vois aussi dans les systèmes décrits c’est comment on peut s’enrichir sans cesse, précisément en ne payant jamais ses propres dettes mais en les transférant sur ceux qui n’en font pas.
    « Je me sens responsable, mais pas coupable » disait Georgina Dufoix au lendemain du scandale (et du crime) du sang contaminé. Georgina était sûrement… un « bon père de famille ».
    Normal que les « bons pères de famille » de la Finance se sentent toujours très responsables mais jamais coupables des crimes dont ils bénéficient. Puisqu’ils en sont précisément les bénéficiaires. D’une certaine façon, le seul fait « qu’ils gagnent » (toujours plus) place ceux qui perdent en position de « coupables ».
    Ils sont les héros du modèle (prédateur) qui nous est imposé globalement.
    Pensez donc : le Principe de Réalité est de leur côté. La preuve par « les » Crises. Sauf que ces crises ne sont pas une fatalité mais qu’elles sont organisées… expertement (« La stratégie du choc » de Naomi Klein) .
    Ils sont les Winners et nous les Loosers.
    Ce qui est beaucoup plus curieux et infiniment plus inquiétant c’est : qu’est-ce qui fait que les institutions, y compris judiciaires soient à leur service ?!

    Désolée pour ce long billet (d’humeur). En fait, j’aimerais vraiment comprendre ce que PJ a expliqué « de façon lumineuse » et « simple » pour beaucoup d’entre vous.
    Je me suis aussi souvent demandée pourquoi Jorion n’intervenait jamais sur certains plateaux TV auxquels certains autres experts sont abonnés ? Pourquoi d’autres Analystes en d’autres secteurs n’arrivaient pas à fédérer leurs voix pour ENFIN casser les cercles vicieux dans lesquels nous sommes de plus en plus enfermés/piégés ?
    Petit clin d’œil : Jorion a aussi de… bon pairs, en d’autres familles de pensée !? Pourquoi ne s’associent-ils pas pour lutter contre ces « bons pères de famille » au cœur de nos sociétés (devenues) criminelles !?

  55. Ce qui me chiffone, c’est la cupidité de ce bas monde. Que l’on prenne une assurance pour un défaut de remboursement alors que l’on a prété une somme, je suis d’accord. Mais quel esprit retord a bien pu imaginer prendre une assurance sur le défaut de payement de la voiture de mon voisin. C’est pousse au crime comme un viager. C’est là que çà me gêne. Quand les banques ont demandé des autorisations pour commercialiser des produits financiers de ce type, il aurait fallu dire STOP là. MAis visiblement les lobbys sont très forts.

    1. « Mais quel esprit retord a bien pu imaginer prendre une assurance sur le défaut de payement de la voiture de mon voisin ». (écrit ça se pourrait)
      Mais je n’arrive vraiment pas à comprendre ni l’esprit ni le « comment ça fonctionne ». La seule idée qui me vient c’est le cas de ces tueurs un peu spéciaux qui (par exemple) prennent une assurance à leur propre bénéfice sur la tête d’individus qu’ils connaissent à peine, puis organisent les accidents mortels grâce auxquels ils pourront percevoir les primes de l’assurance souscrite sur la tête des pauvres bougres (cas réel : de très vieilles dames Américaines très très charitables prenaient bien soi de SDF. Les dorlotaient, les hébergeaient, les nourrissaient. Puis… les tuaient!).
      Si je prends une assurance sur « le défaut de paiement de mon voisin pour sa voiture », je tire profit (spécule) de sa… faillite supposée ?!). Donc j’ai tout intérêt à ce que mon voisin ne rembourse pas sa voiture !? Donc, c’est un système qui organise les conditions optimales pour que les personnes (ou groupes, collectivités, entreprises…) tombent.
      C’est un système financier qui affame intentionnellement : c’est du canibalisme puisque derrière il y a des populations dont certaines catégories ne pourront jamais s’en sortir. Elles sont comme ces bancs de poissons engloutis par les filets géants des pêcheurs industriels.
      Moi pas comprendre!
      Parce que plus qu’un « pousse au crime », moi j’y vois un crime. C’est une organisation de la société selon des règles criminelles.

      1. c’est pour çà que j’évoquais aussi le cas du viager. Pour moi c’est la même mécanique de profit au dépend d’autrui. Certains rétorqueront que c’est simplement du commerce. Le fait même de pouvoir parier/spéculer sur la faillite ou défault de quelqu’un , et de par ce pari, faire qu’il puisse encore moins réussir est pour moi nauséabond. C’est l’esprit même d’être à la fois comme juge et parti sur une affaire qui me chagrine. Les lois de la finance sont ainsi faites, et visiblement mal faite (si on se positionne comme un quidam).

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