Présidentielle il faut que ça change ! Un candidat antisystème pourrait-il sauver l’écosystème ? par Jean François Le Bitoux

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Un candidat antisystème pourrait-il sauver l’écosystème ? C’est loin d’être évident tant les mécanismes de la bureaucratie divisée en multiples strates au sein d’un millefeuille tout puissant sont incompatibles avec l’approche holiste et humble de toute analyse écologique qui révise continuellement la hiérarchisation des priorités pour entretenir une biodiversité en fonction de l’évolution des milles paramètres subis. Le cauchemar de la gestion du marais poitevin est la caricature de ce que même une ministre de l’écologie ne peut pas faire. L’entretien écologique d’un site se fait en réponse à des conditions locales qu’aucun jacobinisme ne mettra en équations, encore moins en décrets.

Il est de bon ton pour un candidat à une élection de tenter de se démarquer du prédécesseur en prétendant mieux gérer un « système » qui aura abouti à la situation dénoncée. Mais il est délicat d’être plus précis. De quel « système » une candidature peut-elle se prétendre « l’antisystème » ? Certes par le passé, des élections ont pu être faussées par des manœuvres déloyales. Et force est de constater que ces pratiques ont dévalué la représentation démocratique qu’il s’agisse d’élections dans les partis politiques, les syndicats ou ailleurs. Et que même lorsqu’un referendum national disait « Non », quelques tours de passe-passe politiciens et administratifs suffisent à le muter en « Oui ». Tant qu’il ne sera pas possible de dénoncer et de corriger ces privilèges, il sera plus difficile de faire croire que démocratie, citoyenneté et république aient du sens.

Tocqueville avait souligné que bien des situations et des privilèges d’anciens régimes se sont maintenus par-dessus les révolutions du fait des lourdeurs conservatrices de la société. Paul Jorion estime que c’est le capitalisme, idéologie et religion maîtresse du monde, qui est responsable des pathologies écologiques qui s’accumulent sous nos yeux et nombreux sont ceux qui partagent cette hypothèse de travail. Il est pourtant une structure particulièrement conservatrice qui est peu prise en compte alors qu’elle est autant représentée dans le public que dans le privé, c’est la bureaucratie.

Les millefeuilles administratifs sont des structures conservatrices qui résistent à bien des vicissitudes. Sont-ils alors capables d’accompagner une « révolution écologique » ou au contraire sont-ils conçus et organisés pour ne pas répondre à cette urgence tandis que « le monde brûle » et que « nous regardons ailleurs » ? Dans ce cas quel candidat, quelle nouvelle constitution sauront réguler un millefeuille administratif plus conservateur encore que le capitalisme !

La gestion du Marais poitevin accumule les contradictions, étouffée par des dizaines d’organismes publics et privés, tirant à hue et à dia, là où une gestion holistique est indispensable. Qui plus est, la gestion devrait incorporer les espaces maritimes de son bassin versant car ils sont également soumis aux erreurs de régulations terrestres de saison en saison. Les sous-systèmes locaux et régionaux reçoivent des ordres contradictoires et personne n’a l’autorité suffisante pour retrouver une cohérence holistique sans laquelle l’écologie n’est que puzzle incompréhensible.

Il se trouve qu’il existe un candidat antisystème qui vient d’être élu à la présidence d’une démocratie de référence, Donald Trump. D’entrée de jeu, mieux que ses prédécesseurs et collègues à travers le monde, ce président a su mettre des mots sur des pratiques largement partagées mais contraires aux fondamentaux de la Démocratie, de la République et des Lumières : il conte des « faits alternatifs » et détruit en peu de mots deux siècles de construction démocratique patiente à l’aide de « vérités alternatives » qui correspondent à sa propre religion ou idéologie, foin de toute réflexion approfondie. Nul n’avait osé conceptualiser, théoriser ou essentialiser des concepts et des idées aussi peu « factuels ». Son prédécesseur G. W. Bush s’était contenté d’écrire l’Histoire, avec une grande hache, selon son point de vue personnel dénommé « celui du vainqueur », à l’aide de mensonges. D. Trump a fait un grand pas de plus dans cette direction et il va être délicat de faire marche arrière.

Sociologues, philosophes et intellectuels aiment à souligner que la Démocratie reste un concept en devenir et qui doit donc progresser. Frédéric Worms compare la démocratie à un organisme vivant et comme tout être vivant, elle subit des tensions internes et externes qui la maintiennent en plus ou moins bonne santé ; elle est aussi susceptible de subir des affections ou des pathologies qu’il faut prendre au sérieux, savoir traiter et même prévenir. Toutes populations animales et végétales subissent des lois naturelles et des fluctuations de résistance qu’il faut accompagner afin de prévenir les situations de stress : c’est de la prophylaxie. Tout agriculteur ou éleveur respecte ces programmes pour renforcer la santé de l’écosystème et de ses protégés, et travailler de manière fiable et durable. Ne peut-on pas envisager que démocratie et écologie, régies par un ensemble de lois naturelles et humaines, répondent aux mêmes précautions et mêmes exigences ?

Mais les meilleurs systèmes administratifs souffrent d’une incapacité d’autocritique et d’appréciation de l’efficacité de leurs résultats, faute de savoir prendre du recul sur leur activité. Or tout système vivant évolue et s’use, ce qui épuise plus ou moins vite son efficacité selon les conditions d’exploitation et les dérives internes tolérées. Joseph Tainter, anthropologue de l’histoire, constate l’effondrement de civilisations à travers le monde et les âges, et il les attribue à une complexité croissante des tâches administratives que la bureaucratie qui a assuré leur succès au début, dépassée par ses propres contradictions et faute de savoir se corriger, devient progressivement incapable de maîtriser.

En analysant des catastrophes de Challenger (1986) et de Columbia (2003), Diane Vaughan constate qu’il ne s’agit pas « d’accidents » mais de « fautes professionnelles et d’erreurs cumulées de gestion », issues de l’organisation du travail au sein de la NASA. Les titres de ses publications résument sa dénonciation : « Les effets des systèmes : au sujet des dérives incontrôlées, de modélisations inopportunes et de l’apprentissage à partir des erreurs. » (2005) ; « Le côté obscur des organisations ; fautes, méconduites et désastre » (in Annual Review of Sociology, 25 (1999) : 271-305). Il existe sur ce thème des dizaines de rapports et de documents officiels qui constatent les ratés par « aveuglement interne et officiel » des bureaucraties privées ou publiques qu’elle regroupe sous le concept de « Normalisation de la déviance ». En France, le témoignage de l’historien Marc Bloch sur les causes de l’effondrement de la France en 1939/40 (L’étrange défaite) participe de cette approche. Jean François Deniau ne dit pas autre chose quant à l’entrée en guerre de 1870 puis de 1914 (« Le mépris enthousiaste de la réalité », dans « Le bureau des secrets perdus 1998 »). Michel Crozier avait déjà signalé le côté pathogénique puis pathologique de bien des situations bureaucratiques et leur incapacité à s’auto-réformer. Tous ces auteurs constatent que ce sont des dérives chroniques tolérées, partagées un temps, puis cumulées, qui construisent des situations catastrophiques qui attendent d’être révélées par quelque « stress » extérieur. Les crises financières de notre époque relèvent des mêmes pratiques.

Certes l’anthropologie comme l’épidémiologie constate l’étiologie multifactorielle de toute fonction ou dysfonction. L’origine d’un dysfonctionnement subtil est difficile à qualifier avec précision ; il peut évoluer selon une succession métabolique qui commence par une pratique utile et coopérative ou « saprophyte » vers un processus « opportuniste », avec parfois une tendance « parasite ou pathogénique », qui peut devenir par répétition, « pathologique » voire « épidémique » selon le terrain et les résistances locales. Ces termes issus de la microbiologie décrivent une évolution fréquente de bactéries communes. Ces germes contribuent à épurer les déchets, complétant ainsi le cycle de toutes matières organiques (Pasteur), mais quand l’environnement se modifie (augmentation de la densité des populations animales ou végétales, carences nutritives, etc.), certaines souches se spécialisent, deviennent de plus en plus efficaces par opportunisme et s’attaquent à des organismes affaiblis (pathogènes légers ou chroniques) puis par mutation et sélection deviennent en quelques semaines ou mois, des germes capables de se transmettre à d’autres organismes.

Les pathologies qui sévissent dans les écosystèmes aquatiques marins (mortalités conchylicoles multiples, perte de biodiversité, marées vertes ou rouges) et d’eau douce (proliférations d’algues bleues toxiques) en France et dans le monde entier (croissance continue des zones de mers mortes) suivent ces schémas évolutifs. Ce sont certes des dérives d’étiologie multifactorielle mais leur étiologie est avant tout « sociétale » du fait du non-respect des lois et des techniques sanitaires élémentaires ou par transgression de lois, de décrets sanitaires et administratifs non appliqués par ceux-là mêmes qui sont censés les faire respecter. Sans se rendre compte des erreurs en cours, tous finissent par « tolérer et multiplier des insuffisances factuelles et les considérer comme normales ». Cette expression revient à plusieurs reprises dans les enquêtes sur Challenger et sur Columbia car elles expriment le manque de professionnalisme de « responsables » à tous les niveaux. Par esprit de groupe et d’entre soi, il se construit dans le secret des clans, des excuses à tous les niveaux des échelles de responsabilité, jusqu’à ce que la catastrophe survienne. Tous les acteurs impliqués dans l’activité sont donc aussi responsables les uns que les autres des tragédies en cours et à venir. Comme nul ne fait d’autocritique « pour conserver son statut », en conchyliculture cela fait 150 ans que ça dure.

Ces pathologies écologiques d’étiologies multifactorielles et partagées deviennent de plus en plus fréquentes à travers le monde mais aucune administration, ni politique ne les prennent au sérieux avant un désastre. Il paraît douteux qu’aucun candidat n’entreprenne de tels travaux dignes d’un Hercule moderne. Les mécanismes sociétaux et administratifs en jeu sont similaires à ce que décrit Diane Vaughan, mais la survie des animaux suit des lois plus exigeantes car simplement « naturelles ». Aucune posture, aucun consensus, compromis ou atermoiement ne corrigeront les manquements des acteurs. La disparition d’entreprises artisanales fait moins de bruit que l’explosion de Challenger. La présence de bactéries ou virus est normale et leur prolifération ainsi que celles d’algues toxiques ne font que profiter d’une situation écologiquement dégradée. La seule manière d’en limiter l’impact et de les prévenir est de réviser puis de restaurer la santé de l’écosystème dans son entier. Y-a-t-il quelqu’un qui soit en charge de ce problème d’intérêt général ? Ne pas respecter quelques lois écologiques fondamentales accélère le passage à la phase microbienne et le quotidien de l’éleveur consiste à en ralentir l’arrivée !

Anthropologues et sociologues ont constaté l’effet structurant et régulateur (esprit de corps, de clan) qu’exerce un système sur le comportement des individus qui le constituent. Qu’il s’agisse de groupes privés ou publics, une bureaucratie les structure et les fait vivre et en constitue un « corps » qui s’affranchit de l’intérêt général pour mieux organiser sa propre promotion et ses intérêts particuliers. Aujourd’hui, dans la mesure où au niveau politique le plus élevé, c’est l’intérêt des entreprises qui priment, il va devenir de plus en plus difficile de faire valoir ce qui serait « l’intérêt général » de citoyens dispersés. Chacun sait ce qu’il lui reste à faire pour faire avancer une cause d’intérêt général : s’organiser en groupe d’intérêt !

Dans ce blog, Philippe Soubeyrand a souligné combien la situation climatique mondiale est grave et s’aggrave de jour en jour, lourde de catastrophes déjà enclenchées. L’anthropologue aussi annonce des temps difficiles et souligne que les efforts des « colibris » ne suffiront pas à changer quoi que ce soit. Il faudrait au moins des autruches, voire des manifestations de troupeaux d’autruches, pour faire bouger l’inertie des « systèmes politiques ». De manière empirique, tant qu’on n’est pas capable de résoudre des problèmes locaux, techniquement peu complexes mais enlacés dans un champ administratif inextricable qui en ignore les mécanismes structurants, dénoncer des problèmes multinationaux est perte de temps. Par contre, après une démonstration réalisée à une échelle de centaines ou de milliers d’hectares, il devient possible de passer à une échelle supérieure. Même si cela ne ralentira en rien la fonte des glaces, cette meilleure connaissance du terrain permet d’affronter et prévenir certaines catastrophes avec efficacité et confiance.

La question d’actualité est donc : un candidat à l’élection présidentielle « antisystème » dispose-t-il de l’autorité et des engrenages indispensables pour sauver l’écosystème ? Il est de bon ton dans un document traitant de la bureaucratie de citer Max Weber qui prévient qu’une « société dominée par des organisations imbues d’une autorité politisée légalisée» (= bureaucratie) souffrira de conséquences négatives ». Ce pessimisme wébérien a été confirmé par maints auteurs. On peut constater qu’il existe un côté obscur et secret des bureaucraties qui d’une part ne participe pas au processus citoyen démocratique et qui ne sont pas conçues pour embrasser les problèmes écologiques de manière holiste. A l’heure où les politiques se sentent plus proches des marchands du temple par nécessité « pragmatique » et que les citoyens développent une « sensibilité écologique » pour mieux vivre, un candidat antisystème devra dépenser beaucoup d’énergie pour défendre notre écosystème et repenser les responsabilités des systèmes administratifs et écologiques qui appartiennent à des mondes culturels si différents.

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71 réflexions au sujet de « Présidentielle il faut que ça change ! Un candidat antisystème pourrait-il sauver l’écosystème ? par Jean François Le Bitoux »

  1. « Candidat anti-système » est un oxymore. La participation au système produit de facto sa légitimation. Un anti-système devenant candidat devient également du même coup pro-système puisqu’il en accepte l’une des composantes, qui par définition ne peut être considérée indépendamment du reste, le système étant défini comme « construction cohérente ». Isoler un élément, c’est supprimer la cohérence de l’ensemble et donc remettre en cause la notion même de système. Trump n’est ainsi certainement pas anti-système, il en est même au contraire l’un des plus purs produits.

    Par ailleurs, l’éventualité de détruire le système de l’intérieur est du même ordre que la démolition d’un bâtiment depuis son intérieur : Seul un fou ou un suicidaire s’y risquerait, par conséquent l’anti-système qui œuvrerait de l’intérieur du système pour le détruire y renoncerait vraisemblablement dans un soucis de survie personnelle, pour y être ensuite lentement mais surement phagocyté.

    L’abolition du système ne peut ainsi être envisagée qu’après s’en être extrait, cette extraction pouvant d’ailleurs en elle-même suffire en tant que démonstration d’une alternative possible, encore faut-il que les personnes encore « branchées à la matrice » voient cette alternative en tant que telle et pas comme la n-ième bizarrerie de quelque original en mal de reconnaissance dans une période apparemment globalement insensée.

    1. Tout à fait d’accord, il est impossible de se débrancher complètement : n’avons nous pas 60 % de gènes en commun avec l’huître et 30 % avec le bananier …. ou « Comme le scorpion, mon frère » depuis le temps que je voulais placé ce poème sur ce blog – https://www.youtube.com/watch?v=xF8MOz4ruGI

      Je ne serais d’ailleurs pas étonné que cela ait été déjà fait !
      Pro et/ou anti-système ? C’est à la fois l’oxymore et le raccord possible de référence commune.
      Rappelez vous le conseil de l’oncle Albert : « On ne se sortira pas de l’impasse dans laquelle nous sommes entassés en utilisant les méthodes qui nous y ont conduits. »

      1. @Jean François Bitoux

        Au contraire, il est tout à fait possible de se débrancher à peu près complètement du système et cela se fait d’ailleurs assez couramment dans certains contextes.

        Le problème est qu’en fin de compte, peu de monde y est réellement disposé de bon gré ou n’en est même capable, pas même chez les « antis-système » autoproclamés (peut-être même encore moins chez eux) car cela revient purement et simplement à entrer en clandestinité.

    2. Message dissonant aux constituantionnistes en herbe et en campagne :

      Un anti-système devenant candidat devient également du même coup pro-système puisqu’il en accepte l’une des composantes

      1. Tiens puisqu’on en est à souligner la dissonance, la denière page de se sondage ne dit pas la même chose que les intentions de votes :

        http://www.commission-des-sondages.fr/notices/files/notices/2017/mars/8353-pres-bva-pqr.pdf

        Mélenchon ressort apprécié comme le plus honnête, le plus sympathique après macron, inspirant autant confiance que macron, apportant presque autant de réponse aux préocupations et défendant autant les valeurs que macron (seulement 1%). Si les gens votent en fonction de ces critères on aurait un second tour Macron Mélenchon, or les intentions de votes sont bien différentes. Alors, redressements? inconséquence des électeurs? paradoxes spatiaux temporels? Que sais je?

      2. @DUP

        « Mélenchon ressort apprécié comme le plus honnête, le plus sympathique après macron, inspirant autant confiance que macron, apportant presque autant de réponse aux préocupations et défendant autant les valeurs que macron (seulement 1%). Si les gens votent en fonction de ces critères on aurait un second tour Macron Mélenchon, or les intentions de votes sont bien différentes. Alors, redressements? inconséquence des électeurs? paradoxes spatiaux temporels? Que sais je? »

        Le plus probable est tout simplement que ce sont en grande partie les mêmes personnes qui trouvent Macron et Mélenchon honnêtes, sympathiques, défenseurs des valeurs.

        Ceux qui ne sont pas d’accord votent davantage pour un Fillon ou une Le Pen.

        A noter aussi qu’il ne suffit pas de trouver quelqu’un sympathique ou honnête pour en faire le dirigeant de son pays.

  2. Jean-François,

    Sur le flanc pessimiste, il est à craindre que seuls les systèmes qui ont une faible efficacité et de ce fait n’existent qu’avec beaucoup de marge (« slack » en anglais : du gaspillage apparent, disons) évitent le blocage rapide des bureaucraties et n’ont que des blocages « lents ».
    C’est un peu le choix de dame nature : la photosynthèse ne dépasse pas les 0,4% d’efficacité, plus souvent 0,1% (cd David Mc Kay Withouthotair ou amides.fr), et qui plus est les feuilles rejettent pour la plupart la radiation la plus abondante du soleil, j’ai nommé le jaune-vert (soleil = corps noir à 5500 K, maxi vers lambda= 550 nm). Les feuilles préfèrent utiliser un mécanisme avec un peu de bleu et de rouge pour faire leur emplette énergétique, et rester au frais le reste du temps (si elles absorbaient très bien le vert en visant de hauts rendements, elle crameraient trop facilement ?).

    On en reviendrait du coup au principe des « Communs » de Dardot et Laval, ou du tribunal des eaux de Valence qui est une petite boussole en la matière (commune) : une juridiction faite par des pratiquants.
    Si l’on compare à nos juridictions les plus délirantes mais bien légales, comme celles de comparution immédiate où l’on fait l’abattage du voyou black-beur ordinaire (cf. l’affaire du passage à France Culture d’une bande audio d’audience finalement coupé, ressorti sur MediaPart), on se dit que la « justice des quartiers », entre eux, garde aux yeux des intéressés une forme de justice certes violente, mais à sa façon « instituée » au nom de ceux qui pratiquent la même violence qu’eux. Sans nier l’asservissement qu’est le côté féodal de la protection individuelle de type mafieuse dans un tel cadre, on s’explique au moins ainsi son efficacité maintenue sur des décennies.

    Il serait sans doute intéressant de voir si l’éco-système en gestation avancée que constitue la toile des smartphones obéira dans son ensemble (ou localement dans ses « régions ») à l’une ou l’autre logique : soit la bureaucratie qui transforme les mots et s’en hypnotise (au hasard le mot « ami », suivez mon regarde d face : bouh) , soit un monde plus léger (quand ami ne voudra plus rien dire, on y sera me direz vous), dans lequel l’action sur la réalité ne se fera qu’avec une belle et bonne inefficacité, mais se fera là où cela se passe et non pas là où les mots, règlements et autres outils du status quo ont fait abcès de fixation.

  3. « Seuls les systèmes qui ont une faible efficacité évitent le blocage rapide des bureaucraties et n’ont que des blocages « lents ». C’est un peu le choix de dame nature. »

    Tout est donc effectivement une question d’énergie et de cinétiques de réaction pour agir et réagir !

    A cette heure, le silence du débat en cours – merci Timiota – est bien un signal fort qu’il faut aussi prendre en compte et même en conte ! C’est simultanément du qualitatif et du quantitatif car tous, à chaque instant, nous fonctionnons selon ces deux approches. Toute « médecine » curative, préventive et prophylactique, est à la fois Art (= qualitatif, holiste) et Science (= quantitatif, réductionniste) pour forcément revenir à l’étape précédente, même par des voies de traverse souvent imprévues. Et les choses ne semblent avoir guère changé en 2500 ans si j’en crois le message de l’anthropologue/philosophe/psy : « Que nul n’entre ici, s’il n’est géomètre » et « à chacun selon son statut ».

    Le résumé du billet est double. D’abord, en s’engageant dans une bureaucratie, chacun s’engage à suivre les règles de la strate d’accueil sans prendre de recul sur ses activités, ni sur la qualité de ce qui se fait, au-dessus, en dessous, à droite ou à gauche : on reste strictement la tête dans sa case, pour ne pas faire d’ombre à quiconque. Ce serait sacrilège et quand on touche le sacré, tous les coups sont permis !
    Comme corollaire structurant, cette inertie interdit toute idée de changement : une bureaucratie ne supporte pas l’innovation.
    Ailleurs dans la société, quelques esprits rêvent et attendent de la « Recherche » des solutions aux problèmes qu’ils accumulent en regardant ailleurs. Mais simultanément « ils » organisent l’écosystème et sélectionnent des esprits qui sauront éviter de les remettre en question…
    Au cœur d’un tel niveau d’inertie et de siècles de « savoir-surtout pas faire » au plus haut niveau – et « un président ne devrait évidemment pas dire ça ! » – essayez donc de sortir de l’impasse où « ils » nous enferment ?
    Côté anthropologie et pathologies chroniques et multiples de la modernité, ce choix n’est donc pas neutre. Ce n’est un signal faible ou masqué mais une inertie structurante et régulatrice du non-changement, sur laquelle nous sommes consultés.

  4. Claude Lefort critique drôlement la démocratie, la place vacante du pouvoir en démocratie.
    La démocratie, qui est par excellence le régime anti-totalitariste, sépare la souveraineté et le pouvoir, l’État et la société civile, laisse le pouvoir à une place vacante.
    La souveraineté du peuple en démocratie est en attente d’un gouvernement, d’une représentation qui peut la mettre en œuvre. Parce que la souveraineté est celle du peuple et non pas celle d’un souverain, aucun représentant ne pourra légitimement se croire identifié au souverain. Tout au plus pourra-t-il la représenter. La démocratie dés-identifie véritablement le pouvoir et le souverain. Le gouvernement ne peut avoir qu’une fonction transitionnelle et transitoire.

    Il faut que la place du pouvoir reste vacante pour que le peuple reste souverain, et pour que les gouvernements redoublent d’inventivité et de créativité afin de garder vivant le désir de la démocratie.

    Ce n’est pas juste un être vivant, mais aussi un inconscient avec ses manques et désirs à combler ou nourrir.

  5. Ce billet fait bien comprendre comment l’intelligence anthropique à la fois subjective et objective est mal armée pour voir la réalité derrière la détermination réciproque du sujet par l’objet. Quand il s’agit d’appréhender la réalité dans ses totalités possibles, il est très mal vu de se singulariser en questionnant la logique du système par quoi justement la réalité fait système pour ceux qui tiennent la place. La religiosité féroce exclut toute alternative pour ne pas avoir à délibérer le possible, ni offrir le réel, ni répondre à la question de l’autre semblable.

    1. Jusqu’au moment où le réel s’est tellement éloigné de ce que les gens en place pensent qu’il est pour que la dissonance devienne trop criante pour être ignorée.

      A ce moment, n’est-ce pas d’ailleurs souvent, plutôt que l’analyste à la vue longue, l’enfant innocent, et réaliste parce que n’ayant pas encore intégré les codes de ce qui se dit et se pense, bref l’enfant naïf, qui s’exclamera tout à coup que « le roi est nu » ?

    2.  » Ce billet fait bien comprendre comment l’intelligence anthropique à la fois subjective et objective est mal armée pour voir la réalité derrière la détermination réciproque du sujet par l’objet. Quand il s’agit d’appréhender la réalité dans ses totalités possibles, il est très mal vu de se singulariser en questionnant la logique du système par quoi justement la réalité fait système pour ceux qui tiennent la place. La religiosité féroce exclut toute alternative pour ne pas avoir à délibérer le possible, ni offrir le réel, ni répondre à la question de l’autre semblable. »
      PSDJ.

      Hé ! Il fallait que cela fût dit et cela fut dit ! Merci PSDJ ! Ah ! Mamma mia !

  6. Nul besoin de sauver l’écosystème, il n’est pas en danger, une fois notre espèce éteinte il se rétablira sans problèmes. En raisonnant sur comment maintenir l’écosystème on arrive toujours à la conclusion : en disparaissant. Le raisonnement Ecologiste est biaisé du fait que c’est le problème qui se pose la question. On à trop souvent la propension à penser que l’écologie c’est comment rétablir l’écosystème à l’état antérieur à nos dégats alors que la véritable question est comment maintenir un écosystème viable pour notre espèce malgré les dégats passé et avenir que le maintiens de nos conditions de vie implique.

    1. Exact, c’est pas un écosystème plus ou moins « naturel » lambda qui nous intéresse mais un écoanthroposystème aux dynamiques évolutives viables (j’appelle ça le Jardin parce que ce qui fait le jardin c’est la clôture, la limite), bientôt presqu’entièrement administré, de façon plus ou moins bureaucratique, le seul genre d’écosystème d’ailleurs qu’on connaisse sous nos latitudes depuis quelques millénaires.

    2. Eu… même avec toutes ces centrales nucléaires et ces produits chimiques de toutes sortes déversées par centaines de milliers de tonnes ?
      Je suis d’avis que l’écosystème n’accueillera plus que les micros organismes et insectes ultra résistant pendant très longtemps.
      Peut etre que je me trompe

      1. Et le scandale du monoxyde de dihydrogène ? Qui parle du monoxyde de dihydrogène, pourtant partout présent, tueur en masse, ubiquitaire et silencieux ?

      2. H²O n’avait pas connu une telle dégradation de sa qualité depuis qu’elle a fait naître la life, depuis que le monde est monde depuis le bing et le bong depuis que la terre est rondeu.
        Faut pas s’inquiéter, à par pour se refroidir, les beauxrots s’en tape.

      3. @ Vigneron

        « Et le scandale du monoxyde de dihydrogène ? »

        C’est la dose qui fait le poison.

        La dose de plutonium et autres actinides à longue durée de vie n’est heureusement pas si considérable, même dans le scénario catastrophiste de leur dispersion totale.

  7. Un grand merci pour cette mise en perspective : à vous, DUP ( pas si dupe évidemment) de développer, svp… : )))
    C’est quand même ce que j’essaie de constater dans une première adaptation réussi de nos techniques d’agricultures et d’élevages mais qui touchent aujourd’hui à de nouvelles limites « organiques » – donc limites de l’écosystème Gaïa – et j’attends de quelques très hauts responsables une même prise de conscience dans tous les domaines sociétaux, notamment de l’économie: c’est sans doute utopique ?

    1. Désolé mais je ne saisi pas vraiment ce que vous me demandez de développer. Vous parlez d’adaptation réussie (pas vraiment : il ya eu des famines jusqu’à l’avènement de l’agriculture productiviste et maintenant on est dans le gaspillage effréné) et de nouvelles limites (lesquels? qu’ont elle de nouveau?) Qu’appelez vous l’écosystème gaia? La terre avec ou sans les humains? Le concept du Jardin de Vigneron est assez judicieux mais ça fait de nous des animaux domestiques 🙁 pas sur que ce soit possible ni même souhaitable. Ça rappelle le meilleur des monde avec un jardin fermé et une réserve de sauvages au dehors.

      1. Je l’ai déjà utilisé souvent , mais je refais cette citation à propos du jardin , et plus précisément de notre rapport à la nature :

        « La distinction entre les deux types de vie matérielle, celui qui consiste à piller la nature et celui qui la transforme…. correspond à quelque chose de très profond  » ( Jean Cazeneuve , l’Ethnologie , 1967).

        Et transformer sans détruire , c’est un système ( au moins depuis Lavoisier ).

  8. Je crois qu’on confond trop souvent démocratie et état de droit
    C’est particulièrement vrai aux US en ce moment, mais c’est vrai aussi chez nous

    Nous ne sommes pas en démocratie, et sans doute la démocratie est impossible à grande échelle (quand il est impossible à une personne du groupe de connaître tous les membres du groupe)

    1. Même à deux , c’est difficile comme certains couples en témoignent .

      Mais c’est vrai que la démocratie ne commence qu’à trois .

      Ceci étant , s’agissant d’état de droit , il y a un droit qui est démocratique et un autre qui ne l’est pas ou plus .

      1. Non Juan, trois c’est déjà trop, rappelle toi Clemenceau, « pour décider, il faut un nombre impair de personnes, et trois c’est déjà trop. »

      2. En fait, la démocratie commence concrètement au-delà de quatre citoyens. Car la démocratie est la pratique vérifiable de l’égalité des droits. En plus du tiers qui propose le droit réel entre deux citoyens quelconques il faut toujours un quatrième pour intermédier dans la réalité commune la loi énoncée par le tiers entre deux. Il y a bien quatre axes de causalité dans la réalité délibérable d’Aristote : la complétude et la réciprocité des causes impliquent que dans chaque passage de la puissance à l’acte, un citoyen se charge d’un et d’un seul axe de causalité afin que la réalité justement droite soit vérifiable à tous et pour tous.

      3. Bon . On dira que PSDJ se place après la décision , et Vigneron avant . Merlin II , je ne sais pas .

        Mais j’en reste à mes deux dernières lignes de 18h56 .

      4. @DUP :

        Disons que Brassens faisait partie de la bande assez répandue et uniforme de celles et ceux qui ne veulent pas être dans une bande .

        Je replace ici mon anecdote alimentée par mon propre parcours de fonctionnaire ayant navigué dans cinq départements et trois pays différents .

        Partout où je suis arrivé ( je dis bien partout ) , dès mes premiers contacts institutionnels ou privés avec les représentants ou population locaux, la première chose qu’on m’a dite et affirmée , c’est : vous êtes sympathique , positif et plein d’expérience ( fermé le ban) , mais il faut que vous compreniez bien que nous , ici , on n’est pas comme les ailleurs que vous avez connus .

        Ce à quoi je répondais qu’ils avaient à la fois raison et tort , et pour les plus « coincés » , j’ajoutais : « c’est en me disant ce que vous me dîtes que vous me démontrez le contraire « .
        Les plus cons ne comprenaient rien . Les autres souriaient , et toujours on a pu faire du bon boulot ensemble .

        Et je crois que Brassens aurait souri .

    2. @MerlinII
      « Nous ne sommes pas en démocratie,.. »

      Démocratie sous entends, une constitution qui organise la séparation des pouvoirs, législatif, judiciaire, exécutif.
      Or, notre bien mal nommé « Constitution européenne » met ses trois pouvoir dans une même assemblé, non élue :

      — — — Article 17 du TUE — — —
      1. La Commission promeut l’intérêt général de l’Union et prend les initiatives appropriées à cette fin.
      – Elle veille à l’application des traités ainsi que des mesures adoptées par les institutions en vertu de ceux-ci.
      – Elle surveille l’application du droit de l’Union sous le contrôle de la Cour de justice de l’Union européenne.
      – Elle exécute le budget et gère les programmes.
      – Elle exerce des fonctions de coordination, d’exécution et de gestion conformément aux conditions prévues par les traités.
      À l’exception de la politique étrangère et de sécurité commune et des autres cas prévus par les traités,
      – elle assure la représentation extérieure de l’Union.
      – Elle prend les initiatives de la programmation annuelle et pluriannuelle de l’Union pour parvenir à des accords interinstitutionnels
      — — — — — — — — —

      Effectivement, dans ses conditions, nous ne pouvons être en démocratie.
      Peut on dire dictature pour autant ?

      1. @Julien Alexandre
        C’est bien ce que je me refuses à croire aussi, mais j’aimerais une argumentation plus construite, qui arrive à me convaincre avec la raison.
        Merci d’étayer l’argumentation dans ce sens.

      2. Vincent, c’est toujours compliqué qu’une pensée irrationnelle est irrationnelle. Comme le temps est compté, faisons simple, indiquez-nous plutôt en quoi l’Europe s’apparenterait à une dictature et on déconstruira.

      3. Tellement « mal nommée constitution européenne » qu’il n’y a guère plus que certains de ceux qui l’ont annihilée en tant que constitution par leur vote qui persistent à nommer ainsi ce qui n’est plus qu’un traité européen. On est d’accord, rien de tel que les plus mal placés pour mal nommer, rien de tel que ceux qui furent dans l’erreur pour persister dans leur être.

      4. — En tapant « dictature’ sur google :
        Une dictature est un régime politique dans lequel une personne ou un groupe de personnes exercent tous les pouvoirs de façon absolue, sans qu’aucune loi ou institution ne les limite. La dictature est donc synonyme de régime autoritaire.
        — — —

        Avec une pensée rationnelle, on est plein dans le mile !
        Plus j’y pense, moins j’arrive a m’en défaire.

      5. Précisément pas Vincent : les contre pouvoirs et limitations sont légions, c’est même le principe de fonctionnement de l’UE. Et c’est surtout comme toujours une belle illusion de croire que quoi que ce soit se décide contre les États membres, lesquels exercent le seul vrai pouvoir discrétionnaire : celui du Conseil européen, là où se prennent et se défont toutes les décisions.

        Ton bonimenteur le sait bien, et c’est bien à dessein qu’il ment éhontément pour trouver une justification à son « Frexit » à la con…

      6. 1) Je conclut donc que tu est d’accord avec la premier partie de la phrase :
        « … un régime politique dans lequel une personne ou un groupe de personnes exercent tous les pouvoirs … »
        Ce que j’ai moi même mis du temps à réaliser, et que je note comme une mal façon originelle découlant des traités précédant et incarné par Walter HALLSTEIN, un juriste NAZI, 1er Président de la Commission Européenne.

        2) Tu conteste par contre la réalité de la fin de la phrase :
         » … les pouvoirs de façon absolue, sans qu’aucune loi ou institution ne les limite.  »
        en disant
         » les contre pouvoirs et limitations sont légions, c’est même le principe de fonctionnement de l’UE »
        Permet moi trouver ce principe de fonctionnement assez aberrant. Ça me fait penser à une voiture qui n’aurais comme seule commande que le frein droit et le frein gauche.
        Depuis Montesquieu, on à fait mieux.

        Dans les fait, quelques exemples:
        Exemple1 : Les OGM en grande culture ( 90 % des français n’en veulent pas.) ont fini par être imposé en France suite à des amendes de millier d’euro par jours de retard de retranscription dans la loi par nos députè.

        Exemple2 : L UE nous plaçant par sont article 42 « ..considèrent que leur défense commune est réalisée dans le cadre de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN).. » sous les forces de l’OTAN, nous somme embarque dans des guerre illégales au regard du droit international de L ONU qui sont en opposition avec la politique historique et les intérêts de la France et des peuples.
        Depuis quand on impose la démocratie à coup de Bombe et de Fanatique boostés au captation !

        Exemple 3 : Les traité TAFTA et CETA s’impose en catimini avec leur tribunaux d’arbitrages privé, non public et sans possibilité d’appel, qui vont permettre à des multinationale de mettre a l’amende des états qui aurais la mauvaise idée de vouloir protéger ses citoyens contre leur intérêt.
        Quid de l’état de droit ?
        et puisque les députée européens ne veulent pas le voté, on le fait passe en mesure temporaire.. en attendant qu’il se votent.

        Bernard Maris : L’économie c’est simple, c’est l’art de consommer ce que l’on produit.
        — — —

        Tu dis « le seul vrai pouvoir discrétionnaire : celui du Conseil européen, là où se prennent et se défont toutes les décisions. »
        Mais ses gens n’ont aucun compte à te rendre, ni à moi.
        je n’est toujours pas compris qui les désignait d’ailler !

        — — —
        Comment exprimer mon désaccord avec cette évolution a grand pas.
        Le « Frexit » à la con du bonimenteur est le seul contre pouvoir à ma disposition depuis le fond du Gers pour arrêter cette engrenage mortifère. 1 suicide d’agriculteur tout les jours, tout les jours.
        Peut être peut-on en parler sereinement sans moquerie stérile.

        Et puis ce ne sont que 3 traités ( TUE, TFUE, TAN) sur les 6600 qu’à la France a avec le reste du monde.
        Comment font les autres pays ?
        Peut on revenir à un fonctionnement normal ?

      7. C’est que de la rhétorique Vincent, sans intérêt. Demande à ton gourou pasquaien d’apprendre comment fonctionne l’Europe, ça nous évitera ses « conférences » pontifiantes à la mord-moi le neoud, conspirationniste à souhait et pas à un seul moment un tant soit peu « informées ».

      8. Mais de lui n’est pas la question ici, j aurais aimer parler du fond.

        Tu dis « le seul vrai pouvoir discrétionnaire : celui du Conseil européen, là où se prennent et se défont toutes les décisions. »
        je suis d’accord avec toi, mais peut on m’expliques ici comment sont nommé les membre du conseil ?
        Quelle sont mes levier d’action sur eux ?

        .
        .

      9. Comment ils sont nommés Vincent ? Ben par les élections dans chaque pays pardi ! Donc ton levier d’action est très simple : ton bulletin de vote à la prochaine présidentielle.

      10. 1 suicide d’agriculteur tout les jours, tout les jours.

        L’UE totalitaire extermine en silence nos paysans !
        Un pollueur de moins tous les jours, si seulement ça pouvait être vrai.
        Sérieux, et pourquoi donc les exploitants agricoles n’auraient-ils pas droit à se suicider autant ou plus que les artistes ou les salariés du secteur médico-social, je vous le demande ?

      11. Sans entrer dans la querelle, là, juste un mot au duo de porte-flingue : vous vous passez rhubarbe et séné dans des petites postures surmoïques qui finissent par agacer vraiment. Le camp du bien y a déjà Elisabeth Quin qui tient le rôle et elle a l’excuse d’être charmante. Vous pourriez par exemple vous contenter du point et laisser de côté les leçons, parce que cela rend très très stérile le blog et ses fils, de plus en plus une conversation à 4/5 (interrompu par les incessants hoquets de l’autre polygraphomane). Autre chose ; très très peu d’auto-critique ici (pas de la flagellation, des truc simples : j’ai parié que (puisque l’action c’est au final toujours un pari), je me suis planté etc. Moi perso je donnais Macron à 6% finissant sous les quibets… Non juste la pseudo-omniscience soit surplombante (Cercueil) soit ricanante (Fossoyeur) soit distante (L’écrivain), et qui finira à faire le vide autour d’elle.

        Nb : pour entrer dans la querelle, un truc quand même : vu la nature de son projet, soit l’Europe fait le job (= tient sa promesse efficacité économique / justice sociale, donc vire sa cutie culte du marché et de la CLENF [c’est pas justement un truc qui gênait fort en 2005 dans « ce qui n’est qu’un traité (bande de gros nazes) -le sous-texte est de moi-] soit elle nous ramène le pire du nationalisme (j’ai bien dit : elle, l’Europe-via le durcissement des conditions sociales et politiques (le pékin veut un job, à défaut veut au moins avoir le sentiment de se gouverner, surtout et d’autant plus quand les-dits jobs disparaissent en quelques mois d’une région pour s’implanter mille km plus loin -certains nomment ce constat « populisme »; c’est peut-êtr le cas ici??). Il faudra en dire autant de la démocratie (un a cité Lefort récemment), dont le formalisme procédurale exige en retour un contenu substantiel (c’est le noeud du problème aujourd’hui – quel contenu substantiel, donc quel prise sur soi et le monde) dans un contrat social effectif (sinon tout part en couille dès que la croissance mollit durablement, ou que le système productif mute brutalement). Sinon vous les aurez les cous épais sur treillis et rangers (et le vote « Macron par défaut au second tour pour sauver les meubles », elle s’en pourlèche déjà la blonde (ou sa nièce puisque le souchien a fait souche). Donc en l’état actuel des choses -de fait- tout, y compris l’U.E est sur la table.

      12. ‘ Comment ils sont nommés? Ben par les élections dans chaque pays pardi ! ! ‘

        ça m’a l’air plus complique que ça Julien.
        Aucun candidat n’a présenter son représentant au Conseil.

        Est t-il nommé par le président de la république, lui même ?
        La nomination ce fait elle avant des législatives ?

        Un connaisseur pourrais sans doute éclairer notre lanterne.

      13. C’est quand même tristounet Vincent qu’après t’être tapé des heures et des heures de conférences pour « démystifier » l’Europe, l’upériste en chef n’ait pas même réussi à te transmettre une info de base élémentaire : y a pas de « réprésentant » des candidats au Conseil européen. Y a les dirigeants, chefs d’État et de gouvernement, des pays membres.

        Donc non, rien de compliqué, que du limpide, simple, logique, affiché au grand jour, au su de tous : http://www.consilium.europa.eu/fr/european-council/

      14. Effectivement Julien, je pensais à la nomination des commissaires européens qui sont membre de la Commission européenne. Leur nomination reste un sac de nœuds :
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Commissaire_europ%C3%A9en#Nomination

        Mais pour en revenir aux chefs d’états qui sont membre du conseil européen (maintenant que j’ai bien compris)
        Tu dis :
        « … du Conseil européen, là où se prennent et se défont toutes les décisions. »

        Je rajoute :  » Dans la limite qu’autorise le TUE  »

        Par exemple, ils ne peuvent luter contre les vraies raisons du chômage qui sont dues aux traités européens, qui interdisent toute protection des marchés et qui autorisent toutes les délocalisations industrielles en mettant en concurrence frontale les salariés français avec les salariés de pays où l’on gagne 15 à 20 fois moins.
        Ni luter contre le rachat de la France par des oligarques ou fond pension étranger comme les domaines viticole, Barrage des pyrénéennes ou une aile du château de Versailles.
        Il est a noter que c’est une ouverture asymétrique puisque la réciproque n’est pas vraie. Impossible pour un français d’acheter un appartement en Chine ou au Cathare.

        — — — l’article 63 du TUE —(ex-article 56 TCE) — —
        1. Dans le cadre des dispositions du présent chapitre, toutes les restrictions aux mouvements de
        capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites.
        2. Dans le cadre des dispositions du présent chapitre, toutes les restrictions aux paiements entre les
        États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites.
        — — — — — —
        http://eur-lex.europa.eu/resource.html?uri=cellar:88f94461-564b-4b75-aef7-c957de8e339d.0010.01/DOC_3&format=PDF

      15. Vincent, ils peuvent faire ce qu’ils veulent. Si les 27 gus du conseil européen veulent un autre traité, ils le font en 6 mois. S’ils veulent bloquer la moindre proposition de la Commission, ils le font. Rien ne se fait sans, rien ne se fait contre le conseil et ses membres. Quand t’as compris cela, t’as compris pourquoi l’Europe n’avance pas davantage sur le plan social, politique et économique, et c’est bien à cause des pré-carrés défendus par chacun.

      16. « …t’as compris pourquoi l’Europe n’avance pas davantage sur le plan social, politique et économique, et c’est bien à cause des pré-carrés défendus par chacun. »

        Je suis bien d’accord, Julien, même 2 fois 28 unanimes, puisque qu’il faut qu’ils soit ensuite ratifier par les parlements de chaque pays.

        Les délocalisations ne gène pas les pays de l’est, l’optimisation fiscale ne sera pas remis en cause par le Benelux ….

        Chaque jour qui passent, c’est 800 personne qui passe sous le seuil de pauvreté, une usine qui ferme…

        On laisse faire, ou on sort sereinement, en bon thermes avec nos voisins, par l’article 50 du TUE, comme nos amis britanniques ?

        Perso, j’en suis arrivé à penser que c’est le bon moments pour récupérer notre souveraineté et notre démocratie avant que tout cet échafaudage s’écroule et que la France vole en éclats de Euro-Régions.

      17. Vincent, il faut être conséquent en ce cas. En cas de Frexit, non seulement il y aura autant si ce n’est bien davantage de délocalisations et de dumping fiscal et social, mais il faudra rajouter à la panoplie des périls les guerres de monnaie dévaluatrices et la spéculation sur les cours des change. C’était il y a 30 ans, pas 3 siècles. Il faut éviter d’avoir la mémoire courte.

        Il faut aller vers un changement des règles de vote à l’unanimité et les remplacer par des scrutins majoritaires pour dégager de vraies pistes européennes. C’est un chemin beaucoup plus praticable.

      18. Versailles château cathare. J’adooooore.
        Mais que fait Upinsky ? Comment l’upéroïde défenseur du Saint Suaire autant que des mathématiques, du château royal autant que de la souveraineté nationale et du souverain accent circonflexe, « la couronne de peuple » (sic), autant que de l’orthographe Grand Siècle laisse-t’il ses disciples dériver ainsi dans l’ignominie orthographique ?

      19. Le problème de la spéculation entre les monnaie risque en effet de revenir d’actualité, même si on en est pas complétement à l’abri, actuellement l’euro et passé de 0.9 $ à 1.6 $ puis 1.1$ en quelles année et personne ne s’en plain.

        Le dumping fiscal, social, environnemental peut être courbatue pas des taxe à l’importation au besoin.

        Pour ce qui est des délocalisations, François explique que le mot est apparu en France en 1993, juste après le traiter de Maastricht de 1992, du à la perte du contrôle des capitaux par la France (article 63 du TUE ou équivalent du TCE).
        Retrouvant ce contrôle, aucun risque la dessus.

        Quant au changement des règles de l’Europe en notre faveur, à force de promesse non tenu, je n’y crois plus, notamment à cause de la présence d’un fédérateur extérieur qui s’ingénie a mettre les battons des les roues.

        L’avenir dans l’Europe ressemble pour moi (si elle n’explose pas en vol ) par une intégration renforcé de tout les pouvoirs tenu par une oligarchie, consanguine, parlant le globich, dans la main des multinationale, traitant avec des grandes euro-régions : Occitanie, Brest, Catalogua, ,avec la perte du français et de la France, de ses fromages, de ses petites mairies et de toute notre identité.
        je ne m’y résous décidément pas.

      20. Plus que le  » Frexit » de 20100, Julien nous dit avec raison que :

        « Il faut aller vers un changement des règles de vote à l’unanimité et les remplacer par des scrutins majoritaires pour dégager de vraies pistes européennes. C’est un chemin beaucoup plus praticable. »

        Comment pratiquer ce chemin sans passer par l’unanimité ? Et le serpent se mordrait donc la queue non ?

        Il est possible qu’il faille mettre dans la balance l’avenir de l’UE fermement pour la tordre dans ce sens non ? Et à part la France ou Allemagne qui le peut ? Parce que comme le dit souvent Paul Jorion, avons nous vraiment encore le temps des fariboles ?

        Mais en élargissant la réflexion, pour le plaisir, à un niveau planétaire, serions nous encore partisan de scrutins majoritaires face à la Chine et l’Inde par exemple ? J’avoue que je ne sais pas personnellement. Pourtant comment faire autrement ? Comment ouvrir une brèche dans ce ciel sombre ?

      21. Si on ne répond pas concrètement à ces questions du comment on change le mode de fonctionnement de l’UE, si cela est possible, (puisqu’on voit que c’est bien in fine encore une Europe des nations actuellement qui a la main et non une UE en tant que tel) on va voir de plus en plus une grande partie des populations s’en détourner pour jouer perso avec leur nation.

        Julien l’UE peut-elle avancer sur ce point et comment ?

      22. Cloclo, ça dépend d’abord de la France. C’est elle qui a exigé ce modèle y’a 50 ans et qui l’a défendu depuis, contre l’Allemagne particulièrement.

      23. Ok ça dépend de la France !

        Mais comment ?

        Y a pas un véritable Européiste sur le blog qui puisse écrire un article balayant avec force ce sujet et qui propose des options claires et mobilisables rapidement ?

        On ne peut plus parler de la saint GlinGlin, parce que sinon, on finira par entendre que les anti malheureusement. Trop facile de renvoyer les anti par un simple revers de main.

    3.  » ça nous évitera ses « conférences » pontifiantes à la mord-moi le neoud »

      Exactement. Je plussoie. Donc, protégeons activement nos amis bipèdes et quadrupèdes. Evitons de mordre le neoud, le nez où, le bijou, le gnou, le hibou et même le genou (c’est gênant tout de même). Moins confortable mais plus ludique : il n’est pas interdit de se défouler et de mordre un caillou, même et surtout si il devient trop contrariant. Cela dit, quoiqu’en dise nos chèrs psychiatres et psy de tous poils (enfin ce qu’il en reste), c’est risqué; on ne mate jamais un caillou rebelle, on le respecte. C’est comme ça et je confirme. Propos validés itou par ma massette et mes ciseaux. My stone is beautiful. Caresse à la pierre taillée ou pas.

      Ah, et puis pierre qui roule hein…. ? comme dirait l’autre.
      https://www.youtube.com/watch?v=nAkMTu6q2pY

  9. Les règles qui sont source d’absurdité seraient consacrées par les droits de l’homme de 1789…

    La première: l’égalité. Concept qui mathématiquement est même douteux. Comme le fait remarquer Platon dans l’Apologie de Socrate, difficile de savoir si le deux est une unité à laquelle est ajoutée une même unité, ou s’il s’agit de la division de cette unité.

    La seconde étant la propriété, qui n’est que le pendant juridique de la notion de possession. Et consacrer la possession, c’est juste mettre sur un piédestal l’instinct de domination.

    Par suite, si la possession est consacrée, l’œuvre de cette déclaration des droits de l’homme ne peut être que celles des possédants… D’où troisième absurdité: la consécration du droit de la famille, de la filiation et de la transmission du patrimoine.

    Tout ceci camouflé par un système éducatif qui pose le curseur de la pauvreté… On y entre pour fuir la misère, et on en sort avec la le niveau de vie déterminée par l’éducation nationale. Bien souvent, les bienheureux descendants des possédants de l’Ancien Régime se trouvent être aussi sur les bancs des écoles élitistes de notre pays.

    La bureaucratie, juste un cadeau des bienheureux aux damnés de la terre, qui se féliciteront de pouvoir soigner leur paresse sans être vraiment blâmer.

  10. Marre de ce blog qui demande une discutions sur les programmes des candidats le ligue 2 et qui interdit que l’on pressente leur programme.

    Amis administrateur, merci d’afficher mon post précédent qui pressente la partie agricole et environnement du programme d’un candidat interdit de nomination ici.

    Sinon on est carrément tombé dans du grand n’importe quoi.

    Pour un blog qui revendiquait de faire les discutions qu’on ne pouvait faire ailleurs il n’y a pas si longtemps que ça, ça la fout mal, si je peut me permettre.

    1. @20100

      Les règles de ce blog sont claires, qu’on les pense judicieuses ou non.

      Si vous parliez bien comme je crois le deviner du candidat qui d’une part s’appelle François, d’autre part n’a pas de problèmes légaux – ce n’est pas que ses costumes soient vilains, mais il semble qu’il ne se les fait pas offrir 🙂 – il ne se situe pas dans l’arc Arthaud – Macron et n’est donc pas discutable ici.

      Cela dit, les sujets agriculture et environnement sont d’une part tout à fait intéressants en eux-mêmes, d’autre part peuvent être discutés sans référence à tel ou tel candidat particulier. Peut-être pourriez-vous reformuler la vôtre dans ce sens ?

  11. Remarque 1: vous posez une très bonne question: De quel « système » une candidature peut-elle se prétendre « l’antisystème » ? En fait deux questions sont soulevées: (a) quel est le système « ennemi » visé? (b) au nom de quoi l’auto-proclamé anti-système échapperait-il au système qu’il combat?
    Qui peut légitimement se prétendre anti-système? Selon moi, aucun des candidats à l’actuelle élection présidentielle, et surtout pas la candidate restante, pure représentante d’un système gouverné par des élites, et où les héritiers (merci papa!) tiennent le haut du pavé. Mais cela ne rend que plus importante la question: de quel système parlons nous?

    Remarque 2: on peut évoquer divers systèmes: un système économique (le capitalisme?); un système de gestion (la bureaucratie?); un système politique (la démocratie?); un système naturel (l’écologie?) etc. Il faudrait clairement désigner le système que l’on veut combattre. Il me semble que ce que les prétendus « anti-système » combattent aujourd’hui, c’est une modalité de fonctionnement politique (une façon de vivre, ou de faire vivre, la démocratie) qui éloigne de ce que serait une démocratie véritable, en créant une fracture entre « puissants » et « laissés pour compte ». Certes, une telle fracture est déplorable. Mais alors, faire croire qu’il suffit de se proclamer candidat des laissés pour compte pour abattre dans le même mouvement les puissants, et instaurer l’égalité, relève d’un simplisme réducteur, et de la plus honteuse et misérable démagogie.

    Remarque 3: je pense qu’il faudrait, dans l’axe de votre analyse (et de certains auteurs que vous évoquez), considérer la démocratie comme un système vivant… donc comme une réalité, bien plus que comme un concept! Système dont il y aurait lieu de préserver et de restaurer la « santé », par une vigilance de tous les instants, et la mise en œuvre d’actions de « régulation » (nouvelles lois, voire, pourquoi pas, nouvelle constitution), effectuées dans la perspective (seule salvatrice) des valeurs qui donnent sens et légitimité à la forme de vie démocratique, à savoir: le respect de tous les êtres humains, avec le souci d’en sauvegarder la dignité, en toutes circonstances.

    En résumé: le système démocratique ne trouve son fondement, et n’a d’avenir, que dans une perspective éthique.
    Charles Hadji

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