UNE DOUBLE FALAISE DE CRÉDIT

9 décembre 2011 par Paul Jorion | Print UNE DOUBLE FALAISE DE CRÉDIT

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

L’erreur la plus monumentale sans doute qu’avait commise la compagnie Enron était d’avoir inscrit délibérément ce que Solomon B. Samson, un analyste chez Standard & Poor’s, avait appelé une « falaise de crédit » à l’intérieur de son bilan (*). Au cas où sa notation de crédit était dégradée, Enron s’était engagée à compenser ses contreparties au prorata des pertes qu’elles devraient subir en conséquence. Autrement dit, si la situation financière de la compagnie se dégradait, elle s’engageait à augmenter les paiements qu’elle verserait à ceux qui lui avaient prêté de l’argent.

Eh oui : Enron s’était engagée à s’endetter davantage au cas où sa capacité à rembourser ses emprunts se détériorait. Autrement dit, une dégradation de sa notation de crédit la mettrait dans une situation financière telle qu’une nouvelle dégradation interviendrait inéluctablement, qui la forcerait à s’endetter davantage, qui… C’est cela une « falaise de crédit » : vous avez fait en sorte qu’un simple incident puisse vous faire tomber de très haut.

Ce soir, le site d’analyse financière Zerohedge attire l’attention sur une dépêche de l’agence Bloomberg tombée il y a quelques heures :

BNP Paribas SA (BNP), la plus importante banque française, a vendu des Credit-default Swaps sur la dette souveraine de la France pour un montant net de 1,5 milliard d’euros (2 milliards de dollars), selon des données collectées par l’Autorité bancaire européenne.

Le portefeuille des banques françaises contient de la dette souveraine française (des obligations). En cas de dégradation de la notation de la France, ces instruments de dette se déprécieront, et la valeur du portefeuille des banques françaises baissera. Si cette dépréciation devait être importante, l’État pourrait être obligé d’intervenir pour soutenir les banques en difficulté, ce qui pourrait encourager les agences de notation à revoir à la baisse la notation de (la dette souveraine de) la France, ce qui déprécierait encore davantage le portefeuille obligataire de ces banques…

Imaginons maintenant que ce qu’on appelle un « événement de crédit », déclencheur de « sinistre » sur un Credit-default Swap intervienne. Par exemple, que la France doive retarder le versement des intérêts sur un de ses instruments de dette. La chose est très peu probable, mais elle n’est pas impossible : par exemple, l’éventualité n’en était pas à exclure entièrement au début du mois d’août dernier aux États-Unis. Les banques vendeuses de CDS seraient alors obligées de s’acquitter du montant du sinistre à leurs assurés : la différence entre la somme qui leur avait été promise et celle qui leur a été effectivement versée. Or, dans un cas historique fameux, la compagnie d’assurance américaine AIG avait très mal calculé le risque auquel elle s’exposait du fait de CDS. La faillite de Lehman Brothers en septembre 2008 entraîna la sienne propre et c’est l’État américain qui, par le truchement de la Federal Reserve de New York, versa les 85 milliards de dollars auxquels se montait l’ardoise, une somme sans commune mesure avec les réserves qu’elle avait provisionnées.

L’État est garant ultime de ses banques. Une banque qui accorde des Credit-default Swaps sur la dette souveraine de son pays se met elle en position de garante ultime de celui-ci. La situation crée une double falaise de crédit : pour la banque et pour l’État.

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(*) Paul Jorion, Investing in a Post-Enron World, New York : McGraw-Hill 2003, page 181-193.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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110 commentaires

  1. Lisztfr

    Juste une petite réflexion : si la BCE acceptait de jouer le rôle de la FED, l’europe survivrait plus longtemps et sans inflation. Il suffit de maintenir les Etats sous perfusion, comme actuellement, sans inflation. Il ne suffit pas d’imprimer des billets out of thin air pour obtenir de l’inflation. Mais apparemment les allemands préfèrent une mort rapide.

    Entre un Etat qui émet sa monnaie et la FED qui rachète les dettes, le résultat final est le même et on ferait bien de moins se moquer.

    • « si la BCE acceptait de jouer le rôle de la FED, l’europe survivrait plus longtemps et sans inflation. Il suffit de maintenir les Etats sous perfusion, comme actuellement, sans inflation. »

      Avec la quantité de « il suffit de  » qu’on nous sort depuis 2008, c’est à se demander pourquoi la « Grand perdition », non seulement continue, mais s’envenime vertigineusement… y compris aux États-Unis, et malgré la Fed.
      Personnellement, je ne vois pas très bien en quoi la Fed sort les USA du marigot en faisant tourner la planche à billets. Ça, c’est la solution du désespoir, celle qu’on utilise quand tout est foutu. Et qu’on le sait.
      Tout ce que la Fed crée, ce sont de nouvelles dettes et cette année, l’oncle Sam est passé déjà deux fois au bord du cataclysme.
      Attendez encore un peu et vous verrez que le fruit blet, même américain, va finir par tomber.

      • kertugal

        « C’est ainsi que prend fin le monde, pas dans une explosion mais dans un murmure »
        T.S. ELIOT

      • liervol

        La monnaie mise en circulation reste en haut, c’est pour ça qu’il n’y a pas à l’heure qu’il est de l’inflation galopante, elle n’irrigue pas en bas, en bas on ne fait rien pour sauver ces salauds de pauvres ou de middle class encore trop riches par rapport à d’autres en Asie par exemple ou en Afrique. Au contraire à ceux là on leur fiche la rigueur en cerise de la crise financière made in USA

      • BasicRabbit

        ;@ Kertugal
        L’URSS a fini en implosant, dans un murmure. Notre société occidentale finira en explosant, dans le chaos.
        Dmitry Orlov l’explique à mon avis très bien.

      • alex

        Ça, c’est la solution du désespoir, celle qu’on utilise quand tout est foutu. Et qu’on le sait.

        Certes, mais c’est là que nous sommes. Un QE n’est pas une solution, mais un moyen de gagner du temps à moindre frais. Comme la FED reverse les intérêts perçus à l’état, les QE sont des emprunts à taux zéro. Et puis si ça fait baisser la valeur du dollar, ça leur permet de récupérer quelques emplois.

        Les USA jouent leur partition. En Europe, on ne fait rien, on aime bien être les dindons de la farce.

    • dissy

      Les Allemands ne veulent plus s’engager dans l’Euro, mais ne veulent pas en porter la responsabilité.Pour cela qu’ils ne veulent pas d’eurobonds, ni de QE de la BCE, ni transformer en banque le MES etc…tant que l’euro continue à exister sans trop leurs couter il resteront, ensuite…

      • liervol

        Les Allemands j’avais fait un post sur boursorama en 2008 sur Angela M qui courrait à la catastrophe de ne vouloir rien faire à l’époque et voilà nous y sommes, les banques allemandes de part leur excédent sont les plus exposées à la dette, la dette allemande ce n’est pas rien non plus et c’est un pays qui va perdre 30 millions d’habitants rien que ça à cause de la démographie, de plus si le mark revient adios la compétitivité de produits allemands qui étaient vendu en Europe à ces schlecht pays comme l’italie, ils vont pouvoir fermer les usines les allemands.
        Les déficits commerciaux des autres c’était les excédents de l’Allemagne et comme l’europe tire ses salaires vers le bas pour deux raisons pour vendre du crédit et pour faire que les peuples achètent les produits d’Asie en premier lieu maintenant que l’endettement est out, nous en sommes au même stade que les américains, nous n’avons plus de clients et ce n’est pas la petite centaine de millions de riches déjà suréquipé en Asie qui va faire marcher le commerce, les autres sont des esclaves qui ne font que survivre que leur propre gouvernement sacrifie sur l’hôtel du capitalisme préférant utiliser le dollar à acheter des bons du trésor plutôt qu’à construire des écoles entre autre.

  2. Cessons de réfléchir….
    Pour mieux faire, cessons carrément d’observer!

  3. Renard

    On vit ensemble, ou on coule ensemble !
    Putaing, c’est beau l’amour !

  4. JT

    Les taux espagnols et italiens à 10 ans sont remontés assez nettement après une nette détente (pour repasser aux alentours de 6.5% pour la dette italienne) :

    http://www.bloomberg.com/quote/GSPG10YR:IND

    http://www.bloomberg.com/quote/GBTPGR10:IND

    Déjà terminé l’effet du sommet européen ?

    • Youpla

      Pourquoi voulez-vous que les taux restent stables ?
      On sait que nos dirigeants paieront avec notre argent autant et aussi longtemps qu’il le faudra. Les prêteurs auraient tort de ne pas demander plus.

      • xynthiadevannes

        Naomi Klein…

      • RIOU René

        info du 01/12/11

        L’agence de notation américaine Egan-Jones a abaissé mercredi 30 novembre la note attribuée à la dette de la France à « A », cinq crans en dessous du « triple A » des trois grandes du secteur, Standard and Poor’s, Moody’s et Fitch.
        L’agence parie sur une intervention du gouvernement pour renflouer une ou plusieurs banques du pays d’ici à la fin de l’année. Elle a souligné « la propension de la France à soutenir ses banques », même si l’ampleur des problèmes chez celles-ci est « difficile à quantifier ».

        par Le Nouvel Observateur avec AFP

    • xas

      Alors Serge, une petite explication pour cette soudaine remontée des eaux pardon des taux italiens, le changement climatique ? L’effet sarkomel ? Une prise de liquidité pour les achats de noël ?

  5. Genetais

    Le lien : « attire l’attention » renvoie à un site qui pose l’information de al façon suivante : Evolution Securities Warns Of « Total Carnage And Meltdown » As European Bank Sales Of CDS On European Sovereign Debt Soar
    Submitted by Tyler Durden on 12/09/2011 13:18 -0500

  6. philippev

    Un peu hors sujet mais intéressant : Un rapport de la banque ING sur les implications de la disparition de l’euro et une estimation des dévaluations des différentes monnaies .
    Austria, Finland, Luxembourg and Netherlands devalue 7.5% against the new Deutschmark (DEM)
    Belgium and France devalues 15% against the DEM
    Ireland and Italy devalues 25% against the DEM
    Portugal and Spain devalues 50% against the DEM
    Greece devalues 80% against the DEM:

    http://www.ing.com/web/file?uuid=893cc270-8968-4602-8979-c35aab7714c5&owner=b03bc017-e0db-4b5d-abbf-003b12934429&contentid=14581

    • Sali

      Philippe,

      Que veut dire ceci : Belgium and France devalues 15% against the DEM

      Etant de belgique, j’ai vu énormément de Belge acheter des Bons d’Etat à hauteur de 5,7 milliards d’euro (5,7 milliards récoltés en bons d’état)

      P.S.: verront-ils un jour leur argent?

      • Je ne suis pas compétent pour poser un regard sur ce point. Cependant :

        >> mon arrière grand père, maréchal ferrant d’un village de charente limouzine, avait acheté des bons d’état juste avant guerre. Il avait de quoi s’acheter 3 fermes. A la fin de l’histoire, il n’avait plus que du papier.

        >> un historien invité à Ce soir ou jamais le soir ou Paul Jorion était invité précisait qu’à chaque fois qu’il y a eu des crises majeures, ceux qui s’en sont sorti sont ceux qui ont fait le choix de la terre et de la pierre, et que ceux qui se sont retrouvés en slip sont ceux qui ont épargné, investi, ou prêté.

        Moi qui vit également en Belgique, je me dis que reporter sur le peuple le risque plutôt que de le faire assumer par les financiers à qui on peut toujours dire d’aller se faire voir ensuite relève d’un énorme foutage de gueule (de la part de la gouvernance). Le tout avec gargarisme, enthousiasme, sans expliquer les risques, et en s’extasiant publiquement lorsque S&P les a appelé pour les féliciter (véridique).

      • Sali

        Bonjour Alexandre (sacha en russie),

        merci pour votre intervention d’autant plus qu’elle rassure mes croyances de néophytes. J’ai en effet été traité de fou et de « tu lis trop, tu écoutes trop » suite à la tentative d’expliquer les risques de prêter à l’état belge.

        Je me pose la question suivante. Si les citoyens veulent récupérer leur liquidité etant donné qu’il commence a comprendre le danger d’un non-retour. L’argent est-il blocké? Une guerre civile pourrait-elle se préparer chez nous?

      • Sali,

        J’ai peur que dans la mesure où rien n’est réglé sur le fond malgré un replâtrage dans le discours et vue la situation sociale de Bruxelles, déjà très limite (20% de chômeurs, 25% de jeunes chômeurs, beaucoup de richesse par ailleurs), des gros dérapages sont loin d’être exclus.

        Sans parler des risques liés aux bons d’état…

      • RIOU René

        @Alexandre le libraire

        Bien parlé l’ami…vous lisez donc les bons auteurs….

      • Finalement, et en grossissant le trait, le seul qui a payé après 2008, c’est Madoff ! Tu m’étonnes, il a osé s’en prendre au pognon des super riches ! Les autres -ceux qui ont pris le pognon des petits- sont passés au travers.

        Interpelant, non ?

    • izarn

      Reste à savior ce que vaudrai le DEM face au dollar…
      En effet s’il valait 15% de plus que l’euro, cela veut dire que la parité dollar/franc resterait identique!
      Or que je sache, ce n’est pas le DEM qui est monnaie d’échange internationale. Ce serait meme catastrophique pour l’exportation allemande en Europe…

    • Renard

      Lire l’étude jusqu’à sa conclusion :

      « But this is an omelette that cannot be readily unscrambled. As a result, our base case remains that EMU will survive (…) »

  7. zébu

    Fabuleux.
    Chapi (l’Etat) et Chapo (BNP) sont dans un bateau qui prend l’eau.
    Que font-ils ?
    Ils jettent par-dessus bord tout ce qu’ils trouvent pour réduire le débit de l’eau qui entre par le trou que Chapo a fait dans la coque du bateau.
    Chapi ne veut plus porter le Chapo.
    Alors Chapo veut jeter Chapi à l’eau, pour rester seul dans le bateau (qui coule mais qui coulera moins vite s’il reste tout seul dedans).
    Mais Chapi ne sait pas nager.
    Il s’agrippe au bateau.
    Et le bateau prend l’eau, de plus beau.

    Chapi va finir par en bouffer son Chapo, si ça continue …

    • zébu

      Et puisqu’on en est dans le surréalisme, restons-y :
      « Cinq nouvelles personnes, dont un responsable régional de BNP Paribas Personal Finance, ont été mises en examen à Marseille cette semaine dans le dossier Apollonia, vaste affaire d’escroquerie aux investissements immobiliers, a-t-on appris vendredi de source judiciaire. »

      Juste un responsable régional de BNP Paribas Personal Finance

      ‘Mieux’.
      Pour faire valoir leurs ‘droits’, les dites banques qui ont accordé ces crédits pour financer une escroquerie d’1 milliard d’euros (!!!) vont en justice pour réclamer la saisie hypothécaire mais en sachant que ce qu’elles utilisent sont … des faux !! :
      « Le parquet de Marseille a, par ailleurs, ouvert une information judiciaire contre X pour tentative d’escroquerie au jugement sur la base de plaintes de victimes surendettées. Poursuivies par les banques qui multiplient saisies et hypothèques en raison de leur défaillance financière, les plaignants s’indignent que les dossiers de prêt sur lesquels pèsent de larges soupçons de faux servent aux banques dans les procédures civiles, notamment devant les juges de l’exécution.
      « La banque, explique une victime dans sa plainte, utilise sciemment des faux dans les instances en cours pour obtenir des condamnations à notre encontre ». »

      Evidemment, il vaut mieux ne pas trop en parler …
      Ferait désordre, toutes ces banques qui ont contribué à financer une escroquerie immobilière, basée sur l’existence de niches fiscales et saisissent ces mêmes emprunteurs sur la base de faux en connaissance de cause.

      ‘xcusez-moi, j’ai Abdellazziz de Tripoli, au téléphone.
      « Oui, Abdelazziz, bon, tes RPG, tu me les fait combien par paquet de 5 ? »

      • C’est chatouilleux pour moi BNP…
        Ainsi vint un beau jour quand mon rituel directeur d’agence BNP fut remplacé.

        Le nouveau tout de go commença par bloquer la carte, suivant un certain découvert, qui devait à ce moment impromptu me servir à régler un repas entre coquins en affaires certaines…
        A la suite, en regard de ma lassitude, vint une faillite bien moins liée au fait que le même convoqua tous mes cautionnaires afin qu’ils ne reconduisent pas les cautions, mais vaguement quand même.
        Furent alors revendues, pour faire court, avec détachement les affaires en cours…
        Il arrive un moment ou on se demande pour qui on s’agite!

        J’appris, à cette occasion, que la politique maison(…de Paris), n’était plus à l’élargissement des autorisations de découvert, grassement payées entre connaisseurs, mais aux rentrées simplissimes mensuelles bonnes à prendre en algorithmes financiers.
        Ainsi me dissolus-je en stricte observation de l’injonction (…de Paris), et dus-je couvrir ma créance auprès la BNP.

        Le pire, c’est que ma dette était largement couverte par un placement en assurance-vie réalisé par délégation, grâce à l’ancien directeur d’agence auprès un organisme affilié BNP, et le drôle, c’est que le nouveau directeur l’ignorait…autant que moi!
        Ah! BNP!

      • Si j’ai bien lu sur le dossier Apollonia, ce sont des ménages aisés qui ont été entraînés dans un investissement immobilier supposé leur rapporter encore plus d’argent.

        Je ne peux pas les plaindre
        .
        Qu’ils apprennent donc à investir dans une économie réelle à l’avantage des citoyens et non bourgeois leurs commensaux

      • Renard

        @ zenblabla

        A lire votre mésaventure, elle me semble un parfait résumé de ce qui se déroule avec les banques elles-mêmes et les États. Un jour la confiance disparait et le créancier cesse de cracher au bassinet. Et on se retrouve à tout devoir liquider pour rembourser.

      • pierrot123

        HUm…Ce dossier « Apollonia » ne parait pas d’un abord si aisé…
        En fait qui a prêté, qui a emprunté, quel est le mécanisme fiscal mis en jeu?
        Et que recouvre exactement ce chiffre de 1 milliard d’Euros? Quelles sont les contreparties?
        A quel moment y a-t-il vol?
        Pour moi, bon naïf, cela n’est pas évident…

      • zébu

        @ jacqueline :
        certes, mais un vol et une escroquerie, même de bourgeois, reste un vol et une escroquerie.

      • @Renard!
        Si vous m’aviez bien lu, vous auriez lu qu’un beau jour le « débiteur », se lasse du créancier.
        Surtout quand le dernier se croit tel.;)))

        Ce qui, effectivement illustre parfaitement la situation….
        On ne peut tout de même pas s’échiner pour n’importe quel créancier!

    • zébu

      Une variante populaire de cette histoire dit que Chapi finit par foutre Chapo au trou, pour boucher la voie d’eau et histoire de lui apprendre ce qui arrive quand on fait des trous dans un bateau …

      Non mais.

    • Pierrot du Québec

      Et si Chapi est en fait « Big Brother », il y a une histoire qui se termine ici.(Pour LISZTFR du moins.)

      • louise

        Chapi Chapo !!???!!
        Ma fille m’a dit que, petite, elle trouvait ce truc flippant, mais à ce point !!
        :)

  8. dissy

    Standard & Poor’s fait toujours placer une menace sur la zone euro. Vendredi 9 décembre, l’agence de notation financière a annoncé qu’elle envisageait d’abaisser la note de la dette de 15 assureurs européens, dans la foulée de son possible abaissement des notes de 15 pays de la zone euro.

    Parmi les groupes concernés par ce possible abaissement de note à court terme figurent les français Axa et CNP, l’allemand Allianz, le britannique Aviva, la Caisse centrale de réassurance, l’italien Generali ou encore l’irlandais Irish Public Bodies Mutual Insurances.

    http://www.lemonde.fr/crise-financiere/article/2011/12/09/standard-poor-s-envisage-d-abaisser-la-note-de-15-assureurs-europeens_1616297_1581613.html

    • dissy

      Moody’s dégrade les notes de BNP Paribas, Société générale et Crédit agricole.

      http://www.lemonde.fr/crise-financiere/article/2011/12/09/moody-s-degrade-les-notes-a-long-terme-de-credit-agricole-et-bnp-paribas_1615908_1581613.html

      Quel festival en ce moment…tiens chez Fitch on est bien tranquille, bizarre cela ne va plus durer sans doute?

      Après une énième réunion des dirigeants européens dans la nuit de jeudi, Emmanuel Todd, intellectuel français, historien, démographe et politologue, était invité ce matin vendredi 9 Décembre 2011 sur BFM-TV. Il s’est exprimé sur la situation économique actuelle de la France et de l’Europe dans un langage que l’on n’a guère l’habitude d’entendre chez les médias mainstream …

      http://www.bfmtv.com/bourdin-2012-emmanuel-todd-actu20224.html

      • zébu

        @ Dissy :
        Oui, intéressant. Il reprend en fait depuis une dizaine de jours (depuis ses interviews à Médiapart et au Point) les mêmes antiennes, avec lesquelles il cogne médiatiquement à répétition depuis.
        C’est assez efficace.
        Ce que je n’arrive pas à comprendre chez lui, c’est qu’il effectue l’analyse sur la déflation salariale allemande, l’existence des déficits de balances commerciales en Europe et des excédents allemands mais qu’il n’a pas (à ma connaissance) une seule fois parlé du Bancor : est-ce par méconnaissance (ce qui serait étonnant mais pas impossible) ou est-ce par mépris envers Keynes ?

      • joli lapsus d’Emmanuel Todd définissant le mot « oligarchie » : le pouvoir du petit monde, au lieu de le pouvoir du petit nombre

      • Klaki

        Bonjour,

        Il y a une contradiction énorme chez Emmanuel Todd (personne que j’apprécie beaucoup ; j’essaye de ne rater aucune de ses interventions).

        Dans ce même entretien, il dénonce les ravages prévisibles, en cascade, de la rigueur. Et met tout ses espoirs dans l’élection de François Hollande qui a déclaré qu’il voulait « donner du sens à la rigueur »…

        Il y a comme une erreur, non?

        Cordialement.

      • tchoo

        E TOOD nous fait une fois de plus la démonstration du manque de courage face à ses opinions. il partage largement le constat de la situation avec JL Mélenchon et J Généreux, mais il appelle à voter Hollande.
        Aller comprendre!

      • un animal moins égal que les autres

        En commentaire à tous les commentaires sur les « contradictions », le « manque de courage », ou « l’ignorance » du Bancor de la part de Todd, ne pensez-vous tout simplement pas que Todd fait partie de ces « intellectuels » chez qui la conclusion logique de leurs analyses achoppera sans cesse par leur impossibilité intrinsèque à ne pas considérer comme « envisageable » un vrai bouleversement de société.
        « Croire » réellement un seul instant que François Hollande puisse incarner un tant soit peu ce changement radical réduit à néant la « clairvoyance » de ces personnages. C’est à croire qu’il y a un endroit de leur cerveau où les connexions neuronales ne se font pas…

      • Pierre-Yves D.

        Todd n’est clairement pas internationaliste.
        Il raisonne toujours dans le cadre de la compétition internationale imposé par la globalisation.
        Dans la vidéo dont je donne le lien ci-dessous, à partir de la 7 ème minute, Tood regrette que Sarkozy nous fasse perdre des parts de marché à cause de la mauvaise image qu’il donne de la France. On peut penser ce qu’on veut de Sarkozy — et chacun sait ici ce que j’en pense — mais Emmanuel Todd se trompe de combat en l’occurrence. C’est le cadre qu’il faut changer.
        Si c’est seulement pour faire notre tambouille sociale à l’intérieur des frontières européennes, à quoi bon !
        C’est dommage qu’il en soit resté là, car en général il fait de bonnes analyses de l’état du système, et en particulier lorsqu’il analysait le cas des USA bien avant que ne survienne la crise.

        Ces rafales dont le Brésil ne veut pas

      • Klaki

        Bonjour,

        @Tchoo

        Ce que j’y comprends, c’est que cette contradiction vient peut-être de l’opposition entre sa partie raisonnée, argumentée, et un certain atavisme venant du milieu bourgeois, voire grand bourgeois, dont il est issu.

        Ce que j’énonce n’est pas une supposition gratuite, puisque cela émerge nettement dans le débat qu’il a eu avec Jean-Luc Mélenchon sur le site « d’arrêt sur image ». Il se pose lui même, si mes souvenirs sont bons, cette question.

        Etant moi-même issu d’un milieu bourgeois j’y vois une analogie avec le rejet viscéral que j’ai toujours ressenti vis à vis du parti communiste. Ce rejet pas vraiment raisonné, je l’ai en partie dépassé, voyant la structure du front de gauche comme un garde fou à des excès insupportables, possibles, peut-être fantasmés.

        Je fais l’hypothèse que pour Emmanuel Todd ce rejet est indépassable.

        De plus Emmanuel Todd n’est ni aveugle, ni idiot, bien au contraire. Si on écoute bien ce qu’il dit là et dans d’autres entretiens, on comprend qu’il intégre cette contradiction du PS qui est pour « donner du sens à la rigueur » et les idées que lui même défend, notamment l’absurdité de la rigueur.

        Comment fait-il pour résoudre cette contradiction interne évidente? En fait il fait un pari très audacieux et très hypothétique sur l’avenir (cela transparait dans ses propos) : il suppose que les évènements à venir, de l’histoire irrépressible en marche, contraindront François Hollande et le PS à inverser complètement leur point de vue.

        Cela me semble peu probable et je le trouve peu crédible sur ce coup là. il fait en quelque sorte un chèque en blanc à François Hollande.

        Finalement son point de vue n’est-il pas celui-là parce que c’est la seule fenêtre d’espoir qui lui reste?

        Cordialement.

      • Hammerklavier

        Bonjour,

        Todd n’apprécie pas certains aspects de la vision politique de Mélenchon, comme son « tropisme chinois ». J’invite à regarder le débat qu’ils ont eu ensemble en avril dernier sur le site « Arret sur images » pour mieux comprendre.

        D’ailleurs Todd avait rejoint Montebourg lors des primaires PS, qui avec sa « démondialisation » est politiquement proche de Mélenchon.

        Je me souviens d’une intervention récente de Todd dans « Ce soir ou jamais » où il partait du principe que si le PS est élu aux Présidentielles, il n’aura pas le choix à faire du protectionnisme « de toute manière », car ce sont des thématiques qui sont à présent dans le débat public.

      • lou

        A Pierre-Yves D: oui, et je ne sais pas si vous avez remarqué: à droite, ces derniers temps, une petite variation dans le message diffusé, il est question dansla bouche de certains, de changement de cadre. Oui, oui, changement et cadre. Sauf qu’en fait il s’agit d’une vision géopolitique. Il est question de déplacement de la puissance de l’occident à l’orient…nous avons vécu au dessus de nos moyens…maintenant, c’est à leur tour, c’est normal…
        Maintenant, sur la question de la dé-globalisation, je pense qu’elle se fera. Et je reste sur l’idée qu’il ne peut y avoir d’internationalisme (comme le mouvement des indignés) que si justement on pense dans des termes qui ne sont plus ceux de la globalisation (libérale).

      • Pierre-Yves D.

        lou,

        Vous avez raison, il va falloir être vigilants en précisant toujours de quel cadre nous parlons.
        Sinon, en effet, gare à la récupération sémantique.
        Mais c’est déjà une avancée, il n’y a pas si longtemps pour ces personnes que vous évoquez il n’était même pas question de changer de cadre, quel qu’il soit, c’était circulez il n’y a rien à voir, la reprise est pour demain !

      • zébu

        @ Klaki :
        tout à fait (pas eu le temps de l’écrire).
        J’envisagerai la possibilité que Todd fasse un pari ‘mitterrandien’ (d’ailleurs, Hollande surjoue de ce mimétisme, y compris en valorisant le côté ‘départemental’ et local du bonhomme avec la Corrèze, comme le faisait Mitterrand avec la Nièvre), à savoir que lorsqu’il sera élu, lui aussi devra faire face aux contingences qui s’imposeront à lui, comme le fut le contexte économique et financier en 1983 pour Mitterrand (bien que ce dernier ait ‘choisi’ de rester dans le SME, influencé par Delors).
        Mais à l’inverse.
        Ce pari est pour le moins très aléatoire :
        1/ que le contexte forcera Hollande à prendre le contre-sens de ce qu’il annonce actuellement, à savoir une politique de rigueur ‘soft’. Très clairement, pour lui, ce contexte est déterministe et s’imposera à tous, quelque sera le candidat élu (sauf exception aux extrêmes, probablement).
        Je pense que s’il ne fait ce même pari pour Sarkozy, c’est parce qu’il le juge tellement faible et incompétent qu’il ne peut être en mesure de comprendre ‘le sens de l’Histoire’ et n’aller que contre celui-ci (cf. le 3/). C’est une analyse qui est directement tirée de ses thèses diffusionnistes sur les structures familiales, notamment en ‘occident’. Les ‘choix’ politiques infèreront peu selon lui dans le poids des transformations à venir des structures sociales.
        C’est un pari anthropologique, pas politique. Il se base sur l’impossibilité que le sens n’aille autrement que là où il a analysé qu’il doit aller (absence de conflits armés, de guerres civiles, etc.). L’incertitude politique reste la variable majeure néanmoins dans ce pari puisqu’il dit qu’on ne sait pas actuellement dans quel sens l’électorat peut voter (analyse tirée à partir du concept de brouillage identitaire et politique quant à la nation). Il a fait les mêmes analyses, à bases de données démographiques et culturelles pour expliciter l’émergence des révoltes arabes, avant qu’elles n’aient lieu mais n’avait pas identifié pour autant dans quel sens la transformation politique aurait lieu après ces révoltes.
        2/ le temps : la situation en 1981 n’était pas vraiment celle d’aujourd’hui et Mitterrand a eu 2 ans pour ‘infléchir’ sa politique. Hollande, lui, n’aura aucun délai ‘accordé’. Or, le temps permet aux hommes politiques qui ne s’y sont pas préparé, de préparer ces revirements. Sans ce délai là, il y a aussi de fortes chances pour que le bonhomme s’arqueboute sur ses positions initiales et ne suive pas ou trop tard ce ‘sens de l’Histoire’. L’avantage d’un Hollande pour lui (j’extrapole) devrait être que, ses positions idéologiques étant faiblement ancrées, qu’elles devraient pouvoir ‘céder’ assez rapidement pour faire ce que l’homme doit faire, soit, ce que lui impose le contexte.
        3/ le candidat ‘normal’ qu’est Hollande permet tout cela : c’est ‘l’anormalité’ de Sarkozy qui ne l’a pas permis pendant ces 5 ans durant (et même avant). Il parie donc qu’un candidat ‘normal’ ne pourra que se plier à ses analyses sociologiques et anthropologiques, qui jusque là se sont toujours vérifiées. Ceci dit, il parie aussi que les institutions politiques continueront de fonctionner normalement pour permettre cette transformation ‘normale’ des choses : rien ne dit qu’à court terme cela puisse être le cas.

        En clair, il ne parie donc pas sur un effondrement général du système et c’est là où il diffère à mon sens de l’analyse de Paul, pour une raison essentielle : il méconnaît trop la machine, ou plutôt, il n’en voit que les effets et en sous-estime la profondeur des causes. C’est notamment là où toute la connaissance et l’expérience de Paul font la différence avec Emmanuel Todd, que l’on pourrait qualifier d’optimiste (bien que pessimiste temporellement, à cause de Sarkozy : j’exagère mais à peine …) : il ne perçoit que moins bien les bruits inquiétants qui remontent des entrailles du moteur parce que n’ayant pas eu le ‘loisir’ (ou l’obligation) d’y mettre les mains, il ne sait pas (ou moins bien) interpréter leurs significations.
        Un mécano qui entend cliqueter de plus en plus fort sait ce que cela signifie. Concrètement, je veux dire opérationnellement parlant : telle pièce à changer, tant de temps de réparation, tel somme d’argent, etc. Tandis qu’un très bon conducteur, aussi bon soit-il, qui n’ait pas mis les mains dans le cambouis, saura qu’un tel cliquetis signifie un problème. Mais pas plus.
        Et donc définir, anticiper, la trajectoire, le meilleur chemin pour aller au garage le plus proche parce qu’il possède un GPS. Mais rien ne dit que le garage en question soit ouvert et capable de réparer la panne et rien ne permet au conducteur de savoir si son ‘pari’ (son analyse de la contingence et de la situation) permettra à la voiture d’aller au but qu’il a défini comme le plus ‘rationnel’. Un mécano, lui, saurait. Et il saurait aussi quelle type de réparation serait nécessaire, afin que la panne ne revienne pas dans l’heure qui suivra, et les pièces et même l’ensemble du système qu’il faudra transformer, et le temps nécessaire qui va avec.

        A mon sens, la meilleure équipe pour gagner un tel chalenge, c’est bien l’alliance entre un très bon pilote et un très bon mécanicien, à condition que chacun reconnaisse les compétences respectives et que chacun laisse l’autre faire ce qu’il a à faire.
        Difficile.
        Cela demande de la pratique, donc du temps.

      • timiota

        @Zébu, Klaki, Pierre-Yves D. lou etc. A TODD, TODD et demi.

        @ Zébu, bien qu’ayant relu le début de votre post que je vais un peu paraphraser, ma conclusion est que Todd « sait aussi » à sa façon.
        Bref :

        Je me garderais de voir un blocage intellectuel « indépassable » chez Todd du fait de son origine bourgeoise. Ce qu’il n’étale pas dans les médias, c’est qu’il a du lire 10 000 monographies sur 1367 peuples, régions, tribus, villes, clans et leur déterminants.
        Et tout ça est parsemé de révolutions, de « take over » avant l’urbanisation, et de changement rapides sous le régime de l’urbanisation, avec bien sûr l’URSS qui explose « comme prévu » par lui, et sa théorie personnelle du lien entre idéologie dominante « locale » et degré d’intégration de l’autorité et l’inégalité par le système familial local (« souche », « communautaire », « égalitaire » dans la version Fiat Panda/LePlaysienne).

        Mettons nous à sa place : pourquoi lancer comme tout le monde des conseils explicites et « cohérents » politiquement quand on sait que les forces à l’œuvre sont autrement plus tectoniques que l’écume des jours ?
        Il est assez original, notr Todd, pour voir une multitudes de lignes de faille dont chacune peut devenir une fracture béante; mais lui aussi, on ne doit pas lui demander « dans combien de morceaux va se briser le miroir » (Thom, Jorion@2dec…) .
        En appelant à voter Hollande, il n’est qu’un thérapeute « ordinaire » : que les organes soient en la meilleure santé possible pour passer l’hiver et attendre le printemps. Même si avalanche il y a dès le début de l’hiver. Et la santé quotidienne des français, ça passe par un gouvernement qui prosaïquement ne dynamite pas le système social (et qui n’a plus guère d’envie sauvages « idéologiques » du type 35h), un moindre mal qui est à « capitaliser ».
        Je dirais pour finir en reprenant les 3 volumes de Braudel (Civilisation matérielle, économie et capitalisme) que lui bosse dans le volume 3, Hollande est le mieux à court terme pour le voume 1 (vie matérielle) et que les sujets type l’austérité etc., ou encore la moisonneuse-batteuse (pas encore emblème du blog) supposée encore un peu fonctionner avant un petit ou grand soir,ça serait le volume 2 (« economie » pour simplifier).

      • RIOU René

        info du 01/12/11

        L’agence de notation américaine Egan-Jones a abaissé mercredi 30 novembre la note attribuée à la dette de la France à « A », cinq crans en dessous du « triple A » des trois grandes du secteur, Standard and Poor’s, Moody’s et Fitch.
        L’agence parie sur une intervention du gouvernement pour renflouer une ou plusieurs banques du pays d’ici à la fin de l’année. Elle a souligné « la propension de la France à soutenir ses banques », même si l’ampleur des problèmes chez celles-ci est « difficile à quantifier ».

        par Le Nouvel Observateur avec AFP

  9. johannes finckh

    ça promet!

  10. Jeff

    Paul Jorion :  » L’État est garant ultime de ses banques. Une banque qui accorde des Credit-default Swaps sur la dette souveraine de son pays se met elle en position de garante ultime de celui-ci. La situation crée une double falaise de crédit : pour la banque et pour l’État  » .

    ah, oui là, effectivement, la chose est bien imagée et on comprend mieux la falaise où nous sommes toutes & tous et pourquoi soudain le vertige nous saisit….comme le coyote au dessus du vide. ( dessin animé ).

    Sinon :

    « Quand on est pris de vertige au bord d’un gouffre, fixer son regard sur le petit caillou à ses pieds. » (Francis Ponge)

  11. zébu

    Un interview retranscrite (partiellement) par contre-info (merci Yvan) d’Emmanuel Todd sur BFMTV :
    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3131

    Beaucoup de choses intéressantes et des points communs avec Paul :

    « Q ; pour vous, ils n’ont aucune responsabilité dans la situation ?
    R : Je pense que la vérité – je ne l’ai jamais formulé comme cela (…) – c’est qu’ils n’en ont aucune. On ne voit jamais le mécanisme fondamental de l’endettement. Historiquement et économiquement, c’est la volonté des prêteurs. (…)
    Il y a une mécanique du système économique général qui s’est mise en place avec le libre échange, [qui] met en concurrence toutes les populations actives. On fait intervenir des populations à très bas salaire de l’ex Tiers Monde, en Chine, en Inde ou ailleurs. Donc on obtient une compression des ressources des gens ordinaires, une stagnation ou une baisse des salaires. Evidemment ces gens sont poussés à s’endetter.
    Et puis, d’un autre côté, comme ce beau mécanisme fonctionne pour dégager un taux de profit à 15%, il y a une accumulation d’argent en haut de la structure sociale. Et les gens qui ont de l’argent (…) les gens riches ont leurs problèmes. Et c’est : que faire de l’argent ?
    Prêter à l’Etat, c’est totalement génial. Puisque vous avez – ou croyez avoir – une sorte de garantie maximum. La réalité, c’est que cette espèce d’oligarchie dirigeante est tout à fait ravie de prêter son argent aux Etats, de les rançonner. (…) »

    « Il faut comprendre que l’on a un problème avec l’Allemagne, [qui] a fait sur le plan commercial et industriel une politique totalement déloyale vis-à-vis de ses voisins. Elle a accumulé des excédents commerciaux en faisant baisser les salaires (…) C’est à cause de cela qu’elle est en position dominante en Europe.
    Finalement, les Allemands ne seraient pas allés si loin dans leur rigidité s’ils n’avaient pas été encouragés par les dirigeants de Droite européens, et spécialement les français. »

    « Et du coup on arrêterait ce qui est la vraie menace en ce moment. L’attitude peureuse des élites françaises laisse se développer de la germanophobie. (…) Je dis qu’il faut parler clairement, et même brutalement, à l’Allemagne pour empêcher la montée de la germanophobie. (…) »

    A noter : il ne parle pas de la fumeuse ‘démondialisation’ de Montebourg. Par contre, il parle de ‘protectionnisme européen’ (« Je suis partisan de négocier le protectionnisme européen avec les allemands en employant cette technique. »), ce qui pas tout à fait la même chose.
    Mais reste du domaine du protectionnisme, ce qui ne résout pas le problème de fond, à savoir ce qu’il décrit dans son analyse : les mécanismes de (re)production de la richesse et du système.
    Sauf à définir ‘protectionnisme européen’ comme un espace protégé du libre-échange dans lequel ces mécanismes seront remis à plat, ce qui serait une vision ‘réaliste’ (pragmatique) car réalisable à un espace ‘cohérent’ et existant d’une refonte politique.
    Et là, je signe.
    Sauf que, il définit en fin d’interview François Hollande comme apte à négocier ce virage avec l’Allemagne et plus largement, le virage tout court à prendre concernant le système.
    Et là, je cale.

    La vidéo de l’entretien est en bas de l’article.
    Et un article sur son dernier ouvrage.
    Par contre, je n’arrive pas à mettre la main sur cet article du Point du 1er décembre sur l’effacement de la dette …

    • timiota

      Merci zébu
      @ PJ et @zébu etc. : vers la page deson dernier ouvrage au p’tit père Todd, il y a la mention de  » l’innovation sociale » en Italie centrale au XIV siècle, à Florence notamment, autour des nouvelles activités bancaires.
      Mais surtout il parle du développement simultanément de la « mezzadria », vous aurez reconnu le métayage à risque partagé.
      C’est intéressant que le métayage soit présenté, à cette époque là (je parle de mémoire, faudrait allez voir les refs qu’il ne manque pas de citer), comme une innovation mise en avant par une caste (élite sociale) comprenant les banquiers et des (pré)capitalistes.
      A cet après midi de samedi au Th de la Colline, pour certains sans doute

      • zébu

        Faut que je vois, suis en train (d’essayer) de le lire.

      • timiota

        Bonjour Zébu. More on métayage/mezzadria

        J’en ai retouché un mot à Paul en le voyant (pour la première fois) au Théâtre de la Colline après l’intéressante rencontre avec Stiegler de ce samedi (dur d’en faire un compte rendu simple toutefois).

        J’ai rouvert mon gros Todd dans le métro;
        Réference 120 de la page 367, où vient d’un même souffle le métayage et la banque !
        (ref. 120 : Jones P.J. « from manor to mezzadria », ce que Scholar accepte d’expander en :
        From manor to mezzadria: A Tuscan case-study in the medieval origins of modern agrarian society; PJ Jones – Florentine studies: politics and society in Renaissance …, 1968 – London,, Faber). On trouve en pdf un chapitre de Jones sur la période 900-1200 en italie, dans les papiers récollés de Bradford-Delong.)

        Todd, donc :
        « … . Il n’est nullement impossible d’imaginer une invention du communautarisme à Florence, lieu d’innovation par excellence. A l’époque envisagée, la première des cités de la Renaissance ne s’est pas pas contentée d’une intense activité artistique. Elle fut aussi le lieu d’une révolution industrielle et marchande. Avec Sienne, elle a inventé la banque[C'est moi qui souligne] et la mezzadria. Le métayage toscaon était à l’origine non pas une forme régressive mais une restructuration de l’activité agricole menée par le capital urbain (ref.120). La mezzadria, ainsi que l’on noté Albera et Viazzo, semble intrinsèquement liée à la famille communautaire patrilinéaire. Mais je renverse ici le sens de la corrélation en considérant que c’est l’émergence du communautarisme familial qui a rendu la mezzadria possible. Ce qui suggère en Italie centrale une autonomie de la famille en tant que variable, c’es son rôle dans bon nombre d’innovation dont la banque[idem] évidemment. La structuration des banques toscanes n’est pas sans rappeler celle des clans mongols, avec une génération aînée contrôlant l’ensemble à partir du centre, à Florence ou à Sienne, et des fils ou des neveux patrilinéaires [j'ajoute : ce sont des agnats au sens du droit romain, qui distingue dans les liens familiaux les agnats et les cognats, d'où est resté la cognata, la belle-soeur] occupant des postes extérieurs à Bruges, à Paris ou ailleurs. »

        Faut que je relise aussi mon « modèle italien » de Braudel.
        La montée du capital semble donc s’être d’abord déroulée sous une forme consciente de la nécessité de partager le risque réel.

    • la m...

      Bonsoir et merci pour le lien.

      Concernant le traitement de la dette avez-vous consulté cet article ?

      http://www.les-crises.fr/documents/2011/la-crise-henri-regnault-n-18.pdf

      Pour ceux qui ne veulent pas télécharger vous pourriez y lire ça:

      La fuite en arrière consiste à vouloir effacer le présent en remboursant à tout prix les sommes dues, au risque de tuer l’économie en prélevant trop (freinant la consommation et l’investissement) ou en diminuant à l’excès les dépenses publiques essentielles à l’avenir du pays (cohésion sociale, éducation, recherche, sécurité…) compromettant ainsi le bon fonctionnement des institutions vitales au maintien d’un potentiel de croissance, seul capable de fournir à terme les ressources nécessaires pour honorer la dette à moyen et long terme, et conduisant donc à un défaut ultérieur : preuve que l’enfer est pavé de bonnes intentions, mais surtout témoignage de la bêtise absolue des dirigeants qui conduisent leurs peuples dans cette voie, qui n’est autre que l’impasse de la déflation, de la désespérance, de la révolte et des pires aventures sociopolitiques. Et au bout du compte viendra le défaut total, dans les pires conditions, ruinant tout le monde pour de bon, sans espoir de relèvement rapide.

      Je vous rassure c’est le scénario du pire, celui de l’austérité sans cohésion sociale.

      • iader

        A la m….

        Interessant le fichier mais pourquoi l’utilisation (au hasard?) des lettres de l’alphabet tifinagh (Alphabet Berbere utilise chez les Touaregs et aujourd’hui dans l’enseignement de l’Amazigh au Maroc).

    • Vélotafeur

      Citation : Il faut comprendre que l’on a un problème avec l’Allemagne, [qui] a fait sur le plan commercial et industriel une politique totalement déloyale vis-à-vis de ses voisins. Elle a accumulé des excédents commerciaux en faisant baisser les salaires (…) C’est à cause de cela qu’elle est en position dominante en Europe.
      …accumuler les excédents en faisant baisser les salaires ??C’est quoi?? Une phrase toute faite destinée a être réutilisée à la cantoche entre collègues, dans les repas de famille ?? bonne propagande facile …
      Quel était le salaire de départ des allemands avant leur baisse, si baisse il y a eu ..Et de quel salaire on parle, de quel moyenne, de quel calcul est tirée cette conclusion ? Le salaire des ouvriers alsaciens qui franchissent tous les jours la frontière ??Faut leur dire aux alsaciens qu’il sont moins bien payés en Allemagne !

      • timiota

        @Vélotafeur
        Les salaires français ont rejoint les salaires allemands parce que ceux-ci se son tassés (stat vues sur le blog de Krugman, je crois).
        Le diable doit être dans nombre de détail, et c’est vrai que Todd doit y aller un peu à l’intuition, là :
        La technicité était en moyenne supérieure en Allemagne, par rapport à la France. Et ce qui a du se passer avec la proximité des « délocalisations à l’Est » est un double mouvement :
        les salaires associés à de la haute technicité ou de la valeur ajoutée élevée ont gentiment stagné, sans plus. Ce qui a tiré la moyenne vers le bas a du être une espèce de menace de concurrence par les voisins de l’Est à bas salaires, menace qui a agit sur le bas du spectre. Avec à la limite les « 1 euro/h jobs ».
        Comme ils ont sens de la responsabilité et intègrent de se « serrer les coudes » (famille souche, dirait Todd), ça peut donner le résultat que les salaires restent attrayant pour les alsaciens (un peu meilleur qu’en France pour des gens raisonnablement qualifiés) mais que la moyenne devient un truc hybride qui intègre indirectement les bas pouvoirs d’achat des pays à l’Est de l’Allemagne, « par influence ». Un peu compliqué, mais gardons nous de simplifier un pays qui a des déterminants sociaux fort, une histoire complexe (Est+OUest) et tout en étant l’homme fort de l’Europe, est au voisinage direct d’économies « low cost » (Pologne, Rép Tchèque, Slovaquie, Hongrie…)

      • zébu

        La déflation salariale, conduite dans les années 90 (par le SPD) : gel des salaires, délocalisations dans les pays de l’Est, exportations même en dessous- des coûts de revient, balance commerciale extra-excédentaire, etc.
        Ce qui n’empêche pas que certains alaires en Allemagne soient bien plus élevés qu’en France …
        Ce qu’explique Todd par ailleurs.

    • dissy

      L’allemagne a fait du dumping social et l’Irlande du dumping fiscal(entreprises corporate taxes), sans parler de la City(paradis fiscal). Comment voulez-vous que l’Europe fonctionne comme ça?Et ces gens sont les premiers à hurler quand on évoque le protectionnisme alors qu’ils ne cessent d’en pratiquer à leur façon.

  12. Sachant que la dégradation des états ne saurait tarder

    plouf !!!

  13. [...] Donc la France est dans une situation intenable qui va nous sauter à la figure … très bientôt. La seule chose qui retienne la situation, c’est la vitesse de diffusion de [...]

  14. Cpourquand

    Les banques européennes ont environ $ 665 000 000 000 de la dette arrivant à échéance dans les six premiers mois, selon Citigroup Inc, basée sur les données de Dealogic.

    Holger Schmieding, chef économiste Europe à la Berenberg Bank à Londres, dit l’ »avalanche » de besoins de refinancement dans les deux prochains mois signifie la crise pourrait s’aggraver. La BCE serait alors enfin être contraints d’intensifier son action anti-crise pour sauver l’euro.
    http://www.bloomberg.com/news/2011-12-09/euro-states-to-shift-267-billion-to-imf-as-focus-shifts-to-deficit-deal.html

  15. zebulon

    L’état est garant ultime de ses banques,
    Celles ci étant gérées en toute autonomie par des intérêts privés,
    Celles ci étant supervisées contrôlées par une banque centrale totalement indépendante de l’état.

    Mais, dîtes moi, on n’ est plus très loin de la description d’un monde financier idéal ?

    Enfin le principal, c’est que l’on ait retrouvé le magot du grand père, avec une pelle et un peu d’huile de coude! il suffisait donc de creuser pour trouver la règle d’or.

    Ah tiens vous avez vu , nous avons encore été sauvé, mais j’ai oublié de quoi .

  16. Pérenne

    Communiqué de l’agence Standard & Poors, diffusé par erreur dans la nuit entre 3h17 et 3h19, heure européenne.

    Francfort, 10 décembre. Le services de notation de Standard and Poor’s ont décidé de placer aujourd’hui sous surveillance négative les dettes souveraines de l’ensemble des pays du monde, avec risque de dégradation dans les trois mois.

    Cette décision vaut également pour l’ensemble des institutions bancaires, publiques ou privées, des pays concernés, l’ensemble de leurs compagnies d’assurance, de leurs collectivités locales comptant plus de cinq mille habitants, l’ensemble des entreprises, l’ensemble des institutions sociales. Les commerces de détail sont également concernés, à l’exception des commerces de bouche de première nécessité, des débits de tabac et de boissons, et du secteur pharmaceutique des neuroleptiques, considérés comme ayant des perspectives de croissance exceptionnellement favorables.

    Nous pensons en effet que le monde est entré dans une phase de risque collectif aigu, les pays débiteurs étant menacés de faire défaut, et les pays créanciers menacés de graves difficultés dès lors que les pays débiteurs feront défaut.

    Nous devons noter avec regret que les responsables politiques de la zone concernée se montrent collectivement d’une incompétence rare, et manifestent une absence totale de conscience de la gravité de la situation. x
    Nous plaçons l’agence elle-même sous surveillance négative

    A leur décharge, nous devons bien constater que notre agence, dans la situation actuelle, n’est en mesure de proposer aucune solution efficace, les pistes que nous avons proposées dans le passé ayant eu pour effet d’aggraver la crise.

    Dans cet esprit, conscients des possibles implications potentiellement négatives de notre décision, qui pourrait aggraver encore la récession mondiale, et du rôle joué par notre agence dans la dégradation de la situation, facteurs qui pourraient affecter sa crédibilité et sa profitabilité, nous la plaçons elle-même, bien évidemment, sous surveillance négative.

    Avec l’impartialité qui nous caractérise, nous serons particulièrement vigilants dans cette surveillance-là. Nous remercions tous nos clients de leur confiance.

    • C’est une chronique fantaisiste de ASI. Ça va mieux en le disant…

      • Pierre

        « Fantaisiste » l’introduction de Schneiderman ?

        « Plusieurs de nos @sinautes, abonnés aux services de l’agence Standard and Poor’s, nous font parvenir ce matin ce communiqué de l’agence, diffusé par erreur dans la nuit entre 3 h 17 et 3 h 19, heure européenne. Même s’il s’agit évidemment d’une erreur de manipulation de l’agence, immédiatement rectifiée, il en dit long: le seul fait que ce texte existe est de nature à accroître l’inquiétude sur les perspectives de l’économie mondiale. »

      • Pierre,

        Ca rappelle évidemment un épisode récent ;)

    • ERIX le Belge

      Un petit marrant de S&P qui s’est fait virer, qui en envoie un petit dernier pour la route histoire de se défouler. Même qu’il avait peut-être quelques billes à placer sur le frémissement provoqué, on ne sait jamais..

  17. bertrand

    Al Capone à……………. Pébereau , Prot , Trichet et acolytes ……OK les gars on décroche , hold up terminé……………..n’oubliez pas de tout bruler pour effacer les traces………………

  18. Bozzo

    Un document extrêmement intéressant sur les interconnections dans l’industrie financière.

    http://www.businessinsider.com/financial-institution-interconnectedness-2011-12

  19. liervol

    Dans les investisseurs que je connais si la perte était de 50% ce n’en serait que justice car les sommes en épargne n’ont rien de légitime mais relève bel et bien de l’euro qui a fait monté le prix des actifs comme des biens de consommation courante quand ces gens là en plus ne sont pas domiciliés dans les paradis fiscaux.

  20. liervol

    Rapide calcul de la baisse de pouvoir d’achat

    données en sacs Friskies de la multinational Nestlè

    http://www.purina-friskies.fr/

    en 2006 pour 5000 sacs de 4 kgs 25 000 euros était suffisant

    en 2011 pour 5000 sacs de 4 kgs il faut 40 000 euros

    Spectaculaire n’est pas + 60%

    On se moque bien de nous n’est il pas ?

    • Renard

      @ liervol

      Arrêtez avec les Friskies.
      Mangez de la brioche. ;-)

    • ardéchoix

      @liervol
      Si je peux me permettre ,il y a aussi la folie des gens parfois : Portion « les irrésistibles de WHISKAS  » poulet & fromage ,barquette de 60gr 2€50/l’unité soit 41.66€/kg en jardinerie .Ou comment donner du foie gras aux minous , pour les miens croquettes et mulots ,y pètent la santé

    • zebulon

      Selon mes statistiques personnelles,
      Nous avons coutume de dire qu’il n’est plus nécessaire de convertir les prix en euros en francs

      Ce qui valait un franc en deux mille vaut un euro en 2012

      1=1 inflation zéro, simplissime.

      • Renard

        @ zebulon

        Ce qui valait un franc en deux mille vaut un euro en 2012

        Amusant mais faux.
        Un prix dont je me souviens : Le Monde coûtait 7 francs, il est aujourd’hui à 1,50 euro.
        Autre exemple, il semblait normal qu’un livre pas très gros coûte « 99 francs ».

        Si nous avons du mal à nous souvenir des prix en francs à l’époque du basculement à l’euro, c’est que l’inflation, dans le quart de siècle précédent (toute truande de stats égale par ailleurs), était beaucoup plus forte qu’aujourd’hui. ;-)

      • Logico

        Comme dirait Churchill, je ne crois qu’aux statistiques que j’ai trafiquées moi-même !!

  21. Contempteur

    Pourquoi les banquiers se gêneraient ? On leur donne licence pour le casino, on les autorise à étrangler les pays pauvres (notion révisable et extensible), à toujours créer de l’argent dans leur propre intérêt et voler communément le déposant, de préférence pauvre, illettré et en situation sociale difficile.

    C’est d’une évidence criante, mais on nous apprend tellement à être raisonnable et à passer par le dialogue qu’on est aujourd’hui incapable de choisir la seule option adaptée, les passer par les armes.

    • Youpla

      Le couillemollisme qui nous a été inculqué nous conduit vers le servage puis l’éradication.

    • Jérémie

      les passer par les armes.

      Non je vous en prie ne recherchait pas plus à vous conduire comme eux.

      Supportez bravement les mauvais coups, les mauvais salaires, les mauvais traîtements, l’injure, les crachats, les jugements de valeur, le déshonneur et la médisance des petits chefs de plus sur terre, dans les sociétés.

      Je sais c’est pas toujours évident non plus à saisir, mais vous verrez au bout du compte le plus patient des êtres passe déjà à autre chose, soyez plutôt bonne mule. Vous verrez les marchands de la terre ne l’emporteront pas toujours au paradis, parole de Jérémie le bon à leur égard.

      Pensez d’abord à moi comme la chose la plus risquée et désagréable pour les décideurs, recherchez au contraire à vous conduire bien plus différement, non pas toujours com des hommes et des femmes recherchant sans cesse à se couvrir d’un plus grand manteau de liberté pour mieux couvrir davantage toute leur malice marchande de plus.

      Soyez au contraire patients, jusqu’à l’avénement même d’une plus grande malice de leur part, vous verrez mieux alors le grand salaire de mort dont ils vous auront principalement privés.

      Vous savez le prophète Elie était aussi un homme soumis aux mêmes grandes misères morales et matérielles que nous, je vous assure ce n’est pas des histoires, oui il a bien connu cela aussi.

      Et puis un jour il se mit à prier instamment l’impondérable. Un jour peut-être dans l’histoire humaine les êtres passeront à autre chose de moins prévisible, c’est vrai il y a déjà tant d’usuriers et de pingres dans le monde.

  22. Jérémie

    Dans ce monde, vous l’aurez peut-être remarqué de votre coté, les rapports entre les individus, les numéros, les moutons, les banques et les états sont un peu comparables :

     » Alors comment ça va ?  »

     » Oh moi ça va, et toi comment vas-tu ?

    En réalité, en réalité je vous le dis dans le meilleur des mondes les gens ne veulent pas vraiment dire avec grande foi leur propre réalité comptable ou économique, du coup je suis un peu com tout le monde, oh moi ça va c’est la grande foire d’empoigne partout.

    Ah si seulement nous pouvions toujours faire continuellement bonne figure, com les choses seraient déjà un peu plus acceptables quand bien même à l’approche de la falaise, à l’heure de l’apéro.

    Oh mon Seigneur et mon Dieu donne moi d’abord un bon parachute doré, et laisse donc d’abord tomber tout le monde dans la rigueur, c’est le grand vertige commun qui s’annonce, mais qu’est-ce que vous croyez ?

    Vous filez un mauvais coton … vous n’êtes pas seul, d’ailleurs. On croirait que dans ce maudit village ( global ) est sous le coup d’un mauvais sort. Georges Bernanos

    Maudit soit l’oppresseur qui vient avec un fouet et qui nous méprise parce qu’il nous opprime! Marcel Pagnol

    La rigueur d’hier n’ayant en vérité jamais rien apporté de bon et de plus économique aux êtres, on recherche néanmoins constamment à faire entendre les mêmes choses dans la tête des gens.

    Les plus dominants tomberont forcement bien plus de haut. On ne laboure pas plus le ciel dans la rigueur, on ne maudit pas plus le bon prophète.

    Sois plutôt le moins rigoureux que le plus rigoureux de la terre.

  23. etcetcetc

    Pour ceux qui voient une contradiction dans le discours d’E. Todd, regarder cette interview à Mediapart : http://www.dailymotion.com/video/xmoa4a_emmanuel-todd-le-jour-ou-l-euro-tombera_news.

    • Pierre-Yves D.

      L’auteur rapporte seulement une rumeur : « Ici en Suisse, circulent déjà des légendes métropolitaines au sujet de deux imprimeries qui seraient en train de défourner des marks. »

  24. Johan Leestemaker

    Amsterdam, 10 Décembre 2011

    Chèr et très estimé prof. Jorion,

    J’ai fais mon mieux pour traduire une lettre publiée aujourd’hui dans le Financieele Dagblad à Amsterdam, et qui me paraît important.
    L’auteur de cette lettre est M. Frits Bosch, conseiller et consultant en ‘asset management’.
    M. Bosch a dénoncé devant une commission de l’Assemblée Nationale quant aux fonds de retraites la politique fatale de Wim Kok, plus tard suivi par Bill Clinton, Tony Blair et Göran Persson de la Third Way.

    Kok était LE GRAND inventeur de la mythe de la croissance ILLIMITEE et ETERNELLE sur la quelle se basait The Third Way, et ainsi donnait des ordres/ la liberté de voler des caisses des fonds de retraite, et, encore plus grave, d’arrêter des contributions aux fonds de retraites, considérees par lui comme non-nécessaires, vu la perspective de la croissance turbo et éternelle. Je vous rappelle que Kok et Duisenberg travaillaient étroitement ensemble, et que Duisenberg et Wellink, dénoncé dans la lettre de Frits Bosch qui suit ci-après, travaillaient ensemble à la DNB avant que Duisenberg assume la première présidence de la ECB avant Trichet.

    Aussi vu vos livres et vos autres publications, estimé prof. Jorion, il me paraît logique de vous proposer d’écrire un pamflet « J’accuse », maintenant dirigé vers en contres les trahiseurs du peuple, les social ET crétien démocrates de ce monde.

    Les 99 % vous en seront gré.

    Bien à vous tous,

    JL

    Ici la lettre, choquante!

    {{Traduction en Français d’une lettre à l’éditeur de M. Frits Bosch, asset consultant à Amsterdam, et témoin devant la Commission Parlémentaire d’Enquête sur la crise des fonds de retraite aux Pays-Bas, publiée dans le Financieele Dagblad du samedi, 10 Décembre 2011, page 32. (voir http://www.fd.nl)\ }}

    Quote

    Monsieur Wellink, ancien Président Directeur Général de la Banque Centrale de Pays-Bas (“De Nederlandse Bank, DNB, Amsterdam, voir http://www.dnb.nl) a dit, pendant son interrogation par la Commission de Wit (= la Commission d’Enquête Parlémentaire sur le fonctionnement du système financier pendant la crise financière de 2008 – 2010, voir http://www.tweedekamer.nl/kamerleden/commissies/tcofs/index.jsp ), que la Banque Centrale (= DNB) n’avait pas réagit trop lentement à la crise, et que “n’aucune personne au monde, sauf quelques prophètes de catastrophes” ont observé l’approchement de la crise.

    Cela n’est pas correct.

    Nout Wellink était, entre 1982 et 2011, d’abord directeur et ensuite Président de la DNB (Banque Centrale) aux Pays-Bas. Pendant cette période, Wellink aussi faisait partie de la direction de la ‘Banque for International Settlements’, la BIS, à Bâle, Suisse, la Banque Centrale des Banques Centrales, qui sert également comme plateforme internationale où ont lieu des discussions, des analyses de politiques et des échanges de visions entre banquiers centraux. (voir http://www.bis.org)
    A partir de 2002 jusqu’en 2006, M. Wellink était aussi président de la [même] BIS. Pendant ses [deux] présidences [simultanées] de la DNB à Amsterdam et la BIS à Bâle, Wellink a été averti à plusieurs reprises par M. William White.
    Entre 1995 et 2008, M. White était conseiller économique à la BIS à Bâle, où il était en même temps directeur du Département Monétaire et Economique, ainsi maintenant des contacts étroits avec les Présidents des Banques Centrales [au monde], et, [évidemment], avec le président de la BIS, la Banque Centrale des Banques Centrales, le crétien démocrat Nout Wellink.

    Déjà dans les années 1990, M. William White avait averti d’une façon détaillée et criconstanciée pour une crise des crédits et une crise des pays.

    En 2008, M. White me racontait [à moi personnellement] que dans les années précédentes Nout Wellink n’avait montré n’aucune intérêt aux avertissements que lui, William White, laissait entendre ENERGIQUEMENT pendant les réunions et dans les publications et dans les rapports annuels de la Banque Centrale des Banques Centrales, la BIS.
    Egalement, ni les Présidents de la FED, Alain Greenspan et Ben Bernake, ne méritaient pas du tout les avertissements.

    William White se montrait frustré du fait que la BIS écrivait déjà pendant beaucoup d’années sur les erreurs sérieuses de la politique des banquiers centraux qui ne voulaient pas écouter.

    En outre, les banquiers centraux refusaient de prendre la resonsabilité pour les erreurs de leurs politiques au moment que la crise se présentait avec toute véhémence.
    Ils se cachaient, disant que ces déroulements étaient complètement nouveaux et que “par conséquant ce n’était pas de notre faute”, mais que c’était la faute des banques.

    Ici, monsieur Nout Wellink n’est pas une exception.

    Frits Bosch, Amsterdam, asset consultant,
    Voir: http://www.bureaubosch.nl/surveys/dutch-investment-managers-survey
    unquote

  25. danmaru touvabien

    j’ai retiré mon argent au guichet de la BNP
    et je l’ai mis dans un coffre au sous-sol de la même banque.
    Si j’avale la clé, gloups, comment vont-ils faire pour me le prendre ?

  26. karluss

    avec une double falaise, arrêtons de ramer et prenons des vacances, et du vin.

  27. jacques

    Souvenir , souvenir ….the final solution : le pay option ARM à l’usage des Etats : la possibilité de rembourser mensuellement un montant inférieur aux interets dus, le solde étant remboursé à l’échéance en meme temps que le principal; la formule est dite « negative amortization » ou  » amortissement négatif  » (L’implosion / paul Jorion).Avec le bonjour des petits enfants d’Alfred Subprime et d’Eleonore Ponzi, famille Madoff et alliés.Et la bénédiction de Monseigneur Goldman-Sachs.

  28. Renou

    Un petit rappel littéraire en clin d’oeil,
    « – Une histoire ! crie mon oncle. Une histoire ! Aussi vrai que nous ne sommes que deux dans cette chambre, c’est la vérité pure. La vérité, je te dis ! Me prends-tu pour un enfant ? Est-ce que j’ai l’habitude d’inventer des contes ? Tu ris !… Mais c’est affreux, c’est à faire trembler, ces choses là ! Penser que des capitalistes, des possédants – hommes ou femmes, peu importe ; le sexe disparaît devant le capital font aussi bon marché du bien de la caste, sacrifient ses intérêts supérieurs à leurs passions basses, oublient toute prudence, négligent toute précaution devant leurs appétits déréglés – et livrent leurs munitions, en bloc, à l’ennemi ! – Où sont-ils, ces trois cent mille francs ? Qui sait ? Peut-être entre les mains de perturbateurs prêts à engager la lutte contre les gens riches, contre nous, en dépit du code qui fait tout ce qu’il peut, pourtant, pour favoriser l’accumulation et le maintien de l’argent dans les mêmes mains… Se laisser voler ! Ne pas veiller sur sa fortune ! C’est mille fois plus atroce que la prodigalité qui, au moins, éparpille l’or… C’est abandonner le drapeau de la civilisation ; c’est permettre à la vieille barbarie de prévaloir contre elle. La fortune a ses obligations, je crois ! L’Église même nous l’enseigne… »
    Le Voleur – Georges Darien – 1897
    ( un an après UBU tiens… )
    Hors ça, pour les « joueurs » du blog (il y en a),
    http://sports.williamhill.com/bet/en-gb/betting/e/2484714/Will-the-Euro-break-up-before-end-of-2012%3f.html

  29. kezaco

    BNP Paribas SA (BNP), la plus importante banque française, a vendu des Credit-default Swaps sur la dette souveraine de la France pour un montant net de 1,5 milliard d’euros (2 milliards de dollars), selon des donnéescollectées par l’Autorité bancaire européenne.

    Peux-t-on faire confiance à cette agence ? ce ne serait pas la première fois qu’elle se trompe !
    Nonobstant cette demande de vérification de la source, il est vrai que les CDS constituent une menace potentielle extrêmement dangereuse.
    L’euro ne passera pas Noël ! : qui prend les paris ? qui prends les CDS ?

    • Renard

      @ kezaco

      je tiens le pari, et je suis même prêt à le prendre pour le Noël suivant (sous réserve calendrier Maya).
      Que les banques européennes vendent des CDS sur leur dette nationale fait qu’elles ne vont plus pouvoir parier contre leur État et qu’elles vont devoir investir dans leur dette. D’un autre côté, les États vont devoir soutenir leurs banques (avec nos sous, mais c’est une autre histoire).
      Finalement les attaques anglo-ricaines contre la zone euro auront eu un résultat (inverse à celui escompté) : renforcer les solidarités internes à chaque nation, renforcer les solidarités de la zone et même de l’U.E.
      Cela dit, je ne parierai pas sur Noël 2013.

    • 20100

      Ce que je ne comprends pas, c’est qu’on en est réduit à des supputations.
      L’argent est un bien commun, et certain ce prennent le droit de toute opacité.

      Qui sont ils, que font ils ?
      Qu’est ce l’on attends pour mettre en Lumière les comptes ?

      Le citoyen ne ce donne pas le droit de savoir à qui il s’engage à donner des euros !
      Pauvre c.. que tu est.

      En industrie, la Qualité repose notamment sur la traçabilité.
      Si ça ne permet pas d’éviter tout dysfonctionnement, ça permet d’identifier à posteriori avec une grande précision les dysfonctionnement.
      et permet de mettre en place des procédures qui contrôlent que le problème ne ce renouvelle pas.

      Pourquoi il n’y a pas de démarche Qualité dans la finance, ça aussi c’est un mystère sur quoi il faudrait travailler.

      je suis prêt a m’y investir.

  30. Une belle illustration de ce que j’expliquais vendredi dans le Wall Street Journal d’aujourd’hui :

    For example, two of Italy’s biggest banks, UniCredit SpA and Banca Monte dei Paschi di Siena SpA, have sold a total of about €5.3 billion of protection against the risk of an Italian sovereign default, according to the new EBA data. The problem is that, in a default scenario, both banks likely would be in trouble themselves due to their huge holdings of Italian government bonds and the fact that their businesses are largely concentrated in Italy.

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