L’actualité de la crise: la corde raide, par François Leclerc

Billet invité.

LA CORDE RAIDE

En première ligne dans une situation toute inconfortable, les gouvernements européens sont sur la corde raide et vont y demeurer. Divisés entre eux, ils tentent de préserver ce qui peut l’être d’une Europe dont ils ne peuvent plus économiquement se passer, tout en ne sachant plus vers où la diriger.

Repliés dans leurs frontières nationales, ils se sont trouvés un rôle – car il faut bien exister – en adoptant une posture de cost-killers, à l’image de ces bons gestionnaires à la réputation usurpée qui sévissent dans les entreprises. Mais ils savent en leur for intérieur qu’ils vont rapidement atteindre à ce jeu la limite de ce qui est politiquement et socialement tenable, et que les mesures d’austérité qu’ils engagent ou étudient encore ne feront pas le compte à l’arrivée.

Ce n’est pas encore clairement l’impasse qu’ils redoutent, mais c’est déjà une voie de garage.

Coincés entre des impératifs contradictoires, ils tâtonnent, exposés aux crises de toutes natures dont ils craignent le déclenchement inopiné. Avec, pour les plus lucides, la hantise de ces deux repoussoirs que sont les situations grecque et japonaise, comme le décrit dans sa dernière chronique du Financial Times Martin Wolf. D’un côté le risque d’un blocage sur le marché obligataire qui s’étendrait à d’autres pays, avec des conséquences en chaîne imprévisibles, de l’autre la profonde trappe à liquidités et la déflation qui l’accompagne.

Comme la communauté des analystes le craint, l’Europe est à la veille d’une récession économique, et peut-être même de la déflation. Ce constat a amené Naoyuki Shinohara, le directeur général adjoint du FMI, à déclarer à Singapour que la croissance asiatique allait aider l’économie mondiale à atténuer le contrecoup des politiques d’austérité européennes, tout en s’inquiétant de leurs effets sur le commerce extérieur de la région, principal moteur de cette même croissance.

Ben Bernanke, président de la Fed, reconnait de son côté que la banque centrale américaine reste « extrêmement attentive » à l’évolution de la situation européenne, rejoignant ceux qui, aux Etats-Unis, estiment que les effets de la crise grecque seront « probablement limités ». Au sein de la Fed, des voix discordantes se sont toutefois fait entendre à ce propos parmi les gouverneurs : Daniel Tarullo considérant les retombées sur la croissance américaine de la crise européenne plus préoccupantes que Charles Evans.

L’adoption d’un remède unique à des situations nationales très diverses en Europe – la crise qui s’est installée dans la région ayant en réalité des particularités et des manifestations très différentes d’un pays à l’autre – est l’expression même du désarroi qui règne dans les sphères dirigeantes, lesquelles tentent de se raccrocher à une situation connue, répondant par la seule solution qu’elles ont sous la main.

Fâcheusement, les gouvernements ont adopté une stratégie qui, au lieu de rassurer les marchés, son objectif déclaré, ne fait que les inquiéter davantage. Aux flous initiaux exprimant des divergences entre eux succèdent de nouvelles incertitudes, que ce soit à propos des mécanismes de fonctionnement du Fond de stabilité financière et du véhicule spécial qui en est le bras armé, ou bien de la politique d’acquisition de la dette souveraine par la BCE. De semaine en semaine, les montants de ces achats consacrés à la dette grecque et portugaise diminuent, parvenant tout juste à maintenir la hausse de leurs cours.

Dans une tentative dérisoire de calmer le courroux des marchés, ils réclament toujours plus de sacrifices des pays menacés, tandis que devant cette situation majeure d’incertitude les banques se replient dans leur coquille. Désertant le marché interbancaire, elles continuent de placer chaque soir des capitaux plus importants que la veille dans les coffres de la BCE, seul refuge possible pour elles quand on ne sait pas de quoi sera fait le lendemain. Après les banques grecques, c’est en conséquence au tour des banques espagnoles de rencontrer des problèmes de financement sur le marché. Les banques confirment être le vecteur de la crise, craignant d’en être les victimes. Image parfaite d’un système financier qui se mord le bout de la queue.

Du côté des compagnies d’assurance, qui sont jusqu’à maintenant parvenues à se faire discrètes, Standard & Poor’s vient de mettre les pieds dans le plat. Analysant l’exposition des compagnies françaises à la dette souveraine grecque, l’agence de notation évalue celle-ci à un peu moins de 8 milliards d’euros. Elle serait de 20 milliards pour les assureurs notés par elle en Europe. Si ce risque est encore considéré comme « gérable » par ses soins, elle ne cache pas que la « dégradation additionnelle de la qualité de crédit de la Grèce, du Portugal ou de l’Espagne pourrait avoir des conséquences négatives sur nos notes ». L’environnement financier incertain atteint à leur tour ces gros investisseurs.

Sur le marché obligataire des entreprises, Standard & Poor’s comme Moody’s constatent aujourd’hui une baisse du taux de défaut, mais elles annoncent simultanément qu’elles sont préoccupées quant à la capacité qu’auront dans les toutes prochaines années les grandes entreprises à refinancer les centaines de milliards d’euros ou de livres des émissions qui vont arriver à échéance. L’optimisme n’est pas de mise, remarquent-elles, après avoir constaté que de nombreuses entreprises renouent avec des pratiques douteuses, n’hésitant pas à emprunter sur les marchés pour payer à leurs actionnaires d’importants dividendes.

Du côté des banques, on fait valoir que 2012 devrait être un « point de départ » et non pas la date d’application des nouvelles obligations de renforcement des fonds propres de Bâle III. « Si vous demandez tout, tout de suite, cela va créer des tensions importantes sur le marché du crédit », a ainsi prévenu Robin Down, un analyste de HSBC : « Les marchés ne pourront pas absorber les levées de fonds des banques si elles viennent toutes au guichet en même temps ».

Ces remarques donnent tout leur sens à l’annonce par HSBC, qui a déplacé son siège social à Hong Kong, d’une prochaine levée de fonds très importante à la Bourse de Shangaï, dès que les autorités chinoises auront adopté la réglementation présidant à l’introduction en Bourse des sociétés étrangères.

Les banques européennes ne sont pas toutes placées pour tenter d’opérer de même, alors qu’elles vont devoir faire face à un triple challenge : le refinancement de leurs opérations en cours, l’augmentation prévisible des taux de défaut en raison de la récession qui s’annonce, et enfin l’augmentation de leurs fonds propres. Sans tenir compte de la restructuration de la dette de plusieurs pays européens, considérée comme inévitable.

D’où l’annonce, restée très discrète en France, de nouveaux stress tests des banques, dont il va falloir suivre le sort qui va leur être réservé. Clarifieront-ils mieux que les précédents la situation réelle des banques ? Seront-ils rendus publics dans le détail ? On peut dès à présent fortement en douter.

Du côté de la dette publique, enfin, le pic n’est pas atteint et son calendrier risque d’être repoussé si les plans d’austérité ne produisent pas les effets escomptés. C’est une affaire, au strict minimum et au mieux, de trois à quatre ans, pendant lesquels de nombreux événements vont survenir.

On va beaucoup entendre parler de cette notion de pic de la dette, dont l’inscription dans le calendrier, rapproché ou s’éloignant, va être la vraie mesure de la dangereuse et douloureuse stratégie adoptée. L’agence Fitch a déjà adopté cette problématique, annonçant en conséquence que le Royaume-Uni pourrait conserver sa note AAA, à condition toutefois que la réduction du déficit soit « plus ambitieuse ». Le déficit du Royaume-Uni, le plus important des 27 pays de l’Union européenne, est actuellement de 156 milliards de livres.

L’embouteillage redouté sur le marché obligataire se précise donc, alors que les banques – à la fois investisseurs et emprunteurs – manifestent la plus grande frilosité quand elles exercent le premier de ces deux rôles, comme on le constate actuellement. La crainte monte qu’il n’y en ait pas pour tout le monde, aboutissant à de nouvelles hausses des taux obligataires. Favorisant les plus forts et enfonçant les plus faibles, Etats, banques et entreprises tous confondus. D’ores et déjà, l’écart des taux au sein de la zone euro ne fait que continuer à s’élargir.

Devant cette perspective qui contrarierait leurs efforts de réduction de la dette, sans tenir compte des effets sous estimés de la récession économique, les gouvernements européens tentent de réagir à leur manière, afin de contrôler les débordements des marchés qui les menacent. Ils s’efforcent d’accélérer les discussions relatives à une régulation financière, dont ils savent désormais qu’elle ne pourra être adoptée qu’entre Européens, après avoir passé les compromis nécessaires qui risquent de lui retirer l’essentiel de sa portée, afin que les Britanniques les acceptent. Même s’ils devaient y parvenir, cela laisserait de toute façon une vaste partie du monde, où les mégabanques européennes sont pourvues de filiales, régulée à l’américaine. On s’agite donc, à Bruxelles, Berlin et Paris, sur le dossier des produits dérivés et des CDS – le plus déterminant – tandis que l’on espère trouver plus facilement un accord sur celui de la taxe des établissements bancaires, le plus politique.

La portée réelle de cette taxe, une fois que ses modalités et son affectation auront été décidés, sera très faible. Les analystes de Deutsche Bank estiment que son produit pourrait être de 15 milliards d’euros par an pour toute l’Union européenne, si le modèle appliqué en Suède était adopté (taxe de 3,5% sur tous les prêts), à comparer avec les estimations par la BCE du montant des dépréciations qui devraient être effectuées d’ici fin 2011 par les seules banques de la zone euro : 195 milliards d’euros. C’est donc une taxe politique, contre laquelle les banques bataillent pour n’en accepter qu’une version symbolique.

La pente est rude et sinueuse pour les gouvernements européens, qui ne sont à l’abri d’aucune surprise, surtout les mauvaises. Les tentations de privilégier les intérêts nationaux ne vont pas manquer, éloignant encore les issues qu’ils espèrent à leur politique. Ils sont les meilleurs artisans des rebondissements à venir de la crise.

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85 réflexions sur « L’actualité de la crise: la corde raide, par François Leclerc »

    1. Honteux et drôle à la fois.

      Non seulement, il lit ses notes, mais en plus, il le fait très mal ! Et sa tentative de défense est pitoyable sur le fond ! (« il y a eu beaucoup de volume sur les marchés, donc, dans notre métier d’intermédiation, nous avons gagné beaucoup d’argent » …).

      Evidemment, si il y a des gens qui ont encore des doutes sur la qualité journalistique d »Europe 1 …

    2. Il lit ses notes et se comporte comme un élève qui pétoche !
      Pas très couillu le bonhomme….

    3. Quelque chose cloche dans la façon dont ASI présente les choses:

      Quelqu’un peut-il croire que Elkabach ou Zaoui aient ignoré la présence d’une caméra dans le studio? La qualité de l’image paraît difficilement compatible avec l’hypothèse d’une caméra cachée. Alors quoi?

    4. @Dissonance: ils se fichent de ces détails. Il n’y a qu’une poignée de gens (qui voient arrêt sur images, qui fouillent sur le net, etc) qui vont le savoir. C’est la masse des gens qu’il faut convaincre et ceux-là, si jamais ils l’apprennent, ne trouveraient rien à redire sur le fait que le gars lit ses notes.

    5. lien la vidéo « rue 89 »
      http://eco.rue89.com/zapnet_eco
      « .. le patron de sa branche européenne est venu s’expliquer ce mercredi matin sur Europe 1. Un bel exercice de langue de bois .. »
      Note pour ma prochaine interview : penser à cacher mes notes

    6. @Moi

      Je n’ai pas mis plus de 5 minutes à retrouver la vidéo en question sur le site d’Europe 1… Souvenez-vous de ceci. La poignée de gens est peut-être plus grosse que ce que vous imaginez…

      Je précise du reste que cette même vidéo fait également l’objet d’un article sur Rue 89, et qu’elle est hébergée sur Youtube et Dailymotion. Pas franchement des recoins obscurs du net.

      Ce que cette vidéo montre avant tout à mes yeux, c’est que le patron de GS Europe est un piètre communicant et que l’attitude d’Elkabbach est ambivalente: Certes, il a sans doute informé son interlocuteur des questions qu’il allait lui poser – est-ce d’ailleurs si choquant en soi? – mais du fait de la caméra, il donne à voir à n’importe quel internaute la « faiblesse » de l’interlocuteur en question.

    7. Blablabla sur un texte de qui donc ?
      Des faits, rien que des faits, c’est le seul matériel pour pouvoir juger.

  1. Et pendant ce temps là, plus personne ne parle des US … la stratégie du sacrifice de l’Euro pour sauver le soldat dollar semble fonctionner à merveille. Le maillon « faible » européen dans un circuit financier au bord du court circuitage semble parfait dans son rôle du fusible.

    Quel sera le prochain fusible quant celui de l’euro aura grillé du côté de la péninsule ibérique ?

    1. « Wall Street a peut-être réagi -mais tardivement- à un commentaire de Moody’s qui spécifiait qu’il n’était pas impossible que la notation de la dette des Etats Unis soit un jour abaissée.

      Les valeurs bancaires ont mal terminée la journée, à l’image de Regions Financial -4,4%, Capital one -3%, Wells Fargo -2,6%, Bank of America -2,2%, JP Morgan -1,75%.

      Sans grande surprise, le rehausseur de crédit Ambac a dévissé de -40% alors que le marché s’attend à l’annonce d’une faillite imminente (Ambac est plombé par 64Mds$ d’actifs douteux et probablement sans valeur). »

      http://www.boursorama.com/international/detail_actu_intern.phtml?num=ee1f6c237c40b4d5249825a5fc8df5c9

    2. Aux USA « le taux de chômage remonte lentement vers les 10%. Mais ce chiffre ne tient compte que des gens qui ont cherché un emploi au cours de l’année passée. Le problème, c’est que de plus en plus de gens cessent de chercher. Le nombre de personnes sans emploi depuis six mois ou plus a doublé, passant de 3,2 millions à 6,7 millions. On trouve désormais plus de huit millions d’Américains officiellement sans emploi. Des millions d’autres sont officieusement sans emploi – 17% de la population en tout. » (Bill Bonner)

      http://www.la-chronique-agora.com/articles/20100609-2801.html

    3. Les ressources physiques et virtuelles se faisant rares, il faut détruire aléatoirement tout qui utilise ces ressources physiques et virtuelles. La seule croissance possible devient celle qui se forme via la destruction de la consommation de l’autre. En détruisant un marché, le système s’offre des marges permettant à un autre marché de rebondir (surtout financier hélas). Le système détruit et redistribue alors que l’on pourrait cibler ce qui ne compte pas (la pub par exemple).

      C’est l’ère du cannibalisme de marché avec son lot de vautours. La règle principale, surtout ne pas attirer l’attention, et comme toujours … savoir mentir !

  2. « L’embouteillage redouté sur le marché obligataire se précise donc, alors que les banques – à la fois investisseurs et emprunteurs – manifestent la plus grande frilosité quand elles exercent le premier de ces deux rôles, »

    De quelles obligations s’agit-il ? « Etats, banques et entreprises tous confondus »

    Bon, et à quand des banques nationalisées ? « Bootstrapons » sans entrave.

    1. Sur la situation critique des banques espagnoles:

      « Si l’Etat va avoir des sérieuses difficultés pour refinancer la dette qui arrive à son terme dans les prochains mois, à cause de la chute des obligations espagnoles, pour les banques et les caisses d’épargne ça va être presque impossible. »

      Les banques espagnoles doivent trouver au moins 55 milliards d’euros cette année. Seule solution selon l’article: la BCE et l’argent du plan de sauvetage de l’euro.

      Conséquence: finis les crédits pour les entreprises et les particuliers. « Si on n’a pas d’argent pour payer nos dettes, on en aura encore moins pour le prêter », dit un banquier.

      http://www.cotizalia.com/en-exclusiva/depslome-deuda-liquidez-banca-20100609.html

  3. La Banque centrale européenne (BCE) tient ce jeudi sa réunion de politique monétaire mensuelle sur fond d’inquiétude persistante pour la zone euro toujours engluée dans la crise de la dette.

    Les gardiens de l’euro se retrouvent à partir de 09H00 au siège de Francfort. La décision sur les taux d’intérêt sera annoncée à 13H45, puis le président de la BCE Jean-Claude Trichet tiendra une conférence de presse vers 14H30.

    Le principal taux directeur, fixé au niveau historiquement bas de 1% depuis plus d’un an, devrait être maintenu.

    La crise de la dette souveraine en zone euro va rester au coeur des débats. Au risque de perdre sa crédibilité, la BCE a pris une mesure inédite dans sa jeune histoire en décidant d’acheter des obligations d’Etats en grande difficulté budgétaire, Grèce, Portugal et Irlande principalement, selon des économistes.

    Près d’un mois après, l’heure sera à un premier bilan de l’état du marché. « La crise de la dette est entrée dans une nouvelle phase », estime Cedric Thellier de Natixis. Les investisseurs portent leur dévolu quasi exclusivement sur les obligations allemandes, considérées comme le refuge par excellence, et boudent celles des autres pays, y compris ceux qui sont aussi bien notées, selon lui.
    Les marchés commencent à douter de l’efficacité des achats d’obligations, par ailleurs controversés au sein même du conseil des gouverneurs.

    Autre sujet d’inquiétude : les tensions sur le marché interbancaire, dont seraient désormais totalement exclues les banques espagnoles, selon des informations de presse. L’Espagne est sous la loupe des marchés en raison des craintes pour ses finances publiques (le déficit public a explosé à 11,2 % du PIB en 2009) et de l’importance de sa dette privée.

    Les banques de la zone euro préfèrent déposer leurs liquidités auprès de la BCE au lieu de les prêter à d’autres consoeurs, une aversion au risque qui rappelle la période de la faillite de Lehman Brothers. Ce comportement est potentiellement dangereux pour le crédit, et la fragile reprise économique en cours.

    Romandie

  4. Pour ceux qui veulent encore ignorer l’influence de la culture dans l’éthique de la finance :

    « (Deuxième) différence culturelle essentielle influant sur la pensée économique allemande, en opposition à la pensée économique anglaise : le problème religieux. L’assimilation entre argent et corruption opérée par Luther dans sa virulente critique du phénomène des indulgences don un tour moralisateur à la réflexion économique de langue allemande_ A partir de la Réforme, en effet, les questions économiques et monétaires sont souvent posées sous un angle éthique.
    Par ailleurs, le principe du, « cujus regio, ejus religio » donne aux Etats allemands une culture de pluralisme religieux mais pas de tolérance, à l’opposé de ce que connut l’Angleterre qui organisa la coexistence entre catholicisme, calvinisme, luthéranisme et judaïsme, terreau sur lequel grandit une bourgeoisie débarrassée des questions de querelles religieuses et désireuse de prospérité matérielle, tentée par l’appât du gain et le commerce international. La « Weltfrömigkeit » de la culture protestante placera la prospérité matérielle sous le contrôle de la dimension spirituelle qui marque la pensée économique allemande_ »
    Voilà qui est clair. Un peu différent des « simples » pensées économiques faites de « simples calculs » !

  5. Ce matin, on voit dans les journaux belges que la NVA et Bart De Wever menacent la cote de la dette belge !
    Si cela n’est pas une intervention orientée de la part du pouvoir financier, je trouve que cela y ressemble très fort ! Enfin, ce n’est qu’un prêté pour un rendu puisque les séparatistes flamands invoquent précisément un appauvrissement du flamand par le wallon qui vivrait à ses dépens !

  6. « … dès que les autorités chinoises auront adopté la réglementation présidant à l’introduction en Bourse des sociétés étrangères.  »

    Je l’ai signalé il y a quelque temps, tentant de détourner le regard tourné vers les USA, mais ces règles ont déjà changé. Il m’a été impossible de le vérifier, mais j’ai cru comprendre que la loi chinoise limitait (à une ?) le nombres de sociétés auxquelles une société étrangère pouvait participer. S’en est suivi le barnum de discussions entre Axa, National Australia Bank (NAB), Axa Asia Pacific Holdings (APH), pour (tenter de ?) se repositionner.

    Pendant qu’on navigue sans compas ni boussole, les chinois balisent le terrain.

  7. Bonjour François et merci pour ce nouvel article aussi clair et pédagogique que les précédents.
    Une question de béotien : cet embouteillage redouté correspond à des besoins de levées de fonds simultanées, les obligations précédentes arrivant à échéance et s’ajoutant à des besoins nouveaux. Mais l’échéance des anciennes obligations ne correspond-elle pas à la libération des capitaux correspondants ? Ce qui relativiserait le véritable besoin net en capitaux. Est-ce bien ainsi que ça se passe et dans quelle proportion le problème se pose-t-il ?

    1. Cela se passe actuellement ainsi: les banques, comme d’ailleurs les grandes entreprises, ont de grosses difficultés à lever des capitaux sur le marché primaire (lorsqu’elles lancent leurs émissions obligataires).

      Il y a blocage, les investisseurs ne voulant pas prendre de risque. Ils se dirigent ailleurs, par exemple en déposant leurs capitaux auprès de la BCE, quand ce sont des banques

      Les banques tentent alors d’émettre des covered bonds (obligations sécurisées, c’est à dire offrant plus de garanties aux investisseurs), mais cela ne leur permet pas de répondre à leurs besoins, et les banques des pays à risque n’y parviennent même pas.

      Votre vision en net fait l’impasse sur le fonctionnement réel et concret du marché des capitaux.

    2. De plus, il n’est pas dit que les capitaux devenus disponibles « acceptent » indéfiniment des taux aussi bas que ceux pratiqués actuellement. Une partie doit donc aller aussi vers des cieux avec un avenir perçu comme potentiellement plus rémunérateur à risque perçu comme équivalent.

  8. A françois LECLERC.
    On va dans le mur. Le système libéral, celui qui s’est développé depuis les années 80, sous l’impulsion de l’école de chicago, relayé par les Reagan, Tatcher & Co, et favorisé par l’éffondrement du bloc soviétique, est dans une impasse. Où sont passés les chantres du libéralisme, les Madelins, les De Closet ? On ne les entend plus !
    A l’évidence les mesures adoptées par les gouvernements Européens, sous couvert du FMI, vont nous enfoncer d’avantage dans le marasme; Faites pour rassurer les milieux financiers, elles ne font que les inquiéter d’avantage.

    Ce constat est aujourd’hui fait par de nombreuses personnalités, des économistes, des politiques.

    Alors qu’est-ce-qu’on fait ? Pour le moment je n’entend pas beaucoup de propositions.

    Moi je n’y connais rien en économie, mais d’instinct je me demande si il ne faudrait pas faire un reaset. On efface toutes les dettes en nationalisant les banques (en spoliant les actionnaires) et on repart sur de nouvelles bases. Ensuite l’europe serait coupée de facto de la finance mondiale, mais ce continent a sans doute le potentiel pour y faire face.

    C’est sans doute une proposition qui n’est pas réaliste car il n’y aurait pas que des gros rentiers qui seraient spoliés mais sans doute un panel beaucoup plus large.

    Quelles sont vos propositions pour que nous sortions de cette impasse ?

    1. C’est l’un des objets de ce blog de les identifier !

      Afin de couper les ailes de ce système, Paul Jorion se fait depuis longtemps le propagandiste de l’interdiction des paris sur les fluctuations des prix.

      J’ai fait état à de nombreuses reprises, à propos du système bancaire, de l’idée élaborée par Willem Buiter de construire des « good banks » sur fonds publics, en reprenant les dépôts des « bad banks » et en laissant couler ces dernières avec leurs actionnaires.

      Quant à la dette publique, des réflexions existent à propos d’une restructuration ordonnée de celle-ci, dans le cadre d’un deal d’ensemble afin de remettre à flot les Etats.

      Enfin, il est souvent souligné la nécessité de substituer au financement de la consommation par le dette une redistribution de la richesse et de remettre la finance sur le droit et exclusif chemin du financement de l’activité économique.

    2. Bonjour,

      @ Monsieur Leclerc,

      Votre intervention est, comme toujours, pertinente mais ne règle malheureusement pas tout : le problème est non seulement bancaire mais aussi (surtout ?) du côté des assurances en tout genre (assurance-vie, retraite, complémentaire santé…)
      Comment résoudre le problème des actifs toxiques « assurantiels » ?

      Je pense qu’il importe, maintenant que la problématique bancaire est à peu près cernée, de concevoir des solutions pour isoler la question des assurances (qui concerne tout le monde et plus ; avec les récents quasi-développements français sur la titrisation nouvelle norme) et tenter d’y trouver une solution concrète.
      La question n’est pas simple puisque les banques se déchargent ou tentent de se décharger d’une partie de leurs actifs dits toxiques (c’est-à-dire des actifs fictifs) sur les assurances, c’est-à-dire en réalité sur le plus grand public possible. Une histoire de vases communicants qui communiquent efficacement !

      Cordialement,

    3. Une restructuration ordonnée supposerait de faire le tri entre les créanciers, de dénouer l’écheveau des détenteurs de la dette publique. Pas simple, en effet, mais pourquoi ce serait impossible ?

      Chaque fois que j’entends très complexe, je m’interroge !

    4. @Monsieur Leclerc,

      Votre réponse est partielle, mais c’est un bon début.
      Il ne s’agit malheureusement pas que de démêler l’écheveau des détenteurs de la dette publique, car il y a aussi, toujours malheureusement, une dette privée qui se dissout dans le public via l’ensemencement dans les assurances de titres douteux (c’est un euphémisme) issus de la titrisation débridée.
      Pas simple ne signifie évidemment pas impossible, mais signifie qu’il importe maintenant de s’attaquer au problème.
      Comme vous le terme « très complexe » me met la puce à l’oreille sur « à qui profite le crime ». Mais ce n’est pas seulement le mot « complexe » qui attire mon attention mais aussi et surtout l’utilisation excessive, immodérée, de la complexité légale et réglementaire de tout bord (droit, fiscalité, comptabilité etc.)

      Cordialement,

    5. Je partage votre opinion : ne pas vouloir se laisser enfermer dans la complexité revendiquée des problèmes ne les simplifie pas nécessairement pour autant.

      Parfois, il faut donc inventer des mécanismes complexes pour défaire ce qui a été fait; parfois il suffit de trancher dans le vif (par des interdictions pures et simples), pour éviter la reproduction de la complexité.

      Deux méthodes, un seul objectif.

    6. @ Monsieur Leclerc,

      Permettez moi d’avoir un faible pour la simplicité : « ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément ». La simplicité est, en vérité, ce qu’il y a de plus difficile à atteindre.
      Donc, je suis de votre avis : les interdictions valent souvent (la réserve vient du fait qu’il faut aussi parfois refondre le cadre, le repère, dans lequel tout le monde évolue) bien mieux que les complications pour résoudre la soit-disant complexité (qui cache une grande indigence d’objectif : le plus d’argent possible pour le moins de monde possible).

      Cordialement,

    7. Interdire les paris sur les fluctuations de prix est une mesure très symbolique, à ce titre rejettée par les banques et tenanciers de la finance mondiale.

      Elle retirerait une des possibilités de nuisance de ces gens. Il ne pourrait plus utiliser les capitaux dont ils disposent en spéculant sur les prix. Est-ce à dire qu’ils les utiliseraient utiliment ? Rien n’est moins sûr ! Acheter des obligations US pour financer l’effort de guerre en Afganistan et ailleurs, investir dans des délocalisations, voire, laisser dormir l’argent sur des comptes rémunérés de banques centrales me paraissent des utilisations tout aussi nuisibles.

      Et fondamentalement, exiger pour tout placement un rendement nétemment supérieur à la croissance (qui plus est, avec garantie dêtre renfloué par le contribuable en cas de crise) est également nuisible.

      Les propositions qui visent à contrôler l’usage que les financiers font des capitaux sont vouées à l’échec. Ils ne peuvent plus faire de paris ? ils feront autre chose.

      Il y eut dans beaucoup de pays un moment de l’histoire où, pour trouver le développement nécessaire, la terre dut être redistribuée et remise directement aux mains de ce qui en avait besoin pour faire vivre la population, ceux qui étaient capable de la travailler.

      Il me semble que nous sommes aujourd’hui dans la même situation. Le capital est le substrat universel du travail productif. Il doit cesser d’être concentré entre quelques mains qui l’accaparent à des fins nuisibles. Il faut l’équivalent capitalistique des réformes agraires: une redistribution forcée et immédiate du capital financier en direction de ceux qui sont capables d’en faire l’usage productif indispensable.

  9. Permettez moi de me demander pourquoi se référer à des organes propagandistes du monde anglo-saxon?Que l’Europe n’aille pas bien, ça, le moins qu’on puisse dire… Mais je doute que des avis qui ne nous veulent pas que du bien soient forcément à convoquer. d’autant qu’on n’arrête pas de dire à longueur de blog qu’ils n’y comprennent rien à rien. Alors pourquoi, concernant l’Europe, là, ils y comprendraient quelque chose.

    1. Il me semble intéressant de souligner les évolutions de la pensée de chroniqueurs et d’analystes réputés libéraux, quand ils se posent des bonnes questions et évoluent.

      Cela ne signifie pas qu’ils sont une référence pour vous et moi, mais il ne faut pas oublier qu’ils le sont pour d’autres.

      Leur monde n’est pas homogène, cela mérite d’être souligné.

    2. Pour faire un parallèle:
      « …organes propagandistes du système anglo-saxon »

      A bien d’autres niveaux ils nous contraignent l’existence par leur vision utilitariste aseptisée:
      exemple: la notion d »HACCP » élaborée pour l’alimentation des cosmonautes en mission spatiale
      qui finalement s’applique jusqu’au fin fond des caves de …ROQUEFORT.

      Pourquoi un EUROCCP basé sur NOS normes de production alimentaires n’a-t’il vu le jour ?
      …faiblesse et manque de vision des dirigeants européens. _
      (Les Russes ont bien eu, eux leur CCCP !)
      Enfin, le Prince Charles sauva la mise en s’en offusquant à Roquefort même…

    3. @svenmarq

      Hazard Analysis Critical Control Point, HACCP.

      Ouais, ça fait 10 ans que les œnologues nous gavent avec ça. C’est même plus une norme, c’est une norme de contrôles normés!
      Et leurs petites affiches et leurs petits classeurs et leurs petits registres et leurs petits guides de bonnes pratiques et leurs petits fichiers et leur paranoia stérilisante et destructrice, ben ya toujours quelques co…rds pour les adopter avec l’avantage comparatif qu’ils croient en tirer. Putain de suivistes!

      Et les russes, pour partir dans l’espace et avoir un stylo qui fonctionne en apesanteur, ils ont pas dépensé 2 Millions de $ pour inventer un Paper Mate qui n’a jamais marché.

      Ils ont pris des crayons à papier…!

  10. « L’Europe a donc besoin d’une stratégie de croissance à court terme pour compléter son plan de relance et ses projets de consolidation budgétaire. Le plus gros obstacle à la mise en place d’une telle stratégie est la plus importante économie de l’UE, et son leader putatif : l’Allemagne…Si l’Allemagne veut faire avaler la pilule amère de l’austérité budgétaire, elle devra à terme reconnaître le quid pro quo implicite. Elle doit s’engager à stimuler ses dépenses intérieures, à réduire ses surplus extérieurs et à accepter que la BCE rehausse l’objectif d’inflation. Plus vite l’Allemagne remplira sa part du contrat, mieux ce sera pour tout le monde.: Le point de vue de Dani Rodrik, l’un des meilleurs analystes américians du / des problème(s) européen (s)

    Qui a perdu l’Europe

    1. L’Allemagne profite de l’Europe à sens unique…elle n’a aucune intention de changer cette situation malgré des transferts vers le sud, le retour sur investissement reste important…jusqu’au jour ou ses clients n’auront plus les moyens de lui passer commandes ….et à cet instant on en reparlera de l’Allemagne

  11. Je les vois un peu comme vous s’inquiéter de leur position surtout en ces temps de pluie pour beaucoup, mais c’est normal vu qu’il n’y a plus guère d’autre modèle de vie ou de société en rechange c’est pour vous dire comme ils ont grandement faillis.

    La grande pulsion marchande et mortifère actuelle de l’humanité déchue, faut surtout faire du chiffre partout, seul tout cela est concret et durera toujours à l’antenne.

    Vous connaissez la musique.

  12. @Charles et tous
    L’intervention du ministre allemeand des finances W. Schäuble hier soir sur Arte laisse peu d’espoir quant à un repositionnement de l’Allemagne. Il a demandé que l’ensemble des pays de l’UE respecte le pacte de stabilité et mette en place des politiques d’austérité.

    1. Quant à Mme Lagarde, lorsqu’on lui demande quelles mesures concrètes sont prises ou sont en préparation, elle répond solidarité, concertation, coordination …

    2. Voilà bien les aléas et les limites de la proportionnelle. Arrangements pour rester au pouvoir. A-t-on connaissance de sondages de ce qu’en pense la plèbe allemande?

    3. la petite passe d’armes entre le ministre allemand et Elie Cohen sur l’Espagne est révélatrice de l’approche des Allemands : peu importe qu’il y ait contradiction entre rigueur et croissance du moment que l’on respecte les règles ! Et toujours cette volonté de « réformer » le code du travail (ah cette politique d’immigration des Espagnols) dans le sens que chacun ici devine

    4. @philoxenos 79 et dissy: Vous avez raison, mais ne pas oublier que les dernières initiatives allemandes sont aussi pour une large partie contraintes par les écarts entre la ‘doxa’de l’orthodoxie financière’et la réalité ( les 80 milliards de coupes budgétaires pourraient s’accompagner d’augmentations d’impots ) et ne contribuent en rien, hors leur valeur ‘exemplaire’ à résoudre le dilemne allemand face à l Europe ou le dilemne de ses partenaires européens, ni à adresser ses problèmes structurels. W.Müchau dans un article considère le train
      de mesures çontracycliques’ ( Irrtümer der Sparsamkeit ) et ne prenant pas en compte ni la croissance ni de l’Allemagne ni celle de l’Europe..

    5. @didier

      Les allemands, c’est pas Dieu qu’ils auraient dû tuer, c’est Kant!

      Il leur a fait beaucoup de mal avec son Impératif Catégorique, le bougre! Et ça continue, et on en en profite!

  13. la crise a bon dos ,les états font passer des tas de lois qui les arrangent pendant ce temps là .

    la mauvaise foi est partout et à la limite les spéculateurs agisssants en tant que superprédateurs sont plus honnêtes que les états censés représenter et protéger les peuples .

  14. Quel qualité pédagogique! Bravo.
    Des billets comme ceux-là, on en redemande.
    En quelques lignes, le résumé de beaucoup d’infos et leurs conséquences.

    La guerre pour capter un maximum de liquidités a été déclarée par les u.s.
    Ils nous ont refait « Pearl Harbour » par l’intermédiaire des agences de notations.
    Nous avons perdu énormément du fait des tergiversations de Madame Merkel à propos de la Grèce.
    Ensuite, toujours par elle car, elle nous a balancé ses difficultés de politiques intérieures et les fantasmes du souvenir allemande de l’inflation.
    Tiens donc, cette course aux liquidités, serait-ce encore un remake: Les ricains qui retirent leurs fonds d’Allemagne en 1929 et la captation des liquidités par les u.s. ou du moins la volonté de le faire en 2010?
    La réaction européenne n’est pas à la hauteur ni à notre honneur:
    Dispute de leader ship entre l’Allemande et le Français.
    L’incroyable attitude masochiste des européens qui acceptent qu’un gouvernement nettement marqué par un rejet de l’Europe, intervienne pour sauver sa City.
    Des instances européennes dont on a l’impression qu’ils sont spectateurs d’un match de tennis en voyant leur tête aller et venir pour suivre la balle d’un camp à l’autre.
    Pensez-vous vraiment que c’est avec de tels chefs que nous allons sortir indemne de cette terrible bagarre?
    Ne serait-il pas temps de mettre nos frontières au niveau de celles des belligérants?
    Ne serait-il pas temps de décourager, voir interdire la délocalisation de nos industries et de nos fleurons? La Chine n’hésite pas elle!
    Comme il a été signalé plusieurs fois sur ce blog, ne serait-il pas nécessaire de nationaliser l’une ou l’autre banque européenne?
    On nous demande régulièrement de voter. Eh bien cette fois, l’heure étant grave, l’Europe des citoyens devrait pouvoir se prononcer. L’interpellation directe par un certain nombre de citoyens est autorisée, suivant certaines règles. Pourquoi un député européen n’organiserait pas cette prise de position citoyenne?
    Il faut bouger, bouger, bouger.
    Qu’attend donc Mme Lepage.
    C’est une bonne manière de se mettre en lumière.
    D’autre députés de tous bords pourraient la rejoindre.
    Qu’attendent-ils?

  15. Un souvenir : un reportage sur un cost killer américain ayant fui l’Allemagne en 45 probablement suite à ses affinités nazies , que l’on retrouve dans son discours , qui revenait en Allemagne récemment faire ses » emplettes « , à savoir investir des fonds dans les grosses PME sous cotées de son point de vue , dont le contrôle lui permettait , via du lobbying et articles dans journaux économiques « spécialisés  » de faire d’énormes gains ,en misant sur la réévaluation des actions…

    Cela comme métaphore de l’utilisation par la finance anglo saxonne de l’Europe : se faire du gras .

    L’autre chose est ce que nous rappelle S.Halimi dans le courrier , à savoir l’intense lobbying des libéraux auprès des candidats en demande de fonds, pour obtenir ce à quoi ils rêvaient , lors de la candidature de Clinton :l’abolition de la loi Glass-Steagall , obtenue en 1999 , qui leur permettait de mélanger les banques d »affaires, de dépôts et les assurances ,interdit par F.Roosevelt en 1933…

    Cela n’a l’air de rien , mais cela change tout : les avoirs des dépôts, des économies des particuliers , style caisse d’épargne , et les garanties des assurances basiques, à la disposition des tenanciers du grand casino .

    Bref , pour le coup , la population entière prise en otage , si le système tombe, la ruine de tous et donc la nécessité de renflouer les banques quoi qu’il arrive .

    Ajoutez à cela , l’incitation très forte pour les épargnants à souscrire des produits financiers , à des fonds de pension et autres , et la boucle est bouclée avec l’aliénation garantie d’un maximum de gens à ce système .

    Faut pas être trop savant pour voir les tentatives de nos gouvernants de nous faire plonger davantage dans ce chaudron barbare .

    Et ils en seront récompensés , nos chers représentants de la démocratie quand ils auront pris la veste électorale inévitable et méritée.

  16. Il y a, sur ce blog, deux tendances.
    La première, qui était celle de Paul Jorion, consistait à expliquer ce qui avait foiré. [Anthropologue. Très bien ! Une ouverture d’esprit plus large et plus fondamentale.]
    Clairement, on a pu mettre en évidence que des gens avaient pris l’habitude de truquer le système de plus en plus allant jusqu’en faire une pseudoscience qu’on assimilait au « génie financier ». Génie réel puisqu’il a réussi à prendre une dimension industrielle qui rapporte gros, trop gros, comme si le reste pouvait, désormais passer au second plan ! On a pu voir, par-ci par-là, des commentateurs s’extasier sur l’art, qu’avait montré Goldman Sachs de s’en sortir vainqueur « à force de risque et de goût du risque » ! [un magicien fait de la magie avec des trucs, pas avec de la magie. Pour moi, c’est pareil aux trucs de la célèbre banque.] Ce que je souligne est l’état extatique du ou des commentateurs, ce qui en dit long sur l’état d’esprit du ou des personnages.

    Pourrais-je rappeler, car la deuxième tendance, qui opère sur ce blog est une tendance totalement et essentiellement technique, qui s’acharne sur des détails de procédures au lieu de considérer à quel moment le principe vital de ces organismes a été de fonctionner pour lui-même uniquement ; pourrais-je, donc, rappeler que « la banque » n’est pas un sport olympique ni un championnat d’échecs que l’on pourrait regarder en spectateur fanatique, admiratif ou partisan !
    La place de la banque est centrale dans l’organisation de la société actuelle. Malheureusement !
    Que des gens qui se soucient uniquement de chiffres, de gains et de paris se mêlent de diriger le monde par leur puissance financière et en raison de l’implication qu’aura sur leurs comptes, tel ou tel projet de citoyens ou d’hommes politiques, cela me semble acceptable tant qu’ils ne mettent pas leur intérêt personnel en concurrence avec les intérêts du reste des gens ! Les crashs financiers ont eu lieu à différentes époques et régulièrement. Ce n’est pas nouveau. Raison de plus pour ne plus laisser le contrôle total de l’argent à des joueurs impénitents !
    Vous voyez, ainsi, qu’on en revient bien à l’importance de l’Histoire et aux évènements cruciaux qui ont eu lieu quand les financiers ont pris, secrètement d’abord, puis de manière de plus en plus claire, la direction du monde.
    Peut-on, je le répète, encore laisser la direction indirecte, mais bien réelle, des affaires du monde à des gens seulement préoccupés par leurs chiffres et leurs petits calculs mesquins ! Que le sort du monde dépende actuellement de ces petits calculs mesquins est précisément l’objet de mon courroux, à moi et à la plupart des personnes qui ne sont pas complètement intoxiquées par ces petits calculs continus et qui entretiennent, sans aucun doute, une addiction par l’effet hypnotique ou psychotique qu’ils produisent !
    En un mot, sommes-nous encore dirigés par des gens qui ont encore les pieds sur terre ou seulement le nez dans des ordinateurs à regarder les chiffres et les courbes qui montent et descendent sans arrêt ?

    1. Les problèmes et les dangers sont bien cernés par l’une et l’autre catégorie . Mais il en reste un maintenant qui laisse sans voix les langues bien pendues : personne ne bouge , exactement comme si ceux qui ont le pouvoir avaient notre assentiment tacite . Avant , les serfs demandaient merci et disaient pardon . Aujourd’hui , ils demandent pardon et ils disent merci .
      Dommage qu’Escartefigue ne soit plus des nôtres pour répondre à César .

    2. @ Philemon,

      @tous,

      … vous avez tout à fait raison…

      Avez-vous une idée pour « faire bouger » les choses ???

      C’est du brain-storming, toutes les idées peuvent être énoncées,
      il finira bien par en sortir quelque chose….

    3. @Laurence
      Ce ne sont pas les choses qu’il faut faire bouger , ce sont les personnes : physiques pour commencer , morales pour continuer . Des idées , il y en a sur les blogs et ailleurs , dans ma petite tête d’adolescent prématuré aussi , mais elles sont noyées sous un déluge d’informations : il serait plus utile que les auteurs très appréciés s’expriment un peu moins souvent en faisant régulièrement oeuvre de synthèse pour qu’on y voie un peu plus clair . Alors , de plus en plus de personnes velleitaires deviendraient volontaires .

  17. Manque d’ambition:

    Sur le chômage on en est même plus rendu à parler de création d’emplois et donc de richesse et de valeur ajoutée…on parle de ‘diminution de la hausse’…voila et c’est quasi à prendre comme un cri de victoire..c’est LA bonne nouvelle du communiqué de Pôle Emploi….ou sont les hommes politiques?Ou sont leurs politiques pour créer de l’emploi et en masse,comment et quand??
    Que comptent ils faire en ce sens?
    Silence radio total…….le numéro que vous avez composé n’est plus attribué.

    Baisser le chômage mais pourquoi mon bon ami?Il faudrait augmenter les salaires et cela peut même créer de l’inflation..vous vous rendez compte, mes économies….vont fondre!
    Finalement un taux de chômage stucturel (malgré leurs dires en sens opposé)les conforte très bien….le plein emploi n’a JAMAIS été un objectif réel.

    http://fr.news.yahoo.com/4/20100610/tts-france-emploi-previsions-ca02f96.html

  18. Dans l’émission d’Arte, « l’Europe face à la crise », nous, les télespectateurs, en tant que citoyens européens sommes mis en garde contre la tentation de l’extrème droite,
    Alors que s’il me semble le néolibéralisme n’enfreind en rien et certainement pas les motifs économiques de l’extrème-droite,
    Perso, je dirais que l’ économie néolibérale et l’extrème droite sont surtout tout à fait compatible et ferait même plutôt bon ménage
    Je ne dis pas non plus qu’il n’y est pas quelques divergences, de mon point de vue, le néolibéralisme est une visée d’extrème droite, mais qui n’est pas nationnaliste

    http://videos.arte.tv/fr/videos/l_europe_face_a_la_crise-3249624.html

    1. En évitant d’utiliser LEUR vocabulaire, on pourrait éviter de se faire piéger par les mots. Le réel sous la novlangue, est que la droite, c’est le PS, l’extrême droite l’UMP. La boutique familiale nationaliste qu’on nomme « extrême droite », est un machin populiste qui n’a jamais rien eu grand’chose dire, même quand il lui arrive de dire qu’il ne fait pas beau s’il pleut.

      A n’en pas douter, l’extrême droite est passée au Fouquet’s.

      Le vrai problème est qu’il n’existe aucune gauche réelle et que ce qui s’en approche le plus (les décroissants), sont loin sous le radar citoyen, en attendant qu’ils se pervertissent suffisamment pour être au niveau des platitudes ambiantes et pour être reconnus par le système de propagande.

      « Nationaliste »… on pourrait l’être en étant de gauche. Il y a bien des écolos d’extrême droite ou d’opportunité, comme Mélenchon et Cohn-Bendit.

    2. Différence:
      L' »exrême » droite est antiimmigrationniste.
      Les neolibéraux (à la recherche du dumping salarial extrême) sont pour une immigration massive et invisible.
      C’est ainsi que la droite populiste rejoint l’extrême gauche.

    1. Dans la video, Genereux explique que les banques empruntent à la BCE à 1% et reprête derrière à la Grece à 8% ou 10%.
      Y a un truc que je ne comprends pas bien. La BCE ne prête que sur du court terme , alors comment les banques s’y prennent avec la BCE pour faire traîner pendant 5 ans?

  19. Je pense que nous allons vers une nationalisation d’une grande banque en France, je ne vois pas d’autre alternative : car prenons la SG par exemple :
    35 milliards d’actifs douteux US déclaré.
    Des pertes de 30% sur les LBO
    Des pertes à venir sur les obligations des pays du sud qui viendront à faire défaut au moins sur 1/3 s’ils veulent s’en sortir
    Des pertes sur les fameux crédit immobiliers à taux fixes financés à court terme sur l’euribor 3 mois si les taux remontent
    ect…
    Je vois mal les actionnaires remettrent la main à la poche dans ce contexte
    Donc tôt ou tard il faudra passer par la nationalisation et je crois que la SG est la mieux placée pour cela. D’ailleurs le fameux marché n’en finit de l’envoyer au tapis.

    Il n’y a pas de fumée sans feu.

    1. On nationalise comment?
      En rachetant leurs parts aux actionnaires?
      Au « bon » prix?
      Ou en « confisquant » à un prix plancher?
      Je préfèrerais que les actionnaires assument en remettant au pot.
      Heureusement que l’état s’est désengagé de BNP et CL….

    2. On met les actionnaires avec les actifs pourris ensemble dans le même panier.
      et de l’autre on créait une banque saine que l’état recapitalise en la nationalisant, et on ne reprends que les dépôts et les créances solvables.
      Le reste au trou. Point barre
      au lieu de se traîner pendant mille ans à rembourser « l’irremboursable ».

  20. Les élections nationales, dans des pays où les instances dirigeantes, par exemple européennes, ne sont pas élues, ne changent jamais grand chose . Et quand en plus ces instances dirigeantes sont elles-mêmes dirigées par une poignée de financiers internationaux, rien ne peut changer . Le seul changement possible est idéologique, celui d’avoir la force mentale de ne plus donner prise au pouvoir de l’argent, simple création humaine .

    Comment s’affranchir et affranchir le monde du pouvoir des financiers internationaux ? Sans doute déjà par les médias qui asservissent actuellement le monde entier à cette idéologie pourrie par des informations biaisées et des « modèles » douteux . Il suffirait que les médias changent d’idéologie et n’imposent plus l’argent mais l’humain comme la valeur suprême .

    Jusque dans les années quatre-vingt, à la radio, les informations boursières – quand il y en avait – ne venaient qu’en dernier. Or, aujourd’hui, il ne se passe pas une heure sans que les radios ne donnent en premier des informations financières .

    Ces dérives ont fait que les médias imposent actuellement l’argent comme la valeur suprême, l’argent acquis par tous les moyens, les valeurs financières au dessus des valeurs humaines, les politiques économiques soumises au bon vouloir des financiers et des spéculateurs .

    Il faut que les personnes qui tiennent actuellement les médias remettent en question leur principe de l’argent comme une valeur uniquement positive et que cesse la prédominance des inforlmations boursières à la radio et à la télévision , les jeux d’argent télévisés quotidiens , la mercantilisation de l’art et du sport qui atteint des sommets.
    Il faut que les dirigeants des médias cessent de porter la médiocrité aux nues dans des domaines comme l’art dont la peinture, la musique ( l’Eurovision) ou le cinéma , les sciences humaines, l’édition dont les romans, aux dépens de bien des penseurs, des écrivains et des artistes de grande valeur auxquels ils n’accordent pas la moindre attention . Les modèles que les médias donnent actuellement aux jeunes sont navrants . Comment changer les choses avec de tels modèles ?

    Cette crise est l’aboutissement de l’argent « à tout prix », considéré et imposé par les médias du monde entier aux nouvelles générations comme étant la valeur suprême . Tant que les médias ne valoriseront pas l’humain et ne remettront pas l’argent à sa place de simple moyen d’échange, tant que les médias feront l’apologie des apparences, de la mode, de l’inutile et ne diaboliseront pas la spéculation, rien ne pourra changer : à une crise succèdera une autre crise, à une guerre une autre guerre, la planète sera de plus en plus polluée et perdra ses ressources pour de l’inutile pendant que des populations entières continueront de mourir de faim.

    Il est temps de proposer aux jeunes, à leurs parents, de nouvelles valeurs, humaines cette fois, et c’est le rôle des médias de le faire au quotidien . Pour notre survie à tous .

    Quelles personnalités du monde des médias se lèveront pour prendre position en ce sens ?

  21. J’ajoute: évitez de répondre, car vous n’êtes pas représentatifs des décideurs qui lisent et s’identifient avec le WSJ !

    Avec le succès du blog de Paul, on arriverait vite à 95%…

    WSJ ou FT, c’est bon à lire car malgré tous les efforts et progrès de la gauche révolutionnaire, aucune publication n’est plus subversive que la bonne presse financière…

  22. Que pensez-vous de ceci :

    « Tout pays autre que l’Angleterre aurait déjà vu sa notation dégradée par Fitch au statut de junk bond — comme la Grèce, la Lettonie ou la Hongrie. Cependant, ce serait compter sans la légendaire « flexibilité » de l’économie locale et l’incomparable capacité de la City à générer des profits « out of thin air » (à partir de l’air ambiant). »

    « Oublions les pertes abyssales sur les dérivés de crédit, la faillite de Northern Rock, Royal Bank of Scotland et Lloyd’s Banking. La City, c’est le réacteur nucléaire de la finance mondiale, une sorte de phoenix qui renaît à chaque nouveau cycle d’un tas de vieilles dettes carbonisées.
    Pour qui sait lire entre les lignes, l’Angleterre est comme un parachutiste sans parachute. Tant qu’il ne s’est pas encore crashé et continue de faire des sourires aux caméras, il conserve sa note « triple A » alors qu’un parachutiste grec serait déjà considéré comme un homme mort. »

    Alors, comment vous expliquez cela ? Du parti-pris ou simplement le fait que la City n’est pas prisonnière de l’Euro ?

  23. Trichet : l’euro est une devise «très crédible»

    L’euro est une devise «très crédible», a déclaré jeudi le président de la BCE Jean-Claude Trichet, alors que la valeur externe de la monnaie européenne a fortement baissé ces dernières semaines face au dollar.
    Le problème c’est celui qui le dit qui ne l’est plus du tout…

    Miracle en Grèce…si une personne sur le blog y croit??
    Le nouveau gouvernement truque aussi bien les comptes que le précédent…

    La Grèce dépasse ses objectifs de réduction du déficit

    jeudi 10 juin 2010, 15:10
    La Grèce a annoncé jeudi avoir dépassé ses objectifs de réduction du déficit au cours des cinq premiers mois de l’année grâce à la réduction de ses dépenses publiques. Le ministère des Finances précise dans un communiqué que le déficit de janvier à mai s’est établi à 8,97 milliards d’euros, contre 14,65 milliards d’euros sur les cinq premiers mois de 2009. Cette réduction de 38,8% est supérieure à la baisse de 35,1% prévue. L’agence de statistiques grecque a de son côté annoncé jeudi que le taux de chômage a atteint en mars 11,6%, un chiffre en recul par rapport à février (12,1%) avec 26.500 demandeurs d’emploi en moins.

    Par contre ceci est sans doute bien plus réel :

    •Greek consumer inflation accelerated to a 5.4% in May, more than three times euro zone level.

    Et au Brésil on n’en peut plus du carry trade..en pleine bulle, attention à l’explosion avant ou après la chinoise ?

    •Brazil central bank lifts rate to 10.25%, meeting expectations

    et enfin

    •U.S. taxpayers « remain at risk for severe losses » on AIG bailout

    sources Le soir et zero hedge

  24. Les banquiers ne sont utiles que pour eux-mêmes ou bien s’il y a des entrepreneurs qui leur proposent quelque chose de cohérent. Comme la concurrence des pays à bas salaires est devenue trop forte à cause de la mondialisation, rien ne peut plus fonctionner comme avant. Pourtant, certains y arrivent et ils proposent aux autres de faire comme eux. Ceux-ci leur donnent des réponses qui prouvent simplement qu’ils sont incapables de faire le même effort. Il y aura toujours des faibles et des forts. Ce qui ne va pas, par contre, c’est quand la finance se fait un sale business sur le dos du citoyen et de l’entrepreneur. Alors, elle devient nuisible.
    Ceux, qui sur ce blog le disent com,me moi ne sont pas écoutés. On dirait qu’il ne convient que de compter ou d’expliquer comment on compte au lieu d’avoir réellement un peu de caractère et des opinions. J’ai un beau-frère qui a été ingénieur dans les affaires et il n’avait jamais non plus d’avis sur rien ! Le vide philosophique absolu ! Il ne savait que compter et n’avait aucun avis sur rien !
    Consternant ! Il est évident que les financiers profitent de cette passivité extraordinaire d’une grande partie de nos pseudoélites !

    1. Oublié de me demander:
      Mais comment Trichet fait-il ses prévisions?
      Avec les mêmes bouliers que Fitch et S&P?
      Avec Quelles équations secrètes et à partir de quels chiffres corrigés des variations pifomètriques?
      Ils ne donnent pas de lien vers leurs calculs frankensteiniens.

  25. Parce que ce sont les juifs et les protestants qui exclus des autres formes de commerce, exclus des villes qui ont inventé la finance, dont les anglo saxons par nature anglican donc protestant.
    Il faut dire dans la religion protestante, dieu n’est pas un dieu vengeur qui punit mais qui accompagne et le gain n’est pas mal vu comme chez les catholiques. Donc voilà, on ne va pas apprendre à un anglais à faire de la finance, d’ailleurs c’est la finance anglaise qui a lancé la révolution industrielle, comme c’est la finance US qui a financé qu’on le veuille ou non la croissance mondiale ces dernières années alimentée qu’elle était par les déficits de l’état et la planche à billet qui tournait à plein régime.
    Oui, tout n’est pas blanc tout n’est pas noir, c’est juste une question de dosage…
    là il y a eu trop d’abus des nantis en place au détriment des autres,

  26. Ce qui m’inquiète et me questionne tout autant que la crise financière est l’implication et la motivation des forces vives de l’Europe et de la France plus particulièrement.
    Dans les entreprises publiques la déprime s’installe et nombreux sont ceux et celles qui sont démotivées et même qui craquent (démission, changement de métier) :
    infirmières, instituteurs et profs, policiers.
    Encore ce lundi une émission de qualité sur ARTE (reportage ne France, puis en Allemagne, débat de qualité) était consacrée à la police et permettait de mesurer le malaise en France où la police ne peut pas accomplir sa mission et est dénigrée alors qu’en Allemagne, avec une approche très différente, la police est respectée, appréciée et remplit mieux son rôle alors que les difficultés existent mais sans commune mesure avec les nôtres.
    Pour l’enseignement, la lecture de la « Toile de l’éducation » nous dévoile chaque semaine les difficultés des enseignants. Un seul témoignage direct d’une jeune « prof. des collèges », relation proche, confirme les faits, chaque jour est une épreuve, et pourtant dans un bourg tout à fait normal. Je n’ose imaginer ce qui se passe dans nos « ghettos ».
    Pour le monde médical des témoignages directs également confirment les articles du Monde.
    Heureusement il reste le privé. Le « Monde eco » du 8 juin dépeint une situation pas très rose au vu d’un sondage IFOP-Le Monde :
    43% des cadres supérieurs des grandes entreprises disent ne pas comprendre ou adhérer à leur stratégie
    55% des salariés interrogés ont le sentiment de ne pas être écoutés par leur hiérarchie
    77% jugent le partage des profits inéquitable (ils ont tout compris)
    Une majorité de salariés se sent stressée et pas satisfaite de la qualité du dialogue social.
    Et pourtant la valeur travail reste épargnée, ouf, l’adhésion à la stratégie de l’entreprise est OK pour l’encadrement & en dessous de 50% pour les autres.
    Une bonne majorité est satisfaite de la situation prof. actuelle, ouf, ouf.
    Peut nettement mieux faire.
    Dégagé de mes obligations salariales depuis peu j’ai bien vécu cette lente dégradation du « bien être » dans l’entreprise, dommage car à travail utile et motivant, salarié heureux et performant…..entreprise prospère…..et même actionnaire qui adhère. Pas compliqué.

  27. Mardi 13 avril 2010 : l’Espagne a lancé un emprunt à 3 ans. Elle a dû verser un taux d’intérêt de 2,04 %

    Deux mois plus tard, jeudi 10 juin 2010 : l’Espagne lance de nouveau un emprunt à 3 ans. Elle doit verser un taux d’intérêt de … 3,39 % !

    Vous avez bien lu : en deux mois, le taux d’intérêt pour un emprunt à 3 ans est passé de 2,04 à 3,39 % !

    A titre de comparaison, l’Allemagne emprunte à 3 ans en versant un taux d’intérêt de 0,607 %.

    Plus les jours passent, plus l’Espagne emprunte à des taux d’intérêt de plus en plus élevés.

    Plus les jours passent, plus l’Espagne se surendette.

    Plus les jours passent, plus l’Espagne se rapproche du défaut de paiement.

    http://www.bloomberg.com/apps/cbuilder?ticker1=GSPG3YR%3AIND

  28. A propos des CDS et des ventes à découvert, avez vous vu le savant rétro-pédalage de Dame Lagarde lors du débat avec son collègue allemand hier soir sur arte ?

    Lagarde meurt mais ne se rend pas ! Mon dieu un mythe est mort !

  29. bonjour,

    Même si elle a lamentablement traîné sur l’affaire grecque, attendant des élections perdues d’avance, Mme Merkel met depuis les bouchées doubles avec l’interdiction des ventes à découvert « nues », et des CDS –qui réjouit tant Paul Jorion.

    Voilà maintenant un air de bancor venu d’outre Rhin: « La chancelière allemande Angela Merkel a prôné jeudi une modification des traités européens pour que les pays de l’UE affichant des dettes ou des déficits excessifs puissent être réprimandés. » http://www.boursorama.com/international/detail_actu_intern.phtml?num=87edff262cf28848692eb0842ca65802.

    Au XIXè siècle, on disait d’Adélaïde d’Orléans : « c’est le seul homme de la famille ». On va bientôt pouvoir mettre la phrase à jour avec Angela et le personnel politique européen !!?

    1. non,il ne s’agit pas de bancor. Le bancor « punit » les dettes ET les bénéfices excessifs » afin de produire un équilibre entre les identités économiques. Pénaliser les bénéfices excessifs n’est pas dans l’idée de l’allemagne malheureusement.

  30. Je ne suis pas spécialiste en économie mais il apparait au moins une chose, c’est que des banques comme la goldman sach qui ont acheté le marché du gaz en France grâce à leur magouilles donne des frissons et de plus quand on connait les agissements de cette banque dans les bulles Internet et immobilière, vouloir les sauver en endettant les peuples sur la base des notations une escroquerie de plus c’est de la FOLIE pure.
    Les bulles financières pour le dire simplement ne sont que des arnaques et il a fallut pour ce faire, que ces mêmes institutions fassent changer les règles de contrôle par les politiques.
    Un exemple simple pour introduire une société en bourse il fallait au préalable un bilan positif de 3 ans, puis on est passés a 1 an puis ensuite 3 mois et au final la banque n’a plus rien demandé, des sociétés virtuelles en fait on été crées et mise sur le marché, ensuite une bonne pub empocher les écarts puis laisser tomber et passer à d’autres etc etc.
    C’est pour cela que même les big to fall doivent être passées par profits et pertes sous peine d’emmener les gens et les économies au désastre qu’en pensez-vous?

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