BFM RADIO, LUNDI 6 DECEMBRE A 11h39 – LE COUP DE PIED DANS LA FOURMILIERE

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Guillaume Sommerer : Même si Cantona n’est pas suivi, sa proposition est-elle extrémiste et dangereuse ?

Paul Jorion : La proposition d’Éric Cantona : que les particuliers retirent leur argent des banques est certainement dangereuse puisqu’elle peut déboucher sur une panique bancaire, or les paniques bancaires constituent le talon d’Achille des banques commerciales : l’argent des dépôts est prêté pour sa plus grande part et le retrouver dans l’instant est extrêmement difficile pour une banque.

Je ne dirais pas nécessairement que la proposition est « extrémiste » parce que le mot « extrémiste » implique un jugement de valeur, mais elle est certainement « extrême » ou, mieux encore, « radicale ». Elle est radicale au sens où il s’agit d’un moyen « non-conventionnel » d’obtenir un résultat. Cantona dit, je résume : « Les moyens conventionnels ne marchent pas : voyez la contestation de la réforme des retraites, il faut utiliser des moyens « non-conventionnels » ». Et c’est vrai, les moyens conventionnels de protester deviennent rapidement impopulaires : le manque de carburant empêche les gens de se déplacer, de prendre leurs vacances, etc.

GS : L’image des banques est, il faut le reconnaître, dégradée. Peuvent-elles y remédier ?

PJ : Il est toujours possible de remédier, mais les banques veulent-elles remédier à leur image dégradée ? Il semble bien que non. Elles ne l’ont pas fait au cours des trois années récentes : elles ont repris les comportements anciens et condamnés par le public aussitôt que l’occasion leur en a été offerte – il faut le souligner, à grand renfort d’aide des États, c’est-à-dire en fin de compte du contribuable. On a même vu aux États-Unis, des banques investir l’argent de l’aide publique dans du lobbying visant à contrer toute mesure visant à modifier leurs habitudes.

La réponse est donc : oui, elles peuvent y remédier. Mais l’autre question qui vient immédiatement est : ont-elles manifesté depuis trois ans la moindre velléité d’y remédier, et là, la réponse est clairement non.

GS : Y a-t-il des alternatives aux banques commerciales pour le consommateur ?

PJ : Oui, bien sûr, il existe un secteur bancaire coopératif.

Ceci dit, je propose personnellement une mesure qui, si elle était appliquée : l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix, une façon d’interdire la spéculation pure, cantonnerait les banques à leurs fonctions utiles : l’intermédiation qui met en contact prêteur et emprunteur, et la fonction assurantielle, qui permet de maîtriser le risque en le partageant. Il ne serait pas nécessaire alors de se tourner vers d’autres établissements. Ces fonctions d’intermédiation et d’assurance ne doivent d’ailleurs pas nécessairement être exercées par des firmes privées : elles pourraient tout aussi bien l’être par des établissements de droit public, comme ça a été le cas en France en particulier.

L’introduction – ou la réintroduction – de l’équivalent du Glass-Steagall Act, constituerait une version faible de mon interdiction des paris sur les fluctuations de prix, puisque cet ensemble de lois américain implique non pas une interdiction des activités nuisibles de la finance mais simplement l’obligation que ces activités nuisibles soient réservées à des établissements financiers séparés. Ceci permettrait certainement que l’argent des dépôts des particuliers ne soit pas utilisé à des activités de casino mais la prédation de la finance sur l’économie resterait intacte.

GS : L’économie et la finance sont de plus en plus complexes. Cela signifie-t-il qu’une critique de leur fonctionnement passe par des réponses caricaturales et extrémistes ?

PJ : La finance ne fait certainement rien pour simplifier son message, l’opacité soutient ici le pouvoir et les avantages acquis. Il faut ajouter aussi que sous prétexte d’assurer l’indépendance des banques centrales et des institutions financières internationales, on en a fait des forteresses sur lesquelles la classe politique n’a pratiquement plus aucune prise. Ces forteresses sont servies par des « experts ». Malheureusement, leur expertise est dans cette prétendue « science » économique dont la vacuité et l’impuissance a été mise en évidence par la crise, parce qu’elle n’est en réalité qu’une idéologie complaisante dont la finance a encouragé le développement pour servir de justification théorique à sa pratique effective. Dire que ces banques centrales et institutions financières internationales sont composées d’« experts » veut donc simplement dire : composées de gens qui sont tous d’accord entre eux parce qu’ils partagent la même idéologie.

La critique du fonctionnement de l’économie et de la finance doit être faite en expliquant leurs mécanismes dans un langage clair – ce à quoi je me consacre depuis plusieurs années –, et également en mettant sur pied une véritable science économique, ce qui est possible et a d’ailleurs été fait jusqu’au milieu du XIXe siècle – effort auquel j’essaie de contribuer également dans des ouvrages comme L’argent, mode d’emploi (Fayard 2009) ou Le prix (Le Croquant 2010).

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

Partager :

176 réflexions sur « BFM RADIO, LUNDI 6 DECEMBRE A 11h39 – LE COUP DE PIED DANS LA FOURMILIERE »

  1. Battons-nous pour cette idée géniale !!

    Le plus important ce n’est pas l’idée, même en supposant qu’elle soit « géniale ». Le plus important c’est comment allez vous faire pour vous battre? Le « comment faire » est plus important que le « que faire ».

    Il s’agit avant tout de bien comprendre les armes dont l’oligarchie dispose, ce contre quoi vous allez devoir vous battre. J’en distinguerai deux, les plus importantes car elles se renforcent l’une et l’autre en un ensemble quasiment invincible: je les appelle les armes de désunion massive: la désunion du peuple par la crainte et par la distraction.

    1. « La désunion du peuple face à la crainte de la perte des avantages acquis ».

    Tout d’abord un constat important. La société d’aujourd’hui, du moins dans les pays dits « développés » de l’OCDE, est telle qu’il existe une grande diversité dans la répartition des avantages acquis, richesses, privillèges et autres rentes de situation. Même s’il est exact que cette répartition s’effectue de manière de plus en plus inégale et injuste depuis la fin des années 70, que nous assistons à un tendance désastreuse de concentration des avantages qui s’accélère particulièrement depuis le début de la crise, nous n’avons pas une grande majorité des gens qui n’ont rien, ou quasiment rien, et une minorité qui ont tout ou quasiment tout. Mais plutôt le contraire, c’est à dire une majorité de gens qui ont peur de perdre les avantages qu’ils ont acquis, qu’ils soient petits ou grands..
    A cette majorité de gens qui ont peur de perdre les avantages acquis, il s »agit tout d’abord de faire comprendre que c’est bien cette désunion dans la crainte qui pousse à « ne rien faire », à conserver le status quo et qui est bien une des armes principales de ceux qui bénéficient de toujours plus de concentration des avantages. C’est là l’important et ceci avant même de proposer une idée, aussi géniale soit elle. Car si ce préambule n’est pas acquis vous ne parviendrez pas, quelque soit votre idée, à remporter la cohésion de la grand majorité de la population. Ensuite il faudra expliquer pourquoi, pour la grande majorité de la population, votre idée comporte plus d’avantages que d’inconvénients. C’est cela, l’idée « géniale », celle pour la quelle la grande majorité de la population est prête à se battre car elle a compris pourquoi il n’y a pas réellement d’alternatives.

    2. « La désunion du peuple par la distraction ininterrompue ».

    Dans le monde dystopique d’Orwell il n’existe que la propagande officielle, qu’une seule vérité, toutes les autres sont censurées. Dans celui d’Huxley les distractions les plus alléchantes sont délibérément utilisées et à jet continu, comme instruments de gouvernement pour empêcher les populations d’examiner de trop près les réalités de la situation sociale et politique.Dans l’un et l’autre les gens ne peuvent plus comprendre la réalité, soit car elle est interdite par la dictature au pouvoir, soit car elle noyée dans un océan d’inconséquence et d’irréel.
    Il ne fait aucun doute qu’aujourd’hui les médias électroniques et internet permettent à la grande majorité de la population des pays dits développés d’assouvir la fringale de distraction qu’ils éprouvent.. Nous ne sommes pas face à une dictature Orwellienne qui contrôle l’information mais face à une oligarchie dominante qui n’en a plus besoin et peut se permettre de concentrer toujours plus de privilèges sans avoir à se soucier du fait que les gens s’en rendent compte, la distraction ininterrompue submergeant toute prise de conscience de la réalité dans un océan d’inconséquence.

    Donc il s’agit d’unir une large majorité de la population autour d’une cause commune, une « idée géniale », tout en tenant compte de nos faiblesses, ce qui nous désunie, la crainte de la perte des avantages acquis et la distraction ininterrompue à laquelle nous sommes plus ou moins tous soumis.

    Comment faire?

    Il me semble qu’il s’agit d’une action qui doit se dérouler en trois phases successives:

    1. le développement d’une propagande rationnelle et efficace (2 mois)
    2. le déploiement le plus large possible par une méthode combinant internet, social network) et la vielle technique dite de démonstration-vente à domicile (10 mois)
    3. la pression d’une opinion publique rationnelle et unie dans le débat démocratique (6 mois)

    Il s’agit donc de tout le contraire d’une opération type Cantona, propagande irrationnelle c’est à dire principalement un coup médiatique qui s’appuie sur le symbolique et l’émotionnel qui sera complément incapable d’esquiver les armes de désunion massive dont dispose l’oligarchie.

    La propagande rationnelle.

    La propagande rationnelle pour une action ou cause est indispensable au maintien de la liberté individuelle et à la survivance des institutions démocratiques:

    Il y a deux sortes de propagande : la rationnelle d’une part, en faveur d’une action conforme à l’intérêt bien compris de celui qui l’accomplit et de celui à qui elle s’adresse – d’autre part, l’irrationnelle, qui ne sert les intérêts de personne, mais est dictée par la passion et s’adresse à elle. Quand il s’agit d’actes individuels, il existe des motifs plus nobles, plus élevés que l’intérêt, mais quand il faut envisager une action collective dans le domaine de la politique et de l’économie, ce ressort est sans doute le plus puissant de tous. Si les politiciens et leurs électeurs n’étaient mus que par le dessein de servir leur intérêt à long terme et celui de leur pays, ce monde serait un paradis terrestre. En réalité, ils agissent souvent contre leur propre avantage, simplement pour assouvir leurs passions les moins honorables; c’est pourquoi nous vivons dans un lieu de souffrances.
    La propagande pour une action conforme à l’intérêt bien compris fait appel à la raison au moyen d’arguments logiques fondés sur les plus solides preuves disponibles, exposées honnêtement et dans leur intégralité. La propagande pour une action dictée par des impulsions plus basses que l’intérêt présente des preuves forgées, falsifiées, ou tronquées, évite les arguments logiques et cherche à influencer ses victimes par la simple répétition de slogans, la furieuse dénonciation de boucs émissaires étrangers ou nationaux, et l’association machiavélique des passions les plus viles aux idéaux les plus élevés, si bien que des atrocités en arrivent à être commises au nom de Dieu et que l’espèce la plus cynique de Realpolitik est traitée comme une affaire de principe religieux et de devoir patriotique.
    A. Huxley – Retour au meilleur des mondes

    Dans le cas d’une action ou idée politique, le développement d’une propagande rationnelle doit tenir compte du fait que le temps manque pour réunir les faits significatifs ou peser leur importance et quant à leur sens, il dépend évidemment du système d’idées dans le cadre duquel vous avez décidé de les faire entrer.
    Il faut aller au delà des clivages politiques traditionnels droite / gauche, libertariens / socialistes, capitaliste / collectiviste, etc… et donc réunir un petit groupe de partisans le plus hétérogène possible mais qui partagent tous un intérêt commun:
    . exposer les faits, de manière la plus indiscutable possible et expliquer ce en quoi ils sont pertinents
    . à travers le débat contradictoire, c’est à dire la réaction à la vérité limitée et aux raisonnements imparfaits que les autres présentent à notre connaissance, mettre la meilleure volonté du monde pour extraire l’essence d’une idée, l’intérêt commun, sans en ignorer les inconvénients pour tout un chacun.

    Une propagande rationnelle, pour une action conforme à l’intérêt bien compris, ne doit pas s’appuyer sur les méthodes de la publicité, des slogans rapides, de la peoplisation. Il s’agit de prendre son temps pour expliquer l’idée, les faits pertinents, et être certain que l’intérêt de l’action est bien compris par ceux auxquels elle s’adresse. C’est pourquoi il est absolument nécessaire que le vecteur principal de diffusion de la propagande rationnelle soit de type « démonstration-vente à domicile » : un petit groupe de partisans, ceux qui ont développés la propagande originelle, commence par organiser chez eux des ateliers durant lesquels ils expliquent la propagande rationnelle à un petit groupe de voisins, amis, connaissances. Ils les encouragent à réagir, vérifier par eux même, et à s’y interresser. Par ce procédé ils essayent aussi de recruter de nouveaux partisans qui vont faire de même, et ainsi de suite. Le feedback enregistré lors des ateliers est minutieusement archivé et doit servir à améliorer petit à petit l’éfficacité de la propagande rationnelle.
    Ici, internet ne doit pas être utilisé comme vecteur principal de la propagande, mais comme moyen d’organisation des ateliers, du feedback et de mise à disposition de l’information.

    Cette méthode laborieuse qui demande un engagement réel et non pas superficiel est à mon avis la seule qui puisse réussir à esquiver de manière efficace les armes de désunion massive dont dispose l’oligarchie.

    Qu’en pensez vous?

    1. Ce dont vous parlez, il me semble que c’est exactement ce que fait le blog.
      Plutôt que le mot propagande, trop connoté historiquement, je dirais plutôt sensibilisation, car les idées ont besoin d’être infusées dans le corps social, meilleure chance pour elles d’y pénétrer plus profondément. Une approche volontariste risque la superficialité en s’efforçant de projeter un modèle d’action programmé sur une réalité mouvante et donc en partie imprévisible. A l’inverse une approche sans a priori quant aux formes par lesquelles va pouvoir s’effectuer la sensibilisation est plus pragmatique car elle permet de faire corps avec l’évolution d’une crise dont la composante d’affect n’est pas l’aspect le moins négligeable. Bref, sans rien lâcher sur les principes, sur les explications rationnelles, il faut savoir pratiquer une écoute attentive de nos interlocuteurs et faire preuve d’imagination. Il faut prendre nos interlocuteurs pour ce qu’ils sont, des personnes qui autant que nous vivent la crise, même si c’est sur l’autre bord. Même les plus réfractaires aux alertes ne peuvent plus ne pas les entendre. Le déni ne pourra empêcher le cheminement inexorable des idées. Les idées néo-libérales perdent chacun jour du terrain même si selon toutes les apparences rien n’a changé dans le discours des élites. Car c’est un discours de façade. Nier une réalité ne signifie pas que d’une certaine manière on en tient pas déjà compte…que l’on est pas affecté par l’évolution d’un climat général. Beaucoup sortent les radeaux mais parmi eux il y a aussi des renégats en puissance, en temps utile ils rejoindront le combat du peuple.

    2. Le blog fait comme vous le dites de la sensibilisation. Mais la question reste toujours la même : comment faire pour que les pouvoirs publics mettent en place les réformes structurelles profondes qui sont défendues sur ce blog (et d’autres). La sensibilisation par les blogs ne suffit pas à cela car, aussi importante qu’elle soit, elle ne parvient pas à faire submerger les idées concrètes dans un océan d’inconséquence. Le blog peût être le point de départ pour passer à la phase 1 que je propose ci dessus : il s’agit maintenant de synthétiser, de réunir les faits pertinents, d’expliquer pourquoi il le sont, d’expliquer les idées en termes clairs et non superficiels, et surtout, d’expliquer pourquoi ces idées présentent plus d’avantages que d’inconvénients pour la plus grande majorité des citoyens (c’est à dire y compris les épargnants, la petite bourgeoisie qui ne sont que trés rarement représentés par les intervenants de ce blog).

      Une approche volontariste risque la superficialité en s’efforçant de projeter un modèle d’action programmé sur une réalité mouvante et donc en partie imprévisible.

      Vous avez raison, il y a là un risque qu’il faudra tenir en compte. C’est pourquoi j’ai parlé de « feedback » dans l’action, pour éviter qu’elle se fige dans une réalité mouvante.

      il faut savoir pratiquer une écoute attentive de nos interlocuteurs et faire preuve d’imagination. Il faut prendre nos interlocuteurs pour ce qu’ils sont, des personnes qui autant que nous vivent la crise, même si c’est sur l’autre bord.

      Tout à fait d’accord. Mais il ne me semble pas, mais étant nouveau sur ce blog corrigez moi si je me trompe, que ceci ait beaucoup lieu sur ce blog, où la plupart des intervenants dominants sont du même bord.

      Je vous remercie pour votre commentaire et je souhaite principalement qu’il y ait un peu plus de débat sur le « comment faire ». Et plus d’auto critique qui permette à un blog, dont je reconnais la très grande qualité des billets et interventions, de peut être se transformer en un vaste mouvement d’action populaire et citoyenne. C’est peut être là notre seule chance, il ne faut pas la manquer.

    3. Chris06, êtes vous Maralpin ou Québéquois tabarnack ? 🙂

      Détrompez vous, les « sensibilités « sont nombreuses ici……..
      « Armes de désunion massive », le locution est très juste.
      Malheureusement, l’union, comme le sentiment amoureux ne se décrète pas !
      Sur ceux, je vous suis très bien.
      Comment se battre « à la main » face à la machine à broyer industrielle ?
      Comment les veaux de batteries aux hormones révolutionnent « la ferme des animaux » ?
      Trente ans que j’essaye sans grand succès……. Et je ne suis pas le seul à faire des « réunions Tupperware ». 🙁

    4. Chis06

      Je pensais surtout à ceux qu’il nous faut convaincre, un par un, hors du blog.

      l s’agit maintenant de synthétiser, de réunir les faits pertinents, d’expliquer pourquoi il le sont, d’expliquer les idées en termes clairs et non superficiels … .

      Pourriez-vous donner des exemples d’idées expliquées en termes pas clairs et superficiels ?
      Pour ce qui est de la proposition phare du blog représentée par l’interdiction des paris sur la fluctuation des prix vous conviendrait qu’elle est formulée de telle façon qu’elle circonscrit parfaitement son objet et donc la cible de l’interdiction. Et vous vous souvenez sans doute aussi que c’est la solution que Paul a préconisée chez Taddéi face à une interlocutrice, pourtant économiste, qui tombait des nues en l’entendant. Paul a raison de s’y tenir à sa formulation. Je disais plus haut qu’il faut savoir écouter ses interlocuteurs. Je voudrais maintenant préciser que cela ne signifie par pour autant qu’il faille aller dans le sens de l’interlocuteur en traduisant les notions car alors au passage on risquerait de diluer sa substance. Dans notre cas parler de spéculation au lieu de paris sur les fluctuations des prix serait concéder beaucoup de terrain à ceux qui n’ont pas encore compris de quoi il s’agissait ou qui feignent de ne pas le savoir.
      Vous avez raison, il importe d’être précis et clair. Nous n’aurons vaincu nos adversaires que lorsque une nouvelle description de la réalité se sera substituée à l’ancienne.

      et surtout, d’expliquer pourquoi ces idées présentent plus d’avantages que d’inconvénients pour la plus grande majorité des citoyens (c’est à dire y compris les épargnants, la petite bourgeoisie qui ne sont que très rarement représentés par les intervenants de ce blog)

      A la réflexion il me semble que deux ingrédients sont nécessaires (sur le blog et hors blog) :

      1. Un travail d’explication rationnelle, patient. (ce qui entre dans le cadre de votre programme d’action.)

      2. Un travail au corps, plus heurté, un peu à la manière de Vigneron, pour faire bouger les lignes. (Mais aussi de Paul qui est un orfèvre en la matière.) Ne pas hésiter alors dans certains cas à heurter la sensibilité de nos interlocuteurs en les plaçant devant leurs contradictions, ce qui ne manque pas alors d’engager l’affect. Dans un premier temps on se confronte au déni, mais quelque chose a été amorcé. Un discours articulé et convaincu laisse toujours une trace mémorielle qui en d’autres circonstances pourra servir d’ancrage à un nouveau comportement, à la faveur d’une évolution de la situation.

    5. Ne pas hésiter alors dans certains cas à heurter la sensibilité de nos interlocuteurs en les plaçant devant leurs contradictions, ce qui ne manque pas alors d’engager l’affect.

      Qu’en pense Julien Alexandre, « l’homme des premières lignes » ? 🙂

    6. Il pense que ces mots n’ont pas la même signification sous la plume de Pierre-Yves D. que sous celle de Pierre. Et il préfère la version de Pierre-Yves D. 🙂

    7. Dans un premier temps on se confronte au déni, mais quelque chose a été amorcé.

      J’aime aussi comme vous l’interprétation de Pierre-Yves D.

    8. @pierre,

      Trente ans que j’essaye sans grand succès……. Et je ne suis pas le seul à faire des « réunions Tupperware

      C’est là toute la différence entre les actions individuelles désorganisées et une action collective parfaitement organisée.
      Quelles présentations utilisez vous? Quelles brochures laissez vous? Vos arguments sont ils parfaitement rodés? Avez vous bien pensé aux contre arguments? Etes vous bien sûr que vous ne vous perdez pas dans des palabres qui n’interressent pas vos interlocuteurs? Tout celà sont des questions qu’un travail collectif en profondeur peut résoudre. L’improvisation et l’individualisme ne reussira pas à dérouter une classe dominante qui dispose d’énormes moyens de désinformation, d’armes puissantes de désunion massive.
      Il ne faut pas perdre espoir mais savoir mettre toutes les chances de notre coté..
      Et on en est encore loin.

      @ Pierre-Yves D.

      Pourriez-vous donner des exemples d’idées expliquées en termes pas clairs et superficiels ?

      pas clair : dont l’intérêt n’est pas bien compris par les personnes aux quelles on s’adresse.
      superficiel : qui est loin d’être suffisament expliqué, qui pense pouvoir éviter les questions pertinentes en ne rentrant pas dans le détail.

      Exemple : interdire les paris sur la fluctuation des prix. Pas clair : demandez à quelqu’un dans la rue.
      Superficiel : comment allez vous le contrôler? (NB: je ne dit pas qu’il ne s’agit pas d’une bonne idée. Mais il va falloir creuser beaucoup plus loin, prendre beaucoup plus de temps pour expliquer aux gens ce que cela veut dire. Il faut qu’ils comprennent vraiment les avantages, les inconvénients, la faisabilité. C’est uniquement quand on aura fait cela que les gens seront prêts à se battre pour un idée.
      Tout ce voil d’opacité qui reigne sur la finance, c’est celà qu’il faut enlever. On n’y arrivera pas avec des slogans qui seront immédiatement détruits par les armes de désunion massive dont dispose l’oligarchie.

      vous conviendrait qu’elle est formulée de telle façon qu’elle circonscrit parfaitement son objet et donc la cible de l’interdiction.

      C’est tout le contraire que je suggère: il faut rentrer dans le détail, arreter de prendre les gens pour des cons qui ne pourront rien comprendre et leur offrir des slogans. Il faut leur donner le goût de comprendre, de creuser, de s’interresser réellement à ce que ces choses veulent dire.

      Et vous vous souvenez sans doute aussi que c’est la solution que Paul a préconisée chez Taddéi face à une interlocutrice, pourtant économiste, qui tombait des nues en l’entendant. Paul a raison de s’y tenir à sa formulation.

      Dans la phase 1 et 2 que j’ai présenté ci dessus, il faut complétement oublier les médias traditionnels. Ils sont contre productifs, ils ne servent qu’a distraire les gens, certainement pas à les instruire : ce sont des armes de désunion massive.
      Dans la phase 3, quand on aura suffisament de partisans qui sont prêts, on pourra les utiliser.

    9. @ Chris06, @ Pierre-Yves D,

      Ne croyez-vous pas que ce type d’action a besoin, dans l’organisation actuelle de la Société, d’un relai politique ? Surtout pas d’un relai politique conventionnel, tels que ceux que l’on nous sert depuis toujours.
      Par ailleurs, je sais d’expérience qu’il est très difficile, même en confrontant les gens à leur propres contradictions, de se faire entendre par des gens qui n’ont pas envie de quitter leur confort moral et matériel, et que cela reste vrai même lorsque ce confort s’amenuise. Pour que les gens évoluent, il faut qu’ils soient matériellement confrontés au mur : proverbe chinois = « c’est au pied du mur qu’on voit le mieux le mur ». C’est sûrement parce que Vigneron est au pied du mur qu’il est si corrosif ; et les plus corrosifs d’entre nous sont précisément ceux qui ont un jour vu le mur se rapprocher dangereusement et qui constatent que chaque jours qui passent voie leurs craintes se réaliser. Ceux qui n’ont jamais eu de près ou de loin l’expérience du déclin ne peuvent et surtout ne veulent se résoudre à y croire vraiment. Ca, c’est de l’humain.
      Enfin, je pense que tous les gens qui travaillent à leur compte et la partie de ceux qui ne travaillent pas ou plus sans être trop abîmés sont plus enclins a réagir au déclin que les salariés ; il y a beaucoup de salariés plongés dans une sorte de stupeur et de dépression plus ou moins larvée par le sentiment qu’ils ne peuvent rien : qu’ils ne peuvent que subir ou être licenciés et tout perdre, y compris la dignité que la Société a, bien malencontreusement (peut-être par un calcul inavoué ?), placé dans le travail au lieu de la placer dans les conditions d’expression de la morale personnelle. J’ai tendance à croire que le salariat, de par la multitude de contraintes qui pèsent sur les individus et le peu de retour effectif de leurs propres actions, a eu pour effet indirect de déposséder les gens du sentiment qu’ils sont acteurs de leur vie.
      J’attends avec impatience vos retours.

      Cdt.,

    10. @Chris 06
      La méthode « Hamway » était bien plus redoutable et efficace que la techniK « Tuoerware »…….
      Pour ceux qui ont connu ! 🙂
      J’ai vu de pleins amphis remplis de bras tendus gueulant « Hamway ». 🙁
      Et les Jéhovah ont encore sonné tantôt…….

    11. Chis06

      Utilisez la fonction de recherche, vous trouvez toutes les explications concernant les paris sur les fluctuations de prix et leur interdiction. Ce n’est pas un slogan. Tout a été expliqué ici même sur le blog ainsi que dans les livres de Paul Jorion.
      Paul a plusieurs reprises lors de ses interventions médiatiques s’est expliqué sur le mécanisme précis que vise l’interdiction, mais parfois la formule d’une émission, le nombre trop important des invités font que l’on ne peut entrer dans les explications détaillées.

      « Prendre les gens pour des cons » ce serait par exemple leur parler de spéculation, terme vague souvent sujet à malentendus, car souvent on la confond avec l’achat des biens réellement existant dans le but de faire de la plus-value alors qu’il s’agit en l’occurrence de paris sur les fluctuations de prix. Des paris sont faits à la hausse ou à la baisse sur des produits dits dérivés car ne permettant pas de livrer effectivement une marchandise ou d’accomplir une action d’assurance comme dans le cas des CDS.

      Or plus de 80 % des transactions financières portent désormais sur ces produits sujets à des paris. Les conséquences en sont énormes car la plupart du temps ceux qui font les paris ne font qu’emprunter les titres sur lesquels ils « spéculent ». AInsi non seulement ils parient avec ce qui ne leur appartient pas mais surtout l’argent destiné aux paris c’est de l’argent prélevé sur la masse salariale sous forme de salaires ou revenus qui n’ont pas été consommés dans la mesure où ceux qui en disposent ont déjà dépensé tout ce dont ils avaient besoin pour assurer leur train de vie. Quand vous avez une résidence secondaire, deux voitures, que vous vous payez des vacances sous les tropiques, et que vous disposez de tout l’équipement high tech requis par la pub et la distinction sociale, il vous reste un surplus, dont vous ne savez que faire. Et alors, plutôt que de cacher le magot sous le matelas, vous le placez, pour que « ça rapporte ». Les conséquences économiques et sociales, vous les connaissez : lorsque l’on a parié sur des choses qui n’existent pas mais qu’il faut néanmoins rembourser parce que des transactions ont eu lieu, que par ailleurs des secteurs entiers de la population sont insolvables parce que les salaires sont bas, c’est fatalement en bout de course le défaut de paiement. Les plans de rigueur et autres joyeusetés.

      Pour être tout à fait juste, et ne pas déclencher dare dare le courroux de Vigneron (un habitué du blog) je me dois tout de même de préciser que tous les possesseurs de produits d’épargne participent, à leur échelle, à ces activités, l’argent déposé sur les comptes épargne faisant tout sauf y dormir. Votre argent m’intéresse voilà le slogan d’une célèbre banque !! Bref, à l’insu de son plein gré une partie des classes moyennes spéculent via leur banque favorite.

    12. @VB,

      Ne croyez-vous pas que ce type d’action a besoin, dans l’organisation actuelle de la Société, d’un relai politique ?

      Si, bien sur, mais il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs. C’est pour cela que je parle de la phase 3. Mais il faut d’abord commencer par la phase 1 et 2 pour recruter et former une armée de partisans qui doivent tous d’abord avoir bien compris l’intérêt des idées pour lesquelles ils se battent. On en est encore loin.

      Ceux qui n’ont jamais eu de près ou de loin l’expérience du déclin ne peuvent et surtout ne veulent se résoudre à y croire vraiment. Ca, c’est de l’humain.

      De deux choses l’une: soit on se base sur l’hypothèse (A) comme quoi il va y avoir une proportion grandissante de citoyens qui vont vivre cette experience du déclin (de prés ou de loin) et cette action sera d’une part nécessaire et d’autre part n’aura aucun problème à recruter des partisans de maniére accélérée (si elle est bien organisée). Ou bien on se base sur l’hhypothése (B) contraire, et donc l’action sera inutile et vouée à l’echec.
      Je pense que l’hypothése (A) est la bonne : la situation économique ne va pas aller en s’améliorant et la concentration de la richesse et des priviléges va continuer à s’accélerer. Donc cette « expérience du déclin » risque de devenir de plus en plus concréte (de prés et de loin) pour une proportion grandissante de citoyens. Et pas seulement pour ceux qui sont comme vous le dites, au pied du mur. Je suis loin d’être au pied du mur et je peut vous assurer que je me rend bien compte de la dégradation et de l’urgence de la situation. Et je ne suis pas le seul autour de moi qui s’en rend compte, sans être au pied du mur. Alors bien sûr il y a aussi tous ceux qui ne s’en rendent pas encore compte, ou qui ne verront le mur que quand ils seront à ces pieds. Mais on peut leur apporter des jumelles… c’est là tout l’intérêt d’une bonne présentation sur l’évolution des 30 derniéres années sur la répartition de la richesse.

      @Pierre-Yves D.

      Utilisez la fonction de recherche

      Je ne pense pas que vous allez pouvoir réunir une large majorité de citoyens prêts à se battre pour une idée en leur disant « il faut interdire les paris sur les fluctuations de prix » et si vous voulez bien comprendre l’intérêt d’une telle idée, venez sur mon blog et « utilisez la fonction recherche »…
      Vous comprenez le problème? Même si le blog est utile, c’est loin d’être suffisant. Ce qu’il faut maintenant c’est organiser l’action collective et se doter de tous les moyens nécéssaires pour qu’elle devienne efficace. C’est ce que j’appelle mettre toutes les chances de notre coté. On en est encore trés loin. Il n’y a pour le moment aucune organisation des idée, de l’action, aucune synthése, présentations, listes de réponses aux questions et contre arguments. Il faut construire l’action et cesser de tergiverser dans une improvisation la plus totale. De plus on ne va pas pouvoir réussir en se basant uniquement sur internet : il va falloir aller à la rencontre des gens, recruter des partisans, leur expliquer en détail pourquoi c’est si important qu’il s’engagent dans cette action. Il va falloir contourner les armes de désunion massive dont je parle ci dessus et pour l’instant j’ai l’impression que les partisans potentiel de ce blog, avec toute la meilleure volonté du monde, se comportent comme si ces armes ne sont que de la pacotille.

      Voulez vous mettre toutes les chances de notre coté ou non? Si on est pas prêts à le faire, il ne faudra pas qu’on s’étonne si rien n’avance. Il faut arrêter d’attendre à ce que les pouvoirs publics mettent en place les mesures nécéssaires, il faut former une armée de partisans qui comprennent tous parfaitement l’intérêt des idées proposées et une fois que cela sera fait vous verrez comme la chose sera simple car il y aura beaucoup plus d’un politicien qui cherche à saisir l’opportunité et prendre le relais. Mais on en est encore trés loin.

      Et je vous le répéte, il ne s’agit pas seulement d’interdire ces paris, il faut aussi expliquer comment vous aller vous y prendre pour enforcer l’interdiction. Si je propose d’interdire de dépasser les 120km/h mais je n’ai même pas les radars ni la police pour controller, cette interdiction reste un peu illusoire non? « Prendre les gens pour des cons » c’est leur dire qu’on va interdire les dépassements de vitesse mais qu’on a ni les radars ni la police pour controller. C’est d’ailleurs un peu ce qui se passe avec tout dans le monde de la finance, des paradis fiscaux aux conflits d’intérêts … En supposant qu’on arrive à enforcer une telle interdiction en France, comment va t’on empêcher une banque Française d’utiliser sa filliale Luxembourgeoise pour effectuer de tel paris?

      Je comprend bien l’importance et l’urgence d’interdire ces paris, particulièrement quand ils sont sur des positions nues. Ce que j’ai encore du mal à comprendre c’est comment mettre ceci en place pour que ce soit efficace et ce dans une finance hyper mondialisée. Car si ce n’est pas efficace, que c’est juste symbolique, cela ne servira à rien. Comment voulez vous que les gens se battent pour une idée si elle ne sert à rien?

    13. @ Chris06,

      Bien sûr je vous suis, sinon je ne serai pas ici. Il suffit à certaines personnes d’être lucide, mais je voulais mettre l’accent sur le fait que la lucidité n’est pas donnée à tout le monde.
      Du point de vue politique, que pensez-vous de ceci :
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=19185#comment-130944
      Il faut maintenant parler vrai : où se trouve le véritable clivage politique ? L’identification et la mention claire des hypothèses permettra, à n’en pas douter, d’accélérer le rythme du travail d’explication.

      Cdt.,

    14. @Chris06 et Tous
      Avant de convaincre les masses il faudrait déjà que la pensée des « intellectuels  » atteignent une masse critique ou se dégage un consensus.
      L’idée « révolutionnaire de Paul Jorion  » d’interdiction de paris sur les prix  » est encore beaucoup trop révolutionnaire pour beaucoup; et n’est reprise pour l’instant nulle part. Trop simple dans le concept, trop lourde de conséquences, trop difficile à mettre en place à défaut d’un consensus international.
      Par contre je remarque que ces derniers temps, l’idée de séparer les activités de banque de dépôt, de banques d’affaires et d’assurance fait très largement son chemin dans la grand publique ainsi que chez les « intellectuels » de gauche comme de droite, comme nous le prouve par exemple la dernière émission de « ce soir ou jamais ». Même Michel Cota le réclame, c’est vous dire !!!
      Donc commençons par surfer cette vague. La pédagogie me semble plus facile à mettre en place en attaquant nos problèmes sous cet angle, qui fait déjà instinctivement mouche et qui a le mérite d’avoir un antécédent historique.
      Le reste devrait suivre avec la formation historique et économique diffusée lors de la mise en place de cette première pierre.
      Mais j’ai déjà le plus grand mal à mobiliser ce blog, pourtant si riche en critiques et en propositions…….. Je ne comprend pas pourquoi le  » Lorion Act  » fait sourire et que le « Glass-Steagall Act » effraye.

    15. @VB

      « la souveraineté populaire » c’est quoi au juste?

      « le véritable clivage politique » : y’en a pas. Tout du moins pas sur l’essentiel, c’est à dire qu’une petite clique d’oligarches puisse se permettre de concentrer toujours plus de pouvoir, richesses, privilèges sans avoir ni même à se soucier que les gens s’en rendent compte.

      Car c’est quand même bien là le problème fondamental, ce qu’il faut combattre, c’est que l’on va droit vers le « meilleur des mondes » où la classe dominante peut tout se permettre sans avoir à se soucier que les gens s’en rendent compte tant la distraction ininterrompue noie tout dans un océan d’inconséquence et d’irréel.
      Et si on continue comme cela sans réagir, ils auront la possibilité de mettre en place des moyens de programmation mentale qui fera, comme Lady GaGa, que l’on ne cherche plus du tout à connaitre la réalité et préfére avoir perdu notre dignité humaine en échange d’une illsusion.
      C’est vers cela que nous nous dirigeons, et a vitesse grand V : un totalitarisme le plus total d’une élite dominante, tous inconscient, imbéciles heureux incapables de réagir à la condition d’esclavage à laquelle nous sommes réduits.

    16. @ Chris06,

      La souveraineté populaire c’est le droit pour un Etat de ne pas faire faillite, de battre monnaie, et de décider seul de l’organisation de son avenir. C’est aussi le droit pour un Etat de ne pas faire appel au FMI et autres bureaucrates technocrates oligarques européens pour gérer ses propres ressources et ses propres déficits. Voilà ce qu’est la souveraineté.
      Pour l’avenir que vous nous décrivez, je suis parfaitement d’accord avec vous mais je ne vois pas d’autre moyen pour l’éviter que le rétablissement de la souveraineté étatique, soubassement de la démocratie effective.

      Cdt.,

  2. Voir toutes sortes de VIP de la politique, de la finance et des médias voler dans les plumes de Cantona en volant au secours du pauvre peuple qui serait le premier à souffrir de cette action, c’est mimine.

    Je pense entre autres à tous ceux qui ont appuyé la réforme des retraites telle qu’elle a été votée.

    Et plus particulièrement à Roselyne Bachelot, qui a accéléré la casse de la Santé Publique.

    Il est vrai qu’elle a les moyens de se faire soigner dans des cliniques privées.

  3. « Le commun des mortels a du mal à comprendre tous les tenants et aboutissants de l’économie »… dixit le journaliste. Encore une fois ces pauvres français ne comprendraient rien ! Mais non Monsieur « Doxa », le commun des mortels a bien compris comment l’économie est gangrénée par la finance et ses rapaces cupides et comment au bout de la chaîne on lui explique qu’il doit faire des sacrifices.
    Le non au référendum n’a pas été un non à l’Europe comme il a été dit mais justement une prise de conscience du fonctionnement du système qui se cristallise en Europe où l’on fait de belles photos main dans la main pour dissimuler le chacun pour soi et la volonté d’écraser l’autre. Comment de réunions dans les quartiers, sur les lieux de travail ont eu lieu en 2005 ? Un véritable moment de démocratie où les hommes et les femmes se rendaient à l’agora pour communiquer et échanger des analyses et des informations. Ces messieurs de BFM Bourse et autres « spécialistes » ou « économistes » n’ont sans doute pas participé à ces véritables assemblées démocratiques.
    Attention messieurs, les peuples se réveillent et vos moqueries n’y feront rien…

  4. J’ai trouvé la réponse à ma question ce matin en écoutant France Culture juste avant Paul Jorion.
    En France il n’est pas possible de mettre son argent dans une banque éthique. Car aucun des établissements mutualistes réellement éthiques n’obtient l’autorisation de se « transformer » en banque. Il semble que celà existe pourtant en Scandinavie, Pays-bas et Italie.
    Mad Lagarde faites quelque chose. Ou faudra-t-il attendre que les députés européens s’en occupent?

  5. Comment les opinions publiques vont-elles pouvoir toujours rester sourdes et aveugles par rapport à tant de choses de plus ?

    Et la trêve de l’hiver pour le pauvre vieil homme de plus ?
    http://fr.news.yahoo.com/63/20101207/tfr-explus-de-son-foyer-car-il-refusait-019dcf9.html

    Et le souci de l’autre quand j’achète une autre toile de plusions millions d’euros ?
    http://www.20minutes.fr/ledirect/635121/culture-une-toile-felix-valloton-vendue-18-million-euros-encheres

    Et puis un autre dissident de plus du système accusez de quoi aujourd’hui ?
    http://fr.news.yahoo.com/73/20101207/twl-julian-assange-dpose-les-armes-londr-d79e08a.html

  6. Les problèmes, pour le pékin moyen ont commencé lorsqu’il fût obligatoire, dans un premier temps, d’aller chercher son salaire à la caisse d’épargne du coin, ensuite quand il fallut ouvrir obligatoirement un compte pour l’employeur y déverse votre dû, sachant qu’avant tout ceci, nous touchions nos salaires en bons billets et monnaies.. je me rappelle de l’enveloppe que je secouai pour entendre les pièces :), le monde ne s’en trouvait pas plus mal, sauf pour les financiers … et les poivrots, une des excuses pour en arriver là, il serait bien que Monsieur Leclerc ou Monsieur Jorion nous fasse un billet sur cela… car la ruine du système à commencé par cela….
    En fait Cantonna, s’est trompé, ce n’est pas de vider les comptes, mais d’exiger de la part des employeurs d’être rétribuer en liquide.. cela devrait être un droit.. là les BANQUIERS seraient mal…. ensuite votre liquide, libre à vous de le déposer là où ca vous chante..

    1. Innocent, vous avez tiré le numéro 66 à la tombola des mutants !
      Vous pouvez aller retirer votre lot auprès de votre guichet favovori. 🙂

Les commentaires sont fermés.