BFM RADIO, LUNDI 6 DECEMBRE A 11h39 – LE COUP DE PIED DANS LA FOURMILIERE

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Guillaume Sommerer : Même si Cantona n’est pas suivi, sa proposition est-elle extrémiste et dangereuse ?

Paul Jorion : La proposition d’Éric Cantona : que les particuliers retirent leur argent des banques est certainement dangereuse puisqu’elle peut déboucher sur une panique bancaire, or les paniques bancaires constituent le talon d’Achille des banques commerciales : l’argent des dépôts est prêté pour sa plus grande part et le retrouver dans l’instant est extrêmement difficile pour une banque.

Je ne dirais pas nécessairement que la proposition est « extrémiste » parce que le mot « extrémiste » implique un jugement de valeur, mais elle est certainement « extrême » ou, mieux encore, « radicale ». Elle est radicale au sens où il s’agit d’un moyen « non-conventionnel » d’obtenir un résultat. Cantona dit, je résume : « Les moyens conventionnels ne marchent pas : voyez la contestation de la réforme des retraites, il faut utiliser des moyens « non-conventionnels » ». Et c’est vrai, les moyens conventionnels de protester deviennent rapidement impopulaires : le manque de carburant empêche les gens de se déplacer, de prendre leurs vacances, etc.

GS : L’image des banques est, il faut le reconnaître, dégradée. Peuvent-elles y remédier ?

PJ : Il est toujours possible de remédier, mais les banques veulent-elles remédier à leur image dégradée ? Il semble bien que non. Elles ne l’ont pas fait au cours des trois années récentes : elles ont repris les comportements anciens et condamnés par le public aussitôt que l’occasion leur en a été offerte – il faut le souligner, à grand renfort d’aide des États, c’est-à-dire en fin de compte du contribuable. On a même vu aux États-Unis, des banques investir l’argent de l’aide publique dans du lobbying visant à contrer toute mesure visant à modifier leurs habitudes.

La réponse est donc : oui, elles peuvent y remédier. Mais l’autre question qui vient immédiatement est : ont-elles manifesté depuis trois ans la moindre velléité d’y remédier, et là, la réponse est clairement non.

GS : Y a-t-il des alternatives aux banques commerciales pour le consommateur ?

PJ : Oui, bien sûr, il existe un secteur bancaire coopératif.

Ceci dit, je propose personnellement une mesure qui, si elle était appliquée : l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix, une façon d’interdire la spéculation pure, cantonnerait les banques à leurs fonctions utiles : l’intermédiation qui met en contact prêteur et emprunteur, et la fonction assurantielle, qui permet de maîtriser le risque en le partageant. Il ne serait pas nécessaire alors de se tourner vers d’autres établissements. Ces fonctions d’intermédiation et d’assurance ne doivent d’ailleurs pas nécessairement être exercées par des firmes privées : elles pourraient tout aussi bien l’être par des établissements de droit public, comme ça a été le cas en France en particulier.

L’introduction – ou la réintroduction – de l’équivalent du Glass-Steagall Act, constituerait une version faible de mon interdiction des paris sur les fluctuations de prix, puisque cet ensemble de lois américain implique non pas une interdiction des activités nuisibles de la finance mais simplement l’obligation que ces activités nuisibles soient réservées à des établissements financiers séparés. Ceci permettrait certainement que l’argent des dépôts des particuliers ne soit pas utilisé à des activités de casino mais la prédation de la finance sur l’économie resterait intacte.

GS : L’économie et la finance sont de plus en plus complexes. Cela signifie-t-il qu’une critique de leur fonctionnement passe par des réponses caricaturales et extrémistes ?

PJ : La finance ne fait certainement rien pour simplifier son message, l’opacité soutient ici le pouvoir et les avantages acquis. Il faut ajouter aussi que sous prétexte d’assurer l’indépendance des banques centrales et des institutions financières internationales, on en a fait des forteresses sur lesquelles la classe politique n’a pratiquement plus aucune prise. Ces forteresses sont servies par des « experts ». Malheureusement, leur expertise est dans cette prétendue « science » économique dont la vacuité et l’impuissance a été mise en évidence par la crise, parce qu’elle n’est en réalité qu’une idéologie complaisante dont la finance a encouragé le développement pour servir de justification théorique à sa pratique effective. Dire que ces banques centrales et institutions financières internationales sont composées d’« experts » veut donc simplement dire : composées de gens qui sont tous d’accord entre eux parce qu’ils partagent la même idéologie.

La critique du fonctionnement de l’économie et de la finance doit être faite en expliquant leurs mécanismes dans un langage clair – ce à quoi je me consacre depuis plusieurs années –, et également en mettant sur pied une véritable science économique, ce qui est possible et a d’ailleurs été fait jusqu’au milieu du XIXe siècle – effort auquel j’essaie de contribuer également dans des ouvrages comme L’argent, mode d’emploi (Fayard 2009) ou Le prix (Le Croquant 2010).

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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176 réflexions sur « BFM RADIO, LUNDI 6 DECEMBRE A 11h39 – LE COUP DE PIED DANS LA FOURMILIERE »

    1. Si on veut que le système se casse la figure, c’eeeeeeest s’qu’y faut faire,…….. je partage toute ma sympathie avec éric Cantona, ………mais je crois pas que c’est ce qu’il faut faire. »(sans convictions)

      Entendre ça dans la bouche de la Reine Christine, c’est déjà énorme. « Y » sont pas bien !
      Surtout qu’au début de sa phrase elle se passe la main sur le nez comme tout bon menteur ou gêné qui se respecte…… De là à penser qu’un chaos éventuel ne serait pas pour lui déplaire …….
      Et le Grand Jacques, toujours là, toujours aussi ébouriffé et ébouriffant !!! Je le citais hier :
      « Je ne suis qu’un grain de poussière, fils de la terre du soleil et du vent…… »
      Merci Béber !

    2. Higelin.
      Il y a un moment de radio qui doit traîner dans les archives de Radio France :
      Cela se passe durant le « 13/14 » de France Inter, au tout début de l’année 1991, il y aura bientôt vingt ans. C’est Jean-Luc Hees – « l’américain », fraîchement rentré de son poste de correspond d’Inter à Washington – qui officie au micro. Chaque jour, pendant la première demi-heure du journal, l’animateur, futur grand patron de Radio France, ânonne les informations que lui propose le Service d’information des armées, car depuis le 16 janvier la France est en guerre contre l’Irak, sous la direction du général américain Schwarzkopf, aux côtés de George Bush père.
      A 13h30, Jacques Higelin est le premier invité de la partie « magazine ». Une rapide interview est prévue. Au bout de quelques minutes, on sent que l’interview échappe à Hees. Higelin ne répond pas aux questions, il parle de cette guerre, des autres raisons du conflit, des intérêts pétroliers américains, des dizaines de milliers de victimes civiles des « frappes chirurgicale ». Et il ne lâche pas le micro, au point même qu’aucuns des autres sujets prévus ne seront présentés. Trente minutes plus tard, seul le carillon de 14h arrivera à l’arrêter. Du Higelin comme on l’aime. Du direct comme on l’aime.

    3. merci à Bébé le cancre – les poètes Rimbaud, et aussi Roberto Juarroz, et naturellement René Char nous font frôler une vérité qu’ils ont réussi à approcher et peut-être à apprivoiser

    1. La révélation des pratiques du méga-lobby financier américain (incluant la City), que nous avons qualifié de super-organisme anthropotechnique, ne concerne pas seulement l’Amérique. Tout ce qui touche à Wall Street impacte directement l’ensemble des économies et des Etats européens, notamment à travers la dette souveraine que ces derniers ont contracté auprès des fonds spéculatifs. La politique imposée en Europe par certains gouvernements à la Banque centrale européenne (BCE), lui interdisant pratiquement jusqu’à ces derniers temps de prêter directement et sans intérêt des euros aux Etats en difficulté, paraît à cet égard incroyablement décalée.

    2. Vous m’avez devancé d’un jour scaringella, j’allais mettre le lien vers cet article très intéressant de Jean-Paul Baquiast.

    3. Un commentaire à cet article de Baquiast mérite aussi d’être partagé:

      Jack – (vance[at]imel.org)
      05/12/2010

      Il faut tirer la conclusion qui s’impose : le système de Bretton Woods, y compris dans ses phases de crise n’a pas d’autre utilité que de fournir à la finance anglo-saxonne de quoi acheter tout ce qui a de la valeur dans le monde en le payant avec de la monnaie de singe.

      Quand on s’interrogeait sur ce qui empêchait les US d’imprimer autant de dollars qu’ils veulent et de s’emparer sans tirer un coup de fusil, de toutes les richesses du monde, on vous rétorquait que leur principal souci c’était la pérennité du système économique mondial et le bon fonctionnement du Marché… Autant attendre d’un cambrioleur qu’il se soucie de ne pas salir les tapis.

      En plus ces manœuvres ont été prévues de longue date parce que cela fait plusieurs années que la FED a cessé de publier l’indice M3.

      Quant à l’attitude de l’Europe, pour s’en étonner il faudrait avoir oublié que la construction européenne n’a été possible que parce qu’elle est le résultat du désir des élites anglo-saxonnes de voir les nations européennes amalgamées dans un grand marché transatlantique. Sans la complicité de l’Europe, rien de tout cela n’aurait été possible.

    4. @scaringella, merci: j’allais poster ce lien en espérant que Paul Jorion ou François Leclerc puissent participer à mettre ces infos en perspective: on pourrait s’y perdre, pour quelques trillions de moins… mais peut-être qu’owni pourrait concocter une dataviz pertinente à ce sujet?

  1. Même si je partage l’idée que retirer son liquide le 7 (pour ceux qui ne sont pas déja à découvert!) ne sert pas à grand chose et ne sera, de toute façon que très peu suivi, l’important c’est l’impact médiatique de l’annonce, après un parcours sur internet assez étonnant.
    Preuve que la responsabilité de la finance fait son chemin dans les têtes…

    1. L’idée d’Eric Cantona a – à mon sens – un seul et unique intérêt.
      Faire prendre conscience à la  »masse » qu’elle représente une puissance importante qui, lorsqu’elle est unie, fait peur aux gouvernements.
      Jusqu’à présent les mouvements de revendication étaient relativement importants mais désunis ou à l’union fragile.

      Dans le cas présent, la cible est désignée clairement : le système bancaire.
      Le moyen d’agir : simple.
      Pas de préavis de grève à donner, simplement retirer son argent ou le transférer.

      Si la masse (de la population) prend conscience de sa puissance, les politiques ont du souci à se faire car jusqu’à présent ils ont toujours su habilement la diviser.
      C’est cela qu’il craignent avant tout et c’est pour cette raison que l’idée de Mr Cantona est tant décriée – et crainte – au plus haut sommet de l’état, des états, puisque cette idée fait des vagues à l’étranger.
      La peur changerait-elle de camp ?

    2. dans la même veine, l’interdiction des apéros géants pour cause de gens-ivres-qui-meurent-parfois. eh oui. en tous les cas les discussions de ces derniers jours ont achevé de me convaincre de reconsidérer mon rapport aux banques, concrètement je vais voir quelles alternatives crédible s’offrent à moi. une petite résolution pour 2011 qui me tient à cœur. quand vous dites la peur, me semble que c’est surtout les cadres. les autres ont déjà de l’eau jusqu’aux lèvres depuis un moment.

    3. jeanpaulmichel écrit : « La peur changerait-elle de camp ? »

      Pour que la peur change de camps comme vous dites, la masse (dont je fais partie ) devrait investir l’assemblée nationale … là ce serait beaucoup plus efficace que de faire la queue devant les banques.
      Mais pour cela il faudrait un Camille Desmoulins, et pour l’instant il n’y en a pas.

    4. Bonjour !

      A propos d’impact médiatique, Ils semblerait qu’une classe d’intermédiaires du système dominant actuel, se réveille : je veux parler de la déclaration de la CGC de banque et FO de banque.

      Encore une preuve de la manoeuvre de contournement initié par le système, pour sauver le système… mais également de la manoeuvre de contournements ( avec un « S ») que contient en son sein l’idée de Mr CANTONA, reprise par le collectif…. Et je ne parlerai pas des autres idées, initiatives, et réalisations concrètes qui se mettent en place.
      Souhaitons, que le personnel (issu du terrain) des banques ( environ 400000 personnes en france) en europe, saura, spontanément et à titre personnel, initier un mouvement de masse pour défendre ses clients ( excepté les multinationales), son propre emploi, les véritables valeurs humaines… VOUS, personnels de banque issu du terrain, vous êtes la CLE: L’idée de Mtr CANTONA , contient, entre autre, cet objectif !
      N’ecoutez pas vos syndicats, ils nous ne aideront pas .

      Pour vous convraincre : MONEO vient d’être racheté par un fond d’investissement …. Prenez le temps d’aller chercher les informations, sur ce sujet…. Et réfléchissez…. Des multiples emplois ont été perdus au sein de votre secteur depuis 15 ans…. Avec cette nouvelle, vous en perdrez d’autres…. En tant que citoyen et humain, par votre inaction, vous vous , vous nous enfermez plus encore.

      http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_societes.phtml?num=0c5e4934ca7c38f31bfb5a7c3ddbf59c

      Vous avez les moyens de contraindre votre direction à changer sa vision d’exercer son métier.
      Vous avez le soutien de la majorité de la population, et devez vous joindre à elle.
      Vous le devoir de « VOIR » au delà de la première lecture de la proposition de Mr E. CANTONA.
      Vous avez le devoir d’exiger  » l’interdiction des paris sur la fluctuation des prix », proposition émise par P. JORION.

      PS : Suite à dernier article de F. LORDON, malgré l’admiration que j’ai pour lui, je lui oppose le sillo de F.LORDON, au sillo de E.CANTONA…..
      Rien n’est écrit….
      IL Y A UNE DIFFERENCE ENTRE CONNAITRE LE CHEMIN , ET ARPENTER LE CHEMIN.

    1. La question est simple Abominable Docteur Desneiges:
      On arrache le sparadrap d’un coup sec, ou doucement pour ne pas arracher les points ?
      De toutes façon, vu l’odeur, la viande est pourrie.
      Il faut au moins envisager l’amputation……..
      Et le docteur Besancenot n’a plus d’essence dans sa tronçonneuse, quand à Mélenchon son égoïne ne sera affutée qu’en 2012. Il vient juste d’en changer les dents et elle manque de champ……
      Et, de plus que penser des colères « ‘auto-réalisatrices » des mauvais perdants ?
      La folie financière commence aussi en bas, lorsque celui qui gagne 1 veut posséder 2 en croyant pouvoir payer 3, certain que cette acquisition vaudra 4.
      Ne pas confondre cause et conséquence. Les Monarques sont comme « la crise ». Avant d’être la cause de nos aigreurs, ils sont la conséquence de nos aveuglements.

    2. Hhmm… Pierre.

      « ..ils sont la conséquence de nos aveuglements. »
      Oui. Mais j’aurais tendance à penser que le couple peuple-politique porte une responsabilité partagée dans son divorce.
      D’autant qu’un des deux ne s’appartient plus… Ni les deux d’ailleurs.

      Yéti.
      On pourra dire que cette affaire aura provoqué un « sondage » des politiques très intéressant.
      Mais sont-ils si francs que ça dans leurs déclarations..???
      Car je vois mal un Besancenot faire plus de 0,05 % des voix en annonçant qu’il faut se passer de notre argent chéri.
      Alors que des solutions intermédiaires sont tout à fait possibles et même réclamées à cors et à cris par beaucoup…

    3. @Yvan
      C’est bien ce que je dit. Les faux jetons élisent des faux jetons.
      Si le « nouveau » partie « anticapitaliste » ne peut se passer du capital, c’est que la main qui donne est bien au dessus de celle qui reçoit.
      Vous avez dit ‘intermédiaires » ?

  2. Les américains quant à eux ont une opération crash JP Morgan buy a silver coin qui doit culminer le 11 décembre avec l’achat coordonné d’argent métal.

    Ils proposent même désormais de retirer le 7 et d’investir le 11 en achetant de l’argent métal.

    C’est vrai qu’il y a plus de dégâts à faire en congelant l’argent car c’est bien connu le liquide gelé fait péter tous les tuyaux.

    video hilarante
    http://maxkeiser.com/2010/11/23/silver-bomb-december-11th-2/

    1. Post de Jorion le 04.12 : http://www.pauljorion.com/blog/?p=19015#comment-129331

      Ça sent le corner dans tous les coins…
      JP Morgan couvre son argent métal avec du cuivre métal ? Sur l’argent, les traders de JP Morgan devraient pourtant se souvenir des mésaventures des Hunt brothers en 1980…

      « Ce matin un lapin
      A tué un chasseur.
      C’était un lapin qui,
      C’était un lapin qui
      Avait un fusil… »

      Chantal Goya en inspirateur de Max Keyser et de sa Ligue des petits lapins crétins en colère pour cornériser le vilain chasseur Morgan… 🙂
      Buy Silver !

    2. Acheter de l’argent métal?
      Des vieilles pièces en francs-argent sur sites de vente aux enchères.
      Certaines banques suisses en vendent sous forme de lingot au comptoir.
      Des boutiques situées en Allemagne ou en Autriche qui vendent (aussi sur internet) des pièces neuves (d’une once) du genre Philharmoniker ou autres.

  3. Dans un commentaire a un post d’il y a quelques mois mais que je n’arrive pas a retrouver, j’avais dit que plutot que le bank run, il faudrait que les Etats refusent de payer leur dette et simultanement inscrivent dans leur constitution l’interdiction du recours a la dette pour financer leur budget. Je disais que personne jusque-la ne m’avait donne d’argument contre cette idee. Cette proposition n’avait pas retenu l’attention des blogeurs de ce site.

    Je lis, émerveillé, aujourd’hui ceci sous la plume de Lordon:

    « Et si vraiment, plutôt que de simplement regarder tomber les banques, on voulait activement les faire tomber, la meilleure option à tout prendre consisterait bien plutôt à ce que, par inversion des rôles dans la comédie du bras d’honneur, ce soit l’Etat qui s’en charge en déclarant souverainement le défaut sur sa dette publique. Car pour produire tous ses effets, le défaut « nu », celui du simple bank run citoyen, ne suffit pas, et la manœuvre ne prend tout son sens politique possible que :

    1. de signifier par un geste unilatéral de souveraineté à qui revient le pouvoir en dernière analyse : aux peuples, pas à la finance ;

    2. par répudiation de tout ou partie de la dette publique, de soulager aussitôt les populations de la contrainte d’austérité et de récupérer des marges pour des politiques de croissance ;

    3. de s’armer d’une politique publique de transformation radicale, prolongement nécessaire du simple défaut, visant, d’une part, l’affranchissement du financement des déficits publics des marchés de capitaux [18]) (seul moyen que le défaut maintenant ne vaille pas sur-pénalisation par les marchés plus tard), et, d’autre part, la refonte complète des structures bancaires (de toute façon mises à bas par le défaut même) »

    Battons-nous pour cette idée géniale !!! J’y ai toujours cru mais le fait qu’elle soit defendue par Lorion me rend encore plus enthousiaste.

    1. LORION, jolie clonage révélateur !!!!! 🙂
      Vive le « LORION ACT »!!!!!
      Vive la mise en faillite organisée et la séparation des activités financières !!! 🙂

    2. Il n’y a que deux solutions :
      1) restructurer la dette souveraine : les banques tombent, mais nous aussi…
      2) saisir les banques : les actionnaires tombent, mais pas nous. Les (la) banques centrales produisent la liquidité pour repartir et garantir les déposants.

      Que choisissez-vous ?

    3. troisième solution :
      informer les banques que l’intégralité de leurs bénéfices servira à combler la dette jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus .
      😉
      Je ne sais pourquoi ,mais dans ce cas là, je suis bien certain que les banquiers trouveraient une solution au noeud- coulant des emprunts qui dégénèrent .

    4. Toute la vraie gauche, et ce depuis des dizaines d’années,
      réclame la répudiation des dettes vis à vis des financiers.
      Leur argent, au Nord comme au Sud a été remboursé plusieurs fois par les intérêts.
      D’ailleurs, cet argent, ils l’avaient même volé, pas gagné au travail.

      La répudiation, c’est le début du grand ménage, qui bien sûr effraie tout ce que la terre dispose de politiciens vivant à nos crochets.
      Voir proposition ATTAC

    5. Juste une remarque géopolitique, vous croyez que la Chine se laissera déposséder des montagnes de dettes qu’elle possède ?

      Une telle solution amènerai très probablement une guerre.

      L’idée est évidement séduisante, mais pour cela il faudrait qu’il puisse avoir un accord international ce dont je doute.

  4. Même si la proposition de Cantonna n’est guère réaliste, la panique du clan d’en face est assez savoureuse. Il a fait mouche. N’était ce pas l’objectif. Que des propositions de genre poussent à la réflexion ne peut que nous ravir. Ce type de propositions est sans doute une nouvelle forme de résistance dont certains sauront j’espère s’emparer pour qu’arrivent sur la table des solutions qui servent l’intérêt général. Wikileak en un sens : même combat. A condition qu’un sens, une perspective soient donnés à toutes ses idées ou toutes ces révélations.

  5. Pourquoi cette idee exprimee plus haut est-elle geniale? Parceque cela signifie que le budget ne serait finance que par l’impot. Aujourd’hui, les interets annuels de la dette de l’Etat en France sont le plus gros poste budgetaire apres l’Education Nationale et representent environ ce que rapporte l’impot sur le revenu et que donc ne plus payer ces interet libererait des marges de manoeuvre considerables qui permettraient d’investir dans l’avenir plutot que de rembourser le passe.

    1. Franck, Einstein nous a prévenu : La quatrième guerre mondiale se fera à coup de pierre et de massues. »
      (Ni moi, ni le général 🙂 )
      ça va pas être facile de sortir sans payer, vu le look des videurs…….

    2. Dans cette crise, la profession de foi socialiste de Einstein, claire, claire-voyante, et d’une actualité brûlante:
      http://www.socialisme.be/marxismeorg/1949einstein.html
      Extrait de la conclusion:

      Une économie planifiée, qui adapte la production aux besoins de la société, distribuerait le travail à faire entre tous ceux qui sont capables de travailler et garantirait les moyens d’existence à chaque homme, à chaque femme, à chaque enfant. L’éducation de l’individu devrait favoriser le développement de ses facultés innées et lui inculquer le sens de la responsabilité envers ses semblables, au lieu de la glorification du pouvoir et du succès, comme cela se fait dans la société actuelle.

      Il est cependant nécessaire de rappeler qu’une économie planifiée n’est pas encore le socialisme. Une telle économie pourrait être accompagnée d’un complet asservissement de l’individu. La réalisation du socialisme exige la solution de quelques problèmes socio-politiques extrêmement difficiles : comment serait-il possible, en face d’une centralisation extrême du pouvoir politique et économique, d’empêcher la bureaucratie de devenir toute-puissante et présomptueuse ? Comment pourrait-on protéger les droits de l’individu et assurer un contrepoids démocratique au pouvoir de la bureaucratie ?

  6. Pour moi, il y a un lien entre l’appel de Cantona et son succès et le formidable mouvement contre les retraites. Les perspectives politiques sont aujourd’hui très bloquées. Et peu de gens y croient. Le mouvement contre la réforme des retraites a été très puissant. Pour la première fois depuis bien longtemps, c’est le coeur de la classe ouvrière qui a montré sa combativité, les salariés du privé, dans leur diversité, les petites entreprises.

    La construction d’une expression politique consciente et cohérente de ce mouvement et de ceux qui, plus largement, sans peut-être croire à ses possibilités de succès, sans s’y engager physiquement l’ont soutenu sera longue, mais elle a démarré dans ce mouvement et je prends le pari qu’elle n’est pas prête de s’arrêter.

    Le premier intérêt de l’appel de Cantona est à comprendre dans ce cadre. En mettant l’accent sur le pouvoir des banques, il pose la question essentielle :

    Veut-on améliorer le système qui nous broie, le rendre plus doux, ralentir le rouleau compresseur qui veut nous écrases (« préserver les retraites », « avoir une réforme fiscale plus juste ») ou pense-t-on que le système est en bout de course et doit être changer ?

    Ce que nous dit Cantona, c’est qu’il n’est plus temps de corriger les excès du système. Partout, le cynisme est en place. La corruption, le contrôle du pouvoir par la menace, l’intérêt, la désinformation est en place en France comme ailleurs. La prochaine réforme territoriale va liquider les dernières possibilités de démocratie locale.

    Ce que nous dit Cantona, c’est qu’il faut maintenant se battre pour changer fondamentalement le système économique et politique qui nous opprime et que, pour le faire, pour établir un nouveau système, il faut détruire l’ancien.

    Ce message est capital et Eric Cantona le fait passer très fortement.

    Il faut changer de système, pour changer de système, il faut détruire le système actuel, le détruire en son coeur et, effectivement, son coeur est son pouvoir économique, à savoir les banques.

  7. Après le sentiment d’insécurité, le sentiment r évolutionnaire.
    Toute spéculation mercantile que je fais aux dépens de la vie de mon semblable n’est point un trafic, c’est un brigandage et un fratricide. — — (Maximilien Robespierre; Sur les subsistances, séance de la Convention du 2 décembre 1792)

    1. « A part gangster ou homme politique, des choses qui se font sans qualification, y a quasiment qu’artiste. » (Coluche)

  8. Mr Jorion, vous connaissez la relation incestueuse des banques spéculative et des banques de dépot. Ne pas parler des banques qui spéculent sur les matieres premiere devenu leur dernier refuge avec l’argent de leurs déposants est étrange de votre part. C’est pour éviter une flambée des matieres premiere cet hiver que cette action est entreprise. Toute action n’est jamais parfaite, mais l’intention l’est.

    1. Graffias, ce que je trouve étrange de mon côté, c’est que vous vous permettiez de me critiquer à propos d’une cause qui est à la pointe du combat que je mène ici sur ce blog et dans mes livres depuis plusieurs années. Je trouve ça très étrange.

    2. Graffias, ce que je trouve étrange de mon côté, c’est que vous vous permettiez de me critiquer à propos d’une cause qui est à la pointe du combat que je mène ici sur ce blog et dans mes livres depuis plusieurs années. Je trouve ça très étrange.

      M. Jorion,

      Je ne peut pas parler pour Graffias et en plus c’est un sujet beaucoup plus complique qu’on pense. Mais la confusion politico-économique est la gagne pain aujourd’hui de la politique, science, média, entrepreneurs, justice, chômeurs, moi-même etc.

      Mettre les paris de spéculation en causse, c’est énorme dans le contexte actuel. Mais la confusion de notre communication politico-économique va beaucoup plus loin. Bien sur votre démarche est cent pour cent a soutenir. Peut être Graffias a essayé de dire autre chose?!

    3. D’un autre côté , c’est peut être l’expression  » paris sur les fluctuations de prix  » qui ne parlent pas à tout le monde .
      J’me demande même si , récemment, une dame économiste aux yeux bleus a seulement capté ce que celà voulait dire .

    4. C’est pourtant simple à expliquer: Graffias est le nom d’une étoile qui est à plus de 500 années-lumière de la Terre. Les informations de ce blog, même les plus commentées, mettent donc du temps à lui arriver…

    5. La dame en question récite ce qu’elle a lu en arrivant dans la capitale;
      « Paris fluctuat nec mergitur »…

    6. Le vrai savoir c’est le savoir des autres. Je penses qu’en ayant survolé cette page vous vous êtes fait une opinion tranchée, sans même en comprendre le fond, des idées de PJ . Sachez que si le savoir c’est les autres, vous êtes la seule détentrice de la façon de l’appréhender et donc de l’apprécier. Savoir ne pas étaler vos savoirs avant de les avoir compris relève d’une réelle intelligence.
      C’est la naissance de la tolérance.

    1. Le genre de phrases qui a bien fait marrer les gars qui ont envoyer des sbires assassiner Martin Luther King et Malcolm X. D’ailleurs, les assassins ont aussi dû dire un truc du genre « nothing personal, it’s just business ».

    2. La personne égale aujourd’hui l’humanité!!!

      C’est vrai ça complique la compréhension de notre quotidien.

  9. Définition du mot RADICAL :
    Adjectif masculin singulier
    – relatif aux racines
    – qui appartient à l’essence d’une chose, à sa nature profonde
    – (botanique) qui appartient à la racine d’un végétal
    – (linguistique) qui appartient à la racine d’un mot
    – (politique) relatif à ce qui vise des réformes profondes
    qui concerne l’extrême gauche politique aux États-Unis

    Revenir à l’embranchement, à la source de l’erreur…… D’extrême gauche Cantona ?
    AH! C’est Américains qui nous sucent la racine !…….

  10. L’introduction – ou la réintroduction – de l’équivalent du Glass-Steagall Act, constituerait une version faible de mon interdiction des paris sur les fluctuations de prix, puisque cet ensemble de lois américain implique non pas une interdiction des activités nuisibles de la finance mais simplement l’obligation que ces activités nuisibles soient réservées à des établissements financiers séparés. Ceci permettrait certainement que l’argent des dépôts des particuliers ne soit pas utilisé à des activités de casino mais la prédation de la finance sur l’économie resterait intacte.

    Paul Jorion vous êtes un DANGEREUX RADICAL !!!!! MERCI. 🙂
    Vive la loi LORION de séparation des activités bancaires et d’interdiction de paris sur les fluctuation de prix !!! Rè-vo-lu-tion-naire !!!

  11. Woohoo ! que c’est beau, que c’est bien dit !

    Petite interrogation : l’ordre des questions est-il respecte ? dans la premiere reponse vous dites : « je ne dirais pas extremiste » pour entendre dans la troisieme question : « toute critique doit elle etre caricaturale ou extremiste ? ».

    Je propose donc a BFM une quatrieme question : « puisque nous savons que pour critiquer la finance d’une quelconque facon il faut etre un islamiste antisemite et handicape mental, pourriez vous nous parler de votre couleur favorite ? ». Ou l’art de forcer des affirmations dans les questions elles memes. J’admire – sincerement – votre calme et votre ponderation. Je crois que j’aurais aggresse le « journaliste » a votre place (ce qui explique, entre autres, que je n’y sois pas).

    1. Même Yvan plus bas? 😉

      « 6 décembre 2010 à 17:42

      La subjectivité vaut peut-être autant que l’introjection, Julien.
      Il est nécessaire de fantasmer.

      « économiquement notre Moi, personnellement Je » « 

  12. Un spectre rôde de par le monde….celui d’une nouvelle classe agissante, bien après la classe ouvrière, celle d’une action collective des déposants qui, fuyant les banques « spéculatives » empêtrées dans les subprimes, les dettes faramineuses grecques, irlandaises et j’en passe, distributrices de copieux bonus et maintenant leurs activités dans les paradis fiscaux, pour des banques de dépôt moins risquées….et sans nul doute bien plus raisonnables!
    la réponse: renforcer les « bonnes banques » et liquider les « mauvaises », et sans état d’âme puisque nos gouvernements sont en train de se ruiner et de nous ruiner pour soutenir ces zombies.

  13. Ce n’est surement pas la meilleur solution, d’organiser un bank run. Mais cette solution a tout de même un grand nombres d’avantage.

    1) elle est réalisable
    2) elle est démocratique, chacun étant libre de retirer ou de ne pas le faire.
    3) elle est efficace, puisqu’elle est potentiellement capable de créer un vrai contre pouvoir face a l’industrie financière

    C’est désavantage :

    1) risque de bank run pour certaine banques
    2) fragilisation du système banquaire internationale
    3) être tricart dans sa banques

    les consequences :

    1) conséquence économique pratager, puisque l’argent retirer ne pourra plus servir a financer les délocalisation ni le dumping des matières premières.
    2) écroulement des bulles, puisque que les banques devront vendre leurs actifs pour livrer l’argent des deposants.

    M’enfin maintenant il est temps de faire la balance des avantage et des inconvénients et de savoir si les esclaves veulent rester esclaves ou si les esclaves veulent se libérer des griffes de leurs maitres.

    En conclusion, il faut se demender se que peut apporter se type de manoeuvre. Soit ont se fait ratatiner par les banques soit ont les ratatinent. Certes la sagesse voudrait qu’il soit possible de trouver un arrangement. Hors il ne peut y avoir arrangement que lorsque les deux partie se retrouve confronté a des forces égales. Hors pour que le citoyen puisse être a force égale avec les banques il faut une manoeuvre strategique qui lui permette de prendre l’avantage du terrain. Hors la proposition de cantona, qui n’est pas le premier a y avoir pensé, semble auhourd’hui être en mesure de modifier l’equilibre des forces entre les citoyens et les banquiers et de prendre l’avantage du terrain.

    M’enfin afin de prendre une bonne décision il faut aussi mesurer l’énergie minimum pour occuper le terrain. Si on se base sur 30 000 participant et qu’il retire tous 1000 euro cela ne peut pas vraiment faire basculer le rapport de force, puisque retirer 30 millions du système
    financier n’aura aucun impacte réelle sur la bascule. Il faudrait beaucoup plus pour faire basculer la balance. Il faudrait au minimum 10 fois plus pour pouvoir commencer a imposer des petits mouvements boursier en cascade.

    Donc la solution reste valable et efficace a partir du momment ou le mouvement et d’une grande ampleur ou s’il est répeté régulierement. Dans le cas inverse il ne reste que symbolique. Et se qui me surprends le plus se sont les commentaires, des ministres et des certains banquiers, qui il ne semble ne savent plus vraiment compter, pour voir des risques la ou il y a trés peut de chance qu’ilk surviennent.

    Le français et une grande geuelle, rien de plus en tout cas depuis plus de 60 ans. Donc toute c’est spéculation ont trés peut de chance de se voire concrétisé. Même si le principe de base, retrait de liquidité, reste a mes yeux l’un des plus efficaces des plus faciles et des plus surs.

    Ont est a J-1.

    Je serais vraiment surpris que les moutons se voient pousser des aille de dragon au cours de la nuit.

    1. @ « logique »

      « Le français et une grande geuelle, rien de plus en tout cas depuis plus de 60 ans. »

      Remise en forme proposée : « Le Français est une grande gueule rien de plus. »

      Vos propos vous « honorent » tout en ne faisant pas davantage avancer le schmilblick.
      Et sinon, VOUS proposez quoi ?
      En espérant que vos « ailes de dragon » ne vous auront pas empêché de passer une bonne nuit.

    2. @GéBé

      Perso je trouve l’idée bonne d’un point de vue réalisation et efficacité, et je fait parti de ceux qui ont deja retiré une partie de leur argent de la banque. Je trouve que cette solution risque aussi de nous retomber dessus, nous citoyen modeste, mais comme je l’ais dis nous ne seront pas les seuls a en subir les conséquences directe. D’ou bravo pour l’idée mais dommage qu’il faille prendre autant de risque pour se faire enttendre et comprendre.

      Mais personellement je pense que retirer son argent des banques manque un peux d’efficacité, du point de vue de l’impact sur les marché financiers, qui sont eux la cause du problème de cette crise, les banques n’étant quelques part que la partie visible de iceberg, en fait elles se sont aussi fait avoir, d’un certain point de vue.Je pense donc que le fait de vider ses placement en sicav et autres assurance vie aurait un impacte beaucoup plus important sur les marchés que le fait de retirer son cash du système français, par example.

      M’enfin le but de la manoeuvre reste juste une excellente manoeuvre stratégique populaire visant a montrer aux système financier, aux banques plus particulièrement, qu’il ne sont pas non plus a l’abrit de la réponse populaire face a la déstrabilisation économique et social dans laquelle les financiers nous ont entrainés.

      Pour conclure, le bank run ressemble a une arme de destrution massive tandis que la cloture des sicavs et des assurance vie n’impacte que le vrai système de la finances, les marchés. Et je pense que cettes seconde solution me semble beaucoup plus tactique que le bank run qui est plutot une stratégie d’attaque, donc geurriére, plutot qu’une stratégie d’affaiblissement de l’adversaire.

      Donc je pense qu’une première salve de cloture de sicav et autre produits financier, serait l’opportunité de démontrer que le rapport de force existe et que cette première salve est un example de se qui pourrait suivre, retrait de cash et cloture de compte.

      Sachant de toute façon que cloturer son compte en france n’aura qu’un impacte sur la france, alors que cloturer ses sicav et assurance vie aurait un impacte direct sur le système financier mondial.

      J’espére avoir répondu

  14. Il est vrai que ‘sieur Cantona donne une ligne de conduite.
    A mon humble avis le mouvement ne sera pas suivi et quand bien même il serait suivi, je ne pense pas que l’impacte sera si terrible, les banques sont internationales donc les quelques 30 000 français ne feront pas beaucoup de mal, surtout lorsque je regarde autour de moi, beaucoup on plus de découvert que de capital :-).
    Je pense que pout faire une vraie pression politique, c’est l’impôt qu’il faut toucher, en sachant que l’impôt sur le revenu d’aujourd’hui sert à payer les intérêts des dettes, si collectivement, nous décidions de ne pas payer l’impôt sur le revenu ? (on met l’Etat dans une très mauvaise position non ?)
    Enfin tout celà c’est une réflexion vu de ma fenêtre de pauvre français ne connaissant pas la finance, chacun son métier n’est-ce pas Madame Lagarde ?
    Ensuite j’ai une petite question que pensez-vous de La NEF, n’y a-t-il pas une grosse banque derrière ces banques coopératives ?

    Merci

    Icare

    1. @ Icare

      « Si collectivement nous décidions de ne pas payer l’impôt sur le revenu ? »

      L’Etat a suffisamment de moyens de rétorsion pour ponctionner à la source ce qu’il a calculé que nous devons payer.

      Qu’on corrige mon propos si je fais erreur.

    1. Le 8 novembre 2010 a eu lieu un événement d’une importance historique capitale !
      1) C’était mon anniversaire !
      2) Ambac Financial, l’assureur obligataire américain, s’est inscrit sous protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites aux Etats-Unis.

      Le 11 nous sauvera ou nous perdra tous …….

  15. Une idée, comme ça : chômeurs, faites des fausses queues à la porte des banques Vous êtes riches en temps disponible. Profitez-en. Faites comme les sénateurs romains qui votaient en se déplaçant d’un côté ou de l’autre de la Curie afin de voter oui ou non. Votez non en faisant de fausses queues devant les banques, n’importe quelle banque, la plus proche de chez vous (pas de frais de déplacement), et surtout, ne retirez aucun argent, ce qui ferait diminuer la queue.

    Je reviens sur la compétence de Cantona pour impulser une action contre la finance. Ce qu’il propose, en fait, comme le soulignait Jorion, c’est un coup de pied dans la fourmilière. Or qui est le plus qualifié pour donner un coup de pied dans la fourmilière ? Un homme très célèbre (sinon c’est peine perdue) et populaire (la célébrité ne suffit pas, Landru aussi était très célèbre) ; un excellent footballeur, expert en coups de pieds. CQFD.

    1. Grande invention ! Le loeur médiatique non violent de panique massive…….
      Contrerèaction facile de nos experts comme il y a cinq ans ?
      Etat d’urgence, les rassemblements de plus de trois personnes sont interdis sur la voie publique. Nous avons déjà oublié ? Circulez monsieur !!!!!

  16. Il est vrai que les banques ne changeront pas leurs attitudes – elles sont devenues des temples de la cupidité, donc une forme de réligion. Un tel système fonctionne tant il y aura des profiteurs. Inutile de faire appel au « commun sens », à l’intérêt national, à la cohésion sociale d’un pays…….
    Je ne crois pas à une limitation et encore moins à l’interdiction de la spéculation – elle fait partie de la nature humaine. On a essayé, à Amsterdam au 17e siècle, de lutter contre ou du moins contrôler les excès de la spéculation, en vain.

  17. GS : Y a-t-il des alternatives aux banques commerciales pour le consommateur ?

    PJ : Oui, bien sûr, il existe un secteur bancaire coopératif.

    Pipas: le Crédit coopératif est-il une alternative extrémiste (j’adore ce mot) ?

    Les faits: François Dorémus est directeur général du Crédit Coopératif depuis ce 15 novembre 2010. Il arrive tout juste de la Caisse d’Epargne. Il attend de nombreux nouveaux clients. Il a même du Natixis.

    Combien gagne François Dorémus, et ses potes du CA ?
    Ça dépendra de vous ! Alors venez nombreux au Crédit Coopératif!
    Les écarts de salaires de 1 à 7 ne sont même pas respectés dans cette banque coopérative.

    Vive le $ocial-washing* !

    *Modèle analogue au green-washing, qui permet à une entreprise polluante de préserver l’environnement d’un simple coup de peinture verte sur son enseigne.

    1. Mieux, c’est François Pérol, fossoyeur du « glass -steagall » à la Française avec son patron DSK en 1999, Président actuel des banquiers Français. Vous avez dit « Populaire » Pipas !!!! 🙂

    2. Les banques coopératives ou mutuelles n’ont pas été les dernières à se vautrer dans les combinaisons sur les produits pourris et autres dérivés… Banques Populaires & Natexis, Crédits Mutuels, Crédits Agricoles…

      Au delà d’une certaine taille la gestion coopérative ou mutualiste n’a plus de vertu voire plus de sens en raison de délégations de pouvoirs données à des aparachiks issus de l' »élite de l’establishment commun » (ENA, HEC et autres Polytechniques).

    3. Les banques coopératives ou mutuelles n’ont pas été les dernières à se vautrer dans les combinaisons sur les produits pourris et autres dérivés,

      à partit de 1999

      , Eole ! Pas avant, c’était interdit……
      C’est DSK et Pérol qui ouvrent les vannes en France, et Geisner aux States.

    4. C’est pour cela qu’il faut remettre en question l’idée même que l’on se fait de la banque.

      En particulier, séparer les fonctions qui n’ont rien à voir les unes avec les autres :
      1) gestion de compte et de moyens de paiements : une société qui fasse cela, uniquement cela. Elle ne touche pas à mon argent, elle le compte, me permet de le stocker et de l’utiliser de manière sécurisée.

      2) placement et prêt : possibilité de passer par une institution qui ne fait que cela pour placer ou emprunter, qui ne prête pas plus que ce qu’elle emprunte (!), ou gestion directe en peer-to-peer.

      Si les institutions qui gèrent les comptes ne se rémunèrent que sur la gestion, ne placent pas l’argent, on peut raisonnablement leur confier la responsabilité de s’assurer que les institutions préteuses ne prêtent pas plus que ce dont elles disposent.

      Il subsistera dans la société l’opportunité de prêter de l’argent qui n’est possédé par personne, gagé sur la croissance future ou résultant de la viscosité de circulation de l’argent existant, c’est un bénéfice qui appartient à tous et doit bénéficier à tous.

  18. Quand vous avez parler de l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix à l’émission de Taddéi, l’économiste présente sur le plateau Catherine Lubochinsky mentionnait que c’était toucher en quelque sorte à l’existence des actions, à la Bourse. Quelle réponse à cela ?

    1. Des cours d’économie pour Mme Lubochinsky ?
      Plus sérieusement, cette mesure est fondamentale et a été explicitée à plusieurs reprises sur le blog. Vous pouvez utiliser l’outil de recherche du blog pour retrouver ces précisions.

    2. La subjectivité vaut peut-être autant que l’introjection, Julien.
      Il est nécessaire de fantasmer.

      « économiquement notre Moi, personnellement Je »

    3. @ Olivier M.,

      La réponse de Paul Jorion est dans la vidéo, Olivier :
      « Ce n’est pas ça que je dis, madame, vous ne m’avez pas écouté. Je dis « interdiction des PARIS SUR les fluctuations de prix ». Il vous faudrait écouter. »

      « Interdiction des PARIS SUR les fluctuations de prix ».
      Je crois avoir compris, Olivier, que les actions en Bourse servaient à apporter des fonds aux entreprises. Le prix de ces actions fluctue ensuite, le stock fixe d’actions prenant de la valeur au cours des achats et des reventes successifs, en lien avec les résultats de l’entreprise.
      Le problème vient de ce qu’un nouvel outillage financier très pervers a permis depuis plusieurs années à des spéculateurs parasites de PARIER SUR cette fluctuation elle-même, sans plus aucun lien avec les entreprises. Ils parient sur les « paris » que constitue les actions, et peuvent très bien décider de parier à la baisse en faisant tout ensuite pour que cette baisse survienne. D’où le casino financier sans aucun frein, mais pas sans heureux bénéficiaires. Ces bénéficiaires n’étant ni les entreprises, ni les actionnaires, seulement des parasites qui viennent se payer sur la bête, et qui n’ont cure que la bête meure. Jorion propose simplement d’éliminer ce parasitisme général.

      L’interdiction de ces paris sur les fluctuations n’empêcheront pas les fluctuations elles-même. La bourse pourra continuer à faire office de lieu de valorisation de l’économie industrielle.
      Et madame Lubochinsky, rassurée, pourra continuer à dormir sur ces deux oreilles.

      On voudra bien me corriger si j’ai dit de grosses bêtises.

  19. 06/12/10
    Supprimer l’euro signifierait l’implosion du système financier mondial selon un analyste

    Les politiques monétaires sont devenues l’enjeu majeur de l’affrontement économique global. On assiste à une partie de poker où deux tables jouent leur propre partie tout en jouant aussi l’une contre l’autre

    Dans un monde en déflation, voire au bord de la dépression, dévaluer est un but ne comportant que des avantages. A la première table, le monde du billet vert: Etats-Unis et Chine s’affrontent. Ben Bernanke peut jouer de plus en plus gros grâce au «quantitative easing» (assouplissement quantitatif). Les Chinois doivent suivre! Pour les autres, Brésil, Canada, Australie, Japon…, l’appréciation de leur devise signifie qu’ils perdent la partie (à ce jeu-là tout du moins).

    Tellement certaine de sa suprématie, cette table a complètement oublié que la seconde table, réunie autour de l’euro, joue contre eux. L’Allemagne la domine mais son point faible se trouve dans les obligations d’Etats en faillite détenues par ses banques. Lassée de voir ceux-ci vivre au-dessus de leurs moyens, elle les oblige à «se coucher» et à observer un régime draconien de rigueur.

    A la première table, c’est un jeu de titans. A la seconde, c’est un jeu de patience où gagner du temps est le maître mot. Les Américains étaient persuadés de contenir les Chinois et d’avoir toutes les cartes pour jouer une dévaluation gagnante. C’était sans compter avec une chancelière qui se révèle être une joueuse subtile cachant un grand jeu.

    J’ai utilisé cette métaphore du jeu de poker pour décrire quelque chose d’infiniment complexe mais de crucial pour la gestion et la préservation de capitaux dans cette période très troublée. A mon avis, comme dans une partie de poker, tout peut se renverser à tout moment. Les indispensables choix monétaires doivent pouvoir être remis en question. Même si nous allons vivre d’autres phases de tumulte financier, il est difficile de cantonner ses investissements à des monnaies refuges ou aux métaux précieux. Au milieu de ces incertitudes, il y a une ­certitude: en Europe, on devra passer, dans les pays à problème, par un contrôle des changes et une obligation d’investir dans des papiers souverains car supprimer l’euro signifierait l’implosion du système financier mondial! Cela, aucun joueur ne peut se le permettre.

    Le temps – Frédéric Binggeli – Banque Privée – Edmond de Rothschild SA.

  20. Feux à volonté!! Toute la puissance médiatique du système est en branle. En ordre serré, tout ce que la France compte de média (presse, tv, internet, radio…) explique en long, en large et en travers que l’opération bankrun2010 est :
    – illusoire, débile, insignifiante, inefficace (notez le paradoxe d’en faire quatre sujets par édition) ;
    – dangereuse avant tout pour les pauvres, les plus modestes…(quand M. Prot endosse l’habit de l’Abbé Pierre);
    – dangereuse pour toi, client, car on va te voler ta bourse au coin du bois (sans commentaire…mais que fait la police ?)

    Sinon on attaque la personne de Canto, ce qui n’a rien à voir avec le sujet finalement.

    Je vous le dit : l’opération est déjà un succès….car on en parle!

    1. Quoi qu’il en soit, toutes ces attaques / défenses bien médiatisées semblent, autour de moi, entretenir frousse et confusion; avec pour résultante directe auprès de ceux qui n’ont que peu – mais beaucoup pour eux – à perdre, de choisir pour toute action de serrer les fesses chez soi tant qu’il y fait encore chaud.
      Le « wait and see » prévaut toujours.

  21. trame :

    – Spéculation

    – confiscation

    – injustice insupportable

    – casser les jeux de casinos : interdiction de paris sur les fluctuations de prix , Glass steagall act ( « en prime ») ,

    – banques coopératives : aller plus loin pour enfoncer le clou .
    Même à consulter le blog , la pureté et la fiabilité actuelles de telles banques n’est pas garanties . On attend d’un ancien praticien bancaire le cahier des charges pour vérifier la virginité d’une telle banque . J’avais laissé entendre qu’on pourrait examiner la mise en oeuvre d’une renationalisation de la banque postale ( avantage :réseau territorial encore très bien implanté ). Il y a là une piste forte , psychologiquement très bien reçue par une très grande majoriité de français , qui ne s’imaginent pas privés de réseau bancaire ( ne serait ce que pour percevoir ses remboursements de sécurité sociale – plus d’un milliard d’euros par jour- et son salaire ) .

  22. Paul je sors mon dictionnaire étymologique ou bien vous nous faites un néologisme célébritique ?:

     » l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix, une façon d’interdire la spéculation pure, les banques à leurs fonctions utiles : »
    Cantoner (un seul r) ne s’appliquera dorénavant plus qu’aux banques…

  23. Cantona ! Dans le dernier billet d’humeur de l’auteur Delhommais (Le monde), tout est dit sur l’artiste.

    Comment ce multi millionnaire compte-il s’y prendre demain matin pour vider ses comptes de ses banques ? Il se présente avec un van ? Et une fois chez lui, ses billets de banque il en fait quoi ? Il paye des nervis pour les protéger de cambriolages aussi inévitables que légitimes pouvant survenir à tout moment de la misére énorme existant à Londres ?

    De toute façon, serions-nous 30 millions et + à vider nos comptes bancaires au même moment (pour ceux qui, à la différence de l’immense majorité des salariés, ont plus de 100 euros dessus après le 05 du mois), cela ne changerait strictement rien à la qualité des banques, qui déjà en faillites, continueraient à être politiquement, trop grosses pour être inquiétés. Comment faire faillite lorsqu’on est déjà en faillite ?

    La BCE, les banques centrales, des pays touchés, par une soudaine demande de liquidité, feraient simplement tourner la planche à billet, et attendraient que la révolte passe. Ensuite, une fois la tempête passée, elles brûleraient cet excés de billets, et tout rentrera dans l’ordre bourgeois des banquiers et des gouvernements à leur solde.

    Au passage, les travailleurs qui se seront fait attraper au mirage aux alouettes de Canto le rebelle, qui auront cassés leur petit libret A, ou leurs petits comptes rémunérateurs, sortiront de l’histoire plus pauvre qu’au moment où ils y seront entrer.

    Ces billets de banque, conservés sous les matelats des particuliers boudeurs, ne créeraient même pas d’inflation, puisqu’à priori ils n’auraient pas pour fonction d’être dépensés et donc de circuler.

    Si au moins Canto, à la cantonnade comme ça, avait balancé le seul truc susceptible d’ennuyer gravement un systéme financier, ayant la particularité historique de na pas reposer sur du tangible, mais sur un mythe, le mythe du Dollar. Si l’artiste amateur de publicité, la sienne surtout, avait lancé « hé les mecs, vous voulez faire pêter le système, acheter de l’or ! »

    Alors oui là, cantoche, serait aujourd’hui à respecter pour une telle audace. Entre nous, le premier qui va s’amuser à ce petit jeu, va aller directement en prison sans passer par la case « banque » ! Une frénésie subite des peuples pour de l’or, foutrait assurément tout le systéme Bretton Wood en l’air. Autant le dire, les pouvoirs politiques dans leur unanimité, ne trouveraient pas forcément drôle la farce. Il n’y aura donc pas de farce. Canto est courageux mais il n’est pas fou !

    Non ! la petite bourgeoisie, au plus fort de sa réflexion; nous propose de thésauriser de la monnaie de singe. Quelle imbécilité monstrueuse ! Quel déni de réalité à ne pas voir que l’époque qui s’ouvre est une phase historique où 70 ans de contradictions et de tensions contenues de l’impérialisme, s’apprête à se transformer en une force destructrice gigantesque de guerre et de révolutions.

    Politiquement les organisations ouvrières se refusent, toutes pour l’instant, à aller -un pas- vers le Socialisme. Toutes elle refusent de voir et de reconnaître intellectuellement que Trotsky, et avec lui l’ensemble des théoriciens marxistes, s’est trompé certes sur les délais, mais certainement pas sur le fond de l’analyse.

    Camarades, l’heure est grave, sans révolution prolétarienne dans la toute prochaine période, l’humanité est menacée d’être emportée dans une catastrophe immense. Pouvons-nous un seul instant nous laisser distraîre avec des fadaises à la Cantona. L’acteur est bien plus utile lorsqu’il est conseillé par Ken Loach et qu’il nous sert des films fictions où les chômeurs anglais arrivent à prendre le dessus sur des mafieux. Que Cantona invite ses fans à lire Lénine et Trotsky. Plutôt que de se scléroser dans ses aneries, voilà l’invitation que doit faire Eric:

    Lisez et faîte lire le Programme de Transition de Trotsky.

    Sur la base de cette compréhension historique et politique, mes amis ouvriers aidez à la construction d’un parti ouvrier révolutionnaire dans chaque pays, à une nouvelle internationale. Le capitalisme crée ses propres fossoyeurs, et ces fossoyeurs c’est vous ! Vive le Socialisme !

  24. La flambée des cours de l’or et celle du prix du mètre carré dans l’immobilier parisien ne serait-elle pas un indice qu’une forme de bank run est amorcée de la part des plus fortunés et des plus initiés ?

  25. @Paul

    en mettant sur pied une véritable science économique, ce qui est possible et a d’ailleurs été fait jusqu’au milieu du XIXe

    Grossomodo jusqu’à Marx.
    Inclus donc le marxisme, l’école classique bien sûr et l’école historique.
    Exit du champ scientifique les néoclassiques, marginalistes, keynésiens, autrichiens, théoriciens de l’offre, monétaristes, néo-keynésiens, l’école des choix publics, la nouvelle macroéconomie classique, etc (Stiglitz ou les « nouveaux keynésiens », out aussi !).
    La bifurcation ne date que de 160 ans. Pfff, bagatelle ! 🙂

    Au moins ça a le mérite d’être clair.
    Vais en toucher deux mots à mon mouflets qui passe son Bac ES dans six mois !
    M’en va lui dire que toute la science économique dite orthodoxe n’est que jus de crapaud pseudo-scientifique depuis 1850… le pire c’est qu’il est bien d’accord le bougre ! 😉

  26. je vous lis avec attention.
    Si je veux changer de banque et aller vers une « banque propre », je fais quoi aujourd’hui,
    Banques populaires (crédit coopératif,nef), caisse d’épargne,crédit agricole… toutes trempent peu ou prou dans le sytème financier mondial non?

    1. c’est une très bonne question.
      Ai-je le droit de ne pas disposer de compte bancaire vis à vis de mon employeur?

  27. …dans l’agence bancaire de mon village, on ne peut retirer de liquide (hors distributeur) que le jeudi de 17 heures à 17h45…(à moins bien sûr d’avoir pris rendez-vous préalablement). pour l’avoir vécu : le jeudi à 16H20, c’est impossible.

    [ça pose d’ailleurs de sérieux problèmes aux vieilles personnes qui vivent en campagne, elles n’ont pas de carte bancaire (difficile à manipuler avec les doigt gourds et caleux ) et, depuis des « temps immémoriaux », venaient au marché le lundi matin, conduites par un parent ou familier pour faire d’une pierre deux coups : passer à la banque sortir leur argent de la semaine et dépenser le nécessaire pour la-dite semaine.
    désormais la banque est fermée le lundi. … tant pis pour les retraités… (?)… ]

    et le mardi, donc, même le 6 décembre, on n’a pas le droit de retirer son … oups…! de l’ argent en espèces, au guichet. nan, nan, nan, pas droit.

    bon…de toute manière, quand on n’en a pas.

    1. Ceci vous est arrivé? Si oui un scandale était de mise.
      « Désolé mais on a plus votre argent, repassez avant Noël »

  28. Le budget Irlandais devrait finalement passer de justesse.

    Update: Second Independent Irish lawmaker Healy-Rae to back budget, essentially guaranteeing budget passage.
    Reuters reports that the Irish Independent MP Lowry says he will support the 2011 budget. Presumably this means that the Irish budget tomorrow should pass, which is likely good news for the euro as it means the eurozone has bought itself a few more months of breathing room. Or not. Who cares anymore. At this point just one more independent vote is needed to pass the Irish budget vote.

    http://www.zerohedge.com/article/irish-independent-mp-lowry-support-2011-ireland-budget-giving-budget-vote-majority-two-d%C3%A1il

  29. Il y a deux ans, j’ai clôturé mon compte d’épargne et j’avais tout transformer en pièce d’or…
    Aujourd’hui j’ai presque le double, je n’ai jamais gagné autant d’argent et tout ça en retirant simplement mon argent de la banque…

    A l’heure actuelle au delà de l’idée du bank run, laisser son argent à la banque avec l’inflation certaine et l’hyperinflation qui guette est de loin, la chose la plus stupide à faire.
    Alors, n’y allez pas le 7, pour ne pas créer de panique…mais allez y sous peu,
    conseil d’ami.

    1. C’est ce que font beaucoup de piquistes, enfin ceux qui ont la chance d’avoir du capital. Mais sachez qu’il n’y a pas de bonne solution même si celle-là se révélera peut-être être la bonne. D’autres piquistes (Stoneleigh) disent aussi que face à la crise qui se prépare, le cash se révélera sans doute une meilleure option. Imaginez maintenant des caisse d’euros qui ne valeut plus rien ou de l’or que vous n’êtes pas sensé avoir …

      WIKI – L’interdiction de détention d’or
      À partir des années 1930, plusieurs pays dont les États-Unis, prennent des mesures pour interdire la détention privée d’or. Franklin Delano Roosevelt promulgue l’ordonnance (Executive order) 6 102 en 1933 et la Loi sur les réserves d’or (Gold Reserve Act) en 1934, qui punissent la possession d’or d’une amende jusqu’à 10 000 dollars. Les bijoux et collections de pièces de monnaie sont exemptées, et l’interdiction ne sera jamais appliquée très sévèrement. Elle est levée en 1975. Pendant cette période, les citoyens américains sont tenus de ne détenir que des billets de la Banque centrale. La Cour suprême entérine la loi en 1934[4]. Certains mouvements conservateurs voient dans cette loi une usurpation du droit à la propriété privée.

      http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89talon-or#Retour_.C3.A0_l.27.C3.A9talon-or

  30. Tiens, Stéphane Wuille de l’Echo mentionne Paul Jorion:
    http://blogs.lecho.be/lescracks/2010/12/aux-banques-citoyens.html

    Comprenez-moi bien : je ne défends pas, à tout prix, le système bancaire actuel qui a conduit aux dérives que l’on sait et dont une réforme en profondeur ne serait pas un luxe. Je vous conseille d’ailleurs de lire ce qu’en dit Paul Jorion. Je n’adhère pas à toutes ses idées mais, il trace quelques pistes intéressantes.

  31. Il a été fait de nombreuses références à 1789 ces derniers temps. Voici la mienne. Tandis qu’on a pu observer jadis la bourgeoisie s’opposer à la noblesse pour obtenir une redistribution des privilèges plutôt que leur abolition, on peut craindre d’observer aujourd’hui une sorte de calque de cet évènement, cette fois-ci entre la petite bourgeoisie – nos braves « classes moyennes » dont on ne sait d’ailleurs pas vraiment ce qui les compose – et la grande, cette dernière prenant pour cette fois le rôle de la noblesse de jadis.

    Cette crainte réside dans l’idée que les mêmes causes produisent les mêmes effets, c’est à dire que la petite bourgeoisie se révolte non pas pour abolir les privilèges accumulés par la nouvelle aristocratie mais bien pour les reprendre à son propre compte. Ce serait sans aucun doute le pire repassage de plats que l’Histoire puisse nous réserver.

    1. C’est ma principale crainte pour les deux trois ans qui arrivent, et cela bien au-delà de l’agenda politique. D’autant qu’il faut bien voir que nous n’aurions là qu’une radicalisation de la sarkozysation, de la véritable rupture du pacte social entérinée par l’élection de 2007, intégrée par une bonne partie du PS (Vails et consorts…).
      Les petits épiciers de tout poil sont à la manœuvre.
      Au bon beurre m’sieur dame !

    2. Cette perspective est fonciérement impossible parce que la petite bourgeoisie craint par dessus tout le communisme et la remise en cause de la propriété privée sur les moyens de production et d’échange: la base juridique et économique de son existence comme classe distincte.

      Alors certes la petite bourgeoisie est la première menacée dans son existence dans la crise en cours. Les petits bourgeois risquent de se faire spolier leur épargne. Ils risquent d’être assommé par la fiscalité. Les petites entreprises, à partir du moment où elles seront abandonnées par les banques (tenues par la bourgeoisie) seront contrainte de mettre la clef sous la porte.

      Cela serait arrivé depuis longtemps si les banques elles même n’étaient pas tenues à bout de bras par les Etats bourgeois. Alors oui, il vient à l’esprit du petit bourgeois des images de 1789. notons bien: 1789, pas 1791 !

      Mais la classe petite bourgeoise n’a absolument aucune perspective politique autonome, broyée qu’elle est entre la bourgeoisie et le prolétariat.

      Soit elle soutient le capitalisme et la libre entreprise, et en ce cas elle s’apprête a se lumpen prolétariser à toute vitesse. N’oublions quand même pas que le fascisme historique a comme base la ruine et la détresse en Allemagne et en Italie de la petite bourgeoisie militarisée contre le bolchevisme.

      Soit elle rompt avec ses croyances et ses certitudes quand à la propriété et la petite entreprise, elle se rapproche du prolétariat et sa solution communiste, et en ce cas seulement elle participera à ce processus historique et progressiste allant vers la suppressions des classes sociales et la résolution de la crise capitaliste par la socialisation des moyens de production à l’échelle mondiale. Un plan de production visant à satisfaire les besoins sociaux de tous, dans le respect écologique de la planéte. Plan proposé par une internationale ouvrière, et accepté, controlé, démocratiquement par les populations organisées dans leurs soviets et leurs syndicats.

      Le 1789 de nos jours ne consiste donc pas à déplacer les priviléges de la bourgeoisie vers la petite bourgeoisie, sous le regard bovin d’un prolétariat interdit. Ce qui est à l’ordre du jour c’est la dictature du prolétariat dans tout les pays à travers l’emergence de gouvernements issues des organisations ouvrières existantes en lutte ouverte contre la dictature des marchés.

      Incroyable de penser que le prolétariat n’est plus capable d’initiatives historiques et en même temps de fêter les grèves victorieuses des ouvriers chinois il y a peu ! Quelle cécité !

    3. Saine prévention , mais qui regarde vers le passé pour l’analyse , et qui donne beaucoup trop d’imagination à la classe suspectée de vouloir prendre le pouvoir alos qu’elle ne cherche pour l’instant qu’à échapper à un hold up , qui la ruine et lui enlève tout horizon . En celà elle est , à ce jour ,dans un bâteau comparable à celui du prolétariat , même si l’inconfort est moins violent.

      Pour les temps futurs, la bonne question est sans doute : le pouvoir pour quoi faire ? S’y présenteront et allieront ceux qui partageront , suffisamment nombreux et grosso modo, les mêmes envies .

      Débarrassés si possible des outils de confiscation arbitraire du pouvoir : la force brutale , la finance folle et le fric , la religion ,l’ignorance , le viol des constitutions et des fondamentaux démocratiques , la main mise sur l’information ,la santé à deux ou trois vitesses , les circuits maffieux de toutes natures et la drogue en particulier , l’accaparement sans cause des sols , la privatisation de l’énergie et des éléments vitaux , l’organisation trop rigide du travail dans sa nature et répartition temporelle …. au moins .

      En France ? en Europe ? Dans le monde,?…dont nous dépendons aussi .

      Tout à faire . La meilleure chance que la construction ne soit pas confisquée par qui que ce soit ?

      Les alliances sur les plus proches et stratégiques conquêtes sociales …maintenant .

    4. @Eninel et juan nessy

      La grille de lecture proposée par Marx est ici inopérante. En effet il y définit le prolétariat comme l’ensemble des salariés et des chômeurs, tandis que la bourgeoisie soit l’ensemble des propriétaires des moyens de production. Ces deux corps étant en outre définis comme antagonistes l’un à l’autre.

      Or nous convenons qu’il existe au moins deux bourgeoisies, l’une petite et l’autre grande, et que leurs intérêts respectifs ne soient pas nécessairement convergents, ce qui pose une première série de questions: A qui s’opposerait en définitive le prolétariat? A la petite bourgeoisie? A la grande? Au deux? Quid des relations entre petite et grande bourgeoisies?

      Par ailleurs, la bourgeoisie selon Marx semble couvrir des couches sociales foncièrement différentes: Quel rapport entre un artisan ou un petit commerçant et un PDG de multinationale? Doit-on les mettre sur un même plan bourgeois, sans regard pour leurs situations respectives, fondamentalement sans rapport?

      Mais encore, elle ne semble pas couvrir l’ensemble des couches sociales auxquelles nous pensons pour notre part naturellement: Un trader est indubitablement salarié de son entreprise. Pourtant, le qualifiera-t-on spontanément de prolétaire, ou au contraire le considérera-t-on comme bourgeois? La réponse à cette question me paraît sans équivoque, mais ne cadre résolument pas avec les définitions proposées par Marx.

      Enfin, dès lors qu’on admette l’existence d’une petite bourgeoisie, on sort définitivement du cadre des classes marxistes. Cette troisième classe, impensée par Marx – et pour cause, son analyse ne pouvait prendre en compte une réalité pas encore survenue – se matérialiserait fort bien dans la personne d’un salarié, ouvrier de chaine par exemple, propriétaire de son logement, d’un véhicule personnel ainsi que d’autres onéreux instruments de confort, ou encore tout aussi surement par un artisan, propriétaire d’une partie de son outil de production mais seulement locataire du reste, ou même d’un fonctionnaire connaissant des conditions matérielles encore différentes.

      Ces dernières descriptions nous permettent alors de définir que la bourgeoisie, petite ou grande, ne se définisse pas par la propriété de moyens de production, ni même par la propriété de manière générale. Il me semble qu’il faille plutôt sur ce point s’intéresser à la prise en compte accrue par les bourgeoisies de leurs intérêts particuliers par rapport à l’intérêt général.

      Elles font alors apparaître ce qui semble effectivement impossible dans le référentiel marxiste et ne peut apparaître qu’en dehors de celui-ci: L’existence de prolétaires-bourgeois, qu’on range par facilité dans ce concept fourre-tout de classes moyennes. On remarque enfin que ce concept de prolétaire-bourgeois est encore très loin de décrire la réalité du corps social dans toute sa complexité.

      @vigneron

      Dans le droit file de ce que je viens de dire précédemment, il ne faut pas négliger le fait qu’il y ait eu également un vote sarkosyste dans les couches les plus populaires de la population, que ce soit au sein du monde ouvrier ou même chez des chômeurs, de même qu’on puisse imaginer des petits commerçants bien plus sensibles à la question sociale.

      Aussi vouloir systématiser un lien entre l’appartenance à une classe et un vote me semble être à ce titre le meilleur moyen de passer complètement à côté de la complexité réelle du tissu social.

    5. Abel et Caïn

      I

      Race d’Abel, dors, bois et mange;
      Dieu te sourit complaisamment.

      Race de Caïn, dans la fange
      Rampe et meurs misérablement.

      Race d’Abel, ton sacrifice
      Flatte le nez du Séraphin!

      Race de Caïn, ton supplice
      Aura-t-il jamais une fin?

      Race d’Abel, vois tes semailles
      Et ton bétail venir à bien;

      Race de Caïn, tes entrailles
      Hurlent la faim comme un vieux chien.

      Race d’Abel, chauffe ton ventre
      A ton foyer patriarcal;

      Race de Caïn, dans ton antre
      Tremble de froid, pauvre chacal!

      Race d’Abel, aime et pullule!
      Ton or fait aussi des petits.

      Race de Caïn, coeur qui brûle,
      Prends garde à ces grands appétits.

      Race d’Abel, tu croîs et broutes
      Comme les punaises des bois!

      Race de Caïn, sur les routes
      Traîne ta famille aux abois.

      II

      Ah! race d’Abel, ta charogne
      Engraissera le sol fumant!

      Race de Caïn, ta besogne
      N’est pas faite suffisamment;

      Race d’Abel, voici ta honte:
      Le fer est vaincu par l’épieu!

      Race de Caïn, au ciel monte,
      Et sur la terre jette Dieu!

      C.Baudelaire

    6. @Dissonance

      Je ne vois pas trop pourquoi « la grille de lecture de Marx » serait aujourd’hui « inopérante », sous pretexte que certain salariés (prolétaire au sens large) seraient des « trader ». jerome Kergel est un authentique prolo, et d’ailleurs il a été traité par ses patrons de la Société Générale et l’Etat bourgeois à travers sa justice de classe, comme tel ! Non ?

      Tu me dis que Marx de son vivant n’aurait pas pu définir la petite bourgeoisie, et plus généralement la « classe moyenne », car en son temps cette classe n’existait pas:

      Cette troisième classe, impensée par Marx – et pour cause, son analyse ne pouvait prendre en compte une réalité pas encore survenue

      Pure spéculation erronée chez toi, et il suffit d’une citation du célebrissime Manifeste pour l’attester:

      De toutes les classes qui, à l’heure présente, s’opposent à la bourgeoisie, le prolétariat seul est une classe vraiment révolutionnaire. Les autres classes périclitent et périssent avec la grande industrie; le prolétariat, au contraire, en est le produit le plus authentique.

      Les classes moyennes, petits fabricants, détaillants, artisans, paysans, tous combattent la bourgeoisie parce qu’elle est une menace pour leur existence en tant que classes moyennes. Elles ne sont donc pas révolutionnaires, mais conservatrices; bien plus, elles sont réactionnaires : elles cherchent à faire tourner à l’envers la roue de l’histoire. Si elles sont révolutionnaires, c’est en considération de leur passage imminent au prolétariat : elles défendent alors leurs intérêts futurs et non leurs intérêts actuels; elles abandonnent leur propre point de vue pour se placer à celui du prolétariat.

      Quant au lumpenprolétariat [8], ce produit passif de la pourriture des couches inférieures de la vieille société, il peut se trouver, çà et là, entraîné dans le mouvement par une révolution prolétarienne; cependant, ses conditions de vie le disposeront plutôt à se vendre à la réaction.

      Non seulement Marx définie la petite bourgeoisie en possession de ses moyens de production, et grandement inquiéte de son avenir, mais il classifie aussi la classe des indigents qu’il nomme lumpenprolétariat (prolétaire en haillon), plus porté à se vendre au plus offrant.

      Affirmation théorique jetant une lumière crue sur une gôche, cette fausse gauche, aujourd’hui plus interressée à aller draguer la banlieue que de reconquérir la classe ouvrière .

      Aussi le concept « ouvrier-bourgeois » ou « bourgeois-ouvrier », si nous avons en commun le soucis de clarifier le débat plutôt que de l’obscurcir, est un concept de peu d’utilité. un concept pour le coup absolument inopérant.

      Toujours pour les marxistes, la réalité à toujours été plus riche et complexe que la définition théorique. C’est certain. Il y a un nombre incalculable de composition singulière dans la multitude des conditions sociales d’existance des êtres humains. Les statuts de plus sont changeants en plus d’être combinés.

      Un jour on peut être pigiste pour un journal, et en cela touché un salaire et être prolétaire. Un autre jour, édité un livre (cela laisserait penser que pigiste le matin, je me retrouvais écrivain l’après midi) et possesseur de ma machine à écrire, être classifié dans la petite bourgeoisie. Jusqu’au jour où la popularités de ces livres vous offre un maroquin dans un ministére bourgeois. Dans la même semaine on peut être bourgeois, petit bourgeois et prolétaire, certains livres passant de mode et ejecté d’un gouvernement, on peut aussi se retrouver lumpen !

      Mais une fois avoir écrit cela, pouvons-nous faire l’économie du marxisme et de la définition des classes sociales ? Je ne le crois pas. Il n’y a aucune insulte, aucun dédain a mentionner une classe de travailleurs qui parce qu’elle n’est pas salariée, n’est pas exactement sur la même longueur d’onde que la classe prolétaire. Dire que certains salariés ont une condition de vie supérieur à des petits bourgeois, parce qu’ils sont cadres dans une grosse entreprise, parce que pour un certain d’entres eux, comme les footbaleurs par exemple, ils pratiquent une profession bien rémunérée, cela ne change rien à l’affaire. Leurs conditions d’existance sont liées à leur appartenance à une classe sociale.

      Alors:

      Quel rapport entre un artisan ou un petit commerçant et un PDG de multinationale?

      Une mon camarade. ces deux individus sont profondément marqués par le concept de propriété privée. Pour eux ils est impensable d’imaginer l’avenir du monde en dehors du libéralisme. Ils détestent l’économie administrée et les fonctionnaires.

    7. il ne faut pas négliger le fait qu’il y ait eu également un vote sarkosyste dans les couches les plus populaires de la population, que ce soit au sein du monde ouvrier ou même chez des chômeurs, de même qu’on puisse imaginer des petits commerçants bien plus sensibles à la question sociale.

      C’te blague ! Vous vous souvenez du discours et du programme de Sarko, oui ou non ?

      -Travaillez plus pour gagner plus : dévitalisation des 35 heures, défiscalisation et exonération de charges pour les heures-sup.

      -Sur-valorisation des faibles revenus du travail par rapport aux revenus de solidarité : ci-dessus plus augmentation de la PPE (pas vue...).

      -Valorisation des petits propriétaires : déduction fiscale sur les intérêts d’emprunts immobiliers, volonté d’instaurer les subprimes à la française pour atteindre 70% de propriétaires.

      -Valorisation des succession et de l’épargne patrimoniale : plancher de l’imposition sur les successions directes à 150 000 euros (soit 90% des successions !).
      -Stigmatisation des « profiteurs » de droits sociaux, des fraudeurs, des passagers clandestins : tout minimum social sera assorti d’un travail d’intérêt général (TIG).

      -Traitement équitable du « bon » chômeur : allocation chômage au moins égale au SMIC (pas vue…) mais sous condition d’accepter une des trois premières offres « correspondant à ses compétences » (les mauvais chômeurs à la trappe, ça s’est fait)…

      -Répondre aux craintes des rentiers et des contribuables : réduction de la dette publique sous 60% du PIB en 5 ans ( 🙂 ), financement des dépenses courantes de l’Etat uniquement par l’impôt, réduction des prélèvements obligatoires de 4 % du PIB, bouclier fiscal ramené à 50% au lieu de 60%.

      -Valorisation des PME, petits patrons, artisans, etc : réserver une partie des chantiers publics aux PME.
      -Favoriser les sous-emplois résidentiels de service aux personnes à offrir au petit peuple, et venir en aide aux foyers « de la classe moyenne » à plus de 3000 euros par mois : défiscalisation totale des emplois à la personne.

      -Stigmatisation des population immigrée, remise en cause du modèle français d’intégration : « immigration choisie », création d’un ministère de l’identité nationale, nouvelle limitation du regroupement familial, discrimination positive, réforme de la licité avec l’État qui peut participer à la formation et au financement des cultes.

      -Stigmatisation de la délinquance commune et des mineurs sous protection de l’ordonnance de 1945 : peines-plancher, suppression ou mise sous tutelle des allocs familiales pour les « mauvais parents », jury populaire en correctionnelle, réforme (anéantissement) de l’ordonnance de 1945 sur la responsabilité et la sauvegarde des mineurs délinquants.

      -Stigmatisation de la fonction publique : non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, augmentation de la productivités des services de l’administration (« tu vas bosser, feignasse de fonctionnaire parasite !« ), service minimum en cas de grève .

      Vous m’arrétez si je psychote, mais ça sent très fort son poujadisme bon teint, le rubric à brac sarkozien, mâtiné de deubleyou, version « en campagne », à la Karl Rove.
      « On va se géner ! »
      Sa ratisse large le bazar ! Même le couple d’enseignants de 55 ans à plus de 4000 euros net par mois, c’te pauvre engeance typique de la prétendue classe moyenne (en fait parmi les 10 % des foyers français à plus hauts revenus…) qui vote plutôt PS , ben il se pose des questions…

      Et pour ce que vous appelez les « couches les plus popul

    8. @dissonance

      il ne faut pas négliger le fait qu’il y ait eu également un vote sarkosyste dans les couches les plus populaires de la population, que ce soit au sein du monde ouvrier ou même chez des chômeurs, de même qu’on puisse imaginer des petits commerçants bien plus sensibles à la question sociale.

      C’te blague ! Vous vous souvenez du discours et du programme de Sarko, oui ou non ?

      -Travaillez plus pour gagner plus : dévitalisation des 35 heures, défiscalisation et exonération de charges pour les heures-sup.

      -Sur-valorisation des faibles revenus du travail par rapport aux revenus de solidarité : ci-dessus plus augmentation de la PPE (pas vue…).

      -Valorisation des petits propriétaires : déduction fiscale sur les intérêts d’emprunts immobiliers, volonté d’instaurer les subprimes à la française pour atteindre 70% de propriétaires.

      -Valorisation des succession et de l’épargne patrimoniale : plancher de l’imposition sur les successions directes à 150 000 euros (soit 90% des successions !).
      -Stigmatisation des « profiteurs » de droits sociaux, des fraudeurs, des passagers clandestins : tout minimum social sera assorti d’un travail d’intérêt général (TIG).

      -Traitement équitable du « bon » chômeur : allocation chômage au moins égale au SMIC (pas vue…) mais sous condition d’accepter une des trois premières offres « correspondant à ses compétences » (les mauvais chômeurs à la trappe, ça s’est fait)…

      -Répondre aux craintes des rentiers et des contribuables : réduction de la dette publique sous 60% du PIB en 5 ans ( 🙂 ), financement des dépenses courantes de l’Etat uniquement par l’impôt, réduction des prélèvements obligatoires de 4 % du PIB, bouclier fiscal ramené à 50% au lieu de 60%.

      -Valorisation des PME, petits patrons, artisans, etc : réserver une partie des chantiers publics aux PME.
      -Favoriser les sous-emplois résidentiels de service aux personnes à offrir au petit peuple, et venir en aide aux foyers « de la classe moyenne » à plus de 3000 euros par mois : défiscalisation totale des emplois à la personne.

      -Stigmatisation des population immigrée, remise en cause du modèle français d’intégration : « immigration choisie », création d’un ministère de l’identité nationale, nouvelle limitation du regroupement familial, discrimination positive, réforme de la licité avec l’État qui peut participer à la formation et au financement des cultes.

      -Stigmatisation de la délinquance commune et des mineurs sous protection de l’ordonnance de 1945 : peines-plancher, suppression ou mise sous tutelle des allocs familiales pour les « mauvais parents », jury populaire en correctionnelle, réforme (anéantissement) de l’ordonnance de 1945 sur la responsabilité et la sauvegarde des mineurs délinquants.

      -Stigmatisation de la fonction publique : non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, augmentation de la productivités des services de l’administration (« tu vas bosser, feignasse de fonctionnaire parasite !« ), service minimum en cas de grève .

      Vous m’arrétez si je psychote, mais ça sent très fort son poujadisme bon teint, le rubric à brac sarkozien, mâtiné de deubleyou, version « en campagne », à la Karl Rove.
      « On va se géner ! »
      Sa ratisse large le bazar ! Même le couple d’enseignants de 55 ans à plus de 4000 euros net par mois, c’te pauvre engeance typique de la prétendue classe moyenne (en fait parmi les 10 % des foyers français à plus hauts revenus…) qui vote plutôt PS , ben il se pose des questions…

      Et pour ce que vous appelez les « couches les plus populaires de la population » (soit les moins impopulaires !), figurez vous que je les fréquente, très majoritairement, (voire exclusivement tellement les autres, le plus souvent, me débectent positivement !) et que j’ai pas attendu vos lumières pour me rendre compte qu’ils votent souvent pour ce genre de programmes crapuleux (le populisme, ça présente un gros avantage, le seul d’ailleurs, c’est que ça marche ! ); Jusques et y compris les braves ouvriers ou retraités avec leur carte du PC depuis 2 générations.

  32. Même les libéraux se rendent compte que ça va vraiment mal:

    « La Fed et la BCE bras dessus-bras dessous vers le précipice.

    Le problème, avec le système financier actuel, avons-nous dit à un reporter de Bloomberg, c’est qu’il est basé sur la fraude.

    A la base, on y trouve la devise papier — qui est elle-même une forme de tromperie. Elle fait semblant d’être de l’argent réel. Ce qui est vrai — dans le sens où on peut l’utiliser pour acheter des choses. Mais elle a tendance à mentir. Tout ce que les autorités ont à faire, c’est d’actionner la planche à billets : elle vous dira que vous êtes bien plus riche que ce que vous êtes vraiment.

    Cette sorte de sottise dure depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les autorités américaines, entre autres, ont systématiquement augmenté la quantité de devise papier… menant les gens à croire qu’ils avaient plus de pouvoir d’achat qu’ils n’en avaient vraiment. Aujourd’hui, un dollar ne vaut plus que 3% de ce qu’il valait il y a 100 ans.

    Mais ce n’est que le début de l’escroquerie. Les autorités ont également systématiquement sous-valorisé le crédit — convaincues que la clé de la prospérité réside dans le crédit et les dépenses de consommation, plutôt que dans l’épargne et la production.

    Le système a ses architectes et ses opérateurs — tous des escrocs et des charlatans. Ils font semblant de pouvoir gérer la devise et l’économie. Pourtant, ils ne comprennent pas comment fonctionnent les éléments les plus basiques d’une vraie économie. La richesse ne naît pas de la consommation… elle naît de la production.

    Les gestionnaires affirment pouvoir manipuler si bien l’économie qu’ils peuvent améliorer ses performances… En d’autres termes, selon eux, ils peuvent faire en sorte que l’économie se comporte mieux qu’elle ne le ferait seule… mieux qu’elle a fonctionné naturellement ces 2000 dernières années. En éliminant les retournements cycliques, les autorités nous ont dit que nous serions tous plus riches… et libres de la volatilité qui nous affligeait jusqu’à maintenant.

    Les dirigeants bidouillent et simulent donc… improvisant… et inventant au fil des événements. Ils augmentent les taux… puis les baissent. Ils introduisent plus de devise papier quand ça leur convient, et changent les règles bancaires selon ce que suggèrent leurs théories.

    Quand il se passe quelque chose de « mauvais » — défini comme une chose qu’ils n’apprécient pas, ils se précipitent pour régler le problème. Mais avec quoi peuvent-ils le faire ? Un peu de sparadrap monétaire. Un peu de fil de fer budgétaire, aussi.

    Leurs remèdes ne sont pas entièrement aléatoires ou hasardeux. Ils sont biaisés — vers plus de crédit, plus de dépense, plus de liquidités et plus de spéculation. S’ils resserrent les taux un mois, ils les desserrent ensuite pendant deux mois. S’ils enregistrent un surplus dans les comptes de la nation une année, ils enregistrent des déficits durant les cinq suivantes.

    Peu à peu, de plus en plus de dette, d’erreurs, de mauvais jugements et de spéculations insensées s’accumulent. Puis les autorités se retrouvent sous pression… passant d’une crise à une autre… fournissant du crédit à un zombie… un renflouage à un autre… et de la viande crue à un troisième.

    Puis, soudain, la discipline et les contraintes qu’elles s’imposaient cèdent comme une corde usée. Les banques centrales et les autorités financières prennent alors le mors aux dents… s’abandonnant aux trucages et à la fraude inhérents à leur profession. La Banque centrale européenne annonce qu’elle fournira « des liquidités illimitées » à ceux qui en ont besoin pour lutter contre une crise de la dette sur le Vieux Continent. Dans le Nouveau Monde, la Banque de Ben Bernanke renfloue déjà des grandes banques en Amérique du Nord en plus de celles de l’Europe. Et partout, les autorités sont prêtes à se soutenir les unes les autres… et à financer le FMI… avec encore plus de monnaie papier et de crédit…

    … tous tentant désespérément de maintenir l’intégrité du système.

    Et les voilà bras dessus-bras dessous — la Fed, la BCE, l’Europe et les Etats-Unis… sans oublier le Japon et la Bank of Japan. En route… vers le précipice. »

    Bill Bonner

    http://www.la-chronique-agora.com/articles/20101206-3237.html

  33. Et la bonne blague du jour:
    «Les spéculateurs ne sont pas responsable de la crise !»

    Au contraire : grâce à la spéculation, les pays comme la Grèce, le Portugal et l’Espagne ont pu emprunter à un taux relativement faible. C’est l’une des conclusions –

    La crise qui secoue la zone euro n’a pas été causée par la spéculation contre des Etats faibles comme la Grèce, l’Espagne et le Portugal, indique un rapport confidentiel de la Commission européenne, révélé lundi par le quotidien économique néerlandais Het Financieele Dagblad.

    Il n’y a aucune preuve que la spéculation des investisseurs entraîne une hausse des taux pour les pays qui veulent emprunter de l’argent, affirme ce rapport.

    Plus étonnant encore : les pays comme la Grèce, le Portugal et l’Espagne ont pu emprunter à un taux relativement faible grâce à la spéculation, précise le quotidien.

    Les chefs de gouvernements, ministres et parlementaires des Etats membres se seraient donc trompés de cible en accusant les spéculateurs.

    Trends.be, avec Belga

    http://trends.rnews.be/fr/economie/actualite/politique-economique/les-speculateurs-ne-sont-pas-responsable-de-la-crise/article-1194883389393.htm

  34. Petite piqure de rapel pour les nouveaux et les oublieux :

    LE PROGRAMME DU CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE
    http://felina.pagesperso-orange.fr/social/programme_cnr.htm
    Dans son programme du 15 mars 1944, le CNR appelait à des « réformes indispensables » sur le plan économique :
    « – l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;
    – une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des États fascistes ;
    – le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ; (…) »

    Puis vient 66 ans plus tard cette déclaration de guerre ouverte :
    « Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde ! »
    « Désavouer les pères fondateurs n’est pas un problème qu’en psychanalyse… »
    Denis Kesler Magazine Challenges | 04.10.2007
    http://www.challenges.fr/opinions/1191448800.CHAP1020712/adieu_1945_raccrochons_notre_pays_au_monde_.html et http://

    Denis Kesler, sans bruit, est presque arrivé à ses fins….. Résistons !

  35. En plein débat au Congrès sur la prolongation des allégements fiscaux expirant le 31 décembre, certains démocrates, assimilant l’attitude du président à une capitulation, ont manifesté leur révolte.

    Les concessions que Barack Obama risque de devoir faire aux républicains, en particulier sur les cadeaux fiscaux de l’ère Bush, lui valent de violentes critiques de son camp et trahissent l’affaiblissement d’un président dont la marge de manoeuvre s’est réduite.

    En plein débat au Congrès sur la prolongation des allégements fiscaux expirant le 31 décembre, les grandes lignes d’un compromis se sont dessinées, la Maison Blanche acceptant selon des élus de reconduire ces cadeaux fiscaux pendant deux ans, y compris pour les plus riches, en échange d’une extension des allocations pour deux millions de chômeurs.

    http://www.lalibre.be/actu/international/article/628139/les-concessions-d-obama-revoltent-ses-allies-trahissent-son-affaiblissement.html

  36. Tiens, Obama aurait trouvé un accord avec les républicains: il prolonge les baisses d’impôt de Bush et en échange les allocations de chômage pour les fins de droit sont aussi prolongées. C’est quand même devenu cool la politique.
    Devinette: deux gamins sont chez le glacier, l’un veut une glace au chocolat et l’autre veut une glace à la vanille. Problème, ils n’ont d’argent que pour s’acheter une boule de glace. Comment vont-ils réussir à trouver un consensus? Simple: les gamins vont demander des billets à Fed, leur papa. Et tout le monde sera content, car le papa fabrique justement des billets et ne sait plus quoi en faire.

  37. Bonjour,

    j’ai trouvé ma solution au probléme de mon argent logé sans aucun contrôle à la banque.

    Je vais rendre mon argent fluide ! comme l’apprécierait Mr Flich, à quelques différences prés : elle reste dans ma poche avec un circuittrés court : une rue à traverser.

    Comme j’ai plusieurs compte courant dont un quasiment en sommeil au CA (ils ont d’ailleurs voulu le supprimer à cause de cela), je vais quasiment vider mon premier compte de la poste avec le livret A d’ailleurs et verser cela sur le compte du CA et je referais la même manip tout les mois ou en tout cas quand j’en aurais le temps et toujours avec une délivrance en espéces.

    Comme cela mon argent sera toujours en espéces et les banquiers ne pourront pas l’utiliser à leurs spéculation.

    Reste que pour que cela soit efficace il faut que tout le monde se mette à faire circuler son argent.

    La prochaine étape est que je serais proprement viré par les banquiers eux mêmes.

    Cordialement

  38. Battons-nous pour cette idée géniale !!

    Le plus important ce n’est pas l’idée, même en supposant qu’elle soit « géniale ». Le plus important c’est comment allez vous faire pour vous battre? Le « comment faire » est plus important que le « que faire ».

    Il s’agit avant tout de bien comprendre les armes dont l’oligarchie dispose, ce contre quoi vous allez devoir vous battre. J’en distinguerai deux, les plus importantes car elles se renforcent l’une et l’autre en un ensemble quasiment invincible: je les appelle les armes de désunion massive: la désunion du peuple par la crainte et par la distraction.

    1. « La désunion du peuple face à la crainte de la perte des avantages acquis ».

    Tout d’abord un constat important. La société d’aujourd’hui, du moins dans les pays dits « développés » de l’OCDE, est telle qu’il existe une grande diversité dans la répartition des avantages acquis, richesses, privillèges et autres rentes de situation. Même s’il est exact que cette répartition s’effectue de manière de plus en plus inégale et injuste depuis la fin des années 70, que nous assistons à un tendance désastreuse de concentration des avantages qui s’accélère particulièrement depuis le début de la crise, nous n’avons pas une grande majorité des gens qui n’ont rien, ou quasiment rien, et une minorité qui ont tout ou quasiment tout. Mais plutôt le contraire, c’est à dire une majorité de gens qui ont peur de perdre les avantages qu’ils ont acquis, qu’ils soient petits ou grands..
    A cette majorité de gens qui ont peur de perdre les avantages acquis, il s »agit tout d’abord de faire comprendre que c’est bien cette désunion dans la crainte qui pousse à « ne rien faire », à conserver le status quo et qui est bien une des armes principales de ceux qui bénéficient de toujours plus de concentration des avantages. C’est là l’important et ceci avant même de proposer une idée, aussi géniale soit elle. Car si ce préambule n’est pas acquis vous ne parviendrez pas, quelque soit votre idée, à remporter la cohésion de la grand majorité de la population. Ensuite il faudra expliquer pourquoi, pour la grande majorité de la population, votre idée comporte plus d’avantages que d’inconvénients. C’est cela, l’idée « géniale », celle pour la quelle la grande majorité de la population est prête à se battre car elle a compris pourquoi il n’y a pas réellement d’alternatives.

    2. « La désunion du peuple par la distraction ininterrompue ».

    Dans le monde dystopique d’Orwell il n’existe que la propagande officielle, qu’une seule vérité, toutes les autres sont censurées. Dans celui d’Huxley les distractions les plus alléchantes sont délibérément utilisées et à jet continu, comme instruments de gouvernement pour empêcher les populations d’examiner de trop près les réalités de la situation sociale et politique.Dans l’un et l’autre les gens ne peuvent plus comprendre la réalité, soit car elle est interdite par la dictature au pouvoir, soit car elle noyée dans un océan d’inconséquence et d’irréel.
    Il ne fait aucun doute qu’aujourd’hui les médias électroniques et internet permettent à la grande majorité de la population des pays dits développés d’assouvir la fringale de distraction qu’ils éprouvent.. Nous ne sommes pas face à une dictature Orwellienne qui contrôle l’information mais face à une oligarchie dominante qui n’en a plus besoin et peut se permettre de concentrer toujours plus de privilèges sans avoir à se soucier du fait que les gens s’en rendent compte, la distraction ininterrompue submergeant toute prise de conscience de la réalité dans un océan d’inconséquence.

    Donc il s’agit d’unir une large majorité de la population autour d’une cause commune, une « idée géniale », tout en tenant compte de nos faiblesses, ce qui nous désunie, la crainte de la perte des avantages acquis et la distraction ininterrompue à laquelle nous sommes plus ou moins tous soumis.

    Comment faire?

    Il me semble qu’il s’agit d’une action qui doit se dérouler en trois phases successives:

    1. le développement d’une propagande rationnelle et efficace (2 mois)
    2. le déploiement le plus large possible par une méthode combinant internet, social network) et la vielle technique dite de démonstration-vente à domicile (10 mois)
    3. la pression d’une opinion publique rationnelle et unie dans le débat démocratique (6 mois)

    Il s’agit donc de tout le contraire d’une opération type Cantona, propagande irrationnelle c’est à dire principalement un coup médiatique qui s’appuie sur le symbolique et l’émotionnel qui sera complément incapable d’esquiver les armes de désunion massive dont dispose l’oligarchie.

    La propagande rationnelle.

    La propagande rationnelle pour une action ou cause est indispensable au maintien de la liberté individuelle et à la survivance des institutions démocratiques:

    Il y a deux sortes de propagande : la rationnelle d’une part, en faveur d’une action conforme à l’intérêt bien compris de celui qui l’accomplit et de celui à qui elle s’adresse – d’autre part, l’irrationnelle, qui ne sert les intérêts de personne, mais est dictée par la passion et s’adresse à elle. Quand il s’agit d’actes individuels, il existe des motifs plus nobles, plus élevés que l’intérêt, mais quand il faut envisager une action collective dans le domaine de la politique et de l’économie, ce ressort est sans doute le plus puissant de tous. Si les politiciens et leurs électeurs n’étaient mus que par le dessein de servir leur intérêt à long terme et celui de leur pays, ce monde serait un paradis terrestre. En réalité, ils agissent souvent contre leur propre avantage, simplement pour assouvir leurs passions les moins honorables; c’est pourquoi nous vivons dans un lieu de souffrances.
    La propagande pour une action conforme à l’intérêt bien compris fait appel à la raison au moyen d’arguments logiques fondés sur les plus solides preuves disponibles, exposées honnêtement et dans leur intégralité. La propagande pour une action dictée par des impulsions plus basses que l’intérêt présente des preuves forgées, falsifiées, ou tronquées, évite les arguments logiques et cherche à influencer ses victimes par la simple répétition de slogans, la furieuse dénonciation de boucs émissaires étrangers ou nationaux, et l’association machiavélique des passions les plus viles aux idéaux les plus élevés, si bien que des atrocités en arrivent à être commises au nom de Dieu et que l’espèce la plus cynique de Realpolitik est traitée comme une affaire de principe religieux et de devoir patriotique.
    A. Huxley – Retour au meilleur des mondes

    Dans le cas d’une action ou idée politique, le développement d’une propagande rationnelle doit tenir compte du fait que le temps manque pour réunir les faits significatifs ou peser leur importance et quant à leur sens, il dépend évidemment du système d’idées dans le cadre duquel vous avez décidé de les faire entrer.
    Il faut aller au delà des clivages politiques traditionnels droite / gauche, libertariens / socialistes, capitaliste / collectiviste, etc… et donc réunir un petit groupe de partisans le plus hétérogène possible mais qui partagent tous un intérêt commun:
    . exposer les faits, de manière la plus indiscutable possible et expliquer ce en quoi ils sont pertinents
    . à travers le débat contradictoire, c’est à dire la réaction à la vérité limitée et aux raisonnements imparfaits que les autres présentent à notre connaissance, mettre la meilleure volonté du monde pour extraire l’essence d’une idée, l’intérêt commun, sans en ignorer les inconvénients pour tout un chacun.

    Une propagande rationnelle, pour une action conforme à l’intérêt bien compris, ne doit pas s’appuyer sur les méthodes de la publicité, des slogans rapides, de la peoplisation. Il s’agit de prendre son temps pour expliquer l’idée, les faits pertinents, et être certain que l’intérêt de l’action est bien compris par ceux auxquels elle s’adresse. C’est pourquoi il est absolument nécessaire que le vecteur principal de diffusion de la propagande rationnelle soit de type « démonstration-vente à domicile » : un petit groupe de partisans, ceux qui ont développés la propagande originelle, commence par organiser chez eux des ateliers durant lesquels ils expliquent la propagande rationnelle à un petit groupe de voisins, amis, connaissances. Ils les encouragent à réagir, vérifier par eux même, et à s’y interresser. Par ce procédé ils essayent aussi de recruter de nouveaux partisans qui vont faire de même, et ainsi de suite. Le feedback enregistré lors des ateliers est minutieusement archivé et doit servir à améliorer petit à petit l’éfficacité de la propagande rationnelle.
    Ici, internet ne doit pas être utilisé comme vecteur principal de la propagande, mais comme moyen d’organisation des ateliers, du feedback et de mise à disposition de l’information.

    Cette méthode laborieuse qui demande un engagement réel et non pas superficiel est à mon avis la seule qui puisse réussir à esquiver de manière efficace les armes de désunion massive dont dispose l’oligarchie.

    Qu’en pensez vous?

    1. Ce dont vous parlez, il me semble que c’est exactement ce que fait le blog.
      Plutôt que le mot propagande, trop connoté historiquement, je dirais plutôt sensibilisation, car les idées ont besoin d’être infusées dans le corps social, meilleure chance pour elles d’y pénétrer plus profondément. Une approche volontariste risque la superficialité en s’efforçant de projeter un modèle d’action programmé sur une réalité mouvante et donc en partie imprévisible. A l’inverse une approche sans a priori quant aux formes par lesquelles va pouvoir s’effectuer la sensibilisation est plus pragmatique car elle permet de faire corps avec l’évolution d’une crise dont la composante d’affect n’est pas l’aspect le moins négligeable. Bref, sans rien lâcher sur les principes, sur les explications rationnelles, il faut savoir pratiquer une écoute attentive de nos interlocuteurs et faire preuve d’imagination. Il faut prendre nos interlocuteurs pour ce qu’ils sont, des personnes qui autant que nous vivent la crise, même si c’est sur l’autre bord. Même les plus réfractaires aux alertes ne peuvent plus ne pas les entendre. Le déni ne pourra empêcher le cheminement inexorable des idées. Les idées néo-libérales perdent chacun jour du terrain même si selon toutes les apparences rien n’a changé dans le discours des élites. Car c’est un discours de façade. Nier une réalité ne signifie pas que d’une certaine manière on en tient pas déjà compte…que l’on est pas affecté par l’évolution d’un climat général. Beaucoup sortent les radeaux mais parmi eux il y a aussi des renégats en puissance, en temps utile ils rejoindront le combat du peuple.

    2. Le blog fait comme vous le dites de la sensibilisation. Mais la question reste toujours la même : comment faire pour que les pouvoirs publics mettent en place les réformes structurelles profondes qui sont défendues sur ce blog (et d’autres). La sensibilisation par les blogs ne suffit pas à cela car, aussi importante qu’elle soit, elle ne parvient pas à faire submerger les idées concrètes dans un océan d’inconséquence. Le blog peût être le point de départ pour passer à la phase 1 que je propose ci dessus : il s’agit maintenant de synthétiser, de réunir les faits pertinents, d’expliquer pourquoi il le sont, d’expliquer les idées en termes clairs et non superficiels, et surtout, d’expliquer pourquoi ces idées présentent plus d’avantages que d’inconvénients pour la plus grande majorité des citoyens (c’est à dire y compris les épargnants, la petite bourgeoisie qui ne sont que trés rarement représentés par les intervenants de ce blog).

      Une approche volontariste risque la superficialité en s’efforçant de projeter un modèle d’action programmé sur une réalité mouvante et donc en partie imprévisible.

      Vous avez raison, il y a là un risque qu’il faudra tenir en compte. C’est pourquoi j’ai parlé de « feedback » dans l’action, pour éviter qu’elle se fige dans une réalité mouvante.

      il faut savoir pratiquer une écoute attentive de nos interlocuteurs et faire preuve d’imagination. Il faut prendre nos interlocuteurs pour ce qu’ils sont, des personnes qui autant que nous vivent la crise, même si c’est sur l’autre bord.

      Tout à fait d’accord. Mais il ne me semble pas, mais étant nouveau sur ce blog corrigez moi si je me trompe, que ceci ait beaucoup lieu sur ce blog, où la plupart des intervenants dominants sont du même bord.

      Je vous remercie pour votre commentaire et je souhaite principalement qu’il y ait un peu plus de débat sur le « comment faire ». Et plus d’auto critique qui permette à un blog, dont je reconnais la très grande qualité des billets et interventions, de peut être se transformer en un vaste mouvement d’action populaire et citoyenne. C’est peut être là notre seule chance, il ne faut pas la manquer.

    3. Chris06, êtes vous Maralpin ou Québéquois tabarnack ? 🙂

      Détrompez vous, les « sensibilités « sont nombreuses ici……..
      « Armes de désunion massive », le locution est très juste.
      Malheureusement, l’union, comme le sentiment amoureux ne se décrète pas !
      Sur ceux, je vous suis très bien.
      Comment se battre « à la main » face à la machine à broyer industrielle ?
      Comment les veaux de batteries aux hormones révolutionnent « la ferme des animaux » ?
      Trente ans que j’essaye sans grand succès……. Et je ne suis pas le seul à faire des « réunions Tupperware ». 🙁

    4. Chis06

      Je pensais surtout à ceux qu’il nous faut convaincre, un par un, hors du blog.

      l s’agit maintenant de synthétiser, de réunir les faits pertinents, d’expliquer pourquoi il le sont, d’expliquer les idées en termes clairs et non superficiels … .

      Pourriez-vous donner des exemples d’idées expliquées en termes pas clairs et superficiels ?
      Pour ce qui est de la proposition phare du blog représentée par l’interdiction des paris sur la fluctuation des prix vous conviendrait qu’elle est formulée de telle façon qu’elle circonscrit parfaitement son objet et donc la cible de l’interdiction. Et vous vous souvenez sans doute aussi que c’est la solution que Paul a préconisée chez Taddéi face à une interlocutrice, pourtant économiste, qui tombait des nues en l’entendant. Paul a raison de s’y tenir à sa formulation. Je disais plus haut qu’il faut savoir écouter ses interlocuteurs. Je voudrais maintenant préciser que cela ne signifie par pour autant qu’il faille aller dans le sens de l’interlocuteur en traduisant les notions car alors au passage on risquerait de diluer sa substance. Dans notre cas parler de spéculation au lieu de paris sur les fluctuations des prix serait concéder beaucoup de terrain à ceux qui n’ont pas encore compris de quoi il s’agissait ou qui feignent de ne pas le savoir.
      Vous avez raison, il importe d’être précis et clair. Nous n’aurons vaincu nos adversaires que lorsque une nouvelle description de la réalité se sera substituée à l’ancienne.

      et surtout, d’expliquer pourquoi ces idées présentent plus d’avantages que d’inconvénients pour la plus grande majorité des citoyens (c’est à dire y compris les épargnants, la petite bourgeoisie qui ne sont que très rarement représentés par les intervenants de ce blog)

      A la réflexion il me semble que deux ingrédients sont nécessaires (sur le blog et hors blog) :

      1. Un travail d’explication rationnelle, patient. (ce qui entre dans le cadre de votre programme d’action.)

      2. Un travail au corps, plus heurté, un peu à la manière de Vigneron, pour faire bouger les lignes. (Mais aussi de Paul qui est un orfèvre en la matière.) Ne pas hésiter alors dans certains cas à heurter la sensibilité de nos interlocuteurs en les plaçant devant leurs contradictions, ce qui ne manque pas alors d’engager l’affect. Dans un premier temps on se confronte au déni, mais quelque chose a été amorcé. Un discours articulé et convaincu laisse toujours une trace mémorielle qui en d’autres circonstances pourra servir d’ancrage à un nouveau comportement, à la faveur d’une évolution de la situation.

    5. Ne pas hésiter alors dans certains cas à heurter la sensibilité de nos interlocuteurs en les plaçant devant leurs contradictions, ce qui ne manque pas alors d’engager l’affect.

      Qu’en pense Julien Alexandre, « l’homme des premières lignes » ? 🙂

    6. Il pense que ces mots n’ont pas la même signification sous la plume de Pierre-Yves D. que sous celle de Pierre. Et il préfère la version de Pierre-Yves D. 🙂

    7. Dans un premier temps on se confronte au déni, mais quelque chose a été amorcé.

      J’aime aussi comme vous l’interprétation de Pierre-Yves D.

    8. @pierre,

      Trente ans que j’essaye sans grand succès……. Et je ne suis pas le seul à faire des « réunions Tupperware

      C’est là toute la différence entre les actions individuelles désorganisées et une action collective parfaitement organisée.
      Quelles présentations utilisez vous? Quelles brochures laissez vous? Vos arguments sont ils parfaitement rodés? Avez vous bien pensé aux contre arguments? Etes vous bien sûr que vous ne vous perdez pas dans des palabres qui n’interressent pas vos interlocuteurs? Tout celà sont des questions qu’un travail collectif en profondeur peut résoudre. L’improvisation et l’individualisme ne reussira pas à dérouter une classe dominante qui dispose d’énormes moyens de désinformation, d’armes puissantes de désunion massive.
      Il ne faut pas perdre espoir mais savoir mettre toutes les chances de notre coté..
      Et on en est encore loin.

      @ Pierre-Yves D.

      Pourriez-vous donner des exemples d’idées expliquées en termes pas clairs et superficiels ?

      pas clair : dont l’intérêt n’est pas bien compris par les personnes aux quelles on s’adresse.
      superficiel : qui est loin d’être suffisament expliqué, qui pense pouvoir éviter les questions pertinentes en ne rentrant pas dans le détail.

      Exemple : interdire les paris sur la fluctuation des prix. Pas clair : demandez à quelqu’un dans la rue.
      Superficiel : comment allez vous le contrôler? (NB: je ne dit pas qu’il ne s’agit pas d’une bonne idée. Mais il va falloir creuser beaucoup plus loin, prendre beaucoup plus de temps pour expliquer aux gens ce que cela veut dire. Il faut qu’ils comprennent vraiment les avantages, les inconvénients, la faisabilité. C’est uniquement quand on aura fait cela que les gens seront prêts à se battre pour un idée.
      Tout ce voil d’opacité qui reigne sur la finance, c’est celà qu’il faut enlever. On n’y arrivera pas avec des slogans qui seront immédiatement détruits par les armes de désunion massive dont dispose l’oligarchie.

      vous conviendrait qu’elle est formulée de telle façon qu’elle circonscrit parfaitement son objet et donc la cible de l’interdiction.

      C’est tout le contraire que je suggère: il faut rentrer dans le détail, arreter de prendre les gens pour des cons qui ne pourront rien comprendre et leur offrir des slogans. Il faut leur donner le goût de comprendre, de creuser, de s’interresser réellement à ce que ces choses veulent dire.

      Et vous vous souvenez sans doute aussi que c’est la solution que Paul a préconisée chez Taddéi face à une interlocutrice, pourtant économiste, qui tombait des nues en l’entendant. Paul a raison de s’y tenir à sa formulation.

      Dans la phase 1 et 2 que j’ai présenté ci dessus, il faut complétement oublier les médias traditionnels. Ils sont contre productifs, ils ne servent qu’a distraire les gens, certainement pas à les instruire : ce sont des armes de désunion massive.
      Dans la phase 3, quand on aura suffisament de partisans qui sont prêts, on pourra les utiliser.

    9. @ Chris06, @ Pierre-Yves D,

      Ne croyez-vous pas que ce type d’action a besoin, dans l’organisation actuelle de la Société, d’un relai politique ? Surtout pas d’un relai politique conventionnel, tels que ceux que l’on nous sert depuis toujours.
      Par ailleurs, je sais d’expérience qu’il est très difficile, même en confrontant les gens à leur propres contradictions, de se faire entendre par des gens qui n’ont pas envie de quitter leur confort moral et matériel, et que cela reste vrai même lorsque ce confort s’amenuise. Pour que les gens évoluent, il faut qu’ils soient matériellement confrontés au mur : proverbe chinois = « c’est au pied du mur qu’on voit le mieux le mur ». C’est sûrement parce que Vigneron est au pied du mur qu’il est si corrosif ; et les plus corrosifs d’entre nous sont précisément ceux qui ont un jour vu le mur se rapprocher dangereusement et qui constatent que chaque jours qui passent voie leurs craintes se réaliser. Ceux qui n’ont jamais eu de près ou de loin l’expérience du déclin ne peuvent et surtout ne veulent se résoudre à y croire vraiment. Ca, c’est de l’humain.
      Enfin, je pense que tous les gens qui travaillent à leur compte et la partie de ceux qui ne travaillent pas ou plus sans être trop abîmés sont plus enclins a réagir au déclin que les salariés ; il y a beaucoup de salariés plongés dans une sorte de stupeur et de dépression plus ou moins larvée par le sentiment qu’ils ne peuvent rien : qu’ils ne peuvent que subir ou être licenciés et tout perdre, y compris la dignité que la Société a, bien malencontreusement (peut-être par un calcul inavoué ?), placé dans le travail au lieu de la placer dans les conditions d’expression de la morale personnelle. J’ai tendance à croire que le salariat, de par la multitude de contraintes qui pèsent sur les individus et le peu de retour effectif de leurs propres actions, a eu pour effet indirect de déposséder les gens du sentiment qu’ils sont acteurs de leur vie.
      J’attends avec impatience vos retours.

      Cdt.,

    10. @Chris 06
      La méthode « Hamway » était bien plus redoutable et efficace que la techniK « Tuoerware »…….
      Pour ceux qui ont connu ! 🙂
      J’ai vu de pleins amphis remplis de bras tendus gueulant « Hamway ». 🙁
      Et les Jéhovah ont encore sonné tantôt…….

    11. Chis06

      Utilisez la fonction de recherche, vous trouvez toutes les explications concernant les paris sur les fluctuations de prix et leur interdiction. Ce n’est pas un slogan. Tout a été expliqué ici même sur le blog ainsi que dans les livres de Paul Jorion.
      Paul a plusieurs reprises lors de ses interventions médiatiques s’est expliqué sur le mécanisme précis que vise l’interdiction, mais parfois la formule d’une émission, le nombre trop important des invités font que l’on ne peut entrer dans les explications détaillées.

      « Prendre les gens pour des cons » ce serait par exemple leur parler de spéculation, terme vague souvent sujet à malentendus, car souvent on la confond avec l’achat des biens réellement existant dans le but de faire de la plus-value alors qu’il s’agit en l’occurrence de paris sur les fluctuations de prix. Des paris sont faits à la hausse ou à la baisse sur des produits dits dérivés car ne permettant pas de livrer effectivement une marchandise ou d’accomplir une action d’assurance comme dans le cas des CDS.

      Or plus de 80 % des transactions financières portent désormais sur ces produits sujets à des paris. Les conséquences en sont énormes car la plupart du temps ceux qui font les paris ne font qu’emprunter les titres sur lesquels ils « spéculent ». AInsi non seulement ils parient avec ce qui ne leur appartient pas mais surtout l’argent destiné aux paris c’est de l’argent prélevé sur la masse salariale sous forme de salaires ou revenus qui n’ont pas été consommés dans la mesure où ceux qui en disposent ont déjà dépensé tout ce dont ils avaient besoin pour assurer leur train de vie. Quand vous avez une résidence secondaire, deux voitures, que vous vous payez des vacances sous les tropiques, et que vous disposez de tout l’équipement high tech requis par la pub et la distinction sociale, il vous reste un surplus, dont vous ne savez que faire. Et alors, plutôt que de cacher le magot sous le matelas, vous le placez, pour que « ça rapporte ». Les conséquences économiques et sociales, vous les connaissez : lorsque l’on a parié sur des choses qui n’existent pas mais qu’il faut néanmoins rembourser parce que des transactions ont eu lieu, que par ailleurs des secteurs entiers de la population sont insolvables parce que les salaires sont bas, c’est fatalement en bout de course le défaut de paiement. Les plans de rigueur et autres joyeusetés.

      Pour être tout à fait juste, et ne pas déclencher dare dare le courroux de Vigneron (un habitué du blog) je me dois tout de même de préciser que tous les possesseurs de produits d’épargne participent, à leur échelle, à ces activités, l’argent déposé sur les comptes épargne faisant tout sauf y dormir. Votre argent m’intéresse voilà le slogan d’une célèbre banque !! Bref, à l’insu de son plein gré une partie des classes moyennes spéculent via leur banque favorite.

    12. @VB,

      Ne croyez-vous pas que ce type d’action a besoin, dans l’organisation actuelle de la Société, d’un relai politique ?

      Si, bien sur, mais il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs. C’est pour cela que je parle de la phase 3. Mais il faut d’abord commencer par la phase 1 et 2 pour recruter et former une armée de partisans qui doivent tous d’abord avoir bien compris l’intérêt des idées pour lesquelles ils se battent. On en est encore loin.

      Ceux qui n’ont jamais eu de près ou de loin l’expérience du déclin ne peuvent et surtout ne veulent se résoudre à y croire vraiment. Ca, c’est de l’humain.

      De deux choses l’une: soit on se base sur l’hypothèse (A) comme quoi il va y avoir une proportion grandissante de citoyens qui vont vivre cette experience du déclin (de prés ou de loin) et cette action sera d’une part nécessaire et d’autre part n’aura aucun problème à recruter des partisans de maniére accélérée (si elle est bien organisée). Ou bien on se base sur l’hhypothése (B) contraire, et donc l’action sera inutile et vouée à l’echec.
      Je pense que l’hypothése (A) est la bonne : la situation économique ne va pas aller en s’améliorant et la concentration de la richesse et des priviléges va continuer à s’accélerer. Donc cette « expérience du déclin » risque de devenir de plus en plus concréte (de prés et de loin) pour une proportion grandissante de citoyens. Et pas seulement pour ceux qui sont comme vous le dites, au pied du mur. Je suis loin d’être au pied du mur et je peut vous assurer que je me rend bien compte de la dégradation et de l’urgence de la situation. Et je ne suis pas le seul autour de moi qui s’en rend compte, sans être au pied du mur. Alors bien sûr il y a aussi tous ceux qui ne s’en rendent pas encore compte, ou qui ne verront le mur que quand ils seront à ces pieds. Mais on peut leur apporter des jumelles… c’est là tout l’intérêt d’une bonne présentation sur l’évolution des 30 derniéres années sur la répartition de la richesse.

      @Pierre-Yves D.

      Utilisez la fonction de recherche

      Je ne pense pas que vous allez pouvoir réunir une large majorité de citoyens prêts à se battre pour une idée en leur disant « il faut interdire les paris sur les fluctuations de prix » et si vous voulez bien comprendre l’intérêt d’une telle idée, venez sur mon blog et « utilisez la fonction recherche »…
      Vous comprenez le problème? Même si le blog est utile, c’est loin d’être suffisant. Ce qu’il faut maintenant c’est organiser l’action collective et se doter de tous les moyens nécéssaires pour qu’elle devienne efficace. C’est ce que j’appelle mettre toutes les chances de notre coté. On en est encore trés loin. Il n’y a pour le moment aucune organisation des idée, de l’action, aucune synthése, présentations, listes de réponses aux questions et contre arguments. Il faut construire l’action et cesser de tergiverser dans une improvisation la plus totale. De plus on ne va pas pouvoir réussir en se basant uniquement sur internet : il va falloir aller à la rencontre des gens, recruter des partisans, leur expliquer en détail pourquoi c’est si important qu’il s’engagent dans cette action. Il va falloir contourner les armes de désunion massive dont je parle ci dessus et pour l’instant j’ai l’impression que les partisans potentiel de ce blog, avec toute la meilleure volonté du monde, se comportent comme si ces armes ne sont que de la pacotille.

      Voulez vous mettre toutes les chances de notre coté ou non? Si on est pas prêts à le faire, il ne faudra pas qu’on s’étonne si rien n’avance. Il faut arrêter d’attendre à ce que les pouvoirs publics mettent en place les mesures nécéssaires, il faut former une armée de partisans qui comprennent tous parfaitement l’intérêt des idées proposées et une fois que cela sera fait vous verrez comme la chose sera simple car il y aura beaucoup plus d’un politicien qui cherche à saisir l’opportunité et prendre le relais. Mais on en est encore trés loin.

      Et je vous le répéte, il ne s’agit pas seulement d’interdire ces paris, il faut aussi expliquer comment vous aller vous y prendre pour enforcer l’interdiction. Si je propose d’interdire de dépasser les 120km/h mais je n’ai même pas les radars ni la police pour controller, cette interdiction reste un peu illusoire non? « Prendre les gens pour des cons » c’est leur dire qu’on va interdire les dépassements de vitesse mais qu’on a ni les radars ni la police pour controller. C’est d’ailleurs un peu ce qui se passe avec tout dans le monde de la finance, des paradis fiscaux aux conflits d’intérêts … En supposant qu’on arrive à enforcer une telle interdiction en France, comment va t’on empêcher une banque Française d’utiliser sa filliale Luxembourgeoise pour effectuer de tel paris?

      Je comprend bien l’importance et l’urgence d’interdire ces paris, particulièrement quand ils sont sur des positions nues. Ce que j’ai encore du mal à comprendre c’est comment mettre ceci en place pour que ce soit efficace et ce dans une finance hyper mondialisée. Car si ce n’est pas efficace, que c’est juste symbolique, cela ne servira à rien. Comment voulez vous que les gens se battent pour une idée si elle ne sert à rien?

    13. @ Chris06,

      Bien sûr je vous suis, sinon je ne serai pas ici. Il suffit à certaines personnes d’être lucide, mais je voulais mettre l’accent sur le fait que la lucidité n’est pas donnée à tout le monde.
      Du point de vue politique, que pensez-vous de ceci :
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=19185#comment-130944
      Il faut maintenant parler vrai : où se trouve le véritable clivage politique ? L’identification et la mention claire des hypothèses permettra, à n’en pas douter, d’accélérer le rythme du travail d’explication.

      Cdt.,

    14. @Chris06 et Tous
      Avant de convaincre les masses il faudrait déjà que la pensée des « intellectuels  » atteignent une masse critique ou se dégage un consensus.
      L’idée « révolutionnaire de Paul Jorion  » d’interdiction de paris sur les prix  » est encore beaucoup trop révolutionnaire pour beaucoup; et n’est reprise pour l’instant nulle part. Trop simple dans le concept, trop lourde de conséquences, trop difficile à mettre en place à défaut d’un consensus international.
      Par contre je remarque que ces derniers temps, l’idée de séparer les activités de banque de dépôt, de banques d’affaires et d’assurance fait très largement son chemin dans la grand publique ainsi que chez les « intellectuels » de gauche comme de droite, comme nous le prouve par exemple la dernière émission de « ce soir ou jamais ». Même Michel Cota le réclame, c’est vous dire !!!
      Donc commençons par surfer cette vague. La pédagogie me semble plus facile à mettre en place en attaquant nos problèmes sous cet angle, qui fait déjà instinctivement mouche et qui a le mérite d’avoir un antécédent historique.
      Le reste devrait suivre avec la formation historique et économique diffusée lors de la mise en place de cette première pierre.
      Mais j’ai déjà le plus grand mal à mobiliser ce blog, pourtant si riche en critiques et en propositions…….. Je ne comprend pas pourquoi le  » Lorion Act  » fait sourire et que le « Glass-Steagall Act » effraye.

    15. @VB

      « la souveraineté populaire » c’est quoi au juste?

      « le véritable clivage politique » : y’en a pas. Tout du moins pas sur l’essentiel, c’est à dire qu’une petite clique d’oligarches puisse se permettre de concentrer toujours plus de pouvoir, richesses, privilèges sans avoir ni même à se soucier que les gens s’en rendent compte.

      Car c’est quand même bien là le problème fondamental, ce qu’il faut combattre, c’est que l’on va droit vers le « meilleur des mondes » où la classe dominante peut tout se permettre sans avoir à se soucier que les gens s’en rendent compte tant la distraction ininterrompue noie tout dans un océan d’inconséquence et d’irréel.
      Et si on continue comme cela sans réagir, ils auront la possibilité de mettre en place des moyens de programmation mentale qui fera, comme Lady GaGa, que l’on ne cherche plus du tout à connaitre la réalité et préfére avoir perdu notre dignité humaine en échange d’une illsusion.
      C’est vers cela que nous nous dirigeons, et a vitesse grand V : un totalitarisme le plus total d’une élite dominante, tous inconscient, imbéciles heureux incapables de réagir à la condition d’esclavage à laquelle nous sommes réduits.

    16. @ Chris06,

      La souveraineté populaire c’est le droit pour un Etat de ne pas faire faillite, de battre monnaie, et de décider seul de l’organisation de son avenir. C’est aussi le droit pour un Etat de ne pas faire appel au FMI et autres bureaucrates technocrates oligarques européens pour gérer ses propres ressources et ses propres déficits. Voilà ce qu’est la souveraineté.
      Pour l’avenir que vous nous décrivez, je suis parfaitement d’accord avec vous mais je ne vois pas d’autre moyen pour l’éviter que le rétablissement de la souveraineté étatique, soubassement de la démocratie effective.

      Cdt.,

  39. Voir toutes sortes de VIP de la politique, de la finance et des médias voler dans les plumes de Cantona en volant au secours du pauvre peuple qui serait le premier à souffrir de cette action, c’est mimine.

    Je pense entre autres à tous ceux qui ont appuyé la réforme des retraites telle qu’elle a été votée.

    Et plus particulièrement à Roselyne Bachelot, qui a accéléré la casse de la Santé Publique.

    Il est vrai qu’elle a les moyens de se faire soigner dans des cliniques privées.

  40. « Le commun des mortels a du mal à comprendre tous les tenants et aboutissants de l’économie »… dixit le journaliste. Encore une fois ces pauvres français ne comprendraient rien ! Mais non Monsieur « Doxa », le commun des mortels a bien compris comment l’économie est gangrénée par la finance et ses rapaces cupides et comment au bout de la chaîne on lui explique qu’il doit faire des sacrifices.
    Le non au référendum n’a pas été un non à l’Europe comme il a été dit mais justement une prise de conscience du fonctionnement du système qui se cristallise en Europe où l’on fait de belles photos main dans la main pour dissimuler le chacun pour soi et la volonté d’écraser l’autre. Comment de réunions dans les quartiers, sur les lieux de travail ont eu lieu en 2005 ? Un véritable moment de démocratie où les hommes et les femmes se rendaient à l’agora pour communiquer et échanger des analyses et des informations. Ces messieurs de BFM Bourse et autres « spécialistes » ou « économistes » n’ont sans doute pas participé à ces véritables assemblées démocratiques.
    Attention messieurs, les peuples se réveillent et vos moqueries n’y feront rien…

  41. J’ai trouvé la réponse à ma question ce matin en écoutant France Culture juste avant Paul Jorion.
    En France il n’est pas possible de mettre son argent dans une banque éthique. Car aucun des établissements mutualistes réellement éthiques n’obtient l’autorisation de se « transformer » en banque. Il semble que celà existe pourtant en Scandinavie, Pays-bas et Italie.
    Mad Lagarde faites quelque chose. Ou faudra-t-il attendre que les députés européens s’en occupent?

  42. Comment les opinions publiques vont-elles pouvoir toujours rester sourdes et aveugles par rapport à tant de choses de plus ?

    Et la trêve de l’hiver pour le pauvre vieil homme de plus ?
    http://fr.news.yahoo.com/63/20101207/tfr-explus-de-son-foyer-car-il-refusait-019dcf9.html

    Et le souci de l’autre quand j’achète une autre toile de plusions millions d’euros ?
    http://www.20minutes.fr/ledirect/635121/culture-une-toile-felix-valloton-vendue-18-million-euros-encheres

    Et puis un autre dissident de plus du système accusez de quoi aujourd’hui ?
    http://fr.news.yahoo.com/73/20101207/twl-julian-assange-dpose-les-armes-londr-d79e08a.html

  43. Les problèmes, pour le pékin moyen ont commencé lorsqu’il fût obligatoire, dans un premier temps, d’aller chercher son salaire à la caisse d’épargne du coin, ensuite quand il fallut ouvrir obligatoirement un compte pour l’employeur y déverse votre dû, sachant qu’avant tout ceci, nous touchions nos salaires en bons billets et monnaies.. je me rappelle de l’enveloppe que je secouai pour entendre les pièces :), le monde ne s’en trouvait pas plus mal, sauf pour les financiers … et les poivrots, une des excuses pour en arriver là, il serait bien que Monsieur Leclerc ou Monsieur Jorion nous fasse un billet sur cela… car la ruine du système à commencé par cela….
    En fait Cantonna, s’est trompé, ce n’est pas de vider les comptes, mais d’exiger de la part des employeurs d’être rétribuer en liquide.. cela devrait être un droit.. là les BANQUIERS seraient mal…. ensuite votre liquide, libre à vous de le déposer là où ca vous chante..

    1. Innocent, vous avez tiré le numéro 66 à la tombola des mutants !
      Vous pouvez aller retirer votre lot auprès de votre guichet favovori. 🙂

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