UN SYSTEME QUI VACILLE, par Zébu

Billet invité

Alors que plus d’un million d’égyptiens sont venus manifester leur ras-le-bol du régime en place, que la population tunisienne a finalement réussi à sortir les sortants et faire s’enfuir notre ami Ben Ali, nous serions en droit d’affirmer que quoi que puisse être la suite des évènements dans ces deux pays ou dans d’autres à venir dans le monde arabe, cet hiver restera gravé dans la mémoire des populations arabes et plus largement, de l’histoire mondiale.

On pourrait évidemment analyser les causes politiques de cette rupture de la réalité, tant les régimes maintenant passés ou en passe de l’être (et quand bien même resteraient-ils en place qu’ils apparaîtraient dans toute leur nudité) ont produit ces évènements.

S’être libérés de leurs propres peurs est le plus grand honneur que peuvent revendiquer, avec fierté, d’abord les tunisiens, puis les égyptiens, à fortiori quand leurs “amis” occidentaux n’attendaient rien tant – paradoxalement – qu’ils restent prisonniers des représentations qu’on leur tendaient complaisamment quant aux démons qui les habitaient.

Et que l’on soignait pour eux, comme on le ferait pour un ami atteint d’une fièvre dépourvue de symptômes mais sans cesse imminente, sourde.

Et aveugle aussi étions-nous, à ne pas percevoir les marques répétées d’autres causes, occultées, comme indignes des grands débats sur les droits de l’Homme, presque anachroniques et incongrues dans leurs volontés d’exister, malgré tout.

Car des signes avant-coureurs furent donnés.

Alors qu’ailleurs dans le monde, la crise financière battait son plein (Northern Rock est nationalisée en février 2008 et Bear Stearns rachetée en mars 2008 par JP Morgan Chase), l’Egypte connaît alors ses plus importantes manifestations ouvrières depuis son indépendance, soit depuis 60 ans.

Parties de la ville de Malhalla dans le delta en mai 2008, elles rassembleront plusieurs milliers de manifestants, le pouvoir réussissant, à force de compromis et de répression, à étouffer le mouvement. Depuis 2004, plusieurs centaines de grèves avaient déjà eu lieu mais celle de Malhalla, haut lieu de l’industrie textile nationale, fit figure d’emblème.

Car c’est issu de cette matrice en bonne partie que le mouvement actuel de révolte en Egypte a pris sa source, tant symboliquement (“mouvement du 06 avril”, en référence justement à ces manifestations, Kefaya) que sur le plan des revendications.

Or, quelles sont-elles, ces revendications ?

Essentiellement sociales et économiques : rareté du pain subventionné, hausse des denrées alimentaires, salaire minimum,etc. avant que de se transformer par le biais d’une répression immédiate en émeutes politiques, visant directement le régime et Moubarak.

Conséquences de l’ajustement structurel que le pays dû subir dès 1991, imposé par le FMI et la Banque Mondiale et accepté par le régime, la libéralisation de l’économie égyptienne fut menée tambour battant, notamment par la privatisation de centaines d’entreprises publiques mais aussi par les réductions de subventions de certaines denrées alimentaires de base comme le pain, alors même que l’Egypte est le 4ème plus gros importateur de blé au monde.

Cette crise alimentaire, générée déjà en 2008 par la spéculation sur le marché à terme des produits alimentaires, refit surface fin 2010, alors que tout le monde l’avait oubliée, tous affairés que nous étions à scruter dans le remugle des entrailles de la bête financière toujours tressautante les indications d’un futur à venir mais qui prenait son temps.

Ainsi,la FAO alerta sur le dépassement de l’indice d’un panier de produits de base alimentaires, variant de 206 en novembre 2010 à… 214,7 en décembre 2010, en tenant compte du fait que l’indice de juin 2008 est un repère important puisqu’il était corrélé avec les émeutes de la faim de 2008.

Cet indice, en juin 2008, était de… 213,5.

En Egypte, l’alimentation représentait 50% des budgets des familles.

Et dans le même temps, le quantitative easing de la Fed battait son plein, tout comme les bénéfices de Cargill, multinationale de l’agro-alimentaire…

Dès lors, quand le journal Le Point réalise une enquête en Egypte en novembre 2010 sur les législatives qui devaient avoir lieu le dimanche suivant, on y lit une profonde lassitude de la population et un rejet total du régime en place, face aux difficultés quotidiennes auxquelles la population doit faire face : “J’avais l’habitude de voter pour le PND, mais maintenant je ne m’embête plus parce que je ne vois aucun changement venir des élections”.

On passa donc de la crise économique et sociale, via la spéculation sur les produits alimentaires, à la crise politique, dernière étape d’une crise financière dont le filetage serait sans fin.

Mais est-on bien sûr de l’origine financière de la crise alimentaire en cours ?

Selon Olivier de Schuitter, rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation, cela ne fait aucun doute, réfutant la thématique de la pénurie, alimentée selon certains par les différents évènements ayant eu lieu en 2010 (incendies en Russie, etc.), afin d’accaparer les ressources en lieu et place de les vendre, alors même que la demande augmente, pressée par la mise en oeuvre d’une pénurie possible de produits alimentaires.

Il décrit par ailleurs très bien les types d’investissements et d’investisseurs qui interviennent sur les marchés à terme dans son rapport : « A study conducted by Lehman Brothers just before its bankruptcy revealed that the volume of index fund speculation increased by 1900% between 2003 and March 2008. Morgan Stanley estimated that the number of outstanding contracts in maize futures increased from 500.000 in 2003 to almost 2.5 million in 2008. Holdings in commodity index funds ballooned from US$ 13 billion in 2003 to US$ 317 billion by 2008. »

Cette note fut publiée… le 23 septembre 2010, soit plus de 2 mois avant que les évènements en Tunisie ne commencent.

Néanmoins, si les solutions de M. De Schuitter ont le mérite d’exister (gestion des stocks, limitations des prises de positions à terme par institution financière, transparence sur les OTC), elles ne s’attaquent pas réellement à l’origine de la spéculation, à savoir la possibilité de prendre des positions nues, sans contreparties, pour des agents n’ayant rien à voir avec le marché en question.

Il livre d’ailleurs en grande partie l’origine du mal, à savoir la libéralisation de la réglementation aux états-unis : « As a result of the Commodity Futures Modernization Act and the decisions of the CFTC, such trading was allowed to take place without any position limits, disclosure requirements or regulatory oversight. Moreover, the Act permitted for the first time OTC derivatives contracts where neither party was hedging against a pre-existing risk ; i.e. where both parties were speculating. Also, it enabled to hedge against those risks by taking positions on exchanges. »

Le CFMA, voté en 2000, sous la présidence Clinton, avec Larry Summers et Alan Greenspan : la “grande époque”…

Quelles furent les conséquences de cette crise alimentaire en 2010, provoquée par la spéculation débridée sur les marchés à terme ? En premier lieu, les révoltes en Tunisie puis en Egypte mais on oublie aussi de préciser qu’en de multiples pays, on prie néanmoins les devants ou du moins, au vu des évènements en cours en Tunisie, on essaya de prévenir ou de guérir. Ainsi, en Algérie, après plusieurs jours d’émeutes, le gouvernement décida une exonération “temporaire” de 23% sur les importations d’huile et de sucre, tandis qu’en Libye, le pouvoir décida de supprimer toutes les taxes sur les produits alimentaires !

Il est vrai que ces deux pays, producteurs de pétrole et de gaz, ont les moyens d’acheter la paix sociale. Plus globalement, de nombreux pays cherchent à sécuriser leurs importations de produits alimentaires, notamment de blé, comme en Algérie, où dès janvier 2011, plus de 50% des besoins annuels furent commandés, pour deux tiers d’entre eux à la France.

Au Maroc, qui n’a pas les moyens financiers de ses voisins et surtout la possibilité de payer en liquide sur les marchés, un Fond de compensation, déjà mis en place, permet d’amortir la hausse des prix. Mais cet “amortissement” a un coût, de plus en plus élevé, rendant plus difficiles les équations budgétaires du pays, notamment quant au déficit public, le tout lié au maintien de la notation, afin de ne pas alourdir encore plus la facture… Cercle vicieux.

Certain pays ont carrément augmenté le salaire minimum de… 240% (Nigéria) ! Mais il est vrai que ceux-ci sont à la fois des pays pétroliers et partent de très loin en matière de salaire minimum, avec une inflation importante, autre préoccupation d’un bon nombre de ces pays en forte croissance.

Car pourtant, ces différents pays connaissent de fortes croissances, comme l’Egypte, entrant dans le club des pays émergents et même, selon la banque HSBC, « (…) des économies émergentes à haut potentiel de croissance, susceptibles de rejoindre celles du fameux quatuor des Bric (Brésil, Russie, Inde et Chine). Les pays concernés sont désormais connus sous l’acronyme de Civets (Colombie, Indonésie, Vietnam, Égypte, Turquie et Afrique du Sud). »

Les CIVETS, dont au moins un semble carbonisé…

« Mieux, pour les cinq prochaines années, le Fonds monétaire international (FMI) prévoit que l’économie enregistrera un taux annuel d’augmentation de son produit intérieur brut (pib) de 5% en moyenne. Pour l’institution financière, l’Égypte est l’un des pays émergents les plus dynamiques du bassin méditerranéen d’autant que la croissance industrielle (+5% en 2009) tend à augmenter, ce qui est le signe patent d’une diversification en cours de l’économie locale. »

Cet article de l’Institut de Prospective Economique du Monde Méditerranéen sortira quasiment à la même date que la note de M. De Schuitter mais un jour en avance néanmoins (le 22 septembre 2010) : ceci expliquerait certainement pourquoi l’IPEMM ne parle pas dans son article du “dynamisme” de la crise alimentaire alors en cours…

Surtout, cet article parle d’autre chose, de choses dont on ne parle jamais autrement qu’en termes de “dynamismes”, de “bénéfices” et de “nécessités” : les IDE (Investissements Directs Etrangers).

Car une des caractéristiques de ces pays concernés par la crise alimentaire est qu’ils sont peu ou prou concernés par la libéralisation des échanges et que ceux qui le sont le plus sont ceux qui ont été les plus touchés : la Tunisie et l’Egypte. Ce dernier pays a ainsi attiré pas loin de 48 milliards de dollars en 5 ans d’IDE, « (…) comme l’a précisé en juin dernier Mahmoud Mohieldin, alors qu’il était encore ministre des Investissements. Depuis, cet homme de quarante-six ans, architecte de la modernisation et de la libéralisation de l’économie égyptienne, a été nommé, le 8 septembre, directeur général de la Banque mondiale, en charge de la lutte contre la pauvreté et du développement durable. ». “En charge de la lutte contre la pauvreté et du développement durable”. Cela ne s’invente pas. Et il y a fort à parier que le dit sieur pourrait commencer aujourd’hui, au sein de la vénérable Banque Mondiale, par son propre pays qu’il a si bien libéralisé, le conduisant ainsi au chaos. Mais qu’il se rassure, il n’existe aucun accord d’extradition entre la Banque Mondiale et l’Egypte, hormis la dette, mais en sens inverse.

Pour revenir à ces IDE, la CNUCED considère que l’Egypte est le premier pays du proche-orient récipiendaire et le second après l’Angola (mais avant le Maroc) en Afrique, le 3ème dans le monde arabe, derrière l’Arabie Saoudite et l’EAU. Et pour parachever le tout, l’Egypte fut le premier pays africain à signer la Déclaration de l’OCDE sur l’investissement international en 2007.

Un pays modèle donc, concernant les IDE. Mais en compétition pour le rôle du meilleur élève, avec la Tunisie, dixit le Forum de Davos : « Les rapports du forum économique mondial de Davos sur la compétitivité mondiale de 2009 et 2010, placent la Tunisie comme le pays le plus compétitif d’Afrique. (…) La Tunisie est l’un des premiers pays signataires de l’Accord d’association avec l’UE dans le cadre du processus de Barcelone, conclu le 17 juillet 1995 et entré en vigueur le 1er mars 1998, mais le démantèlement tarifaire a été appliqué par anticipation par la Tunisie à partir du 1er janvier 1996. Cet accord prévoit la libéralisation réciproque des échanges de marchandises à l’horizon 2008. »

2700 entreprises étrangères, employant plus de 260 000 personnes, représentant un sixième des emplois en Tunisie. Des IDE dont le montant a été mutiplié par 13 entre 1990 et 2005. De quoi faire hésiter un investisseur : Egypte ou Tunisie ?

Sauf que depuis la crise financière, les fameux IDE qui avaient explosé depuis quelques années (croissance de +19% entre 2007 et 2008, 8,2% du PIB en 2008 pour l’Egypte, 2,7% du PIB pour la Tunisie), et bien ces flux… ont diminué de… 50% pour l’Egypte et de 32,2% pour la Tunisie entre 2008 et 2010 ! Sans compter que dans ces statistiques, les sources précisent concernant la Tunisie que 72% de ces IDE sont évidemment… exportateurs, rendant ainsi encore plus difficiles les lendemains de crise pour ce pays, pris dans un effet de ciseaux, entre une réduction des IDE dont une partie de l’emploi dépend et une réduction induite descapacités d’exportations, capacités par ailleurs fortement dépendantes des moyens financiers des pays d’où proviennent les IDE, ceux-ci s’avérant par ailleurs être… les mêmes, comme la France.

Moins d’argent dans les secteurs productifs, plus de chômage, moins d’exportations, une balance commerciale déséquilibrée, moins de devises fortes, plus d’inflation, etc.

Et là dessus, le choc des augmentation de prix des produits alimentaires : une bombe attendant l’étincelle.

Tunisie : l’épuisement d’un “modèle” économique », titrait Alternatives Economiques le 27 janvier 2011.

Mais un modèle qui ne s’est pas construit en un jour. Il afallu pour cela tous les outils de la boîte “libéralisme” : privatisation de vastes secteurs d’activités publiques (60% du secteur bancaire et 70% de l’assurance étaient publics avant la privatisation en Egypte, finalisée ces dernières années), législation avenante pour attirer les IDE (notamment en termes de fiscalité), accords de libre-échange, refonte du droit commercial, etc.

Rien ne fut épargné à ces pays qui connurent alors des taux de croissance alléchants pendant des années, y compris en 2010, de l’ordre de 5%. Il va sans dire que la captation de la richesse ainsi créée fut immense et que les peuples concernés n’en virent pas ou si peu la couleur, renforçant ainsi la haine de la population envers leurs “élites“, qui non comptant d’avoir “vendu” leurs pays aux “étrangers” s’étaient elles-mêmes enrichies par la mise en exploitation de leurs propres peuples.

Un modèle économique certes, mais d’exploitation. Certains pays du monde arabe s’en sont mieux tirés, soit parce qu’ils ne furent pas autant engagés dans cette voie là, soit qu’ils pressentaient qu’elle allait produire des effets dont ils ne tarderaient pas à sentir les conséquences politiques pour leurs régimes. Dans les deux cas, le contre-coup fut moindre mais le vent du boulet se fit sentir, peu ou prou, selon les degrés de richesses pétrolifères possédées.

Contrairement donc aux agences de notation et aux experts de l’OCDE, qui estiment que “Le risque serait que l’Egypte rétrograde dans son programme de réformes et retourne vers une économie centralisée, avec un rôle de l’Etat très fort”, il y aurait plutôt matière à se réjouir qu’un tel modèle soit mis en faillite. Que ce soit en Tunisie, en Egypte ou même en Irlande. Car s’il est une chose qui semble faire peur aux experts de tout poil, c’est non pas que les révolutions s’étendent mais bien que le modèle soit mis à bas. De tels exemples, en Europe ou dans le monde arabe, hier triomphants, aujourd’hui à terre, ce n’est guère un signe encourageant pour la “concurrence libre et non faussée“, comme on dit en nos terres européennes et plus largement, dans le monde entier.

Mais l’on devrait aussi avoir la réjouissance circonspecte. Car, à supposer que les nouveaux régimes (ou les futurs nouveaux) réussissent à perdurer, il n’en reste pas moins qu’étant donné leur état de faiblesse économique et financière, que les agences de notation n’ont pas manqué comme on a vu de “souligner”, apportant ainsi leur pierre à la masse que ces pays ont autour du cou (“C’est trop !” – “Mais il n’y a pas de quoi, je vous en prie !”) et étant donné leur grande dépendance aux formes toujours existantes du modèle‘d’exploitation, on voit mal comment ces pays pourront d’eux-mêmes sortir de la nasse dans laquelle leurs anciens régimes les ont jeté : privatisation, libéralisation, politique d’exportation à outrance, absence de souveraineté alimentaire, sans compter évidemment l’insécurité, les complots toujours possibles des anciennes cliques, la gestion de la vie démocratique (que l’on ne manquera pas d’observer… et de critiquer), etc.

En comparaison, les écuries d’Augias étaient bien plus propres pour Hercule.

Un travail de Titans donc, que doivent réaliser, sans vouloir faire offense à ces peuples, eut égard aux multiples obstacles que le modèle a mis, met et mettra en travers de leur route, de simples mortels.

Et l’on conçoit ainsi très nettement que si l’on souhaite que ce modèle soit mis en déroute, définitivement, il devient alors nécessaire que le coeur du système soit mis en défaut, à savoir qu’une révolution soit mise en oeuvre par les éléments incontournables et essentiels de ce système : les citoyens, les épargnants occidentaux.

Pour quelles raisons ?

En premier lieu, parce que nous n’avons pas les problèmes qu’ont et qu’auront les pays cités, à savoir un système politique permettant déjà une certaine expression libre et une absence de possibilité (sauf à voir basculer nos démocraties dans un type de régime dont la Tunisie et l’Egypte essayent de sortir) de réprimer à tout-va, comme de vulgaires dictateurs.

Il serait bon d’en prendre conscience. Le citoyen a donc (encore) son mot à dire, du moins tant que l’on ne constitutionnalisera pas nos dettes publiques, faisant de nous des esclaves libres.

En second lieu, parce que déposants ou épargnants, nous sommes le flux vital de ce système tel que défini. Sans nos économies, les banques dépérissent, les spéculations flétrissent, les prix des produits alimentaires retrouvent des niveaux permettant à tout un chacun de s’alimenter correctement à nouveau, la pénurie alimentaire n’étant pas prévue encore pour demain.

Nous sommes des spectateurs ébahis et enthousiastes (quoique très inquiets) du spectacle que nous offre le monde arabe, oubliant que celui-ci risque fort de tourner au drame ou au vil remake et que nous possédons la télécommande.

Nous avons quelques outils en stock pour se faire. Que ce soit sur ce blog ou ailleurs.

Toute la question est de savoir quand.

Le comment a déjà pris des figures de pays : Islande, Tunisie, Egypte (?).

Mais il peut tout aussi bien en prendre d’autres : Grèce, Irlande (?).

L’embarras, c’est que nous avons, encore, le choix.

PS : pour ma part, j’avais déjà exprimé un type de comment il y a quelques temps déjà ici même.

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177 réflexions sur « UN SYSTEME QUI VACILLE, par Zébu »

  1. Merci Zébu!

    J’émet cependant une réserve sur ce que nos mass médias désignent comme une révolution au Maghreb: il se pourrait bien qu’une alternance démocratique telle que nous la connaissons, c’est à dire le meilleur moyen de pérenniser notre modèle économique inique, vienne se substituer au régime certes déplorable qui régnait jusque là, mais en vidant le concept même de révolution de son essence.

    Ces pauvres hères se battent pour le minimum du minimum. Ce n’est pas une révolution. L’habeas corpus c’est 1679, merde, ça fait un bail…

    Les outils? Nous en avons plein les mains:

    -Internet

    -Vol/don/partage : ces tabous capitalistes , ces fléaux des mécanismes de formation des prix (la propriété c’est le vol!!!)

    -SMT ; un petit bonsoir à Johannes Finckh! Vers un bancor à la sauce gésellienne?

    -Le revenu de base inconditionnel

    -L’auto-construction, les AMAPs, le soft bankrun -bonsoir Yoananda-, tout ce qui nous soustrait aux rouages de la machine capitaliste et nous permet de nous rencontrer et de nous organiser, comme cet excellent blog!

    1. Bonjour,
      L’expression “ces pauvres hères” me choque à tous égards. J’y vois la profonde méconnaissance, par certains milieux, progressistes en principe, du monde tel qu’il est, des êtres tels qu’ils sont.
      Ce ne sont pas des “pauvres hères” qui luttent en ce moment pour changer leur vie. Déjà leur courage aurait du empêcher ce terme de venir sous vos doigts. De plus les manifestants sont issus de tous les milieux, et on sait (cf papier d’Emmanuel Todd dans Libé) que les Tunisiens sont la population du Maghreb la plus alphabétisée et éduquée, avec le moins d’enfants par femme. C’est un peu différent pour l’Egypte, mais Omar Ouahmane nous disait encore le 4 au journal de midi et demie sur France Culture que les manifestants de la “journée du départ”comprenaient un bonne part de diplômés. Mais cela m’intéresserait de savoir si vous pensiez réellement ce que vous écriviez en utilisant cette expression toute faite et datée, et sinon, pourquoi vous n’avez pas cherché des mots plus justes pour désigner ces personnes diverses, pleines de courage, d’énergie, de lucidité et d’intelligence politique . D’autre part je suis d’accord que toute pratique modifiant peu à peu notre mode de vie est bonne à prendre, mais il me semble nécessaire de penser en même temps une véritable subversion politique et économique.
      Je crois aussi que cette subversion devra être rassembleuse, aussi je n’aime pas non plus les anathèmes et impatiences qui se manifestent parfois avec hargne entre présumés révolutionnaires ! Qui a dit que “La patience est une vertu révolutionnaire ?”

  2. Egypte: Bain de sang. Appel pour annoncer ce soir le gel des comptes bancaires de ce régime. http://crisdegypte.blogs.liberation.fr/cairote/2011/02/egyp.html

    en attendant les manœuvres en coulisse;
    le compte bancaire de la chaîne iranienne Press TV est gelé. (…) “Un porte-parole de la banque a refusé d’expliquer au journal la motivation de cette fermeture. Le conseiller juridique de Press TV, Matthew Richardson, a également indiqué que la banque avait refusé de s’expliquer sur le gel du compte. “Ils ne donnent aucune raison [pour expliquer] pourquoi ils ont fait cela”, a-t-il déclaré au Times. (…)
    Moubarak joue ses pions, ou plutôt on les joue à sa place: la justice égyptienne a gelé les comptes bancaires et interdit de voyages plusieurs ex-ministres du gouvernement, dont Habid el Adli, ministre de l’Intérieur honni en raison des agissements des forces de police, rapporte jeudi l’agence officielle de presse Mena. (source Fr2)

    Le FMI veut attendre avant de proposer son aide à l’Egypte.
    Le Pentagone indique qu’il ne cessera pas ses livraisons d’armes à l’Egypte dans les prochains mois. L’administration Obama dit vouloir réexaminer l’aide économique et militaire qu’elle apporte au régime du président Hosni Moubarak mais y mettre un terme n’est pas d’actualité
    Obama dit prier pour “des jours meilleurs” en Egypte.
    “appel à la transition de cinq chefs d’états européens. Le “processus de transition” en Egypte “doit commencer dès maintenant” car “seule une transition rapide et ordonnée vers un gouvernement à représentation élargie permettra de surmonter les défis auxquels l’Egypte doit faire face aujourd’hui”, ont affirmé dans une déclaration commune Nicolas Sarkozy, Angela Merkel, David Cameron, Jose Luis Zapatero, et Silvio Berlusconi.

    parfois on aimerait tout débrancher
    Slowdive – Rutti
    http://www.youtube.com/watch?v=r2eujVjmIAA&feature=related

    1. une émission trés intéressante : ce jour “Là-bas si j’y suis” …puis sur là-bas.org
      Entretien avec Richard Labévière (ancien de RFI, “spécialiste”du Magreb et du Makrech)

      Un jour le courage frappe à la porte de la peur et demande : “Qui est là ?”
      La peur répond : “La peur”. Le courage entre, et il n’y a personne.

  3. Un émule du style limpide de François Leclerc ?
    Merci.
    Il est toujours utile de montrer que le libéralisme
    impulsé par leur idéologie débile de simplisme NE marche PAS.
    Tous les pays qui “tombent” sont ceux cités en exemple
    par les idéologues, et félicités souvent juste avant la chute.

    Les FMI et OMC sont les maitres propagandistes de cette idéologie.
    En tant que français, je me souviendrai qu’ils sont dirigés par des français.

    On cite à raison la stratégie du Choc de Naomi Klein.
    Jean Ziegler a écrit un livre saisissant ( poignant ) sur les méfaits
    du FMI et de la BM en Afrique sub-saharienne.
    Stiglitz, de son côté, a montré furtivement que le FMI
    et la BM sont de simples extensions du Treasury US.
    L’unité idéologique est quasi totale.
    Pas une once de réflexion sur les conséquences humaines
    de leur théorie, aucune prise en compte de la réalité.
    Ce n’est pas nouveau, bien sûr.

    Dans quelques jours , une voix autorisée dira devant les morts
    que les pays en crise n’étaient pas allés assez loin pour libéraliser.

    Je fais une prière pour que les Tunisiens se rendent compte
    qu’ils sont au plus à la moitié ou au tiers du chemin vers
    leur libération; en étant conscient que mon courage
    est bien loin du leur.

  4. Merci Zébu pour ce billet très informé et de grande hauteur de vue, qui plus est parfaite illustration des idées phares du blog.

    Oui l’espoir est venu d’où nous l’attendions pas, d’Orient.
    Quand bien même pour toutes les raisons que vous invoquez rien n’est gagné dans le cas où la démocratie parviendrait à s’implanter dans ces pays, l’évènement est déjà considérable en soi car il met les discours des gouvernants et tenants du système occidentaux en porte-à-faux.
    On ne fera plus avaler si facilement les couleuvres du danger islamique qui ne servaient qu’à masquer la compromission des politiques et des multinationales avec les dictateurs.

    L’alibi qui nous faisait détourner les yeux ailleurs disparu les projecteurs vont pouvoir se tourner plus aisément sur les failles béantes du système, sur les connexions évidentes entre les problèmes qui existent là-bas et ceux que nous connaissons ici.
    Bref, c’est le niveau d’exigence démocratique dans nos pays qui se voit relevé d’un cran de même que, comme vous le dites très justement, les peuples en regard de ce qui fut fait de l’autre coté de la Méditerranée peuvent mesurer la puissance qu’ils représentent et dont ils n’avaient pas conscience. Et cela, c’est une excellente nouvelle. La chute des dictatures là-bas est un coin enfoncé dans de notre système qui d’une certaine manière en vivait.

    1. “La chute des dictatures là-bas est un coin enfoncé dans de notre système qui d’une certaine manière en vivait.”
      Oui. Et je serais tenté de dire ‘et vice et versa’, Pierre-Yves.
      La ‘périphérie’ est autant utile au centre du système (pensons aux centres d’appels téléphoniques, à l’informatique, à l’industrie textile, mais aussi aux exportations de blé de nos agriculteurs, nos IDE, etc.) que l’inverse : on voit bien que l’effondrement du coeur du système en 2008 a eu immédiatement un impact direct sur cette ‘périphérie’.
      Ce qui me fait dire que si l’on souhaite ‘aider’ les égyptiens, il nous faut être ‘égoïste’ : il nous faut penser à nous.
      🙂

    2. Ce qui me fait dire que si l’on souhaite ‘aider’ les égyptiens, il nous faut être ‘égoïste’ : il nous faut penser à nous.

      ce n’est pas être égoiste, c’est vouloir un autre monde plus généreux …
      et, il faut bien commencer par poser une brique ( sans jeux de mot) puis une autre, sur ce qui est à notre portée …la jonction se fera ensuite, et, ou, en même temps …

      la pyramide ( sans jeux de mot) s’effondre par la base …sans fondations, la maison s’écroule: ceux qui habitent dans des zones éthérées, au dessus des autres, vont donc choir de leur hauteur…
      les fondations capitalistiques sans limites ne reposant sur rien …une illusion …
      sortons des illusions, mais avec élan!

  5. Retour au site après impossibilité de s’y connecter il y a quelques minutes.
    D’autres se sont-ils trouvés dans la même situation ?
    Une explication ?
    Webmaster please.

    1. on lui fout la PAIX à mon pote svp.
      la précarité est des la naissance ,faut pas venir,prévenez les ..
      merci pour eux
      rego

  6. C’est interressant de bien sentir dans cet article la corélation entre hausse des prix agricoles, mouvements sociaux, et enfin hausse possible -et necessaire-des salaires.

    “Certain pays ont carrément augmenté le salaire minimum de… 240% (Nigéria) ! ”

    20% de hausse de salaires minima en Chine, en 2010, du fait des mouvements de greve dont le détonateur a été cette histoire de suicides dans une usine. Et encore 20% cette année

    Au bangladesh l’année dernière les ouvriers ont lutté pour obtenir une hausse de 1660 takas à 3000 takas soit de 16 à30€/ mois(!) et l’ont obtenu, meme s’ils réclamaient plus ; ils se battent maintenant pour que soit partout appliqué cet accord. Il y eut des morts parmi les manifestants. Les ouvriers les moins chers du monde aussi en ont marre. http://dndf.org/?p=8443

    Plus près de nous la turquie a fait augmenté régulièrement son salaire minimal jusqu’à pres de 400€, du coup ce salaire minimal dépasse celui de tous les ex-pays de l’est de la CEE!(slovénie mise à part).Si ça continue ce sont des ressortissants de l’europe (de l’est), qui iront travaillé en turquie et pas l’inverse : le salaire minimal de la bulgarie voisine , le plus bas d’europe est à 122€, inchangé depuis l’année dernière!C’est donc peut etre déjà le cas!

    Et il y a plein d’autres exemples. Et ça continue

    Pour l’egypte aussi la solution passe par des hausses de salaire.D’ailleurs le mouvement actuel doit beaucoup au mouvement ouvrier.

    Vous rapelez vous ce qu’on nous disait avant la crise?
    “il faut faire comme les chinois”, sous-entendu, trimer et surtout ne pas se plaindre, l’idéal aurait été des baisses de salaire pour mieux s’aligner…entendu dans la bouche de Serge Dassaut, par exemple.Alors? ils font comment les chinois?

    C’est beau… et c’est indispensable

    Voilà un thème qui mériterait un petit article…surtout que ça ne fait pas la une des grands médias.

    1. “C’est intéressant de bien sentir dans cet article la corrélation entre hausse des prix agricoles, mouvements sociaux, et enfin hausse possible -et nécessaire-des salaires.”
      Exact, Jeanbaba.
      Et dans le même temps, ce ne peut pas être une solution.
      Pour deux raisons, à mon sens :
      1/ parce que ces augmentations de salaires n’agissent pas sur les causes des problèmes, à savoir la spéculation et le fonctionnement même du système. Au mieux, c’est un pis aller que celui-ci ‘lâche’, comme soupape de sécurité.
      2/ parce qu’il est hors de question de raboter les marges, on augmentera les prix, ce qui produira de l’inflation, y compris importée chez nous.
      La seule possibilité, c’est d’agir à la source :
      – interdire la spéculation,
      – redéfinir la répartition de richesse.
      Et ça, il n’y a que nous qui puissions le faire.
      Car ceux qui augmentent (et qui peuvent le faire, le Nigéria a du pétrole) les salaires minimum ne pourront pas éternellement le faire, pour sans cesse pallier aux effets de la spéculation.
      Sisyphe.

    2. http://bercy.blog.lemonde.fr/2011/02/03/les-salaires-ont-connu-en-2010-la-plus-faible-hausse-depuis-dix-ans/

      Un très bon article, qui définit très bien la réalité française salariale.

      Kozy, notre ami élu pour 5 ans (mais c’est un mai pour la vie), s’est même enorgueilli récemment de na pas avoir donner de coup de pouce au SMIC … depuis 2007 :
      http://elysee.blog.lemonde.fr/2011/01/13/sarkozy-se-vante-davoir-refuse-tout-coup-de-pouce-au-smic-depuis-2007/#xtor=RSS-3208

      C’est ça, aussi, notre réalité, contre laquelle il faut se battre.

    3. .En réponse au 1/ : on est d’accord, mais je sens chez vous comme une suspiscion, du genre, “la hausse des salaires c’est de la poudre aux yeux!”. Vous n’espérez pas que les états bloquent les salaires rien que pour le plaisir de les voir précipiter “le grand soir” tout de meme! Ah non, dites moi que vous n’etes pas de ceux-là! Pas vous!
      Au contraire félicitons les pays qui n’ont pas attendu la crise alimentaire pour jouer le jeu de la hausse des salaires: j’ai parlé de la turquie, JIEL a parlé du venezuela plus haut (point 38),et il y en a d’autres.C’est formidable de pouvoir vivre dignement de son travail.

      En réponse au 2/ Je ne suis pas d’accord avec vous. L’infation n’est pas forcément au rendez-vous quand on monte les salaires, meme autoritairement(hausse du salaire minimal..)A condition de ne pas trop exagérer quand meme .On peut donc voir les marges baisser! …Mais ceci est un vaste sujet…

      “La seule possibilité, c’est d’agir à la source :
      – interdire la spéculation,
      – redéfinir la répartition de richesse”
      Justement, augmenter les salaires est un moyen incontournable de “- redéfinir la répartition de richesse”, et trés prometteur dans les pays “à bas-cout”. En plus rien de tel pour augmenter les demandes intérieures (que viva Keynes!)C’est bon pour l’économie.

      Et si vous etes un inconditionnel de la “revolucione”, n’ayez crainte, paraitrait qu’elle est inéluctable!

    4. @ Jeanbaba :
      Je m’excuse, j’ai du mal m’exprimer.
      « la hausse des salaires c’est de la poudre aux yeux! » : point du tout !! C’est un des modes d’actions nécessaire pour transformer le système
      Mais, comment dire …
      C’est juste que je pense que ce n’est pas ‘suffisant’ ou que ce ne sera jamais ‘assez’.
      Tant que le système ne sera pas modifié dans son ‘coeur’.
      Je pends un exemple. En discutant avec mon père des grèves de 68, je lui ai dis qu’ils avaient quand même réussi avec les accords de Grenelle à obtenir des hausses de salaires, très importantes ( de l’ordre de 11% je crois). Et c’est très bien, pour tous les salariés qui l’ont obtenu à cette époque, tant financièrement que symboliquement.
      Ce que m’a répondu mon père, en ajoutant immédiatement : mais ces augmentations ont été vite bouffées par l’inflation les années suivantes. Ou par la désindexation des salaires de l’inflation en 1983 (tiens … ?), soit 15 ans plus tard. Ou la libéralisation de l’économie dans les années 70 (même pas 10 ans plus tard puisque le décret de Giscard date de 1973).
      Bref, toute avancée salariale est bonne à prendre, notamment quant au salaire minimum, surtout dans les pays dits ‘du sud’.
      Mais c’est le type d’action même qui peut produire un leurre : courir derrière la carotte et faire oublier tout le reste (le système à réformer). Les deux doivent être menées de front : l’une ‘locale’, l’autre globale’. En ‘même temps’.
      Ouaich ….

      Sinon pour l’inflation, en règle générale, quand les salaires augmentent, à moins qu’il y ait une augmentation importante des gains de productivité, la répartition des bénéfices se fait toujours entre salariés, entrepreneurs et actionnaires. Quand les salaires augmentent, soit l’un des eux autres accepte que sa part diminue relativement (mais elle peut rester constante ou même augmenté si l’ensemble augmente suffisamment), soit les prix augmentent, afin de préserver les mêmes ‘marges’. Donc de l’inflation. Et comme les salaires sont désindexés (en France, pas en Belgique, cf. ‘projet’ de désindexation européenne), l’inflation bouffe les gains salariaux ainsi obtenus précédemment.
      C’est bien décrit dans ‘Le prix’, de Monsieur ! Jorion.
      J’espère avoir été plus clair. Car j’ai souvent l’impression de pédaler laborieusement.

      PS : je ne suis pas (du tout) un inconditionnel de la révolution (de derrière mon clavier et dans mes pantoufles).

    5. A ce sujet de la répartition de la richesse produite entre capitaliste/entrepreneur/salarié :
      Paul a très bien expliqué le moment crucial ou les interets des capitalistes sont devenus les objectifs des entrepreneurs au détriment des salariés : la création des stocks-options.

      C’est une idée magnifique !
      Inversons le rapport de force : le revenu de l’entrepreneur pourrait être un multiple du salaire median de ses salariés…

    6. @ zebu
      Merci.
      “Le prix” vous dites? Voilà une saine lecture envisageable!
      En plus ça me changerait de la tété!

      @Greg A. (le millionaire ?)
      Alors sus aux stock-options!

    7. à zébu,

      Dans la description du tango dansé par l’augmentation des salaires avec l’augmentation des prix, le schéma semble limpide, mais la conséquence, à terme, n’est pas négligeable.
      Le problème, que vous semblez ignorer, est que l’augmentation de la productivité diminue le travail vivant.
      Quand un industriel remplace des salaires par de l’investissement, il remplace du travail vivant par du travail mort et des intérêts versés aux banques qui financent l’investissement.
      Là réside un secret de l’économie capitaliste et de sa fin programmée par le développement de la finance
      Ceux qui profitent des intérêts n’achètent plus les marchandises que l’investissement qu’ils ont financé produit.
      C’est alors la naissance de la catastrophe.

    8. Petit oubli.

      L’exemple ultime de cette économie capitaliste devenue folle est le financement aveugle, en Espagne et ailleurs, de maisons et d’appartements (et aussi d’hôtels et de centres commerciaux) dont les habitants potentiels n’existent pas.

  7. La peur a changé de camp. Depuis le début toutes les conférences des officiels égyptiens sont faites à des heures de prime time aux Etats-Unis, et pas en Egypte.
    Le discours officiel transmis par les TV locales est: attention, c’est un complot sioniste, il y a des espions étrangers et ce sont eux qui ont ouvert les prisons. restez chez vous, les rues sont dangereuses.
    Le discours pour l’extérieur est (Mubarak a donné une interviez à ABC hier, dont la journaliste avait été malmenée deux fois dans la journée avec son équipe): Si je pars ce sera le chaos et les frères musulmans.
    Les gens de Tahrir disent: nous connaissons les ruses du régime. Au même moment où ils faisaient leurs discours hier, journalistes étrangers et activistes d’Amnesty et de Human rights watch locaux sont arrêtés ainsi que d’autres qui travaillaient au “Hisham Mubarak legal center”. Ceux-là même qui tentent de réunir les preuves et de mettre sur pied des plaintes par des égyptiens possédant d’autres nationalités afin d’amener le régime devant la justice internationale.
    Donc c’est quand il a envisagé l’exil et le gel de ses biens en Egypte et à l’étranger que Mubarak a réfléchi deux fois. C’est bien dans le conflit d’intérêt et dans l’utilisation de la justice internationale que résident sa faille.
    Mais comme le disait Nawaal Saadawi, 80 ans, féministe, activiste, qui va à Tahrir tous les jours depuis le 25 ce matin à la Bbc, c’est un régime où les intérêts de la classe régnante, de l’élite économique et des imbéciles membres du Parti (avec comme seul slogan: faites attention, c’est un complot de l’étranger) sont tellement liés que si on fait tomber Mubarak c’est tout l’establishment qui tombera.
    Et là ce serait une première. Personne chez Vodafone n’a envie de voir Mubarak jugé, et pourtant c’est bien ce que demandent maintenant les Egyptiens.

    1. Oui, Jeanne, mais à condition que ‘le parrain’ américain veuille bien lever sa ‘protection’.
      Et là, je doute de plus en plus …
      A dire vrai, les sbires du régime, avec la thèse du complot, jouent sur du velours : si les pays occidentaux exigent le départ de Moubarak (et ils en ont les moyens), celui-ci aura beau jeu en interne de dire ‘regardez, c’est bien un complot de l’étranger !’ …

      Je reste néanmoins écoeuré par la Realpolitik américaine, pour ne pas parler de l’inexistence de la ‘diplomatie’ française.
      Je suis persuadé que nombre de diplomates français, formé à l’école ‘arabe’, doivent être au bord de la démission et de la rage.

    2. @zébu: “A dire vrai, les sbires du régime, avec la thèse du complot, jouent sur du velours : si les pays occidentaux exigent le départ de Moubarak (et ils en ont les moyens), celui-ci aura beau jeu en interne de dire ‘regardez, c’est bien un complot de l’étranger !’ …”

      En fait on a surtout vu le soutien inconditionnel d’Israël à Moubarak. Pas sûr que ça l’ait aidé. Pour la popularité en Egypte en tous cas. Pour le reste, nul doute qu’eux aussi avaient du savoir-faire en matière de sécurité à mettre à disposition… 🙂

    3. Les égyptiens dans leur majorité veulent que Moubarak reste et les émeutiers qui sont minoritaires ont été formés par Washington

      Expliquez donc en quoi l’article de “the Atlantic” vous permet de conclure de la sorte?

      C’est quand même formidable, je ne voit absolument rien dans cet article qui permet de conclure de la sorte mais vous continuez à nous bassiner avec vos spéculations les plus farfelues.

      Je vous répète ma question : avez vous un problème de compréhension de l’anglais?

  8. Un banquier, un dealer à leurs collègues …

    N’oubliez pas que tout évènement, incvendie, inondation, cyclone, révolte, recelle en lui ou génère beaucoup d’opportunités de gains ….

  9. Aux Etats-Unis, certains sont tellement occupés avec l’Egypte qu’ils ont oublié de fabriquer une cassette de Zawahiri (égyptien et ex-frères musulman).

    1. Il y en a même qui commencent à trouver que les arabes sont sympas. Mais où va-t-on?, je vous le demande. 🙂

  10. Source: interview sur al Jazeera
    à Mahalla, ville ouvrière d’où étaient parties les manifs du 6 avril (cf explication ci-dessus par Zébu),
    c’est maintenant toute la ville qui est dans la rue, car même les voyous payés par le parti qui avait attaqué les manifestants ces deniers jours ont rejoint la manif demandant la démission de Mubarak, ainsi que le muhafiz (gouvernemeur).

    1. C’est la preuve que le vent tourne et certains l’ont senti tourner …
      J’espère qu’on aura un bonne nouvelle ce week-end !
      🙂

    2. Les manifs du 6 avril ? ahahaha

      Vous voulez dire les activistes du 6 avril comme ils sont mentionnés sur ce document de l’ambassade des Etats-Unis au Caire qui les a aidé à déstabiliser le gouvernement égyptien ?

      “April 6’s stated goal of replacing the current regime with a parliamentary democracy prior to the 2011 presidential elections”
      http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/africaandindianocean/egypt/8289698/Egypt-protests-secret-US-document-discloses-support-for-protesters.html

      Oubliez la révolte des peuples contre les banksters. Les Etats-Unis veulent instaurer une “démocratie” en Egypte pour des raisons géostratégique (nous avons tous vu ce que cela a donné en Irak et en Afghanistan…).

    3. @Silver,

      vos devez avoir un problème de compréhension de l’Anglais pour conclure de ce document que ce sont les Etats Unis qui ont aidé les activistes Egyptiens à déstabiliser le régime.

      Tout au plus on peut en conclure que le gouvernment Américain et son ambassade au Caire étaient en contact avec ces activistes, mais restaient dubitatifs quand aux chances de succés de leurs plans :

      (C) xxxxxxxxxxxx described how he tried to convince his
      Washington interlocutors that the USG should pressure the GOE to
      implement significant reforms by threatening to reveal CAIRO 00002572
      002 OF 002 information about GOE officials’ alleged \”illegal\”
      off-shore bank accounts. He hoped that the U.S. and the international
      community would freeze these bank accounts, like the accounts of
      Zimbabwean President Mugabe’s confidantes. xxxxxxxxxxxx said he wants
      to convince the USG that Mubarak is worse than Mugabe and that the GOE
      will never accept democratic reform. xxxxxxxxxxxx asserted that
      Mubarak derives his legitimacy from U.S. support, and therefore
      charged the U.S. with \”being responsible\” for Mubarak’s \”crimes.\”
      He accused NGOs working on political and economic reform of living in
      a \”fantasy world,\” and not recognizing that Mubarak — \”the head of
      the snake\” — must step aside to enable democracy to take root. 6.
      (C) xxxxxxxxxxxx claimed that several opposition forces — including
      the Wafd, Nasserite, Karama and Tagammu parties, and the Muslim
      Brotherhood, Kifaya, and Revolutionary Socialist movements — have
      agreed to support an unwritten plan for a transition to a
      parliamentary democracy, involving a weakened presidency and an
      empowered prime minister and parliament, before the scheduled 2011
      presidential elections (ref C). According to xxxxxxxxxxxx, the
      opposition is interested in receiving support from the army and the
      police for a transitional government prior to the 2011 elections.
      xxxxxxxxxxxx asserted that this plan is so sensitive it cannot be
      written down. (Comment: We have no information to corroborate that
      these parties and movements have agreed to the unrealistic plan
      xxxxxxxxxxxx has outlined. Per ref C, xxxxxxxxxxxx previously told us
      that this plan was publicly available on the internet. End comment.)

      Comprenez vous ce que ce commentaire de l’ambassade Américaine du Caire veut dire ou faut il que je vous le traduise?

      We have no information to corroborate that
      these parties and movements have agreed to the unrealistic plan
      xxxxxxxxxxxx has outlined

      Nous n’avons aucune information pour corroborer si ces différents partis et mouvements ont accépté le plan irréaliste présenté par XXXXXXXXXXX.

    4. @zébu

      C’est tout ce que vous avez trouvé pour tenir une argumentation ? En mission pour Moubarak et après c’est moi qu’on traite de complotiste ? Les documents que je vous ai présenté, je ne les ai pas inventé et je n’ai aucun intérêt en Egypte (sauf peut-être sur le plan archéologique mais c’est une autre histoire).

      Pour votre gouverne, je ne suis en mission pour personne (en mission pour qui déjà ? pour le nain ?). Je lis, je m’informe, je réfléchis, encouragée par les messages du Temps qu’il fait de Paul Jorion pour vivre au mieux et mettre à profit ma période de chômage qui est apparemment faite pour durer.

  11. Aujourd’hui, c’est extraordinaire, les choses se passent bien, sauf peut-être en périphérie de la ville. Un jour on fait la guerre, un jour on fait la fête. En tout cas, ces événements ont fait de moi une Égyptienne, j’adhère complètement aux manifestations, je suis très heureuse de voir ce que je vois.

    et maintenant l’ALGERIE… On va peut-être s’apercevoir que les histoires de voile et de prière dans les rue ne sont pas si culturelles qu’elles en ont difficilement l’air mais servent plutôt à masquer que le corps politique français dans son ensemble s’est fait le complice d’un coup d’état miltaire contre la démocratie. Moyennant gaz naturel, , uranium et lithium et main d’oeuvre immigrée à bas prix

  12. Un article qui, décidément, me fait admirer ce blog. Des informations étayées, des analyses et des thèses qui font débat, mais au global une approche de la réalité beaucoup plus .. réaliste que le journalisme conventionnel. Bien écrit sans superflu de style. Pas passé au formatage thèse / antithèse des professionnels.

    Une tendance gauchisante ? A moins que ce soit un effet d’optique, la droite abdiquée et ses valeurs amoindries étant devenues, finalement, l’agent du système libéral ici mis en pièce. Mais je ne vois pas de stature politique emrassant la situation et proposant, précisément, une orientation politique : tout au plus certains sont plus ou moins bon dnas des propositions de gestion. Ramener la politique à la gestion, peut-être est-ce aussi un dégat collatéral (ou essentiel ? à réfléchir) de l’invasion financière.

    Un petit bémol sur les billets scientifiques, mais ce n’est pas l’essentiel.

    Je renie ici mon pseudo pour être spectateur et lecteur, avec plaisir. Je remise mes pieds sous la table et vous écoute silencieusement… enfin, presque. Merci donc au tenancier, aux contributeurs, aux raleurs, aux informés, aux idéalistes, aux pessismites, aux ronchons, aux courageux, bref, à ce petit monde.

    1. “Ramener la politique à la gestion, peut-être est-ce aussi un dégat collatéral (ou essentiel ? à réfléchir) de l’invasion financière”

      Que se passe-t-il?
      “Tout va très bien pour les riches dans ce pays, nous n’avons jamais été aussi prospères. C’est une guerre de classes, et c’est ma classe qui est en train de gagner ”
      voilà ce que warren buffet, ce milliardaire a pu dire dans les années 90.
      On peut voir les choses sous forme de lutte des classes. Ainsi aprés la chute du monde sovietique, les riches auraient gagné, et en tout cas nous avons laissé dirigé les lobbies, à tout les niveaux, sous pretexte que eux seuls détenaient la vérité, leur pensée devenant la pensée unique.
      dans un premier temps donc, le combat est politique, puisque les dirigeants qui donnent les pleins pouvoirs aux lobbies, doivent etre soit convaincus pour ceux qui peuvent l’etre soit chassés au profit de dirigeants indépendants, donc non-corrompus et lucides

      Mais si des personnes bien intentionnées étaient aux commandes, sauraient-elles quoi faire. sauraient elles quoi interdire, quoi autoriser, quoi promouvoir, quoi décider?. Cela fait des années que l’on laisse penser l’économie et la société par la meme école! Il faut savoir quoi revendiquer quoi demander à des dirigeants qui ne demanderaient qu’à bien faire.
      Il n’y a pas de “y’a qu’à c’est tout simple!”

    2. Non, ce n’est pas simple. Et il faudrait, avant même de parler des personnes, voir ce qu’il faut défaire de plus “structurant” : je veux dire, puisqu’on ne peut tout préserver, qu’est-ce qu’il faut abandonner frontalement, directement, ce qui permettrait de retrouver une marge pour accomplir le nettoyage des écuries.

      Pour ma part, je ne vois pas comment on peut éviter
      – de passer par une récession à mettre en place, afin d’éviter de la subir
      – d’augmenter les ressources de l’état afin de lui permettre de faire son travail
      – de se dégager des intrications de la mondialisation, même si cela a un coût
      – de repenser la géographie des pouvoirs
      – de prendre en compte l’imminence de la crise énergétique.

      Comme programme politique, ça ne va pas plaire… et ici, qu’en pensent les contributeurs ?

    3. C’est ça qui est interessant: “there is no alternative” (margarett tatcher). Mais cette foi-ci, si il n’y a pas d’alternatives, ce n’est pas à une politique néo-libérale mais à une politique de régulations, et de redistribution des richesses( proche du keynesianisme). Et si j’ai bien compris votre dernier post, alors c’est ce que vous dites(.”Pour ma part, je ne vois pas comment on peut éviter…”).

      Du coup, de notre coté, le ton ressemble beaucoup au ton apolitique des néo-libéraux qui disaient, en substance : “si nous voulons favoriser à court terme les plus riches et augmenter les inégalités, ce n’est pas parce que nous sommes leurs amis, c’est parce que nous n’avons pas le choix, afin d’éviter le marasme, et retrouver la prospérité”. En d’autres termes, ces derniers temps, les “amis des riches” ont pretexté des raisons techniques, purement économiques pour promouvoir leur politique (faussement “libérale” ) de favoritisme.Le néo-libéralisme comme seul remède, comme seule bonne “gestion”, comme vous dites.
      Et bien notre pensée ressemble à celle-là, sauf qu’elle est inversée :”la bonne “gestion” c’est de mieux répartir les richesses et de déparasiter le système financier”, sinon c’est l’impasse, voir le goufre. C’est nous qui sommes réalistes, et nous pourfendons les idiots du village néo-libéral.

      C’est vrai que ce discours, technique, n’est pas trés politique! On pourrait le déplorer. Mais on a aussi le droit de pourfendre l’inégalité des richesses matérielles, parceque l’on trouve ça particulièrement injuste,moche voir criminel! Pour des raisons éthiques! bPlein de gens sur ce blog ne s’en privent pas en tout cas…et ça me semble beaucoup plus proche de ce que vous apelez la “politique”.
      Ne trouvez vous pas d’ailleurs que sur ce blog (que je découvre surement en meme temps que vous ), ce blog crée des ponts entre techniciens,réalistes amoureux du détail voir pinailleurs, esprits militants, utopistes, et meme poètes?Tiens, c’est un peu ce que vous écrivez à la fin de votre premier post!
      Finalement, pourquoi opposer aspect “politique” et aspect “gestion “? Quelque chose me dit que nous avons besoin des deux!

      PS: “[ne pas éviter]- de passer par une récession à mettre en place, afin d’éviter de la subir”
      En parlant de “réalistes amoureux du détail voir pinailleurs”, permettez moi de dire ceci:
      Vous ne seriez pas un adepte de la décroissance, vous? Décroissance ou pas décroissance, that is the question. Contrairemnet à vous, je pense que cette question n’est pas du tout tranchée et necessite encore de nombreux débats. ça me semble etre encore “en chantier” en queque sorte.
      Car ainsi va l’alter-mondialisme: il n’est pas sectaire. Car si “il n’y a pas d’autre alternative”si il faut une autre gestion, reste à savoir: laquelle?

    4. Bien intéressante point de vue, en effet proche.

      J’aime bien votre parallèle sur notre vision par rapport à la leur, et finalement un effet miroir qui ne donne, absolument, la suprématie à personne. Mais je crois que le réalisme et et le souci de l’ensemble sont dans notre camps, quand même.

      1) Je ne suis pas un adepte de la décroissance, en ce que ce n’est pas pour moi un objectif en soi. Mais nous vivons au-dessus de nos moyens, donc il faut réduire la voilure. Soit nous faisons les choix, soit nous subirons cette réalité. Je pourrais être un objecteur de croissance, je crois que c’est un de ces dogmes que nous devons abandonner : nous allons devoir nous restreindre et nous recentrer sur l’essentiel, au moins pour quelques temps.

      2) Oui, nouveau ici, et c’est très bien…. même si je ne resterai pas assidu longtemps, je garde la référence pour décoder l’actualité, en tout cas financière.

      3) Je ne me sens pas gauchisant, alors que c’est une tendance marquée des commentaires : que des personnes gagnent beaucoup d’argent ne me pose aucun problème, aucune envie. C’est ce qu’elles en font (et l’honnêteté juridique et morale de leur moyen d’en gagner) qui me parait important. Et arrêter de faire croitre l’argent à partir de l’argent, puisqu’on le décolle alors de sa seule fonction noble : valeur d’échange fluide permettant la vie économique.

      4) Il faut de la gestion dans la politique, bien sûr. Mais surtout des choix (de stratégie, de position, d’arbitrage .. et de gestion !) qui ne soient pas dictés par les modalités, ou influencé par les forces en présence. C’est cette partie de l’acte politique qui est aujourd’hui mort.

      Et enfin, oui, revenir aux belles choses, et aux choses qui ont du sens, oui, cela aussi est un objectif. La technicité a son rôle, mais la vision n’est pas dedans. Ni les aspirations, les envies, le courage ou le génie, d’ailleurs.

    5. décroissance ?
      Bernard Stiegler parle de “mécroissance” , à fuir, pour retrouver une croissance autre qui ne sera pas nécessairement une décroissance.

      Si notre devenir humain persiste à être numérique, il nous faudra apprendre à subsumer nos volontés dans ce cadre là : Le rendre assez réciproque, lui permettre de manifester des émergences qui ne fonctionnent pas trivialement sur les points de plus grand “feedback” , les points “d’effet Larsen” entre multitudes et gouvernants.
      Qu’imaginer pour éviter la “synchronisation des foules” de tout système collectif social (tel facebook actuellement) ?
      Sur ce blog, Johannes Finkch propose régulièrement qu’on rende le signe de la monnaie “fondante” par exemple, pour en éviter l’accumulation. Seul resterait l’argent circulant raisonnablement rapidement, tant pis pour le reste (je simplifie outrageusement, cf. idées de Gesell, je crois)
      Eh bien peut être que cette “fonte obligatoire”, nous devrions l’appliquer au sein même de ces émergences, nous obliger à recueillir ainsi du réel, de l’instantané, et à prendre soin de le re-digérer , d’en comprendre tenants et aboutissants avant de lui donner force exécutive ou législative ?

    6. Et Yves Cochet indique que la croissance telle qu’elle est calculée entraine en fait un appauvrissement. Je ne sais pas si c’est exact, mais ça me parait vraisemblable, puisque chaque jour crée de la dette supplémentaire.

      Notre devenir n’est pas plus numérique qu’il n’a été métallique, ou de pierre. L’outil, comme le progrès, ne préjuge pas de son usage et de sa destination. L’époque numérique n’est pas au coeur de la collusion, ou du système social, même s’il en rend les frontières bien plus intriquées , et donne un mouvement bien plus rapide. La synchronisation via Internet des tunisiens a été évolutive.

      Cette idée de fondre la monnaie, c’est intéressant. Autant de monnaie que de biens à échanger, pas plus. CA me rappelle ce que j’ai essayé d’expliquer à mon fils : si tu es richissime et que tu entres dnas un magasin, tout argent qui dépasse le montant total des biens vendables du magasin ne sert à rien, et, s’il n’y a pas de référence extérieure, n’existe pas. Saufs à augmenter la valuer des biens, ce qui sera fictif, ou à acheter les biens de demain.

  13. Les Tunisiens se sont fâché. Si les mêmes causes produisent les mêmes effets, le nord de la méditerranée pourrait logiquement lui aussi éprouver comme une bouffée de rébellion et le Français, retrouver quelques couleurs et faire honneur à son ancienne réputation.
    Si comme chacun ici l’observe, le monde serait sur le point de renoncer à « ce modèle qui vacille », modèle hier encore si unanimement répandu (mondialisation oblige) dans des sociétés humaines aussi diversifiées soient-elles, il n’est pas insensé de voir s’opérer partout ces besoins de changements sous des motifs divers mais toujours pour des raisons vitales et indispensables au fonctionnement des sociétés non asservies.
    J’étais hier dans le bois, coupant un affouage que la commune distribue pour une somme modique aux résidents pour se chauffer. Lorsqu’un arbre est sur le point de tomber il vacille avant d’être emporté par son propre poids et s’écraser (quelques fois d’une manière imprécise) vers là où il penche. Le titre du billet par Zébu m’est revenu en mémoire…
    Cette longue période qui semble s’achever, de captation des richesses au profit de quelques-uns avec son arsenal de lois et de conduites adocs, comme un arbre que l’on abat, ne tombera pas sans bruit et sans fracas. Tunisiens et égyptiens le savent.

    1. Quand un arbre tombe dans la forêt et qu’il n’y a pas d’oreilles pour l’entendre : Comment sait-on qu’il est tombé ?

  14. @julien alexandre
    Merci pour le corrigé.
    On devrait toujours vérifier ses informations même lorque croit que la source ne pose pas problème.

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