UN SYSTEME QUI VACILLE, par Zébu

Billet invité

Alors que plus d’un million d’égyptiens sont venus manifester leur ras-le-bol du régime en place, que la population tunisienne a finalement réussi à sortir les sortants et faire s’enfuir notre ami Ben Ali, nous serions en droit d’affirmer que quoi que puisse être la suite des évènements dans ces deux pays ou dans d’autres à venir dans le monde arabe, cet hiver restera gravé dans la mémoire des populations arabes et plus largement, de l’histoire mondiale.

On pourrait évidemment analyser les causes politiques de cette rupture de la réalité, tant les régimes maintenant passés ou en passe de l’être (et quand bien même resteraient-ils en place qu’ils apparaîtraient dans toute leur nudité) ont produit ces évènements.

S’être libérés de leurs propres peurs est le plus grand honneur que peuvent revendiquer, avec fierté, d’abord les tunisiens, puis les égyptiens, à fortiori quand leurs « amis » occidentaux n’attendaient rien tant – paradoxalement – qu’ils restent prisonniers des représentations qu’on leur tendaient complaisamment quant aux démons qui les habitaient.

Et que l’on soignait pour eux, comme on le ferait pour un ami atteint d’une fièvre dépourvue de symptômes mais sans cesse imminente, sourde.

Et aveugle aussi étions-nous, à ne pas percevoir les marques répétées d’autres causes, occultées, comme indignes des grands débats sur les droits de l’Homme, presque anachroniques et incongrues dans leurs volontés d’exister, malgré tout.

Car des signes avant-coureurs furent donnés.

Alors qu’ailleurs dans le monde, la crise financière battait son plein (Northern Rock est nationalisée en février 2008 et Bear Stearns rachetée en mars 2008 par JP Morgan Chase), l’Egypte connaît alors ses plus importantes manifestations ouvrières depuis son indépendance, soit depuis 60 ans.

Parties de la ville de Malhalla dans le delta en mai 2008, elles rassembleront plusieurs milliers de manifestants, le pouvoir réussissant, à force de compromis et de répression, à étouffer le mouvement. Depuis 2004, plusieurs centaines de grèves avaient déjà eu lieu mais celle de Malhalla, haut lieu de l’industrie textile nationale, fit figure d’emblème.

Car c’est issu de cette matrice en bonne partie que le mouvement actuel de révolte en Egypte a pris sa source, tant symboliquement (« mouvement du 06 avril », en référence justement à ces manifestations, Kefaya) que sur le plan des revendications.

Or, quelles sont-elles, ces revendications ?

Essentiellement sociales et économiques : rareté du pain subventionné, hausse des denrées alimentaires, salaire minimum,etc. avant que de se transformer par le biais d’une répression immédiate en émeutes politiques, visant directement le régime et Moubarak.

Conséquences de l’ajustement structurel que le pays dû subir dès 1991, imposé par le FMI et la Banque Mondiale et accepté par le régime, la libéralisation de l’économie égyptienne fut menée tambour battant, notamment par la privatisation de centaines d’entreprises publiques mais aussi par les réductions de subventions de certaines denrées alimentaires de base comme le pain, alors même que l’Egypte est le 4ème plus gros importateur de blé au monde.

Cette crise alimentaire, générée déjà en 2008 par la spéculation sur le marché à terme des produits alimentaires, refit surface fin 2010, alors que tout le monde l’avait oubliée, tous affairés que nous étions à scruter dans le remugle des entrailles de la bête financière toujours tressautante les indications d’un futur à venir mais qui prenait son temps.

Ainsi,la FAO alerta sur le dépassement de l’indice d’un panier de produits de base alimentaires, variant de 206 en novembre 2010 à… 214,7 en décembre 2010, en tenant compte du fait que l’indice de juin 2008 est un repère important puisqu’il était corrélé avec les émeutes de la faim de 2008.

Cet indice, en juin 2008, était de… 213,5.

En Egypte, l’alimentation représentait 50% des budgets des familles.

Et dans le même temps, le quantitative easing de la Fed battait son plein, tout comme les bénéfices de Cargill, multinationale de l’agro-alimentaire…

Dès lors, quand le journal Le Point réalise une enquête en Egypte en novembre 2010 sur les législatives qui devaient avoir lieu le dimanche suivant, on y lit une profonde lassitude de la population et un rejet total du régime en place, face aux difficultés quotidiennes auxquelles la population doit faire face : « J’avais l’habitude de voter pour le PND, mais maintenant je ne m’embête plus parce que je ne vois aucun changement venir des élections ».

On passa donc de la crise économique et sociale, via la spéculation sur les produits alimentaires, à la crise politique, dernière étape d’une crise financière dont le filetage serait sans fin.

Mais est-on bien sûr de l’origine financière de la crise alimentaire en cours ?

Selon Olivier de Schuitter, rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation, cela ne fait aucun doute, réfutant la thématique de la pénurie, alimentée selon certains par les différents évènements ayant eu lieu en 2010 (incendies en Russie, etc.), afin d’accaparer les ressources en lieu et place de les vendre, alors même que la demande augmente, pressée par la mise en oeuvre d’une pénurie possible de produits alimentaires.

Il décrit par ailleurs très bien les types d’investissements et d’investisseurs qui interviennent sur les marchés à terme dans son rapport : « A study conducted by Lehman Brothers just before its bankruptcy revealed that the volume of index fund speculation increased by 1900% between 2003 and March 2008. Morgan Stanley estimated that the number of outstanding contracts in maize futures increased from 500.000 in 2003 to almost 2.5 million in 2008. Holdings in commodity index funds ballooned from US$ 13 billion in 2003 to US$ 317 billion by 2008. »

Cette note fut publiée… le 23 septembre 2010, soit plus de 2 mois avant que les évènements en Tunisie ne commencent.

Néanmoins, si les solutions de M. De Schuitter ont le mérite d’exister (gestion des stocks, limitations des prises de positions à terme par institution financière, transparence sur les OTC), elles ne s’attaquent pas réellement à l’origine de la spéculation, à savoir la possibilité de prendre des positions nues, sans contreparties, pour des agents n’ayant rien à voir avec le marché en question.

Il livre d’ailleurs en grande partie l’origine du mal, à savoir la libéralisation de la réglementation aux états-unis : « As a result of the Commodity Futures Modernization Act and the decisions of the CFTC, such trading was allowed to take place without any position limits, disclosure requirements or regulatory oversight. Moreover, the Act permitted for the first time OTC derivatives contracts where neither party was hedging against a pre-existing risk ; i.e. where both parties were speculating. Also, it enabled to hedge against those risks by taking positions on exchanges. »

Le CFMA, voté en 2000, sous la présidence Clinton, avec Larry Summers et Alan Greenspan : la « grande époque »…

Quelles furent les conséquences de cette crise alimentaire en 2010, provoquée par la spéculation débridée sur les marchés à terme ? En premier lieu, les révoltes en Tunisie puis en Egypte mais on oublie aussi de préciser qu’en de multiples pays, on prie néanmoins les devants ou du moins, au vu des évènements en cours en Tunisie, on essaya de prévenir ou de guérir. Ainsi, en Algérie, après plusieurs jours d’émeutes, le gouvernement décida une exonération « temporaire » de 23% sur les importations d’huile et de sucre, tandis qu’en Libye, le pouvoir décida de supprimer toutes les taxes sur les produits alimentaires !

Il est vrai que ces deux pays, producteurs de pétrole et de gaz, ont les moyens d’acheter la paix sociale. Plus globalement, de nombreux pays cherchent à sécuriser leurs importations de produits alimentaires, notamment de blé, comme en Algérie, où dès janvier 2011, plus de 50% des besoins annuels furent commandés, pour deux tiers d’entre eux à la France.

Au Maroc, qui n’a pas les moyens financiers de ses voisins et surtout la possibilité de payer en liquide sur les marchés, un Fond de compensation, déjà mis en place, permet d’amortir la hausse des prix. Mais cet « amortissement » a un coût, de plus en plus élevé, rendant plus difficiles les équations budgétaires du pays, notamment quant au déficit public, le tout lié au maintien de la notation, afin de ne pas alourdir encore plus la facture… Cercle vicieux.

Certain pays ont carrément augmenté le salaire minimum de… 240% (Nigéria) ! Mais il est vrai que ceux-ci sont à la fois des pays pétroliers et partent de très loin en matière de salaire minimum, avec une inflation importante, autre préoccupation d’un bon nombre de ces pays en forte croissance.

Car pourtant, ces différents pays connaissent de fortes croissances, comme l’Egypte, entrant dans le club des pays émergents et même, selon la banque HSBC, « (…) des économies émergentes à haut potentiel de croissance, susceptibles de rejoindre celles du fameux quatuor des Bric (Brésil, Russie, Inde et Chine). Les pays concernés sont désormais connus sous l’acronyme de Civets (Colombie, Indonésie, Vietnam, Égypte, Turquie et Afrique du Sud). »

Les CIVETS, dont au moins un semble carbonisé…

« Mieux, pour les cinq prochaines années, le Fonds monétaire international (FMI) prévoit que l’économie enregistrera un taux annuel d’augmentation de son produit intérieur brut (pib) de 5% en moyenne. Pour l’institution financière, l’Égypte est l’un des pays émergents les plus dynamiques du bassin méditerranéen d’autant que la croissance industrielle (+5% en 2009) tend à augmenter, ce qui est le signe patent d’une diversification en cours de l’économie locale. »

Cet article de l’Institut de Prospective Economique du Monde Méditerranéen sortira quasiment à la même date que la note de M. De Schuitter mais un jour en avance néanmoins (le 22 septembre 2010) : ceci expliquerait certainement pourquoi l’IPEMM ne parle pas dans son article du « dynamisme » de la crise alimentaire alors en cours…

Surtout, cet article parle d’autre chose, de choses dont on ne parle jamais autrement qu’en termes de « dynamismes », de « bénéfices » et de « nécessités » : les IDE (Investissements Directs Etrangers).

Car une des caractéristiques de ces pays concernés par la crise alimentaire est qu’ils sont peu ou prou concernés par la libéralisation des échanges et que ceux qui le sont le plus sont ceux qui ont été les plus touchés : la Tunisie et l’Egypte. Ce dernier pays a ainsi attiré pas loin de 48 milliards de dollars en 5 ans d’IDE, « (…) comme l’a précisé en juin dernier Mahmoud Mohieldin, alors qu’il était encore ministre des Investissements. Depuis, cet homme de quarante-six ans, architecte de la modernisation et de la libéralisation de l’économie égyptienne, a été nommé, le 8 septembre, directeur général de la Banque mondiale, en charge de la lutte contre la pauvreté et du développement durable. ». « En charge de la lutte contre la pauvreté et du développement durable ». Cela ne s’invente pas. Et il y a fort à parier que le dit sieur pourrait commencer aujourd’hui, au sein de la vénérable Banque Mondiale, par son propre pays qu’il a si bien libéralisé, le conduisant ainsi au chaos. Mais qu’il se rassure, il n’existe aucun accord d’extradition entre la Banque Mondiale et l’Egypte, hormis la dette, mais en sens inverse.

Pour revenir à ces IDE, la CNUCED considère que l’Egypte est le premier pays du proche-orient récipiendaire et le second après l’Angola (mais avant le Maroc) en Afrique, le 3ème dans le monde arabe, derrière l’Arabie Saoudite et l’EAU. Et pour parachever le tout, l’Egypte fut le premier pays africain à signer la Déclaration de l’OCDE sur l’investissement international en 2007.

Un pays modèle donc, concernant les IDE. Mais en compétition pour le rôle du meilleur élève, avec la Tunisie, dixit le Forum de Davos : « Les rapports du forum économique mondial de Davos sur la compétitivité mondiale de 2009 et 2010, placent la Tunisie comme le pays le plus compétitif d’Afrique. (…) La Tunisie est l’un des premiers pays signataires de l’Accord d’association avec l’UE dans le cadre du processus de Barcelone, conclu le 17 juillet 1995 et entré en vigueur le 1er mars 1998, mais le démantèlement tarifaire a été appliqué par anticipation par la Tunisie à partir du 1er janvier 1996. Cet accord prévoit la libéralisation réciproque des échanges de marchandises à l’horizon 2008. »

2700 entreprises étrangères, employant plus de 260 000 personnes, représentant un sixième des emplois en Tunisie. Des IDE dont le montant a été mutiplié par 13 entre 1990 et 2005. De quoi faire hésiter un investisseur : Egypte ou Tunisie ?

Sauf que depuis la crise financière, les fameux IDE qui avaient explosé depuis quelques années (croissance de +19% entre 2007 et 2008, 8,2% du PIB en 2008 pour l’Egypte, 2,7% du PIB pour la Tunisie), et bien ces flux… ont diminué de… 50% pour l’Egypte et de 32,2% pour la Tunisie entre 2008 et 2010 ! Sans compter que dans ces statistiques, les sources précisent concernant la Tunisie que 72% de ces IDE sont évidemment… exportateurs, rendant ainsi encore plus difficiles les lendemains de crise pour ce pays, pris dans un effet de ciseaux, entre une réduction des IDE dont une partie de l’emploi dépend et une réduction induite descapacités d’exportations, capacités par ailleurs fortement dépendantes des moyens financiers des pays d’où proviennent les IDE, ceux-ci s’avérant par ailleurs être… les mêmes, comme la France.

Moins d’argent dans les secteurs productifs, plus de chômage, moins d’exportations, une balance commerciale déséquilibrée, moins de devises fortes, plus d’inflation, etc.

Et là dessus, le choc des augmentation de prix des produits alimentaires : une bombe attendant l’étincelle.

Tunisie : l’épuisement d’un « modèle » économique », titrait Alternatives Economiques le 27 janvier 2011.

Mais un modèle qui ne s’est pas construit en un jour. Il afallu pour cela tous les outils de la boîte « libéralisme » : privatisation de vastes secteurs d’activités publiques (60% du secteur bancaire et 70% de l’assurance étaient publics avant la privatisation en Egypte, finalisée ces dernières années), législation avenante pour attirer les IDE (notamment en termes de fiscalité), accords de libre-échange, refonte du droit commercial, etc.

Rien ne fut épargné à ces pays qui connurent alors des taux de croissance alléchants pendant des années, y compris en 2010, de l’ordre de 5%. Il va sans dire que la captation de la richesse ainsi créée fut immense et que les peuples concernés n’en virent pas ou si peu la couleur, renforçant ainsi la haine de la population envers leurs « élites« , qui non comptant d’avoir « vendu » leurs pays aux « étrangers » s’étaient elles-mêmes enrichies par la mise en exploitation de leurs propres peuples.

Un modèle économique certes, mais d’exploitation. Certains pays du monde arabe s’en sont mieux tirés, soit parce qu’ils ne furent pas autant engagés dans cette voie là, soit qu’ils pressentaient qu’elle allait produire des effets dont ils ne tarderaient pas à sentir les conséquences politiques pour leurs régimes. Dans les deux cas, le contre-coup fut moindre mais le vent du boulet se fit sentir, peu ou prou, selon les degrés de richesses pétrolifères possédées.

Contrairement donc aux agences de notation et aux experts de l’OCDE, qui estiment que « Le risque serait que l’Egypte rétrograde dans son programme de réformes et retourne vers une économie centralisée, avec un rôle de l’Etat très fort », il y aurait plutôt matière à se réjouir qu’un tel modèle soit mis en faillite. Que ce soit en Tunisie, en Egypte ou même en Irlande. Car s’il est une chose qui semble faire peur aux experts de tout poil, c’est non pas que les révolutions s’étendent mais bien que le modèle soit mis à bas. De tels exemples, en Europe ou dans le monde arabe, hier triomphants, aujourd’hui à terre, ce n’est guère un signe encourageant pour la « concurrence libre et non faussée« , comme on dit en nos terres européennes et plus largement, dans le monde entier.

Mais l’on devrait aussi avoir la réjouissance circonspecte. Car, à supposer que les nouveaux régimes (ou les futurs nouveaux) réussissent à perdurer, il n’en reste pas moins qu’étant donné leur état de faiblesse économique et financière, que les agences de notation n’ont pas manqué comme on a vu de « souligner », apportant ainsi leur pierre à la masse que ces pays ont autour du cou (« C’est trop ! » – « Mais il n’y a pas de quoi, je vous en prie ! ») et étant donné leur grande dépendance aux formes toujours existantes du modèle‘d’exploitation, on voit mal comment ces pays pourront d’eux-mêmes sortir de la nasse dans laquelle leurs anciens régimes les ont jeté : privatisation, libéralisation, politique d’exportation à outrance, absence de souveraineté alimentaire, sans compter évidemment l’insécurité, les complots toujours possibles des anciennes cliques, la gestion de la vie démocratique (que l’on ne manquera pas d’observer… et de critiquer), etc.

En comparaison, les écuries d’Augias étaient bien plus propres pour Hercule.

Un travail de Titans donc, que doivent réaliser, sans vouloir faire offense à ces peuples, eut égard aux multiples obstacles que le modèle a mis, met et mettra en travers de leur route, de simples mortels.

Et l’on conçoit ainsi très nettement que si l’on souhaite que ce modèle soit mis en déroute, définitivement, il devient alors nécessaire que le coeur du système soit mis en défaut, à savoir qu’une révolution soit mise en oeuvre par les éléments incontournables et essentiels de ce système : les citoyens, les épargnants occidentaux.

Pour quelles raisons ?

En premier lieu, parce que nous n’avons pas les problèmes qu’ont et qu’auront les pays cités, à savoir un système politique permettant déjà une certaine expression libre et une absence de possibilité (sauf à voir basculer nos démocraties dans un type de régime dont la Tunisie et l’Egypte essayent de sortir) de réprimer à tout-va, comme de vulgaires dictateurs.

Il serait bon d’en prendre conscience. Le citoyen a donc (encore) son mot à dire, du moins tant que l’on ne constitutionnalisera pas nos dettes publiques, faisant de nous des esclaves libres.

En second lieu, parce que déposants ou épargnants, nous sommes le flux vital de ce système tel que défini. Sans nos économies, les banques dépérissent, les spéculations flétrissent, les prix des produits alimentaires retrouvent des niveaux permettant à tout un chacun de s’alimenter correctement à nouveau, la pénurie alimentaire n’étant pas prévue encore pour demain.

Nous sommes des spectateurs ébahis et enthousiastes (quoique très inquiets) du spectacle que nous offre le monde arabe, oubliant que celui-ci risque fort de tourner au drame ou au vil remake et que nous possédons la télécommande.

Nous avons quelques outils en stock pour se faire. Que ce soit sur ce blog ou ailleurs.

Toute la question est de savoir quand.

Le comment a déjà pris des figures de pays : Islande, Tunisie, Egypte (?).

Mais il peut tout aussi bien en prendre d’autres : Grèce, Irlande (?).

L’embarras, c’est que nous avons, encore, le choix.

PS : pour ma part, j’avais déjà exprimé un type de comment il y a quelques temps déjà ici même.

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177 réflexions sur « UN SYSTEME QUI VACILLE, par Zébu »

  1. Nous aurions des « outils », cher Zébu..??

    Regardes :
    http://www.pauljorion.com/blog/
    http://www.atterres.org/
    http://www.cfo-news.com/Finance-watch-org-est-lance-par-des-deputes-de-9-pays_a15318.html

    Crois-tu que même le dernier changera quelque chose..???

    Et, chose amusante, tu viens d’expliquer toi-même que seule la faim pouvait provoquer le moindre changement notable. (dont on ignore encore maintenant le résultat réel)

    Nous sommes en « causes toujours » (démocratie…)

    1. Ce ne sont pas des mots crasseux, mais la réalité. Vous rêvez, mon cher Zébu, si vous croyez que ce sont ces outils seulement qui vont pouvoir faire tomber le système financier mondialisé. Il va falloir beaucoup beaucoup plus, ces outils ne peuvent être qu’un point de départ, car il faut les transformer et s’organiser en en un vaste mouvement d’action populaire pour instaurer la démocratie.
      Il est affligeant que vous croyez que le « comment » faire vacillier le système financier mondialisé ai deja été montré par l’Islande, la Tunisie et l’Egypte…

      Pour le faire tomber, ce système anti-démocratique, il va falloir que les peuples de l’occident soient unis dans ce même but. On en est encore loin puisque la distraction permanente à laquelle ils sont soumis noie toute prise de conscience de la réalité dans un océan d’inconséquence et d’iréel. L’erreur principale à ne pas faire, c’est justement de se contenter de rêver, de croire que les milliers de lecteurs de ce blog sont « représentatifs » des opinions des peuples de l’occident. Consultez les enquêtes d’opinions, qui montrent toutes que même si ce système fonctionne mal, l’immense majorité du peuple (plus de 80% en occident et plus de 90% dans les pays émergents) pense qu’il faut le conserver car il n’y a pas d’alternative. C’est celà la réalité, qu’elle vous déplaise ou non. Il va donc falloir les CONVAINCRE qu’il existe une alternative réelle (pas des rêves) qui puisse donner un monde meilleur. Et là où en est on, où est la synthèse des propositions énoncées clairement et de façon convaincante? Vous allez peut être me répondre qu’il suffit que ces plus de 80% de la population qu’il s’agit de convaincre viennent tous sur ce blog et utilisent la fonction « recherche »?

      Mais réveillez vous bon sang, cette révolution ne tombera pas du ciel, car il reste à convaincre le peuple qu’il faut la faire, pourquoi, comment et l’organiser.

      Ah CONVAINCRE et ORGANISER, quels verbes horribles teintés d’un pragmatisme que vous voulez ignorer!

    2. « Ah CONVAINCRE et ORGANISER, quels verbes horribles teintés d’un pragmatisme que vous voulez ignorer! »

      Bah, on t’écoutes, mon lapin …
      Parles nous encore de l’impossibilité d’interdire la spéculation.
      Vas-y, va convaincre ces 80% avec ce discours.
      Je suis certain qu’ils comprendrons : ‘soyez résignés, there is no alternative’.

      Mes propositions sont sur le blog.
      Lis les, si ça te demande pas trop d’effort (et apparemment, ça l’est).
      Quand aux tiennes, depuis que tu es ‘présent’ (toujours en mission pour le saigneur ?) sur ce blog, on en a pas vu la moindre trace du bout du nez.
      Alors ton petit discours affligeant, tu vas aller le tenir en Tunisie et en Egypte, puis quand tu seras revenu de la réalité, tu iras parcourir les chemins de France et tu répandras ta ‘bonne parole’. Sûr que les gens vont t’écouter.
      Va falloir que tu ouvres les yeux, petit Chris06. De gré. Ou la réalité te forcera à le faire.

      Une dernière chose.
      Je ne vois aucun intérêt ni aucune obligation à discuter avec quelqu’un dont le seul objectif apparemment dans la vie est de prouver que je puisse avoir tort.
      Tu est ce qu’on appelle en internet un ‘monomaniaque’.
      On ne discute pas avec un monomaniaque.
      Et épargne moi ta complainte du refus de la discussion et blablabla.
      C’est pathétique de constater qu’un libertarien qui s’ignore puisse encore se présenter comme ‘réformiste’.
      Au moins, GSF n’a pas cette outrecuidance.
      Toi, t’es rien qu’un cuistre.
      @ Julien : merci de laisser le message.

    3. 1. sur la spéculation sur les marchés des matières premières:

      j’ai dit qu’il fallait la limiter en autorisant l’accès à ces marchés aux seuls spéculateurs qui rendent un service utile d’intermediation et de couverture de risque de fluctuation de prix aux opérateurs physiques (ceux qui livrent et prennent livraison des denrées). Pour cela il faut interdire les paris sur les fluctuations de prix quand les deux partis du pari sont deux spéculateurs. Cela signifie aussi l’interdiction d’accès aux fonds spéculatifs (eg ETFs)..

      2. sur la restructuration des dettes au sein de la zone Euro

      J’ai dit que j’étais favorable aux propositions initiales de Denis Dupré. J’ai dit que je n’était pas favorable à celles que vous aviez voulu rajouter sur les taux d’intérêts qui non seulement n’avaient rien à faire là dedans mais étaient très loin d’avoir été suffisament réfléchies.
      Je pense qu’une telle restructuration est inéluctable mais que c’est principalement sur sa mise en oeuvre qu’il fallait maintenant réfléchir : comment en répartir les conséquences? comment obtenir un large consensus des citoyens? doit on bloquer les mouvements de capitaux hors zone Euro? Et bien d’autres questions sur lesquelles il faut tout d’abord réfléchir avant de lancer un appel ou une énnieme pétition.

      Je ne suis ni libertarien, ni libéral, ni anticapitaliste car je m’oppose à tous les dogmes. Je suis favorable à un système économique mixte, capitaliste et collectiviste, ainsi qu’à des institutions publiques qui encadrent et dirigent ce système au service exclusif de l’intérêt général. Il faut tout d’abord réfléchir à ce que signifie ce terme, l’intérêt général, sans à priori de droite ou de gauche: sur quoi pouvons nous être d’accord, nous les citoyens?. Il faut aussi réfléchir à comment empêcher la capture des institutions publiques et des contre pouvoirs par les intérêts particuliers.

      Je ne suis qu’un commentateur parmi d’autres, qui vient ici pour réfléchir, pour discuter avec des gens avec qui il n’est pas forcément d’accord, pour contribuer aux débats, et qui pense par dessus tout que ce n’est qu’en mettant en contact des gens d’horizons et opinions les plus diverses mais tous unis dans un seul et même but, comment construire un monde meilleur, que l’on pourra faire avancer les choses.

      PS1: évitez les procès d’intentions, vous ne me connaissez pas.
      PS2: vous avez raison, je n’ai pas encore contribué à ce blog en y soumettant un billet. Mais j’ai bien l’intention de le faire, je travaille dessus et le soumettrai à la rédaction en temps venu. J’éspère qu’il vous intéressera.
      PS3: je ne cherche pas à prouver que vous avez tort. Je suis d’accord avec vous sur beaucoup de choses, mais à quoi ça sert que je vous le dise? Ne préférez vous pas que je vous dise ce sur quoi je ne suis pas d’accord? Sur ce billet, je suis d’accord avec presque tout ce que vous avez écrit, sauf la fin, la partie qu’a relevée Yvan. Pourquoi lui avez vous répondu « des mots crasseux », je ne suis pas d’accord et je vous dit pourquoi. C’est vrai, j’ai aussi voulu vous provoquer un peu, il y avait trop d’attaques personnelles. Mes excuses. Mais il faudrait aussi que cela soit réciproque, car hier sur l’autre fil, je vous ai répondu sans aucune attaque personnelle, mais vous, vous m’êtes rentré dans le lard, vous ne vous êtes pas géné.

    4. Bonjour à Zébu et Chris06 qui a tendance à énerver :

      Chris06 ne pense pas à mal, mais je crois qu’il est…. pessimiste! (une preuve dans sa réponse, il pense d’abord à critiquer, trouvant inutile de féliciter).

      Zébu, votre article est excellent et contribue à une information de qualité.

      Bonne suite à toutes et tous.

      PS pour Chris06: J’ai regardé le film « la vague » que tu m’as conseillé (autre preuve de ton pessimisme, tout peut arriver, le pire comme le meilleur et souvent cela ne tiens pas à grand’chose).

      A mon tour de te conseiller une lecture, ce symposium sur Judy Krishnamurti:

      http://www.barbier-rd.nom.fr/SYMPO-complet-6-2008.pdf
      On y apprend beaucoup.

    5. @Pascal39,

      c’est vrai, j’ai tendance à être pessimiste mais je ne suis pas résigné, bien au contraire :
      « cela implique d’être capable de faire l’analyse des menaces, de les comprendre, de les prendre au sérieux, et d’agir. Car on peut être à la fois pessimiste dans le diagnostic et optimiste dans l’action. »
      Jacques Attali, Eloge du pessimisme

    6. @Chris06

      Changez rien. Vous êtes très bien dans ce rôle du pragmatique un peu cynique, d’avocat expert en scolastique de la partie adverse, d’apôtre du désenchantement. Vous êtes parfait. Votre bonne foi vous sauve et vous rend supportable, et donc hautement utile à ce blog. Bon casting, amha. Mais bon, un peu tignous quand même le zig.

    7. ‘tignous’ ?

      ‘des mots crasseux’ : jeu de mots parfaitement nul, faisant suite à la remarque d’Yvan quant à la démocratie. des-mots-cratie / des mots crasseux. Nous sommes passés (ou en passe de le faire) de la démocratie à des mots crasseux : le pouvoir du verbiage sans fond, structuré de cynisme, sans aucune action sur la réalité.
      Je partage l’analyse d’Yvan, bien que je suis partisan du long terme (ce qui est désespérant à court terme, faut noter, pour soit-même), ce qui permet de mieux relativiser cette époque, que je qualifie de ‘des mots crasseux’. Cette période est assez courte (35 ans) mais plus longue que les ’30 glorieuses’. Elle devrait se terminer comme l’époque précédente : effondrement gravitationnel.

    8. L’article est intéressant et bien écrit. Dommage que les faits à la base de la réflexion soient faux, car les évènements en Egypte n’ont rien à voir avec la crise et la montée des denrées alimentaires.

      Les Etats-Unis préparaient le changement de régime en Egypte depuis 2008 en aidant différents activistes pour détrôner Moubarak avant les élections de 2011.
      http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/africaandindianocean/egypt/8289686/Egypt-protests-Americas-secret-backing-for-rebel-leaders-behind-uprising.html

      Des tracts ont été diffusés aux activistes pour les aider à mener leurs émeutes. Même le parcours dans les rues du Caire était planifié
      Traduction du tract : http://www.theatlantic.com/international/archive/2011/01/egyptian-activists-action-plan-translated/70388/

    9. Pour la Tunisie, les Etats-Unis ont subitement découvert le côté dictatorial de Ben Ali alors qu’il ne leur avait pas pausé de problème jusque ici http://nawaat.org/portail/2010/11/28/tunileaks-les-documents-devoiles-par-wikileaks-concernant-la-tunisie%C2%A0-quelques-reactions-a-chaud/

      Autre fait troublant : des européens armés ont été vus dans les rues de Tunis pendant les émeutes. Selon les témoignages, il s’agissait de mercenaires. 4 d’entre eux ont été arrêtés http://www.lepoint.fr/monde/quatre-allemands-arretes-dans-des-taxis-a-tunis-avec-des-armes-16-01-2011-129911_24.php

      La vraie révolution des peuples n’est pas pour demain.

    10. @ silver(ado) :
      absolument. d’ailleurs, le 1er ministre irlandais démissionnaire n’a rien à voir avec la crise. Elvis me l’a dit, pas plus tard qu’hier.
      dingue, ce qui se passe en ce moment …

    11. @Silver,

      Les Etats-Unis préparaient le changement de régime en Egypte depuis 2008 en aidant différents activistes pour détrôner Moubarak avant les élections de 2011.

      Relisez bien le document en question, notamment la dernière ligne de ce paragraphe:

      On December 23, April 6 activist xxxxxxxxxxxx expressed
      satisfaction with his participation in the December 3-5 \ »Alliance of
      Youth Movements Summit,\ » and with his subsequent meetings with USG
      officials, on Capitol Hill, and with think tanks. He described how
      State Security (SSIS) detained him at the Cairo airport upon his
      return and confiscated his notes for his summit presentation calling
      for democratic change in Egypt, and his schedule for his Congressional
      meetings. xxxxxxxxxxxx contended that the GOE will never undertake
      significant reform, and therefore, Egyptians need to replace the
      current regime with a parliamentary democracy. He alleged that
      several opposition parties and movements have accepted an unwritten
      plan for democratic transition by 2011; we are doubtful of this claim.

      Comment vous en concluez que c’étaient les Américains qui « préparaient le changement de régime » est un mystère. C’est bizarre cet à priori que vous semblez tenir comme quoi ce sont les Américains qui manigancent tout. Comme si c’étaient les Américains qui préparaient le changement de régime et les activistes Egyptiens qui executaient leurs ordres.

      Ce sont les activistes Egyptiens qui préparaient ce qui se passe actuellement. Tout au plus, on peut conclure de ce document que les Américains ne s’y sont pas opposés, mais qu’ils étaient dubitatifs quand à ses chances de succès.

    12. @ chris 06 :
      je prends bonne note de votre refus du conspirationnisme : un point commun. quand je serai calmé, j’essaierais de répondre.

    13. @Pascal39
      J. Krishnamurti; « La négation totale est l’essence de l’affirmation. Quand il y a négation de tout ce qui n’est pas amour, alors, l’amour est, avec sa compassion et son intelligence ».
      ce que Chris06 vous renvoie « cela implique d’être capable de faire l’analyse des menaces, de les comprendre, de les prendre au sérieux, et d’agir. Car on peut être à la fois pessimiste dans le diagnostic et optimiste dans l’action. » (Attali, Eloge du pessimisme) a le goût du brillant et du sérieux, la saveur de l’égo credo, quoiqu’à s’y appesantir, traiter l’état du monde sous le terme de menace complaît l’analyste à bien des distances!

      « La joie est, par définition, illogique et irrationnelle. La langue courante en dit là-dessus plus long qu’on ne pense lorsqu’elle parle de “joie folle” ou déclare de quelqu’un qu’il est “ fou de joie ”. Il n’est effectivement de joie que folle ; tout homme joyeux est à sa manière un déraisonnant.
      Mais c’est justement en cela que la joie constitue la force majeure, la seule disposition d’esprit capable de concilier l’exercice de la vie avec la connaissance de la vérité. Car la vérité penche du côté de l’insignifiance et de la mort, comme l’enseignait Nietzsche et l’enseigne aujourd’hui Cioran. En l’absence de toute raison crédible de vivre il n’y a que la joie qui tienne, précisément parce que celle-ci se passe de toute raison.
      Face à l’irrationalisme de la joie, toute forme d’optimisme raisonné n’oppose que des forces débiles et dérisoires, qu’“ un misérable espoir emporté par le vent ” pour reprendre les termes de Lucrèce. Fût-il le plus parfait et le plus juste, il laisserait encore tout, ou presque, à désirer. En ces temps de prédictions volontiers catastrophiques, on se garde pourtant d’envisager la pire des hypothèses, – je veux dire celle d’un monde devenu, contre toute attente, absolument satisfaisant. Car ce serait là un monde dont personne au fond ne veut ni n’a jamais voulu : on pressent trop qu’aucun des problèmes qui font le principal souci de l’homme n’y trouverait de solution. C’est pourquoi ceux qui travaillent sans relâche à son avènement n’attendent en fait de leur labeur qu’un oubli momentané de leur peine, et rien de plus. Et on peut parier qu’ils montreraient moins d’ardeur à la tâche s’ils n’étaient soutenus par la conviction secrète que celle-ci n’a aucune chance d’aboutir. »

      Clément Rosset . La Force majeure

    14. chris06

      Ce sont les activistes Egyptiens qui préparaient ce qui se passe actuellement. Tout au plus, on peut conclure de ce document que les Américains ne s’y sont pas opposés, mais qu’ils étaient dubitatifs quand à ses chances de succès.

      Eh bien, pourquoi les Etats-Unis ne se sont pas opposés à ces activistes puisque Moubarak est un de leur allié et qu’il a apporté une grande stabilité dans sa région du monde ?

      Voyez-vous, je ne crois pas que l’ambassade des Etats-Unis aurait reçu et aidé des activistes qui projetaient ouvertement de renverser Moubarak avant les élections de 2011, si les Etats-Unis n’étaient pas en accord avec leurs intentions. Les Etats-Unis auraient alerté Moubarak sur le champs.

      Hors, 3 ans après, quelques mois avant les élections de 2011, des activistes dont certains se proclament du « 6 avril » réclament la démocratie (le grand thème qui a justifié l’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan) dans les rues du Caire et le départ de Moubarak. Voilà une bien étrange coincidence, vous ne trouvez pas ?

      Quid du document « pour la démocratie » que je vous ai posté et qui codifie l’attitude et le parcours des activistes dans les rues du Caire et qui leur a été distribué juste avant les émeutes ?

      La voici à nouveau : http://www.theatlantic.com/international/archive/2011/01/egyptian-activists-action-plan-translated/70388/

      Ces émeutes ont été extraordinairement bien planifiées pour des émeutes dites « spontanées ».

    15. zébu dit :
      5 février 2011 à 00:45

      @ silver(ado) :
      absolument. d’ailleurs, le 1er ministre irlandais démissionnaire n’a rien à voir avec la crise. Elvis me l’a dit, pas plus tard qu’hier.
      dingue, ce qui se passe en ce moment …
      ———————————————————-

      Zébus, pardon de vous le dire, mais vous avez raté le coche sur ce coup. Vous êtes même tombés à pieds joints dans la manipulation.

      Pourtant, il y a certains éléments qui devraient vous faire réfléchir :

      – Les égyptiens protestataires ne sont pas des millions mais quelques milliers (1500 sur la place Tahrir au Caire selon le reportage d’Euro news que j’ai vu l’instant). Où est le reste du peuple ? Pourquoi ne proteste-t-il pas uni contre Moubarak ?

      – Les égyptiens protestataires ne réclament pas à cause du prix élevé des denrées alimentaires ni de la situation économique. mais pour instaurer la démocratie. Le vocabulaire et les arguments sont identiques à ceux utilisés pour justifier l’invasion irakienne.

      – Pour désigner la marche des protestataires, les dirigeants et les médias ont usé d’une sémantique à l’américaine qui n’a pas été choisie par hasard : la « Million Men March » de Washington en 1995 est devenue la « Million March » contre Moubarak en Egypte. Drôle de parallèle, vous ne trouvez pas ?

      – Obama a lâché Moubarak en quelques heures alors qu’il s’accommodait très bien de lui jusque-là et que la logique voudrait qu’il le soutienne face aux manifestations pour assurer la sécurité d’Israël. Moubarak était un partenaire fiable pour les Occidentaux et pour Israël. Subitement il devient un dictateur sanguinaire. Pourtant, il a su contenir les islamistes et stabiliser l’Egypte. Son départ pourrait avoir des conséquences catastrophiques pour la sécurité du Moyen Orient. Alors pourquoi n’est-il pas soutenu ?

      – Le document de l’ambassade des Etats-Unis du Caire avec les activistes du « 6 avril » date de 2008, l’année de la tempête financière. Je ne vous apprends rien en disant que les Etats-Unis sont dans une situation financière catastrophique depuis plusieurs années et que leur hégémonie mondiale est menacée. Le pays est en pleine guerre commerciale et financière avec la Chine, et se livre à une course aux matières premières avec cette dernière. Comme vous le savez aussi, l’Egypte contrôle une partie du Canal de Suez , une porte maritime stratégique pour l’acheminement de marchandises comme le pétrole.

      – Les Etats-Unis ont l’Iran en ligne de mire et ceci depuis plusieurs années. Le problème c’est qu’il est difficile de faire une guerre ouverte à un pays avec un président à qui ont a coupé l’herbe sous les pieds en lui attribuant un Prix Nobel de la Paix qu’il n’a rien fait pour obtenir.

      Comme vous pouvez le voir Zebu, il ne s’agit pas de complot mais d’une simple réflexion en matière de géopolitique avec un pays, les Etats-Unis, qui est dos au mur et coutumier d’ingérence à l’étranger pour maintenir son hégémonie mondiale.

    16. @Silver,

      Eh bien, pourquoi les Etats-Unis ne se sont pas opposés à ces activistes puisque Moubarak est un de leur allié et qu’il a apporté une grande stabilité dans sa région du monde ?

      Je n’en sait rien, et vous? Arrêtez donc de spéculer sur des questions auxquelles vous n’aurez aucune réponses et concentrez vous sur les faits.

      Les Etats-Unis auraient alerté Moubarak sur le champs.

      Et alors? Savez vous s’ils l’ont alerté ou non? Encore des spéculations vides de preuves?

      Voilà une bien étrange coincidence, vous ne trouvez pas ?

      Qu’il y a t’il d’étrange avec le fait que les activistes Egyptiens qui ont planifié cette révolution soient passés à l’action?

      Quid du document « pour la démocratie » que je vous ai posté et qui codifie l’attitude et le parcours des activistes dans les rues du Caire et qui leur a été distribué juste avant les émeutes ?

      Quid? A vous de répondre a cette question…
      Cela me paraît tout ce qui a de plus logique que les activistes Egyptions qui ont planifié cette révolution aient fait de la sorte. Quoi? vous pensez qu’en tant qu’Egyptiens ils en étaient incapables, qu’il leur fallaient l’aide de gens beaucoup plus intelligents qu’eux comme des Américains? Etes vous raciste en plus d’être incapable de comprendre l’anglais ou bien de réfléchir?

      Ces émeutes ont été extraordinairement bien planifiées pour des émeutes dites « spontanées ».

      Bien sûr qu’elles n’étaient pas seulement spontanées puisqu’elles ont été planifiées par des révolutionnaires Egyptiens.
      De là à en conclure que se sont les Etats Unis qui ont planifié ou provoqué cette révolution? Qu’est ce qui vous permet de spéculer de la sorte?

  2. La pièce de théâtre continue: conférence de presse du Premier ministre égyptien qui explique qu’il ne sait pas et que personne ne sait d’où venaient ces gens hier, qui les a organisés, et que ces types à chameau venaient des pyramides (sic, ceux qui montaient étaient des pauvres alors que les bédouins qui possèdent des écuries ont beaucoup d’argent…)
    Au même moment des activistes ont arrêté aujourd’hui d’autres gars à cheval ! et il demande à la presse de venir
    nate_van_iLL RT @Alioushka: Thugs arrested by civilians and kept in Omar Makram (WITH THEIR HORSES)we NEED media there; entry and exit can be assured.. #Jan25 #25Jan

    , mais problème: quasiment tous les correspondants étrangers ont été arrêtés.
    Ces pseudo-journalistes qui assistent à présent à la conférence de presse n’ont posé aucune question sur l’absence des journalistes étrangers et leurs arrestations. Ils flattent juste le régime. Une femme a posé une question déviante (pas bien entendu) et elle a été menacé en direct par le premier ministre lui disant qu’il ne répondrait pas, que sa question était politique et pas assez directe !

    Le groupe au pouvoir est le petit groupe de fidèles: le PM est ancien de l’armée de l’air, Omar Suleiman contrôle tous les services spéciaux… qui sont nombreux.

    1. Ici la stratégie choque encore.
      La conspiration de la faim justifie pourtant ses moyens.
      On the road again.
      Merci Zébu.

  3. Apparemment c’était une question sur les journalistes arrêtés aujourd’hui
    Shannon2208 RT @Selnadeem: Egyptian PM said: « ask sensible questions » when a journalist asked him about journalists being detained and intimidated #Egypt #Jan25

  4. Toute révolution se fait au nom de la liberté mais réussit vraiment quand les denrées de base viennent à manquer (le pain), y compris en 1789 (le peuple voulait du pain!);
    ironie: si j’ai bien compris ce sont les spéculateurs qui se sont détournés des produits financiers pour parier sur les denrées qui ont entrainé les pénuries graves dans les pays arabes… et la révolution pour plus de pain (on l’espère) et plus de liberté.
    les systèmes restent décidément bien complexes et sont plein d’effets imprévisibles; ne devrions-nous pas finir par remercier les spéculateurs sur le blé?!!

    1. Pour faire un peu de prévisionnisme bas de gamme, deux éléments, concernant la France.

      1/ Les taux de prêt immobilier augmentent :
      « Ainsi, pour 2011, a souligné Geoffroy Bragadir, « le pire des scénarios est aussi le plus probable », à savoir une hausse de taux d’un point et une poursuite de la hausse des prix, de l’ordre de 5%.
      Dans ce scénario, selon les simulations d’Empruntis, plus d’un quart des dossiers de demande de prêt acceptés par les banques fin 2010 décembre pourrait être rejeté dans l’hypothèse d’une hausse supplémentaire de 5% des prix et d’une remontée d’un point des taux de crédit. »
      25% … C’est énorme. De quoi provoquer l’explosion de la bulle immobilière en France.
      Et politiquement dangereuse :
      «  »La difficulté croissante à devenir propriétaire risque de faire un retour inattendu » dans la perspective de l’élection présidentielle 2012, conclut Geoffroy Bragadir. »
      http://fr.finance.yahoo.com/actualites/La-hausse-taux-immobiliers-reuters_molt-3191578614.html?x=0

      2/ augmentation des prix des produits alimentaires :
      « Les industriels ont demandé des hausses qui se situent en moyenne entre 5 et 8%. »
      «  »Le fait que les principaux distributeurs annoncent d’ores et déjà que la hausse globale des prix sera limitée à 2 ou 3%, alors que les situations sont très différentes selon les filières et les produits, montre leur mépris de la négociation », déplore Rachel Blumel. Selon elle, c’est la survie de l’activité de nombreux fournisseurs qui est en jeu, et avec elle celle de milliers d’emplois. »

      Par respect pour les égyptiens, par exemple, il faut donc raison garder.

      Mais cela risque de peser encore plus lourd dans le budget des moins lotis, en France.
      Si on y ajoute la hausse probable des loyers moyens, du fait de l’impossibilité d’une partie des ménages à l’accession à la propriété et la hausse de l’essence, le ‘budget contraint’ va augmenter de manière importante pour bon nombre de foyers.
      ça va shuinter …

  5. Et pour ajouter :

    Nomi Prins, ancien cadre dirigeant de Goldman Sachs, dit (Traduction personnelle) :

    Les manifestations actuelles en Égypte concernent au moins, sinon plus, la détérioration massive des conditions économiques et du résultat sévère d’années de dérégulation financière, que d’idéologie politique comme certains médias semblent le préférer.

    Pour quelqu’un venant du cœur du monde financier, que c’est bon à lire.

    http://otenkipass.blogspot.com

  6. Superbe ! C’est formidablement bien écrit et fort bien mené. Quelle chute d’airain !

    « nous sommes le flux vital de ce système tel que défini »
    Tu m’étonnes ! Il serait temps qu’on le reconnaisse. Tous.

    « Nous avons quelques outils en stock »
    Et les autres seront inventés avec plaisir.

    Quand ?
    Maintenant.

    Comment ?
    En parler. De force s’il le faut.

    Merci.

  7. D’accord sur tout.
    Presque …car nous sommes des nantis vis à vis des Peuples tunisuen et egyptien.
    Vis à vis d’une frange de « très pauvres en France », ce qui reste des aides sociales fait des « presque pauvres » de véritables nantis…
    Or, et c’est la force et l’astuce mentale du système:
    Ceux qui n’obtiennent que peu d’un état encore relativement protecteur craignent de n’avoir plus rien en cas de révolution.
    Ils préfèrent tenir que courir.
    Et çà continuera tant que la moyenne bourgeoisie, toutes générations confondues, n’aura pas tout perdu.

    1. faut s’appeler TARTAR ,un pseudo initiatique?

      vous citant
      Presque …car nous sommes des nantis vis à vis des Peuples tunisuen et egyptien.
      Vis à vis d’une frange de « très pauvres en France », ce qui reste des aides sociales fait des « presque pauvres » de véritables nantis…
      Or, et c’est la force et l’astuce mentale du système:
      Ceux qui n’obtiennent que peu d’un état encore relativement protecteur craignent de n’avoir plus rien en cas de révolution.Ils préfèrent tenir que courir.
      Et çà continuera tant que la moyenne bourgeoisie, toutes générations confondues, n’aura pas tout perdu.

      C’est juste ce que les NAZIS disent aux Français ,ne vous plaignez pas ,regardez les Polonais..
      Aux Polonais ils disent qu’ils sont nantis vis à vis des RUSSES.
      Aux Russes ils disent…
      Et vous dites « Ceux qui n’obtiennent que peu d’un état encore relativement protecteur craignent de n’avoir plus rien en cas de révolution.Ils préfèrent tenir que courir. »

      BIEN VUS mon ami

  8. Sans nos économies, les banques dépérissent, les spéculations flétrissent

    Sans nos Économies ! C’est parce que nous décidons de changer d’organisation sociale, de changer de vivre ensemble, que les ponctions ne trouvent plus rien ni personne à ponctionner : nous ne voulons plus d’un système qui permette les ponctions. Nous ne voulons plus d’un système qui se permette de faire du « flux vital » que nous sommes, des pions plutôt que des créateurs de valeurs.

    Il ne s’agit bien évidemment pas du seul changement d’économie, et il faut le dire. « Ce n’est pas une crise économique, c’est beaucoup plus : la façon de vivre les uns avec les autres est remise en question. » (Albert Jacquard). Et il nous faut la remettre en question, non comme un but, mais comme un chemin : ça nous occupera un moment, au pire hé !

    1. Albert Jacquard est venu récemment à Annecy pour appuyer le Comité Anti Olympique Annecy 2018 , sur le thème Halte aux jeux .

      Les organisateurs avaient prévu 250 places . Il y a eu 700 personnes .

      Un succès tel que le Dauphiné Libéré , la voix de son maître , a relègué l’info en page 8 , avec quatre jours de retard , pour ne pas faire de l’ombre à la toute prochaine venue de Sarkozy , simultanément à la venue des membres du CIO .

      On a refait la route d’accès au Semnoz où le grand homme doit aller jeter un oeil sur le panorama et le Mont Blanc si le temps le permet .

      Accompagné de Beigbeder , le milliardaire qui a pris pied dans les plaines céréalières d’Ukraine . Et de quelques autres de ses « entrepreneurs  » habituels .

      Rien ne va plus …Faîtes vos jeux !

    2. Albert Jacquard = l’Honneur de l’école polytechnique …
      Il a du, non seulement en sortir, mais aussi sortir de l’ordinaire …

  9. Avant de lire le billet complet, je voulais faire une remarque concernant l’imposition par le FMI (entre autre) d’un modele libéral intégré pour ces pays (ici, la Tunisie et L’Egypte, masi en pensant très fortement à d’autres).

    Par intégré, il faut entendre mondialisé, caractérisé par l’abandon de toute souveraineté (entre autres alimentaire), au profit d’une « spécialisation » internationale obligeant à pratiquer des échanges (équilibrés, bien sûr …).

    Mais vous avez tout dit et bien dit (suffisamment pour ma petite tête). Merci.

  10. Un peu de littérature?

    « Devant nous s’étend la terre des pauvres, dont les richesses appartiennent exclusivement aux riches, une planète de terre écorchée, de forêts saignées à cendre, une planète d’ordures, un champs d’ordures, des océans que seuls les riches traversent, des déserts pollués par les jouets et les erreurs des riches, nous avons devant nous les villes dont les multinationales mafieuses possèdent les clés, les cirques dont les riches contrôlent les pitres, les télévisions conçues pour leur distraction et notre assoupissement, nous avons devant nous leurs grands hommes juchés sur leur grandeur qui est toujours un tonneau de sanglante sueur que les pauvres ont versée ou verseront, nous avons devant nous les brillantes vedettes et les célébrités doctorales dont pas une des opinions émises, dont pas une des dissidences spectaculaires n’entre en contradiction avec la stratégie à long terme des riches, nous avons devant nous leurs valeurs démocratiques conçues pour leur propre renouvellement éternel et pour notre éternelle torpeur, nous avons devant nous les machines démocratiques qui leur obéissent au doigt et à l’œil et interdisent aux pauvres toute victoire significative, nous avons devant nous les cibles qu’ils nous désignent pour nos haines, toujours d’une façon subtile, avec une intelligence qui dépasse notre entendement de pauvres et avec un art du double langage qui annihile notre culture de pauvres, nous avons devant nous leur lutte contre la pauvreté, leurs programmes d’assistance aux industries des pauvres, leur programmes d’urgence et de sauvetage, nous avons devant nous leurs distributions gratuites de dollars pour que nous restions pauvres et eux riches, leurs théories économiques méprisantes et leur morale de l’effort et leur promesse pour plus tard d’une richesse universelle, pour dans vingt générations ou dans vingt mille ans, nous avons devant nous leurs organisations omniprésentes et leurs agents d’influence, leurs propagandistes spontanés, leurs innombrables médias, leurs chefs de famille scrupuleusement attachés aux principes les plus lumineux de la justice sociale, pour peu que leurs enfants aient une place garantie du bon côté de la balance, nous avons devant nous un cynisme tellement bien huilé que le seul fait d’y faire allusion, même pas d’en démonter les mécanismes, mais d’y faire simplement allusion, renvoie dans une marginalité indistincte, proche de la folie et loin de tout tambour et de tout soutien, je suis devant cela, en terrain découvert, exposée aux insultes et criminalisée à cause de mon discours, nous sommes en face de cela qui devrait donner naissance à une tempête généralisée, à un mouvement jusqu’au-boutiste et impitoyable et de reconstruction selon nos règles, loin de toutes les logiques religieuses ou financières des riches et en dehors de leurs philosophies politiques et sans prendre garde aux clameurs de leurs ultimes chiens de garde, nous sommes devant cela depuis des centaines d’années et nous n’avons toujours pas compris comment faire pour que l’idée de l’insurrection égalitaire visite en même temps, à la même date, les milliards de pauvres qu’elle n’a pas visités encore, et pour qu’elle s’y enracine et pour qu’enfin elle y fleurisse. Trouvons donc comment le faire, et faisons le. »

    Antoine Volodine, Des anges mineurs.

    1. merci pour Antoine Volodine, Des anges mineurs…
      Ils tuent leur esclaves pour avoir plus de richesses et d’esclaves..
      merci Mr Etienne.
      ILS tuent de toutes les exaltantes façons..

      Une minorité agissante (même cachée) décide pour une majorité ..
      2em Cabernet et dodo
      à censurer le 2em.
      supprimer le post est un crime .
      faite pour le mieux et pardonnez svp cette familiarité.

    2. Pas de démocratie sans tirage au sort.

      Texte dense,
      merci, autre Étienne :o)

      Il manque pourtant, dans ce texte comme dans toutes les utiles analyses des intrigues oligarchiques, il manque la bombe politique, l’explosif simple et puissant qui casserait à coup sûr le rouage fondamental qui permet à l’oligarchie de s’imposer.

      À mon avis, la seule solution pour que la multitude s’émancipe des RICHES de l’époque, la seule solution pour désynchroniser durablement la puissance économique et la puissance politique, c’est une idée antique, une procédure connue depuis longtemps, bien rodée, bien testée, approuvée, améliorée et longtemps reconduite, et bizarrement complètement oubliée ou maltraitée depuis 1789 : le tirage au sort des représentants politiques.

      À Athènes, il y a 2 500 ans, 200 ans de tirage au sort quotidien ont permis que les riches (en petit nombre) ne puissent JAMAIS contrôler la totalité du pouvoir politique et que les pauvres (la multitude) puissent TOUJOURS garder le contrôle du pouvoir politique.

      Mécaniquement, donc durablement.

      Cette expérience humaine (d’ailleurs prospère et politiquement stable) est, à ma connaissance, la seule où les deux types de puissance (économique et politique) aient été déconnectées : les métèques (étrangers) étaient souvent les plus riches, mais n’étaient pourtant pas citoyens, ils n’avaient aucun pouvoir politique. Au contraire, on voyait couramment des pauvres, travailleurs de base, travaillant côte à côte avec des esclaves, quitter le travail pour aller à l’Assemblée et décider de la guerre et des impôts. Voir le passionnant livre de Mogens H. Hansen, « La démocratie athénienne à l’époque de Démosthène » :

      « Le caractère essentiellement politique de la polis ressort davantage encore quand on se penche sur les droits (ou l’absence de droits) des différentes catégories de la population d’Athènes. La polis était une société de citoyens ; une société d’hommes, dont les femmes se trouvaient exclues ; dont tous les étrangers, métèques et esclaves, quoique domiciliés dans cette cité, mais n’en étant pas membres, étaient exclus : ils pouvaient se le rappeler tous les jours de leur vie, en voyant les citoyens les quitter pour aller s’occuper des affaires de l’État à l’Assemblée, au Conseil ou aux tribunaux. Un métèque ou un esclave que l’on trouvait prenant part à une assemblée politique était arrêté et risquait sa tête.

      Et pourtant, chaque jour, quand la séance où l’on s’était occupé des affaires de l’État était levée, le métèque, l’esclave et le citoyen s’en allaient travailler côte à côte comme artisans, comme commerçants ou comme agriculteurs :

      l’étranger faisait partie de la société économique, alors qu’il ne faisait pas partie de la société politique.

      (…)

      Là encore, on voit la différence fondamentale qu’il pouvait y avoir entre la Grèce ancienne et, par exemple, les cités-États de l’Italie médiévale. Dans celles-ci, le droit de travailler dans l’artisanat ou le commerce était un droit politique, réservé aux citoyens exactement dans la même mesure que le droit de participer aux activités proprement politiques ; et les institutions politiques étaient établies en suivant exactement le modèle de l’organisation économique des guildes et autres associations professionnelles : l’économique et le politique se trouvaient entremêlés dans l’activité des artisans, des marchands, des juristes, des docteurs et des banquiers.

      Dans la cité-État de l’Antiquité, le commerce et l’artisanat n’avaient nullement été un monopole des citoyens ; au contraire, les Athéniens avaient souvent incité des artisans étrangers à venir s’installer chez eux, et une partie non négligeable des plus nantis étaient des métèques dépourvus de droits politiques.

      (…)

      Une recherche récente n’a en rien dévalorisé ce qu’affirmait Max Weber en 1921 : dans l’antique cité-État, le citoyen était un homo politicus ; au Moyen Age, il était un homo œconomicus.

      Source : Mogens H. Hansen, « La démocratie athénienne à l’époque de Démosthène », page 89.

      Ce qui m’étonne aujourd’hui, c’est que l’élection, procédure indiscutablement aristocratique (on y choisit le meilleur, aristos), reste malgré tout, pour nous autres « modernes », une sorte de « vache sacrée » prétendument démocratique alors qu’elle est précisément tout le contraire par définition. Comment se fait-il que l’élection reste un mythe intouchable, indiscutable, alors qu’elle n’a jamais, nulle part, tenu aucune de ses promesses : l’élection, toujours et partout, a permis, permet et permettra aux riches d’acheter le pouvoir politique, tout simplement.

      Et notre prospérité moderne tient sûrement beaucoup plus, fondamentalement, aux énergies fossiles et à la colonisation (par les peuples armés les premiers), qu’aux vertus passablement corruptibles de l’élection ou de celles du système capitaliste (qui, loin de créer plus de richesses que les autres systèmes, organise méthodiquement un parasitage maffieux à base de terrorisme permanent des individus à faire travailler).

      L’élection conduit fatalement à l’oligarchie ploutocratique.

      Pas de démocratie sans tirage au sort.

      Bien entendu, ne comptez pas sur les élus pour défendre cette idée fondamentale, qui les mettrait au chômage (à leur tour).

      Amicalement.

      Étienne.

    3. Une deuxième louche ?

      Parfois l’homme pose des questions, et parfois il les résout.
      Les réponses qu’il fournit sont toujours chuchotées et fausses.
      Il a pour excuse la peur, qui le rend malade, la police, à cause
      de laquelle il contrôle sans cesse ses gestes, son ombre, qui
      rôde, démesurée, à son flanc, et la lune, qui le distrait ou
      l’éblouit. Par exemple, entre le réverbère et la palissade,
      quelqu’un a tissé une toile d’araignée. Il scrute les alentours
      d’un air soupçonneux, il cherche à déterminer qui a bien pu
      accomplir cette tâche délicate. Avec une certaine objectivité,
      il constate qu’il est la seule créature vivante dans les environs,
      le seul qui fixe comme un halluciné les travées et les vibrations
      de la toile, le seul qui guette, le seul qui s’intéresse à l’affaire,
      le seul qui soit replié en écheveau immobile près de la toile.
      Parfois il en tire une conclusion répugnante, parfois il préfère
      haleter sans rien dire, sans rien ajouter au silence, et parfois
      il recule lentement jusqu’au mur, dans l’intention d’écraser
      contre le plâtre sa propre ombre, qu’il estime tout à coup
      indécente et trop noire.
      Antoine Volodine, Lisbonne Dernière Marge

    4. Etienne Chouard

      Lu dans le journal Le Monde du 6-7 février 2011
      Daniel Le Scornet, ex président de la Fédération des mutuelles de France, inspirateur de la CMU, candidat aux primaires du PS, propose  » une nouvelle articulation des pouvoirs, la responsabilisation des acteurs sociaux, syndicaux et associatifs et le tirage au sort des citoyens pour siéger dans les institutions aux cotés des responsables élus. »

    5. Merci Pierre-Yves D,

      Ça ressemble à l’espoir d’une graine importante qui germe enfin, effectivement.

      Mais, souvenez-vous que, par exemple, TOUS les partis politiques promettent le référendum d’initiative populaire —toujours voulu par plus de 80% des citoyens lors de chaque (rare) sondage— depuis 20 ans, sans pourtant l’avoir JAMAIS mis en place quand ils l’ont pu…

      Les élus (et les candidats) le promettent parce que ça peut aider à les faire élire.
      Mais, ce qui va contre leur intérêt personnel, il ne le feront jamais.

      Jamais.

      Et il est inutile de le leur reprocher : ils ne font là rien que de très naturel.
      Il faut surtout ne pas le leur demander.
      Ce n’est simplement pas à eux d’écrire les institutions, car ils sont alors à la fois juges et parties.

      Amicalement.

      Étienne.
      ___________________

      Cherchez la cause des causes.
      Hippocrate (480 av. JC).

    6. Étienne Chouard,

      Sûr que ça germe ! Et toutes les graines vont éclore en même temps : c’est à la fois notre intérêt personnel à tous et la cause des causes de nos emmerdements.

      C’est de notre fumier que sortiront les graines de la démocratie.

  11. CALIGULA.

    Caligula mène le monde
    Décrète les famines et les secheresses
    Décrète la mort et la vie humiliée
    Et il voit Dieu dans son miroir.

    Caligula est saoûl encore
    Saoûl de richesses et de puissance
    Égaré fou dans la trombe de son délire
    Il veut du sang pour s’apaiser.

    Il veut la vie à sa merci
    Il veut l’orgasme monétaire, planétaire
    Caligula mène le monde
    Caligula mène à la Bourse.

    1. bravo Pierrot du Québec LIBRE.. notre Général vous adore.
      L’argent du sexe avec orgasme garantis ,votre répertoire jus des cieux est romantique.
      2 cabernet,1 leffe blonde ,demain on dis t’est péter REGO.,toi Pierrot tu risques rien..
      bof
      si ALEX te laisse passer c’est que t’est un type bien
      à +

    2. @regoris

      Vous tenez une agence de notation; ( a+ ),avec ça je peux emprunter à quel taux?

      Mes salutations…

    3. @regoris…en reprise

      Vous tenez une maison de notations? ( a+ ) ; avec ça je peux emprunter à quel taux?
      Si il y a un bénéfice à faire en la re-prêtant à, disons l’Irlande, alors on partage c’est promis.

      Salutations…

    1. Mais l’explosion de cette bulle n’a pas empêché l’éclosion de ces bulles. La vie a plus de résilience que les manigances capitalistes.

  12. l’Egypte est le 4ème plus gros importateur de blé au monde.

    L’Égypte n’est pas le quatrième importateur de blé mondial, mais bien le premier, à l’aise. Estimation à 9 Millions de tonnes en 2010, blé tendre et blé dur confondus.. . Loin devant le Brésil, 6,5 Mt, l’Indonésie, 5,5 Mt, l’Algérie, 5,3 Mt ou le Japon, 5,2 Mt.
    Avec 1,4 Mt vendues au Caire sur la campagne 2009-2010, la France a également su s’imposer sur le très convoité marché égyptien, avec toujours les habituelles 3,5 Mt vendues en Algérie, soit sur ces deux pays plus de 50% des ventes totales de blé aux pays tiers (9 Mt sur la campagne).
    Soit dit en passant ça représente juste 7,5% des importations/exportations mondiales en 2010 (122 Mt) et 1,4% de la production mondiale de l’année (644 Mt) pour une population représentant un peu moins de 1,2% de la population mondiale.
    Mais bon c’est pas des bouffeurs de riz exclusifs les zigs, même si l’Égypte a les plus gros rendements Ha au monde dans cette culture (9,5 t/Ha) et une récolte totale estimée à 6 Mt. Mais l’exportation a été lourdement taxée en 2009 (250 $ la Tonne) pour dissuader les producteurs et les commerçants de privilégier l’exportation. « Depuis 2007, ces derniers avaient préféré orienter leurs productions sur les marchés internationaux au détriment du marché local jugé moins rentable. Les prix pouvaient dans ces cas-là varier du simple au triple, de 1.550 L.E, environ 195€, la tonne de riz sur le marché local contre plus de 4.500 L.E, environ 570€, sur le marché extérieur. Les producteurs devront toujours fournir le même tonnage sur le marché national. « 

    1. Merci pour tes chiffres, Vigneron. Je me suis fié à ceux de l’article, qui concernent d’ailleurs l’année 2006, en volume.
      Et comme il cite FAOstats, je suis allé voir le site en question.
      Pour 2008, dernière année, l’auteur de l’article a tort, j’ai tort et … tu as toujours raison, pour les données en volume (1er) :
      http://faostat.fao.org/site/342/default.aspx
      Mais les chiffres cités pour 2006 son vrai (4ème rang) … mais anciens.
      🙂
      De toute façon, l’Egypte, depuis 2005, occupe un des 4 premiers rang d’importateur au monde de blé.

      Sinon, pour tes chiffres pour la campagne française …
      Ils rejoignent ceux que j’ai donné sur les demandes d’import de l’Algérie en janvier 2011 (représentant 50% des besoins annuels), couverts … à 2/3 par la France.

    1. @Jean Baba:

      Pour JA ( Attali , pas Alexandre Julien ) , je ne suis pas sur qu’il assimile le monde , qu’il vacille ou pas , à autre chose qu’un système financier , même si les talents qu’il s’octroie pour la conduite musicale pourraienit laisser espèrer le contraire . Il est même capable de mettre les femmes en équations .

      L’agriculture n’a jamais attiré beaucoup de polytechniciens , et à part Pisani , pas beaucoup de ministres capables de voir et penser loin et porteur de sens .

    2. oui, n’est-ce pas lui,J.Attali, sauf erreur de ma part, qui parle de » trans-humains », avec la délectation d’un qui a, forcément, raison …
      il a un grand désir techniciste sur tous les domaines, y compris, et c’est plus grave, les domaines de la santé, et de l’éducation …
      [Or,si la technologie aide ( bonheur de conférences sur tous les sujets, avec d’autres regards culturels, en libre accès sur le net ), elle ne saurait tout régler, se substituer à, faire système
      autocratique voire totalitaire …]
      et le monde doit donc plier à ses désirs, et, ou, ses obsessions …
      transhumance, oui, de « cheptel » paupérisé et soumis au desiderata d’une poignée .

      c’est un de ceux qui sait le mieux adapter son discours au public devant lequel il parle.
      et, il n’est pas fondamentalement antipathique, contrairement à d’autres.On peut même l’écouter parfois avec plaisir …

      il se pourrait même qu’il soit sincère.

    3. @ M
      « il se pourrait même qu’il soit sincère »
      Allez Jaques Attali, enlève ton pseudo, on t’a reconnu!
      (Décidément, je démasque tout le monde, moi, trop fort!)

    4. Allez Jaques Attali, enlève ton pseudo, on t’a reconnu!

      !!!

      Vous allez lui faire avoir un infarctus au pôv cher homme !

  13. Merci Zébu pour toutes ces infos et pistes de réfléxion.

    Bien sûr les détenteurs du capital et leurs Etats savaient
    et soutiennent sciemment, aussi longtemps que possible, les dictatures.

    Comme ils l’ont fait autrefois en Europe, et le feront de nouveau dans quelques années,
    si une révolution européenne ne substitue pas la démocratie à l’actuelle dictature du capital.

    En attendant, compléments d’infos éco et politique dans quelques sites ici:
    http://www.afriquesenlutte.org/afrique-du-nord/
    http://www.cadtm.org/Francais
    http://www.europe-solidaire.org/

  14. Dur dur pour nos élites de gérer une situation pareille qu’est la période actuelle, je ne donnerais pas cher leur place

    1. Il semble qu’il y ait un doute sur le début de l’évènement qui ne figure pas sur le document…
      Gendarmes rarement violents envers le 3° âge.
      En Piotr :
      GRVE3A

    2. @Tartar :

      Indépendamment de la vidéo , l’affaire a fait du bruit dans la région et pas mal d’élus ont déjà protesté avnt même la vidéo .

      Pour ma part je n’avais jamais vu un commandant de gendarmerie s’abaisser à ce niveau .

      J’ai beaucoup d’amis dans la gendarmerie . Je suis triste avec eux . La gendarmerie ne mérite pas ça .

    3. plutôt minable …
      S’ils croient que c’est comme cela qu’on peut intimider les Cévennols !!

      tiens, la carte de la zone incriminée/ Camisards, recouvre presque la dévastation prévue par les multinationales, pour les prélévements des gaz de schistes ( dont Halliburton, chère à Dick Chesney ( l' »humaniste » bushien ou busher )
      http://www.camisards.net/guerrecami-fr.htm

      ce pouvoir sera renversé d’une façon ou d’une autre, et les lois votées au forcing, et absurdes, devront être bazardées …

    4. bonsoir,

      je connais bien la gendarmerie, 20ans de casernes vous pensez, au contraire ce geste est le fruit d’une logique sécuritaire qui a envahit la société dans son ensemble depuis 20ans: les contrôles ne sont plus à la douane, hélas diraient certains. il suffit d’aller faire ses courses ou d’assister à des représentations publiques pour observer le nombre impressionnant de vigiles déployés systématiquement que ce soit par les enseignes commerciales ou les villes. hors police. tous coupables hum?

      depuis 20ans sous l’influence des methodes de maintien de l’ordre anglo, entre autres, la hiérarchie a mis en avant ses éléments officiers les plus ultras, a développé des groupements d’interventions ‘musclés’ style swat, acheté des tenues (para)militaires pour ses agents de base, acheté des voitures puissantes faisant la concurrence avec les voyous, un bel aveux d’impuissance. parallèlement le ‘job’ n’a cessé de s’orienter vers ‘l’identification de suspects’ , le harcèlement par le contrôle (routier ou identité), la défense de l’ordre marchand et l’escorte des émissaires politiques dans leur mission, alors…

      comment s’étonner? c’est son boulot à ce type; montrer l’exemple. il a été sélectionné pour ça, c’est un fait.

  15. Merci pour cet excellent billet.

    « …et étant donné leur grande dépendance aux formes toujours existantes du modèle‘d’exploitation, on voit mal comment ces pays pourront d’eux-mêmes sortir de la nasse dans laquelle leurs anciens régimes les ont jeté … »
    Peut-être regarder du côté de l’Amérique Latine (Venezuela, Bolivie…),
    depuis l’arrivée au pouvoir de Chavez :
    extraits :
    « …Santé.

    11. Création d’un nouveau Service National de Santé (Misión Barrio Adentro) (Mission Banlieue Profonde )
    12. Ouverture d’Hôpitaux pourvus de couveuses et d’équipements de pointe.
    13. Construction du Centre de Cardiologie Infantile.
    14. Des milliers de personnes ont retrouvé la vue (Mision Milagro)
    15. Baisse de la mortalité infantile de 27 %.
    16. Augmentation de l’espérance de vie à 73,18 ans.
    17. Construction de la première Clinique Populaire Indigène à Apure et réseau de 10 dispensaires pour les populations indigènes.

    Femmes

    18. Création de INAMUJER, l’Institut National de la Femme.
    19. Création du programme Simoncito (prise en charge médicale des futures mères avant l’accouchement).
    20. Allongement de la période d’allaitement maternel, ce qui oblige les employeurs à accorder plus de semaines de congé de maternité aux femmes salariées et mères.
    21. Aides à 200.000 mères qui connaissent des difficultés économiques (mission Madres del Barrio) (Mères des banlieues).

    Éducation

    22. L’Université Bolivarienne est présente dans la totalité des États du Venezuela (plus de 800 techniciens supérieurs diplômés) et création d’une Université du Sport à Cojedes
    23. Accès aux études du second cycle du baccalauréat pour des milliers de jeunes. Plus de 200.000 bacheliers diplômés (Mision Ribas).
    24. Alphabétisation de plus de 1.500.000 personnes, ce qui a conduit l’UNESCO à déclarer le pays libéré de l’analphabétisme.
    25. Modernisation de plus de 100.000 centres d’éducation.
    26. Création de 58.236 nouvelles écoles primaires.
    27. Création de 255 collèges techniques où étudient 203.000 élèves. Le but fixé est de parvenir à 500 collèges techniques pour 500.000 élèves.
    28. Édition de plus de 50 millions de livres distribués gratuitement pour élever le niveau culturel du pays.
    29. Dotation aux bibliothèques publiques du pays.
    30. Création de plus de 6.000 écoles bolivariennes et de 75.000 bibliothèques de salle de cours.
    31. Paiement de tous les arriérés de salaire dûs aux instituteurs et hausse substantielle des traitements.
    32. Suppression des frais d’inscription pour intégrer les collèges publics.

    Pauvreté, travail et habitat

    33. Baisse du taux de grande pauvreté de 80 à 30 pour cent (1998 – 2007)
    34. Prise en charge de centaines d’enfants des rues et de SDF (Mision Negra Hipólita).
    35. Réseau de Maisons d’Alimentation pour personnes en grande difficulté.
    36. Déclaration « d’inamovibilité du travailleur »f pour empêcher les suppressions de postes de travail par les employeurs.
    37. Programmes de construction d’immeubles neufs destinés au logement sur des terrains à bâtir non occupés ou en remplacement de logements précaires.
    38. Prestations comprises, le salaire mensuel minimum du travailleur vénézuélien s’élève à 638 dollars (8.000 pesos mexicains)…. »

    1. Oui.
      Mais Cuba avait obtenu d’aussi bons résultats avant le blocus américain, aussi.
      D’ailleurs, la densité de médecins est encore la plus élevée au monde.

    2. D’après le film -qui pouvait paraitre exagéré !- Sicko, de Michael Moore, les américains US paupérisés allaient déjà se faire soigner gratis pro deo, à Cuba …là, vont pas pouvoir « fournir » , les médecins cubains…

  16. Alors c’est vrai que c bien envoyé tout ça.

    @ zebu
    Il y a un petit truc qui me chiffone
    Vous semblez considérés que les prix sont vraiemment trop hauts en ce moment. Voilà une réponse que j’ai faite dernièrement à un internaute qui regretait que les prix soient trop hauts et incriminait les paysans du nord :.

    «  » »On pense souvent, que les aliments de base, chers, c’est à 100% mauvais pour les pays pauvres parce qu’ils en importent. Mais le paradoxe, c’est que ce sont des pays qui sont agraires à plus de moitié. Les céréales qui viennent du nord concurrencent les paysans du sud, les empechent de vivre correctement de leur travail, les poussent vers des productions de vente( dixit Jean avec le coton), amplifient l’exode rural, gonflent les bidonvilles.
    Des ONG comme OXFAM l’ont assez dénoncé.

    En somme si les prix (trop) hauts provoquent des émeutes de la faim c en grande partie que les salaires sont anormalement bas dans ces pays, car ils correspondent à des couts alimentaires anormalement bas.

    Qui peut produire du blé à 100E/t (ou équivalent nutritif) sans perdre de l’argent? Les pays du sud? Non. Les pays du nord? Pas sans subventions! Memes les mieux placés(argentine russie brésil…)n’y arriveront plus. Ce prix de 100E/t est une abération. C’est le résultat de la PAC 1992 et de la politiqueamericaine de la meme époque: des subventions pour faire chuter les cours, certes dans un contexte à l’époque de surproduction. Au final, un dumping planétaire, dont les gagnants ( et les commanditaires) ont été l’industrie alimentaire et les intermédiaires. Les plus grands perdants ont été les paysans du tiers-monde. » » »

    Certes, le cas de l’égypte est à part, vue sa faible surface agricole disponible. L’agriculture occupe tout de meme 32% de la pop active !(selon wiki). mais surtout « les salaires sont anormalement bas dans ces pays, car ils correspondent à des couts alimentaires anormalement bas »

    Et le pire, c’est que ce fait va dans votre sens! Les prix trés bas en matière d’alimentation, permettent des salaires trés bas, rendant les IDE dont vous nous parlez encore plus profitables. Et la boucle est bouclée.

    1. Cela dit , on est d’accord, les prix sont trop hauts en ce moment
      En plus, du fait de l’instabilté, les hausses sont bien trop brutales. Du coup ce sont les spéculateurs les plus mâlins qui se servent sur la bête.

      Quant à l’origine de la montée des prix, Mr olivier de Shuiter a grandement raison; mais il ne faut pas négliger la conjoncture réelle, notamment comme cause, pas forcément de la hausse, mais de l’ instabilité des marchés. C’est pourquoi un réseau mondial de stocks publics bien géré et digne de ce nom serait aussi le bienvenu,certains commentaires ont été dans ce sens, récemment dans ce blog.

    2. Je n’ai pas pu parler non plus des ‘nouveaux’ IDE (billet déjà trop long). Mais dans ce que j’ai pu en lire, la hiérarchie en importance dans les IDE est déjà modifié, avec l’arrivée de ‘nouveaux’ étrangers, la Chine, of course.
      Ceux investissent tout azimut mais investissent aussi dans le foncier, notamment les terres cultivables, que ce soit en achat ou le plus souvent en location.
      On parle le plus souvent ‘d’extension de souveraineté alimentaire’ pour le plus grand pays du monde.
      Je ne sais pas si, in fine, ces productions ne servent pas, aussi, à la spéculation, plutôt qu’à être exportées en Chine …

    3. Ah! l’achat de foncier par des pays étrangers ou des multinationales…ça par contre, c’est pas une bonne npuvelle.
      Beaucoup de tensions à venir…

    4. l’achat de foncier par des pays étrangers ou des multinationales…

      Accaparement des terres :
      … »L’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (Ifpri) de Washington estime qu’au cours des deux dernières années 20 millions d’hectares de terres, la plupart en Afrique (8), ont été vendus ou loués pour des périodes allant de trente à cent ans dans au moins trente pays. L’organisation non gouvernementale Grain, qui tente de recenser ces transactions, souligne que celles-ci sont le plus souvent si opaques et si rapides qu’il est difficile d’en établir le compte exact (9).

      Certains contrats, conclus au plus haut niveau, sont arrachés en toute discrétion derrière des portes closes, souvent avec la complicité des chefs coutumiers. Bien que considérés comme les gardiens des terres, ces derniers se laisseraient souvent convaincre en échange d’un emploi faiblement rémunéré dans la plantation de l’investisseur…. »
      http://www.monde-diplomatique.fr/2010/01/BAXTER/18713

  17. Lu sur aufaitmaroc.com du 26 janvier : Le parlement du Koweit approuve une donation de 5 milliards de dollars à la population. Cela reprèsente une somme de 3580 dollars par personne. En plus, il y aura gratuité des denrées alimentaires de première nécessité jusqu’au 31 mars 2012.
    ‘Faudrait pas que cela vous donne des idées ! Nous n’avons pas de pétrole …

    Mais une question : est-ce qu’une population, cela s’achète ?

    1. Dans le Golfe il y a deux populations: les « natifs », qu’on engraisse (tout en ne leur laissant pas l’accès aux bon hôpitaux ou écoles, ce qui reste un privilège réservé aux nombreux princes et à l’élite), et les esclaves (Inde, Bengladesh, Philippines pour la voirie, Liban, Egypte, etc. pour les le marketing et l’ingénierie, etc….). Ces derniers n’ont pas le droit au chapitre. Interdiction de causer politique, et de toute façon, pas de revendications car se considérant comme « étranger ». Même leur permis de séjour dépend entièrement de leur employeur.
      C’est la même méthode qu’on applique de plus en plus aux US et en Europe avec les étudiants étrangers, moins revendicatifs, et la main d’oeuvre, moins douée de conscience politique.

    2. « est-ce qu’une population, cela s’achète ? »

      Affirmatif. Depuis le panem et circences des Romains jusqu’à la social-démocratie européenne, ça marche assez bien.

    3. Sur l’idée des « peuples achetés par la social-démocratie », je conseille la lecture de « L’invention du social », de Jacques Donzelot (Points, essais, n° 287). On y trouve notamment le passage suivant, intéressant. « Résumé en une formule, le bénéfice de cette invention de la solidarité pour les fondateurs de la 3ème republique revient donc à ceci que le recours de à la notion de solidarité permet de substituer, à l’exigence de souveraineté, le croyance dans le progrés ». Plus loin :  » avec la souveraineté, on fait des révolutions, pas une société ».

      Bien sûr, on sait ce qui advenu de la 3ème république. Mais sa vision a perduré. La démocratie qu’on nous vend tous les jours, c’est celle qui est soi-disant basée sur la solidarité. Vivant en Belgique, je le comprends fort bien à l’heure où les politiques francophones, pitres pathétiques, viennent tous les jours rappeler à la télévision et dans les journaux qu’il faut « sauver le modèle social belge, la solidarité entre tous les Belges,… ». Sur la Nation ? Rien… Sur le Peuple souverain ? Rien non, plus. Tout çà, c’est bon pour l’Egypte, la Tunisie. Nous, on veut sauvegarder cette croyance dans le « progrés social. » A tout jamais, pour bien faire… Quand on n’y croira plus, ce sera la fin de la Belgique… puis de l’Europe… puis de l’occident. Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Certains l’ont bien compris : regarder les nationalistes flamands qui veulent « détricoter la sécurité sociale ». Que font-ils ? Pour faire éclater la Belgique, ils « désinventent le social » ! Pardi…

  18. quels sont ces fameux outils dont nous disposons ?
    je ne suis pas certain qu’il y en ai tant que ça.
    Pour ma part, j’ai retiré mon épargne des banques afin qu’elles cessent de spéculer avec ! (je garde un compte courant et paye tout en liquide ou presque).
    La tête du banquier quand je lui ai annoncé la nouvelle m’a confirmé que j’avais tappé la ou ca fait mal.
    Pour quelques malheureux pourcents d’intérêts soit disant pour me protéger de l’inflation je dois être complice du malheur de peuples entiers ? non merci !

    1. De toutes façon, toutes les personnes (sauf une) qui m’ont parlé de leurs placements m’ont dit que ça ne rapportait rien, et que la banque leur vend des produit pourris ! Vous ne perdez donc rien.

      L’exception étant une amie qui place sur ING, et qui pense avoir gagné énormément sur des SICAV, mais, elle n’as pas encore son argent. Elle voit des chiffres sur l’internet pour le moment.

      Beaucoup d’autres ont perdu…

  19. Un garçon de 22 ans, du quartier de Sayyida Zeinab (quartier pauvre du Caire), raconte qu’il a été payé 50 livres (dans les 8 euros) pour se joindre au cortège de gens du parti. Ils étaient 15 autres comme lui. On leur a dit qu’il s’agissait d’aller manifester contre le fait que Baradei voulait se présenter aux élections présidentielles.
    http://www.youtube.com/watch?v=WdpQD_JD2g0&feature=youtu.be

    Et un article sur les tactiques adoptées par Mubarak:
    http://www.bbc.co.uk/news/world-middle-east-12356064

    1. @Jeanne: « On leur a dit qu’il s’agissait d’aller manifester contre le fait que Baradei voulait se présenter aux élections présidentielles. »

      Ce jeune homme est une crapule et un menteur, il savait pertinemment pourquoi il était payé.
      Le lumpenproletariat et la pègre a toujours servi pour casser les grèves de sale manière. Main dans la main avec les flics (et les deux pour la même raison: le pognon). Lire Marx à ce propos.

    2. A propos de Marx, quelqu’un qui est rarement cité sur ce blog c’est bien T. Negri. trop marxiste pour certains. Mais dans le livre co-écrit avec Michael Hardt, il me semble qu’ils avaient bien posé les données du problème. Qu’en pensez-vous ?

    3. @Moi

      Exact; la pègre est toujours d’une extrême utilité pour les pouvoirs vérolés ou chancelants. Et pas qu’aux USA, dans les pays en guerre ou dans les diverses autocraties ou oligarchies « officielles » du nord ou du sud, d’hier ou d’aujourd’hui. En France, au XXè on a fait fort aussi…
      Wikipédia, French Connection :

      Durant la 2éme Guerre Mondiale, le gouvernement de Vichy continuait à tirer une partie importante de son budget du commerce de l’opium indochinois. De 7,5 tonnes en 1940, il passera à plus de 60 tonnes en 1944.

      . En 1970, le trafic de la French Connection était estimé entre 40 et 44 tonnes par an, soit 90% de la consommation d’héroïne américaine.

      Et les salaires mirobolants des grutiers sur le port de Marseille aujourd’hui, comme la grève dure menée par la CGT dockers qu’on y observe actuellement, une des racines principales – au delà des problématiques actuelles liées au fonctionnement « en miroir » du patronat avec certains syndicats en situation de monopole ou d’entreprises telles que CMA CGM – ne serait elle pas à chercher du coté des grèves et des évènements très lourds dans les ports français survenus en 1950, grèves et évènements partis du port de Marseille, puis « stoppés » à partir du port de Marseille ?

      (Wiki toujours) :

      Années 1950 : Expansion du trafic[modifier]

      Après la Seconde Guerre mondiale, le milieu corse, ainsi que la mafia sicilienne et napolitaine, collaboraient avec les services secrets américains comme la CIA et le SDECE. Cette collaboration avait pour but de préserver le port de Marseille de l’emprise des communistes[1],[2].

      Les dockers du port de Marseille refusaient de charger les armes pour le combat de l’armée française en Indochine. En représailles, les autorités du port décidèrent de licencier 800 dockers du port de Marseille. Par solidarité, les syndicats, dont la CGT et les 4000 dockers se mirent en gréve. Ce fut la fameuse gréve de 1950, qui débuta le 10 mars. Deux semaines plus tard, l’ensemble des ports français fut bloqué. Le gouvernement français, la CIA, les Guérini et Lucky Luciano avaient un intérêt commun à faire stopper cette gréve communiste. Pour cela, les autorités libérèrent des criminels de prison pour briser la gréve. C’étaient des sbires des clans Guérini, Franscisi et Venturi payés par Irving Brown. Au bout de 40 jours, le « Milieu » gagna le port. Les politiques, reconnaissants, laissèrent faire les trafics en tout genre. Luciano s’associa avec les clans corso-marseillais pour reprendre le trafic d’héroïne. Ses équipes transportaient la morphine-base d’Indochine puis de Turquie jusqu’à Marseille. La transformation était opérée dans des laboratoires clandestins à Marseille et dans ses alentours. L’héroïne marseillaise était réputée pour sa grande qualité, pure à près de 98% (contre 60% à 70% pour les autres productions de l’époque)[1]. Les chimistes du Milieu marseillais, notamment Jo Césari et Henri Malvezzi, étaient particulièrement recherchés.

    4. Précision : en 1950, le Président du Conseil c’était Georges Bidault, co-fondateur du MRP gaulliste, successeur de Jean Moulin comme président (éphémère) du CNR, il fut aussi avec Soustelle, , Antoine Argoud et Pierre Sergent le co-fondateur en 1962 du deuxième Conseil National de la Résistance visant à défendre l’Algérie française, et membre de l’OAS…

      Il quitte la France en 1963 comme réfugié politique. Menant une vie clandestine, et apprenant l’enlèvement du colonel Antoine Argoud à Munich par des hommes des services spéciaux français, Georges Bidault publie un article virulent et est immédiatement expulsé d’Allemagne vers le Portugal qui à son tour l’expulse vers le Brésil, où il passera plus de quatre ans avec son épouse Suzanne. De retour en Belgique en 1967 avant de rentrer en France en juin 1968. Il crée alors le mouvement Justice et Liberté, qui sera l’une des composantes d’Ordre Nouveau à sa création mais s’en écartera rapidement.

      (WikI)

      Aaah la galaxie « gaulliste » ! c’est pas d’aujourd’hui qu’elle est, … comment dire… plurielle.

    5. Merci Cécile, je ne connaissais pas Paul Carpita ni son film « Rendez-vous des quais », ni son interview avec Mermet.
      La lettre du ministère de l’industrie et du commerce de 1955 décrétant la censure de son film est assez croquignollesque. Surtout quant on sait que le ministre en poste sous le gouvernement Edgar Faure 2 n’était autre qu’André Morice, maire de Nantes de 1965 à 1977, qui fut quelque peu gêné aux entournures – mais pas plus – durant sa carrière par la très rémunératrice participation de son entreprise du bâtiment nantaise à la construction du mur de l’atlantique de l’organisation Todt, dirigée à partir de 1942 par le Kolossal Albert Speer…
      Et il fut aussi, avec l’ami Bideault et le pote Soustelle en avril 1956 de l’équipe fondatrice de l’Union pour le salut et le renouveau de l’Algérie française, mais lui n’ira pas jusqu’à se mouiller avec l’OAS..
      1954, Terry Malloy / Brando, Kazan, Sur les quais

      A propos du mur de l’Atlantique – gros comme une maison et silencieux comme 8 mètres d’épaisseur de béton pré-contraint – je signale à ceux que ça intéresse le bouquin référence de Jérôme Prieur ainsi que son docu diffusé sur France 2 en novembre dernier…

    6. @vigneron: d’ailleurs, j’ai lu un bouquin autrefois qui comparait le fonctionnement de la pègre organisée avec celui du capitalisme. En essence, l’auteur démontrait de manière convaincante que c’est idem (monopoles, cartels, élimination de la concurrence, etc). Je ne me souviens malheureusement plus de l’auteur ou du titre et il ne venait pas de ma bibliothèque perso.

    7. Sur la question de la pègre et du » lumpen » les anarchistes sont d’un avis très différents et à mon avis plus proche de la réalité humaine . La séparation entre les ouvriers et le soit disant lumpen est une chose très difficile à définir et revient souvent à dresser le prolétaires les uns contre les autres ou d’établir une hiérarchie chez les pauvres une vieille tentation bourgeoise qui a fait des ravages . Chez Marx le mépris du lumpen côtoie aussi celui du paysan capitaliste. souvent même celui du pauvre des pays colonisé par la Sainte Angleterre
      Le prolétariat des pays riches a souvent méprisé le prolétariat des pays pauvres où le lumpen est souvent la condition de la majorité de la population pauvre . Le mépris de l’islamiste en est l’actualisation .
      Il en est de la pègre comme du restant de la société, il y a des prolétaires et des bourgeois. Il y a la pègre des casseurs et celle des proxénètes qui se méprisent . Le fait que la police en certaines circonstances recrute dans la pègre ne doit pas cacher que la police a des origines bien plus respectable. Le policier est un travailleur comme un autre. .
      Le mépris du lumpen-prolétariat est souvent en fait le mépris de l’exclut ou du chomeur ( mépris qui va jusqu’au gitan ) ou du prisonnier comme on l’a vu à la panique médiatique lorsque les prisonniers se sont libérés en Égypte et en Tunisie.
      Il est très dangereux à une époque ou un noir américain sur deux connait ou connaitra la prison de désigner sans discernement la pègre comme ennemie. Le mépris du lumpen a aussi comme pendant les théories sur l’existence d’une « aristocratie » ouvrière et donc sur la fondation non plus de eux classes antagonistes mais de divisions ad libitum et ad nauseum de cette partie de la population que Jorion désigne comme ne opposition au phynacier et à l’entrepreneur…

    8. Errata….. chez Marx le mépris du lumpen côtoie celui du » paysan capitaliste »; vous aurez compris qu’il s’agit plus simplement du paysan tout court

    9. @k abouli: « la police a des origines bien plus respectable. Le policier est un travailleur comme un autre. »

      C’est là le point de vue anarchiste? Avec la défense de la pègre et des flics, c’est un anarchisme étonnant et mal connu que vous nous dépeignez là. 🙂

      « Le mépris du lumpen-prolétariat est souvent en fait le mépris de l’exclut ou du chomeur ( mépris qui va jusqu’au gitan ) ou du prisonnier »

      Rien à voir. Ne mélangeons pas tout. Un exclus, un prisonnier ou un chômeur ne fait pas nécessairement partie du lumpen proletariat. Ne parlons même pas des gitans qui ont leurs règles et leurs coutumes (qu’elles plaisent ou pas) et les défendent.
      Ce qui distingue le proletariat du lumpen proletariat, ce n’est pas le revenu, c’est la structure des valeurs. Le lumpen proletariat n’en a pas (l’avidité n’est pas une valeur). La pègre non plus, malgré les films nous montrant des truands ayant des valeurs qui seraient sensées se perdre dans le milieu. On comprend bien que sinon il n’y aurait aucune sympathie vis-à-vis des « héros » de ces films mais en réalité, les truands avec des valeurs sont rares et l’ont toujours été. Ils ressemblent plus à Scarface qu’au Parrain (je parle du film, dans la réalité les parrains ne sont pas aussi dignes).

    10. @k abouli: « la police a des origines bien plus respectable. Le policier est un travailleur comme un autre. C’est là le point de vue anarchiste? Avec la défense de la pègre et des flics, c’est un anarchisme étonnant et mal connu que vous nous dépeignez là.»

      Non! c’est une vieille blague situationniste qu’il est certainement facile de trouver sur internet. Les anciens anarchistes pouvaient se permettre de mépriser la police, ils n’allaient pas voter. Mais quand on vote il est plus difficile d’adopter la même attitude qui dans ce cas n’est qu’une pose.
      Marx est l’inventeur du concept indéfinissable de « lumpen prolétariat » indéfinissable englobant selon les époques vagabonds , prostitués tous les gens sans travail cette théorie tient plus du phantasme que de la réalité car jamais il n’a existé de démarcation nette entre ceux qui ont du travail et ceux qui n’en ont pas et tentent de survivre par différents moyen allant du vol ou les différents trafics illicites.
      Un livre comme celui de Louis Chevalier – classes laborieuses , classes dangereuses – est tout a fait clair à ce sujet le prolétariat en se constituant – et il se constitue plus que jamais – ne le fait pas d’une manière homogène . La classe ouvrière n’est pas un milieu stable et cette instabilité produit la pègre comme son double sans démarcation possible.
      Cette théorie policière marxiste a soulevé l’indignation non seulement des anarchistes mais aussi des surréalistes et plus près de nous des situationnistes ou de Foucault qui voyaient plutôt dans le « lumpen » prolétariat et son mode de vie un réservoir d’énergie subversive et un remède au conformisme de la vie ouvrière traditionnelle. Le monde de la pègre et de l’exclusion est aussi le terreau des grandes musiques populaires comme le blues et le jazz , le flamenco , le tango . Ce milieu est chantés par des poêtes comme Jean Genet ou Georges Brassens , Rimbaud ou Verlaine . Les bandits d’honneur existent toujours et malgré votre réalisme un peu désabusé on peut citer Mesrine ou Bauer..Les affaire capitalistes font certainement appel au milieu, mais le milieu n’est pas tout le « lumpen »simplement qu’une petite partie de cet iceberg. Si les exclut et les prisonniers ne font pas de la classe ouvrière et ni du du « lumpen » de quoi donc font-ils parti ?..le milieu fonctionne comme une entreprise vous semble révélateur….. et les syndicats ou les partis comment fonctionnent-ils et pourquoi ne leur appliquez vous pas les mêmes critères ?…

      A notre époque la détestation marxiste des exclus pauvres du salariat est le cheval de bataille d’un Zemmour ou surtout d’un Michéa, nostalgique d’un communisme idéalisé des années soixante et ennemi déclaré du jeune « lumpen prolétariat » contemporain produit par la mondialisation dans les banlieues françaises. On peut ajouter que le « lumpen » prolétariat est en fait quasi majoritaire dans le monde ou la destruction des structures sociales traditionnelles par le libéralisme a crée un prolétariat mondial instable comme on peut le voir en Egypte ces derniers temps.

      Un garçon de 22 ans, du quartier de Sayyida Zeinab (quartier pauvre du Caire), raconte qu’il a été payé 50 livres (dans les 8 euros) pour se joindre au cortège de gens du parti. Ils étaient 15 autres comme lui

      Depuis quand paye-t-on ce genre d’individu sans foi ni loi…. d’avance ?…généralement on les paye une fois leur forfait exécuté ?..je ne nie pas la manipulation policière, mais ce fait singulier me semble plus une rumeur qu’une réalité. Les anti-moubarakistes affirment de leur côté qu’on les pensent eux mêmes payés par les américains.

  20. La tectonique des Peuples…

    Voici une image et une expression qui me semble bien illustrer se qui se passe en accéléré. Je pense à la fin du régime de Ceauşescu, à chute du mur due Berlin, et forcément aux évènements de la Tunisie et de l’Égypte.

    Il est difficile d’identifier cette masse d’Hommes qui compose un peuple, et que certaines personnes ou certains groupes ont pensé pouvoir contrôler ou manipuler pour servir leurs intérêts propre sans garantir le bien commun.

    Comme les plaques tectoniques, les peuples accumulent des tentions, et si le fonctionnement de la démocratie ne permet plus de les libérer par les changements de régimes ou des politiques, alors, passé les limites du tolérable, la tension se libère et le peuple se lève comme un seul Homme pour prendre en main son destin souverain.

    Espérons que nous allons rentrer dans une nouvelle période des lumières et quitter enfin cette ère de l’assombrissement dans lequel le Capitalisme nous menais, pour progresser de nouveau.

    Camarades levons nous ! L’histoire nous attend…

    1. « La tectonique des Peuples… »

      Y a rien à redire, ils sont forts quand-même pour manipuler le sentiment lyrique et démocratique des moutons.

      Redescendez sur terre. Le Grand Soir est encore loin. Les évènements en Egypte (et en Tunisie aussi) ont été provoqués par Washington (voir mes liens en haut de page).

    2. @Silver,

      Les évènements en Egypte (et en Tunisie aussi) ont été provoqués par Washington (voir mes liens en haut de page).

      Non, vos « liens » ne permettent absolument pas de conclure que Washington a provoqué ces évènements. Soit vous avez du mal à comprendre l’Anglais, soit ce sont vos à priori qui faussent votre raisonnement.

    3. Les manipulations de l’Empire US sont probables mais n’enlève pas aux peuples cette capacité à réagir une fois les limites du tolérable dépassées. La hausse du prix des aliments de base est une étincelle d’une force innouie.
      La tectonique des peuples est une image qui me semble bien représenter ce coté imprévisible à court terme, mais assuré à long terme, de la réaction des peuples.

    4. @Emmanuel Haydont

      Avez-vous entendu des égyptiens qui protestaient contre la montée du prix des aliments de base et qui réclamaient le départ de Moubarak sous ce prétexte ?

      Moi non.

  21. Merci Zébu!

    J’émet cependant une réserve sur ce que nos mass médias désignent comme une révolution au Maghreb: il se pourrait bien qu’une alternance démocratique telle que nous la connaissons, c’est à dire le meilleur moyen de pérenniser notre modèle économique inique, vienne se substituer au régime certes déplorable qui régnait jusque là, mais en vidant le concept même de révolution de son essence.

    Ces pauvres hères se battent pour le minimum du minimum. Ce n’est pas une révolution. L’habeas corpus c’est 1679, merde, ça fait un bail…

    Les outils? Nous en avons plein les mains:

    -Internet

    -Vol/don/partage : ces tabous capitalistes , ces fléaux des mécanismes de formation des prix (la propriété c’est le vol!!!)

    -SMT ; un petit bonsoir à Johannes Finckh! Vers un bancor à la sauce gésellienne?

    -Le revenu de base inconditionnel

    -L’auto-construction, les AMAPs, le soft bankrun -bonsoir Yoananda-, tout ce qui nous soustrait aux rouages de la machine capitaliste et nous permet de nous rencontrer et de nous organiser, comme cet excellent blog!

    1. Bonjour,
      L’expression « ces pauvres hères » me choque à tous égards. J’y vois la profonde méconnaissance, par certains milieux, progressistes en principe, du monde tel qu’il est, des êtres tels qu’ils sont.
      Ce ne sont pas des « pauvres hères » qui luttent en ce moment pour changer leur vie. Déjà leur courage aurait du empêcher ce terme de venir sous vos doigts. De plus les manifestants sont issus de tous les milieux, et on sait (cf papier d’Emmanuel Todd dans Libé) que les Tunisiens sont la population du Maghreb la plus alphabétisée et éduquée, avec le moins d’enfants par femme. C’est un peu différent pour l’Egypte, mais Omar Ouahmane nous disait encore le 4 au journal de midi et demie sur France Culture que les manifestants de la « journée du départ »comprenaient un bonne part de diplômés. Mais cela m’intéresserait de savoir si vous pensiez réellement ce que vous écriviez en utilisant cette expression toute faite et datée, et sinon, pourquoi vous n’avez pas cherché des mots plus justes pour désigner ces personnes diverses, pleines de courage, d’énergie, de lucidité et d’intelligence politique . D’autre part je suis d’accord que toute pratique modifiant peu à peu notre mode de vie est bonne à prendre, mais il me semble nécessaire de penser en même temps une véritable subversion politique et économique.
      Je crois aussi que cette subversion devra être rassembleuse, aussi je n’aime pas non plus les anathèmes et impatiences qui se manifestent parfois avec hargne entre présumés révolutionnaires ! Qui a dit que « La patience est une vertu révolutionnaire ? »

  22. Egypte: Bain de sang. Appel pour annoncer ce soir le gel des comptes bancaires de ce régime. http://crisdegypte.blogs.liberation.fr/cairote/2011/02/egyp.html

    en attendant les manœuvres en coulisse;
    le compte bancaire de la chaîne iranienne Press TV est gelé. (…) « Un porte-parole de la banque a refusé d’expliquer au journal la motivation de cette fermeture. Le conseiller juridique de Press TV, Matthew Richardson, a également indiqué que la banque avait refusé de s’expliquer sur le gel du compte. « Ils ne donnent aucune raison [pour expliquer] pourquoi ils ont fait cela », a-t-il déclaré au Times. (…)
    Moubarak joue ses pions, ou plutôt on les joue à sa place: la justice égyptienne a gelé les comptes bancaires et interdit de voyages plusieurs ex-ministres du gouvernement, dont Habid el Adli, ministre de l’Intérieur honni en raison des agissements des forces de police, rapporte jeudi l’agence officielle de presse Mena. (source Fr2)

    Le FMI veut attendre avant de proposer son aide à l’Egypte.
    Le Pentagone indique qu’il ne cessera pas ses livraisons d’armes à l’Egypte dans les prochains mois. L’administration Obama dit vouloir réexaminer l’aide économique et militaire qu’elle apporte au régime du président Hosni Moubarak mais y mettre un terme n’est pas d’actualité
    Obama dit prier pour « des jours meilleurs » en Egypte.
    « appel à la transition de cinq chefs d’états européens. Le « processus de transition » en Egypte « doit commencer dès maintenant » car « seule une transition rapide et ordonnée vers un gouvernement à représentation élargie permettra de surmonter les défis auxquels l’Egypte doit faire face aujourd’hui », ont affirmé dans une déclaration commune Nicolas Sarkozy, Angela Merkel, David Cameron, Jose Luis Zapatero, et Silvio Berlusconi.

    parfois on aimerait tout débrancher
    Slowdive – Rutti
    http://www.youtube.com/watch?v=r2eujVjmIAA&feature=related

    1. une émission trés intéressante : ce jour « Là-bas si j’y suis » …puis sur là-bas.org
      Entretien avec Richard Labévière (ancien de RFI, « spécialiste »du Magreb et du Makrech)

      « Un jour le courage frappe à la porte de la peur et demande : « Qui est là ? »
      La peur répond : « La peur ». Le courage entre, et il n’y a personne.
      « 

  23. Un émule du style limpide de François Leclerc ?
    Merci.
    Il est toujours utile de montrer que le libéralisme
    impulsé par leur idéologie débile de simplisme NE marche PAS.
    Tous les pays qui « tombent » sont ceux cités en exemple
    par les idéologues, et félicités souvent juste avant la chute.

    Les FMI et OMC sont les maitres propagandistes de cette idéologie.
    En tant que français, je me souviendrai qu’ils sont dirigés par des français.

    On cite à raison la stratégie du Choc de Naomi Klein.
    Jean Ziegler a écrit un livre saisissant ( poignant ) sur les méfaits
    du FMI et de la BM en Afrique sub-saharienne.
    Stiglitz, de son côté, a montré furtivement que le FMI
    et la BM sont de simples extensions du Treasury US.
    L’unité idéologique est quasi totale.
    Pas une once de réflexion sur les conséquences humaines
    de leur théorie, aucune prise en compte de la réalité.
    Ce n’est pas nouveau, bien sûr.

    Dans quelques jours , une voix autorisée dira devant les morts
    que les pays en crise n’étaient pas allés assez loin pour libéraliser.

    Je fais une prière pour que les Tunisiens se rendent compte
    qu’ils sont au plus à la moitié ou au tiers du chemin vers
    leur libération; en étant conscient que mon courage
    est bien loin du leur.

  24. Merci Zébu pour ce billet très informé et de grande hauteur de vue, qui plus est parfaite illustration des idées phares du blog.

    Oui l’espoir est venu d’où nous l’attendions pas, d’Orient.
    Quand bien même pour toutes les raisons que vous invoquez rien n’est gagné dans le cas où la démocratie parviendrait à s’implanter dans ces pays, l’évènement est déjà considérable en soi car il met les discours des gouvernants et tenants du système occidentaux en porte-à-faux.
    On ne fera plus avaler si facilement les couleuvres du danger islamique qui ne servaient qu’à masquer la compromission des politiques et des multinationales avec les dictateurs.

    L’alibi qui nous faisait détourner les yeux ailleurs disparu les projecteurs vont pouvoir se tourner plus aisément sur les failles béantes du système, sur les connexions évidentes entre les problèmes qui existent là-bas et ceux que nous connaissons ici.
    Bref, c’est le niveau d’exigence démocratique dans nos pays qui se voit relevé d’un cran de même que, comme vous le dites très justement, les peuples en regard de ce qui fut fait de l’autre coté de la Méditerranée peuvent mesurer la puissance qu’ils représentent et dont ils n’avaient pas conscience. Et cela, c’est une excellente nouvelle. La chute des dictatures là-bas est un coin enfoncé dans de notre système qui d’une certaine manière en vivait.

    1. « La chute des dictatures là-bas est un coin enfoncé dans de notre système qui d’une certaine manière en vivait. »
      Oui. Et je serais tenté de dire ‘et vice et versa’, Pierre-Yves.
      La ‘périphérie’ est autant utile au centre du système (pensons aux centres d’appels téléphoniques, à l’informatique, à l’industrie textile, mais aussi aux exportations de blé de nos agriculteurs, nos IDE, etc.) que l’inverse : on voit bien que l’effondrement du coeur du système en 2008 a eu immédiatement un impact direct sur cette ‘périphérie’.
      Ce qui me fait dire que si l’on souhaite ‘aider’ les égyptiens, il nous faut être ‘égoïste’ : il nous faut penser à nous.
      🙂

    2. Ce qui me fait dire que si l’on souhaite ‘aider’ les égyptiens, il nous faut être ‘égoïste’ : il nous faut penser à nous.

      ce n’est pas être égoiste, c’est vouloir un autre monde plus généreux …
      et, il faut bien commencer par poser une brique ( sans jeux de mot) puis une autre, sur ce qui est à notre portée …la jonction se fera ensuite, et, ou, en même temps …

      la pyramide ( sans jeux de mot) s’effondre par la base …sans fondations, la maison s’écroule: ceux qui habitent dans des zones éthérées, au dessus des autres, vont donc choir de leur hauteur…
      les fondations capitalistiques sans limites ne reposant sur rien …une illusion …
      sortons des illusions, mais avec élan!

  25. Retour au site après impossibilité de s’y connecter il y a quelques minutes.
    D’autres se sont-ils trouvés dans la même situation ?
    Une explication ?
    Webmaster please.

    1. on lui fout la PAIX à mon pote svp.
      la précarité est des la naissance ,faut pas venir,prévenez les ..
      merci pour eux
      rego

  26. C’est interressant de bien sentir dans cet article la corélation entre hausse des prix agricoles, mouvements sociaux, et enfin hausse possible -et necessaire-des salaires.

    « Certain pays ont carrément augmenté le salaire minimum de… 240% (Nigéria) !  »

    20% de hausse de salaires minima en Chine, en 2010, du fait des mouvements de greve dont le détonateur a été cette histoire de suicides dans une usine. Et encore 20% cette année

    Au bangladesh l’année dernière les ouvriers ont lutté pour obtenir une hausse de 1660 takas à 3000 takas soit de 16 à30€/ mois(!) et l’ont obtenu, meme s’ils réclamaient plus ; ils se battent maintenant pour que soit partout appliqué cet accord. Il y eut des morts parmi les manifestants. Les ouvriers les moins chers du monde aussi en ont marre. http://dndf.org/?p=8443

    Plus près de nous la turquie a fait augmenté régulièrement son salaire minimal jusqu’à pres de 400€, du coup ce salaire minimal dépasse celui de tous les ex-pays de l’est de la CEE!(slovénie mise à part).Si ça continue ce sont des ressortissants de l’europe (de l’est), qui iront travaillé en turquie et pas l’inverse : le salaire minimal de la bulgarie voisine , le plus bas d’europe est à 122€, inchangé depuis l’année dernière!C’est donc peut etre déjà le cas!

    Et il y a plein d’autres exemples. Et ça continue

    Pour l’egypte aussi la solution passe par des hausses de salaire.D’ailleurs le mouvement actuel doit beaucoup au mouvement ouvrier.

    Vous rapelez vous ce qu’on nous disait avant la crise?
    « il faut faire comme les chinois », sous-entendu, trimer et surtout ne pas se plaindre, l’idéal aurait été des baisses de salaire pour mieux s’aligner…entendu dans la bouche de Serge Dassaut, par exemple.Alors? ils font comment les chinois?

    C’est beau… et c’est indispensable

    Voilà un thème qui mériterait un petit article…surtout que ça ne fait pas la une des grands médias.

    1. « C’est intéressant de bien sentir dans cet article la corrélation entre hausse des prix agricoles, mouvements sociaux, et enfin hausse possible -et nécessaire-des salaires. »
      Exact, Jeanbaba.
      Et dans le même temps, ce ne peut pas être une solution.
      Pour deux raisons, à mon sens :
      1/ parce que ces augmentations de salaires n’agissent pas sur les causes des problèmes, à savoir la spéculation et le fonctionnement même du système. Au mieux, c’est un pis aller que celui-ci ‘lâche’, comme soupape de sécurité.
      2/ parce qu’il est hors de question de raboter les marges, on augmentera les prix, ce qui produira de l’inflation, y compris importée chez nous.
      La seule possibilité, c’est d’agir à la source :
      – interdire la spéculation,
      – redéfinir la répartition de richesse.
      Et ça, il n’y a que nous qui puissions le faire.
      Car ceux qui augmentent (et qui peuvent le faire, le Nigéria a du pétrole) les salaires minimum ne pourront pas éternellement le faire, pour sans cesse pallier aux effets de la spéculation.
      Sisyphe.

    2. http://bercy.blog.lemonde.fr/2011/02/03/les-salaires-ont-connu-en-2010-la-plus-faible-hausse-depuis-dix-ans/

      Un très bon article, qui définit très bien la réalité française salariale.

      Kozy, notre ami élu pour 5 ans (mais c’est un mai pour la vie), s’est même enorgueilli récemment de na pas avoir donner de coup de pouce au SMIC … depuis 2007 :
      http://elysee.blog.lemonde.fr/2011/01/13/sarkozy-se-vante-davoir-refuse-tout-coup-de-pouce-au-smic-depuis-2007/#xtor=RSS-3208

      C’est ça, aussi, notre réalité, contre laquelle il faut se battre.

    3. .En réponse au 1/ : on est d’accord, mais je sens chez vous comme une suspiscion, du genre, « la hausse des salaires c’est de la poudre aux yeux! ». Vous n’espérez pas que les états bloquent les salaires rien que pour le plaisir de les voir précipiter « le grand soir » tout de meme! Ah non, dites moi que vous n’etes pas de ceux-là! Pas vous!
      Au contraire félicitons les pays qui n’ont pas attendu la crise alimentaire pour jouer le jeu de la hausse des salaires: j’ai parlé de la turquie, JIEL a parlé du venezuela plus haut (point 38),et il y en a d’autres.C’est formidable de pouvoir vivre dignement de son travail.

      En réponse au 2/ Je ne suis pas d’accord avec vous. L’infation n’est pas forcément au rendez-vous quand on monte les salaires, meme autoritairement(hausse du salaire minimal..)A condition de ne pas trop exagérer quand meme .On peut donc voir les marges baisser! …Mais ceci est un vaste sujet…

      « La seule possibilité, c’est d’agir à la source :
      – interdire la spéculation,
      – redéfinir la répartition de richesse »
      Justement, augmenter les salaires est un moyen incontournable de « – redéfinir la répartition de richesse », et trés prometteur dans les pays « à bas-cout ». En plus rien de tel pour augmenter les demandes intérieures (que viva Keynes!)C’est bon pour l’économie.

      Et si vous etes un inconditionnel de la « revolucione », n’ayez crainte, paraitrait qu’elle est inéluctable!

    4. @ Jeanbaba :
      Je m’excuse, j’ai du mal m’exprimer.
      « la hausse des salaires c’est de la poudre aux yeux! » : point du tout !! C’est un des modes d’actions nécessaire pour transformer le système
      Mais, comment dire …
      C’est juste que je pense que ce n’est pas ‘suffisant’ ou que ce ne sera jamais ‘assez’.
      Tant que le système ne sera pas modifié dans son ‘coeur’.
      Je pends un exemple. En discutant avec mon père des grèves de 68, je lui ai dis qu’ils avaient quand même réussi avec les accords de Grenelle à obtenir des hausses de salaires, très importantes ( de l’ordre de 11% je crois). Et c’est très bien, pour tous les salariés qui l’ont obtenu à cette époque, tant financièrement que symboliquement.
      Ce que m’a répondu mon père, en ajoutant immédiatement : mais ces augmentations ont été vite bouffées par l’inflation les années suivantes. Ou par la désindexation des salaires de l’inflation en 1983 (tiens … ?), soit 15 ans plus tard. Ou la libéralisation de l’économie dans les années 70 (même pas 10 ans plus tard puisque le décret de Giscard date de 1973).
      Bref, toute avancée salariale est bonne à prendre, notamment quant au salaire minimum, surtout dans les pays dits ‘du sud’.
      Mais c’est le type d’action même qui peut produire un leurre : courir derrière la carotte et faire oublier tout le reste (le système à réformer). Les deux doivent être menées de front : l’une ‘locale’, l’autre globale’. En ‘même temps’.
      Ouaich ….

      Sinon pour l’inflation, en règle générale, quand les salaires augmentent, à moins qu’il y ait une augmentation importante des gains de productivité, la répartition des bénéfices se fait toujours entre salariés, entrepreneurs et actionnaires. Quand les salaires augmentent, soit l’un des eux autres accepte que sa part diminue relativement (mais elle peut rester constante ou même augmenté si l’ensemble augmente suffisamment), soit les prix augmentent, afin de préserver les mêmes ‘marges’. Donc de l’inflation. Et comme les salaires sont désindexés (en France, pas en Belgique, cf. ‘projet’ de désindexation européenne), l’inflation bouffe les gains salariaux ainsi obtenus précédemment.
      C’est bien décrit dans ‘Le prix’, de Monsieur ! Jorion.
      J’espère avoir été plus clair. Car j’ai souvent l’impression de pédaler laborieusement.

      PS : je ne suis pas (du tout) un inconditionnel de la révolution (de derrière mon clavier et dans mes pantoufles).

    5. A ce sujet de la répartition de la richesse produite entre capitaliste/entrepreneur/salarié :
      Paul a très bien expliqué le moment crucial ou les interets des capitalistes sont devenus les objectifs des entrepreneurs au détriment des salariés : la création des stocks-options.

      C’est une idée magnifique !
      Inversons le rapport de force : le revenu de l’entrepreneur pourrait être un multiple du salaire median de ses salariés…

    6. @ zebu
      Merci.
      « Le prix » vous dites? Voilà une saine lecture envisageable!
      En plus ça me changerait de la tété!

      @Greg A. (le millionaire ?)
      Alors sus aux stock-options!

    7. à zébu,

      Dans la description du tango dansé par l’augmentation des salaires avec l’augmentation des prix, le schéma semble limpide, mais la conséquence, à terme, n’est pas négligeable.
      Le problème, que vous semblez ignorer, est que l’augmentation de la productivité diminue le travail vivant.
      Quand un industriel remplace des salaires par de l’investissement, il remplace du travail vivant par du travail mort et des intérêts versés aux banques qui financent l’investissement.
      Là réside un secret de l’économie capitaliste et de sa fin programmée par le développement de la finance
      Ceux qui profitent des intérêts n’achètent plus les marchandises que l’investissement qu’ils ont financé produit.
      C’est alors la naissance de la catastrophe.

    8. Petit oubli.

      L’exemple ultime de cette économie capitaliste devenue folle est le financement aveugle, en Espagne et ailleurs, de maisons et d’appartements (et aussi d’hôtels et de centres commerciaux) dont les habitants potentiels n’existent pas.

  27. La peur a changé de camp. Depuis le début toutes les conférences des officiels égyptiens sont faites à des heures de prime time aux Etats-Unis, et pas en Egypte.
    Le discours officiel transmis par les TV locales est: attention, c’est un complot sioniste, il y a des espions étrangers et ce sont eux qui ont ouvert les prisons. restez chez vous, les rues sont dangereuses.
    Le discours pour l’extérieur est (Mubarak a donné une interviez à ABC hier, dont la journaliste avait été malmenée deux fois dans la journée avec son équipe): Si je pars ce sera le chaos et les frères musulmans.
    Les gens de Tahrir disent: nous connaissons les ruses du régime. Au même moment où ils faisaient leurs discours hier, journalistes étrangers et activistes d’Amnesty et de Human rights watch locaux sont arrêtés ainsi que d’autres qui travaillaient au « Hisham Mubarak legal center ». Ceux-là même qui tentent de réunir les preuves et de mettre sur pied des plaintes par des égyptiens possédant d’autres nationalités afin d’amener le régime devant la justice internationale.
    Donc c’est quand il a envisagé l’exil et le gel de ses biens en Egypte et à l’étranger que Mubarak a réfléchi deux fois. C’est bien dans le conflit d’intérêt et dans l’utilisation de la justice internationale que résident sa faille.
    Mais comme le disait Nawaal Saadawi, 80 ans, féministe, activiste, qui va à Tahrir tous les jours depuis le 25 ce matin à la Bbc, c’est un régime où les intérêts de la classe régnante, de l’élite économique et des imbéciles membres du Parti (avec comme seul slogan: faites attention, c’est un complot de l’étranger) sont tellement liés que si on fait tomber Mubarak c’est tout l’establishment qui tombera.
    Et là ce serait une première. Personne chez Vodafone n’a envie de voir Mubarak jugé, et pourtant c’est bien ce que demandent maintenant les Egyptiens.

    1. Oui, Jeanne, mais à condition que ‘le parrain’ américain veuille bien lever sa ‘protection’.
      Et là, je doute de plus en plus …
      A dire vrai, les sbires du régime, avec la thèse du complot, jouent sur du velours : si les pays occidentaux exigent le départ de Moubarak (et ils en ont les moyens), celui-ci aura beau jeu en interne de dire ‘regardez, c’est bien un complot de l’étranger !’ …

      Je reste néanmoins écoeuré par la Realpolitik américaine, pour ne pas parler de l’inexistence de la ‘diplomatie’ française.
      Je suis persuadé que nombre de diplomates français, formé à l’école ‘arabe’, doivent être au bord de la démission et de la rage.

    2. @zébu: « A dire vrai, les sbires du régime, avec la thèse du complot, jouent sur du velours : si les pays occidentaux exigent le départ de Moubarak (et ils en ont les moyens), celui-ci aura beau jeu en interne de dire ‘regardez, c’est bien un complot de l’étranger !’ … »

      En fait on a surtout vu le soutien inconditionnel d’Israël à Moubarak. Pas sûr que ça l’ait aidé. Pour la popularité en Egypte en tous cas. Pour le reste, nul doute qu’eux aussi avaient du savoir-faire en matière de sécurité à mettre à disposition… 🙂

    3. Les égyptiens dans leur majorité veulent que Moubarak reste et les émeutiers qui sont minoritaires ont été formés par Washington

      Expliquez donc en quoi l’article de « the Atlantic » vous permet de conclure de la sorte?

      C’est quand même formidable, je ne voit absolument rien dans cet article qui permet de conclure de la sorte mais vous continuez à nous bassiner avec vos spéculations les plus farfelues.

      Je vous répète ma question : avez vous un problème de compréhension de l’anglais?

  28. Un banquier, un dealer à leurs collègues …

    N’oubliez pas que tout évènement, incvendie, inondation, cyclone, révolte, recelle en lui ou génère beaucoup d’opportunités de gains ….

  29. Aux Etats-Unis, certains sont tellement occupés avec l’Egypte qu’ils ont oublié de fabriquer une cassette de Zawahiri (égyptien et ex-frères musulman).

  30. Source: interview sur al Jazeera
    à Mahalla, ville ouvrière d’où étaient parties les manifs du 6 avril (cf explication ci-dessus par Zébu),
    c’est maintenant toute la ville qui est dans la rue, car même les voyous payés par le parti qui avait attaqué les manifestants ces deniers jours ont rejoint la manif demandant la démission de Mubarak, ainsi que le muhafiz (gouvernemeur).

    1. C’est la preuve que le vent tourne et certains l’ont senti tourner …
      J’espère qu’on aura un bonne nouvelle ce week-end !
      🙂

    2. Les manifs du 6 avril ? ahahaha

      Vous voulez dire les activistes du 6 avril comme ils sont mentionnés sur ce document de l’ambassade des Etats-Unis au Caire qui les a aidé à déstabiliser le gouvernement égyptien ?

      « April 6’s stated goal of replacing the current regime with a parliamentary democracy prior to the 2011 presidential elections »
      http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/africaandindianocean/egypt/8289698/Egypt-protests-secret-US-document-discloses-support-for-protesters.html

      Oubliez la révolte des peuples contre les banksters. Les Etats-Unis veulent instaurer une « démocratie » en Egypte pour des raisons géostratégique (nous avons tous vu ce que cela a donné en Irak et en Afghanistan…).

    3. @Silver,

      vos devez avoir un problème de compréhension de l’Anglais pour conclure de ce document que ce sont les Etats Unis qui ont aidé les activistes Egyptiens à déstabiliser le régime.

      Tout au plus on peut en conclure que le gouvernment Américain et son ambassade au Caire étaient en contact avec ces activistes, mais restaient dubitatifs quand aux chances de succés de leurs plans :

      (C) xxxxxxxxxxxx described how he tried to convince his
      Washington interlocutors that the USG should pressure the GOE to
      implement significant reforms by threatening to reveal CAIRO 00002572
      002 OF 002 information about GOE officials’ alleged \ »illegal\ »
      off-shore bank accounts. He hoped that the U.S. and the international
      community would freeze these bank accounts, like the accounts of
      Zimbabwean President Mugabe’s confidantes. xxxxxxxxxxxx said he wants
      to convince the USG that Mubarak is worse than Mugabe and that the GOE
      will never accept democratic reform. xxxxxxxxxxxx asserted that
      Mubarak derives his legitimacy from U.S. support, and therefore
      charged the U.S. with \ »being responsible\ » for Mubarak’s \ »crimes.\ »
      He accused NGOs working on political and economic reform of living in
      a \ »fantasy world,\ » and not recognizing that Mubarak — \ »the head of
      the snake\ » — must step aside to enable democracy to take root. 6.
      (C) xxxxxxxxxxxx claimed that several opposition forces — including
      the Wafd, Nasserite, Karama and Tagammu parties, and the Muslim
      Brotherhood, Kifaya, and Revolutionary Socialist movements — have
      agreed to support an unwritten plan for a transition to a
      parliamentary democracy, involving a weakened presidency and an
      empowered prime minister and parliament, before the scheduled 2011
      presidential elections (ref C). According to xxxxxxxxxxxx, the
      opposition is interested in receiving support from the army and the
      police for a transitional government prior to the 2011 elections.
      xxxxxxxxxxxx asserted that this plan is so sensitive it cannot be
      written down. (Comment: We have no information to corroborate that
      these parties and movements have agreed to the unrealistic plan
      xxxxxxxxxxxx has outlined. Per ref C, xxxxxxxxxxxx previously told us
      that this plan was publicly available on the internet. End comment.)

      Comprenez vous ce que ce commentaire de l’ambassade Américaine du Caire veut dire ou faut il que je vous le traduise?

      We have no information to corroborate that
      these parties and movements have agreed to the unrealistic plan
      xxxxxxxxxxxx has outlined

      Nous n’avons aucune information pour corroborer si ces différents partis et mouvements ont accépté le plan irréaliste présenté par XXXXXXXXXXX.

    4. @zébu

      C’est tout ce que vous avez trouvé pour tenir une argumentation ? En mission pour Moubarak et après c’est moi qu’on traite de complotiste ? Les documents que je vous ai présenté, je ne les ai pas inventé et je n’ai aucun intérêt en Egypte (sauf peut-être sur le plan archéologique mais c’est une autre histoire).

      Pour votre gouverne, je ne suis en mission pour personne (en mission pour qui déjà ? pour le nain ?). Je lis, je m’informe, je réfléchis, encouragée par les messages du Temps qu’il fait de Paul Jorion pour vivre au mieux et mettre à profit ma période de chômage qui est apparemment faite pour durer.

  31. Aujourd’hui, c’est extraordinaire, les choses se passent bien, sauf peut-être en périphérie de la ville. Un jour on fait la guerre, un jour on fait la fête. En tout cas, ces événements ont fait de moi une Égyptienne, j’adhère complètement aux manifestations, je suis très heureuse de voir ce que je vois.

    et maintenant l’ALGERIE… On va peut-être s’apercevoir que les histoires de voile et de prière dans les rue ne sont pas si culturelles qu’elles en ont difficilement l’air mais servent plutôt à masquer que le corps politique français dans son ensemble s’est fait le complice d’un coup d’état miltaire contre la démocratie. Moyennant gaz naturel, , uranium et lithium et main d’oeuvre immigrée à bas prix

  32. Un article qui, décidément, me fait admirer ce blog. Des informations étayées, des analyses et des thèses qui font débat, mais au global une approche de la réalité beaucoup plus .. réaliste que le journalisme conventionnel. Bien écrit sans superflu de style. Pas passé au formatage thèse / antithèse des professionnels.

    Une tendance gauchisante ? A moins que ce soit un effet d’optique, la droite abdiquée et ses valeurs amoindries étant devenues, finalement, l’agent du système libéral ici mis en pièce. Mais je ne vois pas de stature politique emrassant la situation et proposant, précisément, une orientation politique : tout au plus certains sont plus ou moins bon dnas des propositions de gestion. Ramener la politique à la gestion, peut-être est-ce aussi un dégat collatéral (ou essentiel ? à réfléchir) de l’invasion financière.

    Un petit bémol sur les billets scientifiques, mais ce n’est pas l’essentiel.

    Je renie ici mon pseudo pour être spectateur et lecteur, avec plaisir. Je remise mes pieds sous la table et vous écoute silencieusement… enfin, presque. Merci donc au tenancier, aux contributeurs, aux raleurs, aux informés, aux idéalistes, aux pessismites, aux ronchons, aux courageux, bref, à ce petit monde.

    1. « Ramener la politique à la gestion, peut-être est-ce aussi un dégat collatéral (ou essentiel ? à réfléchir) de l’invasion financière »

      Que se passe-t-il?
      « Tout va très bien pour les riches dans ce pays, nous n’avons jamais été aussi prospères. C’est une guerre de classes, et c’est ma classe qui est en train de gagner  »
      voilà ce que warren buffet, ce milliardaire a pu dire dans les années 90.
      On peut voir les choses sous forme de lutte des classes. Ainsi aprés la chute du monde sovietique, les riches auraient gagné, et en tout cas nous avons laissé dirigé les lobbies, à tout les niveaux, sous pretexte que eux seuls détenaient la vérité, leur pensée devenant la pensée unique.
      dans un premier temps donc, le combat est politique, puisque les dirigeants qui donnent les pleins pouvoirs aux lobbies, doivent etre soit convaincus pour ceux qui peuvent l’etre soit chassés au profit de dirigeants indépendants, donc non-corrompus et lucides

      Mais si des personnes bien intentionnées étaient aux commandes, sauraient-elles quoi faire. sauraient elles quoi interdire, quoi autoriser, quoi promouvoir, quoi décider?. Cela fait des années que l’on laisse penser l’économie et la société par la meme école! Il faut savoir quoi revendiquer quoi demander à des dirigeants qui ne demanderaient qu’à bien faire.
      Il n’y a pas de « y’a qu’à c’est tout simple! »

    2. Non, ce n’est pas simple. Et il faudrait, avant même de parler des personnes, voir ce qu’il faut défaire de plus « structurant » : je veux dire, puisqu’on ne peut tout préserver, qu’est-ce qu’il faut abandonner frontalement, directement, ce qui permettrait de retrouver une marge pour accomplir le nettoyage des écuries.

      Pour ma part, je ne vois pas comment on peut éviter
      – de passer par une récession à mettre en place, afin d’éviter de la subir
      – d’augmenter les ressources de l’état afin de lui permettre de faire son travail
      – de se dégager des intrications de la mondialisation, même si cela a un coût
      – de repenser la géographie des pouvoirs
      – de prendre en compte l’imminence de la crise énergétique.

      Comme programme politique, ça ne va pas plaire… et ici, qu’en pensent les contributeurs ?

    3. C’est ça qui est interessant: « there is no alternative » (margarett tatcher). Mais cette foi-ci, si il n’y a pas d’alternatives, ce n’est pas à une politique néo-libérale mais à une politique de régulations, et de redistribution des richesses( proche du keynesianisme). Et si j’ai bien compris votre dernier post, alors c’est ce que vous dites(. »Pour ma part, je ne vois pas comment on peut éviter… »).

      Du coup, de notre coté, le ton ressemble beaucoup au ton apolitique des néo-libéraux qui disaient, en substance : « si nous voulons favoriser à court terme les plus riches et augmenter les inégalités, ce n’est pas parce que nous sommes leurs amis, c’est parce que nous n’avons pas le choix, afin d’éviter le marasme, et retrouver la prospérité ». En d’autres termes, ces derniers temps, les « amis des riches » ont pretexté des raisons techniques, purement économiques pour promouvoir leur politique (faussement « libérale » ) de favoritisme.Le néo-libéralisme comme seul remède, comme seule bonne « gestion », comme vous dites.
      Et bien notre pensée ressemble à celle-là, sauf qu’elle est inversée : »la bonne « gestion » c’est de mieux répartir les richesses et de déparasiter le système financier », sinon c’est l’impasse, voir le goufre. C’est nous qui sommes réalistes, et nous pourfendons les idiots du village néo-libéral.

      C’est vrai que ce discours, technique, n’est pas trés politique! On pourrait le déplorer. Mais on a aussi le droit de pourfendre l’inégalité des richesses matérielles, parceque l’on trouve ça particulièrement injuste,moche voir criminel! Pour des raisons éthiques! bPlein de gens sur ce blog ne s’en privent pas en tout cas…et ça me semble beaucoup plus proche de ce que vous apelez la « politique ».
      Ne trouvez vous pas d’ailleurs que sur ce blog (que je découvre surement en meme temps que vous ), ce blog crée des ponts entre techniciens,réalistes amoureux du détail voir pinailleurs, esprits militants, utopistes, et meme poètes?Tiens, c’est un peu ce que vous écrivez à la fin de votre premier post!
      Finalement, pourquoi opposer aspect « politique » et aspect « gestion « ? Quelque chose me dit que nous avons besoin des deux!

      PS: « [ne pas éviter]- de passer par une récession à mettre en place, afin d’éviter de la subir »
      En parlant de « réalistes amoureux du détail voir pinailleurs », permettez moi de dire ceci:
      Vous ne seriez pas un adepte de la décroissance, vous? Décroissance ou pas décroissance, that is the question. Contrairemnet à vous, je pense que cette question n’est pas du tout tranchée et necessite encore de nombreux débats. ça me semble etre encore « en chantier » en queque sorte.
      Car ainsi va l’alter-mondialisme: il n’est pas sectaire. Car si « il n’y a pas d’autre alternative »si il faut une autre gestion, reste à savoir: laquelle?

    4. Bien intéressante point de vue, en effet proche.

      J’aime bien votre parallèle sur notre vision par rapport à la leur, et finalement un effet miroir qui ne donne, absolument, la suprématie à personne. Mais je crois que le réalisme et et le souci de l’ensemble sont dans notre camps, quand même.

      1) Je ne suis pas un adepte de la décroissance, en ce que ce n’est pas pour moi un objectif en soi. Mais nous vivons au-dessus de nos moyens, donc il faut réduire la voilure. Soit nous faisons les choix, soit nous subirons cette réalité. Je pourrais être un objecteur de croissance, je crois que c’est un de ces dogmes que nous devons abandonner : nous allons devoir nous restreindre et nous recentrer sur l’essentiel, au moins pour quelques temps.

      2) Oui, nouveau ici, et c’est très bien…. même si je ne resterai pas assidu longtemps, je garde la référence pour décoder l’actualité, en tout cas financière.

      3) Je ne me sens pas gauchisant, alors que c’est une tendance marquée des commentaires : que des personnes gagnent beaucoup d’argent ne me pose aucun problème, aucune envie. C’est ce qu’elles en font (et l’honnêteté juridique et morale de leur moyen d’en gagner) qui me parait important. Et arrêter de faire croitre l’argent à partir de l’argent, puisqu’on le décolle alors de sa seule fonction noble : valeur d’échange fluide permettant la vie économique.

      4) Il faut de la gestion dans la politique, bien sûr. Mais surtout des choix (de stratégie, de position, d’arbitrage .. et de gestion !) qui ne soient pas dictés par les modalités, ou influencé par les forces en présence. C’est cette partie de l’acte politique qui est aujourd’hui mort.

      Et enfin, oui, revenir aux belles choses, et aux choses qui ont du sens, oui, cela aussi est un objectif. La technicité a son rôle, mais la vision n’est pas dedans. Ni les aspirations, les envies, le courage ou le génie, d’ailleurs.

    5. décroissance ?
      Bernard Stiegler parle de « mécroissance » , à fuir, pour retrouver une croissance autre qui ne sera pas nécessairement une décroissance.

      Si notre devenir humain persiste à être numérique, il nous faudra apprendre à subsumer nos volontés dans ce cadre là : Le rendre assez réciproque, lui permettre de manifester des émergences qui ne fonctionnent pas trivialement sur les points de plus grand « feedback » , les points « d’effet Larsen » entre multitudes et gouvernants.
      Qu’imaginer pour éviter la « synchronisation des foules » de tout système collectif social (tel facebook actuellement) ?
      Sur ce blog, Johannes Finkch propose régulièrement qu’on rende le signe de la monnaie « fondante » par exemple, pour en éviter l’accumulation. Seul resterait l’argent circulant raisonnablement rapidement, tant pis pour le reste (je simplifie outrageusement, cf. idées de Gesell, je crois)
      Eh bien peut être que cette « fonte obligatoire », nous devrions l’appliquer au sein même de ces émergences, nous obliger à recueillir ainsi du réel, de l’instantané, et à prendre soin de le re-digérer , d’en comprendre tenants et aboutissants avant de lui donner force exécutive ou législative ?

    6. Et Yves Cochet indique que la croissance telle qu’elle est calculée entraine en fait un appauvrissement. Je ne sais pas si c’est exact, mais ça me parait vraisemblable, puisque chaque jour crée de la dette supplémentaire.

      Notre devenir n’est pas plus numérique qu’il n’a été métallique, ou de pierre. L’outil, comme le progrès, ne préjuge pas de son usage et de sa destination. L’époque numérique n’est pas au coeur de la collusion, ou du système social, même s’il en rend les frontières bien plus intriquées , et donne un mouvement bien plus rapide. La synchronisation via Internet des tunisiens a été évolutive.

      Cette idée de fondre la monnaie, c’est intéressant. Autant de monnaie que de biens à échanger, pas plus. CA me rappelle ce que j’ai essayé d’expliquer à mon fils : si tu es richissime et que tu entres dnas un magasin, tout argent qui dépasse le montant total des biens vendables du magasin ne sert à rien, et, s’il n’y a pas de référence extérieure, n’existe pas. Saufs à augmenter la valuer des biens, ce qui sera fictif, ou à acheter les biens de demain.

  33. Les Tunisiens se sont fâché. Si les mêmes causes produisent les mêmes effets, le nord de la méditerranée pourrait logiquement lui aussi éprouver comme une bouffée de rébellion et le Français, retrouver quelques couleurs et faire honneur à son ancienne réputation.
    Si comme chacun ici l’observe, le monde serait sur le point de renoncer à « ce modèle qui vacille », modèle hier encore si unanimement répandu (mondialisation oblige) dans des sociétés humaines aussi diversifiées soient-elles, il n’est pas insensé de voir s’opérer partout ces besoins de changements sous des motifs divers mais toujours pour des raisons vitales et indispensables au fonctionnement des sociétés non asservies.
    J’étais hier dans le bois, coupant un affouage que la commune distribue pour une somme modique aux résidents pour se chauffer. Lorsqu’un arbre est sur le point de tomber il vacille avant d’être emporté par son propre poids et s’écraser (quelques fois d’une manière imprécise) vers là où il penche. Le titre du billet par Zébu m’est revenu en mémoire…
    Cette longue période qui semble s’achever, de captation des richesses au profit de quelques-uns avec son arsenal de lois et de conduites adocs, comme un arbre que l’on abat, ne tombera pas sans bruit et sans fracas. Tunisiens et égyptiens le savent.

    1. Quand un arbre tombe dans la forêt et qu’il n’y a pas d’oreilles pour l’entendre : Comment sait-on qu’il est tombé ?

  34. @julien alexandre
    Merci pour le corrigé.
    On devrait toujours vérifier ses informations même lorque croit que la source ne pose pas problème.

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