Pourquoi j’écris Qui étions-nous ? Défense et illustration du genre humain

Ouvert aux commentaires.

Et dans cette immensité, figurez-vous ce réseau : des orbites de soleils reliées par des ellipses de comètes ; les comètes jetées comme des amarres d’une nébuleuse à l’autre. Ajoutez les vitesses et les flamboiements, des astres faisant des courses de tonnerres. Abîmes, abîmes, abîmes. C’est là le monde.

Victor Hugo, Voyage de 1843

En 2004, j’ai eu le sentiment qu’une catastrophe financière de très grande ampleur se dessinait. Je travaillais alors aux États-Unis dans la finance, dans le secteur prime, le parent riche d’un secteur où le parent pauvre s’appelait subprime. Je me trouvais de fait en position de témoin, et me voyant assigné selon moi la responsabilité d’avertir le monde des nuages qui s’amoncelaient.

Au printemps 2005, le manuscrit de La crise du capitalisme américain était prêt. Aucun des économistes à qui les éditeurs sollicités par moi le firent lire n’était disposé à croire qu’une crise menaçait et il me fallut près de deux ans d’efforts avant que le livre ne paraisse.

La crise du capitalisme américain parut en janvier 2007. L’éditeur, toujours quelque peu sceptique, en avait transformé le titre sur un mode interrogatif en Vers la crise du capitalisme américain ? (le titre original serait rétabli lors du retirage en 2009 chez un nouvel éditeur). La crise débuta le mois suivant quand les titres adossés à des prêts au logement subprime perdirent brutalement de leur valeur. Elle culmina en septembre de l’année suivante quand le système financier s’effondra brutalement à la suite de la faillite de la banque d’investissement Lehman Brothers, nécessitant pour son sauvetage l’injection par les banques centrales de centaines de milliards de dollars et d’euros.

Le livre parut suffisamment tôt pour que le mérite d’avoir annoncé la crise me fût reconnu mais trop tard pour avoir aucun impact sur la suite des événements.

Paraissant en 2005, aurait-il réellement pu prévenir la crise ? À la lumière d’événements ultérieurs, j’en doute très sérieusement. Dix ans plus tard en effet, en 2014, je fus saisi du même sentiment qu’un désastre était en préparation et qu’il était de mon devoir d’alerter mon prochain. Ma réputation d’avoir été « l’homme (ou l’un des rares hommes) qui avait annoncé la crise des subprimes » me servit cette fois : le manuscrit fut terminé fin 2015 et Le dernier qui s’en va éteint la lumière. Essai sur l’extinction de l’humanité fut publié en mars 2016.

Si la crise des subprimes avait été catastrophique, l’extinction du genre humain s’annonçait comme un désastre encore bien plus formidable.

Mes hôtes à la radio ou à la télévision eurent l’amabilité de me présenter dans des termes comme ceux-ci : « Il nous parle sans doute de l’extinction de l’homme mais ne prenons pas cela à la légère : souvenez-vous, parmi quelques très rares analystes seulement, il avait annoncé la crise des subprimes ! ».

S’il me prenait l’envie de me plaindre de la réception de Le dernier qui s’en va éteint la lumière, mon éditeur me jugerait ingrat : il s’agit en effet de mon livre qui s’est le mieux vendu, une traduction en chinois est en cours, et l’ouvrage paraîtra dans quelques semaines en livre de poche.

Mais au risque de me montrer ingrat en effet, je voudrais souligner cependant ceci : quand on annonce l’extinction du genre humain, le but n’est pas de vendre un nombre X d’exemplaires d’un livre (20.000 en l’occurrence) : il est de sonner l’alarme en vue d’un éveil des consciences et d’une mobilisation des efforts. Et pour ce qui touche à cela, je ne suis encore arrivé à rien.

Ma tentative a, je dois l’admettre, échoué jusqu’ici. Oui, l’édition en livre de poche permettra à des lecteurs plus jeunes de lire Le dernier qui s’en va éteint la lumière, oui, une publication en chinois suscitera sans doute l’intérêt d’un éditeur anglophone, mais le fait est qu’en termes de véritablement sonner l’alarme, je ne suis encore nulle part.

Et le temps presse. Le temps presse de deux manières. Objectivement parce que tout se défait autour de nous, et subjectivement, parce que j’ai soixante-dix ans, et que si j’ambitionne de continuer à peser sur la suite des affaires, les statistiques me donnent encore 14 années en moyenne, sans compter que, comme tout un chacun, rien ne m’empêche de disparaître demain ou de sombrer dans la démence sénile.

Vu le faible résultat obtenu jusqu’ici en tant que lanceur d’alerte sur cette question de l’extinction du genre humain, je n’ai d’autre choix que de persister à enfoncer le clou, quitte à reformuler et à affiner mon message pour tenter de susciter un plus grand intérêt, et surtout, l’engagement d’un plus grand nombre de mes contemporains en vue de renverser la vapeur.

Il est vrai que dans mon ouvrage précédent je ne me suis nullement préoccupé de justifier que l’extinction menace véritablement : je me suis contenté de signaler que les personnalités les plus dignes de confiance sur le sujet l’affirment, pour passer sans transition à la question que j’entendais éclairer : sommes-nous outillés pour la prévenir ? La conclusion à laquelle je parvenais était que nous sommes très mal équipés pour empêcher l’extinction, ce qui rend la mobilisation d’autant plus nécessaire et pressante. Y parviendrons-nous toutefois ? Je laissais la question sans réponse. Si ce devait ne pas être le cas, nous éprouverions toutefois la consolation d’avoir été un accident dans l’histoire de l’univers tout spécialement remarquable : ayant laissé après nous une génération de machines ultra-sophistiquées capables éventuellement de nous survivre, voire même d’entreprendre la colonisation des étoiles que nous aurions échoué à réaliser nous-mêmes.

Cet argument final dans ma démonstration passa entièrement inaperçu de mes commentateurs. Ou plus précisément, il fut invoqué de rares fois mais alors pour souligner dans la bouche de mon interlocuteur le caractère en réalité peu crédible de ma thèse de l’extinction : « Je vous prends à témoin, disait-il, quiconque croit à l’extinction, croit aussi bien que nous serons remplacés par un monde de robots ! ».

Peut-on imaginer que si l’hypothèse du robot comme notre successeur avait été prise au sérieux, j’aurais peut-être moins souvent entendu siffler à mes oreilles le commentaire selon lequel mon livre était « pessimiste », puisqu’une telle évolution signifierait un extraordinaire exploit de l’espèce humaine au regard de l’histoire de l’univers, l’homme ayant réalisé à lui tout seul une étape inédite : ayant prolongé le biologique dans un impressionnant dépassement par rapport à celui-ci, l’invention inouïe du technologique ?

Ceci dit, je ne le crois pas : la plupart des personnes à qui j’ai pu parler considèrent comme également pessimiste la perspective d’une extinction pure et simple du genre humain et la prospective d’une extinction de l’homme accompagnée d’une colonisation des étoiles par des machines dont il aurait été l’inventeur. Ce fait, l’absence de fierté de l’homme à l’égard d’un exploit dont nous n’avons cependant aucune preuve qu’il ait jamais eu lieu ailleurs dans l’univers, constitue pour moi l’un des éléments venant conforter une thèse annexe défendue dans Le dernier qui s’en va éteint la lumière, à savoir que l’homme est englué depuis l’aube des temps dans un état profondément dépressif, dont l’origine est plus que probablement la prise de conscience par nous de notre caractère fini – de notre mortalité – en tant qu’individu. L’homme aurait pu se réconcilier avec le donné de sa finitude – et quelques individus ça et là semblent avoir su le faire au fil des temps – au lieu de cela il s’est bercé d’illusions de différents types, dont Freud a établi le déprimant catalogue : perdre la tête par le biais de la drogue, imaginer être en réalité immortel dans un monde parallèle invisible, trouver une consolation partielle dans l’abandon au sentiment esthétique, ce qui veut dire chercher le réconfort dans la beauté du monde qui nous entoure et dans la capacité des artistes, puisant dans le fonds de leur inspiration, à produire une beauté inédite à partir de rien.

C’est cet état dépressif qui nous interdit de ressentir ce qui serait une fierté parfaitement légitime pour ce qui est sûrement une première dans notre système solaire et qui l’est peut-être à l’échelle de l’univers tout entier, à savoir ce que l’homme a réalisé avec la technologie, et qui nous conduit à dénigrer ce qui fait pourtant de l’homme un prodige, quand nous qualifions le technologique d’« artificiel », c’est-à-dire de « contre nature », la nature ayant droit à notre admiration béate dans tout ce qu’elle génère, à cette exception près – paraît-il – quand elle le fait par notre propre truchement, notre intermédiaire ayant -semble-t-il – ce pouvoir singulier d’avilir tout ce qu’il touche.

Si cet état dépressif est bien attesté, et s’il est bien dû à notre incapacité à intégrer une fois pour toutes le donné de notre mortalité individuelle, un remède à cela serait bien sûr d’assurer notre immortalité en tant qu’individus et il n’est pas totalement exclu que de nouveaux progrès dans la technologie médicale rendent un jour la chose possible.

Quoi qu’il en soit, une course est désormais engagée entre la menace d’extinction de notre propre espèce, et notre capacité à produire des machines susceptibles de nous survivre.

Et ceci devrait nous conduire à raffiner l’hypothèse de l’extinction dans cette perspective particulière, ce qui offrirait au passage le bénéfice d’éclairer le débat ayant lieu aujourd’hui autour des notions de transhumanisme et de posthumanisme.

Il y a plusieurs dimensions à envisager pour différents scénarios possibles : 1° l’homme survira-t-il ou non, à l’échéance de quelques siècles au moins, 2° produit-il des machines capables de fonctionner de manière autonome par rapport à lui, et par conséquent à même de lui survivre éventuellement, et 3° dans quel décor ces événements se dérouleront-ils, est-ce sur la Terre ou bien est-ce sur d’autres planètes ?

Je vais retenir, dans cet espace de possibles, quatre grands scénarios.

Premier scénario, l’homme parvient à continuer de vivre sur la Terre. Il mène par ailleurs une conquête spatiale distraite, comme il le fait aujourd’hui, par lui-même et à l’aide de machines plus ou moins autonomes.

Second scénario, l’homme disparaît et les machines qu’il a inventées disparaissent à brève échéance après lui.

Troisième scénario, l’homme disparaît mais les machines qu’il a mises au point lui survivent et entreprennent la colonisation des étoiles.

Quatrième scénario, l’homme parvient à continuer de vivre sur terre mais au prix d’une adaptation technologique de sa propre personne ; il mène lui-même la colonisation des étoiles mais il a pris une forme augmentée : il est profondément modifié dans son être-même ou combiné de diverses manières à des éléments d’ordre technologique plutôt que biologique.

Je vais désigner d’un nom, que je justifierai ensuite, chacun de ces quatre scénarios. J’appellerai le premier, « fin de l’histoire », le deuxième, « extinction », le troisième, « posthumanisme », et la quatrième, « transhumanisme ». Je ne pense pas trahir le sens habituel de ces mots ou expression en les nommant ainsi.

On m’accordera que le deuxième scénario, où l’homme a disparu, correspond bien à ce que nous désignons d’extinction.

Un scénario où l’avenir de l’homme n’est pas menacé et où il poursuit une conquête spatiale sans ambition à son rythme, correspond me semble-t-il – et tout particulièrement si l’on contraste ce scénario avec celui de l’extinction – à ce qu’Alexandre Kojève appela la « fin de l’histoire », expression qui fut reprise plus tard par Francis Fukuyama pour décrire notre époque, avant qu’il ne se ravise, jugeant trop élevée la probabilité d’un homme à proprement parler posthumain (Our Posthuman Future, 2002). À l’époque de la fin de l’histoire, des événements ont encore lieu bien entendu, mais aucun changement de grande magnitude n’intervient plus, on assiste au constant retour du même, ce qui implique en particulier que l’humanité n’est pas en péril : « il n’y aura jamais plus rien de nouveau sur terre » (Kojève 1947 : 443).

Dans le troisième scénario, les êtres humains ont bien disparu, mais ce qui distingue la situation qui s’ensuit d’une simple extinction est que l’homme s’est en fait assuré d’une postérité, l’histoire se poursuit mais c’est celle de la machine qui est le descendant de l’homme. Le terme de « posthumanisme » me semble tout particulièrement bien adapté à décrire ce scénario, puisque le souvenir de l’homme hantera nécessairement les robots, en tant que figure paternelle et/ou maternelle.

Enfin, pour le quatrième scénario, celui d’un homme toujours en vie, mais peut-être méconnaissable par rapport au visage qui est le sien aujourd’hui, le terme de « transhumanisme » me semble apte à en rendre compte, le préfixe « trans- » pouvant évoquer entre autres, une transformation.

À la différence donc de mon précédent livre, Le dernier qui s’en va éteint la lumière, je ne me contenterai pas dans Qui étions-nous ? de chercher à sortir de leur torpeur mes contemporains en levant solennellement devant leurs yeux médusés le rideau qui leur révèle le spectacle de l’extinction, alors que, par inconscience ou par manque d’imagination, ils pensent vivre eux et leurs descendants, pour les siècles des siècles, dans un monde caractérisé par la fin de l’histoire, un monde que n’agitera plus à jamais que de simples péripéties.

J’ignore bien entendu lequel de ces scénarios sera celui auquel nous assisterons, je ne cacherai pourtant pas au lecteur quel est celui dont j’ai le sentiment qu’il se réalisera, sentiment fondé à la fois sur une analyse des faits et sur mon intuition, celle-ci étant informée par mon expérience d’anthropologue, de chercheur autrefois en Intelligence Artificielle puis en finance. Il s’agit selon moi du « posthumanisme ». Je n’en reste pas moins convaincu qu’il est de notre devoir de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour conjurer l’extinction du genre humain – l’une des deux composantes, je le rappelle, aux côtés du triomphe du robot, du scénario posthumaniste – et de mettre en place les conditions, soit du scénario « fin de l’histoire », soit du scénario « transhumanisme », qui nous verraient toujours présents, avec les mêmes grandes forces et les mêmes immenses faiblesses qui nous ont toujours caractérisés.

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Alexandre Kojève, Introduction à la lecture de Hegel (1933-1939), retranscription des leçons par Raymond Queneau, Paris : Gallimard, 1947

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92 réflexions sur « Pourquoi j’écris Qui étions-nous ? Défense et illustration du genre humain »

  1. Cher monsieur Jorion,

    Ne vous désolez de ne pas obtenir des résultats à la hauteur de vos espérances. Vous ne pourrez pas sauver l’espère humaine, même en vivant 140 ans au lieu des 14 statistiquement possibles.

    Le monde actuel est beaucoup trop gigantesque, trop complexe, trop enchevêtré, et comprend beaucoup trop d’intervenants avec des intérêts diamétralement opposés pour arriver à les fédérer sur un objectif commun aussi ambitieux. Même si les avancées technologiques (dont Internet) permettent de porter votre voix à une distance inimaginable il y a encore 20 ans.

    Ayant atteint l’âge respectable de SEPTANTE ans (et pas soixante-dix, par pitié, vous n’êtes quand même pas devenu Français 😀 ), vous devriez essayer de profiter des années qui vous restent au lieu d’arpenter les salles de conférence et de squatter les chambres d’hôtel. Reposez-vous.

    Votre collection d’ouvrages ainsi que vos enseignements constitueront votre héritage pour le monde après votre départ. Vous avez déjà gravé votre marque au burin dans le marbre de l’Histoire.

    Votre retrait progressif de la scène serait très triste pour nous tous, mais il arrive un moment où il vous faut penser à vous et à votre famille. Voilà ce que j’avais à dire sur le sujet.

    1. Ma chère Seccotine (j’imagine que c’est votre vrai nom),

      Merci pour vos conseils tout empreints de sagesse, voire de mansuétude, mais vous avez dû remarquer que j’appartiens à la famille des « agités du bocal » et que je ne connaîtrai de reste avant d’avoir sauvé le genre humain.

      P.S. Comment trouverai-je autrement les 62.000 € que me réclame la justice des hommes pour mon insolence et ne pas savoir comment me calmer ?

      1. Vous êtes bel et bien un « guerrier ». Pas de repos donc tant qu’un souffle de vie résidera en vous. Et vous préférerez mourir sur le champ de bataille plutôt que bien au chaud dans votre lit.

        Ceci ne m’étonne guère, considérant votre passé. Chapeau bas !

        J’espère que vous arriverez à un résultat satisfaisant pour vous même si je suis d’un naturel pessimiste sur le sujet. D’où mon admiration pour votre acharnement sans faille.

        Concernant la justice des hommes, envoyez-là se faire voir.

  2. Il existe au moins trois autres possibilités à ne pas négliger :
    1) que nous voyions arriver dans notre système solaire les représentants d’une autre humanité planétaire ayant survécu au choc de l’évolution technologique et menant à bien l’exploration des étoiles voisines ;
    2) que nous voyions arriver les machines extraterrestres d’une humanité éteinte ailleurs et qui poursuivraient de manière obstinée et autiste la tâche de cartographier l’espace ;
    2) que nous voyions arriver une humanité augmentée ayant transcendé ses limites biologiques, venue nous visiter au cours de son expansion dans le Cosmos.
    Peut-être, n’en déplaise (ou pas) à Fermi, ces derniers sont-ils déjà là, nous observant tel l’entomologiste qui se fait passer pour une abeille au sein de la ruche.

  3. Il faut lire et faire lire La Route de Cormac McCarthy.
    « Un cataclysme inconnu a dévasté le monde. Des incendies géants ont ravagé les villes et les campagnes tandis que la faune a disparu. Ce qui ressemble à un hiver nucléaire masque en permanence le soleil et des cendres recouvrent le paysage. L’humanité a presque disparu, les quelques survivants se terrent tels des bêtes ou, ayant apparemment régressé, pratiquent le meurtre et le cannibalisme.
    Dans ce décor apocalyptique, un père et son fils, que l’auteur ne dénommera jamais autrement que « l’homme » et « le petit », errent en direction du sud, leurs maigres possessions rassemblées dans un chariot de supermarché et des sacs à dos. »

    1. « C’était encore plus dur qu’il ne l’aurait imaginé. Au bout d’une heure ils avaient peut-être parcouru un peu plus d’un kilomètre. Il fit halte et se retourna vers le petit. Il s’était arrêté et attendait.

      – Tu crois qu’on va mourir, c’est ça ?

      – J’sais pas.

      – On ne va pas mourir.

      – D’accord.

      – Mais tu ne me crois pas.

      – J’sais pas.

      – Pourquoi tu crois qu’on va mourir ?

      – J’sais pas.

      – Arrête de dire j’sais pas.

      – D’accord.

      – Pourquoi tu crois qu’on va mourir ?

      – On n’a rien à manger.

      – On va trouver quelque chose.

      – D’accord.

      – Combien de temps tu crois qu’on peut tenir sans manger ?

      – J’sais pas.

      – Mais combien de temps à ton avis ?

      – Peut-être quelques jours.

      – Et qu’est-ce qui arrive après ? On tombe mort d’un seul coup ?

      – Oui.

      – Eh bien non. Ça prend longtemps. On a de l’eau. C’est le plus important. On ne tient pas très longtemps sans eau.

      – D’accord.

      – Mais tu ne me crois pas.

      – J’sais pas.

      Il ne le quittait pas des yeux. Debout dans la neige les mains dans les poches du veston rayé trop grand pour lui.

      – Tu crois que je te mens ?

      – Non.

      – Mais tu crois que je pourrais te mentir quand tu me demandes si on va mourir.

      – Oui.

      – D’accord. Je pourrais. Mais on ne va pas mourir. »

      L’adaptation cinématographique est, pour une fois, excellente.
      http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=127661.html

      1. Ce livre est horrible. Je pleurais dans le train en le lisant en allant au boulot le matin, puis j’arrivais avec les yeux rouges et mes collègues me demandaient ce qui n’allait pas. Mais c’est pour cela qu’il faut le lire…

  4. Pourquoi vouloir à tout prix donner un « a-venir » a cette réalité qui est « ab-surde » (privée de source) ?
    Le plein est limité,
    Le vide est sans limites,
    Du vide sort le plein.

    Je ne sais plus qui a dit:
    « Les totalités et les non totalités, le convergent et le divergent, le consonant et le dissonant, et hors de toutes les choses une seule jaillit, et hors d’une seule chose toutes jaillissent. »

  5. Sans doute qu’une personne seule ne peut-elle convaincre toutes les autres de la justesse d’une prévision quelque peu tristounette.
    Ce qui est intéressant, c’est qu’à côté de la prophétie de la fin de l’homme, il y a pas mal de gens, parmi ceux qui réfléchissent aux avenirs possibles, qui se mettent à envisager sérieusement la fin de la civilisation thermo-industrielle. De Dennis Meadows à Servigne&Stevens en passant par Hopkins (et on en passe), le scénario collapsologue devient de plus en plus crédible. Mais la fin de l’homme, vous êtes, Paul, un des rares à la postuler.
    Je remarque aussi que la plupart des collapsologues espèrent quand même que leurs cris d’alarme vont pousser les responsables (ou la majorité des peuples) à changer d’objectif et de mode de vie et de s’engager sur la voie d’une décroissance contrôlée, d’une stablisation à un niveau supportable et de redémarrage d’une civilisation ayant renoncé aux mythes prométhéens.
    Ce renoncement ne vous semble pas envisageable: c’est soit l’extinction, soit des scénarios non-humains. L’homme serait d’après vous, « englué depuis l’aube des temps dans un état profondément dépressif, dont l’origine est plus que probablement la prise de conscience par nous de notre caractère fini – de notre mortalité – en tant qu’individu ». Certes il n’est pas réjouissant de savoir sa fin prochaine, mais il y a pas mal d’humains qui ont vécu avec cela tout en restant réalistement optimistes.
    J’espère dès lors que vous ne projetez pas sur l’ensemble des humains un pessimisme que l’on devine derrière vos 4 scénarios. « Courte [pas la multisécularité des transhumanistes] mais bonne » est souvent la devise de ces bons (encore) vivants.

    1. Il croit encore au scénario 1, optimiste, celui de la « fin de l’Histoire » de Kojève. Cela dit certains prétendent qu’il n’était qu’un canular de Kojève, ce que Fukuyama lui-même finit par admettre implicitement post-9.11 avec son futur post-humain, alors…

  6. Je comprends bien le tragique de l’existence humaine comme Paul quand il écrit: » L’homme aurait pu se réconcilier avec le donné de sa finitude – et quelques individus ça et là semblent avoir su le faire au fil des temps – au lieu de cela il s’est bercé d’illusions de différents types ».
    Mais j’ai une question. Nous serions certainement nombreux à mieux comprendre Paul si il pouvait nous livrer quelques noms de ces héros qui ont pu se réconcilier avec le donné de leur finitude.
    Cela aiderait ceux qui le souhaitent à ce rapprocher de cette condition de héros. Quelques exemples donc ?
    Un commentaire: dans la liste des illusions de différents types, Paul ne désigne pas directement les religions. La naissance et l’histoire des religions, pour moi qui suit agnostique, me semble indispensable à la compréhension de notre condition. Le dernier avatar religieux, le laïcisme m’intéresse aussi beaucoup. En voici une description passionnante: http://wp.me/p5oNrG-qrD

  7. Retour à l’âge de pierre

    Un scenario qui n’est pas évoqué est que le réchauffement de la planète conduise seulement à un effondrement complet de la civilisation technique qui a profondément transformé notre manière de vivre depuis la révolution industrielle (y compris dans les pays qu’on qualifiait naguère de « sous-développés ».)

    Il n’est pas exclu que le réchauffement se stabilise à un niveau suffisamment bas pour qu’un nombre plus ou moins réduit d’humains parvienne à subsister, un peu comme ceux qui sont parvenus à se maintenir au Sahara après que le désert s’y soit établi alors que cette région était précédemment beaucoup plus accueillante et plus peuplée.

    D’un côté les connaissances scientifiques, les techniques complexes qu’elles permettent et les échanges économiques qui en résultent me semblent extraordinairement fragiles. D’un autre côté les humains se sont déjà montrés capables de s’adapter à toutes sortes de conditions climatiques et de survivre à toutes sortes de désastres sans avoir à changer de planète.

    1. Je suis assez d’accord avec vous. Une extinction complète du genre humain n’est pas si évidente. Il y a encore pas mal d’endroits sur la planète où l’environnement n’est pas trop dégradé et où il y a des groupes de gens qui pourraient survivre sans technologie (je veux dire, qui ont encore les connaissances pour le faire).

      Cela me semble un scénario plus probable que celui de la fin de l’histoire par exemple.

      1. IL me semble que Paul Jorion a deja dit qu’un tel scenario (persistance de l’humanite a un niveau et une repartition de population correpondant a un age recule) relevait pour lui de « la fin de l’humanite ».
        Car le danger d’un effondrement, quel que soit la suite (extinction complète ou non, post ou transhumanisme), c’est celui d’un malheur absolu, comme La Route le raconte pour nos enfants ou nos petits enfants. C’est pourquoi il ne comprenait pas le relatif optimisme de Servigne et Stevens.
        Ce danger me semble la seule raison valable de lutter contre sa réalisation.
        Réfléchir sur les différents scénarios 1/2/3/4 pour tenter d’alerter me semble donc plutôt futile, après « le dernier qui s’en va éteint la lumière ».
        Sauf si cette reflection puise dans la fiction ou le roman qui me semblent plus puissants pour réveiller sur notre situation et arracher à l’inaction ou à la résignation.

  8. 5eme scenario : l’humanité disparait, les robots la remplacent, ils rendent à la planète sa jeunesse écologique, développent des energies renouvelables, et ressuscitent l’humanité à partir de son adn ou de ses gamètes, comme nous pouvons déjà le faire avec celui des autres espèces…
    scenario copyrighté 🙂 on le vend à Hollywood et je vous laisse 62000 euros.

  9. La question « avec quelle énergie? » n’est pas posée. Or notre Monde moderne s’effondre par déclins énergétiques, tout comme l’Empire romain l’a fait (Ugo Bardi, Thomas Homer-Dixon). Or même les machines ont besoin d’énergie pour fonctionner.

    Il faut aussi lire Energy in History de Paolo Malanima pour se rendre compte que l’énergie du futur n’existe pas et que sans énergie rien ne se passera. Enfin si, il restera l’énergie fournie par la nourriture à nos bras et à nos jambes… mais qui est capable, de nos jours, de produire (toute) sa nourriture?

    Résumé de l’histoire de l’Energie selon Malanima

    1. Première étape. La nourriture était la seule source d’énergie. On ingurgitait ±2000 Cal*/jour, avec 20% de rendement= 400 Cal/j disponibles pour un travail (chercher et transporter de la nourriture, pas d’énergie supplémentaire disponible, rien ne se passe). [durée de cette étape: 7.000.000 années]

    2. Deuxième étape. Le feu. On ajoute ±2000 Cal/j mais avec un rendement moindre, de l’ordre de 5%= +100 Cal/j. Nourriture+feu= 500 Cal/j (cette petite énergie supplémentaire va permettre de développer l’art et le troc). [durée de cette étape: 500.000 ans]

    3. Troisième étape. L’agriculture. On ajoute encore ±2000 Cal/j grâce à l’énergie fournie par les animaux (et les esclaves), avec un rendement de 15%= +300 Cal/j. Nourriture+feu+agriculture= 800 Cal/j (énergie supplémentaire suffisante pour créer les villes, les Etats, le commerce, les guerres, etc.). [durée de cette étape: 10.000 ans]

    4. Dernière étape. Les fossiles. Selon Malanima on ajoute ±37000 Cal/j grâce aux fossiles, sans indiquer de rendement. Car on parle plutôt de taux de retour énergétique (TRE/EROEI**), avec par exemple un TRE supérieur à 100 pour le pétrole jusqu’en 1940 (énergie supplémentaire suffisante pour créer toutes les technologies « modernes » que nous connaissons, à commencer par la diffusion de l’électricité). [durée de cette étape: se mesurera en centaines d’années]

    Conclusion

    Une fois les énergies fossiles disparues, que nous restera-t-il? A moins de nous reconvertir pratiquement tous dans l’agriculture (avec nos bras et nos jambes) – 7 à 8 personnes sur 10 étaient des paysans au Moyen-Age – nous retomberons au n°1 et pour ceux qui « maîtrisent » le feu au n°2.

    Dans les deux cas, pas d’énergie supplémentaire suffisante pour une économie, ni pour des panneaux solaires ou des éoliennes, et certainement pas pour des machines et des voyages dans l’espace!

    Cela écrit, si la « descente » pouvait se préparer maintenant, avec les outils et les ressources encore largement disponibles, on pourrait créer quelque chose d’assez sympa et qui n’aurait rien à voir avec une caverne 😉

    * L’unité SI de l’énergie est le Joule, on utilise le kWh pour l’électricité et 1000 kcal (ou Cal) = 1,16 kWh. L’énergie disponible durant l’étape n°1 est donc de 0,5kWh par personne par jour. Pour comparaison 1 litre d’essence contient une énergie de 10kWh. Ou: si vous mettez ce litre d’essence dans une tronçonneuse pour couper des arbres, il faudra théoriquement 20 hommes (entraînés) pour effectuer le même travail à la main.

    ** A l’époque de l’Empire romain, Thomas Homer-Dixon indique que l’EROEI du blé (pour les hommes) était de 12 et celui de la luzerne (pour les animaux) était de 27. Autrement dit, pour chaque kilo de blé que les Romains investissaient dans l’agriculture, ils en « recevaient » 12 kilos en retour. [The Upside of Down (page 63 / 449)]

    1. Question non résolue : stocker l’énergie (d’origine solaire, forcément) quand elle est abondante, la transporter là où on en a besoin et l’utiliser quand on en a besoin. Jusqu’ici seules les plantes (photosynthèse puis stockage sous forme fossile ou autres) nous l’ont permis.

      Paradoxe : le déclin énergétique est bien réel mais au même moment la planète accumule de l’énergie en se réchauffant de manière dangereuse á cause de l’augmentation de l’effet de serre que provoque l’utilisation des combustibles fossiles.

      La nourriture, le feu, la force animale et les combustibles fossiles proviennent les uns et les autres des plantes. Même si ça n’a rien d’évident, la photosynthèse (la chlorophylle, les plantes) était jusqu’à la révolution industrielle la seule voie possible pour accumuler l’énergie solaire sous une forme utilisable par l’homme au moment où il en a besoin et là où il en a besoin.

      Les moulins à vent et les moulins au fil de l’eau permettaient déjà depuis quelques siècles de profiter de l’énergie dispensée par le soleil sans passer par les plantes mais ils ne permettent d’en disposer que dans un tout petit nombre de circonstances. Seuls les lacs de barrages et l’électricité qu’ils produisent à la demande le permettent depuis un peu plus d’un siècle.

      Actuellement on sait récupérer l’énergie solaire sans passer par les plantes (éoliennes, panneaux solaires) et la transporter grace à l’électricité mais on ne sait la stocker que de manière extrêmement limitée et couteuse.

      Il y a bien sur l’énergie nucléaire (fission, fusion, géothermie) mais le moins qu’on puisse dire est qu’elle s’avère la plus malcommode à utiliser…

      Grâce au fait qu’elle se conserve tout en changeant de forme mais ne disparaît jamais, l’énergie reste actuellement et restera surabondante jusqu’à l’extinction du soleil mais elle le sera de moins en moins sous des formes assez commodes pour qu’on la mette à profit.

      L’exemple le plus criant consiste à prétendre comme le font systématiquement tous les promoteurs qu’une centrale photovoltaïque permet d’alimenter un ville de tant de milliers d’habitants. En réalité le chiffre indiqué correspond malheureusement toujours à la production à midi en plein été un jour où le ciel est parfaitement clair. En fait le photovoltaïque est tout particulièrement inadapté à nos besoins puisqu’il ne délivre toute sa puissance (« puissance de crête ») qu’en des lieux et à des moments où on en a très peu besoin, pas grand chose en hiver et absolument rien la nuit.

  10. Sauver l’espèce implique de changer radicalement de système économique…
    Ce qui s’apparente à sauter dans le vide, car aucune alternative n’est préparée.

    Ceux qui tiennent les manettes économiques, politiques, et surtout médiatiques, sont si confortablement installés qu’ils n’en ont aucune envie. Après eux, le déluge. En clair, la situation est verrouillée.

    Nombre de catastrophes (facilement) évitables ont lieu car les protagonistes sont prisonniers d’un « système », d’une logique aveugle: le Titanic, Tchernobyl, Fukushima, Fessenheim (?), Trump (!)…

    Comme quoi ce ne sera pas la première fois qu’une logique aveugle entraîne une catastrophe. Mais là on va exploser tous les records…

    On ne veut pas croire ce que l’on sait. Car y faire face remet trop de choses en question. Les autruches le savent bien.

    1. « Sauver l’espèce implique de changer radicalement de système économique… Ce qui s’apparente à sauter dans le vide, car aucune alternative n’est préparée. »

      Je me suis risqué à prétendre dans le billet qui précède celui-ci que sauver l’espèce ( = l’écologiser) c’était d’abord dépasser le bureaucratisme asphyxiant qui amène les mieux intentionnés à pénéloper en toute quiétude. On peut aussi défendre que l’espèce passe par la langage juridique et là, nous comprenons que la grand majorité est désarmée quand il avance dans cet écosystème. La physique quantique est cohérente elle, au moins ! Si le Droit était utilisé en toute cohérence à toutes les strates du millefeuille, le Léviathan perdrait de son regard monarchique. Si le Droit citoyen était accessible au quotidien, il serait forcément moins facile de pénéloper en paix ! En fait pénéloper, c’est aussi le faire avec la complicité de ceux qui rêvent d’en faire autant… sans se faire prendre ! Ils tissent une toile inlassablement et la défont éventuellement quand ils prennent peur.
      Mais quand on change de canal d’informations, d’éducation, de culture générale, on change de totem, de protection tacite,… Et ça ne tarde pas à dériver vers des pathologies de plus en plus lourdes sur des pentes de plus en plus glissantes. Difficile d’écologiser dans des contextes aussi faux et bidonnés. Ni l’analyse juridique, ni l’analyse scientifique n’y peuvent….

  11. @ Paul Jorion:

    Cela n’a pas été évoqué, il doit y avoir une raison plus ou moins juridique…:

    Pourquoi ne pas lancer une campagne de « fund raising » pour financer cette inique condamnation à verser 62K€?
    En une semaine ce serait bouclé, et vous seriez « libre dans votre tête ».
    Non?

    1. Je continuerai de vous tenir informé.

      Voici que je rapportais l’autre jour :

      Le Tribunal condamne la VUB à vous payer un montant de 9.533,63 € brut à titre de dommages et intérêts correspondant à votre manque à gagner entre le 01.08.2015 et le 22.09.2015 ainsi qu’un montant de 68.923,10 € brut à titre de dommages et intérêts suite à la résolution judiciaire.

      En ce qui concerne votre demande d’indemnisation du dommage moral pour atteinte à votre image et réputation, le Tribunal décide que vous n’avez pas apporté pas la preuve que ce dommage n’était pas réparé par l’indemnisation de votre dommage matériel (voir ci-dessus). Le Tribunal considère également que la VUB ne peut être tenu responsable des rumeurs à votre sujet et que vous aviez vous-même et d’initiative fait des déclarations dans la presse.

      Justice a été rendue n’est-ce pas ? Attendez, ce n’est pas fini !

      Enfin, le Tribunal fait droit à la demande de la VUB de vous condamner au paiement du précompte professionnel qui n’avait – erronément – pas été retenu sur votre salaire depuis le début de votre occupation. Il s’agit d’un montant de 62.403,02 € que vous avez perçu indûment dans la mesure où ce précompte aurait dû dès le départ être retenu à la source en Belgique. Ce montant indu doit être remboursé à la VUB afin que celle-ci verse ces montants au fisc belge.

      Dans la mesure où vous avez déjà payé des impôts français sur ces montants à un taux nettement inférieur au taux d’imposition belge -, le Tribunal indique qu’il vous appartient d’introduire une requête en révision des impositions versées en France pour la période concernée.

      1. Bonjour Paul,
        je reviens sur la proposition de Pierre, l’option
        « fund raising » pour financer cette condamnation inqualifiable.

        Ensemble, la somme sera réunie et tout cela derrière vous!

      2. Je crois que la décision du Tribunal prend en compte ce qui suit.

        En vertu de la convention préventive de la double imposition entre la Belgique et la France, le salaire que vous a versé la VUB est imposable en Belgique et non en France, votre Etat de résidence. La Belgique a donc le pouvoir d’imposition en l’occurrence et la France doit accorder une exonération pour les revenus de salarié perçus, en vertu de cette convention fiscale.

        Cette convention prévoit une procédure dite « procédure amiable » pour obtenir le remboursement de l’impôt payé à tort en France. Votre bureau d’imposition en France peut vous donner plus de détails sur cette procédure, si vous avez été imposé en France sur les revenus en question.

        La VUB avait l’obligation de retenir le précompte professionnel belge à la source sur les montants versés. En principe, elle est passible d’amendes et de sanctions pour ne pas avoir procédé à ces retenues. La VUB vous a appliqué le régime fiscal prévu pour les personnes ayant le statut de professeur en France. Ces personnes bénéficient d’une exonération fiscale sur leurs revenus d’origine belge liés à leurs prestations en Belgique, en vertu de la convention citée plus haut.

        L’absence de prélèvement du précompte professionnel pourrait être considéré par le fisc belge comme un avantage imposable ce qui augmenterait encore l’impôt belge dû. Il importe donc que le montant de précompte professionnel soit pris en charge par vous pour éviter tout alourdissement de l’impôt belge dû.

  12. Monsieur Jorion,

    J’ai eu le plaisir de vous voir et de vous entendre lors d’une de vos interventions à Paris et je vous lis toujours avec intérêt. Vous traitez en fait le sujet de la Conscience humaine. Et j’écris sur le sujet en ce moment.
    J’ai comme vous des craintes profondes sur l’à venir lorsque nous regardons les évènements survenir….Nous sommes tous sur des filins individuels tels des funambules et sans balancier d’équilibrage, et le filin personnel se prolonge devant nous sans que nous voyions le bout, et nous avons peur qu’il s’arrête…. Et que nous mourions ! Nous sommes tous très diversement dotés en matière de confiance…. La mienne est que nous avançons tous vers des « passages » personnels, pour certains alchimiques et transformateurs, pour d’autres cataclysmiques, pour d’autres encore quasiment neutres….je ne conçois plus que l’humanité s’arrête… une supra conscience existe, elle est liée à l’argent, son utilisation et à ce qu’il crée dans le juste ou le fourbe… et ma certitude augmente jour après jour dans mes passages ….Nota : je n’ai pas un centime d’avance à chaque fin de mois. Voilà ce que je voulais vous offrir et offrir par la même occasion à vos lecteurs.

  13. Je ne suis ni anthropologue, ni biologiste, ni scientifique, ni politique, ni médiatique, juste un être humain parmi milliards, mail j’ai lu, vu, bu bon nombres de textes, d’ouvrages, de films, d’anticipation, de science-fiction, d’intuitions.
    Et la mienne me conduit à 2 autres scénarios possibles.
    Le premier consistant à un renouveau, un recommencement après extinction, par une minorité d’êtres humains ayant su, ayant pu résister, s’adapter, s’organiser, sur un bout de terre, moins polluée, moins suintée car moins industrialisée, sur un bout de terre encore accessible, encore accueillante, encore vivante…
    Puis un second scenario, plus souhaitable finalement, une catastrophe financière d’envergure mondiale permettant à l’homme de recouvrir les fondamentaux…
    Ah, zut, j’oubliais, je suis naïf !

  14. Bonjour Paul,
    Comment va se dessiner l’avenir du monde? Vaste question où chacun de nous a sa part de vérité!
    Vos quatre scénarios semblent crédibles tout comme on pourrait en imaginer beaucoup d’autres comme par exemple la découverte de nouvelles lois physiques qui nous feraient radicalement changer notre façon de voir le monde ou un événement extraordinaire comme dans le film « Arrival » (Bon ok! Celui là, il est peu probable mais bon on sait jamais…;-)
    Pour ma part, plutôt que d’imaginer un scénario, je partirais de ce qu’on semble savoir aujourd’hui sur l’homme et la vie. Je vais mettre de côté tous ce qui est croyance. Si j’avais à définir l’homme, je dirais qu’il est un être biologique dont la durée de vie est limitée et qui arrive tant bien que mal à se percevoir dans son environnent. Ce dernier point est important car c’est ce qui nous différencie des autres espèces vivantes. Nous sommes outillés pour comprendre notre environnent afin de mieux s’y adapter. Alors pourquoi, on doit s’adapter et bien pour survivre et pourquoi on doit survivre…..Je sais pas…C’est la Vie…mais pourquoi la Vie plutôt que rien????????Je sais pas…et c’est là que le religieux arrive et pour ma part je suis agnostique donc….J’en reste là….
    Si on en reviens à l’homme, je dirais que le point clé c’est la mortalité car c’est elle qui influence beaucoup notre comportement…Et derrière tout çà c’est juste les besoins de la sélection naturelle d’une espèce qui s’expriment. Nous devons mourir pour laisser la place à des générations futures qui seront mieux adaptées pour survivre mais pourquoi tout çà ???
    comme tout à l’heure…je sais pas.;-)!
    Maintenant, il est tout à fait crédible que l’homme trouve le moyen de vivre éternellement pour se libérer de la mort et par la même occasion s’extraire du cycle de la Vie. Pour moi c’est là que se trouve la rupture et si j’avais à écrire un livre sur l’avenir de l’homme c’est la course à l’immortalité que je soulignerais.
    Alors si on part du principe que nous allons trouver le moyen de vivre éternellement (cela existe déjà dans la nature http://www.especes-menacees.fr/le-saviez-vous/turritopsis-nutricula-meduse-immortelle/), le basculement il se fera là! Je sais que certains voit cela comme une malédiction comme un sacrilège comme un coup de canif à notre bonne vielle nature. Mais ce sont ils vraiment posé la question du sens de la vie, de qui nous sommes? D’où venons nous? Si on regarde froidement les choses sans y mettre aucune morale ou croyance, on s’aperçoit que l’homme et que toutes les espèces vivantes essayent de survivre, jusqu’à présent c’est par la reproduction que nous avons survécu mais demain….Alors c’est vrai la question sera de savoir si l’homme immortel sera capable de s’extraire de sa condition animale pour devenir ce qu’on appelle un Dieu. Sacrilège, l’homme devenir un dieu!!!Ah, ah, je fais de la provoc’ pour les religieux…Pour ma part, je suis agnostique et parfois je pense qu’il doit exister des Forces qui gouvernent l’univers mais qu’on est incapable d’en comprendre le sens. C’est dans ces forces que se cache le Divin pas dans le fait que l’homme puisse un jour conservait son corps de manière infini. C’est ma vision du monde.
    Alors Paul, pour en revenir à votre livre, je pense que l’une des clefs du futur de l’humanité se situe aussi du côté des progrès de la médecine.

  15. Bonjour Paul
    Il y a quelque semaines, je crois que c’était en écoutant la conversation scientifique d’Etienne Klein, l’invité parlait de l’origine du vivant et de sa caractéristique. J’ai appris ce jour là qu’on pouvait désormais enregistrer un code génétique sur un ordi, le transférer sur un autre qui , en commandant une machine, pouvait à partir du code, reconstituer un vrai gène opérationnel. Ce chercheur en concluait que c’était l’information qui était capable de changer de support. Et à vrai dire, qu’il s’agisse de retranscrire un poème d’Hugo en sumérien sur une tablette d’argile puis avec l’aide d’un lecteur optique de numériser l’info et de l’envoyer sur la lune où une autre machine pourra la re-vocaliser avec la voix de Gérard Philippe par exemple, la question du post humanisme change un peu. On peut alors prévoir un robot qui pourra voyager assez loin , emportant le code génétique d’un couple d’humains et arrivé sur une planète compatible dans X années, réinscrire le code sur un support ad hoc et relancer le processus d’élaboration du vivant s’il n’y en a pas sur place
    ( J’ai appris par la même occasion que la membrane permettant à un groupe de molécules de s’auto organiser et de survivre était une nécessité primordiale et précédait l’ADN.)
    Donc, même si je peux déplorer la probable extinction de l’espèce , ne sachant pas qui pourrait alors chanter la beauté du monde, je considère qu’il n’est pas impossible qu’une forme de translation de l’essence de notre humanité puisse advenir. Après…. c’est au delà de l’horizon des neurones qui me restent…
    Il nous reste donc, tout en alertant nos semblables sur la probabilité grandissante de l’extinction de l’humanité ( quelques groupes d’hominidés isolés pouvant toutefois survivre ) à espérer que le robot nurse couveuse trans-planétaire qui partira en emportant nos espoirs ne soit pas trop idiot.
    D’ici là nous pouvons écouter , à nos moments gagnés, les études de Liszt jouées par D. Trifonov ou réécouter tout JS Bach.
    Cordialement.
    Steve

  16. Bonjour Paul,

    Ce que je perçois est que l’être humain a peur de mourir et cherche à se rassurer.
    La spiritualité peut l’y aider, lorsqu’il considère qu’il a une âme qui subsiste après la mort.
    A notre époque de matérialisme forcené, il cherche à se rassurer grâce au sentiment qu’il contrôle la matière, son environnement ainsi que l’évolution et le devenir de son corps (idéalement jusqu’à atteindre l’immortalité), prêt pour cela à repousser les limites de l’éthique de manière effroyable. Le dernier exemple qui me vient est celui de la création toute récente d’embryons mixtes porcs-humains :
    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/01/26/97001-20170126FILWWW00383-des-embryons-mixtes-humains-et-porcins-crees-pour-la-premiere-fois.php
    Repousser les limites…
    Les dirigeants politiques, économiques, scientifiques se comportent comme des enfants capricieux, sans se soucier des conséquences potentielles de leurs actes sur la nature et l’humanité.
    On peut aussi ajouter à cela un instinct de domination fortement ancré chez nombre d’entre eux.
    A mon sens, il est nécessaire de s’assagir en établissant des limites (de possession, de croissance, de progrès technique…) soit internes (éthique présente chez chaque humain) soit externes (lois basées sur l’éthique) et d’établir une volonté de collaboration au côté, voire en lieu et place, de l’esprit de compétition. Bref, il est temps pour l’humanité de quitter l’irresponsabilité de l’enfance et l’actualité récente n’est pas rassurante du côté de nos dirigeants.
    Ce n’est pas gagné mais il paraît qu’à coeur vaillant…

  17. Personnellement, les films et les livres de science-fiction où les aliens exploitent/oppressent/exterminent les êtres-humains me semblent crédibles… En tant que miroirs de ce dont notre espèce est capable. Si vous remplacez ces méchants aliens par des humains, vous obtenez les façons dont notre espèce se comportera si elle entre en relation avec d’autres mondes habités : colonisation, pillage, massacre, extermination, parasitage, soumission et tout ça sans aucun scrupule ni arrière-pensées « parce que cela rapportera de l’argent, des ressources et de l’espace de vie, surtout pour la minorité dirigeante ». De plus, ce ne sera pas tout à fait l’Homme qui opérera, ce seront ses machines ou éventuellement « l’Homme amélioré », soldat particulièrement bête et méchant.

    Je rigole quand je pense à ce bon vieux nanar d’Independance Day : la gloire américaine de vaincre les méchants aliens venus absorber les ressources de notre planète ? Nan ! Par contre, les américains allant éradiquer l’espèce dominante d’une planète pour ensuite en absorber toutes ses ressources, ça oui !

  18. J’ai lu tous les commentaires qui parlaient de « survie » – ainsi que le billet de Paul, évidemment – et une chose m’a frappé : vous parlez de la survie de l’homme – l’humanité dans son ensemble ou l’individu – et c’est bien normal. A priori, ça nous concerne un petit peu.

    Mais vous n’avez rien remarqué ?

    Moi, ça me frappe à chaque fois : Paul nous parle de « machines qui [éventuellement] nous survivraient », mais vous ne trouvez pas le terme impropre ? Les machines, selon moi, ne pourraient pas nous « survivre » puisqu’elles ne vivent pas…

    Je me souviens d’une interview de Paul (sur BFM je crois) où, à propos du « Dernier qui s’en va » (bien sûr), il parle des machines qui « nous survivraient », mais au milieu du mot, il se reprend et préfère « nous succéderaient ». Et ici, il est reparti sur les machines qui « nous survivraient ».

    Je l’avoue, ça m’agace !

    Ce n’est pas juste une question de sémantique. Quel statut attribuons-nous aux machines ? Voilà la question posée ici. Pour ma part, je ne peux me résoudre à mettre les êtres vivants et les objets manufacturés dans la même boîte !

    1. Je dirais de manière consistante « succéderont » si je n’avais pas été chercheur en Intelligence Artificielle. L’ayant été, je dis « survivront » parce que j’ai découvert alors la dimension proprement prométhéenne de l’IA.

      Toutes mes excuses, mais la petite ANELLA (Associative Network with Logical and Learning Abilities) que j’avais mise au point, non seulement me sidérait par son intelligence (qui n’était que très indirectement la mienne : je l’avais programmée pour qu’elle veuille apprendre et elle le VOULAIT) mais elle (gaspation !) vivait…

      1. « la petite ANELLA (…), non seulement me sidérait par son intelligence (…) mais elle (gaspation !) vivait… »

        Eh bien oui, c’est exactement ça que je veux dire, Paul : c’est toi qui donne le statut de « vivant » à une IA (qui est probablement au demeurant très subtile, puisque programmée par toi ! 😉 ) en fonction de critères de ce que, toi, tu appelles « le vivant ». C’est toi qui vois l’IA qui vit, parce qu’elle simule une dynamique qui ressemble à la vie.

        Pour moi, le vivant ne peut pas être indissociable du biochimique qui se reproduit, possède un code génétique, échange de la matière avec son environnement (air, eau, nourriture), utilise l’énergie ainsi générée pour se régénérer, (éventuellement) se déplacer, etc. Pour plus de détails, voir les biologistes.

      2. Pour moi, le vivant ne peut pas être indissociable du biochimique qui se reproduit, possède un code génétique, échange de la matière avec son environnement (air, eau, nourriture), utilise l’énergie ainsi générée pour se régénérer, (éventuellement) se déplacer, etc. Pour plus de détails, voir les biologistes.

        Si les biologistes sont bien comme tu les décris, cad imaginant que toute question du vivant relève de leur domaine, ils ne sont pas très différents des économistes : convaincus que tout problème de société a une solution économique.

        Vous l’avez peut-être vu l’autre jour : les organisateurs d’un colloque me qualifient de « pluridisciplinaire ». J’aime bien ça ! et en tant que « pluridisciplinaire », je dis à tes biologistes, comme aux économistes en général : « Débarrassez-vous de vos oeillères, abandonnez vos préjugés ! »

      3. Très bien, Paul, tu es « pluridisciplinaire ». Je n’en disconviens pas, c’est ce qui fait ta force et ta pertinence dans ton propos (la plupart du temps). Et tu nous dis : « Débarrassez-vous de vos œillères, abandonnez vos préjugés ! » J’applaudis !

        A présent, explique-nous ce que tu appelles « la vie » ou « le vivant » de ton point de vue (pluridisciplinaire) et je pourrai peut-être y comprendre quelque chose. Jusqu’à présent, tout ce que j’ai pu lire, c’est : « l’IA que j’ai programmée est vivante ». Ma question, c’est : « vivante selon quels critères, selon quelle définition de ce que tu appelles ‘la vie’ ? » Tu remarqueras ma constance dans la question ! 😉

        Si tu estimes l’avoir expliqué dans « Le dernier qui s’en va », tu peux me donner juste les pages (je sais que ton temps est précieux). Mais ça m’a échappé, je t’avoue…

      4. Ta constance a pour nom « obstination ». Ouvre-toi au monde, tel qu’il est et non tel que tu as cru le capturer à l’aide des étiquettes que l’on a versées dans ta tête avec l’entonnoir que l’on appelle « éducation ».

      5. @O Brouwer

        Je comprends tout à fait votre opinion car j’ai eu la même pensée que vous par rapport au biologique. Tout en sachant que la vie s’exprime également à d’autres niveaux d’états de la matière et n’est pas circonscrite au biologique. Notamment au niveau subatomique.

        Je pense comprendre à quoi M Jorion fait allusion et cet article l’évoque et décrit bien les évolutions actuelles qui corroborent et confirment sa réflexion et son étonnement, son trouble. Paradoxalement j’ai éprouvé la même réaction et sensation en réalisant des sculptures en terre cuite d’argile chamottée (matière très vivante et trés plastique)… IA sort de cette motte…mdrrrr ;-)))

        Pour tout dire , à défaut de pouvoir parler de conscience, au sens humain, ces évolutions et avancées rapides et relatives aux IAs redéfiniront, par extension ? certainement notre rapport à la vie et à l’intelligence, comment se fera cette intégration ? Sujet plus que jamais d’actualité et très intéressant !!!

        Merci M Jorion de me faire voir l’IA sous des aspects qui me dérangeaient pas mal, au tout début, et qui questionnent et interrogent notre humanité , en profondeur, contribuant ainsi à nous faire sortir de nos zones de confort (là où ça ronfle sous le palmier…), ouvrant ainsi de vastes champs de réflexions à venir, ça ça me botte max !! 😉

        « À Télécom Bretagne, Claude Berrou et son équipe cherchent au sein du projet européen Neucod (Neural Coding) à modéliser le cerveau humain par une approche jusque-là inédite : la théorie de l’information. Ils partent du constat que le néocortex, ce « milieu de propagation qui permet à des processus biologiques de passer d’îlots de connaissances à d’autres », possède une structure très proche de celle des décodeurs modernes. Leurs travaux ont permis de développer des codes de représentation et de mémorisation de l’information expliquant sa robustesse et sa pérennité. Tout démarre d’une analogie entre la théorie de l’information de Shannon et le cerveau humain. Cette analogie a permis le développement de mémoires associatives robustes et à grande diversité d’apprentissage, grâce aux travaux de Vincent Gripon. Elle prend en compte un monde qui est réel, riche, complexe, et surtout analogique. La phase de perception revient à du codage de source (enlever la redondance de l’environnement), et celle de mémorisation à du codage de canal (rajouter de la redondance pour rendre le signal plus robuste). »
        http://www.up-magazine.info/index.php/le-vivant/homme-augmente/6378-intelligences-artificielles-quelles-promesses-quels-defis-partie-1

      6. Je me suis laissé (une fois n’est pas coutume ! 😉 ) le temps de la réflexion avant de répondre ce qui suit et je constate avec plaisir que je suis encore en mesure de le faire parce que les commentaires ne sont pas encore fermés sur cet article.

        « Ouvre-toi au monde tel qu’il est », dans une approche « pluridisciplinaire »… Eh bien oui.

        Ce n’est un secret pour personne (et certainement pas pour toi, Paul), je suis chrétien. Et si une approche pluridisciplinaire pouvait intégrer, par exemple, la (gaspation !) théologie ? Et si je te disais que la réalité (ou, autrement dit, le monde, l’univers ou d’autres noms que tu voudras lui donner, bref, « le grand tout ») était, à l’instar d’une pièce de monnaie, composée de deux faces, l’une visible et l’autre invisible, et que, donc, tout ce qui peut faire l’objet de notre observation n’en constituait que la moitié, comment serais-je appelé par toi dans ce cas ?

        Je devine que tu balaierais cette éventualité d’un revers de la main comme tu le fais avec l’histoire millénaire des religions, en une seule phrase : « La découverte que chacun d’entre nous est mortel a plongé notre espèce dans une stupeur profonde dont plusieurs milliers d’années de rumination ne sont pas parvenues à la faire émerger. »

        Je persiste et signe : le fait de considérer une IA comme vivante est pour moi une assertion qui reste dans le domaine des opinions et non des faits. Et dans le domaine des opinions, on peut dire toutes sortes de choses dont certaines paraîtront sensées à certaines personnes et aberrantes à d’autres, et vice-versa.

      7. Et, quand même, une petite réponse rapide à Julien.

        Julien, tu es au degré 0 (zéro) absolu de l’argumentation sur le sujet en affirmant – études scientifiques à l’appui – que « pour un bébé, un robot est un être vivant ». Approche un joli masque avec des grands yeux et un large sourire à un bébé de moins d’une semaine, et le bébé sourira au masque. Cela nous donne-t-il une quelconque information sur le caractère vivant (ou non) du masque ? Poser la question, c’est y répondre.

      8. J’aime beaucoup la réponse de Vigneron, Julien ! Elle me tiendra lieu de réponse à moi aussi.

        L’étude que tu as mise en premier, je l’ai lue (je veux dire que j’ai lu l’article), pas besoin de perdre mon temps d’avantage avec ce genre de conneries et je t’invite à faire de même !

      9. T’as pas compris Julien (?… Je m’étonne quand même !)

        Pour un bébé, TOUT ou presque est vivant. Pas besoin de faire des études scientifiques là-dessus, non ?

      10. Bon écoute Julien,

        Patiemment et calmement – bien que je considère que c’est totalement dénué d’intérêt, ce qui veut dire que ce que j’écris ici, c’est uniquement pour toi et tant mieux si ça profite à d’autres (mais j’en doute) – j’ai observé chez chacune de mes trois filles, par différentes observations ne respectant pas les conditions pouvant prétendre à leur « scientificité », qu’à une fourchette d’âge donnée, disons en gros de 1 à 3 ans, elles considéraient (comme l’évoque Vigneron avec humour) leur doudou comme « vivant ». (Pour l’une d’entre elles, il s’agissait d’un simple petit coussin.) Je suis donc persuadé qu’une étude scientifique les ayant, à cet âge-là, utilisées comme cobayes pour déterminer si elles considéraient un robot, humanoïde ou non, comme « vivant », si le protocole d’expérimentation est correct (ce qui semble être le cas ici), aurait obtenu un résultat affirmatif.

        1/ Cela ne nous informe en rien sur le caractère « vivant » du robot en question tel qu’estimé par un adulte : toi, Paul, ou moi-même.

        2/ Cela ne confère pas le statut d’ « être vivant » au robot, ou alors il faut évaluer en parallèle le statut d’ « être vivant » du doudou et arriver à la même conclusion dans l’un et l’autre cas.

        Pfiouh ! (Ceci n’était pas un crachat mais un soupir de lassitude.)

      11. Olivier, ta position est strictement morale et ta définition volontairement restrictive afin de s’imbriquer dans ton système moral. Tu en as parfaitement le droit, nous ne parlons plus de la même chose.

      12. Non, visiblement Julien, nous ne parlons pas de la même chose. Un robot est un être vivant puisque les bébés le voient comme tel. Restons-en là, c’est mieux.

    2. P.S. Nous avons la capacité de programmer des machines subissant beaucoup moins d’effets de ratage que nous-mêmes. Le contraste du coup entre elles et nous n’est pas beau à voir.

      P.S. (II) … et avant qu’une machine soit aussi arrogante que nous malgré nos moyens TRÈS limités…

    3. @ Olivier Brouwer
      Vous dites ceci:
      « Pour ma part, je ne peux me résoudre à mettre les êtres vivants et les objets manufacturés dans la même boîte ! »
      Vous avez parfaitement raison, moi non plus.
      Les objets manufacturés sont dans la boite « système réversible ».
      Les êtres vivants sont dans la boite « système irréversible ».
      Une IA si perfectionnée soit-elle pourra être montée (et elle est) ou démontée même par une IA supérieure elle restera toujours une IA à laquelle on pourra couper le courant, pourra s’arrêter pendant six mois puis repartir.
      Un système vivant qui peut être étendu à plusieurs éléments comme l’atmosphère la plante et le sol a besoin que sa structure dissipe constamment de l’énergie solaire, sans ce flux constant d’énergie solaire qui le traverse le système n’existe pas. C’est ce qui fait la particularité de la planète terre dont nous dépendons pour notre existence.
      Si nous coupons une plante elle va peut-être se ramifier, mais ce ne sera plus la même plante. La partie coupée se transformera en autre chose qui n’est autre que l’humus du sol, le système recycle ses déchets.
      Si une IA doit nous survivre il faudra qu’impérativement elle soit supérieure au système vivant, c’est pas gagné d’avance.
      Je n’y connais rien en programmation d’IA mais même en supposant aussi qu’elle peuvent se programmer elles-mêmes sans que l’homme n’intervienne, cela n’en fait pas des prétendantes au « système irréversibles ».
      La question qui reste en suspend est de savoir s’il est nécessaire que les IA soient considérées dans un système réversible pour nous survivre?

      1. Michel 😉 A propos de l’énergie, de l’IA etc.
        Jancovici: la croissance du PIB est finie! Il n’y a pas de miracle technologique. Sans environnement il n’y a pas de PIB. Il faut passer à un système qui passe à la reconstruction. Il y a trop de monde (et de politicars) dans les bureaux
        L’Europe : on confond la fin et les moyens
        https://youtu.be/71FxfVzU2N0
        Et :
        http://www.neadigital.com/noosphere/index.htm#europe
        Il y en a qui vont encore mordre les mollets et qui font le jeu de ce qu’ils prétedent combattre avec leurs gros sabots.

        Et sinon, piqûre de rappel sur le changement de paradigme (avec : « le dernier qui s’en va éteint la lumière. Essai sur l’extinction de l’humanité »). Titre excellentissime ! Contenu initialement pas trop orienté politique, ouf ! C’est ce qui m’avait fait venir sur ce blog de PJ. Aujourd’hui l’idéologie semble prendre le dessus, hélas, surtout que PJ combattait toute les idéologies et ce qu’il appelait le catéchisme de l’ultra libéralisme. Mais on y trouve malgré tout des sources intéressantes si on s’en donne la peine.
        http://www.noocafe.com/b-noo/bifurcation.htm
        http://www.noocafe.com/b-noo/michel-lambotte.htm
        http://www.noocafe.com/p-noo/paradigme.htm

      2. @ James Bernard

        Vous êtes très influencé par Marc Halévy. Personnellement j’apprécie ses écrits lorsqu’à la page 214 de son livre Prospective 2015- 2025 il écrit: « Une banque riche, opulente, luxueuse est une insulte à ses déposants ». On ne peut mieux dire.
        Mais lorsqu’il écrit ceci: http://www.noetique.eu/billets/2017/letat-de-la-france/view il se fait de douces illusions. La gauche existe, il faut faire avec et plutôt que de la considérer comme finie il serait à mon sens plus judicieux de l’aider à prendre conscience de son rôle. Ce qui compte est de faire prendre conscience aux travailleurs qu’ils peuvent devenir autonome et ne plus se considérer comme des salariés mais comme des collaborateurs.
        Je ne suis pas naïf et je sais qu’il est plus facile de se considérer comme tel lorsqu’on a organisé sa carrière autour d’une passion et par la suite d’un métier qu’on aime, j’ai eu beaucoup de chance. Il m’a fallu 40 ans pour me rendre compte que j’étais passé d’un statut de salarié à collaborateur. Tout le monde n’a pas cette chance et doit se contenter de bulshit job qui engraisse le mercantilisme c’est cela qu’il faut combattre.
        Lorsque Jean Marc Jancovici nous dit qu’il faut plus de gens à la campagne et moins dans les bureaux, il enfonce des portes ouvertes, je sais cela depuis 40 ans. Au potager j’essaye de faire passer l’idée d’agroécologie qui soustraite le travail du sol aux plantes et à la vie du sol, vous n’imaginez pas les réticences qu’il faut vaincre de la part des autres jardiniers, et plus ils sont âgés pire c’est.
        Ceci dit je suis d’accord, nous vivons une bifurcation sans précédent et il faut se rendre compte que, contrairement à vous, sur ce blog je pense que l’idéologie est en train de s’éloigner, les discussions vont bon train avec parfois des échanges houleux et c’est tant mieux.

      3. Non Michel, il y a une grosse différence entre influencé et trouver écho à ce que l’on ressent et Marc Halévy est un parmi bien d’autres que je cite souvent. Marc Halévy a ce mérite de es traduire de manière accessible au plus grand nombre. Essayez de parler de Bohm, Morin, Nietzsche, Sheldrake, et d’autres, vous verrez comment vous serez traité. D’illumié.
        Bien évidemment que ce qui compte est de faire prendre conscience aux travailleurs qu’ils peuvent devenir autonomes et ne plus se considérer comme des salariés mais comme des collaborateurs. C’est ma line de vie de puis toujours.
        Ensuite, parler de bulshit job, ceux qui ont testé n’en sont pas morts mais à chacun de ne pas s’en contenter. Ca n’est pas donné à tout le monde cette volonté ? Est-ce une bonne raison pour entraîner un pays tel que la France vers ce qu’il est devenu ? Nivellement par le bas ? Au lieu d’encourager ceux qui font des efforts on leur met des bâtons dans les roues sous prétexte que chacun doit être égal à son voisin

      4. « Ensuite, parler de bulshit job, ceux qui ont testé n’en sont pas morts »

        Si justement, ça se généralise. Ne pas pouvoir vivre de son boulot, (à défaut de rente…) c’est en quelque sorte être mort.

        Prétendre qu’il suffise de faire des efforts… est simplement faux.

        Savez vous ce qu’est un concours: Il y a x candidats, et seuls y seront retenus… ceci quelques soient les efforts de chacun.
        C’est le joyeux système capitaliste libéré actuel, qui engendre donc ses hordes d’exclus. (toujours plus)

      5. Ok James, je me suis mal exprimé, c’est bien sûr trouvé échos.
        Si on est influencé c’est parce qu’on a pas l’esprit critique suffisant, c’est ce qui manque le plus actuellement dans la population.
        En ce qui concerne les bullshit job, on en crée comme on produit des savonnettes pour faire du chiffre et du profit.
        A quoi cela sert-il d’avoir des entreprises efficaces en réseau si c’est pour crée des produits de luxe qui ne sont vendables qu’à une minorité de riches, ne faudrait-il pas s’appuyer sur des initiatives comme les compagnons de la terre (sous mon nom) en les libérant de toutes les entraves manageriales édictées aussi bien par les entreprises que par l’état (celui-ci a trop souvent bon dos)
        Sans remettre en question la nature du profit et par conséquent la nature de l’emploi qui va avec on n’en sortira pas. Nous ne sommes encore nulle part, d’autant plus que la nécessité écologique nous demande de relocaliser l’activité économique.
        Ce n’est pas si simple que cela de sortir des bullshit job, il ne faut pas perdre de vue que s’il y a des « bullshit job », il y a aussi des « bullshit product » qui vont avec.
        La technologie bien appliquée peut libérer l’homme, c’est la nécessité du profit pour payer le rentes de toute nature qui l’entrave.
        Quelques réflexions:
        http://www.slate.fr/story/76744/metiers-a-la-con
        http://www.lemonde.fr/m-perso/article/2016/04/22/dans-l-enfer-des-jobs-a-la-con_4907069_4497916.html

      6. 1. @ Lambotte Michel dit : 5 février 2017 à 10 h 30 min

        « La technologie bien appliquée peut libérer l’homme, c’est la nécessité du profit pour payer les rentes de toute nature qui l’entrave. »

        Oui la technologie peut libérer l’homme. Mais la technologie ne vient pas toute seule. Elle n’apparait au niveau du développement humain, qu’à l’issue de l’appropriation d’un ensemble de connaissances. Cette appropriation représente un investissement, lequel demande du temps, de la consommation d’énergie et de matières .
        Elle demande aussi un certain niveau conscience de la nécessité de préparer l’avenir, même lorsqu’on sait qu’inexorablement la lumière finira par s’éteindre un jour……….. lorsque le dernier qui s’en ira éteindra la lumière, notamment du fait du second principe de la thermodynamique que vous évoquez souvent.
        Le profit est indispensable pour constituer et entretenir un capital, donc pour permettre un investissement, lequel peut permettre de s’adapter aux conditions d’existence de l’avenir qui se dessine dès aujourd’hui.

        La rente, que vous condamnez, c’est tout simplement ce qui permet la vie dans le présent et de préparer celle du futur.
        Vous-même en tant que retraité, n’êtes vous pas rentier? Voudriez vous qu’on élimine les retraités en supprimant leur rente.
        Voudriez-vous qu’on supprime les investissements en supprimant les profits ? Le profit, début du capital, n’est rien d’autre que la différence entre ce que l’on retire d’utile d’une action et ce qu’elle à nécessité de consommer pour la mener. Lorsque le reste est nul, l’anéantissement survient dès épuisement du capital. Ne l’oubliez pas, le capital c’est la vie:
        http://www.cnrtl.fr/etymologie/capital

      7. @ jducac
        Vous dites ceci:
        « Le profit, début du capital, n’est rien d’autre que la différence entre ce que l’on retire d’utile d’une action et ce qu’elle à nécessité de consommer pour la mener. »

        A huit ans je l’avais déjà compris voyant mes parents travailler à la ferme pour vendre du lait pour faire vivre la famille, parfois il restait quelque chose qui constituait le profit.
        Dans le même temps on me demandait tous les lundis de poser une pièce de 5 franc sur le pupitre de l’instituteur . Il inscrivait la somme sur mon carnet d’épargne et de retraite en me disant bien d’économiser et de capitaliser pour obtenir des intérêts.
        Tiens, faire de l’argent avec de l’argent me paraissait étrange mais puisqu’il le dit c’est que c’est vrai.
        Aujourd’hui au vu des intérêts de mon épargne, le petit bonhomme de huit ans avait raison.

        Il y a une différence fondamentale entre profit et rente.
        D’autre part, je n’évoque pas le deuxième principe de la thermodynamique mais le troisième.
        Je veux bien qu’on pourrait la repenser, mais ne confondez non plus allocation de retraite avec rente du capital, ce n’est pas la même chose

      8. @ Lambotte Michel dit : 5 février 2017 à 17 h 08 min

        « faire de l’argent avec de l’argent me paraissait étrange mais puisqu’il le dit c’est que c’est vrai. »

        C’est dommage que votre instituteur n’ait pas été en mesure de vous expliquer pourquoi.
        Si vous admettez qu’un capital (notamment de l’argent ) est équivalent à de la vie, comme en attestent les références étymologiques indiquées, vous devriez pouvoir admettre que le propre du vivant est de pouvoir être producteur de travail. Il devient donc possible de faire travailler de l’argent (= du vivant) pour le faire croître en valeur en l’utilisant pour investir dans une entreprise afin de produire ainsi des biens et services marchands. Une production efficacement conduite dégage normalement des profits lesquels peuvent être eux-mêmes réinvestis ou simplement consommés. Si la production, au lieu de dégager des profits, enregistre des pertes, elle entame alors son capital constitutif, jusqu’à le consommer en totalité et a en mourir, tout comme un organisme vivant.
        Il ne faut surtout pas tomber sous le charme trompeur des discours des politiciens anticapitalistes ou de leurs adeptes. Ils présentent comme immoral le fait de faire de l’argent avec de l’argent alors que ce processus est à la base de l’économie et de la vie. En tenant un tel discours ils ne font que chercher à se faire élire et à vivre ainsi au dépend de ceux qui les écoutent……… et en les élisant, leur donnent le pouvoir de vivre grâce au travail des autres

  19. Foin de pessimisme.
    Comme disait l’autre : les bonnes nouvelles marchent et les mauvaises volent.
    Au pire l’homme deviendra « à son tour bien fait pour lui » la principale variable d’ajustement de sa propre survie. J’y crois un peu.
    Mais qui peut imaginer qu’un tel virus disparaisse aussi aisément ?

    1. « Au pire l’homme deviendra « à son tour bien fait pour lui » la principale variable d’ajustement de sa propre survie. J’y crois un peu. Mais qui peut imaginer qu’un tel virus disparaisse aussi aisément ? »

      La biologie sait aujourd’hui d’une part que les virus ont contribué activement à l’évolution, d’autre part que nous sommes tous « porteur sain » de virus dormants qui peuvent être activés ( ou pas) par des « signaux » externes ou internes, à tout moment. Il s’agit de fait de régulations d’énergétiques au niveau celluleire que nous ne connaissons pas forcément en détail; les stress en font partie, indispensables à la vie mais aussi épuisants quand trop répétés: c’est la dose qui fait le poison.
      Un virus de la communication exacerbé a produit un Léviathan trumpiste étonnant, que nul n’avait su imaginer « pour de vrai », alors qu’on en a déjà vécu différents exemplaires sans être capable d’en tirer quelques protections juridiques. Trump, est-il le rêve réussi de l’ego politicien ?

      1. « L’aspect le plus triste de notre vie aujourd’hui est que la science acquière les connaissance plus vite que la société n’acquière la sagesse. » Isaac Asimov

        Macron est-il le songe en marche du « tout à l’ego » ?

      2. « Trump, est-il le rêve réussi de l’ego politicien ? »

        Voire son cancer…
        http://www.washingtontimes.com/news/2017/jan/29/susan-rice-ex-national-security-advisor-hits-trump/

        Pendant que d’autres individus font preuve de solidarité et d’une belle intelligence, au lieu de se faire la guerre, ça arrive…

        Jewish people give Muslims key to their synagogue after town’s mosque burns down
        http://www.independent.co.uk/news/world/americas/victoria-islamic-centre-mosque-fire-texas-jews-give-key-synagogue-muslims-worship-gofundme-a7556331.html

  20. J’ai votre age, Monsieur Jorion, et j’ai remarqué combien la pensée de la disparition de tous croît avec l’avancée en age, pour moi comme pour d’autres, dont vous. L’optimisme de Servigne&Stevens ne s’explique-t-il pas par leur jeune age ? Trop jeunes pour vivre en pensée l’effondrement ?
    En ce sens votre construction de scénarios et votre préférence pour l’un d’eux est typique : après moi, tout autre chose mais quelque chose de nous créateurs. L’idée de « ne pas mourir avant d’avoir fait bouger les choses vers un mieux » est du même topo.
    Tout ceci a évidemment un lien avec notre finitude (insupportable au plus grand nombre). J’irais plus loin. Je suppose que les êtres non doués de conscience ont une vision du temps qui est cyclique (l’éternel retour), quand bien même il ne le serait pas à l’échelle de la Terre, qui disparaîtra. Notre conscience du temps produit une angoisse de ce temps stupide et insensé, et lui postule passionnément un sens, une durée, et un enjeu (toutes questions humaines pour lesquelles nous sommes aussi « mal outillés »).
    C’est ainsi que je trouve la sérénité pour ces quatorze années qui nous restent en moyenne à tous deux (ou un peu plus si nous n’avons pas connu la pénibilité et la précarité). A part nous, qui s’inquiète de nous ? Nous sommes tels des dinausaures, notre disparition est programmée. Et c’est surtout la dispartion individuelle de notre moi qui nous angoisse : qui prolongera notre soliloque ? (à quand une machine qui produirait après vous vos articles sur ce blog !). Bref une forme de cynisme se combinant avec la passion ‘militante’.
    Après moi, des mouches ou des robots, quelle différence ? Seule la souffrance vécue par mes descendants imaginables (soit une ou deux générations) me chaut.

    Vos scénarios ont sans doute une valeur heuristique. Ils posent rapidement un problème. Ils n’intègrent aucunement les péripéties accompagnant l’effondrement, guerres, dictateurs populistes ou démocratiques, bouleversements climatiques, etc. Vos scénarios supposent tous un tempo calme, de fin de l’histoire, alors que des « histoires » sont bien plus certaines dans un déroulement concret. Lesquelles renforcent l’hypothèse de « l’effondrement ». Mais cette idée même d’effondrement est intellectuellement confortable autant qu’émotivement mobilisatrice. L’idée d’une pénible agonie est sans doute plus réaliste… et pourrait être la part majoritaire de tout scénario complexe.
    A vous lire depuis quelques temps, quelques livres et quelques vidéos, j’ai cru voir en vous une émotivité certaine, autant qu’une intelligence manifeste.
    Notamment dans cette assertion : « Quoi qu’il en soit, une course est désormais engagée entre la menace d’extinction de notre propre espèce, et notre capacité à produire des machines susceptibles de nous survivre. » Une course, une capacité, une survie, une fierté de l’humanité…
    J’ai voulu désigner cette part émotive par ces quelques remarques.

    1. @ Chabian

      Merci pour la clairvoyance et la bienveillance de ces quelques remarques.
      Pas sûr toutefois, qu’elles déclenchent l’enthousiasme ici…
      Quoi? l’objectivité prospective de Mr Jorion serait donc entachée par d’égoïstes préoccupations existentielles?
      Comme vous ici, je suis certain que beaucoup parmi nous en sont
      persuadés, ce qui, vous en conviendrez n’en rend pas moins, et même pour ceux-ci, les propos de PJ, passionnants puisqu’ authentiquement humains…
      Seul l’intelligence artificielle est en effet désespérément à l’abri de ce petit travers, ce qui, on peut déjà le constater, conduit à la déchetterie, à un rythme chaque jour grandissant, nos produits les plus avancés dans ce domaine.
      La recherche de la performance n’ayant pas de limite dans l’Esprit Scientifique, il est peut-être temps que l’affect reprenne le dessus.
      Si une course est bien lancée à l’échelle planétaire, c’est celle qui oppose Science et Conscience, et en temps qu’humaniste, je sais que le seul vainqueur sera l’Homme (ni augmenté, ni diminué), mais seulement conscient de son animalité, cramponné en conscience à son instinct de survie.
      Donc pour finir: « à suivre »
      Eric.

  21. Mon commentaire a été écrit tard le 31 janvier, et pour diverses raisons je ne l’ai pas émis, ayant lu le billet Philippe Soubeyrand ce matin et comme j’y fait allusion, je l’émets.

    À moins que.
    À moins qu’un groupe de quelques individus ai une proposition de changement simple, construite sur des bases logiques reliés aux conditions d’existences de toutes les espèces vivantes incluant l’Homme, qui lui n’est rien d’autre qu’un animal au même titre que toutes les autres espèces sur Terre, rien de moins.
    À l’étape où nous sommes l’Homme doit se rendre compte que pour que son espèce puisse survivre il doit répondre aux mêmes règles que toutes les autres espèces et ce exclusivement pour ce qui est de son entité physique et matériel, il doit d’abord se concentrer sur cet aspect et seulement celle-ci parce que c’est l’essence même de son identité en tant qu’espèce humaine.
    L’esprit, l’âme, la conscience, l’intelligence, l’intellect, l’entité spirituel ou n’importe quel autre terme qui vous conviendra, doit prendre acte de ce fait.
    Si cette entité croit qu’elle peut vivre autrement sur terre sans respecter les règles de l’existence humaine/animal qui la supporte elle doit se poser la question suivante : Doit-on maintenir l’espèce Humaine ?
    Si la réponse est non l’espèce va s’éteindre, compte tenu et suite logique de son comportement actuel, tout simplement par épuisement des ressources dans un monde fini.
    Si la réponse est oui l’entité spirituel devra se soumettre sans conditions aux règles d’existences matériels auquel il n’y a pas d’alternatives et ou les marges de compromis sont presque nul.
    Un des problèmes est que lorsque l‘on contrevient à ces règles l’effet n’est pas immédiat et ne survient qu’après une certaine période de temps qui peut être très néfaste dépendant de la gravité du manquement, alors imaginez si vous ne savez pas encore que vous êtes en contravention….
    Exemple : l’épuisement d’une ressource comme l’air que nous respirons. Le smog permanent à l’échelle de la planète contamine le mélange basique oxygène/azote avec effet de cliquet aggravant à chaque jour la contamination puisque l’écosystème qui purifie l’air ne parvient plus à corriger étant déborder, situation simple à comprendre si on s’en donne la peine ce qui n’est pas le cas.
    Quelles sont ces règles d’existence ? Dans le détail se serait peut-être long et difficile à expliquer, mais brièvement c’est le fonctionnement du moteur de la biosphère qu’il faut comprendre.
    D’abord quels sont les composantes de ce moteur, simplement l’ensemble de tous les autres êtres vivants de la planète qu’on appelle la biodiversité, de l’être unicellulaire (végétal ou animal) à la baleine qui par leur interaction actionnent le moteur de la biosphère.
    C’est d’ailleurs le même principe qui s’exerce dans le corps de chaque êtres vivants, l’homme inclus, ce sont les micro-organismes qui vivent à l’intérieur du corps qui actionne le moteur de chaque individu, c’est un écosystème intérieur.
    Pour résumé l’avenir de l’espèce humaine est directement relié à l’état de la biodiversité et de la bio multiplicité qui sont l’indicateur de notre propre future et le point de repère dans le but d’évaluer les effets des activités humaines pour l’instant totalement irresponsable devant l’état, disons préoccupant, de dégradation de l’environnement et des écosystèmes.

    Devant cette état de fait que peut faire un petit groupe de personne devenu conscient de ces faits.
    Je l’ai brièvement abordé dans un autre commentaire, c.à.d. proposé un contrat social d’abord entre chaque individu en dehors des cercles politiques reconnus, exclus pour les raisons que nous connaissons.
    Dans ce contrat devrait apparaitre en préambule la substance de ce qui est décrit plus haut et ce comme étant inaliénable voir éventuellement pouvant être inclus dans une nouvelle constitution.
    Ayant bien compris la dynamique du fonctionnement de la biosphère, faire un état de la situation environnemental et par suite prendre les mesures adéquates pour redresser la situation incluant la nécessité de faire un virage à 180 degrés du système économique en place et devant l’urgence de la situation stopper toutes les activités humaines qui peuvent l’être ( Soubeyrand ) pour diminuer la pression sur la biosphère tout en maintenant une qualité de vie cohérente selon les besoins fondamentaux.
    À ce moment, et entre autre mesure, le RU devient possible et nécessaire dans ce nouveau paradigme économique pour assurer la paix sociale, se partager par la suite le travail essentiel restant, etc.
    Le défi bien faire comprendre le phénomène aux individus, avoir le charisme nécessaire pour entreprendre un tel projet et se fier à la théorie du centième singe…pour initier l’effet d’entrainement

      1. Faire de la mousse, pour faire genre, sur ce que l’on ne connaît pas, c’est le propre de l’homo sapiens demens qui se targue de commenter sur tout et n’importe quoi. Sheldrake est un scientifique respectable, contrairement à ceux qui lui mordent les mollets par ignorance. De même que Newton était à la fois un grand scientifique et un alchimiste

      2. Faux, le contraire, Newton était un grand alchimiste et un scientifique aux bas blancs, de même que Sheldrake est un grand illuminé et un scientifique aux mollets bleus.

      3. Galilée était attaqué et condamné par les autorités, Einstein était souvent considéré comme un illuminé, Lamarck revient sur les devant de la science. Ils avaient les mollets bleus à force de se faire mordre par les inquisiteurs

      4. Effectivement Lamarck revient de loin en loin sur le devant de la scène, à chaque fois que le comité des lamarckiens trisocolores se débraguettent après l’Armagnac, montent sur la table et exposent à la compagnie la marque infamante qui colore à jamais leur culs malpropres de culs-terreux lamarckistes.

      5. Bien, on en fera part au Pr Didier Raoult, Henri Atlan et d’autres éminents scientifiques que ce sont des culs terreux qui se débraguettent après l’Armagnac. Vigneron a parlé,comme d’habitude, il distribue les bons points et les mauvais points comme s’il savait tout sur tout, la maîtresse d’école du siècle passé. A force de mordre les mollets de tout ce qu’il ne comprend pas il se ridiculise chaque fois un eu plus mais au fond, tout le monde s’en fout, c’est tellement banal tout ça. Heureusement qu’il y a encore des moments privilégiés avec des amis sincères comme ce soir pour zapper la bêtise du monde et ceux qui se croient supérieurs par ignorance et vanité

  22. Est ce que ça tient debout ? Y a-t-il de l’argent vertueux ou rendu vertueux ?

    Ben non, non et non évidemment, pas plus celui des bonus de Blankfein que celui des salaires de Pénélope ou que celui des revenus de Marie-Paule.

  23. « Y a-t-il de l’argent vertueux ou rendu vertueux ? »

    L’argent étant un outil voire un moyen, demande t’on a un outil d’avoir des vertus ? Où d’être utile voire salutaire ?

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