10 réflexions sur « Vidéo – L’importance du temps en recherche fondamentale »

  1. Le titre du billet attribue au temps ce que Max attribue au cycle de reproduction.
    Le modèle versus le réel.
    C’est grace aux interférences de cycle que l’on peut observer des planètes autour de système solaire lointain, et c’est aussi ce qui nous permet de graver le silicium à des largeurs de 5nm (avec des sources à 250nm).

    1. Aaaaah, Max!
      Un génie en avance sur son temps? Je ne suis pas convaincu. J’ai souvent pensé que le maxisme était largement bidonné.

      Son pseudo-génie s’est appliqué aux cycles, je le savais. Mais on remarquera qu’il avait un train de retard sur Dunlop et Michelin. En effet, le pneumatique a permis l’essor du cycle. Et malheureusement, Max ne l’a pas vu. Le trop mécanique Max a ignoré le confort du cycliste pratiquant. Il était bien de son époque! Le Pape ne faisait pas mieux: une messe durait 3 heures, largement passées assis sur un banc inconfortable. Pauvre pratiquant, il n’avait pas grand chose à sa disposition pour atténuer les douleurs au coccyx. Certains avalaient en douce une pastille d’opium. Non recommandé, très dangereux. Les célèbres démêlées entre l’Eglise et Max n’ont peut-être pas d’autres origines.

      Je dois avouer que passer du cycle à la gravure en 5 nm n’est pas évident. Si Max a accompli cet exploit extraordinaire, peut-être serait-il sage de le relire. Le maxisme recèlerait encore des pépites à découvrir? C’est le problème avec ces polymathes qui disent tout et n’importe quoi. Ils nous obligent à fouiller dans les coins.

      Et alors, que croire?

      1. Pas de panique, Max en quantificateur malgré lui, a associé/intriqué la persistance (voir Salvador Dalí) d’une idée avec celle de son inventeur.
        Par extension, la durée pour qu’une nouvelle idée voit la lumière est liée à l’interférence avec celle déjà existante.
        En 1997, les techniques de lithographie du silicium on franchie la barrière de Rayleigh en maîtrisant les interférences de la source laser.

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        1. Ah, je crois que je Ka’l toujours sur Ma’x.
          Mais l’analogie ondulatoire est à peu près la seule que je n’aurais pas prise pour la description des effets de rémanence dans le temps.

          Le mot “interférence” est en effet utilisé de façon un peu trompeuse :
          La vision (ou la révélation des résines pour la litho silicium) sont basée sur la détection des photons, laquelle est un phénomène non linéaire.
          (On observe un signal proportionnel à E², le carré de l’amplitude du champ).

          Ce qu’on appelle “interférences” dans les cours d’optiques c’est l’observation par une méthode quelconque (vision ou caméra) de cette intensité, mais cette partie non linéaire “va de soi” à un point tel que l’étudiant retient que l’essentiel est de bien écrire les propriétés des deux champs qui interférent et de montrer que l’addition E_a+E_b produit ou bien un champ moindre (interférence destructive, frange sombre) ou bien un champ renforcé (le maxi possible étant |E_a|+|E_b| , interférence constructive, frange “claire” ou “brillante”: la somme de valeurs absolues, si les deux sont positifs et donc non déphasés, car on raisonne en champ complexe et en régime harmonique).

          Dans la partie linéaire de la chose, pour des optiques parallèles comme celles d’insolation des wafers à lambda=193 nm (les coûteuses machines AMSL par exemple), il n’y a pas à proprement parle d’interférence à maitriser, seulement faire une très bonne optique qui ne bat pas le critère de Rayleigh (ce qui ne serait pas physique).

          Le gain de résolution vient de la partie non-linéaire du problème. C’est certes une partie nécessaire pour observer les signaux quand on n’a pas de détecteur de champ (en radio on a des détecteurs de champs directement et pas d’intensité, mais vers quelques THz, ~ on n’en a plus), mais ce n’est pas celle où on dit que l’on “maitrise les interférences”.

          Par exemple, on utilise la non-linéarité de la résine, et on peut grâce à la chimie, avoir une résine que se est dissoute seulement dans les zones d’intensité supérieure à un seuil très précis, et c’est le fait de pouvoir alors viser juste le sommet d’une frange brillante par l’exposition “juste à point”, qui ouvre la possibilité de former un motif battant le critère de Rayleigh (résol max ~ lambda/2/ sin(angle d’ouverture numérique) ). Et tomber à quelques nm après opérations fines post-développement chimique.

          Par rapport à l’optique ordinaire, ne pas oublier qu’on est dans l’UV à 193 nm (et pas à 600 nm dans le visible : facteur 3), et qu’on est fréquemment en immersion dans l’eau, ce qui à 600 nm, ne rapetisse les franges que du facteur n=1,33, mais à 193 nm, l’indice de l’eau finit par s’approcher de 2, et donc le critère “lambda/2” devient 50 nm. Y’a pu qu’à gagner un facteur 20 (par la résine croûtée “al dente” par exemple comme je l’ai suggéré) pour passer aux impressionant chiffres des fonderies silicium.

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          1. Merci Timiota, vos explications m’ont permis de rafraichir mes connaissances lacunaires sur lesquelles mes extrapolations sont venu s’écraser.
            En réfléchissant à mon commentaire, je crois que mon intention était plutôt d’aller vers une “physique du vivant” (©PJ) pour laquelle j’exclut a priori le temps comme mesure au profit des cycles (de reproduction, la faute à PJ) et le signal/message plutôt que la matière comme atome.

          2. @timiota Comme quoi le temps joue un rôle en recherche fondamentale, il y a 20 ans elle s’occupait de lithographie aux rayons X !

  2. Et comme une ode à l’exotisme de votre rencontre/découverte mutuelle, avec cette mathématicienne chinoise:
    Même si cela n’a rien à voir avec votre propos, mais c’est une découverte que vous tous auraient plaisir à feuilleter je pense…(elle vient de me tomber dans les mains , cadeau d’un ami)
    C’est un livre d’architecture, “La France cosmopolite & extraordinaire” _ d’Arnaud Goumand_ 2017 _Editions “Belles Ballades” (avec une cartographie en France et Martinique de ces endroits magiques)
    L’auteur est un spécialiste du patrimoine architectural sous toutes ses formes et dont il affectionne plus particulièrement les plus insolites.
    Vous trouverez à travers son périple en France, sur un air d’Italie, ou une anglomania, un charme slave ou scandinave, des airs de deux airs beaux comme l’antique ou un retour d’Égypte, un éclat d’Asie et des trésors mauresques et byzantins, le tout dans l’incongruité architecturale d’un baroque hydraulique, d’un downton abbey,d’une partition italienne, d’une église voyageuse, de bulbes d’or, de terre russe, de déesse aux oreilles de vache, de pharaon aux cigognes, de péplum de Barbès, de pagodes, de fantaisies du pays de Galle, d’Extrême-Orient sur seine, de palais ottoman, de cascade de moucharabiehs, de mauresque et d’aziyade, d’Afrique en pisé rouge …tout cela dans une France insoupçonnable des ballades avec une iconographie fabuleuse qui fait voyager et rêver. Une vraie découverte…
    pour une photo de la couverture du livre:
    https://www.google.com/imgres?imgurl=https%3A%2F%2Fstatic.fnac-static.com%2Fmultimedia%2FImages%2FFR%2FNR%2F6d%2Fe8%2F88%2F8972397%2F1540-1%2Ftsp20210120075555%2FFrance-cosmopolite-extraordinaire.jpg&imgrefurl=https%3A%2F%2Flivre.fnac.com%2Fa10900691%2FArnaud-Goumand-France-cosmopolite-et-extraordinaire&tbnid=fjM-eMR6GPidyM&vet=12ahUKEwjyl9voiPHwAhWQwIUKHQaaASYQMygAegQIARBZ..i&docid=PEkWnRttGOYoXM&w=340&h=340&q=la%20france%20cosmopolite%20et%20extraordinaire&ved=2ahUKEwjyl9voiPHwAhWQwIUKHQaaASYQMygAegQIARBZ

  3. Le titre de votre billet m’a fait penser au petit livre de vulgarisation de Julien Bobroff, “mon grand mécano quantique” dans lequel vous trouverez de nombreux exemples de “l’importance du temps en recherche fondamentale”

    1. Le mur de Max fait transpirer les neurones depuis effectivement assez longtemps ( en fait pas tant que ça à l’échelle de notre petit bout d’histoire) .

      En tous cas les miens ont transpiré quelques années pour parvenir à suivre une recherche qui avançait plus vite que mes petites jambes :

      https://www.bing.com/videos/search?q=mur+de+planck&docid=608003958598953781&mid=CB0EC41480FBC8E764BECB0EC41480FBC8E764BE&view=detail&FORM=VIRE

      Nota : en pinaillant , sans faire de recherche fondamentale , on peut trouver que la citation faite de Max Planck , en dessous de la vidéo, a deux traductions possibles .
      “…mais les vieux sont remplacés par les jeunes ” peut vouloir dire ” dans la population au sens large , par construction , les jeunes remplacent les vieux et sont plus prêts , par curiosité naturelle et absence de préjugés , à recevoir et faire fructifier des propositions anciennes iconoclastes et inouïes. ” Ou bien :
      ” les vieux savants finissent par crever , mais de jeunes savants peuvent reprendre le flambeau de leur recherche snobée et inachevée “;

      On comprend bien que , dans les deux cas , c’est le vieux savant tenace ,qui est encouragé à tenir le cap , mais ça doit quand même être plus encourageant selon la deuxième lecture de la maxime .

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