Retour sur le moment Pearl Harbor et l’État d’Urgence écologique, par Terence

Illustration par ChatGPT

Les recherches s’accumulent sur la capacité de survie des êtres humains face aux températures thermomètre-mouillé. Un problème qui devient de plus en plus concret avec le réchauffement climatique, malgré le déni écologique international actuel. Pendant que nous avons les yeux rivés sur le Moyen-Orient, les USA vient de connaître le mois de mars le plus chaud de leur histoire (sur 132 ans de mesure), qui est aussi le mois individuellement « le plus anormalement chaud » par rapport aux moyennes climatiques.

 

 

A physiological approach for assessing human survivability and liveability to heat in a changing climate | Nature Communications
En ce qui concerne notre capacité de supporter ce réchauffement, en une phrase : les précédentes tables de survie étaient trop optimistes, notamment par rapport à l’âge et au sexe des personnes, soumises à des températures et une humidité importantes, au soleil ou à l’ombre, pendant 6 heures continues.
Évidemment, on parle ici de survie humaine hors de toute technologie de refroidissement (la fameuse clim’), uniquement à partir du mécanisme naturel de refroidissement du corps par transpiration.
Mais on sait qu’une bonne partie de l’humanité (la majorité) vit dans des zones géographiques où le phénomène de dépassement des seuils se rapproche / augmente ET ne dispose pas de technologies de refroidissement. On sait aussi que la plupart d’entre nous concevons la vie humaine normale hors d’un scaphandre et avec la liberté permanente de nous rendre à l’extérieur, même en été, même lors d’une canicule.
Donc ces résultats scientifiques pointent vers l’émergence de zones « inhabitables » supplémentaires (il en existe déjà, pour différentes raisons, comme la pression extrême et l’absence d’air respirable au fond de l’océan) pour homo sapiens (mais aussi pour ses cultures végétales et ses élevages animaux, qui ont aussi des limites « corporelles »).
Ajoutons à cela une probabilité croissante de « super » El Nino en 2026 et 2027 (phénomène qui peut lui-même s’aggraver avec le réchauffement climatique durant la suite du siècle).
On ne peut qu’observer le renforcement des convergences vers une sorte de « singularité écologique » sur Terre.
J’ai discuté l’autre jour avec un collègue qui a fait une thèse en philo (dont la société a certifié qu’il savait réfléchir, même s’il y toujours une marge d’incertitude). Il me disait qu’il pensait qu’on ne bougerait pas avant d’y être forcés. De plus en plus d’amis me disent la même chose. Qui croit encore en l’écologie comme mouvement politique capable d’initier le changement AVANT que « le pire » ne se produise (le pire écologique étant déjà bien entamé en réalité) ?
C’est embêtant d’en venir à cette conclusion (que font aussi souvent les médecins et les psychologues) car vu l’inertie massive du système Terre, on va peut-être se bouger oui, forcés par les événements oui, mais quand il sera trop tard (trop tard chaque fois « pour tel niveau de dégât irréversible »… pouvant aller jusqu’à « l’extinction de l’humanité » -je mets la borne théorique du raisonnement). Le « trop tard pour x ou y » est en effet une affirmation dynamique, glissante vers le pire, à chaque seuil d’irréversibilité franchi (trop tard pour l’Amazonie, trop tard pour le Gulf Stream, trop tard pour les manchots empereurs, trop tard pour x ou y ou z… jusqu’au « trop tard pour homo sapiens » – à nouveau borne théorique du raisonnement, du moins anthropocentré).
Tant que l’espèce humaine est toujours viable, il n’est pas « trop tard » pour elle (en tant qu’espèce, on pourrait parler des milliards d’individus passés par « pertes et profits »). Mais il y a déjà plein d’espèces qui ont disparu, ayant franchi leur propre seuil de « trop tard » (si on adopte une métaphysique moins anthropocentrée).
Et il est déjà « trop tard » pour pas mal d’implantations humaines dans le monde (certaines îles par exemple).
Je songe dès lors encore et toujours à ce raisonnement autour du concept « d’Etat d’Urgence écologique » et du concept de « Moment Pearl Harbor ».
L’hypothèse selon laquelle, à un moment donné (ou plusieurs successivement), il y aura des fenêtres d’opportunité historiques, vu l’immensité des chocs (des catastrophes écologiques/climatiques provoquant un nombre incalculable de morts par exemple), pour que soient tentés des scénarios « d’Etat d’Urgence écologique » (version démocratique) ou d’état d’urgence (version non démocratique) via des moments socio-politico-historiques de type « Pearl Harbor ».
Ce qui s’est passé pendant la pandémie de covid-19 peut ainsi être vu comme un « modèle » analogue de ces scénarios (je le dis de façon descriptive, sans juger si les réactions politiques durant la pandémie étaient bonnes ou mauvaises, on ne peut nier qu’elles ont vu l’usage d’instruments d’exception, même par des démocraties).
Ces « moments Pearl Harbor » sont des singularités biophysiques et anthropologiques dans l’histoire du système combiné Antropobiosphère, où « quelque chose pourrait se produire » mais sans garantie que « ça » se produise. Ce quelque chose pourrait être une bifurcation par rapport aux mégatendances actuelles, par exemple une réduction de la voilure économique mondiale pour réduire massivement l’empreinte écologique, et donc ralentir l’Ecocide planétaire.
La probabilité de tels « moments Pearl Harbor » ne fait qu’augmenter plus « ça empire » (c’est d’une logique imparable, toutes choses égales par ailleurs).
Il est a contrario tout à fait possible qu’il ne se passe « rien ». C’est à dire que le moment Pearl Harbor se présente en tant que possibilité, mais qu’il ne se réalise pas en tant que tel, ne donnant pas lieu à une « tentative d’Etat d’Urgence écologique » (qui peut ou pas « réussir », la définition de « réussite » étant synonyme de « minimiser la casse » dans toutes les branches des scénarios ultérieurs pour l’Anthropobiosphère).
S’il ne se passe « rien », on peut imaginer à long terme des résultats « à la Mad Max », où rien n’a été tenté, et l’Ecocide planétaire s’est réalisé. Les humains résiduels ayant même perdu la mémoire, c’est-à-dire toute capacité à « se représenter » ce qui leur est arriveé. On voit l’émergence de cette possibilité d’apocalypse ignorée via la destruction de l’infrastructure scientifique climatique et écologique aux USA. Les populations ne peuvent dès lors pas élaborer à ce sujet, et encore moins agir adéquatement, collectivement. C’est un Ecocide silencieux, qui ne parvient jamais à la conscience collective ou qui en disparait progressivement.
Si la réalité est déjà « alternative », des milliards d’humains pourraient subir la catastrophe écologique sans ressentir la moindre révolte, le moindre affect politique, conditions nécessaires d’un Moment Pearl Harbor entièrement réalisé, au-delà de sa simple fenêtre de possibilité biophysique.
Tout ceci me fait beaucoup penser au concept de psychohistoire » développé par Isaac Asimov dans son cycle de science fiction « Fondation ».
Anticiper les ruptures de continuité possibles du système combiné Anthropobiosphère passe en effet par une connaissance des phénomènes biophysiques les plus généraux (réchauffement climatique, écocide, limites de survivabilité humaines, usage des combustibles fossiles) et des phénomènes anthropologiques : psychologiques, sociologiques, économiques, politiques et historiques, sans oublier les vecteurs technologiques comme l’industrie, la science, la technique et possiblement, l’IA.
Si on résume la trajectoire du système combiné Anthropobiosphère, en se concentrant uniquement sur les mégatendances, avec un regard d’analyste mathématique de fonctions en recherche de singularités dans les courbes, on voit forcément apparaître ces grandes formes génériques, pour lesquelles chacun aura son vocabulaire :
  • Anthropobiosphère
  • Écocide planétaire
  • Moment Pearl Harbor
  • État d’Urgence écologique (démocratique ou non)
Et donc deux issues macroscopiques : l’Effondrement ou la Métamorphose.
Partager :

31 réponses à “Retour sur le moment Pearl Harbor et l’État d’Urgence écologique, par Terence”

  1. Avatar de Jean
    Jean

    @Terence
    “Un problème qui devient de plus en plus concret avec le réchauffement climatique, malgré le déni écologique international actuel.”
    Question: le développement des IA avec leur consommation d’énergie croissante et leurs data-centers qui réchauffent encore un peu plus l’atmosphère, n’est-il pas lui aussi un déni écologique actuel?

  2. Avatar de Roberto
    Roberto

    L’image de ce post suggère me semble t il LA solution! Devinette?
    La guerre bien entendu ! Chapeau a Trump & Poutine, merci a eux.
    NetagnaHou itou – la guerre est la manifestation la plus « explosive » de la situation.
    C’est elle qui est susceptible de toucher les masses. Intégrer dans les tripes que ça se bat pour l’eau, pour le pétrole, pour la terre, l’accès à l’océan, pour ci pour ça.. avec à un moment un effet de seuil, une élection et zou la roue qui tourne dans le bon sens.

    Ce sont les guerres qui produisent plus rapidement efficacement une forme de sobriété populaire dans la population, pendant que les états éclatent leur arment consommables en milliards de dollars.

    Du coup la question de ce point de vue devient : comment transformer le choc des guerres en mouvement pro-actif aux racines? En amour.. respect et soin de la planète? Je donne ma langue aux chats..

    1. Avatar de Pascal
      Pascal

      Tiens, pour ta sobriété guerrière, Roberto !
      https://youtu.be/2yRcv6QnVJk?si=a7b_-2tazYbpRiWt

  3. Avatar de Roberto
    Roberto

    L’image de ce post suggère me semble t il LA solution! Devinette?
    La guerre bien entendu ! Chapeau a Trump & Poutine, merci a eux.
    NetagnaHou itou – la guerre est la manifestation la plus « explosive » de la situation.
    C’est elle qui est susceptible de toucher les masses. Intégrer dans les tripes que ça se bat pour l’eau, pour le pétrole, pour la terre, l’accès à l’océan, pour ci pour ça.. avec à un moment un effet de seuil, une élection et zou la roue qui tourne dans le bon sens.

    Ce sont les guerres qui produisent plus rapidement efficacement une forme de sobriété populaire dans la population, pendant que les états éclatent leur arment consommables en milliards de dollars.

    Du coup la question de ce point de vue devient : comment transformer le choc des guerres en mouvement pro-actif aux racines? En amour.. respect et soin de la planète? Je donne ma langue aux chats..

    Enfin? n’y avait il pas une situation similaire en 68? apres la guerre du Vietnam, et les dernières guerres coloniales « officielles »? Les beatniks n’étaient ils pas un mouvement réactionnel positif?

  4. Avatar de Thomas Jeanson
    Thomas Jeanson

    Dans fondation, Hari Seldon le mathématicien père de la psychohistoire, est assisté par Dors Venabili, si ma mémoire est bonne, un droïde feminin qui devient sa compagne.

    Paul me fait très souvent penser à lui, dans la compréhension des crises, et de ce que chaque crise est une occasion de comprendre, qui est saisie, ou pas. Et aussi dans cette intention sincère de trouver pour tous, pour « l’empire », le meilleur chemin.

    1. Avatar de bb
      bb

      C’est vrai ça.
      Paul Jorion est-il Harry Seldon?

      Seldon est l’archétype du savant qui, voyant les « courbes mathématiques » diverger, comprend que le système actuel est déjà condamné.

      L’impossibilité d’éviter le choc : Comme pour le réchauffement climatique et les seuils de survie, Seldon considère que l’humanité a trop d’inertie pour changer de direction par la simple raison.

      La réduction de la casse : La solution n’est pas la « prévention » (il est trop tard), mais la gestion de la transition. La Fondation est une sorte d’« État d’Urgence » intellectuel chargé de préserver les connaissances pour que la « Métamorphose » vers le Second Empire soit la plus courte et la moins douloureuse possible.

      LA PSYCHOHISTOIRE : UNE PHILOSOPHIE DE LA NÉCESSITÉ
      Ce que Seldon propose, c’est une forme de déterminisme statistique. Il ne s’occupe pas des individus, mais des mégatendances de la « population galactique ».

      Sa solution pour « pulvériser » le chaos est de créer des crises de Seldon : des moments charnières où la Fondation n’a qu’une seule issue possible pour survivre, la forçant ainsi à évoluer. C’est l’équivalent fictionnel du « Moment Pearl Harbor » : une situation si critique qu’elle ne laisse d’autre choix que la bifurcation radicale.

  5. Avatar de Garorock
    Garorock

    Donner sa langue aux chats de la silicone valley en espérant le retour pro-actif des individualistes libertaires qui encensaient Jésus Raoult, c’est comme conduire une soucoupe volante avec le permis B…
    Si un moment Pearl Harbor il y a, il ne viendra que d’une alliance objective entre la cinquième division et la quatrième. Après l’élection, bien sur, d’une papesse punk au Vatican et la mise au point d’une constitution entre l’I.A et nous.

    1. Avatar de Garorock
      Garorock

      Et après que l’I.A et nous ayons donné une armée à l’ONU.
      Ne fusse t-elle qu’algorithmique…

    2. Avatar de JMarc
      JMarc

      « une papesse punk au Vatican » Oui ! Nina Hagen !
      (rêvons un peu, ça fait du bien)

  6. Avatar de Pascal
    Pascal

    La plus grande « démocratie » du monde moderne qui a vu naître de nombreux esprits brillants a mis à sa tête l’archétype de l’écocidaire hystérique. Une administration qui n’a pas de sous de cervelle et qui semble, pour paraphraser Peter Thiel, incarner au mieux la figure de l’Antéchrist. Annonciateur de la fin du monde, la fin d’une humanité qui à l’image du pitre orange s’est prise, ou à eu l’ambition de se prendre, pour Dieu.
    Du haut de leur t’as de fumier social, les coqs milliardaires faiseurs de présidentiables, se vautrent dans leur orgueil, persuadés de devenir les premiers immortels comme autant de Pharaon de pacotilles. Ivres de pouvoir, un pouvoir qu’on leur a abandonné, ils entraînent dans leur vaine décrépitude jusqu’à la Vie elle même.
    La sagesse humaine a toujours été marginale parmi les sapiens sapiens. On lui a toujours préfèré le glorieux guerrier qui massacre à tour de bras, gorgé de violence et du sang des autres, jusqu’à s’en étouffer lui-même. L’empereur Magnus Magnificus Maléficum qui bâtit sur la mort les gloires des livres d’Histoire s’érige à chaque coin de rue en statues que les pigeons décorent d’un guano vengeur.
    Bref, l’être humain est con, pour le dire plus abruptement. Devenu Super Hyper Predator, il n’a de cesse de détruire jusqu’à lui-même, emportant dans sa folie des millions d’années d’évolution du vivant.
    C’est peut être la nôtre destinée après tout. Peut-être ne sommes nous qu’un méga bug dans le programme évolutionniste. Les dinosaures sont morts d’avoir été trop gigantesques et nous allons mourir d’avoir voulu nous faire aussi gros que le mosasaurus et sa si petite cervelle.
    Nous sommes sur des rails et nous avons confié la locomotive aux plus singlés. Comment croire qu’on évitera le déraillement ?

    1. Avatar de Garorock
      Garorock

      Faut leur piquer le charbon!
      Et la loco ralentira.
      Arrêt Krishna dans tous les éco-villages.
      Droits de péages dans tous les détroits.

      1. Avatar de Pascal
        Pascal

        Blague à part, en se lâchant ainsi, Trump est surtout en train de se faire lâcher de toute part. C’est presque du suicide !
        Comme disait l’autre : Un con, ça ose tout. C’est même à ça qu’on le reconnaît !

        1. Avatar de Thomas Jeanson
          Thomas Jeanson

          Sauf que Trump ne se mesure pas à l’aune de sa faillite ( qui est permanente depuis 40 ans ) mais plutôt à son potentiel de nuisance, qui lui, n’a jamais cessé d’augmenter.

  7. Avatar de Vincent Rey
    Vincent Rey

    Il n’y aura pas de moment « Pearl Harbor », mais c’est aussi un peu de la faute des écologistes, qui n’ont pas su trouver une analyse économique qui fasse sens.

    De toutes façons, la reconfiguration économique globale est en route avec l’AGI, qui va remettre toute les bases de l’économie à plat, en faisant disparaître totalement la valeur du travail humain. On va se retrouver littéralement « à poil ». Les choses ne vont plus rien coûter, mais d’un autre côté, il n’y aura plus de revenus ! imaginez le bouleversement que ça va être ! On a intérêt à inventer rapidement quelque chose, si on ne veut pas que les gens se jettent les uns sur les autres !

    J’ai commencé findutravail.net en 2016 si ma mémoire est bonne, en découvrant cette vidéo de Paul Jorion, à l’émission de Frederic Taddeï. La fin du travail humain était quelque chose que je subodorais, mais que j’attendais de voir confirmée par un économiste, et en l’occurrence, ce fut un anthropologue…d’autres que moi auraient pu l’avoir cette intuition, robotisation et délocalisations s’étaient déroulées pendant plus de 30 ans…n’était-il pas évident que les états pris à la gorge par leurs électeurs, perdraient tout pouvoir sur le marché, s’endetteraient en tentant d’atténuer les choses , et qu’au bout du compte, arriverait l’extrême-droite.

    Ce qui soutient ce sentiment d’impuissance écologique, c’est UNE SEULE IDEE : celle que le marché libre et non faussé est une entité démocratique, au prétexte que nous serions libres d’acheter et de vendre ce que nous voulons. (voir dans cet article ma question à Jean Jouzel).

    Aucune politique écologique ne peut « accompagner » le marché. Or ce n’est tout simplement pas possible : les publicités pour les SUV de 2 tonnes et les voyages en avion ont-elles seulement ralenties ? Non, elles se sont accélérées, la publicité est absolument partout. Son influence pénètre le cerveau de nos enfants, ils ont tous un terminal publicitaire dans la poche !

    S’ajoute à cela le contrôle médiatique que donne justement la publicité. Il n’y a qu’à voir comment Paul Jorion est blacklisté dans toutes les émissions de débat, alors que les invités présents ne débitent souvent que des imbécilités. C’est une honte.

  8. Avatar de Diotime
    Diotime

    Bonjour à toutes et à tous ,
    lors d’un retour sur la terre de mes ancêtres je suis passé par l’écovillage de Pourgues dans l’Ariège . Voici ce qu’en dit leur site : https://www.ecovillagedepourgues.coop/

    et ça me laisse rêveur …… enfin !!!! 🔅🔅🔅🔅

    1. Avatar de ilicitano
      ilicitano

      @Diotime

      Vous auriez pu faire un petit saut jusqu’à l’écovillage de Sainte Camelle

      https://ecovillagestecamelle.fr/

      C’est près de Pamiers .
      Il y en une personne qui vous aurait bien accueilli

      1. Avatar de Diotime
        Diotime

        @ilicitano

        c’est bien noté ! de toutes manières je dois y retourner . Par contre je ne vois pas qui pourrait m’accueillir ….😉

        1. Avatar de Garorock
          Garorock

          Moi j’accueille personne!
          Suis trop chafouin.
          😎

      2. Avatar de Ludyveen
        Ludyveen

        Ne pas oublier le petit livret »les 7 points pour vivre la collectivité harmonieusement », 5 roro:c’est pour les bonnes oeuvres… mon chat est en PLS.

    1. Avatar de Vincent Rey
      Vincent Rey

      mais blawte…les abeilles… enfin vous voyez bien que ça ne suffit pas !

  9. Avatar de Hadrien
    Hadrien

    Il n’y aura pas de « moment » dans l’effondrement en cours, car il s’agit d’un processus, quasi instantané à l’échelle géologique mais lent à l’échelle humaine. Plus important, les coupables de l’effondrement, c’est l’humanité toute entière, par son nombre, et ses appétits et leurs croissances.
    La croissance de notre consommation des ressources naturelles et leur transformation en pollutions peut s’assimiler, si on veut comprendre le jorionisme et si je veux faire plaisir à ce blog au « capitalisme ».
    Pour rappel: notre problème est simple (ce qui ne veut pas dire facile):
    1) l’effondrement physique de la biosphère est dû à notre consommation de ses ressources, transformées en pollutions, que nous appelons aussi « richesse », mesurée (+- correctement) par le « PIB ».
    2) L’équation de Kaya simplifiée lie ce PIB aux humains sur cette terre: PIB = N*PIB/N = nombre de consommateurs N * niveau de vie moyen par consommateur PIB/N.
    3) Donc, si nous voulons diminuer l’effondrement physique de la biosphère il n’y a que deux solutions:
    3.1) Diminuer le nombre de consommateurs;
    3.2) Diminuer le niveau de vie moyen;
    Et/ou toute combinaison des deux.
    SIMPLE mais pas facile et TRES peu populaire.

    Un espoir: la transition démographique (baisse de la natalité) a eu lieu dans la majorité des pays du monde, à l’exception de l’Afrique et de la bande musulmane (en partie). La politique chinoise de l’enfant unique doit se saluer. Outre l’arrêt de l’expansion de la population chinoise , elle rend difficile une politique d’agression militaire par ce pays.
    Significativement, les classes dirigeantes capitalistes s’en inquiètent au lieu de s’en réjouir.

    1. Avatar de Ruiz
      Ruiz

      @Hadrien Il faut constater que l’évolution récente (depuis 200 ans environ) de nos sociétés y compris au plan mondial a pris le chemin y compris dans son choix de valeurs de la trajectoire constatée.
      démocratie, abolition de l’esclavage, décolonisation, progressivisme stakhanoviste, grand bond en avant, ne peuvent qu’aboutir à une égalisation du niveau de vie moyen par le haut et une augmentation du nombre de consommateurs.
      Tout les mouvements de gauche participent de cette évolution.

      L’évolution climatique a pour conséquence une adaptation du vivant et des espèces avec la survie des variantes ayant des caractéristiques adaptées.
      Pour les végétaux et les animaux, survivent ceux adaptés dans des climats plus chaud.

      Il n’est donc pas étonnant de constater un grand remplacement pour l’homo sapiens par des ethnies africaines issues de son continent d’origine et plus adaptées que celles vivant actuellement dans le reste du monde et qui s’étaient adaptées à des climats plus rigoureux y compris par une hybridation avec Néanderthal.

      Pour ce qui est des classes dirigeantes actuelles (capitalistes si si ) elles sont plutôt déjà en Chine, et s’en préoccupent plus pour l’avenir des retraites que pour la puissance militaire qui peut être obtenue par une supériorité matérielle et technologique.

  10. Avatar de Hervey

    Dubitatif.

    Faut-il espérer que l’équivalent d’un nouveau « mur de Berlin » ne s’érige dans le Détroit d’Ormuz et telle une frontière infranchissable gèle pour des lustres tout passage par ces voies maritimes … ?

    Verrait-on alors (Oh! Surprise) prendre forme cette esquisse involontaire et comique un nouveau « moment Pearl Harbor » ?

    Ce moment là ne serait pas si éloigné du moment ainsi désigné … plus issu d’un coup de pouce de la fortune et du hasard qu’attribué au mérite des hommes.

    … ?

    Dubitatif.

  11. Avatar de Sacha Basset-Chercot
    Sacha Basset-Chercot

    Sujet maintes fois débattu sur ce blog.

    1er problème: l’espèce humaine n’a peuplée la planète que part une déprédation systématique de son milieu depuis le néolithique (grand incendies de forêt, destruction systématique de la mégafaune) jusqu’à aujourd’hui (capitalisme – soit une organisation économique fondé sur l’exploitation des ressources, colonialisme des 19 et 20e siècle, techno-solutionnisme morbide actuel). Il va sans dire que chaque évolution sociale a entrainé une aggravation de l’emprunte de l’Homme sur son milieu, jusqu’au point de non retour en train d’être franchi. Ce comportement de « prédateur opportuniste » pour paraphraser Paul Jorion est inscrit au plus profond de la nature humaine.

    2e problème: une incapacité intellectuelle et psychique a « embrasser » les causalités sur le temps long. C’est ici que l’analogie avec Pearl Harbor trouve ses limites car la catastrophe écologique et humanitaire qui s’amorce ne va pas se produire en un jour, elle est sous nos yeux depuis plusieurs décennies déjà et ses conséquences graves commencent partout à se faire sentir et iront crescendo. Face à cela, chacun peut (individuellement la plupart du temps ou dans de rare occasion collectivement) éprouver une forme de révolte mais cet élan se brise continument contre un état de fait, l’inertie des structures sociales et l’incapacité à mettre en œuvre ou même imaginer des solutions à des échelles qui dépassent nos capacités d’actions.

    3e problème qui est une corolaire du 2e: chaque génération nait, vit et meurt dans un monde au référentiel mouvant, ce que les scientifiques appellent « the shifting baseline » et abouti à la fameuse histoire de la grenouille dans une casserole d’eau qu’on porte lentement a ébullition, en conséquence de quoi on sera cuit avant de s’en être aperçu.

    Alors oui, on en vient presque à espérer des moments de rupture « doux » comme l’a été le Covid (on parle quand même de centaines de milliers de morts) ou comme pourrait l’être un asséchement de l’approvisionnement en pétrole (détroit d’Ormuz). Mais il faut se rendre à l’évidence: l’humanité s’échauffe vite la cervelle et préfère trouver ses solutions dans de grandes conflagrations du style guerre mondiale. Il faut être cynique pour souhaiter ça…

    Ces dernières années beaucoup voient dans l’avènement de l’IA une porte de sortie pour l’Humanité ou du moins une possibilité de continuation sous d’autres formes. Anthropologiquement parlant, cette idée n’est pas sans fondement du fait qu’une intelligence cybernétique abolie la malédiction de la Mort et la dissipation de savoir qu’elle entraine (dans son mode de reproduction, l’Humanité est vouée à perdre et regagner ses savoirs de génération en génération).
    Pour ma part cet enthousiasme me fait penser à un leurre, une fuite en avant qui nous distrait des actions concrètes à accomplir autant qu’elle détourne les investissements colossaux nécessaire à leur accomplissement. Le tout, mesdames et messieurs, en augmentant significativement les dépenses énergétiques qui aggravent le réchauffement climatique. En poussant un peu l’analyse, on pourrait y voir un retour du religieux, avec l’espoir qu’une entité supérieure (ici un Dieu enfanté de l’Homme) vienne remettre de l’ordre dans nos errements, nous déresponsabilisant par là même… C’est un pari risqué au regard de ce qu’est l’IA actuelle et son indifférence totale à notre sort.

  12. Avatar de Fabien Nguyen Huu
    Fabien Nguyen Huu

    Guy Debord:

    « Le plus grand résultat de la décomposition catastrophique de la société de classes, c’est que, pour la première fois dans l’histoire, le vieux problème de savoir si les hommes, dans leur masse, aiment réellement la liberté, se trouve dépassé : car maintenant ils vont être contraints de l’aimer. « 

  13. Avatar de ilicitano
    ilicitano

    Et pendant ce temps : TRUMP avec le pétrole

    **********
    «  » L’Europe est désespérée d’énergie, et pourtant le Royaume-Uni refuse d’ouvrir le pétrole de la mer du Nord, l’un des plus grands champs du monde.
    Tragique !!
    Aberdeen devrait être en plein essor.
    La Norvège vend son pétrole de la mer du Nord au Royaume-Uni au prix le double.
    Ils font fortune.
    Le Royaume-Uni, qui est mieux situé sur la mer du Nord à des fins énergétiques que la Norvège, devrait
    FORER, FORER, FORER !!

    C’est complètement fou qu’ils ne le fassent pas…
    ET, PLUS DE MOULINS À VENT ! «  »

    Président DJT
    14 avril 2026, 16h30

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Contact

Contactez Paul Jorion

Commentaires récents

Articles récents

Catégories

Archives

Tags

Allemagne Aristote BCE Bourse Brexit capitalisme ChatGPT Chine Coronavirus Covid-19 dette dette publique Donald Trump Emmanuel Macron Espagne Etats-Unis Europe extinction du genre humain FMI France Grands Modèles de Langage Grèce intelligence artificielle interdiction des paris sur les fluctuations de prix Italie Japon Joe Biden John Maynard Keynes Karl Marx LLM pandémie Portugal psychanalyse robotisation Royaume-Uni Russie réchauffement climatique Réfugiés Singularité spéculation Thomas Piketty Ukraine Vladimir Poutine zone euro « Le dernier qui s'en va éteint la lumière »

Meta