LES SPÉCULATEURS SUR LA DETTE GRECQUE, NEUTRALISÉS

1 mars 2012 par Paul Jorion | Print LES SPÉCULATEURS SUR LA DETTE GRECQUE, NEUTRALISÉS

La décision par l’ISDA (International Swaps and Derivatives Association) que le fameux « swap » de la dette grecque (PSI pour Private Sector Initiative) annoncé vendredi dernier n’est pas un « événement de crédit » et ne déclenchera pas les CDS (Credit-default Swaps) contractés sur sa dette souveraine est une belle victoire sur les marchés, la première vraie victoire dans le combat inégal qui se menait jusque-là, et dont la phase initiale a été la crise des subprimes qui s’était déclenchée il y a exactement cinq ans.

Avec cette décision, c’est la spéculation sur la dette souveraine qui est mise au pas : proprement neutralisée, puisqu’un défaut partiel (les détenteurs privés de dette grecque ne récupéreront que 46,5 centimes de l’euro), assorti d’un rééchelonnement et d’une baisse des taux d’un niveau spéculatif à un taux correspondant à une évaluation objective du risque (en fonction de la garantie européenne), ne sera pas considéré « événement de crédit ». Si une telle combinaison d’éléments de dépréciation ne l’est pas, rien ne le sera plus – en tout cas dans ce cas précis de CDS contractés sur de la dette souveraine dans le cadre de la zone euro.

Pour la première fois depuis longtemps, les acheteurs de dette, c’est-à-dire les prêteurs des États, se sont vus forcés de devoir prendre à la lettre le fait que le taux assorti à la dette, le « coupon », contient une prime de risque et que celle-ci est précisément là pour compenser les occasions – rares de préférence – où les sommes avancées ne seront pas remboursées ou ne le seront, comme dans ce cas-ci de la Grèce, que partiellement.

Les États qui s’étaient écrasés jusqu’ici misérablement devant les diktats des spéculateurs sur le marché de la dette d’État avaient bien besoin d’une victoire pour redorer leur blason, l’ISDA vient de leur en offrir une.

La décision du comité de l’ISDA a apparemment été prise à l’unanimité de ses quinze membres : un consensus impressionnant, il faut bien le dire. Qu’est-ce qui a pu le motiver ? En l’absence d’explications – et on nous assure bien qu’il n’y en aura pas – on ne peut que spéculer (sans mauvais jeu de mots).

L’hypothèse la plus vraisemblable est que l’ISDA représentant tous les acteurs sur le marché des CDS devait défendre les intérêts de deux types de spéculateurs : ceux qui contractaient des positions « nues » sur la dette de la Grèce (autrement dit spéculaient sur son défaut sans véritablement être exposés à un risque de perte) et ceux qui émettaient la protection (sans avoir véritablement constitué de réserves, comme le cadre légal – ou plutôt son absence – le leur permet). On a dû procéder au calcul global des risques et constater que la chute des « assureurs » aurait coûté plus cher et causé davantage de risque systémique (risque d’effondrement généralisé du système financier) que celle des parieurs, et prendre en conséquence le parti des « assureurs » (le spectre de la compagnie d’assurance d’AIG hante encore toutes les mémoires – elle qui, à l’automne 2008, s’est effondrée pour avoir émis inconsidérément des CDS sur Lehman Brothers et sur les victimes collatérales de la chute de celle-ci).

Si mon hypothèse est correcte, ce ne sont pas tellement les États qui auront neutralisé la spéculation sur la dette souveraine, que les deux types de spéculateurs présents sur ce marché qui se seront neutralisés l’un l’autre. Il est vrai que si l’on avait dû attendre le retour du courage de la part des États, on risquait de devoir attendre encore bien longtemps !

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144 commentaires

  1. [...] Blog de Paul Jorion » LES SPÉCULATEURS SUR LA DETTE GRECQUE, NEUTRALISÉS. [...]

  2. Zest

    Une nuance a apporter à cette victoire il me semble: seuls les détenteurs privés « volontaires » subiront une décote de leurs titres, c’est-à-dire des banques principalement et non pas certains hedge funds qui ont achetés des titres grecs à haut rendement tout en se couvrant via des CDS (un investissment « win-win » comme ils disent, c’est-à-dire gagnant dans tous les cas…).
    Néanmoins, cela devrait effectivement rafraichir leurs ardeurs spéculatives, car la rémunération finale n’est pas celle espérée pour eux.

    • vigneron

      Zest. Faux, tous les investisseurs privés sont concernés par la décote comme par la décision de l’ISDA. Sauf que parmi les hedge-funds et fonds souverains qui détenaient 80 milliards, y’en a sûrement une bonne part qui avaient payé les obligs grecques à moins de 46,5 % du par, de leur valeur faciale, donc zéro perte, juste un manque à gagner, ce qui n’a rien à voir.

      • Zest

        Vigneron, merci pour cette précision.

      • Zest

        Je reviens à la « charge », mais je lis à l’instant dans « Libération » ceci:

        « la Grèce pourrait utiliser une clause permettant de contraindre les créanciers récalcitrants à participer [à l'accord permettant d'effacer une partie de la dette]. Peut-être que l’on pourrait alors parler de coercition, et que la question du défaut «contraint» pourrait revenir sur la table. »

        Tous les créanciers privés ne sont donc pas (encore) obligés d’y participer… et si on les obligeait, cela pourrait remettre en cause la non-activation des CDS ??

        Avez-vous des précisions à apporter sur ce point ?

      • Alf

        Pour Zest & Vigneron

        Travaillant dans une banque, je vous confirme que pour l’instant les créanciers non volontaires espèrent tout simplement être remboursés au pair, soit beaucoup plus que leur investissement s’ils ont investi à des taux décôtés!
        Et que si on les force à participer, alors l’activation des CDS sera probablement effective.

        Par ailleurs, et de ce fait, votre propos sur les hedge funds sont tout à fait valables. Sachant qu’ils ne seront jamais volontaires, ils se sont mis dans une situation où ils gagnaient à tous les coups.

        La décision de l’ISDA n’aurait sinon jamais été unanime…

  3. En lisant le début du texte, je me disais exactement ce qui est dit à la fin du texte. Ces deux parties sont pour moi contradictoires. Qu’est ce que le citoyens en a à faire qu’une catégorie de spéculateurs l’emporte sur la seconde ? D’autant plus qu’en l’occurrence, la finance américaine l’a mis profond à la finance européenne.

    Bref aucune raison de se réjouir. Vivement la faillite intégrale et la nationalisation intégrale du secteur bancaire, qu’on en finisse.

    Sinon, puis-je faire ma pub pour un article de mon blog concernant la position de certains économistes libéraux vis à vis du renflouement du secteur bancaire ? :

    http://et-pendant-ce-temps-la.eklablog.com/thesmar-landier-delpla-aux-racines-du-liberalisme-economique-a38715889

  4. blob

    >Paul Jorion

    Donc tout est réglé? Bible va certainement venir vous faire un sermon « Ben c’était pas la peine d’affoler la population, vous voyez bien! »

  5. kerjean

    désolé d’intervenir dans les premiers, mais c’est le propre des assidus.
    Merci pour le déchiffrage.
    Le dernier paragraphe laisse un goût amer dans la bouche. L’impression qu’une baston entre deux factions de « privés » arrive à faire mieux que la coalition des états de la première puissance économique du monde.
    Sensation dérangeante que les états, que l’état, ne maîtrise plus rien.
    N’est pas ainsi que la féodalité s’est crée?

  6. Renou

    Liste des participants au comité de détermination de l’Isda sur la Grèce : Bank of America-Merrill Lynch, Barclays, Credit Suisse, Deutsche Bank, Goldman Sachs, JPMorgan Chase Bank, Morgan Stanley, UBS, BNP Paribas, Société Générale, Cital Investment Group, D.E.Shaw Group, BlueMontain Capital, Elliott Management Corporation, PIMCO.

    • Jérémie

      Ne plus pouvoir se passer des grandes marques, quelle grande servitude pour les peuples.

      « La marque d’une domination est qu’elle déplace les problèmes et parvient à empêcher qu’on pose ceux qu’elle est incapable de résoudre. » Jean-Marie Domenach

      C’est sur s’il y avait davantage de grandes marques dans la tête des gens, l’humanité serait déjà moins poussée vers les bords de perdition, beaucoup moins de gens tomberaient dans l’abîme.

      En vertu de quoi nous aurions plus le droit alors de marquer davantage le monde qui en souffre autre part ?

      Partout où il y a de trop grandes marques, ils en savent davantage sur les pauvres gens.

      Ah si seulement à force de malice ils pouvaient davantage marquer toute l’humanité.

      « Le mépris des hommes est souvent la marque d’un coeur vulgaire. » Albert Camus

      Le monde leur appartient car il ressemble déjà à leur propre marque de fabrique.

      « On accomplit une mauvaise action, on met sa marque dessus. » Victor Hugo

      « L’avenir ressemble beaucoup au présent, en plus marqué. » Faith Popcorn

      N’avez-vous jamais remarqué ce qui les fait tous un peu se ressembler ?

      Demain la terre appartiendra peut-être au plus malin d’entre-eux.

  7. Mais qui sont ceux qui ont le droit de faire partie de cette « association » (International Swaps and Derivatives Association) ?

    Comment se fait-il qu’ils ont le droit de décréter ce qui est un « évènement de crédit » et ce qui n’en est pas un ? Il n’y a aucun règlement préétabli qui détermine les choses à l’avance ? Pas de loi internationale ?

    C’est une bonne nouvelle mais c’est un vrai délire…
    Aucun scénariste au monde n’aurait pu imaginer qu’un tel fonctionnement soit possible….

    • Arnould

      Et pourtant… je l’avais compris depuis au moins 1 an, ce système. Même réaction que vous au départ. Surtout que ces contrats CDS doivent faire des centaines ou des milliers de pages avec normalement tous les cas de figures répertoriés à l’anglo-saxonne (ou me tromperais-je sur ce point?)

    • Al

      « … c’est un vrai délire… »

      Ouais… ça me rappelle le match France- Koweit en 82, pendant la coupe du monde… quand le cheikh koweitien avait fait pression sur l’arbitre pour annuler le but de Didier Six… le bordel que ça avait fait…
      J’adore quand on change les règles d’un jeu en cours de partie… J’trouve que ça en dit long sur l’intérêt du jeu… Quand j’étais petit et qu’on jouait au Monopoly, mon frangin et ma soeur n’arrêtaient pas de me faire le coup… les bâtards…

      Et puis aussi, l’affaire Festina en 98, avec le pauvre Richard Virenque en pleurs…. quand la direction du Tour de France les avait exclu pour dopage… alors que le peloton tout entier était chargé comme un mule…
      … ça n’avait pas assaini des masses (sans jeu de mots) le sport, cette histoire… Espérons que pour le cas qui nous occupe, il en aille autrement…

  8. En conséquence, on devrait voir un effondrement des CDS sur les États ?

  9. Vincent

    Vous voyez une victoire sur les marchés, j’y vois personnellement une tricherie supplémentaire de la part des émetteurs de CDS qui finassent sur les termes du défaut pour ne pas répondre à leur obligation contractuelle. Comme j’ai cru comprendre que les 5 plus gros émetteurs dans le monde (97% à eux seuls) ont des représentants siégeant à l’ISDA, ils sont juge et partie.
    N’y a-t-il pas un autre risque induit : Si les détenteurs de titres CDS s’aperçoivent qu’ils ont été escroqués, ne chercheront -ils pas à se débarrasser de ces titres à tout prix? On parle d’un marché de plusieurs trillions de dollars…Si ce dernier s’effondre, qui coule?
    Il y a-t-il un rapport avec les 1 000 milliards € prêtés d’urgence aux banques européennes? Après tout, ces dernières sont détentrices d’un paquet de titres CDS, qui ne valent plus grand chose…

    • Comme vous avez pu le remarquer, personnellement je mets tous les spéculateurs (les parieurs des deux côtés) dans le même panier et le fait qu’ils se bouffent entre eux ne me fait ni chaud ni froid. Vous vous identifiez à ceux qui contractent des CDS, et vous vous sentez roulé, cela paraît logique : ce sont eux cette fois-ci les victimes. Il vous reste à expliquer pourquoi vous prenez parti pour ce camp-là.

      • vigneron

        Jorion, je pense que cette analyse selon laquelle on aurait arbitré entre parieurs et assureurs est fausse. La décision s’est faite durant les négociations sur le « défaut consenti » sur la dette grecque dés cet automne. C’est une décision subséquente à la priorité absolue sur laquelle Dallara pour les banques et market-makers comme l’UE et le FMI s’étaient retrouvés : il n’etait absolument pas question que le « règlement de la dette grecque » pût être considéré comme un précédent défini dans des termes scandaleux tels « défaut sauvage », « incident de crédit » ou « décision unilatérale de non-paiement d’un gipsi ».
        Dans ces conditions il allait de soi que le triggering des Cds était lui aussi hors de question. C’est même des gars de BNP qui sont allés jouer les sherpas auprès des spéculateurs qui n’étaient pas dans le coup pour leur faire comprendre clairement où était leur intérêt : suivre la décision des Big banques et enterrer la hache de guerre. Et de toutes façons, quoi qu’on dise sur l’obscurité des opérations OTC, l’exposition nette du système financier aux Cds grecs était sans comparaison avec son exposition au défaut « concerté » sur le sous-jacent. Les montants des notionels bruts comme nets sur Cds grecs à la DTCC n’ont fait que baisser en 2011 jusqu’à des niveaux « dérisoires » en net.
        Le marché des Cds grecs avait de toutes façons été rendu inaccessible aux spéculateurs par les market-makers à partir de septembre 2011. On est passé à ce moment là de 20 à 30 % de primes à plus de 100 % au mois de décembre. Qui va se payer une protection pour 100 à un prix de 110 ? Le marché des contrats de Cds souverains grecs a été séché.
        Conclusion : la décision de l’ISDA découle d’une décision politique prise en septembre octobre dans le cadre du scénario de pure fiction et âprement négocié d’un « haircut volontaire » et « exceptionnel » (« First and Last One in Eurozone ! »), pour des dégâts vis à vis des hedge-funds et autres purs spéculateurs, à nu ou pas, extrêmement marginaux. Au prix où la plupart avaient payé les titres grecs, ils perdent rien ou presque. Pour les éventuels parieurs à nu, tant pis pour eux; faur vraiment être con pour se payer et garder une protection à 20 % et plus quand tout le monde sait qu’un « gentleman agreement » est en voie d’être arrangé en très haut lieu pour un défaut sans tambours ni trompettes, ni credit event…
        Amha.

      • Vigneron, il reste à expliquer pourquoi le rapport de force entre États et shadow banking s’est inversé. Qu’est-ce qui s’est passé pour que les États qui étaient à terre se retrouvent soudain à dicter leurs conditions ?

      • Et si les financiers avaient tout simplement fait la part du feu, ne voulant pas d’un défaut grec aux conséquences aléatoires ? Ils ont payé pour ne pas voir ! Si le volume des CDS sur la dette grecque est ce que l’on en connait, la décision de ne pas les activer n’a pas beaucoup alourdi l’addition à régler.

      • julien

        Une question que je me pose :
        Lors de l’achat d’une obligation d’état, est-il obligatoire de souscrire à un CDS pour « s’assurer » contre un défaut ?
        Si oui, les vilains spéculateurs ne seraient-ils pas alors toutes les personnes qui ont acheté des obligations d’état par le biais par exemple de leurs assurance vie ?

      • karluss

        @ Julien ; aucune obligation de se couvrir avec un CDS.

      • Vincent

        Qu’est-ce qui peut bien vous faire croire une telle chose mon Dieu?
        Faut-il faire partie d’un camp selon vous pour constater la tricherie des uns ou des autres?
        Étant donné que mon plus grand souhait est que tout ce pataquès de casse la figure, comme les subprimes, les entourloupes de ce panier de crabes afin de faire durer la fête me donnent juste le tournis.
        Pas vous?

      • gil

        Paul,

        Cette décision ne risque t elle pas de faire aussi fuir des investisseurs du marché obligataire du coup?

      • vigneron

        Paul,

        . Qu’est-ce qui s’est passé pour que les États qui étaient à terre se retrouvent soudain à dicter leurs conditions ?

        Peut-être bien qu’ils n’y étaient pas tout à fait, à terre. Peut-être bien que les politiques et les pragmatiques ont encore leur mot à dire, le dernier en l’occurrence. Peut-être bien aussi qu’un certain « petit » Papandréou n’a pas si mal joué le coup; peut-être même qu’il l’a très bien joué… Il l’a joué « dans le cadre » certes, mais à la limite du hors-jeu, en vrai politique. Et peut-être bien que le cadre en a bougé, un peu plus encore…
        Je rejoins l’analyse de François. « La part du feu » et, accessoirement, le socle de carton-pâte des Cds souverains qui passe par le compte perte et profits…
        Tout ça juste pour la Grèce… grandeur et misères de la finance.

      • Nicks

        Il me semble en effet que vu l’impossibilité de tracer les produits dérivés, il est tout simplement exclu pour la finance de déclencher un « credit event » aux conséquences très probablement mortelles pour le secteur financier. Il ne s’agit donc pas d’une victoire mais en revanche, c’est bien le signe que la conscience du délabrement du système ne fait pas défaut, si je puis dire en haut lieu. Mais tout est fait pour que les pouvoirs publics, avec leur complicité le plus souvent, ne puissent trouver un prétexte à siffler la fin définitive de la récréation.

        Pourtant, d’une façon ou d’une autre, il y aura un évènement incontrôlé qui lancera la réaction en chaîne. Ce jour là, il sera trop tard. D’où la nécessité de préparer le défaut en se réappropriant certains outils, comme la monnaie, par exemple…

      • Jean-Luce Morlie

        Et si les financiers avaient tout simplement fait la part du feu

        ,

        Dans l’hypothèse selon laquelle l’économie serait principalement un masque partagé permettant à certains de commander aux autres, Il me semblerait, alors, qu’il s’agit d’une « guerre froide » : un spectacle de guerre, dangereux comme le fut la guerre froide. Certes, ici aussi, les armes sont réelles et peuvent déraper selon leur propre logique trop complexe. Toutefois, comme pour la guerre froide, les deux pouvoirs se confortent. Le sacrifice de la finance glamour ouvre, aux Etats, la voie autoréférentielle du contrôle social par « le social » ; à charge pour « l’informel » de prospérer dans le rôle, « asocial », des méchants. L’avenir me semble appartenir au syndicalisme militant et aux bonnes oeuvres, serrons nous donc les ceintures contre les sucreries, l’obésité … partageons responsables … ;)

      • vigneron

        Il me semble en effet que vu l’impossibilité de tracer les produits dérivés il est tout simplement exclu pour la finance de déclencher un « credit event » aux conséquences très probablement mortelles pour le secteur financier.

        Voui voui… Soit, extrapolons donc dans l’obscurité des dérivés… $ 3,2 milliards soit € 2,5 milliards de notionnel net sur Cds grec clearés par DTCC/ISDA. Défaut de 53,5 % soit € 1,31 milliards à verser par les assureurs (sauf que les créanciers également acheteurs du swap ne peuvent en aucun manière demander le déclenchement en cas d’échange négocié des obligations décotées, et ça ça date pas de la crise obligataire grecque pour l’ISDA mais du défaut partiel argentin, mais soit, faisons comme si…).
        Le notionnel clearé ne représenterait que la partie émergée de l’iceberg des Cds grecs ? Soit, prenons les pires estimations des « pseudo-experts nyctalopes » en dérivés de crédit souverain : allons-y gaiement, on multiplie par dix l’exposition des vendeurs de protection sur les hellenic gvt bonds : € 1,31 × 10 = € 13,1 milliards à débourser. (Rappel des perte – bien actuelles, réelles, inscrites dans les bilans et non pas virtuelles – des investisseurs sur la dette grecque : € 107 milliards…)
        « Conséquences très probablement mortelles pour le secteur financier » ? Ah ouais ?

      • vigneron

        Il me semblerait, alors qu’il s’agit d’une « guerre froide » : un spectacle de guerre, dangereux comme le fut la guerre froide.

        Ah d’accord ! Et la crise grecque c’est la crise de Cuba ! Avec Dallara dans le rôle de JFK, Papandréou dans celui de Mister K et DSK dans celui de Jean XXII, comme ça y’a KKK. Encore un coup de Marlboro/Philip-Morris !

      • Nicks

        @Vigneron

        Il ne s’agit pas seulement des cds grecs, ne faites pas semblant de ne pas comprendre. Je vois tout de même que la vigne vous laisse un peu de temps libre pour potasser les chiffres. Malheureusement, il ne vous en reste pas assez pour réfléchir à ce qu’il y a derrière. Votre positionnement est de plus en plus ambigu…

      • Renou

        Ce ne sont pas les chiffres qui compte c’est le principe. Et l’Espagne, le Portugal, l’Irlande, l’Italie?…
        Une piqûre de rappel sur AIG serait bienvenue.
        Les CDS ont surtout servi à abaisser les fonds propres. L’aspect « assurance » n’est qu’une bulle.
        De toute façon tu l’as dit, ne pas confondre manque à gagner et perte.

      • liervol

        @renou je partage votre avis et ce n’est même pas les politiques qui sont intervenus, c’est la finance qui s’est auto régulée la vache à lait il ne faut pas abuser si on veut la garder en vie

  10. Germanicus

    Il n’est pas exclu que les spéculateurs n’auront bientôt plus les mêmes facilités qu’auparavent.
    D’après ce que j’appris dans mon entourage, on se tourne vers l’option inflation. Pourquoi?
    Parce qu’il y n’a pas de croissance véritable en vue pouvant réduire les dettes (sauf enAutriche, où on note un léger frémissement), et deuxièmement la « Tansfertunion », c’est à dire cautionner en permanence pour les PIIGS, ne trouve pratiquement aucun soutien en Allemagne, Finlande…..
    Une époque « heureuse » nous attend.

  11. bertrand

    Banques , états , assureurs bouffent au même ratelier , celui des mafieux qui ont peur des vaguelettes mais ils viennent de déclancher un tsunami.
    Attendez donc la suite car le monde ne se limite pas à l’europe , allez maintenant vendre des obligations en asie , aux pétromonarchies , aux émergeants.

  12. Au sud de nulle part

    Bon ben alors… N’avons nous pas ici la preuve que l’autorégulation des marchés fonctionne correctement grâce aux intérêts bien compris de chacun?

    • C’est une question intéressante. Pour qu’on parle d’autorégulation ne faudrait-il pas qu’elle intervienne avant que tout le système ne se soit effondré ? Sinon, oui, il faudra bien qu’un jour ou l’autre les choses repartent, mais ne serait-ce pas un abus de langage de dire que la Révolution française prouve que la féodalité était autorégulée, et le règne de Napoléon, la preuve que le processus de la Révolution était autorégulé ?

      Autorégulé devrait vouloir dire : « avant effondrement ».

      • Au sud de nulle part

        Je me fais volontairement l’avocat du diable mais il faut avoir l’honnêteté de reconnaître que cette question m’agace dans le cas particulier que vous décrivez. D’autre part nous ne sommes toujours pas dans le système d’après effondrement donc l’effondrement n’a pas encore eu lieu. A moins que le bombardement à l’oeuf de Sarkozy ne soit l’oracle tant espéré…

      • Un effondrement, c’est un processus.

      • « nous ne sommes toujours pas dans le système d’après effondrement donc l’effondrement n’a pas encore eu lieu »

        Vous voulez dire, que l’effondrement s’est déjà produit, mais que par des passes magnétiques (AKA artifices comptables), il n’a pas encore été constaté ?

        « — Monsieur Valdemar, dormez-vous toujours ?
        — Oui, — non, — j’ai dormi, — et maintenant, — maintenant, je suis mort.
        [...]
        — Monsieur Valdemar, pouvez-vous nous expliquer quels sont maintenant vos sensations ou vos désirs ?
        — Pour l’amour de Dieu ! — vite ! — vite ! — faites-moi dormir, — ou bien, vite ! éveillez-moi ! — vite ! Je vous dis que je suis mort !
        [...]
        Comme je faisais rapidement les passes magnétiques à travers les cris de « Mort ! mort ! » qui faisaient littéralement explosion sur la langue et non sur les lèvres du sujet, — tout son corps, — d’un seul coup, — dans l’espace d’une minute, et même moins, — se déroba, — s’émietta, — se pourrit absolument sous mes mains. Sur le lit, devant tous les témoins, gisait une masse dégoûtante et quasi liquide, — une abominable putréfaction. »
        Edgar Allan Poe, La Vérité sur le cas de M. Valdemar

      • et alors

        effondrement de quoi ? de qui ? anthropocentrisme ?
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Bactérie

    • kercoz

      Paul a raison , un système « autorégulé » installe ses rétroactions dès les premieres boucles et non « in finé » pour corriger. Les systèmes auto-régulés ont des « feed backs » a chaque niveau du système . Mettre en place une rétro-action en fin de système , en physique c’est se risquer a voir apparaitre des phénomènes d’oscillation , des résonnances (explosives)…qui seront encore plus difficiles a freiner .
      cf les systèmes asservis , amortis …diagrammes de bode etc ..
      Si je défends les systèmes parcellisés , c’est parce que les rétro-actions s’effectuent au lus près des cellules minimum et de ce fait, assurent une stabilité globale .

      • timiota

        Mmmm.
        Tentant mais savez vous comment vous prémunir de l’émergence de dynamiques globales non lisibles dans les interactions locales, gentilles et douces
        (exemples : les transitions de phase ; fantasme de dynamique globale émergente ad hoc : la ma n invisi le (zut le i et le b ont déjà disparu).)
        D’un autre côté, vouloir agir à grande échelle, c’est risquer gros (comme disait B. Madoff).

      • Fredo

        La regulation, en physique, est un processus à boucle retroactive… Pour ajuster le regulateur au processus physique à contrôler, on dispose de trous parametres, point de consigne, intégrale et enfin proportionelle. Tous sont a ajuster finement afin d’eviter au processus de sortir de son cadre physique de fonctionnement… Sinon ca s’effondre, ca explose, ca s’arrete ou ca s’embale…

        Tout ca pour dire que je pense que le concept d’auto regulation ne peut pas marcher, meme en finance. Le pognon n’est qu’un fluide lambda, il doit etre regulé !

      • vigneron

        Un système de régulation électronique défaillant sur une chaudière industrielle et la bonne vieille soupape mécanique fait tout connement chuter la pression dans le circuit, pressostat, extinction des brûleurs, coupure de l’alimentation en combustible et c’est marre.
        La soupape de régulation « in fine » du système, elle est pas mécanique ici, elle est politique, manuelle, faut des mecs pour fermer les vannes quart-de-tour grippées, les vannes papillons rétives à la manoeuvre… et s’approcher de la bouilloire en pression…

      • @timiota

        Tentant mais savez vous comment vous prémunir de l’émergence de dynamiques globales non lisibles dans les interactions locales, gentilles et douces

        Notre ami Kercoz ne tient pas compte de cela, il considère cela comme des rémanences industrielles insignifiantes qui n’ont qu’une importance dérisoire sur son modèle parcellisé.
        Faut -il d’ailleurs se prémunir de ces dynamiques, ne faudrait-il pas s’en servir à des fins pacifiques?
        Tout n’est pas à rejeter dans ces dynamiques, c’est comme des vagues où l’une est au sommet alors que la suivante est au lointain à peine visible.

      • kercoz

        @Timiota .
        Dans une économie parcellisée , si ton voisin est flemmard et laxiste , tu vas pouvoir l’exploiter qd il sera aux abois … tu lui permets te venir pècher sur ta barque (il a pourravé la sienne) , a deux vous pouvez modifier la procédure et pècher plus que deux fois un pecheur…. si tu pechais 10 poissons , avec lui tu en pecheras disons ……. 30 .. tu lui en refiles 10 et tu en gardes 20 ….
        Un fond de pension americain (ou chinois ) lui en donnerais 2 …de quoi survivre ..
        Mais vivant a sa proximité , tu as un relationnel affectif (avec sa fille par ex ) ou tes enfants jouent avec les siens etc … tu le croises ts les jours … et tu ne l’exploiteras donc pas a fond ..pas , par empathie , mais pour ne pas « perdre la face » aux yeux de la communauté …
        C’est a ce niveau que les rétroactions primaires agissent et en AUCUN CAS ne pourront etre REMPLACES par des règles ou quotas etc …qui seraient placer en fin de boucle pour compenser l’ obscénité de la perte de l’interaction affective .
        Il faut etre conscient que les 2 systèmes sont antagonistes et non concilliables : le gain de productivité est une perte d’ humanité .
        Il est indispensable de faire certains gains …mais en étant conscient de la concession de cette perte .

      • vigneron

        Dans une économie parcellisée , si ton voisin est flemmard et laxiste , tu vas pouvoir l’exploiter qd il sera aux abois … tu lui permets de venir pècher sur ta barque (il a pourravé la sienne) , a deux vous pouvez modifier la procédure et pècher plus que deux fois un pecheur…. si tu pechais 10 poissons , avec lui tu en pecheras disons ……. 30 .. tu lui en refiles 10 et tu en gardes 20 ….

        Un patron-pêcheur + une barque = 10 poissons
        Un patron-pêcheur + un pêcheur flemmard et laxiste + la même barque + la même rivière (+ l’opération du saint esprit) = 30 poissons
        Le capitalisme éthique de proximité en économie parcellisé kercozienne : ⅓ pour l’entrepreneur, ⅓ pour l’investisseur en barcasse, ⅓ pour l’ouvrier « flemmard et laxiste » (au black of course). Trop bon frère Kercoz…
        «Je monterai pas dans ton bateau. Ton bateau l’est pas beau…»

      • kercoz

        @Timiota:
        ///
        Tentant mais savez vous comment vous prémunir de l’émergence de dynamiques globales non lisibles dans les interactions locales, gentilles et douces /////
        Dans ses textes , Prigogine parle d’auto-régulation des systèmes en situation « loin de l’équilibre » .
        Il me semble intuitivement , qu’ au regard de ts les systèmes vivants qui sont de facto autorégulés (population des eco-systèmes; pédogenèse ; éco-système forestier ..etc) , L’ emmergence de dynamique globale ne peut survenir ….C’est l’abondance des boucles (trophiques ?) qui garantit cette stabilité …..Au contraire , notre arrogance a vouloir imiter la nature , nous fait croire a un controle simplifié uniquement par qqs « manettes »..qui peuvent illusionner pour qqs temps mais qui sont souvent inducteur d’autres dérives .
        La stabilité « naturelle » est obtenue par des sommes d’instabilités souvent exponentielles , et elle ne peut etre obtenue que par un maximum d’acteurs .
        Un autre point me semble majeur : les systèmes vivants ne peuvent fonctionner qu’en circuits « ouverts » ( sur l’ infini ..gaspillage , abondance ..etc) . Chaque groupe de l’ensemble parcellisé est « ouvert » sur l’infini …….. Pour l’espece humaine , chaque groupe archaique doit se voir comme une entité vivant sur un espace infini , sur des ressources infinies . en autarcie totale .(meme si de échanges infirme la théorie) . On doit concevoir un espace entre groupe comme infini (agressivité) . Le fait de croire qu’on puisse faire des gains sur l’espace et les resources en les « économisant » est une erreur ; ça ne PEUT PAS fonctionner . L’abondance et le gachis est necessaire a la néguentropie des autres boucles du vivant .
        A la limite , on doit pouvoir pisser ds la riviere et y boire. Actuellement , on ne peut ni y pisser , ni y boire .

      • kercoz

        @Vigneuro :
        ////// Un patron-pêcheur + une barque = 10 poissons
        Un patron-pêcheur + un pêcheur flemmard et laxiste + la même barque + la même rivière (+ l’opération du saint esprit) = 30 poissons
        Le capitalisme éthique de proximité en économie parcellisé kercozienne : ⅓ pour l’entrepreneur, ⅓ pour l’investisseur en barcasse, ⅓ pour l’ouvrier « flemmard et laxiste » (au black of course). Trop bon frère Kercoz… ////

        -Un vigneron -patron + terrain de grave de merdre = 10 barriques
        -Un vigneron -patron + flemmard smicard dans la queue de » chez paule » + le meme terrain + le meme soleil (+eau bénite ) = 30 barriques
        -Tu lui refiles 10 barriques a ton larbin ?
        Mon pecheur (qui a laissé pourrir sa barque) , ne pechait que 5 poissons du bord .

      • vigneron

        Kerqu’oze, demande ma réponse par mail au modo effarouchable pour des broutilles mais pas pour tes inepties, tes insanités et tes monstruosités…

        Ps : « graves de merdre »… apprends quand-même que s’il n’est pas par chez moi absolument interdit de se foutre de la gueule de son voisin, et même recommandé – jusqu’à l’insulte s’il le mérite selon moi, ça l’est par contre universellement d’insulter la terre, surtout si elle est ingrate et surtout si c’est la tienne… Pas d’la superstition ou une histoire de sacrilège, non non, juste que tu traites pas ta mère.

    • jicé

      Police-du-concept, je vous arrête tout Net msieur Ausud : ne pas confondre nécessité et régulation : si je lance bien ma boule dans le jeu de quille, il est nécessaire que je cause un gros désordre dans le schéma de son organisation, même carrément que je le fasse choir (bling, bang, poum); réguler un système c’est au contraire modifier son ordre, pas le détruire.

      Nb : sur le caractère auto-régulateur du marché, Milton Friedman a dit l’essentiel, à son corps défendant ou par pur cynisme : si les pauvres habitent des quartiers pourris, c’est en vertu d’un calcul rationnel, d’un arbitrage entre l’effort qu’ils sont prêts à consentir et le niveau des loyers alentour (ça va plaire à Jducac, ça!). Personnellement, je nomme cela : état de nécessité et n’y vois nul main ou mécanisme harmonieux.

    • Denis Monod-Broca

      Je suis presque d’accord. Il ne s’agit cependant pas d’autorégulation car le mot même d’autorégulation suppose un équilibre et un équilibre maintenu, alors que l’effondrement est là. Mais on peut voir dans cet accord (ou au moins dans l’esprit de ses signataires) une preuve de l’existence du Marché et de sa Main invisible. En effet les signataires de l’accord l’ont signé car ils ont peur de ce qui pourrait se passer en cas de déclenchement des CDS. Ils l’ont signé pour préserver leur cher Marché. Ils ont agi comme des Grands Prêtres qui savent, eux, (ou croient savoir…) ce qui est bon pour la divinité qu’ils servent.
      Ce n’est pas tant un effondrement que nous vivons qu’un dévoilement. Croire au Marché était bien confortable (et tant économiquement que socialement très efficace, très injuste mais très efficace). Le voile tombe. Le Marché est une fausse divinité. Mais alors ? par quoi allons-nous la remplacer ?
      On en revient toujours là : en quoi croire ?

      • Au sud de nulle part

        Il se pourrait très bien que les « fondamentalistes » aient autant raison qu’ils le souhaitent sur l’autorégulation et les intérêts bien compris que cela n’enlèverait rien à l’aberrante injustice de leur ordre établi.
        L’éventualité qu’ils puissent avoir raison dans leur domaine de la pensée unique économique achève de me convaincre que la lutte idéologique ne doit pas être menée sur le terrain économique confortablement aménagé par leurs propres soins depuis tant d’années mais plutôt sur le terrain de la politique au sens noble du terme, celui qui les obligent à dévoiler les projets de société délétères à l’origine du catéchisme qui guident leurs actions. Ce faisant nous devons remettre la discipline économique à la place qu’elle n’aurait jamais du quitter, celle d’instrument d’une république sociale au service des citoyens.

  13. la m...

    Les principaux vendeurs de CDS souverains sont les grandes banques d’investissement :

    Morgan Stanley, Goldman Sachs, Bank of America, Merril Lynch, chez les Américaines ;
    Barclays, Deutsche Bank, UBS, Credit Suisse, Société Générale BNP Paribas, Crédit Agricole et Natixis, chez les européennes ;

    Les principaux acheteurs sont les grandes banques, les fonds spéculatifs, les assureurs et les fonds de pension.

    Lu ici.
    http://www.atlantico.fr/decryptage/derriere-faillite-grece-bombe-cds-simone-wapler-292859.html

    Elle annonce un montant de CDS dits Grecs différent : 54.37 milliards.(ou 10 Kerviel,ça j’adore, je le garde).

    Le risque de l’activation: les vendeurs de CDS risqueraient de consommer tous leurs fonds propres SI ILS DEVAIENT payer l’acheteur de CDS car ça se paye cash, cash que certains n’ont pas because l’effet de levier…

    Et si plus de fonds propres, plus d’autorisation d’exercer et comment survivre dans ces conditions.
    Donc défaut de certaines entités, activation de CDS sur ces entités et rebelote.

    En gros, une question de vie ou de mort.

    • Arnould

      C’est ça, réaction en chaîne, comme la bombe atomique…
      Le grand public est très loin d’avoir compris ça. Il a fallu que j’explique ça à un journaliste de libé sur son blog plusieurs fois de suite avant qu’il ne comprenne le risque de fusion du coeur de la finance en quelques heures. Lui, en cas d’activation des CDS, il était content, car les spéculateurs auraient « pris une tôle ». Il n’avait rien compris. Depuis il intervient moins sur le sujet.

      • Nicks

        @Arnould

        Tiens, c’est une expression qui revient souvent chez l’inénarrable Jean Quatremer…

  14. Un naïf

    On a sûrement déjà du relayer cette info :
    « C’est peut-être un scandale d’ampleur européenne qui couve actuellement dans le bureau du procureur d’Athènes : le gouvernement de Georges Papandréou aurait invité l’Elstat, l’institut statistique grec, à surestimer le déficit 2009 pour mieux faire passer les réformes auprès du peuple grec. » Un avant-goût Hollandais ?

  15. eomenos

    J’avais annoncé – dans un précédent commentaire- que les assureurs ne paieraient pas, pour d’autres motifs cependant que la « neutralisation réciproque d’intérêts spéculatifs contradictoires ».

    Quoi que à mon sens et par définition les intérêts spéculatifs sont par nature contradictoires
    (y a un baiseur et un baisé…). Peu importe en fin de compte, ne boudons pas notre plaisir quand des
    salauds prennent une belle grosse claque.

  16. Robes_pierre

    et pour les ceusses qui avaient acheté de la dette publique sur le marché primaire, l’avait conservé… et avaient assuré leurs positions… en achetant des CDS vous proposez quoi ? Qu’ils s’assoient sur leur CONTRAT d’assurance ?

    • Arnould

      Non seulement il va falloir qu’ils s’assoient dessus, mais en plus il va même peut-être falloir qu’ils continuent de payer la prime annuelle (un contrat CDS dure en général 5 ans).

      • Robes_pierre

        Trop cool, un super métier banquier… palper du fric sans fournir une moindre contrepartie (service, produit…) en échange…

  17. Mathias

    978% sur un an pour les Grecs

    Aujourd’hui les bonds du trésor grecs à un an atteignent presque les 1000%
    Source

  18. Léoned

    Tiens un article optimiste !

    (Et vous noterez que cette fois je ne mets pas de smiley !!)

    Soyons négatifs un chouïa quand même : ça veut dire, si je comprends bien, qu’on vient de perdre entre 2 et 4 ans à ne pas faire !
    C’était faisable puisqu’on vient de le faire.
    Alors pourquoi les z’États plein de courage ne l’ont-ils pas fait avant ? !

    On se demande ….

    • Paco76

      @Léoned
      That is the question !?
      Plus tôt, les ‘plans de rigueurs’ auraient eu encore moins de justifications…?
      D’autre part, ce ‘plan’ est-il applicable à tous les pays de la zone euro…On nous dira que non…Et ils le feront aussi…!?
      Mais…Ils sont en train de sauver le capitalisme…Merde… ;)

  19. Al

    Ce qui est marrant avec ce marché censé être LE monde « idéal »…. c’est qu’avec eux, c’est tout noir ou tout blanc…. Font pas dans la nuance, les gars….
    De CDS on passe direct’ à OVNI…. Option à Valeur Non Identifiée….

    Comme dit ma concierge… – « Si on ne peut plus avoir confiance en son assureur… où qu’on va…? »…

    Mais vous êtes sûr…? Ils ne vont pas se tourner vers les états en chialant comme à chaque fois… Parce que ce sont de vrais petits Roms ces spéculateurs… Ils connaissent la chanson…
    « – Si’ou plait misié… si’ou plait madaaaaame…. bizouin manger… beaucoup malade…. »

  20. dissy

    Bien fait, pour les arrogants Hollandais…

    Déficit : Bruxelles appelle les Pays-Bas à tenir leurs engagements européens.

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/03/01/deficit-bruxelles-appelle-les-pays-bas-a-tenir-leurs-engagements-europeens_1650594_3234.html

  21. karluss

    et bien, c’est une bonne nouvelle, comme quoi les forces des « marchés » peuvent être contrariées.

  22. Bossuet

    Hi,

    Et il n’y a rien qui relève du shadow dans tout ce bazar ?

  23. wuwei

    Le bout de la route même pour les banquiers et autres capitalistes. Le commentaire sous la dernière photo nous propose la voie la plus rapide pour nous défaire du vampirisme du marché . Aurons-nous le cran de faire ce nécessaire « pas de côté « ?

    • pseudo cyclique

      les vampires ne supportent pas les silver bullet or « les marchés » adorent l’argent , les banquiers sont des ogm …

  24. kohaagen

    Comment encore arriver à vendre des CDS aujourd’hui ? Ou pourquoi en acheter (dans une logique assurantielle de bonne foi) ou spéculer dessus en position nue ? Ce produit financier va-t-il disparaitre ? La décision de l’ISDA ne signe-t-elle pas de facto la mort de cet obscur objet du délire de certains qu’est le CDS ??? C’est un peu comme si on découvrait que tout le monde avait le SIDA : plus personne ne sortirait couvert…

    • Olivier L.

      c’est plutôt d’apprendre que le préservatif ne sert à rien, à quoi bon donc se protéger.

      Autre analogie, se rendre compte que la somme remboursée par l’assurance ne compense pas le prix de la caution, dans ces cas là, autant faire un constat à l’amiable. C’est ce qu’ils ont fait à mon avis ce matin.

  25. En fait, si je comprends bien, la décision de l’ISDA (cf. membres du comité de décision listés par Renou en #4) confirme que les CDS sont une arnaque de première qui arnaque… les arnaqueurs.

    Un peu comme si vous preniez une assurance incendie pour votre maison et que votre assureur refuse de vous payer les dégâts au prétexte qu’il y a encore un pan de mur noirci et quelques poutres calcinées debout.

    Sauf que là, les assurés ne valent pas mieux que leurs assureurs. Quelle pétaudière, mes amis :-D

  26. Jérémie

    Vous connaissez la dernière ?

    Bizarrement pour plus de sécurité bancaire dans les sociétés, comme pour le client de plus en plus dépité, les services de ma propre banque deviennent pareillement de plus en plus coûteux sur 2012.

    Le contraire m’aurait bien sur étonné. Pourtant je suis rarement dans le rouge, je ne joue jamais en bourse, je ne vais jamais au casino, au jeu, comme chez les premières putains de la planète ou du bois de boulogne.

    Je ne recherche pas plus à vivre au-dessus de mes modestes moyens, j’ai pas plus une grosse voiture de luxe, une grande maison, j’ai même toujours été bien fidèle envers ma banque depuis des années, mais non j’en suis toujours pas mieux récompensé dans la vie alors pourquoi me le faire payer davantage en retour par un petit supplément d’ame.

    Bref n’en soyez pas plus surpris demain s’ils vous en facturent davantage leur propre mal-être vénal de plus. Oui c’est vraiment pas juste je trouve qu’ils veuillent davantage se mettre tout le monde à dos.

    • Mianne

      Si vous avez la chance d’être salarié, de gagner peu et de ne pas pouvoir épargner, vous pouvez envoyer paître votre banquier en vous faisant payer et en payant vos factures en liquide .
      C’est tout ce que mérite votre banquier .

      • octobre

        Jérémie salarié ? Faudrait p’têt savoir lire Mi-âne. En plus, pour vous, cela serait une chance ? non mais c’est un cauchemar la mère de famille pile poil dans son cadre archi-formaté et fondamentalement contre-révolutionnaire.

      • atanguy

        Sauf que si tu es salarie,tu dois avoir un compte en banque – C’est la loi!
        Sinon tu travailles au noir et tu es en dehors de la loi.
        C’est tout prevu – par les banques…

  27. arnaud

    êtes vous bien sûr qu’il faille célébrer cet évènement ?
    à mon sens, c’est plutôt une victoire des banques d’affaires américaines, golman « sucks » et consors, qui, ayant vendu pour des trillions de CDS aux banques européennes, d’assurance contre le risque de défaut grec, font maintenant tout leur possible pour que les susdit CDS restent lettre morte ?
    en fait il semblerait que les naifs banquiers européens qui pensaient se couvrir aient acheté rien d’autre que du papier c.. puisque les « assureurs » gèrent les tenants et les aboutissants ….

    • gotoul

      il semblerait que les naifs banquiers européens qui pensaient se couvrir aient acheté rien d’autre que du papier c..

      Point faible de ce raisonnement : pourquoi les banques européennes qui font partie de l’ISDA se sont alliées avec les banques américaines.

      Logiquement et vu le rapport de force ( par ex la place de Goldman Sachs dans les gouvernements US et maintenant un peu partout dans les pôles décisionnels européens – ce n’est pas pour rien qu’on surnomme cette « banque » la pieuvre ! ) ça me parait l’hypothèse la plus vraisemblable.

      Les  » Goldman boys » prennent les commandes des affaires européennes avec le consentement des politiques et partent en croisade pour casser ce qui reste de « social » ( de « rouge » aux yeux de l’Amérique ) en Europe. Ce qui avait dû être concédé pour contrecarrer l’influence des communistes après la 2e guerre mondiale. Et s’ils sont maintenant sortis de l’ombre c’est qu’ils sont passés à la vitesse supérieure !

      C’est juste un point de vue qui rejoint le votre.

    • Pierre-Yves D.

      Mais ça crée un précédent et c’est annonciateur d’autres défaites pour le système actuel. C’est pour les acteurs du système l’aveu que le jeu qui consiste à faire de l’argent avec des reconnaissances de dettes ne peut être joué indéfiniment. C’est un peu le chant du cygne quoi ! Que ce soient les Etats qui reprennent le dessus politiquement ou bien les différentes catégories de spéculateurs qui se neutralisent le résultat est le même, la preuve est encore donnée que ce système ne fonctionne pas et que toutes les mauvaises solutions qui sont apportées, comme quasi création monétaire par la BCE, sont vouées, tôt ou tard à un sort identique.

      Difficile tout de même de déterminer quand viendra le terme de cette agonie et ce qui pourra en résulter en termes politiques. Une course est engagée entre cette tendance qui vient de s’exprimer — la temporisation en un secteur particulier du système pour les intérêts bien compris de ceux là mêmes qui en tirent grands profits –, et une autre, actuellement la plus puissante, qui continue de s’appliquer avec une vigueur renouvelée et a pour conséquence de faire payer aux Etats et donc aux populations le coût exorbitant d’absence de réelles solutions, avec tout ce que cela comporte de risque d’anéantissement de nos institutions démocratiques.

      • timiota

        Pas d’idée précise, mais dire que « la preuve est encore donnée que ce système ne fonctionne pas », c’est optimiste. Il se pourrait aussi que la « destruction créatrice » mange ses enfants, et qu’après avoir néolibéralement mangé ses enfants industriels des pays développés, elle s’attaque à une des couches du mille-feuille de la finance. Et si elle le fait, c’est peut être parce qu’il y a tellement de couches qu’il y a de quoi faire le ménage. Donc ce ne pourrait être « que » le signe que la turbulence a atteint UN étage de la finance, mais si les étages du dessus continuent à s’ajouter plus vite que ceux du dessous ne sont consommés, ce n’est pas vers une fin du néolibéralisme qu’on va mais pour l’instant vers son expansion verticale. Certes on imagine une exhaustion quelque part en fin d’expansion. Mais avons nous une prédiction saine de l’échelle de l’ampleur à laquelle cette expansion se finirait ? Il se peut qu’il y ait encore beaucoup à corrompre dans un monde de 10 milliars d’habitant, dont on peut bien imaginer que, même en début de pénurie énergétique, il fasse tourner l’exploitation et les inégalités à une échelle globale et totale. Sans vouloir accuser particulièrement la Chine, on peut imaginer sur la base de l’actuelle relation Chine-Afrique dans le domaine des terres agricoles, ce que voudrait dire le développement généralisé de l’actuelle prédation de terres de pays « demandeurs » aux continents comme l’Afrique.
        To die or perhaps to dream.

  28. dissy

    Sarkozy : où est passée la moralisation du capitalisme ?

    Le taux marginal de 75 % envisagé par Hollande n’est pas un sujet fiscal, c’est une affaire de morale. Est-il alors raisonnable d’excuser par avance ceux qui choisiraient l’exil pour protéger leur fortune ?

    http://tempsreel.nouvelobs.com/election-presidentielle-2012/20120301.OBS2714/sarkozy-ou-est-passee-la-moralisation-du-capitalisme.html

  29. Garorock

    Selon de très bonnes sources, une mise en examen de BNP Paribas dans l’affaire Madoff est désormais plus que probable. Un arrêt du 30 janvier de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris, dont Mediapart a eu connaissance, est à l’origine de ce rebondissement. « La responsabilité de Bernard Madoff n’exclut pas l’hypothèse d’un comportement frauduleux des intermédiaires comme la BNP », dit cet arrêt. Celui-ci valide implicitement la plainte du liquidateur américain des sociétés Madoff, selon lequel la banque a profité d’un «enrichissement injuste ».
    A lire donc sur Médiapart.

  30. izarn

    Ha! Ha!
    Mais bien sur! Qui va obliger les « assurreurs » à payer, alors qu’ils n’ont pas les fonds?
    Je ne sais pas ou se trouve la victoire, mais c’est plutot la défaite pitoyable des CDS…
    C’est quand meme gros de dire: Vous avez payé des « spreads » pour rien…On ne remboursera pas!

    Je ne suis pas d’accord pour dire que le « spread » lui meme inclu le risque. Le spread est redistribué en primes CDS…Et ne sert pas de matelas de sécurité véritable…Il sert d’effet de levier…Stratégie lamentable de la part du préteur.
    Ne pas tomber dans ces pièges. Pourquoi le spread japonais est à 0,1%???
    Ca veut dire que le risque japonais est quasi nul?
    Pourquoi le spread US est à 0,5%?
    Non ce n’est pas sérieux ces calculs sur le dette des états…
    Le fond est politique. Et Japon, USA se protègent.

    Au fond, le CDS est une arnaque dés le début…

  31. Le Renard

    Mais qui achète encore de la dette grecque, la Grèce est morte.

  32. Nemo3637

    La capacité d’auto régulation de la société capitaliste est ce qui, justement, en comparaison avec les autres sociétés comme la societé féodale, faisait son génie. Ce qui montre aussi la fin du système c’est sa disparition.
    Les petits arrangements entre amis, les précautions contre l’abus de boisson avant de reprendre la route, les bouts de ficelle pour tenir le tuyau d’échappement ne pourront que retarder les échéances ineluctables. Sans illusion, Francois Leclerc est dans le vrai.

  33. fnur

    Compilation de déclarations d’économistes pas vraiment d’extrême gauche pourtant :
    http://et-pendant-ce-temps-la.eklablog.com/thesmar-landier-delpla-aux-racines-du-liberalisme-economique-a38715889

  34. Homard

    Vous allez trop vite en besogne.

    La décision prise aujourd’hui n’a aucun intérêt. L’ISDA a simplement répondu aux 2 questions qui lui ont été posées par des investisseurs. Les questions sont consultables ici:

    http://www2.isda.org/news/isda-emea-determinations-committee-credit-event-has-not-occurred-with-respect-to-recent-questions-on-the-hellenic-republic-restructuring

    Lorsque le PSI aura été mené à son terme et si jamais le taux de participation des créanciers privés n’est pas suffisant, alors la Grèce devra activer les CACs inclues dans les obligations souveraines de droit grec. Or, l’activation des CACs devrait alors constituer un événement de crédit, susceptible de déclencher le paiement des CDS.

    L’ISDA a été claire: la décision du jour ne préjuge en rien des autres décisions potentielles à venir. Vous criez donc victoire trop vite. L’activation des CDS reste l’hypothèse la plus plausible à l’heure actuelle.

    • vigneron

      Bullshit, Homard. Pour tous ceux qui ont accepté les échanges d’obligations c’était déjà définitivement râpé pour les Cds. Pour les deux questions posées au comité de l’ISDA, les réponses sont sans ambiguïté : c’est niet.
      Conclusion : pour ce qui est du règlement négocié du défaut grec c’en est fini pour tous ceux qui espéraient encore vaguement un petit kekchose d’un recours au comité.
      La dernière phrase est de pure forme et laisse simplement ouverte la possibilité d’un déclenchement pour un futur défaut grec. Pas vraiment une info…
      Vous reste plus qu’à surveiller les mouvements sur la base et les primes des Cds grecs… passionnant…

      • Homard

        Mais non…

        Si les CACs sont activés, les CDS seront payés.
        L’ISDA a déjà dit qu’une activation constitue un événement de crédit.

      • Alf

        +1 Homard.

        En effet, il ne reste plus qu’a surveiller les mouvements sur les primes des CDS Grecs…Qui n’ont jamais été aussi élevés malgré la décision de l’ISDA. Ils auraient pourtant du s’effondrer, au moins pour les maturités court-terme si Vigneron avait raison.

        On devrait de toutes façons être fixés rapidement.

      • vigneron

        Et elle a été activée la clause d’action collective par la Grèce ? Non. On verra le 8 mars ce qu’il en est. Si elle l’est, cela voudra simplement dire que la Grèce, l’UE et les Big banques auront changé leur fusil d’épaule et préféré l’activation (très marginale) des Cds grecs pour tenter de soutenir par exemple le Portugal et une liquidité sur ses titres souverains qui serait effectivement mise à mal par la déstabilisation du marché des Cds souverains. Bref de redonner un peu de lustre à un marché des Cds dégradé qui compliquerait réellement le marché des dettes sous-jacentes.
        En « sous-jacent » de l’accord grec se profile aussi selon moi la volonté de mettre définitivement hors-jeu les parieurs à nu sur le marché des Cds. Ce sont eux les dindons de la farce pour l’instant. Sans moyens de véritablement peser sur les négociations, hors, peut-être et tout au plus, en tentant d’accentuer leur pression spéculative sur le marché des Cds et/ou le marché obligataire, s’ils en ont encore la capacité et à leurs risques et périls… Difficile de se fonder sur les primes de Cds grecs, fussent-elles stables ou à la hausse. Allez savoir qui tient le marché… Qui vend, qui achète ? Est-ce que le montant notionnel, brut et surtout net, est à la hausse ? On peut encore jouer sans doute encore un petit mois, particulièrement sur le titre qui vient à échéance le 20 mars pour 15 milliards, après le 8, quoiqu’il arrive c’est mort. Le package greek bond + Cds est encore près du par ? Mouais… il l’était plus encore cet été. Toujours le pari sur le CAC et une marche arrière des gros pour préserver les fonctions bilantielles des Cds.
        En tous cas le problème n’est absolument pas lié au déclenchement des Cds grecs en lui-même, ni même au déclenchement de tous les Cds souverains sur les dettes de l’eurozone (dont celle de la France qui accumule le plus gros notionnel net sur sa dette au monde devant l’Italie et l’Allemagne sur les relevés de DTCC pour les Cds souverains…), mais bien le problème de la dette en elle-même (plus de € 8 000 milliards)…
        Mais un maintien du statu-quo dans le cas grec plus la mise en application dans le courant de l’année de l’interdiction des Cds nus sur dettes souveraines en UE… franchement, le ciel se couvre pour les « purs et durs » spéculateurs sur Cds…
        Les termes de l’equation pour les autorités politiques, financières et monétaires :
        – retarder le plus possible un défaut brutal sur une dette souveraine de l’eurozone
        – maintenir en vie les fonctions de couverture et d’arbitrage des Cds
        – maintenir un minimum de liquidité sur le marché des titres souverains de l’eurozone
        – expulser les purs spéculateurs du marché des Cds et limiter au maximun la part non-clearée par la DTCC.
        Les contradictions sont en train d’être éprouvées par le système, une expérimentation grandeur nature via le cas grec (comme ce le fut déjà dans le cas russe ou argentin, voire dans les affaires Parmalat ou Worldcom pour l’ISDA).
        Inextricable, trop tardives les « bonnes volontés »… et la descente à la cave continue, marche après marche, à reculons… à la cave ou au caveau, ou aux enfers…

    • yoananda

      C’est ce que dit aussi JP Chevalier sur son blog. Exactement pareil que vous. Donc affaire a suivre.

  35. tchoo

    Je ne crois pas du tout à un retour de conscience et de courage des Etats, d’ailleurs vous l’écrivez vous aussi à la fin de votre texte.
    C’est la trouille qui conduit tout ce monde,
    ils ont eu la trouille que le déclenchement ds CDS fassent tout péter, rien d’autre et surtout pas un quelconque courage.
    Vigneron à beau nous abreuver de termes plus techniques les uns que les autres, ce rideau de fumée ne dissimule rien:

  36. ERIX le Belge

    Est-ce que ceci explique les grands sourires des chefs d’Etats au sommet européen d’aujourd’hui ? Ils vont un peu vite en besogne je trouve, et surtout ne sont pas à l’abri d’un coup de tabac imprévu… S’ils veulent prouver qu’ils ont la main, ils ont encore un sacré chemin à faire…
    Et qu’en pensent les grecs de ces CDS sur leur dette ? Ca ne les empêche pas d’avoir un avenir bien sombre…

  37. Renou

    Billet « Si mon hypothèse est correcte, ce ne sont pas tellement les États qui auront neutralisé la spéculation sur la dette souveraine, que les deux types de spéculateurs présents sur ce marché qui se seront neutralisés l’un l’autre. Il est vrai que si l’on avait dû attendre le retour du courage de la part des États, on risquait de devoir attendre encore bien longtemps ! »
    Commentaire « Qu’est-ce qui s’est passé pour que les États qui étaient à terre se retrouvent soudain à dicter leurs conditions ? »
    Les spéculateurs se sont neutralisés ou les états ont dicté leurs conditions?

  38. jeanpaulmichel

     »On a dû procéder au calcul global des risques et constater que la chute des « assureurs » aurait coûté plus cher et causé davantage de risque systémique (risque d’effondrement généralisé du système financier) que celle des parieurs, »

    Je pense que les différents acteurs ont eu très peur de ce qu’il allait se passer et que l’emploi de l’arme atomique, que représentent les CDS s’ils étaient activés, risquait d’entraîner le monde dans un chaos irréversible et aux conséquences désastreuses.

    J’avais émis cette hypothèse il y a un certain temps. Spéculer a des limites et lorsque le risque de foutre en l’air définitivement l’économie est avéré, ceux qui détiennent ce pouvoir sont tétanisés.

    • Jérémie

      Oui que du jeu à l’échelle mondiale,

      Tout ce que nous voyons et entendons, n’est que le produit de plus en plus conditionné du plus grand nombre dans les premières sociétés, c’est sur ça fait grandement audimat sur le moment.

      Les choses pourraient paraîtres neuves mais elles ne le sont pas en réalité, comme à chaque grand match de rubgy. Nous pourrions même encore se dire que le camp du bien va de nouveau l’emporter sur le camp du mal, hélas au niveau du public c’est toujours pas cela je trouve, mon autre constat du moment.

      Com si pendant les périodes de grande crise les êtres se faisent constamment avoir, alors pour mieux ne plus y penser, ils réclament toujours plus de neuf dans les choses et les publicités, comme de la part de gens plus intelligents qu’eux en matière de ceci ou de cela, com sur les divers écrans du monde et les i-phones, hélas même s’il y a de temps en temps de bonnes news, de bonne pâtes fraîches à se mettre sous la dent, les êtres dans les sociétés ne font plus guère preuve d’autre chose de moins illusoir entre-eux.

      C’est pourquoi il ne faudrait jamais trop s’avancer surtout dans un tel contexte mondial, de peur qu’un jour ou l’autre beaucoup moins puissent en sortir, de peur qu’un jour ou l’autre davantage se sentent plus solidaires de la chose, de peur qu’un jour ou l’autre ils en aient davantage à pâtir de leurs plaies !

      Spéculer c’est comme le jeu, un jour ou l’autre on en voit toujours mieux les limites dans les premières martingales, surtout de la part des plus professionnels communicants, tout cela montre-t-il vraiment bien le meilleur du genre humain non bien sur que non, ce ne sont toujours en fait que les mêmes têtes toujours plus ou moins satisfaites. Préféront-ils d’abord plutôt entendre cela entre-eux bien sur que non c’est évident.

      En fait pour mieux voir et décrire les choses dans un tel monde, il faudrait surtout être en mesure de pouvoir moins se faire acheter par les gens. C’est pourquoi bien rare sont les êtres qui veulent plutôt s’aligner sur ma propre déconvenue à devoir de nouveau graduellement le constater.

      Non dans le meilleur des mondes je ne suis pas plus un être de changement, vous voyez je vous l’avais bien dit que je gâcherais encore un peu l’ambience. Et encore je ne rentre pas trop dans l’arène, là c’est sur on chercherait davantage à vouloir me faire taire, à me jeter des pierres,

      Non sincèrement je vois toujours un peu les mêmes conduites bien navrantes dans notre temps.

  39. Efarista

    Goldman Sachs……encore et encore ………
    http://wikileaks.org/the-gifiles-fr.html

  40. Lambert Francis

    Arrêtons le massacre avec la Grèce ! Par Cyrille Lachèvre

    « en février la production industrielle grecque a connu sa plus forte chute mensuelle depuis 13 ans !
    Il s’agit du 30 ème mois consécutif de repli pour cet indice PMI qui atteint désormais des niveaux de faiblesse battant tous les records. Déjà en récession prononcée, la Grèce voit toujours sa situation se dégrader alors même (…) que « le nouveau plan d’austérité n’est pas encore à l’oeuvre ». (…)

    Le « Think tank » Open Europe publie ce matin une étude qui fait froid dans le dos. http://www.openeurope.org.uk/Article?id=8555
    … les créanciers de la Grèce ne puissent donc jamais être remboursés. (…)

    si en début d’année 36% seulement de la dette grecque était détenue par des institutions publiques (UE, BCE FMI) cette part atteindra 85% en 2015 (…) financées par…les contribuables !

    Quelle sera la réaction des citoyens de la zone euro lorsqu’on leur demandera de payer la facture dans deux ou trois ans ?

    http://blog.lefigaro.fr/economie/2012/03/arretons-le-massacre-avec-la-grece.html

    NB : Nos états devront donc ré-emprunter ce qui générera géométriquement encore plus d’intérêts au bénéfice des mêmes banques.
    Vive la pompe Shadok, Madoff & Cie ?

  41. Bossuet

    Juncker Says There Is A « Plan B » If Greek Debt Swap Fails

    http://www.zerohedge.com/news/juncker-says-there-plan-b-if-greek-debt-swap-fails

  42. Alexandre Letourneau

    Je trouve la pirouette facile car les CDS n’arrangent pas uniquement ceux qui ont des positions nues. En effet, un CDS permet de faire du hors bilan. Tout actif étant compensé par un CDS associé à le droit d’être retiré du bilan.

    Ce n’est que partie remise je suppose. Ici nous sommes dans un cas de défaut partiel qui est à la frontière des conditions de réalisation d’un CDS. Néanmoins, si le défaut devenait total je pense que l’ISDA n’aurait pas son mot à dire.
    En attendant, les stocks de dette augmentent et les perceptives de croissance diminuent. Quelques chose me dit que l’on verra la réalisation de CDS de notre vivant …

    • vigneron

      Ben ouais Letourneau, des Cds souverains déclenchés on en a vus, au moins sur la dette russe (en fait pas vraiment concluant, comme d’hab les russes ont enfumé tout ce beau monde et l’ISDA était pas trop.au point…) et en tous cas sur la dette argentine…

      Tout actif étant compensé par un CDS associé à le droit d’être retiré du bilan.

      Retiré du bilan ??? Really ? Je crois plutôt que ces actifs restent à l’actif du bilan, les provisions au passif pour ces actifs ou leur décote compensée sur fonds propres étant elles bien évitées par les primes de Cds inscrites hors-bilan dans les comptes de résultats… Et tout ça bien sûr dans le cas où ces actifs doivent être inscrits à leur « fait value » au bilan, à leur prix de marché, sinon, bof bof…

  43. mike

    Allez, pour le WE, un petit coup de positivisme US, en souvenir de Whitney Houston. Du grand spectacle.

    • Louis Thérèse

      La elle était au top… Vraiment!!

    • On rappelle quand même qu’elle n’a pas fait ça toute seule.

      • Louis Thérèse

        Elle s’est bcp réclamée de la libération des noirs, sur scène, aux grammies, etc.. Elle etait véritablement une black chez les blacks… La tiède réaction d’obh a sa mort nous a donné une meilleure idée de son statut de guignol.

      • Mianne

        @ Louis Thérèse

        La tiède réaction d’obh a sa mort nous a donné une meilleure idée de son statut de guignol.

        Même si les WASP classent dans les rangs des noirs tout Américain qui a une goutte de sang noir dans les veines, il ne faut pas oublier que la mère d’Obama est blanche et qu’il se sent peut-être plus proche du clan maternel que paternel , pas du tout impliqué dans la défense des droits des noirs ou peut-être n’aime-t-il pas la chanson populaire ni la voix de Whitney . Qui sait ?
        Pourquoi les chefs d’Etat , qui en général ne réagissent pas à la mort de grands bienfaiteurs de l’humanité sans paillettes, devraient-ils absolument réagir quand il s’agit de personnalités du show-biz, même talentueuses ?

    • Al

      @ mike
      Bon, j’ai rien dit la dernière fois, par respect pour la défunte… Mais là, faudrait arrêter avec la soupe bling bling année 80… son medley rose bonbon sucé, c’est un pot (totalement) pourri de chez pourrave…. et, désolé d’être brutal, ça s’entend… ça n’est que mimiques, postures et effets de manche…. une véritable cacophonie… c’est pas de la musique, c’est le cirque…
      L’objet à écouter ne plane pas dans l’air, il est planté au beau milieu de la scène… et tout est fait pour la glorification de la demi-déesse brailleuse… une véritable horreur…
      Si vous voulez écouter la vibration de la voix humaine qui s’élève… allez chercher du côté de Billie Holiday, de Nina Simone…
      « Don’t explain »… écrite par la première et chantée ici par la seconde… ça n’est plus le même monde
      … fermez les yeux et sentez la différence…

      • plouf!

        Une voix hors du système bling bling
        sumertime

      • Renou

        En parlant de voix humaine qui s’élève, j’en vois trois.

      • Al

        Effectivement Renou…. je prends… Sur l’île déserte, j’emmène le tout… Whitney, elle, y a rien à faire, elle reste au port… elle ne gâchera pas ma belle éternité… pauvrette, paix à son âme…

        Quant à Janis… allez, je prends aussi… mais faudra pas qu’elle touche au whisky… les autres non plus d’ailleurs….

      • Ptite lope

        Dommage que vous manquiez de recul et restiez dans le goût convenu de la pensée élitaire. Concernant WH Renseignez-vous, a tout hasard, sa vie, etc… Apprécier ququ’un n’empêche pas d’aimer les autres. Je reste avec mon solide goût de chiottes et vous laisse avec votre grande ouverture si raffinée dans ses choix.

      • mike

        @AL
        Je m’incline devant une telle sûreté de goût, une délicatesse des sens qui me seront probablement à jamais inaccessibles.
        Vos certitudes m’amusent et me font penser à certaines de mes connaissances qui, voulant à tout prix exister, ne sont bonnes qu’à rejeter et à voir le négatif sur des succès trop voyants, ce qui est aisé, en balançant de pauvres références culturelles, ressucées mais surtout pas trop populaires.
        J’avais mis un petit mot sur elle suite à un sujet de PJ, petit mot qui regrettait qu’elle n’ait pas eu la chance de bosser avec Zappa, ou un autre chercheur dans son type… Hélas. N’en reste qu’elle a existé, avec un potentiel énorme, certes bouffé par l’arrivisme typique de ce genre de middle class américaine… Néanmoins soyez sûr que WH se référait à Billie Holliday, qu’elle s’inscrivait dans le courant de l’émancipation des noirs, qu’elle a bossé comme une dingue, etc… Bref à l’évidence vous ne connaissez ni la personne, ni son biotope, son parcours…. J’y lis aussi un peu de mépris entre les lignes pour le gospel natif… Bref détendez-vous, et positivez un chouia musicalement, avant de mélanger pareillement les torchons et les serviettes.

      • Al

        Salut mike… salut Ptite Lope…
        Vous me reprochez d’exprimer des goûts trop élitistes en affirmant haut et fort les vôtres… et en m’attaquent personnellement… étrange…

        Ce qui se dégage de la prestation ci-dessus ne me plait pas, je le dis et j’explique pourquoi… rien de plus…
        Maintenant, si l’on n’a plus le droit de critiquer les choix d’un artiste sans se faire taxer de brute… je ne le ferais plus… mais il est évident que je n’en penserais pas moins…

        @ mike…
        1/ je n’ai jamais reproché à Whitney Houston d’avoir eu du succès…
        2/ je n’ai jamais eu la volonté d’ « à tout prix exister« … (ça…je ne le dois qu’aux attraits de ma mère et à l’incapacité de mon père à savoir se retenir…)….
        3/ Nina Simone n’est pas une « pauvre référence culturelle« … et fut peut-être « resucée » (tant mieux pour elle) … mais jamais « surtout pas trop populaires« …
        4/ Pensez-vous que lorsque Whitney Houston « se référait à Billie Holliday« , elle « balançait » également « de pauvres références culturelles, resucées mais surtout pas trop populaires« …?
        5/ Je ne savais pas qu’il fallait connaitre le « biotope » d’un chanteur pour sentir lorsqu’il était à côté de la plaque… ou qu’il fallait l’apprécier parce qu’il aurait « bossé comme une dingue« …
        6/ Je ne pratique ni le mépris ni le cynisme… et je n’écris jamais rien de condescendant comme… « détendez-vous« … ou « Je m’incline devant une telle sûreté de goût… »… Cela m’est totalement étranger…
        7/ Et enfin, le goût pour un artiste ou une oeuvre du passé tenant aussi aux souvenirs qui s’y rattachent, je ne reprocherais jamais à personne d’avoir un petit coup de coeur pour telle ou telle chanson… moi-même j’ai un faible pour une comptine des plus simple, apprise à l’école et qui me fait toujours autant chavirer… ça faisait…
         » Entre les deux, mon coeur balance
        Je ne sais pas, laquelle aimer des deux… »
        … je chantais ces paroles alors qu’entre nous, à l’époque, je savais très bien que c’était la petite peste Isabelle qui avait pris mon coeur…

      • mike

        Pas de problèmes, désolé d’avoir été condescendant.

        je ne suis pas sûr d’avoir tout compris non plus dans vos explications, mais c’est pas grave.

        J’aime surtout quand on voit le positif des choses. Et j’ai la faiblesse d’en voir ici. Il est toujours plus aisé de dénigrer. Je parle en connaissance de cause. Voilà .

        Vous avez raison. Les chansons sont pour nous comme des clous dans la tapisserie du temps.

  44. yoananda

    Victoire à la pyrus d’un jeu dont les règles change au fur et a mesure pour maintenir le système ambiant …

    Une victoire sur les CDS, mais défaite de la confiance … qui voudra investir dans notre économie si on change nos propres lois comme ça nous arrange.

    Nous au contraire, avec le scandale MF Global, la crise de confiance va s’amplifier chez les professionnels du secteur …

    • Les gros spéculateurs ont bouffés les petits … génial ! voila en effet de quoi ranimer les flammes de l’espoir !!!

  45. LEMOINE

    Cette position de l’ISDA date du 27/10/11
    voir l’article d’alternatives économiques : http://alternatives-economiques.fr/blogs/vauplane/2011/10/27/pourquoi-la-grece-nest-pas-juridiquement-en-defaut/

  46. FL

    Cet effacement d’une partie de la dette Grecque représente quel poucentage des dettes cumulées Européenne?
    L’injection de 1.000 milliards € (correspondant pour l’instant à de la dette) dans le système bancaire Européen est-il totalement étranger à cette décision?
    Le paysage a t-il vraiment changer à long terme?

  47. Moi

    Le moins que l’on puisse dire est que l’explication de texte est confuse.
    L’oligarchie financière (émettrice de CDS) a-t-elle arnaqué le bas du panier de crabes de la finance (qui avait spéculé avec l’achat de CDS)? (d’ailleurs, pourquoi parler de « neutralisation entre financiers »?)
    Les Etats ont-ils gagné? Et comment les Etats ont-ils pu gagner en même temps que l’oligarchie financière? Sauf à considérer que les Etats et l’oligarchie financière ne font qu’un, ce qui est très possible, mais alors pourquoi se réjouir? Il y aurait la gentille finance qui prête aux Etats et la méchante finance qui spécule sur les défauts des Etats?
    Et enfin, le déclenchement des CDS aurait-il réellement comporté un si grand risque?
    vigneron dit que non, Jorion dit que oui.

    En résumé: on n’y voit pas plus clair après ce billet.

  48. bertrand

    La morale de l’histoire : on est chez les russes , battez vous pour l’honnétetée , ils feront ce qu’ils veulent.
    Aucune confiance dans ce systeme.
    Avec cette non activation des cds les emprunts grecs c’est comme les emprunts russes on peut en tapisser la chambre de grand mère.
    mais attendez un peu les vendeurs d’assvie , de suite je retire tous mes comptes et j’engage tout le monde à en faire autant.
    Rira bien qui rira le dernier , voyou d’assureur , de banquier , d’état.

    • Jérémie

      Rira bien qui rira le dernier , voyou d’assureur , de banquier , d’état.

      Mon propos pourrait décevoir, être hors sujet, moins calé, moins explicite.

      Bizarrement depuis quelques temps j’éprouve une plus grande chiasse non pour moi-même, car depuis j’ai l’habitude de connaître un peu la vie, et cela aussi durs et distants qu’ils puissent l’être les premiers décideurs ou parachutistes dorés de notre globe.

      Pour ça que je ne recherche plus trop à en rire, vous vous rendez compte si le monde devait davantage rentrer dans un plus grand désenchantement, comment feront-ils alors ? Non à vrai dire je pense qu’à ce moment là plus guère personne ne recherchera à en rire, comme d’ailleurs les premiers rukier du monde, c’est aussi une éventualité à ne pas écarter dans notre propre histoire humaine.

      Moi-même je me rends bien compte que j’en deviens de moins en moins rigolo envers mon propre prochain, qui suis-je vraiment sans doute un autre numéro de plus, faudrait partout récompenser celui ou celle pouvant être toujours bien en mesure d’amuser la galerie pour les divers grands groupes de la planète.

      Pourquoi par exemple les journalistes ne trouvent plus guère le droit d’être réellement eux-mêmes, d’en faire palir plus d’un, d’être par exemple moins déformés. Pourquoi le monde devrait-il constamment se sentir obligé d’en sourire com dans les premières publicités bien artificielles de la planète, et si en réalité ou en vérité tout cela sonnait de plus en plus faux dans le coeur et la conscience de tout-à-chacun, et cela quelque soit son propre bord de penser préférentiel.

      Non croyez-moi je n’en rirai pas plus le dernier, car à cette heure-là les meilleurs trucages de la planète ne pourront pas plus nous y éviter la chose à plus grande échelle. En plus c’est vrai les gens plus ou moins comme moi n’arrangent pas plus la chose de manière positive. Sinon à part ça va on fait aller, on essaie parfois de se dire que l’humanité passera bien ou tard à quelque chose de moins prévisible. A mon modeste avis, c’est bien plus qu’une simple tragédie Grecque, alors en attendant faut faire plus grande comédie humaine élevée en spectacle.

      Y-a-t-il seulement un homme et une seule femme dans ce monde qui ne recherche plus trop à dire du mal de son prochain. Pourquoi ne savons-nous plus guère exprimer l’humain autrement dans notre temps ? Pourquoi même dans les premières agences immobilières ils n’ont plus guère le coeur à la fiesta devant tel ou tel passant n’osant plus trop leur dire un petit bonjour amical ?

      Si si je vous assure je n’invente rien c’est bien parfois ce que je constate. Mais qui donc à encore les moyens de parader ? Mais qui donc a déjà vu pleurer plusieurs millions de personnes de plus dans les premières sociétés humaines, oui c’est seulement lorsqu’ils se mettront bien tous à pleurer sur leur propre monde perdu.

      Mais pas avant hélas …

  49. La non-activation des CDS sur la dette grecque fait couler beaucoup d’encre pour un non-événement de crédit ! Quelles peuvent donc en être les conséquences ?

    Si cette décision était confirmée après l’adoption d’une clause d’action collective par le parlement grec, forçant tous les créanciers à participer à l’échange obligataire et à se prendre la perte correspondante, il y aurait de quoi demain dégouter les investisseurs de payer une prime d’assurance ! Il faut en effet remarquer que l’espoir existe toujours que, le parlement entrant dans la danse les jours prochains pour adopter une clause d’action collective si un nombre insuffisant de volontaires se présentait à l’échange, le comité de l’ISDA puisse alors proclamer qu’un événement de crédit a finalement eu lieu.

    Si les choses restent en l’état, sa décision portera inévitablement un coup au marché des CDS sur la dette souveraine. Le pari portera désormais aussi sur leur activation !

    Cela pourra en premier lieu conduire les hedge funds qui jouaient les chasseurs de prime à se délester à la première occasion des titres de dette qu’ils ont acheté – par exemple auprès des banques qui ont maintenant ses sous – risquant de faire baisser leur valeur, et donc de contribuer à la hausse de leur taux… Les Portugais, dont les obligations sont les seules à ne pas suivre le mouvement général de détente actuel, pourraient en faire les frais.

    Une deuxième conséquence pourra en être redouté. Les banques ne pourront plus se couvrir avec certitude en achetant des CDS et devront valoriser les titres qu’elles possèdent à la valeur du marché, alors qu’elles pouvaient faire valoir jusqu’alors qu’elles étaient garanties d’être remboursées et que ce n’était pas nécessaire…

    Tout bien pesé, qu’est ce qui a pu motiver la décisions des membres de la commission de l’ISDA ? La crainte de créer un précédent ouvrant la voie à d’autres restructurations, les investisseurs ayant toujours la possibilité de se couvrir s’ils avaient pris la décision contraire, ou la volonté de montrer qui est le maître à bord et impose sa police, pour conforter l’Institute of International Finance dans son statut de seul interlocuteur valable ?

    En tout état de cause, une brèche aura été ouverte dans la muraille… Les merveilleux instruments de la finance créative ne sont décidément plus ce qu’ils étaient.

    • Moi

      « En tout état de cause, une brèche aura été ouverte dans la muraille… »

      A noter que ce n’est pas la première fois qu’une dette est restructurée sans déclencher les CDS. Ce fut le cas avec l’Uruguay en 2003 même si la restructuration ne portait que sur la durée et le taux d’intérêt. Le taux d’acceptation parmi les créanciers avait été de 95% à l’époque. Donc, j’ai l’impression que pour la décision finale du déclenchement des CDS ou pas, tout est dans le taux d’acceptation de la restructuration que l’on aura parmi les créanciers.

    • zébu

      Sans doute les deux, mais « La crainte de créer un précédent ouvrant la voie à d’autres restructurations » pourrait être la plus forte.
      Dans un édifice où toutes les pièces sont en interaction entre elles, il suffit que l’une d’entre elles chute pour que l’ensemble de l’édifice soit en péril, gipsi ou pas gipsi : on ne joue pas avec la ‘valeur’ de référence, l’obligation souveraine, sans avoir entre temps trouvé une autre ‘valeur’ (auto)référentielle.
      En regard, les intérêts de quelques acteurs sur un espace aussi minime que les CDS grecs, fussent-ils market makers, pèse très peu. Ceux-ci prendront leurs pertes mais feront d’autres gains, ailleurs. Ce sont peut-être les mêmes d’ailleurs qui sont en train de prendre leurs gains sur les privatisations en cours des actifs publics grecs vendus à la découpe …

      • vigneron

        Ouaip Zeb. La voix du bon sens…

      • zébu

        Sans doute parce que j’avais pris la voie opposée, celle d’un deal ‘oligarchique’ en ‘sous-main’ de temps/stabilisation vs valeur/assurance : ça aide à se repérer … ;)

      • Nicks

        C’est strictement ce que je disais hier avant d’être recadré comme d’habitude par le cerbère. Il se trouve qu’il est d’accord aujourd’hui, étrange…

      • vigneron

        « C’est strictement ce que je disais » ?

        Il me semble en effet que vu l’impossibilité de tracer les produits dérivés il est tout simplement exclu pour la finance de déclencher un « credit event » aux conséquences très probablement mortelles pour le secteur financier.

        Pas vraiment non, surtout au vu de ton « vu que » et alors ton mystérieux acteur nommé « la finance », c’est du très gratiné, faudra que tu me présentes cette dame… Leclerc parle des investisseurs et d’ISDA dans son alternative…
        Nous prends pas pour des billes.

    • Nicks

      Ne dit-il pas qu’on craint qu’une activation des CDS ne constitue un précédent qui suffise à lancer une réaction en chaîne ? Il me semble que si. Et c’est bien ce que je laissais entendre. Désolé.

      • vigneron

        Tu comprends vraiment rien. C’est pas les Cds qui posaient, posent et poseront le problème nodal pour la Grèce comme pour les autres pays mais les dettes elle-mêmes. C’est le défaut pur et simple qu’on cherche à tout prix à éviter et donc on se retourne contre ceux qui misent contre les défauts négociés, contre ceux qui sont effectivement les incendiaires, ceux qui n’ont jamais prêté aux États, ceux aussi qui sont longs sur les Cds.
        Et je maintiens que la menace de référendum de Papandréou a fait spectaculairement date après l’accord du 27 octobre en remettant la pression, purement politique cette fois, sur les négociateurs en relançant les spéculations (dans tous les sens du terme) sur un défaut unilatéral.
        Il a remis la troïka et Dallara face à leurs responsabilités non seulement face au fait politique mais aussi face aux contradictions insolubles de marchés financiers débordés par la pure spéculation.
        Ceux qui réclament auprès de l’ISDA n’auront rien, même en cas de CAC après le 8 mars, tout au plus une indemnité sur la base du prix des nouvelles obligs soit autour de 30% des anciennes. Peut-être même qu’ils se contenteront, pour les plus gros clients hedges et souverains, d’un arrangement discret pour couvrir leurs pertes éventuelles – genre avantages concédés par les Big banques à hauteur des primes Cds versées; un p’tit geste commercial quoi…

      • Nicks

        @Vigneron

        Je maintiens que la finance fera tout pour que ces CDS ne soient pas activés parce que dans ce système totalement opaque et après Lehman et la prise de conscience soudaine du château de carte des dérivés, il suffit que quelqu’un crie au loup et c’est la débandade. Ca c’est ce que pouvoirs publics actuels et finance, main dans la main veulent éviter à tout prix, quitte à sacrifier une partie des spéculateurs pour sauvegarder le gros du troupeau. Le problème de fond c’est l’insolvabilité mais tant qu’il n’y a pas d’incident de crédit, tout le monde fait semblant de ne voir que les problèmes de liquidité, ce qui arrange une fois de plus bien les banques (oh les jolis QE) et prive les pouvoirs publics, complices de toutes façons, du prétexte pour ramener tout ça sous tutelle.

        Je suis en revanche d’accord sur Papandreou puisque c’est l’analyse que j’avais sortie chez Quatremer au lendemain du referendum en émettant l’hypothèse que Papandreou refilait le mistigri de la Grèce vers la troïka et se préservait en même temps une image positive auprès des grecs (enfin meilleure que celle des autres).

      • BEOTIEN

        « Tu comprends vraiment rien. C’est pas les Cds qui posaient, posent et poseront le problème nodal pour la Grèce comme pour les autres pays mais les dettes elle-mêmes.  »

        Voila qui me semble frappé du coin du bon sens sauf si… le quasi consensus que je constate (incluant P. JORION soi-même) a raison de considérer les CDS comme toxiques.

        Ce que, dans le cas d’AIG, ils ont manifestement été, mais seulement, si j’ai bien compris, par incompétence ou malhonnêteté de qui au sein de l’entreprise a décidé de les vendre « sec ».

        Ce que je peux croire, la leçon ayant servi, qu’ils soient encore. Car (qui a les connaissances techniques requises me démente si je me trompe) ce que je sais d’un put (et un CDS n’en est un sur obligation) vendu par un teneur de marché est sans risque pour lui qui doit rester en toute circonstance « neutre au marché ».

        Et qui pour ce faire doit avant de livrer le produit, construire une « box » qui l’intègre (et dont le prix de revient majoré de sa marge constituent son prix de vente).

        Et, soit dit en passant fait de ce produit, comme des autres dérivés, un parfait non sens économique, puisqu’il semble (qu’on me contredise si je me trompe) produit de la main des market maker des institutions qui les achètent. Et feraient donc une substantielle économie, au moins de personnel, en assumant leur risque.

        Certes je fais semblant de ne pas savoir qu’au niveau micro l’important est de faire du chiffre, que chaque émetteur espére en vendre plus qu’il en achète. Ce qu’il fait de toute manière pour une autre logique qu’économique puisque surtout pour neutraliser l’effet de sa créance sur son cooke. Et qu’il s’agit d’abord d’un instrument de spéculation, comme les autres, moyen de prendre des positions qui permettent de prélever des petits sous sur LE marché, donc in fine sur le dos du vulgum pecus (ne serait que via les assureurs et divers OPCVM, interne inclus, auxquels ils sont vendus).

        N’empêche qu’au plan macro… foutaise absolue ! Qui me rend difficilement compréhensible que la SG devenue quasi gratuite ne soit pas achetée par la Caisse des Dépôts qui permettrait d’imposer à son staf de revenir à cet orthodoxie ordinaire consistant à être une banque au servie de notre économie et avant d’être à celui de la mégalomanie et l’avidité de ses dirigeants.

        Mais vrai que je suis un grand naïf, si naïf que je redoute que nous, citoyens, disposions enfin d’une banque à notre service, il va nous falloir retrousser nos manches et la créer nous-même.

  50. [...] NEUTERED March 2nd, 2012 by Paul Jorion | An English translation by Bernard Bouvet of my post “Les spéculateurs sur la dette grecque, neutralisés”.Last Friday’s ruling by the International Swaps and Derivatives Association (ISDA) that the much [...]

  51. vbs

    Certes, les assureurs / banques qui auraient dû prendre en charge les CDS en cas de défaut sont eux-mêmes ceux qui décident si la Grèce est en faillite ou non… Certes, les parieurs doivent subir la décote au lieu de se voir remboursé…

    Mais en attendant, on demande des efforts aux peuples qu’ils ne pourront supporter…

    Et même à 50% de sa valeur, la dette reste la dette.

    Cdt,

  52. Vincent

    A moins, évidemment, que nombre d’acheteurs de ces CDS ne soient complices. L’hypothèse apparemment folle est présente depuis 24h dans la blogosphère US, qui pense que nombre de CDS ont été achetés en connaissance de cause par des détenteurs de dettes souveraines pour faire croire aux régulateurs qu’ils remplissaient leurs obligations légales de couverture de risque, mais ne le faisaient pas vraiment.

    Le principe est le suivant : imaginez qu’un régulateur quelconque vous impose une assurance pour pouvoir accomplir une action, par exemple, conduire une voiture, mais que vous assurer vraiment coûte bien trop cher, compte tenu de votre profil de risque. Certaines compagnies peu scrupuleuses peuvent vous vendre une fausse assurance à prix discount, mais assortie d’une « clause parallèle » (traduction personnelle de « side letter », si quelqu’un a mieux…) tenue secrète ou l’assureur et l’assuré s’engagent à ne pas faire jouer l’assurance.

    But du jeu : montrer aux autorités un certificat d’assurance, totalement bidon qui permet à certains assureurs ou réassureurs de paraître plus solvables qu’ils ne le sont en réalité, ce qui peut réduire les exigences légales en fonds propres (Bâle, Solvency…)

  53. jérôme

    @ Paul,

    Bonjour,

    Todd, fin 2011, sur son livre « les origines des systèmes familiaux », présenté comme le domaine de compétence principal de et par l’intéressé, parsemé de remarques sur la crise, l’économie..

    http://www.dailymotion.com/video/xlx5df_emmanuel-todd-et-franz-olivier-giesbert_creation
    56 mn, un regard décalé et intéressant, même drôle parfois.

    Bon, c’est moins provocateur que les dernières saillies sur le(s) complot(s) éventuel(s), vu le noeud coulant systématique qui entoure le mot sale du moment..

    La structure familiale et ses évolutions n’est pas sans rappeler certains de vos propos, bonne écoute et bonne écriture pour le bouquin en cours. Et ne vous sentez pas obligé d’être en avance sur tous les sujets systématiquement, je pense à la grippe en particulier.

    Belle journée.

    Concerto C Major (Rondo) – Mozart
    http://www.youtube.com/watch?v=gWgSUZUYswc
    5’50, pour le trompettiste parti il y a peu cité récemment…

    Akismet soit pas vilaine avec les mots stp. Merci JA et l’équipe pour le filtre et ses abonnés.

  54. feox

    Bonjour,

    Je ne comprends pas vraiment en quoi cette victoire est si impressionnante. En effet, ce qui vient d’être déclaré est que les CDS ne sont pas activés en cas de réduction volontaire de la dette par les créanciers. Ceux qui auront accepté de voir la valeur de leur bon grec diminuer ne seront pas remboursés.

    Si je comprends bien donc, ceux qui refuseront la diminution de la valeur de leur bon seront payés à la valeur totale ? Et si ils ne sont pas payés la question du déclenchement des CDS sera réouverte ?

    La véritable victoire ne pourra-t-elle pas être déclaré que lorsque l’ensemble des créanciers aura subi une réduction de la dette sans que ne soit déclenché les CDS ?

    Meilleures salutations.

  55. LES SPÉCULATEURS SUR LA DETTE GRECQUE, NEUTRALISÉS … La Grece aussi avec eux. Plutot un peu avant

  56. Monsieur HR

    Débat technocratique et spéculatif !
    Passons à la politique. Quid de l’audit sur la dette ?

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