LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 2 MARS 2012

2 mars 2012 par Paul Jorion | Print LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 2 MARS 2012

« Les questions qui restent à résoudre »
La décision de l’ISDA = pas d’événement de crédit sur la dette grecque
La spéculation
La planche à billets à la Banque Centrale Européenne

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183 commentaires

  1. Piotr

    Trolls et anti-trolls dans les starting-blocks .

  2. compositeur

    C’est curieux cette affaire de l’ISDA , d’après G. Ugeux , on ne pourra savoir VRAIMENT que vers le 10 mars si les CDS seront ou non activés . Ca dépendrait du nb de créanciers d’après ce que j’ai compris.
    Pas évident quand même …

    • Oui, c’est un grand livre. Il y a encore des gens qui peuvent écrire une histoire de l’économie sauf qu’ici, l’économie n’est pas isolée du reste, c’est plutôt l’économie expliquée par l’histoire. Je ne suis pas sûr que cela entre dans les intérêts de Paul Jorion et le début, en particulier sur Aristote, peut décevoir les lecteurs de ce blog, l’auteur est plus à l’aise à partir des premiers économistes, mais l’influence des paradigmes dominants sur les théories économiques est incontestablement à prendre en compte, même si, ce qui est déterminant en dernière instance, c’est le résultat, la productivité matérielle et les contraintes écologiques. Dans notre contexte de crise qui tarde à se résoudre, il faut souligner que ce livre aboutit à la notion de destruction créatrice comme contrepartie de la complexité.

      • Moi

        J’ai été très déçu par ce bouquin, que j’ai d’ailleurs rapidement rangé. C’est écrit par un économiste et ça se sent très fort. L’auteur n’arrive jamais à concevoir l’économie comme encastrée dans la société. Il n’est jamais fait mention des théories économiques comme étant un reflet de l’idéologie dominante, ne parlons même pas d’une analyse. En gros, il fait de « l’économicisme » et il colle à côté un résumé des idéologies dominantes des époques associées.
        Lisez Polanyi, en particulier son oeuvre posthume sur l’histoire des marchés et du commerce, c’est infiniment meilleur.

      • Charles A.

        Lisez aussi le regretté Ernest Mandel, économiste et militant, décapant:
        http://www.ernestmandel.org/new/ecrits/?lang=fr

  3. timiota

    Ah, j’ai une solution neutre (quoiqu’il y ait neutrino et antineutrino, Piotr-le-Majuscule… avec une pensée à Ettore Majorana qui proposa des fermions qui sont leur propres antiparticules — des neutralinos je crois) :

    On est passé de l’étape où la finance bouffe coopérativement tout le reste parce qu’elle n’est pas encore assez différenciée et importante par rapport à tout ce reste
    (le gâteau était assez gros, mais là le contribuable grec ou gipsi a tendance à maigrir, ainsi que l’emprunteur immobilier de base (pauvre hispanique ou black aux US) et le pékin qui pioche dans l’ass-vie)
    à une étape où la différenciation a eu lieu, et où des parties de l’hydre financière commence à libéralement en bouffer d’autres.

    Sans trop de surprise, cette transparente libéralité s’incarne dans une association bien opaque de gens ayant de bien gros intérêts (ISDA), mais qui, maintenant, ne sont plus assez positivement corrélés aux intérêts de toute la sphère financière mais seulement à une partie.

    Je m’interroge du coup sur le rôle des fluctuations : c’est grâce à elles que malgré l’aspect symétrique d’une transaction financière (je gagne tu perds, mais décalé dans le temps, « reconnaissance de dette » du style dette souveraine étant le décalage majeur , HFT le décalage mineur) tout le monde financier y gagnait jusque là. Cherche donc théorème montrant que les fluctuations se font quand même raboter par la dissipation quand celle-ci est trop grande. PSDJ a-t-il un cerveau de physicien caché pour me comprendre ?

    • zébu

      @ timiota :
      Je propose les lois de la thermodynamique et l’entropie.
      Retour à l’état stable (fin des fluctuations) quand dissipations totalement achevées par dégagement d’énergie.
      L’état instable ayant été produit par de trop grandes fluctuations (des prix), dû aux paris sans limites qui ont pu être effectués, le système ne peut actuellement imaginer un état stable qu’en dissipant de ‘l’énergie financière’ (faillites de Lehman Brothers et d’AIG, chute du prix des actifs quels qu’ils soient, défauts partiels, etc.).

      Les problèmes auxquels le système doit faire face :
      1/ les dissipations ne sont pas contrôlées, parce que l’on ne le veut pas, parce que l’on ne sait pas et parce que l’on ne le peut pas y faire face
      2/ les dissipations produisent des effets, à savoir des fluctuations d’état, qu’il faut savoir gérer et que l’on ne sait pas gérer (on ne ‘sait’ pas expliquer les causes)
      3/ ces nouvelles fluctuations créent la possibilité de générer de nouveaux paris ou d’en déclencher d’autres (CDS par exemple, sur la base du défaut partiel grec)
      4/ il faut contrôler ces nouvelles fluctuations, en créant de nouvelles dissipations (d’où le non-déclenchement des CDS, afin d’éviter de nouvelles fluctuations)
      5/ certains acteurs ‘résistent’ à ces dissipations ‘nécessaires’ pour stabiliser le système, par intérêt personnel ou par compréhension du mouvement (et de la nécessité impérieuse, y compris pour les intérêts personnels, de le stabiliser)
      6/ du fait que ces dissipations se réalisent de manière aléatoire et chaotique, celles-ci induisent des effets de déstabilisation supplémentaires, qui entrainent …
      7/ la seule stabilité envisageable à ce stade est uniquement de deux ‘ordres’ (nécessaires pour passer à un état ‘stable’) :
      - la perpétuation de ce mouvement (thermo-dynamique), jusqu’à la fin (i.e., la consommation totale de l’énergie du système, i.e. la sphère financière), le contact du système d’avec la réalité entrainant les dissipations (comme le ferait un frein-moteur) ; problème : ce type de ‘stabilisation’ ne se fait pas qu’au détriment de la sphère financière, elle entraine avec elle l’ensemble du système économique et social, risquant de ‘casser le moteur’ (vitesse de la chute trop grande/capacités des plaquettes de freins et du moteur).
      - la régulation politique, drue, brutale et immédiate : défauts organisés, régulation monétaire et financière, régulation fiscale, préservation écologique, redéfinition des paramètres du cadre d’intervention (propriété, travail, richesses, pouvoirs, connaissances, …) … ; problème : ceux qui sont aux freins (et parfois à la pédale d’accélérateur) n’en veulent pas, pendant que les conducteurs du volant (politique) s’en disputent la possession, n’ayant pas la moindre idée de la direction à prendre (n’ayant aucune ‘carte’ politique ni aucune connaissance des phénomènes en cours, de la ‘mécanique’ ou de l’état de la voiture qui puisse les enseigner) et ne parvenant qu’à éviter le ravin, toujours au dernier moment.

      Te sachant partisan de Richard Sennett, je prends volontairement cette image mécanique …
      ;)

    • timiota

      Merci zébu.
      Les dissipations ont aussi l’échelle de temps d’une vie humaine, malgré les structures de l’héritage.
      L’euthanasie des rentiers est-elle une dissipation ?

      MMmm

      merci pour Sennett. Son « Ce que sait la Main » est un beau cadeau….

      • zébu

        @ timiota :
        « L’euthanasie des rentiers est-elle une dissipation ? » : c’est une (forte) possibilité.
        Ne serait-ce que par la chute du prix des actifs. On y viendra tôt ou tard et quand on y sera, on touchera ‘le dur’.
        Pour l’instant, les rentiers sont plutôt dissipés …

      • Samuel

        zébu, j’aime bien ce genre d’analogie, surtout que celle-ci est très bien construite.
        Des ponts entre les littéraires et les matheux, c’est exactement ce dont on a besoin.
        Des ponts au dessus des murs :)

      • zébu

        @ Samuel et Timiota :
        « Un pont trop loin » pourrait être le titre donné à l’action désespérée de l’équipe de campagne d’Hollande de se rattraper sur l’ass-vie :
        « Au-delà de huit ans, il s’agit d’une épargne longue, qui est utile à un grand nombre de Français et utile au financement de l’économie française, et compte tenu de cette spécificité, François Hollande ne propose pas de modification des modalités d’imposition », confirme M. Sapin. »

        De sorte que l’euthanasie (fiscale) des rentiers n’est pas pour demain et que le lobby des assureurs-vie a encore de beaux jours : il n’aura fallu que 2 jours (2 !!) pour que le rapport de force soit bien intégré …
        L’AFER par exemple : « Sa puissance lui permet de faire entendre sa voix, y compris par des campagnes de presse, chaque fois que l’intérêt de ses adhérents et de l’épargne retraite le rend nécessaire. »
        Association qui se targue d’avoir 735 000 membres et de gérer 45 milliards d’euros, adossée à son ‘partenaire’ AVIVA, 6ème groupe d’ass-vie mondial.
        Avec une cotisation de 20€/membre, on obtient un capital social de 14,7 millions d’euros, auquel il faut y ajouter une cotisation annuelle de 0,0085%/montant, soit, sur la base d’un montant d’encours moyen de 60 000€/rentier, on obtient 3,75 millions d’euros par an de financements pour ‘faire entendre sa voix’ …
        A ce titre, visionner la vidéo de l’interview de Gérard Beckerman, président de l’AFER, en 2011 :
        ni plus ni moins un avertissement en bonne et due forme (‘attention, l’ass-vie finance les emprunts d’état …’). Dans cette vidéo d’ailleurs, la journaliste cite la proposition socialiste de taxer l’ass-vie au même rang que les revenus du travail.
        Comme quoi, la proposition d’Hollande ne date pas d’hier.
        Mais son rétropédalage (de pédalo, dirait Mélenchon) n’a duré lui duré que deux jours.
        L’AFER, ça sait faire !!

        Mais il y a quand même bien mieux : Bernard Spitz, Président de la FFSA : « Créée en 1937, sous forme d’un syndicat professionnel, la Fédération française des sociétés d’assurances regroupe 245 entreprises représentant 90 % du marché français de l’assurance ».
        Enarque, ancien conseiller de Rocard, Bernard Spitz est élu sur une liste de gauche à Saint-Malo, sur la liste d’un futur sénateur PS en 2008.
        Doit forcément aider pour prendre des ‘contacts’ avec Michel Sapin …

        C’est clair que c’est pas demain que l’on touchera le ‘dur’ avec le PS : la crise le fera plus sûrement et plus rapidement.

      • Samuel

        Il faudrait vulgarisé l’économie, les gens sont pas cons, les partis suivraient..
        Un exemple dans mon domaine qui doit s’adapter à toute base dans une crise, quand je vois la vitesse où les paysans s’adaptent à la hausse des carburants, c’est impressionnant.
        D’un régime à 2200 tours minutes usuelles, beaucoup on compris que la puissance maximal était à 1800 tours, même pour l’achat d’une ensileuse, le fait qu’il y est un renvoi d’angles à la transmission du moteur, ils savent que tu perds 15% de puissances, pareil pour les transmissions hydrauliques plutôt que standard, y à que les constructeurs qui croient à leurs gadgets, les paysans comprennent très vite les bases, alors que peu étaient au courant il y a 3 ans, aujourd’hui c’est une réflexion qui conditionne chaque achat et travail.

  4. La même chose sur YouTube

  5. Un partageux

    Le billet d’hier de Paul Jorion m’a inspiré cela sur l’abîme entre gens de peu et banquiers de haute volée :

    http://partageux.blogspot.com/2012/03/valerie-et-paul-jorion.html

    • Léoned

      Je viens de lire ton article sur Valérie. Et je comprends.

      Je ne fais pas partie des « gens de peu » (Fonctionnaire de l’Educ Nat, bien payé en fin de carrière). Sauf que je me retrouve (toutes proportions gardées) dans le même genre de galère que ta Valérie.

      Je vais pas raconter ma vie, une sombre histoire de maladies que les (parce que c’est pas une mais DES) administrations ne savent pas dans quelle case mettre. Conséquence plus de 8 mois sans revenu.
      Je t’ai dit, je ne fais pas partie des gens de peu : ma famille m’a aidé et pas qu’un peu. Mais la détresse morale ça, même les 8000 € que je dois à ma sœur, ça aide pas.
      Et là, ça vient de repartir pour les mois à venir.

      Donc je te répète : je comprends. Peux rien pour elle (sauf la consoler à distance).

      Embrasse la de ma part, peux pas plus.

  6. LEMOINE

    Il faut vraiment faire l’économie de l’hypothèse selon laquelle les dirigeants des banques centrales, les grands décideurs et les responsables politiques de premier plan, ne comprennent pas ce qu’ils font ou ne comprennent pas comment fonctionne le système économique.

    Le capitalisme est en constante et évolution et il peut donc être utile de mettre à jour les connaissances théoriques que nous en avons, comme vous le faites, mais ses bases restent les mêmes. On le comprend donc assez bien.

    Ce qui est clair depuis qu’on écrit sur ce système économique, c’est que le capital est le moyen et la concrétisation d’un pouvoir exercé sur le travail. Posséder un capital, c’est être en mesure de mettre les moyens de production à son service (par la propriété capitaliste). La conséquence toute simple de cela, c’est qu’une émission monétaire au profit des banques accroit la masse du capital et donc renforce sa position par rapport au travail. En créant ainsi de la monnaie, on se donne du pouvoir : on est en mesure de poursuivre le processus de concentration du capital. Les quelques 1 ou 2% de la population, qui en France et ailleurs contrôlent l’essentiel de la richesse et captent l’essentiel de la plus value créée, renforcent leur domination.

    Cela accentue sans aucun doute le caractère chaotique du système mais dans l’immédiat çà le renforce. Il semble bien qu’il n’y ait la dedans ni désespoir, ni folie, mais une rationalité qui s’appuie sur la compréhension des bases du système.

    • jducac

      @ LEMOINE 2 mars 2012 à 10:50

      Cela accentue sans aucun doute le caractère chaotique du système mais dans l’immédiat çà le renforce. Il semble bien qu’il n’y ait là dedans ni désespoir, ni folie, mais une rationalité qui s’appuie sur la compréhension des bases du système.

      Cette fois je partage votre avis sur cette déclaration. Antérieurement, j’avais noté une divergence que je vous avais signalée ici : http://www.pauljorion.com/blog/?p=34469#comment-298311

      Vous n’y avez pas répondu, bien que la file se soit maintenue, notamment avec le concours de Léoned.

      Ce serait bien si vous œuvriez à apporter votre argumentation, à charge ou à décharge, suite à mes interventions. Cela permettrait de mieux cerner la vérité et la réalité sur le sujet et par conséquent de bien mettre en évidence le contour et le fonctionnement du système capitaliste.

      A mon avis, ceux qui le conduisent savent très bien où ils doivent le mener pour le faire perdurer. L’humanité, confrontée à une raréfaction d’énergie aura perdu des milliards d’individus avant qu’il ne disparaisse.

      Cordialement

      • LEMOINE

        J’ai lu ce que vous avez écrit mais je ne peux pas y répondre. Nous sommes sur un blog consacré à l’économie où Paul Jorion a la gentillesse de laisser place très largement à toutes les idées, même si elles le critiquent.

        Seulement même si elles sont publiées des interventions comme celle à laquelle vous voudriez que je réponde, ne se situent pas sur la plan de l’économie. J’avais écrit que le capital (la propriété capitaliste) permet une captation du travail (celui des salariés). Vous répondez à cela en quittant le terrain de l’économie pour celui de la morale. Je parle d’économie, vous répondez en parlant de morale. Je ne pense absolument pas que les capitalistes (qu’ils soient petits ou grands) sont des gens immoraux. çà ne me parait une chose hors sujet et sans intérêt. Il y a des salariés immoraux qui abusent et trichent dans le travail comme il y a des capitalistes qui sont des gens très bien.

        Dans votre message vous partez de la constitution d’un capital par le travail. Lisez ou relisez les pages consacrées par Marx dans le Capital à la question de l’accumulation primitive. Peut-être que cela pourra mieux vous éclairez sur le problème de la moralité ou l’immoralité du système capitaliste, si c’est cette question qui vous intéresse.

        Je crois que récemment quelqu’un a écrit un livre « le capitalisme est-il moral » : peut-être cela pourra-t-il aussi vous intéresser.

      • jducac

        @ LEMOINE 2 mars 2012 à 13:00

        J’avais écrit que le capital (la propriété capitaliste) permet une captation du travail (celui des salariés). Vous répondez à cela en quittant le terrain de l’économie pour celui de la morale. Je parle d’économie, vous répondez en parlant de morale.

        Merci de votre réponse. Je comprends votre réaction de même que votre attitude rigoureuse qui vise à ne pas mélanger les genres.

        Il semble difficile malgré tout, s’agissant de relations entre divers acteurs économiques, de faire totalement abstraction des considérations et lois morales. Il me semble difficile d’ignorer, quand on traite d’échanges, les notions telles que la confiance, l’abus de confiance, la tromperie, la spoliation, la ruse, la supercherie, le respect de l’accord contracté, voire même d’abus de pouvoir, l’abus de position dominante, le détournement des lois et règlements au détriment d’un associé d’un partenaire voire-même d’un concurrent.

        Oui mais ça se gâte le jour où sur le net, je constate que M. LEMOINE prétend que mon « capital est une forme de captation du fruit de son travail ». Il me semble alors qu’il y en a un de nous deux qui triche avec la vérité.

        Si l’on s’en tient à la seule formule finale de ma démonstration du 29 février 2012 à 15:34 telle que reproduite ci-dessus, le fait d’évoquer une « tricherie avec la vérité » vous l’avez compris, se rapporte au mot « captation ».

        Quand un employeur, paie un employé en respectant les lois et le contrat de travail qui les lie tous les deux, il ne se livre pas, selon moi, à « une captation » mais à « un échange » d’une prestation professionnelle contre le paiement d’une somme d’argent et diverses autres cotisations attachées au contrat de travail.

        Le mot captation me semble inapproprié, et même franchement trompeur, car quand il y a respect d’un contrat établi dans des termes légaux il n’y a pas de supercherie ou dol par ruse, comme on l’entend dans l’expression « captation d’héritage » par exemple.

        Admettez avec moi que c’est par des détournements du sens des mots de ce genre, que l’on finit par faire croire à une certaine population facilement influençable qu’il n’y a que le travailleur qui crée des richesses, le capital et les capitalistes n’y étant pour rien.

        C’est un excellent moyen d’amener à faire haïr les détenteurs de capitaux, lesquels jouent pourtant un rôle essentiel et bénéfique dans l’économie d’un pays. Cela s’oppose en outre, à l’existence d’une vie harmonieuse entre les divers acteurs au sein d’une communauté. Ceux qui s’emploient à monter les différents acteurs économiques d’une communauté les uns contre les autres, portent à mon avis une très lourde responsabilité, surtout que cela peut conduire à des affrontements violents voire-même à des morts.

        N’êtes-vous pas d’accord avec moi ? Sinon, quels sont vos arguments ?

      • vigneron

        Qui sur ce blog est le véritable héros qui aura achevé le capitalisme, signé son testament et son épitaphe en une saillie assassine, une formule vitriolée, une charge ultime, glaçante, indépassable ?

        L’humanité, confrontée à une raréfaction d’énergie aura perdu des milliards d’individus avant que le capitalisme ne disparaisse.

        Jducac, Blog Jorion, 2 mars 2012 à 12:11

      • Pierre-Yves D.

        jducac

        Le mot captation me semble inapproprié, et même franchement trompeur, car quand il y a respect d’un contrat établi dans des termes légaux il n’y a pas de supercherie ou dol par ruse, comme on l’entend dans l’expression « captation d’héritage » par exemple.

        Vous jouez sur les mots feignant d’ignorer que votre interlocuteur parle de captation en regard d’une analyse de structure et non pas pour évoquer un comportement individuel susceptible d’un jugement moral faisant l’objet d’une sanction en vertu d’une loi actuelle.
        Les lois ne sont pourtant pas immuables, demain de nouvelles lois pourront définir un nouveau domaine de la moralité et donc du justiciable qui n’existe pas encore. Votre conception de la légalité contrats en termes d’échange librement consenti ne prend pas en compte le rapport de forces. Or s’il y a bien une chose que cherche à faire la morale c’est de réduire les rapports de forces. Protéger les faibles des puissants. Pas seulement d’un point de vue inter-individuel, mais en tant qu’il existe des rapports de forces entre des groupes sociaux différenciés.

        C’est alors une tâche importante incombant à toute personne ou communauté politique éprise de moralité que s’efforcer de définir ce qui doit être inclus dans le domaine moral. La morale ne peut être séparée de la connaissance à moins bien entendu de considérer que la morale nous est révélée de toute éternité sans discussion. Connaître, élucider les structures sociales (l’économie en faisant partie) revient donc à faire oeuvre morale, puisque ce qui était auparavant considéré comme naturel entre désormais dans le champ de l’action des hommes.

      • jducac

        @ LEMOINE 2 mars 2012 à 13:00

        Je crois que récemment quelqu’un a écrit un livre « le capitalisme est-il moral » : peut-être cela pourra-t-il aussi vous intéresser.

        Merci de m’avoir aiguillé vers « le capitalisme est-il moral » Cela m’a fait connaitre André COMTE SPONVILLE à partir de ce document :
        http://www.forum-events.com/debats/synthese-andre-comte-sponville-29-18.html

      • niboh

        @Pierre-Yves D.

        Il n’y a pas nécessairement volonté de « jouer sur les mots », mais des références idéologiques différentes, dans lesquelles les mots comme « captation » ont un sens différent?

        Il y a 20 ou 30 ans, un auteur (dont je ne rappele pas le nom) estimait que la traduction française du Capital de Marx était ambigüe: il notait, par exemple, que le terme correspondant à « plus-value » aurait été mieux traduit par « survaleur » … ce qui aurait, peut-être, évité des débats sans fin et sans grand intérêt.

        Celà étant, quand les références idéologiques sont différentes, je ne sais pas si un débat est réellement possible. Voir, par exemple il y a quelques mois, le dialogue de sourds sur la création monétaire ex-nihilo par les banques sur ce blog.

      • Pierre-Yves D.

        noboh

        Vous avez raison. jducac ne joue pas sur les mots, il tient seulement mordicus à son référentiel.
        Si j’ai pris son propos pour de la mauvaise foi, c’est que il ne prend pas la peine d’examiner les arguments qu’on lui oppose préférant botter en touche en ramenant presque systématiquement le propos de son interlocuteur sur son propre terrain.
        On lui suggère de faire l’exercice de changer de référentiel par exemple en lisant quelques livres de sociologie ou philosophie ou carrément de prendre une année sabbatique pour se former, et il répond qu’il est allé lire tel ou tel résumé consacré à tel concept critique ou auteur critique. Le référentiel de jducac nous le connaissons tous par coeur c’est celui de l’idéologie, qu’il n’y a qu’à se baisser pour le ramasser.
        Ce que je veux dire c’est que dans la situation d’un jducac, le minimum si l’on prétend dialoguer sérieusement avec un interlocuteur présentant un autre référentiel c’est de consacrer un certain temps pour s’approprier des notions qui vous sont étrangères. On ne se familiarise pas avec un nouveau référentiel à coups de lectures express sur wikipédia et autres sites.

      • Il n’y a pas de dialogue possible avec jducac : ce que vous lui dites n’a aucun impact sur ce qu’il avance de son côté, votre objection ne sera jamais intégrée dans son argumentation. On bute ici sur un obstacle que les psychologues ont appelé « rigidité ». Autrement dit : « Il parle tout seul ». Ce sont nos réponses à ce qu’il dit qui font qu’il ne prêche pas dans le désert. C’est pour cela que je l’appelle selon les circonstances : « poil à gratter », « mouche du coche », plutôt qu’ « interlocuteur ».

      • jicé

        @ Pierre Yves D : +1

        Jducac n’est ni un homme honnête ni quelqu’un qui travaille au niveau que certaines questions exigent. La feinte incompréhension -ou la feinte compréhension- des propos clarissimes de Lemoine en sont une nouvelle preuve.

        Un jésuite disait un truc très profond, qui inclinerait presque à la conversion; c’était sur le plan éthique une critique du caractère dominateur de la raison (c’est ce qui a ses yeux et sur ce terrain précis faisait l’infériorité de la rationalité à l’égard du christianisme) : « lorsqu’on a mouché un imbécile, sans doute a-t-on fait triomphé la raison, mais on a fait un malheureux. »

        Alors on va éviter de répondre, on va s’en tenir à cette éthique formelle du respect dû à l’affichage de la bonne volonté chez les gens d’un certain âge. Mais ça démange beaucoup.

      • jducac

        @ Pierre-Yves D. 2 mars 2012 à 23:36
        Non, cher Pierre-Yves D., sincèrement je crois que vous manquez d’objectivité. Votre aisance à manier les mots et les concepts, l’immensité de votre vocabulaire, vous placent à la tête d’une grande richesse qui, comme chez beaucoup d’autres, vous pousse à la limite de l’acceptable et même à la dépasser, quand vous dites que je joue sur les mots.
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=34477#comment-297978

        De fait, vous refusez d’admettre le bien fondé d’une démonstration claire, simple, logique, amenant à une conclusion implacable et gênante quand, comme vous, on est pris d’une obsession à vouloir changer le monde et qu’on veut, à mon avis indument, condamner le capitalisme.

        Quand un travailleur perçoit de son employeur un salaire net, qu’il a payé ses impôts et couvert tous ses frais pour se maintenir en vie, il peut, s’il a été économe, se retrouver avec une marge. S’il fait cela chaque mois pendant un certain temps en résistant aux multiples tentations qui s’offrent à lui et pourraient facilement l’amener à dépenser plus, donc à épargner moins, cet argent mis de côté, finit par constituer un petit capital.
        Je pense que vous serez d’accord avec moi pour reconnaître qu’un capital ainsi constitué, n’a rien pour être honteux, bien au contraire. En effet, en plus du travail qu’il a nécessité pour le percevoir petit à petit, il a exigé un effort sur soi, une sorte de travail personnel permanent et prolongé pour le conserver en se contraignant à ne pas se laisser aller à la facilité et à l’agrément de le dépenser pour mieux jouir de la vie. C’est tellement jouissif d’utiliser un pouvoir….. d’achat.
        Imaginez qu’au bout de dix ans, j’aie réuni un capital suffisant pour créer une entreprise et un emploi auquel vous postulez. Le contrat qui nous lie alors, ne fait pas du tout intervenir la valeur de mon capital, ni de mon chiffre d’affaires, ni de mes risques. Vous vous limitez à me louez votre « capital de connaissances professionnelles » à un tarif qui vous semble acceptable compte tenu de ce que vous estimez normal de le louer sur le marché du travail. A la fin du mois, que je sois rentré dans mes frais ou pas (énergie, matières premières, assurances, taxes, impôts et autres frais) vous entendez recevoir le salaire convenu. Puisque vous êtes un homme correct, vous me remerciez de vous avoir, grâce à mon épargne courageusement accumulée pendant 10 ans, procuré un emploi qui vous permet de gagner votre vie. Moi en retour, je vous témoigne ma satisfaction pour la qualité de votre collaboration.
        Tout va pour le mieux, vous avez un emploi et moi je vois mes 10 ans d’efforts et de sacrifices enfin récompensés.
        Oui mais ça se gâte le jour où sur le net, je constate que M. LEMOINE prétend que mon « capital est une forme de captation du fruit de son travail ». Il me semble alors qu’il y en a un de nous deux qui triche avec la vérité.
        Comprenez vous pourquoi, plutôt que d’investir en France, ceux qui réunissent des capitaux petits où grands, préfèrent investir ailleurs, notamment là où l’archaïque discours marxiste anticapitaliste n’est plus outrageusement propagé ?

        Le fruit du travail d’un employé n’est-ce pas son salaire, auquel s’ajoute le supplément d’expérience acquise dans l’emploi ? Ajoutez-y la considération que tout employeur se doit de témoigner à un collaborateur loyal, ainsi que la considération de sa communauté sociale qui apprécie de voir ses membres se prendre en charge en gagnant leur vie, sans peser sur celle des autres, et vous avez fait le tour de la question.

        Démontrez donc que, dans le cas décrit, j’ai obtenu autre chose que ce que j’ai acheté aux termes d’un échange de prestation professionnelle contre le paiement d’une somme d’argent convenue d’un commun accord.

        Prétendre que « j’ai capté le fruit de son travail » est un pur mensonge. Dites-vous que vous avez capté un produit ou une prestation que vous avez achetée ? Dites vous que vous avez capté une coupe de cheveux chez votre coiffeur ? Dit-on qu’on a capté une voiture, chez le marchand d’automobiles ?

        Il y a derrière le mot capter l’idée d’une vile appropriation obtenue à l’insu du détenteur initial, comme dans l’expression « captation d’héritage » dont la signification est connue de la plupart des gens.

        En conséquence, employer ce mot indument, c’est vouloir salir, déconsidérer, nuire à celui auquel vous l’appliquez, à savoir le capitaliste entrepreneur, d’autant plus, comme dans l’exemple cité, qu’il ne peut être que respecté étant donné les bienfaits qu’il apporte et la manière, on ne peut plus vertueuse qu’il emploie, pour y parvenir.

        Pire que cela, ce stratagème vise à induire en erreur ceux des lecteurs, intellectuellement les plus fragiles chez lesquels il est le plus facile de capter de la sympathie et d’armer des haines en captant et instrumentalisant les plus bas instincts des hommes, celui du rejet et de la violence. Tout cela allant dans le sens favorable au bouleversement du monde dont vous rêvez.

        Non, cher Pierre Yves D., celui qui joue sur les mots ça n’est pas moi, c’est vous, probablement pour mieux faire valoir la supériorité de vos vues et l’infériorité des miennes auprès de ceux que vous voulez influencer.

        M M Lemoine et Léoned ont su ne pas tomber dans ce travers, qui guette les gens portés par la passion plus que par la raison. Mais cela peut arriver à tout le monde, y compris aux plus respectables des hommes, qui sont tous faillibles. Ils peuvent ne pas résister à la tentation du passage en force. D’où l’intérêt de confronter les idées et de les argumenter, afin qu’un travail collectif et diversifié, contribue à les fiabiliser.

        Ne voyez surtout pas dans la sévérité de ma réponse une quelconque marque de mépris ou de supériorité, mais au contraire, la marque de la considération portée à une personne que j’apprécie beaucoup pour ses apports très utiles aux débats, mais qui peut aussi se tromper comme tout le monde.

        Bien cordialement.

      • cher Pierre-Yves D. Votre aisance à manier les mots et les concepts, l’immensité de votre vocabulaire, vous placent à la tête d’une grande richesse

        V’la not’ Pierre-Yves D. transformé en capitalisme des mots
        Vaut mieux en rire qu’en pleurer

        Autrement dit : « Il parle tout seul ». Ce sont nos réponses à ce qu’il dit qui font qu’il ne prêche pas dans le désert.

        Efffectivement, j’ai beaucoup appris en dialoguant avec lui, non pas sur lui mais sur moi, mais bon il y a des limites.

      • Fod

        Non, cher Pierre-Yves D., sincèrement je crois que vous manquez d’objectivité.

        Venant de Monsieur « Famille, Travail, Patrie », voilà qui est fort réjouissant. Incapable de voir la poutre qui lui voile le regard, notre digne héritier de Pétain s’élève en parangon d’objectivité, de lucidité sans jamais – ô grand jamais – considérer que ses positions puissent être orientées par un conditionnement idéologique. Selon lui, les idéologues, ce sont les autres, les anticapitalistes, les marxistes, toux ceux qui à longueur d’articles, de travaux, de livres, nous présentent une réalité loin de son monde de bisounours. Lui, le pragmatique, le terrien est, sans l’ombre d’un doute, d’une objectivité absolue.

        Pour Mr FTP jducac, le capitaliste est vertueux par nature et les profits qu’ils tirent de ses placements justes. Quant au travailleur, le seul qui crée une véritable richesse, car sans lui, n’oublions pas que toute forme de capital est vouée à l’inexistence, se doit d’être loyal, de courber l’échine sans oublier de dire merci à ce cher capitaliste qui dans sa grande mansuétude a daigné lui offrir un emploi, lequel n’a bien entendu aucun compte à rendre.

        Notre Mr FTP est si naïf qu’il croit encore que les salaires sont « convenus d’un commun accord. » autour, je suppose, d’une bonne tasse de chocolat chaud et que l’existence des rapports de force émane d’esprits dérangés ou conditionnés par des enseignants dont la seule vocation serait de transmettre « ses doctrines dé-structurantes ». Si naïf qu’il en oublie l’existence de la pauvreté laborieuse et du chômage qui continuera à croître sous l’effet des gains de productivité. Si naïf qu’il croit, comme nos enfants au père Noël, que les riches sont de gentils bienfaiteurs de l’humanité. Si naïf qu’il pense que le capitalisme est le moteur de l’humanité. Si naïf qu’il croit dur comme fer que le seul bon sens peut suppléer à des milliers d’heures d’étude et de lecture. Si naïf qu’il ne croit que ce qu’il voit en oubliant que sa perception de la réalité est biaisée par les divers conditionnements qu’il a subis, qu’elle est limitée à son minime champ d’expérience et le jouet de ses désirs et de ses fantasmes. Si naïf qu’il croit sans une once de sens critique toutes les idées qui accréditent ses théories, telles que celle-ci : « une guerre économique est une compétition pacifique ». À un tel niveau de naïveté, il paraît plus judicieux de parler de total aveuglement, d’hallucinations, voire pire… Je l’entends déjà me reprocher la même chose, mais la conscience que j’ai de tous ces biais présente au moins l’avantage de m’obliger à prendre un peu de recul avec mes propres conceptions et à nuancer mes propos. Thérapeutique complètement ignorée par notre ami FTP jducac dont le moindre des défauts est assurément un manque total de nuance.

        Ce mélange de pétainisme et de morale judéo-chrétienne à la mode doloriste aboutit à une bouillie intellectuellement indigeste et indigente dont le seul leitmotiv est « soumettez-vous, obéissez aux lois du capital, travaillez beaucoup sans profiter de la vie, et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes. ». Un monde gouverné par l’ordre de la francisque gallique.

      • jducac

        @ michel.lambotte 4 mars 2012 à 14:29

        Effectivement, j’ai beaucoup appris en dialoguant avec lui, non pas sur lui, (jducac) mais sur moi, mais bon il y a des limites.

        On s’enrichi énormément en échangeant avec autrui, surtout quand on dit sincèrement ce qu’on pense et qu’on justifie, et argumente ses prises de position. C’est ce que je m’efforce de faire personnellement. Mais quand certains sont dans l’impossibilité de le faire, c’est très instructif aussi.

        Ce qui est remarquable, symptomatique, et désespérant, dans l’exemple rapporté ci-dessus, c’est le fait que les opposants au capitalisme, placés dans l’incapacité de le condamner sur la base du cas présenté, préfèrent s’en prendre à celui qui l’a exposé.

        C’est un schéma classique qu’on étudie probablement dans les cursus de grandes études. L’être faible, qui se sent dépassé au niveau de l’argumentation, en arrive facilement à la violence. Il n’est pas besoin de faire de longues études humaines et sociales pour dresser ce constat, le bon sens le fait découvrir très vite.

        D’ailleurs, il arrive aussi que de longues et brillantes études, deviennent chez certains sujets, de réels handicaps. J’en ai rencontré plusieurs dans ma vie et je ne dois pas être le seul.
        http://www.lemonde.fr/idees/chronique/2010/03/04/un-imbecile-qui-marche-ira-toujours-plus-loin-qu-un-philosophe-assis_1313996_3232.html

      • Leon13

        Je n’ai rien d’intelligent à dire sur la guerre mondiale qui arrive. C’est bien dommage et j’ai peur que nous soyons beaucoup dans ce cas, peut être tous.

      • jducac

        @ Fod 4 mars 2012 à 17:09
        Depuis quand est-ce honteux d’aimer sa famille, d’aimer son travail, d’aimer son pays ? Mais quelle est-donc cette nouvelle valeur humaine qui ne m’a pas été enseignée ?

        Essayez donc, cher Fod, de vous départir de la haine qui s’empare peut être de vous à votre insu. Préférez-lui l’amour et le respect de l’autre en dépit de ses différences. Ils sont bien plus porteurs d’avenir.

        Vous verrez, tout le monde s’en portera bien mieux, vous le premier !

        Bien cordialement.

        @ Leon13 4 mars 2012 à 20:29
        C’est le devoir de chacun de travailler à éviter sa venue. En nous parlant, en confrontant nos perceptions, en faisant tout pour bien nous comprendre et surtout en comprenant comment marche le monde, pour une part, indépendamment de la volonté des hommes.

      • @ Jducac

        Depuis quand est-ce honteux d’aimer sa famille, d’aimer son travail, d’aimer son pays ?

        Travail, famille, patrie ? Ça me rappelle vaguement quelque chose… ;)

      • Vincent Wallon

        Une illustration dans le diplo de ce mois:
        Aux sources morales de l’austérité
        En effet, un grand nombre de similitudes plus qu’inquiétantes. La Rance a de beaux restes…

      • ce qu’on appelle la personnalité d’un homme, d’un individu, se bâtit sur un bric-à-brac de jugement de valeurs, de préjugés, de lieux communs qu’il traîne et qui, à mesure que son âge avance, deviennent de plus en plus rigide et qui sont de moins en moins remis en question.

        Henri Laborit dans le film «Mon oncle d’Amérique» d’Alain Resnais

      • Arnaud

        Jducac, je vois que vous reprennez une discussion à laquelle vous m’aviez renvoyé (avec Lemoine).

        Je vous ai fait une réponse hier

        Je la reproduis ici.

        @J Ducac, suite à votre réponse du 29 février 2012 à 20:43 à mon post.
        Merci de votre réponse, suite à ma demande de précisions sur votre assimilation des

        « vertus du capitalismes » avec celle de « l’effort » et du « travail ».

        Vous me renvoyez vers un débat que vous avez eu avec Lemoine ailleurs.
        Dans celui-ci vous présentez la situation d’un salarié, devenu entrepreneur suite à une accumulation patiente. Je vous cite.

        un travailleur perçoit de son employeur un salaire net, qu’il a payé ses impôts et couvert tous ses frais pour se maintenir en vie, il peut, s’il a été économe, se retrouver avec une marge. S’il fait cela chaque mois pendant un certain temps en résistant aux multiples tentations qui s’offrent à lui et pourraient facilement l’amener à dépenser plus, donc à épargner moins, cet argent mis de côté finit par constituer un petit capital.
        …un capital ainsi constitué, n’a rien pour être honteux, bien au contraire. En effet, en plus du travail qu’il a nécessité pour le percevoir petit à petit, il a exigé un effort sur soi, une sorte de travail personnel permanent et prolongé pour le conserver en se contraignant à ne pas se laisser aller à la facilité et à l’agrément de le dépenser pour mieux jouir de la vie. C’est tellement jouissif d’utiliser un pouvoir….. d’achat.

        Imaginez qu’au bout de dix ans, j’aie réuni un capital suffisant pour créer une entreprise …

        .

        Du coup je comprend votre assimilation des vertus du travail et du capitalisme. Elle repose sur un cas particulier du salarié devenu entrepreneur-capitaliste: la sainte trinité ;-D.
        Mais c’est là ou votre raisonnement est faux.
        Si l’exemple d’accumulation que vous citez est exemplaire dans la phase d’ascension sociale, puisque l’accumulation est réinvestie dans la production de valeur (l’entrepreneur),
        pour que cet exemple soit vraiment vertueux et bénéfique pour la société à long terme il convient que le salarié devenu entrepreneur-capitaliste, permettre à ce schéma de se reproduire.
        Il faut donc que son entreprise marche c’est à dire qu’elle écoule sa production, donc que les salariés soient capables de consommer en ayant un revenu suffisant sans faire appel au crédit sinon fragilisation de l’ensemble, et egalement dans une mesure qui permette la perpétuation de l’espece « trinité salariés-entrepreneurs-capitalistes », mais aussi des autres entiotés individuelles (salariés, entrepreneurs, capitalistes). PAssons sur le fait que vous ne voulez pas considérer le capitalisme financier qui n’a rien à voir avec celui de votre exemple (mais peut etre l’avez vous critiqué par ailleurs).

        En tout cas tous les acteurs du système ne peuvent pas être salariés entrepreneurs capitalistes et celà invalide votre raisonnement.
        Par conséquent l’accumulation au delà d’un certain niveau si elle n’est pas freinée ou redirigiée par endroit aboutis à la mort du système (capitalisme financier).
        A mon avis c’est ce que pense Lemoine quant il parle de captation par le capitaliste.

        Par ailleurs, pour revenir sur votre exemple, il est bien moins aisé aujourd’hui que dans le passé à type de schéma de se reproduire.
        D’une part à cause d’un raréfaction du travail(par l’automation notamment et l’informatisation), sa précarisation. Et d’autre part à cause d’un partage de la valeur ajouté plus favorable au capital qu’au travail.
        Les ouvriers d’aujourd’hui ne sont plus ceux du fordisme. Ils ne sont plus aussi bien payés qu’autrefois. Ceci limite considérablement l’ascension sociale que vous mettez en exergue. Mais surtout celà met fondamentalement en danger l’économie, puisque l’écoulement (c’est à dire la consommation) des biens produits ne peut se faire au mieux qu’à crédit, mis à disposition par des capitaliste (moyennant une rente indue), qui ne sont pas les entrepreneurs-capitalistes comme dans votre cas particulier.

        Sans parler de l’aspect ethique. Le vocabulaire que vous utilisez me semble montrer que vous considerez que ceux en bas de l’echelle ne doivent cette position que par leur faiblesse. Ils se laisseraient « aller à la facilité ». C’est parce que vous calquez la vision d’un monde passé à la situation actuelle.
        Alors l’invocation abusive du « darwinisme social » vous permet d’évacuer toute mauvaise conscience ou comme solution cynique à ce que je vois comme la faiblesse de votre raisonnement

        Bien à vous.
        PS: j’espère que mon gloubi boulga vous paraitra intelligible. Je n’ai pas l’aisance de certaines plumes de ce blog et le temps me fait defaut.

        PS2:(dans mon entreprise il y a un facteur 150 entre le revenu direct du patron (hors activité dans le board d’autres boîtes) et le salaire d’un ouvrier. Ce monsieur est certes tres méritant d’avoir crée et mené cette boîte, même s’il n’est pas passé par une chiche vie d’economie de bouts de chandelles). et encore on est dans la « vraie économie ».

      • jducac

        @ Julien Alexandre 5 mars 2012 à 09:12
        Moi aussi, ça me rappelle quelque chose. Mais à la grande différence de vous, j’ai vécu cette époque là. Alors que pour vous et beaucoup d’autres, on vous l’a racontée avec tous les commentaires peut être très orientés qui allaient avec. Ces mêmes commentateurs vous disaient-ils, quand vous étiez à l’école, qu’un de nos présidents de Vème la république avait fait volontairement partie du gouvernement de Vichy ? Ça n’est pas certain, compte tenu de la couleur politique dominante dans leur milieu.

        En fait, ceux qui s’en prennent à la famille, au travail, et au pays, ne se trompent-ils pas de cibles, même si la cible visée est celui qui ne pense pas comme eux. On les a peut-être conditionnés à haïr ceux qui ne pensent pas comme ils devraient penser au nom d’un nouveau dogme, à mon avis auto destructeur, donc suicidaire.

        Peut-on encore aimer, quand on hait ceux qui aiment leur famille, leur travail, leur pays ?

        Ces personnes là, qui haïssent les autres du seul fait qu’elles ne pensent pas comme elles, peuvent-elles s’aimer elles-mêmes ? N’ont-elles pas un peu honte de s’être laissé amener dans une voie sans issue ? En réalité elles s’en veulent probablement à elles-mêmes de ne pas être capables de trouver des arguments de nature à démolir une démonstration qui les dérange.(Celle faite à Lemoine sur l’emplyé devenu petit capitaliste/employeur) Après coup elles doivent aussi s’en vouloir d’avoir fait déraper l’échange dans un caniveau nauséabond.

        D’où mon conseil visant à les rendre moins malheureuses en les invitant à se départir de tout esprit de haine.

        @ Arnaud 5 mars 2012 à 09:36
        Ne vous inquiétez pas. Je vous répondrai si possible avec soin. Mais vous voyez que ça barde pour mon matricule en ce moment. Alors je réponds au mieux, en fonction des degrés de criticité.
        Et il n’y a pas que le blog dans la vie.

      • @ jducac

        Moi aussi, ça me rappelle quelque chose. Mais à la grande différence de vous, j’ai vécu cette époque là. Alors que pour vous et beaucoup d’autres, on vous l’a racontée avec tous les commentaires peut être très orientés qui allaient avec.

        Oui, je sais bien Jacques, le problème de Pétain et de Vichy, c’est essentiellement les « commentaires très orientés » qu’on en fait, pas la réalité du régime.

        Pour ma part, le « Tracas, famine, patrouille » de Léon-Paul Fargue me semble – sans avoir connue l’époque il va sans dire – plus juste pour décrire les valeurs du régime pétainiste.

        Ces mêmes commentateurs vous disaient-ils, quand vous étiez à l’école, qu’un de nos présidents de Vème la république avait fait volontairement partie du gouvernement de Vichy ? Ça n’est pas certain, compte tenu de la couleur politique dominante dans leur milieu.

        Bravo ! Apologie de Pétain, enchainée par une attaque contre Mitterrand ET contre les fonctionnaires de l’éducation. Et tout ça en un seul coup ! Vous êtes décidément en pleine forme !!!

      • Fod

        @ Jducac

        Une fois de plus, vous édulcorez mon commentaire de tous les arguments qui vous dérangent, évitant ainsi de répondre à vos propres approximations, exagérations, contradictions et incohérences.

        De façon un peu brutale et directe – je le reconnais -, je tente simplement de sonder les arcanes de votre psyché pour mieux comprendre, « décrypter » vos motivations sous-jacentes. Et force est de constater que tout nous ramène aux heures les plus sombres de l’histoire française et que vos messages évoquent les thèmes récurrents de la droite la plus extrême d’où le rapprochement avec Pétain et son « Travail, famille, patrie ». Tout cela ne serait pas très grave si vous étiez un cas isolé, mais je constate malheureusement autour de moi que cette idéologie nauséabonde est de plus en plus partagée.

        Non, il n’est pas honteux d’aimer sa famille, son travail et sa patrie quand l’environnement socio-politique respecte la liberté démocratique et l’altérité sans aucune distinction de quelque nature qu’elle soit, maintient la solidarité, œuvre au respect de règles équitables, veille au maintien de l’esprit collectif et républicain… Cela devient honteux quand ce message aboutit à la conclusion : « soumettez-vous, obéissez aux lois du capital, travaillez beaucoup sans profiter de la vie, et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes. »

        Tous vos commentaires vont dans ce sens et prônent, non pas une quelconque forme de remise en question, mais une soumission totale et absolue aux lois qui gouvernent le système oligarchique et néolibéral.

        vous départir de la haine

        Tiens donc ! Vous mettre face à vos propos et à vos incohérences, c’est de la haine ? Une fois de plus, vous ne faites pas dans la nuance. Si j’étais haineux à votre égard, cela sous-entendrait une colère intense doublée d’un désir malveillant. Or, rien de tout cela. Vos commentaires m’irritent, m’agacent et j’y réponds tout au plus avec une ironie un peu brutale. Loin de moi l’idée de vous faire taire ; bien au contraire, vos discours illustrent à la perfection tout ce que les commentateurs de ce blog, dans leur grande majorité, combattent. Et en vérité, vous nous offrez l’occasion de travailler nos propres argumentations pour lutter contre tous vos a priori, vos poncifs, vos idées reçues partagés par d’autres jducac. Comme le dit si bien PJ, vous êtes le « poil à gratter », « la mouche du coche » de ce blog et vous nous servez d’exercice argumentatif. C’est votre contribution à ce site.

      • jducac

        @ Arnaud 5 mars 2012 à 09:36

        Du coup je comprend votre assimilation des vertus du travail et du capitalisme.

        Le capital et le travail sont, pour moi, deux entités complémentaires aussi indispensables l’une que l’autre. L’un comme l’autre sont à l’origine du développement de l’humanité. J’ai montré l’importance du capital pour l’homme. Il me semble que le processus de capitalisation, à la base du capitalisme a pu apparaître dès la fin du néolithique. Un capital étant une réserve, une épargne, une ressource, permettant d’investir dans de nouveaux moyens de production plus adaptés et plus performants et aussi de survivre en cas de besoin.
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=19059#comment-129478

        Vous dites : « Mais c’est là ou votre raisonnement est faux » en parlant de l’exemple d’un employé devenant capitaliste/entrepreneur. Vous oubliez qu’il y a d’innombrables cas de personnes qui partant de pas grand-chose et qui en étant ouvriers au départ sont devenus chefs d’entreprise.

        J’en connais et vous en connaissez certainement aussi.

        Il faut donc que son entreprise marche c’est à dire qu’elle écoule sa production, donc que les salariés soient capables de consommer en ayant un revenu suffisant sans faire appel au crédit sinon fragilisation de l’ensemble, et également dans une mesure qui permette la perpétuation de l’espèce

        C’est toujours l’argument que l’on me sort. Mais qui ne tient pas, car les hommes sont ainsi faits que, rapidement, il s’opère une subdivision dans la population. Les uns sont plus travailleurs et plus compétitifs que les autres.

        Les uns se préoccupent du futur. Ils se donnent les moyens de se l’approprier le moment venu, par eux-mêmes ou par l’intermédiaire de leurs descendants. Ce sont ceux qui ont un esprit capitaliste. Mes parents, pourtant très pauvres, appartenaient à cette catégorie, comme de nombreuses générations d’avant la dernière guerre dont beaucoup étaient issues du monde paysan en général très travailleur. Ils épargnaient et capitalisaient malgré de faibles revenus. Le même esprit capitaliste, même lorsqu’il a plus de revenus vise toujours à produire plus que ce qu’il consomme.

        Les autres, ceux de l’autre catégorie, plutôt anticapitalistes, ne se soucient de rien, si ce n’est de consommer au maximum de leur possibilité de pouvoir d’achat, lequel n’est pas forcément supérieur à celui des précédentes. De toute manière, ils sont prêts à s’endetter. Dans ce cas, ce sont les économies des uns qui servent aux autres à surconsommer et à se sur-endetter permettant, au passage, à ceux qui vivent par des prélèvements sur les flux financiers, de vivre du fait de la gloutonnerie de ceux qui ne se gênent pas de consommer plus que ce qu’ils gagnent, quitte à laisser les dettes à leurs descendants.

        Cela se passe au niveau des individus, mais au niveau des générations, cela se vérifie aussi. Entre pays, cela se constate également, il ya des pays qui produisent plus que ce qu’ils consomment et d’autres où c’est l’inverse. Par exemple la Chine et l’Allemagne qui s’enrichissent ( +4% et +5,45% du PIB en 2010) alors que par exemple les USA et la France s’appauvrissent(-3,5% et-2,3% du PIB en 2010). Mais au niveau des grands cycles de l’humanité cela se constate aussi. Ainsi l’humanité entière jusqu’au début du 19ème siècle ne consommait pas plus que ce qu’elle produisait de fait d’une captation de son énergie sur les flux. Alors que depuis 2 siècles l’humanité industrielle a consommé la plus grande partie de son capital en ressources naturelles stockées (énergies fossiles & métaux)
        Ceci pose un problème très critique de reconversion énergétique à très court terme.
        http://www.countercurrents.org/chefurka201109.htm

        Le vocabulaire que vous utilisez me semble montrer que vous considérez que ceux en bas de l’échelle ne doivent cette position que par leur faiblesse. Ils se laisseraient « aller à la facilité ». C’est parce que vous calquez la vision d’un monde passé à la situation actuelle.

        Ce que je cite comme différence de comportement, ne se mesure pas qu’entre les esprits capitalistes et les autres, se vérifie aussi au niveau du travail scolaire où déjà certains sujets sont plus enclins à travailler que les autres. Cela conduit à ce que certains capitalisent plus de connaissances, plus de richesse, que d’autres. Ça se vérifiait dans les années 50 et ma femme enseignante, l’a vérifié jusqu’à la fin des années 80, les filles étant nettement plus travailleuses que les garçons.

        Quand je compare le temps travaillé entre les années 70 et maintenant, surtout chez les cadres, c’est incomparable. D’une manière générale « on s’est laissé aller à la facilité » ces derniers temps. A mon avis il est tout à fait logique que la France se soit fait larguer. Les 35h et la retraite à 60 ans, ne pouvaient pas aller dans le sens d’un accroissement de la compétitivité du pays.

        J’espère avoir répondu à l’essentiel de vos déclarations.

    • Pierre-Yves D.

      jducac

      Vous insistez alors que je pensais avoir fait mon petit méa culpa plus haut en précisant à niboh que non vous ne jouez pas sur les mots. Passons.

      Je reviens tout de même sur le fond de la discussion pour préciser ma pensée :
      D’abord et je vais peut-être vous surprendre, du moins dans un premier temps. Les termes de captation ou spoliation ne me semblent pas tout à fait appropriés, j’ai d’ailleurs précisé la chose depuis dans un autre commentaire adressé à Lemoine. Ces termes de captation ou de spoliation ne sont pas idéaux dans le sens où pour qu’il y ait spoliation il faudrait savoir au préalable quelle est le niveau de ladite spoliation alors qu’en réalité elle n’est pas quantifiable au sens où il en existerait la mesure exacte. Il ne peut y avoir de mesure exacte parce que le salaire résulte d’un rapport de force, lequel, comme l’a montré Paul Jorion n’oscille pas autour d’une valeur qui serait la juste valeur. (voir les explications détaillées dans Le prix.) Autrement dit, la rémunération du facteur de production travail a beau se présenter sous la forme d’un contrat en bonne et due forme il n’empêche que employé et l’employeur ne sont pas placés sur un pied d’égalité pour négocier le salaire. Le sentiment du travail bien fait et la reconnaissance de l’employeur à l’égard de son employé ne changent rien à l’affaire. De même que l’entrepreneur est constamment dans un rapport de force vis à vis d’autres employeurs et/ou investisseurs.

      Rigoureusement parlant il n’y donc pas captation d’une quantité évaluable a priori qui reviendrait de droit au salarié, tout au moins tant qu’on ne descend pas en deça du niveau auquel la rémunération permet au salarié de reproduire sa force de travail), mais il a bien partage inégal du profit entre salariés et entrepreneur (on peut aussi ajouter les investisseurs). Et ce partage inégal est inhérent au mode de production capitaliste lequel fonctionne sur l’accaparement des ressources et des marchés via le système légal de la propriété.
      Dès que la question de nécessité d’un partage juste des ressources globales à disposition des humains, des moyens de production et des marchandises devient un principe de la vie économique, on passe alors à un autre système.

      Supposons maintenant que le partage soit égal, peut-on dire pour autant que la rémunération exprime quantitativement le fruit du travail fourni ? Non, pas plus, parce que le salaire distribué permettra seulement d’acquérir des marchandises dont il n’existe aucun critère absolu permettant d’évaluer l’équivalence avec d’autres. La conclusion c’est que la valeur ne se trouve pas dans la marchandise ou le travail, et a fortiori dans la rémunération, mais dans les fins et les moyens que s’assigne politiquement une société à un moment de son histoire pour créer et mettre à disposition des humains des richesses marchandes et non marchandes, dans le meilleur des cas démocratiquement.
      Ainsi se décide ce qu’il doit en être pour chaque individu du partage des fruits du travail et de la nature. La rémunération exprime la façon dont a été réalisé le partage, elle exprime donc simplement une relation sociale.
      Il va sans dire que dans le système capitaliste la démocratie s’arrête aux portes des entreprises, les moyens et fins de la production, la mise à disposition des ressources naturelles de la terre et du travail des hommes tendant à se voir déterminées par la seule logique du capital, qui dépossède les hommes de leur humanité et les soumet plus que de raison aux choses.

      • jducac

        @ Pierre-Yves D. 4 mars 2012 à 22:59
        Pardonnez-moi pour votre méa culpa que j’avais laissé passer. Nous n’avons pas du tout la même façon de raisonner concernant le fameux mot « captation ». Vous, vous vous engagez dans la voie de la quantification pour tenter de cerner l’origine de la différence d’appréciation sur le sens à donner au terme et vous arrivez au fait qu’il est impossible de quantifier.

        Mon approche est plus globale, non pas en m’appuyant sur le fait du dicton « qui vole un œuf, vole un bœuf », ni même sur des questions de rapports de forces qui existent inévitablement entre employeur et employé, mais qui, de fait, sont placés sous la loi du marché du moment en un endroit donné. Pour moi, l’usage par Lemoine, du mot captation, a sonné comme une anomalie, car je l’ai associé à l’expression « captation d’héritage » pas très reluisante pour celui qui la pratique.

        J’ai trouvé que c’était injuste d’habiller l’employeur, dans un habit similaire à ceux qui se livrent à des captations d’héritage. J’ai trouvé là une expression tout à fait en accord avec l’esprit anticapitaliste et c’est pour cela que j’ai bâti cette histoire d’employé devenant capitaliste, puis employeur.

        Je voulais m’en prendre à l’intention malveillante qui vise à déconsidérer quasi systématiquement l’employeur chez nos compatriotes français et qui en final finit par se retourner contre les chercheurs d’emploi. Ils se mettent d’eux-mêmes sur la voie de l’élimination en commençant par se couper des employeurs, ce qui les conduit à être maintenus au chômage. Je sais, pour avoir recruté de nombreux employés dans le cadre de mon activité professionnelle, que c’est avant tout la loi du marché qui s’impose. Il n’y a pas plus d’intention de captation chez l’employeur que chez l’employé. Par contre, et c’est souvent propagé par des personnes qui vivent dans des milieux protégés, c’est toujours à l’employeur, et au capitaliste qu’on prête de mauvaises intentions. Pas étonnant qu’ils finissent par aller voir ailleurs. Il n’y a pas besoin d’être fin psychologue ni fin économiste pour le comprendre.

        Et ce partage inégal est inhérent au mode de production capitaliste, lequel fonctionne sur l’accaparement des ressources et des marchés via le système légal de la propriété.

        Cela fait bientôt trois ans que nous échangeons, sur le blog de Paul Jorion, et sur le plan des inégalités comme sur beaucoup d’autres, nous ne progressons guère. Ce qui nous oppose le plus c’est le fait que vous voulez changer le monde sur la base de conceptions qui vous ont été enseignées ou suggérées fortement par des gens, qui de fait, se trouvent dans des milieux protégés, lesquels les ont rendus inconscients des réalités en marche. Ils sont hors du coup, ils se figurent des choses, ils se font une représentation du monde qui, selon moi, est fausse, même s’ils sont de grands professeurs. Ce sont des Marx en puissance. Quand on voit où cela a conduit, à des lutte fratricides, à des millions de morts, pour qu’en final, le capital, comme c’est logique, règne toujours en maître.

        N’espérez pas m’envoyer à l’université, j’ai toujours été avare de mon temps, car le temps c’est de l’argent…… Les hasards de la vie m’ont amenés à vivre heureux sans cela. Grâce à beaucoup d’efforts et de bonne volonté, mais aussi à une forte dose de rigueur (voire de rigidité, il faut bien avoir des défauts pour être homme) je pense avoir été utile aux communautés au sein desquelles j’ai vécu, y compris ici sur le blog de Paul Jorion. J’y apparais comme un empêcheur de rêver en rond. C’est ça « un poil à gratter » ou « une mouche du coche » ou « un révélateur de trou dans une cuirasse, de faille dans un raisonnement, ou dans une belle construction intellectuelle ». J’ai été payé à faire cela durant plus de 25 ans de ma vie.

        Ainsi se décide ce qu’il doit en être pour chaque individu du partage des fruits du travail et de la nature. La rémunération exprime la façon dont a été réalisé le partage, elle exprime donc simplement une relation sociale.

        Certainement, mais là encore, c’est le marché qui décide en fonction de l’offre et de la demande. Dans tous les cas, c’est le plus performant en termes de valeur produite rapportée au coût de possession, qui l’emporte. Et c’est normal que le capital l’emporte sur le travail car le capital est une ressource (je suis bien d’accord avec P.J. sur ce plan). Une ressource existe déjà, elle a déjà été constituée, souvenez vous de l’employé qui se constitue un capital, s’il vient à perdre son emploi,il dispose d’une ressource, d’une réserve, d’un petit capital pour se retourner, il n’a pas tout de suite le couteau sous la gorge. Souvenez vous aussi du Robinson dans la robinsonnade. Le travail sans capital, c’est un système digestif qui est vite affamé, car il est sans réserve, sans ressource.

        Parmi tous les individus au sein du vaste marché de la planète se sont les plus performants, c’est-à-dire ce qui détiennent un grand capital qui sont les mieux placé pour affronter l’avenir. On peut s’en rendre compte au niveau du capital financier détenu par un pays, mais je me permets de vous encourager à sortir de ce cadre et ne pas hésiter à travailler ou réfléchir par analogie ou similitude.

        Ainsi, un pays qui dispose d’importants stocks dans son sol de ressources énergétiques et minérales est mieux placé pour survivre que celui qui ne dispose de rien. Idem, un pays qui dispose sur son sol d’un « capital humain » constitué d’un grand nombre de producteurs qui consomment peu encadrés par une structure techniquement et scientifiquement avancée, l’ensemble travaillant beaucoup et bien, tout en consommant peu, a probablement plus de chance de s’imposer face à un autre pays qui en moyenne consomme beaucoup plus.

        On peut ne pas être d’accord avec ma façon de voir, mais jusqu’à maintenant l’observation des faits qui se déroulent sous nos yeux dans le monde, semble de mon point de vue me donner raison.
        De grâce, votre âge et votre culture vous donnent beaucoup plus de possibilité et de souplesse d’adaptation (l’inverse de la rigidité) que ne puis en avoir. Alors SVP essayez de faire un effort pour vous adapter à ma démarche de pensée, l’important est de bien se comprendre avant de conclure à un accord ou à un désaccord, ce qui d’une certaine manière est secondaire.

        Bien cordialement.

  7. BA

    Vendredi 2 mars 2012 :

    L’IIF chiffre une faillite de la Grèce à plus de 1.000 milliards d’euros.

    L’organisation bancaire internationale IIF a chiffré à plus de 1.000 milliards d’euros le coût pour l’économie internationale d’un défaut incontrôlé de la Grèce, dans un rapport remis en février aux dirigeants européens, indique vendredi l’hebdomadaire grec Athens News.

    http://www.romandie.com/news/n/_L_IIF_chiffre_une_faillite_de_la_Gr_lus_de_1000_milliards_d_euros__RP_020320121046-27.asp

  8. L'expat

    Mr Jorion, j’ai l’impression que les problemes de l’economie vont maintenant passer au second plan.
    La surpopulation, les croyances, Le petrole, l’Iran vont venir sur le devant.
    Le candidat Sarkosy Perd ses chances de n’avoir compris qu’il devait etre chef de guerre, et non chef de l’economie.
    Le candidat Obama semble mieux avisé en offrant l’aide des bases americaines pour le raid sur l’Iran.
    L’economie certes, mais un genocide a la syrienne, est ce du meme niveau que la crise a la Grecque !!?

    • Léoned

      Là tu fais une erreur de perspective :

      les bruits de bottes actuels c’est comme les QE, des tentatives désespérées de sauver le « Titanic ».

      C’est d’ailleurs bien ça qui me fout la trouille !

      • Samuel

        Et dire que même si on passe la crise financière, qu’on affronte le réchauffement climatique et qu’on s’adapte à la crise pétrolière, on ne sera qu’à la moitié du problème.
        Parce que nos smartphones (j’en ai pas), même simplifiés (en ressource), auront toujours besoin d’une bobine de cuivre (le transfo, le truc qui maigrit pas au bout du portable, ainsi que nos disjoncteurs), comme nos génératrice électrique (centrale à gaz, au charbon, nucléaire, éolien, même les onduleurs des panneaux photovoltaïque), comme nos moteurs (pompes à eau, à vide, voiture électrique, train électrique, démarreur de voiture thermique).
        Et du cuivre si on continu ainsi dans 30 ans, y en a plus.
        (alors des petits malins du progrès absolus, rétorqueront qu’on trouvera un remplaçant, comme le silicium, avec une rendement pitoyable par rapport au cuivre, au moins 40% de pertes en plus dans chacun étape de nos bobines de cuivre, de la centrale, aux transformateurs, aux disjoncteurs à la voiture électrique, faudra mettre des bougies en guise de phare pour rouler la nuit).

      • vigneron

        ??? «On estime que 80% environ du cuivre extrait depuis l’aube de l’humanité est encore utilisé de nos jours, après avoir été fondu et travaillé plusieurs fois.»
        http://www.kme.com/fr/cuivre_materiau_durable

      • Samuel

        Tout les métaux sont recyclables, mais faudrait des petites mains pour démonter les bobines pour éviter quelles fondent avec l’acier.
        http://terresacree.org/cuivre.htm
        (ça vaut ce que ça vaut)
        Tu as raison, on peut faire du recyclage fermé, pour l’instant il est souvent ouvert et on augmente notre consommation (volet roulant, etc..). Or il est bien plus essentiel que l’or.
        Donc si je te suis pour que ce ne soit un problème, plus de bouillie Bordelaise sur tes vignes :)

      • Samuel

        j’avais pas fait gaffe :) , oui j’ai écrit plus de cuivre dans 30 ans, je parlai de mines de cuivre.
        Évidement il en restera (mais pas pour que tout le monde est nos besoins).
        C’était pour dire qu’après les autres crises, il faudra faire avec un monde ou chaque perte de métaux sera un outil électrique de moins pour la génération d’après (en fait c’est déjà le cas, les mines ne sont qu’une réserve).

      • Samuel

        En fait cet exemple du cuivre n’était pas abouti dans ma réflexion. Je l’associerai bien avec mon neveu tombant de vélo, qui pleure un peu (de peur surtout) et remonte après nos encouragements masculins à ne pas lâcher, suivit d’un moment pour lui de grande solitude après quelques mètres et d’une larme. Il est bien plus dur que nous adulte (avec nos peurs).
        On ce sera bien amusé avec nos dogmes, mais ils devront être dur pour leurs survies (pas en tant qu’espèce, mais comme la seule porteuse d’une culture qui peut s’additionner à notre génome, ne pas laisser à nouveaux bruler les bibliothèques d’Alexandrie), ce sera plus froid, que nos confrontations religieuses, politiques, sociétales.
        Un consensus inévitable: « ne rien perdre », mais on aura une larme, pour nos insouciances passés.

    • Un point de vue surprenamment libertarien surtout !

      • Moi

        @Julien: Le gars est libertarien (c’est marqué en haut à droite du site) mais l’article me semble très factuel. Tu vas pas nous sortir un très pavlovien « attention, c’est libertarien » à chaque fois qu’un libertarien dit « bonjour » ou « au revoir », non? C’est un peu ridicule.

      • Piotr

        Historiquement les assurances sur les dettes souveraines ,ça était créé quand?

      • vigneron

        L’hyper turgoté Vincent Benard ? Surprenamment libertarien ? Ironie fine. Tu voulais dire suprêmement j’imagine.
        Le libertarien est définitivement l’un des quatre chevaliers de l’apocalypse. J’te laisse trouver l’identité des autres..

    • @ Moi

      Tu dis « Article très factuel » et je lis « Hypothèse retorse » dans son papier (et je ne m’étend pas sur Denninger et cette « hypothèse ») : les deux ne me semblent pas faire bon ménage.

      • Piotr

        Jamais mieux servi que par soi-même.
        Les couvertures de défaillance[1] ou dérivés sur événement de crédit[2] ou permutations de l’impayé, plus connus sous leur nom et abréviation anglais credit default swaps (CDS), sont des contrats de protection financière entre acheteurs et vendeurs, qui furent développés par Blythe Masters[3],[4] à partir de 1994 au sein de la banque JP Morgan.
        Citation Wikipedia

      • Moi

        Es-tu en train de dire que le qualificatif « retorse » (appliqué à l’hypothèse en question) contredit « factuel »? En quoi?

      • @ Moi

        Es-tu en train de dire que le qualificatif « retorse » (appliqué à l’hypothèse en question) contredit « factuel »? En quoi?

        C’est marrant, j’aurais pensé que tu aurais compris tout seul que l’opposition était entre « hypothèse » et « factuel »…

        Note personnelle : être plus didactique, même quand c’est évident.

      • Piotr

        1998 pour les dettes souveraines…
        Suite à la crise asiatique…

      • vigneron

        Piotr, vivivi, wiki, ok, on sait ça par coeur, and so what ?

      • Moi

        @Julien: l’article est factuel, mais toi pas du tout (puisque tu lui fais un procès d’intention infondé). Il y a certes une opposition logique entre hypothèse et factuel, mais l’article rapporte l’hypothèse, il ne l’émet pas et ne se prononce pas sur sa véracité (l’auteur dit: « Alors, en restant prudent, je prends son hypothèse comme une possibilité réelle. »). Dire qu’untel a énoncé une hypothèse, sans se prononcer dessus, c’est être factuel. Enoncer une hypothèse, c’est ne pas être factuel, là on est bien d’accord.

      • Tu as raison Moi, communions dans la plainte des pauvres libertariens. Et puis aller piocher le market ticker Denninger pour présenter ses hypothèses de fou furieux, c’est évidemment pour s’en distancier. Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier alu ?

      • Moi

        @Julien: tu juges donc que dire « que nombre de CDS ont été achetés en connaissance de cause par des détenteurs de dettes souveraines pour faire croire aux régulateurs qu’elles remplissaient leurs obligations légales de couverture de risque, mais ne le faisaient pas vraiment », c’est de la folie furieuse pro-libertarienne? Ben dis donc, moi qui ne trouve pas cela si absurde ni si sulfureux, je me demande si je ne suis pas en train de devenir un affreux spéculateur. Déjà que j’avais depuis quelque temps des mauvaises pensées libertariennes sur ces catins de big banques, alors qu’elles sont en fait nos samaritaines…
        J’ai honte. J’aurai dû t’écouter et directement fermer les yeux. On communie, on communie, et puis hop, on passe du côté obscur de la Force.

      • vigneron

        MôôA,

        Tu juges donc que dire « que nombre de CDS ont été achetés en connaissance de cause par des détenteurs de dettes souveraines pour faire croire aux régulateurs qu’elles remplissaient leurs obligations légales de couverture de risque mais ne le faisaient pas vraiment », c’est de la folie furieuse pro- ibertarienne?

        Non c’est simplement faire ce que toute institution financière – insolvable et soumise encore, elle, à quelques normes comptables et prudentielles sait ne plus pouvoir tirer de la dernière fonction encore fonctionnelle des couvertures de crédit avec la manipulation du marché sous-jacent : du maquillage de bilan à bon compte.
        Y’a plus que les ravis d’la crèche, les libertariens, les aides-comptables stagiaires de Mongolie inférieure en 1995 et monsieur MôôA pour s’en émouvoir ou s’en mettre en révolution intérieure…

    • Vincent Benard est furax, ça prouve que, comme je le disais, c’est une défaite des « marchés » et une excellente nouvelle.

      Et ne venez pas me dire que « les marchés ça n’existe pas », ça fait des années que j’explique ici ce que le raccourci « les marchés » veut dire.

      • Lien

        C’est une confirmation supplémentaire de la disparition de l’état de droit, ce qui est tout de même assez ambigü comme bonne nouvelle…

      • Moi

        Cela ne prouve rien, ceux qui composent l’ISDA c’est aussi, sinon plus, « les marchés ».
        C’est amusant de voir que des capitalistes subissent une défaite, mais de là à dire que c’est une défaite du capitalisme…

      • vigneron

        Exact, la preuve par le bruit que fait l’ennemi avec sa bouche. C’est clair aujourd’hui plus que jamais pour les libertariens : l’ennemi des marchés, des contrats, de leur « droit naturel », leur ennemi, s’est transformé en une coalition monstrueuse États / Big banques / Banquiers centraux / régulateurs (ISDA ici).
        Le problème étant les nombreux alliés de circonstance qu’ils sont en mesure de se faire dans l’opinion publique (syndrome de convergence occupy / tea-party aux Us, ou ici Benard / Moi)…

      • Moi

        @vigneron: Les big banques ennemies des marchés. Fallait oser. Bravo l’artiste.

      • vigneron

        Hé du moyen, tu m’présenteras des Big quoi que ce soit amoureux de la concurrence libre et non-faussée, patate ! Et va demander à tes alliés chevaliers de l’apocalypse ou au tea Party de ton nouvel ami Denninger c’qu’ils en pensent des bigs de W.S…

      • zébu

        @ Moi :
        Les big banks SONT ‘les marchés’ (en y intégrant les assureurs, of course mais la distinction est de moins en moins nette et les bancassureurs de plus en plus nombreux).
        Elles n’auraient, tout bien calculé, aucun intérêt à se tirer une balle dans le pied, en provoquant d’autres défauts immédiats ou à court terme, en acceptant d’activer les CDS, tout cela pour quelques acteurs qui sont leurs commanditaires (hedges funds) ou pour quelques bénéfices parce que certaines d’entre elles (Deutsche Bank) y auraient croqué aussi …
        On ne coupe la tête de la poule aux oeufs d’or pour un oeuf, quelque soit la taille de l’oeuf : car si l’oeuf est gros, c’est que la poule peut en pondre d’autres et même des plus gros encore.

        Collectivement, les markets makers ont donc décidé d’arrêter les frais.
        En bien et en mal.

      • vigneron

        Zeb, pas d’amalgames hâtifs… On peut être « market-makers », teneurs de marché, « primary dealers » par exemple dans le cas du marché des obligations d’États, se faire le porte-parole des marchés via un représentant des banques tel que Dallara, etc, sans être pour autant tout « Le Marché ». J’ai ouï dire qu’il y avait comme une différence entre « les investisseurs » et « les banques », que si les banques sont bien au centre du système, les gros fonds et gestionnaires de tous poils pesaient aussi d’un poids non négligeable dans les balances du ou des « marchés’… marché qui leur fait d’ailleurs payer le prix de leurs risques quand c’est à elles de se présenter devant lui pour se refinancer…
        Tu ne peux passer sous le tapis ce qui a été à la base de la financiarisation du capitalisme depuis trente ans, en parallèle avec les dérégulations : la désintermédiation et l’apparition d’acteurs-mastodontes autres que les banques (qu’elles soient de dépôt, d’affaires ou d’investissement, puis les trois à la fois, plus bancassurances) dans notre atmosphère et notre stratosphère…
        Tiens, au fait, en parlant de Dallara, il a parlé hier… serein l’oiseau… et il laisse gentiment la porte ouverte, jusqu’au 8 mars quoi, comme l’ISDA, notre ancien du FMI, du Trésor reaganien, de chez… JP Morgan Chase (juste avant Blythe… ;) ) et éternel directeur de l’IFF…

        Le système financier devrait pouvoir supporter le déclenchement des CDS, contrats contre le risque de faillite, sur la Grèce, a affirmé vendredi Charles Dallara, le représentant des créanciers privés du pays dont il juge la restructuration de la dette en bonne voie « Je pense qu’il y a eu un degré d’inquiétude exagéré », a déclaré sur Bloomberg TV M. Dallara, président de l’Institut de la finance internationale (IIF), interrogé sur le fait de savoir si le paiement des CDS pourrait être déstabilisateur.
        L’ISDA (International Swaps and Derivatives Association) a estimé jeudi que l’opération de restructuration de la dette grecque ne constituait pas à ce stade un événement de crédit et que ces contrats ne seront pas pour l’heure déclenchés sur la Grèce.
        L’association « pourrait bien décider à un moment de se prononcer à nouveau sur le sujet … la décision d’hier n’a pas été une surprise », a estimé M. Dallara.
        Au 24 février, 3,25 milliards de dollars de CDS étaient en cours sur la Grèce, en net, pour 4.292 contrats.

        http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/afp_00430481-grece-le-systeme-financier-peut-supporter-le-paiement-des-cds-dallara-297553.php

  9. Lisztfr

    1) Si j’ai le choix, aux échecs, entre perdre une tour et puis une autre mauvaise solution, je choisirai sans doute cette dernière. Autrement dit, imprimer de l’argent, pour éviter l’autre solution encore pire ; parfois on choisit pas défaut, – ou rejet. On sait ce qu’il faut éviter et non ce vers quoi l’on va.

    2) Vous la voyez, l’inflation aux USA ?

    • L’indice PCE utilisé par la FED, c’est hors alimentation et énergie (sic). Et hors tripatouillages officieux, of course.

      • vigneron

        Ok Julien, c’est le pouvoir d’achat réel des ménages ricains, l’évolution des salaires, de la conso ou du taux d’épargne qui diront la vérité. Sur l’immo y’a de la marge… En attendant on cherche toujours les signes d’une anticipation inflationniste. Sur le pétrole ou les produits agri, c’est clair que les $ 3 000 milliards de QE ou quasi-QE des BC depuis octobre pèsent lourd dans la hausse (même si ce secteur pèse pas lourd relativement au total des activités spéculatives des Big banques…), mais jusqu’où ?

      • Lisztfr

        Le plus important pour l’effet sur l’inflation, ce sont les 46 millions de personnes réduites au food-stamp, le chômage et la récession. Il ne peut pas y avoir d’inflation dans ces conditions, outre celle limitée si l’on considère l’énergie, résultant de pénurie ou de spéculation, mais la demande diminue aux USA. De toute façon l’inflation sur des dépenses contraintes est limitée par la capacité de payement des consommateurs.

        QE 1, QE 2 ? pas d’effets sur l’inflation car pas d’effets sur le marasme économique !

      • vigneron

        Lisztfr, faut p’têt bien se méfier des théories habituelles sur l’inflation quand même. Notre époque n’a rien d’habituel ou de « classique ». De la même façon que les économistes ou les banquiers centraux tenaient l’inflation des actifs pour quantité négligeable (hors le fameux « effet richesse » de mes deux…), il serait peut-être judicieux de se pencher sur l’inflation spéculative sur les commodities, sous-pondérées dans les indices, par exemple… Y’a p’têt pas que dans les pays en voie de développement que ça finit par peser très lourd… dans les régions ou pays en voie de sous-développement ou avec 30% de précaires aussi p’têt bien…

      • Il faudrait peut-être aussi se demander pourquoi les bulles immobilières gigantesques de la France et de la Belgique n’ont pas encore explosé.

      • Cédric

        @ Julien Alexandre

        Alors ça j’aimerai bien savoir aussi pourquoi les bulles immo françaises et belges n’ont pas encore explosé!!!!!

        Je ne l’explique pas.

      • vigneron

        Tu sais bien Julien, écoute les experts, les fondamentaux français sont ultra-sains : démographie galopante, pénurie structurelle, faible endettement des ménages, taux de propriétaires encore moyen, tout l’monde veut vivre en France (même le bon dieu), « Parriiis c’est uune blonnndeuu », « mon villaaage cher pays de mon enfannnce », patins couffins tétines et doudous… :)

      • Antoine

        Pour la bulle immo, j’suppose que c’est de l’ironie…

        Mais bon, si je peux être utile, je dirais que si ça n’a pas pété, c’est que tout l’effort de relance économique fait en 2009 a été de remettre une bouffée d’air dans la bulle, et que la grandeur des pays en terme de territoire et de population permet ce genre de frétillement… Toutes les familles ayant un peu de biens, « les classes moyennes sup » en sont allées à retirer leur billes sur le marché des actions et profiter du Seillier, ou encore se constituer juste un placement safe pour le louer, sans forcément acheter dans le neuf… Les primos accédants, y en a tjrs autant, et se sont faits aidés par leur parents et le prêt à taux 0… Ca et des taux historiquement bas…
        Ce genre de soubresaut me paraît difficilement réalisable lorsque la population est plus grande, car l’effort à fournir dans un secteur tel que l’immobilier serait vraiment ruineux d’entrée de jeu. D’ailleurs, la France va quand même payer le prix fort de cette politique de subvention selon moi. Et une fois de plus, je crie haut et fort que les professionnels de l’immobilier, notaire en tête de ligne, ont fait passer leur intérêt personnel (bon nombre de notaires, agents immobiliers et promoteurs sont riches comme Crésus) devant l’intérêt général que représente le logement.

      • Right on the money Antoine. Toute ressemblance avec des faits s’étant produits aux Etats-Unis…

      • Upwind

        La bulle immobilière française n’a pas explosé parce que les remboursements mensuels sont restés raisonnables.

        Historiquement, la courbe des prix s’inverse pour un taux de chômage d’environ 10%.
        Les autres paramètres ne sont pas pertinents pour expliquer le sens de l’évolution des prix (l’amplitude est plus complexe).

        Comme le dit Paul J. ici, l’emprunt a remplacé les revenus, et il est plus facile d’acheter (avec des revenus que l’on n’a pas) que de louer (avec les revenus de son travail).

        Tant que la distorsion issue de l’emprunt n’est pas supprimée, les prix ne pourront baisser qu’à l’occasion d’un chômage massif.

        L’immobilier a une constante de temps élevée. Un délai de 2 ans entre un phénomène et sa conséquence est normal.

        Si vous perdez votre job, et que vous ne payez plus, il peut se passer 2 ans avant que vous ne soyez obligé de vendre.

  10. Au sud de nulle part

    Il y a une autre explication à la bonne conscience de ceux qui ont mis en route la planche à billets de la BCE. Ces gens se disent sans doute qu’ils créent de la monnaie qui n’a pas pour l’instant son pendant en richesse mais que c’est un pari sur l’avenir. Ce serait en quelque sorte de la richesse créée par avance. La charge revenant désormais aux travailleurs de créer cette richesse.

    C’est pourquoi la part de richesse revenant aux travailleurs doit être toujours plus réduite afin de combler le plus rapidement la bulle ainsi créée. En découlent tout naturellement les politiques d’austérité déclenchées partout en Europe avec comme corollaire l’anéantissement du modèle social. Il s’agit donc d’exploiter toujours plus les travailleurs qui se doivent de produire toujours plus pour donner le plus rapidement un sens ou une valeur à la monnaie fictive créée par la BCE.

  11. gibus

    Bonjour,
    le « non-événement » sur la dette grecque, ne serait-ce pas l’illustration de la théorie de Hayek affirmant que la confrontation des cupidités particulières engendre l’harmonie générale ? ;-))
    Indication: je ne suis pas un thuriféraire de ce sinistre personnage, mais je vois là une certaine ironie de l’histoire !
    Bonne journée

    • vigneron

      Non Gibus, Hayek dirait comme Benard, exactement le contraire, dénoncerait haut et fort une entorse gravissime et quasi-mortelle à l’Ordre Naturel, une atteinte totalitaire à la Liberté des acteurs, une offense ultime au Droit de Propriété, un sacrilège damnatoire envers les Contrats, un motif de Révolte Sacrée contre les bureaucrates et les oligarques…

  12. Ardéchoix

    Bonjour ,
    Je sens que je vais dire une connerie , mais allons y . Si je prête 100000€ sur dix ans à 5% d’intérêt avec une assurance contre le risque d’impayé qui me coute 1000€/an (CDS) , et que je m’aperçois que mon assurance en cas de défaut ne marche pas . Est ce que je n’aurais pas plus intérêt à faire un prêt avec un pourcentage de taux plus élevé au vue que je ne suis pas assuré ? En gros est ce que cela ne risque pas de faire monter les taux d’intérêt pour tous les pays emprunteurs ?

    • Cédric

      c’est exactement ça .
      et c’est la raison pour laquelle la BCE a fait sont LTRO.
      les banques voulant des liquidités gratos sont obligées d’acheter du collatéral (des OAT), ce qui contient le taux.

  13. Eg.O.bsolète

    Comment espérer réformer quoique ce soit quand la grande majorité des gens est soit dans le Blame Game soit dans le je-m’en-foutisme ? Je ne vois pas, en tous cas pas tant que l’on reconnait pas collectivement que nous sommes tous partie du problème et de la solution. Oui mais voilà, la crise par sa nature a tendance à nous diviser et nous éloigner de cette approche constructive …

  14. François78

    Un point de vue divergent (sans doute naïf) sur la planche à billet.

    Il n’est pas besoin de création de richesse correspondant a la nouvelle quantité émise, c’est la valeur d’échange de la monnaie qui devrait s’ajuster.

    En dehors du cas d’une hyperinflation dévastatrice, l’ajustement de la valeur d’échange de la monnaie est normalement une inflation qui devrait pouvoir être contenue à la mesure des excès d’émissions

    Il en résulterait une très importante redistribution des richesses à l’intérieur des systèmes, à la mesure de ces excès, générant des grandes tensions entre gagnants, perdants, et laissés pour compte des réajustements.

    Mais je ne sais pas si une importante inflation peut être maîtrisée el si l’hyperinflation peut être évitée. S’il est une réponse, elle est politique, si les gouvernements gardent ou reprennent une crédibilité fondée (voir la Grèce).

    Au regard des enseignements que l’on peut tirer de l’histoire des crises, cette réponse implique des changements de modèles, moins idéologiques et sans doute plus justes et supportables, mais rien n’est écrit (malgré des efforts et travaux louables).

  15. fsald

    @ pauljorion,

    Curieux pour quelqu’un qui voudrait refaire marcher sur ses pieds, une réalité inventée par l’idéologie dominante qui elle marche sur la tête, vous puissiez vous réjouir d’une victoire des « Etats » sur les « spéculateurs » avec la décision de l’ISDA ( cette institution est ni plus ni moins que les plus gros spéculateurs de la planète) voir le board ici
    Ces messieurs qui en réalité ont vendu directement ou indirectement des milliards de CDS sur la dette grêcque ne souhaitent pas revivre le scénario bien connu de la faillite de Lehmann Brothers. En réalité se sont dans un premier temps les méga banques et assurances européennes, BNP DeutchbanK, HSBC? qui sont ainsi protégés d’abord en Pare feu et ensuite les banques américaines JP. Morgan, Goldman Sach, Morgan Stanley? pimco etc… afin d’éviter le risque systèmique.
    Vous savez bien que le « Marché » n’existe pas et qu’ il y a seulement une infinité de marché!
    Alors il serait bon de rappeler que sans ces méga Banques la spéculation n’existerait pas et que la décision de l ‘ISDA n’est pas une victoire des Etats sur la Spéculation, mais la démonstration de la puissance des grandes banques de ce monde

    • vigneron

      fsald, absence de raisonnement.

      • Nicks

        @Vigneron

        Absence d’argumentation.

      • Moi

        Le plus incroyable étant que vigneron dit la même chose avec d’autres mots sous un autre billet.
        Ceci est un arrangement entre capitalistes pour éviter l’effondrement du système.

        Pourquoi faudrait-il se réjouir? Toujours pas de réponse claire du tenancier.

      • @ Moi,

        nous voyons tous en fait exactement la même chose : les spéculateurs se mettent d’accord sur le fait d’y aller de leur poche, mais nous en tirons deux conclusions très différentes :

        1) bonne nouvelle parce que les spéculateurs y vont de leur poche

        2) mauvaise nouvelle parce que les spéculateurs se mettent d’accord

      • Renou

        La nouvelle est qu’ils se mettent d’accord pour y aller de leurs poches.
        Les autres sont-elles vides?

      • Moi

        @Paul Jorion: certains spéculateurs y vont de leur poche, les moins proches du pouvoir étatique. Voilà la réalité. On ne peut pas dire « les spéculateurs » au moment où les big banques n’y vont pas, elles, de leur poche. Ou alors il faut nous expliquer en quoi ces big banques sont si vertueuses (« ennemies des marchés », pour reprendre l’expression vinassière).

      • vigneron

        @Paul Jorion. Certains spéculateurs y vont de leur poche, les moins proches du pouvoir étatique. Voilà la réalité.

        On dirait du Madelin, du Bill Bonner ou du Denninger… Voila ce qui s’appelle défendre Socrate avec les armes de Trasimaque, Lord TrasiMÔAque…

        On ne peut pas dire « les spéculateurs » au moment où les big banques n’y vont pas, elles, de leur poche.

        Ah bon ? Qui c’est qui a encaissé les pertes sur la dette grecque, dés avant l’accord négocié ? Dexia, au hasard, ça te parle ?

    • KIMPORTE

      oui ,ok, mais cela confirme le processus dans lequel nous sommes tous

    • Piotr

      Paul n’a pas dit cela…
      Tout se passe comme si les états pouvaient se targuer de…
      En réalité, sommes dans les petits arrangements entre amis…

    • Nicks

      @fsald

      Je pense la même chose, c’est ce que je disais hier.

    • Votre conclusion affirme le contraire de ce que vous expliquez dans le reste de votre commentaire.

    • Antoine

      La bonne nouvelle me paraît que les oligarques de tout bord, ceux qui mangent ensemble, boivent ensemble et dorment ensemble (dixit Loysel et sa définntion du mariage) en sont résolus à prendre leur décision d’apothicaire au grand jour, du fait des déséquilibres qu’ils ont jusqu’alors créé dans l’ombre… Ainsi voit-on que tous les outils économiques, toutes les décisions prises sous ces « couverts  » sont maniables à volonté, du moment que c’est la leur…. Peu importe si l’initiative vient de la banque ou du politique, à ce niveau, ils sont quoi que l’on puisse dire cul et chemise.

    • @ Moi

      Ah bon, j’avais pas compris. Alors, spécialement pour vous :

      1) mauvaise nouvelle parce que les spéculateurs y vont de leur poche

      2) bonne nouvelle parce que les spéculateurs se mettent d’accord

  16. Macarel

    Monsieur Jorion, je vous trouve bien pessimiste. Ce matin j’ai entendu un homme heureux sur
    France Inter: le baron Ernest Antoine Seillière. Pour lui le capitalisme est l’avenir indépassable de l’humanité, et les problèmes de répartition des richesses ne lui sautent pas au yeux. Vouloir taxer les riches ne rapportera rien, ou quasiment rien. Si le président actuel perd en mai, il le verrait bien prendre la présidence de l’UE. La morale ? Elle n’est pas forcément du côté des pauvres.
    Il concède juste un petit problème d’endettement généralisé, mais ce n’est pas particulièrement la faute des capitalistes. C’est notre faute à tous. Quant aux élections des mois de mai et juin, le résultat n’est pas vraiment important. Ce qui est vraiment important c’est que l’Europe du capital , du néo-libéralisme soit en place. Il s’est tout même payé le luxe d’évoquer le modèle social européen, basé sur la solidarité, que l’on ne pourra « sauver » que si l’on poursuit dans la voie des réformes libérales, cela va de soit.
    Vraiment un point de vu optimiste à entendre, en ces temps de morosité…

  17. Bruno

    Excellente lecture, que ce Gide & Rist! Une synthèse impressionnante de limpidité. J’ai le plaisir d’en posséder un exemplaire (deuxième édition, 1913), ayant appartenu à mon grand-père.

    C’est le genre d’ouvrages qui mériteraient d’être réédités.

    • Piotr

      Exclusif;Paul Jorion résolument du côté du « villain ».

    • Rahan

      Effectivement affligeant et révélateur de notre « démocratie » moderne.
      Je vois le même parallèle avec les lois HADOPI ou SOPA.
      On créé des lois contre les libertés individuelles des citoyens pour protéger les intérêts industriels pourtant déjà très bénéficiaires.

      En remarque: c’est la rédaction du Times qui a voté pour Zuckerberg, mais les lecteurs avaient voté pour Assange!

      Preuve aussi que les journalistes sont tout aussi fascinés par ce monde de l’argent et de la puissance industrielle que ne le sont les politiques.
      Dans le même thème voir aussi leur quasi idolatrie pour Steve Jobs, quand les ingénieurs qui ont réellement rendu possible la création de l’iPhone resteront de parfaits inconnus.

      Avez vous vu ce film « les nouveaux chiens de garde » ?
      Intéressant pour comprendre pourquoi journalistes et politiciens peuvent aller jusqu’à se marier. Pour voir aussi ou en est le pluralisme du journalisme: le mercato est très parlant!

      http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=194641.html

  18. Sam Suffit

    Je n’y connais pas grand chose, certes. Mais j’essaie de lire, de me documenter d’apprendre.
    Il me semble que raisonner en expliquant que « son plan » est le meilleur à partir du moment où la croissance revient…est une escroquerie immense. L’état de « nos » ressources et de « notre » climat ne permet à personne aujourd’hui de savoir comment faire profiter 7 milliards d’êtres humains d’une vie décente et heureuse sous ces conditions…Pour avoir de la croissance d’un côté, il faut qu’il y ait déficit d’un autre…Les seuls qui tirent leurs marrons du feu sont ceux (la finance et les multinationales) qui jouent sur tous les tableaux en même temps. Tant que nous n’acceptons pas de partager, de préserver et de protéger, à très court terme, « nous » sommes condamnés, tous.

    http://www.ted.com/talks/paul_gilding_the_earth_is_full.html

  19. dissy

    La ‘dernière’ de Sarkozy…à l’image du reste de son bilan économique:

    Sarkozy: nous tournons la page sur la crise financière.

    …Pour autant, «sur la crise financière, je crois que nous sommes en train de tourner la page», «ça prouve que l’Europe a pu prendre des décisions», a insisté M. Sarkozy…

    http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/dossiers/la-crise-europeenne/201203/02/01-4501643-sarkozy-nous-tournons-la-page-sur-la-crise-financiere.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=lapresseaffaires_LA5_nouvelles_98718_accueil_POS6

  20. morvandiaux

    échange monétaire : sur 100 : 1 représente le réel, tant que çà durera ce sera le bordel !!

  21. erreipg

    Il y a une chose qui est sacro-sainte parce que cela fait s’écrouler tout le système, c’est que les Banques centrales, elles ne peuvent créer de la monnaie que parce que de la richesse parallèle s’est déjà créée

    Et pourtant, les choses se sont toujours faites ainsi depuis l’époque de l’Empire romain ! Vous semblez ignorer dans votre raisonnement catastrophiste qu’on peut agir autrement que par tout ou rien et qu’une création monétaire limitée se traduira au pire par une légère baisse du taux de change euro/dollar !

  22. Germanicus

    Draghi sait très bien ce qu’il fait. Il est en train créer une bulle non seulement pour sauver l’euro, mais pour sauver le système – les deux étant liés. Les protagonistes racontent qu’il n’y a pas de danger tant cette énorme masse d’ « argent » ne sera pas injectée dans l’économie réelle – croit qui veut. Ce sont donc des actions nées de l’ impuissance face au problème des dettes. Les gouvernements ainsi que la BCE se sont renfermés dans un piège sans issue.
    Reste la question qui payera finalement la facture de tout ca.

  23. L'enfoiré

    Au sujet de la vidéo du jour (parce que comme dab, cela part très vite sur tous les horizons).
    Enfin, un livre qui semblerait m’intéresser.
    Un livre qui remontera aux sources, qui recherchera les liens, les interactions entre les connaissances des sciences humaines, entre anthropologie, sociologie et psychologie…
    Marre des experts même en économie…

  24. dissy

    Espagne : nouveau record de chômage.

    25 pct de chômage en général et 54 pct chez les jeunes.Quelle sera la solution des ultra libéraux lorsqu’on arrivera à 100 pct?

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/03/02/espagne-nouveau-record-de-chomage_1650976_3234.html#ens_id=1268560

  25. Une remarque…
    En fin de vidéo…quand vous parlez de solutions…Mr Paul…
    vous avez les yeux qui brillent et qui sourient…
    …Je suis certain que vous avez déjà…plus que l’amorce d’une simple solution…
    et que votre raisonnement est allé plus loin…

    C’est bien…c’est très bien car surtout par les temps qui courent
    …il faut mieux essayer de voir plus loin que le bout de son nez…
     » c’est un cap…un pic…un roc…Que dis-je une péninsule »…
    …Une péninsule…
    ça tombe bien car personne ne l’as vu car nos attentions fixés sur le navire au naufrage…
    …C’est parce que notre cerveau défaille et qui se fait illusionner…par les médias…

    Première partie : http://youtu.be/qSu_v92vYx4
    Seconde partie : http://youtu.be/zInGEKyRD48

    KriGlo…hors sujet comme d’habitude…

  26. Stéphane S.

    Je souhaite m’arrêter sur un point très juste que vous soulignez souvent : le travail, réduit, raboté par l’informatisation et la robotisation, n’est pas remplacé.

    Un autre facteur très important contribue fortement à la réduction du travail : la baisse de la masse salariale dont la fonction actuelle est de maintenir la compétitivité de l’entreprise et sa rentabilité, dans le cadre de l’économie mondialisée. Ainsi, les dirigeants d’entreprise et les actionnaires continuent de s’enrichir, tandis que les salariés se paupérisent.
    Cela concerne aussi bien des très gros comme Procter & Gamble que des PME.

    Plus précisément, le travail qui est ainsi réduit est distribué de la manière suivante :
    * celui qui est refilé à ceux qui restent, qui n’ont qu’à travailler plus intensément pour gagner plus ou moins la même chose, avec des perspectives de progression salariale proches de celles de l’inflation
    * celui que ceux qui restent ne peuvent pas assurer (ils ont des limites parfaitement humaines) ; on voit ainsi des directeurs de la qualité dans l’industrie qui sont de plus en plus mal à l’aise face à leurs clients parce qu’ils n’ont pas les ressources nécessaires pour répondre à leurs questions pertinentes sur des défauts récurrents de produits (pour ne citer qu’un exemple).

    Je rajoute, par expérience, que l’industrie occidentale est très loin d’être optimisée à cause de cette accélération du travail, qui fait que le travail de fond, qui pourrait rapporter beaucoup, n’est pas fait. Il est d’ailleurs triste de voir que de nombreuses entreprises industrielles française, belge (par exemple) se battent sur les prix contre leurs homologues asiatiques ou autres, au lieu de se battre sur le terrain de l’innovation de produit ou de procédé. Elles se tirent une balle dans le pied. C’est affligeant. Elles épousent frénétiquement l’attitude du lièvre au lieu de s’inspirer de la tortue.

    Poussons l’évolution de cette situation dans le temps, exagérons pour visualiser ce qui nous attend : les actionnaires et les dirigeants d’entreprise seront les seigneurs, les salariés les esclaves. Qui achètera les produits ? Pas de problème : les actionnaires et les dirigeants d’entreprise les achèteront. Pas bien cher. Et si on pousse un peu plus loin : il n’y aura plus besoin de les acheter. Il leur suffira de les prendre.

  27. morvandiaux

    Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Comme au lendemain de la première vague de prêts à long terme fin décembre, les banques se sont empressées de redéposer auprès de la banque centrale européenne, une grande partie des 530 milliards d’euros qui leur avaient été prêtés la veille. Les dépôts au jour le jour auprès de la BCE ont atteint la somme record de 776,9 milliards d’euros, jeudi.
    Depuis la création de l’euro, jamais la banque centrale n’avait vu affluer autant d’argent dans ses caisses. Le précédent record était de 475 milliards d’euros. Ces arrivées massives de dépôts tentent à prouver que les tensions sur le marché interbancaire n’ont pas disparu, en dépit des distributions généreuses de la BCE. Les banques préfèrent placer leur argent à la BCE, malgré une rémunération quasi-nulle (0, 25%) afin de garder leur liquidité en sécurité, plutôt que de s’aventurer à les prêter à d’autres établissements.

    Si ces comportements bancaires perdurent, cela pourrait signifier que Mario Draghi a perdu son pari. Depuis son arrivée à la tête de la banque centrale européenne, le nouveau président a tourné le dos à la politique monétaire orthodoxe de l’institut monétaire de Francfort et déversé 1.000 milliards d’euros dans le système bancaire européen. Cette arrivée massive de liquidités était censée calmer la crise de la dette, mais surtout inciter les banques à distribuer de nouveaux crédits afin de relancer la croissance économique de la zone euro.

    Pour l’instant, l’argent distribué par la BCE semble surtout préempté par les banques, qui cherchent à se désendetter et à assainir leur bilan.
    http://www.mediapart.fr/journal/economie/020312/depots-records-la-bce

  28. BA

    Vendredi 2 mars 2012 :

    L’Espagne revoit son déficit à la hausse, crise en vue avec l’Union Européenne.

    Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a averti vendredi que l’Espagne ne pourrait pas respecter ses engagements de réduction du déficit public, au risque de provoquer une crise avec ses partenaires européens à l’issue d’un sommet européen marqué par la signature d’un Pacte de discipline budgétaire.

    « L’objectif de déficit public sera pour cette année de 5,8 % du Produit intérieur brut », a-t-il annoncé au cours de sa conférence de presse, prenant tout le monde de cours. Or l’objectif imposé était de 4,4 % pour 2012.

    « C’est un très mauvais signal au moment où l’Europe s’engage à plus de discipline budgétaire », a confié à l’AFP le représentant d’un des 27 Etats de l’UE. « Il revient à la Commission européenne de réagir », a-t-il ajouté.

    Mariano Rajoy n’a informé personne de son intention de briser le Pacte de discipline budgétaire quelques heures seulement après l’avoir signé avec 24 de ses homologues.

    « Je n’ai pas informé les présidents et les chefs de gouvernement parce que je n’ai pas à le faire. Il s’agit d’une décision souveraine que nous Espagnols, nous prenons », a-t-il soutenu au cours de sa conférence de presse.

    http://www.boursorama.com/actualites/l-espagne-revoit-son-deficit-a-la-hausse-crise-en-vue-avec-l-ue-3cd6f31c81e0e3f2f1ff8133f2da76ee

  29. JEFF

    Quelle incroyable vidéo ! Merci M.Jorion. Bonne journée et bon travail.

  30. Cédric

    @ P Jorion

    Je ne suis pas (tout à fait) d’accord avec vous sur le fait que les QE annoncent la fin du capitalisme.
    Ce qui annonce la fin du capitalisme, c’est la déflation précédent ces QE. La déflation n’est pas compatible avec le prêt d’argent contre un taux de rémunération, puisqu’en déflation le taux devient négatif et que l’on perd de l’argent à prêter de l’argent.

    Le QE n’est qu’une conséquence de cette déflation : il faut pour les élites que le système perdure et pour cela il faut neutraliser la déflation.

    La déflation provenant de la concentration de richesse provoquée par les prêts rémunérés, c’est le serpent qui se mord la queue….tant que la répartition de richesse ne sera pas revue, on foncera vers la déflation et la concentration de richesse.

    Par contre, le jour ou la concentration de richesse sera attaquée, alors l’inflation galopera peut être vu les liquidités déversées.

    Merci pour votre travail et vos livres.

    • vigneron

      Cédric, si on remonte assez loin on peut annoncer la fin du capitalisme dés sa naissance – ou comme Marx avec 150 ans d’avance, mais le fait est qu’il parait plus judicieux d’annoncer sa mort prochaine au moment où l’on injecte les doses massives de morphines pour les « soins palliatifs » (les QE…) que dés une poussée de fièvre ou pire dés la péridurale qui précède sa venue au monde…
      La première injection morphinique par le Dr Bernie, Jorion l’a annoncée il y a trois ans; depuis elles se succèdent à dose et fréquence croissantes; l’ancéphalo est quasi plat, juste le palpitant, la pompe à phynance, qui s’accroche… tain ! tenace c’te carne.

  31. Lisztfr

    Je suis très inquiet…

    Quand j’entends que jean Hervé Lorenzi est conseillé de François Hollande, cela a été rapporté par Mermet sur Fr Inter.

    D’autre part mon lobby préféré, EDF.. Ah quel beau lobby, j’en suis tout coi ! Ils ont pensé à tout, en bon paranoïaques des Mines, des Pont et Chaussés, etc. Je les admire sincèrement.

    1) Le rachat de Photowatt est-il une bonne ou une mauvaise nouvelle ? Une mauvaise bien sûr.

    2) J’admire mon lobby, quel beau travail, silencieux, comparable seulement à celui de la pharmacopée ou du BTP, dont on ne sait rien. Les négociations sur les prix des médocs ? Le privé a déjà la main dans la poche du public à ce niveau là.

    Mais EDF, c’est grandiose.. Ils se sont d’abord débrouillé pour promouvoir le chauffage électrique, c’est de bonne guerre. Mais, pas n’importe lequel ! Les appareils en ventes dans les magasins de proximité, sont les pires c’est à dire à convection, chauffant l’air, qui remonte. Dans les gares, on utilise le chauffage par rayonnement ! C’est le plus efficace.

    Et cerise sur le gâteau, la technologie des lampes LED n’est pas promue. Elle végète. Or il existe maintenant des lampes équivalentes 50 Watt, qui consomment 2 fois moins que les lampes équivalentes en basse conso. Donc avons nous vraiment besoin du réacteur de Flamanville ? NON !

    Le bras tentaculaire des lobby se retrouve partout, ils façonnent le paysage technologique, et idéologique en choisissant les thèmes à éviter, formant le caractère et le déroulement de la campagne, essayant de façonner le public à leur volonté. Nous seront libre le dernier lobby sera nationalisé.

    • vigneron

      Nous serons libres le dernier lobby sera nationalisé.

      C’est vrai que l’EDF tout puissant et national des de Gaulle, Pompidou. Poher, VGE, Chirac, Barre, Mitterrand et consorts, c’était aut’ chose…

    • Christophe SELLIER

      Les lobbys : explication de texte sur le monde diplomatique de juin 2010 avec la plaque associée

    • Mianne

      Et cerise sur le gâteau, la technologie des lampes LED n’est pas promue. Elle végète. Or il existe maintenant des lampes équivalentes 50 Watt, qui consomment 2 fois moins que les lampes équivalentes en basse conso. Donc avons nous vraiment besoin du réacteur de Flamanville ? NON !

      En 1986, avec le prêt PAP, »subprime », on m’avait obligée de faire construire, donc du neuf à bon marché, chauffé au tout électrique par des radiateurs à convection, les moins efficaces au niveau humain et les plus gros consommateurs pour chauffer les mouches au plafond. Bonjour la facture EDF ! Le seul avantage, c’est que la maison bénéficiait de l’ »isolation obligatoire pour le tout électrique » , et c’est encore aujourd’hui un atout .

      Je ne sais pas pour les autres forumeurs, mais chez nous nous remplaçons progressivement nos ampoules à basse consommation ( conso divisée par 5) par des lampes LED (conso divisée par 10) . Ceci plus l’installation, il y a une dizaine d’années , d’une cheminée avec un insert à bois dans la pièce à vivre et de conduits de chaleur passant par le faux grenier pour chauffer toutes les pièces , nous permet de ne pas trop redouter les tarifs EDF . Nous chauffons au bois à 19° ou 20° toutes les pièces habitées ( on ferme la bouche de chaleur quand une chambre est inoccupée) pour moins de 300 euros de bois par an .
      L’été nous ne consommons pas du tout d’électricité ( cabane de jardin collectif sans électricité, plus nomadisme en vieille voiture break sur des parkings gratuits en bord de mer) . Une petite vengeance sur EDF , mais pas seulement. Un immense plaisir de se libérer de contraintes inutiles !

  32. La chose qui m’inquiète avec les CDS c’est le fait que toute la procedure delicate d’expérimentation institutionnelle et financiere mais aussi mondiale… «de la lutte et de l’unite de contraires» se déroule sur le dos de la Grèce … Croyez-vous vraiment que nous pouvons faire confiance aux régulateurs d’apres leur gestion de la crise greque?

  33. izarn

    Ca me va…
    100% d’accord avec Paul Jorion…
    Les chasseurs de trolls sont-ils des trolls eux-memes?
    C’est connu, les ex d’Al Quaeda travaillent pour le MI6 et la CIA…

  34. Lisztfr

    http://www.youtube.com/watch?v=hdnGfzzk18k

    J’aime bien cette … Inna Modja

  35. Jef

    Bonsoir,

    Votre comparaison de l’état moribond actuel de l’économie mondial avec le paquebot Titanic en train de couler est tout à fait parlante.
    Le fait est que les hasards de l’actualité nautique récente nous offre un nouvel exemple symptomatique à comparer avec la déliquescence de l’économie et ceux qui s’acharnent a faire durer le système: Je veux parler ici du paquebot Costa Allegra, (ex. Annie Johnson, porte Conteneur mis à l’eau en 1969) qui vient d’être rapatrié à Mahé aux Seychelles après qu’un incendie se soit déclaré dans la salle des machines. L’histoire de ce navire depuis sa construction, puis au travers de ses transformations et divers rafistolages pour le rendre présentable et le faire durer le plus longtemps possible en dépit des avertissements des experts, pourrait illustrer également parfaitement votre propos sur l’état moribond du système capitaliste et des signaux d’alertes que vous lancez… Le paquebot Titanic a coulé finalement assez vite et était plutôt neuf, le Costa Allegra n’est qu’un vieux tas de ferraille qui ne devrait même plus naviguer mais que l’on veut faire durer malgré tout, au détriment des passagers, jusqu’à ce 27 Février ou un incendie s’est déclaré à bord. Sera t’il réparé? Va t’on changer ses moteurs, alors que le reste du navire pisse la rouille de partout et tient par la peinture? Va t’on lui donner un nouveau sursis, essayer de gagner du temps mais bien sur essayer de faire dessus encore un peu d’argent malgré l’inéluctable? Tout est finalement envisageable. Car, aussi bien à la tête de Costa qu’a la tête d’un gouvernement ou d’une banque centrale, le mot d’ordre est: il faut essayer de faire durer les choses, mêmes si elles sont néfastes, mêmes si elle doivent entrainer au fond les passagers du paquebot qui ressemble de plus en plus à une galère. Il faut essayer de faire durer l’illusion et la magie d’une croisière…

  36. Samuel

    C’est une bonne argumentation, l’effet bénéfice/risque (médicamenteuse) à la spéculation, puisqu’on a une assemblé en partie de médecin (qui l’expliquera à l’autre partie d’avocat). :)
    (j’imagine qu’on retrouve des profils similaires dans d’autres assemblés)
    Bonne continuation à votre ouvrage.

  37. @ LEMOINE
    2 mars 2012 à 10:50
    Vous dites :
    « Il faut vraiment faire l’économie de l’hypothèse selon laquelle les dirigeants des banques centrales, les grands décideurs et les responsables politiques de premier plan, ne comprennent pas ce qu’ils font ou ne comprennent pas comment fonctionne le système économique.
    Le capitalisme est en constante et évolution et il peut donc être utile de mettre à jour les connaissances théoriques que nous en avons, comme vous le faites, mais ses bases restent les mêmes. On le comprend donc assez bien. »
    Je ne partage pas votre analyse je pense au contraire qu’il ne s’agit pas d’une « évolution » mais d’une révolution :notre planète est en train de vivre un changement aussi profond que ceux subis lors de la Révolution industrielle au 19ème siècle bien que de nature différente.
    Les sciences et les technologies à l’origine de la révolution industrielle remplaçaient essentiellement la force physique animale et ou humaine. La révolution numérique qui est en train de nous dépasser remplace de plus en plus des capacités intellectuelles, au début relativement basiques mais progressivement (si on peut dire) des fonctions intellectuelles de plus en plus élevées d’un point de vue cognitif. Effectuant de plus en plus de tâches complexes jusque-là considérées comme exigeant l’esprit humain pour être exécutées.
    La plupart des analystes et preneurs de décisions, ont encore un raisonnement fondé sur une compréhension mécaniste de la réalité économique. Analyse qui convenait relativement bien à des économies industrielles traitant des produits facilement décomposables en sous parties permettant tout à la fois à l’accumulation de capital d’apporter des économies échèle et une division du travail, pour laquelle une organisation Taylorienne donnait des résultats économiquement convaincants même si socialement détestables.
    Les éléments constitutifs des produits issus de la révolution industrielle interagissaient par contacts et frottements sans avoir d’impact important les uns sur les autres. On pouvait donc en organiser la production en définissant les interfaces mécaniques ce qui permettait des organisations verticales.
    Les modèles de prévision pour chacun de ces éléments restaient très mécaniques car les technologies n’évoluant pas très rapidement une formulation mécanique des équations pouvait suffire à la construction de modèles efficaces de prévision des quantités à produire.

    Avec les changements apportés par l’apparition des sciences et technologies numériques un autre type de révolution se met en place où la division du travail et les organisations verticales ont du mal à fonctionner. Des éléments des nouveaux produits issus des sciences et technologies numériques peuvent interagir sans contact les uns sur les autres : un petit morceau de code informatique peut interagir sur de nombreux autres éléments de code d’un même programme, cela à distance, et au travers des réseaux au niveau planétaire. La coordination des éléments ne peut plus se faire aussi efficacement au travers d’organisations Tayloriennes, elle nécessite des relations transversales entre les concepteurs, relations dont les hiérarchies verticales ne peuvent plus contrôler les effets.

    Bien que les technologies numériques aient fait leur entrée dans le monde industriel dès les années soixante, le prix des ordinateurs (de l’ordre de plusieurs millions de dollars de location par mois) en réservait l’utilisation à de grandes entreprises et pour des applications basiques telles que la paye, la facturation, la tenue d’inventaires où l’organisation taylorienne pouvait encore fonctionner. Seules de très grandes entreprises dans le domaine des hautes technologies pouvaient se permettre de laisser leurs ingénieurs utiliser l’ordinateur à des fins de recherche et développement.
    Mais à partir des années 80, l’apparition des ordinateurs personnels quelles qu’en aient été les marques, et l’évolution très rapide des performances allait mettre à la disposition de très petites équipes d’inventeurs des moyens de calculs équivalents ou même supérieurs à ceux fournis par les dinosaures dont j’ai parlé plus haut et pour moins de 1000 dollars.
    Ainsi et avec l’aide de réseaux apparus assez rapidement dans les années 80 et 90, une créativité débridée a rendu de moins en moins prévisibles les choix d’investissements que ce soit en autofinancement ou par utilisation de financements externes. Comment lancer une nouvelle recherche quand on risque de voir un autre produit apparaître sur le marché avant d’avoir même pu produire les premiers exemplaires du produit envisagé?
    L’horizon économique des agents s’est considérablement raccourci, ce qui explique mais n’excuse pas la frilosité des investisseurs dans les domaines industriels et commerciaux, lesquels sont les seuls à créer des emplois accessibles à une large proportion de la population, les soit disant nouveaux emplois de la société de l’information exigent de plus en plus de connaissances, et même certains postes de travail peu complexes auparavant sont devenus inaccessibles à de nombreux individus formés il y a seulement quelques années. Même si dans certains dommaines d’application certains postes de travail sont devenus plus accessibles à de nombreux utilisateurs assez peu formés.
    Or ces phénomènes engendrés par les technologies numériques, sont très peu intégrés aux analyses des dirigeants politiques ou même industriels, ils le sont d’autant moins que très peu d’analyses de fond n’ont été produite et publiées même au niveau théorique. Il y avait pourtant eu quelques pionniers qui avaient envisagé les impacts des technologies numériques sur la société : par exemple N. Wiener, « The Human Use of Human beings, Cybernetics and society », Doubleday Anchor Books, NY 1956, Edition Française : « Cybernétique et société », Union Générale d’édition, collection « 10/18″, Paris, 1971 (notez la date de parrution de l’original : 1956…) Il y en a eu d’autres à cette même époque, mais on ne peut même pas reprocher aux dirigeants de cette époque de ne pas avoir saisi la portée de ces analyses, leurs auteurs étaient trop en avance sur leur temps. En revanche les analyses d’auteurs plus récents comme Jeremy Rifkin, devraient l’être car entre temps de nombreuses innovations venues des sciences et technologies numériques sont entrées dans la vie de presque tous les membres de la société. Or ces analyses plus récentes sur les mêmes sujets ne suscitent toujours pas plus d’intérêt de la part des dirigeants de nos sociétés. Ils ne s’en préoccupent que superficiellement car en fait,
    ils ne savent pas qu’ils ne savent pas.

    Ils ne contrôlent plus rien et les marchés eux-mêmes ne contrôlent plus rien, ils subissent :

    Qui dans les marchés aurait prévu il y a quelques années que Apple deviendrait un participant majeur à l’industrie du téléphone mobile. De même qui aurait prévu qu’un logiciel comme LINUX développé par une petit groupe de hackers sur une idée géniale d’un inventeur allait devenir le système d’exploitation choisi par des centaines de produits numériques allant de gros serveurs informatiques à des systèmes d’exploitation pour des téléphones portable ou des tablettes numériques.
    Pour se lancer dans de tels investissements, surtout quand ils nécessitent une production industrielle et donc des investissements en capital fixe et en formation de personnel, seul l’esprit entrepreneurial pourrait encore prendre le risque : aucun financier ne se lancerait dans de telles aventures.
    Les financiers ont besoin d’analyses leur permettant d’évaluer le retour sur investissement, encore une fois, qu’il s’agisse de financiers internes aux organisations des entreprises, ou des investisseurs qui pourraient prêter aux entreprises.
    Dans de nombreux cas tout ce beau monde a préféré se lancer dans des opérations spéculatives dont les gains leurs semblaient plus lucratifs, compensant les risques encourus, surtout quand ils faisaient prendre ces risques par les autres…

    Mais tout ça ne crée pas d’emplois et donc pas de revenus salariaux et pas de demande finale pour les biens produits. Donc encore du chômage et encore moins de revenus et moins de demande finale.

    Bien entendu Paul Jorion a raison d’évoquer les problèmes environnementaux, qui font courir à l’humanité toute entière des risques tels, que les problèmes économiques à court et moyen terme vont paraître bien minimes par la suite,
    Je ferais cependant remarquer à Paul que l’évolution des technologies numériques font aussi courir à l’humanité toute entière des risques de disparition au moins aussi graves, en tout cas selon les analyses de chercheurs tels que Raymond Kurtzveil qui prédit que d’ici une cinquantaine d’années, les machines numériques pourront se réparer elles-mêmes, se produire elles-mêmes et même en inventer de plus performantes, déclenchant alors une accélération sans réserve, les machines ont encore moins de conscience que les êtres humains aussi irresponsables soient ils. Ces machines auto innovantes, vont engendrer des innovations telle qu’aucun être humain ou même équipe d’êtres humains ne pourra plus suivre cette évolution. Or sans lois éthiques, rien n’empêchera les recherches dans ce sens, car l’esprit humain possède une curiosité sans fin, et croyez-moi sans doute plus forte que toutes motivations financières ; lesquelles ne font pas bon ménage avec de telles curiosités originelles…
    Isaac Asimov avait au moins pensé aux lois de la robotique

    Loi N°1 Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, restant passif, permettre qu’un être humain soit exposé au danger.
    Loi N°2 Un robot doit obéir aux ordres que lui donne un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi.
    Loi N°3 Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n’entre pas en conflit avec la première ou la deuxième loi

    Pour revenir au sujet de l’impact socio économique des technologies numérique et de l’incapacité des dirigeants à comprendre cette révolution:

    Hypothèse de rationalité économique des modèles néolibéraux ne laisse pas la place à ces attitudes de curiosité intellectuelle dont l’existence a pourtant abouti à des découvertes apparemment irrationnelles mais dont les applications pratiques allaient dépasser les imaginations les plus fertiles.
    Prenez l’invention des nombres imaginaires. Au début ile ne s’agissait que d’un jeux intellectuel mathématique : trouver une solution au problème de la racine carrée de nombres négatifs… Or les applications en électricité et en électroniques allaient être spectaculaires.
    Ce genre de curiosité intellectuelle va donc pousser des chercheurs à continuer dans la voie des machines hyper intelligentes, mais jusqu’où ?

    Au moins en ce qui concerne l’ingénierie génétiques les avertissements des sages ont été partiellement écoutés, avec les interdictions quasi planétaires de clonages humains. Ce qui semble nous protéger encore pour quelques temps de vivre l’expérience décrite par Aldous Huxley dans ‘’le meilleur des mondes’’

    Paul T.

    • LEMOINE

      @Ttéhin Paul

      Il est certain que l’informatisation a changé beaucoup de choses dans la gestion des entreprises. Cependant, je pense que les fondements du système capitaliste restent les mêmes. On a toujours des salariés et des actionnaires. Le pouvoir actionnarial se fait même plus pesant grâce à l’informatique.

      Dans l’industrie l’informatique a permis le passage à la gestion en flux tendus qui repose sur une gestion des approvisionnements et des stocks en temps réels. Ce mode de gestion multiplie les contrôles qualités. Il refuse au travailleur toute autonomie alors même qu’il a été mille fois démontré que l’efficacité des unités de production repose largement sur la capacité des travailleurs à faire face aux disfonctionnements et aux pannes. Ce mode de gestion génère un stress qui est souvent dénoncé.

      Dans le tertiaire l’informatique a permis la disparition de la surveillance. L’encadrement n’est plus là pour maintenir la discipline mais pour rentabiliser toujours plus : soit en réduisant les coûts, soit en demandant des résultats toujours plus élevés. Là où il fallait quelqu’un pour vérifier les travaux, l’ordinateur s’en charge. Si un document doit avoir une zone renseignée, même laissé à lui-même celui qui doit la remplir ne peut pas s’en dispenser. Tant que le travail n’est pas fait selon ce qui est prévu sa validation est impossible.

      Globalement aujourd’hui, le capitalisme est le système le plus administré qu’on ait connu. Dans une grande banque internationale comme celle où j’ai travaillé, j’ai pu voir cela se mettre en place. J’ai longtemps été contrôleur. Ma tâche consistait à rationnaliser les procédures, à vérifier à postériori qu’elles étaient correctement suivies et à analyser les risques, à rechercher comment y parer. Avec l’informatisation, il est devenu de moins en moins possible de faire évoluer les procédures de travail. Elles étaient gravées dans le marbre des programmes et chaque modification demandait une refonte des programmes, donc représentait un coût élevé. On a vu ainsi disparaître les « boites à idées » où ceux qui effectuaient les tâches pouvaient proposer une amélioration. Souvent les meilleures idées, les plus simples et les plus ingénieuses venaient de la base. Avec l’informatique, une modification en apparence très simple peut demander des développements très importants. Les programmes sont conçus pour couvrir la totalité des cas possibles.

      Je suis donc passé au contrôle de gestion. J’ai vu les procédures budgétaires se centraliser de plus en plus. Au début chaque service élaborait son budget, le faisait valider par l’instance supérieure et le suivait à l’année. Les dernières innovations informatiques permettaient une gestion centralisées au niveau mondial. Dans l’informatique, la gestion couvrait non seulement les dépenses, mais aussi les espaces disques, les flux, l’utilisation des CPU, bref tout ce qui pouvait se mesurer. Le moindre achat était validé par le siège central qu’il se fasse à Mexico, Paris, Sydney ou Tokyo. Seuls les matériels et les logiciels autorisés par le siège pouvaient être achetés. L’uniformisation mondiale, c’est traduite pour un pays comme la France par une stagnation dans les éditions des programmes jusqu’à ce que le monde entier se trouve aligné.

      L’entreprise capitaliste moderne est beaucoup plus planifiée que l’étaient les économies socialistes autrefois. Le travailleur y est beaucoup plus soumis à une propagande omniprésente. On appelle cela « culture d’entreprise » ou « service communication ». Il reçoit tous les jours des sélections de la presse économique et trouve à l’entrée la presse gratuite. A cela s’ajoute la publicité et un nombre invraisemblable de réunions d’information où on le tient informé chaque mois ou chaque trimestre des résultats de l’entreprise et des efforts qu’il faut toujours faire pour les améliorer.

      Donc, non je ne crois pas que l’informatique ait fondamentalement changé l’entreprise capitaliste. Elle l’a rendue plus capitaliste que jamais, c’est-à-dire plus directement au service des actionnaires. Elle est gérée jour après jour avec l’œil sur le cours de l’action. Une baisse significative déclenche une mobilisation immédiate qui était inimaginable vingt ans plus tôt. Cette gestion en vue du seul profit, sans aucune souplesse, sans stocks, sans initiative n’est certainement pas étrangère à la gravité de la crise actuelle.

      Je n’insisterai pas plus là-dessus car je ne veux pas être trop long. La crise est la meilleure preuve que le capitalisme n’a pas changé. Dès son développement au 19ème siècle, les contemporains ont remarqué son caractère chaotique. Des crises se produisaient tous les 9 ou 11 ans. La première grande crise a eu lieu en 1914 et a été immédiatement noyée dans la boue des tranchées. La suivante, plus grave encore a eu lieu en 1929. Elle a été contenue aux USA par une politique novatrice mais s’est répandue dans le monde entier et n’a été véritablement résolue que par la guerre. L’instabilité du système s’est ensuite manifestée sous la forme des crises monétaires qui ont abouti en 1971 à la destruction du système monétaire international. Depuis les années 90, l’instabilité du système s’est encore accrue. Nous avons des crises tous les trois ans pour arriver en 2007 à la grande crise que nous connaissons.

      Nous sommes donc clairement dans un système à la fois ultra administré et chaotique et certainement pas sur la voie royale du progrès et de la société de l’information.

      • Merci de votre réponse Monsieur Lemoine.
        Il ne s’agit toutefois pas seulement de l’informatisation des entreprises, dans mon analyse, mais de l’intégration généralisée des processus numériques dans tous les éléments ou processus, de la vie courante, sans que cette intégration soit toujours visible et il ne s’agit pas seulement du capitalisme mais de toutes les approches permettant d’organiser la production et la distribution de biens et de services dans une société, capitaliste ou autre.

        Ce dont je parlais est un changement bien plus général dans les conditions de productions au travers de variations considérables dans l’agencement des facteurs de production, capital et travail, changements qui touchent tous les systèmes économiques : des plus libéraux (économie capitaliste de marché) aux plus planifiés (capitalisme d’état) ou des sociétés sous la férules de dictateurs.

        Le capitalisme va mourir de ces changements comme est mort le socialisme soviétique, car dans les deux cas les systèmes de production et de répartitions des richesses fondés sur des considérations mécaniques issues de la révolution industrielle, ne correspondent plus aux processus globaux qui se sont mis en place et qui ont changé les rapports entre les facteurs de production depuis l’avènement des technologies numériques.
        Exemple simple, le capitaliste n’a même plus à assurer la survie de ses salariés car il les a de plus en plus remplacés par des machines automatiques: si ces employés ne peuvent plus vivre cela ne le gêne même plus, il externalise ce problème auprès de la société, tout en critiquant simultanément « les assistés » et les charges sociales qu’ils nécessitent et l’empêchent d’embaucher du personnel…

        Enfin ces changements dans les rapports de production et l’innovation accélérée ont réduit considérablement l’horizon économique de tous les membres de la société, des salariés jusqu’aux grands patrons d’entreprises, prendre des décisions même à relativement court terme, est devenu un problème majeur pour tous.
        Cette indécision généralisée touche les ménages qui faute d’avoir des emplois stables ne veulent plus prendre de risques pour des investissements ménagers de base, surtout quand ces derniers évoluent à une vitesse telle qu’il es difficile de dire lequel choisir et garder un certain temps..
        L’indécision touche également les entrepreneurs, incapables de savoir si cela vaut le coup d’investir dans un outil de production sous forme de capital fixe. Avec la crainte très classique des débouchés préalables, mais aussi la crainte plus récente de se voir dépassé par un produit plus performant, ou un processus de fabrication plus économique chez ses concurrents, dans des délais dix fois plus courts que dans le cadre de productions industrielles traditionnelles dans lesquelles il était courant de concevoir des produits ou des services pour des durées de vingt à trente ans.
        Cela dans le système capitaliste de marché comme dans les système soviétique planifié.

        Les marchés avaient tout le temps d’arriver à un point d’équilibre, même très imparfait, et les planificateurs pouvaient compter sur des coefficients de production assez stables pour établir la planification des productions nécessaires à la satisfaction d’une demande finale, même si cette dernière constituait une approximation bureaucratique des besoins de la population.
        Cet environnement productif stable a disparu, en grande partie avec l’apparition des technologies numériques( en général pas seulement l’informatisation), cela dès les années 60. La situation s’est aggravée dans les années 80, comme je l’ai expliqué dans moes messages précédents.
        Le système soviétique n’y a pas survécu et le capitalisme de marché après s’être agité dans tous les sens, ne va pas y survivre non plus.

        Demeure le problème: que l’on veuille sauver le capitalisme ou le détruire :

        Comment nos sociétés pourront-elles organiser la production et la répartition des biens et services nécessaires à la survie de ces sociétés, et en plus sans détruire la planète. Maintenant qu’on sait que le capitalisme de marché n’y arrive pas et que les économies planifiées n’y arrivent pas non plus. Que faire?
        Attention un « centrisme idéologique primaire » n’y arriverait pas non plus.

        Ce problème ne se résoudra pas par des artifices financiers, il demandera une nouvelle forme de pensée collective où les peuples se prendront en main pour organiser la production et la distribution de biens et services, peut-être d’ailleurs avec l’aide de certaines technologies numériques Approches dont a souvent parlé Jeremy Rfkin entre autre dans son dernier livre « La troisième révolution industrielle ». où il envisage une organisation très décentralisée puis remise en réseau quand les besoins s’en feront sentir.

        Jeremy Rifkin fait une remarque importante à propos du rôle fondamental joué pare le prix de l’énergie dans l’organisation ou la désorganisation des sociétés. C’est pourquoi il propose de commencer cette réorganisation décentralisée de la société, par la production d’énergies renouvelables au niveau des ménages, puis des quartiers puis plus largement quand les besoins s’en feront sentir, mais toujours sur la base des initiatives locales mises progressivement en réseau.

        Paul T.

    • niboh

      la première bonne nouvelle … c’est que l’informatique permet de créer des blogs et de commenter les avis émis ?

      la deuxième, c’est que tous les blogs – loin s’en faut – n’ont pas la même audience. Le contenu – les idées – semble discrimant ?

      Qu’est-ce que Raymond Kurtzveil prédit que les machines auto innovantes seront aussi auto bloguantes :-) ?

      • D’accord avec vous, sans « l’informatique » nous ne pourrions pas discuter ici ou dans d’autres blogs et forums sur des sujets qui nous intéressent voir même nous passionnent. Cela a permis à des passionnés de domaines très spécifiques de se retrouver pour partager des idées et parfois même des informations.

        Toutefois, l’informatique n’est qu’une petite partie de la révolution numérique : la partie visible.

        Cette révolution numérique dont je parle est présente à des endroits et dans des domaines dont beaucoup d’entre nous ne soupçonnent pas qu’elle soit présente. Ce qui fait dire à Raymond Kurtzweil qu’un très grand nombre de ménages ont chez eux plus de 20 ordinateurs.

        Quant à votre question: « Qu’est-ce que Raymond Kurtzveil prédit que les machines auto innovantes seront aussi auto bloguantes :-) ? » je vais poser cette question sur son blog, on verra bien ce qu’il répondra ou que les plus informés sur son blog répondront.

        Paul T.

  38. la m...

    No problemo, d’ici là les plus riches d’entre-nous seront génétiquement modifiés pour résister à toute agression extérieure à leur existence et à leur auto-reproduction.

    Ils déclencheront alors l’Homicide qui nettoiera enfin Notre Mère la Terre des grouillants surnuméraires que nous serons devenus.

    Nourris par les machines, ils rivaliseront à distance de créations artistiques en délires quantiques.

    Vont-ils aller plus vite que la lumière, seront-ils immortels, seront-ils heureux?

    Les dinosaures sont-ils fiers d’être les ancêtres des oiseaux?

    • @ la M…

      C’est justement pour éviter le scénario catastrophe que vous décrivez qu’il ne faut pas ignorer les risques que j’ai décrits avec l’emballement des recherches débridées dans le domaine des technologies numériques.
      Ne pas briser toute initiative mais faire comme avec les recherches en génétique: les encadrer par des réglementations fortes qui puissent empêcher les débordements.
      Ne pas les briser car certaines de ces recherches ont un potentiel favorable à l’humanité quand d’autres pourraient devenir incontrôlables et tout autant dangereuses que le réchauffement planétaire.
      C’est là que la pensée politique doit être remise en avant et ne plus se laisser dicter des décisions seulement fondées sur le profit. Celles-ci pourraient voir très favorablement à court terme l’augmentation de la productivité gagnée en remplaçant dans les entreprises, les hommes par des machines: pas de maladies, pas d’absentéisme, pas de grèves pas de revendications salariales…
      Mais à long terme les machines deviendraient bien plus exigeantes que les salariés n’ayant pas de conscience mais des raisonnements froids, pires mêmes que ceux des « capitalistes cupides »…

      Dans le scénario évoqué lors de mon message précédent , les riches n’échapperaient pas, en effet, au remplacement de l’homme par les machines, seules les machines pourraient survivre car ayant remplacé les « salariés consommateurs, » les propriétaires des machines seraient rapidement ruinés faute de clients, les machines ne consommant pas leurs propres produits, tout au plus des matières premières et de l’énergie. les machines pourraient considérer que leurs riches propriétaires n’aient plus lieu d’exister, car incapables de leur apporter quoi que ce soit, les machines étant devenues elles-mêmes plus intelligentes que les hommes et mieux capables de s’autogérer…

      Oui je sais, c’est de la science fiction, mais la liberté de la science fiction c’est de faire réfléchir en extrapolant des tendances lourdes à leur extrême afin que la sagesse reprenne le dessus, enfin autant que possible.

      Dans une contribution à un autre forum, j’ai suggéré que les concepteurs actuels de machines intelligentes ne vont pas arriver à leurs fins, car ils commettent l’erreur de concevoir l’intelligence comme une perfection logique et traitable de manière purement quantitative en termes de taille mémoire et de nombres de cycles de traitement par seconde. Or ce qui fait que l’intelligence humaine reste très différente de l’intelligence des machines est au contraire qu’elle n’est pas parfaite, que les humains sony soumis à des hésitations à des retours en arrière àdes reprises d’idées anciennes qui par des phénomènes de rêveries non structurés en apparence, débouchent sur des idées originales. Les neurosciences ont fait la même erreur en poussant trop loin l’analogie entre le cerveau humain et les ensembles informatiques voir l’excellent livre « L’esprit faux I : Mundus est fabula » Benoit Kullmann plus simplement voici sur ce sujet: un extrait du livre Isaac Asimov, Robots and Empire Balantine Books, NY 1985 Page 54 traduit par mes soins, donc imparfaitement, mais une traduction peut-elle être parfaite…

      Dand toute la série de « robots » apparaissent un détective humain “Elijah Bayley » et deux robots très performants qui sont les adjoints du détective…

      Les robots se demandent comment le détective arrive à résoudre des énigmes malgré toutes les imprfection du fonctionnement de sons cerveau.

      Les deux robots s’appellent Giskard and Daniel.
      Giskard qui essaie de comprendre comment pensent les humains dit à Daniel “Les êtres humains ont un mode de penser à propos des autres êtres humains que nous ne possédons pas.
      Giskard’s cherche s’il existe des lois de l’humanique don’t il pense qu’elles doivent régler la pensée humaine tout comme les trois lois de la robotique conditionnent entièrement les pensées et les actions des robots. Voir les célèbres trois règles de la robotique inventées par Isaac Asimov. http://www.auburn.edu/~vestmon/robotics.html

      A ce propos, Giskard dit à Daniel qu’il a fouillé d’innombrables bibliothèques dans la galaxie pour essayer de découvrir si de telles lois commandaient les comportements humains n’avaient jamais existé ou si on pouvait les déduire de l’analyse des comportements passés des êtres humains.

      Giskard continue son questionnement: “Pour chacun des essais de généralisation que j’ai tenté de faire, aussi élargis et simples soient-ils je me suis toujours trouvé devant de nombreuses exceptions. Pourtant si de telles lois de l’humanique existaient et si je pouvais les découvrir, je pourrais comprendre les êtres humains et me sentir plus confiant au moment d’obéir aux trois lois de la robotique de le faire de la meilleure manière.

      Giskard toujours à sa recherche continue: “Puisque le détective Elijah comprend les êtres humains, il doit avoir une certaine connaissance des lois de l’humanique.”
      Daneel lui répond: “Probablement. Mais Elijah connais ces lois au travers de quelque chose que les humains appellent parfois intuition, un mot que je ne comprends pas, voulant exprimer un concept duquel je ne sait rien . Je présume qu’il dépasse la capacité de raisonnement dont je dispose.”

      Giskard reprend la parole: “Cela bien sur et il faut aussi prendre en compte nos mémoires de robots, qui nous gênent : des mémoires qui ne fonctionnent pas comme celle des humains, bien sur. Il manque à notre mémoire ce rappel de souvenirs imparfaits, le flous qui les entoure,souvenirs agrémentés de morceaux de mémoire additionnels ou soumis à l’élimination d’autres morceaux de mémoire précédemment accumulés, addition et élimination commandées par un désir ingénu de bien faire, quoi qu’il en coûte et aussi par leur égocentrisme, sans parler de leurs persistance sur certains sujets, ou de lacunes dans leur souvenirs et de retours en arrière, qui peuvent transformer leurs efforts de mémoire en des heures de rêveries éveillées.
      Pour notre mémoire de robots, au contraire, c’est le déroulement incessant, seconde après seconde, des événements exactement comme ils se sont passés, mais simplement sur un mode énormément accéléré : les secondes se déroulant en nanosecondes…

      Cet extrait est à mon avis un des textes les plus pertinents et tout de même abordable sur le sujet de l’intelligence artificielle comparée à l’intelligence des humains.

      Paul T.

  39. sylvain

    La planche à billets à la Banque Centrale Européenne

    Mais ce que fait la BCE n’a absolument rien à voir avec le QE mené par la FED !

    Est-ce que vous comprenez ce que fait la BCE ? Franchement j’en doute !

    • vigneron

      « Rien à voir avec le QE mené par la FED ! » Ah bon ? Beh comment qu’ça s’fait qu’son bilan d’la saucisse de Francfort il ait bien plus gonflé que celui d’la Washing-Town depuis quatre ans ? Oh bé ça c’est bizarre alors…
      Et puis c’est quoi la différence entre prêter au Trésor US $ 1500 milliards à disons 2,5 % contre des Tbonds et prêter à des banques $ 1 300 milliards à 1% en prenant en collatéral des obligation douteuses ?

      • sylvain

        La différence cher vigneron c’est que contrairement à la Fed qui finance le déficit budgétaire américain par le rachat massif de Tbonds, pour les opérations de LTRO de la BCE, l’énorme augmentation de la base monétaire n’a pas été investie dans l’économie réelle, elle n’est pas susceptible d’être dépensée par les agents non financiers et elle est d’ailleurs principalement restée au bilan de la BCE.
        La question est surtout de savoir ce qui se passera dans 3 ans pour les « banques zombies » qu’on maintient artificiellement en vie ou avant s’il y a une reprise et que les taux d’intérêt remontent, que la vitesse de circulation de l’argent augmente et que l’économie réelle est inondée d’une monnaie papier déconnectée de toute production réelle.

      • vigneron

        l’énorme augmentation de la base monétaire n’a pas été investie dans l’économie réelle, elle n’est pas susceptible d’être dépensée par les agents non financiers et elle est d’ailleurs principalement restée au bilan de la BCE.

        Le bilan de la BCE est passé de 1150 Gigas euros en 2007 à 3300 G aujourd’hui. Celui de la Fed de 800 G $ à 3000 G. Augmentation de 2200 G $ pour la FED, de 2800 G $ pour la BCE.
        Restées principalement au bilan de la BCE les LTRO ? Mouais… à voir…
        - juillet 2011, pic atteint par les dépôts des banques au passif de la BCE : 340 G euros
        - fin décembre, pic atteint tout de suite après la première tranche LTRO : 480 G soit 140 G déposés en plus sur les 240 G de nouvel encours des banques par rapport au pic de juillet
        - pic atteint aujourd’hui après la deuxième tranche : 780 G soit 300 G déposés en plus sur les plus de 500 de nouvel encours.
        Et attendez quelques mois, on verra s’ils resteront à ce niveau les dépôts des centaines de banques concernées… vu la taille de leur bilan global, leurs engagements et la vigueur du marché interbancaire, j’ai comme un doute…

  40. Gu Si Fang

    Encore deux moins avant la remise du manuscrit : j’ai le temps de faire une suggestion ? Donnez des définitions !

    Parler de l’intérêt et du profit, c’est compliqué si l’on n’a pas préalablement dit quelle définition on retenait. C’était le même problème dans L’argent mode d’emploi : faut d’avoir précisé quelle définition de monnaie vous aviez retenu, l’ambiguité ne pouvait pas être levée sur la question de savoir si la monnaie scripturale était ou non de la monnaie.

    On considère généralement qu’une bonne définition, pour être valable, doit satisfaire 4 critères :
    - être compréhensible (pas de mot nécessitant une autre définition compliquée, pas besoin d’avoir lu la Phénoménologie de l’esprit, etc.)
    - être exhaustive (si qqc est du profit, la définition doit permettre de le constater)
    - être exclusive (si qqc n’est pas un profit, p. ex., la définition doit permettre de l’exclure)
    - ne pas être circulaire (p. ex. « GOD means God Of Djinns »)

    Pourquoi cette insistance sur les définitions ? Il ne s’agit pas d’y passer trop de temps, mais on a vu les problèmes que cela posait dans le cas de la monnaie. De même, en ce qui concerne l’intérêt et le profit, il existe plusieurs sens possibles. Le sens courant du mot « profit » (bénéfice d’une entreprise) mélange l’intérêt et le profit au sens économique. Le taux d’intérêt peut être nominal ou réel pour les macroéconomistes. Il peut être monétaire ou naturel pour les microéconomistes. Il peut être contractuel pour les juristes, etc. etc. En précisant dès le départ quelle définition vous utilisez le lecteur saura de quoi vous parlez.

    Les six livres de la république de Bodin commencent par cette phrase : « République est un droit gouvernement de plusieurs ménages, et de ce qui leur est commun, avec puissance souveraine. » Bodin commence par définir ce qu’il entend par une république, et il enchaîne immédiatement en précisant ce qu’il entend par « droit gouvernement », par « ménage » et par « puissance souveraine ». Limpide.

    • Gu Si Fang,

      Les seuls qui ont soulevé des problèmes de « définition » sont ceux qui n’avaient aucun autres arguments à opposer à la démonstration sans aucune ambiguité concernant la monnaie.

      Ca fait 3 ans que le bouquin est sorti, on attend toujours la contre-argumentation sérieuse.

    • Gu Si Fang

      @ Julien

      Il y a généralement une hiérarchie dans toute argumentation. Avant d’argumenter sur un jugement de valeur, il faut d’abord se mettre d’accord sur les faits. Avant d’être d’accord sur les faits, il faut d’abord être d’accord sur les définitions.

      P. ex. :

      Est-il bon qu’il pleuve ? L’un pense que oui, l’autre que non : désaccord sur un jugement de valeur. La pluie irrigue les cultures (bon) mais elle mouille les vêtements des promeneurs (mauvais). L’un dira qu’elle irrigue plus qu’elle ne mouille, l’autre affirmera le contraire : désaccord sur les faits. L’un considère que la moindre goutte constitue de la pluie, et qu’un petit crachin mouille les vêtements mais n’apporte rien aux cultures (mauvais), tandis que l’autre considère qu’un petit crachin « n’est pas de la pluie » : désaccord sur les définitions.

      Une fois que les débatteurs se sont mis d’accord sur une définition du mot « pluie » il peuvent se mettre d’accord sur les faits, et alors seulement ils peuvent échanger des jugements de valeur. Il en va de même pour L’argent mode d’emploi. Je n’y ai rien trouvé qui ressemble à une définition, qui permettre de dire ce qui est de la monnaie et ce qui n’en est pas ; ce qui est du crédit et ce qui n’en est pas. Dans les livres contemporains, rares sont les auteurs qui prennent la peine de donner des définitions.

      • Gu Si Fang, je vous conseille de relire le livre. Bis repetita : ceux pour qui le seul argument est un problème de définition n’ont rien compris au bouquin.

  41. Voici un article de Joseph Stiglitz qui me renforce dans mon analyse que la crise actuelle n’est financière que de manière conséquente à des problèmes économiques structurels sous-jacents très antérieurs aux comportements des « Banksters » dont on dénonce les actes criminels en ne tenant pas compte que ces actes criminels ont une origine profonde: la baisse de la demande suite à l’augmentation du chômage et le besoin de maintenir une activité économique, au travers du crédit accordé à tort et à travers à des débiteurs peu solides et à des taux ridiculement bas.

    http://www.vanityfair.com/politics/2012/01/stiglitz-depression-201201

    C’était déjà le cas avec la crise de 1929: l’augmentation de la productivité du travail avait aggravé le chômage bien avant que la crise ne devienne une crise boursière…

    Paul T.

  42. karluss

    la conclusion devient une antienne, la béatitude nous guette …

  43. kiro

    Les japonais viennent d’inventer un appareil pour reduire les gens au silence, vive la démocratie en marche :)

    http://www.myfoxorlando.com/dpp/news/scitech/science/030212-japan-invents-speech-jamming-gun-that-silences-people-mid-sentence

    Japan invents speech-jamming gun that silences people mid-sentence

    TOKYO (Newscore) – Japanese researchers have invented a speech-jamming gadget that painlessly forces people into silence.

    Kazutaka Kurihara of the National Institute of Advanced Industrial Science and Technology, and Koji Tsukada of Ochanomizu University, developed a portable « SpeechJammer » gun that can silence people more than 30 meters away.

    The device works by recording its target’s speech then firing their words back at them with a 0.2-second delay, which affects the brain’s cognitive processes and causes speakers to stutter before silencing them completely.

    Describing the device in their research paper, Kurihara and Tsukada wrote, « In general, human speech is jammed by giving back to the speakers their own utterances at a delay of a few hundred milliseconds. This effect can disturb people without any physical discomfort, and disappears immediately by stopping speaking. »

    They found that the device works better on people who were reading aloud than engaged in « spontaneous speech » and it cannot stop people making meaningless sounds, such as « ahhh, » that are uttered over a long time period.

    Kurihara and Tsukada suggested the speech-jamming gun could be used to hush noisy speakers in public libraries or to silence people in group discussions who interrupt other people’s speeches.

    « There are still many cases in which the negative aspects of speech become a barrier to the peaceful resolution of conflicts, » the authors sai

    Read more: http://www.myfoxorlando.com/dpp/news/scitech/science/030212-japan-invents-speech-jamming-gun-that-silences-people-mid-sentence#ixzz1o66N8TfX

  44. Zéphir

    Bonjour
    Si quelqu’un peut me répondre de manière claire et précise.
    Je souhaiterai savoir pourquoi monsieur Jorion dit dans sa vidéo du 2 mars que nous sommes à un tournant de l’espèce humaine vivant sur cette planète.
    Et que si il reste 3 millions d’humains après ce tournant ça serait en quelque sorte pas mal.
    Lorsqu’il dit ça
    Est ce qu’il plaisante ??
    Si non de quel tournant s’agit-il ??
    Et pourquoi ce tournant menacerait-il l’espèce humaine à ce point ??
    Nous sommes je crois 5 milliards d’humains sur cette terre.
    Si les trois quart doivent disparaitre comme l’avance monsieur Jorion alors on dépasse est de loin l’ensemble des films catastrophes qu’on voit ci et là dans les films grand publics.
    Merci de me répondre pour combler mon ignorance.

    • Bernard Laget

      « Merci de me répondre pour combler mon ignorance »
      De rien……………………

  45. Paul Jorion a parlé à juste titre du réchauffement planétaire, dont le rythme s’accélère les mécanismes déclenchés par les abus humains niveau de l’utilisation des ressources fossiles et avant ça de l’utilisation de combustibles producteurs de gaz à effet de serre comme le bois, la tourbe par exemple en fait malgré une accumulation depuis la première révolution industrielle au 19ème siècle et de la seconde révolution industrielle au XXème siècle, les activités humaines ont toujours utilisé la combustion de produits générant des gaz à effet de serre. Tout cela s’est accumulé au cours des millénaires. Les premières grands dégagements de gaz à effet de serre furent créés au néolithique lors de l’apparition de l’agriculture: n’ayant pas de « bulldozers » pour défricher les forêts et ouvrir des terres arables les hommes du Néolithique ont souvent incendié ces forêts. Certains chercheurs ont même estimé que sans cette pratique nous serions peut-être actuellement en train de vivre une ère glaciaire…

    Ce qu’on peut dire au delà de ces remarques, c’est que se sont enclenchés des mécanismes planétaires qui ont dépassé très largement les impacts directs de la pollution humaine au CO2: Le début de fonte du permafrost va dégager des quantités énormes de méthane, autre gaz à effet de serre et d’autres phénomènes du même genre sont en cours.
    L’aveuglement des dirigeants mais aussi des électeurs qui les élisent font que les décisions nécessaires à réagir n’ont toujours pas été prises.

    Il se pourrait qu’il soit malheureusement trop tard…

    Or dans ce cas il pourrait s’agir d’avoir à déplacer des milliards de personnes et de leur trouver une terre hospitalière sur une planète où ce genre d’espace aura été détruit par la folie humaine, amplifiée par les réactions de la nature.

    Dans ce cas de catastrophe annoncée et réalisée, des cataclysmes humains « inimaginables », au sens propre du mot, vont se produire

    J’ai rajouté une couche de pessimisme à celle déjà passée par Paul Jorion:

    Que dire des effets catastrophiques que pourraient avoir un développement débridé des technologies numériques si les machines arrivaient à se reproduire, à inventer elle même des machines encore plus intelligentes qu’elles ne l’étaient, cela en utilisant pour se reproduire les outils issus des na-no-technologies…
    Elles pourraient bien remplacer les hommes et même juger ces derniers inutiles à leur prospérité darwinienne de machines.

    Là il serait encore temps de réagir, mais il faudrait faire très vite pour élaborer des lois éthiques très concrètes, comme cela a commencé d’être fait en matière de recherche génétique.
    Mais on va se heurter aux mêmes obstacles que pour la protection de l’environnement :
    les décideurs politiques ne voudront pas s’engager dans des voies qui risqueraient de déplaire à leurs électeurs… Plutôt mourir élu que vivre battu…

    Paul T.

  46. J’ai oublié de dire que comme pour les effets des activités humaines sur l’environnement, des signes avant-coureurs existent déjà aussi à propos de l’impact de machines déjà assez intelligentes pour supprimer de nombreux emplois.

    Et dans les deux cas on trouve encore des personnes niant ou minimisant les risques dont on a parlé.

    Paul T.

  47. Bonjour
    Sale temps !
    Pour Messieurs Paul Jorion et Stéphane Heissel, dimanche 4 mars à France Culture.
    Dans l’émission du rendez vous avec le médiateur :
    http://www.franceculture.fr/emission-le-rendez-vous-du-mediateur-le-rendez-vous-du-mediateur-2012-03-01
    à 12’50″
    Ces deux Messieurs seraient, selon Brice Couturier, des incitateurs au meurtre !
     » .. des gens écrivent ou proclament, au choix : qu’il faut pendre les banquiers ou les syndicalistes selon les cas … » !
    Et comme radio .. Paris ne dit que la vérité, et ses journalistes en particulier; je vais dorénavant, éviter de vous écouter Monsieur Jorion, afin que je retourne dans le droit chemin, grâce à la voix de mes maitres à penser qu’est la radio des banquiers, euh ! non, la radio nationale et culturelle !

    • On aimerait bien que ce cher M. Couturier diplôme d’Oxford et fana de la précision chirurgicale du journalisme anglo-saxon nous explique où il a déjà vu Paul Jorion proposer de « pendre les banquiers ou les syndicalistes »…

      A Oxford, on recrute des étudiants qui ne savent pas lire ? Simple procédé rhétorique fallacieux pour se dédouaner ? Mémoire de poisson rouge ?

      Les paris sont ouverts !

    • Mis dans la même catégorie d’abominables criminels que Stéphane Hessel ? Je suis sûr que les auditeurs de France Culture en tremblent encore !

      • P.S. Il s’agit probablement simplement de la vieille rivalité entre Oxford et Cambridge.

      • Bernard Laget

        Pour l’exemple; on fusille d’abord Jorion ou Hessel en premier ?
        Au prix du plomb, vaudrait mieux qu’ils aillent faire un TUC à Fukushima

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