BFM Radio, lundi 1er mars 2010 à 10h46

En Amérique, les choses ne sont pas en train de s’arranger

Les choses ne sont pas en train de s’arranger. Et les temps ont changé : on avait pris l’habitude de vivre dans des contextes de bulle financière, et ce n’est plus le cas. Dans un contexte de bulle on peut continuer sans danger de croire que la finance est autorégulée. On peut croire aussi que le risque n’existe plus, qu’il a été réduit en poudre et que de cette manière il a été neutralisé. Quand la bulle éclate, on constate avec consternation que les choses ne s’arrangent pas d’elles-mêmes et que le risque s’est au contraire concentré : parce que son invisibilité momentanée en faisait une excellente affaire. Certains diront : « Si ! on est toujours dans un contexte de bulle : la bulle de la dette publique des États ! ». Mais ce n’est pas de bulles qu’ils parlent : ils veulent simplement dire que la dette des États gonfle. Ce qui est vrai, mais tout ce qui gonfle n’est pas bulle pour autant.

Non, les choses ne sont pas en train de s’arranger. Vous vous souvenez sans doute que la crise est née en 2007 au sein de l’immobilier américain. On ne parle plus beaucoup de l’immobilier résidentiel aux États-Unis, parce qu’il existe une nouvelle menace : celle de l’immobilier commercial qui point à l’horizon. Savez-vous qu’il y a en ce moment aux États-Unis, 35 banques dont plus de 30 % du montant des crédits est en défaut ? Il va sans dire que leurs jours sont comptés ! Il y en a aussi 140 dont plus de 20 % du montant des crédits est en défaut. C’est sûr qu’on reparlera d’elles. Et 683 dont plus de 10 % du montant des crédits est en défaut. Elles attendent toutes que les clients reviennent dans les centres commerciaux. Avec un taux de chômage officiel de près de 10 % et officieux de 20 %, et 8,4 millions d’emplois perdus depuis le début de la crise, il faut leur souhaiter bonne chance.

On ne parle plus beaucoup de l’immobilier résidentiel américain et pourtant on devrait. Parce que tant que cette infection persiste, c’est l’Amérique toute entière qui continuera d’être malade. Quelques chiffres. En janvier de cette année, il y eut chaque jour aux États-Unis, 4.300 saisies de maisons individuelles. C’est un grand pays mais quand même : 4.300 par jour, c’est énorme, et le chiffre est en hausse. En 2009, 75 % des crédits hypothécaires aux États-Unis, ont été accordés par Fannie Mae et Freddie Mac. Étant invendables, ils les ont achetés essentiellement eux-mêmes. Seule à les aider un peu : la Federal Reserve, mais elle s’arrêtera bientôt de le faire. Le 30 juin 2009, la valeur nette de Fannie Mae était de -10,6 milliards de dollars : le 31 décembre de -15,3 milliards. Une aggravation de 44 % en six mois seulement.

Un quart des crédits hypothécaires ont aujourd’hui un montant plus élevé que la valeur du logement et le chiffre est de 40 % pour l’immobilier commercial. Les ventes de logements neufs (un peu moins de 6 % du parc) ont baissé de 11,2 % en janvier et celles de logements anciens, de 7,2 % ; ce sont les pires chiffres depuis 1963. En 2009, il y eut dans le pays 2,82 millions de saisies de logements, et pour cette année-ci, on sait déjà que ce chiffre de 3 millions sera dépassé. On parle, paraît-il, au sein de l’administration Obama, d’un moratoire pur et simple des saisies. On comprend facilement pourquoi.

Non, les choses ne sont pas en train de s’arranger aux États-Unis.

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82 réflexions sur « BFM Radio, lundi 1er mars 2010 à 10h46 »

  1. En Grèce demain autant qu’hier :

    TITLOS PLC
    (Incorporated in England and Wales under registered number 6810180)

    Initial Principal Amount . . . . . . €5,100,000,000

    Arranger . . . . . . . Goldman Sachs International
    Manager . . . . . . . National Bank of Greece S.A.

    This Prospectus is dated . . . . 26 February 2009

    http://www.tavakolistructuredfinance.com/titlos.pdf

  2. Bonjour à tous.

    Une info relevée ce matin dans notre veille information.

    La société Liberty International (USA) prête à vendre ses centres commerciaux aux USA.
    Liberty International serait en discussion pour vendre 560M$ (371M€) de centres commerciaux aux USA, à Equity One, un investisseur américain basé à Miami.

    Perso., j’ai bien l’impression que le jeu des patates chaudes a bien commencé.
    Une question se pose à la lecture du billet. In Fine, qui payera? Après l’implosion des prix, les rachats, les moratoires, les prises de participations de l’état,…. QUI PAIERA? Il FAUDRA BIEN REMBOURSER CETTE DETTE NON?

  3. Pas de problèmes 🙂 ; quelques » banques » rachèterons toutes ces surfaces avec les sous de l’État et les loueront, pas trop cher, afin de garder une marge de revenu disponible à l’impôt et permettre ainsi à l’ État de rembourser ses dettes. L’important dans la vie n’est-il pas d’être propriétaire ! Ceux qui le seront encore un peu défendront ce droit bec et ongle à la satisfaction des « banquiers », et la deuxième génération des spoliés tentera réaliser le rêve des précédentes .

    Les tournées de rachat – à prix cassé – par autocars organisés continuent-elles ? La casse rageuse de leur logement par ceux qui y renoncent prend-elle de l’ampleur ? Qui rachète ou s’y prépare ?

    1. Ca me fait penser au sketch de Danny Boon sur EDF qui veut revendre ses centrales nucléaires comme maisons de campagne…
      Excellent.

  4. Bonjour,

    Avez vous des chiffres pour l’Europe, la France, l’Espagne ?

    Comprenez vous dans « immobilier commercial » les hôtels et centres de vacances qui ont fleuri partout dans le monde ?

    Bien à vous.

  5. @ Paul,

    merci une fois de plus pour ce résumé d’une situation que les lecteurs de ce blogs appréhendent avec d’autant plus de clarté grâce à vous.

    si, comme vous le pressentez, les taux de défaut à la fois des prêts ALT A et les problèmes de refinancement de l’immobilier commercial viennent à se exploser entre fin 2010 et 2012, les conséquences ne devraient elles pas être :
    1. une glaciation du marché interbancaire et la faillite cette fois définitive de Fanny et Freddy,
    2. une impossibilité de financement par les états de ces pertes du fait de leurs déficits abyssaux,
    3. des réajustements monétaires à la baisse importants,
    4. la quasi-faillite (au mieux) de nombre de banques européennes (à rapprocher des publications bancaires françaises pour 2009 qui comptabilisent en fonds propres les actions de préférences et titres subordonnées alors que ce sont des dettes !!!),
    5. l’explosion de la valorisation de l’or et des matières premières…

    Quid de nos petites économies ?…

    1. J’ai lu ce matin qu’il y avait 32 trillions de dettes d’états dans le monde et en face 100 trillions d’épargne, il n’est difficile de savoir qui va finir par payer.
      Je crois qu’on gagne du temps actuellement pour que les plus au fait des choses puissent se retourner vers des cieux plus clément tandis que la grande masse va être tout simplement spoliée.

  6. Bonjour à tou-te-s et Merci,

    autrement dit :
    « Dédicace à il-l ! »

    Qui a dit que les choses s’arrangent
    Dans un contexte de « Grande Crise »
    Veut surtout qu’on ne le dérange
    Dans ses petits rêves de reprise !

    Et s’il y avait une re-crise
    Comme il en est ici question
    [ http://www.pauljorion.com/blog/?p=6902#comment-50664 ]
    En lieu et place de la reprise
    Il-l aurait une indigestion !

    Car il y a trop de bulles cachées
    Dans les tiroirs des casinos
    Qui n’ont pas bien été mâchées
    Pour casser l’effet dominos !

    Quand va-t-il-l arrêter de feindre
    Que c’est un moment à passer
    Des plus mauvais que l’on puisse craindre
    Avant de finir pourchassé ?

    Bon voyage dans la Vie !
    luami
    http://luami.viabloga.com

  7. « L’ampleur de la dette américaine en fait une question de sécurité nationale » H.Clinton

    Ce qui permet de classifier « défense » toutes informations, divulgations et actions.

  8. Les Echos du 1er mars 2010 a retiré de son site Internet en fin de matinée un article détaillant les « énormes pertes » de Freddie Mac et de Fannie Mae. Je ne trouve plus trace de cet article sur le net. C’est quand même un comble! Une auto-censure visant à éviter une panique des marchés??

  9. Question à cent balles..

    Nous parlons de défauts de paiement. Mais cela inclut-il les RETARDS de paiement (futurs défauts si les petits cochons ne les mangent pas…) ?

    Je pose la question car les défauts sont trés importants sur les prêts pour faire des études. Mais si on y ajoute les retards, on obtient plus de la moitié, je pense.

    1. Lorsque les retards sont à 10 (% ), les défauts sont à 3 (je ne sais pas si les valeurs absolues sont des moyennes US ou de certains états, mais je crois que le rapport 10/3 est général) . En fait, beaucoup de ménages (et d’entrepreneurs) sont comptabilisés en retard plutôt que défaut car les banques ne font pas (ne font plus) le forcing. En effet, en cas de retard, le principal (d’un prêt) est encore comptabilisé à l’actif, alors qu’un défaut doit être enregistré comme perte.

  10. @ l’échec d’Obama (suite)
    on en parle peu, mais les échos de ce matin annoncent qu’Obama a abandonné l’idée de mettre en place une structure de protection des consommateurs dans les services financiers . Si tant est qu’il l’ait prise au sérieux ! Rappelons nous la manière dont les surprimes ont été vendues , avec des contrats de 30 pages illisibles mais néanmoins contraignants.
    Obama est décidément sans surprise
    cordialement

    1. @ Claude Roche

      Obama n’est pas responsable des ventes de subprimes, puisqu’il est arrivé au pouvoir après l’effondrement du marché! Quant à l’agence de protection des consommateurs contre les excès des financiers, il n’est pas arrivée à l’imposer au Congrès. On peut critiquer la méthode d’Obama, notamment son désir irréaliste d’une politique bipartisane s’appuyant pour moitié sur des sénateurs Républicains récalcitrants, mais on ne peut attaquer son intention, dépourvue de duplicité. Il en va de même pour la « règle Volcker », à laquelle il s’est converti sur le tard, mais qu’il souhaite vraisemblablement faire passer, malheureusement avec de faibles chances de succès.

      J’aimerais qu’on n’accable pas Obama, dont l’attitude n’est pas exempte de défauts, mais qui ne peut être tenu responsable de l’idéologie dominante aux Etats-Unis. Le Los Angeles Times d’aujourd’hui parle des organismes avançant de l’argent aux chômeurs californiens dans l’attente du versement de leur allocation chômage à la fin du mois. Le taux d’intérêt perçu au total par ces organismes — dont plus de 2800 sont régulièrement enregistrés dans l’Etat de Californie — atteint 459% par an! Dans certains autres Etats comme le Wyoming ou le Maine (beaucoup moins peuplés), ce taux peut s’élever à 800%!

    2. @ Jaycib : Si ce que vous dites est vrai (c’est de l’usure pure et simple !), cela prouverait que les américains sont de grands malades, en tous cas quand il s’agit d’argent, et que cette société n’a encore retiré aucun enseignement de cette crise. Et au nom de quel « grand principe » les autorités laissent-elles faire de telles choses ??

    3. On ne se fait pas élire président des Etats-Unis sans dette due aux banquiers et sans louer leur rôle essentiel dans « l’American way of life ». Toute l’histoire de l’Empire depuis 50 ans en témoigne. Soit Obama comptait vraiment changer les choses et il serait victime du syndrome de Stokholm, soit il fait son travail.

    4. @jaycib

      « notamment son désir irréaliste d’une politique bipartisane »

      Obama ne l’a pas choisie. Il n’a juste pas le choix. C’est le peuple qui l’a « choisie »…

  11. Un peu en aparthé mais sur les US néanmoins.

    Naomi Klein qui, dans la présentation de son film, a une phrase assez révélatrice : « nous ne sommes plus surpris »
    (sous-entendu : maintenant, nous connaîssons leurs façons de faire et nous suivons ce qu’ils font)

    Et ça, cette prise de conscience, peut maintenant faire passer la situation au stade suivant : le rejet par les peuples.

  12. Euhh… Et chez nous ?? Quels périls pour ceux dont les prêts hypothécaires sont en cours ??

    ???
    ??????

    1. Laurence. Reprenez-vous.

      J’ignore les us et coutumes des autres pays européens, mais nous sommes quasiment en taux fixes, ici, en France.
      Hors, vous n’ignorez pas que la trés faible inflation a permis aux emprunteurs d’avoir des taux FIXES bas.
      Dans ce cas, en cas d’inflation se relevant, ou d’hyper-inflation, l’emprunteur gagne car il rembourse moins. Si son salaire ou revenu augmente, bien sûr…
      Et la banque perd tout. (voilà pourtant les riches et puissants REFUSENT l’inflation)

      Et vous comprenez par la même occasion pourquoi les banques se refusent de plus en plus à acorder des crédits… la boucle est bouclée.

      Mais, ne vous inquiètez pas. Les conflits arrivent généralement plus vite que les échéances de prêts.

    2. Je complète néanmoins car les banques seraient quasi aussi mal…
      Sauf que :
      – elles ont déjà commencé à réduire la voilure (terme spécifique breton qui signifie qu’on tient compte du contexte)
      – elles peuvent se refaire, dans ces cas-là, sur une foultitude d’autres gains comme les crédits à la consommation avec taux astronomique, les agios, les crédits aux entreprises, aux états, …
      Les gisements sont tellement nombreux…

    3. à Yvan : en fait je pense que quand les particuliers (fond de pension, assurance-vie…) seront bien gavés d’emprunts d’états à 3,5 % alors l’inflation pourra reprendre…

  13. Je ne suis pas sur qu’il y ait un lien avec l’économie américaine encore que « In God we trust »
    mais je ne puis m’empêcher de citer Le journal La Croix qui fait état de difficultés concernant la vente des hosties en France impactée par un baisse de la Foi et une concurrence polonaise déloyale .
    La Croix dixit:extrait…
    « À terme, cependant, les contemplatives ne se font guère d’illusion : la consommation des hosties est durablement en diminution en France et « nous n’avons pas encore touché le fond », soupire Sœur Marie Samuel. Même si le carmel de Saint-Germain-en-Laye, qui fournit le diocèse de Versailles, ne connaît pas, lui, de baisse de la demande, le monastère de Blauvac commence à songer à la nécessité de se reconvertir dans d’autres types de production. « 

    1. Je ne vais surtout pas m’ériger en connaîsseur des choses religieuses, mais…
      Les boutiques des sites archéologiques religieux, telles que celle-ci :
      http://www.valasse.com/index.html
      fonctionnent à plein régime (calorique).
      Ce sont des moines Trappistes qui ont fait la réputation de la Belgique, en s’associant avec des moines Friteurs (congrégation moins connue et qui n’avait pas déposé de brevet et, de fait, a disparu économiquement)
      Et pour avoir visité cette abbaye, ils font des produits de trés grande qualité dont on remarque que les moines n’ont pas hésité une seconde à tester l’affinage afin de le mettre au point.
      La robe cache peu, finalement.

      Nas drovié, Camarade !!!!

    2. Et quel est le rapport entre calorique, catholique et cathodique…??
      ique.
      Houps, pardon, abus de bonnes choses.

      L’abus est mauvais pour la santé. Vous devez ne pas abuser en suivant les recommandations de l’agence internationale pour la santé qui vous conseille de consommer une dose raisonnable de 5 hamburgers et vingt cocas par semaine.

  14. @ paul
    si vos anticipations se revelent exactes, a votre avis dans quelle direction les prix vont ils s’orienter??? hyperinflation, deflation par la dette??? dans ces cas comment se proteger au mieux de cet avenir incertain????a+

  15.  » En Amérique, les choses ne sont pas en train de s’arranger »

    Les choses pourraient pourtant s’arranger si nos élites bancaires commençaient déjà par montrer l’exemple au citoyen et à nos politiques en panne d’intelligence et d’inspiration.

    C’est bien connu une idée qui « marque », qui « marche » de nos jours vient avant tout de l’homme riche et puissant, le pauvre homme n’a bien sur plus du tout son mot à dire encore moins de penser et d’exprimer autrement la richesse et la pauvreté dans une société.

    1. « Un coeur qui bat, un nez qui flaire, une décision qui tombe…. » :))))))
      C’est cela les riches ? non, c’est B…. F….. :)))))

  16. M Jorion, je ne sais pas si vous avez remarqué mais à l’échelle vannetaise, je trouve qu’il y a beaucoup de surfaces commerciales qui se dépeuplent et donc beaucoup de panneaux à louer. Pourtant les surfaces se vendent bien, je suis bien placé pour le savoir. C’est donc l’investisseur qui soit est mal renseigné soit a pris la pillule rose 😉

    1. La ville de Vannes fait toujours rêver les boutiquiers, à cause du revenu par habitant exceptionnellement élévé pour une ville de l’Ouest. (coût de l’immobilier et du foncier en rapport).
      Cepndant, à Vannes comme partout, les boutiques les moins solides mettent la clé sous la porte.

      Heureusement pour les promoteurs, la ville et son contexte font toujours envie. Les gogos se précipitent sur les surfaces commerciales disponibles, y claquent leurs indemnités de licenciement, et mettent ensuite un panneau « à vendre  » sur la porte du magasin.

  17. Il serait peut-être intéressant d’ouvrir une rubrique consacrée à la déclaration la plus grotesque ou la plus involontairement humoristique de la semaine. Pour être pleinement appréciées, la bêtise, l’ignorance, l’arrogance et la servilité doivent parfois livrées brutes de décoffrage, sans commentaires superflus. Je veux bien ouvrir le bal avec la merveilleuse déclaration de Peter Mandelson, secrétaire d’Etat à l’industrie dans le gouvernement Brown:

    « … la City est un atout pour notre pays, mais aussi pour l’Europe. L’Europe a besoin de la City. »

    1. Bonne idée, ça permettrait à nos zygomatiques de ne pas s’atrophier complètement.

      En matière de servilité, d’aveuglement et de médiocrité érigées en vertus suprêmes, je vous conseille ce récent discours d’Herman Van Rompuy :
      http://www.youtube.com/watch?v=R5r9fHdLXeM&feature=player_embedded

      Juste après s’être entendu dire qu’il émanait autant de charisme de sa personne que d’une serpillère mouillée, Van Rompuy a tenu à montrer que cette accusation était en fait une insulte particulièrement méchante à toutes les serpillères.

      Attention aux claques sur les cuisses, elles peuvent provoquer des hématomes à trop forte dose.
      Il vaut mieux en rire qu’en pleurer, mais uniquement parce que l’humour est la politesse du désespoir et que je suis très, très poli.

  18. Et si…

    Et si le gouvernement USA avait, au début des subprimes, racheté toutes les biens immobiliers des pauv’ gars coincés par ces prêts diaboliques,
    1 – le gouvernement aurait loué ces maisons ce qui aurait évité de mettre des gens à la rue et atténuer la dégringolade du marché immobilier résidentiel en évitant de mettre sur les marchés les maisons saisies ;
    2- le rachat de ces maisons par l’état, aurait évité la faillite des nombreuses banques piégé par les subprime
    3 – le rachat des maisons aurait eu pour contrepartie pour l’Etat de se doter d’un patrimoine immobilier social et des ressources garanties par les loyers…

    A la place, l’Etat a préféré voir se développer un systeme qui conduit à l’insolvabilité directe des millions de ses citoyens ,

    Il laisse les propriétaires être jeté à la rue, il laisse le marché être innondé de milliers de maisons saisies, il précipite la chute de l’immobilier résidentiel aggravant la crise de solvabilité des banques,

    Il vient au secours des banques coupables de ce gâchi, en engageant les revenus des contribuables…

    A la lecture de tout ceci, n’est on pas en droit de penser que le gouvernement de ce pays, n’a plus en charge l’intérêt de ces citoyens ?

    1. Je crois qu’on est en droit de le penser. Penser le contraire serait même assez loufoque.

    2. hypothèse 6 millions de maisons à problème (2009/2010 ) par 200 K$ soit 1200 milliard de dollars !!!
      dans la poche des banques et la bulle continue…
      Mais peut être que les US deviendront socialistes…

    1. La grande distrib pronostique la fin rapide des hypers.
      Carrefour se défausse des « murs » de ses immenses surfaces (et parkings implantés dans les champs) en pleine propriété et a ouvert les premiers Carrefour Markets (murs en location?) pour les fermer rapidement à la demande.
      Colony et Arnault ne sont pas contents de la baisse des cours, ils ont dû peser dans ce changement de paradigme distrib-walmartien.
      Cà sent le naufrage ou quoi?

    2. La réduction de voilure sur les crédits accordés par les banques est un autre signe de confirmation, AH.

      Comme nous nous ressemblons dans l’entreprenariat, je n’ai pas besoin de te dire ce que cela signifie. Tu es assez intelligent pour le percevoir.

      Mon clan peut s’autosauver mais souffrira un peu moins en étant plus nombreux.

    3. ça sent surtout prends l’oseille tant qu’il y en a à prendre . pour la mettre où ça c’est la question;
      mais en attendant ça permet de faire monter le titre si ces ventes viennent à se faire car cela impactera provisoirement les résultats à la hausse, c’est encore et toujours le court terme qui prédomine, ils trouveront bien des pigeons à qui revendre ces titres au plus haut.
      C’est ce qu’à fait le fils Giscard avec le club med, cela a arrangé les chiffres un temps, jusqu’à ce que la réalité les rattrape. C’est encore une forme de cavalerie.

  19. dès que François Leclerc arrêtera de « buller » 😉 il va nous expliquer pourquoi le krach obligataire est jugulé.
    mais le krach obligataire se déclenche par une hausse des taux (risque de taux) qui génère une moindre valorisation des actifs en obligations, une baisse des cours qui se propage généralement aussi sur les marchés actions, parfois très fortement.
    mais le risque de défaut des émetteurs privés et même publics est bien l’état critique dont François Leclerc devrait nous parler.
    j’implore à nouveau ses prospectives puisqu’il demeure le garant de l’analyse lucide.

    1. Mr Leclerc, lorsque vous dîtes : « concomitant à l’essor progressif du système financier de ce début du XIX ème siècle », vous voulez dire XXI ème je suppose ?
      mais c’est une bonne réponse à une précédente question, j’avais zappé cet article essentiel, mea culpa !
      et lorsque vous dîtes que le capitalisme financier marche sur la tête, je le redis à nouveau, il marche sur la dette, plus il s’entête, plus il s’endette, et nous avec !

  20. Et en Islande, c’est pas en train de s’arranger non plus (quoique …).
    Une info qui est passée complètement inaperçue de nos radars médiatiques, l’Islande, en pleine crise Icesave a reçu le feu vert pour sa demande d’adhésion à l’UE le 24/02 :
    http://ec.europa.eu/news/external_relations/100224_fr.htm

    « La Commission estime toutefois que l’Islande, pays insulaire du Nord de l’Atlantique comptant 320 000 habitants, devra déployer des «efforts considérables» pour aligner sa législation sur celle de l’UE dans des domaines tels que la pêche, l’agriculture et les services financiers. »
    ‘efforts considérables’ … Je crains que les choses ne s’arrangent pas pour l’Islande si elle entre dans l’UE, en particulier sur son agriculture et surtout sa pêche. La PAC ratiboisera tout ça vite fait bien fait …

    « Si elles débouchent sur une invitation à rejoindre l’UE, l’Islande prévoit d’organiser un référendum sur la question. » : à priori, selon les derniers sondages, ce serait plutôt non (vu ce qui est indiqué plus haut).

    Mais le plus drôle est à venir, surtout sachant que ce sont 2 pays membres de l’UE qui conduisent les ‘négociations’ sur Icesave, le RU et la Hollande (enfin, actuellement, plus que le RU) :
    « Sa candidature souligne le rôle de l’UE dans la promotion de la stabilité économique et politique. »
    Ben voyons …

    ça m’étonnerait fort que les islandais acceptent d’entrer dans une communauté où certains de ses membres (et pas les moindres) se sont empressés d’utiliser l’arsenal anti-terrorisme pour faire payer l’Islande pour les ‘paris’ de leurs propres citoyens !!

    On nage en plein délire.

    1. J’espère que les Islandais auront la sagesse de refuser cette « offre ».

      Quand on voit la rapidité avec laquelle les lois européennes ont dépeuplé nos « ressources » en poisson… C’est tout ce qu’il leur reste, aux Islandais. C’est ce qu’il leur reste à perdre s’ils commettaient l’erreur fatale de rejoindre la Désunion Européenne.

    2. +1 !
      ‘La Désunion Européenne’ …
      Les hiiiiiistoooires d’amooooouurrr finissent maaaaal, eeeeeeeeen généééééraaaaaaaaaaaaaaalllll !!!!

    3. @ zébu

      🙂

      Comme cette citation légèrement avinée de la chanson des Rita Mitsouko l’exprime très bien, je fais partie des anciens amoureux déçus et humiliés de la construction européenne. Je ne suis certainement pas le seul sur ce blog.

      J’ai longtemps cru à leur propagande d’une union fraternelle et progressiste entre des peuples fatigués de s’entre-déchirer.
      La naïveté a des limites. En ce qui me concerne, c’est le déni de démocratie consécutif au NON! des français qui m’a ouvert les yeux. Et je n’ai pas l’intention de les refermer.

      La Désunion Européenne…

      Si quelqu’un veut utiliser cette expression comme titre d’un livre qui exprimerait cette amère déception, je lui cède volontiers les droits d’auteurs.

  21.  » En Amérique, les choses ne sont pas en train de s’arranger, Les choses ne sont pas en train de s’arranger. »

    Évidemment lorsque la pression devient trop forte sur les êtres les choses ne sont pas près de s’arranger, et ils finissent tôt ou tard par exploser et faire tache d’huile mais pas seulement en Amérique mais partout ailleurs, et puis après on s’étonne de voir toujours plus de gens remplir les hôpitaux décidément il y a des gens qui n’ont vraiment compris au mal-être du monde.

  22. @ Yvan,

    merci pour vos réponses…
    je vois que vous avez encore qlq certitudes dans tout ce.. cette… brol.
    Moi plus aucune.
    Sauf que je suis fâchée.

    D’ailleurs étant donné qu’il commence à être avéré que nos (les) dirigeants n’agissent certes pas pour (agissent contre) le bien de leurs citoyens -ce qui me semble être leur devoir ??- n’y a t’il vraiment aucun recours légal pour les empêcher de nuire davantage.
    Il doit bien y avoir quelque chose, dans la constitution ou les droits de l’homme, un article, un alinéa qui atteste qu’ils sont en tort ?? non??!!

    1. @ Laurence

      Si on devait faire la comptabilité de toutes les entorses aux droits de l’Homme dont les tristes sires qui nous « gouvernent » se sont rendus coupables, une encyclopédie en plusieurs dizaines de volumes n’y suffirait pas.

      Au passage, merci pour ta saine indignation et pour tes appels répétés au passage à l’action. Je ne sais pas mieux que toi ce qu’il conviendrait de faire, mais je fais des bonds sur ma chaise rien qu’en l’écrivant.

    2. Je vais vous faire mal, mais la vérité est souvent amère…

      Le pouvoir « politique », ils l’ont acheté depuis longtemps… Et même s’il n’est pas complètement acheté, un responsable commercial m’a encore sorti il y a peu : « si vous ne me choisissez pas, 300 personnes vont être au chômage »…

      La prise en otage est complète et me détruit chaque jour.

  23. Les paris sur les fluctuations des prix,

    Si l’on prend l’ensemble des paris faits sur les fluctuations de prix, ceux-ci s’équilibrent à peu de chose près. (Ce qui est perdu par les uns correspond à ce qui est gagné par les autres, moins la commission de transaction)

    Alors aucun gouvernement ne pourra prendre la décision de les interdire. Sans compter qu’il suffirait qu’un seul pays les autorisent pour que cela continue comme avant.

    Les banques ne gagnent pas d’argent sur ces paris de fluctuation de prix. Ou peu, et leur but n’est pas là.

    Leur réel but est d’animer les marchés, c’est à dire de faire par quelque moyen que ce soit, augmenter le nombre de transactions sur les marchés.

    Elles gagnent en effet beaucoup d’argent en fonction de ce nombre élevé de transaction par un effet secondaire et difficilement perceptible tant il parait décoléré et simple.

    En effet, la majorité des transactions sur les marchés mondiaux se payent en dollar.

    Donc pour payer ces transactions, il faut acheter et revendre du dollar. C’est au niveau de ce double change, que l’opération génère des profits virtuels colossaux, (par l’écart entre le pris de vente et d’achat du dollar) mais uniquement en dollars.

    Et cette opération de change passe inaperçue … sauf en ce moment. Les réelles prises de bénéfices se font lors du change dollar/devise et devise/dollar.

    L’euro baisse car les banques achètent massivement du dollar (qui n’a rien couté à l’émetteur) pour pouvoir toucher le bénéfice virtuel en dollar, et le reconvertir en investissement réel (prêts à l’investissement dans les pays émergents en dollars, ou prêts hypothécaire.

    Les bénéfices virtuels, sont convertis en investissements réels. C’est pourquoi, on construit des usines et des immeubles à n’en plus finir hors europe, et que les pme ne peuvent plus obtenir d’escompte pour fonctionner normalement.

  24. enfin la reconnaissance ?
    bravo mr. jorion.
    l inteligencia parisienne va t elle faire remonter vos idée jusqu au président ,résident de la république ?
    merci pour votre « lutte ».

  25. L’absence de Juridiction Internationale,

    Aujourd’hui, toutes les banques travaillent dans un espace non réglementé international.

    Cet espace virtuel est matérialisé par les ordinateurs et les logiciels de transactions interconnectés des salles de marché et des bourses internationales.

    Cet espace n’est soumis à aucune réglementation, et aucun état ne possède de compétence territoriale pour appliquer des lois sur ce qui est fait par ces ordinateurs et ces logiciels de transactions.

    L’activité de spéculation et de création de bénéfices virtuels sur le change monétaire sont donc uniquement gérés comme un grand jeu en réseau par les banques et les places de marché.

    Ce qui permet de convertir ces bénéfices numériques virtuels en biens réels, c’est le contrôle des prix des marchandises réelles par les salles de marché et la devise de référence pour les transactions.

    Plus on achète d’une marchandise et plus son prix monte !!!

    Et cela n’est pas décidé par celui qui produit la marchandise, c’est le logiciel informatique qui le fait automatiquement selon une règle fixée par la banque.

    Celui qui a produit le bien ne touchera pas un centime de cette augmentation de prix. Voilà comment une banque absorbe la marge d’un producteur.

    Plus le nombre de transactions mondiales augmentent, et plus le nombre d’opérations de changes sur les devises en dollar augmentent et plus les bénéfices virtuels du change dollar augmentent .

    Pour convertir ces bénéfices virtuels en avoirs réels, il suffit d’investir ces dollars dans les pays émergeant (en prenant comme garantie les usines et immeubles, brevets et autres actifs réels etc … achetés en dollar) … puis d’imprimer de nouveaux dollars et d’augmenter les prix pour que les consommateurs aient besoin de nouveaux dollars et faire circuler les flux monétaires.

    1. Si l’on prend l’ensemble des paris faits sur les fluctuations de prix, ceux-ci s’équilibrent à peu de chose près. (Ce qui est perdu par les uns correspond à ce qui est gagné par les autres, moins la commission de transaction).

      Ah ! oui, vu sous cet angle là, ça paraît assez inoffensif. Vous n’avez pas entendu parler de AIG (coût : 182 milliards de dollars) ? Ou de la Grèce ? Essayez aussi « monoline » dans « RECHERCHE », dans la colonne de droite, pour retrouver une actualité un peu plus ancienne.

    2. « Cet espace n’est soumis à aucune réglementation, et aucun état ne possède de compétence territoriale pour appliquer des lois sur ce qui est fait par ces ordinateurs et ces logiciels de transactions. » : voilà qui me semble plutôt exact et fort problématique. En revanche, les lobbies s’affairent sans relâche pour que les mêmes états trouvent le moyen d’établir des lois sur internet contre les internautes.

      Nous sommes dans un monde ou « être au-dessus des autres » est synonyme de « être au-dessus des lois ».

  26. Is the United States a failing state?

    « ..The Fund for Peace identified twelve indicators of a failed state expressed in the annual Failed States Index. But failure is often more a result of perception than any objective measurement. The Index places the US risk of failure as moderate. But can a Superpower be failing? Lets examine the political, economic and social system of the US… »

    Is the United States a failing state ?

  27. @ Candy Says,

    Peut-être l’avez-vous vu mais Frédéric propose (pour réfléchir à une éventuelle action ‘collective’), de le contacter : ange.naif@hotmail.fr

    On verra ce qu’il pourra sortir de cela mais c’est une façon d’essayer au moins….

    Sinon… Quand des malveillants détruisent (ou laissent détruire)

    tout et tous et même si ils sont en tort jusqu ‘à la moëlle, on doit se contenter de regarder ? Aucune instance n’est compétente pour stopper, avertir durement les protagonistes ??

    Vous voyez, je m’étonne…. Je n’en finis pas de m’étonner…

    Officiellement nous sommes quand même encore en démocratie il me semble ?

  28. @ yvan,
    @ tous

    Hélàs tout ca est très cruel (immonde) MAIS

    pourquoi ne pourrions nous pas (;) Candy Says) dresser une LISTE de TOUTES

    les entorses commises par nos dirigeants à leurs DEVOIRS, aux LOIS ,

    aux CONVENTIONS, et à toutes les REGLES qui régissent un pays , etat,

    DEMOCRATIQUE ???

    Ca nous mettrait les idées bien au clair et en plus il y aurait un petit côté amusant.

    Et peut-être, PEUT-ETRE, que ca pourrait bien nous servir de catalyseur pour une action collective….

  29. D’autres chiffres sur cette ‘industrie’ américaine:

    ‘Il y a quinze ans, la valeur des actifs combinés des 6 plus grandes banques américaines représentaient 17% du PIB, en 2006 55% du PIB, en 2009 63 %. Simon Johnson, lui, fait aussi observer que les quatre plus grandes détiennent la moitié du marché pour les prets hypothécaires et les deux tiers du marché des cartes de crédit.Cinq banques tiennent 95% du marché des dérivés. Trois banques américaines représentent 40% du marché de placement d’actions sur le marché global. Comme je l’ai fait remarquer précédemment le gouvernement a créé ces méga-banques ( ces géants ne sont pas le résultat d’une concurrence en économie de marché ) et leur taille meme détruit l’ économie réelle, à la facon d’un trou noir détruit la matière autour de lui.’

    Les TBTF

    Si ce gouvernement avait du courage, face au fiasco en cours de la réforme financière, tous les éléments semblent réunis pour une attaque via la loi anti-trusts…

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