Les Échos, L’ENTREPRISE FINANCIÈRE NE S’OCCUPE NI DE MORALITÉ NI DE PHILANTHROPIE, le 10 mars 2010

Un entretien avec Muryel Jacque : « L’ENTREPRISE FINANCIÈRE NE S’OCCUPE NI DE MORALITÉ NI DE PHILANTHROPIE »

A quoi attribue-t-on aujourd’hui l’émergence et le développement des bulles financières ?

Jusqu’à très récemment, la théorie orthodoxe économique considérait que les bulles n’existaient pas. Et des études, même assez récentes – avant le début de la crise – continuaient à essayer de le prouver. L’idée, c’est qu’il n’était pas possible de distinguer un prix spéculatif d’un prix fondamental (c’est à dire, fondé sur l’addition des différents éléments constituant le prix). Seuls certains Keynésiens avaient développé d’autres théories, en particulier la théorie des bulles de l’économiste américain Hyman Minsky dans les années 80. Quand la crise a éclaté, il est devenu impossible de dire que les bulles n’existaient pas, puisque la bulle était en train de se dégonfler devant tout le monde… Les théories de Hyman Minsky ont alors été remises au goût du jour. Chez lui, toute économie est soit dans un processus de création de bulle ou d’éclatement de bulle, en raison même de certains défauts du système capitaliste.

Croyez-vous que la nature humaine est à l’origine de la crise, comme l’a estimé l’ancien président de la Réserve fédérale Alan Greenspan ?

C’est une autre erreur de la science économique, liée à un a priori appelé individualisme méthodologique, de penser que rien ne se passe au niveau économique dont on ne puisse rendre compte simplement en additionnant les comportements individuels. Or, dans cette crise, les acteurs individuels, en suivant simplement leur propre intérêt, n’avaient pas la possibilité d’agir à un niveau global. J’ai travaillé dans une de ces entreprises au centre de la tourmente, qui a fini par disparaître, Countrywide. Lorsque les dirigeants – que je n’essaie pas d’exonérer car ils ont eu une attitude égocentrique et égoïste – se sont aperçus que l’entreprise périclitait, ils ont progressivement retiré leurs investissements. Ils n’ont pas essayé d’agir au niveau global. Ceci dit, ils n’en avaient pas la possibilité. Il fallait une concertation à un niveau plus élevé. C’est au niveau du gouvernement, et du Congrès ou du Sénat, et non au niveau individuel des dirigeants, qu’on aurait pu agir. Or, l’illusion d’Alan Greenspan et des économistes a été de croire que seul l’individu aurait pu faire quelque chose, le niveau global n’existant pas pour eux.

Goldman Sachs est soupçonné d’avoir aidé la Grèce à maquiller ses comptes. Quel est, selon vous, le rôle joué par les grandes banques mondiales dans la dérive de certains états ?

Goldman Sachs a effectivement proposé un arrangement à la Grèce ; les prospectus à valeur légale de ces opérations sont accessibles sur internet. Mais la responsabilité de la banque n’est pas là. En fait, l’industrie financière a, par une action de lobby, permis que ce type d’opérations soit autorisé par la Communauté européenne. Ainsi, il peut uniquement être reproché à Goldman Sachs d’avoir mis de l’argent dans le groupe de pression pour influencer les politiques. Il s’agit d’une entreprise financière, elle ne s’occupe pas de moralité. Elle n’est pas non plus dans la philanthropie. Elle décide au jour le jour des opérations rentables : aider la Grèce en 2002 est rentable, et parier sur la chute de la Grèce en 2010 l’est également. La finance ne fait pas de sentiment, mais du profit pour ses dirigeants, ses actionnaires et pour ses traders qui touchent des commissions. Cependant, en période de crise, ce que j’appelle l’extraterritorialité morale de la finance devient beaucoup plus visible car elle fait la une des journaux. Dans les périodes d’euphorie, l’absence de moralité apparaît en page 19 et l’on n’en parle pas.

Comment analysez-vous le non à plus de 93% des Islandais au remboursement de la dette de la banque Icesave à la Grande-Bretagne et aux Pays-Bas ?

Il y a un vrai contraste entre la Grèce et l’Islande. La rébellion a lieu dans ces deux pays face à la question de la dette publique, mais la responsabilité de chacun est très différente. La Grèce a été incapable de mettre en place un système fiscal “ étanche ”, elle a peut-être falsifié ses chiffres, elle semble avoir été ” fantaisiste ” dans l’allocation de certains privilèges. Elle apparaît donc condamnable. En Islande, la population a la taille d’un département français. Or, dans ce tout petit pays, les banques se sont spécialisées dans la spéculation financière, prenant des risques extraordinaires. Le seul lien entre les Islandais et une responsabilité quelconque dans cette affaire, est d’avoir élu des parlementaires qui ont laissé faire. Mais leur responsabilité individuelle vis-à-vis des sommes perdues paraît très minime. D’un point de vue éthique, leur réaction paraît tout à fait logique, ils ne s’estiment pas concernés. Les citoyens ordinaires d’un pays n’ont pas nécessairement une responsabilité par rapport à la gestion de risque des entreprises existant sur leur territoire. Ce sont les politiques qui choisissent d’autoriser ou non ce type de pratiques.

La création d’un Fonds monétaire européen permettrait-elle de neutraliser les spéculations sur un éventuel défaut de paiement d’un pays de la zone euro ?

Cette idée date de quelques jours. C’est, selon moi, une réaction un peu infantile à la proposition du directeur général du FMI, d’intervenir si l’Europe ne parvenait pas à se mettre d’accord concernant une aide à la Grèce. Dominique Strauss-Kahn s’est posé en sage au dessus de la mêlée. Je ne crois pas que cela va se faire, car je pense qu’il s’agit d’une réaction réflexe. Il en est de même pour l’idée de créer une agence de notation européenne. Nous n’avons pas besoin d’instances supplémentaires. Il faudrait que les pays européens se mettent à réfléchir sur cet engagement pris avec le Traité de Lisbonne, difficilement adopté. Il ne suffit pas de l’avoir signé en forçant la main des peuples concernées, il faut maintenant faire fonctionner cette institution, notamment la solidarité européenne inscrite, même de manière hypocrite dans le Traité (on ne viendra pas en aide aux Etats sur le plan financier, mais on les aidera en période de crise exceptionnelle). La solution doit se trouver au niveau de la politique intérieure de l’Allemagne, qui est en effet le pays le plus riche de la zone euro. Mais c’est très difficile dans un gouvernement de coalition tel que celui de Angela Merkel. Je rappelle toutefois que l’Allemagne a bénéficié de la solidarité européenne au moment de sa réunification.

La régulation des produits dérivés, souhaitée notamment par l’Allemagne et la France, peut-elle vraiment limiter la spéculation contre les Etats ?

Je suis très content. Je suis parmi les deux ou trois personnes à avoir lancé cette idée. J’ai proposé depuis longtemps ce que j’appelle l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix. Dans ce cas particulier, des positions nues sur les CDS (Credit Default Swap). C’est une excellente chose d’utiliser un instrument financier comme le CDS pour permettre de réduire le risque, de le distribuer de manière à ce qu’il soit plus facile à gérer globalement. C’en est une autre de laisser quelqu’un qui n’est pas exposé à un risque en créer de toute pièce, artificiellement, en s’assurant contre un risque auquel il n’est pas exposé – donc un pur pari. Ces personnes auront un poids sur la détermination du prix du swap – si la demande augmente, le prix va augmenter. Cette hausse du prix va être interprétée par les marchés comme étant une analyse objective du risque de ces pays et, par conséquent, va les pousser à la chute. Je n’ai jamais réclamé la suppression des CDS, je recommande de les interdire dans leur fonction spéculative. Pour utiliser une image : interdire que l’on puisse prendre une assurance automobile sur la voiture du voisin. Si vous assurez la voiture du voisin, il y a un conflit d’intérêt : vous avez intérêt à ce qu’il ait un accident.

Finalement, comprend-on mieux le comportement des marchés aujourd’hui qu’en 1929 ?

En 1929, on comprenait bien les sources de la crise. Celle-ci a été très bien interprétée à l ‘époque. Si vous lisez le discours de Roosevelt en 1933, l’analyse de la crise y est excellente. Dans les années 40, la compréhension de cette crise restait bonne, mais dans les années 60 et 70, on s’est mis à réinterpréter la crise en introduisant des interprétations monétaristes, essentiellement destinées à faire disparaître les facteurs politiques qui jouaient (la mauvaise répartition du patrimoine dans la société notamment). Des auteurs comme Milton Friedman, Ben Bernanke… ont produit des analyses purement monétaristes de la crise, qui sont devenues les interprétations dominantes dans les années 2000. Donc, quand une crise identique à celle de 1929 est réapparue, le discours plus ou moins idéologique qui prévalait a expliqué la nouvelle crise en terme de masse monétaire, et non selon les mécanismes bien compris de la Grande Dépression. C’est un processus d’effacement délibéré.

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183 réflexions sur « Les Échos, L’ENTREPRISE FINANCIÈRE NE S’OCCUPE NI DE MORALITÉ NI DE PHILANTHROPIE, le 10 mars 2010 »

  1. Non, non et encore non.

    Paul, je m”accepte pas votre prise de position quand à l’exclusion des entreprises du champ de la morale.
    Science sans conscience n’est que ruine de l’âme.

    Lorsque l’on exerce une activité, peu importe laquelle on est obligé (d’abord moralement) ensuite légalement d’exercer ladite activité d’une manière qui ne soit pas inutilement préjudiciable à autrui.
    Autrement dit, lorsqu”on à le choix de plusieurs façon d’agir il faut choisir celle qui ne porte pas ou porte
    le moins possible préjudice aux tiers.

    Ne pas agir de la sorte est une faute, si l’on établi un lien de causalité entre cette faute et un dommage
    la responsabilité est établie avec pour corollaire le devoir d’indemniser.

    1. “Science sans conscience n’est que ruine de l’âme.” : et le confort matériel sans conscience, c’est quoi ? Le journaliste a posé de très bonnes questions, seul le titre peu paraître regrettable: il laisse entendre que l’interviewé reconnaît le cynisme des entreprises financières comme une donnée incontournable. Mais on peut dire aussi qu’il invite le lecteur à prendre position, à approuver ou regretter qu’il en soit ainsi.

    2. Paul n’exonère pas pas les sociétés capitalistes de toute immoralité, il en fait juste le constat.
      Nous sommes dans des systèmes où l’hypocrisie est “admise” comme paramètre de “rouerie”.
      Tout est devenu commercialisable de nos jours.
      Ce manque d’éthique atteint l’art et le sport.
      La médecine et la religion…
      Or le moindre acte de “vente” contient un soupçon d’immoralité.
      Comment garantir que dans toute transaction règne la justice, celle de l’impossible Win-win?
      Il faudrait interdire le mensonge.

      On verra çà après l’apocalypse sans doute?

    3. Il me semble que le terme entreprise n’ait aucune vocation au “sociétal agir pour l’ensemble” , une entreprise est entité économique de services, d’attaque et d’action pour ou contre quelqu’un ou quelque chose.

      Cette entité économique ne peut être contrainte que par la loi en encadrant ou interdisant certaine spéculation, sans contrainte, seul leur importe la rentabilité dont il tire profit par leurs salaires ou leurs avantages.

      Ou on légifére avant, ou pourquoi pas après en reprenant les plus values par l’impôt.

      Notre choix de société est simple, profits sans limite ou avec limitation, et ou fixer la limite. Question essentiellement politique et quel (le) politique sera capable de fédérer sur cette question?

    4. Excellente interview, très pédagogique. Le titre choisi est en effet un peu bizarre.

      Je suis d’accord avec Piotr: c’est un constat, et il est digne d’intérêt (plus qu’un autre comme “le ciel est bleu”) justement parce qu’il sonne bizarrement. Il pose en effet indirectement les questions: pourquoi l’extraterritorialité morale de la finance? Pourquoi légaliser des comportements immoraux? Est-ce que cela a toujours été comme ça? etc..

    5. Je voudrais ici citer John Berger, aussi lucide que Paul Jorion: “C’est ici que la pensée de Zygmunt
      Bauman est lumineuse.Il fait ressortir que les forces des marchés d’affaires qui maintenant gouvernent le monde sont ex-territoriales, c’est à dire libérées des contraintes de territoire-les contraintes inhérentes à la localisation. Elles sont perpétuellement éloignées, anonymes, et, ainsi,
      ne sont jamais obligées de prendre en compte les conséquences physiques, territoriales de leurs actions..Les forces du marché qui dominent le monde affirment qu’elles sont inévitablement plus fortes que n’importe quel Etat-nation..Le résultat c’est que la plupart des gouvernements ne gouvernent plus..La plupart des gouvernements rassemblent le troupeau au lieu de tenir le
      gouvernail.” ‘Dans l’entre-temps: Réflexions sur le fascisme économique, 2009

    6. Alors, si les entreprises doivent être “morales, citoyennes, patriotiques, franches, laborieuses, etc… (on peut rajouter le liste des 7 vertus aussi )”, il faudra interdire les fabricants de couteaux, allumettes, hachoirs, etc qui sont des objets pouvant servir à des criminels…..

    7. On n’imagine pas de demander à la mafia de devenir morale, d’arrêter ses pratiques et de redistribuer ses bénéfices comme Robin des Bois. Et pourtant, à l’origine, la mafia était une union de paysans conte les abus des propriétaires terriens. Mais la mafia s’est transformée et n’est plus qu’une unions de gangsters. On n’espère donc pas une moralisation de la mafia mais on lutte pour mettre ses membres hors d’état de nuire. Difficile car elle bénéficie de tant de relais au sein de l’appareil politique de la Sicile…

    8. Si les banquiers étaient plus vertueux que les joueurs de foot, ça se saurait. Comme il y a beaucoup d’argent en jeu dans les deux cas, sans des règles adaptées et les moyens de les faires respecter, c’est la jungle dans les deux cas.

    9. L’impuissance des politiques, alliée à la collusion de certains d’entre eux avec la haute finance…

      La politique ne s’occupe pas plus de philanthropie qu’elle ne s’évertue à réduire les inégalités sociales.

      La volonté de puissance a été exacerbée et ultra-libérée par la “droite décomplexée”.

      Accélérateur “pied au plancher” … jusqu’à la rupture.

    10. A propos du titre.

      On pourrait dire finalement, que la finance a le rôle de la chasse dans la tribu primitive.

      Tuer n’est pas une bonne action en soit, mais c’est la seule façon que nous avons trouvé pour alimenter correctement nos semblables.

      Vivre de l’habileté à manipuler l’argent n’est pas une bonne chose en soit, mais c’est la manière la plus efficace d’alimenter la conquête du monde.

      Donc, les autres, nous, ceux qui profitent de ces actions mauvaises, les tolèrent pourtant, au nom des avantages qu’ils en tirent.

      Jusqu’au jour où….

    11. Eomenos,

      Je pense, comme d’autres ici, que Paul Jorion fait un constat. Je pense également que la morale devrait retourner dans les entreprises. C’est là que les ennuis commencent.

      Quelle morale appliquer ?

      Vous proposez celle de ne pas faire ou aussi peu que possible de mal à autrui. Bien beau. Qui est autrui ? Pour vous, qui est autrui ? Comment transposez vous cela à une entreprise ? Quand vous achetez un produit quelconque, comment appliquez vous votre idée de la morale ? Si vous la négligez, pourquoi ? Jusqu’où s’applique votre morale ? Si c’est à toute la planète, comment faites vous pour éviter de léser quelqu’un que vous n’avez jamais vu ou même entendu parler ? Si c’est moins, pourquoi vous arrêtez vous à cette limite ? Une des grosses difficultés de votre idée est qu’elle exclut de savoir qui est autrui. Il faut faire sans.

      Je pense que dans les trous de votre morale j’arrive à placer une autre morale. Elle est cynique mais rationnelle, mesurable et même parfaitement applicable. “Ce qui rapporte est bien. Ce qui coûte est mal.” Le reste est laissé à l’autorégulation du Marché. Les paris sur les fluctuations rapportent. Donc ils sont biens. Autrui est toute personne avec qui je fais affaire. Ne pas le léser ou minorer la lésion se fait par le jeu de la concurrence. Jeter des déchets spéciaux au large de la Somalie fait faire des économies ou rapporte. Donc c’est bien. Autrui est ici Somalien. Si vous en connaissez, tant mieux. Pour moi, ils sont généralement invisibles et inconnus. En plus, ils n’intervenaient pas dans ces opérations. Donc tout était bien. Après, ils sont devenus pirates. Cela “prouve” que les mécanismes du Marché fonctionnent. Votre morale est sauve. Elle fonctionne.

      Je ne vois pas du tout en quoi elle peut améliorer notre situation. Je ne vois pas comment elle permet de reconnaître à autrui une dignité par exemple. Je ne vois pas en quoi elle contredit la logique financière qui nous a menés dans le trou et qui recommencera.

      Votre idée de la morale ne marche pas.

      Quelle morale ?

    12. Eomenos, comme toujours lors d’un entretien, le titre n’est pas de moi. Quiconque lit ce qui est écrit comprend que mon « constat » est une « condamnation ». Voilà plusieurs années d’ailleurs que je dénonce comme intolérable ce que j’appelle l’ « extraterritorialité morale de la finance ». Votre remarque est d’autant plus inattendue que vous êtes un lecteur d’ancienne date du blog.

  2. Vous évoquez l’aide reçue par l’Allemagne lors de sa réunification. Peut-on la chiffrer ?

  3. @ Paul
    Excellente synthèse , modérée et très intelligible, (probablement percutante) je vous trouve toutefois un peu “sévère” avec le peuple grec, il me semble qu’en Grèce aussi, le peuple ,(mis à part l’élite et probablement la fonction publique (et encore, je parle peut-être sans savoir)) n’a pas plus qu’ailleurs bénéficié des petites et grosses “magouilles” de son élite politique et économique.

    1. @heam
      On peut voir de plusieurs façons dont:
      Le déficit structurel grec a financé des emplois ….
      Le déficit provient d’une non rentrée de taxe…..
      Dans les 2 cas, c’est bien le pays tout entier qui a bénéficié de ce déficit !
      Mais c’est certainement plus démagogique de dire que seules les grosses fortunes et les entreprises sont les bénéficiaires des largesses du monde politique !

    2. @Hema,
      La Grèce n’est vraiment pas exempte de reproche : C’est l’un des seuls pays d’Europe où il n’y a pas de cadastre ! Alors imaginez les “petits arrangements” entre amis que cette situation engendre, et la difficulté qu’a le législateur pour percevoir l’impôt. Pourquoi les choses n’ont-elles pas évoluées en Grèce de ce côté-là même avec les demandes réitérées de l’Europe ? Parce que politiciens et citoyens se contentaient de cet état de fait qui de toute façon arrangeait le pouvoir en place. C’est maintenant que l’Europe se rend compte qu’elle ne disposait d’aucune entité capable de contrôler l’utilisation des subsides et autres aides qu’elle a déjà versée avec un législateur qui cultivait le flou.

  4. Bonjour,
    Je cite : “La finance ne fait pas de sentiment, mais du profit pour ses dirigeants, ses actionnaires et pour ses traders qui touchent des commissions.”
    Voilà qui est simplement et clairement dit, quant à la morale, elle change de visage selon celui qui la porte. La morale d’un financier n’est pas celle d’un ouvrier, et puis, par rapport à ce que dit Eomenos, il me semble que dans notre société ce qui est obligé n’est pas d’ordre morale mais d’ordre juridique. Si la morale était une obligation, ou bien on continuerait à prendre des coups de règle sur les doigts à l’école (ce qui n’est pas souhaitable), ou bien le monde ce porterait mieux, ce qui n’est pas le cas.

    1. Voilà bien mis les points sur les I, je pense que ce commentaire ne serait pas renié par le pertinent juriste qui intervient sur ce blog de temps en temps (Alain GAUVIN).

    2. Notre société a exercé sa liberté de choix, au sens de poser ses propres règles contraignantes dans un cadre éthique.
      Chacun, à tous les niveaux, a du contribuer, de près ou de loin, aux manques de contraintes qui ont permis les dérives.
      Tout peut fonctionner comme une maladie auto-immune… il est des associations qui dérèglent le système et le cadre éthique semble être rongé.
      Lorsque j’ai eu plusieurs fois l’occasion d’entendre au ministère les “constructeurs” de textes juridiques, la morale était absolument très présente, et la première fois j’ai été très surprise de l’importance de cette dimension dans leur réflexion (agréablement). Il y a eu quelque part un manque grave de ce côté là.

    3. Denis,

      Superbe commentaire. Je vous rejoins totalement. La morale n’est plus une obligation. Elle change selon la tête du client. Ce qui est obligatoire est de nature juridique.

  5. J’ai compris toute la rouerie du système des CDS appliqués à la Grèce dans une déclaration de M. Papandréou disant que l’on ne peut pas assurer ce qui ne vous appartient pas, que si l’on a la possibilité d’assurer la maison de son voisin, on peut être tenté d’y mettre le feu pour toucher la prime d’assurance. Les dommages c’est pour le voisin, la valeur estimée du bien c’est pour le bénéficiaire du contrat d’assurance.
    Quelle belle invention de la finance !
    Vive l’Amérique ! Mâle dominant dans cette affaire. Vive le rêve américain !

  6. Juste comme ça, histoire de vérification, …
    mais lorsque un employeur (un laboratoire pharmaceutique, une banque, …. )
    rétribue sa main d’oeuvre à la commission, ces commissions sont bien évidemment exonérées de charges sociales …
    (et aussi de CRDS, du remboursement de la dette sociale, prélevée à la source sur chaque salaire, fut-il même dérisoire, depuis que ce cher Juppe nous a vendu la dette de la sécurité sociale à l’internationnal -scandale de la CADES-. …)

    1. @cecile
      Vous n’avez jamais entendu parler des redressements sociaux de “tupeware ” ?
      Vous pouvez toujours demander à votre conseiller financier d’agence bancaire s’il est assujetti ou pas sur ses com !

  7. Eomenos, je crois qu’il s’agit moins d’une prise de position qu’un simple constat sur ce que SONT ces trop grandes entreprises, indépendamment de ce qu’elles DEVRAIENT ETRE.

    Foin d’abus de majuscules, cela me rappelle un bouquin de Joel Bakan, intitulé en français “Psychopathes & Cie – La soif pathologique de profit et de pouvoir” (ISBN-13 : 978-2894722633), et en VO “The Corporation”.

    Un bouquin plus très neuf, et difficilement trouvable sauf peut-être en occasion, mais néanmoins toujours d’actualité…

    1. @celuiquibraille

      C’est drôle, monsieur, je viens juste d’écrire un texte ce matin, sur mon blog, qui s’appelle “le psychopathe…?”
      Venez-y voir, ça ressemble au texte que vous citez et que je vais rechercher activement… car de la psychopathie du système, ma foi, je suis bien persuadée… et je passe aussi mon temps à brailler dans le désert… mais peut-être qu’un jour, des milliards de brailleurs vont se “lever” et “marcher”..
      D’accord, ça paraît un peu miraculeux, et j’ai revu récemment grâce à Paul Jorion, un extrait de la douce utopie fumiste de l’An O1 (cela dit, toute la troupe d’Hara-Kiri était au complet, z’étaient drôles, mais pas les plus politisés de l’époque quand même…), mais je pense que ce sera moins drôle en fait…
      Bref, à bientôt celuiquibraille, j’aime bien votre pseudo…

  8. Donc “les grecs” sont tous coupables, depuis la femme de ménage jusqu’au parlementaire ? Bien… Même les enfant grecs de moins de 15 ans sont coupables, plus coupables en tout cas que les enfant islandais ?

    1. Quand on accepte un héritage, on récupère le passif et l’actif. Pourquoi voyons -nous aussi peu de jeune en politique?

    2. Précisément, on ne peut pas refuser l’héritage de la dette publique.

      De sorte que certains naissent avec une dette, d’autres avec la même dette, toute relative pour eux, mais aussi avec une créance, majeure celle-là.

      Certains peu ou prou esclaves économiques, d’autres bénéficiaires de la sujétion de fait des premiers.

      Mise en cause directe, mais peu perçue encore, de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

    3. Ouais Lisztfr. Par contre les Islandais ne sont coupables de rien. Ils vivaient comme des nababs sans rien produire ou presque, mais c’était pas de leur faute. C’était à cause de leurs élus qu’ils n’ont pas bien surveillés (250 000 habitants, ils sont tous plus ou moins cousins sur l’île).

    4. @lisztfr, @ ses répondants + Albin et Bertrand

      J’ai écrit un peu plus tôt sur ce billet, un message dans le même sens que celui de Lisztfr, avec à peu près les mêmes réponses: “coupables, ils doivent payer”, visiblement je n’ai pas été compris.

      J’essaye donc de préciser ce que je pense: si mes parents avaient dépensé sans compter et me laissaient une montagne de dette, je refuserais probablement l’héritage, si en plus ils m’avaient laissé pour toute éducation; les principes d’adhésion (lucide ou naïve) à la FOLIE FINANCIERE qui a submergé la planète, je serais limite en colère contre eux et ça, que je sois Grec, Islandais ou Papou.

      Par ailleurs, si j’insistais sur le mot peuple, ce n’est pas spécialement par démagogie, mais plutôt parce ce que j’ai lu avec attention et un formidable intérêt , un ouvrage d’HOWARD ZINN sur les évolutions sociales aux Etats-Unis, (déjà cité sur ce blog, malheureusement à l’occasion de son décès récent).
      (rèf à suivre ce soir pour ceux que ça peut intéresser)

      Cordialement à tous.

    5. Marc Peltier,

      Vous parlez d’une atteinte aux droits de l’homme. Cela m’intéresse. Pourriez vous développer cette idée je vous prie ? Quel(s) droit(s) est (sont) atteints ? Comment ?

    6. @Didier

      Oui, je pense que la dette publique massive et pérennisée (ou éternelle), met à mal l’égalité proclamée entre les hommes, d’une façon indirecte et inédite dans l’histoire.

      La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ne statue pas sur la différence de fortune à la naissance. Elle ne proclame qu’une égalité de dignité et de droits. On peut naître riche ou pauvre, mais on ne peut pas naître esclave, ou assujéti à quiconque du seul fait de la naissance.

      Cependant, dans une situation ou la charge de la dette publique devient majeure dans le budget d’une nation, tous les enfants qui y naissent en subiront les conséquences, sans échappatoire possible, par le prélèvement de l’impôt, dont une partie significative servira les intérêts dûs, partout dans le monde, mais aussi dans la nation considérée elle-même, aux titulaires des créances publiques.

      Tous les enfants des états endettés naissent donc débiteurs, en principe à part égale, mais certains naissent également créanciers, par le biais de créances publiques héritées. Si les créanciers et les débiteurs étaient sociologiquement peu ou prou les mêmes, la dette publique ne poserait pas le problème que je discute. Mais, au sortir de l’ère néolibérale, l’état de la société est que les créanciers sont beaucoup moins nombreux que les débiteurs, et qu’ils sont concentrés dans une même classe sociale.

      Le résultat net est que, par le seul fait de naître, certains, les plus nombreux, devront quelque chose à certains autres, très peu nombreux, et déjà avantagés par leur condition sociale. Il ne s’agit plus d’une simple différence de fortune, il s’agit, selon moi, d’une forme d’assujétissement, contraire à la D.U.D.H.

      J’insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas non plus de la dette essentielle que nous avons tous vis-à-vis des générations précédentes, ou de la biosphère, etc… Il s’agit d’un mécanisme nouveau, lié à la dette publique éternelle, qui pérennise l’inégalité sociale et la fait changer de nature.

      Merci d’avoir relevé cette idée, que j’espère voir reprise et discutée…

    7. Monsieur Peltier,

      Ce fut un plaisir pour moi. Vous me donnez une idée de réponse à la question très prégnante pour moi de savoir que mettre à la place de l’appât du gain ou des relations économiques pour relier nos “frères humains”. J’accepte sans difficulté l’idée qu’une dette à la charge d’un héritier, sans que ce dernier puisse la réfuter, est un assujettissement. C’est un engagement pris à ses dépends.

      Est ce que ces dettes ne sont pas prises au nom d’un groupe, qui lui est pérenne ? Le temps remplace les membres du groupe par leurs enfants. Cela introduit deux niveaux de responsabilités, le groupe et ses membres. Si le groupe décide librement de prendre un engagement, est ce que ce dernier n’est pas engagé durant toute son existence ? Est ce qu’il n’y a pas un conflit d’intérêt entre les membres du groupe et leurs descendants ? Les premiers ont intérêt à accepter cette dette. Les seconds ont intérêt à la récuser. Si l’intérêt de ses membres prime, comment le groupe et ses engagements peuvent être pris au sérieux ? Si l’intérêt change, le groupe va changer ses engagements et il n’est plus possible de croire à la parole de cette personne morale. Le groupe va imposer une loi commune à tous ses membres (il faut payer ses dettes) ou obéir à la volonté de ses membres selon l’intérêt de ces derniers (il ne faut pas croire ce groupe). C’est une difficulté.

    8. @Marc Peltier et Didier
      Merci vous votre éclairage sur les liens “dette publique-DUDH”, je n’avais pas relevé lors du dernier commentaire de Marc Peltier et c’est fort interressant.

    9. Ainsi, sans phrases, la démonstration qu’une société de classes est immorale vient d’être faite !

      Une société de classes est la conséquence directe d’une société dominée par le mode de production capitaliste qui constitue deux classes fondamentales opposées par leurs intérêts… mais ces intérêts sont assymétriques : les uns sont moraux, les autres sont immoraux !

      Points sur les i pour ceux qui ne sont pas familiers de l’économie politique :
      la classe capitaliste a le droit d’imposer l’achat de la force de travail au prix qu’elle veut et d’en tirer une survaleur qu’elle ne paie pas, ce qui est radicalement immoral ;
      la classe prolétaire est obligée de vendre sa force de travail à un prix imposé et de la voir exploiter, sa revendication de se libérer de ce contrat léonin est donc moralement juste.

      La dette publique n’est qu’un épisode, un moyen supplémentaire, pour diminuer le coût de la force de travail et d’augmenter l’exploitation de la survaleur.

      Le non respect de la dignité humaine dans “nos sociétés” n’est qu’une conséquence directe du fait que ces sociétés sont capitalistes.

      Le seul moyen de respecter la dignité humaine est le dépassement (abolition et remplacement par quelque chose de meilleur) du capitalisme et l’émancipation de chacun et de tous hors d’une société de classes.

  9. Ne pensez vous pas que fondamentalement l’erreur vient de demander au privé de financer le public ?
    Pourquoi, si les Etats ont des besoins, la main d’oeuvre nécessaire, l’énergie disponible ne peuvent-ils financer directement au moins les investissements?

  10. La question de la responsabilité d’un peuple, et donc des individus d’un pays, face aux conséquences négatives des décisions malencontreuses de parlementaires démocratiquement élus est intéressante.

    Suite justement à une gestion malencontreuse des crises économiques des années 1970 et 1980, la dette publique de la Belgique s’élevait en 1990 à 130 % du PIB et représentait une charge de 10 % du budget de l’État.

    Cette dette a été ramenée à 91% du PIB en 2009 au prix d’une politique de rigueur drastique. Chaque citoyen belge à été mis à contribution, d’une manière ou d’une autre, qu’il le veuille ou non !

    Je ne vois personnellement pas comment échapper aux conséquences de cette responsabilité collective issue de la démocratie.

    1. Dans l’ensemble, une dette est faite pour ne pas être payée. Vous ne pourrez jamais rembourser l’argent, le temps et l’amour que vos parents vous ont donnés, en tout cas la vie qu’ils vous ont donnée….

      Cela s’appelle la dette infinie, qui se décline en culpabilité. eh bien en économie, maintenant on en arrive là. Le régime normal d’une dette est de na pas être remboursée, mais nous gratifions les créanciers de notre amitiée sincère….

      Les agences de notations sont encore trop bonnes, toutes les dettes méritent la pire des notations possibles. A part les intérêts, ils ne reverront pas le premier centime de leur argent.

      C’est ce que Steve Keen appellerait sans doute le paradigme de l’économie en déséquilibre, dans lequelles il subsiste toujours des dettes, où justement rien n’est en équilibre.

    2. @Lisztfr

      Vous êtes à coté de la plaque…

      Je ne crois pas que vos parents vous est fait un prêt d’argent, d’amour et de temps : ils vous les ont donné mais peut-être en avez vous manqué ? Ou alors ils vous le rappellent car votre comportement ne les satisfait pas pleinement ?

      Les rapports parents-enfants ne sont pas toujours évidents, mais une option plus positive est de se dire que l’on rembourse (ra) ses parents, intérêts inclus, avec ses propres enfants…Et lorsque l’on en a ados, on comprend parfois, rétrospectivement, mieux ses parents.

      Donc toute dette est faite pour être payée, cela permet d’être mieux avec soi-même et fait grandir en maturité.

    3. Excellente remarque de Jean-Paul de Bruxelles, et j’ajouterai que si les dirigeants ont fait des erreurs, ils ont été mis en place par le peuple. Quelles que soient les mesures de régulations financières à prendre, quels que soient les futurs mécanismes monétaires et de financement des Etat il est clair que des mesures d’austérités drastiques devront êtres prises (baisse radicale du nombre de fonctionnaires, baisses de prestations sociales etc…), et même si cela a pour conséquence une chute de la demande, ou une dégradation du niveau de vie, ce sera le prix à payer, car se sera finalement la moins pire des solutions.

    4. Je répondais à Jean-Paul,mais le point de vue de Lisztfr est à prendre en considération…
      Il n’y a que les dettes de jeux qui doivent être honorés sous peine de graves sanctions…

    5. @Jean-Paul de BXL

      Comment aborder à votre question ?

      Au sens des lumières, le régime « eau et pain sec » n’a de sens qu’accompagné des moyens de rendre l’individu déviant plus responsable pour l’avenir, cette démarche peut -elle être traduite collectivement ?

      Nous avons collectivement toléré les déviants financiers, sans nous donner les moyens de classer leurs actes comme délits. Par cette tolérance, nous avons fauté collectivement, il faudrait donc que « la société paye ses dettes » et que de ce régime sévère, elle acquiert pour l’avenir plus de responsabilité. Certains sont plus coupables que d’autres certes. De plus, la définition d’un acte comme délit n’implique pas la fin de l’indifférence au délit, comment faire ? Un tribunal d’opinion sur la dette n’aurait aucun intérêt, il polariserait l’opinion en deux camps, les pros Jorion et les antis Jorion, c’est une tactique pour la guerre suivante, si celle-ci devait être perdue, ce qui ne semble pas.

      P.J. (Effectuant la percée épistémologique du siècle 🙂 nous a montré que toutes les reconnaissances de dettes ne se valent pas. Aussi, un débat démocratique organisé à l’échelle de l’Europe, permettrait déjà de les sérier, d’en rembourser certaines moins que d’autres ! Il s’agirait donc de faire, en toute connaissance de cause ce que l’inflation ferait mécaniquement et en toute injustice. En outre, le « repositionnement social par l’inflation » se ferait comme à l’accoutumée, au détriment des moins forts et à l’avantage des plus astucieux (dans l’invention de l’exploitation de l’autre). Souvenons nous du « soyons courageux endettons-nous » de l’Attali d’il y a un peu plus d’un an.

      Peut être que la dimensionnalité créancière de la monnaie déjà esquissée par Paul, dans l’annexe à “l’Argent mode d’emploi pourrait servir à la rationalisation”, l’objectivation, des rapports de forces entre groupes sociaux qui ne manqueront pas d’apparaître au grand jour lorsqu’il faudra remplir les écuelles avec moins. Plutôt que d’en venir aux mains nous en viendrions aux chiffres, à commencer par relire leur accumulation, mais cette fois, avec une bonne paire de lunettes. Accessoirement, étudier les chiffres de la dette dans une nouvelle perspective éviterait d’en revenir au fétichisme de la monnaie tel que ne le connaissons et qui en arrange tant ! Si cette marche arrière était souhaitée, « l’inflation » évoquée comme force naturelle irrépressible faciliterait la régression du niveau de conscience.

      Même s’ils devaient une fois encore se piéger une fois encore dans la conception primitive de l’argent, les Européens se souviendront toutefois que leur personnel politique n’a pas été à la hauteur. La Commission européenne devrait sur ce point se doter d’une « task force » qui nous protégerait de la survenance des néophytes. Certes, il sera difficile de faire comprendre à certaines fractions des classes moyennes, qui a en aura profité pendant vingt ans, mais pour tout perdre en un rien de temps, qu’un taux d’intérêt supérieur à l’augmentation de productivité des entreprises, c’est à terme risqué et dans le fond illégitime. De leur côté, les supporter de l’OM devront comprendre que les salaires de leurs idoles ne justifient pas les salaires des traders ; ces prises de consciences sont nécessaires. Le moment est favorable, mais ne le sera pas éternellement !

      L’interdiction des paris sur les fluctuations des prix semble une étape sur le point d’être acquise par l’establishment, devons-nous considérer que « c’est déjà bien ainsi pour autant que les mesures prises dans ce sens ne soient pas trop restrictives ? » Ou bien devons-nous pousser le bouchon plus loin… et apprendre un peu plus encore de nos erreurs ? Allez…, on nous offre une chance de réhabilitation, saisissons-la .

    6. @Jean-Paul de Bruxelles: la dette belge a donc été réduite de 130 à 90, mais au cours d’une période relativement faste où les autres pays d’Europe n’étaient pas eux aussi contraints de se serrer la ceinture. Quand tout le monde cherche à se désendetter en même temps, c’est une autre histoire… Sans compter que la Belgique y a laissé des plumes: qu’est devenue Fortis dans l’histoire ? Cela dit, quand le problème se posera pour la France, on pourrait vendre la BNP et la SG aux Chinois au lieu de se mettre au pain sec… De toute façon, la nationalité des dirigeants ne fait plus aucune différence.

    7. Cela a changer quoi cette politique d’austérité?
      Rien. Les pauvres sont plus pauvre et les riches plus riche.
      Faire croire qu’une austérité ainsi menée va relancer la machine économique est une fumisterie, un mensonge grossier, une malhonnêteté.
      D’accord avec l’austérité, mais la vraie, celle qui permettra d’améliorer le bien être avec 10 fois moins d’énergie.
      Il faut aujourd’hui investir massivement dans cette direction avec comme préalable un changement dans sa manière de penser.
      En attendant, la crise a cela de bien, amener les citoyens à réfléchir sur son devenir, c’est déjà cela de pris, mais pour le reste tout reste à faire.

  11. Le problème c’est justement que la morale du financier n’est pas la même que celle de l’ouvrier, ou mieux encore, du citoyen.

    Le fait est que le financier n’a pas de morale, non pas que lui-même en tant qu’individu ne serait pas moral par ailleurs, mais parce que le cadre même dans lequel sont définies ses activités ne lui prescrit aucune moralité. Moralité ici ne veut pas dire qu’il y a obligation morale mais que la dite activité se trouve inclue dans le champ de la moralité, autrement dit que puissent s’établir et s’exercer des jugements moraux.

    Depuis la renaissance, l’homme s’est émancipé de l’action divine entrant ainsi dans l’ère historique de la morale et de la politique . Seule l’économie et la finance y échappent encore. Et rien ne saurait justifier cet état de fait si ce n’est l’idée d’un marché divin et efficient qui vient de montrer une fois de plus sa monumentale faillite. C’est d’ailleurs pourquoi Paul Jorion propose l’idée d’une constitution pour l’économie précisément pour faire entrer l’économie dans le champ de la moralité. Aujourd’hui, au sein de l’entreprise, moyens, contenus et buts des activités sont jaugés d’abord à l’aune du profit qu’ils rapportent. IL serait temps que ces activités soient jugées enfin pour ce qu’elles sont : des activités humaines à part entière.

    Moraliser le capitalisme ce n’est donc pas demander aux entrepreneurs et aux investisseurs d’être spontanément vertueux, mais de faire en sorte que leurs activités se définissent désormais à l’horizon d’un bien commun. Pour cela il faut des règles, comme celles qui seraient inclues dans la constitution pour l’économie.

    1. Pierre-Yves D., on ne saurait mieux dire.

      Il ne faut pas perdre une occasion de montrer que les comportements économiques, présentés et accomplis comme a-moraux, sont pratiquement toujours immoraux selon la morale commune (ne fais pas à autrui ce que tu ne souhaiterais pas subir de lui, par exemple).

      Il y a encore du chemin à faire pour que devienne minoritaire l’opinion selon laquelle, en économie, ou dans le commerce, il est normal et sain de raisonner hors morale, et uniquement en fonction de son intérêt. C’est encore l’opinion commune, qui s’exprime spontanément dans les actes micro-économiques quotidiens : profiter d’une bonne affaire, d’un “bon plan”, d’un petit privilège, sans trop se demander ce qu’ils signifient en termes moraux…

      Il y a donc une bataille idéologique à gagner, avant de faire accepter l’idée d’une constitution pour l’économie : Mettre fin, dans la majorité des consciences, à l’exception d’amoralité en économie.

    2. Tout à fait d’accord avec vous, Pierre-Yves, mais “moralité” n’est pas le mot juste. Ne pas oublier que la morale concerne surtout les mœurs, au 1er rang desquels la sexualité. Il faut parler de justice, et ça change tout. Faute d’être philosophe comme vous-mêmes ou Claude Roche, je ne saurais dire pourquoi, mais voyons sur un exemple qui me tient à cœur: le risque pris par un créancier. Quand il se retrouve face à un mauvais payeur, on peut mettre tous les torts sur ce dernier en lui rappelant ses “engagements”. (Cf. M. Gauvin) Mais le créancier aussi s’était engagé, sous forme d’une prise de risque, comme le faisait jadis un mousse en s’engageant dans la marine à voile. Est-il juste, si le débiteur se retrouve sincèrement en difficulté, qu’il soit seul à supporter et ses propres engagements, et le risque pris par le créancier ? Je ne sais pas si j’ai été convaincant, mais pour moi il est sûr que ce n’est pas une question de morale mais de justice. Au demeurant, dans son discours de Toulon, Sarko a parlé de “moraliser” le capitalisme, pas d’en reconstruire les fondements juridiques.

    3. @Crapaud Rouge,

      Vous faites bien, pour éviter toute confusion, de le préciser, je pensais en effet à la moralité au sens philosophique du terme et non pas aux moeurs ou à la sexualité. Plus précisément il s’agit de la moralité comme capacité d’une communauté politique – et donc chacun ses membres — à apprécier et juger de ses actions en termes de bien et de mal à l’horizon d’un bien commun et donc d’une justice.

      D’un point de vue plus historique, il est admis que les humains sont entrés dans l’ère historique de la moralité depuis la Renaissance. Alors qu’auparavant Dieu était la référence ultime pour juger des actions humaines si bien que l’Histoire était celle des humains rapportée au Royaume de Dieu, désormais c’est la communauté politique centrée sur l’Etat souverain qui fait l’histoire : les humains devenus maîtres et responsables de leurs actions sont désormais seuls à pouvoir déterminer le cours de l’histoire,

      J’aurais pu dire aussi éthique mais dans le langage courant, ou même pour une certaine tradition philosophique, l’éthique est souvent assimilée au versant individuel de la morale, même si pourtant, depuis Aristote, éthique et politique se présupposent l’un l’autre. L’éthique c’est la capacité individuelle effective à trouver en autrui un alter égo pour une communauté de destin à l’horizon d’un bien commun en vue duquel on développe une capacité de discrimination pour juger des affaires de la politique.

      Votre exemple est excellent, il permet de mieux montrer la différence qui existe entre morale de l’homme d’affaires et moral au sens auquel vous et moi l’entendons, c’est à dire la morale pour une justice.

      Il existe en effet une relation de réciprocité entre créancier et débiteur, et c’est sur celle-ci que repose en fin de compte le droit des affaires. Mais ce n’est pas vraiment une morale — ou éthico-politique, car elle se fonde sur la notion d’intérêts réciproques à l’horizon d’un bien commun, certes, mais dont le critère exclusif est la richesse des nations. Et encore, depuis que nous sommes entrés dans l’ère de la globalisation il ne s’agit même plus de richesses des nations, mais de la richesse de certaines classes sociales dont les intérêts sont liés à la globalisation exterritorialisée, ce qui achève de faire de l’économie une chose abstraite. Bref, la définition du bien commun ne revient plus à la communauté politique puisque c’est la sphère autonome de l’économie qui s’en charge. Dans la morale de l’homme d’affaires le juste n’intervient pas, il s’agit simplement du respect d’un engagement purement formel dont le seul but est que les affaires puissent se réaliser.

      Il s’agit donc de faire maintenant des affaires des hommes d’affaire notre affaire à tous et à chacun.
      Autant dire que le débiteur de votre exemple, s’il est bien victime du monde abstrait de l’économie, il lui revient tout de même la possibilité, et même le devoir, de s’interroger sur la nature des contrats de toutes nature auxquels il souscrit. A cette seule condition il peut-être citoyen à part entière. Bien entendu l’action individuelle n’y suffit pas, d’où l’intérêt d’une action collective, politique, après avoir compris les enjeux de notre situation. D’où encore l’importance d’une université populaire, ce qu’est un peu ce blog finalement, pour contribuer à la formation éthique du citoyen.

  12. Citation de Jean-Paul de Bruxelles : « responsabilité collective issue de la démocratie ».

    Examinons, s’il vous plait, cette question de « responsabilité collective ».

    Si on était en démocratie alors effectivement les citoyens seraient responsables des décisions prises. Mais ce n’est pas le cas.

    Pour comprendre ce qu’est la démocratie véritable, il faut en premier lieu prendre conscience des idées faussement inculquées sur ce qu’est la démocratie.

    Il ne faut pas, comme c’est très souvent le cas, confondre la démocratie avec le fait de pouvoir élire les représentants. Être représentés par des députés, élus selon la règle de la majorité des citoyens s’exprimant dans le secret, ne signifie pas qu’on est en démocratie. L’explication suit.

    D’autre part l’existence du droit de grève et du droit de manifester publiquement ne signifie pas qu’on est en démocratie. Notamment les grèves générales, qui paralysent l’activité économique d’un État, pénalisent surtout ceux qui manifestent ainsi que les citoyens qui ne sont pas visés par les manifestations mais qui en sont des victimes latérales, par contre ceux qui sont visés, les gouvernants, ceux-là sont en position de s’organiser pour ne pas subir les inconvénients des manifestations. Par exemple une grève des transports ne désorganise pas la vie les gouvernants parce qu’ils ne dépendent pas des transports en commun. En démocratie véritable les citoyens ne se joignent pas massivement aux grèves générales parce que ce n’est pas leur intérêt et parce que ce n’est pas nécessaire. En démocratie véritable, plutôt que de se pénaliser eux-mêmes par des grèves générales ou par des manifestations de rue, les citoyens ont à leur disposition des moyens légaux pour contraindre les gouvernants à mettre en place les solutions voulues par la majorité des citoyens. Examinons quels sont ces mécanismes de régulation politique qui permettent l’existence de la démocratie véritable.

    Définition de la démocratie par Aristote (dans La Politique) :

    « Le principe de base de la constitution démocratique c’est la liberté (c’est, en effet, ce qu’on a coutume de dire parce que c’est seulement dans une telle constitution que les citoyens ont la liberté en partage ; c’est à cela, en effet, que tend, dit-on, toute démocratie). Et l’une des formes de la liberté, c’est d’être tour à tour gouverné et gouvernant. En effet, le juste selon la conception démocratique, c’est que chacun ait une part égale numériquement et non selon son mérite, et avec une telle conception du juste il est nécessaire que la masse soit souveraine, et ce qui semble bon à la majorité sera quelque chose d’indépassable […] De sorte que dans les démocraties, il se trouve que les gens modestes ont la souveraineté sur les gens aisés ; ils sont en effet plus nombreux, et c’est l’opinion de la majorité qui est souveraine. […] »

    Exprimées en termes modernes les deux conditions de la démocratie véritable sont :
    · La liberté d’opinion doit être garantie : cela signifie que les citoyens sont libres d’exprimer et de propager toutes les opinions quelles qu’elles soient.
    · Chaque décision politique doit être conforme aux désirs de la majorité des citoyens qui désirent prendre part à la décision.
    Alors la question est : dans nos État de l’UE chaque décision politique est-elle conforme aux désirs de la majorité des citoyens qui désirent prendre part à la décision ?

    Dans le système politique actuel les politiques sont élus, ensuite ils prennent des décisions, écrivent des lois, signent les traités internationaux, engagent des dépenses que des générations futures devront rembourser etc., sans vérifier si la majorité de la population est d’accord avec chacun de leurs actes, et même souvent en sachant que la majorité de la population n’est certainement pas d’accord avec certains de leurs actes.

    Cependant, la démocratie véritable n’est à présent plus une théorie mais est depuis plus d’un siècle devenue une réalité.

    Avec son système politique basé sur la démocratie directe et avec son organisation fédérale, la Confédération Helvétique pourrait être un modèle pour les États membres de l’Union européenne et pour les instances de l’Union européenne (Commission européenne, Conseil de l’Union européenne) qui ont pris l’habitude de prendre des décisions non conformes à la volonté de la majorité des Européens.

    Sur les questions fondamentales – la constitution etc. – les citoyens suisses ont la garantie que toute décision sera prise uniquement et obligatoirement après le vote direct des citoyens. Sur les questions qui ne sont pas fondamentales, les citoyens suisses ont la garantie que sur leur demande, donc suite à une initiative des simples citoyens, toute loi peut être soumise à la votation directe de tous les citoyens.

    Voilà ce qu’est la démocratie véritable – et alors on peut éventuellement parler de la « responsabilité collective issue de la démocratie ». Mais on ne peut pas en parler en France, ni en général dans l’UE.

    1. Attention au conclusion hâtives !

      Le modèle Suisse a aussi ses effets secondaires : Comme tous les hommes votaient initialement, le droit de vote des femmes date de 1971 pour la plupart des canton et de 1990 pour le plus “démocrate”…(wiki) sans parler des minarets…

      Donc Députés/Sénateurs me semble une meilleure garantie, un juste milieu entre “dictature clairvoyante” et “démocratie populiste”…

    2. Jonathan,
      Bonne définition.
      J’ai parlé avec des Suisses. La démocratie descend jusqu’à la famille, qui pourrait faire capoter un projet. Ne sommes nous pas tomber dans l’immobilisme.
      En Belgique, nous votons à la proportionnelle à un tour.
      A un tour, en direct. Le deuxième tour se déroule entre partis qui s’organise au mieux de leurs intérêts pour placer un maximum de parlementaires. Les votes par préférence sont-ils respectés?
      La durée de gestation d’un gouvernement est, je crois, directement proportionnelle au nombre de partis en présence comme candidats.
      Ce système de proportionnelle et l’obligation de vote ont été choisi pour donner le maximum de chance d’approcher au mieux à la démocratie et à la plus grande masse.

    3. Belle explication de ce qu’est la Démocratie, ça fait plaisir à lire.

      Il est vrai qu’à force d’évoquer la démocratie à tout-va sur une mauvaise conception qu’entretiennent sciemment les institutions (soutenues par les politiques de tous bords), nous en avons perdu le sens véritable.

      Le modèle helvète est intéressant mais il lui manque apparemment un garde-fou qui pourrait interdire toute consultation du peuple sur les droits fondamentaux comme par exemple, le droit de vote pour tout citoyen quelque soit son sexe (puisque Quid34 nous apprend notamment que les femmes n’ont pu voter dans certains cantons qu’à partir de 1990).

  13. Juste que il faudrait y ajouter le rôle sibyllin que les puissants de ce monde font jouer à l’OMC afin de parvenir à leurs fins. La dérégulation à outrance des marchés financiers ayant abouti à la crise des années 2007-2010 remonte au 1er Mars 1999. Non ?

    C’est en effet sous l’impulsion de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) que des nations aussi diverses que Bahrein, les Etats-Unis ou l’Australie et représentant 90% du chiffre d’affaires mondial en terme de services financiers signèrent le “Financial Services Agreement” (FSA) qui devait consacrer l’invulnérabilité des “Too Bigs To Fail”. Cet accord ouvrant ainsi une voie royale aux fusions d’établissements financiers d’importance moyenne qui avaient dès lors la bénédiction de l’OMC et de ses membres pour se transformer en mastodontes ( 1 ) sans devoir être inquiétés par les autorités internationales ni devoir leur rendre des comptes…

    …Suite avec l’Extrait de gestionsuisse du 13 février 2010 « …Dans la foulée, les Etats-Unis s’engagèrent à répudier le fameux Glass-Steagall qui devait effectivement être abrogé 8 mois plus tard… En fait, les Etats-Unis décideront en cette occasion de quasi supprimer progressivement toute régulation financière intérieure afin de se mettre en conformité avec les accords dits du “GATT”. Plus aucune restriction sur les nouveaux produits financiers, ouverture totale de leur marché à toutes les entreprises actives dans la finance et encouragements à la création de corporations géantes, telles étaient donc les directives acceptées le coeur léger par des pays qui considéraient cet accord comme une percée considérable dans l’histoire de la civilisation moderne. Aujourd’hui, les timides velléités de l’Administration Démocrate Américaine au pouvoir à mettre en place une régulation financière digne de ce nom sous battues en brèche et rendues caduques par l’OMC qui ne manque pas de rappeler aux pays signataires leur engagement de ne plus réguler! Ces pays ont en effet de facto abandonné leur sort aux Too Bigs To Fail en neutralisant et en limitant de manière décisive la marge de manoeuvre de leurs régulateurs. Wall Street peut dormir tranquille car l’OMC veille au grain, les Etats-Unis n’adopteront pas de sitôt de lois interdisant produits à risques ou établissements financiers à buts purement spéculatifs! De surcroît, ces Too Bibs To Fail poussent en faveur de la signature des accords dits de “Doha” qui exigent virtuellement une disparition pure et simple de toute régulation financière…»
    De François Leclerc. «..L’image qui se dessine est celle d’une activité qui prétend n’obéir qu’à ses propres lois, s’affranchir de toutes les tutelles, s’imposer sans se soucier de ses conséquences dévastatrices et ne profiter au final qu’à une toute petite minorité, prenant sous sa coupe et en otage tous les autres. Prétendant exercer une forme d’asservissement moderne (au sens propre de la servitude), dont l’objectif est de régner en utilisant tous les leviers d’un contrôle social de plus en entêtant, omniprésent et sophistiqué… »

    Bref , tout ceci me fait penser ( bien qu’ hyper novice en la matière ) à un échange de ‘ bons procédés ‘ pour que les idées ayant dans le sens des intérêts des puissants de ce monde soient mises en applications sans contraintes politico – moralo – légales !

    ( 1 ) Gestion suisse – 1 Mars 2010
    Les actifs combinés des 6 banques Américaines les plus importantes représentaient 17% du P.I.B. US il y a 15 ans sachant que cette proportion avait atteint 55% en 2006 … contre 63% aujourd’hui!

    En réalité, 4 établissements bancaires ( les “big four”, à savoir Citigroup, JPMorgan Chase, Bank of America et Wells Fargo ) détiennent la moitié des hypothèques Américaines et deux tiers des encours cartes de crédit. Par ailleurs, 95% des encours sur les produits dérivés sont entre les mains des 5 plus grosses banques Américaines…

    C’est le Gouvernement Américain – et non la compétition ou la concurrence nationale ou internationale – qui est entièrement responsable des ces concentrations bancaires et financières qui contribuent activement à la destruction progressive des fondations de la “vraie” économie, celle des salariés et travailleurs de l’économie “réelle”! En fait, c’est précisément la taille de ces banques – et de leurs soutiens financiers – qui leur permet aujourd’hui de disposer d’un pouvoir quasiment sans partage sur les politiciens de Washington.

    1. Le Pentagone vient de rompre le libre échange en matière d’armement par le blocage du précontrat concernant les avions ravitailleurs.
      EADS ressortait vainqueur de l’appel d’offres.
      Il fut décidé unilatéralement du côté US de retoquer le cahier des charges de l’avion afin qu’il corresponde exactement au Boeing 767 civil refourbi en ravitailleur.
      Boieng est ainsi “malicieusement” choisi.
      L’OMC ne dira rien contre ce superprotectionnisme.
      Il ne s’agissait que de 179 Stratotankers…une paille.

  14. La nature humaine a bon dos, elle permet de faire l’impasse sur la déréglementation financière à l’origine de la crise!
    Comme le pensait François Perroux, il n’y a pas de science économique mais une discipline à tendance scientifique. Il serait bon de s’inspirer de son oeuvre comme certains le font pour notre prix Nobel d’économie 1988 Maurice Allais d’inspiration libérale mais désapprouvant tout ce qui se fait depuis 30 ans au non du libéralisme.

  15. les sociétés sans argent furent soit des théocraties soit des dictatures militaires, avec les résultats que l’on sait ,alors comment se débarasser des dettes structurelles ?

    comment dépasser la dette qui représente la culpabilité au niveau collectif ?

    pourquoi individuellement les individus peuvent de s’en débarasser (de cette culpabilité) et pourquoi les sociétés ne peuvent pas le faire ?

    les états/nations/continents paralysés ne peuvent se débarasser de leur territorialisme ,ce qui serait pourtant la seule solution .

  16. l’aide reçue par l’Allemagne lors de sa réunification :

    Helmut Koln, pour une raison politique, a fait un cadeau aux allemands de l’est en convertissant deux Mark de l’est en un Mark de l’ouest. Le rapport était plutôt de 1 pour 6.

    La monnaie allemande n’a pas chuté car elle était liée à plusieurs autres camarades européens dont le Franc. Ce système de camaraderie est plus connu sous le nom de SME dont l’ECU était le représentant.

    Donc oui, la France a contribué au soutien de la réunification.

    1. Le rapport était de 1 pour 1.

      Le sme qui aide le mark ? il nous a fait dévaluer le franc plusieurs fois en tout cas…

      Le sme a explosé en 93 sous les attaques de Sorros…Et c’est la livre et le franc qui ont le plus souffert… donc aide à l’Allemagne??? je suis preneur d’infos concrètes.

  17. Paul vous dites:

    “En fait, l’industrie financière a, par une action de lobby, permis que ce type d’opérations soit autorisé par la Communauté européenne. Ainsi, il peut uniquement être reproché à Goldman Sachs d’avoir mis de l’argent dans le groupe de pression pour influencer les politiques.”

    Peut-on prouver qu’il y a bien “concussion”?
    La coutume anglosaxonne du “lobby” est-elle morale?
    Elle est en tous cas apparemment “tolérée” mais pas “encadrée”.
    Peut-on accuser sans preuves les organes législatifs d’être corrompus par des sociétés privées.
    Quelle est la nature de l’échange entre un député acheté et son comprometteur?
    Si il y a versement de sommes illicites comment le prouve-t-on et n’est-on pas améné à rechercher ce genre de tractations à l’égard de ##tout texte## touchant au droit des sociétés?
    Enfin peut-on supposer que la plupart des sommes achetant des lois sont versées sur des comptes off-shore?

  18. Serions-nous arrivés trop prêt du mur que pour le voir ?

    1. On doit se préparer dès maintenant au pic pétrolier mondial. Nous devons investir massivement dans la société de demain, la société post pic pétrolier au lieu d’investir dans la société du passé. – Aux Etats-Unis, est-ce que passer à la semaine des 4 jours dans les écoles, c’est investir dans le futur ? Non, c’est même tout l’inverse !

    2. Je rappelle qu’il y a un rapport aussi important que le rapport Stern qui a été publié en 2005 pour évaluer le coût de l’inaction par rapport aux changements qu’implique la décroissance pétrolière. Le rapport Hirsch préconisait d’anticiper la décroissance au moins 10 ans avant le passage du pic. – Tout indique que nous arrivons à la dernière section du plateau pétrolier, si pas la fin, et a-t-on préparé quoique ce soit ? Non, c’est même tout l’inverse !

    3. Le prix du pétrole est au-dessus des 80$ le baril et il est prévu qu’il monte dans les mois à venir. A la fin des années 90, le pétrole était aux alentours des 20$ le baril. En 2006, le pétrole était à 75$ et dans le monde entier les premières victimes de cette inflation descendaient dans la rue pour crier haut et fort que cela n’était pas tenable, alors que l’on pouvait encore s’endetter. – Est-ce que les économistes et les politiques parlent de l’impact des fluctuations de prix de l’énergie sur nos économies ? Non, c’est même tout l’inverse !

    4. Voici les effets d’une envolée du prix du pétrole : * Des protestations: des files au abord des stations essence, des achats panics et la constitution de provisions en pétrole. * Des guerres : nous avons déjà vu des guerres pour le pétrole. * La nourriture : le prix de la nourriture devrait monter, c’est évident. * Effondrement économique: Le pétrole est le ‘conducteur’ (driver) de la croissance des économies. * Inflation: L’inflation du prix du pétrole fera monter les prix de toutes les marchandises. – Se prépare-t-on aux effets d’une envolée soudaine du prix du pétrole? Non, c’est même tout l’inverse (ex. achetez des voitures via la prime à la casse) !

    5. Finance vs. Ressource : – A tous ceux qui n’arrivent pas à se défaire du prisme ‘financiarisation de l’économie’, imaginez ce qu’un baril à 150$ ou plus aurait comme impact sur le pouvoir d’achat des ménages et sur les budgets d’Etats maintenant ! – On parie que si on trouvait un nouveau Ghawar, le monde entier repartirait pour un tour et la crise de 2005-2010 ne serait qu’un mauvais souvenir (jusqu’à l’épuisement du potentiel de croissance offert par cette nouvelle corne d’abondance).

    Liens :
    http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2301_pic_petrolier.php
    http://en.wikipedia.org/wiki/Hirsch_report
    http://www.inflationdata.com/inflation/inflation_rate/Historical_Oil_Prices_Table.asp
    http://oil-price.net/en/articles/international-energy-agency.php

  19. Serions-nous arrivés trop prêt du mur que pour le voir ?

    1. On doit se préparer dès maintenant au pic pétrolier mondial. Nous devons investir massivement dans la société de demain, la société post pic pétrolier au lieu d’investir dans la société du passé. – Aux Etats-Unis, est-ce que passer à la semaine des 4 jours dans les écoles, c’est investir dans le futur ? Non, c’est même tout l’inverse !

    2. Je rappelle qu’il y a un rapport aussi important que le rapport Stern qui a été publié en 2005 pour évaluer le coût de l’inaction par rapport aux changements qu’implique la décroissance pétrolière. Le rapport Hirsch préconisait d’anticiper la décroissance au moins 10 ans avant le passage du pic. – Tout indique que nous arrivons à la dernière section du plateau pétrolier, si pas la fin, et a-t-on préparé quoique ce soit ? Non, c’est même tout l’inverse !

    3. Le prix du pétrole est au-dessus des 80$ le baril et il est prévu qu’il monte dans les mois à venir. A la fin des années 90, le pétrole était aux alentours des 20$ le baril. En 2006, le pétrole était à 75$ et dans le monde entier les premières victimes de cette inflation descendaient dans la rue pour crier haut et fort que cela n’était pas tenable, alors que l’on pouvait encore s’endetter. – Est-ce que les économistes et les politiques parlent de l’impact des fluctuations de prix de l’énergie sur nos économies ? Non, c’est même tout l’inverse !

    4. Voici les effets d’une envolée du prix du pétrole : * Des protestations: des files au abord des stations essence, des achats panics et la constitution de provisions en pétrole. * Des guerres : nous avons déjà vu des guerres pour le pétrole. * La nourriture : le prix de la nourriture devrait monter, c’est évident. * Effondrement économique: Le pétrole est le ‘conducteur’ (driver) de la croissance des économies. * Inflation: L’inflation du prix du pétrole fera monter les prix de toutes les marchandises. – Se prépare-t-on aux effets d’une envolée soudaine du prix du pétrole? Non, c’est même tout l’inverse (ex. achetez des voitures via la prime à la casse) !

    5. Finance vs. Ressource : – A tous ceux qui n’arrivent pas à se défaire du prisme ‘financiarisation de l’économie’, imaginez ce qu’un baril à 150$ ou plus aurait comme impact sur le pouvoir d’achat des ménages et sur les budgets des Etats maintenant ! – On parie que si on trouvait un nouveau Ghawar, le monde entier repartirait pour un tour et la crise de 2005-2010 ne serait qu’un mauvais souvenir (jusqu’à l’épuisement du potentiel de croissance offert par cette nouvelle corne d’abondance).

    1. Tout à fait d’accord avec votre analyse, nous ne sommes aucunement préparé à la décroissance pétrolière.
      Cependant, on peut constater qu’à partir de 150$ le système s’écroule en entrainant derrière lui une cure d’austérité qui relance la fortune des riches mais qui entrainent des tas de gens dans la misère.
      C’est à cela que nous assistons actuellement.
      Cela ne va pas s’arranger avec la décroissance pétrolière au contraire.
      Je pense que c’est le prix à payer pour une réaction salutaire des citoyens. Que pouvons nous faire d’autre pour l’instant sinon que d’informer les gens aux alentours?
      Il faut dès à présent investir dans l’immatériel, savoir, imagination créativité afin d’améliorer le bien-être avec moins d’énergie. (autonomie, relocalisation, autarcie)
      La situation de crise que nous connaissons est définitive: c’est la fin du capitalisme, de l’industrialisme, de l’emploi, de la prédominance du marché.

    2. Propos de Robert Hirsch

      “L’histoire du pic pétrolier est certainement l’histoire de mauvaises nouvelles. Il n’y a aucun moyen pour embellir la réalité, à l’exception peut-être de ce que j’ai fait parfois, c’est-à-dire de déclarer qu’en 2050, nous aurons réussi, nous aurons traversé la récession due au pic pétrolier – très probablement une très profonde récession. À un certain point, nous allons nous en sortir parce que nous sommes des êtres humains, et que nous ne nous décourageons pas. J’ai foi dans les gens en fin de compte. Mais ce sont de mauvaises nouvelles et tout responsable du gouvernement qui prendra la parole pour annoncer ces mauvaises nouvelles devra enchainer immédiatement en déclarant « voici ce que nous allons faire à ce sujet ». Mais personne ne semble prêt à cela.”

      A quand cette nouvelle catégorie de politique?
      Et si c’était nous qui devions faire remonter l’info vers le haut, n’est ce pas cela la démocratie du futur?
      En attedant, comme le dit Paul, l’industrie financière ne s’embarrasse pas de considérations, elle veut du profit. Oui, mais juqu’à quand?

    3. @ Peak.Oil.2008 10 mars 2010 à 15:23
      Vous n’êtes pas le seul à avoir cette perception vers laquelle j’incline. J’imagine même que les personnes les plus avisées et influentes sur la marche du monde ont une perception similaire mais qu’elles ne savent pas comment enclencher le processus qui permettrait de faire diffuser ce sentiment dans l’opinion sans que cela crée de choc explosif. Arrivez-vous vous-même à faire partager la vision qui est la vôtre au cercle de vos proches qui, probablement, vous renvoient dans vos buts en invoquant votre pessimisme excessif, surtout s’ils sont jeunes ?

    4. “Le comportement de nos dirigeants politiques ainsi que ceux des milieux économiques est fascinant à observer lorsqu’ils tentent de faire face à l’aggravation de la crise financière mondiale. Ce qui apparaît clairement, c’est qu’ils n’ont pas la moindre idée de ce qui se passe réellement. Leur cécité s’explique par une confusion au sujet de ce qui permet réellement la croissance économique. L’illusion partagée est que l’argent fait tourner le monde.” Propos de Michael Lardelli

      C’est l’énergie et plus particulièrement le pétrole qui fait tourner le monde.
      http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2680

    5. Tout à fait.

      L’idée de remettre en route l’économie actuellement, pour moi, c’est tenter de redémarrer une voiture sans s’aperçevoir que les roues sont braquées sur un précipice.

      Par contre. (un détail)

      Le baril à cent cinquante dollars, cela n’arrivera pas de sitot, ou très ponctuellement. Tout simplement parce qu’à ce prix là, il n’y a pas d’acheteur. Plus probablement c’est un prix moyen autour de 100 dollars qui laminera gentiment l’économie en détruisant la demande qui excède l’offre (comme cela a déjà commencé).

      Donc (autre détail)

      Comme c’est le nombre de consommateurs qui va décroitre, et pas le prix du baril qui va monter : Il n’y a absolument rien à attendre des énergies vertes ou non conventionnelles (toutes plus cher). Nous allons simplement suivre la courbe de disponibilité du pétrole conventionnel.

    6. @ michel lambotte.
      En effet, à quand des politiciens qui arrivent à se dégager du court terme pour se pencher sur le long terme ? Je pense que nous ne pouvons plus nous permettre le luxe du débat gauche-droite car les choix à faire dépassent de loin la vision étriquée de la politique actuelle. Nous perdons un temps précieux et nous risquons de le regretter demain.

      Dennis Meadows fait une réflexion intéressante à ce sujet, il distingue les problèmes simples des problèmes complexes. Les problèmes simples quand ils sont traités donnent tout le long des effets positifs (désirés). Les problèmes complexes quand ils sont traités donnent d’abord des effets négatifs (non désirés) avant de donner des effets positifs (désirés).

      @ jducac
      Je crois aussi que certaines personnes haut placé sont bien au courant de l’enjeu et des impacts possibles mais sont tellement dépassées par l’ampleur des conséquences qu’elles préfèrent laisser les autres introduire ce débat sur la place publique. Cependant je crois que la majorité n’est pas consciente de l’importance des risques, il est donc urgent d’en parler et d’expliquer.
      La génération de mes parents revient chaque fois avec ‘on en a vu d’autres’ et la génération des jeunes me catalogue en effet de pessimiste. C’est étonnant car je ne me sens pas pessimiste par nature mais plus on avance, plus je le deviens.

      Que l’on n’arrive pas à accepter les limites à la croissance me semble paradoxalement contre-productif et je ne peux m’empêcher de me dire « quel gâchis ! » alors que nous avons encore des cartes en main (pour investir). Ce qui me désole aussi, c’est que les débats auxquels les gens veulent participer sont des débats qui n’auront plus lieu d’être à moyen-terme.

      @ Thomas
      On dit en effet qu’à 80$ le barril, le PNB des Etats-Unis est attaqué et qu’ils entrent en récession. Donc en effet, on peut voir la décroissance économique anticiper le déclin géologique avec un coût de l’énergie (relatif au pouvoir d’achat) qui continuera le processus de destruction de la demande.

      Cela dit, nous ne sommes pas à l’abri d’une accélération du déclin qui ferait se rejoindre les courbes de l’offre et de la demande. On n’est pas non plus à l’abri d’un événement géopolitique ou météorologique qui provoquerait une pénurie qui elle-même causerait un effet panic. Dans un tel contexte, le pétrole pourrait dépasser de loin les 150$, tout simplement pour départager les acheteurs dans le contexte de pénurie.

    7. Le réchauffement climatique, que je ne nie pas, a beaucoup plus de succes parcequ’il permet de se dédouaner d’un changement radical de société.
      Il suffit simplement de plaquer les énergies renouvelables sur la société telle quelle est, et cela permet de continuer le marché “business as usual”.
      Le pic pétrolier ne fait pas vendre, il fait peur, mais plus on attend plus cela sera difficile de réaliser la transition sans violence.
      Ceci dit, je pense que la deuxième partie sera plus difficile à extraire que la première d’autant plus que les pays producteurs risquent de le réserver à leurs usages personnels.
      La chute de production pourrait être beaucoup plus abrupt que prévu.
      Dans nos sociéts occidentales, il faut surtout se surprendre à s’apercevoir que le gisement des économies d’énergie est impressionnant, gigantesque, la seule façon de l’exploiter est de faire travailler l’imagination et la créativité;
      Il est clair que nous aurons besoin d’un nouveau système financier et monétaire pour accompagner ces économies d’énergies, c’est le mérite de ce blogue.

  20. Paul, je ne souscris pas tout à fait à votre position concernant l’Islande.

    Il est tout de même question d’un “tout petit pays” comme vous le dites, dont les ressources naturelles sont à la fois conséquentes mais aussi peu diversifiées – géothermie, ressources maritimes essentiellement – qui a néanmoins réussi le tour de force de hisser son PIB au premier rang mondial en 2007, excusez du peu, avant de lourdement chuter à la faveur de la crise.

    N’y a-t-il pas eu de la part de l’Islande – autant de son peuple que de ses politiques – un excès de naïveté à croire qu’ils pouvaient se hisser au plus haut de l’économie mondiale alors qu’ils évoluaient dans les limbes environ 20 ans auparavant? Un tel niveau de crédulité n’est-il pas coupable?

    Par ailleurs, je réitère ici l’argument opposé à Alain Gauvin ici . En régime démocratique, peut-on désolidariser la responsabilité des élus de la responsabilité de ceux qui leurs donnent mandat? Il me semble que ce genre d’exonération n’a de sens que dans le cadre d’un régime autoritaire, dans lequel la population ne dispose pas du choix de son gouvernement.

    1. “En régime démocratique, peut-on désolidariser la responsabilité des élus de la responsabilité de ceux qui leurs donnent mandat?” : sous Mitterrand comme sous Jospin, j’ai vu la gauche faire une politique de droite. Et qui se retrouve à la tête du FMI, cette institution décriée par toute la gente gauchiste, si ce n’est un bonhomme qui n’a toujours pas démenti qu’il était de gauche ? Alors, je veux bien que les mandataires électeurs soient “responsables”, mais que les politiques mettent à jour les étiquettes sur les produits en rayons !

      (PS: ne reposez plus cette question, Dissonance, vous me trouverez toujours dans vos pattes, comme sur un terrain de foot. :))

    2. @Crapeau Rouge:

      La référence aux “étiquettes” tombe bien. Filons la métaphore:

      Êtes-vous de ceux qui croyez à “la lessive qui lave plus blanc que blanc”?

      La plupart des politiques sont, à l’instar de cette lessive, des produits marketés. Si vous avez le bon goût de ne pas prendre pour acquis les monts et merveilles que vous promettent les publicités, pourquoi prendre les promesses politiques au pieds de la lettre?

      Par ailleurs, pour ce qui est des socialistes en particulier… Le pire, c’est à mon avis qu’ils soient sincères. Ils imaginent réellement œuvrer pour la justice sociale. La formidable erreur de positionnement qu’ils n’ont toujours pas résolu – ce qui aurait du être fait au moins depuis l’épisode Jospin – est à mon sens d’avoir imaginé que leur électorat pouvait se résumer aux classes moyennes, et qu’ils pouvaient faire l’économie de s’occuper des classes ouvrière et autres précaires, chômeurs, etc.

      Enfin, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, je vous ai déjà répondu la fois dernière à propos de cette notion de responsabilité citoyenne. L’électeur responsable de ses choix électoraux est consubstantiel de la démocratie. Retirez cela, et vous obtenez une définition presque exhaustive de la dictature.

  21. @M.JORION
    Vu vos références à Platon et Aristote.
    Pourrait-on dire que les 30 glorieuses ont été une période d”amour croissant”, de recherche de l’unité par les uns et les autres, et que maintenant on est entré dans la phase contraire, celle de “haine croissante”, donc de séparation des uns et des autres – d’atomisation – qui ne peut que profiter aux plus forts ?
    Est-ce que le paiement par les peuples des dettes privées pourraient aider à renverser la tendance, et à remettre en selle l’amour et l’unité ?
    ‘Propriété privée – Si ! Dettes privées, AUS_SI !’ ( A fredonner selon la chanson de Fernandel “Félicie_AusSI”)

    1. C’est une histoire d’après guerre ou tout était à reconstruire ,ou trois générations soudées travaillaient d’arrache-pied dans un bel optimisme à l’amélioration de la condition humaine…
      Des progrès technologiques foudroyants;machine à laver ,aspirateur, mange-disque,électrophone stéréo,modulation de fréquence, tv noir et blanc puis couleur,le pied.Il y avait une capacité d’étonnement et l’envie d’en découdre.Cet état d’esprit est maintenant incarné par la Chine…
      On se traine avec quatre générations au lieu de trois,on se lamente ,se vautre et on ne comprend pas que toute chose a une fin…Propos politiquement incorrectes…De toute façon il y a le peak oil et le réchauffement climatique qui vont nous rattraper au tournant…

  22. Effectivement

    :« L’ENTREPRISE FINANCIÈRE NE S’OCCUPE NI DE MORALITÉ NI DE PHILANTHROPIE »

    Dans l’absolu, le fait de faire un acte économique tel que acheter une baguette de pain, négocier une maison, forer un puit de pétrole ou émettre 50 milliards d’euros obligations n’est ni moral ni philanthropique. Prétendre le contraire est à mon sens non seulement contraire à la réalité mais non conforme à la réalité. A-t-on jamais vu (dans la plupart des cas courants) un acheteur d’une maison acheter par moralité. L’achat répond à un besoin soit bassement matériel (se loger) soit gagner le plus d’argent possible, soit se constituer un patrimoine. Tous cela répond à des besoins (ou supposés besoins) bassement matériels. Un point c’est tout.

    Or, il s’avère que les hommes se sont constitués en sociétés qui, dans nos pays, sont appelées démocratiques où donc le peuple est censé donner la direction à suivre. Ceci, par l’intermédiaire de dirigeants, chefs, présidents, appelez ça comme vous voudrez…lesquels sont censés représenter ledit peuple. Ainsi, en élisant leurs dirigeants, ces pays ont opté pour une direction générale à suivre qui, par exemple, si l’on prend la France actuelle est une direction libérale.

    Ce sont ces mêmes dirigeants qui sont censés représenter les désidératas du peuple lequel, dans la pratique, délègue donc la majeurs partie de ses pouvoirs à une «élite ou prétendue telle ». Laquelle élite est supposée mettre en œuvre l’organisation « avec sagesse ».

    Or, il s’avère aussi que, dans ces pays, la théorie économique dominante suivie par les élus veut que le libéralisme implique que « the market is always right » (le marché a toujours raison). On laisse donc faire le marché. Laisser faire le marché constitue donc « la sagesse ». Il y a donc bien des « présupposés » dans ce qui précède et, de ce fait….

    Il m’apparaît donc étonnant que l’on s’étonne de la situation actuelle !!!!!!!

    Cherchez le maillon faible !!!!!!!!

    Il serait franchement irresponsable de terminer cet article ici……il faut donc trouver « le ou les maillons faibles ».

    1) réduire la société à son aspect économique n’est pas du tout immoral, c’est juste faux. La société est composée d’hommes et de femmes dont les motivations sont très loin d’être toujours économiques.
    2) La démocratie, qui est devenue un système de paresse devrait au contraire représenter un idéal commun. Cette « démocratie », ne l’oublions pas, a été acquise de haute lutte, bien des gens sont morts pour elle. Elle représentait donc pour ces ancètres un apogée, une sorte de réalisation sociale idéale de la vie en commun. Or, quel est notre idéal (si tant est que nous en ayons un) ?? Quel monde voulons-nous ??? Si tant est que nous voulions quelque chose !!! la démocratie implique donc une réflexion philosophique sur les tenants et aboutissants. Ici, le proverbe « Plus on monte haut plus on tombe de haut » prend tout son sens.
    3) Les gens qui se présentent pour se faire élire sont supposés, une fois élus, représenter non seulement ceux qui ont voté pour eux mais la totalité de la société.
    4) Les gens qui gèrent et dirigent nos pays sont supposés être capables non seulement de gérer nos pays mais de maintenir et orienter ceux-ci dans un équilibre idéal. Là, vous pensez que je perds la tête…c’est certain….m’enfin.
    5) Clairement, nos élites ont failli….…maintenant cherchons donc pourquoi nos élites ont failli :
    a) Le gout du pouvoir a supplanté tout le reste…..parce que les hommes restent les hommes.
    b) L’idéologie qui remplace l’objectivité.
    c) Enfin, parce qu’il y a un véritable aveuglement focalisé sur les sciences (ici sciences économiques qui n’ont de « science » que le nom) qui sont censées apporter « la ou les solutions définitives » à nos problèmes. On a beau dire « si c’était vrai…ça se saurait… » n’empêche que l’on fait comme si……
    d) Et donc, en conclusion, nos sociétés n’ont pas été capables de faire surgir de leur sein les individus « équilibrés » à même de saisir la complexification croissante de la vie en commun et les pièges à éviter.
    e) Enfin, (et c’est certainement là, pour le temps présent, l’élément le plus grave) nos citoyens n’ont pas compris que l’équilibre, ça se construit chaque seconde, c’est un combat permanent….je dirais, pour paraphraser…c’est un « tuning » permanent. Et que de déléguer à un petit groupe la gestion des affaires, c’est la meilleure façon de se défausser sur les autres.
    6) Donc, dans ce contexte, tant qu’on ne passera pas du niveau individuel au niveau collectif (rien à voir avec le communisme…….je vous rassure), on est partis pour une bonne période de problèmes. (lire à cet effet une publication de l’UNESCO titrée « Pourquoi ne pouvons nous pas vivre ensemble ?».

    Le reste (c’est-à-dire la technique financière) n’est qu’un moyen. On peut en discourir à perte de vue, rien ne changera si les hommes ne changent pas. Or, l’homme est un loup pour l’homme. Il y a une logique au succès et une logique à l’échec : Ici, (affaire de la Grèce) la logique de l’échec tient clairement au fait que nos sociétés sont en décrépitude morale (et donc Goldman s’en fout ….royalement de la Grèce), nos dirigeants étant incapables d’instiller au peuple autre chose que du nombrilisme béat et donc, comme je le disais ailleurs, nos sociétés ont entamé leur propre auto-destruction……mais le cycle se répètera….c’est juste une question de temps.

    Amicalement

    Cincinatus

    1. Cinncinatus.

      Acheter un maison, une action, une obligation, son pain, dites-vous en substance, ce ne sont pas des actes que l’on puisse qualifier en soi de moraux. Cela n’est pas contestable. Mais ce n’est pas là que se situe le problème. La moralité c’est une capacité pas un attribut. Vous confondez la moralité en tant qu’attribut supposé des actes et moralité en tant que domaine où s’exercent des jugements moraux, où donc s’exercent des choix individuels et collectifs. Ce n’est pas du tout la même chose. La moralité c’est seulement la capacité de distinguer un mal d’un bien dans une société donnée en fonction de critères qu’une communauté politique se donne, cela ne préjuge en rien de la qualité des actes eux-mêmes.

      Si les actes se voient conférés un caractère moral c’est donc en vertu d’un jugement moral. C’est d’ailleurs exactement ce que vous dites lorsque vous évoquez une décrépitude morale des sociétés. Cette décrépitude indiquant le défaut d’une qualité supposée autrefois présente. Aussi bien, lorsqu’il est dit que l’économie échappe à la moralité ce n’est pas d’autre chose dont il s’agit, à la différence près que dans le cas de l’économie il ne s’agit plus de perte d’une qualité autrefois présente, mais d’une moralité qui n’y a jamais existé, au moins depuis aussi longtemps qu’existent capitalisme et société libérale.

      Pour le reste nous sommes d’accord. Capitalisme et Etat libéral ont fait du marché une sphère autonome qui serait bonne en soi, en raison d’une efficience qui serait naturelle, ce qui implique justement l’exclusion de l’économie du domaine de la moralité. C’est justement ce à quoi il faut remédier en conférant à l’économique une dimension éthico-politique à laquelle fait en réalité référence le billet de Paul sous le nom de moralité. La morale ne s’oppose pas au politique, car ils sont indissociables, du moins si l’on se réfère à conception du politique et de la morale qui s’origine dans la pensée d’Aristote.
      Bref, si Paul prône une constitution pour l’économie ce n’est pas dans un autre but que celui de faire entrer l’économie dans la sphère politique et morale, de sorte que la démocratie agrandit, ou si l’on veut, approfondit, le domaine d’extension des affaires humaines.

    2. Cincinatus
      Vous nous dites, en suivant Hobbes que “Or, l’homme est un loup pour l’homme.”. Avez-vous lu ici et ailleurs que c’est à partir de ce précepte, faux, que le capitalisme s’est auto-justifié et tente de transformer la Planète en l’enfer qui n’existe que dans le coeur des pessimistes.
      Vos raisonnements sont teintés de ce désespoir, voire de cette pulsion de mort, et se terminent par des prophéties apocalyptiques: “nos sociétés sont en décrépitude morale (et donc Goldman s’en fout ….royalement de la Grèce), nos dirigeants étant incapables d’instiller au peuple autre chose que du nombrilisme béat et donc, comme je le disais ailleurs, nos sociétés ont entamé leur propre auto-destruction…”. Quelle tristesse!
      Il est bien difficle d’évaluer le degré de moralité d’une société Ses dirigeants sont sans doute trop visibles et il est probable que la sélection, pas du tout naturelle, qui les a mené au pouvoir fait qu’ils sont parmi les moins reluisants de leur groupe. Mais, personnellement, j’ai l’impression que la morale collective n’est pas en régression. Un exemple: à la lecture des faits relatifs aux accidents de chemin de fer en Belgique depuis la création du rail, j’ai appris qu’un accident ferroviaire ayant fait une trentaine de morts vers 1880, avait vu accourir les paysans du coin qui s’étaient empressés de détrousser les victimes de leurs bijoux, montres et portefeuilles. Un accident semblable aujourd’hui a vu les voisins accourir pour aider les victimes. Décadence morale, vraiment?
      Je m’interroge toujours sur le choix de votre pseudo: Cincinatus, patricien, ennemi juré de la plèbe, plusieurs fois Consul et dictateur à une époque où l’Empire romain entrait, lui, dans la décadence économique et morale qui allait lui être fatale… Un hasard ou bien…?

  23. (Belga)- Le ministre de l’Entreprise Vincent Van Quickenborne (Open Vld) a lancé mercredi sur Radio 1 (VRT) un appel aux partenaires sociaux afin qu’ils intègrent la problématique de la hausse des prix des produits alimentaires dans la négociation devant aboutir à la fin de l’année à un nouvel accord interprofessionnel (AIP).

    Le ministre a évoqué, ce faisant, le système d’indexation automatique des salaires qui n’existe pas dans les pays voisins. Van Quickenborne est d’avis que ce système rend l’emploi plus onéreux en Belgique, ce qui handicape la capacité concurrentielle des entreprises présentes en Belgique. Le ministre libéral flamand plaide dès lors en faveur de la modération salariale de sorte qu’un nombre maximum d’emplois puissent être sauvegardés.

    http://www.lecho.be/actualite/economie-finances/Van_Quick-_moderer_les_salaires_pour_digerer_la_hausse_des_prix.8890222-602.art

    Comment il y en a encore qui osent tenir une discours “tous pauvres” ?

  24. Confirmation du ralentissement de la croissance

    mercredi 10.03.2010, 16:18
    La croissance en Belgique a ralenti au quatrième trimestre 2009, soutenue essentiellement par la demande intérieure qui a compensé une baisse de la consommation des ménages et des investissements des entreprises, selon des données détaillées publiées mercredi. La Banque nationale de Belgique (BNB) a confirmé sa première estimation, donnée il y a un mois, d’une croissance de 0,3 % au quatrième trimestre. C’est en net ralentissement comparé au trimestre précédent, où le pays était sorti de la récession avec un rebond de 0,7 % de son Produit intérieur brut (PIB). « La croissance a été soutenue par la demande extérieure, qui poursuit son redressement à un rythme toutefois moins rapide qu’au troisième trimestre », note la BNB dans son communiqué. Les exportations ont augmenté de 2,4 %, après 4,3 % au troisième trimestre. La consommation des ménages a baissé pour sa part de 0,2 %, après une hausse de 0,2 % au troisième trimestre. Du côté des entreprises, les investissements (formation brute de capital fixe) ont également reculé, de 0,5 % soit moins qu’au trimestre précédent (-1,7 %). Au final sur l’ensemble de 2009, le PIB belge a reculé de 3 %, a confirmé la BNB qui avait parlé en février de la récession la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale et prévenu qu’il faudrait plusieurs années à l’économie pour récupérer complètement. belga

  25. Trotski a écrit “Leur morale et la nôtre”, pour montrer que la morale des capitalistes et la morales des “partageux” était en tout point différente… comme la philosophie de Aristote et celle de Platon pour revenir aux fondamentaux, ou Marx et Auguste Comte…, bref, je crois… mes connaissances se dispersent avec le temps…
    Donc, en face de moi, j’ai tout simplement ce que j’appelle, dans mon “jargon” archaïque, mais qui est encore valide:” Mon ennemi de classe”, et c’est tout… Le capitalisme est moralement et économiquement “mon ennemi de classe”…je répète pour les sourds…
    Mon plus grand regret, c’est que mon ennemi de classe soit beaucoup plus masculin que féminin, c’est bête, c’est eux qui dirigent le monde…
    Bon, je suis une incorrigible pétroleuse, et je sens que dans les camps du futur, il va y avoir de la femme… avis aux séducteurs! Pour l’instant, elles ne sont que derrière des murs, ceux de leurs cuisines (dans le monde… pas en France seulement… ma pensée va plus loin tout de même…)
    Tout cela se tient idéologiquement, et cette organisation du monde va à coup sûr finir. Dans combien de temps, je ne le sais pas, mais je le sais…

    1. Trotski a écrit cet ouvrage contourné et ambigu pour tenter de répondre aux critiques occidentales contre le régime…stalinien qui lançait ou achevait une vague de procès en 1938. Il tente de sauver les meubles et de distinguer la morale de staliniens avec celles des bolchéviks.
      Mais il est le plus mal placé pour prononcer ce plaidoyer impossible ; il est aux “affaires” lors de la création de la Tchéka ( police secrète) en Décembre 17 soit quelques semaines après le coup d’état Bolchévik ; il participe à la répression tchékiste et à la dissolution de la Constituante défavorable aux Bolcheviks en janvier 18 ; il mène les négociations avec l’impérialisme allemand qui aboutissent à la signature du traité scélérat de Brest-Litovsk en Mars 1918 ; il mène la répression du mouvement anarchiste en Ukraine. Il est un farouche partisan du communisme de guerre et de la militarisation de l’économie soviétique.
      Il est le bourreau de la révolte de Kronstadt et de son programme en Mars 21.

      Voila pour le professeur de morale.

  26. « Une seule spécialisation a eu, parfois, tendance à se manifester dans la vie marchande: le commerce de l’argent. mais son succès n’a jamais été de longue durée, comme si l’édifice économique ne pouvait nourrir suffisamment cette pointe haute de l’économie » Braudel n’évoque pas ici le XXe mais le XVe s. On peut dire avec lui qu’a toute époque il y a une préférence capitaliste pour l’argent pur, pour la valeur d’échange, pour la banque…mais c’est la valeur d’usage qui fait la croissance,elle appartient aux capitaines d’industrie , à l’entrepreneur Shumpétérien qui “nage à contre courant”. Les bulles sont le fruit de ceux qui courent en meute, tout le monde dans un sens…puis tout le monde dans l’autre sens : le “prix de beauté” de Keynes. Où sont aujourd’hui les entrepreneurs?

  27. Trouvé sur Internet ces propos de Catherine Malabou, philosophe francaise en grand devenir:

    CM: ” Well, we have to admit that there is no alternative to capitalism; this is something that is, I think, inescapable today. So we clearly live in the absence of an alternative if we compare our situation with the one of our fathers fifty or sixty years ago. It’s very different because we can’t work out a different social or economical model. So it’s very likely that we have to stay inside capitalism. Does it imply fundamentalism? I don’t think so because although the general
    structure is given and unchangeable as such in that it cannot be transformed into another model, although we take for granted that the form is given, that the structure is given, once and for all–which seems to be true with capitalism–at the same time, all moves within this form are allowed. For example, if you consider today, capitalism in the USA and in Europe, and capitalism in the Far
    East, like in China, if you take into account that the most achieved form of capitalism occurs in a Marxist country, then you discover that capitalism is multiple. And I think that when people say that they’re afraid of China, what they’re afraid of is to see that a Marxist country is able to demonstrate what capitalism is to us. But this may help us to think how a single form is able to
    differentiate itself almost infinitely. I think that we can use the little gaps within the form–the way in which the same form is not always the same–to build resistance. I am very influenced by structuralism, here. What I mean is akin to what Lévi- Strauss says with respect to the various ways in which gods are represented; from country to country, you always find the same pattern, but inside of this general frame, you also find many little differences which forbid us
    to consider the structure as the same. So the sameness is the difference. I know this is very abstract, but from this general pattern we can evolve toward much more concrete social determinations.”

  28. Peak-Oil

    comme toujours vous mettez le doigt sur LE vrai problème.

    La mafia financière agite l’affaire des dettes comme un chiffon rouge qui nous masque la réalité.

    On nous DONNE A PENSER que l’urgence est de “réformer” l’économie…

    Tous les regards sont braqués sur cette “nécessité”. OR CELA APPARTIENT DEJA AU PASSE !

    Ce sur quoi il estr VITAL de se concentrer, c’est la RAREFACTION des MATIERES
    PREMIERES.
    Ce devrait être notre UNIQUE souci.

    ==> EXIGER LA DEMOCRATIE ET IMPOSER CETTE PRIORITE AUX DIRIGEANTS.

    Toute cette agitation nous empêche de considérer l’essentiel.

    1. Pardonnez ma taquinnerie mais qu’est-ce qui vous inquiète ?

      Perdre le treizième mois, la dernière Peugeot 308, L’apartement chauffé à 20 ° C, Les 80 ans d’espérance de vie, la sécurité sociale, la retraite, Les cent cinquante sortes de yahourt du rayon crèmerie, les 20 millions de vaches (1 pour 3 habitant) ??

      N’y a-t-il pas une part d’indécence dans le questionnement et l’inquiétude du Peak Oil ?.

      Finalement, est-ce que ce qui nous inquiète, ce n’est pas que nous allons devoir, tout simplement et pour la première fois depuis plus de cent ans, devoir vivre un peu plus comme la majorité des être humains vivants sur terre ??

    2. @Thomas,

      Plutôt d’accord avec vous. Indépendamment de la volonté sincère des intervenants de ce blog à trouver des solutions raisonnables à cette crise historique, il ‘exprime ici bien le sentiment de peur de cette classe moyenne occidentale qui s’attend avec angoisse à une réduction sévère de son niveau de vie. Englués dans le piège de la société de consommation, dont la seule critique pertinente date de Mai 68, période préhistorique par rapport à l’accélération du temps social moderne, nous découvrons brutalement que les dettes accumulées se payent tôt ou tard, que la croissance du niveau de vie ne peut être exponentielle à l’infini, que la délocalisation industrielle nous appauvrit à proportion de la richesse qu’elle engendre dans les pays émergents, ces pays émergents si méprisés pendant longtemps par la bonne conscience occidentale et qui pourtant, petit à petit, bouleversent l’ordre logique des choses, c’est à dire notre conception ethnocentrée de l’ordre logique tel qu’il devrait être.
      Mais, il n’y aura pas de retour en arrière, pas d’inflation miraculeuse qui effacera en douceur nos dettes, pas de répudiation magouilleuse des dettes, pas de retour vers de saines valeurs écologiques, « l’histoire avance et ne repasse pas les plats… »

    3. Ma plus grande inquiétude par rapport au pic pétrolier n’est pas tant de retourner à un niveau de vie pré-industriel que la grande désillusion que cela peut provoquer chez mes compatriotes, surtout quand on les voit se raconter des histoires ou quand on les voit rechercher des boucs émissaires.

      Comment réagiront les gens qui ont épargné une vie entière et qui verront leur capital s’évaporer ? Comment réagiront les jeunes quand ils comprendront qu’ils sont sacrifiés pour que les vieux puissent se disputer les restes ? Les citoyens en voudront-ils à ceux qui savaient, qui ont placé leurs pions et qui n’ont rien dit ? Certains se sentiront-ils trahis ?

      La désillusion, et la souffrance et la colère qu’elle engendrera, pourraient se traduire en une défiance vis-à-vis du système entrainant une perte de contrôle par l’autorité, nous plongeant dans l’anarchie ne nous laissant d’autre choix que la dictature. Le système pourrait également se transformer en dictature par anticipation pour éviter la perte de contrôle. Michael Ruppert dit dans le film ‘Collapse’ que la première inquiétude des élites est qu’elles sont en train de perdre le contrôle de la situation.

      Il y a donc bien plus que la seule démocratie ou notre niveau de vie à être dans la balance, il y a la politique, l’éthique, la sécurité, le tissu social, et tant de valeurs. Tout dépendra donc de la gestion de la transition, si celle si est gérée …

      A dire tout cela, suis-je dans le catastrophisme ?

  29. cincinatus (10 mars 2010 à 17:16),

    Il est d’usage sur internet de plussoyer. Pour votre message j’exponentielle, du verbe exponentieller. Et ne comptez pas sur moi pour lisser ça par une quelconque présentation affine.

    J’espère que votre message, ce qu’il véhicule, fera date.

    Il est communément admis dans notre société de penser que Dieu a créé l’homme à son image. Il devrait également être communément admis que si « L’ENTREPRISE FINANCIÈRE NE S’OCCUPE NI DE MORALITÉ NI DE PHILANTHROPIE » c’est qu’elle est à notre image.

    Grâce à vous, je garde espoir.

    Merci donc.

    1. Cher Fab,

      Déjà, j’ai appris un mot que je n’avais jamais entendu : plussoyer….ah…culture..culture: Merci . si j’y ajoute expo……alors là…c’est mon kamasutra du vocabulaire.

      Cela étant (et je vous raconte ça pour la petite histoire), ayant été éduqué au séminaire et en ayant gardé surtout une discipline perso, fait grec et latin j’en passe….ce qui me navre le plus, c’est cette façon de saucissonner l’éducation et l’enseignement. Nous sommes en train de fabriquer des générations d’handicapés mentaux qui connaissent tout ou de la théorie des particules et du boson de Higgs, des fractales ou des statistiques sur les volumes boursiers à Shanghai et sur les futurs du CBOE pour les matières premières (bien sur aussi pour gagner leur vie) mais qui, en même temps, s’engluent dans ces disciplines en voyant le monde leur filer entre les doigts. Pas étonnant en fin de compte avec cette méthode de voir un apprenti sorcier (Paulson) jouer au casino avec un pays qui, entre autre, a le malheur de ne pas “entrer totalement dans le moule” du bonheur européen.

      Je me demande….au fond…y a t il eu une époque où “les meilleurs d’entre nous”…disons les plus “sages” ont eu une influence quelconque sur l’amélioration de la compréhension de l’ètre.
      Nous sommes loin des CDS mais, diantre, si on peut même plus faire du hors sujet alors où allons nous mon bon monsieur
      Amicalement
      Cincinatus

    2. cincinatus,

      Dans votre définition “des générations d’handicapés mentaux” vous ne considérez que ceux qui se considèrent comme l’élite.

      Les autres les considèrent de la même manière, ce qui fait que tout a l’air pour le mieux !

      C’est malheureusement un phénomène social qui risque de durer. J’essaierai (c’est pas simple !) d’apporter des précisions une prochaine fois.

      🙂

    3. @Fab et Cincinatus

      Je cite cincinatus “Je me demande….au fond…y a t il eu une époque où « les meilleurs d’entre nous »…disons les plus « sages » ont eu une influence quelconque sur l’amélioration de la compréhension de l’être.”

      Je ne sais pas bien ce qu’il y a au delà de l’exponentielle, mais plus traditionnellement , je souscris à vos analyses. Pour ce qui est de la phrase cité, nous pourrions essayer de trouver des conte-exemples dans l’histoire, personnellement et si mon modeste avis peut vous rassurer, je crois que certains sages peuvent influencer, non seulement la compréhension de l’être, mais aussi la situation des “êtres”, voir l’époque des lumières (ex: Condorcet), ou la période andalouse du XII° siècle (ex: Averroes). Tiens, ils sont tous deux mathématiciens ET philosophes.
      Je reconnais toutefois qu’a notre époque et parmi ceux dont on entend parler , je ne vois ni les sages (à part PJ bien sur Ah Ah Ah), ni les dirigeants capables de les entendre.

      Cordialement

  30. Dérivés sur dette souveraine : Bruxelles étudie l’interdiction des ventes spéculatives
    http://www.lesechos.fr/info/marches/020406319227.htm

    « La Commission va étudier de près la pertinence d’une interdiction des ventes purement spéculatives sur les “credit default swaps” (CDS) sur dette souveraine », a prévenu son président, José Manuel Barroso, à l’issue de la réunion du collège des commissaires hier à Strasbourg.

    1. interessant…
      Je parie ( attention, il n’y a pas d’argent en jeu
      et que des perdants) que l’ examen va durer longtemps,très longtemps.
      Il semble que Baroso soit prêt à ‘examiner’
      toutes les idées ou propositions qui passent
      à proximité, sauf pour imposer les OGM.

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