« Contre-appel du 22 mars »

Il y a eu le vote protestataire, où l’on n’accorde pas sa voix en faveur d’un parti mais contre un autre. Il y a eu le vote blanc ou le vote nul, où l’on déverse sur le bulletin la rage que l’on a au cœur. Il y a eu enfin l’abstention, quand le pire ennemi de mon pire ennemi m’est lui aussi devenu à ce point indifférent, que lui non plus ne mérite plus que je me dérange.

Comment en arrive-t-on là ? Quand dans son ensemble la classe politique parle d’un monde qui a cessé d’exister. Nous aimerions tant qu’un de ses membres dise en public – et non comme aujourd’hui en privé, dans le creux d’une oreille – « La machine est cassée ! » Mais non, on demande aux vieilles recettes de continuer à servir, non sur la foi de leurs succès passés mais par simple habitude. En changeant, dans le meilleur des cas, les proportions de divers ingrédients rassis, rancis, voire franchement frelatés. Le monde a changé et la classe politique poursuit imperturbablement le bavardage d’une conversation qui n’évoque plus que l’ancien temps.

Nous vivons une période que l’on peut sans emphase qualifier d’historique : le capitalisme meurt sous nos yeux et nous entraîne dans sa perte. Toute tentative de rafistolage du système épuisé ayant implosé devant nous, sera certainement douloureuse et plus que certainement, vaine. Une finance fondée sur des paris sur les fluctuations des prix s’est nourrie sur le corps affaibli d’un monde ayant cessé de compter sur la richesse pour vivre à crédit, et s’est – comme il était à prévoir – effondrée. Après un temps de latence, elle entraîne désormais à sa suite les États qui s’étaient portés à son secours. Les peuples sont appelés à régler l’addition : il n’est question que de plans de rigueur et de luttes contre les déficits publics ; la protection sociale conquise sur un siècle, n’aura pas duré davantage.

On parle encore avec emphase de croissance, porteuse d’abondance et chargée de tous les bienfaits, mais ceux ayant ces mots à la bouche savent qu’elle s’alimente depuis toujours à la gabegie d’une planète pillée sans répit. La recette en est de toute manière perdue. À la place, la précarité et le chômage progressent d’une marche inexorable : les emplois perdus, le sont à jamais.

Cette fin d’un monde qui s’est cru éternel exige des actes, dès aujourd’hui. Le manque d’imagination, le manque de courage ne sont plus de mise désormais. Si rien n’est fait – et l’encommissionnement est une forme du rien – il n’y aura plus bientôt ni planète viable pour notre espèce, ni économie qui ne soit simple rapt par la finance de toute richesse créée, ni même aucun revenus, car les nations vieillissent, et les vieillards qui occupent les postes s’y accrochent à mesure que fondent leurs retraites, monopolisant la ressource devenue rare qu’est le travail humain.

Quelle initiative alors prendre ?

L’ Appel du 22 mars annonça le Joli Mai et le dépoussiérage que celui-ci opéra d’une société en voie de fossilisation avancée. Mais rien ne sert de convoquer les symboles au titre de fleurs ou couronnes : la soupe refroidie n’est au goût de personne. Nul n’a le droit de les évoquer s’il n’est digne d’eux : à la hauteur aujourd’hui de ce qu’ils furent en leur temps.

Il n’est question ici ni de nouveaux slogans, ni d’un nouveau parti : le cimetière des espérances déçues déborde de tous ces lendemains qui nous firent déchanter. Il s’agit au contraire de mettre en mots, en images et en actes, les prémices du monde nouveau qui se dessine à nos yeux. Toutes les mesures à prendre ne sont pas encore connues, certaines n’existent encore qu’à l’état d’ébauches à peine esquissées, mais qu’importe ! Le monde auquel nous aspirons est l’inverse de celui qui, petit à petit, s’est installé dans nos vies et pire encore, se trouve maintenant logé à demeure dans nos têtes. À l’égard de celui-ci, nous sommes déjà, au plus profond de nous-mêmes, des insoumis. C’est cette insoumission-même qui émerge aujourd’hui sous sa forme collective.

Le bourgeois a perdu son Dieu et l’a remplacé par l’argent. L’argent a tout envahi. Le « capital humain », un lobe de foie ou un rein, tout a désormais un prix : tout se vend, tout s’achète. On évoque aujourd’hui la « loi du marché » comme on parlait auparavant de la « gravité » : inscrites toutes deux désormais au même titre sur des tables d’airain. La plus grande richesse créée par les machines aurait dû signifier notre libération, mais aussitôt créée, elle se trouve confisquée et disparaît dans des comptes secrets.

Le temps n’est-il pas venu de désamorcer la machine infernale ? D’affirmer que le commerce humain n’est pas nécessairement celui de l’argent ? De faire advenir la solidarité là où la rivalité règne aujourd’hui en maître ? De promouvoir un double respect : celui des humains dans leur diversité, les uns vis-à-vis des autres, et celui d’eux tous réunis, envers la planète qui les accueille et leur dispense ses bienfaits ? « Penser global pour agir local » ont dit à juste titre, les écologistes. Le moment est venu d’agir aussi globalement : local et global, l’un ne va pas sans l’autre.

La démocratie se voit chaque jour un peu plus menacée par les manifestations d’un contrôle social envahissant. Les moyens qui s’offrent à nous pour la faire progresser, pour qu’elle s’approfondisse sur le plan politique et pour qu’elle s’instaure enfin au sein de l’économie, par le biais d’une constitution pour l’économie, définissent le monde nouveau qui pourrait être le nôtre.

Bien sûr, nous savons faire la part du rêve mais c’est pour mieux l’affirmer d’abord comme ce but auquel nous ne saurions renoncer. Nous nous inscrivons, de cette manière, dans la lignée de tous les résistants, « dissidents » de toutes les époques, dont on découvre plus tard qu’ils eurent raison d’avoir si longtemps tort, sans jamais renoncer.

Il y aura toujours de « prochaines élections », même s’il existe pour nous Dieu merci d’autres moyens d’exprimer nos espoirs. La manière optimale de les préparer – l’action politique sous son jour le meilleur – est de commencer par rêver à voix haute. Nous associons à notre rêverie partagée, un programme immédiat pour être sûrs qu’elle ne sera pas abandonnée aussitôt évoquée : les dix, cent, mille mesures qui devront être prises pour que les idées généreuses se traduisent en des réalités qui ne le seront pas moins. Ce catalogue, livre de doléances ou quel que soit le nom qu’on veuille bien lui donner, ne sera pas l’aboutissement de tractations entre partis, mais le produit d’une élaboration « apartidaire », fruit de la tenue d’États généraux, témoignage que les temps difficiles sont ceux où s’entend la voix des sans grade, guidés seulement par leur foi en la lumière et leur bonne volonté !

Paul Jorion et François Leclerc

0Shares

418 réflexions sur « « Contre-appel du 22 mars » »

  1. Nanterre le 22 mars 1968
    samedi 22 mars 2008.
    Source : http://www.mediapart.fr

    L’histoire de la prise de la salle du conseil

    Tout a commencé le vendredi 22 mars en début de soirée, devant le bâtiment administratif de la faculté de Nanterre. C’était une (petite) tour. Elle était (un rien) phallique – des années plus tard, à Jussieu, les étudiants surnommeront la tour Zamanski « le zob à Zam » -, elle incarnait donc le pouvoir : il fallait l’occuper. La cause occasionnelle ? L’arrestation de trois ou quatre activistes à la suite du saccage des locaux d’American Express derrière l’Opéra de Paris. Un désir plus profond ? La lutte en faveur du Vietnam, de règlements moins coriaces des cités universitaires, de débouchés pour les études de sociologie…

    Un groupe s’est formé au pied de l’édifice, bouscule un appariteur et franchit la porte d’entrée. Le voici dans le hall. La discussion fait rage sur la suite à donner : « Est-ce qu’occuper la salle du dessus plutôt qu’un amphi est un acte qui marque une victoire ? », questionne un étudiant. Les « oui » et les « non » fusent dans le brouhaha. « Au huitième ! » (la salle du conseil), hurlent quelques éléments. Daniel Cohn-Bendit serait plutôt pour limiter l’occupation au rez-de-chaussée. Il évoque les suites judiciaires déclenchées si le saint des saints (la salle du conseil) était forcé. Mais « Dany » n’est pas suivi dans son tropisme horizontal. Un besoin de conquête verticale s’exprime à grands cris et le rouquin libertaire en prend note : « Je me rallierai à la majorité des gens. Si la majorité est pour aller en haut, j’irai en haut. »

    Mouvement de foule en direction des sommets. Mais Beaujeu, l’assesseur du doyen, et Rivière, le chef du personnel, font barrage de leur corps au pied de l’escalier. Bousculades, ultimes hésitations, nouvelles bousculades : la grande salle du huitième étage s’offre à l’occupation diserte toujous, éloquente parfois, d’une centaine d’anarchistes, de trotskystes et d’inorganisés, houspillés par quelques enragés (« prositus » pour les intimes) dont la volonté de « foutre le bordel » ne rencontre pas l’adhésion. Déçus du peu de cas que leur chaos rencontre, ces furieux lyriques exécutent trois petits bombages (« Les syndicats sont des bordels, l’Unef est une putain », « Professeurs vous êtes vieux… votre culture aussi », « Le savoir est en miettes, créons ») et puis s’en vont.

    Des retardataires arrivent, le journaliste Ladislas de Hoyos passe la tête, et des échanges ou harangues vont bon train parmi les quelque cent cinquante occupants de la grande salle du conseil, à propos du Vietnam, du rôle de l’administration, du pouvoir gaulliste, des leçons à tirer de la grève estudiantine de novembre 1967, de l’université critique à construire, etc.

    La police vient de relâcher les activistes arrêtés après le saccage de l’American Express. Faut-il continuer d’occuper les lieux ? D’autant que les forces de l’ordre interviendront si les troubles se prolongent au-delà d’une heure du matin, insiste la rumeur…

    Pour se donner du cœur au ventre, l’assemblée décide d’organiser pour le vendredi suivant, 29 mars, une « journée portes ouvertes » consacrée, en lieu et place des cours, à un large débat autour de quatre thèmes : « Capitalisme et luttes ouvrières ; université et université critique ; luttes anti-impérialistes ; luttes étudiantes et ouvrières dans les pays de l’Est. » Les anarchistes se vantent d’avoir imposé le dernier point malgré les réticences de certains trotskystes, enclins à penser que les démocraties populaires sont des États ouvriers certes dégénérés, mais où les acquis du socialisme doivent être sauvés… Un appel est rédigé, adopté par 142 voix. Le mouvement du 22 mars est né.

    L’un des moteurs libertaires en était Jean-Pierre Duteil, fondateur des éditions poitevines Acratie. Il étudiait la sociologie à Nanterre à l’époque, il a ensuite enseigné la psychologie sociale à l’université Dauphine quand elle était encore expérimentale, puis il est parti en région, dans l’imprimerie, l’agriculture et, donc, l’édition. Il a publié, en 1988, « Nanterre 68. Vers le mouvement du 22 mars » (préface de Daniel Cohn-Bendit, Ed. Acratie), un livre fondé sur des entretiens avec quatre-vingts témoins. Il prépare, pour la fin avril, une autre étude : Mai 68, un mouvement politique.

    Jean-Pierre Duteil s’avère la mémoire vivante de ce mouvement du 22 mars, dont il a fêté le 20e puis le 30e anniversaire en réunissant une centaine de grognards dans une salle des fêtes. Distant mais toujours « raccord » avec ce temps, il se moque gentiment des maoïstes et de leur ouvriérisme : « Ils nous accusaient de nous intéresser à des questions sans intérêts, comme la mixité, le savoir et sa transmission, au lieu d’aller prêcher la révolution à la sortie des usines. Les maoïstes traitaient les trotskystes et les anarchistes de petits bourgeois : cela n’a rien d’étonnant puisqu’ils étaient eux-mêmes de grands bourgeois ! »

    Jean-Pierre Duteil rappelle que « le campus de Nanterre était tout ce qu’il y a de plus « chiant ». Il fallait se créer une vie sociale, comme dans un village. Contrairement à une grande ville, avec ses bistrots et où l’on peut envoyer paître ceux qui vous déplaisent parce que vous trouverez toujours à proximité quinze ou vingt de vos semblables, il fallait composer. Du coup, personne n’était replié sur des questions identitaires ou politiques : « Quelque chose transcendait les appartenances viscérales d’origine. Et ce quelque chose, c’était précisément Nanterre et son esprit révolutionnaire, son projet commun de vie. Tout était à la fois à fleur de peau et d’une grande ouverture aux autres. »

    Par Antoine Perraud

    1. Beaucoup de bruit pour RIEN ou plutôt pour PIRE, voilà ce que je retiens personnellement de cette époque, Je crois que les gens étaient plus libres avant 1968 que nous ne le sommes aujourd’hui.
      Je crois que tout doucement nous avons fait depuis 68, le chemin à l’envers.

    2. @liervol

      Je crois que vous vous trompez, vous n’imaginez pas aujourd’hui l’ambiance de contrôle social bigot qui pouvait exister. ex: ma mère ne pouvait aller au marché sans avoir couvert sa tête d’un foulard. La France d’avant 68 ressemblait par certains cotés à l’Iran d’aujourd’hui.

    3. @Phil de Saint Naz: oui, mais ce contrôle « social bigot » avait « du sens », donner « corps » à « la société ». Disons qu’une société sans contrainte ressentie (et consentie !) est une société qui n’existe pas. Par contre, on pouvait déplorer la position réservée à la gente féminine : maintenue en état d’infériorité, c’est elle qui subissait toutes les contraintes, les hommes se gardaient le beau rôle. Un peu comme dans l’Iran d’aujourd’hui, nous sommes d’accord.

    4. Je ne sais pas : j’ai eu des grand mères qui ont toujours travaillé : une divorcée c’était rare à l’époque et une autre qui était l’homme de la maison puisque c’était mon grand père qui faisait la cuisine après sa part de travail, toutes les deux chefs d’entreprises et je ne les ai jamais vu « porter un foulard pour aller au marché » Quant à l’interruption de grossesse malgré les risques l’une au moins l’a pratiqué durant la guerre. D’ailleurs elles n’ont eu qu’un seul enfant toutes les deux.
      Alors votre France d’avant 68, nous ne devons pas avoir la même.

    5. @Liervol

      En même temps, si votre France d’avant 68 se résume à la seule histoire de vos grands-mères…

  2. Lire « derrière la vitre » de R. Merle concernant ces journées…Cela dit si très intéressant ,de l’eau a coulé sous les ponts…

    1. @Bosson
      Lire Denis Tillinac: Une certaine méprise
      Je confirme avoir personnellement : assisté, vu, entendu, vécu, et parfois pensé ce qui est publié dans l’ouvrage de Denis Tillinac.
      Avec évidemment du vécu d’anecdotes différentes et également parfois des appréciations différentes sur d’autres points.
      Pendant 1 semaine j’ai pris tous les soirs la parole à l’Odéon avant d’être expulsé chaque fois et invité à revenir m’exprimer le lendemain par le meneur qui me recevait amicalement.
      J’étais le 30 mai vers 16 heures au bas des Champs et j’y ai revu une connaissance ancien officier de liaison qui fut le premier à remonter au Vercors après le massacre nazi.
      Je ne suis pas un « fils de bourge », simplement un Fabrice qui avait compris que ce qui se passait était un êvenement. Et je mesurais ma chance d’être là.
      La vingtaine d’affiches que j’avais récupérées assez périlleusement en tant qu’oeuvres d’art dont plus de la moitié provenait d’un atelier des étudiants des beaux-arts de Rennes, m’a été volée l’un des derniers soirs de mai: Par des futurs artistes se préparant à repartir à Rennes qui ont décidé de bourrer quelques boites à lettres d’immeubles chics du 16ème puis imbibées d’alcool, d’y mettre le feu….Ayant vertement et copieusement insulté ces voleurs, il me fut répondu que la révolution n’avait que faire de mon comportement bourgeois et des créations d’artistes collectionnées comme souvenir….
      Qu’on se le dise: les révolutionnaires méprisent l’histoire, même si l’histoire prise fort les révolutions.

    2. @ALBIN: émouvante, votre petite histoire. On pourrait épiloguer sur l’ambiance révolutionnaire, mais je préfère ne pas. Laissons la petite histoire intacte, comme ces oeuvres qu’il fallait sauver…

  3. Comment!? Mr Jorion ne veut pas se satisfaire du plan marketing « aux petits oignons » – bio, cela va sans dire – de Dany?

    Mais ma parole, il est aussi râleur que le français moyen! 🙂

  4. C' »est la première fois que je vois des commentaires sur une note pas encore publiée !

    Mais tous les ex-68′ qui rodent dans les parages sont à l’affût (c’est fous comme il y avait de types en socio en 68 à Nanterre !)

    Alors, ça vient ?

  5. Les politiques aujourd’hui font de la communication, un projet de société les intéressent-ils ? Je ne pense plus. Plusieurs fois sur ce blog des commentateurs ont fait un appel à communiquer des idées, des injustices, des scandales et à les mettre face à leurs responsabilités. Moi-même, j’ai essayé. Ce n’est souvent que mépris face à la plèbe que nous sommes.
    Ci-dessous un lien vers un article de Sapir censuré par le PS.
    http://www.mediapart.fr/club/blog/jean-bachelerie/180509/le-ps-censure-l-economiste-jacques-sapir
    Cela donne aussi à réfléchir.

    1. @ Frédéric

      Vous pensez à un petit appel de ce genre :

      « Les chefs d’états qui, depuis de nombreuses années se sont succédés à la tête de leur pays, ont laissé se mettre en place, à l’échelle planétaire, un pouvoir financier brutal, destructeur et inconscient des limites imposées par les Lois de la Physique.

      Ces gouvernants, alléguant toujours de l’intérêt national, ont tout fait pour favoriser la croissance économique, allant même jusqu’à autoriser la libre circulation des capitaux en même temps qu’ils se laissaient soudoyer.

      A cause de cela, nous avons été, nous sommes et nous continuerons un temps encore, à être agressés par les forces opaques de la finance qui ont généré la crise.

      Infiniment plus que financière, la crise est écologique, énergétique et climatique, aggravée partout par un défaut d’éducation patent.
      Tout cela nous entraîne vers le déclin.

      C’est l’inconscience des économistes et des financiers qui a surpris nos chefs, eux-mêmes incompétents, au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui.

      Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? Le déclin est-il inéluctable ? Non !

      Croyez ceux qui vous parlent en connaissance de cause et qui savent à quel point rien n’est perdu pour l’Humanité : L’économie qui nous a menés à la crise actuelle, fondée sur la croissance, ne pourra pas nous conduire à une espérance pour nos enfants.
      Soyez certains que la solution à la crise majeure qui nous atteint en plein cœur ne se trouve pas dans un système qui exploite à outrance nos ressources naturelles.

      Cette crise, nous tous, souvent par ignorance et malgré nous, nous l’avons déclenchée fascinés que nous étions par les promesses de richesses qui nous étaient faites.
      Cette crise n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette crise ne sera pas tranchée par les piètres décisions de nos dirigeants asservis au pouvoir de l’argent.
      Cette crise est totale et mondiale.

      Toutes les fautes, tous les mensonges, toutes les destructions, n’empêchent pas qu’il existe dans l’univers des Humains tous les moyens nécessaires pour, si nous le souhaitons vraiment, vivre des jours meilleurs avec des lendemains.

      Foudroyés aujourd’hui par la force de la bêtise des plus vils d’entre nous, nous pourrons dans l’avenir renaître par la force de l’intelligence.
      Le destin du Monde est là.

      Les vrais scientifiques, les vrais écologistes et certains économistes hétérodoxes, actuellement bâillonnés par les médias, nous disent qu’il y a une alternative viable à notre présent système économique qui s’effondre.
      Il ne tient qu’à nous de les croire et de les rejoindre pour œuvrer à leurs cotés afin de changer nos vies en conscience et mettre en place une économie écologique.
      L’avenir de l’Humanité est là.

      Quoi qu’il arrive, la flamme de l’espoir ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas, dussions nous pour cela entrer en résistance pacifique contre l’empire de l’argent.

      Demain comme aujourd’hui nos actions fortes et concertées pourront produire leurs effets.
      Après demain elles ne le pourront plus ».

    2. Ecodouble.

      Lorsque je lis ça :
      « la crise majeure qui nous atteint en plein cœur »
      Je pourrais presque constater que vous avez un porte-feuille à la place du cœur, tout comme ma grand-même écossaise.

      Et ça :
      « Il ne tient qu’à nous de les croire »
      Je pourrais presque constater que vous voulez continuer à croire alors qu’il vaudrait mieux exceptionnellement commencer à réfléchir sur des faits et arrêter de se faire manipuler pour mieux rêver.

    3. @ yvan

      Vous prêtez à ecodouble de bien mauvaises pensées. Moi aussi, la crise m’atteint au coeur quand je vois des parents ou des amis perdre leur travail. Non pas au portefeuille, mais bien au coeur.
      Alors, si, quand qelqu’un écrit « coeur », vous lisez « portefeuille »,c’est peut être la vue qui baisse? Ou peut être une confusion de votre part entre ces deux mots? J’hésite…

    4. @ Laurence

      Merci pour l’enthousiasme que vous manifestez sur ce blog.

      @ Frédéric

      Merci d’avoir réussi à comprendre ce que j’ai voulu dire malgré toutes mes maladresses : Je ne suis pas un littéraire.

      @ Yvan
      Vous ne devez pas aimer le Général de Gaulle : Le mot « cœur » est de lui dans ce plagiat maladroit – je vous l’accorde – de son appel génial du 18 juin 1940.
      J’aurais bien aimé faire un plagiat avec un texte de son troisième successeur à la présidence de la République mais je n’ai rien trouvé de génial dans sa littérature, à part peut-être le passage In « La paille et le grain » où il dit avoir « été jeté dans une pièce sans porte ni fenêtre » sans préciser comment il put y rentrer et, donc, en sortir.
      De toute façon, ce passage ne convenait pas pour un appel.

      @ Paul et François (je sais que vous avez beaucoup travaillé à la rédaction de ce contre-appel).
      J’espère que votre texte rentrera dans l’Histoire car cela voudra dire que le Monde aura changé complètement et que nous ou nos descendants directs, car il y a urgence, nous aurons réussi à mettre en place un économie écologique.

  6. La cuvée 68 des diplômes de socio de Nanterre a été une grande année ! Il a mieux valu quelques années après ne pas les mentionner sur les CV…

  7. Pour Dany, l’enjeu ne sera-t-il pas de faire cohabiter les objecteurs de croissance, l’écologie productiviste, l’écologie politique, l’écologie pastèque, l’écologie light ?

    Bon, il faudrait d’abord commencer par faire une liste des différentes écologies de Malthus à Cohn-Bendit.

    1. l’Ordre Environnemental est fondé sur la Vie
      L’Ordre Economique est fondé sur la Raison
      l’Ordre Social est fondé sur la Justice
      l’Ordre Politique est fondé sur la Citoyenneté
      l’Ordre International est fondé sur la Paix

      Bonheur National Brut (BNB)
      bien-être psychologique
      santé
      éducation
      usage du temps
      diversité culturelle
      gouvernance
      vitalité de la vie démocratique
      diversité écologique
      niveau de vie.

      PROBLEMES PRINCIPAUX de la FRANCE
      chômage
      pouvoir d’achat
      hausse des prix
      inégalités sociales
      financement des retraites
      financement de la dépendance
      dette nationale
      déficit du budget
      déficit du commerce exterieur
      éducation et recherche

      CHANTIERS POLITIQUES de la FRANCE
      immigration
      industries et délocalisations
      énergie
      R&D
      agricole
      OGM
      militaire
      Tiers-Monde
      BRIC
      climat
      Europe-Méditerranée
      rapport € -$-yuan

      Principes majeurs
      il nous faut des principes pour savoir et aller vers le juste.
      1. la justice
      à partir de là,en fonction du contexte,on peut savoir qu’elle est la bonne direction. il ne s’agit plus d’amis ou d’ennemis,ni de batailles ou de guerres mais d’actions paradoxales pour une justice holiste et holoniste. n’oublions pas que la forme peut etre simple,mais que le fond est toujours complexe.
      2. l’interet general.
      axé sur la vie (gaia)
      3. chacun paie selon ses moyens et est remboursé selon ses besoins
      axé sur la solidarité
      4. la bonne gouvernance
      axé sur la republique (liberté-égalité-fraternité-laicité)
      5. le concensus radical
      axé sur la démocratie (participative et délégative)
      6. l’individu
      axé sur l’épanouissement altruiste
      7. le projet de société
      axé sur la créativité et l’innovation

      Propositions majeures
      1. Une constitution pour l’économie.
      gaspillage
      chomage
      usure
      accumulation d’argent(exponentiel)
      intéret
      rente(fonciere,monopole,etc)
      spéculation
      marge bénéficiaire
      profit
      crime
      illégal
      immoral
      non sens
      non éthique
      non innovant
      non utile
      non efficasse
      non robuste
      non plausible
      non coherent
      non motivation
      non courage
      non social
      non environnemental
      a la dette : la banque de france prete à taux zero par projet à quiconque ayant un « bon » projet (1er projet : l’etat rembourse toutes ses dettes aux banques)
      b salaire : plage flottante de de 1 à 25 (en intégrant sous-traitance)
      c patrimoine : limité à 15ME sauf createur d’entreprise
      d succession : limité à 1.5ME par enfant
      e vision : exploiter la lune/mars
      f stabilité : salaire indexé sur inflation
      g impot revenu : grille 0.1% 5% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 95% 99.9%
      2. Interdiction des paradis fiscaux.
      3. Fin de l’indépendance de la banque centrale : les états doivent pouvoir être maître de leur orientation économique (ce qui signifie en plus la sortie du traité de Maaschtricht).
      4.augmentation de l’imposition sur la succession des grandes fortunes, si on revenait entre 0.1% et 99.9%
      5.augmentation des salaires : 50% des profits pour les salariés, 50% pour l’ entreprise, 0% pour les actionnaires car ils sont propriétaires de l’entreprise.
      6. Limitation du droit à la propriété ( c’est Locke qui va être content). Réquisition des logement vide à but spéculatif par ex.
      7. Mise en place du revenue de vie, 1500 euros garantie par l’état de façon mensuel pour chaque personne majeure. Si l’on souhaite gagner plus, on choisit de travailler etc.au debut,pour etre en cohérence budgetaire,de 0 à 5 ans : 250E,de 6 à 10 ans : 375E,de 11 à 14 ans : 500E,de 15 à 17 ans : 625E,de 18 à 23 ans : 750E,puis le seuil de pauvreté européen : 880E.il faudra compter une à deux generations pour atteindre l’objectif.
      8. Stricte séparation des médias et de toute forme de pouvoir ( financier ou politique), les médias n’existent que s’ils s’auto-financent ou sont soutenus par leur usagers.
      9.nationalisation des banques et interdiction des pratiques spéculatives (le crédit n’est possible que s’il contribue à l’économie réelle).
      10. création de l’impôt sur la solidarité, chaque citoyen est redevable à la société de gestes qui enrichissent l’humanité et rendent la vie plus belle (un an de sa vie)
      11. regardez un bulletin de paye ou des lignes sont plafonnées! pourquoi ne pas deplafonner toutes les lignes du bulletin de paye(salariale&patronale)? çà regle tous les « trous » et c’est étonnement simple,juste,republicain
      12. instauration d’une éco-socio-taxe dans le monde par pays
      13. réstauration de la préférence communautaire à 80%
      14. salaire maximun égale à 25 fois le moins disant de l’allocation adulte handicapé(aah),du minimun vieillesse,du smic et des salaires de l’entreprise en integrant les sous-traitants jusqu’au dernier rang avec non cumul des mandats et des fonctions (jusqu’à atteindre le salaire maximun pour les fonctions)
      15. salaire minimun égale à 1500E : se loger(500E),se nourir(200E),se vetir(100E),s’assurer(100E),s’équiper(100E),se cultiver(100E),se socialiser(100E),se transporter(200E),économiser(100E)
      16. passage aux 32H (28H,24H,20H,16H,…) sans perte de salaire grace au gain de productivité
      17. suppression de la spéculation
      18. suppression de l’intéret (banque public)
      19. suppression du profit (société anonyme à but non lucratif,mutuelle,coopérative,etc)
      20. suppression de la publicité par de l’informacité (faite par les associations de consommateurs)
      21. suppression du « marketing » (marché) par du « needing » (besoin)
      22. tva sociétale de 0.1% à 99.9%
      22 propositions pour le contre-appel du 22 mars

  8. Je suis dans une municipalité de gauche. Bien gérée et où l’abstention est faible.
    Je suis dans une région de gauche. Bien gérée et où l’abstention est forte car c’est un niveau de pouvoir intermédiaire.
    J’attends les présidentielles qui mettront le pouvoir à gauche.

    Car la crise vient du capital.

    1. Sauf que le PS n’a aucune idée plus neuve que l’UMP et que la Gauche Caviar je m’en souviens trop bien.

    2. @yvan

      « Je suis dans une municipalité de gauche. Bien gérée »

      C’est quoi une municipalité bien gérée? La mienne est de gauche et pas mal gérée (bien qu’on pourrait discuter des choix). Mais les petits copains qui sont partout, des parcs et jardins jusqu’à l’action économique, qui sont dans les loges, qui entravent toutes les initiatives et qui sont d’un conformisme petit-bourgeois rarement atteint, ça n’est pas le capital, mai c’est aussi nocif pour les habitants.

      « Car la crise vient du capital »

      La gauche n’a pas prouvée de qualité supérieure à la droite par rapport à la finance quand elle était aux affaires.

    3. D’autant que si l’UMP gerais 21 regions, la difference avec une gestion PS serrait’elle si importante.

      Je pense que la reponse est contenue dans la question.

    4. Je vous remercie de vos réactions. (qui m’oblige à aller aussi plus loin)

      Nous sommes maintenant face à une situation qui, malgré un contexte légèrement différent, comporte des similitudes troublantes.
      J’élimine déjà d’office les étiquettes « politiques » de droite et gauche, ça permettra d’avancer.
      De Gaule était de « droite ». Sauf, que, dans les FAITS, le Grand a créé l’intéressement et la participation dans les entreprises. C’est franchement de droite, ça…??
      Mitterand était de « gauche ». Sauf qu’il était initialement du centre et qu’il a juste pris la tête d’un parti. (je n’ai pas retrouvé d’action de sa part que l’on pourrait qualifier de droite, mais je vous fais confiance)
      Vous aurez compris que l’ « étiquette » politique est une chose, mais que les Hommes et, ne l’oublions pas, le contexte en est une autre.
      Ca nous permet de mettre de coté les politiques, ça clarifie.

      Dans la série des choses comparables, il paraît qu’il y a eu une crise économique en 1929. (j’étais trop petit pour m’en souvenir : le spermatozoïde de mon père… passons)
      Hors, sauf erreur, c’est la crise qui a provoqué l’arrivée du fascisme (soit l’extrême droite) au pouvoir à cette époque et cette merveilleuse guerre mondiale qui nous a permis les trente glorieuses sur le dos de tous ces/ses morts.

      Chose encore amusante, l’ordo-libéralisme et la montée de l’individualisme me semble bien être un peu plus à droite qu’à gauche. Dites-moi si je me trompe.

      Alors, collègues du blog, ceci sans vouloir retourner vers un communisme qui est très beau sur le papier mais inapplicable dans la réalité, tout ce qui est de droite au sens français du terme, je m’en méfie comme de la peste, ils ont déjà fait assez de dégâts avec toutes les crises précédentes.

  9. Bel effort ! Ce texte bien écrit ne manque pas de souffle ! Malheureusement, si d’aucuns ont pu – à juste titre – qualifier celui de Cohn-Bendit, auquel il est implicitement fait référence, de « coquille vide », ce texte aussi fait un peu coquille vide. Quelques propositions de mesures plus concrètes me paraissent faire cruellement défaut.

    1. Les propositions concrètes sont à la politique ce que la musique concrète est à la musique

    2. Musique concrète :c’est le néolibéralisme de l’harmonie.
      On voit ce que çà peut donner.
      Remarquez que les règles dodécaphoniques ne sonnent guère mieux.
      Boulez président Stockhausen premier ministre…

  10. Je crois que Paul comptait sur nous pour le contre-appel ! 😉

    Alors je me lance. Car le sujet est d’importance. Et que nous prenons au sérieux ton initiative Daniel Cohn Bendit.

    Dany,

    Tout d’abord, je dois te dire que tu es un politique talenteux, autour de ton nom le mouvement de l’écologie politique a trouvé un nouveau souffle qui s’est traduit par deux succès électoraux. Maintenant la question que je me pose, car j’ai voté écolo, cela suffit-il à faire de toi un homme politique, le projet écologique est-il vraiment pertinent ? Je ne dis pas que tu ne pourrais pas l’être ce véritable homme politique. Tu as de grandes qualités de débatteur, tu as l’esprit agile et subtil, une longue expérience de l’engagement politique.

    Pour moi, un homme politique c’est un citoyen qui a des convictions, des idées, une analyse précise du monde dans lequel il vit et c’est donc à partir de là qu’il fonde son action et définit une stratégie.

    Ton appel du 22 mars m’a semblé comporter des éléments positifs, car tu fais un constat lucide d’un certain divorce, ou du moins d’une séparation, entre citoyens et politiques. Tu appelles donc « un réaménagement de la forme du politique », pour reprendre tes propres termes.

    Malheureusement, je ne crois pas que cela soit suffisant car la forme ne peut être dissociée du fond. Faire remonter les bonnes idées de la base et débattre démocratiquement pour savoir quelle devront être les idées qui doivent être retenues cela ressemble aux exercices de synthèse du parti socialiste ou des collectifs anticapitalistes qui étaient apparus à l’époque du référendum sur le projet de constitution européenne. On aboutit finalement à un consensus mais ce consensus est tellement mou, le résultat de multiples compromis entre des tendances très diverses qu’il n’en ressort souvent que des idées très générales.

    Danny, as-tu entendu parler de l’interdiction des paris sur la fluctuation des prix et de la constitution pour l’économie ? Si oui, et je n’en doute pas, car un des blogueurs d’ici t’a envoyé personnellement le billet de Paul Jorion qui s’intitulait « Péril en la demeure » où il était justement question de la nécessité vitale pour l’Union d’interdire les paris sur la fluctuation des prix ?

    Si donc effectivement tu as eu cette information, et je n’en doute pas, car comment un politique aussi avisé que toi ne pourrait-il en avoir été informé, il me semble essentiel que tu nous dises ton opinion personnelle sur la question, et surtout si tu comptes en faire a priori une composante de ton futur programme ?

    Va-t-il te falloir en discuter pendant des mois ou bien pour décider si l’idée vaut la peine d’être un thème de campagne, ou bien, ce que je pense, la démocratisation de la vie politique française n’est-elle pas directement liée à cette mesure ? Car si tu t’es intéressé suffisamment de près à la question, tu n’a pu manquer de comprendre qu’il s’agit avec l’introduction de cette mesure et de quelques autres au sein d’une constitution pour l’économie qu’appelle de ses voeux Paul Jorion et nous les nombreux lecteurs et contributeurs de son blog, que de faire dans le domaine économique ce qu’apporta la démocratie dans le domaine politique. Et qui plus est, en domestiquant la sphère de l’économie c’est la démocratie même qui s’en voit améliorée, ce qui est, si je ne me trompe, l’objectif que tu te proposes d’atteindre en lançant ton appel du 22 mars. Tu parles de civiliser la vie politique mais n’est-ce pas un cadre beaucoup plus général qu’il faudrait civiliser ? J’ai le sentiment que tu inverses l’ordre des priorités.

    Sans doute par souci démocratique, d’égalité, tout à ton honneur, tu préfères laisser parler et discuter, délibérer tous ceux dont tu te sens proche. L’idée est louable mais le risque est grand qu’au lieu d’augmenter la puissance de la démocratie tu n’aboutisses au contraire à la diluer.

    Il y a une certaine contradiction à prendre comme tu le fais une initiative forte pour faire bouger les lignes sans manifester également et toi-même, à titre personnel, une position très claire sur l’idée que tu te fais des forces économiques, politiques en présence et les moyens de les affronter, de les modifier, pour changer le monde. Car la situation du monde est telle que l’action politique ne tolère pas l’a peu près.

    Si tu as vraiment des idées sur le monde d’aujourd’hui, que tu veuilles aussi aller vers plus de démocratie, sans doute, certainement, gagnerais-tu à prendre en considération les conditions de possibilité de la démocratisation de nos sociétés. L’interdiction des paris sur les fluctuations sur les prix me semble être le service minimum si tu veux effectivement t’atteler à la tâche. Alors tu vois ce qu’il te reste à faire. Lance-toi !

    1. Je me reconnais tout à fait dans le billet écrit en tandem par Paul et François, qui ouvre un plus vaste horizon perspective que mon propre commentaire qui a été rédigé alors que le billet n’était pas encore publié.

      « Désamorcer la machine infernale » est une excellente formule, qui résume très bien la substance de mon propos dans mon adresse à Daniel Cohn-Bendit. Il y a une situation très grave, si l’on ne part pas d’elle pour motiver l’action politique, l’homme politique rate sa cible, ou plutôt continue de faire de la politique politicienne.

    2. Pour moi « Dany » n’est qu’un opportuniste et rien d’autre, et quand à Mai 68, je le dis et je le répète cela n’a servi en fait que les US qui voulait abattre le trop dangereux De Gaulle.

      Je ne sais pas si la société était cloisonné avant 68, je suis trop jeune pour l’avoir vécu, mais ce que je sais c’est que nous avons perdu en liberté depuis il suffit de regarder aujourd’hui comment la société est contrôlé, nous avons perdu en volonté il suffit de regarder la débandade de l’enseignement, il suffit de regarder le pouvoir qu’il nous reste dans la mondialisation et ce qu’il reste de l’exception culturelle française : le néant.
      Même sexuellement parlant, je suis loin d’être convaincue qu’en définitive 68 ait libéré l’érotisme bien au contraire puisque c’est la pornographie qui domine et qu’on aboutit à un être désabusé à la houellebecq.
      On fait à mon avis de 68 une légende qui n’a rien à voir avec la réalité qui a suivi.

    3. @ Paul

      bien sur que mais 68 à gagné : l’interdiction d’interdire a accouché de l’ultra libéralisme ; le « crs ss » à mené à la contestation systématique de toute autorité, l’imagination au pouvoir s’est transformée en la ruse à nous vendre 100 fois le même produit avec des arguments toujours renouvelés…

      m’enfin… tous ces révolutionnaires de pacotille ont bien fini soit à la tête de médias , soit dans des boites de com’ soit directement dans des entreprises du cac, mais dans tous les cas en tant que thuriféraires de la démocratie de marché libre orthodoxe et américaine… s’il y a eu UNE génération qui à su tirer son épingle du jeu c’est bien celle là, ne les faites pas passer pour les victimes, c’est indécent…

      allez, sur ce il faut que je retourne travailler sans temps mort, afin de pouvoir jouir sans entraves (douanières) de la consommation…

    4. Je viens d’apprendre que Monsieur Cohn-Bendit faisait partie du parti écologique.
      Je ne parlerais donc ni de lui, ni d’aucun autre politique, les problèmes de personnes sont trop subjectifs.

      L’écologie, dites-moi.
      N’a-t’elle pas été rendue nécessaire par la société de consommation…???
      Soit, ce contre quoi beaucoup luttent maintenant sans grande vigueur. Pour l’instant.
      C’est donc un effet d’une cause qu’il faut combattre.
      Ainsi, faire de l’écologie serait mettre un patch sur une jambe de bois puisque les financiers ont déjà prévu de gagner un argent fou sur les « crédits-carbone »…

      Je ne vise personne, suivez mon regard. (ça, c’est ce que j’appelle le « tir à vue ». Tout le monde se sent viser… lol)

    5. Von der blob, sans vouloir être désagréable, ce que vous dites est absurde.

      – L’ultra libéralisme n’est pas né en France, que je sache. Vous croyez vraiment que les slogans d’une manifestation étudiante française ont eu tant d’influence ? Pour un peu, je vous soupçonnerais de croire, comme certains nostalgiques de leur jeunesse enfuie, que mai 68 a changé le monde.
      – Où avez-vous aperçu cette « contestation systématique de toute autorité » ? En France en 2010 ? Au pays de Sarkozy et TF1 ? J’aimerais beaucoup l’apercevoir aussi, cette contestation.
      – Les soixante-huitards n’ont pas inventé la publicité et le marketing. Edward Bernays était déjà un vieil homme en 1968, ses théories avaient déjà inspiré les propagandistes allemands dans les années 30. Mettre ça sur le dos de ce slogan plutôt sympathique mais très innocent est ridicule.

      Je connais des anciens de 68 qui vivent dans des coins reculés, très loin des médias et des honneurs publics. Ne généralisez pas le cas de quelques uns à toute une génération.
      J’ajoute que si cette génération a pu « tirer son épingle du jeu », c’est dû au fait que c’est la génération qui a bénéficié des fameuses 30 glorieuses dont on nous rabat les oreilles. Ces 30 glorieuses n’ont pas plus de rapport avec mai 68 que le reste de ce que vous y amalgamez abusivement.

    6. @ Candy says
      – Je ne crois pas que les manifs de 68 aient accouché de l’ultra libéralisme, je pense par contre que les thèses ultra libérales ont trouvé dans les révolutionnaires du drugstore des porte drapeaux rêvés pour passer d’une société répressive et patriarcale et basée sur la valeur travail à une société sans tabou valorisant l’acte de consommation. Quand à la paternité de l’ultra-libéralisme, j’aime bien la théorie de d. r. dufour qui l’attribue au marquis de sade (en tant que le 1er à avoir érigé l’égoïsme en tant que loi suprême et l’être humain à un pur objet de jouissance dans un monde entièrement soumis aux pulsions)

      – mais vous rigolez ? toute normativité est aujourd’hui perçue comme étant du fascisme brimant l’expression de l’individualité… la transgression est devenue le moteur de progrès social et de l’extension du du domaine du marché par la même occasion… vous connaissez lasch (ou michéa) ?

      – que vous le vouliez ou pas mai 68 représente un basculement définitif de la société traditionnelle des refoulés chrétiens vers la société bourgeoise dans sa définition marxiste « La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, ce qui veut dire les rapports de production, c’est-à-dire l’ensemble des rapports sociaux. Le maintien sans changement de l’ancien mode de production était, au contraire, pour toutes les classes industrielles antérieures, la condition première de leur existence. Ce bouleversement continuel de la production, ce constant ébranlement de tout le système social, cette agitation et cette insécurité perpétuelles distinguent l’époque bourgeoise de toutes les précédentes. Tous les rapports sociaux, figés et couverts de rouille, avec leur cortège de conceptions et d’idées antiques et vénérables, se dissolvent ; ceux qui les remplacent vieillissent avant d’avoir pu s’ossifier. Tout ce qui avait solidité et permanence s’en va en fumée, tout ce qui était sacré est profané, et les hommes sont forcés enfin d’envisager leurs conditions d’existence et leurs rapports réciproques avec des yeux désabusés.

      Poussée par le besoin de débouchés toujours nouveaux, la bourgeoisie envahit le globe entier. Il lui faut s’implanter partout, exploiter partout, établir partout des relations. (manifeste du parti communiste 1848) »…

      là où j’avoue que c’est cocasse c’est qu’effectivement tout ceci s’est fait sous les apparences d’une lutte contre « l’ordre marchand », mais bon c’est pas non plus comme si cette génération était à un paradoxe près…

  11. J’en connais un (olivier) qui va être content pour ses cahiers de doléances :0

    (want) Just a little bit … Respect !!

    1. Content? Un mot qui me convient bien ce matin…Fatigué mais content… Merci à Paul et François pour leur initiative. Merci à Zébu pour la petite musique: ce sera l’hymne du gréviste que je suis aujourd’hui. Abstentionniste, gréviste, oui je sais je cumule les défauts…
      Ce que je retiens, ce que doivent retenir les lecteurs de ce blog, c’est que Paul et François leur offrent ici un peu plus qu’un forum où s’exprimer. Ils leur offre un mégaphone afin de rendre leurs rêves sonores. Pierre-Yves a lancé le bal, il a raison. Je rumine un texte pour ce soir.

  12. ça me fait penser aussi à un (excellent) film, ‘Un air de famille’, revu récemment pour la xième fois, où Bacri dit à son employé (Darroussin) : « elle veut de la ‘considération’, qu’elle dit. Tu sais ce que c’est toi, de la ‘considération’ ? Ah bah moi non plus. De la ‘considération’ …  »

    A tous les ‘Bacri politiques’ : ouais, on en veut de la ‘considération’, venez nous appelez à la fenêtre pour qu’on revienne, on finira bien par vous téléphonez ensuite.
    Allez …

  13. Merci de cet appel, j’ai rêvé un instant qu’il faisait le tour de la planète.

    Samedi soir j’ai dîné avec un retraité, ancien ingénieur, qui est conseiller du maire de ma grande ville et administrateur de nombreux organismes de cette ville.

    Nous ne nous connaissions pas et il m’a demandé ce que je faisais, long à vous raconter, juste que je lui disais que à partir de mes connaissances, de mon expérience, de mes recherches sur internet, j’avais acquis la conviction que nous étions sur le pic de production pétrolière, qu’il n’y aurait jamais de reprise à la crise actuelle et que nous devions nous attendre à des jours sombres.

    Il m’indiqua que j’étais bien pessimiste, je lui rétorquais que je me sentais en fait réaliste.

    Le dîner se passa, j’évitais de revenir sur cette discussion, juste à un moment, je disais que j’avais un certain nombre de personnes qui pensaient comme moi, je disais que notre conviction était faite mais que face à la non réaction des hommes dirigeants, j’avais l’impression que peut-être nous nous trompions, que tant de personnes puissent penser que nous sortions de la crise, j’avais un doute finalement sur mes convictions.

    Il y eu alors un grand soulagement, l’homme me dit, vous voyez bien que vous n’avez pas de raisons d’être pessimiste, n’ayez pas peur, l’avenir est là, vous savez les pétroliers ont plein de projet dans leur coffre, le moteur à eau c’est l’avenir… et pas de problème les restaurants sont remplis, les affaires reprennent…

    Voilà cet homme qui a un pouvoir important dans ma ville et de nombreux postes de responsabilité n’a aucune idée de la crise actuelle ou future…

    En fait nos politiques sont coupés du monde, ils continuent à penser développement et projets, la crise …. ils ne connaissent pas, car de toutes manières la créativité humaine est sans borne disent-ils …

    J’aimerai que votre appel ait un effet, je crains malheureusement que notre planète soit tel le titanic lancé à toute vapeur contre un champs d’Icebergs… mais actuellement le capitaine fanfaronne dans la salle à manger…son bâtiment n’est il pas insubmersible…

    1. Conseiller municipal d’un modeste village et modeste délégué dans une communauté de commune rurale (penser global, agir local), je confirme le manque de lucidité d’une grande partie des élus locaux.
      J’ajouterai qu’il y a aussi une influence pernitieuse de bureaux d’études privés qui s’engraissent en incitant des élus naïfs à se lancer dans des investissements obsolètes qui mettront en péril les finances dans les années à venir. Les collectivités locales ont dépensé des centaines de millions d’euros dans l’aménagement d’immenses Zones d’Activités Concertées (ZAC) où aucune entreprise ne viendra jamais s’installer. De toute façon, la supression de la taxe professionnelle priverait de fait ces collectivités de la possibilité d’un retour sur investissement.
      Cet endettement là va aussi peser très lourd.

    2. Bourdon, votre situation décrite me rappelle celle dans laquelle je me suis trouvée, il y a bien longtemps, c’était dans les années 60, je rejoignais par le train ma famille en vacances à Gap et dans le compartiment où j’avais réservé ma place, je me suis mise à discuter avec mes voisins et quand je demandais à chacun sa destination, les sept personnes me répondirent qu’ils allaient à Marseille. Troublée, je me suis dit la Sncf s’est trompée de wagon quand elle a fait ma réservation, une partie du train se séparant pour se diriger, effectivement sur Marseille. Pas du tout, j’étais bien dans le bon wagon et les sept personnes n’étaient pas dans le leur … L’avenir nous donnera sans doute raison !

  14. C’est un texte digne de Jean Jaurès, et digne d’un autre appel, passé inaperçu en son temps, que l’Histoire n’a pas oublié. Celui-ci ne sera sûrement pas suivi d’effets, pas dans l’immédiat en tout cas, mais je lui vois un bel avenir à titre symbolique : un point de ralliement pour quiconque refuse la capitulation de l’Esprit.

  15. Si je puis me permettre, Danny est un libéral. Sur la couverture d’un tome des oeuvres de Lacan il tient tête à un CRS, casqué et massif, célèbre photo s’il en est. Symbole sans doute de l’humanité vraie, par opposition à un système, une force brute et opaque, inamovible, – force de l’ordre.

    L’intelligence un brin sarcastique, l’humour, face à un casque impénétrable.

    Que reste-t-il de nos amours,

    Que reste-t-il de nos amours,
    Que reste-t-il de ces beaux jours,
    Une photo vieille photo,
    De ma jeunesse…
    Que reste-t-il des billets doux
    Des mois d’avril des rendez-vous

    Que reste-t-il de ce passé sans doute fort glorieux ?

    A mon humble avis, D. le-rouge (?) se contente en matière d’écologie de mesures incitatives, et donc très modestes. Ils n’utilise que les outils de politiques incitatives à la mode actuellement, selon le petit interview que j’ai entendu, datant des dernière élections

  16. @ François & Paul :
    Il était une fois dans une banque,
    Un informaticien dans une salle « serveur »,
    Qui sifflait un air de Django Reinhardt
    En trébuchant sur un commutateur !
    La lumière s’éteignît, la sirène retentit.
    Tous les ordinateurs clignotaient,
    En effaçant leurs dettes !
    Les belles alarmes en rouge qui ne servaient jamais,
    Avaient un tel éclat que les banquiers s’affolaient !
    « Comment faire s’il n’y a plus de courant ? »
    « Ou seront les dettes des gens ? »
    « Est-il vrai que sans électricité,
    Nous n’aurons plus de gens à racketter ? »

    Il advint ce jour, une énergie libre,
    Celle que Tesla devinait,
    C’était l’électricité, mais que personne ne devait payer !
    Ce qui mît au chômage les banquiers et leurs dettes,
    Libérés de l’argent, les gens faisaient la fête !

  17. Merci pour ce texte plein de vie ! Ca donne envie de rêver à haute voix. Si seulement les discutions « apartidaires » dont vous parlez existaient…

    C’est vrai qu’on oublie souvent qu’il n’y a pas la politique mais les politiques : Celle d’Aristote, la noble, qui a pour but de mener le plus d’hommes possibles sur des chemins de vertu, et l’actuelle qui consiste à organiser la réponse aux besoins.

    Il y a la politique créatrice de bonheur et de société, et celle qui ne fait que huiler des rouages. Cette dernière, très actuelle, ne devrait même pas être soumise à un vote puisqu’elle est basée sur la logique et le pragmatisme, la technique pure. De fait le discours n’est qu’esthétique. Je ne doute pas qu’il y a un réel travail technique à faire, mais encore faut-il un sens, et le sens n’est donné par personne.

    Ca me rappelle le film Canon Fodder de Katsuhiro Otomo dans lequel toute une cité ne vie que pour faire tirer un canon une fois par jour, sans que personne ne sache sur quoi le canon tire.

    Demander le vote dans ces conditions est une insulte au peuple. Qui est on pour juger de la pertinence d’un rapport technique ? Le vote en techno-politique n’est qu’un outil de sondage des souffrances et ne sert de fait qu’à faire valoir des archétypes. Et dans cette optique on y voit clair. Au cœur du pays on choisit la gentillesse, la féminité, la compassion, l’entraide : la gauche, et à l’extérieur (à la tête), les guerriers qui semblent bosser le plus, les plus dynamiques, ceux qui incarnent l’autorité, la vitesse, la réactivité : la droite.

    La France a la forme d’un hérisson en boule… Avec de toutes petites épines…

    1. Quel est le sens de tout cela ?
      Qu’est ce que la vertu d’Aristote ?
      Est ce que voter à un sens ?

  18. « rêver à voix haute » ?

    Je me lance: je rêve que la France et l’Algérie se marient, qu’ils deviennent une seule nation, démocratique et laïque, ouverte sur l’Europe et sur l’Afrique, moteur d’une union Euro-méditerranéenne.

    Je rêve que nos vieux aillent former leurs jeunes. Que nous échangions leur pétrole et leur soleil contre notre nourriture et notre eau, notre sécurité sociale et notre démocratie. Je rêve qu’ainsi la France et l’Algérie devienne le symbole de l’Universalisme, le triomphe de l’intelligence sur la peur et la rancune, le contre-pied du « choc des civilisations ».

    Je rêve que la rive Nord de la méditerranée, en rencontrant sa rive Sud, se reconnaisse, voit son nouveau visage, et se réconcilie avec elle-même.

    Je rêve que la rive Sud, en voyant enfin le respect dans les yeux de la rive Nord, s’apaise, reprenne confiance en elle, et se réconcilie avec elle même.

    Voila une premiére « brique de rêve ».

    1. Merveilleux rêve.

      Réussir ce coup là désamorcerait une gigantesque crise entre deux civilisations et nous aurions des amis pour affronter les autres problèmes. Dans la situation actuelle, tout le monde est utile.

    2. @jeremie
      Merci pour cette brique de rêve Algérie-France, puissant et symbolique, intelligent et généreux.

  19. « Rêver à voix haute » ?

    Je me lance: Je rêve que le président de la république ne dépende désormais d’aucun parti, mais qu’il soit désormais choisi comme un arbitre de la rationalité, choisi par le peuple au suffrage universel directe, pour son indépendance et sa probité morale, garant de l’indépendance et de l’équilibre des pouvoirs, pouvoirs médiatiques et financiers inclus, du respect des grands équilibres écologiques, et de la souveraineté du peuple. La conduite réelle de l’executif revenant au gouvernement, issu des résultats de l’élections des représentants du peuple parmi les différents partis en fonction de la qualité de leurs équipes et de leurs programmes.

    Je rêve que lors de chaque débat visant à modifier la loi ou à prendre des décisions importantes :

    •les citoyens puissent choisir en votant par internet les champions qui défendront leur point de vu

    •que les différents orateurs ainsi sélectionnés, débâtant en directe, disposent d’équipes de travail connectés en réseau et de la possibilité d’afficher sur un écran les graphiques, les chiffres, les extrait de textes de loi, ou tout autre support visuel apportant une information intéressante générée par ces équipes

    •que le débat soit présidé par une équipe de juges de la rationalité, organisés en réseau, dont la tâche sera de vérifier la véracité des informations exposées, que chaque camps ait le temps de développer et construire son point de vue, garantir que le débat reste dans le cadre du rationnel et ne déborde pas vers l’émotionnel, le reptilien, le limbique, et procède en fin de compte à une synthèse des arguments, acceptée par les différentes parties prenantes, servant de base à la décision des représentants du peuple fondés du pouvoir législatif ou exécutif.

    Je rêve que pour tout ce qui attrait aux pouvoirs (politique, mediatique, financier) les citoyens soient formés dés leur plus jeunes age à en comprendre les ressorts, et que la transparence et la supervision démocratique soit la rêgle.

    1. Quel est le sens de la rationalité ? Vers quoi nous mène-t-elle ? Etre rationnel est une très grande chose. Etre rationnel me dit comment agir, pas pourquoi.

  20. « Rêver à voix haute » ?
    Je rêve que pour l’école et la formation des futurs adultes, aux solutions habituels « Retour de l’autorité et sanctuarisation » d’un coté, ou « Plus de moyens » de l’autre, s’ajoute une troisième voie, de « Responsabilisation des futurs adultes », qui viserait à transformer les élèves en acteurs :

    •Capables de replacer leur travail d’apprentissage dans le cadre de la lutte pour la Vie.

    •Capables de prendre part à des décisions les affectant.

    •Capables de faire preuve d’organisation et de solidarité.

    •Capables de comprendre ce qu’est le Pouvoir et ce qu’est la Richesse, d’assumer la responsabilité du premier, et de participer à la création et à la distribution équilibrée de la seconde.

    •Capables de comprendre que leur unique devoir est d’être heureux, et que cela représente un travail à plein temps, qui commence par « connait toi toi-même » et se termine par « aime et fait ce que voudra ».

    1. C’est très bien ces objectifs !

      Ce qui est moins bien c’est que vous ne sachiez pas que ce sont les objectifs portés par les principaux syndicats enseignants depuis des décennies puisqu’ils sont quasiment tous appuyés sur le Plan Langevin-Wallon qui reste à appliquer.

      Seule preuve rapide, vous trouverez sur le site du SNES (http://www.snes.edu/POUR-LE-SYSTEME-EDUCATIF.html) entre autres ceci :

      « 29 avril 2008
      L’objectif du SNES est de contribuer à construire une école ambitieuse , plus démocratique, efficace qui permette la réussite de tous les élèves. Allongement de la scolarité obligatoire, action prioritaire contre les sorties sans diplôme, lutte contre les inégalités et amélioration des conditions de vie et de travail dans les établissements scolaires sont les leviers permettant d’atteindre cet objectif.  »

      Alors ne vous laissez pas prendre à la propagande ministérielle ! Personnellement, je lutte contre elle sur ces questions depuis 1963 (les réformes Fouché !!!). Et ceux qui font grève ont quasiment toujours les mêmes revendications démocratiques face aux mêmes réponses antidémocratiques.

    2. Jérémie Martin

      Une lutte pour assumer le devoir du bonheur dans le cadre d’un Pouvoir assumé en redistribuant sa Richesse créée précédemment par son travail dans une renégociation permanente de tous les aspects de sa vie exige une organisation sans failles, beaucoup d’ardeur et une force gigantesque.
      Qu’est ce qu’aimer ?
      Est ce que vous réalisez ce programme ? Qu’est ce qui vous en empêche ?

      JeanNimes,
      Pourquoi est ce que l’information ne passe pas ?

  21. Rêver un impossible rêve
    Porter le chagrin des départs
    Brûler d’une possible fièvre
    Partir où personne ne part

    Aimer jusqu’à la déchirure
    Aimer, même trop, même mal,
    Tenter, sans force et sans armure,
    D’atteindre l’inaccessible étoile

    Telle est ma quête,
    Suivre l’étoile
    Peu m’importent mes chances
    Peu m’importe le temps
    Ou ma désespérance
    Et puis lutter toujours
    Sans questions ni repos
    Se damner
    Pour l’or d’un mot d’amour
    Je ne sais si je serai ce héros
    Mais mon cœur serait tranquille
    Et les villes s’éclabousseraient de bleu
    Parce qu’un malheureux

    Brûle encore, bien qu’ayant tout brûlé
    Brûle encore, même trop, même mal
    Pour atteindre à s’en écarteler
    Pour atteindre l’inaccessible étoile.

    1. Eomenos,

      « Pour l’or d’un mot d’amour »

      Un mot d’amour me semble être cette étoile par laquelle vous terminez votre poème. Elle brille. Elle vient vers moi. Je ne peux pas la conquérir. Je ne peux que l’accueillir.

    2. C’est bien de copier coller des textes de chanson, mais précisez l’auteur, ne serait ce que pour éviter les méprises.

  22. Bonjour,

    S’agit-il vraiment d’un « Contre-appel du 22 mars » ? Ce texte de Paul et François ressemble plutôt à un appel associé, ou à un complément d’appel à celui de Daniel Cohn-Bendit . J’y vois en tout cas un appel à l’action-réflexion, et au delà de ce blog on sent que les choses commencent à bouger. J’espère qu’il ne s’agit pas d’un simple frémissement mais d’une vague de fond.

    1. « ressemble plutôt à un appel associé, ou à un complément d’appel à celui de Daniel Cohn-Bendit » : oh que non, si j’en juge à la critique de Pierre-Yves D., ci-dessus. Idée forme chez Dany, idée forte chez Paul et François.

  23. @ MM Jorion et Leclerc

    Votre texte pose la question:
    – du détachement (des gadgets inutiles et couteux, des honneurs et généralement du narcissisme)
    – et de l’altruisme (j’agis envers les autres comme j’aimerais qu’on agisse vis à vis de moi, je respecte les autres, le bien commun, dont la terre, comme j’ai le devoir de me respecter moi-même).

    Je n’ai personnellement compris ça que lorsque j’ai fait de la méditation (dans un cadre strictement laïc, je précise, cela n’a rien avoir avec le mysticisme, mais avec l’introspection). Il ne s’agit pas, en effet, de comprendre tout cela intellectuellement, il s’agit de le « voir ».

    1. Oui, un travail sur soi, une introspection est une étape indispensable, mais il s’agit aussi de le « faire » et de le « faire voir »…

    2. @ fujisan

      « il s’agit aussi de le « faire » et de le « faire voir »

      Ce n’est pas antithétique, au contraire, mais la « vision » est préalable, j’en suis sur.

      @Didier

      « Pourquoi être altruiste »

      Quand vous n’êtes pas altruiste, c’est que vous ne vous aimez/appréciez pas vous même. Ne vous portant à vous même aucune considération , vous n’en portez donc pas aux autres. Vous vous permettez donc d’entrer dans tous les schémas, de destruction/détournement du rapport social à votre profit, de division entre les gens.

      Mais vous en tirez un faux profit qui finira par vous détruire en tant que conscience et vous mourrez abandonné, terrifié dans une solitude absolue et douloureuse, même si l’ensemble des grands bourgeois viennent à votre enterrement, ce qui n’est jamais gagné d’avance.

      Proverbe « On n’a jamais vu de coffre-fort suivre les cercueils »

    3. « Proverbe « On n’a jamais vu de coffre-fort suivre les cercueils » »

      Lors d’un enterrement. Deux copines d’enfance se retrouvent, l’une d’elle, jeune trentenaire, est la veuve de ce vieux monsieur riche qu’on enterre.
      La copine : « Je compatis à ta douleur, même si tu sembles ne pas la montrer »
      La veuve :  » je te remercie »
      La copine : « je compatis d’autant plus que j’ai entendu dire qu’il voulait être enterré avec sa fortune »
      La veuve : « Oui. Dans le cercueil, j’ai mis un chèque »

    4. @Didier
      « Pourquoi être altruiste »
      Matthieu Ricard nous en expose des raisons majeures dans la perspective d’un forum prévu début avril.
      http://www.matthieuricard.org/index.php/blog/64_altruism_forum/
      « Notre époque fait face à de nombreux défis. Notamment, il nous est particulièrement difficile de concilier trois échelles de temps différentes : le court terme de l’économie, le moyen terme de la satisfaction de vie, et le long terme de l’environnement. Il y a pourtant un fil d’Ariane qui les relie naturellement et permet d’harmoniser leurs exigences à première vue contradictoires. Il s’agit de l’altruisme. »

    5. lou,

      Pourquoi poser la question « Pourquoi être altruiste ? » Parce que ce n’est pas évident.

      Que faites vous lorsque vous êtes en concurrence pour un poste de travail ? Que faites vous quand un mendiant veut vous taper de quelques sous et que vous n’êtes vraiment pas riche ? Que faites vous quand quelqu’un vous demande de l’écouter ? Êtes vous altruiste dans les transports en commun ? Êtes vous altruiste avec la personne qui vous a servi un café ? Êtes vous altruiste avec votre supérieur hiérarchique ? Êtes vous assez altruiste dans les toilettes publiques pour ramasser un papier dans un pissoir qui obture ce dernier ? J’ai vu un homme le faire. Est-il possible de concilier altruisme et attitude professionnelle ? Si vous savez pourquoi vous êtes altruiste, vous avez une idée pour répondre aux questions ci-dessus. Ce ne sont que quelques exemples de situations vécues où l’altruisme pourrait être appliqué.

      Je ne connais pas Mathieu Ricard. À priori, il fera une très bonne conférence. Faire le lien entre les trois temps de la vie par l’altruisme est une très belle idée. Il serait effectivement très intéressant de savoir comment il fait le lien entre ces temps de la vie. je suis curieux de savoir comment concilie-t-il un résultat chiffré à atteindre et l’altruisme.

      Je suis pour l’altruisme. L’aspect que relève Phil de Saint Naz est excellent. Si je ne le pratique pas, c’est que je n’ai aucune estime pour moi et que j’entre dans tous les schémas destructeurs pour obtenir un faux profit. Est ce qu’il y a autre chose dans l’altruisme ? Il dit avoir atteint ce résultat remarquable par introspection. Que donne l’expérience ?

      Je pense qu’elle contient des surprises.

    6. Didier,
      le pourquoi, dans une « logique » altruiste, ne se pose pas. C’est à dire que cela ne relève pas d’un calcul. Mais c’est vrai que j’ai une conception de l’altruisme, qui peut paraitre affaiblie. En aucun cas, il s’agit de faire passer l’autre avant soi. A mon sens, ça n’est pas possible, où à être masochiste. Mais l’empathie, oui. l’altruisme, c’est l’empathie que je ressens pour tout être vivant.Le « je » le « tu » et le « nous » sont coexistants en moi, ou « jaillissent » en même temps.

    7. lou,

      Dans ma vision de l’altruisme, l’autre est présent. Sans cette présence, il n’ a pas d’altruisme selon ma vision de la question. Je le vois comme un acte désintéressé en faveur d’un autre. Phil de Saint Naze le ramène à un bénéfice pour soi même. L’autre en devient secondaire. Dans mon cas particulier, cela m’ennuie.

      Votre exprimez votre vision de la question dans « l’altruisme, c’est l’empathie que je ressens pour tout être vivant.Le « je » le « tu » et le « nous » sont coexistants en moi, ou « jaillissent » en même temps. » C’est l’empathie. Cette activité m’est tout à fait sympathique. Ce qui m’ennuie est cette absence de l’autre.

      Sans cette présence, je ne parle pas d’altruisme. Si je suis le plus important dans mon acte « altruiste », je considère rater mon coup. Je peux vous raconter pour illustrer ce point une triste histoire. C’était à l’époque des dames patronnesses, i.e. des femmes de bonnes familles aisées. Elles pratiquaient ce qu’elles nommaient charité. Dans cette histoire, cela signifiait coudre des vêtements pour les pauvres. Le tissu était choisi avec beaucoup de soin pour qu’il soit laid et très reconnaissable. Comme ça, ces dames pouvaient voir leur « charité » en action. Elles pouvaient se féliciter de leur bonté. En fait, elles s’achetaient une bonne conscience et une haute estime d’elles mêmes par leur « charité ». Je ne vois dans cette histoire ni charité ni altruisme.

      Faire passer l’autre avant moi est une condition nécessaire pour pratiquer l’altruisme. Sinon, je ne peux pas poser un acte désintéressé. Je vous accorde qu’être altruiste n’implique pas du tout être idiot. Cet acte n’est jamais obligatoire. Il ne m’est jamais demandé de m’infliger des dégâts irrémédiables. Ensuite, je ne vois pas pourquoi je serais altruiste si je fournissais, par exemple, de la drogue à un junkie. Mais dans ce cas, la question du pourquoi revient.

      Papiman,

      Pour répondre à lou, j’ai jeté un oeil sur la définition de l’altruisme. Wikipédia à « http://fr.wikipedia.org/wiki/Altruisme » fournit un texte assez long. J’y apprends entre autre que Mathieu Ricard est bouddhiste. Sa conférence et les discussions qui suivront seront donc une illustration du bouddhisme. J’ai la plus grande estime possible pour cette philosophie. Dans son blog, il pose la nécessité de mettre de l’altruisme dans notre société. Les discussions qui suivront seront une exploration des moyens de mettre cela en application. C’est tout à fait intelligent, raisonnable, sensé, etc….

      Mathieu Ricard pose le bouddhisme supérieur à notre société et cette dernière doit s’aligner sur le bouddhisme. Il dit pourquoi, selon lui, il faut être altruiste. il dit aussi comment être altruiste et ce que ce terme signifie en considérant qu’il est bouddhiste.

      Maintenant, je vois venir un problème pour lou et Phil de Saint Naz. Selon ma compréhension du bouddhisme, il faut renoncer à son ego, à soi. Il faut chercher le geste juste, celui qui met son auteur en contact avec l’univers. Si je comprends les différentes parties de cette discussion, cela ne sera pas acceptable.

    8. Didier,
      peut être avez vous une triste image du « je ». Je sais la définition de l’altruisme, mais dans les termes que j’ai lus, cet altruisme est en fait impraticable, parce qu’il est difficile de faire passer l’autre avant soi. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille le faire passer après. Mais ensemble: c’est cela que je voulais dire dans jaillissement du « je », du « tu » et du « nous ».Et pour être « réel », cet altruisme doit être « spontané », donc sans visée, donc sans pourquoi.

    9. lou,

      Merci pour votre réponse.

      Elle fait réexaminer ma vision du « je ». Elle a des côtés pessimistes.

      Mélanger le « je », « tu » et « nous » évoque pour moi les relations fusionnelles, un mot savant recouvrant des perversions. Dans ces relations, les identités ne sont pas séparées. Les individus ne sont pas autonomes. Un individu regardera son entourage comme un prolongement de sa personne. C’est un déni de l’identité de ces dernières. Si ces dernières se sont bien adaptées à cet individu, alors elles lui rendent très bien la pareille. Ils fusionnent. Ils sont ensembles d’une manière que je juge malsaine.

      Chaque mot que j’ai employé pour décrire ce que votre « je », « tu » et « nous » évoque peut s’appliquer à votre réponse. J’en doute car vous avez raison de souligner que ne pas faire passer l’autre avant moi ne signifie pas du tout le faire passer après moi.

      Une façon de comprendre votre point de vue est que vous êtes bouddhiste. Dans cette philosophie, le « je », le « tu » et le « nous » sont des différences extrêmement superficielles. L’altruisme y est spontané. Il naît du vide ou de la lumière de l’univers. Dans cette philosophie, les individus sont tous ensembles. Ils ne sont ni devant, ni derrière. Mais dans cette philosophie, tous les actes positifs sont désintéressés. Ils sont libérés de l’ego. Ils sont libérés des circonstances. Ils sont libérés de toute réflexion. Je trouve votre attitude et le bouddhisme très proches (dans les limites de ma compréhension de ces deux questions). Ce serait pour moi une façon de vous comprendre.

      Vous dites aussi qu’il est très (voire trop) difficile de faire passer l’autre avant moi. Cela rend l’altruisme impraticable. Est ce qu’il ne serait pas possible d’imaginer que l’autre se rende compte qu’il a été soumis à un acte altruiste ? Serait il possible qu’il veuille rendre la pareille à vous ou à une autre personne ? Est ce que ce genre d’acte ne pourrait pas éveiller en cette personne un sentiment d’obligation envers vous ou envers toute personne qui aurait besoin d’un acte altruiste ? Je (je souligne le je) pense que des réponses positives aux questions que je vous pose ici sont possibles. Si j’ai raison, alors nous gagnerions tous à pratiquer l’altruisme. La faiblesse de mon idée est dans le pronom « nous ». C’est un passage obligé. S’il est franchissable, alors il y a une bonne raison de pratiquer l’altruisme. Cette pratique aurait des conséquences gigantesques sur notre société.

  24. Trop ignorant des arcanes du « Systéme » ,je me rallie,sans réserve,parce que j’y trouve Intelligence,Altruisme,Gratuité,Amour de l’autre,et l’aube du futur, à toutes ces propositions dites du
    Contre Appel du 22 mars

    Jean Louis
    retraité
    ancien médecin des « états d’âme » (psy) et de l’ « économie » (Assurance Maladie)
    Toutes choses hélas disparaissantes dans un monde mercantilisé à vomir.

    1. Jean Louis,

      « Intelligence,Altruisme,Gratuité,Amour de l’autre,et l’aube du futur » ne peuvent qu’être vécues pas acquises.

    2. jean louis,

      À mon avis, personne n’a fait le tour des arcanes du « Système » et je pense que c’est impossible.

      C’est, pour moi (je souligne le pour moi), un ensemble d’affirmations construites et acceptées en général (tout règlement respecte ces conditions). Ces affirmations sont revisitées par chaque être humain concerné. Il va soit les subir en reconnaissant leur caractère construit et donc inadéquat ou injuste (selon lui), soit les utiliser en les soumettant à son projet personnel. Utiliser ces règles à son avantage est une façon de renforcer la nature artificielle de ces règles. C’est aussi une façon de souligner leur caractère injuste. Le résultat est un fatras de règles construites, injustes et insensées car chacun met dans ces règles ce qui l’arrange sans tenir compte de son voisin. Cette condition ne peut qu’augmenter en volume, en complexité, en contradictions ce fatras de règles sans valeur. Elles ne peuvent qu’être utilisées par les plus malins. Cette utilisation va faire naître d’autres règles encore plus compliquées, lourdes et insensées. Cela va justifier les utilisateurs de ces règles pour leur avantage personnel (je pense aux lobbys ou aux agences de notation).
      Le résultat est devenu si lourd et si creux que plus personne ne peut avoir une vue d’ensemble, plus personne ne peut comprendre le sens que son voisin donne à ces mêmes règles. Pire, deux utilisateurs des mêmes règles auront de très grosses difficultés à se comprendre.
      Alors vous n’êtes pas au fait des « arcanes du Système », moi non plus. Je crois que plus personne ne le peut car utiliser à son avantage les règles de la vie en commun sans accorder de contreparties à ses voisins a vidé la mécanique de tout sens, de toute unité. Celui qui peut utiliser les règles en sa faveur se retrouve en position dominante, le rapport de force est à son avantage. Pourquoi ne l’utiliserait-il pas ? Ceux qui vont souffrir de sa décision parleront d’abus ou de fraude. Lui, je le vois simplement veiller à la bonne marche de ses affaires. Les deux parties citeront les mêmes règles avec les mêmes mots et ne se comprendront pas du tout. Cette incompréhension bloque toute compréhension du système.

      Une réaction tout à fait logique est de vouloir le réformer, le simplifier, le rendre plus transparent, etc… Cette transformation se fera selon les rapports des forces du moment. L’expression « Grosjean comme devant » me revient en mémoire.

  25. Concernant l’abstention: L’indifférence est une forme de mépris.
    De toute manière, le principe du respect du choix des électeurs est décédé le 4 Janvier 2008 au congrès de Versaille (adoption du traité de Lisbonne).

  26. Ne pensez-vous pas que «la constitution pour l’économie» que vous appelez de vos vœux, pourrait passer par un nouveau statut des entreprises qui assurerait un meilleur respect des humains entre eux et vis-à-vis de la planète ?

    Une définition européenne de ce nouveau statut pourrait gagner par «osmose» les pays émergeants et pourquoi pas les USA….

    PS: Félicitation et remerciement pour la qualité de vos travaux.

    1. Il faut d’abord débarrasser l’entreprise de son organisation militaire. On tolère dans les entreprises ce qui serait inacceptable à l’armée. C’est dire !

    2. @ Paul Jorion

      « débarrasser l’entreprise de son organisation militaire ».

      Le mot est presque faible pour la grande entreprise, j’aurais utilisé le mot de carcéral (on se suicide en prison et aussi dans certaines entreprises).

      Dans les petites structures, on rencontre parfois des organisations très horizontales et libertaires.

    3. « Il faut d’abord débarrasser l’entreprise de son organisation militaire. On tolère dans les entreprises ce qui serait inacceptable à l’armée. C’est dire ! »

      Vous pouvez préciser, Paul ?

    4. Espace Collaboratif vers une Constitution pour l’Economie dit:

      Proposition d’articles et dispositions vers une constitution pour l’économie.

      1 Visées éthiques

      1.1
      Toute forme d’organisation économique doit viser à l’émancipation des individus; aucune forme économique ne peut concourir à la domination d’un groupe ou d’une personne sur un autre groupe ou une autre personne.

      Jean-Luce Morlie nous invite tous à y participer, y faire part de nos réflexions… A sa demande, voici quelques réflexions perso sur cet article 1.1:

      – Est-il nécessaire de limiter à l’économie? Qu’est-ce précisément qu’une organisation économique? Où ça commence et où ça s’arrête? Par ex. un think-thank, un lobby, un média sont-ils des organisations économiques? Ne vont-ils pas prétendre le contraire? Ne peut-on généraliser, du moins au socio-économique ?

      – « doit viser à ». Les libertaires pourraient trouver ça horriblement coercitif, même si c’est pour « viser à l’émancipation ».

      – L’émancipation sur quel plan? Ca me semble assez vague.

      – La domination est un vaste sujet qui mériterait plus de développement. Est-elle inévitable (Servitude volontaire, La Boétie) ? Serait-elle « un mal nécessaire »? (attention danger!)

      – C’est anthropocentriste. Certains écolos purs et durs (dont je ne fais pas partie) voudront sans doute placer la Nature à égalité avec l’Homme.

      – J’ai un peu causé de démocratisation de l’économie, de compétition vs. coopération en privé avec Alain Tihon, un économiste (tendance … ?). Trop long pour développer ici, mais il est sceptique et reste attaché à la « destruction créatrice » chère à Schumpeter.
      Voir: http://www.maisondd.be/spip.php?article661
      Et: http://www.maisondd.be/spip.php?rubrique101

      Plus généralement, sur le projet de Constitution pour l’Economie.

      Je tiens tout d’abord à te féliciter ainsi que les autres collaborateurs. J’apprécie particulièrement la tournure positive des articles au lieu des habituels interdits. Chapeau!

      Ceci dit, je ne me fais personellement aucune illusion sur l’éventuelle adoption d’un tel texte fondateur, qui se veut universel et forcément vague. Je ne demande qu’à être heureusement surpis, mais il y a loin des bonnes intentions aux actes. Par ex. La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme n’empêche pas que la torture pratiquée à Abu Graib ou Guantanamo reste impunie.

      Un tel texte me parait utopique, une direction à prendre vers un but impossible d’atteindre. « Pour atteindre l’inaccessible étoile » disait le Grand Jacques.

      Je le vois plus comme un outil de sensibilisation citoyenne, un message aux citoyens pour réaffirmer que notre vie en société est l’affaire de chacun, que nous devons reprendre le contrôle de nos existences, que les hommes et femmes au pouvoir n’ont aucune légitimité pour imposer leur modèle de société aux citoyens qu’ils prétendent représenter.

    5. Jean-Luc Godard, dans les années 70 et plus, expliquait que le plus difficile à filmer était le travail, car on ne pénétrait pas avec une caméra dans l’enceinte d’une entreprise.

      J’ai plus modestement fait l’expérience des négociations qu’il fallait entreprendre, de leurs résultats décevants (j’étais encadré et sommé de respecter de nombreuses interdictions et, plus que tout, devait soumettre le montage final pour acceptation). J’ai donc abandonné.

      J’ai par contre filmé des opérations militaires: c’était beaucoup plus simple !

    6. Maurice-Alain Baillergeau,

      Qu’entendez vous par « meilleur respect des humains entre eux et vis-à-vis de la planète » ?

    7. Si l’entreprise est le lieu de souffrances inacceptables (cf Souffrances en France de Christophe Dejours par exemple) liées à son organisation, il reste que tout groupe a besoin de prendre des décisions.
      Qui décide quoi et comment? Quel est le degré d’urgence de la décision à prendre?

    8. @Didier dit : 23 mars 2010 à 10:20

      Je pense que le travail réalisé par les salariés dans l’entreprise justifie une plus grande association aux orientations et à la connaissance réelle de l’outil de travail, vu sous tous ses aspects.
      Une part du pouvoir dévolu au CA devrait être partagée avec les représentants du personnel, sans que cela puisse altérer la santé de l’entreprise.

    9. Pour connaitre un petit peu les deux, je peux venir en aide à Paul.
      Un état-major militaire c’est à la fois plus structuré et plus souple pour permettre d’agir en temps limité et en sûreté. Une fois la décision prise par le Chef auquel est subordonné ce groupe et les modalités principales définies, chacun prend en compte ce qui lui revient pour que l’action soit efficace.
      Un « état-major » d’entreprise est soumis à beaucoup d’interdits et de non-dits, avec une structure le plus souvent clanique où le but n’est pas la manœuvre de l’ensemble, ni bien souvent la rentabilité, mais un potentiel gain de pouvoir individuel, souvent avec une bonne dose de flatterie et surtout sans évoquer certains tabous. C’est donc une forme assez dévoyée d’efficience d’autant que le Dirigeant (non propriétaire) pourra toujours se défausser de ses responsabilités sur ses subordonnés ou des demandes restées sans réponse.
      Il faut rappeler que dans un cas on sait pertinemment que l’on met « en jeu » la vie des personnes, y compris celle des officiers subalternes (rôle que le chef a tenu de nombreuses années dont il a dû conserver un minimum de souvenirs désagréables) et, qu’à contrario, dans l’autre cas on fait semblant de croire que les décisions n’ont aucune incidence sur la vie des gens dont on ignore les réalités…

    10. Monsieur Jorion, vous avez prononcé le mot magique d’organisation.

      Dans l’entreprise, l’organisation est généralement un boxon innommable. Ainsi, en analyse sociologique des organisations, il est estimé que les dysfonctionnements d’entreprises sont entre 80 et 90% des problèmes simplement humains.
      Cette diversité crée aussi une richesse que très peu de bon patron savent voir de façon à faire profiter l’entreprise des idées parfois « étranges »…

      L’armée obtient un score bien meilleur de 50%, ce qui n’est pas non plus franchement extraordinaire. Mais un soldat peut avoir des réactions humaines diverses face à sa possible mort ainsi que celle des autres.

      Ainsi, il est de plus en plus actuel et pertinent d’envoyer étudier l’organisation des … pompiers.
      Un pompier a une place et des actions qui sont ainsi strictement définis et encadrés car, face à des situations extrêmes, qui ne permettent même plus d’avoir la moindre réflexion construite si ce n’est répondre de façon stricte à une situation, le pompier doit agir selon des réflexes et une organisation qui ne deviennent efficaces qu’après un conditionnement long et rigoureux.

      L’expression « soldat du feu » n’est pas commerciale…
      Et pour une fois qu’une expression n’est pas commerciale, elle n’en est que plus belle.

    11. Ce projet existe depuis au moins une dizaine d’années. Cela s’appelle la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) et consiste (en gros) à appliquer à l’Entreprise les principes du développement durable et ses trois pilliers.
      Enormément de progrès restent à faire dont les plus impératifs sont de rendre cette RSE accessible aux entreprises de taille intermédiaires et petites, d’enfin tenir compte des scores réalisés dans ce domaine (qui va donner lieu très prochainement à l’établissement d’une norme ISo -26000 je crois-) dans l’évaluation financière des sociétés et, surtout de faire la part des choses entre une stratégie marketing genre « greenwashing » et les réalités éthiques…
      Pour plus d’information consulter régulièrement « Novéthique » (http://www.novethic.fr/novethic/investissement-socialement-responsable/responsabilite-sociale-entreprise.jsp) et/ou « Démocratie & Entreprises » (http://demetentreprises.wordpress.com/) qui réalise un dossier sur ce thème.

    12. @Phil de Saint Naz : juste une remarque concernant les suicides en entreprise ; ne trouvez-vous pas comme il est curieux qu’un grand parti (de gauche ou de droite, mais je vise plus la gauche dans ma remarque) n’évoque même pas le fait qu’il serait peut-être plus raisonnable, dans des situations ou la vie est en jeu (ce n’est pas rien !) de prendre le risque de démissionner ; je ne dis pas qu’il faut le faire tout le temps, je ne le conseille pas, mais je trouve étonnant le fait que cette question ne soit même pas évoquée, pour ne pas dire suspect. La communication des différents psy, interrogés sur les média, est tout aussi surprenante : ils parlent des mécanismes du suicide, de l’intérêt d’avoir recours à des pros comme eux, mais éludent la question de l’arrêt de travail ou de la démission, pourtant vitale, et qu’ils ne peuvent ignorer. Ce politiquement correct exacerbé, cette duplicité, ce machiavélisme, sont des maux profonds, qui peuvent néanmoins être facilement anéantis par une dénonciation méthodique.
      Songez à ces lignes téléphoniques d’aide mises en place, qui écoutent mais n’empêchent rien, songez à ces consultants psy privés en mission dans les entreprises qui proposent leurs services.
      Face à un grave problème – il s’agit de vies humaines directement en danger je le répète – des mécanismes de consolation pervers se sont mis en place, promettant que « çà va aller mieux bientôt », assurant que « malgré la souffrance que je peux comprendre, vous saurez trouver les ressources ». Bientôt on entendra « vous saurez faire preuve de courage sans être payé, et çà çà prouve que vous êtes quelqu’un de bien ». Que des vieilles méthodes, qui ont peut-être fait illusion un certain temps…

    13. Je revoyais mon commentaire et me rends compte que j’ai oublié une dimension du « patron » assez amusante.
      Et je ne suis pas le seul à avoir observé cela.

      Un patron est bien souvent commercial car il doit être le « premier commercial de l’entreprise ».
      (si lui ne se vend pas, je sais pas qui pourrait le faire…)
      Hors, un commercial est principalement subjectif. Jamais un commercial ne devra être objectif, s’il ne fait pas rêver, il ne vend plus.
      Il est ainsi devenu un paranoïque extrême bon à jeter et ne prenant même plus de vacances.
      Le revers de la médaille est le subjectif avec une vue complètement faussée de leur extérieur et de leur intérieur.

      Maintenant, demandez-vous donc pourquoi les « gestionnaires » ont eu la côte en direction d’entreprises depuis une trentaine d’années.
      Les actionnaires voulaient des analystes cruels purs et durs qui voient le chiffre, non…??

      Hé bien à force de le vouloir, ils l’ont eu. C’est maintenant les dirigeants qui les font rêver et se font payer des fortunes alors qu’eux n’ont que les miettes.
      Ils ont trop rêvé…

    14. @fujisan: le wiki ECCE ne décolera jamais si ses animateurs persistent à écrire avec le manche de la plume. Il lui manque une personnalité d’envergure pour le prendre en main, et une méthode générale qui pourrait s’inspirer du travail des écrivains. La méthode retenue, (proposer un article, puis le discuter et le remodeler), ne peut que conduire à se chamailler pour des prunes. Quoiqu’il en soit, je suis spontanément et foncièrement en désaccord avec les 4 premiers articles, pas la peine de lire la suite.

    15. à Pascal Bloch-Eisenstein

      Seigneur ! Quels psys avez-vous rencontrés ? Des survivants du 19e siècle ?

      Non les partis de gauche (ou les syndicats de classe) ne disent pas qu’il faut démissionner ou se mettre en arrêt de travail… ils disent qu’il faut partager avec son entourage de travail, s’unir et lutter contre les patrons qui ne considèrent pas leurs salariés comme des humains mais comme des sources de profit (qu’ils appellent noblement « ressources humaines » pour ne pas dire cette chose affreuse « source de profit »).

      Les syndicats sont là pour ça depuis un siècle et demi. Le suicide en entreprise est le signe que justement l’isolement dans le travail, voulu par le management, a parfaitement réussi : chacun meurt dans son bureau sans que son collègue le devine et puisse le prévenir. Chacun fixe ainsi, dans la dignité de la mort, la limite de son employabilité.

    16. Maurice-Alain Baillergeau,

      J’ai une réminiscence me disant que votre idée est mise en pratique et qu’elle donne de bons résultats là où elle est appliquée.

      Dans le pire des cas, elle me semble tout à fait réaliste. Elle me plaît.

    17. Bonjour,

      @ Pascal Bloch-Eisenstein :

      Votre commentaire me laisse perplexe pour 2 raisons.

      La première est que je pense, comme vous, que certains individus vivent du malheur des autres au prétexte de les soulager mais sans en avoir vraiment ni l’objectif et ni les moyens (d’ailleurs de tels moyens existent-ils vraiment ? On ne peut vraiment aider que ceux qui veulent l’être ; aider un déprimé futur suicidé n’a de sens que si cette personne ne veut pas vraiment mourir.).

      La seconde raison est la suivante : croyez-vous vraiment qu’une personne qui a décidé d’en finir, de se tuer, conserve en elle la force de prendre une décision du type : « je vais quitter mon travail » ; alors surtout que cette personne n’étant probablement pas sourde, muette et aveugle (chaque jour apporte son lot d’entreprises qui licencient, qui liquident, qui ferment), connaît le contexte actuel et sait qu’elle aura, ce faisant, de grande probabilité pour ne retrouver aucun travail ? Un être qui a décidé d’en finir est, par hypothèse, au bout du rouleau, et n’a plus de ressources personnelles, en premier lieu celle de prendre une quelconque décision.

      Si vous aviez lu les explications de « dissonances » (je ne crois pas me tromper de pseudonyme) sur ses expériences intéressantes avec les DRH et autres intermédiaires filandreux de la grande entreprise, vous sauriez ce qu’est le quotidien d’un chercheur d’emploi et seriez ainsi dans l’impossibilité de penser ce que vous avez écrit (à moins de faire partie des êtres, rares, tout à fait dénués d’une quelconque sensibilité, d’une quelconque capacité d’empathie, le tout doublé d’une quelconque capacité d’imagination). J’ajoute que beaucoup de gens, quelque soit leur âge et leur qualification, ont vécu, vivent et vivront, des expériences sinon tout à fait identiques, du moins similaires à celle de dissonance (sous réserve que je ne me trompe pas de pseudo). Je pense que vous avez dû choquer plus d’une personne…

      Cordialement,

  27. Fin de la phase d’analyse et de dénonciation, place à l’action, ça fait plaisir à lire !

    Et d’abord, comment organiser le recueil des doléances pour qu’il ne soit pas un simple fourre-tout nébuleux de pétitions, blogs, forums, et autres supports difficilement conciliables ?
    Et le modérer pour que les résultats produits volent plus haut que certains débats nationaux organisés par notre si clairvoyant gouvernement hexagonal ?

    1. celuiquibraille,

      Je propose de commencer par répondre à des questions du genre : « Qui sommes nous ? », « Que voulons nous ? »

  28. Tout-contre-contre-appel du 23 mars,

    « Les hommes se pressent vers la lumière, non pour mieux voir, mais pour mieux briller. – On considère volontiers comme une lumière celui devant qui l’on brille. » (FN)

    C’est le printemps, un printemps post-élections qui plus est : les propositions bourgeonnent, chacune intrinsèquement persuadée –à l’instar du bourgeon- que c’est elle la meilleure, celle qui a devant elle l’avenir le plus prometteur, et qui accessoirement promet à l’homme l’avenir le plus prometteur.

    Nous avons un nouveau ministre du travail et des retraites ! D’avoir écrit cette phrase me donne la nausée : la remise en question du travail et des retraites n’est pas pour demain !

    Pour résumer : produire et financer quoi et pourquoi, nous ne savons pas et ne voulons pas savoir. Par contre, comme c’est le printemps chacun sait d’où vient le problème. Et comme chacun présente sa cause du problème comme fondamentale, du coup les solutions qu’il propose sont indémontables. Et l’homme dans tout ça ?

    Et bien, soit il continue à respecter la déclaration universelle des droits de l’homme au pied de la lettre (re-nausée), soit il continue à produire. Tais-toi et rame en quelque sorte.

    Dé-espérant ! Continuons, vive la vie, vive l’homme et vive ses certitudes :

    LA GUERRE C’EST LA PAIX
    LA LIBERTE C’EST L’ESCLAVAGE
    L’IGNORANCE C’EST LA FORCE

    PS : Le travail rémunéré c’est la santé
    La retraite c’est l’avenir du présent perdu à conserver la santé !

    PPS : Merci à tous de l’avenir radieux que vous nous préparez. Quinze personnes meurent chaque minute (En France ? Naaaaaaaaan, dans le monde ! Ouf, tu m’as fait peur…), victimes de maladies liées à l’eau insalubre : c’est un détail de l’éconologie politique.

    1. Fab,

      J’aime énormément le slogan qui se trouve à l’entrée du camp d’Auschwitz . « Arbeit macht frei » ou en Français, « le travail rend libre ». C’est un sommet de cynisme, de mépris et même de modernité. Je ne connais pas mieux quand je pense au million, million et demi de gens qui sont morts après avoir vu ça. Le responsable de ce slogan a eu un trait de génie.

      Il y a de quoi désespérer. Je pense que le désespoir est inutile. Il ne mène nulle part. Il me détruit. Par conséquent, je pense qu’il faut essayer, même si l’espoir n’est pas au rendez-vous. C’est presque aussi inutile. La différence est que j’aurais essayé. Je n’espère pas y arriver. Mais cela n’est pas grave pour moi. J’essaie un petit peu chaque jour. J’essaie un peu différemment chaque jour. J’échoue tous les jours. Je me pardonne tous les jours mon échec. Je tente à nouveau, un tout petit peu différemment.

      Je me considère dans ce que certains nomment l’espérance.

    2. Je vais finir par hésiter à compléter les infos sur des sujets car la réalité est cynique, horrible, mais doit malgré tout être regardée en face.

      Encore, et toujours, je repense à Desproge avec sa foutu phrase : « l’intelligence ne sert qu’à mieux se rendre compte de son malheur. »
      C’est ainsi qu’un « paternaliste » a un jour sorti la phrase : « Le rêve est nécessaire à la vie de l’humain. »

      Résumons donc ces deux phrases dans une synthèse qui sera : « L’humain est un animal capable du meilleur comme du pire. »
      Je sais, quand je sortais la solution d’un problème de maths sans prendre le temps d’expliquer les étapes, je me faisais brimer, ça date pas d’hier.

      Didier : « Le responsable de ce slogan a eu un trait de génie. »
      En effet. Propagande un jour, propagande…

      http://www.agoravox.tv/actualites/societe/article/comment-manipuler-l-opinion-en-25489

    3. Arg… ma mémoire me joue des tours. (ou mon imagination 😉 )
      « L’intelligence ne sert qu’à mieux mesurer l’étendue de son malheur »

      Est la phrase exacte.

      Pardon les potes.

    4. Fab,

      Vous posez la question « produire et financer quoi et pourquoi, nous ne savons pas et ne voulons pas savoir ».

      Est ce que ce ne serait pas parce que vous heurtez une aporie de la pensée actuelle ? Vous posez une question qui va au-delà de tout ce qui se pense actuellement. Je me demande même si vous ne posez pas l’existence d’un monde au delà des humains. Si ce monde n’existe pas, votre question est sans réponse. Si ce monde n’existe pas, je ne vois pas comment aborder la question du pourquoi. Si chacun ne peut que répondre dans son coin, selon son point de vue, il donnera une réponse dans son coin et selon son point de vue. Aboutir à un accord dans ces conditions me semble impossible, impensable, délirant.

      Il me vient à l’esprit que ce monde est aussi celui qui viendra après le monde où nous vivons. Si vous le connaissez, comment allez vous le faire connaître ? Qui connaît ce monde ? Quel en est le savoir de chacun sur ce dernier ? Quelle est l’opinion générale sur ce monde ? Je n’espère pas de réponse à mes questions. Elles sont celles qui devront être traitées pour pouvoir vous répondre.

    5. Didier,

      Si effectivement je me heurte à une aporie de la pensée actuelle : ça fait mal, au quotidien !

      Pas vous ?

    1. J’aimerais etc…

      Tout seul c’est impossible. À plusieurs, voire tous, cela me semble jouable. Par contre, cela exige que nous soyons reliés par quelque chose afin de nous comprendre mutuellement. Alors je demande des propositions pour répondre à cette exigence.
      Sans ce lien non financier, toute évolution de notre société me paraît impossible. Nous ne pourrons jamais nous unir pour bâtir un autre monde. Les financiers auront toujours le dernier mot car ils disposent de la plus grande force de frappe.

  29. @ Paul Jorion et François Leclerc

    Bonjour,

    Ce constat (et ses évolutions prévisibles) est aussi celui du PG. Vos propositions pourront alimenter la réflexion de ce « parti creuset », qui a besoin de toutes les bonnes volontés pour mener à bien ses objectifs d’émancipation de l’Etre Humain et de préservation de notre écosystème.
    Et encore merci pour le temps passé à faire vivre ce blog, dont les billets apportent une bouffée d’oxygène dans ce monde « rassis, rancis, voire franchement frelaté » !

    http://www.lepartidegauche.fr/qui-commes-nous/notre-identite

  30. « Quelle initiative alors prendre ? » « Rêver à voix haute » ?

    En vrac:
    Insoumission et ralliement subversif (pacifique si possible) des forces de police et de l’armée, contre leurs dirigeants actuels. Proclamation de l’an 0 après l’homo économicus.
    Nouvelle constitution. Relocalisation des activités de production et de leur utilisation, diminution drastique du temps de travail (pour que chacun trouve sa place s’il en souhaite une). Globalisation des libertés, des arts, et de l’érudition. Séquestre des biens. Libre circulation des personnes. Conquête spatiale à tous crins (utilisation de tous les budgets militaires réunis). Contrairement à ce que pensent Serres et bien d’autres, la guerre contre la nature est loin d’avoir été gagnée. Dans cinq milliards d’années, la sphère qui nous abrite sera aussi inhospitalière que l’enfer. Nous avons de braves guerriers, et de grands savants. Rien n’est encore perdu.

    1. Dans 150 millions d’années déjà l’heure sera grave. Bien avant les fameux 5 milliards d’années. Car la puissance de rayonnement du soleil sera de 10% supérieure.

      Nous ne savons même pas lutter contre une vielle maladie qu’est le paludisme, comment peut-on dire que la guerre contre la nature a été gagnée ?

    2. @ Lisztfr

      Super, ça va booster les panneaux photovoltaïques (si on est encore là dans 150 millions d’années).

    3. Nous continuons nous aussi d’évoluer, et je nous sais (morts ou) aptes à lutter dans 150 millions d’années, et même dès maintenant. Il n’y aura pas de déshonneur à perdre. Quant aux gagnants…

  31. Vous avez raison. La vérité aujourd’hui c’est que la politique (législatif et exécutifs) s’exprime au plus haut à un niveau national qui dysfonctionne parcequ’il n’est pas à la hauteur de l’enjeu économique et financier où les décisions sont globales et mondiales sans aucun contrôle démocratique.
    Quand le financier s’effondre, les politiques ne peuvent pas se placer au niveau nécessaire pour faire face et ils tournent en rond pensant surnager dans le maëlstrom.
    Voilà le malaise qui se traduira dans les urnes de toutes les démocraties.

    Mettons nous à la rédaction des cahiers !

    1. EOLE

      Le monde financier nous sert de lien entre nous. Le monde politique sert la soupe au monde financier. Je serre ma ceinture.

  32. Ai appris deux mots nouveaux;encommissionnement et apartidaire.
    Exemple d’utilisation:Je suis furieusement apartididaire,pas question pour moi d’encommissionnement.
    Ps:ne pas manquer le doublement des consonnes…

    1. Embrigadement peut-être moins parlant qu’encommissionnement?.
      @ Piotr
      C’est apartidaire et non « didaire ».
      Apatride on savait apartide on comprend.

  33. Les hommes politiques sont éloignés des réalités que les citoyens qu’ils représentent subissent chaque jour ?

    – Salaire médian pour tous les élus de la République + Réévaluation annuelle

    Je serai curieux de voir ce que deviendrai les clivages politiques…

    1. Greg A,

      J’aime votre idée. Elle est claire, réalisable et les conséquences que je peux imaginer m’apparaissent amusantes.

    2. Avec interdiction d’un double mandat (ou tout autre forme de participation à une autre collectivité territoriale) ?

      Sans interdiction : appliquer des coefficients sur les salaires ? Par exemple diviser par 2 le salaire du second mandat acquis.
      Des idées, juste comme ça…

    3. oui, sauf que « salaire médian » ne suffit pas. Il vaut mieux dire « revenu médian », on aurait une meilleure approche de la réalité

    4. à Greg

      Très bien. Rien de tel que de revenir aux bonnes pratiques du Parti communiste français qui paye ses permanents sur la base d’un salaire d’ouvrier spécialisé (même quand ils sont élus, auquel cas ils reversent le supplément de leurs indemnités à leur parti).

    5. @ JeanNimes : je suppose que vous voulez dire Ouvrier Qualifié plutôt qu’Ouvrier Spécialisé ( OS)…c’est pas pareil.

  34. MOLOCH INVERSE

    Chaque rare fois que je pénètre dans un supermarché je suis prise d’un malaise diffus et le sentiment de devenir une marchandise calibrée, étiquetée, enchaînée à l’intérieur d’un rayon immense et insidieusement doué d’une mobilité factice me serre la gorge. C’est Moloch je me dis, un monstre étalant son pouvoir d’avaler tout porte billets bien dodu qui passe à portée de son appétit insatiable en l’attirant par des leurres rivalisant d’appâts tous plus rutilants, plus chimiquement parfumés les uns que les autres.

    Et récemment, après être sortie de ce véritable lieu de débauche non sans y avoir laissé m’arracher un petit morceau de pouvoir d’achat, je me suis dit que j’avais tout faux. En fait, ce Moloch affamé, avide de proies à déplumer, il n’existe que dans mon imagination. Il n’avale rien, il vomit, il faut qu’il vomisse pour pouvoir ingérer de plus en plus souvent, de plus en plus vite, et offrir à ses victimes consentantes, serviles, une nourriture prédigérée aseptisée, élaborée dans ses multiples estomacs et présentée le plus souvent dans des barquettes étanches isolant le possible acheteur d’une réalité qui d’ailleurs lui restera inaccessible même à la maison quand il aura déchiré l’emballage faussement protecteur et lui-même issu d’une espèce de processus industrialisé et ruminé. Je n’en revenais pas d’avoir pu débusquer ce dieu protéiforme à l’instantanéité prodigieuse, et j’ai rejoint au plus vite une porte du magasin pour aller respirer dehors un air moins pollué.

    Je ne me fais pas beaucoup d’illusions. Ce dieu inversé aux origines et aux dévastations multiples tapies dans des usines ou des entrepôts, il s’immisce chez les petits commerçants et le marché de mon quartier à coup de crachats et de toux dont il est difficile de se préserver.

    C’est là qu’un travail de repérage s’impose. Repérage des produits (quel affreux mot!) issus d’une terre qui devrait bien commencer à s’insurger au lieu de s’affaiblir, repérage de compagnons assez nombreux et prêts à se dessiller pour entamer des actions de salubrité publique et commencer à affamer, en vue de son anéantissement plus ou moins progressif un système qui ne vit que de la production de déchets.

    Bon j’arrête..

    1. hafidi jacqueline,

      Je vous supplie de continuer. Vous êtes une vraie bouffée d’oxygène dans ce monde. Votre sensibilité à ce qui se passe est simplement extraordinaire. Si je peux avoir un espoir, il passe par des gens comme vous.

    2. Belle veine, beau texte!

      Les idées et la verve, vous avez de la classe et du style et de belles métaphores.

      Continuez!

    3. D’accord pour le style ,mais pour le fond non,la contre-ode à la marchandise,non.
      Il n’y a pas que des choses à vendre dans les hyper ,il y a aussi des gens.
      Vivement les tickets de rationnement.

    4. Piotr,

      Dans mon rêve, les poètes ont une place importante. Ce sont les gens qui voient au delà du regard et qui savent dire en mots ce qu’ils ont aperçu. C’est précieux, infiniment précieux. La place que l’on donnera aux poètes, aux musiciens, aux peintres, aux artistes en général sera la place que l’on donne aux humains, à leurs désirs, leurs sentiments, leurs rêves.

      Dans un supermarché, il y a des marchandises avant des hommes. Est ce que vous regardez tous les clients du magasin quand vous y allez ? Est ce que vous vous y faites des amis ? Dans un supermarché, il y a aussi de la publicité. Elle est omniprésente. Tout ce que vous voyez, entendez et sentez est fait pour que vous achetiez quelque chose. Tout cela est fait sans penser à vous en particulier. C’est toute une technologie pour vous faire faire un acte, au mieux, indépendant de votre volonté. Est ce que cela est votre définition de l’humanisme ? Il y a des humains dans les supermarchés. Ils occupent des fonctions permettant de vendre un maximum de marchandises au maximum de clients. Tout humanisme dans cette mécanique me semble antinomique avec cette dernière.

      Mon idée est que Madame Hafidi est sensible à tout cela. Elle a ce talent de voir quand être humain n’est pas de mise, est exclu. C’est un talent précieux, un don. Elle peut aider son entourage à être humain. Elle peut aider à remettre dans ce monde notre part de sentiments, d’irrationalité, de désirs, etc… Sans elle, je ne suis pas complet.

  35. Paul, François, et les autres…

    De tout coeur avec vous!

    Merci pour cet appel qui réhausse le débat. Nous en avons besoin.

    Et aujourd’hui, je vais rejoindre dans la rue les 100 000 rêveurs qui voudrons bien dire Basta!
    Reconstruisons ce monde!

  36. Han Ryner, Petit manuel individualiste (1903), suivi de « Un sage turbulent » par Bernard Pautrat (Allia, 2010, 80 p.)

    Le sage considère la société comme une limite. Il se sent social comme il se sent mortel. (p. 38)

    L’individualiste peut-il être fonctionnaire ?
    Oui. Mais il ne peut pas consentir à toutes sortes de fonctions.

    Quelles sont les fonctions dont s’abstiendra l’individualiste ?
    L’individualiste s’abstiendra de toute fonction de l’ordre administratif, de l’ordre judiciaire ou de l’ordre militaire. Il ne sera pas préfet ou policier, officier, juge ou bourreau.

    Pourquoi ?
    L’individualiste ne peut pas être au nombre des tyrans sociaux.

    Quelles fonctions pourra-t-il accepter ?
    Les fonctions qui ne nuisent pas à autrui. (p. 46)

    Comment se conduira l’individualiste avec ses supérieurs sociaux ?
    L’individualiste n’oubliera pas que les paroles de ses supérieurs sociaux traitent presque toujours de choses indifférentes. Il écoutera avec indifférence et répondra le moins possible. Il ne fera pas d’objections. Il n’indiquera pas des méthodes qui lui paraîtraient meilleures. Il évitera toute discussion inutile.

    Pourquoi ?
    Parce que le supérieur social est d’ordinaire un enfant vaniteux et irritable.

    Si le supérieur social ordonne, non plus une chose indifférente, mais une injustice ou une cruauté, que fera l’individualiste ?
    Il refusera d’obéir.

    La désobéissance ne lui fera-t-elle pas courir des dangers ?
    Non. Devenir l’instrument de l’injustice et du mal, c’est la mort de la raison et de la liberté. Mais la désobéissance à l’ordre injuste ne met en danger que le corps et les ressources matérielles, qui sont au nombre des choses indifférentes.

    Quelle sera la pensée de l’individualiste devant l’ordre ?
    L’individualiste dira mentalement au chef injuste : Tu es une des incarnations modernes du tyran. Mais le tyran ne peut rien contre le sage.

    L’individualiste expliquera-t-il son refus d’obéir ?
    Oui, s’il croit le chef social capable de comprendre et de revenir de son erreur. Presque toujours le chef social est incapable de comprendre.

    Que fera alors l’individualiste ?
    Devant un ordre injuste le refus d’obéir est le seul devoir universel. La forme du refus dépend de ma personnalité. (p. 48-49)

    1. roma,

      Si je comprends bien, il existe un manuel pour devenir individualiste !!!!! Il y a donc une méthode pour cela. C’est fascinant.

    2. Didier,
      l’anarchisme auquel était relié Ryner s’est toujours débattu entre anarchisme versus syndicaliste / communiste / et individualiste – de là peut-être son manuel, pour ne pas confondre distinguer et séparer, à cause peut-être aussi du Manuel d’Epictète qu’il admirait… mais de méthode certainement pas, ou à la manière de la théologie négative qui pour traquer les pièges de l’illusion d’un centre opère par successives mises à l’écart d’un successifs « ceci n’est pas »

    3. Pas mal, je connaissais pas. L’individualisme anarchiste a tourné aussi au banditisme ( donc sans doute pas celui de Han Ryner ). La bande à Bonnot en est l’exemple célèbre, un de ses compagnons de route fut Victor Serge ( l’homme au neuf vies), condamné à la prison et exilé en Espagne. D’origine Russe ( mais belge me semble-t-il), il adhère au bolchévisme, passe en Russie et est rapidement victime de la répression qui s’abât sur toute opposition. Sa vie est plus qu’un roman ( « mémoires d’un révolutionnaire », collection Bouquins, magnifique édition critique préfacée et postfacée.

    4. roma,

      Je regrette ma réaction. Elle a été exagérée. Mais j’étais sidéré par l’existence d’un manuel pour individualiste. Ecrire son idée sur n’importe quelle question est un bon moyen de se former une opinion solide et de valeur. Dans ces conditions, la partager a aussi un sens.

      La courte description que vous faite de cet auteur me dit qu’il doit être intéressant.

  37. @ Messieurs Jorion et Leclerq,
    @ tous les intervenants sur ce blog,

    merci.
    L’Aventure est belle menée ensemble. Pas facile (et quelle importance??) mais
    riche et décisive.

    Et je nous sens décidés, vraiment décidés à tenter autre chose, d’essentiel cette fois.

  38. L’action politique ne se décrète pas plus que tout le reste il me semble, par exemple 1789 fut précédé de plusieurs famines. Se sont les souffrances qui poussent les gens dans la rue, pas les idées.

    Je crois que, nous sommes aussi hantés par le spectre des partis plus ou moins staliniens, ou impotents du genre PS ou compromis, à vous en dégouter; Le parti politique comme outil de puissance plutôt que lieu d’expression.

    Le parti fait peur, comme machine échappant à toute contrôle et sujette au détournement autocratique dans la quelle l’individu est enrôlé plus qu’autre chose…

    Le plus froid des monstres froids nous guette. Jésus a fondé un parti, un petit parti de gauche, qui au début rassemblait 12 membres, puis c’est devenu l’église… Comment passe-t-on d’un petit groupe humain a un appareil politique … ? un appareil autiste, une machine de pouvoir ? Est-ce le destin de tout mouvement ?

    1. Lisztfr,

      Vous soulevez le problème des limites humaines. Je pense que les effets de nos actes nous dépassent. Ils vont toujours plus loin que nos calculs les plus raffinés. Ils seront donc aussi (et je souligne le « aussi ») inadéquats pour des gens hors de notre imagination, de notre vue ou de notre raison. Le chef d’un groupe plus important que ce qu’il peut appréhender va le faire prendre des décisions aux dépends des membres de son groupe. Que faire ?
      Réciproquement, connaissez vous un groupe où le chef peut satisfaire tout le monde ? Absolument tout le monde ? Le chef doit décider et il ne peut pas satisfaire tout le monde. Que faire ?

    2. Non, la Révolution française fait justement suite à une longue période d’amélioration du niveau de vie, avec l’avènement d’une classe moyenne.

      Les taxes et impôts étant fixes, tandis que le niveau de vie augmentait, le décalage engendra un déficit permanent des finances royales aggravé par une mauvaise gestion.

      Puis un brutal changement climatique a fait réapparaître à partir de 1783 mauvaises récoltes donc disette, donc inquiétudes face à un déclassement des classes moyennes des villes, dont celle de Paris, qui formera le gros des sans culottes et comités révolutionnaires (car la révolution ne fut pas menée par le peuple, mais les petits artisans, boutiquiers et petits commerçants inquiets).

      1783 correspond à une double éruption volcanique, celle de Laki en juin en Islande, concomittante avec celle du Asama de mai à août au Japon.

      Cette double eruptions, d’une ampleur exceptionnelle : l’éruption du Laki constitue le plus grand épanchement de lave terrestre connu de l’histoire – sur 370 km2, tandis que celle de l’Asama voit des projections atteindre la Stratosphère entre 17 et 50km de hauteur.

      La création d’un nuage d’aérosol a modifié le climat et altéré les rendements agricoles, tout en déclenchant une hausse brutale de la mortalité.

      Mais le plus intéressant est que la Révolution française va se déclencher au moment où les effets climatiques les plus flagrants s’estompent, et non au pire de la Crise météorologique et agricole (1784-86), 1789 est de fait la dernière disette (même si les températures restent basses pendant encore 20 ans).

      Donc on remarquera : une crise de la dette publique + catastrophe naturelle majeure + peur du déclassement des classes moyennes = Révolution (on peut aussi signaler le rôle de l’Islande et du japon, mais c’est anecdotique).

      Sur le « tempo », la Révolution politique survient après le passage du pic de la crise, au moment où les choses commencent à s’améliorer…

      Enfin, signalons également la situation de la France dans la transition démographique, c’est important pour expliquer la suite (disons que la France va mettre le bazar dans toute l’Europe jusqu’à Moscou tout de même !).

      Donc, si on se replace en 2010, il nous manque la catastrophe naturelle majeure (échelle mondiale), et le fait que l’on stabilise la situation…

      Donc cela nous mène à 2011-2012 au plus tôt, mais vraisemblablement plus tard !

      Je précise que je ne souhaite rien de tout cela, j’explique juste…. ;-)))

      CM

    3. 1789 a été précédé par plusieurs décennies de réflexion politique et philosophique et n’est-ce pas ce qui se passe ici et dans d’autres lieux ?
      1789 a aussi été précédé par l’éruption du volcan islandais Laaki (décidément ces Islandais!) qui a perturbé le climat, amoindrissant les rendements des cultures et entrainant deux années de tensions sur les prix des céréales.
      La Révolution: un long temps de latence conjugué avec un élément déclancheur imprévisible.

    4. @CM: merci pour vos précisions historiques. A petites doses, l’histoire c’est comme le droit: passionnant ! Et ça permet surtout de recadrer l’actualité, et d’interroger ses préjugés.

      @Louise: « après ça a déconné grave » ? Ce qui s’est passé après est trop vaste et trop complexe pour justifier votre remarque qui touche à l’humour. Je voudrais juste saisir la balle au bond pour dire que les premiers chrétiens, avant la conversion de Constantin, étaient contre les pouvoirs établis et prêchaient ce que nous appelons aujourd’hui la désobéissance civile. Après, ils ont tourné casaque, et substitué la force, c’est-à-dire le sang versé, à la persuasion.

    5. @ crapaud rouge

      Je n’ai aucun mérite, je n’ai fait que retranscrire ce que l’on peut trouver partout sur le ouèbe…

      Quand au droit, c’est en effet passionnant, et je suis de plus en plus convaincu que la clé sera là.

      J’ai d’ailleurs commencé à proposer au Maître des lieux une série de textes juridiques, mais jene sais pas ce qu’ils sont devenus…

      Oui, la solution à cette crise des valeurs sera juridique. D’ailleurs en proposant une constitution pour l’économie, c’est à dire à la rédaction d’un acte juridique (assez haut dans la hiérarchie des normes), la plupart commencent à s’en rendre compte…

      En revanche mon propos, comme un précédent commentaire assez ancien, semble échapper alors qu’il est pour moi essentiel : il ne s’agit pas seulement de prendre la bonne décision, encore faut-il que cela soit au bon moment… La question du « tempo » est primordiale. La gestion du temps des réformes est aussi importante que leur contenu.

      Et là, c’est carence, vide et Cie….

      D’ailleurs, si François leclerc y a fait allusion dans un de ses derniers billets (les choses ne sont pas encore allé assez loin pour que le système soit réformable en profondeur), je n’ai rien lu dans ce contre-appel sur ce point…

      Ce n’est pas une critique, juste un constat…

      Cordialement,

      CM

    6. @ CM

      d’ici 2012, tu hésites pour imaginer d’où pourraient venir la catastrophe mondiale qui donnerait l’énergie aux peuples de se bouger comme ils ont pu le faire en France du fait des fameux volcans nord européens qui ont créer la disette en France (entre autre) et la grogne de nos alleux ?

      Et bien la voilà arriver avec de forte probalité ce que tu soulignes comme pouvant être le SIGNE :
      « whereas world food stocks have fallen to critically low levels, from one year’s supply of food in stock after the Second World War to just 57 days » stock in 2007 and only 40 days » stock in 2008, »

      Quand les militants paysans et associatifs disent de relocaliser au plus vite la nourriture (par solidarité entre nos peuples), ce n’est pas pour rien.

      Quand je vois que même les politiques de petites villes avec qui on peut prendre un peu de temps pour expliquer ce qui se passe à ce niveau là, et qu’ils ne comprennent pas de l’intérêt de relocaliser et n’accepte pas ce type d’arguments : car la mondialisation à leurs yeux ça marche;

      Je ne voudrais pas voir leur regard de désespéré lorsqu’il y aura des ventres affamés dans les rues à leurs trousses !! ça voudra dire que ce sera trop tard pour agir en paix !

  39. « Penser global pour agir local » disent les écologistes.

    Comment Europe Escrologie va aller expliquer aux crève la faim du Sud déjà surendettés avec les pétro dollars, qu’à présent ils doivent consommer du bio ? Allons nous à présent les innonder d’écolo dollars pour ça ? Avec des taux d’interets faramineux et des taxes protectionnistes les obligeants à reproduire leurs avantages comparatifs en terme de bas salaires ?

    Selon moi, europe escrologie, c’est plutôt : « penser local et déconner global »

    1. Lulu,

      Je ne connais pas le groupe Europe Ecologie. Je ne peux qu’imaginer leur position. Elle doit être du genre à demander d’arrêter de détruire notre terre. C’est une demande que je considère avec sympathie. Il en va de ma vie et de la votre.

      Que proposez vous de faire à ce sujet ? Est ce que vous considérez que la pollution, l’épuisement des ressources, l’anéantissement de la biodiversité ne sont pas des problèmes ? Comment expliquez vous l’explosion du nombre de cas de cancers dans notre société ? Vous êtes vous intéressé au nombre de malformations congénitales à la naissance ? Renseignez vous sur l’évolution de la fertilité masculine ? Une dernière mesure faite en Suisse donne pour les gens de 25 ans une fertilité inférieure à celle de leurs aînés de 75 ans. Cela n’est qu’une des questions qui me font considérer le souci écologique avec sympathie.

    2. Il y a une critique de l’écologie politique à faire.

      Je peux vous en donner le fil conducteur principal : tant que le mode de production sera capitaliste (profit driven) aucune écologie réelle et efficace ne pourra protéger l’environnement ou l’humanité.

      Pour ceux qui en doutent, considérez la condition des salariés (ceux qui le sont comme ceux qui ne le sont pas ou plus) dans le monde entier.

    3. @ JeanNimes,
      C’est une évidence. Des écolos de droite (il parait que ça existe) veulent nous vendre le capitalisme vert. Mais comme le dit fort bien Jacques Généreux, pour les capitalistes, le capitalisme a toujours été vert. Les fenêtres du château donnent toujours sur la pelouse et les arbres du parc.

  40. Bonjour à tous, merci à Paul et à tous les intervenants de ce blog pour la chaleur et/ou l’intérêt des propos échangés. Vous nous proposez de rêver à voix haute et je vais m’atteler à ce difficile exercice. Mais tout d’abord ma contribution, voici une suggestion de deux principes pour la constitution :

    1. Organiser le droit à la propriété du sol. Il n’y a pas de liberté à mon sens sans propriété terrienne, un homme qui doit louer sa force de travail et son logement est un esclave, il est à la merci de tous les autres. Il me semble fondamental qu’une société d’individus libres et qui veulent vivre ensemble et non les uns contre les autres organise la propriété du sol.

    2. Limiter les salaires vers le bas et vers le haut. Vers le bas : de telle façon qu’on ne puisse pas souffrir de la faim, de la soif, du froid ou du chaud. Vers le haut : pour que la rémunération n’importe plus dans l’effort, et que ce ne soient plus les plus cupides et les sociopathes (souvent médiocres producteurs par ailleurs) qui dirigent, mais ceux qui sont mus par une dynamique intérieur et une quête de savoir, de connaissance ou de pogrès. Ceux-là nous font avancer. Le milieu de l’entreprise s’en trouverait passablement assaini. Une échelle de 1 à 10 dans les rémunérations me semblerait déjà énorme.

    Et maintenant rêver. Je dirais tout d’abord qu’il est difficile d’entrer dans le détail, parce qu’au fil des années et malgré ma jeunesse, j’ai vu le monde se flétrir autour de moi, et que celui dans lequel nous vivons aujourd’hui, je n’en conserverais pas tant de choses que cela. Je vais tenter d’exprimer cela par thèmes.

    Je commencerais par le plus important : les amis. J’aimerais récupérer les amis que j’ai perdus dans l’entreprise et les grandes écoles, j’aimerais retrouver les garçons généreux, innocents et enthousiastes, désintéressés, vivants en somme, qu’étaient mes amis avant qu’ils ne fassent les grandes écoles françaises (Centrale et Arts et Métiers) ou ne deviennent cadres d’entreprise. Je dénonce ici le formatage de ces institutions qui ne sont plus là pour délivrer des savoirs (le plus difficile étant d’y entrer), mais de formater une classe sociale à coup de culture de classe, d’alcool et de matraquage idéologique, notamment en économie. Les fils et les filles des classes moyennes / moyennes sup. sont prêts à tout pour éviter le déclassement, et acceptent sans sourciller ni vraiment se rendre compte la soupe qu’on leur sert. L’association d’un esprit de corps, d’alcool à haute dose et d’idéologie pendant plusieurs années, pour moi cela s’appelle du lavage de cerveau. Le résultat est capable d’éloigner de vous imperceptiblement les gens qui vous sont les plus proches (pour peu que vous ne passiez pas par le même moule). L’entreprise prend le relais juste derrière, et vos amis ne parlent plus que de leur travail, de leur promotion, des communiqués de tel ou tel groupe, ou alors de la voiture qu’ils ont achetée.

    Ensuite le travail. Qui parmi nous a de véritables compétences, utiles à la société ? Qui est libre ? Bien peu d’entre nous. Je ne suis pas du nombre. Je suis éditeur, c’est-à-dire que je gère une production d’ouvrages pratiques écrits par d’autres, que je tente de faire correspondre à un marché. Mon métier est de superviser une chaîne de production et de mettre en relation un contenu et son public supposé. L’auteur produit ce qu’il écrit, il est créateur, mais moi qu’ai-je produit ? Combien sommes-nous à n’être que des relais dans cette société, combien de relais superflus compte ce système ? Au final, le contenu doit être, lui aussi, formaté. Internet est un véritable outil de liberté en cela qu’il fait ce que toute « bonne » machine devrait faire : nous libérer de la contingence de la forme et supprimer des relais dans le système. Internet est un éditeur géant et gratuit, il tend à supprimer l’éditeur traditionnel et je ne doute pas qu’il y parvienne. Je rêverais d’être moi aussi producteur, je rêve que mon travail soit créatif et que le travail, de manière générale, soit l’occasion de produire quelque chose. Je pense que le métier de jardinier des espaces publics par exemple, s’il était libéré de la relative médiocrité de son image sociale et de la totale médiocrité du salaire associé, compterait au nombre des plus intéressants. Je rêve d’un monde où le travail est productif et a du sens.

    Et encore : l’autorité, la loi, la politique. Peut-être est-ce moi qui ne les supporte pas, ou peut-être sont-ils de moins en moins supportables, mais il me semble que la liberté recule, que les devoirs s’accumulent et que les droits n’existent plus qu’en filigrane, c’est-à-dire sur le papier. Je rêve d’un monde ou les droits au bonheur et à la liberté ne soient plus des concepts que l’on cite mais une réalité dans mon quotidien, et là il faut renvoyer à tout ce qui est en discussion sur ce blog : quelle liberté et quel bonheur pour ceux qui sont exclus de l’accès à l’argent ? On me traitera de matérialiste mais OUI : le bonheur passe par l’argent, sans en dépendre bien entendu. Qu’on me parle du bonheur ineffable du SDF ou des heureux locataires d’un deux pièces dans une cité… L’autorité et la loi ne sont plus là aujourd’hui que pour nous encadrer, manu militari, afin que nous allions dans la direction que d’autres ont décidé pour nous, et les mesures sociales drastiques à venir nous feront ressentir de manière plus pointue encore cette corruption du pouvoir. Je rêve d’un gouvernement, s’il faut absolument l’appeler ainsi, qui aurait pour tâche de veiller à ce que la vitalité de la société soit canalisée afin que celle-ci – et les individus qui la constituent – prospère, et non pour l’étouffer. Je rêve que la politique soit une activité non rémunérée, volontaire et qui se fasse en plus du travail… et donc forcément par plus d’individus.

    Désolé pour la longueur du post, et merci à tous les participants pour les passionnants débats qui ont lieu ici : il reste de la pensée quelque part.

    1. Joseph C.

      Vous demandez la possibilité d’être humain au sens le plus noble du terme. J’apprécie beaucoup.

    2. Joseph, ne désespérez pas ; avec votre « post » vous avez produit quelque chose.

      Juste une précision pour le jardinier : Il sera plus grand, plus utile encore qu’il peut l’être déjà, s’il agit dans le cadre du génie écologique, en créant de l’habitat pour la biodiversité, au maximum.

      Merci et bravo d’avoir su résister au formatage.

    3. Bonjour,

      Vous dites  » le bonheur dépend aussi de l’argent  »
      Ne serait ce plutôt le bien-être ?
      Le bonheur me semble t’il c’est tout autre chose, il est dans le sens fort, commun et recherché par tous les hommes, de façon consciente ou inconsciente.
      Aimer et être aimé…………………………………………………………………………………
      C’est bien pour cela qu’il est difficile d’accés, car il faut se dépasser.

    4. Berny,
      Il faut un minimum d’argent de moyen pour « penser » être heureux, ne serait ce que pour assurer le gite et le couvert, et quelques loisirs.

    5. @Didier, Liervol et Ecodouble : Merci pour vos réponses sympathiques !

      @Berny : Je maintiens l’affirmation : il me semble impossible d’atteindre le bonheur sans le minimum de confort physique que seul l’argent permet d’obtenir aujourd’hui. Je ne crois pas que nous puissions faire abstraction de notre environnement matériel et que le conscient se retourne vers lui-même pour contempler sa cohésion et son harmonie. Pour que cela advienne, que nous nous disions « ah, quel bonheur que d’être », il faut nécessairement que l’estomac ne soit pas vide (sinon plein), le corps ni bouillant ni glacé, et la gosier humide, bref que le corps ne vienne pas émettre de dissonance dans l’harmonie de l’individu.

      … Mais si on construit une société dans laquelle on peut avoir tout cela sans argent, je suis preneur aussi !

    6. @Joseph,

      Merci pour votre « post » très riche, ne lâchez rien, je comprends très bien votre amertume sur « ce que deviennent nos amis », mais en cherchant bien, vous en trouverez certainement d’autres sous peu plus en phase avec « ce que vous êtes » et peut-être même que parmi les « anciens » amis une révision du bilan est à l’oeuvre, c’est d’une part, une question d’âge, et d’autre part, la question de la rapidité de la dégradation en cours, et malheureusement (ou heureusement si ça se passe pas trop mal), sur ce plan là, nous pourrions voir les choses évoluer assez vite à mon sens.

      Cordialement,

  41. Très beau texte de Paul et François.
    S’il faisait l’objet d’une pétition, cela en renforcerait le poids au fur et à mesure de sa diffusion.
    Et cela permettrait d’en mesurer l’impact en temps réel.
    Il faut pousser fort pour provoquer ces Etats Généraux.

    1. « mesurer l’impact en temps réel » : soyez gentil, laissez à l’entrée du saloon ces horipeaux de l’entrepreneur efficace et performant…

    2. @ Crapaud Rouge
      Bigre, c’est la première fois qu’on me prend pour un entrepreneur efficace et performant. Aurais-je été contaminé à l’insu de mon plein gré ?

  42. Nettoyer le regard porté sur notre monde est l’épreuve et la libération que chaque jour nous offre de vivre.
    Parfois François Leclec fait allusion à G. Perec.
    Perec dans cet extrait propose d’ « interroger ce qui semble tellement aller de soi que nous en avons oublié l’origine… Retrouver quelque chose de l’étonnement… ». In « Approches de quoi? » qui ouvre le recueil « L’Infra-ordinaire » (éd. Le Seuil) :

    « Ce qui nous parle, me semble-t-il, c’est toujours l’événement, l’insolite, l’extra-ordinaire : cinq colonnes à la une, grosses manchettes. Les trains ne se mettent à exister que lorsqu’ils déraillent, et plus il y a de voyageurs morts, plus les trains existent; les avions n’accèdent à l’existence que lorsqu’ils sont détournés; les voitures ont pour unique destin de percuter les platanes: cinquante-deux week-ends par an, cinquante-deux bilans: tant de morts et tant mieux pour l’information si les chiffres ne cessent d’augmenter ! Il faut qu’il y ait derrière l’événement un scandale, une fissure, un danger, comme si la vie ne devait se révéler qu’à travers le spectaculaire, comme si le parlant, le significatif était toujours anormal: cataclysmes naturels ou bouleversements historiques, conflits sociaux, scandales politiques…
    Dans notre précipitation à mesurer l’historique, le significatif, le révélateur, ne laissons pas de côté l’essentiel: le véritablement intolérable, le vraiment inadmissible: le scandale, ce n’est pas le grisou, c’est le travail dans les mines. Les  » malaises sociaux  » ne sont pas  » préoccupants  » en période de grève, ils sont intolérables vingt-quatre heures sur vingt-quatre, trois cent soixante-cinq jours par an.
    Les raz-de-marée, les éruptions volcaniques, les tours qui s’écroulent, les incendies de forêts, les tunnels qui s’effondrent, Publicis qui brûle et Aranda qui parle! Horrible ! Terrible ! Monstrueux ! Scandaleux ! Mais où est le scandale ? Le vrai scandale ? Le journal nous a-t-il dit autre chose que: soyez rassurés, vous voyez bien que la vie existe, avec ses hauts et ses bas, vous voyez bien qu’il se passe des choses.
    Les journaux parlent de tout, sauf du journalier. Les journaux m’ennuient, ils ne m’apprennent rien; ce qu’ils racontent ne me concerne pas, ne m’interroge pas et ne répond pas davantage aux questions que je pose ou que je voudrais poser.
    Ce qui se passe vraiment, ce que nous vivons, le reste, tout le reste, où est il ? Ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour, le banal, le quotidien, I’évident, le commun, l’ordinaire, l’infra-ordinaire, le bruit de fond, I’habituel, comment en rendre compte, comment l’interroger, comment le décrire ?
    Interroger l’habituel. Mais justement, nous y sommes habitués. Nous ne l’interrogeons pas, il ne nous interroge pas, il semble ne pas faire problème, nous le vivons sans y penser, comme s’il ne véhiculait ni question ni réponse, comme s’il n’était porteur d’aucune information. Ce n’est même plus du conditionnement, c’est de l’anesthésie. Nous dormons notre vie d’un sommeil sans rêves. Mais où est-elle, notre vie ? Où est notre corps ? Où est notre espace ?
    Comment parler de ces  » choses communes « , comment les traquer plutôt, comment les débusquer, ies arracher à la gangue dans laquelle elles restent engluées, comment leur donner un sens, une langue : qu’elles parlent enfin de ce qui est, de ce que nous sommes.
    Peut-être s’agit-il de fonder enfin notre propre anthropologie: celle qui parlera de nous, qui ira chercher en nous ce que nous avons si longtemps pillé chez les autres. Non plus l’exotique, mais l’endotique.
    Interroger ce qui semble tellement aller de soi que nous en avons oublié l’origine. Retrouver quelque chose de l’étonnement que pouvaient éprouver Jules Verne ou ses lecteurs en face d’un appareil capable de reproduire et de transporter les sons. Car il a existé, cet étonnement, et des milliers d’autres, et ce sont eux qui nous ont modelés.

    Ce qu’il s’agit d’interroger, c’est la brique, le béton, le verre, nos manières de table, nos ustensiles, nos outils, nos emplois du temps, nos rythmes. Interroger ce qui semble avoir cessé à jamais de nous étonner. Nous vivons, certes, nous respirons, certes; nous marchons, nous ouvrons des portes, nous descendons des escaliers, nous nous asseyons à une table pour manger, nous nous couchons dans un lit pour dormir. Comment ? Où ? Quand ? Pourquoi ?
    Décrivez votre rue. Décrivez-en une autre. Comparez.
    Faites l’inventaire de vos poches, de votre sac. Interrogez-vous sur la provenance, l’usage et le devenir de chacun des objets que vous en retirez.
    Questionnez vos petites cuillers.
    Qu’y a-t-il sous votre papier peint ?
    Combien de gestes faut-il pour composer un numéro de téléphone ? Pourquoi ?
    Pourquoi ne trouve-t-on pas de cigarettes dans les épiceries ? Pourquoi pas ?
    Il m’importe peu que ces questions soient, ici, fragmentaires, à peine indicatives d’une méthode, tout au plus d’un projet. Il m’importe beaucoup qu’elles semblent triviales et futiles: c’est précisément ce qui les rend tout aussi, sinon plus, essentielles que tant d’autres au travers desquelles nous avons vainement tenté de capter notre vérité ».

    Bonne journée !

    1. @ Roma,

      Il y a tjs une dimension singulière dans vos interventions, elles interpellent ‘différemment’… 😀

    2. Pérec évoque très vite l’interrogation sur « nos emplois du temps, nos rythmes. »

      Oui, analyser nos emplois du temps, les confronter, découvrir ce qui les déterminent, comment sont-ils segmentés, par quoi… Voilà des questions concrètes qui permettent d’accéder aux soubassements de nos personnalités : nos emplois du temps constituent la structure de nos personnalités, voilà qui est troublant pour beaucoup de psychologues qui ne le sachant pas ne veulent plus utiliser le concept de personnalité, sauf à le rabattre sur 4 ou 5 axes aussi indéterminés que les axes d’un ciel astral !

      Le secret de la psychologie n’est pas dans l’individu, disait Politzer.

    3. Fascinante et psychotique  » Vie Mode d’Emploi » ( le Puzzle!!), cauchemardesque et terrifiant territoire de « W ». Obsession de l’inventaire chez Perec.

  43. Le monde que je rêve de voir demain dans ma poussette, n’est peut-être pas du tout le même monde que l’autre réverait plutôt de voir dans son parti à ses pieds ou en jet privé.

    Enfin vous savez ce qu’on dit plus les masses se réunissent et s’additionnent et plus le monde
    sent moins la vinasse aussi, le rassis, le rancis, voire le carrément frelaté mon oeil oui, pensez-vous vraiment qu’un Cohn Bendit puisse vraiment rendre le monde plus propre, alors qu’il n’est peut-être pas plus propre et écolo que vous et moi, mais comment des gens peuvent-ils encore croire en ces gens là au nom même du changement, de l’écologie, de l’argent, du commerce, le bien quoi !

     » Jérémie arrête s’il te plait de dire des bêtises tu ne va quand même pas t’en prendre à tout le monde aussi bien les freudiens que les gens du caucase qui n’y sont d’ailleurs pour rien, tu ne vois pas que ce n’est pas du tout ça ce que les gens préfèrent entendre pour être rassurer, il faudra bien un jour que tu te décides enfin à allez voir l’empailleur, l’hypnotiseur n’oublies pas que tu es bien venu au monde pour être avant tout canard d’un bord ou d’un autre de la mare, alors soit canard total et arrête s’il te plait de vouloir faire le malin dans la basse cour, coin, coin !  »

     » Laisse d’abord les gens importants faire le bien, le monde n’est pas aussi bête quand même ! « 

  44. Bonjour à tous,

    Et bien, nous y voilà. Pour ma part, je ne crois ni en EE ni en Dany le rouge. En revanche, je crois en l’espoir…
    L’espoir qu’un jour les inaptes à gouverner qui nous dirigent (depuis longtemps il faut l’avouer) prennent conscience qu’il faut :
    – revoir le concept d’entreprise (j’ai quelques idées à ce propos…) ;
    – revoir le concept de démocratie participative ;
    – revoir la façon de concevoir l’enseignement ;
    – rendre à l’imagination et à la créativité sa juste place dans la cité et parmi les Hommes ;
    – rendre à la responsabilité humaine la part de vie qui lui revient ;
    – revoir la façon de fabriquer des élites, afin d’en finir avec les zélites (zélés à défendre des intérêts privés et catégoriels) ;
    – revoir la façon de concevoir le droit et la fiscalité (j’ai aussi quelques idées …) ;
    – revoir la façon d’organiser les villes et les non villes ;
    – abaisser le pouvoir donné aux intermédiaires afin d’accroitre celui donné aux producteurs entendus au sens large de tous les vrais créateurs de richesses (celle-ci n’étant évidemment pas uniquement financière) ;
    – améliorer le collectif au détriment du particulier ;
    – rendre à l’argent le statut de moyen au service de tous qu’il n’aurait jamais du perdre ;
    – rendre à l’Etat le rôle qui est le sien : arbitre au service du plus grand nombre ;
    – redéfinir les centres de pouvoir et les Contre-pouvoirs qui vont avec…

    Il y a beaucoup d’autres idées, mais celles-ci me semblent être un bon début…

    Cordialement,

    1. Il faut surtout apprendre aux enfants dès leur plus jeune âge qu’il est interdit, voire criminel d’être méchant, d’opprimer son voisin, de le taper, d’en profiter, etc.

      Tous les gens qui ont eu des enfants savent que la vie sociale commence dans les cours de récréation. Et c’est l’endroit où j’ai toujours observé que la violence est banalisée, minimisée, incontrôlée, et que la domination de gamins par d’autres, plus fort ou plus à l’aise est quasi légitimée

      « Il faut qu’ils apprennent à se défendre » disent les bonnes âmes enseignantes. Ca me rappelle quand j’habitais à la campagne. C’était à moi de clôturer mon jardin pour que les vaches du voisin ne viennent pas le dévaster. L’inversion des valeurs, elle est à cet endroit-là et la société, dans tous ses rouages n’a de cesse de justifier l’oppression par le fait qu’elle a lieu parce que les faibles ne savent pas se défendre.

    2. Bonsoir,

      @ Phil de Saint Naz,

      Oui, vous avez sans doute raison mais je peux vous dire que je connais également des cas d’oppression des « forts » par les « faibles » ; y compris dans les cours de récréation (mais pas seulement) où les grands n’osent parfois pas se défendre contre les petits qui les harcèlent ou les oppriment.
      Vous avez sans doute également assisté à des situations dans lesquelles des « faibles » (réels ou imaginaires d’ailleurs) profitaient allègrement de leur situation pour abattre, harceler ou malmener les soit-disant ou apparemment plus forts qu’eux…
      Il me semble hasardeux et dangereux de vouloir faire une généralisation dans le type de domination des uns par rapport aux autres…

      Cordialement,

    3. Rebonsoir,

      @ Phil de Saint Naz : pour conclure « l’enfer est pavé de bonnes intentions », parfois ? souvent ? toujours ? c’est l’inconnu

    4. @ Phil de Saint Naz :

      Pour en finir avec ces excès : la faiblesse physique n’est pas toujours garante de la grandeur ou la beauté de l’âme.
      Il existe quantité de gens physiquement faibles qui sont moins dangereux diminués qu’ils ne l’étaient du temps de leur splendeur (ma grand mère m’a toujours mise en garde sur le fait, par exemple, que la vertu ne venait pas en vieillissant) et d’autres gens qui mettent en avant leur faiblesse physique ou leur handicape pour légitimer la crasse profonde de leur âme (la vilénie à l’état pur). A l’inverse, il arrive sûrement que l’affaiblissement du corps amène à une rédemption de l’âme, mais il se pourrait que ce soit là une exception ou que ça n’arrive qu’à des être qui auraient, par le simple effet du temps, été porté au bien.
      Et oui, à vouloir la perfection de l’humanité et en légitimant par avance et quoiqu’il en soit la faiblesse, j’ai bien peur, Monsieur de Saint Naz que vous n’arriviez à « une dictature »…
      J’ai en effet le pressentiment que la définition de la dictature c’est la légitimation, a priori, de certaines situations ou certains comportements.

      Cordialement,

      Cordialement,

    5. Toujours à Phil de Saint Naz :

      Et, en réfléchissant : il se pourrait peut-être même que chaque personne (enfant ou adulte) soit capable, tour à tour, de grandeur d’âme ou/et de vilénie…
      Peut-être même qu’il s’agit là d’une composante de l’humain qu’aucune « éducation » ne peut et ne doit changer etc…
      Je vous laisse méditer ces quelques lignes,

      Cordialement,

  45. Daniel Cohn-Bendit se trompe ainsi que le PS s’il croit que la défaite de Sarkozy est le prélude à leur victoire en 2012. D’autant plus qu’ils ne proposent pas d’alternatives au néolibéralisme et à l’européisme mais seulement des aménagements pour les rendre plus supportables. Selon la formule du MEDEF l’infirmerie sociale est mieux organisée par la gauche!
    D’autre part il est erroné de penser que le retour du FN est seulement du à la question sécuritaire que l’hyperinflation législative de Sarkozy depuis 2002 aurait du résoudre. Comme Emmmanuel Todd l’analyse de nouveau dans son entretien à Libération du 14 mars Le FN fait ses meilleurs scores dans les quartiers populaires et à l’est d’une ligne Le Havre-Perpignan où se trouve le plus de victimes de l’adaptation de la France à la mondialisation néolibérale et à l’européisme.
    à Paul Jorion
    Je ne pense pas que la capitalisme soit moribond, c’est plutôt celui d’une certaine forme celui de la finance dérégulée et de toutes ses conséquences. Quand les Politiques reprendront la main c’est-à-dire réglementeront la finance et l’économie libérale comme elle le fut jusqu’en 1980 alors le capitalisme reprendra un cours acceptable. Le problème c’est que nous n’en voyons pas le moindre début.

    1. @cording dit : 23 mars 2010 à 11:02

      Si l’alternative du PS et des Verts rend supportable la situation, ce sera déjà pas si mal, même si l’objectif ne sera pas atteint.

      Que Le Pen réalise son miel avec les victimes du changement, ça ne serait pas la première fois, mais que l’on puisse imaginer que ce que vous appelez « la mondialisation néolibérale et l’européisme » soient rayés de la carte et qu’on en revienne à l’hexagone est un mensonge auquel vous ne croyez même pas !

      Le monde n’est pas néolibéral, il est le monde, divers et bordélique.
      « L’Européisme » est un embryon de réalité à laquelle vous tiendrez très fort quand ça va aller très mal.

      Le Monde est devant nous, il est formidable quand les chinois et les indiens s’éveillent, il est terrible quand des ensembles ne savent pas où aller et sont tentés par la guerre.

      Nous qui sommes cette petite presqu’ile d’Asie, l’Europe, nous avons un grand destin devant nous si nous savons faire une économie humaine sans nombriliser.

  46. a Paul Jorion
    J’aimerais que vous vous exprimiez sur les propositions que l’économiste Jacques Sapir fait sur le site « Contreinfo » et les analyses faites sur le site « Horizons » de Malakine reprises par Bertrand Renouvin sur son blog parce que le problème majeur est l’absence d’une vraie alternative politique capable de propositions pour résoudre la crise sous tous ses aspects.

    1. Les thèses défendues par Todd, Gréau, Sapir ou autre El Karoui n’ont jamais le droit au chapitre.

      Leurs seuls contradicteurs sont des économistes de Dauphine ou du Conseil d’Analyse Economique. Des pitres incapables d’ébaucher la moindre idée originales.

      Pourquoi ne pas essayer de leur porter la contradiction ?

  47. Vous dites:
    « Le capitalisme meurt sous nos yeux et nous entraîne dans sa perte. »

    Je crois que le capitalisme ne meurt jamais. Il s’adapte.
    Des victoires partielles et provisoires lui suffisent, quel que soit le prix à payer, dès lors que « ça passe ».
    Il sait, le capitalisme, que, s’il coule un moment, il renaîtra de ses cendres…(il l’a toujours fait.)

    Le capitalisme ne va donc pas « nous entraîner dans sa perte »…Il va entraîner NOTRE perte, la perte de notre « vivre ensemble », il y est prêt, pour remplir sa mission première: assurer la survie de ses privilégiés, et de leurs avantages.

    C’est ce à quoi nous assistons, en ce moment (historique?).
    Et nous sommes devant ce désastre qui menace, comme les grenouilles de laboratoire de nos cours de sciences nat’. : décérébrés, soumis ça et là à quelques vains soubresauts, frappés d’impuissance.

    Votre blog et d’autres (salutaires, et encore merci à vous…) ne pouvant que faire illusion, momentanément.

    1. Louis XVI notait dans son journal, à la date du 14 juillet 1789 : « rien ».

      Le capitalisme est mortel, comme toute institution humaine, produit d’une histoire et
      de multiples contraintes. Seulement le capitalisme est une institution un peu plus coriace que les autres, parce que son ressort est l’intérêt, aussi bien d’ailleurs celui l’homo œconomicus que nous sommes tous plus ou moins que celui de la rente capitaliste du même nom. Tout l’enjeu de la crise actuelle va donc consister à trouver le moyen de substituer à cet intérêt un nouveau principe. Nous le savons tous, c’est vers la solidarité, la mutualisation, la complémentarité, l’économie de la contribution qu’il faut aller, reste à inventer la formule, la nouvelle figure historique, permettant d’inscrire durablement le nouveau principe dans une réalité.

      Le monde que nous avons sous les yeux est bien différent de celui qui a vu la naissance du capitalisme conquérant et sûr de lui-même. Son développement arrive à son terme parce que la prédation qui est inhérente à son mode de fonctionnement n’a plus d’espace disponible pour continuer sa folle course.
      Il n’est plus dans la capacité des Etats de renflouer le système financier. Réparer le système est donc impossible, toute action visant à arrêter durablement sa chute, et la notre avec, entraînera sa mutation, si bien que le capitalisme que nous connaissons aujourd’hui sera tellement méconnaissable, qu’en réalité il s’agira de tout autre chose.

      La solution ne pourra donc être seulement technique. La véritable sortie de la crise implique des changements qui vont au delà du simple désamorçage de la machine infernale, ou, plutôt, ce désamorçage suppose une prise de conscience telle qu’il coïncidera avec un changement de paradigme, c’est à dire une révolution copernicienne dans notre façon d’appréhender la réalité économique dans toutes ses dimensions.

      Revenir au capitalisme antérieur aux années 80 pour rétablir un capitalisme acceptable c’est un peu regarder l’avenir dans le rétroviseur.

  48. Pour répondre à cette question « que faire ? », je reprendrais la maxime du tétrapharmakon grec à savoir notamment éviter la souffrance : Se demander ce qu’on ne veut pas dans le système actuel et apporter point par point des réponses pour ôter ce qui est intolérable. Le guide n’est pas ce vers quoi l’on va mais ce qui est doit être absolument aboli dans ce système. Si l’on se faufile entre tous ce qui est impossible à admettre, il doit rester à la fin comme le portrait caché dans le bloc de marbre, libéré par l’artiste, une société acceptable…

    Exemple. L’injustice inhérente au principe de valeur porté par la monnaie, selon lequel elle prend sa valeur uniquement du fait de la pauvreté d’autrui. Ceci est totalement inacceptable et doit être je le dis franchement, la première chose à abolir.

    Si l’on veut une valeur qui ne soit pas fondée sur la pauvreté d’autrui, il faut quelle prenne sa valeur d’une décision arbitraire, ce qui implique et je suis désolé de faire de la peine aux tenants d’une économie « naturaliste » semi-déiste libérale, que toute valeur soit fixée par la Loi elle-même.

    Il n’y a que 2 façon pour déterminer la valeur d’un objet, son manque, ou la Loi, le décret qui consiste en effet à remplacer le manque psychologique, le besoin, le désir comme source de valeur (pour le possédant) par le décret qui n’est plus psychologique.

    Dans notre système, ceux qui possèdent ont intérêt à ce que les autres ne possèdent pas. En fait notre système est un immense jeux de CDS nus à savoir qu’on a toujours intérêt à ce que l’autre périclite, laisser prospérer une quelconque concurrence c’est prendre un risque imminent.

    Est-ce que l’on souhaite que la valeur soit fondée sur la pauvreté de notre semblable, de notre voisin, de notre ami ? NON ! Alors il faut en tirer les conséquences. L’intolérable doit être banni et avec énergie ! Il n’y a par moment aucune tergiversation possible et changer implique la violence de la décision.

    Et il faut continuer dans cette voie, bannir tout ce qu’on en veut plus.

    1. Dans le droit-fil votre proposition, je suggère que dans la mesure où la Société choisit d’organiser la raréfaction du travail, elle s’abstienne d’en tenir rigueur à ceux qui en sont les principales – les seules? – victimes.

      De manière plus explicite et par réciprocité, si le devoir du citoyen vis-à-vis de l’État est de devenir contribuable, alors le devoir de l’État est de fournir à ce dernier les moyens de satisfaire cet objectif – ici je n’invente rien, tout est dans le préambule à la Constitution – Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

      L’État fournit effectivement, entre autres, de la formation aux citoyens, mais celle-ci ne répond pas nécessairement aux besoins d’un marché quelconque. C’est d’ailleurs une « tare » intrinsèque du système éducatif au sens large, qui n’a pas été conçu en premier lieu pour produire des travailleurs mais avant tout des citoyens.

      Le « marché du travail » est par ailleurs bien trop dynamique – on pourrait même dire instable – pour que le système éducatif puisse jamais « coller » à la demande, car cela nécessiterait pour ainsi dire des ajustements de formation « en temps réel », ce qui ne cadre absolument pas avec le « temps administratif ». En clair, seules les entreprises sont à même de connaître à l’instant T leur besoin de main d’œuvre, et donc de se charger de former leurs personnels en conséquence.

      J’en profite au passage pour rappeler une nouvelle fois ma vieille marotte: le vocabulaire économique appliqué au « marché du travail » ne cesse de surprendre par son imprécision. En l’occurrence il n’y a pas de demande et d’offre « d’emplois » mais de la demande et de l’offre de « main d’œuvre », ce qui inverse totalement la perspective.

      Les entreprises cherchent à combler un besoin et payent pour cela – elles sont clientes – et les travailleurs offrent leurs services – ils sont fournisseurs. – Pris dans le sens contraire comme c’est le cas dans 100% des agences R.H. actuellement – qu’elles soient publiques ou privées soit dit en passant – on se retrouve dans un pur non-sens qui ne permet que la stigmatisation systématique du candidat au recrutement.

      D’ailleurs ces services R.H. nagent en pleine ambiguïté à ce sujet puisqu’ils traitent à la fois des « demandeurs d’emploi » mais leur demandent de « savoir se vendre » – Exiger cela d’un « client » – puisque « demandeur » – constitue un cas unique dans toute l’économie de marché.

      Ou alors s’il est effectivement question de « demandes et d’offres d’emploi », alors ce devrait être à l’entreprise de savoir se vendre au candidat – ce qui n’aurait de sens que dans une société de plein emploi. En bref, les théoriciens de l’économie feraient bien de revoir leur copie sur cette question.

    2. @Dissonance
      Je me demande quel est votre expérience de l’entreprise ?
      L’entretien d’embauche est par définition le moment où la séduction doit être réciproque…pondéré par le choix potentiel de chaque partie…Le drh, à la fois client et vendeur, devra lui aussi vendre en interne ses choix « humains » et souhaite donc que le postulant sache se vendre dans l’entreprise pour ne pas être en porte à faux avec le service destinataire…

      @Lisztfr
      Vous avez un problème pathologique avec l’argent. Les hommes ne sont pas égaux…mais restent des hommes…à chacun ses carottes et bâtons…

    3. @ quid34

      Oh, mais moi je n’ai un problème avec rien, j’analyse…. Je ne dis rien qui ne soit fondé, je n’improvise pas. Vous pensez que j’ai un problème pathologique, parce que vous n’avez pas bien saisi ce que je raconte….

      Il s’agit pourtant d’une chose bien simple, qui provient du fait que pour qu’une chose circule dans l’économie, elle doit avoir une valeur, d’usage disait Marx, ou d’échange, peu importe.

      Le problème est bien simple : A quelle condition la personne avec laquelle vous entrez dans un échange économique accepte-t-elle votre argent ? Et avec quelle conatus, célérité, enthousiasme l’accepte-t-elle ?

      A quelle condition accepte-t-on de l’argent, dans un échange, vous êtes-vous demandé cela ? D’où vient qu’un billet permet d’acheter ceci ou cela ?

      La réponse est dans le fait qu’un millionnaire n’acceptera pas de cirer vos chaussures, même si vous le priez. Par contraste, un SDF le fera pour 10 E si vous lui fournissez le matériel.

      De cet exemple, l’on conclu que la même somme n’a pas la même valeur selon le partenaire de l’échange, et l’on est en droit de conclure que vos 10 E ne valent rien quand vous les proposez à un millionnaire, mais valent beaucoup pour un SDF et ainsi de suite sur l’échelle sociale.

      De ceci vous concluez vous-même que vous n’avez rien à espérer si les gens autour de vous sont trop riches, et qu’il est donc pour vous souhaitable qu’ils ne le soient pas.

      Plus rapidement, si personne n’a besoin de votre argent, il ne vaut rien ! Et plus il en a besoin, plus votre argent permet d’agir sur le monde, c’est ce que Keynes appelait la rareté du capital. L’argent n’a de valeur comme tout le reste que conditionné par la rareté,
      or la rareté de l’argent n’est pas anodine car elle signifie la pauvreté, vécue comme-t-elle.

      Vous ne pouvez acheter que le travail d’un prolétaire.

      Ce qui laisse entier le problème des débouchés pour le capitaliste mais voilà.

      Il n’y a pas d’autre source de valeur pour l’argent, que sa rareté, autrement dit la relative pauvreté de la population. Les « nécessiteux » Ah s’il n’y avait pas ces pauvres qu’on méprise, vous ne pourriez acheter personne.

      Alors d’où vient la valeur de l’argent ? Vous pensez que c’est décidé en lieu sûr…? les prix sont libres, on ne peut décider ce que vaut un billet, de 10. Personne ne le décide, personne ne dit que vous pouvez l’échanger contre 10 L de lait.

      Alors d’où vient la valeur de ces 10 E ? Non, parce que parfois j’ai du mal à comprendre en effet…

      Vous admettez qu’on échange des marchandises contre de l’argent dans notre monde, et que personne ne dicte quoique ce soit concernant les valeurs ? Alors, alors une personne accepte votre argent en échange d’un service, pourquoi le ferait-elle ? que représentent ces billets pour elle ? Elle est davantage à votre merci n’est-ce pas, si elle est pauvre. Le pouvoir de l’argent, suppose donc que votre partenaire dans l’échange économique ait besoin de cet argent, sinon il n’accepterait pas l’échange, personne ne l’y contraint. Jusque là, ça va ? Car moi aussi je suis fatigué de répéter la même chose !

      Nous dépendons tous de ce systeme, et vous voyez bien que vous ne pourrez mouvoir un millionnaire à traire une vache, avec 10 e car par rapport à ce qu’il a déjà, votre somme représente 1/100 000.

      Si vous donnez 10E à une personne qui n’a qu’1E, vos 10 E représentent 10 fois ce qu’il a. Et pour le millionnaire, 1/100 000.

      Votre argent n’a donc pas le même pouvoir sur le riche que sur la pauvre. De là, votre argent fonctionne moins bien, dans l’échange, si la personne n’en a pas besoin.

      Le simple fonctionnement de l’argent suppose donc la pauvreté, a divers degrés mais en tout cas il ne suppose pas la richesse.;

      J’aurais pu revenir sur ce sujet autrement mais voilà. Si vous ne comprenez pas ceci, ce n’est pas moi qui ait un problème.

    4. à Dissonance

      Non « la Société  » n’organise pas la raréfaction du travail… c’est le capital qui crée une armée de réserve pour peser sur la valeur de la force de travail et donc tout à la fois baisser les salaires et augmenter le taux de profit. C’est un peu différent.

      à Quid34

      Les humains sont égaux en droits. Ils sont tous différents de nature, le génome de chaque humain est unique…
      Le droit est créé par les humains en société, il n’est pas donné par la nature !

    5. @quid34

      Ma relation avec l’entreprise? Succincte, éphémère, désagréable la plupart du temps.

      Ma relation avec les services RH de toute nature – de pôle-emploi aux services R.H. internes aux entreprises, en passant par les agences d’intérim et autres « cabinets de placement » – Récurrente, envahissante et pour être tout à fait clair, non moins désagréable, à quelques rares exceptions près.

      L’entreprise n’est pas la « grande famille » que l’on cherche à nous vendre, sinon une famille de « rats » qui se battent comme des chiffonniers pour ne pas indisposer leur direction, car comme pour tout un chacun, c’est leur emploi qui est en jeu en définitive.

      Les difficultés éventuelles des services R.H. à justifier leurs choix viennent essentiellement du fait que leur propre « compétence » est avant tout un grand espace plein de vide, car rien ou presque ne leur permet de juger objectivement de la compétence d’autrui. Dans certaines entreprises et pour certains types de poste – disons techniques par exemple – la chose est d’ailleurs admise de manière quasi-consciente et le service R.H. n’est plus alors qu’une simple chambre d’enregistrement, les choix de recrutements étant laissés à « ceux qui savent ».

      Les méthodes connues vont du très banal « entretien d’embauche » – là où il n’est jamais question de sincérité ni même de compétence mais avant tout de commerce, la relation ainsi établie ne l’étant alors pas sur une base de confiance mais au contraire de duperie mutuelle (le candidat qui souhaite vraiment le poste est également obligé de jouer à ce petit jeu, comme par exemple en « oubliant » de mentionner certaines de ses lacunes) à la batterie complète de tests psycho-techniques – aussi sérieux en apparence que vains en réalité – en passant par la douteuse étude graphologique et la carrément délirante méthode astrologique – c’est pourquoi certains conseillers R.H. plus bienveillants que la moyenne conseillent de préférer inscrire son âge sur les CVs plutôt que sa date de naissance (j’avais une stat tout à fait édifiante à ce propos fut un temps, dommage, je ne sais pas ce que j’en ai fait…)

      Il n’est dès lors pas étonnant que ces « inspecteurs des travaux pas encore débutés » aient besoin d’assurer leurs positions (cette tournure ne vous rappelle rien?) pour ne pas se faire prendre la main dans le pot de confiture par leurs supérieurs. Le but du jeu étant qu’en cas de problème, ce soit bien le subordonné fraîchement recruté qui prenne sur lui l’entière responsabilité de l’échec, et surtout pas le service R.H. qui aura beau jeu de démontrer qu’il a scrupuleusement suivi la procédure standard de recrutement, et que la faute commise vient bien entendu d’ailleurs.

      Or je prétends justement que cette procédure est une jolie mélodie jouée au pipeau par des gens qui n’entendent à peu près rien au fonctionnement « réel » – j’aurais pu dire « technique » mais ce serait réducteur – de l’entreprise.

      Pour la petite histoire, mes dernières opportunités d’embauche se sont toutes soldées par ce résultat incroyable: Je ne parviens jamais à rien d’autre qu’à me faire embaucher pour les postes pour lesquels je suis le moins compétent (je devrais tenter ma chance à la NASA, juste pour voir 🙂 ), tandis que ceux pour lesquels j’aurais un véritable savoir-faire à apporter me passent systématiquement sous le nez – et ce indépendamment de mon attitude personnelle – je dis ça au cas où vous viendrait l’idée de suggérer que le problème vient de là.

      Je peux ainsi émettre explicitement de sérieuses réserves quant à ma propre capacité à assumer un poste et décrocher malgré tout le job – qui se solde néanmoins par un échec sans appel – ou au contraire témoigner d’une motivation sans faille et d’une aptitude certaine à résoudre un problème donné, sans qu’une suite soit donnée à ma candidature.

      On pourrait suggérer la malchance pour expliquer cette situation, mais au delà d’un certain taux de récurrence dans le phénomène, cette explication ne suffit plus.

    6. @ Liszt (Frantz?), la valeur fixée par la loi c’est la fin de la circulation, la circulation/distribution doit donc être organisée administrativement, c’est l’organisation de la pénurie ( Cf Michel Henry sur Marx). Cette valeur est une fiction de prix, la comptabilité soviétique se fait en volume jusqu’aux tentatives de réforme Gobatchevienne qui provoquent une catastrophe, le système est immuable, mais il s’effondre.

      @ JeanNimes, pour le Marx Feuerbachien et matérialiste la Société n’existe pas, en effet, (Michel henry le suit la-dessus), le chômage est donc « organisé » par un des acteurs réels de la « société » bien sûr les capitalistes.

    7. @JeanNimes

      Je vous concède que le terme n’est pas tout à fait adéquat. En revanche je ne résumerais pas non plus la chose en une œuvre du seul capital. Si ce lien que vous suggérez peut effectivement être établi en première intention, il ne faut pas oublier le concours massif d’organismes de formation publics et de leurs ministères de tutelle dans le processus. Ils participent très largement de la »production » de la main d’œuvre – qualifiée en l’occurrence – qui sature le marché.

      C’est cette « union sacrée » des intérêts publics et privés que je désignais, sans doute maladroitement, par le terme de « Société ».

      Ceci dit comme je l’ai déjà peut-être mentionné sur ce blog, certains secteurs d’activité proposent exactement le schéma inverse: On peut citer comme l’exemple par excellence le cas des disciplines médicales et para-médicales, qui quand elles ne souffrent pas de conditions de formation aberrantes (le statut des élèves-infirmier(e)s entre autres) sont tout bonnement régies par un « numerus clausus » qui organise pour le coup une pénurie de main-d’œuvre tout aussi néfaste que l’excès inverse.

      Ce qui me conforte dans l’idée que l’État montre tous les signes d’une incapacité constitutive à gérer cet aspect de l’organisation sociale, au moins dans le contexte d’une économie de marché.

    8. @Lisztfr

      Prenons votre angle d’attaque : »Le problème est bien simple : A quelle condition la personne avec laquelle vous entrez dans un échange économique accepte-t-elle votre argent ? Et avec quelle conatus, célérité, enthousiasme l’accepte-t-elle ? »

      Votre problème vient du fait que vous ne considérez qu’un coté de l’échange, le coté de celui qui a l’argent…Or un échange implique que les 2 parties soient d’accords et disponibles à effectuer l’échange d’un service contre une rémunération.

      Chacun possède un libre choix de ses actes. Heureusement qu’il ne suffit pas de sortir des billets pour tout avoir, même avec politesse…

      J’ai plutôt l’impression que vous souffrez que le « SDF » de votre exemple semble s’avilir en cirant des chaussures alors que tout métier est respectable. Je ne suis pas d’ailleurs autant sûr que vous de sa réponse…Certains sont plus libres qu’un millionnaire, lire par exemple « Le Paris insolite » de Jean-Paul Clébert.

      Le millionnaire cire peut-être les chaussures de sa femme par amour…

      Le millionnaire peut aussi être un PDG à 70H/sem pour le compte d’un conseil d’administration qui le virera en cas de résultats insatisfaisants…

      Tout ce que votre « raisonnement » montre, c’est que l’on motive un SDF avec 10 euros et qu’il en faut beaucoup plus pour motiver un millionnaire ! Belle découverte !! Cela a tué l’URSS…et a entrainé la Chine dans le capitalisme…

      Vous dites: »L’argent n’a de valeur comme tout le reste que conditionné par la rareté,
      or la rareté de l’argent n’est pas anodine car elle signifie la pauvreté, vécue comme-t-elle.  »

      La rareté de l’argent n’est relative que comparer à l’étendu de l’offre en services/biens qu’il permet d’ acquérir. On est toujours le pauvre d’un autre ou le riche de son voisin…
      Avec votre « vécu comme-t-elle », vous sous entendez ce caractère relatif.

      Vous dites: »Les « nécessiteux » Ah s’il n’y avait pas ces pauvres qu’on méprise, vous ne pourriez acheter personne. »

      Qui méprise qui? Qui achète qui? Qui est ce vous ? Que de procès d’intention !! Votre expérience et votre sensibilité vous font sur-réagir et généraliser à outrance. Qu’il existe des cas d' »abus de pouvoir économique » soit, mais pas de généralisation!

      Les prix sont la résultante d’un ensemble de facteurs concurrentiels et psychologiques. Plus les gens sont riches plus ils sont prêt à payer cher. Plus les gens sont formés plus ils se font payé cher. La pauvreté est depuis longtemps un frein à la croissance!! de la richesse…
      Un entreprise qui marche offre les meilleurs salaires pour fidéliser ses employés et améliorer leur productivité…

      Donc le fonctionnement de l’argent nécessite surtout la richesse, celle qui dépense, investi, emploi et paye des impôts !! La pauvreté ne devrait être qu’un état transitoire, avant que la formation, la volonté et le travail ne l’en sorte…

      @Dissonance
      Je suis désolé pour vos recherches d’emplois infructueuses, j’imagine que dans votre domaine de compétence les postes sont rares et/ou que vous entrez en concurrence avec des profils plus « vendeurs » et/ou parfois l’age, un vrai pb en france !
      Pour finir avec les RH, tous n’ont pas les capacités à bien cibler les profils, ils tâtonnent au feeling…et ont leur demande aussi de bien gérer les départs…

    9. @ Dissonance : la formation est un marché puissant en France et largement soutenu par l’Etat et les Collectivités Locales (Conseil Régionaux…tiens tiens…). Quels sont ses effets? Hum Hum, c’était la marrotte de Michel Godet ou Jacques Marseille… je ne sais plus. Ceci dit la sur-qualification n’est-elle pas la conséquence inéluctable de la sur-scolarisation générale ?

    10. @krym

      « Ceci dit la sur-qualification n’est-elle pas la conséquence inéluctable de la sur-scolarisation générale? »

      Si, bien entendu, et ce d’autant plus si l’on oriente l’école vers la « production de travailleurs » plutôt que vers la « production de citoyens » en privilégiant par exemple une approche essentiellement technique du monde – la dominance des mathématiques dans la plupart des cursus remplit très bien cet office.

      Par ailleurs lorsque des objectifs chiffrés tels que « 80% d’une classe d’âge jusqu’au baccalauréat » sont posés – ou plus récemment, 50% d’une classe d’âge en licence – on organise bien entendu la future saturation du marché en main-d’œuvre (très) qualifiée.

      Quoi que « qualifiée » soit un mot manifestement impropre si l’on en croit les entreprises, pour qui le jeune diplômé – inexpérimenté – ne sait pour ainsi dire « rien faire », ce qui justifie de lui faire avaler toute une série de couleuvres comme les stages à répétition, la sous-rémunération, etc.

    11. A la suite de Dissonance,
      Le capital organise la pénurie du travail, oui, mais ses serviteurs volontaires croient aux fables que le capitalisme leur raconte: si vous avez un travail, c’est que vous le valez bien; les chômeurs sont les parasites de la société; vous êtes, ce que vous faites au boulot; le savoir universitaire, c’est de la m….; la réussite d’une vie c’est le statut social…Un de mes cousin a voté sarko. Il est au RMI. je lui ai dit qu’il votait contre son intérêt.Et bien non: les chômeurs sont des assistés, l’argent des riches profitent à tout le monde…Si on remettait sur la table, le partage du travail, par la réduction de son temps, pas sur qu’on ferait un tabac.On leur a demandé de s’identifier totalement à leur travail, si après, on leur dit que c’est du vent,qu’on est finalement très interchangeables pour le type d’emplois que le capitalisme actuel produit, forcément, ça fait mal à l’égo.Donc la société pour moi, est consentante.

  49. « Nous vivons une période que l’on peut sans emphase qualifier d’historique : le capitalisme meurt sous nos yeux et nous entraîne dans sa perte. » : après « Dieu est mort » , « le capitalisme est mort » ?

    1. @Morlie

      Ce qui vient, c’est dans un premier temps un techno-pouvoir à la chinoise, et dans un deuxième temps…., vous allez surement nous le dire.

    2. Assez d’accord avec un techno-pouvoir assis sur des titres de propriété.

      Je continue prenant la voix de Geneviève Taboui 🙂

      Pour deviner le « monde qui vient », vous verrez qu »il faudra davantage nous intéresser « aux monstres qui se nourrissent du ventre de la bête en décomposition ». Le surplus d’information sur la finance masque peut être tout autre chose – qui bien entendu n’est calculé nulle part – mais résulte de forces sociales puissantes autant que dispersées.

      – Dans mon coin, quelques familles bourgeoise s’organisent, ( ayant perdu de gros patrimoines dans l’affaire Fortis); elle se regroupent pour aider un relativement jeune chômeur (qui dans notre région n’a aucune chance de jamais retrouver un emploi) contre un petit logement très correct, il jardine lessive et repasse – au noir- pour le groupe. Le deal est vraiment « gagnant gagnant », le gars n’est pas du tout malheureux et exploité, il est même invité en vacance ( sans corvée de repassage). Ce ne serait pas le cas s’il devait passer pour le même genre de service par la bureaucratie « d’une agence de titre service ».

      Qu’un cas isolé soit humainement correct, n’implique pas que sa généralisation le demeure lors d’une dislocation réorganisation d’une société – quelqu’un sur le blog avait évoqué, je crois, son expérience de la dislocation (de la Hongrie ?)

      A+ (si j’arrive à vous retrouver)

  50. bonjour,

    « Le monde auquel nous aspirons est l’inverse de celui qui, petit à petit, s’est installé dans nos vies et pire encore, se trouve maintenant logé à demeure dans nos têtes. »

    allez donc lire ce très bon texte qui analyse finement la question:

    André Orléan

    1. gibus,

      Rien n’est logé à demeure dans nos têtes. Il y a beaucoup plus d’esprits libres qu’on ne le dit : la crise et le discours autour de la crise n’entraîne pas irrémédiablement toutes les sensibilités vers la déploration ou le renoncement. D’autre part l’éducation des enfants joue un rôle considérable et déterminant. Il y a mille choses à leur faire découvrir. Cela peut-être des valeurs nobles qui donnent du sens au monde, parce que la Vie, est le bien le plus précieux. Encore faut-il le dire et le redire.

  51. Il est tout à vos honneurs de vouloir sauver le monde.
    De dissident, de résistant, ne faudrait il pas passer au stade d’insurgeant qui par nature vit et intègre à sa personne l’idéal auquel il aspire, je suis intimement convaincu que la solution est là. Si je veux vivre dans un monde empreint de bonté, d’amour, d’équité, d’intelligence…….ne dois je pas être le premier à me soumettre a cette espèrance ?
    La religion, la politique, l’idéologie, les lois, malgré peut être leurs bonnes intentions n’ont pas réussi à apporter a cette humanité le bonheur et le bien être légitime.
    Que reste t’il ?
    Ce n’est pas, à mes yeux, la nature, l’économie qu’il faut sauver, mais l’homme, pour cela il faudrait lui redonner conscience de sa nature qui est libre, créatrice et responsable. Ceci étant, petit à petit il pourra trouver des solutions durables aux défits qui ne manquerons jamais, et ceci dans un environnement non conflictuel.
    Comme le disait André Malraux  » Le XXIè sciècle sera spirituel ou ne sera pas  » voilà, il nous faudrait équilibrer l’intelligence intellectuelle avec l’intelligence du coeur, sans cet équilibre pas de solution durable, mais une éternelle répétition de faste et de malheur, de joie et de tristesse……
    Nous sommes faits pour le bonheur et le bien-être.

    1. Blaise Pascal parlait d’esprit de finesse et d’esprit de géomètrie .

      Que , volé dans certaine approche , je me suis réappropriés de mon côté en retenant Lien et Loi .

      Les deux sont contradictoires comme cet univers en expansion en contradiction apparente de la loi de gravitation . Ce sont nos deux fers au feu pour permettre l’adaptation à la vie et sa poursuite .

      Autant marier l’eau et le feu . C’est pourtant ces alliages fragiles et fugitifs qui nous permettent d’être encore là .

      L’objectif de la démocratie n’est pas de forger un dogme pour assurer la vie d’un peuple  » fondu » .

      C’est de donner les clés aléatoires pour le fonctionnement d’un peuple-monde reconnu dans ses de plus en plus nombreuses diversités et créations , et en dialogue avec l’univers .

  52. Très bel appel, sauf le fin.
    De nombreux commentaires complètement irréalistes voire extatiques qui font sourire.

    Une société pour fonctionner doit avant tout être juste, sûre et garantir de la liberté.

    Il est IMPOSSIBLE de transcrire NOTRE conception de la justice, de la sécurité et de la liberté à l’ensemble de la planète.
    Par exemple :
    – un américain estime que la justice pour etre juste doit etre rendue dans les 3 à 6 mois. Imaginez çà à Paris. Est ce votre conception de la justice ?
    – un australien estime qu’une fille en minijupe seule et saoule à 2h du matin doit pouvoir traverser la capitale sans être importunée. Imaginez çà à Paris. Est ce de la securité ou de l’inconscience?
    – Un français estime qu’il est libre quand les mêmes partis et les mêmes personnages politiques se succèdent depuis 40 ans, sans remise en question. Demandez aux danois : quand un candidat échoue, il disparait.

    Très sinçèrement, le problème majeur vient du fait qu’on a voulu mondialiser les valeurs, le travail, l’economie et les modèles de société alors que le monde n’était pas prêt.
    Les idées circulent tout juste depuis 10 ans au niveau global grâce en partie au web. Comment les actions et les normes qui en decoulent pourraient etre universelle?

    Pour faire court, je pense qu’il faut d’abord se guérir au niveau européen et inventer un modele de société qui respecte les peuples et les identités avant de pretendre à une generalisation de nos vues de l’esprit.

    Pour la cas particulier de la finance, là aussi, il y aurait moyen de la remettre au pas en agissant chez nous USA+Europe+Australie+….et je précise que je ne suis pas marxiste, loin s’en faut.

    De toute façon, puisque les peuples occidentaux sont en train de se rendre compte qu’une poignée d’abrutis vient de mettre a sac ce qu’ils avaient mis 100 ans à construire, le retour de baton est assuré et ca va saigner, d’una manière ou d’une autre. Il faudra bien que les gens passent leur colère. Un monde occidental ou la moitié des enfants comme aux US connaitront l’aide alimentaire et les tickets de rationnement ne peut pas perdurer sans effusion. Je viens de lire cela ici : http://j2080.wordpress.com/

    Messieurs Jorion et Leclerc, je vous témoigne mon plus grand respect mais pensez d’abord à votre camp de base, l’Europe et le monde occidental quand il s’agit de reformer. le reste n’est que vue de l’esprit, hélas.

    1. Et oui, on est tous des idéaliste, on voudrait une loi qui s’applique partout…et pourtant la richesse et la beauté c’est la diversité…on veut nous faire croire à un monde économique uniforme et que ce serait le rêve…

      Difficile de comprendre un système, et quand on est dedans depuis longtemps comme nos politiques, ils se passent une sorte de syndrome de Stockholm…on a une pensée unique ou qui fluctue juste autour d’un soi-disant équilibre…on ne sait plus regarder ailleurs…

      En lisant les textes ici qui font surtout appel à une constitution économique, je finis par crois qu’il est aussi important voire plus de revoir le fonctionnement des démocraties…le tirage au sort pour le législatif comme suggéré par certains pourrait être une idée…car la finance a pris le pouvoir à travers le politique et cela n’est possible que par la manière dont on arrive en position éligible en démocratie…

      Mais tout fout le camp c’est l’impression que l’on a…on remarque qu’en science malgré les immenses progrès effectués…les modèles sont toujours remis en question..heureusement d’ailleurs…car on a que des modèles…le pourquoi des choses on aimerait l’expliquer mais on ne peut point…ceci dit, les astronomes ont une nouvelle vison du ciel et quelle vision… un nouveau monde, on pensait connaître on ne connaît rien…la physique..on a une physique pour le petit une autre pour le grand, et on a du mal à savoir la frontière entre les deux..et pourtant on enseigne avec conviction que nous avons tout compris…il faudrait commencer par apprendre que les connaissances évoluent et qu’il n’y a aucune certitude dans aucun domaines…On cherche ! déjà quand on grandirait on regarderait tout avec le doute du savoir…au lieu de sortir des certitudes comme on entend si souvent…

      Ce qui est choquant dans le monde, c’est de voir que malgré tous les progrès, on n’améliore pas la qualité de vie ..la vraie de qualité de vie qui est celle d’ être heureux… de partager avec l’autre, d’apprendre, de s’émerveiller…on voit une télévision qui laisse la famille assise sans bouger tous les soirs…on voit des entreprises qui broient leur salariés juste pour un profit immédiat…elles détruisent la nature sans vergogne…on voit des états qui font la guerre en promulguant une image de sauvegarde des valeurs de la démocratie…
      comment est ce possible ?
      On pense que l’on ne peut rien faire ? Est-ce vraiment la raison ? Ou sommes nous contents de notre vie de notre confort…on a peur de changer car on pense que l’on va perdre …mais perdre quoi ? 3h de télévision par jour ? des vacances où nous sommes heureux trois semaines dans l’année et encore…un travail souvent sans sens réel…tiens qui pourrait faire une étude de tous les emplois inutiles dans la société ? c’est énorme… les gens productifs il y en a très peu…on trouve par exemple des personnes qui font du marketing (ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres) mais à quoi cela sert ? on peut se le demander , dans le secteur pharmaceutique on dépense plus d’argent au marketing qu’à la recherche ! On trouve aussi les assedic et un tas de sociétés de consulting autour pour panser les plaies des chercheurs d’emplois et les renvoyer dans l’arène…si on mettait des têtes pensantes à penser à une nouvelle conception de la société plutôt que de penser à la finance, c’est sûr on aurait plus besoin de travailler 35h et avec une autre façon de concevoir la société on devrait s’épanouir plus…

      mais bon il doit y avoir une grosse erreur : je suis idéaliste !

      Faudra t-il un nouveau Imotep qui invente une nouvelle pesée de l’âme ?

    2. à Espoirsoleil

      Pour résoudre un problème, il faut d’abord le poser…

      « on voudrait une loi qui s’applique partout » est certainement un problème mal posé donc insoluble : on sait depuis Kant qu’il n’est possible que d’imaginer une loi n’est juste que si elle est extensible à l’universel, ce qui signifie qu’elle « peut » s’appliquer partout, en tous temps.

      La différence est entre une loi morale et une loi totalitaire (qui s’applique partout) : il n’y a pas loin entre les deux… juste « peut » !

    3. C’est un peu tard et je bafouille !

      « on voudrait une loi qui s’applique partout » est certainement un problème mal posé donc insoluble : on sait depuis Kant qu’il n’est possible d’imaginer une loi comme juste que si elle est extensible à l’universel, ce qui signifie qu’elle « peut » s’appliquer partout, en tous temps.

  53. Dany est un politique, on se doit donc de rester sur ce terrain. La politique doit mettre en place un ensemble de relations equitables entre humains. Equitable cela veut dire que les humains sont contents de leur sort meme si tous n’ont pas le meme sort. Actuellement c’est le systeme equitable d’avant 1980 qui est detruit petit a petit. 1968 s’est occupe de liberer le desir et c’est pour cela que les politiques le considere un non-evenements. Alors que toutes les petites gens l’ont vecu personnellement comme une liberation. 1968 a change le niveau d’auto-censure que chaque personne devait integrer pour fonctionner en societe. Actuellement les humains se revoltent car AUCUN politique, et pas DANY plus que les autres ne propose de nouveau systeme equitable, sauf dans le commerce dit equitable qui ne s’occupe pas de repartition a l’interieur de la societe francaise. La montee du FN est un nationalisme que porte ce repli sur avant. Ce n’est pas du patriotisme (voir les ecrits de De Gaulle pour la difference). Le systeme americain est tellement inequitable que meme le faux-nez de la reforme de la sante a fini par passer. C’est dire. On rappellera que Dany ne parle que de sauver la planete en mettant en place de nouvelles regles (en plus des anciennes) de gestion de l’environnement. Cela ramene a la dimension biologique de l’humain. Et c’est exactement ce que visent les gvnts actuels. Ramener l’humain a l’animal, et donc gerer un troupeau. Sous-entendu que c’est la seule maniere d’arriver a quelque chose. La recup du vert par TOUS les partis tient a ce que cela permettra de justifier la misere pour la masse et l’opulence pour …. DANY ?? et les dirigeants. La destruction des cultures en cours sera un echec, et on voit cet echec dans nos banlieues ou d’autres cultures se creent avec des lois non ecrites, coutumieres donc, qui mettent en place des frontieres reelles avec le reste du territoire. C’est la fin de la democratie (lois ecrites) et de la republique (remplacee par les fiefs locaux). Les regions deviennent aussi des fiefs de barons, nos chers politiques. Les alliances entre partis sont la preuve de la creations en cours de ses baronnies. Notre republique, l’europe, l’occident disparait donc et se transforme en un systeme de castes comme en Inde. Dans deux trois generations plus personne n’y verra rien de genant. L’inde des castes tient debout. Et Dany avec un systeme planetaire (maoiste?), une culture unique (donc pas de culture du tout) va dans le sens voulu par les dirigeants actuels. L’europe est une URSS bis, les goulags sont les ghettos des banlieues.
    Le systeme d’equite de l’apres guerre peut tout a fait etre sauvegarde si on sort mentalement du globalisme actuel. Ce globalisme qui ramene le monde a un village ou tout le mode surveille tout le monde (les cameras partout, c’est les bigotte derrier les persiennes) ne propose pas en echange la solidarite du village. On l’a vu avec les digues non-entretenues et les morts ….. Les detaxations des riches par Sarkozy sont une fin de la solidarite. Les humains savent que l’inequite grandie. Dany fait des phrases, mais je doute qu’il comprenne que chaque societe doit etre equitable dans ses frontieres pas a l’echelle du monde. L’europe craque de partout dit-on? Mais il n’y a jamais eu d’europe car nous n’avons pas la meme culture. L’allemagne aussi est inequitable, et profitait de l’europe. Elle peut en sortir demain. Qu’est-ce que cela changera? Rien. Sauf que les luttes industrielles et commerciales se feront au grand jour et plus derriere un ecran de fumee.
    Il ne peut y avoir d’equite entre culture differentes, seulement des balance commerciale equilibrees.
    Le monde n’est plus celui de 1946, repenser l’equite reelle, a l’interieur des frontieres de chaque societe est ce que ne veulent pas les politiques. C’est l’impasse. La sortie c’est le sens interdit de la dictature. Le FN monte ? Normal. Les coupables? Tous les autres politiques. Dany compris.
    La premiere chose a faire c’est de ramener le debat aux frontieres de la France. Oublions l’europe qui n’est pas viable sauf sous forme de normes. Les normes ce n’est pas la politiques. De bons specialistes de chaque domaines s’entendrons pour unifier. Chaque culture peut adopter des normes identiques mais organiser la repartition des richesses elle-meme.

    1. C’est laid d’ailleurs l’Europe quand on pense : c’est retrouver les mêmes chaînes de magasins partout, être dans une rue de Turin ou de Milan et se croire à Paris ou bien à Lyon ou même à Strasbourg toujours les mêmes marques toujours les mêmes vitrines, une uniformité de laideur parce le commun règne , plus rien de ce qui faisait le charme et la différence des pays, avec en plus des produits bas de gamme chinois un peu partout mondialisation oblige. Une uniformité de culture avec une préférence au nivellement par le bas partout en Europe et cette téléréalité qui continue à mon plus grand désespoir à avoir un public. Une absence de texte, une absence d’auteurs, des chanteurs sans messages, pas une seule nouvelle âme de poète, rien que des paillettes et du fric à la va vite. Un encrage du côté US comme toujours sans identité propre comme des vassauts d’un modèle américain qui prend l’eau de toute part mais qui continue à être admiré et craint comme s’il était parole divine. Des sociales démocraties qui n’en finissent pas d’agoniser et que l’on rêve d’achever à coup de prétextes.
      C’est ça l’Europe ???
      Et maintenant, le revoilà le Dany qui fait le beau, celui qui doit sa réussite à sa grande gueule, et à son opportunisme qui n’a jamais travaillé un seul jour de sa vie, celui du fond de commerce mai 68, l’Antoine de la politique,
      On devrait se ralier à un type comme ça ???

      Ah non, certainement pas trés peu pour moi, qu’il cède la place celui là aussi on l’a trop vu.
      Du neuf, des idées et des gens nouveaux, ni les vieux éléphants, ni les vieux requins, ni les vieux renards. Pas de ceux qui sont responsables de l’Europe telle qu’elle est certainement pas.

  54. En vrac , puisque c’est la liberté offerte par ce lieu:

    -1 : à voir la rapidité et la bousculade des réactions contradictoires ou pas , « il y a quelque chose à faire » et de l’appétit pour le dire .

    -2 : Je retiens  » Cahiers de doléances » , « constitution économique  »

    -3 : sur « constitution économique  » je me suis déjà exprimé en avançant qu’il ne peut y avoir constitution économique  » à part  » de la constitution tout court .
    Il suffit de relire nos constitutions successives et leur(s) histoire(s) pour s’en convaincre ( et même la déclaration de droits de l’homme et du citoyen prise isolément ) . Je retrouve sur ce blog la ferveur constitutionnaliste que j’ai trouvée sur le blog d’Etienne Chouard lors du TCE . Si je ne le trahis pas ,sa préférence pour écrire une constitution économique irait vers un tirage au sort des écrivains du cahier de doléances et des metteurs en page des éléments économiques de la constitution .

    En tous cas, la légitimité des porteurs de dolénaces , sauf s’ils sont la france entière ( va y avoir des problèmes de gestion informatique) . Comment se définir aussi par rapport aux nombreuses autres tentatives du même type couvertes par le vocable général de participation .

    -4 : au plan pratique à quel type de « réunion » sommes nous conviés ,
    4-1:concertation : les maîtres ees lieux décoide après avoir entendu ou lu .Il est seul respônsable de la décision :

    4-2: participation : les mîtres des lieux définissent un cadre et un processus et ils en assument la responsabilité . Ils décident sous leur responsabilité si la décison ne se fait pas par accord commun .

    4-3 : Délégation : les maitres des lieux ont obligation d’appliquer la décision prise par le groupe et en asument seuls la responsabilité .

    4-4 : j’en connais encore d’autres formes ( information , régulation , négociation , prise de décision créativité , cohésion et réalsation ..) dans lesquelles le rôles du maitre des lieux et de intervenants invités sont et doivent être définis vis à vis de leurs capacités respectives à : pouvoir , devoir , avoir droit de , porter la responsabilité .

    5- Si je ne me trompe pas nous serions plutôt dans une réunion de créativité . Vrai ?

    6- : les maîtres des lieux doivent préciser le processus et les rôles .

    Pardon pour mes réflexes de part du cerveau de gauche orienté sur le réel présent .

    Juste le souci que l’élan ne s’essoufle trop vite, comme ça s’est passé chez Etienne en dépit d’un travail colossal .

    1. @juan jessy

      vous écrivez:

      « sur « constitution économique » je me suis déjà exprimé en avançant qu’il ne peut y avoir constitution économique » à part » de la constitution tout court . »

      Plusieurs réponses ont été données à cette question (quelque part dans les profondeurs du blog)

      Par exemple.

      « Une constitution pour l’économie » – CPE- ; ajoute quelque paragraphe à la DDU ». Tout comme la DDU, la CPEE est une « utopie structurante », mais elle permettrait également de revenir « aux principes des lumières » et, s’inscrivant dans l’histoire, de les retravailler pour les temps qui s’annoncent . »

      Voyez par ailleurs, sur ECCE , le principe d’inscription dans l’histoire, il s’agit de renouer avec le mouvement constitutionaliste du 18e.

      à+

    2. Si la constitution pour l’économie est un texte aussi court et percutant que la DDHC , et visé dans les articles de notre constitution , je n’aii rien contre . Mais pour moi ça ne peut être un  » préambule  » à notre constitution au même titre que la DDHC .

      D’ailleurs peut-on être soumis à des constitutions distinctes pour un seul peuple ? Un traité international n’aura par exemple jamais le même poids existentiel pour un peuple que sa constitution propre .

      Cela renvoie à l’approche juridique des fondements des textes nationaux et internationaux .
      Primauté , subsidiarité …. je ne suis pas sur que tout le monde accepte le même « sens « ( au sens de mouvement ) des contraintes .

      La bagarre des constitutionnalistes sera au rendez vous de l’écriture de cette Constitution pour l’économie » .

    3. je suis allé sur le site que vous m’indiquez ; ça me conforte dans mon interrogation faite à nos deux compères pour en dire davantage sur le processus qu’ils mettent eu oeuvre ici et le rôle qu’ils nous attribuent .

  55. Finissons-en avec la doctrine du « Habeo ergo Sum » et ce sera déjà pas mal – ça place la barre déjà très très haut.

  56. Merci à Paul et à François pour cet appel, revigorant en diable.
    Je crois que nous sommes plongés à notre insu dans une transformation puissante de nos sociétés et ce que nous prenons le plus souvent pour des éléments de nécrose est sans doute autant de signes de l’émergence d’une nouvelle société qui n’est tout simplement pas encore pensée, et encore moins théorisée. C’est comme un bâtiment qui prendrait forme avant même que ses architectes ne le pensent. Après tout, avons-nous jamais fait autre chose que suivre les événements de l’histoire, et nous y adapter après coup?. Ce que nous prenons pour une lente décadence n’est alors peut-être que les premiers effets d’une transformation radicale et foncière. Faut-il dans ce cas diriger toutes les énergies vers la conservation ou nous laisser porter par le courant et construire. Accompagner cette mue, lui permettre d’étendre ses ailes encore fripées, de les déployer. C’est peut-être une occasion unique qui se présente à nous. L’histoire nous le dira…

    J’ai l’intuition qu’il nous faut partir des mots. repenser leur sens, les réparer, leur redonner consistance, les accorder. Les mots, sont des éléments essentiels pour poser une pensée complexe. Pour élaborer les recettes du futur, il faut retrouver le sens des mots. Ecole, entreprise, identité, nation, progrès, argent etc…

    Car il faut bien commencer quelque part. Tirer un premier fil.

    Les énergies sont présentes dans notre pays, mais elles sont en ordre dispersé quand elles ne sont pas engourdies, découragées, déboussolées. La politique a un besoin urgent de renouveau. C’est à ce prix qu’elle saura catalyser ces énergies.

    @Dany Cohn-Bendit:

    Ton appel, publié hier dans Libé, m’a donné la banane toute la journée. (et même un début d’érection politique…) Je l’ai lu et relu, photocopié et diffusé, puis encore relu dans le train hier soir. Arrivé à la maison, je l’ai donné, plié en quatre à ma femme, comme on donne une ordonnance. Mais maintenant, il faut aller de l’avant et bousculer les évidences, mettre les paroles en actes car la fenêtre de tir est proche et il ne faudra pas louper le coche.

    VM

    1. « revigorant en diable. »
      « érection politique »
      Enfin une alternative au VIAGRA.
      La publicité est interdite! Désolé je ne savais pas.

  57. lorsqu’on entre en résonance comme nous le sentons très bien ici, on sent aussi que l’on est bien plus que la somme des entités qui composent le groupe, on sent que la conviction et la détermination seront inébranlables.

    La notion de transcendance trouve ici sa place : nous sommes mûs par qlq chose qui se situe au-delà de notre fragile finitude et de nos petites envies personnelles…
    Cette époque a du bon.

  58. BRAVOOOOOOOOOO !!!!!!!!!!!

    Ma petite pierre : aujourd’hui, nous pouvons, nous devons passer a l’énergie dé-centralisée, assurant ainsi la vraie « démocratie », le pouvoir du peuple.
    Tant que les puissants auront le pouvoir de nous couper le robinet, rien ne sera possible. C’est ce qui les rends si « puissants » et redoutables.
    Nous pouvons favoriser les initiatives comme « éconologie » http://www.econologie.com/
    Le chômage est endémique alors que nous avons un monde a reconstruire ! quel paradoxe !!!

  59. même si ma participation à au projet que vous developpez reste très faible, il y a au moins une chose que je peux faire c’est exprimer mon soutien dans vos propos.
    et puis étant devenu un adepte acharné de ce blog je vous soutiendrai encore dans l’avenir.
    Je n’ai pas voté à ces dernières elections régionales (et c’est une rare fois où je ne l’ai pas fait) . pourquoi ?
    parce que je n’ai trouvé dans aucun parti, dans aucune déclaration des propos qui pointent sur l’essentiel, cad ce moment charnière de notre humanité que nous vivons et sur l’impérieuse nécessité d’inventer notre avenir.
    Alors Paul et François recevez mon soutien et dans la mesure de mes moyens mes propositions
    bien à vous 2

    1. Il faudrait quand même lire les programmes des partis avant de dire qu’il n’y a rien dedans !

  60. @ Paul Jorion et François Leclerc 23 mars 2010 à 08:21

    Qu’est-ce que vous reprochez à l’organisation militaire ? Son efficacité ? Le respect de l’autorité posé comme principe ?

    L’œuvre destructrice de civilisation enclenchée par 68 vous semble-t-elle la voie à poursuivre ?

    Je l’ai déjà exprimé ici, il faut reconnaître aux 68ards un seul très grand mérite, celui d’avoir permis la libération de la parole.

    Au-delà de cela, l’esprit de 68 a fait énormément de mal quand on mesure maintenant les champs de ruines familiales, sociétales, morales, nationales, économiques, écologiques, qu’il va bien falloir relever si l’on tient à laisser un avenir à nos descendants.

    Tout ce qui a découlé de la volonté d’abattre les autorités dans ces différents domaines, doit à mon avis, être condamné. Tout comme sont à condamner, les slogans « Il est interdit d’interdire » « Jouissons sans entrave » « CRS SS » qui ont directement engendré les slogans « Nique ta mère » puis « Nique la police ».
    Tous ses slogans, sont à l’origine des dérives qui ont, en 40 ans, amené notre société là où elle est. Plus d’autorité ni de morale au sein des familles. Impossibilité de venir à bout des enfants comme on le voit dans les pertes de discipline et de sécurité dans les établissements scolaires.

    On n’a pensé qu’aux droits (y compris ceux des enfants) mais perdu de vue les devoirs. Les promoteurs des droits d’interdir, se sentant tous les droits, n’ont pas vu qu’ils n’apportaient rien s’ils ne cherchaient pas à faire progresser simultanément les devoirs et donc l’autorité pour les enseigner et les faire respecter.

    Ce qui me semble vrai pour la cellule familiale de base dont le devoir est de s’auto construire pour donner un future viable à ses descendants en transmettant des valeurs d’ordre et de morale, est également vrai au plan global et planétaire. On n’a rien fait pour assurer la survie de notre société planétaire en prônant le laisser faire, la suppression des interdits, l’ouverture des portes à la jouissance sans limites dans tous les domaines

    L’autorité, et avec elle l’ordre et la discipline collective qu’elle peut engendrer, pensez vous qu’une société puisse s’en affranchir quand nous nous voyons confrontés aux deux limites du laisser faire : l’individuel et le planétaire ?

    Il peut sembler paradoxal que ceux-là mêmes qui ont été actifs en 68 ou qui ont applaudi à cet esprit pernicieux, soient ceux qui, sans la moindre gène, veulent réinstaurer des interdits, de l’ordre et de l’autorité afin d’aider à nous sortir des ornières dans lesquelles ils nous ont amenés.

    Je pense un peu à notre hôte, qui, je crois soutient l’esprit de 68. J’espère qu’il ne m’en voudra pas. Il veut, à juste titre, faire interdire les paris sur la fluctuation des prix.
    C’est donc un interdit qu’il ne faudra pas interdire alors. Ça s’appelle un peu « avaler son chapeau » mais cela n’est jamais déshonorant quand c’est pour aller dans le sens d’un mieux pour l’humanité.

    On peut aussi penser à un certain Dany qui, constatant l’utilité d’une structuration des mouvements qu’il anime, en appelle à la mise en place d’une sorte de coopérative. Qui ne peut penser à ces coopératives d’achat si dangereuses pour les producteurs. Là il s’agit d’électeurs. Il souhaite de l’ordre, de la convergence et probablement l’émergence d’un leader, d’une autorité pour incarner et diriger l’ensemble.

    Bien évidemment, il ne veut rien pour lui. Non, il risquerait de se voir appeler le patron, celui qui détient l’autorité dans une entreprise, sur un bateau ou dans une organisation militaire, et même dans un parti, ces organisations qui ont fait leurs preuves sous tous les régimes et que 68 a cherché à déconsidérer auprès de la jeunesse.

    Ce Dany là, se grandirait beaucoup en disant clairement que, contrairement à ce qu’il a incarné dans sa jeunesse, la chienlit, il se sent maintenant en devoir d’incarner et de promouvoir l’ordre pour tenter de rattraper les 40 ans que nous avons perdus en douces illusions, mais hélas aussi, en dramatiques régressions.

    S’il se grandissait ainsi dans un courageux mea culpa, une sorte de « Paris vaut bien une messe » il pourrait même séduire ceux d’avant 68 et beaucoup plus encore, s’il centrait mieux son mouvement.

    Il a déjà dit, maintenant que le mal est fait, « CRS SS était une idiotie ». Il a, je crois aussi, condamné ses écrits sur la braguette. Bien évidemment je ne le condamne pas pour de telles corrections de trajectoires bien au contraire. Qu’il continue et je l’applaudirai. Il a beaucoup à faire pour reconstruire ce qu’il a grandement contribué à démolir.

    1. Votre propos est une bonne illustration de ce que « la loi  » peut avoir de meilleur et de pire :

      Le meilleur : la séparation , l’individu , les différences , les limites .

      Le pire : le rejet , l’individualisme , l’égoîsme , le hors limite .

      Autorité n’est pas autoritarisme ni mise au pilori .

      Considération n’est pas mythe du chef .

      De la même façon dans le plateau du  » lien » :

      Le meilleur : attachement , groupe , similitudes , ponts .

      le pire : fusion , groupisme, indifférenciation , flou .

      Affection n’est pas sensiblerie .

      Attention n’est pas exhibitionnisme .

      Puisse ce blog prendre le meilleur de la loi et du lien .C’est ma première doléance .

      Dans notre relation entre nous ;

      Dans notre relation au monde vivant .

      PS : bonjour à Jean Luc !

    2. Pur produit de cette infamie
      Appelée la banlieue de Paris
      Depuis tout jeune je gravite avec le but unique
      D’imposer ma présence
      Trop paresseux pour travailler
      Trop fier pour faire la charité
      Oui je préfère la facilité
      Considérant que le boulot
      M’amènera plus vite au bout du rouleau
      Alors réfléchissez: Combien sont dans mon cas
      Aux abords de vos toits
      Et si cela est comme ça
      C’est que depuis trop longtemps
      Des gens tournent le dos
      Aux problèmes cruciaux
      Aux problèmes sociaux
      Qui asphyxient la jeunesse
      Qui résident aux abords
      Au Sud,à l’Est,à l’Ouest,au Nord
      Ne vous étonnez pas
      Si quotidiennement l’expansion de la violence est telle
      Car certains se sentent seulement concernés
      Lorsque leurs proches se font assassiner…
      Est-ce ceci la liberté-égalité-fraternité ?
      J’en ai bien peur

      Le monde de demain
      Quoi qu’il advienne nous appartient
      La puissance est dans nos mains
      Alors écoute ce refrain…

      Quelle chance, quelle chance
      D’habiter la France
      Dommage que tant de gens fassent preuve d’incompétence
      Dans l’insouciance générale
      Les fléaux s’installent – normal
      Dans mon quartier la violence devient un acte trop banal
      Alors va faire un tour dans les banlieues
      Regarde ta jeunesse dans les yeux
      Toi qui commande en haut lieu
      Mon appel est sérieux
      Non ne prend pas ça comme un jeu
      Car les jeunes changent
      Voilà ce qui dérange
      Plus question de rester passif en attendant que ça s’arrange
      Je ne suis pas un leader
      Simplement le haut-parleur
      D’une génération révoltée
      Prête à tout ébranler
      Même le système
      Qui nous pousse à l’extrême
      Mais NTM Suprême ne lâchera pas les rênes
      Epaulé par toute la jeunesse défavorisée
      Seule vérité engagée:
      Le droit à l’égalité
      Le voilà de nouveau prêt à redéclencher
      Une vulgaire guerre civile
      Et non militaire
      Y en a marre des promesses
      On va tout foutre en l’air

      Le monde de demain
      Quoi qu’il advienne nous appartient
      La puissance est dans nos mains
      Alors écoute ce refrain…

      Supreme NTM (1991- album : authentik)

      http://www.youtube.com/watch?v=HbfPIdx_Ek4&feature=related

    3. La première phrase de votre réponse résume tout : « efficacité et respect de l’autorité posée comme principe »… Je ne sais ce qu’en pensent d’autres mais moi rien que cela me fait fuir ! L’autorité ça se respecte si c’est respectable, et quand on voit ceux qui sont les dépositaires de l’autorité aujourd’hui, cela ne donne pas envie d’être respectueux.

      Ce qui nous caractérise c’est précisément notre capacité à poser des actes individuels et à prendre du recul sur notre condition, pas d’être « efficaces » et « obéissants ». Mai 68 s’est affaissé rapidement et c’est dommage, car si la fleur avait éclot c’en aurait été une sacrément jolie, et malgré le douloureux éclatement de la cellule familiale je préfère des parents divorcés mais heureux chacun de leur côté à la famille traditionnelle où l’on fait poliment chambre à part. Quand au déficit moral, vous espérez quoi : nous remettre une ceinture de chasteté ? la sexualité fait partie les choses les plus agréables qui nous soient données de vivre, et c’est tant mieux si elle peut être pratiquée aujourd’hui le plus librement possible : c’est un poids tellement lourd à porter dans une vie quand la sexualité se passe mal.

      A part un retour en arrière, et un arrière pas très bandant, que toute une génération a repoussé, vous proposez quoi ? Personnellement je ne leur reproche qu’une chose : n’avoir pas continué ce qu’ils avaient commencé. Et c’est un reproche conséquent.

    4. On rapellera simplement que les droits de l’enfant sont une arnaque de plus des politiques. Pour avoir des droits il faut etre sujet de droit donc majeur. Par contre les devoirs des adultes envers les enfants EUX sont essentiels. La aussi la destruction de la famille est voulue pour faire des enfants des prescripteurs. Et cela marche. Evidemment avec aucune education au droit donnee aux eleves on peut faire n’importe quoi.

    5. Le problème avec la jouissance sans entrave, c’est que ce n’est plus de la jouissance si on ôte l’interdit, ça n’a plus de saveur.

    6. @plus loin que cela encore Monsieur Jorion

      En fait j’avais en tête les paroles de Malraux sur le XXIème et dans le même temps sa préface de l’amant de Lady Chatterley et vos mots sur le bourgeois qui a remplacé Dieu par l’argent.

    7. @Joseph C. dit : 23 mars 2010 à 16:12

      + « L’autorité ça se respecte si c’est respectable, et quand on voit ceux qui sont les dépositaires de l’autorité aujourd’hui, cela ne donne pas envie d’être respectueux ».

      Dites cela à un professeur d’aujourd’hui, qui peine à faire respecter son autorité, simplement au sens de « mon savoir fait autorité », parce que j’en sais bien plus que l’élève, dans le domaine que j’enseigne, et que ma vocation est de transmettre ce savoir, qui ne m’appartient d’ailleurs pas, mais à tous ceux qui, avant moi, l’ont construit, et à cet égard je ne suis qu’un passeur.

      + « Ce qui nous caractérise c’est précisément notre capacité à poser des actes individuels et à prendre du recul sur notre condition ».

      Ce qui caractérise un individu (au sens de Castoriadis : un microcosme de la société dans laquelle il vit, et dont il partage, de ce fait, toutes les significations imaginaires sociales) est justement de ne pas savoir prendre du recul et poser des actes qui traduisent, non pas une différence par rapport à d’autres, mais une véritable altérité : pour cela, il faut devenir sujet et c’est un travail de haute lutte et interminable. Demandez à un professeur ce qu’il pense de la majorité de ses élèves : s’il connaît l’expression de Danny-Robert Dufour, il vous répondrait des « ego- grégaires ».

      + « Mai 68 s’est affaissé rapidement et c’est dommage, car si la fleur avait éclot c’en aurait été une sacrément jolie ».

      Quel Mai 1968 ? Celui de la plus grande grève ouvrière de toute l’histoire de France ? Ou celui de la révolte étudiante ? Et à quoi donc celle-ci a-t-elle abouti : sur de très bonnes choses (prise de parole, libération sexuelle …) certes, mais aussi sur des abominations : il suffit de voir la carrière de nombre de leaders du mouvement qui se sont recycler, sans remords, dans le « libéralisme libertaire » et l’économie de marché et occupent des postes de commande dans l’oligarchie politico-économico-médiatique.

      Pour vous déciller les yeux sur la vérité de Mai 68 et ses suites, lisez tous les livres de Jean-Claude Michéa.

    8. @André : Je suis d’autant plus à l’aise pour vous répondre que j’ai enseigné et je réitère : on respecte ce qui est respectable. Certains profs ne le sont pas et récoltent parfois la monnaie de leur pièce. Qu’est-ce qu’un prof pas respectable ? Un prof qui s’en fout et bâcle son travail, un prof qui méprise ses élèves, un prof qui n’aime pas ce qu’il fait et le fait payer aux élèves. Ces profs sont très minoritaires mais existent malgré tout. Et d’une.

      De deux, vous confondez le malaise social et les problèmes d’assiduité ou de respect en classe : Les jeunes gens qui ne respectent pas ou peu leurs professeurs ne respectent pas plus les contrôleurs de la RATP, la caissière du coin ou un quidam dans la rue, leur problème n’est pas l’école ou le respect, leur problème est qu’ils proviennent de milieux très défavorisés et qu’ils foutent le bazar partout parce qu’ils ont la haine du monde dans lequel ils vivent. Je connais un prof à Henri IV, dont les élèves participent en classe, sont cultivés, intelligents et respectueux de leur prof : cherchez l’erreur et vous la trouverez, lorsqu’on sait qu’il faut habiter le quartier pour aller dans ledit lycée… Les jeunes sont un miroir terrible pour les plus âgés.

      En ce qui concerne la question de mai 68, je vous rejoins finalement et sur tout : vous parlez des leaders qui ont retourné leur veste et c’est bien cela que je leur reproche, de n’avoir pas continué à les faire vivre ces idéaux. Cette génération a fait le meilleur diagnostique qui soit sur la société de consommation et ses dérives, elle a su prétendre à l’hédonisme et à la légèreté, pour finalement tomber dans les travers qu’elle dénonçait. Je ne dis pas que le mouvement en lui-même était formidable : je n’y étais pas, en revanche ce à quoi prétendaient ces gens, étudiant ET ouvriers, valait la peine.

      Enfin, votre remarque au sujet de l’individu me laisse perplexe, je ne maîtrise pas la référence que vous évoquez, mais ne vois pas non plus en quoi son contenu invalide ma position.

    9. Bonjour,

      @ Joseph C. :

      Je pense que vous osez dire juste quant à la différence entre respect dû et respectabilité. Aucun humain normalement constitué ne pourra jamais respecter qui n’est pas respectable : le contraire relève de la pathologie.
      J’irai légèrement plus loin en affirmant (expériences multiples et conséquentes à la clef) qu’il y a beaucoup plus de prof non respectables que l’on veut bien l’avouer : il y a ceux qui se moquent comme de leur dernières chaussettes de transmettre un quelconque savoir, ceux qui utilisent leur poste pour affirmer haut et fort leur pouvoir sur les élèves, ceux qui sous des apparences de d’onctuosité sournoise détestent les enfants, ceux qui sont « dégoutés » d’exercer un métier pour lequel ils n’étaient évidemment pas fait etc.
      C’est malheureux mais ce phénomène a très largement contribué, avec l’aide de la multiplication et de la succession des programmes grotesques et aberrants, à dé-crédibiliser l’éducation nationale.
      J’ajoute que je regrette profondément d’avoir à constater cela, d’autant plus que je connais également des profs exemplaires (surtout dans le primaire : sorte de des héros anonymes). Comme d’habitude, les « justes » payent pour les autres… Y a-t-il vraiment une justice en ce bas monde ?

      Cordialement,

  61. Pardon demandé pour les fautes grammaticales ou d’orthographe présentes dans mon texte de 12h29 , mais ce dernier est parti tout seul sur un click malencontreux avant relecture .

    1. Peu importe les fautes d’orthographe etc…
      Que chacun puisse se sentir libre d’exprimer ici ce qu’il ressent est la seule chose vraiment importante, non?? 😀 (Si!)

      Que ce serait bon de lire les lecteurs, tous les lecteurs qui n’écrivent pas d’habitude !!…

    2. Le blog se radicalise,ça va pas être possible…
      Encore qu’à 12h29 ,on peut plaider l’hypoglycémie,il faut que je regarde la jurisprudence…
      Aviez eu le temps de manger?

  62. Manifeste du Mouvement politique des objecteurs de croissance dit:

    La société que nous voulons construire devra être à même d’éveiller le désir d’humanité et d’offrir les conditions sociales de liberté, de pluralité, de disponibilité et d’éducation permettant aux hommes et aux femmes d’accomplir leur épanouissement personnel. « Nous sommes ce que nous cultivons en nous », et nous savons qu’il est possible de cultiver collectivement l’intelligence, la créativité et la volonté des êtres humains de participer à un changement de culture radical, valorisant l’être et la solidarité humaine plutôt que l’avoir et l’individualisme.

    La nécessaire reprise en main par les citoyens de leur capacité à inventer leur propre vie nous amène à privilégier les outils[10] qui
    • sont contrôlables et maîtrisables par l’homme et donc à sa mesure ;
    • sont localisés : entreprises de petite taille, de proximité, circuits courts notamment en agriculture, institutions décentralisées ;
    • favorisent le savoir-faire autonome et la créativité ;
    • encouragent le partage des appareils aujourd’hui individualisés (voitures, outillage de bricolage et ménager, etc.) et donc le droit d’usage plutôt que le droit de propriété ;
    • privilégient une moindre consommation des ressources fossiles, en particulier énergétiques, et mieux encore une non-consommation ;
    • assurent une maîtrise de la demande énergétique ( sobriété et efficacité énergétique, utilisation rationnelle de l’énergie, politique d’isolation, etc.) et une montée en puissance des énergies renouvelables décentralisées et contrôlées par les citoyens ;
    • découlent de choix citoyens après évaluation des impacts sociaux, sociétaux et environnementaux.

    La mise en œuvre d’une économie relocalisée et à la mesure de l’homme nous amène à envisager un système politique fondé sur de plus petites (et donc plus nombreuses) entités qu’aujourd’hui, entités où le pouvoir politique de chaque citoyen puisse s’exercer dans le cadre d’une démocratie directe, participative et solidaire.

    Un nouveau contrat social doit donc émerger, basé sur les principes suivants :
    • la course à la croissance et au progrès matériel, la compétitivité et l’esprit de conquête doivent faire place au bien-être, à la convivialité, à la coopération, à la solidarité et au respect du monde vivant et des équilibres naturels ;
    • l’économie néo-libérale que nous connaissons aujourd’hui doit disparaître au profit d’une économie non violente, non prédatrice.

    C’est donc à une transformation politique radicale que nous voulons œuvrer : assurer prioritairement un revenu suffisant à tous les habitants de la Terre et assurer la mise en place d’une bioéconomie, c’est-à-dire une économie qui tient compte des limites dans lesquelles elle s’inscrit, ce qui passe par
    • la relocalisation des activités économiques ;
    • l’autonomie alimentaire et énergétique ;
    • une économie du réparable et du recyclable ;
    • la lutte contre tous les gaspillages et donc la fin de l’obsolescence organisée ;
    • des services publics ou non-marchands d’intérêt collectif ;
    • la coopération, l’autonomie et la démocratie directe ;
    • le respect et la protection des diversités culturelles et biologiques.

    Le partage équitable des richesses fait partie intégrante de ces choix. Tout gain de productivité doit être affecté à la diminution du temps de travail et au dégagement de temps libre, nécessaire à une véritable participation citoyenne et à la mise en place d’une société libérée du « Tout au travail ».

    L’objection de croissance veut donc être un projet politique complet. Si elle prend en considération les limites au-delà desquelles une accumulation de biens cesse d’être supportable pour la collectivité, elle nous libère également de nombreuses contraintes qui empêchent la réalisation de notre humanité. L’objection de croissance est un projet d’émancipation, individuelle autant que collective, de l’aliénation du productivisme. La liberté promise pour les peuples colonisés, pour les travailleurs salariés, pour les femmes dominées, pour les citoyens mal représentés, pour les pauvres partout dans le monde n’a trouvé d’aboutissement dans aucune forme d’organisation socio-politique moderne. Les assauts du capitalisme mondialisé et ses expressions – dont le machinisme, le « Tout au travail », le consumérisme et la concurrence -constituent autant de régressions par rapport à ces promesses de l’histoire. L’émancipation est plus que jamais un espoir et un projet à faire vivre. L’objection de croissance est émancipatrice. Elle nous replace en capacité d’agir et de prendre notre propre vie en main au lieu de la laisser sombrer dans des crises de plus en plus globales et catastrophiques. Elle nous donne la possibilité d’inventer et de nous investir dans un nouveau paradigme humaniste, libérateur et socialement équitable. C’est ce que nous voulons faire en portant le débat dans la sphère politique par tous les moyens démocratiques qui nous seront accessibles et en créant et développant le Mouvement politique des objecteurs de croissance.

    1. Ce texte contructif et cohérent a l’apparence d’un programme d’après guerre.
      Tant que des évènements graves n’adviendront pas nous risquons de stagner dans la prorogation du statu-quo en une lente décadence.
      Les politiques actuels , Cohn Bendit compris, ne sont pas encore assez « secoués » pour abdiquer au profit d’une nouvelle génération capable d’appliquer les principes ci-dessus.
      Naturellement dès que le trend mental sera en route tous se réclameront des notions cadres que décrit ECCE.
      Quel happening, quel terrorisme sans mort quel cataclysme pourrait bien déclencher la réforme au niveau global?

  63. @ jducac

    « Au-delà de cela, l’esprit de 68 a fait énormément de mal quand on mesure maintenant les champs de ruines familiales, sociétales, morales, nationales, économiques, écologiques, qu’il va bien falloir relever si l’on tient à laisser un avenir à nos descendants. »

    Mai 68, responsable des subprimes ? Des dérives de la finance ? Des délocalisations ?? Du futur choc pétrolier ??? Diantre !

    1. @ Vince, @ tous,

      Si on suit précisément le développement des phénomènes que vous citez, Vince, il semble que l’esprit 68 a une responsabilité, pas nécessairement comme source.
      68 responsable, mais pas coupable.

      —————

      Depuis un moment je remarque les commentaires que nous donne Jducac. Je remarque aussi que sa parole est souvent discutée, et parfois contrée.
      J’ai tenté une explication, que j’ai déjà donné sur le blog.

      Il me semble que de nombreux commentateurs du « blog de Paul Jorion » sont de la génération 68. Plusieurs indices le disent, par exemple les souvenirs vécus qu’on lit sur cette page même. Autre indice: il n’y a pas longtemps, l’arrivée d’un nouveau commentateur, Christophe, qui avouait un jeune âge, a amené deux ou trois avis qui lui disaient que sa jeunesse était bien venue. Quelqu’un ou quelqu’une s’amusait à noter que la qualité orthographique qu’on trouvait chez Jorion trahissait l’âge certain des gens d’ici (pas gentil pour les mômes, qui ne sont pas les plus mauvais orthographeurs -si ce mot existe!).
      Plus généralement, il semble que « Le blog de Paul Jorion » soit fréquenté majoritairement par les babyboomers (en France, les enfants nés + ou – entre 1942 et 1974).

      Même si le lieu que nous fréquentons n’est pas un endroit où l’on se raconte, certains proposent quelques éléments qui les dévoilent. Paul Jorion est le premier bien sûr (voir encore le billet d’aujourd’hui sur un concert qu’il a vu), mais d’autres font cela.
      A l’inverse, une partie des intervenants préfèrent ne rien dire d’eux-mêmes, ou très peu. Je mettrais François Leclerc dans cette catégorie, et avec lui plein d’autres. Que monsieur Leclerc me pardonne, et me corrige, si j’extrapole de façon erronée, mais je me base par exemple sur une question du 14 août 2009 à 09:15, dont la réponse n’est jamais venue:
      http://www.pauljorion.com/blog/?page_id=1965#comment-36974 .

      Les deux positions, celle de Paul et celle de François (et de ceux qui, d’un côté ou de l’autre, s’y rangent) sont justifiables, puisqu’elles correspondent sûrement à deux types de personnalités.

      J’ai pour ma part une attirance, non exclusive, pour les gens qui, en quelques petits détails, nous disent « d’où ils parlent ». Si j’ai cette préférence c’est par conformation personnelle, et parce que je pense que cela peu éviter quelques malentendus. Une récente remarque un peu vive à mon endroit, de quelqu’un qui donnait un élément de sa biographie (tout en avouant y rechigner) a fini de me convaincre. C’est précisément ce petit détail, sur son père, qui a fait que je l’ai compris. Il aurait même pu être plus tranchant avec moi que je l’aurais compris, ces quelques éléments avoués donnant comme un « sésame » à tout ce qu’il disait.
      L’ensemble de ce que dit Paul Jorion ici, m’arrive avec d’autant plus de facilité -je le comprends d’autant mieux- qu’il sait dévoiler d’où il parle, sans excès.

      Si je dis cela c’est que deux commentaires de Jducac m’ont aidé à le comprendre. Dans un commentaire ancien il évoquait le monde dans vingt ans, en parlant de l’homme de 95 ans qu’il serait alors. Dans un autre échange plus récent avec Lou, il parlait clairement des « quelques leçons » que « soixante-quinze ans de vie honnête » lui avaient apporté. C’est un commentaire qui m’a marqué.
      ( http://www.pauljorion.com/blog/?p=9137#comment-65390 ).
      Jducac nous dit d’où il parle, et surtout d’où il pense.
      Nous ne sommes jamais seulement le produit d’une époque, mais nous le sommes aussi. Voilà ce qui fait que la parole de Jducac est importante ici, dans ce lieu où les babyboomers, dont je suis, pullulent.

      J’ai toujours fuis les groupes homogènes. J’ai même fuis certains bistrots du « bas-Montreuil » (si certains connaissent) pour leur socio-type un peu trop cohérent. Qu’on me comprenne: je ne veux manquer de respect à personne. Ni aux cafetiers de mon ancien quartier, ni à notre hôte ici. Il m’arrive pourtant de retrouver sur ce blog le socio-type du bas de cette ville de la banlieue parisienne, qui a élu comme maire, l’année dernière, une ancienne candidate « verte » à l’élection présidentielle française.
      Voilà d’où me semble parler, et penser, une grande partie d’entre nous. Dans cette dernière phrase c’est « grande partie » qui pourrait à terme poser problème.
      Dites-moi si certains d’entre vous avez aussi ce sentiment.

      Si je vous raconte cela, c’est pour évoquer une expérience. Dans un de ces bistrots que je fréquentais, il y avait un homme de quatre-vingts ans qui fréquentait le lieu depuis la guerre. Installé au bout du bar, il parlait parfois avec les clients. Le quartier s’est « gentrifié » peu à peu, j’ai vu le truc arriver pendant les quinze ans où j’y ai habité. Le journal Libération a remplacé Le Parisien sur le comptoir. Le monsieur a trouvé de moins en moins d’interlocuteurs. Il était d’un autre temps et ne parlait pas des sujets imposés par les médias. Il avait aussi une vision qui trahissait un autre paradigme pour expliquer le monde. J’ai appris des choses avec lui, que d’autres n’écoutaient pas, car ces jours-là un « test ADN » ou une loi « Hadopi » ou un « appel citoyen » faisaient la Une du bulletin paroissial.
      Le monsieur, qui habitait en face du bar, un jour n’a plus trouvé à qui parler (je ne passe pas mes journées au bistrot). Il est resté chez lui. Depuis son décès, à près de cent ans, un babyboomer est devenu locataire de son appartement. Le bistrot est de plus en plus cohérent. Moi, j’ai déménagé et j’ai eu la chance de trouver dans une autre ville un quartier « incohérent » où j’apprends chaque jour la vie.

      —————

      Je finis bientôt. Tout cela est peut-être un tissu d’élucubrations.
      Vous me direz.
      Je voulais simplement rappeler quelque chose que nous savons tous: qu’il est toujours enrichissant d’écouter ceux qui n’ont pas notre paradigme (au sens de « vision cohérente du monde »). Que c’est un trésor à ne pas gâcher.
      Il y a parfois des drôles de visions du monde qui débarquent sur « Le blog de Paul Jorion ». Certains font long feu dans la place, un petit tour et puis s’en vont. Ils s’excluent d’eux-mêmes après un commentaire de Jorion, ou parce qu’un de leur message, sujet à polémique stupide et inutile, n’est pas arrivé en ligne.
      Jducac n’est pas de ceux-là. Si ce qu’il dit peut surprendre certains ici, c’est qu’il a construit sa pensée en un temps que beaucoup d’entre nous n’ont pas connu, au sein d’une morale sociale qui n’a pas été la nôtre.
      Je ne veux surtout pas faire le portrait de Jducac en vieux sage cacochyme, mais rappelons-nous toujours ce qu’en Afrique et aux Antilles françaises on dit des plus âgés (aux Antilles on les appelle les « grandes personnes »): un ancien qu’on n’écoute pas, c’est une bibliothèque qu’on ferme.

      Autre exemple différent, rapide. J’ai lu très récemment ici un commentaire d’une personne qui parlait de ses croyances religieuses. Les commentaires n’ont pas tardé, un rien grinçants. Les babyboomers ne sont pas de grands habitués des églises. Je les comprends. Ce que disait cette personne était important. Je n’ai eu qu’une peur, c’est que les commentaires en réponse ne la dissuade de revenir.

      —————

      Je voudrais toujours trouver ici une grande diversité, qui manque si souvent dans nos sociétés où les groupes sont enfermés dans leurs modes de vie, dans leurs modes de loisir, dans leurs modes de consommation, dans leurs modes de communication, dans leurs modes de pensée.

      Ici on se bagarre. On n’est pas là pour enfiler des perles, ou beurrer des sandwichs dans la cuisine pendant que le monde se gave au salon. On est pas là non plus autour d’un feu de camp, en train d’écouter Jorion à la guitare.
      Mais faisons attention de ne pas finir par nous battre seulement « entre nous », dans des commentaires infinis à propos du sens d’un mot ou d’un quart de poil de différence de vues. Les bars du « bas-Montreuil » m’ont vacciné. Dans certains on y ronronne la révolution, aucune tête ne dépasse, et c’est désespérant.

      Salut du soir, les amis.

    2. Bonjour Jean Luc,

      Je souscris totalement à vos propos.
      Je trouve souvent, pour ma part, beaucoup de points communs entre la manière de pensée de la génération de Jducac et celle de la génération X.
      Il y a un vrai fossé entre les délires vaporeux de la génération 68 et celles qui la précède et lui succède.
      Entre ces deux dernières, un sentiment de besoin d’ordre, de rigueur, de discipline et de solidarité. Solidarité réelle avec ses proches, amis, voisins et non pas solidarité utopique mondialiste avec le paysan burkinabé et le matelot du Segor. Cette divergence de point de vue entre 68 et X se focalisera de toute façon quand les 68 se prendront le moment venu en pleine face, malgré tout leur efforts egoisites, un systeme de retraite que les X, chômeurs, précaires, depuis la sortie de l’ecole ne voudront pas payer.
      Croire en Dany le rougeverdatreorange et en la retraite à 60 ans. L’horizon est bien bas.

    3. Jean-Luc,
      Je comprends, mais l’age ne fait pas tout. J’ai 35 ans. Mon père a 74 ans. Ma mère quasi. Ils ont tous les deux fait mai 68. Pas au même endroit, pas pour les mêmes raisons. tous les deux, comme travailleurs. Enfin, surtout ma mère. Mon père est un joyeux drille…y compris dans son parcours professionnel.
      Par contre, là où je vous rejoins, c’est que « de l’endroit » où mon père a fait 68 et en parle, il était illégitime de fustiger la société de consommation alors que selon ses propos, tant de gens n’y avaient pas accès.
      Encore maintenant, il est très imperméable à mes idées d' »objectrice « de croissance. Et pourtant, il n’a jamais été un fétichiste des objets.

    4. @ Jean-Luc dit : 23 mars 2010 à 23:57
      Pour un peu, je ne voyais pas votre intervention réconfortante. Merci pour ces mots aimables.

      « Je maintiendrai » comme disait l’ancêtre hollandaise de Paul Jorion.

    5. @ Jean-Luc

      Merci beaucoup pour votre contribution. Je voudrais y répondre en évoquant des épisodes récents de ma vie qui me semblent correspondre aux thèmes que vous avez abordés.

      Ma grand mère vient de décéder à l’âge de 90 ans. J’ai fait l’aller retour en France pour participer à la cérémonie qui a eu lieu à cette occasion dans des locaux fournis par une entreprise de pompes funèbres, près d’un rond-point donnant accès à une autoroute.

      Nous avons évoqué sa vie, qu’elle a passée dans une petite ville, en restant proche de la campagne. Elle a eu un travail salarié pendant quelques années, mais la plupart du temps, le salaire de la famille, relativement modeste, était gagné par mon grand père. De son côté, elle s’occupait de la maison, du jardin, des enfants, d’un tas de petites choses auxquelles on ne faisait presque plus attention de son vivant, mais qui me touchent particulièrement maintenant : des lapins en tissu (j’en ai gardé un, je l’ai avec moi maintenant … ;), des gelées de groseille, des chandails, … Elle ne s’est jamais plainte d’être ce qu’on appelle aujourd’hui, de préférence avec mépris, une « femme au foyer », expression que je trouve stupide, réductrice et bourgeoise.

      Sa région, et aussi la France qu’elle a connue et aimée, n’ont plus grand chose à voir avec ce qui existe aujourd’hui. Ce n’était pas une personne aigrie : au fil de la dernière conversation que j’ai eue au téléphone avec elle, elle m’a dit encore une fois combien elle avait eu une vie heureuse, elle trouvait qu’elle avait eu de la chance. Mais ses derniers jours étaient assombris par l’inquiétude que lui inspirait l’état du pays, surtout le côté politique et social, et par des problèmes familiaux que je ne souhaite pas évoquer ici.
      C’est une des raisons pour lesquelles je me suis reconnu dans ce que vous avez écrit, Jean-Luc : je trouvais ça plus facile d’aborder ces questions politiques et sociales avec elle qu’avec mes parents, on trouvait plus vite des terrains d’entente. Un exemple typique du cycle des idées entre générations dans une même famille ? peut-être.

      En tous cas, pour moi, la France d’aujourd’hui reste tout aussi invivable et irrespirable que ce qu’elle est devenue depuis quelques années. Et je crois que la perplexité dans laquelle m’a plongé le contre-appel de MM. Jorion et Leclerc est un signe de plus pour me dire que je ne suis pas prêt à revenir y vivre, il faudrait avaler trop de pillules, au sens propre comme au sens figuré. La révolution qui vient, si elle a lieu autrement qu’en paroles, n’est pas la mienne. Je vais continuer à chercher un peu de réconfort et de santé mentale du côté du … christianisme (cette dernière phrase est provocante, d’accord, mais ce n’est pas une blague). Si vous publiez ce commentaire, M. Jorion, je vous remercie pour votre hospitalité !

    6. @objecteur de résidence :

      Je vous confirme par expérience qu’il est plus facile aux petits enfants de se sentir en complicité avec les grands parents qu’avec leurs parents ( tout le monde l’a noté ) , mais aussi la réciproque . Ce qui confirme que lorsque le passé rencontre l’avenir, le hors du temps les fait rire et imaginer sans peur externe , ou sans les peurs qui ne sont que des tigres de papier .

      Et que c’est bien le présent et ces enfants qui croient tout savoir qui sont chiants !

      PS : pour ce qui est de la résidence , j’avance que pas plus que l’art , elle ne vous met à l’abri , sauf très provisoire , de la marche du monde dont la France n’est qu’un petit bout .

    7. @ juan nessy

      Vous avez raison, Juan : les souvenirs, les sentiments, les blessures, les fantasmes, les impressions – ce que les psys appelleraient je crois le vécu – tout cela m’a suivi dans mon exil volontaire, et ces maudites pillules, il va falloir que je les avale malgré tout, en France ou à Tombouctou. Ce sont vraiment des choses bizarres, l’esprit humain et les maladies qui l’affectent … même pour moi qui, du haut de mes études universitaires payées par le contribuable français, croyais pouvoir comprendre parfaitement ces choses-là.

      Mais je continue tout de même à croire que les dépressions ont aussi un côté social et politique – raison pour laquelle je suis reconnaissant à ceux qui tiennent ce blog et à ceux qui y participent. Ce travail d’intelligence collective m’a apporté, et m’apporte toujours, une aide appréciable, bien que je ne sois pas d’accord avec tout ce qui se dit, comme je l’ai précisé plus haut. Une solution collective et politique finira bien par se construire, du moins il faut l’espérer. De mon côté, je crois que ma participation, outre ces 2 commentaires et un soutien financier à la hauteur de mes moyens un peu modestes ces derniers temps, se bornera, au moins pour le moment, à suivre cette route de l’exil volontaire : il me semble que, au stade de dégradation que nous avons atteint, l’abstention aux élections ne suffit plus, je ne parviens qu’à voter avec mes pieds (désolé Juan, ce passage ne vous a sans doute pas plu) et je n’arrive pas à imaginer des formes positives de participation politique.

      Peut-être qu’en Amérique latine, dans des contextes politiques et sociaux différents des nôtres, où la violence et la pauvreté prennent d’autres formes, il y a des gens qui parviennent à transformer leur écoeurement et leur colère en une force positive et à surmonter leur impuissance ?? ou alors c’est encore le déni de réalité et la rêverie oiseuse qui me rattrapent 😉

      Bon allez je me tais : merci encore à vous Juan, et à vous Paul, vous me direz combien je vous dois pour la consultation 😉

  64. Ces petits riens que le monde moderne écrase dans sa démesure. On voit tant et tant de superbe et d’ostentatoire. Et pourtant c’est bien cette calamiteuse vanité qui nous fait crever. Heureux ceux qui sur leur route, ont croisé un regard une voix d’homme – telle une résonance avec la Parole Souveraine. Parfois, le seul chant du pinson peut nous élever.

  65. L’histoire est en marche, et sa marche est irrésistible. Nous n’aurons, j’en ai peur, guère d’autre choix que de se mettre à sa remorque. Tous les habitués de ce blog le savent: la conjoncture économique à venir ne nous réserve pas que des lendemains qui chantent. Loin s’en faut. C’est pour cette raison qu’il faut se poser la question, centrale, de l’organisation. Car sans organisation, toutes les idées, aussi bonnes et novatrices qu’elles soient sombreront immanquablement dans l’oubli du nombre. Je crois qu’il faut dés à présent forger un cadre, une coopérative pourquoi pas, qui puisse classer, organiser, digérer, valider les idées. Nous n’avons en fait pas de problème de contenu, mais de contenant. C’est peut-être une machine infernale à concevoir mais nous serons je crois obligés d’en passer par là. Quelle forme doit-elle revêtir? doit-elle transcender les courants politiques, je le crois. Nous sentons bien que les partis, dans leur forme actuelle en tous cas, sont grippés, et ne parviennent plus à penser la monde. Ils ressassent perpétuellement les mêmes vieilles lunes. Comme l’écrit fort justement D. Cohn-Bendit « le divorce démocratique est profond entre les logiques partidaires complètement déracinées qui fonctionnent en hors sol et une société active, diverse, créative mais sans illusion sur la nature et les formes de pouvoir qui s’exerce sur elle ».

    Alors il faut migrer. Migrer vers d’autres formes d’action politique, pour préparer au mieux le pays, l’Europe? aux défis qui nous attendent. Cela n’exclut nullement qu’à partir d’un certain seuil soient accueillis tous les hommes et les femmes de bonne volonté, soient-ils issus de la vie politique actuelle.
    En bonne logique, si nous parvenons à créer un mouvement suffisamment audible et crédible, ils devraient affluer naturellement. Nous aurons en effet besoin de toutes les énergies, de toutes les compétences. Par contre, il faudra veiller à ne pas commettre les mêmes erreurs que par le passé. Les citoyens ne nous le pardonneraient pas. Il ne reste plus beaucoup de croyance en un avenir meilleur qui passe par l’action politique. Tant d’illusions ont été gâchées, tant d’espoirs que désormais chat échaudé craint l’eau froide. Les scores récents de l’abstention nous en infligent la preuve.

    Il faudrait un jour examiner également la responsabilité à mon sens écrasante des médias (en premier lieu audiovisuels) à propos du traitement de la vie politique. La systématisation des angles « people », des petites phrases relayées à l’envi, la recherche incessante du scoop ont consacré ces dernières années une accélération exponentielle du temps politique. La responsabilité des élus n’est pas en reste à ce titre puisque qu’ils ont trop souvent instrumenté les journalistes à des fins de basse politique. Si la presse dans son ensemble ne s’interroge pas à ce propos, et continue sur cette pente là, il ne fait aucun doute qu’elle ira au devant de graves difficultés. La crise qui la frappe aujourd’hui n’étant pas étrangère à cela.

    Mais c’est aussi au citoyen de se livrer à une salutaire auto-critique. Il faut en effet commencer par balayer devant sa propre porte…

    VM

  66. jducac

    Quel raccourci saisissant du « jouissez sans entraves » à « nique ta mère ».
    N’auriez-vous pas manqué quelques étapes intermédiaires cruciales qui vous auraient permis
    de sérieusement nuancer votre propos ?
    Votre raisonnement est similaire à celui tenu par Sarkozy lorsqu’il en était à justifier sa « rupture ».

    Pour vous, clairement, la morale est associée à un ordre social dans lequel le capital et ses détenteurs doivent être au sommet de la pyramide. J’ajouterais avec une Police et des militaires pour assurer leur protection, ce qui exige une discipline et un dévouement sans faille à la cause.

    Ne vous est-il pas venu à l’esprit que la moralité puisse exister d’une autre façon ? Que la moralité puisse rimer avec égalité et justice sociale ?
    Que la moralité puisse se définir conjointement avec le politique, et pourquoi pas dans le cadre de la démocratie, où des citoyens délibèrent et décident du comment vivre ensemble, ce qui implique que l’ordre social ne peut avoir de figure préétablie à laquelle il faudrait toujours se conformer ?

    Le chaînon manquant entre le » jouissez sans entraves » et le « nique ta mère » c’est un capitalisme qui se croit en dehors de toute moralité parce que ses lois seraient naturelles. Ainsi le système capitaliste a-t-il pu justifier l’injustifiable, l’intolérable, comme de multiplier les produits de consommation et les lieux, médiums, ostentatoires de leur diffusion, pour sa croissance bien entendu, cela tout en réprimant, désignant à la vindicte populaire toutes les catégories sociales frustrées de ne pouvoir consommer sans entraves ! Vous voyez la contradiction ? Le capitalisme et ses idéologues fustigent, cloue au pilori ceux-là mêmes qui en sont ses purs produits.

    Votre morale procède d’un a priori très contestable, celui de l’individualisme méthodologique.
    Avec cette façon de voir les choses, l’individu est seul face à la société, toujours égal à lui-même, il n’en est jamais une création. Réciproquement la société ne peut être une création renouvelée puisque les individus doivent s’identifier à une moralité figée une fois pour toutes.

    Sur un point je serais peut-être en accord avec vous, mais en partant d’une prémisse différente.
    Au sujet de Dany je trouve également qu’il se réfugie derrière le collectif pour ne pas avoir à exprimer, assumer des idées personnelles, prendre clairement positions sur des thèmes cruciaux, comme ceux qui concernent la manière dont fonctionne le système comme je l’ai indiqué dans mon adresse à Dany plus haut dans les commentaires.

    Mais pour moi ce n’est pas une question de restaurer une autorité morale perdue et dont mai 68 serait la cause. Dany n’est qu’un des nombreux acteurs de 68. Il a simplement été un leader plus visible, ce qui d’ailleurs n’a rien de contestable en soi. Il y a eu tous les cas de figure. Ceux qui après avoir critiqué le système en sont devenus les plus habiles propagandistes. Et d’autres, certains très connus, et d’autres beaucoup moins, ou carrément anonymes, qui n’ont cessé dans leur vie individuelle et sociale d’incarner certaines valeurs, pour tout dire une certaine éthique de justice sociale se traduisant par le refus de toute compromission avec le système. De ceux-là vous ne pouvez pas dire qu’il jouissent sans entraves. Non, l’autre, la société, sont des notions qui pour eux on un sens, qui sont même des choses vitales.

    Mais 68 a eu un coté festif, mais cela a aussi été une libération de la parole comme vous le reconnaissez-vous même. Or la parole, chez nous les humains, c’est ce que nous avons de plus précieux, car c’est ce qui nous lien aux uns et aux autres, c’est le fondement du pacte social.

    1. Il vaut mieux effectivement remettre les évènements qui apparaissent comme des « générations spontanées » dans un contexte historique qui n’était pas très différent dans toute l’europe capitaliste et même en amérique du nord , voire au Japon. Pour moi , comme l’avait relevé Sauvy a posteriori , le malthusianisme , le vieillissement des hommes et des institutions politiques ou familales , portaient partout en germe une révolte potentielle .

      Alors pourquoi en France ? Parce que là plus qu’ailleurs la jeunesse était considérée de haut , dans un pays de rentes et d’accès difficile au savoir pour le plus grand nombre .Et que notre identité nationale donne des références à celles et ceux qui vuelent dire non .

      C’est la jeunesse qui a dit halte , on ne veut plus de ça , avec toute sa fougue , son inconséquence et ses illusions , que le monde du travail n’a pas su alors traduire en projet durable .

      Aujourd’hui la pression monte .

      Certaines causes de cette pression ont été ici écrites , certainement pas encore formalisées . Aujourd’hui comme hier elles ne sont pas sensiblement différentes de par le monde devenu plus vaste que l’horizon capitaliste ou « communiste ».

      Est ce une nouvelle fois en France que ça craquera et avec quels « manifestants » . Ou ailleurs ? et avec quels manifestants ?

    2. … a bien lu et relu ce que l’on reproche de croire, que :

      l’individu est seul face à la société, toujours égal à lui-même, il n’en est jamais une création

      le Matelot reste perplexe : à peine débarqué il voit qu’est toujours crispée la vieille chicane d’avant voyage entre ce qu’on croit être l’homme et ce qu’on espère être ses familles. La mer n’est pas tendre avec les équipages, les marins comme les officiers. Elle est une affaire où l’on ne peut pas ne pas compter sur les caractères, ceux qui révèlent si les choix de l’armateur avant le départ, et des deux côtés, ramèneront le bateau au port ou bien le perdront corps et siens.

      le Matelot ne croit pas être créé par la société des hommes, et pourtant il reconnaît bien ce qu’il lui doit. Comme les moments où la détestation commune envers la dunette dans le gaillard d’avant était durement effacée dans la tempête lorsque la décision du chef de bord s’était imposée à l’esprit de tous. On rage de voir que l’auteur de nos tourments quotidiens est aussi celui dont on attend la survie. La méfiance n’a pas diminuée, et quitter le bord sur un crachat, c’est tout ce que permet le sentiment qu’on porte au commandant qu’on vient de saluer.

      le Matelot cherche un autre embarquement, un autre commandant, un autre équipage. Prendre la dunette d’assaut un soir, c’est peut-être ce qui leur restera, à tous les marins, lorsque le bateau sera ouvert sur un rocher. Un peu trop tard pour ne pas couler et noyer les deux quarts, quand les canots emportent les officiers et leurs jolies épouses. Ou juste à temps pour éviter que ce bagne flottant ne se perde.

      le Matelot sait que tous les hommes, s’ils sont frères, ne sont pas jumeaux. Ce que son village a fait de lui, et ses parents, et le port où il a vécu, n’est pas ce qu’est devenu son propre cousin. Et pourtant ils ont couru tous deux les mêmes grèves et se sont baignés dans les mêmes vagues. La différence qu’il y a entre eux deux n’est pas la distance qu’il y a entre ces fils de marins et les officiers des écoles, et encore moins celle qu’il y a entre le banc d’équipage et la table garnie de l’armateur.

      le Matelot ne croit pas que l’homme qu’il est soit le jouet de la société des hommes. Il comprend à quoi il peut aider et ce qu’il peut désapprouver : ce qui le rapproche et ce qui l’éloigne de sa communauté. C’est en ce milieu qu’il flotte, heureux de trouver à qui parler, et déçu de voir qu’on ne l’entend pas.

    3. Merci de me lire aussi attentivement.

      J’entends bien votre propos allègrement mis en musique dans cette petite allégorie maritime.
      Vous soulignez le caractère irréductible de chaque être humain, la singularité de chacun qui ne peut se déduire de caractères sociaux communs. En réalité je ne disais pas autre chose. Mais j’ajoutais une autre aspect, complémentaire du votre.

      J’ai insisté sur le fait que la singularité ne se trouve pas seulement du coté de l’individu, mais aussi du coté de la société elle-même car les sociétés elles aussi se singularisent. Les sociétés sont à leur niveau des individus qui ont aussi, à leur niveau, leurs caractères et propriétés. A telle enseigne que les sociétés sont en grand danger lorsqu’elles ne peuvent plus s’individuer, essentiellement parce qu’elles ne sont plus capables de tirer leur substance de l’apport des multiples êtres humains singuliers qui les composent. Les sociétés totalitaires sont des exemples de telles sociétés qui ne parviennent plus à s’individuer, le rapport fécond de l’un au multiple ayant été rompu.

      Cela me semble très important de le souligner si l’on veut sortir de la fausse et dangereuse alternative où il y a d’une part l’individu pur produit de la société et d’autre part la société simple agrégat des individus qui la composent. C’est bien entendu ce second terme de l’alternative que je critiquais d’abord dans mon commentaire, ce qui a pu vous faire penser que je ne considérais pas son autre terme, lequel est effet tout aussi critiquable que le premier.

      AInsi lorsque je disais à la suite de la citation que vous avez produit :  » …. Réciproquement la société ne peut être une création renouvelée puisque les individus doivent s’identifier à une moralité figée une fois pour toutes. » je faisais la critique d’un individu qui ne peut se singulariser parce qu’il ne fait qu’obéir à une norme sociale qui dicte sa conduite morale et l’empêche donc d’être l’individu singulier qu’il pourrait être.

      J’admets que c’est une façon peu commune de comprendre le rapport de l ‘individuel au social, c’est à dire dans leur implication réciproque, même s’il existe pourtant des auteurs pour avoir mis en avant ce thème, comme les philosophe Simondon ou Stiegler, le linguiste-poète Meschonnic, et à l’époque des Lumières l’allemand Humboldt, ainsi qu’un certain nombre de sociologues et d’historiens.

      Humboldt était linguiste, ce n’est pas un hasard, car c’est précisément à partir de l’exemple de la langue qu’il est le plus facile de comprendre ce rapport spécifique entre individu et société. En tant que locuteurs d’une langue, donc d’un langage, la langue (produit social) ne peut plus être considérée comme un tout extérieur à nous. Nous n’avons donc pas un rapport purement instrumental à celle-ci. La langue ne peut se réduire à la somme des ses composants, les mots, que nous utiliserions à la manière des éléments d’un Lego universel. Bref le logos n’est pas un jeu de Lego ! Je n’entre pas ici dans les détails sur la sémantique pour distinguer les parties du discours.

      Une langue véhicule d’abord une vision du monde, associée à un ou plusieurs univers sociaux, parfois et même le plus souvent dans nos sociétés complexes, en contradiction, bref c’est pour cette raison que quelques linguistes, à la suite Benveniste, font maintenant du discours la véritable unité linguistique. Mais ces discours à leur tour n’apparaissent eux-mêmes que parce qu’il y a des locuteurs individuels pour les produire. Cela signifie que les mots de la langue sont susceptibles d’être renouvelés dans leur contenu quand il n’y a pas création pure et simple. Or l’instance qui renouvelle la langue à un moment donné, dans un lieu donné, ce n’est pas la langue abstraite collective, mais ce sont encore les locuteurs singuliers (ce peut aussi être un écrivain) sans lesquels il ne saurait y avoir de langue commune, langue commune devant alors être considéré comme un concept utile mais qui n’a pas de réalité effective si l’on considère que la langue est une création constante, produit du rapport radicalement historique des individus dans leur rapports intersubjectifs. Lacan disait aussi un peu la même chose en parlant de lalangue. Je précise que cette intersubjectivité, et c’est ici que la dimension collective est toujours présente, passe par la médiation des véritables références communes que sont les institutions sociales, politiques, économiques, ainsi des dispositifs techniques afférents.

      Ainsi certains linguistes ont pu dire que les mots ont plus une valeur — et Saussure le premier — qu’une signification purement abstraite. Les mots se réfèrent tout autant qu’ils produisent des références nouvelles et cela en tant qu’il sont chargés aussi bien de marques distinctives que de marques affectives. Et s’il y a distinction c’est à cause de l’affect, et réciproquement. La notion de valeur n’exclue pas la référence, mais ce n’est plus la référence normative sur le plan purement abstrait des définitions à la manière de celles qui sont produites dans les dictionnaires. La logique référentielle est certes indispensable pour comprendre et expliquer le fonctionnement du langage mais ce qui permet à une langue de vivre ce sont ses oppositions renouvelables à l’infini produites dans la rencontre des discours individuels, lesquels plongent leurs racines dans l’association libre des idées produites par la mémoire. Si logique référentielle il y a elle n’est pas calquée sur le modèle purement abstrait et normatif du dictionnaire, mais sur des références qui relèvent des univers sociaux et affectifs dans lesquels nous vivons ou avons vécu et qui constituent le fonds de notre mémoire.

    4. @Pierre-Yves D. dit : 23 mars 2010 à 15:23

      Franchement, êtes-vous à ce point à court d’arguments pour donner l’impression se botter en touche en allant chercher Sarkosy ?

      Et, puisque vous dites « Pour vous, clairement, la morale est associée à un ordre social dans lequel le capital et ses détenteurs doivent être au sommet de la pyramide. » Prouvez donc, à partir de mes écrits, ce que vous énoncez.
      Bon courage !

    5. Judac

      J’admets que la référence à Sarkozy n’ajoutait rien à mon propos.

      J’admets aussi avoir caricaturé votre position dans la citation que vous produisez en extrapolant votre conception de l’ordre moral à l’ordre économique et social. Le problème c’est que l’un justifie souvent l’autre d’où ma précipitation sans doute à vous mettre dans le camps de ceux qui associent les deux.

      J’ai relu votre commentaire, j’ai noté que vous êtes pour l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix, ce qui dénote chez vous une critique certaine du capital.

      Pour le reste je ne retire rien sur le fond de mon argumentation concernant l’interprétation que vous faites de l’héritage de 68 avec ses effets délétères sur la société pour vous à cause de la perte d’une ordre moral dont la pensée 68 serait la première responsable. Ce qui m’avait interpellé c’est surtout votre explication morale en référence à l’autorité, selon moi erronée, lorsque vous associez « Jouissez sans entraves et « nique ta mère » . S’il y a bien un problème d’autorité c’est celui du capital et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle Paul associait le capitalisme au militaire.

      Pour vous la dérive, le défaut du capitalisme aurait une origine morale, dans le sens d’un ordre moral déficient, j’y vois au contraire la faute d’un capitalisme par définition a-moral d’où il découle précisément les problèmes que nous connaissons aujourd’hui.

      Sincèrement.

    6. @ tous ceux qui échangent sur la « morale 68 » ou sur l’esprit du temps
      (et merci au Matelot qui sait formidablement transformer des métaphores en sémaphores),

      Je fais comme des dizaines de milliers d’autres visiteurs (je ne sais plus à quel chiffre nous sommes de visiteurs uniques mensuel; 65 000? 75 000? en tout cas il y a du monde pour descendre les ascenseurs du « blog de Paul Jorion, et pour le faire souvent -200 000 connexions? c’est à peu près ça?).
      Comme tout le monde, je croise ici régulièrement le débat répété sur le sujet de la « morale 68″. Cela fait un moment que je nous vois tricoter le sujet, à l’occasion de différents billets.

      Il y a de nombreuses voix qui interviennent. Je lis Lou, Jducac, Pierre-Yves D., Juan Nessy et d’autres.
      Je remarque un phénomène, j’espère ne pas me tromper (flemme de vérifier précisément, pardon). Il arrive souvent qu’après une série de commentaires très argumentés, Jducac ramène le débat sur deux ou trois choses qui lui paraissent le centre du problème (dans tout débat, il est bon que quelqu’un fasse ce travail de recentrage). Et le débat reprend …à l’endroit où il était quelques commentaires avant!

      Est-ce que nous nous serions pas, les uns et les autres, en train de dire la même chose? La même chose avec des mots différents? (et à ce point la même chose que nous reprenons sans cesse le sujet au début).

      Pour exemple, je cite Pierre-Yves D. (pardon Pierre-Yves, ça tombe sur vous alors qu’il y a d’autres commentaires qui pourraient dire cela), adressé à Jducac:
       » Pour vous la dérive, le défaut du capitalisme aurait une origine morale, dans le sens d’un ordre moral déficient; j’y vois au contraire la faute d’un capitalisme par définition a-moral d’où il découle précisément les problèmes que nous connaissons aujourd’hui. »

      Je crains que tout cela ne soit discussions sophistiquées de sophistes pour dire la même chose l’un et l’autre (la « déficience » de la morale sociale, pourrait être soeur de « l’a-moralité » du capitalisme, non?).

      La morale sociale a fabriqué après « 68 », et plus encore vers 1980 (quand les enfants du « baby boom » d’après 1945 ont eu l’âge mur pour être totalement les acteurs de la société), cette chose étrange qui s’est appelé le « libéralisme libertaire » -voir les textes de tous ceux qui s’en réclament, et pas seulement Serge July.
      En cherchant les définitions des deux mots on trouve:
      – Libéralisme: courant de pensée qui repose sur un précepte moral qui s’oppose à l’assujettissement de l’individu (né historiquement d’une opposition à l’absolutisme d’une part, et au droit divin d’autre part).
      – Libertaire: état d’esprit et doctrine qui poussent à l’extrême l’exigence de liberté dans les domaines politique, social, économique et moral. Synonyme: a-moral.

      Je ne suis pas assez instruit de l’histoire du capitalisme pour en connaître les sources, mais pour la suite, j’ai cru comprendre que le siècle des Lumières (et Benjamin Constant, et Adam Smith et compagnie) a apporté ce « libéralisme » à la machine. Puis -après les errements idéologiques du milieu du vingtième siècle, et suite peut-être à une pression morale trop forte- c’est le « libertarisme » d’après 68 qui est venu mettre du carburant dans cette machine.

      Tout le monde a raison alors. Non?

      …après ce constat, nous pouvons continuer à débattre car il semble bien que les « libéraux » et les « libertaires » n’aient pas trouvé la bonne formule.
      Nous en faisons le constat chaque jour.
      Alors, tout en continuant utilement à faire le procès du passé pour en extraire les leçons, continuons à chercher les solutions à venir.

      …et puis il paraît que les enfants du « baby boom » ont fait des enfants (c’est aussi ce qui arrive quand on jouit sans entraves). Ceux-là entrent depuis quelques temps dans la carrière à leur tour. Sont-ils toujours aussi « libéraux »? Sont-ils toujours aussi « libertaires »?
      Il arrive assez souvent que les parents éduquent …et que les grands-parents instruisent.
      (il faut peut-être les deux, comme pour toute société: la nouvelle « Education Nationale » et la vieille « Instruction Publique »).

      Gardons le moral.

    7. @ Jean-Luc

       » exemple, je cite Pierre-Yves D. (pardon Pierre-Yves, ça tombe sur vous alors qu’il y a d’autres commentaires qui pourraient dire cela), adressé à Jducac:
      » Pour vous la dérive, le défaut du capitalisme aurait une origine morale, dans le sens d’un ordre moral déficient; j’y vois au contraire la faute d’un capitalisme par définition a-moral d’où il découle précisément les problèmes que nous connaissons aujourd’hui. »
      Je crains que tout cela ne soit discussions sophistiquées de sophistes pour dire la même chose l’un et l’autre (la « déficience » de la morale sociale, pourrait être soeur de « l’a-moralité » du capitalisme, non?). »

      En bien justement non 😉

      Ma formule prise isolément peut vous inciter à penser ce que vous écrivez, mais si vous relisez attentivement mon raisonnement dans sa totalité vous vous apercevrez sans mal que l’ordre moral déficient auquel il fait référence chez Jducac est celui où l’autorité fait défaut. Or dans quel secteur de la société l’autorité, ou autrement dit le respect dû à la hiérarchie, est-elle aujourd’hui la plus grande si ce n’est dans l’entreprise, véritable unité du système capitaliste ? Ce que jducac regrette surtout c’est la disparition des valeurs liées à l’autorité. Or c’est pour moi cette valorisation excessive de l’autorité qui a conduit à la crise que nous connaissons. De ce point de vue la pensée libertaire de 68, et encore plus la pensée politique de 68, n’ont eu aucune influence sur le modèle capitaliste de ces quarante dernières années. Le capitalisme a seulement récupéré la pensée libertaire pour développer le consumérisme à son propre profit sans remettre en cause le principe de division sociale qu’il implique. Le capitalisme fait appel à une morale individuelle étriquée pour susciter l’obéissance — par exemple via le lien qu’implique tout contrat — mais il se soustrait à la morale éthico-politique des citoyens égaux qui délibèrent des affaires de la cité. La morale collective s’arrête aux portes des entreprises.

  67. Je rêve que ce sois le printemps! Que le chant des oiseaux se faisant la cour,
    retentissent dans l’air doux et humide! Que l’herbe verdisse, tendrement bercé
    par les gouttes de pluie! Je rêve que les fleurs s’ouvrent aux rayons du soleil
    laissant amicalement leur parfum dans le vent!
    Je rêve d’une salade de pissenlits dorés, d’une promenade pieds nus au bord
    de la rivière!
    Je rêve de l’amitié des arbres, me saluant d’un frémissement de branches!
    Je rêve d’une nature resplendissante dans sa vérité, foisonnante,
    d’une fraîcheur à couper le souffle,
    d’une pureté tellement simple, d’une créativité infinie!
    Je rêve d’une bonté, d’une gentillesse, d’une bienveillance cellulaire, d’un amour authentique
    et indestructible de soi;
    Je rêve de cet Amour atomique dont je sais faire partie, et dont je commence
    à peine à prendre conscience!
    Je rêve que ce sois le printemps!!!

  68. Oui le billet « Contre-appel du 22 mars » est appréciable
    parce qu’il peut représenter un point de départ structurant pour une réflexion constructive.

    Oui, j’ai lu des choses intéressantes parmi les 160 commentaires (chiffre provisoire) qui ont suivi.

    Et pourtant, c’est une critique que j’apporte ici :

    Un aspect crucial, primordial au sein de tout système social a été omis : la démographie.

    Ce sujet (le contrôle démographique), il faut le savoir, est bien présent à l’esprit de ceux qui sont aux commandes du monde.

    Et, de fait, c’est une question dont les enjeux sont plus que sérieux
    et dont les populations feraient bien de s’emparer avant que dautres ne s’en soient trop bien emparé à leur insu.

    On rêve ici d’un sytème dans lequel l’Homme pourrait s’épanouir = paix, bien-être, santé, prospérité,
    …donc un sytème dans lequel l’espèce bénéficierait de conditions propices pour s’accroître …?

    et puis ?
    Pollution, surpopulation, disparition des espèces animales comestibles (vive le thon rouge !), disparition des forêts, assèchement des nappes phréatiques,…

    Une image choc ? Le film Soleil vert (Soylent Green) réalisé par Richard Fleischer (1973).

    C’est pourquoi notre réflexion commune, pour se donner des chances de déboucher sur quelque projets viables, doit d’abord et avant tout être pragmatique. Ni angélique, ni idéologique, ni idéaliste…ni cynique.

    Mon concept : le pragmatisme révolutionnaire.

    1. Je rappelle que le kit euthanasie est disponible en Belgique…
      Qu’à défaut on peut ouvrir un fight club.

    2. Population: La vraie vérité qui dérange par Rex Weyler

      De vraies solutions

      Dans la version livre de «An Inconvenient Truth», Al Gore, écrit: «La relation fondamentale entre notre civilisation et le système écologique de la Terre a été totalement et radicalement transformée par la puissante convergence de trois facteurs. Le premier est l’explosion démographique.» Cependant, quand il arrive à sa liste de 36 choses que nous pouvons faire pour changer la société – un éclairage efficace, le recyclage – il ne mentionne jamais la population. Y a-t-il quelque raison de ne pas aborder le «premier facteur puissant» qui a transformé l’environnement?

      On pourrait comprendre que les journalistes et même des politiciens, qui sont notoirement médiocre en mathématiques, pourrait avoir des difficultés à comprendre ces propriétés des systèmes vivants. Les économistes devraient comprendre les limites à la croissance, puisque la plupart des économistes sont de décents étudiants en mathématiques, mais la plupart des économistes sont employés par ceux qui profitent de la croissance et ont peu d’intérêt dans les faits naturels. Toutefois, toute personne qui prétend être un écologiste ou un scientifique doit certainement comprendre les lois simples de la croissance si nous voulons que les économistes et les politiciens lee comprennent.

      Depuis des temps immémoriaux, les taux de la population humaine a augmenté régulièrement jusqu’à environ 350 avant J.-C., quand l’entassement urbain, la maladie, et la guerre ont décimé les populations humaines. Un grand « crash urbain» a duré deux millénaires jusqu’aux années 1700, les progrès de la médecine et de l’assainissement a laissé les taux de croissance démographique à des niveaux correspondant aux anciens taux, un modeste 0,2 pour cent par année. Par la suite, la population humaine a décollé, atteignant un sommet de 2,2 pour cent en 1963, pendant l’ère du carburant bon marché et de l’extraction de ressources massives. Depuis lors, le taux de croissance de la population a diminué à 1,14 pour cent et continue de baisser.

      Les économistes de croissance aiment prétendre que le taux de fécondité diminue à cause de la croissance des activités économiques mondiales (PIB), mais les preuves semblent indiquer le contraire. Le taux de croissance de la population et le PIB ont progressé de concert avant 1964. Depuis lors, les taux de fertilité sont tombés à zéro dans de nombreux pays européens, mais pas aux États-Unis ou en Arabie saoudite, où les contraintes religieuses et culturelles maintiennent les taux élevés. Dans les années 1970, le taux de fécondité a baissé en Espagne et en Italie, pas à cause d’une soudaine augmentation de la richesse, mais plutôt en raison d’une augmentation des droits de la femme et de l’accès à la contraception. En Colombie, le taux de fécondité est tombé de 6 à 3,5 en 15 ans après que les moyens de contraception aient été largement diffusés.

      Certaines personnes craignent que parler de stabiliser ou de réduire la population invoque l’oppression totalitaire, la politique de la Chine, ou pire. Les politiciens se recroquevillent à l’idée de contester les tabous religieux contre contraception. Toutefois, les meilleurs moyens éprouvés pour stabiliser la population sont simples et offrent d’autres avantages humanitaires:

      1. Réaliser les droits des femmes du monde entier, et 2. Rendre la contraception disponible.

    3. @ fujisan

      L’extrait que vous proposez de « Population: La vraie vérité qui dérange » par Rex Weyler
      me paraît extrêmement partial quant à la réalité de la question démographique.

      Parce que pendant qu’il véhicule des notions qui peuvent sembler positives pour la majorité des occidentaux :
      1. Réaliser les droits des femmes du monde entier
      2. Rendre la contraception disponible.

      pendant ce temps-là, la réalité de ce qu’il se passe c’est par exemple :

      « Dans tous les pays industrialisés, la fertilité des hommes s’est réduite jusqu’à des niveaux qui deviennent très préoccupants ».
      (http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/medecine/d/fertilite-masculine-en-baisse-un-colloque-pour-sonner-lalarme_17418/)

      « FERTILITÉ MASCULINE :
      où sont passés les spermatozoïdes ?
      Augmentation des cancers du testicule, diminution de la qualité du sperme dans certaines régions du monde, multiplication des anomalies de l’appareil reproducteur masculin… Assiste-t-on réellement à une baisse de la fertilité masculine ?
      //…
      Sont notamment suspectés, la chaleur, les champs magnétiques, les rayonnements ionisants… mais surtout les facteurs chimiques. Au banc des principaux accusés : les pesticides, les solvants ou le tabac. Enfin, le stress pourrait également jouer un rôle dans la baisse de la fertilité masculine. »
      (http://www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/science_actualites/sitesactu/question_actu.php?langue=fr&id_article=3483)

      Est-on toujours sur des notions qui peuvent sembler positives pour la majorité des occidentaux ???

      Ou est-on face à une « dénatalité » subie de façon plus ou moins aléatoire…et contournable seulement en ayant recours à des méthodes « non naturelles » et moyennant finances ?

      C’est en référence à cela que j’ai écrit :
      « c’est une question dont les enjeux sont plus que sérieux
      et dont les populations feraient bien de s’emparer avant que d’autres ne s’en soient trop bien emparé à leur insu ».

      Les documents factuels (rapports, articles, discours…) évoquant le « problème » démographique et les politiques plus ou moins officielles de contrôle des naissances, ne manquent pas.

      Des recherches par mots clés tels que « eugénisme, surpopulation, contrôle des naissances… » peuvent déjà apporter quelques éclairages.

      Je souhaite simplement nourrir la réflexion des lecteurs de ce blog
      parce que je suis persuadé qu’aucun projet de société (politique, social, économique) ne pourra être considéré comme viable si, à l’arrivée, il s’avère incompatible avec la problématique démographique.

  69. « Plaisir cruel », de Tolstoï:

    …et notre horreur s’accroit quand nous contemplons les résultats de cette éducation et les ravages qu’elle produit dans l’âme d’enfants, si soigneusement ruinée par leurs parents. On leur donne des habitudes efféminées; on ne leur apprend pas à maîtriser leurs penchants. Il arrive alors que l’homme, loin d’être entrainé au travail, d’avoir l’amour de son oeuvre, d’avoir conscience de ce qu’il fait, est habitué au contraire à l’oisiveté, au mépris de tout travail productif et au gaspillage. Il perd la notion de la première vertu à acquérir avant toute autre: la sagesse; et il entre dans la vie où l’on prèche et où l’on semble apprécier les hautes vertus de la justice, de l’amour et de la charité. Heureux encore, si le jeune homme est d’une nature faible moralement, s’il ne sait pas discerner la moralité des apparences de la moralité, s’il peut se contenter du mensonge qui est devenu la loi de la société. Si cela est ainsi, tout semble aller à souhait, et l’homme qui a le sens moral assoupi peut vivre heureux jusqu’à son dernier jour.

    Mais cela n’est pas toujours ainsi, surtout en ces derniers temps, quand la conscience de l’immoralité d’une pareille existence est dans l’air et frappe malgré tout le coeur. Il arrive de plus en plus souvent que les principes de la véritable morale se font jour, et alors commence une pénible lutte intérieure, une souffrance qui finit rarement à l’avantage de la moralité.

    L’homme sent que sa vie est mauvaise, qu’il faudrait la changer de fond en comble, et il essaye de le faire; mais alors ceux qui ont subi déjà la même lutte et qui y ont succombé se jettent de toutes parts sur celui qui tend à changer son existence, et s’efforcent par tous les moyens de le persuader de l’inutilité de ses efforts, de lui prouver que la continence et l’abnégation ne sont nullement nécessaires pour être bon; qu’on peut, tout en aimant la bonne chère, le luxe, l’oisiveté et même la luxure, être un homme absolument utile et droit. Cette lutte, généralement, a une fin lamentable, soit que, exténué, l’homme se soumette à l’avis général, cesse d’écouter la voix de sa conscience, ait recours à des subterfuges pour se justifier et continue sa vie de débauche en se persuadant qu’il rachète, soit par sa foi en la rédemption et dans les sacrements, soit par le culte de la science, de l’art et de la patrie, ou bien qu’il lutte, souffre, devienne fou ou se suicide. Il est rare qu’au milieu de toutes les tentations qui entourent l’homme de notre société, il comprenne qu’il existe et qu’il a existé pendant des milliers d’années une vérité primitive pour tous les hommes sages; que, pour arriver à une existence morale, il faut avant tout cesser d’avoir une mauvaise conduite et que, pour atteindre quelque haute vertu, il faut avant tout acquérir la vertu de l’abstinence et de la possession de soi-même comme l’ont définie les païens, ou la vertu de l’abnégation comme le prescrit le christianisme.

  70. @ Dany Cohn-Bendit:

    Moi quand j’entends des Cohn Bendit et compagnie me parler de changement « Jouissons sans entrave, écologisons le monde » Je préfère encore écouter mon petit ami à quatre pattes lui au moins il ne me déçoit jamais question propreté. Il ne me fait d’ailleurs pas plus d’effet sur moi qu’une plus grande prise de Viagra pas le temps de vous expliquer.

    Il ne suffit pas d’avoir le même désir plus grand et impatient qu’autrui celui de vouloir changer
    le monde pour déjà montrer véritablement ce changement en soi, bien au contraire on pourrait même indirectement faire plus de tort à une société sans même d’ailleurs s’en rendre compte.

    C’est bien là le drame du monde, on s’emballe, on s’embrasse, on s’adore, c’est pas moi c’est l’autre on couche même davantage ensemble si c’était possible pour  » changer  » pour  » réussir » quoi d’ailleurs ? Rendre le monde plus propre, plus tolérant, moins marchand aussi en voulant totalement bannir comme hier le propos venant du religieux foutaises d’hypocrites oui, hélas que voyons ensuite les ami(e)s.

    J’ai bien peur hélas que le changement que tout le monde attend ne prenne encore quelques
    temps à venir, enfin tant que l’on peut encore se donner bonne conscience d’avancer et de s’aimer à plusieurs de bien faire quoi. Bref son appel publié hier dans Libé m’a guère plus donné la trique aussi bien pour toute la semaine c’est donc Bonbone qui ne va pas être contente, surtout qu’à force de faire de la politique et cela pendant des années et des années 7/7 jours ça doit sacrément forcément les déformer à la longue, vous ne croyez pas ?

    Toute époque c’est vrai à du bon comme ces mêmes genre de meneurs aussi pour les autres, oui à chaque fois que voyons-nous se reproduire aussitôt en tête d’affiche, en quoi suis-je vraiment plus différent de celui d’hier ou de celui 1789 ou 1968 ? Moi qui est déjà du mal à me changer moi-même du lundi 22 au mardi 23 mars ou alors du 15 jusqu’au prochain 15 du mois, je me demande alors comment les autres pourraient vraiment réussir à me changer, comme d’ailleurs pour chacun d’entre nous et pour chaque jour qui passe.

    N’est-ce pas plutôt cela que nous devrions tous rechercher d’abord à se dire en nous au lieu de vouloir continuellement se faire avoir, en fait nous recherchons surtout à s’illusionner, à se rassurer surtout d’avancer, faire quelques réaménagements de surface, et à préférer de prendre aussi plus longtemps quelques autres petites pilules rouges afin de pouvoir mieux dormir et rêver plus longtemps tous ensemble voilà tout.

     » Jérémie arrête de vouloir encore l’ouvrir, tu vois pas que tu fait déjà ressortir les kleenex des gens pas bien, pas positif, peu flatteur aussi… Décidément tu es vraiment irrécupérable, retourne donc à tes bondieuseries d’antan moi je préfère encore suivre Cohn Bendit and C° à la télé avec lui au moins c’est du concret c’est pas du tout comme toi « 

    1. Il doit y avoir un problème culturel. Il me semble que tout Européen qui aurait étudié comme je l’ai fait en 2005, le fonctionnement des Government–Sponsored Entities : Fannie Mae et Freddie Mac, aurait abouti à la même conclusion que moi : qu’il existe une contradiction fondamentale dans leur structure et leurs fonctions mi-privées mi-publiques : 1) une aide au logement, avec l’accent mis sur les minorités, 2) maximiser les dividendes et les plus-values des actionnaires.

      Comme je l’indiquais, la dérive est automatique : le business tend à se concentrer vers sa partie la plus juteuse et la moins risquée, et délaisse le reste. Résultat, l’immobilier résidentiel devient une machine à faire de l’argent pour les emprunteurs aisés et pour les banques, et le principal apport des GSE est d’alimenter les bulles de l’immobilier.

      Cette analyse est simple et saute aux yeux quand on analyse les faits. Or, je ne l’ai jamais vue mentionnée dans aucune analyse par un organisme gouvernemental américain, dans aucune étude, ni sous la plume d’aucun journaliste américain. La seule explication possible à mon sens : les œillères idéologiques. Pour eux, la firme commerciale cotée en bourse est par nécessité, la seule manière efficace de faire les choses, et si ça tourne mal, ce n’est en tout cas pas de ce côté-là qu’il faut chercher. Lisez en effet Geithner aujourd’hui devant la Commission des Services Financiers du Congrès : le problème de Fannie Mae et Freddie Mac a toujours été une régulation laxiste. Malheureusement, les Européens emboîtent le pas : on sauvera la finance par la réglementation. Qu’il y ait des défauts structurels majeurs, des failles grossières dans les raisonnements sous-jacents (comme dans le cas de la titrisation), n’effleure personne. On n’est pas sorti de l’auberge !

    2. @ Paul, François et les autres

      « On n’est pas sorti de l’auberge », certes, mais « après la pluie le beau temps ».

      Merci à vous et gardez le cap, on saura ramer, voire, aider à la manoeuvre

    3. En France, l’attribution d’allocations logement ne sont pas assujèties à un conventionnement strict des loyers. Moralité, l’allocation logement participe à l’alimentation de la bulle immobilière.

  71. La quadrature de la sphère (terrestre):

    Une explosion démographique, unique dans toute l’histoire de l’humanité

    Une bio-sphère aux ressources limitées, que nos moyens techniques nous permettent
    d’exploiter avec une efficacité jamais vue depuis le début de l’histoire de l’humanité.

    Une minorité de « riches » qui a déjà consommé souvent de manière irréversible
    quasiment la moitié des ressources, ou par la pollution les a rendu impropres
    à la consommation. Et qui n’a pas envie de se limiter.

    Une majorité de pauvres qui aspirent (légitimement) à plus de bien-être. Et dans l’idéal à vivre
    comme les plus riches.

    Une explosion des inégalités entre riches et pauvres, tant à l’intérieur des pays, qu’entre les pays.

    La disparition de toute morale dans les relations humaines, l’argent étant la mesure de toutes choses.

    Comment résoudre pacifiquement une telle équation ? Pourtant une résolution pacifique
    serait cent mille fois préférable au contraire. Mais il faudrait que nos dirigeants prennent
    vraiment à bras le corps les problèmes de notre époque, je n’ai pas l’impression que ce
    soit le cas. Et aient le courage de mettre à plat tous les problèmes sans exclusive et sans langue de
    bois. Il faudrait aussi que les citoyens que nous sommes soient assez mûrs pour être capable
    d’entendre des vérités qui dérangent, pour reprendre le titre d’un certain film. Avec des si …
    Ce qui est sûr c’est que l’on peut se mettre des oeillères aussi longtemps que l’on veut, la réalité finit toujours par nous rattraper. Face aux cataclysmes naturels on ne peut souvent qu’être fatalistes, mais face aux cataclysmes économiques et sociaux le fatalisme ne devrait pas être de mise. En effet ce sont des choix humains qui en amont des catastrophes ont fait que les sociétés dysfonctionnent gravement, ce n’est pas la main de Dieu, ou plutôt la main invisible chère aux libéraux.

    1. En fait avec la civilisation thermodynamique gaspillant les énergies fossiles à tort et à travers.
      On ne peut même plus accepter le fatalisme vis à vis de certains cataclysmes naturels: je pense bien
      entendu au réchauffement climatique. Si l’on admet, ce que je fais, que l’activité humaine y est pour quelque chose, alors les catastrophes climatiques à venir auront en amont dépendu de choix humains, en terme de modèle de société et de développement. Mais la aussi pour des raisons de politique à court terme, il semble que le déni de réalité ait été choisi par notre président: « il y en a assez de l’environnement ». Exit la taxe carbone et après nous le déluge. Nos enfants et petits enfants risquent un jour de nous maudire.

  72. Bonsoir,

    Musique :

    Il y a beaucoup de messages porteurs d’espoir : les langues semblent se délier ! La prise de conscience qui jusqu’ici était « facilement » visible chez nos frères du Sud semble pointer le bout de son nez ici. Ce doit être le cas dans beaucoup de pays. Ce n’est pas prêt de cesser, aussi la seule bonne chose que puissent faire les politiques qui parlent de changement à l’heure actuelle est de se faire l’écho de cette prise de conscience. S’ils le font sincèrement ils ne pourront en tirer aucun profit : par définition !

    Par contre il faut continuer de se méfier des autres dirigeants :
    – ceux qui préfèrent que rien ne change, par intérêt.
    – ceux qui préfèrent que rien ne change, par peur… qui est souvent bonne conseillère, aussi ce seront eux qu’il faudra s’appliquer à convaincre de la viabilité de cette nouvelle civilisation qui s’annonce.
    – ceux qui pensent défendre des intérêts desquels nous ne sommes pas coutumiers et qui pourraient penser qu’ils seraient remis en cause.

    fujisan propose un lien : http://www.objecteursdecroissance.be/manifeste.htm

    En voici un extrait :

    « L’objection de croissance est désirable avant d’être nécessaire, ce qui revient à dire que l’objection de croissance s’imposerait même si les ressources étaient illimitées. Les solutions qu’elle apporte ne doivent pas être jugées uniquement à l’aune de l’efficacité économique et écologique, auquel cas nous tomberions dans le même piège que le développement durable. C’est ainsi notamment que si l’objection de croissance cherche à libérer le désir humain de sa mise au pas par le consumérisme marchand, ce n’est pas seulement pour réduire l’empreinte écologique mais aussi pour mettre la faculté désirante des êtres humains au service de l’humanité et de son émancipation. L’humanité ne se limite pas aux activités économiques des individus. La nature humaine est riche de très nombreuses facettes dont la diversité doit être cultivée. »

  73. Point de vue iconoclaste sur l’organisation militaire :

    Ma longue activité de fonctionnaire m’a fait connaître un peu toutes les formes managériales allant du militaire aveugle au management participatif en passant par les cercles de qualité ,les plans objectifs -moyens ( au début on avait des moyens et pas toujors d’objectifs , ensuite des objectifs et plus de moyens ) , l’alignement des structures ( si si ça existe ) , le « résolveur de problèmes » , l’animation d’équipe .

    ayant commencé simple « capitaine » , j’ai pu finir « colonel » . Avec la certitude que le vieux colonel avait moins de pouvoir incontrôlé que le jeune capitaine.

    Au delà il s’agit de juger de l’efficience de l’organisation hiérarchisée par rapport à une organisation en réseau . Je n’ai pas de réponse immédiate à cette question . Il m’est arrivé de dire que je préfèrais un organigramme même violé qui situe des responsabilités quand les choses déconnent ( de type hiérarchique donc) à un sytème en réseau devenu tellement complex et flou qu’on ne sait plus qui décide et comment , et est encore moins responsable .
    un peu comme les psy disent qu’on se remet mieux d’un excès d’autorité que d’un excès de faiblesse .

    Ma seule certitude c’est que le type d’organisation à choisir ne doit pas primé sur la définition de la raison d’être qui définira l’action . Il sera dans toutes options également strictement nécessaire de confier la responsabilité d’assurer les assemblages et les contr^les à des gens qui soient capables d’avoir des talents sur tous les modes .

    C’est un peu ce qu’avait découvert la NASA quand elle a décidé de confier ses programmes à des gens capables de jouer sur mes quatre touches , plutôt que sur la seule touche  » technicité » -compréhension du présent . Il lui a fallu quelques fusées explosées

    1. J’ajoute à distance pour jean-luce morlie que j’ai sans le vouloir donner là ma réponse au débat entre  » compétitif » et  » coopératif » que j’ai pu repéré  » là bas  » .

      La méthode est dictée par la nature et l’urgence du problème à résoudre qui fonde l’existence du solutionneur ; je maintiens aussi que le solutionneur dans tous les cas doit savoir jouer de toutes les méthodes , par formation ou talent inné .

      Reste à définr le maître d’ouvrage donneur d’ordre et les talents qui lui sont nécessaires .

    2. @juan

      voulez-vous me passer un message sur Ecce; je ne repère pas votre » pseudo » et Ecce n’a pas accès aux adresses réelles de ses membres (sauf s’il la communique volontairement dans leur descriptif).

      A+

  74. @Crapaud Rouge (message de 16h23)
    Cela vaut la peine de lire le texte de Cohn-Bendit et celui de Paul et François en parallèle.
    Je remets le lien vers le texte de Cohn-Bendit qui ne fonctionne pas dans mon message ci-dessus : http://europeecologie22mars.org/?cat=8
    Je suis un peu étonné, mais en les lisant, il y a clairement des convergence dans le propos. Si ce n’est pas le cas où sont les contradictions ? PYD critique des insuffisances et des silences chez Cohn-Bendit, il ne souligne pas d’opposition.
    L’utilisation du mot « partidaire » dans les deux textes n’est pas innocente par exemple.
    Ce sont deux appels à agir, à se réunir, à réfléchir, adressé à ceux qui ont réalisés que les vieilles logiques étaient caduques, que le monde était entré dans une nouvelle Histoire.

    1. D’accord avec vous Lemar ,il ne s’agit pas d’un contre-appel…Ou quelque chose m’échappe…
      Les intentions sont louables dans les deux cas…

    2. PS: j’ai trouvé une bonne idée dans le texte de Dany: « faire passer la politique du système propriétaire à celui du logiciel libre. » L’image me plaît car la communauté du « logiciel libre » a amplement montré son efficacité, mais, sous la plume de Dany, j’ai bien peur que ce ne soit qu’une image.

      De manière générale, je remarque que les politiques ne remettent pas en cause leur système. Ils invitent seulement la société civile à se manifester et à discuter: pourquoi tant de sollicitude ? Parce qu’ils se cherchent une nouvelle légitimité, en espérant bien n’avoir rien à lâcher de ce qui touche à leur pouvoir.

    3. Je suis d’accord. J’ai moi-même critiqué sévèrement Dany, mais il faut bien reconnaître que sans son initiative il n’y aurait pas eu ce vibrant contre-appel ! Je maintiens que Dany prend les choses un peu à l’envers, mais dans sa maladresse même il révèle quelque chose, et c’est cela qui est important. Son erreur n’est pas régressive. On peut critiquer son manque de vision, son idéologie floue, mais il demeure un électron libre, un agitateur, dans le bon sens du terme. En cela il joue encore un rôle dans la vie politique française.
      Il nous a tendu un miroir dans lequel nous pouvons projeter le monde nouveau. Bref c’est un interlocuteur.

  75. Le rêve n’est que le gardien du sommeil que la raison est tenue de ne pas perturber.La raison voilà l’ennemi. Le rêve a pour l’organisme a la même fonction que la politique pour la société c’est à dire empêcher les hommes de se réveiller. Si le rêve se justifie dans la réalité organique dans la réalité sociale son invocation traduit plutot l’impuissance. Le rêve n’est en fait bien sûr que l’idéalisation de l’existant, une façon de continuer à supporter l’insupportable. La politique effective du capitalisme est de droite et les discours de la gauche n’ont jamais eu pour fonction sans y parvenir pleinement qu’à à transfigurer cette sordide réalité. Comme l’ont montré les lambeaux de pouvoir qu’elle a put excercer ; la gauche a été historiquement le fourier du libéralisme contemporain.
    Les dernières élections par exemple sont un échec du cohnbendisme : celui-ci attendait tout d’un triomphe d’un comique comme Bayrou. Les électeurs ont été d’un avis différents et quittent à rêver ont préférés le franc discours d’un Lepen qui lui du moins met tout son honneur à ne pas mentir sur la réalité de notre monde. C’est d’ailleurs pourquoi il est si detesté par la Gauche…… chez Lepen le mensonge a une part minime. Jorion/ Leclerc devraient donc se méfier de toute référence à Cohn Bendit comme à Corinne lepage elle aussi déçue du Bayrouhisme et qui changent si facilement de monture. Bayrou hier, Aubry maintenant et ViI pain où tout autre pour quand ?….

  76. Quel joli bouillon de culture.. ce blog!

    Vous tous, intellectuels consentis, j’essaie de vous lire mais je suis las. Vos idées, bonnes ou mauvaises, n’auront pas lieu d’exister.

    Oui, c’est sans doute la fin du capitalisme, mais ce n’est pas le début de la liberté. Que croyez-vous donc? Ce n’est pas en vous masturbant les neurones ou en vous vous écoutant parler, que vos idées nous sauveront. L’histoire nous montre qu’il y a eu et qu’il y aura toujours des « esclaves » pour servir les « dominateurs » quelque soit leur visage. L’intelligence va de paire avec l’élitisme, et ceux qui se considèrent supérieurs ne se mélangent jamais avec la fange. Et les gueux, c’est tous ceux qui ne viendront pas lire ce blog. Ils sont des millions à se laisser entraîner dans la tourmente des élites, tant qu’ils ont à manger et à boire. Mais dès que la faim se fera sentir, le sang coulera. Pas le sang des intellectuels, non, mais celui de l’innocent, du jeune étudiant sans expérience de la vie, de l’homme sans culture, pendant que ceux qui tirent les ficelles, nos énarques, nos diplômés, les « meilleurs d’entre nous » observeront le carnage de très loin pour encore tirer profit de la situation.

    Je ne me fais plus d’illusion sur notre avenir. L’homme est mauvais. C’est tout. Votre laïus à tous d’hommes pédants ne servira pas l’humanité. Les mauvais individus au pouvoir s’efforceront toujours de conserver un semblant d’équilibre pour continuer à dominer. Les révolutions ne servent à rien, si ce n’est qu’à remplacer les têtes de ceux qui nous exploitent par d’autres encore plus malignes.

    La qualité de vie des hommes n’est pas compatible avec l’économie de marché, c’est le constat que nous faisons tous. Les hommes politiques sont corrompus et se battent, non pas pour l’intérêt du peuple, mais pour leurs indemnités et le pouvoir. Nous vivons dans un monde pourri et à l’agonie et je ne vois pas comment cela pourrait changer, si ce n’est en donnant naissance à un monde « encore plus civilisé » pour une poignée de nantis.

    Je ne suis pas homme de religion, mais je finirai ma prose par ces deux phrases tirées des écritures qui me semblent bien à propos:

    « Bien heureux les simples d’esprit car le monde des cieux leur appartient »
    et à l’attention des plus jeunes « gardez-vous des faux prophètes »

    1. @Homme du peuple et à tous les défaitistes.

      Quel drôle de constat « l’homme est mauvais ».
      Parlez en aux gens qui ont été sauvés par notre système public de santé!
      Et je pense à la génération qui a pris de plein fouet la deuxième guerre mondiale, alors que la précédente avait été décimée en 14-18.
      Et nous 65 ans apres il faudrait baisser les bras, avec tout le confort et la technologie dont nous disposons? Nous qui n’avons pas, pour la plupart, eu à vivre de conflit sur notre sol?
      Quel comportement d’enfant gâté! Une fausse excuse pour ne pas se fatiguer!
      Lisez ce blog mais au moins abstenez vous de tant de pleurnicherie.

    2. A vous lire malheureusement pour vous ,vous n’appartenez pas à la catégorie des simples d’esprit.
      Faux prophètes-)non;anonces anticipées de mauvaises nouvelles ,simples projections des errements antérieurs.Optimisme débridé aujourd’hui -)oui.Masturbation intellectuelle-)oui ,mais pas seulement.Tous pourris -)non
      Des hommes de bonne volonté -)oui
      Avenir sombre;quien sabe!

    3. Je crois qu’en écrivant que la fin du capitalisme ce n’est pas le début de la liberté , vous avez résumé d’un trait ce qui se cherche ici , et qui concerne les gueux et les intellos .

      Chercher est une chose .

      Trouver en est une autre .

      Agir en est une troisième .

      Mais gueux ou pas , nous parlons bien de la même chose.

      Je suis peut être plus perméable que d’autres à la tonalité de votre écho , car j’ai eu à travailler aussi bien avec des cols bleux que des cols blancs .

      Mon dernier bonheur professionnel a été qu’ils étaient aussi nombreux les uns que les autres lors de mon pot de départ à la retraite .

      Votre remarque prend par contre un poids particulier quand  » l’ascenceur social  » est non seulement en panne , mais qu’il ne marche plus que vers le rez de chaussée quand il bouge .

      Pour les prophètes , je les laisse s’exprimer tous seuls .

    4. C’est sûr, dit comme ça, on peut tout laisser crever. Vous vous attendiez sans doute à quelques réponses, n’est-ce-pas. Je me considère moi aussi comme un homme du peuple. Mais je ne partage pas votre noire vision du monde. Rien à voir cependant avec les vagues notions sur le pessimisme ou l’optimisme, c’est à mes yeux, en dehors que ça se tient, plutôt un noyau irréductible voyez-vous. Je me garderais bien de vous donner des leçons, mais de grâce, comprenez que c’est pas rose (euphémisme) pour tout le monde ici. Allons donc, l’humour ça existe aussi chez les hommes : par exemple lisez du Piotr !

    5. @ Arnaud:
      Pendant la deuxième guerre mondiale, mon grand-père, simple soldat, a travaillé durement pendant plusieurs années comme prisonnier de guerre en Allemagne, pendant que notre futur sauveur buvait son thé en Angleterre. « battez vous et LIBERONS la France » qu’il disent tous…

      Pour notre technologie, profitez-en bien car si vous la payez à crédit, vous en serez bientôt saisis par les banques.

      Quand à la chance de ne pas avoir vécu de conflit sur notre sol, j’ai bien peur que la fin des stocks en matières premières ne nous condamne à vivre une époque très sombre.

      @Piotr:
      je me concentre fortement pour ne pas faire de fautes d’orthographe.

    6. Je suis un effroyable pessimiste fataliste capituliste démoraliste, et je ne me prive pas, quand l’occasion se présente, de manifester mon humeur sur ce blog. Mais, il y a quelques années déjà, j’ai appris à séparer ce qui ne peut concerner que moi, et ce qui concerne les autres. Vous dites: « Je ne me fais plus d’illusion sur notre avenir. L’homme est mauvais. » Nous sommes bien d’accord, mais l’infinité d’hommes et de femmes susceptibles de vous entendre n’ont que faire de votre « vérité ». Ils ont leur vie, leur optimisme, leurs problèmes, leurs espoirs, leur boulot, leur chômage, etc. Si, à l’instar de Cioran, leur optimisme vous insupporte, et bien fuyez votre semblable et réfugiez-vous dans les lettres ! Mais ne cherchez pas à convaincre quiconque, vous feriez vous-même la preuve de votre optimisme…

    7. C’est le syndrome d’Yves Paccalet

      Ce collaborateur de cousteau qui a passé sa vie à parcourir les mers du monde aux frais de tiers et qui aujourd’hui publie des livres et des articles sur le mal que constitue l’humanité. C’est un peu facile.

      Soit il est vraiment convaincu par ce qu’il dit, alors il doit se suicider, en toute logique. Soit il mange dans la gamelle, comme tout le monde, et comme dit crapaud rouge, le mieux est alors de se taire.

    8. Etonnant comme les ponsifs humanistes obsoletes s’etalent regulierement. L’universalisme a vecu. Etre humaniste a l’heure actuelle c’est etre du cote du systeme de gvnmt actuel. En effet celui-ci vise a imposer le modele occidental democratique partout. Evidemment cet ideologisme ne donne que la guerre, la devastation des contrees et des populations. Mais non cela continue. Nombreux sombrent a la fin de leur reflexion dans les memes erreurs, les pieges, les filets tendus par ceux-la meme qu’ils denoncent. Les valeurs universalistes, onu-siennes etc … sont la plaie du monde. Aux armes … de pensee, citoyens. Formez … votre esprit a d’autres analyses.

    9. @Homme du peuple
      Alors nos grand pères se sont peut être croisés dans les Ardennes pendant leur années d’emprisonnement, évadés ensembles, cachés en attendant la fin de la guerre. C’est en pensant à ce grand père que je vous ai répondu. Par rapport à leurs vies (famille détruite, blessures de guerre, pays à reconstruire), je maintiens que votre propos ne fait pas honneur à leurs sacrifices et leur mémoire et qu’il n’est qu’une posture bien facile.

  77. @ juan nessy dit : 23 mars 2010 à 14:34

    Il faut savoir décoder votre intervention. Ceux qui, comme moi, n’ont pas eu un haut niveau d’éducation, comprendrons peut-être que vous n’êtes pas en total désaccord avec ce que j’avance, c’est du moins ce que moi, j’ai cru comprendre. Alors parlons-nous pour mieux nous comprendre et créer du lien. Et merci de mieux expliciter, pour ceux qui en ont besoin, afin de bien comprendre. J’en fais partie.

    @ Joseph C. dit : 23 mars 2010 à 16:12

    L’efficacité et le respect de l’autorité vous font fuir, dites-vous.

    Je suis désolé mais mon expérience de 75 ans de vie m’a conduit à une appréciation inverse.

    Sans savoir d’où vous tenez cette aversion à l’efficacité et au respect de l’autorité, je me dis que cela ne doit probablement pas venir de votre propre expérience.
    Rien que pour ce qui concerne votre intervention du 23 mars 2010 à 16:12 , vous ne pouvez pas, vous-même, souhaiter qu’elle ne soit pas efficace ou alors ce serait parler (écrire) pour ne rien dire.
    Quant à l’autorité qui vous fait fuir, vous en avez besoin, ne serait-ce que pour faire respecter vos droits.

    Vous donnez l’impression d’avoir été endoctriné sur les thèmes qu’on sert aux jeunes gens comme on le faisait en 68 dans l’inconscience des désastres que cela allait entraîner.

    En tous les cas ne soyez pas étonné si, faute d’efficacité dans ses actions et de respect des autorités, notre communauté s’effondre dans le chaos généralisé. Personnellement, je fais tout pour l’éviter, y compris en intervenant sur ce site.

    1. Bonsoir,

      Effectivement, l’autorité et l’efficacité de l’armée me font fuir (pas l’efficacité tout court, bien entendu). Une communauté qui ne vit que sur ces présupposés est nécessairement un système de domination, et je n’aime pas être dominé. Je conçois le monde comme un lieu qui m’appartient autant qu’à n’importe qui, or toute autorité se fonde sur la détention d’un droit sur l’autre, que je récuse. Une communauté qui se fonde sur de tels bases est le lieu de la coercition et de la punition, et c’est bien cela que nous vivons perpétuellement dans nos sociétés humaines : la coercition et la punition, quand ce n’est pas la guerre. Et là nous retrouvons l’efficacité de l’armée, sa discipline et son autorité. Si pour vivre ensemble il faut des polices et des armées, autant vivre seul.

      Mais allons plus loin : pour moi une humanité qui ne fait les choses que parce qu’elle y est obligée par une autorité ne vaut pas le coup, je n’y crois pas, je ne miserais pas un cent dessus.

      Cette aversion m’est bien dictée par mon expérience qui, pour n’être pas aussi longue que la vôtre, n’en n’est pas moins authentique : tout ce que j’ai bien fait jusqu’ici, je ne l’ai fait que libéré de la contrainte et dans le goût, l’enthousiasme, la passion parfois. Chaque fois qu’on m’a mit un joug j’ai échoué.

      Enfin je ne suis endoctriné par personne, mes opinons sont les miennes, n’engagent que moi et je vous prie de croire qu’on ne m’a rien « servi » : j’ai du au contraire attendre de partir moi-même à la recherche des auteurs pour découvrir mes véritables ports d’attache, et suis toujours ouvert à toute pensée ou opinion quelle qu’elle soit.

    2. @joseph

      Moi, je me laisserai bien endoctriner par votre discours, ça serait tellement reposant. Ah, Ah Ah.

      Cordialement

    3. Joseph C,
      je suis avec vous.
      Mon grand-père était militaire. par nécessité financière après guerre au début. En effet, après des études de lettres, des écrits dont un a même encore à l’occasion, son heure de gloire chantée, il est allé passer des vacances, quelques mois, en Espagne… c’était en 36…vacances mouvementées, troisième internationale…Il a récidivé plus tard, cette fois-ci dans le maquis français mais entre temps, il avait fait 4 morveux. Dont ma mère. Donc au sortir de la guerre, les poèmes musicaux ne nourrissant pas la famille, il s’est engagé et a fait carrière.Trois mioches plus tard, la guerre d’Algérie. Et là, il défie l’autorité. D’abord et avant tout pour ramener « ses hommes » sains et saufs, d’une guerre absurde. Ce qui lui a valu une retraite, mais aussi une mort, anticipées.Je pense que c’était un aventurier.Anarchiste. Il n’était pas à une contradiction près.
      Ce mélange détonnant a assuré une rente financière à deux génération de psy. Enfin, c’est surtout un de mes oncles qui a payé pour toute la famille.
      J’ai appris de mes parents à respecter ce qui est respectable, mais à questionner systématiquement ce qu’on m’impose comme forcément vrai parce qu’émanant d’une autorité.
      En outre, pour moi, la véritable source des dérives actuelles, c’est le déni de réalité, et la capacité des gens, quels qu’ils soient, de se convaincre des films qu’ils se font.J’ai été témoin de trucs aberrants, où même les arguments de raison n’avaient pas prise.
      J’avance dans ma lecture de Dany Robert Dufour: le jansénisme serait à l’origine du libéralisme, par la figure de Pascal, pervers libertin puritain. On en revient aux paris.(Pascal était un grand parieur et pas seulement sur l’au-delà)

    4. @Joseph .c :

      Il vous reste du chemin à parcourir .

      Vous n’y arriverez pas seul ( ou alors votre entourage va déguster ) , ni sans concilier droits et devoirs .

      Le marché aussi rejette tous les jougs .

      On est dans notre sujet ,auquel j’ajoutais celuji de l’équilibre  » liberté individuelle » VS « liberté collective » .

    5. @jducac : Oui, le marché refuse tous les jougs, mais ce n’est pas cela qui le rend insupportable et va le perdre, ce sont les jougs que le marché fait peser sur les autres ! N’être pas asservi me semble une base existentielle saine et viable, je n’en rabattrai pas, en revanche ce qui détruit et représente une menace c’est bien le désir de domination d’autrui, hors, répondez-moi : QUI sera désigné comme étant redevable du respect et sur quels critères ? Le professeur a priori et sans réserves parce que désigné par l’institution ? Le juge le militaire et le policier pour les mêmes raisons ? Et là nous retrouvons Kant et son impératif catégorique périmé, qui vient nous apprendre qu’il faut respecter l’ordre établit parce qu’il faut le faire ! Mais que faisons-nous avec ce principe le jour où le policier nous enjoint de donner un juif ? Le jour où le professeur débite des sornettes ? Le jour où le juge condamne l’innocent ?

      Le respect de l’autorité a priori ne sera jamais une solution à long terme, il faut respecter ce qui, après examen de notre conscience et de notre intelligence nous semble respectable.

      Enfin je vous suis pour ce qui concerne l’équilibre entre les droits et les devoirs en société, mais ceci n’a de valeur que dans une société non corrompue. C’est-à-dire une société dont la finalité n’est pas d’assommer ses administrés de devoirs contraignants quotidiens tout en lui laissant quelques vagues droits de papier, et ce pour l’unique raison que l’élite de cette même société devrait pouvoir vivre sans aucune contrainte ni devoir.

      En revanche je suis ici pour discuter d’idées, pas de personnes. Je ne me permettrais donc pas d’émettre le moindre avis sur la manière dont vos proches vivent votre personnalité, sur laquelle je ne ferai non plus de commentaires, même prudents… j’apprécierais que vous fassiez de même !

      Cordialement !

    6. @jducac : Excusez-moi : je vous ai adressé une réponse qui ne vous est pas destinée !
      @ juan nessy : Ma réponse se trouve juste au-dessus, adressée par erreur à jducac.

    7. @Joseph .C :

      Je ne contesterai que votre première phrase . Pour moi qui ou quoi que se soit qui refuse toute loi devient insupportable aux autres car il impose de fait SA loi . C’est d’ailleurs une façon de se décérébrer d’une partie de la richesse de son cerveau et se condamner à terme à l’échec .

      Comme se condamne à l’échec celui qui se prive du délire , de la contemplation , de l’empathie .

      Reste le rapport de l’individu au pouvoir institutionnel , historiquement le prêtre , le chef de guerre , le marchand . L’erreur a sans doute été selon moi de croire que la hiérarchie ( utile dans le temps et l’espace ) équivalait au pouvoir .

      Je ne connais pas de meilleure réponse à votre inquiètude que la démocratie à faire vivre et conforter ,avec ses faiblesses et ses vertus .

      Il a été ecrit plus haut  » la fin (si c’est le cas ) du capitalisme , n’est pas le début de la liberté  » .

      Pour moi la liberté ,c’est sans doute pouvoir être reconnu comme individu , mais c’est aussi pouvoir avoir accès à. Je suis un clone de Michel Serres sur cette conviction .

      La démocratie que j’ambitionne n’est donc pas l’écriture d’un dogme pour un groupe ‘fusionné » .

      Le dogme , plus que la propriété , est le vol .

      J’ai exprimé plus haut que pour être « démocrate » au sens premier ,il fallait écrire les clés qui permettent d’autoriser et rendre compatibles , les diversités de plus en plus nombreuses ici et de par le monde ,pour la survie et le progrès de l’humanité prise dans son ensemble et dans son inter-relation avec l’univers .

      Pour se faire mon mode d’emploi personnel s’appelle encore « l’Esprit des lois « .

      C’est donc aussi mon mode d’emploi pour envisager la « Constitution » qui est la première des lois .

  78. Sur l’écologie l’un des meilleurs blog en langue Française est celui de Fabrice Nicolino

    « Non, cela ne se fait pas de rappeler que j’ai depuis le début, arguments à l’appui, écrit ici que le Grenelle de l’Environnement était une grossière manœuvre politicienne. L’opinion moyenne a horreur, fût-elle écologiste, de se voir rappeler à quel point elle s’est laissée enfumer… » http://bit.ly/aioocc

  79. @Fab

    Parce qu’une Constitution c’est la Démocratie.
    Parce que la Démocratie c’est la Justice, autrement dit la responsabilité mise au bon endroit.
    Pas celle, si charitable, des « vrais » capitalistes selon Salin & co ; ces gens sont trop bons…
    Une Constitution pose en substance que l’économie n’est pas un champ à part.
    Qu’il n’y a pas d’Economie, « e » majuscule.
    Que le Marché comme miracle est une idéologie bigote.
    Qu’il est plus que temps que les Lumières questionne aussi les choses de l’argent.
    Qui font parties des échanges humains au même titre que l’amour ou le dialogue avec Dieu.
    Qu’il faut des règles, du savoir partagé et des mots, bref un Contrat, pour sortir enfin de notre obscurantisme économique.

  80. Il n’y a pas contradiction parce que les deux textes ne parlent pas de la même chose. Dany parle « forme », « structure », « organisation », « moyen », « rassemblement », « coopérative »… Pour lui, l’évènement historique est le résultat de ces élections qui se sont jouées entre à peine une moitié des inscrits, pour Paul et François c’est « le capitalisme [qui] meurt sous nos yeux et nous entraîne dans sa perte » ! Y’a pas photo comme ont dit…

    1. Pourquoi »contre-appel »?
      Dany plaide pour sa paroisse.Paul et François sont agnostiques.
      Chacun sa chapelle.

  81. Petit retour de réunion de parti. J’ai évoqué par l’abstention, le rejet des partis, ou de la façon actuelle de faire de la politique, j’ai évoqué les nouveaux lieux où la politique se discute…J’ai eu, en retour, une petite remarque, qui visait plus largement les abstentionnistes de gauche, voire certains partis comme les verts: localement, malgré tout, la bonne gestion de la région aurait donc été un facteur de participation au vote; la politique, ce serait aussi (et avant tout, j’ai cru même entendre derrière les propos) la gestion des affaires publiques et pas seulement des débats d’idées. En gros: vous n’êtes bons qu’à palabrer, mais quand il faut se coltiner le réel, y a plus personne.
    Je me suis légèrement senti visée.

    1. Lou,

      Vous n’avez pas à vous sentir visée car vous êtes la citoyenne par excellence.
      Vous êtes la preuve vivante qu’il n’est pas incompatible de faire de la politique au sens traditionnel
      tout en se permettant un regard critique sur la logique partisane et en menant un action plus réflexive en parallèle. Les deux approches sont complémentaires. Et elles se nourrissent l’une l’autre, même si la logique partisane est en effet plus terre à terre, mais nous ne vivons pas que d’amour et d’eau fraîche, pas encore ! . Ce sont les passeurs, les esprits libres comme le votre qui vont le plus évoluer les choses et surtout font vivre la démocratie au jour le jour.

      Avant que l’on puisse modifier la logique partisane, celle-ci est un fait, incontournable, car, qu’on le veuille ou non, comme vous le rappelez très bien, les bulletins déposés dans les urnes ont des conséquences sur le terrain. Il y a des sommes d’argent à gérer, et dans certains cas l’attribution de ces sommes à tel ou tel poste fait une différence qui n’est pas négligeable. Non, les politiques ne sont pas tous corrompus. Et si tel est notre opinion, c’est à nous de nous engager de façon à exercer un contrôle sur l’action des élus ou des politiciens de manière générale. La responsabilité se trouve des deux cotés.

      Merci à vous et bravo. 🙂

    2. @Lou :

      « la critique est aisée mais l’art ( au sens de l’agir) est difficile  » est aussi la version courante de la difficulté de marier les créatifs avec les ingénieurs .

      Il est tout aussi difficile de marier les relationnels avec les « leaders » ( sauf peut être chez les italiens du nord : une main de fer dans un gant de velours et le bras sur l’épaule ).

      Et le hic c’est qu’il faut marier les quatre pour que ça fonctionne .

  82. Rêve n°1
    Comme premier voeu, je dirais mon désir de voir homme et femme cheminer dans une même égalité de droits et de devoirs, en rupture avec l’idéologie machiste réactionnaire héritée du code civi et de la nuit des temps.
    Que les femmes ne votent que depuis 65 ans est une injure grave.
    Cette seule volonté politique d’une reconnaissance des qualités de réflexion et d’organisation des femmes au sein des instances représentatives serait un progrès considérable.
    Comment comprendre que les filles réussissent mieux dans les études et qu’elles ne soient plus là dès qu’il faut décider des choses?
    Seuls des esprits très imparfaits sont capables de se priver d’intelligence pour le maintien de leur pouvoir par la force…

    La pétroleuse

    1. C’est justement peut-être que leur intelligence (et ou intuition féminine…) leur montre que le vrai combat n’est pas là. Être une amazone se paye…

  83. Pour finir en beauté …

    « Six mètres, plus que six mètres
    Pour couper la ligne d’arrivée
    Gerber enfin dans le trophée
    La pilule amère de la gloire
    Payer l’impôt de la victoire

    Six mètres, rien que six mètres
    Le corps crucifié au guidon
    Dans les reins, les crocs du peloton
    Casser la roue de l’infortune
    Et le sourire pour la une

    – Six mètres, juste six mètres
    Poing levé, et point à la ligne
    Brandissant le bouquet d’épines
    Craquer pour croquer le ruban
    Avec la rage, avec les dents

    – Cinq mètres ! Les plus longs !
    Cinq mètres !
    Cracher, tituber sur la route
    Vaciller au doute à goutte
    Au dernier lacet étrangleur
    Boire la coupe jusqu’à la sueur

    – Deux mètres !
    Et puis le dernier mètre
    Et soudain, l’envie de plus rien
    – Ou juste de bloquer les freins
    L’envie de faire sauter la chaîne
    D’une overdose d’oxygène

    – Déserter à vingt centimètres
    À vingt centimètres du fil
    Se fondre et regarder la file
    – Des autres qui passent devant
    Les applaudir, le nez au vent
    Refuser le prix de l’effort
    D’être le plus beau, le plus fort

    – Et puis s’y mettre,
    Mais s’y mettre tous !
    Ni dieux devant, ni chiens aux trousses
    – S’y mettre !
    S’y mettre tous et plus de maître
    Que le désir d’être et renaître
    Se redresser, lever la jambe

    – Être ensemble
    Vainqueurs, tous ensemble
    – Des millions de prem’s ex aequo
    – Millions de champions illégaux
    Ensemble, escalader les marches
    Tous ensemble, passer sous l’arche

    – S’y mettre, plus qu’à s’y mettre
    Plus qu’à s’y mettre… »

    Six mètres
    by Olivia Ruiz

  84. Du rêve, de la générosité, des mots grands et beaux,
    plein d’ amour, une Société idéale…

    Mais, il y a Geithner , il y a la foi américaine
    en un sytème capable d ‘enrichir sans limites ses adorateurs.
    La bourse et le système financier actuel sont dans les gènes
    américaines, inchangeables et irrépressibles.

    Le texte cité par charles 23 mars 2010 à 17:00
    (  » http://www.house.gov/apps/list/hearing/financialsvcs_dem/testimony_-_geithner.pdf« )
    est une déclaration de Geithner devant la chambre des réprésentants,
    commission des services financiers.

    Ses 17 pages excèdent mes capacités de traduction.
    Mais le résumé est simple: à part quelques détails nécessitant
    remèdes, le gouvernement US est bien déterminé à ressuciter
    le mode de financement du béton par la bourse et les banques.

    Je n’ ai pas trouvé d’ analyse sur ses disfonctionnements
    Il n’y a aucune interrogation sur le bien-fondé d’une reconduction
    sans changement,sur la réglementation, et
    des ouvertures sur une autre façon de procéder.

    Geithner dit :  » on a eut quelques ennuis
    avec le crédit immobilier mais avec les projets que le
    gouvernement vous présentera, ça va redémarrer
    en mieux et plus fort. »
    Et pour contenter la commission,
    il dit que le Congrès sera associé à l’ élaboration des textes.
    Autant annoncer que les lobies seront les bienvenus…

    Bref, adieu rêves, veau, vache, cochon.
    Le système à bulles se refait une santé pour
    continuer ce qu’il fait de mieux: des crises.
    Soyons réaliste : rien ne viendra des « autres ».

  85. Cher Dany,
    Nous ne nous connaissons pas et je me permettrai pourtant de t’appeler par ton prénom. Faute de goût ? Faute de tact ? Peut-être. C’est vrai que tu es un de nos élus et qu’à ce titre, je devrais y mettre les formes. Je me permets pourtant. C’est qu’ici, sur ce blog, nous avons décidé de parler. De nous parler d’abord. De te parler aujourd’hui. Et parler, à mon sens, ne peut se faire qu’à hauteur d’homme, à hauteur de semblable. Je me permettrai donc cette privauté parce que je veux te parler en semblable.
    Tu l’as compris, je ne suis personne. Je ne vis qu’une vie de rien du tout. Mais parce que je ne suis que presque rien, je rêve très fort. Très haut. Tout le temps. Sans doute est-ce la raison, d’ailleurs, pour laquelle j’ai préféré ne pas voter ces deux derniers dimanches. Tu as raison, Dany. Les partis politiques, le personnel politique, la politique nous ont déçu. Tu as raison, Dany la démocratie tourne à vide sans même mesurer que sa rotation et son élan l’éloignent inexorablement de la Terre où vivent ceux qui doivent voter. Alors tu as raison, Dany, il faut tout reprendre autrement : « ni parti-machine, ni parti-entreprise, je préférerais (moi aussi) que nous inventions ensemble une Coopérative politique ».
    Ensemble…Tu as lâché le mot. Mais qu’est-ce que cela veut dire « ensemble » ? Tu donnes une piste : tu imagines « une organisation pollinisatrice, qui butine les idées, les transporte et féconde avec d’autres parties du corps social ». On peut tout imaginer, on peut tout rêver lorsque tu dis ça. Mais lorsque ma raison reprend le dessus, je vois une chose très nette : ce nouveau parti serait une nébuleuse, mieux un réseau. Ne faut-il même pas dire, Le Réseau. Mais Le Réseau nous y sommes ! Si je t’écris, c’est grâce à lui. Si nous échangeons d’avantage demain, ce sera par lui. Alors allons y, Dany ! Nous sommes dans la Coopérative. Et il ne tient qu’à nous qu’elle soit politique.
    Je le sais. Lorsque tu parles politique, tu voudrais parler écologie politique. D’ailleurs, à première vue, tu t’adresses d’abord à ceux qui font de l’écologie profession de foi. J’ai le sentiment cependant, à te lire, qu’il faut voir plus loin. C’est bien à tout notre écosystème politique dans son ensemble que tu veux donner un autre sens. Mais pour donner du sens, il ne faut pas simplement un nouveau contenant, il faut un nouveau contenu. Forme et fond se tiennent l’un l’autre. Que faut-il alors pour que de nos visions naissent un espoir, mieux, un redressement ? C’est à mon sens très simple : il faut parler, il faut se parler, il faut s’écouter, il faut échanger. Je me permettrai donc ici de te dire tous mes rêves.
    Pour ta part, tu rêves d’un nouveau parti, d’une nouvelle façon de faire de la politique. Je voudrais bien rêver avec toi. Mais j’ai un problème : que pèse aujourd’hui le politique face à l’économique ? Pas grand’chose malheureusement. Il semble qu’aujourd’hui toute création politique, tout désir politique n’ait pour destin que de se heurter à la dictature des marchés. Qui croit encore que les politiques de nos Etats se décident encore dans nos assemblées? Le Parlement aujourd’hui c’est la bourse ! Les Grecs nous l’expliqueraient avec la plus grande facilité ; et les Français l’expliqueront tout aussi bien quand ils comprendront que c’est le risque d’abaissement de la note de la dette française qui nous obligera à réduire les pensions de retraite. Faire de la politique dans ces conditions est bien dérisoire ! Si un parti doit naître, il faut qu’il le fasse dans un esprit de conquête sacrément trempé : quelques mesures ici ou là sur les CDS, les bonus, les paradis fiscaux ou les hedge funds ne suffiront pas. Il faut que le politique reprenne autrement le dessus. Comment ? je pense évidemment à la constitution pour l’économie que propose Mr Jorion. Seule elle peut nous permettre de nous donner un cadre législatif et intellectuel pour rabattre les prétentions des financiers à régenter notre vie.
    Dire cela, ne nous cachons pas, c’est convoquer une assemblée constituante. Car vouloir repenser l’articulation entre l’économique et le politique imposera de tout remettre à plat. Et dans ces conditions, comment penser que le politique lui-même ne se trouvera pas transformé ? Je dirais plus. Au-delà même de ça, comment penser que l’on pourra transformer nos pratiques politiques sans toucher au cadre constitutionnel de notre démocratie ? Tu l’a compris Dany, on ne changera rien de ce que les citoyens pensent de la politique sans leur donner la possibilité de reprendre en main leur destin et donc de participer aux décisions qui concernent leur propre vie. Pour ce faire, les solutions abondent : réhabiliter le tirage au sort pour la désignation des députés ou utiliser Internet comme forum permanent sont des pistes plausibles dont il faudra discuter.
    L’école aussi doit être transformée. Comment envisager de changer la vie de la société des adultes sans que l’on s’interroge sur la façon de former les citoyens de demain ? Comment faire tenir debout une société où chaque citoyen, après tirage au sort (comme pour les assises) peut-être appelé à siéger, sans que le sens des responsabilités, de l’autorité sur soi (qu’il faut comprendre comme le contraire de l’autoritarisme) ne soit transmis ? Il faut d’abord, pour cela, faire cesser les réformes en cours dans l’Education Nationale. Ce que l’on nomme réforme n’est guère plus qu’une réminiscence de la haine de classe dont fait preuve depuis 3 ans « notre » gouvernement : en effet, s’en prendre aux RASED, s’en prendre à la filière professionnelle, c’est s’en prendre à ceux qui ont le moins dans la société. Il faut ensuite, surtout, aller ailleurs et s’inspirer des expériences comme en a connu le lycée expérimental de Saint-Nazaire. Allez vers l’autogestion, voilà la voie, difficile certes, mais la voie à suivre.
    Voilà ce que l’on peut faire pour nos institutions. Voilà ce que l’on peut faire immédiatement, ensemble, pour reprendre ton beau mot. Nous pourrons le faire, effectivement, si ce parti-réseau pouvait voir le jour, si les gens se laissaient prendre par la décision qu’ils peuvent faire quelque chose en mettant leur expérience en commun. Si on les laissait vraiment participer à la décision. L’air de rien, c’est à un nouveau pacte social que j’aspire. Un nouveau pacte qui change tout l’écosystème politique. Cela paraît énorme et pourtant ce n’est rien. Car après, après tout ça, qu’en sera-t-il du nécessaire partage des richesses ? de la nouvelle répartition entre salaires et capital ? de la conception nouvelle du travail à laquelle nous aspirons tant une fois rentrés du bureau ? Il y a encore tant de choses à penser, tant de choses à se dire. Se dire. C’est le mot Dany. Il faut qu’on parle…

    1. Quel verbiage illisible….écrire pour ne rien dire sous prétexte que l’on se croit doué pour le style.

      Par pitié , arrêtons la masturbation intellectuelle et les poncifs bien pensants des beaux penseurs de St Germain qui représentent les 3/4 des commentaires !

      Il faut des idées, de l’action et du concret. Je rejoins Tantale sur ces principes de proximité et d’immédiateté.

    2. Entièrement d’accord avec vos propos, à un signe et mot prés:

      « Le necessaire partage des richesses? » (il ne faut plus se poser la question, mais l’affirmer)

      « la nouvelle répartition entre salaire et capital » il faut il me semble remplacer le couple (salaire travail)
      par revenu de vie ou allocation universelle dans leur principe, leur fonctionnement et leur dénomination exactes étant à définir démocratiquement.

      Le débat de la société à venir, dans l’intérêt du collectif.

      Hier j’ai manifesté, nous étions 10.000 à Caen, quand le peuple veut il peut, donnons nous la main.

    3. @ peau-grome

      Avant de porter des jugements péremptoires sans la moindre argumentation, vous devriez d’abord vous interroger sur le choix de votre pseudo, plus que douteux, et qui renvoie aux pires heures de notre histoire.

      Comme avait dit Dany en 68 : « Nous sommes tous des juifs allemands ».

      Voici une petite explication de texte donnée par Daniel Cohn-Bendit à l’Express le 16 avril 1998 :

      Nous sommes tous des juifs allemands.

      Slogan qui reprenait une phrase de Georges Marchais, qui m’avait traité d’anarchiste allemand pour faire jouer la phobie antiboche: les étudiants à Nanterre ont crié ce qu’il n’avait pas osé dire: «juif allemand». Depuis, l’anathème raciste contre l’enragé est devenu anathème antiraciste. Et ce slogan a servi de support au refus de l’exclusion sous toutes ses formes: «Nous sommes tous des immigrés», «Nous sommes tous des étrangers», «Nous sommes tous des sans-papiers». Il traduit une identification d’une partie de la jeunesse avec ceux qui sont en marge de la société. C’est un slogan qui a eu une vie autonome. Il a survécu comme symbole de solidarité. C’est un bon slogan. Il a une puissance émotive très explicite. Il supporte sa propre métamorphose. Je lui souhaite longue vie.
      * Député européen (Verts). »

      @ Olivier

      commentaire très pertinent. Merci d’avoir repris le relais 🙂

    4. En choisissant ce pseudo je m’étais parié d’être jugé sur la forme immédiatement.
      Et paf, les beaux esprits se lèvent , si fins, si omniscients.
      Ceux là même qui combattent l’obscurantisme qui veut les pousser à travailler jusqu’à 65 ans.
      Ceux qui se battent pour leur droit acquis et laissent crever les générations suivantes.
      Et l’autre qui nous cite son demi dieu Saint Dany comme on cite les évangiles.
      Et ca veut reformer le monde?

    5. @ peaugrome

      Désolé, mais ce n’est pas en désignant un bouc-émissaire que l’on résout
      les problèmes. Vous ne faites qu’entretenir votre ressentiment.

  86. @bric a brac baroque
    toujours la même rengaine!
    « Que les femmes ne votent que depuis 65 ans est une injure grave. »
    Faites donc un procès à la vie devant cette terrible injustice, moi je vais porter plainte contre X parce qu’il y a le cancer et le sida et puis j’irais fustiger les ingénieurs de météo france parce que demain, il va pleuvoir.
    Non sans rire, faut pas exagérer quand même!
    Bien sur qu’il faut tendre vers une égalité de droits entre hommes et femmes et bien sur que cela n’a pas toujours été le cas mais faut il le regard revenchard que vous portez, empreint d’amour-haine envers vos bien-aimés. Mais je vous préviens, si vous portez plainte contre l’homme pour être né avec plus de muscles, je n’hésiterais pas une seconde à vous poursuivre pour l’injustice physiologique la plus criante dont vous bénéficiez: faire des bébés seules et perpétuer l’espèce sans l’homme (avec qq artifices de séduction bien amenés et connus de longue date bien sur). Au plaisir de vous lire

    1. ET oui cher e-déalist, toujours la même rengaine…c’est épuisant…enfin pour nous, les femmes, de lire votre réaction…

      Ainsi pour vous, le droit des femmes est de même nature que la maladie (sida, cancer, intéressant) ou des avaries météorologique…

      Des « catastrophes naturelles  » en somme…Cela en dit long sur votre façon de concevoir les choses. Pardonnez-moi mais je trouve ces arguments un peu légers, j’ai la faiblesse de croire ( c’est normal je suis une femme) que les dits droits ont été acquis par la lutte, le combat et qu’effectivement avant 1968, il était plus qu’inconfortable de naître femme…

      Je ne comprends pas très bien le but de vos propos ? D’ailleurs je les trouve très confus.

      Vous semblez mélanger lutte pour les droits et pour l’égalité (ce que revendique Bric à brac) et la disparition des différences entre les hommes et les femmes.

      Là encore je proteste, il est tout à fait stupide de penser que l’égalité des droits conduit à la disparition du genre.

      Vous semblez confondre différence et domination.

      Quant à appeler regard revanchard, le simple fait pour une femme de constater avec dépit combien il est difficile de mettre fin à des siècles d’exploitation, j’avoue rester coie, reprocheriez-vous aux hommes noirs dénonçant l’esclavage leur attitude revancharde ?

      C’est amusant ce reproche que vous faites à Bric, sur son pseudo amour/haine pour les hommes.

      Moi, c’est dans vos propos que je crains déceler la totale absence d’amour des femmes. C’est en effet un drôle d’amour que celui qui consiste à minimiser les réalités historiques des dominations sociales, sexuelles ou encore psychologiques que les femmes ont subi.

      Je crains que pour vous être un homme cela ne passe que dans votre rapport aux femmes et apparemment dans un rapport de domination.

      Désolée de refuser le statut de faire-valoir. Va falloir trouver autre chose e-déalist, vous avez de la chance , vous êtes au bon endroit pour aussi EXISTER AUTREMENT.

  87. Je souscris à cet appel sans condition…d’autant que j’ai fait ma tournée de sites participatifs (comme Agoravox), pour sentir un peu l’esprit qui pouvait y régner et là je suis extrêmement inquiet…ça urge grave comme dirait l’autre…c’est d’un front populaire qu’on a besoin…à la différence d’un Léon Blum, peu de politiciens peuvent se targuer d’avoir reçu des cartes postales avec un simple Merci…il est où l’espoir ????

  88. et pour faire le lien avec l’aspect économique des choses, n’oublions pas que le capitalisme débridé auquel nous assistons va de pair avec l’avènement progressif du matriarcat ds nos sociétés occidentales dites modernes, en tous les cas, le matriarcat fait bien l’affaire du capital car l’hyperconsommation en est une de ses corollaires: jouissons sans limites, consommons sans fin: beau modèle de société…
    abordons sereinement la complémentarité homme-femme et fuyons la tendance à faire disparaitre le genre:
    HOMME+FEMME, c’est plus excitant, charmant, efficace que HOMME=FEMME, non????

    1. Décidément e-déalist, la confusion de votre pensée fuse à tous les étages.

      C’est quoi le matriarcat ? D’après votre dernier message, j’imagine qu’il s’agit du fait que les femmes actuelles jouissent de droits plus étendus qu’auparavant.

      Donc , quand les femmes obtiennent de haute lutte des droits, on se trouve dans le matriarcat.

      Il faudrait que vous nous donniez des exemples concret de la transformation de la société française patriarcale en matriarcat, parce que ce que je constate :

      – Les femmes continuent de subir des écarts de salaires injustifiés.

      -Les femmes continuent d’assumer en plus de leur activité professionnelle la majorité des tâches ménagères.

      -Les femmes sont les premières victimes de la « flexibilité » de l’emploi, elles occupent essentiellement des postes à temps partiels non-consentis, les emplois instables (intérim, CDD).

      -les femmes qui élèvent seules un ou plusieurs enfants constituent le gros des troupes des « nouveaux pauvres ». Allez faire un tour au resto du coeur de votre région, vous constaterez que vos slogans  » jouissons sans entraves et consommons à outrance » sont dans le contexte évoqué plus proche de l’odieux et du fantasme que de la réalité.

      -Les coupes sombres dans les budgets de la santé et particulièrement dans les hôpitaux remettent en cause de façon EFFECTIVE le droit à l’avortement. Moins de médecins, moins de moyens = impossibilité de pratiquer l’intervention dans les temps prévus par la loi.

      Je pourrais égrainez à l’infini les exemples, mais je n’ai pas le temps…

      Quant à votre dernière phrase, je ne m’y attarde pas tant elle exhale le doux parfum du refoulé…

      Bonne journée à vous et à tous.

    2. @ e-déalist

      De qui voulez-vous vous différencier? Des femmes?
      De toutes les femmes? Ou d’une seule…

      Bon ben sinon celles et ceux qui sont homo, bi, trans etc…
      Bon courage à vous!
      Vous avez entendu hein, il n’existe qu’une relation excitante possible,
      celle de l’homme avec la femme.
      Sortez les avirons.

    3. @ghost dog: je vous conseille la lecture d’un bouquin d’Ivan Illich sur la question: http://www.scribd.com/doc/9629997/Illichle-Travail-Fantome1980

      Sans contredire le constat que vous exposez sur la condition féminine, Illich montre bien que cette condition est, au même titre que le travail salarié, une invention (récente) du capitalisme.

      Petite anecdote amusante que j’ai lu dans ce bouquin ou un autre d’Illich: le temps de travail ménager (qui dans les faits est à charge des femmes) ne diminue pas et a même beaucoup augmenté par rapport à l’époque de nos aïeuls (nos grands-mères travaillaient pour la subsistance de la famille, aux champs ou en revendant des fabrications domestiques, pas à récurrer la baignoire). Cela malgré les robots ménagers. Comment expliquer ce paradoxe? Simple: les exigences de propreté ont augmenté. C’est un cercle vicieux.

  89. @Jean-luce morlie :

    J’ai pris connaissance de votre dernier message . Plutôt que des manips que je ne maîtrise pas toujours ( on a l’âge de ses artères numériques ) , je préfère vous orienter sur notre hôte , en l’autorisant à vous donner mn e-mail pour mieux énoncer ce que vous pourriez attendre d’un grand père suffisament gaillard pour s’intéresser au monde qui l’entoure , mais plus assez pour en faire une ardente obligation . Et dans quel cadre et processus ( Bis , sans écho encore de la part du tôlier).

  90. Elections, pièges à cons !

    a-t-on pu entendre à une certaine époque. Cela voudrait-il dire qu’il y a moins de « cons » à la suite de ces élections régionales de mars 2010 ?

    Octave Mirbeau a même dit :

    Ô bon électeur, inexprimable imbécile, pauvre hère… rentre chez toi et fais la grève.

    C’est tout le concept de démocratie qu’il s’agit de redéfinir ou de préciser.

  91. alors la démarche de Cohn-Bendit fait son chemin dans les esprits :

    http://www.leparisien.fr/flash-actualite-politique/cohn-bendit-propose-une-ligne-interessante-modernisatrice-selon-collomb-ps-24-03-2010-861431.php

    La formule « coopérative » plait car outre le fait qu’elle fait implicitement référence au marché, comme je l’ai dit par ailleurs, elle a intrinsèquement en elle une idée puissante qui correspond à l’état d’esprit de nos contemporains : la coopérative est la réunion d’unités individuelles reliées par un ou plusieurs intérêts communs conscientisés. La nature de l’intérêt en question est toujours un intérêt vital ou conservatoire (au minimum). Et la Totalité ainsi formée (la coopérative) permet de résoudre, tout en préservant l’identité de chacun, l’accès à des moyens nécessaires à la survie comme au développement. Les unités individuelles ayant très peu de chance par elle-mêmes d’atteindre les mêmes résultats.

    Donc la « coopérative » en terme d’organisation est une nouvelle organisation qui émerge de la conscience double : nécessité de croitre ET nécessité de respecter l’autre.

    Du coup, on se retrouve dans une formule qui neutralise partiellement (ou superficiellement) l’élément de confrontation qu’est la concurrence. On sort d’une vision politique qui obéirait aux règles du marché libéral : élimination de la concurrence.

    Évidemment, la concurrence demeure mais ce n’est plus le fait premier.

    Ensuite, la coopérative peut permettre à une personnalité de prendre la direction et de mener les forces réunies vers le succès Mais au prix du respect des unités individuelles qui en sont les parties ou composantes ET du respect du projet commun qui a fait nécessité (au sens de ciment) lors de la constitution de la dite coopérative.

    Donc on voit que la formule est intelligente au sens où elle renvoie en arrière-plan la vision de la politique « marché ». Définir un projet commun devient alors l’enjeu premier. La force relative de chacune des unités individuelles étant secondaire puisque d’emblée elles se reconnaissent toutes l’incapacité d’atteindre le résultat désiré par leurs propres moyens individuels. C’est donc une discussion sérieuse qui s’ouvre pour définir un projet acceptable à toutes les parties et conforme aux idéaux communs. Point, qui a le mérite d’obliger chacun à revoir ses valeurs et sa doxa.

    Je ne suis pas de sa génération mais je l’aime bien. Il a un franc parler sympathique et ça rafraichit la vie politique pourrie faite de langue de bois.

    1.  » Cessons de tricher; le sens de notre vie est en question dans l’avenir qui nous attend; nous ne savons qui nous sommes si nous ignorons qui nous serons « . ( Simone de Beauvoir ) .

    1. « L’économie tire toujours ses fondements de principes de droit. »

      Le postulat est tout simplement faux. Et tout ce qui s’ensuit en est entaché.

      Les faits (qui possède quoi et qui a les moyens d’établir des rapports de Force) portants sur le contrôle des ressources montrent que le droit suit toujours et ne précède jamais. Le droit est un ordre qui permet ou non la médiation sociale des rapports de force. Il évolue ou involue selon la diachronie de ces rapports de force. Sa fonction est tout simplement de rationaliser les situations de possession et de permettre à tous d’avoir voix sans en venir aux mains.

      Le droit est donc une médiation sociale et un dialogue sociale. Il ne fait que traduire des rapports sociaux toujours tendus. Rien d’autre.

      L’État de non droit est donc l’État ou au moins une partie de la population (éventuellement minoritaire) juge que le rapport de force est suffisamment favorable pour ne pas en avoir besoin sauf à revêtir de l’apparence du « juste » ses décisions arbitraires.

      Dans cette vision, le droit dépend étroitement du niveau d’éducation d’une population. Car un rapport de Force injuste ne peut durablement perdurer que sur des ignorants. Se cultiver est donc un enjeu stratégique dans toutes les populations et à toutes les époques. Le partage du contrôle des ressources en dépend directement. Et le degré de pacification d’une société donnée en dépend aussi via le Droit. La limite de tout cela étant de nature anthropologique. A savoir le degré d’altruisme moyen qu’on peut attendre de chacun dans un tel dispositif.

      le principal étant l’idée de soi que chacun a. Sur le plan politique, Rousseau a très bien expliqué via une fiction méthodologique la nature des rapports juridico-politiques.

      L’espoir de chacun étant en définitive le ressort fondamental de tout : l’humain est un être symbolique. Tant qu’il rêve, il espère et donc il consent. Même si, de fait, il est nu. Le politique qui oublie ce point crucial s’expose à la violence.

    2. Je suis à la fois d’accord et pas d’accord.
      Bien sûr ce sont les rapports de force qui créent l’histoire, mais ce sont également des réflexions théoriques sur la justice et la politique (et notamment au 18ème siècle) qui ont inspiré nos systèmes démocratiques et économiques, celui des Etats-unis par exemple. Il y a toujours un mélange des deux dans une société, quelque soit le niveau : de la réflexion (à priori ou à posteriori) et un état de fait, de la théorie et de la mise en pratique, et les deux influent sur le cours des choses.
      Dans ce texte je m’inscris clairement dans une démarche de construction théorique d’une utopie, je ne cherche pas à savoir ce qu’il serait possible de faire dans le monde tel qu’il est aujourd’hui compte tenu des rapports existant mais dans l’absolu, partant de rien, et cette première phrase, dont vous soulignez qu’elle n’est pas tout a fait juste, n’est qu’un prétexte pour entamer ce travail de construction.

    3. @ Quentin

      Navré, je ne veux pas vous démobiliser. Je vous accorde que dans les faits on trouve un mélange des deux. Néanmoins, le puissant ne lache que sous la contraire et /ou par intérêt.

      Pardon aussi d’être cynique dans mon propos. J’aime Thomas More. Toutefois, nous avons besoin non pas d’un travail théorique supplémentaire dans les faits mais d’une mise en œuvre de l’existant qui est pas mal. Ce que je veux dire c’est qu’en tant que français, je me contenterais très modestement de : Liberté – Égalité – Fraternité. Notre législation regorge de droits inapplicables et quand ils le sont, il faut avoir les moyens de les faire valoir.

      Et là, nous avons une piste de réflexion tangible : entre le droit et le fait, il y a le « faire valoir ». Un vrai travail sur ce point pourrait faire avancer sérieusement les choses dans notre société. Nombreux sont les textes acceptés par le Législateur qui ne le sont que parce qu’il sait parfaitement qu’ils ne seront pas appliqués mais qu’ils auront une valeur symbolique c’est-à-dire propagandiste pour désarmer les contradicteurs.

      Il y a là un travail de fond à faire sur la mise en œuvre pour que tout citoyen puisse « faire valoir » ses droits car connaître ses droits ne les rend pas effectifs. Seuls ceux qui ont les moyens sont défendus voire même si coupable, blanchis ou quasiment. C’est un vrai sujet. Nous parlions de l’abstentionnisme, en voici une cause.

      Je vous prendrai un autre exemple : la culture du secret en France est tellement répandue qu’une personne n’accède à rien, à peine à son propre dossier. Ce n’est pas le cas de tous les pays développés.

      Cette expression « faire valoir » est puissante en soi : elle différencie utopie/réalité. Beaucoup de gens renoncent à leur droit tout simplement parce qu’ils n’en ont pas les moyens matériels. Ils subissent donc. Et ça arrange pas mal de gens que les relations sociales se déroulent de fait ainsi.

      Donc d’accord avec vous sur la nécessité de réflexion « a priori » (hors expérience) dans le sens où c’est enrichissant mais si on prétend transformer l’essai en application alors autant se pencher sur les données, on s’apercevra que la tabula rasa n’est pas nécessaire. Déjà débloquer ce qui coince. 🙂

    4. Je suis assez d’accord avec tout ça… Mais ce qui m’intéresse ce sont les problèmes systémiques de nos principes économiques, tels qu’ils sont aujourd’hui, et comment on pourrait les résoudre en se basant sur de meilleurs principes.
      Je ne suis pas sûr que quand bien même on saurait faire valoir nos droits il ne resterait pas un problème de fond qui aujourd’hui devient critique sur de nombreux niveaux (environnementaux, etc), et je pense vraiment qu’à la source de ceci, à la source même des rapports de force, il y a de grands principes, comme celui de propriété, qu’on ne pense pas à remettre en cause. (je ne parle pas du fait de posséder des choses pour son usage, ce qui est banal, mais de la propriété qui donne le droit de toucher une rente ou de faire de la plusvalue).

    5. @ Quentin

      j’ai fait un renvoi pour vous en bas de page.

      La question de la « propriété » a déjà été posée au XIXème siècle. Les essais politiques socialistes des soviets ont échoué. L’expérience montre que finalement la position d’Hegel comme quoi la propriété est comme une extension de l’homme lui-même (vécu comme tel) s’avère assez vraie. L’appropriation et la possession sont inscrites dans l’animalité même. On ne s’en débarrassera pas. Là, je pense qu’on en voit des manifestations dans la sexualité, dans les relations sentimentales. On touche à l’être même. Par contre, en acceptant cette vision que les faits ne démentent pas, on a une piste pour apporter réponse : la culture.

      La culture (au sens large) est finalement l’ensemble des techniques qui canalisent voire contrarient l’animalité en nous et ce afin de rendre le vivre-ensemble (coopération, reproduction etc) viable. Donc il y aussi une question de vitalité dans la culture. On ne doit pas laisser simplement s’exprimer toutes les tendances « naturelles ». Chaque groupe humain a donc une stratégie culturelle qui est le produit de son Histoire, de son parcours collectif dans le monde depuis la nuit des temps. Si on doit agir à un endroit, c’est bien là. Nature de l’action ? morale, juridique, éducative etc, pas de réponse précise. Toutefois l’Éducation couplet au temps est le premier vecteur d’un changement culturel.

      Éléments de réponse. Après, je pose un problème en bas du thread concernant notre vie politique, notre citoyenneté, car pour agir sur le système faut-il encore que les décideurs qui y aient intérêt….

    6. Mon dernier message est un peu sec (désolé)

      Permettez moi de reprendre de manière un peu plus précise.

      La possibilité de s’approprier des choses, comme une extension de l’homme, est effectivement un aspect important de nous même dont on ne se débarrassera pas comme ça. Ce n’est peut être même pas souhaitable de s’en débarrasser.

      Par contre nous pouvons nous questionner sur le bien fondé de la forme juridique que prend la propriété privé sous toutes ses formes et de ce qu’elle permet. Quand j’achète une action (ou du blé, ou un appartement) à un certain prix avec pour objectif non pas d’y vivre mais de le revendre plus cher, peut-on appeler ça un acte d’appropriation ? Et lorsque j’achète un appartement non pas pour y vivre mais pour le louer à quelqu’un et en tirer un bénéfice, est-ce que je me l’approprie vraiment ? Enfin quand j’achète la part d’une entreprise pour placer mon argent à des taux intéressant, est-ce encore de l’appropriation ?
      Je ne condamne pas ces comportements : il font partie du système, et nous faisons partie du système. Mais ces formes d’appropriations là, dont le but est la rentabilité et qui ne sont finalement que des outils de domination, sont-elles essentielles à l’homme au même titre que les autres formes d’appropriation d’un bien (affectif, d’usage, …) ? Qu’est-ce qui justifie leur existence, si ce n’est une dérive (celle du capitalisme) à partir d’un concept « naturel » ?

      Ici je vous rejoint : le droit vient à posteriori d’un état de fait, et pour moi le principe de propriété privé tel qu’il est appliqué aujourd’hui vient d’une certaine confusion sur ce concept qui donne lieu à une dérive : le capitalisme, qui se légitime à posteriori.

    7. @ Quentin

      bon autant pour moi, je suis allé relire votre article.

      Ce que j’ai compris c’est que vous voulez un système dans lequel les gens disposent des choses selon leurs besoins mais n’en restent pas propriétaires. Ils en jouissent et restituent ensuite quand ils ne sont plus satisfaits. La chose ne s’usant pas dans un coin, lentement, mais plutôt activement puisque remise sur la place publique, un autre pourra s’en servir à son tour, et ainsi de suite, jusqu’à usure irréversible de la chose.

      Principe de partage de la satisfaction (je ne sais comment le nommé exactement). Une sorte de Droit d’usage temporaire. En somme nous n’aurions plus que l’usus sans le fructus et l’abusus.

      Pour le moment, je ne vous réponds pas plus avant, mais est ce le principe au centre de votre démarche ?

  92. @ghost dog, moi, gueule d’atmosphère
    les arguments sonts courts chez vous, vous répondez avec une certaine émotion, dirait-on. L’argumentaire est approximatif. Le refoulé dont vous parlez chez moi, c’est l’argument pour stopper la discussion en me désignant comme victime de moi-même, de mon homosexualité refoulé, n’est ce pas? c’est comme la réponse facile d’une personne de couleur qui taxerait son interlocuteur de racisme devant la moindre critique. Eh très chères, on peut faire une critique à une personne de couleur sans être raciste comme on peut parler de l’avènement progressif du matriarcat dans nos sociétés sans pour autant être le plus ardent défenseur de l’autorité du Père. On peut seulement faire le constat d’une société qui se féminise progressivement sans être le machiste acéphale dont vous parlez. Il faut pour cela adopter une façon moins binaire de réfléchir, moins dichototomique, plus sereine et subtile. Il dit qu’on est dans une société de plus en plus matriarcale, c’est qu’il est pour le patriarcat le plus dur…
    Il n’y a pas de camp à choisir dans cette histoire ET le refoulé dont vous parlez intéresse peut-être, me semble-t’il, vos arrière-pensées revenchardes transgénérationnelles.
    A propos d’une lecture traitant de l’avènement progressif du matriarcat:
    « la nouvelle économie psychique, la façon de penser et de jouir aujourd’hui » de charles Melman
    et « un monde sans limite » de jean-pierre Lebrun »
    bonne lecture

    1. Finalement notre discussion portera donc sur la légèreté respective de notre argumentation… Pas vraiment…réjouissant…

      Vous n’avez toujours pas explicité clairement en quoi cette « évolution » mettait en cause tout discours relatif à la domination patriacale passée et présente et en quoi lorsqu’une femme le faisait remarquer , cela constituait un « abus de vielle rengaine ».

      Je ne demande qu’à être convaincue, n’est-ce pas aussi la beauté de ces échanges ?

      Quant à la dimension psychologique dans l’avènement progressif du matriarcat, j’en parlerai directement avec Jean-Pierre Lebrun que j’ai la chance de rencontrer chaque semaine, amusant non ?

      Bonne soirée, très cher.

  93. « Ce catalogue, livre de doléances ou quel que soit le nom qu’on veuille bien lui donner, ne sera pas l’aboutissement de tractations entre partis, mais le produit d’une élaboration « apartidaire », fruit de la tenue d’États généraux, témoignage que les temps difficiles sont ceux où s’entend la voix des sans grade, guidés seulement par leur foi en la lumière et leur bonne volonté ! »

    Faire des cahiers de doléances, hum, je n’y quoi pas du tout. A moins de créer un gros rapport de force avec une grande marche et blocage vers Paris ou vers nos capitales de régions. Sans cela, je ne crois pas à une discussion sur les bancs feutrés du parlement et encore moins dans les salons de l’Elysée.

    Regardez ce qu’il en est advenu du Grenelle Environnement qui dans son premier jet était un bon cahier de doléances. Et qui petit à petit c’est vu vider de sa substance, tout d’abord par les hauts fonctionnaires (dégoûtés d’avoir été exclus de la première phase des « échanges ») puis par les politiques eux même initiateurs de ce processus (cf déformation de la taxe carbone puis abandon), et que dire du dernier public sur les nanotechnos… pff

    Ceci dit, l’idée d’un cahier des « solutions possibles » n’a de sens pour leurs ordonnancements que s’il y a un grand cadre générale qui définira les grandes orientations et ainsi permettre de définir les actions et priorités. En gros : société à la philosophie capitaliste ? ou autre ? si oui quoi d’autre ? car, à lire les grandes idées humanistes qui ont été proposées plus haut dans les posts, je me dis « bien du courage » dans un univers capitaliste avec les dérives culturels encrées jusque dans les plus basses couches de nos sociétés de consommation.

    Cela pose donc la question du : valeurs capitalistes ou pas ? Compétition et concurrence des individus ou pas ? sans pour autant retomber dans le pseudo communisme stalinien « of course » etc..
    Et jusqu’à ce jour en terme d’alternative la plus complète que j’ai pu lire et la plus large en terme de possible pour nous le peuple ,économie distributive., oublions la redistribustion, élevons nos exigences.

    Perso je ne suis pas pour une révolution mais plutôt une évolution en élevant le niveau de notre système démocratique. NOUS NE SOMMES PAS EN CRISE. NOUS SOMMES EN MUTATION. Et pour envisager une réelle transition, à mon sens il y a certes à traiter l’urgence de ce capitalisme qui part en décrépitude, et surtout, PRENDRE LE POUVOIR DES MUNICIPALITES pour y mettre en place une démocratie directe.
    Les solutions sont à trouver localement pour un impact global. Et pour réussir ce pari il n’y a pas mieux que l’intelligence collective et pas seulement celles des « 500 oligarques de France. »

  94. Belle victoire de la démocratie.

    Pourquoi se lamenter sur la faible participation ?
    En exagérant un peu 3 votes exprimés aurait suffit pour élire une centaine de conseillers régionaux.
    Quelle économie !

    L’élection est passée, les conseillers sont élus, ils feront bon usage sans aucun doute du mandat que nous leur avons confié.

    Peut être seront ils plus raisonnables que d’autre qui subrepticement se croit investit de missions nouvelles et débordent largement le cadre de leur mandat initial pour s’approprier ou céder à des tiers le bien commun en vidant de sa substance l’objet même de leur mandat. Mais curieusement, oubliant bien sûr de quitter leur fonction devenue sans objet.

    Alors pourquoi regretter, si peu de participation.
    Et bien en raison de la légitimité.

    Seule la légitimité, acquise sur des bases larges et avec un écart significatif sur l’adversaire permet d’asseoir une démarche politique volontaire et ferme.

    Mal élu, vous serez toujours en bute aux contestations systématiques de la moindre initiative, la pressions des lobbys n’en sera que plus forte et votre action politique se bornera au respect d’un consensus mou et sans éclat favorisant le clientélisme et le corporatisme.

    Mais tout le monde ne s’en plaindra pas bien au contraire.

    Vous avez voté, c’est bien fait.
    Par force, par raison ou par conviction, il faut choisir. Et même si l’élu n’est pas de votre bord, vous le laisserez exercer son mandat jusqu’au bout surveillant scrupuleusement le respect de ses engagements et son adaptabilité aux circonstances.

    Vous n’avez pas voté, c’est bien fait.
    Vous faites partie de la majorité présidentielle régionale élue, car qui ne dit mot consent.
    Évitez donc de contester à la première occasion, les initiatives de « vos élus ». Que diriez vous s’il ne faisait rien?
    Vos élus vous ont fait des propositions avant l’élection, ne leur reprochez pas d’essayer d’en mettre certaines en applications. Ils ont besoin de votre soutien.
    Si certaines choses vous choquent ou vous étonnent, c’est peut être le début d’une prise de conscience politique ? Qui sait ? La prochaine fois, peut-être irez vous voter, s’il pleut?

    Enfin n’oubliez pas : bloguer n’est pas voter

    1. Zebulon,

      C’est pour moi un personnage de la série mythique « Le Manège Enchanté ». Il emmenait son héroïne et les téléspectateurs dans le pays du Bois Joli. Est ce que vous voulez nous emmener dans un autre pays du Bois Joli ?

      Nous sommes d’accord sur le fait que la forte abstention affaiblit la légitimité des élus et que cela facilite l’activité des groupes de pression.

      Nous sommes d’accord sur l’idée qu’un élu reçoit un mandat de ses électeurs. Nous sommes totalement opposés sur l’idée que ce truc marche encore. Qu’est ce qu’il y avait comme choix ? Je suis poli en écrivant ne pas avoir trouvé quelqu’un à mandater. Aucun d’eux ne sait comment faire repartir la machine économique. Aucun d’eux ne sait comment surmonter nos divisions basées sur des intérêts contradictoires. Aucun d’eux ne sait réguler les rapports de forces qui en découlent. Aucun d’eux ne sait empoigner le défi de l’insuffisance des ressources naturelles face à nos besoins. Aucun d’eux ne sait donner un sens à cette « histoire de fous écrite par des idiots pour des imbéciles » que le poète décrivait comme notre vie. Dans ces conditions, je vous demande ce que signifie confier un mandat à un élu.

      « Par force, par raison ou par conviction, il faut choisir. » Je vous concède volontiers le « il faut choisir ». Mais pourquoi est ce que devrais choisir dans le cadre et sous des conditions visiblement construites ? Et si ma conviction est que tous les candidats sont à côté de la plaque pour mes soucis, mes aspirations, des désirs les plus importants est ce que je fais un tirage au sort ? Quand être réaliste signifie se coucher devant le moindre des désirs des marchés financiers et passer à la caisse par le chômage, la précarité, les baisses de salaire avant la crise et puis passer à la caisse par la rigueur, les impôts et plus, plus vite, de chômage, de précarité et de baisses de salaires pendant la crise, que signifie voter pour un type qui n’y peut rien ou qui passe son temps à vous dire que c’est le seul chemin possible ?

      Surveiller le mandat de l’élu, c’est une blague. Est ce que je vais aller dans les réunions voir ce qu’il fait ? Est ce que je vais avaler tout cru et sans discuter toutes ses déclarations ? Est ce que je serai au courant de toutes les influences qu’il va subir ? Je ne peux que lui faire confiance. Ensuite, nous sommes dans un monde de « communication ». Autrefois cela signifiait échanger des informations que les différentes parties estimaient vraies pour arriver à une vérité dépassant tout ce que ces parties pouvaient atteindre. Maintenant, cela signifie transmettre des informations sélectionnées, pas toujours honnêtes et, je pense, très souvent vraies pour faire aboutir ou défendre le projet de l’émetteur de la communication. Autrefois, cela se nommait intoxication. Maintenant, c’est une information libre et responsable. Surveiller l’élu avec les méthodes de communication actuelles, modernes dont l’efficacité m’ébahit chaque fois que j’en suis conscient ressemble à une blague.

      Pour moi, la perte de légitimité des élus se base sur l’urgence de la situation, l’incapacité des partis à simplement proposer une réaction à cet incendie et ma perte de confiance en ces gens qui s’ensuit. L’abstention n’est que la conséquence de ce processus.

      Ramener la légitimité à l’acte visible, mesurable et rationnel du bulletin de vote dans l’urne, c’est vraiment passer à côté de tout cela. C’est rater la présence d’être humains dans cette histoire. C’est nous ramener à des porteurs de papiers dans une boîte. C’est me dire que nous ne comptons pas.

      Je nous vois dans un monde de rapports de forces, d’argent et de règlements ou d’arrêtés de tribunaux. C’est un monde insensé où chacun défend ses intérêts. C’est une question de survie. Chacun construit son jardin autour duquel il met des barrières aussi hautes et aussi solides que possibles pour pouvoir s’abriter du monde et refaire ses forces pour le combat. Chacun décrète que sa vision du monde est la seule possible. C’est celle qui assure sa vie quand elle est efficace. C’est un monde où la taille du compte en banque, le pouvoir personnel et l’étendue de son influence sur la réalité définissent l’estime de soi, son sentiment de sa valeur et donc sa réussite. Comment faire confiance dans ce monde ? Comment se comprendre mutuellement dans ce monde ? Comment affronter des problèmes propres à toute une société dans ce monde ? Comment ne pas abuser de sa position de force dans ce monde ? Comment ne pas trouver normal et naturel de se battre les uns contre les autres dans ce monde ?

      Voter dans ce monde devient insignifiant.

      Vous voulez que nous votions. Répondez, je vous en prie, à la question que je vous pose sur ce blog. Il y a un monde. Il s’est fracassé sur ses contradictions et ne continue que par absence d’alternative. Ses habitants sont perdus dans un magma informe d’affirmations plus ou moins précuites, plus ou moins orientées, par des experts compétents et une vision de la réalité au mieux partielle qu’ils confondent avec ce monde ou qui sert à les manipuler pour leur faire accepter la volonté du Guide local. Ce n’est pas Bois Joli. Je ne suis pas Zébulon.

      Qu’est ce que la légitimité dans ce souk ?

  95. @ Pierre-Yves D. dit : 24 mars 2010 à 16:11

    J’apprécie votre sens moral, lorsque vous reconnaissez avoir manqué de rigueur dans votre intervention du 24 mars 2010 à 16:11 Aussi, j’ai plaisir à faire un effort pour mieux développer ma pensée concernant le fameux slogan « jouissons sans entrave » sur lequel vous revenez.

    Pour voir comment ce slogan a été néfaste à l’évolution de notre civilisation, il faut, à mon avis, l’aborder avec une vision large et ne pas le limiter seulement à son application sexuelle. Cela ne veut pas dire qu’il n’a pas eu du tout de conséquence sur la fragilisation des couples, surtout quand on le combine avec « il est interdit d’interdire ». Selon moi les slogans sont des formules chocs destinées à marquer les esprits et à les imprégner.

    « Jouissons sans entrave » est clairement une injonction à la recherche du plaisir, sans retenue, sans modération, où qu’il se trouve. Cela peut facilement s’entendre comme « Jouissez de tout » « Ne vous privez de rien » « Profitez-en » et s’étendre ainsi à de nombreux domaines.

    Or, on peut trouver du plaisir dans de nombreux domaines, pas seulement sexuel. D’ailleurs, maintenant, il n’est pas rare d’entendre quelqu’un dire au sujet d’une activité qui plait énormément et procure des sensations fortes: c’est jouissif.

    L’activité de trader est de celles-là.

    Oui me direz-vous, mais l’activité de trader est bien antérieure à 68. C’est vrai. Mais au même titre qu’il a grandement aidé psychologiquement à la libération sexuelle, ce slogan a, selon moi, aussi beaucoup aidé à installer l’idée de liberté par le plaisir, on peut y aller sans entrave, sans limite : éclatez-vous ! C’est, au même titre que « Il est interdit d’interdire » une levée des interdits et notamment des interdits moraux qui ont grandement, dans le passé, contribué à faire l’homme. (Je n’ose plus dire tel qu’il est)

    Le « sans entrave » a eu un effet désastreux. Il a ainsi fait régresser d’importantes vertus sur lesquelles se sont fondées de grandes qualité de l’homme civilisé, telles que la tempérance, la modération, la frugalité qui manquent terriblement quand on pense écologie. Que doit-on penser de ce 68ard, grand prêcheur de la consommation des plaisirs sans retenue, lorsqu’il surfe sur la vague écologique ? Il ne manque pas d’air, comme on dirait aujourd’hui.

    Consommation ; voila un mot qui colle bien avec jouissance au sens de possession et de droit d’usage.
    Comment ne pas faire un rapprochement avec l’épuisement des ressources de notre planète ?

    Bien sûr les promoteurs d’une débauche de consommation, il faut les désigner dans un autre camp il faut en attribuer la responsabilité au capital, cette plaie de l’humanité qui est désignée aux jeunes comme l’origine de tous nos maux.

    Les 68ards ont-ils été des modérateurs de quoi que soit? Assurément non. Ils ont plutôt prôné l’inverse. Et pour mieux assouvir leur soif de plaisir à consommer sans entrave, ils se sont livrés sans retenue à ‘usage du crédit quitte à laisser l’addition des dettes à leurs descendants.
    Hier encore à la TV on présentait un monsieur en âge d’avoir été 68ard, qui imputait la responsabilité des surendettements aux banques qui, telles la sienne, accordent encore des crédits alors que les découverts se multiplient.

    Non, nous les 68ards, nous ne sommes responsables de rien disent-ils ; sauf d’avoir instillé dans l’ esprit de la jeunesse tout ce qu’il fallait pour assurer la régression de la civilisation.

    Venons-en à « Nique ta mère » c’est pour moi un héritage direct de l’esprit de 68, lequel visait plutôt la démolition de l’autorité morale incarnée par les vieux. De Gaulle en 68 avait 78 ans, quel vieux machin !
    Nique ta mère vise en réalité le père mais comme depuis 68 on ne sait plus toujours où il est ou qui c’est, et qu’il manque quelqu’un pour exercer l’autorité familiale, on s’en prend à ce qui en reste : la mère.

    Soixante huit visait à la libération des jeunes gens qui, comme j’ai entendu ici, étouffaient littéralement dans un carcan insupportable. On ce demande comment ont fait les générations précédentes.

    Quand est arrivé « Nique ta mère » c’était clairement pour libérer les tranches d’âges inférieures, les adolescents et même les bien plus jeunes avant même qu’on ait pu leurs inculquer les règles élémentaires de vie en famille, en classe ou en société. Nous sommes arrivés au bout du bout.

    1. Comment expliquer alors que le phénomène soit internationalement répandu ?

      PS : N’est ce pas se rassure à bon compte ( et par là passer à côté des solutions ) que d’appeler l’erreur , faute ?

    2. @juan nessy dit : 25 mars 2010 à 15:12

      Je ne connais pas ce qui s’est passé hors des frontières, mais je crois savoir que sous diverses formes, hippie ou autres, cette époque a été une période d’effervescence assez générale. Je ne sais pas quelles ont été les conséquences ailleurs.

      Mon vécu sur le sujet de 68 aussi été donné ici.
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=4157#comment-37392

      Je ne crois pas avoir parlé de faute, mais d’erreurs à corriger. Tant qu’ils sont vivants, les 68ards verts sont les mieux placés pour dire qu’il s’agissait d’erreurs. L’idéal serait qu’ils s’attèlent aussi à une tâche de restauration morale de la société, quitte à ce que cela les droitise. Ils auraient tout à y gagner électoralement et le pays aussi.

      D’ailleurs, peut-on réussir une révolution verte et une décroissance non violente sans investir substantiellement sur le volet moral et spirituel? Est-ce encore possible?

    3. Je parlais de L’Erreur et de La Faute .

      Et toujours la morale et/ou le spirituel confondent les deux .

      Que le dogme soit vert , soixante-huitard , marchand , spirituel , militaire , judiciaire , rouge , brun , rose , blanc ,propriétaire , étatique , communiste , libéral ,aristocratique , libertarien , … Le dogme est le vol de la liberté et de la vie .

      Liberté , égalité , fraternité et Montesquieu , plus que jamais nécessaires pour continuer l’aventure . verte si vert veut dire en inter-relation avec le monde .

  96. Je suggèrerais d’adresser un appel public aux dirigeants du G 20 et de l’UE:
    -pour les mettre en demeure de mettre leurs actes en conformité avec leurs déclarations et les traités qu’ils ont ratifiés
    -pour leur faire comprendre que,à défaut d’entendre cet appel,leur tranquillité,leur survie politique,leur réélection et leur image dans l’histoire seront menacées par des manifestations de masse et des révoltes dans le monde entier.
    Cet appel(ou lettre ouverte)pourrait être relayé,dans un premier temps par les médias et une série de colloques,dans un deuxième temps par des manifestations de masse pacifiques.
    Ci-après un avant-projet d’appel.

    Gilbert Ribes. Paris,le 25 mars 2010.

    APPEL AUX DIRIGEANTS POLITIQUES DU G20 ET DE L’UNION EUROPEENNE.

    Nous,citoyens européens et citoyens du monde,

    Pour éviter l’éclatement d’une bulle mondiale de manifestations de masse et de révoltes,contre le chômage,la précarité,la pauvreté,dont la Grèce et les émeutes de la faim dans différents pays nous donnent un avant-goût,

    Pour que chaque citoyen du monde ait accès à l’eau potable,à l’électricité,à une nourriture suffisante,à un abri décent,à l’éducation et à la santé,

    Nous demandons aux dirigeants du G 20 de mettre leurs actes en conformité avec leurs déclarations,leurs engagements et les traités internationaux qu’ils ont ratifiés,

    Nous dénonçons leur impuissance face aux entreprises financières et aux firmes transnationales,

    Nous rappelons que ,conformément au Pacte International des Droits Economiques,Sociaux et Culturels de l’ONU qu’ils ont ratifié,leur premier devoir économique et social est de créer les conditions du plein emploi et de l’amélioration du niveau de vie de tous leurs concitoyens,pour assurer à chacun le droit au travail et la possibilité de subvenir aux besoins de sa famille en remplissant son devoir de travailler,dans la mesure de ses capacités,

    Nous dénonçons la faiblesse des dirigeants politiques européens,face aux Etats-Unis et à la Chine.

    Il ne suffit pas de déplorer l’hégémonie du dollar,le laxisme monétaire américain,la sous-évaluation arbitraire du yuan,les dangers de l’accumulation excessive des réserves monétaires chinoises,la volatilité des taux de change,les spéculations et les manipulations monétaires des hedge-funds,

    Il faut,en urgence,après la fin des accords de Bretton-Woods,décidée unilatéralement par les américains en 1971,instaurer un nouveau Système de Régulation Monétaire Internationale,permettant notamment un contrôle multilatéral de la création monétaire mondiale,un rééquilibrage concerté des déséquilibres structurels des balances de paiements courants,l’ajustement des taux de change et la fin des spéculations monétaires disproportionnées par rapport aux besoins de l’économie réelle.

    Il ne suffit pas de déplorer les endettements excessifs et l’insolvabilité de nombreux agents économiques,publics et privés,le non respect des normes prudentielles,l’opacité de certaines entreprises financières ou sociétés écrans,la complexité,la perversité et la diffusion dans le monde entier de certains produits financiers ou d’assurance-crédit,la spéculation débridée sur les produits dérivés,

    Il faut,sur la base d’une Convention Financière Internationale,instaurer une régulation financière internationale,s’appliquant à tous les territoires(y compris les paradis fiscaux),à toutes les entreprises financières ou non financières(y compris les hedge-funds),à tous les types de produits financiers préalablement agrées(y compris les produits dérivés)et à tous les produits d’assurance-crédit(y compris les CDS).

    Il ne suffit pas de demander aux paradis fiscaux de bien vouloir coopérer aux enquêtes internationales concernant des personnes physiques soupçonnées d’évasion fiscale,

    Il faut exiger,des paradis fiscaux comme de tous les territoires,la publication systématique de l’identité des actionnaires et des comptes de toutes les sociétés,trusts ou fondations qui y sont domiciliées,pour lutter efficacement contre l’évasion fiscale( non seulement des personnes physiques mais aussi et surtout des institutions financières et des firmes transnationales)et pour lutter contre les trafics criminels en tous genres(drogues,armes,prostitution et autres),le financement du terrorisme ou des guerres civiles,la corruption,le détournement des fonds destinés à l’aide au développement,le contournement des règles prudentielles,la spoliation de l’épargne des ménages,la spéculation débridée,et il faut interdire ou taxer lourdement toute transaction financière avec des territoires qui ne respecteraient pas les obligations fixées par la Convention Financière Internationale.

    Il ne suffit pas de déplorer le chômage, le sous-emploi,la précarité des conditions de vie,le dénuement ou la pauvreté de populations entières qui existent dans tous les pays,développés,émergents et moins avancés,

    Il faut accompagner le libre échange du respect des normes sociales fixées par le Pacte International des Droits Economiques,Sociaux et Culturels de l’ONU et par les Conventions Fondamentales de l’OIT et du respect de normes minimales de protection de l’environnement et de la santé,autoriser l’instauration de taxes d’importation sur les produits en provenance de pays qui ne respecteraient pas ces normes,inciter les pays émergents à fonder leur croissance davantage sur leur demande intérieure et moins sur l’exportation,en s’inspirant des règles appliquées dans le cadre du Plan Marshall.

    Il ne suffit pas,ici ou là,de temps à autre,de dénoncer des exploitations économiques et sociales dégradantes d’hommes,de femmes ou d’enfants,ou de dénoncer des atteintes graves à l’environnement ou à la santé humaine,

    Il faut instaurer un Tribunal Pénal International pour juger les crimes économiques,sociaux et environnementaux.

  97. Jean-Marc Jancovici est celui qui s’exprime le plus clairement à propos de la Taxe Carbone.

    « La production mondiale de pétrole est désormais à son maximum historique. Pour les Européens, la quantité de pétrole disponible va donc très rapidement décliner. Or le prix du pétrole détermine l’économie bien plus fortement que ne le font les décisions de l’Elysée et Matignon » – Jancovici

    http://www.terra-economica.info/Taxe-carbone-Les-cancres-ont-eu-le,9402.html

    1. Le fait de connaitre à la fois les travaux de Paul Jorion et Jean Marc Jancovici donne vraiment envie de les voir se rencontrer.

      Mais cela arrivera peut-être, de nombreuses passerelles ont été jetées entre ici et http://www.manicore.com/

      Au delà de leur expertise, ils ont tous deux une motivation saine et savent trouver de l’espoir à partager : c’est précieux !

  98. @ Peak.Oil.2008

    merci pour le lien, je suis allé lire des articles bien rédigés et intéressants.

    @ Quentin

    je vous réponds sur la base d’un article sur le site (que je mets ci-après en lien) sur la notion de « faire valoir » le droit et le « système », le tout est en rapport avec l’article au principal, à savoir l’appel de Cohn-Bendit.

    @ Pour tous

    Le lien (article à lire) :

    http://www.terra-economica.info/L-appel-de-Cohn-Bendit-en,9234.html

    Je retiens un passage important qui se situe vers la fin et qui est un « problème » posé par le PS aux écologistes et dont la réponse est l’appel. Réponse de Cohn-Bendit (je résume ce qu’il déclare sur les médias) : « nous sommes une équipe d’amateurs, notre organisation le reflète car elle est de bric et de broc. Maintenant, après ce nouveau succès électoral qui confirme notre installation comme 3ème force de la vie politique française, il faut nous organiser comme des « pros » « .

    C’est grosso modo l’essence de son propos.

    Pour ceux qui ont lu mes commentaires, je trouve l’idée de la coopérative très bonne et j’en ai donné des raisons précises que je ne répète pas.

    Ce qui me trouble profondément et qui doit nous interpeler tous (vous allez voir Quentin que faire valoir son droit dans un système qui le nie n’est pas évident), c’est ceci :

    extrait :

    [ En effet, longtemps les écologistes n’ont pas été pris au sérieux par les cadres des autres formations politiques au motif principal qu’ils ne disposeraient pas en interne des compétences, notamment nécessaires à la direction de l’appareil d’Etat. Il leur serait donc interdit de prétendre à l’exercice de responsabilités politiques de haut niveau. Il leur manquerait ces jeunes gens diplômés qui composent les cabinets ministériels au lendemain des élections avant de composer les directoires des grands groupes industriels. L’organe d’idées précité serait aussi ce réservoir d’experts et de spécialistes capables de proposer autre chose qu’une simple gestion des affaires de la cité : un projet d’Etat et de société. ]

    Tout est dit. Le PS dit sa nature au passage (comme l’UMP), mais étonnant le projet de coopérative n’est proposé que pour faire comme eux. L’écologie de Cohn-Bendit en terme d’organisation politique consiste à réunir en réseau (la coopérative peut être vu ainsi) les mêmes gens pour faire une écologie technocratique. Bref, on exclut donc les citoyens qui n’ont pas fait les bonnes écoles et pour tout dire on réduit ainsi le droit civique français à : « selon ton pedigree social ton droit civique donc politique consiste à voter pour les gens qu’on t’indique et dont le droit lui est plus fort puisqu’il emporte aussi de fait celui d’exercer le pouvoir au delà du vote. » Nous sommes d’accord que les sociologues ont montré sans conteste depuis 20 ans déjà qu’en France les catégories socio-professionnelles se reproduisent (endogamie, implicites scolaires etc). Nous arrivons donc à ce moment où une force politique neuve pour s’installer doit recruter dans les élites autorisées à exercer le pouvoir au quotidien.

    Nous avons donc une disjonction à l’intérieur du droit politique de chacun : 1/ un droit basique d’exercice de la souveraineté qui consiste à aller voter et éventuellement dans le meilleurs des cas siéger comme édile de base 2/ un droit amélioré qui « autorise » l’accès aux fonctions politiques supérieures (celles où le pouvoir réel se trouve).

    La coopérative est donc vue comme la solution pour répondre à cet impératif.

    Pour reprendre la vision systémique de Quentin : on a là un vrai « système » qui n’est rien d’autre qu’une société d’Ancien Régime, contre-révolutionnaire et effectivement poser l’identité de la France dans cette perspective n’est plus un problème d’immigration mais tout simplement de nature de Régime Politique et de Société. C’est une régression.

    L’abstentionnisme n’est rien d’autre que la réponse de fait, concrète au rejet de Monsieur-Tout-Le-Monde par une élite qui s’est appropriée clairement la chose publique. Et qui maintenant ne s’en cache même plus.

    La coopérative décryptée.

    Rq1 : dommage qu’une formation politique qui pourrait rafraichir la vie publique s’oriente dans cette voie.

    Rq2 : en ce qui concerne les rangs des formations politiques, les écologistes ne sont pas 3ème.

    D’une élection à l’autre (fonction de la stratégie et du contexte) :

    les rangs 1-2 sont partagés par l’UMP et le PS
    le rang 3 est partagé par le FN, le NC et les écologistes. Et c’est ici que les deux gros partis puisent leurs ressources.

  99. @René

    Oui c’est à peu près ça, même s’il n’y a aucune nécessité que l’usage soit temporaire.
    Il s’agit de partir du constat que tirer un profit quelconque de la propriété est injuste, parce que la propriété est en elle même profitable pour ce qu’elle est. C’est quand celui qui possède déjà s’enrichit encore que les inégalités se creusent.
    Or ce n’est pas quand on possède pour son usage que se produit cet enrichissement, mais quand on possède pour l’usage d’un autre. Il suffirait donc de ne pas permettre le transfert de la propriété (la revente) pour que la propriété redevienne uniquement ce qu’elle devrait être, la possibilité d’avoir l’usage de ce que l’on possède.

    1. @ Quentin

      si on interdit la revente, admettons à l’instant T de notre histoire (ou T est « maintenant », « l’année prochaine ».. n’importe quel terme présent ou à venir dans la durée que nous nommons « Temps » et que nous comptons), le fait de posséder un bien quelconque pour son propre usage découlera de quoi ? j’explicite : je suis « rené » et je voudrais consommer du café. Je n’ai pas de lieu où je pourrais en cultiver. D’ailleurs, il me faudrait attendre la saison de récolte puis transformation pour en avoir quand bien même aurais-je répondu par l’affirmative à la question du « lieu » (sans prendre en compte les savoir-faire que je n’ai pas). Vous voyez qu’il me faudra une chaine de valorisation allant du producteur au consommateur pour en avoir maintenant et pas hypothétiquement dans quelques années. Évidemment, vous m’objecterez qu’on peut renoncer à beaucoup de consommation et donc de possessions même temporaires le temps de leur consommation (usage).

      Dans cette idée, on s’apercevrait vite que chacun devrait avoir quand même de quoi vivre. Donc votre système d’interdiction de la revente est un système qui interdit la revente « privée ». De particulier à particulier. L’opérateur économique qui disposerait de tout serait forcément la collectivité publique. L’État en l’occurrence. Et ce même dans un système où il y aurait une poignées de produits jugés vitaux.

      Le collectivisme est donc inévitable si on supprime la « revente » à titre privée. D’ailleurs pour être plus précis encore, vous dénoncez les contrats de louage à titre privé. Ou une personne A met à disposition d’une personne B du capital moyennant un service en contre partie avec retour du capital à la personne A au terme du contrat qui fixe les conditions de louage.

      La notion de « revente » est à revoir, seloi moi car elle recouvre non seulement le fait que les gens se revendent des consommations intermédiaires entre eux qui sont en soi des produits finis et en même temps une relation contractuelle privée qui est celle du louage de bien meuble ou immeuble.

      Je pense qu’il faudrait envisager de définir strictement cette notion car certaines relations d’interdépendances entre les individus d’une même collectivité voir entre collectivités sont – il me semble – indépassables. La notion de revente est trop flou et prise en bloc on tombe dans l’Etat total pour se substituer aux transactions privées alors que celles-ci auraient surement besoin d’être plus encadrées par l’État. Par la collectivité publique.

      Remarquez que pour désigner l’État, j’emploie l’expression « collectivité publique ». Or aujourd’hui dans pas mal d’esprits cette formule équivaut au « communisme ». Le modèle ou idée de l’État implicite pour beaucoup est celui d’une entreprise. L’État serait une entreprise d’un genre particulier mais une entreprise. Son rôle ne serait donc pas de réguler les marchés mais de produire certains services au profit des marchés : la sécurité des biens et des personnes qui font des affaires (police-justice avec toutes les techniques de contrôle social qui accompagnent). Et quand je pense aux services que l’État pourrait rendre aux autres entreprises en traitant de l’État selon l’idée qu’il serait une entreprise, en fait j’entraperçois sa disparition pure et simple. Le seul service qu’il puisse encore rendre après élimination de tous les secteurs où le marché privé pourrait tirer profit étant celui de la garantie des activités financières en cas de crise. Il reste le seul qui peut renflouer les opérateurs en mobilisant les moyens de tous (à commencer par ceux qui n’ont aucun intérêt véritable dans le système en place (le plus grand nombre)).

      J’attire votre attention sur le fait que ce n’est pas en interdisant un certain type de relation qu’on trouvera de la justice sociale car pour reprendre mon exemple conditionné avec l’instant T, si on appliquait (sans se poser la question de savoir comment on aurait réussi à poser les conditions de possibilités d’une telle mesure) l’interdit sur la « revente » au sens où vous l’entendez. L’effet concret immédiat serait de figer les acquis. La plupart des gens seraient sans rien et à la rue. Par exemple, les propriétaires de logements n’auraient plus le droit de louer leurs biens. Résultat les gens seraient à la rue. La nourriture idem. etc

      Comme je vous le disais ce genre de réflexion riche et qu’on ne peut pas résumer en quelques lignes (car chaque point mérite d’être travailler) demeure de l’Utopie au sens de T. More. On ne peut modifier une société telle quelle. Les tentatives de tabula rasa historiques conduisent toutes à tuer beaucoup de monde. Les relations sociales sont « vivantes ». La « revente » à autrui au sens que vous retenez fait partie des réflexes quasi spontanés des humains. Et dans le cadre de la division du travail une nécessité. La question n’est donc pas de l’interdire puisque cela me semble incontournable mais plutôt de savoir quel encadrement on en a. Ce qui pose le problème difficile de savoir quel est le type d’État qu’on a et qu’on souhaite. Si vous vous posez la question aujourd’hui de ce lien fondamental de l’échange, c’est comme je le disais précédemment que la conception de l’État triomphante est celle qu’il est simplement une Entreprise sui generis.

      Le vrai souci est donc que les « penseurs » ont tout simplement démissionné de toute réflexion sérieuse et pragmatique concernant l’État… dans nos pays. La chine a un État. Les États-Unis aussi. Les Européens n’en ont plus. Je vous ferai remarqué qu’a partir du moment ou un État renonce à contrôler sa monnaie et réduit sa politique économique a de la fiscalité, il n’est plus un État au sens fort du terme. Battre monnaie a toujours été le centre du pouvoir. Je ne trouve pas anormal votre réflexion dans ce contexte.

    2. Reprenons l’exemple du café : le producteur de café peut mettre à disposition son café pour consommation à ses clients. Si ce producteur se trouve dans un pays lointain qui applique les mêmes règles économiques, il peut s’octroyer les services d’un transporteur/distributeur, qui sera rémunéré pour se travail.

      Encore une fois la chaine de distribution est un exemple typique dans lequel la notion de propriété est détournée de sa signification originale, et le transfert de la propriété permet aux intermédiaires de s’enrichir de manière démesurée et de faire pression sur les producteurs (d’où la nécessité aujourd’hui de mettre en place des filières de commerce équitable). Et encore une fois, le fait de ramener la propriété à quelque chose qui colle de plus près à sa véritable nature permet de recadrer les distributeurs, en en faisant non plus des clients mais des fournisseurs de service.

      Il n’est pas question de collectivisme. Je ne vois pas la nécessité à ce qu’il y ait un unique opérateur économique. L’essence de l’économie est bien entendu de produire pour les autres, et cette liberté existe toujours. La seule différence est qu’il n’y a pas transfert de propriété.

  100. Martine,

    http://www.pauljorion.com/blog/?p=9476#comment-67849

    « Si elles adviennent, elles couvriront dans toute son étendue le champ de la politique (dans son sens premier), en particulier l’activité économique, l’administration de la maison disaient les grecs anciens qui ont forgé le mot. »

    Il est plus que temps de leur laisser le temps et de leur préparer le terrain pour qu’elles puissent advenir.

    PS : http://www.pauljorion.com/blog/?p=9476#comment-67761

  101. @ Jean-Luc dit : 27 mars 2010 à 11:04 et @ tous

    De votre intervention du 27 mars 2010 à 11:04 je retiens surtout « Alors, tout en continuant utilement à faire le procès du passé pour en extraire les leçons, continuons à chercher les solutions à venir. »

    Pour en arriver à cette conclusion, vous vous êtes néanmoins senti obligé d’entrer au préalable dans la sophistication en faisant appel à une terminologie et des références historiques qui classent votre discours comme il est de bon ton de le faire en ce lieu. Vous n’êtes pas le seul ; les motivations des uns et des autres étant multiples.

    J’imagine que vous avez surtout voulu le faire pour rassembler les uns et les autres sur l’objectif « continuons à chercher les solutions à venir ». En cela, votre démarche est très louable et je la soutiens.

    Personnellement, je m’évertue plutôt à fuir les références qui classent son homme. Plusieurs raisons me poussent à cela.
    D’une part, mon mince bagage de connaissances livresques et théoriques dans les domaines économiques philosophiques ou historiques, m’y incite.
    D’autre part, mon expérience (pardonnez-moi d’y revenir sans cesse) m’a conduit à constater que pour être efficace dans son action, dans son rôle de relais, il est essentiel de bien synthétiser et donc de simplifier les problèmes à résoudre afin de les porter au plus profond de soi en des termes qui puissent être également compris, assimilés, intériorisés par les autres.

    Quand je dis les autres, je pense surtout aux plus nombreux et aux plus fragiles, ceux qui, sans grands bagages théoriques ont à agir dans la bonne direction pour eux-mêmes et pour la collectivité humaine. Je pense à ceux qui, de nos jours, sont comme l’étaient mes parents dans les années 30, au plus bas de l’échelle sociale et qui, sans bagage théorique, sans endoctrinement idéologique autre que moral, ont réussi à bien agir pour s’en sortir, sans rien devoir à personne, et surtout pas à leurs enfants.

    Mais quand je dis les autres, il faut aussi penser, et peut-être surtout penser aux très nombreux jeunes et moins jeunes qui ont pu suivre des cursus scolaires élargis aux considérations philosophiques, économiques, historiques, sociologiques. De ce fait, ils ont à leur insu subi un endoctrinement. Bien souvent, il réduit et oriente leur champ de réflexion là où le simple bon sens me semble donner accès à davantage d’horizons exploitables.
    Cela m’effraie et me faire réagir parfois comme ici : http://www.pauljorion.com/blog/?p=9358#comment-66664

    Mais à quoi bon s’insurger, il faut prendre le monde tel qu’il est et agir sans conditionner son action à celle des autres. Il y a toujours des possibilités d’action sur les autres. Ce blog nous en offre la preuve grâce aux confrontations d’idées qu’il autorise et aux arguments qui peuvent être échangés dans le respect de chacun, la plupart du temps.

    Ce qui est parfois gênant, c’est l’arrêt des échanges sur un sujet. Cela provient parfois de la perte du contradicteur qui, sans prêter attention, a laissé passer une réponse qui lui était destinée. Ou alors qui, à court d’arguments, préfère ne pas répondre et laisser planer le doute entre la perte du fil ou la capitulation par manque d’argument à opposer.

    Je trouve ce blog d’une très grande richesse du fait de la diversité des sujets qui y sont abordés, de la bonne tenue générale des échanges et regrette parfois que des thèmes, loin d’être épuisés, soient devenus de plus en plus difficiles à exhumer du fait de la venue de sujets nouveaux qui empêchent l’approfondissement des précédents.

    Vous concluez par « Gardons le moral ».
    Etes-vous certain de ne pas dire ainsi « Laissons-faire, ça peut bien encore continuer comme avant » ?

    Certains de mes proches semblent me dire cela en évoquant « le moral qu’il faut garder ». Alors qu’en me référant très souvent à la morale, autant laïque, républicaine et même religieuse, je veux insister sur la gravité et l’urgence de la situation à corriger. Surtout, je veux faire ressentir notre responsabilité individuelle et collective devant ce qui nous arrive aujourd’hui.

    En faisant appel à la morale et à la conscience de chacun, je me dis que ce qui nous arrivera demain dépend avant tout de chacun d’entre nous.

    1. Mais ne pensez vous pas que ce que vous appelez simple bon sens, est lui aussi sujet à conditionnement idéologique comme vous dites? que ce qu’on dit évident, ne l’est pas forcément? Idem pour l’expérience, elle est appréhendée par vous, à travers des catégories. Ce que tente juste de mettre à jour ce blog, c’est que tout ce qu’on nous vend pour évident et naturel en matière économique, ne l’est pas. Et pour déconstruire ce discours ambiant, l’expérience de M Jorion, Leclerc…oui, mais aussi différentes lectures sont mises à contribution.
      Vous savez, on n’a jamais pensé tout seul, dans son coin, vous ne vivez pas au fond d’une caverne, retiré de toute société, depuis toujours…
      Et concernant les débats sur ce blog, vous revenez toujours à vos vérités, indiscutables donc ne vous demandez pas pourquoi la discussion cesse.
      Quant à la morale à laquelle vous vous référez, elle aussi, est le fruit d’une construction, idéologique, parce que située en un temps, en un lieu…Ce que vous qualifiez de morale, ne l’est pas forcément pour un chinois, un indien…
      Maintenant, je vous accorderai qu’avec vos prises de « parole », vous obligez à réagir, par l’argumentation, en se référant ou non à des philosophes ou autres auteurs si nécessaire, ou en tout cas, vous forcez chacun à changer de perspective pour repenser ou retravailler sa position.

    2. Je ne retiens que la dernière moitié de la dernière phrase.

      Avec pour méthode : liberté , égalité , fraternité , refus du dogme ,  » l’esprit des lois » , l’Univers .

      Un drôle de livre de chevet .

      Mais très concret , en dépit des apparences .

    3. Je complète en affirmant que c’est le cumul de la crise sociale et de la crise écologique qui conduit ,de gré ou de force , à remettre en cause les fondements du même mal qui détruit à la fois la société et la nature :

      Le droit de propriété du sol , de la nature , du travail et des « richesses » de tous poils .

      Au niveau des individus et des nations .

      Tout le droit de toutes les propriétés est à réécrire .

    4. @ jducac,

      J’aurais tant de choses à vous dire après ce commentaire. Hélas le temps manque pour moi ce soir. Je tente le coup, sur deux choses:

      —————

      Sur la poursuite des échanges, je fais le même constat désolé que vous.
      Combien de fois ai-je été certain que quelques uns de mes commentaires n’arriveraient pas aux personnes qui souhaitaient poursuivre le débat!

      Plein de raisons à cela, qui se conçoivent:
      – Nous sommes parfois éloignés plusieurs jours de tout ordinateur, et le train de « billets » chez Jorion n’attend pas (il faut aussi savoir sauter dedans quand il passe!)
      – Il arrive aussi que nous perdions nous-même le fil, ne sachant plus ce que nous avions dit, où, et surtout à qui.
      – J’imagine qu’il se peut aussi que le modérateur choisisse en toute honnêteté, face à un afflux soudain de commentaires, de privilégier ceux se rapportant aux sujets du jour, ou aux sujets les plus importants (il faut penser aussi que les modérateurs comprennent mieux que nous, qu’un de nos commentaires, où nous pensons relancer de façon utile le débat, n’est qu’une redite d’autre chose exposée plus loin, etc.)
      – Les débats du blog doivent avancer avec de nouveaux billets, et les commentaires de commentaires d’anciens commentaires (!) peuvent parfois freiner la machine inutilement.
      – Pensons aussi à certains de nos interlocuteurs qui peuvent être lassé d’un sujet, et préfèrent porter leur énergie sur autre chose.
      – Je parlais quelque part des caractères différents de Jorion et Leclerc. Il en va de même pour les commentateurs. Voyez certains qui ne viennent ici que pour deux ou trois mots percutants et nécessaires, et qui préfèrent ne pas s’étendre, même si nous réclamons d’eux des compléments.
      – Il peut se trouver aussi des personnes ayant sur une courte période le temps d’échanger, et qui soudain se retrouvent surchargés d’autres occupations.
      – Il arrive aussi que pour diverses raisons, nous dérogions à la règle qui voudrait que les commentaires se suivent au même lieu (regardez par exemple ce commentaire de vous que je découvre par hasard à des lieux du mien …qui attend votre réponse plus haut!)
      – Etc., etc. etc.

      —————

      Pour le sujet que je vous vois aborder depuis un moment avec d’autres, et que je lis avec intérêt, je ne peux pas vous laissez écrire sans réagir « la sophistication (…) qui classe votre discours comme il est de bon ton de le faire en ce lieu ».
      Vous touchez une corde sensible.
      Je ne suis pas traité ici de façon différente des milliers d’autres intervenants. C’est à dire que mes commentaires sont lus, et que certains ne sont jamais publiés. J’ai déjà dit que cette modération très fine faisait que « Le blog de Paul Jorion » demeurait pour notre plus grand profit (et pour celui des débats) un lieu de réflexion utile qui se démarquait des « gueuloirs » habituels d’Internet. Aucun de ces gueuloirs ne fait avancer le moindre débat, contrairement à ce qui se passe ici.
      Sur les sujet qui vous intéressent, il n’aura pas fallu moins de trois commentaires refusés (en réponse à plusieurs de vos réflexions) pour que je vous atteigne (et j’ai même proposé cinq versions successives d’un de ces commentaires …sans succès).
      J’ai dit aussi que nous étions les hôtes, et non pas les otages, de messieurs Jorion et Leclerc, et qu’ils étaient libres d’inviter ici la parole qu’ils souhaitaient, et qui leur paraissait utile au débat. Et que nous étions libres d’aller voir ailleurs, si les règles d’ici ne nous convenaient pas. Il y avait certainement dans mes commentaires des choses que je voulais partager avec vous qu’il n’était pas « de bon ton de faire en ce lieu ».
      Lassé, mais philosophe, face à ces déconvenues et à mes avaries de commentaire, je me suis même amusé à penser que, pour pouvoir enfin échanger avec vous, il me faudrait peut-être commencer par un commentaire anodin. Quelque chose qui passerait sans risque, comme une carte postale de vacances:
      « Cher jducac, ici il fait beau, je m’amuse bien et nous mangeons bien à la cantine. Les moniteurs sont gentils et ils m’ont appris à nager. »

      Sur ces sujets que vous abordez je suis comme vous, souvent agacé de constater que ce que vous avez déjà plusieurs fois osé définir comme l’éducation mentale de la fin du siècle dernier, conserve de vieilles oeillères à beaucoup de personnes jusqu’à aujourd’hui.
      Vous comprenez que je sois particulièrement touché que ce soit vous qui me fassiez cette remarque, jducac.

      —————

      Pour mon « gardons le moral ».
      J’ai voulu en premier lieu écrire: « A défaut d’avoir su garder la morale, gardons le moral ». C’était pas très malin (pas besoin d’un modérateur pour me le faire remarquer), alors j’ai raccourci.
      Cela n’avait surtout pas pour moi le sens que vous lisez chez certains de vos proches. Pas question de laisser faire.
      Disons que je fais porter à ce moral le sens commun qui nous est cher à tous les deux.

      Nous poursuivrons j’en suis sûr cet intéressant débat, ici ou ailleurs. Et avec les excellents contradicteurs qui vous suivent, et qui apportent toujours des éléments utiles. A bientôt.

    5. Dans ce post, cela avait commencé par des rêves, et cela finit avec quelqu’un qui vous fait la morale…

    6. @ lou dit : 28 mars 2010 à 15:46 et olivier 28 mars 2010 à 19:34

      Merci d’avoir renoué le contact. Il me semble que la dernière fois que vous vous êtes adressée à moi c’était ici :http://www.pauljorion.com/blog/?p=9137#comment-65435 où vous invitiez à discuter morale.

      Je l’ai fait ici : http://www.pauljorion.com/blog/?p=9137#comment-65677 où j’ai également fait divers renvois vers des interventions antérieures qui traitent du même sujet.
      Néanmoins, vous revenez sur ce sujet en énonçant : « Ce que vous qualifiez de morale, ne l’est pas forcément pour un chinois, un indien… ». Avez-vous réellement approfondi votre réflexion en disant cela ? J’en doute.

      En énonçant cette affirmation, je me demande si, sans même vous en rendre compte, vous ne cherchez pas à déconsidérer ce thème de réflexion. Vous invitez à douter de l’universalité des valeurs morales alors que moi, au contraire, je les sens en mesure d’unifier les communautés civilisées.
      A cette adresse : http://www.pauljorion.com/blog/?p=9070#comment-65193 j’ai listé quelques préceptes moraux qui étaient enseignés dans ma famille :
      « Tu ne tueras pas. Tu ne feras pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse. Tu n’abuseras pas de la faiblesse des autres. Tu ne seras pas insolant. Tu ne seras pas violant. Tu ne dégraderas pas le bien d’autrui. Tu ne voleras pas. Tu ne fuiras pas devant la police. Tu ne manqueras de respect ni à tes parents, ni à tes professeurs ni aux représentants de l’Etat, ni en général à tes ainés. Tu ne tricheras pas. Etc… »

      Sans rien connaître de l’éducation morale donnée aux enfants en Chine et en Inde, je serais très surpris que vous trouviez beaucoup de préceptes précédemment cités qui ne soient pas également valables dans ces 2 pays et dans beaucoup d’autres. J’en appelle aux bloggeurs qui, étant issus de culture asiatique ou africaine ou autres pourraient m’apporter des preuves contraires à ce que j’avance.

      A mon avis, ce qui fait la force des préceptes moraux, c’est qu’ils ont, au contraire, une portée très générale, quel que soit le lieu ou le niveau social considéré. Ils s’appliquent également à tous et malheureusement sont tout autant transgressés de la même manière par les délinquants de la finance qui fuient dans les paradis fiscaux pour échapper au contrôle du fisc, que par les chenapans qui s’enfuient devant la police pour échapper à son contrôle.

      A la base, c’est le même fondement moral qui est transgressé mais, dans l’opinion populaire, ce n’est pas ressenti comme tel.
      Dans un cas, et à juste titre, on crie au scandale. Dans l’autre c’est tout juste si les parents n’applaudissent pas à l’exploit de leurs enfants. Pire même, lorsque parfois une telle fuite conduit à des drames affreux, l’opinion publique à tendance à condamner moralement la police au lieu de mettre en cause l’insuffisance d’éducation morale.

      Oui, on n’aime pas de nos jours entendre parler de morale, et on trouve mille raisons, même fallacieuses, pour ne pas corriger cette dérive.

      Comme il n’y a pas au niveau de chacun, une conscience suffisante de la nécessité de s’auto contrôler à titre préventif pour satisfaire à ses devoir d’être civilisé, il n’y a plus qu’à s’en remettre aux maintiens de l’ordre normalement dévolus aux Etats mais qui, intervenant bien évidemment à l’aval des actes, sont débordés.

      Je vous laisse imaginer l’issue du processus enclenché. C’est pour cela que personnellement, au risque de lasser les lecteurs, j’en appelle à un sursaut.

  102. Jean-Luc dit : 28 mars 2010 à 18:08

    Merci pour ce long commentaire et pardonnez ces mots malvenus concernant « la sophistication »

    J’approuve ce que vous avancez sur les autres sujets et suis très surpris de ce qui vous est arrivé avec la modération. Rien de tel ne m’est arrivé. C’est pour cela que je rends hommage aux teneurs de ce blog. Je le trouve ouvert et non sectaire même si sa connotation générale est marquée.
    Le fait qu’il permette de confronter des idées non alignées est très intéressant et enrichissant pour tout le monde, surtout que cela peut porter sur des sujets très divers.

    1. @ jducac,

      Messages reçus de part et d’autre, finalement. Tout est pour le mieux.

      Difficile parfois d’écrire pour exposer des considérations sur les sujets abordés ici. Pour ma part je suis surtout un écrivain de cartes postales (et de listes de commissions).
      Concernant la modération, je ne voudrais pas en faire un sujet à part entière, mais cela m’a apporté beaucoup, étonnement.

      Un seul exemple:
      Il est arrivé il y a quelques semaines qu’un de mes commentaires ne s’affiche pas.
      (je ne sais plus sur quel sujet, et je ne sais plus en réponse à qui; peu importe)
      Deuxième version. Variation sur le même thème. Celle-ci n’a pas paru non plus.
      (je m’agaçais)
      Troisième version. En plus de mon commentaire re-modifié, j’ai demandé deux mots d’explication, une piste pour comprendre. Résultat: ni commentaire affiché, ni explication.
      Quatrième version (je dois faire partie des mauvais élèves (!) du blog puisque vous dites vous-même, Jducac, que pareille chose ne vous arrive pas …chouchou!). Rageur, j’ai décidé de tailler à grand coup de gomme dans mon commentaire, et d’insister fortement sur les points auquel je tenais. J’ai envoyé pour la quatrième fois ce texte qui me semblait depuis le début utile au débat …et il a paru!
      Bizarre.
      Je me suis mis à lire ce commentaire publié, et j’ai affiché en regard une copie que j’avais gardé de la toute première version.
      Surprise!
      Le commentaire affiché était plus fort et disait mieux ma pensée que le premier!

      Je ne sais pas quelle conclusion en tirer concernant les critères de modérations du blog, mais je m’aperçois que deux ou trois fois cette non publication m’a obligé à mieux cerner mon sujet, et à le débarrasser de toutes les scories inutiles.
      Si je pouvais penser que messieurs Jorion, Leclerc, ou ceux qui les secondent pour ce travail de lecture, m’ont amené délibérément à cela, je parlerais sans hésitation de maïeutique appliquée!

      Tout cela m’a amené à penser qu’il serait bon que soit défini un vade-mecum du « blog de Paul Jorion », pour les novices dont je suis (un onglet de plus sur la ligne « Donation- A propos- But du blog-etc. »).
      Je commençais même à faire la liste des codes que j’avais appris empiriquement:
      – vouvoiement par habitude de correction;
      – courtoisie en toute occasion (même si les mots sont forts);
      – centrer le plus possible les commentaires sur le sujet du « billet »;
      – ne dire que des choses utiles au débat (le temps est précieux pour tous);
      – éviter donc les messages trop personnels, les dialogues de salon de thé;
      – ne jamais redire deux fois la même chose (le temps est précieux-bis);
      – éviter de trop critiquer chez l’autre la forme d’un message (tout le monde n’est pas écrivain);
      – critiquer la forme si elle influe sur le fond; débattre du fond, du « billet »;
      – éviter de citer des noms propres si les informations ne sont pas recoupées et publiques;
      – transformer les « on », « ils », « eux » en pensée;
      – n’être péremptoire que si on fait autorité sur un sujet;
      – etc.

      …Et puis j’ai pensé à la façon que j’avais eu de comprendre tout cela.
      (je suis sûr que d’autres choses me seront sûrement encore corrigées par la « modération » dans le futur, et qui permettront de compléter ma liste personnelle!)
      J’ai pensé à mon caractère propre, à la façon que j’ai de réagir aux choses.
      …Et j’ai conclu définitivement que si j’arrivais sur un blog où un onglet affichait la liste des choses à faire et à ne pas faire …je m’enfuirais sur le champ!

      (Je reste cependant persuadé que deux ou trois points clairement affichés enlèveraient beaucoup de travail inutile, et répétitif, aux modérateurs! …J’écris cela et je me dis que ces « points » sont peut-être déjà inscrit quelque part où je n’ai pas cherché.)

      —————

      C’est drôle, sans le vouloir, je me retrouve au coeur du sujet dont vous débattez avec Lou et les autres. Ce sujet est celui des règles nécessaires à toute vie en société (« 1968 » ou pas).
      Les règles sont-elles utiles? Les règles sont elles nécessaires? Quelles règles doivent être écrites? Doivent-elles être écrites? Doivent-elles être totalement enseignées, ou pour partie « révélées »? Quelles règles sont universelles, et lesquelles sont de circonstance? Etc.

      Je veux citer ici un petit livre de Peter Sloterdijk, philosophe allemand contemporain, paru il y a dix ans. Son titre décoiffe, et tape juste: « Règles pour le parc humain ».
      J’ai lu ce petit livre de cinquante pages (éditions « Mille et une nuits »- janvier 2000 – 2,50 euros), et je veux l’apporter à notre réflexion. Trop long hélas de tenter un quelconque résumé, mais une phrase de l’auteur peut servir à cela, reproduite en « quatrième de couverture »:
      « La domestication de l’être humain constitue le grand impensé face auquel l’humanisme a détourné les yeux depuis l’Antiquité – le simple fait de s’en apercevoir suffit à se retrouver en eau profonde. »

      Voilà peut-être une des raisons pour lesquels chacun est touché et renâcle quand est abordé ce sujet de la morale. La morale fait partie, parmi d’autres choses, de cette « domestication » dont nous parle Sloterdijk. Et l’humanisme peine à en débattre.
      Nous voilà alors en eau profonde.

    2. @ Jean-Luc dit : 29 mars 2010 à 23:14

      Contrairement à ce que j’ai dit précédemment, l’action de modération s’est bien fait sentir aussi sur mes interventions il y à un an environ, à mes débuts sur ce blog.

      Je ne me souviens pas qu’elle ait conduit à un quelconque rejet de ce que j’ai pu avancer, même si parfois, je me suis un peu senti seul contre tous. Non, j’ai souvenir d’une ou deux interventions de modération que j’ai ressenties davantage comme des actions d’amélioration de mes textes et de bienveillance à mon égard.

      J’imagine le blog de Paul Jorion comme un jardin dont il oriente la culture mais sans dirigisme. Il est certain que lorsqu’un billet dit : Je plante le premier chou, allez y continuez, plantez d’autres variétés de choux. Plus il y aura de planteurs, plus belle sera notre récolte, chacun pourra s’y nourrir.
      C’est l’idéal pour regrouper ensuite les récoltes en ne mélangeant pas les choux et les carottes.

      Mais la nature est ainsi faite que parfois, un jardinier attiré par la culture des choux dépose aussi une graine de salade qui s’avère donner naissance à un très beau spécimen à partir duquel une culture incidente se développe et attire de nouveaux jardiniers amateurs de salades.

      J’ai compris que le jardinier en chef et ses aides étaient tolérants et c’est ce qui m’amène à intervenir plus souvent en incidence que sur le thème proposé en ouverture de débat.
      Certaines fois, je me suis dit: le jardinier en chef à ouvert un nouveau secteur dans son jardin intentionnellement afin que je me livre personnellement à ce qu’il avait cru déceler dans mes attirances sur la morale, le travail, Etc…
      C’est fou ce qu’avec les interactions des uns des autres sur internet on finit par gamberger, c’est certainement le jardin du futur.
      ———–
      Merci de m’avoir fait connaître Peter Sloterdijk par l’ouvrage que vous avez lu et que j’ai pu sommairement approcher ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A8gles_pour_le_parc_humain et là : http://www.laviedesidees.fr/La-politique-du-temps.html

      Effectivement, il aborde des thèmes auxquels je suis sensible et qui m’amèneront peut-être à l’approfondir. Pour tout dire, et si cela ne vous apparaît pas trop prétentieux, je m’interroge sur la meilleure façon d’être utile aux autres.
      Ma mission la plus pertinente, est probablement de rester simplement ce que je suis, c’est-à-dire un candide au sein d’une myriade d’êtres infiniment plus cultivés. Le temps me manque pour tenter d’ingurgiter ce que d’autres ont mis de longues années à acquérir dans de longs cycles d’études parfois poursuivis par de volumineux travaux de recherche.

      Mon expérience, familiale et professionnelle, est ma principale richesse. Elle m’a permis d’évoluer, d’être apprécié et d’être heureux dans un autre monde que celui auquel mes origines me destinaient ; Alors pourquoi ne pas poursuivre ?

      D’un autre côté, c’est très réconfortant de constater que d’autres esprits avec beaucoup plus d’outils d’analyse et de références antérieures cultivent le même jardin que celui auquel je m’intéresse.
      Alors cultivons notre jardin commun, chacun avec les outils qu’il a le mieux en main.

      Comme vous avez pu le constater, sans être opposé aux références livresques et théoriques, je me méfie un peu de ceux qui surfent sur «leurs savoirs » parce qu’ils les ont bien souvent insuffisamment intériorisés pour en faire leur savoir intime et raisonné.

      Je les vois, pour certains, comme des porte étendards un peu fragiles et manipulés à leur insu. Ce qui explique mes réactions en contres intérogatifs.

  103. @ juan nessy dit : 28 mars 2010 à 16:05
    Que voulez-vous suggérer en faisant suivre liberté, égalité, fraternité, du mot dogme ? Que le mot république n’est qu’un dogme ou une illusion ou un attrape nigauds ? Et que chacun des mots de notre devise nationale est à prendre dans un sens très relatif tout comme le mot république. La république française, la république cubaine, la république populaire de chine… qu’ont-elles en commun.
    Pour ce qui est du droit de propriété je m’exprimerai ultérieurement.

    1. J’avoue ne pas comprendre comment vous avez pu associer notre devise républicaine à dogme , alors que si vous lisez bien ( j’essaie de faire des textes courts ) , je l’associe à  » refus du dogme  » .

      Si ça ne vous a pas sauté à l’esprit sans hésitation , c’est que nous n’avons pas la même perception de notre devise .

      Pour le droit de propriété , je vous renvoie au lien wikipédia que j’ai déjà signalé , pour déblayer le terrain .

      Et pour gagner du temps et une nouvelle méprise , je précise tout de suite que le droit de propriété érigé comme un dogme est odieux . Et que le droit de propriété (nécessaire ) est par définition un droit , c’est à dire écrit ( démocratiquement) par la loi dans sa définition et ses limites .

      Les limites sont données par « Liberté , égalité , fraternité  » .

      Car la liberté , l’égalité et la fraternité ne sont pas solubles dans le dogme .

    2. @ Juan @ Jducac

      C’est évidemment un thème à travailler dans le cadre de la CPE

      Locke utilise la « terre » comme modèle pour l’appropriation

      La première clause restrictive énoncée par Locke relativement à la justification l’appropriation de la terre par le travail est intéressante.

      Lorsque la terre commune est sortie de son état naturel et appropriée par celui dont le travail la fait fructifier il convient toutefois qu’il « en reste(r) assez, d’une qualité aussi bonne, et même plus que ne pouvaient utiliser les individus qui n’étaient pas encore pourvus. »

      La deuxième clause est que l’appropriation ne constitue pas un gaspillage inutile

      La troisième est qu’ elle n’appartienne pas déjà à une autre nation.

      Comment actualiser le raisonnement de Locke ? Claude Roche pourra nous aider.

      – Inutile de « supprimer l’héritage », les troisièmes et quatrièmes générations « claquent tout » 🙂 –

  104. @ Pierre-Yves D. dit : 30 mars 2010 à 02:37 et @ Jean-Luc dit : 27 mars 2010 à 11:04 et autres

    L’intervention de Jean-Luc m’était apparue positive. De fait, elle incitait à un rapprochement entre les 2 positions. L’une, la vôtre, vise à déculpabiliser 68 et à incriminer le capitalisme dans ce qui arrive à notre communauté humaine : perte de repères, perte de sens, sensation d’être dans une impasse ou au bord du gouffre
    .
    L’autre, la mienne, vise à dire en quoi l’esprit de 68 y a été au contraire pour beaucoup.

    Comme vous revenez à la charge, je me dois de compléter mon argumentation. Pour moi, le capitalisme est une forme d’organisation qui inclut l’utilisateur final de la production.

    Or, l’esprit de 68 incitait à se lâcher, à ne pas se contraindre, à ne rien freiner de ses envies.

    En cela, 68 a été un très grand pourvoyeur d’utilisateurs finaux. Il a donc installé un très gros aspirateur en bout de chaîne.

    Jouissons sans entrave et puisque l’on n’a pas encore gagné, par notre travail, ce que nous avons envie de consommer, empruntons, quitte à laisser les dettes aux générations suivantes. 68 a installé la demande dont l’organisation capitaliste s’est nourrie. Il a été un très bon agent commercial du capitalisme.

    Quand vous dites « La morale collective s’arrête aux portes des entreprises. » je ne partage pas votre avis.

    Pour moi il ne peut pas y avoir de morale collective sans morale individuelle. Or, l’entreprise moderne au contraire, parvient à satisfaire l’utilisateur final parce que chacun de ses membres a conscience de son rôle et de sa responsabilité y compris en s’autocontrôlant. C’est un état d’esprit qui s’acquière au sein de l’entreprise par l’enseignement des bonnes pratiques qui y est donné et par la prise en considération, du haut en bas de l’échelle, de l’utilisateur final.

    L’entreprise n’est pas, loin s’en faut, le lieu d’expression des égos. J’ai connu des groupes de travail et des unités de production autonomes heureux, de même que des entreprises entières fières de leurs résultats.

    Il est certain, que vos déclarations m’inclinent à penser que vous n’y auriez probablement pas votre place. Pourtant, dites-vous que si vous avez le niveau de vie qui et le vôtre, c’est grâce à de telles entreprises.

  105. @ jducac

    Le capitalisme a récupéré à son profit, via le consumérisme, le coté libertaire de 68. Cela rejoint ce que vous dites sur les utilisateurs finaux si ce n’est que je vois là qu’une une récupération d’un aspect particulier du mouvement de mai 68. Autrement dit, le consumérisme c’est du libertaire dépolitisé.

    Pour preuve qu’il s’agit d’une simple récupération, la société de consommation était une cible de choix pour nombre de ceux qui participèrent au mouvement. « Il est interdire d’interdire » et « Jouissez sans entraves » sont des slogans célèbres mais qui ne sont pas représentatifs du mouvement politique que fut d’abord 68.
    Mai 68 fut un mouvement aux accents internationaliste, anti-capitaliste, anti-colonialiste, anti-guerre, pour une autre société.

    De même, les Marcuse, Baudrillard, Debord, et quelques figures de référence du mouvement, même s’ils n’y participèrent pas directement eux-mêmes, étaient farouchement opposés à la société de consommation.

    Ceci dit, je ne me fais pas l’avocat des libertaires, en lesquels ne ne me reconnais pas lorsqu’ils revendiquent le « jouissez sans entraves ». Cette maxime est clairement la négation du principe de sublimation nécessaire à toute socialisation, à toute civilité, toute civilisation. Nonobstant, il faut replacer ce slogan dans le contexte d’une époque où la jeunesse, les femmes, les minorités étaient tenus de respecter un modèle parternaliste et machiste très étouffant. De ce point de vue l’idéologie libertaire joua un rôle positif.

    A propos maintenant du point névralgique de notre divergence, à savoir le capitalisme et l’ordre qu’il représente.

    Vous dites : »Pour moi il ne peut pas y avoir de morale collective sans morale individuelle. Or, l’entreprise moderne au contraire, parvient à satisfaire l’utilisateur final parce que chacun de ses membres a conscience de son rôle et de sa responsabilité y compris en s’autocontrôlant. »

    D’abord je vois une certaine incohérence, ou tout au moins un manque, dans votre position qui consiste d’une part à regretter les besoins illimités de l’utilisateur final, suscités par la pensée 68, et d’autre part la logique d’entreprise qui consiste à satisfaire ces utilisateurs finaux. Si les utilisateurs finaux sont satisfaits ce ne peut être qu’au titre de leurs besoins illimités. Or qu’est-ce qui permet la satisfaction de ces besoins illimités si ce n’est l’organisation capitaliste ? Et qui anime cette organisation capitaliste ? Les personnels qui savent se contrôler. D’autre part, si les personnels se contrôlent c’est pour mieux contrôler les désirs des consommateurs finaux via le marketing, la publicité, et les entreprises du spectacle et du divertissement industrialisées.

    Autrement dit les personnels ne se posent pas de questions ou plutôt n’en n’ont pas la possibilité ou les moyens sur leurs lieux de travail dès lorsqu’il s’agit de penser l’organisation du travail, son contenu et ses buts. Or si nous connaissons une crise aigüe c’est bien parce les travailleurs salariés n’ont aucune prise sur les buts de l’entreprise capitaliste, leur seule action possible se limitant à déposer un bulletin de vote pour élire des politiques, lesquels se gardent de remettre en cause la logique de fonctionnement du système. De là que la morale collective s’arrête aux portes des entreprises.

    Dans mon commentaire précédent immédiat je n’ai pas redit ce que j’entendais par morale collective, mais dans plusieurs de mes autres commentaires j’avais bien précisé que la morale collective s’articule avec la morale individuelle, c’est d’ailleurs ce que j’appelais l’éthico-politique. Un principe de responsabilité individuelle n’implique nullement qu’il faille se plier à une organisation hiérarchique, de type militaire même, telle que celle que développe le capitalisme.

    Revenons à Aristote, pour lequel l’éthique et la politique n’étaient pas scindés, mais s’impliquaient mutuellement. Or cela est tout simplement impossible au sein de l’organisation capitaliste, où la démocratie n’a pas cours, ne peut avoir cours, parce que ce qui est aux commandes c’est le capital et non pas les humains. J’aurais pu dire aussi la citoyenneté s’arrête aux portes des entreprises.

  106. @ Pierre-Yves D. dit : 31 mars 2010 à 13:07
    C’est fou ce qu’il faut dépenser comme temps pour faire peu à peu progresser le débat, donc, tant qu’il tient, notre rapprochement. J’ai déjà connu cela avec Lou et Louise pour qu’elles finissent par admettre que « Il est interdit d’interdire » était idiot.

    Avec vous, vous avez fini par reconnaître que 68 avait poussé à la consommation sous toutes ses formes et que l’organisation capitaliste avait trouvé son intérêt à satisfaire la demande d’ailleurs amplifiée et facilitée du fait des accords arrachés à Grenelle. Nous sommes bien d’accord?

    Ce faisant, reconnaissez au passage que cela n’a pas été dans le bon sens pour l’écologie du fait de l’accroissement des prélèvements sur les ressources non renouvelables que cela a entraîné. Certains qui, tel Dany, ont changé d’objectif, doivent avoir des remords.

    Passons au capitalisme. Personne ne me l’a enseigné, ni pour me le dénigrer ni pour l’encenser. Mon expérience (encore elle, pardonnez-moi) m’a appris que c’est, à la base, quelque chose de naturel.
    Au risque de vous choquer, je dis qu’au départ, c’est un travailleur qui travail plus que les autres et qui a tendance à moins consommer que les autres afin de se constituer un capital.
    Pensez aux premiers agriculteurs qui n’ont pas consommé toutes les graines qu’ils ont cueillies afin de les semer l’année suivante en vue de la récolte.
    Pensez à l’agriculteur qui s’est donné plus de mal que les autres pour domestiquer son premier animal de trait.

    Le fait d’utiliser des techniques et des moyens de production plus performants en a fait l’amorce d’un capitaliste. Grâce à une saine gestion et à une bonne organisation, l’entreprise devient en général, de plus en plus rentable au fur et à mesure qu’elle grandit.

    Un capitaliste est très souvent au départ, une personne comme une autre mais qui, s’organise et adopte un comportement qui génère de l’efficacité et en final, une élévation de niveau de vie.

    Ce faisant, il a crée des emplois pour ceux qui en ont besoin et livré aux consommateurs des produits qui contribuent en général à faciliter la vie des gens. Dans l’affaire, tout le monde y trouve son compte. Et il ne semble pas immoral que dans l’affaire, lui, qui a travaillé plus que les autres et pris des risques, soit mieux rétribué que les autres.

    Quant à l’organisation de l’entreprise, je vous suggère de regarder ce en quoi elle a de l’importance. Voyez en page 4 et 5 du document accessible ici : http://www.danielmartin.eu/Cours/Capital-Travail.pdf

    Venons en une nouvelle fois à la morale et au fait que, selon vous, elle s’arrête aux portes de l’entreprise. C’est très important de bien s’expliquer sur ce sujet. Je pense que vous êtes tout comme moi un consommateur. En tant que consommateur, vous souhaitez disposer d’un produit qui vous donne satisfaction. Qu’il soit fiable, durable, pas cher. Ca n’est pas évident quand de très nombreuses personnes concourent à la conception et à la réalisation d’un produit, d’arriver à ce que ce soit un bon produit. Pour y parvenir, il est indispensable que chacun du haut en bas de l’échelle joue bien son rôle en vue de bien servir le produit. Cela exige une grande conscience professionnelle de chacun, de sorte qu’il règne à l’intérieur des entreprises de production que j’ai connues, une réelle morale focalisée sur le respect et la satisfaction de l’utilisateur final.

    Quand vous dites « Or si nous connaissons une crise aigüe c’est bien parce les travailleurs salariés n’ont aucune prise sur les buts de l’entreprise capitaliste » je ne peux m’empêcher de penser aux contenus de certains tracs qu’on diffusait à la porte des entreprises il y a 60 ans.

    Vous voulez de toute force condamner l’entreprise capitaliste sans regarder ce qui s’est passé et se passe encore dans le monde. Dans tous les pays, même les pays communistes, on a adopté le mode de production capitaliste parce que c’est le plus efficace.

    C’est celui qui, tout compte fait, conduit au meilleur niveau de vie de ceux qui y sont employés. N’avez-vous pas vu l’état dans lequel se sont retrouvés les pays de l’Est après avoir fonctionné sous un autre type d’organisation. ?
    Pourquoi croyez-vous que la Chine s’y est convertie?

    1. jducac,

      Bonjour. Je reprends le train en marche, pas facile ici vous en conviendrez ! J’ai lu il y a peu un de vos messages où vous notiez que certains avaient laissé tomber le débat avec vous. Je me suis senti visé.

      Par là : http://www.pauljorion.com/blog/?p=8775#comment-63567 et là : http://www.pauljorion.com/blog/?p=8775#comment-63274

      il me semble que c’est vous qui aviez botté en touche. Me trompé-je ?

      Autre point : « Ce faisant, il [le capitaliste] a crée des emplois pour ceux qui en ont besoin et livré aux consommateurs des produits qui contribuent en général à faciliter la vie des gens. Dans l’affaire, tout le monde y trouve son compte. Et il ne semble pas immoral que dans l’affaire, lui, qui a travaillé plus que les autres et pris des risques, soit mieux rétribué que les autres. »

      Merci de m’éclairer sur le paragraphe entier : qu’entendez-vous par « ceux qui en besoin » ? Est-ce une bonne chose « quelque soit l’emploi créé » ? Qu’entendez-vous par « faciliter la vie des gens », et cette facilitation doit-elle se faire même si elle contribue à détruire la planète, la biodiversité et accessoirement à affamer, assoiffer, et asservir nos frères humains ? Dans l’affaire tout le monde y trouve son compte : ah !?

      PS : pardonnez le style, mais je suis à la bourre…et n’en ai pas l’habitude.

  107. @ Fab dit : 1 avril 2010 à 07:34 et à ceux qui souhaitent suivre

    Je vais donc répondre d’abord à votre seconde question du post :
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=8775#comment-63274
    « Doit-on sous prétexte de participation à l’activité du groupe, afin de ne pas « vivre au crochet des autres » accepter un travail dénué de sens -pour soi et pour la société ? Sachant que ces evailmplois insensés se propagent plus vite que la peste et le choléra réunis -à tel point qu’aujourd’hui leur nombre est tel qu’il devient pour beaucoup difficile de les distinguer parmi les autres !!! »

    Jusqu’alors, j’ai toujours trouvé un sens à ce que j’ai fait, même dans l’instant présent. Quand il m’arrive de douter, je m’efforce de sortir de mon interrogation en cherchant à donner un sens positif à mon action, quitte à aller chercher parfois très loin sa raison d’être et éventuellement à l’infléchir en fonction de l’évolution de mes perceptions.

    Quand, j’étais totalement dépendant de ma cellule familiale et alors que, vu mon jeune âge, je ne m’interrogeais pas sur le sens de ce que je faisais, ce qui me guidait résultait de l’incitation de mes parents à participer aux activités familiales. Elles étaient pratiquement toutes orientées vers l’amélioration des conditions de vie.
    Notre piètre situation sociale incitait mes parents à entreprendre plus qu’à gémir et à se livrer à des activités génératrices d’amélioration des ressources. Au passage, notez qu’on dirait plutôt aujourd’hui, pouvoir d’achat ce qui est très différent.

    A l’époque, dans les années 45-50, c’était le début des aides sociales, mais elles n’étaient pas au niveau de celles d’aujourd’hui. Ce qui guidait en premier mes parents, c’était un précepte qu’on leur avait enseigné et que j’ai aussi adopté : « Aide-toi d’abord et le ciel t’aidera ».

    En tant que terriens d’origine, ils ont loué un très grand jardin, 2000m2 qui était fait entièrement à la main. Là, toute la famille s’employait à des tâches pénibles et pourtant peu rémunératrices. Aujourd’hui les enfants employés au jardin familial, sont très peu nombreux dans nos pays développés et tout compte fait, ça n’est probablement pas un progrès, surtout quand on pense à ce qui va s’imposer à eux dans un futur proche.

    Depuis déjà bien longtemps, je mesure combien ces travaux domestiques étaient très lourds de sens y compris de sens indirects, les plus précieux de tous.

    A l’école, nous apprenions « Le laboureur et ses enfants ». On vénérait le travail et ce qui aidait à supporter le côté pénible de tâches que, moralement, on grandissait toujours toutes. On nous apprenait à respecter tous les métiers. Je pense que c’est toujours ainsi dans tous les pays en voie de développement.

    Après tout, est-ce immoral que les emplois quittent les pays dans lesquels le travail, même le plus modeste, n’est pas vénéré en tant que tel ?

    Quand j’entends parler de « métiers de merde », de « peste et de choléra » je m’interroge sur ceux qui ont aidé à développer ces qualificatifs. J’en viens à penser que ce ne sont pas de réels vrais travailleurs nés, mais peut-être au contraire des individus inconscients des conditions de leur existence.

    Ils n’ont pas compris qu’on leur a seulement donné la vie et une éducation de base (très inférieure à celle qui été donnée antérieurement) pour qu’ensuite ils bâtissent leur vie avec ce qui se présente à eux.

    Malheureusement ces enfants, auxquels on a néanmoins consacré beaucoup plus de moyens, ont été doublement trompés. D’une part on ne leur a pas inculqué les bases les plus utiles à la conduite de leur vie : la morale. Et d’autre part, on leur a laissé entendre qu’en leur donnant une instruction plus étendue et plus élevée qu’aux anciennes générations, ont leur éviterait de connaître les conditions les plus modestes, ces métiers que certains leur ont présentés comme de la merde, vouée aux autres, mais pas à eux. Quelle erreur !

    J’ai donné mon avis sur un de ces métiers qui mérite le respect en réponse à Cécile et Louise et me suis longtemps exprimé sur le travail et autres dans la file où se trouve le poste ci-dessous. Remontez et redescendez la file. Je finis par me répéter. Attention au grand-père qui radote…
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=8775#comment-63662

    Venons-en à votre deuxième question ; « Le travail doit-il nécessairement être rémunéré ? »
    J’ai déjà donné mon avis dans le cas du foyer familial, mais ne retrouve pas sous quel billet je l’ai mis. Je vous l’indiquerai si je le trouve.

    En dehors du foyer : je réponds oui. Puisque, je l’espère, nous continuerons à vivre pendant un certain temps avec des échanges nettement au-delà.

    N’hésitez pas à me relancer s’il vous manque quelque chose. Je répondrai avec plaisir

    1. jducac,

      Merci de votre exemple. Il est fort probable néanmoins qu’il ne soit pas généralisable.

      Je n’ai pas parlé de « « métiers de merde » ».

      Comme vous semblez davantage attaché à la valeur des exemples particuliers, en voici deux :

      – que penser de l’utilité, du sens, pour l’employé et pour la société, d’un poste de montage de téléphones portables destinés à une courte durée de vie ? Sachant que la vie de ces téléphones, de leur fabrication à leur pseudo-recyclage n’est pas ce qu’on a inventé de mieux pour la planète. Ah, je profite pour prolonger la question aux surdiplômés qui vendent la soupe forfaitaire qui avec ces téléphones ?

      – vous parlez de jeunes : « on ne leur a pas inculqué les bases les plus utiles à la conduite de leur vie : la morale ». Question : qu’est devenue la chair à canon des temps passés ?

      http://perso.numericable.fr/gabuzo38/devises/d_04.jpg

  108. @ Fab dit : 1 avril 2010 à 07:34 et à ceux qui souhaitent suivre

    Je complète pour répondre à toutes vos questions, notamment « Ce faisant, il [le capitaliste] a crée des emplois pour ceux qui en ont besoin »

    Il me semble difficile à un homme, digne de ce nom, de se sentir appartenir à une communauté sans contribuer aux charges qu’implique l’existence de cette communauté.

    Pour atteindre le niveau de vie qui est le nôtre, les hommes depuis la nuit des temps ont peu à peu structuré leurs activités dans le sens qui accroît l’efficacité. Ils ont vu que la spécialisation, l’organisation rationnelle, la grande échelle, l’automatisation Etc…sont les éléments à optimiser pour atteindre l’efficacité, cela étant vu par métiers ou par produits. Il en résulte qu’aujourd’hui la plupart des emplois sont à pourvoir dans de telles structures, lesquelles requièrent des capitaux et donc des capitalistes petits ou grands.

    Comme chacun doit œuvrer pour participer aux charges de la communauté familiale, régionale, nationale, planétaire, en apportant sa part d’activité, il en résulte qu’il lui faut trouver sa place dans une structure qui procure des emplois. Les capitalistes participent à ces structures. Quand un capitaliste crée ou développe une telle structure, il crée des emplois. Plusieurs petits capitalistes isolés peuvent aussi, pour accroître leur efficacité, se regrouper dans une structure appropriée coopérative ou autre.

    « Qu’entendez-vous par « faciliter la vie des gens » ? Dites-vous

    Inutile de rentrer dans les détails. Il vous suffit de comparer votre vie à ce qu’était celle de vos arrières grands parents ou à celle de vos ancêtres du moyen âge ou encore avant, pour mesurer ce qu’est une vie plus ou moins facile. Vous pouvez voir aussi ce qu’est la vie de certaines personnes en Afrique, en Asie, en Amérique latine ou même en France pour les moins favorisés.

    Bien sûr, l’activité humaine a des répercutions sur la planète. C’est le propre de l’homme de modifier son environnement pour rendre sa vie moins pénible ou plus agréable et c’est à cause de cela qu’il est devenu homme.

    Le fait qu’il ait été capable de se faire seconder en France par 120 esclaves invisibles qu’il puise dans des ressources non renouvelables(énergies fossiles et métaux) a permis d’accélérer les choses.

    L’objectif aujourd’hui, alors que les hommes ont pris conscience de leurs limites environnementales, est de revenir à une moindre empreinte sur la planète pour rendre notre civilisation durable en y perdant le moins possible sur notre confort de vie. C’est pour cela que je crois à la nécessité de changer de domaine d’activité. Réduire notre activité sur et pour le matériel en reportant notre vivacité naturelle sur le virtuel et le spirituel, me semble s’imposer. Cela peut certainement aussi contribuer à nous faciliter la vie, tout en portant moins atteinte à notre environnement.

    C’est un revirement colossal qu’il convient d’opérer sur un ensemble de 7 milliards d’individus, dans des communautés encore divisées, et qui de plus n’ont pas acquis le même stade de développement.
    C’est pour cela qu’il y a eu échec à Copenhague. Pour tout le monde, ce revirement indispensable, n’est pas facile à opérer.

    Pour les pays les plus avancés, il est difficile d’imaginer de faire admettre la venue d’un mode de vie moins confortable alors que les moins pourvus de leur population aspirent à une amélioration, une préservation des acquis, un gain de pouvoir d’achat. Pour les politiques qui ont compris la difficulté du problème, c’est un sujet encore impossible à aborder comme je le fais. C’est d’autant plus difficile à aborder qu’ils ne sont pas encore arrivés à voir que la seule façon de s’en sortir, passe par une alliance générale, sans exclusive aucune, si l’on veut éviter des désordres graves qui conduiraient à des effondrements.

    Pour les pays les moins avancés, ceux qui, jusqu’alors, n’ont que peu prélevé sur les ressources non renouvelables, il est difficile d’envisager de réduire leurs prélèvements. Leur développement reste à faire et leurs populations les plus pauvres connaissent un niveau de vie encore plus réduit que les pauvres des pays développés.

    Malgré tous les problèmes qu’elle pose, la mondialisation apparaît, du point de vue du rééquilibrage des prélèvements et des niveaux de vie, un processus qui permet d’aller dans le bon sens. On peut d’ailleurs se demander si ce qui a orienté les rédactions des traités européens, OMC, Etc… ne provient pas d’une telle prise de conscience résultant des travaux du Club de Rome dans les années 70.

    S’ajoute à tous ces problèmes, l’accroissement de la population mondiale. Il vaudrait mieux la réduire comme lemontre l’étude de Paul Chefurka : http://www.courtfool.info/fr_Energie_et_population_mondiales.htm

  109. @ Fab dit : 1 avril 2010 à 07:34 et à ceux qui souhaitent suivre
    Voici le post où j’ai donné mon avis sur la non rémunération des femmes au foyer.
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=8775#comment-63272

    A mon tour de vous relancer. Il me semble que vous n’avez pas répondu à la demande formulée au bas du post suivant : http://www.pauljorion.com/blog/?p=8775#comment-63987
    Merci de développer un peu, pour qu’en nous comprenant mieux, nous nous rapprochions

  110. @ jducac ( http://www.pauljorion.com/blog/?p=9401#comment-68613 ),

    Je souscris à ce que vous écrivez (les liens que vous m’avez donné ont, de plus, complété mes connaissances).

    Pour conclure provisoirement cet échange, je dirais que le privilège de l’âge fait que j’utilise de plus en plus, comme vous, la richesse qu’apporte l’expérience.
    La vie est un bon professeur.
    Un autre professeur est dans les livres.
    Il y a un terme que l’on n’emploie plus beaucoup aujourd’hui, qui désignait les études des textes et des langues anciennes que l’on faisait au lycée; on parlait des « humanités ». On faisait « ses humanités ».
    L’expérience et l’étude des textes, les deux choses sont donc utiles pour faire grandir l’humanisme.

    Il a existé des époques ou le passé et l’expérience avait plus de valeur.
    Je me souviens d’avoir lu un texte de Victor Hugo (peut-être dans « Choses Vues ») dans lequel celui-ci soumettait l’idée qu’il serait bon d’avoir atteint un âge avancé pour pouvoir se présenter à une élection comme représentant du peuple (si je me souviens bien, cinquante ans était l’âge d’éligibilité qu’il proposait). L’énergie de la jeunesse pour bâtir la cité, la sagesse de la vieillesse pour la diriger.
    Evidemment, cet excès de valorisation de l’expérience n’est pas une panacée. Il y a de nombreux exemples historiques qui montrent que les plus anciens ont pu être aussi les plus aveugles.

    Cependant l’excès inverse que nous vivons, et qu’on peut qualifier de « neophilie » (« tout ce qui est nouveau est intéressant » selon la formule du marchand d’art Léo Castelli), n’est pas non plus la solution.
    J’observe que certains cinquantenaires d’aujourd’hui, élevés dans l’idée que tout ce qui est vieux est « ringard », ont du mal à endosser les habits que la vie leur a réservé. Par crainte de se « ringardiser », ils renâclent à oser transmettre leur expérience. Par facilité ils préfèrent se déguiser en rebelles d’opérette, et laisser toute la parole à la jeunesse. Ils souhaitent peut-être que cette jeunesse, qu’ils voudraient continuer à avoir comme miroir d’eux-même, vienne leur voler leur vieillesse. Et c’est malheureusement ce qui risque de leur arriver.

    Pour reprendre, à l’inverse, le sujet abordé par Victor Hugo, voici un autre exemple. Nous souhaitons intéresser les plus jeunes aux affaires de la cité (Conseils municipaux d’enfants, Conseils d’établissement scolaire ouvert aux élèves), et c’est une bonne chose. Mais que penser du droit de vote qui pourrait être accordé dès seize ans, selon le projet de loi évoqué récemment? N’est-ce pas illusoire? Et pourquoi ne pas aller jusqu’à accorder ce droit de vote aux enfants de sept ans, puisque nous atteignons à cette époque « l’âge de raison »?
    (Si l’on compare une société à une famille, il est évident que tous les membres doivent être intéressés aux événements familiaux, et y participer. Mais aucune famille ne donne un droit de veto aux enfants pour ce qui concerne les choses les plus importantes. Ceux qui ont lu le roman de Golding « Sa Majesté des mouches » ont une petite idée de ce qui pourrait arriver si l’enfance dirigeait.)

    Il est certain que « tout ce qui est excessif est insignifiant », et Talleyrand aurait recouvert de la même insignifiance la « neophilie » et la « seneophilie » (pardon jducac, de ces barbarismes de latin de cuisine).

    Il nous faudra donc toujours adosser notre humanisme sur l’expérience du passé et sur les textes anciens, mais sans oublier la force du présent et de la nouveauté. Tout est mêlé. Rien ne doit avoir de valeur supérieure.
    Le passé a pu à certaines époques vouloir gagner sur le présent.
    Je comprends que vous tenez à ce que le « présent » de 68 (pour faire court) ne gagne pas sur le passé. Je vous rejoins. L’esprit doit rester ouvert. Il y a eu d’autres 22 mars avant, et il y en aura après.

  111. jducac,

    Ca devient vraiment difficile de suivre, avec tous ces renvois, ces réponses décalées…Je vous avais répondu là : http://www.pauljorion.com/blog/?p=9401#comment-69376

    Vous décrivez un système qui me révulse : optimisation, efficacité…, parce que, je le répète, seul l’objectif compte : peu importe l’homme dans le processus. Il faut qu’il se mette au service de la société : Métropolis, Les temps modernes. La société c’est aussi l’armée : allez hop, à la boucherie, « il faut que tu prennes ta place dans la structure »…en sapin ! Et avec le sourire : c’est pour le groupe !

    Les 120 esclaves dont vous parlez ne sont invisibles qu’à ceux qui ne veulent pas les voir.

    Je résume : c’est comme ça alors il faut s’y faire. Comme en Birmanie. Comme en Chine. Comme en Iran. C’est la vie quoi, n’est-ce pas ? On va continuer à bouffer de la merde (OGM, élévage intensif, pesticides, engrais à gogo…) parce c’est le système qui veut ça : ça permet de créer de l’emploi chez les fabricants de pesticides et d’ogm !!! L’Amazonie devient un grand champ de cultures de soja, d’ogm… : mais puisqu’on vous dit que c’est pour la bonne cause, que ça crée de l’emploi puisque ce soja transgénique emploi du monde sur place, et étant destiné à l’alimentation de notre bonne viande à nous ça crée de l’emploi en France tout en remplissant notre frigo de bonne viande nourrie avec des aliments pas chers puisque produits par des esclavagistes et voleurs de terres ! Pareil pour les téléphones portables : de la fabrication au recyclage, en passant par les forfaits…tout est bon : les emplois créés, les matériaux utilisés, le recyclage total et totalement vert.

    Tenez, encore un lien : http://www.pauljorion.com/blog/?p=9807#comment-69379

    Le travail, ça occupe : c’est une bonne chose, vous avez raison. M’enfin de là à dire que c’est la meilleure ! Il est temps de chercher autre chose, qui soit plus respectueux de l’homme, de l’humanité et de la Nature. Ça ne sert à rien pour les générations futures que nous nous réfugiions dans le réconfort de l’idée d’avoir fait de notre mieux, que c’est la société qui voulait ça et que dans ce système imposé, inébranlable, nous avons essayé d’apporter notre petit plus, par exemple en disant « s’il vous plaît » avant de mettre une balle entre les deux yeux de notre ennemi ou du poulet d’abattage, ou en disant que « non ce n’est pas raisonnable » en fabricant des énoooormes 4×4 ou en bouffant des produits faits par des esclaves du Sud (des vrais, on peut même les toucher, ou les frapper s’ils n’avancent pas assez vite, vous savez comme ils sont ces gens-là, toujours à tirer au flanc, et à faire exprès de ne pas comprendre qu’il faut qu’ils prennent leur place dans le trafic, que c’est pour le bien de la société s’ils produisent de la merde qui pollue leur terre, déstructure leur organisation sociale et familiale et les rend dépendants de notre monnaie dont nous débattons ici tant et plus !), ou en disant que « c’est bien il faut continuer comme papa et maman » à nos enfants !!!

    Voilà jducac, ça fait du bien. Surtout en ce dimanche pascal : y’aura plein de chocolat (lisez l’étiquette…provenance, ingrédients…), du bon agneau, et mardi hop : au boulot

  112. @ Fab dit : 3 avril 2010 à 04:35
    Votre exemple montre que pour gagner sa vie aujourd’hui, on est conduit à consommer, directement ou indirectement, les ressources naturelles non renouvelables à très vive allure.

    Il n’y a pas d’autre solution que de réorienter nos activités vers l’enrichissement spirituel de chacun afin de rendre les hommes heureux autrement qu’en cherchant à avoir, pour jouir du confort matériel, et à paraître, pour donner envie aux autres.

    Quand gagnera-t-on sa vie par une activité sur ce créneau ?

    C’est possible depuis longtemps. Il suffit d’être gourou et suffisamment habile pour plumer des adeptes de telle sorte qu’ils ne puissent plus retomber dans le monde de consommation matérielle.

    Tout cela ne va pas dans le sens de la préservation des acquis, ni de l’augmentation du pouvoir d’achat.
    Quelle-est votre solution ?
    ___________
    Pour la chair à canon, ne craignez pas de dire là où vous voulez en venir. Merci de faire don de quelques phrases non elliptiques

  113. Fab dit : 4 avril 2010 à 07:41

    Quand j’ai posté à 07/43 je n’avais pas pris connaissance de votre dernier poste à 07/41, Je viens donc y répondre.

    Quel réquisitoire !

    J’imagine que vous êtes encore jeune, débordant d’idées et d’énergie pour bâtir autre chose de mieux. Prenez le monde tel qu’il est et agissez positivement pour le conduire là où vous le voyez, c’est-à-dire ramené aux conditions des temps très anciens, certainement encore plus défavorables pour les plus faibles.

    Ceux qui vous ont précédé, une fois en devoir de travailler, souvent très jeunes, ont pris le monde tel qu’il était et y ont fait leur œuvre. Si vous êtes européen, dites-vous qu’après beaucoup d’erreurs de leurs ainés, ils ont bâti la paix intérieure et entre Etats. Ils auraient pu faire plus mais reconnaissez que ça n’est pas négligeable. Souhaitons que vous puissiez garder ces acquis fragiles et faire mieux, je vous y encourage.

    Pour ce qui me concerne, je me sens trop âgé, et espère que dans le monde que vous souhaitez, on aura quand même un minimum de respect à l’égard des générations de vos parents et grands parents qui vous ont fait naître et grandir, malgré les difficultés de leur vie. Car je pense que, comme moi, ils ont fait de leur mieux honnêtement, sans mauvaise intention à votre égard, au contraire.

    Allez-y ! Prenez le monde à pleins bras. Faites en sorte qu’il soit mieux ou en tout cas pas plus mal.

    Attention toutefois.

    Vous n’êtes qu’un parmi 7 milliards et pendant que vous dressez votre réquisitoire, d’autres agissent et, à terme, risquent de vous entraîner de gré ou de force dans leur ronde redoutable basée sur l’action, l’efficacité, le respect d’une morale individuelle et collective qu’ils auront bâtie entre eux et qu’ils vous imposeront.

    Courage !

  114. jducac,

    « Quand gagnera-t-on sa vie par une activité sur ce créneau ? » : ça sent l’oxymore. Au moins.

    Que « cela » n’aille pas dans le sens de l’augmentation du pouvoir d’achat est la moindre des choses, j’en conviens.

    Ma solution : que ceux qui le peuvent larguent les amarres. Qu’ils se fassent confiance. Qu’ensuite on puisse tous en parler ensemble. Il n’est pas exclu comme vous le notez -peut-être un peu vite- que nous réussissions à « réorienter nos activités vers l’enrichissement spirituel de chacun afin de rendre les hommes heureux autrement qu’en cherchant à avoir, pour jouir du confort matériel, et à paraître, pour donner envie aux autres. ».

    « Pour la chair à canon, ne craignez pas de dire là où vous voulez en venir. Merci de faire don de quelques phrases non elliptiques » : ce doit être une histoire de positionnement, je ne vois là aucune ellipse. Vous parlez des jeunes, d’aujourd’hui si j’ai bien compris, en disant qu’on ne leur a pas inculqué la morale : est-ce la même morale que celle qui fut inculquée par le passé à la chair à canon ?

    Plutôt que réquisitoire, que pensez-vous de constat ? Ce qui n’enlève rien à la bonne volonté des anciennes générations qui ont fait avec les moyens du bord, avec les conditions de l’époque pour reprendre vos propos.

    « Prenez le monde tel qu’il est et agissez positivement pour le conduire là où vous le voyez, c’est-à-dire ramené aux conditions des temps très anciens, certainement encore plus défavorables pour les plus faibles. »
    Quand situez-vous ces temps très anciens ?
    A cette époque la population humaine n’était probablement pas de 7 milliards, mais je serais curieux de connaître la différence avec notre époque des proportions de « plus faibles » dans le monde, et de « leur » condition. Sans parler de celle des autres animaux terrestres, des plantes, de la Nature en général et non d’une espèce en particulier : il n’y a là non-plus aucune ellipse, seulement le constat d’une morale séculaire et malheureusement trop souvent non-inculquée : l’harmonie, plus connue sous le nom de règle d’or ou d’éthique de réciprocité.

    Je n’ai pas bien compris votre dernier paragraphe : vouliez-vous dire « d’autres s’agitent » ?

    jducac : nous sommes en classe affaire, on se goinfre, on se remplit la panse à s’en rendre malades, bref on consomme à n’en plus pouvoir et sans intégrer réellement, en pleine conscience, les dégâts provoqués par notre attitude d’enfants gâtés diront certains, d’enfants prisonniers d’un vaisseau spatial, sans repères, et qui occupent leur temps comme ils peuvent en se cachant au maximum la réalité qui les effraie.

    Merci.

  115. @ Fab Fab dit : 5 avril 2010 à 05:40
    Au final, nos visions respectives ne sont peut-être, pas très éloignées l’une de l’autre.

    Personnellement, je pense que pour avoir une chance de nous en sortir, il faut d’abord, au niveau du pays, prendre conscience collectivement de la gravité de la situation pour rechercher une union nationale. C’est pour cela que j’interviens très souvent sur ce blog afin de freiner le plus possible les entreprises de divisions partisanes qui me semblent vaines , dérisoires et suicidaires face à l’enjeu. Si les divisions internes s’installaient, nous irions rapidement vers un naufrage auto destructeur.

    Ensuite il faut, si c’est encore possible, opérer une reconversion morale de la population, surtout celle née après 1950 chez laquelle on a instillé le virus de l’individualisme, le réflexe du chacun pour soi. Il faut rebâtir chez chacun, une conscience morale du devoir individuel au service d’un devoir collectif, seul capable de sauver notre civilisation. C’est pour cela que je me bagarre tant pour qu’on torde le cou aux slogans ravageurs de 68.

    Vous évoquez la chair à canon des précédentes guerres, mais aujourd’hui nous sommes, sans que les gens s’en rendent compte, dans une guerre… une guerre pour notre survie. L’ennemi c’est nous-mêmes, individuellement et collectivement. C’est pour cela que j’évoque souvent la nécessité de travailler sur le spirituel, le mental, la conscience, avec tout ce que cela comporte de dangereux ; mais comment faire autrement quand on est au bord du précipice.

    Là où je pense que nous nous séparons peut-être, c’est sur la façon d’opérer le renversement. Même s’il faut aller vite, je pense qu’il ne faut pas, comme vous l’évoquez, larguer les amarres avec toute la brutalité que cela implique. J’aurais tendance à penser à une phase de transition s’étalant sur plusieurs années ou décennies ou plus, le temps de convertir les foules qui sont à des années lumière de s’attendre à ce que cela suppose comme régression dans le niveau de vie, au sens où on l’entend actuellement. Il faudra du temps pour réimplanter des interdits, les faire comprendre et les faire respecter.

    L’inconnue se situe aussi au niveau des continents et de la planète entière, pour que cette transformation radicale soit comprise et acceptée par tous. Copenhague n’est pas encourageant de ce point de vue. Notre petit pays est-il le mieux placé pour entraîner la planète entière ? Il est à craindre que nous soyons pris dans la ronde infernale de ceux qui, plus forts et plus nombreux, pourraient penser s’en sortir autrement, à notre détriment.

  116. SCARINGELLA a écrit : « Pour avoir des droits il faut etre sujet de droit donc majeur. »

    Permettez-moi d’intervenir sur le tard, mais voilà exactement le genre de sophisme que je ne laisse pas passer ! Typique du formatage au droit napoléonien et romain.

    Deux catégories absolues, discrètes, sans nuance : les « mineurs » (quel mot affreux) et les « majeurs », rien entre les deux, comme si les droits ne devaient pas être ouvert progressivement et intelligemment avec l’âge ! Les juristes étroits mettent dans la même catégorie le nourrisson et le jeune homme de 17 ans, c’est ridicule.

    Bien sûr que l’on peut être sujet de droit avant 18 ans ! Cela se fait dans de nombreux pays. Mais en France, ceux qui voudraient refuser que l’on soit sujet de droit à 16 ans sont en général les mêmes qui veulent abaisser la majorité pénale à 13 ans. Cherchez l’erreur.

    L’histoire recèle même de petites saloperies qui méritent d’êre rappelées : avant 1974, on n’était, selon Scaringella, pas « sujet de droit » avant 21 ans. En revanche, pour porter des armes de guerre, par exemple en Algérie, on vous trouvait « majeur » à 18 ans et même 17. C’est un véritable scandale dont aucun livre d’histoire ne parle et qui n’intéressait pas la chienlit de 1968 : leur l’ambition n’était le progrès moral mais juste de coucher et découcher sans entraves.

    Le sophisme, courant dans les milieux de petits juristes de bas étage, énoncé par SCARINGELLA doit être démoli. Et le droit des moins de 18 ans ne doit surtout pas se limiter aux devoirs des adultes avec des truismes du genre manger à sa faim ou ne pas être battu. Il faut créer des droits personnels, surtout à l’adolescence : il est par exemple absolument anormal que l’orientation scolaire soit décidée par les parents et non par le jeune lui-même ; il est scandaleux que les parents soient incités par des lois napoléoniennes complètement moisies à ouvrir et à censurer la correspondance de leurs enfants. Il est contraire à la laïcité que les parents puissent imposer leur religion.

    la vraie arnaque est là : pendant que les bôbôs et les psys à 2 balles nous parlent d’interdire la fessée, on ne remet pas en cause des lois scandaleuses qui permettent aux parents de refuser à leurs enfants l’orientation scolaire de leur choix !! Donc oui, les droits de l’enfant sont une arnaque, mais pas du tout dans le sens où notre sophiste l’entend !

Les commentaires sont fermés.