« L’Etat amnésique », vraiment ?, par Julien Alexandre

Billet invité.

Dans son dernier billet intitulé « L’Etat amnésique, promoteur des CDS », Alain Gauvin dénonce une nouvelle fois l’hypocrisie des politiques qui déclarent vouloir mettre au pas les CDS, alors même qu’ils ont mis en place les conditions de leur développement. A première vue, on pourrait effectivement s’étonner de ce double jeu. Mais à y regarder de plus près, les choses pourraient être un tantinet plus complexes.

Avant de revenir plus précisément sur ce point, intéressons-nous d’abord à la sémantique. Depuis que les CDS ont été placés, à l’insu de leur plein gré, sur le devant de la scène financière, on voit fleurir un peu partout des définitions par des spécialistes qui se veulent le plus didactique possible, et font pour cela appel à des images, des métaphores ou des approximations.

Les désormais fameux « éléments de langage » (expression popularisée et largement utilisée lors des dernières élections régionales en France, bien qu’à l’œuvre depuis 2007) ne sont pas utilisés au hasard : « instruments d’assurance-crédit », « assurances », « contrats de protection », « instruments de couverture », etc. Puisqu’on vous dit que c’est pour se « protéger » ! Il faut vraiment avoir l’esprit mal tourné pour imaginer une seconde que des instruments de protection puissent se révéler nocifs. Comparaison n’est pas raison, mais les pistolets Taser et les Flash Ball sont aussi présentés par leurs promoteurs comme des outils de « protection »… Pas étonnant après que même Warren Buffett qualifie les dérivés de « financial weapons of mass destruction »

En réalité, les CDS constituent une « assurance » dans un cas bien précis : la couverture d’événements à risque de préjudice pour un acteur réellement exposé à une perte consécutive à la survenance du risque assuré.

Aussi la qualification « d’assurance » accordée aux CDS devrait exclure de fait les CDS à découvert (short selling) et encore plus les CDS nus à découvert (naked short selling). Dans le premier cas, l’acheteur du CDS emprunte l’actif de référence, en espérant réaliser une plus-value entre sa vente et son rachat à posteriori. Même s’il peut encore y avoir ici des justifications de couverture, il s’agît le plus souvent de simples paris. Dans le second cas, l’acheteur du CDS ne prend même pas la peine d’emprunter l’actif sous-jacent, et pourtant il est autorisé à souscrire un CDS sur cet actif : il s’agît d’un pur pari directionnel.

Pourtant, pour Alain Gauvin, nous pouvons mettre tous les CDS dans le même panier :

Les CDS, qu’ils soient nus ou couverts, sont d’utiles outils qui complètent la palette des instruments d’assurance-crédit et élargissent les opportunités d’investissement en permettant à un investisseur de prendre une exposition, et d’en être rémunéré, sur un actif (une obligation par exemple) sans le détenir.

Pourquoi la différence est-elle en fait fondamentale ? Parce qu’en autorisant les spéculateurs à parier comme au casino grâce aux CDS, on transforme un outil « d’assurance » en son absolu contraire, en créant de toute pièce un risque. A la différence de l’assureur, qui à l’obligation légale de constituer des réserves pour couvrir les risques qu’il assure, le vendeur de CDS n’est soumis à aucune obligation de constitution de fonds pour garantir la transaction. Il reçoit ainsi les primes régulièrement, sans aucun investissement en capital, à condition qu’aucun événement de crédit n’advienne jusqu’à la maturité du contrat. Dans le cas où l’événement de crédit se matérialise, le vendeur est alors contraint de faire un paiement contingent. Et c’est là que les choses se compliquent : la faillite d’un vendeur ne pouvant faire face à son obligation de réglement peut entraîner une réaction en chaîne, favorisée par l’interdépendance des acteurs financiers et le petit jeu qui consiste à propager des rumeurs pour augmenter ses chances. Au plus fort de la crise, on estimait le notionnel des CDS à plus de 62 mille milliards de dollars, soit davantage que le PIB mondial.

Une assurance qui crée un risque plus grave que celui qu’elle est censée couvrir est-elle vraiment une assurance ?

Lorsque certains évoquent donc la possibilité d’une réglementation voire d’une interdiction des CDS à découvert, on retrouve toujours en face le même argument : « la volatilité va augmenter ». Et alors ? Cette riposte traduit avant tout une aversion aux risques que les parieurs prétendent prendre. Si la volatilité est élevée, l’espérance de gain est plus importante… tout comme le risque de perte. Ce qui constituerait en l’occurence un rappel utile aux spéculateurs : messieurs, vous pratiquez un sport dangereux !

Mais revenons-en aux contradictions du politique relevées par Alain Gauvin. Relevons tout d’abord que les faits exposés (l’autorisation donnée aux OPCVM de souscrire des CDS) datent de 2003, alors que les déclarations de Christine Lagarde datent du 28 février 2010. Il peut s’en passer des choses en 7 ans, par exemple un changement de président, de gouvernement, de contexte économique, une crise, etc. Ce qui a été fait il y a 7 ans aurait vocation à ne jamais être défait ? Le référentiel change, mais les dispositions légales devraient demeurer intactes quoi qu’il arrive ?

Un argument moins trivial a trait aux dérives observées dans l’exercice de la fonction de député ou de sénateur. C’est ainsi qu’en 2009, à l’occasion de la réforme du réglement de l’Assemblée nationale, le grand public a découvert que la pratique du lobbying, si souvent décriée à Bruxelles ou à Washington, y était monnaie courante depuis de nombreuses années. Les groupes de pression ou « groupes d’intérêt » comme ils préfèrent qu’on les qualifie, écument ainsi les couloirs de la noble assemblée, munis de leurs badges d’accès permanent, à la rencontre des parlementaires pour lesquels ils rivalisent d’attentions.

Pourquoi en parler ici ? Revenons un instant sur le point précis soulevé par Alain Gauvin :

L’article 511-6 du Code Monétaire et Financier prévoit, au profit des OPCVM, le droit de réaliser des opérations de crédit, dérogeant ainsi au monopole bancaire. Pour le néophyte, cette disposition est indifférente. Pourtant, un premier élément suscite la surprise : en quoi un OPCVM, dont on rappelle qu’il a pour objet la gestion collective de l’épargne publique, peut-il être intéressé à réaliser des opérations de crédit, c’est-à-dire des prêts dont l’exécution est réservée aux banques ? La réponse n’est évidemment pas dans la loi, mais dans les travaux parlementaires riches d’enseignements sur les intentions des pouvoirs publics.

Les « intentions des pouvoirs publics », vraiment ? Il me semble que ce n’est pas faire offense à nos députés que de soulever une interrogation sur l’origine de cette proposition.

Juste après, Alain Gauvin relate d’ailleurs le travail des parlementaires en ces termes :

– D’abord, le sénateur avoue son impuissance à définir les CDS, ce que l’on peut comprendre, même si, de cette impuissance, découle, pour partie, la crise financière. Pourtant, le député, lui, ne fait pas dans la dentelle, sûr de lui-même, il affirme que « désormais, en étant expressément autorisés à effectuer des opérations de banque, les OPCVM peuvent recourir aux dérivés de crédit. » (article 45)

– Ensuite, sénateur et député affichent clairement leur volonté d’élargir le panel des investisseurs, pouvant souscrire des CDS, à l’épargnant de la rue, c’est-à-dire le porteur de parts d’OPCVM.

Peut-on croire un instant que la proposition d’élargissement de la souscription de CDS aux OPCVM soit le fait des seuls pouvoirs publics ? Ne se pourrait-il pas qu’un acteur financier, intéressé au marché que cela représente, ait « glissé » un mot par inadvertance au détour d’une conversation désintéressée avec des parlementaires ?

Il ne s’agît pas de dédouaner les parlementaires qui après tout sont les représentants du peuple et ne devraient agir que dans l’intérêt commun, même s’il est bien difficile de résister lorsque l’on est soumis au feu permanent des assaillants, mais plus simplement de rappeler qu’un certain nombre de dispositions légales sont adoptées à la faveur d’influences diverses et que « l’amnésie » de l’Etat est donc bien souvent causée par une intervention extérieure.

Alors, c’est grave docteur ?

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66 réflexions sur « « L’Etat amnésique », vraiment ?, par Julien Alexandre »

  1. Merci de cette intervention éclairante sur le texte précédent, qui m’a plus que choqué (même si je m’y connais peu en la matière).

    Outre une justification fortement contestable des spéculateurs (je cite : « les spéculateurs prennent des risques qu’aucun autre investisseur n’est prêt à prendre, permettent aux assureurs d’indemniser les populations contre les grands risques (climatiques, pandémiques, etc.), créent des emplois et paient des impôts. »), Mr Gauvin semble en effet laisser de coté les processus qui amènent à la conception des Lois, et surtout la possibilité de réformer la Loi lorsqu’elle n’est plus en adéquation avec la volonté des représentants du peuple.

    La constitution ne prévoit d’ailleurs aucun délai minimum entre l’adoption d’une Loi et sa modification…

    Par exemple (mais les cas abondent dans toutes les matières), les Lois Aubry sur la réduction du temps de travail (Lois du 13 juin 1998, dite Aubry I et du 19 janvier 2000, dite Aubry II) ont été modifiées dès la Loi du 17 janvier 2003 dite Loi Fillon (alors que la période transitoire n’est pas terminée).

    Autre exemple : La Loi du 31 mars 2005 créé la possibilité de dépasser le contingent annuel d’heures supplémentaires en concluant des accords instaurant le dispositif dit « des heures choisies ». Ce dispositif est abrogé par la Loi du 20 août 2008… Dans ce dernier exemple, il s’agit de Lois prises par une même majorité gouvernementale (certes les gouvernements ont changé).

    Tout cela pour démontrer que l’amnésie est moins flagrante que la duplicité entre les discours (« sus au CDS nus ! ») et les actes (législation inchangée).

    Cordialement,

    CM

    1. Bien sûr que les lois peuvent être modifiées pour éviter de sombrer dans l’obsolescence. Le problème est de trouver le juste équilibre. Depuis quelques années, les lois sont des textes de circonstances. Par exemple, la Loi de Sécurité Financière de 2003 se révèle sur de nombreux aspects inopérante. Je suis de ceux qui pensent qu’avec notre bon vieux Code Civil, nous pourrions nous passer de lois spécifiques. Le problème est que le Code Civil subit aussi les assauts pas toujours heureux du législateur. Pour le reste, nous ne sommes pas d’accord, mais mon intention n’est évidemment pas de vous choquer. Bien cordialement,

  2. Bonsoir,

    Oui, l’amnésie est beaucoup moins flagrante que la duplicité, voire même le mensonge brut de décoffrage.

    Cordialement,

  3. C’est très poignant cette (re) découverte (perpétuelle) du lobbying et cette vision du politique « soumis au feu permanent des assaillants » …

    … mais comme je ne veux faire le demi-naïf, j’ai comme l’idée que derrière la faiblesse amnésique du Pouvoir, il y a aussi d’autres arrière-pensées allant au delà d’une faveur accordée à tel ou tel groupe ou agent économique.
    … et que ces arrière-pensées tiennent aussi compte d’éléments du lobbying des électeurs , au travers de divers filtres …
    (système dont, sans en contester le principe , on peut en analyser les points faiblards)

    Sinon pour le reste, vous avez mon quitus.

    (Attention , le retour en arrière d’une situation a des conséquences traduisibles en terme de coût, à court terme : et nous sommes en système démocratique, avec des électeurs.)

    1. « C’est très poignant cette (re) découverte (perpétuelle) du lobbying… » : effectivement ! Certains peuvent faire valoir leurs droits avec un badge, alors que la grande majorité doit se contenter d’un bulletin de vote: le badge du pauvre.

  4. Pour détendre l’atmosphère …

    http://www.youtube.com/watch?v=pGW-YT9Sxkc&feature=channel

    … n’est elle pas la plus belle ? Et ça parait à des années lumière alors que ça n’a que… 30 ans. Une façon de jouer avec des caractères complexes, au moins bidimensionnels. Ces caractères, ces figures crées par Molière, se transmettent, comme la musique, à travers le temps.

    A propos, la compression video fait appel à des frames (images) dites »b », comme bidirectionnelles, car elles se définissent par rapport aux images passées ET futures. Ce sont celles qui réclament le moins de bits d’info, ayant un passé et un futur… contrairement à notre civilisation qui n’a aucune idée de son futur.

    1.  » notre civilisation qui n’a aucune idée de son futur. »

      C’est vous qui le dites!!!
      Certes, l’avenir est insondable, mais ce n’est pas une raison pour ne pas se fixer des objectifs réalisables.
      A ce sujet, je me réfaire à deux ouvrages: L’Homme Renaturé de Jean Marie Pelt et La troisième Vague d’Alvin Toffler, ces deux ouvrages écrits dans les années 70 sont d’une étonnante actualité.

  5. Ce que je ne comprend pas c’est pourquoi on dit que le CDS lorsqu’il n’est pas nu réduit le risque. Il n’y a pas eu besoin de CDS nus pour mettre en faillite AIG.
    Les CDS lorsqu’ils sont adossés à des crédit qui existe constituent juste un transfert de risque (ce qui est différent de l’assurance).
    Le principe de l’assurance repose sur la diversification des risques, et les CDS en eux même ne diversifient rien ils ne font que le transférer. Par exemple, AIG en prenant le risque de défaut de milliers de créances extrêmement corrélées n’a absolument pas mutualisé le risque (car les créances étaient trop corrélées!!). Les CDS ne réduisent pas le risque, il le transfert et c’est tout!
    Donc même les CDS non nus représentent un risque lorsqu’ils sont mal gérés. La bonne raison pour laquelle il faut les conserver n’est pas comme on le dit trop souvent parcequ’ils réduisent le risque mais parce qu’ils sont tout simplement utiles à des créanciers par exemple. A contrario, les CDS nus ne bénéficient qu’aux deux contractants qui prennent juste un pari (personellement, ca ne me choque pas que des gens parient).
    En fait il faut arreter de dire que le risque c’est mal. Le risque est utile, primordial. Les catastrophes naturelles type Xynthia sont payées par des spéculateurs! Investir dans une strat up c’est un risque énorme et pourtant nécessaire pour voir des googles apparaitre. Il y a des gens qui aiment prendre des risques parce qu’ils sont rémunérateur (les spéculateur), et d’autre qui ne peuvent pas les assumer entierement (les habitants de LA, les jeunes créateurs d’entreprise), heuresement qu’on leur permet de se rencontrer et qu’on ne leur dit pas: « spéculer c’est mal et risqué » ou « créer une entreprise c’est mal car c’est prendre un pari sur l’avenir et que c’est risqué ».
    Les seules question qu’il faut se poser, c’est comment mesurer le risque, le diversifier et éviter que des prises de risque individuelles ne mettent en péril tout le système et non pas comment supprimer le risque.

    1. Bonjour,

      Je crains de ne pas comprendre en quoi le risque et la spéculation sont indissociablement liés.

      La spéculation n’a rien à voir avec le risque pris ou pas, mais plutôt, à mon humble avis, avec une notion de richesse « indûment captée » au détriment de ceux qui la créént.

      Un spéculateur ne créé pas de richesse, et ne permet pas d’en créer (ça c’est un investisseur pas un spéculateur), il profite d’une position privilégiée pour en confisquer une partie excessive…

      La question n’a donc rien à voir avec le risque, mais plutôt à voir avec la création de richesse…

      Quand je gagne X millions de dollars grâce à une opération sur des CDS nus à découvert, j’ai participé à quelle création de richesse pour mériter légitimement ces X millions de dollars ?

      Je n’ai pas de réponse à cette question, mais je pense que c’est là que réside le pb spéculatif et non dans la question du risque…

      Cordialement,

      CM

    2. Quelle est la différence de principe entre un CDS nu et une assurance-vie prise sur la tête de mon voisin ? C’est ça la question.

    3. @ Cédric Mas
      Le spéculateur prend un risque: celui de perdre son investissement. Lorsque je donne 100 000€ à un entrepreneur pour qu’il crée une strat up, si sa start up fait faillite, je perd mes 100 000€. Il est donc normal que je demande à être rémunéré pour ce risque (personne n’irait investir 100 000€ si son gain est nul ou potentiellement négatif). Dans l’exemple d’un CDS, si je vend un CDS, je mengage en cas de défaut de l’emprunteur à payer pour lui donc je prend le risque de perdre de l’argent en cas de défaut. Il est donc normal que je soit rémunéré pour cette prise de risque. La question qu’il faut se poser c’est: est ce que cette prise de risque est utile pour l’économie? Dans le cas d’un CDS addossé à un crédit existant oui parce que je rend un service à un créancier en prenant une partie de son risque (ce dernier pourra alors reprêter pour continuer à financer l’économie). Dans le cas d’un CDS nu, il n’y a pas d’autre utilité que de prendre un pari.
      C’est pour ça que je dis, la seule question qu’il faut se poser, c’est comment évaluer le risque correctement pour pouvoir évaluer le ratio utilité/risque correctement.

    4. @ Jean :

      Une CDS n’est pas exactement équivalent à un simple pari, puisqu’il repose sur le credit-event. Une défaillance doit survenir pour que le « parieur » attrape sa mise. CDS = crédit default swap, ce qui veut tout dire, notamment le mot « défault ». Défaillance de crédit. Il a donc une signification boursière, on peut estimer que plus un CDS monte et plus il influe sur le nominatif à la baisse, etc. En manipulant le cours du CDS on peut manipuler les marchés.

    5. @Lisztfr
      Vous dites:
      « Quelle est la différence de principe entre un CDS nu et une assurance-vie prise sur la tête de mon voisin ? C’est ça la question. »

      Pour le voisin :
      1/ Pas une assurance-vie mais une assurance décès.
      2/ Si vous êtes l’amant de sa femme, vous pouvez le faire via ses soins
      3/ L’assurance vérifiera son bon état de santé, sinon niet !( ou très fortes primes)
      4/ Si mort violente; il y aura enquête… à qui profite le crime ? La femme a-t-elle un amant ?
      5/ Il y des assurances décès prisent par des suicidés en puissance et qui maquillent leurs morts…là aussi enquête…

      Pour le CDS nu

      1/ Trouver un émetteur de CDS ( un type qui veux vous donner son argent si je vous comprends)
      et lui acheter un CDS qui vous semble prometteur.
      2/ Acheter sur un marché un CDS à un autre spéculateur ( qui lui n’a rien compris…ou a déjà fait une marge)
      3/ Attendre le « crédit event » ou la hausse du CDS pour l’acheteur et le retour à la normal pour l’émetteur…(ou encore que le flux des primes et ses contreparties couvrent son risque)
      4/ Sachant que 70% des CDS sont entre les mains de 6 banques de Wall-Street…
      5/Et si ces CDS nus étaient ensuite acheté par des détenteurs d’obligations grecs qui se couvre plutôt que de les revendre..???..et feraient ainsi monter les prix…
      6/Attention aux conclusions hâtives…
      7/ Et si la baisse de la valeur nominale faisait augmenter le CDS…

  6. Bonjour,

    mais maintenant que les CDS existent bel et bien, les interdire va coûter beaucoup à ceux qui en posséde, ils vont être dépossédé d’un bien qui rapporte, pas seulement d’un truc de financier à faire des sous.

    … cette remarque n’ayant pas été soulignée auparavant je dois certainement pas bien comprendre le fonctionnement des CDS merci de m’éclairer si possible.

    Cordialement

  7. Comme l’immense majorité de mes concitoyens ( et semble-til pas mal de spécialistes ou élus ) je serais bien incapable de définir correctement et de peser efficacement l’impact positif ou négatif des cds ( relativement à quoi d’ailleurs) .

    Je pensais que je trouverai ici la lumière , et l’explication qui d’un seul coup d’oeil ( je n’ai que l’intelligence de la vue ) me permetttrait de repérer les enjeux de tous types portés par ce type d’assurance .

    Comme le commun des mortels ( dont beaucoup se dotent d’assurance- vie , notion qui est pour moi la signature de ma conviction que l’argent est une promesse de temps ….jamais tenue …autant qu’on l’imaginait ) , je vais donc devoir patienter .

    En attendant il ne faut pas escompter qu’une aura démocratique constitutionnelle vienne entourer toutes les notions aussi floues que CDS , liberté sinon primauté du marché ,assurance… On ne peut être de ce point de vue que rassuré sur la santé mentale des peuples qui ont dit non au TCE , en très grande partie parce qu’ils ne comprenaient rien à un texte imbitable .

    On est beaucoup moins rassuré par les contorsions de ceux qui prétendent savoir et comprendre , afin d’introduire à tout …prix ces objets marchands non identifiés dans le traité de Lisbonne .

    Il parait que Merkel veut revisiter les textes fondateurs . Et que Jorion veut écrire une constitution économique . S’il peut l’écrire en allemand avec une expression limpide pour un esprit possèdant à peu près l’écrire et le compter , l’humanité lui offrira le nom d’une rue dans la localité de son choix .

    Comment dit-on droit de propriété en allemend ?

    1. @Pierre :

      Merci !

      J’espère que les allemands sont aussi sensibles à la notion d’usufruit .

      Et si finalement pour écrire une constitution économique , on en appelait aussi aux talents des notaires ? Une crainte cependant : le vocabulaire ( parfois merveilleusement suranné ) est parfois aussi peu explmicite que les CDS et la titris

    2. @Pierre :

      Merci !

      J’espère que les allemands sont aussi sensibles à la notion d’usufruit .

      Et si finalement pour écrire une constitution économique , on en appelait aussi aux talents des notaires ?

      Une crainte cependant : leur vocabulaire ( merveilleusement suranné ) est parfois aussi peu explicite que les CDS et la titrisation , même si le plus ignare des auvergnats , serrant frileusement son livretde caisse d’épargne sous son chandail de laine , le possède sur le bout des doigts .

      Pour parler économie , travail , morale ( cf Rerum Novarum ) , motivation , risque … retourner aux fondamentaux :

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_de_propri%C3%A9t%C3%A9

      Ouf !…

  8. Bonjour,
    Comme d’habitude vos articles sont très instructifs et les analyses restent très pédagogiques pour un non initié comme moi. Grâce à vous, ma culture économique s’élargir et ma compréhension de ce système si complexe s’améliore.

    Cependant, j’aimerais vous suggérer de continuer à garnir les termes du « Glossaire » afin de mieux comprendre de quoi il est question.

    Dans le cas de cet article j’aimerai savoir ce que sont les « OPCVM » .

    Merci de bien vouloir m’éclairer.

  9. D’après ce que je crois en comprendre, les CDS sont au mieux une tromperie (si leurs inventeurs ne savaient pas ce qu’ils faisaient) et au pire une fraude (s’il y avait intention de nuire).

    On parle d’assurance, très bien. Acheter du A sous couvert d’AAA (par exemple) ressemble à de l’assurance. Mais vu l’apparente inaptitude des agences de notations d’actualiser efficacement et, surtout, à temps, la notation des assureurs, on en arrive très vite à « tromper » les investisseurs quand au réel risque qu’ils prennent.

    La perversité arrive lorsque les spéculateurs comprennent le système et parient à court terme sur le défaut de l’actif A, pour récupérer le capital d’assurance chez l’assureur AAA, tant qu’il est toujours effectivement AAA. Avant les CDS, les spéculateurs pariaient sur la réussite à court terme. Depuis les CDS, ils parient sur le défaut à court terme…et après on s’étonne que ça s’écroule. Ils ont parié sur le défaut, et ils ont eu raison.

    La fraude se situe dans ce que les spéculateurs ne pouvaient ignorer l’effet de leurs actions sur l’assureur (une augmentation du risque supporté par l’assureur, et donc une baisse de sa note), et qu’ils savaient aussi que les agences de notation auraient du retard pour réévaluer à la baisse les assureurs. Ceci leur permettait alors de tromper les investisseurs, en leur promettant de placer leur argent sur un actif AAA (la condition du placement de l’investisseur), mais en sachant pertinemment que cette notation n’est plus d’actualité. La seule chose qu’ils ignoraient, c’est de savoir quand effectivement l’assureur ferait défaut.

    S’ils le savaient, pourquoi continuer? Il suffisait de trouver un autre assureur: l’État. Ce que les Etats ont sauvé, c’est bien sûr uniquement le risque des spéculateurs eux-mêmes, pas celui des investisseurs trompés.

    Le jeu continue avec ce qu’on pourrait appeler des CDS publics, pariant sur la chute des États eux-mêmes. Qui est l’assureur dans ce cas? Si on prend la cas de la Grèce, on a d’abord proposé que ce devrait être les autres États de l’UE (ce qui ne pourrait alors mener qu’à un effet de domino). Comme ça n’a pas l’air de passer, on propose le FMI. La question évidente qui suit est: qui sera l’assureur du FMI?

    C’est ce que je crois comprendre, et j’espère bien sûr me tromper. N’hésitez pas à pointer du doigt les erreurs dans mon raisonnement, ou dans ma compréhension.

    Et pour les « groupes d’intérêt », aux Etats-Unis au moins, la situation est maintenant très claire: faites une petite recherche sur google à propos de l’arrêt de la Cour Suprême du 21 janvier 2010, qui a supprimé la limite de dépense des personnes morales (les « groupes d’intérêt » donc) dans les compagnes électorales, au nom de la liberté d’expression. Ou comment réinstaurer une forme de vote censitaire.

    1. je ne comprends pas, investisseurs et spéculateurs, il n’y a pas de différences. Quand on souhaite gagner plus que ²le « livret A », on est un spéculateur et l’on doit savoir qu’il y a des risques dans ce panier de crabes !! Les financiers n’ont pas attendu les CDS pour parier sur la baisse, il a la vente à découvert pour cela…

  10. Il y aurait donc trois types de CDS:
    CDS (C’est Du Sérieux)
    CDS (C’est D’la Soupe)
    CDS (C’est Du Superflu)
    CQFD.
    Cela dit le candide que je suis approuve vos éclaircissements.

  11. Les 2 articles de Mr Gauvin et de Mr Alexandre m’ont particulièrement intéressé et reflètent bien les ambiguités (pour ne pas dire la volonté délibéré de tromper) du monde ou nous vivons et, de facto, l’incompétence des politiciens.

    Comment en est on arrivé là ?

    – les banques, sont montées, il y a environ 20 ans dans le train des produits dérivés (souvenez-vous, en France, de Dumesnil Leblé…nom prédestiné s’il en fut mais à cette époque c’était encore de la bouillie de sansonnet).
    – Elles ont complexifié, au fil des années, ces produits, l’objectif étant de gagner de l’argent (ce qui est tout à fait légitime en soi), pour en faire finalement ces 8 ou 10 dernières années des usines à gaz incontrôlables.
    – Les autorités de marchés (structures de contrôle de la bourse, ministères des finances, organismes de régulations, etc….) n’ont pas vu le vent venir. Etaient-elles incompétentes ou complices : les 2 mon capitaine. D’une part cela arrangeait tout le monde de voir les banques se faire de plus en plus de fric et, d’autre part, il faut bien l’admettre, les banques françaises ou autres pouvaient difficilement rester de coté si tout le monde jouait sauf elles.
    – Comme par hasard, c’est quand les problèmes sortent sur la place publique (subprimes, CDS, garantisseurs de crédit, etc…) que les politiques se réveillent. Est-ce étonnant : Pas du tout. A-t-on jamais vu les politiques prévoir les crises.
    – Enfin, et ce n’est pas le moindre des paradoxes, un certain nombre d’erreurs conceptuelles sont admises comme vérités dans le landernau de la finance. A plusieurs reprises, j’ai parlé de « l’entêtement des économistes ou du fait qu’ils prennent pour acquises des vérités qui sont des erreurs ». Comme cet article fut commencé dimanche et que je le termine ce lundi, je note avec plaisir que P Jorion explique cela bien mieux que je ne saurais le faire dans un article que je découvre ce matin et qui s’appelle « les erreurs de raisonnement ». On aurait tort de minimiser l’aspect moutonnier des gens et ce n’a jamais été le nombre qui a fait qu’une chose soit vraie, en finance comme en d’autres sujets d’ailleurs.

    Posons-nous maintenant la question de savoir pourquoi cette crise en particulier est très grave :

    – 1) Parce que elle est de dimension mondiale, ce que les autres crises, tout en étant graves, n’avaient pas encore et parce qu’on a le sentiment (je veux dire bien sur la certitude) que la goutte d’eau des subprimes, CDS, etc.. a vraiment fait déborder le vase.
    – 2) Parce que les états sont déstabilisés, que le modèle de développement libéral est remis en cause mais surtout parce que le citoyen a le sentiment très net que ses dirigeants ne dirigent plus rien (si tant est qu’ils aient jamais dirigé quoi que ce soit). Quand le niveau de la dette est égal ou supérieur au niveau des fonds propres, on peut toujours inventer des stratagèmes pour rembourser celle-la (la dette) mais il est à craindre qu’on n’ira pas très loin.
    – 3) Parce que la compétition qui était le moteur de la croissance n’existe plus. La vrai compétition a été remplacée par une compétition de façade : exemple : comment peut on parler de compétition avec 4 ou 5 cie fabricants des voitures, avec 3 cie de téléphone en France, avec 15 cie pétrolières au niveau mondiale. Il ne s’agit plus de compétition mais de monopoles déguisés. Et donc, pour pallier entre autre aux guerres des prix, on a inventé toute une panoplie de techniques qui, hélas, ne sont que des techniques. C’est en cela que le modèle de développement est devenu obsolète……entre autre.
    – 4) Parce que ce qui est dit ci-dessus est connu de tous les décideurs un peu clairvoyants mais qu’aucun n’a le courage véritable de prendre le problème a bras le corps.

    Au plan fondamental, nos sociétés vivent une crise de management et deviennent une « jungle démocratique » (je suis assez fier de cette expression).

    So What now ??? Et alors quid du futur :

    Le blog de Paul Jorion s’efforce d’expliquer, lui-même ou quelques uns de ses amis, de manière à la fois didactique et intéressante un sujet ardu. Je veux bien rendre hommage à Mr Gauvin pour ses connaissances et ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain….cependant force est d’admettre que la finance est à l’heure actuelle plus un casino qu’autre chose. Or, au casino, les chances de perdre sont aussi grandes que les chances de gagner mais on fait semblant de l’ignorer et de s’étonner. Et, pour terminer, si on remonte le plus haut possible dans l’échelle des responsabilités, à la fin, ce sont nous les citoyens qui sommes à la fois victimes et coupables. Victimes, car bien sur il va falloir régler l’addition, coupables car nous n’avons pas été capables d’élire des dirigeants suffisamment clairvoyants. Et si j’étais directeur de banque, je vous assure que je ne gênerais pas pour spéculer puisque « la loi » m’y autorise.

    Amicalement

    Cincinatus

  12. Tout droit est fondé sur une idéologie, laquelle formule un certain nombre de postulats (le droit à la propriété en est un) jugés incontestables au moment de l’aménagement du droit qui en régit les effets. Naturellement, le droit évolue en fonction de l’idéologie qui le sous-tend. Or, avec l’exemple cité par Alain Gauvin, nous sommes en plein dans une idéologie « qui se retourne ». Avec le Glass-Steagall Act de 1933, l’Etat fédéral US entendait séparer clairement les activités de la banque commerciale et celles de la banque d’affaires, cette dernière étant libre de faire usage des actifs qu’on lui confie alors que la banque commerciale (ou la banque d’épargne) était en ce sens strictement réglementée (et limitée). L’abrogation du Glass-Steagall Act est intervenue à la fin des années 90 afin de donner une plus grande liberté de placement aux banques, et, au-delà, aux particuliers dotés de « moyens » (private equity). Il s’agissait donc en fait de traduire dans le droit la conception néo-conservatrice de la richesse, pour laquelle l’argent démultiplié par lui-même revient strictement au même, sur le plan ‘valeur’, que l’argent investi pour construire quelques chose de ‘concret’ dans le monde réel (entreprise, etc.).

    La législation française de 2003 sur les possibilités d’octroi de crédit par les OPCVM, citée par Alain Gauvin, participe de ce mouvement de ‘libéralisation’: on a ainsi libéré l’investisseur de la contrainte du ‘concret’: l’argent peut désormais être placé dans le seul but de s’accumuler à l’infini, tout comme dans le cas des banques, qui sont d’ailleurs, et de loin, les principales émettrices d’OPCVM « à risque », à charge pour elles de faire connaître ‘en toute transparence’ (ah! ah!) aux investisseurs le risque encouru. On connaît la suite. L’appât du gain et la complexité croissante des produits financiers a fait le reste.

    Alain Gauvin partage avec certains consultants financiers (le nom de Marc Fiorentino vient immédiatement en mémoire) la tendance à jeter le discrédit sur le législateur: celui-ci aurait dû être en mesure de jauger que le droit nouveau créait un monde dans lequel les investisseurs devenaient des sachants ayant parfaitement connaissance du risque auquel ils pourraient désormais s’exposer. Qu’ils ne l’aient pas fait comme ils auraient dû le faire démontre bien que le parlementaire, ce pelé, ce galeux, est incompétent, et de plus, hypocrite…

    Les parlementaires ont bon dos. Crier haro sur eux, tout en étant compréhensible, est un moyen impardonnable de s’exonérer — pour un banquier ou un investisseur avide — de la responsabilité qu’ils devraient avoir envers la société qui les entoure. A cela, on rétorquera que cette responsabilité ‘sociale’ n’existe pas en droit: l’investisseur ‘corporate’ ou individuel, le trader n’obéissent qu’à une seule loi, celle de l’intérêt personnel. On est en plein dans l’idéologie néo-conservatrice, pour qui l’interaction entre les multiples monades pariant les unes contre les autres participe de l’ordre naturel des choses. On voit bien ce que cela a donné en pratique.

    Je ne parle pas des CDS, car ceux-ci ne me semblent pas mériter davantage d’attention que les CDO, MBS, ABS qui ont fleuri dans la finance depuis les années 90. Tous ces produits de l’ingénierie financière sont devenus parfaitement opaques du fait de la titrisation. Les CDS ne sont qu’une extension possible de la ‘libéralisation’ à outrance mentionnée ci-dessus. Beaucoup de fonds de pension américains (pour la plupart), de collectivités territoriales, etc., auxquels on les a offerts s’y sont laissé prendre, soit par absence de prémonition, soit parce qu’ils n’ont pas lu les ‘petites lettres’ des contrats de gestion.

    Que le droit consacre la légitimité présumée des CDS ne change rien à l’affaire. C’étaient et ce sont encore des brûlots qui peuvent nous claquer dans les pattes à tout moment. Goldman Sachs et d’autres ont parié sur la chute de Bear Stearns et de Lehman Brothers (entre autres); il était prévisible que leurs paris se reporteraient sur les cibles nouvelles que constituent les Etats dispendieux, en faisant usage de tous les instruments mis à leur portée. La bête n’en finit jamais de se dévorer elle-même, fût-ce avec la protection du droit.

    Comme le disait un personnage de Dickens, pauvre hère justiciable traîné devant un tribunal et dûment chapitré au nom de « la Loi »: « la Loi est un âne. »

    1. Trés belle forme de conclusion sur le sujet.
      En vous suivant Messieurs, on fait barrage à Alzheimer.
      Ce blog devrait être subventionné par la Sécurité sociale.

  13. Julien Alexandre,

    Excellente réfutation des arguments avancés par M. Gauvin dans sa défense de l’utilisation spéculative des CDS. J’apprécie la qualité de vos interventions sur le blog, qui allient rigueur de l’argumentation et largeur de vue. Votre position n’a donc à mes yeux rien de grotesque. 😉

    Quant au problème des politiques qui justifie le titre de votre billet, je ne puis que vous approuver également. J’ajouterai simplement que si M.Gauvin reproche à beaucoup de ses détracteurs de manifester un certain moralisme en ce qui concerne le débat relatif à la spéculation, c’est pourtant ce qu’il fait lui-même lorsqu’il reproche au politique d’être hypocrite, sauf que dans son cas la conception de la moralité est singulièrement limitée.

    M. Gauvin se targue aussi de ne parler que de ce qu’il connaît intimement, ainsi il reproche aux blogueurs de faire de l’économie, de la sociologie, de la philosophie, que sais-je, sans être qualifiés pour le faire, et ici en l’occurrence pour juger d’une question qui touche à la finance et en particulier à son secteur spéculatif, secteur dont il se dit spécialiste. Mais, alors, puisque tout relève des spécialités, pourquoi M. Gauvin se croit-il obligé de juger les politiques ? Eux aussi devraient constituer un domaine à part entière, objet d’un débat de spécialistes, dont il n’est pas s’agissant de la politique. Je ne fais ici, bien entendu, que relever le caractère contradictoire de la position de M. Gauvin, ne me plaçant pas moi-même sur le terrain de l’expertise pour le critiquer.

    Alain Gauvin oublie surtout que la politique repose sur le débat ouvert entre les citoyens lesquels a priori ne sont pas des experts de domaines à propos desquels ils doivent se faire une opinion, ne serait-ce que pour exercer leur citoyenneté. Et il fait l’impasse sur une définition beaucoup plus large de la morale en politique, à coté de laquelle la question du rapport entre les paroles et les actes des politiques est vraiment secondaire, et même ici en l’occurrence, sans portée, tant elle rétrécit le champ du politique. Le politique au pouvoir est tenu par une constitution mais il n’a pas à rendre compte des actions passées de législatures précédentes. Le politique peut donc en toute légitimité, avec de nouveaux discours argumentés préparer et entreprendre de nouvelles actions. .

    Faire de la politique c’est par définition s’emparer de sujets dont on n’est pas a priori l’expert, et aussi parce que le sujet lui-même déborde toujours le cadre d’une expertise. C’est là que se situe le vrai domaine de la moralité en politique. Tout, absolument tout, doit pouvoir être questionné, c’est à cette seule condition que la démocratie peut avoir une légitimité, sans quoi le principe qui sous-tend la démocratie, à savoir la reconnaissance de l’égale capacité en raison de chaque citoyen de juger des affaires publiques, n’a plus lieu d’être. Dans le cas contraire on retombe dans le régime censitaire, qui est une démocratie au rabais.

    AInsi, une argumentation, un raisonnement émis à l’origine par un spécialiste ou un observateur averti d’un domaine considéré, et repris par un citoyen lambda n’est pas moins pertinente. Une vérité factuelle ne dépend pas à ce niveau de celui qui l’énonce, mais de sa pertinence avérée ou non en fonction de la capacité à rendre compte de la meilleure façon possible de toutes les facettes d’un même phénomène et ce de façon cohérente. Voilà pour le niveau des faits. C’est l’existant dont on parle. Mais il existe encore un autre niveau de vérité, duquel le premier niveau puise souvent d’ailleurs ses raisons, où il est loisible au non économiste, au non juriste, au non philosophe, au non sociologue professionnels, de remettre en question les prémisses sur lesquels se basent les spécialistes des domaines considérés. En philosophie c’est la substance même du travail de la pensée. Dans les autres domaines les choses sont moins explicites même si pourtant c’est toujours au départ d’un travail de la pensée que les dispositifs résultent. Aucun domaine n’est donc jamais complètement autonome, comme le rappelle Julien Alexandre lorsqu’il souligne que les politiques peuvent subir l’influence des lobbies de la finance. Cela montre encore que l’on ne peut parler de moralité en politique que dans la mesure où l’on restitue la politique dans toutes ses dimensions, ce que ne fait pas (encore) M. Gauvin. Celui-ci a donc tord lorsqu’il juge que les blogueurs se font économistes, sociologues, philosophes car c’est justement en ne laissant pas aux spécialistes la prérogative de l’usage de leur discours, que les disciplines diverses ont les meilleurs chances de ne pas se développer hors sol. C’est aux spécialistes d’être assez pertinents pour être en mesure de répondre aux questions légitimes des citoyens.

    Faire entrer la politique dans le domaine moral c’est considérer d’abord que la démocratie telle qu’elle se pratique aujourd’hui est un espace où s’affrontent et s’échangent relativement pacifiquement des discours, des argumentaires, mais que cet espace pacifique n’est plus qu’un champ de bataille lorsque économie et finance laissés à eux-mêmes usent de leur force pour imposer leurs dictats. Ce à quoi il faut remédier en les domestiquant, comme le préconise justement Paul Jorion avec sa constitution pour l’économie.

    1. Essayez de lâcher « M. Gauvin », pour ne vous en tenir qu’au débat d’idées. Vouis verrez, tout le monde y gagnera, vous et moi compris. De la même façon essayez d’avoir une pensée autonome, je suis sûr que vous en êtes capable, de celle de M. Paul Jorion, aussi intéressante la réflexion de ce dernier soit elle. Bien cordialement,

    2. « c’est justement en ne laissant pas aux spécialistes la prérogative de l’usage de leur discours, que les disciplines diverses ont les meilleurs chances de ne pas se développer hors sol. » : j’approuve largement. Et c’est précisément parce que le monde moderne est abandonné aux mains des spécialistes que l’on voit fleurir un langage qui n’a plus ni queue ni tête. Un exemple entre mille: le risque ! L’humanité a toujours fait avec, il existe des compagnies d’assurance depuis des lustres, et des tas de trucs ont été inventés pour le gérer autant que faire se peut. Comment se fait-il, que cette notion ô combien familière ait pris une importance aussi démesurée, et que pourtant on ne sache rien de mieux à son sujet ? D’un côté il y a la réalité, « La moitié des régions françaises abritent ainsi 300 millions de tonnes de résidus nucléaires. », de l’autre des capitalistes et des financiers qui prétendent prendre des risques, alors que nous, les moucherons, on n’en subirions aucun. Abandonné aux spécialistes, le langage lui-même est manipulé. Et pour le découvrir, il n’est nul besoin de sortir de Saint Cyr.

  14. 1. « En réalité, les CDS constituent une « assurance » dans un cas bien précis : la couverture d’événements à risque de préjudice pour un acteur réellement exposé à une perte consécutive à la survenance du risque assuré. »

    Les CDS n’ont jamais été qualifiés d’assurance. S’ils l’avaient été, nous ne serions pas en train de débattre: ils seraient soumis à un régime juridique qui en aurait interdit le dévelopmment qu’ils connaissent. Et même lorsqu’ils ont pour objet de couvrir un risque, ils ne présentent pas les caractéristiques élémentaires du contrat d’assurance: principe indemnitaire, droit subrogatoire de celui qui paie, etc. Un CDS peut être un contrat de couverture, d’arbitrage, de spéculation, d’investissement, etc.

    Votre texte est très intéressant, comme d’habitude. Mais tant que vous vous convaincrez que les CDS procèdent de telle ou telle catégorie, alors vous tirerez, je le pense, des conclusions erronées.

    2. « Peut-on croire un instant que la proposition d’élargissement de la souscription de CDS aux OPCVM soit le fait des seuls pouvoirs publics ? Ne se pourrait-il pas qu’un acteur financier, intéressé au marché que cela représente, ait « glissé » un mot par inadvertance au détour d’une conversation désintéressée avec des parlementaires ? »

    Peut-être bien que vous avez raison. Peut-être bien que le législateur est soumis à la pression des banquiers, comme de celle des buralistes, des vignerons ou des journalistes (si l’on en croit le régime fiscal de faveur dont bénéficent ou ont longtemps bénéficié ces derniers).

    Bien cordialement,

    1. Bonsoir monsieur,

      Il est plaisant que vous compariez la force de frappe du buraliste (actuellement en voie de disparition), des vignerons et des banquiers.
      Si ce n’est pas de la démagogie ça, je ne m’y connais pas.
      Certes, les catégories socio-professionnelles que vous décrivez ont effectivement bénéficié d’avantages fiscaux (des niches !) mais leur importance n’a jamais mis en péril la collectivité dans son intégralité. Bien que sur le fond, je conteste l’existence de toutes ces dérogations au principe général de l’imposition, ayez la décence de ne pas comparer la puissance d’action du banquier (dont au moins un code entier lui est consacré ; sans compter qu’une partie conséquente du droit des affaires abonde dans son intérêt bien compris) avec la modeste participation du buraliste au délitement de la fiscalité, de la société et finalement de la civilisation.
      NON, je pense que vous avez seulement voulu nous amuser, vous ne pouviez pas être sérieux : c’est la seule explication possible pour quelqu’un d’aussi distingué…

      Bien cordialement,

    2. 1. « En réalité, les CDS constituent une « assurance » dans un cas bien précis : la couverture d’événements à risque de préjudice pour un acteur réellement exposé à une perte consécutive à la survenance du risque assuré. »

      Les CDS n’ont jamais été qualifiés d’assurance. S’ils l’avaient été, nous ne serions pas en train de débattre: ils seraient soumis à un régime juridique qui en aurait interdit le dévelopmment qu’ils connaissent. Et même lorsqu’ils ont pour objet de couvrir un risque, ils ne présentent pas les caractéristiques élémentaires du contrat d’assurance: principe indemnitaire, droit subrogatoire de celui qui paie, etc. Un CDS peut être un contrat de couverture, d’arbitrage, de spéculation, d’investissement, etc.

      Votre texte est très intéressant, comme d’habitude. Mais tant que vous vous convaincrez que les CDS procèdent de telle ou telle catégorie, alors vous tirerez, je le pense, des conclusions erronées.

      Vous aurez sans doute relevé que mon explication se borne à identifier les marqueurs de langage qui procèdent de l’idéologie maquillée derrière la pédagogie, raison pour laquelle j’emploie le terme « d’assurance » encadré des parenthèses de circonstance. C’est précisément parce que les CDS n’appartiennent à aucune catégorie, sont gérés hors bilan, hors bourse, par contrats privés sans transparence ni régulation que j’estime nécessaire que l’on s’attache à définir un cadre légal limitatif, adapté et spécifique régulant leur exercice.

      2. « Peut-on croire un instant que la proposition d’élargissement de la souscription de CDS aux OPCVM soit le fait des seuls pouvoirs publics ? Ne se pourrait-il pas qu’un acteur financier, intéressé au marché que cela représente, ait « glissé » un mot par inadvertance au détour d’une conversation désintéressée avec des parlementaires ? »

      Peut-être bien que vous avez raison. Peut-être bien que le législateur est soumis à la pression des banquiers, comme de celle des buralistes, des vignerons ou des journalistes (si l’on en croit le régime fiscal de faveur dont bénéficent ou ont longtemps bénéficié ces derniers).

      Comme je l’ai indiqué, mon propos n’a pas vocation à exonérer les politiques de leur responsabilité. Il visait modestement à rééquilibrer l’image véhiculée par votre article en exposant un des mécanismes (nombreux) qui président à l’élaboration des dispositions légales. On peut, comme vous semblez le suggérer, encore que j’avance cela de façon purement spéculative en lisant entre vos lignes, estimer que le lobbying de connivence tel qui se pratique en France en l’absence de toute réglementation est une chose normale. Accordez-moi néanmoins le droit d’y déceler une asymétrie d’accès au législateur qui peut dans certains cas être problématique.

      Si vous le permettez, pour finir, une question, uniquement motivée par la curiosité que le fonctionnement de la chambre haute suscite chez moi (n’y voyez donc aucune malice et encore moins de procès d’intention).

      Le 8 septembre 1999, vous soutenez votre thèse sur « Les dérivés de crédit : nature et régime », sous la direction d’Isabelle Urbain-Parléani.

      En 2000, vous publiez un article dans la prestigieuse International Financial Law Review (volume XIX, n°7, juillet) intitulé « The right to use derivatives: Alain Gauvin of Coudert Brothers, Paris, examines proposed reforms that could limit OPCVM’s access to the credit derivatives market », où vous analysez les conséquences de réformes qui pourraient limiter l’accès des OPCVM aux dérivés de crédit.

      En mars 2003, Philippe Marini, maire de Compiègne et rapporteur général de la Commission des finances du Sénat, est le rapporteur principal du rapport n°206, portant notamment sur l’autorisation de souscription des CDS par les OPCVM, sur lequel vous basez en partie votre argumentation pour étayer votre critique du rôle de l’Etat.

      En septembre 2003, vous publiez le livre « Droit des dérivés de crédit », dont la préface est signée Philippe Marini.

      Ma question est donc simple : avez-vous été consulté dans le cadre de l’élaboration du projet de loi portant notamment sur l’autorisation de souscription des CDS par les OPCVM?

    3. Philippe Marini: « Il est l’auteur en 2008 en tant que rapporteur de la commission des Finances du Sénat, de deux propositions très controversées

      * l’une visant à autoriser les particuliers à déduire de leur revenu imposable les pertes boursières issues de la crise financière de fin 2008 mais que finalement devant l’hostilité gouvernementale il retirera.
      * la seconde sur une taxation des échanges entre particuliers sur Internet. »
      (source wikipedia)

      Mort de rire (jaune).

    4. Bonjour,

      Oui, P. Marini est sur tous les fronts, un personnage très intéressant ; il est naturellement très prudent (un fort instinct de conservation) mais prend parfois certains risques quant ils peuvent s’avérer lucratif…
      Il se fait aussi, parfois (j’aurai tendance à dire souvent) le porte parole du lobby bancaire (grande finance) et du puissant capital (enfin, ce qu’il en reste, c’est-à-dire essentiellement grande distribution, mais pas seulement) c’est-à-dire essentiellement multinationales-apatrides. Ce qui nous renvoie au débat sur les trust que nous avons eu à propos de l’article de M. Jorion intitulé « Comment Al Capone est tombé » du 26 mars 2010.

      Cordialement,

    5. Vous m’étonnez VB. Il a lui-même été buraliste… euh… je veux dire banquier (Membre du directoire de la banque Arjil de 1989 à 1994). 🙂

    6. 2. « Peut-on croire un instant que la proposition d’élargissement de la souscription de CDS aux OPCVM soit le fait des seuls pouvoirs publics ? Ne se pourrait-il pas qu’un acteur financier, intéressé au marché que cela représente, ait « glissé » un mot par inadvertance au détour d’une conversation désintéressée avec des parlementaires ? »
      Peut-être bien que vous avez raison. Peut-être bien que le législateur est soumis à la pression des banquiers, comme de celle des buralistes, des vignerons ou des journalistes (si l’on en croit le régime fiscal de faveur dont bénéficent ou ont longtemps bénéficié ces derniers).

      Comment peut-on croire encore à la fable que nos représentants du peuple sont à l’origine des lois? Combien comprennent ce qu’ils votent? Qui écrit ces lois ésotériques, les amende… si ce ne sont des « spécialistes » de le profession elle-même, conseillés par « vos chers confrères » afin d’être certain d’avoir le maximum liberté de faire tout ce qu’ils veulent. Vu la technicité, ce n’est pas de la simple pression, c’est la « dictée ».

      Alors, en effet, nos prétendus représentants du peuple sont responsables, mais responsables avant tout d’avoir fait confiance aux « spécialistes ». Et nous, citoyens, sommes responsables de les laisser faire n’importe quoi.

      Voyons par ex. aux USA. Phil Gramm, ce bienfaiteur de l’humanité qui a fait voter le Gramm-Leach-Bliley Act de 1999 (abolissant entre-autres le Glass-Steagal Act séparation banque d’investissement et de dépôts donnant naissance aux monstrueuses banques universelles telles CitiGroup) mais surtout qui a glissé subrepticement en dernière minute le Commodity Futures Modernization Act de 2000 (262 pages) comme un simple amendement dans une loi de financement de 11000 (onze mille) pages. Remercié pour ses bons et loyaux services, il a été engagé par UBS AG dès qu’il a quitté le Sénat en 2002; il est actuellement vice-président de la division banque d’investissement d’UBS. « Revolving doors » qu’ils disent là-bas, « chaises musicales » qu’on dit chez nous.

    7. @ tous,

      Pour en finir avec P. Marini : c’est un personnage clef pour toutes les questions discutées sur ce blog, tant par sa position au Sénat (commission des Finances) que par sa propre personnalité : un être supérieur, essentiellement conscient de ses propres intérêts, qui pare ses décisions et prises de positions du voile de la technicité et de loyauté (ce qui est une manifestation de son instinct de survie).
      Vraiment quelqu’un de remarquable (dans toutes les acceptions du terme : les bonnes comme les mauvaises).

    8. @ moi :

      Oui, c’est du Marini tout craché (typique) ; il est tout le temps comme ça (insaisissable) et finalement retombe toujours sur ses pattes : un être brillant, remarquable, et toxique : un être d’exception.

  15. Réponse à Julien Alexandre.

    Je réponds à votre question: oui, j’ai été consulté sur cette question. Et je réponds à une autre question que vous ne me posez pas: j’ai attiré l’attention, très tôt, sur la difficulté de qualifier les CDS. Dès 1998. Je peux vous adresser les articles à ce sujet. A un moment où nous n’étions guère écoutés. En France, seule la Commission Bancaire avait produit un document de travail, en 1997, sur la question, puis le Joint Forum qui, aussi, sans attendre la crise des subprimes, sans attendre que tel prophète se manifeste, avait soulever le problème du transfert de risques.

    Lors des travaux préparatoires de la Loi de 2003, je dis trois choses au législateur: (i) le dérivé de crédit présente un risque de violation du monopole bancaire; (ii) le dérivé de crédit présente un risque de violation du monopole des assurances; (iii) nous ne parviendrons pas, par une certaine qualification, à appréhender la problématique des dérivés de crédit; la solution réside, je le pense, dans la fusion des métiers de la gestion et du transfert des risques, quels que soient les instruments utilisés, régis par une seule et même réglementation sous l’empire d’une seule et même autorité de tutelle. Je n’ai été entendu que sur le premier point, non sur le second avec, pour conséquence, la dérogation qui figure aujourd’hui dans le CMF.

    Lorsque j’interviens dans le cadre de consultation pour l’élaboration de textes, je le fais d’un point de vue technique, et ne suis piloté par personne; je vous remercie de mecroire sur parole sur ce point. Je crois d’ailleurs être suffisamment clair et direct pour que vous m’accordiez ce crédit.

    Je ne connais pas tout, mais connais assez bien l’histoire des dérivés de crédit, et pas seulement en théorie et dans la loi. J’en ai rédigé quelques uns, d’assez compliqués, de ceux qui ne pourront jamais être traités en chambre de compensation qui ne peut que porter sur des opérations standardisés.

    Outre les articles que vous avez cités,vour auriez pu également mentionné celui publié par Banking Law Journal qui remet en question, il y a 10 ans, le recours aux seuls market makers pour évaluer des transactions OTC.

    Un de nos amis bloggeurs m’areproché de vouloir vendre ma soupe. Dieu merci, mon avenir professionnel ne dépend pas du sort réservé aux CDS. Je dis donc les choses comme je les penses et croyez bien que mon livre sur les dérivés de crédit, lorsqu’il est sorti n’a pas été particulièrement bien accueilli par un certain nombre de banquiers.

    Bien cordialement,

    PS: La prochaine fois que vous envisagez de publier un article sur le blog, je serais heureux de pouvoir en disposer avant sa publication pour pouvoir publier, dans l’heure qui suit, une réponse sur ce blog, comme vous avez pu le faire avec mon article.

    1. @ Monsieur Gauvin,

      Ce que vous dites est tout à fait de nature à éclairer le débat, à clarifier les positions des uns et des autres. Vous avez, comme beaucoup d’autres, été pris dans un système mortifère dans lequel la prise de risque et son succédané l’assurance, ou plus généralement le besoin de couverture, vient au lieu et place de la création de richesse.

      Comprenez quand même la colère ressentie par les gens qui n’avaient pas vocation à s’occuper de toutes ces histoires et qui se retrouvent floués en bonne et due forme par « le système », les obligeant à tenter de comprendre les tenants des aboutissants du problème (d’autres, en d’autres temps, n’avaient pas pris tant de gants et s’étaient contentés de passer à la lanterne les têtes de turc du moment).

      Cordialement,

    2. Réponse à VB. Ne prenez pas mal ce que je vous dis, mon objectif n’est pas de vous blesser. Mais êtes-vous à l’aise pour fustier M. Marini (ou une autre personne identifiée) sans vous être identifié vous-même? Vous ne fustigez pas seulement les idées de M. Marini (qui n’a pas besoin de moi pour le défendre), mais sa manière d’évoluer, son attitude. Pourquoi pas, M. Marini est un personnage public. Mais il faut en payer le prix: il faut avancer à visage découvert. Sinon, c’est un peu facile. On peut dire pis que pendre sur n’importe qui, le ridiculiser, mettre en exergue ses paradoxes, en rire entre bloggeurs de bonne compagnie, et tout ça, bien, camouflé.

      Mon propos est général, je ne vous vise pas vous personnellement, mais tous ceux qui trouvent le courage derrière l’anonymat.

      Bien cordialement,

    3. GAUVIN ALAIN,

      Question courage vous avez parfaitement raison concernant l’anonymat, c’est un peu trop facile de se réfugier derrière.

      Par contre l’anonymat permet inversement plus facilement d’avouer ses erreurs.

      Rien n’est tout blanc. Ni tout noir.

      Sur le fond, par contre ?

    4. @ Monsieur Gauvin :

      Avant tout, je ne ridiculise en aucun cas Monsieur Marini qui m’impressionne beaucoup.
      Par ailleurs, si je garde l’anonymat, c’est parce que, voyez-vous j’ai déjà subi quelques graves déconvenues, dans ma vie professionnelle notamment (mais pas seulement), qui ont eu tendance à exacerber ma prudence, vous pourriez appeler ça, dans mon cas, l’instinct de survie. Vous devriez, en tant qu’avocat, respecter ce que font ou ne font pas les gens et penser que, peut-être, ils ont de bonnes (excellentes) raison pour agir comme ils le font…

      Si les remarques que j’ai pu vous faire par ailleurs sont tombées juste, ce qui expliquerait le ton de votre actuel message, et bien, tant mieux : allons, allons vers plus de clarté dans nos opinions, la personne qui les émet important peu finalement (sauf pour l’ego et la vanité), et vers plus de clarté dans les actions assumées de tous.

      Cordialement,

    5. Mr. Gauvin, l’usage du pseudonyme est commun dans les commentaires de blogs. Je n’y ai jamais recours ici – pour des raisons évidentes – ni ailleurs et là, honnêtement, je n’ai jamais réfléchi pourquoi. Cela fait partie en tout cas des règles du genre. Ce genre ne vous convient peut-être pas, ce qui peut se concevoir, mais je ne pense pas qu’il soit légitime pour vous de revenir constamment sur cette question de l’anonymat et de chercher à décrédibiliser ceux qui critiquent vos arguments, à partir de là.

  16. Réponse à Paul Jorion. Vous auez noté que lorsque j’évoque la question de l’anonymat, ce n’est pas pour décrédibiliser mes interlocuteurs, mais pour pointer ceux qui, loin d’apporter leur pierre au débat de fond, se contentent d’attaques personnelles et de préjugés du type « si vous dîtes cela, c’est pour vendre votre soupe ». Sans me prendre en exemple, prenez celui de M. Marini qui est attaqué sur votre blog, non pas pour ses positions, mais pour ce qu’il est et ce qu’il fut. La liberté de s’exprime et de dire des choses désagréables doit se payer. Que « ça fasse partie des règles du genre » ne justifie pas tout et ne devrait pas empêcher la remise en cause de ces règles. Ce n’est quand même pas sur ce blog que je vais dire que dire que lorsque la règle n’est pas légitime, il faut la renverser. Bien cordialement,

    1. @ monsieur Gauvin :

      Monsieur Marini est un personnage public –> en démocratie il est possible de dire ce que l’on pense, ça reste une opinion personnelle, des personnages publics. Voyez le ridicule qui est porté aux personnalités politique par les Guignols de l’info par exemple.

      Par ailleurs, en quoi ai-je ridiculisé monsieur Marini ? je n’ai fait que dire ce que je pensais de lui, et je ne suis pas unique à le penser si j’en crois des bruits de couloirs déjà entendus. Qui plus est, ce que je pense de lui est élogieux : un être d’exception, très intelligent.

      Cordialement,

  17. @ Alain Gauvin,
    J’ai pu lire avec regret sur un autre billet que vous avez eu l’impression que je cherchais à vous « démasquer » ou vous « flinguer ». Là n’est pas mon propos. Aussi, j’accepte volontiers votre réponse dans toute son acception et accorde du crédit à votre explication.

    Je vous ai simplement demandé si vous aviez été « consulté » dans le cadre de l’élaboration du projet de loi. Je suis bien conscient que le déroulé chronologique tel que je l’ai exposé pouvait être perçu comme polémique mais ce n’était pas sa vocation comme je l’ai stipulé d’ailleurs en préambule pour prévenir précisément cette interprétation.

    Quoi qu’il en soit, je vous remercie pour l’honnêteté de votre réponse qui éclaire votre propos. Je regrette ainsi que vous n’ayez pas préciser dans votre article original vos consultations par le législateur et vos préconisations, celles qui ont été suivies d’effets comme vous le notez, et celles qui ne l’ont pas été.

    Je déduis de votre réponse que la volonté du législateur d’étendre aux OPCVM la souscription des CDS allait à l’encontre de vos préconisations. A votre connaissance, qu’elles ont pu être les raisons qui ont poussé le législateur à se positionner ainsi?

    Afin de recentrer mon propos et l’objet de ce billet, je voudrais simplement revenir sur les 3 points qui me semblent essentiels lorsque l’on évoque les CDS :

    – l’interdépendance qu’ils créent entre les acteurs, qui génère un risque systémique ;
    – la nature du risque couvert, un « défaut », qui de fait rend la valeur des CDS extrêmement volatile ;
    – le risque de contrepartie, créé par l’absence de fonds de réserve pour garantir la transaction.

    La vente à nu à découvert crée une asymétrie potentiellement fatale que l’on peut relever à partir d’une simple observation : d’un côté, le nombre d’actifs sous-jacents est limité, de l’autre, le nombre de contrats de CDS portant sur ces actifs sous-jacents est illimité, sans qu’aucun des acheteurs ne possède l’actif de référence. Par conséquent, le potentiel de gain d’un nombre illimité d’acteurs résulte de la survenance d’un seul et unique défaut, avec en contrepartie un vendeur potentiellement incapable de faire face à ces obligations.

    1. Je vous remercie pour votre message. Je pense n’avoir pas été très clair. Peut-être ai-je laissé le planer le sentiment que j’étais contre la souscription de CDS par les OPCVM. Disons plutôt que je trouve guère pertinent, juridiquement, de considérer qu’il faille déroger au monopole bancaire pour permettre aux OPCVM de souscrire des CDS et non au monopole des assurances.

      Ce que je trouve condamnable, ce n’est pas tant qu’un OPCVM souscrive un CDS, mais bien plutôt que le porteur dudit OPCVM n’en soit pas dûment informé, ou plutôt informé de manière compréhensive.

      Avec la crise des subprimes, certains ont pu être surpris que des OPCVM monétaires ou obligataires pouvaient être contaminés, considérant qu’un OPCVM obligataire, contrairement à un OPCVM actiosn, par exemple, était plus sûr en ce sens que le porteur devait retrouvé, au minimum, sa mise de départ. Et c’est vrai qu’il y a matière à s’interroger. Mais lorsque vous analysez cette problématique sous l’angle juridique, alors vous êtes moins surpris: un OPCVM obligataire est, comme son nom l’indique, un OPCVM qui investit dans des obligations (appellation désormais désuète, parlons plutôt de titre de créance). Il suffit que, juridiquement, vous soyez en mesure de soutenir que le titre recèlant du risque subprime soit une obligation, pour le vendre à un OPCVM obligataire. Juridiquement, c’est imparable: on s’attache à la nature et à la catégorisation des choses. Mais sur le terrain du bon sens – qui ne va pas toujours de pair avec le droit – une telle approche ne tient pas. En effet, qu’y a t-il de commun entre une obligation classique ayant pour objet le financement à long terme d’une entreprise, et une « obligation » qui a pour seul objet de transférer un risque de crédit, le financement étant alors secondaire? A part leurs caractérisques touchant à leur NATURE (titres de créance, cotés ou pas, eurocleable ou pas), leur OBJET est radicalement différent. Je pense donc – je dis je pense, car je n’exclus pas de me tromper et de dire autrement dans 2 ans, même si cela fait 10 ans que je me répète – que la finance doit être gouvernée en tant compte de la finalité des instruments utilisés et non de leur catégorie. Dire qu’un CDO est une obligation ou qu’un CDS est un contrat d’assurance ne fera pas, selon moi, avancer le débat.

      Dans de nombreux cas, pour ce qui me concerne, la difficulté pratique à laquelle j’ai pu être confronté en rédigeant ce type de contrat (je ne parle pas des CDS vanille qui ne requièrent pas l’intervention de juristes pour leur rédaction et leur négociation) relevait beaucoup plus de savoir si le risque n’était pas de violer le monopole des assurances que celui des banques.

      L’idée que j’ai lancée en 1999, réitérée en 2003, que la crise récente ne dément pas, serait de réfléchir à une réglementation applicable (i) à tout opérateur (assureur, banquier, fonds, PSI), (ii) à tout produit (dérivé, assurance, titres (CLN, CDO, etc.) et (iii) à tout risque (de marché, de crédit, climatique, catastrophe, pandémique, etc) dès lors que ces opérateurs et ces produits gèrent et transfèrent à titre habitel du risque. Avec une autorité unique.

      Je n’affirme pas la pertinence absolue de cette idée, car elle doit être vérifiée sur d’autres plans, comptable par exemple. Mais ce que je constate c’est que, sur le « plan métier », cette idée a du sens. Que vous parliez à un assureur, un banquier ou un fonds, le discours sur le produit est le même.

      Pour conclure, toujours sur votre question, lorsque je soulevais la question de l’assimilabilité de certains CDS à de l’assurance, j’agaçais beaucoup plus de monde que si j’avoquais le risque de l’assimilation de ces même CDS à des garanties bancaires.

      Bien cordialement,

    2. Enfin du contenu. Merci.

      « la finance doit être gouvernée en tant compte de la finalité des instruments utilisés et non de leur catégorie. Dire qu’un CDO est une obligation ou qu’un CDS est un contrat d’assurance ne fera pas, selon moi, avancer le débat. »

      Tout à fait. Et donc on ferait aussi la différence entre un CDS nu et un CDS dont on possède du sous-jacent?

      « L’idée que j’ai lancée en 1999, réitérée en 2003, que la crise récente ne dément pas, serait de réfléchir à une réglementation applicable… »

      Et en quoi consisterait cette réglementation du marché du risque?

      « dès lors que ces opérateurs et ces produits gèrent et transfèrent à titre habitel du risque.  »

      Et s’ils en créent comme dans le cas des CDS nus? (car avant de prendre le CDS nu, il n’y a aucun risque à gérer ou à transférer, n’est-ce pas?)
      Ils rentrent dans la réglementation? Ils sont exclus? Interdits?

    3. Réponse à « Moi ». Vous êtes terrible. C’est plus fort que vous: donner des leçons et être de mauvaise foi. Même face cachée, vous êtes assez tête à claques. Voilà, ça c’est pour votre propos gratuit: « enfin du contenu ».

      Sur vos questions.

      – « Et donc on ferait aussi la différence entre un CDS nu et un CDS dont on possède du sous-jacent? »

      Pourquoi pas. Je dis « pourquoi pas » parce que je ne suis pas convaincu de la nuisance des CDS nus, contrairement à la plupart de ceux qui se prononcent à ce sujet. Je ne dis pas cela pour provoquer, mais simplement parce que je ne le pense pas, même en lisant les auteurs crédibles.

      – « Et en quoi consisterait cette réglementation du marché du risque? »

      On peut déjà la définir par ce en quoi elle en consisterait pas. Elle ne consisterait pas en une segmentation réglementaire des métiers financiers: banque, finance (PSI, fonds) et assureurs. Une seule réglementation applicable à l’ensemble de ces métiers au titre de cette activité du risque.
      Elle ne consisterait pas, non plus, en une triple surveillance compartimentée et répartie entre 3 autorités de tutelles qui, chacune d’entre elle, se révèle incapable d’assurer la traçabilité du risque lorsqu’il est transféré à un secteur qui n’est pas sous son contrôle.

      Et je n’évoque ici que la question de la segmentation « matérielle » des métiers financiers. Il conviendrait d’évoquer, aussi, le problème de la segmentation géographique: lorsqu’un risque de crédit est transféré de l’Europe vers les USA ou l’inverse, l’application de chaque loi, nationale, par chaque autorité réglementaire, nationale elle aussi, comment le suivre de sa source jusqu’à son point de chute?

      – « Et s’ils en créent comme dans le cas des CDS nus? (car avant de prendre le CDS nu, il n’y a aucun risque à gérer ou à transférer, n’est-ce pas?) Ils rentrent dans la réglementation? Ils sont exclus? Interdits? »

      Ils doivent rentrer dans la réglementation. Ils ne doivent pas être interdits.

      Bien cordialement,

    4. @ Alain Gauvin.

      Merci de ces éclaircissements. Très bien, donc finalement il y a 7 ans le législateur est bien allé dans votre sens en autorisant la souscription des CDS par les OPCVM (et n’est en revanche pas allé suffisamment loin en refusant d’unifier la réglementation des métiers banque, finance et assurance).

      J’entends bien que le mix CDS/OPCVM ne vous pose pas de problèmes en soi à partir du moment où le porteur est dûment informé des risques. Je vous livre ici une anecdote : début 2008 au coeur de la crise, je participe à une rencontre « informelle » entre disons les membres du cabinet d’une des directions générales de la Commission européenne et le directeur d’une des banques les mieux notées de la place européenne. Ce dernier dressant le constat accablé de la situation fustige l’irresponsabilité des acheteurs qui disposent de toute la documentation nécessaire pour faire un choix de placement avisé. L’un des responsables européens pose alors une question très simple au directeur de cette banque : quelle est l’exposition réelle aux risques des produits que son établissement vend à ses clients? Nous avons alors entendu les mouches voler pendant une bonne longue minute. Voyant que la réponse ne venait pas, c’est l’un des membres de cabinet de la Commission qui a expliqué que la plupart des notices des produits distribués par cette banque faisaient plusieurs centaines de pages, et que même les experts interrogés et le directeur de la banque étaient incapables d’en appréhender le contenu, la position qui consiste à dire que c’est la faute du client était difficilement tenable.

      Donc sur le principe, je suis bien d’accord avec vous. Le problème, c’est que dans la réalité, même les rédacteurs des notices sont bien incapables de définir précisément la nature des risques, même sur 1.200 pages… pour la bonne et simple raison qu’ils n’en savent strictement rien.

      Je veux bien entendre que d’un point de vue strictement juridique, les CDS nus ne posent aucun problème. Mais plus haut, vous lirez que ma critique à l’égard de cet outil n’est pas de nature juridique mais technique. Le risque systémique tel que je l’expose n’est pas de nature à remettre en cause des principes de droit (enfin pas directement), mais bel et bien le fonctionnement de l’économie. Et de ce point de vue, vous pouvez dire :

      Je ne suis pas convaincu de la nuisance des CDS nus, contrairement à la plupart de ceux qui se prononcent à ce sujet. Je ne dis pas cela pour provoquer, mais simplement parce que je ne le pense pas, même en lisant les auteurs crédibles.

      Mais j’aimerais vous lire démontrer que les CDS nus ne créent pas un risque systémique. Sauf à considérer bien sûr, ce que vous avez parfaitement le droit de faire, que le risque systémique n’est pas un problème mais une donnée caractéristique ou une variable.

      Bien cordialement

    5. Réponse à Julien Alexandre.

      – « Donc sur le principe, je suis bien d’accord avec vous. Le problème, c’est que dans la réalité, même les rédacteurs des notices sont bien incapables de définir précisément la nature des risques, même sur 1.200 pages… pour la bonne et simple raison qu’ils n’en savent strictement rien. »

      Bien sûr, vous avez raison. Et lorsque je dis que l’investisseur doit être complètement informé, je devrais dire « utilement » informé, c’est-à-dire au moyen d’une information qu’il est à même de comprendre sans recourir à un stage de formation financière. Ce que je dis, c’est que en exigeant une information compréhensible, il est fort à parier qu’un certain nombres de produits ne seraient pas vendus au public. Je crois beaucoup plus dans la sincéritéet le caractère accessible de l’information,que dans l’information « complète ».

      – Sur le risque systémique. Que les CDS en engendrent, sans doute. Mais pas plus que le financement et le refinancement. La dimension juridique n’est évidemment pas la seule dont on doit tenir compte. Mais cette histoire de risque systémique me semble plus découler de la manière dont sont documentées les opérations, que la nature des opérations elle-même.

      Pour être plus clair, prenons un exemple. Lorsque dans des contrats financiers – au sens large – vous avez des clauses de « cross-default » ou de « potential event of default », ou de « default under specified transaction », peu importe la nature du produit: ces clauses sont communes à de nombreux contrats, pas seulement aux CDS. Et ce sont elles qui, à mon sens, contribuent à provoquer des défauts en chaîne.

      Bien cordialement,

  18. Les propos récents de Marc Fiorentino: « Il faut utiliser les memes armes que les speculateurs »

    Le Nouvel Observateur.- Attaque contre la dette grecque, menace sur l’euro…, tout serait de la faute des CDS De quoi s’agit-il ?
    Marc Fiorentino*. – C’est en quelque sorte le marché des paris en ligne sur les faillites. Le CDS, ou Credit Default Swap, est en effet un contrat d’assurance sur la faillite d’une entreprise ou d’un Etat. C’est un titre que l’on peut acheter et vendre de gré à gré, autant de fois que l’on veut, sur un marché totalement déréglementé, immatériel et non financé, puisqu’il n’y a aucune obligation de mettre de côté des fonds pour garantir la transaction. C’est un marché jeune, entre les mains d’une poignée de fonds spéculatifs. Créé il y a une dizaine d’années par les banques d’affaires américaines, il a provoqué la faillite du géant de l’assurance AIG. Ses traders avaient poussé ce marché jusque-là confidentiel au stade industriel, convaincus de vendre des assurances sur des accidents qui ne se produiraient jamais. Ils ont ainsi écoulé des CDS sur une pléthore d’entreprises, jusqu’à avoir de 450 à 500 milliards de dollars de CDS inscrits à leur bilan ! Goldman Sachs a flairé le bon coup et en a racheté en pagaille. Quand la crise a commencé, ils ont exigé le paiement ou le rachat de ces CDS par AIG. La différence entre ce que proposait Goldman Sachs et ce que demandait AIG allait de 1 à 5 ! Et l’arbitrage a été rendu en faveur de Goldman Sachs.

    http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2366/articles/a420756-.html?xtmc=marcfiorentino&xtcr=6

    1. Je ne connais pas M. Fiorentino qui me donne, sauf le respect que je lui dois,le sentiment de cracher dans la soupe après s’en être repu. Accordons le droit à M. Fiorentino, comme à nous tous, de se tromper. Critiquons, en revanche, son approximation: le CDS « C’est un titre que l’on peut acheter et vendre de gré à gré ». Que M. Fiorentino fût, ou soit encore, banquier et qu’il ait tribune ouverte un peu partout n’érige pas ses paroles en vérité. Bien cordialement,

  19. M. Gauvin, si Paul Jorion écrit :
    « Le capitalisme meurt sous nos yeux et nous entraîne dans sa perte. Toute tentative de rafistolage du système épuisé ayant implosé devant nous, sera certainement douloureuse et plus que certainement, vaine. »
    ça m’intéresse, et je vais à la pêche sur son blog.
    Vos textes ne donnent pas le sentiment que vous en êtes au même point.
    D’où des réactions diverses que vous acceptez mal.
    C’est d’ailleurs un peu fastidieux de lire tous les états d’âme, les politesses et contre-politesse des salons où l’on cause bien élevé plus l’amour propre à la Castafiore.
    Inévitable, donc passons,
    Là où votre style me fait problème c’est avec ces récentes affirmations :
    « Mais il faut en payer le prix: il faut avancer à visage découvert »
    Et
    «La liberté de s’exprime et de dire des choses désagréables doit se payer. Que « ça fasse partie des règles du genre » ne justifie pas tout et ne devrait pas empêcher la remise en cause de ces règles. Ce n’est quand même pas sur ce blog que je vais dire que dire que lorsque la règle n’est pas légitime, il faut la renverser. »
    Mais si mais si vous l’avez donc écrit sur ce blog, sous la forme d’une dénégation certes.
    Je vous rappelle que ce blog est modéré (merci aux modérateurs et bravo).
    Je me contrefous de qui écrit, laissant au texte, à la textualité même le poids de son argument. Chacun sait que le même argument sera ou non pris en compte selon l’auteur qui fera déjà ou pas référence pour le lecteur aveuglé dans sa lecture. (cf. vos remarques ici sur l’assentiment général à Jorion).
    Je pencherai donc plutôt pour l’anonymat total en sachant qu’il est impraticable en ces temps de peoplelisation.
    Par contre « la liberté de s’exprimer et de dire des choses désagréables doit se payer » prononcé par un homme de droit, avocat, je me sens déjà convoqué à m’expliquer devant les tribunaux.
    Vos textes produisent l’image d’un expert qui lit où ça fuit, et qui propose des rustines sans plus s’inquiéter de la « nature » de la machinerie qu’il sert.
    M. Gauvin, la disparité économique entre un employeur et un salarié en cas de conflit transforme la notion de justice légale en sentiment d’inéquité et le droit est reçu comme celui du plus fort.
    Vous écrivez « les premiers responsables de cette tragédie sont les Grecs, eux-mêmes, gouvernants et peuple » et par ailleurs à propos « de l’épargnant de la rue, c’est-à-dire le porteur de parts d’OPCVM » ailleurs qualifié de « néophyte » ou plus loin « dès lors que l’épargnant en est clairement informé et y trouve son compte ».
    Bref votre formation vous incite sans doute à lire tout ce que vous signez, mais entre les lignes vous reconnaissez implicitement que ce n’est pas le cas de tout le monde.
    Alors le peuple grec responsable de sa tragédie ? sans doute d’avoir élu les gouvernants ?
    Lacan a pu écrire : « De notre position de sujet nous sommes toujours responsables. Qu’on appelle cela où l’on veut, du terrorisme. J’ai le droit de sourire car ce n’est pas dans un milieu où la doctrine est ouvertement matière à tractations, que je craindrais d’offusquer personne en formulant que l’erreur de bonne foi est de toute la plus impardonnable. »
    Ce terrorisme là de la « responsabilité » est impraticable en droit puisque… le libre arbitre… etc.
    Grâce à vous j’ai au moins appris que quelques « obligations » me permettaient de concourir au bordel ambiant, aussi organisé soit-il. Sauriez-vous me dire si je concours aussi en allant à la caisse d’épargne, puisque je doute que l’employé de service sache répondre à ma question en ouvrant un livret. Merci de participer.

    1. Je ne sais pas si je dois répondre et à quoi. Mais je suis assez d’accord avec que vous écrivez, en tout cas ce que j’en comprends. Vous noterez que je n’accepte pas « mal » les réactions parce qu’elles seraient contraires à ce que je pense. Je répète que je me nourris de positions contraires aux miennes. Ce que je n’accepte pas, ce sont les affirmations sans démonstration et les attaques personnelles de certains d’entre nous. Et lorsque je me laisse aller, moi-même, à agir de la sorte, je le regrette, ensuite, car je n’en tire pas grand-chose. L’anonymat, j’arrêterai là de le condamner, ou alors, une bonne fois pour toute; mais dans ce cas, je me dois d’être cohérent et de ne pas revenir sur ce blog. Or, je ai envie de continuer à venir échanger sur ce blog.

      Bien cordialement,

  20. @Alain Gauvin, ce blog est un espace de débats, tous les posts ne sont pas dirigés contre votre personne, vos commentaires donnent à penser que vous souhaitez etre le Jacques Vergès des CDS…

    Une contribution supplémentaire au débat:

    Eurointelligence: Ban Naked CDS

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