Argent : on a perdu le mode d’emploi, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Nature juridique de l’argent

Paul Jorion rétablit dans L’argent, mode d’emploi la distinction entre argent et reconnaissance de dette, fondamentale pour comprendre la crise. Argent et dette sont conceptuellement différents mais matériellement liés. Schématiquement : Pierre prête un objet de valeur à Paul contre sa promesse non pas de lui rendre mais de lui rembourser la mesure, le prix. Pierre et Paul sont en confiance, se reconnaissent réciproquement comme dignes de confiance et sont d’accord sur la mesure d’équivalence entre ce que l’un prête et l’autre remboursera. A ce stade il y a dette mais pas d’argent. La relation entre Pierre et Paul n’a aucune utilité directe pour la société et le marché.

Ils conviennent maintenant de prendre un tiers à témoin et s’adressent à une banque pour enregistrer leur contrat. La banque s’interpose entre eux par des écritures. Elle enregistre Paul comme emprunteur et Pierre comme déposant pour la quantité convenue entre eux. Dès lors que les compères font clairement savoir à la banque qu’ils sont d’accord sur la chose, le prix et l’échéance, la banque n’a même pas besoin de connaître visuellement ou intellectuellement l’objet et la mesure de l’échange. Elle se contente de témoigner de l’accord indépendamment de son objet en inscrivant la même mesure à son actif et à son passif. L’objet de l’échange et la mesure de son prix qui étaient entre Pierre et Paul une seule et même réalité sont désormais dissociés par l’intermédiation bancaire qui ne connaît qu’un prix et les droits réciproques entre des personnes. L’intérêt de cette intermédiation est que la banque peut affirmer qu’elle dispose de la mesure d’une valeur réelle à terme, celle que Paul a promise et que Pierre a acceptée. Pierre peut en tirer un bénéfice dans l’utilisation immédiate de son dépôt comme moyen de règlement. La banque a actualisé une créance de valeur future en mesure présente de la valeur immédiatement utilisable.

Émission monétaire

Pour le moment, il n’y a toujours pas d’argent ; plus précisément de l’argent en puissance mais pas en acte (Paul Jorion, dans L’argent mode d’emploi, page 67). Par contre, Pierre, Paul et la banque forment entre eux une société d’intermédiation financière : la banque et Pierre produisent la mesure d’un droit à la valeur réelle, présent pour Paul qui emprunte et futur pour Pierre qui sera remboursé. De l’existence d’un état de droit entre les trois, la banque va produire de l’argent ; transformer l’argent en puissance dans la créance intermédiée de Pierre sur Paul en argent en acte. L’échange d’un objet quelconque contre argent a trois effets : la mesure de la valeur de l’objet, le règlement d’une dette entre l’acheteur et le vendeur, la mise en réserve de valeur pour l’avenir au bénéfice du vendeur présent du réel. Ces trois effets sont parfaitement conservés si la banque utilise le contrat entre Pierre et Paul pour prêter la mesure de la valeur à un acheteur quelconque ou l’emprunter à un vendeur quelconque. La certitude du contrat entre Pierre et Paul implique que Paul va amorcer une suite d’échanges pour produire la valeur qu’il doit à Pierre. Il est de leur intérêt commun que la banque utilise la promesse de valeur à terme par des crédits d’origine postérieure et d’échéance antérieure. Le crédit initial va produire de nouveaux crédits qui transforment la valeur de l’objet emprunté par Paul en valeur à terme remboursable à Pierre.

Pour transformer des dettes en argent au bénéfice de ses nouveaux déposants ou emprunteurs, la banque ne va pas procéder comme avec Pierre et Paul entre lesquels la confiance a pré-existé. En réglant avec l’argent de la banque, l’emprunteur-acheteur ne contracte pas une dette vis-à-vis du vendeur. De même le déposant-vendeur d’un bien réel se retrouve propriétaire d’une réserve de valeur garantie par la banque et non par l’acheteur. La banque transforme en argent la dette d’origine entre Pierre et Paul en prenant trois risques : que la valeur réelle à terme produite par l’emprunteur en quantité et en échéance pour rembourser la banque ne soit pas suffisante ; que le déposant dépense sa créance sur la banque avant les remboursements des débiteurs ; que la transformation macro-économique d’emprunts bancaires en valeur réelle à terme reste inférieure à la masse des dépôts et prêts aux banques. Quand un déposant dépense sa créance bancaire, il appartient au dépositaire d’en assurer la liquidité en contrevaleur réelle. La quantité et l’échéance sont décidées par le déposant et non la banque. La transformation du crédit en monnaie est un exercice rationnel dont l’équilibre conceptuel indiscutable ne coïncide pas nécessairement en temps et en quantité avec l’équilibre de la réalité physique matérielle voulue par les agents économiques.

Monnaie et risque

Pour que l’anticipation d’un banquier qui prête et emprunte coïncide avec la réalité à terme, il faut que son débiteur soit effectivement vendeur au terme du crédit d’un objet de valeur réelle. L’acheteur au terme du crédit du vendeur doit disposer dans une autre banque de la mesure à terme en argent du prix de l’objet. La réconciliation de la vente à terme sous-jacente au crédit dans la première banque avec la mesure à terme en argent de l’acheteur dans la deuxième banque se fait par le marché interbancaire. La deuxième banque prête à la première la mesure de la valeur à terme de l’objet réel. La transformation du crédit en monnaie entre des acheteurs, des vendeurs et des banques est un circuit d’échange entre un objet réel à terme, la mesure en argent de cet objet et la définition en droit et obligation de cet objet. Entre un acheteur à terme déposant dans une banque de son pouvoir d’achat actuel en argent et le système interbancaire, l’échange de la valeur ne se fait pas sur la réalité objective mais sur la réalité subjective, uniquement par des mesures et des définitions juridiques d’objets de valeur. Entre banques et déposants, il n’y a que des réalités verbales. Entre banques et emprunteurs, il y a normalement des réalités physiques et subjectives : un prêt bancaire d’argent est non seulement une mesure de la valeur à terme mais l’anticipation raisonnable d’une réalité physique par l’appréciation d’un engagement personnel d’un emprunteur.

C’est ici qu’intervient le divorce actuel entre finance et politique d’un coté et économie réelle de l’autre. La crise des subprimes a résulté de l’abandon par les intermédiaires financiers, aux États-Unis et ailleurs, du lien entre crédit, réalité et droit. Les crédits subprimes et leur titrisation ont été un simple calcul sans réalité sous-jacente observable et sans relation sociale réglée par le droit entre le prêteur et l’emprunteur. L’argent à circulé issu d’une réalité future non mesurée vers un présent non humainement engagé. L’argent a été fabriqué sans crédit véritable qui s’adosse à un futur réalisable. Les mesures de crédit se sont accumulées hors de l’actualisation de la réalité future raisonnable. Le marché interbancaire s’est gelé en 2007 quand les opérateurs du crédit ont pris conscience qu’ils se gavaient d’illusions.

La mystification s’est jouée entre banques centrales et banques commerciales. La fonction d’une banque centrale est d’assurer l’interbancarité. Les banques commerciales matérialisent le rapport qu’elles établissent entre un objet anticipé réel de valeur future et sa mesure en argent. Pour qu’elles fassent circuler leurs mesures de crédit entre elles en se prêtant réciproquement, il faut que leur unité de compte soit la même. Cette unité est créée par l’obligation bancaire d’avoir des dépôts ou des emprunts dans la même banque centrale émettrice d’une même monnaie. Les banques commerciales ne peuvent pas opérer cette matérialisation sans former entre elles un marché unique du crédit. L’existence de ce marché requiert une banque commune qui vende dans ses crédits une même loi d’équivalence entre des anticipations financières et leur mesure en monnaie. Une banque centrale prête la valeur d’un système commun de contrôle du crédit. Pour emprunter à la banque centrale, une banque doit démontrer en permanence qu’elle se conforme à la régulation commune du crédit.

Disparition de la monnaie sans loi

Le principe d’interbancarité à l’origine de la monnaie implique l’unité de juridiction. L’opérateur financier non soumis au contrôle de la loi commune ne doit pas accéder au crédit central même indirectement. Or il n’y a plus aucune loi monétaire commune dans le système financier mondialisé depuis l’abandon de l’étalon or en aout 1971. Il n’existe non plus de restriction à l’émission de dollars, euros ou autres hors du périmètre de juridiction de leur banque centrale. Les banques européennes travaillent depuis longtemps en dollar hors du contrôle des autorités monétaires étatsuniennes. Après avoir cherché sous Paul Volcker à contrôler la masse monétaire mondiale, la Réserve Fédérale a renoncé avec le gouvernement étatsunien a réguler le crédit et la monnaie. Les crédits de la Fed au système bancaire mondial ne sont pas consentis selon une loi commune d’évaluation de la réalité mais uniquement selon le prix de l’argent. Le prix de l’argent reflète les limites prudentielles que les emprunteurs se donnent pour produire la contrevaleur réelle à terme du remboursement de leurs emprunts. Plus le prix de l’argent est élevé, plus les anticipations financières sont prudentes et moins il est possible que les crédits ne soient pas remboursés. Le prix de l’argent anticipe l’équilibre à terme de l’offre et de la demande bancaires de dédommagements financiers nécessaires à ne pas imputer sur les dépôts les pertes de crédit.

Le prix de l’argent contient le coût anticipé du risque de crédit. Les politiques centrales de facilité monétaire ont retiré aux banques la faculté de mesurer entre elles le coût collectif de leur risque de crédit. Elles ont appris à avoir une taille suffisante pour obtenir à coup sûr les crédits qui excluent toute faillite. La loi d’équivalence stable entre la réalité raisonnablement prévisible et l’émission de crédits a été progressivement suspendue. La matière première de fabrication de l’argent a disparu : la confiance issue de la société du droit de la réalité interpersonnelle. L’absence de société internationale de droit a permis aux opérateurs financiers d’enrôler les États et banques centrales dans la guerre mondiale de la mesure en argent sans crédit. Les États ont racheté les créances creuses des banques avec l’argent émis par les banques centrales.

Le marché international de la vérité

Argent et crédit sont actuellement effectivement confondus. La mesure internationale du crédit force une réalité qui n’existe pas. Les pouvoirs politiques ne veulent pas comprendre que la confusion n’est acceptable en pratique que par la permanence effective et universelle de l’État de droit ; d’une situation ou tout épargnant sait que son dépositaire passe des contrats de réalité avec des emprunteurs pour investir dans de vrais objets de la valeur future demandée à terme. Et les financiers font semblant d’ignorer qu’argent et crédit sont mathématiquement fongibles dans les mêmes quantités et les mêmes calculs mais renvoient à des réalités concrètes différentes. L’argent est unité de mesure contingente au crédit. Le crédit est confiance humaine contingente à l’argent. La seule manière de garder l’équilibre entre la raison, la confiance et la réalité économique, c’est le marché régulé par l’autorité du bien commun. Un bien commun qui n’est pas une abstraction idéologique mais une réalité de raison, de confiance et de matérialité physique présente et future que le marché seul puisse véritablement révéler.

Parce que l’autorité politique est dépositaire du bien commun, elle se croit propriétaire de sa définition et de sa réalisation. Là est l’impasse actuelle des monnaies et du bancor. Si les États nationaux font leur travail de maintenir l’ordre public d’un bien commun perpétuellement renégociable entre nationalités, sociétés et individus, la monnaie produite par le système financier à l’intérieur-même de cet ordre public suffit à quantifier des droits nominalement différentiés en plusieurs langues et cultures. Pour y parvenir, il faut renoncer au dogmatisme d’un bien abstrait de la réalité économique et accepter le marché comme lieu de calcul du bien commun par des discours différents. Si la matérialité physique est naturellement commune à l’existence humaine, il faut pour que l’anticipation financière en produise de la valeur que les personnes puissent s’exprimer librement en assumant les conséquences réelles de leurs paroles échangées. Il faut qu’une société de droit instaure un marché où les prix ne soient pas engagés sans que leur objet ne l’ait été également.

Le vrai marché calcule le risque de la réalité séparément de sa mesure en crédit. Alors le crédit exempt de risque devient la matière d’une monnaie sûre. L’argent devient le signe matériel de la vraie monnaie fondée sur la foi dans la réalité subjective et objective.

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100 réflexions sur « Argent : on a perdu le mode d’emploi, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. @VB (http://www.pauljorion.com/blog/?p=13976#comment-96782)

    La régulation active de l’offre et de la demande est le résultat d’un marché organisé où les intérêts sont explicites et transparents.

    « Soit les prix sont libres soit ils sont imposés ». Vous décrivez la situation actuelle du marché international virtuel ; un marché de pur concept sans réalité. Vous expliquez bien ce que c’est : « des transactions totalement hors sols et dans un contexte de liberté totale de créativité financière ». Les prix financiers internationaux sont des prix d’objets virtuels ; comme si j’allais au marché aux fruits où mon marchand a le pouvoir de me vendre un melon qu’il transmute en banane dans mon panier parce que cela lui revient moins cher. Goldman Sachs a semble-t-il aidé le gouvernement grec à émettre de la dette en habillant les comptes publics pour que le prix du risque grec ne soit pas trop élevé.

    Le vrai marché est un contexte qui dit ce qu’on négocie. Un vrai marché financier est un contexte qui détermine la substance d’un contrat identique à elle-même de l’origine à l’échéance. Il n’est pas question d’administrer les prix mais de déposer l’objet négocié chez un tiers de négociation. Sans ce tiers, le marché est une fiction. L’objet négocié derrière le prix est à la merci des parties qui changent librement le sens du prix. Dans l’espace financier international, le concept-même de marché est une propriété privée des opérateurs financiers. Ils fixent leur propre loi, font leur propre police et concluent à un état de droit en oubliant qu’ils en sont propriétaires.

    Le « marché financier international » est au mieux un régime de dictature éclairée. Le vrai marché est une démocratie économique. L’offre et la demande y sont libres par l’existence d’une loi identique pour tous à laquelle toute personne se conforme y compris l’autorité publique chargée de la police. Le tiers financier de marché incarne l’État de droit. Il est nécessairement actif pour maintenir les négociateurs dans leurs limites : celles de la stabilité de l’objet qu’ils offrent ou demandent. Si les objets financiers ne sont pas stables, les prix sont volatiles et les sujets eux-mêmes de la négociation deviennent l’enjeu négocié. C’est le règne de la prédation.

    1. @ PSJ,

      « Le vrai marché est un contexte qui dit ce qu’on négocie. Un vrai marché financier est un contexte qui détermine la substance d’un contrat identique à elle-même de l’origine à l’échéance. »
      =>
      Déterminer la substance des contrats n’empêchera jamais la spéculation ni la surenchère, c’est-à-dire les prix de se faire en hors sol, et ne pourra se faire que dans un contexte de « bridage » de la créativité financière ; tout un monde à rebâtir.

      Cordialement

  2. Logique que travailler pour Bfm radio, et le Monde économie, et vouloir changer le monde ; et vouloir changer le monde en écrivant des textes pessimistes, ça n’est vraiment pas clair. Je sens que je vais devoir aller voir ailleurs si j’y suis.

    1. Je suis pessimiste parce que je suis déprimé. La dépression est une maladie. Probablement génétique d’ailleurs. Je suis incurable. c.q.f.d.

      Vous n’êtes pas la première à chercher à disqualifier en bloc ce que je dis en me qualifiant de « pessimiste ». Vous vous souvenez de ce que j’ai répondu à cette personne ? « Non, Monsieur, j’explique ce qui se passe ».

    2. @Claire : pessimisme intellectuel et optimisme de l’action sont les deux piliers de ce blog. D’où l’optimisme du contenant et le pessimisme du contenu. Logiquement, si l’on est un optimiste intellectuel, il n’y a rien à faire.

  3. Au moins on est fixé sur les objectifs du FMI…
    Il faut que le monde sache ce rôle endossé par le FMI, et là!!!!
    Je ne pense pas que les peuples acceptent la politique de la finance trés longtemps!!

  4. D’après ce que je crois comprendre, il y a une critique forte du système financier. Grosso modo, les échanges monétaires ne garantissent plus une mesure raisonnable des échanges physiques, le lien entre les deux semble même carrément coupé. Ce qui se passe dans une opération de crédit, c’est l’échange d’un bien immédiatement consommable contre la promesse d’un travail futur censé produire la valeur de ce bien. Mais ça n’intéresse pas les banques de voir les choses ainsi, parce que ça limite leurs possibilités de faire des crédits.

    A partir de là, la conclusion semble logique, il faut rétablir le lien. Mais via les marchés ? Ca ne colle plus. Ils établissent des prix qui dépendent des volumes, et qui sont indépendants des quantités de travail, (tant des producteurs que des consommateurs), donc indépendants du temps. Ils ne peuvent pas être une solution au problème du crédit puisque celui-ci engage le temps et la productivité.

    1. Je réfléchis à un billet sur cette remarque fondamentale que vous faites. Il faut absolument réintégrer le prix du travail dans les équilibres financiers internationaux. Cela ne passe sûrement pas par « les marchés » mais par « le marché ». Parce qu’il n’y a pas UN marché intégré de la finance et des monnaies, il est possible de faire travailler les Chinois pour qu’ils accumulent indéfiniment des créances sur les pays occidentaux qui mis au chômage sont dans l’incapacité de rembourser. Ainsi le crédit international est instable ; il produit la volatilité financière qui enrichit les spéculateurs qui parient sur la régulation impossible. Bien sûr, ils gagnent leur pari en distillant l’idéologie de la vacuité de l’État de droit. Bien sûr, tout s’arrêtera quand il n’y aura plus d’État de droit à détruire ; quand l’état de nature sauvage aura été rétabli.

    2. @ PSJ,

      Ne voyez-vous pas que, dans les faits sinon dans les esprits, le retour à l’état sauvage est accompli dans les anciens pays dits « de droit ».
      Il faut reprendre le processus démocratique depuis le début, rien d’autre ne pourra être efficient ni même possible.
      Toutes mes excuses pour devoir vous faire perdre vos illusions quant à l’Etat de droit.
      Par ailleurs, veuillez ne pas mettre la notion d’État de droit au milieu de celle de marché ; la seule chose que l’on puisse dire c’est que le commerce (et donc le marché) ne peut se déployer de façon efficace que dans un cadre légal, celui de l’État de droit. Mais il faut distinguer le contenu du contenant, ne pas confondre le cadre et ce qu’il permet.

      Cordialement,

  5. Je me demande parfois si le « comment » que l’on explique en long et en large et avec un brio certain ici, ne masque pas un « pourquoi » qu’il est peut-être aussi urgent de (re)mettre en lumière.

    Ne peut-on pas résumer la situation actuelle par un rapport de pouvoir (ou un écart intergroupe) qui a évolué dans le temps ?

    La classe dominante, dont il est évident, aujourd’hui, que le monde financier est une des composantes dominantes, a trouvé le moyen de s’émanciper du contrôle des nations. Vous me direz que ça a toujours été le cas dans la majorité des nations puisque la démocratie est somme toute assez « endémique à l’occident »… Mais c’est faire fi du fait que justement, cette « classe dominante » était majoritairement occidentale et issue de ces nations-là au moins jusqu’il y a peu ! Goldman Sachs ou BNP n’ont pas leur siège social au Soudan ou en Birmanie !

    Donc par des mesures successives, ceux qui se qualifient eux-mêmes « d’élite mondiale » ont trouvé le moyen de s’affranchir du (des) peuple(s). L’ensemble de la classe dominante a un intérêt objectif à s’allier aux banques. C’est « leur » argent qui s’échappe. Les banquiers ne sont d’abord « que » des passeurs et comme tous les contrebandiers, ils sont bien rémunérés pour leurs prestations. Ceci est d’autant plus vrai que le « risque » n’existe probablement plus vraiment puisqu’ils sont devenu « too big to fall » grâce à d’autres facettes de leurs activités.
    Mais ce constat cynique en amène un cortège d’autres qui se succèdent et se renforcent. Non contents, de s’être trouvé le moyen d’échapper à toute forme de redistribution des revenus du « capital », grâce aux paradis fiscaux et à quelques fraudes ou ingénierie fiscale.

    – Ils échappent au contrôle démocratique grâce à la mondialisation de l’économie (comme ils l’ont voulue et construite !)

    – Ils pèsent sur les règlementations nationales des états dont ils s’échappent déjà largement pour récupérer encore la petite part de gâteau qui leur échappe encore !
    – Et enfin, il y a la dette colossale de leur salle de casino truqué, cette dette qu’ils ont construite de toute pièce pour s’enrichir encore plus vite (et qui sert sans doute aussi à maintenir l’écart avec « l’élite » des pays émergents qui arrive et s’enrichit aussi très vite). Ils sont en passe de réussir à imposer aux nations de la rembourser à leur place !

    Et nous qu’est que nous faisons ? Nous causons de technique, du comment ils ont fait le coup, « du temps qu’il fait » !

    Nous sommes au balcon et nous nous contentons d’être des témoins (assez mal placé non ?) de la fin d’un monde dont nous faisons partie !

    Quand la police surprend un type occupé à voler une banque (C’est un exemple pris au hasard bien sûr), elle l’arrête directement ! Le modus operandi n’intéresse pas la justice au-delà du constat de l’effraction !

    Faut-il être expert économiste pour comprendre que c’est un vol organisé ? Faut-il être expert en politique que pour comprendre que beaucoup des politiques font partie de cette élite et qu’ils profiteront comme les autres de la tonte des moutons que nous sommes ?

    NON ! Enfin si je peux émettre mon opinion ! Mais peut-être est-ce moi qui ne comprends rien et que la « révolte des élites » n’existe pas… Que je ne suis jamais qu’un être disqualifié d’office par un quelconque concept marxiste, une frustration de pauvre.

    Mais si j’ai, ne fusse qu’un petit peu raison, alors, peut-être, est-il temps de se poser d’autres questions et notamment « Que faire ? »

    Et nous avons des moyens énormes à notre disposition, il suffit d’essayer, il faut essayer ! Nos enfants le méritent, la planète entière le mérite !

    Et puis on ne peut pas gagner sans jouer… Même au lotto c’est comme ça !

    Amitié

    PS : Je suis évidemment d’accord de clavarder de ce « que faire » et je suis sûr qu’il y aura plein idées !

  6. perso j’aimerais bien une traduction de cette phrase qui m’as value une « censire »

    « Le marché international de la vérité

    Argent et crédit sont actuellement effectivement confondus »

    Qu’entendez vous par « confondu » Mrs Sarton du Jonchay

    1. Donc vous voulez dir que la planche a billet est devenu aujourd’hui la principale source de crédit. Ce qui voudrait donc dire qu’il n’y a plus d’épargne disponble dans le système pour alimenter le crédit.

      Si toute l’épargne c’est deja transformé en crédit et que la crédit se confond avec l’argent. La quantité d’argent est donc égale a la somme des dépot plus la somme des credits plus la somme de l’argent produit par la planche a billet.

      Cela commence a faire beaucoup d’argent. Perso je pensais que la plancha billet avait été mise en marche pour conpenser l’insolvabilité de certains détanteur de crédits.

      Merci pour vos remarque au cas ou j’aurais loupé un épisode 🙂

  7. L’usurpation bancaire
    La banque prétend fonder la confiance! Mais c’est un mythe, la confiance pré-existe, sans argent, entre humains, tout à fait laïquement, dans un troc qui marche. La confiance a besoin d’égalité.
    La relation humaine, politique au sens le plus large, précède la banque. Celle-ci ne peut qu’exploiter (dilapider, conserver ou au mieux faire croître) une confiance déjà-là, grâce à un cadre de réciprocité et d’égalité de considération dont la généralisation se nomme État de droit.
    La valeur liberté, si absolutisée par les tenants de la banque actuelle, est une valeur mais elle ne peut pousser qu’avec la valeur égalité. Une valeur ne peut exister seule. La complémentarité des valeurs a été démontrée par Albert Camus il y a plus de 50 ans. La haute banque est « le pouvoir des pouvoirs », c’est l’État actuel, mais c’est un pouvoir usurpé.

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