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137 réflexions sur « Comment les carences du rêve débilitent le réel, par Bertrand Rouziès »

  1. C’est aussi pour le plaisir de pouvoir lire de tels textes que le blog de Paul JORION m’est décidément très précieux.

  2. Offensive liberale belge ce matin dans la presse pour l eradication de l « assistanat » on a pas fini de rire…

    Comment mossieur michel qualifie t il l aide tous azimuths aux banques ??????

  3. Voilà un très bon billet qui dit très bien à quel point la vertu, de chacun et de tous, est un meilleur et plus nécessaire fondement à l’ordre social que le simple jeu des poids et contrepoids de la séparation des pouvoirs et de la libre concurrence. Les règles sont nécessaires, mais ne font que démultiplier la vertu en la facilitant, plutôt qu’elles ne la remplacent.

    Reste à amorcer et développer la vertu. Par l’exemple simplement ?

    1. Bonjour Jean-Baptiste B.

      Donner l’exemple de la vertu, oui. Ce serait déjà un bon début. Il n’est pas besoin d’en infliger la leçon à l’ombre de la guillotine. La vertu se passe volontiers de décorum. Je pense à la manière à la fois subtile et simple qu’a Montaigne de civiliser les passions qui l’agitent et nous agitent. Sa tempérance hospitalière désarme littéralement un voisin convoiteux venu chez lui avec des hommes d’armes pour s’emparer de ses biens. L’anecdote est rapportée dans le livre III des Essais (je vous y renvoie de mémoire). L’attitude de Montaigne est d’autant plus remarquable que l’époque (le conflit religieux déchirait la Guyenne) n’était pas propice à la modération. Son action, comme maire de Bordeaux, fut proprement exemplaire. Je vois en lui un modèle susceptible de redorer le blason de la politique.

      Cordialement.

  4. Quel billet ! Et merci de finir sur la lutte de Martin Luther King qui est une lutte non-violente (mais pas fade, oh non !). Me fait penser à l’échange Stéphane Hessel-Dalaï Lama parue dans un petit livre, qui se retrouvaient sur bien des points, et d’abord le problème crucial des écarts de redistribution de richesses, générateurs de tant de problèmes et souffrances.
    Quant à la fraude, ce serait le point central et névralgique qui fait tenir le système financier, et non pas un problème annexe, si on en croit ce livre
    Merci pour cette bouffée d’énergie, je repars travailler cet après-midi au milieu de pas mal de collègues « marinistes » conducteurs de bus, qui font ce qu’ils peuvent, avec les incitations et informations dans lesquelles ils « marinent » ! et je fais ce que je peux pour respecter ces êtres et combattre ces idées… Ce n’est pas facile du tout !

  5. « La fraude à l’intelligence, je l’ai évoquée plus haut. Nous sommes tous coupables de l’avoir pratiquée à un moment ou à un autre, par exemple en substituant le dédain à la critique argumentée. »

    Autre exemple que le dédain. On peut perdre en toute bonne foi les pédales de la critique argumentée. Il suffit pour cela de se laisser entraîner dans les tourbillons de la complexité.
    http://www.youtube.com/watch?v=Dpy9TaZVaxE

  6. Beau texte

    François Hollande est-il « l’homme de l’histoire »? Tout porte à croire que non. Lorsqu’on entend Sapin ou Cahuzac, lorsqu’on voit les pachydermes se pousser lourdement vers les places, lorqu’on mesure l’énormité des forces qui préparent sa reddition, on est presque sur du résultat. Hollande pliera.

    Mais il y a autre chose. Cet homme est très intelligent, il est donc possible qu’il ait mesuré l’étendue des risques économiques et politiques qui nous menacent. Dans ce cas, il possède un plan, et s’apprête à faire usage des moyens de pression que possède la France dans le rapport de force qui vient. Hollande est-il seulement devant son parti ou bien face à l’histoire?

    Nul ne le sait, mais dans tout les cas, il aura besoin d’une assemblée plus proche des « enragés » que du marais.

    M.

    1. Dernier espoir qu’il vous reste, effectivement, que FH ait les burnes pour faire en sorte que la France se transforme en ce grain de sable qui déclenchera une réaction en chaine, destructrice mais nécessaire, du système, avant de pouvoir le refonder.

      Et pour ce faire il n’aura qu’une manière de faire, en mettant la rue de son côté.

      1. Le problème des « burnes » c’est que ce n’est pas du courage. Mais de l’autoritarisme patriarcal.

      2. je reste sidéré par l’article que je viens de lire: « Comment les carences du rêve débilitent le réel  » par Bertrand Rouziès, de même que j’ai été stupéfait de lire de Paul Jorion à propos de F Hollande: « j’ai un préjugé favorable, mais… » tout comme la plupart de ceux qui ont voté Marine: « je ne suis pas raciste, mais… »
        Faut-il être Eva Joly, ou Mélanchon, pour ne pas travestir le réel.
        Hollande n’aura pas besoin de la « rue », celle qui doit vous faire peur. Qui fait peur à vous, gens peureux tout comme Sako, vous êtes des gens qui ont peur, alors soutenez le ouvertement Sarko el entrainez avec vous les dernier lecteurs du blog restés fidèles à Jorion.
        PJ s’est peut être rendu compte que FH est intelligent, mais il n’a pas réalisé que son intelligence il la met au service du plus grand nombre, et qu’ainsi il entraine une majorité de mes concitoyens, généreux, ouverts, non peureux et pacifiques.
        la rue ce n’est plus la révolution, c’est le peuple pacifique que FH représentera une fois élu.
        Je ne pensais pas PJ dans le dernier carré des fidèles de Nicolas et je sais que je me trompe, mais tout de même.
        je ne chercherai pas de méa culpa du maitre PJ, quand on a un égo aussi bien dimensionné…veut-il être ministre? sans qu’on lui ait demandé…. crime….

    2. J’ai bien peur que son intelligence, il la mette plus à son service personnel ou clanique qu’au service de la France. ( un peu comme d’autres « socialistes » ayant récemment gouverné des pays européens ).

  7. -fraude à la démocratie
    -pouvoir partiellement confisqué
    -principe de l’insécurité organisée
    Vieux cordages encore solides des dominations séculaires qui auront réduit nos âmes sacrées à un troupeau bêlant en quête de berger.
    Merci pour ce beau texte.

  8. Cher BRL – j’ai remarqué que vous aimiez les formes, avec le « cordialement » aussi, donc en miroir pour vous faire plaisir :
    cher BRL
    La difficulté à tirer vers le haut le débat est qu’on s’expose à l’anathème : « intellectualisme ».

    Que les militants qui m’accusent d’intellectualisme me pardonnent

    Lacan disait un jour : « on ne trouve pas mieux à m’opposer, on dit : « intellectualisme ». Ce qui ne fait pas le poids, s’il s’agit de savoir qui a raison ».

    Pris par mon emploi du temps, je vais faire court.

    Je suis surpris que sur ce blog personne n’ait repéré les termes de l’appel de Mélenchon à battre Sarkozy. Il est question de « sans contreparties » et de « sans négociation ».

    Il s’agit donc de « donner », d’un « don ». Certains lisent « dindon ».
    Chaque « un » est responsable.

    Cordialement

    1. Il existe encore de nos jour une étrange façon de déifier l’Intelligence qui aboutit à sa négation… De funestes rêveurs au charme subtil ravagent la jeunesse par telle ou telle doctrine. Cette faculté de connaître qui vous est donnée pour trouver la vérité devient chez quelque uns une volupté. Ivresse de toute connaissance nouvelle, vertige de l’esprit dans la joie de comprendre… L’Intelligence n’est plus un moyen, la voici devenue à elle-même sa fin. Le plaisir de la recherche les met en telle ébriété que la Vérité, but suprême de la course, s’évanouit dans les mirages de la route…

      1. @ Léon23 28 avril 2012 à 12:53
        J’entends, j’entends, mais avec une définition minimaliste de l’intelligence, comme un arrangement des signifiants, ce n’est pas près de gonfler l’éponge du génie. Les maîtres et les cervelles fraiches tiennent à la noria des générations, et il est aussi des formes de vérité qui font détourner le regard. C’est que la Vérité avec un grand V façon la Victoire, dans leur singulier éteignent parfois la chandelle qui éclaire Des formeS de véritéS. Ce qui me semble tenable, est que l’interdit de savoir puisse avoir parfois les mêmes effets que le pousse au savoir, sauf pour ce qui se connecte en direct avec l’interdit initial. Et là c’est selon, ça peut faire épidémie, réseau ou être isolé, singulier, avec conséquences subjectives attenantes articulées aux sociales, très divergentes. Ce sont plutôt les missionnés de la vérité qui sont soûlants pour les autres plus que le plaisir solitaire de la biture de l’imbitable.

    2. @ Rosebud1871
      La Fontaine, le renard et le bouc.
      Extrait:
      « De ce puits-là je sortirai
      et après quoi je t’en tirerai »

    3. Bonjour Rosebud1871.

      S’agissant de l’appel de Mélenchon, vous faites bien d’attirer l’attention sur un geste moins chevaleresque et désintéressé qu’il n’y paraît, si du moins on se projette, comme je le fais, dans la lice des législatives. Si Hollande sort vainqueur de la présidentielle, ce qui est encore en balance, me semble-t-il, il faudra le harceler sur sa gauche, à la manière des taons. Le cuir des éléphants est trop épais pour en être incommodé. Les législatives devraient nous donner l’occasion d’en mettre à la retraite quelques-uns et d’abolir les baronnies. L’offre généreuse de Mélenchon – pour autant qu’elle soit véritablement inconditionnelle – lui permet de conserver tout son piquant pour la suite des évènements. C’est ce qui m’apparaît, en première analyse.

      Bien à vous (pour changer).

  9. Pour quoi traduire « Poor White Trash », par : La pauvreté odieuse du Blanc américain

    Vous êtes bizarre vous.

    1. Chère Petite Lopette,

      « La pauvreté odieuse du Blanc américain », c’est le sous-titre du livre de Sylvie Laurent, non une traduction approximative de l’expression péjorative « poor white trash », décernée par les esclaves noirs aux travailleurs blancs pauvres.

      Cordialement.

      1. Alors autant pour moi, sorry… Peut-être une lecture trop rapide qui m’aura fait croire à une traduction.

    2. Poor white trash , La pauvreté odieuse du blanc américain
      Sylvie Laurent
      C’est le titre du bouquin de cette demoiselle ; en fait une thèse sur le pauvre blanc dans la littérature américaine.

  10. Texte de qualité, sans doute. Dommage d’y lire l’éculé « Il faut fournir un effort pédagogique supplémentaire et le pérenniser au-delà de la campagne ».

    En ce qui me concerne, un fasciste votant FN (un vrai, pas un votant contestataire) mérite la même réponse qu’un libéral votant Bayrou ou Sarkozy ou Mélenchon (il est keynésien, non?). Aurait-on eu droit sur ce blog à une demi-douzaine d’articles commentant cet événement s’il s’était s’agit d’une percée de Bayrou?
    Qui a commenté les vrais événements du premier tour, qui sont:
    1) que Sarkozy est encore dans la course pour gagner au deuxième tour.
    2) que Mélenchon a fait beaucoup moins qu’espéré
    3) que le vote pour le hors-cadre du capitalisme doit tourner autour de 5% de la population (le FN n’étant pas un hors-cadre du capitalisme, tout au plus du libéralisme et Mélenchon est keynésien).
    4) que la gauche fait moins de voix que la droite après des années de pouvoir et d’incurie de la droite et en plein milieu d’une crise historique du capitalisme (ce qui fait que Hollande devra aller chercher des voix à droite pour pouvoir gagner).

    1. à Moi,

      La grande question à laquelle les élections ne peuvent pas apporter de réponse est :
      est-ce que ceux qui ne votent pas, et, plus extrême, ceux qui ne sont pas inscrits, pensent ?
      Et s’ils pensent que peuvent-ils bien penser ?

    2. Cher Moi,

      Je reconnais que l’extrait que vous citez – détaché de son co-texte – pourrait aussi bien servir d’élément de langage au perdant de l’élection, sur le thème, en effet éculé, des électeurs qui n’ont pas bien compris mais qu’on saura éclairer au prochain round. Mais bon, le lecteur (pas l’électeur) voudra bien me pardonner ce relâchement (j’écris sous tension). S’agissant des autres évènements que vous énumérez, et dont je pèse comme vous toute la gravité, je dirai qu’ils se tricotent ensemble. Si Bayrou et sa tyrannie de l’austérité avaient fait florès, je ne pense pas qu’il eût été ici moins harcelé que Martine et son patrouillotisme ripoliné. Mais je me trompe peut-être.

      Cordialement.

    3. « Il faut fournir un effort pédagogique supplémentaire et le pérenniser au-delà de la campagne ».

      A la première lecture, j’avais compris « Il faut fournir un effort pédagogique supplémentaire et lepéniser au-delà de la campagne ».

      J’ai toujours beaucoup de difficultés avec la notion de « pédagogie » en matière politique : étymologiquement, la « pédagogie », c’est l’art de diriger, conduire, mener, élever les enfants. Je ne pense pas que ce soit une bonne idée de considérer les citoyens comme des enfants auxquels il s’agirait d’expliquer des vérités élémentaires. Un homme ou un parti politique peuvent bien sûr énoncer leurs positions, les expliciter, argumenter pour essayer de convaincre, mais considérer que ce faisant, ils font de la « pédagogie », c’est croire que les positions qu’ils défendent seraient des vérités qu’il s’agirait de faire admettre comme il s’agirait de faire admettre à des enfants qu’il faut se laver les dents ou aller faire dodo quand c’est l’heure d’aller faire dodo.
      C’est une manière de voir qui porte en son sein toutes les dérives totalitaires que ce soit celles auxquelles peuvent conduire les « avant-gardes éclairées du prolétariat » ou que ce soit le « führer » ou le « duce » qui sait lui (et lui seul) ce qui est bon pour le peuple.
      Je ne dis pas que le billet de Bertrand Rouziès défendrait un tel point de vue, j’attire simplement l’attention sur le fait que les mots ne sont pas neutres, qu’ils comportent toute une série d’implications auxquelles il s’agit de rester extrêmement attentif si l’on ne veut pas qu’une fois de plus les bonnes intention mènent à l’enfer.

      1. Cher Thierry,

        Je comprends tout à fait vos répugnances devant cette notion de « pédagogie », qui a pu se teinter de condescendance en quelques occasions, les pédagogues ayant souvent du mal, pour eux-mêmes, à se faire à l’idée qu’on n’a jamais cessé d’apprendre. Cet effort de pédagogie dont je parle ne vise pas à établir une hiérarchie entre ceux qui sauraient et ceux qui ne sauraient pas encore. Je précise bien que l’ignorance et la méconnaissance se logent en chaque homme, et l’homme de pouvoir n’en est pas exempt ; il se pourrait même qu’il y soit plus exposé. Dans bien des domaines de la réflexion, pour ma part, je suis resté dans l’enfance et les auteurs que je cite sont, pour moi, des pédagogues. Pas des pédagogues à l’ancienne, maniaques de la baguette et de l’humiliation formatrice, mais des psychopompes, des guides de l’âme qui m’apprennent à prendre appui sur eux et à me détacher d’eux tout ensemble. C’est une pédagogie idéale, je le sais bien, mais c’est de celle-là que je parlais. Votre remarque me permet de mettre utilement les choses au point. Bien vu.

        Cordialement.

    1. Cher Piotr,

      Si vous entendez par « politiser » « tenir un discours partisan », je crois que le contexte électoral français y est pour quelque chose (un peu d’indulgence). Cela dit, je ne pense pas faire du prosélytisme en faveur d’un tel ou d’un tel. J’ai bien du mal à m’enthousiasmer, comme je l’ai dit dans un précédent billet, alors que le gros des problèmes reste pendant. Si vous entendez par « politiser » « s’occuper des affaires de la polis », alors oui, je politise et m’est avis que ce blog, Pnyx virtuel, le fait depuis son origine, dans l’espoir que la rumeur des débats qu’il abrite parvienne aux oreilles des magistrats qui nous gouvernent. Est-ce un mal ?

      Cordialement.

  11. Amsterdam, 28 avril 2012

    Un grand merci aux MM. Rouziès et Jorion.

    Une belle illustration des mots de Spinoza, en ligne avec la pensée classique, disant que la vertu est le PRODUIT de l’effort humain, et alors, pas de la passion, mais de l’action.

    Voir s.v.p. aussi un discours prononcé par Immanuel Wallerstein en novembre de l’année passée titré « Upsurge in movements around the globe: 1968 Redux? ».
    http://www.youtube.com/watch?v=__o3z-N_R0o

    Wallerstein mets l’accent sur l’íncertitude de la direction du développement socio-économique dans la perturbance du système actuel, expliquant que personne ne peut prévenir si l’on n’arrivera pas dans une version pire du capitalisme dans les 30/40 ans prochains, ou dans un nouveau système, meilleur que l’actuel.

    « Il nous faut travailler dur, et il y a trois terrains d’efforts à distinguer: le terrain intellectuel, le terrain moral et le terrain politique. »

    Mais le résultat restera complèment inconnu à nous actuellement.

    Il me paraît que dans de telles circonstances, il nous conviendra bien des supports institutionnels pour la maintenance de l’effort et pour la solidarité entre nous.

    Bien à vous,

    Johan Leestemaker

  12. […] il connaît un peu ces jeunes Français ambitieux, formés dans les lycées d’élite. Parfaitement préparés, connaissant les intellectuels qui comptent, des jeunes très intelligents, immatures, dotés de l’éducation française la plus snob, se préparant ardemment à être enviés toute leur vie. […] Même pendant leurs loisirs, lorsqu’ils sont en tête à tête avec eux-mêmes, ils pensent à l’incidence de Hegel sur la vie intellectuelle française au XXe siècle. (…) La vie, c’est la pensée. Conditionnés à être violemment marxistes ou violemment antimarxistes, ils souffrent d’un effarement congénital devant tout ce qui est américain. Philip Roth

  13. J’ai détesté cette lecture.

    D’abord, ce n’est pas un texte adapté au Web en général, même s’il semble plaire aux lecteurs bien partuciliers du blog.
    Ensuite, le sentiment qui s’en dégage c’est « la culture c’est comme la confiture », ou un sentiment de MacDo : la lecture est savoureuse, mais c’est ça n’est pas consistent.
    Au dela des belles phrases bien tournées, qu’apporte ce texte ? aucune idée nouvelle n’y est présente. C’est le degré zéro de l’analyse, de la compréhension, de l’empathie. Les autres sont des neuneus, il faut leur faire la leçon avec des grandes phrases creuses.
    Mais en dessous des mots les idées sont plus que banales. Le FN c’est pour ceux qui rejettent la faute sur les étranger !!! wow … balaise … il fallait toute ces phrases alambiquées et toutes ces citations grandiloquentes pour le dire ???
    Le PS est une grosse flatulence … rien de nouveau sous le soleil
    Etc, le reste est du même tonneau.

    Quand on écrit sur le web, on ne rédige pas un chapitre d’un bouquin ou d’une thèse. Sur le web, la respect du temps de lecture disponible de l’internaute impose d’aller a l’essentiel dès la première phrase, d’être original, et d’être succin… car il y a des milliers d’articles intéressants à lire.

    Je n’ai lu que parce que voyant les commentaires élogieux alors que le premier paragraphe laissait supposer un lourd poncif sans substance, j’ai voulu me faire une idée complète. Idée qui a été confirmée par la suite.

    Citer le révérend a la fin, et d’autres grands homme ne montre qu’une chose : on a beaucoup lu, beaucoup retenu, mais peu compris.
    Sous des air d’appel à l’intelligence, ce texte manque cruellement d’empathie envers tous ceux qui ont, non seulement une pensée différente, mais bien plus élaborée. Le paradoxe est qu’en réalité, en citant des grands hommes de la tolérance ce texte ne masque qu’une grande intolérance et beaucoup de raccourcis et de simplification des idées différentes.

    Bref, j’ai détesté.

    1. Sur le Web, c’est comme le High Frequency Trading : il faut dire quatre mille choses à la seconde

      Sur le Web, tout doit être dit dans le premier mot de la première phrase du seul paragraphe

      Sur le Web, on marche au pas : Une ! Deux ! Une ! Deux !

      Sur le Web, celui qui tombe, ne se relèvera pas : l’un de ceux qui passent après lui repoussera son cadavre dans le fossé, du bout du pied

      Sur le Web, Monsieur, on n’est pas là pour rigoler…

      1. Je suis bien d’accord M. PJ, c’est votre blog, et vous faites commes vous voulez….

        J’ajouterai jute qu’il y a un risque, avec ce genre de texte, de perdre le client/lecteur. Est-ce de la politique, de la littérature, un essai qui tente de pondérer cohérence des arguments, des sources, et de la situation actuelle, un exercice de style, le sujet de la prochaine dissertation pour les étudiants de l’auteur…
        Peut-être est-ce du au fait que l’économie, qui n’existe pas au delà de théories qui sont toujours contredites à un moment ou un autre, ressemble de ce fait beaucoup plus à la littérature.
        Les mots, hyperstructures… comme vous savez, à force d’un usage outré, seront un jour ou l’autre remis sous le contrôle des armes.

      2. Vous voyez l’avantage de ne pas mettre de pub sur un blog ? On n’a pas à se soucier de l’audimat : on n’a pas de « client/lecteur », on n’a que des invités !

    2. J’ai détesté ce commentaire et son éloge d’un web trop rapide pour y faire des phrases longues et alambiquées.

    3. Cher Yoananda,

      Pardonnez-moi d’exister et d’essayer d’énoncer le plus justement possible et in extenso des idées banales. Il se trouve que quelques-unes d’entre elles sont issues d’études commentées par leurs propres auteurs, lesquels peuvent, il est vrai, ne pas savoir ce qu’ils font. Je n’ai pas la prétention de dire des choses originales, d’abord parce qu’en cherchant bien, on se découvre toujours l’épigone de quelqu’un (mais sans doute est-ce là un poncif parmi d’autres), ensuite parce que j’ai été formé pour la recherche et que la recherche vous met à l’école de la modestie (c’est tout un art de se couler dans la pensée de l’autre et il faut plus d’une vie pour y parvenir, me semble-t-il). Je livre des interprétations clairement signalées comme telles (mon billet est signé et je dis « je »), je fais parler les morts à ma guise, plus qu’à la leur peut-être, mais vous pourriez essuyer le même reproche pour vos propres gloses et analogies. Je m’accorde simplement ce petit plaisir (j’ai le droit ?) de dire mes banalités dans un style personnel. Je note que vous m’accusez de restreindre le champ d’exercice de l’intelligence et que, dans le même temps, vous interdisez à l’expression sur le web d’être autre chose que cet éclair de pensée dont vous avez figé par oukase les contours. Bon nombre d’articles scientifiques, de mémoires et de thèses empruntent ce vecteur, qui ne se sont pas tous imposé une cure d’amaigrissement pour complaire à la manie du papillonnage. Mais je comprends que je vous ai fait perdre votre temps, que ma lourde pensée aurait pu s’incarner, pour plus de confort, dans quelques phrases ramassées sur elles-mêmes et percutantes comme un propos de comptoir. Je comprends, mais je crois déceler autre chose. On ne déteste pas la banalité. On l’ignore. Cette détestation, appliquée, si je vous suis, à un objet qui n’en vaut pas la peine, trahit un je-ne-sais-quoi où l’amour-propre entre jeu. Tous les auteurs que je cite, je les ai lus, médités et annotés, pour partie à ma mode, pour partie selon les méthodes que l’on m’a enseignées. Alors, je vous en prie, puisqu’il vous semble que je m’égare, jouez le jeu de l’échange argumenté et réfutez, textes et vision propre à l’appui, les analyses que je propose. Je ne demande qu’à être moins banal.

      Bien à vous.

      1. Cher Bertrand Rouziès,

        Je vais aller directement au fond.

        Peut-on être formé comme chercheur ?….

        pour partie selon les méthodes que l’on m’a enseignées.

        J’ai roulé ma bosse dans plein de domaines, mais avec comme core compétence la musique et, pour ce qui fut mon job d’éducateur, l’enseignement de la composition et surtout, de l’improvisation, chez les adolescents, les enfants et les adultes (ordre important)…

        Pour moi, après ces décades de pratique, un chercheur ne se forme pas… Et les chercheurs naturels, dans le sens de la continuité et de la détermination, très rares.

        Je crois qu’on ne peut faire plus qu’infuser chez l’individu sa propre aptitude à remettre en cause le convenu et son abilité à developer sa propre méthode, via mille possibilités…

        Toutes les recettes qu’on peut transmettre ne sont au mieux exercices, au pire : carcan.

        Avez-vous un avis là-dessus ?

      2. Pas du papillonnage, mais de la « curation ».
        Cet article ne m’a pas plu, je le dit, on ne vas pas en faire un psychodrame … les goûts et le couleurs … D’autant qu’il semble plaire à d’autres.
        Si vraiment vous souhaitez qu’on débatte du sujet, contactez moi par email (j’autorise le modérateur a vous transmettre mon email) et on en discutera a l’oral. J’ai beaucoup d’arguments en effet à vous soumettre pour ne pas rester « en surface ».
        cordialement.

      3. @ Mike
        Pour moi, il y a formatage et formation. Le formatage conduit naturellement à la recherche ordinaire: on cherche là où c’est éclairé, sous le lampadaire… Le système actuel cherche à formater les cerveaux (cf. la boutade de Le Lay quand il était pdg de TF1), pas à les former. Il encourage vivement la recherche sous le lampadaire, les financiers, par le biais des subventions, étant ceux qui contrôlent l’éclairage. Ama beaucoup de chercheurs, préalablement si bien formatés, y cherchent en toute bonne foi.
        Il n’y a qu’à regarder l’état de la recherche en sciences économiques (dénoncé par Paul Jorion) et aussi, ama, en biologie. Même en mathématiques…

      4. BasicRabbit,

        très bien vu le coup du lampadaire; et en plus, ça correspond tout à fait a l’allocation des crédits recherche … la ou dégouline l’argent c’est la ou c’est ‘éclairé’, et donc, il est facile d’orienter les recherches. Sachant qu’en plus la ou ce n’est pas éclairé, on découvre parfois quelques barrières a sauter alors qu’on est déjà dans le noir et qu’on se demande qu’est-ce qu’elle font la … ! lol

      5. Formation, pour ma sensibilité, est presque toujours formatage. Surtout pour la recherche.

        Toute manière de penser étant par essence une façon de non penser.

        Les notions d’indépendance, d’autonomie, de liberté du sujet, de son refus de se résigner à la réalité… d’équilibre physique/psychique…. sont l’humus du quêteur.

        Après on parlera de chance, de sérendipité, etc…

        Bien sûr, Crypto Lapin, la société, sans même parler du libéralisme fou-dingue actuel, est de nature à restreindre la recherche, de par sa nature basiquement (rabbit) conservatrice.

        Perso j’aime les chercheur métaphysiques, hors cadre, autodidactes, etc… très rarement des universitaires, issus eux d’une pensée hiérarchisée par essence, que ce soit via les salaires, les postes… réputations….. auras……….

      6. @ Mike
        « Trouver les moyens de son indépendance financière fait partie de la création….. »

        Il faut avancer masqué. La recherche de Thom a été payée par le lobby pétrolier!

    4. Bon je suis chiant, je vais repartir d’une vidéo (pour ceux qui ont le temps, personnellement, si j’ingère 1 pour 100 du blog, c’est la fête):
      http://www.dailymotion.com/video/xpvina_intervention-de-jean-luc-melenchon-sur-la-defense_news

      Je suis plutôt d’accord avec ce regard (mais c’est un regard, un pacifiste à le droit d’être contre et je suis plutôt pacifiste).
      Tout est compliqué, on ce la raconte (himself first) et j’aime bien ce billet, mais on a pas tous le temps ou le désir à tout ingurgité.
      Les mots, les blogs (bien que celui-ci m’intéresse beaucoup), c’est pas que le web, c’est juste un reflet, on n’influence pas la société si facilement, Yonanda a le droit d’être un peu blasé, c’est à nous de l’être moins…. ( 🙂 )…. (faudra que je m’en souvienne demain 🙂 )

    5. Et moi, j’ai bien « aimé »..
      Car après la fraude selon Jean de Meun, il y a eu
       » De la fraude, le monde de l’onaa » d’Henri Atlan, seuil, 03/2010.

  14. Amsterdam, 28 avril 2012

    Pour les co-bloggistes ne maîtrisant pas l’Anglais, j’ai pu trouver une traduction d’un discours important d’Immanuel Wallerstein du 4 août 1995, traduit en 1996, et publié sur l’internet en 2010.
    Important, parceque nous donnant une perspective historique sur les conséquences possibles des actions centralistes, autoritaires, violentes et non-participatives en ce qui concerne la prise de décisions.

    La production de la non-vertu.

    Voir s.v.p.:

    http://socio13.wordpress.com/2010/09/06/la-fin-de-quelle-modernite-par-immanuel-wallerstein/

    Bien à vous,

    JL

  15. Tendons l’oreille dans les lieux publics, regardons autour de nous, parmi nos proches, nos amis, nos parents, passons en revue les saillies douteuses et les vitupérations tous azimuts

    C’est tellement vrai !
    J’ai reçus ce mail d’un cousin. Ce mail m’a fait mal au cœur car nous venons d’une famille d’immigrés italiens ayant fui le fascisme de Mussolini. Les larmes me sont montées aux yeux en le lisant…
    Je le partage en copié/collé car illustre le racisme actuel, « décomplexé »

    avant qu’il ne soit trop tard…
    >
    >
    >

    Je viens de recevoir ce qui suit, je vous en fais profiter >>>>>>>>>>>
    >

    Bien des gens devraient méditer la version Française …..

    Déjà vu, mais toujours d’actualité !

    >
    > La cigale et la fourmi Version allemande et version française
    >
    > *VERSION ALLEMANDE *
    >
    > Une fourmi travaille dur tout l’été dans la canicule.
    >
    > Elle construit sa maison et prépare ses provisions pour l’hiver.
    >
    > La cigale pense que la fourmi est stupide, elle rit, danse et joue.
    >
    > Une fois l’hiver venu, la fourmi est au chaud et bien nourrie.
    >
    > La cigale grelottante de froid n’a ni nourriture ni abri, et meurt de froid.
    >
    > FIN.
    > ________________________________________________
    > *VERSION FRANCAISE*
    >
    > La fourmi travaille dur tout l’été dans la canicule.
    >
    > Elle construit sa maison et prépare ses provisions pour l’hiver.
    >
    > La cigale pense que la fourmi est stupide, elle rit, danse et joue tout l’été.
    >
    > Une fois l’hiver venu, la fourmi est au chaud et bien nourrie.
    >
    > La cigale grelottante de froid organise une conférence de presse et demande pourquoi la fourmi a le droit d’être au chaud et bien nourrie tandis que les autres, moins chanceux comme elle, ont froid et faim.
    >
    > La télévision organise des émissions en direct qui montrent la cigale grelottante de froid et qui passent des extraits vidéo de la fourmi bien au chaud dans sa maison confortable avec une table pleine de provisions.
    >
    > Les Français sont frappés que, dans un pays si riche, on laisse souffrir cette pauvre cigale tandis que d’autres vivent dans l’abondance.
    >
    > Les associations contre la pauvreté manifestent devant la maison de la fourmi.
    >
    > Les journalistes organisent des interviews, demandant pourquoi la fourmi est devenue riche sur le dos de la cigale et interpellent le gouvernement pour augmenter les impôts de la fourmi afin qu’elle paie ‘sa juste part’.
    >
    > La CGT , Le Parti Communiste, la Ligue Communiste Révolutionnaire, les Verts, le Modem, la Nouvelle Gauche, la Nouvelle Droite, le Juste Centre, Droit Au Logement organisent un seat-in et manifestations devant la maison de la fourmi.
    >
    > Les fonctionnaires décident de faire une grève de solidarité de 59 minutes par jour pour une durée illimitée.
    > Un philosophe à la mode écrit un livre démontrant les liens de la fourmi avec les tortionnaires d’Auschwitz.
    >
    > En réponse aux sondages, le gouvernement rédige une loi sur l’égalité économique et une loi (rétroactive à l’été) d’anti-discrimination.
    >
    > Les impôts de la fourmi sont augmentés et la fourmi reçoit aussi une amende pour ne pas avoir embauché la cigale comme aide.
    >
    > La maison de la fourmi est préemptée par les autorités car la fourmi n’a pas assez d’argent pour payer son amende et ses impôts.
    >
    > La fourmi quitte la France pour s’installer en Suisse où elle contribue à la richesse économique.
    >
    > La télévision fait un reportage sur la cigale maintenant engraissée.
    >
    > Elle est en train de finir les dernières provisions de la fourmi bien que le printemps soit encore loin.
    >
    > Des rassemblements d’artistes et d’écrivains de gauche, se tiennent régulièrement dans la maison de la fourmi.
    >
    > Le chanteur Renaud compose la chanson ‘Fourmi, barre-toi!’…
    >
    > L’ancienne maison de la fourmi, devenue logement social pour la cigale, se détériore car cette dernière n’a rien fait pour l’entretenir.
    >
    > Des reproches sont faits au gouvernement pour le manque de moyens.
    >
    > Une commission d’enquête est mise en place, ce qui coûtera 10 millions d’euros.
    >
    > La cigale meurt d’une overdose.
    >
    > Libération et L’Humanité commentent l’échec du gouvernement à redresser sérieusement le problème des inégalités sociales.
    >
    > La maison est squattée par un gang de cafards immigrés.
    >
    > Les cafards organisent un trafic de marijuana et terrorisent la communauté…
    >
    > Le gouvernement se félicite de la diversité multiculturelle de la France .

    > FIN…

    Remarquez l’assimilation des immigrés et enfants d’immigrés d’Afrique à des cafards…
    Et dire que les africains des colonies françaises et les antillais sont morts pour la France pendant les 1ère et 2ème guerres mondiales.

    1. Oui, si vous l’dites ! Et pourtant… mais, je n’arriverai pas à vous convaincre du contraire, ni du grand malentendu, hélas ! (soupir)
      Barbe-Bleue est aussi le nom que l’on donne à une grotte d’Arcy-sur-Cure, que je connais bien. Un jour, à cause d’un Lâcher de barrage imprévu sur la Cure, mon ami et moi avons par négligence été surpris, bloqué par un siphon, la ligne téléphonique nous reliant à l’entrée de la grotte ne marchant pas non plus… On s’en est sorti de justesse, comme deux jeunes cons ! D’autres bien avant nous, jeunes mais expérimentés y ont trouvé la mort… Oui, une négligence peut faire mal et plus encore… Cette malheureuse expérience me l’a prouvé douloureusement.
      Quant à manier le verbe… L’accusation est forte !
      Et comme mon crédit est à zéro, pas de commentaire si ce n’est…
      Pensant bien faire, le gérant du domaine d’ Arcy-sur-Cure décida un beau matin de « nettoyer au Kärcher » la grotte principale, celle que les gens visitent, histoire de la rendre plus propre… Mais ce nettoyage violent laissa des stigmates presque irréversibles. L’action du puissant jet d’eau avait abîmé de nombreuses peintures pariétales préhistoriques, que l’on découvrira plus tard et qu’une fine couche de calcite avait finalement protégé. Sans ce long et naturel processus de dépôt minéral, aujourd’hui certainement, tout aurait disparu. La nature a donc toujours mystérieusement le pouvoir de diminuer la bêtise irresponsable d’êtres humains.
      Maigre consolation, direz-vous. Autant s’accrocher à une grande barbe qui tombe sur l’ abîme… Une barbe blanche, puis bleue et qui pourrait passer au rouge ?!!
      On dit que la sage est barbu, la sorcière aussi.
      Bon, il me reste à remonter la barbe maintenant avant qu’on la coupe…
      – COUIC ! TROP TARD.

      1. Voici bien que le fil m’intéressait, sinon je ne vous aurai vu déposer une parole suivante, ici..

        Sous un commentaire, vous avez un lien « répondre », pour donner une « réponse » donc, qui va aller s’afficher décalée par rapport au commentaire concerné.

        S’il n’y a de décalage, et que le commentateur qui vous suit n’a pas la délicatesse de rappeler votre nom, ou pseudo, c’est qu’il doit s’adresser à l’auteur du billet. Pas forcement au second degré d’ailleurs. Là c’est du premier par exemple.

        Enfin, il n’y a pas mort du cheval, ni non plus celle du chat, et votre anecdote est la bienvenue

  16. Reste à savoir de combien de douleur devra se payer le combat victorieux de l’enthousiasme fécond du nouveau monde , pour vider de sens et de forces les angoisses affectives nourries des impasses d’un monde qui meurt .

    C’est peut être , pour les temps qui viennent ,ce que l’on peut espèrer de mieux de celles et ceux que l’on investit du pouvoir :

    Que les douleurs ne soient pas réservées aux plus faibles

    Que leurs efforts , alliances , compromis et révoltes pour compte des peuples , permettent à la fois d’attènuer le prix à payer pour règler le passif , et soient le support de toutes ces idées et forces qui émergent , pour autoriser la suite de l’aventure et la rendre plus passionnante .

    Rien ne naît du désespoir .

    Tout se poursuit et s’embellit par une utopie réaliste en marche .

    J’ai même souvent l’intuition qu’elle marche plus fermement que ceux qui la porte et qu’en fait elle pousse , et dont elle a besoin .

  17. est-il si  » nécessaire  » de voter Hollande au second tour ? Sarkozy a perdu ,un Hollande trop prisonnier des innombrables éléphants n’est guère souhaitable ? Alors ?

    1. « nécessaire de voter Hollande »??
      J’hallucine : vous étiez où le 21 avril 2002?? z’avez pas encore compris le paradoxe d’un vote individuel résultat d’une attitude individuelle qui par une curieuse alchimie va se transformer en millions de voix… Imaginons que votre hésitation corresponde à celle de qqs % : le sortant réélu ! Comment oser dire que Sarko a perdu si vous-même pensez ainsi!

  18. Amusant, j’ai reçu 4 mels, un peu de redondance lourdingue, on sait jamais, de l’équipe Sarko dans lequel ils prétendent qu’il a obtenu 38% des voix à l’issue du premier tour, si c’est pas de l’enfumage ça… :

     » Vous voulez voter au 2ème tour des élections présidentielles ?

    Chers amis,

    Quelques jours avant le 1e tour des élections présidentielles, Nicolas Sarkozy s’est adressé à vous dans un message vidéo, vous appelant à vous mobiliser massivement et à lui apporter votre soutien.

    Vous avez répondu présents à cet appel et l’avez placé très largement en tête avec 38% des voix à l’issue du 1e tour. Je tenais à vous en remercier personnellement.

    Il nous reste une semaine pour nous mobiliser, convaincre, établir des procurations, voter …

    Aussi, je vous invite à découvrir mon message vidéo, à quelques jours de ce rendez-vous historique pour l’avenir de notre pays.  »

    Et puis on me dit que j’ai répondu présent, qu’est ce qu’ils en savent, rien. Car j’ai pas voté.
    Quelle bande de pitres. Ils nous prennent vraiment pour des billes. Même le PS ne va pas si loin.

    Faut vraiment que ce soit le hallali à l’UMP, pour en arriver là.

  19. @ Bertrand Rouziès

    Bof, j’ai lu mais je ne suis pas convaincu. Surtout par la fin et cela pour plusieurs raisons.

    1) D’abord je n’aime pas qu’on me dise pour qui voter, même de façon subliminale; je veux rester libre et garder mon libre-arbitre. Ce sont les valises qu’on met à la consigne, pas le vote!

    2) Mélenchon est en train de passer un accord avec Aubry pour maintenir des candidats (c’est sur un article du Point) ce qui me fait penser que les socialistes lui laisseront que ce qu’ils veulent bien lui donner. Il est en train d’avaler la clef des menottes qu’Aubry et les éléphants du PS lui serrent petit à petit entre ses mains.
    Vous verrez, on va nous sortir qu’après le vote utile, il y aura le besoin d’une majorité claire.
    Le PS n’a aucune envie d’avoir une majorité relative à l’Assemblée avec un Mélenchon qui les empêche de faire le programme de la Commission Européenne. Si Mélenchon s’oppose trop, ils essaieront de le dégommer.

    Enfin, la gauche a des chances de capter tous les leviers du pouvoir après les législatives.
    S’ils se plantent en plantant le pays, attention car cette fois, je ne suis pas sûr que la population leur pardonnera (cf interview de Jacques Sapir, qui est loin d’être d’extrême droite, sur France Inter, qui donne 2 ans à 2,5 ans à Hollande pour couler s’il s’écrase devant Bruxelles, la BCE, les marchés…)

    3) tout ce raisonnement est très (trop) franco-centré.
    J’attends de voir la Grèce avec un Parlement introuvable après les législatives du 6 mai.
    J’attends de voir l’Espagne ou l’Italie (ou les 2!) au bord de l’implosion.
    J’attends les élections US avec Obama et sa reprise en peau de lapin (voir le blog d’Olivier Berruyer sur le chômage US, très instructif)

    J’en oublie.
    Tout ceci peut rebattre les cartes, plus qu’on ne le croit.

    1. A propos de votre point 2, il semble qu’il y ait lire et lire (le Point…)
      Melenchon a dit depuis au moins novembre que le FdG était prêt à négocier des accords de désistement mutuel dans les circonscriptions où il y a un risque, sans cela, qu’aucun parti de gauche ne soit présent au second tour. Point barre.
      Par ailleurs, le PS n’a jamais eu la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Il a toujours eu besoin d’alliés. Et pour faire passer des mesures d’austérité, les députés de centre droit voire de droite y pourvoiront avec plaisir. Pas besoin d’embarquer le FdG dans cette galère.
      Enfin, bien sûr que le PS va tenter de dégommer le FdG. Comme ils ont essayé de le faire pendant la campagne du 1 er tour. Le PS ne reconnait à gauche que des serfs.

      1. Le PS a eu au moins une fois la majorité absolue à l’Assemblée Nationale, c’était en 1981.

        Mitterrand élu, il dissout l’Assemblée.
        Il aura lors des législatives ce qu’on appellera la Vague Rose, soit 266 députés PS + 20 apparentés socialistes sur 491 sièges (la majorité absolue étant à 246 à l’époque), donc 58% des sièges.

        Alors justement, s’il ne s’agit que d’accords de désistement mutuel au profit de la gauche quand celle-ci rsique d’être absente, ça ne va pas aller bien loin.
        Déjà qu’il y a 5 ans , le PC a eu un mal de chien pour réussir à maintenir un groupe parlementaire (20 députés minimum et 15 sénateurs minimum au Sénat)

        Il faudra que le FDG soit le seul réprésentant de gauche ou du moins qu’il soit en tête parmi ceux de la gauche, il faudra en plus qu’il totalise 12,5% des inscrits pour se maintenir au 2ème tour des législatives, puis il faudra qu’il arrive en tête au 2ème tour.

        Cela fait beaucoup de conditions. Pour le FDG, c’est pas gagné.

  20. Deleuze rappelait « trop de biens,pas assez de liens ». A la faveur du texte soumis ,on pourrait compléter ce dernier par la lecture ,oh!! combien rafraichissante du discours de Robespierre sur la constitution « l’homme est né pour le bonheur » 10 ,le mai 1793 (à consulter sur site le grand soir

    quelques paroles accablantes telles :jusqu’ici, l’art de gouverner n’a été que l’art de dépouiller et d’asservir le grand nombre au profit du petit nombre;et la législation,le moyen de réduire ces attentats en système. etc

  21. Merci pour ce texte.sensible et de haute voltige. La confiture ne doit jamais être laissé aux cochons, c’est bien connu.

    Je propose un lien vers l’un des propos soulevé. La bataille culturelle pour ne pas dire la guerre culturelle à mener par tous , pour ne pas dire à reprendre de A à Z par toutes et tous :

    http://blogs.rue89.com/balagan/2012/04/27/entre-les-deux-tours-un-spectacle-completement-naz-227334
    http://www.francetv.fr/culturebox/avec-naz-ricardo-montserrat-explore-la-violence-des-mouvements-identitaires-25693

    Sur Ricardo Montserrat :
    http://www.becherel-autour-du-livre.com/article-ricardo-montserrat-auteur-et-metteur-en-scene-46350131.html

    1. Bonsoir JEFF.

      Merci à vous d’avoir vu dans mon texte un peu plus que les banalités qui l’ont rendu « détestable » aux yeux de certains. J’y ai mis en effet une sensibilité toute personnelle qui vient de ce que je vis dans un quartier populaire (il l’est depuis le Moyen Âge) où la misère (privation de l’essentiel) et la pauvreté (privation du superflu) inspirent un discours multiforme dont il m’arrive de saisir des bribes, qui ne sont pas toutes désespérantes. Je me reporterai aux liens, aux échappées que vous m’indiquez dès que j’en aurai le loisir.

      Cordialement.

      1. Ne changez rien. Il est superbe.

        Si je puis me permettre , écrivez-en d’autres ! ou plutôt, en le disant mieux , pourvu qu’on vous lise encore, ici, avec la grâce du maître de ces beaux lieux.

    1. À moins que ce ne soit ni l’un, ni l’autre et que le triangle sort partout parce qu’il est en nous, comme l’exprimait Poincaré. D’autres disent que l’on ne saurait compter naturellement que jusqu’à trois, plus serait plusieurs. La vision, sens le plus développé chez nous, est en fait triangulaire puisque l’œil droit nous donne une image différente de celle donnée par le gauche. L’assemblage de ces deux points de vues est le troisième sommet et nous donne, non seulement la représentation en 3D de la source sinon, aussi, une référence pour nous situer par rapport à elle, dans l’espace. Si cela est vrai, si nous passons notre temps à trianguler, tous ces mythes triangulaires s’expliquent naturellement.

      1. Amusant.

        Hum….voyons….trois points d’observation:
        Moi, les autres et le sommet qui transcende les deux points de vue , voilà le triangle circonscrit dans le cercle du Bien Commun.

      2. @ Mor
        Moi je vois en ce triquètre (je découvre ce mot) une fronce. Triangle vs fronce, Poincaré vs Thom.

        « Si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que tout change. »

        Je vois un triquètre comme une petite hélice qui symbolise le fonctionnement de la société. Si elle s’arrête alors la société meurt. Je verrais bien actuellement l’hélice tourner, mais de moins en moins efficacement car dans un fluide (le flouze bien sûr) de moins en moins dense (à coups de QE).

        « La tête de Méduse au centre, tête qui est censée pétrifier quiconque la regarde en face, c’est le noyau dur, infrangible de l’histoire comme persistance du même. »

        Le noyau dur, c’est le point fronce, centre organisateur (puissance) de la catastrophe qui se déploie (acte).

        Pour faire mon petit préchi-précha habituel (c’est Dimanche), je rappelle que la catastrophe de fronce, petite bielle qui « regrade » de l’énergie dégradée est, selon Thom, à la base de l’embryologie animale.

      3. Et oui, certains cherchent les fondements des mathématiques dans la logique formelle, alors qu’ils sont dans notre corps, peut-être dans l’oreille interne qui forme un repère euclidien …
        Cela me méduse.

      4. @ Cadavre exquis
        « Et oui, certains cherchent les fondements des mathématiques dans la logique formelle, alors qu’ils sont dans notre corps, peut-être dans l’oreille interne »

        Pourquoi chercher au loin ce qu’on a sous la main. 🙂

        J’ai suggéré, et suggère encore, que tout préambule à constitution soit précédé d’un catalogue de dictons remontant au fond des âges, qui seuls, ama, peuvent prétendre à intersubjectivité constituante.

        Un préambule comme « Ce que femme veut » fonderait ainsi une société matriarcale…

      5. Cadavre exquis, c’est exactement ce que je pense être une voie royale vers la compréhension de notre nature et qu’aurait ouvert le génie de Poincaré. La géométrie euclidienne apparaîtrait comme une utopie ( qui n’a de sens que pour nous, dans nos circonstances, puisqu’aucune zone de l’Univers n’est totalement plane ) rassemblant les principes de toutes les géométries possibles et accessibles par la transformation de cette utopie en systèmes comparables à la part de la réalité objective que nous percevons. Un triangle euclidien tracé sur une portion réduite de la terre est acceptable, mais il le sera de moins en moins si on l’agrandit.

        Des êtres dont l’esprit serait fait comme le nôtre et qui auraient les mêmes sens que nous, mais qui n’auraient reçu aucune éducation préalable, pourraient recevoir d’un monde extérieur convenablement choisi des impressions telles qu’ils seraient amenés à construire une géométrie autre que celle d’Euclide et à localiser les phénomènes de ce monde extérieur dans un espace non-euclidien ou même dans un espace à quatre dimension.
        Pour nous, dont l’éducation a été faite par notre monde actuel, si nous étions brusquement transportés dans ce monde nouveau, nous n’aurions pas de difficulté à en rapporter les phénomènes à notre espace euclidien.
        Quelqu’un qui y consacrerait son existence pourrait peut-être arriver à se représenter la quatrième dimension.

        Henri Poincaré – Revue générale des sciences pures et appliquées t. II, pp. 769-774 : Les géométries non-euclidiennes .
        Il détaille l’explication de ces paragraphes dans L’espace et la Géométrie, article publié dans la Revue de Métaphysique et de morale, troisième année ( 1895 ), pp. 631-646.

      6. Basic, du peu que je sais, pour le moment, de la théorie de Thom, il ressort que le nombre de catastrophes possibles est virtuellement infini puisqu’il dépend du nombre de paramètres à l’entrée du système. Pour un seul paramètre apparaît le pli, un de plus et voilà la fronce et ainsi de suite jusqu’à l’infini en passant par quatre paramètres qui impliquent sept types de catastrophes, puis cinq qui donnent les onze types fondamentaux et au delà une infinité de catégorie du fait de leur modulation.
        Je ne conteste pas du tout, les travaux de Thom, je n’ai pas le niveau pour cela, mais je ne comprend absolument pas comment tout cela pourrait être incompatible avec la description de la nature que fait la théorie de l’évolution actuelle. Surtout depuis que l’endosymbiose, proposée par Lynn Margulis – ( théorie démontrée en ce qui concerne les mitochondries et les chloroplastes) énonce que les cellules eucaryotes se sont formées à partir d’une cellule procaryote ayant phagocyté puis domestiqué des bactéries : celles-ci seraient à l’origine des mitochondries. L’invagination de cyanobactéries aurait donné naissance aux chloroplastes. cf Cellule et Théorie endosymbiotique – fut acceptée et a pu prendre sa place dans la théorie. Thom aurait-il pressenti cette théorie de la symbiose ? Peut-être et peut-être aussi est-ce la raison pour laquelle ses idées ne furent pas prise en compte comme il l’aurait voulu par les évolutionnistes de son époque. Margulis, elle aussi, a eu beaucoup de mal a introduire ce concept dans la théorie de l’évolution. Et Gould, aussi, avec la correction qu’il fait du temps parfaitement régulier qui était considéré avant lui. Mais rien de tout cela ne peut justifier un abandon de la Théorie. Au contraire, elle n’en ressort que plus solide, descriptive et prédictible, je pense.

      7. @ Mor
        « et qu’aurait ouvert le génie de Poincaré »

        « De la tentative de Poincaré il faut avoir le courage de reconnaître qu’elle est tautologique ».
        R. Thom Apologie du logos p. 171. (où Thom détaille son argumentation).

        « La géométrie euclidienne fut le premier exemple de transcription d’un processus spatial bi- ou tri-dimensionnel dans le langage unidimensionnel de l’écriture. » Apologie du logos p.563 (suivi de considérations ama très intéressantes sur les rapports langage/géométrie/pensée rationnelle).

        Pour moi la magie de la réussite de la géométrie euclidienne tient à nos membres qui autorisent des déplacements du corps humain (translation, rotation) nécessaires pour réagir aux « prégnances fondamentales » que sont les prédateurs, les proies et les partenaires sexuels.

        Dans le même ordre d’idées il y a aussi la géométrie projective liée à l’oeil.

      8. @ Mor: Merci pour ces références, je ne connais Poincaré ( quel nom pour un mathématicien ! ) que de seconde main. Étant donné mon niveau en maths, je n’ai pas intérêt à me tromper de livre.
        @ Rabbit: J’ai du mal à comprendre les critiques de Thom. Affirmer que nos connaissances, y compris les plus abstraites, proviennent de notre expérience corporelle, en quoi est-ce tautologique ? Enfin, c’est ma lecture. Quelques citations d’un colloque consacré à Merleau-Ponty que semble en plein dans le sujet:

        Revisitant l’espace, Poincaré et Einstein insistent sur l’aspect fondateur de l’action. H. Poincaré écrit : « Localiser un objet dans l’espace c’est simplement se représenter les mouvements qui seraient nécessaires pour l’atteindre. Ce n’est pas une question de se représenter les mouvements eux mêmes mais simplement les sensations musculaires qui les accom- pagnent »27 Einstein écrit : « Poincaré à raison. L’erreur fatale qu’une nécessité mentale, précédant toute expérience, est à la base de la géométrie Euclidienne… est due au fait que la base empirique sur laquelle repose la construction axiomatique de la géométrie euclidienne fut oubliée. La géométrie doit être considérée comme une science physique dont l’utilité doit être jugée par sa relation à l’expérience sensible »

        Le corps en Acte.

      9. En résumé, vous dites que seul Thom a raison. Bon, d’accord. Que voulez-vous que je vous dise ? Je ne comprends même pas l’application que vous faites de la théorie des catastrophes sur l’évolution. Les girafes auraient-elles fait pousser leur cou pour lui éviter les plis et les fronces ?

      10. @ Mor
        « du peu que je sais, pour le moment, de la théorie de Thom, il ressort que le nombre de catastrophes possibles est virtuellement infini puisqu’il dépend du nombre de paramètres à l’entrée du système. Pour un seul paramètre apparaît le pli, un de plus et voilà la fronce et ainsi de suite jusqu’à l’infini.. »

        Il y a effectivement une infinité de catastrophes. Thom s’intéresse d’abord aux plus simples, celles que le matheux appellent de codimension finie. Pour reprendre votre exemple de la catastrophe pli associée à la fonction x*x*x, toutes les déformations possibles (en un sens précisé mathématiquement) à un nombre quelconque de paramètres (100.000 par exemple) sont qualitativement les mêmes (les matheux disent: ont le même type topologique) car elles sont toutes isomorphes à la fonction x*x*x+u*x qui ne dépend que d’un seul paramètre, à savoir u. 100.000 paramètres réduits en un seul! Enorme économie de pensée, énorme gain d’intelligibilité! Mais perte irrémédiable de prédictibilité.

         » Je ne comprend absolument pas comment tout cela pourrait être incompatible avec la description de la nature que fait la théorie de l’évolution actuelle. »

        D’une manière très générale je pense que deux théories peuvent être très longtemps compatibles. Jusqu’au jour où l’une d’entre elles est invalidée par une (plusieurs c’est mieux) expérience cruciale. Par exemple si une théorie dit que la terre est un cube et une autre que la terre est une sphère et si les expérimentateurs sont des êtres unidimensionnels n’ayant accès qu’aux projections de la terre sur des droites alors les deux théories précitées sont et resteront compatibles.

         » théorie démontrée »
        Une théorie ne se démontre pas. En maths une théorie permet de démontrer des théorèmes. Hors des maths une théorie suffisamment riche a des conséquences que l’on peut confronter, par le biais d’expériences par exemple, avec la « réalité » et par suite l’invalider (mais à mon avis, exprimé plus haut, pas l’enrichir).

        En ce qui concerne la biologie Thom dit qu’il y a d’un côté une avalanche de faits expérimentaux adossés à un corpus théorique très mince (le néo-darwinisme) et de l’autre côté ses modèles théoriques et qualitatifs qui n’ont pour l’instant pas donné d’idées d’expérimentation.
        On peut invalider des modèles. On ne peut invalider des faits. D’autre part plus le corpus théorique est mince, plus difficile à invalider est la théorie. La position néo-darwinienne est beaucoup plus confortable que la position thomienne!

        Merci de la référence à Margulis. Je vais tenter de me cultiver en fouillant sur le net.

      11. Cadavre exquis, dans le livre de Jean-Paul Auffray, Einstein et Poincaré. Sur les Traces de la Relativité vous trouverez une, à mon avis, très bonne et accessible introduction à la pensée de Poincaré, ou plutôt à sa manière particulière de penser la nature humaine. En bonus, ce livre remet un peu d’ordre dans la fameuse polémique accusant Einstein de plagiat des travaux de Poincaré.

      12. @ cadavre exquis
        « je ne connais Poincaré ( quel nom pour un mathématicien ! ) que de seconde main. Étant donné mon niveau en maths, je n’ai pas intérêt à me tromper de livre. »
        Essayez Cicéron! 🙂

        « J’ai du mal à comprendre les critiques de Thom. Affirmer que nos connaissances, y compris les plus abstraites, proviennent de notre expérience corporelle, en quoi est-ce tautologique ? »

        Thom ne critique pas du tout l’idée de Poincaré: il la reprend! Pour Thom rendre un concept intelligible c’est le spatialiser. Exactement, sauf erreur, ce que vous dites.

        Thom critique seulement son argumentation. Pour lui Poincaré a montré que 0=0.

      13. @ Mor
        « En résumé, vous dites que seul Thom a raison. Bon, d’accord. Que voulez-vous que je vous dise ? Je ne comprends même pas l’application que vous faites de la théorie des catastrophes sur l’évolution. Les girafes auraient-elles fait pousser leur cou pour lui éviter les plis et les fronces ? »

        Je suppose que ce commentaire m’est adressé.
        Je ne dis pas que Thom ait raison. Je fais du prosélytisme pour son oeuvre parce que je trouve qu’il est un formidable libérateur de pensée. Thom a eu l’idée de ses modèles de morphogénèse en contemplant un modèle en plâtre de gastrulation de grenouille où figurait une fronce. Il a fait le rapprochement avec la fronce qui apparaissait dans la classification des singularités des applications différentiables qu’il venait d’effectuer en tant que mathématicien. C’est alors en faisant l’analogie différentiation des fonctions (avec un « t ») et différenciation cellulaire (avec un « c ») qu’il a développé ses modèles de morphogénèse: il fallait oser!
        Ses modèles découlent d’une théorie générale du conflit héraclitéen qui lui permet d’affirmer que « les situations dynamiques régissant l’évolution des phénomènes naturels sont fondamentalement les mêmes que ceux qui régissent l’évolution de l’homme et des sociétés ».

        C’est comme conséquence de cette théorie générale et des concepts généraux de « modèles métaboliques », de « chréodes », que Thom en vient tout au lamarckisme, en vient à considérer le génome non pas comme princeps mais comme un dépôt culturel, etc.

        Il y a deux types de catastrophes. Les catastrophes de conflit, classiques, dont la complexité est fonction du nombre d’actants (les US contre l’URSS). Je pense que la théorie darwinienne traite correctement de ce genre de conflits qui se terminent au pire par la mort d’un ou plusieurs actants ou au mieux par une harmonie entre eux.
        Il y a aussi les catastrophes de bifurcation où cette fois il y a un seul actant en conflit avec lui-même. Je suis profondément convaincu que les choses sérieuses en évolution biologique commencent là et que, jusqu’à présent, seul Thom a élaboré des outils permettant de les penser. Le capitalisme est en train de se dévorer lui-même. Nous vivons en direct une catastrophe de bifurcation, une métamorphose de la société. Et cela nous donne en direct des idées (lamarckiennes!) de la façon dont les choses pourraient se passer au niveau biologique.

      14. Basic, quand vous avancez la théorie de Lamarck comme alternative à celle de Darwin ( théorie du cube contre celle de la sphère ), je pense que vous le faites en préjugeant de l’existence d’une création ordonnée et parfaite qui ne saurait se déployer grâce à la dynamique du conflit, à la tendance à l’autodestruction et à la réorganisation d’où votre choix pour le volontarisme paisible lamarckien dans lequel tout est linéaire – pas d’incertitude, pas de conflit apparemment absurde entre la vie et la mort, entre la création et la destruction. Or, les avancées dans le champ de la Biologie donnent de plus en plus tort à cette hypothèse. Que Thom ait préféré Lamarck n’invalide pas sa théorie des catastrophes mais plutôt sa vision de la théorie de l’évolution. Ce n’est pas le premier ni sera le dernier à s’enfermer dans un cul-de-sac conceptuel. Pour l’instant la théorie de l’évolution est tout le contraire d’une voie sans issue au vu de la production scientifique en Biologie. Reconnaissons-le, au moins.

        D’autre part vous dites : « Pour reprendre votre exemple de la catastrophe pli associée à la fonction x*x*x, toutes les déformations possibles (en un sens précisé mathématiquement) à un nombre quelconque de paramètres (100.000 par exemple) sont qualitativement les mêmes (les matheux disent: ont le même type topologique) car elles sont toutes isomorphes à la fonction x*x*x+u*x qui ne dépend que d’un seul paramètre, à savoir u. 100.000 paramètres réduits en un seul! Enorme économie de pensée, énorme gain d’intelligibilité! Mais perte irrémédiable de prédictibilité. »

        … et aussi une énorme simplification qui aplanit tout le modèle. Donc perte de prédictibilité mais aussi de l’information contenue dans les accidents topologiques cachés par la simplification. Si vous appliquez ce principe à l’expansion de l’Univers, vous obtenez un tissu qui s’étend en ondulant paisiblement, pli après pli. Or la réalité observable apparaît bien différente, non ?

        Quant à la théorie démontrée, c’était une citation textuelle de wikipedia et ses références pour vous résumer succinctement la théorie endosymbiotique de Margulis.

        Je lis votre dernier message, avec lequel j’étais pratiquement d’accord jusqu’à ce que vous écriviez : « C’est comme conséquence de cette théorie générale et des concepts généraux de « modèles métaboliques », de « chréodes », que Thom en vient tout au lamarckisme, en vient à considérer le génome non pas comme princeps mais comme un dépôt culturel, etc. »
        Je ne vois pas du tout en quoi cela tiendrait comme conséquence un retour au lamarckisme. Beaucoup le disait aussi de la théorie de Margulis – en s’appuyant sur le fait qu’elle avait déjà proposé quelques théories bizarres, mais c’est une autre histoire – mais au contraire, ça n’a fait que renforcer le modèle initié par Darwin en l’affinant.

      15. Basic vous écrivez « Les catastrophes de conflit, classiques, dont la complexité est fonction du nombre d’actants (les US contre l’URSS). Je pense que la théorie darwinienne traite correctement de ce genre de conflits qui se terminent au pire par la mort d’un ou plusieurs actants ou au mieux par une harmonie entre eux. »

        Je pense que c’est une grave erreur. On ne peut traiter un conflit de cette nature avec la théorie de l’évolution. C’est la boite de Pandore qu’a ouvert le darwinisme social et qui n’a rien à voir avec ce que nous montre les avancées de la Biologie actuelle. Même si, comme Thom et vous le dites « « les situations dynamiques régissant l’évolution des phénomènes naturels sont fondamentalement les mêmes que ceux qui régissent l’évolution de l’homme et des sociétés », les échelles de temps comparées entre l’évolution d’une civilisation et celle d’une espèce sont tellement démesurées que les forces qui interagissent n’ont forcément plus rien à voir même si elles ont les mêmes composantes fondamentales. Cette confusion est à l’origine de bien des mauvaises surprises comme l’apparition d’un humanisme eugéniste.

      16. Bon, allez un petit quiz: qui est l’inventeur de la morphogenèse ? après, je vais me coucher. ( attention, la réponse est surprenante. )

      17. Un Quizz ? Qu’est-ce qu’on gagne ? Je dirai Turing, quoique inventeur ne me paraisse pas le mot juste.
        Tenez ici : http://www.ensci.com/uploads/media/etude_Olivier_Scheffer.pdf vous pouvez lire, au milieu de beaucoup d’autres considérations très intéressantes sur l’urbanisme :

        « LA SYMBIOGENESE, OU COMMENT UN ORGANISME COMPLEXE POUVAIT RESULTER DE LA SYMBIOSE D’ORGANISMES SIMPLES
        Dès 1909, le botaniste russe Konstantin S. Merezhkovsky (1855-1921) jetait les bases de la symbiogenèse, qui proposait un complément assez controversé au Darwinisme, à savoir que les organismes complexes pouvaient résulter de la symbiose de formes vivantes plus simples.25 Cette théorie fût étendue par la suite par Boris Mikhaylovich Kozo-Polyansky (1890-1957) à l’endosymbiose, un ensemble d’événements et de processus évolutifs qui ont conduit à la formation des organites (mitochondrie et chloroplaste) dans les cellules eucaryotes. Pour Merezhkovsky et Kozo-Polyansky, la vie représentait le point culminant d’une succession de coalitions entre organismes plus simples, eux-mêmes descendant de composants issus du non-vivant. Cette théorie, qui fût tout d’abord rejetée par la communauté scientifique, est aujourd’hui largement acceptée, notamment suite aux travaux de la microbiologiste Lynn Margulis (1938). »

        « LA MORPHOGENESE, OU L’EMERGENCE DE LA FORME PAR LES PROCESSUS
        Les travaux de D’Arcy Thompson, Turing ou Lindenmayer, dans la lignée de ceux de Jean-Baptiste Lamarck (1744 – 1829), Karl Ernst von Baer (1792 – 1876) ou Jacob Moleschott (1822 – 1893), déboucheront sur la naissance d’un
        domaine de recherche aujourd’hui en plein essor : la biologie du développement, à savoir l’étude de la croissance et du développement d’organismes. Ce développement comprend la croissance des cellules, tant en nombre qu’en taille, la différenciation des cellules, leur permettant d’acquérir chacune un type précis (peau, organe interne,…), et la morphogenèse qui décrit la forme prise par les différents éléments de l’organisme et leur position dans celui-ci, ainsi que la forme globale résultante de l’organisme. »

      18. @ Mor
        « Basic, quand vous avancez la théorie de Lamarck comme alternative à celle de Darwin (théorie du cube contre celle de la sphère ), je pense que vous le faites en préjugeant de l’existence d’une création ordonnée et parfaite. »

        J’ai l’impression de revenir quelques jours en arrière. 🙂
        1) Ce que dit Thom n’a rien à voir avec le créationnisme.
        2) Quant aux causes finales voici ce qu’en dit Thom:  » Quand se rendra-t-on compte que la détermination des moyens nécessaires à la réalisation d’une fin est strictement identique à la recherche des causes pouvant produire un effet donné? »

        Thom parle peu du lamarckisme. Mais lorsqu’il le fait c’est avec une netteté qui laisse ama bien peu de place à l’ambiguïté:
        « La reconstitution de la mécanique germinale n’a lieu en principe que dans les cellules de la lignée germinale; c’est la gamétogénèse, limitée aux cellules qui donneront ovules et spermatozoïdes. Il faut considérer que le métabolisme de ces cellules est topologiquement très riche, au point de pouvoir simuler toutes les activités de la Blastula Physiologique. Puis ce métabolisme s’éteint progressivement en annulant l’amplitude de ces cycles, ce qui correspond à l’arrêt de l’activité de certains gènes, bloqués par des histones; les chromosomes se condensent, et la cellule va entrer en méiose, selon un formalisme qui, ici encore, simule la double duplication du quadrupôle. Ce mécanisme est a priori si complexe qu’on ne pourra que s’étonner, dans un futur pas tellement lointain, de l’étonnant dogmatisme avec lequel on a repoussé toute action du soma sur le germen, tout mécanisme lamarckien. » Esquisse d’une sémiophysique p.127.

        « L’essentiel de l’équipement génétique d’un animal ne réside pas dans sa morphologie mais bien dans les mécanismes d’homéostasie, de régulation physiologique; c’est grâce à ces mécanismes que l’animal peut affronter les inévitables variations du milieu et finalement fabriquer les gamètes de sa race, assurant ainsi la survie et la multiplication de l’espèce. l’optique où nous nous plaçons est résolument lamarckienne; on admettra, grosso modo, que la fonction crée l’organe ou plus exactement, que la formation de l’organe résulte d’un conflit entre un champ primitif à vocation (ou signification) fonctionnelle et une matière première organique qui lui résiste et lui impose des chemins de réalisation (chréodes) génétiquement déterminés. »
        Stabilité structurelle et morphogénèse p.204.

        « Pour l’instant la théorie de l’évolution est tout le contraire d’une voie sans issue au vu de la production scientifique en Biologie. »

        Paul Jorion a attiré l’attention sur le suspect de la production en science économique. J’ai eu 40 ans pour m’interroger sur la qualité de la production mathématique, la mienne comprise. Je pense que la production n’est pas un critère de qualité scientifique, surtout en sciences expérimentales où certaines productions ne sont qu’un tribut au coûteux matériel qu’il faut bien rentabiliser, et encore plus lorsqu’il y a des enjeux financiers, voire de pouvoir (OGM).

      19. @ Cadavre exquis
        « qui est l’inventeur de la morphogenèse? »

        Je ne sais pas. Mais il faut déjà savoir ce qu’on entend par morphogénèse. Pour les uns c’est « naissance de forme », pour les autres (dont Thom) c’est « changement de forme ».

      20. @ Mor
         » l’endosymbiose, un ensemble d’événements et de processus évolutifs […] la vie représentait le point culminant d’une succession de coalitions entre organismes plus simples, eux-mêmes descendant de composants issus du non-vivant. »

        Ces extraits de citations me semblent a priori compatibles avec la position de Thom.
        A ce propos Thom est allé jusqu’à proposer un modèle de véritable morphogénèse biologique (naissance du vivant). C’est pp.283 et suivantes de Stabilité structurelle et morphogénèse: je n’ai rien compris.

        « La morphogénèse, ou l’émergence de la forme par les processus »

        Hormis les quelques pages précitées Thom ne s’intéresse qu’aux changements de forme. Il utilise très peu le terme d’émergence (sauf dans un article « De l’innovation » dans l’EU où il est question de l’émergence des idées). Au contraire de Prigogine. Ceci dit, de ce que je crois comprendre, Thom explique certains changements de forme en biologie animale par des mécanismes d’action du soma sur le germen avant toute sélection, par des mécanismes lamarckiens donc…

        « les US contre l’URSS »
        Remplacer par « la lionne contre la gazelle »

        « En résumé, vous dites que seul Thom a raison. »
        Thom PROPOSE des modèles. Chacun en dispose.

        « … et aussi une énorme simplification qui aplanit tout le modèle. Donc perte de prédictibilité mai aussi de l’information contenue dans les accidents topologiques cachés par la simplification.  »

        Pour Thom c’est l’intelligibilité qui prime. La théorie des catastrophes permet d’étudier les niveaux grossiers avant les niveaux fins. Holisme vs réductionnisme. Ce qui n’exclut pas d’affiner ultérieurement. Mais si déjà les systèmes dynamiques de gradient deviennent très rapidement très compliqués (au delà des 12(?) catastrophes élémentaires), c’est encore bien pire quand on aborde les systèmes dynamiques généraux.

        « Si vous appliquez ce principe à l’expansion de l’Univers, vous obtenez un tissu qui s’étend en ondulant paisiblement, pli après pli. Or la réalité observable apparaît bien différente, non ? »

        Il y a dans SSM quelques pages (pp.117 à 120) sur la morphologie des nébuleuses spirales.

        Extrait de l’article « Margulis » de Wikipedia:
        « sa théorie endosymbiotique propose que les cellules eucaryotes seraient le résultat d’une suite d’associations symbiotiques avec différents procaryotes. À l’époque, on considérait que les cellules eucaryotes étaient les descendantes des procaryotes qui se seraient peu à peu complexifiés après de nombreuses mutations génétiques »

        Je n’y connais rien mais sa théorie semble battre en brèche le dogme du tout génétique. ça me fais penser à: mécanisme d’action du soma sur le germen avant toute sélection, cad mécanisme lamarckien.

      21. Écoutez Basic, lisez d’abord le dernier article dont j’ai envoyé le lien ( http://www.ensci.com/uploads/media/etude_Olivier_Scheffer.pdf ) jusqu’au bout. Vous comprendrez la manière dont, aujourd’hui, des algorithmes évolutionnistes, symbiotiques et morphogénétiques sont utilisés conjointement pour reproduire l’évolution de système vivants. Cet article va bien au-delà d’une simple étude sur le futur de l’urbanisme, il est aussi une magnifique explication des techniques employés par l’IA pour simuler la vie. Peut-être comprendrez-vous enfin que struggle for life n’a rien à voir avec étrangler son voisin pour prendre sa place ou son pactole.

        Vous avez l’exemple typique des nuages de boids – créatures virtuelles dotés de contraintes du genre il est mieux pour moi d’être près d’un autre et choquer contre un autre c’est mourir, contraintes qui n’impliquent que la perception partielle de l’environnement de chaque créature ( pas de loi ou contrainte collective ) – qui finissent par se comporter collectivement, comme un essaim d’insectes ou une bande d’oiseaux en composant les contraintes individuelles, qui ne tiennent en compte que le besoin et la perception de l’individu, en comportement collectif.

        Quant à la polémique sur l’arrière-goût à dessein intelligent ( c’est aussi du créationnisme ) qui transpire de ce que vous dites et faites dire à Thom, je pense qu’énoncer « Quand se rendra-t-on compte que la détermination des moyens nécessaires à la réalisation d’une fin est strictement identique à la recherche des causes pouvant produire un effet donné? » revient à dire que l’Univers fut créé par un passage du Néant à l’Être puisqu’il y a eu un big-bang ( pratique pour échapper à la contrainte scientifique et parler d’instant 0 ) et que parait-il, la détermination des moyens nécessaires à un Univers reviendrait à la recherche de sa cause. L’Univers a-t-il besoin d’une cause qu’elle soit originelle ou finale ?
        Nous ne savons rien de la nature du big-bang car dès que les distances deviennent inférieurs à la distance de Planck, il n’y a plus de temps et les lois de la physique ne décrivent plus rien. Ce n’est pas un simple limite due à l’incomplétude de la théorie. Il y a un véritable mur – mur de Planck – qui nous empêche l’accès aux instants précédents ce mur ( 10^-43″ ) . Ces mots instants précédents ne signifient plus rien du fait qu’il n’y a plus d’espace/temps, donc parler d’origine de l’Univers en imaginant un instant 0 est une aberration. La même que l’on fait en vouloir parlant de but ou cause finale de la vie.

      22. @ Mor
        « Tout ce qui vous intéresse est d’échapper à l’accusation de préjugé métaphysique voire religieux. »
        Vous êtes gonflé!
        C’est vous qui avez commencé avec ceci:

        « Basic, quand vous avancez la théorie de Lamarck comme alternative à celle de Darwin ( théorie du cube contre celle de la sphère ), je pense que vous le faites en préjugeant de l’existence d’une création ordonnée et parfaite… »

        Je n’ai fait qu’essayer d’argumenter à décharge sur ce difficile sujet.

        « C’est la raison pour laquelle j’abandonne cette discussion totalement stérile car vous comprenez la théorie de Darwin comme le Pangloss de Voltaire que j’ai déjà cité. »

        C’est dommage. Pour moi ces échanges ont été fort intéressants.
        Cordialement.

        PS: c’est quoi la théorie des « nuages de boids » citée dans l’un de vos commentaires?

      23. @ Mor
        Votre attitude envers ma position me titille.
        J’ai relu avec plus d’attention l’article de Wikipedia sur Lynn Margulis:

        « She did however, hold a negative view of certain interpretations of Neo-Darwinism, excessively focused on inter-organismic competition, as she believed that history will ultimately judge them as comprising « a minor twentieth-century religious sect within the sprawling religious persuasion of Anglo-Saxon Biology. »[8] She also believed that proponents of the standard theory « wallow in their zoological, capitalistic, competitive, cost-benefit interpretation of Darwin – having mistaken him… Neo-Darwinism, which insists on [the slow accrual of mutations by gene-level natural selection], is in a complete funk. »[

        Quand je dénigre le néo-darwinisme je dénigre le néo-darwinisme anglo-saxon que Lynn Margulis décrit et dénigre ci-dessus. Son darwinisme à elle me semble beaucoup plus proche de la position que je défends.
        Quel néo-darwinisme défendez-vous?

        « She opposed such competition-oriented views of evolution, stressing the importance of symbiotic or cooperative relationships between species. »

        Je pense que Thom va plus loin dans cette direction: il y a des cas où des coopérations (conflits à issue favorable, les O’Timmins et les O’Hara font la paix) avec autrui ne sont plus possibles et seule la symbiose avec soi-même est possible. Il y a alors mort ou métamorphose. C’est ainsi je vois le lamarckisme.

    2. Bonsoir Dissonance.

      L’éternelle question de la préséance… Je connais mal la généalogie celtique du triquètre. Son introduction en Sicile n’est pas le fait des Sicules ou des Carthaginois, mais bien des Grecs. Il s’est d’abord fait remarquer dans la numismatique égéenne (pièces d’Athènes, d’Égine et d’Aspendus en Pamphylie). Selon Jurgis Baltrusaitis (Le Moyen Âge fantastique, 1981), son succès à l’époque gothique provient du fait qu’il y avait déjà au Moyen Âge de riches seigneurs férus de vieilles pièces. Celles-ci étaient exhibées sur les chapeaux, assemblées en colliers. Les artistes de cour pouvaient donc aisément se familiariser avec le motif. L’article de Wikipédia auquel vous renvoyez comporte une erreur : le triquètre apparaît dès le XIIIe siècle dans les armes de l’île de Man, probablement importé par un chevalier normand. Il se répand parallèlement dans l’héraldique anglaise, allemande et suisse.

      Cordialement.

    3. @ Mor

      Je vous ai déjà répondu en ce qui concerne l’article de Scheffer. Et de Margulis.

      Pour le darwinisme une espèce sous pression externe disparaît ou s’adapte et prolifère (pinsons des Galapagos). Les catastrophes de conflit de Thom permettent ama de classifier ces différents types de conflit externe (les O’ Timmins exterminent les O’ Hara, ou l’inverse, ou bien les deux familles font la paix). Les lois de Mendel et tous leurs développements parlent de ça.
      Le lamarckisme s’intéresse aux modifications sous pression interne, avant tout sélection.
      L’individu est alors en lutte avec lui-même. Seule à ma connaissance la théorie des catastrophes de bifurcation permet d’aborder cette situation.

      « Quant à la polémique sur l’arrière-goût à dessein intelligent ( c’est aussi du créationnisme ) qui transpire de ce que vous dites et faites dire à Thom, je pense qu’énoncer « Quand se rendra-t-on compte que la détermination des moyens nécessaires à la réalisation d’une fin est dire que l’Univers fut créé par un passage du Néant à l’Être. »

      C’est votre interprétation.
      Voici la mienne. Singe, bâton/banane. Cause/effet ou moyen/fin: c’est pareil.
      Je crois que c’est ce que Thom veut dire. Il consacre d’ailleurs plusieurs pages à ce problème singe/bâton/banane en liaison avec le plan général de l’organisation animale, le dessein intelligent selon vous. Il y a un passage délicat selon moi tout à fait intéressant qui ne fait pas appel à la théorie des catastrophes: c’est la règle de coïncidence des coplis. S’il y a dessein intelligent c’est à mon avis là et seulement là qu’il faut chercher. Pour moi cette règle résulte seulement du fait que l’animal a la faculté de réfléchir (comme un miroir); mais je peux me tromper sur ce difficile mais passionnant sujet.
      Cordialement;

      1. Tout ce qui vous intéresse est d’échapper à l’accusation de préjugé métaphysique voire religieux. Vous n’avez rien répondu sur la synthèse nécessaire entre les processus évolutionniste, symbiotiques et morphogénétiques afin de retracer le déploiement de la forme et du comportement que l’article en question explique très bien. Seules, aucune de ces approches ne donnent un résultat satisfaisant.
        C’est la raison pour laquelle j’abandonne cette discussion totalement stérile car vous comprenez la théorie de Darwin comme le Pangloss de Voltaire que j’ai déjà cité. Le bonheur de l’espèce ne passe pas par la multiplication des malheurs individuels, du moins pas pour la Théorie de l’Évolution, qui est ce qu’elle est et décrit ce qu’elle décrit, en dépit de ce que l’on veuille en faire et lui faire dire.

  22. Prenons le concept de populisme. La paralysie nous gagne quand des intellectuels tiers-mondains taxent de complaisance quiconque soulèverait l’étiquette « populiste » pour voir ce qui est écrit exactement au revers. Le résultat ? C’est bien simple : non seulement ce concept semble définitivement infecté, mais la racine même du mot, populus, « le peuple » en latin, devient une souche virale aux yeux des démocrates eux-mêmes. Les intellectuels – du moins ceux qui monopolisent les têtes de gondole et conseillent les politiques – ont déserté le combat du sens. Ce combat est primordial. Il passe avant l’action politique elle-même. Que les militants qui m’accusent d’intellectualisme me pardonnent d’insister sur ce point. Un sens erratique fait d’un concept la proie désignée des sophistes de tout acabit, qui s’en servent comme d’un étai mou pour soutenir un édifice sécuritaire qui se soutient en réalité lui-même – merci pour lui –, puisqu’il recouvre un édifice autoritaire inavouable.

    Il suffisait d’une première pierre, placée judicieusement au cœur de la fabrique des représentations…

    C’est là que tout ce joue me semble-t-il.

    « Nous » est cette première pierre qui est à placer « au coeur de la fabrique des représentations »,.
    La mondialisation nous fait passer de la pyramide à la sphère.
    Ce à quoi participe activement ce blog, par la mise en synergie des disciplines et des compétences.
    Un « cerveau collectif » qui à du coeur.

    1. Bonsoir Saule.

      Votre remarque me va droit au cœur. Je perçois en effet ce blog comme une conscience multiple qui bat.

      Cordialement.

    2. @ Saule
      « La mondialisation nous fait passer de la pyramide à la sphère. »

      Cette formulation me plaît. La pyramide est structurée (sratifiée diraient les matheux). On s’y repère, base, sommet, arêtes, faces. Rien de tout ça dans une sphère toute lisse.
      La mondialisation déstructure…

      1. Peut-être serait-il intéressant d’étudier, aussi, le passage du plan horizontal ( sociétés peu hiérarchisées des chasseurs-cueilleurs ) au plan vertical ( hiérarchisation brutale des sociétés, apparition de castes, de hiérarchie sacerdotales, etc…) du fait des travaux nécessaires à l’agriculture. Ces sociétés se mettent à construire des ziggourats, des pyramides… Le triangle horizontal se dresse et le sommet pointe vers l’autorité, principe récemment découvert par les hommes. C’est, il me semble, toujours le même principe qui est à l’œuvre, sauf qu’au lieu de nous situer dans l’espace physique qui nous entoure, il nous situe dans l’espace social nouveau qui est entrain de se construire.

      1. Mais c’est avec une corde déformable à treize noeuds que l’on passe partout , entre autres par le fameux triangle rectangle 3-4-5 .

  23. @ Mike.

    Bonsoir, Mike.

    Ce n’est peut-être pas possible dans toutes les disciplines, mais dans la mienne, la littérature, la recherche s’apprend pour une large part. Le commentaire composé et la dissertation, pratiqués intensivement en classe préparatoire, m’ont formé à l’exploration du sens des mots, seuls et en relation, ainsi qu’à l’ordonnancement de la pensée. Mes professeurs, à l’université, m’ont inculqué, l’air de rien, sans y consacrer nécessairement un cours spécifique, la technique du sondage des textes. La préparation de l’agrégation a développé en moi le réflexe de la lecture transversale, qui permet d’aller à l’essentiel en bondissant d’un mot-clé à l’autre. Je ne dis pas que ma propre curiosité n’ait pas joué aussi son rôle, ne serait-ce qu’en m’incitant à lire quelques articles, mémoires et thèses que je savais exemplaires, mais elle avait besoin de solides adjuvants pour pousser son avantage.

    Cordialement.

  24. Bonjour Yoananda.

    Je n’en fais pas un psychodrame, mais il me semblait que vous en faisiez un, car le verbe « détester » est chargé d’un certain lest affectif. Votre proposition de débat est étonnante. Il m’apparaissait que ce blog était justement le lieu idéal. Un débat hors champ ne tiendrait pas compte de l’intérêt que pourraient y prendre les autres commentateurs, qu’ils partagent ou non votre avis. C’est justement la publicité de l’échange – quand celui-ci ne tourne pas à vide, bien sûr – qui le rend légitime, dans le cadre quodlibétique défini par ce blog. Il faut jouer le jeu. Nous ne sommes pas des duellistes. Nous sommes au chevet d’un monde qui va mal par notre faute et il s’agit d’en prendre soin ensemble, en tâchant d’identifier les symptômes et les remèdes. Je tâtonne et propose, comme vous-même. Le « cerveau collectif » avance sur plusieurs pattes, les vôtres comprises. Vous n’avez pas besoin d’être beaucoup plus long que dans votre commentaire d’humeur. Vous êtes plus doué que moi pour la synthèse. Tirez profit de cet avantage. Ou bien, si vous vous sentez plus à l’aise sur votre blog, faites-le dans ce cadre-là et postez un lien spécifique qui y renvoie dans le blog de Paul Jorion. Je vous répondrai dans les deux cas et d’autres pourront se joindre au bal.

    Cordialement.

    1. Bertrand,

      je suis soupe au lait. Il est vrai qu’a la relecture, j’ai exagéré le ton par rapport à l’importance que je donne à cette « affaire » ! lol ce n’est qu’un article sur le web après tout…
      J’ai simplement voulu argumenter/expliciter pourquoi ce genre de discours ne me plaisent pas.

      Je comprends votre étonnement. Mais le débat ne peut pas avoir lieu ici. J’aurais bien voulu. Vous comprendrez si vous me contactez.

      cordialement.

  25. C’est impressionnant, ce texte qui fait feu d’artifice dans toutes les directions, mais je n’y comprends rien. Je suis un paysan (enfin, un ingénieur de logiciel, mais c’est bien un peu pareil) j’ai besoin de paroles plus directes, de faits, de solide. Ces trucs super poétiques ou littéraires me passent à des kilomètre au dessus de la tête. Quelqu’un peut décoder ça pour moi, s’il vous plaît?

    Le seul message que je comprends bien là dedans c’est « votez Front de Gauche aux législatives pour que Hollande ne plie pas trop vite ou trop complètement devant la finance ». C’est ça le rêve du titre, celui qui se rattache en conclusion à celui de Martin Luther King? Ou bien c’est le rêve de Hollande que BRL suggère être carencé, et donc condamnerait la réalité future? Je me demande combien de lecteurs du blog décrochent aussi vite que moi en lisant des textes de ce style.

    1. Un ingénieur seulement ingénieur est trop porté sur la gestion du seul présent pour tout comprendre .

      Il peut « synthétiser » ,de son point de vue , le « message » , là où le vrai « appel » est plutôt à garder l’esprit critique et le regard vers des lignes d’horizon plus lointaines .

      Un vrai paysan , qui a aussi le souci du présent , possède cependant davantage , et simultanément ,l’héritage de son passé et la nécessaire projection vers le futur.

      Le poète est d’abord hors du temps pour « débrider » le passé , le présent et l’avenir ..

      Et quand le poète est à la fois paysan , tous les quatre temps se confondent et ça donne une merveilleuse symphonie :

      http://www.youtube.com/watch?v=F9SafY62AOI&feature=related

    2. Bonjour John.

      Chacun a sa lyre pour chanter le monde, mais cela ne dispense pas de chercher à s’accorder au même diapason pour tempérer la cacophonie ambiante. Sans se renier pour autant. Je m’y efforce, à ma mode, qui peut paraître alambiquée, mais qui, je vous l’assure, ne travaille pas à l’être. Je n’ai pas tout à fait raté mon coup puisque vous avez compris l’essentiel. Les références sur lesquelles je m’appuie vous donneront envie, je l’espère, de les explorer vous-même et, pourquoi pas, d’en tirer quelque-chose de différent et de plus clairement exprimé. Pour ma part, je remplacerai votre « ou bien » par « et ». Vos deux interprétations se complètent l’une l’autre. Je ne donne pas exactement des consignes de vote, mais j’indique une stratégie éventuelle, sur les suites de laquelle je ne me fais pas beaucoup d’illusions. Je n’ai pas de grande estime pour le candidat Hollande (je ne connais pas l’homme). Il commencerait à m’intéresser s’il congédiait ses conseillers économiques actuels et rompait avec les barons dont il ménage si complaisamment les domaines d’influence.

      Cordialement.

      1. Bof !

        John aurait finalement et effectivement fait aussi bien .

        Votre lyre est à l’aune de son logiciel .

    3. Même sentiment que vous John … l’impression que 2 lignes aurait suffit pour le message sous-jacent, l’envolée lyrique en moins.

  26. Cher Juan Nessy.

    La synthèse est toujours ingrate, car elle donne l’impression qu’il y a plus de gras que de muscle dans le texte source. Dans un texte pensé, il y a, selon moi, entre deux ou trois idées-forces, une matière interstitielle, un impensé, ou encore une échappée vers un autre texte, un autre espace, qui peut être celui de la critique ou de l’imaginaire. La pastorale de l’écriture, pour filer votre belle métaphore, suit plusieurs sillons à la fois et j’invite John, me semble-t-il, à ne pas suivre celui des seules idées-forces (qui sont « l’essentiel », dans la lecture transversale, mais pas le « quintessentiel »). Ou je me suis mal exprimé.

    Cordialement.

  27. Ben moi, j’ai trouvé le billet bien fait, mais pourquoi ce découragement…? C’est ça qui nous perd les enfants…
    Je me demande ce qu’il nous faudrait pour être moins abattu… j’sais pas… j’comprends pas… Tout est fichu d’avance, profitons-en pour être désinvoltes, rêveurs et enthousiastes…
    Comme s’il nous manquait quelque chose…
    On serait bien avancé si on avait à endosser l’éternité…

    Pourquoi ce fatalisme…? On a tout à comprendre, tout à imaginer et tout à créer… c’est enthousiasmant ça… qu’est-ce qu’il nous faut de plus…?

    Ou alors, on a peur de mal faire, de ne pas être à la hauteur… mais là encore, j’vois pas le problème… on ne sera jamais à la hauteur… et puis quelle hauteur…? (la barre a été mise trop haut peut-être)…

    Faisons ce qu’on pense devoir faire, disons ce qu’on a à dire, profitons de l’éternité que nous donne chaque instant présent, amusons nous de l’absurde…. et les choses se feront dans la joie et la bonne humeur… sans qu’on ne décide grand chose de toute manière… c’est plutôt comique comme situation…
    Et puis y a les crapules, les idiots, les salopards… c’est comique un salopard… ou alors, je ne comprends plus rien à rien…

    1. @AL

      Je me demande ce qu’il nous faudrait pour être moins abattu… j’sais pas… j’comprends pas… Tout est fichu d’avance, profitons-en pour être désinvoltes, rêveurs et enthousiastes…
      Comme s’il nous manquait quelque chose…

      Il nous faut savoir quitter le monde d’avant sans avoir peur de monde d’après.

      Le plus dur étant pour la génération des 30-50 ans qui ont été formés pour le monde d’avant et qui se retrouvent plongés dans le marasme, sans qu’ils aient été préparés à cela, bien au contraire … vous souvenez vous de la mondialisation heureuse ?

      Le jour où ils constateront que les schémas anciens n’avaient pas que du bon, sans doute accepteront ils plus facilement le fait que l’ancienneté au travail n’apporte pas grand chose, et que finalement, passer d’une entreprise à l’autre ne sera pas forcément négatif pour eux.
      Réserve faite en ce qui concerne l’aménagement de ces nouveaux concepts : durée de transport normale, entreprises bien réparties sur l’hexagone, nombre de logements permettant la mobilité, écoles, crèches etc.

      Ce jour là, ils sauront faire ce que les anciennes générations avaient complètement oublié : vivre pour eux d’abord.

      -> l’intérêt au travail et donc la rentabilité y perdront beaucoup, mais les salariés y gagneront en conditions de vie à l’intérieur de l’entreprise : savoir se dissocier d’elle, et ne pas donner d’aspérité au harcèlement, puisque c’est à l’extérieur de celle-ci qu’ils existeront et non pas par elle. Ce que le patronat veut, il faut apprendre à le lui donner, mais avec méthode.

  28. @edith et AL
    Vous êtes abattus? Vous regardez déjà les lendemains de défaite… à cause d’une élection décevante?!?
    Allons, réveillez-vous, le monde change. Je vous regarde de l’autre bout du monde (Australie) et j’ai un point de vue bien différent.

    Vues d’ici, les élections en Europe cette année sont un des facteurs du futur. Important, mais pas déterminant. Elles résulteront très probablement dans un changement d’équipe à l’exécutif en France et plus tard en Allemagne. Un point très positif (essentiel même).
    Que Hollande ne puisse pas éveiller le rêve et l’enthousiasme, c’est très dommage, cela veut dire que les démagogues ont le champ libre, Marine va s’en payer du bon temps!
    Le personnage Hollande a été construit par la situation, il ne pouvait guère être différent. Le même phénomène va probablement se produire aussi en Allemagne.
    Nous aurons donc des équipes nouvelles, des politiques de départ floues, des pays déchirés, les pilleurs ultra-libéraux seront armés jusqu’aux dents.

    Mais ça, c’est l’élection, c’est 2012. Regardons aussi ce qui se passe d’autre dans le monde, surtout un facteur dont il n’est pas permis de parler en France, et encore moins en période électorale:

    Le réchauffement climatique…
    Non, on n’en parle pas chez nous! Ce n’est pas pertinent. Ça va déchirer le blog!
    Eh bien, je ne crois pas et on verra bien si le modérateur laisse passer:
    – D’ici peu on se demandera avec étonnement comment l’élection présidentielle de 2012 a pu se produire sans que personne ne parle du réchauffement climatique (« changement » climatique, pardon, du point de vue français), sauf en passant pour défendre le parc nucléaire (si Eva en a parlé dans un autre but, personne n’a remarqué.). On s’étonnera qu’on ait pu une dernière fois accrocher l’espoir à « la croissance » sans se faire sortir de la pièce sous les huées?

    Vous aurez du mal à le croire, puisqu’on n’en parle pas chez vous: nous sommes en train de passer du point de vue du climat, un de ces points de non-retour, un de ceux qui nous promettent une dislocation gigantesque de la civilisation occidentale durant ce siècle, rien de moins. Les jet-streams des hémisphères Nord et Sud se sont déjà déplacés vers les pôles, on surveille maintenant le courant du Gulf-stream, celui qui donne a une grande partie de l’Europe son climat tempéré humide, avec inquiétude; la calotte arctique est maintenant très réduite et n’existera bientôt plus en été, relâchant, on ne comprend pas comment, c’est vrai, une quantité inquiétante de méthane dans l’atmosphère et réduisant les réflexions de chaleur d’origine solaire de la Terre vers l’espace, le pergélisol (permafrost) sibérien perd maintenant rapidement du terrain et relâche aussi d’énormes quantités de méthane -là on comprend pourquoi; le glissement des glaciers du Groenland et de l’antarctique accélère promettant une montée de l’océan bien plus rapide que ce qu’on avait calculé auparavant. Bref, on ne pourra bientôt plus fermer les yeux et on s’apercevra que ce qui semblait être l’enjeu de ces élections (plus ou moins d’égalité, plus ou moins de libéralisation des marchés) passe à un second rang de préoccupation.

    Ce fait change toute la donne et, si vous acceptez de le voir, vous comprendrez que tout vaut mieux que les gouvernements européens actuels, otages de l’ultra-libéralisme international. Hollande ne sait pas exalter les rêves? Il n’a pas de vision, il veut accrocher son char à la croissance? eh bien tant pis. Il sera en mesure le moment venu d’approcher dans une Europe changée les problèmes essentiels et d’agir vite pour sauver ce qui peut encore l’être. Sarko ne le pourrait pas.

    (Pour l’étude de ce phénomène, à priori étrange, de déni, je n’ai trouvé qu’un seul très bon livre par un éthicien de chez nous, Clive Hamilton, « Requiem for a species. Why we resist the truth about climate change » Earthscan Ltd, avril 2010. Il est disponible en France, mais malheureusement il n’existe pas de traduction. On peut quand-même retrouver Clive Hamilton dans « Controverses climatiques, science et politique » qui vient de paraître aux Presses de Science Po. Je n’ai pas encore pu me procurer ce bouquin tout récent, mais il pourrait bien être de la même qualité.)

    1. @ John

      Le changement climatique et l’épuisement des ressources naturelles sont toujours présents dans mes réflexions personnelles, même si je n’en parle pas beaucoup.

      D’ailleurs, ne pourrait on pas conclure que la « récession » européenne, et le cures d’austérité amènent à la décroissance, voulue ou non.

      Ce que je regrette profondément dans les décisions politiques, ce n’est pas le fait de ne pas en parler, mais d’agir sans avoir aménagé les conditions de vie des populations, alors qu’il aurait fallu le faire depuis déjà longtemps.

      Ces « coups de barre » brutaux à droite et à gauche ne portent rien de bon en elles, si ce n’est que leurs conséquences seront inévitablement l’accélération de la misère et de la pauvreté et par là même la disparition prématurée d’une bonne partie des habitants de cette planète.

      Puisque rien n’est fait au niveau des pouvrois pour concilier la surpopulation avec les problèmes auxqels nous faisons face, il est utile que chacun se prépare à ces évènements en espérant que des initiatives collectives verront le jour pour mettre en place un cadre où l’intérêt de la planète ne sera pas en opposition avec celui de sa population.

      1. D’ailleurs, ne pourrait on pas conclure que la « récession » européenne, et le cures d’austérité amènent à la décroissance, voulue ou non.

        C’est tout-à-fait vrai, edith. Il faut aussi accepter qu’en dépit des chiffres trompeurs publiés, il y a aussi en ce moment un ralentissement réel de l’activité économique américaine. Ces deux crises ensemble doivent faire légèrement diminuer l’accélération de l’émission de gaz de serre que l’on constate actuellement. Seulement, quand on regarde les chiffres, c’est une goutte d’eau dans la mer.

        Le rapport Stern (2006), cité par Clive Hamilton, donne un précédent qui permet d’évaluer l’effet sur l’émission de gaz de serre d’une crise majeure: L’effondrement économique de l’Union Soviétique en 1989 a conduit à une réduction de 5.2% par an de l’émission de gaz de serre pendant une décennie. Ceci pendant une période où le produit national brut était divisé par 2. Cet effondrement a été accompagné par une misère sociale extrême.

        Les chiffres sont effrayants: Même si tous les pays développés arrivaient à diminuer de 6 à 7% par an (un chiffre plus grand que celui de l’effondrement de l’Union Soviétique) leurs émissions de gaz de serre après 2020, l’année où on espère que, dans le meilleur des cas, leur concentration pourrait atteindre un maximum, on pourrait alors espérer en stabiliser la concentration à 650 ppm.
        Cependant, pour ne pas risquer l’emballement de l’effet de serre on considérait il y a quelques années qu’il faudrait stabiliser ces gaz à 450ppm. On a récemment revu ces chiffres et on considère maintenant 350ppm comme la limite. Nous en sommes aujourd’hui déjà à 390ppm.

        Agiter la croissance comme un miroir aux alouettes pour régler le problème des inégalités dans les pays développés est irresponsable et malhonnête, mais on ne peut pas imaginer que la décroissance seule puisse nous sauver des bouleversements climatiques à venir. Une décroissance aussi brutale déclencherait des dislocations mondiales et des mouvements sociaux violents qui nous amèneraient encore plus vite à la fin de notre civilisation et peut-être à l’extinction.

  29. @Mor & BasicRabbit

    Merci à vous deux pour vos échanges nourris de thomisme et qui m’ont nourri au passage. Que Thomas d’Aquin me pardonne de lui subtiliser son -isme. D’ailleurs, en passant, tous ces -ismes sonnent à mon oreille comme des isthmes, des rétrécissements de la pensée. Aussi, je retire mon thomisme. Je suis sûr que Re-né (« Digenis ») Thom n’apprécierait pas trop d’être digéré de la sorte par les maniaques de la taxonomie. BasicRabbit, attention à ne pas trop en dire – même en protestant de votre incompétence – sur Thom. Bientôt, il ne sera plus utile de le lire. Le blog de Paul Jorion sera le compendium officiel de l’œuvre de René Thom…

    A bientôt pour d’autres aventures thomiennes (cela passe-t-il mieux ?)…

    1. @ BRL
      « BasicRabbit, attention à ne pas trop en dire. »

      Il est vrai qu’à force de citations je vais finir par recopier tous ses bouquins sur ce blog! Je fais du prosélytisme. Ama pour une bonne cause: « C’est [l’activité mathématique] le jeu signifiant par excellence, par lequel l’homme se délivre des servitudes biologiques qui pèsent sur son langage et sur sa pensée et s’assure les meilleures chances de survie pour l’humanité. » SSM, p.321.
      Mais sa veuve (et dépositaire de ses droits?) pourrait avec raison en prendre ombrage. Sans compter l’éditeur.

      « Cela passe-t-il mieux ? »
      Mor m’a quitté grognon. Comme d’hab.

      PS: Croyez-vous que je devrais prendre un garde du corps?

      PPS: Une illumination soudaine! Si vous êtes l’auteur de ce billet, désolé d’avoir un peu pollué la discussion!

      1. Vous avez vu juste. J’ai commis ce billet mais des pollutions nocturnes de ce genre ne sont pas désagréables, si elles font danser les concepts.

  30. @Edith et John

    Merci à tous les deux également pour vos rappels à l’ordre des priorités. Je n’oublie pas ce que le détraquement climatique doit à l’impéritie gesticulatrice des hommes politiques et au je-m’en-foutisme pré-diluvien des nations « développées » (développement des inégalités, oui, du bien-être, à voir) et des nations singeresses qui aspirent à atteindre le même niveau de vie, pardon de nuisance. Je suis né dans une famille d’écologistes de la première heure qui m’ont donné le goût des actions dérisoires (mais tellement fortes symboliquement aux yeux d’un enfant) et pendant si longtemps moquées, telles que le recyclage, la frugalité joyeuse, l’alimentation bio et le combat contre le nucléaire (deux centrales dans notre petit département). La lâcheté ou la complaisance stipendiée du politique, nous connaissons. Aussi, je pense que le réchauffement climatique, le changement ou quel que soit le nom dont on habille une apocalypse qui sera aussi celle des puissances de la Terre, est à traiter en appuyant sur le plus de leviers possibles, dont le levier politique. Ce qui rend la campagne française encore plus vomitive, j’en ai bien conscience… Surtout vue d’Australie. Je connais un peu, grâce au livre de Jared Diamond intitulé Collapse (2005) et aux articles du National Geographic, toujours remarquablement illustrés de graphiques précis et actuels, le « cas » australien, ses dernières forêts primitives abandonnées pour une part notable, alors qu’elles sont classées patrimoine mondial, à l’exploitation féroce de l’industrie du bois japonaise (les Japonais font tout pour ne pas avoir à déforester chez eux), ses sécheresses endémiques, ses incendies monstres, ses eaux parmi les moins poissonneuses du monde et pourtant exploitées, ses terres arables parmi les plus fragiles du monde et pourtant exploitées intensivement, ses espèces autochtones éliminées par les espèces invasives importées d’Europe pour donner un air anglais aux chasses australiennes, son fleuve (le fleuve Murray) vampirisé par les prélèvements de l’irrigation qui n’atteint plus l’océan… La liste est longue. On parle toujours des maux qui accablent le continent africain, sans doute parce qu’ils s’accompagnent d’hémorragies humaines considérables. On omet d’évoquer l’Australie, pays infiniment plus calme, mais menacé comme aucune société humaine ne l’a jamais été – sauf peut-être celle des Mayas aux IXe et XIIe siècle de notre ère. Diamond envisage à mots couverts que l’île-continent puisse devenir rapidement invivable pour l’homme (sans parler des autres mammifères, s’il en reste). Alors, je peux comprendre que l’élection de François Tartempion ou de Nicolas Piontemtart (pion en tarte ?) ait une importance toute relative pour qui se représente l’immensité des défis que l’humanité, par masochisme sans doute ou par ennui (je plaisante), s’est imposés à elle-même, en plus de les imposer à la nature.

    Bien à vous.

    1. Alors, je peux comprendre que l’élection de François Tartempion ou de Nicolas Piontemtart (pion en tarte ?) ait une importance toute relative pour…

      Non, pas relative du tout, surtout pas au moment de cette inflexion de la menace climatique. Dans les démocraties, l’Europe est le dernier espoir de la résistance au néo-libéralisme, cette idéologie qui consiste à accroître les inégalités et à détruire l’infrastructure sociale afin d’accroître le pouvoir d’une « élite » d’argent. Cette élite met tous ses efforts du côté du déni de la menace climatique pour accroître ses gains et son contrôle. Ces élections de 2012 vont être déterminantes. Les élections en France sont les premières et leur résultat aura une influence sur les élections allemandes.

      Je ne vous suis pas du tout non-plus si vous suggérez que ces élections sont un choix entre bonnet blanc et Piontemtart.
      Nicolas est le champion du néolibéralisme, toujours à l’écoute des think tanks de la droite américaine. François ne l’est pas.
      Que François n’ait pas de « rêve » à présenter, qu’il semble ne pas bien comprendre les enjeux, c’est dommage, mais aussi c’est probablement nécessaire pour être élu. Nous ne pourrons prendre l’aune du personnage dans sa réalité politique qu’après les législatives et pendant les premières crises de son quinquennat. J’espère comme vous sans y croire vraiment qu’un vote solide pour la gauche non socialiste aux législatives lui permettrait de ne pas suivre la ligne de plus grande pente. On verra.

      Quant aux dangers écologiques que court l’Australie, ils sont en effet très sérieux et si immédiats qu’une proportion grandissante de la population commence à les voir. Le néolibéralisme a triomphé ici depuis 1975; toute résistance semble futile. A cause de la taille minuscule de notre population nous singeons les tendances majoritaires des grands pays anglo-saxons. Avec le lent déclin de la surpuissance américaine cependant, nous commençons à regarder ailleurs. Quel seront nos alternatives? Aucune si Nicolas reste en place.

  31. « Si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que tout change. » Dans le roman de de Lampedusa l’expression « il faut que tout change » signifie simplement que l’objet de ce changement est l’apparence des choses et que le pouvoir qui veut que tout reste tel qu’il est reste le même derrière cette apparence. De toutes les façons, de Lampedusa se trompait. Que tout reste tel que c’est est une impossibilité pratique.

    Sur le rêve: « Il faut toucher l’impossibilité pour sortir du rêve. Il n’y a pas d’impossibilité en rêve. Seulement l’impuissance. » Simone Weil (1909 – 1943)

    1. Bonsoir Ando (si vous êtes encore dans les parages).

      C’est bien dans ce sens que j’ai interprété la formule de Tancrède dans Le guépard. Il y a bien sûr un risque à se persuader que rien ne bouge sous le masque du changement (variation sur le « semper eadem sed aliter » de Schopenhauer) : celui d’enfermer le déroulement de l’histoire dans une roue et d’être soi-même le hamster qui l’actionne. L’affirmation de Tancrède n’offre jamais qu’une vision approximative de l’affaire où il se trouve impliqué. Les révolutions se déroulent rarement comme prévu, même si, pour beaucoup, faute de préparation véritable de leurs artisans (cf. Proudhon), elles aboutissent au rétablissement du système, quoique affublé d’un faux-nez, qu’elles étaient censées abroger. Au vu du résultat, les imprévus sont de peu de poids. Je ne dis pas que dans tout domaine rien ne change. Dans le domaine politico-économique, j’ai bien peur que les faits progressent moins vite que les idées, si tant est qu’ils progressent. Que le changement soit la chose et l’immobilité l’apparence (c’est le renversement que vous proposez), je n’en suis pas si sûr. La théorie de la relativité intervient ici, s’il m’est permis de convoquer Einstein. Tout périt, sauf la mort. L’éternité est dans la fin. La mort est précisément l’obsession du prince Salina, dans Le guépard. Comment se survivre à soi-même quand les référents existentiels et sociaux sont bouleversés ? Lampedusa pense, selon moi, l’immobilité et le changement dans un rapport d’inclusion réciproque. L’immobilité n’est jamais tout à fait immobile, le changement jamais tout à fait mobile. Le tour paradoxal de la formule me paraît proposer une vision complexe du fait humain.

      Quant à la formule de Simone Weil, elle est bien tapée, mais tombe à côté, s’agissant de la qualité de ma propre vie onirique (sans préjuger de la qualité de la vôtre). Celle-ci est tout sauf le lieu de l’impuissance (je me rends compte que je viens d’évoquer les pollutions nocturnes plus haut ; aucun rapport), sauf quand mon impuissance d’homme éveillé me perturbe tant qu’elle se répercute dans mes rêves. Je fais des tas de choses extraordinaires en rêve et je les fais bien, avec talent ; mes capacités sont décuplées et leurs applications, le contexte fût-il farfelu, sont d’une réalité saisissante qui rend fades, en comparaison, les réalisations concrètes dont je suis pourtant le plus fier. Je me réalise autrement en rêve et je peux vous garantir que le plaisir que je prends à rêver parfois (pas assez souvent) est un plaisir vrai, d’une puissante impossibilité. L’impossibilité vigoureuse du rêve m’aide à tenir sans faillir le fil de l’action dans le monde sublunaire. Privé de son secours, j’étais mort.

      Cordialement.

    2. L’aristocratie que représente le prince Salina se persuade qu’en s’alliant avec la bourgeoisie montante, par le mariage de Tancrède, elle va conserver ses privilèges. Ce faisant, elle ne fait que gagner du temps. En tant que vieille aristocratie sicilienne elle va bien disparaître et elle a disparu même si on trouvera bien ici ou là quelques représentants socialement bien placés. Une autre aura pris la place. Conceptuellement c’est la même chose qui perdure, mais l’humus est tout à fait différent. Sur le rêve vous exposez une opinion que vous semblez vivre. Je ne me permettrai donc pas d’en juger.

      Simone Weil (1909 – 1943) que je lis en ce moment dit aussi « L’apparence a la plénitude de la réalité, mais en tant qu’apparence. En tant qu’autre chose qu’apparence, elle est erreur » et « Est bien ce qui donne plus de réalité aux êtres et aux choses, mal ce qui leur en enlève ».

  32. Bonjour Ando.

    Pour le rêve, effectivement, j’évoquais un rapport personnel, mais qui trouve tout de même quelques points d’ancrage dans la lecture qu’en faisaient les Anciens. Je pense entre autres à l’importance considérable qu’a revêtue à la Renaissance le Songe de Poliphile (Hypnerotomachia Poliphili), à ses débouchés dans l’art topiaire par exemple. C’est quand elle confine à l’art que l’apparence devient la vérité des êtres, me semble-t-il. La nature, pour laisser l’homme de côté, fourmille de créatures qui déploient des stratégies de camouflage tellement sophistiquées qu’elles vont largement au-delà de ce que leurs prédateurs peuvent distinguer (voir le papillon Kallima ou la chenille du bombyx du hêtre). C’est presque de l’art pour l’art. Nabokov, écrivain et lépidoptérologiste renommé, a écrit de belles pages là-dessus dans son autobiographie Autres rivages.

    Je suis d’accord avec ce que vous dites de la stratégie de survie du prince Salina et de la part d’incertitude qu’elle comporte. Toutefois, je crois que le mauvais humus reste là et que c’est les plantes qu’ont y fait pousser qui changent, lesquelles finissent par s’y adapter, la bourgeoisie développant les réflexes de la classe aristocratique. L’humus fait l’homme. Je ne parlerai pas de l’exemple bien connu de la mafia, association de gueux parvenus qui a reféodalisé la Sicile. Je ne retiendrai que la période pré-révolutionnaire en France, qui a vu se multiplier les pamphlets contre la féodalité, dont le système était moribond au XVIIIe siècle. Les serfs étaient peu nombreux, beaucoup de droits étaient tombés en désuétude et la petite noblesse rurale s’était notablement appauvrie. Ce que l’on sait moins, c’est que de riches bourgeois – ceux-là mêmes qui seraient les apôtres les plus ardents de l’abolition des privilèges – rachetaient des propriétés aristocratiques en demandant aux notaires de ressusciter les droits qui y étaient attachés. Bizarrement, on évoquait surtout alors les abus des nobles (en forçant le trait si possible). Or, jusqu’à la Révolution, il y a eu aussi une reféodalisation juridique du territoire orchestrée par une bourgeoisie qui voulait marquer sa légitimité selon l’idée qu’elle se faisait des codes aristocratiques.

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