« Trump vs. CIA + FBI : un combat de titans ! » mise à jour en date du 16 août 2018 de mon billet du 24 février 2017

Je commence par vous rappeler un billet publié ici il y a un an et demi. Je le fais suivre d’une mise à jour consistant en un commentaire de quatre captures d’écran de télévision hier dans la soirée.

Trump vs. CIA + FBI : un combat de titans !, le 24 février 2017 (Donald Trump est alors Président depuis 35 jours)

M. Trump mène ses affaires comme une entreprise dont le patron a le droit d’être le tyran implacable (rien ne l’interdit, n’est-ce pas ? malgré notre allégeance aux valeurs démocratiques). Mais pour le rayonnement extérieur de celle-ci, il lui faut nouer des alliances. M. Poutine a semblé à M. Trump, être un patron dans son genre : celui qui fait taire toute opposition par la vertu d’un visage cramoisi révulsé par la colère.

Manque de pot, deux institutions de son pays sont attachées non pas à la démocratie (ne rêvons pas, chers amis !) mais au sens de l’État tel qu’il est : son service de renseignements, la très brutale et centrée sur ses objectifs, CIA, et sa police : le FBI, ayant connu à ses débuts en tout cas, une dérive autocrate de 48 ans sous la houlette de son très paranoïaque patron : J. Edgar Hoover.

M. Trump (une âme simple) s’est dit : discréditons la CIA et le FBI durant notre campagne électorale, et lorsque nous serons au pouvoir, il nous suffira de ricaner chaque fois qu’elles ouvriront la bouche, et le tour sera joué ! (Ce qui a fait croire à M. Trump que ce qui nous paraît impossible à vous et moi, lui était possible à lui est une chose appelée « argent » dont il dispose en très grandes quantités).

M. Trump, tout occupé qu’il était à gérer ses casinos, n’a pas lu Machiavel et n’a pas tenu compte du coup d’une autre chose appelée elle : « poids des institutions », qui oppose à la détermination des grands hommes tels que lui, son inertie, si ce n’est sa volonté propre.

Si ça se trouve, de l’argent en quantité suffisante permet de terrasser poids des institutions et sens de l’État – mais peut-être pas ! Nous ne tarderons pas à découvrir la réponse, le combat de titans se déroulant sous nos yeux en live !

John Brennan, ancien directeur de la CIA perd hier son accréditation secret défense.

En faisant circuler un communiqué justifiant ce limogeage daté en fait du 26 juillet, la Maison-Blanche alimente le soupçon qu’il s’agit avec cette décision de créer une diversion visant à détourner l’attention du public du désarroi causé en son sein par la publication du livre Unhinged d’Omarosa Manigault-Newman (voir ma vidéo d’hier : Face à Trump, 3 autres populismes).

Brennan a été le premier à parler de haute trahison pour caractériser le comportement de Trump.  Il a répondu à la révocation de son accréditation :

Je n’ai jamais au grand jamais imaginé que je verrais rien de tel aux États-Unis [un président  se comportant à l’égal de « despotes et autocrates étrangers »]. Il me semble que les Américains doivent faire le constat de ce qui a lieu en ce moment au sein de notre gouvernement – à quel point ces actes sont anormaux, irresponsables et dangereux.  Si M. Trump croit que ceci m’obligera à m’effacer et à rester silencieux, il se trompe gravement.

Brennan n’est pas le premier venu : Chef de poste de la CIA en Arabie saoudite, Chef de cabinet de la CIA, Directeur du Centre d’intégration de la menace terroriste, Directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, Conseiller de la Maison-Blanche pour la sécurité intérieure, Directeur de la CIA – a informé trois présidents.

C’est également Brennan qui coordonna l’opération de la CIA au Pakistan le 2 mai 2011 , qui déboucha sur l’assassinat d’Oussama ben Laden.

Les prochains visés dans le retrait de leur accréditation secret défense, selon Sarah Huckabee-Sanders, porte-parole de la Maison-Blanche :

James Clapper : ancien directeur du Renseignement national des États-Unis

James Comey : ancien directeur du FBI

Michael Hayden : ancien directeur de la CIA, ancien directeur de la NSA (National Security Agency, l’agence dont Edward Snowden dénonça l’hyper-surveillance des citoyens américains ainsi que de ceux du monde entier)

Sally Yates : ancienne ministre de la Justice adjoint

Susan Rice : ancienne conseillère de la Maison-Blanche à la Sécurité nationale

Andrew McCabe : ancien directeur-adjoint du FBI

Peter Strzok : ancien chef de la section Contrespionnage du FBI

Lisa Page : juriste du FBI, compagne de Strzok

Bruce Ohr : fonctionnaire du ministère de la Justice, a fait connaître le rapport Steele suggérant que Trump est l’objet d’un chantage de la Russie du fait d’enregistrements compromettants.

Il existe à cela des précédents, même s’ils n’augurent rien de bon pour leurs auteurs : un courrier confidentiel en date du 16 août 1971, adressé par John Dean, « maître manipulateur de l’opération de camouflage » du Watergate, au Président Nixon : « … comment nous pouvons utiliser la machine fédérale à notre disposition pour – en le disant crûment – baiser nos ennemis ».

C’est lui qui vendra la mèche dans l’affaire du Watergate, ce qui lui vaudra de n’être privé de liberté que quatre mois seulement. Aujourd’hui critique virulent de Trump, John Dean prédit sa fin prochaine.

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