C’est l’histoire d’un mec… par DD & DH

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Un mec qu’on croyait sérieux, du genre qu’on appelle « éclairé », bardé de diplômes d’anthropologie, ayant tété Aristote au biberon, matheux de première bourre, nourri aux développements les plus pointus de la pensée contemporaine, lanceur d’alerte sur les égarements de l’espèce humaine jouant avec les allumettes du chambardement climatique, balèze en méandres de la finance mondiale au point d’avoir exactement décrit par anticipation dès 2005 le désastre dit « des subprimes » et ses répercussions planétaires et, en qualité d’ « honnête homme » sous tous rapports, invariablement soucieux de mesure dans l’expression de ses opinions philosophiques et politiques, eh bien, croyez-le si vous pouvez, ce mec-là a, dans les ultimes pages de son dernier opus*, osé placer l’actuel président chinois Xi Jinping dans la short list des très grandes figures propres à « illustrer le genre humain » et à prétendre à une reconnaissance universelle !

On a dû s’en étrangler dans les rédactions à la réception du « service de presse ». « Bigre ! » a-t-on grincé en se refilant de bureau en bureau cette patate chaude et finalement il n’y a pas eu foule pour « gérer » l’incongruité ! Car, ne nous y trompons pas, le sujet gêne aux entournures et Xi Jinping est un chien dans notre jeu de quilles. Les avancées incontestables de la Chine au fil de ces deux dernières décennies vers une planification écologique têtue font d’elle à coup sûr (si toutefois il en est encore temps !) le « modèle » à suivre dans notre contexte de verdicts concordants (15.000 savants mondiaux en novembre dernier) de désastre annoncé. Bien sûr, en Occident, on admet mal ce leadership humiliant, alors on cancane et on glose sur tous les manquements et faux pas (encore nombreux) où la Chine trébuche dans sa démarche. Mais l’arrivée tonitruante de Trump comme pièce maîtresse du puzzle mondial a fait baisser d’une octave le chœur de ceux qui voyaient systématiquement la paille dans l’œil de la Chine et si rarement la poutre du côté de l’outre-Atlantique ! Nous sommes toujours aussi peu prêts à nous enrôler sous la bannière de la Chine mais nous n’avons plus en magasin d’autre modèle à proposer, car il va de soi que le gangster dingo aux mauvaises manières campé sur son négationnisme climatique ne saurait détenir la boussole nous offrant une issue de secours ! Ce que la Chine de Xi Jinping nous dit et que nous renâclons à entendre, c’est que l’entreprise de sauvetage nécessite un remède de cheval. Et ce remède, le président Xi, faute peut-être d’un autre savoir-faire, le concocte « à la chinoise » en appliquant la recette plurimillénaire qui a assuré la pérennité de l’Empire du Milieu : le choix d’un objectif d’éducation très largement déployé, mais adossé à la coercition d’une autorité forte émanant d’un pouvoir très ferme sur ses bases. C’est le sens qu’il faut donner à la révision de la Constitution chinoise visant à prolonger (indéfiniment ?) le mandat donné à Xi à l’issue du 19ème Congrès. C’est le sens qu’il faut donner au fichage méthodique de tous les individus. C’est le sens qu’il faut donner à la gigantesque campagne d’éducation-moralisation de la vie publique à grand renfort de caméras intrusives et punisseuses. C’est le sens qu’il faut donner au renforcement de la lutte anti-corruption et au durcissement de la répression des « crimes » portant atteinte à l’environnement. C’est enfin le sens qu’il faut donner aux restrictions que le pouvoir devra nécessairement exercer quant à la multiplication des facteurs de pollution (comme la voiture individuelle). En somme peu de carotte et beaucoup de bâton ! Sauf à faire entrer dans notre propre logiciel que la contribution active à la protection d’un avenir commun sur cette planète peut s’avérer une authentique « carotte » compensant bien des coups de bâton ! Nous écrivons ces lignes deux jours après la publication de deux nouvelles : en France, la démission de Nicolas Hulot du gouvernement d’ E. Philippe et en Chine, l’annonce officielle de la fin de la politique de l’enfant unique. Que cette concomitance de hasard est bienvenue ! La lourde coercition exercée par le Pouvoir chinois sur la natalité pendant 40 ans a été très dure et contraignante pour l’ensemble du peuple chinois, mais pouvons-nous nier que le reste du monde en a éminemment bénéficié et que la Chine a agi là en acteur mondial responsable ? N’y a-t-elle pas gagné ses galons en matière de prise de conscience à moyen et long terme du destin de l’humanité toute entière (même si sa visée première, nous le concédons, était moins ample) ? Quant à Nicolas Hulot, sa démission est très éloquente pour démontrer sans recours à grandes phrases l’imposture que constitue un Ministère de l’Environnement et du Développement durable au sein d’un gouvernement qui ne se donne aucun moyen d’agir sur le réel et s’est paralysé les mains à force de serrer affectueusement les pognes des lobbyistes du monde entier unis par l’Internationale du Fric. Pouvoir gouvernemental châtré, friable, velléitaire, et, qui plus est, constitutionnellement révisable et chamboulable tous les cinq ans : impuissance assurée à l’échelle planétaire requise !

Avouons-le, nous voilà bel et bien coincés ! Nous touchons exactement où le bât blesse. L’endroit précis où s’enracinent (et s’expliquent, voire se justifient) les pudeurs, réticences et effarouchements de l’opinion occidentale. Le fossé devant lequel nous renâclons tous. Car il faut avoir l’estomac et le culot du mec dont nous parlons ici pour ne pas broncher devant l’obstacle et offrir ainsi tout de go à Xi Jinping un ticket pour le panthéon des grands hommes. N’a-t’on pas affaire en effet à un personnage peu recommandable selon nos critères et que notre nomenclature classe automatiquement sous la rubrique « dictateur / tyran / despote » dont il apparaît bien qu’il coche à peu près toutes les cases ? Sans être très emballés par le petit cérémonial français des remontrances quant aux droits de l’homme bafoués qui s’inscrit au programme de toute visite officielle à Pékin, nous ne pouvons nier qu’il y aurait une certaine dose d’impudence de notre part si nous semblions, si peu que ce soit, faire bon marché de la négation chez les autres de libertés dont nous sommes fort aise d’user chez nous. Quant à dire que la spécificité de la mentalité chinoise (pour ne pas dire « l’âme » pendant qu’on y est !) justifierait ce type de pouvoir à poigne, non seulement l’argument frôlerait le racisme, mais ce serait nier l’universalité des droits de l’homme dont nous, Occidentaux (mais, encore plus, Français) avons fait notre principal credo et que, jusqu’à ce jour, nous estimons émancipatrice dans tous les cas de figure.

Devrons-nous réviser la table de nos valeurs et en mettre une partie sous le boisseau pour faire face efficacement à l’inédit péril qui nous menace ? Cela fait partie des hypothèses. « Quand les blés sont sous la grêle / Fou qui fait le délicat« . Devant l’urgence du danger, si vient le jour où elle sera enfin assumée chez nous en tant qu’urgence absolue, « celui qui croyait en la Démocratie et celui qui n’y croyait pas » devront sans aucun doute, pour avoir une petite chance de l’emporter, accorder leur pas pour marcher à l’unisson au « commun combat« .

(à suivre…)

* « Défense et illustration du genre humain » Paul Jorion. Ed. Fayard (mai 2018)

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81 réflexions sur « C’est l’histoire d’un mec… par DD & DH »

  1. Je n’ai pas encore lu « Défense et Illustration », et je veux bien croire que Paul Jorion s’interroge sur la planification (qui ne s’interroge pas ?).

    Mais je ne peux pas croire qu’il cautionne le système de « bons points » géré par informatique que veut mettre en place la Chine. Cette observation de la vie privée des gens, assortie le cas échéant de sanctions, c’est la définition même du totalitarisme.

    1. Vincent Rey,
      totalitaire ou pas, la Chine travaille avec des sociétés les plus performantes en matière de surveillance électronique. Le parti politique s’interroge sur les moyens pour surveiller une telle masse de populations, pour le régime il s’agit d’une question cruciale. Pour l’instant le parti communiste n’a rien à craindre, mais que ferait il en cas de crise……économique par exemple. Le pouvoir du parti repose essentiellement sur le succès économique que connaît la Chine depuis un certain temps.

  2. Au sujet de votre vidéo « LA PEUR CHANGE DE CAMP »…

    Je suis d’accord avec vous, on va sûrement vers une tragédie terrible. Et comme ce Monsieur (Trump) a le sens du spectacle, (n’est-il pas avant tout, un personnage de la société du spectacle, façonné par la publicité ?) on ferait mieux de vérifier en permanence qu’il n’est pas armé, car quand il sera « lâché », ce qui ne saurait tarder, il pourrait bien en tuer quelques uns en public avant de se donner la mort. Les gens qui se sont longtemps mentis à eux-même, deviennent très dangereux, lorsque la vérité éclate. On se souvient de Jean Claude Romand, ce faux médecin de l’OMS, a assassiné femme et enfants, pour ne pas qu’ils apprennent qu’il avait échoué en première année de médecine, et qu’il leur avait menti pendant 18 ans.

    Dans le cas de Trump, c’est pire : c’est la totalité du peuple américain, qui sera témoin de ses mensonges, et de sa déchéance. Une perspective insupportable pour lui, ce qui en fait une situation DE DANGER EXTREME.

    merci pour toutes cette collecte d’infos M Jorion

    1. En relisant ça, je me dis que le système capitalisme dopé à la publicité a vraiment transformé la politique en « reality show » … ce qu’on y fait n’a plus d’importance…ce qui compte avant tout, c’est le spectacle.

  3. Bonjour,
    Alors si j’essaye de traduire en un slogan cet article cela serait « Sauvons la planète, Vive la dictature Verte! »;-)

    C’est pas glamour tout çà! Mais effectivement, il faut qu’on se pose sérieusement la question. Le probléme que l’homme rencontre aujourd’hui , c’est celui d’une espèce vivante qui n’aurait plus de facteurs naturels pour réguler sa population ce qui entraîne un bouleversement dans l’écosystème planétaire. C’est l’analogie du cancer avec des cellules qui ne meurent plus et perturbent l’organisme qui les abritent. On en est là!
    Si la nature ne peut plus jouer son rôle régulateur, c’est alors à l’Homme de prendre le relais. Mais on parle de contraintes créer par l’homme pour lui même……. Par exemple, il s’agit de mettre en place une politique nataliste restrictive, d’inciter à la sobriété énergétique, etc,etc….Il est vrai que ce genre de mesures sont plus faciles à mettre en place dans un cadre dictatorial que démocratique………Franchement cela ne me plaît pas et j’espère qu’on en arrivera pas là!!!!! Mais………on s’y dirige si on ne fait rien!

    Et puis, il y a un autre facteur à ne pas mettre de côté, qui dit dictature, dit nationalisme, qui dit nationalisme, dit tension avec les autres pays,……Si on va vers ce monde, les enfants d’aujourd’hui, risquent de connaître des abominations…..

    C’est dur quand même! On a beau tourner le problème dans tous les sens, c’est pas un monde rose qui se profile à horizon! Et quand, je vois les médias , je suis dépité…Hier, Nicolas Hulot démissionne, tout le monde pleure. On fait des lettres, des grands discours, « c’est plus possible! » » Changeons le monde! » etc,etc,etc Aujourd’hui, quand on regarde les priorités du gouvernement, c’est pouvoir d’achat, croissance, emploi, compétitivité…………………Au final, la politique que les gens demandent! Comment ne pas devenir misanthrope? Je vous le demande!

    1. Un point délicat est d’anticiper qu’on devra résoudre l’injonction contradictoire suvante :
      1) Faire équipe ensemble à coup de bâton (Xi Jinping) ou à coup de bâton au goût carotte (la gauche écolo européenne…)
      2) Surmonter (en mode local forcément) la fragmentation que ne manquera pas d’apporter les premières années du collapse. Le nombre de murs qu’on a érigé et de frontières qu’on a fermées depuis 15 ans en est le prémisse.
      Je suis un fragment et je sais que mes voisins (à 1500, 150 ou 15 km) ont plus d’eau, plus d’électricité, etc., et que la ressource est en partie détournable (suivant détail logistique : gazoduc ? ligne électrique ? accès à la mer ?), ça n’est pas une « appli » magique sur un smartphone qui va dire quoi faire, ni juste une croyance dans les vertus du bien commun. Réarticuler ce qu’on a appelé « échange » sera un des moments les plus critiques.

    2. Et en Italie ? Ils n’ont pas trouvé une majorité ? En France je suis sûr que comme en Italie, les gens aspirent à un autre discours, et les français voteront aussi un jour ou l’autre comme aux USA pour n’importe quoi, si personne ne leur propose autre chose !

      Moi la question que je me pose, c’est pourquoi les gens n’y croient pas, pour s’unir et proposer quelque chose ?
      Sur la base des idées de Paul Jorion, on pourrait concevoir un programme très attractif, à mon sens :

      – réforme culturelle mettant fin à l’utilisation des grands médias par les firmes
      – gratuité sur l’essentiel
      – abandon de la surveillance électronique (donc des radars)
      – abandon de toutes les activité inutiles ou néfastes (genre centre d’appel téléphonique)
      – taxe Sismondi (tva sur la valeur ajoutée, transférée sur les robots & ordinateurs)
      – reprise en main de l’innovation par des instances démocratiques,

      Le tout en actant la disparition du travail, et abondamment justifé par la préservation de la biodiversité
      Ce ne serait pas populaire ?

      1. Vinccent Rey,
        « Si personne ne leur propose autre chose »
        Je suis en train de terminer la lecture d’un bouquin qui traite le problème que vous évoquez:
        écrit par Steven Levitzky et Daniel Ziblatt; ils y analysend l’ère Trump, comment la crise du Parti Républicain a aidé Trump à arriver au pouvoir…..etc.
        Vos proposition, bien intentionnées, me paraîssent irréalisables, connaîssant la nature de l’homme et notre système sociétal- qui ne changera pas. En proposant vos idées, vous aurez la meute contre vous.

      2. @Germanicus

        Trump a montré que l’on peut être élu, contre l’establishment, avec un programme fait de n’importe quoi.
        (si c’est bien de l’establishment dont vous parlez, en évoquant la meute)

        Désormais, ce n’est donc pas la nature des mesures qu’on propose, qui fait qu’on est élu ou non, mais le rejet.
        Or le rejet est énorme : 25% d’abstention au second tour et 11,7% de blanc et nuls !

        A nous de proposer quelque chose d’alternatif … ou bien de continuer à pleurnicher sur la disparition des oiseaux et des insectes

      3. Vincent Rey : « Moi la question que je me pose, c’est pourquoi les gens n’y croient pas, pour s’unir et proposer quelque chose ? »
        Nous aimerions bien que quelqu’un-e sache ici répondre à cette question essentielle posée (ci-dessus) par Rey.
        En effet, n’est-il pas vain de croire que les êtres humains en sont arrivés là par hasard ? Et, n’est-il pas plus vain encore de croire qu’ils arriveront à réformer le monde comme ils le souhaitent sans avoir véritablement ‘reconnu’ la cause originelle de la bifurcation du chemin, les menant à croire, aujourd’hui, “qu’un seul d’entre eux puisse encore mener vers un « quelque part » vivable à l’horizon du dernier tiers du siècle”.

      4. @ sirenes
        Pourquoi y aurait-il une fatalité à quoi que ce soit dans l’organisation humaine ? Il n’y a qu’à voir comment le néolithique s’est propagé comme une traînée de poudre à la surface de la Terre…

        pour sourire un peu…J’imagine qu’en période de disette, il devait sûrement y avoir des « chasseur-cueilleurs » un peu comme vous qui disaient, en regardant un de leurs sorciers essayer de planter des graines :  » A quoi bon espérer faire pousser quelque chose ! si on en est arrivé là, ce n’est pas par hasard, on n’est pas de taille face aux animaux. Les Hyènes nous passeront toujours devant »…

      5. Bonjour Vincent Rey,
        Marre de ces services publics qui donnent le travail a faire parce que les releveurs de compteurs Edf ne sont pas venus faire leur travail.
        Marre aussi des manifs relayees par les petits journaux locaux.
        Marre de ces poles de gestion qui gerent du vide et depensent du pognon pour l’envoi d’un recommande. C’est de l’automatisation
        bien cordialement

      6. @ Vincent Rey
        Loin de nous l’idée de vous contredire, cependant, ne confondriez-vous pas ici « fatalisme » et « déterminisme » ?

  4. Ça ne me choque plus tellement de savoir que des hommes et des femmes continueront le travail au premier étage, pendant que d’autres s’égorgent au rez-de-chaussée. Dussé-je m’interroger sur l’accumulation primitive, moi, pauvre ignorant.

  5. Du point de vue environnemental, la Chine c’est :
    – A peu près 30% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, pour seulement 15% de la production économique
    – Non sans lien avec le point précédent, le charbon à tous les étages
    – Non un retrait du traité de Paris sur le climat comme l’Amérique sous la présidence Trump, mais carrément le refus de faire quoi que ce soit, la Chine ne signant le traité qu’à la condition d’avoir toute liberté jusqu’en 2030 pour continuer à augmenter ses émissions de GES à loisir
    – Le principal exportateur de centrales à charbon, qui les propose dans tous les pays du monde comme voie de développement facile… et sans aucun danger même de long terme, allons donc !

    Les Européens quant à eux ont une production économique supérieure à celle de la Chine, pour des émissions de GES presque quatre fois inférieures. Et ils prévoient de les réduire encore.

    Les Etats-Unis de leur côté ont eux aussi une économie plus grande que celle de la Chine, et des émissions de GES deux fois inférieures. Ils ne prévoient pas de les réduire – cependant, ils ne les augmenteront probablement pas aussi vite que la Chine ne le fait.

    Pas de surprise. Des démocraties aussi imparfaites soient-elles – et l’américaine est particulièrement imparfaite c’est l’évidence – sont bien supérieures à des dictatures. Pour le respect de l’environnement, tout comme pour celui des droits des gens.

    Et Donald Trump est un homme beaucoup plus respectable que Xi Jinping.

    Pour la bonne et simple raison qu’un homme vantard, velléitaire, paresseux, trouillard et vaniteux est bien supérieur moralement parlant à un dictateur sanguinaire qui vise à reconstituer à son bénéfice un culte de la personnalité et un système néo-totalitaire.

  6. « Les Européens quant à eux ont une production économique supérieure à celle de la Chine, pour des émissions de GES presque quatre fois inférieures. Et ils prévoient de les réduire encore. »

    La Chine est devenue l’Usine du Monde, les émissions de Gaz à effet de serre et la pollution des rivières rejoignent l’industrie là où elle se trouve. De là à en déduire qu’américains et européens sont plus vertueux…

    1. « La Chine est devenue l’Usine du Monde »

      C’est pour l’essentiel un cliché. La Chine a certes un excédent commercial important pour les produits industriels, mais le plus gros des exportations de l’UE est aussi constitué de produits industriels.

      L’excédent commercial chinois dans le domaine industriel est très loin de rendre compte d’émissions de GES presque 4 fois supérieures à celles des Européens, pour un PIB à peu près 30% inférieur.

      1. Jacquot,
        Si vous voulez en juger correctement, ce n’est pas en excédent commercial qu’il faut raisonner il me semble, mais en tonnes, car la pollution industrielle en Chine est certainement proportionnelle au poids des marchandises.

        Quand bien même les allemands n’enverraient qu’une machine outil en Chine, d’une valeur de 50000 euros, combien plus pollueraient 50000 euros de blue-jeans fabriqués en Chine, et importés en Allemagne ! Et pourtant, il y aurait équilibre de la balance commerciale…

      2. Idem Vincent Rey, le PIB de barres d’acier exportées par la Chine et celui d’Airbus exportés par l’Europe est évidemment incomparable en terme de ratio CO2/PIB (gros pour le premier, petit pour le second grâce au gros dénominateur surtout).
        Quelle est la contribution carbone de la nourriture donnée aux trolls ?

      3. – S’agissant des « blue-jeans » le secteur du textile pèse assez peu (10%) dans les exportations chinoises. Même situation concernant les « barres d’acier », le secteur de la métallurgie pèse lui aussi assez peu (8%)
        – Les exportations européennes incluent beaucoup moins de machines-outil que d’automobiles, qui pèsent un certain poids elles aussi. Le prix d’une automobile et d’un blue-jean au poids n’est d’ailleurs pas très différent.
        – Je ne comprends pas la remarque sur la nourriture des trolls.

        Les « échanges de CO2 » par le commerce international sont étudiés. Voir cet article https://www.carbonbrief.org/mapped-worlds-largest-co2-importers-exporters où l’on apprend que la Chine a une balance de 1,37 milliards de tonnes de CO2 pour des produits destinés à l’étranger, qui « devraient » donc être défalqués de ses émissions. Soit 13% en moins. Les Européens de leur côté « devraient » ajouter 25% environ (approximatif, le lien ne donne les chiffres que pour les pays pas au niveau continental)

        On arrive donc à des émissions de CO2 « corrigées des échanges » d’environ 30*,87 = 26% du total mondial pour la Chine, et 8*1,25 = 10% pour les Européens. Ceci alors que le PIB de l’UE est environ 40% supérieur à celui de la Chine. Soit un différentiel d’un facteur 26 / 10 * 1,4 = environ 3,6 en faveur des Européens.

        ===> La Chine émet 3,6 fois plus de CO2 que l’Europe pour produire une unité de PIB – ceci après correction des échanges internationaux

        Sinon, je recommande ce site incluant une base de données bien utile sur le commerce international, et sur tous les pays. Voici la page de la Chine https://atlas.media.mit.edu/en/profile/country/chn/

        Tant il est vrai qu’il est souvent nécessaire d’aller chercher les chiffres afin de bien apprécier les réalités, nuancer voire corriger des idées préconçues.

      4. Jacquot je ne t’ai pas traité de Troll, mais tu te trompes.
        La contribution carbone ne peut pas avoir cette base, lorsqu’il y a de telles disparité dans la nature des activités.

        1 millions d’€ de barre de fer n’équilibrent pas, en contribution CO2, 1 million, d’euro en Airbus. Et donc si la Chine cumule beaucoup d’activités à faible valeur ajoutée, alors que l’europe non, on ne peut pas se baser sur le deficit commercial.

      5. Jacquot, que la Chine soit un des princpaux emetteurs de CO2 aujourd’hui Ok, maintenant il faut « integrer à minima depuis l’ere industrielle car les PPmd e CO2 sont un stock accumulé depuis cette période » et aussi raisonner per capita.
        https://data.worldbank.org/indicator/EN.ATM.CO2E.PC?view=chart
        La Chine c’est 7,5 TCO2e/ha/an
        La France 4,6
        L’Allemagne 8,9
        La Finlande 11,2
        Europe 6,5
        Les USA 16,2
        Russie 11,6
        Cette consideration historique + per capita se traduit dans les negos climatiques par « common but differentiated responsability respective capacitives ». responsabilité commune mais différentiees et capacités (de reduction des emissions) respectives.

      6. Vincent, je suis désolé mais je n’ai rien à répondre à cela. J’ai déjà donné les chiffres sourcés, tu sembles ne pas les prendre en compte… je n’ai rien d’autre 🙂

        Arnaud, d’accord sur la prise en compte du passé d’émission dans les négociations climatiques, mais là n’est pas le sujet. La question était de savoir si la Chine peut être un modèle quant aux politiques visant à arrêter d’abîmer la biosphère, et si la supériorité chinoise sur ce point pourrait indiquer une supériorité des dictatures à tendance totalitaire pour assurer la survie de l’humanité par rapport aux démocraties.

        Et la réponse est non : la Chine, loin d’être un modèle, est un contre-modèle. Pour l’environnement comme pour le régime politique. Pas de surprise.

  7. Si l’on doit aller vers un hybride de communisme et de libéralisme, la philosophie politique doit faire muter le traditionnel « La Liberté s’arrête où commence celle d’autrui », qui évoque une confrontation réductrice, au profit de « Ma liberté commence avec celle d’autrui », qui suggère coopération et nivellement par le haut.

    En outre, « Ma liberté » favorise l’identification individuelle en replaçant l’abstraction libérale dans le cadre tangible d’une Ethique de la Réciprocité, dans un contexte où les humains et leur science revisitent décisivement la notion d’altruisme.

    A défaut de bénéficier de l’intelligence collective des fourmis ou des abeilles, et puisque on est jamais mieux servi que par soi-même, nous en savons assez sur nous-même pour tenter d’orienter notre sort avant que nos robots ne s’en occupent.

  8. @ DD & DH qui disent « S’immoler pour ne pas renoncer à des idéaux sublimes est sans doute une des plus belles et glorieuses impasses offertes par ce carrefour de la croisée des chemins où nous en sommes. Une mort en alexandrins façon Corneille : Et puisqu’il faut mourir, mourons sans nous renier !  »

    Vous êtes mûrs pour les plus grands délires … Je me contenterai de dire qu’il y a souvent bien peu de différence entre ce qu’on espère et ce qu’on croit, et j’en déduis que ce long texte souvent très flou, n’est en fait qu’une déclaration d’amour pour le le collapse, non seulement des idéaux français, mais de toute l’Humanité.

    Pour ma part, je continuerai à démonter les mécanismes de la concurrence, en particulier à expliquer pourquoi nous devons maintenant attaquer frontalement la concurrence, faute de quoi le « moins-disant » environnemental et social conservera un avantage compétitif jusqu’à la fin.

  9. Vraiment très bien écrit, mais le fond me laisse de marbre. Il traduit seulement l’espoir qu’une dictature « éclairée » serait plus à même de nous sortir du pétrin que notre libéralisme outrancier. Ce n’est malheureusement qu’un espoir, c’est-à-dire une illusion. Désormais, tous les chemins mènent à Rome, c’est l’objet de mon billet d’hier, (au style bien terne mais où j’évoque aussi la Chine) : https://onfoncedanslemur.blog/2018/09/05/tous-les-chemins-menent-a-rome/

  10. J’ai lu ça aussi : https://www.pauljorion.com/blog/2018/09/05/a-la-croisee-des-chemins-par-dd-dh/ par le(s) même(s) « DD & DH ». Toujours intéressant mais, in fine, toujours superficiel.

    Ce qui est intéressant, c’est le « raisonnement » qui impute à « la liberté » (des individus) le fait qu’on fonce dans le mur, et l’espoir a contrario qu’une dictature pourrait imposer des changements salutaires. Ce n’est qu’une illusion d’optique. C’est globalement que l’on fonce dans le mur, à cause du système mondial.

  11. Oui, c’est ce qu’on ressent lorsqu’on a l’occasion de voyager en Chine. une volonté très forte avec des objectifs très clairs et à long terme (digital, environnement et organisation urbaine ) pour les domaines qui me concernent.

    C’est d’autant plus remarquable lorsque l’on voyage à intervalle régulier, on peut se rendre compte du chemin parcouru. Pour prendre l’exemple de Shanghai, la transformation de la ville est étonnante. lors d’un voyage professionnel il y a deux ans, ce qu’on percevait c’était une ville polluée, en travaux assez sale et immense. En revenant en 2018, les flux de transports sont nettement mieux organisés, de nombreux arbres sont plantés le long des avenues, les trottoirs sont larges beaucoup de scooter électriques et les voitures électriques se développent également.

    Il y a,une prise de conscience des intérêts supérieurs du pays qui prime sur l’intérêt particulier des individus. Certes ce n’est pas la vision de l’occident aujourd’hui et de la France en particulier qui érige la liberté de l’individu, de la presse etc.. en dogme absolu avec tout le court-termisme que cela impose.

    Je peux comprendre que ces objectifs supérieurs sont choisis par quelques élus du partie communiste et qu’il existe un risque que ces décisions soient dévoyés aux intérêts particuliers de quelques uns, c’est le risque de l’absence de démocratie.

    Dans le cas présent, et c’est sans doute lié à l’urgence des choix devant lesquels nos communautés humaines se trouvent à faire face avec des options limitées, les objectifs en terme sociaux environnementaux et technologiques sont frappés du bon sens et vont dans l’intérêt collectif partagé.

    Il y a dans nos sociétés occidentales gâtées et privilégiées encore le souci de se sauver tout seul ou un peu plus que l’autre, alors que les enjeux actuels demandent un réel effort collectif avec des choix qui imposent que chacun renonce, en partie, à ce que la société de consommation nous a habitué depuis plus de 50 ans.

    Quoi faire pour que nous puissions en prendre conscience collectivement et être prêt à ces renoncements pour prendre des décisions difficiles et les appliquer sur les 30 prochaines années ??

  12. Comment interprétez vous l’arrêt de la politique de l’enfant unique en Chine?
    Un degré de liberté supplémentaire pour la population destiné à compenser les restrictions de la « régulation environnementale », plus coercitive que chez nous?
    Un « relais de croissance » face à la raréfaction de certaines ressources fossiles bon marché et ou matérielles à venir.
    La mis en cohérence avec une pratique de fait et la tendance chinoise sur la natalité (donc un coup de com interne)? -je n’y crois pas vraiment
    Rien de tout celà?

    1. « Comment interprétez vous l’arrêt de la politique de l’enfant unique en Chine? »
      Mon hypothèse:
      La Chine a cru que son exemple serait suivi. Ce ne fut pas le cas (les oligarchies occidentales compensant leur transition démographique par l’immigration massive). Comme tout dictateur même « éclairé », donne priorité à sa puissance, il freine la transition démographique chinoise qu’il a pourtant initiée.
      Ceci dit, je crois (et espère) que les Chinois, éduqués par cette dictature, refuseront de redémarrer les familles nombreuses.

      1. Oui, dans la même série, si les élites des grandes villes (Pékin, Shanghai, Wuhan,…) s’approchent du niveau « asiatique élevé » qui est celui de Taiwan et de la Corée, laissons le Japon dehors, la natalité risque un gros coup à la baisse (0,96 enfant par femme cette année en Corée ! Taiwan s’amuse aussi à faire mentir Malthus avec un nombre de naissance divisé par quasi 2 entre 2005 et 2017, de 300 000 à 160 000 en gros. Si Xi Jinping n’a pas oublié que les générations se remplacent en 35 ans et pas en 10 ans, il anticipe, « tout simplement ».

      2. Tout simplement.
        Xi Jinping a du lire Todd qui est dubitatif sur l’avenir de la Chine en raison de ce problème démographique.

  13. La « coercition environnementale », pour s’en sortir est de plus en plus évoquée par certains spécialistes de la transition énergétiques. Comme Claude Henry dans l’article référence ci dessous.
    Noter le point 2 qui est symétrique des idées d’effacement /repudiations de dettes dans le monde occidental mais non réalisée.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/09/05/claude-henry-trois-mesures-pour-sortir-du-désastre-ecologique_5350348_3232.html

    Trois mesures pour sortir du désastre écologique »
    Dans une tribune, le professeur de développement durable Claude Henry propose des changements radicaux mais nécessaires à notre survie. LE MONDE | 05.09.2018 à 06h00 • Mis à jour le 05.09.2018 à 15h19 |
    Par Claude Henry (professeur de développement durable et président du Conseil scientifique de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri)

    Proposition 1 : réorienter la pression fiscale sur les activités et produits qui contribuent significativement à la dégradation du capital naturel, de manière à changer les modes de production et les comportements de consommation
    Proposition 2 : prononcer et organiser la faillite des entreprises qui contribuent le plus à la dégradation du capital naturel et qui font le plus obstacle à la transition écologique et économique, de manière à en faire des instruments de celle-ci
    Proposition 3 : substituer un modèle d’agriculture fondé sur la biologie au modèle fondé sur la chimie

    1. @Arnaud CAste
      pourriez-vous dévoiler aux non abonnés au Monde la conclusion de Claude Henry ?
      préconise-t-il une coercition, laquelle et par quels moyens ?
      Merci

      1. @Arnaud
        Merci à vous pour cet article, merci au blog de P.J. de permettre d’y avoir accès.

        On nous cache tout on nous dit rien : la Suède ! récemment à propos de la Suède un média nous a décortiqué les nouvelles influences politiques comment et pourquoi… pas un mot sur ses mesures écologiques par impôt ! Vive la Suède.

        « ont permis des augmentations spectaculaires de rendements, qui, maintenant, plafonnent et commencent même à diminuer, » : en 60 ans d’utilisation soit dans un laps de temps très court.

        « une relève biologique » mais alors il faudrait des gouvernements qui informent et instruisent. On voit les agriculteurs et particuliers en France qui restent dans leur train train sans se poser les vraies questions.

        « présents à l’état naturel dans les plantes pour mobiliser des mécanismes de résistance naturelle contre les agresseurs » : vérifié dans mon petit terrain par « flair » par apport d’engrais bio (et autres orties, prêles), ne sachant rien ou si peu des recherches et applications sur la question.

        Cependant cet article formidable a-t-il eu un écho sur la population ? je n’ai rien entendu/vu sur la question dans les médias. Alors j’ai été faire un tour sur Twitter par recherche « Claude Henry » : Le Monde une vingtaine de tweets 2 à 3 fois ! Tout le monde s’en fout.

      2. Ben non Annie, on s’en fout pas de l’article puisqu’on en parle ici!
        Et accessoirement depuis une semaine il y a une déferlante d’articles sur la transition ecologique dune rare intensité.
        « Merci » Nicolas!

  14. Vous voilà de retour, DD & DH, vous nous manquiez, vraiment…

    Mais revenons à la Chine.
    Sa culture est me semble-t-il gouvernée par un principe pouvant se définir par l’assujettissement du fond à la forme. A l’opposé de ce que crois percevoir, pour ce qu’il est convenu d’appeler l’Occident, où c’est le fond qui détermine la forme.

    Pour la Chine, le Cosmos. Pour l’Occident, Dieu ou réflexivement l’Homme Universel.
    En surplomb, je serais tenté de penser, que la conduite de la Chine s’appuie sur des pratiques apolitiques et anhistoriques.

    Deux machineries, celle de la Chine et celle de l’Occident, se rencontrent aujourd’hui concrètement, sans aucune possibilité d’unification. Il n’y ni synthèse réalisable, ni politique de la canonnière envisageable.
    C’est une réalité de situation qui devra s’imposer à tous.

    Cette confrontation, par la grâce de la Chine, et d’elle seule, devra être nécessairement pacifique.

    Dialogue Chine-Union Africaine, pour donner à l’Afrique, les moyens de son développement, l’OCS (Organisation de Coopération de Shanghai) faisant cohabiter Pakistan, Inde et Chine, ce n’est pas rien, dé dollarisation et pétro-yuan convertible en or, nouvelles routes terrestres et maritimes de la soie, permettant à la Chine de réinvestir, en infrastructures, une partie de ses excédents commerciaux, 800 à 1 000 milliards de dollars, cinq à six fois le budget du plan Marshall , sont peut-être les premiers pas vers une dé mondialisation heureuse.
    Je le pense profondément, nous n’avons pas le choix, d’ailleurs.

    Claude Fleurey

    Ce commentaire est plein de raccourcis, et d’affirmations à l’emporte pièce. C’est un peu la règle du jeu en la matière. Mais je pense que chacun de ces points peut être discuté et étayé solidement.

  15. Merci pour cette « ode » à la Chine !
    En effet elle est la seule « armée » face à notre disparition possible.

    Cependant, certes vous dites « pardon pour les raccourcis de cette évocation plus que sommaire ! », vous oubliez un point essentiel de la culture chinoise : les mandarins, ou haut fonctionnaires et comment y arriver ?
    Par un examen impérial, ouvert à tous (tout au moins ceux qui peuvent s’instruire, soit une minorité, mais n’en fut-il et n’en est-il pas de même pour nos universités et encore plus grandes écoles ?) : pas d’aristocratie successorale.

    Autrement dit une forme de « démocratie » sans commune mesure avec la notre mais comment nommer par un terme générique cette possibilité ouverte à tous les « habitants » (quoique je ne sache pas si les minorités y avaient accès comme les Han !) la Chine, d’un examen impérial, tous pouvaient devenir mandarin haut fonctionnaire auprès de l’Empereur à partir de 600 jusqu’à la 1er République 1905, nos grandes écoles sont « largement » plus récentes !

    L’essence en est le Confucianisme noblesse de cœur plutôt que de sang : et ça aussi c’est plus « démocratique », mais impossible à intégrer pour nous car elle suppose aussi la soumission à l’empereur, le père, qui est une hiérarchie (nous avons aussi nos hiérarchies pesantes indéboulonnables) mais oblige aussi à la critique de ces hommes de pouvoir (père, empereur) s’ils ne remplissent pas leurs responsabilités vis-à vis de ceux dont ils ont la charge.
    Ce n’est jamais que l’individualisme nécessaire au libéralisme qui permet à la femme de prendre une place de « pas encore égale », et l’aristocratie parfois on se demande (le XVIè arrondissement de Paris par ex.) si elle n’aurait pas gardé quelques privilèges. Le Confucianisme reste l’idéologie qui influence tant le pouvoir que les Chinois.

    Et les lobbies en Chine ont-ils le pouvoir discrétionnaire comme chez nous ? Une série d’articles sur le sujet dans Politis.

    Appliqué à aujourd’hui : le peuple chinois ne peut qu’être reconnaissant à un chef Xi Jinping qui prend ses responsabilités et remplis ses devoirs vis-à-vis de ce peuple… et là en fait à l’humanité toute entière.

  16. Dans le dernier n° du BIG (bulletin d’information de Génération.s on peut lire

    « notre écologie est de gauche, parce que nous savons que le modèle libéral, son consumérisme, ses inégalités, ne sont compatibles ni avec l’environnement ni avec l’humain. Et notre gauche est européenne, parce que nous savons que seule une action à cette échelle peut peser face aux désordres de la mondialisation. Voilà pourquoi, du Printemps européen jusqu’aux débats hexagonaux, nous continuerons à défendre l’unité d’une gauche écologiste européenne, seule capable d’inventer l’après-Macron et l’après-carbone ! « 

    1. Mouaif! j’ai bien envie de soulever le capot Hamoniste pour aller voir dessous et de retrouver certains compagnons de 2016…
      Ce qui serait bien c’est que les partis ayant la sauvegarde de l’humanité en tête s’unissent des maintenant.
      C’est bien que génération.s parle de l’après Macron/Apres Carbone et non simplement du contre-Macron.

  17. Deux choses au moins :

    – Sur l’accès « démocratique » au mandarinat en Chine, le dernier bouquin de Mauduit (bonnes feuilles dans MP) contient un historique de nos écoles d’admin, Sciences Po et ENA.
    Intéressant cheminement, autour des chocs de la France :
    – après 1848, un ministre inspiré dit peu ou prou « Que tous accèdent à l’administration par leur talents » et se donne le choix entre des instituts attachés aux facs ou des écoles à part, ne prenant le second choix que de justesse.
    Puis après 1870, un autre gars (Emile Boutmy, fondateur de Sciences Po) : « la démocratie c’est joli, mais faut guider le peuple les gars, donc on lui fait une élite qui comprend mieux que lui et qui pourra guider ces ignares » Sciences Po est donc fondé comme truc privé en mode cooptation sociale rampante, pour cet esprit là.
    Puis, 1938, Jean Zay veut un truc chouette mais (i) tombe dans la même ornière qu’en 1850 : non pas la fac, des écoles séparées et (ii) n’aura pas la chance de voir son projet. Ceux qui le reprennent et en font l’ENA sont les De Gaulle et Michel Debré, qui a eu comme maitre un prof de droit très en vogue des années 1920, grand défenseur de la même idéologie que Boutmy : éclairons ces va-nu-pieds ! Seule nuance (Thorez était dans le bateau) ; on privatise Sciences Po, quand même.
    Voilà pourquoi votre fille est muette (et votre ENA forme de beaux cerveaux convaincus de devoir juguler cet ignare de peuple).

    – Sur le débat « mais comment faire que les politiques se bougent » (il faut du changement systémique, c’est pas en changeant les tasses de café jetable du plastique à l’amidon qu’on résoud grand’ chose, George Monbiot le rappelle avec verve ce jour dans le Guardian (https://www.theguardian.com/commentisfree/2018/sep/06/save-earth-disposable-coffee-cup-green, les continents de déchet de plastique des océans sont formées surtout de … morceaux de filets de pêche !):

    Ici, je plaide que l’accaparement des choses par les mots (la société du spectacle) qui est si fort qu’ilélude la tenue même d’un discours systémique (ravalé au mieux au rang de jolie fleur de serre intellectuelle, au pire compissé dans le proverbial violon), obéit à un modèle « proie-prédateurs » (équations de Lotka-Volterra, le mec PJ connait, quelques $$$$$$$$$$$$$ gagné par ses employeurs pré-2007 en témoignent).
    L’idée m’est venue en regardant le discours de nos propres articles scientifiques : éloignement volontaire des discours simples sur ce qui est fait, pour coller aux discours « comme il faut » qui vous assurent d’être en cour, cela évitant de poser la question du roi sinon nu du moins dans un bermuda assez seyant ma foi, mais rien de plus.
    Cette capture des mots atteint son sommet occidental dans la folie Trump, ses fake news, deep state et autres tweets du DDT (Dément Donald Trump, bien plus toxique que le DichloroDiphénylTrichloroéthane en terme de rendre le printemps de l’intelligence silencieux ) , ces choses et ces « fake concepts » sont devenues les prédateurs des médias, lesquels sont des proies-lapin dans les phares de la voiture, incapable de pouvoir s’opposer à l’idée même de traiter des tweets, qu’on puisse dire que quand c’est du fiel mis en octets téléportés, non, ce n’est pas de l’écriture dont on doive traiter, ça doit s’oublier sur place et basta.
    Il me semble que, après trop d’éloignement de la réalité, un retour doive se faire, comme dans les oscillations proies-prédateurs. Dans les cas tristes, ce fut par des guerres, celles-ci s’étant bâties sur des mensonges de taille variable (la polémique est facile, merci), mais qui ne purent porter les mots viciés quand le moment de reconstruire après les destructions fut là, les proies purent respirer à nouveau… jusqu’au prochain cycle.
    Dans cette optique proie-prédateur, le discours « greenwashing » est aussi un exemple.

    Et de ce fait, le cas de la Chine est intéressant dans la mesure où la façon d’échapper à cette logique proie-prédateurs entre les mots, les décideurs, et les médias passe par un usage codifié des mots (DD et DH seraient sans doute plus à même de développer ici), et par l’idée certes d’une maitrise des élites (cf point 1). Mais par n’importe quelles élites : des élites recrutées par un système qui n’est peut-être pas aussi inégalitaire dans les faits que le nôtre (en terme d’accentuer ou pas le niveau d’inégalité déjà existant, préalable). Du coup cette élite a un rôle « Keynésien » ou contra-cyclique dans la gestion de la dynamique « proie -prédateur », désarmant les logiques « inutiles », « dissipatives », et tentant d’imposer celles qui « aboutissent vraiment » (relançant une vraie richesse sémantique : « cela fait sens », comme Keynes fit relancer une société paralysée ) : ainsi les passages rapides aux scooters électriques et aux allées vertes vu par le rédacteur du post plus haut, c’est d’assez forte échelle pour être remarquable à la première seconde, pour ce que j’en ai vu sur un grand campus chinois il y a moins d’un an. Cela « aboutit vraiment », un brin mieux que notre écotaxe, nos cargos qui n’ont pas encore de moteur pauvres en NOx, nos transports en commun dont la gestion évoque si rarement l’esprit d’équipe (en situation de stress, la contremaitrise et les employés ne coopérent plus bien, parlons système et pas corporations svp)
    Donc, la bonne logique systémique, c’est celle où le discours reprend la main sur les mots usés, et ne se niche et ne prospère à nouveau que dans un cadre global, loin de l’individualisme. C’est en partie ce qu’à voulu faire la FI, avec « Le Média ». Bien sûr, je n’ai pas plus de solution simple après ce constat, mais l’idée d’une réforme « à petits pas » (cf démission Hulot) est encore plus évidemment inutile dans cette vision que dans celle qui postule simplement qu’on ne sait pas faire mieux. Et aussi, en terme de collapse, un discours doit être tenu qui ne soit pas un discours unique dont la seule diversité est celle d’un catalogue, « attention à la liste des 12000 menaces suivantes … ») , et donc plutôt un discours qui puisse donner à moudre quelles limites on assure de connaitre dans les organisations autour de soi (quartier, ville, région), assez concrètement (eaux, énergies, biodiversité) pour que l’on exploite un refixage des mots par les pratiques, les amatorats. Combien de parisiens savent par exemple que leur eau vient de la Vanne ou de la Dhuis, à 150 km de chez eux ? Ce n’est pas le meilleur exemple, mais l’eau représente une assez belle chance de faire sentir nos tenants et aboutissants sur beaucoup de thèmes.
    Je me suis un peu aventuré sans filet, je finis presque dans l’eau en queue de poisson !

    1. J’avoue que je n’ai pas tout à fait compris comment en sabotant le réseau d’amenée d’eau potable à Paris ( c’est le cas aussi de pas mal d’autres grandes villes ) , on allait motiver les élus pour agir .

    2. « le discours de nos propres articles scientifiques … pour coller aux discours « comme il faut » qui vous assurent d’être en cour. »
      Remarque qui s’applique aussi aux climatologues de tous poils, si je puis me permettre.

  18. « Après avoir écarté la solution trop évidente peut-être qui consistait à mettre en application l’amendement 25 de la Constitution des États-Unis (j’en parlais justement hier) permettant au gouvernement de destituer le président, car complexe d’un point de vue constitutionnel »

    Moi aussi, nanananére ! Justement, le 21 Juin 2018 en soirée.
    Citations sans vergogne :
    […] Portons nos espoirs sur le 25 ième amendement et sa section 4, à l’application toute problématique. Peut-être, si ces messieurs les psychanalystes voulaient bien se mettre en avant et éclairer de leur science une opinion publique demandeuse…[…]

    Y’avait aussi une critique de Mueller, un «branque» , incapable de trouver des faits matériels incriminant à suffisance Trump.
    Et naturellement, une critique discrète et toute en nuance de notre hôte.

    1. Le problème du 25ème amendement comme moyen de destituer Trump, c’est que si vice-président et une majorité des principaux fonctionnaires déclarent le président incapable de gouverner, et si le président répond que « mais si voyons je suis capable », la question aboutit devant le Congrès, qui peut destituer le président… si une majorité des deux tiers le décide.

      A supposer même que la totalité des Démocrates l’approuve, même les projections les plus optimistes ne leur donnent qu’un peu plus de la moitié des sièges. Il faudrait donc qu’au moins un petit tiers des Républicains votent eux aussi la destitution pour « incapacité ».

      Avec de l’ordre de 42% de soutien pour Trump dans la population américaine, et plus de 80% parmi les électeurs républicains ? Totalement improbable.

      Il faut se faire à l’idée : selon toute probabilité, Trump restera président des Etats-Unis jusqu’à fin 2020. Au moins.

      La réalité peut déplaire, mais elle demeure.

      1. C‘est à peu près ce que je retirais de mes lectures, fin Juin (sans vos précisions chiffrées, toujours bienvenues, en plus voir l’oracle pré-électorale ici : https://www.pauljorion.com/blog/2018/08/31/etats-unis-a-70-jours-des-elections-de-mi-mandat/ ) mais le Sénat bouge, peut-être sous l’impulsion posthume de feu le Sénateur McCain . En effet, on ne peut plus exclure qu’une fraction des élus du GOP se retourne contre Trump. La destitution ne serait plus hors de portée. La sous-fraction ‘Tea Party’-libertarien aurait prévenu que si la chose advenait, le risque de réactions violentes serait non nul.
        Quelques émeutes urbaines, pas de quoi fouetter un chat…
        Attendons fin Novembre pour voir si y’aura du rififi à tous les étages.

  19. Une réalité n’est jamais mentionnée à propos de la capabilité chinoise à mettre en œuvre une politique nécessaire et nominalement profitable à toute une société comptant 19% des 7,2 milliards d’humains. La monnaie des Chinois compte et représente exclusivement les intérêts matériels de la société nationale chinoise. Les Chinois sont effectivement capables d’interpréter rationnellement les politiques qu’ils mettent en œuvre par la masse comptable des crédits en monnaie déposés au nom de chaque centre de décision et d’action économiques. L’émission des signes monétaires est exclusivement contrôlée par le pouvoir politique de l’État chinois à travers la cascade des crédits prenant sa source dans les budgets publics de l’état central puis des collectivités publiques locales et irrigant ensuite toute la micro-économie des entreprises et des personnes physiques privées.

    Tout paiement, toute dépense et tout crédit s’inscrit en Chine dans un emboitement des décisions privées particulières dans des politiques et des cadres explicitement intégrés dans un état central unique régi par un même corps de lois, règlements et intérêts. La tutelle nominale du Parti Communiste Chinois sur la société et l’économie pose un cadre unique commun d’interprétation et d’évaluation de toutes les dépenses engagées dans la monnaie commune entre les particuliers et l’état central. Tous les prix s’inscrivent dans un même référentiel de souveraineté où chaque engagement de dépense est associé à un nom d’institution publique et à l’individu qui l’incarne par les écritures bancaires. La représentation des acteurs économiques par des personnes physiques identifiées exclusivement responsables par la monnaie utilisée devant la république des Chinois, fait que le gouvernement est obligé d’assumer effectivement son rôle de régulateur économique et ne peut pas ne pas en rendre compte à son opinion publique.

    La circulation du capital par la liquidité monétaire entre l’en-dedans et l’en dehors de la souveraineté chinoise est sous le contrôle des pouvoirs publics, donc de la responsabilité politique par ses instruments monétaires d’arbitrage public. La convertibilité de la monnaie donc des prix chinois entre l’intérieur et l’extérieur de la Chine n’est pas fixée par un marché « auto-régulé » d’intérêts privés mais dans un marché public régi par des banques publiques inféodées au pouvoir politique. La monnaie chinoise a explicitement deux figures : intérieure nommée « yuan » et extérieure nommée « renminbi ». Payer en yuan signifie se conformer à la loi et à l’ordre économico-politique chinois. Payer en renminbi signifie se conformer aux rapports de force et à la concurrence internationaux pour fixer le prix de ses engagements et de ses créances et en obtenir la liquidité. La parité entre yuan et renminbi n’est ni unique, ni universelle : elle est fixée au cas par cas par la puissance publique bancaire chinoise en fonction des individus et des institutions concernés.

    Techniquement, la distinction juridique et pratique entre yuan intérieur et renminbi extérieur crée la réalité d’une politique de change chinoise dans l’intérêt explicitable de l’État et de la société chinois. Les primes de change captées par les banques entre les dépôts à terme en yuan et les dépôts à terme en renminbi sont juridiquement des éléments de fiscalité qui alimentent les budgets publics, donc la dépense commune des Chinois intérieurs. Le système financier chinois est isolé de la finance globale anonyme hors sol de sorte que les Chinois gardent quoiqu’il arrive la maîtrise de la mesure, selon leur propre système politique et juridique, de leurs dettes, créances et prix dans leur réalité économique différentiable et séparable du reste du monde. La réalité chinoise peut être pensée, appréciée et activée dans une relative autonomie par rapport au reste du monde ; les intérêts économiques, politiques et culturels chinois sont différentiables des intérêts non chinois.

    Le système monétaire chinois, qui était aussi celui de l’Occident avant la révolution industrielle libérale des deux derniers siècles, instaure la condition de possibilité d’une réalité objective circonscrite par une subjectivité incarnée, identifiable donc matériellement responsable. La transformation du réel désirable ou constaté n’est donc pas le fait comme en Occident de forces surnaturelles virtuelles seulement décryptables par des génies ou des sur-hommes mais une chose commune portée par une société physiquement constituée qui élabore son gouvernement réel dans l’espace et la durée. Les Chinois parlent et délibèrent moins que les Occidentaux mais ils se gardent la faculté de transformer leurs décisions en actes effectifs sur une réalité subjectivement circonscrite. La monnaie occidentale politiquement et socialement neutre fabrique le chaos individualiste ; la monnaie chinoise instaure une société et une politique qui fait une subjectivité chinoise agissante.

    Reste en Chine la question non résolue de la liberté individuelle à avoir un jugement complexe propre, un rôle spécifique complémentaire et une participation négociable à l’œuvre commune du monde réel partagé. Sur ce sujet, les Chinois dépendent de la notion et de l’expérience occidentales de la personne. La personne est l’unicité de l’individu à la fois subjective et objective qui est, qui existe et qui agit par relation avec autrui distinct de soi dans d’autres personnes de même nature et de même statut avec qui la personne fait sociétés pour rendre les réalités transformables à son bénéfice collectif. L’existence effective de la personne physique et morale rend la réalité discutable, donc intelligible, donc transformable, donc adaptable à la vie de toutes les personnes dans les sociétés. La survie de l’espèce humaine exige désormais que le travail de recherche, d’intelligence, de décision et d’action mobilise toute la diversité des personnes dans une même direction acceptable par tous aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur des frontières monétaires de la Chine.

    1. La monnaie et son mode de gestion est certainement le signe le plus incontournable du lien vertueux ou pervers qui unit ou asservit l’individu et le groupe , tant il est le référent à la fois réel et virtuel de « l’échange » .

      L’échange chinois ,sinon vertueux , est ancré dans le réel .

      L’échange au mode libéralo-capitaliste n’est plus ancré dans le réel , et ne parveint épisodiquement à y revenir qu’au prix de guerres ou de destruction des plus faibles .

      Il y a donc bien une manière vertueuse , au moins « techniquement » de gérer l’échange par :et la monnaie .

      Mais la monnaie ne dit rien de façon explicite sur les attendus et finalités de « l’échange » et de la place de « l’individu » et du groupe .

      Comparer les considérations portées à la gestion de la monnaie est nécessaire .

      Comparer les attendus et finalités des Constitutions qui fondent les groupes en définissant l »individu est strictement nécessaire .

      Et il n’y a de progrès et de cohérence que lorsque Constitution et monnaie répondent aux mêmes aspirations des peuples qui les adoptent :

      http://mjp.univ-perp.fr/constit/cn1982.htm

      http://www.assemblee-nationale.fr/connaissance/constitution.asp

      et en particulier , précisent les limites de la « Propriété » des  » biens » … « échangés »., les mésaventures du TCE et de l’Euro nous le rappellent .

      1. Ce qui me rappelle un échange avec Arkao dans ce même billet « l’utopie réaliste » , et donne mon parti par rapport au dernier argumentaire de DD et DH quant à l’enjeu « Liberté » en appelant Aragon à la rescousse .

        Ni Arkao , ni moi n’étions prêts à renoncer à la Liberté de notre devise nationale , mais cette liberté là a deux sœurs siamoises de taille : Egalité et Fraternité .

        L’une des trois sans l’une de ses deux sœurs et plus rien ne vaut , et quand les heurts naissent entre elles , c’est la Fraternité qui règle le désaccord .

        Liberté , Egalité , Fraternité étendue au vivant !

  20. Après les dithyrambes, un devoir de vérité.
    Voici un bref extrait (plus ferait beaucoup trop)
    Tiré de: Les Carnets de Voyages d’Albert Einstein: L’Extrême-Orient, la Palestine et l’Espagne, 1922-1923 Princeton University Press

    Les Chinois sont des personnes industrieuses, sales et obtuses.
    Ils ne s’assoient pas sur les bancs pour manger: ils s’accroupissent, tels des Européens qui se soulageraient dans des bois de feuillus. Tout se passe dans le silence et la pudeur.
    Les enfants même, sont sans âmes et obtus.
    Il serait dommage que ces Chinois supplantent toutes les autres races. Pour les gens comme nous, cette seule pensée, est indiciblement triste.

    Retournons dans le monde réel, et reprenons nos esprits.
    Je vous conseille fortement de lire de Rao Pingru, NOTRE HISTOIRE, paru au Seuil, traduit du chinois par François Dubois.
    J’ai placé, là, ci-dessous, la quatrième de couverture de ce livre, et une page, particulièrement touchante, ouverte au hasard.
    http://www.fleurey.net/b/notre_histoire.pdf

    Claude Fleurey
    chine@fleurey.net

      1. On peut être un génie , et n’être pas « complet » .

        D’ailleurs c’est presque une condition pour être un génie .

        Et c’est bien pour ça que la démocratie et le pluralisme sont à préférer aux dictatures ou aux aristocraties .

  21. En fait on pourrait -presque- dire que l’écologie, et en laissant toute mesure au pouvoir, était déjà prévue dans la 4ème Constitution du 4 décembre 1982, inchangée depuis sur les points qui suivent, de la République populaire de Chine :
    chapitre 1
    article 9 2è§
    « L’État assure l’utilisation rationnelle des ressources naturelles et protège les plantes et les animaux rares. Il est interdit à toute organisation, à tout individu, d’user d’un moyen quelconque pour s’approprier ou endommager les ressources naturelles.  »
    tout au moins en esprit,

    article 10 2è§
    « les parcelles de terre cultivable ou montagneuse réservées à l’usage personnel sont propriété collective »

    article 26
    « L’État protège et améliore le milieu dans lequel les gens vivent et l’environnement écologique et mène la lutte contre la pollution et les autres nuisances.
    L’état organise et encourage la plantation d’arbres et le reboisement et protège les arbres et les forêts. »
    avec quelques contradictions vu les mines de charbon…

    Il me semble – étant peut-être une piètre citoyenne – que notre constitution ne comporte aucun article sur la préservation : des animaux rares, de protection de ressources naturelles et des plantes, de préservation du milieu dans lequel les gens vivent, n’a prévu pas le reboisement etc.

    L’Europe procède par lois et décrets concernant l’environnement avec accord de tous les pays membres qui sont censés l’appliquer, les contrôles sont-ils efficaces ?

    1. La charte de l’Environnement de 2004 est partie intégrante de notre Constitution ( voir lien que j’ai mis plus haut ) .

      Les contrôles européens existent sont parfois plus sérieux que les contrôles nationaux .

      Pour l’application des sanctions , européennes ou nationales , c’est autre chose ….

  22. La Chine fabrique des petits micro intelligents qu’elle exporte un peu partout dans le monde, peut etre plus vers les pays occidentaux. Y a t’il une concurrence avec les USA ?

  23. Qui est le fier combattant ?
    Celui-ci ou un autre ? en fait non ils sont plusieurs.
    C’est la meilleure protection qui soit pour détourner ou subtiliser les documents ou décisions qui doivent l’être.
    Un seul serait beaucoup trop dangereux, il pourrait se faire repérer par Trump lui-même malgré son imbécilité.
    C’est l’armée de l’ombre qui s’est soulevée au vus et au sus de tous.

  24. C’EST L’HISTOIRE D’UN BLOG…

    International Lobby ! – Lobby International !! *
    Serait-ce un appel pour une 5ème Internationale ?
    Une 5ème Internationale sociale, démocrate et écologiste, regroupant “sans idéologie, discours ou baratin”, comme aurait dit Coluche, vous, moi, “ceux qui n’ont plus rien, les recalés de l’âge et du chômage, les privés du gâteau, les exclus du partage” ?
    Et si ça se passait ici, ici sur “Le seul Blog optimiste du monde occidental” ?

    On pourrait peut-être commencer par écrire ensemble une chanson, “un truc qui cartonne !” **
    Une chanson qui ne promettra pas le grand soir ***, mais juste… un nouveau matin pour l’espèce humaine !

    ……….

    * : Le 30 août 2018, Paul Jorion lance un appel sur son blog.
    https://www.pauljorion.com/blog/2018/08/30/106273/

    ** : Le 26 septembre 1985, Coluche lance un appel sur Europe 1 : « J’ai une petite idée comme ça, un resto qui aurait comme ambition au départ de distribuer 2 000 à 3 000 couverts par jour en hiver. » Par manque d’argent, il demande à Jean-Jacques Goldman de lui composer une chanson : « Salut ! Il nous faudrait une chanson pour les Restos du cœur, un truc qui cartonne, qui nous fasse gagner beaucoup d’argent. Toi tu sais faire . » Jean-Jacques Goldman lui demande pour quand il doit lui faire, Coluche lui répond « La semaine prochaine ». Goldman la boucle en trois jours.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Chanson_des_Restos

    *** : L’idée d’une Vème Internationale vient de loin… Maïakovski en avait déjà fait le titre, en 1922, d’un de ses poèmes les plus visionnaires…
    https://www.legrandsoir.info/Pour-la-Veme-Internationale.html

      1. « Le temps, c’est de l’argent »
        Robin des bois était un archer légendaire capable de tirer une flèche dans une autre flèche. Cette image n’illustre-t-elle pas à elle seule deux façons de considérer le temps – temps cyclique (Chine, Orient) – temps linéaire (Europe, Occident) ? En même temps, n’est-il pas étonnant de retrouver cette question du rapport au temps dans la décision de Nicolas Hulot, lorsqu’il déclara, lors de la passation de pouvoir avec le nouveau ministre : « L’urgence écologique est un appel à l’urgence d’agir. Je suis ici pour agir pour l’écologie avec méthode, détermination et persévérance, dans le temps »  (…) « Je m’éloigne, mais je ne vous abandonne pas… »
        Donc, que ce soit pour mener à bien une action ou convaincre autrui d’agir, cela demande du temps.
        Et, c’est là que la question formulée par Paul Jorion prend tout son sens, selon moi, et nous éclaire sur la nécessité de prendre en compte l’autre et sa logique propre : « Mesdames et Messieurs du monde des affaires, avez-vous réfléchi à l’impact de l’extinction du genre humain sur votre propre entreprise ? »
        Moralité, «  rien ne sert de courir, il faut étudier la ‘cible’ du temps avant tout ».

      2. S’il n’y a pas besoin de courir , il doit me rester un peu de temps à vivre .

        Mais on n’est pas trop ferré pour imaginer ce que « temps » veut dire , qu’on le mette en flèche ou en cercle .

        Restent la joie , l’espoir , la crainte et la souffrance .

  25. il devient urgent de reprofessionnaliser les communes pour offrir aux habitants un accueil digne et democratique.
    Les elus se melangent les pieds dans le tapis et tout va de travers.

    1. bonjour Annie,
      La protection de l’environnement existe que pour faire supporter aux conducteurs des taxes dites du « pollueur payeur ». il n’y a rien d’autres.
      Si je paie je serais toujours un « pollueur payeur ». c’est le fond vert et la PAC verdissante.
      C’est une histoire de pognon

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