Macron et les Gilets Jaunes – I. L’Autre et le Tiers, par Dominique Temple

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I. L’Autre et le Tiers

Lors du “Grand débat” réservé aux intellectuels[1] qu’il avait invités, Emmanuel Macron, Président de la République, estimait que dans une société libérale la question du choix individuel est oblitérée du fait de la tension entre la liberté de chaque individu et la liberté de l’autre lorsqu’il n’y a pas de contrainte collective qui en limite l’arbitraire car dès lors on ne peut juger les choix d’autrui que comme attentatoires à l’idée du commun que l’on se fait de ce qui doit être partagé.  À moins que ces intérêts soient identiques, les définitions du commun sont l’enjeu de forces divergentes en fonction de la différence de ces intérêts. Il veut, assure-t-il, l’épanouissement de la liberté de chacun, normé par la vérité objective. Son projet est la coordination des efforts des uns et des autres, aussi différents soient-ils, pourvu qu’ils contribuent au destin commun en raison de leur complémentarité pour réaliser des objectifs identifiés collectivement. Le commun doit assurer le développement d’un destin individuel dans un destin collectif. Admettons ! Mais se pose la question de savoir qui peut s’approprier légitimement la définition du commun pour pouvoir lui imposer des limites collectives ?

Par ailleurs, il soutient que la révolution numérique assure la déconnection de l’espace et du temps et l’accès à l’infini, qui s’opposent aux limites que la parole raisonnée du politique doit assurer. Et il voit dans les réseaux sociaux une dissolution du collectif à partir de laquelle chacun recrée l’autre sous une forme négative et introduit ainsi la haine de l’autre chez soi. Ce changement anthropologique, ajoute-t-il, créerait des communautés substitutives fondées sur des critères d’identité et de refus de l’autre. Seule l’appropriation [privée] permettrait de définir le rapport à l’autre, parce que s’il n’y a plus de frontière ou d’espace permettant de s’approprier quelque chose, il n’est plus possible de pratiquer l’hospitalité. Il faut donc remettre non seulement le contrôle aux frontières, mais aussi de la souveraineté dans la légitimité de l’autorité ; enfin, en appeler au tiers de confiance des corps intermédiaires pour recréer des formes de communauté nouvelles.

On a besoin de l’autre, dit Macron, pour constituer son identité. Son interprétation de l’autre est comparable à celle de Paul Ricœur qui dénonce l’idée que la réflexion de la conscience soit un retour de l’identité du Soi sur elle-même (qu’il appelle la mêmeté) et imagine, pour ne pas abandonner cette identité à laquelle il entend rester fidèle, que l’individu est capable de concevoir l’altérité à partir de lui-même. Cette place prédéterminée de l’autre justifie l’hospitalité, car l’autre devient le bienvenu du moment qu’il vient apporter la confirmation du bien-fondé de la différenciation de soi-même. Se considérer soi-même comme un autre (ce qu’il appelle l’ipséité) serait le préalable à l’hospitalité. Cette philosophie conforte l’idéologie de l’économie libérale car elle soumet le rapport à l’autre au préalable de la propriété privée et le conçoit comme un libre-échange. L’hospitalité devient seconde par rapport à la responsabilité vis-à-vis de soi-même et de son intérêt.

Comme l’économie libérale, cette philosophie repose sur la biologie, mais elle fait l’impasse sur l’anthropologie[2]. L’“individuation” n’est pas la même chose que l’“individualisme” : si celui-ci est déterminé par la différenciation biologique, l’individuation est le fruit d’une relation de face à face de chacun avec autrui. La relation réciproque fonde un Autre en chacun de ses partenaires, et ce Tiers entre les uns et les autres est le sentiment d’humanité de chaque citoyen ; dit autrement, le Tiers substitue au Moi caractérisé par son idéal personnel un Soi issu de la réflexion de sa conscience dans la conscience de l’autre. C’est la même chose pour le collectif : le “commun” signifie le face-à-face entre tous, et le “Tiers” né de cette relation dite de partage devient la puissance éthique des citoyens.

En fonction de la structure qui le promeut, le sentiment éthique s’éprouve différemment : le face-à-face singulier engendre l’amour, le face-à-face collectif (le partage entre plusieurs) engendre l’amitié, enfin si le partage devient la redistribution au plus grand nombre, le “visage de l’autre ne peut plus témoigner du sentiment d’amitié, et celui-ci se confond avec la confiance. Mais de toutes les façons, le Tiers est individué en chacun à partir d’autrui et non par différenciation à partir de soi-même.

C’est pour avoir manqué cette genèse du sentiment d’humanité qui donne à tout le monde sa dignité vis-à-vis d’autrui que la théorie libérale a confié au collectif et au particulier le soin de substituer à la réciprocité un rapport d’équilibre entre la non-réciprocité de la privatisation et la non-réciprocité de la collectivisation : deux aliénations antithétiques dont l’équilibre produit  l’insignifiance des rapports humains. Cette idéologie est périmée.

Mais nous pouvons aller plus loin dans cette critique : le corps intermédiaire dans lequel Macron voit un relais du pouvoir entre l’Etat et le peuple ou entre le capital et le travail est un relais de communication soumis à la logique de la connaissance qui légitime un langage savant du pouvoir vis-à-vis d’une pratique empirique de l’éthique. Or, le Tiers dont nous parlons est bien différent de ce tiers abusivement investi de la vérité, et crédité de la confiance populaire du fait de son ignorance. Le Tiers est le sentiment de la conscience éthique née du rapport de réciprocité de l’un à l’autre, et il est erroné de réduire le sentiment immédiat des gens du peuple à l’instinct de l’individu ou à ses réflexes, à moins que le système capitaliste ne réduise les hommes à des consommateurs conditionnés. Le Tiers est directement et physiquement celui qui recevant d’un côté donne de l’autre dans une relation de réciprocité généralisée (le marché non-capitaliste ou post-capitaliste) où chacun assume par lui-même l’individuation de la conscience commune en son propre nom, c’est-à-dire la responsabilité.

Pour être des citoyens égaux, tout le monde doit pouvoir revendiquer sa responsabilité et sa compétence vis-à-vis de la société entière quant à son organisation économique : c’est de la participation de tous que se construit l’économie qui n’est pas interrompue par le puits sans fond de la privatisation de la propriété des biens naturels, des ressources de la terre et bien entendu des bien sociétaux engendrés par le génie humain. Ces biens et notamment ceux dus à la science, la première communauté de réciprocité universelle, ces biens appartiennent à tous et nul ne peut légitimer leur appropriation privée.

La théorie libérale, qui prétendait justifier le capitalisme par le succès de ses entreprises du moment qu’il pouvait renvoyer ailleurs ceux qui ne souscrivaient pas à ses conditions, ne peut plus invoquer cet ailleurs, la technologie et la science ayant atteint les limites de la planète. Non seulement cette théorie est obsolète, mais elle devient de façon ostentatoire criminelle. C’est de cela dont témoigne la prise en considération des limites de la planète par la nouvelle génération.

L’économie sociale ne peut donc être différée sous le prétexte que l’idéologie libérale s’étant emparée du pouvoir exclut que le peuple puisse la contredire. La mise au pas du génie de l’expérience sociétale ou civile est un attentat contre les libertés fondamentales. Si le marché capitaliste ne peut que faire violence à la dignité humaine, si la propriété privatisée ne peut que défaire la propriété sociale, si la liberté des uns ne peut que se déployer au détriment de la liberté des autres, alors les auteurs de ces crimes doivent être traduits devant la justice, pourvu que celle-ci soit indépendante du pouvoir.

Le système capitaliste est condamné par les citoyens en phase avec son développement le plus évolué parce qu’ils deviennent conscients de ses conséquences chiffrées par les scientifiques. Et ils sont rejoints par les plus démunis qui sont les premiers au contact de la catastrophe. Les sociétés périphériques franchissent immédiatement les étapes du développement capitaliste y compris par l’intermède de révolutions libérales éphémères comme les printemps arabes qui devant la mort annoncée de leurs espérances basculent de leurs illusions dans la conscience universelle ou dans l’alternative religieuse. La prise de conscience des fondements du système capitaliste, le vol de la propriété de la terre et l’exploitation de l’homme par l’homme, est désormais à la portée de tout le monde.

Le libéralisme économique a ruiné l’espérance de l’humanité dans la civilisation occidentale, et à plus forte raison dans le projet européen de l’économie néo-ultralibérale. Cependant, grâce aux réseaux sociaux qui s’interconnectent en temps réel sur l’ensemble du monde, l’humanité peut faire face à la mise à mort de la vie sur la planète par le pouvoir capitaliste. L’information échappe au contrôle des usurpateurs du droit qui rêvent de la contrôler à leur profit, et elle instaure entre tous les hommes une relation de réciprocité généralisée qui engendre un sentiment éthique immédiat et un sens commun à toutes les représentations humaines y compris scientifiques.

Madame Delmas-Marty a rappelé opportunément à monsieur Macron que la Chine s’est donné comme objectif constitutionnel la construction du “commun universel”, l’humanité. La réaction capitaliste d’un commun européen défini par son intérêt collectif face à l’avenir de l’humanité masque mal que le pouvoir capitaliste fondé sur l’exploitation du plus faible par le plus fort est acculé sur sa dernière ligne de défense. L’anthropologie en effet dément toute légitimité de l’appropriation privée de la terre et du ciel depuis le commencement de l’humanité dans quelque société que ce soit. Elle dit que l’Interdit sur lequel se construisent toutes les sociétés humaines pose l’altérité comme le contraire de l’identité, et non pas comme une différenciation de celle-ci. Elle dit pour le moins fermement que l’homme ou la conscience n’est pas la vie. Tout être vivant se différencie de lui-même, mais cette différenciation ne concerne que le vivant. L’anthropologie établit que l’homme est un animal politique, un vivant, mais un vivant pensant. Elle précise que la pensée n’est pas le stade suprême de l’évolution ou de la vie. La sensibilité entre la vie et le monde, lorsqu’elle se réfléchit sur elle-même grâce à la relation de réciprocité entre les hommes, s’affranchit de tout déterminisme et devient la conscience. La conscience naît d’une relativisation des contraires (l’identité et la différence) fondée par la négation à la fois de l’identité collective et à la fois de la différenciation individuelle : l’Autre, donc, doit être respecté comme un absolu, non pour sa différence ou son identité, mais pour sa conscience. C’est du Verbe réciproque et non de la vie que naît l’éthique, et celle-ci est un Tiers absolu qui s’incarne en chacun.

L’éthique est commune à tous les hommes, quelle que soit la représentation qu’ils s’en donnent dans leur imaginaire. Dans la réciprocité généralisée, le premier élan de ce Tiers commun est la conscience de l’humanité en chacun d’entre nous. Cela s’appelle la Démocratie.


[1] Grand débat national, du lundi 18 Mars 2019.

[2] Sur les limites que l’anthropologie oppose à la philosophie de Ricœur, cf. D. Temple, « Paul Ricœur – Reconnaissance et réciprocité », Journal de mars 2015 sur le site Dominique Temple
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39 réflexions sur « Macron et les Gilets Jaunes – I. L’Autre et le Tiers, par Dominique Temple »

  1. Bien que je préfère opposer l’anthropologie au dogme et à la doctrine plutôt qu’à la biologie ( sans doute mise un peu hâtivement à la disposition du libéralisme ) , ce texte est sans doute le plus questionneur depuis longtemps sur le blog .

    S’il s’arrête au moment où ça devient plus difficile ( comment on s’organise vraiment ) , il débusque bien les radicalismes partisans de tous bord , hérités de l’histoire et des « états de fait » , en renvoyant honnêtement la question ( alors posée dans les bons termes donc avec des chances de trouver des solutions réelles ) dans l’agora .

    J’y retrouve les bonnes raisons qui me font préférer les hommes d’expérience de terrain ( maires ) aux doctrinaires aussi brillants soient ils , quant il s’agit d’accorder politique avec réel .

    J’y retrouve la nécessité du verbe pour réussir cette dynamique du Lien et de la Loi .

    J’y retrouve la nécessité de la bienveillance sans naïveté , de la mesure des temps , pour forger un avenir à la fois en « animal » et en « conscience » .

    Ya plus qu’à .

    Et ça dépasse bien Macron , Trump , Poutine , Xi Jinping , les gilets jaunes et Greta … Et ça les concerne tous .

  2. A propos de travaux pratiques , je serais preneur de l’avis de Dominique Temple sur le tabouret à trois pieds présenté dans la vidéo Trump-lobbyistes- démocratie du moment , qui peut séduire par le rappel de « Liberté , Egalité , Fraternité  » , mais devient plus amendable si on n’adopte pas la répartition des « tâches  » entre secteur privé , secteur étatique , secteur  » pluriel » ( ?) qui y est mentionnée .

    Car pour moi , la somme des trois pieds sinon le tabouret , c’est la République qui a pu via la démocratie organiser la définition et l’articulation des trois supports qui , eux , sont bien nommés : Liberté , Egalité , Fraternité .

    Si l’on est optimiste , on posera que c’est la nécessité et l’envie du  » étendue au vivant » , qui permettra à la République d’être , via une démocratie aboutie parce qu’elle aura réussi l’union du Lien et de la Loi , de l’anthropologie et des Pouvoirs , de l’être et de l’avoir .

    Hâte de lire le chapitre II.

    Serais déçu , si , comme le titre le laisse craindre , on reste , sur ce chantier aussi, en France .

  3. Pour moi la relation à l’autre dans son environnement immédiat est bien là clé de bien des maux dont souffrent des personnes. « Ce que parler veut dire » disait un ami.
    Parler comme au parlement ou comme à la TV est source de confusion.
    Parler sans sujet ou parler en répondant à des questions comme à l’assemblée nationale ou au sénat. La TV ou le journal propose des questions auxquelles les intervenants sont soumis de répondre.
    Monsieur MACRON chef d’Etat fait ce qu’il veut comme Monsieur TRUMP, ils sont tous les 2 riches.

  4. Nous y voilà à traiter l électeur de Trump de pauvre gogos… Doit on y voir une haine saine et juste de la populace indécrottable qui vote avec les pieds ? Nous voilà donc bel et bien en politique avec les deux mains dans le cambouis… Le relan élitiste le disputant aux effluves populistes…

    1. Qu’est-ce qu’il vous faut de plus pour considérer qu’un électeur de Trump est soit un oligarque, soit un misérable déjà plumé à qui on a fait prendre des vessies pour des lanternes pour lui enfoncer encore davantage la tête sous l’eau ?

      Faites-moi une liste d’exigences supplémentaires, j’y répondrai volontiers.

      1. On va demander à Aukazou les nuances entre :

        – pauvres gogos ,
        – gogos pauvres ,
        – « pauvres gogos! »

        Si on dit « sales riches  » , est ce que ça veut dire que tous les riches sont sales ?

        Avec les cons , au moins , il n’y a pas d’ambiguïtés entre les relents et les effluves .

        Encore qu’à Marseille , tout est dans le ton ( pour les cons) . En franco-espagnol , j’ignore .

        https://www.youtube.com/watch?v=n8uhFllLxyk

      2. « Avec les cons , au moins , il n’y a pas d’ambiguïtés entre les relents et les effluves . »

        Je plussoie !!!

      3. Hum au doigt mouillé, je dirais qu’il faut, en plus :

        – un critere impartial de ce qui est une vessie et de ce qui est une lanterne.
        – un critere impartial du mieux et du pire
        – un critere impartial d’évaluation objectif et subjectif (relatif à cette catégorie de poprulation) du plus important et du moins important.
        – une preuve que les autres camps en présence ne font pas non plus prendre à leurs electeurs des vessies pour des lanternes.
        – et in fine qu’il n’y a pas aux usa que des oligarques ou des misérables déjà plumés.

        Bon du coup, on sera tous d’accord je pense pour dire qu’a minima vous etes allé trop vite en besogne.

  5. Juste une question à D Temple:
    Vous dites: « L’anthropologie en effet dément toute légitimité de l’appropriation privée de la terre et du ciel depuis le commencement « .
    Par « appropriation privée » entendez vous uniquement certains individus (les riches) et excluez vous les états.
    En d’autres termes, considérez vous comme légitime la propriété de l’état saoudien (par exemple) sur le pétrole que la géologie seule a placé sur son territoire, sans aucune valeur ajoutée par cet état.

    1. @Hadrien
      Appropriation des richesses du sous-sol apparue historiquement aux âges des métaux et principalement à l’âge du Bronze (vers 3000 – 1000 avant JC selon les régions du globe). Appropriation, réseaux d’échange entre les lieux d’extraction et de transformation, entrainant une accumulation de richesses pour certains et le début d’une hiérarchisation sociale très marquée.
      https://www.cairn.info/revue-annales-2005-5-page-975.htm#
      Le marché européen, une très longue histoire.

      @Dominique Temple
      Même remarque, sur le fond, qu’Hadrien. Veuillez préciser la notion d’appropriation privée de la terre et si besoin rappeler la nature de la discipline appelée anthropologie.

      1. Il me semble de mon côté que « l’appropriation » de certains espaces tenaient davantage de la défense du terrain de chasse et /ou de cueillette , et de la présence et utilisation de l’eau . Les villes sont nées à proximité de ressources en eau . L’agriculture et la sédentarisation , si on lui octroie 7000 ans d’âge , a eu son essor près du Nil et des grands fleuves . On s’est sans doute approprié la surface et ce qui dépasse , avant le sous-terre .

        Sur la phrase reprise du texte de Dominique Temple , je crois qu’il dit que ce que l’anthropologie dément , c’est qu’il y avait une « légitimité » à l’appropriation . Si je l’ai bien traduit , cela signifierait que si la biologie ( Jducac dirait le spermatozoïde capitaliste ) peut soutenir l’inclination à l’appropriation , l’anthropologie , en ce qu’elle met en étude la création , les mécanismes , les lignes de forces des liens entre humains pris dans leur environnement , ne « légitime » pas cette appropriation .

        Les « lois » biologiques ne font pas Lois humaines . Ce que , dans mon cinéma , j’exprime par le « Lien  » n’est pas la « Loi » , et la spécificité humaine , c’est d’être condamnés à pourtant les rendre compatibles pour assurer la survie et le bonheur de l’espèce . Et que si on n’y arrive pas , une IA vaguement dotée « d’affects » fera moins de dégâts .

        Mais ça ne sera plus alors , ni « Je » , ni  » Nous  » . Ni Macron , ni les Gilets jaunes , ni « Personne » .

      2. @Juannessy
        Le phénomène urbain est bien lié essentiellement à l’eau, mais dans sa composante voie commerciale (maritime ou fluviale). Quelques exceptions notables : les villes continentales où s’effectuent les ruptures de charge par voie terrestre entre les grands bassins hydrographiques (la Champagne par exemple, entre Méditerranée et mer du Nord, d’où la grande richesse de ses principautés gauloises et des foires du Moyen Âge).
        Ville = carrefour = commerce.

        « …si la biologie peut soutenir l’inclination à l’appropriation… » Houlà, ça se discute, et pas qu’un peu.

      3. La biologie : c’est cependant ce que sous tend Dominique Temple ( et Jducac). sans doute moins , ou avec pas mal de circonstancielles , les biologistes .

        Sur villes et eaux , si je vois bien les grandes cités qui s’associent à l’histoire de la navigabilité , je persiste à penser que « Aqua  » reste fondatrice de multitudes de bourgs puis villes , par la ressource vitale pour la consommation ou le confort ( thermes ) des hommes et des bêtes , par l’outil de travail ( Furania ex Saint Etienne pour la trempe des épées gauloises dans les eaux du Furan , lavoirs domestiques ou de teintures …) . Faut il rappeler que toutes les communes de terminaison en « ..ac » ( Beauzac , Retournac , Langeac , Naussac …) du massif central , la doivent à la mutation de « aqua » en « ac ».

        Traces souvent sympathiques de la conquête et colonisation romaine .

        Un certain aqueduc célèbre a atteint ses deux milles ans .

      4. Mes instituteurs m’ont donc menti à l’insu de mon plein gré ! Ils devaient être stipendiés par l’envahisseur romain .

        Il ne me reste que Chaudes Ayguës et Aiguës mortes pour me récupérer .

      5. En tous cas , avec la Seine à deux pas , les pompiers ne manquent pas de ressource pour noyer les décombres .

      6. « que les pigments qui sont difficiles à se procurer . »

        Végétaux , organiques ou minéraux oui, . Mais on sait fabriquer d’excellents pigments de synthèse. Mais les mix et les liants, entre autres, voire les fixateurs, ne sont pas les m^mes selon l’usage et la destination du support.

      7. Dix ans, rien que pour les travaux de rénovation qui avaient commencé…
        Les arcs boutants supplémentaires de Viollet Leduc ont fait le job et les jets d’arc boutant des pompiers aussi l’ont maintenu debout .

        « Puis ce lundi 15 avril, les ouvriers s’étaient attaqués à la rénovation de la flèche, recouverte de 250 tonnes de plomb. Tous les éléments devaient être déposés, remplacés et remontés. Il s’agissait de refaire à l’identique les corbeilles, les crochets, les pinacles, les gargouilles et les colonnes. La rénovation de Notre-Dame devait initialement durer une dizaine d’années. »
        https://www.rtl.fr/actu/justice-faits-divers/notre-dame-de-paris-ce-que-l-on-sait-des-travaux-en-cours-au-moment-de-l-incendie-7797436188

    2. « Paul Jorion n’est pas allé jusqu’à dire que c’était la punition divine de l’église catholique , empêtrée dans ses scandales . »

      Sans parler de la réaction du Pape…!

      La punition divine ? Une fable sordide sans intérêt. Non merci.

      Notre-Dame, je n’en parlais pas dans ce sens, je l’ai visité, c’est magnifique !

      La flèche, la dernière en date étant de Viollet-Le-Duc a fait un plongeon ce soir.
      C’est vrai qu’elle en a vu d’autres depuis le Moyen-Âge Notre-Dame, exact, et toujours debout !

      Là, un travail énorme de reconstruction et de restauration en perspective, pas évident du tout pour la main d’oeuvre, sur un vaisseau de pierre de cette envergure.

      1. Je propose que l’on utilise les fonds obtenus par la rétablissement de l’ISF pour la reconstruction de Notre Dame ( mais sans réduction d’impôts pour les généreux donateurs et mécènes ) .

        Le plus dur sera de trouver assez d’ouvriers et artistes hautement qualifiés car c’est plus long à former et ça se paie plus cher qu’une IA .

      2. Cette cathédrale était partie pour vingt ans de travaux d’entretien « urgents » avec des crédits insuffisants.

      3. « Le plus dur sera de trouver assez d’ouvriers et artistes hautement qualifiés car c’est plus long à former et ça se paie plus cher qu’une IA . »

        Entièrement d’accord, m^me si ils ont conservé les moulages ou les maquettes des sculptures, d’autres chef d’oeuvre sont quasi irremplaçables à l’origine, comme les vitraux. Entre autres.

      4. « On sait encore faire des vitraux de très haute qualité , comme à la verrerie de Saint Just -Saint Rambert dans la Loire , que je connais bien , »

        Oui mon oncle m’a aussi recommandé d’y aller, quand je parle d’irremplaçables, ce sont essentiellement les pigments qui, si ils sont actuellement d’excellente facture, les ouvriers artisans eux m^me reconnaissent que les « recettes » d’origine de création de ces pigments (d’origine arabo andalouse, entre autres pour les vitraux de cathédrales), spécifiques à ces vitraux vitraux, sont quasiment perdues. Ce qui n’est pas le cas pour la mosaïque dont la fabrication est resté quasiment à l’identique des premiers artisans de mosaïque, de céramistes ou de poteries.

      5. De ce qu’on m’a raconté sur place , ce sont , paradoxalement , moins les recettes qui ont été perdues , que les pigments qui sont difficiles à se procurer .

        Dans ce genre de job , il est de toutes façons impossible de garantir que matériaux et recettes sont strictement identiques à ceux et celles d’il y a plusieurs siècles , et assez souvent je suis persuadé que le produit d’aujourd’hui peut être supérieur à celui d’il y a mille ans .

        Il est temps que Dominique Temple nous gratifie de son acte II .

      6. « et assez souvent je suis persuadé que le produit d’aujourd’hui peut être supérieur à celui d’il y a mille ans . »

        On fait de très bons pigments, mais les vitraux, je dis, je ne partage pas vos certitudes, le « savoir faire » pour la composition des pigments, c’est vraiment très très particulier . Là où je vous rejoins, il est fort possible que l’on « redécouvre » cet art du pigment à vitraux, oui, pourquoi pas.
        Merci pour cet échange et merci à Paul Jorion itou !

      7. Vous êtes gentil mais vous avez compris, je suis comme tout le monde : on ne peut rien faire, on est triste – on est content qu’il n’y a pas eu mort d’homme – on aurait fait comme ceux qui étaient là : applaudir les pompiers, alors comme ici, on se réunit pour en parler.

      8. « Vous êtes gentil  »

        OK, Perso ce serait plutôt ille, au féminin, car rien n’a changé , m^me si j’ai juste modifié mon pseudo.

    1. Bof , en 1666 les anglais ont fait beaucoup mieux , et ils ont attendu 2019 pour se payer une deuxième désastre avec le Brexit .

      Paul Jorion n’est pas allé jusqu’à dire que c’était la punition divine de l’église catholique , empêtrée dans ses scandales .

      Il y a une compagnie d’assurances qui doit mal dormir .

  6. Tout va très bien madame la marquise, j’ai allumé un cierge, mentalement. Un tableau, quel qu’il soit, commence toujours par une étincelle. La vision de la nounou cosmique n’est pas fait pour me déplaire et je dirais même plus : la beauté de sa musculature m’enchante comme homme et comme artiste.

      1. Je suis vierge, ce soir j’allume mon Serge. Ne coupe rien mon Seigneur, ou plutôt si, fait un film quelconque.

  7. Messieurs,

    Quel contraste saisissant entre le texte de Dominique Temple que je trouve tout simplement clair, puissant et
    transparent, et les commentaires pitoyables qui le suivent !
    Est-ce que quelqu’un ici l’aurait au moins lu pour oser en tirer une réflexion utile?
    Il y aurait pourtant bien des choses à dire …
    J’attendais qu’on débatte ici de certains points, et notamment,
    De ce travers si étonnant à mes yeux qui transparaît à sa lecture,
    De vouloir toujours que se positionnent les hommes,
    Par rapport à des modèles sociaux imparfaits,
    Vieillots et contradictoires (car élaborés par l’homme),
    Plutôt qu’à les voir se rassembler autour de quelques principes fondateurs
    Et vertueux à définir tous ensemble.
    La recherche d’un idéal commun constitue plus que jamais aujourd’hui,
    Une nécessité vitale pour pouvoir infléchir l’avenir de la planète et de ses habitants.
    Mais aux yeux de certains ici, la notion même de vertu est je le sais soupçonnable…
    L’humanisme, peut-être, serait donc pour l’homme, un idéal impossible à atteindre?
    Alors en vérité, je l’affirme si c’est le cas :
    Qu’il périsse donc l’incapable!
    Je vous laisse répondre avec simplicité à mon interrogation.
    Et n’ai que faire ni de la colère, ni des flammes amères.
    Il n’est d’autre dieu sur la Terre comme aux enfers.
    Que l’homme et sa compagne, que la fleur et le fruit, que la patte et l’aile de l’oiseaux
    De vos crachats, de vos pierres, je ferai des bouquets.

    Eric.

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