Où je vous révèle un secret, le 8 juin 2019 – Retranscription

Retranscription de Où je vous révèle un secret, le 8 juin 2019. La vidéo était déjà ouverte aux commentaires, mais comme certains me disent qu’ils attendent la retranscription…

Bonjour, nous sommes le samedi 8 juin 2019. Dans le pays d’où je vous parle, on appelle ça le samedi de la Pentecôte. Je suis rentré hier d’un long voyage, d’un voyage d’une semaine. Je suis parti en fait exactement il y a une semaine et je suis rentré hier soir. J’ai fait beaucoup de choses. Je vous en ai évoqué certaines comme ça, en passant. Je n’ai pas beaucoup écrit. Je ne me suis pas beaucoup manifesté sur le blog. J’ai lu vos commentaires. J’ai fait quelques remarques à ce sujet-là. J’ai fait allusion au fait que j’ai fait une conférence à Malmédy en Belgique, pas loin de la frontière allemande. L’un d’entre vous était là, l’un des commentateurs était là. Il a d’ailleurs signalé qu’il était là et a fait quelques remarques à propos de la conférence. Je crois que ça a été enregistré. Vous allez entendre ça. Je l’ai dit. Tout le monde était content parce que c’était le lancement d’une organisation et il y avait beaucoup de monde. Nous avons fait salle comble.

Qu’est-ce qu’il y a encore eu ? C’était avant-hier. Je me suis réuni et nous avons parlé longtemps, Bruno Colmant, économiste belge, et Marc Lambrechts du journal L’Écho. Nous avons parlé près de 2 h de l’avenir de la Belgique et nous sommes partis en faisant confiance à Marc de faire ce qu’il voudra de ce qui aura été dit. Nous ne sommes pas arrivés à des conclusions très précises et c’est lui qui va nous faire la synthèse.

Ce voyage pour moi a été aussi l’occasion d’autre chose. Ça a été l’occasion de voir de visu, d’avoir des conversations les yeux dans les yeux avec des gens qui ont lu mon roman. Cela s’appelle un roman parce que c’est écrit comme ça sur la couverture, « roman » parce que c’est écrit dans le style du roman mais c’est un récit. Cela fait partie de ces récits qui ressemblent un petit peu à des journaux intimes que j’ai écrits au fil des années et que j’ai laissé dans des tiroirs et que j’ai décidé maintenant de sortir petit à petit. Je continue d’en écrire.

Et je m’étais posé une question sur ce qui se passait quand je parlais à des gens qui ont lu « Mes vacances à Morro Bay ». J’ai fait une petite remarque dans les commentaires. Ça devait être avant-hier, dans la nuit. Je me suis posé la question suivante. Il y a un effet curieux que j’ai vu à plusieurs reprises, c’est que les gens qui ont lu mon livre me parlent différemment de ce que j’ai écrit ailleurs, de ce que j’ai écrit avant. Là, je n’avais pas une vision très claire de quoi il s’agissait. J’ai posé la question : « Est-ce que cela donne une légitimité particulière au fait d’écrire des choses que l’on appelle ‘de non-fiction’, des essais, le fait d’écrire par ailleurs des romans ? ». J’ai posé la question. Est-ce que, d’une certaine manière, on ne vous prend pas au sérieux comme essayiste avant que vous n’ayez essayé d’écrire bien un roman ?

Je me suis planté. La question n’était pas du tout ça. Je me suis réveillé ce matin en me disant « J’ai la réponse à ma question ». La réponse est ceci, et c’est pour ça que je vais appeler mon petit exposé « Où je vous révèle un secret ». La réponse, je crois que c’est la suivante, c’est qu’elle est dans le visage illuminé des gens qui me parlent de ce livre. Vous pouvez voir, il y a de petits textes qui m’ont déjà été envoyés, de vous, de gens qui regardent le blog. Là aussi, c’est la même chose. Vous avez dû écrire ce papier avec un sourire aux lèvres. Dans le compte-rendu qui est paru dans Le Suricate par Matthieu Matthys, il y a là aussi, on le voit, un sourire qui perce. Ce sourire veut dire la chose suivante : « J’ai lu votre livre et ce livre m’a rappelé ou m’a convaincu que le bonheur existe ». Voilà. Je crois que c’est ça, c’est ça qui fait la différence et c’est ça qui explique ces visages. C’est ça qui explique un autre regard porté sur ce que j’ai pu écrire avant.

Hier, je suis rentré. J’avais fait beaucoup de route. J’étais fatigué. Je me suis dit que j’allais mettre un film et j’ai mis un film. Au bout de 20 minutes, j’ai arrêté de le regarder. J’ai arrêté ça parce qu’il y avait autre chose que j’avais envie de faire et, cette autre chose, je l’ai faite pendant 1h30 – 2h00. J’ai écrit 2 ou 3 pages et ces 2 ou 3 pages, c’était pour quoi ? C’était pour raconter précisément un moment de bonheur dans la journée d’hier. Voilà. Ça s’est passé entre deux personnes qui ne se connaissaient pas et qui ne se connaissent toujours pas mais il y a eu un petit quelque chose qui était formidable. Ce sont des choses qui arrivent. Ça mérite d’être raconté.

Vous ne le verrez pas. Ça va aller dans mes tiroirs et un jour ou l’autre, peut-être, ça réapparaîtra dans un de ces récits que l’on présente comme des romans. Parce que ça n’existe pas en tant que tel : ça doit être dans quelque chose. Ça doit être sur du papier. Ça doit être quelque chose que l’on se transmet de l’un à l’autre en disant « Ecoute, j’ai lu ça. Il faut que tu le lises aussi ! ». Ça doit être dans un objet.

J’en ai préparé un, le voilà. Un objet comme ça. C’est un livre. C’est un livre pas récent. Ça date de 1934. C’est d’un certain Albert Halper dont vous n’avez jamais entendu parler, « On The Shore », et c’est sous-titré « Young writer remembering Chicago », un jeune auteur, un jeune écrivain qui se souvient de Chicago. 1934.

Si vous êtes un lettré ou une lettrée, cette expression « jeune auteur / jeune écrivain » vous aura peut-être mis la puce à l’oreille. Je ne crois pas que ce Albert Halper ait jamais été traduit en français. Vous me le direz si vous tombez là-dessus, mais vous connaissez peut-être cette expression de « jeune auteur », de « jeune écrivain » et si vous la connaissez, c’est que vous l’avez trouvée sous la plume de quelqu’un qui l’applique à lui-même de manière constante, c’est Jack Kerouac, Beatnik, l’un des inventeurs avec Allen Ginsberg et Lawrence Ferlinghetti, Gregory Corso, la Beat generation, ceux que l’on aura appelé les auteurs Beat, les auteurs Beatnik. Kerouac utilise ce terme à ce propos et si vous avez lu avec attention – mais alors il faudra vraiment beaucoup d’attention – Kerouac, vous aurez découvert ce nom, Albert Halper, qu’il mentionne ici et là très discrètement. Il faut vraiment faire attention mais il est clair que c’est l’un de ses 3 ou 4 maîtres à penser. Il y a aussi [William] Saroyan parmi ses maîtres à penser [Je dis en fait « Aram Saroyan », induit en erreur par le fait qu’il ait écrit un livre intitulé « My Name is Aram »].

C’est quoi ce livre ? C’est la vie des gens dans les années 30. C’est très dur. C’est très très bien écrit. C’est formidable. Vous allez découvrir le style Kerouac déjà en germe chez Halper si vous lisez ça. C’est la vie de gens qui ont des vies difficiles, des vies brisées comme il le dit, des choses qui vous évoqueront l’actualité, n’est-ce pas ? le procès France Télécom. Mais ça vous parle du bonheur, du bonheur comme pépite, comme joyau serti dans des vies de malheur. C’est ça qui est très beau dans ce livre. J’en citerai quelques passages parce que je vais le mettre dans un article que je prépare sur Kerouac pour La quinzaine littéraire, ou Quinzaines comme ça s’appelle maintenant.

Le vrai bonheur, la joie de vivre, c’est comme celle dont je parle dans « Mes vacances à Morro Bay ». Je regardais où j’en parlais tout à l’heure pour me souvenir du nom que j’avais donné à cette dame. Je l’appelle Sherry. Elle est barmaid à Santa Cruz, en face du luna park. Je raconte qu’elle m’explique qu’une de ses petites filles à 15 ans a mis pour la première fois des chaussures pour lui rendre visite à Santa Cruz. Ce sont des vies comme cette dame-là – qui est arrière-grand-mère à 50 ans. Ces gens-là savent qu’il y a du bonheur et ils savent qu’il est rare, qu’on ne le trouve pas facilement et que surtout, ce n’est pas du bonheur béat. Le bonheur béat, ça n’existe pas. Il y a des gens qui essayent de vous en vendre. Ce sont des filous. Ils vous prennent pour des gogos. Quelqu’un a utilisé cette expression de « bonheur béat » pour faire un commentaire. J’avais fait quelque chose que je déteste, j’ai dit des mots pas aimables sur quelqu’un qui venait de mourir mais beaucoup de gens ont abondé dans mon sens, en particulier un commentateur ou une commentatrice, je ne me souviens pas, a dit « Ce monsieur essaye de vendre du bonheur béat ». Ça, c’est de l’escroquerie.

On nous dit, les vieux disent « Les jeunes perdront leurs illusions ». Quand ça rate, à ce moment-là, c’est formidable : les jeunes qui ne perdent pas leurs illusions, c’est formidable ! Parce que leurs illusions, dans la bouche des vieux, ce ne sont pas des illusions bien entendu, c’est l’intuition que le bonheur existe ! Ils le savent les jeunes, les adolescents. Ils savent que le bonheur existe. Ils y ont déjà un peu goûté. On va les faire changer d’avis. On va leur faire perdre le goût du bonheur. Et c’est ça bien entendu « devenir adulte », c’est perdre le goût du bonheur. Quand ça rate complètement, se convaincre que le bonheur c’était une « illusion, » ce n’est pas vrai. Mais c’est là qu’on aura le test, c’est là que l’on va voir le test.

Sur cette histoire d’extinction du genre humain, le test est en préparation. On va s’en sortir, on va se sauver ou on va rater. Si on rate, c’est très simple : c’est parce qu’on se sera convaincu que le bonheur n’existe pas. Si on s’en sort, c’est parce qu’on se sera convaincu que le bonheur existe et, donc, je pourrais dire j’arrête. Je vais regarder le spectacle. Je vais voir ce qui se passe. Mais non, parce que vous le savez bien, je suis un militant ! Alors je vais continuer à écrire des récits militants sur le bonheur, comme j’ai fait hier soir, au lieu de regarder un film qui parle des histoires d’autres gens, etc. Un militant du bonheur. Voilà le secret dont je voulais vous parler aujourd’hui. Ça passe ou ça casse mais je vais continuer à écrire des récits. Vous ne les verrez pas sur mon blog parce que cela viendra dans un livre, dans un objet en papier et en carton que l’on se passe de l’un à l’autre avec un sourire entendu.

Bonne fin de week-end de la Pentecôte et à bientôt !

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24 réflexions sur « Où je vous révèle un secret, le 8 juin 2019 – Retranscription »

  1. « Si on rate, c’est très simple : c’est parce qu’on se sera convaincu que le bonheur n’existe pas »

    Tout à fait d’accord avec çà.
    Le problème avec l’intellect surdimensionné qui développe la lucidité (scrogneugneu) c’est qu’il altère le sens du bonheur simple. Ne dit-on pas que les gens simples n’ont pas d’histoire et qu’ils savent goûter au bonheur ? Hier soir je me disais que les animaux sauvages, malgré le fait qu’ils doivent chercher tous les jours de quoi se nourrir (ils n’ont pas de frigo ni de supermarché) et se protéger des prédateurs s’ils ne veulent pas se faire manger tout crus, doivent être heureux 80% de leur temps. Alors que l’humain qui sait anticiper les problèmes (donc souffrir moralement des problèmes avant de les subir) serait heureux… quoi… disons… en moyenne 10 à 20% de son temps ? (+ ou – selon sa faculté à anticiper). J’ai appris il y a longtemps que même quand on cherche à se protéger des problèmes pour tenter de les éviter, on en a plein qu’on ne peut pas prévoir ou auxquels on n’aurait pas pensé… ( même les plus intelligents ont une part de connerie et la plus grande intelligence c’est de le reconnaître, lol).
    Donc ceux qui savent s’adapter et goûter avec délice les instants simples de la vie, le soleil qui réchauffe le corps, la pluie qui arrose les fleurs et rafraîchit, l’ombre qui protège des insolations, le froid qui tonifie, les sourires et les caresses qui adoucissent les cœurs et l’humour qui fait rire… etc. en toute simplicité, sont bien plus heureux que les autres… D’ailleurs chez les pauvres, ce qu’on sait rigoler ! Chez les riches (j’ai goûté) quand on rit, c’est le cul pincé et la bouche en cul de poule… (même si ça ne se voit pas) : trop peur qu’on leur pique le pognon.

    1. D’ailleurs, avoir peur de mourir c’est déjà mourir : pensée profonde spontanée.
      (J’en ai plein comme ça…. Vous en voulez d’autres ?)

  2. Ce matin je vais faire un peu d’humour noir.

    1) le journal Le Monde :
    l’« acte II du quinquennat » promis par Edouard Philippe tire les leçons des européennes et des « gilets jaunes »

    2) le journal L’Immonde :
    l’« acte II du quinquennat » promis par Edouard Philippe tire sur les européens et les « gilets jaunes »

    Et puis tant qu’à faire abusons des guillemets.

    Leur monde me dégoûte plus qu’à mon tour.

    —————————————————————-

    Une tête de cheval pour exprimer le monde tordu et la mort, tout à fait d’actualité monsieur Picasso.

    https://www.lemonde.fr/culture/article/2019/06/12/l-exil-dans-l-uvre-de-picasso-et-des-refugies-espagnols_5475023_3246.html

    1. Picasso était un homme qui ressentait plus qu’il n’anticipait (comme nombreux artistes). Il était inclassable tant il était créatif. Quand il aimait une femme toute entière, il cherchait à la peindre de tous les côtés à la fois, dans son intégralité (cf les demoiselles d’Avignon entre autres). Guernica idem, il a montré l’horreur dans sa globalité, et en noir et blanc parce que la couleur est souvent le bonheur : Il n’a pas cherché l’esthétisme comme nombreux peintres académiques (et officiels) qui donnaient de l’esthétisme à la gloire des vainqueurs et aux guerres.
      Son petit déjeuner tous les matins (s’en moquait de ce qu’il faut manger, glucide, protéine, lipides, vitamines… burk ) : une tanche de bon pain frottée d’ail et de tomate avec plein de persil dessus. Pas parce que c’est bon pour la santé, parce qu’il adorait çà et que ça ne coûte rien (même à sa portée quand il était pauvre : c’est vrai, il était espagnol, et des tomates étaient faciles à trouver en Espagne sans commerce international…).
      Sublime Picasso.

  3. Bonjour à tous,

    Voilà bien ici, avec ce texte , ce qui fait qu’on s’accroche à ce blog…
    Cette conscience implicite, pas toujours discernable,
    Mais présente, de l’existence d’un bonheur simple, presque instantané.
    Avec, comme ici, de jolis moments d’exaltation, presque enfantine…
    Alors pour rester dans ce registre si rare et précieux,
    J’ai envie de partager moi aussi certaines de mes sources personnelles,
    D’inspiration, à l’instar des quatre films qui illustrent pour vous si bien
    votre argumentation sur l’avenir incertain de l’humanité.
    Les miennes sont plus enfantines encore, voyez vous!
    Deux films seulement pour moi…
    La trilogie de « retour vers le futur » avec cette citation:
    « L’avenir n’est jamais écrit, c’est à vous de l’inventer,
    Et de faire qu’il soit le plus beau possible »
    Et celle de Harry Potter avec cette autre citation:
    « Ce n’est pas sur ses capacités que s’affirme
    La valeur d’un homme, mais sur ses choix ».
    C’est un peu sur ces devises, certes enfantines, mais constructives,
    Que j’ai fondé moi-même mon existence,
    Bien longtemps avant même les avoir entendues.
    Je n’ai pas lu  » Mes Vacances à Morro Bay « ,
    Comme je n’ai pas lu le roman de ma seconde fille,
    Ni même les BD qu’ a écrit et publié ma première,
    Car mon bonheur consiste plutôt à me réjouir,
    Du seul fait que ces ouvrages existent,
    Et que j’en apprécie les auteurs.
    Aveuglement des sentiments?
    Peur d’une déception?
    Non, confiance seulement!
    Les hommes sont pour moi les plus beaux des livres.
    Fraternellement,
    Eric

    1. Torpedo
      Bonjour
      Je ne suis pas une grande lectrice (du moins pas accro aux livres qui nous font plonger le nez dans un récit ou fiction sans voir pendant ce temps ce qu’il se passe ailleurs que dans le rapport intime auteur/lecteur) mais votre commentaire est pour moi plus beau qu’un livre.
      Et je vous donne raison sur le pourquoi on s’attache au blog de Paul Jorion.

    2. J’ajoute encore : à Monsieur Jorion

      Par rapport au premier billet où vous vous interrogiez sur : « les gens qui ont lu mon livre me parlent différemment de ce que j’ai écrit par ailleurs. Est-ce que ça donne une légitimité particulière le fait d’écrire des romans ? »
      Outre mon commentaire sur ce premier billet, c’est peut-être le fait qu’avec ce récit intime (ou intimiste) que je n’ai pas (encore) lu les lecteurs ne vous « idolâtrent » pas (ou plus); ils vous voient comme une personne humaine (comme un ami) et ne vous jugent plus comme on le fait avec un essayiste qui prodigue son savoir (lequel savoir, même le plus respectable, est toujours critiquable : il dépend de tant de choses, de tant de manières de comprendre, de tant d’angles de vue différents !)

      1. Devoir de philo : Peut-on vraiment aimer quelqu’un qu’on idolâtre ?
        Ma version : l’idolâtrie impose une hauteur inatteignable (comme le Ciel chez les chrétiens, ou un piédestal chez un tribun ou professeur), on ne peut atteindre l’idole adoré, on ne peut que le béatifier et le prier, donc il n’est pas humain (ou il perd son caractère d’humain si c’est un humain sanctifié).

      1. Bonjour,

        De Hegel cette citation? Vous m’étonnez, car je cite de mémoire et ma mémoire est capricieuse, alors j’ai cherché un peu mieux…
        La citation du film Harry Potter était plutôt :  » Ce sont nos choix qui disent ce que nous sommes vraiment, Harry, beaucoup plus que nos aptitudes…  »
        Si ma transcription s’apparente à du Hegel, vous m’en voyez flatté.
        Ceci montre donc que le plus important pour partager de belles pensées , c’est avant tout qu’elles soient belles!
        L’auteur, au fond, on s’en fout un peu, et de toutes façon c’est forcément quelqu’un de bien, non?
        La propriété privée du sol me semble utile, mais celle des idées pas vraiment…
        Eric.

      2. « Hegel s’est donc posé en adversaire de tous ceux qui tentent de nous présenter le destin humain comme le simple déploiement progressif de prédispositions qui seraient les nôtres, dans une perspective que l’on appelle aujourd’hui « développementale ». Pour lui, les hommes ne sont pas l’aboutissement de leurs prédispositions mais essentiellement de ce qui leur arrive. »

        Qu’est-ce qui fait de nous qui nous sommes ? Nos penchants ou les impondérables ?, le 10 septembre 2016

      3. Je vous donne raison comme souvent, mais les capacités d’un homme (ou d’une femme) ne se développent elles pas selon ses choix ? Rares sont ceux qui développent leur pleine capacité dans un acte (ou une action) qui leur est imposé* ou dans un travail qui les barbe. Vous pouvez vous ? Moi non .

        * encore que… Perso lorsque j’étais jeune et très timide, j’ai pu apprendre à ne plus l’être (bien que j’aie encore des restes) parce que les copines me poussaient devant la porte avant qu’elle s’ouvre lorsque nous allions vendre des violettes ou muguets pour paroisse locale, ou pour aller voir un professeur chez lui….. MDR
        On dit bien qu’il faut se jeter à l’eau (ou être jeté comme ce fut mon cas) pour savoir nager ; mais c’est vrai, ça ne donne pas forcément un champion de natation….

      4. Il n’y a pas que Hegel qui soit intéressant, chacun a sa bible pourvu qu’elle lui apporte liberté de penser.
        Une autre lecture intéressante (ou plutôt « écoute » furtive) :
        2 jeunes femmes discutant devant ma fenêtre :
        « j’en ai marre ! je ne trouve toujours pas de boulot. On ne recherche que des commerciaux » (envoyé par lettre au PS en 2002 ou 3, dans une rubrique spontanée -parmi tant d’autres- : « le journal du peuple ».

        Est-ce que Hegel avait une vision si juste ?

  4. Autre pensée spontanée (profonde)
    Mon secret personnel :
    Ouvrir les yeux, ouvrir les oreilles, ne pas penser, ne pas anticiper, ne pas choisir, ne pas juger, ne pas comparer, se laisser aller et en un instant, c’est fou ce qu’on découvre qui rend heureux ; tant pis pour ce qu’on découvre aussi qui fait mal, l’un ne va pas sans l’autre. Avoir peur de souffrir, c’est déjà souffrir. Aimer ce qui fait du bien, c’est aller bien.
    Et je vais bien merci ! (un peu foldingue parfois… pas honte)

    1. NB : Si j’avais pu mieux finir sans la bâcler la troisième partie de mon premier ouvrage – 97- « les pérégrinations d’un hypocondriaque » dont j’ai donné extrait – côté négatif- sur ce blog (que je ne saurais plus reprendre tel que je l’avais entrepris alors, ce pourquoi j’ai refusé qu’il soit édité malgré insistance d’un éditeur : je suis très rare) vous auriez mieux compris (si lu bien sûr). D’autant plus que je suis meilleure pour le commenter oralement que pour l’écrire. Même passer chez Ruquier pour que nombreux le lisent, j’aurais pu affronter. Sinon, tel que bâclé, à un Yann Moix ou autre qui m’aurait dit « c’est très mauvais », j’aurais répondu « ben oui » (mon éditeur n’aurait pas aimer, je ne sais pas faire semblant)
      Vous entendez ? Je ris en écrivant cela (besoin de personne). C’est ça le bonheur.

  5.  » C’est cela le bonheur » … Savoir refuser.

    Si peu de gens savent dire « Non », et en même temps,
    Bien moins encore savent entendre un refus …
    Et encore une fois les mieux placés…
    Nos enfants, ces libre-penseurs nés, en attente d’élevage!
    Ces animaux domestiques humains,
    Auxquels nous disons « Non » pour les socialiser,
    Jusqu’à ce qu’ils ne le disent plus eux-même.
    Polis, bien élevés, obéissants, presque … adultes!
    Au point d’être obligés de leur réapprendre plus tard,
    A dire « Non »! Pour se protéger des aléas possibles…
    Mais c’est souvent trop tard, le mal est fait.
    Et pour beaucoup se sera « oui » toute la vie.
    Cette liberté, cette griserie du « Non »,
    Lancé d’un trait comme on claque une porte,
    On s’éloigne auréolé de liberté et de silence,
    Terrifié et heureux d’avoir osé l’aventure solitaire.
    Et l’on part vivre ce pari personnel, exultant et confiant,
    Peu importe l’échec redouté, si préférable au compromis.
    Oui, Jac, je crois bien voir de quoi vous parlez…

    Réapprenons à dire non, comme des gosses, merde!
    Puis assumons nos refus, comme des adultes, saperlipopette!
    Eric.

    1. « Bien moins encore savent entendre un refus … »
      D’où la difficulté d’apprendre à refuser car il ne faut pas craindre d’être incompris, méprisé, hué, insulté, ridiculisé, voire haï…
      Quand on sait accepter tout cela, on est libre et plus apte au bonheur.
      De toute façon, on ne peut pas aimer tout le monde (ou alors on est hypocrite), l’amour ou l’amitié demande de l’investissement personnel. Donc si on ne peut pas aimer tout le monde, on doit accepter de ne pas être aimé par tout le monde (pour ceux qui cherchent cela, il y a anguille sous roche : soit ce sont des manipulateurs, soit ils ont bcp de problèmes psychologiques qu’ils ne savent résoudre).

    2. « dire « Non », et en même temps »

      Le plus dur c’est de commencer : quand un commence, quelques uns suivent. Et quand ils suivent, plusieurs puis beaucoup s’ajoutent. Principe des vases communicants avec un seul et même liquide… (je crois, pas bonne en physique)
      Sauf que, le « téléphone arabe » vous connaissez ? Un 1er chuchote une phrase à l’oreille d’un second, le second idem avec le 3ème, etc. jusqu’à un certain nombre, et à la fin le dernier censé répéter la phrase du 1er dit complètement autre chose plutôt loufoque . Conclusion, même quand bcp répètent ce que dit le premier qui parle, rares sont ceux qui l’ont bien compris….

  6. Boujour Jac,

    Sans compter qu’il est nettement plus confortable de dire « Non », à plusieurs, que seul…
    D’où cette nécessité avouée mais peu appliquée de protéger les lanceurs d’alertes isolés:
    Les « autorités » leur disant à mots couverts: » identifiez-vous, on s’occupera de vous… protéger »
    Je ne sais pas pourquoi j’entends comme un ricanement sarcastique en filigrane…
    Hin, hin, hin!
    Eric.

  7. …et quant au téléphone Arabe qui déformerait les propos…
    Oh! Et le téléphone Belge serait donc infaillible ?
    Je vous taquine.
    Eric.

    1. Et pour répondre à Paul Jorion qui illustrait son propos sur Hegel avec un texte de Septembre 2016
      qu’il a lui-même édité ici même : « Qu’est ce qui fait de nous qui nous sommes, nos penchants ou les
      impondérable ? »
      Après relecture de ce texte que je me suis souvenu avoir déjà lu avec intérêt alors, j’ai envie de répondre à la question par une pirouette à la Normande (j’adore la Normandie):
      Ce qui fait que nous sommes qui nous sommes , c’est peut-être notre penchant naturel à vouloir coûte que coûte nous servir des impondérables (ou les contourner) pour parvenir à nos fins.
      Notre capacité à parvenir, dépendant ensuite de l’adéquation du niveau de hardiesse du projet, avec les moyens développés pour en assurer le succès.
      Un dosage individuel donc entre plus ou moins de talent, et plus ou moins d’impondérables…
      Eric.

      1. … » Ce qui fait que nous sommes qui nous sommes , c’est peut-être notre penchant naturel à vouloir coûte que coûte nous servir des impondérables (ou les contourner) pour parvenir à nos fins.
        Notre capacité à parvenir, dépendant ensuite de l’adéquation du niveau de hardiesse du projet, avec les moyens développés pour en assurer le succès.
        Un dosage individuel donc entre plus ou moins de talent, et plus ou moins d’impondérables
        « …

        Certains , généralement méconnus …, y sont effectivement arrivés… me semble-t’il.. :

        Vraie curiosité.. à ne pas manquer..
        https://www.rtbf.be/info/monde/detail_land-cet-etat-dans-l-etat-au-sein-de-l-ue-qui-intrigue-les-independantistes-du-monde-entier-ne-pas-publier-en-cours-de-redaction?id=10241050

  8. @ Otromeros,
    C’est un scoop, ça!
    Je n’ai pu trouver le drapeau d’Aland dans aucun dictionnaire!
    Apparemment Aland est considérée comme une « province finnoise autonome »…
    Cela ressemblerait plutôt un petit état indépendant !
    Curieux cet espèce de « protectorat » négocié avec la Finlande!
    Et tout cela en ne causant que le Suédois…
    Pour un peu on croirait à une blague (Alland / Groland…)
    Les îliens sont réputés pour être des gens de caractère,
    Cela semble plus vrai encore quand ils baignent dans de l’eau glacée …
    Merci pour l’info,
    Eric.

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