Éco-stalinisme, par Jacques Seignan

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Je voudrais clarifier d’une façon plus rationnelle ce que j’ai ressenti en voyant la vidéo « Anita ». Je me suis infligé une relecture de la vidéo et j’ai lu l’interview de Félicien Bogaerts et les choses se sont clarifiées pour moi…

Un premier point, pour ma part, je ne trouve pas que la qualité filmique de cette vidéo soit très bonne, en particulier les acteurs surjouent, mais ce qui compte est son message et la façon dont il est délivré. Malheureusement il est très clair dans son infamie et je m’explique.

Tout d’abord, la première partie. Que voit-on ? Exactement l’illustration des thèses d’une pseudo-intelligentsia française, chiens de garde du système, omniprésents sur les médias, ceux que dénonçait Stéphane Foucart dans son article du Monde que j’ai repris dans mon billet « Vive Greta » : Onfray, Bruckner, Enthoven… et avant-hier, sur France Inter, Finkielkraut. Sans oublier le comique Laurent Alexandre. Que disent-ils ? Greta est instrumentalisée, sans âme, un corps vide, une arnaque… Quand Anita parle, on voit le personnage qui est son gourou marketing joué par F. Bogaerts qui articule les mots du discours qu’elle prononce, un procédé déjà vu ailleurs. Les « intellos » cités en ont rêvé, F. Bogaerts l’a fait : un petit film pour démontrer qu’elle est vide et instrumentalisée.

Il faut ensuite parler de la « fin ». On a vu dans l’Histoire bien des façons de tuer associées à des périodes et des idéologies : brûler vif pour l’Inquisition, guillotiner pour la Terreur, une balle dans la tête pour les totalitarismes staliniens et nazis. Certes la balle, c’est elle qui la tire, mais aucun détail ne nous est épargné, sang, trou au sommet du crâne. Vision insupportable et obscène.

J’essaye de m’épargner les horreurs de l’Internet et là, j’ai dû subir cette horreur indicible. Je n’arrive toujours pas à comprendre comment une personne ayant un minimum d’empathie, d’humanité peut oser justifier cette vidéo comme un message percutant, utile et « esthétique ».

Le message est : « suicide-toi et on t’écoutera ─ peut-être… ». (La preuve du « peut-être » l’image finale du smartphone.)

C’est un manque total d’éthique. J’insiste : imaginez que Greta ou les siens voient ça.

Alors maintenant, il faut parler de M. Bogaerts dont j’ai lu l’interview, pleine de bêtise arrogante. Je préfère cette hypothèse à celle de mercenaire stipendié mais ce n’est pas exclusif. On a eu souvent de tristes surprises sur tel ou tel acteur des forces de progrès (sans remonter à Mirabeau).

Tout d’abord je le cite : « Il me semble beaucoup moins violent d’inventer un personnage de fiction pure» ! Il ose prétendre que Anita est un personnage de fiction alors que le premier venu reconnaît immédiatement Greta (à moins d’avoir passé un an en ermite dans un désert). Sa mauvaise foi est dégueulasse.

Voilà un point essentiel à considérer. Anita a un visage triste et fermé, étouffé par ses cheveux ; Greta est rayonnante et Paul a mis en ligne cette photo d’elle à côté de Alexandria Ocasio-Cortez : une bouffée d’espoir, d’oxygène !

Quand on la filme, dans la rue, on ne voit pas du tout ce personnage « boulversifié », écrasé, déprimé construit par M. Bogaerts et son équipe. Un détail non négligeable : on oublie qu’elle est Suédoise car elle s’exprime dans un anglais excellent, dans la langue internationale pour faire passer son message. Elle parle de façon structurée, intelligente, déterminée et visiblement spontanée : aucun discours appris ne peut arriver à cet effet. Anita selon la thèse du film apprend par cœur (sauf à la fin quand elle craque) : quel mépris !

Or que dit Greta Thunberg ? « Ne m’écoutez pas, écoutez les scientifiques ». Simple et percutant.

Félicien Bogaerts me rappelle ces idéologues de ma jeunesse, des deux sectes marxistes ennemies mais en secrète harmonie : les Staliniens (version maoïste comprise) et les Trotskystes. En effet il reproche à Greta de ne pas dénoncer le capitalisme, d’en être complice involontaire. Bogaerts et Cie veulent nous enseigner, nous mettre dans leur voie, donner des leçons et, pire que tout, veulent notre bonheur ─ et tout ça enveloppé dans un profond mépris du peuple qui n’est jamais capable de comprendre. Il écrit : « Chez des figures ultra-médiatiques, on observe souvent un manque cruel de recul sur l’histoire et la politique citoyenne en général. On ne leur en veut pas forcément [ouf ! J.S.], mais l’impact reste par conséquent inévitablement faible. La population ne peut donc pas clairement identifier leurs « ennemis », les causes structurelles de nos problèmes. » Mais qui est-il pour juger ainsi ? Quant à « l’impact inévitablement faible », quelle ridicule affirmation après ce week-end !

C’est exactement l’inverse de ce que fait Greta ! Elle n’est pas un « génial Conducteur de la Locomotive de l’Histoire ». Elle dit : prenez conscience en écoutant les scientifiques. A l’assemblée de l’ONU elle a laissé parler d’autres jeunes : elle a créé par son seul exemple d’autres leaders de son genre, porteurs de message à leur génération et par-delà à toute l’humanité. La mobilisation entraîne le questionnement, le questionnement entraîne la prise de conscience, d’autant plus profonde qu’elle n’est pas inculquée.

Autre point : il est impossible de manipuler une personnalité comme Greta justement en raison de sa « différence ». Quand elle a décidé d’aller en voilier à New-York, ce qui est une réelle épreuve d’endurance, on peut deviner que son père n’a pas eu d’autre choix que de l’accompagner, car un père doit être solidaire.

Qu’est supposé expliquer cette vidéo ? Simple : Thunberg est comme le disent tous ses ennemis une coquille vide manipulée et dans cette option que Paul Jorion qualifie d’éco-stalinisme, une pauvre fille qui n’a rien compris à la Vérité de la Lutte contre le Capitalisme. Éventuellement se flinguer en public pourrait amener à une prise de conscience utile.

Pour quitter ces lieux méphitiques, je veux évoquer une graine, en l’occurrence une châtaigne. Ce week-end, j’ai rencontré un jeune ami jardinier.  Il avait planté dans un pot une châtaigne et aujourd’hui il y a dans ce pot un petit arbre de 50 cm environ avec de belles feuilles vertes, taille « adulte ». En octobre ou novembre, il le replantera en terre et dans quelques années, si la nature le veut, un châtaignier ombrera son coin de jardin.

 Greta Thunberg un jour s’est assise près du parlement, en grève. Sa différence lui avait permis d’ingurgiter d’énormes connaissances écologiques et de comprendre le danger vital pour elle, les siens et sa génération. Ensuite sans qu’elle le veuille, il y a eu une croissance organique du mouvement qu’elle avait initié sans évidemment penser à une telle extension mondiale. Il y a une convergence avec d’autres mouvements comme Extinction Rebellion et c’est la panique à bord chez nos Maîtres. Ah ça non ! ils ne l’avaient pas vue venir cette jeune fille. Et ça explique la rage et le mépris que l’on observe contre elle. Greta l’a complètement intégré et elle dit dans cette petite vidéo que la haine contre elle est la preuve de son succès.

Une graine, un arbre. Un arbre immense qui comme tous les arbres est presque immortel et ne cessera de croître. Ce week-end on a vu ce mouvement mondial ; plus rien ne peut l’arrêter. C’était exactement ce qu’il nous fallait. Oui, l’Histoire est toujours complexe : parfois il y a des mouvements de masse sans leaders : au Soudan, le peuple vient de gagner une première grande étape ; en Algérie, le hirak est encore incertain mais il continue avec puissance. Ailleurs des individus exceptionnels catalysent des changements profonds : Mandela, Snowden en sont des exemples récents. Greta Thunberg les rejoint.

Qu’apporte la vidéo de M. Bogaerts au combat pour la survie de l’espèce ? A-t-elle la moindre valeur ajoutée ? À mes yeux, non seulement elle n’apporte rien, mais par le buzz qu’elle peut avoir, elle est effectivement une arme entre les mains de nos ennemis.

Mais peu importe, leur déroute commence.

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158 réflexions sur « Éco-stalinisme, par Jacques Seignan »

  1. Je reprends les mots de Paul Jorion : « Elle est en train de bousculer la donne ! »

    Mademoiselle Thunberg a initié un mouvement d’ampleur planétaire. Je rends hommage à M. Laurent Alexandre pour sa clairvoyance. Il a, lui, très vite compris le danger qu’elle représente.

    Revenons sur la notion d’ennemi. Notre société crève, et bientôt notre espèce, sous les impacts provoqués par le culte absolu du profit, et de l’argent. Plus rien ne semblait pouvoir arrêter la pompe à fric.

    Par exemple on sait que l’on est en train d’exterminer les abeilles et les insectes pollinisateurs, on en connaît la cause, mais il est interdit d’agir contre les intérêts de l’agriculture industrielle, du Big pharma, de groupes comme Bayer (Monsanto). Nos santés, nos vies sont menacées par les gens qui sont aux commandes et qui sont aidés efficacement par leurs sbires. Ce sont nos ennemis.

    Qu’a donc fait mademoiselle Thunberg ? Seule avec un panneau au début, elle a provoqué une incroyable émulation, comme une trainée de poudre à l’échelle de l’Histoire (un an !). Comme Paul Jorion, j’avais fait la liste Mandela – Snowden – Thunberg. Le simple fait qu’une jeune fille de 15 ans en 2018 ose agir ainsi a donné des idées à d’innombrables autres jeunes. On en voit qui l’entoure à la tribune. Voilà son succès !

    Ils poursuivent des pays en justice dont la France. Je ne sais comment ça peut aboutir mais il est essentiel que cette prise de conscience s’opère : le marketing politique tourne à vide. Le discours des dominants avec leurs proclamations type « on va sauver les retraites » ou on va sauver le climat (grâce à Europa-city, je suppose) » ça commence à ne plus fonctionner du tout.
    Le roi est nu. Grâce à elle, comme dans le conte d’Andersen.

    Alors que dire des nombreux commentateurs que j’ai pu lire ici avec désolation : ceux qui font la fine bouche, ceux qui ne veulent jamais être dupes, ceux qui reprochent un détail, ceux qui exigent plus de radicalité, ceux qui continuent à la mépriser en la disant manipulée ?

    Vous êtes pathétiques, pitoyables et sans le vouloir (du moins je l’espère) vous aidez le discours en faillite des ennemis de Greta, nos ennemis.

    1. « Alors que dire des nombreux commentateurs que j’ai pu lire ici avec désolation : ceux qui font la fine bouche, ceux qui ne veulent jamais être dupes, ceux qui reprochent un détail, ceux qui exigent plus de radicalité, ceux qui continuent à la mépriser en la disant manipulée ?

      Vous êtes pathétiques, pitoyables et sans le vouloir (du moins je l’espère) vous aidez le discours en faillite des ennemis de Greta, nos ennemis. »

      Et Allah c’est mieux qui est un bon serviteur hein ? ! Sérieux…

      1. Bon Allah devrait apprendre à écrire… Sait.

        Puisque je suis de nouveau sous ton message Jacques, si tu me lis, en 1940, j’aurai quand même pu écrire que De Gaulle n’est pas parti avec l’Etat fRançais à Londres. Alors qu’il suffisait d’emmener les tampons… Bref.

  2. Nouvelle dénonciation de l’hypocrisie de Greta Thunberg par un grand média français. Et il faut le dire, cette fois-ci ils frappent juste. Je ne vois guère ce que Greta pourra y répondre, comment elle pourra se défendre du scandale et faire croire à la cohérence de ses convictions écologiques !

    Il s’avère qu’une photo la montre en 2004 utilisant une couche JETABLE 😮 !
    http://www.legorafi.fr/2019/09/24/hypocrisie-greta-thunberg-photographiee-avec-une-couche-jetable-en-2004/

    « Greta Thunberg, militante écologiste suédoise, a été qualifiée d’hypocrite par les critiques du monde entier, après avoir été photographiée portant une couche jetable dans une photo mise en ligne aujourd’hui.
    (…) Des sources proches de Thunberg, âgée de 14 mois au moment où la photo a été prise, ont confirmé qu’elle s’était souillée de nombreuses fois au cours d’une période de 18 à 24 mois, alors qu’elle connaissait l’empreinte carbone dommageable qu’elle était en train de créer et les dommages causés par les couches jetables à l’environnement.
    « Nous sommes tous absolument dégoûtés par son comportement et elle devrait immédiatement se retirer de sa campagne ridicule », ont déclaré des dirigeants souriants de BP, Shell et d’autres grandes sociétés pétrolières lors d’une conférence de presse assemblée à la hâte. »

  3. Le pouvoir terrifiant des images.
    Laisser transparaitre ses émotions dans un tel contexte de surmédiatisation, c’est aussi prendre le risque qu’une vidéo soit découpée image par image, donnant des résultats inespérés pour ses adversaires:
    https://www.letelegramme.fr/monde/climat-le-discours-percutant-de-greta-thunberg-a-l-onu-23-09-2019-12390592.php
    Je n’ose imaginer le nombre de détournements et de « mêmes » qui vont fleurir sur les réseaux sociaux.
    Pauvre petite, j’espère pour elle qu’elle a des parents aimants parce qu’elle va morfler.
    A tous les admirateurs de Greta Thunberg qui se félicitent de cette prestation émouvante qui va servir à n’en pas douter la grande cause de la survie de l’humanité, posez-vous la question de sa fragilité.

    1. On est tous à la fois forts et fragiles. C’est ce qu’on en fait qui fera la différence. Et on peut tous se passer de la commisération de ceux qui ne nous veulent pas du bien…

    2. « (…) posez-vous la question de sa fragilité. »

      J’y ai pensé aussi, car les fauves sont lâchés. Ses mots étaient bien pesés, le discours était juste et les puissants ont perdu la face. Ils ne lui pardonneront pas. Mais Greta Thunberg a la hargne des vrai.es combattant.es, syndrome d’Asperger ou pas, et elle suscite certainement plus d’amour que de haine à travers le monde. Ce n’est pas une pauvre petite. C’est une toute petite, la plus faible qu’on puisse trouver, qui fait vaciller l’hyperpuissance des grands de ce monde que le conformisme intellectuel et la croyance en la supériorité du capitalisme (et leurs intérêts bien compris) aveuglent : « Vous nous avez laissés tomber. Mais les jeunes commencent à comprendre votre trahison. Si vous décidez de nous laisser tomber, je vous le dis : nous ne vous pardonnerons jamais. Nous ne vous laisserons pas vous en sortir comme ça. » Premier acte de la tragédie.

      1. Je plussoie.
        Et j’ajouterais : de la tragédie … ou de l’amorce du Grand Tournant.

        Nous avons la mémoire courte, souvenons-nous qu’il y a deux ans seulement le thème de l’effondrement, et celui de l’extinction étaient absents des grands médias. C’était en 2018, presque une éternité !
        2019 : c’est devenu un lieu commun et c’est l’émergence d’une action à l’échelle planétaire. Et nous avons Greta Thunberg, une chance inouïe pour l’humanité. Une personne différente (et nous le sommes tous, et c’est ce qui fait que nous faisons humanité) mais en laquelle chacun peut se reconnaître. C’est cela le genre humain, le changement qui vient là où personne ne l’attendait et par l’entremise de la dernière personne à laquelle on aurait jamais pensé. Pensez-vous : un asperger, qu’ils disent, pour poser leur diagnostic , qui dit tout et ne dit rien de ce que peut faire un être humain.

        Bref, nos dirigeants, avec leurs éléments de langage obsolètes, sont en train de prendre un un sacré coup de vieux ! Je parie un euro symbolique que ni Trump ni Macron ne seront réélus. Quant à Johnson, je ne m’engage pas beaucoup, il sera retourné depuis longtemps a ses chères études. Restent Bolsonaro et quelques autres, mais ils ne feront pas un pli lorsque une Elisabeth Warren donnera le là dans le monde occidental.

      2. PS. Trump ne pourra pas être réélu puisqu’il ne pourra sans soute pas se représenter au train où vont les choses. Tout va très vite.

    3. Non et puis se poser la question de sa fragilité c’est douter d’elle et c’est La rendre plus fragile. Car si elle en est là C’est qu’elle n’a pas dû se poser tant de questions que ça. Vous réfléchissez.

      1. @ Lucas, bien vu, tout est là.
        En 1940 il y avait des gens qui pesaient le pour et le contre, qui réfléchissaient, et ceux qui ont agi ─ suivant leurs valeurs, leur instinct. Ils étaient si fragiles face à l ‘occupant.

    4. @ Arkao,
      Je croyais que vous ne vouliez plus continuer à participer à une discussion qui ne mène à rien selon vous.
      Vous revenez donc pour dire ça, doucereusement… « elle va morfler ».
      Vous ne lâchez pas le morceau. Vous n’avez jamais tort. Tant de condescendance ironique enrobée de fausse bienveillance : quelle fragilité cachez-vous donc, vous ?

      Ma formule était donc appropriée : pitoyable et pathétique.

  4. Je trouvais Paul Jorion ou Jacques Seignan un peu durs avec certains des contempteurs de Greta Thunberg. Au nombre desquels Laurent Alexandre, chirurgien, essayiste et autoproclamé chevalier « Anti @gretathunberg » sur Twitter.

    Je viens de m’infliger un débat auquel il a participé hier sur le site du Figaro. Et j’ai compris.

    Sophisme de l’épouvantail, arguments péremptoires et faux, positionnement du rebelle intellectuel en toc, belles paroles pro-science couvrant un parfait mépris de ses résultats, j’en passe et des meilleures :-((( ! Le pire sans doute étant que son vis-à-vis, quoique bien intentionné, était un peu faible et n’a pas pu démolir la rhétorique mensongère de ce Laurent Alexandre comme elle le méritait.

    Je me suis rappelé de son intervention comme prophète du transhumanisme à Polytechnique, vidéo postée par Paul Jorion et à laquelle j’avais commenté : https://www.pauljorion.com/blog/2019/02/14/je-ne-vais-pas-dire-ce-que-jen-pense/#comment-691949

    Je rappelais notamment ce que pensent les vrais chercheurs des proclamations surexcitées et ignorantes de l’intervenant, et je concluais : « Au risque d’être un peu dur, Laurent Alexandre est quelqu’un qui n’est pas aussi intelligent qu’il le pense. Ou alors quelqu’un de plus malin qu’intelligent : s’il sait qu’une bonne partie de son discours est poudre aux yeux, mais comme ça lui permet de faire son beurre… »

    Je rectifie. Ce n’est pas « au risque d’être un peu dur ». C’est exactement ça…

    1. Tout mea culpa n’est jamais trop tardif cher Jacquot, il reste toujours le bienvenu…

      Tout comme ceux potentiellement à venir, ou non, qui peut savoir, de Jacques Seignan et/ou Paul Jorion au sujet de cet excellent court métrage de Félicien Bogaerts…

      En attendant, les jeunes le partagent, le diffusent, le « likent », en débattent entre eux, et ça, c’est l’essentiel !

      1. @ Philippe Soubeyrand,
        Un mea culpa à venir de ma part au sujet de cette vidéo ? Après mon billet ?

        En tout cas venant de toi, ça ne manque pas de sel ! Incroyable de lire ça !
        As-tu jamais admis un jour que toi, tu t’es planté sur tel ou tel point ou dans tes prévisions ?

      2. Ah ! Jacques, venant de ta part, cela ne manque pas de sel non plus…

        L’avantage de tous ces commentaires ouverts, c’est que cela permet de ne rien oublier… Rien !

        Aussi, si ces prévisions étaient aussi fausses que tu le prétends, alors pourquoi Diable en fais-tu tout un plat au sujet d’un court métrage intelligent proposant justement d’explorer un dénouement hélas ! possible, notamment au regard de l’ampleur de la catastrophe climatique en cours ?

        Aux dernières nouvelles, il a fait très chaud dans le Midi de la France pendant près de quatre mois, les températures journalières oscillant entre 38 et 43°C par endroit… Ce n’est que maintenant, fin septembre, que ces températures se décident enfin à baisser au niveau des normales saisonnières…

        Aux dernières nouvelles, à l’heure où j’écris ces lignes, plus de la moitié du territoire métropole est touché par une sécheresse sans précédent, et ce ne sont pas les pluies de l’automne qui y changeront quoique ce soit…

        Aux dernières nouvelles, la cryosphère terrestre disparait de tout côté dans des proportions jamais mesurées jusqu’ici…

        Aux dernières nouvelles, les flux de réfugié(e)s climatiques atteignent des proportions sans précédent dans l’histoire de l’Humanité ; étonnant que ce genre d’information ne fasse pas d’ailleurs tous les jours la une de tous nos médias…

        Aux dernières nouvelles, toutes NOS politiques ultralibérales actuellement en vigueur, certaines depuis des décennies, n’ont pas le moindre effet positif sur nos émissions de gaz à effet de serre ; partout les taux de concentration de ces gaz, plus de 207 gaz à effet de serre en tout, grimpent en flèche !

        Aux dernières nouvelles, il s’agit bien là de la sixième extinction de masse en cours sur Terre !

        Et c’est à moi Jacques que tu oses dire que je me suis planté ?!

        Je suis dans toutes les luttes pour la protection de l’environnement depuis mon plus jeune âge. A cette époque là déjà, personne ne nous écoutait, ni même nous entendait, et encore moins nous FINANCAIT (le capitalisme vert n’existait encore pas à notre époque)… On nous traitait de « simples » rebêles de la société ; et ça vous colle à la peau cette merde toute votre chienne de vie…

        35 ans après, où en sommes-nous exactement ?!

        Ah ça c’est certain, face à un tel emballement climatique en devenir, il devient de plus en plus difficile d’y voir clair, et ceci même à l’horizon d’un an… Alors on utilise désormais les gros moyens pour se rassurer, ou se gargariser (c’est pareil), en faisant mouliner de gros datacenters qui coûtent une fortune pendant des semaines, au mépris d’ailleurs de l’empreinte carbone que tout cela sous-tend également… Mais c’est à ce prix là que l’être humain se considère au dessus de tout, au dessus de la nature elle-même, une nature qu’il n’a finalement jamais comprise… Et quand je vois comment l’on continue les choses comme avant, toujours avec autant de mépris, d’hypocrisie, et j’en passe, eh ! bien je ne suis pas du tout surpris que toutes ces mesures prises en « temps réel » soient à ce point catastrophiques fin 2019…

        J’aurais amplement préféré me planter, crois moi !

        Paul m’a proposé cet été d’écrire un billet climat pour le Blog. J’ai finalement décliné. Je n’en ferai d’ailleurs rien à l’avenir. J’ai déjà exprimé longuement mon point de vue à travers 35 billets qui sont toujours en ligne et d’actualité… Greta Thumberg ou tout autre personne sincère n’aurait d’ailleurs qu’à se servir…

        Mais là, on s’est éloigné du sujet : #ANITA

  5. Cloclo et timiota
    je vous répondrai en quelques mots
    Je ne ferai pas ici un exposé sur la psychorigidité
    1- ce n’est pas le lieu
    2- la littérature sur le sujet abonde, dont sur le net

    Et concernant que : des Asperger seraient psychorigides, c’est comme si vous disiez que les roux sont grands,
    ce à quoi je répondrai : il y a des roux grands et des roux petits
    de même il peut y avoir des Asperger psychorigides ou l’inverse, mais ce n’est pas plus lié que pour les roux d’être grands ou petits.

  6. Bonjour,

    J’ai du mal à comprendre ce qu’on reproche à ce court-métrage.

    J’aime beaucoup Greta et ai honte d’entendre à son sujet des horreurs dans la bouche de soi-disant « intellectuels » qui, depuis le début de la crise des gilets jaunes, ont bien montré leur nullité. Évidemment, ça la fout de mal de n’avoir rien à opposer à une fille de seize ans. L’admettre reviendrait à avouer que leur présence sur les plateaux de télé et radio est une escroquerie.

    L’alerte au sujet du climat est éminemment sérieuse,et qu’elle soit instrumentalisée par le greenwashing (faire de l’argent en prétendant faire de l’écologie) est une honte, et c’est le sujet du film. Quand Anita se rend compte (c’est le cas dès la première minute) qu’elle est un pantin commercial, elle en veut et aux puissants, et à ceux qui organisent une opposition de façade mais qui rêveraient seulement d’être à leur place.

    Quant à suicide, on a vu pire au cinéma dans le registre de l’immonde.

    Thomas

  7. Jacques Seignan n’a même pas pris la peine de voir qui avait fait ce film. Ce sont les mêmes qui font le J-Terre sur Youtube. Vos alliés les plus objectifs.
    https://www.youtube.com/channel/UCDoKG5pBrK3XYntCEGal2-w
    Évidemment ce sont aussi des hackers, et copains de Thinkerview, que M. Jorion a classé (à grand tort à mon avis) dans la catégorie « pas fréquentable ».
    Néanmoins, mettre ces petits jeunes sympas et altruistes dans la même catégorie que des chiens de garde ou des staliniens est tout simplement ridicule (sans même parler de confondre les stals avec les vendeurs de soupe de la télé).

    Par ailleurs, tout ce pathos sur la supposée volonté de présenter Greta comme une potiche est basée sur une interprétation de 15 secondes de film.
    Le récit de M. Seignan passe directement des 15 secondes montées en épingle à la scène du suicide, sautant allègrement l’essentiel du film, à savoir le discours de Greta (convertie par miracle aux thèses hacker) qui précisément refuse de lire son texte. L’art de passer à côté de l’essentiel poussé à la caricature.

    Pour finir, vous procédez à un petit lynchage en règle, notamment en disant des choses pénibles sur cette malheureuse actrice qui n’a en fait que le tort d’égratigner l’image de votre idole.

    Regardez la vidéo et reprenez vos esprits, les gars.
    Vous ne vous montrez pas sous votre meilleur jour, c’est le moins qu’on puisse dire.

  8. Je suis loin d’être un fan de Félicien Bogaerts mais j’ai énormément de mal à comprendre comment on peut adhérer à l’action de Greta Thunberg. Je suis attentif aux problèmes écologiques depuis que je suis jeune et pendant mes études d’ingénieur, j’ai choisi la filière « environnement et énergie » ; au final, je suis tout bonnement horrifié de constater qu’on a fait du CO2 la molécule la plus dangereuse au monde, à tel point qu’on a fini par ne plus parler dans les médias des autres pollutions, mortelles à court terme celles-là. Quand j’étais adolescent, la pollution portait le nom de substances hautement toxiques comme les dérivés du benzène, les dioxines, les métaux lourds, les déchets radioactifs, … L’écologie ou plus exactement l’écologisme devient lentement une idéologie religieuse à mon sens, avec ses idoles et ses dogmes, dogmes qui, soit dit en passant, sont extrêmement délétères en science, cette fameuse science que Greta nous somme (menaces et malédictions à l’appui) d’écouter sans douter. Or, aucun scientifique digne de ce nom ne peut exclure le doute de sa réflexion. Je suis devenu sceptique à cause de ça : pour moi une science qui n’a aucun doute est hautement douteuse. J’ai été militant écologiste et j’en suis revenu, au début à cause du décalage entre le discours idéaliste et la politique bassement politicienne et aujourd’hui à cause des relents de malthusianisme que véhiculent certaines branches de la pensée écologique comme l’antispécisme… L’obsession anthropocentriste à l’oeuvre dans le discours (politico-scientifique) autour du climat est tellement opportune et permet d’actionner tellement de leviers (taxes carbone, transition énergétique, recréation de l’industrie agro-alimentaire, …) économiques qu’elle en devient hautement suspecte. Et c’est comme ça que je considère l’action des jeunes pour le climat (qui m’a tout l’air d’une entreprise peu « spontanée ») et a fortiori la démarche policio-médiatico-pseudoscientifique de Mlle Thunberg. En conséquence, je vous dit mon étonnement de voir des personnalités comme Bernard Stiegler ou vous-même qui se mettent à la remorque de celle que j’appelle ironiquement (mais avec tout le respect que je dois à chaque personne humaine) Greta Carbo. Ma surprise est complète…

    1. Vous avez opéré un très mauvais tournant : vous êtes passé d’un scientisme fondé sur une absence de doute, à un doute systématique, qui n’est pas le filtre que vous espériez entre le bon et le mauvais, mais qui est un scepticisme de principe, voire un cynisme si je vous lis bien.

      1. Je ne pense pas avoir jamais été scientiste parce que je n’ai jamais cru que la science à elle seule pouvait faire progresser l’Humanité. Je n’ai jamais été scientiste parce qu’en tant que technoscientifique j’ai observé de l’intérieur comment cette science et cette technologie devenues focales au 21ème s. ne sont jamais que des constructions humaines (faillibles et falsifiables) qui tentent, comme la philosophie et la religion, de dire le monde (dans le meilleur des cas). Le défaut de la science contemporaine, avec le recul de la spiritualité, est peut-être de s’imposer (par le truchement des médias de masse) comme un mode de pensée, associé à des éléments d’idéologie politique, pour refonder une nouvelle forme de « religiosité ». Vous me trouvez sans doute cynique car, à vous lire, il n’existe dans votre esprit aucun doute possible. Je suis sans doute un hérétique à vos yeux parce que je fais comme Pascal : « je parie sur l’autre branche de l’alternative ». Mon libre arbitre m’autorise à ne pas penser que l’idée majoritaire est forcément celle qui dit « la vérité ». L’histoire des sciences comporte de nombreux exemples. J’ai été confronté à l’autisme en tant qu’enseignant et j’ai découvert en ces personnes une intelligence rare et pure mais aussi une fragilité extrême. Je ne suis pas du même avis que vous quand vous dites qu’un autiste ne peut faire autrement que de penser par lui-même. Dans un de vos textes, vous parlez du discours des enfants autour du réchauffement climatique mais comment pourraient-ils faire autrement que de s’inquiéter pour l’avenir vu que c’est la chose la plus vaste et la plus incertaine chez eux. Et c’est en substance ce que je reproche aux vendeurs d’apocalypse. Je leur reproche de susciter la peur plus que de susciter l’envie et la saine interrogation. Comme les religieux zélés le font depuis des temps immémoriaux. J’ai cru dans ma jeunesse que l’écologie politique pouvait être un moyen de dépasser les clivages idéologiques en rassemblant les gens autour d’un objet qui leur est commun, leur environnement. Mais je vois aujourd’hui se combattre un idéalisme benoit qui déifie la nature (y compris le monde animal) et une industrie féroce qui s’appuie sur les aspirations légitimes des gens (et je ne parle pas que des jeunes car eux même ont du mal à accorder leurs violons) ne fait que repeindre le capitalisme en vert et en tant qu’ingénieur industriel je peux vous dire que les marchés à venir sont aussi juteux que les précédents. Je ne m’inquiète que peu du « changement » climatique (puisqu’il faut désormais l’appeler ainsi avant qu’il change encore de nom) quand je vois que l’humanité fait périr les siens par les mêmes atrocités que par le passé : la guerre, l’intégrisme religieux, la famine, la haine raciale, l’exclusion sociale, … autant de phénomènes qui ne sont pas lié à la « santé » de la planète mais à celle de l’Humanité. Pour moi, l’urgence est humanitaire et pas climatique. Je ne souhaite pas entrer dans un débat, mon commentaire précédent n’avait pour but unique que de sonder la profondeur de vos certitudes. Je vous souhaite une bonne continuation avec votre blog. Et je le répète, je ne suis pas fan de F. Bogaerts ^^)

    2. On peut passer sur le chemin de Damas pile au mauvais moment et y trouver surtout du sarin made in Bachar plutôt que du bon air, et s’attacher au danger du sarin. Mais un peu plus loin dans la péninsule arabique il y a assez de Carbone réduit sous terre (pétrole, gaz… le charbon c’est ailleurs, mais il y en a aussi « trop ») pour que son oxydation à l’air après l’intervention économiquement divine de saint-Aramco et autre saint-Total (divine aux firmaments boursiers) ne soit pas de bonne augure.

      Il aurait fallut passer là il y a 500 à 200 millions d’années, quand les plantes patiemment capturaient le carbone pour augmenter l’O2 dont nous profitons.

      Renverser 200 millions d’années en 200 ans peut-il être si neutre ? Ou la marmite tiède où nous nous plaisons empêche-t-elle l’anticipation nécessaire ?

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