Covid-19 – Un très bon point pour la France ?

L’ONS (Office for National Statistics), l’équivalent britannique de l’INSEE, produit aujourd’hui un rapport comparatif entre les différentes nations : Comparisons of all-cause mortality between European countries and regions: January to June 2020, une comparaison de toutes les causes de mortalité entre pays et régions européens de janvier à juin, qui permet en particulier de mettre en évidence la surmortalité due à la Covid-19. En combinant les chiffres trouvés là avec d’autres, la BBC a composé le diagramme suivant :

Le titre dit : « L’Angleterre est le pays (sic) le plus touché en Europe par l’épidémie de coronavirus ». Le sous-titre dit : « Augmentation du taux de mortalité en comparaison avec les années précédentes ». La note donne quelques précisions : « … au 23 mai » ; l’Italie n’apparaît pas en raison de lacunes dans les données, ainsi que certains pays où les décès ont été inférieurs à la moyenne des années précédentes.

Alors ? Un très bon point pour la France ?

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65 réflexions sur « Covid-19 – Un très bon point pour la France ? »

    1. Oui, dites-nous si vous avez trouvé. Comme les trolls sont en général plutôt statisticiens débutants que chevronnés je ne vais pas retenir ma respiration d’ici-là.

      1. Bon j’ai mis ma casquette de troll statisticien 🙂 c’est parti :

        N’y a t’il pas un problème dans le calcul du paramètre E (exposure) qui vient diviser le nombre de mort dont on fait la somme pour calculer l’ASMR ? Pour calculer E on ajoute a la population initiale annuelle une estimation « hebdomadérisée » de l’évolution annuelle de population par rapport a l’année suivante donc suivant que la population augmente ou diminue de manière annuelle on ajoute ou on retranche à la population initiale x semaines d’évolution annuelle par rapport a l’année suivante.
        Donc si j’ai bien compris on fait la somme par catégories de sexe et d’age sur un intervalle de temps des gens qui sont morts par rapport aux gens qui auraient du mourir d’ici à l’année prochaine ramené à la semaine. Pourquoi faire simple… Et surtout pourquoi ne pas comparer tout simplement en valeur absolue les gens qui sont morts sur une période de cette année a la moyenne des gens qui sont morts sur la même période les années antérieures??? Le besoin de créer un graphique dynamique hebdomadaire qui en jette je suppose, il faut reconnaitre que c’est réussi. Mais est ce que ça nous informe vraiment? Et puis surtout et c’est ce qui me chipote vraiment : d’où tirent ils P(x,s,1,y+1) pour 2020 pour pouvoir calculer E ??? J’ai trouvé semble t ‘il : Age-standardised mortality rates are standardised to the 2013 European standard population. Pourquoi 2013 alors qu’on étudie la période 2015-2020??
        Autre chose étrange la figure 2b quand on choisit la France a superposer à l’Angleterre non seulement le pic est a peu près le même en intensité et durée bien que décalé dans le temps mais je soupçonne fortement l’aire sous la courbe française d’être supérieure à celle sous la courbe anglaise, ceci dit on est en pourcentage d’excédent de mortalité par rapport à la moyenne 2015-2019 alors l’aire ne veut peut être pas dire grand chose…
        Enfin, les p-score et z-score sont la pour la déco? Ils n’apparaissent pas sur les graphiques?? Ok j’ai relu ils ont choisit de pas les publier mais ya des liens. Je n’ai hélas pas trop le temps d’aller voir ce que ça donne, ça vous épargnera au moins ça 🙂

      2. Nan, nan, nan, nan, nan, NON !
        VOUS n’avez RIEN compris ! RIEN DU TOUT ! D’aucuns savent, vous PAS !
        Ils sont de plus en plus nombreux à être contaminés MAIS ils ne sont pas malades et en plus ces enfiffrés ils ne vont m^me pas se faire soigner à l’hosto ( c’est pour ça que les hostos nous dissimulent le nombre REEL DE MALADES hospitalisé…SI SI SI…mdrrr), sont cons ces covidés…pfff

        Mais ils veulent s’assurer que le virus n’est pas un virus , DONC ils vont se faire tester en masse (voir les longues queues russes de plusieurs mètres près des centres de test), car tous ceux n’ayant pas fait d’études de statisticiens SAVENT qu’un VIRUS qui mute c’est un virus qui est en accord avec sa nature fondamentale de virus béta, alpha, gamma théta et tais toi sinon tu va grave te faire censurer man, avant de te faire lourder !!!

        vendredi 31 juillet 2020 : hospitalisations covid en baisse.

        5 257
        Hospitalisés
        -77 -1,44 %
        ≃ 8 / 100 000 hab. (0,008%)
        ≃ 1 pers. toutes les -18,70 min
        ≃ -3,21 pers. par heure
        https://www.covinfo.fr/france

        Amitiés orwelliennes à Edward S.

      3. Ah ben ça alors, l’eusses-tu cru avec le masque bientôt obligatoire dans la rue, dans les arbres, à pieds, en vélo, en hélico, à poil, à plumes, en drones, etc… par plus de 40 degrés Celsius, non pas Fahrenheit 451… ? Pfff …m’enfin !

        « Coup de tonnerre. Les personnes asymptomatiques ne transmettraient pas le virus (OMS)
        Celle par qui cette surprenante annonce est arrivée : Dr Maria Van Kerkhove, chef de l’unité des maladies émergentes et des zoonoses de l’OMS.

        C’est sorti du siège…c’est dire…. 😉
        Pour la teuf, les djeuns si ils sont asymptomatiques, z’y va ou pas danser ? Et la bizzzzzz c’est toujours avec les pieds les coudes les genoux (là où y pas covid sur tes coudes pleins de sueur…(je vous livre une dernière découverte scientifique validée itou par l’Ô aime messe; le coronavirus n’aime pas la sueur c’est QUE LES POSTILLONS quand tu bavasse avec tes zamis, si si si…)
        le big hug ?

        « Personne ne s’y attendait et pourtant c’est sorti du siège de l’OMS à Genève. Tout le monde, y compris les gouvernements, pensaient que le coronavirus se transmettait même par une personne qui ne présente aucun symptôme. Revirement. »

        « On est passé à côté
        Dr Maria Van Kerkhove, chef de l’unité des maladies émergentes et des zoonoses de l’OMS explique: « D’après les données dont nous disposons, il semble toujours rare qu’une personne asymptomatique transmette effectivement à un autre individu ». Lors d’un point de presse au siège de l’agence à Genève, la responsable a ajouté que ce cas est « très rare ». »

        « Cela change tout donc pour les mesures que les gouvernements doivent prendre pour limiter la propagation de la pandémie. « Les réponses du gouvernement devraient se concentrer sur la détection et l’isolement des personnes infectées présentant des symptômes et le suivi de toute personne susceptible d’avoir été en contact avec elles », conseille Van Kerkhove qui tempère néanmoins ses propos en affirmant que « davantage de recherches et de données sont nécessaires pour vraiment répondre à la question de savoir si le coronavirus peut se propager largement par le biais de porteurs asymptomatiques ».  »
        https://lobservateur.info/coup-de-tonnerre-les-personnes-asymptomatiques-ne-transmettraient-pas-le-virus-oms/

        Bref, personne ne sait et ne comprend toujours rien, donc, dans le doute masque à gaz , LBD, euuuh, amendes et délations à l’appui, comme en cours au Canada et en Suisse, entre autres, (Gogol is your friend), donc inflation de parapluies, et de parasols de la part des sachants qui n’en savent pas beaucoup plus, mais qui savent tout ! Puisqu’on vous le dit , croyez le et sans moufeter !
        Pigé man ?

        And I think to myself, what a wonderful world…

        « Coronavirus au Canada : La police de Montréal met en place un outil de dénonciation en ligne
        PANDEMIE Le site de la police de Montréal propose de rapporter en ligne les « situations portant atteinte aux consignes et aux directives gouvernementales en lien avec la Covid-19 »  »
        https://www.20minutes.fr/monde/2760423-20200414-coronavirus-canada-police-montreal-met-place-outil-denonciation-ligne

        L’épidémie de Covid-19 questionne l’opportunité de la délation des contrevenants
        https://www.letemps.ch/opinions/lepidemie-covid19-questionne-lopportunite-delation-contrevenants

        Oooooh mais kesstu konpelotte maman ? Dis, fais moi un dessin.
        Oui, mon chéri, chéri, encore un joli dessin, pour la route… ?

      4. @Dundee :

        A propos de postillons, et pour parer à la covid via  » le masque et la plume  » en pastichant Corneille :

  1. Comment est-ce possible alors que nous sommes un des pays les plus touchés en morts par millions d’habitants ?
    Il y a quelque chose qui m’échappe ?

    1. Et s’il y avait

      1° plus de morts par million d’habitants en temps normal que nous ne l’imaginions
      2° un nouveau « normal » ces années récentes qui préfigurait déjà ce que nous avons appelé Covid-19 aujourd’hui ? (cf. le billet récent de Nikademus).

      1. Intéressant et surprenant cet article que vous partagez ci-haut.
        Mais alors pourquoi une anomalie sur ces dernières années seulement en France visiblement ? Le quinquennat d’Emmanuel Macron qui nous a éreintés ? La fuite radioactive de centrales nucléaires ? L’abus de vin rouge ?
        Sinon les sources de l’Insee dont j’ai partagé le lien ne disent elles pas autre chose ?

      2. Le joli pic de 2017 au moment de l’épidémie de grippe ou les hôpitaux manquaient même de couvertures est bien mis en évidence sur le premier graphique, effectivement ça doit jouer e « défaveur » du covid si l’on peut dire.

  2. « by week beginning 23 may » que je traduirai par « par semaine, à partir du 23 mai » et non  » au 23 mai ».

    C’est donc les statistiques post-confinement, et non avant et pendant le confinement.

    Pour moi, elles montrent que la France a stoppé bien plus efficacement la progression du virus, et que l’on repart donc de plus bas. En gros, une semaine de confinement supplémentaire fait gagner 2 ou 3 ou ? semaines de déconfinement avant le prochain confinement…

    1. C’est ce qu’il m’a semblé mais cela semblait trop gros pour y croire. Il y aurait donc une grosse coquille dans l’article de la BBC car la description du graphique dans l’article dit autre chose.

    2. Non : regardez ce qui est écrit :

      England had the highest levels of excess deaths in Europe between the end of February and the middle of June, official analysis shows.

      La période couverte est de fin février à la mi-juin

      et

      By 23 May, the death rate in England was 7.5% higher than it has been in recent years.

      En date du 23 mai (arrivé au 23 mai) …

  3. En remontant à la source, c’est-à-dire les données d’Eurostat (1) quant à la variation de la mortalité hebdomadaire en 2020 par rapport à la moyenne de la même semaine prise dans les années 2015-2019, la raison de cette performance a priori surprenante de la France est un « bruit de fond » de diminution significative de la mortalité, à la fois chez les moins de 65 ans et les plus de 65 ans, ceci dans toutes les semaines où le covid-19 n’avait pas encore vraiment frappé, ou bien où il avait déjà sérieusement décru, soit jusqu’à la semaine 11 et à partir de la semaine 18. Les morts évitées pendant ces semaines-là, à la fois chez les moins de 65 ans et les plus de 65 ans, compensent grosso modo les morts supplémentaires subies essentiellement par les plus de 65 ans entre les semaines 12 et 17.

    Au Royaume-Uni, à la fois ce « bruit de fond » compensateur est moins fort, la mortalité augmente nettement plus chez les moins de 65 ans qu’en France, et la première vague reflue plus lentement.

    Cela dit, la performance de la France n’apparaît bonne qu’en comparaison avec Espagne, Italie et surtout Royaume-Uni. Les chiffres de l’Allemagne ne sont pas disponibles dans le tableau d’Eurostat – c’est surprenant – mais si on regarde par exemple des pays comme la Lituanie, la Tchéquie ou le Portugal, on s’aperçoit que la mortalité du coronavirus n’a pas réussi à contrebalancer le « bruit de fond » de baisse générale de la mortalité. Dans ces pays, on est moins mort pendant le 1er semestre 2020 que pendant la moyenne des périodes correspondantes de 2015 à 2019.

    Je savais que la santé générale s’améliore dans les pays européens, c’est un mouvement de fond qui continue à l’inverse des Etats-Unis où il est contrebalancé par la limitation des soins à la partie la plus pauvre de la population et plus encore par l’effarante épidémie d’addiction à des drogues dures, mais j’ignorais que l’effet de baisse de mortalité était suffisant pour contrebalancer dans beaucoup de pays la première vague du covid-19.

    (1) Disponible ici https://www.ons.gov.uk/visualisations/dvc895/asmr/line/datadownload.xlsx
    L’onglet « rASMRs Nations Total » présente soit dit en passant certaines bizarreries notamment dans le cas de la France – il y a du y avoir des erreurs de calcul. Les onglets « rASMR Nations Tunder65 » et « rASMR Nations Tover65 » semblent plus cohérents, je les ai utilisés pour faire les comparaisons.

    1. Portugal : 10 000 000 habitants
      Tchéquie : 10 000 000 habitants
      Lituanie : 3 000 000 habitants
      Région Ile de France : 12 500 000 habitants
      Région Grand Est : 6 000 000 habitants

      1. Vous avez raison, mais… que voulez-vous dire ?

        S’il s’agit de souligner que la variabilité peut être plus grande à une échelle plus petite de 5 ou 10 millions de personnes qu’à l’échelle de 60 ou 80 millions, oui, mais cela n’empêche pas de comparer. Et je le répète j’aurais bien aimé avoir les chiffres de l’Allemagne, pour comparer… oublier le deuxième pays le plus peuplé du continent européen, c’est tout de même fort de café !

      2. Pas oubliée apparemment, mais pas dans les cas où le taux de décès a augmenté… Disons que la France serait dans les ‘meilleurs’ des ‘mauvais’ cas… 🙂

      3. @Toulet Alexis :

        C’est bien ce que je sous tendais ;

        Sur le fond global , je rejoindrai plutôt la position de François Vatin de ce jour à 11h05 bas de file .

      4. @ François Corre

        Je parlais du tableau Eurostat. On y trouve la plupart des pays européens, dont beaucoup où le taux de décès a diminué – comme les exemples que je donnais. Et certains de ces pays sont petits.

        Mais pas l’Allemagne. C’est un peu bizarre.

    2. La comparaison n est valable qu avec l irlande qui est le seul pays aussi jeune que la France voire meme plus jeune je crois. Il est mofique que lq Frqnce soit en tete c est une des populqtions les plus jeunes d eurrope. Reste que de tels ecarts sont plutot suspects surtout un facteur 10 avec l irlande

  4. Voyage dans l’imaginaire du statisticien :

    [mode « je pète plus haut que mon cul » on]

    … ça, cela démontre au moins une chose ! à savoir qu’il ne faut surtout pas dupliquer les bases de données à l’infini ! Vive la concurrence sur fond de Copyright du Big Data ! Youpi ! On avance…

    1- ce n’est absolument pas bon pour l’environnement, et

    2- cela conduit forcément à des biais (tiens, re-bien vu Paul !), voire des coquilles… (et les EHPAD ? Oui ? Non ?)

    … ensuite, je ne comprends absolument pas la logique janvier-juin 2020 (… au 23 mai), et pourquoi pas janvier 1900-juin 2020 (… au 23 mai – puisqu’ils y tiennent) tant qu’on y est, histoire d’effacer complètement l’évènement Covid-19 de l’analyse via un « simple » changement d’échelle ; ce ne sera plus qu’un bruit ?! Youpi ! J’ai réussi ! Le Nobel est pour moi ! Y a plus de pandémie !

    … enfin, jamais ils ne synchronisent leurs données à l’ONS ? Mais bon, ça c’est de l’ordre du détail épidémico-mathématique qui dépasse carrément les statistiques ; ils n’ont jamais eu le niveau suffisant pour toutes ces questions là de toute façon, et l’INSEE, c’est guère mieux… Ne leur parlez jamais de dilatation du temps à ces gens là…

    Ne montrez surtout pas cette étude foireuse à Macron… Oops ! Trop tard !

    [mode « je pète plus haut que mon cul » off]

    Retour à la réalité systémique :

    https://gisanddata.maps.arcgis.com/apps/opsdashboard/index.html#/bda7594740fd40299423467b48e9ecf6

  5. Je n’ai pas pu retrouver facilement l’info dans la masse des données fournies , mais si , comme je le pense , on compare la mortalité totale sur la période 2020 à la même donnée moyenne sur les années antérieures , éventuellement corrigée des variations de population , il faudrait pour interpréter vraiment , connaitre la comparaison de détail par natures de cause de mortalité pour vérifier si par exemple une forte mortalité par covid n’est pas  » lissée » dans le total national par une forte baisse occasionnel et inédite d’autres causes de mortalités ( on sait par exemple que la mortalité routière a été à la baisse ) qui n’auraient pas la même occurrence dans tous les pays .

    On peut penser cependant que la loi des grands nombres doit relativiser cette remarque , et pour le coup il faut se farcir la traduction de l’anglais pour apprécier et interpréter ce travail très sérieux dans son exposé général .

    1. Et non justement on ne compare pas des gens qui sont morts une année sur la moyenne des années antérieures, mais des gens qui sont morts avec des gens qui auraient du mourir selon la moyenne de l’évolution de population globale des années antérieures en ramenant cette évolution globale a la semaine. Et ensuite on cumule toutes ces semaines « artificielles » de surmortalité, au final c’est pas vraiment étonnant que quand on additionne tous ces « arrondis » on arrive a des aberrations. On lisse la mortalité annuelle sur une semaine et on compare à la mortalité réelle et on en déduit qu’on est trop mort de x cette semaine la (ou pas assez de y) et ensuite on compare semaine par semaine de combien on est plus trop mort en 2020 par rapport à la moyenne de ce qu’on est trop mort cette semaine là entre 2015 et 2019. Et enfin on cumule c’est à dire qu’on ajoute les plus trop mort de 2020 semaines après semaine. Ya vraiment que des statisticiens pour avoir des idées pareilles !

      C’est à mourir de rire… mais pas trop quand même 😉

      1. C’est un petit hommage indirect à Gébé et son An 01 : travailler est très mauvais pour la santé, pour les femmes enceintes et leurs bébés à naître, et une fois que les bébés sont nés, la pollution créée par les gens qui travaillent leur pompe la vie ou la fout en l’air d’une manière ou d’une autre.

        On arrête tout !

  6. La façon d’analyser ces données ci, et d’en déduire ce que bien d’autre manières de déchiffrer les statistiques, peuvent se contredire, soulever des paradoxes, etc. me fait penser à la polémique qu’il y eu, lorsqu’en France fut découvert qu’en GB, nuls « puissants » se cachaient d’assumer une politique et gestion de la crise sanitaire, façon « Darwinisme social », « tri sélectif »…

    Nombre « d’éditorialistes », s’offuscèrent, mais tant par rapport à la logique de la gestion façon politique du chiffre, néolibérale, des « vies à sauver », et de leurs « valeurs », « prix », mais du fait d’avoir à se justifier avec peine, en « donneurs de leçons de morales », de leur choix pour la « suprématie » du contexte de la TINA…

    L’exemple d’un philosophe français (dont son nom ne me revenant pas, qu’il m’en excusera, s’il le souhaite, sinon, rien ne m’importe plus), qui, a la même époque, trouva les portes grandes ouvertes dans certains médias de masse (chaînes d’info en continue, et presses écrites de milliardaires), mais sans contradiction bien sûr, sans pluralité philosophique à lui opposer pareillement, et donc sans neutralité et impartialité du débat public, que la déclaration solennelle de « l’État d’urgence/de guerre » devrait suffire à justifier, excuser peut être (?)… venu défendre l’idée qu’entre une personne occupant un lit de réa, de 85 ans, a qui fournir plus de soins, respirateurs, médicaments, etc, et une autre de trente ans, dans le même état sanitaire/pathologique de gravité, il était normale de choisir et prioriser les attentions politiques et les soins publics, sur la seconde… cet exemple est parlant dans ses non dits.

    Le postulat philosophique de l’époque, et de la personnification et personnalisation de la science philosophique du moment médiatico-politique, n’a t-il pas voulu imposer le contexte d’un choix nécessaire à faire (la TINA quoi) même si injuste, la justification et excuse d’avoir à opérer un tri, de faire une sélection donc, fonction d’un rapport « coût/recette » pour les dépenses sanitaires, publiques en fonction de la « productivité économique » du sujet… en occultant…oblitérant.. plaçant sciemment « du coté obscure de la force », « l’externalité négative » de l ’origine, la source, de la politique des moyens néolibéraux, ayant réduit drastiquement avec l’austérité, des « réformes structurelles » »… le nombre de lits de réa, de personnel de santé public, de disponibilité de masques, tests, médicaments… disponibilité de matériel (l’espèce humaine en voix d’extinction… devant ce matériel) laissée aux « mains invisibles » et à la « magie » de la spéculation à découvert, à la hausse ou la baisse sur les stocks gérés en flux tendu et les prix, des dits produits (englobant aussi les denrées alimentaires, etc) – paris nus, qui tombant sur pile font gagner à chaque fois les actionnaires, comptes au nom de personnes morales des entreprises, la finance, les banques, assistés à l’occasion sans contrepartie… quand face… trop de vies, par rapport au nombre de manque de lits de réa, médicaments, respirateurs… ne peuvent être sauvé, et tant d’autres par rapport aux facteurs de comorbidité, susceptibles de les fragiliser en les exposant aux risques (précarité, chômage, insalubrité des logements, insécurité alimentaire, instabilité économique, etc), ne pourront pas l’être non plus… ?

  7. Suite et fin du billet (Juillot Pierre 30 juillet 2020 à 18 h 10 min).

    Bien qu’il ne soit pas imputable à la réflexion philosophique de cette époque, et de son incarnation… ce que coûterait à la collectivité en dépenses publiques, dettes publiques, déficits, etc… les séquelles et traumatismes (dont même actuellement on ignore encore ce qu’il en sera, et à quels secteurs public et privé, ça profitera), que ce genre de virus occasionne sur le « tout public », il n’est pas plus à exonérer, à cette philosophie, que l’état d’esprit de vouloir favoriser et prioriser le sauvetage de la jeunesse par rapport aux « coûts » publics/privés, vis à vis de la « dépendance » des « personnes en fin de vie », n’ait pu avoir que plus d’influence sur la précocité éjaculée d’un déconfinement, d’une « envie » (à ne pas confondre avec besoin) de « relance de l’économie »… et la sollicitation empathique déraisonnable mobilisée… qui s’en suivit… pour excuser les excès d’une jeunesse ne respectant ni les mesures barrières ni le port du masque (voir les fiesta à Saint Tropez, etc) … en se rassemblant, s’exhibant… etc… alors qu’elle est la plus « aidée » (en plus de l’assistanat des propriétaires privés d’entreprises et actionnaires, qui n’osent pas dire le mot « d’argent magique », de « néo- ruissellement ») dans le « retour à l’emploi »…

    1. J’ai crains un instant que votre développement ne conclue sur l’accusation d’éjaculation précoce de la jeunesse .

      1. @ juannessy 30 juillet 2020 à 20 h 07 min

        Si j’utilise ce terme d’éjaculation précoce, , ce n’est pas à des fins de critiquer des victimes étant atteintes de cette « pathologie », ni la jeunesse, incitée sans trop qu’elle y réfléchisse, sans qu’elle s’attarde consciemment sur la réflexion surtout… à ce que la croissance démographique/et du pib… ne baisse pas plus, ne reste pas en récession, voir pire…

        C’est plus à la gestion médiatico-politicienne et à la communication sur le confinement/déconfinement d’un « en même temps » – pas besoin de masques au début du pic de l’épidémie (alors qu’il n’y en avait plus assez pour tout le monde et surtout sa distribution gratuite), alors qu’il est question de rendre son port (au « coût libéralisé ») obligatoire en tout lieu, circonstance… avec « demande de renforcement de plus sévères sanctions à la clef. Pas besoin de campagnes massives et publiques tests à la même époque… alors que maintenant les critiques pleuvent sur la gestion des campagnes confiées au privé. Grande empathie et convivialité, soutien, sur les chaînes d’info en continue en faveur des jeunes des quais de Seine, de Saint-Tropez, etc, à contrario de la jeunesse des quartiers sensibles, ayant été jeté à a vindicte populaire, lorsqu’elle a envie un match de foot intercité à la fin de celui ci… – et donc à la gestion d’une crise sanitaire (et de celle sociale, et « sociétale » en découlant) suspecte d’avoir été « planifiée » pour les seuls intérêts particuliers du capitalisme économique néolibéral (spéculation les attributs à découvert, paris nus quoi…) et peut être pire… c’est à tout cela que je pense quand j’emploie ce terme…

        C’est à fin péjorative, soulignant la dégénérescence des fruits de la consanguinité d’un mariage entre le court-termisme électoraliste, celui médiatique, et enfin celui néolibéral, loin du moyen et long terme nécessaire qu’il faut pour gérer avec efficacité pareil crise sanitaire, sociale, « sociétale »… que j’use de cette expression connotée, pour souligner le ridicule des objectifs sur lesquels « l’apolitisme » du fascisme en col blanc et/ou celui en col bleu… en sont réduits à se concurrencer, à essayer de s’éclabousser en premier, à tenter de se salir avant l’autre…

        Il me semble voir dans l’idolâtrie du « pervers narcissisme » qui caricaturalement, illustre la suprématie du « charisme » dans le mythe de « l’Homme providentiel » ( inversion perverse de la hiérarchisation des valeurs… faisant d’un évènement, état de choc soulignant les défaillances, faillites, effondrements, de l’Etat, une « aubaine providentielle » d’attaquer/ »réformer structurellement » les faiblesses de « l’État providence ») que les « temps de cerveaux disponibles » qu’à vouer un « culte féroce », à la « dictature des émotions » sondant sous le faux prétexte d’être l’incarnation d’une démocratie directe participative » les incertitudes doutes, que du « ras le bol fiscal », « poujadisme »… recherchent désespérément (les « zombis chrétiens »…?), il me semble voir dans cela ce symptôme de l’éjaculation précoce, « attendrissante » dans une posture victimaire « naturelle », sans qu’elle est besoin d’être verbalisée quoi (qui oserait s’attaquer à pareil handicap… n’est-ce pas…?)…

        Perso, ce ne sont pas mes fautes d’orthographe, etc, qui me hantent les nuits, m’empêchant de dormir… mais ce que vont pouvoir devenir mes enfants (dont une lourdement handicapée), petits enfants…

  8. Daily Kos, There’s a reason why Republicans are pushing hydroxychloroquine again, and it’s ugly, 30 juillet 2020

    Mais cette histoire de l’hydroxychloroquine n’a rien à voir avec l’efficacité du médicament – et soyons clair, il ne l’est pas. Si les Républicains soutiennent cette nouvelle série de mensonges sur un traitement plus nocif qu’utile, ce n’est pas parce qu’ils s’enrichissent grâce aux comprimés. C’est parce qu’ils ont vraiment, vraiment besoin de convaincre les gens qu’il est sans danger de retourner au travail et de renvoyer leurs enfants à l’école. Parce que l’hydroxychloroquine, la réouverture des écoles et le « plan » du Parti républicain pour COVID-19 sont une seule et même histoire. C’est l’histoire des Républicains qui ont besoin que les travailleurs aillent au boulot et génèrent de l’argent pour les riches.

  9. Il serait intéressant de déterminer si la baisse de fréquentation des urgences à hauteur de 60% en France pendant la période épidémique n’ aurait pas contribué au lissage de la mortalité relevée. La peur de fréquenter les foyers épidémiques hospitaliers a par exemple pu limiter l’incidence des maladies nosocomiales (en particulier les staphylocoques et autres joyeusetés) ou infectieuses régulièrement présentes en ces mêmes lieux. Il s’agit également d’évaluer l’effet placebo possible d’une super maladie, le COVID (pourquoi d’ailleurs l’avoir féminisé en la COVID ?), en comparaison d’autres troubles soudainement déclassés et invitant leurs victimes à une bien plus grande prudence. Sans compter bien sur le confinement dont la tempérance des stress ordinaires (travail, transport, pollutions) a bien évidemment agit favorablement sur de nombreux organismes. Auquel pourrait également s’ajouter également la persévérance des politiques sociales malgré leur érosion bien pathétique.

  10. Ben, d’après seulement ce qu’en dit brièvement Paul Jorion, et sans faire plus de savantes statistiques ou analyses, il me semble que, contrairement peut-être à ce qu’on pourrait croire, la raison principale qui expliquerait ce soi-disant « très bon point » pour la France serait dû au fait suivant : grosso-modo, pendant notamment la période obligatoire de confinement et plutôt sévère en France, les français ont été d’une manière générale nettement plus craintifs et prudents, ou dit autrement, plus obéissants que ces quelques proches voisins. Du coup, on pourrait en déduire tout simplement que beaucoup moins de français sont morts d’autres choses ou d’autres causes que le coronavirus (ex. accidents divers), durant ce premier semestre 2020 qu’en Belgique, Angleterre, etc. N’est-il pas ?

    1. SI L’ON S’EN TIENT AU FAIT QUE DANS CE RAPPORT, LA BELGIQUE SE SITUE DANS LA MOYENNE PEUT-ON DIRE QUE LES TAUX DE DECES COVID RESULTENT DE LA FORCE OU DE LA FAIBLESSE D’UNE NATION? LA NATION BELGE ETANT FAIBLE, QUE DIRE ALORS DES BRITANNIQUES? ET A CONTRARIO, QUE DIRE DE LA NATION FRANCAISE?

    2. De 7,5% a 0.2% on est sur un facteur 37.5 ça voudrait dire par exemple que la mortalité sur la route en Angleterre sur cette période aurait été près de 40 fois supérieure à la Française ça me parait pas trop solide comme explication.

  11. Le même graphique qui montre la variation des dépenses de santé en lien avec les pathologies/accidentologies du travail est aussi une piste à suivre pour mieux cerner les causes de cette anomalie française.

  12. « qu’il y a baleine sous gravillon »

    Baleine ? Trop « mimi »…
    Ha bon ? Naaaannnn …
    Non pas, comment dire, plusieurs troupeaux voire plusieurs pics, moult caps et d’innombrables et d’énoooormes aveuglantes péninsules ?
    mdrrrr :-)))))

    Une tite loupiote pour le grenier ? Arffff c’est plein de toiles d’araignées !

  13. Moins d’huître et de tournedos Rossini et moins de pastis….Donc moins d’AVC etc.
    On trouve normalement les stats des 10 principales causes de décès dans les stats mondiales type OMS…le coupable sera dénoncé!

  14. Donc faire un tableau pour décrire une situation dans une perspective sanitaire :
    – 1ère colonne.
    Ce que les Français se sont mis à faire pendant cette période… ( changement bénéfique de comportements ; y compris  » mesures barrières « . y compris réflexions philosophiques, psychologiques et spirituelles )
    – 2ème colonne
    Ce que les français n’ont plus fait pendant cette période… ( comportements grégaires néfastes, à l’abri d’une idée fantasmée d’un art de vivre à la française exalté par un  » peuple des terrasses  » pour qui la liberté n’est rien de plus que le droit à s’éclater en attendant l’effondrement ; )
    Bon là je m’énerve et cela n’est ni bien ni bon.

  15. Ne pas oublier ce que Paul relevait il y a quelque temps. Les Citadins respiraient un air pur et retrouvaient l’usage des jambes pendant le confinement.
    Paris la rayonnante, tueuse à égalité avec le covid-19 ?

      1. On surtout un gros bras de fer avec la/les épidémies de grippe dont le confinement nous a aussi protégé regardez 2017 sur le premier graphique le pic grippal représente au bas mot 50 % du pic de covid 2019.

    1. C’est la base de comparaison qui est différente.

      Les données d’Eurostat – voir le tableau Excel dont j’ai mis le lien plus haut – comparent avec la mortalité dans la même semaine, moyennée sur cinq ans entre 2015 et 2019.

      Les tableaux du NYT comparent avec la mortalité attendue en 2020, « compte tenu des tendances locales sur la mortalité ».

  16. https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/05/22/coronavirus-age-sexe-departement-la-hausse-de-la-mortalite-francaise-en-sept-graphiques_6040465_4355770.html

    D’après Le Monde (qui reprend les chiffres publiés par l’INSE) les décès toutes causes confondues pour les 6 premiers mois de de l’année sont de 204.000 en 2020, 181.000 en 2019 et 186.000 en 2018.

    L’augmentation des décès varie énormément d’un département à l’autre puisqu’elle est nulle ou négative dans un grand nombre d’entre eux mais qu’elle est de 58% en Seine-Saint-Denis.

    Je ne vois pas non plus le rapport entre 0,2% pour l’ensemble de la France – mais 8% pour Paris – de la BBC ( https://www.bbc.com/news/health-53592881 ) et l’article très long et fort compliqué de l’Office for National Statistics.

  17. Le graphique exagère probablement la « bonne performance » de la France. Il n’empêche, depuis le début de l’épidémie, je n’ai cessé d’être irrité contre ce France-bashing, qui m’a toujours paru infondé au vu des courbes qui se dessinaient.

    Trois conclusions :

    1. Comme on l’a toujours su, la bonne mesure, pour les comparaisons internationales, est celle de la surmortalité, car l’évaluation de la mortalité par Covid est trop sujette à biais suivant les dispositifs de mesure. La courbe établie par l’Insee est très parlante, qui montre la bosse Covid. Pour la mesure globale (intégrale sur et sous la droite moyenne de janvier à juin), il faut tenir compte de plusieurs facteurs : a) l’épidémie de grippe a été plus faible qu’à l’ordinaire en France cette année; b) on a observé en effet une sous-mortalité des jeunes (moins de 45 ans), surtout masculins, en raison du confinement, ce qui en dit long sur l’accidentalité; ce phénomène s’est poursuivi alors que la mortalité par Covid avait disparu durant la fin de la période de confinement ; d) on assiste par ailleurs à un rattrapage : la maladie ayant emporté les plus faibles, comme il en a été pour la canicule, ce qui fait que la surmortalité sur l’année sera plus faible qu’on ne l’imagine.

    2. Cette comparaison ne peut se faire que sur des territoires et des populations comparables. C’est le cas pour les grands pays européens : Allemagne, Espagne, France, Italie. Ce n’est plus le cas pour les petits pays : il faudrait comparer la Belgique à l’Ile-de-France … Ce n’est pas le cas non plus pour les plus grands pays. L’évolution aux Etats-Unis est conforme à ce que j’avais pronostiqué. On a d’abord raisonné sur les états de la côte est, qui ont connu une épidémie contemporaine à celle des pays européens, en concluant, à tort, que l’épidémie restait confinée dans ces espaces et en calculant une mortalité per capita sur l’ensemble américain. On voit bien aujourd’hui que la courbe épidémique convexe de ces états est conforme à ce que l’on observe en Europe. En revanche, dans le reste des états, la courbe reste concave. L’épidémie continue à se propager et la mortalité globale sera in fine vraisemblablement bien supérieure à ce qu’elle sera en Europe (car il faudrait comparer l’ensemble américain à l’ensemble européen).

    3. Le confinement a été efficace, comme le montrent les contre-exemples des pays qui l’ont retardé (Grande-Bretagne) ou refusé (Suède). Cela ne saurait prouver en soi que cette politique était fondée, car les effets indirects négatifs peuvent très bien être plus nocifs dans un calcul utilitariste global difficile à mener. Mais, dans le contexte de mimétisme mondial, il ne servait à rien de prendre le contrepied de cette politique. Les pays qui ont refusé le confinement subiront comme les autres ses conséquences.

    1. Cela ne saurait prouver en soi que cette politique était fondée, car les effets indirects négatifs peuvent très bien être plus nocifs dans un calcul utilitariste global difficile à mener.

      Vous pensez à quoi ? La pauvreté ?

      Jusqu’ici ce ne sont que des effets positifs pour la santé qui apparaissent.

    2. « Cela ne saurait prouver en soi que cette politique était fondée, car les effets indirects négatifs peuvent très bien être plus nocifs dans un calcul utilitariste global difficile à mener »

      On peut certainement se poser la question, mais il faut alors ne pas se tromper de base de comparaison. La question est alors de savoir si les politiques de confinement auront en définitive, du fait de la paupérisation d’une partie de la population, des effets meurtriers plus nocifs que n’en aurait eu la pandémie sans confinement et sans restrictions économiques.

      Dans le cas de la France, en prenant 0,6% de taux de mortalité pour les contaminés au coronavirus – ce qui semble être le chiffre – et un taux de 75% de contamination nécessaire pour arriver à l’immunité de groupe, on arrive à 67 millions * 75% * 0,6% = un total de 300 000 morts. Dix fois plus que ce que nous avons vécu.

      Et sans encore compter sur le risque de débordement des unités de soins intensifs – qui aurait augmenté le taux de mortalité. Sans compter non plus les re-contaminations ultérieures vu que suivant certaines études l’immunité pourrait n’être acquise à un ancien malade que pour quelques mois. Et sans compter ceux des malades survivant traumatisés, souffrant d’un handicap pendant quelques mois si ce n’est plus – on n’a pas encore le recul pour en être sûr.

      Il me paraît difficile d’imaginer que le bilan de la crise économique qui commence soit supérieur à un bilan de ce genre.

      Je note d’ailleurs que les Etats-Unis, dont le confinement n’étant pas organisé au niveau du pays a été beaucoup moins suivi que les confinements en Europe et pendant moins longtemps, non seulement connaissent un redémarrage désastreux des contaminations et des morts… mais encore des pertes économiques supérieures. On annonce -14% pour le PIB français au deuxième trimestre (1) mais aux Etats-Unis c’est -33% ! (2)

      En somme, un confinement plus strict et poursuivi plus longtemps est associé à des pertes économiques moins catastrophiques. Et non le contraire.

      (1) – https://www.lefigaro.fr/conjoncture/plongeon-historique-du-pib-de-13-8-au-deuxieme-trimestre-20200731
      (2) – https://www.bea.gov/news/2020/gross-domestic-product-2nd-quarter-2020-advance-estimate-and-annual-update

      1. Oui, bien sûr, pour les Etats-Unis; cela correspond à ce que j’exprimais : de ne pas confiner, quand les autres confinaient, c’était perdre sur les deux tableaux.

        Quant au reste, c’est plus compliqué. La comptabilité macabre du nombre de morts ne dit pas tout, car tous les morts ne se valent pas, sauf pour un kantien convaincu. Dans un calcul utilitariste standard (sans doute discutable), on va calculer en fonction de l’espérance de vie prévisible du décédé : la variable devient le nombre d’années de vie et non plus le nombre de personnes. Sans aller jusque là, on pourra admettre que la mortalité des nonagénaires n’est pas équivalente à celle de personnes de 15-40 ans, qui saigne à blanc une population comme lors de guerres.

        Je pense qu’il est par ailleurs difficile à ce stade d’établir la létalité brute du virus, puisque cette létalité est précisément corrélée à l’âge du patient. Il faut donc redresser l’ensemble des données en fonction de la structure d’âge de la population touchée. Je pense que c’est la principale explication de l’apparente faible létalité en Afrique.

        En l’occurrence, c’est là la marque de la grandeur comme de la faiblesse de notre société : on a fait prendre un risque énorme à la population dans son ensemble pour protéger au maximum les plus faibles.

        Il y a aussi une autre dimension du problème que vous évoquez : ne pas faire imploser le système sanitaire. Sans doute, c’est devenu là une valeur en soi. On a organisé toute la vie économique et sociale en fonction du nombre de places en soins intensifs. C’est là une perspective absolument nouvelle. Il suffit de lire les récits qui commencent à sortir sur l’épidémie de grippe de 1968-1969 pour voir qu’on ne raisonnait pas ainsi il y a à peine 50 ans. 25 000 morts en décembre 1969, mais les titres des journaux portaient sur l’absentéisme dans les entreprises !

        Sur tout cela, je ne porte pas de jugements de valeur. J’observe, en considérant, en sociologue, que les valeurs sont aussi des faits sociaux.

    3. « […] les effets indirects négatifs peuvent très bien être plus nocifs dans un calcul utilitariste global difficile à mener. Mais, dans le contexte de mimétisme mondial, il ne servait à rien de prendre le contrepied de cette politique. Les pays qui ont refusé le confinement subiront comme les autres ses conséquences. »

      J’ai tendance à croire que s’il n’y avait pas eu l’exemple du confinement énergique et efficace en Chine, les pays occidentaux se seraient contentés d’imposer des quarantaines aux étrangers débarquant chez eux (mais je n’en ai bien sur aucune preuve.)

  18. Je pense que la désorganisation économique mondiale va avoir des effets sociaux considérables un peu partout dans le monde.

    On a ignoré les immenses progrès accomplis au cours de ces dernières décennies sur la planète pour la réduction de la pauvreté, l’augmentation de l’espérance de vie, la diminution de la mortalité infantile. Même dans nos pays « développés » (à la notable exception des Etats-Unis), les conditions matérielles d’existence des populations n’ont cessé de s’améliorer. Je crains que ce brusque coup de fouet ne conduise à une rupture de cette tendance avec une forte croissance des inégalités, une augmentation des tensions internationales et, pourquoi pas, la guerre à l’horizon …

    1. C’est à prévoir le pire que l’on court le moins de « risques » : s’il advient , on a la médaille des prophètes , s’il n’advient pas tout le monde est en liesse et oublie même qu’il y avait eu une prophétie de malheur .

      1. « C’est à prévoir le pire que l’on court le moins de « risques » : s’il advient , on a la médaille des prophètes , s’il n’advient pas tout le monde est en liesse et oublie même qu’il y avait eu une prophétie de malheur . »

        YEPA, les fearmonger se croient courageux, mdrrr, alors qu’ils n’ont rien, de chez rien à voir avec les lanceurs d’alertes. Nuance considérable.
        Oh oui Juan, et ça permet, entre autres, de garder le sourire …! 🙂

    2. « Je crains que ce brusque coup de fouet ne conduise à une rupture de cette tendance avec une forte croissance des inégalités, une augmentation des tensions internationales et, pourquoi pas, la guerre à l’horizon … »

      Je partage cette crainte, plutôt la deuxième partie sur les tensions internationales et j’ajouterais les tensions internes.

      La panne économique est très profonde, pas nécessairement de courte durée, elle est ressentie plus durement encore d’une part par la partie plus pauvre de la population – surtout dans les pays dont le système social est limité – d’autre part dans les pays fortement dépendants du tourisme ou de l’exportation de matières premières.

      Les tensions internes risquent d’en être grandement aiguisées, jusqu’à peut-être « faire déborder le vase » de tensions préexistantes et déboucher sur la violence collective dans certains pays. On a pu ainsi faire remarquer que le déclenchement de la guerre civile syrienne se comprend certes au vu des tensions et peurs de longue date entre Alaouites et Sunnites ainsi que de la dictature locale, mais aussi d’un certain nombre de mauvaises récoltes ayant grandement appauvri les paysans syriens – qui ont contribué à la montée de tensions explosant finalement en un demi-million de morts, quatre millions de réfugiés expatriés et huit millions de déplacés internes. Y a t il d’autres « Syrie » que la pauvreté due à la crise économique qui commence pourrait faire exploser ?

      Quant aux tensions internationales, aventurisme extérieur et nationalisme strident sont historiquement des exutoires possibles aux difficultés internes, surtout pour les autocrates qui se sentent en difficulté. Si le président turc est parti à l’aventure cette année en Libye et en Méditerranée orientale, ce n’est sans doute pas par hasard. Erdogan semble être un acteur rationnel et il a su s’arrêter après avoir reçu des avertissements discrets mais clairs de l’Egypte, de la Russie, de la France et de la Grèce. Mais d’autres pourraient ne pas avoir la sagesse de s’arrêter.

  19. J’ai trouvé la formule du miracle français. Euréka!

    (Coronavius + Confinement)² =
    {surmortalité due au COVID-19
    – bourrés au volant (la limitation à 1km ne permettant pas aux alcoliques de prendre confiance au volant au delà de cette zone)
    – bouffe made in Tricatel à la cantine
    – disputes tournant mal chez la belle-famille ou les amis (remplacés par des enguelades en visioconférence)
    – accidents de travail
    – pollution industrielle
    – voitures équipées du logiciel dieselgate™ (VW™)
    – de petits chefs au boulot poussant au suicide (France Telecom™)
    – généralisation du mode de vie aligné sur les bobos ruraux (bouffe bio+jardinage+plat cuisinés)
    – activité physique plus intense des poignets pour le remplissage du formulaire de sortie
    – marche forcée dans les limites de sa zone kilométrique}

    Par contre chez les brittons, la bouffe à la maison reste de tout aussi piètre qualité (Merci Tesco), le Stella Artois wife beater reste la norme (l’alcolimse n’est pas que social) et le NHS est dans un état piteux.

    Tout le monde a suivi? Ou je réexplique?

    1. Fort clair, saur l’explication « Stella Artois wife beater » pour les brittons.

      Ils consomment peu de Stella, aurais-je dit, sauf sur le ferry pour Ostende.

      J’ai du mal à imaginer le vrai impact de la fermeture des pubs. Ceux-ci sont certes des lieux pour se soûler certaines fois,
      mais aussi là où on trouve des confidents de fortunes pour passer des mauvais moments.

      La chroniqueuse Rhiannon Lucy Cosslet (galoise… mais pas le style Pénélope F.) en a parlé dans une de ses chroniques.
      Les femmes peuvent sortir au pub plus facilement qu’en France dans les bars les plus, disons, « de pays », mais c’est peut-être une fausse impression.

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