LA GUERRE CIVILE MONDIALE EST DÉCLARÉE PAR LA MONNAIE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

La monnaie déconnectée du réel

La banque centrale des États-Unis va lancer sa seconde campagne de quantitative easing intensif que tout le monde traduit désormais par « planche à billet ». Avant la crise des subprimes et la faillite de Lehman Brothers, la planche à billet avait été déclarée hérétique par la sagesse politique, économique et financière. L’expérience avait montré que l’émission de signes monétaires par le système bancaire devait être réglée par le crédit et que le crédit devait être réglé par une anticipation réaliste de la valeur économique désirée et engagée. L’alignement du crédit sur l’anticipation de la valeur réelle et de la monnaie sur le crédit était la clé de l’équilibre de la croissance économique entre les deux écueils de l’inflation et de la déflation. L’émission insuffisante de signes monétaires était identifiée comme déflationniste, c’est à dire facteur de contraction non désirée des anticipations économiques et de la production effective. Pour éviter la déflation et contrôler l’inflation, les autorités monétaires ont pris l’habitude de surestimer le plus légèrement possible l’enveloppe des crédits par rapport à leur anticipation de la production réelle. Le choc déflationniste est historiquement plus destructeur que le risque d’inflation. La surproduction de signes monétaires par surestimation du volume de crédits en proportion de l’activité économique réelle était donc nécessaire dans une certaine mesure. La planche à billet était hérétique mais marginalement nécessaire.

Avant la crise de 2007, la planche à billet est l’excès non réellement mesurable a priori de création monétaire issu d’un crédit antérieurement surestimé à la réalité économique présente. A partir de 2009, après le krach de 2008, elle devient « une politique monétaire non conventionnelle ». Au lieu de régler a priori leur création monétaire sur les titres de créances disponibles sur le marché financier en contremesure de leurs crédits au système bancaire, les banques centrales sollicitent directement une titrisation plus large du crédit afin d’allouer davantage de liquidité monétaire aux agents économiques. Elles demandent aux agents publics et privés qui paraissent solvables, donc à la puissance publique et à ses protégés de maintenir leurs budgets de dépense malgré la baisse des anticipations de croissance de la valeur économique. La planche à billet n’est plus discrète et mesurée par la réalité. Elle est explicite et annoncée aussi ample que nécessaire pour soutenir nominalement l’anticipation de la réalité. Le nécessaire n’est plus la solvabilité des emprunteurs ni leur capacité à produire une anticipation réaliste de leur production future. Le nécessaire est d’éviter des faillites inextricables où un emprunteur systémique se déclare dans l’impossibilité de s’engager à poursuivre le remboursement de toutes ses dettes par la production réelle effective de valeur.

Rupture économique radicale entre la réalité et la mesure

La crise des subprimes qui débouche sur la faillite de Lehman et des petites monnaies adossées à des dettes internationales en devises entraîne une mutation mondiale systémique de la monnaie. Cette mutation est encore invisible parce que non théorisée par la science politique, économique et financière. Depuis la première campagne officielle de quantitative easing des grandes banques centrales, le critère de mesure de la création monétaire n’est plus en effet l’anticipation de la réalité par le crédit mais la liquidité du crédit par la monnaie indépendamment de la réalité. Comme la réalité économique est objective par sa matérialité physique observable en objets de valeur produits ou non produits, échangés ou invendus, et comme la réalité économique est aussi subjective par le langage employé pour exprimer sa valeur, la rupture entre la monnaie et la réalité objective s’est opérée par la réalité subjective. La réalité subjective de l’économie et de la finance est déterminée par la politique alors que la réalité objective est déterminée par la matérialité physique visible. Les États existent comme affirmation d’une subjectivité ordonnée à la valeur par la loi. La relance en 2008-2009 des économies par la monnaie rompt le lien formel entre le discours économique sur la réalité et la réalité objective physiquement observable. Les dettes publiques, dont la contre-réalité est l’application de la loi, sont devenues la contrepartie de la masse monétaire sans limite intelligible explicitée.

Les politiques monétaires trouvent un équilibre entre trois plans de la réalité économique. Le plan de la liquidité est celui de la fluidité des transactions qui doivent pouvoir croître en volume sans que les prix ne varient outre mesure ni à la baisse – déflation – ni à la hausse – inflation. Le plan du crédit est celui de l’anticipation du cycle économique de production de valeur en volume et en durée. La masse de tous les crédits doit mesurer la valeur demandée que l’économie peut effectivement offrir dans la durée des crédits effectivement consentis. Le troisième plan est celui de la réalité économique concrète effectivement demandée et offerte qui n’est pas mesurable en tant que telle puisqu’il faut la liquidité et le crédit pour l’étalonner.

L’étalon économique de la réalité correspond aux échanges entre l’offre et la demande futures anticipés à un certain volume et une certaine échéance. L’objet des échanges futurs n’est pas physiquement observable mais supputé par le système bancaire et financier. Le choc des subprimes intervient justement quand il apparaît que les techniques employées d’anticipation par le crédit de la valeur de l’immobilier étatsunien ont dissimulé la réalité et biaisé la production effective de crédits. La titrisation subprime n’a pas servi l’anticipation de la valeur de la réalité mais la mesure d’intérêts privés vendus hors de toute réalité. La faillite de Lehman devient inévitable quand il apparaît que cette banque d’investissement est l’une des plus exposées, parmi des centaines d’autres, aux conséquences réelles de la production forcée de crédit.

Malformation congénitale de l’anticipation capitaliste de la valeur

Entre les trois plans de la liquidité, du crédit et de la réalité, la crise révèle qu’un paramètre n’est pas maîtrisé par le système bancaire et financier. Ni par les États sous l’autorité desquels les règles du crédit et de la monnaie sont élaborées et appliquées. Ni par les banques centrales, dont la Fed assure la liquidité systémique en dernier ressort par la fonction internationale du dollar. Ni par les banques et opérateurs financiers qui se retrouvent brutalement avec des bilans comptables saturés d’actifs toxiques dont les prix sont littéralement incommensurables. Le paramètre non maîtrisé connu pourtant depuis l’origine du crédit est identifié comme « le risque » par le système financier. La théorie et la pratique financières traitent le risque comme un paramètre, c’est à dire comme un élément de la mesure du crédit et de la liquidité. Or <b>le risque constitue un quatrième plan de la réalité de la valeur</b>, une dimension de la réalité indépendante de la liquidité, du crédit et des objets physiquement échangés comme sous-jacents à la valeur. Le risque n’est pas un paramètre d’une épistémologie platonicienne de la valeur mais bien la quatrième dimension de l’épistémologie aristotélicienne de la valeur.

Depuis la naissance au XVèmeet XVIème siècles de l’économie libérale de marché, c’est à dire du capitalisme moderne, la comptabilité de la valeur du capital, du crédit et de la monnaie repose sur l’hypothèse d’un parfait ajustement du langage à la réalité décrite et mesurée par le nombre. Parce qu’on croit exacte la mesure du globe terrestre à l’équateur ou la masse d’un litre d’eau pure, on croit aussi exacte la mesure de la valeur d’un champ de blé, d’une pénalité de justice, d’une automobile ou d’une pension de retraite. Comme on sait qu’une mesure théoriquement exacte est pratiquement inexacte à cause de l’imprécision intrinsèque de l’instrument matériel de mesure, on assimile le risque métaphysique de la mesure au risque de la mesure physique. La mesure d’une distance par un mètre étalon est affectée d’une marge d’imprécision correspondant à une fraction de la réalité physique de l’étalon. Le risque d’imprécision de la mesure est jugé de même nature que l’objet mesuré. Il en résulte qu’en science du physique, le risque est modélisable par la probabilité parce qu’il est enfermé dans la même matérialité que celle de l’objet mesuré.

Spécificité omise de la valeur risquée

Au XVème siècle, bien que faisant partie de la réalité, la métaphysique est sortie du champ de la science. Les premiers économistes qui tentent d’expliquer la formation des prix et la mesure de la valeur échangée ne pensent pas que le nombre en monnaie contienne une incertitude de nature différente entre la matière qui constitue la monnaie et la matière qui constitue la valeur mesurée. L’incertitude du prix est vue comme une imprécision de sa mesure certaine, absolument pas comme une incertitude en soi. Quand la « loi de l’offre et de la demande » émerge comme théorisation juste de la constitution du prix, l’idée s’impose aussi que cette loi est entachée de la même incertitude que la loi de gravitation universelle. Le risque de la mesure par l’effet de la loi est considéré de même nature en science économique et en science du physique. Le risque du sujet observateur qui mesure est exclu du risque de la mesure. Ainsi la science économique et financière au début du XXIème exclut-elle toute liberté humaine de son champ d’étude et d’action. Personne ne peut expliquer comment l’agent économique peut se tromper d’étalon à mesurer la valeur de son offre et de sa demande ; comment il peut se tromper de valeur en mesurant par exemple un nombre qui étalonne la matière d’une masse pour mesurer une longueur ou qui étalonne la matière d’une longueur pour mesurer une puissance électrique.

La crise actuelle révèle que la métaphysique du risque – le risque introduit par la présence de l’homme dans ce qu’il mesure – n’est pas pensée. L’économie libérale de marché, seul système reconnu pertinent à la mesure de la valeur économique dans la réalité historique actuelle, fonctionne sans être capable de mesurer la valeur de la liberté. Comme si la liberté n’avait aucune conséquence dans l’économie alors que le concept de liberté est associé au concept d’économie. Les prix sont calculés dans un univers à trois dimensions, liquidité, crédit et réalité, sans la quatrième dimension qui contient la liberté humaine. La conséquence de la liberté est omise, par quoi un bien économique peut ne pas être acheté alors qu’il a été produit, un prix peut adresser une réalité présente en apparence mais qui n’existera jamais et une demande réelle peut rester non-solvable faute de son identification par l’offre. Le système financier mesure le risque comme fraction matérielle de la réalité, de la liquidité et du crédit alors que le risque financier est la faculté humaine à parler de sa réalité subjective sans se rendre compte d’une absence de réalité objective correspondante.

La quatrième dimension de la finance est passionnément niée par une certaine politique et une certaine finance parce qu’elle permet de priver l’économie réelle d’une partie de sa valeur au profit d’intérêts dissimulés derrière la technique et le discours. La spéculation qui a mis formellement à bas le système financier étatsunien et mondial est la faculté humaine délibérément dissimulée par des opérateurs politiques et financiers de parler pour mesurer ce qui peut ne pas exister dans un futur non observable objectivement. L’ultime campagne de quantitative easing engagée par la Fed est l’hallali de la finance en trois dimensions absorbée dans la réalité subjective. Elle va consommer la rupture de la finance platonicienne entre la monnaie et la réalité par l’explosion non mesurable et non contrôlable du risque de la liberté humaine.

Temps réel et temps de mesure réunis dans la monnaie

La création monétaire est le fait de la banque centrale qui consent des crédits à l’économie réelle par l’intermédiaire des banques et du marché financier. La valeur économique réelle est celle qui répond concrètement aux besoins et aux attentes des agents économiques. Elle est formellement distincte de la valeur financière portée dans les comptes des intermédiaires financiers. Les comptes financiers sont la trace subjective de la mesure de la réalité objectivée d’anticipation. La valeur réelle est celle de l’objet acheté pour être consommé ou bien transformé et revendu. La valeur consommée qui ne peut se revendre en tant que telle est dite finale. La valeur consommée pour être transformée est dite intermédiaire. Elle comprend des biens durables, dont la valeur utile s’étale dans le long terme, et des consommables qui disparaissent dans la transformation économique des biens intermédiaires en biens finaux. Consommable ou durable, la valeur est réelle à condition de répondre à des fins humaines. Si les fins servies par l’économie ne sont plus lisibles, si elles ne contiennent plus l’universalité humaine, la valeur disparaît quand bien même la masse des prix augmente.

Le processus de transformation de la valeur réelle en valeur finale consommable se déroule par des échanges entre les agents économiques. Ils offrent les objets réels – biens durables, biens consommables, travail – à des agents économiques qui les demandent sous forme de mesure de prix. Le prix entre l’offre et la demande matérialise un double équilibre ; d’abord entre la réalité à laquelle le sujet de l’offre renonce pour une valeur réalisable dans le futur et ensuite entre la mesure à laquelle le sujet de la demande cède pour une valeur immédiatement concrétisée dans le bien acheté. La matière qui concrétise le prix pour la demande et qui concrétise la valeur future pour l’offre est la monnaie. La monnaie représente la matière dans la métaphysique du sujet humain. Elle matérialise l’offre et la demande humaine, aussi bien que le temps qui s’écoule entre la manifestation d’une offre et la satisfaction de sa demande et enfin le prix réalisé dans le temps de l’objet échangé entre acheteur et vendeur.

La rationalité économique matérialisée dans la monnaie

Pour le vendeur, la monnaie matérialise formellement une réalité présente et future. Elle fait exister la valeur de la mesure actuelle du futur et forme la preuve pour le sujet économique de la réalité future de la valeur. Pour l’acheteur, la monnaie représente la matérialité passée qui donne formellement accès à l’objet présent de valeur. Sans la monnaie, le vendeur ne peut pas savoir si le bien vendu lui coûte plus ou moins que la valeur acquise dans le paiement. Il ignore s’il a réussi à créer de la valeur dont il n’est pas seul la cause. Sans matérialisation monétaire de sa vente, l’agent économique rationnel ne peut non plus se départir d’un objet sans valeur intrinsèque pour lui mais qui exprime sa demande à terme d’autres objets. Le vendeur cède l’objet concret de la valeur contre une mesure abstraite subjective partagée. Contre la cession de l’objet qui représente la valeur pour un autre, il reçoit de tout autre la valeur de tout objet dont il ne forme pas encore le besoin. Sans la monnaie l’acheteur ne peut pas transformer une mesure passée de la valeur, en objet concret répondant à son besoin. Sans la monnaie, la valeur sociale de l’échange n’est pas représentée.

La monnaie est bien la mesure dans un prix du bénéfice de la réalité potentielle. Elle garantit un certain droit futur à cette réalité en étant l’outil de règlement de cette réalité au moment du transfert d’un objet concret de valeur entre le vendeur et l’acheteur. Dans le référentiel de la réalité objective, la monnaie est subjectivement unité de compte, moyen de paiement et réserve de valeur. En tant que mesure et garantie, la monnaie est une forme qui rend la valeur quantitativement intelligible aux agents économiques. Elle offre l’outil du calcul économique qui permet de produire de la valeur par le temps, c’est à dire l’outil d’évaluation du travail. La production de valeur est le fait du travail qui est information de la matière physique dans le cours du temps. L’accroissement de la valeur en monnaie est matière d’information de la réalité physique. Le travail produit la valeur par l’effet de l’introduction du choix final anticipé de l’acheteur dans la matière formée.

Parce que la monnaie s’inscrit dans la réalité métaphysique par ses trois fonctions matérielles de compte, de règlement et de valeur, elle est la contrepartie du travail métaphysique de l’humain. Seul le travail humain peut produire par une dépense d’énergie physique l’information de la matière par des fins métaphysiques. Entre deux produits constitués de la même matière physique, par exemple deux voitures aux performances comparables, les prix en monnaies viennent comptabiliser une différence de valeur qui tient uniquement à l’imaginaire de l’acheteur final. Le travail a introduit des apparences différentes, des images différentes pour plaire aux personnes différentes qui achètent. Entre le prix d’achat de tous ses intrants et le prix de vente du produit fini, l’agent économique peut anticiper la création de valeur par son travail d’intelligence dans le temps. A la fin du cycle de production, il constate la création effective de valeur dans le prix de vente réel. La monnaie matérialise la valeur individuelle du travail humain par la fin de l’acheteur introduite dans l’objet travaillé.

Synchronisation économique de la production et de la mesure

Le calcul économique se déploie par la forme monétaire dans une double quantification matérielle : l’une est active par la transformation physique de l’objet et l’autre est passive par la mesure de la transformation dans les prix successifs. Les deux processus se rejoignent dans le prix d’équilibre des fins de l’offre à la demande. Chaque prix mesure la quantité consommée de valeur intermédiaire d’objets différents nécessaires à l’objet final. Chaque objet intermédiaire contient le temps de travail des différentes compétences de transformation de ses intrants. Chaque objet intermédiaire de chaque objet final contient la réalisation d’un écart positif ou négatif entre le prix anticipé à l’origine de la production et le prix de vente effectif. Chaque objet final en cours de production contient la potentialité d’un écart entre le prix anticipé qui justifie l’engagement du travail de production et le prix effectif à terme inconnu jusqu’à la vente réelle finale.

Pour être la contrepartie matérielle de l’échange économique, la monnaie doit être le concept – la forme – de quantification de n’importe quel objet dans le prix. Le prix n’a pas de signification économique s’il ne matérialise à la fois la valeur de n’importe quel objet et la permanence de la valeur dans le temps. Le motif de l’échange entre tout agent économique est l’accroissement de la valeur pour l’acheteur et le vendeur. Si l’acheteur ou le vendeur ne voient pas la quantité positive de valeur gagnée dans l’échange, ils ne travaillent pas à l’anticipation et à la production d’objets concrets qui leur reviendraient de ce fait en moins-value. La seule raison de réaliser une moins-value dans l’échange est d’avoir déjà engagé son travail dans un objet qui se révèle finalement ne pas avoir la valeur anticipée dans le prix de vente effectif. Parce que l’acheteur final d’un objet détermine le prix par sa décision et que le travail produit l’existence de l’objet avant qu’il soit vendu, l’écoulement du temps et la liberté de l’acheteur peuvent déjouer les calculs du producteur.

Si la monnaie est émise en proportion du crédit réel anticipé dans la valeur future, c’est pour minimiser le risque de l’anticipation économique. La matière de travail de l’anticipation économique est la définition stable des objets de valeur à terme. Il est nécessaire de supposer la stabilité du langage à définir l’objet de satisfaction future pour anticiper son prix et le juger suffisant pour engager le travail de réalisation. La stabilité du langage à définir l’objet qui détermine le prix anticipé est la valeur matérialisée par le crédit, c’est à dire la valeur supposée stable entre l’origine et l’échéance d’une anticipation de valeur. Ainsi la monnaie issue du crédit est stable par hypothèse ; elle mesure des prix stables supposés invariants dans le temps. Sans la réalisation effective de l’hypothèse de stabilité de la monnaie par le crédit, tout prix est instable. Il contient l’instabilité du langage qui n’est pas une nécessité matérielle mais une indécision humaine, une irrésolution de l’intelligence humaine. Le risque de l’anticipation économique ne peut être réduit que par la décision humaine résolue par l’intelligence de la monnaie stable de crédit. Cette résolution ne supprime pas la liberté de l’acheteur final, ni donc le vrai risque de l’anticipation économique.

Le risque déterminé par la société de crédit

Un crédit indexé sur les ventes à terme de la valeur finale, que ces ventes soient effectivement contractualisées ou estimées, est la condition de stabilité de la monnaie comptablement adossée au crédit. Mais pour qu’en aucun cas la réalité ne vienne contredire la certitude du prix de la valeur à terme dans le crédit, il faut que la réalité du risque soit mesurée dès l’origine du crédit et mis en réserve non pas sous forme de crédit de la valeur future mais sous forme de crédit comptabilisé de la valeur passée. Ce crédit de la valeur passée peut être constaté et vérifié au présent dans les biens intermédiaires réels concrets effectivement engagés dans la production des biens finaux. Mais le capital présenté physiquement en réserve de certification du prix du crédit n’a de valeur future qu’à l’intérieur d’une société de travail constituée pour transformer le capital métaphysique qu’elle recèle. La société de travail est le réseau humain d’intelligence et de force physique constitué entre les fournisseurs, l’entreprise et ses clients pour transformer la matière en satisfaction de besoins finaux. La valeur propre non matérielle de cette société est le capital métaphysique qui produit par le langage collectivement engagé de la valeur la réalité du capital physique.

Le capital n’est pas seulement physique et présent mais métaphysique en contenant le présent et le futur de la valeur anticipée par une société humaine. Le capital est la couverture présente du risque en étant la mesure de la plus-value anticipée dans une société humaine ; une société constituée pour offrir la transformation réelle de la valeur demandée. Par le capital, la métaphysique du langage organise la physique pour travailler la valeur certaine du crédit en assumant la réalité incertaine de la valeur. Le capital métaphysique est véritablement la société politique exprimant ses lois, par laquelle la société d’entreprise transforme l’offre de valeur intermédiaire en satisfaction de la demande finale. Dans la société de valeur vraie, le langage économique reconnaît le travail humain comme cause d’intelligence de la valeur par les formes métaphysiques et comme cause de transformation de la matière par l’énergie physique. Dans la finance à quatre dimensions, tout prix contient une réalité humaine objective en travail physique et subjective en travail métaphysique, une mesure en crédit du futur et une mesure en plus-value incertaine jusqu’à l’échéance du crédit à rembourser par la réalité.

Nier la réalité pour masquer le mensonge

Dans la conception actuelle de l’économie financière en trois dimensions de réalité sans sujet, de crédit et de liquidité, la loi ne structure pas la valeur par la matière objective. La loi s’arrête à une forme juridique non intégrée dans l’effet financier réel. La loi ne distingue pas la métaphysique dans la réalité pour définir le crédit comme obligation de réaliser un prix. Il n’existe pas de forme sociale commune explicite qui oblige à la certitude du crédit, à la certitude en réalité à terme du prix en monnaie. La méconnaissance de la quatrième dimension de la valeur dans le risque, l’indifférenciation de la métaphysique et de la physique dans la législation, laissent les agents de l’autorité publique et les opérateurs financiers libres de modifier par leur verbe personnel invisible l’objet sous-jacent d’un crédit. La science juridique en vigueur n’exige pas que la loi qui dit le droit des personnes soit distincte et séparée de la régulation effective des intérêts financiers publics et privés. L’économie matérielle de l’État de droit n’est pas distinguée de la promulgation du droit des personnes. Et les États de droit nationaux s’autorisent à se faire concurrence dans le champ de l’économie qui n’est pas de leur domaine.

La méconnaissance formelle de la valeur spécifique du risque par l’État de droit permet selon les circonstances et la nature des intérêts individuels, la confusion formelle de la monnaie avec sa cause légale ou avec sa cause matérielle. Autorités publiques et opérateurs financiers se trouvent libres dans la mondialisation de produire du risque invisible en transformant la réalité à terme par la métaphysique de la loi, du contrat et de l’anticipation financière. La métaphysique de la valeur est privatisée pour permettre le prélèvement financier de la réalité hors de toute mesure par le bien commun. Le risque indicible dans sa vérité humaine se trouve partiellement non mesurable et donc réalisable indistinctement en plus-values et moins-values. Comme par hasard, la finance dérégulée dirige les plus-values vers les intérêts financiers de statut public et privé et les moins-values vers l’économie réelle issue du travail.

Négation métaphysique de la réalité

Les politiques monétaires non conventionnelles sont irréversibles dans la transparence des analyses qui en ont été faites. La finance a basculé dans la non-réalité à cause de la généralisation à toutes les dettes publiques et bancaires de la mécanique des subprimes qui a déclenché la crise. La titrisation des crédits subprimes a servi à produire du risque métaphysique pour accroître le crédit par sa virtualité. Les crédits virtuels titrisés en dollar ont été vendus dans le monde entier comme contrepartie de dépôts internationaux en dollar et de dépôts en monnaies nationales. Toute masse monétaire internationale et nationale est adossée à des crédits fictifs détachés de la réalité mesurable. Pour éviter la chute en cascade des banques et des États qui se doivent réciproquement leurs dettes fictives, il est impératif d’allouer à tout opérateur systémique public ou privé la liquidité qui assure le paiement de ses échéances de crédit quelle que soit sa solvabilité réelle.

L’arrêt de la planche à billet en dollar peut provoquer n’importe où une cessation de paiement majeure qui oblige à une compensation généralisée des dettes internationales et nationale empilées les unes sur les autres. Une compensation mondiale des dettes obligerait à ré-étalonner les monnaies sur la réalité, à mesurer les pertes de crédit sur chaque emprunteur et à répartir les pertes entre tous les créanciers nationaux et internationaux, privés et publics, individuels et sociaux. La rationalité politique et économique nous y conduit inéluctablement. Mais la rationalité financière entend rester maîtresse du temps. Une monnaie internationale naîtra nécessairement d’un <a href= »http://www.pauljorion.com/blog/?p=15870″>système de compensation international de la liquidité, du crédit et du risque</a>. Mais il reste des avantages à grappiller et des peurs à surmonter avant d’y consentir.

Aucun pouvoir politique démocratique ne veut assumer la responsabilité de la vérité devant son opinion publique. Quant aux institutions financières, elles joueraient contre elles-mêmes à chercher la transparence de leurs comptes dans une finance intentionnellement opaque. Elles seraient immédiatement mises en faillite par les spéculateurs à la recherche de plus-values sur l’identification des pertes cachées. Face à ce diagnostic clairement établi, la Réserve Fédérale étatsunienne va, comme pour Lehman Brothers, enseigner la réalité par la brutalité des faits. La création monétaire en dollar contient de moins en moins de réalité économique. Les crédits en dollar ne sont plus consentis à des débiteurs certainement solvables. Les prix en dollar sont livrés à la fantaisie spéculative qui recherche une stabilité réelle désormais introuvable. Toutes les monnaies sont instables. Les anticipations économiques sont entachées d’une incertitude indéfiniment croissante. Il n’est plus que d’attendre qu’un grand débiteur public ou privé tombe à cause d’une crise de confiance insurmontable de ses créanciers.

La tentation impérialiste étatsunienne

La finalité réelle délibérée ou non du quantitative easing est le chaos. Tant que les responsables politiques font semblant de ne rien voir ou de ne pas comprendre, le système financier accroît son prélèvement sur la réalité par l’augmentation des primes de risque. Il est obligé de le faire pour accroître ses fonds propres en garantie de ses dettes envers les épargnants réels, pendant que l’épargne de plus en plus liquide et de moins en moins investie finance des débiteurs de plus en plus virtuels. Les opérateurs financiers s’enrichissent indéfiniment pendant que l’économie réelle s’effondre de plus en plus vite. L’absorption de la réalité dans la virtualité financière est pour le moment masquée par la mondialisation économique. Les ruptures seront locales et sociales avant d’être mesurées en monnaie et en faillites financières. Les États-Unis tentent l’effondrement politique et social de la Chine, de l’Europe ou de l’Amérique latine avant qu’on ne pointe l’impérialisme politique et monétaire du dollar comme cause évidente de la déstructuration financière du monde.

La négation de la métaphysique culturelle, légale et cognitive du risque financier permet la création monétaire sur la virtualité irréelle du crédit. Toute la liquidité émise par la Fed va se placer dans l’économie internationale là où les rendements économiques sont plus élevés que dans les pays développés. Mécaniquement, les pays émergents accroissent leurs créances sur les pays développés en fournissant dans leurs exportations la contrevaleur réelle des liquidités qu’ils accumulent en dollar. Les banques et entreprises multinationales s’abstiennent d’investir leurs liquidités dans des pays développés à cause de leur surendettement extérieur et de la surévaluation systémique du prix du travail, en dollar, euro ou yen. D’un coté, la dévaluation à terme des monnaies de réserve est de plus en plus probable, de l’autre, le prix immédiat du travail dans les pays qui offrent leur monnaie comme réserve internationale de valeur est surévalué. Le prix du dollar en monnaie étrangère n’est pas celui qui permet d’employer les chômeurs aux États-Unis mais celui qui protège les réserves de change internationales des créanciers des États-Unis. La situation est pire pour la zone euro et pour la zone yen qui doivent consentir à la réévaluation de leur taux de change pour compenser leur moindre crédibilité internationale en l’absence de puissance militaire et diplomatique comparable à celle des États-Unis.

Systémique mondiale d’inflation déflationniste

La réévaluation du yuan et des monnaies des autres émergents par rapport au dollar restera en deçà de ce que justifierait le rétablissement de la compétitivité extérieure de l’économie étatsunienne. Le marché des changes des pays émergents n’est pas aussi libre et transparent que dans les pays développés. En Chine, la valeur extérieure du yuan est administrée par le gouvernement. Les Chinois de l’intérieur n’ont aucune liberté de négocier leurs achats à l’étranger par un prix de marché international des dépôts en yuan qu’ils possèdent. Leurs salaires resteront plus bas en devise étrangère que ce qu’impliquerait l’équilibre à long terme des échanges de la Chine avec le reste du monde. En revanche, les autorités chinoises vont se retrouver devant le dilemme insoluble d’autoriser le réemploi sur le marché intérieur de la contrevaleur en yuan des liquidités accumulées dans les banques chinoises ou d’accepter la dévaluation à terme des réserves non dépensées. L’arbitraire économique du pouvoir politique exacerbera les rivalités politiques et sociales sur la répartition de la richesse accumulée. Les mêmes tensions sociales apparaîtront dans les autres pays exportateurs nets.

La réalité métaphysique du risque de la valeur établit par la monnaie le lien entre l’ordre politique et social et l’ordre économique. C’est ce qui permet d’expliquer la coexistence actuelle de l’inflation et de la déflation et la déstabilisation réciproque en cours entre économie et société mondiales. La planche à billet en dollar nourrit désormais la déflation dans les pays développés par l’inflation dans les pays émergents. L’accumulation de dettes internationales en dollar accroît le risque financier non mesurable porté par l’économie domestique étatsunienne. Ce risque nourrit la déflation aux États-Unis, dans la zone euro et dans la zone yen à cause de l’effondrement de la rentabilité anticipée des investissements et du travail. Ce même risque nourrit l’inflation dans les pays émergents qui se refusent à réévaluer leur monnaie pour préserver la rentabilité de leur économie domestique et soutenir le rendement du capital et de l’impôt. Capitalistes et autorités publiques s’enrichissent en différant la distribution de la croissance importée par des salaires rognés par l’inflation.

Spéculation contre la démocratie

Plus le temps passe, plus le bien commun perd son sens économique, plus la valeur de la loi disparaît, plus les pouvoirs politiques se corrompent et plus les sociétés politiques se désintègrent. Plus le chaos social s’installe, plus la guerre civile se répand et plus la nécessité de la remise en ordre s’impose. Le pari des autorités politiques et monétaires étatsuniennes convient à la fois aux cupides et aux cyniques. La finance à trois dimensions fondée sur l’utilisation internationale de la légalité monétaire en dollar est en faillite. Pour aborder l’inévitable reconstruction internationale de la monnaie, les États-Unis et les opérateurs financiers préfèrent se mettre en position de force. Il faut que le monde s’affaiblisse face aux États-Unis et que les sociétés politiques se décomposent face au pouvoir financier. En bonne logique platonicienne, il vaut mieux que la démocratie ne s’organise pas trop pour éviter la dilution des privilèges du pouvoir. Il ne faut pas qu’une majorité de citoyens se résolve à se réapproprier son avenir en admettant, imposant et ajoutant la réalité financière du risque au calcul de la valeur. Les trois dimensions de la réalité physique, de la liquidité et du crédit sont monopolisées le plus longtemps possible par le pouvoir ploutocratique.

La quatrième dimension de l’économie de la valeur qui contient l’incertitude du futur a pour contre-réalité la plus-value de la société humaine de liberté. Si les êtres humains veulent bien reconnaître la solidarité matérielle de leurs parents, de leur groupe social et de leur patrie par laquelle ils accèdent à la vie, à la culture et finalement à la valeur de l’humanité, ils conçoivent alors que la circulation économique des biens n’a pas pour finalité l’accumulation de matière mais l’information de leur humanité. La liberté religieuse nécessaire à l’invention de la réalité par la connaissance scientifique et l’innovation technique a nécessité en Occident la rupture épistémologique de la Renaissance entre la métaphysique et la physique. Cette rupture a été mise à profit par des intérêts politiques et financiers pour capter la réalité avec la religion de la matière, des mathématiques sans finalité et de la rationalité sans effet. La loi a perdu sa substance et le marché est devenu virtuel, réduit à un champ de bataille des intérêts individuels non régulables par le bien commun. Le marché de la réalité humaine sans loi est désormais divinisé dans la cupidité qui gouverne le monde au bénéfice des initiés à la finance ésotérique. La guerre civile est-elle toujours un passage obligé de la civilisation ?

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205 réflexions sur « LA GUERRE CIVILE MONDIALE EST DÉCLARÉE PAR LA MONNAIE, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. la guerre contre les travailleurs est commencée.
    voici le retour de l’esclavagisme! 40h travail pour 75e !!!..

    Le gouvernement britannique veut faire travailler gratuitement les chômeurs de longue durée, pour des tâches d’intérêt général, dans le cadre d’une projet de réforme du système d’allocations chômage.

    Les chômeurs de longue durée, pour conserver leur allocation hebdomadaire de 65 livres sterling (75 euros) devront effectuer au moins 30 heures de travail gratuit par semaine au profit de la collectivité, pour une période de quatre semaines. Ils réaliseraient des travaux manuels ou d’entretien de la voirie au bénéfice de services municipaux ou associations.

    1. A ce rythme là, il va y avoir des relocalisations car le travail des européens va faire concurrence au travail des chinois…

      mais c’est l’objectif, nous voir tomber aux standards chinois et non l’inverse.

  2. Si vous pouviez éviter d’utiliser le verbe « est » dans ce type de tournure, j’en serais moins coi (et nous sommes plusieurs ainsi, je crois).
    La matière de travail de l’anticipation économique est la définition stable des objets de valeur à terme.
    La capacité d’associer des choses entre elles par le verbe être grâce à son acception asymétrique a d’ailleurs été commentée récemment, mais je ne me rappelle plus où ni par qui (je plaisante).

    Disons que l’asymétrie que je vois dans ce type de phrase reste coincée dans l’oesophage cognitif qui est l’entrée langagière de mon cerveau. Sa matérialité n’est pas assez claire mais la pénibilité que j’en ressens est une raison d’attirer votre attention. Peut être que je devrais le lire en espagnol ? (Ser et Estar ?)

    1. @Timotia,
      La materia de trabajo de la anticipacion economica es la definicion estable de los objetos de valor a termino.
      Tambien : en la materia del trabajo de anticipacion economica tuviera que estar la definicion estable de los objetos de valor a termino.
      J’affirme ce qui n’est pas actuel mais en puissance et qu’il nous appartient de faire advenir.

    2. @ P.Sarton

      Déjà que vous êtes illisible en français, maintenant vous aspirez à le devenir en espagnol !!

      Vos deux phrases ne veulent rien dire dans la langue de Cervantes et « tuviera que estar » est carrément incorrect (tuviera = si j’avais ou s’il avait).

  3. La guerre, financière, politique, économique, territoriale… s’est elle arrêtée une seconde. Sur cette terre ?

    Les choses dégénèrent de nos jours. La corruption abonde. Les enfants ne s’occupent plus de leurs parents, chaque homme veut écrire un livre, il est évident que la fin du monde s’approche rapidement. Tablette de pierre Assyrienne env. 2800 av JC

    Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leur élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au dessus d’eux l’autorité de rien, alors, c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse le début de la tyrannie. Platon

    Nos jeunes aiment le luxe, ont de mauvaises manières, se moquent de l’autorité et n’ont aucun respect pour l’âge. A notre époque, les enfants sont des tyrans. Socrate

    Lorsque l’imagination, les arts et les sciences et tous les dons de l’Esprit Saint se sont faits vains et qu’il ne reste plus à l’homme que la compétition, alors le jugement dernier est proche.
    William Blake

    Le mariage de la raison et du cauchemar qui a dominé le vingtième siècle a donné naissance à un monde encore plus ambigu. Au travers des paysages de la communication se meuvent les spectres de technologies sinistres et de rêves que l’argent semble pouvoir acheter. Systèmes d’armes thermonucléaires et films publicitaires pour boissons non alcooliques coexistent dans un royaume hyper lumineux, réglé par la publicité et des pseudo-événements, la science et la pornographie. Au-dessus de nos vies président les deux grands leitmotivs jumeaux du vingtième siècle – le sexe et la paranoïa. J.G. Ballard

    Les rats nous observent dans l’ombre de leurs égouts. Ils se lissent les moustaches de joie car ils n’ignorent pas que notre civilisation fermera bientôt son guichet.

    Les médias ne demandent plus rien à ceux qui savent quelque chose afin de partager cette connaissance avec le public. Par contre ils demandent à ceux qui ne savent rien de représenter l’ignorance du public et, ce faisant, ils la légitiment. Serge Daney

    Le téléphone cellulaire a transformé les endroits publics en cabines de téléphone géantes dans lesquelles les visiteurs existent via de narcissiques cocons pour leurs entretiens privés. Comme les fax, les modems et autres instruments modernes qui ont encombrés nos vies avec l’urgence technologique, les téléphones portables représentent l’escalade de besoins imaginaires du 20ème siècle. Nous n’avons pas eu besoin de téléphones portables jusqu’à maintenant. Il est assez clair qu’ils sont la cause non seulement d’une panne de courtoisie, mais aussi de l’atrophie de nos qualités de base. Mary Schmich

    etc, etc.

    1. « De la fusion des sociétés résultera t-il un idiome universel, ou y aura-t-il un dialecte de transactions servant à l’usage journalier, tandis que chaque nation parlerait sa propre langue, ou bien les langues diverses serait-elle entendues de tous? sous quelle règle semblable, sous quelle loi unique existerait cette société? comment trouver place sur une terre agrandie par la puissance d’ubiquité, et rétrécie par les petites proportions d’un globe souillé partout? il ne resterait qu’à demandé à la science le moyen de changer de planète? »Chateaubriand

  4. bonjoiur
    Dits Monsieur, vos articles sont très intéressants, mais pourriez-vous aérer vos phrases ? Il me faut souvent relire deux fois !

    1. C’est vrai que ce n’est pas facile a lire tout ca.
      C’est dommage car je sens que c’est intellignet et j’aimerais etre capable de repeter ces choses inteligentes le dimanche midi en famille.
      Une phrase un peu plus pedagogique ici ou là, en gras si possible, serait bienvenue. Ou bien des petites anecdotes croustillantes, ou quelques simplifications pour faire ressortir les mecanismes de base sur lesquels les complications viennent se greffer.
      Je m’accroche, mais c’est tres dur.

    2. Vos attentes sont justes mais pas faciles à satisfaire. Je viens d’achever un livre pour déployer un minimum la démonstration et le vocabulaire : 600 pages encore trop denses. J’essaie de vous livrer quelque chose qui ressemble au passage du dessin animé d’avant fait de plans successifs au film d’animation en 3D qui projette en continu des volumes sur le plan de l’image. La causalité en trois dimensions de Platon (dessin animé en 2D) est beaucoup plus confortable à construire que la causalité en quatre dimensions d’Aristote (Animation 3D). Le passage est complexe mais nécessaire. Il va nous falloir du temps pour en maîtriser la gymnastique (pour moi, c’est sûr).

  5. Entre 1971 (fin du système de Bretton Wood) et 2007 la masse monétaire US a été multipliée par 14. cela correspond à quelle réalité économique?

  6. mafia,gomorra…cartels voyous des triangles d’or sous toutes les latitudes,polticards afffidés voire désignés par le biais de démocratie dévoyée ,voilà en partie,l’état des lieux.
    On va pérorer, »prier »,se recueillir hypocritement devant la stéle d’un grand homme ,altruiste,animé du seul souci de l’Humain.
    Qui sont ces gredins dont les « amis » donnent dans l’esclavagisme,le blanchiment d’argent sale et qui se réclament des qualités de ce grand homme ?
    Comment les dirigeants américains ,à défaut de énième « guerre d’Irak »,osent-ils piétiner ainsi les efforts,les heurts et malheurs des Populations ?
    L' »ailleurs » désigné par un des intervenants,n’empêche en rien,comme dit Paul Jorion,le devoir de se révolter.
    Aide toi …et le ciel t’aidera.
    Et,parralélement,via internet essentiellement, parvenir à faire entendre à l’écrasante majorité qu’elle posséde tous les moyens pour infléchir les méfaits des malfaisants. ,lesquels ont le culot de vouloir,de prétendre nous diriger ,ici et ailleurs !!

  7. … la guerre civile mondiale, depuis des siècles déclarée par
    les pratiques économiques, industrielles, banquaires et financières ;
    perdure dans son obscénité, et aggrave, en toute impunité
    ses ravages insupportables sur les sociétés humaines,
    et leurs capacités réelles d’inventions et de savoirs vivre
    ensemble sur notre belle planète, généreuse et féconde
    en prodiges et en désastres, et dont la moindre des ressources
    est toujours et chaque jour davantage saccagée, marchandisée,
    rentabilisée, au seul et exclusif profit généré par la perpétuation
    de la guerre civile mondiale, depuis des siècles déclarée

    (passer au moulin à prières, en forme d’exorcisme,
    et enrichir librement d’ajouts et compléments au choix)

  8. Il était un temps où cette guerre civile mondiale était nommée lutte de classes.
    Le nom et la réalité de cette guerre aurait-il changé pendant mon sommeil où l’expression « lutte de classes » serait-elle si insupportable de nos jours, en ce qu’elle renvoie à l’affreux barbu qui à écrit le fameux « Manifeste du… » ?

    1. @Marlowe,
      La lutte des classes renvoie à des réalités incontestables. Mais l’expression n’est pas assez explicative. Toutes les tentatives de transformation de l’expression en valeur réelle ont sombré dans le totalitarisme. Il faut concevoir l’homme au-delà des classes auxquelles il s’appartient et qu’il définit selon ses intérêts individuels qui n’ont rien de communistes. Le travail n’a pas sa finalité en lui-même (c’est mon opinion). Structurer la politique et la société par le statut de travail prive la communauté de toute finalité économique. Le communisme matérialiste est un régime de misère et de déchéance humaine parce qu’il place l’homme exclusivement dans la matière et le prive de l’économie du langage. Le capitalisme matérialiste met un peu plus de temps pour arriver au même résultat parce qu’il introduit le temps dans sa matière.

    2. à Pierre Sarton du Jonchay,

      Ma remarque était une manifestation ironique, sans pourtant être dépourvue de sens historique.
      Je ne suis ni marxiste, ni marxiste-léniniste, ni représentant d’un quelconque parti.
      Je suis certainement en plein accord sur le fait que l’homme (le « dieu-vivant » pour certains) devrait être le centre de l’économie et de la politique et non l’inverse.
      Je pense aussi que le travail sous sa forme capitaliste, c’est-à-dire le salariat et ses avatars, est une notion inséparable de la marchandise et de son fétichisme.
      Je m’étonne simplement que certains concepts, pour la raison qu’ils ont été salis à un moment de l’histoire par des menteurs, ne puisse plus être utilisés, ce qui a pour conséquence de diminuer le vocabulaire à notre disposition.
      Une des faces de la guerre civile mondialisée est certainement de se réapproprier le sens des mots, ce que vous tentez de faire et qui plaît et déplaît tout autant.

      marlowe@orange.fr

    3. La notion de lutte des classe n’est pas évoquée explicitement par l’auteur, mais est-ce si important ?

      Je préfère quant à moi une analyse qui nous montre comment s’opère effectivement la lutte des classes au niveau mondial en identifiant le point métaphysique aveugle qui la rend possible.
      Tout politique, syndicaliste, citoyen peut trouver dans la thèse développée magistralement par Pierre Sarton du Jonchay des arguments de poids pour réfuter et combattre les arguments au nom desquels sont justifiées les inégalités produites par le système actuel.

    4. …en identifiant le point métaphysique aveugle qui la rend possible

      l’injustice et le monopole des armes à feu.

      ce n’est pas très métaphysique mais sans analyser regardez au mexique, officiellement trente-milles gueux morts en cinq ans à la frontières états-unienne, l’état mexicain est miné par les gangs et la mafia. mais on pourrait très bien dire miné par la misère…

      les armes ne sont pas interdites donc la lutte est plus équitable et elle apparait dès lors au grand jour, difficile à étouffer. en europe une telle situation tourne à l’épisode fasciste.

      la lutte pour lutter. lutter pour vivre. quand d’autres se gavent. c’est tout simple.

    5. méthode,

      Ce que vous dites c’est le constat, vous avez raison la guerre civile est déjà là. La non interdiction des armes à feux c’est l’incapacité de se reconnaître en l’autre, de voir le lien solidaire qui nous unit tous.

      Or cette logique est inscrite au coeur même de la science économique, car elle sous-tend une logique guerrière faite de conquête et de rapines. Et comme vous le savez la science économique ce n’est pas seulement une science réservée à l’usage des économistes.
      Le langage économique et son idéologie imprègne le sens commun : désormais on gère sa vie, on se positionne sur le marché de l’emploi, on développe son employabilité, on s’efforce d’être compétitif, on se vend …etc … autant de termes qui cachent mal une déshumanisation, qui font des êtres humains de simples choses subordonnées à la logique impérieuse des flux de capitaux, pour alimenter le front toujours plus âpre des guerres économiques et financières.
      Des guerres économiques qui sont en réalité justifiées par les retours automatiques à l’équilibre prévus par l’économétrie. Mais bien sûr les choses ne se passent pas ainsi. La crise a révélé toute l’ampleur du désastre intellectuel. Le « grand public » ne mesure pour l’instant que les effets de la crise tandis que des publics plus avertis cherchent à comprendre ou même s’attèlent — comme ici sur ce blog, au démontage systématique des mécanismes à l’œuvre dans cette vaste entreprise de destruction qu’est devenue l’économie laissée à elle-même.

      Le point métaphysique aveugle c’est simplement l’idée que la représentation actuelle que nous nous faisons de l’économie contemporaine repose sur une mystification, celle qui consiste à répondre à la question « qu’est-ce que l’être » en prétendant que l’être est l’ homo œconomicus. Cet être dé-affecté, dont les besoins sont anticipés rationnellement. Non seulement l’homo œconomicus n’est pas l’être car l’être selon Aristote doit pouvoir se dire de multiples façons, de même que l’être ne peut être un genre. Mais aussi en toute rigueur il s’agit d’un étant, c’est à dire un mode d’être parmi d’autres. De cela il suit que pour rendre à l’être toute sa « liberté », ses possibles, il faut qu’il puisse se dire de multiples façons. Or ce qui permet de se dire de multiple façons n’est rien d’autre que le langage humain, ce par quoi nos subjectivités sont mises en relation par le dia-logue, avec donc le langage humain sans lequel toute praxis serait inconcevable. Je rappelle que la praxis c’est l’action en vue d’une fin, ces fins au sujet desquelles il s’agit de délibérer dans la Cité. La praxis à un certain égard ressortit donc au politique. La praxis désigne donc aussi bien l’action individuelle que l’ensemble des actions humaines qui ont pour effet de transformer les rapports sociaux et/ou les milieux naturels. (cette dernière définition n’est pas d’Aristote je précise, mais elle prolonge sa pensée.)

    6. à pierre-yves d

      tout ceci est très intéressant mais je crois qu’il faut se méfier du langage les réalités qu’il exprime ne sont que partielles, l’absolu ne se conçoit pas il se vit: la pratique se doit d’étayer la théorie en définitive. des actes.

      le langage possède donc ses limites ce qui fait qu’à un certain point ma vie et ce que j’en exprime est inaccessible à celui dont le vécu est à l’opposé du mien. quid du lien solidaire si l’on compare en tant qu’ homme celui qui vit dans une favela avec fusillades régulières et de bonnes chances de terminer sa vie dans un taudis et celui qui sa vie durant fréquente belles villas et quatre étoiles? quid du dialogue démocratique lors du ‘non’ hollandais français puis irlandais au traité constitutionnel européen en 2005? quid du dialogue sociale sur les salaires et retraites? ici le langage s’arrête et naturellement c’est la violence qui… parle.

      cordialement

    7. Méthode

      Bien sûr, dans certaines situations le langage devient impuissant face à la violence.
      C’est l’ultime recours du faible face au fort lorsqu’il n’y a plus d’échappatoire.
      Mais vous et moi, jusqu’à preuve du contraire, ne sommes pas menacés dans nos existences.
      Mon propos n’est pas de dire que nous allons vaincre les puissances de l’argent par la seule vertu du langage. Il est de dire qu’il faut épuiser toutes les possibilités qui s’offrent à nous pour modifier des représentations qui sont à l’origine la dominance sociale et des violences qui l’accompagne. Autrement dit agir en amont. Quand bien même les oligarchies seraient-elles mises hors d’état de nuire, ce choix de la raison est indispensable, car rien ne peut changer durablement sans un nouveau paradigme.

  9. L’histoire de l’humanité nous apprend aussi que l’insoumission et la rébellion, la désobéissance civile donc, pour une juste cause permettent à des peuples, lors de victoires réelles, de considérables bonds émancipateurs. Nous savons démontrer que ce système capitaliste et cette économie de marché, autorisant une minorité l’accaparement de plus en plus excessives de ressources, sont inappropriés à l’évolution pérenne de la biodiversité terrestre dont les êtres humains font partie. Ils sont oppressant, dévastateurs, et permettent même que cette classe de privilégiés s’octroie des passe-droits, usant de multiples armes, souvent répressives et meurtrières contre leurs semblables, afin de se protéger sans être le moins du monde inquiétée. Exceptionnellement, encore une fois, faisons leurs comprendre qu’ils doivent arrêter de faire leurs politiques ! Leurs pouvoirs leur fait tourner la tête ! Enfermés dans leur bulle, qu’ils arrêtent de comparer ce qui n’est pas comparable ! C’est pourquoi je continu de soutenir toute tentative de révolte pacifique telle que la grève générale reconductible, c’est à dire tout simplement et logiquement l’arrêt continu de l’alimentation en richesses, en pouvoirs exorbitants, de cette classe que je peux définir naturellement d’indigne. Le but étant la réappropriation des pouvoirs par les peuples. C’est de couper les fils des marionnettes que sont devenues les « professionnels » de la politiques à la solde des riches et d’entreprendre un changement en profondeur et globale face aux excès que ces structures institutionnelles autorisent dont il s’agit. Cette action des peuples, cette arme politique pacifique, ce refus citoyen couplé à un refus consommateur, est nécessaire pour de nouveaux contrôles publics, autogestionnaires, responsables, assurément démocratiques et salvateurs. Modernisons nos sociétés du bas vers le haut ! Une fois les concurrences déloyales et assassines considérablement revues à la baisse les peuples pourront enfin écrire une nouvelle page de l’Histoire. Soyons crédibles ! A l’heure où tous les repères capitalistes s’effritent et que les consciences grandissent, l’humanité a besoin de porter un humble exemple politique vivifiant, une nouvelle architecture économique, écologique et sociale. Réfléchissons à un avenir à long terme ! En cas d’urgence, les riches n’hésitent pas à laisser crever un grand nombre afin que leurs castes survivent, ne l’oublions pas. Ne l’oublions jamais ! Exhaussons les promesses non tenues par tous ces profiteurs nous-mêmes !

    Papillon (anticapitaliste)

  10. Le risque n’est pas un paramètre d’une épistémologie platonicienne de la valeur mais bien la quatrième dimension de l’épistémologie aristotélicienne de la valeur.

    Pourriez-vous préciser, s’il vous plait, « epistemologie platonicienne de la valeur » et « quatrième dimension d’une epistemologie aristotelicienne de la valeur ». En quoi y a t-il de l’epistemologie la dessous (précisément). Et quelles sont les dimensions d’une épistemologie aristotelicienne de la valeur? Ca m’a l’air très intéressant, même si je ne sais pas trop quoi en faire pour l’instant, mais ca reste encore trop flou pour moi.

    Merci.
    PS: pour le langage comme élément qui participe du « subjectif », on peut émettre des réserves (cf tous les habermassiens qui y voient au contraire ce qui transcende toute subjectivité).

    1. Antoiney,
      Epistémologie : Étude de la connaissance scientifique en général.
      Platonisme dans le système aristotélicien des quatre causes : effet sans matière, ni forme, ni fin de la matière, de la forme et de la fin sans effet. Platon anticipe la matière, la forme et la fin d’Aristote sans considérer l’effet. C’est la raison pour laquelle, la valeur n’existe pas pour Platon. Grâce à l’effet Aristote explique la valeur qu’il ne nomme pas vraiment.
      Epistémologie de la valeur : connaissance scientifique de l’explication de la valeur par les critères logiques du langage. L’épistomologie de la valeur introduit la distinction et la relation de l’objet et du sujet dans la connaissance scientifique. L’épistémologie de la valeur tente la réconciliation de la métaphysique (selon Aristote) au physique.
      Oui la propriété du sujet est de contenir sa transcendance et de transcender ce qu’il est. La transcendance du sujet qui se transcende est le verbe (je veux bien être habermassien).

  11. Très intéressante analyse, qui explique les tenants, mais également les aboutissants de la politique des Etats Unis.
    C’est très rare de voir formulée la cible d’une stratégie.
    J’en avais besoin, alors merci.

  12. Bien éloigné (du point de vue de la maitrise intellectuel) de toutes ces données économique, je suis ce blog depuis 2009 néanmoins. J’essaie de comprendre et y arrive parfois. Ce que j’ai aimé ici c’est la force d’analyse allié à une force de proposition. Mais même si ces propositions se racontent, s’expliquent, et se transmettent, la description de notre lente (enfin pas tant que ça) décadence submerge quand même ces dites propositions. Parce qu’en fin de compte, la solution semble assez simple; simple parce que raisonnable, sage et humaine; alors que l’ingéniosité (ici sans connotation admirative) avec laquelle les groupes dominant nous plongent dans le chaos, nécessitent de complexes et abondantes explications, descriptions et analyse…
    Ainsi le quidam que je suis ne peut s’empêcher de croire que l’histoire est déjà écrite. Comme je ne suis pas non plus historien, je suppute: Guerre civile, guerre mondiale, l’une après l’autre ou en même temps, ou simplement l’instauration d’une dictature molle (certains disent qu’on y est déjà) qui par évaporation (réchauffement planétaire oblige) se transforme en dictature dure.
    Comme je ne suis qu’un quidam, on me pardonnera j’espère de réfléchir au meilleur moyen de préserver mes « miches » des troubles des temps à venir. Pas longtemps rassurons-nous parce qu’entre les complotistes évoquant des camps de la mort par dizaines ‘secrètement’ construit depuis les années 80 aux états unis et les ‘apocalyptistes’ m’expliquant que de toute façon le soleil va nous effacer d’un gros rototo de lendemains de beuverie… Je reste comment dire… Imaginez un mot qui comprendrais le sens à la fois de : perplexe, amusez, effrayé, inquiet, carpe diem, sauve qui peut et enfin « oh et puis merde, qu’est-ce que je fou devant cet ordinateur à la con, j’ai du boulot »
    Il y à trois jours j’ai trouvé un bouquin « Il Viendra » de Jacques Attali dans la bibliothèque de mes parents (non je n’habite pas chez mes parents) comme j’essaie aussi de comprendre son blog, je me suis dit « tiens un bouquin qui doit parler de l’avenir, écrit par Attali ç’est toujours bon à prendre » A la fin (oui je lis très vite, non je ne suis pas au chômage) je me suis senti, comment dire… perplexe, amusez, effrayé, inquiet, carpe diem, sauve qui peut et enfin « oh et puis merde, qu’est-ce que je fou devant ce bouquin à la con, j’ai du boulot »

    1. Les analyses de Bernard Stiegler suggèrent ce que devient « j’ai du boulot », pouruqoi vous estimez que c’est positif, et du coupe comment on peut généraliser (un peu) :

      Votre boulot s’inscrit dans un système de soin (cura/philia/…) , valorisé par des « circuits longs », et non liquidé par des circuits-courts, qui liquident savoir-faire et savoir-vivre (je résume…)

      Stiegler décrit à peu près les différents stades qui nous ont amenés à la prédominance des circuits courts, danger présent depuis qu’on manipule des techniques, le magdalénien et même avant (Leroi-Gourhan ..), et que être humain signifie être tissé entre génétique et « transmission extérieure », culturelle, prothétique, ce qui est forcément générateur de défaut, de poison, mais des défauts qu’on maitrise par un processus
      d’ADOPTION et non d’ADAPTATION (le néo-libéralisme par exemple).

      Je crois que vous comprendrez à quel point vous êtes dans un tourniquet (ce n’ets pas négatif dans ma vision, juste vous en serez conscient autrement), et par où aller pour « tourner positivement » (puisqu’il faut quand même tournicoter dans ce bas monde )
      (« qu’on se pende ici qu’on se pende ailleurs, s’il faut se pendre » comme disait Brassens, pour dire qu’on ne se pend qu’à des dépendances qu’on choisit un peu ( dans « je m’suis fait tout p’tit » si j’ai bonne mémoire)

    2. Je voulais dire aussi « système de soin » = « système associé », = « vous êtes auditeur et locuteur »,

      par exemple, le monde des logiciels libres aujourd’hui.

      Je corrige aussi ma fin de 1ere phrase :
      pourquoi vous estimez que c’est positif, et du coup comment on peut généraliser (un peu) :

  13. @kenan : la guerre contre le travailleur a commençé avec le redressement sur 2 pattes de l « humanité ».
    L’ouvrier a d abord été appelé trés justement esclave , cette condition lui est resté , mais on a changé sa dénomination parce que l on était devenu  » civilisé ».

    Mais on se garde bien de souligner , que depuis toujours ,le travailleur est un assujetti volontaire qui demande a d autres de penser pour lui , avoir une conscience politique est quelque chose de pratiquement impossible pour l individu moyen , le foot est bien plus attirant ! !!
    Combien de ces travailleurs ce sont ils levé aprés 2008 pour dire CA SUFFIT ??
    AUCUN ils se sont tous rassurés avec les paroles lénifiantes de  » not bon maître « .en remuant la queue..
    En gros notre société est basée sur le monde des fourmis , le roi et l reine sont les gros capitalistes , les soldats le bras armé de la finance , et les ouvrieres…..LES OUVRIERES !!!!

  14. J’ai une demande, ne pourriez vous pas faire l’effort d’être plus précis plus concis et plus clair.
    Je suis certain que ce que vous voulez exprimer, il y a une autre manière bien plus agréable de le rédiger. Sachez gommer le superflu pour aller à l’essentiel, cessez les phrases emphatiques ou tordues comme ce lyrisme déplacé dans ce contexte à en appeler toujours aux:grecs anciens.

    Je vous prends un exemple d’une de vos phrases :
    « le système financier accroît son prélèvement sur la réalité par l’augmentation des primes de risque. Il est obligé de le faire pour accroître ses fonds propres en garantie de ses dettes envers les épargnants réels, pendant que l’épargne de plus en plus liquide et de moins en moins investie finance des débiteurs de plus en plus virtuels. »

    Beau lyrisme que cela mais cela veut dire quoi :

    Que le système financier vend de plus en plus d’assurances, assurances qu’il vend de plus en plus chères et dont le produit total il ne le distribue pas mais le mettrait en réserve pour augmenter ses fonds propres.
    L’augmentation de ses fonds propres lui est demandé en garantie de ses dettes envers ses déposants.
    Le montant des dépôts et de l’épargne sont de moins en moins investie puisque liquide,
    et cette liquidité finance non plus de la réalité mais certainement d’autres produits dérivés, ou tout simplement des spéculations sur toute la chaine financière.

    Est ce cela que vous avez voulu dire ?

    Autre point : vendre des assurances c’est bien mais quid de la garantie ?
    Remember AIG, là il n’y a pas de besoin de fonds propres supplémentaires ???

    Non décidément, votre style est opaque, et dans ce sens, il va très bien avec le milieu de la finance, qui n’est rien d’autre que mettre les formes pour cacher le jeu et l’escroquerie.

    1. Voyez dans l’exemple que vous prenez, Pierre dit la même chose en 2 fois moins de mots. Je trouve cela plus efficace, même si cela nécessite un effort intellectuel.

    2. ( J’ai la réponse de Julien Alexandre au- dessus ou au-dessous ) .
      A côté de paragraphes entiers très intéressants , des phrases avec beaucoup de mots accolés , un peu comme une traduction de Google , qu’on décrypte avec peine sans être sûr du résultat . Exemple :
      « Le prix entre l’offre et la demande matérialise un double équilibre ; d’abord entre la réalité à laquelle le sujet de l’offre renonce pour une valeur réalisable dans le futur et ensuite entre la mesure à laquelle le sujet de la demande cède pour une valeur immédiatement concrétisée dans le bien acheté. »
      Il y a un 1er équilibre entre la réalité… et quoi , et un 2ème équilibre entre la mesure… et quoi ? La mesure de quoi ?

    3. @Julien: plus cela nécessite un effort intellectuel pour le récepteur, moins c’est efficace. Si le but est de faire passer un message, évidemment. Vous ne confondriez pas, en bon économiste, avec « efficience » par hasard? 🙂

    4. Il est vrai que le style « P.S. du J. », c’est de l’extrait de concentré…
      Sur un sujet, l’économie, dont la caractéristique première est que à peu près personne n’y entend grand chose…
      Mais, bon, un peu comme avec Lacan…ou Heiddeger…ou Levinas… il faut reconnaître qu’il est difficile d’aller plus droit au but en moins de mots.(mais faut s’accrocher, c’est sûr!)

    5. @Philémon: Je le comprends ainsi:
      [réalité (bien vendu) = valeur réalisable future (pouvoir d’achat de l’argent reçu)] = [mesure (l’argent donné)= valeur immédiatement concrétisée (bien acheté)]

    6. Le style est particulier, déroutant, mais pas parce qu’il est opaque.
      Au contraire, c’est un discours extrêmement analytique et où chaque notion répond d’une définition précise pour peu qu’on aille s’enquérir de ces définitions et faire l’effort d’acquérir la compréhension de notions philosophiques élémentaires relatives à Platon et Aristote.

      Si le discours semble opaque c’est parce qu’il produit une représentation non familière de la réalité économique. Au lieu de parler de l’économie en économiste, il nous parle d’économie en philosophe, philosophe qui n’ignore rien des représentations économiques communes qu’il s’emploie à déconstruire.
      La prose de PSDJ projette sur notre monde de choses données pour évidentes une lumière qui le rend étrange.

    7. @MOI dit :
      Merci MOI dit : Pour ma part , je l’ai traduit ainsi
      Le prix (entre) de l’offre et de la demande matérialise la rencontre entre deux réalités :
      – la réalité du vendeur , c’est qu’il préfère céder son bien pour acquérir une quantité Q1 de monnaie à sa valeur actuelle ;
      – la réalité de l’acheteur , c’est qu’il préfère céder une quantité Q2 de monnaie à sa valeur actuelle pour acquérir le bien .
      La rencontre a lieu et le prix se forme si Q1=Q2 .
      Mais je pense aussi que , en réalité , l’intensité des préférences précède la quantité de monnaie dans la détermination du prix . Et que , en creusant un peu sous la préférence affichée , on dégote une obligation et/ou une injonction de faire .
      @ J.A .
      Bon d’accord , c’est 2 fois + long , mais ce sont les § qui donnent cette impression . Accordez-moi ce crédit que je n’ai pas simplifié en disant que les 2 sujets étaient tombés d’accord sur le prix 🙂

    8. Julien Alexandre, dans l’exemple que j’ai pris il y a pour moi une évidence, c’est tellement vague qu’on peut en faire aussi une autre interprétation, c’est pour cela que je dis que ce n’est pas clair et que l’effort intellectuel dont vous parlez on peut le faire dans tous les sens : où se trouve dans toutes nos interprétations à tous possibles ce qu’à voulu exprimer exactement l’auteur quand il a écrit ?

    9. @ liervol

      Ce que vous dites est vrai de toutes les phrases citées hors de leur contexte. Dans le cas présent, ce sont les 2500 mots placés avant et après ce paragraphe qui en indiquent le sens.

      Ce n’est que mon opinion bien entendu.

    10. Julien alexandre : sur 2500 mots, il y en a combien de trop pour saisir l’essence de son discours qu’il pourrait supprimer sans dénaturer sa pensée ?

    11. 2500 mots avant et après, soit plus de 5000 mots dans ce billet.

      Vous me demandez combien de mots il faudrait enlever pour préserver pleinement le sens ?

      Réponse : deux. Et ces deux mots, je les ai enlevés au moment de la correction du texte, juste avant publication.

      Ceci dit, chacun est libre de s’en faire un résumé de 5 lignes ou un powerpoint de 3 slides 😉

    12. @Julien Alexandre

      Et ces deux mots, je les ai enlevés au moment de la correction du texte, juste avant publication.

      Ben voilà, c’est pour ça qu’on comprend plus rien ! 🙂

    13. En plus, si je prends le paragraphe 1 : La monnaie déconnectée du réel :
      on peut le résumer en 5 lignes :

      Là, je fais du condensé sans fioriture et sans politesse

      avant 2007, c’était cavalerie à tout va dans les pays développés,
      après 2007, c’est cavalerie à tout va dans les émergents.
      Votre attention, mesdames messieurs, vous devez considérer que les prix sont justes et réels que jamais il n’y a eu de bulle spéculative et que jamais il n’y en aura, ceux qui vous disent cela vous mettent… D’ailleurs vous le voyez bien : on ne restructure personne, c’est bien que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

    14. Bravo Philémon pour votre explication qui me conduit au schéma suivant en carré. L’acheteur reçoit un objet d’une certaine valeur pour lui en vendant la monnaie à sa valeur présente. Le vendeur cède un objet d’une certaine valeur pour lui en achetant la monnaie à sa valeur future. Il y a donc quatre équilibres dans un échange monétaire. L’équilibre entre la valeur présente et future de l’acheteur et entre la valeur présente et future du vendeur. L’équilibre entre le bien dans la durée pour l’acheteur et le prix en monnaie dans la durée pour le vendeur et l’équilibre entre le bien actuel pour le vendeur et la monnaie actuelle pour l’acheteur.

      Les quatre équilibres se résolvent en trois prix de la liquidité, du crédit et du risque et un transfert de réalité (c’est là où l’on constate que le risque est une réalité en soi distincte qui ne peut pas se négocier à travers la liquidité ou à travers le crédit ; une réalité que la finance escamote pour lui attribuer le prix qui lui convient, caché dans le prix de liquidité ou le prix de crédit). Le prix de liquidité met en relation la monnaie versée par l’acheteur avec la valeur que lui accorde le vendeur au terme où il transformera son pouvoir d’achat en réalité (si acheteur et vendeur anticipent de la croissance économique, ils augmentent le prix de liquidité d’un temps prometteur de valeur). Le prix de la liquidité appartient autant dans sa détermination réelle aux opérateurs réels qu’aux opérateurs financiers et à la banque centrale (les banques centrales sont depuis l’abandon de l’étalon or en position de dictature mal éclairée quant au prix de la liquidité).

      Le prix de crédit met en relation le prix présent des biens dont bénéficie l’acheteur avec leur prix futur dont bénéficiera le vendeur (si acheteur et vendeur anticipent de l’inflation, ils augmentent le prix de crédit). Enfin le prix de risque met en relation le prix de la décision actuelle d’échange entre acheteur et vendeur et le prix que cet échange vaudra pour chacun des deux dans tous les futurs imaginables (si acheteurs et vendeurs sont pessimistes le premier sur la pertinence de son achat présent et le second sur ses opportunités d’achat dans le futur, ils s’accordent sur un prix de risque élevé ; le pessimisme fait augmenter le risque du futur).

  15. comme vous le dites dans votre article, la Liberté est fondamentale ; et les Américains y tiennent plus que tout.
    Les haines sortent au grands jours, et ne pensez-vous pas que la guerre va se faire d’abord contre Washington, et après peut être les Américains iront ils jusqu’à à la sécession ?

  16. Petit clin d’oeil à mon commentaire. Sur mon bureau j’ai un calendrier zen( dans son sens four-tout le plus large) et l’aphorisme d’aujourd’hui est « Mieux vaut allumer une bougie que de maudire les ténèbres »
    Il me semble évident que ce blog tient tout de même d’avantage de la bougie que de la malédiction des ténèbres.

  17. Seulement 72 fois l’emploi du mot « réalité »…. ? – Peut mieux faire.

    « La réalité métaphysique du risque de la valeur établit par la monnaie le lien entre l’ordre politique et social et l’ordre économique. C’est ce qui permet d’expliquer la coexistence actuelle de l’inflation et de la déflation et la déstabilisation réciproque en cours entre économie et société mondiales. »

    La métaphysique étant au delà de la physique, il est abusif de parler de « réalité » de la métaphysique. Ce qui existe est réel, mais l’existence d’objets métaphysiques est toujours problématique. Comme disait Hegel, ce qui est réel est rationnel et ce qui est rationnel est réel. La méta physique n’est pas saisissable par nos catégories rationnelles, d’espace et de temps.

    Mais l’être c’est le néant, le néant d’étant et pas le néant d’être.

    Du reste il ne peut pas y avoir d’inflation et de déflation simultanément, si l’on accepte les mêmes critères de mesures.

    Du Jonchay, votre côté Donquichottien prend le dessus et attention aux moulins à vent.

    1. La métaphysique étant au delà de la physique, il est abusif de parler de « réalité » de la métaphysique. Ce qui existe est réel, mais l’existence d’objets métaphysiques est toujours problématique. Comme disait Hegel, ce qui est réel est rationnel et ce qui est rationnel est réel. La méta physique n’est pas saisissable par nos catégories rationnelles, d’espace et de temps.

      Le mot « couteau » ne coupe pas. Il n’est donc pas un couteau. Mais qu’est-ce que le couteau ? Le couteau physique ou l’outil métaphysique qui le désigne. La métaphysique du couteau est-elle moins réelle que son existence physique ? En utilisant la métaphysique du couteau, ne parle-t-on pas du couteau à l’intérieur de l’espace et du temps ? Se peut-il que la réalité du couteau ne soit pas reliée au mot couteau, qu’un couteau ne soit pas rationnellement couteau ?
      S’il ne peut y avoir inflation et déflation en même temps pourquoi les États-Unis font tourner la planche à billet qui produit des bulles d’inflation en Chine ? La réalité monétaire est continue pardessus les États nationaux, les langues et les régimes politiques. Si la Fed accorde le crédit d’un couteau à une banque, celle-ci la transforme en liquidité de couteau pour un importateur étatsunien qui se rend immédiatement compte qu’il a un fournisseur en Chine qui produit le couteau 10 fois moins cher qu’aux États-Unis. Le prix du couteau s’effondre aux États-Unis pendant qu’il flambe en Chine à cause de l’afflux des commandes étatsuniennes.

    2. Le paradoxe (fécond) du métaphysique, c’est à dire de l’être en tant qu’être, est que l »on ne peut déterminer l’être en tant qu’être, l’être, selon Aristote, ne pouvant se dire en un seul sens, de même que l’être n’est pas un genre (ni d’ailleurs une essence ou une substance.) mais que pourtant les différentes façons dont historiquement fut envisagée cette question furent autant de décisions déterminantes quant à la constitution des philosophies.

      Pierre Aubenque dans son dernier ouvrage intitulé « Faut-il déconstruire la métaphysique » (Presses universitaires de France, 2009) dit :

      « La question « qu’est-ce que l’être » présuppose qu’il y soit déjà répondu. L’être est, pourrait-on dire, la condition transcendantale de possibilité de tout questionnement, y compris sur lui-même. …Mais la métaphysique ne peut se contenter, et ne s’est pas contentée historiquement, de poser une condition formelle de possibilité. Elle s’est efforcée de lui donner un contenu, un sens objectif, oubliant par là que le seul sens véritablement assuré de l’être est une fonction, qui est celle de condition de possibilité de toute objectivation…. Comme l’être n’a pas d’essence, s’il est vrai que l’être au sens d’exister est la condition de possibilité de toute essence et est donc antérieure à toute détermination essentielle, nous ne répondons pas, en exhibant une essence quelle qu’elle soit à la question « qu’est-ce que l’être », mais répondons dans le meilleur des cas à une question que nous ne posions pas, du type : qu’elle est la plus parfaite, la plus excellente des essences dont nous disions, sans savoir pourquoi, qu’elles sont »

      Dans le sens précis où effectivement on s’est efforcé de donner un contenu à la métaphysique il n’est plus abusif de parler de contenu métaphysique et donc de réalité métaphysique. C’est, me semble-t-il ainsi qu’il faut comprendre « métaphysique » dans les textes de PSDJ.

      Lorsque PSDJ emploie ce terme il veut simplement dire que la détermination des choses, des formes dont participent les sociétés humaines relève du contingent, du possible, ce qu’il nomme rétrospectivement liberté. Aristote fait du contingent, du possible le coeur de sa philosophie à la différence de Platon qui faisait de l’être une essence, en l’identifiant aux idées immuables.
      Cela eut des conséquences politiques et épistémologiques très importantes. Platon qui voulait prendre de la hauteur par rapport au sensible avec sa métaphysique propre figeait le monde sensible qu’il prétendait superficiel, tandis qu’Aristote qui s’y plongeait avec son approche plurivoque de l’être parvenait bien mieux à se dégager de ce monde sensible (matériel).

      PSDJ dit :

      Dans la société de valeur vraie, le langage économique reconnaît le travail humain comme cause d’intelligence de la valeur par les formes métaphysiques et comme cause de transformation de la matière par l’énergie physique.

      Les formes métaphysiques ici ce sont les formes du possible.
      En somme le métaphysique c’est ici ce qu’il n’est pas enclos dans l’objectivité d’une réalité matérielle donnée pour seule réalité possible. AInsi, par exemple, le risque dans une société de la « fausse » valeur, ce qui pour PSDJ représente notre société, ne ressortit pas au possible avec y compris tout ce que ce dernier peut comporter d’invention, mais est seulement une mauvaise mesure des choses à l’intérieur d’un cadre dont la « science économique » nous dit qu’on ne pourrait sortir. Ce cadre dont précisément il s’agit maintenant de sortir !

    3. Pierre-Yves,

      Félicitations ! Et merci ! Et félicitations et merci aussi à vous PSDJ : c’était donc pô des conneries ce que vous racontiez !

      Bon maintenant que vous avez fidèlement traduit la pensée de PSDJ en langage philosophique, il faudrait une traduction en français courant.

      Je me lance… à votre suite, « Ce cadre dont précisément il s’agit maintenant de sortir ! » :

      « Ce qui importe c’est que le débat s’instaure dans toute la société, dans toute la civilisation, qu’il ne soit plus réservé à une élite, économique, politique, intellectuelle, etc., qui par le rôle qu’ils tiennent ne font que légitimer la place de l’individu dans la société, sa soumission, son aveuglement, son acceptation aveugle du chemin choisi par l’humanité jusque là : ça enlève tout rêve, toute magie, toute beauté à la vie. Cette attitude de la société envers ses enfants est cruelle, c’est un crime contre l’humanité, un crime contre notre humanité. »

      Qu’en pensez-vous PYD ? Et vous PSDJ ?

    4. @Fab,
      Si vous voulez dire qu’il existe un devoir social pour tout individu d’essayer de vivre et de penser ce qu’il dit, alors je suis d’accord avec vous. Cette seule résolution permet déjà d’échanger avec ses mots à soi sans qu’ils soient les mêmes que ceux de l’autre qui lui appartiennent. On découvre alors que des paroles différentes et personnelles ouvrent sur une même réalité qui finit par produire une vérité commune qui reste la vérité de chacun.

    5. Fab,

      Vous avez raison, les intellectuels doivent penser et agir en citoyen du monde, ne pas s’enfermer dans leur tour d’ivoire. Mais je présume, vous ne visiez personne ici. 😉
      Aucune voix n’est intrinsèquement supérieure à une autre, c’est du partage de ce que nous sommes, chacun venant avec ce qu’il sait le mieux faire, avec ses expériences, son savoir, ses connaissances, ses questionnements, que quelque chose de plus grand peut advenir.

      Je vous suis aussi pour un grand débat engageant toute la société, seulement un débat cela ne se décrète pas. Pourquoi ceux qui pensent avoir des idées, des propositions à faire devraient-ils en quelque sorte se retenir, attendre que toutes les conditions soient réunies pour commencer à débattre ? Le cœur et la raison n’attendent pas pour se manifester. Le débat c’est à vous à moi de l’engager partout où nous pouvons.

      Cordialement.

    6. Pierre-Yves,

      Je pointe plus que je ne vise. Par contre vous, vous coupez à la hache ! Je suis convaincu que ce qui nous attend est la spiritualité laïque, à savoir le débat comme priorité, comme quotidien, et vous, vous me lancez un : « un débat cela ne se décrète pas » !

      Une simple question : qui empêche une personne dont la voix porte, un parti politique, un groupe d’intellectuels, etc., d’ouvrir un débat ?
      J’ai proposé ici des questions (non dégrossies j’avoue) : qu’est-ce qui empêche qu’on en parle au quotidien, dans les cafés, comme on parle de football, de pluie et de beau temps, des aventures people, des menaces des gros vilains pas beaux terroristes qui n’ont que ça à faire que de nous faire peur mais dont on ne s’interroge jamais sur leur motivation ni sur leur idéal de société, etc.

      PSdJ,

      Si vous voulez, bien que je me méfie du « devoir » : ce n’est pas la société, la vie en société, qui doit imposer un devoir à l’individu comme elle l’a fait jusqu’à maintenant avec les conséquences que nous connaissons et décrions. C’est la société qui a le devoir de s’adapter aux individus, ce que vous appelez la société « à la Aristote » ! Et la méthode pour y parvenir est la même que le but visé !
      Le but c’est le chemin.

    7. @Fab,
      Oui le but est le chemin. Il faudrait que nous identifions les relais d’opinion qui soient le chemin des accords que nous formons sur ce blog. Il faudrait que nous puissions discuter sur ce Blog ou ailleurs avec des responsables politiques actuels ou potentiels qui veuillent construire le chemin pour sortir la démocratie de l’ornière, pour qu’elle produise des buts acceptables et motivant pour toute la société et chaque citoyen.

    8. Pour Pierre Sarton, Pierre-Yves, et Fab
      Il me semble qu’avoir de belles pensées, concrètes ou métaphysiques, c’est à tout le moins passer du temps à se faire du bien, et merci de vous être fait du bien.
      Je souhaite réagir à ce fil, et à son dernier jet de Pierre Sarton,
      je cite :
      <>
      Si votre but, ou le mien, est de tracer un chemin pour que se tracent de meilleurs chemins, alors il y a selon moi au moins trois tableaux à peindre.
      Le premier tableau est celui de la situation présente, le deuxième celui du futur qui nous semble se dessiner impérieusement, et le troisième celui d’un futur enviable possible.

      Pierre Sarton, par son essai sur la monnaie & guerre civile a tenté de nous présenter une esquisse du premier tableau.
      Tant d’autres, au quotidien, œuvrent à élaborer leurs touches sur les deux premiers tableaux.
      Mais force est de constater que sur le troisième tableau, il y a d’immenses espaces vierges, et qu’il est bien difficile d’y appliquer des formes, des couleurs, et des perspectives cohérentes, et encore plus de lui donner de la force.
      Merci de ne pas abandonner vos pinceaux, vos crayons, et tous les instruments à votre disposition. La pédagogie est à mon sens un instrument essentiel, merci à Fab de nous
      en faire éclairage, et aux Pierres de n’en pas prendre ombrage.

    9. Pardon pour la citation fantôme, la voici :

      Il faudrait que nous puissions discuter sur ce Blog ou ailleurs avec des responsables politiques actuels ou potentiels qui veuillent construire le chemin pour sortir la démocratie de l’ornière, pour qu’elle produise des buts acceptables et motivant pour toute la société et chaque citoyen

    10. LEMMER Nicolas,

      Merci.

      Le problème avec le troisième tableau est un problème qui accompagne notre civilisation, et duquel il serait temps que nous nous débarrassions afin d’aborder le changement tant souhaité de civilisation en toute sérénité et dans les meilleures conditions : ce problème est bien évidemment ce que PSdJ pointe comme la société à la Platon, où une minorité éclaire le reste, et surtout où le reste s’en contente et fait une confiance aveugle, esclave, à la minorité.

      Un troisième tableau peint avec ce même éclairage serait inévitablement, par définition presque, une copie des deux autres. C’est une méthode, c’est le travail de fourmi des universitaires et autres intellectuels : collecter les données, analyser au maximum, pondre des rapports, accumuler tous ces rapports et s’appuyer dessus pour faire mieux. C’est long, probablement bon, et ça peut marcher. Mais j’attends toujours, pas une preuve, mais juste un exemple historique que cette méthode ait produit un résultat suffisant pour changer d’éclairage…

      Ainsi, je ne peux qu’approuver le dernier commentaire de PSdJ. Oui, il faut trouver et motiver des relais. Des relais sûrs, les meilleurs : ceux qui passent le témoin et s’en retournent cultiver leur jardin, ceux qui portent le débat sur la place publique sans espérer en tirer un quelconque profit personnel, sans prendre leur relais pour un but. Pas de ces fanfarons chantant de belles idées, belles paroles derrière lesquelles se cachent la preuve qu’ils sont en fait des purs produits de la démocratie à la Platon : ils veulent continuer à éclairer le peuple.

      Ce que je critique donc ici, c’est le fait de proposer uniquement des solutions économiques (sur le deuxième tableau), solutions qui ont de fortes chances d’être prises par les politiques et par le peuple comme des buts. Ce ne sont pas des buts : ce sont des chemins. Il y en a d’autres, l’important c’est que le maximum de gens se mettent en marche.

      Comment imaginer qu’ensuite la servitude, la lutte des classes sans parler des retraites, puissent encore avoir un sens, puissent encore être des combats, d’avant-garde ou pas ?

    11. Bonjour Fab et merci,
      Cette société « à la Platon » (avec un lot d’exaltés ultra-potents voire ventri-potents) prend en effet au travers des âges des visages différents, et conduit à des désastres monumentaux.
      Et le monde d’aujourd’hui ?
      Une plétore de familles puissantes, de multinationales toujours plus titanesques et globales, des technologies plus orwelliennes que 1984, des armées et autres polices armées suffisamment pour exterminer la planète et même (qui sait ?) les planètes voisines si ça barde pour de bon …
      Je vois notre société comme hyper-platonicienne, avec des ploutocrates déments, sans parler des technocrates, bureaucrates, il ne manquerait plus que les volcanocrates.
      Mon seul espoir c’est que tous ces noeuds de cracrate se dénouent un jour (si possible avant qu’il ne soit trop tard) hébétés par le charme oublié du vol d’un papillon, pris de cours par les traits de plume d’un improbable poète, de ceux qui savent arrêter le temps, bercés par le doux son de leur corps si difficile à entendre dans cette tumultueuse vie citadine dont nous sommes devenus les prisonniers volontaires.
      Et encore. Ce serait un plus si ce poète était multilingue, que le papillon ne soit pas trop éphémère, et que la cigale ne voit pas trop d’inconvénients au travail de fourmi que vous appelez de vos voeux.
      Ce travail de fourmi que vous décrivez me paraît être le bruit de fond du développement humain au travers des millénaires, mais vous me pardonnerez, j’espère, de douter qu’il nous amène autre part qu’au delà du bord du précipice, car toutes nos fourmis ancêtres ainsi que nous-même avons réussi à bâtir ce monde aujourd’hui si périlleux.
      Et pendant que les petites fourmis que nous sommes fourmillons de paroles plus ou moins avisées, les puissants se barricadent dans une tour d’ivoire stratosphérique (ils doivent même avoir atteint l’orbite terrestre), intouchables, omnipotents.
      C’est une simple question de cinétique, les peuples (dans lesquels ont peut inclure les bourgeois) me paraissent pris de vitesse.
      Ce que d’ailleurs Pierre Sarton nous décris avec forte argumentation : même la monnaie est devenue une arme de contrôle et de destruction massive.
      Je pense que je vais désormais y réfléchir à deux fois avant de mettre une pièce d’un euro dans ma main. Elle mériterait de se voir apposé un carré blanc cintré de noir, avec la mention « La monnaie nuit gravement à votre santé ».
      Ce n’est pas Pierre Sarton qui me contredira sur ce point, d’ailleurs en conclusion je le cite :

      Plus le temps passe, plus le bien commun perd son sens économique, plus la valeur de la loi disparaît, plus les pouvoirs politiques se corrompent et plus les sociétés politiques se désintègrent.

      Je ne lui donne pas tord. Mais a-t’il songé à l’effet papillon ?

    1. Peter Hoopman,
      La monnaie est une invention géniale, un vrai produit de l’intelligence humaine pour analyser la valeur hors de soi. C’est donc un outil aliénant qui force à entrer dans la réalité hors de soi et qui repose sur la confiance qu’on a dans le monde et les personnes hors de soi. L’outil nécessite la société de confiance entre des personnes qui se respectent et se reconnaissent d’égale dignité. La monnaie permet d’accéder à ce qu’on produit ensemble. Or une fois que l’objet produit est là, le paiement en monnaie nous fait oublier par quel processus d’échanges multiples il est advenu. On est tenté d’oublier la société qui l’a produit qui est représentée par un objet de sujets. Notre fragile intelligence fait avec la monnaie des raccourcis où elle ignore la société qui donne un sens au prix.

    2. Bonjour Pierre,

      Je suis d’accord que l’argent est une invention géniale!!! Comparable avec les inventions les plus grand de l’homme: le rou, feu, imprimer, théorie d’évolution, théorie de la rélativité, ordinateur etc.

      Mais pour rélativer la génialité, tous ces invention était façon parler déjà là, juste en attente de notre découverte, le reveillement.

      Vous écrivez:

      Notre fragile intelligence fait avec la monnaie des raccourcis où elle ignore la société qui donne un sens au prix.

      Tout à fait d’accord!!!

      Je vais reposer ma question: Est ce qu’il y dans notre système monétaire un moment précis ou l’aliénation prend techniquement lieu, selon vous?

    3. @Peter Hoopman,
      Je crois que l’aliénation monétaire naît dans le marché qui n’en est pas un, c’est à dire le marché non régulé par l’État de droit qui définit l’intégrité des personnes et les protège physiquement. Quand la négociation marchande se développe hors d’une société démocratique sans intermédiation par la société des situations d’asymétrie économique, alors certains acteurs s’approprient le libre arbitre des plus faibles et le prix devient injuste. La monnaie matière d’un prix injuste est déconnectée de la réalité humaine.

      Techniquement, l’aliénation monétaire est dans la non-régulation des marchés financiers par lesquels le système bancaire émet la monnaie. Toute la réglementation actuelle est un simulacre car le passage par le marché régulé n’est pas obligatoire comme contrepartie à la création monétaire. Les États eux-mêmes se servent de la Loi et de la fiscalité pour acheter le marché sans démontrer et expliciter les critères de leur solvabilité. Et les banques peuvent intervenir sur les marchés de l’extérieur des périmètres nationaux de régulation. Au cœur-même de l’Union européenne archi-réglementée, l’éclatement et la non-coordination des autorités de régulation pose chaque pays comme paradis fiscal et réglementaire par rapport aux autres.

      L’absence de régulation efficiente de la finance livre la réalité aux opérateurs financiers qui se battent entre eux pour fixer des prix hors de l’économie réelle, c’est à dire contre les agents économiques qui travaillent à informer la valeur qui réponde à des besoins humains. La captation de la réalité par la monnaie commence avec les banques centrales obligées de fournir des liquidités dans l’ignorance du prix de la réalité en monnaie. Elles font crédit aux banques sans pouvoir vérifier que les banques fassent crédit dans l’intérêt mesuré et démontré de l’économie réelle. L’économie réelle est maintenue invisible par la captation financière du marché. Le quantitative easing est l’ultime extrémité de la monnaie sans réalité.

    4. @ Pierre,

      Qu’est qu’on a Aristotle, Smith & Marx on en commun dans leurs analyses?

      Et pourquoi on ne voit pas l’origine de la bureaucratisation déraillé (le monde technocrate) sui règne notre monde? Mais qui vie pas, c’st une monde mort de papier!!!!

      Vous voulez cadrer et maitriser mieux que aujourd’hui? Plus de loi, procedure, régualtion, controle de contrôle, etc. etc. etc?

      C’est qu’on a essayé de faire depuis un siècle!?

      Pourquoi on vie aujourd’hui une économico-blablababelonique et on ne va pas chercher l’origine de cette latin-économique qui tourne en rond?

      L’origine est devant nous et n’est pas dans les livres même d’Aristotle, Smith et Marx. Dans la synthèse de ces grands oui!!!

    5. Sauf erreur de ma part Pierre (et Paul aussi) vous voulez moraliser la corruption bureaucratique?

      En bref ça sert à quoi?

      Techniquement l’aliénantion monétaire est clairement retrouvable, mais on va moraliser cette alliénation et sans d’en parler sauf dans la métaphysique?

      Encore une foi, ça sert à quoi?!

    6. @Peter Hoopman,
      Je crois que la bureaucratie est moralement neutre. Ce qui la rend corruptrice ou corrompue, c’est la disparition de la responsabilité politique. C’est à dire la disparition de la discussion du bien commun que la bureaucratie est chargée de mettre en œuvre sous le contrôle actif de la démocratie.

    7. @ Pierre,

      Oui tout est dans l’abstrait neutre je suis encore tout à fait d’accord. L’eau, pappa, mamma, la terre, politique tous ces mot son en soi neutre.

      Tu écrit:

      C’est à dire la disparition de la discussion du bien commun que la bureaucratie est chargée de mettre en œuvre sous le contrôle actif de la démocratie.

      Pourquoi la dialogue est disparu?

      J’ai écrit un petit pamphlet « Le LEURRE politico-économique » dans laquelle je parle d’un leurre socialo-libéral: http://www.leleurre.com/fr/pdf/llpe_00031.pdf

      Je suis un fils d’entrepreneur qui n’aimait pas la bureaucratique. La bureaucratie bien fait est un outil indéspensable pour un bonne fonctionnement d’un société. Quand j’ai découvert que les entrepreneurs sont façon parler à la base d’un bureaucratie déraillé (ça veut dire une bureaucratie chronique sans être mis en question) , je croyais pas mes ‘yeux’, ni mes pensées. C’est comme on découvert que la terre est un ballon qui tourne au tour le soleil et la terre n’était pas plat!

      Une autre angle de la même problématique/challenge. La communication (économie) direct et indirect:

      Dans une communication (économie) indirect (bureaucratisation), le côté indirect va prendre le pouvoir. Ca deviens une machine en soi qu’on contrôle tôt ou tard plus!

      La seule reponse aujourd’hui: maitriser, plus de contrôle, plus de règles, procedure etc, tout sortes des mésures qui font que alimenter la machine bureaucratique déraillé.

    1. @ PSJ,

      Je vous en prie, c’est gratuit. Je suis toujours aussi fâchée que vous utilisiez votre langage abscon : aucun grand homme ne parle ni ne pense comme ça. Et si vous ne prétendez pas à la place de grand homme, pourquoi tout ce cirque ?
      J’adhère à certaines de vos idées, mais je n’adhère pas à toutes, loin de là, et je n’adhère pas à l’absolutisme de votre pensée. Et puis, vous n’allez jamais assez loin dans la prospective : que donnerait concrètement la mise en oeuvre de vos idées : mais vous savez tout ça, rien de nouveau sous le soleil.

      Cordialement,

    2. @ PSJ,

      Mais mon cher PSJ, de serviteur n’ai point besoin : allons dans le même sens, et cela sera constructif.

      Cordialement,

    3. @ VB,

      Je voit pas les portes sont ouverts et franchement on doit être très prudent en ouvrir ses portes là. Si on sait pas de quoi on parle, c’est mieux de garder fermé. Si on commence a comprendre les enjeux, oui c’est moment on doit trouver petit à petit le courage d’ouvrir les portes.

    4. @ Peter,

      J’ai bien peur que PSJ n’évoque les évidences que pour mieux faire passer ses idées, toutes matérialistes et d’obédience monétaires unitaristes, sans plus s’occuper des modalités pratiques de mises en application, ni des effets secondaires, ni de leur pertinence pour l’intérêt général : l’essentiel pour lui, reste de convaincre : les beaux mots pour des beaux maux.

      Cdt.,

    5. Dans la théorie, je suis très d’accord avec toi. Mais erreur théorique de ma part, PSJ (et aussi Paul Jorion) sont sans il réalise encore en train de nourir les bulles. Ca ne veut pas dire qu’il ne font pas un très important bouleau.

      Je vai essayer d’explique un peut du context de ma blabla:

      Il y a une crise, que personellement j’ai disiais depuis 1993 va venir dans les deux année qui arrive. Je n’était pas un très bon clairvoyant! Ca duré encore treize que c’était arrivé en 2008.

      Paul Jorion a eu aussi le sentiment que les bulles vont pas continué et sont obligé de éclatter un jour au l’autre. Je pense pour PSJ c’est un peut parreil, ils savent la système actuel est en faillite.

      Façon parler on est tous d’accord sur ce point.

      Mais si je voit l’analyse de PSJ et Paul Jorion (sauf erreur de ma part!!!!!) ils veulent moraliser la système financier. Et si la système fiancier elle même est la problème/challange?

      La système financier pour moi c’est basé sur une illusion bureaucratique, si on garde intact cette illusion, je ne voit pas comment moraliser la système?

      Comment moraliser une illusion?

      C’est du temps perdu de mon point de vu.

  18. A Marlowe,

    l’expression « lutte des classes » n’est de nos jours assumée que par les riches et possédants (cf W Buffet). Leur position de force à tous les niveaux leur permet de ne pas avoir en faire usage en public et pire d’en ringardiser son usage à longueur de temps dans les médias dont ils ont quasiment le monopole.
    Pour la très grande majorité de la population le lavage de cerveau multi-décennal a fait son oeuvre. Elle veut bien croire ce que la classe politique (presque toute) lui serine à longueur de temps à savoir que pour peu qu’elle porte un jean, qu’elle dispose d’un téléphone portable, d’une voiture même pourrie, et que les plus favorisés puissent se payer des vacances de temps en temps, elle est à l’image des « élites » ou presque et que si écarts il y a, ce n’est du qu’aux multiples talents de ces dernières (sous entendu que VOUS n’avez pas).
    Alors oui Papillon, le seul moyen de faire bouger les choses c’est bien de remettre les « élites » face à une réalité qu’ils ne pourrons nier, la société peut se passer d’elles, l’inverse non.

    1. l’expression « lutte des classes » n’est de nos jours assumée que par les riches et possédants

      Il y a peut-être une raison sociologique à ce que seuls les capitalistes aient encore une conscience de classe. Tout le monde voit quelle est la classe des capitalistes. Mais quelle est la classe des autres? Les prolétaires ne sont plus vraiment prolétaires (ils sont aussi petit-bourgeois), les paysans n’existent quasi plus, les petits-bourgeois sont le plus souvent salariés, et puis les chômeurs, les fonctionnaires, les exclus, les retraités, etc. Où sont leurs intérêts communs? Forment-ils chacun séparément une classe?

      Moi-même je n’arriverai pas à dire dans quelle classe je suis.

    2. Humaniste mais élitiste !

      Je me suis fait reprendre un jour sur ce blog par des biens-pensants parceque j’avais écrit que l’organisation mondiale du divertissement, parfois appelé culture, abrutissait les masses et que ce n’était par hasard mais parceque c’est sa fonction.

    3. à Moi,

      La conscience de classe est fondée par l’appartenance réelle, c’est-à-dire économique, en quelque sorte objective et par la reconnaissance de cette appartenance, autrement dit par la conscience.
      La conscience serait alors ce qui manque aux exploités.
      La question a souvent été posée dans l’histoire de savoir pourquoi la conscience manque, par exemple dans la question de savoir pourquoi des pauvres s’obstinent à voter « à droite ».

    4. Il y a des pauvres qui votent à droite et il y a des aristo révolutionnaires. La question n’est pas à ces « exceptions » qui ont toujours existé, même du temps de la plus intense conscience de classe prolétaire. Pour moi, s’il n’y a pas conscience c’est qu’il n’y a peut-être plus de classe. Ex: un employé de bureau et un ouvrier, sont-ils de la même classe? Et parmi les employés de bureau, un quidam est-il de la même classe qu’un cadre moyen? Et ce dernier qu’un cadre sup? Etc.
      Je me demande si les intérêts et les conditions de travail n’ont pas été divisés en une multitude de petites classes, forcément moins fortes et moins conscientes d’elles-mêmes.
      C’est une simple supposition.

    5. @ Moi

      Je me demande si les intérêts et les conditions de travail n’ont pas été divisés en une multitude de petites classes, forcément moins fortes et moins conscientes d’elles-mêmes.

      C’est une question intéressante. En même temps, ne vous êtes-vous jamais demandé si « lutte des classes » et « conscience citoyenne » fonctionner bien ensemble. Car enfin, comment unir au-delà des intérêts des uns ou des autres si l’on déplore dans le même temps toute indépendance vis-à-vis des intérêts forcément particuliers de la classe à laquelle on appartient ? Au fond, ne vous êtes-vous jamais demandé, tout à l’opposé de votre raisonnement, si la classe dirigeante n’était pas si conscience d’elle-même, justement par manque de conscience citoyenne ?

    6. @Martine: pas mal du tout votre raisonnement. Il me convainc. On doit alors parler d’une corruption des élites (de leur sens civique) au moment même où les gens du commun n’ont plus de conscience de classe et peuvent donc voir ressurgir un véritable esprit citoyen? On peut l’espérer mais pour le moment, je ne vois rien venir.

    7. N’y aurait-il pas un troisième larron parmi ces voix? Le bourgeois défend ses intérêts et ce faisant défend aussi sa classe. Le citoyen voit ses intérêts dans la défense du bien commun. Mais ce que je vois autour de moi (et en moi) ce sont des individus qui ne défendent que leurs intérêts, aucunement leur classe ni le bien commun. Comment se fait-il que ces intérêts individuels ne coïncident avec aucun intérêt de groupe (ni national, ni de classe, ni parfois même pas familiaux)? Comment se fait-il que les capitalistes échappent à cette atomisation des intérêts? Il doit y avoir quelque chose dans l’ordre mis en place qui divise les intérêts de ceux qui peuvent s’opposer aux intérêts des capitalistes, tout en sauvegardant la mise en commun des intérêts de classe des bourgeois.

    8. @Moi

      Vous avez raison, les intérêts des membres et les intérêts de la classe bourgeoise se confondent davantage. Probablement parce que l’idéologie dominante qui nous souffle à longueur de temps que l’exercice de la liberté individuelle représente le salut pour sortir de sa condition modeste s’arrête à la porte de la classe dirigeante qui n’ignore pas elle, que les besoins individuels (désirs, expression de soi, fantaisie, amours…) doivent impérativement s’arrêter sitôt qu’ils compromettent de trop les intérêts du groupe, du réseau, de la hiérarchie, de la famille.

      Ce qui fait qu’au final, riches et pauvres sont aussi peu libres de vivre une vie choisie !

  19. « Comme la réalité économique est objective par sa matérialité physique observable en objets de valeur produits ou non produits, échangés ou invendus, et comme la réalité économique est aussi subjective par le langage employé pour exprimer sa valeur, la rupture entre la monnaie et la réalité objective s’est opérée par la réalité subjective. »

    Charabia. La prochaine fois il faudra nous donner la traduction, plutôt que le texte original.

    1. Charabia si la métaphysique et le sujet n’existent pas, si nous ne sommes que matière exclusivement déterminés par la matière. Mais si nous sommes autre chose que l’objet de notre pensée, il se peut que nous retrouvions dans notre réalité subjective le lien entre la valeur que nous désirons et la valeur que nous comptons en monnaie.

    2. Charabia ? Je crois que vous y allez un peu fort.
      La langue est peu habituelle et donc dérangeante mais les idées qui sont le socle de cette intervention méritent l’attention.
      Le point qui me paraît le plus critiquable est que le possible et souhaitable renversement de perspective n’est pas mis en évidence et que ce renversement (par rapport au travail aliéné, au fétichismme de la marchandise, à la création de plus value, à la propriété privée et au fait que l’argent puisse être prété contre intérèt) est la perspective essentielle pour redonner toute sa place au sujet.

    3. Je tente une traduction :

      il y a deux aspects dans le commerce : l’une c’est la réalité physique des choses, l’autre c’est la valeur subjective qu’on veut bien donner à ces mêmes choses. La monnaie a permis une rupture qui a donné toute puissance à la valeur subjective au détriment de la réalité physique des choses.

      A tel point, j’ajoute qu’il n’est plus besoin de réalité physique des choses pour créer de la monnaie et que le subjectif est à l’œuvre tout autant dans le spéculation que dans l’univers désormais virtuel avec un grand V de la finance.

    4. @ liervol,

      j

      ’ajoute qu’il n’est plus besoin de réalité physique des choses pour créer de la monnaie et que le subjectif est à l’œuvre tout autant dans le spéculation que dans l’univers désormais virtuel avec un grand V de la finance.

      Oui, c’est ça, le subjectif n’est plus seulement dans la spéculation, et ça s’est beaucoup aggravé avec la suppression de l’étalonnage sur un bien fini (or).

      Cordialement,

    5. Sérieusement, j’apprécie vos recherches Pierre mais au point où vous en êtes dans la métaphysique et la subjectivité, pourquoi n’allez vous pas jusqu’à intégrer la psychanalyse à vos écrits, parce qu’il est une lecture de la monnaie possible aussi de ce côté là, et votre style s’y prête aisément…

    6. Lievol,
      Votre traduction est fidèle. La monnaie permet bien de séparer le prix de quelque chose de la chose concrète ; d’où les développements de la finance à produire des prix du passé et du futur indépendamment du concret présent visible. Mais il y a aussi dans la monnaie adossée au crédit toutes les discussions de la valeur des choses, de leur représentation dans le temps indépendamment de leur existence effective concrète. Or les représentations appartiennent aux personnes. L’échange de représentations est une comparaison interpersonnelle à l’intérieur de laquelle les personnes se reconnaissent dans leur valeur… ou omettent de se reconnaître.
      Vous voyez bien la psychanalyse dans cette affaire. J’approuve tout à fait. Nous savons bien que l’économie psychique interfère pleinement avec l’économie des échanges interpersonnels.

    7. @ Pierre, tout à fait mais il y a tout simplement dans la monnaie et la valeur des choses la même attente que dans la consommation, c’est à dire une recherche de sens à l’existence, mais en s’orientant sur l’analyse nos faiblesses structurelles humaines, nous n’y apportons pas de réponse car je crois que malheureusement c’est dans la nature de l’homme uniquement de passage ici bas sans savoir pourquoi il existe que le désir de prendre des vessies pour des lanternes tient lieu de consolation et règne. Donc à mon idée, il ne peut se passer de rêver même s’il est averti du cauchemar où ses songes l’entrainent.

      Donc pour en revenir, à la finance, elle ne fait qu’exploiter la condition humaine, parce que la condition humaine ne demande qu’à être exploitée, parce qu’au lieu d’avoir une réponse à sa présence ici bas, à défaut d’avoir une réalité qu’il ne peut appréhender, l’homme s’est placé de fait dans le subjectif en créant de toute pièce société et organisations dans une matrice vide parce que échappant à sa compréhension. Société et organisations qui comme la monnaie ne sont que les produits de la misère humaine face au cosmos, ils ne sont que aliénation et non réponse, il est donc stérile d’ancrer un débat dans ce sens sur la monnaie aussi pointu en omettant sociétés et organisations humaines car c’est voler haut sans remettre en cause tout l’édifice. Il vaut mieux alors à mon sens rester plus terre à terre sauf à vouloir intellectuellement se faire plaisir sachant que le discours pêche en ne remettant alors pas en cause sociétés et organisations humaines.
      Mais quand bien même il le ferait, nos faibles capacités et notre faiblesse structurelle seraient elles capables de l’entendre ?

      Alors oui, philosophie et finance, c’est un joli exercice, mais expliquer la finance par les techniques du marketing, c’est déjà un peu plus concret et bien plus parlant que d’aller chercher Platon comme Aristote, nul besoin de ces deux penseurs pour expliquer la cavalerie, l’escroquerie, la naïveté comme le besoin de reconnaissance de l’humain qui ne demande qu’à s’exprimer …Pourquoi vouloir voler si haut, quand ces choses là se passent si bas.

    8. @liervol 8 novembre 2010 à 20:01

      intégrer la psychanalyse à vos écrits, parce qu’il est une lecture de la monnaie possible aussi de ce côté là

      Freud s’était déjà plaint qu’on veuille enrôler la psychanalyse comme bonne à tout de faire de la psychiatrie. Alors pour la finance, souhaitez-vous qu’il fasse des cauchemars ?
      Le seul point qui me paraît évoquer la question de l’échange, de la propriété, de la monnaie, dans la théorie analytique mais spécifiquement celle de Lacan, c’est ce qu’il a développé tardivement sous le terme de la fonction phallique qui règle le rapport du parlêtre à la jouissance. Dans cette fonction, le phallus n’est le signifiant d’aucun signifié particulier mais en puissance de tous. Il n’a pas de référence propre, et fonctionne du fait de cette absence. Comme tout ça est très complexe et pas très causant, mais comme la notion de fétichisme est plus populaire, disons pour rire qu’un monsieur est d’ordinaire réputé pourvoir s’attacher à une chaussure pour un prix en monnaie exorbitant. Une dame pour un prix en monnaie tout aussi exorbitant pourra s’attacher à une collection de paires de chaussures. Je crains qu’aucune monnaie universelle ne vienne palier aux mésententes du parlêtre.

  20. à M. Sarton.

    Avec tout le respect que je vous dois, monsieur Sarton qui avez mon âge je crois, où êtes-vous, où es-tu allé à l’école? Moi, j’ai appris à parler plus simplement, je parle aussi plusieurs langues; bref, j’avais déjà fait la remarque, et là, je m’aperçois que beaucoup d’internautes la font aussi… Je vais te dire franchement que j’ai renoncé à lire ta prose, trop… comment dire…J’y reviendrai peut-être dans un autre commentaire. Enfin, peut-être pourras-tu m’expliquer pourquoi on peut aimer s’exprimer ainsi… Le sujet m’intéresse car j’aime l’écriture, la pensée et les livres, mais de l’illisible, de l’incompréhensible, je n’en ai rencontré que rarement au fil de mes lectures, sauf quelques grands philosophes… Et puis, pour qui te prends-tu, pour un de ces grands? Je suis un peu caustique, je m’en excuse, mais de temps en temps, surtout quand il est question de langage et de transparence pour mieux comprendre notre société, il vaut mieux par respect pour autrui être clair et simple. C’est une question d’honnêteté. Je crois que j’ai été assez claire. Si ta formation a consisté à te former un esprit embrouillé dans la complexité, nous pouvons comprendre que nous finissions par ne plus rien comprendre du tout… Est-ce que je me trompe? Une petite réponse, avec note explicative, de celui qui manie un tel langage serait la bienvenue. Le langage m’intéresse. Merci d’avance.

    A suivre…

    P.S: La prochaine fois, je serai plus polie, je dirai « vous ».

    1. La pensée de Sarton résumée pour les cancres ( à lui de dire s’il est d’accord) :

      Le capitalisme est une machine économique où la pédale de frein peut servir d’accélérateur et l’accélérateur peut servir de frein .

      Le capitalisme se sert de la confiance comme pédale d’embrayage .

      Les guerres sont ce qu’on appelle le point mort .

    2. « Et puis, pour qui te prends-tu, pour un de ces grands? »

      Remarque de droite (eh oui, il y a des remarques connotées politiquement).
      D’abord vous ne savez pas s’il n’est pas du même calibre que ces « grands » dont vous parlez. Et ensuite, ces « grands » n’ont pas toujours été « grands » et donc on aurait pû leur faire la même remarque de leur vivant (on ne se gênait d’ailleurs pas). Et puis enfin, il s’exprime comme il veut, il n’y a là rien de choquant. Si on n’aime pas, on passe son chemin. Si on ne comprend pas, on demande des éclaircissements.

    3. L’ami, je ne m’intéresse pas au contenu des billets de M. Sarton, car je refuse ce que j’appelle la torture des cerveaux, c’est un choix. Donc je n’ai pas pris la peine de lire ce que j’appelle sa prose. Merci quand même d’avoir essayé de me résumer sa pensée, mais ce n’est pas ce que je demandais. Ce que je voulais savoir, c’est pourquoi on choisit d’écrire dans un style aussi complexe. Une question de choix de langage et d’expression, plutôt. Je voulais qu’il me l’explique en personne.

      Martine, je viens de dire que je m’intéresse au langage, comme aux langues et à l’écriture, c’est tout. Martine, relisez bien, j’ai bien pris soin d’écrire que je m’excusais de dire les choses sur ce ton, mais que je choisissais de les exprimer ainsi. Le choix de dire quelquefois les choses comme on les pense, clairement… en matière de transparence… Mais Il y a aussi d’autres façons….

      Moi, vous me collez l’étiquette droite qui à mon avis n’a plus vraiment de sens, comme celle de gauche, d’ailleurs. Droite, gauche, on va dépasser tout ça j’espère. Qu’est-ce qu’on en a assez de ces antagonismes qui ne mènent à rien, qu’à nous occuper, à remplir des heures d’antenne et des pages de journaux, depuis que ces deux camps s’affrontent, les choses n’ont guère avancé… Un petit jeu fatigant, qui a le don d’occuper les esprits pour les empêcher de s’intéresser à l’essentiel. Je pourrais m’étendre, mais une discussion sur la politique, ce sera pour une prochaine fois… Pour ce qui est de l’écriture de M. Sarton, ce blog est un espace de libre expression, je m’en sers. Je le répète, je ne lis pas M. Sarton, je n’en ai ni l’envie, ni le temps, j’ai assez de lectures plus compréhensibles sous la main, pourquoi irais-je me forcer à lire ce qui est rébarbatif et illisible, en général, je passe mon chemin, comme vous dites. Mais je me sens tout à fait libre, à l’occasion, d’exprimer mon opinion; ce blog sert à ça, ou non?… Aujourd’hui, j’avais envie d’écrire cela à M. Sarton, il peut me répondre, il est assez grand pour le faire tout seul.

      Bien à vous.

    4. @Anne: « Droite, gauche, on va dépasser tout ça j’espère. »

      J’espère aussi. Mais pour le moment vous êtes très à droite. 🙂

    5. Ne passons pas à côté des choses simples.

      L’ami des radiateurs (ils ont trouvé la parade : la clim réversible),

      « à lui de dire s’il est d’accord » : encore faudrait-il qu’il décrypte votre prose.

      Martine,

      時間更複雜。時間 !
      更複雜。時間更複雜。時, 間更複雜。時間更複雜。時間更 ? 複雜。時間更複雜。時間更 !!!
      複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。…

      (Lao Tseu, Tao Tö King)

      La seule façon de réellement saisir la pensée d’un auteur est de lire le texte original. J’attends votre réaction sur cet extrait qui résume à mon sens toute la pensée de ce grand philosophe, et qui donne toutes les clés de l’élévation de l’espèce humaine. Je vous préviens : si vous me répondez en araméen, pour que nous ayons une chance de sortir de l’auberge, préférez l’araméen du sud-est, le seul que je comprenne parfaitement. Tchô.

      Moi,

      Très adroite c’est sûr.

    6. @ L’ami des radiateurs

      Vous êtes très très fort, bravo (sérieusement)

      Alors, vous et liervol, vous pourriez nous faire une sale version « anaristotélicienne », dé-stagyritisée de la prose de PS J ?
      Sans rire , il n’y en a que pour une ou deux demi-journée… Si vous pensez que cela met bien des étiquettes sur des gros morceaux et que ça nous éclaire tous.

      Cdlt

    7. @ Fab

      Ça parle du temps et de la complexité, non ?
      Si j’ai raison, voyez comme il suffit d’un tout petit effort (en l’occurrence ici une tentative toute bête de traduction en ligne) pour entrevoir quelque chose de la plus grande énigme pour moi ce soir.
      Et du reste, même si je me trompe – ce qui serait normal, étant donné que c’est Anne la grande spécialiste des langues étrangères ! –, le plus important n’est-il pas au fond que je me sois dit : « Tiens…, c’est quoi ? Qu’est-ce que ce truc vient faire ici ?! En trouvant cela joli, en me disant que cela aérait bien la conversation et le regard, bref en étant curieuse et ouverte, plutôt que de paniquer par avance à l’idée que nous ne puissions nullement nous comprendre et échanger si nous ne possédons pas tous deux à l’avance l’araméen du sud-est !

    8. @ timotia

      vous voulez vraiment me faire faire un effort , moi qui suis né faible?

      D’accord .
      Juste parce que Stieglitz l’a déjà fait pour moi 😉
      p89 de son dernier bouquin ( prix Nobel quand même!) il écrit :  » « Mais rien n’est certain en économie ».

      ps / j’avoue que les raisons de cette incertitude me passionnent .

    9. Martine,

      Excellent.

      Cela dit je préfère la version de Pierre-Yves à celle de PSDJ. Et je préfère la mienne (vers là si mon message paraît bien sûr) à celle de PYD.

      Quant à « la pensée de ce grand philosophe, et qui donne toutes les clés de l’élévation de l’espèce humaine » : le temps et la complexité n’interviennent pas, forcément pas (la traduction en ligne a encore des progrès à faire !).

      Cherchez encore.

    10. @ Fab

      (…)
      Deuxième étape : reconnaître humblement ses limites et demander à celui des deux qui est bilingue de vous traduire le passage.

      Soit, il vous répond et votre échange aura été non seulement drôle mais instructif, soit sa colle l’amuse en vérité plus que le fait de vous dire quelque chose, auquel cas ma démonstration reste valable : la possibilité comme l’impossibilité de l’échange nait du désir commun d’échanger et non de la facilité ou de la difficulté initiale ! 😉

    11. Martine,

      Je suis d’accord. Le désir d’échanger existe. Deux questions :

      Où placez-vous l’action ?

      Si l’on considère que les crises sont les occasions idéales de bifurquer, d’être actif dans le changement, pensez-vous qu’il soit raisonnable de tenir des discours élitistes auxquels le plus grand nombre ne peut s’intéresser ?

    12. @ Fab

      Pourquoi un texte difficile d’accès serait-il forcément « élitiste » ?
      Les impressionnistes étaient-il élitistes lorsqu’ils étaient complètement incompris ?
      Marx était-il élitiste lorsqu’il n’était pas encore lu ?
      Lao-tseu est-il élitiste parce que sa pensée nous bouscule ?
      Il faut absolument que nous cessions de considérer toute chose qui demande un effort comme élitiste, sinon quoi, on ramène tout au niveau du temps de cerveau disponible ?

      La pensée est action : vous devriez pourtant le savoir vous qui lisez les grands maîtres du Tao dans le texte !

    13. La pensée est action

      Si la pensée est action, l’action est pensée.
      Je me demande si le philosophe qui croit que sa pensée seule agit sur le monde n’est pas du même niveau que le footballeur qui se prend pour un intellectuel. Wishful thinking, quand tu nous tiens… Gaffe donc à cette interprétation idéaliste.

      Si par contre cette phrase veut dire (et je crois que c’est la bonne interprétation au vu de la vie de Wang Yang Ming, grand philosophe, grand chef militaire et grand administrateur) qu’il faut penser ET agir, unir ces deux aspects en nous, je l’approuve.

  21. Sarton est finalement très facile à lire .

    Il suffit d’aller à la dernière phrase 😉
    En étant un peu malin , il suffit , pour éviter le dur labeur d’une lecture enrichissante (certes) , mais vraiment sans aucune pitié pour les cancres … il suffit de se demander : » tout celà le mène où? ».
    Coup de bol, cela le mène à une toute petite et simple question !.

    Et de reconnaitre que la question posée est fondamentale .
    « La guerre civile est-elle toujours un passage obligé de la civilisation ? »

    De la civilisation : non .Du capitalisme : oui.
    http://vazimonga.over-blog.com/article-6567392.html

  22. @Pierre Sarton du Jonchay

    Permettez-moi de le dire à ma manière, de sorte que vous puissiez dire si ma pensée respecte ou trahit la vôtre : la valeur du risque (quantique) c’est la responsabilité.

    J’ai tout bon ?

  23. La dernière « pensée » du chef de la banque mondiale consiste à proposer un nouveau Bretton Wood pour restaurer l’étalon d’or au niveau international. Le désordre monétaire est tel que les décideurs poltiques ne savent plus comment et par quel moyen agir, ils tâtent le terrain comme un aveugle.

    1. La réalité économique de l’or est objective par sa materialité physique observable en objets de valeur dans les écrins , les coffres et les mines . Malheureusement , la réalité économique de l’or est aussi subjective par les bobards racontés par les sujets sur le contenu réel des écrins et des coffres , sur la richesse des filons et même sur leur existence . Ce qui consacrerait la rupture entre la monnaie et la réalité objective de l’or .

  24. Le danger des Intelligences d’Origines Contrôlées , c’est qu’elles dogmatisent sans s’en rendre compte puisqu’elles ne se confrontent plus aux autres formes d’intelligences.

    Je sais peu, certes … mais je sais que l’incapacité à dépasser sa propre culture est un frein à l’intelligence , tout comme les préjugés .
    C’est pourquoi j’aimerai que mr Sarton du Jonchay essaie de s’exprimer parfois avec les mots de l’autre , même au risque d’une traduction approximative.

    1. @L’ami des radiateurs

      Il ne vous viendrait pas à l’esprit de demander à quelqu’un de porter les habits de quelqu’un d’autre pour être plus ceci ou plus cela qui vous convienne davantage. La compréhension vient parfois bien longtemps après l’intérêt. Laissons le style Jonchay produire ses effets (agacer, étonner, intriguer, etc) et souhaitons lui au contraire de dérouler toujours plus confortablement sa pensée novatrice dans ses mots en 3D (sic).

      (j’adore votre pseudo).

    2. A mon sens , il ne s’agit pas d’habit mais de communication , il ne s’agit pas de plaire mais de comprendre et d’être compris .
      A mon humble avis , tout jargon a pour but de rester bien peinard dans sa secte , son clan .sa profession, son pays etc…

      Mais ,à vrai dire, ma tentative n’avait pour but que de tâter le terrain .

      Sarton parle le Sarton , et c’est tout .Qui veut le comprendre devra décrypter .

  25. Comme Ben Bernanke l’a indiqué à moyen/long terme la valorisation de la monnaie est toujours le reflet de la santé économique d’un pays notamment sa croissance même en période de déflation. Et oui la croissance existe en période de déflation un exemple: le japon. Le japon a usé/abusé du QE mais leur monnaie s’est raffermi et la déflation n’a jamais été vaincu.
    Mais nous sommes dans un cas particulier le dollar est LA monnaie de référence. SI toute les monnaies grimpent par rapport au dollar il n’y aura que des bénéfices.

    Une monnaie forte n’a que des avantages.
    Augmentation du pouvoir d’achat, Attractivité du pays/région pour investir dans ces actifs, l’épargne reste dans le pays, coût des matières 1ére en baisse donc contrôle de l’inflation lorsque le coût du produit dépend fortement de la matière 1er .

    La chine sera obligé de revaloriser fortement sa monnaie pour éviter l’inflation importé par les matières 1er (cf exemple à la fin du message). C’est seulement lorsque la chine laissera flotter sa monnaie qu’elle deviendra la 1er puissance économique mondiale et non pas l’inverse.

    Le PIB des états unis est environ 15 000 Milliards de $. si la monnaie baisse de 10% par rapport aux monnaies mondiales soit 1 000 milliards (QE1) cela permet de réaliser un dépression/décroissance caché/soft de 10% mais cela est derrière nous … Le dollar va se renforcé avec la piqure d’adrénaline de la FED sur la croissance. La FED , aprés avoir réussi à éviter le krach, cherche maintenant en achetant le bon du trésor à ce que les entreprises US (les derniers épargnants des US) réinvestissent dans le pays.

    il n’y a pas d’inflation et nous ne verrons pas le retour d’un forte inflation des produits dans les pays occidentaux sauf US (inflation importé à court terme) pas avant que les chinois laissent flotter leur monnaie. Car la « core » inflation (moyen/long terme) a toujours pour source l’augmentation des salaires dans le pays.

    Les 2 problèmes chinois: la matière 1 et et la hausse des salaires « des qualifiés » chinois malgré la masse de « mains d’oeuvre non-qualifié » mais il y a trop peu d’école supérieur.
    Ils seront donc ,par eux -même sans pression occidentale, obligé de faire apprécier leur monnaie pour faire baisser le coût de production de leur produit. Non ?? un exemple
    Cela n’est valable que pour les pays en voie de développement. En effet la production dépend principalement des coût de matière 1er.
    Coût d’un produit en t0:
    40 yuan de (salaire + bénéfice) & 60 yuan de matiére 1er.
    Hypothèse:
    1- hausse salaire 10%
    2- matière 1er hausse de 10%
    3- pour contrer la hausse de 10% des matières 1er la chine décide de laisser s’apprécier leur monnaie de 20%. (exemple : euro/$ 1.3 => 20% => 1.56 réaliste non ?)

    salaire: 30 => 10% de hausse => 44 yuan => hausse 20% de monnaie donc hausse salaire=> 52.8
    matière 1ère: 60 => 10% de hausse => 66yuan => hausse de 20% de la monnaie donc baisse du coût de matière 1ère => 52.8

    coût d’un produit en t1:
    52.8 +52.8 = 105.6 yuan « réévalué » au lieu de 44+66 = 110 yuan « fixe » sans la hausse de sa monnaie
    CQFD.

    Le problème ici c’est que la chine est le 1er consommateur de matière 1ére …

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