LE TEMPS QU’IL FAIT LE 13 OCTOBRE 2017 – Retranscription

Retranscription de Le temps qu’il fait le 13 octobre 2017. Merci à Marianne Oppitz !

Bonjour, nous sommes le vendredi 13 octobre 2017 et aujourd’hui, j’ai un thème. J’ai un thème à ma vidéo et c’est « The Future » : l’avenir ! « The Future », le titre d’un très bel album de M. Leonard Cohen paru en 1999. Je vais vous parler de l’avenir et je vais vous en parler de trois manières différentes. Alors, d’abord du 19e congrès du Parti Communiste de la République Populaire de Chine. Ensuite je vous parlerai des idées pour changer le monde et ensuite pour terminer, si je n’oublie pas, je vous parlerai des prospectivistes.

Alors, dans l’ordre. Vous verrez que dans vos journaux, vous ne trouverez pas grand-chose, pas vraiment grand-chose sur le 19e congrès quinquennal du Parti Communiste de la République Populaire de Chine. On ne considère pas que c’est un événement considérable. Moi, je le fais. Vous verrez dans ma chronique du « Monde » qui paraît mardi, en France et qui paraît dans le journal « L’Echo » en Belgique qui paraîtra le même jour, à moins d’accident, à moins de grève ou quelque chose comme ça. Mais de toute manière, je le mettrai sur mon blog : le blog dont vous êtes les lecteurs. Je vais parler de ce 19e congrès quinquennal du Parti Communiste de la République Populaire de Chine. Pourquoi ? Mais parce que, vous le savez peut-être, il y a une nation au monde, en ce moment, qui non seulement se préoccupe de l’avenir mais qui est en train de lui donner une forme particulière, de manière volontariste, de manière dirigiste, de manière qui ne respecte pas nécessairement beaucoup les Droits de l’homme ni les principes de la démocratie tels que nous la pratiquons chez nous. Mais ce pays est en train de… c’est le seul qui – appelons les choses par leur nom – c’est le seul qui se retrousse vraiment les manches : qui ne veut pas que ça s’arrête. C’est le seul à qui l’idée d’extinction ne plaît pas du tout, alors que nous, finalement, on est relativement indifférent : on a baissé les bras. On n’a plus l’intention de retrousser ses manches sauf, quelques petites choses dont je vous parlerai dans le deuxième chapitre aujourd’hui et donc, voilà, c’est important : on va nous dire durant ce congrès – et j’essayerai de suivre ça de près – on va nous dire comment la Chine entend changer les choses.

Vous avez peut-être vu ce reportage sur ARTE l’autre jour… je ne sais plus comment cela s’appelait « Le rêve de la Chine à l’Ouest » ou un truc comme ça. (« Chine à la conquête de l’Ouest ») et vous avez peut-être vu une scène qui ne peut que – ce n’est pas émouvoir – mais qui ne peut que sidérer… sidérer. On vous montre, partant de la Chine industrielle, on vous montre les TGV, on vous montre les autoroutes qui sont construites et on vous montre ça longeant d’abord, vers l’Ouest, partant vers l’Ouest pour créer une nouvelle « route de la soie », enfin, c’est l’image qu’on donne…. Création d’autoroutes, création de TGV et on vous montre les villes qui sont parcourues, une à une, avant d’atteindre la frontière Ouest de la Chine. Et on vous montre en particulier tout ça traversant ou longeant le désert de Gobi pour arriver finalement à la frontière Ouest, dans le pays Ouïgour. Et là, on vous montre les autoroutes et les lignes de chemin de fer qui s’arrêtent à la frontière du Kazakhstan. Et on vous montre en particulier, comment on prend les containers de la voie ferrée chinoise et on les transporte avec une grue pour les mettre sur un train rouillé (fait le geste), sur une voie de chemin de fer rouillée. On vous montre aussi les autoroutes chinoises qui s’arrêtent à la frontière et qui se terminent sur des chemins de campagnes (rires) bourrés de nids de poules, sur des trucs, voilà ! qui ont dû voir leur dernier goudronnage dans les années 50. Et on voit une nation moderne qui a pris son destin en main, s’arrêter aux frontières d’une autre qui rame. Bon, je ne dis pas du mal du Kazakhstan mais… enfin, je n’en dis pas plus que les habitants du Kazakhstan (rires) qu’on interroge dans ce film et qui vous diront ce qu’ils pensent sur la manière dont les affaires sont conduites maintenant. Tout ça a l’air bien figé au milieu des années 50, pour ne pas bouger beaucoup.

Alors, la Chine fait des choses. La Chine fait des choses et je continuerai d’en parler, je viens de vous le dire, et ce sont des choses qui sont, sinon à l’avant-garde, le seront demain. Je lisais un article, c’était hier, sur la manière dont la Chine met le paquet sur l’Intelligence Artificielle. Il n’y a aucun autre pays au monde, qui fait ça comme ça. Ce sera peut-être juste une question de l’argent qu’ils mettent… qu’ils pompent dans l’activité pour que ça se passe, mais ça va se passer là. On parle beaucoup des gens que les Chinois approchent, des gens qui connaissent ce métier là… et qui ne réfléchissent pas très longtemps après la conversation qu’ils ont eue (rires) avant de faire leurs valises pour aller s’installer dans ce pays là.

Alors, c’est une question dont je parle beaucoup, j’en ai déjà parlé dans le livre qui s’appelle « Le dernier qui s’en va éteint la lumière » : la manière dont les Chinois et la Chine, un très ancien empire, envisagent les choses, la manière dont on envisage des notions comme les libertés individuelles, ce n’est pas ça que notre culture, à nous, a produit. Nous avons, je crois, de bonnes justifications pour essayer de défendre la manière de faire qui est la nôtre. Nous avons une chose qui s’appelle la « raison », inventée par un certain Socrate, nous avons l’esprit des Lumières, ce sont des choses qu’il ne faut pas mettre entre parenthèses. Mais ce qu’il faut faire c’est se battre pour ces idées là – je dirais en connaissance de cause et en tenant compte, aussi, de ce que les autres peuvent vous dire – ça doit être dans un dialogue : il faut faire avancer la discussion. Alors, c’est ce que j’essaye de faire et ça me fait plaisir que mon bouquin va paraître en Chine, vous le savez. Il ne faut pas négliger ce qui est en train de se passer là parce que, excusez-moi, on vous raconte des conneries : « les produits chinois sont de mauvaise qualité, on ne s’occupe pas de l’environnement en Chine ». Non, les Chinois gueulent sur l’environnement plus que nous. Les Chinois sont plus fâchés que nous quand nous voyons « Conditions atmosphériques exceptionnelles » sur le périphérique à Paris, ce qui veut dire : « il fait beau » et comme il fait beau, il y a trop de pollution. Eux font plus, eux sont plus indignés que nous ne le sommes. Ça ne veut pas dire que c’est pire là-bas. Ce n’est pas bien, là-bas, mais ils s’indignent davantage que nous ne le faisons. Nous avons perdu cette capacité à nous indigner et surtout, à nous rebeller ensuite. Encore que ! Je vais passer à mon deuxième chapitre.

Mon deuxième chapitre du futur, c’est : « les grandes idées pour changer le monde ». Et là, il y a un malentendu, quand même, total entre ce que j’essaye de faire sur mon blog et que je vois certains lecteurs de mon blog, dire. Et, on s’est un peu engueulés, hier (rires). On s’est un peu engueulés ! Il y a la chose suivante : c’est que je propose depuis pas mal d’années des idées pour changer le monde. Alors, il y a eu un peu coïncidence – étonnante mais formidable – c’est que hier, sur la journée d’hier, et d’avant-hier, il y a eu trois événements dans le monde qui montrent que les idées que je défends, se répandent. Bon ! Je vais commencer par les dire après je reviendrai sur les objections. Je réfléchissais dans quel ordre le faire.

Alors, ces idées là, c’est que, avant-hier, avant-hier – et j’en ai parlé sur le blog – une équipe de « University College » à Londres, dirigée par Mme Henrietta Moore – dont j’ai déjà eu l’occasion de dire que je la connais pour l’avoir fréquentée à Cambridge. Ce n’était pas une grande amie à moi mais c’était la meilleure amie ou une des meilleures amies de la mère d’une de mes filles donc, c’est quand même quelqu’un que j’ai connu, qui a lancé un projet de gratuité sur l’indispensable. Alors, vous savez que c’est une idée qui me tient à cœur. Ce n’est pas moi l’inventeur, c’est d’un certain M. Maximilien Robespierre, cette idée là et, je le cite toujours volontiers pour dire que cette idée vient de lui, et que c’est une idée excellente et j’en parle dans mes chroniques, dans mes vidéos du vendredi et j’en parle aussi dans cette vidéo TEDx : « Un monde sans argent », que j’ai eu l’occasion de faire à Chambéry, au début de l’été.

Alors, pour moi, c’est formidable qu’il y ait d’autres gens qui défendent cette idée de la gratuité. Ils la défendent pratiquement dans les mêmes termes : extension à l’alimentation, transport, remise à plat de la question de la gratuité dans l’éducation et dans les soins – services de santé, invalidité, etc. Et, alors, à ce moment là je dis : « Formidable, il y a d’autres gens qui défendent ces idées ! ». Alors, hier matin, je vois apparaître dans les journaux un rapport sur ce que M. Macron a dit la veille, c’est-à-dire, il y a deux jours, aux États-généraux de l’alimentation. Et là, il dit, pour les prix dans l’agriculture : « Il faut sortir du rapport de force ». Bon, alors ! Vous le savez peut-être, ou si vous ne le savez pas, je vous le dis, cette idée du rapport de force dans les prix, il y a trois personnes qui, à ma connaissance, en ont parlé jusqu’ici. Il y a M. Aristote dans un livre qui s’appelle « L’éthique à Nicomaque ». Il y a un certain Jorion, Paul qui en a parlé dans deux livres. Dans un livre qui s’appelle « Le prix » qui est une réflexion sur la formation du prix, à partir de mes travaux de terrain en Bretagne et en Afrique de l’Ouest, et l’autre livre s’appelle « Penser tout haut l’économie avec Keynes ». Et la troisième personne qui en a parlé c’est un M. Philippe Herlin dans un livre sur les grandes théories économiques dans lequel il consacre deux chapitres aux idées que je défends dans le livre « Le prix » et dans « Penser tout haut l’économie avec Keynes ».

Alors, je continue sur la troisième idée. Je veux toujours revenir sur « expliquer ce qui se passe ». La troisième chose, c’est le soir. Le soir, je regarde ARTE et là je vois une interview par Mme Elizabeth Quin – qui a eu l’amabilité de m’inviter il n’y a pas très, très longtemps, au mois de mai ou au mois de juin – qui a invité, hier soir, M. Yanis Varoufakis. Et M. Varoufakis défend cette idée d’utiliser de l’argent que les représentants de la zone euro ont gagné sur le dos de la Grèce – 6 milliards d’euros – de l’utiliser pour distribuer des « food stamps » à l’intérieur de la zone euro. Des food stamps, des coupons alimentaires – comme on fait aux États-Unis – qui est une façon d’assurer la gratuité pour l’indispensable dans l’alimentation. Alors, pourquoi ça me fait plaisir ? Eh bien parce que précisément, dans cette vidéo TEDx, sortie il y a quelques mois, j’avais lancé cette idée.

Alors, je suis ravi ! Je suis ravi que des idées pour lesquelles je me bats – parfois depuis des dizaines d’années – se retrouvent dans l’actualité. Et quand c’est comme ça, à haute dose, qu’il en pleut de tous les côtés – trois en deux jours – je suis TRANSPORTÉ D’AISE ! Mais alors, j’allais dire, ce qui me déçoit, ce qui m’attriste, c’est que parmi les lecteurs du blog de Paul Jorion, il y a des gens qui viennent me dire : « Mais vous devez être triste puisqu’on vous vole vos idées ! ». Alors là, mes amis – pas tous, mais vous qui raisonnez comme ça – une idée pour changer le monde, on veut… qu’elle change le monde. Ce n’est pas une rente dont on essaye de… ce n’est pas un brevet dont on essaye d’obtenir des redevances. Ce n’est pas une action en bourse dont on essaye d’obtenir des dividendes ! Ce n’est même pas un truc dont on essaye d’obtenir qu’un collège ou une université porte votre nom ou qu’il y ait une statue au Guatemala qui vous soit érigée. Une idée pour changer le monde, on est content quand … ça change le monde !

Bon, le fait qu’un président de la république reprenne une idée que je défends depuis des années – ça date du milieu des années 90, même pas, c’est encore bien avant : c’est au moment où je rédige ma thèse, c’est en 1978 – des trucs que je mets sur le papier en espérant qu’un jour quelqu’un s’intéressera à ça, et que ça ait une portée sur le monde, je ne vais pas me désespérer le jour où un président de la république le reprend dans un discours ! … il y a aussi des esprits chagrins qui disent : « Oui, mais il n’a pas repris TOUT ce que vous avez écrit dans TOUS vos livres ! ». Non, non, une chose à la fois, mes chers amis (rires), je suis déjà content qu’il y en ait une qui passe ! Oui, je suis content qu’il y en ait une qui passe. Alors, bon ! il y a des choses dans mes livres qui disent qu’il ne faudrait pas interdire la taxe sur les grandes fortunes, l’impôt sur les grandes fortunes, non, bien entendu ! Mais, dans mon cas, quand on a prêché dans le désert pendant des dizaines d’années et quand sur deux journées, il y a trois de vos idées qui sont reprises et diffusées par d’autres, même si il n’y a pas un tampon « Jorion » écrit dessus, même si je ne reçois pas de redevances parce qu’ils ont utilisé l’idée (rires), je suis ravi ! Et malheureusement, je suis quand même un peu consterné que des esprits chagrins parmi les lecteurs de mon blog, en particulier, s’en affligent. Non, on ne vole pas mes idées : mes idées sont faites pour être diffusées.

Je repense à un cas récent où la compagnie Google dit : « On nous a volé nos idées ». Et ce n’est pas ça : non, il y a quelqu’un qui a fait du hacking sur leur site et qui va pouvoir utiliser leurs idées aussi, sans devoir leur payer des sous pour utiliser leurs idées. Alors ils disent : « On m’a volé mon idée ». Et c’est M. Peter Frase, dans son livre « Four futures » qui souligne, à très juste titre, qu’on n’a rien volé à Google : elle a toujours ses bonnes idées, elle les a toujours ! Non : il y en a d’autres qui les ont aussi, et qui vont pouvoir les utiliser sans devoir payer de l’argent à Google. Voilà !

Alors, les idées pour changer le monde, pour conclure sur cette partie, sur le deuxième chapitre, là-dessus : « Ce n’est pas des brevets. On ne fait pas ça pour gagner des sous. On fait ça pour changer le monde ! ». Effectivement, c’est ça l’idée, ce n’est pas pour un bien personnel, c’est pour changer le monde dans une certaine direction. Alors, vous vous souvenez peut-être, c’était – si j’ai bon souvenir – dans les manuscrits de 1844, un certain M. Karl Marx a dit : « Il ne suffit pas au philosophe de comprendre le monde, il faut encore le changer ». Et à ça a ajouté un certain M. Jacob Taubes, dont je vous parle beaucoup ces jours-ci, il a ajouté : « Il ne suffit pas de vouloir changer le monde, il faut encore savoir ce qu’on veut en faire. » Alors, voilà ! j’ajoute ça aussi : il faut savoir ce qu’on veut en faire.

Et là, c’est la troisième idée, sur l’avenir, dont je voulais vous parler aujourd’hui. C’est que je me trouvais vendredi dernier, dans l’après-midi – pas dans la matinée, sans quoi je vous en aurais parlé dans la vidéo – si ! Je vous ai dit : « J’en parle cet après-midi », j’ai eu un débat – on appelait ça autrefois de la prospective – avec M. de Rosnay et M. Jacques Attali au Havre et j’espère que la vidéo sera bientôt là. Et, je dois le dire, ni M. de Rosnay, ni M. Attali n’étaient particulièrement attachés à cette image de « prospectiviste », ce qu’on appelait aussi des « futurologues ». Et ce qui est apparu surtout, lors de ce débat – je vous l’avais dit, avant, que vous verriez que M. Attali, M. de Rosnay et moi, on dirait des choses extrêmement différentes et je n’ai pas été déçu de ce côté là – mais ce qui est apparu, certainement, c’est que ce boulot d’être un prospectiviste ou d’être un futurologue, c’est une discipline qui disparaît. Pourquoi ? Parce que l’avenir vient vers nous trop rapidement. Quand vous dites : « il va se passer ceci » – et ça a été le cas de l’un de nous – « il va se passer ceci » dans les 500 ans qui viennent – puisque c’était ça le thème de la discussion – cette personne ne savait pas que la chose qu’elle disait, qui allait se passer dans les 500 ans qui viennent, elle existe déjà.

C’est ça la difficulté des prospectivistes. Autrefois, on pouvait avoir fait Science-Po, philo, ou même une licence de français, et on pouvait faire de la prospective. Il suffisait de lire ce qu’on trouvait dans « Science et Avenir » et dans « Sciences & Vie », de lire quelques romans de science-fiction, et on pouvait parler de l’avenir. Maintenant, l’avenir dont on essaye de parler, il est déjà là. Quand quelqu’un me dit : « on est limité à 64 pixels dans une puce, etc. produite par la compagnie X ou Y », je peux montrer que, non, l’année prochaine, il y en aura une où il y aura 130,000 pixels et l’équivalent de 130,000 neurones artificiels et que ça représente 3,000,000 de connexions ou plus, [130 millions de connexions]. L’avenir va vers nous tellement vite que, d’une part, nous avons perdu toute maîtrise sur la manière dont il se déroule – ce qui est une mauvaise chose – et que, d’autre part, le métier de futurologue et de prospectiviste est remplacé par celui de collapsologue parce que l’autre chose qu’on voit en parallèle, c’est que notre capacité à développer la technologie, à toute allure, se passe en parallèle avec une destruction massive de la capacité de notre environnement à supporter, à soutenir une espèce comme la nôtre. Et il y a deux processus fous, emballés chacun de leur côté, et dont la solution – j’en parle souvent – dont la solution optimiste, dans ce cas là, si les deux ne communiquent pas, c’est soit que nous arrivions à conquérir les étoiles en ayant foutu en l’air entièrement notre planète, soit que nous produisions des machines qui seront suffisamment intelligentes pour se reproduire par la suite et qui, elles, conquerront l’univers et que nous, petites créatures qui devons boire de l’eau potable et qui devons manger des aliments assimilables et respirer de l’air qui ne soit pas toxique, que nous ayons été mis aux poubelles de l’histoire parce qu’on était quand même trop fragiles pour vivre [longtemps] dans l’univers. Voilà !

Alors, donc, trois petites réflexions. L’une sur un événement important sur lequel il faut concentrer son attention parce qu’il est en train de changer le monde et c’est dommage qu’on en parle pas dans nos journaux, en raison de préjugés divers ou d’objections de principe sur ce qui se passe là-bas. La Chine est en train de définir le futur et nous sommes là, en train de regarder ça. Oui, nous pouvons signer un traité avec la Chine sur l’investissement en infrastructures en Asie centrale, c’est très bien : il vaut mieux le faire que pas le faire, mais on devrait cesser d’être là, dans les tribunes, en train de manger des frites, pendant que le spectacle se déroule. Pendant que l’univers… notre monde humain est en train de changer.

Deuxième chose, les idées pour changer le monde, elles sont faites pour être UTILISÉES : ce ne sont pas des brevets donnant lieu à des redevances, ce ne sont pas des droits intellectuels qu’on vole aux gens et que les gens devraient aller se plaindre à la police qu’on les leur vole. Non, les gens doivent être très contents qu’on partage leurs idées pour changer le monde.

Et le troisième, c’est que nous sommes tous futurologues. Nous sommes tous futurologues, nous sommes tous prospectivistes parce que nous avons la capacité de changer le monde. Notre capacité à changer le monde est plus grande que celle à comprendre la manière dont il évolue maintenant. C’est peut-être ça, la leçon. Voilà !

Aujourd’hui, un thème, une vidéo : le futur, l’avenir. N’oubliez pas d’écouter Leonard Cohen « The Future ». Je vais le mettre en-dessous de ma petite vidéo, sur le blog.

Allez, à bientôt ! À la semaine prochaine, j’espère.

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