TRENDS-TENDANCES, La nécessité d’une « économie de guerre » ?, le 26 septembre 2019

Merci à Vincent Burnand-Galpin pour le thème et les chiffres. Ouvert aux commentaires.

La nécessité d’une « économie de guerre » ?

Définie dans les termes que les biologistes appliquent de manière générale, l’espèce humaine se distingue par plusieurs traits : elle est sociale, « opportuniste » et colonisatrice.

Contrairement à ce qu’ont imaginé certains penseurs, tels Thomas Hobbes au XVIIe siècle et Jean-Jacques Rousseau au XVIIIe, les humains ne se sont pas un jour rassemblés pour définir un « contrat social » où ils sacrifieraient un peu de leur liberté pour gagner en sécurité. Comme l’affirmait déjà Aristote, l’homme est par nature un « zoon politikon » : un animal social. Le genre humain est aussi « opportuniste » au sens des biologistes : devant l’obstacle, il invente si nécessaire, de nouvelles stratégies. Mais l’être humain est aussi « colonisateur » : il envahit son habitat, qu’il épuise, jusqu’à le rendre inhabitable. 

C’est aux conséquences d’une humanité « colonisatrice » que nous nous trouvons aujourd’hui confrontés et c’est aux ressources d’une humanité « sociale » et « opportuniste » que nous devrons de survivre ou de périr.

Or les nouvelles récentes sur les questions environnementales sont très préoccupantes. Le 17 septembre, les climatologues français ont fait connaître le chiffre de 7° comme étant celui de l’augmentation probable de la température mondiale à l’horizon 2100, un chiffre en hausse d’un degré par rapport au calcul fait il y a sept ans seulement, en 2012, en raison de modèles tenant mieux compte des « rétroactions positives » : les effets d’emballement. Le réchauffement climatique produit en effet davantage de vapeur d’eau dans l’atmosphère, accélérant encore le réchauffement. Pire encore, les efforts de dépollution sont un facteur d’augmentation de la température : la poussière en suspension dans l’atmosphère réduit la quantité de rayonnement solaire atteignant la surface de la terre.

Pour situer son ordre de grandeur, ce chiffre de 7° doit être comparé à l’augmentation de température de 3 à 4° qui a correspondu à la sortie du dernière âge glaciaire, un épisode qui s’étagea sur 10.000 ans, et non sur les 100 années de l’augmentation constatée en ce moment. 

On compte qu’à partir de 2040, la canicule aura cessé d’être un événement décennal en Europe occidentale pour être devenu le régime estival normal. Or, comme on a pu le constater cet été en diverses régions, la végétation « grille » irrémédiablement au-delà du seuil des 40°.

Depuis 1970, les populations de vertébrés sauvages ont perdu 58% de leurs effectifs. 75% des populations d’insectes volants ont disparu en moins de trente ans.

La fréquence des catastrophes dites « naturelles » augmente et leur coût croît. Dans son Géopolitique d’une planète déréglée (Seuil 2017), J.-M. Valantin rapporte que leur coût moyen annuel aux États-Unis est passé de 3 milliards de dollars durant les années 1980 à 20 millards au cours de la première décennie du XXIe siècle, et à plus de 40 Mds à partir de 2011-2012. Le cyclone Harvey en 2017 a fait plus de 200 Mds de dégâts matériels. Dorian il y a quelques semaines a transformé plusieurs îles des Bahamas en champ de ruines et de désolation, son coût en vies humaines et en dévastation matérielle n’est pas encore connu.

Prenons-nous la mesure de ce qui nous attend et de la rapidité avec laquelle il nous faudra sortir de notre torpeur faite de bonnes intentions, pour passer à la vitesse supérieure ?

Le signes ne sont pas rassurants : en France, dans le budget 2020, le gouvernement annonce vouloir réduire les effectifs du Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire de 5% d’ici 2022, une baisse d’ailleurs constante au cours des années récentes.

C’est bien entendu sans enthousiasme qu’un commentateur de l’actualité appelle l’attention de ses lecteurs sur le fait que viendra inéluctablement, et bien plus rapidement qu’aucun de nous ne l’imagine, le moment où la taille des défis devant nous forcera les gouvernements à adopter un régime dont le nom évoque de tristes souvenirs aux derniers d’entre nous qui l’ont encore connu : l’« économie de guerre ».

Une économie de guerre cherche à faire face à une crise de taille inhabituelle, gigantesque par rapport aux situations de paix. La crise qui menace n’exigera heureusement pas qu’une part considérable de nos ressources soient diverties de leurs affectation ordinaire pour être consacrée à la constitution d’un arsenal, mais elle partagera certains traits de celles que nous avons déjà connues. Comme elles, elle requerra une planification et un interventionnisme étatiques accrus pour que les ressources disponibles soient allouées de manière optimale dans une situation d’urgence inédite. 

Durant la Seconde Guerre mondiale, Franklin Roosevelt lança le Victory Program, qui supposait une  planification de l’économie inconnue jusque-là qui permit aux Etats-Unis de réquisitionner des provisions budgétaires sans précédent. En 1938, le budget de la Défense américaine fut multiplié instantanément par 142, passant de 21,1 milliards de dollars d’aujourd’hui (1,4% du PIB) à 2.977 millards de dollars actuels (96,1% du PIB) en 1944. 

Une telle réquisition est donc réalisable, mais elle requiert la mobilisation de toute la population dans  l’« effort de guerre ».

Pour que le « Peuple » embraie, pour qu’il participe à une mobilisation qui lui imposera de nouvelles privations, qui lui sont épargnées en « temps de paix », comme le rationnement de certaines denrées et produits, il faudra faire en sorte que la population dans son ensemble soit libérée des soucis de la vie quotidienne qui parasitaient son attention auparavant, en particulier la survie de la famille au jour le jour. Il faudra en particulier qu’un État-providence – dont l’existence aura cessé d’être contestée à tout instant en raison des aléas conjoncturels de la croissance – se porte garant de la stabilité rassurante qu’offre aux familles la gratuité pour l’indispensable (éducation, santé, logement, habillement, alimentation et même connectivité).

Espérons que la nécessité d’une telle économie de guerre mobilisée contre l’extinction possible du genre humain ne se présente pas de sitôt, mais sachons bien que ce n’est qu’une question de temps. 

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30 réflexions sur « TRENDS-TENDANCES, La nécessité d’une « économie de guerre » ?, le 26 septembre 2019 »

  1. Chères toutes; cher tous,
    Le mot est lâché.
    Si je vous disais que j’attends ce moment et qu’il advienne. Sans défaitisme il me semble que j’ai rapidement compris que la décroissance et la frugalité ne serait le lot de tous que lorsqu’elles nous seraient imposées.
    Dans mon environnement de classe moyenne légèrement sup de lettré et de moyen lettré (des personnes qui ne lisent pas un livre par an) il y a un large panel des conscients aux croyants que nous avons une responsabilité quand à notre survie en tant qu’espèce.
    Plus le temps avance plus les croyants force mon admiration dans le déni. Ils en sont toujours à penser à la retraite. J’ai choisi la retraite comme exemple car dans mon milieu c’est le stade à atteindre dans lequel les possibles existeront. Ils sont devenus bourgeois dans le sens ou ils ont peur de tout, plus la voiture est grosse plus il m’explique qu’elle les protège. Plus ils vont loin en vacances et en avion c’est parce qu’ils le valent bien. Plus ils dépensent en école de commerce et école d’ingénieur pour leurs enfants en faisant tout pour être meilleur que la voisine et le voisin c’est parce que la loi de la jungle est leur commun, pour cela ils ont initié leur progéniture à la compétition pour bien les préparer.
    Alors dans le futur de l’économie de guerre nous aurons de bon soldat pour nous dire avec beaucoup de rationalité à combien de kilo nous avons droit pour nos poubelles, à combien de kilomètres de voiture nous aurons droit etc…
    Ce n’est pas l’économie de guerre qui m’inquiète, c’est l’application des mêmes mécanismes de domination dans un sevrage « consomationel ».
    Allez belle journée avec une spéciale attention pour ma Great Greta a qui j’adresse toute ma tendresse ainsi qu’aux lecteurs de ce blog, Pierre de la tribu des Quel Art.

  2. Encore une fois, peut-être que la réponse viendra d’outre-Atlantique.
    L’Europe est bien trop divisée pour avancer, paralysée qu’elle est par ses institutions dans l’état où elles sont, même si ces institutions doivent être préservées, car lorsque les US donneront le là il faudra pouvoir embrayer rapidement. Pour première fois depuis des décennies les USA pourraient avoir un gouvernement à tendance socialiste, et qui plus est écologique. La proposition du Great New Deal portée par celle qui pourrait être une alliée (rêvons un peu) d’Elisabeth Warren, la jeune sénatrice Alexandria Ocasio-Cortez, représentante au Congrès américain, a d’ores et déjà reçu un écho très favorable dans l’opinion publique et en particulier chez les jeunes.

    1. Pour la deuxième fois au cours de leur histoire, les USA sont surtout au bord de la guerre civile (La revolution US c’est d’abord une guerre d’indépendance, notamment pour pouvoir donner libre cours à la soif de conquête des colons, désireux de prendre le contrôle des terres cultivables à l’Ouest, ce à quoi l’Empire britannique s’opposait fermement).
      Il n’y aura jamais de président socialiste/non-capitaliste aux USA (ou perçu comme tel).
      Trump sera sans doute le dernier président des USA tels que nous les avons connu. J’imagine bien une scission en 4 ou 5 pays in(ter)-dépendants. On sera vite fixé de toute façon. Moins de 4 ans max.
      Mark my words.

      1. Franklin Delano Roosevelt n’était-il pas socialiste à sa manière avec son Etat providence ?
        Ce que les US ont connu une fois, ils peuvent le refaire, par de manière identique, mais c’est de l’ordre du possible. Bien entendu, libre à vous d’imaginer le pire scénario. Mais le pire n’advient pas toujours.

      2. J’ai prévu ça dans un forum vers 2007 ou 2008, mais je n’avais pas donné de date. Je crois toujours que le futur des Américains du nord, c’est les Etats Désunis d’Amérique. Nous sommes 2 !

      3. D’où ma précision/précaution « perçu comme tel ».
        Au début j’avais ême écrit « jamais plus », avec l’exemple de Roosevelt en tête, justement. Puis je me suis rappelé qu’il n’était pas vraiment « socialiste ».

        Ce peuple, qui n’en est pas vraiment un (c’est plutôt un conglémérat de puissances autonomes, ce pourquoi les affaires étrangères peuvent faire une politique (celle de la chamber of commerce), l’armée une autre et la présidence, une autre encore, par exemple… mais ce n’est certainement pas la première fois que ca se produit dans l’histoire des USA… c’est leur « nature » profonde) devra renoncer à tout ce qui a fait tenir tout ça ensemble jusqu’ici pour se maintenir…
        C’est d’ailleurs précisément en raison du caractère artificieux de cette union qu’il y faut sans cesse des piqûres de rappel patriotiques (drapeaux et tout le touintouin).

        Plus la chute du dieu dollar s’accèlère, et plus les forces centripètes se libèrent de la gangue dans laquelle elles étaient emprisonnées. En dehors d’un totalitarisme technologique sur la voie duquel ils sont bien engagés (ce qui constitue – pour moi – et de très très loin, la pire hypothèses!… et je les vois bien, après avoir utilisé le prétexte du terrorisme, utiliser celui de l’écologie pour l’imposer toujours davantage), je ne vois pas par quel miracle – ressources culturelles partagées, il leur serait encore possible de se maintenir « ensemble ».

    2. Est-ce les instituions où plutôt les principes qui paralysent l’Europe ? Avant d’avoir des institutions n’a t-elle pas inscrit dans ces gènes son mépris total de l’humanité en se donnant pour principe fondateur la liberté absolue du capital au dessus de celle des humains ? Et comme M. Jorion nous le redit souvent, le capital est plutôt frileux, et suiveur. L’Europe ne semble donc pouvoir qu’être à la traîne. Quand d’autres aurons montré qu’un chemin vert et cabalistiquement parlant intéressant, l’Europe bougera.

      1. Les deux. Institutions et principes. Les institutions avec la règle de l’unanimité du vote parfois sur des questions essentielles.

  3. Oui nous allons droit dans le mur….il y a 40 ans déjà Haroun Tazieff nous prévenait…mais là le système est en train de s’emballer avec l’effet loop de la fonte de l’océan arctique…

    1. Merci pour cette archive.
      En fin de vidéo :  »Mais vous êtes en train de faire paniquer les populations !! »
      Le même discours aujourd’hui entendu par Paul dans sa dernière manifestation à Rennes, une personne lui intimant d’arrêter de faire peur (si mes souvenirs ne me trahissent pas).
      Allégorie de la grenouille, adaptable à d’autres domaines notamment sociaux.
      https://www.youtube.com/watch?v=MtxDGMvInyU

      Nota : Pour les âmes sensibles, la grenouille cuite à la fin de la vidéo est un morceau de plastique.

  4. Nous faisons encore des supposition que Outre-Atlantique fasse le premier pas, pendant que l’Europe restera bloquée. Et pendant ce temps les pays en croissance (BRIC) veulent leur part de gâteau de la croissance, avec une nuance pour la Chine qui serait prête à faire le passage vers des énergies plus propres, mais de manière autoritaire.

    Donc il n’est pas si réaliste qu’une masse suffisamment importante de gouvernements ne s’engage dans cette économie de guerre.

    Sachant également que, dans la population, chacun n’est pas prêt à faire des concessions, pensons entre autres aux groupes suivants:
    – américains trumpistes et conservateurs,
    – beaucoup d’agriculteurs en Europe et ailleurs,
    – des dirigeants d’entreprises,
    – les parents voulant garantir le même avenir financier et professionel à leurs enfants que celui dont ils ont bénéficé.
    – chacun habitué à manger de la viande, utiliser sa voiture ou à partir en voyage.

    Pendant ce temps, des groupes et individus conscients des risques encourus ne risquent-t-il pas de se révolter et de commencer la « guerre » elle-même, pacifiquement pas la désobéissance civile, mais aussi plus violemment en bloquant des centres d’activités (comme le pense des groupes proches de XR en faisant voler des drones à Heathrow), voire en passant à des actions encore plus radicales? L’écologie des bisounours semble finie, et Greta a mis le doigt sur le problème en s’adressant aux dirigeants de la manière suivante:
    « Vous nous avez laissé tomber. Mais les jeunes commencent à comprendre votre trahison » […] « Si vous décidez de nous laisser tomber, je vous le dis : nous ne vous pardonnerons jamais. Nous ne vous laisserons pas vous en sortir comme ça. »

    Paul et tous les autres, votre opinion sur le riques d’escalade est la bienvenue?

    1. Le risque croit lorsque personne ne réagit. Or de plus en plus de citoyens prennent conscience de la situation catastrophique, et cette prise de conscience a eu lieu en très peu de temps.
      IL me semble qu’il est toujours préférable d’avoir une vue dynamique des choses. Et de s’appuyer sur cette vision dynamique pour agir même là où a priori l’action engagée peut sembler dérisoire.

      Les groupes que vous citez s’insèrent dans un contexte politique, social, global extrêmement instable. Et à l’intérieur de ces groupes constitués peuvent également s’opposer des tendances qui s’expriment différemment et prennent un poids différent selon les contextes. Or ce que j’observe aujourd’hui c’est qu’il y a une dynamique où la préoccupation écologique parvient au premier plan. Parce que la question de la survie commence vraiment à tarauder les esprits.
      Macron pour ne citer que lui, en quelques mois, a dilapidé tout son capital publicitaire qu’il avait accumulé au niveau international après l’intervention de Greta Thunberg. Sur la scène nationale il peut encore faire illusion en usant de la diversion, comme évoquer l’immigration, mais sur la question de savoir s’il est crédible à l’international, il est grillé. Ce qui aura des conséquences à terme sur son image dans l’hexagone.

      – Les agriculteurs productivistes se sentent mal aimés, s’ils continuent c’est uniquement pour des raisons économiques, peu croient encore que cette agriculture même raisonnée est sans danger pour la santé et les milieux naturels. Ils se rendront donc aux arguments écologiques, qui ne vont pas s’amenuiser, bien au contraire, si bien qu’à terme ils tourneront casaque.

      – Les chefs d’entreprise ne peuvent ignorer le changement de paradigme qui s’opère, notamment au sein des jeunes générations. Quant aux plus vieux, je pense à quelques milliardaires américains ils trouvent déjà qu’ils ne paient pas assez d’impôts. Ce sont les politiques qui ont un train de retard.

      …. et ainsi de suite.

  5. Rappelons que la guerre instaure aussi un régime de terreur, soit par l’ occupant, soit par le gouvernement lui-même. On désigne rapidement les ennemis à la vindicte : étrangers (même nationalisés depuis longtemps), « métèques », communistes, républicains, etc., qu’on met en prison préventivement, pour leurs mauvaises intentions (= comploteurs). En Europe, mais aussi aux USA les japonais, etc. Et on espère convaincre la population « de souche » : longtemps sous Pétain, on espéra ramener les « dissidents » à la « raison » nationale de collaboration avec Hitler, avant que les milices ne se chargent de les anéantir comme terroristes ; aux USA, on estima que les noirs n’avaient plus rien d’urgent à revendiquer dans une nation « unie dans la lutte » (cfr les romans non-policiers de Chester Himes).
    Tout l’arsenal qui mène à cela a été restauré ces dernières années : surveillance et arrestation préventive des citoyens, campagnes sur l’identité nationale et les bons citoyens et les mauvais… Viendront ensuite les privations et l’inquiétude quotidienne du lendemain pour l’alimentation et contre l’arbitraire et la violence, et la dénonciation et l’envie. Donc la débrouille et l’économie parallèle. Même les patrons se débrouillaient pour nourrir un peu leurs ouvriers… Et le sabotage. Et une grande solidarité, sans doute, mais souvent restreinte entre personnes proches. On peut prévoir une anticipation de cette économie de guerre « par le haut » (gratuité, etc.) comme le fait Paul Jorion, bravo. Mais ne devrait-on pas aussi prévoir une anticipation « par le bas », citoyenne ? Les embryons ne manquent pas mais que faut-il prévoir ?

  6. Bien sûr que c’est une économie de guerre qu’il nous faut. C’est dans une économie de guerre, certes froide, que les Americains ont été sur la lune en moins de 10 ans. C’est dans une économie de guerre que nous pourrions peut-être faire ITER en 10 ou 15 ans. Ou couvrir le globe d’éoliennes, question de choix… (ah et surtout que personne ne vienne dire qu’on ne sait pas stocker l’électricité, on sait stocker l’énergie, donc on sait stocker l’électricité).

    1. « et surtout que personne ne vienne dire qu’on ne sait pas stocker l’électricité, on sait stocker l’énergie, donc on sait stocker l’électricité »

      Pas à l’échelle massive qui serait nécessaire. Question de capacité (très, très) insuffisante des batteries actuelles ainsi que de matériaux rares nécessaires à leur fabrication.

      Non, on ne sait pas. Ce qui ne signifie pas que ce soit physiquement impossible.

      L’une des directions de recherche & développement urgente qu’un effort de transition énergétique sérieux devrait entreprendre serait précisément d’essayer de trouver une solution.

    2. « ITER »
      Un rêve.
      Et surtout un mauvais exemple de gabegie de ressources et de finances qui épuise les recherches dans d’autres directions.
      Pour le type de guerre, il faut opter (!) pour une économie sobre, faute de quoi nous risquons d’accélérer de processus de destruction.

  7. …/… Espérons que la nécessité d’une telle économie de guerre mobilisée contre l’extinction possible du genre humain ne se présente pas de sitôt, mais sachons bien que ce n’est qu’une question de temps. …/…
    Cette conclusion vient comme un cheveu sur la soupe, elle est dans le déni, déni que le point de non retour se rapproche inéluctablement.
    L’économie de guerre n’est pas à redouter mais à mettre en œuvre le plus vite possible.
    C’est une bifurcation vers une économie décarbonée.
    C’est un défi à notre intelligence.
    Attendre l’UE ou les USA c’est se condamner.
    Le premier pays qui se lance dans cette voie aura valeur d’exemple.

    lu dans dans « L’avenir en commun », le programme de la France Insoumise,
    …/… C’est autour et à partir de l’exigence écologique que doit se penser toute la politique de la Nation. Pour cela, la préoccupation écologique doit être inscrite au sommet de la hiérarchie des normes et de l’activité de l’État. Le temps de l’écosystème, c’est le temps long. Le temps court de la finance et du productivisme saccage tout. La
    reconquête du temps long est la principale exigence. C’est le but de la planification écologique : mettre en cohérence dans le temps et dans l’espace les mesures nécessaires pour faire bifurquer le modèle de production, de consommation et d’échanges. …/…

  8. Chères toutes, cher tous,
    Du coté des low tech est a priori la solution, les high tech sont trop chère dans une économie de guerre et non pas encore fait leur preuve. (j’ai déjà dit cela dans des messages antérieurs).

    Un exemple de low tech
    Et oui les fameuses STEP Station de pompage d’énergie pour remonter l’eau du barrage aval dans le barrage amont.

    L’eau encore l’eau et toujours l’eau pour la vie, avec toujours mon infinie tendresse, Pierre de la tribu des quel art.

  9. Tant « qu’ils » (le parlement européen et ses lois) seront dans une économie de réduction des dépenses pour être dans la bonne ligne :
    réduction des impôts (pour les plus riches… sinon ils fuiraient parait-il, parce que pour les autres – tva par ex. n’y pensez pas)
    réduction de la redistribution (chômage, retraite, couverture maladie)
    réduction du budget de l’État tous azimuts
    càd une économie néo-libérale
    on n’a aucune chance de « virer de bord » concernant le climat.

    eh oui je « rêve » de Franklin Roosevelt dans le réel. depuis pas mal d’années

  10. Je suis favorable à une « économie de guerre ». La situation en effet l’exige.
    Qui va décider cela ?
    Être libre c’est être responsable. Ce qui est vrai pour un individu est vrai pour une nation. Il appartient à la France de prendre une telle décision. Se retrancher derrière l’Europe ou derrière l’ONU revient à renoncer.
    Appelons nos politique à faire un tel choix !

  11. Une économie de guerre ? Mais une drôle de guerre, alors !
    Une guerre qui consiste à en faire MOINS.
    – Boire de l’eau minérale en bouteille par de l’eau du robinet (plus saine sous nos latitudes) : pour chaque litre d’eau minérale un européen consomme au moins un litre de pétrole,
    – Manger plus de légumes et moins de viande, ce qui est meilleur pour la santé,
    – prendre son vélo ou marcher à pieds le plus souvent possible, ce qui est meilleur pour la santé,
    – moins d’avion, moins de voiture, moins de viande, moins de sucreries, moins, moins, moins.
    Drôle de guerre, non ?

  12. Merci pour ce billet en forme de « résumé »…
    car bien sûr, désormais, tout semble s’accélérer…
    et pourtant (comme rappelé par quelqu’un ci-dessus), il y a 40 ans, parmi bien d’autres voix (sans compter qu’au même moment des sociétés comme EXXON ont sciemment tout mis en œuvre pour cacher et contredire les résultats alarmants des recherches de leurs propres ingénieurs),
    les «  »prophéties » » d’un Haroun Tazieff (souvent qualifié de « Cassandre »… / mais on oublie que Cassandre avait raison !) sont aujourd’hui largement confirmées.

    Vive la jeunesse (Greta ou non) !
    de toute façon, ce ne sont pas « les vieux cons » qui feront l’avenir…
    sauf qu’ils risquent bien de le défaire…
    dans « l’Apocalypse joyeuse » qu’ils font vivre, ou plutôt subir, au monde.

    A l’image de ceux qui crachent sur Greta (et de la sorte sur toute une jeunesse) :
    de l’extrême droite aux conservateurs,
    la majorité des grands dirigeants du monde (gvt français compris),
    les abrutis et salops (Trump, Bolsonaro et cie),
    les plus nantis et tricheurs, à l’image aujourd’hui même (dans « Le Monde ») d’un Bernard Arnault (2e fortune mondiale) dont la langue de bois et « le devoir d’exemplarité » (oups !) sont à l’once de son hypocrisie et de ses manigances fiscales…
    + accessoirement (des épiphénomènes) tout un tas d' »intellectuels » franco-français (Onfray, Enthoven, Bruckner, Finkielkraut, etc.)…

    A l’image aussi, exemplaire, de la morgue (dans les deux sens du terme ?)
    d’un Jacob Rees-Mogg (un des leaders du gvt de Boris Johnson), hier avachi et sardonique au Parlement britannique !
    https://www.theguardian.com/politics/2019/sep/03/sit-up-jacob-rees-mogg-under-fire-for-slouching-in-commons

    un type (from the City) qui, on peut dire, possède l’Angleterre… (né dans un château, richissime, hyper-conservateur, allant à la messe en latin, père de 6 enfants, contre l’avortement, contre le mariage homosexuel, climatosceptique, contre l’aide aux pays en développement…)
    mais comme les autres de sa tribu (la caste des profiteurs-exploiteurs du monde)… très malin, ayant placé une grande partie de sa fortune en Irlande ! au cas où le Brexit se solderait par une crise majeure ! Parangon d’hypocrisie.

    Certes, rien de nouveau sous le soleil..
    mais toujours de quoi vomir… et regarder ailleurs, vers d’autres…
    (comme par exemple ici même)…
    « Attendre un miracle ou rien » (comme disait Pierre Reverdy) ?
    Personnellement (pardon pour l’anecdotique), je songe à Hugo… le mien…
    et a contrario de « ces nains » qui dirigent le monde, à Victor H (aucun équivalent aujourd’hui dans notre monde politique, intellectuel et/ou littéraire)…
    quand même d’une autre grandeur et générosité ! (comme le rappelle ces jours-ci l’élégant Régis Debray), à la fois patriote et universel, mondialiste, un type qui nous élève(ra), toujours, par-delà les temps, et qui prenait l’homme de la rue au sérieux…

  13. L’idée d’une « économie de guerre » peut amener plus généralement à la question du rôle des militaires dans la transformation nécessaire pour répondre à la crise climatique et plus généralement écologique.

    Et oui, il y a un rapport. Voir par exemple cet appel d’un groupe d’anciens militaires de haut rang et officiels de la défense au président Trump afin qu’il établisse un plan d’ensemble pour parer ce qu’ils identifient à raison comme « la plus grande menace sur la sécurité nationale » https://warisboring.com/unprecedented-security-risks-military-officials-say-climate-change-is-the-top-national-security-threat/

    Quelques extraits :

    « Un groupe d’anciens hauts responsables militaires et de la sécurité nationale a demandé mardi au président Donald Trump d’établir un plan global qui considère les changements climatiques comme une menace majeure pour la sécurité nationale.

    (…) Il est approuvé par 64 anciens hauts responsables militaires, de la sécurité nationale et du renseignement.

    (…)  » Le Plan de sécurité climatique pour l’Amérique est un appel aux dirigeants présidentiels à donner la priorité à ce défi et à prendre des mesures pour protéger notre sécurité nationale face à la tempête à venir « , a déclaré John Conger, directeur du Center for Climate and Security, dans une déclaration. »

    Certes, cet appel porte pour l’instant seulement sur l’adaptation au réchauffement climatique et aux crises qu’il provoquera, il ne se donne pas pour objectif de le limiter. C’est insuffisant.

    Mais cela peut être une première étape, qui pourrait être complétée une fois qu’il sera apparent que l’adaptation est une voie au final sans issue : la seule « adaptation » possible aurait la forme d’un effondrement. Et si des budgets et des hommes sont consacrés à chercher comment s’adapter… il est tout à fait possible qu’ils en arrivent à l’idée que l’adaptation est une impasse et qu’il faut aller plus loin.

    Le plus intéressant dans cette démarche, c’est l’affirmation que la menace climatique et écologique est la plus grande menace de sécurité nationale pour les Etats-Unis. Et les autres pays peuvent en dire autant à l’évidence, sauf peut-être Russie et Canada. C’est l’évidence, et cela pourrait aider à réorienter une partie des ressources intellectuelles et scientifiques qui – aux Etats-Unis beaucoup plus qu’ailleurs – sont consacrées aux armées.

    En revanche, il y a malheureusement fort à parier que ce n’est pas Donald Trump qui répondra positivement à cet appel 🙁

  14. Un peu de détente dans ce monde de brute qui se trouve devant la nécessité d’une (économie de) guerre.
    Attention, ça risque de perturber les vioques ringardes, d’autant que cela met en évidence la lucidité des « enfant.e.s ».
    C’est « perroquetté » dans la majorité des médias :
    « En faisant des recherches, nous avons perçu que les enfants ne voulaient pas que leurs jouets soient régis par des normes de genre » Mattel

    Big data de fin ce cycle ?

      1. Ça tombe bien alors car j’apprécie l’un ET l’autre.

        La phrase exacte est : Les meilleurs de ces analystes (Paul Jorion, André Orlean) nous ont aidés à penser les mécanismes cognitifs de cet aveuglement au désastre. Avec signalisation du livre – La crise –

      2. Et ben moi Gaby j’ai décidé d’aimer tout ceux qui trouvent un petit quelque chose aux oiseaux ! Sacré projet hein ?

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