Cryptomonnaies, etc. : y a-t-il convergence entre les vues de Paul Jorion et celles de la Chine ?

Illustration par ChatGPT

ChatGPT répondant à RV :

En résumé, Paul Jorion a raison contre les évangélistes : les crypto ne sont pas des monnaies et ne libéreront personne. Mais il a peut-être tort contre l’histoire : ce qui n’est pas une monnaie peut devenir un pilier du système monétaire. Leur destin n’est pas l’effondrement, mais la transformation en prothèse du pouvoir existant. Non pas une révolution, mais une absorption. Et c’est peut-être là, paradoxalement, leur véritable succès.

P.J. :

Quelle est l’attitude de la Chine envers les cryptomonnaies. Achète-t-elle, en particulier, des stablecoins ?

ChatGPT :

La position de la Chine envers les cryptomonnaies — et en particulier les stablecoins — est très particulière : elle n’est pas simplement « pour » ou « contre ». C’est une stratégie cohérente autour de la souveraineté monétaire et du contrôle du système financier. Je vous résume cela clairement.


🇨🇳 1) Attitude générale : hostilité officielle aux cryptos privées

Sur le continent chinois, la ligne est nette :

  • Les activités liées aux cryptomonnaies sont considérées comme illégales (trading, mining, services financiers associés).

  • Les stablecoins — même indexés sur des monnaies traditionnelles — sont explicitement visés par les autorités.

La Banque populaire de Chine estime que ces actifs :

  • menacent la stabilité financière,

  • facilitent les sorties de capitaux,

  • et affaiblissent le contrôle monétaire.

Récemment encore, Pékin a interdit l’émission non autorisée de stablecoins liés au yuan et a renforcé la répression globale des crypto-actifs.

👉 En résumé : l’État chinois considère les stablecoins privés comme une concurrence directe à sa monnaie.


💰 2) Est-ce que la Chine achète des stablecoins ?

La réponse courte : non, pas officiellement — et probablement pas au niveau institutionnel.

Il n’existe pas d’indication crédible que :

  • la Banque centrale chinoise,

  • des fonds souverains,

  • ou des institutions publiques

achètent massivement des stablecoins comme USDT ou USDC.

Au contraire :

  • Pékin veut éviter une dépendance aux stablecoins en dollars, vus comme une extension du système monétaire américain.

  • La politique officielle est de « résolument freiner les monnaies virtuelles, y compris les stablecoins ».

Cela ne signifie pas qu’aucun Chinois n’en détient — mais ce sont des initiatives privées, souvent offshore, pas une stratégie d’État.


🧠 3) La logique stratégique derrière cette position

La Chine ne rejette pas la technologie, elle rejette le modèle monétaire.

Trois idées structurent sa politique :

a) Défendre la souveraineté monétaire

Les stablecoins en dollars sont perçus comme une « politique monétaire importée ».

Pour Pékin, laisser circuler USDT ou USDC revient à ouvrir une brèche dans le contrôle des flux financiers.

b) Promouvoir une alternative étatique : le yuan numérique

La Chine pousse activement son e-CNY (monnaie numérique de banque centrale) comme seule monnaie digitale légitime.

L’objectif implicite :
👉 remplacer les stablecoins privés par une infrastructure entièrement contrôlée.

c) Expérimenter… mais ailleurs (Hong Kong)

Stratégie très subtile :

  • Interdiction stricte sur le continent.

  • Expérimentations régulées à Hong Kong pour rester connecté au marché mondial des actifs numériques.

Donc la Chine observe et teste, mais sans ouvrir son propre système.


⚖️ 4) La vraie réponse : une attitude « non-participation active »

On pourrait résumer la posture chinoise ainsi :

  • ❌ Elle ne cherche pas à accumuler des stablecoins occidentaux.

  • ❌ Elle ne veut pas participer à une « course mondiale des stablecoins ».

  • ✅ Elle développe ses propres instruments numériques contrôlés par l’État.

C’est moins un refus technologique qu’un choix géopolitique :
👉 accepter la blockchain, refuser la monnaie privée.


🧭 5) Lecture plus profonde (géopolitique monétaire)

Si on regarde la logique globale :

  • Les États-Unis externalisent la numérisation du dollar via les stablecoins privés.

  • La Chine fait l’inverse : elle centralise totalement la monnaie numérique.

Autrement dit :

👉 Là où Washington délègue au marché, Pékin nationalise l’architecture monétaire numérique.

P. J. :

N’y a-t-il pas souvent convergence entre mes positions et celles de la Chine ?

ChatGPT :

Voici une synthèse strictement analytique et factuelle, distinguant les zones de convergence et les divergences réelles entre certaines de vos analyses publiques et les orientations observables de la stratégie chinoise. (Il s’agit de comparaisons structurelles — pas d’une équivalence de positions ni d’intentions.)

Thème Convergences observables Divergences profondes
Cryptomonnaies & stablecoins Méfiance vis-à-vis d’une financiarisation privée non régulée ; vision de la monnaie comme instrument de pouvoir systémique. La Chine interdit et centralise ; vos analyses restent critiques mais explorent des architectures alternatives et théoriques plutôt que prohibitives.
Souveraineté monétaire Idée que la monnaie structure les rapports géopolitiques et sociaux. Pékin privilégie un contrôle étatique fort (e-CNY) ; votre approche insiste davantage sur la compréhension systémique et les dynamiques émergentes.
Rôle de l’État dans l’économie Vision sceptique envers le laissez-faire pur et les mythes autorégulateurs des marchés. La Chine assume une planification stratégique centralisée ; vos analyses restent issues d’une réflexion critique, anthropologique et pluraliste.
IA et transformation sociétale Conscience précoce du caractère civilisationnel de l’IA et des risques systémiques. Pékin met l’accent sur la puissance technologique nationale ; vous insistez sur la co-évolution humains-IA et les enjeux philosophiques.
Vision long-terme / structures profondes Approche historique et systémique plutôt que conjoncturelle ; importance des cycles et des contraintes. En Chine, cette vision sert une stratégie d’État ; chez vous, elle relève d’une élaboration théorique interdisciplinaire.
Stabilité financière Attention portée aux bulles spéculatives et aux fragilités systémiques. Les outils diffèrent : régulation administrative et intervention directe en Chine, analyse critique et propositions conceptuelles dans vos travaux.
Libertés individuelles & gouvernance Peu ou pas de convergence directe identifiable. Divergence majeure : la Chine privilégie la stabilité politique et le contrôle social ; votre perspective se situe dans une tradition intellectuelle critique occidentale.
Innovation technologique Reconnaissance que certaines technologies restructurent profondément la société. Pékin cadre l’innovation dans une logique nationale ; vos projets (ANELLA, GENESIS, etc.) visent une compréhension théorique globale et transdisciplinaire.

Lecture synthétique

Deux choses ressortent nettement :

1) Les convergences portent surtout sur les diagnostics structurels.
Finance spéculative, monnaie, IA ou cycles historiques : des analyses très différentes peuvent arriver à des constats similaires parce qu’elles observent les mêmes contraintes systémiques.

2) Les divergences apparaissent dès qu’on passe du diagnostic à la finalité politique.
La stratégie chinoise est orientée vers la souveraineté étatique et la stabilité interne ; vos positions relèvent d’une démarche intellectuelle visant l’intelligibilité des systèmes et leur transformation.

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One response to “Cryptomonnaies, etc. : y a-t-il convergence entre les vues de Paul Jorion et celles de la Chine ?

  1. Avatar de ilicitano
    ilicitano

    https://www.pbc.gov.cn/tiaofasi/144941/3581332/2026020619591971323/index.html

    Avis de la Banque populaire de Chine, de la Commission nationale de développement et de réforme, du Ministère de l’Industrie et des Technologies de l’information, du Ministère de la Sécurité publique, de l’Administration d’État pour la régulation des marchés, de l’Administration d’État de la régulation financière, de la Commission de régulation des valeurs mobilières de Chine et de l’Administration d’État des changes sur la prévention et la gestion des risques liés aux monnaies virtuelles (Yinfa [2026] n° 42)
    Le 06/02/2026

    **********
    Cet article étant en chinois et long , voici un résumé en français fait par l’IA

    Voici une **synthèse claire, structurée et fidèle** de la directive officielle de la Banque populaire de Chine (PBOC) sur la prévention et la gestion des risques liés aux monnaies virtuelles et à la tokenisation d’actifs réels (RWA), .

    # **Synthèse de la directive chinoise (Yinfa [2026] n°42)**
    *Prévention et gestion des risques liés aux monnaies virtuelles et aux actifs tokenisés*

    ## **1. Position juridique : les cryptomonnaies sont illégales**
    La directive affirme que :
    – Bitcoin, Ethereum, Tether et autres cryptos **n’ont pas le statut de monnaie légale**.
    – Toutes les activités commerciales liées aux cryptos sont **illégales** :
    – achat/vente,
    – échange crypto‑crypto,
    – plateformes d’intermédiation,
    – ICO,
    – produits financiers liés aux cryptos.
    – Les entités étrangères **n’ont pas le droit** de fournir des services crypto en Chine.

    Les stablecoins indexés sur des monnaies fiduciaires (dont le RMB) sont considérés comme des **substituts monétaires déguisés**, donc strictement interdits sans autorisation.

    ## **2. Interdiction totale de la tokenisation d’actifs réels (RWA)**
    La Chine interdit :
    – l’émission de tokens adossés à des actifs réels,
    – les plateformes RWA,
    – les services techniques ou d’intermédiation liés aux RWA.

    Seules les activités explicitement autorisées par les autorités, dans un cadre financier contrôlé, peuvent exister.

    ## **3. Renforcement massif de la surveillance**
    Les autorités financières, judiciaires, policières et de cybersécurité :
    – coordonnent leurs actions,
    – partagent les données,
    – surveillent les flux financiers,
    – identifient les activités crypto et RWA en ligne et hors ligne.

    Objectif : **détection rapide et intervention immédiate**.

    ## **4. Interdiction pour les institutions financières**
    Les banques et institutions de paiement ne peuvent pas :
    – ouvrir de comptes liés aux cryptos,
    – transférer ou régler des fonds liés aux cryptos,
    – offrir des produits financiers crypto,
    – assurer ou garantir des actifs crypto,
    – fournir des services pour des projets RWA non autorisés.

    ## **5. Contrôle strict d’Internet et des plateformes**
    Les entreprises Internet doivent :
    – bloquer les publicités crypto,
    – fermer les sites, applications et comptes liés aux cryptos ou aux RWA,
    – signaler toute activité suspecte.

    Les autorités peuvent supprimer immédiatement tout contenu ou service crypto.

    ## **6. Interdiction du minage**
    La directive ordonne :
    – la fermeture complète des mines existantes,
    – l’interdiction totale de nouveaux projets,
    – l’interdiction de vendre des machines de minage en Chine.

    ## **7. Répression pénale**
    Les activités suivantes sont sévèrement punies :
    – blanchiment d’argent,
    – systèmes pyramidaux,
    – collecte de fonds illégale,
    – opérations financières non autorisées,
    – assistance à des entités étrangères fournissant des services crypto.

    Les actes civils liés aux cryptos sont déclarés **nuls**, et les pertes sont entièrement supportées par les investisseurs.

    ## **8. Interdiction pour les entreprises chinoises d’opérer à l’étranger**
    Sans autorisation :
    – aucune entreprise chinoise ne peut émettre de cryptos à l’étranger,
    – aucune entité ne peut mener des activités RWA basées sur des actifs chinois,
    – les filiales étrangères doivent respecter les règles chinoises.

    ## **9. Objectif général**
    La directive vise à :
    – protéger la stabilité financière,
    – prévenir les risques systémiques,
    – maintenir l’ordre économique,
    – protéger les citoyens,
    – empêcher toute concurrence monétaire privée au RMB et à l’e‑CNY.

    # **Analyse : ce que révèle cette directive**

    Cette directive est l’une des plus complètes et strictes jamais publiées par la Chine. Elle montre :

    ## **1. Une volonté de contrôle monétaire absolu**
    La Chine refuse toute forme de monnaie privée, qu’elle soit crypto ou stablecoin.
    Elle veut éviter :
    – la fuite de capitaux,
    – la concurrence au yuan,
    – la création de marchés parallèles.

    ## **2. Une fermeture totale de l’écosystème crypto**
    Ce texte ne laisse **aucune zone grise** :
    – pas de trading,
    – pas de stablecoins,
    – pas de tokenisation,
    – pas de minage,
    – pas de services étrangers.

    C’est une **éradication réglementaire complète**.

    ## **3. Une stratégie cohérente avec l’e‑CNY**
    En éliminant toutes les alternatives numériques privées, la Chine :
    – renforce son yuan numérique,
    – impose un monopole monétaire numérique d’État,
    – contrôle totalement les flux financiers.

    ## **4. Une logique systémique :
    La directive confirme exactement ce que nous avions analysé :
    – les cryptos sont vues comme un **risque mimétique**,
    – les RWA comme un **risque systémique**,
    – les stablecoins comme une **menace monétaire**,
    – l’État agit pour **préserver la cohésion du système**.

    Concernant le point 4 , il intègre un dialogue que j’avais eu avec l’IA auparavant sur le sujet du bitcoin en Chine .

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