LA GUERRE CIVILE MONDIALE EST DÉCLARÉE PAR LA MONNAIE, par Pierre Sarton du Jonchay

7 novembre 2010 par Julien Alexandre | Print LA GUERRE CIVILE MONDIALE EST DÉCLARÉE PAR LA MONNAIE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

La monnaie déconnectée du réel

La banque centrale des États-Unis va lancer sa seconde campagne de quantitative easing intensif que tout le monde traduit désormais par « planche à billet ». Avant la crise des subprimes et la faillite de Lehman Brothers, la planche à billet avait été déclarée hérétique par la sagesse politique, économique et financière. L’expérience avait montré que l’émission de signes monétaires par le système bancaire devait être réglée par le crédit et que le crédit devait être réglé par une anticipation réaliste de la valeur économique désirée et engagée. L’alignement du crédit sur l’anticipation de la valeur réelle et de la monnaie sur le crédit était la clé de l’équilibre de la croissance économique entre les deux écueils de l’inflation et de la déflation. L’émission insuffisante de signes monétaires était identifiée comme déflationniste, c’est à dire facteur de contraction non désirée des anticipations économiques et de la production effective. Pour éviter la déflation et contrôler l’inflation, les autorités monétaires ont pris l’habitude de surestimer le plus légèrement possible l’enveloppe des crédits par rapport à leur anticipation de la production réelle. Le choc déflationniste est historiquement plus destructeur que le risque d’inflation. La surproduction de signes monétaires par surestimation du volume de crédits en proportion de l’activité économique réelle était donc nécessaire dans une certaine mesure. La planche à billet était hérétique mais marginalement nécessaire.

Avant la crise de 2007, la planche à billet est l’excès non réellement mesurable a priori de création monétaire issu d’un crédit antérieurement surestimé à la réalité économique présente. A partir de 2009, après le krach de 2008, elle devient « une politique monétaire non conventionnelle ». Au lieu de régler a priori leur création monétaire sur les titres de créances disponibles sur le marché financier en contremesure de leurs crédits au système bancaire, les banques centrales sollicitent directement une titrisation plus large du crédit afin d’allouer davantage de liquidité monétaire aux agents économiques. Elles demandent aux agents publics et privés qui paraissent solvables, donc à la puissance publique et à ses protégés de maintenir leurs budgets de dépense malgré la baisse des anticipations de croissance de la valeur économique. La planche à billet n’est plus discrète et mesurée par la réalité. Elle est explicite et annoncée aussi ample que nécessaire pour soutenir nominalement l’anticipation de la réalité. Le nécessaire n’est plus la solvabilité des emprunteurs ni leur capacité à produire une anticipation réaliste de leur production future. Le nécessaire est d’éviter des faillites inextricables où un emprunteur systémique se déclare dans l’impossibilité de s’engager à poursuivre le remboursement de toutes ses dettes par la production réelle effective de valeur.

Rupture économique radicale entre la réalité et la mesure

La crise des subprimes qui débouche sur la faillite de Lehman et des petites monnaies adossées à des dettes internationales en devises entraîne une mutation mondiale systémique de la monnaie. Cette mutation est encore invisible parce que non théorisée par la science politique, économique et financière. Depuis la première campagne officielle de quantitative easing des grandes banques centrales, le critère de mesure de la création monétaire n’est plus en effet l’anticipation de la réalité par le crédit mais la liquidité du crédit par la monnaie indépendamment de la réalité. Comme la réalité économique est objective par sa matérialité physique observable en objets de valeur produits ou non produits, échangés ou invendus, et comme la réalité économique est aussi subjective par le langage employé pour exprimer sa valeur, la rupture entre la monnaie et la réalité objective s’est opérée par la réalité subjective. La réalité subjective de l’économie et de la finance est déterminée par la politique alors que la réalité objective est déterminée par la matérialité physique visible. Les États existent comme affirmation d’une subjectivité ordonnée à la valeur par la loi. La relance en 2008-2009 des économies par la monnaie rompt le lien formel entre le discours économique sur la réalité et la réalité objective physiquement observable. Les dettes publiques, dont la contre-réalité est l’application de la loi, sont devenues la contrepartie de la masse monétaire sans limite intelligible explicitée.

Les politiques monétaires trouvent un équilibre entre trois plans de la réalité économique. Le plan de la liquidité est celui de la fluidité des transactions qui doivent pouvoir croître en volume sans que les prix ne varient outre mesure ni à la baisse – déflation – ni à la hausse – inflation. Le plan du crédit est celui de l’anticipation du cycle économique de production de valeur en volume et en durée. La masse de tous les crédits doit mesurer la valeur demandée que l’économie peut effectivement offrir dans la durée des crédits effectivement consentis. Le troisième plan est celui de la réalité économique concrète effectivement demandée et offerte qui n’est pas mesurable en tant que telle puisqu’il faut la liquidité et le crédit pour l’étalonner.

L’étalon économique de la réalité correspond aux échanges entre l’offre et la demande futures anticipés à un certain volume et une certaine échéance. L’objet des échanges futurs n’est pas physiquement observable mais supputé par le système bancaire et financier. Le choc des subprimes intervient justement quand il apparaît que les techniques employées d’anticipation par le crédit de la valeur de l’immobilier étatsunien ont dissimulé la réalité et biaisé la production effective de crédits. La titrisation subprime n’a pas servi l’anticipation de la valeur de la réalité mais la mesure d’intérêts privés vendus hors de toute réalité. La faillite de Lehman devient inévitable quand il apparaît que cette banque d’investissement est l’une des plus exposées, parmi des centaines d’autres, aux conséquences réelles de la production forcée de crédit.

Malformation congénitale de l’anticipation capitaliste de la valeur

Entre les trois plans de la liquidité, du crédit et de la réalité, la crise révèle qu’un paramètre n’est pas maîtrisé par le système bancaire et financier. Ni par les États sous l’autorité desquels les règles du crédit et de la monnaie sont élaborées et appliquées. Ni par les banques centrales, dont la Fed assure la liquidité systémique en dernier ressort par la fonction internationale du dollar. Ni par les banques et opérateurs financiers qui se retrouvent brutalement avec des bilans comptables saturés d’actifs toxiques dont les prix sont littéralement incommensurables. Le paramètre non maîtrisé connu pourtant depuis l’origine du crédit est identifié comme « le risque » par le système financier. La théorie et la pratique financières traitent le risque comme un paramètre, c’est à dire comme un élément de la mesure du crédit et de la liquidité. Or <b>le risque constitue un quatrième plan de la réalité de la valeur</b>, une dimension de la réalité indépendante de la liquidité, du crédit et des objets physiquement échangés comme sous-jacents à la valeur. Le risque n’est pas un paramètre d’une épistémologie platonicienne de la valeur mais bien la quatrième dimension de l’épistémologie aristotélicienne de la valeur.

Depuis la naissance au XVèmeet XVIème siècles de l’économie libérale de marché, c’est à dire du capitalisme moderne, la comptabilité de la valeur du capital, du crédit et de la monnaie repose sur l’hypothèse d’un parfait ajustement du langage à la réalité décrite et mesurée par le nombre. Parce qu’on croit exacte la mesure du globe terrestre à l’équateur ou la masse d’un litre d’eau pure, on croit aussi exacte la mesure de la valeur d’un champ de blé, d’une pénalité de justice, d’une automobile ou d’une pension de retraite. Comme on sait qu’une mesure théoriquement exacte est pratiquement inexacte à cause de l’imprécision intrinsèque de l’instrument matériel de mesure, on assimile le risque métaphysique de la mesure au risque de la mesure physique. La mesure d’une distance par un mètre étalon est affectée d’une marge d’imprécision correspondant à une fraction de la réalité physique de l’étalon. Le risque d’imprécision de la mesure est jugé de même nature que l’objet mesuré. Il en résulte qu’en science du physique, le risque est modélisable par la probabilité parce qu’il est enfermé dans la même matérialité que celle de l’objet mesuré.

Spécificité omise de la valeur risquée

Au XVème siècle, bien que faisant partie de la réalité, la métaphysique est sortie du champ de la science. Les premiers économistes qui tentent d’expliquer la formation des prix et la mesure de la valeur échangée ne pensent pas que le nombre en monnaie contienne une incertitude de nature différente entre la matière qui constitue la monnaie et la matière qui constitue la valeur mesurée. L’incertitude du prix est vue comme une imprécision de sa mesure certaine, absolument pas comme une incertitude en soi. Quand la « loi de l’offre et de la demande » émerge comme théorisation juste de la constitution du prix, l’idée s’impose aussi que cette loi est entachée de la même incertitude que la loi de gravitation universelle. Le risque de la mesure par l’effet de la loi est considéré de même nature en science économique et en science du physique. Le risque du sujet observateur qui mesure est exclu du risque de la mesure. Ainsi la science économique et financière au début du XXIème exclut-elle toute liberté humaine de son champ d’étude et d’action. Personne ne peut expliquer comment l’agent économique peut se tromper d’étalon à mesurer la valeur de son offre et de sa demande ; comment il peut se tromper de valeur en mesurant par exemple un nombre qui étalonne la matière d’une masse pour mesurer une longueur ou qui étalonne la matière d’une longueur pour mesurer une puissance électrique.

La crise actuelle révèle que la métaphysique du risque – le risque introduit par la présence de l’homme dans ce qu’il mesure – n’est pas pensée. L’économie libérale de marché, seul système reconnu pertinent à la mesure de la valeur économique dans la réalité historique actuelle, fonctionne sans être capable de mesurer la valeur de la liberté. Comme si la liberté n’avait aucune conséquence dans l’économie alors que le concept de liberté est associé au concept d’économie. Les prix sont calculés dans un univers à trois dimensions, liquidité, crédit et réalité, sans la quatrième dimension qui contient la liberté humaine. La conséquence de la liberté est omise, par quoi un bien économique peut ne pas être acheté alors qu’il a été produit, un prix peut adresser une réalité présente en apparence mais qui n’existera jamais et une demande réelle peut rester non-solvable faute de son identification par l’offre. Le système financier mesure le risque comme fraction matérielle de la réalité, de la liquidité et du crédit alors que le risque financier est la faculté humaine à parler de sa réalité subjective sans se rendre compte d’une absence de réalité objective correspondante.

La quatrième dimension de la finance est passionnément niée par une certaine politique et une certaine finance parce qu’elle permet de priver l’économie réelle d’une partie de sa valeur au profit d’intérêts dissimulés derrière la technique et le discours. La spéculation qui a mis formellement à bas le système financier étatsunien et mondial est la faculté humaine délibérément dissimulée par des opérateurs politiques et financiers de parler pour mesurer ce qui peut ne pas exister dans un futur non observable objectivement. L’ultime campagne de quantitative easing engagée par la Fed est l’hallali de la finance en trois dimensions absorbée dans la réalité subjective. Elle va consommer la rupture de la finance platonicienne entre la monnaie et la réalité par l’explosion non mesurable et non contrôlable du risque de la liberté humaine.

Temps réel et temps de mesure réunis dans la monnaie

La création monétaire est le fait de la banque centrale qui consent des crédits à l’économie réelle par l’intermédiaire des banques et du marché financier. La valeur économique réelle est celle qui répond concrètement aux besoins et aux attentes des agents économiques. Elle est formellement distincte de la valeur financière portée dans les comptes des intermédiaires financiers. Les comptes financiers sont la trace subjective de la mesure de la réalité objectivée d’anticipation. La valeur réelle est celle de l’objet acheté pour être consommé ou bien transformé et revendu. La valeur consommée qui ne peut se revendre en tant que telle est dite finale. La valeur consommée pour être transformée est dite intermédiaire. Elle comprend des biens durables, dont la valeur utile s’étale dans le long terme, et des consommables qui disparaissent dans la transformation économique des biens intermédiaires en biens finaux. Consommable ou durable, la valeur est réelle à condition de répondre à des fins humaines. Si les fins servies par l’économie ne sont plus lisibles, si elles ne contiennent plus l’universalité humaine, la valeur disparaît quand bien même la masse des prix augmente.

Le processus de transformation de la valeur réelle en valeur finale consommable se déroule par des échanges entre les agents économiques. Ils offrent les objets réels – biens durables, biens consommables, travail – à des agents économiques qui les demandent sous forme de mesure de prix. Le prix entre l’offre et la demande matérialise un double équilibre ; d’abord entre la réalité à laquelle le sujet de l’offre renonce pour une valeur réalisable dans le futur et ensuite entre la mesure à laquelle le sujet de la demande cède pour une valeur immédiatement concrétisée dans le bien acheté. La matière qui concrétise le prix pour la demande et qui concrétise la valeur future pour l’offre est la monnaie. La monnaie représente la matière dans la métaphysique du sujet humain. Elle matérialise l’offre et la demande humaine, aussi bien que le temps qui s’écoule entre la manifestation d’une offre et la satisfaction de sa demande et enfin le prix réalisé dans le temps de l’objet échangé entre acheteur et vendeur.

La rationalité économique matérialisée dans la monnaie

Pour le vendeur, la monnaie matérialise formellement une réalité présente et future. Elle fait exister la valeur de la mesure actuelle du futur et forme la preuve pour le sujet économique de la réalité future de la valeur. Pour l’acheteur, la monnaie représente la matérialité passée qui donne formellement accès à l’objet présent de valeur. Sans la monnaie, le vendeur ne peut pas savoir si le bien vendu lui coûte plus ou moins que la valeur acquise dans le paiement. Il ignore s’il a réussi à créer de la valeur dont il n’est pas seul la cause. Sans matérialisation monétaire de sa vente, l’agent économique rationnel ne peut non plus se départir d’un objet sans valeur intrinsèque pour lui mais qui exprime sa demande à terme d’autres objets. Le vendeur cède l’objet concret de la valeur contre une mesure abstraite subjective partagée. Contre la cession de l’objet qui représente la valeur pour un autre, il reçoit de tout autre la valeur de tout objet dont il ne forme pas encore le besoin. Sans la monnaie l’acheteur ne peut pas transformer une mesure passée de la valeur, en objet concret répondant à son besoin. Sans la monnaie, la valeur sociale de l’échange n’est pas représentée.

La monnaie est bien la mesure dans un prix du bénéfice de la réalité potentielle. Elle garantit un certain droit futur à cette réalité en étant l’outil de règlement de cette réalité au moment du transfert d’un objet concret de valeur entre le vendeur et l’acheteur. Dans le référentiel de la réalité objective, la monnaie est subjectivement unité de compte, moyen de paiement et réserve de valeur. En tant que mesure et garantie, la monnaie est une forme qui rend la valeur quantitativement intelligible aux agents économiques. Elle offre l’outil du calcul économique qui permet de produire de la valeur par le temps, c’est à dire l’outil d’évaluation du travail. La production de valeur est le fait du travail qui est information de la matière physique dans le cours du temps. L’accroissement de la valeur en monnaie est matière d’information de la réalité physique. Le travail produit la valeur par l’effet de l’introduction du choix final anticipé de l’acheteur dans la matière formée.

Parce que la monnaie s’inscrit dans la réalité métaphysique par ses trois fonctions matérielles de compte, de règlement et de valeur, elle est la contrepartie du travail métaphysique de l’humain. Seul le travail humain peut produire par une dépense d’énergie physique l’information de la matière par des fins métaphysiques. Entre deux produits constitués de la même matière physique, par exemple deux voitures aux performances comparables, les prix en monnaies viennent comptabiliser une différence de valeur qui tient uniquement à l’imaginaire de l’acheteur final. Le travail a introduit des apparences différentes, des images différentes pour plaire aux personnes différentes qui achètent. Entre le prix d’achat de tous ses intrants et le prix de vente du produit fini, l’agent économique peut anticiper la création de valeur par son travail d’intelligence dans le temps. A la fin du cycle de production, il constate la création effective de valeur dans le prix de vente réel. La monnaie matérialise la valeur individuelle du travail humain par la fin de l’acheteur introduite dans l’objet travaillé.

Synchronisation économique de la production et de la mesure

Le calcul économique se déploie par la forme monétaire dans une double quantification matérielle : l’une est active par la transformation physique de l’objet et l’autre est passive par la mesure de la transformation dans les prix successifs. Les deux processus se rejoignent dans le prix d’équilibre des fins de l’offre à la demande. Chaque prix mesure la quantité consommée de valeur intermédiaire d’objets différents nécessaires à l’objet final. Chaque objet intermédiaire contient le temps de travail des différentes compétences de transformation de ses intrants. Chaque objet intermédiaire de chaque objet final contient la réalisation d’un écart positif ou négatif entre le prix anticipé à l’origine de la production et le prix de vente effectif. Chaque objet final en cours de production contient la potentialité d’un écart entre le prix anticipé qui justifie l’engagement du travail de production et le prix effectif à terme inconnu jusqu’à la vente réelle finale.

Pour être la contrepartie matérielle de l’échange économique, la monnaie doit être le concept – la forme – de quantification de n’importe quel objet dans le prix. Le prix n’a pas de signification économique s’il ne matérialise à la fois la valeur de n’importe quel objet et la permanence de la valeur dans le temps. Le motif de l’échange entre tout agent économique est l’accroissement de la valeur pour l’acheteur et le vendeur. Si l’acheteur ou le vendeur ne voient pas la quantité positive de valeur gagnée dans l’échange, ils ne travaillent pas à l’anticipation et à la production d’objets concrets qui leur reviendraient de ce fait en moins-value. La seule raison de réaliser une moins-value dans l’échange est d’avoir déjà engagé son travail dans un objet qui se révèle finalement ne pas avoir la valeur anticipée dans le prix de vente effectif. Parce que l’acheteur final d’un objet détermine le prix par sa décision et que le travail produit l’existence de l’objet avant qu’il soit vendu, l’écoulement du temps et la liberté de l’acheteur peuvent déjouer les calculs du producteur.

Si la monnaie est émise en proportion du crédit réel anticipé dans la valeur future, c’est pour minimiser le risque de l’anticipation économique. La matière de travail de l’anticipation économique est la définition stable des objets de valeur à terme. Il est nécessaire de supposer la stabilité du langage à définir l’objet de satisfaction future pour anticiper son prix et le juger suffisant pour engager le travail de réalisation. La stabilité du langage à définir l’objet qui détermine le prix anticipé est la valeur matérialisée par le crédit, c’est à dire la valeur supposée stable entre l’origine et l’échéance d’une anticipation de valeur. Ainsi la monnaie issue du crédit est stable par hypothèse ; elle mesure des prix stables supposés invariants dans le temps. Sans la réalisation effective de l’hypothèse de stabilité de la monnaie par le crédit, tout prix est instable. Il contient l’instabilité du langage qui n’est pas une nécessité matérielle mais une indécision humaine, une irrésolution de l’intelligence humaine. Le risque de l’anticipation économique ne peut être réduit que par la décision humaine résolue par l’intelligence de la monnaie stable de crédit. Cette résolution ne supprime pas la liberté de l’acheteur final, ni donc le vrai risque de l’anticipation économique.

Le risque déterminé par la société de crédit

Un crédit indexé sur les ventes à terme de la valeur finale, que ces ventes soient effectivement contractualisées ou estimées, est la condition de stabilité de la monnaie comptablement adossée au crédit. Mais pour qu’en aucun cas la réalité ne vienne contredire la certitude du prix de la valeur à terme dans le crédit, il faut que la réalité du risque soit mesurée dès l’origine du crédit et mis en réserve non pas sous forme de crédit de la valeur future mais sous forme de crédit comptabilisé de la valeur passée. Ce crédit de la valeur passée peut être constaté et vérifié au présent dans les biens intermédiaires réels concrets effectivement engagés dans la production des biens finaux. Mais le capital présenté physiquement en réserve de certification du prix du crédit n’a de valeur future qu’à l’intérieur d’une société de travail constituée pour transformer le capital métaphysique qu’elle recèle. La société de travail est le réseau humain d’intelligence et de force physique constitué entre les fournisseurs, l’entreprise et ses clients pour transformer la matière en satisfaction de besoins finaux. La valeur propre non matérielle de cette société est le capital métaphysique qui produit par le langage collectivement engagé de la valeur la réalité du capital physique.

Le capital n’est pas seulement physique et présent mais métaphysique en contenant le présent et le futur de la valeur anticipée par une société humaine. Le capital est la couverture présente du risque en étant la mesure de la plus-value anticipée dans une société humaine ; une société constituée pour offrir la transformation réelle de la valeur demandée. Par le capital, la métaphysique du langage organise la physique pour travailler la valeur certaine du crédit en assumant la réalité incertaine de la valeur. Le capital métaphysique est véritablement la société politique exprimant ses lois, par laquelle la société d’entreprise transforme l’offre de valeur intermédiaire en satisfaction de la demande finale. Dans la société de valeur vraie, le langage économique reconnaît le travail humain comme cause d’intelligence de la valeur par les formes métaphysiques et comme cause de transformation de la matière par l’énergie physique. Dans la finance à quatre dimensions, tout prix contient une réalité humaine objective en travail physique et subjective en travail métaphysique, une mesure en crédit du futur et une mesure en plus-value incertaine jusqu’à l’échéance du crédit à rembourser par la réalité.

Nier la réalité pour masquer le mensonge

Dans la conception actuelle de l’économie financière en trois dimensions de réalité sans sujet, de crédit et de liquidité, la loi ne structure pas la valeur par la matière objective. La loi s’arrête à une forme juridique non intégrée dans l’effet financier réel. La loi ne distingue pas la métaphysique dans la réalité pour définir le crédit comme obligation de réaliser un prix. Il n’existe pas de forme sociale commune explicite qui oblige à la certitude du crédit, à la certitude en réalité à terme du prix en monnaie. La méconnaissance de la quatrième dimension de la valeur dans le risque, l’indifférenciation de la métaphysique et de la physique dans la législation, laissent les agents de l’autorité publique et les opérateurs financiers libres de modifier par leur verbe personnel invisible l’objet sous-jacent d’un crédit. La science juridique en vigueur n’exige pas que la loi qui dit le droit des personnes soit distincte et séparée de la régulation effective des intérêts financiers publics et privés. L’économie matérielle de l’État de droit n’est pas distinguée de la promulgation du droit des personnes. Et les États de droit nationaux s’autorisent à se faire concurrence dans le champ de l’économie qui n’est pas de leur domaine.

La méconnaissance formelle de la valeur spécifique du risque par l’État de droit permet selon les circonstances et la nature des intérêts individuels, la confusion formelle de la monnaie avec sa cause légale ou avec sa cause matérielle. Autorités publiques et opérateurs financiers se trouvent libres dans la mondialisation de produire du risque invisible en transformant la réalité à terme par la métaphysique de la loi, du contrat et de l’anticipation financière. La métaphysique de la valeur est privatisée pour permettre le prélèvement financier de la réalité hors de toute mesure par le bien commun. Le risque indicible dans sa vérité humaine se trouve partiellement non mesurable et donc réalisable indistinctement en plus-values et moins-values. Comme par hasard, la finance dérégulée dirige les plus-values vers les intérêts financiers de statut public et privé et les moins-values vers l’économie réelle issue du travail.

Négation métaphysique de la réalité

Les politiques monétaires non conventionnelles sont irréversibles dans la transparence des analyses qui en ont été faites. La finance a basculé dans la non-réalité à cause de la généralisation à toutes les dettes publiques et bancaires de la mécanique des subprimes qui a déclenché la crise. La titrisation des crédits subprimes a servi à produire du risque métaphysique pour accroître le crédit par sa virtualité. Les crédits virtuels titrisés en dollar ont été vendus dans le monde entier comme contrepartie de dépôts internationaux en dollar et de dépôts en monnaies nationales. Toute masse monétaire internationale et nationale est adossée à des crédits fictifs détachés de la réalité mesurable. Pour éviter la chute en cascade des banques et des États qui se doivent réciproquement leurs dettes fictives, il est impératif d’allouer à tout opérateur systémique public ou privé la liquidité qui assure le paiement de ses échéances de crédit quelle que soit sa solvabilité réelle.

L’arrêt de la planche à billet en dollar peut provoquer n’importe où une cessation de paiement majeure qui oblige à une compensation généralisée des dettes internationales et nationale empilées les unes sur les autres. Une compensation mondiale des dettes obligerait à ré-étalonner les monnaies sur la réalité, à mesurer les pertes de crédit sur chaque emprunteur et à répartir les pertes entre tous les créanciers nationaux et internationaux, privés et publics, individuels et sociaux. La rationalité politique et économique nous y conduit inéluctablement. Mais la rationalité financière entend rester maîtresse du temps. Une monnaie internationale naîtra nécessairement d’un <a href= »http://www.pauljorion.com/blog/?p=15870″>système de compensation international de la liquidité, du crédit et du risque</a>. Mais il reste des avantages à grappiller et des peurs à surmonter avant d’y consentir.

Aucun pouvoir politique démocratique ne veut assumer la responsabilité de la vérité devant son opinion publique. Quant aux institutions financières, elles joueraient contre elles-mêmes à chercher la transparence de leurs comptes dans une finance intentionnellement opaque. Elles seraient immédiatement mises en faillite par les spéculateurs à la recherche de plus-values sur l’identification des pertes cachées. Face à ce diagnostic clairement établi, la Réserve Fédérale étatsunienne va, comme pour Lehman Brothers, enseigner la réalité par la brutalité des faits. La création monétaire en dollar contient de moins en moins de réalité économique. Les crédits en dollar ne sont plus consentis à des débiteurs certainement solvables. Les prix en dollar sont livrés à la fantaisie spéculative qui recherche une stabilité réelle désormais introuvable. Toutes les monnaies sont instables. Les anticipations économiques sont entachées d’une incertitude indéfiniment croissante. Il n’est plus que d’attendre qu’un grand débiteur public ou privé tombe à cause d’une crise de confiance insurmontable de ses créanciers.

La tentation impérialiste étatsunienne

La finalité réelle délibérée ou non du quantitative easing est le chaos. Tant que les responsables politiques font semblant de ne rien voir ou de ne pas comprendre, le système financier accroît son prélèvement sur la réalité par l’augmentation des primes de risque. Il est obligé de le faire pour accroître ses fonds propres en garantie de ses dettes envers les épargnants réels, pendant que l’épargne de plus en plus liquide et de moins en moins investie finance des débiteurs de plus en plus virtuels. Les opérateurs financiers s’enrichissent indéfiniment pendant que l’économie réelle s’effondre de plus en plus vite. L’absorption de la réalité dans la virtualité financière est pour le moment masquée par la mondialisation économique. Les ruptures seront locales et sociales avant d’être mesurées en monnaie et en faillites financières. Les États-Unis tentent l’effondrement politique et social de la Chine, de l’Europe ou de l’Amérique latine avant qu’on ne pointe l’impérialisme politique et monétaire du dollar comme cause évidente de la déstructuration financière du monde.

La négation de la métaphysique culturelle, légale et cognitive du risque financier permet la création monétaire sur la virtualité irréelle du crédit. Toute la liquidité émise par la Fed va se placer dans l’économie internationale là où les rendements économiques sont plus élevés que dans les pays développés. Mécaniquement, les pays émergents accroissent leurs créances sur les pays développés en fournissant dans leurs exportations la contrevaleur réelle des liquidités qu’ils accumulent en dollar. Les banques et entreprises multinationales s’abstiennent d’investir leurs liquidités dans des pays développés à cause de leur surendettement extérieur et de la surévaluation systémique du prix du travail, en dollar, euro ou yen. D’un coté, la dévaluation à terme des monnaies de réserve est de plus en plus probable, de l’autre, le prix immédiat du travail dans les pays qui offrent leur monnaie comme réserve internationale de valeur est surévalué. Le prix du dollar en monnaie étrangère n’est pas celui qui permet d’employer les chômeurs aux États-Unis mais celui qui protège les réserves de change internationales des créanciers des États-Unis. La situation est pire pour la zone euro et pour la zone yen qui doivent consentir à la réévaluation de leur taux de change pour compenser leur moindre crédibilité internationale en l’absence de puissance militaire et diplomatique comparable à celle des États-Unis.

Systémique mondiale d’inflation déflationniste

La réévaluation du yuan et des monnaies des autres émergents par rapport au dollar restera en deçà de ce que justifierait le rétablissement de la compétitivité extérieure de l’économie étatsunienne. Le marché des changes des pays émergents n’est pas aussi libre et transparent que dans les pays développés. En Chine, la valeur extérieure du yuan est administrée par le gouvernement. Les Chinois de l’intérieur n’ont aucune liberté de négocier leurs achats à l’étranger par un prix de marché international des dépôts en yuan qu’ils possèdent. Leurs salaires resteront plus bas en devise étrangère que ce qu’impliquerait l’équilibre à long terme des échanges de la Chine avec le reste du monde. En revanche, les autorités chinoises vont se retrouver devant le dilemme insoluble d’autoriser le réemploi sur le marché intérieur de la contrevaleur en yuan des liquidités accumulées dans les banques chinoises ou d’accepter la dévaluation à terme des réserves non dépensées. L’arbitraire économique du pouvoir politique exacerbera les rivalités politiques et sociales sur la répartition de la richesse accumulée. Les mêmes tensions sociales apparaîtront dans les autres pays exportateurs nets.

La réalité métaphysique du risque de la valeur établit par la monnaie le lien entre l’ordre politique et social et l’ordre économique. C’est ce qui permet d’expliquer la coexistence actuelle de l’inflation et de la déflation et la déstabilisation réciproque en cours entre économie et société mondiales. La planche à billet en dollar nourrit désormais la déflation dans les pays développés par l’inflation dans les pays émergents. L’accumulation de dettes internationales en dollar accroît le risque financier non mesurable porté par l’économie domestique étatsunienne. Ce risque nourrit la déflation aux États-Unis, dans la zone euro et dans la zone yen à cause de l’effondrement de la rentabilité anticipée des investissements et du travail. Ce même risque nourrit l’inflation dans les pays émergents qui se refusent à réévaluer leur monnaie pour préserver la rentabilité de leur économie domestique et soutenir le rendement du capital et de l’impôt. Capitalistes et autorités publiques s’enrichissent en différant la distribution de la croissance importée par des salaires rognés par l’inflation.

Spéculation contre la démocratie

Plus le temps passe, plus le bien commun perd son sens économique, plus la valeur de la loi disparaît, plus les pouvoirs politiques se corrompent et plus les sociétés politiques se désintègrent. Plus le chaos social s’installe, plus la guerre civile se répand et plus la nécessité de la remise en ordre s’impose. Le pari des autorités politiques et monétaires étatsuniennes convient à la fois aux cupides et aux cyniques. La finance à trois dimensions fondée sur l’utilisation internationale de la légalité monétaire en dollar est en faillite. Pour aborder l’inévitable reconstruction internationale de la monnaie, les États-Unis et les opérateurs financiers préfèrent se mettre en position de force. Il faut que le monde s’affaiblisse face aux États-Unis et que les sociétés politiques se décomposent face au pouvoir financier. En bonne logique platonicienne, il vaut mieux que la démocratie ne s’organise pas trop pour éviter la dilution des privilèges du pouvoir. Il ne faut pas qu’une majorité de citoyens se résolve à se réapproprier son avenir en admettant, imposant et ajoutant la réalité financière du risque au calcul de la valeur. Les trois dimensions de la réalité physique, de la liquidité et du crédit sont monopolisées le plus longtemps possible par le pouvoir ploutocratique.

La quatrième dimension de l’économie de la valeur qui contient l’incertitude du futur a pour contre-réalité la plus-value de la société humaine de liberté. Si les êtres humains veulent bien reconnaître la solidarité matérielle de leurs parents, de leur groupe social et de leur patrie par laquelle ils accèdent à la vie, à la culture et finalement à la valeur de l’humanité, ils conçoivent alors que la circulation économique des biens n’a pas pour finalité l’accumulation de matière mais l’information de leur humanité. La liberté religieuse nécessaire à l’invention de la réalité par la connaissance scientifique et l’innovation technique a nécessité en Occident la rupture épistémologique de la Renaissance entre la métaphysique et la physique. Cette rupture a été mise à profit par des intérêts politiques et financiers pour capter la réalité avec la religion de la matière, des mathématiques sans finalité et de la rationalité sans effet. La loi a perdu sa substance et le marché est devenu virtuel, réduit à un champ de bataille des intérêts individuels non régulables par le bien commun. Le marché de la réalité humaine sans loi est désormais divinisé dans la cupidité qui gouverne le monde au bénéfice des initiés à la finance ésotérique. La guerre civile est-elle toujours un passage obligé de la civilisation ?

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205 commentaires

  1. kenan

    la guerre contre les travailleurs est commencée.
    voici le retour de l’esclavagisme! 40h travail pour 75e !!!..

    Le gouvernement britannique veut faire travailler gratuitement les chômeurs de longue durée, pour des tâches d’intérêt général, dans le cadre d’une projet de réforme du système d’allocations chômage.

    Les chômeurs de longue durée, pour conserver leur allocation hebdomadaire de 65 livres sterling (75 euros) devront effectuer au moins 30 heures de travail gratuit par semaine au profit de la collectivité, pour une période de quatre semaines. Ils réaliseraient des travaux manuels ou d’entretien de la voirie au bénéfice de services municipaux ou associations.

  2. [...] This post was mentioned on Twitter by Olivier Auber, Encore1Parti2Gauche, K. Ivanovitch, Ben ILL, Agnès Maillard and others. Agnès Maillard said: LA GUERRE CIVILE MONDIALE EST DÉCLARÉE PAR LA MONNAIE, par Pierre Sarton du Jonchay http://bit.ly/by1E55 [...]

  3. timiota

    Si vous pouviez éviter d’utiliser le verbe « est » dans ce type de tournure, j’en serais moins coi (et nous sommes plusieurs ainsi, je crois).
    La matière de travail de l’anticipation économique est la définition stable des objets de valeur à terme.
    La capacité d’associer des choses entre elles par le verbe être grâce à son acception asymétrique a d’ailleurs été commentée récemment, mais je ne me rappelle plus où ni par qui (je plaisante).

    Disons que l’asymétrie que je vois dans ce type de phrase reste coincée dans l’oesophage cognitif qui est l’entrée langagière de mon cerveau. Sa matérialité n’est pas assez claire mais la pénibilité que j’en ressens est une raison d’attirer votre attention. Peut être que je devrais le lire en espagnol ? (Ser et Estar ?)

    • @Timotia,
      La materia de trabajo de la anticipacion economica es la definicion estable de los objetos de valor a termino.
      Tambien : en la materia del trabajo de anticipacion economica tuviera que estar la definicion estable de los objetos de valor a termino.
      J’affirme ce qui n’est pas actuel mais en puissance et qu’il nous appartient de faire advenir.

    • pablo75

      @ P.Sarton

      Déjà que vous êtes illisible en français, maintenant vous aspirez à le devenir en espagnol !!

      Vos deux phrases ne veulent rien dire dans la langue de Cervantes et « tuviera que estar » est carrément incorrect (tuviera = si j’avais ou s’il avait).

  4. mike

    La guerre, financière, politique, économique, territoriale… s’est elle arrêtée une seconde. Sur cette terre ?

    Les choses dégénèrent de nos jours. La corruption abonde. Les enfants ne s’occupent plus de leurs parents, chaque homme veut écrire un livre, il est évident que la fin du monde s’approche rapidement. Tablette de pierre Assyrienne env. 2800 av JC

    Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leur élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au dessus d’eux l’autorité de rien, alors, c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse le début de la tyrannie. Platon

    Nos jeunes aiment le luxe, ont de mauvaises manières, se moquent de l’autorité et n’ont aucun respect pour l’âge. A notre époque, les enfants sont des tyrans. Socrate

    Lorsque l’imagination, les arts et les sciences et tous les dons de l’Esprit Saint se sont faits vains et qu’il ne reste plus à l’homme que la compétition, alors le jugement dernier est proche.
    William Blake

    Le mariage de la raison et du cauchemar qui a dominé le vingtième siècle a donné naissance à un monde encore plus ambigu. Au travers des paysages de la communication se meuvent les spectres de technologies sinistres et de rêves que l’argent semble pouvoir acheter. Systèmes d’armes thermonucléaires et films publicitaires pour boissons non alcooliques coexistent dans un royaume hyper lumineux, réglé par la publicité et des pseudo-événements, la science et la pornographie. Au-dessus de nos vies président les deux grands leitmotivs jumeaux du vingtième siècle – le sexe et la paranoïa. J.G. Ballard

    Les rats nous observent dans l’ombre de leurs égouts. Ils se lissent les moustaches de joie car ils n’ignorent pas que notre civilisation fermera bientôt son guichet.

    Les médias ne demandent plus rien à ceux qui savent quelque chose afin de partager cette connaissance avec le public. Par contre ils demandent à ceux qui ne savent rien de représenter l’ignorance du public et, ce faisant, ils la légitiment. Serge Daney

    Le téléphone cellulaire a transformé les endroits publics en cabines de téléphone géantes dans lesquelles les visiteurs existent via de narcissiques cocons pour leurs entretiens privés. Comme les fax, les modems et autres instruments modernes qui ont encombrés nos vies avec l’urgence technologique, les téléphones portables représentent l’escalade de besoins imaginaires du 20ème siècle. Nous n’avons pas eu besoin de téléphones portables jusqu’à maintenant. Il est assez clair qu’ils sont la cause non seulement d’une panne de courtoisie, mais aussi de l’atrophie de nos qualités de base. Mary Schmich

    etc, etc.

    • 1989 .fin d’un système et début de la fin d’un autre…!
      il nous faut « inventer » le futur !

    • peter

      « il ya des jours où la liberté s’appelle courage » Démosthène

    • bellini

      « De la fusion des sociétés résultera t-il un idiome universel, ou y aura-t-il un dialecte de transactions servant à l’usage journalier, tandis que chaque nation parlerait sa propre langue, ou bien les langues diverses serait-elle entendues de tous? sous quelle règle semblable, sous quelle loi unique existerait cette société? comment trouver place sur une terre agrandie par la puissance d’ubiquité, et rétrécie par les petites proportions d’un globe souillé partout? il ne resterait qu’à demandé à la science le moyen de changer de planète? »Chateaubriand

  5. joelle

    bonjoiur
    Dits Monsieur, vos articles sont très intéressants, mais pourriez-vous aérer vos phrases ? Il me faut souvent relire deux fois !

    • bachibouzouk

      C’est vrai que ce n’est pas facile a lire tout ca.
      C’est dommage car je sens que c’est intellignet et j’aimerais etre capable de repeter ces choses inteligentes le dimanche midi en famille.
      Une phrase un peu plus pedagogique ici ou là, en gras si possible, serait bienvenue. Ou bien des petites anecdotes croustillantes, ou quelques simplifications pour faire ressortir les mecanismes de base sur lesquels les complications viennent se greffer.
      Je m’accroche, mais c’est tres dur.

    • Vos attentes sont justes mais pas faciles à satisfaire. Je viens d’achever un livre pour déployer un minimum la démonstration et le vocabulaire : 600 pages encore trop denses. J’essaie de vous livrer quelque chose qui ressemble au passage du dessin animé d’avant fait de plans successifs au film d’animation en 3D qui projette en continu des volumes sur le plan de l’image. La causalité en trois dimensions de Platon (dessin animé en 2D) est beaucoup plus confortable à construire que la causalité en quatre dimensions d’Aristote (Animation 3D). Le passage est complexe mais nécessaire. Il va nous falloir du temps pour en maîtriser la gymnastique (pour moi, c’est sûr).

  6. bellini

    Entre 1971 (fin du système de Bretton Wood) et 2007 la masse monétaire US a été multipliée par 14. cela correspond à quelle réalité économique?

  7. jean louis senior

    mafia,gomorra…cartels voyous des triangles d’or sous toutes les latitudes,polticards afffidés voire désignés par le biais de démocratie dévoyée ,voilà en partie,l’état des lieux.
    On va pérorer, »prier »,se recueillir hypocritement devant la stéle d’un grand homme ,altruiste,animé du seul souci de l’Humain.
    Qui sont ces gredins dont les « amis » donnent dans l’esclavagisme,le blanchiment d’argent sale et qui se réclament des qualités de ce grand homme ?
    Comment les dirigeants américains ,à défaut de énième « guerre d’Irak »,osent-ils piétiner ainsi les efforts,les heurts et malheurs des Populations ?
    L' »ailleurs » désigné par un des intervenants,n’empêche en rien,comme dit Paul Jorion,le devoir de se révolter.
    Aide toi …et le ciel t’aidera.
    Et,parralélement,via internet essentiellement, parvenir à faire entendre à l’écrasante majorité qu’elle posséde tous les moyens pour infléchir les méfaits des malfaisants. ,lesquels ont le culot de vouloir,de prétendre nous diriger ,ici et ailleurs !!

  8. domini CB

    … la guerre civile mondiale, depuis des siècles déclarée par
    les pratiques économiques, industrielles, banquaires et financières ;
    perdure dans son obscénité, et aggrave, en toute impunité
    ses ravages insupportables sur les sociétés humaines,
    et leurs capacités réelles d’inventions et de savoirs vivre
    ensemble sur notre belle planète, généreuse et féconde
    en prodiges et en désastres, et dont la moindre des ressources
    est toujours et chaque jour davantage saccagée, marchandisée,
    rentabilisée, au seul et exclusif profit généré par la perpétuation
    de la guerre civile mondiale, depuis des siècles déclarée

    (passer au moulin à prières, en forme d’exorcisme,
    et enrichir librement d’ajouts et compléments au choix)

  9. Marlowe

    Il était un temps où cette guerre civile mondiale était nommée lutte de classes.
    Le nom et la réalité de cette guerre aurait-il changé pendant mon sommeil où l’expression « lutte de classes » serait-elle si insupportable de nos jours, en ce qu’elle renvoie à l’affreux barbu qui à écrit le fameux « Manifeste du… » ?

    • @Marlowe,
      La lutte des classes renvoie à des réalités incontestables. Mais l’expression n’est pas assez explicative. Toutes les tentatives de transformation de l’expression en valeur réelle ont sombré dans le totalitarisme. Il faut concevoir l’homme au-delà des classes auxquelles il s’appartient et qu’il définit selon ses intérêts individuels qui n’ont rien de communistes. Le travail n’a pas sa finalité en lui-même (c’est mon opinion). Structurer la politique et la société par le statut de travail prive la communauté de toute finalité économique. Le communisme matérialiste est un régime de misère et de déchéance humaine parce qu’il place l’homme exclusivement dans la matière et le prive de l’économie du langage. Le capitalisme matérialiste met un peu plus de temps pour arriver au même résultat parce qu’il introduit le temps dans sa matière.

    • Marlowe

      à Pierre Sarton du Jonchay,

      Ma remarque était une manifestation ironique, sans pourtant être dépourvue de sens historique.
      Je ne suis ni marxiste, ni marxiste-léniniste, ni représentant d’un quelconque parti.
      Je suis certainement en plein accord sur le fait que l’homme (le « dieu-vivant » pour certains) devrait être le centre de l’économie et de la politique et non l’inverse.
      Je pense aussi que le travail sous sa forme capitaliste, c’est-à-dire le salariat et ses avatars, est une notion inséparable de la marchandise et de son fétichisme.
      Je m’étonne simplement que certains concepts, pour la raison qu’ils ont été salis à un moment de l’histoire par des menteurs, ne puisse plus être utilisés, ce qui a pour conséquence de diminuer le vocabulaire à notre disposition.
      Une des faces de la guerre civile mondialisée est certainement de se réapproprier le sens des mots, ce que vous tentez de faire et qui plaît et déplaît tout autant.

      marlowe@orange.fr

    • Pierre-Yves D.

      La notion de lutte des classe n’est pas évoquée explicitement par l’auteur, mais est-ce si important ?

      Je préfère quant à moi une analyse qui nous montre comment s’opère effectivement la lutte des classes au niveau mondial en identifiant le point métaphysique aveugle qui la rend possible.
      Tout politique, syndicaliste, citoyen peut trouver dans la thèse développée magistralement par Pierre Sarton du Jonchay des arguments de poids pour réfuter et combattre les arguments au nom desquels sont justifiées les inégalités produites par le système actuel.

    • methode

      …en identifiant le point métaphysique aveugle qui la rend possible

      l’injustice et le monopole des armes à feu.

      ce n’est pas très métaphysique mais sans analyser regardez au mexique, officiellement trente-milles gueux morts en cinq ans à la frontières états-unienne, l’état mexicain est miné par les gangs et la mafia. mais on pourrait très bien dire miné par la misère…

      les armes ne sont pas interdites donc la lutte est plus équitable et elle apparait dès lors au grand jour, difficile à étouffer. en europe une telle situation tourne à l’épisode fasciste.

      la lutte pour lutter. lutter pour vivre. quand d’autres se gavent. c’est tout simple.

    • Pierre-Yves D.

      méthode,

      Ce que vous dites c’est le constat, vous avez raison la guerre civile est déjà là. La non interdiction des armes à feux c’est l’incapacité de se reconnaître en l’autre, de voir le lien solidaire qui nous unit tous.

      Or cette logique est inscrite au coeur même de la science économique, car elle sous-tend une logique guerrière faite de conquête et de rapines. Et comme vous le savez la science économique ce n’est pas seulement une science réservée à l’usage des économistes.
      Le langage économique et son idéologie imprègne le sens commun : désormais on gère sa vie, on se positionne sur le marché de l’emploi, on développe son employabilité, on s’efforce d’être compétitif, on se vend …etc … autant de termes qui cachent mal une déshumanisation, qui font des êtres humains de simples choses subordonnées à la logique impérieuse des flux de capitaux, pour alimenter le front toujours plus âpre des guerres économiques et financières.
      Des guerres économiques qui sont en réalité justifiées par les retours automatiques à l’équilibre prévus par l’économétrie. Mais bien sûr les choses ne se passent pas ainsi. La crise a révélé toute l’ampleur du désastre intellectuel. Le « grand public » ne mesure pour l’instant que les effets de la crise tandis que des publics plus avertis cherchent à comprendre ou même s’attèlent — comme ici sur ce blog, au démontage systématique des mécanismes à l’œuvre dans cette vaste entreprise de destruction qu’est devenue l’économie laissée à elle-même.

      Le point métaphysique aveugle c’est simplement l’idée que la représentation actuelle que nous nous faisons de l’économie contemporaine repose sur une mystification, celle qui consiste à répondre à la question « qu’est-ce que l’être » en prétendant que l’être est l’ homo œconomicus. Cet être dé-affecté, dont les besoins sont anticipés rationnellement. Non seulement l’homo œconomicus n’est pas l’être car l’être selon Aristote doit pouvoir se dire de multiples façons, de même que l’être ne peut être un genre. Mais aussi en toute rigueur il s’agit d’un étant, c’est à dire un mode d’être parmi d’autres. De cela il suit que pour rendre à l’être toute sa « liberté », ses possibles, il faut qu’il puisse se dire de multiples façons. Or ce qui permet de se dire de multiple façons n’est rien d’autre que le langage humain, ce par quoi nos subjectivités sont mises en relation par le dia-logue, avec donc le langage humain sans lequel toute praxis serait inconcevable. Je rappelle que la praxis c’est l’action en vue d’une fin, ces fins au sujet desquelles il s’agit de délibérer dans la Cité. La praxis à un certain égard ressortit donc au politique. La praxis désigne donc aussi bien l’action individuelle que l’ensemble des actions humaines qui ont pour effet de transformer les rapports sociaux et/ou les milieux naturels. (cette dernière définition n’est pas d’Aristote je précise, mais elle prolonge sa pensée.)

    • Si l’homme est une réalité libre que la langage exprime, alors le langage appartient à l’homme pour exprimer une économie qui n’est pas absolument déterminée comme le suggère l’économisme.

    • methode

      à pierre-yves d

      tout ceci est très intéressant mais je crois qu’il faut se méfier du langage les réalités qu’il exprime ne sont que partielles, l’absolu ne se conçoit pas il se vit: la pratique se doit d’étayer la théorie en définitive. des actes.

      le langage possède donc ses limites ce qui fait qu’à un certain point ma vie et ce que j’en exprime est inaccessible à celui dont le vécu est à l’opposé du mien. quid du lien solidaire si l’on compare en tant qu’ homme celui qui vit dans une favela avec fusillades régulières et de bonnes chances de terminer sa vie dans un taudis et celui qui sa vie durant fréquente belles villas et quatre étoiles? quid du dialogue démocratique lors du ‘non’ hollandais français puis irlandais au traité constitutionnel européen en 2005? quid du dialogue sociale sur les salaires et retraites? ici le langage s’arrête et naturellement c’est la violence qui… parle.

      cordialement

    • Pierre-Yves D.

      Méthode

      Bien sûr, dans certaines situations le langage devient impuissant face à la violence.
      C’est l’ultime recours du faible face au fort lorsqu’il n’y a plus d’échappatoire.
      Mais vous et moi, jusqu’à preuve du contraire, ne sommes pas menacés dans nos existences.
      Mon propos n’est pas de dire que nous allons vaincre les puissances de l’argent par la seule vertu du langage. Il est de dire qu’il faut épuiser toutes les possibilités qui s’offrent à nous pour modifier des représentations qui sont à l’origine la dominance sociale et des violences qui l’accompagne. Autrement dit agir en amont. Quand bien même les oligarchies seraient-elles mises hors d’état de nuire, ce choix de la raison est indispensable, car rien ne peut changer durablement sans un nouveau paradigme.

  10. Papillon

    L’histoire de l’humanité nous apprend aussi que l’insoumission et la rébellion, la désobéissance civile donc, pour une juste cause permettent à des peuples, lors de victoires réelles, de considérables bonds émancipateurs. Nous savons démontrer que ce système capitaliste et cette économie de marché, autorisant une minorité l’accaparement de plus en plus excessives de ressources, sont inappropriés à l’évolution pérenne de la biodiversité terrestre dont les êtres humains font partie. Ils sont oppressant, dévastateurs, et permettent même que cette classe de privilégiés s’octroie des passe-droits, usant de multiples armes, souvent répressives et meurtrières contre leurs semblables, afin de se protéger sans être le moins du monde inquiétée. Exceptionnellement, encore une fois, faisons leurs comprendre qu’ils doivent arrêter de faire leurs politiques ! Leurs pouvoirs leur fait tourner la tête ! Enfermés dans leur bulle, qu’ils arrêtent de comparer ce qui n’est pas comparable ! C’est pourquoi je continu de soutenir toute tentative de révolte pacifique telle que la grève générale reconductible, c’est à dire tout simplement et logiquement l’arrêt continu de l’alimentation en richesses, en pouvoirs exorbitants, de cette classe que je peux définir naturellement d’indigne. Le but étant la réappropriation des pouvoirs par les peuples. C’est de couper les fils des marionnettes que sont devenues les « professionnels » de la politiques à la solde des riches et d’entreprendre un changement en profondeur et globale face aux excès que ces structures institutionnelles autorisent dont il s’agit. Cette action des peuples, cette arme politique pacifique, ce refus citoyen couplé à un refus consommateur, est nécessaire pour de nouveaux contrôles publics, autogestionnaires, responsables, assurément démocratiques et salvateurs. Modernisons nos sociétés du bas vers le haut ! Une fois les concurrences déloyales et assassines considérablement revues à la baisse les peuples pourront enfin écrire une nouvelle page de l’Histoire. Soyons crédibles ! A l’heure où tous les repères capitalistes s’effritent et que les consciences grandissent, l’humanité a besoin de porter un humble exemple politique vivifiant, une nouvelle architecture économique, écologique et sociale. Réfléchissons à un avenir à long terme ! En cas d’urgence, les riches n’hésitent pas à laisser crever un grand nombre afin que leurs castes survivent, ne l’oublions pas. Ne l’oublions jamais ! Exhaussons les promesses non tenues par tous ces profiteurs nous-mêmes !

    Papillon (anticapitaliste)

  11. ANTOINEY

    Le risque n’est pas un paramètre d’une épistémologie platonicienne de la valeur mais bien la quatrième dimension de l’épistémologie aristotélicienne de la valeur.

    Pourriez-vous préciser, s’il vous plait, « epistemologie platonicienne de la valeur » et « quatrième dimension d’une epistemologie aristotelicienne de la valeur ». En quoi y a t-il de l’epistemologie la dessous (précisément). Et quelles sont les dimensions d’une épistemologie aristotelicienne de la valeur? Ca m’a l’air très intéressant, même si je ne sais pas trop quoi en faire pour l’instant, mais ca reste encore trop flou pour moi.

    Merci.
    PS: pour le langage comme élément qui participe du « subjectif », on peut émettre des réserves (cf tous les habermassiens qui y voient au contraire ce qui transcende toute subjectivité).

    • Antoiney,
      Epistémologie : Étude de la connaissance scientifique en général.
      Platonisme dans le système aristotélicien des quatre causes : effet sans matière, ni forme, ni fin de la matière, de la forme et de la fin sans effet. Platon anticipe la matière, la forme et la fin d’Aristote sans considérer l’effet. C’est la raison pour laquelle, la valeur n’existe pas pour Platon. Grâce à l’effet Aristote explique la valeur qu’il ne nomme pas vraiment.
      Epistémologie de la valeur : connaissance scientifique de l’explication de la valeur par les critères logiques du langage. L’épistomologie de la valeur introduit la distinction et la relation de l’objet et du sujet dans la connaissance scientifique. L’épistémologie de la valeur tente la réconciliation de la métaphysique (selon Aristote) au physique.
      Oui la propriété du sujet est de contenir sa transcendance et de transcender ce qu’il est. La transcendance du sujet qui se transcende est le verbe (je veux bien être habermassien).

  12. Très intéressante analyse, qui explique les tenants, mais également les aboutissants de la politique des Etats Unis.
    C’est très rare de voir formulée la cible d’une stratégie.
    J’en avais besoin, alors merci.

  13. Quidam

    Bien éloigné (du point de vue de la maitrise intellectuel) de toutes ces données économique, je suis ce blog depuis 2009 néanmoins. J’essaie de comprendre et y arrive parfois. Ce que j’ai aimé ici c’est la force d’analyse allié à une force de proposition. Mais même si ces propositions se racontent, s’expliquent, et se transmettent, la description de notre lente (enfin pas tant que ça) décadence submerge quand même ces dites propositions. Parce qu’en fin de compte, la solution semble assez simple; simple parce que raisonnable, sage et humaine; alors que l’ingéniosité (ici sans connotation admirative) avec laquelle les groupes dominant nous plongent dans le chaos, nécessitent de complexes et abondantes explications, descriptions et analyse…
    Ainsi le quidam que je suis ne peut s’empêcher de croire que l’histoire est déjà écrite. Comme je ne suis pas non plus historien, je suppute: Guerre civile, guerre mondiale, l’une après l’autre ou en même temps, ou simplement l’instauration d’une dictature molle (certains disent qu’on y est déjà) qui par évaporation (réchauffement planétaire oblige) se transforme en dictature dure.
    Comme je ne suis qu’un quidam, on me pardonnera j’espère de réfléchir au meilleur moyen de préserver mes « miches » des troubles des temps à venir. Pas longtemps rassurons-nous parce qu’entre les complotistes évoquant des camps de la mort par dizaines ‘secrètement’ construit depuis les années 80 aux états unis et les ‘apocalyptistes’ m’expliquant que de toute façon le soleil va nous effacer d’un gros rototo de lendemains de beuverie… Je reste comment dire… Imaginez un mot qui comprendrais le sens à la fois de : perplexe, amusez, effrayé, inquiet, carpe diem, sauve qui peut et enfin « oh et puis merde, qu’est-ce que je fou devant cet ordinateur à la con, j’ai du boulot »
    Il y à trois jours j’ai trouvé un bouquin « Il Viendra » de Jacques Attali dans la bibliothèque de mes parents (non je n’habite pas chez mes parents) comme j’essaie aussi de comprendre son blog, je me suis dit « tiens un bouquin qui doit parler de l’avenir, écrit par Attali ç’est toujours bon à prendre » A la fin (oui je lis très vite, non je ne suis pas au chômage) je me suis senti, comment dire… perplexe, amusez, effrayé, inquiet, carpe diem, sauve qui peut et enfin « oh et puis merde, qu’est-ce que je fou devant ce bouquin à la con, j’ai du boulot »

    • timiota

      Les analyses de Bernard Stiegler suggèrent ce que devient « j’ai du boulot », pouruqoi vous estimez que c’est positif, et du coupe comment on peut généraliser (un peu) :

      Votre boulot s’inscrit dans un système de soin (cura/philia/…) , valorisé par des « circuits longs », et non liquidé par des circuits-courts, qui liquident savoir-faire et savoir-vivre (je résume…)

      Stiegler décrit à peu près les différents stades qui nous ont amenés à la prédominance des circuits courts, danger présent depuis qu’on manipule des techniques, le magdalénien et même avant (Leroi-Gourhan ..), et que être humain signifie être tissé entre génétique et « transmission extérieure », culturelle, prothétique, ce qui est forcément générateur de défaut, de poison, mais des défauts qu’on maitrise par un processus
      d’ADOPTION et non d’ADAPTATION (le néo-libéralisme par exemple).

      Je crois que vous comprendrez à quel point vous êtes dans un tourniquet (ce n’ets pas négatif dans ma vision, juste vous en serez conscient autrement), et par où aller pour « tourner positivement » (puisqu’il faut quand même tournicoter dans ce bas monde )
      (« qu’on se pende ici qu’on se pende ailleurs, s’il faut se pendre » comme disait Brassens, pour dire qu’on ne se pend qu’à des dépendances qu’on choisit un peu ( dans « je m’suis fait tout p’tit » si j’ai bonne mémoire)

    • timiota

      Je voulais dire aussi « système de soin » = « système associé », = « vous êtes auditeur et locuteur »,

      par exemple, le monde des logiciels libres aujourd’hui.

      Je corrige aussi ma fin de 1ere phrase :
      pourquoi vous estimez que c’est positif, et du coup comment on peut généraliser (un peu) :

  14. metacouillon

    @kenan : la guerre contre le travailleur a commençé avec le redressement sur 2 pattes de l « humanité ».
    L’ouvrier a d abord été appelé trés justement esclave , cette condition lui est resté , mais on a changé sa dénomination parce que l on était devenu  » civilisé ».

    Mais on se garde bien de souligner , que depuis toujours ,le travailleur est un assujetti volontaire qui demande a d autres de penser pour lui , avoir une conscience politique est quelque chose de pratiquement impossible pour l individu moyen , le foot est bien plus attirant ! !!
    Combien de ces travailleurs ce sont ils levé aprés 2008 pour dire CA SUFFIT ??
    AUCUN ils se sont tous rassurés avec les paroles lénifiantes de  » not bon maître « .en remuant la queue..
    En gros notre société est basée sur le monde des fourmis , le roi et l reine sont les gros capitalistes , les soldats le bras armé de la finance , et les ouvrieres…..LES OUVRIERES !!!!

  15. J’ai une demande, ne pourriez vous pas faire l’effort d’être plus précis plus concis et plus clair.
    Je suis certain que ce que vous voulez exprimer, il y a une autre manière bien plus agréable de le rédiger. Sachez gommer le superflu pour aller à l’essentiel, cessez les phrases emphatiques ou tordues comme ce lyrisme déplacé dans ce contexte à en appeler toujours aux:grecs anciens.

    Je vous prends un exemple d’une de vos phrases :
    « le système financier accroît son prélèvement sur la réalité par l’augmentation des primes de risque. Il est obligé de le faire pour accroître ses fonds propres en garantie de ses dettes envers les épargnants réels, pendant que l’épargne de plus en plus liquide et de moins en moins investie finance des débiteurs de plus en plus virtuels. »

    Beau lyrisme que cela mais cela veut dire quoi :

    Que le système financier vend de plus en plus d’assurances, assurances qu’il vend de plus en plus chères et dont le produit total il ne le distribue pas mais le mettrait en réserve pour augmenter ses fonds propres.
    L’augmentation de ses fonds propres lui est demandé en garantie de ses dettes envers ses déposants.
    Le montant des dépôts et de l’épargne sont de moins en moins investie puisque liquide,
    et cette liquidité finance non plus de la réalité mais certainement d’autres produits dérivés, ou tout simplement des spéculations sur toute la chaine financière.

    Est ce cela que vous avez voulu dire ?

    Autre point : vendre des assurances c’est bien mais quid de la garantie ?
    Remember AIG, là il n’y a pas de besoin de fonds propres supplémentaires ???

    Non décidément, votre style est opaque, et dans ce sens, il va très bien avec le milieu de la finance, qui n’est rien d’autre que mettre les formes pour cacher le jeu et l’escroquerie.

    • Julien Alexandre

      Voyez dans l’exemple que vous prenez, Pierre dit la même chose en 2 fois moins de mots. Je trouve cela plus efficace, même si cela nécessite un effort intellectuel.

    • Philémon

      ( J’ai la réponse de Julien Alexandre au- dessus ou au-dessous ) .
      A côté de paragraphes entiers très intéressants , des phrases avec beaucoup de mots accolés , un peu comme une traduction de Google , qu’on décrypte avec peine sans être sûr du résultat . Exemple :
      « Le prix entre l’offre et la demande matérialise un double équilibre ; d’abord entre la réalité à laquelle le sujet de l’offre renonce pour une valeur réalisable dans le futur et ensuite entre la mesure à laquelle le sujet de la demande cède pour une valeur immédiatement concrétisée dans le bien acheté. »
      Il y a un 1er équilibre entre la réalité… et quoi , et un 2ème équilibre entre la mesure… et quoi ? La mesure de quoi ?

    • Moi

      @Julien: plus cela nécessite un effort intellectuel pour le récepteur, moins c’est efficace. Si le but est de faire passer un message, évidemment. Vous ne confondriez pas, en bon économiste, avec « efficience » par hasard? :)

    • pierrot123

      Il est vrai que le style « P.S. du J. », c’est de l’extrait de concentré…
      Sur un sujet, l’économie, dont la caractéristique première est que à peu près personne n’y entend grand chose…
      Mais, bon, un peu comme avec Lacan…ou Heiddeger…ou Levinas… il faut reconnaître qu’il est difficile d’aller plus droit au but en moins de mots.(mais faut s’accrocher, c’est sûr!)

    • Moi

      @Philémon: Je le comprends ainsi:
      [réalité (bien vendu) = valeur réalisable future (pouvoir d'achat de l'argent reçu)] = [mesure (l'argent donné)= valeur immédiatement concrétisée (bien acheté)]

    • Pierre-Yves D.

      Le style est particulier, déroutant, mais pas parce qu’il est opaque.
      Au contraire, c’est un discours extrêmement analytique et où chaque notion répond d’une définition précise pour peu qu’on aille s’enquérir de ces définitions et faire l’effort d’acquérir la compréhension de notions philosophiques élémentaires relatives à Platon et Aristote.

      Si le discours semble opaque c’est parce qu’il produit une représentation non familière de la réalité économique. Au lieu de parler de l’économie en économiste, il nous parle d’économie en philosophe, philosophe qui n’ignore rien des représentations économiques communes qu’il s’emploie à déconstruire.
      La prose de PSDJ projette sur notre monde de choses données pour évidentes une lumière qui le rend étrange.

    • Philémon

      @MOI dit :
      Merci MOI dit : Pour ma part , je l’ai traduit ainsi
      Le prix (entre) de l’offre et de la demande matérialise la rencontre entre deux réalités :
      – la réalité du vendeur , c’est qu’il préfère céder son bien pour acquérir une quantité Q1 de monnaie à sa valeur actuelle ;
      – la réalité de l’acheteur , c’est qu’il préfère céder une quantité Q2 de monnaie à sa valeur actuelle pour acquérir le bien .
      La rencontre a lieu et le prix se forme si Q1=Q2 .
      Mais je pense aussi que , en réalité , l’intensité des préférences précède la quantité de monnaie dans la détermination du prix . Et que , en creusant un peu sous la préférence affichée , on dégote une obligation et/ou une injonction de faire .
      @ J.A .
      Bon d’accord , c’est 2 fois + long , mais ce sont les § qui donnent cette impression . Accordez-moi ce crédit que je n’ai pas simplifié en disant que les 2 sujets étaient tombés d’accord sur le prix :-)

    • Julien Alexandre, dans l’exemple que j’ai pris il y a pour moi une évidence, c’est tellement vague qu’on peut en faire aussi une autre interprétation, c’est pour cela que je dis que ce n’est pas clair et que l’effort intellectuel dont vous parlez on peut le faire dans tous les sens : où se trouve dans toutes nos interprétations à tous possibles ce qu’à voulu exprimer exactement l’auteur quand il a écrit ?

    • Julien Alexandre

      @ liervol

      Ce que vous dites est vrai de toutes les phrases citées hors de leur contexte. Dans le cas présent, ce sont les 2500 mots placés avant et après ce paragraphe qui en indiquent le sens.

      Ce n’est que mon opinion bien entendu.

    • Julien alexandre : sur 2500 mots, il y en a combien de trop pour saisir l’essence de son discours qu’il pourrait supprimer sans dénaturer sa pensée ?

    • Julien Alexandre

      2500 mots avant et après, soit plus de 5000 mots dans ce billet.

      Vous me demandez combien de mots il faudrait enlever pour préserver pleinement le sens ?

      Réponse : deux. Et ces deux mots, je les ai enlevés au moment de la correction du texte, juste avant publication.

      Ceci dit, chacun est libre de s’en faire un résumé de 5 lignes ou un powerpoint de 3 slides ;)

    • Martine Mounier

      @Julien Alexandre

      Et ces deux mots, je les ai enlevés au moment de la correction du texte, juste avant publication.

      Ben voilà, c’est pour ça qu’on comprend plus rien ! :-)

    • Julien Alexandre, le plus difficile en expression écrite, c’est le résumé.

    • En plus, si je prends le paragraphe 1 : La monnaie déconnectée du réel :
      on peut le résumer en 5 lignes :

      Là, je fais du condensé sans fioriture et sans politesse

      avant 2007, c’était cavalerie à tout va dans les pays développés,
      après 2007, c’est cavalerie à tout va dans les émergents.
      Votre attention, mesdames messieurs, vous devez considérer que les prix sont justes et réels que jamais il n’y a eu de bulle spéculative et que jamais il n’y en aura, ceux qui vous disent cela vous mettent… D’ailleurs vous le voyez bien : on ne restructure personne, c’est bien que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

    • Bravo Philémon pour votre explication qui me conduit au schéma suivant en carré. L’acheteur reçoit un objet d’une certaine valeur pour lui en vendant la monnaie à sa valeur présente. Le vendeur cède un objet d’une certaine valeur pour lui en achetant la monnaie à sa valeur future. Il y a donc quatre équilibres dans un échange monétaire. L’équilibre entre la valeur présente et future de l’acheteur et entre la valeur présente et future du vendeur. L’équilibre entre le bien dans la durée pour l’acheteur et le prix en monnaie dans la durée pour le vendeur et l’équilibre entre le bien actuel pour le vendeur et la monnaie actuelle pour l’acheteur.

      Les quatre équilibres se résolvent en trois prix de la liquidité, du crédit et du risque et un transfert de réalité (c’est là où l’on constate que le risque est une réalité en soi distincte qui ne peut pas se négocier à travers la liquidité ou à travers le crédit ; une réalité que la finance escamote pour lui attribuer le prix qui lui convient, caché dans le prix de liquidité ou le prix de crédit). Le prix de liquidité met en relation la monnaie versée par l’acheteur avec la valeur que lui accorde le vendeur au terme où il transformera son pouvoir d’achat en réalité (si acheteur et vendeur anticipent de la croissance économique, ils augmentent le prix de liquidité d’un temps prometteur de valeur). Le prix de la liquidité appartient autant dans sa détermination réelle aux opérateurs réels qu’aux opérateurs financiers et à la banque centrale (les banques centrales sont depuis l’abandon de l’étalon or en position de dictature mal éclairée quant au prix de la liquidité).

      Le prix de crédit met en relation le prix présent des biens dont bénéficie l’acheteur avec leur prix futur dont bénéficiera le vendeur (si acheteur et vendeur anticipent de l’inflation, ils augmentent le prix de crédit). Enfin le prix de risque met en relation le prix de la décision actuelle d’échange entre acheteur et vendeur et le prix que cet échange vaudra pour chacun des deux dans tous les futurs imaginables (si acheteurs et vendeurs sont pessimistes le premier sur la pertinence de son achat présent et le second sur ses opportunités d’achat dans le futur, ils s’accordent sur un prix de risque élevé ; le pessimisme fait augmenter le risque du futur).

  16. angèle

    comme vous le dites dans votre article, la Liberté est fondamentale ; et les Américains y tiennent plus que tout.
    Les haines sortent au grands jours, et ne pensez-vous pas que la guerre va se faire d’abord contre Washington, et après peut être les Américains iront ils jusqu’à à la sécession ?

  17. Quidam

    Petit clin d’oeil à mon commentaire. Sur mon bureau j’ai un calendrier zen( dans son sens four-tout le plus large) et l’aphorisme d’aujourd’hui est « Mieux vaut allumer une bougie que de maudire les ténèbres »
    Il me semble évident que ce blog tient tout de même d’avantage de la bougie que de la malédiction des ténèbres.

  18. Seulement 72 fois l’emploi du mot « réalité »…. ? – Peut mieux faire.

    « La réalité métaphysique du risque de la valeur établit par la monnaie le lien entre l’ordre politique et social et l’ordre économique. C’est ce qui permet d’expliquer la coexistence actuelle de l’inflation et de la déflation et la déstabilisation réciproque en cours entre économie et société mondiales. »

    La métaphysique étant au delà de la physique, il est abusif de parler de « réalité » de la métaphysique. Ce qui existe est réel, mais l’existence d’objets métaphysiques est toujours problématique. Comme disait Hegel, ce qui est réel est rationnel et ce qui est rationnel est réel. La méta physique n’est pas saisissable par nos catégories rationnelles, d’espace et de temps.

    Mais l’être c’est le néant, le néant d’étant et pas le néant d’être.

    Du reste il ne peut pas y avoir d’inflation et de déflation simultanément, si l’on accepte les mêmes critères de mesures.

    Du Jonchay, votre côté Donquichottien prend le dessus et attention aux moulins à vent.

    • La métaphysique étant au delà de la physique, il est abusif de parler de « réalité » de la métaphysique. Ce qui existe est réel, mais l’existence d’objets métaphysiques est toujours problématique. Comme disait Hegel, ce qui est réel est rationnel et ce qui est rationnel est réel. La méta physique n’est pas saisissable par nos catégories rationnelles, d’espace et de temps.

      Le mot « couteau » ne coupe pas. Il n’est donc pas un couteau. Mais qu’est-ce que le couteau ? Le couteau physique ou l’outil métaphysique qui le désigne. La métaphysique du couteau est-elle moins réelle que son existence physique ? En utilisant la métaphysique du couteau, ne parle-t-on pas du couteau à l’intérieur de l’espace et du temps ? Se peut-il que la réalité du couteau ne soit pas reliée au mot couteau, qu’un couteau ne soit pas rationnellement couteau ?
      S’il ne peut y avoir inflation et déflation en même temps pourquoi les États-Unis font tourner la planche à billet qui produit des bulles d’inflation en Chine ? La réalité monétaire est continue pardessus les États nationaux, les langues et les régimes politiques. Si la Fed accorde le crédit d’un couteau à une banque, celle-ci la transforme en liquidité de couteau pour un importateur étatsunien qui se rend immédiatement compte qu’il a un fournisseur en Chine qui produit le couteau 10 fois moins cher qu’aux États-Unis. Le prix du couteau s’effondre aux États-Unis pendant qu’il flambe en Chine à cause de l’afflux des commandes étatsuniennes.

    • Pierre-Yves D.

      Le paradoxe (fécond) du métaphysique, c’est à dire de l’être en tant qu’être, est que l »on ne peut déterminer l’être en tant qu’être, l’être, selon Aristote, ne pouvant se dire en un seul sens, de même que l’être n’est pas un genre (ni d’ailleurs une essence ou une substance.) mais que pourtant les différentes façons dont historiquement fut envisagée cette question furent autant de décisions déterminantes quant à la constitution des philosophies.

      Pierre Aubenque dans son dernier ouvrage intitulé « Faut-il déconstruire la métaphysique » (Presses universitaires de France, 2009) dit :

      « La question « qu’est-ce que l’être » présuppose qu’il y soit déjà répondu. L’être est, pourrait-on dire, la condition transcendantale de possibilité de tout questionnement, y compris sur lui-même. …Mais la métaphysique ne peut se contenter, et ne s’est pas contentée historiquement, de poser une condition formelle de possibilité. Elle s’est efforcée de lui donner un contenu, un sens objectif, oubliant par là que le seul sens véritablement assuré de l’être est une fonction, qui est celle de condition de possibilité de toute objectivation…. Comme l’être n’a pas d’essence, s’il est vrai que l’être au sens d’exister est la condition de possibilité de toute essence et est donc antérieure à toute détermination essentielle, nous ne répondons pas, en exhibant une essence quelle qu’elle soit à la question « qu’est-ce que l’être », mais répondons dans le meilleur des cas à une question que nous ne posions pas, du type : qu’elle est la plus parfaite, la plus excellente des essences dont nous disions, sans savoir pourquoi, qu’elles sont »

      Dans le sens précis où effectivement on s’est efforcé de donner un contenu à la métaphysique il n’est plus abusif de parler de contenu métaphysique et donc de réalité métaphysique. C’est, me semble-t-il ainsi qu’il faut comprendre « métaphysique » dans les textes de PSDJ.

      Lorsque PSDJ emploie ce terme il veut simplement dire que la détermination des choses, des formes dont participent les sociétés humaines relève du contingent, du possible, ce qu’il nomme rétrospectivement liberté. Aristote fait du contingent, du possible le coeur de sa philosophie à la différence de Platon qui faisait de l’être une essence, en l’identifiant aux idées immuables.
      Cela eut des conséquences politiques et épistémologiques très importantes. Platon qui voulait prendre de la hauteur par rapport au sensible avec sa métaphysique propre figeait le monde sensible qu’il prétendait superficiel, tandis qu’Aristote qui s’y plongeait avec son approche plurivoque de l’être parvenait bien mieux à se dégager de ce monde sensible (matériel).

      PSDJ dit :

      Dans la société de valeur vraie, le langage économique reconnaît le travail humain comme cause d’intelligence de la valeur par les formes métaphysiques et comme cause de transformation de la matière par l’énergie physique.

      Les formes métaphysiques ici ce sont les formes du possible.
      En somme le métaphysique c’est ici ce qu’il n’est pas enclos dans l’objectivité d’une réalité matérielle donnée pour seule réalité possible. AInsi, par exemple, le risque dans une société de la « fausse » valeur, ce qui pour PSDJ représente notre société, ne ressortit pas au possible avec y compris tout ce que ce dernier peut comporter d’invention, mais est seulement une mauvaise mesure des choses à l’intérieur d’un cadre dont la « science économique » nous dit qu’on ne pourrait sortir. Ce cadre dont précisément il s’agit maintenant de sortir !

    • @Pierre-Yves D.
      Votre reformulation respecte parfaitement le sens de mon texte. Nous sommes co-auteurs d’un même message.

    • Fab

      Pierre-Yves,

      Félicitations ! Et merci ! Et félicitations et merci aussi à vous PSDJ : c’était donc pô des conneries ce que vous racontiez !

      Bon maintenant que vous avez fidèlement traduit la pensée de PSDJ en langage philosophique, il faudrait une traduction en français courant.

      Je me lance… à votre suite, « Ce cadre dont précisément il s’agit maintenant de sortir ! » :

      « Ce qui importe c’est que le débat s’instaure dans toute la société, dans toute la civilisation, qu’il ne soit plus réservé à une élite, économique, politique, intellectuelle, etc., qui par le rôle qu’ils tiennent ne font que légitimer la place de l’individu dans la société, sa soumission, son aveuglement, son acceptation aveugle du chemin choisi par l’humanité jusque là : ça enlève tout rêve, toute magie, toute beauté à la vie. Cette attitude de la société envers ses enfants est cruelle, c’est un crime contre l’humanité, un crime contre notre humanité. »

      Qu’en pensez-vous PYD ? Et vous PSDJ ?

    • @Fab,
      Si vous voulez dire qu’il existe un devoir social pour tout individu d’essayer de vivre et de penser ce qu’il dit, alors je suis d’accord avec vous. Cette seule résolution permet déjà d’échanger avec ses mots à soi sans qu’ils soient les mêmes que ceux de l’autre qui lui appartiennent. On découvre alors que des paroles différentes et personnelles ouvrent sur une même réalité qui finit par produire une vérité commune qui reste la vérité de chacun.

    • Pierre-Yves D.

      Fab,

      Vous avez raison, les intellectuels doivent penser et agir en citoyen du monde, ne pas s’enfermer dans leur tour d’ivoire. Mais je présume, vous ne visiez personne ici. ;-)
      Aucune voix n’est intrinsèquement supérieure à une autre, c’est du partage de ce que nous sommes, chacun venant avec ce qu’il sait le mieux faire, avec ses expériences, son savoir, ses connaissances, ses questionnements, que quelque chose de plus grand peut advenir.

      Je vous suis aussi pour un grand débat engageant toute la société, seulement un débat cela ne se décrète pas. Pourquoi ceux qui pensent avoir des idées, des propositions à faire devraient-ils en quelque sorte se retenir, attendre que toutes les conditions soient réunies pour commencer à débattre ? Le cœur et la raison n’attendent pas pour se manifester. Le débat c’est à vous à moi de l’engager partout où nous pouvons.

      Cordialement.

    • Fab

      Pierre-Yves,

      Je pointe plus que je ne vise. Par contre vous, vous coupez à la hache ! Je suis convaincu que ce qui nous attend est la spiritualité laïque, à savoir le débat comme priorité, comme quotidien, et vous, vous me lancez un : « un débat cela ne se décrète pas » !

      Une simple question : qui empêche une personne dont la voix porte, un parti politique, un groupe d’intellectuels, etc., d’ouvrir un débat ?
      J’ai proposé ici des questions (non dégrossies j’avoue) : qu’est-ce qui empêche qu’on en parle au quotidien, dans les cafés, comme on parle de football, de pluie et de beau temps, des aventures people, des menaces des gros vilains pas beaux terroristes qui n’ont que ça à faire que de nous faire peur mais dont on ne s’interroge jamais sur leur motivation ni sur leur idéal de société, etc.

      PSdJ,

      Si vous voulez, bien que je me méfie du « devoir » : ce n’est pas la société, la vie en société, qui doit imposer un devoir à l’individu comme elle l’a fait jusqu’à maintenant avec les conséquences que nous connaissons et décrions. C’est la société qui a le devoir de s’adapter aux individus, ce que vous appelez la société « à la Aristote » ! Et la méthode pour y parvenir est la même que le but visé !
      Le but c’est le chemin.

    • @Fab,
      Oui le but est le chemin. Il faudrait que nous identifions les relais d’opinion qui soient le chemin des accords que nous formons sur ce blog. Il faudrait que nous puissions discuter sur ce Blog ou ailleurs avec des responsables politiques actuels ou potentiels qui veuillent construire le chemin pour sortir la démocratie de l’ornière, pour qu’elle produise des buts acceptables et motivant pour toute la société et chaque citoyen.

    • LEMMER Nicolas

      Pour Pierre Sarton, Pierre-Yves, et Fab
      Il me semble qu’avoir de belles pensées, concrètes ou métaphysiques, c’est à tout le moins passer du temps à se faire du bien, et merci de vous être fait du bien.
      Je souhaite réagir à ce fil, et à son dernier jet de Pierre Sarton,
      je cite :
      <>
      Si votre but, ou le mien, est de tracer un chemin pour que se tracent de meilleurs chemins, alors il y a selon moi au moins trois tableaux à peindre.
      Le premier tableau est celui de la situation présente, le deuxième celui du futur qui nous semble se dessiner impérieusement, et le troisième celui d’un futur enviable possible.

      Pierre Sarton, par son essai sur la monnaie & guerre civile a tenté de nous présenter une esquisse du premier tableau.
      Tant d’autres, au quotidien, œuvrent à élaborer leurs touches sur les deux premiers tableaux.
      Mais force est de constater que sur le troisième tableau, il y a d’immenses espaces vierges, et qu’il est bien difficile d’y appliquer des formes, des couleurs, et des perspectives cohérentes, et encore plus de lui donner de la force.
      Merci de ne pas abandonner vos pinceaux, vos crayons, et tous les instruments à votre disposition. La pédagogie est à mon sens un instrument essentiel, merci à Fab de nous
      en faire éclairage, et aux Pierres de n’en pas prendre ombrage.

    • LEMMER Nicolas

      Pardon pour la citation fantôme, la voici :

      Il faudrait que nous puissions discuter sur ce Blog ou ailleurs avec des responsables politiques actuels ou potentiels qui veuillent construire le chemin pour sortir la démocratie de l’ornière, pour qu’elle produise des buts acceptables et motivant pour toute la société et chaque citoyen

    • Fab

      LEMMER Nicolas,

      Merci.

      Le problème avec le troisième tableau est un problème qui accompagne notre civilisation, et duquel il serait temps que nous nous débarrassions afin d’aborder le changement tant souhaité de civilisation en toute sérénité et dans les meilleures conditions : ce problème est bien évidemment ce que PSdJ pointe comme la société à la Platon, où une minorité éclaire le reste, et surtout où le reste s’en contente et fait une confiance aveugle, esclave, à la minorité.

      Un troisième tableau peint avec ce même éclairage serait inévitablement, par définition presque, une copie des deux autres. C’est une méthode, c’est le travail de fourmi des universitaires et autres intellectuels : collecter les données, analyser au maximum, pondre des rapports, accumuler tous ces rapports et s’appuyer dessus pour faire mieux. C’est long, probablement bon, et ça peut marcher. Mais j’attends toujours, pas une preuve, mais juste un exemple historique que cette méthode ait produit un résultat suffisant pour changer d’éclairage…

      Ainsi, je ne peux qu’approuver le dernier commentaire de PSdJ. Oui, il faut trouver et motiver des relais. Des relais sûrs, les meilleurs : ceux qui passent le témoin et s’en retournent cultiver leur jardin, ceux qui portent le débat sur la place publique sans espérer en tirer un quelconque profit personnel, sans prendre leur relais pour un but. Pas de ces fanfarons chantant de belles idées, belles paroles derrière lesquelles se cachent la preuve qu’ils sont en fait des purs produits de la démocratie à la Platon : ils veulent continuer à éclairer le peuple.

      Ce que je critique donc ici, c’est le fait de proposer uniquement des solutions économiques (sur le deuxième tableau), solutions qui ont de fortes chances d’être prises par les politiques et par le peuple comme des buts. Ce ne sont pas des buts : ce sont des chemins. Il y en a d’autres, l’important c’est que le maximum de gens se mettent en marche.

      Comment imaginer qu’ensuite la servitude, la lutte des classes sans parler des retraites, puissent encore avoir un sens, puissent encore être des combats, d’avant-garde ou pas ?

    • LEMMER Nicolas

      Bonjour Fab et merci,
      Cette société « à la Platon » (avec un lot d’exaltés ultra-potents voire ventri-potents) prend en effet au travers des âges des visages différents, et conduit à des désastres monumentaux.
      Et le monde d’aujourd’hui ?
      Une plétore de familles puissantes, de multinationales toujours plus titanesques et globales, des technologies plus orwelliennes que 1984, des armées et autres polices armées suffisamment pour exterminer la planète et même (qui sait ?) les planètes voisines si ça barde pour de bon …
      Je vois notre société comme hyper-platonicienne, avec des ploutocrates déments, sans parler des technocrates, bureaucrates, il ne manquerait plus que les volcanocrates.
      Mon seul espoir c’est que tous ces noeuds de cracrate se dénouent un jour (si possible avant qu’il ne soit trop tard) hébétés par le charme oublié du vol d’un papillon, pris de cours par les traits de plume d’un improbable poète, de ceux qui savent arrêter le temps, bercés par le doux son de leur corps si difficile à entendre dans cette tumultueuse vie citadine dont nous sommes devenus les prisonniers volontaires.
      Et encore. Ce serait un plus si ce poète était multilingue, que le papillon ne soit pas trop éphémère, et que la cigale ne voit pas trop d’inconvénients au travail de fourmi que vous appelez de vos voeux.
      Ce travail de fourmi que vous décrivez me paraît être le bruit de fond du développement humain au travers des millénaires, mais vous me pardonnerez, j’espère, de douter qu’il nous amène autre part qu’au delà du bord du précipice, car toutes nos fourmis ancêtres ainsi que nous-même avons réussi à bâtir ce monde aujourd’hui si périlleux.
      Et pendant que les petites fourmis que nous sommes fourmillons de paroles plus ou moins avisées, les puissants se barricadent dans une tour d’ivoire stratosphérique (ils doivent même avoir atteint l’orbite terrestre), intouchables, omnipotents.
      C’est une simple question de cinétique, les peuples (dans lesquels ont peut inclure les bourgeois) me paraissent pris de vitesse.
      Ce que d’ailleurs Pierre Sarton nous décris avec forte argumentation : même la monnaie est devenue une arme de contrôle et de destruction massive.
      Je pense que je vais désormais y réfléchir à deux fois avant de mettre une pièce d’un euro dans ma main. Elle mériterait de se voir apposé un carré blanc cintré de noir, avec la mention « La monnaie nuit gravement à votre santé ».
      Ce n’est pas Pierre Sarton qui me contredira sur ce point, d’ailleurs en conclusion je le cite :

      Plus le temps passe, plus le bien commun perd son sens économique, plus la valeur de la loi disparaît, plus les pouvoirs politiques se corrompent et plus les sociétés politiques se désintègrent.

      Je ne lui donne pas tord. Mais a-t’il songé à l’effet papillon ?

  19. Selon vous Pierre Sarton de Jonchay l’origine de la déconnection de la monnaie se trouve ou?

    • Peter Hoopman,
      La monnaie est une invention géniale, un vrai produit de l’intelligence humaine pour analyser la valeur hors de soi. C’est donc un outil aliénant qui force à entrer dans la réalité hors de soi et qui repose sur la confiance qu’on a dans le monde et les personnes hors de soi. L’outil nécessite la société de confiance entre des personnes qui se respectent et se reconnaissent d’égale dignité. La monnaie permet d’accéder à ce qu’on produit ensemble. Or une fois que l’objet produit est là, le paiement en monnaie nous fait oublier par quel processus d’échanges multiples il est advenu. On est tenté d’oublier la société qui l’a produit qui est représentée par un objet de sujets. Notre fragile intelligence fait avec la monnaie des raccourcis où elle ignore la société qui donne un sens au prix.

    • Bonjour Pierre,

      Je suis d’accord que l’argent est une invention géniale!!! Comparable avec les inventions les plus grand de l’homme: le rou, feu, imprimer, théorie d’évolution, théorie de la rélativité, ordinateur etc.

      Mais pour rélativer la génialité, tous ces invention était façon parler déjà là, juste en attente de notre découverte, le reveillement.

      Vous écrivez:

      Notre fragile intelligence fait avec la monnaie des raccourcis où elle ignore la société qui donne un sens au prix.

      Tout à fait d’accord!!!

      Je vais reposer ma question: Est ce qu’il y dans notre système monétaire un moment précis ou l’aliénation prend techniquement lieu, selon vous?

    • @Peter Hoopman,
      Je crois que l’aliénation monétaire naît dans le marché qui n’en est pas un, c’est à dire le marché non régulé par l’État de droit qui définit l’intégrité des personnes et les protège physiquement. Quand la négociation marchande se développe hors d’une société démocratique sans intermédiation par la société des situations d’asymétrie économique, alors certains acteurs s’approprient le libre arbitre des plus faibles et le prix devient injuste. La monnaie matière d’un prix injuste est déconnectée de la réalité humaine.

      Techniquement, l’aliénation monétaire est dans la non-régulation des marchés financiers par lesquels le système bancaire émet la monnaie. Toute la réglementation actuelle est un simulacre car le passage par le marché régulé n’est pas obligatoire comme contrepartie à la création monétaire. Les États eux-mêmes se servent de la Loi et de la fiscalité pour acheter le marché sans démontrer et expliciter les critères de leur solvabilité. Et les banques peuvent intervenir sur les marchés de l’extérieur des périmètres nationaux de régulation. Au cœur-même de l’Union européenne archi-réglementée, l’éclatement et la non-coordination des autorités de régulation pose chaque pays comme paradis fiscal et réglementaire par rapport aux autres.

      L’absence de régulation efficiente de la finance livre la réalité aux opérateurs financiers qui se battent entre eux pour fixer des prix hors de l’économie réelle, c’est à dire contre les agents économiques qui travaillent à informer la valeur qui réponde à des besoins humains. La captation de la réalité par la monnaie commence avec les banques centrales obligées de fournir des liquidités dans l’ignorance du prix de la réalité en monnaie. Elles font crédit aux banques sans pouvoir vérifier que les banques fassent crédit dans l’intérêt mesuré et démontré de l’économie réelle. L’économie réelle est maintenue invisible par la captation financière du marché. Le quantitative easing est l’ultime extrémité de la monnaie sans réalité.

    • @ Pierre,

      Qu’est qu’on a Aristotle, Smith & Marx on en commun dans leurs analyses?

      Et pourquoi on ne voit pas l’origine de la bureaucratisation déraillé (le monde technocrate) sui règne notre monde? Mais qui vie pas, c’st une monde mort de papier!!!!

      Vous voulez cadrer et maitriser mieux que aujourd’hui? Plus de loi, procedure, régualtion, controle de contrôle, etc. etc. etc?

      C’est qu’on a essayé de faire depuis un siècle!?

      Pourquoi on vie aujourd’hui une économico-blablababelonique et on ne va pas chercher l’origine de cette latin-économique qui tourne en rond?

      L’origine est devant nous et n’est pas dans les livres même d’Aristotle, Smith et Marx. Dans la synthèse de ces grands oui!!!

    • Sauf erreur de ma part Pierre (et Paul aussi) vous voulez moraliser la corruption bureaucratique?

      En bref ça sert à quoi?

      Techniquement l’aliénantion monétaire est clairement retrouvable, mais on va moraliser cette alliénation et sans d’en parler sauf dans la métaphysique?

      Encore une foi, ça sert à quoi?!

    • @Peter Hoopman,
      Je crois que la bureaucratie est moralement neutre. Ce qui la rend corruptrice ou corrompue, c’est la disparition de la responsabilité politique. C’est à dire la disparition de la discussion du bien commun que la bureaucratie est chargée de mettre en œuvre sous le contrôle actif de la démocratie.

    • @ Pierre,

      Oui tout est dans l’abstrait neutre je suis encore tout à fait d’accord. L’eau, pappa, mamma, la terre, politique tous ces mot son en soi neutre.

      Tu écrit:

      C’est à dire la disparition de la discussion du bien commun que la bureaucratie est chargée de mettre en œuvre sous le contrôle actif de la démocratie.

      Pourquoi la dialogue est disparu?

      J’ai écrit un petit pamphlet « Le LEURRE politico-économique » dans laquelle je parle d’un leurre socialo-libéral: http://www.leleurre.com/fr/pdf/llpe_00031.pdf

      Je suis un fils d’entrepreneur qui n’aimait pas la bureaucratique. La bureaucratie bien fait est un outil indéspensable pour un bonne fonctionnement d’un société. Quand j’ai découvert que les entrepreneurs sont façon parler à la base d’un bureaucratie déraillé (ça veut dire une bureaucratie chronique sans être mis en question) , je croyais pas mes ‘yeux’, ni mes pensées. C’est comme on découvert que la terre est un ballon qui tourne au tour le soleil et la terre n’était pas plat!

      Une autre angle de la même problématique/challenge. La communication (économie) direct et indirect:

      Dans une communication (économie) indirect (bureaucratisation), le côté indirect va prendre le pouvoir. Ca deviens une machine en soi qu’on contrôle tôt ou tard plus!

      La seule reponse aujourd’hui: maitriser, plus de contrôle, plus de règles, procedure etc, tout sortes des mésures qui font que alimenter la machine bureaucratique déraillé.

  20. VB

    Bonjour PSJ,

    Sans commentaire : vous enfoncez des portes maintenant bien ouvertes.

    Cdt.,

    • Toujours aussi encourageante, notre VB…

    • Merci VB de votre lecture que je me réjouis d’avoir facilité en maintenant ouvertes les portes qui doivent l’être. :)

    • VB

      @ PSJ,

      Je vous en prie, c’est gratuit. Je suis toujours aussi fâchée que vous utilisiez votre langage abscon : aucun grand homme ne parle ni ne pense comme ça. Et si vous ne prétendez pas à la place de grand homme, pourquoi tout ce cirque ?
      J’adhère à certaines de vos idées, mais je n’adhère pas à toutes, loin de là, et je n’adhère pas à l’absolutisme de votre pensée. Et puis, vous n’allez jamais assez loin dans la prospective : que donnerait concrètement la mise en oeuvre de vos idées : mais vous savez tout ça, rien de nouveau sous le soleil.

      Cordialement,

    • Ma grandeur est de vous servir VB. Mon langage est éphémère. Allons au-delà des mots. ;)

    • VB

      @ PSJ,

      Mais mon cher PSJ, de serviteur n’ai point besoin : allons dans le même sens, et cela sera constructif.

      Cordialement,

    • @ VB,

      Je voit pas les portes sont ouverts et franchement on doit être très prudent en ouvrir ses portes là. Si on sait pas de quoi on parle, c’est mieux de garder fermé. Si on commence a comprendre les enjeux, oui c’est moment on doit trouver petit à petit le courage d’ouvrir les portes.

    • VB

      @ Peter,

      J’ai bien peur que PSJ n’évoque les évidences que pour mieux faire passer ses idées, toutes matérialistes et d’obédience monétaires unitaristes, sans plus s’occuper des modalités pratiques de mises en application, ni des effets secondaires, ni de leur pertinence pour l’intérêt général : l’essentiel pour lui, reste de convaincre : les beaux mots pour des beaux maux.

      Cdt.,

    • Dans la théorie, je suis très d’accord avec toi. Mais erreur théorique de ma part, PSJ (et aussi Paul Jorion) sont sans il réalise encore en train de nourir les bulles. Ca ne veut pas dire qu’il ne font pas un très important bouleau.

      Je vai essayer d’explique un peut du context de ma blabla:

      Il y a une crise, que personellement j’ai disiais depuis 1993 va venir dans les deux année qui arrive. Je n’était pas un très bon clairvoyant! Ca duré encore treize que c’était arrivé en 2008.

      Paul Jorion a eu aussi le sentiment que les bulles vont pas continué et sont obligé de éclatter un jour au l’autre. Je pense pour PSJ c’est un peut parreil, ils savent la système actuel est en faillite.

      Façon parler on est tous d’accord sur ce point.

      Mais si je voit l’analyse de PSJ et Paul Jorion (sauf erreur de ma part!!!!!) ils veulent moraliser la système financier. Et si la système fiancier elle même est la problème/challange?

      La système financier pour moi c’est basé sur une illusion bureaucratique, si on garde intact cette illusion, je ne voit pas comment moraliser la système?

      Comment moraliser une illusion?

      C’est du temps perdu de mon point de vu.

    • VB

      @ Peter,

      Oui, on peut aussi dire et voir les choses comme ça.

      Cdt.,

  21. Humaniste

    A Marlowe,

    l’expression « lutte des classes » n’est de nos jours assumée que par les riches et possédants (cf W Buffet). Leur position de force à tous les niveaux leur permet de ne pas avoir en faire usage en public et pire d’en ringardiser son usage à longueur de temps dans les médias dont ils ont quasiment le monopole.
    Pour la très grande majorité de la population le lavage de cerveau multi-décennal a fait son oeuvre. Elle veut bien croire ce que la classe politique (presque toute) lui serine à longueur de temps à savoir que pour peu qu’elle porte un jean, qu’elle dispose d’un téléphone portable, d’une voiture même pourrie, et que les plus favorisés puissent se payer des vacances de temps en temps, elle est à l’image des « élites » ou presque et que si écarts il y a, ce n’est du qu’aux multiples talents de ces dernières (sous entendu que VOUS n’avez pas).
    Alors oui Papillon, le seul moyen de faire bouger les choses c’est bien de remettre les « élites » face à une réalité qu’ils ne pourrons nier, la société peut se passer d’elles, l’inverse non.

    • Moi

      l’expression « lutte des classes » n’est de nos jours assumée que par les riches et possédants

      Il y a peut-être une raison sociologique à ce que seuls les capitalistes aient encore une conscience de classe. Tout le monde voit quelle est la classe des capitalistes. Mais quelle est la classe des autres? Les prolétaires ne sont plus vraiment prolétaires (ils sont aussi petit-bourgeois), les paysans n’existent quasi plus, les petits-bourgeois sont le plus souvent salariés, et puis les chômeurs, les fonctionnaires, les exclus, les retraités, etc. Où sont leurs intérêts communs? Forment-ils chacun séparément une classe?

      Moi-même je n’arriverai pas à dire dans quelle classe je suis.

    • Marlowe

      Humaniste mais élitiste !

      Je me suis fait reprendre un jour sur ce blog par des biens-pensants parceque j’avais écrit que l’organisation mondiale du divertissement, parfois appelé culture, abrutissait les masses et que ce n’était par hasard mais parceque c’est sa fonction.

    • Marlowe

      à Moi,

      La conscience de classe est fondée par l’appartenance réelle, c’est-à-dire économique, en quelque sorte objective et par la reconnaissance de cette appartenance, autrement dit par la conscience.
      La conscience serait alors ce qui manque aux exploités.
      La question a souvent été posée dans l’histoire de savoir pourquoi la conscience manque, par exemple dans la question de savoir pourquoi des pauvres s’obstinent à voter « à droite ».

    • Moi

      Il y a des pauvres qui votent à droite et il y a des aristo révolutionnaires. La question n’est pas à ces « exceptions » qui ont toujours existé, même du temps de la plus intense conscience de classe prolétaire. Pour moi, s’il n’y a pas conscience c’est qu’il n’y a peut-être plus de classe. Ex: un employé de bureau et un ouvrier, sont-ils de la même classe? Et parmi les employés de bureau, un quidam est-il de la même classe qu’un cadre moyen? Et ce dernier qu’un cadre sup? Etc.
      Je me demande si les intérêts et les conditions de travail n’ont pas été divisés en une multitude de petites classes, forcément moins fortes et moins conscientes d’elles-mêmes.
      C’est une simple supposition.

    • Martine Mounier

      @ Moi

      Je me demande si les intérêts et les conditions de travail n’ont pas été divisés en une multitude de petites classes, forcément moins fortes et moins conscientes d’elles-mêmes.

      C’est une question intéressante. En même temps, ne vous êtes-vous jamais demandé si « lutte des classes » et « conscience citoyenne » fonctionner bien ensemble. Car enfin, comment unir au-delà des intérêts des uns ou des autres si l’on déplore dans le même temps toute indépendance vis-à-vis des intérêts forcément particuliers de la classe à laquelle on appartient ? Au fond, ne vous êtes-vous jamais demandé, tout à l’opposé de votre raisonnement, si la classe dirigeante n’était pas si conscience d’elle-même, justement par manque de conscience citoyenne ?

    • Moi

      @Martine: pas mal du tout votre raisonnement. Il me convainc. On doit alors parler d’une corruption des élites (de leur sens civique) au moment même où les gens du commun n’ont plus de conscience de classe et peuvent donc voir ressurgir un véritable esprit citoyen? On peut l’espérer mais pour le moment, je ne vois rien venir.

    • Le citoyen et le bourgeois qui se logent en nous ne parlent pas d’une seule voix !

    • Moi

      N’y aurait-il pas un troisième larron parmi ces voix? Le bourgeois défend ses intérêts et ce faisant défend aussi sa classe. Le citoyen voit ses intérêts dans la défense du bien commun. Mais ce que je vois autour de moi (et en moi) ce sont des individus qui ne défendent que leurs intérêts, aucunement leur classe ni le bien commun. Comment se fait-il que ces intérêts individuels ne coïncident avec aucun intérêt de groupe (ni national, ni de classe, ni parfois même pas familiaux)? Comment se fait-il que les capitalistes échappent à cette atomisation des intérêts? Il doit y avoir quelque chose dans l’ordre mis en place qui divise les intérêts de ceux qui peuvent s’opposer aux intérêts des capitalistes, tout en sauvegardant la mise en commun des intérêts de classe des bourgeois.

    • Martine Mounier

      @Moi

      Vous avez raison, les intérêts des membres et les intérêts de la classe bourgeoise se confondent davantage. Probablement parce que l’idéologie dominante qui nous souffle à longueur de temps que l’exercice de la liberté individuelle représente le salut pour sortir de sa condition modeste s’arrête à la porte de la classe dirigeante qui n’ignore pas elle, que les besoins individuels (désirs, expression de soi, fantaisie, amours…) doivent impérativement s’arrêter sitôt qu’ils compromettent de trop les intérêts du groupe, du réseau, de la hiérarchie, de la famille.

      Ce qui fait qu’au final, riches et pauvres sont aussi peu libres de vivre une vie choisie !

  22. « Comme la réalité économique est objective par sa matérialité physique observable en objets de valeur produits ou non produits, échangés ou invendus, et comme la réalité économique est aussi subjective par le langage employé pour exprimer sa valeur, la rupture entre la monnaie et la réalité objective s’est opérée par la réalité subjective. »

    Charabia. La prochaine fois il faudra nous donner la traduction, plutôt que le texte original.

    • Charabia si la métaphysique et le sujet n’existent pas, si nous ne sommes que matière exclusivement déterminés par la matière. Mais si nous sommes autre chose que l’objet de notre pensée, il se peut que nous retrouvions dans notre réalité subjective le lien entre la valeur que nous désirons et la valeur que nous comptons en monnaie.

    • Marlowe

      Charabia ? Je crois que vous y allez un peu fort.
      La langue est peu habituelle et donc dérangeante mais les idées qui sont le socle de cette intervention méritent l’attention.
      Le point qui me paraît le plus critiquable est que le possible et souhaitable renversement de perspective n’est pas mis en évidence et que ce renversement (par rapport au travail aliéné, au fétichismme de la marchandise, à la création de plus value, à la propriété privée et au fait que l’argent puisse être prété contre intérèt) est la perspective essentielle pour redonner toute sa place au sujet.

    • Je tente une traduction :

      il y a deux aspects dans le commerce : l’une c’est la réalité physique des choses, l’autre c’est la valeur subjective qu’on veut bien donner à ces mêmes choses. La monnaie a permis une rupture qui a donné toute puissance à la valeur subjective au détriment de la réalité physique des choses.

      A tel point, j’ajoute qu’il n’est plus besoin de réalité physique des choses pour créer de la monnaie et que le subjectif est à l’œuvre tout autant dans le spéculation que dans l’univers désormais virtuel avec un grand V de la finance.

    • VB

      @ liervol,

      j

      ’ajoute qu’il n’est plus besoin de réalité physique des choses pour créer de la monnaie et que le subjectif est à l’œuvre tout autant dans le spéculation que dans l’univers désormais virtuel avec un grand V de la finance.

      Oui, c’est ça, le subjectif n’est plus seulement dans la spéculation, et ça s’est beaucoup aggravé avec la suppression de l’étalonnage sur un bien fini (or).

      Cordialement,

    • Sérieusement, j’apprécie vos recherches Pierre mais au point où vous en êtes dans la métaphysique et la subjectivité, pourquoi n’allez vous pas jusqu’à intégrer la psychanalyse à vos écrits, parce qu’il est une lecture de la monnaie possible aussi de ce côté là, et votre style s’y prête aisément…

    • Lievol,
      Votre traduction est fidèle. La monnaie permet bien de séparer le prix de quelque chose de la chose concrète ; d’où les développements de la finance à produire des prix du passé et du futur indépendamment du concret présent visible. Mais il y a aussi dans la monnaie adossée au crédit toutes les discussions de la valeur des choses, de leur représentation dans le temps indépendamment de leur existence effective concrète. Or les représentations appartiennent aux personnes. L’échange de représentations est une comparaison interpersonnelle à l’intérieur de laquelle les personnes se reconnaissent dans leur valeur… ou omettent de se reconnaître.
      Vous voyez bien la psychanalyse dans cette affaire. J’approuve tout à fait. Nous savons bien que l’économie psychique interfère pleinement avec l’économie des échanges interpersonnels.

    • @ Pierre, tout à fait mais il y a tout simplement dans la monnaie et la valeur des choses la même attente que dans la consommation, c’est à dire une recherche de sens à l’existence, mais en s’orientant sur l’analyse nos faiblesses structurelles humaines, nous n’y apportons pas de réponse car je crois que malheureusement c’est dans la nature de l’homme uniquement de passage ici bas sans savoir pourquoi il existe que le désir de prendre des vessies pour des lanternes tient lieu de consolation et règne. Donc à mon idée, il ne peut se passer de rêver même s’il est averti du cauchemar où ses songes l’entrainent.

      Donc pour en revenir, à la finance, elle ne fait qu’exploiter la condition humaine, parce que la condition humaine ne demande qu’à être exploitée, parce qu’au lieu d’avoir une réponse à sa présence ici bas, à défaut d’avoir une réalité qu’il ne peut appréhender, l’homme s’est placé de fait dans le subjectif en créant de toute pièce société et organisations dans une matrice vide parce que échappant à sa compréhension. Société et organisations qui comme la monnaie ne sont que les produits de la misère humaine face au cosmos, ils ne sont que aliénation et non réponse, il est donc stérile d’ancrer un débat dans ce sens sur la monnaie aussi pointu en omettant sociétés et organisations humaines car c’est voler haut sans remettre en cause tout l’édifice. Il vaut mieux alors à mon sens rester plus terre à terre sauf à vouloir intellectuellement se faire plaisir sachant que le discours pêche en ne remettant alors pas en cause sociétés et organisations humaines.
      Mais quand bien même il le ferait, nos faibles capacités et notre faiblesse structurelle seraient elles capables de l’entendre ?

      Alors oui, philosophie et finance, c’est un joli exercice, mais expliquer la finance par les techniques du marketing, c’est déjà un peu plus concret et bien plus parlant que d’aller chercher Platon comme Aristote, nul besoin de ces deux penseurs pour expliquer la cavalerie, l’escroquerie, la naïveté comme le besoin de reconnaissance de l’humain qui ne demande qu’à s’exprimer …Pourquoi vouloir voler si haut, quand ces choses là se passent si bas.

    • Pourquoi vouloir voler si haut, quand ces choses là se passent si bas

      Parce que dans notre référentiel terrestre, notre tête et notre cœur se trouvent au-dessus de nos pieds.

    • Rosebud1871

      @liervol 8 novembre 2010 à 20:01

      intégrer la psychanalyse à vos écrits, parce qu’il est une lecture de la monnaie possible aussi de ce côté là

      Freud s’était déjà plaint qu’on veuille enrôler la psychanalyse comme bonne à tout de faire de la psychiatrie. Alors pour la finance, souhaitez-vous qu’il fasse des cauchemars ?
      Le seul point qui me paraît évoquer la question de l’échange, de la propriété, de la monnaie, dans la théorie analytique mais spécifiquement celle de Lacan, c’est ce qu’il a développé tardivement sous le terme de la fonction phallique qui règle le rapport du parlêtre à la jouissance. Dans cette fonction, le phallus n’est le signifiant d’aucun signifié particulier mais en puissance de tous. Il n’a pas de référence propre, et fonctionne du fait de cette absence. Comme tout ça est très complexe et pas très causant, mais comme la notion de fétichisme est plus populaire, disons pour rire qu’un monsieur est d’ordinaire réputé pourvoir s’attacher à une chaussure pour un prix en monnaie exorbitant. Une dame pour un prix en monnaie tout aussi exorbitant pourra s’attacher à une collection de paires de chaussures. Je crains qu’aucune monnaie universelle ne vienne palier aux mésententes du parlêtre.

  23. à M. Sarton.

    Avec tout le respect que je vous dois, monsieur Sarton qui avez mon âge je crois, où êtes-vous, où es-tu allé à l’école? Moi, j’ai appris à parler plus simplement, je parle aussi plusieurs langues; bref, j’avais déjà fait la remarque, et là, je m’aperçois que beaucoup d’internautes la font aussi… Je vais te dire franchement que j’ai renoncé à lire ta prose, trop… comment dire…J’y reviendrai peut-être dans un autre commentaire. Enfin, peut-être pourras-tu m’expliquer pourquoi on peut aimer s’exprimer ainsi… Le sujet m’intéresse car j’aime l’écriture, la pensée et les livres, mais de l’illisible, de l’incompréhensible, je n’en ai rencontré que rarement au fil de mes lectures, sauf quelques grands philosophes… Et puis, pour qui te prends-tu, pour un de ces grands? Je suis un peu caustique, je m’en excuse, mais de temps en temps, surtout quand il est question de langage et de transparence pour mieux comprendre notre société, il vaut mieux par respect pour autrui être clair et simple. C’est une question d’honnêteté. Je crois que j’ai été assez claire. Si ta formation a consisté à te former un esprit embrouillé dans la complexité, nous pouvons comprendre que nous finissions par ne plus rien comprendre du tout… Est-ce que je me trompe? Une petite réponse, avec note explicative, de celui qui manie un tel langage serait la bienvenue. Le langage m’intéresse. Merci d’avance.

    A suivre…

    P.S: La prochaine fois, je serai plus polie, je dirai « vous ».

    • La pensée de Sarton résumée pour les cancres ( à lui de dire s’il est d’accord) :

      Le capitalisme est une machine économique où la pédale de frein peut servir d’accélérateur et l’accélérateur peut servir de frein .

      Le capitalisme se sert de la confiance comme pédale d’embrayage .

      Les guerres sont ce qu’on appelle le point mort .

    • Martine Mounier

      @ Anne

      « je parle aussi plusieurs langues »

      La vache, z’êtes trop forte !

    • Moi

      « Et puis, pour qui te prends-tu, pour un de ces grands? »

      Remarque de droite (eh oui, il y a des remarques connotées politiquement).
      D’abord vous ne savez pas s’il n’est pas du même calibre que ces « grands » dont vous parlez. Et ensuite, ces « grands » n’ont pas toujours été « grands » et donc on aurait pû leur faire la même remarque de leur vivant (on ne se gênait d’ailleurs pas). Et puis enfin, il s’exprime comme il veut, il n’y a là rien de choquant. Si on n’aime pas, on passe son chemin. Si on ne comprend pas, on demande des éclaircissements.

    • Anne

      L’ami, je ne m’intéresse pas au contenu des billets de M. Sarton, car je refuse ce que j’appelle la torture des cerveaux, c’est un choix. Donc je n’ai pas pris la peine de lire ce que j’appelle sa prose. Merci quand même d’avoir essayé de me résumer sa pensée, mais ce n’est pas ce que je demandais. Ce que je voulais savoir, c’est pourquoi on choisit d’écrire dans un style aussi complexe. Une question de choix de langage et d’expression, plutôt. Je voulais qu’il me l’explique en personne.

      Martine, je viens de dire que je m’intéresse au langage, comme aux langues et à l’écriture, c’est tout. Martine, relisez bien, j’ai bien pris soin d’écrire que je m’excusais de dire les choses sur ce ton, mais que je choisissais de les exprimer ainsi. Le choix de dire quelquefois les choses comme on les pense, clairement… en matière de transparence… Mais Il y a aussi d’autres façons….

      Moi, vous me collez l’étiquette droite qui à mon avis n’a plus vraiment de sens, comme celle de gauche, d’ailleurs. Droite, gauche, on va dépasser tout ça j’espère. Qu’est-ce qu’on en a assez de ces antagonismes qui ne mènent à rien, qu’à nous occuper, à remplir des heures d’antenne et des pages de journaux, depuis que ces deux camps s’affrontent, les choses n’ont guère avancé… Un petit jeu fatigant, qui a le don d’occuper les esprits pour les empêcher de s’intéresser à l’essentiel. Je pourrais m’étendre, mais une discussion sur la politique, ce sera pour une prochaine fois… Pour ce qui est de l’écriture de M. Sarton, ce blog est un espace de libre expression, je m’en sers. Je le répète, je ne lis pas M. Sarton, je n’en ai ni l’envie, ni le temps, j’ai assez de lectures plus compréhensibles sous la main, pourquoi irais-je me forcer à lire ce qui est rébarbatif et illisible, en général, je passe mon chemin, comme vous dites. Mais je me sens tout à fait libre, à l’occasion, d’exprimer mon opinion; ce blog sert à ça, ou non?… Aujourd’hui, j’avais envie d’écrire cela à M. Sarton, il peut me répondre, il est assez grand pour le faire tout seul.

      Bien à vous.

    • Moi

      @Anne: « Droite, gauche, on va dépasser tout ça j’espère. »

      J’espère aussi. Mais pour le moment vous êtes très à droite. :)

    • Fab

      Ne passons pas à côté des choses simples.

      L’ami des radiateurs (ils ont trouvé la parade : la clim réversible),

      « à lui de dire s’il est d’accord » : encore faudrait-il qu’il décrypte votre prose.

      Martine,

      時間更複雜。時間 !
      更複雜。時間更複雜。時, 間更複雜。時間更複雜。時間更 ? 複雜。時間更複雜。時間更 !!!
      複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。時間更複雜。…

      (Lao Tseu, Tao Tö King)

      La seule façon de réellement saisir la pensée d’un auteur est de lire le texte original. J’attends votre réaction sur cet extrait qui résume à mon sens toute la pensée de ce grand philosophe, et qui donne toutes les clés de l’élévation de l’espèce humaine. Je vous préviens : si vous me répondez en araméen, pour que nous ayons une chance de sortir de l’auberge, préférez l’araméen du sud-est, le seul que je comprenne parfaitement. Tchô.

      Moi,

      Très adroite c’est sûr.

    • timiota

      @ L’ami des radiateurs

      Vous êtes très très fort, bravo (sérieusement)

      Alors, vous et liervol, vous pourriez nous faire une sale version « anaristotélicienne », dé-stagyritisée de la prose de PS J ?
      Sans rire , il n’y en a que pour une ou deux demi-journée… Si vous pensez que cela met bien des étiquettes sur des gros morceaux et que ça nous éclaire tous.

      Cdlt

    • Martine Mounier

      @ Fab

      Ça parle du temps et de la complexité, non ?
      Si j’ai raison, voyez comme il suffit d’un tout petit effort (en l’occurrence ici une tentative toute bête de traduction en ligne) pour entrevoir quelque chose de la plus grande énigme pour moi ce soir.
      Et du reste, même si je me trompe — ce qui serait normal, étant donné que c’est Anne la grande spécialiste des langues étrangères ! —, le plus important n’est-il pas au fond que je me sois dit : « Tiens…, c’est quoi ? Qu’est-ce que ce truc vient faire ici ?! En trouvant cela joli, en me disant que cela aérait bien la conversation et le regard, bref en étant curieuse et ouverte, plutôt que de paniquer par avance à l’idée que nous ne puissions nullement nous comprendre et échanger si nous ne possédons pas tous deux à l’avance l’araméen du sud-est !

    • @ timotia

      vous voulez vraiment me faire faire un effort , moi qui suis né faible?

      D’accord .
      Juste parce que Stieglitz l’a déjà fait pour moi ;-)
      p89 de son dernier bouquin ( prix Nobel quand même!) il écrit :  » « Mais rien n’est certain en économie ».

      ps / j’avoue que les raisons de cette incertitude me passionnent .

    • Fab

      Martine,

      Excellent.

      Cela dit je préfère la version de Pierre-Yves à celle de PSDJ. Et je préfère la mienne (vers là si mon message paraît bien sûr) à celle de PYD.

      Quant à « la pensée de ce grand philosophe, et qui donne toutes les clés de l’élévation de l’espèce humaine » : le temps et la complexité n’interviennent pas, forcément pas (la traduction en ligne a encore des progrès à faire !).

      Cherchez encore.

    • Martine Mounier

      @ Fab

      (…)
      Deuxième étape : reconnaître humblement ses limites et demander à celui des deux qui est bilingue de vous traduire le passage.

      Soit, il vous répond et votre échange aura été non seulement drôle mais instructif, soit sa colle l’amuse en vérité plus que le fait de vous dire quelque chose, auquel cas ma démonstration reste valable : la possibilité comme l’impossibilité de l’échange nait du désir commun d’échanger et non de la facilité ou de la difficulté initiale ! ;-)

    • Fab

      Martine,

      Je suis d’accord. Le désir d’échanger existe. Deux questions :

      Où placez-vous l’action ?

      Si l’on considère que les crises sont les occasions idéales de bifurquer, d’être actif dans le changement, pensez-vous qu’il soit raisonnable de tenir des discours élitistes auxquels le plus grand nombre ne peut s’intéresser ?

    • Martine Mounier

      @ Fab

      Pourquoi un texte difficile d’accès serait-il forcément « élitiste » ?
      Les impressionnistes étaient-il élitistes lorsqu’ils étaient complètement incompris ?
      Marx était-il élitiste lorsqu’il n’était pas encore lu ?
      Lao-tseu est-il élitiste parce que sa pensée nous bouscule ?
      Il faut absolument que nous cessions de considérer toute chose qui demande un effort comme élitiste, sinon quoi, on ramène tout au niveau du temps de cerveau disponible ?

      La pensée est action : vous devriez pourtant le savoir vous qui lisez les grands maîtres du Tao dans le texte !

    • Moi

      La pensée est action

      Si la pensée est action, l’action est pensée.
      Je me demande si le philosophe qui croit que sa pensée seule agit sur le monde n’est pas du même niveau que le footballeur qui se prend pour un intellectuel. Wishful thinking, quand tu nous tiens… Gaffe donc à cette interprétation idéaliste.

      Si par contre cette phrase veut dire (et je crois que c’est la bonne interprétation au vu de la vie de Wang Yang Ming, grand philosophe, grand chef militaire et grand administrateur) qu’il faut penser ET agir, unir ces deux aspects en nous, je l’approuve.

  24. Sarton est finalement très facile à lire .

    Il suffit d’aller à la dernière phrase ;-)
    En étant un peu malin , il suffit , pour éviter le dur labeur d’une lecture enrichissante (certes) , mais vraiment sans aucune pitié pour les cancres … il suffit de se demander : » tout celà le mène où? ».
    Coup de bol, cela le mène à une toute petite et simple question !.

    Et de reconnaitre que la question posée est fondamentale .
    « La guerre civile est-elle toujours un passage obligé de la civilisation ? »

    De la civilisation : non .Du capitalisme : oui.
    http://vazimonga.over-blog.com/article-6567392.html

  25. Martine Mounier

    @Pierre Sarton du Jonchay

    Permettez-moi de le dire à ma manière, de sorte que vous puissiez dire si ma pensée respecte ou trahit la vôtre : la valeur du risque (quantique) c’est la responsabilité.

    J’ai tout bon ?

  26. Martine Mounier

    HS/ C’est vraiment mieux les citations dans un corps plus petit. Merci/HS

  27. Germanicus

    La dernière « pensée » du chef de la banque mondiale consiste à proposer un nouveau Bretton Wood pour restaurer l’étalon d’or au niveau international. Le désordre monétaire est tel que les décideurs poltiques ne savent plus comment et par quel moyen agir, ils tâtent le terrain comme un aveugle.

    • Philémon

      La réalité économique de l’or est objective par sa materialité physique observable en objets de valeur dans les écrins , les coffres et les mines . Malheureusement , la réalité économique de l’or est aussi subjective par les bobards racontés par les sujets sur le contenu réel des écrins et des coffres , sur la richesse des filons et même sur leur existence . Ce qui consacrerait la rupture entre la monnaie et la réalité objective de l’or .

  28. Le danger des Intelligences d’Origines Contrôlées , c’est qu’elles dogmatisent sans s’en rendre compte puisqu’elles ne se confrontent plus aux autres formes d’intelligences.

    Je sais peu, certes … mais je sais que l’incapacité à dépasser sa propre culture est un frein à l’intelligence , tout comme les préjugés .
    C’est pourquoi j’aimerai que mr Sarton du Jonchay essaie de s’exprimer parfois avec les mots de l’autre , même au risque d’une traduction approximative.

    • Martine Mounier

      @L’ami des radiateurs

      Il ne vous viendrait pas à l’esprit de demander à quelqu’un de porter les habits de quelqu’un d’autre pour être plus ceci ou plus cela qui vous convienne davantage. La compréhension vient parfois bien longtemps après l’intérêt. Laissons le style Jonchay produire ses effets (agacer, étonner, intriguer, etc) et souhaitons lui au contraire de dérouler toujours plus confortablement sa pensée novatrice dans ses mots en 3D (sic).

      (j’adore votre pseudo).

    • A mon sens , il ne s’agit pas d’habit mais de communication , il ne s’agit pas de plaire mais de comprendre et d’être compris .
      A mon humble avis , tout jargon a pour but de rester bien peinard dans sa secte , son clan .sa profession, son pays etc…

      Mais ,à vrai dire, ma tentative n’avait pour but que de tâter le terrain .

      Sarton parle le Sarton , et c’est tout .Qui veut le comprendre devra décrypter .

  29. blitzz

    Comme Ben Bernanke l’a indiqué à moyen/long terme la valorisation de la monnaie est toujours le reflet de la santé économique d’un pays notamment sa croissance même en période de déflation. Et oui la croissance existe en période de déflation un exemple: le japon. Le japon a usé/abusé du QE mais leur monnaie s’est raffermi et la déflation n’a jamais été vaincu.
    Mais nous sommes dans un cas particulier le dollar est LA monnaie de référence. SI toute les monnaies grimpent par rapport au dollar il n’y aura que des bénéfices.

    Une monnaie forte n’a que des avantages.
    Augmentation du pouvoir d’achat, Attractivité du pays/région pour investir dans ces actifs, l’épargne reste dans le pays, coût des matières 1ére en baisse donc contrôle de l’inflation lorsque le coût du produit dépend fortement de la matière 1er .

    La chine sera obligé de revaloriser fortement sa monnaie pour éviter l’inflation importé par les matières 1er (cf exemple à la fin du message). C’est seulement lorsque la chine laissera flotter sa monnaie qu’elle deviendra la 1er puissance économique mondiale et non pas l’inverse.

    Le PIB des états unis est environ 15 000 Milliards de $. si la monnaie baisse de 10% par rapport aux monnaies mondiales soit 1 000 milliards (QE1) cela permet de réaliser un dépression/décroissance caché/soft de 10% mais cela est derrière nous … Le dollar va se renforcé avec la piqure d’adrénaline de la FED sur la croissance. La FED , aprés avoir réussi à éviter le krach, cherche maintenant en achetant le bon du trésor à ce que les entreprises US (les derniers épargnants des US) réinvestissent dans le pays.

    il n’y a pas d’inflation et nous ne verrons pas le retour d’un forte inflation des produits dans les pays occidentaux sauf US (inflation importé à court terme) pas avant que les chinois laissent flotter leur monnaie. Car la « core » inflation (moyen/long terme) a toujours pour source l’augmentation des salaires dans le pays.

    Les 2 problèmes chinois: la matière 1 et et la hausse des salaires « des qualifiés » chinois malgré la masse de « mains d’oeuvre non-qualifié » mais il y a trop peu d’école supérieur.
    Ils seront donc ,par eux -même sans pression occidentale, obligé de faire apprécier leur monnaie pour faire baisser le coût de production de leur produit. Non ?? un exemple
    Cela n’est valable que pour les pays en voie de développement. En effet la production dépend principalement des coût de matière 1er.
    Coût d’un produit en t0:
    40 yuan de (salaire + bénéfice) & 60 yuan de matiére 1er.
    Hypothèse:
    1- hausse salaire 10%
    2- matière 1er hausse de 10%
    3- pour contrer la hausse de 10% des matières 1er la chine décide de laisser s’apprécier leur monnaie de 20%. (exemple : euro/$ 1.3 => 20% => 1.56 réaliste non ?)

    salaire: 30 => 10% de hausse => 44 yuan => hausse 20% de monnaie donc hausse salaire=> 52.8
    matière 1ère: 60 => 10% de hausse => 66yuan => hausse de 20% de la monnaie donc baisse du coût de matière 1ère => 52.8

    coût d’un produit en t1:
    52.8 +52.8 = 105.6 yuan « réévalué » au lieu de 44+66 = 110 yuan « fixe » sans la hausse de sa monnaie
    CQFD.

    Le problème ici c’est que la chine est le 1er consommateur de matière 1ére …

  30. Je constate avec plaisir qu’aussi bien ceux que le style de PSJ ne dérange pas que ceux qui éprouvent le besoin de traduire d’abord ses arguments sous une forme qui leur est plus familière, reconnaissent la qualité du travail novateur qu’il a entrepris.

    • Paul, nous allons tout droit des 72 réalités en autant de mondes parallèles, mieux que Secondlife mieux que les auteurs de SF, ce blog alors que nous importe la quatrième dimension du temps si tous ces mondes coexistent ? L’incertitude comme la certitude dans un dans l’autre, c’est seulement les portes qu’il nous faut trouver…Albert revient, expliques nous la finance par la physique … expliques nous, je rêve que la plus grande énergie se trouve non pas dans l’atome mais dans la pensée, qu’il suffirait d’autres pensées pour faire d’ici un paradis au lieu d’un enfer, que tout est question de programmation, qu’il nous faut jeter nos vieux programmes qu’on se traine depuis des millénaires à la poubelle et tout recommencer à zéro…Parce qu’en définitive l’histoire comme l’expérience enseignent plus à refaire les mêmes choses qu’à les éviter, façon de se mesurer une fois de plus avec je ne sais quoi dont on se dit cette fois : je sais, je sais comment faire…

      Henri Laborit a raison, le salut est dans la fuite…

    • Sauf moi! Bonjour Paul, ce matin, j’ai repris le livre de Philippe Breton, « L’utopie de la communication – Le mythe du village planétaire » ( 1997). Êtes-vous un de ceux qui travaillent à cet « homme sans intérieur », comme décrit à la page 97, « un nouveau modèle de l’homme rationnel et transparent »? Je suis curieuse de ce que sera votre réponse?… Je pense avoir trouvé une explication à certaines des questions que je me posais…

      A suivre…

    • Fab

      liervol,

      J’ai pas tout compris mais je suis d’accord sur le fond !

      il suffirait d’autres pensées pour faire d’ici un paradis au lieu d’un enfer, que tout est question de programmation, qu’il nous faut jeter nos vieux programmes qu’on se traine depuis des millénaires à la poubelle et tout recommencer à zéro…

      Je sais, je sais comment faire !

    • @ liervol

      « L’enfer, c’est quand tout sera parfait. » Jean Rostand

      « La pensée est née de l’expérience et de la connaissance, et la pensée n’a vraiment rien de sacré. Penser est matérialiste, il s’agit d’un processus de la matière. Et nous nous sommes reposés sur la pensée pour résoudre tous nos problèmes de politique, de religion et de relations humaines. Nos cerveaux, nos esprits sont conditionnés, éduqués en vue résoudre des problèmes. La pensée a créé des problèmes et nos cerveaux, nos esprits, sont ensuite exercés à les résoudre par un surcroÎt de pensée. Tous les problèmes sont créés, psychologiquement et intérieurement, par la pensée. Suivez ce qui se passe. La pensée crée le problème, psychologiquement, l’esprit est formé pour résoudre les problèmes par davantage de pensée, donc la pensée crée le problème, puis tente de le résoudre. Elle est donc prise dans un processus continu, une routine. Les problèmes deviennent de plus en plus complexes, de plus en plus insolubles, il nous faut donc trouver si possible une approche différente de la vie, non par la pensée puisque loin de résoudre nos problèmes, elle en a accru la complexité. Nous devons découvrir – s’il est possible ou pas – qu’il y ait une autre dimension, une approche différente, à la vie en tout. Et c’est pourquoi il est important de comprendre la nature de notre pensée. Celle-ci se fonde sur le souvenir du passé – c’est à dire penser à ce qui est arrivé la semaine dernière, penser à sa modification dans le présent, et sa projection dans l’avenir. Tel est le mouvement réel de notre vie. Ainsi la connaissance a pris pour nous une suprême importance, mais la connaissance n’est jamais complète. La connaissance vit donc toujours dans l’ombre de l’ignorance. C’est un fait. Ce n’est ni l’invention ni une conclusion de l’orateur, mais c’est ainsi. »

      J. Krishnamurti The Network of Thought Chapter 8 1st Public Talk Amsterdam 19th September 1981

    • Fab

      fujisan,

      En plein dans l’mille ! Merci.

      Ce conditionnement a avalé toute magie, tout rêve, tout possibilité de rêve, toute possibilité de rêver sa vie, toute possibilité d’imaginer qu’il est possible de rêver sa vie. Il aplanit, il trace un seul et même chemin pour tous, et désigne ensuite par commodité, par nécessité, des gestionnaires.

      A vomir.

  31. Jérémie

    Il faut de tout pour faire un monde, il ne faut pas plus en vouloir envers celui ou celle qui préfère plutôt exprimer les choses de la vie et de la société de telle ou telle manière, c’estsouvent le monde de la finance qui nous influence de la sorte, qui veut ça, on n’éduque beaucoup les êtres de nos jours à savoir mieux exprimer le langage du monde,

    Par exemple pour les gens de la haute, dans leur désir de rechercher continuellement à améliorer les choses, et puis pour les gens d’en bas dans leur continuel désir de simplifier
    ce qui peut l’être encore, pas toujours permis non plus de laisser aux gens simples le droit
    de proposer une autre approche de vocabulaire dans la résolution des problèmes de société.

    Peut-être aussi un peu l’esprit du politique moderne qui veut ça, ne pas trop vouloir que les gens en sachent davantage pour pouvoir mieux ensuite se passer d’eux une fois au pouvoir,
    si les choses ne sont pas claires les gens simples rechignent souvent à vous suivre dans les propos aussi novateurs et réformateurs soient-ils, c’est dommage surtout si c’est réellement bien dans l’intention première et le souci de mieux rendre service à la collectivité.

    Mais je suis sur que tout-à-chacun est capable de comprendre cela, écrire par exemple quelque chose de la manière la plus novatrice qui soit, et puis ne pas oublier dans le même temps d’inclure un petit paragraphe, histoire de mieux permettre à d’autres d’y trouver de meilleures clés de lecture, c’est ce que je pense avoir trouvé à la lecture de ce billet, et par rapport aux premiers billets de l’auteur sur le blog.

    Je ne crois pas non plus que l’auteur se montre aussi réfractaire et sourd aux commentaires, car si cela avait été le cas je n’aurais certainement rien compris à la plupart de ces paragraphes.

    C’est quelqu’un ayant en fait une plus grande intelligence que la mienne, je ne peux pas davantage lui en vouloir et lui reprocher dans le fait d’avoir été un plus loin dans la cogitation
    et méditation de certaines choses importantes, tout le monde n’est pas né non plus avec le don d’une meilleure programmation système, etc …

    Attention, attention aussi cela ne veut pas dire que je suis quelqu’un qui préfère me laisser conduire n’importe où. Je ne suis en fait qu’un pauvre et modeste homme, un rien du tout en fait pour les gens de la haute, rien qu’un autre numéro de plus, voire même quelqu’un de très inoffensif, je n’aime pas plus faire du mal au politique, qu’envers le nouveau moucheron de passage servant principalement en premier les bon intérêts du monde de la finance aveugle.

  32. jducac

    La guerre civile est-elle toujours un passage obligé de la civilisation ?

    Pourquoi voulez vous orienter la population vers des idées de guerre civile pour régler un problème qui semble avant tout être une question de prise de conscience ?

    Il faut seulement faire comprendre à des populations gâtées et insatiables, quelles vont devoir se faire à l’idée de consommer moins. C’est-à-dire voir leur niveau de vie, au mieux stagner, et plus probablement se réduire dans nos pays développés.

    Une guerre civile ne changerait rien, qu’elle soit locale ou internationale, elle ne ferait qu’accélérer la consommation d’énergie qui est la cause racine des problèmes de l’humanité, laquelle n’a qu’une seule terre pour vivre. Les plus faibles seraient les premières victimes.

    Longtemps l’énergie, sans laquelle il n’y a pas de vie, donc pas d’humanité, a été captée par elle, en provenance du soleil par l’intermédiaire de la flore et de la faune, mais avec un faible rendement. Ce rendement de captage a néanmoins cru lentement et continument (aux accidents climatiques et sanitaires près) grâce au progrès des techniques agricoles et artisanales jusqu’à la fin du 18ème siècle.
    Avec l’entrée dans l’ère industrielle, nous avons changé de braquet en puisant dans les sources d’énergies non renouvelables, extraites elles, avec d’excellents rendements, donc de faibles coûts. Mais les réserves s’épuisent et le grand confort qu’elles ont procuré dans nos pays privilégiés, ont euphorisé les peuples et anesthésié les capacités de clairvoyance de leurs dirigeants.

    Bien que le Club de Rome, grâce aux travaux du MIT, ait sonné l’alarme dès le début des années 70, le monde développé n’a pas eu le courage de regarder la situation en face.
    Au lieu de se préparer à opérer un changement de sources d’énergies par réduction de leur train de vie, donc de leur consommation, les pays développés, perdant toute retenue, se sont au contraire enivrés aux alcools forts que sont la création monétaire et l’endettement.

    Intoxiqués et vieillis, il nous est maintenant impossible d’honorer les dettes contractées et nous n’avons plus qu’à nous livrer pieds et points liés à nos créanciers. Ils mettront nos descendants en esclavage et saisiront nos joyaux pour se dédommager.

    Fini les pulsions juvéniles qui, dans notre pays, sont allées jusqu’à faire renvoyer le plus grand chef d’Etat que nous ayons connu parce qu’il prônait la rigueur, l’ordre, la bonne tenue, gages d’efficacité, de respectabilité, de grandeur et d’indépendance.
    Place à la souffrance, au déshonneur, à l’humiliation. La sanction sera d’autant plus redoutable qu’elle s’appliquera à un pays jugé prétentieux, prêt à donner des leçons à la terre entière.
    La justice dans cette histoire, c’est que les générations responsables sont encore vivantes et vont devoir expier leurs fautes devant leurs enfants et petits enfants.

    • Jducac, je suis d’accord avec ce que vous dites. La dernière phrase est tout à fait vraie. Et que l’on ne nous parle pas de guerre civile, ce mot « guerre »… juste un petit mea culpa devant les médias suffira, et puis baisser un peu son train de vie, être plus respectueux… Mais, pour reprendre Gabriel Marcel dans « L’homme problématique » qui s’interroge sur les évènements du passé, « Qui est responsable de ce qui est arrivé là? ». Il faudra bien parler à un moment ou à un autre de responsabilité, mais ce mot a été tellement maltraité, galvaudé; nous sortons d’une époque où plus personne ne semble être responsable de quoi que ce soit. Vive la liberté! Une très grosse erreur.

      A suivre…

    • Martine Mounier

      @ Jducac

      Lorsque Pierre Sarton du Jonchay écrit « La guerre civile est-elle toujours un passage obligé de la civilisation ? » ce n’est pas qu’il souhaite cette guerre mais qu’il la redoute. Et c’est parce qu’il fait preuve de lucidité qu’il travaille pour une justice pacificatrice.

    • VB

      @ Anne,

      Si, vive la liberté car le mot liberté correspond à l’affranchissement et à la capacité de chacun (de l’être dirait PSJ dans ses moments de clarté) à pouvoir se réapproprier le cours de son existence. Mais évidemment, il n’y a de liberté vraie que dans un cadre et dans le respect de ce cadre, en d’autres termes, que dans le respect de l’autre et du groupe, qui induit par ricochet le respect de soi. C’est ce respect qui a été perdu, et le moyen matériel de cette perdition se trouve, si je ne m’abuse, pour 80 % dans la perte de moralité, laquelle a pris la forme de la généralisation du jeu, du pari en toute tranquillité (sécurité) pour un petit nombre d' »élu » autoproclamés (voir même élus !) et du rêve suivi de désillusion pour la plus grande masse (99,9 % des gens), qui, eux, ont vu et verront le risque matérialisé par la perte de très près.

      Cdt.,

  33. In bubble we trust

    La déconnexion entre matières premières et réalité économique pourrait s’amplifier
    http://www.agefi.fr/articles/La-deconnexion-matieres-premieres-realite-economique-pourrait-samplifier-1157234.html

  34. JeanNimes

    Réserves habituelles : il est possible que PSJ énonce des vérités nouvelles, mais ce qu’il dit du communisme et du matérialisme est comme précédemment totalement erroné. C’est le pape qui dit en général que le matérialisme nous perd…

    La catégorie philosophique de matière est définie par le matérialisme dialectique et historique comme une réalité objective dont l’unique propriété est d’exister en dehors de la conscience, propriété attestée en dernière analyse par les sens. En font partie aussi bien la monnaie que les rapports sociaux, les classes sociales que leurs rapports conflictuels et bien d’autres choses un peu longues à énumérer !

    Cette catégorie philosophique de matière rassemble les multiples définitions scientifiques spécifiques de la matière dans les divers champs de connaissance : la matière en physique quantique n’a pas les mêmes propriétés que la matière en physique non quantique ou en biologie… Quant aux processus qui permettent la pensée et la conscience, ils font aussi partie de la catégorie philosophique matière.

    Enfin pour ceux qui se demandent qu’elle est la différence entre la philosophie de Hegel et le matérialisme dialectique et historique, il est possible de dire que Hegel discute du rapport entre l’être et le néant, et oublie de discuter le rapport entre l’être et la pensée, rapport que prend en compte aussi le matérialisme dialectique et historique.

    Et pour conclure en bouclant : la dialectique de Hegel est infiniment plus développée que celle d’Aristote… et comme le matérialisme dialectique et historique est plus riche (et plus conforme à la réalité, à mon avis) que la pensée de Hegel… voilà pourquoi je doute que s’appuyer sur la philosophie d’Aristote aide vraiment à y voir plus clair.

    • JeanNimes,
      Je n’énonce aucune vérité nouvelle. J’applique la philosophie d’Aristote à ce que nous observons au présent pour découvrir que non seulement la réalité matérielle s’inscrit bien dans sa métaphysique mais que le Grec nous offre avec 23 siècles d’avance d’autres réalités entre lesquelles nous pouvons choisir. Bien que Hegel nous fournisse beaucoup d’explications lumineuses sur la marche du monde, il ne nous laisse pas la même liberté qu’Aristote.

    • Jérémie

      Ce n’est pas tant le matérialisme ou la matière qui est mauvaise ou qui nous perd, c’est
      le fait de vouloir plonger davantage le monde la tête la première dedans, ne permettant guère mieux aux êtres en conséquence de mieux passer spirituellement à autre chose de plus sage et prudent, de moins prévisible et catastrophique en ce sens je partage la pensée du pape et des nombreux prophètes du livre à ce sujet.

      Le monde est devenu bien fou ! Je dirais même que nous allons pas assez loin dans la seule critique du tout matérialisme marchand sur terre, d’où la très grave crise spirituelle du monde actuel et du grand dérèglement climatique qui s’envuivra fatalement aux hommes qui persisteront à vouloir vivre dans l’erreur, c’est pourtant très simple à comprendre.

      Plus on embrasse la matière pour le confort et la sécurité supplimentaire, et plus la matière vous retient, vous oblige, vous influence, vous possède, vous conduit, vous dirige, vous contraint, vous surveille, vous contrôle, un peu comme une trop grande Mère possessive
      et un peu trop bien établie un peu partout dans la plupart des corps de ce monde.

      Pourquoi le monde se montre-t-il toujours aussi peu spirituel, lorsque l’homme en finit par perdre systématiquement cela et ceci en plus ? Pour moi le bon équilibre à rechercher et
      à trouver serait 50/50 mais pour le moment ce n’est pas exactement ça, surtout lorsque les valeurs matérielles sont rendus tellement prédominantes et indépassables, pour paraît-il le meilleur concret solide à poursuivre, le seul langage possible autorisé encore plus lorsqu’on sait que les forces de la matière sont bien plus influentes et tyranniques dans l’esprit des êtres lorsque nous possédons moins de choses pour se sentir bien et heureux.

      Oui selon moi le monde ne devrait pas tant rechercher à glisser davantage dans la matière, du tout politique, du tout marchand, du tout social, comme dans ces seules valeurs sinon à quoi donc ressemblera l’humanité demain ? A quelque chose de plus viable, de plus différent non je ne crois pas, ce serait même carrément manquer de bons sens, vous n’avez d’ailleurs qu’à rechercher à couler davantage une plus grande chape de plomp sur le corps et l’esprit d’être humain, et vous verrez mieux alors s’il s’en porte mieux ou pas à la longue, oui il est quand même bien pesant et dur le vocabulaire de ce monde.

    • Pierre-Yves D.

      @ jeannîmes

      Vous pensez avoir tout dit en disant qu’il existe une catégorie philosophique matière.
      Mais comme vous le suggérez vous-même la matière en physique quantique n’a pas les mêmes propriétés que la matière en physique ou biologie .. et on pourrait idem pour la physique sociale.
      Le matériel n’est donc pas donné une fois toutes en ce qui concerne ses propriétés.

      Je pense que vous faites l’erreur d’assimiler le plan métaphysique à un esprit qui serait séparé de la matière, alors que l’esprit est lui-même une propriété de la matière, ou mieux, une émergence en tant que capacité d’appréhension et d’explication des phénomènes.

      Rien n’indique une telle dichotomie esprit-matière dans la prose de PSDJ. A vrai dire rien n’interdit de penser le plan métaphysique au sein même de la matière. Le métaphysique c’est seulement un questionnement sur les conditions de possibilité de toute existence. Il exprime la dimension d’inconnu sur lequel fait fond toute objectivation. Ce fond est lui-même matériel mais nous n’en connaissons que certaines propriétés de même que le matériel présente une dimension chaotique qui nous échappe, et c’est précisément cette dimension qu’Aristote nomme contingence sans laquelle il ne peut y avoir de praxis, par opposition au monde supra lunaire où tout n’est qu’immobilité et éternité. Aristote introduit ainsi l’idée des choses qui existent en puissance. C’est faute d’avoir oublié que notre monde social et matériel est largement une création humaine pensée sur le mode de la praxis, que la science économique a évacué en enfermé dans son champ clos des modèles mathématiques faits d’équations réversibles, où l’imprévisible, l’inconnu n’a aucune place, ce en quoi on peut dire qu’il y a réification, chosification de l’humain. La chosification de l’humain c’est le There is no alternative de Margaret Tchatcher et ses émules, c’est prétendre que les choses dans leur ordre ne peuvent être autres qu’elles ne sont.

      Dans le vocabulaire de PSDJ, si je ne m’abuse, matière signifie le donné matériel relativement brut, avant information et transformation du fait d’une action humaine ou tout au moins avant une nouvelle information-transformation. Les causes matérielles qu’il distingue des causes formelles et finales ne sont pas autre chose qu’une référence ce donné brut que constitue notre milieu objectif. Selon cette perspective,le matériel c’est le monde physique et social non questionné. C’est l’existant avec ses propriétés particulières, donné pour seul existant possible.

      Aristote le premier met en évidence un monde de la praxis, lequel implique le lien indissociable entre l’action humaine — à commencer par la capacité humaine de réflexion et de connaissance –, et le monde matériel. Pourquoi s’en tenir à Aristote alors que d’autres philosophes ont été plus loin dans la dialectique ? Il me semble que c’est parce que ces philosophes n’ont fait que reprendre pour la développer l’intuition de base d’Aristote relative à l’existence d’une praxis, le concept fondamental dont avait besoin PSDJ pour mener sa réflexion.

    • LEMMER Nicolas

      Messieurs,
      En réponse à Pierre Sarton, qui nous dit :

      Bien que Hegel nous fournisse beaucoup d’explications lumineuses sur la marche du monde, il ne nous laisse pas la même liberté qu’Aristote

      En bon candide, je me pose la question : entre l’époque d’Aristote et celle d’Hegel, n’y a-t’il pas eu des siècles d’histoire humaine, une multiplication des êtres, des situations, des complexités ?
      L’évolution de notre histoire ne nous conduit-t’elle pas inexorablement vers une perte graduelle de liberté, emprisonné que nous sommes par notre passé qui, dans toutes dimensions, va vers la complexité (démographique, technologique, historique, etc.), et fait de nous des êtres de plus en plus … « indiscernables » ?
      Dans ce cas, il m’apparaît que Hegel n’avait aucune chance de laisser à ses contemporains plus de liberté qu’Aristote pouvait en léguer.
      Mais alors à quoi bon éclairer la situation d’aujourd’hui par la pensée d’Aristote, puisque l’humanité ne pourra plus jamais vivre dans le monde de son époque ?

  35. @Anne et à tous ceux qui cherchent une autre formulation de la même thèse,

    Pour résumer ce texte : à quelle paix nous conduira la guerre du dollar

    La valeur de l’homme, c’est sa vie. Mais pas une simple existence dans le temps entre une date de naissance et une date de décès. La marque de la vie humaine est la transformation du monde vivant. A la mort physique d’une personne, le monde aura changé parce que cette personne aura vécu. Il en est de même pour tous les individus : ils vivent parce qu’ils veulent apporter leur transformation personnelle à l’état (le résultat d’être) du monde. Cela signifie que l’homme vivant travaille. Pas seulement pour changer l’état de la matière mais pour informer la matière de sa personne. Par le travail, la matière a acquiert une forme qui crée un objet de valeur.

    La forme est métaphysique : la matière physique reste la matière physique, même quantité, même composition, après transformation en objet. Le travail de la matière en objet imprime la marque de son sujet. Le travail est donc source de la valeur en différenciant la matière entre l’objet et le sujet. La valeur est bien la transformation du monde par la personne humaine qui travaille. Mais toutes les transformations ne se valent pas. Le changement de forme qui vaut l’homme répond à la fin de l’homme ; à la fin de celui qui travaille pour la fin de celui qui consomme. La valeur du travail passe par l’échange dans le temps : d’abord une discussion des fins des personnes qui travaillent pour consommer, ensuite une négociation de la transformation de la fin du travailleur en fin du consommateur et enfin les transferts de matière qu’implique la transformation négociée.

    La vie humaine de travail est valeur de transformation de la matière terrestre par les fins humaines. On découvre ici la dimension capitale (oui capitale) de la valeur humaine. La fin est la réalité métaphysique de délimitation et d’identification de la personne. La personne est la fin pour laquelle l’individu humain vit. Les personnes ne sont pas interchangeables ; parce qu’elles ont leurs fins propres qui les caractérisent, qui les rend uniques. La liberté est la spécificité de la vie humaine personnelle. L’homme subit les déterminations de la matière, se soumet à la logique des formes qu’il reçoit mais choisit ses fins. Même au fond de l’esclavage, il est libre de ses fins. La personne reste éternellement la personne unique et libre de toute autre personne. Le travail qui dépense l’énergie dans la transformation matérielle est plus fondamentalement découverte des fins de l’autre. Ne pas reconnaître dans le travail la quête des fins de l’autre conduit à détruire la possibilité de la valeur (là est la crise actuelle).

    La liberté de la vie humaine pose la question de l’autre. La matière est aussi la relation de fait qui réunit les sujets par une même existence physique. Le sujet humain unique est semblable à son prochain par la même matière dont il est fait. L’appartenance à un même monde physique oblige à la négociation d’une communauté métaphysique. Chaque homme a ses fins propres qu’il impose aux autres ou qu’il fait entrer dans les fins d’autrui. L’effet de la valeur est donc non seulement la matière informée par des fins humaines mais la conciliation des fins humaines par le vivre ensemble. Il suffit d’un seul refus du vivre ensemble pour détruire la valeur que l’humanité produit. C’est exactement ce que font le gouvernement et la réserve fédérale étatsuniens par la relance du quantitative easing. La planche à billet n’est pas destruction de la valeur par sa matérialité mais par sa causalité dans la transformation des fins humaines en réalité physique.

    L’État de droit étatsunien pousse le plus loin possible la logique actuelle du monde des fins non discutables. La valeur y est conçue sans régulation par les fins humaines. Les fins sont absorbées dans la matière. La valeur n’est que quantité et la vie n’est rien d’autre que l’augmentation des quantités. La monnaie, qui exprime la quantité de toute chose indépendamment de la diversité des propriétés matérielles de l’existence physique, est l’outil universel de création de la quantité. Les autorités étatsuniennes qui expriment la conception publique de la valeur mondiale s’adonnent au pur capitalisme quantitatif : elles créent du signe sans valeur probable, sans échange de fins pour former la réalité de la valeur. Un nouvel univers conceptuel advient où le bien commun est objet de spéculation. Une poignée d’individus s’essaie à absorber dans sa métaphysique particulière la réalité physique universelle.

    Les États-Unis vainqueurs de la deuxième guerre mondiale ont cru que leur loi politique était la meilleure possible pour définir la valeur de l’humanité. Leur unité de compte de la valeur s’est imposée dans toutes les transactions internationales. Le dollar est devenu l’étalon monétaire de la valeur produite dans le monde. Le système étatsunien de conciliation des fins humaines a fait croire que la vie pouvait se limiter à transformer la matière. La société humaine mondiale ne s’est pas rendue compte que des fins individuelles prenaient le pas sur le principe de soumission réciproque d’une offre à une demande de valeur collectives. Les fins individuelles des intermédiaires financiers dominent les fins individuelles des responsables politiques, qui dominent les fins individuelles des états nationaux, qui dominent un monde sans valeur commune. Les personnes n’existent plus ni individuellement ni collectivement. La monnaie enfle d’une mesure de la réalité qui ne veut connaître aucune fin.

    L’inflation monétaire dissout la mesure des liens sociaux. Il devient impossible de donner un prix à la demande de l’autre ; impossible de définir une offre qui la satisfasse dans les limites de la réalité matérielle ; impossible d’accumuler le capital métaphysique de formes propres à répondre aux fins humaines. La planche à billet force le crédit d’une réalité dont le futur n’est plus échangé. La masse des crédits s’accroît provisoirement sur une réalité à laquelle la monnaie ne donne aucun prix crédible. Le travail perd le sens de la valeur, renonce à réclamer l’évaluation en monnaie qui lui revient. Le travail renonce à projeter dans le futur ce qu’il peut se demander à lui-même. A l’inflation de monnaie par le crédit répond la déflation de la réalité humaine du travail. Les pays émergents répondent à la demande des pays développés qui s’endettent de ne plus travailler. La prise de conscience brutale d’une réalité très en dessous de la valeur que les monnaies lui donnent entraînera la guerre civile ou la reconstruction mondiale de la démocratie.

    • En une phrase : cavalerie bulle cavalerie bulle jusqu’au crack final.
      En quoi est il nécessaire d’aller chercher Aristote pour parler d’un bon vieux schéma, qui 2000 ans auparavant s’appelait comme aujourd’hui rien d’autre qu’une escroquerie ?
      Qui peut encore croire que les prix reflètent une quelconque réalité ?
      C’est pour cela que je persiste à dire que pour expliquer ce n’est pas à la philosophie qu’il faut faire appel mais tout simplement aux concepts marketing.

    • @PSDJ :

      Effectivement vous saisissez les hautes fins de l’action humaine et de la « destinée humaine (Altruisme) , mais vous avez une curieuse tendance à les retraduire en rapports marchands … ! Ou a regretter ces rapports ?

      Puisqu’on célèbre de Gaulle, il convient de rappeler qu’au sortir de la 2nd guerre mondiale il y avait des objectifs non financiers et que la société n’était PAS libérale ! il y avait des plans quinquennaux dans l’industrie notamment.

      Que faites-vous de la fable des abeilles ? Elle n’est pas quantitative, pourtant elle sert de modèle aux libéraux. Les « signes » sans valeurs (QE2) doivent pourtant inciter au vice privé. On en revient toujours au même, les valeurs collectives ne sont rien d’autre que les jouissances individuelles, mais ce n’est pas le néant ou la matière comme vous l’écrivez. Ce sont des « valeurs » individuelles… comme les drogues, la cocaine, l’alcool, etc.

    • Guerre civile ou reconstruction mondiale de la démocratie?

      Pour moi, la guerre est une manifestation de l’orgueil humain .
      Il reste une autre hypothèse avant celle  » d’après la pluie le beau temps  » ( reconstruction d’une démocratie mondiale) , celle du découragement .

      http://vazimonga.over-blog.com/article-permis-a-poing-60678173.html

    • Lisztfr,

      Ce sont des « valeurs » individuelles… comme les drogues, la cocaine, l’alcool, etc

      Vous avez bien raison de mettre valeur entre guillemets. Individu et drogue renvoient à la matérialité, ce qui est visible, divisible et indivisible. L’individu est l’élément indivisible de la quantité. L’individu se juxtapose à un autre individu dans une absolue distinction et séparation. Évoquer l’individu, c’est insister sur la non-relation. L’individualité est une condition de la liberté pour évoquer le sujet qui ne dépend que de lui-même sans relation nécessaire avec d’autres sujets et objets. Mais l’individualité sans la pluralité est aussi la négation de la liberté car l’individu qui n’a pas la possibilité d’être plus qu’individu n’est individu de rien et donc n’existe pas.

      Associer l’individu humain à ses drogues rappelle la spécificité du sujet humain de pouvoir par la matérialité construire sa propre négation en se coupant de la pluralité. L’utilité des drogues est de couper les liens de la conscience individuelle avec l’hors de soi ; donc de vider la liberté du sujet de sa substance. La consommation de drogue allège la conscience du sujet et réduit le poids de sa valeur en l’individualisant radicalement. On se doute que se shooter est un moyen de compenser le manque de valeur ressenti par l’individu dans sa relation au monde et aux autres. Les jouissances individuelles ne sont pas le néant mais conduisent le sujet au néant si sa jouissance est de couper la relation avec l’altérité.

      Dans vos exemples de drogue, vous ne citez pas l’argent, la matérialité de la monnaie. Cette drogue est particulière et redoutable car elle est métaphysique. Elle active la puissance hypnotique du nombre ; elle crée le vide par la quantité. Elle sature la conscience par la croissance infinie du nombre produit par le sujet lui-même. Le sujet est à lui-même sa propre drogue quand il parvient par lui-même hors de toute observation hors de lui-même à produire le prix de toute chose.

      Permettez-moi de tirer parti de votre commentaire pour expliquer comment les stock-options et bonus vendus à des dirigeants servent à les droguer pour détruire la mesure de leur valeur individuelle. Un dirigeant responsable d’un portefeuille d’actifs est vendeur du prix de ce qui fait la valeur du portefeuille constitué. Il vend, c’est à dire il démontre et convainc de sa propre compétence à transformer en valeur les relations qu’il a avec ses fournisseurs, collaborateurs et clients. La vente du prix de la responsabilité a une valeur positive si le prix proposé est inférieur à la valeur réelle que la responsabilité produit pour ses bénéficiaires, c’est à dire les clients et les actionnaires.

      Les clients d’un dirigeant sont propriétaires du prix de ce qu’il produit avec la collectivité qu’il dirige (fournisseurs + collaborateurs). Les actionnaires sont propriétaires de la plus-value sur le prix de ce qu’il produit par la collectivité qui comprend aussi les clients (fournisseurs + collaborateurs + clients). Le dirigeant est responsable du prix proposé aux clients et du prix de la plus-value restituée aux actionnaires qui dépend du prix réalisé avec les clients. Le dirigeant est responsable du prix proposé aux clients en étant responsable du prix de revient négocié avec les collaborateurs et les fournisseurs.

      La compétence d’un dirigeant gestionnaire d’actifs est donc l’anticipation de l’équilibre des prix qui permet de rémunérer successivement les collaborateurs, les fournisseurs, les clients par la réalité du bien ou service produit. L’actionnaire est lui rémunéré par le surplus incertain de valeur que dégage tout ce cycle de production. Une mauvaise anticipation de l’équilibre est soit une erreur qui se constate en fin de cycle financier du fait que la réalité se révèle différente de ce qui avait été prévu, soit une intention délibérée de brimer l’un des acteurs à la chaine de valeur en dépit de sa nécessaire contribution. La compétence du dirigeant est donc de promettre des prix qui motivent les acteurs de la valeur et qu’il essaie de réaliser au mieux pour rendre une plus-value la plus substantielle possible aux actionnaires. Parce que les actionnaires ne peuvent pas connaître à l’avance le prix certain de leur contribution à la valeur, ils sont propriétaires du risque et ont le droit de contrôler les décisions du dirigeant.

      Les propriétaires du capital alloué aux dirigeants sont propriétaires de la plus-value parce que le capital est nécessaire dès le début du processus financier pour prouver le prix promis aux acteurs de la valeur. Nécessaire comme mesure anticipée positive de la rentabilité du processus, nécessaire comme liquidité initiale de la valeur investie dans le cycle financier, nécessaire enfin comme preuve de la réalité engagée par des sujets croyant à la probabilité du calcul d’anticipation financière du dirigeant. Le capital mesure ce que les actionnaires acceptent de perdre si le dirigeant en qui ils mettent leur confiance se trompe dans le prix de la valeur anticipée. Le dirigeant vend le prix de la plus-value de son anticipation financière aux actionnaires qui la lui paient en lui remettant le capital.

      Un dirigeant doté d’un capital est vendeur de la mesure de ce capital (stock option) à ses actionnaires qui sont propriétaires de l’option de cette mesure en acceptant d’en verser la prime, c’est à dire le capital libéré en monnaie. La responsabilité du calcul du capital a un prix qui est le capital effectivement versé à l’origine du cycle financier quand la valeur future se trouve exclusivement dans la capacité d’anticipation du dirigeant et pas dans une quelconque réalité hors de l’intelligence du dirigeant. Le capital versé par des actionnaires distincts du sujet du dirigeant produit l’altérité, donc la matérialité objective de l’anticipation de la plus-value par nature incertaine avant tout commencement de réalisation.

      Quand donc on propose à un dirigeant ou à un directeur d’actifs une prime ou un bonus calculé sur le prix de l’anticipation qu’on lui demande de produire de la valeur, on l’intéresse à la valeur comme au prix. Au moment où il évalue le prix de ce qu’il va produire qui est la condition pour décider de prendre un risque de valeur sur le futur, le dirigeant vendeur du prix du capital qui garantit sa prédiction en récupère à l’avance une fraction du prix qui n’est pas commencée d’être réalisé. La vente de stock option à un dirigeant consiste à lui restituer immédiatement le prix de la compétence qu’on lui achète. La conséquence de la vente d’option de capital à un dirigeant qui en est déjà le vendeur par fonction est de supprimer la certitude et l’engagement de la réalité d’une anticipation financière.

      La vente d’un stock option à un gérant d’actif est un shoot de drogue monétaire pour déconnecter son intelligence de la perception du réel, c’est à dire de l’attente des clients, collaborateurs et fournisseurs à la production effective de valeur par le prix anticipé du processus financier. Un dirigeant acheteur de l’option de capital dont il fixe le prix qui va permettre d’engager l’investissement est incité à pousser le prix possible de ce qu’il va produire sans vérifier qu’il soit probable, c’est à dire sans discuter dans un marché transparent avec les clients potentiels, les collaborateurs et les fournisseurs les prix intermédiaires qui rendent possible et rentable pour tous la production envisagée.

      La finalité du stock-option vendu aux dirigeants financiers est de supprimer leur perception subjective du réel. Ils sont coupés des informations venant de la subjectivité d’autrui et perdent la perception de la relation de leur moi à l’autre. Ils sont privés de la conscience de leur moi par l’autre. Le stock option détruit l’unité personnelle du dirigeant par le nombre. Il doit annoncer le prix le plus élevé possible de création de valeur indépendamment de la réalité probable. Puis pour ne pas décevoir les actionnaires avec une promesse non réalisable, il doit écraser son prix de revient aux dépends de la réalité livrée au client et des rétributions promises aux fournisseurs et aux collaborateurs.

      Le dirigeant intéressé à la fois au prix et à la valeur réelle de l’anticipation financière est conduit à user son intelligence contre la réalité qui va advenir, à user la réalité qui advient contre sa capacité personnelle de relation à l’autre et à user l’unité de sa personne contre son intelligence qui oppose le vouloir au pouvoir. La finance qui réunit l’intelligence du futur avec la réalité présente a besoin de sujets équilibrés entre leur personne qui les relie aux sujets de la valeur, leur intelligence qui les relie à l’objectivité du monde et leur existence physique qui les rend sensible aux limites quantitatives de la réalité physique.

      Les ventes de stock options aux dirigeants sont le symptôme de la dégénérescence matérialiste du capitalisme. L’anticipation de la valeur future n’est plus qu’une production frénétique de prix en croissance continue par élimination systématique des fins, des formes et des effets de l’autre. L’individu s’enferme en lui-même en se shootant avec des nombres qui ne le le raccrochent à aucune réalité ni physique ni personnelle. L’argent est bien la drogue de l’individu qui ne voit pas en lui-même sa personne en relation avec l’autre. Le quantitative easing est le dernier shoot du capitalisme individualiste avant d’aller se suicider ou d’avouer comme un dirigeant devant ses actionnaires qu’il s’est trompé en tant que dirigeant…

  36. @PSJ

    Parce que dans notre référentiel terrestre, notre tête et notre cœur se trouvent au-dessus de nos pieds.

    Sauf que nous finissons tous six pieds sous terre, comme poussière que l’on s’appelle
    Aristote, Nietzsche, Spinoza, Voltaire, Bergson, Montesquieu ou Chateaubriand, qu’on soit Hugo
    où l’inconnu du coin en 1950, et que si les idées fussent, la subjectivité du monde c’est à dire la société ne change pas beaucoup à travers les siècles, il n’y a que le progrès technique ou scientifique pour en donner l’illusion et encore dans ce début de XXIème, il se retourne contre nous le progrès technique, car lui aussi il s’est inventé le droit à la subjectivité dans une construction en abîme que ses créateurs n’avaient pas prévu; on nomme cela le virtuel.

    Et dans le virtuel, le progrès technique ou scientifique n’en a que faire de l’homme dont pourtant il devait assurer le mieux vivre, au contraire il s’affranchit de la condition humaine
    pour virtuellement servir une minorité en dehors de tout devoir ou sens commum.

    Nous ne sommes tous ici bas que de permanence et quelque soit notre cœur et notre
    tête nous ne sommes pas plus avancé que 2000 ans plus tôt au niveau de la condition humaine, ce n’est pourtant pas faute d’avoir réfléchit et écrit sur la question.


    KANSAS – Dust In The Wind
    envoyé par danadi33. – Regardez plus de clips, en HD !

  37. Thom Bilabong

    @ PSDJ
    Merci pour vos explications.
    Une réserve cependant sur le futur apocalyptique annoncé : la peur étant un excellent facteur de décision, ne pensez-vous pas que les différents pays, ainsi que les EU eux-mêmes, réagiront d’une manière ou d’une autre pour stopper le tsunami « dollar easing » ?
    A vous lire,
    salutations respectueuses.

    • L’ont ils stoppé avant ? car bien avant le le Q2E fût la cavalerie du dollar, sans que rien n’y personne sauf De Gaulle n’ose en parler à son peuple comme il le fit le 4 février 1965.
      Quarante ans ont passé depuis sa mort, vous avez vu depuis des politiques remettre en doute le privilège exorbitant du dollar ? Pourquoi voulez vous que cela change, les changements c’est toujours le dos au mur qu’ils se produisent, le mur arrive mais n’est pas encore atteint…

    • Thom Bilabong

      @liervol
      Les conséquences d’aujourd’hui et à venir sont beaucoup plus graves qu’en 1965 !
      Faute de solution pérenne, les marchés réagissent un peu comme la grenouille dans l’eau chauffée progressivement mais ils réagissent quand-même. A preuve les allers et retours à la moindre annonce Fed ou BCE. A mon avis, ils attendent le bon moment pour réagir. Et pas forcément d’une bonne manière.

    • @Thom Bilabong,
      J’aimerais répondre à votre interrogation avec certitude mais ne le peux. Je suis le conseil de Paul Jorion : exprimons-nous et espérons qu’on nous entende. Notre avis n’est pas nécessairement sans intérêt. C’est la base de la démocratie si nous croyons qu’elle existe.

  38. Aloysius Bertrand — Gaspard de la nuit

    Préface

    PRÉFACE

    L’art a toujours deux faces antithétiques, médaille dont, par exemple, un côté accuserait la ressemblance de Paul Rembrandt et le revers celle de Jacques Callot. — Rembrandt est le philosophe à barbe blanche qui s’encolimaçonne en son réduit…

    Comme moi, lorsque je me rends au fin fond de cette cave par temps hivernal… Comme PSDJ avec Aristote ? :p

  39. Rosebud1871

    @PSDJ
    Vous ? (ce vous est une approche fausse de la causalité, de la vérité, de la réalité, d’où le point interrogation) « me » faites produire du travail de rêve.
    Je vous explique la vérité : j’avais lu le fil entier hier soir très tard enfin après 0 heure ce jour, et commencé un bout de réponse, puis je suis allé au lit.
    Ce matin me reste un zeste de rêve vague mais clairement érotique. Me vient alors l’expression : « Belle de jour ».
    J’ai revu ce film récemment en HD (Haute Définition) un cadeau blu-ray reçu.
    Et me reviens une scène de ce film.
    Entrainé à cet exercice spirituel d’associer à propos du comment et d’où viennent « mes » pensées, voilà la vérité : j’ai trouvé votre prénom « Pierre » chez le mari de Belle de Jour, puis lié à votre échange 8 novembre 2010 à 09:41 en Castillan avec Timiota c’est Buñuel, et puis c’est encore « Pierre » Clementi qui joue Marcel, et Piccoli qui fait lien avec picole/picrate/rouge (termes dont j’ai récemment usé sur ce blog), la Haute Définition c’est Pierre-Yves 8 novembre 2010 à 14:53 (« chaque notion répond d’une définition précise pour peu qu’on aille s’enquérir de ces définitions ») et les sous-jacents surdéterminant : « c’est combien l’amour », le prix, la valeur, la réalité surréaliste qui a fait surgit cette réminiscence de Belle de jour
    Il y a Deneuve qui dit :
    « Avec toi, si tu veux, je ne prendrai rien ».
    « Qu’est-ce que c’est que cette petite tache brune? » demande Pierre Clementi « C’est de naissance », répond-elle. « Ah merde ! J’aime pas ça ! Rhabille-toi ! »
    La tache qui fait tache comme un défaut sur la marchandise et qui suspend sa consommation.
    Ce défaut auquel fait écho celui de Pierre Clementi alias Marcel la cicatrice/boutonnière dans le dos, qui suscite au contraire le désir.
    « C’est combien l’amour » mène à l’occasion au semblant de contrat car pas de tiers pour plainte.
    « Le marché fournit par l’équilibre de l’offre et de la demande de garanties la mesure certaine en crédit de tout objet réel de valeur à terme ».
    La métaphysique d’Aristote a-t-elle une réponse sur l’objet réel de valeur à terme, qui se vend et s’achète à partir de l’offre et de la demande : « c’est combien l’amour ? ». Parce qu’au fond, comme vous le savez, depuis Freud le rêve est accomplissement de désir, et le mien est de savoir enfin combien ça coûte pour de vrai, le juste prix, le vrai prix, en vraie monnaie.
    « La condition de continuité temporelle objective du marché garantit que toute la chaîne d’anticipation financière débouche bien sur une réalité matérielle physique qui satisfasse réellement des êtres humains physiques. Elle signifie qu’un contrat financier se relie par une chaîne continue de contrats à une réalité à terme physique et négociable ».
    Est-ce opérant pour sortir du struggle for life : bouffer/être bouffé, baiser/être baisé ?

    Après avoir ajouté votre texte du jour aux précédents, j’obtiens un pdf de 120 pages.

    Je vous avais signalé le peu d’occurrence du terme « travail » dans vos productions, je constate qu’il est depuis plus présent.
    Je vous signale aujourd’hui le peu d’occurrences du terme « propriété » : 4 en tout ! Dont 3 dans cette phrase :
    « L’intérêt de l’assurance vie en France vient de la Loi. Tout actif de valeur mesurable doit avoir un propriétaire redevable de l’impôt relatif a cet actif. Si la propriété est privée, la fiscalité applicable à la propriété doit être acquiescée par le propriétaire qui bénéficie du droit de discussion. L’interprétation française de ses principes de propriété, de citoyenneté et de fiscalité ont conduit à l’élaboration financière d’un produit d’épargne fiscalement avantageux par rapport à d’autres produits de même nature financière. »

    Au hit parade de vos termes préférés, valeur 760, financier et finance 596, prix 532, monnaie 488, réalité 434, objet 308, réel 307, marché 290, loi 204, sujet 159, liberté 77, guerre 56, paix 6 et le petit dernier « propriété » donc 4 occurrences.

    C’est pour moi un tour de force, une performance dont je me reconnais incapable, et que vous réalisez d’écrire 120 pages à propos de monnaie, de finance, de valeur, de prix, avec si peu de place pour le terme de « propriété », c’est vous qui écrivez que « le langage est la matière métaphysique des anticipations financières ».
    Ma solitude à vous faire ce genre de remarque, commence à m’embêter. Si vous soumettez un bouquin à un éditeur, le comité de lecture ne manquera pas de s’en apercevoir.

    Ce que je constate, c’est que le soir de l’annonce du plan d’austérité anglaise, le journal de la 2 diffusait un reportage
    Hier soir m’a t-on dit le même journal TV instruisait sur les travaux d’intérêt général en Grande Bretagne pour les chômeurs.
    Le TIG ou Travail d’Intérêt Général en France était jusqu’à hier une sanction pénale de substitution à l’emprisonnement. L’unemployed person sera donc assujettie à la double peine.
    C’est tout de même embêtant que la notion d’Intérêt Général avec des majuscules soit métonymisée ainsi, non ?
    Pour savoir ce que vont penser les français, il vaut mieux regarder la propagande aux heures de grande écoute. On apprend aux très jeunes qu’il faut écouter ceux qui savent.

    « Au XVème siècle, bien que faisant partie de la réalité, la métaphysique est sortie du champ de la science », écrivez-vous. J’aurais plutôt dit que le discours de la science à partir de la physique construit une réalité en symbolisant des bouts de réel, ce qui a rendu caduque la méta-physique.
    Quand je lis votre réponse à Marlowe 8 novembre 2010 à 11:23 , sans avoir lu une ligne de Marx, sinon celle qui vous ont été données sur ce blog, ça m’épate. Il est des lectures qui prennent une vie, pas moins.
    Vous reprenez mes remarques sur la notion d’étalon :
    « La mesure d’une distance par un mètre étalon est affectée d’une marge d’imprécision correspondant à une fraction de la réalité physique de l’étalon ». Sans doute, mais ça n’empêche pas qu’en partant d’un méridien il y a deux siècles, on arrive au yoctomètre 10-24 deux siècles plus tard, donc du coté de l’imprécision, il y a de la marge.
    De la marge dans les activités financières, il y en a aussi, et celle là vous la psychologisez avec « La cupidité financière a épousé le nationalisme ». Cette marge n’est pas sans tomber dans l’escarcelle juridique personne physique ou morale privée ou publique et si vous le notez « Évidemment, il faut que les riches abandonnent la logique de l’accaparement », vous ne dites pas comment cette évidence doit être traitée au niveau mondial.

    Lacan était présent au Colloque de l’Unesco en 78 pour le vingt-troisième centenaire de la mort d’Aristote. Voyez à la page 23 : http://unesdoc.unesco.org/images/0013/001327/132733f.pdf
    Il dit notamment ceci :
    « Le psychanalysant syllogise à l’occasion, c’est-à-dire aristotélise. Ainsi Aristote perpétue sa maîtrise. Ce qui ne veut pas dire qu’il vive – il survit dans ses rêves. Dans tout psychanalysant, il y a un élève d’Aristote. Mais il faut dire que l’universel se réalise à l’occasion dans le bafouillage. »
    Ailleurs il lui est arrivé de dire aussi :
    [ Le psychanalyste, c'est la présence du sophiste à notre époque, mais avec un autre statut…].

    Je ne suis pas pédagogue pour un sou, mais je crains que pour Aristote 1 sou = 1 sou.
    J’ai déjà fait remarquer que dans la formulation « un sou est un sou », la valeur sémantique du second sou était autre que celle du premier sou.

    Ce qui m’intéresse c’est une O.N.U. à la proportionnelle des peuples (ce qu’elle prétendait être à l’origine en incluant les colonies), l’apropriété des moyens de production, sous des formes à inventer, au delà d’un seuil ou pour un enjeu d’intérêt général, la coopération des entreprises remplaçant la concurrence au niveau mondial, la levée mondiale du secret bancaire etc. Avec une monnaie universelle, bien sûr. Je rêve la nuit à un label de jour.

    Combien restera t-il de champagne quand on aura enlevé les bulles, il faudra bien un autre instrument que celui qui compte les bulles.

    • Moi

      @Rosebud1871: Fortiche. J’ai pas tout compris, mais c’était très plaisant à lire.

    • Rosebud1871

      9 novembre 2010 à 22:44
      re: « je suis pas pédagogue pour un sou » mais gratis, je peux essayer !

    • Moi

      Ce passage m’est totalement obscur: « J’ai déjà fait remarquer que dans la formulation « un sou est un sou », la valeur sémantique du second sou était autre que celle du premier sou. »

    • Rosebud1871

      @Moi 10 novembre 2010 à 00:03
      L’exemple de un « sou est un sou » dans mon souvenir vient de Perelman.
      La tautologie affirme la supposée identité à soi-même.
      Les linguistes et sémioticiens qui se sont penchés sur ce genre de chose disent qu’il existe de fait peu de vraies tautologies. Un sou est un sou peut s’entendre, comme le signe qu’un sou est à peu près rien, ou qu’il est l’élément qui agglutiné à d’autres fera le bonheur de l’avare, bref que la tautologie n’élimine pas l’altérité contrairement au principe logique d’identité repris dans la mathématique que 1 sou = 1 sou. Lacan reprend ça avec sa non-identité du signifiant à lui-même.
      Frege a repris autrement le problème avec l’exemple de l’étoile du matin et de l’étoile du soir qui sont le même être, avec deux façons de le désigner. Il y a des tartines sur ce genre de choses. Chez les littéraires aussi.

    • Moi

      Intéressant. Est-ce que Lacan a aussi parlé de la non-identité du signifié à lui-même? Je trouverais ça encore plus intéressant.

    • rodolphe B.

      @rosebud1871 et moi.
      Lacan s est interesse aussi aux noeuds borromeens et a la surface de Boy. Il s ‘agissait de tenter de représenter le « fantasme fondamental « …
      Question:
      Le « un sou est un sou » peut il s interpréter comme le retournement de la sphère ?le sou devenant un point cuspidal?
      (ne demande pas forcément une réponse)

      D un point de vue geometrique , la permutation des deux points cuspidaux d une cross-cap amène le centre a la peripherie.
      Tout ceci peut etre a relier avec la structure elle même de l objet de la psychanalyse…….!Vous avez dit mathematisation..?.
      Il y etait aussi question de referend, de trait de la coupure, de ligne d auto-intersection …..Lacan avait rencontre l astrophysicien Jp Petit pour en parler.
      (Il existe un article le relatant)

      Quand la tautologie rejoint la topologie ?
      C est renversant !!!

    • Rosebud1871

      @Rodolphe 11 novembre 2010 à 01:23

      Vous avez fait mon bonheur de la semaine. Merci !
      D’une part je ne connaissais pas cet article, http://www.jp-petit.org/nouv_f/lacan_jpp.pdf
      qui établit que Lacan a censuré le nom de Boy. J’ai vérifié, Lacan ne nomme jamais textuellement ni la surface de Boy, ni Jean-Pierre Petit, ni le point cuspidal. Nouvelle occurrence sur son jeu avec ses sources. Je m’empresse de faire passer l’article aux latinos pour traduction car je doute qu’il ait été publié en espagnol là bas.
      Ensuite un bain de jouvence. J’avais acheté l’article sur le retournement de la sphère qui avait épuisé ma comprenette, c’était le temps du Rubik cube qui me donnait déjà du souci. J’avais acheté aussi le topologicon et le geometricon et si je me suis procuré depuis l’essentiel des ouvrages de topologie parus qui traitent de l’utilisation qu’en a faite Lacan, je suis resté très en panne avec tout ça. Comme avec l’objet « a » qui m’a fait suer. Il existe quelques dizaines de personnes en France qui manient ça avec plus ou moins d’aisance. Le témoignage de Petit confirme le tordu du bouquin de Sokal et Bricmont qui dans l’imposture intellectuelle dénoncent un Lacan qui n’aurait rien compris aux mathématiques qu’il utilisait. A l’époque j’avais su qu’une de leur argumentation tenait à leur reprise d’une faute de transcription du gendre de Lacan qui aurait transcrit « fini » à la place de « infini » ce qui obviait à la compréhensibilité de l’affaire traitée ! L’audio du séminaire faisant foi.
      Enfin si pour 3 francs 6 sous, vous me trouvez une figure topologique type Moebius mais à triple faces en continuité sur la même surface, je me ferai un plaisir d’y écrire tautologie, totologie, et totauxlogie pour kdo à qui de droit.
      J’ignore s’il existe des tentatives topologiques des circuits du tissu financier.

  40. schizosophie

    @tous

    La théorie et la pratique financières traitent le risque comme un paramètre, c’est à dire comme un élément de la mesure du crédit et de la liquidité. Or le risque constitue un quatrième plan de la réalité de la valeur, une dimension de la réalité indépendante de la liquidité, du crédit et des objets physiquement échangés comme sous-jacents à la valeur.

    Dissimulé sous un amoncellement d’affirmations de style apparemment philosophique dont la fréquence lexicale des mots « matière » et « métaphysique » est un moyen hypnotique, ce texte est une apologie de la théorie du risque. Autrement dit, ce texte est une manière contournée, et retorse, d’imposer les bancassurrances comme intermédiaires universels de l’existence. Cela ne le caractérise pas pour autant comme un texte complotiste, seulement comme un texte correspondant à l’air du temps en tant qu’ambiance subie. Monsieur Sarton du Jonchay vise peut-être, avec une certaine sincérité, en croyant avancer des idées d’avant-garde, une universalisation de la monnaie comme signe ; mais réellement, il parvient à théoriser une universalisation de la valeur dans tous les domaines de l’existence. Cela correspond à une nécessité, pour le capitalisme, d’aménager et de prolonger son agonie. Valoriser l’incertitude universelle du lendemain et rendre chaque individu comme spontanément actionnaire de cette valeur n’est-ce pas là l’adaptation même de l’idéologie à la catastrophe ? Les banques auront donc marchandisé les Etats au moment même où elles valorisent les angoisses qu’elles génèrent elles-mêmes. Il leur faudrait que chacun de nous soit une forme de gouvernement gestionnaire de soi-même apte à se punir aujourd’hui pour se prémunir contre des temps ultérieurs censément plus difficiles, par exemple en rentabilisant ex-post sa retraite ultérieure au moment de la disparition promise du régime. C’est l’économie même du pire : ni aventure, ni vie, ni poésie, ni philosophie non plus.

    • @Schizosophie,
      Vous m’avez bien lu et compris et ne peux que vous en remercier. Mais pourquoi donnez-vous un sens négatif à ce que vous avez compris ? Il semble que banques et capitalisme vous renvoient à des réalités mauvaises en soi. Est-il impossible de leur donner un autre sens que ce qui s’exprime actuellement ? Si vous répondez oui à cette question, pouvez-vous l’expliquer ?

      Pouvons-nous vivre sans crédit, c’est à dire sans donner un prix à notre avenir par rapport au présent ? Pouvons-nous vivre sans capital, c’est à dire sans donner un prix à l’incertitude de la réalité que nous voulons mais dont le futur nous échappe partiellement ? Quels mots (quelle philosophie) vous rendent la réalité acceptable ? Quelle réalité (quelle philosophie) voulez-vous produire par des mots vrais ?

    • Martine Mounier

      @ schizosophie

      Vous lisez Sarton du Jonchay par le petit bout du risque, si j’ose dire. Celui qui consiste à opposer d’emblée assurance à poésie. Or il me semble qu’il existe une voie, certes plus étroite et moins lyrique, mais plus intéressante. Une voie qui requiert de ne plus concevoir le risque seulement comme une liberté personnelle salvatrice face au poids mais également comme un choix pleinement assumé vis-à-vis d’autrui, du présent et du futur. Ce qui exige de concevoir la liberté (poésie, vie, aventure) différemment.

    • timiota

      Intéressant Schizosophie

      Je suis curieux d’entendre l’éventuel commentaire de PSJ sur les annulations de dettes du temps de Thémistocle ou Solon, (-500 à la louche) du temps que le stagyrite n’était qu’en puissance, pas en acte.

      Et sur le carburant de notre lien social, de notre « philia », je pense que Stiegler n’a pas tort de dire que c’est ce qui « infinitise » nos vie et les rends « incalculables ».
      Je renouerais donc avec certaines remarques de Rosebud.
      La tache qui fait tache comme un défaut sur la marchandise et qui suspend sa consommation.
      Ca me fait penser à du Stiegler, qui parle du Le défaut qu’il faut comme moteur « pharmacologique » (poison/remède) de notre adoption/adaptation (la première préférable à la seconde) à/de la Technique.

      Comme vous le voyez, ma technique consisterait à parle à plusieurs voix si je pouvais, comme dans les poèmes symphoniques de Liszt (Mazeppa ou autre… Lisztfr, une remarque ?) ou chez Monk Thelonious.

      A suivre en entomologiste lointain le dialogue PSJ / Rodebud, il me semble qu’il manifeste une version thermodynamique du fait Gödelien (ou de la vie pour Turing?) :

      (ce n’est pas de la méchanceté)
      A partir d’un certain niveau de complexité où les mots se tissent en réseau avec des règles qui assurent de ne pas être ni dans l’uniformité, ni dans la simplicité, il existe un isomorphisme partiel entre tous les discours (c’est le mot « discours » qui ajoute de la valeur à cette affirmation, notez).

      Vous fabriquez microscopiquement les « cuvettes de potentiels » du sens et les « filaments synaptiques » qui les réunissent, et vous reproduisez à grande échelle les mécanismes de la vie et donc de l’apprentissage (Même les pétunias ont un génome évolutif, c’était les bactéries les premières…).
      La question qui me reste est de savoir si l’étalement d’une série infinie de finitude particulière pourra tisser des circuits longs (si vitaux) avec « mon » infinitude, et les propager.

      C’est à dire que dans la matière en acte ou en puissance, la question de la pérennité d’un circuit long, complexe et nécessaire à l’élévation de l’esprit, nécessaire à notre infinitude incalculable, me parait avoir été laissée au second plan.
      Dans le premier plan, les discours n’ont pas la partie des vertus d’élévation qui vient de la réciprocité de l’échange dans la construction des circuits longs.
      Il ne reste par rien, et si c’est votre « best effort », je le respecte autant que je peux.
      Puisse-t-il agir en nous par des truchements que je n’ai pas su voir.

    • Rosebud1871

      @Schizosophie,
      Merci de m’informer que je résiste à l’hypnose. J’avais oublié le risque : 205, occurrences, et matière 253 et métaphysique 161 et physique 279.
      Le risque c’est toujours de la perte de capital.
      J’apprenais ce soir à un dîner qu’une personne était devenue banquébeule. On m’a renseigné, j’en apprends tous les jours, ça vient de la finance « bancable ». Dorénavant je regarderai les bouilles, brouillées par la vision style Matrix, comme des défilés de chiffres.
      À détourner votre propos, ça donne le capital « parvient à thésoriser une universalisation de la valeur dans tous les domaines de l’existence ».
      Mes cadeaux langagiers au service du débat ne sont manifestement pas appréhendables avec une version totalitaire de la réalité et de la vérité. Ni complot, ni psychologisme de la sincérité, il s’agit d’autre chose.

    • Fab

      schizosophie,

      Une autre version…

      L’aventure, la vie, la poésie, la philosophie… : il y a des standards, mais chacun en a son ressenti. Pour certains l’aventure peut consister à traverser la rue pour aller au supermarché. Idem pour la vie, la poésie et la philo.

      PSdJ suit sa route, son cheminement c’est sa vie, sa philosophie, sa poésie, l’aventure dans laquelle il s’est engagé. Personne n’est obligé de le suivre, mais que ceux qui le font le fassent avec plaisir, ce qui est la moindre des politesses envers soi comme envers l’autre. Il apporte un éclairage aristotélicien : le moindre profit à en tirer serait que chacun se fasse suffisamment confiance pour profiter des informations qu’il (PSdJ) ramène de son aventure, en toute conscience, c’est à dire sans risque de se réfugier derrière ses (celles de PSdJ) idées et ainsi de se décharger de sa propre réflexion.

      En d’autres termes : la lune est suffisamment belle et pleine de promesses d’aventures, de vie, de poésie, de philosophie donc, pour que nous ne nous laissions pas hypnotiser par le doigt.

    • juan nessy

      J’attends avec passion la suite de l’opposition Schizosophie – Pierre Sarton du Jonchay , car à leurs frontières, il me semble , d’intuition , qu’il y a un début de réponse à la question déjà ancienne de l’acte gratuit , qu’en dépit de mon âge avancé , et du très grand talent que je me prête , je n’ai pas encore résolu sans conteste .

      Autrement que par l’éloge de la folie .

    • Pierre-Yves D.

      Pierre,

      Le commentaire de Schizosophie m’interpelle aussi.
      Autant j’ai beaucoup apprécié votre reprise d’Aristote pour réintroduire de la finalité humaine dans un système qui n’en a plus, autant votre tendance à tout rapporter à la seule mesure monétaire me semble ne pas respecter l’esprit de votre entreprise intellectuelle.

      Vous prônez un retour à la valeur monétaire, cette valeur que vous indexez à l’humain, l’humain qui dans sa dimension métaphysique n’a pas de prix.
      Partant vous nous dites que le risque ne doit plus être considéré comme expression de l’ inexactitude des prix du marché, d’où l’idée de le considérer comme une variable indépendante.
      Jusqu’ici très bien, vous soulignez par là l’inanité d’un système clos sur lui-même.

      Mais, tout de même, n’est-il pas préférable de compter avant tout sur l’instauration d’un nouveau contrat social scellé par l’instauration de certains interdits, des interdits qui seraient tels que le risque deviendrait assez négligeable pour que l’on ait plus à s’en préoccuper outre mesure, c’est à dire le monétiser et d’en faire un objet de gestion personnelle ?

      D’autre part, votre théorie de la valeur est-elle compatible avec celle de Paul ?
      Dans cette dernière il me semble qu’il n’existe pas de « vraie valeur », de juste prix. Il y a seulement des prix qui sont déconnectés des échanges de biens physiques.

      Pour Jorion, après Aristote, les prix sont toujours le résultat d’un rapport de force déterminé par les statuts réciproques des acteurs sociaux engagés dans les échanges. Vous y revenez d’une certaine façon lorsque vous évoquez la négociation, laquelle par définition suppose un rapport de force. Si l’on suit Jorion, même dans le cas d’un capitalisme qui ne serait pas hypertrophié, les prix ne sont pas justes, ils ne sont pas en soi la bonne mesure qui se rapporterait aux finalités humaines. Si la finalité est réintroduite c’est dans la loi normative qui régule l’ensemble du système, ce qui n’est pas la même chose. Les prix demeurent ce qu’ils sont.

      Il semble que banques et capitalisme vous renvoient à des réalités mauvaises en soi. Est-il impossible de leur donner un autre sens que ce qui s’exprime actuellement ?

      Une chose est de leur donner leur vrai sens, non mystifié, ce dont témoigne votre travail, mais une autre est de proposer des alternatives qui nécessairement vont donner une autre figure au capitalisme, d’abord en assurant une transition, et plus tard, peut-être, du moins je le souhaite, pour donner naissance à un modèle tout à fait différent.

      Cordialement.

    • Fab

      Pierre-Yves,

      Mais, tout de même, n’est-il pas préférable de compter avant tout sur l’instauration d’un nouveau contrat social scellé par l’instauration de certains interdits, des interdits qui seraient tels que le risque deviendrait assez négligeable pour que l’on ait plus à s’en préoccuper outre mesure, c’est à dire le monétiser et d’en faire un objet de gestion personnelle ?

      ...mais une autre est de proposer des alternatives qui nécessairement vont donner une autre figure au capitalisme, d’abord en assurant une transition, et plus tard, peut-être, du moins je le souhaite, pour donner naissance à un modèle tout à fait différent.

      Il y a un autre risque. Je l’ai déjà signalé, mais je ne sais plus où nous en sommes restés ! Je résume : pendant la période de transition faisant suite à l’instauration des interdits, la richesse produite sera davantage redirigée vers les travailleurs, les producteurs de ladite richesse ; ce qui mécaniquement contribuera à diminuer la productivité, puis le travail, le temps consacré au travail. Je vous trouve bien optimiste pour la manière dont cette diminution de l’occupation quotidienne, de l’occupation de toute ne vie, pourra être gérée dans notre société. Et ça tourne à l’euphorie si l’on pense à des pays moins démocratiques que le nôtre !

    • Martine Mounier

      @ Pierre-Yves D.

      J’ai un peu de mal à saisir vos réserves.
      Probablement parce qu’il me semble que ce à quoi nous confronte la crise actuelle c’est la liquidation du risque, autrement dit le chapeau porté par tous du pseudo-risque pris par quelques uns. Or qu’est-ce que le risque si ce n’est le prix réel de nos actes. Le prix de nos actes valant justement parce que l’homme, ce « sans prix », a un prix — disons le autrement pour ne pas risquer de mal nous comprendre : la vie a un prix. Par conséquent, pourquoi le fait de réintroduire le risque comme quelque chose qui a un prix vis-à-vis de soi-même et de la communauté irait-il en sens contraire de l’homme comme finalité ? A moins que quelque chose m’échappe, j’avoue ne pas voir ce qui soudain fait divergence. Je vais donc attendre la réponse Pierre Sarton du Jonchay à Schizosophie, à vous-même et bien sûr à Paul Jorion.

    • jducac

      @ Martine Mounier dit : 10 novembre 2010 à 19:22

      C’est beau de rêver, de planer, de s’élever bien haut en entraînant ses lecteurs dans des séries de figures d’acrobatie intellectuelle époustouflante.

      Cela enchante quelques-uns mais le pékin moyen est largué. Peu importe, il faut lui laisser croire que le haut niveau est là pour servir de guide prêt à prendre une des places de direction le moment venu.
      La réalité physique de la guerre civile, c’est une autre histoire et là on peut compter sur ceux qu’à demi -mots on aura gonflés à bloc.

      Mais sait-on où cela risque de conduire ?

    • Martine Mounier

      @ Jducac

      Votre dernier commentaire ressemble davantage à de la bouillie verbale qu’à une réponse digne de votre hermétique coriacité. Je n’ai du coup strictement rien compris, et comme je suis plus préoccupée par le différent Sarton-Jorion que par nos petites escarmouches sans aucun intérêt, vous ne m’en voudrez pas de laisser pisser.

    • Pierre-Yves D.

      Fab
      .
      Il me semble que votre inquiétude vient du fait que vous identifiez deux causalités là où pour moi il n’y en a qu’une. Pour moi l’instauration de la loi régulatrice d’une part, et l’évolution des représentations, des psychologies, d’autre part, participent d’un même processus. Plus précisément, l’adoption de la loi régulatrice est conditionnée à l’évolution psychique ou dit autrement à une prise de conscience. S’il y a prise de conscience c’est donc que les esprits seront nécessairement disposés à envisager la vie autrement, et donc à considérer temps libre autrement.

      En réalité je ne suis pas béatement optimiste puisque sans la prise de conscience générale il n’y aura pas la loi régulatrice.

    • @Pierre-Yves D.,
      Je ne sais pas expliquer le contenu du manifeste de Schizosophie qui n’a pas répondu à mes questions. Pour comprendre ce qu’on me dit, j’ai besoin de connaître une part du sens des mots employés, de connaître les intentions ou finalités de celui qui parle et d’identifier ce que je peux personnellement apporter à celui qui m’interpelle. Or je sens un décalage significatif entre le sens que donne Schizosophie à certains mots (universel, incertitude, banque, assurance, risque, idéologie, catastrophe…) et le sens qui me parait utile à leur faire dire quelque chose de partageable dans ce Blog. Par ailleurs, Schizosophie a toute liberté comme chacun sur ce Blog de prêter les intentions qu’il veut à qui il veut. De toute façon les intentions ne sont pas identifiables en tant que telles chez les autres sauf par le résultat qu’elle induisent dans la subjectivité de chaque témoin. Je ne suis donc que témoin des intentions que je crois que Schizosophie me prête. Et mes intentions véritables sont lisibles dans mes billets et commentaires distincts de ce que Schizosophie en dit. Je n’ai donc rien à lui dire qui puisse vous éclairer.

      Cela me laisse néanmoins dubitatif sur le cheminement de pensée qu’il a pu induire chez vous qui débouche sur vos questions. Schizosophie transforme très subtilement la compréhension qu’on peut avoir des mots que j’emploie pour transformer le sens de mes propos ou à tout le moins les rendre moins transparents que ne le vise ma démarche axiomatique. L’interpellation de Paul Jorion m’éclaire sur ce qu’il faut comprendre des affirmations de Schizosophie qui vous conduisent à m’interroger. Quand vous parlez de l’instauration d’un nouveau contrat social, je comprends dans un premier temps que vous opposez par vous-même mon propre argument aux affirmations de Schizosophie. Or en fait vous exprimez un doute sur ma démarche par le brouillage que Schizosophie est parvenu à distiller de mes intentions. Fab analyse bien ce phénomène de brouillage sémantique quand on refuse a priori la confiance à quelqu’un ou qu’on perd confiance.

      Pour tout vous dire, je suis baba de l’agilité de raisonnement de Schizosophie. Tout ce qu’il dit est proposition par proposition conforme à ce que je peux avoir dit. Mais l’ensemble de son commentaire associé aux intentions ni probables ni réfutables qu’il me prête produisent un magnifique doute. Cette façon de substituer sa subjectivité à une objectivité logique toujours fragile est une parfaite illustration de l’esprit spéculatif de notre temps : faire passer sa parole devant toute réalité objective et y dissoudre le sens de toute parole qui dissonne avec la sienne. Dans l’art de la rhétorique, si jamais je souhaitais y briller, je suis battu à plate couture !

      Venons maintenant à la question que vous posez explicitement :

      Votre théorie de la valeur est-elle compatible avec celle de Paul ?

      Après l’interpellation de Paul Jorion, je crois paradoxalement que oui. Mais c’est mon opinion qui dépend de ma compréhension fidèle de la position de Paul. Et il se peut que Paul ne soit pas d’accord avec moi sur la réalité de ma compréhension de sa position. Vous, Schizosophie, Paul ou moi avons chacun notre responsabilité de la réalité des opinions des autres et de la nôtre. En disant cela, je n’engage que moi et peux à vos yeux me tromper. J’affirme donc après avoir lu Comment la vérité et la réalité furent inventées que chaque sujet humain invente sa réalité à partir du matériau culturel que lui lèguent les sociétés dont il est issu (un certain langage dans un certain contexte de vie propre à chacun).

      La valeur est pour moi la réalité que chacun choisit librement. Les valeurs sont matériellement communes puisqu’issues de sociétés (famille, clan, école, société professionnelle, société civile, société humaine). Mais elles sont formellement libres donc différentiables dans le coeur et l’intelligence de chacun. Elles sont donc dissociables selon chaque personne qui choisit ses propres fins en harmonie ou en opposition avec les sociétés dont elle est issue. Il n’est absolument pas impossible d’instaurer la guerre de tous contre tous en prônant l’individualisme ou en dissolvant la finalité du langage à rendre des fins communicables.

      Si l’on suit Jorion, même dans le cas d’un capitalisme qui ne serait pas hypertrophié, les prix ne sont pas justes, ils ne sont pas en soi la bonne mesure qui se rapporterait aux finalités humaines. Si la finalité est réintroduite c’est dans la loi normative qui régule l’ensemble du système, ce qui n’est pas la même chose. Les prix demeurent ce qu’ils sont.

      Que ce propos soit celui de Paul Jorion ou l’interprétation que vous en avez, il me convient tout à fait. Les prix ne sont pas et ne seront jamais justes même dans le marché transparent d’égalité de droit que je réclame. Simplement parce que des prix comptent de la matière de valeur qui n’est pas toute la valeur qui se trouve dans les fins personnelles de chacun. La justice comprend la matière et son prix mais va au-delà. Elle est l’acceptation de la réalité de tous qui contient le choix de chacun. La justice transcende les prix qui peuvent tendre vers la justice même s’ils ne peuvent la réaliser.

      Quand je propose de monétiser la Loi et la justice par un étalon de valeur international, je ne souhaite pas réduire l’homme à des prix mais justifier rationnellement des prix qui existent déjà par le fait que nous ne pouvons réaliser nos fins en dehors de la matière du monde terrestre. La justice est idéelle et abstraite quand elle ne passe pas par la matérialité et donc des prix en monnaie émise par des Etats. Puisque notre vie a un prix, que la monnaie a un prix, que la loi a un prix et que ces prix sont nécessaires mais pas suffisants à la justice, il faut au minimum que l’émission de la monnaie et la négociation des prix ne soient pas contre la justice.

    • Fab

      Pierre-Yves,

      Plus précisément, l’adoption de la loi régulatrice est conditionnée à l’évolution psychique ou dit autrement à une prise de conscience.

      J’attends toujours les exemples historiques !

    • jducac

      @ Martine Mounier dit : 12 novembre 2010 à 19:11

      Je ne crois pas un mot de ce que vous dites. Mais rassurez-vous, je comprends tout à fait que quelqu’un feigne de ne pas comprendre quand il n’a pas d’argument à opposer.
      Merci néanmoins d’avoir répondu. Ainsi, il n’y a pas de doute possible.

    • Très abstraites, les théories de Pierre Sarton du Jonchay offrent le flanc à toutes les récupérations, mais de là à dire que : « ce texte est une manière contournée, et retorse, d’imposer les bancassurrances comme intermédiaires universels de l’existence », non, faut pas pousser mémé dans les orties !

      En ce qui concerne la « valeur », je dois avouer que le débat m’agace, surtout quand je lis, sous la plume de schizosophie que « Monsieur Sarton du Jonchay (…) parvient à théoriser une universalisation de la valeur dans tous les domaines de l’existence ». Et bien non, il n’y parvient pas, il fait plutôt une théorie de la mesure de la valeur, ce qui n’est pas du tout la même chose. (Et c’est ce que je lui reproche, justement, de commencer par la sortie du tunnel.) Le débat m’agace parce que la valeur a pour origine notre faculté de jugement, une faculté que nous devons nécessairement exercer pour survivre. (Les animaux, que l’on voit se battre autour d’une carcasse, connaissent d’instinct sa valeur nutritive.) Comme il nous serait impossible de vivre sans exercer en permanence notre faculté de jugement, il est impossible de dire, à la suite de Jorion, que la valeur est une illusion que dissipe l’analyse. Ce n’est vrai que des valeurs financières, conçues et réalisées par une certaine classe sociale, ou, de manière générale, des valeurs que l’on ne reconnaît pas, comme le sacré des religions.

      Et tout comme l’on peut reprocher à Sarton du Jonchay de pondre des théories au service du capitalisme international, on peut reprocher à Jorion que la volatilisation de la valeur par l’analyse est ce que le capitalisme produit dans les faits, pour qu’il ne reste que des prix. Comparer, à cet égard, la production mécaniques d’objets animaux dans les élevages industriels, avec les vaches des petits paysans d’autrefois, des vaches qui portaient prénoms et faisaient quasiment partie de la famille.

      In fine, je renvoie dos à dos Jorion et son réalisme, Sarton du Jonchay et son abstractionnisme. Mais j’approuve ce dernier quant à son approche du risque : à mes yeux, c’est effectivement une dimension indépendante des autres. Puisque cette notion est éminemment probabiliste, elle débouche sur une problématique vaste et complexe qui n’est pas étrangère à la mécanique quantique. Après tout, on n’est jamais sûr qu’un bateau parti du Havre arrivera effectivement à New York : il peut fort bien s’échouer n’importe où dans le vaste et dangereux Atlantique Nord.

    • Martine Mounier

      @ Schizosophie

      C’est gentil de passer de temps en temps sur ce blog vous exprimer.
      Ce qui serait encore plus aimable de votre part ce serait de répondre de temps à autre aux questions de votre interlocuteur : ce qui permettrait probablement à ce dernier de clarifier et votre position et la sienne, et accessoirement, aux autres intervenants de se faire un meilleur avis sur la solidité de votre critique.

    • Martine Mounier

      @ Jducac

      Vous vouliez dire que les intellectuels rêvent, c’est ça ?
      Mazette, quelle originalité ! Cela doit juste être la plus veille rengaine du monde reprise en chœur par une armée de petits soldats de la brigade des terre-à-terre qui croient dur comme fer que le monde tel que nous le connaissons, avec son abolition de l’esclavage et ses ordinateurs en 0 et 1 — un putain de rêveur celui qui a inventé le zéro, je vous dis même pas ! —, est sorti tout droit de la cuisse de Jupiter. Du coup je me pose une question concrète de chez concrète : « Mais qu’est-ce que vous foutez, Jducac, à perdre votre temps à discuter avec tous ces rêveurs invétérés ? Vous feriez pas mieux d’aller couper du bois pour l’hiver plutôt que de tailler la bavette sur internet ?!

    • Crapaud Rouge,
      Vous à l’entrée du tunnel, Paul dedans, moi à la sortie et Martine Mounier à la vidéo, nous surveillons tout le tunnel. J’espère que ça le rendra plus sûr et que personne n’hésitera à le traverser.

    • @Pierre Sarton du Jonchay : jolie pointe d’humour qui sied très bien à mon caractère. A l’entrée d’un tunnel, je choisis la canne d’aveugle plutôt qu’un manuel pour pilote d’avion.

    • Rosebud1871

      Crapaud Rouge 13 novembre 2010 à 12:16

      il n’y parvient pas

      Ça n’empêche pas d’essayer !
      Dès mes premières prises de bec avec PSDJ je l’interpellais sur la question du totalitaire d’une réglementation, et à propos « d’universalisation de la valeur dans tous les domaines de l’existence » peut-être peut-on relire aujourd’hui la cause qui me faisait lui écrire en conclusion en juin :
      …[Je vous laisse sur quelques lignes de David Halperin :
      … « La vie est gaspillée. Elle est nécessairement gaspillée. Elle est gaspillée non pas parce qu’on aurait fait n’importe quoi ou qu’on aurait raté sa vie, mais parce qu’elle ne peut pas être thésaurisée ni monnayée contre quelque chose d’autre, ni fixée à tout jamais dans la plénitude du sens. […] Nous n’avons pas le choix de gâcher ou non notre vie. Le choix qu’il nous reste, c’est savoir si nous voulons la gâcher pour quelque chose ou la gâcher pour rien… ].

      Que PSDJ puisse écrire « Pour comprendre ce qu’on me dit, j’ai besoin de connaître une part du sens des mots employés, de connaître les intentions ou finalités de celui qui parle et d’identifier ce que je peux personnellement apporter à celui qui m’interpelle » à le mérite du témoignage.

      Peut-être qu’à user des textes des autres, ce que je tente de faire passer sera plus lisible : (récupéré sur le net)
      «Un signe, ou representamen, est quelque chose qui tient lieu pour quelqu’un de quelque chose à quelque égard ou en quelque qualité» (CP 2.228). Ecartons d’emblée une imprécision fréquemment commise, en particulier par Morris : «quelqu’un» n’est pas un interprète au sens d’une personne ou d’un organe hic et nunc : «J’ai ajouté «sur une personne» comme pour jeter un gâteau à Cerbère, parce que je désespère de faire comprendre ma propre conception qui est plus large» (Lettres à Lady Welby, in [Deledalle 1978]). En effet, le «quelqu’un» est en réalité un autre signe, l’interprétant, qui peut s’actualiser en un sujet sémiotique ou non : «un signe in futuro suffira».

      Ça c’était Pierce, on voit qu’à sa définition devenue canonique du signe, Pierce dans une correspondance privée écarte un piège commun sur le statut du « quelqu’un ».

      Chez Lacan, lecteur de Pierce, c’est repris ainsi :
      [Dussé-je aller à brusquer certaines reprises du mot, je dirai sémiotique toute discipline qui part du signe pris pour objet, mais pour marquer que c’est là ce qui faisait obstacle à la saisie comme telle du signifiant. Le signe suppose le quelqu’un à qui il fait signe de quelque chose. C’est le quelqu’un dont l’ombre occultait l’entrée dans la linguistique. Appelez ce quelqu’un comme vous voudrez, ce sera toujours une sottise. Le signe suffit à ce que ce quelqu’un se fasse du langage appropriation, comme d’un simple outil ; de l’abstraction voilà le langage support, comme de la discussion moyen, avec tous les progrès de la pensée, que dis-je ? de la critique, à la clef. ]
      Ou encore,
      [Suis-je, suis-je présent quand je vous parle? Il faudrait que la chose à propos de quoi je m’adresse à vous fût là. Or, c’est assez dire que la chose ne puisse s’écrire que l’achose, comme je viens de l’écrire au tableau, ce qui veut dire qu’elle est absente là où elle tient sa place.]

      Personne ne vient à bout de ces affaires, mais des partis pris ouvrent des portes et en ferment d’autres, c’est ce qu’on peut faire de mieux, ce débat se poursuit…

      P. Jorion a bien raison de remarquer sur un autre fil que ses bouquins ne sont pas lus par tous les blogueurs. Je remarque dès la page 53 de l’Argent, une définition qui me pose problème : « l’argent est une marchandise dont la seule fonction… »
      Il y aurait eu écrit : l’argent est une marchandise en puissance, ça m’aurait mieux convenu, mais ce n’est pas ce qu’il a écrit.
      En plus cet « argent » là vaut-t-il pour le dollar avant 71 corrélé à l’or, sinon après ce n’est plus le même « argent » même si le mot « argent » semble égal au mot « argent ».
      Bon me reste à lire la suite où je trouverai sans doute réponse à mon trouble, ou dans les 2 autres bouquins en attente.

      Une page de publicité réservée aux strasbourgeois, mais l’approche me fait saliver pavloviennement d’où le souhait de partager :

      Conférence à Strasbourg de Rodolphe Dos Santos Ferreira, économiste
      Le consommateur représentatif et le client roi
      Figures savantes et vulgaire du démiurge économique.

      « Les vendeurs proposent et les clients disposent, si l’on croit le dicton populaire – ou le slogan commercial – affirmant que le client est roi. Notons que le singulier est ici de mise : chaque client ne doit-il pas se sentir roi à lui tout seul ?
      La science économique a produit une version savante de ce point de vue, où l’économie est réduite à un consommateur représentatif qui décide non seulement de sa propre consommation mais aussi du niveau de l’emploi, du volume de l’investissement et finalement de la trajectoire de toute l’économie. Ne nous arrêtons pas sur l’aspect caricatural d’une telle construction conceptuelle en tant que description du monde « réel ». Après tout, on trouve bien en librairie, et pas sur les rayons de fictions, un ouvrage récent dont le titre évoque un opérateur de marché même pas représentatif, qui aurait failli faire sauter le système financier mondial…
      Nous nous proposons plutôt d’analyser les fondements méthodologiques de la modélisation faisant appel à un consommateur représentatif et d’en discuter la cohérence théorique. Mais aussi d’examiner son rôle en tant qu’élément d’une représentation de la société où l’on rejoint la représentation populaire qui place le consommateur-décideur au centre du système de marché, comme elle tend à placer l’électeur au centre du fonctionnement de la démocratie ».
      Conférence et débat vendredi 19 novembre 17-19 h
      Débat poursuivit le samedi 20 novembre de 10-12 heures
      Salle de la table ronde, MISHA 5 rue du Gal Rouvillois (campus esplanade) Strasbourg

    • Fab

      Ahhhh…. Ça laisse rêveur… Tailler une bavette en short, un apéro dans une main, une souris dans l’autre, le feu qui crépite au loin… Quelle chance vous avez jducac, vous qui il n’y a pas si longtemps, rappelez-vous comme on vous taquinait à ce sujet, parliez de l’amour du travail, la sacralisation du travail et tout ça… Mais comme on a bien ri ! Allez, santé jducac ! Vous mettez la vôtre ?

    • juan nessy

      PSJD :

      Sur la métaphore du tunnel , sans en mesurer toute la pertinence , je me sens interpellé car j’ai fait partie de ceux qui ont eu à tirer les conclusions de la catastrophe du tunnel du Mont Blanc ( 33 morts rappelons le , en respect des victimes et de leurs familles ) .

      La sécurisation d’un tunnel , qui est par définition et par construction un objet stupidement à risque ( pas le trou , mais l’idée de vouloir circuler à tout berzingue là dedans ) , passe par bien d’autres éléments se rajoutant à ceux que vous citez :

      – une ( au moins ) galerie de secours circulable au pékin débarassé de son véhicule ( sans doute le plus important )
      – des niches -abri sécurisées contre l’incendie ( deux heures au moins )
      – des outils d’information et de télécommunications sécurisés
      – des moyens en ventilation sécurisés
      – des moyens de lutte contre l’incendie automatique ou pas
      – des services de secours (du gestionnaire , pompiers sur place maintenant , Samu ou équivalent , forces de l’ordre , PC d’urgence immédiatement activable )
      – un plan d’évacuation d’urgence préétabli
      – un plan de gestion de l’accès
      – un organe institutionnel de gestion de croise ( dont font partie les autorités administratives locales )
      – ….

      Touit ça pour faire simple .

      Je vous laisse le soin de trouver les correspondances avec le sujet qui anime ce billet .

      Pour moi, je retiendrai surtout la nécessité de la galerie de secours .

      A propos , il n’y a pas de tunnel gratuit ( c’est même assez lourd de ce point de vue ).

    • schizosophie

      @ Pierre Sarton du Jonchay
      10 novembre à 17 h 46

      Pouvons-nous vivre sans crédit, c’est à dire sans donner un prix à notre avenir par rapport au présent ? Pouvons-nous vivre sans capital, c’est à dire sans donner un prix à l’incertitude de la réalité que nous voulons mais dont le futur nous échappe partiellement ? Quels mots (quelle philosophie) vous rendent la réalité acceptable ? Quelle réalité (quelle philosophie) voulez-vous produire par des mots vrais ?

      Les questions de ce paragraphe sont très bien formulées. Elles sont d’ailleurs reprises telles quelles dans un commentaire à un autre billet par Roma. Puissent-elles vous servir de guide dans le choix de vos lectures et de critère de jugement lorsque vous lisez. En parlant de lectures, je ne désigne pas seulement la matière textuelle de ce blog, mais bien l’ensemble de la littérature. Je vous propose de considérer l’exercice de la pensée comme une respiration dont la lecture serait comme l’inspiration et l’écriture comme l’expiration. A force d’exercice, on parvient en imagination à lire le monde lui-même et à l’écrire, et ce sans se détacher de sa réalité ni s’y abandonner. Et on parvient aussi à se libérer de l’ambiance subie, c’est-à-dire des préjugés de l’air du temps.

      Je veux ne pas répondre aux deux dernières questions dudit paragraphe pour vous laisser la totale liberté de choisir. Pour les deux premières, je réponds « oui », sans autre justification que celle-ci que vous ne trouverez rien ni chez Locke ni chez Kant qui justifierait mon « oui ».

      Enfin, concernant la valeur, à propos de laquelle je suis content d’avoir suscité des discussions plus précises, cette citation de deux notes de 1867, comme quoi ce problème n’a rien de nouveau :

      Value is a property of things, riches of man. Value, in this sense, necesseraly implies exchanges, riches not do

      ;

      Riches are the attribute of man, value is the attribute of commodities. A man or a community is rich, a pearl or a diamond is valuable… A pearl or a diamond is valuable as a pearl or a diamond.

      Pour le repérage bibliographique, les traductions et la typographie originale, je laisse chercher les curieux.

    • juan nessy

      Cogito , ergo respiro , ergo sum .

       » Tout homme crée sans le savoir ; Comme il respire . » ( Valéry )

      Mais il arrive aussi qu’il mente comme il respire .

    • jducac

      @ Martine Mounier dit : 13 novembre 2010 à 19:35

      Malentendus ou d’évitements ?

      Je suis intervenu sur cette file le 9 novembre 2010 à 09:42 en commençant comme ceci :
      « Pourquoi voulez vous orienter la population vers des idées de guerre civile pour régler un problème qui semble avant tout être une question de prise de conscience ? ».

      J’avais été frappé de voir PSJ employer l’expression « guerre civile » dans le titre de son billet et à l’issue de son long exposé, en l’employant encore dans sa dernière phrase. L’essentiel de son billet, reconnaissons le, n’est pas accessible à tout le monde alors que l’expression guerre civile est parlante à tous. Reconnaissons que guerre civile évoque l’affrontement physique entre personnes en désaccord entre elles, alors que tout le corps du long billet entraîne plus souvent les lecteurs dans un autre domaine, celui de la réflexion intellectuelle voire, la métaphysique.

      Votre première intervention 9 novembre 2010 à 11:44 montrait bien que vous m’aviez compris, mais, comme vous l’aviez déjà fait en son temps au sujet de Michel Serres, vous avez laissé entendre que je ne savais pas lire un texte et encore moins lire entre ses lignes, quand une guerre civile semble suggérée.

      Je n’ai rien contre les intellectuels et apprécie leurs travaux surtout lorsque l’auteur, PSJ en l’occurrence, fournit de très louables efforts de décomposition analytique pour mieux faire saisir les subtilités de sa réflexion. Il n’en demeure pas moins qu’un très grand nombre de lecteurs de ce blog risquent de ne retenir que l’expression « guerre civile » qui, au 21ème siècle, ne me semble pas être la solution aux problèmes présents.

      Je me suis senti obligé de signaler le risque afin de contribuer à en réduire l’occurrence, et suis resté dans cet état d’esprit. Tel était encore le sens de mon post le 12 novembre 2010 à 17:06 . Là encore, le 12 novembre 2010 à 19:11 vous évitez de répondre au sujet qui me préoccupe et vous vous laissez aller à qualifier mon intervention de bouillie verbale.
      Je ne la relève pas, et vous réponds le 13 novembre 2010 à 11:12 « Je ne crois pas un mot de ce que vous dites. Mais rassurez-vous, je comprends tout à fait que quelqu’un feigne de ne pas comprendre quand il n’a pas d’argument à opposer ».

      Je pensais que notre échange s’arrêterait là, lorsque ce jour, j’ai découvert votre post du 13 novembre 2010 à 19:35
      Vous revenez à la charge à nouveau sur un ton de donneur de leçon me rappelant mon instituteur qui, devant une rédaction pas très limpide disait, lui , « c’est de la bouillie pour le chat » Du coup, cela m’a fait penser à ce que l’on fait aux jeunes chats qui ne sont pas très propres, pour leur apprendre à mieux se conduire. On leur met le nez dedans, c’est même une expression utilisée au figuré pour les personnes qui feraient mieux de ne pas insister. Je sais, c’est terre à terre, mais en m’envoyant couper du bois, c’est vous-même qui m’avez envoyé chercher le bâton.
      J’espère que celle qui m’a initié au care saura me comprendre.

  41. juan nessy

    En résumé , il suffit de civiiser la monnaie pour éviter la guerre entre hommes .

    A moins qu’il ne faille civiliser les hommes d’abord .

    Ou peut être les deux simultanément .

    Pas étonnant d’ailleurs car le  » civilis  » / civil , s’oppose au  » militaris »/militaire et au « criminalis »/criminel.

    Et quand on parle de civil , le droit n’est jamais bien loin . Le religieux par contre ….

     » Nous autres , civilisations , nous savons maintenant que nous sommes mortelles »
    ( Paul Valery )

  42. Fab

    A moins qu’il ne faille civiliser les hommes d’abord .

    Ou peut être les deux simultanément .

    J’suis sûr qu’y a un truc à creuser là !

    • Jérémie

      Une civilisation sans beauté ce n’est que du cosmétique en plus,

      Il faut dire et redire c’est surtout la fausse beauté qui mène le monde. [Tahar Ben Jelloun]

      La révolution combat aussi pour la beauté. Aidez-nous pour chasser la laideur du monde.
      [Anonyme]

      Les femmes devraient militer pour qu’on leur accorde comme aux hommes le droit à la laideur.
      [Michel Tournier]

      Il est frappant de constater combien la laideur du monde est toujours la plus forte. [Amélie Nothomb]

    • juan nessy

      @Jérémie :

       » La beauté cachée
      Des laids des laids
      Se voit
      Sans délai, délai  » Serge Gainsbourg.

      Mais l’abus des citations peut être aussi répulsif .

    • Jérémie

      @ juan nessy

      Oui c’est pour ça que j’en ai posté que quatre aujourd’hui, mais des fois elles sont si plaisantes
      et moins laides à partager que j’éprouve parfois la beauté d’en poster encore une autre à la suite :

      Tout ce qui répulse l’autre au delà de la quatrième bévue du banquier ne me répulse pas toujours,
      moi le premier politicien profiteur du monde, tant j’en vis beaucoup mieux dans le tout confort,

  43. Angelique

    Bonjour à tout le monde ce site n’est pas vraiment accessible pour tous, pas comprehensible pour tous, ce qui est affligeant et dommage car si vous « traduisiez » de manière simple tous vos propos, bon nombre de gens auraient plaisir et grand interet à les lire. C’est très agréable à lire, certes, car la langue française se perd mais pour des gens qui voudraient comprendre très simplement les thèmes abordés, on se noie completemnt. dans les joutes oratoires des participants,indéniablement délicieuses et jubilatoires,mais est ce le but recherché???.. Cette page n’est elle pas aussi adresséeau passant ? Ne serait ce pas mieux qu’elle le soit car bien intéressante en fait sur le fond mais pas dans les débats. qui s’en suivent . Mr.PSJ un grand Merci car vous restez très compréhensible et abordable, et répondez toujours clairement aux questions posées,je pense que si ma petite voisine passait lire, elle comprendrait en partie le sujet des débats, mais certes pas tout et c’est cela que je deplore, car c’est une mere au foyer, pas sotte et courageuse, qui vote et a un pouvoir d’achat comme chacun de nous et nous sommes TOUS concernés….Oui c’est ellitiste, si des fois vous vous posiez encore la question, sourire… corlt

    • juan nessy

      Merci pour ce sourire ….Angélique .

      Vous qui comprenez PSDJ sans traduction ( certains vont en prendre de la graine ) , pouvez vous nous dire simplement ce que vous avez perçu de son texte et vos inclinations pour trouver une voie afin de résoudre les questions qu’il soulève ?

      Attention votre voisine vous lira !

      Revenez souvent .

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