Les Échos, L’ENTREPRISE FINANCIÈRE NE S’OCCUPE NI DE MORALITÉ NI DE PHILANTHROPIE, le 10 mars 2010

Un entretien avec Muryel Jacque : « L’ENTREPRISE FINANCIÈRE NE S’OCCUPE NI DE MORALITÉ NI DE PHILANTHROPIE »

A quoi attribue-t-on aujourd’hui l’émergence et le développement des bulles financières ?

Jusqu’à très récemment, la théorie orthodoxe économique considérait que les bulles n’existaient pas. Et des études, même assez récentes – avant le début de la crise – continuaient à essayer de le prouver. L’idée, c’est qu’il n’était pas possible de distinguer un prix spéculatif d’un prix fondamental (c’est à dire, fondé sur l’addition des différents éléments constituant le prix). Seuls certains Keynésiens avaient développé d’autres théories, en particulier la théorie des bulles de l’économiste américain Hyman Minsky dans les années 80. Quand la crise a éclaté, il est devenu impossible de dire que les bulles n’existaient pas, puisque la bulle était en train de se dégonfler devant tout le monde… Les théories de Hyman Minsky ont alors été remises au goût du jour. Chez lui, toute économie est soit dans un processus de création de bulle ou d’éclatement de bulle, en raison même de certains défauts du système capitaliste.

Croyez-vous que la nature humaine est à l’origine de la crise, comme l’a estimé l’ancien président de la Réserve fédérale Alan Greenspan ?

C’est une autre erreur de la science économique, liée à un a priori appelé individualisme méthodologique, de penser que rien ne se passe au niveau économique dont on ne puisse rendre compte simplement en additionnant les comportements individuels. Or, dans cette crise, les acteurs individuels, en suivant simplement leur propre intérêt, n’avaient pas la possibilité d’agir à un niveau global. J’ai travaillé dans une de ces entreprises au centre de la tourmente, qui a fini par disparaître, Countrywide. Lorsque les dirigeants – que je n’essaie pas d’exonérer car ils ont eu une attitude égocentrique et égoïste – se sont aperçus que l’entreprise périclitait, ils ont progressivement retiré leurs investissements. Ils n’ont pas essayé d’agir au niveau global. Ceci dit, ils n’en avaient pas la possibilité. Il fallait une concertation à un niveau plus élevé. C’est au niveau du gouvernement, et du Congrès ou du Sénat, et non au niveau individuel des dirigeants, qu’on aurait pu agir. Or, l’illusion d’Alan Greenspan et des économistes a été de croire que seul l’individu aurait pu faire quelque chose, le niveau global n’existant pas pour eux.

Goldman Sachs est soupçonné d’avoir aidé la Grèce à maquiller ses comptes. Quel est, selon vous, le rôle joué par les grandes banques mondiales dans la dérive de certains états ?

Goldman Sachs a effectivement proposé un arrangement à la Grèce ; les prospectus à valeur légale de ces opérations sont accessibles sur internet. Mais la responsabilité de la banque n’est pas là. En fait, l’industrie financière a, par une action de lobby, permis que ce type d’opérations soit autorisé par la Communauté européenne. Ainsi, il peut uniquement être reproché à Goldman Sachs d’avoir mis de l’argent dans le groupe de pression pour influencer les politiques. Il s’agit d’une entreprise financière, elle ne s’occupe pas de moralité. Elle n’est pas non plus dans la philanthropie. Elle décide au jour le jour des opérations rentables : aider la Grèce en 2002 est rentable, et parier sur la chute de la Grèce en 2010 l’est également. La finance ne fait pas de sentiment, mais du profit pour ses dirigeants, ses actionnaires et pour ses traders qui touchent des commissions. Cependant, en période de crise, ce que j’appelle l’extraterritorialité morale de la finance devient beaucoup plus visible car elle fait la une des journaux. Dans les périodes d’euphorie, l’absence de moralité apparaît en page 19 et l’on n’en parle pas.

Comment analysez-vous le non à plus de 93% des Islandais au remboursement de la dette de la banque Icesave à la Grande-Bretagne et aux Pays-Bas ?

Il y a un vrai contraste entre la Grèce et l’Islande. La rébellion a lieu dans ces deux pays face à la question de la dette publique, mais la responsabilité de chacun est très différente. La Grèce a été incapable de mettre en place un système fiscal “ étanche ”, elle a peut-être falsifié ses chiffres, elle semble avoir été  » fantaisiste  » dans l’allocation de certains privilèges. Elle apparaît donc condamnable. En Islande, la population a la taille d’un département français. Or, dans ce tout petit pays, les banques se sont spécialisées dans la spéculation financière, prenant des risques extraordinaires. Le seul lien entre les Islandais et une responsabilité quelconque dans cette affaire, est d’avoir élu des parlementaires qui ont laissé faire. Mais leur responsabilité individuelle vis-à-vis des sommes perdues paraît très minime. D’un point de vue éthique, leur réaction paraît tout à fait logique, ils ne s’estiment pas concernés. Les citoyens ordinaires d’un pays n’ont pas nécessairement une responsabilité par rapport à la gestion de risque des entreprises existant sur leur territoire. Ce sont les politiques qui choisissent d’autoriser ou non ce type de pratiques.

La création d’un Fonds monétaire européen permettrait-elle de neutraliser les spéculations sur un éventuel défaut de paiement d’un pays de la zone euro ?

Cette idée date de quelques jours. C’est, selon moi, une réaction un peu infantile à la proposition du directeur général du FMI, d’intervenir si l’Europe ne parvenait pas à se mettre d’accord concernant une aide à la Grèce. Dominique Strauss-Kahn s’est posé en sage au dessus de la mêlée. Je ne crois pas que cela va se faire, car je pense qu’il s’agit d’une réaction réflexe. Il en est de même pour l’idée de créer une agence de notation européenne. Nous n’avons pas besoin d’instances supplémentaires. Il faudrait que les pays européens se mettent à réfléchir sur cet engagement pris avec le Traité de Lisbonne, difficilement adopté. Il ne suffit pas de l’avoir signé en forçant la main des peuples concernées, il faut maintenant faire fonctionner cette institution, notamment la solidarité européenne inscrite, même de manière hypocrite dans le Traité (on ne viendra pas en aide aux Etats sur le plan financier, mais on les aidera en période de crise exceptionnelle). La solution doit se trouver au niveau de la politique intérieure de l’Allemagne, qui est en effet le pays le plus riche de la zone euro. Mais c’est très difficile dans un gouvernement de coalition tel que celui de Angela Merkel. Je rappelle toutefois que l’Allemagne a bénéficié de la solidarité européenne au moment de sa réunification.

La régulation des produits dérivés, souhaitée notamment par l’Allemagne et la France, peut-elle vraiment limiter la spéculation contre les Etats ?

Je suis très content. Je suis parmi les deux ou trois personnes à avoir lancé cette idée. J’ai proposé depuis longtemps ce que j’appelle l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix. Dans ce cas particulier, des positions nues sur les CDS (Credit Default Swap). C’est une excellente chose d’utiliser un instrument financier comme le CDS pour permettre de réduire le risque, de le distribuer de manière à ce qu’il soit plus facile à gérer globalement. C’en est une autre de laisser quelqu’un qui n’est pas exposé à un risque en créer de toute pièce, artificiellement, en s’assurant contre un risque auquel il n’est pas exposé – donc un pur pari. Ces personnes auront un poids sur la détermination du prix du swap – si la demande augmente, le prix va augmenter. Cette hausse du prix va être interprétée par les marchés comme étant une analyse objective du risque de ces pays et, par conséquent, va les pousser à la chute. Je n’ai jamais réclamé la suppression des CDS, je recommande de les interdire dans leur fonction spéculative. Pour utiliser une image : interdire que l’on puisse prendre une assurance automobile sur la voiture du voisin. Si vous assurez la voiture du voisin, il y a un conflit d’intérêt : vous avez intérêt à ce qu’il ait un accident.

Finalement, comprend-on mieux le comportement des marchés aujourd’hui qu’en 1929 ?

En 1929, on comprenait bien les sources de la crise. Celle-ci a été très bien interprétée à l ‘époque. Si vous lisez le discours de Roosevelt en 1933, l’analyse de la crise y est excellente. Dans les années 40, la compréhension de cette crise restait bonne, mais dans les années 60 et 70, on s’est mis à réinterpréter la crise en introduisant des interprétations monétaristes, essentiellement destinées à faire disparaître les facteurs politiques qui jouaient (la mauvaise répartition du patrimoine dans la société notamment). Des auteurs comme Milton Friedman, Ben Bernanke… ont produit des analyses purement monétaristes de la crise, qui sont devenues les interprétations dominantes dans les années 2000. Donc, quand une crise identique à celle de 1929 est réapparue, le discours plus ou moins idéologique qui prévalait a expliqué la nouvelle crise en terme de masse monétaire, et non selon les mécanismes bien compris de la Grande Dépression. C’est un processus d’effacement délibéré.

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183 réflexions sur « Les Échos, L’ENTREPRISE FINANCIÈRE NE S’OCCUPE NI DE MORALITÉ NI DE PHILANTHROPIE, le 10 mars 2010 »

  1. On met tout sur le compte de la pompe à finance qui aurait dysfonctionné ,je me demande si la pompe en question n’a pas fait un travail de maquillage de problèmes structurels plus graves qu’il conviendrait de lister…

    1. Bonjour Piotr,

      Vous-même et notre regretté Jean-Luc, qui nous a, pour mon plus grand regret, provisoirement abandonné, ne m’en voudront pas trop, j’espère, de reprendre l’expression judicieuse de « coeur antique ».

      Il me semble donc que mon coeur antique préféré, ait des tentations de descendre dans l’arène et de proposer des débats, je me risque à une question, les causes structurelles dont vous parlez sont t’elles intimement liées à la triste nature humaine sans plus, ou avec vous qqchose en tête de plus précis ?

    2. @ hema
      Cœur antique ou choeur antique
      Dans le premier cas je vous répondrai ,on a l’âge de ses artères (coronaires)…

      N’attendez pas de moi une pensée structurée(thèse,antithèse ,synthèse).
      Je ne sais pas faire.J’ai l’impression que l’industrie financière n’a fait que booster artificiellement des pans de l’économie,voire des entités plus vaste (État).D’une certaine façon, le ver était déjà dans le fruit.Une responsabilité diffuse plutôt que focalisée sur une catégorie d’acteurs ?

    3. Choeur antique , bien sur, mes excuses pour mon manque de culture, ou en l’occurrence, mon étourderie.

      Quand à moi je se sais pas, j’ai travaillé pendant 30 ans l’industrie (et je dois encore y travailler (un peu ou beaucoup)) j’a

    4. Cher Piotr,

      Suite de ma réponse (erreur de frappe)

      Je travaille depuis 30 ans dans l’industrie disais-je, et j’ai constaté une nette dégradation de l’ambiance de travail à la fin du siècle dernier quand nos chers (ou plutôt riches) actionnaires en l’occurrence Anglo-Saxons ont commence à exiger des ROI (Return On Investment ) de 15 % alors que la croissance de l’économie mondiale n’a jamais dépassé les 5% (ou 10 % en Chine) comment imaginer que ce principe soit durable (ceci dit, si ils étaient Français ou Russes, ça ne change rien, car en terme de finance, tout le monde adore (a adoré ???) copier ce qui vient des anglo-saxons, c’est comme le golf , c’est chic).

      C’est aussi la même époque ou un grand « capitaine » d’industrie français, serge tchuruk (patron en minuscule d’ Alcatel) prônait l’industrie sans usine (nous les blanc riches, on fait le design et le marketing, (on prend la marge, ben ouais, 15 % je vous dit), et on sous-traite aux « autres » asiatiques en l’occurrence les basses tâches de la fabrication (oserait’il, si il existe encore, dire la même chose aujourd’hui ???)

      C’est pourquoi, j’ai tendance à penser qu’aprés « l’aprés guerre » où grosso-modo, on était solidaire et on voulait reconstruire ensemble qqchose, certains ont eu envie d’être un peu moins solidaire des autres et a oublier quelque peu les règles de morale élémentaire, et il me semble que la folie financière (folie à laquelle ont adhéré sans trop d’état d’âme nombres d’industriels), a commencer à faire des ravages, invisibles d’abord, puis un peu trop visible maintenant.

      Mais bon , je suis bien d’accord que c’est mon interprétation et qu’il peut y en avoir d’autres

      A+ cordialement

    5. à hema

      Pourquoi parler du programme du CNR en termes de moralité individuelle ?

      La nationalisation des grands moyens de production n’a pas été réalisée parce que les capitalistes étaient soudain moins cupides !

      Elle a été possible parce qu’ils avaient tellement fricoté avec les nazis avant et pendant la guerre que déconsidérés ils ont été obligés de se faire tout petits… mais ils avaient l’intention de revenir dès que possible, ce qui a été le cas à partir de 1947, merci le Plan Marshall !

      Seulement, tant qu’il y avait une alliance de fait PCF-Gaullistes, ils n’ont pu renverser le mouvement des nationalisations. Ce qu’ils ont réussi à faire à partir des années 1986, en accélérant grâce à la complaisance de Jospin en 1997…

      Désormais l’Etat n’a plus de puissance économique et il est dépendant des multinationales, des banques et des agences de notations US. La BCE plus le traité de Lisbonne venant confirmer que c’est cela la réalité économique : dettes publiques, suppression des fonctionnaires dans l’éducation et la santé, réduction des salaires… en Europe et en France. Ce qui ne donnera pas un liard de plus aux salariés hors Europe ni réduira d’un milligramme la production globale de CO².

  2. @bric a brac baroque
    le pb dans vos propos, c’est de dénigrer capitalisme et patriarcat, comme si ces 2 là allaient ensemble. En êtes vous sûre?
    Dans ma tête à moi, société hyperconsumériste servant le capitalisme et avènement du matriarcat vont ENSEMBLE. Eh oui, nul doute que nos sociétés modernes évincent le Père, l’autorité du patriarche ne sonne plus juste et devient même coupable de nos jours au profit d’une société de tous semblables, de tous qui se ressemblent, où même l’identité sexuelle s’efface: Homme=Femme. Ok. Soit. Cependant, si le patriarcat décline, c’est que le matriarcat se renforce. Sur le plan économique cette fois, que se passe t’il? Eh bien, on assiste à une société qui consomme, qui jouit, qui n’a pas de limite, qui vit dans l’instant présent. C’est assez féminin comme notion même si cela parait simpliste (à l’opposé d’un comportement type masculin ou père de famille qui prévoit, se projette, ne consomme pas plus qu’il ne faut…), bref, l’avènement du matriarcat en Occident fait les affaires du capital puisque le moteur de ce système repose sur LA CONSOMMATION ou l’hyperconsommation sans réfléchir ni prévoir ni anticiper…
    Nos sociétés changent tant sur le plan économique qu’anthropologique,…..j’en connais un qui excelle dans les 2 domaines… 😉

    1. C’est mignon tout plein cette vision misogyne. J’ai déjà lu ce genre de sornettes pseudo freudiennes. L’égalité homme et femme est de droit, la nature (identité sexuelle?) n’a rien à voir là dedans.Et l’autorité n’a pas de sexe. Le consumérisme est le fils du marketing très habilement inventé pour écouler une surproduction endémique et permettre au capitalisme de survivre.
      On recycle le mythe d’une Eve par qui le scandale et tous les mots de la terre arrivent. Mais aux commandes, je ne vois que des hommes.

    2. e-dealist

      Et si la régression du patriarcat n’induisait pas l’avènement du matriarcat mais simplement celui de… la fraternité? Ne serait-ce pas une vision de dominant en voie de destitution que d’imaginer que seul un autre pouvoir dominateur va prendre sa place? Et si les frères ET LES SOEURS arrêtaient d’avoir peur de papa et se mettaient à collboretr plutôt que d’entrer en compétition pour prendre la place de papa?

      Dans l’excellent film Avatar (quoi qu’en disent ceux à qui ses messages font peur), l’ex-marine converti à la fraternité planétaire des Navis dit pour expliquer l’état d’esprit de ses compatriotes: « Ils ont tué leur mère » (Terre-mère). Mais à voir leur peur et la violence qu’ils déploient en conséquence, ils n’ont pas encore tué le père.

      Philosophique ou anthropologique tout cela ? Je ne sais.. Mais le fait que l’homo sapiens touche aujourd’hui les bords de la petite boîte-planète qui l’a vu naître va l’obliger à changer et à enfin devenir sage, et vite, sinon la mère et le père laisseront mourir les enfants dénaturés…

    3. Alain A,

      Oui nous avons tué la Pachamama. Et nous nous sommes ensuite appliqués à tuer nos « frères » qui eux avaient un profond respect pour la Terre-Mère.

      Je ne suis donc pas d’accord à 100% avec vous pour dire que c’est l’homo sapiens qui touche les bords de sa cage : seulement une partie.

      C’est malheureusement cette partie que l’on tente encore aujourd’hui de rafistoler, convaincus qu’ils sont de sa supériorité. C’est le travail de fond de nos dirigeants, ainsi que de leurs bras armés qui pour la plupart ne savent pas qu’ils le sont : sauver cette belle race de l’homme prédateur qui pour ce faire va maintenant se tourner vers l’anti-prédation organisée. Et si pour organiser cette anti-prédation il faut écraser au passage une tribu de « Navis » ou deux, tant pis : c’est pour la bonne cause.

      La mal est profond. Il est héréditaire. Pour l’apercevoir et peut-être par la suite l’accepter, le travail sur soi est immense. Prenez l’exemple du travail : dans un très grand nombre de cas (chacun croit que « l’exception » c’est lui !) il est l’expression du besoin qu’a la société d’asservir ses membres pour garantir sa survie. Le mot asservir fait peur, mais il est incontournable pour une société, quelle qu’elle soit : animale, végétale et même minérale. L’asservissement est la mise en place de contraintes qui permettent au système de fonctionner de manière optimale. Plus les membres du système sont « vivants » plus l’asservissement devra être réactif…l’asservissement du système planétaire ayant une durée de stabilité plus grande, par exemple. Le travail est donc immense, par définition je dirais, avant cette prise de conscience. Et ce n’est rien en comparaison de ce qui nous attend si nous voulons seulement parvenir à envisager que certains passagers de notre vaisseau ont pu faire mieux. Cette conviction d’avoir bâti le meilleur des mondes possibles « en construction » s’appuie sur la conviction d’avoir « bâti » le meilleur homme possible. L’acceptation des différences dont nous voulons faire une de nos qualités n’est en fait que très superficielle, puisque nous ne l’autorisons qu’à la condition expresse que l’autre, celui qui est différent, le sache, qu’il en prenne conscience…et ce afin qu’il puisse réaliser à quel notre construction humaine est bonne puisqu’elle accepte les différences. C’est donc un long travail à faire sur nous-mêmes : du fait qu’il en vaille la peine, et quelle peine, et également et surtout, comme vous l’avez noté, afin de parvenir à un brin de sagesse qui nous permette de sauver « les enfants dénaturés ».

      Alain A, je vous vois. C’est une raison suffisante pour garder espoir.

  3. Qui a inspiré qui ? Le président grec en visite à Washington a plaidé auprès d’Obama l’interdiction des Swaps sur les défauts de crédit (CDS) qui fragilisent la Gréce en ce moment . Papandréou a cité l’exemple de celui qui prend une assurance sur la maison de son voisin et qui a interet à ce qu’elle brule. Du Jorion traduit en Helene pas en Adriana !

  4. Envers tous ceux qui prétendent que l’entreprise est le domaine de l’a-moralité ou même de l »immoralit
    je défendrais toujours et encore que nulle entreprise ne peut s’extraire du champ de la moralité et qu’aucune entreprise ne peut – ni surtout ne sait – vivre et prospérer dans l’a-moralité ou l’immoralité.

    Ce n’est pas un choix car il est vraisemblable qu’une part des entreprises vivrait très bien, mieux même, sans s’y plier. Certains responsables s’y essaient mais toujours, tôt ou tard ils sont repris.

    La moralité n’est pas univoque, certainement pas géographiquement; mais il serait totalement faux de croire que les individus (vous savez ces nanos particules sociales) n’ont jamais de valeurs sociales consensuelles. C’est ce fond commun, même s »il tend à se réduire, qui forme le ciment social et ce ciment c’est notre moralité.

    Seriez-vous assez stupide que pour osez prétendre que sur le long terme les entreprises sont indifférentes à l’image qu’elles donnent d’elles-mêmes ?
    Ce besoin d’image positive c’est la moralité des entreprises.

    Il pèse beaucoup plus lourd dans la réalisation d’un chiffre d’affaire que n’importe quel sponsoring,
    sportif ou humanitaire.

    Une entreprise qui durablement déplait meurt, inéluctablement.
    .

    1. L’efficacité de la com consiste à être totalement amoral et immoral sans que çà se sache…et même à déguiser le pur profit en marché philanthropique comme sur… le café.

    2. Eomenos

      Quand Paul dit « entreprise financière », je ne crois pas qu’il pense à une entreprise, ce groupe de femmes et d’hommes qui partagent un projet économique. Quand il dit entreprise financière, je crois qu’il pense au système financier, à la logique capitaliste telle qu’elle s’est développée progressivement (sans plan préconçu, puisqu’elle n’est que l’expression « civilisée » de la loi de la jungle).

      Je sens que vous êtes proche de l’ « esprit d’entreprise » mais vous devez alors savoir qu’ici on essaie de comprendre comment il se fait que les entrepreneurs sont devenus plus proches des capitalistes qui les étranglent (financièrement parlant, of course) que de leurs salariés/travailleurs/employés avec qui ils partagent les mêmes objectifs, joies et peines.

    3. Je vois pas où est le problème lorsque je pense que l’observation d’une marge délinquante ayant aussi ses règles, peut aider à apercevoir une évolution touchant l’ensemble de la société. Ce que j’ai écrit en trois lignes, je peux bien sûr le développer en 3 pages, alors on peut penser que 3 lignes manquent un peu de sous-titres.

      Où et pourquoi l’ensemble dérape, jusqu’où dérape t-il, c’est exactement ce que j’écris. Bon, ça passe, la trappe, la pègre à petites frappes n’existe pas. La mafia à tête beaucoup mieux construite non plus. Elle ne constitue pas une limite vers laquelle peuvent tendre certains comportements se libérant peu à peu de la morale.

  5. Et si nous assistions au début d’un processus de « dé-globalisation » ? Sortez les mouchoirs, snif snif… La globalisation capitaliste vecteur de paix et de propérité – comme le communisme à mon très humble avis – ne pourra de toute façon n’être rien d’autre qu’un rêve. On va déjà voir comment ça va se passer avec le partage futur des matières premières. Car l’un comme l’autre nécessite le respect, la solidarité et l’entente entre peuples, communautés, ethnies (barrez la/les mention inutile) pour permettre la stabilité économique (sauf erreur de ma part le capitalisme est un projet essentiellement économique, non ?). —> euh… bon courage ?

  6. @Emeneos

    « L’entreprise » en général n’existe pas, c’est un descripteur vide.

    Pour raisonner sur les organisations humaines proposant des services ou produits à des clients, il faut raisonner plus finement, en particulier sur:

    les types et secteurs d’activité
    l’ objet social
    la clientèle (public, privé, B to C, B to B, sous-traitance, etc)
    la taille
    la capitalisation
    etc

    Mon expérience (de patron) me dit qu’il y a par ailleurs autant de positions vis à vis de la morale sociale et financière qu’il y a de patrons. Patron, ce n’est pas le résultat d’une formation, ce ne signifie pas non plus forcément une appartenance culturelle, c’est juste un rôle dans une organisation, y compris dans les entreprises financières.

    La bonne question à se poser réside dans l’analyse de l’utilité sociale réelle de telle ou telle entreprise, ainsi que sur l’utilité sociale réelle de l’ensemble de son marché.

    1. Oui, bon début d’analyse concrète des entreprises et des contradictions qui pèsent sur elles.

      Pas grand chose en commun en effet entre une coopérative à but lucratif, une association loi 1901 à but non lucratif, un sous-traitant filiale 100 % d’un grand groupe qui lui tond le bénéfice au fur et à mesure, etc.

      Mais quand il y a appropriation privée du profit, alors il y a des intérêts communs ! Que les profits soient les plus hauts possible !

  7. REPONSE A CRAPAUD ROUGE (MESSAGE du 10/03 – 19H19)

    « Quand il [le créancier] se retrouve face à un mauvais payeur, on peut mettre tous les torts sur ce dernier en lui rappelant ses « engagements ». (Cf. M. Gauvin) « . Je pense que vous avez tort de dire cela.

    D’abord, vous avez tort de me prêter l’idée que que tous les torts sont sur le mauvais payeur. J’ai dit que, dans le cadre d’un contrat, il n’est pas correct de faire passer le mauvais payeur pour la victime et le créancier pour le bourreau. Que l’on discute, ensuite, des raisons de la défaillance du mauvais payeur, qu’il faut, certes, prendre en compte, est autre chose. A l’origine, il y a un défaut de paiement d’une personne (Etat, entreprise, etc) qui s’est pourtant engagée à payer.

    Ou alors, vous remettez en cause l’idée même du contrat et de la parole donnée; et je ne vois pas comment un société peut vivre dans un tel contexte. Le contrat a également – je sens que je vais vous faire sourire – pour objet la protection de la partie qui peut, selon vos propres critères, être plus faible.

    Donc, un contrat, ça se respecte. Et en cas d’inexécution du contrat par l’une des parties, cette dernière doit d’abord reconnaître sa responsabilité pour pouvoir discuter avec le créancier des raisons de cette défaillance et des solutions sur lesquelles s’accorder.

    Soutenir que, parce que le créancier prend un risque, alors il accepte que son débiteur n’exécute pas ses obligations, procède d’un raisonnement pervers. Le créancier ne s’engage pas « sous forme d’une prise de risque » comme vous le dîtes: il s’engage à exécuter l’obligation promise au débiteur, et il attend de ce dernier qu’il fasse de même. Dire que ce n’est pas normal que le débiteur supporte seul sa défaillance, est faux: la défaillance du débiteur emporte de désagréables conséquences au détriment du créancier.

    Que le créancier admette le risque que son débiteur soit défaillant est une chose; qu’il accepte et supporte la défaillance de son débiteur en est une autre qui est insupportable, don seulement du point de vue du créancier, mais de la société toute entière.

    REPONSE à Paul JORION sur la régulation des produits dérivés

    Je suis pour une réglementation (n’ayons pas peur des mots: réglementation et non régulation) des produits dérivés. Je ne crois pas une seule seconde à l’auto régulation des marchés, qu’ils soient financiers ou autres. Sur ces deux points, nous nous retrouverons, je pense, comme avec l’ensemble de nos amis bloggeurs acquis à votre cause.

    En revanche, votre raisonnement, et la solution qui en découle, pêche par une conception réductrice des produits dérivés. Vous ne leur donnez de légitimité qu’en tant que produits de couverture. A celà, j’oppose deux arguments, ou plutôt deux faits incontestables, que m’enseigne ma pratique quotidienne.

    1. La spéculation est le pendant de la couverture. Je ne crois pas à un marché de couvertures sans spéculateurs. Et c’est la raison pour laquelle, je vous le dis (ce qui n’était pas l’objet de mes précédentes interventions ou articles), je suis pour la spéculation.

    2. Un produit dérivé n’est pas qu’n produit de couverture ou de spéculation. Aujourd’hui, nous structurons des produits dérivés présentant un objectif d’investissement, de la même façon que des titres (obligations actions). Par exemple, un total return swap, présente d’abord un objectif d’investissement. Par ailleurs, les CLN ont une fonction identique au CDS, or ils sont structurés sous la forme de titres. Ainsi, un titre qui, jursqu’à une période récente, avait un objectif d’investissement pour celui qui le souscrivait, peut, aujourd’hui, avoir une fonction de couverture.

    Et c’est là toute la difficulté: la classification juridique est impuissante à appréhender les instruments financiers. J’irais même plus loin: c’est à se demander si le raisonnement juridique n’est pas dépassé par la finance. La loi fonctionne en deux temps: on détermine la nature juridique des choses, pour lui appliquer le régime juridique approprié. Exemple pour une obligation: c’est un titre d’investissement, par conséquent vous lui appliquer le régime juridique qui sied aus titres d’investissement. La finance fonctionne, non pas en termes de classification, mais en termes d’objectif. Un financier s’attache à atteindre un objectif donné. Si, pour atteindre cet objectif, il doit utiliser un instrument qui, classiquement, n’est pas fait pour ça, il s’en fiche. Il vérifiera simplement que cette utilisation innovante ne viole pas la loi. Exemple: pour couvrir un risque de crédit, traditionnellement, on utilise l’assurance-crédit et les garanties bancaires. Puis, dans les années 90, on a utilisé les dérivés qui, traditionnellement étaient utilisés pour couvrir des risques de taux et de changes. Puis, on a utilisé des titres qui, traditionnellement étaient utilisés pour financer son émetteur et permettre à son porteur d’investir, titres qui sont devenus des CLN, CDO, CLO. Ce n’est pas fini: on peut utiliser des instruments moins « exotiques »; par exemple un dépôt bancaire tout bête pour transférer un risque de crédit. Ce dépôt sera à recours limité (limited recourse deposit) par lequel le dépositaire dira au déposant: je ne te restitue ton dépôt – en tout ou partie – que si mon débiteur n’est pas défaillant. Et le déposant est très heureux car il tire de cet « investissement » une rémunération supérieure à celle qui lui serait servie pour und épôt à terme. C’est ce que certains appellent le « window dressing », ce qui va donner du grain à moudre à beaucoup d’entre vous qui verront derrière cette formule, la volonté de cacher des choses, ce qui est faux. Exemple, dire que Goldman Sachs a aidé la Grèce à camoufler son endettement par voie de swaps de change est une insulte à l’intelligence.

    A mon sens, le problème n’est pas le CDS, le dérivé, la spéculation. Bien sûr, il peut y avoir des comportements frauduleux, et il faut les condamner: les comportements, pas les instruments. Je pense que le problème réside dans l’inadéquation entre l’organisation réglementaire SEGMENTEE des métiers financiers (en résumé: trois monopoles: banque, assurances et bourse) et l’organisation réelle FUSIONNEE de ces métiers: fusion des métiers autour du risque, fusion des instruments. L’autre problème réside dans le rôle des Etats: pouvoir normatif, d’une part, ils sont également opérateurs sur les marché, de l’autre. Deux occasions de faire des conneries. En tant que pouvoir normatif, en prenant des lois allant dans le sens contraire de la transparence; exemple: la loi TEPA. En tant qu’opérateur sur les marchés, en se conduisant (eux ou leurs établissements) comme les financiers qu’ils fustigent.

    La solution? Je ne l’ai pas. Mais je réfléchis beaucoup et me garde bien de de conclusiosn hâtives.

    Bien cordialement,

    1. Moi aussi je me questionne, que doit-on faire? Si vous, analyste du fait spéculatif, etes perdu, alors qui pourra définir des règles? Le citoyen? Oui le seul a pouvoir distinguer par l’éclairage des esprits de ce blog et d’autre, les formes juridiques des contraintes qui doivent etre mise en oeuvre afin de pouvoir vivre sur cette planète ensemble et pour plus longtemps que ce que les financiers et cupides actuels nous proposent… la barbarie individualiste rôde.

    2. Monsieur Gauvin,

      Je ne pense pas avoir tout compris. Par contre, vous soulevez un point extrêmement important. Les financiers fonctionnent par objectifs et les états par segmentation. Un financier cherche un objectif et vérifie qu’il ne viole aucun règlement. Je pense ce point incroyablement important et je l’ai raté.

      Il marque deux logiques de fonctionnement totalement distinctes. C’est toujours une source d’incompréhensions et donc de conflits.

      Cette approche par objectifs revient également à exclure toute règlementation. Elles exigent une segmentation des problèmes avant. Je ne vois pas comment éviter une analyse de ce type avant de règlementer.

      Un point secondaire est intéressant. Vous notez que la finance se divise en trois branches et que les métiers de ces branches correspondent à la même fonction. Cela en est au point que vous parlez de fusionnel.

      Vous m’avez appris quelque chose de vraiment important. J’apprécie. Merci.

    3. « Ou alors, vous remettez en cause l’idée même du contrat et de la parole donnée; et je ne vois pas comment un société peut vivre dans un tel contexte. Le contrat a également – je sens que je vais vous faire sourire – pour objet la protection de la partie qui peut, selon vos propres critères, être plus faible. »

      Certes, mais il n’y a quand même pas que les théories du Contrat Social. L’idéologie libérale du contrat suppose les hommes libres et égaux. C’est si beau sur le papier, mais dans les faits…

      A ce sujet: La Revue du MAUSS semestrielle, n°31, L’homme est-il un animal sympathique ?

      Extrait de l’introduction:

      Idéal naïf et introuvable ? Et si c’était le contraire qui était vrai, si la naïveté consistait à croire que les hommes peuvent coexister, vivre ensemble et faire société par la seule force des contrats passés entre sujets intéressés – contrats individuels ou contrat social d’ensemble – en ne s’en remettant qu’à la force des procédures marchandes, administratives et juridiques ? Car qui ne voit que si le seul fondement des contrats est la recherche de l’avantage propre, alors personne ne peut être tenu de les respecter dès lors que les violer rapporterait plus que de les observer. Plus, ou pire encore, personne ne peut donc croire que les autres les respecteront. Dès lors, on retombe en plein cœur du problème que Hobbes avait cru résoudre. Pour sortir du règne de la terreur inhérent à la lutte de tous contre tous, il faut que les hommes passent un contrat général qui précède et garantisse tous leurs contrats individuels ; mais si la seule substance de ces contrats est l’avantage de chacun, alors aucun contrat ne peut tenir, sauf par la terreur inspirée à tous par le souverain.

      A cela il faut ajouter l’extrait d’un resume du livre de Michea: http://www.decroissance.info/L-empire-du-moindre-mal-de-Jean

      Le libéralisme fonctionne en théorie à condition que les valeurs morales soient privées. Cependant le libéralisme, selon les mots de Ayn Rand « prône et soutient fièrement l’égoïsme rationnel »
      Cependant la privatisation des valeurs morales, religieuses ou philosophique (censée permettre à qui veut d’être altruiste) est un leurre car pour bien fonctionner, une personne dans le libéralisme devrait s’obliger à agir en égoïste pour le bien commun et critiquer tout acte éducatif ou rythme social collectif (travail, langue) qui ne soit pas contractuel.
      L’idéal de neutralité axiologique des libéraux qui reporte l’équilibre de la société sur le Marché et le Droit, présuppose qu’il existe une aptitude naturelle à agir selon son intérêt bien compris et à conclure des affaires et respecter des contrats.
      Or cela présuppose entre les individus une certaine confiance préalable. Présupposé en contradiction avec l’anthropologie libérale qui ordonne une guerre de tous contre tous, ainsi qu’avec les observations de l’anthropologie contemporaine qui reconnaît les jeux infiniment complexes et variés de la socialité primaire fondée sur la triple obligation de donner, recevoir et rendre (logique mise à jour par Marcel Mauss). La relation ou le lien prime donc toujours sur les individus, nous nous individualisons grâce à l’élaboration d’un scénario, d’une capacité narrative
      qui n’est possible qu’en activant nos relations avec les autres. Relation, lien qui est toujours déjà là.

      Utilitarisme, quand tu nous tiens…

    4. @Alain Gauvin: merci infiniment pour votre réponse que je découvre tardivement (et du bureau…). Nous sommes bien d’accord que les débiteurs doivent respecter leurs contrats, car il n’y a pas d’affaires ni de confiance sans cela. Mais la tentation de voir les débiteurs d’aujourd’hui comme des « victimes » , et les créanciers comme des « bourreaux » , n’est pas, dans les FAITS, dénuée de tout fondement. Il suffit de songer à la crise des subprimes, avec ses prêts qui commencaient à taux très bas, pour attirer le chaland, puis qui s’envolaient un an ou deux après signature. Ces dernières décennies, le crédit est devenu un produit offert au public avec les mêmes méthodes de publicité et de marketing qu’un bien matériel. A mon sens, cette facilité disculpe les emprunteurs car, dès lors que l’endettement est possible, se l’interdire est quasiment impossible, parce que tout être humain fait toujours tout son possible pour traiter ses problèmes: refuser une solution touche à l’absurde.

      De plus, le système financier n’a eu de cesse d’aspirer les gains de croissance et de productivité, de réduire comme peau de chagrin nos revenus, (y compris les revenus indirects dûs à la qualité des services publics), de diminuer ses propres impôts, de juguler l’inflation pour maintenir son capital, et de vendre ses crédits comme des savonnettes. Si donc il est heureux que le débiteur reste le principal responsable devant la loi, car force doit rester à celle-ci, vous ne me ferez pas admettre qu’il est plus responsable que victime.

  8. @Fab: « Il devrait également être communément admis que si « L’ENTREPRISE FINANCIÈRE NE S’OCCUPE NI DE MORALITÉ NI DE PHILANTHROPIE » c’est qu’elle est à notre image. » : ce genre d’assertion nie 3 faits fondamentaux:

    1) Fait de structure: entre les directeurs d’une mégabanque et le clampin de base, il y a une hauteur hiérarchique vertigineuse. A nier l’existence des structures, on pourrait dire que les fourmis sont responsables des changements climatiques…

    2) Fait historique: les flux de capitaux étaient contrôlés, ils ne le sont plus, et ce n’est pas le clampin de base qui est descendu dans la rue pour demander ce changement.

    3) Fait juridique: le clampin de base a généralement des responsabilités envers autrui dans l’exercice quotidien de son métier, et ces responsabilités sont parfois assorties de clauses pénales. On cherche en vain un équivalent dans les métiers de la finance, hormis l’exception qui confirme la règle: le cas Madoff.

    @Eomenos: vous me donnez l’impression de réduire la moralité à une sorte « d’image de marque ». Ce n’est pas faux car, dans les faits, on en est là. C’est pourquoi je préfère parler de justice, étant entendu que le but premier est de régler des conflits, et qu’on ne sait pas très bien ce qu’est la moralité.

    1. Crapaud Rouge,

      1) Qui est « le plus » responsable, celui qui tient le fusil ou celui qui donne l’ordre ?
      Deux exemples : http://www.survivalinternational.org/films/mine et http://bambou254.over-blog.com/ext/http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500000&bcid=720403#bcid=720403;vid=11573993
      Coupables de : non-assistance à personnes en danger, non-assistance à espèce et à peuple en danger, destruction de l’environnement par non-dénonciation, etc.

      2) Les temps changent, les hommes aussi : ce sont des faits, effectivement. Ce n’est effectivement pas « le clampin de base qui est descendu dans la rue pour demander ce changement », mais :
      – il l’a accepté.
      – c’est à mon sens une déviance nécessaire au maintien de la paix sociale ! J’y ai déjà fait allusion et je suis prêt à y revenir sur demande.

      3) C’est un problème de relations, de pouvoir. En tout cas, concernant la morale il vaut toujours mieux regarder vers le haut plutôt que se baser sur ce qui se fait de pire.

    2. @Fab qui me répond: « Ce n’est effectivement pas « le clampin de base qui est descendu dans la rue pour demander ce changement », mais :
      – il l’a accepté. »
      : Cette « acceptation », qui existe de facto et me navre profondément, n’en est pas moins un leurre que l’on doit à l’oubli des luttes contre le progrès technique. Ces luttes perdurent aujourd’hui, par exemple contre les OGM et les nanotechnologies, contre les exploitants miniers ici et là, contre la privatisation de l’eau, etc. Mais elles sont vouées à l’échec, même dans les états de droit, pour une foule de raisons faciles à imaginer. En revanche, je crois que toute nouveauté surgissant au sein d’une population, (et cette nouveauté peut être l’arrivée de colons), trouve sur son chemin une minorité de partisans, de sorte que ses adversaires déclarés n’ont que plus de mal à la rejeter.

      Lorsque cette « acceptation » apparaît comme patente, c’est généralement qu’elle a été précédée d’une vaste entreprise d’intox. (Ex: la guerre en Irak) Ce n’est pas pour rien que les techniques de marketing s’orientent de plus en plus vers la problématique de l’acceptation des nouveautés.

      Disons enfin que ce n’est pas parce qu’une population est incapable de résister à une nouveauté envahissante qu’elle l’accepte ni qu’elle s’y résigne.

  9. En pensant à notre société et aux problèmes auxquels nous sommes confrontés, je ne peux m’empêcher de réfléchir au rôle des femmes dans la société moderne. N’auraient-elles pas contribué à briser l’EQUILIBRE par (à mon goût) une trop forte présence dans la sphère publique, sur le marché du travail et peut-être même dans les finances? L’émancipation de la femme occidentale ne serait-elle pas une des origines de ces crises (écologique-économique/financère-morale et sociale) que nous vivons, en ayant permis une CONFUSION DES VALEURS?

    C’est pour cela que le rapport Stiglitz est très intéressant. Il permet de remettre la part des uns et des autres dans la société à sa juste place. En effet, en insistant sur le critère de qualité et non plus de quantité, il souligne que nous devrions prendre en compte dans l’appréhension de l’économie la notion de travail non rétribué. C’est à dire tout ce qui permet à la société de (bien) fonctionner sans pour autant y apposer une valeur marchande ou un salaire.

    La notion de travail rémunéré pour tous est à remettre en cause, tout comme la notion de gratuité doit être remise à l’ordre du jour. Nous n’avons pas tous besoin de gagner de l’argent. Par contre, chacun a sa pierre à poser à l’édifice qu’on appelle la société humaine, et se doit de contribuer à son équilibre et non plus à sa richesse coûte que coûte, conscient d’avoir pu, le temps d’une vie, participer à l’aventure humaine en tant qu’héritier d’une histoire vieille de millions d’années et d’en être un simple maillon entre le passé et le futur.

    Vivre en homme et femme responsable, conscient de sa juste place et non plus en individu avide et rapace. Edgar Morin dans Terre Patrie décrit très bien la tragédie du « développement » fondé sur « le grand paradigme du progrès », où « la raison qui ignore les êtres, la subjectivité, l’affectivité, la vie, est irrationnelle »(p. 188)

    1. Ah, si les femmes s’y mettent aussi! C’est notre faute, notre très grande faute, peché péché, vite, toutes les femmes au foyer pour faire pénitence. Vous êtes sérieuse, Anne? vous connaissez les chiffres de la place des femmes dans la vie politique? La parité ne s’applique pas dans toutes les instances loin s’en faut. dans la finance? en ce qui concerne le travail, vous savez que 80% des smicards sont des femmes. Et quel rapport avec le travail non rémunéré? Vous pensez que c’est réservé aux femmes? Les hommes ne font pas de bénévolat? Je défends la réduction du temps de travail, et l’allocation de subsistance pour tous, hommes et femmes. Pour que tout le monde, hommes et femmes, puisse avoir la possibilité de choisir de travailler contre salaire ou pas (et vivre frugalement), soit indépendant financièrement (vous êtes rentière, Anne, pour demander aux femmes de retourner au foyer?) Je ne parle même pas de l’inversion des valeurs à cause de la femme tentatrice. Ça dépasse mon entendement et me parait tellement gros, comme post, que je me demande si cela a été écrit par une femme.

    2. lou,

      Je me permets de vous retourner votre conclusion : « Ça dépasse mon entendement et me parait tellement gros, comme post, que je me demande si cela a été écrit par une femme. »

      Vite fait : on peut faire beaucoup de choses d’un foyer et autour d’un foyer. La première et la plus importante à mes yeux est d’éviter de faire des conneries.

      Si le foyer était resté le centre de la famille, de la tribu, de la société, la société serait-elle la même aujourd’hui. J’en doute. Ce qui ne signifie pas que bobonne aurait dû continuer à préparer la bonne sousoupe à son p’tit pépère qui est parti gagner durement le pain quotidien de la famille ! Aucunement : le penser c’est penser que l’on a fait les meilleurs choix possibles au meilleur moment et que par conséquent si la situation devait se présenter de nouveau nous ne pourrions faire autrement, attentifs que nous sommes à toujours faire les meilleurs choix.

      Je trouve l’interrogation de Anne très instructive, très constructive pour peu qu’on la considère avec un oeil humain, voire féminin.

      Sincèrement.

    3. @Lou,

      Mais oui je suis bien une femme et mère de trois enfants si vous voulez savoir. Est-ce que de fait je n’aurais pas droit à exposer mon point de vue? Je ne crois pas que ce que j’écris soit si extraordinaire. Nous n’avons pas toutes besoin de partager les vues féministes.

      Une autre petite notion que nous pourrions aborder dans ce débat sur le futur de notre société serait peut-être de se rappeler cette notion de Yin et de Yang. Pour ma part, je préfère parler de complémentarité plutôt que de parité.

      Ce qui est extraodinaire avec ces moyens de communication modernes , c’est que nous puissions enfin tous donner notre opinion et permettre (peut-être) de faire avancer les choses par une confrontation d’idées constructive.

    4. A Fab, vos arguments nient l’histoire de l’humanité, nie la réalité, à savoir la domination d’une partie sur l’autre, c’est un fait. Donc oui, si on prône le retour au foyer, c’est bobonne qui s’y colle. C’est pour cela que je défends l’allocation universelle de subsistance, la seule façon à mes yeux de garantir l’indépendance des femmes. Car, pour moi, le travail n’est en aucun cas un moyen d’émancipation, les chiffres sont là. Du reste, le travail salarié est aliénant autant pour les hommes que pour les femmes.
      A Anne. ce qui me choque dans vos propos, c’est le caractère phallocrate, vous adoptez une vision « machiste ». Non pas quand vous parlez de la nécessité ou pas pour femmes de travailler, mais bien quand il s’agit de leur présence dans la sphère politique. Cela me rappelle un « interview que » j’ai faite lors d’une petite enquête sur l’égalité hommes femmes: une responsable d’association, catholique et féministe, voyait quand même chez les femmes politiques, la cause des maux de notre société, parce qu’elles auraient adopté les « codes », « caractéristiques » des hommes, à savoir l’agressivité, la compétition…Sur ce blog, on parle beaucoup de démocratie, de confiscation du pouvoir par les représentants élus …et là, je tombe sur une intervention qui insinue que les femmes l’ont trop ouvert? Permettez moi d’être choquée quand on sait à quel point les femmes sont réduites au silence dans le monde entier. Ce n’est pas être féministe que de dire ça, c’est juste revendiquer la parole, de la même façon que des hommes, sur ce blog, le font. Vous me parlez de yin et yang, qui est avant tout relation, interaction d’opposés complémentaires. ce qui n’empêche pas la société traditionnelle chinoise d’être patriarcale. Au passage, le chinois dit « faire » humain, « faire » femme ou homme. Ce n’est pas un donné ou plutôt le donné est aussi quelque chose de construit. Je ne pense pas la femme, ou l’homme, mais des individus avec des caractéristiques attribuées à un sexe mais qui ne disent rien de particulier de individu en question. Il y a autant de façons d’être femme que d’être homme. Par contre, je continuerai de lutter contre les rôles assignés aux uns et autres.Vous dites que l’émancipation des femmes serait la cause de tous les désordres actuels. Je pense sincèrement que c’est grave d’écrire ce genre de chose. L’émancipation comme vous dites vous permet d’écrire sur ce blog. L’émancipation comme vous dites vous permet de donner votre avis.Donc que vous prôniez le retour des femmes au foyer ou ce que vous voulez, ok, c’est votre droit de femme émancipée qui profite du droit à la parole que les luttes féministes lui donnent. Mais que vous accusiez cette émancipation de tous les mots, c’est d’abord paradoxal, et en plus lourd de sens.

    5. Eh bien voilà, nous l’avons trouvé le vrai coupable de la crise économique : c’est la femme ! Cet être perfide et instable qui ose se considérer comme un humain à part entière !

      A lire certains commentaires, je ne peux m’empêcher de penser que cette crise est du pain bénit pour la nouvelle phallocratie et que les femmes seront une fois de plus les premières à souffrir de la décadence programmée de nos sociétés dites évoluées.

    6. lou,

      Si vous oubliez le temps d’un instant de vouloir absolument voir ce que vous voulez voir, et uniquement ça, je suis certain qu’en relisant mon message vous n’arrivez pas à la même conclusion.

      Ce que j’y disais, ou que j’espérais y dire, n’a rien à voir avec le féminisme, l’anti-féminisme, le machisme, l’anti-machisme, ou je ne sais quoi d’autre qui semble tant vous importer.

    7. @Lou,

      « Caractère phallocrate », « vision machiste »??? Un vocabulaire vraiment démodé, nous ne sommes plus dans les années 70!
      En 2010, nous avons besoin d’autre chose que cette guéguerre surrannée de notre jeunesse…
      Vous savez je crois que trop de femmes ont tué la Femme, comme trop de paroles tue la parole, et comme un trop de tout, comme ce que nous vivons aujourd’hui, nuit à beaucoup de choses (vaste sujet…).

      Nous sommes arrivés à un moment de notre Histoire où il faut bien, à mon sens, se demander où nous voulons aller et quelles sont nos priorités. Ce n’est pas en brandissant l’étendard du féminisme que nous y arriverons.

      Vous parlez de « rôles assignés aux uns et aux autres », il n’y a pas de « rôle assigné », il y a la réalité des choses. Quand est-ce qu’on comprendra que l’homme et la femme ne sont pas identiques – une vérité de la palisse, il me semble – et que nous sommes depuis des décennies dans cette confusion?

      Je ne dis pas que l’émancipation soit la cause de tous les désordres actuels, mais qu’elle pourrait bien être une des origines de la crise actuelle. C’est à y réfléchir.
      Je n’accuse pas cette émancipation de tous les maux, je la remets juste en question et me pose des questions pour l’avenir.

    8. Chère Anne, ces mots ne sont pas démodés, bien au contraire; J’ai 35 ans, et ne me sens pas particulièrement vieille dans ma tète. Ces mots auront toujours un sens tant que les femmes subiront la domination d’un ordre masculin. En aucun cas j’accuse tel ou tel homme, celui avec qui je vis est tout le contraire d’un « mâle dominant »; mais la société dans laquelle je vis continue de véhiculer la domination masculine. J’ai ma propre théorie sur la question, je pense que la volonté de domination est une des choses les mieux partagées, et que la domination masculine sur les femmes n’en est qu’une de ses occurrences/manifestations/actualisations (mais pas l’archétypale comme le pensent certaines féministes). Ce n’est pas une gueguerre comme vous dites, je serais toujours aux cotés des femmes qui se font tabassées la gueule, qui se font exploitées et humiliées, qui n’ont pas le droit de s’habiller comme elle veulent, de fréquenter qui elles veulent…Non, tout ça n’est pas révolu, c’est maintenant, au 21eme siècle.
      Vous dites que les femmes ont tué LA Femme. AH? elle est où cette Femme dont vous parlez? où puis je la croiser? vous parlez d’une idée, d’une essence, pas d’une réalité.
      Je vous cite: « Vous parlez de « rôles assignés aux uns et aux autres », il n’y a pas de « rôle assigné », il y a la réalité des choses. Quand est-ce qu’on comprendra que l’homme et la femme ne sont pas identiques – une vérité de la palisse, il me semble – et que nous sommes depuis des décennies dans cette confusion?  »
      Bien sur que si, il y a des rôles assignés: ce que « doit » faire « un homme », ce que « doit » faire « une femme » qui plus est, ce qu’ils doivent être respectivement. De quelle réalité parlez vous? homme et femme, pas identiques? c’est ce que j’écrivais. En aucun cas des attributs (en l’occurrence sexuels) font une identité. Que je sache, il y a des hommes avec des caractéristiques sexuelles (organes) qui se sentent femmes, il y a des femmes qui se sentent hommes, il y a des femmes qui se sentent hommes attirées par des femmes, comme des femmes qui se sentent femmes attirées par des femmes….des hommes qui…..(chanson de Blur, pour ma génération) tout est possible comme dirait Sarko. Ça c’est pour la pseudo identité. Du coup, « homme femme identiques », vous voyez bien que ça n’a pas de sens. Quant à l’égalité, je rappelle qu’elle est de DROIT, en aucun cas cela veut dire « pareil » « identique »…Ça veut dire qu’hommes et femmes ont les mêmes droits, parce qu’ils sont tous des individus citoyens, avec ou sans pénis (les eunuques auraient beaucoup à dire sur le rôle assigné).
      Je ne nie pas l’existence de caractères sexuels mais le sens qu’on leur donne, et l’importance qu’on leur attribue pour définir, ranger, ordonnancer le monde, et surtout le hiérarchiser.
      Oui, on est arrivé à un moment où on doit se demander où l’on va. Et bien, personnellement, je n’ai pas envie qu’on me dire que où je dois aller, c’est dans ma cuisine, voilée ou cachée, interdite de parole sur la place publique…où que l’on refuse aux femmes des générations à venir, le droit de faire des études et notamment de la philosophie ou de la sociologie, indispensables pour déconstruire les discours que les dominants (quelqu’ils soient) nous servent.
      Merci aux femmes et aux hommes (et ma maman!) qui m’ont permis de faire ces études.

    9. pour Fab,
      j’ai dû mal m’exprimer aussi, mais ce que je vous répondais, c’est un peu (même si je ne suis pas totalement d’accord avec elle) ce que dit E Badinter. Etant écolo, je ne ferai pas de généralité comme elle, en désignant les féministes ecolo de réactionnaires ou conservatrices. Mais, et là, elle a raison, c’est qu’il y a des risques, dans ce discours où les meilleures comme les moins bonnes intentions se mêlent, que les femmes en fassent les frais. Par ce que depuis que l’humanité est humanité, les femmes subissent la domination. Alors, bien sur, des progrès sont là qui font dire à certains que le combat féministe est dépassé. Mais pour moi, la réalité, de tous temps, montre qu’un retour en arrière est possible. je ne suis pas spécialement féministe (quoi que, j’aime bien les théories des queer studies, bien que complètement « barrées » pour certaines mais fécondes) à la vérité, mon truc c’est de défendre l’allocation universelle de subsistance, et la réduction du temps de travail. Mais du coup, je me dis que ces mesures peuvent apporter beaucoup pour les femmes. Quand on a un minimum pour vivre, ça change la donne en ce qui concerne l’acceptation, la contrainte, l’exploitation! La notion de foyer, en outre, est pour moi « dangereuse », et vraiment à discuter. Un foyer ouvert, oui. Mais faire attention au repli. Sur cette notion de foyer, on peut en reparler Fab.

    10. A Taotaquin
      Hum, pas sur que certains ici, apprécient ce genre de femme libre un brin castratrice s’il en est! les partisans de la thèse de la confusion des genres auraient matière à critiquer. (quoi qu’elle avait aussi un petit coté conservateur, en particulier quand il était question de patrie, de culture, de nation) Elle avait l’idée d’un retour à un grand tout. Ca doit vous parler,un tout englobant…
      Par contre, je suis trop sentimentale pour supporter la lecture de ce qu’elle a fait subir à son mari Andreas, ses amants…
      Mais elle m’inspire. Elle manie tellement bien le fouet.

    11. @ Lou:

      « Ne pas ajouter à la démence du réel, la niaiserie d’une explication » (Jean Rostand)

      « Ne jetez pas la pierre à la femme adultère, je suis derrière. » (Georges Brassens)

      Seul le sens de l’humour peut améliorer la société, … peut-être…

  10. « Quand le Tao fut délaissé il y eut l’humanité, la justice. Puis la sagesse, la prudence parurent et l’hypocrisie fut générale.
    Dans la famille les membres se méconnurent : il y eut l’affection des parents, la piété filiale.
    Les Etats souffrirent de corruption, du désordre : il y eut des fonctionnaires fidèles.

    La suprême Vertu est sans vertus : c’est pourquoi elle est la Vertu. La vertu inférieure est attachée aux vertus, c’est pourquoi elle n’est pas la Vertu.
    La suprême Vertu n’agit pas, et n’a pas de raisons d’agir. La vertu inférieure agit par elle-même ; elle a des motifs pour agir. L’humanité supérieure agit par elle-même sans mobiles. L’équité supérieure agit par elle-même avec des raisons pour agir. La civilité supérieure agit par elle-même ; et lorsqu’elle n’obtient pas la réciprocité, elle s’efforce de s’imposer par la contrainte, mais elle est rejetée.
    C’est pourquoi lorsque le Tao fut délaissé il y eut la vertu ; la vertu perdue, il y eut l’humanité ; après la perte de l’humanité, il y eut l’équité ; après la perte de l’équité, il y eut la civilité. Or la civilité n’étant que l’apparence de la droiture et de la sincérité, elle est cause de désordre…  » Lz Tao Te King 570 av.J.C

    1. Formidable Tao Te King !

      Avant Jésus. Avant Aristote…

      Que s’est-il donc passé que nous n’en ayons tiré davantage ?

    2. Le lao zi n’est pas forcément le nec plus ultra en matière de respect de la volonté du peuple (moins il en sait, mieux c’est). C’est très intéressant de faire un petit détour par le taoisme, mais ça demande de mettre en perspective. (réfléchissons quand même avant de jeter notre histoire, les choix et voies qui ont été les nôtres, des grecs, Platon, aux lumières…et bien sûr tous ceux ignorés par le catéchèse philosophique de nos universités, bref, ce qui nous fait aussi: c’est aussi en comprenant mieux notre parcours qu’on peut inventer à nouveau) Outre la lecture de François Jullien, que j’ai déjà conseillée, je propose aussi Jean Levi, notamment son introduction à la traduction du han feizi, le tao du prince; également « les fonctionnaires divins ». je l’ai lu il y a longtemps, donc c’est plus trop clair dans ma tête, mais je me souviens d’un bon livre, et de passages rigolo sur l’espionnage et le contre espionnage, ou la désinformation plutôt.

  11. @Anne, @lou, @bric a brac baroque
    la femme n’est pas le problème.
    la femme n’est pas la solution.
    certains pronent l’égalité Homme-Femme et nient leur complémentarité
    d’autres misent sur une égalité par la complémentarité: Homme=Femme parce ce que Homme+Femme forme une équipe qui y gagne qualitativement en jouant avec l’équilibre des pouvoirs selon les situations…
    la 2eme approche me parait plus sereine.
    Mais au fait, pourquoi va t’on en Occident vers plus de matriarcat??
    QQ hypothèses farfelues qui me sont propres:
    déclin du religieux + totalitarisme de la science = disparition de l’autorité du Père et effacement systématique de l’énonciation originelle par des énonciations ultérieures annulant la précédente, d’où perte du statut d’énonciateur, de guide pour l’avenir, du Grand Autre de Lacan
    la science nous mène dans une direction insoupçonnée: le clonage humain. c’est là que les rires fusent (angoisse? torpeur?) chacun sa réaction… Houellebecq est effectivement visionnaire.
    Reprenons, clonage humain, ça signifie quoi??? simplement que perpétuer l’espèce n’implique plus directement le rapport Homme-Femme. Alors que le patriarcat a probablement tjs été une réponse à l’hyperpouvoir de la femme de procréer seule (pour faire vite, la femme peut faire seule un enfant sauf l’accouplement qui reste un détail logistique facilement contournable). Le patriarcat semble donc être LE CONTRE-POUVOIR à cette injustice physiologique. Désormais, quelle utilité d’asseoir ce contre-pouvoir là si la procréation n’implique plus le schéma originel. L’homme va pouvoir faire seul des enfants (utérus artificiel, clonage)…
    la chute du patriarcat n’est peut etrte pas le fait de l’avènement du matriarcat mais simplement le fait de son inutilité. La grande mutation métaphysique évoquée par Houellebecq est en marche et on voit bien le tumulte ambiant suscité dans les âmes de chacun, au travers de comportement violent, agité, et frénétique, bref tous les symptomes de l’angoisse refoulée qu’un tel bouleversement de l’Humanité suscite…

    1. Il serait malhonnête de détacher,une phrase de son contexte mais qualifier l’accouplement de détail logistique facilement contournable je demande l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire (mixte de préférence).

    2. « déclin du religieux + totalitarisme de la science = disparition de l’autorité du Père et effacement systématique de l’énonciation originelle par des énonciations ultérieures annulant la précédente, d’où perte du statut d’énonciateur, de guide pour l’avenir, du Grand Autre de Lacan »

      Désolée, mais je garde une préférence pour la science, sa finalité (la recherche du vrai) et sa méthode (énoncement d’un postulat puis recherche de faits pour le confirmer ou l’infirmer, bref tâtonnements et remises en cause) que pour la religion ou toute autre autorité indiscutable du « père », qui demande à chacun soumission et ne souffre aucune remise en question.

      Après, je reste sceptique sur votre vision d’un avènement du matriarcat … Franchement, vous le voyez où ????? Que les femmes aient enfin une égalité formelle des droits, et c’est le matriarcat ?
      Bon, le sujet du blog n’est pas de discuter longuement sur ce sujet, mais il y aurait matière à.

    3. Mysoginie à part, pour les vaches c’est réglé.

      En France, 100% des fécondations en exploitation agricole sont « sans taureau »….

    4. Pareillement absurde, dire « science » et « totalitaire » …
      Vu la démarche de la science, justement, elle ne procède pas du totalitaire, même si il peut arriver, pendant une période, qu’une théorie tienne le haut du pavé et que ses tenants méprisent les découvertes qui la remettent en question. Mais cela ne dure jamais que pendant une période.
      Il suffit de voir l’histoire des sciences.

      Peut-être parlez-vous d’autre chose, mais il faudrait que vous définissiez un peu plus vos concepts avant de faire des phrases.

    5. @Thomas: « En France, 100% des fécondations en exploitation agricole sont « sans taureau »…. » : alors qu’autrefois les paysans « menaient la vache au taureau », fournissant gracieusement à la grammaire un contre-exemple pour enseigner qu’il ne faut pas dire : « aller au dentiste ». 🙂

  12. Sur TF1 News (désolé) :

    « Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel et le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker souhaitent imposer une interdiction des « transactions spéculatives » sur les produits financiers dérivés, dans un courrier publié jeudi par l’Elysée. »

    1. Oui mais, comme les anglo-saxons y sont farouchement opposés, on peut parier qu’il y aura suffisamment de trous dans les futurs interdits pour qu’ils ne gênent personne.

  13. @ dissonance et Gauvin

    « En régime démocratique, peut-on désolidariser la responsabilité des élus de la responsabilité de ceux qui leurs donnent mandat?  »

    Evidemment oui.

    400 000 inscrits dans les différents partis politiques, barrant la route à toute autre initiative, toute autre tentative d’organisation, se gardant le monopole des candidatures, confisquant à leur profit tout le système électoral, est-ce un système démocratique? et ces représentants ne se sont-ils pas auto-proclamés dignes de nous représenter?

    Non, ce système n’a pas le nom (oh combien sacré) de Démocratie, mais doit être résolument nommé, démagogie, spectacle, cirque, théâtre, prestidigitation, manipulation, tout ce que vous voudrez, mais pas Démocratie!

    Avez-vous par hasard essayé de militer dans un parti politique? moi oui, dans deux en plus pour bien me rendre compte de l’étendue des dégâts. Il y a de quoi écrire un livre (et de nombreux ont été écrits sur le sujet). De quelque bord que ce soit, comment voulez-vous que des partis dont l’organisation interne est tout sauf démocratique (souvenons nous de l’élection d’Aubry, l’éviction de Frèche, etc) puissent produire, par miracle, le terme n’est pas trop fort, de la démocratie, une fois leurs représentants élus?

    La démocratie, comme le marché, a besoin de croyants. Je constate que leurs églises sont bien remplies et ne risquent pas d’être atteintes par des crises de la vocation. Les candidats clercs et démiurges se précipitent pour en profiter, la soupe est bonne!

    1. Je suis en grande partie d’accord avec vous, pour connaitre également le fonctionnement interne d’un parti. Pour autant, en ce qui concerne la démocratie locale, les gens gueulent, mais y a plus personne quand faut assurer le boulot. Et franchement, c’est pas rien d’être élus de collectivités locales. C’est comme le milieu associatif, c’est toujours les mêmes qui se coltinent les « corvées ».

    2. @ Phil

      Hello collègue cycliste!,

      as-tu déjà fait partie d’un club, d’une bande ? C’est pareil.

      Dès qu’on est plus de quatre, on est une bande de cons, chantait Brassens.

      Ceux qui prétendent avoir la solution pour le bonheur de tous sont des escrocs, ou des inconscients.

      Je préfère, et de loin, ceux qui aiment la synthèse amusée de lao-tseu sur son buffle ou de Bouddha montrant sa barque, méprisant les honneurs et le pouvoir.

      Dostoïevski a écrit:

      « L’être humain aime-t-il les ruines et le chaos (inutile de le contester, les faits le témoignent) parce qu’il a une peur instinctive d’atteindre au but qu’il se fixe, et d’achever l’édifice qu’il bâtit ? Le savez-vous ? Peut-être cet édifice ne lui plaît-il que de loin, non de près ? Il n’éprouve du plaisir qu’en le construisant, et n’aurait aucune joie à l’habiter: aussi le laisse-t-il aux « animaux domestiques ».

      Et Jean Rostand:

      « Ce n’est pas le génie qui m’étonne chez ce descendant de la brute, mais son aptitude à la souffrance. »

      Quant à la façon dont nous traitons notre environnement (donc nos semblables), le plus amusant vient de Louis Scutenaire:

      « L’homme est cet être infiniment piteux qui jette un bâton dans le cerisier et qui reçoit quelques cerises sur la tête. Avec le bâton. »

      Il s’agit d’être lucide avant tout. L’éducation peut faire évoluer le petit de l’homme vers un autre univers, à condition de lui expliquer le mensonge de l’accession au bonheur par les échelons de la dominance sociale. En lui expliquant que la possession d’un maximum d’objets divers engendre aussitôt la frustration, et la frénésie de consommation à l’infini.

      Pour protéger l’homme de lui-même, il faudrait glorifier celui qui « n’ayant pas d’idéal sacro-saint, se borne à ne pas trop emmerder ses voisins ». (Encore Georges)

      Et non pas s’extasier, voire se prosterner (nous y sommes: la croyance, Phil) devant la « réussite » de ce petit gars parti vendeur de pommes et maintenant dirigeant de cette multinationale de l’agro-alimentaire.

      Certains regrettent les « trente glorieuses », ou encore « cet esprit pionnier qui existait en Amérique ».

      Mais c’est précisément cet esprit-là qui a mis la planète dans cet état, et c’est pendant les années d’après-guerre que l’accélération de la destruction du monde a été foudroyante.

      Je croirai au progrès quand on me parlera de qualité de vie, de culture, de loisirs, de sport en tant que jeu ou délassement, d’éloge de la sieste et de la réflexion, de recherche, de création, du partage de nourriture entre les habitants de la terre, de respect des peuples, de l’humour qui nous rapproche et qui nous sauve si souvent…

      En attendant le progrès m’apparaît surtout comme une armée de mercenaires « bardés d’électronique embarquée », et sous prétexte de conversion « aux charmes de notre mouroir bigarré » (Philippe Murray), arpentant le monde en quête d’une quelconque camelotte à fourguer, avec une préférence indéniable pour celle fabriquée par des esclaves du Travail/tripalium.

      Changer de société ?

      Il faudrait un miracle ou un cataclysme à l’échelle du monde…

      Pour le miracle, j’ai des doutes.

    3. @lou

      Je ne parlais pas du local stricto sensu. Il faut voir d’ailleurs comment les états majors brocardent les « petit » maires. Quelle pitié, ce système!

    4. @Phil et suivants:

      Quelle étrange réponse, à une question qui n’a pas été posée…

      Ma question n’était pas:

      « La France est-elle une démocratie? »

      Mais:

      « En démocratie, peut-on séparer…? »

      Conclusion:

      La seule chose en laquelle je crois actuellement, c’est que vous n’êtes pas attentifs à ce que vous lisez. 🙂

    5. P.S. :

      Si vous souhaitez débattre de la question « la France est-elle une démocratie? » allons-y, toutefois je dois vous avertir que nos opinions respectives ne sont pas si éloignées que vous semblez le penser.

      A mon sens, la preuve par neuf du caractère anti-démocratique du régime dans lequel nous vivons a été apportée le 8 février 2008.

    6. @dissonance

      Je vous cite, à propos de la responsabilité de l’homme de la rue en Islande

      « En régime démocratique, peut-on désolidariser la responsabilité des élus de la responsabilité de ceux qui leurs donnent mandat? Il me semble que ce genre d’exonération n’a de sens que dans le cadre d’un régime autoritaire, dans lequel la population ne dispose pas du choix de son gouvernement. »

      J’ai bien lu ce qui est écrit. et je réponds: oui on peut légitimement désolidariser la responsabilité des élus de la responsabilité de ceux qui leurs donnent mandat, en raison de l’illégitimité actuelle des représentants.

      Si j’ai pris comme exemple la France, c’est parce que c’est l’organisation »démocratique » que nous avons sous nos yeux, et je doute qu’il y ait aujourd’hui un pays « démocratique » dont la classe politique soit plus légitime, pour les raisons que j’ai avancées. Les opinions ne les jugent pas légitime, et cela a été le sujet d’un papier de Paul Jorion sur BFM.

      La question que je me posais était bien générale et non spécifique à la France, et mon propos n’était pas à proprement parler une réponse, mais une illustration des interventions précédentes.

      A part ça, j’ai, malgré mon grand âge, 10/10èmes aux deux yeux.

    7. @Phil

      Il me semble que votre propos recèle une contradiction indépassable:

      D’un côté, vous semblez considérer l’illégitimité des représentants comme une tare intrinsèque de la démocratie. Mais de l’autre, vous suggérez que le régime dans lequel nous évoluons n’est pas démocratique…

      Ces deux visions s’excluent mutuellement: Soit nous sommes en démocratie et celle-ci fonctionne mal, soit nous n’y sommes pas et alors les phénomènes que nous observons ne peuvent lui être attribués. On est dans la maison ou dehors, mais on ne peut pas être aux deux endroits en même temps.

  14. « il s’agit d’une entreprise financière, elle ne s’occupe pas de moralité.  »
    Sans trop exagérer on pourrait en dire autant des mafias. Ces systèmes aussi visent les opérations rentables au jour le jour : gagner la suprématie sur tel ou tel marché , alcool, drogues, déchets, main d’oeuvre etc…Pour cela il y a des stratégies nécessaires: s’assurer le contrôle des populations concernées, par la « culture » clanique, le silence , et par la force. Il faut aussi s’assurer des soutiens extérieurs : acheter des policiers, des hommes politiques pour orienter les lois et s’aliéner l’appareil judiciaire. Les mafias utilisent aussi très bien le système financier international, opaque autant que légal. Les mafias font tout cela très bien sans moralité, et c’est pour cela qu’on les retrouvent sur des marchés peu honorables. Et c’est très rentable.
    Quand on regarde cela sans préjugés moraux, on ne voit pas grande différence de nature avec le fonctionnement de nos marchés financiers . Le but est toujours de capturer des richesses. Les manières s’en rapprochent souvent , comme il est souvent décrit dans ce blog et ailleurs . Si justement le marché n’est pas l’équivalent d’une mafia, c’est bien que l’entreprise financière ou productive doit aussi s’occuper de moralité. S’assurer que son activité ne nuit pas à l’intérêt général. Sinon, pourquoi juger les mafias ? Il n’y aurait pas de différence de nature entre les deux formes de système, alors ?

    1. Mafia et marchés financiers, il a été une époque ou la mafia n’était combattu que par son système économique occulte donc non redevable des impôts envers la société.

      Les marchés financiers opérant ou rapatriant les capitaux sur des paradis fiscaux, l’impôt devient négligeable, la différence entre mafia et finance devient ténue, il me semble!!!!!!!!!!

  15. hélas…le profit avant tout ! liberté des marchés…le profit avant l’homme !
    Madison n’a-t-il pas déclaré :
     » que la première responsabilité de l’Etat était de protéger la minorité opulente contre la majorité »,

    proposition qui est restée le principe fondalental du système démocratique américain jusqu’à nos jours.
    rien d’étonnant donc…mais en même temps assez…pitoyable !

  16. REPONSE A DIDIER (MESSAGE 11/03 – 16H43)

    Merci beaucoup pour votre message. Je crois, en effet, qu’en finance, on raisonne en termes de but à atteindre et que, clairement, la finance a engendré l’explosion des catégories juridiques.

    Souvent, on entend dire qu’il conviendrait de séparer « banque d’affaires ou de marché » de la « vraie banque, la banque de monsieur tout-le-monde ». Je pense que c’est une erreur. Surtout si l’idée est de faire en sorte que les dépôts des clients soient protégés des activités de marchés: les dépôts sont une source de financement des banques. Donc, séparation ou pas, les dépôts seront toujours utilisés dans ce dessein, et c’est d’ailleurs un des éléments essentiels de la définition de l’activité de « réception de fonds du public » (les dépôts): le banquier peut disposer des fonds reçus en dépôt de ses clienst, à charge pour lui de les restituer à terme ou à vue, selon le contrat.

    Je pense que le phénomène qui a fusionné les métiers financiers réglementairement segmentés est la « marchéisation du risque ». Le risque a toujours été objet de commerce, depuis que les assureurs existent. Mais l’on a découvert que le risque – de toute nature, pas seulement de marché – se négociait comme une valeur mobilière, par exemple.

    Les marchés de capitaux n’ont plus seulement une vocation de financement, mais cumulent également celle de gestion et de transfert de risques. C’est assez nouveau, disons 10/15 ans.

    Comment réglementer un produit financier lorsque, pour une partie, il est un instrument d’investissement, alors que, pour l’autre, il est un instrment de couverture?

    J’entends déjà notre ami « Galou » me dire: « alors si vous spécialiste vous êtes perdu, que doit-on faire? » Désolé, mais ce n’est pas simple. On peut toujours prôner, comme nombre de participants à ce blog, la suppression pur et simple des dérivés et dire que les marchés doivent uniquement financer « l’économie réelle ». On pourrait aussi couper la tête des méchants traders et brûler les marchés. Il est vrai que, ainsi posée, la donne est simple, sur le papier.

    Est-ce que l’approche par l’objectif revient à exclure toute réglementation? Pas sûr. Une fois encore, prenez l’exemple du droit fiscal ou du droit de la concurrence, ce sont des droits réalistes, s’attachant, non pas à la nature des choses, ni à l’objet de ces choses, mais à leurs effets. Ce qui compte pour l’administration fiscale ou de la concurrence, c’est l’effet produit. Ainsi, si on adopte une démarche juridique dont l’effet est différent de l’objet traditionnellement reconnu à cette démarche, et bien ces administrations sanctionneront l’effet réellement produit, pas l’objet théorique et qui pourrait, en plus servir de paravent à de douteux desseins.

    Bien cordialement,

    1. Monsieur Gauvin, banque de dépots ou d’affaire, vous pensez que c’est une erreur que de vouloir séparer les deux activités.

      Votre premier § repose uniquement sur une ambiquïté, que la charge du défaut ne repose in finé que sur la garantie étatique de la monnaie.

      En conséquence de quoi, les pertes sont assurées en partie (je ne connais pas la répartition des pertes) par les joueurs financiers et pour le solde par la communauté.

      Au principe de la liberté des actes de chacun donc de sa contre-partie responsabilisante, la communauté devrait ne garantir que les dépôts non spéculatif (revenu du travail, de bien immobilier, de placement financier homologué par l’état).

      Aucune garanti ne saurait être accordé in finé aux placements ou revenus non homologué.

      Il suffit pour celà que tous les revenus homologués soient virés sur un compte de dépôts garanti in finé par la collectivité.

      Si le possesseur du compte homologué et garanti, veut jouer son argent  » à la finance  » qu’il joue mais sans garanti de la collectivité. Il suffit de creer un compte spéculatif, les sommes virées et leurs gains éventuels ne peuvent revenir en compte de dépôt homologué garanti.

      Ce qui implique que les sommes investis sur compte spéculatif, ne serviraient qu’à la consommation immédiate ou à la finance.

      Je reviens à l’ambiquïté ART 1930 du code civil:
      Il ne peut se servir de la chose déposée, sans la permission expresse ou PRESUME du déposant.

      Je comprends votre position, car c’est vrai que pour les volumes d’échanges financiers, il faut que tous les dépôts rentrent dans le ratio pour préter d’autant.

      Si ce système pouvait être adopté, libre à chacun de jouer, d’y perdre ….d’y gagner. Juste définir le dépôt homologué, tout le reste étant finance.

  17. @flo
    juste une nuance, la science est plutot totalisante que totalitaire, elle tend à devenir totalitaire en éliminant systématiquement les procédés qui ne relèvent pas de sa méthode, et affirme annoncer la vérité (alors qu’il y en a svt plusieurs).
    sur l’avènement du matriarcat: OUVREZ les YEUX!! je ne suis pas la pour critiquer cela, juste pour constater les faits, on tend vers une société matriarcale et cela va régler beaucoup de pb mais probablement en faire apparaitre d’autres assez nombreux…

    1. Mais de quel avènement du matriarcat parlez-vous ? Tous les pouvoirs décisionnels et économiques sont aux mains des hommes et la condition des femmes régresse partout même dans les pays développés.

  18. « L’énergie bon marché équivaut à imprimer de l’argent – avoir un travail fait pour presque rien est un moyen fantastique de faire du profit – c’est pourquoi les hommes ont apprécié l’esclavage et qu’ensuite ils ont apprécié les énergies fossiles. »

    « cheap energy is (this seems obvious, but I make it explicit because its amazing what people miss) a way of printing money – getting a lot of work done for virtually nothing is a great way to make a profit – that’s why people used to like slavery, and then they liked fossil fuels. »

    Peak Oil Is Still a Women’s Issue and Other Reflections on Sex, Gender and the Long Emergency
    http://www.energybulletin.net/node/51373

  19. @ Thomas et Wladimir,

    Les Etats sont de plus en plus « sécuritaires »…

    Ils tentent de nous imposer des mesures d’austérité pour ‘payer la dette'(entres autres).

    Quand nous serons totalement exangue et dépourvus de moyens pour rétablir la Démocratie, nous nous apercevrons que, étant donné la raréfaction de l’énergie fossile, TOUT sera de plus en plus cher, hors de prix. Mais à ce moment, les nantis se seront bien protégés, et seront les seuls à pouvoir satisfaire leurs besoins .
    Le Peuple lui sera la triste victime de son aveuglement.

    Peut-être est-ce plus éclairant exprimé comme cela?

  20. @avisse
    bien-sur ceux qui sont au pouvoir sont majoritairement des hommes mais qd je parle d’avènement, c’est que cela n’est pas encore arrivé mais est en cours. Regardez plutôt la génération des jeunes parents de 25- 35 ans. Regardez-y ce qui s’y passe DE PRES. Vous concluerez que papa qui s’occupe de bb, qui cuisine et participe aux taches ménagères, c’est un retour à une certaine justice, à une certaine égalité. Cela est vrai. Mais…le bémol n’est pas pour Madame qui accède à plus d’autonomie, plus d’assurance, le bémol, c’est pour l’Après, la progéniture qui a affaire non pas à Papa+Maman mais à Papa=Maman donc un Monoparent. Structurellement parlant, est ce bon pour l’enfant? We dont know, miss…

  21. Cher Mr Gauvin,

    Comme je connais assez bien le domaine de la gestion individuelle, je suis bien placé pour dire que, au bout du compte, la spéculation a toujours existé, elle est même à mon sens un des moteur de l’énergie dépensée par les hommes pour améliorer leur sort.

    Appliquée aux produits financier, la spéculation peut s’envisager de diverses manières et, aux fins de démonstration, prenons un exemple simple : le vendeur « à terme » de USD contre euro à 3 mois : (lequel vendeur à terme vend ses produits aux USA avec paiement à 3 mois d’échéance et donc va encaisser des USD dont il veut se débarrasser afin d’éviter une éventuelle perte de change dans ses comptes) est un spéculateur. Car il vend ses USD avant de les recevoir et il ignore, jusqu’à l’encaissement de ladite somme, s’il n’aurait pas mieux fait de conserver ses USD et de les vendre seulement à réception de cette somme car peut-être qu’entre temps le USD se serait apprécié contre Euro. Faisant cela, le vendeur à terme peut se targuer de produire un bien (bon ou mauvais dans cet exemple cela importe peu) et également il peut se targuer de faire une gestion en bon père de famille en protégeant son entreprise.

    Cependant, si nous restons sur cet exemple simple, vous n’ignorez pas que pour 1 (un).- USD vendu contre euro aux fins de commerce représentant des biens réels, il y a selon les statistiques, sans doute au delà de 100.000.- USD vendus en même temps qui eux, ne représentent pas un bien réel. Il s’agit donc ici d’une spéculation sêche, c.a.d, spéculation pour spéculation. Alors, on me dira : s’il y a des vendeurs il y a aussi des acheteurs et donc l’équilibre est rétabli. Sauf que les volumes faramineux que cela représente faussent les statistiques et les analyses mais que les banques, elles, encaissent les « spread » de change à chaque coup. Elles auraient donc bien tort de cesser cela et toute réglementation serait pour elles une entrave à leurs profits. Il y a donc collusion de fait entre le monde des « spéculateurs clients » et le monde de la finance. Autre fait majeur dont il faut aussi tenir compte et que je mentionnais ailleurs : les jeunes gens assis devant leur ordinateur et dont le job consiste à vendre ou à acheter selon l’évolution de la courbe, ces jeunes gens, qu’ils soient de NY, Frankfurt, Paris ou Tokyo ont tous les mêmes réflexes de pavlov et donc, in fine, le stimuli qui les fait agir, ce n’est pas « la clochette » qui fait saliver le chien (le chien de Pavlov) mais bien les courbes qui se croisent et se décroisent sur l’écran. Ou est la réflexion dans tout cela ??

    Si je continue maintenant sur la structure des banques de par le monde, vous n’êtes pas sans savoir que, ces 20 dernières années, les concentrations bancaires ou financières ont considérablement restreint les centres de décisions au point qu’un patron de Citigroup, BNP ou autre groupe représente un pouvoir de pression tout à fait colossal. Ce pouvoir s’est peu à peu substitué au pouvoir politique surtout du fait même de l’inanité de ce dernier. A ce stade, voyez par exemple la réunion « en catimini », à NY des gérants de Hedge fund récemment (et dans mon exemple, je suis encore loin des Hedge funds). Bien sur, sous prétexte de libéralisme, on a autorisé les fusions, bancaires ou autres et, sans être un grand spécialiste des fusions / acquisitions il est plus qu’évident que ces concentrations colossales de fonds peuvent impacter aisément sur l’économie réelle (qui ne représente qu’une infime partie des volumes traités) et plutôt que de stimuler la concurrence, elles la diminuent puisque le nombre d’acteurs du jeu bancaire rétrécit comme peau de chagrin.

    Dire de cela qu’il y a un complot mondial est à mon sens une ânerie (encore que dans le cas du dîner de NY….) mais dire que ce système est utilisé par les gros joueurs pour orienter l’évolution est plus qu’évident. J’appelle cela le jouet de Paulson…du nom du Président de Goldman Sachs. Et encore, dans cet article, je veux vous épargner les produits dérivés sophistiqués, CDS, baskets, turbo, futures, worst of, best of, synthetic, titrisations, etc….dont le but est d’extraire et encaisser la volatilité de produits ad hoc pour certains, pour d’autres d’extraire la liquidité des entreprises quitte à les faire fonctionner sur les crédits bancaires uniquement (LBO entre autres), pour d’autres enfin de jouer à l’apprenti sorcier avec les pays mêmes ce qui fait dire qu’il s’est construit, parallèlement au monde réel, un monde de la finance qui, grâce aux mathématiques joue pour lui-même sans lien avec la société. Il est d’ailleurs facile de vérifier lors des annonces de résultats des groupes bancaires les rentabilités des différents morceaux…..banque de réseau, private banking, corporate finance, etc….pour voir où se trouve la rentabilité maximale. Et que dire de la comptabilisation des produits dérivés…n’a-t-on pas parlé de comptabilité inventive ou innovatrice…on n’arrête pas le progrès !!!!!!!!!!! IL est tout à fait vrai que le juridique prend le pas sur la finance.

    Comme il faut, pour jouer, un minimum de fonds (nous devrions dire un maximum), les fonds des clients normaux sont donc les bienvenus et, de nos jours, du fait des taux proches de zéro (sur l’euro et le USD) au comptant, ces fonds sont gratuits pour les banques. Comprenons nous bien : les banques jouent pour elles-mêmes et pour leur clients. Et donc, les banques prennent des risques avec des fonds dont elles ne sont pas propriétaires en mettant en danger leur bilan et donc la capacité à rembourser à leurs clients des dépôts qu’ils ont faits. Mieux que cela encore, les banques ont crée des « véhicules financiers » ad hoc dans les paradis fiscaux (ceci n’est pas nouveau) pour opérer hors de tout cadre fiscalisé et une bonne part des engagements sont dans le hors-bilan (on nous harcèle pour la transparence et ceux là même ((les politiques)) qui crient le plus fort sont ceux qui sont incapables de mettre en place les règles. Et, cerise sur le gâteau, il faut bien rémunérer les petits génies qui produisent des retours sur fonds propres hors normes…d’où les bonus qui font tant parler d’eux. Mais on voit bien que les bonus ne sont qu’une conséquence…pas une cause.

    Comme dans toute activité humaine, les problèmes ont à mon sens surgit quand on est allé trop loin : C’est bien connu « Au-delà des bornes il n’y a plus de limites ». Les actionnaires demandant du rendement, on a fait un max de profit avec un minimum de fonds propres et encore….il faut voir ce qu’on appelle fonds propres, quasi fonds propres, fonds assimilés, etc….. Il y a mise en danger du système tout entier.

    Or, posons nous la question : Qui est-ce qui gouverne dans nos pays, qui est-ce qui fait les lois, ou, dit autrement : Y-a-t-il un pilote dans l’avion ???

    Poser la question c’est y répondre.

    PS : Il est difficile d’expliquer simplement les choses de ce type car les tenants et les aboutissants sont complexes mais ce qui est certain, c’est que la démesure du monde bancaire le conduira à sa perte sans un sérieux coup de barre.
    En terminant cet article il me vient également une idée: Comme je l’ai dit à plusieurs reprises, l’homme a fait le tour du monde et il maintenant jouer avec. (Voir le film le Dictateur).

  22. Janet Tavakoli :

    Washington Must Ban U.S. Credit Derivatives: Games and Gold (Part 2)

    European regulators said they saw no evidence of manipulation in the Greek credit default swap market because they examined DTCC data. DTCC doesn’t capture all trades.
    […] the credit default swap market has a history of manipulation, and we are in the middle of a global financial crisis. Speculators can potentially destabilize a country or a company that’s already in trouble.

    J’ai posé la question suivante à Janet :

    « Dans ce cas-là, comment la BaFin devrait-elle faire ? Comment pourrait-elle avoir accès à d’autres données que celles de DTCC ? »

    Elle vient de me répondre :

    Paul,

    La réponse aux deux questions est que selon moi il faudrait les [CDS sur la dette souveraine] interdire. Il est impossible aux régulateurs de les superviser.

    Janet

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