Le temps qu’il fait, le 18 juin 2010

IHEST, Arc-et-Senans, le 7 septembre 2009 : Une constitution pour l’économie

IHEST, Paris, le 25 novembre 2009 : Séismes et bulles financières, débat avec Didier Sornette

Billet : Le citoyen et le bourgeois

Billet : Peut-il y avoir trop de propriété ?

La résistance à la domination : Pierre Clastres (1934 – 1977)

Partager :

299 réflexions sur « Le temps qu’il fait, le 18 juin 2010 »

  1. Je parlais de Saint Just et de la bifurcation qui s’est produite le 13 mars 1794.

    Les bourgeois jacobins (dont Saint Just), membres du Comité de Salut Public, sont au pouvoir. Ils dirigent la France.

    Ils se heurtent à leurs alliés sans-culottes. Ils s’opposent à leurs alliés sans-culottes :

    – car les bourgeois jacobins ne font pas partie de la même classe sociale que les sans-culottes ;
    – car les bourgeois jacobins sont partisans du libéralisme économique, alors que les sans-culottes veulent imposer le dirigisme ;
    – car les bourgeois jacobins croient en l’Etre suprême, alors que les sans-culottes sont plutôt en faveur d’une déchristianisation de la France ;
    – etc.

    Les bourgeois jacobins brisent l’alliance avec les sans-culottes : ils font arrêter les meneurs des sans-culottes (ces meneurs étaient membres du Club des Cordeliers).

    A partir de la bifurcation du 13 mars 1794, la Révolution française devient une révolution bourgeoise.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Club_des_Cordeliers

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Club_des_Jacobins

    1. Vous réécrivez l’histoire BA. Robespierre et St-Just ne se sont jamais opposés aux sans-culottes. Ils ont « épuré » le Club des Cordeliers des dirigeants sans-culottes qui étaient en fait à la solde des Anglais. Ils se sont tellement peu opposés aux sans-culottes que lors de l’arrestation de Robespierre et St-Just, ils auraient encore bien pu être sauvés par une réaction sans-culotte (qui les soutenaient toujours) si n’était que le mouvement était désorganisé suite à la disparition de ses dirigeants et à la démoralisation politique qui s’en est suivie (pas facile d’avaler qu’on a suivi des chefs menteurs et qu’on s’est fait manipulé par l’ennemi).

    2. J’ai vu qu’un certain Choderlos de Laclos avait été membre du Club des Cordeliers. Le Choderlos de Laclos des Liaisons dangereuses ? Quel délice ce bouquin…

    3. @BA

      Peu importe si les sans-culottes étaient ou non compromis avec des banquiers ou des anglais.
      Ce qui est sur c’est que l’armée révolutionnaire n’avait plus de raison d’être militairement à ce moment là, et que, pour les jacobins et le comité, seul subsistait leur pouvoir de nuisance.

      Pouvoir de nuisance qu’il pouvaient mettre en œuvre tant par des exactions dans tout le pays que par un activisme politique, quels qu’en soient les objectifs, susceptible de favoriser l’ennemi extérieur et intérieur, et en tout cas de mettre à mal la volonté centralisatrice du pouvoir jacobin.

      Il n’y avait donc qu’une alternative pour les sans-culottes, se soumettre ou être éliminés. C’est pas plus compliqué.

    4. Le 13 mars 1794 (23 ventôse an II), Robespierre fait arrêter les dirigeants du club des Cordeliers, Hébert, Momoro, Vincent, Ronsin. Le 21 mars 1794 (1er germinal an II), leur procès commence. Il ne durera que quatre jours.

      Fouquier-Tinville, l’accusateur public du tribunal révolutionnaire, avait demandé aux membres du Comité de salut public ce qu’il devait faire. Il ne savait pas ce qu’il devait reprocher aux hébertistes ! Saint-Just lui avait répondu : « Amalgamez ! » Fouquier-Tinville obéit. Lors du procès, il accuse les hébertistes d’avoir préparé un complot pour égorger les membres du Comité de salut public et du Comité de sûreté générale. Il les accuse d’avoir voulu assassiner les membres de la Convention. Il les accuse aussi de conspiration avec l’étranger !

      Comme les hébertistes n’ont pas conspiré avec l’étranger, le procès tourne à leur avantage. Ils vont être relâchés, faute de preuve. Dans Paris, les sans-culottes sont sur les nerfs. Ils pensent qu’Hébert, Momoro, Vincent et Ronsin vont sortir blanchis.

      « Le tribunal semble, en effet, marquer une certaine hésitation…
      Au soir du 3 germinal [23 mars 1794], le Comité de Salut public, aux abois, convoque Fouquier-Tinville par un billet laconique, rédigé de la main de Robespierre, suivi de sa signature et de celles de Couthon et de Prieur de la Côte d’Or : « Le Comité de Salut public invite l’accusateur public du tribunal révolutionnaire à se rendre aujourd’hui au lieu de ses séances à neuf heures du soir. »
      Quelles instructions furent données à Fouquier-Tinville ? On l’ignore. « Mais on peut, écrit le général Herlaut, les déduire de ce qui se passa à l’audience du 4 germinal. »
      C’est la condamnation ! Fini ce procès extravagant et vide qui énerve les sans-culottes, crée une atmosphère d’émeute. Le scénario composé la veille, en cette stupéfiante conférence où s’étaient concertés gouvernement et justice, se déroule comme prévu. Dès la reprise des débats, au matin du 4 germinal [24 mars 1794], le président Dumas demande au jury s’il est suffisamment éclairé. Sur une réponse négative, il fait introduire le témoin sensationnel qui, à lui seul, valait les quarante-trois précédents : le ci-devant baron de Haindel, ex-colonel de la Légion germanique. Ce reître, au parler français rocailleux, va, en moins d’une heure, faire jaillir la lumière de la vérité dans l’esprit des jurés. Il reprend l’exposé du fameux complot qui devait aboutir à l’égorgement des membres des comités et à l’assassinat des conventionnels…C’en est assez ! Le jury, informé, entre en délibération. Malgré la dénégation des accusés, malgré l’absence de preuves, il rapporte bientôt une déclaration unanime constatant « qu’il a existé une conspiration contre la liberté et la sûreté du peuple français, tendant à troubler l’Etat par une guerre civile contre l’exercice de l’autorité légitime, par suite de laquelle des conjurés devaient dissoudre la représentation nationale, en assassiner les membres et les patriotes, détruire le gouvernement républicain, s’emparer de la souveraineté et donner un tyran à l’Etat. »
      C’était la mort pour Hébert et les autres accusés. »

      (Louis Jacob, Hébert, le Père Duchesne, Gallimard, p.352)

      Le 24 mars 1794 (4 germinal an II), ils sont guillotinés. Quelques jours plus tard, Robespierre fait arrêter un autre membre du club des Cordeliers, Chaumette, le procureur de la Commune. Le 13 avril 1794 (24 germinal an II), il est guillotiné. Robespierre le remplace par un de ses proches, Payan. La Commune est dorénavant aux mains de Robespierre.

      « Ce procès de Germinal fut décisif, bien plus que celui de Danton et de Desmoulins, en dépit de la légende. C’était le prélude à Thermidor, au retour au libéralisme bourgeois. La Commune de Paris fut renouvelée, peuplée d’une bureaucratie robespierriste ; les sociétés populaires disparurent une à une : comme l’a bien vu Michelet, le génie de Paris disparut avec sa commune. »

      (Dictionnaire critique de la Révolution française, Acteurs, p.385)

    5. @BA: « C’était le prélude à Thermidor, au retour au libéralisme bourgeois. »

      Sur ce point, tout le monde est d’accord. Robespierre s’est privé à ce moment-là de son aile gauche et n’a pu ensuite le 8 et 9 Thermidor se défendre contre les arrivistes de la Convention (les Tallien, Fouché, ce qu’il restait de dantonistes, etc) qui voulaient imposer un ordre bourgeois. Sa neutralité l’a perdu et a donné la victoire à l’aile droite malgré s’être débarrassé de Danton.

  2. Vu ce que vous abordez je me suis dit que peut-être vous seriez intéressé par le livre de Daniel Guérin, que je n’ai pas lu, Bourgeois et Bras nu pour la version condensée ou alors La lutte des classes sous la première république 1793-1797.

    Bonne continuation

    1. On connaissait les  » nègres » pour écrire « à la place de » , pas encore pour lire « à la place de  » .

      Combien de lignes au résumé ,pour que vous le compreniez mon bon maître ?

    1. Pour moi, Y. Cochet a raison, mais je sais que Paul, Attali…et beaucoup d’intellectuels socialistes sont opposés à mettre fin au système du libre-échange (la mondialisation) : le temps nous dira qui avait raison….

  3. Louis Jean Joseph Blanc (né à Madrid le 29 octobre 1811 – mort à Cannes le 6 décembre 1882)

    « La révolution de 1789 fut certainement une révolution socialiste (…) puisqu’elle modifia la constitution économique de la société au profit d’une classe très nombreuse et très intéressante de travailleurs ; mais la révolution de 1789 laissa beaucoup à faire pour la classe la plus nombreuse et la plus pauvre ! (…) Elle déblaya la route de la liberté ; mais elle laissa sans solution la question, très importante pourtant, de savoir si beaucoup de ceux qui étaient à l’entrée de la route n’étaient pas condamnés par les circonstances du point de départ à l’impuissance de la parcourir. [9]. »

    Selon le commentateur Francis Demier, pour Louis Blanc:

    « les classes ne sont pas condamnées à s’affronter et la lutte de classes, contrairement à l’idée qui se développe de Guizot à Marx, n’est pas le moteur de l’histoire. (…) Le marché ne fait que des victimes, il est une force anonyme, sans visage, sa logique échappe aux individus qu’ils soient ouvriers ou patrons [10].

    Sur le plan économique, Blanc distingue la place de l’individu dans un système de libre concurrence et dans un système associatif. Sa méthode d’analyse part systématiquement de l’Homme, de son droit fondamental à vivre pour comprendre les influences du monde économique sur la Liberté. Dans son esprit, le travail est tout aussi vital que l’air [13]. Dès lors, la puissance des règles économiques sur le quotidien doit être analysée afin d’établir un projet politique. La logique de l’accaparement, du profit, qui a pour conséquence l’appauvrissement général de la population, n’a aucun sens. Les chômages, les spéculations sur les denrées alimentaires vitales, sont des injustices criminelles. Il condamne cette logique au nom de la Liberté:
    Pour Blanc, le progrès de la civilisation se comprend par un idéal républicain qui se caractérise par une exigence précise d’humanisation de la société et qui passe, avant de proposer une alternative, par la critique radicale du système économique libéral. Dans son esprit, le libre jeu du capitalisme (la concurrence) laisse le revenu des ouvriers comprimé par la loi du marché et parfois carrément annulé en temps de crise. Mais cette concurrence ne favorise pas non plus la bourgeoisie qui se voit remplacer par une oligarchie financière omnipotente et inique. Se dessine alors un ennemi commun, le monde de la finance, contre lequel notre auteur appelle à la Révolution:
    « la féodalité territoriale et militaire a disparu, il faut que la féodalité financière disparaisse. (…) La royauté de l’argent, l’aristocratie de l’argent, voilà bien effectivement ce qui est en question [23]. »
    C’est pourquoi il fixe quelques principes moraux, devant servir de repères à la construction concrète du projet. « L’évangile en action » évoqué dans Le Catéchisme des socialistes [56] caractérise ainsi le socialisme. Sans être clérical[57] et tout en défendant la laïcité, il pense néanmoins que « le socialisme a pour but de réaliser parmi les hommes ces quatre maximes fondamentales de l’Évangile : 1° Aimez-vous les uns les autres ; 2° Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu’on fit à vous-mêmes ; 3° Le premier d’entre vous doit être le serviteur de tous les autres ; 4° Paix aux hommes de bonne volonté ! »[58].
    On pourrait y ajouter un cinquième principe, qu’il décrit comme « une loi écrite en quelque sorte dans son organisation par Dieu lui-même »[59], qui consiste à « produire selon ses facultés et à consommer selon ses besoins »[60].
    L’objectif de toute politique est, selon lui, « d’élever la condition intellectuelle, morale et physique de tous ; (…) de rendre les hommes plus éclairés, plus heureux et meilleurs. »[61] Pour Louis Blanc, d’un point de vue moral, lorsque l’action de l’État va dans ce sens elle est un bien, lorsqu’il agit en sens inverse, elle est un mal:
    « Si l’État (…) manque à son devoir quand il intervient pour mettre obstacle au développement de l’autonomie individuelle, il remplit, au contraire, le plus sacré de ses devoirs lorsqu’il intervient pour écarter les obstacles que mettent à l’essor de la liberté, chez le pauvre, la misère, résultat d’une civilisation imparfaite, et l’ignorance, résultat de la misère [62]. »

  4. « Dieu en soit loué ! On n’est pas encore parvenu à s’approprier exclusivement les rayons du soleil. Sans cela, on nous aurait dit : « Vous paierez tant par minute pour la clarté du jour » et le droit de nous plonger dans une nuit éternelle, on l’aurait appelé Liberté ! [14]. »

    « L’intérêt du capital représente le privilège accordé à certains membres de la société de voir, tout en restant oisifs, leur fortune se reproduire et s’accroître ; il représente le prix auquel les travailleurs sont forcés d’acquérir la possibilité de travailler ; il représente leur asservissement à une condition que, le plus souvent, ils ne peuvent débattre, et que jamais ils ne peuvent éluder [25]. »

    Louis Blanc

  5. @Boson

    Abensour a été travaillé par la domination et l’utopie jusqu’à son dernier livre sur « l’homme animal utopique » et a fait aussi paraître Saint Just complet

  6. Une bifurcation à l’envers: celle de 1940-1944.
    Où la Révolution Nationale ultraconservatrice s’est cassée les dents face à l’alliance PC-Gaullistes d’où émergera le programme du CNR. C’était parti pour 30 années de Jours Heureux…

  7. @ Paul Jorion

    Je vous cite: Il faut revenir à la bifurcation
    Moi je veux bien, mais il me semble qu’alors nous n’avons qu’une seule possibilité devant nous, prendre l’autre branche de la bifurcation.
    Je ne suis pas historien ni économiste mais simplement technicien et il me semble qu’actuellement nous sommes devant une nouvelle bifurcation qu’il nous faut décoder.
    Certes, on peut s’inspirer de l’histoire et je suis même certain que cela pourrait nous aider mais avec un regard d’aujourd’hui avec les problèmes d’aujourd’hui qui ne sont pas du tout les mêmes que ceux d’hier.
    Nous sommes tous les bourgeois de quelqu’un d’autre sauf si nous nous situons dans la gange comme les paysans du Bengal.

  8. à Paul Jorion.
    Dans son « Histoire populaire des Etats Unis » (traduction aux éditions Agone, Marseille, 2003), Howard Zinn évoque le caractère « bourgeois » de la république des USA dans ses premières années où les Pères Fondateurs, tous nantis, ont cherché à verrouiller la constitution au profit de leur classe et obtenu peu à peu le désarmement des citoyens enrôlés précédemment dans la lutte pour l’indépendance.
    La première bifurcation est apparue au moment où un sapiens sapiens s’est approprié pour lui tout seul un bien commun. La révolution française a reconnu le droit à la propriété… Serait-on capable de se passer de ce droit ?
    Relire les utopistes du XIX ème siècle et « L’imaginaire utopique aujourd’hui » d’Alain Pessin aux PUF, 2001.

  9. Paul Jorion montre à la caméra les Oeuvres complètes de Saint Just, édition Folio.

    Le 26 février 1794 (8 ventôse an II), puis le 3 mars 1794 (13 ventôse an II), Saint Just présente à la Convention deux rapports sur les pauvres. Après chacun de ces deux rapports, la Convention vote deux décrets historiques. On les appelle « les Décrets de ventôse ».

    Dans son rapport du 26 février 1794, Saint Just prononce des grandes phrases :

    « La révolution nous conduit à reconnaître ce principe, que celui qui s’est montré l’ennemi de son pays n’y peut être propriétaire. Il faut encore quelques coups de génie pour nous sauver. Serait-ce donc pour ménager des jouissances à ses tyrans que le peuple verse son sang sur les frontières, et que toutes les familles portent le deuil de leurs enfants ? Vous reconnaitrez ce principe, que celui-là seul a des droits dans notre patrie qui a coopéré à l’affranchir. Abolissez la mendicité, qui déshonore un état libre ; les propriétés des patriotes sont sacrées, mais les biens des conspirateurs sont là pour tous les malheureux. Les malheureux sont les puissances de la terre ; ils ont le droit de parler en maîtres aux gouvernements qui les négligent. »

    (Oeuvres complètes, page 667)

    Aussitôt, la Convention adopte à l’unanimité le premier Décret de ventôse. Il ordonne la confiscation des biens des ennemis de la révolution. Je veux citer ce premier Décret de ventôse. Il le mérite !

    « Article 1 : Le comité de sûreté générale est investi du pouvoir de mettre en liberté les patriotes détenus. Toute personne qui réclamera sa liberté rendra compte de sa conduite depuis le 1er mai 1789.

    Article 2 : Les propriétés des patriotes sont inviolables et sacrées. Les biens des personnes reconnues ennemies de la révolution seront séquestrés au profit de la République ; ces personnes seront détenues jusqu’à la paix, et bannies ensuite à perpétuité.

    Article 3 : Le rapport, ainsi que le présent décret, seront imprimés, et envoyés sur le champ par des courriers extraordinaires aux départements, aux armées et aux sociétés populaires. »

    Dans son rapport du 3 mars 1794, Saint Just prononce la phrase : « Le bonheur est une idée neuve en Europe ! » Son objectif est de répartir entre tous les pauvres les biens confisqués aux ennemis de la Révolution. Aussitôt, la Convention vote le second Décret de ventôse. Il ordonne à toutes les communes de France de recenser les indigents.

    Je veux citer le second Décret de ventôse. Il le mérite !

    « Article 1 : Toutes les communes de la République dresseront un état des patriotes indigents qu’elles renferment, avec leur nom, leur âge, leur profession, le nombre et l’âge de leurs enfants. Les directoires de district feront parvenir, dans le plus bref délai, ces états au comité de salut public.

    Article 2 : Lorsque le comité de salut public aura reçu ces états, il fera un rapport sur les moyens d’indemniser tous les malheureux, avec le bien des ennemis de la révolution, selon le tableau que le comité de sûreté générale lui en aura présenté, et qui sera rendu public.

    Article 3 : En conséquence, le comité de sûreté générale donnera des ordres précis à tous les comités de surveillance de la République, pour que, dans un délai qu’il fixera à chaque district, selon son éloignement, ces comités lui fassent passer respectivement les noms, la conduite de tous les détenus depuis le 1er mai 1789. Il en sera de même de ceux qui seront détenus par la suite.

    Article 4 : le comité de sûreté générale joindra une instruction au présent décret pour en faciliter l’exécution. »

    Dix jours plus tard, Saint Just et tous les autres membres du Comité de Salut Public créent la grande bifurcation : le 13 mars 1794, Saint Just et tous les autres membres du Comité de Salut Public brisent l’alliance avec les sans-culottes. Ils font arrêter les meneurs du Club des Cordeliers : Hébert, Vincent, Ronsin, Momoro.

    Saint Just et tous les autres membres du Comité de Salut Public scient la branche sur laquelle ils sont assis : ils commettent un véritable suicide politique.

    Cette rupture de l’alliance entre les bourgeois jacobins et les sans-culottes est la grande bifurcation.

    Quatre mois plus tard, c’est au tour de Saint Just, Robespierre et Couthon d’être arrêtés : le 27 juillet 1794 (9 Thermidor an II), les sans-culottes n’interviennent pas pour les délivrer.

    Les Décrets de ventôse ne seront jamais appliqués. La Convention enverra Robespierre, Couthon, Saint-Just à la guillotine. La Convention basculera vers la droite. Ce sera la réaction thermidorienne. Le 1er novembre 1794 (11 brumaire an III), la Convention thermidorienne supprimera les Décrets de ventôse. Ils n’auront vécu que huit mois !

    Le 20 mai 1795 (1er prairial an III), vers 15 heures, des sans-culottes envahissent la Convention thermidorienne. Les principaux bataillons viennent du faubourg Saint-Antoine. Ils sont constitués d’une majorité de femmes. L’importance des femmes dans la Révolution française ! Ils demandent du pain et la constitution de 1793. Un des députés, Jean-Bertrand Féraud, était préposé aux arrivages. Il était chargé de l’approvisionnement de Paris. Les sans-culottes le rendent responsable de la disette. Ils le tuent. Ils plantent sa tête au bout d’une pique. Ils la montrent au président de la Convention, le comte de Boissy d’Anglas. Il s’incline devant la tête de Féraud. Il la salue en ôtant son chapeau.

    Beaucoup de députés commencent à paniquer. Ils craignent de se faire massacrer à leur tour. Profitant du désordre, ils réussissent à fuir la Convention. En revanche, les députés « Derniers Montagnards » restent à leur place. Ils profitent de l’absence des autres députés pour voter plusieurs décrets en faveur des sans-culottes et des pauvres : libération des émeutiers incarcérés après l’insurrection du 1er avril 1795, nomination d’une Commission montagnarde pour remplacer le Comité de sûreté générale, unification de la composition du pain sur tout le territoire, autorisation pour les sections de siéger en permanence, etc.

    Vers 23 heures, la garde nationale intervient. Elle entre dans la Convention. Elle en chasse les sans-culottes.

    « Les émeutiers s’étaient enfuis, mais ils reprirent l’offensive le lendemain. Cette fois, ils s’emparèrent de l’Hôtel de Ville, fraternisant avec les canonniers chargés de la défense du bâtiment. Une nouvelle fois les insurgés ne surent pas profiter de leur avantage et se perdirent en négociations stériles.
    Le 4 prairial (23 mai), les comités décidèrent d’en finir. Ils appelèrent l’armée sous le commandement de Menou, général connu pour ses idées modérées. Menou, s’appuyant également sur la garde nationale et la jeunesse dorée, fit encercler le faubourg Saint-Antoine. Celui-ci, à court de munitions et de pain, n’opposa pas de résistance. Une commission militaire se chargea du désarmement des sans-culottes et de la répression. »

    (Jean Tulard, Les Thermidoriens, Fayard, p.72)

    Au total, 1 200 jacobins et sans-culottes sont emprisonnés à Paris, plusieurs dizaines de milliers dans toute la France. Le faubourg Saint-Antoine est vaincu. Le peuple révolutionnaire est vaincu. Il ne se relèvera plus. Il faudra 35 ans pour qu’il reprenne des forces. Il faudra 35 ans pour qu’il relève la tête. Il avait fait la seconde Révolution française le 10 août 1792. Il est vaincu le 23 mai 1795.

    C’est la fin de la seconde Révolution française.

    « Le 4 prairial an III est une des dates majeures de la période révolutionnaire. Le peuple a cessé d’être une force politique, un acteur de l’histoire. Il n’en est plus que victime ou spectateur. »

    (Denis Woronoff, Nouvelle histoire de la France contemporaine, tome 3, Seuil Points Histoire, p.31)

    Cette phrase de Denis Woronoff est encore valable aujourd’hui !

    Le 22 août 1795 (5 fructidor an III), la Convention thermidorienne adopte une nouvelle constitution, bourgeoise, censitaire, très marquée à droite. Pour être un citoyen français, il faut payer une contribution directe, foncière ou personnelle ! Les pauvres ne sont donc pas des citoyens ! Chaque année, les citoyens se réunissent dans des Assemblées primaires. Ils votent pour choisir les électeurs, c’est-à-dire les hommes qui auront le droit de vote ! Avec cette nouvelle constitution, seuls les propriétaires peuvent être électeurs !

    Je cite l’article 35 :

    « Nul ne pourra être nommé électeur, s’il n’a vingt-cinq ans accomplis, et s’il ne réunit aux qualités nécessaires pour exercer les droits de citoyen français, l’une des conditions suivantes, savoir :
    – Dans les communes au-dessus de 6 000 habitants, celle d’être propriétaire ou usufruitier d’un bien évalué à un revenu égal à la valeur locale de 200 journées de travail, ou d’être locataire, soit d’une habitation évaluée à un revenu égal à la valeur de 150 journées de travail, soit d’un bien rural évalué à 200 journées de travail ;
    – Dans les communes au-dessous de 6 000 habitants, celle d’être propriétaire ou usufruitier d’un bien évalué à un revenu égal à la valeur locale de 150 journées de travail, ou d’être locataire, soit d’une habitation évaluée à un revenu égal à la valeur de 100 journées de travail, soit d’un bien rural évalué à 100 journées de travail ;
    – Et dans les campagnes, celle d’être propriétaire ou usufruitier d’un bien évalué à un revenu égal à la valeur locale de 150 journées de travail, ou d’être fermier ou métayer de biens évalués à la valeur de 200 journées de travail. »

    (Jacques Godechot, Les Constitutions de la France depuis 1789, p.107)

    Le résultat : avec cette nouvelle constitution, seulement 30 000 Français sont électeurs !

    « La Constitution confie la réalité du pouvoir, non aux citoyens qui se réunissent dans des Assemblées primaires de 900 membres au maximum, mais aux électeurs élus par celles-ci et qui ne sont que 30 000 environ pour l’ensemble de la France, deux fois moins qu’en 1791. » (p.96)

    30 000 électeurs pour toute la France ! Quelle régression démocratique ! Comme elle est loin, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ! Son article 1er est carrément supprimé de la nouvelle constitution ! « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. »

    Disparu, cet article 1er !

    L’égalité n’est plus à la mode !

    1. Exacerbée par la crise sociale, la famine et le chômage, exaltée par la répression et la persécution menées contre les militants sectionnaires à la suite des journées de germinal an III, une foule de femmes et d’hommes envahit la salle de la Convention le 1er prairial an III (20 mai 1795) et réclame « du pain et la Constitution de 1793 » jamais appliquée. Quelques députés de la « Crête », la minorité montagnarde, appuient et organisent les revendications des insurgés. Mais Boissy d’Anglas alors président de la Convention résiste passivement aux injonctions et refuse de signer les décrets que les députés montagnards lui présentent. Finalement, la Convention est délivrée dans la nuit par la garde nationale, et les insurgés se retirent sur des promesses qui ne seront jamais tenues. Quelques jours plus tard la répression judiciaire se met en place, et six des députés montagnards ayant participé à l’insurrection sont condamnés à mort. Ces derniers se poignardent au sortir du tribunal : Romme, Goujon et Duquesnoy tombent morts, Bourbotte, Duroy et Soubrany seront achevés par la guillotine. Ce sont les « martyrs de prairial » ici représentés par Ronot presque un siècle plus tard.

      Auteur : Pascal DUPUY

  10. Les députés « Derniers Montagnards » avaient soutenu les insurgés. Ils vont le payer cher. Ils sont arrêtés sur ordre de la Convention thermidorienne. Six d’entre eux passent devant une commission militaire. Le 17 juin 1795 (29 prairial an III), le verdict tombe. Ils sont condamnés à être guillotinés. Ils font alors le serment de se suicider. Ils ont été surnommés « les martyrs de prairial. »

    Qui étaient « les martyrs de prairial » ?

    – Pierre Bourbotte. Il était membre du club des Jacobins. Tout de suite après le verdict, il est évacué de la salle, entouré par des gendarmes. Sur le perron, il sort un couteau qu’il tenait caché sous son habit. Il se l’enfonce dans la poitrine. Il ne meurt pas sur le coup. Couvert de sang, il est aussitôt conduit à la guillotine.

    – Jean-Marie Goujon. Il était membre du club des Jacobins. Trois jours avant de mourir, il écrit une dernière lettre à sa famille. Il y exprime ce vœu :

    « Que le peuple français conserve la constitution de l’égalité qu’il a acceptée dans ses assemblées primaires. J’avais juré de la défendre et de périr pour elle. Je meurs content de n’avoir point trahi mon serment ; je mourrais plus content si j’étais certain qu’après moi elle ne sera pas détruite et remplacée par une autre constitution, où l’égalité sera méconnue, les droits de l’homme violés, et par laquelle la masse du peuple se verra totalement asservie à une caste plus riche, seule maîtresse du gouvernement et de l’Etat. »

    (Françoise Brunel et Sylvain Goujon, Les martyrs de prairial, Georg Editeur, p.359)

    Cette lettre écrite par le député Jean-Marie Goujon est toujours d’actualité.

    – Gilbert Romme. Il était membre du club des Jacobins. Il se précipite vers le cadavre de Jean-Marie Goujon. Il prend le couteau. Il se suicide.

    – Ernest Duquesnoy. Il était membre du club des Jacobins. Il se précipite vers le cadavre de Gilbert Romme. Il prend le couteau. Il se suicide.

    – Jean-Michel Duroy. Il n’était pas membre du club des Jacobins. Il se précipite vers le cadavre d’Ernest Duquesnoy. Il prend le couteau. Il tente de se suicider. Il ne meurt pas sur le coup. Il est conduit à la guillotine le lendemain.

    – Pierre Amable Soubrany de Bénistant. Il n’était pas membre du club des Jacobins. Il se poignarde, toujours avec le même couteau. Il ne meurt pas sur le coup. Il est conduit à la guillotine le lendemain, alors qu’il agonise. Il meurt avant d’arriver. Son cadavre est guillotiné.

  11. A charles A et Vigneron…ma célébration de la mort du général Bigeard vous a semblé d’un très mauvais goût devrai-je vous rappeller et peut être les afghans nous rappellerons un jour dans le métro que la Gauche est encore- comme en 1958 – tout a fait d’accord pour envoyer de nombreux officiers comme lui torturer les patriotes de leur pays.
    Comme je vous l’ai dit ce n’est pas tellement le fait que ce général ait torturé qui lui est réellement reproché mais de ne pas avoir eu honte de la dire.
    Le citoyen degauche se garde bien de tirer toutes les conséquences humaines de son vote , il préfère se moquer de la collaboration passée et déclarer ne pas la comprendre. les Verts eux-mêmes – c’est peut être ce que P. Jorion, au-delà des seules mesures de régulation phynancières, aurait dû leur rappeller – continuent a entériner l’intervention militaire de la France en votant pour les socialistes.
    Tout ce beau monde plus obnubilé par la retraite à 60 ans et les sempiternels « Sarkozy des sous… » que par la Paix dans le monde bien que se réclamant du pacifisme est mal placé pour se moquer des militaires qui eux ont l’Honneur de revendiquer leurs actions et de ne pas en avoir honte.De dire ainsi ce que la gauche et la droite cachent. Cela bien sur ne relève pas leurs actions néo-colonisatrice mais les placent moralement bien au-dessus des hypocrites qui leur en donnent -aujourd’hui comme hier – le champ libre.
    Faut-il rappeller aussi que ces afghans quand ils ont le malheur de se réfugier en France sont renvoyés dans leur pays en guerre .Que ne critique-t-on les suisses pour des actions semblables pendant la deuxième guerre mondiale

    1. @Kabouli

      « la Gauche est encore- comme en 1958 – tout a fait d’accord pour envoyer de nombreux officiers comme lui torturer les patriotes de leur pays. »

      Loin de moi la volonté de défendre la gauche à tout prix, mais elle a voté contre le maintien des forces françaises en Afghanistan en 2008.

      « ce n’est pas tellement le fait que ce général ait torturé qui lui est réellement reproché mais de ne pas avoir eu honte de la dire. »

      Pour moi c’est sans ambiguïté, c’est la torture que je lui reproche , et sa franchise ne lui a guère été reprochée, au vu de sa carrière de ministre et d’auxiliaire zélé dans les combats politiques; elle ne lui a pas non plus été préjudiciable quant à sa popularité, jamais démentie!

      « les Verts eux-mêmes (..) continuent a entériner l’intervention militaire de la France en votant pour les socialistes. »

      Oui, c’est compliqué les alliances électorales, mais là en l’occurrence… (voir au dessus)

      « Tout ce beau monde plus obnubilé par la retraite à 60 ans et les sempiternels « Sarkozy des sous… » que par la Paix dans le monde bien que se réclamant du pacifisme »

      Ben oui, c’est pas joli joli de penser qu’à sa gueule en disant le contraire, mais serait-ce mieux en réclamant la guerre?

      « Cela bien sur ne relève pas leurs actions néo-colonisatrice mais les placent moralement bien au-dessus des hypocrites qui leur en donnent -aujourd’hui comme hier – le champ libre. »

      Encore la rengaine du politique planqué qui profite du courage et de la « moralité » du soldat. Pour moi c’est blanc-bonnet et bonnet-blanc, point.

      L’hypocrisie me dégoute tous les jours, mais de là à en faire l’unique objet de mon ressentiment, au point de ne plus pouvoir dénoncer qu’elle comme mal ultime et unique, il y a un pas, que j’évite de faire, autant que je le peux, tant il mène droit au nihilisme.

    2. @kabouli : « des militaires qui eux ont l’Honneur de revendiquer leurs actions et de ne pas en avoir honte. » : mais c’est quoi ça, à propos de militaires qui ont pratiqué la torture ? Dois-je vous rappeler que les VRAIS militaires abhorrent cette pratique qu’ils estiment INDIGNE de leur métier et de leurs devoirs ? Torturer des gens, qu’ils soient hommes ou femmes, civils ou militaires, n’a jamais été un « Honneur », monsieur ! Mais une DÉCHÉANCE MORALE ! Il faudrait quand même le comprendre avant de proférer vos INSANITÉS qui n’ont même pas le mérite de l’intelligence.

    3. La gauche n’a pas voté contre le maintien mais contre le « renforcement » des troupes françaises en Afghanistan. Cette gauche – comme en 1952 en Algérie – a en 2001 – Jospin et Chirac – en accord avec la droite donné son accord pour l’envoi d’un corps expéditionnaire en Afghanistan dans le cadre d’une action parrainée par l’ONU.
      Donc ceux qui votent pour la gauche votent aussi pour la guerre. Le nihilisme consiste plutot à mon avis à le nier.

    4. @ Kabouli

      Je ne sais pas ce que vous englobez sous le vocable « gauche ».
      Mais voilà deux liens pour vous faire éventuellement une opinion plus nuancée sur la « gauche ».

      Un billet de J.L. Mélenchon sur son blog le 2 février 2010 ( Président du parti de -Gauche-).
      http://www.jean-luc-melenchon.fr/2010/02/lafghanistan-a-sciences-po/
      Suite à une conférence à Science Po animée par David Abiker avec comme invités,
      Dominique de Villepin et J. L. Mélenchon.
      http://www.dailymotion.com/video/xc2td0_il-faut-engager-un-processus-de-ret_news
      (1er février 2010)

      Bonne lecture!

    5. @kabouli : « La gauche n’a pas voté contre le maintien mais contre le « renforcement » » : mais qu’est-ce que vous avez avec cette « gauche » ? Il y a belle lurette qu’elle est acquise au libéralisme et à l’atlantisme, OTAN et cie. Il n’y a plus de gauche digne de ce nom, vos remarques en perdent toute pertinence.

    6. Crapaud rouge …je ne défend aucunement la torture mais l’hypocrisie qui consiste à cacher ce qu’on l’a pratiquée. Les militaires dont vous parlez peuvent être comptés sur les doigts d’une mains j’ai en tête Jacques Pâris de Bollardière, et le lieutenant Servan Shreber donc à mon avis ce n’est pas une opinion très répandue chez vos militaires judicieusement idéalisés . Je sais que la torture souleva dans l’armée française quelques réticences venant surtout de la part d’anciens résistants FTP mais apparemment la colonisation point.
      Vous êtes assez rigolo de parler de déchéance morale car les guerres sont ce qu’elles sont et mettent en relief des attitudes humaines que beaucoup voudraient cacher mais qu’il vaut mieux comprendre que mépriser. Peut-être préférez vous le bombardement de population civile à ce sujet qu’en pensent les militaires dont vous parlez?…

    7. Kabouli

      Vous tenez un discours passionné, peut-être concerné, et je comprends vos condamnations tous azimuts contre ceux qui profitent du « courage » des tortionnaires et de la lâcheté et de la bêtise angélique des électeurs. Sachez que j’abhorre la guerre et ceux qui la décident par simple opportunité, sans nécessité absolue tout comme ceux qui s’inclinent et suivent par faiblesse ou calcul.
      Mais en allant jusqu’à dénoncer l’hypocrisie du puissant qui se sert hypocritement de la torture, comme celle de l’électeur qui se voile la face; jusqu’à défendre Bigeard contre Mitterrand, vous en arriveriez très vite à justifier la torture « argumentée » et revendiquée.

      C’est en cela que je parlais d’attitude nihiliste, comme celle du terroriste qui tue indistinctement pour la « bonne cause ». Sans hypocrisie. « Je torturerai le commanditaire de la torture avant le tortionnaire, mais je torturerai! »

      La torture et la cruauté instrumentalisée est un sujet délicat, déconseillé au états d’âme tortueux. D’ailleurs vous dites: « je ne défend aucunement la torture mais l’hypocrisie qui consiste à cacher ce qu’on l’a pratiquée ». Si je lis bien, vous dites « je ne défends pas la torture, mais l’hypocrisie de ceux qui la cachent. » Surement un lapsus, mais peut-être aussi n’êtes vous pas si sur de vos convictions à tous moments. et c’est heureux!
      Continuez à douter, mais à bon escient…

      Bien cordialement.

    8. a..gueule d’atmosphère…J’entends par Gauche tous ceux qui votent pour celle-ci..PS PC PG NPA LO etc….si les avis divergent et évoluent devant la résistance du peuple Afghan n’empêche que la solidarité qui lie tout ces partis ou groupes et qui reposent sur la retraite à 60 ans et « Sarkozy des sous » fait que les malheurs afghans passent pour un détail…

      .

    9. @kabouli : « je ne défend aucunement la torture mais l’hypocrisie qui consiste à cacher ce qu’on l’a pratiquée. » : encore heureux que vous ne défendez pas la torture, manquerait plus que ça ! Mais là n’est pas la question. Que l’on soit cynique comme Aussaresses ou hypocrite comme X ou Y, ça revient strictement au même ! Vos histoires d’hypocrisie et de distinguo gauche/droite sont de la marmelade intellectuelle. Que la gauche fut autant compromise que la droite en Algérie, est connu depuis Mathusalem, tout le monde était colonialiste à l’époque, même les cathos, tout le monde méprisait les autochtones au nom de la supériorité des blancs et de la civilisation, et personne ne parlait de la torture, pas plus que toutes les autres exactions du colonialisme.

      Un dernier mot enfin : votre Bigeard, un « courageux non hypocrite » selon vous, aurait quand même engueulé Aussaresses quand celui-ci sortit son affreux bouquin. Lire ici. Mais je n’avais pas besoin de cette référence pour constater, qu’avec votre façon d’aborder le problème, vous vous faites avoir dans les grandes largeurs.

    10. @kabouli : permettez que j’en vous resserve une louche de « non hypocrisie » de votre admirable Bigeard, et son « Honneur » (à pas oublier, ça, l’Honneur chez les militaires, n’est-ce pas ? Z’iraient pas inventer des mensonges, z’ont de l’Honneur.) Extrait de l’article déjà cité :

      Pendant des années, Bigeard a nié la torture pour finalement admettre qu’elle était un mal nécessaire. » Il nie l’avoir pratiquée dans l’interview avec Florence Beaugé : « Le général Massu déclare au Monde qu’il vous a vu pratiquer personnellement la gégène. » Ah non ! Non ! Je n’aurais même pas pu regarder ça. « Il l’a même écrit dans l’un de ses livres, Le Soldat méconnu, publié en 1993 aux éditions Mame. »

      Vous avez lu ? Il n’aurait « même pas pu regarder ça » ! Vous appelez çà avoir de l’Honneur, faire une déclaration pareille alors qu’on s’est bien marré à torturer des gens ?

    11. Trois non -dignes- de la Gauche, (et non exhaustifs) :
      -Non à la guerre en Afghanistan
      « L’intervention a couté la vie à onze mille civils afghans et mille six cents combattants de la coalition. Bombes au phosphore et à l’uranium appauvri ont été copieusement déversées. Voila le bilan. Pour quel résultat ? Partir est légitime et urgent. »2 février 2010.
      Source : http://www.jean-luc-melenchon.fr/2010/02/lafghanistan-a-sciences-po/
      -Non à l’OTAN.
      « lepoint.fr : Pourquoi prônez-vous une sortie de l’Otan?
      J.-L. M. : Nous avons fait l’Europe pour installer la paix. La participation à l’Otan nous emmène vers des aventures et des provocations avec lesquelles nous n’avons rien à faire. Je pense notamment au fait que l’on s’aligne systématiquement sur l’aventurisme géorgien en face des Russes… »5 juin 2009.
      Source : interview de Jean-Luc Mélenchon en tant que tête de liste du Front de gauche pour les élections européennes de juin 2009, dans le Point http://www.lepoint.fr/actualites-politique/2009-06-05/europeennes-interview-melenchon-l-arrogance-du-ps-est-inacceptable/917/0/349878
      – Non à l’Europe du Traité de Lisbonne.
      http://www.lepartidegauche.fr/editos/arguments/1284-traite-de-lisbonne

    12. C’est bien Crapaud Rouge, vous vous corrigez tout seul ! Il reste pas mal de Latinos en colère contre l’exportation via les conseillers US, du savoir faire français acquis en Algérie.
      Kabouli, les malheurs afghans sont effectivement un détail qui intéresse peu de monde. Je garde le souvenir d’une visite en 1972…De quand datez vous le début de leurs malheurs ? Zaher Shah, Daoud, après … ?

    13. Monsieur Crapaud rouge…..votre « manquerait plus que ça » indique bien que vous êtes dans le « convenable » je ne m’enbaquerais donc pas dans une discussion sur la torture où je rencontrerais que des cris vertueux. Si je vous choque c’est involontairement. Seulement pour vous faire rager je pense que sur cette question les militaires sont les mieux placé et plus près de la vérité quoiqu’on en dise que ceux qui les mandatent mais ferment les yeux.
      Sur l’honneur de Bigeard je n’ai jamais lu quoique ce soit de ce brave homme mes informations viennent de ses ennemis. Je ne sais pas s’il a reconnu ou pas, tardivement ou pas, avoir torturé ……mais il l’a reconnu.Et je comprend parfaitement ses hésitations et ses demi-aveux devant des gens qui lui reprochaient non d’avoir voulut continuer à coloniser mais de s’y être mal pris.
      Mitterand – mais cela ne vous concerne pas vous êtes ceratinement abstentionniste – n’a jamais reconnu quoique ce soit a ce sujet et quel personne de gauche a dit qu’il regrettait d’avoir voté Mitterand après avoir lu tout ce que l’on a écrit sur lui à ce sujet..
      A mon avis votre position sur la torture puisque vous vous sentez visé quand je parle de la gauche – la droite sur cette question est souvent moins hypocrite – fait que récemment et suite aux attentats du 11 septembre, le pouvoir américain a contournés le problème en sous-traitant cette torture dans des pays ou la démocratie est refusée à l’opposition.
      Comme ils ont règlé le problème des militaires qui ne se taisent pas complètement – restes de l’Ancien Régime – par le recrutement de mercenaires qui font les choses bien plus discrètement. Ainsi la vertu « peace and love » reste chez elle en Amérique.
      Aujourd’hui nos troupes sont en Afghanistan ou à défaut de torturer ils tirent bien souvent et dit-on involontairement des roquets sur des carioles de paysans.
      Les humanistes de notre pays pourtant très férus sur la guerre d’Algérie commencent tout juste, pour les moins mauvais, à envisager des modifications dans cette intervention approuvée par l’ancien révolutionnaire Jospin.. Le sort des populations afghanes n’empêche pas ces pacifistes de s’allier avec les défenseurs surarmés de la femme afghane. S’il n’y a plus d’hommes en Aghanistan plus besoin de tchador..

    14. @kabouli : NON monsieur, je ne suis pas dans le « convenable », vous touchez à mes CONVICTIONS les plus PROFONDES, les plus VISCERALES, les seules peut-être qu’il m’ait été donné de conserver.

  12. à propos de Jérôme Kerviel et de la société générale, je me demande d’une part
    où sont passés les 5 milliards?
    et d’autre part pourquoi cette grande médiatisation quand de juin à décembre 2008 à propos du grand procès du Sentier II, les vannes médiatiques étaient quasiment fermées?

Les commentaires sont fermés.