DES RÉFORMES À METTRE EN OEUVRE IMMÉDIATEMENT

Le capitalisme à l’agonie (2011) était de l’ordre du constat. Vous vous souvenez peut-être que dans les entretiens que j’accordais à l’occasion de sa parution, la question m’était souvent posée (parfois même avec une certaine vivacité) : « Mais que mettriez-vous à la place ? ». Du coup, Misère de la pensée économique se veut plus programmatique, et apporte des réponses.

Le quotidien financier belge L’Écho va consacrer un long article à mes « réformes à mettre en œuvre immédiatement » (pp. 325 à 344). Le moment est peut-être bien choisi de rappeler ce qu’elles sont.

Des réformes à mettre en œuvre immédiatement

On l’a vu, dans notre système capitaliste, les « avances » qui sont consenties par certains, les détenteurs de capital ou « capitalistes », pour rendre possible un processus de production ou pour permettre à un consommateur de consommer, sont rémunérées par des versements d’intérêts. On a vu aussi, sur des exemples de « systèmes à la part », en Afrique ou en Europe, comment a dû apparaître cette logique de l’intérêt : les intérêts étaient conçus à l’origine comme « part » d’une richesse nouvellement créée, attribuée à l’un des partenaires ayant contribué à sa création. La dimension qui subsiste de cette logique originaire dans le système capitaliste sous sa forme actuelle, c’est le fait que chaque fois que des intérêts doivent être versés, une nouvelle richesse aura été créée ou devra être créée d’une manière ou d’une autre, pour en être la source. Cet aspect du problème reste le plus souvent inaperçu mais ses implications sont dramatiques parce qu’elles font que le système capitaliste est, sur le plan économique, une impasse.

Nous avons toujours traité les ressources non-renouvelables de la planète où nous vivons, comme une « aubaine » au sens de Proudhon : comme un « don du ciel » dont nous bénéficions – en suivant les lignes de partage que tracent les principes de la propriété privée. Le caractère non-renouvelable de certains de ces « dons du ciel » est resté invisible aussi longtemps que la terre nous a semblé infinie. Aujourd’hui elle nous apparaît beaucoup trop petite eu égard à nos appétits insatiables.

L’épuisement de la planète découlant de notre activité économique, c’est ce qu’on appelle pudiquement les externalités négatives, qui sont d’ailleurs – au titre d’aubaines – superbement ignorées dans la comptabilité du Produit Intérieur Brut. La « croissance », c’est-à-dire le PIB quand il est à la hausse, implique du coup la destruction irréversible de la planète comme source de vie et, comme le capitalisme nécessite – pour que des intérêts puissent être versés – cette même croissance, le fait que le capitalisme a pour implication logique la destruction de la planète, prend valeur de théorème.

La formule inepte du pacte de stabilité financière européen et de la « règle d’or » qui en a été déduite nécessite, comme on l’a vu, que la croissance soit égale ou supérieure au niveau du coupon « moyen » exigé par le marché des capitaux sur la dette souveraine d’un pays. Bien entendu, moins la croissance est élevée, plus l’économie d’une nation est en danger, et plus une économie semble en péril, plus ce marché des capitaux réclamera que la composante « prime de risque » du taux exigé de cette nation quand elle emprunte, soit élevé. Comme la règle d’or implique que la croissance soit égale ou supérieure au coupon « moyen », le fameux effet de ciseau apparaît : « Si l’on ne veut pas que la dette souveraine s’accroisse lorsque le taux de croissance baisse, il faut que celui-ci augmente alors rapidement jusqu’à dépasser le taux « moyen » de la dette – qui est lui en train d’augmenter en raison du risque induit par la baisse de la croissance ».

Il est bien sûr possible d’émerger de ce cauchemar auto-infligé en comparant plutôt les dépenses d’une nation, pouvant déboucher sur un déficit annuel et alimentant sa dette cumulée, avec ses rentrées. Mais dire « rentrées » signifie parler « impôts », et parler « impôts » rappelle inévitablement que d’une manière générale les classes dirigeantes de nos nations sont toujours tentées par le fait d’y échapper en tout ou en partie, raison pour laquelle il est de loin préférable de parler de « croissance », quelles que soient les libertés qui doivent être alors prises avec la logique, les mathématiques et le bon sens en général.

La concentration de la richesse, qui va en s’accélérant encore depuis le début de la crise en 2007, signifie que les avances nécessaires pour autoriser un processus de production ou pour permettre à un consommateur de consommer, sont de plus en plus rarement disponibles là où elles sont requises et que la part des intérêts (que quelqu’un quelque part aura à verser) dans le prix des services et des marchandises ne cesse de croître. Helmut Creutz avait calculé à la fin des années 1990 que cette part des intérêts constituait en Allemagne environ 40% du prix à la consommation (Creutz 2008 : 240-242), et tout concourt à ce que les choses se soient encore aggravées depuis. Si c’est le cas, comme tout versement d’intérêts suppose une croissance qui en constitue la source, le processus de destruction de la planète s’est encore accéléré depuis le début de la crise.

Ce que j’ai dit plus haut de la nécessité de veiller à ce qu’une interdiction de la spéculation ne débouche pas, par un simple processus de vases communicants, sur une inflation immédiate et massive du prix de l’immobilier, souligne que tout est lié et qu’une réforme viable du système capitaliste doit être absolument globale si l’on veut que son principe ne soit pas immédiatement dévoyé et qu’elle ait quelque chance de réussir. La propriété privée – qui reçoit sa définition aux époques de colonisation sans frein de la planète par notre espèce – joue, on l’a vu, un rôle clé dans la configuration d’ensemble. La tentative d’innovation radicale de la Révolution française a été un échec sur ce plan-là, pour avoir délibérément exclu la propriété privée d’une redéfinition générale du cadre sociétal en la décrétant « sacrée » dans l’article XVII de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Rousseau avait pourtant suffisamment attiré l’attention sur le rôle fondateur joué par la propriété privée dans ce qui constitue le caractère propre de la société moderne.

Est-ce à dire qu’aucune mesure ne puisse être prise dans l’immédiat ? Non bien entendu, et certaines réformes sont susceptibles d’opérer des changements décisifs, à condition, comme il a été dit, qu’elles soient coordonnées de manière à constituer un ensemble intégré, et qu’une vigilance toute particulière soit exercée pour ce qui touche aux conséquences éventuelles de leurs effets combinés.

* Accorder à nouveau la priorité aux salaires plutôt que favoriser l’accès au crédit, lequel est nécessairement cher et se contente de repousser à plus tard la solution de problèmes se posant d’ores et déjà.

Augmenter les salaires des employés de rang inférieur et moyen participe du processus de déconcentration de la richesse. L’objection faite traditionnellement à cette proposition est qu’une augmentation des salaires déboucherait inévitablement sur une hausse du prix des marchandises qui en annulerait les effets. Or cette neutralisation de l’augmentation des salaires ordinaires ne se produit que parce qu’une telle hausse est mécaniquement traduite par les entreprises en une hausse du prix des marchandises. Il n’y a à cela en réalité aucune nécessité : la croissance des salaires devrait s’accompagner d’une baisse concomitante des autres parts dans la redistribution de la richesse nouvellement créée : une hausse des salaires de la grande masse des salariés doit s’accompagner d’une baisse équivalente des dividendes attribués aux actionnaires et des salaires extravagants accordés à certains dirigeants d’entreprises.

* Bannir la spéculation en rétablissant les articles de loi qui l’interdisaient dans la plupart des pays jusqu’au dernier quart du XIXe siècle.

Dans le cas de la France, il s’agit de renverser l’abrogation en 1885 de certains articles de loi. Il conviendrait de restaurer l’article 1965 du Code civil dans sa forme originale : « La loi n’accorde aucune action pour une dette de jeu ou pour le paiement d’un pari » ; restaurer l’article 421 du Code pénal : « Les paris qui auraient été faits sur la hausse ou la baisse des effets publics seront punis des peines portées par l’art. 419 », ainsi que l’article 422 : « Sera réputé pari de ce genre toute convention de vendre ou de livrer des effets publics qui ne seront pas prouvés par le vendeur avoir existé à sa disposition au temps de la convention, ou avoir dû s’y trouver au moment de la livraison ». [1]

* Mettre hors d’état de nuire les paradis fiscaux en interdisant aux chambres de compensation de communiquer avec eux dans une direction comme dans l’autre. Les mesures doivent viser l’ensemble de ces paradis fiscaux : y compris ceux que les États tolèrent dans des enclaves sur leur propre territoire ; ainsi pour la Grande-Bretagne : Jersey, Guernesey, l’Île de Man et la City de Londres ; pour les États-Unis, l’État du Delaware, etc.

Les grosses fortunes cherchent à échapper à la solidarité nationale par l’« optimisation » fiscale, tandis que les grandes entreprises redistribuent leur comptabilité entre des paradis fiscaux dans le même but. Ces manœuvres qui minent le fonctionnement démocratique des sociétés, peuvent être interrompues instantanément par l’interdiction faite aux chambres de compensation assurant le transfert des capitaux au niveau international de communiquer avec les paradis fiscaux.

Il n’y a donc pas d’obstacle pratique à l’élimination des paradis fiscaux. Les deux obstacles à ce que de telles mesures soient prises sont d’une autre nature : il y a d’une part le fait que la raison d’état utilise les paradis fiscaux pour des opérations secrètes, pour du trafic d’armes en particulier, ainsi que pour le recyclage des bakchichs que génère le commerce licite cette fois des armes, dessous de table servant au financement occulte des campagnes électorales, il y a d’autre part le désir des classes dominantes – auxquelles la classe politique appartient automatiquement – à déjouer l’impôt sur le revenu. Le désir d’échapper au fisc dans les couches supérieures de la population est à ce point répandu qu’il leur paraît absolument « naturel ». On se souviendra ainsi d’Éric Woerth, dont l’épouse était conseillère en « optimisation » fiscale d’une des plus grandes fortunes de France à l’époque où il était lui-même ministre du Budget et ensuite ministre du Travail durant la présidence de Nicolas Sarkozy, et qui, interrogé à ce sujet, affirmait ne pas comprendre quel était le souci.

* Abolir les privilèges des personnes morales par rapport aux personnes physiques, privilèges ayant permis de transformer de manière subreptice dans nos démocraties le suffrage universel en suffrage censitaire.

On pense en particulier à l’institution des trusts de droit anglo-saxon, jouissant de privilèges qui ont été retirés aux individus au fil du temps. On pense également à la décision prise par la Cour suprême américaine en janvier 2010, qui accorda aux entreprises – au nom du « droit à la parole » (sic) – la possibilité d’intervenir dans les campagnes électorales sans limitation des contributions financières, permettant du coup aux entreprises de peser d’un poids beaucoup plus considérable que les individus sur le résultat des élections, soit l’équivalent de l’instauration d’un vote censitaire.

* Redéfinir clairement dans les textes légaux l’actionnaire d’une société comme étant l’un de ses créanciers (un contributeur d’avances, autrement dit un prêteur) et non l’un de ses propriétaires.

L’actionnaire d’une société ne se distingue de l’acheteur des obligations qu’elle émet que sous un seul aspect : parce que sa rémunération – le dividende, est variable, alors que celle du détenteur d’une obligation– le taux contractuel, est fixe.

* Établir les cours à la Bourse par fixing journalier ou hebdomadaire.

Le cours boursier de l’action d’une société est censé refléter la santé économique de l’entreprise. Si celle-ci essuie des pertes, le cours de l’action baissera ; si Total découvre de nouveaux champs pétroliers, le cours de son action montera. La santé économique des entreprises évolue dans une chronologie longue : il est question ici de semaines, de mois, voire d’années. Or les marchés financiers permettent aujourd’hui de réévaluer les actions des sociétés 2.000 fois par seconde et ceci sans la moindre justification économique bien entendu. Pour réduire la complexité due à la « haute fréquence » des opérations et le risque systémique que celle-ci induit, la cotation des actions en bourse devrait avoir lieu par « fixing » : par une réconciliation des ordres d’achat et de vente. Un fixing quotidien, voire hebdomadaire seulement, suffit entièrement.

* Éliminer le concept de « prix de transfert » qui permet aux sociétés d’échapper à l’impôt par des jeux d’écriture entre maison-mère et filiales.

Le prix de transfert, comme je l’écrivais plus haut, « permet de fiscaliser les actifs d’une entreprise en comptabilisant au Venezuela le prix des crayons qu’elle emploie et en Zambie celui des taille-crayons qu’elle utilise ».

* Supprimer les stock-options pour instaurer une authentique participation universelle.

* Ré-imaginer les systèmes de solidarité collectifs, au lieu des dispositifs spéculatifs voués à l’échec en raison de leur nature pyramidale que sont l’immobilier ou l’assurance-vie, par lesquels on a cherché à les remplacer.

Enfin, dans un monde où le travail disparaît, la question des revenus doit être mise à plat et faire l’objet d’un véritable débat. Rien ne justifie de le retarder.

====================

[1] On trouvera l’historique de la question dans mon Le capitalisme à l’agonie (2011 : 194-224).

Partager :

230 réflexions sur « DES RÉFORMES À METTRE EN OEUVRE IMMÉDIATEMENT »

  1. Ce qu’il y a de bien avec ces propositions, c’est qu’elles vous conduisent tout droit à la rédaction des livres suivants, où vous pourrez en développer les modalités et le calendrier de mise en place, en distinguant bien ce que chaque pays peut ou ne peut pas faire seul dans son coin, ce qui doit être fait au niveau de l’eurozone, au niveau européen, au niveau des pays développés et au niveau mondial.

    Il faut aussi organiser les transitions, les mises en place progressives quand c’est nécessaire, examiner les effets pervers possibles, les compensations à apporter aux victimes de ces changements (à l’exception de ceux qui se sont goinfrés avec le système actuel, bien entendu), choisir la moins mauvaise séquence de mise en application parmi les centaines possibles, et j’en oublie sûrement.

    En somme, de quoi remplir une bibliothèque.

    Tant que ce travail ne sera pas fait, je trouverai tout ça très intéressant mais irréaliste. Et je doute que ça ait le temps de se faire avant l’effondrement du système économique, auquel les pénuries d’énergie et le changement climatique devraient donner le coup de grâce d’ici 2030, si la finance tardait à imploser.

    Disons qu’ici nous – et surtout vous – travaillons pour après les invasions barbares.

    1. Oui, les effets pervers doivent être développées objectivement pour pouvoir répondre aux détracteurs de ces mesures. Impossible de convaincre sans cela. En tout cas, moi je ne pourrais parvenir à me convaincre moi-même quand je joue l’avocat du diable.

    2. Ne serait-il pas temps, une bonne fois pour toutes, de remplacer les armes de la critique par la critique des armes ?

  2. Je vous le souhaite, Paul, espérons qu’ils vous écouteront – vous et tant d’autres voués à préserver ce qui reste de humanité – d’une fois, mais… je n’ai pas beaucoup d’espoir. Tout cela, ce monde dans lequel nous vivons, est une immense mascarade. Apparemment, l’être humain ne réagit que face aux impasses. Et il va bien falloir qu’il y ait une, autrement je ne vois pas comment les gens se mettraient à travailler pour un futur plus digne. Les radeaux s’accumulent, le cynisme, le manque d’amour pour les gens, tout cela est d’une telle constance…. On est tous coincés par nos logiciels, chacun dans son truc, à défendre son frigidaire, son micro-onde, son téléviseur, son point de vue. Donc, il vaut mieux (c’est d’ailleurs la seule issue envisageable) que tout cela se casse bien la gueule, et voir – si l’on survit à l’effondrement – comment on s’y met pour en sortir. Heureusement des écrits comme le vôtre seront là pour aider à voir plus clair, mais… le monde après sa dégringolade, aura-t-il possibilité de faire quoi que ce soit, ou il s’agira tout simplement d’un sauve qui peut. S’il y a recommencement, ce sera sur de toutes autres bases. C’est cela finalement qu’un éveil : on frôle la mort, pour de vrai, et on recommence. Mais l’oubli…

  3. Bonjour,
    j’ai enfin réussi à formuler une idée qui me trotte dans la tête depuis longtemps :
    Interdire aux états endettés au-delà de 30% de leur revenu annuel l’accès aux marchés financiers
    Un peu comme pour les ménages, en sorte.
    Ca aurait, en théorie bien sûr, pour effet d’obliger les états à toujours chercher à se désendetter – ou à ne pas s’endetter – pour être en mesure de le faire quand c’est nécessaire.

    1. Je ne comprend pas bien. On laisse 30% d’endettement prvié maxi, poru passer ensuite à de la création monétaire? Ou bine c’est uen réègle d’or qui est proposée? C’est quoi le revenu annuel? Les recettes de l’année précédente, les prévisions, la richesse créée?

      1. Bonsoir, j’avais quitté le « live » quelque temps
        Ce que j’appelle le revenu annuel d’un état, ce sont ses recettes. je ne veux délibérément pas parler de PIB qui ne représente pas ce dont l’Etat peut disposer pour se financer.
        J’évoque le taux d’endettement de 30% pour qu’il soit parlant par rapport à celui qui est imposé aux ménages pour emprunter. C’est bien sûr un ordre d’idées..
        Au-delà de ce plafond, eh bien…l’Etat peut soit augmenter ses recettes (par l’impôt), soit lever un emprunt public (au taux qu’il fixe lui-même), la seconde solution ayant bien sûr l’inconvénient d’augmenter encore le taux d’endettement.
        Je complète mon propos en ajoutant que cette idée se place dans l’optique d’un maintien de l’union monétaire et de son renforcement, par une plus grande solidarité entre les états mais aussi des règles plus strictement appliquées.
        Hors de l’union monétaire il y a bien sûr l’outil de la création monétaire et de la dévaluation…
        Bien à vous

      2. @ vigneron
        Et pourquoi un état ne pourrait pas ressembler à une « grande » famille, avec les mêmes contraintes ?
        30% c’est une idée, Si ça faisait 300 Mds pour la France, eh ben ce serait toujours mieux que 2000 Mds comme aujourd’hui (ou presque).
        Et je précise que je situe cette idée dans un « autre monde », après l’effondrement de celui-ci et la reconstruction qui s’en suivra. Car la dette actuelle (ou le système de dettes) devra bien être effacée, d’une manière ou d’une autre. Aujourd’hui on a allègrement dépassé le siècle pour la rembourser selon les normes actuelles….
        Merci pour les critiques, ça me force à détailler et à étayer !

  4. Ne faut-il pas tout simplement envisager un revenu de base comme le prônaient des auteurs comme Galbraith et Allais? Ne faut-il pas aussi interdire cette catastrophe qu’est l’obsolescence programmée critiquée récemment par Serge latouche? Ne faut-il pas non plus revenir a une création monétaire publique? J’aimerais beaucoup que des internautes me donnent des arguments contre ces mesures parce que je ne parviens pas a choir pour l’instant leurs inconvénients.

    1. J’aimerais beaucoup que des internautes me donnent des arguments contre ces mesures

      Il s’en trouvera très peu sur ce blog, mais soyez certain qu’il y en aura au moins un…jducac pour ne pas le nommer qui va vous sortir des arguments fallacieux pour vous démontrer que cette idée mettra en péril l’humanité toute entière…et la planète.

      Plus sérieusement, j’ajouterais que à cette mesure du revenu universel, il serait nécessaire de plafonner le patrimoine ( chiffre à définir) pour permettre une meilleure répartition de la richesse et ainsi permettre au plus grand nombre « d’entrepreneurs » ( pour reprendre le vocabulaire de jducac ) de pouvoir exprimer leurs talents en considérant ce faisant de toujours garder à l’esprit le bien être général.

      1. Je ne connais pas bien Maurice Allais. J’ai une sympathie pour lui parce qu’il etait rarement invite dans les médias et qu’il fait partie des rares économistes a avoir vu la crise arriver. de lui, je n’ai lu que son livre contre la mondialisation ainsi qu’une partie de son traite d’economie pure. Ce traite etait trop technique et matheu pour moi, d’autant plus que je ne pouvais pas l’emprunter dans la bibliothèque et que son prix, comme le prix de quasiment tous ces ouvrages est prohibitif. Étant donne la difficulté a ses procurer les ouvrages de Allais et le niveau technique de certains de ces ouvrages, il m’est impossible de donner une opinion. J’ai pense a lui parce qu’il reste une reference en France, qu’il défendait comme de très nombreux économistes de toutes sensibilités politiques le revenu de base et que je me suis reconnu lorsqu’il se déclarait libéral pour la création de richesse et socialiste pour sa distribution. Je pense que le revenu de base permet de dépasser ces oppositions de type libéralisme/socialisme qui souvent paralysent les débats a mon gout . Mais
        j’aimerais beaucoup connaitre les critiques lancées contre Maurice Allais. Est-ce du a cette mathématisation excessive qui essaie de faire passer l’économie pour une science dure? Si quelqu’un pouvait lister les critiques contre les idées de Allais, cela m’intéresserait.

      2. @ Oscar

        On pourrait facilement en faire des tartines sur les critiques à Allais, mais ça n’est pas intéressant, Google fait ça très bien, essayez donc. Cela évitera de gâcher ici de l’espace pour parler d’un facho de prix nobel d’économie de plus. On a déjà assez à faire avec Friedman et Hayek qui ont eu eux la mauvaise idée d’avoir de l’influence.

      3. Pour le revenu, il convient de lire Bernard Friot ou Baptiste Mylondo, Ne pas perdre sa vie à la gagner. Pour un revenu de citoyenneté, paru en novembre 2010 aux éditions du Croquant.

        Extrait de la quatrième de couverture :
        « Le culte imbécile du turbin n’a que trop duré, il faut l’abolir ! La tâche est rude alors que la réhabilitation de la « valeur travail » est au coeur des projets politiques de tous bords… »

      4. @julien:
        Je me renseignerai mais bon, de mon point de vue, une idée est bonne ou mauvaise et peu importe son auteur. Si je n’ai aucune sympathie pour Friedman que je connais un peu mieux et qui d’après ce que je peux en juger est effectivement un facho, sa version du revenu de base n’est selon moi pas a rejeter pour la simple raison que le type est un facho. Je considère que même mes ennemis politiques peuvent avoir de bonnes idées. Mais bon, c’est un autre débat et en tout cas je vais me renseigner sur Maurice Allais.

    2. L’obsolescence programmée est le type même de choix qui sert (ou prétend servir) l’intérêt des actionnaires contre celui des clients. Je pense que le conseil d’administration des entreprises devraient réunir tous ceux dont les intérêts sont concernés par les décisions qui s’y prennent et en particulier les clients, avec un droit de veto quand les orientations sont manifestement contraires à l’intérêt général.

      L’élargissent de la composition du CA pourrait être une conséquence de la proposition de Paul lorsqu’il demande que les actionnaires ne soient que des créanciers de l’entreprise.

      1. L’obsolescence programmée est le type même de choix qui sert (ou prétend servir) l’intérêt des actionnaires contre celui des clients.

        C’est a mon sens bien plus pernicieux que cela. Rien n’oblige les consommateurs a se ruer tout les ans sur le nouvel Aphone. Il nous faut juste constater que c’est le cas. On rentre dans la veille et éternelle discussion: entre le demandeur de mer.. et le vendeur de mer.., de quel coté est la faute morale ? (pensez a TF1 par exemple)

        D’autre part il faut distinguer la bonne obsolescence de la mauvaise obsolescence; la bonne obsolescence vous pousse a acheter une nouvelle voiture au lieu de réparer l’ancienne car votre nouvelle voiture consommera 40% de moins de carburant. La mauvaise obsolescence vous poussera a acheter une nouvelle voiture car il y a des écrans LCD dans les appuie-têtes.

  5. une hausse des salaires de la grande masse des salariés doit s’accompagner d’une baisse équivalente des dividendes attribués aux actionnaires et des salaires extravagants accordés à certains dirigeants d’entreprises.

    D’accord. Mais quand est-il des salaires dans les petites entreprises non quotées?
    Cette éventualité de la baisse des dividendes dans certaines entreprises aurait -elle une influence par capillarité sur les autres acteurs économiques? Question un peu naïve et peut-être mal exprimée. J’espère que vous comprenez ma question!

    1. Cette éventualité de la baisse des dividendes dans certaines entreprises aurait -elle une influence par capillarité sur les autres acteurs économiques?

      Sans nul doute !
      Autrement nommé cela se dirait « répartition des richesses »
      Sachant que nul homme sur terre ne peut comme le prétends l’idéologie capitaliste créer seul de la richesse sans l’aide des travailleurs.

    2. à Ko 8 novembre 2012 à 15:59
      La question est récurrente, comment envisager une augmentation des salaires dans les petites et moyennes entreprises qui ne sont pas adossées à un actionnariat depuis lequel on pourrait envisager un transfert de revenu, revenu du capital vers revenu du travail.
      D’après JLM en 5 ans, de 2007 à 2012, les revenus du capital ont augmenté de 27% et ceux du travail de 12% et en 2010, les entreprises ont distribué 210 milliards de dividendes et investi 182 milliards. Donc, oui, pour les entreprises adossées à un actionnariat, il y a de la marge, plus du double de leur investissement . . .
      Une des réponse entendue, pas forcément sur ce blog, est que cette augmentation des salaires engendrerait une plus forte demande, une reprise de l’activité, une plus grande circulation de la monnaie, qui profiterait aux dites petites et moyennes entreprises qui verraient leur carnet de commande se remplir.
      Mais cette réponse ne dit rien du délai entre la réforme et ses effets réels sur l’économie. Je serais preneur, comme vous, d’un développement sur ce thème . . .

      1. Faudra que le PC nous explique où il a péché ses 210 Mds de dividendes versés en 2010 par l’ensemble des sociétés non fi.
        Le Cac 40 c’est officiel le total était de 40 Mds (y compris banques et assurances). Ok le Cac c’est pas tous les dividendes maisxqu’il ne représente que moins de 20% du total, j’ai un doute…
        Mais surtout, si on en croit l’Insee, l’EBE total des sociétés non fi en 2010 était de 297 Mds. Alors je sais bien qu’on peut distribuer plus de dividendes que le montant du résultat net (y compris avec un déficit comme France Telecom…), mais entre 297 Mds d’EBE et 210 milliards de dividendes… y’a comme un lézard… Entre l’EBE et le résultat net faut kamême sortir les amortissements et provisions, les pertes financières et exceptionnelles et l’impôt sur les sociétés…

      2. RV, Piketty, Révolution fiscale, année 2010 :
        Profits des sociétés (non-f.+ fin.) (résultat exploitation) : 158 Mds
        Profits distribués (intérêts et dividendes nets versés) : 99,2 Mds.
        Là c’est cohérent avec l’EBE, sauf que même 100 Mds de profits distribués pour 158 de profits c’est encore énormément trop…
        Et voilà comment les ménages accumulent 80% de l’épargne contre 20% pour les entreprises (profits non distribués).

  6. Un spectre hante toutes les négociations internationales, celui de l’accès aux matières premières, en tension de plus en plus forte. Les terres cultivables sont à mettre sur le même plan. En ce domaine, les positions ne sont pas dites, mais elles sont toujours présentes. Existe t il une autre solution de détente qu’un organisme international pour réguler cet accès? On en est loin et le spectre va pouvoir continuer son travail de l’ombre et contribuer faire le lit des conflits passés, présents et futurs.

  7. Ce programme économique fait l’impasse sur les dogmes de l’UE de libre échange intégral (concurrence libre et non faussée) et d’une monnaie forte à tout prix à tous les pays quels qu’en soit le prix à payer aux pays qui ne fonctionnent pas comme l’Allemagne.
    Comme l’a déclaré Emmanuel Todd les classes dirigeantes françaises font une névrose sur l’Allemagne et j’ajoute qu’elles sont obsédés de faire l’Europe à tout prix.

    1. J’voudrais pas trop m’avancer mais, sans dogme aucun, il me semble que l’aubergiste est plutôt favorable au libre-échange. Quant à la « politique monétaire », elle est loin très loin d’être première. Elle suivrait le mouvement, comme l’intendance suivait l’armée.

    2. Sauf que si on appliquait VRAIMENT ce dogme de l’UE sur la concurrence libre et non faussée la crise ne serait peut-être pas aussi grave. Un des problèmes (et je dis bien « un des.. ») est que justement la concurrence n’est ni libre ni juste dans la plupart des pays de l’UE. Les dirigeants sont trop interconnectés avec les ténors de l’industrie, de la finance et de la distribution pour espérer avoir une concurrence « libre » et « non faussée »…

      1. Prière de m’informer quand vous lirez un panneau « Ici, concurrence libre et juste », ailleurs qu’en Oxymorunis.

    3. « et j’ajoute qu’elles sont obsédés de faire l’Europe à tout prix. »

      A mettre en parallèle avec le destin des colonies. Déjà, vouloir conserver intégralement l’empire colonial a largement contribué à la collaboration signée en 1940. Il s’agit tout simplement d’un complexe faisant suite à une « grandeur » perdue, la France souhaiterait voir l’Europe comme l’extension d’elle-même et de ses idées. Voué à l’échec à 100%.

      1. Comparaison n’est pas raison!
        Demandez donc aux Grecs les avantages de l’Europe!
        Lisez donc le blog « greek crisis » de Grigoriou Panyagiotis!

  8. Vu et approuvé .

    A traduire en anglo-américain , en chinois , en japonais , en allemand ( en russe ? mais ce sont de remarquables polyglottes )

    Pour amorcer la pompe un peu partout et avant les décisions « qui font mal » ( à certains ) ,sans les retarder , je serais tenté de donner l’urgence immédiate au débat sur le travail , qui vient en-fin de votre billet .

    Cela serait d’ailleurs l’occasion de rénover le dialogue et la prise de décision démocratique sur un sujet qui concerne tout le monde , qui est plus ou moins compris de tout le monde , où tout le monde à un « nettoyage des méninges » à faire , pour s’ouvrir l’esprit sur d’autres évidences qui n’en sont pas .

    Que devient l’homme du bancor européen ( PSDJ) ?

  9. Pourtant, ce sont les mesures libérales, extrémistes et foireuses qui seront appliquées :
    – Allègement fiscale pour les Sociétés dites anonymes, qui referont leur trésorerie plutôt que de créer des emplois (merci la gauche).
    – Suppression de nos « droit à », derniers rempart entre la notion de salarié et d’esclave de la dette.

    – Alors comme on a jamais vu une révolution entre exploiteurs et exploités s’achever dans la joie et l’allégresse, le point d’orgue de la grande crise sera la violence. Donc si dans le tas de décombres des révolutionnaires intelligents pouvaient s’inspirer des parchemins de Paul Jorion, ce serait sympa pour les survivants.

    1. « ce serait sympa pour les survivants »
      Oui,vous avez raison.
      Souhaitons bonne chance à nos amies, les blattes.

  10. Très très très très très très bien ! Et plus fondamental que Lordon, parce que là, on touche le fond, enfin, j’veux dire : le droit, qui n’est qu’une traduction formelle de préjugés qui pourraient être autrement. (@vigneron : ça va là, mon « plus fondamental que Lordon« , ou faut-il que je l’écrive en police 28 ?)

  11. LE REVENU DE BASE

    Je ne sais pas si ma thèse est juste mais j’invite les gens, dans une démarche constructive à ajouter des points et à critiquer les points ci-dessous afin de tenter d’avancer ensemble.

    1. Le revenu de base n’est attaché à aucun parti, est de droite comme de gauche. Le revenu de base est libéral pour la création de richesses et socialiste pour la répartition de richesses.
    2. Le revenu de base, s’il n’est lié à aucune idéologie, est lié à la décence commune orwélienne dans laquelle il trouve sa source. Il s’agit pour reprendre la formule d’un précurseur français, Jacques Duboin, de répondre à l’injustice criante de la misère dans l’abondance.
    3. Le revenu de base est étroitement lié au problème de l’obsolescence programmée puisque il nécessite de comprendre comment optimiser le niveau de vie d’une population grâce au revenu de base. Il faudrait d’ailleurs étudier quel serait le taux de chômage sans une obsolescence programmée qui n’a pour but que d’augmenter les dividendes des actionnaires et dont la pollution détruit la planète. Il faudrait interdir cette absurdité qui consiste à programmer l’autodestruction des biens produits puisque ce processus engendre un travail et une pollution inutiles n’a d’autre finalité que de maintenir l’esclavage salarial. On peut rejeter le revenu de base mais pour le comprendre, il faut comprendre qu’il est étroitement lié à l’obsolescence programmée, le système actuel étant obligé de créer de l’obsolescence programmé pour maintenir le taux de chômage suffisamment afin d’éviter des émeutes.
    4. Le revenu de base n’est pas une utopie économique et a été défendu par de nombreux économistes, sous des modalités variées, de quelques sensibilités politiques qu’ils soient.
    5. Le revenu de base permettrait de sortir de l’esclavage salarié et de revaloriser les travaux les plus pénibles qui, lorsque les individus ne seraient plus forcés de travailler dans n’importe quelles conditions pour survivre, seraient automatisés et/ou mieux rémunérés.
    6. Le revenu de base permettrait de sortir de la société du court terme. Les gens pourraient suivre leurs passions à long terme.
    7. Le revenu de base permettrait un réel socialisme en donnant à chacun un revenu pour vivre.
    8. Le revenu de base permettrait un réel libéralisme en laissant à chacun la possibilité de suivre ses passions et de créer des entreprises sans être paralysé par la peur du déclassement et de la mendicité en cas d’échec.
    9. Le revenu de base permettrait de redonner de la dignité aux métiers méprisés aujourd’hui. Ainsi, si l’on prend l’exemple d’un ramasseur d’ordure, le ramasseur d’ordures pourra reprendre des études grâce au revenu de base. Il pourra aussi s’il a besoin de plus d’argent, ramasser des ordures par intermittence. Ce travail sera alors mieux payé puisque les gens démunis auront la possibilité de survivre sans pratiquer ce travail. Ce travail sera aussi mieux considéré puisque il s’agira d’une aide à la société que le travailleur n’est pas dans l’obligation de faire.
    10. Le revenu de base augmenterait la conscience citoyenne, l’esprit critique et la démocratie. Grâce au revenu de base, les individus pourraient reprendre des études et sortir d’un travail aliénant dans le sens où il n’a pas de sens pour eux et où sont unique finalité est le salaire.
    11. De la même manière que l’esclavage durant l’Antiquité a freiné le progrès en dépit du niveau scientifique théorique, l’esclavage salarié incite les sociétés à ne pas automatiser, y compris les activités les plus pénibles, parce qu’elles ont des esclaves salariés à leur disposition.
    12. Le revenu de base permettrait d’augmenter le niveau artistique et scientifique d’une population en laissant la possibilité aux individus de poursuivre leurs passions.
    13. Le revenu de base réduirait la criminalité lorsque les gens dans la détresse matérielle ne seraient plus incités au vol et au crime.
    14. Le revenu de base mettrait en valeur et récompenserait le citoyen qui participe à l’augmentation du revenu de base par l’innovation au détriment de l’individu mis en valeur dans notre société et travaillant dans un métier à valeur ajoutée faible ou même négative pour la société (publicité, finance, avocat d’affaire, marketing,…).
    15. Le revenu de base permettrait de sortir de l’idéologie du travail qui sacralise le travail pour le travail. Cette idéologie, répandue par une élite elle rentière, décrète que le sens de la vie réside dans le travail. Le revenu de base permettrait de travailler pour vivre et non de vivre pour travailler.
    16. Le revenu de base permettrait une flexibilité du travail nécessaire dans un monde où les données techniques, sociologiques et économiques s’accélèrent et nécessitent de longues formations entre deux activités professionnelles.
    17. Les modalités de fonds nécessaires au revenu de base sont des discussions qui devraient venir dans un second temps. Il faut cependant noter que ce système s’applique déjà dans plusieurs pays et que de nombreux prix nobels en assurent la possibilité.
    18. Le revenu de base redonnerait une dignité aux chômeurs qui ne seraient plus des parasites mais des individus bénéficiant comme tous les citoyens d’un revenu de base. La technique politique de division du peuple ne sera alors plus possible. De plus, certains chômeurs ne pourront plus toucher 5000 euros à 6000 euros parfaitement injustifiés en périodes d’inactivité. Les aides telles que le RSA et les allocations familiales seront remplacées par un revenu de base qui simplifiera le système d’aides sociales.
    19. Le revenu de base permettrait de diminuer les coûts médicaux des angoisses liées au chômage et au harcèlement au travail.
    20. Le revenu de base permettrait de recentrer la société vers les valeurs humaines et non vers les valeurs financières. Ainsi, les incitations qui amènent des femmes à se marier avec un homme pour son statut social seraient par exemple moins fortes. De la même manière, les incitations amenant aux amitiés intéressées seront-elles-aussi largement diminuées.
    21. Avec le progrès technique, de plus en de richesses sont créées avec de moins en moins d’hommes. Ainsi, les détenteurs de capitaux s’enrichissent de plus en plus, le chômage augmente et les esclaves salariés, souls la pression de la peur de se retrouver sans ressources, sont prêts à travailler avec des salaires de plus en plus faibles. Une telle situation risque de s’aggraver avec le progrès technique jusqu’à produire des guerres civiles partout dans le monde. Les adversaires de la thèse de la montée du chômage avec le progrès technologique prétendent que cette situation a été démentie par l’histoire, notamment par la révolte des luddites et des canuts. A cet argument, nous répondons qu’un exemple historique n’a pas valeur d’axiome mathématique. Mais surtout, nous ajoutons que la situation est très différente. A l’époque, un agriculteur perdant son travail par l’automatisation pouvait rapidement occuper un poste d’ouvrier dans une usine. Aujourd’hui, la technique (robotique et intelligence artificielle) automatise des tâches de plus en plus complexes. Un avocat remplacé par un logiciel (des cas très récents existent), ne pourra pas devenir docteur en deux semaines. Un chauffeur routier remplacé par des camions sans conducteurs (la technique existe et les le processus législatif est enclenché aux USA ne pourra pas se réorienter en quelques semaines).
    22. Le revenu de base nécessite un certain protectionnisme qui ne fonctionnerait pas comme une mise en autarcie d’un pays mais comme un système d’écluses filtrant les biens et les services.
    23. Les politiques pourraient être enfin jugés sur leurs capacités à œuvrer pour le bien commun, c’est-à-dire sur leurs capacités à augmenter le niveau du revenu de base.
    24. Sans revenu de base, les individus soumis au chômage et à l’esclavage salarial sont soumis à la dette. Le revenu de base permettrait de diminuer le pouvoir des banques et de renforcer celui des individus.
    25. Comme l’a déclaré Serge Latouche, il faut décoloniser l’imaginaire. Il s’agit donc de sortir de l’idéologie du travail pour retrouver un travail créatif qui apporte une valeur à la société et il faut sortir de la réduction des problèmes à la politique et à l’économie. Ainsi, la crise de la dette est aussi liée aux développements techniques tels que l’informatique et internet. Aussi, les innovations techniques (moteur à explosion, ordinateur, feu, électricité) ont souvent une importance au moins aussi importante dans le développement de nos sociétés que la politique et l’économie même si science, politique, art et économie sont souvent enchâssés de manière complexe.
    26. L’argument selon lequel les gens ne feraient plus rien avec un revenu de base est réfuté par les études de psychologie économiques (entre autres Samuel Bendahan) selon lesquels le regard des autres et le besoin de valorisation priment sur l’argent. Les mouvement open source, le volontariat (pompiers, ONG,…) et les systèmes de prix et de médailles démontrent que le besoin de reconnaissance sociale est ce qui prime et que ce besoin ne disparaîtra pas en cas d’instauration d’un revenu de base. De plus ce système aurait pour but d’encourager les gens à entreprendre (en abaissant la peur de l’exclusion qui amène la majorité des gens à ne pas créer d’entreprise et à occuper un poste de salarié par besoin de sécurité afin de nourrir leur familles et de payer un loyer ou des traites qu’ils ont du prendre pour payer un appartement)et à inciter les gens à innover et à créer des entreprises.
    27. Le revenu de base serait une incitation à l’entrepreneuriat (besoin humain de reconnaissance) alors que le système actuel est une incitation au fonctionnariat (peur de l’avenir, du chômage et de l’exclusion, besoin pargmatique d’un revenu régulier pour élever une famille,…).

    1. Un des derniers politiques a en avoir parlé de ce revenu de base (ou universel) c’était Villepin me semble t-il…
      Depuis, chez les socialos (rien d’étonnant!) comme au FdG (avec ses affiliés)y’a pas eu trop de remous sur la question…

      1. En effet, Christine Boutin et les verts aussi en ont parlé mais les partis de gauche semblent indécis à ce sujet. Les partis de droite aussi (mis à part Villepin et Boutin dans un esprit de catholicisme social il me semble mais je n’ai pas étudié la question) parce que encore une fois, comme je l’ai expliqué dans quelques uns de mes points, c’est mesure est de droite et de gauche et a été défendu aussi bien par des socialistes que par les libéraux les plus extrêmes comme Friedman. Je pense que cette idée a été défendu par tellement de penseurs et de politiques d’horizons et de pays tellement différents depuis si longtemps que l’on peut l’aborder avec un état d’esprit dégagé des luttes gauche/droite, socialisme/libéralisme. Pour info, je viens de créer un wiki à ce sujet (http://revenudebase.wikia.com/wiki/Revenudebase_Wiki) même si je ne sais pas encore comment cela fonctionne et je viens de m’inscrire sur le site français du revenu de base (http://revenudebase.info/?p=1844&preview=1) que je découvre à peine.

      2. Le concept de revenu universel suppose une critique radicale du travail véritable fétiche du capitalisme et de ses supposés adversaires.
        A défaut de cette critique ce n’est qu’une pantalonnade de plus.

        A ce sujet je conseille la lecture d’un texte récent d’Anselm Jappe, Changer de cheval, disponible avec d’autres textes sur : http://palim-psao.over-blog.fr

        Extrait :

        Pour le dire très brièvement, le problème principal aujourd’hui n’est plus seulement l’exploitation du travail (même si elle existe, et plus qu’avant), mais le fait que des couches de plus en plus larges de populations ont été rendues « superflues ».

      3. Dick James !

        Votre citation s’arrête juste au moment où l’inanité de dernier Jappe apparaît « (…) par une production qui se passe de la force de travail humaine. »

        Il découvre « le travail abstrait » et la sophistication de l’appareil de production, Jappe ? En fait il bute encore dessus* (vous avez la référence, Marlowe). Sans une unification abstraite sous le chapeau d’une unité de valeur, comme le cheval-vapeur ou le joule, qu’est-ce que c’est la force de travail non humaine ? Il travaille l’atome ? Il crée de la plus-value ?

        Si c’est quelque chose, cette force de travail non humaine, il faut le dire tout de suite et conséquemment jeter le Capital, et notamment son livre I, aux poubelles de l’histoire ou encore rejoindre les tenants de l’inessentialisation de la force de travail.

        Tous ces marxiens qui enlèvent le coeur de la théorie de Marx ! Et cette file de la théorie (au sens de la procession, du défilé, cette fois) s’allonge encore, derrière celle de tant de marxistes ! Tous ces gens qui n’en finissent pas d’en finir…

        *Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable (p. 117)

  12. Les USA ont montré que la puissance de Wall Street peut bloquer toute réforme d’envergure,
    telles que celles proposées par P.J.
    Elles ne passeront que lorsque la finance sera affaiblie; cela arrivera mais quand?
    Comme avec le CNR en 1945 en France après la catastrophe, un programme intédrera au niveau mondial les réformes P.J.
    On porra y ajouter le revenu de base et pour tout membre de l’entreprise le statut de collaborateur non salarié mais participant au partage de la valeur ajoutée.

  13. Toute la gauche devrait se retrouver sur ces points.

    Mais je ne vois pas comment on peut augmenter les salaires aux détriments des dividendes. Pour tous les autres points, il suffit d’une loi, dont la rédaction consiste quasiment à plagier ce billet. Mais pour ce premier point si on explicite pas comment s’y prendre, cela reste un vœux pieux. Y-arrive-t-on par le SLAM de Frédéric Lordon qui consiste à caper le taux de dividende ? Ou Paul Jorion a-t-il un autre moyen pour mettre en œuvre cette redistribution de la valeur ajoutée ?

    1. @Laurent S:
      Ce point-ci, c’est la vraie contradiction, la centrale, la cachée, l’évidente mais toujours niée, c’est la hache de guerre enterrée.
      C’est à ce point-ci que le PS français a touché sans vraiment le mesurer en prônant la réduction du temps de travail, à partir du moment en tout cas, et dans cette seule mesure-là, où cette réduction se faisait sans réduire le salaire: c’était s’attaquer à la répartition salaire-dividende qui est exclusive, où réduire l’un c’est augmenter l’autre et inversement.

      Une autre façon de voir les choses serait de dire: il faut que votre projet fasse trembler la bourse, lui coupe les ailes ou l’abatte. Ceci en particulier à destination des écologistes: tant qu’un projet écologiste est finance-compatible, ou bourse-compatible, il est dans l’erreur.

      Il n’y a pas de projet émancipateur en-dehors de ce critère-là.

    2. Mais je ne vois pas comment on peut augmenter les salaires aux détriments des dividendes

      Par exemple en imposant drastiquement les dividendes s’ils ne sont pas réinvesti dans les salaires (pourcentage à déterminer) d’abord, l’outil de travail ensuite.

      Mais il y a d’autres possibilités, notamment dans la structure juridique même de l’entreprise, du rôle de l’actionnariat (cf. point sur personne physique/personne morale, tout ça…) halalalala tout ça se tient, y rien à faire 🙂

  14. Cher Paul,

    dans un monde où le travail disparaît, la question des revenus doit être mise à plat et faire l’objet d’un véritable débat.

    1. la deuxième partie de cette phrase, « mettre à plat », est plutôt floue

    2. mais surtout, je ne peux être d’accord avec sa première partie, qui est la thèse de Rifkin, dans son livre La Fin du travail, de 1995.
    Ma première raison est que Rifkin est conseiller du prince, des gouvernements du monde et des grandes compagnies US les plus prospères. Il a beau donner un vernis bouleversant à ses oeuvres, son pseudo décapage est un fond de commerce, il reste soigneusement inscrit et circonscrit dans le périmètre de l’orthodoxie. Si en particulier il pouvait envisager de faire du profit une variable d’ajustement, s’il pouvait envisager, sans parler de la trouver souhaitable, une restauration du pouvoir des salariés, il en irait tout autrement.
    Il y a dans cette thèse une absence très dérangeante de critique de la notion même de travail. Disparition du travail, mais lequel ? La durée hebdomadaire du travail s’est formidablement réduite entre 1870 et 1970 dans les pays riches, et la quantité annuelle totale d’heures de travail rémunéré s’est pareillement drastiquement rétrécie pour les pays tout entiers, malgré l’accroissement de population. Donc la fin du travail de Rifkin, elle n’a pas cessé d’avoir lieu dans cette période !
    Ce qu’il y a d’exact dans ladite thèse, c’est ceci: « nous assistons à la fin du travail salarié à quarante heures par semaine pour plus de neuf (huit?) dixièmes de la population active salariée. »
    C’est une disparition locale, contingente et idéologique, dont les apparences de crédibilité reposent sur le fait que les pouvoirs politiques et économiques imposent leur refus de la réduction du temps de travail, et imposent la captation par la propriété et le grand management de l’essentiel des hausses de productivité.
    Tout cela est provisoire, bien entendu. C’est un arrêt sur image, pas une loi de l’histoire.
    Vous ne pouvez pas à la fois annoncer l’agonie du capitalisme, et dire que lui survivra une loi qui en est un artéfact.

    1. (D’autres réserves sur les thèses de Rifkin portent sur le fait qu’il y a aussi du travail en-dehors de celui que sa réflexion privilégie. En particulier, tous les emplois de service non délocalisables et peu sensibles au développement des technologies, essentiellement dans les services aux personnes. Ils ne ne sont pas vraiment voués à se développer dans le régime utilitariste actuel, mais justement pourraient l’être dans une hypothèse de changement de … cadre, paradigme, modèle social – sinon simplement dans l’hypothèse d’un capitalisme renouvelé. )

      1. @G. Leboutte .
        Les emplois de service ne peuvent que squatter le gain de productivité pris sur la production de biens essentiels ( nourriture , chauffage , toiture , vetements …) et cette corrélation n’est pas linéaire ….en court la baisse du gain de productivité de 10% sur ces biens essentiels peut impacter par ex 40% des possibilités de « services » ….

      2. @kercoz:
        Il y a souvent du flou sur le cadre dans lequel chacun pose ici ses considérations. Est-ce que c’est, 1), dans l’hypothèse d’un aménagement du système en place, d’une mesure que pourrait prendre un président normal par exemple, ou 2), dans la perspective d’une reconstruction plus ambitieuse?

        Il me semble que vous parlez en 1).
        Mais même dans ce cadre, il n’y a pas si longtemps qu’en Belgique (j’ignore où nous en sommes aujourd’hui) et dans d’autres pays, les conventions collectives signées par une partie des entreprises prenaient automatiquement force de loi pour TOUTES les entreprises relevant du secteur, et par ailleurs il y avait aussi des négociations collectives générales qui aboutissaient à des accords que le parlement entérinait pour l’ensemble de l’économie. Donc le résultat qu’entraînait le rapport de force dans la négociation se diffusait dans l’ensemble du corps économique, même auprès de ceux qui avaient boudé les négociations.

        Moi, mon idée ici est critiquer la thèse de fin du travail que je considère, excusez mon audace, comme une théorie entièrement circonscrite dans le cadre actuel, et à ce titre ni historique ou trans-historique, ni scientifique.
        Dans l’hypothèse où le rapport de force actuel entre capitalistes et grand management d’une part, travailleurs occupés ou au chômage d’autre part, n’est pas éternel, il est clair qu’il Y A du travail dans d’autres secteurs non délocalisables et pas vraiment mécanisables. Même dans le cadre actuel, la Belgique d’aujourd’hui, encore elle (c’est le pays où je vis), a bien rejeté un projet de remplacement du personnel de nuit par des caméras dans les maisons de repos. Donc ce travail existe et ne disparaît pas, mais bien sûr ne constitue pour le néo-libéralisme qu’une petite part de ce qu’il pourrait représenter dans le cadre renouvelé d’une société se définissant d’autres priorités que l’accumulation des richesses pour quelques-uns.

        Et même dans les secteurs où l’informatisation et la hausse de productivité sont explosives, la dévolution de la quasi-totalité de ce gain au capital et au management n’a rien d’une loi trans-historique, mais résulte simplement du rapport de force actuel. Si une espèce de révolution survenait, il n’y a aucun impasse logique à traiter le profit comme une variable d’ajustement, et à faire bénéficier de cette hausse de productivité, en totalité même, le camp du travail. On aurait alors de quoi réduire la semaine de travail du salarié à 30 heures par exemple, en lui conservant son salaire bien entendu. C’est largement moins utopique, ou plus réalisable, que l’idée de Sismondi – qui a une grande valeur pédagogique, de donner une rente à vie au travailleur remplacé par une machine !

        La réduction du temps de travail avec le maintien ou plutôt avec une hausse du salaire a été une loi pour le capitalisme pendant un siècle au moins. Il n’y a pas de raison que, même dans le capitalisme, elle ne se réactive plus jamais. Et a fortiori en cas de sortie du capitalisme.

      3. @Guy Leboutte.
        Ben non , C’est plutot le « 2 » que viserait mon analyse …mais je n’ y crois pas un instant , le Blaireau aime trop le servage , plus on le bat , plus il est couard …..vous verrez les 3 pelés ds les rues ce 14 …….
        Ds la pluspart des analyses , il manque la composante énergétique et ressources …..Sur ce Blog ça ne fait pas consensus , mais Paul Jorion a la noblesse d’acueillir la contradiction et les variantes …..
        Pour ma part, le gain de productivité gagné sur la production de biens essentiels provient en tres grande partie de l’ énergie ……….( 2 personnes en nourissent 100 !) … sur ce gain vient se greffer des « boucles  » de production de bien « utiles » , et peu utiles ,ainsi qu’un tas d’inutiles ….
        Faire des gains supplémentraires de productivité sur ces boucles secondaires ou tertiaires , ne sert strictement a rien si le premier gain chute de 30% ! et c’est ce qui se passe ….la baisse de production de mat.prem. comme le petrole , chute de 3 à 5% ( le petrole bon marché encore plus ) …
        Lors de la croissance du premier gain de productivité , nous avons délocalisé , sous traité , des tas d’activités qu’il faudrait rapatrier au plus vite pour limiter notre dépendance au système , autoproduction …tricot et jardin pour caricaturer , circuits courts , … c’est là un choix qui serait ambitieux ….mais collectivement il est impossible , le troupeau a des bouses multiples , mais un seul regard ! …….par contre , le choix solitaire , s’il est suivi d’autres peut etre un choix collectif ……Il me semble que le seul avenir est a la poly-activité dont qqs unes peuvent etre suffisamment rétribuées pour couvrir ce qu’on ne peut auto-produire …

      4. Aie aie aie … Leboutte, ne risquez-vous pas de faire régresser le débat ? Ceci demanderait une discussion de fond !

        La « professionnalisation » contre salaire des services aux personnes me semble être la pire voie. Vous-même, n’êtes-vous pas sans être écœuré, je pense, par le développement actuel des sociétés de service à la personne en Belgique?

        Qu’avons-nous besoin de cette myriade de sprl borgnes et bricolées, auxquelles sont venues s’ajouter les quelques-unes « bon chic bon genre » (d’Aoust-Interim) pour y valoriser ce « plus » que constitue la dimension de formation qualification dans la façon de cirer les pompes, laver les carreaux, faire briller les lustres en cristal sans s’y accrocher, etc. tout en sachant , de plus , faire attention « à temps » que la mémé solitaire n’ait pas trop maigri ces dernières semaines. À temps pour organiser le recours aux pompes funèbres, lesquelles videront les derniers sous sur le compte, pour faire vivre l’économie locale par la prohibition corporatiste du cercueil en carton.

        Pour lutter contre ces dérives, voudriez- vous conserver de l’emploi pour les « managers sociaux » ?

        N’avez-vous pas constaté, comme le précisait Bernard Ginisty (cité dans le texte référencé), comment les organisations d’économie sociale et d’action sociale

        « nées d’un authentique militantisme sont devenues des hochets pour fin de carrière pour hauts fonctionnaires, des rentes de situation de « loups » jeunes et moins jeunes pour qui le référent premier est la carrière » ; et d’insister : «beaucoup de structures militantes génèrent apparatchiks et rentes de situation »

        .

        Quand Bernard Friot, pour les idées duquel je n’ai pas manqué de faire de la publicité positive sur ce blog, nous parle de revenu de qualification « à vie » , sur une échelle de un à cinq, Il ne s’interroge ,en rien,( je n’ai pas tout lu de Friot) sur ce que serait une compétence en dehors d’une étiquette acquise « à vie », on ne sait trop comment, c’est quoi « une compétence » sinon « une place » dans un rapport social à un moment donné ; « ingénieur nucléaire » chez les Arapesh , ne vaut rien!

        En résumé, si vous voulez un changement de paradigme qui promeuve des « emplois de gauche » pour des organisateurs et des exécutants de service à la personne ,non, je ne suis pas d’accord ! Nous pouvons très bien nous passer de « marchandiser » les services à la personne, et nous n’avons pas besoin d’organisateurs, ni de proxénètes du « care ».

        Le temps libre suffit à ce que chacun assume les plaisirs et déplaisirs de la vie quotidienne, sans en spécialiser quelques-uns dans le « traitement du brun » et le repassage du linge des autres.

        Pourquoi n’avons-nous pas lutté – en Belgique- pour que les sociétés de service d’aide à la personne ( essentiellement pour repassage et nettoyage des sols) soient, de par la loi, uniquement organisées sous forme de coopératives autogérées ; une chômeuse une voix ! Afin de réaliser ce programme de transition pourquoi les travailleurs sociaux ne manifestent-ils pas en masse devant les cpas et les Maisons Communales en attendant que mûrisse l’une ou l’autre forme de revenu de citoyenneté laissant chacun la possibilité de s’occuper de sa famille et de ses voisins ! Mais enfin, pourquoi donc Leboutte, voudriez-vous aider à instrumentaliser, une fois de plus, la philia 😉 ?

      1. Comme vous avez travaille dans le domaine de l’intelligence artificielle, j’aimerais savoir si un de vos livres aborde le lien entre l’intelligence artificielle et l’economie. Sinon, pensez-vous aborder ce thème dans un livre futur? Pour ce qui est de l’obsolescence programmée qui est un signe évident du capitalisme a l’agonie et du revenu de base en tant que possible solution a cette agonie, quelles sont vos positions concernant vos questions? Si Paul Jorion n’a pas le temps de répondre, j’invite les internautes qui ont une idée de ses positions a me répondre. En particulier, quel est le meilleur livre de Paul Jorion au sujet de ces thématiques? Est-ce le capital a l’agonie?

  15. Les mesures proposées pour solutionner nos problèmes économiques ont trop souvent le défaut d’être GLOBALES.
    Est ce par besoin de simplicité , par dogme égalitariste?

    Peut on raisonnablement proposer une augmentation des salaires à des entreprises en difficultés ?
    Peut on raisonnablement proposer des baisses de charges pour toutes les entreprises , celles qui vont hyper bien comme celles qui vont mal ?

    Le mr , là , y dit que c’est pas possible le smic à 1700
    http://www.captaineconomics.fr/analyse-economique/item/133-le-smic-a-1700-euros-ce-nest-pas-possible

    Il a tort , tout est possible , mais les effets escomptés ne sont pas toujours au rendez vous..

    Pour ma part , j’estime que ce ne sont pas les montants qui sont préoccupants mais les rapports .
    Quand un quidam doit mettre dans un loyer une part toujours plus grande de son salaire , il reste forcément de moins en moins d’argent pour faire fonctionner autre chose que la rente immobilière.
    Soit une activité faiblement pourvoyeuse de travail, puisqu’une fois que le logement est construit , les maçons sont au chômage.

    Le secret d’une économie qui fonctionne réside dans les équilibres .
    Notre vrai souci est que le travail des hommes n’est pas au centre des préoccupations d’un système capitaliste en phase d’auto -destruction.

  16. « Vive la vie » n’a décidément pas compris qu’il y a des réformes encore plus urgentes à mettre en oeuvre:

    Sur son blog, le banquier Ugeux titre « le chaudron post électoral de Washington » et nous donne en quatre points, sans le vouloir, ce que devrait être le programme de Hollande… au vocabulaire près:
    – finaliser la réforme de l’ « adversaire finance »
    – finaliser la sauvegarde de la Sécurité sociale
    – réduire l’endettement par une combinaison coûts et fiscalité: remise à plat de l’Europe / mondialisation
    – résoudre le problème de l’immigration / intégration

    Mais le programme de Hollande est beaucoup plus astucieux:
    – finalisons la réforme de l’ « adversaire travail »
    – finalisons la sauvegarde des intérêts du Medef
    – réduisons l’endettement par une combinaison coûts et fiscalité: TVA pour pauvres / IRPP pour classes moyennes
    – donnons le droit de vote aux immigrés non intégrés

    Sans oublier les grandes affaires, les plus urgentes du quinquennat:
    – le droit de mariage entre homos et lesbiennes
    – la sauvegarde des eunuques dans les harems
    – la réduction du prix des places à Bercy pour le prochain spectacle de Bigard: Tout à Zayrault !
    – le droit pour tous d’adopter une thaïlandaise de dix-huit ans

    1. l’augmentation des salaires est une priorité , d’un point de vue global .
      Maintenant , si Jorion doit défendre cette thèse , que répondra t’il si on lui parle du cas des entreprises en difficultés ?

  17. L’instoration de telles mesures est totalement illusoire et relève des vœux pieux. Tout ces parles-menteurs en nos beaux parlements sont les vassaux financiers d’intérêts pécuniers qui ont fortement intérêt justement à ne point voir de telles mesures être misent en applications. Et comme tout un chacun le sait, l’agitation électorale requière force quantité d’espèces sonnantes et trébuchantes. Nos parles-menteurs toujours de leurs intérêts propres soucieux, feront selon le désir de leur Saigneurs de la nation. Quant au bon peuple, ma foi il est par trop occupé à consumer le dernier gadget à la mode pour ce soucier de pareil broutille…

    Donc, à moins que vous ayez l’intention, peu probable, d’un même souffle de restorer l’autorité et la puissance de nos Roy de France, personne n’aura l’impudence de dire à ces forbans de Saigneurs de la nation d’aller se faire voir en Bastille.

Les commentaires sont fermés.