LE TEMPS QU’IL FAIT LE 29 DÉCEMBRE 2017 – Retranscription

Retranscription de Le temps qu’il fait le 29 décembre 2017. Merci à Catherine Cappuyns et Marianne Oppitz !

Bonjour, nous sommes le vendredi 29 décembre et c’est probablement la dernière fois que je vous fais une petite vidéo en 2017, la prochaine sera sans doute l’année prochaine mais, on ne sait jamais. On ne sait jamais ce que l’actualité peut être, en particulier durant la trêve des confiseurs !

L’actualité, c’est quoi ? Ben pour moi, c’est encore mon indignation. Bon, c’était quoi ? C’était avant-hier, j’étais à France Culture, entre 7h30 et 8h50 et quand il y a eu cette nouvelle, c’était un peu hors-antenne si j’ai bon souvenir mais je n’ai pas pu, moi, m’empêcher d’éclater quand on m’a donné la parole, sur cette idée qu’on allait stigmatiser davantage les chômeurs. Comment ose-t-on ?

De 8h15 à 8h45

Comment ose-t-on dans un monde où le travail disparaît et où, c’est vraiment, j’ai dit : « C’est honteux ! » c’est une honte d’essayer de blâmer les gens individuellement pour le fait que le marché de l’emploi, le travail, se réduit comme peau de chagrin. Les gens perdent leur emploi et on va les engueuler pour ça ! Il faut vraiment, il faut vraiment être gonflé ! Et c’est le même gouvernement qui supprime [l’impôt] sur les grosses fortunes ! Bon, vous me direz ce n’est pas aussi pire qu’aux Etats-Unis, en ce moment. Oui, c’est encore pire ailleurs, mais ce n’est pas une raison pour laisser passer ça. Alors, j’ai éclaté, j’ai éclaté ! Merci à Florian Delorme qui m’invitait à France Culture de ne pas m’avoir interrompu alors que je ne répondais pas à ses questions à ce moment-là. Voilà, j’ai raccroché ça, mon indignation, à ce qui était en train de… à d’autres choses que j’étais en train de dire.

Oui, comment ose-t-on ? Alors, on me dit que c’est une idée de M. Gattaz. Mais, Monsieur Gattaz ! Mais pourquoi est-ce qu’on écoute M. Gattaz sur cette histoire de chômeurs ? Parce qu’il faut quand même être logique ! Alors, oui, on dira : « Il représente le syndicat patronal et les entreprises créent des emplois ». Mais, on parle de quel siècle ? C’est à quelle époque que les entreprises créaient des emplois ? Les entreprises ne créent plus d’emplois ! Maintenant, on est dans un système où la logique comptable fait qu’un patron qui licencie ses ouvriers, qui licencie ses salariés, qui licencie ses employés, reçoit des bonus parce qu’il licencie ces gens ! Voilà : parce qu’il réduit les coûts de l’entreprise ! Parce qu’on a accepté que la comptabilité nous dise que les gens qui travaillent c’est un coût pour l’entreprise ! On a laissé passer ça, hein… pourquoi ? En grande partie parce que ça ne dépend pas de nous. Ce n’est pas nous qui écrivons les règles comptables. Mais qu’on demande à des gens qui gagnent de l’argent quand ils suppriment des emplois, qu’on leur demande leur opinion sur la création d’emplois, là, on est vraiment au niveau du scandale !

Bon, alors je reviens quand même à cette émission parce que l’émission a des effets positifs et des effets catastrophiques. Les effets catastrophiques, si vous allez sur Amazon, ce matin, vous verrez qu’il y a rupture de stock de mon livre dont on parlait ce jour-là : À quoi bon… – attendez, parce que je ne me rappelle jamais le titre ! – « A quoi bon penser à l’heure du grand collapse ? ». Voilà ! Donc, le livre est en rupture de stock, ça, vous savez, ce n’est pas les robots, parce que les robots sont sûrement occupés. Ce sont sûrement les gens qui doivent, voilà, qui doivent aller à la poste pour envoyer les colis, parce que ce n’est pas encore distribué par drones. Mais, ne vous inquiétez pas, je crois qu’à partir de lundi vous allez recevoir le bouquin : il en reste chez Fayard ! J’ai téléphoné à Fayard. Non, je plaisante, mais je sais qu’il doit en rester. De toute façon, avec la nouvelle technique, on va en réimprimer très facilement ! Donc, ce n’est pas un effet négatif, ça me fait plaisir qu’il y ait rupture de stock : ça veut dire que vous voulez l’acheter, ça veut dire qu’on en a parlé de manière qui vous enthousiasme. Ça, je l’ai vu… on me l’a dit. On me l’a dit, d’abord à France Culture, que ça tweetait ferme pendant que je causais. Vous me l’avez dit en m’envoyant des messages très aimables et j’ai vu quelques commentaires très aimables sur le blog – en particulier pour m’être indigné (rires) sur cette histoire de chômeurs stigmatisés. (Comment ose-t-on ? On ose parce que le rapport de force est défavorable, parce qu’on a l’impression que nous sommes des veaux et qu’on ne bouge pas. Mais on commence à bouger !)

Moi, ça me fait très plaisir qu’on m’invite, comme ça, et que pendant 45 minutes, on m’encourage à dire ce que je pense. Merci à Monsieur Florian Delorme. Il avait bien étudié mon bouquin, il avait de bonnes questions et il faisait apparaître différents aspects. Vous avez entendu, le thème de l’émission, en principe, c’était l’Intelligence Artificielle mais on a parlé aussi de la disparition du travail de manière générale due à l’informatique, pas seulement à l’intelligence artificielle.

De 7h40 à 8h00

On a parlé du bitcoin et de l’escroquerie que ça représente et aussi du fait que c’est un outil utilisé par la pègre et par l’extrême-droite. C’est un outil de financement de l’extrême-droite. Il y a un très bon article dans le Washington Post. C’était hier, je l’ai mis en commentaire, à la discussion, sur le blog, pas traduit ! S’il y a quelqu’un qui a envie de traduire ça, pourquoi pas ? [P.J. : la teneur de l’article a été diffusée sur Marianne, mais sans indication de son origine] Sur la manière dont c’est un truc de financement, non seulement pour les libertariens qui ont lancé cette idée d’une monnaie, de jetons, qui pourraient en tout cas circuler sans que les États puissent jeter un regard là-dessus. Et, évidemment, entre les libertariens et l’extrême-droite plus classique, comme identitaires, suprématistes et je ne sais quoi, évidemment, il n’y a que l’épaisseur d’un papier à cigarette !

Enfin bon ! Je suis un peu triste que je sois un des seuls à attirer l’attention sur ce genre de caractéristiques du bitcoin. La plupart d’autres gens s’enthousiasment. Ils s’enthousiasment parce qu’ils ont l’impression que, voilà, tout à coup, même si l’argent n’a pas poussé sur les arbres jusqu’ici, eh bien à partir de maintenant, ça va être possible, grâce au bitcoin, puisqu’on n’en imprimera que – je plaisante ! – on n’en fera jamais que 21 millions et donc que leur prix peut augmenter et que ceux qui ratent cette pyramide – oh ! excusez-moi ! – cette cavalerie – oh pardon -, vont se retrouver dans la situation lamentable des gens qui n’achetaient pas d’actions au début de l’année 2000. Et, croyez-moi, vous ne voulez pas avoir le sort de gens, beaucoup moins [enviable], qui en 2001 qui se retrouveraient avec des paquets de trucs qui ne valaient plus un clou parce que c’était un truc à plumer les gogos.

Bon ! Qu’est-ce qu’on m’a encore demandé ? On m’a demandé de parler des Panama Papers et des Paradise Papers, de mon hypothèse sur qui avait orchestré ça. Et là j’insiste sur le fait que ce n’est pas parce que les Panama Papers et les Paradise Papers ça n’a pas été organisé par des lanceurs d’alerte que ce n’est pas une bonne idée de le faire. Non, non ! Il faut faire revenir l’argent dans les caisses ! J’ai expliqué que les paradis fiscaux, c’est un peu plus compliqué que simplement des paradis fiscaux : que ce sont des endroits qui nous servent aussi à d’autres choses. En particulier, à financer la raison d’État. C’est quoi la raison d’État ? C’est quand on ne peut pas dire aux gens ce qu’on fait véritablement. Comme quand on a dit : « On ne payera jamais pour libérer les otages » et qu’on les libère quand même. Tant mieux pour les otages mais, on ne peut pas perdre un peu la face quand, sur des marchés particuliers, il est d’usage qu’il y ait d’énormes bakchichs qui soient versés et qu’on ne peut pas quand même faire passer ça par la Société Générale ou la BNP et qu’il faut bien le faire passer par quelque part. Et ainsi de suite, et ainsi de suite, l’argent de la drogue, l’argent de la prostitution, qu’on ne veut quand même pas laisser passer entièrement, puisqu’on ajoute ça maintenant dans le Produit Intérieur Brut, puisque c’est vraiment de l’argent. Mais, on ne peut pas le faire passer officiellement, non plus, par les grosses banques, mais qu’il faut bien quand même faire rentrer quelque part dans le système. Ne serait-ce que parce qu’on a besoin, le 17 septembre 2008, quand tout est un peu asséché et qu’on sait qu’il y a quand même un robinet qu’on peut ouvrir avec l’argent sale et le faire rentrer dans le système.

De quoi a-t-on encore parlé ? Merci de m’avoir permis de répéter que M. Edward Snowden est, lui, un véritable homme d’État et qu’il est dommage que lui soit en prison ou apparenté – comme l’a été, à une époque, M. Mandela – alors qu’il sera président des États-Unis, espérons-le pour ce pays, un jour où l’autre, parce que lui, au moins, a le sens de l’intérêt général, le sens de l’État. Il parle au nom du bien public et que, pendant ce temps-là, on a un guignol qui devrait plutôt être en prison lui qui est à la tête des affaires parce que ça arrangeait justement certains milieux des affaires de financer la venue d’un guignol pareil. Parce que cela permet, comme vous avez pu le voir, justement, d’éliminer les impôts sur les grosses fortunes. Ça permet de concentrer la richesse, qui est une chose excellente puisque que ça permet un « ruissellement » (rires). Bon, je ne vais pas revenir sur mon opinion sur la concentration de la richesse qui tue nos économies, qui tue nos pays, qui détruit le tissu social. Comment peut-on encore justifier, d’une manière ou d’une autre, de concentrer ça ? Oui, on a roulé le peuple américain. Oui, on a fait voter des ouvriers pour M. Trump en disant : « Il va créer des emplois dans le Michigan, là où il y avait de grandes entreprises automobiles ». Eh bien, écoutez, il n’est pas stupide au point qu’il n’aille pas voter des lois pour récompenser les gens qui l’ont porté au pouvoir !

Bon ! De quoi peut-on encore parler ? Donc voilà, c’est bien, c’est bien quand on me laisse causer pendant 45 minutes. C’est gentil aussi quand on m’invite pour une émission de 5 minutes en disant : « Voilà, c’est très important, oui », et que moi je répète incrédule en disant : « Vous m’invitez [clin d’œil] pour 25 minutes [nouveau clin d’œil] ? » et on me dit : « Non, non, non : cinq, cinq = quatre plus un ». Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas le faire, mais je préfère quand même 45, on peut expliquer les choses clairement. Et puis les gens regardent ou écoutent : dans ce cas-ci c’est un podcast, mais je regardais tout à l’heure parce qu’on me signalait que ça marchait bien : vous êtes bientôt quarante mille (à moins que vous ne soyez les mêmes à regarder un million de fois – rires), vous êtes quand même quarante mille à avoir regardé l’émission sur le même livre À quoi bon penser à l’heure du grand collapse ? celle qui est passée sur Boursorama dans l’émission Ecorama. Vous êtes pratiquement quarante mille maintenant [44.000] à avoir regardé ça. Alors, vous le savez bien, si ça me fait plaisir, ce n’est pas parce que ça vend des bouquins, c’est parce que ça fait circuler les idées qui sont défendues dans ces livres et qui essaient tout de même de redresser un petit peu la barre dans la bonne direction.

Écorama, le 28 novembre 2017

Alors, on ne peut pas faire trop long là, entre deux fêtes, qu’est-ce qu’il y a encore ? Bien, il y a un truc intéressant, c’est Timiota qui me l’a signalé hier : il y a un article sorti dans une revue de psychologie, un article par Messieurs Oakley & Halligan, des Anglais, qui défendent la même thèse que j’avais défendue, moi, en mil neuf cent quatre-vingt–dix-neuf – mil neuf cent nonante-neuf en français – dans la revue « L’Homme », grande revue d’anthropologie française. Donc, c’était quand même relativement visible, mais enfin, bon, c’était en français, donc ce n’était pas vu par tout le monde. Et puis ce n’était pas dans une revue vraiment de psychologie, où j’avais proposé un modèle de la conscience avec la thèse que la conscience n’est pas sur le siège du conducteur, que c’est plutôt un cul-de-sac dans lequel arrivent des choses qui nous permettent après de traiter ça, de manière à en faire, de faire de ce qui apparaît à la conscience des traces de mémoire qui vont nous être utiles par la suite. Traces de mémoire qui ne sont pas simplement des images ou des sons ou des machins comme ça, mais qui sont associées à une valeur d’affect qui va nous les faire revenir en contexte, au bon moment pour servir à quoi ça doit servir. Alors, l’article de Messieurs Oakley et Halligan – je ne l’ai pas entièrement encore lu, ça fait cinquante pages – mais j’ai vu, bon, ils défendent la même thèse mais ils mettent l’accent sur autre chose : pas tellement sur la mémoire mais sur le fait que c’est adaptatif, c’est quand même adaptatif pour l’espèce parce que ça nous permet de tenir compte quand même de notre expérience. C’est un peu la même idée, ce n’est pas lié de manière aussi exacte, aussi étroite, que moi je l’ai fait avec la mémoire mais c’est à peu près la même idée.

Alors, pourquoi est-ce que c’est imposant ? Pardon, c’est « imposant », oui certainement, mais pourquoi est-ce « important » que quelqu’un vienne dire quelque chose que j’ai le sentiment d’avoir déjà dit ? Eh bien, comme vous le savez, c’est parce qu’on est dans le domaine de la science et ça ne sert à rien de dire quelque chose tout seul, il faut qu’il y ait d’autres personnes qui disent la même chose. Pourquoi ? Mais en particulier quand ce sont des idées un petit peu révolutionnaires, parce que quand ça propose un « changement de paradigme », ça propose quand même de voir les choses très très différemment de ce qu’on faisait autrefois, de dire qu’il n’y a pas de rapport entre la volonté et la conscience, que la conscience ce n’est pas l’organe de la volonté, c’est quand même, ça va à l’encontre de ce que suggère la langue qu’on utilise et de ce que suggère le sens commun qui dit : « Mais c’est avec ma conscience que je décide des choses, que j’exerce ma volonté ! ».

Bon, tout ça vient… la remise en question de ça, d’où est-ce qu’elle vient ? Eh bien, elle vient de M. Sigmund Freud, à la fin du XIXème siècle, en disant : « Non, les décisions sont essentiellement prises ailleurs ». Et ensuite, le fait qu’un psychologue, M. Libet, dans les années 60, confirme ça du côté des psychologues avec des mesures, mesurant en particulier le temps qui se passe entre le moment où nous faisons quelque chose et le moment ensuite, le moment ensuite où nous avons l’impression d’avoir décidé de le faire.

Alors, j’ai parlé de ça dans l’article en 99, un article – je l’ai regardé hier – il fait à peu près 25 pages, j’en ai reparlé. J’en ai fait un résumé que vous avez pu voir, ceux d’entre vous qui avez lu Le dernier qui s’en va éteint la lumière. Pourquoi est-ce que j’en ai reparlé dans ce livre-là, sur une dizaine de pages ? Eh bien, parce que dans ce livre, il me semblait important de dire qui nous sommes. Qui nous sommes, j’y reviendrai encore sans doute d’une manière ou d’une autre dans Qui étions-nous ? mais d’expliquer que, c’est important de savoir que ce n’est pas en s’asseyant comme ça et en se disant « Je vais prendre une décision » que les décisions sont prises en général. Si ! on peut s’assigner des tâches à faire la semaine prochaine, on peut décider de faire une thèse et puis la réaliser, ça on peut faire. On peut faire ça quand même avec sa conscience. Mais dans les décisions immédiates que nous prenons comme ça tous les jours, ce n’est pas comme ça que ça fonctionne et c’est important de le savoir.

Je vais commencer par terminer la lecture de cet article avant d’en parler davantage mais j’ai signalé aussitôt, j’ai signalé aussitôt que ça me faisait plaisir qu’on reparle de cette thèse, que je ne sois pas le seul à en parler, parce que comme je vous le dis, pour que ça devienne une idée commune, il faut qu’il y ait plus qu’une personne qui le dise. Contrairement à ce qu’on dit parfois, Einstein a inventé la théorie de la relativité, oui, mais s’il n’y avait pas des gens autour pour dire : « Oui, c’est une bonne idée » et pour faire d’autres articles parlant également de la même chose, il ne se serait absolument rien passé. Surtout – comme je vous dis – quand ça oblige à revoir les choses, à mettre les choses à l’envers, à modifier le cadre : quand on touche au cadre.

Une autre personne qui touche au cadre – et là, je vais terminer là-dessus – vous vous souvenez peut-être, c’était en septembre si j’ai bon souvenir, l’un d’entre vous a eu l’amabilité de traduire à ma demande un article, qui en fait, cet article, c’était l’introduction d’un livre par un M. James Livingston, sur la disparition du travail. Depuis, il y a eu une bonne discussion à propos de ça sur le blog. Ensuite, beaucoup plus récemment, Madeleine Théodore a lu le livre et elle en a fait un compte-rendu et encore beaucoup plus récemment, il y a un éditeur français qui a décidé de traduire le livre et qui m’a demandé gentiment de faire la préface, ce que je ferai bien entendu très volontiers. Voilà, c’est d’accord, ça va être fait ; le livre paraîtra, je ne sais pas, au printemps quelque part.

Ce Monsieur a fait un excellent boulot, non seulement il nous dit, en fait il l’explique bien, tout de suite il a voulu appeler le livre « Fuck Work » et nous, on avait traduit : « Merde au travail ! ». Il reprend un petit peu les idées là, qu’on avait déjà vues dans Le droit à la paresse de Lafargue, à la fin du XIXème siècle. Lafargue, beau-fils, gendre de Karl Marx, et qui propose un livre où il fout en l’air, il déconstruit complètement (rires), où il fait exploser le marxisme. Enfin bon, je ne sais pas comment ça se passait exactement dans la famille, mais bon, Lafargue fait un truc qui correspond à un tout autre courant à l’intérieur du socialisme. Il n’est vraiment pas marxiste, il est plutôt du côté des socialistes utopiques, il est plutôt du côté des anarchistes et donc M. James Livingston reprend une partie de ses arguments mais il ajoute aussi des choses qui sont dues à l’analyse de gens qui ont parlé récemment du travail, et de manière que lui, il ne considère pas bonnes. Enfin, il les attaque assez violemment mais avec d’excellents arguments, les Hannah Arendt, les Crawford, Sennett ; il attaque même Frédéric Lordon qu’il a dû manifestement lire. Il a une autre vision du travail. Je vous en parlerai parce que je suis en gros d’accord avec lui, mais là aussi, il y a quelques petits trucs qu’à mon sens il ne voit pas. Je ferai cette préface et puis vous pourrez la lire, bien entendu, d’une manière ou d’une autre. C’est un truc qui m’intéresse. Il y a des choses chez James Livingston honnêtement que je n’avais pas vues sur cette question du travail et ce sera un plaisir pour moi d’en parler et d’en dire du bien.

Voilà, je termine pour aujourd’hui et comme je vous ai dit, ce sera probablement la semaine prochaine que j’aurai l’occasion de vous reparler en 2018. Passez un excellent réveillon. Allez, à bientôt !

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