Trump, le candidat manchou ?, le 18 octobre 2019 – Retranscription

Retranscription de Trump, le candidat manchou ?, le 18 octobre 2019

Bonjour, nous sommes le vendredi 18 octobre 2019. Aujourd’hui, ma vidéo s’intitulera « Trump, le candidat manchou ? » et ce sera une vidéo tout à fait curieuse. Je n’ai jamais fait ça. Je vais essentiellement vous lire des textes mais comme la plupart sont en anglais, je les traduirai au fur et à mesure. J’essayerai de rendre mes traductions compréhensibles. Je ferai le minimum de commentaires avant de faire une conclusion et je dirai simplement… je situerai les textes que je vais lire en vous expliquant le contexte et je garderai mes commentaires pour la fin.

Il faut que vous compreniez cette vidéo de la manière suivante : comme dans les histoires de Sherlock Holmes, au moment où le fameux détective de Baker Street, à Marylebone, à Londres explique à son compère, le Dr Watson, ce qu’il s’est passé, c’est du genre donc : « Vous vous souviendrez, mon cher Watson, qu’au moment où nous nous sommes rendus à Charing Cross Station, mercredi, vous avez dû remarquer comme moi que l’entrée de gauche était pratiquement barrée par une charrette des quatre saisons vendant des produits divers venant de la campagne mais votre regard a dû être attiré, comme le mien, par la couleur bleue de la boue qui recouvrait les roues du chariot ». Alors, bien entendu, Watson n’a jamais remarqué toutes ces choses tout à fait subtiles et c’est à un exercice de ce type-là que je vous convie.

Vous vous souvenez peut-être, si vous n’étiez pas à la plage au mois d’août, que le journal Le Monde a publié mon interprétation, mon explication de la disparition d’Agatha Christie en 1926, pendant une dizaine de jours, une disparition qui était considérée comme, jusqu’ici, inexpliquée. Et ça m’amuse beaucoup de faire ce genre de choses. J’ai été nourri, dans mon enfance, non seulement par Sherlock Holmes mais, bien entendu, par les aventures de M. [Auguste] Dupin, de notre fameux Edgar Allan Poe, le Double assassinat dans la rue Morgue et La lettre volée.

Alors, je commence. Le premier texte que je vous lis, que je vous traduis, c’est un extrait de Fire and Fury.

Fire and Fury, le sous-titre, c’est « À l’intérieur de la Maison-Blanche de Trump ». C’est de M. Michael Wolff et ça paraît en janvier 2018.

C’est un tell-it-all, c’est-à-dire on raconte tout. M. Wolff, je vous le rappelle, M. Trump l’avait à la bonne parce qu’il l’avait défendu dans une histoire. M. Wolff avait dit : « En fait, dans les deux versions des faits, celle de Trump est bonne » et donc, on lui avait permis de venir à la Maison Blanche et d’être là, et il avait expliqué qu’il y avait une sorte de renfoncement, d’alcôve, avec un siège dans un couloir, un couloir que devaient emprunter tous les gens qui se rendaient au bureau ovale de M. Trump et que, quand les gens sortaient, il disait : « Ah bonjour ! Tiens, ça s’est bien passé ? » et il a écrit son livre comme ça.

Son livre a été très critiqué. C’est un livre qui était extrêmement dur. M. Michael Wolff était d’ailleurs convaincu qu’il allait descendre M. Trump rien qu’avec ça. Il avait eu pas mal d’informations de M. Steve Bannon qui, à cette époque, s’était fâché avec M. Trump et avait quitté son rôle de conseiller à la Maison Blanche. Alors, qu’écrit monsieur… C’est dans les toutes premières pages : aux page 37-38 du livre. M. Wolff écrit la chose suivante (c’est écrit à la fin 2017, sans doute, puisque ça paraît en janvier 2018) :

La théorie était que les Russes avaient piégé Donald Trump lors d’un voyage qu’il avait fait à Moscou en réalisant une machination qui s’apparente à un chantage assez grossier mettant en scène des prostituées et des actes sexuels, qui ont été capturés sur vidéo, qui poussaient un petit peu les limites de la déviance sexuelle (impliquant également des golden showers – intraduisible en français) avec des prostituées et le tout enregistré sur vidéo. La conclusion implicite était qu’un M. Trump compromis conspirait avec les Russes pour détourner l’élection présidentielle et qu’on installe en lui à la Maison-Blanche un pantin de Poutine.

C’était la théorie qui était défendue dans un rapport écrit par un certain M. [Christopher] Steele [P.J. un ancien de MI6, l’espionnage britannique]. Les Républicains et les Démocrates se sont entredéchirés sur le fait s’il fallait ou non accorder crédit à ce rapport de M. Steele. Je vous ai souligné au fil des mois que, à part cet épisode-là dans le rapport de Steele, tous les autres passages se sont vus vérifiés l’un après l’autre.

M. Wolff fait un résumé de la situation, un sommaire de la situation, de la manière suivante :

Si ceci était vrai (si ce rapport, si cette théorie de l’escapade à Moscou était vraie), alors la nation se trouvait à un des plus extraordinaires moments dans l’histoire de la démocratie, des relations internationales et du journalisme.

Si ce n’était pas vrai – et il paraissait difficile d’imaginer qu’il pourrait y avoir un stade intermédiaire entre les deux opinions (que c’était vrai ou que c’était faux) – dans ce cas-là, si ce n’était pas vrai, cela soutiendrait, cela supporterait l’opinion qui était celle de Trump (et qui était également celle de Bannon) que les médias, que la presse, là aussi dans un développement historique dramatique jamais vu dans l’histoire de la démocratie, était à ce point aveuglée par son horreur et son dégoût (envers M. Trump) sur des plans à la fois idéologique et personnel, qu’aucun moyen ne serait épargné pour tenter d’abattre le dirigeant élu démocratiquement.

Donc, ce rapport Steele, dont on ne sait toujours pas s’il dit vrai ou faux. Les Démocrates n’ont pas dit grand-chose parce que l’accusation est extrêmement grave. Les Républicains ont dit qu’il s’agissait d’un faux et la notion de fake news s’est fort développée autour de ce rapport. M. Wolff dit : « Il y a du coup deux positions possibles : ceux qui répètent cette histoire sont des gens qui sont convaincus qu’il faut absolument abattre M. Trump par tous les moyens et ils recourront à tous les moyens possibles pour le faire, en particulier la presse ». Quand on dit « la presse » aux États-Unis, on pense essentiellement à une presse de centre gauche, disons, reprenant le New York Times, le Washington Post, le New Yorker et un ensemble encore d’autres publications [comme les chaînes CNN et MSNBC]. Voilà : première lecture.

Donc deux possibilités pour l’opinion américaine : soit imaginer qu’il y a quelque chose de vrai dans ce rapport Steele et le fait que M. Trump est un pantin de la Russie, soit considérer qu’il s’agit d’une mise en cause par des moyens déloyaux du résultat de l’élection présidentielle qui l’a vu arriver au sommet.

Là, on était en janvier 2018. Alors là, on passe pas mal de temps. On arrive le 27 mars 2019 et là, simplement, c’est un de mes billets sur mon blog qui s’appelle : « Trump & Co. : on n’a encore rien vu ni entendu ». On est dans la période où on sait que le rapport Mueller a été déposé [le 22 mars] et on ne sait encore rien parce qu’on n’a encore rien vu. Il y a simplement cette déclaration de M. William Barr, Ministre de la Justice : « Circulez, il n’y a rien à voir. Il n’y a pas de collusion. Il n’y a même pas d’obstruction de justice ». Ce qui était un, comme on dit en anglais, un anti-climax, c’était… On attendait quelque chose de gros et, tout à coup, on n’a plus rien. On nous dit : « Non, tout ça, c’était un rêve ! ».

Et on était peu de temps après le fait qu’il y avait une sorte de progression autour de M. Roger Stone. M. Roger Stone, qui était un proche de Trump – il n’a pas été un conseiller officiel à la Maison-Blanche mais, enfin, c’est quelqu’un que M. Trump citait de manière constante. Il avait manifestement de l’information qui lui venait de ce côté-là. M. Stone avait d’abord prétendu qu’il avait rencontré Julian Assange et qu’il avait su à l’avance que des informations compromettantes pour le Parti démocrate seraient révélées. M. Roger Stone avait été arrêté en pleine nuit, enfin pas en pleine nuit, peut-être à 4 h ou 5 h du matin, de manière assez dramatique avec beaucoup de policiers dans son jardin et ainsi de suite, et on avait dit : « Pour quelqu’un à qui on ne peut reprocher que des peccadilles, tout ça, c’est beaucoup ! ». Et à ce moment-là, le FBI avait dit : « Oui, mais nous avions des informations qu’il allait fuir à l’étranger » et puis, tout à coup, plus rien, plus question de M. Roger Stone si ce n’est une accusation extrêmement bizarre que, quand M. Stone a dit : « Oui, en fait, je n’ai pas rencontré personnellement M. Assange, j’ai envoyé quelqu’un » et là, il a dit : « J’ai envoyé M. Randy Credico ». Un journaliste de gauche au départ, devenu essentiellement un complotiste. « M. Randy Credico est la personne à qui j’ai confié d’aller rencontrer M. Assange et c’est lui qui a rencontré M. Assange ». Or, dit la police, ce n’est pas M. Credico qui est allé voir M. Assange au nom de M. Roger Stone (et quand on dit « au nom de M. Roger Stone », on devine en arrière plan un autre personnage à la tête de l’État qui pourrait être la personne qui aurait demandé à Roger Stone qu’on fasse ce genre de choses), ce n’est pas Randy Credico qui a rencontré Assange. C’est un certain Jerome Corsi.

Et donc, on reste avec cette bizarrerie qu’on accuse M. Stone essentiellement d’avoir caché qui est la personne qui devait aller voir Assange en son nom – ou au nom d’une personne placée encore plus haut. Et j’écris, moi, le 27 mars 2019, donc c’est cette année-ci, c’est il y a quelques mois, c’est il y a 6 mois :

Et comme je le rappelais avant-hier [donc là on était le 25] : « Et Jerome Corsi, à qui Roger Stone avait confié de rencontrer Julian Assange, alors qu’il a prétendu à la Commission permanente du Congrès sur les questions de renseignement que c’était à Randy Credico qu’il avait confié cette mission ? »

Donc, ça, c’est une citation de moi-même 2 jours auparavant. J’ajoute ceci :

Cela peut paraître anecdotique mais mon sentiment est que si l’on a cessé de parler de collusion, on ne fait que commencer de parler d’espionnage, et de kompromat.

« Kompromat », c’est donc le mot russe pour compromission et, quand je dis le mot « kompromat », je renvoie à cet incident dont parlait M. Michael Wolff qui aurait pu se passer, oui ou non, à Moscou. Il y a une théorie qui circule par ailleurs, d’un certain M. Craig Unger, qui connaît très très bien les questions de rapports entre M. Trump et la Russie, qui a écrit tout un livre là-dessus [House of Trump House of Putin. The Untold Story of Donald Trump and the Russian Mafia 2018], que M. Trump aurait pu être compromis mais pas à cette époque-là, pas à Moscou, et que ça aurait été en fait à Prague bien des années auparavant [1984]. Je vous ai déjà parlé de ça mais c’est assez incident par rapport à ce que je raconte maintenant.

Donc, je dis à cette époque-là, au mois de mars, je dis : « Si le rapport Mueller est un pétard mouillé, c’est parce qu’une mission lui a été confiée par le Ministère de la Justice ». Or, dis-je, il reste des choses pendantes qui, elles, relèvent plutôt du ministère de l’Intérieur et du ministère de la Défense Nationale : des questions de renseignement. Qu’est-ce que je dis ? Je dis : « Il reste une histoire d’espionnage à raconter ».

Là, on est en mars. Alors, on se rapproche. Je n’en ai pas un million [de documents à montrer] : il m’en reste deux.

Cette fois-ci, on est au mois d’août, c’est quoi, il y a 2 mois. Le reporter, non le commentateur, l’éditorialiste de MSNBC, qui est une chaîne de télévision, O’Donnell se rétracte à propos d’une histoire relative à Trump. Donc, ça se passe au mois d’août. Je cite :

New York, M. Lawrence O’Donnell, mercredi, s’est rétracté à propos d’une histoire sur des liens supposés entre la Russie et le Président Donald Trump concernant ses finances, et il s’est excusé de l’avoir mentionnée – comme le lui demandait l’avocat de M. Trump.

M. O’Donnell a cependant dit qu’il ne sait toujours pas si l’histoire est vraie ou non. […]

Vingt-quatre heures auparavant, sur la chaîne, M. O’Donnell avait dit qu’une source lui avait affirmé que les documents de la Deutsche Bank montraient que les personnes qui avaient co-signé pour un prêt (comme étant les co-garants) étaient des oligarques russes.

M. O’Donnell a rapidement émis un tweet disant que c’était une erreur de jugement de sa part d’avoir mentionné cela. « Je ne sais toujours pas si l’information est correcte ou non, a-t-il-dit mais le fait est qu’une chose est sûre, ce n’était pas prêt à être diffusé [la diffusion était prématurée] et pour cela je m’excuse ».

Donc, ça, c’est au mois d’août. C’est rare. Il est très rare qu’un éditorialiste, un chroniqueur fasse une déclaration de ce type-là. Parfois, ils sont obligés de dire : « J’ai transmis une information fausse et je m’en excuse, c’était une erreur. Je croyais les gens qui m’avaient raconté ça, etc. » Ça, ça arrive. Mais que quelqu’un dise : « Je me rétracte, je retire quelque chose parce que ce n’était pas le bon moment ». Je ne sais pas si vous êtes aussi « sherlockholmésien » que moi mais ça paraît très curieux. C’est-à-dire il refuse de dire que c’est faux. Il dit : « Ce n’était pas le moment d’en parler ».

Pourquoi dit-il « Ce n’était pas le bon moment d’en parler » ? À mon avis, parce que quelqu’un lui a dit que ce n’était pas le bon moment d’en parler. Ce n’était pas Trump [rires] mais ça devait être quelqu’un du côté de ce que les trumpistes appellent le Deep State, c’est-à-dire ce que moi j’appelle simplement l’appareil d’État, les institutions, l’administration, des gens qui lui ont dit : « On va parler de ça mais ce n’est pas le moment. Ça viendra plus tard ». Voilà.

Qu’est-ce que veut dire ? Ça veut dire qu’on prépare quelque chose, comme cette déclaration du lanceur d’alerte qui, je vous l’ai fait remarquer… Il y a deux sortes de lanceurs d’alerte : il y a ceux qu’on arrête tout de suite, qu’on met en prison, dont on casse la carrière, qui sont obligés de fuir pour aller se cacher à Moscou ou ailleurs, et puis il y a les lanceurs d’alerte qui sont fêtés, comme celui des Panama Papers dont M. Hollande dit : « C’est formidable quand même ! » et là aussi, aux États-Unis, pas les amis de Trump mais les autres disent : « Voilà… », etc. C’est-à-dire qu’il y a des choses de l’ordre… Et je l’ai dit tout de suite quand j’ai lu la lettre du lanceur d’alerte à propos de cette conversation que M. Trump avait eue avec le président d’Ukraine, j’ai dit : « Ça ressemble à un travail d’équipe et pas au travail d’une personne » [« Mauvais esprit comme je le suis à mon habitude, je ne serais pas surpris que (vu la qualité du travail accompli), il s’agisse du produit d’un effort collectif »].

Et je vous l’ai dit, moi, je ne crois pas à cette histoire de Deep State. Je vous l’ai répété un million de fois. Si le Deep State existait aux Etats-Unis, ça fait longtemps… M. Trump ne serait même jamais devenu candidat, on l’aurait éliminé avant, et une fois qu’il aurait été au pouvoir, on se serait débarrassé rapidement de lui et, quand M. Wolff sort un bouquin absolument compromettant en janvier 2018, il se serait passé autre chose que ce qui s’est passé, c’est-à-dire absolument rien. Il y aurait des choses beaucoup plus sérieuses dans le rapport de M. Mueller. Donc, le Deep State n’existe pas mais il y a des institutions d’État, il y a une constitution, il y a une constitution qui prévoit dans son amendement 25 qu’on peut se débarrasser du président s’il est inapte à assurer sa fonction, qui définit la procédure d’impeachment qui permet de le retirer, qui date – j’ai appris ça hier – de 1376. En fait, ça a été inventé par des Anglais en 1376. Je reviendrai là-dessus. S’il y avait Deep State, M. Trump ne serait plus là depuis très longtemps mais il y a des institutions, il y a des gens qui résistent. Il y a des contrepouvoirs qui fonctionnent.

Bon, il me reste une chose. Ce sont deux petits documents. Une des personnes qui est un soutien inconditionnel de M. Trump, c’est M. Lindsey Graham.

M. Lindsey Graham avait émis des opinions assez défavorables sur M. Trump au moment de sa campagne dans les primaires. Une fois qu’il est devenu président, il a été un soutien absolument inconditionnel, absolument inconditionnel. Il approuve tout. Il est d’accord sur tout. Il justifie. Ce n’est pas un imbécile, M. Lindsey Graham. Il justifie absolument tous les actes de M. Trump, ceci jusqu’à récemment.

Quand M. Trump a décidé de retirer les troupes américaines du nord de la Syrie, M. Lindsey Graham s’est déchaîné. Il a envoyé en particulier un tweet. Il en a parlé au moment même. J’ai cité ça. Quand il a dit, on lui a demandé : « Est-ce que ça pourrait être pour Trump l’équivalent du Vietnam ? », il a répondu : « Non, c’est pire ».

Voilà, ça, c’était, je dirais, autour du 10 octobre. Je n’ai pas de citation de ça. Je vous cite un truc, c’était un tweet que vous-mêmes, vous me montrez. Voilà, c’est un tweet, ça ressemble à un tweet. C’est un tweet de M. Lindsey Graham et ça, c’est du 16, c’est-à-dire d’avant-hier. Vous voyez, on se rapproche. M. Lindsey Graham dit dans son tweet du 16 :

J’espère que le président a raison dans sa croyance que l’invasion par la Turquie de la Syrie ne nous concerne, nous, en tant que Nation, absolument pas, que le fait d’abandonner les Kurdes à leur sort ne viendra pas nous hanter, que Daesh ne va pas ressusciter et que l’Iran n’ira pas remplir le vide que M. Trump a créé par sa décision.

Et il ajoute un peu plus tard dans la même journée :

Cependant, je crois fermement que si le Président Trump continue de faire des déclarations de ce type-là, il y aura un désastre pire que celui produit par la décision du Président Obama de quitter l’Irak.

C’est-à-dire que M. Lindsey Graham, qui était un soutien inconditionnel de Trump, là, dit : « Non, là c’est trop ! ». Et dans le vote qui a eu lieu, ça devait être le même jour, il y a 2 jours, au parlement américain, quand il y a eu un vote, ça a été 354 pour la motion bipartite et 60 contre. Les deux-tiers des membres Républicains du Congrès ont voté la motion commune qui, je vous le rappelle, demandait à M. Trump de renverser sa décision, d’assurer les Kurdes de leur soutien, qu’on allait mettre en place une politique claire pour empêcher la résurrection de Daesh, etc. Et une des personnes, fer de lance de cet accord bipartite, a été précisément M. Lindsey Graham.

Alors, maintenant, on arrive à mon dernier document. C’est daté d’hier, du 17 octobre. Ça s’appelle…Ça a été publié par l’Agence AP, Associated Press : « Ne sont-ils plus partenaires de golf ? M. Trump et M. Graham se trouvent maintenant à des pôles opposés à propos de la Syrie ».

Citation de M. Graham dans la journée d’hier : « L’impeachment, ce n’est pas une question de punir. L’impeachment, c’est nettoyer une fonction. L’impeachment, c’est restaurer l’honneur et l’intégrité de cette fonction » et il termine en disant ceci à propos de M. Trump : « Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour l’aider mais je vais devenir aussi le pire cauchemar de M. Trump ». Je vous dis ça en anglais : « I will do anything I can to help him but I will also become president Trump’s worst nightmare ». Je vais devenir son cauchemar, son pire cauchemar.

Qu’est-ce que ça veut dire à mon sens ? Ma conclusion, elle est là. Je me tourne vers vous comme Sherlock vis-à-vis du Dr Watson. J’ai le sentiment dans cette phrase « Je vais devenir son pire cauchemar », j’ai le sentiment que M. Lindsey Graham et peut-être, avec lui, deux-tiers du Parti républicain sont désormais convaincus que M. Trump est effectivement un pantin du Kremlin.

C’était une hypothèse, là c’était le pire cauchemar du Parti Républicain si ça avait été vrai. On verrait quelque chose qui est de l’ordre de cette histoire du Candidat manchou. Qu’est-ce que c’est Le candidat manchou ? C’est un roman publié en 1959 de Richard Condon qui est un romancier américain. Il a été accusé de plagiat. On a dit qu’il a repris des passages entiers d’un livre sur la Rome Antique, I, Claudius, de Robert Graves, un roman de 1934 que vous connaissez peut-être parce qu’on en a fait une très très belle série télévisée à propos de ça.

Toujours est-il que l’histoire, c’est la suivante : des prisonniers américains en Corée du Nord, lors de la guerre de Corée, subissent un lavage de cerveau [expression calquée sur le mot chinois]. Et si vous regardez sur Wikipédia, ça s’est passé effectivement – ou en tout cas, si on n’appelle pas ça « lavage de cerveau », il y a eu des transfuges. Il y a eu un nombre – vous regardez les chiffres – je crois que c’est de l’ordre d’une trentaine d’Américains qui sont restés là-bas, des soldats américains, qui se sont déclarés communistes par la suite. Il y en a qui sont rentrés aux États-Unis et qu’on a accusé de travailler comme espion pour la Corée du Nord.

Donc, effectivement, il y a un certain nombre d’Américains qui ont pris parti pour la Corée du Nord à la suite d’avoir été prisonniers. Et l’histoire du roman, c’est la chose suivante, c’est que l’un d’entre eux revenu donc de Corée du Nord, ancien prisonnier, va tuer le président des États-Unis pour permettre à un pantin de la Russie de devenir président des États-Unis.

Le premier film… Il y en a deux, un film splendide de Joe Frankenheimer (1962) avec Frank Sinatra, Angela Lansbury dans le rôle de la mère du personnage joué par Laurence Harvey qui est le 3ème grand acteur, un film qui n’a eu aucun succès parce que l’histoire, en fait, en réalité, est évidemment très compliquée. Et, donc un film qui n’a eu aucun succès, un film dont, pour une raison curieuse, Frank Sinatra a racheté tous les droits et a empêché sa diffusion par la suite, Frank Sinatra qu’on a soupçonné parfois de certaines relations par très catholiques ou alors trop catholiques si on veut […]. Il y a eu une nouvelle version (2004) : je me souviens de Meryl Streep dans le rôle de la mère de l’assassin. Et Denzel Washington dans le rôle principal, une histoire de ce type-là.

Donc, je termine là-dessus. Mon sentiment, c’est que M. Lindsey Graham – et tous mes petits documents visaient à arriver jusque-là – est convaincu maintenant qu’il y a quelque chose de l’ordre, sinon du kompromat, qu’il y a en tout cas quelque chose qui suggère que M. Trump travaille essentiellement pour la Russie. Pourquoi ? Parce que ces mesures qu’il a prises par rapport au nord de la Syrie ont résulté dans les jours récents au remplacement purement et simplement des troupes, d’une certaine influence américaine dans le nord de la Syrie par un renversement d’alliance bien sûr des Kurdes qui se sont vu trahis, qui ont un accord maintenant avec Bachar el-Assad et avec les Russes et l’élimination totale d’une influence de l’alliance autour des États-Unis dans le nord de la Syrie.

Voilà ma conclusion. Il y aura encore des choses à dire. C’est un petit peu une manière, je dirais, de terminer une période. Je ne crois pas qu’il y aura un 4ème tome à mes recherches, à mes commentaires sur… Si, il y aura un 4ème tome mais je crois que ce sera le dernier, dans mes recherches sur Trump. Pourquoi ? Parce que ce que j’ai fait, c’est effectivement, dans cette histoire, dont le 1er volume, dont le 1er tome vient de paraître, c’est un truc un peu à la Sherlock Holmes. Les gens qui vont venir maintenant, ce sont des gens qui vont faire un bilan, qui vont faire une analyse a posteriori de ce qui s’est passé. Ce que moi j’ai fait, bien entendu, c’est une recherche comme sur la disparition d’Agatha Christie au jour le jour en essayant d’avancer mes analyses dont je vous ai fait remarquer, à différentes époques, qu’elles ont toujours précédé d’au moins 24 h celles que je voyais apparaître aux États-Unis et, dans certains cas, de plusieurs mois, de plusieurs années. J’espère que certains qui liront ce premier tome se diront : « Il écrit ça en 2015 ? il y a 4 ans ! ». Et vous pouvez aller voir sur le blog. Oui, vous pourrez vérifier – parce que c’est essentiellement des billets du blog qui se trouvent-là, avec des commentaires ajoutés entre les billets – mais tout ça a bien été dit à l’époque sur le blog.

Allez, voilà. Merci, à bientôt !

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