L’ANNEE 2010 : LA DERNIERE CARTOUCHE

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Article paru dans L’ENA hors-les-murs, janvier 2011

L’année financière 2010 s’est caractérisée par le rétrécissement des options pour toutes les nations.

En raison d’une concentration excessive de la richesse, le financement des entreprises, le revenu des ménages, avaient été partiellement remplacés par des crédits. En 2008, le château de cartes du crédit s’est écroulé. On a parlé de « crise de liquidité » au lieu d’insolvabilité pour permettre aux États de renflouer les banques en catimini en leur avançant des fonds à taux zéro ou à peu près par le biais de leur banque centrale. Au lieu de prêter cet argent-là à des entreprises ou à des particuliers, qui auraient été bien incapables de les rembourser le temps venu dans le contexte de récession qui s’était créé, les banques commerciales ont remis cet argent en pension auprès des banques centrales ou ont acheté des emprunts d’État. Comme les États s’étaient surendettés pour renflouer les banques, et s’étaient portés garants de leur solvabilité, et que leurs rentrées baissaient du fait de la récession, le taux exigé sur leur dette par le marché des capitaux grimpait et la valeur de leurs emprunts baissait parallèlement. Du coup, le portefeuille des banques se dévalorisait. Ce qui les obligeait à se recapitaliser. Les banques s’affaiblissaient parce que leur portefeuille était bourré d’emprunts d’État qui perdaient de leur valeur parce que les États s’étaient affaiblis en venant à la rescousse des banques : une spirale infernale s’était amorcée.

Aux États-Unis, les autorités, comme les économistes, et comme la population toute entière, ont guetté anxieusement en 2010 les signes d’une reprise qui ne fut jamais au rendez-vous. La chasse quotidienne aux indices de rebond constituait un spectacle particulièrement navrant. Que des profanes en matière économique imaginent qu’un indice isolé, comme un chiffre du chômage un peu meilleur que d’habitude, ou un prix de l’immobilier en hausse légère, puisse représenter à lui tout seul un signe de reprise est excusable puisque la complexité de la machine économique peut très bien leur être inintelligible, mais que des économistes professionnels succombent à de telles illusions (s’ils sont dupes) ou participent à de telles campagnes de propagande (s’ils ne le sont pas) était spécialement inquiétant.

Devant un chiffre du chômage bloqué au taux officiel de 10 % et officieux de 17 %, et un stock immobilier qu’il faudrait près de neuf ans pour écouler (107 mois), l’Amérique était hantée par le spectre de la déflation. Elle n’ hésita pas : elle eut recours à l’arme ultime qu’est l’assouplissement quantitatif, euphémisme utilisé pour désigner la planche à billets, arme que le statut de monnaie de référence et de réserve de sa devise lui offrait, quitte à exporter ses problèmes à la surface du globe sous la forme de dollars dévalués de fait cherchant à se placer dans des économies en moins mauvaise posture que la sienne. La manœuvre ne fut guère appréciée à l’étranger. Au sommet du G20 à Séoul en novembre, les États-Unis se sont retrouvés dans une situation inédite : isolés face à une coalition constituée du reste du monde. Il n’en est pour autant rien sorti : devant la détérioration économique de l’Occident et le dynamisme du reste du monde, le G20 qui promettait monts et merveilles en matière de gouvernance mondiale a confirmé en 2010 l’impuissance qui est la sienne depuis sa mise en place en 2008.

L’Amérique n’a évoqué à aucun moment la crainte de la déflation comme sa motivation pour recourir à la planche à billets : elle a parlé plutôt de relancer son économie. Pendant ce temps-là, l’Europe de la zone euro choisissait d’accorder la priorité au règlement de sa dette publique, quitte à sacrifier la relance, puisque l’austérité, freinant la consommation, entraîne nécessairement une contraction de l’économie.

L’Europe, comme les États-Unis d’ailleurs, avaient fait le choix depuis 2008 de sauver les investisseurs à tout prix. Choix dont il faudra un jour écrire l’histoire et analyser les motivations et les ressorts. La première fausse note de cette partition viendrait d’Angela Merkel, le premier ministre allemand, qui engagea la zone euro dans une voie inédite : mettre à contribution les investisseurs en cas de difficultés à partir de 2013. Les prêteurs aux États européens se sont en effet vu annoncer qu’à partir de cette date, la prime de risque qu’ils intègrent dans le coupon réclamé sur la dette d’État deviendra pour de bon ce qu’ils ont toujours affirmé qu’elle était en réalité, à savoir une prime de risque à proprement parler, censée couvrir le risque de défaut de l’emprunteur. Reste à voir si les prêteurs seront heureux d’être pris au mot – même si c’est sur le tard dans l’histoire du capitalisme – et toujours aussi nombreux dans le nouveau cadre défini par ce codicille.

Bien sûr la zone euro n’avait d’ores et déjà plus d’autre choix, s’étant engagée avec le sauvetage de la Grèce au printemps 2010 et de l’Irlande à l’automne, dans une voie sans issue : celle où viennent en aide aux nations qui défaillent – dont le nombre croît sans cesse –, le groupe des survivants parmi les seize nations – dont la taille diminue dans la même proportion. C’est qu’après la Grèce et l’Irlande, le Portugal et l’Espagne apparaissaient eux comme immédiatement menacés.

Dans la zone euro, l’État le plus affaibli, la Grèce, a crié au secours le premier. On a créé tant bien que mal après des atermoiements coûteux, un fonds de garantie européen. On était en mai, les choses se sont tassées. Cinq  mois plus tard, l’attention s’est tournée vers l’Irlande dont le secteur bancaire, nationalisé à divers degrés, continuait de réclamer un soutien abyssal, représentant pour 2010 pas moins de 32 % du Produit Intérieur Brut de la petite nation de 4,5 millions d’habitants, une somme qui pourrait atteindre au total 150 milliards d’euros.  Dans les conversations entre l’Allemagne et la France, le mot « restructuration » cessa bientôt d’être tabou quand on parlait de la dette de l’Irlande, de la Grèce, et des prochains dominos à tomber qu’étaient le Portugal et l’Espagne. Et sinon la « restructuration », du moins le « rééchelonnement » – ce qui du point de vue des créanciers veut dire la même chose : qu’une partie de la somme escomptée manquera à l’arrivée. Quoi qu’il en soit, ce seraient les détenteurs d’emprunts d’État – au premier rang desquels les banques – qui paieraient cette fois. Du moins si elles peuvent encaisser la perte. Si elles ne le peuvent pas et si elles figurent au palmarès des vingt banques « Too Big to Fail », trop grosses pour faire défaut – entendez « sans que tout ne s’effondre » – établi par le Conseil de Stabilité Financière du G20, il faudra que les États les sauvent. Avec quel argent ? Excellente question : serait-ce en faisant régler l’ardoise des vingt plus grosses banques du monde par le Fonds Monétaire International, le payeur de dernier ressort ? Impossible puisque, vivant des cotisations des États membres, ses ressources à lui ne sont pas non plus infinies.

De leur côté, les nations émergentes communément appelées BRIC (pour Brésil, Russie, Inde et Chine) eurent à lutter contre les capitaux spéculatifs venant rechercher sur leurs marchés des taux que les nations déclinantes ne pouvaient plus offrir. La Chine parvenait encore à retirer son épingle du jeu, retrouvant un taux  de croissance d’avant-crise. Sa situation n’était pas simple cependant, cherchant sa voie à tâtons entre les pesanteurs bureaucratiques du communisme d’antan et l’aventurisme du capitalisme sauvage. « Traverser le gué en s’assurant d’une pierre à la fois », avait dit Deng Xiaoping, à l’époque où il inaugurait la nouvelle politique. Mais le gué devient traître avec la pluie qui grossit le flot.

Et les peuples dans tout cela ? L’année se terminait sous le signe de leur rébellion. Le 6 mai, le passage en boucle sur les écrans des salles de marché du spectacle des émeutes en Grèce avait provoqué aux États-Unis un « krach-éclair ». Les Français avaient manifesté en masse et à plusieurs reprises à l’automne. Les Anglais, dont on admirait jusque-là la placidité, manifestaient eux aussi contre la suppression brutale de l’État-Providence par David Cameron à la tête d’un gouvernement de coalition dirigé par les Conservateurs. En Espagne, la grève des contrôleurs aériens conduisait à déclarer l’état d’urgence. Aux États-Unis, les familles dont le logement était menacé de saisie, se rebiffaient à la faveur d’une confusion née d’un double système d’enregistrement des titres de propriété. Enfin, l’Europe des gouvernants se mettait à trembler devant les appels à la révolution et à sa mise en œuvre par la panique bancaire, que lançait Éric Cantona, gloire du football international. Il rejoignait à la même époque dans la catégorie des modernes Robin des Bois, Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks qui provoquait de son côté la panique dans la diplomatie internationale en diffusant 250 000 messages échangés entre les ambassades américaines et leur Département d’État, révélant en particulier que ce dernier, rivalisant désormais avec la CIA et la NSA, se consacrait tout entier et à plein temps à l’espionnage.

En 2010, les dépenses occasionnées par la crise : sauvetage du secteur bancaire, relance, ajoutées au manque à gagner dû à la récession, ont entraîné les États à la suite de leur secteur bancaire. On se retrouvait dans une situation ubuesque où les banques détenaient de la dette d’État dépréciée en raison de l’aide et de la garantie que les États leur offraient, chacun tirant l’autre par le fond. Où cela s’arrêtera-t-il ?

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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143 réflexions sur « L’ANNEE 2010 : LA DERNIERE CARTOUCHE »

  1. Meilleurs voeux.
    Bon courage pour votre séminaire du 8 février 2011. Ces actions là sont très utiles, je trouve.

    Hier soir à table, je comparais la situation de Allemagne et France.
    – Les Allemands qui ont su, à partir de petites entreprises de qq personnes, développer des PME ( de plusieurs centaines de collaborateurs) sur des créneaux et des niches  » à valeur ajoutée »
    – Les Français  » avec une ELITE de Diplomés de seulement qq « Grandes GRANDES ECOLES »  » plutot formatés.. et en dessous plutot réduits à des postes d’Exécutants ( depuis des  » ingénieurs d’exécution » jusqu’aux ouvriers et/ou opérateurs » = Le mal français !!
    – heureux que nous ayoins Aéronautique, Nucléaire ( ??), les parfums ,  » le luxe  » ( ces 2 derniers que j’ai tendance à appeler plutot  » la bricolette parisienne »  » .. j’exagère..)
    Bref..
    Si j’avais 20 ans de moins, je préférerais, si je restais en Europe, aller travailler en Allemagne par exemple.;
    Bonne année à tous !

    1. « Si j’avais 20 ans de moins, je préférerais, si je restais en Europe, aller travailler en Allemagne par exemple »
      Et aujourd’hui, imaginez vous avez 20 ans, vous iriez travaillez où ? « USA, Grèce, France, Inde, Allemagne, Chine, Portugal, Japon, Brésil etc. ? »

    2. Je suis en Allemagne, je trouve que ca se passe mieux dans les entreprises qu’en France.
      A 20 ans, Allemagne ou ailleurs qu’en France c’est toujours mieux d’avoir été ailleurs quitte ensuite à revenir si c’est possible. Il est plus facile de trouver un job lorsqu’on le cherche sur un territoire plus vaste, sans compter que parler plusieurs langues est un sérieux plus.

    3. si vous aviez 20 ans aujourd’hui travailler serait pour vous synonyme d’esclavage, disons dans sept cas sur dix à la louche et au regard des moyens techno-scientifiques.

      grâce à internet vous auriez quotidiennement sous les yeux des paradis fiscaux ou non remplis de belles ménades égocentriques et d’appolon-laquais pour le plaisir de ces messieurs dames les grands riches en villégiature.

      vous regarderiez une télévision vous signifiant en substance que la vie est faite pour en profiter, que la jeunesse est le bien le plus précieux, quand ‘votre’ président ressemblant à un petit mussolini vous dit lui qu’il va falloir travailler plus pour finalement gagner moins, mais plus longtemps à condition d’éviter le chomdu (chomage en langage de rue).

      et que si vous vous révoltez des robocops en kevlar viendront vous briser les reins s’il le faut.

      mais surtout vous sauriez qu’en allemagne c’est la même.

      bonne année 2011

    4. @ Christophe :
      Juste 1 idée : Pour ceux qui ont 25-45 ans et qui ont du mal à faire leur trou dans cette France  » pas si terrible  » des opportunités existent : les BRICS par exemple .. ça doit  » bien casser des briques » etc..

      Sur  » Orange » viens de voir un grand sondage Gallup :

      http://actu.orange.fr/une/la-france-championne-du-monde-du-pessimisme_85533.html

      Enfin, être pessimiste est peut être préférable, puisque :
       » le pessimisme est de volonté »

    5. @Alain.Goethe

      Je suis d’accord avec vous. J’espère que les BRICs vont créer des opportunités d’emplois en France. Voir l’avancé incroyable des entreprises chinoises dans le top 500 FORBES…

      Maintenant, c’est vrai qu’il n’est pas facile de rester optimiste quand on suit l’évolution de l’économie européenne quotidiennement. Je suis actuellement en Angleterre en Master 2 de Commerce International. J’ai 23 ans et je souhaite pour reprendre votre expression « faire mon trou en France ». L’année 2011 va être je l’espère, l’année de mon premier emploi. Et force est de constater que le blog de Paul Jorion ne me fais pas toujours sourire au point de vue de la santé économique de la France…

  2. Une dernière cartouche qui devrait être utilisée pour contraindre ceux-là même qui, avec leur arsenal de papier, dictent à nos responsables des politiques suicidaires en les faisant jouer avec à la roulette russe.

    Je me souviendrai de 2010 comme l’année de ma rencontre avec vous, Mr Jorion, à qui j’adresse tous mes voeux d’inflation de votre audience pour 2011.
    Votre fidèle actionnaire,
    Ludovic.

  3. « Où cela s’arrêtera-t-il ? ».

    N’oublions pas qu’il y a un secteur qui est en expansion constante dans le monde, crise ou pas. C’est celui des dépenses militaires:
    http://www.lemonde.fr/international/article/2010/06/02/2009-annee-record-pour-les-depenses-militaires-mondiales_1366769_3210.html
    Pourquoi tout le monde s’arme-t-il jusqu’aux dents ?
    En vue de la paix perpétuelle chère à Kant ? « Si vis pacem para bellum » disaient les romains. Mais quand tous les arsenaux sont pleins à craquer, si la situation devient critique sur le plan économique et géostratégique, la tentation de se servir de ces armes si chèrement acquises ou développée peut devenir grande.
    L ‘Homme naît-il naturellement bon? ou est-il un loup pour l’Homme ? Ce qui est sûr c’est que lorsque le manque de confiance s’installe de façon durable et la peur de l’avenir devient le sentiment le mieux partagé cela ne présage en général rien de bon.

    Meilleurs Voeux tout de même!

    Tant que les cartouches sont tirées sur un blog cela peut encore aller…

    1. Des arsenaux en pleine croissance pour des Dien Bien Phu, des Vietnams, des Iraks, des Afghanistans et autres gâchis parfaitement prévisibles, prévus, et en cours. Encore plus et pire.

      Ces dépenses sont de la corruption, du racket ordinaire. Tous les généraux du Pentagone prennent leur retraite comme lobyistes pour le complexe militaro-industriel. Ces guerres périphériques sont des prétextes qui enrichissent le système, ce n’est pas neuf et dure depuis longtemps.

      La répétition des défaites n’est qu’une opportunité au réarmement, la défaite est la voie la plus simple d’optimisation du système : un processus de destruction – reconstruction qui fonctionne comme un moteur à explosion. Les défaites sont aussi nombreuses que prévisibles et rentables. Aussi le Pentagone est toujours le premier consommateur pétrolier du monde, sa débauche d’énergie et de pollution amène l’enfer sur terre.

      La défense reste le mensonge du complexe militaro-industriel pour entrainer des pauvres à faire tourner ce moteur à explosions dont des multinationales meurtrières et d’autres terroristes oligarchiques pompent les bénéfices.

    2. Bonjour à tous,
      Meilleurs voeux à tous les intervenants de ce blog et particulièrement à Paul Jorion qui creuse son sillon avec une grande constance.
      A vous lire et à réfléchir à ce cortège de problèmes annoncés et de catastrophes tout juste repoussées, on se prend comme certains ici (à qui je ne jète pas la pierre) à prendre peur, à parler de guerre … Comme Joan ici.
      Je crois que si l’on ajoute à tout cela que la mer monte et que les pôles fondent vraiment, il y a de quoi s’inquiéter en effet. Il faudrait non seulement mener une politique économique et monétaire plus lucide et plus respectueuse des peuples mais il faudrait en outre investir massivement dans l’adaptation aux changements de notre environnement. Et cela n’advient pas…
      Pourtant il faudra bien le faire car c’est nécessaire or jusqu’ici l’Humanité a toujours fait ce qui était nécessaire… Donc en guise de message de bonne année, moi qui vient de traverser une période particulièrement difficile à la tête de mon entreprise, j’ai envie de vous adresser un message d’espoir. Vous le trouverez ici.
      Excellente année 2011 malgré tout et à bientôt.

    3. Salut Joan.
      Merci de penser à cet aspect des choses. Avec des armes et donc la violence, notre animalité domine notre humanité et se substitut à la raison et au bon sens. Tant que nous ne nous sommes pas défaits de notre instinct de meurtre, à quoi peut bien servir d’ambitionner de répartir la richesse si en finale elle sert à l’élaboration des moyens les plus efficaces pour tuer des humains ?
      Un monde sans arme naîtra et certainement plus vite que ce que nos esprits torturés sont à ce jour capables d’envisager. La peur régresse et comme la fonte des glaces, le mouvement s’accélère à chaque génération au point de bientôt parvenir à accorder nos nobles pensées à des actes.
      Il sera de plus en plus difficile de cautionner la folie.
      La velléité d’un discours n’a jamais contenu la preuve concrète de l’engagement et de l’action.
      Celui qui ne défend rien à tendance à accepter n’importe quoi. C’est l’acceptation de soi et la croissance personnelle unies à l’honnêteté et à la loyauté qui offre à l’Homme d’éprouver la paix intérieure et la force nécessaires au succès et au bonheur. Armés, nous n’avons plus d’outil pour nous défendre et nous construire, et les ressources humaines destinées à se battre au nom de la paix nous ont assez ponctionnés sans autres résultats que des guerres qui « enrichissent » les comptes de ceux qui les fomentent et se liquéfient ainsi le cerveaux en se rabaissant au point de haïr l’autre.
      Chaque action visant à dominer son semblable nous rapetisse, et les armes sont les stigmates de notre incapacité à dominer nos peurs qui par elles, ne font qu’augmenter.
      Nous savons tous pourquoi les USA bien qu’identifiés comme les prédateurs terrestres les plus actifs, continuent à fanfaronner aux yeux du monde sans que personne ne puisse remettre en question la pratique consistant à acheter la terre et les Hommes avec des coupures de papiers étant donné qu’ils sont surarmés. Tant que nous parviendrons à justifier nos armes nous ne nourrirons que la souffrance et ceux qui oppriment les autres avec, se retrouvent immanquablement en être un jour eux-même les victimes . Il faudrait un référendum global et l’édification d’un grand service de neurologie pour traiter les déviances des excités de la gâchette qui servent de chair à cannons et de leurs commanditaires pétris de peurs. C’est pour bientôt… peut être à la suite d’un grand feu d’artifice… salvateur !
      A plus.

    1. L’Europe ne peut pas ne pas imploser en vol

      Je dirais exploser …car quelques uns – lobby bancaire USA – ( externe) ont lancé une boule, pour ne pas dire une grenade dégoupillée, dans le jeu de quille (pays européens) …provoquant une guerre économique.

      Question : Comment se fait-il qu’il y ait , comment dire, « intelligence avec l' »ennemi », pendant une guerre économique ?

  4. « Ou cela s’arrêtera-t-il  » Paul ?

    Suite à cet excellent article récapitulatif de l’année qui prépare tout les dangers, comment être naif au point de ne pas prévoir la suite du film catastrophe ?

    Les USA ne peuvent pas ne pas chercher à se sauver, en faisant porter la Crise par les autres, tous les autres. La guerre Paul, c’est la guerre qui est à l’ordre du jour.

    L’Europe ne peut pas ne pas imploser en vole, minée qu’elle est par ses contradictions. Face à une menace de guerre généralisée, chaque gouvernement bourgeois européen cherchera un protecteur providentiel où il le pourra.

    La Chine, ou bien plutôt la bureaucratie de ce « communisme d’antan » comme vous le dites si heureusement, va vivre des pressions extérieur et intérieur si extrême, en Afrique et ailleurs, qu’elle ne va pas pouvoir encore très longtemps s’en tenir avec cette politique de cohabitation pacifique avec le reste du monde. Le but de la guerre, comme hier la croisade nazi contre le bolchevisme, va être pour l’ensemble des impérialismes installés, une croisade sino-communiste.

    Rangeons-nous résolument et inconditionnellement du côté de la Chine. Militons pour les Etats unis d’Europe Socialiste et Soviétique, et avec certitude une nouvelle ére de prospérité communiste va s’ouvrier devant l’humanité.

    Mais je vous aime vraiment bien Monsieur Paul Jorion, vous, votre équipe et votre travail. Alors en guise de cadeau de nouvel an:

    Programme de Transition

    Léon Trotsky

    La lutte contre l’impérialisme et contre la guerre

    Toute la situation mondiale et, par conséquent, aussi la vie politique intérieure des divers pays se trouvent sous la menace de la guerre mondiale. La catastrophe imminente pénètre déjà d’angoisse les masses les plus profondes de l’humanité.

    La II° Internationale répète sa politique de trahison de 1914 avec d’autant plus d’assurance que l’Internationale « communiste » joue maintenant le rôle du premier violon du chauvinisme. Dès que le danger de guerre a pris un aspect concret, les staliniens, distançant de loin les pacifistes bourgeois et petits-bourgeois sont devenus les champions de la prétendue « défense nationale ». Ils ne font d’exception que pour les pays fascistes, c’est-à-dire pour ceux où ils ne jouent eux-mêmes aucun rôle. La lutte révolutionnaire contre la guerre retombe ainsi entièrement sur les épaules de la IV° Internationale.

    La politique des bolcheviks-léninistes dans cette question a été formulée dans les thèses programmatiques du Secrétariat international, qui gardent encore maintenant toute leur valeur (« LA QUATRIÈME INTERNATIONALE ET LA GUERRE », 1° mai 1934). Le succès du parti révolutionnaire dans la prochaine période dépendra, avant tout, de sa politique dans la question de la guerre. Une politique correcte comprend deux éléments : une attitude intransigeante envers l’impérialisme et ses guerres, et l’aptitude à s’appuyer sur l’expérience des masses elles-mêmes.

    Dans la question de la guerre, plus que dans toute autre question, la bourgeoisie et ses agents trompent le peuple par des abstractions, des formules générales, des phrases pathétiques : « neutralité », « sécurité collective », « armement pour la défense de la paix », « défense nationale », « lutte contre le fascisme », etc. Toutes ces formules se réduisent, en fin de compte, à ce que la question de la guerre, c’est-à-dire du sort des peuples, doit rester dans les mains des impérialistes, de leurs gouvernements, de leur diplomatie, de leurs états-majors, avec toutes leurs intrigues et tous leurs complots contre les peuples.

    La IV° Internationale rejette avec indignation toutes les abstractions qui jouent chez les démocrates le même rôle que, chez les fascistes, l’ « honneur », le « sang », la « race ». Mais l’indignation ne suffit pas. Il faut aider les masses, à l’aide de critères, de mots d’ordre et de revendications transitoires, propres à leur permettre de vérifier, de distinguer la réalité concrète de ces abstractions frauduleuses.
    « DÉSARMEMENT » ? Mais toute la question est de savoir qui désarmera et qui sera désarmé. Le seul désarmement qui puisse prévenir ou arrêter la guerre, c’est le désarmement de la bourgeoisie par les ouvriers. Mais, pour désarmer la bourgeoisie, il faut que les ouvriers eux-mêmes soient armés.
    « NEUTRALITÉ » ? Mais le prolétariat n’est nullement neutre dans une guerre entre le Japon et la Chine, ou entre l’Allemagne et l’URSS. Cela signifie-t-il la défense de la Chine et de l’URSS ? Evidemment, mais pas par l’intermédiaire des impérialistes, qui étrangleront la Chine et l’URSS.
    « DÉFENSE DE LA PATRIE » ? Mais, par cette abstraction, la bourgeoisie entend la défense de ses profits et de ses pillages. Nous sommes prêts à défendre la patrie contre les capitalistes étrangers, si nous garrotons tout d’abord nos propres capitalistes, et les empêchons de s’attaquer à la patrie d’autrui; si les ouvriers et les paysans de notre pays deviennent ses véritables maîtres; si les richesses du pays passent des mains d’une infime minorité dans les mains du peuple; si l’armée, d’instrument des exploiteurs, devient l’instrument des exploités.

    Il faut savoir traduire ces idées fondamentales en idées plus particulières et plus concrètes, selon la marche des événements et l’orientation de l’état d’esprit des masses. Il faut, en outre, distinguer rigoureusement entre le pacifisme du diplomate, du professeur, du journaliste et le pacifisme du charpentier, de l’ouvrier agricole ou de la blanchisseuse. Dans le premier de ces cas, le pacifisme est la couverture de l’impérialisme. Dans le second, l’expression confuse de la défiance envers l’impérialisme.

    Quand le petit paysan ou l’ouvrier parlent de la défense de la patrie, ils se représentent la défense de leur maison, de leur famille et de la famille d’autrui contre l’invasion, contre les bombes, contre les gaz asphyxiants. Le capitaliste et son journaliste entendent par défense de la patrie la conquête de colonies et de marchés, l’extension par le pillage de la part « nationale » dans le revenu mondial. Le pacifisme et le patriotisme bourgeois sont des mensonges complets. Dans le pacifisme et même dans le patriotisme des opprimés, il y a un noyau progressiste qu’il faut savoir saisir pour en tirer les conclusions révolutionnaires nécessaires. Il faut savoir dresser l’une contre l’autre ces deux formes de pacifisme et de patriotisme.

    Partant de ces considérations, la IV° Internationale appuie toute revendication, même insuffisante, si elle est capable d’entraîner les masses, même à un faible degré, dans la politique active, d’éveiller leur critique et de renforcer leur contrôle sur les machinations de la bourgeoisie.

    C’est de ce point de vue que notre section américaine, par exemple, soutient, en la critiquant, la proposition de l’institution d’un référendum sur la question de la déclaration de guerre. Aucune réforme démocratique ne peut, bien entendu, empêcher par elle-même les gouvernants de provoquer la guerre quand ils le voudront. Il faut en donner ouvertement l’avertissement. Mais, quelles que puissent être les illusions des masses quant au référendum, cette revendication reflète la défiance des ouvriers et des paysans envers le gouvernement et le parlement de la bourgeoisie. Sans soutenir ni épargner les illusions, il faut appuyer de toutes ses forces la défiance progressiste des opprimés envers les oppresseurs. Plus croîtra le mouvement pour le référendum, plus tôt les pacifistes bourgeois s’en sépareront, plus profondément se trouveront discrédités les traîtres de l’Internationale « communiste », plus vite deviendra la défiance des travailleurs envers les impérialistes.

    C’est du même point de vue qu’il faut mettre en avant le revendication du droit de vote à dix huit ans, pour les hommes et pour les femmes. Celui qui, demain, sera appelé à mourir pour la « patrie », doit avoir le droit de faire entendre sa voix aujourd’hui. La lutte contre la guerre doit avant tout commencer par la MOBILISATION RÉVOLUTIONNAIRE DE LA JEUNESSE.

    Il faut faire pleine lumière, sous tous les angles, sur le problème de la guerre, tout en tenant compte de l’aspect qu’il présente aux masses à un moment donné.

    La guerre est une gigantesque entreprise commerciale, surtout pour l’industrie de guerre. C’est pourquoi les « 200 familles » sont les premiers patriotes et les principaux provocateurs de guerre. Le contrôle ouvrier sur l’industrie de guerre est le premier pas dans la lutte contre les fabricants de guerre.

    Au mot d’ordre des réformistes : impôt sur les bénéfices de guerre, nous opposons les mots d’ordre : CONFISCATION DES BÉNÉFICES DE GUERRE et EXPROPRIATION DES ENTREPRISES TRAVAILLANT POUR LA GUERRE. Là où l’industrie de guerre est « nationalisée », comme en France, le mot d’ordre du contrôle ouvrier conserve toute sa valeur : le prolétariat fait aussi peu confiance à l’État de la bourgeoisie qu’au bourgeois individuel.

    – Pas un homme, pas un sou pour le gouvernement bourgeois !
    – Pas de programme d’armements, mais un programme de travaux d’utilité publique !
    – Indépendance complète des organisations ouvrières à l’égard du contrôle militaire et policier !

    Il faut arracher, une fois pour toutes, la libre disposition du destin des peuples des mains des cliques impérialistes avides et impitoyables qui agissent derrière le dos des peuples. En accord avec cela, nous revendiquons:

    – Abolition complète de la diplomatie secrète;
    tous les traités et accords doivent être accessibles à chaque ouvrier et paysan.
    – Instruction militaire et armement des ouvriers et des paysans sous le contrôle immédiat des comités ouvriers et paysans.
    – Création d’écoles militaires pour la formation d’officiers venus des rangs des travailleurs, choisis par les organisations ouvrières.
    – Substitution à l’armée permanente, c’est-à-dire de caserne, d’une milice populaire en liaison indissoluble avec les usines, les mines, les fermes, etc.

    La guerre impérialiste est la continuation et l’exacerbation de la politique de pillage de la bourgeoisie; la lutte du prolétariat contre la guerre est la continuation et l’exacerbation de sa lutte de classe. L’apparition de la guerre change la situation et partiellement les procédés de lutte entre les classes, mais ne change ni les buts ni la direction fondamentale de celle-ci.

    La bourgeoisie impérialiste domine le monde. C’est pourquoi la prochaine guerre, par son caractère fondamental, sera une guerre impérialiste. Le contenu fondamental de la politique du prolétariat international sera, par conséquent, la lutte contre l’impérialisme et sa guerre. Le principe fondamental de cette lutte sera:

    « L’ennemi principal est dans notre PROPRE PAYS », ou :

    « La défaite de notre propre gouvernement (impérialiste) est le moindre mal ».

    Mais tous les pays du monde ne sont pas des pays impérialistes. Au contraire, la majorité des pays sont les victimes de l’impérialisme. Certains pays coloniaux ou semi-coloniaux tenteront, sans aucun doute, d’utiliser la guerre pour rejeter le joug de l’esclavage. De leur part, la guerre ne sera pas impérialiste, mais émancipatrice. Le devoir du prolétariat international sera d’aider les pays opprimés en guerre contre les oppresseurs. Ce même devoir s’étend aussi à l’URSS ou à tout autre État ouvrier qui peut surgir avant la guerre ou durant la guerre. La défaite de tout gouvernement impérialiste dans la lutte contre un État ouvrier ou un pays colonial est le moindre mal.

    Les ouvriers d’un pays impérialiste ne peuvent cependant pas aider un pays anti-impérialiste par l’intermédiaire de leur gouvernement, quelles que soient, à un moment donné, les relations diplomatiques et militaires entre les deux pays. Si les gouvernements se trouvent en alliance temporaire, et au fond incertaine, le prolétariat du pays impérialiste continue à rester en opposition de classe à son gouvernement et apporte un appui à l’ « allié » non impérialiste de celui-ci par ses propres méthodes, c’est-à-dire par les méthodes de la lutte de classe internationale (agitation en faveur de l’État ouvrier et du pays colonial, non seulement contre ses ennemis, mais aussi contre ses alliés perfides : boycott et grève dans certains cas, renoncement au boycott et à la grève dans d’autres, etc.).

    Tout en soutenant un pays colonial ou l’URSS dans la guerre, le prolétariat ne se solidarise pas dans la moindre mesure avec le gouvernement bourgeois du pays colonial ni avec la bureaucratie thermidorienne de l’URSS. Au contraire, il maintient sa complète indépendance politique aussi bien envers l’un qu’envers l’autre. En aidant une guerre juste et progressiste, le prolétariat révolutionnaire conquiert les sympathies des travailleurs des colonies et de l’URSS, y affermit ainsi l’autorité et l’influence de la IV° Internationale, et peut aider d’autant mieux au renversement du gouvernement bourgeois dans le pays colonial, de la bureaucratie réactionnaire en URSS.

    Au début de la guerre, les sections de la IV° Internationale se sentiront inévitablement isolées : chaque guerre prend les masses populaires à l’improviste et les pousse du côté de l’appareil gouvernemental. Les internationalistes devront nager contre le courant. Cependant, les dévastations et les maux de la nouvelle guerre qui, dès les premiers mois, laisseront loin en arrière les horreurs sanglantes de 1914-1918 auront tôt fait de dégriser les masses. Le mécontentement et la révolte de celles-ci croîtront par bonds. Les sections de la IV° Internationale se trouveront à la tête du flux révolutionnaire. Le programme des revendications transitoires prendra une actualité brûlante. Le problème de la conquête du pouvoir par le prolétariat se dressera de toute sa hauteur.

    Avant d’étouffer ou de noyer dans le sang l’humanité, le capitalisme empoisonne l’atmosphère mondiale par les vapeurs délétères de la haine nationale et raciale. L’antisémitisme est aujourd’hui l’une des convulsions les plus malignes de l’agonie du capitalisme.

    La dénonciation intransigeante des préjugés de race et de toutes les formes et nuances de l’arrogance et du chauvinisme nationaux, en particulier de l’antisémitisme, doit entrer dans le travail quotidien de toutes les sections de la IV° Internationale comme le principal travail d’éducation dans la lutte contre l’impérialisme et la guerre. Notre mot d’ordre fondamental reste :

    « PROLÉTAIRES DE TOUS LES PAYS, UNISSEZ-VOUS ! »

    1. « Rangeons-nous résolument et inconditionnellement du côté de la Chine »

      Vous voulez parler des peuples chinois et non du monstrueux parti unique fait d’un mélange de stalinisme et de libéralisme économique ?

      Et vous croyez encore « aux lendemains qui chantent » ?

    2. une nouvelle ère de prospérité communiste va s’ouvrier devant l’humanité.

      « s’ouvrier » ??!! « devant l’Humanité » qualifiée ou spécialisée ?

      MAGNIFIQUE le lapsus clavi ! L’année commence bien…

    3. Tout en soutenant un pays colonial ou l’URSS dans la guerre, le prolétariat ne se solidarise pas dans la moindre mesure avec le gouvernement bourgeois du pays colonial ni avec la bureaucratie thermidorienne de l’URSS.

      Cela vaut pour la Chine, comme pour la Côte d’Ivoire cher Marlowe.

      Combien même on ne se baigne jamais dans la même eau cher Murphy, vous allez vous rendre compte tout éberlué que le XXI siécle fait suite au XX, et que lui même précédait celui avant lui. Il y a une continuité dialectique dans l’histoire. N’est ce pas les grecs qui dernièrement prétextaient le vol par les nazis de leur or, pour ne pas rembourser leurs dettes ?

      En guise de voeux de la nouvelle année, puissiez-vous enfin avoir un peu confiance dans le genre humain, et vous convaincre que ce n’est pas nous qui sommes dans l’impasse, mais eux. Nos lendemains chantent déjà dans les raisons qui poussent Sarko (tt bronzé) a réitéré son attachement dans une monnaie morte-née.

      En 2011 la fin des bonzes ! En 2012 plus de flouze ! en 2013 … faites travailler vos rêves ……………… de trêve………. militaire ………….. de Genève ………….

      Si tu veux la paix, prépare la révolution.

    4. Petite lecture intéressante:
      « Le livre noir du communisme »

      Les dizaines de millions de mort laissent à penser qu’il vaut mieux un libéralisme inique qu’un communisme meurtrier… J’avais tendance à considérer à une époque que le libéralisme était un loup pour l’homme, et que le communisme était un ours, mais je me trompais: le communisme est plutôt une meute d’ours sanguinaires enragés. Je me dis que si mon banquier et les « riches bourgeois » me volent, au moins eux ne m’affament pas, ne torturent pas ma famille, et ne m’envoient pas dans des « camps ». A bon entendeur…

    5. @G

      (on est sûr que votre vrai nom c’est pas G.)

      Donc on peut dire que ce bouquin sorti en 97, vendu à 700 000 exemplaires en 3 ans et traduit en 16 langues, aura, en plus, touché le « point G.« … on applaudit svp.

    6. Je me dis que si mon banquier et les « riches bourgeois » me volent, au moins eux ne m’affament pas, ne torturent pas ma famille, et ne m’envoient pas dans des « camps ». »

      Vaut mieux lire ça que d’être aveugle.
      Encore un qui va nous dire que l’ordolibéralisme n’existe pas.

      Passons. Nous avons les mêmes dans tous les gouvernements.

    7. @Yvan

      Eh oui Yvan, le progrès n’attend pas ! On a eu le reductio ad Hitlerum, puis le point Godwin, maintenant on pourra dire simplement le pt G.
      L’est pas belle la vie ?

    8. @G :

      Je me dis que si mon banquier et les riches bourgeois me volent, au moins eux ne m’affament pas, ne torturent pas ma famille, et ne m’envoient pas dans des camps

      Pour l’instant, il n’ont encore affamé torturé et emprisonné qu’une partie de la population en les privant de boulot et moyen de subsistance.

      Mais, c’est mathématique, votre tour viendra… vous vous croyez à l’abri parce que votre job vous ramène encore de quoi bouffer, en ce moment, mais vous êtes vous demandé pour combien de temps encore ?

      Alors, réfléchissez un peu de ce que vaudra votre salaire actuel quand le litre de diesel vaudra 40€, que votre facture EDF mensuelle vous coûtera 800 ou 1000 €, que vous paierez votre kilo de patates 25 € et qu’on vous demandera bientôt de contribuer à l’impôt solidarité europe « sauvons nos banques »…

      Car, la seule constante dans ce système économique, c’est que votre gentil banquier (et autres multinationales) ne révisera jamais à la baisse son taux de dividendes, et l’état devra ponctionner de plus en plus pour assurer sa solvabilité face aux intérêts demandés par les marchés…

      Moins de pouvoir d’achat par l’augmentation des plus pauvres, c’est moins de demande…
      Moins de demande, c’est d’abord baisser les niveaux de production pour éviter les pertes
      Moins de production tout en assurant les mêmes marges, c’est augmenter les prix de vente

      Ceci vaut pour les entreprises du privé mais aussi du public

      Comme il est peu probable, que vous soyez salarié ou entrepreneur, que vos revenus augmentent en proportion de l’augmentation des prix, souhaitant que vous ne vous retrouviez pas privé de boulot à aucun moment…

      En résumé, vous ironisez maintenant, vous pensant à l’abri, mais, pensez donc à demain et aux conséquences de votre inaction d’aujourd’hui… combien d’autres ont pensé tel que vous le faites, et qui aujourd’hui font la queue aux « restos du cœur »… Pensez y…

      Bien à vous – Philippe

    9. @G
      Je me dis que si mon banquier et les « riches bourgeois » me volent, au moins eux ne m’affament pas, ne torturent pas ma famille, et ne m’envoient pas dans des « camps ». »

      et les banquiers et riches bourgeois sous franco, pinochet, salazar et les colonels Grecques?

    10. @ Bernard

      « et les banquiers et riches bourgeois sous franco, pinochet, salazar et les colonels Grecques? »

      Moi qui ai connu de près le franquisme (j’ai eu un grand-père fusillé par les franquistes pendant la guerre civil) je peux vous dire que le comparer au stalinisme est une belle ânerie. Quand on lit les biographies de Tsveaieva, Akhmatova ou Chostakovich, ou plus près de nous le Journal de Tarkovski, on se rend compte que G. a totalement raison, que ça vous plaise ou pas.

      Le degré de liberté qui avait en Espagne était infiniment plus grand que celui qui avait en URSS. En Espagne il n’y avait pas de Goulags ni de KGB et on bougeait et on voyageait à l’étranger quand on voulait. La terreur qui ont connu les poètes, les musiciens, les artistes en URSS a existé en Espagne pendant les premiers jours de la guerre, quand on tuait arbitrairement (dont mon grand-père). Une fois installé le franquisme les choses se sont calmées. Les écrivains de gauche emprisonnés ont été libérés dans les années 40 et on pu vivre et travailler normalement, en publiant même si leurs oeuvres passaient la censure. C’est le cas du dramaturge Buero Vallejo: « Il est emprisonné durant six années. Une fois libéré, il écrit « Historia de una escalera » en 1949. Cette œuvre qui dépeint l’Espagne d’après la guerre d’Espagne lui vaut de remporter le prix Lope de Vega, ce qui fait de lui un auteur en vue. Alors que d’autres auteurs ont quitté le pays pour fuir la censure, Vallejo reste et use de symbolisme pour critiquer la dictature de Franco. En 1971, il est élu à la Real Academia Española. » (Wikipedia). Ça c’est totalement impensable en URSS, où les artistes qui n’ont pas été liquidés ont vécu un calvaire du début jusqu’à la fin du régime. Point barre.

      Ètrange que quand quelqu’un parle de faits incontestables on lui fasse tout de suite un procès d’intentions. Et même si G. était d’extrême droite et ultraliberal ça ne change strictement rien aux FAITS, dont la réalité n’intéresse personne quand ils contredisent leurs visions du monde. Ce n’est pas parce que Hitler, Mussolini, Salazar, Franco, Pinochet et Le Pen disent que le ciel est bleu, que c’est faux. Encore une fois, et comme l’a dit Lenin il y a très longtemps (mais il y a plein de gens qui ne comprennent toujours pas cette phrase): LES FAITS SONT TETUS.

      On est dans un blog qui s’attache à dénoncer les faits cachés par l’idéologie capitaliste (laquelle, par contre, a tué bien plus que les 100 millions du communisme au XXe siècle), mais il y a des gens ici qui continuent à croire que les idées sont plus vraies que les faits. Des gens que devant les faits essaient toujours de disqualifier celui qui les dénonce, comme tous les fanatiques de tous les totalitarismes, de droite ou de gauche, l’ont toujours fait.

    11. @Eninel, Marlowe et compagnie

      « En elle-même, toute idée est neutre, ou devrait l’être ; mais l’homme l’anime, y projette ses flammes et ses démences ; impure, transformée en croyance, elle s’insère dans le temps, prend figure d’événement : le passage de la logique à l’épilepsie est consommé… Ainsi naissent les idéologies, les doctrines, et les farces sanglantes.

      Idolâtres par instinct, nous convertissons en inconditionné les objets de nos songes et de nos intérêts. L’histoire n’est qu’un défilé de faux Absolus, une succession de temples élevés à des prétextes, un avilissement de l’esprit devant l’Improbable. Lors même qu’il s’éloigne de la religion, l’homme y demeure assujetti ; s’épuisant à forger des simulacres de dieux, il les adopte ensuite fiévreusement : son besoin de fiction, de mythologie triomphe de l’évidence et du ridicule. Sa puissance d’adorer est responsable de tous ses crimes : celui qui aime indûment un dieu, contraint les autres à l’aimer, en attendant de les exterminer s’ils s’y refusent. Point d’intolérance, d’intransigeance idéologique ou de prosélytisme qui ne révèlent le fonds bestial de l’enthousiasme.

      Que l’homme perde sa faculté d’indifférence : il devient assassin virtuel ; qu’il transforme son idée en dieu : les conséquences en sont incalculables. On ne tue qu’au nom d’un dieu ou de ses contrefaçons : les excès suscités par la déesse Raison, par l’idée de nation, de classe ou de race sont parents de ceux de l’Inquisition ou de la Réforme. Les époques de ferveur excellent en exploits sanguinaires : sainte Thérèse ne pouvait qu’être contemporaine des autodafés, et Luther du massacre des paysans. Dans les crises mystiques, les gémissements des victimes sont parallèles aux gémissement de l’extase… Gibets, cachots, bagnes ne prospèrent qu’à l’ombre d’une foi, – de ce besoin de croire qui a infesté l’esprit pour jamais.

      Le diable paraît bien pâle auprès de celui qui dispose d’une vérité, de sa vérité. Nous sommes injustes à l’endroit des Nérons, des Tibères : ils n’inventèrent point le concept d’hérétique : ils ne furent que des rêveurs dégénérés se divertissant aux massacres. Les vrais criminels sont ceux qui établissent une orthodoxie sur le plan religieux ou politique, qui distinguent entre le fidèle et le schismatique.

      Lorsqu’on se refuse à admettre le caractère interchangeable des idées, le sang coule… Sous les résolutions fermes se dresse un poignard ; les yeux enflammés présagent le meurtre. Jamais esprit hésilant, atteint d’hamlétisme, ne fut pernicieux : le principe du mal réside dans la tension de la volonté, dans l’inaptitude au quiétisme, dans la mégalomanie prométhéenne d’une race qui crève d’idéal, qui éclate sous ses convictions et qui, pour s’être complue à bafouer le doute et la paresse, – vices plus nobles que toutes ses vertus – s’est engagée dans une voie de perdition, dans l’histoire, dans ce mélange indécent de banalité et d’apocalypse…

      Les certitudes y abondent : supprimez-les, supprimez surtout leurs conséquences : vous reconstituez le paradis. Qu’est-ce que la Chute sinon la poursuite d’une vérité et l’assurance de l’avoir trouvée, la passion pour un dogme, l’établissement dans un dogme ? Le fanatisme en résulte – tare capitale, qui donne à l’homme le goût de l’efficacité, de la prophétie, de la terreur, – lèpre lyrique par laquelle il contamine les âmes, les soumet, les broie ou les exalte… N’y échappent que les sceptiques (ou les fainéants et les esthètes), parce qu’ils ne proposent rien, parce que – vrais bienfaiteurs de l’humanité – ils en détruisent les partis pris et en analysent le délire. Je me sens plus en sûreté auprès d’un Pyrrhon que d’un saint Paul, pour la raison qu’une sagesse à boutades est plus douce qu’une sainteté déchaînée.

      Dans un esprit ardent on retrouve la bête de proie déguisée ; on ne saurait trop se défendre des griffes d’un prophète… Que s’il élève la voix, fût-ce au nom du ciel, de la cité ou d’autres prétextes, éloignez-vous-en : satyre de votre solitude, il ne vous pardonne pas de vivre en deçà de ses vérités et de ses emportements ; son hystérie, son bien, il veut vous le faire partager, vous l’imposer et vous défigurer. Un être possédé par une croyance et qui ne chercherait pas à la communiquer aux autres, – est un phénomène étranger à la terre, où l’obsession du salut rend la vie irrespirable.

      Regardez autour de vous : partout des larves qui prêchent ; chaque institution traduit une mission ; les mairies ont leur absolu comme les temples ; l’administration, avec ses règlements, – métaphysique à l’usage des singes… Tous s’efforcent de remédier à la vie de tous : les mendiants, les incurables même y aspirent : les trottoirs du monde et les hôpitaux débordent de réformateurs. L’envie de devenir source d’événements agit sur chacun comme un désordre mental ou comme une malédiction voulue. La société, – un enfer de sauveurs ! Ce qu’y cherchait Diogène avec sa lanterne, c’était un indifférent…

      Il me suffit d’entendre quelqu’un parler sincèrement d’idéal, d’avenir, de philosophie, de l’entendre dire « nous » avec une inflexion d’assurance, d’invoquer les « autres », et s’en estimer l’interprète, – pour que je le considère mon ennemi. J’y vois un tyran manqué, un bourreau approximatif, aussi haïssable que les tyrans, que les bourreaux de grande classe. C’est que toute foi exerce une forme de terreur, d’autant plus effroyable que les « purs » en sont les agents.

      On se méfie des finauds, des fripons, des farceurs ; pourtant on ne saurait leur imputer aucune des grandes convulsions de l’histoire ; ne croyant en rien, ils ne fouillent pas vos cœurs ni vos arrière-pensées ; ils vous abandonnent à votre nonchalance, à votre désespoir ou à votre inutilité ; l’humanité leur doit le peu de moments de prospérité qu’elle connut : ce sont eux qui sauvent les peuples que les fanatiques torturent et que les «idéalistes» ruinent. Sans doctrine, ils n’ont que des caprices et des intérêts, des vices accommodants, mille fois plus supportables que les ravages provoqués par le despotisme à principes ; car tous les maux de la vie viennent d’une « conception de la vie ». Un homme politique accompli devrait approfondir les sophistes anciens et prendre des leçons de chant ; – et de corruption…

      Le fanatique, lui, est incorruptible : si pour une idée il tue, il peut tout aussi bien se faire tuer pour elle ; dans les deux cas, tyran ou martyr, c’est un monstre. Point d’êtres plus dangereux que ceux qui ont souffert pour une croyance : les grands persécuteurs se recrutent parmi les martyrs auxquels on n’a pas coupé la tête. Loin de diminuer l’appétit de puissance, la souffrance l’exaspère ; aussi l’esprit se sent-il plus à l’aise dans la société d’un fanfaron que dans celle d’un martyr ; et rien ne lui répugne tant que ce spectacle où l’on meurt pour une idée… Excédé du sublime et du carnage, il rêve d’un ennui de province à l’échelle de l’univers, d’une Histoire dont la stagnation serait telle que le doute s’y dessinerait comme un événement et l’espoir comme une calamité… »

      (Cioran. Généalogie du fanatisme. Dans « Précis de décomposition »)

    12. @ Pablo 75

      Une petite erreur dans ta longue diatribe:

      « @Eninel, Marlowe et compagnie » …. FAUX

      @Eninel, Marlowe et camarades …. VRAI

      Le compagnonnage moyenâgeux , le passé, c’est toi

    13. @ Eninel

      « Camarades », si tu veux, moi ça ne me dérange pas (j’ai failli mettre « Eninel, Marlowe AND CIA », mais mon Ange gardien m’a soufflé à l’oreille qu’une telle provocation ça aurait pu déclencher des émeutes chez les fantômes du passé qui hantent parfois ce blog et comme j’ai beaucoup de respect pour tous les phénomènes de l’Au-delà, je me suis repris à temps).

      Quant à ton « le passé, c’est toi », venant de l’une des dernières represéntantes de cet espèce en voie de disparition que sont les trotskystes, ça m’a fait bien rire. Je ne savais pas que les « arlettistes » avaient autant d’humour.

    14. @ Pablo75
      Merci beaucoup pour cette citation de Cioran, pleine de sagesse, une véritable ode à la tolérance et à l’esprit critique.

      Trop de gens (y compris sur ce blog) semblent obnubilés par une seule et même Vérité, Leur Vérité. Dans cette Vérité qu’ils défendent ardemment, le libéralisme et le capitalisme sont le « grand enenmi ». Grand ennemi qui commet effectivement en ce moment bon nombre de méfaits graves qui mettent en péril la vie de milliards d’individus. Le problème est la conclusion de la grande « Vérité » qu’ils détiennent: le libéralisme et le capitalisme devraient selon eux tout bonnement être détruit sans plus attendre, jeté à la poubelle, et remplacé par exemple par… le communisme! A plusieurs endroits ici j’ai vu mentionner le mot « révolution », « faire la révolution ».
      Ce qui me gêne profondément dans ces propositions, c’est:
      – Que le gens militent pour « la Grande révolution » sans s’être demandé réellement s’il existe des moyens simples de rendre le système existant moins imparfait, plus juste, sans tout casser. Au hasard: de meilleurs impôts, un seuil maximal de richesse par famille ou individu, etc…
      – Que les gens militent pour des systèmes ayant par le passé historiquement (preuves à l’appui) eu des défauts intolérables, sans clairement identifier comment éviter que ces défauts ne se « reproduisent ».
      En bref, à trop vouloir s’enflammer pour ses idées, pour « sa Vérité », on en oublie le recul, la neutralité et l’esprit critique.

      L’idée communiste part en soi de très bons sentiments: fraternité, égalité, justice… Permettre à chacun de vivre dignement en supprimant les « luttes de classe », l’accaparement des ressources par les rentiers et « propriétaires ». Le problème (« défaut intolérable ») se situe à mon humble avis dans la négation d’un des éléments fondamentaux de l’être humain: l’égoïsme, et donc la lutte pour le pouvoir. Un système qui part du principe que « les gens ne seront pas égoïstes, et sauront se répartir eux-mêmes avec justesse les ressources » est voué à l’échec. Une minorité oeuvrera toujours pour « avoir plus », le fera d’abord politiquement (avec succès), puis dictatorialement.

      A l’opposé, imaginez un système capitaliste et démocratique avec un Etat suffisamment fort: les luttes pour le pouvoir et l’égoïsme s’expriment librement dans le domaine Privé, dans le cadre fixé par l’Etat. Si les hommes qui dirigent l’Etat deviennent trop « gourmands », le Privé s’insurge, et l’Etat est démis de ses fonctions par la voie démocratique (le Vote). Si au contraire des éléments du domaine Privé deviennent « trop gourmands », l’Etat, représentant le peuple, peut légiférer et corriger la situation.

      Cela me conduit donc à penser la chose suivante:
      – Le système capitaliste mis démocratiquement sous bonne garde d’un Etat suffisamment fort est un modèle où « les pouvoirs s’annulent mutuellement », et où une minorité peut difficilement « prendre le pouvoir » ou accaparer trop de ressources. L’efficacité dépend du dosage Privé/Etat, dosage très délicat. De nos jours, n’avons nous pas simplement un gros problème de dosage?
      – Le système communiste est un système qui ne prévoit pas de réel « contre-pouvoir », car à la base soit il y aura un Etat trop fort sans « domaine privé », soit il n’y aura plus d’Etat du tout. Hélas, sans contrepouvoir, les arrivistes finissent par instaurer une dictature, aussi sanguinaire qu’il le faut pour conserver le pouvoir. L’Histoire de l’humanité a montré comment depuis des millénaires les hommes se sont organisés: les luttes de pouvoir sont une constante qui revient toujours.

      D’où ma remarque à propos des « banquier et riches bourgeois » qui nous volent, et du fait que cette situation est bien moins pire que dans un système dictatorial.

    15. @pablo
      Une phrase de « ton » Cioran :

      Un homme politique accompli devrait approfondir les sophistes anciens et prendre des leçons de chant ; – et de corruption

      Comment fabrique-t-on, tranquillement, des foules prêtes à saluer un Hitler ou un épigone de l’espèce si ce n’est avec ce genre d’homme politique ?
      Le pire Cioran qu’on puisse trouver, à part celui des années trente, celles du fanatisme, tu l’as choisi, pablo. Bravissimo. clap, clap, clap, clap, clap

    16. @ Pablo (réaction à ton post du 02.01.2011 à 11h20)

      Bonjour Pablo.
      Je partage globalement tes propos, le monde n’est pas binaire, les bons d’un côté les méchants de l’autre, les choses sont bien plus complexes.
      Dans ma famille aussi on a payé un lourd tribu au franquisme (très très lourd……), mais je sais que dans mon camp on n’est pas exempts de reproches, les républicains ont aussi commis pas mal de saloperies (chécas, exécutions sommaires de religieux et de notables de droite, paracuellos………).
      C’est difficile pour un républicain exilé d’admettre tout ça, il n’y a qu’à observer la levée de boucliers suscitée par Michel del Castillo avec son livre « Le temps de Franco ». Mais la vérité doit être regardée en face.
      Néanmoins, je me dois de nuancer un passage de ton post :

      Le degré de liberté qui avait en Espagne était infiniment plus grand que celui qui avait en URSS. En Espagne il n’y avait pas de Goulags ni de KGB et on bougeait et on voyageait à l’étranger quand on voulait.

      Entre 1936 et 1947, il y a 500 000 espagnols qui ont été internés dans les goulags de Franco, 200 000 ont été fusillés et enterrés dans des fosses communes.
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Camps_de_concentration_franquistes
      La répression Franquiste a contraint des milliers d’Espagnols à l’exil. Cet exil, en France et en Afrique du Nord, avait quelque chose à voir avec le goulag, ce n’était pas des goulags franquistes, mais il y a bien eu une relation de cause à effet. L’exil dans les camps de concentration en Languedoc Roussillon, les CTE, Les GTE , les déportations en Allemagne…….. Tout ça n’avait « rien à envier » aux goulags soviétiques.
      Il n’y avait pas de difficultés de bouger et de voyager pour ceux qui étaient en Espagne, mais pour les exilés il y avait un vrai danger à retourner en Espagne (danger de mort pour ceux qui avaient eu un rôle, même minime, dans un parti, un syndicat, l’armée rouge……….)
      La répression s’est effectivement atténuée à la fin des années 40, mais elle a durée jusqu’à la fin du dictateur, le 27 septembre 1975, cinq jeunes anti-franquistes sont encore passés par les armes.

    17. @ Vigneron

      Qu’est-ce que tu es hypocrite ! Cioran tu l’admires autant que moi sinon plus (bien plus sûrement, puisque moi je l’ai très bien connu et il n’y a pas meilleure manière de cesser d’admirer quelqu’un que de le côtoyer pendant longtemps).

      Et ensuite, je vois à ton commentaire que tu le « piges » très mal, que tu n’as pas encore compris ce qu’il pensait vraiment, et que tu tombes naïvement dans ses provocations et ses paradoxes.

    18. @ Argeles39

      Je suis d’accord avec toi pour l’essentiel. Question chiffres, les choses sont très compliquées. Sur les 200 000 fusillés, la très grande majorité l’ont été pendant la guerre et surtout au début, lors de sinistrement célèbres « paseos » à l’aube. Après la guerre, il y a eu beaucoup de républicains en prison, c’est clair (tous ceux qui n’ont pas pu partir en exil), dont beaucoup sont sortis les pieds devant, en grande partie à cause des maladies – l’exemple le plus célèbre étant celui du très grand poète Miguel Hernández, mort en prison de tuberculose en 1942 à 31 ans (malgré l’aide de son ami Luis Almarcha, futur éveque de León, ma ville, pendant 26 ans – et qui a d’ailleurs marié mes parents -, un drôle de franquiste très engagé socialement et qui ne s’est jamais pardonné de n’avoir pu le sauver; à la fin de sa vie il racontait encore à mon père – qui avait collaboré avec lui dans la création de coopératives pour construire des appartements très bon marché dans le quartier pauvre de la ville – ses démarches désespérées pendant des mois pour le sortir de prison et l’envoyer dans un hôpital de Valence).

      Qu’il y a eu répression franquiste jusqu’à la fin, qui peut le contester? Mais qu’elle n’a rien à voir avec celle de l’URSS est incontestable aussi. Et l’une des raisons, paradoxale, est le catholicisme, le même catholicisme que celui du sinistre cardinal Segura qu’on voit dans des photos faire le salut fasciste: en Espagne « un rojo » qui faisait semblant de se repentir en prison, sortait bien plus facilement que les purs et durs (ce qui a permit d’ailleurs à certains intellectuels cyniques de gauche qui avaient connu la prison de faire carrière sous Franco). En URSS ces choses-là n’ont jamais marché.

  5. Bonne année Monsieur Jorion.

    Au fait, votre papier, factuel et très peu réfutable est clair ! Bon, on fait quoi maintenant pour éviter de s’engouffrer tout droit vers… le pire… ?

  6. Vous écrivez:

    « Au lieu de prêter cet argent-là à des entreprises ou à des particuliers, qui auraient été bien incapables de les rembourser le temps venu dans le contexte de récession … »

    Sans faire la promotion du gouvernent, je vous rappelle que ce dernier a promu en réponse à la crise du crédit, les prêts OSEO pour les PMI-PME pour combler les crédits non consenti par les banques.

    1. Contrairement aux banques, l’état est obligé de sauver l’économie qu’elle soit libérale ou non.
      Ce qui est difficile à comprendre, dans une société capitaliste, c’est qu’il accepte d’assumer les risques sans se saisir des profits.

  7. Cette année 2011…Comment avoir la force (l’inconscience?) de nous la souhaiter « bonne »?
    Au mieux, en bon Candide, je vous souhaite, je nous souhaite la moins mauvaise année possible

  8. Fort bien résumé. Je n’ai (bien évidemment) pas regardé la gargarisation télévisuelle de l’incontournable gesticulateur mais gageons qu’elle était aux antipodes de ce bilan assez pointu.
    En attendant et pour ce qui concerne la nouvelle année je vous la souhaite a tous, sans illusions mais sans désillusions 😉

  9. Bonjour,

    Ce n’est pas la première fois que je remarque que, pour les européens, les années 2011 et 2012 semblent être mises entre parenthèses et que nous allons sauter directement en 2013 ou d’un coup de baguette magique tout sera redevenu comme avant et même probablement en mieux.

    Dormez, braves gens, dormez !

    Je souhaite donc à tous de beaux rêves.

    1. J’ ai oublié un détail.
      Ce détail concerne le bon peuple de France qui devra se réveiller quelques minutes au printemps 2012 pour participer au renouveau à venir.

  10. Bonne année. Merci pour ce blog.
    Très bon résumé je trouve, succinct mais édifiant. Comment peut-on en être autant dans ce jeu de tu-me-tiens-je-te-tiens-par-la-barbichette ? A la fin tout le monde va se prendre une baffe monumentale. Comment expliquer ce tel décalage entre les comptes affichés et la réelle valeur des choses ? Puisque si il y a restructuration c’est bien que les dettes n’ont pas la valeur future escomptée. A-t-on a ce point « vécu au dessus de nos moyens » ? Ce ne doit pas être l’avis de tous ceux qui ont, et de plus en plus, du mal à joindre les 2 bouts. Ni l’avis de tous les chômeurs en Europe, et ailleurs. Et si c’est le cas, tout le monde en a-t-il autant profité ?
    Je trouve d’ailleurs que les quelques manifestations populaires ne sont pas à la hauteur de la situation. Mais c’est plus facile a constater qu’à changer.

    1. Merci Charles pour ce lien.
      Certes la part des salaires a diminué au profit de la finance. Mais peut-on aller au delà de ça ? Si demain on récupère ce qui a été utilisé pour se shooter dans la finance,est-ce qu’on ré-équilibre tous les comptes ? Et est-ce que les flux de trésorerie redeviennent équilibrés en France, en Europe ? C’est à dire, est-ce qu’on équilibre nos comptes, et qu’on produit autant de richesse réelle que ce qu’on consomme ?
      Ou bien continue-t-on à dépenser, ou espérer dépenser dans le futur, plus que ce qu’on peut produire et ou échanger ?

  11. bonne année a tous.

    le système dans lequel nous sommes il est mauvais, il est corrompu, aux mains de mafieux
    il a tout du coté néfaste de l’homme.
    si on met du sparadrap a droite et a gauche et on continue comme ça, ce n’est pas bon.
    on se met les 2 mains devant les yeux pour ne pas voir l’horreur et fuir la réalité et on avance.

    il faut tout dynamiter, tuer les rapaces, oublier ce qui existe, évoluer, inventer une nouvelle façon de vivre et repartir sur des bases saines.

    1. Il ne faut pas oublier que les rapaces sont très bien protégés et qu’en plus ils contrôlent les contrôlants mais de loin avec des manettes………….. Ils sont pratiquement intouchables.

    2. Inutile d’accélérer la mort de quiconque.
      Je ne permettrais à personne de me rabaisser au point de le haïr.
      La mort est assez vigilante et n’a pas besoin qu’on lui tienne la faux. Elle en a consommé environ 100 milliards comme nous sans qu’elle n’autorise une seule exception et, elle n’a pas l’air d’ être rassasiée!
      La maladie dont on ne réchappe pas est bien LA VIE. Les crapules et les doux présents parmi nous aurons tous disparus d’ici moins de 3000 semaines et il convient d’éduquer les suivants et de les instruire d’ alternatives judicieuses à nos comportements dépassés au regard de nos prises de conscience.

    3. Les crapules et les doux présents parmi nous aurons tous disparus d’ici moins de 3000 semaines

      Holaaa, tout doux, là c’est bien vous qui voulez envoyer du monde prématurément ad patres ! Ya des lecteurs et commentateurs qu’ont pas 20 ans, donc on va sagement et optimistiquement dire 5000 semaines et on évitera l’oracle exterminateur précoce et auto-réalisateur…

    4. @ Erb

      Il manque les guillemets à cette phrase « Je ne permettrais à personne de me rabaisser au point de le haïr », non? Ce n’est pas Gandhi qui a dit ça?

    5. @pablo

      Tu penses peut-être à la fameuse phrase de Golda Meir :

      Nous pouvons pardonner aux palestiniens de tuer nos enfants, mais nous ne pourrons jamais leur pardonner de nous obliger à tuer leurs enfants. La Paix viendra quand les Arabes aimeront leurs enfants plus qu’ils nous haïssent.

      Non ?

    6. il faut tout dynamiter, tuer les rapaces, oublier ce qui existe, évoluer, inventer une nouvelle façon de vivre et repartir sur des bases saines.

      Je pense qu’il ne faut pas tuer les rapaces ni oublier ce qui exsiste, mais observer leur comportement ainsi que le nôtre et agir en conséquence.

    7. @ Vigneron

      Non, non, je crois que cette phrase vient de l’Inde, je suis presque sûr qu’elle est de Gandhi. Dans mon souvenir c’est quelque chose comme: « Je ne permettrais à personne de m’obliger à me rabaisser à le haïr » mais mieux dit.

    8. @ pablo75,

      Je viens de trouver ici quelque chose de proche, Pablo, extrait d’une citation de Martin Luther King :
      « (…) ne laissez jamais quelqu’un vous rabaisser au point de le haïr. »

    9. Ah, voilà quelqu’un qui sait chercher… 😉 « Il vaut mieux savoir tout chercher que chercher à tout savoir. » (P.Mendelson)
      Merci.
      (Je vois que ma mémoire avait mélangé deux célèbres pacifistes assassinés).

  12. « Ou cela s’arrêtera-t-il ? »
    Quand Les flonflons de la fête ne parviendront plus à masquer la réaité ?
    Quand les riches se rendront compte que leurs investisements les ont totalement ruinés et que ce sont eux les plus pauvres d’entre les pauvres?
    Quand les gens de la rue achéteront de l’or ou de l’argent?
    Quand au nom de l’intérêt national on coupera nos libertés comme celle d’échanger librement sur ce site?

    Allez savoir quel sera le détonateur et quand il se déclenchera?
    Nous ne savons … Mais explosion, il y aura….

    Excellente année 2011 M Jorion éclaireur des temps virtuels.

  13. Etre ensemble , voilà ce que je nous souhaite à tous pour la suite…

    Monsieur Jorion,il y a un an je vous découvrais et mon impression diffuse de malaise par rapport à cette société absurde trouvait un éclairage précieux. Dur mais indispensable.

    Merci.

    1. Idle, résolution de nouvelle année : arrêtez de mettre 3 petits points systématiquement avant et après les liens vidéos YouTube, ça nous évitera de corriger systématiquement vos posts pour que le lien apparaisse 😉

      Vous aurez ma reconnaissance éternelle !

    2. @ michel lambotte,

      Je ne sais pas ce que vous en dira Julien, mais la solution que j’ai trouvé est de « cliquer » ferme sur la date du commentaire (en gris, sous le nom) puis de faire glisser tout ça dans la barre d’adresse. Le code individuel du commentaire s’affiche alors, et nous pouvons le citer comme avant (le lien actif était plus pratique, tant pis).

  14. Merci Paul pour ce billet que je fais « tourner ». En temps de crise, professionnels comme amateurs se racrochent à n’importe quoi, c’est inquiétant.
    Bonne année à toi et aux tiens.

  15. Les prêteurs aux États européens se sont en effet vu annoncer qu’à partir de cette date, la prime de risque qu’ils intègrent dans le coupon réclamé sur la dette d’État deviendra pour de bon ce qu’ils ont toujours affirmé qu’elle était en réalité, à savoir une prime de risque à proprement parler, censée couvrir le risque de défaut de l’emprunteur.
    Reste à voir si les prêteurs seront heureux d’être pris au mot – même si c’est sur le tard dans l’histoire du capitalisme – et toujours aussi nombreux dans le nouveau cadre défini par ce codicille.

    Ça; c’est ce que j’appelle du bon Jorion, espiègle et pertinent.

    (rappel Wikipédia) :

    Un codicille est un document qui amende, plutôt qu’il ne remplace, un testament précédemment écrit. Les amendements faits par codicille ne peuvent qu’ajouter ou révoquer des dispositions testamentaires de portée limitée. Chaque codicille doit satisfaire à des obligations légales identiques à celle du testament original, c’est-à-dire comporter la signature originale du testateur, et de témoins désintéressés.

    Selon l’ampleur des modifications qu’apporte le document, le codicille pourra être interprété comme un nouveau testament. Toutefois, il est présumé être un codicille. Un testateur prudent éviterait ce problème en qualifiant clairement le second document de codicille.

    La seule autre solution pour réformer un testament est de l’annuler pour en créer un nouveau.

    « Témoins désintéressés »… y’en a au moins un, apparemment. Plus ?

    1. J’ai aussi remarqué et beaucoup apprécié ce petit passage sur le « risque ». Voir Paul recourir à des locutions courantes telles que « pour de bon » et « à proprement parler » montre bien que l’idée ne se laisse pas exprimer aisément. Disons que les investisseurs ne veulent pas payer pour les risques qu’ils prennent, mais exigent d’être payés pour les risques qu’ils disent prendre.

  16. Le FMI dépend effectivement des cotisations des pays affiliés pour ce qui concerne ses moyens financiers. Mais le FMI peut créer de toute pièce de la monnaie en allouant davantage de Droits de Tirage Spéciaux (DTS). Il suffit que les pays affiliés l’approuvent et c’est chose faite. C’est nettement plus commode que la planche à billets.

    Si le FMI obtient l’approbation, il crée du néant des DTS qui sont à la fois débités et crédités sur les comptes des affiliés suivant l’importance de leur quote-part au sein du FMI. L’opération est donc comptablement nulle. Ensuite, si le FMI a besoin d’argent pour venir un pays quelconque en aide, il ‘tire’ des DTS. C’est -à-dire, il remet des DTS à un ou plusieurs pays (leur banque centrale) récepteurs, qui échangent les DTS en devises sonnantes et trébuchantes que le FMI verse ensuite au(x) pays nécessiteux. Les pays désignés par le FMI verront leur avoir en DTS griimper du montant que le fonds leur a versé, tandis que les pays nécessiteux verront leur dette envers le FMI augmenter d’autant. Pour le FMI, l’opération est comptablement nulle. Pour les pays engagés, le FMI est leur contrepartie attitrée.

    Avec ce système, il est probable que le FMI fasse uniquement appel aux pays riches en réserves de change. Ainsi cet argent serait recanalisé dans le circuit, rapportant des intérêts au passage.

    Il est évident que ce système ne résoudra rien – surtout avec les obligations asociales qui y vont de pair – mais il permet de tenir le coup beaucoup plus longtemps. Seuls les pays créditeurs ont la possibilité d’arrêter ce mécanisme en refusant les DTS que le FMI leur verserait.

    Non, nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge.

    2011 sera de toute manière une année encore plus palpitante que ne l’étaient les années de crise précédentes. Et sur ce blog foisonneront encore pas mal d’articles qui feront date, n’en doutons pas. Persévérons !

  17. M. Jorion, lorsque vous parlez d’economie, vous êtes d’une limpidité incroyable; félicitation pour ce contrendu exceptionnel de l’année 2010.

  18. « En 2010, les dépenses occasionnées par la crise : sauvetage du secteur bancaire, relance, ajoutées au manque à gagner dû à la récession, ont entraîné les États à la suite de leur secteur bancaire. On se retrouvait dans une situation ubuesque où les banques détenaient de la dette d’État dépréciée en raison de l’aide et de la garantie que les États leur offraient, chacun tirant l’autre par le fond. Où cela s’arrêtera-t-il ? »

    Sergent Bitur à Sapeur Camember:

    « – S’pèce de double mulet cornu! m’ferez quatre jours pour n’avoir pas creusé le deuxième trou assez grand pour pouvoir y mettre sa terre avec celle du premier trou. »

  19. En raison d’une concentration excessive de la richesse, le financement des entreprises, le revenu des ménages, avaient été partiellement remplacés par des crédits.

    Toujours la théorie des inégalités-qui-ont-causé-la-crise…

    Pour la première fois semble-t-il, un article de Romain Rancière pour le FMI propose un modèle dans lequel une hausse des inégalités se traduit par un accroissement du crédit et du risque de crise. Il a été pas mal commenté, mais pas sur ce blog sauf erreur. Est-ce un oubli ?

    Bonne année 2011,
    GSF

    1. Pourquoi chez les néolibéraux, on ne parle jamais des causes de l’endettement privé et de ces écarts de richesse qui n’ont pas cessé d’augmenter ? Pourquoi préfèrent-ils pointer du doigt les dépenses sociales ?

    2. @Gu Si Fang

      « On peut grossièrement distinguer trois grandes catégories d’inégalités sociales :

      – Les inégalités dans l’ordre de l’avoir : les inégalités dans la distribution des ressources matérielles de la société, dans la répartition de la richesse sociale ;

      – Les inégalités dans l’ordre du pouvoir : les inégalités dans la distribution des ressources sociales et politiques de la société, dans la répartition du pouvoir, de la capacité de défendre ses intérêts et ses droits, d’imposer sa volonté aux autres par différents biais, de peser au moins partiellement sur l’organisation de la société et sur le cours des évènements historiques ;

      – Les inégalités dans l’ordre du savoir : les inégalités dans la distribution et la maîtrise des savoirs, dans la capacité d’élaborer des connaissances et de donner un sens au monde dans lequel on vit, de proposer et d’imposer des définitions légitimes des choses, des gens, des situations, des rapports et des pratiques. »

      Alain Bihr et Roland Pfefferkorn – Le système des inégalités (2008)

      Pour ce qui est du premier ordre d’inégalités, je ne saurais vous situer, on en sait rien, vous usez comme moi d’un pseudo et, de toute façon, le secret fiscal est plus sacré que le foot et le Champagne dans ce bon vieux pays égalitariste et pour tout dire socialisant qu’est la France.

      Par contre pour ce qui est des deux derniers ordres, aucun doute, vous vous rangez du bon coté, celui qui, dans les deux cas, défend consciencieusement les intérêts premiers des bénéficiaires du premier ordre d’inégalité…

      Gu Si Fang :

      Les inégalités ont augmenté en France ? Vous avez l’air bien sûr de vous : comment le savez-vous ? Et pourquoi cela vous intéresse-t-il ?

      Votre combat désintéressé vous honore, et si j’étais du bon coté du premier ordre d’inégalités et du mauvais coté des deux autres (ce qui, je vous l’accorde est plus que rarissime en ces temps radieux
      pour notre cause
      ) je vous ferais parvenir avec mes meilleurs vœux de santé (c’est tout ce qui compte, n’est ce pas et puis il ne faut pas trop en promettre non plus…) avec une jolie médaille de chevalier du Mérite Libertarien pour services exceptionnels rendus à l’asservissement idéologique, plus la croix de guerre pour n’avoir jamais reculé en territoire ennemi, en particulier durant la cruelle et grande bataille dite des « Champs Jorioniques ». .
      Si si, vraiment, je sens que vous rougissez, que votre modestie de brave soldat s’en trouve embarrassée et c’est bien là encore une réaction qui vous honore, valeureux grenadier ! Mais comprenez bien, soldat, ce n’est que Justice. Justice

  20. … Et que Monsieur Leclerc nous permette encore de bénéficier de sa prose et de ses fines analyses en 2011, une année très ‘prometteuse’ 😉
    Bonne année à vous Julien et merci pour votre inestimable travail !!

  21. Bonne année à tous…

    Il y en a en Europe qui ont décidé de faire « sans » … Sans ce système qui nous tue à petit feu.

    Mais c’est bizarre, les médias n’en parlent pas, ça doit les gêner quelque part du côté de la direction, qu’un peuple décide qu’il a plus de « valeur intrinsèque » que les marchés financiers :

    http://www.cadtm.org/Quand-l-Islande-reinvente-la

    Pourtant, ce serait vraiment une expérience à suivre – et c’est probablement une des meilleures nouvelles de cette triste décennie.

  22. Les résultats en bourse ont explosé (une année record). La valeur de l’or a pris 30 %, etc. Voilà ce à quoi les journaux économiques (je devrais plutôt dire journaux d’investisseurs) ici au Canada ont résumé l’année 2010. On constate le retour du « moins d’état » un peu partout et on constate aussi que les plus conservateurs (Tea party, néolibéraux) n’était pas d’accord pour renflouer les banques. Le mot « dette » se retrouve dans chaque article mais on s’intéresse davantage à la dette publique qu’à la dette privée et on ne s’interroge surtout pas sur l’origine des dettes ni sur le système capitaliste dans son ensemble.

    1. @idle

      Héhéhéhé… C’est vrai qu’on se sent mieux après une bonne multiplication-distribution de pains…

    2. Salut Olivier.

      C’est vrai que l’argent laisse des traces qu’il est aisé de suivre pour des professionnels de l’expertise économique. Cependant la masse de magouilles est telle, que les escrocs sont morts depuis longtemps au moment de leur procès. Les seuls jugés de leur vivant sont les fusibles gênants que l’oligarchie livre en pâture aux masses qui s’en satisfont, tels Madoff et Kerviel. Dans l’état actuel des choses, il est aisé de multiplier sa fortune avec un minimum d’effort en profitant des flous engendrés par notre démographie et le fait qu’une vie d’Homme est trop brève pour avoir le temps d’associer nos expertises et constats à des actions pertinentes qui les déstabiliseraient. Ajoutez à cela qu’ils font des lois qui les dédouanent de toute responsabilité tout en les enrichissant, et il apparaît que nous aurons bien des difficultés à changer de cap sans commencer par se transformer soi et notre vision du monde. Car n’oublions pas que le bon joueur cherche ce qui est vrai et non qui a raison.
      Pour atteindre la sagesse consistant à s’entendre et à s’entraider, la première marche à gravir comprend de s’accorder confiance et de nous désarmer.
      Sans cette force, nous continuerons à baigner dans le sang et les larmes.

  23. Excelent billet, M Jorion. Un résumé bien facile à comprendre, c’est la démarche à suivre pour tous les intervenants, il faut être compris por gagner l’adhésion des citoyens. Il faut décortiquer le système, ses injustices, ses travers, expliquer son fonctionnement; un système dont l’objectif ultime est – par les moyens les plus complexes, les plus sophistiqués, les plus détournés, les plus difficiles à comprendre pour la majorité d’entre nous – le détounement de la richesse produite. C’est toujours là, vers cet objectif ultime à dénoncer, qu’il faut toujours ramener la conclusion des analyses ici faites.
    Bonne année 2011 à tous, merci pour tous ceux qui se donnent la peine d’expliquer le système.

    1. Bonne Année à toutes et à tous, principalement la santé.
      Quant au reste … nous aviserons en temps utile sans nous faire trop d’illusion.

      @idle
      Merci pour vos liens.
      Vous avez une culture cinématographique certaine et c’est avec plaisir et curiosité que je décrouvre ces films d’une autre époque mais terriblement d’actualité.

    2. Merci Idle !
      Cette video est une explication très pédagogique de la crise,
      avec en plus des propositions pour en sortir, à l’échelle de l’Europe toute entière.

    1. La réponse à la question que Ferguson pose : « Pourquoi Obama en a-t-il mis un si grand nombre au gouvernement et parmi ses conseillers ? », m’est tout aussi mystérieuse qu’à lui.

    2. est-ce que c’est le pognon qui donne le pouvoir,
      ou bien, est-ce le pouvoir qui rapporte du fric ?
      … les deux mon président ?

    3. @Paul
      Bonne année à vous ainsi qu’à votre famille.
      .
      C’est juste une intuition, mais il me semble qu’il a réagit comme un technicien.
      Il était en face d’une crise qu’il ne connaissait pas , et je pense plutôt que de vouloir tout chambouler, il a préféré laisser tout en place pour examiner comment cela allait réagir.
      En tant que technicien, c’est ce que j’aurais fait.
      Quand on intervient de façon alléatoire à contre courant sur ce qui se passe, on ne voit pas la panne (c’est par expérience) car on l’a peut-être éliminée ou camouflée sans s’en rendre compte.
      J’ai déjà vu des techniciens changer un brûleur entier pour éliminer la panne qu’il n’ont jamais identifiée, et pas seulement par des petits artisans.
      Je me trompe peut-être totalement, mais si les américains deviennent un peu plus raisonnable et qu’il obtient un deuxième mandat, c’est là qu’on verra le Vrai Obama

    4. Edifiant! C’est ça qu’il faut faire – rendre intelligible, adopter une démarche pédagogique, expliquer à quel point les comportements prédateurs de richesse se sont infiltrés dans le monde da politique, de l’enseignement – pour entraîner l’adhésion des citoyens. Merci à tous ceux qui s’en donnent la peine, je constate qu’ils ne sont pas aussi peux nombreux que je ne le pensais; la prise de conscience se fait, se répand. Partant de là il faut proposer les changements, faire en sorte que ses propositions de changement soient apliqués.

  24. La réponse qu’il suggère n’est pas dénuée de bon sens. Obama n’est pas un money guy… en leur faisant confiance il s’est transformé en Yes man. Le souci c’est que revenir en arrière serait un déni de sa propre gouvernance. Osera-t’il ? Si oui, se fera-t’il dégommer ?

    1. En même temps, si l’on arrête de raconter des krachs, celui-ci arrivera plus vite, alors contons, pour ne pas avoir à compter trop tôt.,

    2. Voilà un homme qui exprime clairement les choses!
      Dommage qu’ils ne soient pas plus nombreux, les gens serait enfin ‘assaillis’ par la vérité….

    3. Oh, il est trés, trés colère, le Monsieur ! …

      l’aime pas mes ment-songes ….
      de là à arriver à faire taire les ment-tueurs
      on n’est pas sorti de l’au berge
      le bateau est encore loin de la berge
      et, prend eau de toute part

      savez nager ?

  25. Il me semble acquis que sans réformer le mode même d’émission de la monnaie centrale, en imputant à ceux qui retiennent ensuite des liquidités dans leurs coffres un démurrage, il n’y a aucune chance, dans un avenir proche que les équilibres se rétablissent ou que la situation se stabilise.
    Comme je l’ai souvent rappelé, la croissance des dettes et des créances est exponentielle et grossit tout le temps sans aucune possibilité d’entrave.
    C’est vrai que les restructurations ou les « rééchelonnements » des dettes pourrait constituer un petit pas dans la bonne direction.
    Mais il est certain que cela aurait un effet très déflationniste. Et cela ne pourrait être contré que par l’usage massive de la planche à billets. Or, cette planche à billets nourrira encore des thésaurisations folles et dangereuses tout en ne mettant pas à l’abri d’un défaut de paiement de grande ampleur.
    Dans ce cas, c’est l’inconnu. Pourra-t-on continuer indéfiniment, comme au Monopoly, rajouter des liquidité après que la banque eût sauté? Peut-être.

  26. @Paul
    C’est beau le téloche US… « Good Job. »
    Quels autres dans son équipe pour se faire élire ? C’était le pack complet ou rien. Plus « Volcker pour te faire plaisir Barak » ! C’était le bon cheval, Barack, lui et pas l’ex de l’ex locataire de la maison blanchie.Se sont pas trompés les lascars.. Ils l’ont choisi lui plus que lui les a choisis. Trop ambitieux ou trop présomptueux et trop mal informé de l’état réel de corruption généralisé du bazar, le Barack.
    Ses questionnaires de 10 pages exigés avant d’intégrer son équipe de campagne ou de gouvernement pour prouver sa parfaite virginité, l’innocuité de son casier, ne servaient à rien bien sûr. Évidemment que Summers et les autres déclarent et ne maltraitent pas leur petit personnel de maison, ne besognent pas leur stagiaires sur Time Square, payent leurs impôts et n’éteignent pas leurs cigares sur le front de leurs mômes, mais corrompus et corrupteurs en chefs le plus légalement du monde, bien sûr que oui. Avec un soutien sans condition pendant les primaires, de belles promesses de rédemption, des mea culpa et des « on est les mecs pour ce job Barak » , « personne d’autres que nous pour finir le job, Barack » « on connait le bin’s, laisse faire, fais nous confiance » !

    Un otage à la maison blanche, Paul, c’est ce que j’ai cru comprendre… Quant il a compris le pauvre Barack, c’était trop tard. C’était vraiment the right man at the right place, at the right time. Et puis peu importe Barack, c’est cuit pour lui, depuis longtemps, déjà avant l’investiture on avait compris et il avait compris… Une poupée de chiffon.

    1. Eddie,

      Je partage ton point de vue : une marionnette, habilement manipulée à qui on fera porter en 2012 le poids de la catastrophe et qui renverra les démocrates à leurs chères études au moins pendant 2 mandats avant qu’une Palin ou un abruti sorti de nulle part plombe définitivement le « rêve américain ».
      Alors là, peut-être, un espoir pour que les Etats-Unis redeviennent un pays civilisé et que les « red necks » comprennent un minimum de l’économie, de la politique, de la démocratie…

    2. Eh ouais Buddy… Barack comme la la p’tite goutte d’huile, le p’tit jeu supplémentaire qui va bien, dans les engrenages, pour faire tourner la machine « un p’tit peu plus longtemps siou plait M’sieur Dame« …

  27. L’oligarchie appauvrie l’Europe, et investie dans les pays émergeant.
    Les gouvernements à leur solde sont employés à l’endormissement des peuples, à leur pressurisation pour en finale imposer leur dictat par une force armée sans nationalité qu’ils sont entrain de rassembler en coulisse et qui commandera à nos polices et armées européennes.
    L’éclatement du système actuel est contenu jusqu’à ce que les mercenaires employés au désordre et à la mise en place d’une dictature
    soient opérationnels.
    Leur plan comprend de nous contraindre à la révolte pour mater l’ensemble et lui faire accepter de force les nouvelles règles induites par la misère instaurée en Europe et décidée en haut lieu.
    La richesse change de camps et les pilleurs apeurés renforcent leurs positions.
    En un siècle, ils sont parvenus à éduquer les peuples de façon à ce que ceux-ci soient dans l’incapacité totale de comprendre, d’anticiper, et donc de réagir.
    Choisis pour leur capacité à mentir et à abuser des gens, les divers présidents de U.E.
    sont parvenus à servir l’oligarchie au détriment de ce qu’ils considèrent comme un grand troupeau, nous !
    Si vous m’avez lu, vous connaissez mon aversion pour la violence et les souffrances qui en découlent, car jamais son emploi n’a solutionné quoi que se soit d’intelligent qui nous grandisse.
    Étant donné que la tendance à la pacification rassemble de plus en plus d’adhérents, le moment semble venu de replonger une partie du monde dans le cahot histoire de tenir la tête sous l’eau des masses et de fourvoyer toutes les oppositions.
    Les turbulences qui se préparent ont au moins 10 ans d’avance sur nos analyses et nos constats ! Je crains fort que la partie immergée de l’iceberg ne soit qu’un pâle reflet de l’horreur qu’ils sont prêts à mettre en œuvre pour atteindre leur objectif consistant à s’approprier des continents et des ressources matérielles et humaines.
    De là à ce qu’un gouvernement de moindre force joue les rédempteurs et nous infecte d’un virus, il n’y a pas loin…!
    ILS ont de tout temps gagner en confort en nous faisant nous entre-tuer, mais un jour, nous refuserons de participer à la destruction de nos enfants et les déviances violentes seront repérés tôt, et au lieu d’être exploitées pour entretenir une pagaille rémunératrice, elles seront identifiés tôt, et traités comme les maladies qu’elles sont.
    Des millionnaires ont proposés d’être taxés davantage !?! Ce genre d’intention mérite un coup de projecteur et peut nous incliner à penser que tout n’est pas perdu. Poudre aux yeux ou début de prise de conscience qui souligne le fait que l’Homme comprend qu’il ne peut éprouver de réel bonheur au sein d’un monde miséreux ? S’estimer à bon escient, commande de se donner tout entier à une noble cause dont le fondement sera de se respecter les uns les autres.

    Rappelons-nous qu’à l’échelle du temps notre humanité apprend tout juste à marcher et dans un proche avenir nous saurons tous lire…!
    Quels que soient nos désordres, j’ai confiance en l’humain et gage que nous sortiront grandis par les épreuves que notre nature et donc la nature nous impose.

    Nous ne pourrons nous soustraire à la part de travail qui nous incombe vu les situations, et plus nous reculons le moment de nous retrousser les manches, plus ardue sera la tâche.
    Mais des difficultés qui nous attendent, l’économie n’est qu’un leurre, un jouet pour les puissants car la valeur de ce que produisent les Hommes pour eux-mêmes est obtenue par un effort bien différent que celui qui consiste à faire tourner la planche à billet et ce subterfuge permet peut-être d’abuser de ses semblables, mais à long termes, il interdit l’accès à la joie d’exister.
    Nous sommes de plus en plus nombreux à éprouver le malaise grandissant né de notre manque de compassion qui bloque la route à l’accomplissement de soi.

    C’est donc malgré tout avec l’envie de participer au jalonnement du chemin qui nous extraira de notre chrysalide, que j’appréhende cette nouvelle année que je vous souhaite à tous révélatrice de votre potentiel.

    A tous, bon toujours.

  28. Sociologie des partis, sociologie du pouvoir, Mr. Jorion.

    On n’a nulle part encore noté, je crois, ce que signifie l’échec intégral de quelqu’un aussi manifestement plus intelligent et même plus ‘moral’ que ses prédécesseurs récents, ou même que la plupart de ses confrères actuels, comme l’est Mr. Obama.

    Beaucoup, même sur ce blog, semblent attendre énormément des élections de 2012. Mais en réalité, l’exemple de Mr. Obama démontre que même dans l’hypothèse, hautement farfelue à l’heure actuelle en France, où se présenterait quelqu’un de jeune, énergique, brillant, et dont on a des raisons objectives de croire qu’il est sincèrement et personnellement attaché à une certaine forme de progressisme social et culturel, même si un tel oiseau rare se révélait dans les mois à venir (on en sourit tous à simplement l’évoquer je pense, quand on sait par avance quelles vieilles carnes blanchies sous le harnais seront effectivement candidats), même si débarquait de nulle part une telle personne providentielle, elle serait condamnée à l’échec.

    La providence ne peut plus rien pour nous. C’est le retour des temps historiques, ceux où les peuples sont sommés de prendre leur destin en main.

    Personnellement, je trouve ce constat plutôt réconfortant.

    1. Tiens, ça me rappelle la chanson:
      « Il n’estttttt pas de sauveur suprêêêêmeuh
      Ni dieuuuu ni caesar ni tribunnnn…
      Producteurs, sauvons nous nous-mêêêêême…
      etc »
      On finira bien par arriver à la taille de nos ancêtres.
      Il ne faut jamais désespérer.
      Tout ce qui est nécessaire est possible.
      Bonne année à vous, M. Jorion et un grand merci pour ce merveilleux outil de compréhension (désaliénation?) à la portée de toutes et tous, qu’est ce blog, ainsi qu’à tous les contributeurs-trices de ce blog, toutes tendances confondues.

  29. Très intéressant entretien. La clarté et la pondération, mais en même temps la fermeté, des explications de Mr. Ferguson font plaisir à entendre.

    Pour ceux qui n’auraient pas le temps ou ne seraient pas anglophones, transcription et traduction de deux minutes de cette vidéo.

    TRANSCRIPTION [11:09-13:03]
    Katie Couric: Do you think there was also collective greed at work? Individuals may have been getting wealthier, but they saw a lot of other people getting wealthier and they were like: “This is great, our economy is really thriving”, this was of course [being said] before everything came crashing down. “Everybody is making so much money”. I know that there is somebody in the documentary who says: “that’s unprecedented wealth”. We were in this era of extraordinary wealth. It was almost as a second gilded age. Do you think that, in some ways, people were just thinking that this was OK?

    Charles Ferguson: Many normal people of course thought that it was OK because there were being told that is was OK.

    Katie Couric: And they were also making lots of money too.

    Charles Ferguson: Yes, everybody’s house was going up in value. You could sell your house for more than you paid for it and you could borrow against it. So everybody had a wonderful party for a while. But it is very clear that many high level people in Wall Street knew perfectly well that this was not in fact real, or sustainable, or fair. And we know that they knew that because beginning in 2005 and 2006 they started betting against the very securities that they were selling as safe. And you don’t do that if you think that you are going to lose money by making those bets. So we know in fact that many people in Wall Street were aware that this was basically a Ponzi scheme. And we also know that from another source which is that if you look at the compensation of senior Wall Street executives in firms including executives in firms that subsequently collapsed, like Bear Stearns and Lehman Brothers and also Countrywide. What you see is that beginning three or four years before the collapse of the firms, the senior executives started taking out gigantic quantities of cash. And you don’t do that if you think your company has a radiant future.

    TRADUCTION
    Katie Couric: Ne pensez-vous pas qu’une certaine avidité collective a pu aussi jouer un rôle? Certains individus ont pu s’enrichir [au-delà ou aux marges de la légalité] mais, du fait qu’on pouvait aussi voir un grand nombre de gens s’enrichir, on pouvait se dire : « C’est fabuleux, notre économie est vraiment prospère », ceci bien sûr avant que tout ne s’écroule. « Il y a moyen de se faire tellement d’argent… [Pourquoi pas moi ?] » Il y a quelqu’un dans le documentaire qui déclare que c’était une richesse sans précédent. Nous étions dans une ère de richesse extraordinaire, c’était pratiquement un second âge d’or. Pensez-vous que d’une certaine manière, n’importe qui ne pouvait pas se dire que c’était normal ?

    Charles Ferguson: Bien entendu beaucoup de gens ordinaires ont cru que c’était normal, puisqu’on leur disait que c’était normal…

    Katie Couric: Et ils se faisaient beaucoup d’argent aussi…

    Charles Ferguson: Oui, la valeur de la maison de tout un chacun augmentait constamment. Vous pouviez être assuré de vendre votre maison pour plus que vous ne l’aviez acheté ou vous pouviez l’engager pour emprunter et acheter encore. Tout le monde a cru pouvoir profiter, pour un temps… Cela étant, il est aussi très clair que beaucoup de gens hauts placés de Wall Street savaient parfaitement bien que cela n’était ni solide, ni durable, ni juste. Et nous savons qu’ils savaient parce que, à partir de 2005 et 2006, ils ont commencé à parier contre les titres qu’ils présentaient au même moment comme sans danger. Et bien sûr, on n’adopte une telle stratégie que si l’on pense qu’elle va faire gagner de l’argent et non pas en faire perdre. Nous savons donc en fait que de nombreuses personnes à Wall Street savaient qu’ils surfaient sur ce qui n’était en réalité qu’une cavalerie de Ponzi. Nous en avons confirmation par une autre source, si l’on observe les gratifications des hauts dirigeants de Wall Street, notamment ceux d’entreprises qui se sont écroulées par la suite : Bear Stearns, Lehman Brothers et aussi Countrywide. Ce que l’on découvre alors est que, trois ou quatre ans avant l’écroulement de leur propre compagnie, ces hauts dirigeants ont commencé à encaisser le maximum possible sous forme de cash [plutôt que de conserver les actions de leur propre compagnie]. On ne fait pas ça si l’on pense que sa compagnie est promise a un avenir radieux.

  30. @ Paul :
    J’avais assez bien suivi la campagne électorale US.
    En voyant qu’il recevait des sommes très importantes de la part de « souscripteurs privés » pour financer la campagne du Parti Démocrate, Obama avait finalement décliné de recevoir  » la contribution publique  » (qui est d’un montant inférieur).
    Grâce à cette décision, je crois avoir compris qu’Obama n’était pas alors dans l’obligation de révéler publiquement l’identité des Donateurs, ainsi que le montant des enveloppes..
    Il y avait eu alors des articles du type :
    « Wall Street gagne face à Main Street  » etc.;

    ceci explique probablement la politique de  » Quantitative easing » (QE1 , puis QE2 actuellement) suivie par la FED et BERNANKE.
    En effet, de nombreux collaborateurs d’OBAMA ( Geithner etc..) sont issus du secteur bancaire.

    Hier soir, je relisais le N° de  » Le Point » N° 1962 du 22/4/2010, pp 72 à 74.
    On y parle de Fabrice TOURRE, de John PAULSON, de Goldman SACHS.
    Entre autres, John PAULSON et son hedge fund. Dès 2006, ceux-ci ont parié sur un effondrement des subprimes. Il y était dit que son hedge fund gèrait vers avril 2010 32 Milliards d’actifs contre 700 millions avant la crise..

     » Lucidité, superficialité, vénalité  » sont (en somme..) 3 qualités nécessaires pour réussir (au sens purement matériel..) dans le monde récent. Mais cette devise n’entretient pas les fondements d’une société du « mieux vivre ensemble » non ??

  31. @Paul Jorion

    Quelques éléments qui peut-être peuvent apporter un éclairage sur cette question…

    Comme ce monsieur le dit très bien, M. Obama n’entend rien à l’économie et encore moins à la finance et strictement rien à la finance de marché. En toute logique, il a donc délégué la tâche de constituer l’équipe « financière » à des personnalités de son parti.

    En tête de liste de ces personnalités, on retrouve Mme Albright. Elle est connue pour avoir été secrétaire d’État mais elle est impliquée dans le monde de la haute finance depuis les années 80. Elle a par exemple été administrateur du NYSE mais également de Carlyle Group, un célèbre fond d’investissement américain où on retrouve d’ailleurs beaucoup de personnalités du monde politique tant républicain que démocrate: le clan Bush (le père et ses fils), Dick Cheney, Donald Rumsfeld, James Schlesinger, etc.

    Le clan Albright – je dis clan car deux de ses filles (sa fille Alice a fait parti de l’équipe dirigeante de Carlyle Group, J.P. Morgan, Bankers Trust’s Latin American Merchant Bank and Citicorp) et un de ses gendres sont également associés au monde de la finance – est extrêmement influent au sein du monde de la finance car il constitue l’un si ce n’est le pont le plus influent du monde de la finance vers le Parti Démocrate.

    En conclusion je dirais que M. Obama est cerné de toute part. Il est bien mal entouré aussi bien dans son administration que dans son propre parti. Comment voulez-vous qu’il puisse trouver la porte de sortie sur une question ou qui plus est il ne comprend rien.

    Son échec est donc garanti. Selon moi, c’était bien le but de la manœuvre…

    1. C’est anecdotique mais depuis 2008 Olivier Sarkozy, le demi-frère du président français, dirige les activités financières du groupe Carlyle.

      Cela montre tout de même que le groupe Carlyle est bien plus qu’un simple fond de placement. On y retrouve tout le gotha mondial du côté des administrateurs même si la domination américaine y est évidente. Si ma mémoire est bonne, on retrouve même un monsieur qui a de nouveau fait parler de lui à Moscou, un certain Mikhail Khodorkovski. Bref, on y trouve que des gens bien…

    2. Derrière les états majors des bleus et des rouges on devine assez précisément qui commande. Dans l’ordre (et en se mélangeant) : le lobby militaro industriel, Wall street… et l’AIPAC. Saviez vous que le plus gros des coûts de la guerre en Irak et en Afganistan ne sont pas au budget.
      Les US ont identifié leur Dieu depuis lurette, assumé : le pognon. Ils en sont fiers. C’est un bon Dieu pensent-ils….

      Bref, comme disait Zappa : « Les politiques sont le département spectacle des marchands d’armes »

    3. @Olivier Kaeppelin et Murphy Aloïs

      Ok, ok, ok, tout ça on le sait, mais, mine de rien, dites moi sur quelle grande chaine de télé française vous pouvez voir un entretien de la qualité de celui offert par Katie Couric et Charles Ferguson, et de plus de 38 minutes ? Quand ? Où ?

    4. Eh bé oui, les médias descendants dominant sont sous la coupe… le pouvoir tient absolument à conserver la confiance…
      Vous remarquerez cependant que les têtes de gondoles, càd les présentateurs de JT, parraissent gentiment devenir sceptiques. C’est en tout cas ce que je ressents à les voir.
      Ceci étant, si vous parlez au quidam lambda dans le métro ou sur le télésiège, pas grand monde ne se fait d’illusions. Même sans avoir vu Inside Job II ( Le I parle du 9/11 et il n’est pas inintéressant non plus !!).

      La mélodie du monde est plutôt lugubre. Et, comme disait Noam Chomsky, la différence d’avec la crise de 29, tient principalement au fait qu’à l’époque il y avait une grande espérance sous-jacente (progrès technique, socialisme, etc… )
      Aujourd’hui il faut identifier les porteurs d’espoir, les catalyseurs d’une refonte, ou au pire, de la reconstruction des bases du monde de demain. Le crash est programmé. Il faut le regarder arriver bien en face, sans oublier de nous occuper de nos enfants de manière suffisamment intelligente.

      Ils ont déjà tous les motif de nous reprocher ce monde dont nous sommes les responsables.

  32. « Pourquoi Obama en a-t-il mis un si grand nombre au gouvernement et parmi ses conseillers?

    Renversons le problème, et demandons-nous : « pourquoi n’en aurait-il pas mis? ». Quels sont les forces et mécanismes qui auraient pu produire de tels changements?

    Remarquons tout d’abord que cette tendance à s’appuyer sur des hommes en place est également visible en ce qui concerne la politique extérieure : Robert Gates a été conservé, alors même qu’aucune nécessité d’ordre politique ne contraignait à le garder. La raison invoquée en 1er lieu est qu’il est bon de garder une continuité en pleine crise (i.e guerres d’Irak et et d’Afghanistan). De même, le contexte économique à l’arrivée d’Obama a été assimilé à une crise violente et passagère, où les nécessités opérationnelles conduisaient à garder une partie des hommes en place en pleine tempête. Mais on ne peut bien sûr s’arrêter à ces justifications de nature opérationnelle.

    Il faut aussi revenir à la genèse du « phénomène Obama ». La 1ère partie de son ascension, et de sa construction politique personnelle, a été de se se faire connaître, puis reconnaître au sein de son parti. Nous sommes là dans les années 2005-2007, où l’économie est encore apparemment solide (et en tout cas considérée comme telle au sein du parti démocrate). Le thème dominant est la guerre d’Irak, et sa position personnelle nette sur le sujet constitue la rupture qui le fera identifier, puis adouber. C’est ce thème également qui contribuera à gagner les primaires. Une autre caractéristique l’a également distingué : il a l’habileté de faire croire à l’Amérique que son élection marque la fin de son tourment interne principal : la discrimination raciale. Enfin, son calme en toute circonstance fait contraste avec l’ère précédente . A ce stade, voit-on l’ébauche d’une pensée économique alternative ou radicale? Quelle en aurait été la nécessité? où est la place de l’économie dans ce qui permet de distinguer les candidats?
    Ensuite, la crise éclate, au moment de la campagne finale. A ce stade, il n’est déjà plus possible de se construire un appareil intellectuel ad hoc, et l’impéritie technique de l’équipe Bush face à la crise est un marqueur suffisamment efficace pour éviter d’avoir à chercher ailleurs.
    En bref, Obama est né de la pédagogie de la crise irakienne, qui avait déjà 5 ans. Penser qu’il aurait pu aussi se construire autour de la pédagogie d’une crise économique qui n’avait pas encore éclaté relève de l’illusion.

    Enfin , pour moi, la question qui tient vraiment du mystère est la suivante : pourquoi continue-t-on à espérer d’Obama, c’est-à-dire de l’Amérique?

    1. M. Robert Gates fait également parti du cercle très fermé des investisseurs de Carlyle. On y retrouve également son grand ami James Baker.

    2. « pourquoi continue-t-on à espérer d’Obama, c’est-à-dire de l’Amérique? »

      Hhmm…
      Comme on dit en Belgique : ça s’effrite.

  33. Merci et bonne année à Julien, François, Paul et les autres, bonne année au Blog, bonne année à tous ceux qui le commentent.
    Paul sachez que nous sommes très nombreux a vous devoir la compréhension de l’économie générale et que nous vous en sommes profondément reconnaissants.
    François,

  34. Howard Davidowitz : une reprise bidon à grands coups de surendettement.

    Howard Davidowitz se lâche sur la fin, et il faut voir le journaliste de Bloomberg lui couper la parole et mettre immédiatement fin à l’interview…

    Howard Davidowitz : « I am not surprised by the strength of retail sales, because i knew that 30 % of consumers are responsible for retail sales, and these 30 % did much better because of the performance of capital markets. I don’t think it is indicative of anything going forward. I don’t think the economy is going to get any better. If you look at pour fiscal and monetary policy, we went two trillion in the hole last year. Two trillion… to produce this… and unemployment went up to 9.8 %! We’ve spent two trillion we’re printing money we’re going bananas. Our balance sheet, we’ve got $2.6 trillion on there, and what;s on there government securities, and MBS. »

    Et sur le bilan de la FED et une potentielle faillite de cette dernière :

    « If interest rates go up a point Bernanke’s bankrupt. Everything he’s bought is underwater. All the MBS are underwater, the whole country is underwater.

    We have 21 square feet of selling space for every man woman and child in this country. »

    La video est ici :

    Zerohedge

    (info signalée par le site auxinfosdunain.blogspot.com)

    1. Excellent le Davidowitz ! (11mn34) : « TWO TRILLIONS ! TWO TRILLIONS ! » Et l’autre qui cligne deux fois derrière ses lunettes, comme s’il recomptait les trillions… La grosse marrade à two trillions $ !

  35. bonsoir
    pour ces fêtes de ce côté-ci, on s’éclate comme ci et de ce côté-là, on s’éclate comme ça
    voire même comme ceci

    alors, reformons nos ba(ta)illons le K par tous
    mais de quelle eau était fait cet azur?
    et ces archéo-anges, de quelle stance?

    métatarsement vôtre
    (espérant ne pas avoir raté les chaînons manquants)

  36. Obama mène la politique de Wall Street, contre « Main Street »,
    non pas faute de savoir, ou vouloir, mais faute de pouvoir, comme Jospin,
    qui a reconnu l’impuissance des acteurs placés au devant de la scène par la dictature du capital.

    Celle-ci s’impose toujours aux réformateurs, qui toujours cèdent ou décèdent.
    Il s’impose ici sous la forme d’un recul, là d’une défaite électorale ou d’un coup d’Etat,
    et là-bas, au besoin, du fascisme.

    Concernant les Etats-Unis, la défaite est déjà actée par la déroute aux élections de mi-mandat.
    Obama et ses « démocrates » étaient indispensables à Wall Street après Bush,
    Wall Street en a disposé intelligemment, mais a besoin de donner le change,
    donc de changer de comédiens pour pouvoir continuer à jouer la même pièce.

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