La Voix du Nord : Grand entretien Paul Jorion, anthropologue : « Nous sommes dans une dynamique de chaos »

Ouvert aux commentaires. 80% de ce qui est écrit là a bien été dit par moi durant l’entretien. Dans les 20% il y a par exemple le fait que Jean-Jacques Rousseau a écrit dans Les confessions : « Enfin je me rappelai le pis-aller d’une grande princesse à qui l’on disait que les paysans n’avaient pas de pain, et qui répondit : ‘Qu’ils mangent de la brioche' », et qu’étant mort en 1778 il ne parlait pas de Marie-Antoinette en 1789. Etc. Critiqué par vous sur tel ou tel point, je me ferai un plaisir de vous dire s’il s’agit des 80% ou des 20%.

En marge du grand débat national, « La Voix du Nord » publie une série d’entretiens avec des experts et des témoins de tous horizons afin de nous éclairer sur les crises que traverse le pays. Aujourd’hui, rencontre avec Paul Jorion, anthropologue et psychanalyste.

Propos Recueillis Par Yannick Boucher | 05/03/2019

Paul Jorion est professeur associé à l’Université catholique de Lille. Photo Philippe Pauchet

Paul Jorion est professeur associé à l’Université catholique de Lille. Photo Philippe Pauchet – VDNPQR

– Vous avez été l’un des rares penseurs à avoir prévu l’effondrement de la planète financière aux États-Unis en 2008. Aviez-vous senti venir le mouvement des Gilets jaunes du 17 novembre ?

« Je l’attendais depuis au moins trois mois en écrivant sur l’Amérique de Trump. On pourrait remplacer le Nebraska par la Creuse ou par une autre région économiquement sinistrée. Une population qui se sent perdue, des régions anciennement industrielles et une ruralité sans modernité, exposée aux méfaits de l’agriculture très intensive, une classe ouvrière à qui on promet une reconversion dans l’industrie et un populisme qui veut ériger des murs en espérant se protéger. Avec Trump, j’avais la grille de lecture. J’ai cru comprendre ce qui allait se passer en voyant arriver cette histoire du passage de la limitation de vitesse de 90 à 80km/heure. Le temps était le seul luxe des gens qui roulent beaucoup, surtout dans les campagnes. »

« La limitation à 80km/h, une invention de bureaucrates ! »

« Un temps précieux pour aider à vivre. Et là, on ne volait pas de l’argent, mais du temps. Ce problème de vitesse en voiture était indifférent à ceux qui habitaient dans les grandes villes. C’était une décision technocratique, une invention de bureaucrates mais il n’y a pas moins de morts avec cette mesure. Et on a eu très vite deux France, deux vérités. »

– L’affrontement entre ces deux France était-il inévitable ?

« Je le pense, et il a lieu régulièrement. La différence, avec le mouvement des Gilets jaunes du 17 novembre, c’est son caractère de jacquerie. C’est une évidence d’historien : la foule du 17 novembre 2018 ressemble beaucoup à celle qui prit la Bastille le 14 juillet 1789. Dans les deux cas, nous avons des gens du peuple qui représentent l’entièreté d’un éventail politique, hors élites. En 1789, c’était hors membres du clergé et de l’aristocratie. Il faut revoir La Marseillaise , le film de Jean Renoir en 1938, juste après le Front populaire, avec les textes d’époque. Comme cela résonne aujourd’hui ! On comprend que les revendications vont dans tous les sens, que le mouvement est désordonné avec l’apparition en surface d’une polarisation des populations, générant du populisme. »

Paul Jorion, anthropologue, professeur associé à l'Université catholique de Lille. PHOTO PHILIPPE PAUCHET / LA VOIX DU NORD
Paul Jorion, anthropologue, professeur associé à l’Université catholique de Lille. PHOTO PHILIPPE PAUCHET / LA VOIX DU NORD

– Qu’est-ce qui vous surprend le plus dans ce mouvement spontané qui donne lieu à présent à de nombreux débats partout en France ?

« La surprise, c’est la haine qui vient d’en haut, davantage que la colère qui vient d’en bas. Comme avec Marie-Antoinette qui répondrait au manque de pain des Parisiens en leur conseillant de manger des brioches, nous sommes dans le grand fossé qui sépare les gens d’en bas – ou du milieu – et ceux d’en haut. Notre président de la République a fait des réponses à la brioche tous les trois jours. Quand il dit qu’on a qu’à traverser la rue pour trouver du boulot, nous sommes dans le sujet. Cela conforte les préjugés complotistes les plus graves, contre par exemple l’establishment, les sphères du pouvoir, les grandes banques, les multinationales. Dans les réactions du président, il y a quelque chose de l’ordre de la provocation, une volonté inconsciente d’affrontement qui traduit une arrogance de classe. C’est croire que le monde fonctionne avec la vision que l’on a de lui. Cela se ressent encore avec ce grand débat national. On y retrouve plusieurs vérités, plusieurs descriptions du monde. Les élites ont défini le monde autour d’elles et imposent leur vision, c’est plus simple pour elles et c’est aux autres de nier que les choses soient de la manière dont les élites les présentent. »

– Le mal est-il si profond en France ?

« Le sentiment de ne plus être correctement représenté au niveau de l’État est devenu majoritaire. Les visions semblent irréconciliables sur les priorités, ce qui s’est incarné dans l’opposition entre la fin du mois et la fin du monde. Deux grandes études universitaires américaines éclairent ce décalage. Les chercheurs ont demandé aux gens ce qui était nécessaire pour améliorer leur vie. Mais une infime part des 1 200 réponses a fait l’objet d’un traitement au niveau des parlementaires. Presque rien n’était remonté au niveau du pouvoir, renforçant l’idée chez les gens que les lois sont écrites par les représentants des lobbies. Il sera intéressant d’examiner le sort des questions soulevées par les prises de parole des Français dans le cadre du grand débat actuel… »

– Ce grand débat est-il une solution ?

« Peut-être, mais la crise restera vive et les vérités seront toujours aussi opposables. Un seul exemple. Le grand débat pose la question, officielle : Que faire pour protéger la biodiversité et le climat tout en maintenant des activités agricoles et une industrie compétitive ? Entre les lignes, pour ceux qui ont rédigé la question (les élites), c’est répondre qu’il ne faut surtout toucher à rien pour ne pas nuire à l’économie. Comment mettre sur le même plan la compétitivité des entreprises, une question de marges, de profits et l’extinction en cours des espèces  ? C’est se moquer du monde que de les mettre sur le même plan. Mais on en est là. Du coup, des gosses qui font la grève de l’école pour défendre le climat, cela pose des problèmes aux gouvernements, comme en Belgique. C’est une forme inédite de désobéissance civile et cela peut aller loin parce que la notion de génération future va revenir au centre des débats. »

« Nous sommes dans une dynamique de chaos avec trop de chemins possibles »

«  Dans les années soixante, on parlait du «vaisseau spatial Terre», tous embarqués dans le même vaisseau avec un destin commun. Ces luttes, les Gilets jaunes, les pro-climat, les syndicats vont se poursuivre car nous sommes dans une dynamique de chaos avec trop de chemins possibles. Il n’y a pas un chemin mais 50 000 chantiers. Pendant la Révolution française, Saint-Just avait prononcé son dernier discours pour supprimer les corps intermédiaires, entre le peuple et les élites. Il parlait de vice et de vertu pour distinguer les bons et les méchants. Cela déboucha sur la Terreur, comme unique solution pour gérer le pays en éliminant ceux qui refusent la vertu. Mais laquelle ? Celle pensée par les élites ? Ce grand débat est sain pour le pays, les prises de parole sont nombreuses, malgré tout. Il y aura toujours 15 % de la population qui exprimera une mise en mots d’une réaction viscérale, comme un écho à leurs problèmes, avec des personnalités rigides qui voteront pour les partis les plus rigides. Mais la majorité de la population se montre capable de réfléchir et de considérer les différents arguments. C’est bien sûr très encourageant. »

– Que faudrait-il faire pour améliorer la vie des gens ?

« Bien des choses, mais avant tout remettre à plat la question de l’emploi car tous les emplois vont disparaître. Il n’y a déjà plus d’obstacle à la généralisation de l’intelligence artificielle. Il faut dès que possible dissocier la question des revenus de l’ancien salariat des ouvriers-employés mais pas seulement. On commence à éliminer des boulots à bac + 10. Les médecins font 5 % d’erreurs, la machine qui fait déjà certains de leurs gestes n’en fait pas 1 %. Tout va très vite etil faut inventer des revenus qui ne proviennent pas du travail. Je propose aussi une taxe robot, une idée du XIXe siècle avec Sismondi sur la valeur ajoutée apportée par la machine mais perçue par son propriétaire. Ici, le travailleur ne paierait plus d’impôt, mais c’est la machine qui paiera. Si la mécanisation est un bienfait pour toute l’Humanité, il n’y a pas de raison qu’elle ne profite qu’aux rentiers. C’était déjà l’idée de Sismondi : le travailleur remplacé par une machine devrait obtenir une rente à vie sur la richesse que la machine créerait dorénavant à sa place. Au lieu d’un revenu universel de base qui servirait de prétexte pour liquider la Sécurité sociale, je propose d’utiliser la taxe robot comme le moyen de revenir à la gratuité absolue dans les domaines de la santé et de l’éducation, d’étendre la gratuité aux transports en commun et à l’alimentation ou au logement de base. Je suis avec d’autres engagé dans le nouveau mouvement Place publique pour tenter de forger une troisième sorte de gens raisonnables, clarifiant les problèmes sans arrogance de classe.

Il faut revenir dans un monde où les valeurs ne seront plus remplacées par la valeur. À mes yeux, c’est tout l’enjeu des solutions à apporter aux crises actuelles de la société française. »

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9 réflexions sur « La Voix du Nord : Grand entretien Paul Jorion, anthropologue : « Nous sommes dans une dynamique de chaos » »

  1. Sur proposition de Paul Jorion, je poste cette « lettre », mais ici en intégralité.
    1ère lettre d’une série de 6 lettres (en dialogues fictifs personnalisés pour les suivantes) envoyées à tous les principaux candidats de la présidentielle (sauf MLP). Celle-ci également envoyée à la ligue des conducteurs et divers, pour son contenu en 3ème partie.
    Humour grinçant : Souriez, vous êtes filmés ! (lol)

    Lettre ouverte d’une citoyenne lambda à Monsieur Fillon qui lutte âprement pour le bien-être des Français, pour la sauvegarde de la France tant menacée et contre le Front National …
    Lettre pas plus longue qu’un discours électoral (la parole d’un Citoyen Souverain électeur mérite autant d’attention que celle d’un candidat aux élections présidentielles)

    PREMIERE PARTIE:
    Pied de nez un tantinet ironique pour tenter de susciter la curiosité

    Moi, Citoyenne Souveraine, je vais vous expliquer depuis en bas comme personne dans vos hautes sphères ne vous a expliqué, d’où vient en grande partie le
    SENTIMENT D’INJUSTICE
    qui incite nombreux Français à voter FN.
    Je dis bien « injustice » et non « insécurité », parce que :
    Nombreux parmi ces derniers (vu d’en bas)
    – ne vivent pas dans des cités à risque (à part quelques jeunes rebelles tentés par la baston de l’extrême droite, qui rêvent tant d’être riches comme « ceux vus à la télé » qu’ils ne pourraient se défouler dans une baston d’extrême gauche)
    – pour les plus jeunes de province ou de zones rurales : ont un boulot qu’aucun réfugié ne leur piquera (la plupart des jeunes chômeurs par dégoût ou déprime ne votent pas, et les autres votent encore pour la gauche s’ils en aperçoivent une)
    – pour les plus âgés : touchent tous les mois une retraite qui leur permet encore de faire des cadeaux à leurs petits enfants et bien souvent, ne sortant de chez eux que pour faire leurs courses ou aller chez le médecin, ne voient la violence « partout » que dans les infos de TF1.
    – pour ceux de la fonction publique : craignent essentiellement d’être virés tout en sachant qu’aucun immigré ne leur piquera leur poste, ou craignent de perdre leurs avantages sans être mieux payés pour autant.
    – et très nombreux d’entre tous ne fréquentent jamais les lieux urbains ou touristiques visés par les terroristes.
    Je ne parlerai donc que du « sentiment d’injustice ».

    Et quand bien même je voudrais parler du sentiment d’insécurité, il y a déjà tant d’explications que pas besoin d’en rajouter ; d’autant plus que les seules convaincantes sont celles développées par une certaine Marine qui, telle une maman comprenant mieux que quiconque ce qu’expriment les pleurs de son nourrisson, sait parfaitement rassurer tous ceux qui ont les chocottes sans vraiment savoir pourquoi. Elle les a si bien compris qu’elle sait à leur place dire de quoi ils ont peur, et d’autant mieux que c’est elle-même qui leur a fait peur…. On ne peut pas faire le poids.
    Cependant, mon explication du « sentiment d’injustice » peu laisser la porte entre-baillée sur une énième MAIS différente explication du « sentiment d’insécurité ».

    Un « sentiment » est par définition un « état émotionnel », donc diffus, que l’on ne peut soi-même exprimer avec précision. Dès lors qu’on sait l’exprimer parce qu’on a pu nettement le définir, ce n’est plus un sentiment mais une conviction voire une certitude. De ce fait, de nombreux « experts », ceux que vous pouvez aisément écouter (conseillers politiques, statisticiens, spécialistes de la communication ou du marketing …) définissent à notre place ce qu’expriment nos sentiments, les vôtres, les miens, dussent-ils ne nous avoir jamais vus ni, pire, entendus. Fortiches !
    Moi, spécialiste de rien mais curieuse de tout, orgueilleuse à ne laisser quiconque exprimer mes sentiments à ma place quand bien même, comme la plupart, je ne saurais le faire ou le ferais mal, je prétends que, parce que mes sentiments sont plus proches de ceux d’en bas -comme moi- que de ceux d’en haut -comme vous-, mon explication est plus crédible que celle de tous ces « experts ».

    Vous nous affirmez que vous êtes LE PLUS APTE à nous représenter, nous tous, Citoyens Souverains. Considérez donc que je me présente à vous telle « la Providence » comme la PLUS APTE à vous permettre de mieux comprendre ceux dont vous avez besoin pour gagner ces élections . Mon affirmation vaut bien la vôtre. Puis, fort de cette information cruciale, vous pourrez tenter de convaincre que vous serez le Président de TOUS les Français.

    DEUXIEME PARTIE

    Prélude à mon explication du « sentiment d’injustice »
    Pour être plus compréhensible, je vais vous « expliquer » le sentiment d’injustice par l’EXEMPLE, lequel vaut bien les meilleurs discours (je suppose qu’après vos déboires judiciaires qui vous décrédibilisent auprès de nombreux Français vous avez à présent bien admis l’importance de « l’exemple »)
    Je dispose d’une nuée d’exemples bien que beaucoup pourraient en citer plus que moi. Exemples non exhaustifs.
    En excluant tous problèmes graves d’injustice plus faciles à pointer du doigt parce très visibles (déni démocratique, santé ou enseignement ou justice à 2 vitesses, profits économiques pour les uns entraînant pertes pour les autres … la liste est longue), je vais me contenter d’un seul exemple parmi les plus anodins, celui qui me semble être un des plus appropriés parce qu’il concerne une très grande majorité de personnes toute catégorie sociale confondue.
    Un seul qui en vaut bien un autre, suffisamment imperceptible pour illustrer un «sentiment diffus» .
    Mon exemple concerne toutes personnes majeures ayant un permis de conduire et conduisant ellesmême un véhicule sur le réseau routier français.
    Tout le monde comprend et admet la nécessité du code de la route, des limitations de vitesse et des panneaux de signalisation pour la sécurité de tous. Tout le monde admet que les chauffards sont des « criminels » en devenir ou hélas dans les faits et qu’il faut les juger en tant que tels. Tout le monde admet qu’il vaut mieux « prévenir que guérir » et qu’il faut permettre que chaque automobiliste ne devienne chauffard. Tout le monde admet que la dissuasion peut être un moyen efficace pour cela dès lors que le risque devient trop important.
    Cependant, pour la sécurité routière comme pour la santé, la justice, l’enseignement, l’économie, l’accès à l’emploi, l’accès au logement, la fiscalité, la sécurité nationale …etc, à tout problème à résoudre, les solutions mises en place par les gouvernements peuvent, si mal PENSEES, isolées d’un contexte GLOBAL et trop hâtivement ORGANISEES, engendrer des abus qui, in fine, ne permettent pas d’obtenir le résultat escompté. Selon le principe de « soigner le mal par le mal », c’est-à-dire résoudre un problème en en créant un autre voire plusieurs.
    Cet exemple dénonce un de ces effets pervers qui, outre créant des injustices, rendent les résultats peu efficaces par rapport aux moyens déployés ou, pire, contraires à l’effet escompté.
    La cause principale du problème :
    Trop de déplacements obligatoires (dus entre autre aux logements trop éloignés des lieux de travail, des lieux commerciaux, des lieux de soins …etc) et manque de moyens de transport en commun pratiques, abordables et suffisants sur la plus grande partie du territoire pour pouvoir se passer de véhicules particuliers. Ce qui engendre des problèmes graves que tout le monde connaît parce que les plus visibles, tels que pollution et nombreux accidents. Mais aussi des problèmes sournois si peu perceptibles que de ce fait on ne cherche à résoudre ; mais aux conséquences pernicieuses parce que, non repérés, on les laisse incuber lentement au point qu’ils finissent par infecter gravement le corps social. Tel le raz-le-bol quotidien qui, ajouté à tant d’autres petits ou gros raz-le-bol, devient un énorme « y en a marre !» sans vraiment savoir de quoi (dans tout ce fouillis !) et permet à tout populisme qui s’en nourrit de croître dangereusement.
    Solution partielle du problème actuellement mise en œuvre :
    Une des moult solutions hâtives et coûteuses, celle qui tente de résoudre une des causes du problème le plus visible , notamment les accidents dus à l’excès de vitesse, avec de surcroît l’objectif illusoire d’atteindre le risque 0 ….

    TROISIEME PARTIE
    L’exemple

    Etant donné qu’avec la multiplication de radars automatiques installés sur les bords de routes et autoroutes, les premiers lors du mandat présidentiel de M.Sarkozy, et étant donné qu’un être humain n’est pas, lui, un automate sans faille, quiconque conduit souvent finit peu ou prou par se faire flasher, bons conducteurs comme chauffards. Chaque automobiliste flashé, de ce fait en infraction au code de la route, est donc automatiquement sanctionné par un PV d’un montant relatif à l’excès de vitesse mesuré, qui que soit cet automobiliste. « Automatiquement » = sans juge ni avocat ni mise en examen, donc égal pour tous.

    Comparons le PV minimum pour infraction minimale sanctionnant un Français de classe populaire et le même PV pour un Français riche. Je m’abstiens de comparer les plus pauvres avec les plus riches parce que les limites du + ou du – sont très très élastiques.
    Je m’en tiens donc à une moyenne statistique pour les revenus du Français de classe populaire et à vos propres revenus pour illustrer la moyenne des revenus du Français de classe riche (je pense que d’après vos revenus honnêtement déclarés en 2015 vous constituez une moyenne décente de riches, hors milliardaires qui se déplacent exclusivement en jets privés ou en yachts, moyenne cependant difficile à évaluer compte tenu des nombreuses dissimulations fiscales)
    couple avec 2 enfants :
    moyenne des revenus déclarés en 2016 du foyer fiscal Fillon : (275 000 : 12 =) 22 916 euros/mois
    moyenne des revenus d’un foyer fiscal de classe populaire : ………………………… 2 560 euros/mois
    Montant d’un PV minoré pour un dépassement au delà de 5kmH de 1(!) à 20 kmH (!) : 45 euros
    Valeur en % d’un seul PV par mois (pour les plus chanceux ou ceux qui roulent peu) :
    foyer Fillon ………………………………………. 0,19% de ses revenus mensuels
    foyer moyen de classe populaire…………….. 1,76% de ses revenus mensuels
    (pour info : foyer moyen de classe pauvre .. 3,07% de ses revenus mensuels)
    Valeur en % de 10 PV par mois (pour les moins chanceux pris à + 5 kmH ou ceux qui roulent beaucoup) :
    foyer Fillon……………………………….1,9 %
    foyer moyen classe populaire…….17,6 %
    (pour info : foyer classe pauvre….30,7 %)

    Porte entre-baillée sur le « sentiment d’insécurité » :
    – Pour les plus riches : aussi insignifiant qu’un pourboire et s’ils n’ont plus de point sur leur permis de conduire ils se feront conduire par un chauffeur ou rouleront en taxi. Pas de quoi dissuader de dépasser la limitation de vitesse autorisée.
    – Pour les plus fauchés : Le cumul des amendes quand bien même minimales et la perte des points sur leur permis de conduire pouvant devenir catastrophique, ils ont tellement les chocottes de se faire flasher tant les panneaux de signalisation de limitation de vitesse changent sur des distances de plus en plus restreintes, que les plus respectueux du code de la route roulent stressés quand ils devraient rouler sereins, ont les yeux rivés tantôt sur les bords de route tantôt sur leur compteur et, de ce fait, moins sur la route malgré ses dangers potentiels. Ils en deviennent conducteurs à risques et roulent dans une insécurité constante. Un comble !

    CONCLUSION

    C’est certes une injustice mineure mais qui, cumulée à tant d’autres injustices de tous ordres, coûte si cher aux plus modestes qu’on peut comprendre qu’ils aient besoin qu’une Marine Le Pen les rassure quand bien même ils ne souffriraient d’aucune des menaces qu’elle dénonce ; et quant bien même celle-ci leur propose comme solutions d’élever des frontières étanches, de rejeter le diable Euro, de chasser ces immigrés «voleurs d’emplois» et «profiteurs d’aides sociales»… tout en continuant de multiplier les radars automatiques (puisque après tout pas de raison, ils constituent une sécurité supplémentaire).

    Et les classes modestes représentent un potentiel de voix électorales bien supérieur à celui des classes aisées & riches censées payer beaucoup d’impôts (Marine et Donald l’ont bien compris).
    Vous croyez qu’en proposant d’augmenter la TVA (impôt aussi « automatique » que les radars) ou de diminuer les remboursements de la sécu (= privatisation du « droit pour tous à la santé » soumise de à la concurrence) quand bien même vous promettez d’augmenter les emplois (ou jobs tuant les professions donc mobiles et précaires ?), vous serez plus rassurant que Marine le Pen ???
    Concernant l’exemple choisi qui n’est évidemment pas sujet à débat national et est loin d’être prioritaire en période électorale :
    Mais ne vous trompez pas ! Si vous ne retenez que cet exemple servant à illustrer tant de solutions créant des injustices, et si en bon chrétien vous en concluez d’un revers de main qu’il suffirait d’exonérer de PV la tranche des plus pauvres pour résoudre celle-ci, vous créeriez d’autres injustices. Les pauvres comme les moins pauvres et comme les plus aisés râlent de tout PV comme de tout impôt, juste comme injuste; mais admettent pour la plupart que transgresser des lois ou des codes mérite une sanction. Le peuple n’est pas si con. A condition que la règle soit légitime et la sanction équitable pour que l’une et l’autre ne deviennent par ricochet un moyen de renflouer les caisses de l’état quand tant de riches se débinent devant l’impôt sans être inquiétés. Sinon, l’Etat n’a pas intérêt à ce qu’il n’y ait plus d’infractions…
    Si toutefois vous avez besoin d’autres exemples dérisoires et très différents, mais démontrant plus ou moins les mêmes causes et les mêmes effets, je me tiens à votre disposition…
    Jac
    « L’essentiel est invisible pour les yeux » : Saint-Exupéry, « Le Petit Prince »

    ANNEXE

    Quelques commentaires de lecteurs attentifs :
    – un commentateur@ rebelle qui se croît plus malin que les autres et s’est senti particulièrement visé : Les problèmes d’injustice ça concerne la gauche ! Réduire les dépenses publiques c’est déjà assez compliqué comme ça . Arrêtez de nous emm…. avec vos élucubrations démagogiques et floues ! FF

    Réponse Jac@ : Ah bon !!! vous-même ne ressentez aucun sentiment d’injustice ??? Cherchez bien…

    – un commentateur@ qui se croit plus subtil que les autres mais qui n’a lu que la première page : Sauf que Marine le Pen n’axe plus son programme sur les sentiments d’insécurité mais sur les problèmes identitaires. Faudrait se mettre au jus ! FP
    Réponse Jac@ : Un problème identitaire ne se pose jamais à toute personne qui se sent exister avec considération. Pour tout Français, l’égalité est une justice majeure inscrite sur la devise de la République française. Faudrait admettre enfin que sont Français comme les autres ceux qui se sentent aussi Européens. Cessez d’être ringard !

    – un commentateur@ très intéressant mais qui n’a retenu que ce qui le pique à vif tel un effet d’annonce : Moi j’ai été flashé à +5kmH sur une distance de décélération. Et mon frère lui sur une ligne droite où il n’y avait personne. Et ma voisine …
    Réponse Jac@ : Et moi donc !

  2. Bonjour
    Je rappel pour info et mémoire, que pas besoin de remonter a Sismondi… jacques Duboin, parler de taxer les robots, apôtre de l’économie distributive. Toutes ces idées (revenu garanti, taxation des robots, forte diminution de la durée du travail…) ont été avancer par pas mal de gens, de penseurs. Toutes rejeter par le Capital, et mêmes le partis dit de gauches. On perd du temps, la majorité des gens , y vont a reculons.

  3. Il convient d’être prudent quand on fait des analogies concernant des phénomènes historiques; mais je pense qu’il y a des similitudes entre les évolutions conduisant à 1789 et aujourd’hui. « La finance » remplace l’aristocratie de l’époque, les économistes occupent le rôle de l’église – les deux font appel à la croyance, aux mirages. Endettement de l’état, impôtes et taxes, une minorité qui accumule du profit…….il y a des points communs. Mais je ne crois pas à un cescendo vers une révolution, il faut que la situation devienne vraiment insupportable. De plus, la population en Europe réagit quelque peu comme les domestiques des anciens maisons aristorcrates ou de la grande bourgeoisie: on s’identifie au statut social des maîtres, en en rajoute même pour être plus royaliste le le roi; on parle dans ces cas de « gain narcissique ». Il vaut mieux se ranger aux côtés de plus forts, c’est bien connu.

    1. L’État aligne les notaires, les professions libérales etc. L’État est obèse et demande au peuple de payer encore plus.
      Ou va l’argent des impôts, À quoi sert il ?

  4. Il devient urgent pour les communes de créer un plan de mise en commun du matériel utilisé.
    Lorsque ce plan sera créé une requalification des emplois va s’imposer. (La masse salariale est trop importante)
    Faut il attendre la privatisation des services communaux pour agir ?
    Trop de pauvres vivent sous le seuil de pauvreté. Il devient urgent d’agir pour eux.

  5. La commune dans laquelle je vis compte 800 habitants environs. C’est une commune pauvre qui s’est réhabilitée seule. Les emprunts sont nombreux. Il me semble que cette commune n’a pas travaillé sur les besoins réels des habitants pour son aménagement mais sur les intérêts communaux de « prestige ». Lorsqu’une personne est pauvre, elle économise.
    Les habitants n’ont pas à subir tous ces désagrément. C’est là moindre des choses.

  6. Je suis comme d’autres soumise à une crise systémique du capitalisme financier. Le monde de la finance dirige la planète, mais je m’aperçois que les entreprises du Cac 40 vont mal. Tout va mal sauf les fortunes particulières de quelques puissants dignitaires.
    Mesdames et Messieurs les élus, je vous demande de faire quelque chose pour créer des emplois et stopper cette montée des puissants qui écrasent tout sur leur chemin. Il y aurait il des lois pour que cessent tout cela.

  7. Bonjour,
    Je suis une Habitante du sud et suis indignée par les privilèges offerts aux détenus, ces espaces hôteliers mis au service des détenus sont la conséquence probable de l’augmentation de la population carcérale. Nourris, blanchis, hébergés tout y est…..Ce sont des prisons aux normes. ..Bientôt ce seront les détenus qui vont garder les surveillants.

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