• Lacan

    J’ai connu le Docteur Jacques Lacan. Il avait soixante–dix ans, j’en avais vingt–cinq. Je ne l’ai pas bien connu : je n’ai été ni son analysand, ni son ami. Mais il savait qui j’étais. J’ai mieux connu Judith Miller, née Lacan, qui m’a confié une chronique dans « L’Âne » ; c’est pour elle que j’ai écrit « Ce que l’Intelligence Artificielle devra à Freud ». Et Jacques–Alain Miller, l’héritier, qui eut la gentillesse de me confier un enseignement au Département de Psychanalyse de Paris VIII.

    Lacan était cultivé, lucide et généreux. Quand il parlait, il me faisait comprendre ce…

    Lire la suite : Lacan

  • Ce que le chat de Schrödinger en pense, lui

    Dans son commentaire sur mon billet d’hier « Apprendre en se lisant », Jean-Luce Morlie croit lire dans le fait que je puisse apprendre quelque chose en relisant plusieurs années plus tard l’un de mes propres textes, « un effet de l’âge ». Je ne crois pas : je constate le même phénomène depuis que j’écris… et que je me relis à l’occasion.

    En fait ce qui est à l’oeuvre dans le cas particulier dont j’ai parlé hier, est une conséquence de la différence entre l’esprit dans lequel j’ai écrit l’article et celui dans lequel quelqu’un d’autre l’a lu.…

    Lire la suite : Ce que le chat de Schrödinger en pense, lui

  • Apprendre en se lisant

    J’ignore si d’autres qui écrivent ont partagé cette expérience qui fut souvent la mienne : avoir le sentiment d’apprendre quelque chose alors que l’on lit un texte que l’on a soi-même rédigé.

    Il y a plusieurs explications possibles, l’une, banale, serait que l’on en a oublié le contenu. Fervent de la psychanalyse, je ne pense pas personnellement que l’on oublie ce que l’on a su un jour. Il me paraît plus probable que l’on change, que l’on évolue, et qu’ayant cessé d’être la même exacte personne, on puisse apprendre en se lisant soi–même.

    J’ai eu l’occasion hier de raffiner cette…

    Lire la suite : Apprendre en se lisant

  • Le philosophe H.

    Fin janvier de cette année, le groupe autour de la Revue du MAUSS m’avait fait parvenir le compte rendu d’un livre violemment anti–Heideggérien. J’avais répondu (le 28 janvier 2007) dans les termes suivants :

    « Le philosophe H. est un cas difficile parce qu’il nous confronte, non pas à nos contradictions mais à nos insécurités : serions-nous prêts à refuser de serrer la main de quelqu’un que nous qualifierions pourtant de « grand » homme ou femme ? Le philosophe H. nous oblige à faire ce choix parce qu’il fut un grand philosophe et un être détestable.

    J’aimerais bien qu’il…

    Lire la suite : Le philosophe H.

  • Quatre semaines plus tard…

    Quatre semaines plus tard, j’ai voulu retourner à l’indice ABX dont la plongée m’avait conduit à contacter un groupe d’amis, dont Jacques Attali, qui en parlait alors dans son blog « Voici venir la crise… ».
    L’indice ABX reflète le prix qu’il en coûte à quelqu’un qui détient des obligations américaines constituées de prêts au logement « sous–prime », c’est–à–dire consentis à des emprunteurs à revenus modestes, de s’assurer contre le risque de non–paiement. Sur le graphe, la plongée correspond à la grimpée du montant de la prime. Les deux courbes représentent le secteur sous–prime : la bleue, les…

    Lire la suite : Quatre semaines plus tard…

  • L’immobilier américain sous–prime et la crise des marchés financiers

    J’ai voulu faire le point sur la question et j’ai adressé le texte suivant à un quotidien qui m’a assuré vouloir le publier dans les jours qui viennent (L’immobilier américain et ses nouvelles courroies de transmission,
    Les Échos, le 18 juin 2007 : 15).

    « La dégringolade des marchés boursiers le 28 février avait été attribuée à la chute de la bourse de Chang-Hai le jour précédent. Or, l’événement ne touchait qu’un marché périphérique et dans les jours qui suivirent, les commentateurs découvrirent deux nouveaux suspects : le discours prononcé par Alan Greenspan le 26 février où il…

    Lire la suite : L’immobilier américain sous–prime et la crise des marchés financiers

  • L’identité nationale

    La France s’apprête à voter. Pour qui voter ? Voter pour quoi ? Jacques Attali écrit « pour l’identité nationale ». Mais c’est quoi l’identité nationale ? Cela m’a rappelé le dernier paragraphe d’un récit inédit que j’avais intitulé « Dix–sept portraits de femmes ». C’est de moi, Paul Jorion, que parle le narrateur.

    Il ne s’agit peut–être pas de l’identité nationale, en tout cas, de l’identité culturelle :

    « Tout ce que je viens de dire est sans doute bien vu, quant à son caractère et quant à ses motifs, mais cela prouve-t-il pour autant que ce soient…

    Lire la suite : L’identité nationale

  • On n’a encore rien vu !

    Jacques Attali me demande « Ça s’aggrave, non? Ça aura des
    conséquences? » et je lui réponds la chose suivante :
    « Oui, il y a un effet boule de neige. C’est vrai qu’au départ le secteur le plus touché aux États–Unis est le « sous–prime » (60 % « Hispanique »)… mais certains prêts sous–prime ont été « glissés » dans les Collateralized Debt Obligations (CDO), des paquets d’instruments de dette, où ils servent de réserve, et qui ont été achetées par l’ensemble des investisseurs, aux États–Unis comme à l’étranger et qui comprennent, en particulier, comme le révèle aujourd’hui…

    Lire la suite : On n’a encore rien vu !

  • Esprit du New Deal, es–tu là ?

    Dans « Vers la crise du capitalisme américain ? » j’évoque longuement Fannie Mae et Freddie Mac, les Government Sponsored Entities (*) américaines (GSE). J’explique comment ces organismes de promotion du prêt au logement furent créés par l’État fédéral, pour être ensuite privatisés – du moins partiellement. Au fil des années, elles se sont constitué chacune un portefeuille gigantesque de Mortgage–Backed Securities (MBS), des titres constitués en agrégeant sous forme d’une obligation unique quelques milliers de prêts au logement individuels. Le marché des MBS représente désormais des sommes considérables (5,2 mille milliards de dollars), dépassant celui des Treasuries, les obligations…

    Lire la suite : Esprit du New Deal, es–tu là ?

  • Deux semaines plus tard…

    New Century, le numéro 2 du secteur sous-prime de l’immobilier américain, celui qui, je le rappelle, accorde (je devrais plutôt écrire « accordait ») des prêts au logement à des particuliers incapables sur le long terme d’effectuer le remboursement des sommes avancées, s’est déclaré hier dans l’incapacité d’accorder de nouveaux prêts. La compagnie annonce sur le formulaire officiel 8–K qu’« elle a choisi de cesser d’accepter les candidatures de nouveaux emprunteurs éventuels ». Elle ajoute qu’« elle acceptera à nouveau les dossiers aussitôt que possible, sans pouvoir cependant assurer qu’elle sera à nouveau à même de reprendre ses opérations ».…

    Lire la suite : Deux semaines plus tard…

  • La prière de Darwin

    Ce matin, nous écoutons les nouvelles, et nous apprenons que l’un des enfants d’un couple célèbre est entre la vie et la mort. Et nous hochons la tête en silence. Et un peu plus tard, je me rends au bureau et je roule sur la Pacific Coastal Highway et je me mets à prier. Enfin, de la manière qui est la mienne. Je dis : « Dieu, s’il–vous–plaît, est–ce que Tu ne peux pas faire quelque chose pour ces parents : la maladie d’un enfant, c’est un supplice ! ». Et bien entendu, dans ces cas–là j’adopte un ton mi–enjôleur,…

    Lire la suite : La prière de Darwin

  • La chambre verte, encore une fois

    Le grand public a retenu bien sûr de François Truffaut acteur, son rôle de savant passionné dans Rencontres du troisième type. Nul doute que le cinéaste aurait aimé être dans la vie ce scientifique chargé de la communication initiale avec une avant–garde extra–terrestre. Les rôles qu’il voulut interpréter dans ses propres films sont révélateurs : le metteur en scène de La nuit américaine, voilà qui ne fut guère une « interprétation ». Jean Itard, le maître improvisé de Victor de l’Aveyron, explorant la frontière entre nature et culture, s’efforçant de domestiquer L’enfant sauvage, encore un rôle qui lui parut sans…

    Lire la suite : La chambre verte, encore une fois

  • Le cambouis

    Vous trouverez le compte rendu que Denis Clerc a consacré à Vers la crise du capitalisme américain ? sur la page internet d’Alternatives Economiques. Il a aussi eu la gentillesse de me communiquer la version longue de son texte que voici :

    « Quand un anthropologue (même frotté d’économie et vivant aux Etats-Unis) dissèque les raisons pour lesquelles la Bourse et le prix de logements flambent aux Etats-Unis, on craint le pire. Et l’on a le meilleur. Car notre homme a vraiment plongé les mains dans le cambouis, disséquant les scandales boursiers, les trucages de comptes, les mécanismes spéculatifs, les…

    Lire la suite : Le cambouis

  • Fragilité de la cote FICO

    La fragilité que l’on découvre aujourd’hui à la cote FICO utilisée pour définir le risque de crédit que représente un consommateur américain pour son prêteur éventuel, est de n’intégrer que des données reflétant son comportement passé et présent (emprunts remboursés, paiements réguliers des mensualités dans les ventes à tempérament, etc.), d’une manière entièrement déconnectée du contexte économique ambiant.

    La localisation de l’instant présent au sein des cycles économiques (taux de chômage, inflation, profil actuel de la courbe des taux d’intérêt, etc.) n’est absolument pas prise en compte – elle le sera à l’avenir puisque le comportement du consommateur dans…

    Lire la suite : Fragilité de la cote FICO

  • Une semaine plus tard

    Alors où en est-on une semaine plus tard ? Était–ce bien ou mal vu d’annoncer une crise imminente de la finance américaine le 22 février au vu de la dégringolade de l’indice ABX qui reflète la santé des obligations rassemblant les prêts fonciers du secteur « sous–prime » ?
    Une semaine plus tard, l’indice prédit 26 % de défaillances dans le secteur – contre 21 % le 22 février quand j’avais lancé mon courriel, les bourses mondiales ont perdu de 4 % à 8 % de leur valeur et la crise du secteur immobilier américain est – après un…

    Lire la suite : Une semaine plus tard

La formule des abonnements ayant été abandonnée, ayez l’amabilité de soutenir le blog en contribuant ici !

Contact

Contactez Paul Jorion

PRIBOR.AI

Les livres de Paul Jorion

Articles récents

Commentaires récents

  1. Aux Emirats Arabes Unis c’est actuellement le Ramadan Carrefour EAU fait des soldes https://www.carrefouruae.com/shop/storespromotions Il y a 42 pages de…

  2. Bonne question, mais c’est sur les énergies issues de la biomasse qu’il faut la poser : Méthanisation, Bois-énergie, Carburant végétaux…

Catégories

Archives

Tags

Allemagne Aristote BCE Bourse Brexit capitalisme ChatGPT Chine Coronavirus Covid-19 dette dette publique Donald Trump Emmanuel Macron Espagne Etats-Unis Europe extinction du genre humain FMI France Grands Modèles de Langage Grèce intelligence artificielle interdiction des paris sur les fluctuations de prix Italie Japon Joe Biden John Maynard Keynes Karl Marx LLM pandémie Portugal psychanalyse robotisation Royaume-Uni Russie réchauffement climatique Réfugiés Singularité spéculation Thomas Piketty Ukraine Vladimir Poutine zone euro « Le dernier qui s'en va éteint la lumière »

Blogroll

Meta